Wikilivres frwikibooks https://fr.wikibooks.org/wiki/Accueil MediaWiki 1.47.0-wmf.7 first-letter Média Spécial Discussion Utilisateur Discussion utilisateur Wikilivres Discussion Wikilivres Fichier Discussion fichier MediaWiki Discussion MediaWiki Modèle Discussion modèle Aide Discussion aide Catégorie Discussion catégorie Transwiki Discussion Transwiki Wikijunior Discussion Wikijunior TimedText TimedText talk Module Discussion module Event Event talk Discussion Wikilivres:Présentation 5 756 768216 721267 2026-06-21T01:20:19Z Association Marocains Victimes Expulsion Arbitraire Algérie 124051 /* = Association des Marocains Victimes d'Expulsion Arbitraire d'Algérie = */ nouvelle section 768216 wikitext text/x-wiki ==Wikilivres dans d'autres langues== J'ai édité la section "Wikilivres dans d'autres langues" qui était obsolète puisqu'elle disait que ça n'existait pas encore, ce qui n'est plus le cas maintenant. J'y ai mis un modèle <nowiki>{{langues}}</nowiki>, comme sur le [[:en:Template:Languages|site anglais]]. Dites-moi ce que vous en pensez. [[Utilisateur:Esope|Esope]] 6 nov 2004 à 16:15 (UTC) == Wikilivres ou Wikibooks pour les nuls == ''Déplacé depuis le [[w:wikipédia:le Bistro|le bistro]] de l'encyclopédie''. [[b:Wikilivres:Wikilivres|Wikilivres]] n’est pas les horreurs que je lis ici, mettre Wikipédia sur un piédestal et affirmer que Wikilivres n’est qu’un trou où l’on oublie tout est faux et gratuit. Pour les nouveaux ; Wikilivres est un wiki créé par Wikimedia de livres et guides collaboratifs sur les savoir-faire, techniques (comme les recettes)... Le lien vers wikilivres est trivial, l’interwiki est la lettre b:, comme [[b:wikilivres:le Bistro]] pour venir sur le bistro. Wikipédia t'offre le poisson, Wikilivres t’apprends à pêcher. [[Utilisateur:Greudin|Greudin]] 19 jan 2005 à 18:01 (CET) :: C'est "La pèche pour les nuls"? ''I'm a fish'' (sic). Etre maltraitée comme ça sur wikipédia... c'est très diététique, le poisson!--[[Utilisateur:Floreal|fl0]] 20 jan 2005 à 16:22 (CET)Fl0 : Hum, savoir-faire, savoir-faire... je m'y suis laissé piégé ce matin, alors j'aimerais apporter une nuance : on peut parfaitement parler de choses relatives au savoir (je pense que tout le monde saisi que c'est par opposition au savoir-faire, là) dans un wikilivres : si on prend l'exemple de [[b:Tribologie|Tribologie]], il s'agit d'un livre très complet qui mêle théorie physique et exemples pratiques. Un des critères pertinents est tout simplement... la taille ! On peut faire un article de fond sur wikipédia, et vouloir encore plus approfondir le sujet, avec force de sources, pour en faire quelque chose qui serait carrément publiable sous le format d'un livre, par exemple à destination des étudiants. : J'ai commencé ce soir un wikilivre sur CSS ([[b:wikilivres:Programmation CSS|wikilivres:Programmation CSS]]) ; pourquoi sur wikibooks et pas sur wikipédia ? Après tout, j'aurai pu le mettre ici, je compte y parler aussi de « théorie » ou de l'histoire de CSS... En définitive, c'est parce que sur wikibooks, je peux envisager de relier plusieurs articles, d'adopter un ton plus scolaire, de donner plus d'exemples, de m'attarder sur des points annexes... et, à moyen terme, arriver à un résultat suffisament gros pour que ce soit un document apparenté à un livre, plus qu'à un article. La frontière est assez floue, je trouve (mais en même temps on l'appréhende assez bien, avec de la bonne volonté...). Pour des infos supplémentaires, voyez le [[Discussion_Wikipédia:Champs de connaissance#Recettes de Cuisines|débat sur les recettes de cuisine]] ;) : Page d'informations sur wikilivres : [[b:wikilivres:Wikilivres|wikilivres:Wikilivres]] : [[Utilisateur:Meanos|Meanos]]&nbsp;[[Discussion_Utilisateur:Meanos|+]] 19 jan 2005 à 23:24 (CET) ::Dans la plupart des exemples débattus la frontière n'est pas floue. Les noms d'articles commençant par un verbe à l'infinitif ici peuvent être développés sur wikilivres. [[Utilisateur:Greudin|Greudin]] 20 jan 2005 à 14:40 (CET) ::: Dans ce sens en effet (voir [[Construire sa maison]]). Mais dans l'autre, non : le wikilivre sur [[b:Histoire de l'Europe|Histoire de l'Europe]] est un contre-exemple (''Apprendre l'histoire de l'Europe'' a tout aussi bien sa place sur Wikipédia que sur Wikibooks, en théorie, donc ce critère n'est pas non plus totalement pertinent &mdash; en tout cas pas dans toutes les situations). Personnellement, je ne suis pas contre les wikilivres (sinon je ne serais pas allé voir et n'en aurais pas commencé un), mais chaque cas est ''encore'' à débattre. Un gros article ne fera pas nécessaire un bon wikilivre, et un petit wikilivre en devenir ne fera pas nécessairement un bon article sur Wikipédia. [[Utilisateur:Meanos|Meanos]]&nbsp;[[Discussion_Utilisateur:Meanos|+]] 20 jan 2005 à 17:05 (CET) Il faut bien dire que tout les projets wikimedia sont complémentaires. Les définitions sur wiktionnaire, les images sur commons les articles sur wikipédia et les ouvrages (ou assimilés comme tels) sur wikilivre. Il n'y a rien de dégradant qu'un "article" de wikipédia se retrouve sur "wikilivre". De plus, il faudrait que le nombre de liens entre les projets augmente pour bien montrer cette complémentarité.--[[Utilisateur:Dav 59|David]] 20 jan 2005 à 19:16 (CET) :si techniquement un mediawiki peut supporter tous les wiki, je ne vois pas l'utilité de scinder(wikilivres,wikitionnary,...) et donc, a mon avis, se compliquer la vie --[[Utilisateur:Vev|Vev]] 21 jan 2005 à 16:17 (CET) == Liens Wikipen renvoie des écrans en japonais == Bonjour, Le § relatif à Wikipen renvoie des écrans en japonais... Qui peut corriger ? Je ne sais pas ce que l'auteur a voulu faire !!! Merci, Guy, on ne signe pas ici avec un bouton ad hoc ????[[Utilisateur:Guy6631|Guy6631]] ([[Discussion utilisateur:Guy6631|discussion]]) 18 février 2016 à 08:34 (CET) :{{fait}} J'ai retiré cette référence, sans aller jusqu'à renvoyer les gens vers Publibook, lulu.com, et autres Wattpad. [[Utilisateur:JackPotte|JackPotte]] ([[Discussion utilisateur:JackPotte|<font color="#FF6600">$</font>♠]]) 18 février 2016 à 08:48 (CET) == Accès à cette page de Présentation générale == Bonjour, J'ai eu beaucoup de mal à trouver cette page de présentation... Il faut aller en bas de page "accueil" et lire les titres en police 6 pour la trouver... Suggestion : Mettre un bouton-lien "Présentation" dans le panneau de gauche sous le bouton "accueil". Je ne sais pas le faire sinon je n'hésiterais pas... A+ Guy,[[Utilisateur:Guy6631|Guy6631]] ([[Discussion utilisateur:Guy6631|discussion]]) 18 février 2016 à 08:39 (CET) :Le panneau de gauche n'est modifiable que par les administrateurs élus sur le site. Je vais y réfléchir ce soir... [[Utilisateur:JackPotte|JackPotte]] ([[Discussion utilisateur:JackPotte|<font color="#FF6600">$</font>♠]]) 18 février 2016 à 08:49 (CET) :A la réflexion, cette page est déjà visible depuis l'accueil (en petit en haut), dans {{M|bienvenue nouveau}} et dans toutes les pages via le pied de page (''à propos''). De plus, la barre de gauche publie les liens fréquents, mais celui-ci ne sert qu'une fois ou deux par personne. [[Utilisateur:JackPotte|JackPotte]] ([[Discussion utilisateur:JackPotte|<font color="#FF6600">$</font>♠]]) 18 février 2016 à 22:46 (CET) == Contradiction sur la propriété == Bonjour, Je relève une contradiction entre : - "Tout le contenu de ce site est couvert par la licence juridique CC-BY-SA. '''Les contributions demeurent la propriété de leurs créateurs''', alors que le copyleft assure que le contenu demeurera toujours librement distribuable et reproductible. Voyez les copyrights pour plus d'information." - et les phrases où l'on prescrit la collaboration pour l'élaboration d'un livre sous ce Wiki... Je ne suis pas juriste, c'est une lacune grave oui oui !!!... peut-être donc qu'une subtilité m'échappe... Des explications SVP, Merci d'avance, Guy,[[Utilisateur:Guy6631|Guy6631]] ([[Discussion utilisateur:Guy6631|discussion]]) 18 février 2016 à 08:52 (CET) :{{fait}} J'ai retiré le mot ''copyleft'' qui ne s'appliquait pas stricto sensu. [[Utilisateur:JackPotte|JackPotte]] ([[Discussion utilisateur:JackPotte|<font color="#FF6600">$</font>♠]]) 18 février 2016 à 09:15 (CET) == Pas de travail original ? == J'ai écrit deux wikilivres [[Théorie quantique de l'observation]] et [[Précis d'épistémologie]]. Ce sont des livres pédagogiques qui visent à amener l'étudiant au niveau de la recherche actuelle. La plupart des connaissances exposées sont un savoir bien établi, déjà connu de tous ceux qui connaissent le sujet. Mais bien sûr je ne résiste pas à la tentation d'exposer mes propres résultats, lorsque je crois qu'ils peuvent éclairer l'étudiant qui comprend leurs preuves. Suis-je en tort ? Dois-je renoncer à poursuivre mon travail sur wikilivres ? Si on m'interdisait de publier mes travaux, je serais évidemment beaucoup moins motivé. Je ne parle pas seulement de mon cas personnel. Il me semble que l'interdiction pure et simple de tout travail original sur une page d'accueil des nouveaux contributeurs a un effet trop dissuasif. Livre pédagogique n'est pas incompatible avec travail original. Wikibooks peut être un lieu où chacun enseigne comme bon lui semble. On n'a pas toujours une telle liberté. De fait Wikibooks est déjà un lieu qui accueille l'originalité, puisque n'importe quel livre est original, ne serait-ce que par sa façon de présenter son sujet. C'est pourquoi il me semble qu'il vaudrait mieux un critère tel que : wikibooks accueille les travaux originaux pourvu qu'ils soient intégrés à des livres pédagogiques. Si cette liberté était utilisée de façon abusive, il faudrait un critère plus restrictif. --[[Utilisateur:Thierry Dugnolle|Thierry Dugnolle]] ([[Discussion utilisateur:Thierry Dugnolle|discussion]]) 10 mars 2017 à 08:11 (CET) :Je suis d'accord avec Thierry Dugnolle. Le fait de cette interdiction nous dissuade tout de suite de rester sur Wikilivres et de continuer à y écrire. [[Utilisateur:HarryPotterSuperCool!|HarryPotterSuperCool!]] ([[Discussion utilisateur:HarryPotterSuperCool!|discussion]]) 18 janvier 2023 à 13:35 (CET) == Association des Marocains Victimes d'Expulsion Arbitraire d'Algérie == L’'''Association des Marocains Victimes d’Expulsion Arbitraire d’Algérie''' ('''AMVEAA''') est une association marocaine fondée à Rabat en 2006. Elle a pour objectif de représenter les Marocains expulsés d’Algérie en 1975 et de défendre leurs droits auprès des institutions nationales et internationales. == Historique == L’AMVEAA a été créée à la suite de mobilisations de familles marocaines concernées par les expulsions intervenues en décembre 1975 dans le contexte des tensions entre le Maroc et l’Algérie. L’association affirme représenter plusieurs milliers de familles touchées par ces événements. == Objectifs == L’association poursuit notamment les objectifs suivants : défendre les droits des personnes expulsées ; promouvoir la reconnaissance des préjudices subis ; demander la restitution ou l’indemnisation des biens perdus ; préserver la mémoire des événements de 1975. == Activités == L’AMVEAA mène des actions de sensibilisation, organise des rencontres et participe à des démarches auprès d’organisations nationales et internationales relatives aux droits humains. Elle publie également des témoignages et des documents concernant les expulsions de 1975. == Organisation == L’association est basée à Rabat. Parmi ses dirigeants figure Miloud Chaouch, régulièrement cité comme représentant de l’organisation dans les médias. [[Utilisateur:Association Marocains Victimes Expulsion Arbitraire Algérie|Association Marocains Victimes Expulsion Arbitraire Algérie]] ([[Discussion utilisateur:Association Marocains Victimes Expulsion Arbitraire Algérie|discussion]]) 21 juin 2026 à 03:20 (CEST) lzyn681hqy92ou0q9ghnxun41dmw00o Philosophie 0 5270 768221 767665 2026-06-21T05:07:26Z PandaMystique 119061 768221 wikitext text/x-wiki <!-- ══════════════════════════════════════════════ EN-TÊTE ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="padding: 6px 0 18px; border-bottom: 2px solid #1a2230; margin-bottom: 22px;"> <div style="font-size: 1.6em; font-weight: bold; line-height: 1.2; margin-bottom: 4px;">Classification de la philosophie</div> <div style="font-size: 0.9em; line-height: 1.5;">Portail raisonné des livres, manuels et dictionnaires de philosophie sur Wikilivres. Les entrées sont rangées en cinq grandes aires, subdivisées selon la taxonomie standard des champs philosophiques.</div> </div> {{PhiloRecherche}} <!-- ══════════════════════════════════════════════ ŒUVRE À LA UNE ══════════════════════════════════════════════ --> <div style=" border: 1px solid #c8b898; border-radius: 8px; padding: 20px 24px; margin: 22px 0 26px;"> <table style="width: 100%; border-collapse: collapse;"> <tr> <td style="width: 76px; vertical-align: top; padding-right: 20px;"> <div style="background: #9a7840; color: #f4ebe0; text-align: center; padding: 34px 4px; font-size: 13px; letter-spacing: 0.15em; font-weight: 500; border-radius: 2px;">1641</div> </td> <td style="vertical-align: top;"> <div style="font-size: 0.72em; letter-spacing: 0.25em; text-transform: uppercase; font-weight: bold; margin-bottom: 6px;">Œuvre à la une</div> <div style="font-size: 1.3em; font-weight: bold; line-height: 1.2; margin-bottom: 3px;">''[[Méditations métaphysiques|Méditations métaphysiques]]''</div> <div style="font-size: 0.92em; font-style: italic; margin-bottom: 10px;">René Descartes</div> <div style="font-size: 0.9em; line-height: 1.65;">Six méditations qui fondent la connaissance sur le doute hyperbolique et la certitude du cogito. Le commentaire de l'œuvre est disponible sur Wikilivres.</div> <div style="margin-top: 10px; font-size: 0.88em;">[[Méditations métaphysiques|Lire le commentaire →]]</div> </td> </tr> </table> </div> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 1 — MÉTAPHYSIQUE ET ÉPISTÉMOLOGIE ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 26px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">Métaphysique et épistémologie</div> </div> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Philosophie/Théorie de la connaissance|Théorie de la connaissance]] <span style=" font-weight: bold;">(20)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Théorie de la connaissance/Une définition traditionnelle|Définition traditionnelle]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Théorie de la connaissance/Le Problème de Gettier|Problème de Gettier]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Vérité|Vérité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Certitude|Certitude]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/A priori|A priori]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Abduction|Abduction]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Acatalépsie|Acatalépsie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Agnosticisme|Agnosticisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Empirisme|Empirisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Épistémologie|Épistémologie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Apparence|Apparence]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Cogito|Cogito]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Connaissance|Connaissance]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Criticisme|Criticisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Croyance|Croyance]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Découverte|Découverte]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Doute|Doute]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Erreur|Erreur]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Expérience de pensée|Expérience de pensée]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Scepticisme|Scepticisme]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|Métaphysique]] <span style=" font-weight: bold;">(13)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Absolu|Absolu]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Acte/Puissance|Acte et Puissance]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Accident|Accident]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Âme|Âme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Attribut|Attribut]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Déterminisme|Déterminisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Atomisme|Atomisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Causalité|Causalité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Contingence|Contingence]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Existence|Existence]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Finitude|Finitude]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Individu|Individu]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Mort|Mort]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Philosophie/Philosophie de l'esprit|Philosophie de l'esprit]] <span style=" font-weight: bold;">(8)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Philosophie de l'esprit/Introduction|Introduction]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Philosophie de l'esprit/Ce que Marie ne savait pas|Ce que Marie ne savait pas]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|Conscience]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Dualisme|Dualisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Émergence|Émergence]]<br/> [[Philosophie/Philosophie de l'esprit/Physicalisme|Physicalisme]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Sujet|Sujet]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Imagination|Imagination]] </div> </td> </tr> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie du langage <span style=" font-weight: bold;">(4)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Langage|Langage]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Argument|Argument]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Concept|Concept]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Définition|Définition]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie de l'action <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Action|Action]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Aboulie|Aboulie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Altruisme|Altruisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Authenticité|Authenticité]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Désir|Désir]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Liberté|Liberté]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Besoin|Besoin]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie de la religion <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Religion|Religion]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/Athéisme|Athéisme]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Déisme|Déisme]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Monothéisme|Monothéisme]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Panthéisme|Panthéisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Théisme|Théisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Polythéisme|Polythéisme]] </div> </td> </tr> </table> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 2 — THÉORIE DE LA VALEUR ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 22px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">Théorie de la valeur</div> </div> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Éthique normative <span style=" font-weight: bold;">(9)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Morale|Morale]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Devoir|Devoir]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Bonheur|Bonheur]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|Liberté (terminale)]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Ataraxie|Ataraxie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Amour|Amour]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Amitié|Amitié]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Bien|Bien]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Courage|Courage]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Éthique appliquée <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Avortement|Avortement (éthique)]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Animal|Animal (droits)]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Anthropocentrisme|Anthropocentrisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Intelligence animale|Intelligence animale]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Bioéthique|Bioéthique]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Euthanasie|Euthanasie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Personne non-humaine|Personne non-humaine]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Esthétique <span style=" font-weight: bold;">(5)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Art|Art]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Art|Art (dictionnaire)]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Art (introduction)|Art — introduction]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Art et Vérité|Art et vérité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Beau|Beau]] </div> </td> </tr> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie sociale et politique <span style=" font-weight: bold;">(13)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/État|État]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Justice|Justice]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Travail|Travail]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Absolutisme|Absolutisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Anarchisme|Anarchisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Aliénation|Aliénation]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Consensus|Consensus]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Décadence|Décadence]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Démocratie|Démocratie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Désobéissance|Désobéissance]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Droit|Droit]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/État de nature|État de nature]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Égalité|Égalité]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Autrui et reconnaissance <span style=" font-weight: bold;">(4)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Autrui|Autrui]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Altérité|Altérité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Autorité|Autorité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|Autonomie]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Métaéthique <span style=" font-weight: bold;">(4)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Absurde|Absurde]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Affection|Affection]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Angoisse|Angoisse]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Facticité|Facticité]] </div> </td> </tr> </table> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 3 — SCIENCE, LOGIQUE ET MATHÉMATIQUES ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 22px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">Science, logique et mathématiques</div> </div> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #5a7a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Logique <span style=" font-weight: bold;">(8)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/A (logique)|A (logique)]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Abstraction|Abstraction]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Antinomie|Antinomie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Aporie|Aporie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Axiome|Axiome]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Dialectique|Dialectique]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Déduction|Déduction]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Diallèle|Diallèle]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #5a7a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie des sciences <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Théorie et expérience|Théorie et expérience]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Science|Science]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Technique|Technique]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Épistémologie|Épistémologie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Bateau de Neurath|Bateau de Neurath]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Convention|Convention]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #5a7a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie du vivant <span style=" font-weight: bold;">(2)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Nature|Nature]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Animal|Animal]] </div> </td> </tr> </table> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 4 — HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 22px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">[[Philosophie/Histoire de la philosophie|Histoire de la philosophie]] <span style=" font-weight: bold; font-size: 0.92em;">(33)</span></div> </div> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Antiquité <span style=" font-weight: bold;">(11)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">VI<sup>e</sup>&nbsp;av.&nbsp;— V<sup>e</sup>&nbsp;siècle</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style="font-weight: bold; ">Présocratiques</span> <span style=" font-weight: 300;">([[Philosophie/Présocratiques/Liste des Présocratiques|<small>Liste complète</small>]])</span><br/> [[Philosophie/Thalès de Milet|Thalès de Milet]] - <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Anaximandre de Milet|Anaximandre]]</span> - [[Dictionnaire de philosophie/Anaxagore|Anaxagore]] - [[Dictionnaire de philosophie/Empédocle|Empédocle]]<br> <span style=" font-weight: bold;">[[Pour lire Platon|Platon]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]]<br/> <span style="font-weight: bold; ">Philosophie hellénistique</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Commentaire philosophique/Lettre à Ménécée|Épicure]]</span> - <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Ataraxie|Stoïcisme]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Acatalépsie|Scepticisme — Acatalépsie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Carnéade|Carnéade]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Pyrrhon d'Élis|Pyrrhon d'Élis]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie médiévale <span style=" font-weight: bold;">(0)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">V<sup>e</sup>&nbsp;— XV<sup>e</sup>&nbsp;siècle</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.85; font-style: italic;"> <span style=" font-style: normal;">○</span>&nbsp;Augustin<br/> <span style=" font-style: normal;">○</span>&nbsp;Anselme<br/> <span style=" font-style: normal;">○</span>&nbsp;Thomas d'Aquin<br/> <span style=" font-style: normal;">○</span>&nbsp;Averroès<br/> <span style="font-size: 0.85em; ">— pages à rédiger</span> </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie classique <span style=" font-weight: bold;">(9)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">XVI<sup>e</sup>&nbsp;— XVIII<sup>e</sup>&nbsp;siècle</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Méditations métaphysiques|Descartes — Méditations]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Commentaire du passage à propos de l'Homme esclave du divertissement|Pascal — Divertissement]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Commentaire de l'Éthique|Spinoza — Éthique]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Vocabulaire/David Hume|Hume]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Vocabulaire/Kant|Kant]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Commentaire philosophique/Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes|Rousseau — Inégalité]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/René Descartes|René Descartes]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Julien Offray de La Mettrie|La Mettrie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Chamfort|Chamfort]] </div> </td> </tr> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie contemporaine <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">XIX<sup>e</sup>&nbsp;— XXI<sup>e</sup>&nbsp;siècle</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Karl Marx|Karl Marx]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Nietzsche|Nietzsche]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Moritz Schlick|Moritz Schlick]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Max Stirner|Max Stirner]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Pierre Kropotkine|Pierre Kropotkine]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Philosophie suédoise contemporaine|Philosophie suédoise]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Courants du XX<sup>e</sup> siècle <span style=" font-weight: bold;">(4)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">Écoles et traditions</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Philosophie analytique|Philosophie analytique]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Existence et temps|Existentialisme]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Dasein|Phénoménologie / Dasein]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Différence ontologique|Différence ontologique]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Traditions non occidentales <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">Afrique, Amériques, Asie</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Philosophie africaine|Philosophie africaine]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Argentine (Philosophie)|Argentine — XX<sup>e</sup> siècle]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Chine|Chine]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Ghana|Ghana]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Ubuntu|Ubuntu]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Esthétique dans la pensée chinoise|Esthétique chinoise]] </div> </td> </tr> </table> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 5 — OUVRAGES DE RÉFÉRENCE ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 22px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">Ouvrages de référence et pédagogiques</div> </div> <!-- Autres ouvrages --> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #4a4a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Manuel de terminale de philosophie|Manuel de terminale]] <span style=" font-weight: bold;">(26)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> Éthique &amp; action <span style="">(4)</span><br/> Esprit &amp; conscience <span style="">(4)</span><br/> Connaissance &amp; vérité <span style="">(5)</span><br/> Monde &amp; société <span style="">(4)</span><br/> Culture &amp; sens <span style="">(6)</span><br/> Méthode &amp; ressources <span style="">(3)</span> </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #4a4a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[:Catégorie:Commentaire philosophique|Commentaires d'œuvres]] <span style=" font-weight: bold;">(20)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style="font-weight: bold;">[[Commentaire philosophique/Lettre à Ménécée|Lettre à Ménécée]]</span> <span style="">·</span> Épicure<br/> <span style="font-weight: bold;">[[Méditations métaphysiques|Méditations]]</span> <span style="">·</span> Descartes<br/> <span style="font-weight: bold;">[[Commentaire de l'Éthique|Éthique]]</span> <span style="">·</span> Spinoza<br/> <span style="font-weight: bold;">[[Commentaire philosophique/Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes|Inégalité]]</span> <span style="">·</span> Rousseau<br/> <span style="font-weight: bold;">[[Philosophie/Commentaire du passage à propos de l'Homme esclave du divertissement|Divertissement]]</span> <span style="">·</span> Pascal </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #4a4a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; margin-bottom: 6px;">[[:Catégorie:Vocabulaire philosophique|Vocabulaires]] <span style=" font-weight: bold;">(4)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style="font-weight: bold;">[[Pour lire Platon/Vocabulaire|Platon]]</span><br/> <span style="font-weight: bold;">[[Philosophie/Vocabulaire/David Hume|David Hume]]</span><br/> <span style="font-weight: bold;">[[Philosophie/Vocabulaire/Kant|Kant]]</span> </div> <div style="height: 1px; margin: 10px 0;"></div> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; margin-bottom: 10px;">[[Philosophie/Une brève introduction|Une brève introduction]] </div> </td> </tr> </table> <!-- Dictionnaire — pleine largeur --> <div style=" border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #4a4a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 14px 16px 16px; margin-bottom: 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Dictionnaire de philosophie|Dictionnaire de philosophie]] <span style=" font-weight: bold;">(120)</span></div> <!-- Sélection d'articles thématiques du Dictionnaire --> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 5px 5px;"> <tr> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/A|A]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/B|B]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/C|C]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/D|D]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/E|E]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/F|F]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/G|G]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/H|H]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/I|I]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/J|J]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/K|K]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/L|L]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/M|M]]</td> </tr> <tr> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/N|N]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/O|O]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/P|P]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/Q|Q]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/R|R]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/S|S]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/T|T]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/U|U]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/V|V]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;"><span style="color: #b9bfc7;" title="Aucune entrée pour le moment">W</span></td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;"><span style="color: #b9bfc7;" title="Aucune entrée pour le moment">X</span></td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;"><span style="color: #b9bfc7;" title="Aucune entrée pour le moment">Y</span></td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;"><span style="color: #b9bfc7;" title="Aucune entrée pour le moment">Z</span></td> </tr> </table> </div> <br> <!-- ══════════════════════════════════════════════ PIED DE PAGE ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin-top: 10px; padding: 14px 0 4px; border-top: 1px solid #d4dae2; font-size: 0.86em; "> <div style="margin-bottom: 6px;"><span style="font-weight: bold; ">Consulter ailleurs</span> &nbsp;·&nbsp; [[w:Philosophie|Wikipédia]] &nbsp;·&nbsp; [[wikt:philosophie|Wiktionnaire]] &nbsp;·&nbsp; [[v:Philosophie|Wikiversité]] &nbsp;·&nbsp; [[s:Portail:Philosophie|Wikisource]]</div> <div style="margin-bottom: 10px;"><span style="font-weight: bold; ">Catégories sources</span> &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Discipline philosophique|Disciplines]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Histoire de la philosophie|Histoire]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Philosophe|Philosophes]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Dictionnaire de philosophie (livre)|Dictionnaire]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Manuel de terminale de philosophie (livre)|Manuel]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Commentaire philosophique|Commentaires]]</div> </div> [[Catégorie:Philosophie|*]] 5wng2wdzlmb08lzay80xg9df2da7az3 768239 768221 2026-06-21T05:30:51Z PandaMystique 119061 768239 wikitext text/x-wiki <!-- ══════════════════════════════════════════════ EN-TÊTE ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="padding: 6px 0 18px; border-bottom: 2px solid #1a2230; margin-bottom: 22px;"> <div style="font-size: 1.6em; font-weight: bold; line-height: 1.2; margin-bottom: 4px;">Classification de la philosophie</div> <div style="font-size: 0.9em; line-height: 1.5;">Portail raisonné des livres, manuels et dictionnaires de philosophie sur Wikilivres. Les entrées sont rangées en cinq grandes aires, subdivisées selon la taxonomie standard des champs philosophiques.</div> </div> {{PhiloRecherche}} <!-- ══════════════════════════════════════════════ ŒUVRE À LA UNE (Idée 7) ══════════════════════════════════════════════ --> <div style=" border: 1px solid #c8b898; border-radius: 8px; padding: 20px 24px; margin: 22px 0 26px;"> <table style="width: 100%; border-collapse: collapse;"> <tr> <td style="width: 76px; vertical-align: top; padding-right: 20px;"> <div style="background: #9a7840; color: #f4ebe0; text-align: center; padding: 34px 4px; font-size: 13px; letter-spacing: 0.15em; font-weight: 500; border-radius: 2px;">1641</div> </td> <td style="vertical-align: top;"> <div style="font-size: 0.72em; letter-spacing: 0.25em; text-transform: uppercase; font-weight: bold; margin-bottom: 6px;">Œuvre à la une</div> <div style="font-size: 1.3em; font-weight: bold; line-height: 1.2; margin-bottom: 3px;">''[[Méditations métaphysiques|Méditations métaphysiques]]''</div> <div style="font-size: 0.92em; font-style: italic; margin-bottom: 10px;">René Descartes</div> <div style="font-size: 0.9em; line-height: 1.65;">Six méditations qui fondent la connaissance sur le doute hyperbolique et la certitude du cogito. Le commentaire de l'œuvre est disponible sur Wikilivres.</div> <div style="margin-top: 10px; font-size: 0.88em;">[[Méditations métaphysiques|Lire le commentaire →]]</div> </td> </tr> </table> </div> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 1 — MÉTAPHYSIQUE ET ÉPISTÉMOLOGIE (bleu ardoise) ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 26px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">Métaphysique et épistémologie</div> </div> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Philosophie/Théorie de la connaissance|Théorie de la connaissance]] <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Connaissance|Connaissance]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Théorie de la connaissance/Une définition traditionnelle|Définition traditionnelle]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Théorie de la connaissance/Le Problème de Gettier|Problème de Gettier]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Croyance|Croyance]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Vérité|Vérité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Certitude|Certitude]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Cogito|Cogito]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Doute et scepticisme <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Scepticisme|Scepticisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Doute|Doute]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Acatalépsie|Acatalépsie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Agnosticisme|Agnosticisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Apparence|Apparence]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Erreur|Erreur]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Sources et méthode <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Empirisme|Empirisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/A priori|A priori]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Criticisme|Criticisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Abduction|Abduction]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Découverte|Découverte]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Expérience de pensée|Expérience de pensée]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Épistémologie|Épistémologie]] </div> </td> </tr> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|Métaphysique]] <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Absolu|Absolu]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Existence|Existence]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Accident|Accident]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Attribut|Attribut]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Individu|Individu]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Âme|Âme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Atomisme|Atomisme]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Cause, devenir et destin <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Acte/Puissance|Acte et Puissance]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Causalité|Causalité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Contingence|Contingence]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Déterminisme|Déterminisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Finitude|Finitude]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Mort|Mort]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Philosophie/Philosophie de l'esprit|Philosophie de l'esprit]] <span style=" font-weight: bold;">(8)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Philosophie de l'esprit/Introduction|Introduction]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Philosophie de l'esprit/Ce que Marie ne savait pas|Ce que Marie ne savait pas]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|Conscience]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Dualisme|Dualisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Émergence|Émergence]]<br/> [[Philosophie/Philosophie de l'esprit/Physicalisme|Physicalisme]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Sujet|Sujet]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Imagination|Imagination]] </div> </td> </tr> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie du langage <span style=" font-weight: bold;">(4)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Langage|Langage]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Argument|Argument]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Concept|Concept]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Définition|Définition]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie de l'action <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Action|Action]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Aboulie|Aboulie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Altruisme|Altruisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Authenticité|Authenticité]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Désir|Désir]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Liberté|Liberté]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Besoin|Besoin]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie de la religion <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Religion|Religion]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/Athéisme|Athéisme]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Déisme|Déisme]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Monothéisme|Monothéisme]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Panthéisme|Panthéisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Théisme|Théisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Polythéisme|Polythéisme]] </div> </td> </tr> </table> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 2 — THÉORIE DE LA VALEUR (argile toscane) ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 22px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">Théorie de la valeur</div> </div> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Éthique normative <span style=" font-weight: bold;">(9)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Morale|Morale]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Devoir|Devoir]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Bonheur|Bonheur]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|Liberté (terminale)]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Ataraxie|Ataraxie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Amour|Amour]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Amitié|Amitié]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Bien|Bien]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Courage|Courage]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Justice et société <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/État|État]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Justice|Justice]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Travail|Travail]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Droit|Droit]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Démocratie|Démocratie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Égalité|Égalité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/État de nature|État de nature]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Autrui, autonomie et existence <span style=" font-weight: bold;">(8)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Autrui|Autrui]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Altérité|Altérité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Autorité|Autorité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|Autonomie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Absurde|Absurde]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Affection|Affection]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Angoisse|Angoisse]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Facticité|Facticité]] </div> </td> </tr> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Éthique appliquée <span style=" font-weight: bold;">(5)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Avortement|Avortement (éthique)]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Animal|Animal (droits)]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Bioéthique|Bioéthique]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Euthanasie|Euthanasie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Personne non-humaine|Personne non-humaine]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Pouvoir et critique sociale <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Absolutisme|Absolutisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Anarchisme|Anarchisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Aliénation|Aliénation]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Consensus|Consensus]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Décadence|Décadence]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Désobéissance|Désobéissance]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Esthétique <span style=" font-weight: bold;">(5)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Art|Art]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Art|Art (dictionnaire)]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Art (introduction)|Art — introduction]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Art et Vérité|Art et vérité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Beau|Beau]] </div> </td> </tr> </table> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 3 — SCIENCE, LOGIQUE ET MATHÉMATIQUES (vert sauge) ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 22px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">Science, logique et mathématiques</div> </div> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #5a7a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Logique <span style=" font-weight: bold;">(8)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/A (logique)|A (logique)]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Abstraction|Abstraction]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Antinomie|Antinomie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Aporie|Aporie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Axiome|Axiome]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Dialectique|Dialectique]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Déduction|Déduction]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Diallèle|Diallèle]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #5a7a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie des sciences <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Théorie et expérience|Théorie et expérience]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Science|Science]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Technique|Technique]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Épistémologie|Épistémologie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Bateau de Neurath|Bateau de Neurath]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Convention|Convention]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #5a7a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Nature et vivant <span style=" font-weight: bold;">(4)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Nature|Nature]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Animal|Animal]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Anthropocentrisme|Anthropocentrisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Intelligence animale|Intelligence animale]] </div> </td> </tr> </table> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 4 — HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE (parchemin vieilli) ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 22px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">[[Philosophie/Histoire de la philosophie|Histoire de la philosophie]] <span style=" font-weight: bold; font-size: 0.92em;">(33)</span></div> </div> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Antiquité <span style=" font-weight: bold;">(11)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">VI<sup>e</sup>&nbsp;av.&nbsp;— V<sup>e</sup>&nbsp;siècle</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style="font-weight: bold; ">Présocratiques</span> <span style=" font-weight: 300;">([[Philosophie/Présocratiques/Liste des Présocratiques|<small>Liste complète</small>]])</span><br/> [[Philosophie/Thalès de Milet|Thalès de Milet]] - <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Anaximandre de Milet|Anaximandre]]</span> - [[Dictionnaire de philosophie/Anaxagore|Anaxagore]] - [[Dictionnaire de philosophie/Empédocle|Empédocle]]<br> <span style=" font-weight: bold;">[[Pour lire Platon|Platon]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]]<br/> <span style="font-weight: bold; ">Philosophie hellénistique</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Commentaire philosophique/Lettre à Ménécée|Épicure]]</span> - <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Ataraxie|Stoïcisme]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Acatalépsie|Scepticisme — Acatalépsie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Carnéade|Carnéade]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Pyrrhon d'Élis|Pyrrhon d'Élis]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie médiévale <span style=" font-weight: bold;">(0)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">V<sup>e</sup>&nbsp;— XV<sup>e</sup>&nbsp;siècle</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.85; font-style: italic;"> <span style=" font-style: normal;">○</span>&nbsp;Augustin<br/> <span style=" font-style: normal;">○</span>&nbsp;Anselme<br/> <span style=" font-style: normal;">○</span>&nbsp;Thomas d'Aquin<br/> <span style=" font-style: normal;">○</span>&nbsp;Averroès<br/> <span style="font-size: 0.85em; ">— pages à rédiger</span> </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie classique <span style=" font-weight: bold;">(9)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">XVI<sup>e</sup>&nbsp;— XVIII<sup>e</sup>&nbsp;siècle</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Méditations métaphysiques|Descartes — Méditations]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Commentaire du passage à propos de l'Homme esclave du divertissement|Pascal — Divertissement]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Commentaire de l'Éthique|Spinoza — Éthique]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Vocabulaire/David Hume|Hume]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Vocabulaire/Kant|Kant]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Commentaire philosophique/Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes|Rousseau — Inégalité]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/René Descartes|René Descartes]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Julien Offray de La Mettrie|La Mettrie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Chamfort|Chamfort]] </div> </td> </tr> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie contemporaine <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">XIX<sup>e</sup>&nbsp;— XXI<sup>e</sup>&nbsp;siècle</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Karl Marx|Karl Marx]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Nietzsche|Nietzsche]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Moritz Schlick|Moritz Schlick]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Max Stirner|Max Stirner]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Pierre Kropotkine|Pierre Kropotkine]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Philosophie suédoise contemporaine|Philosophie suédoise]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Courants du XX<sup>e</sup> siècle <span style=" font-weight: bold;">(4)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">Écoles et traditions</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Philosophie analytique|Philosophie analytique]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Existence et temps|Existentialisme]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Dasein|Phénoménologie / Dasein]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Différence ontologique|Différence ontologique]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Traditions non occidentales <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">Afrique, Amériques, Asie</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Philosophie africaine|Philosophie africaine]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Argentine (Philosophie)|Argentine — XX<sup>e</sup> siècle]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Chine|Chine]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Ghana|Ghana]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Ubuntu|Ubuntu]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Esthétique dans la pensée chinoise|Esthétique chinoise]] </div> </td> </tr> </table> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 5 — OUVRAGES DE RÉFÉRENCE (gris encre) ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 22px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">Ouvrages de référence et pédagogiques</div> </div> <!-- Autres ouvrages --> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #4a4a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Manuel de terminale de philosophie|Manuel de terminale]] <span style=" font-weight: bold;">(26)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> Éthique &amp; action <span style="">(4)</span><br/> Esprit &amp; conscience <span style="">(4)</span><br/> Connaissance &amp; vérité <span style="">(5)</span><br/> Monde &amp; société <span style="">(4)</span><br/> Culture &amp; sens <span style="">(6)</span><br/> Méthode &amp; ressources <span style="">(3)</span> </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #4a4a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[:Catégorie:Commentaire philosophique|Commentaires d'œuvres]] <span style=" font-weight: bold;">(20)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style="font-weight: bold;">[[Commentaire philosophique/Lettre à Ménécée|Lettre à Ménécée]]</span> <span style="">·</span> Épicure<br/> <span style="font-weight: bold;">[[Méditations métaphysiques|Méditations]]</span> <span style="">·</span> Descartes<br/> <span style="font-weight: bold;">[[Commentaire de l'Éthique|Éthique]]</span> <span style="">·</span> Spinoza<br/> <span style="font-weight: bold;">[[Commentaire philosophique/Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes|Inégalité]]</span> <span style="">·</span> Rousseau<br/> <span style="font-weight: bold;">[[Philosophie/Commentaire du passage à propos de l'Homme esclave du divertissement|Divertissement]]</span> <span style="">·</span> Pascal </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #4a4a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; margin-bottom: 6px;">[[:Catégorie:Vocabulaire philosophique|Vocabulaires]] <span style=" font-weight: bold;">(4)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style="font-weight: bold;">[[Pour lire Platon/Vocabulaire|Platon]]</span><br/> <span style="font-weight: bold;">[[Philosophie/Vocabulaire/David Hume|David Hume]]</span><br/> <span style="font-weight: bold;">[[Philosophie/Vocabulaire/Kant|Kant]]</span> </div> <div style="height: 1px; margin: 10px 0;"></div> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; margin-bottom: 10px;">[[Philosophie/Une brève introduction|Une brève introduction]] </div> </td> </tr> </table> <!-- Dictionnaire — pleine largeur --> <div style=" border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #4a4a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 14px 16px 16px; margin-bottom: 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Dictionnaire de philosophie|Dictionnaire de philosophie]] <span style=" font-weight: bold;">(120)</span></div> <!-- Sélection d'articles thématiques du Dictionnaire --> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 5px 5px;"> <tr> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/A|A]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/B|B]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/C|C]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/D|D]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/E|E]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/F|F]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/G|G]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/H|H]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/I|I]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/J|J]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/K|K]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/L|L]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/M|M]]</td> </tr> <tr> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/N|N]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/O|O]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/P|P]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/Q|Q]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/R|R]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/S|S]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/T|T]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/U|U]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/V|V]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;"><span style="color: #b9bfc7;" title="Aucune entrée pour le moment">W</span></td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;"><span style="color: #b9bfc7;" title="Aucune entrée pour le moment">X</span></td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;"><span style="color: #b9bfc7;" title="Aucune entrée pour le moment">Y</span></td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;"><span style="color: #b9bfc7;" title="Aucune entrée pour le moment">Z</span></td> </tr> </table> </div> <br> <!-- ══════════════════════════════════════════════ PIED DE PAGE (+ légende de convention, idée 5) ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin-top: 10px; padding: 14px 0 4px; border-top: 1px solid #d4dae2; font-size: 0.86em; "> <div style="margin-bottom: 6px;"><span style="font-weight: bold; ">Consulter ailleurs</span> &nbsp;·&nbsp; [[w:Philosophie|Wikipédia]] &nbsp;·&nbsp; [[wikt:philosophie|Wiktionnaire]] &nbsp;·&nbsp; [[v:Philosophie|Wikiversité]] &nbsp;·&nbsp; [[s:Portail:Philosophie|Wikisource]]</div> <div style="margin-bottom: 10px;"><span style="font-weight: bold; ">Catégories sources</span> &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Discipline philosophique|Disciplines]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Histoire de la philosophie|Histoire]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Philosophe|Philosophes]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Dictionnaire de philosophie (livre)|Dictionnaire]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Manuel de terminale de philosophie (livre)|Manuel]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Commentaire philosophique|Commentaires]]</div> </div> [[Catégorie:Philosophie|*]] 04t32sregp29zwv3vzoy4qqd0ta7yrf 768240 768239 2026-06-21T05:51:29Z PandaMystique 119061 768240 wikitext text/x-wiki <!-- ══════════════════════════════════════════════ EN-TÊTE ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="padding: 6px 0 18px; border-bottom: 2px solid #1a2230; margin-bottom: 22px;"> <div style="font-size: 1.6em; font-weight: bold; line-height: 1.2; margin-bottom: 4px;">Classification de la philosophie</div> <div style="font-size: 0.9em; line-height: 1.5;">Portail raisonné des livres, manuels et dictionnaires de philosophie sur Wikilivres. Les entrées sont rangées en cinq grandes aires, subdivisées selon la taxonomie standard des champs philosophiques.</div> </div> {{PhiloRecherche}} <!-- ══════════════════════════════════════════════ ŒUVRE À LA UNE ══════════════════════════════════════════════ --> <div style=" border: 1px solid #c8b898; border-radius: 8px; padding: 20px 24px; margin: 22px 0 26px;"> <table style="width: 100%; border-collapse: collapse;"> {{#switch: {{#expr: {{#time:z}} mod 6 }} | 1 = <tr> <td style="width: 76px; vertical-align: top; padding-right: 20px;"> <div style="background: #9a7840; color: #f4ebe0; text-align: center; padding: 34px 4px; font-size: 13px; letter-spacing: 0.15em; font-weight: 500; border-radius: 2px;">1677</div> </td> <td style="vertical-align: top;"> <div style="font-size: 0.72em; letter-spacing: 0.25em; text-transform: uppercase; font-weight: bold; margin-bottom: 6px;">Œuvre à la une</div> <div style="font-size: 1.3em; font-weight: bold; line-height: 1.2; margin-bottom: 3px;">''[[Commentaire de l'Éthique{{!}}Éthique]]''</div> <div style="font-size: 0.92em; font-style: italic; margin-bottom: 10px;">Baruch Spinoza</div> <div style="font-size: 0.9em; line-height: 1.65;">Un traité conduit à la manière des géomètres, des définitions de la substance et de Dieu jusqu'à la liberté du sage et la joie de comprendre.</div> <div style="margin-top: 10px; font-size: 0.88em;">[[Commentaire de l'Éthique{{!}}Lire le commentaire →]]</div> </td> </tr> | 2 = <tr> <td style="width: 76px; vertical-align: top; padding-right: 20px;"> <div style="background: #9a7840; color: #f4ebe0; text-align: center; padding: 34px 4px; font-size: 13px; letter-spacing: 0.15em; font-weight: 500; border-radius: 2px;">1755</div> </td> <td style="vertical-align: top;"> <div style="font-size: 0.72em; letter-spacing: 0.25em; text-transform: uppercase; font-weight: bold; margin-bottom: 6px;">Œuvre à la une</div> <div style="font-size: 1.3em; font-weight: bold; line-height: 1.2; margin-bottom: 3px;">''[[Commentaire philosophique/Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes{{!}}Discours sur l'inégalité]]''</div> <div style="font-size: 0.92em; font-style: italic; margin-bottom: 10px;">Jean-Jacques Rousseau</div> <div style="font-size: 0.9em; line-height: 1.65;">Comment, de l'homme des bois aux sociétés policées, l'inégalité s'est peu à peu installée parmi les hommes : une enquête sur ce que la civilisation a fait de notre nature.</div> <div style="margin-top: 10px; font-size: 0.88em;">[[Commentaire philosophique/Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes{{!}}Lire le commentaire →]]</div> </td> </tr> | 3 = <tr> <td style="width: 76px; vertical-align: top; padding-right: 20px;"> <div style="background: #9a7840; color: #f4ebe0; text-align: center; padding: 34px 4px; font-size: 13px; letter-spacing: 0.15em; font-weight: 500; border-radius: 2px;">1670</div> </td> <td style="vertical-align: top;"> <div style="font-size: 0.72em; letter-spacing: 0.25em; text-transform: uppercase; font-weight: bold; margin-bottom: 6px;">Œuvre à la une</div> <div style="font-size: 1.3em; font-weight: bold; line-height: 1.2; margin-bottom: 3px;">''[[Philosophie/Commentaire du passage à propos de l'Homme esclave du divertissement{{!}}Pensées]]''</div> <div style="font-size: 0.92em; font-style: italic; margin-bottom: 10px;">Blaise Pascal</div> <div style="font-size: 0.9em; line-height: 1.65;">Pourquoi nous fuyons le repos et la chambre où il faudrait savoir rester seul : l'analyse du divertissement comme art d'oublier notre condition.</div> <div style="margin-top: 10px; font-size: 0.88em;">[[Philosophie/Commentaire du passage à propos de l'Homme esclave du divertissement{{!}}Lire le commentaire →]]</div> </td> </tr> | 4 = <tr> <td style="width: 76px; vertical-align: top; padding-right: 20px;"> <div style="background: #9a7840; color: #f4ebe0; text-align: center; padding: 34px 4px; font-size: 13px; letter-spacing: 0.15em; font-weight: 500; border-radius: 2px;">-300</div> </td> <td style="vertical-align: top;"> <div style="font-size: 0.72em; letter-spacing: 0.25em; text-transform: uppercase; font-weight: bold; margin-bottom: 6px;">Œuvre à la une</div> <div style="font-size: 1.3em; font-weight: bold; line-height: 1.2; margin-bottom: 3px;">''[[Commentaire philosophique/Lettre à Ménécée{{!}}Lettre à Ménécée]]''</div> <div style="font-size: 0.92em; font-style: italic; margin-bottom: 10px;">Épicure</div> <div style="font-size: 0.9em; line-height: 1.65;">Une lettre brève qui tient toute une morale : n'avoir plus peur des dieux ni de la mort, et mesurer ses désirs pour gagner la tranquillité de l'âme.</div> <div style="margin-top: 10px; font-size: 0.88em;">[[Commentaire philosophique/Lettre à Ménécée{{!}}Lire le commentaire →]]</div> </td> </tr> | 5 = <tr> <td style="width: 76px; vertical-align: top; padding-right: 20px;"> <div style="background: #9a7840; color: #f4ebe0; text-align: center; padding: 34px 4px; font-size: 13px; letter-spacing: 0.15em; font-weight: 500; border-radius: 2px;">1888</div> </td> <td style="vertical-align: top;"> <div style="font-size: 0.72em; letter-spacing: 0.25em; text-transform: uppercase; font-weight: bold; margin-bottom: 6px;">Œuvre à la une</div> <div style="font-size: 1.3em; font-weight: bold; line-height: 1.2; margin-bottom: 3px;">''[[Philosophie/Nietzsche/Crépuscule des idoles{{!}}Crépuscule des idoles]]''</div> <div style="font-size: 0.92em; font-style: italic; margin-bottom: 10px;">Friedrich Nietzsche</div> <div style="font-size: 0.9em; line-height: 1.65;">Une traversée « à coups de marteau » des idoles de la morale et de la raison, écrite vite et drue, où Nietzsche ausculte les certitudes héritées.</div> <div style="margin-top: 10px; font-size: 0.88em;">[[Philosophie/Nietzsche/Crépuscule des idoles{{!}}Lire le commentaire →]]</div> </td> </tr> | 0 | #default = <tr> <td style="width: 76px; vertical-align: top; padding-right: 20px;"> <div style="background: #9a7840; color: #f4ebe0; text-align: center; padding: 34px 4px; font-size: 13px; letter-spacing: 0.15em; font-weight: 500; border-radius: 2px;">1641</div> </td> <td style="vertical-align: top;"> <div style="font-size: 0.72em; letter-spacing: 0.25em; text-transform: uppercase; font-weight: bold; margin-bottom: 6px;">Œuvre à la une</div> <div style="font-size: 1.3em; font-weight: bold; line-height: 1.2; margin-bottom: 3px;">''[[Méditations métaphysiques{{!}}Méditations métaphysiques]]''</div> <div style="font-size: 0.92em; font-style: italic; margin-bottom: 10px;">René Descartes</div> <div style="font-size: 0.9em; line-height: 1.65;">Six méditations qui refondent le savoir sur le doute le plus exigeant, jusqu'à la première certitude retrouvée : je pense, donc je suis.</div> <div style="margin-top: 10px; font-size: 0.88em;">[[Méditations métaphysiques{{!}}Lire le commentaire →]]</div> </td> </tr> }} </table> </div> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 1 — MÉTAPHYSIQUE ET ÉPISTÉMOLOGIE ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 26px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">Métaphysique et épistémologie</div> </div> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Philosophie/Théorie de la connaissance|Théorie de la connaissance]] <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Connaissance|Connaissance]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Théorie de la connaissance/Une définition traditionnelle|Définition traditionnelle]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Théorie de la connaissance/Le Problème de Gettier|Problème de Gettier]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Croyance|Croyance]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Vérité|Vérité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Certitude|Certitude]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Cogito|Cogito]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Doute et scepticisme <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Scepticisme|Scepticisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Doute|Doute]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Acatalépsie|Acatalépsie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Agnosticisme|Agnosticisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Apparence|Apparence]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Erreur|Erreur]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Sources et méthode <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Empirisme|Empirisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/A priori|A priori]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Criticisme|Criticisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Abduction|Abduction]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Découverte|Découverte]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Expérience de pensée|Expérience de pensée]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Épistémologie|Épistémologie]] </div> </td> </tr> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|Métaphysique]] <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Absolu|Absolu]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Existence|Existence]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Accident|Accident]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Attribut|Attribut]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Individu|Individu]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Âme|Âme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Atomisme|Atomisme]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Cause, devenir et destin <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Acte/Puissance|Acte et Puissance]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Causalité|Causalité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Contingence|Contingence]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Déterminisme|Déterminisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Finitude|Finitude]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Mort|Mort]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Philosophie/Philosophie de l'esprit|Philosophie de l'esprit]] <span style=" font-weight: bold;">(8)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Philosophie de l'esprit/Introduction|Introduction]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Philosophie de l'esprit/Ce que Marie ne savait pas|Ce que Marie ne savait pas]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|Conscience]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Dualisme|Dualisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Émergence|Émergence]]<br/> [[Philosophie/Philosophie de l'esprit/Physicalisme|Physicalisme]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Sujet|Sujet]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Imagination|Imagination]] </div> </td> </tr> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie du langage <span style=" font-weight: bold;">(4)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Langage|Langage]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Argument|Argument]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Concept|Concept]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Définition|Définition]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie de l'action <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Action|Action]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Aboulie|Aboulie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Altruisme|Altruisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Authenticité|Authenticité]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Désir|Désir]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Liberté|Liberté]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Besoin|Besoin]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #3a5a80; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie de la religion <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Religion|Religion]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/Athéisme|Athéisme]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Déisme|Déisme]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Monothéisme|Monothéisme]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Panthéisme|Panthéisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Théisme|Théisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Polythéisme|Polythéisme]] </div> </td> </tr> </table> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 2 — THÉORIE DE LA VALEUR ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 22px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">Théorie de la valeur</div> </div> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Éthique normative <span style=" font-weight: bold;">(9)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Morale|Morale]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Devoir|Devoir]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Bonheur|Bonheur]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|Liberté (terminale)]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Ataraxie|Ataraxie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Amour|Amour]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Amitié|Amitié]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Bien|Bien]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Courage|Courage]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Justice et société <span style=" font-weight: bold;">(7)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/État|État]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Justice|Justice]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Travail|Travail]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Droit|Droit]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Démocratie|Démocratie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Égalité|Égalité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/État de nature|État de nature]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Autrui, autonomie et existence <span style=" font-weight: bold;">(8)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Autrui|Autrui]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Altérité|Altérité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Autorité|Autorité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|Autonomie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Absurde|Absurde]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Affection|Affection]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Angoisse|Angoisse]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Facticité|Facticité]] </div> </td> </tr> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Éthique appliquée <span style=" font-weight: bold;">(5)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Avortement|Avortement (éthique)]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Animal|Animal (droits)]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Bioéthique|Bioéthique]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Euthanasie|Euthanasie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Personne non-humaine|Personne non-humaine]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Pouvoir et critique sociale <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Absolutisme|Absolutisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Anarchisme|Anarchisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Aliénation|Aliénation]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Consensus|Consensus]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Décadence|Décadence]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Désobéissance|Désobéissance]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #a86b3d; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Esthétique <span style=" font-weight: bold;">(5)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Art|Art]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Art|Art (dictionnaire)]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Art (introduction)|Art — introduction]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Art et Vérité|Art et vérité]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Beau|Beau]] </div> </td> </tr> </table> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 3 — SCIENCE, LOGIQUE ET MATHÉMATIQUES ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 22px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">Science, logique et mathématiques</div> </div> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #5a7a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Logique <span style=" font-weight: bold;">(8)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/A (logique)|A (logique)]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Abstraction|Abstraction]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Antinomie|Antinomie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Aporie|Aporie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Axiome|Axiome]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Dialectique|Dialectique]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Déduction|Déduction]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Diallèle|Diallèle]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #5a7a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie des sciences <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Théorie et expérience|Théorie et expérience]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Science|Science]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Technique|Technique]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Épistémologie|Épistémologie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Bateau de Neurath|Bateau de Neurath]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Convention|Convention]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #5a7a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Nature et vivant <span style=" font-weight: bold;">(4)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Manuel de terminale de philosophie/Nature|Nature]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Animal|Animal]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Anthropocentrisme|Anthropocentrisme]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Intelligence animale|Intelligence animale]] </div> </td> </tr> </table> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 4 — HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 22px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">[[Philosophie/Histoire de la philosophie|Histoire de la philosophie]] <span style=" font-weight: bold; font-size: 0.92em;">(33)</span></div> </div> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Antiquité <span style=" font-weight: bold;">(11)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">VI<sup>e</sup>&nbsp;av.&nbsp;— V<sup>e</sup>&nbsp;siècle</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style="font-weight: bold; ">Présocratiques</span> <span style=" font-weight: 300;">([[Philosophie/Présocratiques/Liste des Présocratiques|<small>Liste complète</small>]])</span><br/> [[Philosophie/Thalès de Milet|Thalès de Milet]] - <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Anaximandre de Milet|Anaximandre]]</span> - [[Dictionnaire de philosophie/Anaxagore|Anaxagore]] - [[Dictionnaire de philosophie/Empédocle|Empédocle]]<br> <span style=" font-weight: bold;">[[Pour lire Platon|Platon]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]]<br/> <span style="font-weight: bold; ">Philosophie hellénistique</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Commentaire philosophique/Lettre à Ménécée|Épicure]]</span> - <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Ataraxie|Stoïcisme]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Acatalépsie|Scepticisme — Acatalépsie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Carnéade|Carnéade]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Pyrrhon d'Élis|Pyrrhon d'Élis]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie médiévale <span style=" font-weight: bold;">(0)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">V<sup>e</sup>&nbsp;— XV<sup>e</sup>&nbsp;siècle</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.85; font-style: italic;"> <span style=" font-style: normal;">○</span>&nbsp;Augustin<br/> <span style=" font-style: normal;">○</span>&nbsp;Anselme<br/> <span style=" font-style: normal;">○</span>&nbsp;Thomas d'Aquin<br/> <span style=" font-style: normal;">○</span>&nbsp;Averroès<br/> <span style="font-size: 0.85em; ">— pages à rédiger</span> </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie classique <span style=" font-weight: bold;">(9)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">XVI<sup>e</sup>&nbsp;— XVIII<sup>e</sup>&nbsp;siècle</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Méditations métaphysiques|Descartes — Méditations]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Commentaire du passage à propos de l'Homme esclave du divertissement|Pascal — Divertissement]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Commentaire de l'Éthique|Spinoza — Éthique]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Vocabulaire/David Hume|Hume]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Vocabulaire/Kant|Kant]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Commentaire philosophique/Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes|Rousseau — Inégalité]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/René Descartes|René Descartes]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Julien Offray de La Mettrie|La Mettrie]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Chamfort|Chamfort]] </div> </td> </tr> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Philosophie contemporaine <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">XIX<sup>e</sup>&nbsp;— XXI<sup>e</sup>&nbsp;siècle</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Karl Marx|Karl Marx]]<br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Nietzsche|Nietzsche]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Moritz Schlick|Moritz Schlick]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Max Stirner|Max Stirner]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Pierre Kropotkine|Pierre Kropotkine]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Philosophie suédoise contemporaine|Philosophie suédoise]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Courants du XX<sup>e</sup> siècle <span style=" font-weight: bold;">(4)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">Écoles et traditions</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Philosophie analytique|Philosophie analytique]]</span><br/> <span style=" font-weight: bold;">[[Philosophie/Existence et temps|Existentialisme]]</span><br/> [[Dictionnaire de philosophie/Dasein|Phénoménologie / Dasein]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Différence ontologique|Différence ontologique]] </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #9a7840; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">Traditions non occidentales <span style=" font-weight: bold;">(6)</span></div> <div style="font-size: 0.82em; margin-bottom: 6px;">Afrique, Amériques, Asie</div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> [[Dictionnaire de philosophie/Philosophie africaine|Philosophie africaine]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Argentine (Philosophie)|Argentine — XX<sup>e</sup> siècle]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Chine|Chine]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Ghana|Ghana]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Ubuntu|Ubuntu]]<br/> [[Dictionnaire de philosophie/Esthétique dans la pensée chinoise|Esthétique chinoise]] </div> </td> </tr> </table> <!-- ══════════════════════════════════════════════ CLUSTER 5 — OUVRAGES DE RÉFÉRENCE ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin: 22px 0 10px; padding: 6px 0 4px; border-bottom: 1px solid #1a2230;"> <div style="font-size: 1.15em; font-weight: bold; ">Ouvrages de référence et pédagogiques</div> </div> <!-- Autres ouvrages --> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 14px 14px;"> <tr> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #4a4a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Manuel de terminale de philosophie|Manuel de terminale]] <span style=" font-weight: bold;">(26)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> Éthique &amp; action <span style="">(4)</span><br/> Esprit &amp; conscience <span style="">(4)</span><br/> Connaissance &amp; vérité <span style="">(5)</span><br/> Monde &amp; société <span style="">(4)</span><br/> Culture &amp; sens <span style="">(6)</span><br/> Méthode &amp; ressources <span style="">(3)</span> </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #4a4a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[:Catégorie:Commentaire philosophique|Commentaires d'œuvres]] <span style=" font-weight: bold;">(20)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style="font-weight: bold;">[[Commentaire philosophique/Lettre à Ménécée|Lettre à Ménécée]]</span> <span style="">·</span> Épicure<br/> <span style="font-weight: bold;">[[Méditations métaphysiques|Méditations]]</span> <span style="">·</span> Descartes<br/> <span style="font-weight: bold;">[[Commentaire de l'Éthique|Éthique]]</span> <span style="">·</span> Spinoza<br/> <span style="font-weight: bold;">[[Commentaire philosophique/Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes|Inégalité]]</span> <span style="">·</span> Rousseau<br/> <span style="font-weight: bold;">[[Philosophie/Commentaire du passage à propos de l'Homme esclave du divertissement|Divertissement]]</span> <span style="">·</span> Pascal </div> </td> <td style="width: 33.33%; vertical-align: top; border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #4a4a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 12px 16px 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; margin-bottom: 6px;">[[:Catégorie:Vocabulaire philosophique|Vocabulaires]] <span style=" font-weight: bold;">(4)</span></div> <div style="font-size: 0.88em; line-height: 1.75;"> <span style="font-weight: bold;">[[Pour lire Platon/Vocabulaire|Platon]]</span><br/> <span style="font-weight: bold;">[[Philosophie/Vocabulaire/David Hume|David Hume]]</span><br/> <span style="font-weight: bold;">[[Philosophie/Vocabulaire/Kant|Kant]]</span> </div> <div style="height: 1px; margin: 10px 0;"></div> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; margin-bottom: 10px;">[[Philosophie/Une brève introduction|Une brève introduction]] </div> </td> </tr> </table> <!-- Dictionnaire — pleine largeur --> <div style=" border: 1px solid #d4dae2; border-left: 4px solid #4a4a4a; border-radius: 0 8px 8px 0; padding: 14px 16px 16px; margin-bottom: 14px; box-shadow: 0 1px 4px rgba(26,34,48,0.05);"> <div style="font-size: 0.96em; font-weight: bold; padding-bottom: 8px; border-bottom: 1px solid #dfe4eb; margin-bottom: 10px;">[[Dictionnaire de philosophie|Dictionnaire de philosophie]] <span style=" font-weight: bold;">(120)</span></div> <!-- Sélection d'articles thématiques du Dictionnaire --> <table style="width: 100%; border-collapse: separate; border-spacing: 5px 5px;"> <tr> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/A|A]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/B|B]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/C|C]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/D|D]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/E|E]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/F|F]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/G|G]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/H|H]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/I|I]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/J|J]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/K|K]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/L|L]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/M|M]]</td> </tr> <tr> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/N|N]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/O|O]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/P|P]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/Q|Q]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/R|R]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/S|S]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/T|T]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/U|U]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;">[[Dictionnaire de philosophie/V|V]]</td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;"><span style="color: #b9bfc7;" title="Aucune entrée pour le moment">W</span></td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;"><span style="color: #b9bfc7;" title="Aucune entrée pour le moment">X</span></td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;"><span style="color: #b9bfc7;" title="Aucune entrée pour le moment">Y</span></td> <td style="width: 7.69%; text-align: center; border: 1px solid #dbe2eb; border-radius: 4px; padding: 9px 0; font-size: 1.08em; font-weight: bold;"><span style="color: #b9bfc7;" title="Aucune entrée pour le moment">Z</span></td> </tr> </table> </div> <br> <!-- ══════════════════════════════════════════════ PIED DE PAGE ══════════════════════════════════════════════ --> <div style="margin-top: 10px; padding: 14px 0 4px; border-top: 1px solid #d4dae2; font-size: 0.86em; "> <div style="margin-bottom: 6px;"><span style="font-weight: bold; ">Consulter ailleurs</span> &nbsp;·&nbsp; [[w:Philosophie|Wikipédia]] &nbsp;·&nbsp; [[wikt:philosophie|Wiktionnaire]] &nbsp;·&nbsp; [[v:Philosophie|Wikiversité]] &nbsp;·&nbsp; [[s:Portail:Philosophie|Wikisource]]</div> <div style="margin-bottom: 10px;"><span style="font-weight: bold; ">Catégories sources</span> &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Discipline philosophique|Disciplines]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Histoire de la philosophie|Histoire]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Philosophe|Philosophes]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Dictionnaire de philosophie (livre)|Dictionnaire]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Manuel de terminale de philosophie (livre)|Manuel]] &nbsp;·&nbsp; [[:Catégorie:Commentaire philosophique|Commentaires]]</div> </div> [[Catégorie:Philosophie|*]] tibq72jvyhtpoc1phyey3m823kd1ia9 Fonctionnement d'un ordinateur/Les circuits pour l'addition et la soustraction 0 65787 768193 768008 2026-06-20T13:49:05Z Mewtow 31375 /* Les additionneurs à anticipation de retenue */ 768193 wikitext text/x-wiki Dans ce chapitre, nous allons voir les circuits capables de faire une addition ou une soustraction, ainsi que quelques circuits spécialisés. Précisons cependant que les fabricants de processeurs travaillent d'arrache-pied pour trouver des moyens de rendre ces circuits de calcul plus rapides et plus économes en énergie. Autant vous dire que les circuits que vous allez voir sont vraiment des circuits qui font pâle figure comparé à ce que l'on peut trouver dans un vrai processeur commercial ! ==Les circuits pour additionner 2 ou 3 bits== L'addition se fait en binaire de la même manière qu'en décimal. On additionne les chiffres/bits colonne par colonne, une éventuelle retenue est propagée à la colonne d'à côté. La soustraction fonctionne sur le même principe, sur le même modèle qu'en décimal. [[File:Binary Addition Demonstration.svg|centre|vignette|Exemple d'addition en binaire.]] En clair, additionner deux nombres demande d'additionner 2 bits et une retenue sur chaque colonne, et de propager les retenues d'une colonne à l'autre. La propagation des retenues est quelque chose de simple en apparence, mais qui est sujet à des optimisations extraordinairement nombreuses. Aussi, pour simplifier l'exposition, nous allons voir comment gérer une colonne avant de voir comment sont propagées les retenues. En effet, tout additionneur est composé d'additionneurs plus simples, capables d'additionner deux ou trois bits suivant la situation. Ceux-ci gèrent ce qui se passe sur une colonne. ===Le demi-additionneur et l'additionneur complet=== Un additionneur deux bits implémente la table d'addition, qui est très simple en binaire. Jugez plutôt : * 0 + 0 = 0, retenue = 0 ; * 0 + 1 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 0 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 1 = 0, retenue = 1. Un circuit capable d'additionner deux bits est donc simple à construire avec les techniques vues dans les premiers chapitres. On voit immédiatement que la colonne des retenues donne une porte ET, alors que celle du bit de somme est calculé par un XOR. Le circuit obtenu est appelé un '''demi-additionneur'''. {| class="flexible" |[[File:1-bit half-adder.svg|class=transparent|centre|Demi-addtionneur.]] |[[File:Half-adder.svg|centre|class=transparent|Circuit d'un demi-addtionneur.]] |} [[File:Full Adder Block.svg|vignette|upright=1|class=transparent|Additionneur complet.]] Si on effectue une addition en colonne, on doit additionner les deux bits sur la colonne, mais aussi additionner une éventuelle retenue. Il faut donc créer un circuit qui additionne trois bits : deux bits de données, plus une retenue. Il fournit en sortie deux bits : un bit de somme et une retenue sortante. Ce circuit qui additionne trois bits est appelé un '''additionneur complet'''. Voici sa table de vérité : {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- ||0||0||0|| ||0||0 |- ||0||0||1|| ||0||1 |- ||0||1||0|| ||0||1 |- ||0||1||1|| ||1||0 |- ||1||0||0|| ||0||1 |- ||1||0||1|| ||1||0 |- ||1||1||0|| ||1||0 |- ||1||1||1|| ||1||1 |} Il est possible d'utiliser un tableau de Karnaugh pour traduire la table de vérité, mais elle donne un résultat légèrement sous-optimal. D'autres méthodes donnent des résultats plus compréhensibles. Nous allons les détailler dans ce qui suit. ===L'additionneur complet conçu avec deux demi-additionneurs=== La solution plus simple consiste à enchaîner deux demi-additionneurs : un qui additionne les deux bits de données, et un second qui additionne la retenue au résultat. La retenue finale se calcule en combinant les sorties de retenue des deux demi-additionneurs, avec une porte OU. Pour vous en convaincre, établissez la table de vérité de ce circuit, vous verrez que ça marche. {| class="flexible" |[[File:Full Adder Modules.svg|class=transparent|Composition d'un additionneur complet. On voit bien que celui-ci est composé de deux demi-additionneurs, en rouge et en bleu, auxquels on a ajouté une porte OU pour calculer la retenue finale.]] |[[File:Full-adder.svg|300px|class=transparent|Circuit d'un additionneur complet.]] |} Le circuit de calcul de la retenue peut être remplacé par une '''porte à majorité''', mais cette possibilité n'est presque jamais utilisée, on lui préfère le circuit à trois portes logiques. [[File:Additionneur crée avec une porte à majorité.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec une porte à majorité]] Les autres implémentations de l'additionneur complet que nous allons voir sont des dérivés de ce circuit, auquel on a appliqué quelques simplifications. Les simplifications portent surtout sur le circuit de calcul de la retenue. En effet, le calcul de la retenue doit absolument être le plus rapide possible,vu que la propagation des retenues est le point limitant pour les performances d'un additionneur. ===L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue=== Le circuit précédent est basé sur deux additions 2-bits successives : une première pour additionner deux bits d'opérande, une seconde pour additionner la retenue. Mais il existe une autre façon de faire l'addition, qui est terriblement importante pour la suite du cours. L'idée est de regarder ce que vaut la retenue sortante, en fonction de la retenue entrante. Pour cela, reprenons la table de vérité de l'additionneur complet. Dans la majorité des cas, la retenue sortante est égale à la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est propagée sur la sortie de retenue. Cependant, il y a aussi deux cas où la retenue n'est pas propagée : celui où la retenue sortante est forcée à 1, et celui où elle est forcée à 0. Dans le premier cas, l'addition donne une retenue à 1, quelle que soit la retenue envoyée en entrée (sous-entendu, même si celle-ci vaut 0). On dit que la retenue sortante est générée. Dans le cas inverse, la retenue sortante est forcée à 0, peu importe la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est absorbée. Il y a cependant une petite ambiguïté à dire que la retenue a été propagée, absorbée ou générée. En effet, prenons le cas où la retenue sortante et entrantes valent toutes deux 0 : est-ce que la retenue a été propagée ou bien absorbée, ou les deux ? Idem quand les deux retenues sont à 1. Il y a un choix arbitraire à faire dans ce genre de cas, pour la plupart des lignes de la table de vérité. Cependant, il y a un choix bien précis qui est supérieur aux autres, et c'est celui qui est présenté dans le tableau suivant. Les lignes rouge correspondent à une retenue propagée, celles en bleu à une retenue absorbée, celle en vert à une retenue générée. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_rouge" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_bleu" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||1|| ||1||1 |} Avec ce choix, on peut déterminer si la retenue est propagée, absorbée ou générée, sans tenir compte de la retenue elle-même. On peut déterminer dans quel cas on est seulement en regardant les bits d'opérandes nommés A et B. * La retenue est propagée si les deux bits d'opérande sont différents. * La retenue est générée si les deux bits d'opérande sont à 1. * La retenue est absorbée si les deux bits d'opérande sont à 0. L'additionneur que nous allons voir détermine si la retenue est propagée, absorbée ou générée, et calcule la retenue sortante en fonction de ça. Il génère deux bits, nommés P et G : P pour ''Propagate'', G pour ''Generate''. Le bit P indique que la retenue entrante doit être propagée ou non : il est mis à 1 pour propager la retenue entrante, à 0 si elle ne doit pas être propagée. Le bit G indique si une retenue a été générée ou non : 1 si une retenue générée, 0 sinon. Une retenue est considérée comme absorbée si elle n'est pas ni propagée ni générée, pas besoin d'un troisième bit pour gérer ce cas. Pour rappel, la retenue est propagée si les deux bits sont différents, n'est pas propagée s'ils sont identiques. Déterminer si deux bits sont identiques ou différents est le comportement d'une banale porte XOR. Le bit P est donc généré par une simple porte XOR. Quant au bit G, il est à 1 si les deux bits d'opérandes sont à 1, ce qui correspond à une porte ET. Il existe des pseudo-additionneurs qui ne calculent pas la retenue sortante et fournissent à la place les signaux P et G, en plus du résultat. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur P/G''' (P/G pour propagation/génération). Ils sont très utiles pour créer des additionneurs dits "à anticipation de retenue", comme on le verra dans la suite du chapitre. {| class="flexible" | [[File:FulladderPG.png|Additionneur P/G : entrées et sorties.]] | [[File:Partial Full-Adder.svg|class=transparent|Additionneur P/G : circuit de génération des signaux P et G.]] |} Pour créer un additionneur complet avec cette méthode, il faut ajouter un circuit qui calcule la retenue sortante à partir des bits P et G. La retenue finale vaut 1 soit quand la retenue est générée, soit quand la retenue d'entrée vaut 1 et qu'elle est propagée. La traduction en équation logique; puis en circuits, donne un circuit strictement identique à celui basé sur deux demi-additionneurs... Vous remarquerez que les signaux P et G sont calculés par le premier demi-additionneur. [[File:Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.png|class=transparent|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.]] Une méthode alternative donne cependant un circuit différent. Le circuit en question choisit entre les deux situations : soit il propage la retenue, soit il calcule la retenue adéquate. Propager une retenue demande de connecter l'entrée de retenue sur la sortie de retenue. Mais cela ne doit être fait que si les conditions sont réunies, que si la retenue est belle et bien propagée. Si ce n'est pas le cas, il faut connecter la sortie de retenue à un circuit qui calcule la retenue adéquate. Pour cela, on utilise un multiplexeur, commandé par le bit P. [[File:Additionneur crée avec un multiplexeur.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec un multiplexeur]] Quand la retenue entrante n'est pas propagée, la retenue sortante vaut 1 si une retenue est générée, 0 sinon. Le circuit qui calcule la retenue doit donc fournir un 0 si les bits d'opérande valent tous les deux 0, un 1 s'ils valent tous les deux 1. Mais si la retenue est propagée, la retenue calculée peut prendre n'importe quelle valeur, vu que le multiplexeur ne choisira pas sa sortie. Suivant quelles valeurs on prend dans ce cas, le circuit obtenu sera différent. Si on suppose que le circuit fournit un 0 si la retenue est propagée, alors la retenue calculée indique une retenue est générée ou non : on peut alors réutiliser le bit G ! Le tout donne alors ce circuit : [[File:Additionneur complet basé sur un MUX.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet basé sur un MUX]] Le circuit semble utiliser plus de portes logiques que nécessaires. Cependant, tout dépend de l'implémentation du multiplexeur. En réalité, nous verrons dans quelques chapitres qu'il est possible d'implémenter un multiplexeur avec seulement 6 transistors. L'implémentation utilise des portes à transmission, mais nous en reparlerons dans le chapitre sur les transistors, quand nous verrons les additionneurs à ''Manchester Carry Chain''. Au passage, une variante de ce circuit a été utilisée dans le processeur processeur 8086 d'Intel, comme on le verra dans le chapitre suivant. ===L'additionneur complet basé sur une modification de la retenue sortante=== Dans les circuits précédents, la retenue sortante et le bit du résultat sont calculés séparément, même si quelques portes logiques sont partagées entre les deux. Mais il est possible de calculer le bit du résultat à partir de la retenue sortante. En effet, le bit du résultat est l'inverse de la retenue sortante, sauf dans deux cas : les trois bits d'entrée sont à 0, où ils sont tous à 1. Le bit de somme vaut 0 dans le premier cas, 1 dans le second cas. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_vert" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||1|| ||1||1 |} L'implémentation en circuit demande donc trois choses : * de calculer la retenue sortante et de quoi l'inverser ; * un circuit qui vérifie si tous les bits opérande valent 0 : une porte NOR ou OU fait l'affaire ; * un circuit qui vérifie s'ils valent tous 1, à savoir une porte ET. Ensuite, on combine le résultat des trois circuits précédents pour obtenir le résultat final. La combinaison est le fait du circuit en jaune dans le schéma ci-dessous. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue]] Le circuit en jaune est assez simple. Quand la porte ET sort un 1, la sortie doit être forcée à 1. Par contre, quand la porte OU sort un zéro, la sortie doit être forcée à 0. Il suffit donc d'enchainer un circuit de mise à 1 et un circuit de mise à 0. Nous avons vu dans le chapitre sur les opérations de masquage qu'il s'agit respectivement d'une porte OU et d'une porte ET. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet]] Divers processeurs utilisaient des additionneurs complets de ce type : le fameux Z80, l'Intel 4004 et de l'Intel 8008 sont les exemples les plus notables. Pourtant, on pourrait s'étonner qu'un tel circuit ait existé. Il utilise beaucoup de portes logiques, a une profondeur logique supérieure : il n'a rien d'avantageux. Sauf qu'il était utilisé sur d'anciens processeurs, qui utilisaient la technologie dite TTL, différente de la technologie CMOS des transistors modernes. Et avec la technologie TTL, il est possible de fusionner plusieurs portes logiques ET et NOR en une seule porte logique ET/OU/NON ! Un additionneur complet construit ainsi ne prenait que deux portes logiques : une pour le calcul de la retenue sortante, une autre pour le reste du circuit. ==L'addition non signée== Voyons maintenant un circuit capable d'additionner deux nombres entiers: l''''additionneur'''. Dans la version qu'on va voir, ce circuit manipulera des nombres strictement positifs. L'addition des nombres codés en complètement à deux sera vu dans une section ultérieure. ===L'additionneur série=== Il est possible d'additionner deux nombres bit par bit,colonne par colonne, avec un additionneur complet. Cela demande de coupler un additionneur complet avec plusieurs registres à décalages. Les opérandes sont placées chacune dans un registre à décalage, afin de passer d'un bit au suivant, d'une colonne à la suivante, à chaque cycle. Même chose pour le résultat, qui a sont propre registre à décalage. La retenue de l'addition est stockée dans une bascule de 1 bit, en attente du prochain cycle d'horloge. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur série'''. [[File:Additionneur série.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur série.]] L'additionneur série a été utilisé sur d'anciens prototypes dans les années 50-60, et quelques ordinateurs commerciaux très rares. ===L'additionneur à propagation de retenue=== L'additionneur à propagation de retenue pose l'addition comme en décimal, en additionnant les bits colonne par colonne avec une éventuelle retenue. Évidemment, on commence par les bits les plus à droite, comme en décimal. Il suffit ainsi de câbler des additionneurs complets les uns à la suite des autres. Notons la présence de la retenue sortante, qui est utilisée pour détecter les débordements d'entier, ainsi que pour d'autres opérations. Le bit de retenue final est souvent stocké dans un registre spécial du processeur (généralement appelé ''carry flag''). [[File:Ripplecarryadder.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à propagation de retenue.]] Notez aussi, sur le schéma précédent, la présence de l’entrée de retenue <math>\text{R}_\text{Entrée}</math> sur l'additionneur. L'additionneur le plus à droite est bien un additionneur complet, et non un demi-additionneur,c e qui fait qui l'additionneur a une entrée de retenue. Tous les additionneurs ont une entrée de retenue de ce type. Elle est très utile pour l'implémentation de certaines opérations comme l'inversion de signe, la soustraction, l'incrémentation, etc. Certains processeurs sont capables de faire une opération appelée ADC, ADDC ou autre nom signifiant ''Addition with Carry'', qui permet de faire le calcul A + B + Retenue (la retenue en question est la retenue sortante de l'addition précédente, stockée dans le registre ''carry flag''). Son utilité principale est de permettre des additions d'entiers plus grands que ceux supportés par le processeur. Par exemple, cela permet de faire des additions d'entiers 32 bits sur un processeur 16 bits. [[File:Adder Network 3 Bit Sum Delay 003.svg|vignette|upright=0.5|Propagation de retenue dans l'additionneur.]] L'avantage est qu'il utilise très peu de portes logiques et est assez économe en transistors, ce qui fait qu'il était utilisé sur certains processeurs 8 et 16 bits assez anciens. Bien que très simple, cet additionneur est cependant peu performant. Le temps de calcul est proportionnel à la taille des opérandes. Par exemple, additionner deux nombres de 32 bits prendra deux fois plus de temps que l'addition de deux nombres de 16 bits. La raison est que le calcul des retenues s'effectue en série, l'une après l'autre. En effet, chaque additionneur doit attendre que la retenue de l'addition précédente soit disponible pour donner son résultat. Les retenues doivent se propager à travers le circuit, du premier additionneur jusqu'au dernier. L'addition étant une opération fréquente, il vaut mieux utiliser d'autres méthodes d'addition, plus rapides. Pour cela, les autres additionneurs utilisent diverses optimisations : calculer les retenues en parallèle, éliminer certaines opérations inutiles quand c'est possible, accélérer le calcul de la retenue avec des techniques d'anticipation de retenue, etc. Mais ces optimisations demandent d'utiliser plus de circuits, quitte à gagner quelque peu en rapidité. Si on met de côté les additionneurs de type ''Manchester carry chain'', qu'on ne peut pas encore expliquer à ce stade du cours, il existe plusieurs solutions, qui donnent respectivement les additionneurs à saut de retenue, à sélection de retenue, et à anticipation de retenue. Nous allons les voir dans les sections suivantes. ===Les accélérations de la propagation de retenue=== [[File:Full-adder-4bits-serial-CEI.svg|vignette|upright=0.5|Additionneur 4 bits, un bloc.]] Dans cette section, nous allons voir quelques additionneurs qui visent à accélérer la propagation de la retenue, mais en gardant la base de l'additionneur de propagation de retenue. Avant de poursuivre, partons du principe que l'additionneur est conçu en assemblant des additionneurs à plus simples, qui additionnent environ 4 à 5 bits, parfois plus, parfois moins. Ces additionneurs simples seront nommés ''blocs'' dans ce qui suit, et l'un d'entre eux est illustré ci-contre. Chaque bloc prend en entrée un morceau des deux opérandes à additionner, mais aussi une retenue d'entrée. Il fournit en sortie un résultat codé sur 4/5 bits, mais aussi une retenue sortante. Dans un bloc, la retenue sortante est plus ou moins calculée à part du résultat. L'enjeu est de calculer la retenue sortante d'un bloc rapidement, plus rapidement qu'un additionneur à propagation de retenue. Le calcul du résultat n'a pas besoin d'être accéléré, on garde des additionneurs à propagation de retenue. En enchaînant plusieurs blocs les uns à la suite des autres, la retenue sortante d'un bloc est connectée sur l'entrée de retenue du bloc suivant, la retenue est propagée d'un bloc au suivant. Les blocs sont tous identiques dans le cas le plus simple, mais il est possible d'utiliser des blocs de taille variable. Par exemple, le premier bloc peut avoir des opérandes de 6 bits, le second des opérandes de 7 bits, etc. Faire ainsi permet de gagner un petit peu en performances, si la taille de chaque bloc est bien choisie. La raison est une question de temps de propagation des retenues. La retenue met plus de temps à se propager à travers 8 blocs qu'à travers 4, ce qui prend plus de temps qu'à travers 2 blocs, etc. En tenir compte fait que la taille des blocs tend à augmenter ou diminuer quand on se rapproche des bits de poids fort. ====Le calcul parallèle de la retenue==== [[File:4008 Functional Diagram.svg|vignette|upright=1|4008 Functional Diagram]] L'optimisation la plus évidente est de calculer la retenue sortante en parallèle de l'addition. Chaque bloc contient, à côté d'un additionneur proprement dit, un circuit qui calcule la retenue sortante. Il existe de nombreuses manières de calculer la retenue sortante. La plus simple consiste à établir la table de vérité de l'entrée de retenue et d'utiliser les techniques du chapitre sur les circuits combinatoires. Cela marche si les blocs sont de petite taille, mais elle devient difficile si le bloc a des opérandes de 2/3 bits ou plus. Mais des techniques alternatives existent. Un exemple est celui de l'additionneur CMOS 4008, un additionneur de 4 bit. Il est intéressant de voir comment fonctionne ce circuit. Aussi, voici son implémentation. Le circuit est décomposé en trois sections. Une première couche de demi-additionneurs, le circuit de calcul de la retenue sortante, le reste du circuit qui calcule l'addition en propageant les retenues. Le circuit de calcul de la retenue sortante prend les résultats des demi-additionneurs, et les utilise pour calculer la retenue sortante. C'est là une constante de tous les circuits qui vont suivre. [[File:CMOS 4008, circuit découpé en sections.png|centre|vignette|upright=1.5|CMOS 4008, circuit découpé en sections]] Le point important à comprendre est que les demi-additionneurs génèrent les signaux P et G, qui disent si l'additionneur propage ou génère une retenue. Ces signaux sont alors combinés pour déterminer la retenue sortante. La méthode de combinaison des signaux P et G dépend fortement de l'additionneur utilisé. La méthode utilisée sur le 4008 utilise à la fois les signaux P et G, ce qui fait que c'est un hybride entre un additionneur à propagation de retenue, et un additionneur à anticipation de retenue qui sera vu dans la suite du chapitre. Mais il existe des techniques alternatives pour calculer la retenue sortante. ====L'additionneur à saut de retenue==== L''''additionneur à saut de retenue''' (''carry-skip adder'') est un additionneur dont le temps de calcul est variable. Le calcul prendra quelques cycles d'horloges avec certains opérandes, tandis qu'il sera aussi long qu'avec un additionneur à propagation de retenue avec d'autres. Il n'améliore pas le pire des cas, dans lequel la retenue doit être propagée du début à la fin, du bit de poids faible au bit de poids fort. Mais dans les autres cas, le circuit détecte quand le résultat de l'addition est disponible, quand la retenue a fini de se propager. Il permet d'avoir le résultat en avance, plutôt que d'attendre suffisamment pour couvrir le pire des cas. L'additionneur à saut de retenue est lui aussi composé de blocs qui additionnent 4/5 bits. Il peut, sous certaines conditions, sauter complètement la propagation de la retenue dans le bloc. L'idée est de calculer si un bloc génère une retenue sortante, ou si la retenue entrante est simplement propagée. Dans le second cas, le bloc ne fait que recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. La propagation de retenue entre blocs est alors skippée (mais elle a quand même lieu). Si une retenue est générée dans le bloc, on envoie cette retenue sur la retenue sortante. Le choix entre les deux est le fait d'un multiplexeur. [[File:Carry skip adder, principe de base.png|centre|vignette|upright=2.5|Carry skip adder : principe de base]] Toute la difficulté est de savoir comment commander le multiplexeur. Pour cela, on doit savoir si le circuit propage une retenue ou non. Le bloc propage une retenue si chaque additionneur complet propage la retenue. Les additionneurs complets doivent donc fournir le résultat, mais aussi indiquer s'ils propagent la retenue d'entrée ou non. Le signal de commande du multiplexeur est généré assez simplement : il vaut 1 si tous les additionneurs complets du bloc propagent la retenue précédente. C'est donc un vulgaire ET entre tous ces signaux. [[File:Additionneur à saut de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Calcul de la commande du MUX.]] L'additionneur à saut de retenue est construit en assemblant plusieurs blocs de ce type. [[File:BCSAdder16Bit.svg|centre|vignette|upright=3|Additionneur à saut de retenue.]] ====L'additionneur à sélection de retenue==== L''''additionneur à sélection de retenue''' utilise aussi des blocs, comme les additionneurs précédents. L'addition se fait en deux versions : une avec la retenue du bloc précédent valant zéro, et une autre version avec la retenue du bloc précédent valant 1. Il suffira alors de choisir le bon résultat avec un multiplexeur, une fois cette retenue connue. On gagne ainsi du temps en calculant à l'avance les valeurs de certains bits du résultat, sans connaître la valeur de la retenue. Petit détail : sur certains additionneurs à sélection de retenue, les blocs de base n'ont pas la même taille. Cela permet de tenir compte des temps de propagation des retenues entre les blocs. [[File:Additionneur à sélection de retenue.png|centre|vignette|upright=1|Additionneur à sélection de retenue avec seulement deux blocs.]] Dans les exemples du dessus, chaque sous-additionneur étaient des additionneurs à propagation de retenue. Mais ce n'est pas une obligation, et tout autre type d’additionneur peut être utilisé. Par exemple, on peut faire en sorte que les sous-additionneurs soient eux-mêmes des additionneurs à sélection de retenue, et poursuivre ainsi de suite, récursivement. On obtient alors un '''additionneur à somme conditionnelle''', plus rapide que l'additionneur à sélection de retenue, mais qui utilise beaucoup plus de portes logiques. ===Les additionneurs à anticipation de retenue=== Les '''additionneurs à anticipation de retenue''' accélèrent le calcul des retenues en les calculant sans les propager. Au lieu de calculer les retenues une par une, ils calculent toutes les retenues en parallèle, à partir des bits des opérandes à additionner. Une fois les retenues pré-calculées, il suffit de les additionner avec les deux bits adéquats, pour obtenir le résultat. [[File:Cla4bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Ces additionneurs sont composés de deux parties : * un circuit qui pré-calcule la valeur de la retenue d'un étage ; * et d'un circuit qui additionne les deux bits et la retenue pré-calculée : il s'agit d'une couche d'additionneurs complets simplifiés, qui ne fournissent pas de retenue. [[File:Additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Le circuit qui détermine la valeur de la retenue est lui-même composé de deux grandes parties, qui ont chacune leur utilité. La première partie réutilise des additionneurs qui donnent les signaux de propagation et génération de retenue. L'additionneur commence donc à prendre forme, et est composé de trois parties : * un circuit qui crée les signaux P et G ; * un circuit qui déduit la retenue à partir des signaux P et G adéquats ; * et une couche d'additionneurs qui additionnent chacun deux bits et une retenue. [[File:Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2|Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.]] Il ne nous reste plus qu'à voir comment fabriquer le circuit qui reste. Pour cela, il faut remarquer que la retenue est égale : * à 1 si l'addition des deux bits génère une retenue ; * à 1 si l'addition des deux bits propage une retenue ; * à zéro sinon. Ainsi, l'addition des bits de rangs i va produire une retenue Ci, qui est égale à Gi+(Pi·Ci−1). Si on utilisait cette formule sans trop réfléchir, on retomberait sur un additionneur à propagation de retenue inutilement compliqué. L'astuce des additionneurs à anticipation de retenue consiste à remplacer le terme Ci−1 par sa valeur calculée avant. Par exemple, je prends un additionneur 4 bits. Je dispose de deux nombres A et B, contenant chacun 4 bits : A3, A2, A1, et A0 pour le nombre A, et B3, B2, B1, et B0 pour le nombre B. Si j'effectue les remplacements, j'obtiens les formules suivantes : * C1 = G0 + ( P0 · C0 ) ; * C2 = G1 + ( P1 · G0 ) + ( P1 · P0 · C0 ) ; * C3 = G2 + ( P2 · G1 ) + ( P2 · P1 · G0 ) + ( P2 · P1 · P0 · C0 ) ; * C4 = G3 + ( P3 · G2 ) + ( P3 · P2 · G1 ) + ( P3 · P2 · P1 · G0 ) + ( P3 · P2 · P1 · P0 · C0 ). Ces formules nous permettent de déduire la valeur d'une retenue directement : il reste alors à créer un circuit qui implémente ces formules, et le tour est joué. On peut même simplifier le tout en fusionnant les deux couches d'additionneurs. [[File:4-bit carry lookahead adder.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 4 bits.]] Ces additionneurs sont plus rapides que les additionneurs à propagation de retenue. Ceci dit, utiliser un additionneur à anticipation de retenue sur des nombres très grands (16/32bits) utiliserait trop de portes logiques. Pour éviter tout problème, nos additionneurs à anticipation de retenue sont souvent découpés en blocs, avec soit une anticipation de retenue entre les blocs et une propagation de retenue dans les blocs, soit l'inverse. [[File:64-bit lookahead carry unit.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 64 bits.]] ===L'additionneur à calcul parallèle de préfixes=== Les '''additionneurs à calcul parallèle de préfixes''' sont des additionneurs à anticipation de retenue améliorés pour gagner en performances. Les additionneurs à anticipation de retenue générent des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, sous-entedu 1 bit par opérande. L'optimisation apportée est de générer des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, mais aussi pour des groupes de 2, 3, 4, ..., N bits. Par exemple, il est possible de générer un signal ''P 0 vers 7'', qui précise si la retenue de la seconde colonne est propagée jusqu'à la 7ème colonne ou non. Un autre exemple est un signal de génération qui indique si les colonnes 4 à 7 génèrent une retenue ou non. En clair, les signaux P et G ont maintenant un intervalle, qui précise de quelle colonne vers quelle colonne se fait la propagation, ou entre quelles colonnes se fait la génération. De plus, les signaux pour un intervalle peuvent se calculer en combinant les signaux pour des intervalles plus restreints. Par exemple, pour calculer P pour les colonnes 0 à 10 peuvent se calculer à partir des deux signaux P des colonnes 0-4 et 5-10. Néanmoins, il y a plusieurs manières pour subdiviser les intervalles en intervalles plus petits et combiner le tout. Et elles donnent chacune des additionneurs différent, comme l'additionneur de Ladner-Fisher, l'additionneur de Brent-Kung, l'additionneur de Kogge-Stone, ou tout design hybride. Ils ont des caractéristiques différentes. L'additionneur de Brent-Kung est le plus lent de tous les additionneurs cités, mais c'est celui qui utilise le moins de portes logiques. Les autres ont des performances un peu plus variables, mais utilisent plus de portes logiques. {| |[[File:Additionneur de Kogge-Stone.jpg|vignette|Additionneur de Kogge-Stone.]] |[[File:Additionneur de Ladner-Fisher.jpg|vignette|Additionneur de Ladner-Fisher.]] |} [[File:4bitKoggeStone.svg|vignette|upright=1.5|Additionneur de Kogge-Stone pour 4 bits.]] L'additionneur Kogge-Stone est illustré ci-contre. Il est composé de plusieurs couches de portes logiques. La toute première calcule les signaux P et G pour chaque colonne, comme le ferait un additionneur à anticipation de retenue. Il s'agit de la couche en rouge dans le schéma ci-dessous. Les circuits en jaune combinent ces signaux de manière à calculer les signaux P et G pour plusieurs colonnes. En vert, les circuits calculent la retenue finale. Voici le circuit pour 8 bits : [[File:Kogge-stone-8-bit.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur de Kogge-Stone pour 8 bits.]] ==L'addition signée et la soustraction== Après avoir vu l'addition, il est logique de passer à la soustraction, les deux opérations étant très proches. Si on sait câbler une addition entre entiers positifs, câbler une soustraction n'est pas très compliqué. De plus, la soustraction permet de faire des additions de nombres signés. ===Le soustracteur pour opérandes entiers=== Pour soustraire deux nombres entiers, on peut adapter l'algorithme de soustraction utilisé en décimal, celui que vous avez appris à l'école. Celui-ci ressemble fortement à l'algorithme d'addition : on soustrait les bits de même poids, et on propage éventuellement une retenue sur la colonne suivante. À la différence de l'addition, la retenue est soustraite, et non ajoutée. La table de soustraction nous dit quel est le résultat de la soustraction de deux bits. La voici : * 0 - 0 = 0 ; * 0 - 1 = 1 et une retenue ; * 1 - 0 = 1 ; * 1 - 1 = 0. [[File:Algebra1 05 fig014.svg|centre|vignette|Soustraction en binaire, avec les retenues en rouge.]] La table de soustraction peut servir de table de vérité pour construire un circuit qui soustrait deux bits. Celui-ci est appelé un '''demi-soustracteur'''. Il ressemble beaucoup à un demi-additionneur, les différences se résumant à une porte NON ajoutée pour le calcul de la retenue. [[File:Half Subtractor Vektor.svg|centre|vignette|Demi-soustracteur.]] Comme pour l'additionneur, deux demi-soustracteurs peuvent être combinés pour donner un '''soustracteur complet'''. Le calcul de la retenue se fait en combinant les deux retenues des demi-soustracteurs avec une porte OU. Les soustracteurs complets sont utilisés pour créer des soustracteurs à propagation de retenue ou tout autre circuit soustracteur, sur le même modèle que les additionneurs. [[File:FullSubtractor.svg|centre|vignette|upright=2|Soustracteur complet.]] Vous l'aurez sans doute remarqué, mais le demi-soustracteur ressemble beaucoup au demi-additionneur. La seule différence est une porte NON ajoutée au bon endroit dans le demi-soustracteur. {| |[[File:Half-adder.svg|vignette|Demi-additionneur]] |[[File:Half Subtractor Vektor.svg|vignette|upright=1.3|Demi-soustracteur]] |} La conséquence est qu'il est possible de créer un circuit capable de faire à la fois des additions et des soustractions. L'idée est de remplacer la porte NON du demi-soustracteur par un inverseur commandable. Si on envoie un zéro sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte OUI. Le circuit sera alors identique à un demi-additionneur. Si on envoie un 1 sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte NON. le circuit sera alors un demi-soustracteur. Il faut faire cela pour chaque demi-soustracteur, ce qui donne ceci pour un soustracteur complet. le résultat est alors appelé un '''additionneur-soustracteur complet'''. [[File:Additionneur-soustracteur complet.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur complet]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en complément à deux=== Étudions le cas de la soustraction en complément à deux, dans l'objectif de créer un circuit soustracteur. Vous savez sûrement que a−b et a+(−b) sont deux expressions équivalentes. Et en complément à deux, − b = not(b) + 1. Dit autrement, a − b = a + not(b) + 1. On pourrait se dire qu'il faut deux additionneurs pour faire le calcul, mais la majorité des additionneurs possède une entrée de retenue pour incrémenter le résultat de l'addition. Un soustracteur en complément à deux est donc simplement composé d'un additionneur et d'un inverseur. [[File:Additionneur soustracteur.png|centre|vignette|upright=2|Soustracteur en complément à deux.]] Il est possible de créer un circuit capable d'effectuer soit une addition, soit une soustraction : il suffit de remplacer l'inverseur par un inverseur commandable, qui peut être désactivé. On a vu comment créer un tel inverseur commandable dans le chapitre sur les circuits combinatoires. On peut remarquer que l'entrée de retenue et l'entrée de commande de l'inverseur sont activées en même temps : on peut fusionner les deux signaux en un seul. [[File:Additionneur-soustracteur en complément à deux.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux.]] Une implémentation alternative est la suivante. Elle remplace l'inverseur commandable par un multiplexeur. [[File:4-bit ripple carry adder-subtracter.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux, version alternative.]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en signe-magnitude=== Passons maintenant aux nombres codés en signe-valeur absolue, les deux opérandes étant notées A et B. Suivant les signes des deux opérandes, on a quatre cas possibles : A + B, A − B (B négatif), −A + B (A négatif) et −A − B (A et B négatifs). Une astuce est que le circuit n'a besoin que de calculer A + B et A − B : il peut les inverser pour obtenir − A − B ou B − A. A + B et A − B peuvent se calculer avec un additionneur-soustracteur, reste à corriger le résultat. Il suffit de lui ajouter un inverseur commandable pour obtenir le circuit d'addition finale. [[File:Additionneur en signe-valeur absolue.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur en signe-valeur absolue.]] Toute la difficulté tient dans le calcul du bit de signe du résultat, quand interviennent des soustractions. Autant l'addition de deux nombres de même signe (A + B et −A − B) ne pose aucun problème, autant les soustractions posent problème (A − B et −A + B). Suivant que <math>A<B</math> ou que <math>A>B</math>, le signe du résultat ne sera pas le même. Déterminer le signe du résultat se fait en regardant les bits de débordement d'entier, comme on le verra plus bas. ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en représentation par excès=== Passons maintenant aux nombres codés en représentation par excès. On pourrait croire que ces nombres s'additionnent comme des nombres non-signés, mais ce serait oublier la présence du biais, qui pose problème. Dans les cas de nombres signés gérés avec un biais, voyons ce que donne l'addition de deux nombres : : <math>( n_1 + biais ) + ( n_2 + biais ) = n_1 + n_2 + 2 \times biais</math> Or, le résultat correct serait : : <math>n_1 + n_2 + biais</math> En effectuant l'addition telle quelle, le biais est compté deux fois. On doit donc le soustraire après l'addition pour obtenir le résultat correct. Même chose pour la soustraction qui donne ceci : : <math>(n_1 + biais) - (n_2 + biais) = n_1 - n_2</math> Or, le résultat correct serait : : <math> ( n_1 - n_2 ) + biais </math> Il faut rajouter le biais pour obtenir l'exposant correct. On a donc besoin de deux additionneurs/soustracteurs : un pour additionner/soustraire les représentations binaires des opérandes, et un autre pour ajouter/retirer le biais en trop/manquant. ==L'additionneur BCD== Maintenant, voyons un additionneur qui additionne deux entiers au format BCD. Pour cela, nous allons devoir passer par deux étapes. La première est de créer un circuit capable d'additionneur deux chiffres BCD. Ensuite, nous allons voir comment enchaîner ces circuits pour créer un additionneur BCD complet. ===L'additionneur BCD qui fait l'opération chiffre par chiffre=== Nous allons commencer par voir un additionneur qui additionne deux chiffres en BCD, une sorte d'équivalent BCD de l'additionneur complet. Il fournit un résultat sur 4 bits et une retenue qui est mise à 1 si le résultat dépasse 10 (la limite d'un chiffre BCD). Les deux opérandes sont des chiffres BCD codés sur 4 bits et sont additionnés en binaire par un additionneur des plus normaux, similaire à ceux vus plus haut. Le résultat est alors un entier codé en binaire, sur 5 bits, qu'on corrige/convertit pour obtenir un chiffre BCD et une retenue sortante. Pour corriger le résultat, une idée intuitive serait de prendre le résultat et de faire une division par 10. Le quotient donne la retenue, alors que le reste est le résultat, le chiffre BCD. Mais un circuit diviseur par 10 utilise beaucoup de portes logiques, ce qui ne vaut pas le coup. Une autre méthode détecte si le résultat est égal ou supérieur à 10, ce qui correspond à un "débordement" (on dépasse les limites d'un chiffre BCD). Si le résultat est plus petit que 10, il n'y a rien à faire : le résultat est bon et la retenue est de zéro. Par contre, si le résultat vaut 10 ou plus, il faut corriger le résultat et générer une retenue à 1. Il faut donc ajouter un circuit qui détecte si le résultat est supérieur à 9, qui calcule directement la retenue. Ce circuit peut se fabriquer simplement à partir de sa table de vérité, ou en utilisant les techniques que nous verrons dans un chapitre ultérieur sur les comparateurs. La solution la plus simple est clairement d'utiliser la table de vérité, ce qui est très simple, assez pour être laissé en exercice au lecteur. Pour comprendre comment corriger le résultat, établissons une table de vérité qui associe le résultat et le résultat corrigé. L'entrée vaut au minimum 10 et au maximum 9 + 9 = 18. On considère la sortie comme un tout, la retenue étant un 5ème bit, le bit de poids fort. {|class="wikitable" |- ! colspan="5" | Entrée ! ! rowspan="10" | ! Retenue ! Résultat corrigé (sans retenue) ! interprétation de la sortie en binaire (retenue inclue) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 0 | (10) | 1 || 0000 | (16) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 1 | (11) | 1 || 0001 | (17) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 0 | (12) | 1 || 0010 | (18) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 1 | (13) | 1 || 0011 | (19) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 0 | (14) | 1 || 0100 | (20) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 1 | (15) | 1 || 0101 | (21) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 0 | (16) | 1 || 0110 | (22) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 1 | (17) | 1 || 0111 | (23) |- | 1 || 0 || 0 || 1 || 0 | (18) | 1 || 1000 | (24) |} En analysant le tableau, on voit que pour corriger le résultat, il suffit d'ajouter 6. La raison est que le résultat déborde d'un nibble à 16 en binaire, mais à 10 en décimal : il suffit d'ajouter la différence entre les deux, à savoir 6, et le débordement binaire fait son travail. Donc, la correction après une addition est très simple : si le résultat dépasse 9, on ajoute 6. On peut maintenant implémenter l'additionneur BCD, en combinant le comparateur avec 10, le circuit de correction, et l'additionneur. La première solution calcule deux versions du résultat : la version corrigée, la version normale. Le choix entre les deux est réalisée par un multiplexeur, commandé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD]] L'autre solution utilise un circuit commandable qui soit additionne 6, soit ne fait rien. Le choix entre les deux est commandé par le bit calculé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD, seconde version.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD, seconde version.]] Une version alternative du circuit précédent est la suivante. Il contient deux additionneurs : un pour additionner les deux chiffres BCD, un autre pour additionner 6 si besoin. Le résultat du comparateur est directement utilisé pour générer l'opérande du second additionneur : 0 ou 6. Le circuit est simple à concevoir, mais gaspille beaucoup de circuit. Idéalement, il vaudrait mieux utiliser un circuit combinatoire d'addition avec une constante. [[File:Adder 4 Bit BCD.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur BCD, circuit complet.]] Pour obtenir un additionneur BCD complet, il suffit d’enchaîner les additionneurs précédents, comme on le ferait avec les additionneurs complets dans un additionneur à propagation de retenue. Au final, l'additionneur BCD est beaucoup plus compliqué qu'un additionneur normal, car il rajoute un comparateur ">9", un petit additionneur pour ajouter 6 et éventuellement d'autres circuits. De plus, il est difficile d'appliquer les optimisations disponibles sur les additionneurs non-BCD. Notamment, les circuits d'anticipation de retenue sont totalement à refaire et le résultat est relativement compliqué. C'est ce qui explique pourquoi le BCD a progressivement été abandonné au profit du binaire simple. La soustraction en BCD se fait comme en binaire : le nombre à soustraire est remplacé par son complément, le circuit additionne le complément et l'autre opérande, le débordement d'entier fait que le résultat marche. Sauf qu'ici, le complément est un complément à 9. Il se calcule chiffre par chiffre : chaque chiffre est remplacé par (9 - le chiffre en question). ===L'additionneur BCD par ajustement décimal=== L'additionneur BCD précédent effectuait son travail chiffre BCD par chiffre BCD, mais il existe des additionneurs BCD qui font autrement. Sur les premiers processeurs x86, il n'y avait pas d'opération d'addition BCD proprement dit, seulement une addition binaire normale de 8, 16 ou 32 bits. Par contre, elle était secondée par une opération dite d''''ajustement décimal''' qui transformait un nombre binaire en nombre codé en BCD. L'opération d'ajustement décimal prenait un opérande de 8 bits codé en binaire et fournissait un résultat de la même taille, c'est à dire deux chiffres BCD. Effectuer une addition BCD demandait donc de faire deux opérations à la suite : une addition binaire simple, suivie par l'opération d'ajustement décimal. Cela permettait de gérer des nombres entiers en binaire usuel et des entiers BCD sans avoir deux instructions d'addition séparées pour les deux, sans compter que cela simplifiait aussi les circuits d'addition. L'ajustement décimal s'effectue en ajoutant une constante bien précise à l'opérande à convertir en BCD. L'idée est que la constante est découpée en morceaux de 4 bits, correspondant chacun à un chiffre BCD de l'opérande, chaque morceau contenant soit un 0, soit 6. Cela permet d'ajouter soit 0, soit 6, à chaque chiffre BCD, et donc de le corriger. La propagation des retenues d'un chiffre à l'autre est effectuée automatiquement par l'addition binaire de la constante. L'opération d'ajustement décimal calcule automatiquement la constante. Elle découpe l'opérande en ''nibbles'', vérifie si chaque ''nibble'' est supérieur ou égal à 10, puis détermine la valeur de chaque ''nibble'' de la constante finale. Par exemple, si je prends l'opérande 1001 1110, le ''nibble'' de poids faible déborde, alors que celui de poids fort non. La constante sera donc 0000 0110 : 0x06. Inversement, si le ''nibble'' de poids fort déborde et pas celui de poids faible, la constante sera alors 0x60. Et la constante est de 0x66 si les deux ''nibbles'' débordent, de 0x00 si aucun ne déborde. Le circuit d’ajustement décimal est donc composé de trois étapes : deux étapes pour calculer la constante, et un circuit d'addition pour additionner cette constante au nombre de départ. La première étape découpe l'opérande en morceaux de 4 bits, en chiffres BCD, et vérifie si chacun d'entre eux vaut 10 ou plus. La seconde étape prend les résultats de la première étape, et les combine pour calculer la constante. Enfin, on trouve l'addition finale, qui était réalisée par un circuit d'addition utilisé à la fois pour l'ajustement décimal et l'addition binaire. La différence entre une addition normale et une opération d'ajustement décimal tient dans le fait que les deux premières étapes sont désactivées dans une addition normale. [[File:Additionneur BCD parallèle.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD parallèle]] ===L'additionneur biquinaire=== Les entiers BCD ne sont qu'un des encodages hybrides entre décimal et binaire. L'encodage biquinaire est l'un d'entre eux et nous allons faire un rappel rapide à ce sujet. Pour simplifier, un chiffre encodé en biquinaire est composé de deux parties : un bit, couplé à une partie quinaire encodée en représentation ''one-hot''. La partie quinaire encode un nombre allant de 0 à 4, ce qui prend 5 bits (0, 1, 2, 3 et 4). Le bit indique s'il faut ou non ajouter 5 à la valeur encodée par la partie quinaire. Ainsi, on peut coder tous les nombres de 0 à 9. Additionner deux nombres de biquinaire demande donc d'additionner deux parties quinaires encodées en ''one-hot'' et d'additionner deux bits. Mais attention : il faut tenir compte de la retenue de l'addition des parties quinaires. Et idéalement, il faut aussi tenir compte d'une retenue entrante, provenant de l'addition de la colonne de chiffres précédente. Toute la difficulté vient de la création de l'additionneur ''one-hot''. Heureusement, vu qu'il n'y a que 4-5 bits à additionner, il est souvent fabriqué à partir de sa table de vérité. [[File:Additionneur bi-quinaire.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur bi-quinaire]] Un avantage du biquinaire est que le calcul du complément à 9 est très simple. Il faut pour cela : inverser la partie binaire avec une porte NON, puis inverser l'ordre des bits de la partie quinaire. Concrètement, le bit de poids faible devient le bit de poids fort, et ainsi de suite. Par exemple, une partie quinaire 01000 devient 00010, 10000 devient 00001, 00100 ne change pas, etc. Le tout peut se calculer avec une porte NON et 5 multiplexeurs. ===L'additionneur BCD avec calculs intermédiaires en biquinaire=== L'ordinateur IBM 1401, un ancien ''mainframe'' des années 60, utilisait un additionneur BCD un peu particulier. Les nombres étaient encodés en BCD dans la mémoire de l'ordinateur, mais les circuits de calcul utilisaient la représentation biquinaire. Lors d'un calcul, le processeur de l'ordinateur traduisait les chiffres BCD en représentation biquinaire, faisait une addition en biquinaire, avant de traduire le résultat en BCD normal. Pour être précis, l'IBM 1401 utilisait une variante du biquinaire. L'encodage biquinaire de l'IBM 1401 est le suivant : la partie binaire disait si le chiffre était pair ou non, la partie quinaire encodait les valeurs 0, 2, 4, 6 et 8. Le chiffre se calculait en additionnant la partie binaire (0 ou 1) au nombre pair encodé par la partie quinaire. Si l'IBM 1401 utilisait cette variante du biquinaire, c'est car elle donnait des circuits de conversion BCD-biquinaire plus économes en portes logiques et plus rapides. La partie binaire est le bit de poids faible du chiffre BCD, la partie biquinaire est calculée par un simple décodeur qui prend en entrée le chiffre BCD, amputé de son bit de poids faible. La traduction inverse demande d'utiliser un encodeur, à la place du décodeur. Par contre, le circuit d'addition biquinaire était plus compliqué du fait de la gestion des retenues. L'addition des parties binaires et quinaires se faisait en parallèle, dans deux additionneurs séparés. Cependant, l'addition des parties binaire fournit une retenue, qu'il faut prendre en compte. Pour cela, l'IBM 1401 disposait d'un troisième additionneur qui fournissait le résultat final, encodé en biquinaire. [[File:Additionneur bi-quinaire de l'IBM 1401.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur biquinaire de l'IBM 1401]] Une implémentation moderne demanderait d'utiliser des portes ET combinées à des portes OU, le circuit pouvant être construit simplement à partir de sa table de vérité. Sur l'IBM 1401, le circuit était cependant différent, en raison de l'utilisation de OU câblés, des croisements de fils qui fonctionnent comme des portes OU, que nous n'avons pas encore vu pour le moment, mais qui seront détaillés dans quelques chapitres. Les OU câblés étaient utilisés pour simplifier le design du circuit, mais demandaient des portes logiques spécifiques, ce qui collait avec le fait que ce ''mainframe'' utilisait des transistors en Germanium. L'implémentation exacte est décrite dans cet article de blog, mais je ne recommande sa lecture qu'à ceux qui savent ce qu'est un OU câblé : * [https://www.righto.com/2015/10/qui-binary-arithmetic-how-1960s-ibm.html Qui-binary arithmetic: how a 1960s IBM mainframe does math]. ==Les débordements d'entier lors d'une addition/soustraction== Les instructions arithmétiques manipulent des entiers codés sur un nombre fixe de bits, qui ne peuvent prendre leurs valeurs que dans un intervalle. Pour les nombres positifs, un ordinateur qui code ses entiers sur n bits pourra coder tous les entiers allant de 0 à <math>2^n -1</math>. Pour les nombres négatifs, l'intervalle est différent et dépend de la représentation utilisée. Dans le cas général, l'ordinateur peut coder les valeurs comprises de <math>N_\text{min}</math> à <math>N_\text{max}</math>. Si le résultat d'un calcul sort de cet intervalle, il ne peut pas être représenté par l'ordinateur et il se produit ce qu'on appelle un '''débordement d'entier'''. La '''valeur haute de débordement''' désigne la première valeur qui est trop grande pour être représentée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 0 et 7, la valeur haute de débordement est égale à 8. On peut aussi définir la '''valeur basse de débordement''', qui est la première valeur trop petite pour être codée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 8 et 250, la valeur basse de débordement est égale à 7. Pour les nombres entiers, la valeur haute de débordement vaut <math>N_\text{max} + 1</math> , alors que la valeur basse vaut <math>N_\text{min} - 1</math> (avec <math>N_\text{max}</math> et <math>N_\text{min}</math> respectivement la plus grande et la plus petite valeur codable par l'ordinateur). ===La correction des débordements d'entier : l'arithmétique saturée=== Quand un débordement d'entier survient, tous les circuits de calcul ne procèdent pas de la même manière. Dans les grandes lignes, il y a deux réactions possibles : soit on corrige automatiquement le résultat du débordement, soit on ne fait rien et on se contente de détecter le débordement. Si le débordement n'est pas corrigé automatiquement, le circuit ne conserve que les bits de poids faibles du résultat. Les bits en trop sont simplement ignorés. On dit qu'on utilise l''''arithmétique modulaire'''. Le problème avec ce genre d'arithmétique, c'est qu'une opération entre deux grands nombres peut donner un résultat très petit. Par exemple, si je dispose de registres 4 bits et que je souhaite faire l'addition 1111 + 0010 (ce qui donne 15 + 2), le résultat est censé être 10001 (17), ce qui est un résultat plus grand que la taille d'un registre. En conservant les 4 bits de poids faible, j’obtiens 0001 (1). En clair, un résultat très grand est transformé en un résultat très petit. Cela peut poser problèmes si on travaille uniquement avec des nombres positifs, mais c'est aussi utilisé pour coder des nombres en complément à deux. D'autres circuits utilisent ce qu'on appelle l''''arithmétique saturée''' : si un calcul génère un débordement, on arrondi le résultat au plus grand entier supporté par le circuit. Les circuits capables de calculer en arithmétique saturée sont un peu plus complexes, vu qu'il faut rajouter des circuits pour corriger le résultat en cas de débordement. Il suffit généralement de rajouter un ''circuit de saturation'', qui prend en entrée le résultat et le corrige en cas de débordement. Ce circuit de saturation met la valeur maximale en sortie si un débordement survient, mais se contente de recopier le résultat du calcul sur sa sortie s'il n'y a pas de débordement. Typiquement, il est composé d'une couche de multiplexeurs, qui sélectionnent quelle valeur mettre sur la sortie : soit le résultat du calcul, soit le plus grand nombre entier géré par le processeur, soit le plus petit (pour les nombres négatifs/soustractions). L'arithmétique saturée est utilisée pour les additions et soustractions, mais c'est plus rare pour les multiplications/divisions. Une des raisons est que le résultat d'une addition/soustraction prend un bit de plus que le résultat, là où les multiplications doublent le nombre de bits. Quand une addition déborde, le résultat réel est proche de la valeur maximale codable. mais quand une multiplication déborde, le résultat peut parfois valoir 200 à 60000 fois plus que la valeur maximale codable. Les calculs avec une valeur saturée/corrigée sont donc crédibles pour une suite d'additions, mais pas pour une suite de multiplications. ===La détection des débordements entiers=== Quand un débordement d'entier a eu lieu, il vaut mieux que l'additionneur prévienne ! Pour cela, l'additionneur a une '''sortie de débordement''', parfois nommée ''Overflow'', dont la valeur indique si l'addition a généré un débordement d'entier ou non. Reste que détecter un débordement ne se fait pas de la même manière selon que l'on parle d'un additionneur non-signé ou signé. Pour les additionneur non-signés, l'additionneur calcule un bit de plus que ce qui est supporté par l'ordinateur. Par exemple, un additionneur 32 bits fournit un résultat sur 33 bits, un débordement d'entier a lieu quand le 33ème bit est à 1. Précisément, la sortie de débordement n'est autre que la retenue finale, celle fournie par le dernier additionneur complet. Le seul type de débordement possible est un débordement par le haut, où le résultat dépasse la valeur maximale. Avec l'arithmétique saturée, le circuit de saturation consiste en une seule couche de multiplexeurs, voire en un circuit de mise à la valeur maximale tel que vu dans le chapitre sur les opérations bits à bits. [[File:Gestion des débordements d'entiers.png|centre|vignette|upright=2.5|Gestion des débordements d'entiers lors d'une addition non-signée.]] Pour les additionneurs non-signés, la gestion des débordements d'entiers dépend fortement de la représentation signée. Nous allons étudier le cas du complément à deux. Si vous vous rappelez le chapitre 1, les calculs sur des nombres en complètement à deux utilisent les règles de l'arithmétique modulaire, c'est une condition nécessaire. À priori, on peut penser que dans ces conditions, les débordements d'entiers sont une chose parfaitement normale, qui nous permet d'avoir des résultats corrects. Néanmoins, certains débordements d'entiers peuvent survenir malgré tout et produire des bugs assez ennuyeux. Si l'on tient en compte les règles du complément à deux, on sait que le bit de poids fort (le plus à gauche) permet de déterminer si le nombre est positif ou négatif : il indique le signe du nombre. Tout se passe comme si les entiers en complément à deux étaient codés sur un bit de moins, et avaient leur longueur amputé du bit de poids fort. Si le résultat d'un calcul écrase le bit de poids fort, il y a un débordement d'entiers. Il existe une règle simple qui permet de détecter ces débordements d'entiers. L'addition de deux nombres positifs ne peut pas être un nombre négatif. Si on additionne deux nombres dont le bit de signe est à 0 et que le bit de signe du résultat est à 1, on est en face d'un débordement d'entiers. Même chose pour deux nombres négatifs : le résultat de l'addition ne peut pas être positif. On peut résumer cela en une phrase : si deux nombres de même signe sont ajoutés, un débordement a lieu quand le bit du signe du résultat a le signe opposé. Modifier les circuits d'au-dessus pour qu'ils détectent les débordements en complément à deux est simple comme bonjour : il suffit créer un petit circuit combinatoire qui prenne en entrée les bits de signe des opérandes et du résultat, et qui fasse le calcul de l'indicateur de débordements. Si l'on rédige sa table de vérité, on doit se retrouver avec la table suivante : {|class="wikitable" |- !Entrées !Sortie |- |000||0 |- |001||1 |- |010||0 |- |011||0 |- |100||0 |- |101||0 |- |110||1 |- |111||0 |} L'équation de ce circuit est la suivante, avec <math>S_a</math> et <math>S_b</math> les signes des deux opérandes, et <math>C_i</math> la retenue de la colonne précédente : : <math> ( S_a . S_b . \overline{C_i} ) + ( \overline{S_a} . \overline{S_b} . C_i )</math> En simplifiant, on obtient alors : : <math>( S_a . S_b ) \oplus C_i</math> Or, il se trouve que <math>S_a . S_b</math> est tout simplement la retenue en sortie du dernier additionneur, que nous noterons <math>C_o</math>. On trouve donc : : <math>C_o \oplus C_i</math> Il suffit donc de faire un XOR entre la dernière retenue et la précédente pour obtenir le bit de débordement. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de décalage et de rotation | prevText=Les circuits de décalage et de rotation | next=Les circuits de comparaison | nextText=Les circuits de comparaison }} </noinclude> nhy825ccnh4tnhjq3nib4zqbpl1ycmc 768195 768193 2026-06-20T14:29:12Z Mewtow 31375 /* L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue */ 768195 wikitext text/x-wiki Dans ce chapitre, nous allons voir les circuits capables de faire une addition ou une soustraction, ainsi que quelques circuits spécialisés. Précisons cependant que les fabricants de processeurs travaillent d'arrache-pied pour trouver des moyens de rendre ces circuits de calcul plus rapides et plus économes en énergie. Autant vous dire que les circuits que vous allez voir sont vraiment des circuits qui font pâle figure comparé à ce que l'on peut trouver dans un vrai processeur commercial ! ==Les circuits pour additionner 2 ou 3 bits== L'addition se fait en binaire de la même manière qu'en décimal. On additionne les chiffres/bits colonne par colonne, une éventuelle retenue est propagée à la colonne d'à côté. La soustraction fonctionne sur le même principe, sur le même modèle qu'en décimal. [[File:Binary Addition Demonstration.svg|centre|vignette|Exemple d'addition en binaire.]] En clair, additionner deux nombres demande d'additionner 2 bits et une retenue sur chaque colonne, et de propager les retenues d'une colonne à l'autre. La propagation des retenues est quelque chose de simple en apparence, mais qui est sujet à des optimisations extraordinairement nombreuses. Aussi, pour simplifier l'exposition, nous allons voir comment gérer une colonne avant de voir comment sont propagées les retenues. En effet, tout additionneur est composé d'additionneurs plus simples, capables d'additionner deux ou trois bits suivant la situation. Ceux-ci gèrent ce qui se passe sur une colonne. ===Le demi-additionneur et l'additionneur complet=== Un additionneur deux bits implémente la table d'addition, qui est très simple en binaire. Jugez plutôt : * 0 + 0 = 0, retenue = 0 ; * 0 + 1 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 0 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 1 = 0, retenue = 1. Un circuit capable d'additionner deux bits est donc simple à construire avec les techniques vues dans les premiers chapitres. On voit immédiatement que la colonne des retenues donne une porte ET, alors que celle du bit de somme est calculé par un XOR. Le circuit obtenu est appelé un '''demi-additionneur'''. {| class="flexible" |[[File:1-bit half-adder.svg|class=transparent|centre|Demi-addtionneur.]] |[[File:Half-adder.svg|centre|class=transparent|Circuit d'un demi-addtionneur.]] |} [[File:Full Adder Block.svg|vignette|upright=1|class=transparent|Additionneur complet.]] Si on effectue une addition en colonne, on doit additionner les deux bits sur la colonne, mais aussi additionner une éventuelle retenue. Il faut donc créer un circuit qui additionne trois bits : deux bits de données, plus une retenue. Il fournit en sortie deux bits : un bit de somme et une retenue sortante. Ce circuit qui additionne trois bits est appelé un '''additionneur complet'''. Voici sa table de vérité : {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- ||0||0||0|| ||0||0 |- ||0||0||1|| ||0||1 |- ||0||1||0|| ||0||1 |- ||0||1||1|| ||1||0 |- ||1||0||0|| ||0||1 |- ||1||0||1|| ||1||0 |- ||1||1||0|| ||1||0 |- ||1||1||1|| ||1||1 |} Il est possible d'utiliser un tableau de Karnaugh pour traduire la table de vérité, mais elle donne un résultat légèrement sous-optimal. D'autres méthodes donnent des résultats plus compréhensibles. Nous allons les détailler dans ce qui suit. ===L'additionneur complet conçu avec deux demi-additionneurs=== La solution plus simple consiste à enchaîner deux demi-additionneurs : un qui additionne les deux bits de données, et un second qui additionne la retenue au résultat. La retenue finale se calcule en combinant les sorties de retenue des deux demi-additionneurs, avec une porte OU. Pour vous en convaincre, établissez la table de vérité de ce circuit, vous verrez que ça marche. {| class="flexible" |[[File:Full Adder Modules.svg|class=transparent|Composition d'un additionneur complet. On voit bien que celui-ci est composé de deux demi-additionneurs, en rouge et en bleu, auxquels on a ajouté une porte OU pour calculer la retenue finale.]] |[[File:Full-adder.svg|300px|class=transparent|Circuit d'un additionneur complet.]] |} Le circuit de calcul de la retenue peut être remplacé par une '''porte à majorité''', mais cette possibilité n'est presque jamais utilisée, on lui préfère le circuit à trois portes logiques. [[File:Additionneur crée avec une porte à majorité.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec une porte à majorité]] Les autres implémentations de l'additionneur complet que nous allons voir sont des dérivés de ce circuit, auquel on a appliqué quelques simplifications. Les simplifications portent surtout sur le circuit de calcul de la retenue. En effet, le calcul de la retenue doit absolument être le plus rapide possible,vu que la propagation des retenues est le point limitant pour les performances d'un additionneur. ===L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue=== Le circuit précédent est basé sur deux additions 2-bits successives : une première pour additionner deux bits d'opérande, une seconde pour additionner la retenue. Mais il existe une autre façon de faire l'addition, qui est terriblement importante pour la suite du cours. L'idée est de regarder ce que vaut la retenue sortante, en fonction de la retenue entrante. Pour cela, reprenons la table de vérité de l'additionneur complet. Dans la majorité des cas, la retenue sortante est égale à la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est propagée sur la sortie de retenue. Cependant, il y a aussi deux cas où la retenue n'est pas propagée : celui où la retenue sortante est forcée à 1, et celui où elle est forcée à 0. Dans le premier cas, l'addition donne une retenue à 1, quelle que soit la retenue envoyée en entrée (sous-entendu, même si celle-ci vaut 0). On dit que la retenue sortante est générée. Dans le cas inverse, la retenue sortante est forcée à 0, peu importe la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est absorbée. Il y a cependant une petite ambiguïté à dire que la retenue a été propagée, absorbée ou générée. En effet, prenons le cas où la retenue sortante et entrantes valent toutes deux 0 : est-ce que la retenue a été propagée ou bien absorbée, ou les deux ? Idem quand les deux retenues sont à 1. Il y a un choix arbitraire à faire dans ce genre de cas, pour la plupart des lignes de la table de vérité. Cependant, il y a un choix bien précis qui est supérieur aux autres, et c'est celui qui est présenté dans le tableau suivant. Les lignes rouge correspondent à une retenue propagée, celles en bleu à une retenue absorbée, celle en vert à une retenue générée. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_rouge" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_bleu" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||1|| ||1||1 |} Avec ce choix, on peut déterminer si la retenue est propagée, absorbée ou générée, sans tenir compte de la retenue elle-même. On peut déterminer dans quel cas on est seulement en regardant les bits d'opérandes nommés A et B. * La retenue est propagée si les deux bits d'opérande sont différents. * La retenue est générée si les deux bits d'opérande sont à 1. * La retenue est absorbée si les deux bits d'opérande sont à 0. On peut donc détecter si une retenue est générée, absorbée ou propagée avec une simple porte logique : un ET entre les deux bits d'opérande pour la génération, un NOR pour l'absorption, un XOR pour la propagation. L'additionneur que nous allons voir détermine si la retenue est propagée, absorbée ou générée, et calcule la retenue sortante en fonction de ça. Il génère deux bits, nommés P et G : P pour ''Propagate'', G pour ''Generate''. Le bit P indique que la retenue entrante doit être propagée ou non : il est mis à 1 pour propager la retenue entrante, à 0 si elle ne doit pas être propagée. Le bit G indique si une retenue a été générée ou non : 1 si une retenue générée, 0 sinon. Une retenue est considérée comme absorbée si elle n'est pas ni propagée ni générée, pas besoin d'un troisième bit pour gérer ce cas. Pour rappel, la retenue est propagée si les deux bits sont différents, n'est pas propagée s'ils sont identiques. Déterminer si deux bits sont identiques ou différents est le comportement d'une banale porte XOR. Le bit P est donc généré par une simple porte XOR. Quant au bit G, il est à 1 si les deux bits d'opérandes sont à 1, ce qui correspond à une porte ET. Il existe des pseudo-additionneurs qui ne calculent pas la retenue sortante et fournissent à la place les signaux P et G, en plus du résultat. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur P/G''' (P/G pour propagation/génération). Ils sont très utiles pour créer des additionneurs dits "à anticipation de retenue", comme on le verra dans la suite du chapitre. {| class="flexible" | [[File:FulladderPG.png|Additionneur P/G : entrées et sorties.]] | [[File:Partial Full-Adder.svg|class=transparent|Additionneur P/G : circuit de génération des signaux P et G.]] |} Pour créer un additionneur complet avec cette méthode, il faut ajouter un circuit qui calcule la retenue sortante à partir des bits P et G. La retenue finale vaut 1 soit quand la retenue est générée, soit quand la retenue d'entrée vaut 1 et qu'elle est propagée. La traduction en équation logique; puis en circuits, donne un circuit strictement identique à celui basé sur deux demi-additionneurs... Vous remarquerez que les signaux P et G sont calculés par le premier demi-additionneur. [[File:Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.png|class=transparent|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.]] Une méthode alternative donne cependant un circuit différent. Le circuit en question choisit entre les deux situations : soit il propage la retenue, soit il calcule la retenue adéquate. Propager une retenue demande de connecter l'entrée de retenue sur la sortie de retenue. Mais cela ne doit être fait que si les conditions sont réunies, que si la retenue est belle et bien propagée. Si ce n'est pas le cas, il faut connecter la sortie de retenue à un circuit qui calcule la retenue adéquate. Pour cela, on utilise un multiplexeur, commandé par le bit P. [[File:Additionneur crée avec un multiplexeur.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec un multiplexeur]] Quand la retenue entrante n'est pas propagée, la retenue sortante vaut 1 si une retenue est générée, 0 sinon. Le circuit qui calcule la retenue doit donc fournir un 0 si les bits d'opérande valent tous les deux 0, un 1 s'ils valent tous les deux 1. Mais si la retenue est propagée, la retenue calculée peut prendre n'importe quelle valeur, vu que le multiplexeur ne choisira pas sa sortie. Suivant quelles valeurs on prend dans ce cas, le circuit obtenu sera différent. Si on suppose que le circuit fournit un 0 si la retenue est propagée, alors la retenue calculée indique une retenue est générée ou non : on peut alors réutiliser le bit G ! Le tout donne alors ce circuit : [[File:Additionneur complet basé sur un MUX.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet basé sur un MUX]] Le circuit semble utiliser plus de portes logiques que nécessaires. Cependant, tout dépend de l'implémentation du multiplexeur. En réalité, nous verrons dans quelques chapitres qu'il est possible d'implémenter un multiplexeur avec seulement 6 transistors. L'implémentation utilise des portes à transmission, mais nous en reparlerons dans le chapitre sur les transistors, quand nous verrons les additionneurs à ''Manchester Carry Chain''. Au passage, une variante de ce circuit a été utilisée dans le processeur processeur 8086 d'Intel, comme on le verra dans le chapitre suivant. ===L'additionneur complet basé sur une modification de la retenue sortante=== Dans les circuits précédents, la retenue sortante et le bit du résultat sont calculés séparément, même si quelques portes logiques sont partagées entre les deux. Mais il est possible de calculer le bit du résultat à partir de la retenue sortante. En effet, le bit du résultat est l'inverse de la retenue sortante, sauf dans deux cas : les trois bits d'entrée sont à 0, où ils sont tous à 1. Le bit de somme vaut 0 dans le premier cas, 1 dans le second cas. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_vert" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||1|| ||1||1 |} L'implémentation en circuit demande donc trois choses : * de calculer la retenue sortante et de quoi l'inverser ; * un circuit qui vérifie si tous les bits opérande valent 0 : une porte NOR ou OU fait l'affaire ; * un circuit qui vérifie s'ils valent tous 1, à savoir une porte ET. Ensuite, on combine le résultat des trois circuits précédents pour obtenir le résultat final. La combinaison est le fait du circuit en jaune dans le schéma ci-dessous. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue]] Le circuit en jaune est assez simple. Quand la porte ET sort un 1, la sortie doit être forcée à 1. Par contre, quand la porte OU sort un zéro, la sortie doit être forcée à 0. Il suffit donc d'enchainer un circuit de mise à 1 et un circuit de mise à 0. Nous avons vu dans le chapitre sur les opérations de masquage qu'il s'agit respectivement d'une porte OU et d'une porte ET. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet]] Divers processeurs utilisaient des additionneurs complets de ce type : le fameux Z80, l'Intel 4004 et de l'Intel 8008 sont les exemples les plus notables. Pourtant, on pourrait s'étonner qu'un tel circuit ait existé. Il utilise beaucoup de portes logiques, a une profondeur logique supérieure : il n'a rien d'avantageux. Sauf qu'il était utilisé sur d'anciens processeurs, qui utilisaient la technologie dite TTL, différente de la technologie CMOS des transistors modernes. Et avec la technologie TTL, il est possible de fusionner plusieurs portes logiques ET et NOR en une seule porte logique ET/OU/NON ! Un additionneur complet construit ainsi ne prenait que deux portes logiques : une pour le calcul de la retenue sortante, une autre pour le reste du circuit. ==L'addition non signée== Voyons maintenant un circuit capable d'additionner deux nombres entiers: l''''additionneur'''. Dans la version qu'on va voir, ce circuit manipulera des nombres strictement positifs. L'addition des nombres codés en complètement à deux sera vu dans une section ultérieure. ===L'additionneur série=== Il est possible d'additionner deux nombres bit par bit,colonne par colonne, avec un additionneur complet. Cela demande de coupler un additionneur complet avec plusieurs registres à décalages. Les opérandes sont placées chacune dans un registre à décalage, afin de passer d'un bit au suivant, d'une colonne à la suivante, à chaque cycle. Même chose pour le résultat, qui a sont propre registre à décalage. La retenue de l'addition est stockée dans une bascule de 1 bit, en attente du prochain cycle d'horloge. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur série'''. [[File:Additionneur série.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur série.]] L'additionneur série a été utilisé sur d'anciens prototypes dans les années 50-60, et quelques ordinateurs commerciaux très rares. ===L'additionneur à propagation de retenue=== L'additionneur à propagation de retenue pose l'addition comme en décimal, en additionnant les bits colonne par colonne avec une éventuelle retenue. Évidemment, on commence par les bits les plus à droite, comme en décimal. Il suffit ainsi de câbler des additionneurs complets les uns à la suite des autres. Notons la présence de la retenue sortante, qui est utilisée pour détecter les débordements d'entier, ainsi que pour d'autres opérations. Le bit de retenue final est souvent stocké dans un registre spécial du processeur (généralement appelé ''carry flag''). [[File:Ripplecarryadder.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à propagation de retenue.]] Notez aussi, sur le schéma précédent, la présence de l’entrée de retenue <math>\text{R}_\text{Entrée}</math> sur l'additionneur. L'additionneur le plus à droite est bien un additionneur complet, et non un demi-additionneur,c e qui fait qui l'additionneur a une entrée de retenue. Tous les additionneurs ont une entrée de retenue de ce type. Elle est très utile pour l'implémentation de certaines opérations comme l'inversion de signe, la soustraction, l'incrémentation, etc. Certains processeurs sont capables de faire une opération appelée ADC, ADDC ou autre nom signifiant ''Addition with Carry'', qui permet de faire le calcul A + B + Retenue (la retenue en question est la retenue sortante de l'addition précédente, stockée dans le registre ''carry flag''). Son utilité principale est de permettre des additions d'entiers plus grands que ceux supportés par le processeur. Par exemple, cela permet de faire des additions d'entiers 32 bits sur un processeur 16 bits. [[File:Adder Network 3 Bit Sum Delay 003.svg|vignette|upright=0.5|Propagation de retenue dans l'additionneur.]] L'avantage est qu'il utilise très peu de portes logiques et est assez économe en transistors, ce qui fait qu'il était utilisé sur certains processeurs 8 et 16 bits assez anciens. Bien que très simple, cet additionneur est cependant peu performant. Le temps de calcul est proportionnel à la taille des opérandes. Par exemple, additionner deux nombres de 32 bits prendra deux fois plus de temps que l'addition de deux nombres de 16 bits. La raison est que le calcul des retenues s'effectue en série, l'une après l'autre. En effet, chaque additionneur doit attendre que la retenue de l'addition précédente soit disponible pour donner son résultat. Les retenues doivent se propager à travers le circuit, du premier additionneur jusqu'au dernier. L'addition étant une opération fréquente, il vaut mieux utiliser d'autres méthodes d'addition, plus rapides. Pour cela, les autres additionneurs utilisent diverses optimisations : calculer les retenues en parallèle, éliminer certaines opérations inutiles quand c'est possible, accélérer le calcul de la retenue avec des techniques d'anticipation de retenue, etc. Mais ces optimisations demandent d'utiliser plus de circuits, quitte à gagner quelque peu en rapidité. Si on met de côté les additionneurs de type ''Manchester carry chain'', qu'on ne peut pas encore expliquer à ce stade du cours, il existe plusieurs solutions, qui donnent respectivement les additionneurs à saut de retenue, à sélection de retenue, et à anticipation de retenue. Nous allons les voir dans les sections suivantes. ===Les accélérations de la propagation de retenue=== [[File:Full-adder-4bits-serial-CEI.svg|vignette|upright=0.5|Additionneur 4 bits, un bloc.]] Dans cette section, nous allons voir quelques additionneurs qui visent à accélérer la propagation de la retenue, mais en gardant la base de l'additionneur de propagation de retenue. Avant de poursuivre, partons du principe que l'additionneur est conçu en assemblant des additionneurs à plus simples, qui additionnent environ 4 à 5 bits, parfois plus, parfois moins. Ces additionneurs simples seront nommés ''blocs'' dans ce qui suit, et l'un d'entre eux est illustré ci-contre. Chaque bloc prend en entrée un morceau des deux opérandes à additionner, mais aussi une retenue d'entrée. Il fournit en sortie un résultat codé sur 4/5 bits, mais aussi une retenue sortante. Dans un bloc, la retenue sortante est plus ou moins calculée à part du résultat. L'enjeu est de calculer la retenue sortante d'un bloc rapidement, plus rapidement qu'un additionneur à propagation de retenue. Le calcul du résultat n'a pas besoin d'être accéléré, on garde des additionneurs à propagation de retenue. En enchaînant plusieurs blocs les uns à la suite des autres, la retenue sortante d'un bloc est connectée sur l'entrée de retenue du bloc suivant, la retenue est propagée d'un bloc au suivant. Les blocs sont tous identiques dans le cas le plus simple, mais il est possible d'utiliser des blocs de taille variable. Par exemple, le premier bloc peut avoir des opérandes de 6 bits, le second des opérandes de 7 bits, etc. Faire ainsi permet de gagner un petit peu en performances, si la taille de chaque bloc est bien choisie. La raison est une question de temps de propagation des retenues. La retenue met plus de temps à se propager à travers 8 blocs qu'à travers 4, ce qui prend plus de temps qu'à travers 2 blocs, etc. En tenir compte fait que la taille des blocs tend à augmenter ou diminuer quand on se rapproche des bits de poids fort. ====Le calcul parallèle de la retenue==== [[File:4008 Functional Diagram.svg|vignette|upright=1|4008 Functional Diagram]] L'optimisation la plus évidente est de calculer la retenue sortante en parallèle de l'addition. Chaque bloc contient, à côté d'un additionneur proprement dit, un circuit qui calcule la retenue sortante. Il existe de nombreuses manières de calculer la retenue sortante. La plus simple consiste à établir la table de vérité de l'entrée de retenue et d'utiliser les techniques du chapitre sur les circuits combinatoires. Cela marche si les blocs sont de petite taille, mais elle devient difficile si le bloc a des opérandes de 2/3 bits ou plus. Mais des techniques alternatives existent. Un exemple est celui de l'additionneur CMOS 4008, un additionneur de 4 bit. Il est intéressant de voir comment fonctionne ce circuit. Aussi, voici son implémentation. Le circuit est décomposé en trois sections. Une première couche de demi-additionneurs, le circuit de calcul de la retenue sortante, le reste du circuit qui calcule l'addition en propageant les retenues. Le circuit de calcul de la retenue sortante prend les résultats des demi-additionneurs, et les utilise pour calculer la retenue sortante. C'est là une constante de tous les circuits qui vont suivre. [[File:CMOS 4008, circuit découpé en sections.png|centre|vignette|upright=1.5|CMOS 4008, circuit découpé en sections]] Le point important à comprendre est que les demi-additionneurs génèrent les signaux P et G, qui disent si l'additionneur propage ou génère une retenue. Ces signaux sont alors combinés pour déterminer la retenue sortante. La méthode de combinaison des signaux P et G dépend fortement de l'additionneur utilisé. La méthode utilisée sur le 4008 utilise à la fois les signaux P et G, ce qui fait que c'est un hybride entre un additionneur à propagation de retenue, et un additionneur à anticipation de retenue qui sera vu dans la suite du chapitre. Mais il existe des techniques alternatives pour calculer la retenue sortante. ====L'additionneur à saut de retenue==== L''''additionneur à saut de retenue''' (''carry-skip adder'') est un additionneur dont le temps de calcul est variable. Le calcul prendra quelques cycles d'horloges avec certains opérandes, tandis qu'il sera aussi long qu'avec un additionneur à propagation de retenue avec d'autres. Il n'améliore pas le pire des cas, dans lequel la retenue doit être propagée du début à la fin, du bit de poids faible au bit de poids fort. Mais dans les autres cas, le circuit détecte quand le résultat de l'addition est disponible, quand la retenue a fini de se propager. Il permet d'avoir le résultat en avance, plutôt que d'attendre suffisamment pour couvrir le pire des cas. L'additionneur à saut de retenue est lui aussi composé de blocs qui additionnent 4/5 bits. Il peut, sous certaines conditions, sauter complètement la propagation de la retenue dans le bloc. L'idée est de calculer si un bloc génère une retenue sortante, ou si la retenue entrante est simplement propagée. Dans le second cas, le bloc ne fait que recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. La propagation de retenue entre blocs est alors skippée (mais elle a quand même lieu). Si une retenue est générée dans le bloc, on envoie cette retenue sur la retenue sortante. Le choix entre les deux est le fait d'un multiplexeur. [[File:Carry skip adder, principe de base.png|centre|vignette|upright=2.5|Carry skip adder : principe de base]] Toute la difficulté est de savoir comment commander le multiplexeur. Pour cela, on doit savoir si le circuit propage une retenue ou non. Le bloc propage une retenue si chaque additionneur complet propage la retenue. Les additionneurs complets doivent donc fournir le résultat, mais aussi indiquer s'ils propagent la retenue d'entrée ou non. Le signal de commande du multiplexeur est généré assez simplement : il vaut 1 si tous les additionneurs complets du bloc propagent la retenue précédente. C'est donc un vulgaire ET entre tous ces signaux. [[File:Additionneur à saut de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Calcul de la commande du MUX.]] L'additionneur à saut de retenue est construit en assemblant plusieurs blocs de ce type. [[File:BCSAdder16Bit.svg|centre|vignette|upright=3|Additionneur à saut de retenue.]] ====L'additionneur à sélection de retenue==== L''''additionneur à sélection de retenue''' utilise aussi des blocs, comme les additionneurs précédents. L'addition se fait en deux versions : une avec la retenue du bloc précédent valant zéro, et une autre version avec la retenue du bloc précédent valant 1. Il suffira alors de choisir le bon résultat avec un multiplexeur, une fois cette retenue connue. On gagne ainsi du temps en calculant à l'avance les valeurs de certains bits du résultat, sans connaître la valeur de la retenue. Petit détail : sur certains additionneurs à sélection de retenue, les blocs de base n'ont pas la même taille. Cela permet de tenir compte des temps de propagation des retenues entre les blocs. [[File:Additionneur à sélection de retenue.png|centre|vignette|upright=1|Additionneur à sélection de retenue avec seulement deux blocs.]] Dans les exemples du dessus, chaque sous-additionneur étaient des additionneurs à propagation de retenue. Mais ce n'est pas une obligation, et tout autre type d’additionneur peut être utilisé. Par exemple, on peut faire en sorte que les sous-additionneurs soient eux-mêmes des additionneurs à sélection de retenue, et poursuivre ainsi de suite, récursivement. On obtient alors un '''additionneur à somme conditionnelle''', plus rapide que l'additionneur à sélection de retenue, mais qui utilise beaucoup plus de portes logiques. ===Les additionneurs à anticipation de retenue=== Les '''additionneurs à anticipation de retenue''' accélèrent le calcul des retenues en les calculant sans les propager. Au lieu de calculer les retenues une par une, ils calculent toutes les retenues en parallèle, à partir des bits des opérandes à additionner. Une fois les retenues pré-calculées, il suffit de les additionner avec les deux bits adéquats, pour obtenir le résultat. [[File:Cla4bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Ces additionneurs sont composés de deux parties : * un circuit qui pré-calcule la valeur de la retenue d'un étage ; * et d'un circuit qui additionne les deux bits et la retenue pré-calculée : il s'agit d'une couche d'additionneurs complets simplifiés, qui ne fournissent pas de retenue. [[File:Additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Le circuit qui détermine la valeur de la retenue est lui-même composé de deux grandes parties, qui ont chacune leur utilité. La première partie réutilise des additionneurs qui donnent les signaux de propagation et génération de retenue. L'additionneur commence donc à prendre forme, et est composé de trois parties : * un circuit qui crée les signaux P et G ; * un circuit qui déduit la retenue à partir des signaux P et G adéquats ; * et une couche d'additionneurs qui additionnent chacun deux bits et une retenue. [[File:Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2|Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.]] Il ne nous reste plus qu'à voir comment fabriquer le circuit qui reste. Pour cela, il faut remarquer que la retenue est égale : * à 1 si l'addition des deux bits génère une retenue ; * à 1 si l'addition des deux bits propage une retenue ; * à zéro sinon. Ainsi, l'addition des bits de rangs i va produire une retenue Ci, qui est égale à Gi+(Pi·Ci−1). Si on utilisait cette formule sans trop réfléchir, on retomberait sur un additionneur à propagation de retenue inutilement compliqué. L'astuce des additionneurs à anticipation de retenue consiste à remplacer le terme Ci−1 par sa valeur calculée avant. Par exemple, je prends un additionneur 4 bits. Je dispose de deux nombres A et B, contenant chacun 4 bits : A3, A2, A1, et A0 pour le nombre A, et B3, B2, B1, et B0 pour le nombre B. Si j'effectue les remplacements, j'obtiens les formules suivantes : * C1 = G0 + ( P0 · C0 ) ; * C2 = G1 + ( P1 · G0 ) + ( P1 · P0 · C0 ) ; * C3 = G2 + ( P2 · G1 ) + ( P2 · P1 · G0 ) + ( P2 · P1 · P0 · C0 ) ; * C4 = G3 + ( P3 · G2 ) + ( P3 · P2 · G1 ) + ( P3 · P2 · P1 · G0 ) + ( P3 · P2 · P1 · P0 · C0 ). Ces formules nous permettent de déduire la valeur d'une retenue directement : il reste alors à créer un circuit qui implémente ces formules, et le tour est joué. On peut même simplifier le tout en fusionnant les deux couches d'additionneurs. [[File:4-bit carry lookahead adder.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 4 bits.]] Ces additionneurs sont plus rapides que les additionneurs à propagation de retenue. Ceci dit, utiliser un additionneur à anticipation de retenue sur des nombres très grands (16/32bits) utiliserait trop de portes logiques. Pour éviter tout problème, nos additionneurs à anticipation de retenue sont souvent découpés en blocs, avec soit une anticipation de retenue entre les blocs et une propagation de retenue dans les blocs, soit l'inverse. [[File:64-bit lookahead carry unit.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 64 bits.]] ===L'additionneur à calcul parallèle de préfixes=== Les '''additionneurs à calcul parallèle de préfixes''' sont des additionneurs à anticipation de retenue améliorés pour gagner en performances. Les additionneurs à anticipation de retenue générent des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, sous-entedu 1 bit par opérande. L'optimisation apportée est de générer des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, mais aussi pour des groupes de 2, 3, 4, ..., N bits. Par exemple, il est possible de générer un signal ''P 0 vers 7'', qui précise si la retenue de la seconde colonne est propagée jusqu'à la 7ème colonne ou non. Un autre exemple est un signal de génération qui indique si les colonnes 4 à 7 génèrent une retenue ou non. En clair, les signaux P et G ont maintenant un intervalle, qui précise de quelle colonne vers quelle colonne se fait la propagation, ou entre quelles colonnes se fait la génération. De plus, les signaux pour un intervalle peuvent se calculer en combinant les signaux pour des intervalles plus restreints. Par exemple, pour calculer P pour les colonnes 0 à 10 peuvent se calculer à partir des deux signaux P des colonnes 0-4 et 5-10. Néanmoins, il y a plusieurs manières pour subdiviser les intervalles en intervalles plus petits et combiner le tout. Et elles donnent chacune des additionneurs différent, comme l'additionneur de Ladner-Fisher, l'additionneur de Brent-Kung, l'additionneur de Kogge-Stone, ou tout design hybride. Ils ont des caractéristiques différentes. L'additionneur de Brent-Kung est le plus lent de tous les additionneurs cités, mais c'est celui qui utilise le moins de portes logiques. Les autres ont des performances un peu plus variables, mais utilisent plus de portes logiques. {| |[[File:Additionneur de Kogge-Stone.jpg|vignette|Additionneur de Kogge-Stone.]] |[[File:Additionneur de Ladner-Fisher.jpg|vignette|Additionneur de Ladner-Fisher.]] |} [[File:4bitKoggeStone.svg|vignette|upright=1.5|Additionneur de Kogge-Stone pour 4 bits.]] L'additionneur Kogge-Stone est illustré ci-contre. Il est composé de plusieurs couches de portes logiques. La toute première calcule les signaux P et G pour chaque colonne, comme le ferait un additionneur à anticipation de retenue. Il s'agit de la couche en rouge dans le schéma ci-dessous. Les circuits en jaune combinent ces signaux de manière à calculer les signaux P et G pour plusieurs colonnes. En vert, les circuits calculent la retenue finale. Voici le circuit pour 8 bits : [[File:Kogge-stone-8-bit.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur de Kogge-Stone pour 8 bits.]] ==L'addition signée et la soustraction== Après avoir vu l'addition, il est logique de passer à la soustraction, les deux opérations étant très proches. Si on sait câbler une addition entre entiers positifs, câbler une soustraction n'est pas très compliqué. De plus, la soustraction permet de faire des additions de nombres signés. ===Le soustracteur pour opérandes entiers=== Pour soustraire deux nombres entiers, on peut adapter l'algorithme de soustraction utilisé en décimal, celui que vous avez appris à l'école. Celui-ci ressemble fortement à l'algorithme d'addition : on soustrait les bits de même poids, et on propage éventuellement une retenue sur la colonne suivante. À la différence de l'addition, la retenue est soustraite, et non ajoutée. La table de soustraction nous dit quel est le résultat de la soustraction de deux bits. La voici : * 0 - 0 = 0 ; * 0 - 1 = 1 et une retenue ; * 1 - 0 = 1 ; * 1 - 1 = 0. [[File:Algebra1 05 fig014.svg|centre|vignette|Soustraction en binaire, avec les retenues en rouge.]] La table de soustraction peut servir de table de vérité pour construire un circuit qui soustrait deux bits. Celui-ci est appelé un '''demi-soustracteur'''. Il ressemble beaucoup à un demi-additionneur, les différences se résumant à une porte NON ajoutée pour le calcul de la retenue. [[File:Half Subtractor Vektor.svg|centre|vignette|Demi-soustracteur.]] Comme pour l'additionneur, deux demi-soustracteurs peuvent être combinés pour donner un '''soustracteur complet'''. Le calcul de la retenue se fait en combinant les deux retenues des demi-soustracteurs avec une porte OU. Les soustracteurs complets sont utilisés pour créer des soustracteurs à propagation de retenue ou tout autre circuit soustracteur, sur le même modèle que les additionneurs. [[File:FullSubtractor.svg|centre|vignette|upright=2|Soustracteur complet.]] Vous l'aurez sans doute remarqué, mais le demi-soustracteur ressemble beaucoup au demi-additionneur. La seule différence est une porte NON ajoutée au bon endroit dans le demi-soustracteur. {| |[[File:Half-adder.svg|vignette|Demi-additionneur]] |[[File:Half Subtractor Vektor.svg|vignette|upright=1.3|Demi-soustracteur]] |} La conséquence est qu'il est possible de créer un circuit capable de faire à la fois des additions et des soustractions. L'idée est de remplacer la porte NON du demi-soustracteur par un inverseur commandable. Si on envoie un zéro sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte OUI. Le circuit sera alors identique à un demi-additionneur. Si on envoie un 1 sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte NON. le circuit sera alors un demi-soustracteur. Il faut faire cela pour chaque demi-soustracteur, ce qui donne ceci pour un soustracteur complet. le résultat est alors appelé un '''additionneur-soustracteur complet'''. [[File:Additionneur-soustracteur complet.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur complet]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en complément à deux=== Étudions le cas de la soustraction en complément à deux, dans l'objectif de créer un circuit soustracteur. Vous savez sûrement que a−b et a+(−b) sont deux expressions équivalentes. Et en complément à deux, − b = not(b) + 1. Dit autrement, a − b = a + not(b) + 1. On pourrait se dire qu'il faut deux additionneurs pour faire le calcul, mais la majorité des additionneurs possède une entrée de retenue pour incrémenter le résultat de l'addition. Un soustracteur en complément à deux est donc simplement composé d'un additionneur et d'un inverseur. [[File:Additionneur soustracteur.png|centre|vignette|upright=2|Soustracteur en complément à deux.]] Il est possible de créer un circuit capable d'effectuer soit une addition, soit une soustraction : il suffit de remplacer l'inverseur par un inverseur commandable, qui peut être désactivé. On a vu comment créer un tel inverseur commandable dans le chapitre sur les circuits combinatoires. On peut remarquer que l'entrée de retenue et l'entrée de commande de l'inverseur sont activées en même temps : on peut fusionner les deux signaux en un seul. [[File:Additionneur-soustracteur en complément à deux.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux.]] Une implémentation alternative est la suivante. Elle remplace l'inverseur commandable par un multiplexeur. [[File:4-bit ripple carry adder-subtracter.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux, version alternative.]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en signe-magnitude=== Passons maintenant aux nombres codés en signe-valeur absolue, les deux opérandes étant notées A et B. Suivant les signes des deux opérandes, on a quatre cas possibles : A + B, A − B (B négatif), −A + B (A négatif) et −A − B (A et B négatifs). Une astuce est que le circuit n'a besoin que de calculer A + B et A − B : il peut les inverser pour obtenir − A − B ou B − A. A + B et A − B peuvent se calculer avec un additionneur-soustracteur, reste à corriger le résultat. Il suffit de lui ajouter un inverseur commandable pour obtenir le circuit d'addition finale. [[File:Additionneur en signe-valeur absolue.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur en signe-valeur absolue.]] Toute la difficulté tient dans le calcul du bit de signe du résultat, quand interviennent des soustractions. Autant l'addition de deux nombres de même signe (A + B et −A − B) ne pose aucun problème, autant les soustractions posent problème (A − B et −A + B). Suivant que <math>A<B</math> ou que <math>A>B</math>, le signe du résultat ne sera pas le même. Déterminer le signe du résultat se fait en regardant les bits de débordement d'entier, comme on le verra plus bas. ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en représentation par excès=== Passons maintenant aux nombres codés en représentation par excès. On pourrait croire que ces nombres s'additionnent comme des nombres non-signés, mais ce serait oublier la présence du biais, qui pose problème. Dans les cas de nombres signés gérés avec un biais, voyons ce que donne l'addition de deux nombres : : <math>( n_1 + biais ) + ( n_2 + biais ) = n_1 + n_2 + 2 \times biais</math> Or, le résultat correct serait : : <math>n_1 + n_2 + biais</math> En effectuant l'addition telle quelle, le biais est compté deux fois. On doit donc le soustraire après l'addition pour obtenir le résultat correct. Même chose pour la soustraction qui donne ceci : : <math>(n_1 + biais) - (n_2 + biais) = n_1 - n_2</math> Or, le résultat correct serait : : <math> ( n_1 - n_2 ) + biais </math> Il faut rajouter le biais pour obtenir l'exposant correct. On a donc besoin de deux additionneurs/soustracteurs : un pour additionner/soustraire les représentations binaires des opérandes, et un autre pour ajouter/retirer le biais en trop/manquant. ==L'additionneur BCD== Maintenant, voyons un additionneur qui additionne deux entiers au format BCD. Pour cela, nous allons devoir passer par deux étapes. La première est de créer un circuit capable d'additionneur deux chiffres BCD. Ensuite, nous allons voir comment enchaîner ces circuits pour créer un additionneur BCD complet. ===L'additionneur BCD qui fait l'opération chiffre par chiffre=== Nous allons commencer par voir un additionneur qui additionne deux chiffres en BCD, une sorte d'équivalent BCD de l'additionneur complet. Il fournit un résultat sur 4 bits et une retenue qui est mise à 1 si le résultat dépasse 10 (la limite d'un chiffre BCD). Les deux opérandes sont des chiffres BCD codés sur 4 bits et sont additionnés en binaire par un additionneur des plus normaux, similaire à ceux vus plus haut. Le résultat est alors un entier codé en binaire, sur 5 bits, qu'on corrige/convertit pour obtenir un chiffre BCD et une retenue sortante. Pour corriger le résultat, une idée intuitive serait de prendre le résultat et de faire une division par 10. Le quotient donne la retenue, alors que le reste est le résultat, le chiffre BCD. Mais un circuit diviseur par 10 utilise beaucoup de portes logiques, ce qui ne vaut pas le coup. Une autre méthode détecte si le résultat est égal ou supérieur à 10, ce qui correspond à un "débordement" (on dépasse les limites d'un chiffre BCD). Si le résultat est plus petit que 10, il n'y a rien à faire : le résultat est bon et la retenue est de zéro. Par contre, si le résultat vaut 10 ou plus, il faut corriger le résultat et générer une retenue à 1. Il faut donc ajouter un circuit qui détecte si le résultat est supérieur à 9, qui calcule directement la retenue. Ce circuit peut se fabriquer simplement à partir de sa table de vérité, ou en utilisant les techniques que nous verrons dans un chapitre ultérieur sur les comparateurs. La solution la plus simple est clairement d'utiliser la table de vérité, ce qui est très simple, assez pour être laissé en exercice au lecteur. Pour comprendre comment corriger le résultat, établissons une table de vérité qui associe le résultat et le résultat corrigé. L'entrée vaut au minimum 10 et au maximum 9 + 9 = 18. On considère la sortie comme un tout, la retenue étant un 5ème bit, le bit de poids fort. {|class="wikitable" |- ! colspan="5" | Entrée ! ! rowspan="10" | ! Retenue ! Résultat corrigé (sans retenue) ! interprétation de la sortie en binaire (retenue inclue) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 0 | (10) | 1 || 0000 | (16) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 1 | (11) | 1 || 0001 | (17) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 0 | (12) | 1 || 0010 | (18) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 1 | (13) | 1 || 0011 | (19) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 0 | (14) | 1 || 0100 | (20) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 1 | (15) | 1 || 0101 | (21) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 0 | (16) | 1 || 0110 | (22) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 1 | (17) | 1 || 0111 | (23) |- | 1 || 0 || 0 || 1 || 0 | (18) | 1 || 1000 | (24) |} En analysant le tableau, on voit que pour corriger le résultat, il suffit d'ajouter 6. La raison est que le résultat déborde d'un nibble à 16 en binaire, mais à 10 en décimal : il suffit d'ajouter la différence entre les deux, à savoir 6, et le débordement binaire fait son travail. Donc, la correction après une addition est très simple : si le résultat dépasse 9, on ajoute 6. On peut maintenant implémenter l'additionneur BCD, en combinant le comparateur avec 10, le circuit de correction, et l'additionneur. La première solution calcule deux versions du résultat : la version corrigée, la version normale. Le choix entre les deux est réalisée par un multiplexeur, commandé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD]] L'autre solution utilise un circuit commandable qui soit additionne 6, soit ne fait rien. Le choix entre les deux est commandé par le bit calculé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD, seconde version.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD, seconde version.]] Une version alternative du circuit précédent est la suivante. Il contient deux additionneurs : un pour additionner les deux chiffres BCD, un autre pour additionner 6 si besoin. Le résultat du comparateur est directement utilisé pour générer l'opérande du second additionneur : 0 ou 6. Le circuit est simple à concevoir, mais gaspille beaucoup de circuit. Idéalement, il vaudrait mieux utiliser un circuit combinatoire d'addition avec une constante. [[File:Adder 4 Bit BCD.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur BCD, circuit complet.]] Pour obtenir un additionneur BCD complet, il suffit d’enchaîner les additionneurs précédents, comme on le ferait avec les additionneurs complets dans un additionneur à propagation de retenue. Au final, l'additionneur BCD est beaucoup plus compliqué qu'un additionneur normal, car il rajoute un comparateur ">9", un petit additionneur pour ajouter 6 et éventuellement d'autres circuits. De plus, il est difficile d'appliquer les optimisations disponibles sur les additionneurs non-BCD. Notamment, les circuits d'anticipation de retenue sont totalement à refaire et le résultat est relativement compliqué. C'est ce qui explique pourquoi le BCD a progressivement été abandonné au profit du binaire simple. La soustraction en BCD se fait comme en binaire : le nombre à soustraire est remplacé par son complément, le circuit additionne le complément et l'autre opérande, le débordement d'entier fait que le résultat marche. Sauf qu'ici, le complément est un complément à 9. Il se calcule chiffre par chiffre : chaque chiffre est remplacé par (9 - le chiffre en question). ===L'additionneur BCD par ajustement décimal=== L'additionneur BCD précédent effectuait son travail chiffre BCD par chiffre BCD, mais il existe des additionneurs BCD qui font autrement. Sur les premiers processeurs x86, il n'y avait pas d'opération d'addition BCD proprement dit, seulement une addition binaire normale de 8, 16 ou 32 bits. Par contre, elle était secondée par une opération dite d''''ajustement décimal''' qui transformait un nombre binaire en nombre codé en BCD. L'opération d'ajustement décimal prenait un opérande de 8 bits codé en binaire et fournissait un résultat de la même taille, c'est à dire deux chiffres BCD. Effectuer une addition BCD demandait donc de faire deux opérations à la suite : une addition binaire simple, suivie par l'opération d'ajustement décimal. Cela permettait de gérer des nombres entiers en binaire usuel et des entiers BCD sans avoir deux instructions d'addition séparées pour les deux, sans compter que cela simplifiait aussi les circuits d'addition. L'ajustement décimal s'effectue en ajoutant une constante bien précise à l'opérande à convertir en BCD. L'idée est que la constante est découpée en morceaux de 4 bits, correspondant chacun à un chiffre BCD de l'opérande, chaque morceau contenant soit un 0, soit 6. Cela permet d'ajouter soit 0, soit 6, à chaque chiffre BCD, et donc de le corriger. La propagation des retenues d'un chiffre à l'autre est effectuée automatiquement par l'addition binaire de la constante. L'opération d'ajustement décimal calcule automatiquement la constante. Elle découpe l'opérande en ''nibbles'', vérifie si chaque ''nibble'' est supérieur ou égal à 10, puis détermine la valeur de chaque ''nibble'' de la constante finale. Par exemple, si je prends l'opérande 1001 1110, le ''nibble'' de poids faible déborde, alors que celui de poids fort non. La constante sera donc 0000 0110 : 0x06. Inversement, si le ''nibble'' de poids fort déborde et pas celui de poids faible, la constante sera alors 0x60. Et la constante est de 0x66 si les deux ''nibbles'' débordent, de 0x00 si aucun ne déborde. Le circuit d’ajustement décimal est donc composé de trois étapes : deux étapes pour calculer la constante, et un circuit d'addition pour additionner cette constante au nombre de départ. La première étape découpe l'opérande en morceaux de 4 bits, en chiffres BCD, et vérifie si chacun d'entre eux vaut 10 ou plus. La seconde étape prend les résultats de la première étape, et les combine pour calculer la constante. Enfin, on trouve l'addition finale, qui était réalisée par un circuit d'addition utilisé à la fois pour l'ajustement décimal et l'addition binaire. La différence entre une addition normale et une opération d'ajustement décimal tient dans le fait que les deux premières étapes sont désactivées dans une addition normale. [[File:Additionneur BCD parallèle.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD parallèle]] ===L'additionneur biquinaire=== Les entiers BCD ne sont qu'un des encodages hybrides entre décimal et binaire. L'encodage biquinaire est l'un d'entre eux et nous allons faire un rappel rapide à ce sujet. Pour simplifier, un chiffre encodé en biquinaire est composé de deux parties : un bit, couplé à une partie quinaire encodée en représentation ''one-hot''. La partie quinaire encode un nombre allant de 0 à 4, ce qui prend 5 bits (0, 1, 2, 3 et 4). Le bit indique s'il faut ou non ajouter 5 à la valeur encodée par la partie quinaire. Ainsi, on peut coder tous les nombres de 0 à 9. Additionner deux nombres de biquinaire demande donc d'additionner deux parties quinaires encodées en ''one-hot'' et d'additionner deux bits. Mais attention : il faut tenir compte de la retenue de l'addition des parties quinaires. Et idéalement, il faut aussi tenir compte d'une retenue entrante, provenant de l'addition de la colonne de chiffres précédente. Toute la difficulté vient de la création de l'additionneur ''one-hot''. Heureusement, vu qu'il n'y a que 4-5 bits à additionner, il est souvent fabriqué à partir de sa table de vérité. [[File:Additionneur bi-quinaire.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur bi-quinaire]] Un avantage du biquinaire est que le calcul du complément à 9 est très simple. Il faut pour cela : inverser la partie binaire avec une porte NON, puis inverser l'ordre des bits de la partie quinaire. Concrètement, le bit de poids faible devient le bit de poids fort, et ainsi de suite. Par exemple, une partie quinaire 01000 devient 00010, 10000 devient 00001, 00100 ne change pas, etc. Le tout peut se calculer avec une porte NON et 5 multiplexeurs. ===L'additionneur BCD avec calculs intermédiaires en biquinaire=== L'ordinateur IBM 1401, un ancien ''mainframe'' des années 60, utilisait un additionneur BCD un peu particulier. Les nombres étaient encodés en BCD dans la mémoire de l'ordinateur, mais les circuits de calcul utilisaient la représentation biquinaire. Lors d'un calcul, le processeur de l'ordinateur traduisait les chiffres BCD en représentation biquinaire, faisait une addition en biquinaire, avant de traduire le résultat en BCD normal. Pour être précis, l'IBM 1401 utilisait une variante du biquinaire. L'encodage biquinaire de l'IBM 1401 est le suivant : la partie binaire disait si le chiffre était pair ou non, la partie quinaire encodait les valeurs 0, 2, 4, 6 et 8. Le chiffre se calculait en additionnant la partie binaire (0 ou 1) au nombre pair encodé par la partie quinaire. Si l'IBM 1401 utilisait cette variante du biquinaire, c'est car elle donnait des circuits de conversion BCD-biquinaire plus économes en portes logiques et plus rapides. La partie binaire est le bit de poids faible du chiffre BCD, la partie biquinaire est calculée par un simple décodeur qui prend en entrée le chiffre BCD, amputé de son bit de poids faible. La traduction inverse demande d'utiliser un encodeur, à la place du décodeur. Par contre, le circuit d'addition biquinaire était plus compliqué du fait de la gestion des retenues. L'addition des parties binaires et quinaires se faisait en parallèle, dans deux additionneurs séparés. Cependant, l'addition des parties binaire fournit une retenue, qu'il faut prendre en compte. Pour cela, l'IBM 1401 disposait d'un troisième additionneur qui fournissait le résultat final, encodé en biquinaire. [[File:Additionneur bi-quinaire de l'IBM 1401.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur biquinaire de l'IBM 1401]] Une implémentation moderne demanderait d'utiliser des portes ET combinées à des portes OU, le circuit pouvant être construit simplement à partir de sa table de vérité. Sur l'IBM 1401, le circuit était cependant différent, en raison de l'utilisation de OU câblés, des croisements de fils qui fonctionnent comme des portes OU, que nous n'avons pas encore vu pour le moment, mais qui seront détaillés dans quelques chapitres. Les OU câblés étaient utilisés pour simplifier le design du circuit, mais demandaient des portes logiques spécifiques, ce qui collait avec le fait que ce ''mainframe'' utilisait des transistors en Germanium. L'implémentation exacte est décrite dans cet article de blog, mais je ne recommande sa lecture qu'à ceux qui savent ce qu'est un OU câblé : * [https://www.righto.com/2015/10/qui-binary-arithmetic-how-1960s-ibm.html Qui-binary arithmetic: how a 1960s IBM mainframe does math]. ==Les débordements d'entier lors d'une addition/soustraction== Les instructions arithmétiques manipulent des entiers codés sur un nombre fixe de bits, qui ne peuvent prendre leurs valeurs que dans un intervalle. Pour les nombres positifs, un ordinateur qui code ses entiers sur n bits pourra coder tous les entiers allant de 0 à <math>2^n -1</math>. Pour les nombres négatifs, l'intervalle est différent et dépend de la représentation utilisée. Dans le cas général, l'ordinateur peut coder les valeurs comprises de <math>N_\text{min}</math> à <math>N_\text{max}</math>. Si le résultat d'un calcul sort de cet intervalle, il ne peut pas être représenté par l'ordinateur et il se produit ce qu'on appelle un '''débordement d'entier'''. La '''valeur haute de débordement''' désigne la première valeur qui est trop grande pour être représentée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 0 et 7, la valeur haute de débordement est égale à 8. On peut aussi définir la '''valeur basse de débordement''', qui est la première valeur trop petite pour être codée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 8 et 250, la valeur basse de débordement est égale à 7. Pour les nombres entiers, la valeur haute de débordement vaut <math>N_\text{max} + 1</math> , alors que la valeur basse vaut <math>N_\text{min} - 1</math> (avec <math>N_\text{max}</math> et <math>N_\text{min}</math> respectivement la plus grande et la plus petite valeur codable par l'ordinateur). ===La correction des débordements d'entier : l'arithmétique saturée=== Quand un débordement d'entier survient, tous les circuits de calcul ne procèdent pas de la même manière. Dans les grandes lignes, il y a deux réactions possibles : soit on corrige automatiquement le résultat du débordement, soit on ne fait rien et on se contente de détecter le débordement. Si le débordement n'est pas corrigé automatiquement, le circuit ne conserve que les bits de poids faibles du résultat. Les bits en trop sont simplement ignorés. On dit qu'on utilise l''''arithmétique modulaire'''. Le problème avec ce genre d'arithmétique, c'est qu'une opération entre deux grands nombres peut donner un résultat très petit. Par exemple, si je dispose de registres 4 bits et que je souhaite faire l'addition 1111 + 0010 (ce qui donne 15 + 2), le résultat est censé être 10001 (17), ce qui est un résultat plus grand que la taille d'un registre. En conservant les 4 bits de poids faible, j’obtiens 0001 (1). En clair, un résultat très grand est transformé en un résultat très petit. Cela peut poser problèmes si on travaille uniquement avec des nombres positifs, mais c'est aussi utilisé pour coder des nombres en complément à deux. D'autres circuits utilisent ce qu'on appelle l''''arithmétique saturée''' : si un calcul génère un débordement, on arrondi le résultat au plus grand entier supporté par le circuit. Les circuits capables de calculer en arithmétique saturée sont un peu plus complexes, vu qu'il faut rajouter des circuits pour corriger le résultat en cas de débordement. Il suffit généralement de rajouter un ''circuit de saturation'', qui prend en entrée le résultat et le corrige en cas de débordement. Ce circuit de saturation met la valeur maximale en sortie si un débordement survient, mais se contente de recopier le résultat du calcul sur sa sortie s'il n'y a pas de débordement. Typiquement, il est composé d'une couche de multiplexeurs, qui sélectionnent quelle valeur mettre sur la sortie : soit le résultat du calcul, soit le plus grand nombre entier géré par le processeur, soit le plus petit (pour les nombres négatifs/soustractions). L'arithmétique saturée est utilisée pour les additions et soustractions, mais c'est plus rare pour les multiplications/divisions. Une des raisons est que le résultat d'une addition/soustraction prend un bit de plus que le résultat, là où les multiplications doublent le nombre de bits. Quand une addition déborde, le résultat réel est proche de la valeur maximale codable. mais quand une multiplication déborde, le résultat peut parfois valoir 200 à 60000 fois plus que la valeur maximale codable. Les calculs avec une valeur saturée/corrigée sont donc crédibles pour une suite d'additions, mais pas pour une suite de multiplications. ===La détection des débordements entiers=== Quand un débordement d'entier a eu lieu, il vaut mieux que l'additionneur prévienne ! Pour cela, l'additionneur a une '''sortie de débordement''', parfois nommée ''Overflow'', dont la valeur indique si l'addition a généré un débordement d'entier ou non. Reste que détecter un débordement ne se fait pas de la même manière selon que l'on parle d'un additionneur non-signé ou signé. Pour les additionneur non-signés, l'additionneur calcule un bit de plus que ce qui est supporté par l'ordinateur. Par exemple, un additionneur 32 bits fournit un résultat sur 33 bits, un débordement d'entier a lieu quand le 33ème bit est à 1. Précisément, la sortie de débordement n'est autre que la retenue finale, celle fournie par le dernier additionneur complet. Le seul type de débordement possible est un débordement par le haut, où le résultat dépasse la valeur maximale. Avec l'arithmétique saturée, le circuit de saturation consiste en une seule couche de multiplexeurs, voire en un circuit de mise à la valeur maximale tel que vu dans le chapitre sur les opérations bits à bits. [[File:Gestion des débordements d'entiers.png|centre|vignette|upright=2.5|Gestion des débordements d'entiers lors d'une addition non-signée.]] Pour les additionneurs non-signés, la gestion des débordements d'entiers dépend fortement de la représentation signée. Nous allons étudier le cas du complément à deux. Si vous vous rappelez le chapitre 1, les calculs sur des nombres en complètement à deux utilisent les règles de l'arithmétique modulaire, c'est une condition nécessaire. À priori, on peut penser que dans ces conditions, les débordements d'entiers sont une chose parfaitement normale, qui nous permet d'avoir des résultats corrects. Néanmoins, certains débordements d'entiers peuvent survenir malgré tout et produire des bugs assez ennuyeux. Si l'on tient en compte les règles du complément à deux, on sait que le bit de poids fort (le plus à gauche) permet de déterminer si le nombre est positif ou négatif : il indique le signe du nombre. Tout se passe comme si les entiers en complément à deux étaient codés sur un bit de moins, et avaient leur longueur amputé du bit de poids fort. Si le résultat d'un calcul écrase le bit de poids fort, il y a un débordement d'entiers. Il existe une règle simple qui permet de détecter ces débordements d'entiers. L'addition de deux nombres positifs ne peut pas être un nombre négatif. Si on additionne deux nombres dont le bit de signe est à 0 et que le bit de signe du résultat est à 1, on est en face d'un débordement d'entiers. Même chose pour deux nombres négatifs : le résultat de l'addition ne peut pas être positif. On peut résumer cela en une phrase : si deux nombres de même signe sont ajoutés, un débordement a lieu quand le bit du signe du résultat a le signe opposé. Modifier les circuits d'au-dessus pour qu'ils détectent les débordements en complément à deux est simple comme bonjour : il suffit créer un petit circuit combinatoire qui prenne en entrée les bits de signe des opérandes et du résultat, et qui fasse le calcul de l'indicateur de débordements. Si l'on rédige sa table de vérité, on doit se retrouver avec la table suivante : {|class="wikitable" |- !Entrées !Sortie |- |000||0 |- |001||1 |- |010||0 |- |011||0 |- |100||0 |- |101||0 |- |110||1 |- |111||0 |} L'équation de ce circuit est la suivante, avec <math>S_a</math> et <math>S_b</math> les signes des deux opérandes, et <math>C_i</math> la retenue de la colonne précédente : : <math> ( S_a . S_b . \overline{C_i} ) + ( \overline{S_a} . \overline{S_b} . C_i )</math> En simplifiant, on obtient alors : : <math>( S_a . S_b ) \oplus C_i</math> Or, il se trouve que <math>S_a . S_b</math> est tout simplement la retenue en sortie du dernier additionneur, que nous noterons <math>C_o</math>. On trouve donc : : <math>C_o \oplus C_i</math> Il suffit donc de faire un XOR entre la dernière retenue et la précédente pour obtenir le bit de débordement. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de décalage et de rotation | prevText=Les circuits de décalage et de rotation | next=Les circuits de comparaison | nextText=Les circuits de comparaison }} </noinclude> 7kldhdnehlswohbzs039s8e4n26glx2 768196 768195 2026-06-20T14:41:53Z Mewtow 31375 /* L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue */ 768196 wikitext text/x-wiki Dans ce chapitre, nous allons voir les circuits capables de faire une addition ou une soustraction, ainsi que quelques circuits spécialisés. Précisons cependant que les fabricants de processeurs travaillent d'arrache-pied pour trouver des moyens de rendre ces circuits de calcul plus rapides et plus économes en énergie. Autant vous dire que les circuits que vous allez voir sont vraiment des circuits qui font pâle figure comparé à ce que l'on peut trouver dans un vrai processeur commercial ! ==Les circuits pour additionner 2 ou 3 bits== L'addition se fait en binaire de la même manière qu'en décimal. On additionne les chiffres/bits colonne par colonne, une éventuelle retenue est propagée à la colonne d'à côté. La soustraction fonctionne sur le même principe, sur le même modèle qu'en décimal. [[File:Binary Addition Demonstration.svg|centre|vignette|Exemple d'addition en binaire.]] En clair, additionner deux nombres demande d'additionner 2 bits et une retenue sur chaque colonne, et de propager les retenues d'une colonne à l'autre. La propagation des retenues est quelque chose de simple en apparence, mais qui est sujet à des optimisations extraordinairement nombreuses. Aussi, pour simplifier l'exposition, nous allons voir comment gérer une colonne avant de voir comment sont propagées les retenues. En effet, tout additionneur est composé d'additionneurs plus simples, capables d'additionner deux ou trois bits suivant la situation. Ceux-ci gèrent ce qui se passe sur une colonne. ===Le demi-additionneur et l'additionneur complet=== Un additionneur deux bits implémente la table d'addition, qui est très simple en binaire. Jugez plutôt : * 0 + 0 = 0, retenue = 0 ; * 0 + 1 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 0 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 1 = 0, retenue = 1. Un circuit capable d'additionner deux bits est donc simple à construire avec les techniques vues dans les premiers chapitres. On voit immédiatement que la colonne des retenues donne une porte ET, alors que celle du bit de somme est calculé par un XOR. Le circuit obtenu est appelé un '''demi-additionneur'''. {| class="flexible" |[[File:1-bit half-adder.svg|class=transparent|centre|Demi-addtionneur.]] |[[File:Half-adder.svg|centre|class=transparent|Circuit d'un demi-addtionneur.]] |} [[File:Full Adder Block.svg|vignette|upright=1|class=transparent|Additionneur complet.]] Si on effectue une addition en colonne, on doit additionner les deux bits sur la colonne, mais aussi additionner une éventuelle retenue. Il faut donc créer un circuit qui additionne trois bits : deux bits de données, plus une retenue. Il fournit en sortie deux bits : un bit de somme et une retenue sortante. Ce circuit qui additionne trois bits est appelé un '''additionneur complet'''. Voici sa table de vérité : {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- ||0||0||0|| ||0||0 |- ||0||0||1|| ||0||1 |- ||0||1||0|| ||0||1 |- ||0||1||1|| ||1||0 |- ||1||0||0|| ||0||1 |- ||1||0||1|| ||1||0 |- ||1||1||0|| ||1||0 |- ||1||1||1|| ||1||1 |} Il est possible d'utiliser un tableau de Karnaugh pour traduire la table de vérité, mais elle donne un résultat légèrement sous-optimal. D'autres méthodes donnent des résultats plus compréhensibles. Nous allons les détailler dans ce qui suit. ===L'additionneur complet conçu avec deux demi-additionneurs=== La solution plus simple consiste à enchaîner deux demi-additionneurs : un qui additionne les deux bits de données, et un second qui additionne la retenue au résultat. La retenue finale se calcule en combinant les sorties de retenue des deux demi-additionneurs, avec une porte OU. Pour vous en convaincre, établissez la table de vérité de ce circuit, vous verrez que ça marche. {| class="flexible" |[[File:Full Adder Modules.svg|class=transparent|Composition d'un additionneur complet. On voit bien que celui-ci est composé de deux demi-additionneurs, en rouge et en bleu, auxquels on a ajouté une porte OU pour calculer la retenue finale.]] |[[File:Full-adder.svg|300px|class=transparent|Circuit d'un additionneur complet.]] |} Le circuit de calcul de la retenue peut être remplacé par une '''porte à majorité''', mais cette possibilité n'est presque jamais utilisée, on lui préfère le circuit à trois portes logiques. [[File:Additionneur crée avec une porte à majorité.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec une porte à majorité]] Les autres implémentations de l'additionneur complet que nous allons voir sont des dérivés de ce circuit, auquel on a appliqué quelques simplifications. Les simplifications portent surtout sur le circuit de calcul de la retenue. En effet, le calcul de la retenue doit absolument être le plus rapide possible,vu que la propagation des retenues est le point limitant pour les performances d'un additionneur. ===L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue=== L'additionneur complet précédent est de loin le plus simple, le plus évident. Il est utilisé dans les additionneurs simples, peu performants. Mais il existe d'autres implémentations, utilisées dans des additionneurs performants, qui sont terriblement importantes pour la suite du chapitre. Ces additionneurs performants cherchent à calculer la retenue le plus rapidement possible. Par contre, le bit de somme est toujours calculé avec deux portes XOR, cela ne change pas. Pour comprendre comment ils fonctionnent, regardons ce que vaut la retenue sortante en fonction de la retenue entrante, en analysant la table de vérité de l'additionneur complet. Il y a trois cas, qui dépendent de la valeur des deux bits additionnés, nommés A et B. Si les deux bits sont différents, la retenue sortante est égale à la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est propagée sur la sortie de retenue. Cependant, il y a aussi deux cas où la retenue n'est pas propagée : celui où la retenue sortante est forcée à 1, et celui où elle est forcée à 0, peu importe la valeur de la retenue entrante. Dans le premier cas, l'addition donne une retenue à 1, quelle que soit la retenue envoyée en entrée (sous-entendu, même si celle-ci vaut 0). On dit que la retenue sortante est générée. Dans le cas inverse, la retenue sortante est forcée à 0, peu importe la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est absorbée. Il y a cependant une petite ambiguïté à dire que la retenue a été propagée, absorbée ou générée. En effet, prenons le cas où la retenue sortante et entrantes valent toutes deux 0 : est-ce que la retenue a été propagée ou bien absorbée, ou les deux ? Idem quand les deux retenues sont à 1. Il y a un choix arbitraire à faire dans ce genre de cas, pour la plupart des lignes de la table de vérité. Cependant, il y a un choix bien précis qui est supérieur aux autres, et c'est celui qui est présenté dans le tableau suivant. Les lignes rouge correspondent à une retenue propagée, celles en bleu à une retenue absorbée, celle en vert à une retenue générée. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_rouge" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_bleu" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||1|| ||1||1 |} Avec ce choix, on peut déterminer si la retenue est propagée, absorbée ou générée, sans tenir compte de la retenue elle-même. On peut déterminer dans quel cas on est seulement en regardant les bits d'opérandes nommés A et B. * La retenue est propagée si les deux bits d'opérande sont différents. * La retenue est générée si les deux bits d'opérande sont à 1. * La retenue est absorbée si les deux bits d'opérande sont à 0. On peut donc détecter si une retenue est générée, absorbée ou propagée avec une simple porte logique : un ET entre les deux bits d'opérande pour la génération, un NOR pour l'absorption, un XOR pour la propagation. L'additionneur que nous allons voir détermine si la retenue est propagée, absorbée ou générée, et calcule la retenue sortante en fonction de ça. Il génère deux bits, nommés P et G : P pour ''Propagate'', G pour ''Generate''. Le bit P indique que la retenue entrante doit être propagée ou non : il est mis à 1 pour propager la retenue entrante, à 0 si elle ne doit pas être propagée. Le bit G indique si une retenue a été générée ou non : 1 si une retenue générée, 0 sinon. Une retenue est considérée comme absorbée si elle n'est pas ni propagée ni générée, pas besoin d'un troisième bit pour gérer ce cas. Pour rappel, la retenue est propagée si les deux bits sont différents, n'est pas propagée s'ils sont identiques. Déterminer si deux bits sont identiques ou différents est le comportement d'une banale porte XOR. Le bit P est donc généré par une simple porte XOR. Quant au bit G, il est à 1 si les deux bits d'opérandes sont à 1, ce qui correspond à une porte ET. Il existe des pseudo-additionneurs qui ne calculent pas la retenue sortante et fournissent à la place les signaux P et G, en plus du résultat. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur P/G''' (P/G pour propagation/génération). Ils sont très utiles pour créer des additionneurs dits "à anticipation de retenue", comme on le verra dans la suite du chapitre. {| class="flexible" | [[File:FulladderPG.png|Additionneur P/G : entrées et sorties.]] | [[File:Partial Full-Adder.svg|class=transparent|Additionneur P/G : circuit de génération des signaux P et G.]] |} Pour créer un additionneur complet avec cette méthode, il faut ajouter un circuit qui calcule la retenue sortante à partir des bits P et G. La retenue finale vaut 1 soit quand la retenue est générée, soit quand la retenue d'entrée vaut 1 et qu'elle est propagée. La traduction en équation logique; puis en circuits, donne un circuit strictement identique à celui basé sur deux demi-additionneurs... Vous remarquerez que les signaux P et G sont calculés par le premier demi-additionneur. [[File:Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.png|class=transparent|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.]] Une méthode alternative donne cependant un circuit différent. Le circuit en question choisit entre les deux situations : soit il propage la retenue, soit il calcule la retenue adéquate. Propager une retenue demande de connecter l'entrée de retenue sur la sortie de retenue. Mais cela ne doit être fait que si les conditions sont réunies, que si la retenue est belle et bien propagée. Si ce n'est pas le cas, il faut connecter la sortie de retenue à un circuit qui calcule la retenue adéquate. Pour cela, on utilise un multiplexeur, commandé par le bit P. [[File:Additionneur crée avec un multiplexeur.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec un multiplexeur]] Quand la retenue entrante n'est pas propagée, la retenue sortante vaut 1 si une retenue est générée, 0 sinon. Le circuit qui calcule la retenue doit donc fournir un 0 si les bits d'opérande valent tous les deux 0, un 1 s'ils valent tous les deux 1. Mais si la retenue est propagée, la retenue calculée peut prendre n'importe quelle valeur, vu que le multiplexeur ne choisira pas sa sortie. Suivant quelles valeurs on prend dans ce cas, le circuit obtenu sera différent. Si on suppose que le circuit fournit un 0 si la retenue est propagée, alors la retenue calculée indique une retenue est générée ou non : on peut alors réutiliser le bit G ! Le tout donne alors ce circuit : [[File:Additionneur complet basé sur un MUX.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet basé sur un MUX]] Le circuit semble utiliser plus de portes logiques que nécessaires. Cependant, tout dépend de l'implémentation du multiplexeur. En réalité, nous verrons dans quelques chapitres qu'il est possible d'implémenter un multiplexeur avec seulement 6 transistors. L'implémentation utilise des portes à transmission, mais nous en reparlerons dans le chapitre sur les transistors, quand nous verrons les additionneurs à ''Manchester Carry Chain''. Au passage, une variante de ce circuit a été utilisée dans le processeur processeur 8086 d'Intel, comme on le verra dans le chapitre suivant. ===L'additionneur complet basé sur une modification de la retenue sortante=== Dans les circuits précédents, la retenue sortante et le bit du résultat sont calculés séparément, même si quelques portes logiques sont partagées entre les deux. Mais il est possible de calculer le bit du résultat à partir de la retenue sortante. En effet, le bit du résultat est l'inverse de la retenue sortante, sauf dans deux cas : les trois bits d'entrée sont à 0, où ils sont tous à 1. Le bit de somme vaut 0 dans le premier cas, 1 dans le second cas. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_vert" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||1|| ||1||1 |} L'implémentation en circuit demande donc trois choses : * de calculer la retenue sortante et de quoi l'inverser ; * un circuit qui vérifie si tous les bits opérande valent 0 : une porte NOR ou OU fait l'affaire ; * un circuit qui vérifie s'ils valent tous 1, à savoir une porte ET. Ensuite, on combine le résultat des trois circuits précédents pour obtenir le résultat final. La combinaison est le fait du circuit en jaune dans le schéma ci-dessous. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue]] Le circuit en jaune est assez simple. Quand la porte ET sort un 1, la sortie doit être forcée à 1. Par contre, quand la porte OU sort un zéro, la sortie doit être forcée à 0. Il suffit donc d'enchainer un circuit de mise à 1 et un circuit de mise à 0. Nous avons vu dans le chapitre sur les opérations de masquage qu'il s'agit respectivement d'une porte OU et d'une porte ET. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet]] Divers processeurs utilisaient des additionneurs complets de ce type : le fameux Z80, l'Intel 4004 et de l'Intel 8008 sont les exemples les plus notables. Pourtant, on pourrait s'étonner qu'un tel circuit ait existé. Il utilise beaucoup de portes logiques, a une profondeur logique supérieure : il n'a rien d'avantageux. Sauf qu'il était utilisé sur d'anciens processeurs, qui utilisaient la technologie dite TTL, différente de la technologie CMOS des transistors modernes. Et avec la technologie TTL, il est possible de fusionner plusieurs portes logiques ET et NOR en une seule porte logique ET/OU/NON ! Un additionneur complet construit ainsi ne prenait que deux portes logiques : une pour le calcul de la retenue sortante, une autre pour le reste du circuit. ==L'addition non signée== Voyons maintenant un circuit capable d'additionner deux nombres entiers: l''''additionneur'''. Dans la version qu'on va voir, ce circuit manipulera des nombres strictement positifs. L'addition des nombres codés en complètement à deux sera vu dans une section ultérieure. ===L'additionneur série=== Il est possible d'additionner deux nombres bit par bit,colonne par colonne, avec un additionneur complet. Cela demande de coupler un additionneur complet avec plusieurs registres à décalages. Les opérandes sont placées chacune dans un registre à décalage, afin de passer d'un bit au suivant, d'une colonne à la suivante, à chaque cycle. Même chose pour le résultat, qui a sont propre registre à décalage. La retenue de l'addition est stockée dans une bascule de 1 bit, en attente du prochain cycle d'horloge. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur série'''. [[File:Additionneur série.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur série.]] L'additionneur série a été utilisé sur d'anciens prototypes dans les années 50-60, et quelques ordinateurs commerciaux très rares. ===L'additionneur à propagation de retenue=== L'additionneur à propagation de retenue pose l'addition comme en décimal, en additionnant les bits colonne par colonne avec une éventuelle retenue. Évidemment, on commence par les bits les plus à droite, comme en décimal. Il suffit ainsi de câbler des additionneurs complets les uns à la suite des autres. Notons la présence de la retenue sortante, qui est utilisée pour détecter les débordements d'entier, ainsi que pour d'autres opérations. Le bit de retenue final est souvent stocké dans un registre spécial du processeur (généralement appelé ''carry flag''). [[File:Ripplecarryadder.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à propagation de retenue.]] Notez aussi, sur le schéma précédent, la présence de l’entrée de retenue <math>\text{R}_\text{Entrée}</math> sur l'additionneur. L'additionneur le plus à droite est bien un additionneur complet, et non un demi-additionneur,c e qui fait qui l'additionneur a une entrée de retenue. Tous les additionneurs ont une entrée de retenue de ce type. Elle est très utile pour l'implémentation de certaines opérations comme l'inversion de signe, la soustraction, l'incrémentation, etc. Certains processeurs sont capables de faire une opération appelée ADC, ADDC ou autre nom signifiant ''Addition with Carry'', qui permet de faire le calcul A + B + Retenue (la retenue en question est la retenue sortante de l'addition précédente, stockée dans le registre ''carry flag''). Son utilité principale est de permettre des additions d'entiers plus grands que ceux supportés par le processeur. Par exemple, cela permet de faire des additions d'entiers 32 bits sur un processeur 16 bits. [[File:Adder Network 3 Bit Sum Delay 003.svg|vignette|upright=0.5|Propagation de retenue dans l'additionneur.]] L'avantage est qu'il utilise très peu de portes logiques et est assez économe en transistors, ce qui fait qu'il était utilisé sur certains processeurs 8 et 16 bits assez anciens. Bien que très simple, cet additionneur est cependant peu performant. Le temps de calcul est proportionnel à la taille des opérandes. Par exemple, additionner deux nombres de 32 bits prendra deux fois plus de temps que l'addition de deux nombres de 16 bits. La raison est que le calcul des retenues s'effectue en série, l'une après l'autre. En effet, chaque additionneur doit attendre que la retenue de l'addition précédente soit disponible pour donner son résultat. Les retenues doivent se propager à travers le circuit, du premier additionneur jusqu'au dernier. L'addition étant une opération fréquente, il vaut mieux utiliser d'autres méthodes d'addition, plus rapides. Pour cela, les autres additionneurs utilisent diverses optimisations : calculer les retenues en parallèle, éliminer certaines opérations inutiles quand c'est possible, accélérer le calcul de la retenue avec des techniques d'anticipation de retenue, etc. Mais ces optimisations demandent d'utiliser plus de circuits, quitte à gagner quelque peu en rapidité. Si on met de côté les additionneurs de type ''Manchester carry chain'', qu'on ne peut pas encore expliquer à ce stade du cours, il existe plusieurs solutions, qui donnent respectivement les additionneurs à saut de retenue, à sélection de retenue, et à anticipation de retenue. Nous allons les voir dans les sections suivantes. ===Les accélérations de la propagation de retenue=== [[File:Full-adder-4bits-serial-CEI.svg|vignette|upright=0.5|Additionneur 4 bits, un bloc.]] Dans cette section, nous allons voir quelques additionneurs qui visent à accélérer la propagation de la retenue, mais en gardant la base de l'additionneur de propagation de retenue. Avant de poursuivre, partons du principe que l'additionneur est conçu en assemblant des additionneurs à plus simples, qui additionnent environ 4 à 5 bits, parfois plus, parfois moins. Ces additionneurs simples seront nommés ''blocs'' dans ce qui suit, et l'un d'entre eux est illustré ci-contre. Chaque bloc prend en entrée un morceau des deux opérandes à additionner, mais aussi une retenue d'entrée. Il fournit en sortie un résultat codé sur 4/5 bits, mais aussi une retenue sortante. Dans un bloc, la retenue sortante est plus ou moins calculée à part du résultat. L'enjeu est de calculer la retenue sortante d'un bloc rapidement, plus rapidement qu'un additionneur à propagation de retenue. Le calcul du résultat n'a pas besoin d'être accéléré, on garde des additionneurs à propagation de retenue. En enchaînant plusieurs blocs les uns à la suite des autres, la retenue sortante d'un bloc est connectée sur l'entrée de retenue du bloc suivant, la retenue est propagée d'un bloc au suivant. Les blocs sont tous identiques dans le cas le plus simple, mais il est possible d'utiliser des blocs de taille variable. Par exemple, le premier bloc peut avoir des opérandes de 6 bits, le second des opérandes de 7 bits, etc. Faire ainsi permet de gagner un petit peu en performances, si la taille de chaque bloc est bien choisie. La raison est une question de temps de propagation des retenues. La retenue met plus de temps à se propager à travers 8 blocs qu'à travers 4, ce qui prend plus de temps qu'à travers 2 blocs, etc. En tenir compte fait que la taille des blocs tend à augmenter ou diminuer quand on se rapproche des bits de poids fort. ====Le calcul parallèle de la retenue==== [[File:4008 Functional Diagram.svg|vignette|upright=1|4008 Functional Diagram]] L'optimisation la plus évidente est de calculer la retenue sortante en parallèle de l'addition. Chaque bloc contient, à côté d'un additionneur proprement dit, un circuit qui calcule la retenue sortante. Il existe de nombreuses manières de calculer la retenue sortante. La plus simple consiste à établir la table de vérité de l'entrée de retenue et d'utiliser les techniques du chapitre sur les circuits combinatoires. Cela marche si les blocs sont de petite taille, mais elle devient difficile si le bloc a des opérandes de 2/3 bits ou plus. Mais des techniques alternatives existent. Un exemple est celui de l'additionneur CMOS 4008, un additionneur de 4 bit. Il est intéressant de voir comment fonctionne ce circuit. Aussi, voici son implémentation. Le circuit est décomposé en trois sections. Une première couche de demi-additionneurs, le circuit de calcul de la retenue sortante, le reste du circuit qui calcule l'addition en propageant les retenues. Le circuit de calcul de la retenue sortante prend les résultats des demi-additionneurs, et les utilise pour calculer la retenue sortante. C'est là une constante de tous les circuits qui vont suivre. [[File:CMOS 4008, circuit découpé en sections.png|centre|vignette|upright=1.5|CMOS 4008, circuit découpé en sections]] Le point important à comprendre est que les demi-additionneurs génèrent les signaux P et G, qui disent si l'additionneur propage ou génère une retenue. Ces signaux sont alors combinés pour déterminer la retenue sortante. La méthode de combinaison des signaux P et G dépend fortement de l'additionneur utilisé. La méthode utilisée sur le 4008 utilise à la fois les signaux P et G, ce qui fait que c'est un hybride entre un additionneur à propagation de retenue, et un additionneur à anticipation de retenue qui sera vu dans la suite du chapitre. Mais il existe des techniques alternatives pour calculer la retenue sortante. ====L'additionneur à saut de retenue==== L''''additionneur à saut de retenue''' (''carry-skip adder'') est un additionneur dont le temps de calcul est variable. Le calcul prendra quelques cycles d'horloges avec certains opérandes, tandis qu'il sera aussi long qu'avec un additionneur à propagation de retenue avec d'autres. Il n'améliore pas le pire des cas, dans lequel la retenue doit être propagée du début à la fin, du bit de poids faible au bit de poids fort. Mais dans les autres cas, le circuit détecte quand le résultat de l'addition est disponible, quand la retenue a fini de se propager. Il permet d'avoir le résultat en avance, plutôt que d'attendre suffisamment pour couvrir le pire des cas. L'additionneur à saut de retenue est lui aussi composé de blocs qui additionnent 4/5 bits. Il peut, sous certaines conditions, sauter complètement la propagation de la retenue dans le bloc. L'idée est de calculer si un bloc génère une retenue sortante, ou si la retenue entrante est simplement propagée. Dans le second cas, le bloc ne fait que recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. La propagation de retenue entre blocs est alors skippée (mais elle a quand même lieu). Si une retenue est générée dans le bloc, on envoie cette retenue sur la retenue sortante. Le choix entre les deux est le fait d'un multiplexeur. [[File:Carry skip adder, principe de base.png|centre|vignette|upright=2.5|Carry skip adder : principe de base]] Toute la difficulté est de savoir comment commander le multiplexeur. Pour cela, on doit savoir si le circuit propage une retenue ou non. Le bloc propage une retenue si chaque additionneur complet propage la retenue. Les additionneurs complets doivent donc fournir le résultat, mais aussi indiquer s'ils propagent la retenue d'entrée ou non. Le signal de commande du multiplexeur est généré assez simplement : il vaut 1 si tous les additionneurs complets du bloc propagent la retenue précédente. C'est donc un vulgaire ET entre tous ces signaux. [[File:Additionneur à saut de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Calcul de la commande du MUX.]] L'additionneur à saut de retenue est construit en assemblant plusieurs blocs de ce type. [[File:BCSAdder16Bit.svg|centre|vignette|upright=3|Additionneur à saut de retenue.]] ====L'additionneur à sélection de retenue==== L''''additionneur à sélection de retenue''' utilise aussi des blocs, comme les additionneurs précédents. L'addition se fait en deux versions : une avec la retenue du bloc précédent valant zéro, et une autre version avec la retenue du bloc précédent valant 1. Il suffira alors de choisir le bon résultat avec un multiplexeur, une fois cette retenue connue. On gagne ainsi du temps en calculant à l'avance les valeurs de certains bits du résultat, sans connaître la valeur de la retenue. Petit détail : sur certains additionneurs à sélection de retenue, les blocs de base n'ont pas la même taille. Cela permet de tenir compte des temps de propagation des retenues entre les blocs. [[File:Additionneur à sélection de retenue.png|centre|vignette|upright=1|Additionneur à sélection de retenue avec seulement deux blocs.]] Dans les exemples du dessus, chaque sous-additionneur étaient des additionneurs à propagation de retenue. Mais ce n'est pas une obligation, et tout autre type d’additionneur peut être utilisé. Par exemple, on peut faire en sorte que les sous-additionneurs soient eux-mêmes des additionneurs à sélection de retenue, et poursuivre ainsi de suite, récursivement. On obtient alors un '''additionneur à somme conditionnelle''', plus rapide que l'additionneur à sélection de retenue, mais qui utilise beaucoup plus de portes logiques. ===Les additionneurs à anticipation de retenue=== Les '''additionneurs à anticipation de retenue''' accélèrent le calcul des retenues en les calculant sans les propager. Au lieu de calculer les retenues une par une, ils calculent toutes les retenues en parallèle, à partir des bits des opérandes à additionner. Une fois les retenues pré-calculées, il suffit de les additionner avec les deux bits adéquats, pour obtenir le résultat. [[File:Cla4bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Ces additionneurs sont composés de deux parties : * un circuit qui pré-calcule la valeur de la retenue d'un étage ; * et d'un circuit qui additionne les deux bits et la retenue pré-calculée : il s'agit d'une couche d'additionneurs complets simplifiés, qui ne fournissent pas de retenue. [[File:Additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Le circuit qui détermine la valeur de la retenue est lui-même composé de deux grandes parties, qui ont chacune leur utilité. La première partie réutilise des additionneurs qui donnent les signaux de propagation et génération de retenue. L'additionneur commence donc à prendre forme, et est composé de trois parties : * un circuit qui crée les signaux P et G ; * un circuit qui déduit la retenue à partir des signaux P et G adéquats ; * et une couche d'additionneurs qui additionnent chacun deux bits et une retenue. [[File:Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2|Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.]] Il ne nous reste plus qu'à voir comment fabriquer le circuit qui reste. Pour cela, il faut remarquer que la retenue est égale : * à 1 si l'addition des deux bits génère une retenue ; * à 1 si l'addition des deux bits propage une retenue ; * à zéro sinon. Ainsi, l'addition des bits de rangs i va produire une retenue Ci, qui est égale à Gi+(Pi·Ci−1). Si on utilisait cette formule sans trop réfléchir, on retomberait sur un additionneur à propagation de retenue inutilement compliqué. L'astuce des additionneurs à anticipation de retenue consiste à remplacer le terme Ci−1 par sa valeur calculée avant. Par exemple, je prends un additionneur 4 bits. Je dispose de deux nombres A et B, contenant chacun 4 bits : A3, A2, A1, et A0 pour le nombre A, et B3, B2, B1, et B0 pour le nombre B. Si j'effectue les remplacements, j'obtiens les formules suivantes : * C1 = G0 + ( P0 · C0 ) ; * C2 = G1 + ( P1 · G0 ) + ( P1 · P0 · C0 ) ; * C3 = G2 + ( P2 · G1 ) + ( P2 · P1 · G0 ) + ( P2 · P1 · P0 · C0 ) ; * C4 = G3 + ( P3 · G2 ) + ( P3 · P2 · G1 ) + ( P3 · P2 · P1 · G0 ) + ( P3 · P2 · P1 · P0 · C0 ). Ces formules nous permettent de déduire la valeur d'une retenue directement : il reste alors à créer un circuit qui implémente ces formules, et le tour est joué. On peut même simplifier le tout en fusionnant les deux couches d'additionneurs. [[File:4-bit carry lookahead adder.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 4 bits.]] Ces additionneurs sont plus rapides que les additionneurs à propagation de retenue. Ceci dit, utiliser un additionneur à anticipation de retenue sur des nombres très grands (16/32bits) utiliserait trop de portes logiques. Pour éviter tout problème, nos additionneurs à anticipation de retenue sont souvent découpés en blocs, avec soit une anticipation de retenue entre les blocs et une propagation de retenue dans les blocs, soit l'inverse. [[File:64-bit lookahead carry unit.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 64 bits.]] ===L'additionneur à calcul parallèle de préfixes=== Les '''additionneurs à calcul parallèle de préfixes''' sont des additionneurs à anticipation de retenue améliorés pour gagner en performances. Les additionneurs à anticipation de retenue générent des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, sous-entedu 1 bit par opérande. L'optimisation apportée est de générer des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, mais aussi pour des groupes de 2, 3, 4, ..., N bits. Par exemple, il est possible de générer un signal ''P 0 vers 7'', qui précise si la retenue de la seconde colonne est propagée jusqu'à la 7ème colonne ou non. Un autre exemple est un signal de génération qui indique si les colonnes 4 à 7 génèrent une retenue ou non. En clair, les signaux P et G ont maintenant un intervalle, qui précise de quelle colonne vers quelle colonne se fait la propagation, ou entre quelles colonnes se fait la génération. De plus, les signaux pour un intervalle peuvent se calculer en combinant les signaux pour des intervalles plus restreints. Par exemple, pour calculer P pour les colonnes 0 à 10 peuvent se calculer à partir des deux signaux P des colonnes 0-4 et 5-10. Néanmoins, il y a plusieurs manières pour subdiviser les intervalles en intervalles plus petits et combiner le tout. Et elles donnent chacune des additionneurs différent, comme l'additionneur de Ladner-Fisher, l'additionneur de Brent-Kung, l'additionneur de Kogge-Stone, ou tout design hybride. Ils ont des caractéristiques différentes. L'additionneur de Brent-Kung est le plus lent de tous les additionneurs cités, mais c'est celui qui utilise le moins de portes logiques. Les autres ont des performances un peu plus variables, mais utilisent plus de portes logiques. {| |[[File:Additionneur de Kogge-Stone.jpg|vignette|Additionneur de Kogge-Stone.]] |[[File:Additionneur de Ladner-Fisher.jpg|vignette|Additionneur de Ladner-Fisher.]] |} [[File:4bitKoggeStone.svg|vignette|upright=1.5|Additionneur de Kogge-Stone pour 4 bits.]] L'additionneur Kogge-Stone est illustré ci-contre. Il est composé de plusieurs couches de portes logiques. La toute première calcule les signaux P et G pour chaque colonne, comme le ferait un additionneur à anticipation de retenue. Il s'agit de la couche en rouge dans le schéma ci-dessous. Les circuits en jaune combinent ces signaux de manière à calculer les signaux P et G pour plusieurs colonnes. En vert, les circuits calculent la retenue finale. Voici le circuit pour 8 bits : [[File:Kogge-stone-8-bit.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur de Kogge-Stone pour 8 bits.]] ==L'addition signée et la soustraction== Après avoir vu l'addition, il est logique de passer à la soustraction, les deux opérations étant très proches. Si on sait câbler une addition entre entiers positifs, câbler une soustraction n'est pas très compliqué. De plus, la soustraction permet de faire des additions de nombres signés. ===Le soustracteur pour opérandes entiers=== Pour soustraire deux nombres entiers, on peut adapter l'algorithme de soustraction utilisé en décimal, celui que vous avez appris à l'école. Celui-ci ressemble fortement à l'algorithme d'addition : on soustrait les bits de même poids, et on propage éventuellement une retenue sur la colonne suivante. À la différence de l'addition, la retenue est soustraite, et non ajoutée. La table de soustraction nous dit quel est le résultat de la soustraction de deux bits. La voici : * 0 - 0 = 0 ; * 0 - 1 = 1 et une retenue ; * 1 - 0 = 1 ; * 1 - 1 = 0. [[File:Algebra1 05 fig014.svg|centre|vignette|Soustraction en binaire, avec les retenues en rouge.]] La table de soustraction peut servir de table de vérité pour construire un circuit qui soustrait deux bits. Celui-ci est appelé un '''demi-soustracteur'''. Il ressemble beaucoup à un demi-additionneur, les différences se résumant à une porte NON ajoutée pour le calcul de la retenue. [[File:Half Subtractor Vektor.svg|centre|vignette|Demi-soustracteur.]] Comme pour l'additionneur, deux demi-soustracteurs peuvent être combinés pour donner un '''soustracteur complet'''. Le calcul de la retenue se fait en combinant les deux retenues des demi-soustracteurs avec une porte OU. Les soustracteurs complets sont utilisés pour créer des soustracteurs à propagation de retenue ou tout autre circuit soustracteur, sur le même modèle que les additionneurs. [[File:FullSubtractor.svg|centre|vignette|upright=2|Soustracteur complet.]] Vous l'aurez sans doute remarqué, mais le demi-soustracteur ressemble beaucoup au demi-additionneur. La seule différence est une porte NON ajoutée au bon endroit dans le demi-soustracteur. {| |[[File:Half-adder.svg|vignette|Demi-additionneur]] |[[File:Half Subtractor Vektor.svg|vignette|upright=1.3|Demi-soustracteur]] |} La conséquence est qu'il est possible de créer un circuit capable de faire à la fois des additions et des soustractions. L'idée est de remplacer la porte NON du demi-soustracteur par un inverseur commandable. Si on envoie un zéro sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte OUI. Le circuit sera alors identique à un demi-additionneur. Si on envoie un 1 sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte NON. le circuit sera alors un demi-soustracteur. Il faut faire cela pour chaque demi-soustracteur, ce qui donne ceci pour un soustracteur complet. le résultat est alors appelé un '''additionneur-soustracteur complet'''. [[File:Additionneur-soustracteur complet.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur complet]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en complément à deux=== Étudions le cas de la soustraction en complément à deux, dans l'objectif de créer un circuit soustracteur. Vous savez sûrement que a−b et a+(−b) sont deux expressions équivalentes. Et en complément à deux, − b = not(b) + 1. Dit autrement, a − b = a + not(b) + 1. On pourrait se dire qu'il faut deux additionneurs pour faire le calcul, mais la majorité des additionneurs possède une entrée de retenue pour incrémenter le résultat de l'addition. Un soustracteur en complément à deux est donc simplement composé d'un additionneur et d'un inverseur. [[File:Additionneur soustracteur.png|centre|vignette|upright=2|Soustracteur en complément à deux.]] Il est possible de créer un circuit capable d'effectuer soit une addition, soit une soustraction : il suffit de remplacer l'inverseur par un inverseur commandable, qui peut être désactivé. On a vu comment créer un tel inverseur commandable dans le chapitre sur les circuits combinatoires. On peut remarquer que l'entrée de retenue et l'entrée de commande de l'inverseur sont activées en même temps : on peut fusionner les deux signaux en un seul. [[File:Additionneur-soustracteur en complément à deux.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux.]] Une implémentation alternative est la suivante. Elle remplace l'inverseur commandable par un multiplexeur. [[File:4-bit ripple carry adder-subtracter.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux, version alternative.]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en signe-magnitude=== Passons maintenant aux nombres codés en signe-valeur absolue, les deux opérandes étant notées A et B. Suivant les signes des deux opérandes, on a quatre cas possibles : A + B, A − B (B négatif), −A + B (A négatif) et −A − B (A et B négatifs). Une astuce est que le circuit n'a besoin que de calculer A + B et A − B : il peut les inverser pour obtenir − A − B ou B − A. A + B et A − B peuvent se calculer avec un additionneur-soustracteur, reste à corriger le résultat. Il suffit de lui ajouter un inverseur commandable pour obtenir le circuit d'addition finale. [[File:Additionneur en signe-valeur absolue.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur en signe-valeur absolue.]] Toute la difficulté tient dans le calcul du bit de signe du résultat, quand interviennent des soustractions. Autant l'addition de deux nombres de même signe (A + B et −A − B) ne pose aucun problème, autant les soustractions posent problème (A − B et −A + B). Suivant que <math>A<B</math> ou que <math>A>B</math>, le signe du résultat ne sera pas le même. Déterminer le signe du résultat se fait en regardant les bits de débordement d'entier, comme on le verra plus bas. ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en représentation par excès=== Passons maintenant aux nombres codés en représentation par excès. On pourrait croire que ces nombres s'additionnent comme des nombres non-signés, mais ce serait oublier la présence du biais, qui pose problème. Dans les cas de nombres signés gérés avec un biais, voyons ce que donne l'addition de deux nombres : : <math>( n_1 + biais ) + ( n_2 + biais ) = n_1 + n_2 + 2 \times biais</math> Or, le résultat correct serait : : <math>n_1 + n_2 + biais</math> En effectuant l'addition telle quelle, le biais est compté deux fois. On doit donc le soustraire après l'addition pour obtenir le résultat correct. Même chose pour la soustraction qui donne ceci : : <math>(n_1 + biais) - (n_2 + biais) = n_1 - n_2</math> Or, le résultat correct serait : : <math> ( n_1 - n_2 ) + biais </math> Il faut rajouter le biais pour obtenir l'exposant correct. On a donc besoin de deux additionneurs/soustracteurs : un pour additionner/soustraire les représentations binaires des opérandes, et un autre pour ajouter/retirer le biais en trop/manquant. ==L'additionneur BCD== Maintenant, voyons un additionneur qui additionne deux entiers au format BCD. Pour cela, nous allons devoir passer par deux étapes. La première est de créer un circuit capable d'additionneur deux chiffres BCD. Ensuite, nous allons voir comment enchaîner ces circuits pour créer un additionneur BCD complet. ===L'additionneur BCD qui fait l'opération chiffre par chiffre=== Nous allons commencer par voir un additionneur qui additionne deux chiffres en BCD, une sorte d'équivalent BCD de l'additionneur complet. Il fournit un résultat sur 4 bits et une retenue qui est mise à 1 si le résultat dépasse 10 (la limite d'un chiffre BCD). Les deux opérandes sont des chiffres BCD codés sur 4 bits et sont additionnés en binaire par un additionneur des plus normaux, similaire à ceux vus plus haut. Le résultat est alors un entier codé en binaire, sur 5 bits, qu'on corrige/convertit pour obtenir un chiffre BCD et une retenue sortante. Pour corriger le résultat, une idée intuitive serait de prendre le résultat et de faire une division par 10. Le quotient donne la retenue, alors que le reste est le résultat, le chiffre BCD. Mais un circuit diviseur par 10 utilise beaucoup de portes logiques, ce qui ne vaut pas le coup. Une autre méthode détecte si le résultat est égal ou supérieur à 10, ce qui correspond à un "débordement" (on dépasse les limites d'un chiffre BCD). Si le résultat est plus petit que 10, il n'y a rien à faire : le résultat est bon et la retenue est de zéro. Par contre, si le résultat vaut 10 ou plus, il faut corriger le résultat et générer une retenue à 1. Il faut donc ajouter un circuit qui détecte si le résultat est supérieur à 9, qui calcule directement la retenue. Ce circuit peut se fabriquer simplement à partir de sa table de vérité, ou en utilisant les techniques que nous verrons dans un chapitre ultérieur sur les comparateurs. La solution la plus simple est clairement d'utiliser la table de vérité, ce qui est très simple, assez pour être laissé en exercice au lecteur. Pour comprendre comment corriger le résultat, établissons une table de vérité qui associe le résultat et le résultat corrigé. L'entrée vaut au minimum 10 et au maximum 9 + 9 = 18. On considère la sortie comme un tout, la retenue étant un 5ème bit, le bit de poids fort. {|class="wikitable" |- ! colspan="5" | Entrée ! ! rowspan="10" | ! Retenue ! Résultat corrigé (sans retenue) ! interprétation de la sortie en binaire (retenue inclue) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 0 | (10) | 1 || 0000 | (16) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 1 | (11) | 1 || 0001 | (17) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 0 | (12) | 1 || 0010 | (18) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 1 | (13) | 1 || 0011 | (19) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 0 | (14) | 1 || 0100 | (20) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 1 | (15) | 1 || 0101 | (21) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 0 | (16) | 1 || 0110 | (22) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 1 | (17) | 1 || 0111 | (23) |- | 1 || 0 || 0 || 1 || 0 | (18) | 1 || 1000 | (24) |} En analysant le tableau, on voit que pour corriger le résultat, il suffit d'ajouter 6. La raison est que le résultat déborde d'un nibble à 16 en binaire, mais à 10 en décimal : il suffit d'ajouter la différence entre les deux, à savoir 6, et le débordement binaire fait son travail. Donc, la correction après une addition est très simple : si le résultat dépasse 9, on ajoute 6. On peut maintenant implémenter l'additionneur BCD, en combinant le comparateur avec 10, le circuit de correction, et l'additionneur. La première solution calcule deux versions du résultat : la version corrigée, la version normale. Le choix entre les deux est réalisée par un multiplexeur, commandé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD]] L'autre solution utilise un circuit commandable qui soit additionne 6, soit ne fait rien. Le choix entre les deux est commandé par le bit calculé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD, seconde version.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD, seconde version.]] Une version alternative du circuit précédent est la suivante. Il contient deux additionneurs : un pour additionner les deux chiffres BCD, un autre pour additionner 6 si besoin. Le résultat du comparateur est directement utilisé pour générer l'opérande du second additionneur : 0 ou 6. Le circuit est simple à concevoir, mais gaspille beaucoup de circuit. Idéalement, il vaudrait mieux utiliser un circuit combinatoire d'addition avec une constante. [[File:Adder 4 Bit BCD.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur BCD, circuit complet.]] Pour obtenir un additionneur BCD complet, il suffit d’enchaîner les additionneurs précédents, comme on le ferait avec les additionneurs complets dans un additionneur à propagation de retenue. Au final, l'additionneur BCD est beaucoup plus compliqué qu'un additionneur normal, car il rajoute un comparateur ">9", un petit additionneur pour ajouter 6 et éventuellement d'autres circuits. De plus, il est difficile d'appliquer les optimisations disponibles sur les additionneurs non-BCD. Notamment, les circuits d'anticipation de retenue sont totalement à refaire et le résultat est relativement compliqué. C'est ce qui explique pourquoi le BCD a progressivement été abandonné au profit du binaire simple. La soustraction en BCD se fait comme en binaire : le nombre à soustraire est remplacé par son complément, le circuit additionne le complément et l'autre opérande, le débordement d'entier fait que le résultat marche. Sauf qu'ici, le complément est un complément à 9. Il se calcule chiffre par chiffre : chaque chiffre est remplacé par (9 - le chiffre en question). ===L'additionneur BCD par ajustement décimal=== L'additionneur BCD précédent effectuait son travail chiffre BCD par chiffre BCD, mais il existe des additionneurs BCD qui font autrement. Sur les premiers processeurs x86, il n'y avait pas d'opération d'addition BCD proprement dit, seulement une addition binaire normale de 8, 16 ou 32 bits. Par contre, elle était secondée par une opération dite d''''ajustement décimal''' qui transformait un nombre binaire en nombre codé en BCD. L'opération d'ajustement décimal prenait un opérande de 8 bits codé en binaire et fournissait un résultat de la même taille, c'est à dire deux chiffres BCD. Effectuer une addition BCD demandait donc de faire deux opérations à la suite : une addition binaire simple, suivie par l'opération d'ajustement décimal. Cela permettait de gérer des nombres entiers en binaire usuel et des entiers BCD sans avoir deux instructions d'addition séparées pour les deux, sans compter que cela simplifiait aussi les circuits d'addition. L'ajustement décimal s'effectue en ajoutant une constante bien précise à l'opérande à convertir en BCD. L'idée est que la constante est découpée en morceaux de 4 bits, correspondant chacun à un chiffre BCD de l'opérande, chaque morceau contenant soit un 0, soit 6. Cela permet d'ajouter soit 0, soit 6, à chaque chiffre BCD, et donc de le corriger. La propagation des retenues d'un chiffre à l'autre est effectuée automatiquement par l'addition binaire de la constante. L'opération d'ajustement décimal calcule automatiquement la constante. Elle découpe l'opérande en ''nibbles'', vérifie si chaque ''nibble'' est supérieur ou égal à 10, puis détermine la valeur de chaque ''nibble'' de la constante finale. Par exemple, si je prends l'opérande 1001 1110, le ''nibble'' de poids faible déborde, alors que celui de poids fort non. La constante sera donc 0000 0110 : 0x06. Inversement, si le ''nibble'' de poids fort déborde et pas celui de poids faible, la constante sera alors 0x60. Et la constante est de 0x66 si les deux ''nibbles'' débordent, de 0x00 si aucun ne déborde. Le circuit d’ajustement décimal est donc composé de trois étapes : deux étapes pour calculer la constante, et un circuit d'addition pour additionner cette constante au nombre de départ. La première étape découpe l'opérande en morceaux de 4 bits, en chiffres BCD, et vérifie si chacun d'entre eux vaut 10 ou plus. La seconde étape prend les résultats de la première étape, et les combine pour calculer la constante. Enfin, on trouve l'addition finale, qui était réalisée par un circuit d'addition utilisé à la fois pour l'ajustement décimal et l'addition binaire. La différence entre une addition normale et une opération d'ajustement décimal tient dans le fait que les deux premières étapes sont désactivées dans une addition normale. [[File:Additionneur BCD parallèle.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD parallèle]] ===L'additionneur biquinaire=== Les entiers BCD ne sont qu'un des encodages hybrides entre décimal et binaire. L'encodage biquinaire est l'un d'entre eux et nous allons faire un rappel rapide à ce sujet. Pour simplifier, un chiffre encodé en biquinaire est composé de deux parties : un bit, couplé à une partie quinaire encodée en représentation ''one-hot''. La partie quinaire encode un nombre allant de 0 à 4, ce qui prend 5 bits (0, 1, 2, 3 et 4). Le bit indique s'il faut ou non ajouter 5 à la valeur encodée par la partie quinaire. Ainsi, on peut coder tous les nombres de 0 à 9. Additionner deux nombres de biquinaire demande donc d'additionner deux parties quinaires encodées en ''one-hot'' et d'additionner deux bits. Mais attention : il faut tenir compte de la retenue de l'addition des parties quinaires. Et idéalement, il faut aussi tenir compte d'une retenue entrante, provenant de l'addition de la colonne de chiffres précédente. Toute la difficulté vient de la création de l'additionneur ''one-hot''. Heureusement, vu qu'il n'y a que 4-5 bits à additionner, il est souvent fabriqué à partir de sa table de vérité. [[File:Additionneur bi-quinaire.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur bi-quinaire]] Un avantage du biquinaire est que le calcul du complément à 9 est très simple. Il faut pour cela : inverser la partie binaire avec une porte NON, puis inverser l'ordre des bits de la partie quinaire. Concrètement, le bit de poids faible devient le bit de poids fort, et ainsi de suite. Par exemple, une partie quinaire 01000 devient 00010, 10000 devient 00001, 00100 ne change pas, etc. Le tout peut se calculer avec une porte NON et 5 multiplexeurs. ===L'additionneur BCD avec calculs intermédiaires en biquinaire=== L'ordinateur IBM 1401, un ancien ''mainframe'' des années 60, utilisait un additionneur BCD un peu particulier. Les nombres étaient encodés en BCD dans la mémoire de l'ordinateur, mais les circuits de calcul utilisaient la représentation biquinaire. Lors d'un calcul, le processeur de l'ordinateur traduisait les chiffres BCD en représentation biquinaire, faisait une addition en biquinaire, avant de traduire le résultat en BCD normal. Pour être précis, l'IBM 1401 utilisait une variante du biquinaire. L'encodage biquinaire de l'IBM 1401 est le suivant : la partie binaire disait si le chiffre était pair ou non, la partie quinaire encodait les valeurs 0, 2, 4, 6 et 8. Le chiffre se calculait en additionnant la partie binaire (0 ou 1) au nombre pair encodé par la partie quinaire. Si l'IBM 1401 utilisait cette variante du biquinaire, c'est car elle donnait des circuits de conversion BCD-biquinaire plus économes en portes logiques et plus rapides. La partie binaire est le bit de poids faible du chiffre BCD, la partie biquinaire est calculée par un simple décodeur qui prend en entrée le chiffre BCD, amputé de son bit de poids faible. La traduction inverse demande d'utiliser un encodeur, à la place du décodeur. Par contre, le circuit d'addition biquinaire était plus compliqué du fait de la gestion des retenues. L'addition des parties binaires et quinaires se faisait en parallèle, dans deux additionneurs séparés. Cependant, l'addition des parties binaire fournit une retenue, qu'il faut prendre en compte. Pour cela, l'IBM 1401 disposait d'un troisième additionneur qui fournissait le résultat final, encodé en biquinaire. [[File:Additionneur bi-quinaire de l'IBM 1401.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur biquinaire de l'IBM 1401]] Une implémentation moderne demanderait d'utiliser des portes ET combinées à des portes OU, le circuit pouvant être construit simplement à partir de sa table de vérité. Sur l'IBM 1401, le circuit était cependant différent, en raison de l'utilisation de OU câblés, des croisements de fils qui fonctionnent comme des portes OU, que nous n'avons pas encore vu pour le moment, mais qui seront détaillés dans quelques chapitres. Les OU câblés étaient utilisés pour simplifier le design du circuit, mais demandaient des portes logiques spécifiques, ce qui collait avec le fait que ce ''mainframe'' utilisait des transistors en Germanium. L'implémentation exacte est décrite dans cet article de blog, mais je ne recommande sa lecture qu'à ceux qui savent ce qu'est un OU câblé : * [https://www.righto.com/2015/10/qui-binary-arithmetic-how-1960s-ibm.html Qui-binary arithmetic: how a 1960s IBM mainframe does math]. ==Les débordements d'entier lors d'une addition/soustraction== Les instructions arithmétiques manipulent des entiers codés sur un nombre fixe de bits, qui ne peuvent prendre leurs valeurs que dans un intervalle. Pour les nombres positifs, un ordinateur qui code ses entiers sur n bits pourra coder tous les entiers allant de 0 à <math>2^n -1</math>. Pour les nombres négatifs, l'intervalle est différent et dépend de la représentation utilisée. Dans le cas général, l'ordinateur peut coder les valeurs comprises de <math>N_\text{min}</math> à <math>N_\text{max}</math>. Si le résultat d'un calcul sort de cet intervalle, il ne peut pas être représenté par l'ordinateur et il se produit ce qu'on appelle un '''débordement d'entier'''. La '''valeur haute de débordement''' désigne la première valeur qui est trop grande pour être représentée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 0 et 7, la valeur haute de débordement est égale à 8. On peut aussi définir la '''valeur basse de débordement''', qui est la première valeur trop petite pour être codée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 8 et 250, la valeur basse de débordement est égale à 7. Pour les nombres entiers, la valeur haute de débordement vaut <math>N_\text{max} + 1</math> , alors que la valeur basse vaut <math>N_\text{min} - 1</math> (avec <math>N_\text{max}</math> et <math>N_\text{min}</math> respectivement la plus grande et la plus petite valeur codable par l'ordinateur). ===La correction des débordements d'entier : l'arithmétique saturée=== Quand un débordement d'entier survient, tous les circuits de calcul ne procèdent pas de la même manière. Dans les grandes lignes, il y a deux réactions possibles : soit on corrige automatiquement le résultat du débordement, soit on ne fait rien et on se contente de détecter le débordement. Si le débordement n'est pas corrigé automatiquement, le circuit ne conserve que les bits de poids faibles du résultat. Les bits en trop sont simplement ignorés. On dit qu'on utilise l''''arithmétique modulaire'''. Le problème avec ce genre d'arithmétique, c'est qu'une opération entre deux grands nombres peut donner un résultat très petit. Par exemple, si je dispose de registres 4 bits et que je souhaite faire l'addition 1111 + 0010 (ce qui donne 15 + 2), le résultat est censé être 10001 (17), ce qui est un résultat plus grand que la taille d'un registre. En conservant les 4 bits de poids faible, j’obtiens 0001 (1). En clair, un résultat très grand est transformé en un résultat très petit. Cela peut poser problèmes si on travaille uniquement avec des nombres positifs, mais c'est aussi utilisé pour coder des nombres en complément à deux. D'autres circuits utilisent ce qu'on appelle l''''arithmétique saturée''' : si un calcul génère un débordement, on arrondi le résultat au plus grand entier supporté par le circuit. Les circuits capables de calculer en arithmétique saturée sont un peu plus complexes, vu qu'il faut rajouter des circuits pour corriger le résultat en cas de débordement. Il suffit généralement de rajouter un ''circuit de saturation'', qui prend en entrée le résultat et le corrige en cas de débordement. Ce circuit de saturation met la valeur maximale en sortie si un débordement survient, mais se contente de recopier le résultat du calcul sur sa sortie s'il n'y a pas de débordement. Typiquement, il est composé d'une couche de multiplexeurs, qui sélectionnent quelle valeur mettre sur la sortie : soit le résultat du calcul, soit le plus grand nombre entier géré par le processeur, soit le plus petit (pour les nombres négatifs/soustractions). L'arithmétique saturée est utilisée pour les additions et soustractions, mais c'est plus rare pour les multiplications/divisions. Une des raisons est que le résultat d'une addition/soustraction prend un bit de plus que le résultat, là où les multiplications doublent le nombre de bits. Quand une addition déborde, le résultat réel est proche de la valeur maximale codable. mais quand une multiplication déborde, le résultat peut parfois valoir 200 à 60000 fois plus que la valeur maximale codable. Les calculs avec une valeur saturée/corrigée sont donc crédibles pour une suite d'additions, mais pas pour une suite de multiplications. ===La détection des débordements entiers=== Quand un débordement d'entier a eu lieu, il vaut mieux que l'additionneur prévienne ! Pour cela, l'additionneur a une '''sortie de débordement''', parfois nommée ''Overflow'', dont la valeur indique si l'addition a généré un débordement d'entier ou non. Reste que détecter un débordement ne se fait pas de la même manière selon que l'on parle d'un additionneur non-signé ou signé. Pour les additionneur non-signés, l'additionneur calcule un bit de plus que ce qui est supporté par l'ordinateur. Par exemple, un additionneur 32 bits fournit un résultat sur 33 bits, un débordement d'entier a lieu quand le 33ème bit est à 1. Précisément, la sortie de débordement n'est autre que la retenue finale, celle fournie par le dernier additionneur complet. Le seul type de débordement possible est un débordement par le haut, où le résultat dépasse la valeur maximale. Avec l'arithmétique saturée, le circuit de saturation consiste en une seule couche de multiplexeurs, voire en un circuit de mise à la valeur maximale tel que vu dans le chapitre sur les opérations bits à bits. [[File:Gestion des débordements d'entiers.png|centre|vignette|upright=2.5|Gestion des débordements d'entiers lors d'une addition non-signée.]] Pour les additionneurs non-signés, la gestion des débordements d'entiers dépend fortement de la représentation signée. Nous allons étudier le cas du complément à deux. Si vous vous rappelez le chapitre 1, les calculs sur des nombres en complètement à deux utilisent les règles de l'arithmétique modulaire, c'est une condition nécessaire. À priori, on peut penser que dans ces conditions, les débordements d'entiers sont une chose parfaitement normale, qui nous permet d'avoir des résultats corrects. Néanmoins, certains débordements d'entiers peuvent survenir malgré tout et produire des bugs assez ennuyeux. Si l'on tient en compte les règles du complément à deux, on sait que le bit de poids fort (le plus à gauche) permet de déterminer si le nombre est positif ou négatif : il indique le signe du nombre. Tout se passe comme si les entiers en complément à deux étaient codés sur un bit de moins, et avaient leur longueur amputé du bit de poids fort. Si le résultat d'un calcul écrase le bit de poids fort, il y a un débordement d'entiers. Il existe une règle simple qui permet de détecter ces débordements d'entiers. L'addition de deux nombres positifs ne peut pas être un nombre négatif. Si on additionne deux nombres dont le bit de signe est à 0 et que le bit de signe du résultat est à 1, on est en face d'un débordement d'entiers. Même chose pour deux nombres négatifs : le résultat de l'addition ne peut pas être positif. On peut résumer cela en une phrase : si deux nombres de même signe sont ajoutés, un débordement a lieu quand le bit du signe du résultat a le signe opposé. Modifier les circuits d'au-dessus pour qu'ils détectent les débordements en complément à deux est simple comme bonjour : il suffit créer un petit circuit combinatoire qui prenne en entrée les bits de signe des opérandes et du résultat, et qui fasse le calcul de l'indicateur de débordements. Si l'on rédige sa table de vérité, on doit se retrouver avec la table suivante : {|class="wikitable" |- !Entrées !Sortie |- |000||0 |- |001||1 |- |010||0 |- |011||0 |- |100||0 |- |101||0 |- |110||1 |- |111||0 |} L'équation de ce circuit est la suivante, avec <math>S_a</math> et <math>S_b</math> les signes des deux opérandes, et <math>C_i</math> la retenue de la colonne précédente : : <math> ( S_a . S_b . \overline{C_i} ) + ( \overline{S_a} . \overline{S_b} . C_i )</math> En simplifiant, on obtient alors : : <math>( S_a . S_b ) \oplus C_i</math> Or, il se trouve que <math>S_a . S_b</math> est tout simplement la retenue en sortie du dernier additionneur, que nous noterons <math>C_o</math>. On trouve donc : : <math>C_o \oplus C_i</math> Il suffit donc de faire un XOR entre la dernière retenue et la précédente pour obtenir le bit de débordement. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de décalage et de rotation | prevText=Les circuits de décalage et de rotation | next=Les circuits de comparaison | nextText=Les circuits de comparaison }} </noinclude> 6zu6qq2zihsopt3t1i2ko4qhbe07bhi 768197 768196 2026-06-20T14:44:16Z Mewtow 31375 /* L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue */ 768197 wikitext text/x-wiki Dans ce chapitre, nous allons voir les circuits capables de faire une addition ou une soustraction, ainsi que quelques circuits spécialisés. Précisons cependant que les fabricants de processeurs travaillent d'arrache-pied pour trouver des moyens de rendre ces circuits de calcul plus rapides et plus économes en énergie. Autant vous dire que les circuits que vous allez voir sont vraiment des circuits qui font pâle figure comparé à ce que l'on peut trouver dans un vrai processeur commercial ! ==Les circuits pour additionner 2 ou 3 bits== L'addition se fait en binaire de la même manière qu'en décimal. On additionne les chiffres/bits colonne par colonne, une éventuelle retenue est propagée à la colonne d'à côté. La soustraction fonctionne sur le même principe, sur le même modèle qu'en décimal. [[File:Binary Addition Demonstration.svg|centre|vignette|Exemple d'addition en binaire.]] En clair, additionner deux nombres demande d'additionner 2 bits et une retenue sur chaque colonne, et de propager les retenues d'une colonne à l'autre. La propagation des retenues est quelque chose de simple en apparence, mais qui est sujet à des optimisations extraordinairement nombreuses. Aussi, pour simplifier l'exposition, nous allons voir comment gérer une colonne avant de voir comment sont propagées les retenues. En effet, tout additionneur est composé d'additionneurs plus simples, capables d'additionner deux ou trois bits suivant la situation. Ceux-ci gèrent ce qui se passe sur une colonne. ===Le demi-additionneur et l'additionneur complet=== Un additionneur deux bits implémente la table d'addition, qui est très simple en binaire. Jugez plutôt : * 0 + 0 = 0, retenue = 0 ; * 0 + 1 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 0 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 1 = 0, retenue = 1. Un circuit capable d'additionner deux bits est donc simple à construire avec les techniques vues dans les premiers chapitres. On voit immédiatement que la colonne des retenues donne une porte ET, alors que celle du bit de somme est calculé par un XOR. Le circuit obtenu est appelé un '''demi-additionneur'''. {| class="flexible" |[[File:1-bit half-adder.svg|class=transparent|centre|Demi-addtionneur.]] |[[File:Half-adder.svg|centre|class=transparent|Circuit d'un demi-addtionneur.]] |} [[File:Full Adder Block.svg|vignette|upright=1|class=transparent|Additionneur complet.]] Si on effectue une addition en colonne, on doit additionner les deux bits sur la colonne, mais aussi additionner une éventuelle retenue. Il faut donc créer un circuit qui additionne trois bits : deux bits de données, plus une retenue. Il fournit en sortie deux bits : un bit de somme et une retenue sortante. Ce circuit qui additionne trois bits est appelé un '''additionneur complet'''. Voici sa table de vérité : {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- ||0||0||0|| ||0||0 |- ||0||0||1|| ||0||1 |- ||0||1||0|| ||0||1 |- ||0||1||1|| ||1||0 |- ||1||0||0|| ||0||1 |- ||1||0||1|| ||1||0 |- ||1||1||0|| ||1||0 |- ||1||1||1|| ||1||1 |} Il est possible d'utiliser un tableau de Karnaugh pour traduire la table de vérité, mais elle donne un résultat légèrement sous-optimal. D'autres méthodes donnent des résultats plus compréhensibles. Nous allons les détailler dans ce qui suit. ===L'additionneur complet conçu avec deux demi-additionneurs=== La solution plus simple consiste à enchaîner deux demi-additionneurs : un qui additionne les deux bits de données, et un second qui additionne la retenue au résultat. La retenue finale se calcule en combinant les sorties de retenue des deux demi-additionneurs, avec une porte OU. Pour vous en convaincre, établissez la table de vérité de ce circuit, vous verrez que ça marche. {| class="flexible" |[[File:Full Adder Modules.svg|class=transparent|Composition d'un additionneur complet. On voit bien que celui-ci est composé de deux demi-additionneurs, en rouge et en bleu, auxquels on a ajouté une porte OU pour calculer la retenue finale.]] |[[File:Full-adder.svg|300px|class=transparent|Circuit d'un additionneur complet.]] |} Le circuit de calcul de la retenue peut être remplacé par une '''porte à majorité''', mais cette possibilité n'est presque jamais utilisée, on lui préfère le circuit à trois portes logiques. [[File:Additionneur crée avec une porte à majorité.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec une porte à majorité]] Les autres implémentations de l'additionneur complet que nous allons voir sont des dérivés de ce circuit, auquel on a appliqué quelques simplifications. Les simplifications portent surtout sur le circuit de calcul de la retenue. En effet, le calcul de la retenue doit absolument être le plus rapide possible,vu que la propagation des retenues est le point limitant pour les performances d'un additionneur. ===L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue=== L'additionneur complet précédent est de loin le plus simple, le plus évident. Il est utilisé dans les additionneurs simples, peu performants. Mais il existe d'autres implémentations, utilisées dans des additionneurs performants, qui sont terriblement importantes pour la suite du chapitre. Ces additionneurs performants cherchent à calculer la retenue le plus rapidement possible. Par contre, le bit de somme est toujours calculé avec deux portes XOR, cela ne change pas. Pour comprendre comment ils fonctionnent, regardons ce que vaut la retenue sortante en fonction de la retenue entrante, en analysant la table de vérité de l'additionneur complet. Il y a trois cas, qui dépendent de la valeur des deux bits additionnés, nommés A et B. Si les deux bits sont différents, la retenue sortante est égale à la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est propagée sur la sortie de retenue. Cependant, il y a aussi deux cas où la retenue n'est pas propagée : celui où la retenue sortante est forcée à 1, et celui où elle est forcée à 0, peu importe la valeur de la retenue entrante. Dans le premier cas, l'addition donne une retenue à 1, quelle que soit la retenue envoyée en entrée (sous-entendu, même si celle-ci vaut 0). On dit que la retenue sortante est générée. Dans le cas inverse, la retenue sortante est forcée à 0, peu importe la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est absorbée. Il y a cependant une petite ambiguïté à dire que la retenue a été propagée, absorbée ou générée. En effet, prenons le cas où la retenue sortante et entrantes valent toutes deux 0 : est-ce que la retenue a été propagée ou bien absorbée, ou les deux ? Idem quand les deux retenues sont à 1. Il y a un choix arbitraire à faire dans ce genre de cas, pour la plupart des lignes de la table de vérité. Cependant, il y a un choix bien précis qui est supérieur aux autres, et c'est celui qui est présenté dans le tableau suivant. Les lignes rouge correspondent à une retenue propagée, celles en bleu à une retenue absorbée, celle en vert à une retenue générée. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_rouge" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_bleu" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||1|| ||1||1 |} Avec ce choix, on peut déterminer si la retenue est propagée, absorbée ou générée, sans tenir compte de la retenue elle-même. On peut déterminer dans quel cas on est seulement en regardant les bits d'opérandes nommés A et B. * La retenue est propagée si les deux bits d'opérande sont différents. * La retenue est générée si les deux bits d'opérande sont à 1. * La retenue est absorbée si les deux bits d'opérande sont à 0. On peut donc détecter si une retenue est générée, absorbée ou propagée avec une simple porte logique : un ET entre les deux bits d'opérande pour la génération, un NOR pour l'absorption, un XOR pour la propagation. L'additionneur que nous allons voir détermine si la retenue est propagée, absorbée ou générée, et calcule la retenue sortante en fonction de ça. Il génère deux bits, nommés P et G : P pour ''Propagate'', G pour ''Generate''. Le bit P indique que la retenue entrante doit être propagée ou non : il est mis à 1 pour propager la retenue entrante, à 0 si elle ne doit pas être propagée. Le bit G indique si une retenue a été générée ou non : 1 si une retenue générée, 0 sinon. Une retenue est considérée comme absorbée si elle n'est pas ni propagée ni générée, pas besoin d'un troisième bit pour gérer ce cas. Pour rappel, la retenue est propagée si les deux bits sont différents, n'est pas propagée s'ils sont identiques. Déterminer si deux bits sont identiques ou différents est le comportement d'une banale porte XOR. Le bit P est donc généré par une simple porte XOR. Quant au bit G, il est à 1 si les deux bits d'opérandes sont à 1, ce qui correspond à une porte ET. Il existe des pseudo-additionneurs qui ne calculent pas la retenue sortante et fournissent à la place les signaux P et G, en plus du résultat. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur P/G''' (P/G pour propagation/génération). Ils sont très utiles pour créer des additionneurs dits "à anticipation de retenue", comme on le verra dans la suite du chapitre. {| class="flexible" | [[File:FulladderPG.png|Additionneur P/G : entrées et sorties.]] | [[File:Partial Full-Adder.svg|class=transparent|Additionneur P/G : circuit de génération des signaux P et G.]] |} Pour créer un additionneur complet avec cette méthode, il faut ajouter un circuit qui calcule la retenue sortante à partir des bits P et G. La retenue finale vaut 1 soit quand la retenue est générée, soit quand la retenue d'entrée vaut 1 et qu'elle est propagée. La traduction en équation logique; puis en circuits, donne un circuit strictement identique à celui basé sur deux demi-additionneurs... Vous remarquerez que les signaux P et G sont calculés par le premier demi-additionneur. [[File:Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.png|class=transparent|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.]] Une méthode alternative utilise un multiplexeur pour la retenue. L'idée est que si la retenue est propagée, alors il suffit de recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. Par contre, si elle n'est pas propagée, la retenue sortante est calculée par un circuit, en l'occurrence celui qui dit si une retenue à été générée ou non. Le choix entre les deux se fait avec un multiplexeur, commandé par le bit P. [[File:Additionneur crée avec un multiplexeur.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec un multiplexeur]] Quand la retenue entrante n'est pas propagée, la retenue sortante vaut 1 si une retenue est générée, 0 sinon. Le circuit qui calcule la retenue doit donc fournir un 0 si les bits d'opérande valent tous les deux 0, un 1 s'ils valent tous les deux 1. Mais si la retenue est propagée, la retenue calculée peut prendre n'importe quelle valeur, vu que le multiplexeur ne choisira pas sa sortie. Suivant quelles valeurs on prend dans ce cas, le circuit obtenu sera différent. Si on suppose que le circuit fournit un 0 si la retenue est propagée, alors la retenue calculée indique une retenue est générée ou non : on peut alors réutiliser le bit G ! Le tout donne alors ce circuit : [[File:Additionneur complet basé sur un MUX.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet basé sur un MUX]] Le circuit semble utiliser plus de portes logiques que nécessaires. Cependant, tout dépend de l'implémentation du multiplexeur. En réalité, nous verrons dans quelques chapitres qu'il est possible d'implémenter un multiplexeur avec seulement 6 transistors. L'implémentation utilise des portes à transmission, mais nous en reparlerons dans le chapitre sur les transistors, quand nous verrons les additionneurs à ''Manchester Carry Chain''. Au passage, une variante de ce circuit a été utilisée dans le processeur processeur 8086 d'Intel, comme on le verra dans le chapitre suivant. ===L'additionneur complet basé sur une modification de la retenue sortante=== Dans les circuits précédents, la retenue sortante et le bit du résultat sont calculés séparément, même si quelques portes logiques sont partagées entre les deux. Mais il est possible de calculer le bit du résultat à partir de la retenue sortante. En effet, le bit du résultat est l'inverse de la retenue sortante, sauf dans deux cas : les trois bits d'entrée sont à 0, où ils sont tous à 1. Le bit de somme vaut 0 dans le premier cas, 1 dans le second cas. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_vert" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||1|| ||1||1 |} L'implémentation en circuit demande donc trois choses : * de calculer la retenue sortante et de quoi l'inverser ; * un circuit qui vérifie si tous les bits opérande valent 0 : une porte NOR ou OU fait l'affaire ; * un circuit qui vérifie s'ils valent tous 1, à savoir une porte ET. Ensuite, on combine le résultat des trois circuits précédents pour obtenir le résultat final. La combinaison est le fait du circuit en jaune dans le schéma ci-dessous. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue]] Le circuit en jaune est assez simple. Quand la porte ET sort un 1, la sortie doit être forcée à 1. Par contre, quand la porte OU sort un zéro, la sortie doit être forcée à 0. Il suffit donc d'enchainer un circuit de mise à 1 et un circuit de mise à 0. Nous avons vu dans le chapitre sur les opérations de masquage qu'il s'agit respectivement d'une porte OU et d'une porte ET. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet]] Divers processeurs utilisaient des additionneurs complets de ce type : le fameux Z80, l'Intel 4004 et de l'Intel 8008 sont les exemples les plus notables. Pourtant, on pourrait s'étonner qu'un tel circuit ait existé. Il utilise beaucoup de portes logiques, a une profondeur logique supérieure : il n'a rien d'avantageux. Sauf qu'il était utilisé sur d'anciens processeurs, qui utilisaient la technologie dite TTL, différente de la technologie CMOS des transistors modernes. Et avec la technologie TTL, il est possible de fusionner plusieurs portes logiques ET et NOR en une seule porte logique ET/OU/NON ! Un additionneur complet construit ainsi ne prenait que deux portes logiques : une pour le calcul de la retenue sortante, une autre pour le reste du circuit. ==L'addition non signée== Voyons maintenant un circuit capable d'additionner deux nombres entiers: l''''additionneur'''. Dans la version qu'on va voir, ce circuit manipulera des nombres strictement positifs. L'addition des nombres codés en complètement à deux sera vu dans une section ultérieure. ===L'additionneur série=== Il est possible d'additionner deux nombres bit par bit,colonne par colonne, avec un additionneur complet. Cela demande de coupler un additionneur complet avec plusieurs registres à décalages. Les opérandes sont placées chacune dans un registre à décalage, afin de passer d'un bit au suivant, d'une colonne à la suivante, à chaque cycle. Même chose pour le résultat, qui a sont propre registre à décalage. La retenue de l'addition est stockée dans une bascule de 1 bit, en attente du prochain cycle d'horloge. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur série'''. [[File:Additionneur série.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur série.]] L'additionneur série a été utilisé sur d'anciens prototypes dans les années 50-60, et quelques ordinateurs commerciaux très rares. ===L'additionneur à propagation de retenue=== L'additionneur à propagation de retenue pose l'addition comme en décimal, en additionnant les bits colonne par colonne avec une éventuelle retenue. Évidemment, on commence par les bits les plus à droite, comme en décimal. Il suffit ainsi de câbler des additionneurs complets les uns à la suite des autres. Notons la présence de la retenue sortante, qui est utilisée pour détecter les débordements d'entier, ainsi que pour d'autres opérations. Le bit de retenue final est souvent stocké dans un registre spécial du processeur (généralement appelé ''carry flag''). [[File:Ripplecarryadder.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à propagation de retenue.]] Notez aussi, sur le schéma précédent, la présence de l’entrée de retenue <math>\text{R}_\text{Entrée}</math> sur l'additionneur. L'additionneur le plus à droite est bien un additionneur complet, et non un demi-additionneur,c e qui fait qui l'additionneur a une entrée de retenue. Tous les additionneurs ont une entrée de retenue de ce type. Elle est très utile pour l'implémentation de certaines opérations comme l'inversion de signe, la soustraction, l'incrémentation, etc. Certains processeurs sont capables de faire une opération appelée ADC, ADDC ou autre nom signifiant ''Addition with Carry'', qui permet de faire le calcul A + B + Retenue (la retenue en question est la retenue sortante de l'addition précédente, stockée dans le registre ''carry flag''). Son utilité principale est de permettre des additions d'entiers plus grands que ceux supportés par le processeur. Par exemple, cela permet de faire des additions d'entiers 32 bits sur un processeur 16 bits. [[File:Adder Network 3 Bit Sum Delay 003.svg|vignette|upright=0.5|Propagation de retenue dans l'additionneur.]] L'avantage est qu'il utilise très peu de portes logiques et est assez économe en transistors, ce qui fait qu'il était utilisé sur certains processeurs 8 et 16 bits assez anciens. Bien que très simple, cet additionneur est cependant peu performant. Le temps de calcul est proportionnel à la taille des opérandes. Par exemple, additionner deux nombres de 32 bits prendra deux fois plus de temps que l'addition de deux nombres de 16 bits. La raison est que le calcul des retenues s'effectue en série, l'une après l'autre. En effet, chaque additionneur doit attendre que la retenue de l'addition précédente soit disponible pour donner son résultat. Les retenues doivent se propager à travers le circuit, du premier additionneur jusqu'au dernier. L'addition étant une opération fréquente, il vaut mieux utiliser d'autres méthodes d'addition, plus rapides. Pour cela, les autres additionneurs utilisent diverses optimisations : calculer les retenues en parallèle, éliminer certaines opérations inutiles quand c'est possible, accélérer le calcul de la retenue avec des techniques d'anticipation de retenue, etc. Mais ces optimisations demandent d'utiliser plus de circuits, quitte à gagner quelque peu en rapidité. Si on met de côté les additionneurs de type ''Manchester carry chain'', qu'on ne peut pas encore expliquer à ce stade du cours, il existe plusieurs solutions, qui donnent respectivement les additionneurs à saut de retenue, à sélection de retenue, et à anticipation de retenue. Nous allons les voir dans les sections suivantes. ===Les accélérations de la propagation de retenue=== [[File:Full-adder-4bits-serial-CEI.svg|vignette|upright=0.5|Additionneur 4 bits, un bloc.]] Dans cette section, nous allons voir quelques additionneurs qui visent à accélérer la propagation de la retenue, mais en gardant la base de l'additionneur de propagation de retenue. Avant de poursuivre, partons du principe que l'additionneur est conçu en assemblant des additionneurs à plus simples, qui additionnent environ 4 à 5 bits, parfois plus, parfois moins. Ces additionneurs simples seront nommés ''blocs'' dans ce qui suit, et l'un d'entre eux est illustré ci-contre. Chaque bloc prend en entrée un morceau des deux opérandes à additionner, mais aussi une retenue d'entrée. Il fournit en sortie un résultat codé sur 4/5 bits, mais aussi une retenue sortante. Dans un bloc, la retenue sortante est plus ou moins calculée à part du résultat. L'enjeu est de calculer la retenue sortante d'un bloc rapidement, plus rapidement qu'un additionneur à propagation de retenue. Le calcul du résultat n'a pas besoin d'être accéléré, on garde des additionneurs à propagation de retenue. En enchaînant plusieurs blocs les uns à la suite des autres, la retenue sortante d'un bloc est connectée sur l'entrée de retenue du bloc suivant, la retenue est propagée d'un bloc au suivant. Les blocs sont tous identiques dans le cas le plus simple, mais il est possible d'utiliser des blocs de taille variable. Par exemple, le premier bloc peut avoir des opérandes de 6 bits, le second des opérandes de 7 bits, etc. Faire ainsi permet de gagner un petit peu en performances, si la taille de chaque bloc est bien choisie. La raison est une question de temps de propagation des retenues. La retenue met plus de temps à se propager à travers 8 blocs qu'à travers 4, ce qui prend plus de temps qu'à travers 2 blocs, etc. En tenir compte fait que la taille des blocs tend à augmenter ou diminuer quand on se rapproche des bits de poids fort. ====Le calcul parallèle de la retenue==== [[File:4008 Functional Diagram.svg|vignette|upright=1|4008 Functional Diagram]] L'optimisation la plus évidente est de calculer la retenue sortante en parallèle de l'addition. Chaque bloc contient, à côté d'un additionneur proprement dit, un circuit qui calcule la retenue sortante. Il existe de nombreuses manières de calculer la retenue sortante. La plus simple consiste à établir la table de vérité de l'entrée de retenue et d'utiliser les techniques du chapitre sur les circuits combinatoires. Cela marche si les blocs sont de petite taille, mais elle devient difficile si le bloc a des opérandes de 2/3 bits ou plus. Mais des techniques alternatives existent. Un exemple est celui de l'additionneur CMOS 4008, un additionneur de 4 bit. Il est intéressant de voir comment fonctionne ce circuit. Aussi, voici son implémentation. Le circuit est décomposé en trois sections. Une première couche de demi-additionneurs, le circuit de calcul de la retenue sortante, le reste du circuit qui calcule l'addition en propageant les retenues. Le circuit de calcul de la retenue sortante prend les résultats des demi-additionneurs, et les utilise pour calculer la retenue sortante. C'est là une constante de tous les circuits qui vont suivre. [[File:CMOS 4008, circuit découpé en sections.png|centre|vignette|upright=1.5|CMOS 4008, circuit découpé en sections]] Le point important à comprendre est que les demi-additionneurs génèrent les signaux P et G, qui disent si l'additionneur propage ou génère une retenue. Ces signaux sont alors combinés pour déterminer la retenue sortante. La méthode de combinaison des signaux P et G dépend fortement de l'additionneur utilisé. La méthode utilisée sur le 4008 utilise à la fois les signaux P et G, ce qui fait que c'est un hybride entre un additionneur à propagation de retenue, et un additionneur à anticipation de retenue qui sera vu dans la suite du chapitre. Mais il existe des techniques alternatives pour calculer la retenue sortante. ====L'additionneur à saut de retenue==== L''''additionneur à saut de retenue''' (''carry-skip adder'') est un additionneur dont le temps de calcul est variable. Le calcul prendra quelques cycles d'horloges avec certains opérandes, tandis qu'il sera aussi long qu'avec un additionneur à propagation de retenue avec d'autres. Il n'améliore pas le pire des cas, dans lequel la retenue doit être propagée du début à la fin, du bit de poids faible au bit de poids fort. Mais dans les autres cas, le circuit détecte quand le résultat de l'addition est disponible, quand la retenue a fini de se propager. Il permet d'avoir le résultat en avance, plutôt que d'attendre suffisamment pour couvrir le pire des cas. L'additionneur à saut de retenue est lui aussi composé de blocs qui additionnent 4/5 bits. Il peut, sous certaines conditions, sauter complètement la propagation de la retenue dans le bloc. L'idée est de calculer si un bloc génère une retenue sortante, ou si la retenue entrante est simplement propagée. Dans le second cas, le bloc ne fait que recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. La propagation de retenue entre blocs est alors skippée (mais elle a quand même lieu). Si une retenue est générée dans le bloc, on envoie cette retenue sur la retenue sortante. Le choix entre les deux est le fait d'un multiplexeur. [[File:Carry skip adder, principe de base.png|centre|vignette|upright=2.5|Carry skip adder : principe de base]] Toute la difficulté est de savoir comment commander le multiplexeur. Pour cela, on doit savoir si le circuit propage une retenue ou non. Le bloc propage une retenue si chaque additionneur complet propage la retenue. Les additionneurs complets doivent donc fournir le résultat, mais aussi indiquer s'ils propagent la retenue d'entrée ou non. Le signal de commande du multiplexeur est généré assez simplement : il vaut 1 si tous les additionneurs complets du bloc propagent la retenue précédente. C'est donc un vulgaire ET entre tous ces signaux. [[File:Additionneur à saut de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Calcul de la commande du MUX.]] L'additionneur à saut de retenue est construit en assemblant plusieurs blocs de ce type. [[File:BCSAdder16Bit.svg|centre|vignette|upright=3|Additionneur à saut de retenue.]] ====L'additionneur à sélection de retenue==== L''''additionneur à sélection de retenue''' utilise aussi des blocs, comme les additionneurs précédents. L'addition se fait en deux versions : une avec la retenue du bloc précédent valant zéro, et une autre version avec la retenue du bloc précédent valant 1. Il suffira alors de choisir le bon résultat avec un multiplexeur, une fois cette retenue connue. On gagne ainsi du temps en calculant à l'avance les valeurs de certains bits du résultat, sans connaître la valeur de la retenue. Petit détail : sur certains additionneurs à sélection de retenue, les blocs de base n'ont pas la même taille. Cela permet de tenir compte des temps de propagation des retenues entre les blocs. [[File:Additionneur à sélection de retenue.png|centre|vignette|upright=1|Additionneur à sélection de retenue avec seulement deux blocs.]] Dans les exemples du dessus, chaque sous-additionneur étaient des additionneurs à propagation de retenue. Mais ce n'est pas une obligation, et tout autre type d’additionneur peut être utilisé. Par exemple, on peut faire en sorte que les sous-additionneurs soient eux-mêmes des additionneurs à sélection de retenue, et poursuivre ainsi de suite, récursivement. On obtient alors un '''additionneur à somme conditionnelle''', plus rapide que l'additionneur à sélection de retenue, mais qui utilise beaucoup plus de portes logiques. ===Les additionneurs à anticipation de retenue=== Les '''additionneurs à anticipation de retenue''' accélèrent le calcul des retenues en les calculant sans les propager. Au lieu de calculer les retenues une par une, ils calculent toutes les retenues en parallèle, à partir des bits des opérandes à additionner. Une fois les retenues pré-calculées, il suffit de les additionner avec les deux bits adéquats, pour obtenir le résultat. [[File:Cla4bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Ces additionneurs sont composés de deux parties : * un circuit qui pré-calcule la valeur de la retenue d'un étage ; * et d'un circuit qui additionne les deux bits et la retenue pré-calculée : il s'agit d'une couche d'additionneurs complets simplifiés, qui ne fournissent pas de retenue. [[File:Additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Le circuit qui détermine la valeur de la retenue est lui-même composé de deux grandes parties, qui ont chacune leur utilité. La première partie réutilise des additionneurs qui donnent les signaux de propagation et génération de retenue. L'additionneur commence donc à prendre forme, et est composé de trois parties : * un circuit qui crée les signaux P et G ; * un circuit qui déduit la retenue à partir des signaux P et G adéquats ; * et une couche d'additionneurs qui additionnent chacun deux bits et une retenue. [[File:Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2|Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.]] Il ne nous reste plus qu'à voir comment fabriquer le circuit qui reste. Pour cela, il faut remarquer que la retenue est égale : * à 1 si l'addition des deux bits génère une retenue ; * à 1 si l'addition des deux bits propage une retenue ; * à zéro sinon. Ainsi, l'addition des bits de rangs i va produire une retenue Ci, qui est égale à Gi+(Pi·Ci−1). Si on utilisait cette formule sans trop réfléchir, on retomberait sur un additionneur à propagation de retenue inutilement compliqué. L'astuce des additionneurs à anticipation de retenue consiste à remplacer le terme Ci−1 par sa valeur calculée avant. Par exemple, je prends un additionneur 4 bits. Je dispose de deux nombres A et B, contenant chacun 4 bits : A3, A2, A1, et A0 pour le nombre A, et B3, B2, B1, et B0 pour le nombre B. Si j'effectue les remplacements, j'obtiens les formules suivantes : * C1 = G0 + ( P0 · C0 ) ; * C2 = G1 + ( P1 · G0 ) + ( P1 · P0 · C0 ) ; * C3 = G2 + ( P2 · G1 ) + ( P2 · P1 · G0 ) + ( P2 · P1 · P0 · C0 ) ; * C4 = G3 + ( P3 · G2 ) + ( P3 · P2 · G1 ) + ( P3 · P2 · P1 · G0 ) + ( P3 · P2 · P1 · P0 · C0 ). Ces formules nous permettent de déduire la valeur d'une retenue directement : il reste alors à créer un circuit qui implémente ces formules, et le tour est joué. On peut même simplifier le tout en fusionnant les deux couches d'additionneurs. [[File:4-bit carry lookahead adder.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 4 bits.]] Ces additionneurs sont plus rapides que les additionneurs à propagation de retenue. Ceci dit, utiliser un additionneur à anticipation de retenue sur des nombres très grands (16/32bits) utiliserait trop de portes logiques. Pour éviter tout problème, nos additionneurs à anticipation de retenue sont souvent découpés en blocs, avec soit une anticipation de retenue entre les blocs et une propagation de retenue dans les blocs, soit l'inverse. [[File:64-bit lookahead carry unit.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 64 bits.]] ===L'additionneur à calcul parallèle de préfixes=== Les '''additionneurs à calcul parallèle de préfixes''' sont des additionneurs à anticipation de retenue améliorés pour gagner en performances. Les additionneurs à anticipation de retenue générent des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, sous-entedu 1 bit par opérande. L'optimisation apportée est de générer des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, mais aussi pour des groupes de 2, 3, 4, ..., N bits. Par exemple, il est possible de générer un signal ''P 0 vers 7'', qui précise si la retenue de la seconde colonne est propagée jusqu'à la 7ème colonne ou non. Un autre exemple est un signal de génération qui indique si les colonnes 4 à 7 génèrent une retenue ou non. En clair, les signaux P et G ont maintenant un intervalle, qui précise de quelle colonne vers quelle colonne se fait la propagation, ou entre quelles colonnes se fait la génération. De plus, les signaux pour un intervalle peuvent se calculer en combinant les signaux pour des intervalles plus restreints. Par exemple, pour calculer P pour les colonnes 0 à 10 peuvent se calculer à partir des deux signaux P des colonnes 0-4 et 5-10. Néanmoins, il y a plusieurs manières pour subdiviser les intervalles en intervalles plus petits et combiner le tout. Et elles donnent chacune des additionneurs différent, comme l'additionneur de Ladner-Fisher, l'additionneur de Brent-Kung, l'additionneur de Kogge-Stone, ou tout design hybride. Ils ont des caractéristiques différentes. L'additionneur de Brent-Kung est le plus lent de tous les additionneurs cités, mais c'est celui qui utilise le moins de portes logiques. Les autres ont des performances un peu plus variables, mais utilisent plus de portes logiques. {| |[[File:Additionneur de Kogge-Stone.jpg|vignette|Additionneur de Kogge-Stone.]] |[[File:Additionneur de Ladner-Fisher.jpg|vignette|Additionneur de Ladner-Fisher.]] |} [[File:4bitKoggeStone.svg|vignette|upright=1.5|Additionneur de Kogge-Stone pour 4 bits.]] L'additionneur Kogge-Stone est illustré ci-contre. Il est composé de plusieurs couches de portes logiques. La toute première calcule les signaux P et G pour chaque colonne, comme le ferait un additionneur à anticipation de retenue. Il s'agit de la couche en rouge dans le schéma ci-dessous. Les circuits en jaune combinent ces signaux de manière à calculer les signaux P et G pour plusieurs colonnes. En vert, les circuits calculent la retenue finale. Voici le circuit pour 8 bits : [[File:Kogge-stone-8-bit.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur de Kogge-Stone pour 8 bits.]] ==L'addition signée et la soustraction== Après avoir vu l'addition, il est logique de passer à la soustraction, les deux opérations étant très proches. Si on sait câbler une addition entre entiers positifs, câbler une soustraction n'est pas très compliqué. De plus, la soustraction permet de faire des additions de nombres signés. ===Le soustracteur pour opérandes entiers=== Pour soustraire deux nombres entiers, on peut adapter l'algorithme de soustraction utilisé en décimal, celui que vous avez appris à l'école. Celui-ci ressemble fortement à l'algorithme d'addition : on soustrait les bits de même poids, et on propage éventuellement une retenue sur la colonne suivante. À la différence de l'addition, la retenue est soustraite, et non ajoutée. La table de soustraction nous dit quel est le résultat de la soustraction de deux bits. La voici : * 0 - 0 = 0 ; * 0 - 1 = 1 et une retenue ; * 1 - 0 = 1 ; * 1 - 1 = 0. [[File:Algebra1 05 fig014.svg|centre|vignette|Soustraction en binaire, avec les retenues en rouge.]] La table de soustraction peut servir de table de vérité pour construire un circuit qui soustrait deux bits. Celui-ci est appelé un '''demi-soustracteur'''. Il ressemble beaucoup à un demi-additionneur, les différences se résumant à une porte NON ajoutée pour le calcul de la retenue. [[File:Half Subtractor Vektor.svg|centre|vignette|Demi-soustracteur.]] Comme pour l'additionneur, deux demi-soustracteurs peuvent être combinés pour donner un '''soustracteur complet'''. Le calcul de la retenue se fait en combinant les deux retenues des demi-soustracteurs avec une porte OU. Les soustracteurs complets sont utilisés pour créer des soustracteurs à propagation de retenue ou tout autre circuit soustracteur, sur le même modèle que les additionneurs. [[File:FullSubtractor.svg|centre|vignette|upright=2|Soustracteur complet.]] Vous l'aurez sans doute remarqué, mais le demi-soustracteur ressemble beaucoup au demi-additionneur. La seule différence est une porte NON ajoutée au bon endroit dans le demi-soustracteur. {| |[[File:Half-adder.svg|vignette|Demi-additionneur]] |[[File:Half Subtractor Vektor.svg|vignette|upright=1.3|Demi-soustracteur]] |} La conséquence est qu'il est possible de créer un circuit capable de faire à la fois des additions et des soustractions. L'idée est de remplacer la porte NON du demi-soustracteur par un inverseur commandable. Si on envoie un zéro sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte OUI. Le circuit sera alors identique à un demi-additionneur. Si on envoie un 1 sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte NON. le circuit sera alors un demi-soustracteur. Il faut faire cela pour chaque demi-soustracteur, ce qui donne ceci pour un soustracteur complet. le résultat est alors appelé un '''additionneur-soustracteur complet'''. [[File:Additionneur-soustracteur complet.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur complet]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en complément à deux=== Étudions le cas de la soustraction en complément à deux, dans l'objectif de créer un circuit soustracteur. Vous savez sûrement que a−b et a+(−b) sont deux expressions équivalentes. Et en complément à deux, − b = not(b) + 1. Dit autrement, a − b = a + not(b) + 1. On pourrait se dire qu'il faut deux additionneurs pour faire le calcul, mais la majorité des additionneurs possède une entrée de retenue pour incrémenter le résultat de l'addition. Un soustracteur en complément à deux est donc simplement composé d'un additionneur et d'un inverseur. [[File:Additionneur soustracteur.png|centre|vignette|upright=2|Soustracteur en complément à deux.]] Il est possible de créer un circuit capable d'effectuer soit une addition, soit une soustraction : il suffit de remplacer l'inverseur par un inverseur commandable, qui peut être désactivé. On a vu comment créer un tel inverseur commandable dans le chapitre sur les circuits combinatoires. On peut remarquer que l'entrée de retenue et l'entrée de commande de l'inverseur sont activées en même temps : on peut fusionner les deux signaux en un seul. [[File:Additionneur-soustracteur en complément à deux.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux.]] Une implémentation alternative est la suivante. Elle remplace l'inverseur commandable par un multiplexeur. [[File:4-bit ripple carry adder-subtracter.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux, version alternative.]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en signe-magnitude=== Passons maintenant aux nombres codés en signe-valeur absolue, les deux opérandes étant notées A et B. Suivant les signes des deux opérandes, on a quatre cas possibles : A + B, A − B (B négatif), −A + B (A négatif) et −A − B (A et B négatifs). Une astuce est que le circuit n'a besoin que de calculer A + B et A − B : il peut les inverser pour obtenir − A − B ou B − A. A + B et A − B peuvent se calculer avec un additionneur-soustracteur, reste à corriger le résultat. Il suffit de lui ajouter un inverseur commandable pour obtenir le circuit d'addition finale. [[File:Additionneur en signe-valeur absolue.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur en signe-valeur absolue.]] Toute la difficulté tient dans le calcul du bit de signe du résultat, quand interviennent des soustractions. Autant l'addition de deux nombres de même signe (A + B et −A − B) ne pose aucun problème, autant les soustractions posent problème (A − B et −A + B). Suivant que <math>A<B</math> ou que <math>A>B</math>, le signe du résultat ne sera pas le même. Déterminer le signe du résultat se fait en regardant les bits de débordement d'entier, comme on le verra plus bas. ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en représentation par excès=== Passons maintenant aux nombres codés en représentation par excès. On pourrait croire que ces nombres s'additionnent comme des nombres non-signés, mais ce serait oublier la présence du biais, qui pose problème. Dans les cas de nombres signés gérés avec un biais, voyons ce que donne l'addition de deux nombres : : <math>( n_1 + biais ) + ( n_2 + biais ) = n_1 + n_2 + 2 \times biais</math> Or, le résultat correct serait : : <math>n_1 + n_2 + biais</math> En effectuant l'addition telle quelle, le biais est compté deux fois. On doit donc le soustraire après l'addition pour obtenir le résultat correct. Même chose pour la soustraction qui donne ceci : : <math>(n_1 + biais) - (n_2 + biais) = n_1 - n_2</math> Or, le résultat correct serait : : <math> ( n_1 - n_2 ) + biais </math> Il faut rajouter le biais pour obtenir l'exposant correct. On a donc besoin de deux additionneurs/soustracteurs : un pour additionner/soustraire les représentations binaires des opérandes, et un autre pour ajouter/retirer le biais en trop/manquant. ==L'additionneur BCD== Maintenant, voyons un additionneur qui additionne deux entiers au format BCD. Pour cela, nous allons devoir passer par deux étapes. La première est de créer un circuit capable d'additionneur deux chiffres BCD. Ensuite, nous allons voir comment enchaîner ces circuits pour créer un additionneur BCD complet. ===L'additionneur BCD qui fait l'opération chiffre par chiffre=== Nous allons commencer par voir un additionneur qui additionne deux chiffres en BCD, une sorte d'équivalent BCD de l'additionneur complet. Il fournit un résultat sur 4 bits et une retenue qui est mise à 1 si le résultat dépasse 10 (la limite d'un chiffre BCD). Les deux opérandes sont des chiffres BCD codés sur 4 bits et sont additionnés en binaire par un additionneur des plus normaux, similaire à ceux vus plus haut. Le résultat est alors un entier codé en binaire, sur 5 bits, qu'on corrige/convertit pour obtenir un chiffre BCD et une retenue sortante. Pour corriger le résultat, une idée intuitive serait de prendre le résultat et de faire une division par 10. Le quotient donne la retenue, alors que le reste est le résultat, le chiffre BCD. Mais un circuit diviseur par 10 utilise beaucoup de portes logiques, ce qui ne vaut pas le coup. Une autre méthode détecte si le résultat est égal ou supérieur à 10, ce qui correspond à un "débordement" (on dépasse les limites d'un chiffre BCD). Si le résultat est plus petit que 10, il n'y a rien à faire : le résultat est bon et la retenue est de zéro. Par contre, si le résultat vaut 10 ou plus, il faut corriger le résultat et générer une retenue à 1. Il faut donc ajouter un circuit qui détecte si le résultat est supérieur à 9, qui calcule directement la retenue. Ce circuit peut se fabriquer simplement à partir de sa table de vérité, ou en utilisant les techniques que nous verrons dans un chapitre ultérieur sur les comparateurs. La solution la plus simple est clairement d'utiliser la table de vérité, ce qui est très simple, assez pour être laissé en exercice au lecteur. Pour comprendre comment corriger le résultat, établissons une table de vérité qui associe le résultat et le résultat corrigé. L'entrée vaut au minimum 10 et au maximum 9 + 9 = 18. On considère la sortie comme un tout, la retenue étant un 5ème bit, le bit de poids fort. {|class="wikitable" |- ! colspan="5" | Entrée ! ! rowspan="10" | ! Retenue ! Résultat corrigé (sans retenue) ! interprétation de la sortie en binaire (retenue inclue) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 0 | (10) | 1 || 0000 | (16) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 1 | (11) | 1 || 0001 | (17) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 0 | (12) | 1 || 0010 | (18) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 1 | (13) | 1 || 0011 | (19) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 0 | (14) | 1 || 0100 | (20) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 1 | (15) | 1 || 0101 | (21) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 0 | (16) | 1 || 0110 | (22) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 1 | (17) | 1 || 0111 | (23) |- | 1 || 0 || 0 || 1 || 0 | (18) | 1 || 1000 | (24) |} En analysant le tableau, on voit que pour corriger le résultat, il suffit d'ajouter 6. La raison est que le résultat déborde d'un nibble à 16 en binaire, mais à 10 en décimal : il suffit d'ajouter la différence entre les deux, à savoir 6, et le débordement binaire fait son travail. Donc, la correction après une addition est très simple : si le résultat dépasse 9, on ajoute 6. On peut maintenant implémenter l'additionneur BCD, en combinant le comparateur avec 10, le circuit de correction, et l'additionneur. La première solution calcule deux versions du résultat : la version corrigée, la version normale. Le choix entre les deux est réalisée par un multiplexeur, commandé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD]] L'autre solution utilise un circuit commandable qui soit additionne 6, soit ne fait rien. Le choix entre les deux est commandé par le bit calculé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD, seconde version.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD, seconde version.]] Une version alternative du circuit précédent est la suivante. Il contient deux additionneurs : un pour additionner les deux chiffres BCD, un autre pour additionner 6 si besoin. Le résultat du comparateur est directement utilisé pour générer l'opérande du second additionneur : 0 ou 6. Le circuit est simple à concevoir, mais gaspille beaucoup de circuit. Idéalement, il vaudrait mieux utiliser un circuit combinatoire d'addition avec une constante. [[File:Adder 4 Bit BCD.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur BCD, circuit complet.]] Pour obtenir un additionneur BCD complet, il suffit d’enchaîner les additionneurs précédents, comme on le ferait avec les additionneurs complets dans un additionneur à propagation de retenue. Au final, l'additionneur BCD est beaucoup plus compliqué qu'un additionneur normal, car il rajoute un comparateur ">9", un petit additionneur pour ajouter 6 et éventuellement d'autres circuits. De plus, il est difficile d'appliquer les optimisations disponibles sur les additionneurs non-BCD. Notamment, les circuits d'anticipation de retenue sont totalement à refaire et le résultat est relativement compliqué. C'est ce qui explique pourquoi le BCD a progressivement été abandonné au profit du binaire simple. La soustraction en BCD se fait comme en binaire : le nombre à soustraire est remplacé par son complément, le circuit additionne le complément et l'autre opérande, le débordement d'entier fait que le résultat marche. Sauf qu'ici, le complément est un complément à 9. Il se calcule chiffre par chiffre : chaque chiffre est remplacé par (9 - le chiffre en question). ===L'additionneur BCD par ajustement décimal=== L'additionneur BCD précédent effectuait son travail chiffre BCD par chiffre BCD, mais il existe des additionneurs BCD qui font autrement. Sur les premiers processeurs x86, il n'y avait pas d'opération d'addition BCD proprement dit, seulement une addition binaire normale de 8, 16 ou 32 bits. Par contre, elle était secondée par une opération dite d''''ajustement décimal''' qui transformait un nombre binaire en nombre codé en BCD. L'opération d'ajustement décimal prenait un opérande de 8 bits codé en binaire et fournissait un résultat de la même taille, c'est à dire deux chiffres BCD. Effectuer une addition BCD demandait donc de faire deux opérations à la suite : une addition binaire simple, suivie par l'opération d'ajustement décimal. Cela permettait de gérer des nombres entiers en binaire usuel et des entiers BCD sans avoir deux instructions d'addition séparées pour les deux, sans compter que cela simplifiait aussi les circuits d'addition. L'ajustement décimal s'effectue en ajoutant une constante bien précise à l'opérande à convertir en BCD. L'idée est que la constante est découpée en morceaux de 4 bits, correspondant chacun à un chiffre BCD de l'opérande, chaque morceau contenant soit un 0, soit 6. Cela permet d'ajouter soit 0, soit 6, à chaque chiffre BCD, et donc de le corriger. La propagation des retenues d'un chiffre à l'autre est effectuée automatiquement par l'addition binaire de la constante. L'opération d'ajustement décimal calcule automatiquement la constante. Elle découpe l'opérande en ''nibbles'', vérifie si chaque ''nibble'' est supérieur ou égal à 10, puis détermine la valeur de chaque ''nibble'' de la constante finale. Par exemple, si je prends l'opérande 1001 1110, le ''nibble'' de poids faible déborde, alors que celui de poids fort non. La constante sera donc 0000 0110 : 0x06. Inversement, si le ''nibble'' de poids fort déborde et pas celui de poids faible, la constante sera alors 0x60. Et la constante est de 0x66 si les deux ''nibbles'' débordent, de 0x00 si aucun ne déborde. Le circuit d’ajustement décimal est donc composé de trois étapes : deux étapes pour calculer la constante, et un circuit d'addition pour additionner cette constante au nombre de départ. La première étape découpe l'opérande en morceaux de 4 bits, en chiffres BCD, et vérifie si chacun d'entre eux vaut 10 ou plus. La seconde étape prend les résultats de la première étape, et les combine pour calculer la constante. Enfin, on trouve l'addition finale, qui était réalisée par un circuit d'addition utilisé à la fois pour l'ajustement décimal et l'addition binaire. La différence entre une addition normale et une opération d'ajustement décimal tient dans le fait que les deux premières étapes sont désactivées dans une addition normale. [[File:Additionneur BCD parallèle.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD parallèle]] ===L'additionneur biquinaire=== Les entiers BCD ne sont qu'un des encodages hybrides entre décimal et binaire. L'encodage biquinaire est l'un d'entre eux et nous allons faire un rappel rapide à ce sujet. Pour simplifier, un chiffre encodé en biquinaire est composé de deux parties : un bit, couplé à une partie quinaire encodée en représentation ''one-hot''. La partie quinaire encode un nombre allant de 0 à 4, ce qui prend 5 bits (0, 1, 2, 3 et 4). Le bit indique s'il faut ou non ajouter 5 à la valeur encodée par la partie quinaire. Ainsi, on peut coder tous les nombres de 0 à 9. Additionner deux nombres de biquinaire demande donc d'additionner deux parties quinaires encodées en ''one-hot'' et d'additionner deux bits. Mais attention : il faut tenir compte de la retenue de l'addition des parties quinaires. Et idéalement, il faut aussi tenir compte d'une retenue entrante, provenant de l'addition de la colonne de chiffres précédente. Toute la difficulté vient de la création de l'additionneur ''one-hot''. Heureusement, vu qu'il n'y a que 4-5 bits à additionner, il est souvent fabriqué à partir de sa table de vérité. [[File:Additionneur bi-quinaire.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur bi-quinaire]] Un avantage du biquinaire est que le calcul du complément à 9 est très simple. Il faut pour cela : inverser la partie binaire avec une porte NON, puis inverser l'ordre des bits de la partie quinaire. Concrètement, le bit de poids faible devient le bit de poids fort, et ainsi de suite. Par exemple, une partie quinaire 01000 devient 00010, 10000 devient 00001, 00100 ne change pas, etc. Le tout peut se calculer avec une porte NON et 5 multiplexeurs. ===L'additionneur BCD avec calculs intermédiaires en biquinaire=== L'ordinateur IBM 1401, un ancien ''mainframe'' des années 60, utilisait un additionneur BCD un peu particulier. Les nombres étaient encodés en BCD dans la mémoire de l'ordinateur, mais les circuits de calcul utilisaient la représentation biquinaire. Lors d'un calcul, le processeur de l'ordinateur traduisait les chiffres BCD en représentation biquinaire, faisait une addition en biquinaire, avant de traduire le résultat en BCD normal. Pour être précis, l'IBM 1401 utilisait une variante du biquinaire. L'encodage biquinaire de l'IBM 1401 est le suivant : la partie binaire disait si le chiffre était pair ou non, la partie quinaire encodait les valeurs 0, 2, 4, 6 et 8. Le chiffre se calculait en additionnant la partie binaire (0 ou 1) au nombre pair encodé par la partie quinaire. Si l'IBM 1401 utilisait cette variante du biquinaire, c'est car elle donnait des circuits de conversion BCD-biquinaire plus économes en portes logiques et plus rapides. La partie binaire est le bit de poids faible du chiffre BCD, la partie biquinaire est calculée par un simple décodeur qui prend en entrée le chiffre BCD, amputé de son bit de poids faible. La traduction inverse demande d'utiliser un encodeur, à la place du décodeur. Par contre, le circuit d'addition biquinaire était plus compliqué du fait de la gestion des retenues. L'addition des parties binaires et quinaires se faisait en parallèle, dans deux additionneurs séparés. Cependant, l'addition des parties binaire fournit une retenue, qu'il faut prendre en compte. Pour cela, l'IBM 1401 disposait d'un troisième additionneur qui fournissait le résultat final, encodé en biquinaire. [[File:Additionneur bi-quinaire de l'IBM 1401.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur biquinaire de l'IBM 1401]] Une implémentation moderne demanderait d'utiliser des portes ET combinées à des portes OU, le circuit pouvant être construit simplement à partir de sa table de vérité. Sur l'IBM 1401, le circuit était cependant différent, en raison de l'utilisation de OU câblés, des croisements de fils qui fonctionnent comme des portes OU, que nous n'avons pas encore vu pour le moment, mais qui seront détaillés dans quelques chapitres. Les OU câblés étaient utilisés pour simplifier le design du circuit, mais demandaient des portes logiques spécifiques, ce qui collait avec le fait que ce ''mainframe'' utilisait des transistors en Germanium. L'implémentation exacte est décrite dans cet article de blog, mais je ne recommande sa lecture qu'à ceux qui savent ce qu'est un OU câblé : * [https://www.righto.com/2015/10/qui-binary-arithmetic-how-1960s-ibm.html Qui-binary arithmetic: how a 1960s IBM mainframe does math]. ==Les débordements d'entier lors d'une addition/soustraction== Les instructions arithmétiques manipulent des entiers codés sur un nombre fixe de bits, qui ne peuvent prendre leurs valeurs que dans un intervalle. Pour les nombres positifs, un ordinateur qui code ses entiers sur n bits pourra coder tous les entiers allant de 0 à <math>2^n -1</math>. Pour les nombres négatifs, l'intervalle est différent et dépend de la représentation utilisée. Dans le cas général, l'ordinateur peut coder les valeurs comprises de <math>N_\text{min}</math> à <math>N_\text{max}</math>. Si le résultat d'un calcul sort de cet intervalle, il ne peut pas être représenté par l'ordinateur et il se produit ce qu'on appelle un '''débordement d'entier'''. La '''valeur haute de débordement''' désigne la première valeur qui est trop grande pour être représentée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 0 et 7, la valeur haute de débordement est égale à 8. On peut aussi définir la '''valeur basse de débordement''', qui est la première valeur trop petite pour être codée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 8 et 250, la valeur basse de débordement est égale à 7. Pour les nombres entiers, la valeur haute de débordement vaut <math>N_\text{max} + 1</math> , alors que la valeur basse vaut <math>N_\text{min} - 1</math> (avec <math>N_\text{max}</math> et <math>N_\text{min}</math> respectivement la plus grande et la plus petite valeur codable par l'ordinateur). ===La correction des débordements d'entier : l'arithmétique saturée=== Quand un débordement d'entier survient, tous les circuits de calcul ne procèdent pas de la même manière. Dans les grandes lignes, il y a deux réactions possibles : soit on corrige automatiquement le résultat du débordement, soit on ne fait rien et on se contente de détecter le débordement. Si le débordement n'est pas corrigé automatiquement, le circuit ne conserve que les bits de poids faibles du résultat. Les bits en trop sont simplement ignorés. On dit qu'on utilise l''''arithmétique modulaire'''. Le problème avec ce genre d'arithmétique, c'est qu'une opération entre deux grands nombres peut donner un résultat très petit. Par exemple, si je dispose de registres 4 bits et que je souhaite faire l'addition 1111 + 0010 (ce qui donne 15 + 2), le résultat est censé être 10001 (17), ce qui est un résultat plus grand que la taille d'un registre. En conservant les 4 bits de poids faible, j’obtiens 0001 (1). En clair, un résultat très grand est transformé en un résultat très petit. Cela peut poser problèmes si on travaille uniquement avec des nombres positifs, mais c'est aussi utilisé pour coder des nombres en complément à deux. D'autres circuits utilisent ce qu'on appelle l''''arithmétique saturée''' : si un calcul génère un débordement, on arrondi le résultat au plus grand entier supporté par le circuit. Les circuits capables de calculer en arithmétique saturée sont un peu plus complexes, vu qu'il faut rajouter des circuits pour corriger le résultat en cas de débordement. Il suffit généralement de rajouter un ''circuit de saturation'', qui prend en entrée le résultat et le corrige en cas de débordement. Ce circuit de saturation met la valeur maximale en sortie si un débordement survient, mais se contente de recopier le résultat du calcul sur sa sortie s'il n'y a pas de débordement. Typiquement, il est composé d'une couche de multiplexeurs, qui sélectionnent quelle valeur mettre sur la sortie : soit le résultat du calcul, soit le plus grand nombre entier géré par le processeur, soit le plus petit (pour les nombres négatifs/soustractions). L'arithmétique saturée est utilisée pour les additions et soustractions, mais c'est plus rare pour les multiplications/divisions. Une des raisons est que le résultat d'une addition/soustraction prend un bit de plus que le résultat, là où les multiplications doublent le nombre de bits. Quand une addition déborde, le résultat réel est proche de la valeur maximale codable. mais quand une multiplication déborde, le résultat peut parfois valoir 200 à 60000 fois plus que la valeur maximale codable. Les calculs avec une valeur saturée/corrigée sont donc crédibles pour une suite d'additions, mais pas pour une suite de multiplications. ===La détection des débordements entiers=== Quand un débordement d'entier a eu lieu, il vaut mieux que l'additionneur prévienne ! Pour cela, l'additionneur a une '''sortie de débordement''', parfois nommée ''Overflow'', dont la valeur indique si l'addition a généré un débordement d'entier ou non. Reste que détecter un débordement ne se fait pas de la même manière selon que l'on parle d'un additionneur non-signé ou signé. Pour les additionneur non-signés, l'additionneur calcule un bit de plus que ce qui est supporté par l'ordinateur. Par exemple, un additionneur 32 bits fournit un résultat sur 33 bits, un débordement d'entier a lieu quand le 33ème bit est à 1. Précisément, la sortie de débordement n'est autre que la retenue finale, celle fournie par le dernier additionneur complet. Le seul type de débordement possible est un débordement par le haut, où le résultat dépasse la valeur maximale. Avec l'arithmétique saturée, le circuit de saturation consiste en une seule couche de multiplexeurs, voire en un circuit de mise à la valeur maximale tel que vu dans le chapitre sur les opérations bits à bits. [[File:Gestion des débordements d'entiers.png|centre|vignette|upright=2.5|Gestion des débordements d'entiers lors d'une addition non-signée.]] Pour les additionneurs non-signés, la gestion des débordements d'entiers dépend fortement de la représentation signée. Nous allons étudier le cas du complément à deux. Si vous vous rappelez le chapitre 1, les calculs sur des nombres en complètement à deux utilisent les règles de l'arithmétique modulaire, c'est une condition nécessaire. À priori, on peut penser que dans ces conditions, les débordements d'entiers sont une chose parfaitement normale, qui nous permet d'avoir des résultats corrects. Néanmoins, certains débordements d'entiers peuvent survenir malgré tout et produire des bugs assez ennuyeux. Si l'on tient en compte les règles du complément à deux, on sait que le bit de poids fort (le plus à gauche) permet de déterminer si le nombre est positif ou négatif : il indique le signe du nombre. Tout se passe comme si les entiers en complément à deux étaient codés sur un bit de moins, et avaient leur longueur amputé du bit de poids fort. Si le résultat d'un calcul écrase le bit de poids fort, il y a un débordement d'entiers. Il existe une règle simple qui permet de détecter ces débordements d'entiers. L'addition de deux nombres positifs ne peut pas être un nombre négatif. Si on additionne deux nombres dont le bit de signe est à 0 et que le bit de signe du résultat est à 1, on est en face d'un débordement d'entiers. Même chose pour deux nombres négatifs : le résultat de l'addition ne peut pas être positif. On peut résumer cela en une phrase : si deux nombres de même signe sont ajoutés, un débordement a lieu quand le bit du signe du résultat a le signe opposé. Modifier les circuits d'au-dessus pour qu'ils détectent les débordements en complément à deux est simple comme bonjour : il suffit créer un petit circuit combinatoire qui prenne en entrée les bits de signe des opérandes et du résultat, et qui fasse le calcul de l'indicateur de débordements. Si l'on rédige sa table de vérité, on doit se retrouver avec la table suivante : {|class="wikitable" |- !Entrées !Sortie |- |000||0 |- |001||1 |- |010||0 |- |011||0 |- |100||0 |- |101||0 |- |110||1 |- |111||0 |} L'équation de ce circuit est la suivante, avec <math>S_a</math> et <math>S_b</math> les signes des deux opérandes, et <math>C_i</math> la retenue de la colonne précédente : : <math> ( S_a . S_b . \overline{C_i} ) + ( \overline{S_a} . \overline{S_b} . C_i )</math> En simplifiant, on obtient alors : : <math>( S_a . S_b ) \oplus C_i</math> Or, il se trouve que <math>S_a . S_b</math> est tout simplement la retenue en sortie du dernier additionneur, que nous noterons <math>C_o</math>. On trouve donc : : <math>C_o \oplus C_i</math> Il suffit donc de faire un XOR entre la dernière retenue et la précédente pour obtenir le bit de débordement. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de décalage et de rotation | prevText=Les circuits de décalage et de rotation | next=Les circuits de comparaison | nextText=Les circuits de comparaison }} </noinclude> fcskissaeknfj59ya6lxeftf4xpx6em 768198 768197 2026-06-20T14:45:49Z Mewtow 31375 /* L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue */ 768198 wikitext text/x-wiki Dans ce chapitre, nous allons voir les circuits capables de faire une addition ou une soustraction, ainsi que quelques circuits spécialisés. Précisons cependant que les fabricants de processeurs travaillent d'arrache-pied pour trouver des moyens de rendre ces circuits de calcul plus rapides et plus économes en énergie. Autant vous dire que les circuits que vous allez voir sont vraiment des circuits qui font pâle figure comparé à ce que l'on peut trouver dans un vrai processeur commercial ! ==Les circuits pour additionner 2 ou 3 bits== L'addition se fait en binaire de la même manière qu'en décimal. On additionne les chiffres/bits colonne par colonne, une éventuelle retenue est propagée à la colonne d'à côté. La soustraction fonctionne sur le même principe, sur le même modèle qu'en décimal. [[File:Binary Addition Demonstration.svg|centre|vignette|Exemple d'addition en binaire.]] En clair, additionner deux nombres demande d'additionner 2 bits et une retenue sur chaque colonne, et de propager les retenues d'une colonne à l'autre. La propagation des retenues est quelque chose de simple en apparence, mais qui est sujet à des optimisations extraordinairement nombreuses. Aussi, pour simplifier l'exposition, nous allons voir comment gérer une colonne avant de voir comment sont propagées les retenues. En effet, tout additionneur est composé d'additionneurs plus simples, capables d'additionner deux ou trois bits suivant la situation. Ceux-ci gèrent ce qui se passe sur une colonne. ===Le demi-additionneur et l'additionneur complet=== Un additionneur deux bits implémente la table d'addition, qui est très simple en binaire. Jugez plutôt : * 0 + 0 = 0, retenue = 0 ; * 0 + 1 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 0 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 1 = 0, retenue = 1. Un circuit capable d'additionner deux bits est donc simple à construire avec les techniques vues dans les premiers chapitres. On voit immédiatement que la colonne des retenues donne une porte ET, alors que celle du bit de somme est calculé par un XOR. Le circuit obtenu est appelé un '''demi-additionneur'''. {| class="flexible" |[[File:1-bit half-adder.svg|class=transparent|centre|Demi-addtionneur.]] |[[File:Half-adder.svg|centre|class=transparent|Circuit d'un demi-addtionneur.]] |} [[File:Full Adder Block.svg|vignette|upright=1|class=transparent|Additionneur complet.]] Si on effectue une addition en colonne, on doit additionner les deux bits sur la colonne, mais aussi additionner une éventuelle retenue. Il faut donc créer un circuit qui additionne trois bits : deux bits de données, plus une retenue. Il fournit en sortie deux bits : un bit de somme et une retenue sortante. Ce circuit qui additionne trois bits est appelé un '''additionneur complet'''. Voici sa table de vérité : {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- ||0||0||0|| ||0||0 |- ||0||0||1|| ||0||1 |- ||0||1||0|| ||0||1 |- ||0||1||1|| ||1||0 |- ||1||0||0|| ||0||1 |- ||1||0||1|| ||1||0 |- ||1||1||0|| ||1||0 |- ||1||1||1|| ||1||1 |} Il est possible d'utiliser un tableau de Karnaugh pour traduire la table de vérité, mais elle donne un résultat légèrement sous-optimal. D'autres méthodes donnent des résultats plus compréhensibles. Nous allons les détailler dans ce qui suit. ===L'additionneur complet conçu avec deux demi-additionneurs=== La solution plus simple consiste à enchaîner deux demi-additionneurs : un qui additionne les deux bits de données, et un second qui additionne la retenue au résultat. La retenue finale se calcule en combinant les sorties de retenue des deux demi-additionneurs, avec une porte OU. Pour vous en convaincre, établissez la table de vérité de ce circuit, vous verrez que ça marche. {| class="flexible" |[[File:Full Adder Modules.svg|class=transparent|Composition d'un additionneur complet. On voit bien que celui-ci est composé de deux demi-additionneurs, en rouge et en bleu, auxquels on a ajouté une porte OU pour calculer la retenue finale.]] |[[File:Full-adder.svg|300px|class=transparent|Circuit d'un additionneur complet.]] |} Le circuit de calcul de la retenue peut être remplacé par une '''porte à majorité''', mais cette possibilité n'est presque jamais utilisée, on lui préfère le circuit à trois portes logiques. [[File:Additionneur crée avec une porte à majorité.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec une porte à majorité]] Les autres implémentations de l'additionneur complet que nous allons voir sont des dérivés de ce circuit, auquel on a appliqué quelques simplifications. Les simplifications portent surtout sur le circuit de calcul de la retenue. En effet, le calcul de la retenue doit absolument être le plus rapide possible,vu que la propagation des retenues est le point limitant pour les performances d'un additionneur. ===L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue=== L'additionneur complet précédent est de loin le plus simple, le plus évident. Il est utilisé dans les additionneurs simples, peu performants. Mais il existe d'autres implémentations, utilisées dans des additionneurs performants, qui sont terriblement importantes pour la suite du chapitre. Ces additionneurs performants cherchent à calculer la retenue le plus rapidement possible. Par contre, le bit de somme est toujours calculé avec deux portes XOR, cela ne change pas. Pour comprendre comment ils fonctionnent, regardons ce que vaut la retenue sortante en fonction de la retenue entrante, en analysant la table de vérité de l'additionneur complet. Il y a trois cas, qui dépendent de la valeur des deux bits additionnés, nommés A et B. Si les deux bits sont différents, la retenue sortante est égale à la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est propagée sur la sortie de retenue. Cependant, il y a aussi deux cas où la retenue n'est pas propagée : celui où la retenue sortante est forcée à 1, et celui où elle est forcée à 0, peu importe la valeur de la retenue entrante. Dans le premier cas, l'addition donne une retenue à 1, quelle que soit la retenue envoyée en entrée (sous-entendu, même si celle-ci vaut 0). On dit que la retenue sortante est générée. Dans le cas inverse, la retenue sortante est forcée à 0, peu importe la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est absorbée. Il y a cependant une petite ambiguïté à dire que la retenue a été propagée, absorbée ou générée. En effet, prenons le cas où la retenue sortante et entrantes valent toutes deux 0 : est-ce que la retenue a été propagée ou bien absorbée, ou les deux ? Idem quand les deux retenues sont à 1. Il y a un choix arbitraire à faire dans ce genre de cas, pour la plupart des lignes de la table de vérité. Cependant, il y a un choix bien précis qui est supérieur aux autres, et c'est celui qui est présenté dans le tableau suivant. Les lignes rouge correspondent à une retenue propagée, celles en bleu à une retenue absorbée, celle en vert à une retenue générée. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_rouge" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_bleu" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||1|| ||1||1 |} Avec ce choix, on peut déterminer si la retenue est propagée, absorbée ou générée, sans tenir compte de la retenue elle-même. On peut déterminer dans quel cas on est seulement en regardant les bits d'opérandes nommés A et B. * La retenue est propagée si les deux bits d'opérande sont différents. * La retenue est générée si les deux bits d'opérande sont à 1. * La retenue est absorbée si les deux bits d'opérande sont à 0. On peut donc détecter si une retenue est générée, absorbée ou propagée avec une simple porte logique : un ET entre les deux bits d'opérande pour la génération, un NOR pour l'absorption, un XOR pour la propagation. L'additionneur que nous allons voir détermine si la retenue est propagée, absorbée ou générée, et calcule la retenue sortante en fonction de ça. Il génère deux bits, nommés P et G : P pour ''Propagate'', G pour ''Generate''. Le bit P indique que la retenue entrante doit être propagée ou non : il est mis à 1 pour propager la retenue entrante, à 0 si elle ne doit pas être propagée. Le bit G indique si une retenue a été générée ou non : 1 si une retenue générée, 0 sinon. Une retenue est considérée comme absorbée si elle n'est pas ni propagée ni générée, pas besoin d'un troisième bit pour gérer ce cas. Pour rappel, la retenue est propagée si les deux bits sont différents, n'est pas propagée s'ils sont identiques. Déterminer si deux bits sont identiques ou différents est le comportement d'une banale porte XOR. Le bit P est donc généré par une simple porte XOR. Quant au bit G, il est à 1 si les deux bits d'opérandes sont à 1, ce qui correspond à une porte ET. Il existe des pseudo-additionneurs qui ne calculent pas la retenue sortante et fournissent à la place les signaux P et G, en plus du résultat. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur P/G''' (P/G pour propagation/génération). Ils sont très utiles pour créer des additionneurs dits "à anticipation de retenue", comme on le verra dans la suite du chapitre. {| class="flexible" | [[File:FulladderPG.png|Additionneur P/G : entrées et sorties.]] | [[File:Partial Full-Adder.svg|class=transparent|Additionneur P/G : circuit de génération des signaux P et G.]] |} Pour créer un additionneur complet avec cette méthode, il faut ajouter un circuit qui calcule la retenue sortante à partir des bits P et G. La retenue finale vaut 1 soit quand la retenue est générée, soit quand la retenue d'entrée vaut 1 et qu'elle est propagée. La traduction en équation logique; puis en circuits, donne un circuit strictement identique à celui basé sur deux demi-additionneurs... Vous remarquerez que les signaux P et G sont calculés par le premier demi-additionneur. [[File:Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.png|class=transparent|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.]] Une méthode alternative utilise un multiplexeur pour la retenue. L'idée est que si la retenue est propagée, alors il suffit de recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. Par contre, si elle n'est pas propagée, la retenue sortante est calculée par un circuit, en l'occurrence celui qui dit si une retenue à été générée ou non. Le choix entre les deux se fait avec un multiplexeur, commandé par le bit P. [[File:Additionneur crée avec un multiplexeur.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec un multiplexeur]] Le circuit exact est celui-ci : [[File:Additionneur complet basé sur un MUX.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet basé sur un MUX]] Le circuit semble utiliser plus de portes logiques que l'additionneur complet précédent. Cependant, nous verrons dans quelques chapitres qu'il est possible d'implémenter un multiplexeur avec seulement 6 transistors, voire moins ! L'implémentation utilise des portes à transmission, mais nous en reparlerons dans le chapitre sur les transistors, quand nous verrons les additionneurs à ''Manchester Carry Chain''. Au passage, une variante de ce circuit a été utilisée dans le processeur processeur 8086 d'Intel, comme on le verra dans le chapitre suivant. ===L'additionneur complet basé sur une modification de la retenue sortante=== Dans les circuits précédents, la retenue sortante et le bit du résultat sont calculés séparément, même si quelques portes logiques sont partagées entre les deux. Mais il est possible de calculer le bit du résultat à partir de la retenue sortante. En effet, le bit du résultat est l'inverse de la retenue sortante, sauf dans deux cas : les trois bits d'entrée sont à 0, où ils sont tous à 1. Le bit de somme vaut 0 dans le premier cas, 1 dans le second cas. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_vert" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||1|| ||1||1 |} L'implémentation en circuit demande donc trois choses : * de calculer la retenue sortante et de quoi l'inverser ; * un circuit qui vérifie si tous les bits opérande valent 0 : une porte NOR ou OU fait l'affaire ; * un circuit qui vérifie s'ils valent tous 1, à savoir une porte ET. Ensuite, on combine le résultat des trois circuits précédents pour obtenir le résultat final. La combinaison est le fait du circuit en jaune dans le schéma ci-dessous. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue]] Le circuit en jaune est assez simple. Quand la porte ET sort un 1, la sortie doit être forcée à 1. Par contre, quand la porte OU sort un zéro, la sortie doit être forcée à 0. Il suffit donc d'enchainer un circuit de mise à 1 et un circuit de mise à 0. Nous avons vu dans le chapitre sur les opérations de masquage qu'il s'agit respectivement d'une porte OU et d'une porte ET. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet]] Divers processeurs utilisaient des additionneurs complets de ce type : le fameux Z80, l'Intel 4004 et de l'Intel 8008 sont les exemples les plus notables. Pourtant, on pourrait s'étonner qu'un tel circuit ait existé. Il utilise beaucoup de portes logiques, a une profondeur logique supérieure : il n'a rien d'avantageux. Sauf qu'il était utilisé sur d'anciens processeurs, qui utilisaient la technologie dite TTL, différente de la technologie CMOS des transistors modernes. Et avec la technologie TTL, il est possible de fusionner plusieurs portes logiques ET et NOR en une seule porte logique ET/OU/NON ! Un additionneur complet construit ainsi ne prenait que deux portes logiques : une pour le calcul de la retenue sortante, une autre pour le reste du circuit. ==L'addition non signée== Voyons maintenant un circuit capable d'additionner deux nombres entiers: l''''additionneur'''. Dans la version qu'on va voir, ce circuit manipulera des nombres strictement positifs. L'addition des nombres codés en complètement à deux sera vu dans une section ultérieure. ===L'additionneur série=== Il est possible d'additionner deux nombres bit par bit,colonne par colonne, avec un additionneur complet. Cela demande de coupler un additionneur complet avec plusieurs registres à décalages. Les opérandes sont placées chacune dans un registre à décalage, afin de passer d'un bit au suivant, d'une colonne à la suivante, à chaque cycle. Même chose pour le résultat, qui a sont propre registre à décalage. La retenue de l'addition est stockée dans une bascule de 1 bit, en attente du prochain cycle d'horloge. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur série'''. [[File:Additionneur série.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur série.]] L'additionneur série a été utilisé sur d'anciens prototypes dans les années 50-60, et quelques ordinateurs commerciaux très rares. ===L'additionneur à propagation de retenue=== L'additionneur à propagation de retenue pose l'addition comme en décimal, en additionnant les bits colonne par colonne avec une éventuelle retenue. Évidemment, on commence par les bits les plus à droite, comme en décimal. Il suffit ainsi de câbler des additionneurs complets les uns à la suite des autres. Notons la présence de la retenue sortante, qui est utilisée pour détecter les débordements d'entier, ainsi que pour d'autres opérations. Le bit de retenue final est souvent stocké dans un registre spécial du processeur (généralement appelé ''carry flag''). [[File:Ripplecarryadder.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à propagation de retenue.]] Notez aussi, sur le schéma précédent, la présence de l’entrée de retenue <math>\text{R}_\text{Entrée}</math> sur l'additionneur. L'additionneur le plus à droite est bien un additionneur complet, et non un demi-additionneur,c e qui fait qui l'additionneur a une entrée de retenue. Tous les additionneurs ont une entrée de retenue de ce type. Elle est très utile pour l'implémentation de certaines opérations comme l'inversion de signe, la soustraction, l'incrémentation, etc. Certains processeurs sont capables de faire une opération appelée ADC, ADDC ou autre nom signifiant ''Addition with Carry'', qui permet de faire le calcul A + B + Retenue (la retenue en question est la retenue sortante de l'addition précédente, stockée dans le registre ''carry flag''). Son utilité principale est de permettre des additions d'entiers plus grands que ceux supportés par le processeur. Par exemple, cela permet de faire des additions d'entiers 32 bits sur un processeur 16 bits. [[File:Adder Network 3 Bit Sum Delay 003.svg|vignette|upright=0.5|Propagation de retenue dans l'additionneur.]] L'avantage est qu'il utilise très peu de portes logiques et est assez économe en transistors, ce qui fait qu'il était utilisé sur certains processeurs 8 et 16 bits assez anciens. Bien que très simple, cet additionneur est cependant peu performant. Le temps de calcul est proportionnel à la taille des opérandes. Par exemple, additionner deux nombres de 32 bits prendra deux fois plus de temps que l'addition de deux nombres de 16 bits. La raison est que le calcul des retenues s'effectue en série, l'une après l'autre. En effet, chaque additionneur doit attendre que la retenue de l'addition précédente soit disponible pour donner son résultat. Les retenues doivent se propager à travers le circuit, du premier additionneur jusqu'au dernier. L'addition étant une opération fréquente, il vaut mieux utiliser d'autres méthodes d'addition, plus rapides. Pour cela, les autres additionneurs utilisent diverses optimisations : calculer les retenues en parallèle, éliminer certaines opérations inutiles quand c'est possible, accélérer le calcul de la retenue avec des techniques d'anticipation de retenue, etc. Mais ces optimisations demandent d'utiliser plus de circuits, quitte à gagner quelque peu en rapidité. Si on met de côté les additionneurs de type ''Manchester carry chain'', qu'on ne peut pas encore expliquer à ce stade du cours, il existe plusieurs solutions, qui donnent respectivement les additionneurs à saut de retenue, à sélection de retenue, et à anticipation de retenue. Nous allons les voir dans les sections suivantes. ===Les accélérations de la propagation de retenue=== [[File:Full-adder-4bits-serial-CEI.svg|vignette|upright=0.5|Additionneur 4 bits, un bloc.]] Dans cette section, nous allons voir quelques additionneurs qui visent à accélérer la propagation de la retenue, mais en gardant la base de l'additionneur de propagation de retenue. Avant de poursuivre, partons du principe que l'additionneur est conçu en assemblant des additionneurs à plus simples, qui additionnent environ 4 à 5 bits, parfois plus, parfois moins. Ces additionneurs simples seront nommés ''blocs'' dans ce qui suit, et l'un d'entre eux est illustré ci-contre. Chaque bloc prend en entrée un morceau des deux opérandes à additionner, mais aussi une retenue d'entrée. Il fournit en sortie un résultat codé sur 4/5 bits, mais aussi une retenue sortante. Dans un bloc, la retenue sortante est plus ou moins calculée à part du résultat. L'enjeu est de calculer la retenue sortante d'un bloc rapidement, plus rapidement qu'un additionneur à propagation de retenue. Le calcul du résultat n'a pas besoin d'être accéléré, on garde des additionneurs à propagation de retenue. En enchaînant plusieurs blocs les uns à la suite des autres, la retenue sortante d'un bloc est connectée sur l'entrée de retenue du bloc suivant, la retenue est propagée d'un bloc au suivant. Les blocs sont tous identiques dans le cas le plus simple, mais il est possible d'utiliser des blocs de taille variable. Par exemple, le premier bloc peut avoir des opérandes de 6 bits, le second des opérandes de 7 bits, etc. Faire ainsi permet de gagner un petit peu en performances, si la taille de chaque bloc est bien choisie. La raison est une question de temps de propagation des retenues. La retenue met plus de temps à se propager à travers 8 blocs qu'à travers 4, ce qui prend plus de temps qu'à travers 2 blocs, etc. En tenir compte fait que la taille des blocs tend à augmenter ou diminuer quand on se rapproche des bits de poids fort. ====Le calcul parallèle de la retenue==== [[File:4008 Functional Diagram.svg|vignette|upright=1|4008 Functional Diagram]] L'optimisation la plus évidente est de calculer la retenue sortante en parallèle de l'addition. Chaque bloc contient, à côté d'un additionneur proprement dit, un circuit qui calcule la retenue sortante. Il existe de nombreuses manières de calculer la retenue sortante. La plus simple consiste à établir la table de vérité de l'entrée de retenue et d'utiliser les techniques du chapitre sur les circuits combinatoires. Cela marche si les blocs sont de petite taille, mais elle devient difficile si le bloc a des opérandes de 2/3 bits ou plus. Mais des techniques alternatives existent. Un exemple est celui de l'additionneur CMOS 4008, un additionneur de 4 bit. Il est intéressant de voir comment fonctionne ce circuit. Aussi, voici son implémentation. Le circuit est décomposé en trois sections. Une première couche de demi-additionneurs, le circuit de calcul de la retenue sortante, le reste du circuit qui calcule l'addition en propageant les retenues. Le circuit de calcul de la retenue sortante prend les résultats des demi-additionneurs, et les utilise pour calculer la retenue sortante. C'est là une constante de tous les circuits qui vont suivre. [[File:CMOS 4008, circuit découpé en sections.png|centre|vignette|upright=1.5|CMOS 4008, circuit découpé en sections]] Le point important à comprendre est que les demi-additionneurs génèrent les signaux P et G, qui disent si l'additionneur propage ou génère une retenue. Ces signaux sont alors combinés pour déterminer la retenue sortante. La méthode de combinaison des signaux P et G dépend fortement de l'additionneur utilisé. La méthode utilisée sur le 4008 utilise à la fois les signaux P et G, ce qui fait que c'est un hybride entre un additionneur à propagation de retenue, et un additionneur à anticipation de retenue qui sera vu dans la suite du chapitre. Mais il existe des techniques alternatives pour calculer la retenue sortante. ====L'additionneur à saut de retenue==== L''''additionneur à saut de retenue''' (''carry-skip adder'') est un additionneur dont le temps de calcul est variable. Le calcul prendra quelques cycles d'horloges avec certains opérandes, tandis qu'il sera aussi long qu'avec un additionneur à propagation de retenue avec d'autres. Il n'améliore pas le pire des cas, dans lequel la retenue doit être propagée du début à la fin, du bit de poids faible au bit de poids fort. Mais dans les autres cas, le circuit détecte quand le résultat de l'addition est disponible, quand la retenue a fini de se propager. Il permet d'avoir le résultat en avance, plutôt que d'attendre suffisamment pour couvrir le pire des cas. L'additionneur à saut de retenue est lui aussi composé de blocs qui additionnent 4/5 bits. Il peut, sous certaines conditions, sauter complètement la propagation de la retenue dans le bloc. L'idée est de calculer si un bloc génère une retenue sortante, ou si la retenue entrante est simplement propagée. Dans le second cas, le bloc ne fait que recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. La propagation de retenue entre blocs est alors skippée (mais elle a quand même lieu). Si une retenue est générée dans le bloc, on envoie cette retenue sur la retenue sortante. Le choix entre les deux est le fait d'un multiplexeur. [[File:Carry skip adder, principe de base.png|centre|vignette|upright=2.5|Carry skip adder : principe de base]] Toute la difficulté est de savoir comment commander le multiplexeur. Pour cela, on doit savoir si le circuit propage une retenue ou non. Le bloc propage une retenue si chaque additionneur complet propage la retenue. Les additionneurs complets doivent donc fournir le résultat, mais aussi indiquer s'ils propagent la retenue d'entrée ou non. Le signal de commande du multiplexeur est généré assez simplement : il vaut 1 si tous les additionneurs complets du bloc propagent la retenue précédente. C'est donc un vulgaire ET entre tous ces signaux. [[File:Additionneur à saut de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Calcul de la commande du MUX.]] L'additionneur à saut de retenue est construit en assemblant plusieurs blocs de ce type. [[File:BCSAdder16Bit.svg|centre|vignette|upright=3|Additionneur à saut de retenue.]] ====L'additionneur à sélection de retenue==== L''''additionneur à sélection de retenue''' utilise aussi des blocs, comme les additionneurs précédents. L'addition se fait en deux versions : une avec la retenue du bloc précédent valant zéro, et une autre version avec la retenue du bloc précédent valant 1. Il suffira alors de choisir le bon résultat avec un multiplexeur, une fois cette retenue connue. On gagne ainsi du temps en calculant à l'avance les valeurs de certains bits du résultat, sans connaître la valeur de la retenue. Petit détail : sur certains additionneurs à sélection de retenue, les blocs de base n'ont pas la même taille. Cela permet de tenir compte des temps de propagation des retenues entre les blocs. [[File:Additionneur à sélection de retenue.png|centre|vignette|upright=1|Additionneur à sélection de retenue avec seulement deux blocs.]] Dans les exemples du dessus, chaque sous-additionneur étaient des additionneurs à propagation de retenue. Mais ce n'est pas une obligation, et tout autre type d’additionneur peut être utilisé. Par exemple, on peut faire en sorte que les sous-additionneurs soient eux-mêmes des additionneurs à sélection de retenue, et poursuivre ainsi de suite, récursivement. On obtient alors un '''additionneur à somme conditionnelle''', plus rapide que l'additionneur à sélection de retenue, mais qui utilise beaucoup plus de portes logiques. ===Les additionneurs à anticipation de retenue=== Les '''additionneurs à anticipation de retenue''' accélèrent le calcul des retenues en les calculant sans les propager. Au lieu de calculer les retenues une par une, ils calculent toutes les retenues en parallèle, à partir des bits des opérandes à additionner. Une fois les retenues pré-calculées, il suffit de les additionner avec les deux bits adéquats, pour obtenir le résultat. [[File:Cla4bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Ces additionneurs sont composés de deux parties : * un circuit qui pré-calcule la valeur de la retenue d'un étage ; * et d'un circuit qui additionne les deux bits et la retenue pré-calculée : il s'agit d'une couche d'additionneurs complets simplifiés, qui ne fournissent pas de retenue. [[File:Additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Le circuit qui détermine la valeur de la retenue est lui-même composé de deux grandes parties, qui ont chacune leur utilité. La première partie réutilise des additionneurs qui donnent les signaux de propagation et génération de retenue. L'additionneur commence donc à prendre forme, et est composé de trois parties : * un circuit qui crée les signaux P et G ; * un circuit qui déduit la retenue à partir des signaux P et G adéquats ; * et une couche d'additionneurs qui additionnent chacun deux bits et une retenue. [[File:Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2|Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.]] Il ne nous reste plus qu'à voir comment fabriquer le circuit qui reste. Pour cela, il faut remarquer que la retenue est égale : * à 1 si l'addition des deux bits génère une retenue ; * à 1 si l'addition des deux bits propage une retenue ; * à zéro sinon. Ainsi, l'addition des bits de rangs i va produire une retenue Ci, qui est égale à Gi+(Pi·Ci−1). Si on utilisait cette formule sans trop réfléchir, on retomberait sur un additionneur à propagation de retenue inutilement compliqué. L'astuce des additionneurs à anticipation de retenue consiste à remplacer le terme Ci−1 par sa valeur calculée avant. Par exemple, je prends un additionneur 4 bits. Je dispose de deux nombres A et B, contenant chacun 4 bits : A3, A2, A1, et A0 pour le nombre A, et B3, B2, B1, et B0 pour le nombre B. Si j'effectue les remplacements, j'obtiens les formules suivantes : * C1 = G0 + ( P0 · C0 ) ; * C2 = G1 + ( P1 · G0 ) + ( P1 · P0 · C0 ) ; * C3 = G2 + ( P2 · G1 ) + ( P2 · P1 · G0 ) + ( P2 · P1 · P0 · C0 ) ; * C4 = G3 + ( P3 · G2 ) + ( P3 · P2 · G1 ) + ( P3 · P2 · P1 · G0 ) + ( P3 · P2 · P1 · P0 · C0 ). Ces formules nous permettent de déduire la valeur d'une retenue directement : il reste alors à créer un circuit qui implémente ces formules, et le tour est joué. On peut même simplifier le tout en fusionnant les deux couches d'additionneurs. [[File:4-bit carry lookahead adder.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 4 bits.]] Ces additionneurs sont plus rapides que les additionneurs à propagation de retenue. Ceci dit, utiliser un additionneur à anticipation de retenue sur des nombres très grands (16/32bits) utiliserait trop de portes logiques. Pour éviter tout problème, nos additionneurs à anticipation de retenue sont souvent découpés en blocs, avec soit une anticipation de retenue entre les blocs et une propagation de retenue dans les blocs, soit l'inverse. [[File:64-bit lookahead carry unit.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 64 bits.]] ===L'additionneur à calcul parallèle de préfixes=== Les '''additionneurs à calcul parallèle de préfixes''' sont des additionneurs à anticipation de retenue améliorés pour gagner en performances. Les additionneurs à anticipation de retenue générent des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, sous-entedu 1 bit par opérande. L'optimisation apportée est de générer des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, mais aussi pour des groupes de 2, 3, 4, ..., N bits. Par exemple, il est possible de générer un signal ''P 0 vers 7'', qui précise si la retenue de la seconde colonne est propagée jusqu'à la 7ème colonne ou non. Un autre exemple est un signal de génération qui indique si les colonnes 4 à 7 génèrent une retenue ou non. En clair, les signaux P et G ont maintenant un intervalle, qui précise de quelle colonne vers quelle colonne se fait la propagation, ou entre quelles colonnes se fait la génération. De plus, les signaux pour un intervalle peuvent se calculer en combinant les signaux pour des intervalles plus restreints. Par exemple, pour calculer P pour les colonnes 0 à 10 peuvent se calculer à partir des deux signaux P des colonnes 0-4 et 5-10. Néanmoins, il y a plusieurs manières pour subdiviser les intervalles en intervalles plus petits et combiner le tout. Et elles donnent chacune des additionneurs différent, comme l'additionneur de Ladner-Fisher, l'additionneur de Brent-Kung, l'additionneur de Kogge-Stone, ou tout design hybride. Ils ont des caractéristiques différentes. L'additionneur de Brent-Kung est le plus lent de tous les additionneurs cités, mais c'est celui qui utilise le moins de portes logiques. Les autres ont des performances un peu plus variables, mais utilisent plus de portes logiques. {| |[[File:Additionneur de Kogge-Stone.jpg|vignette|Additionneur de Kogge-Stone.]] |[[File:Additionneur de Ladner-Fisher.jpg|vignette|Additionneur de Ladner-Fisher.]] |} [[File:4bitKoggeStone.svg|vignette|upright=1.5|Additionneur de Kogge-Stone pour 4 bits.]] L'additionneur Kogge-Stone est illustré ci-contre. Il est composé de plusieurs couches de portes logiques. La toute première calcule les signaux P et G pour chaque colonne, comme le ferait un additionneur à anticipation de retenue. Il s'agit de la couche en rouge dans le schéma ci-dessous. Les circuits en jaune combinent ces signaux de manière à calculer les signaux P et G pour plusieurs colonnes. En vert, les circuits calculent la retenue finale. Voici le circuit pour 8 bits : [[File:Kogge-stone-8-bit.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur de Kogge-Stone pour 8 bits.]] ==L'addition signée et la soustraction== Après avoir vu l'addition, il est logique de passer à la soustraction, les deux opérations étant très proches. Si on sait câbler une addition entre entiers positifs, câbler une soustraction n'est pas très compliqué. De plus, la soustraction permet de faire des additions de nombres signés. ===Le soustracteur pour opérandes entiers=== Pour soustraire deux nombres entiers, on peut adapter l'algorithme de soustraction utilisé en décimal, celui que vous avez appris à l'école. Celui-ci ressemble fortement à l'algorithme d'addition : on soustrait les bits de même poids, et on propage éventuellement une retenue sur la colonne suivante. À la différence de l'addition, la retenue est soustraite, et non ajoutée. La table de soustraction nous dit quel est le résultat de la soustraction de deux bits. La voici : * 0 - 0 = 0 ; * 0 - 1 = 1 et une retenue ; * 1 - 0 = 1 ; * 1 - 1 = 0. [[File:Algebra1 05 fig014.svg|centre|vignette|Soustraction en binaire, avec les retenues en rouge.]] La table de soustraction peut servir de table de vérité pour construire un circuit qui soustrait deux bits. Celui-ci est appelé un '''demi-soustracteur'''. Il ressemble beaucoup à un demi-additionneur, les différences se résumant à une porte NON ajoutée pour le calcul de la retenue. [[File:Half Subtractor Vektor.svg|centre|vignette|Demi-soustracteur.]] Comme pour l'additionneur, deux demi-soustracteurs peuvent être combinés pour donner un '''soustracteur complet'''. Le calcul de la retenue se fait en combinant les deux retenues des demi-soustracteurs avec une porte OU. Les soustracteurs complets sont utilisés pour créer des soustracteurs à propagation de retenue ou tout autre circuit soustracteur, sur le même modèle que les additionneurs. [[File:FullSubtractor.svg|centre|vignette|upright=2|Soustracteur complet.]] Vous l'aurez sans doute remarqué, mais le demi-soustracteur ressemble beaucoup au demi-additionneur. La seule différence est une porte NON ajoutée au bon endroit dans le demi-soustracteur. {| |[[File:Half-adder.svg|vignette|Demi-additionneur]] |[[File:Half Subtractor Vektor.svg|vignette|upright=1.3|Demi-soustracteur]] |} La conséquence est qu'il est possible de créer un circuit capable de faire à la fois des additions et des soustractions. L'idée est de remplacer la porte NON du demi-soustracteur par un inverseur commandable. Si on envoie un zéro sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte OUI. Le circuit sera alors identique à un demi-additionneur. Si on envoie un 1 sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte NON. le circuit sera alors un demi-soustracteur. Il faut faire cela pour chaque demi-soustracteur, ce qui donne ceci pour un soustracteur complet. le résultat est alors appelé un '''additionneur-soustracteur complet'''. [[File:Additionneur-soustracteur complet.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur complet]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en complément à deux=== Étudions le cas de la soustraction en complément à deux, dans l'objectif de créer un circuit soustracteur. Vous savez sûrement que a−b et a+(−b) sont deux expressions équivalentes. Et en complément à deux, − b = not(b) + 1. Dit autrement, a − b = a + not(b) + 1. On pourrait se dire qu'il faut deux additionneurs pour faire le calcul, mais la majorité des additionneurs possède une entrée de retenue pour incrémenter le résultat de l'addition. Un soustracteur en complément à deux est donc simplement composé d'un additionneur et d'un inverseur. [[File:Additionneur soustracteur.png|centre|vignette|upright=2|Soustracteur en complément à deux.]] Il est possible de créer un circuit capable d'effectuer soit une addition, soit une soustraction : il suffit de remplacer l'inverseur par un inverseur commandable, qui peut être désactivé. On a vu comment créer un tel inverseur commandable dans le chapitre sur les circuits combinatoires. On peut remarquer que l'entrée de retenue et l'entrée de commande de l'inverseur sont activées en même temps : on peut fusionner les deux signaux en un seul. [[File:Additionneur-soustracteur en complément à deux.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux.]] Une implémentation alternative est la suivante. Elle remplace l'inverseur commandable par un multiplexeur. [[File:4-bit ripple carry adder-subtracter.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux, version alternative.]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en signe-magnitude=== Passons maintenant aux nombres codés en signe-valeur absolue, les deux opérandes étant notées A et B. Suivant les signes des deux opérandes, on a quatre cas possibles : A + B, A − B (B négatif), −A + B (A négatif) et −A − B (A et B négatifs). Une astuce est que le circuit n'a besoin que de calculer A + B et A − B : il peut les inverser pour obtenir − A − B ou B − A. A + B et A − B peuvent se calculer avec un additionneur-soustracteur, reste à corriger le résultat. Il suffit de lui ajouter un inverseur commandable pour obtenir le circuit d'addition finale. [[File:Additionneur en signe-valeur absolue.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur en signe-valeur absolue.]] Toute la difficulté tient dans le calcul du bit de signe du résultat, quand interviennent des soustractions. Autant l'addition de deux nombres de même signe (A + B et −A − B) ne pose aucun problème, autant les soustractions posent problème (A − B et −A + B). Suivant que <math>A<B</math> ou que <math>A>B</math>, le signe du résultat ne sera pas le même. Déterminer le signe du résultat se fait en regardant les bits de débordement d'entier, comme on le verra plus bas. ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en représentation par excès=== Passons maintenant aux nombres codés en représentation par excès. On pourrait croire que ces nombres s'additionnent comme des nombres non-signés, mais ce serait oublier la présence du biais, qui pose problème. Dans les cas de nombres signés gérés avec un biais, voyons ce que donne l'addition de deux nombres : : <math>( n_1 + biais ) + ( n_2 + biais ) = n_1 + n_2 + 2 \times biais</math> Or, le résultat correct serait : : <math>n_1 + n_2 + biais</math> En effectuant l'addition telle quelle, le biais est compté deux fois. On doit donc le soustraire après l'addition pour obtenir le résultat correct. Même chose pour la soustraction qui donne ceci : : <math>(n_1 + biais) - (n_2 + biais) = n_1 - n_2</math> Or, le résultat correct serait : : <math> ( n_1 - n_2 ) + biais </math> Il faut rajouter le biais pour obtenir l'exposant correct. On a donc besoin de deux additionneurs/soustracteurs : un pour additionner/soustraire les représentations binaires des opérandes, et un autre pour ajouter/retirer le biais en trop/manquant. ==L'additionneur BCD== Maintenant, voyons un additionneur qui additionne deux entiers au format BCD. Pour cela, nous allons devoir passer par deux étapes. La première est de créer un circuit capable d'additionneur deux chiffres BCD. Ensuite, nous allons voir comment enchaîner ces circuits pour créer un additionneur BCD complet. ===L'additionneur BCD qui fait l'opération chiffre par chiffre=== Nous allons commencer par voir un additionneur qui additionne deux chiffres en BCD, une sorte d'équivalent BCD de l'additionneur complet. Il fournit un résultat sur 4 bits et une retenue qui est mise à 1 si le résultat dépasse 10 (la limite d'un chiffre BCD). Les deux opérandes sont des chiffres BCD codés sur 4 bits et sont additionnés en binaire par un additionneur des plus normaux, similaire à ceux vus plus haut. Le résultat est alors un entier codé en binaire, sur 5 bits, qu'on corrige/convertit pour obtenir un chiffre BCD et une retenue sortante. Pour corriger le résultat, une idée intuitive serait de prendre le résultat et de faire une division par 10. Le quotient donne la retenue, alors que le reste est le résultat, le chiffre BCD. Mais un circuit diviseur par 10 utilise beaucoup de portes logiques, ce qui ne vaut pas le coup. Une autre méthode détecte si le résultat est égal ou supérieur à 10, ce qui correspond à un "débordement" (on dépasse les limites d'un chiffre BCD). Si le résultat est plus petit que 10, il n'y a rien à faire : le résultat est bon et la retenue est de zéro. Par contre, si le résultat vaut 10 ou plus, il faut corriger le résultat et générer une retenue à 1. Il faut donc ajouter un circuit qui détecte si le résultat est supérieur à 9, qui calcule directement la retenue. Ce circuit peut se fabriquer simplement à partir de sa table de vérité, ou en utilisant les techniques que nous verrons dans un chapitre ultérieur sur les comparateurs. La solution la plus simple est clairement d'utiliser la table de vérité, ce qui est très simple, assez pour être laissé en exercice au lecteur. Pour comprendre comment corriger le résultat, établissons une table de vérité qui associe le résultat et le résultat corrigé. L'entrée vaut au minimum 10 et au maximum 9 + 9 = 18. On considère la sortie comme un tout, la retenue étant un 5ème bit, le bit de poids fort. {|class="wikitable" |- ! colspan="5" | Entrée ! ! rowspan="10" | ! Retenue ! Résultat corrigé (sans retenue) ! interprétation de la sortie en binaire (retenue inclue) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 0 | (10) | 1 || 0000 | (16) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 1 | (11) | 1 || 0001 | (17) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 0 | (12) | 1 || 0010 | (18) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 1 | (13) | 1 || 0011 | (19) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 0 | (14) | 1 || 0100 | (20) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 1 | (15) | 1 || 0101 | (21) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 0 | (16) | 1 || 0110 | (22) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 1 | (17) | 1 || 0111 | (23) |- | 1 || 0 || 0 || 1 || 0 | (18) | 1 || 1000 | (24) |} En analysant le tableau, on voit que pour corriger le résultat, il suffit d'ajouter 6. La raison est que le résultat déborde d'un nibble à 16 en binaire, mais à 10 en décimal : il suffit d'ajouter la différence entre les deux, à savoir 6, et le débordement binaire fait son travail. Donc, la correction après une addition est très simple : si le résultat dépasse 9, on ajoute 6. On peut maintenant implémenter l'additionneur BCD, en combinant le comparateur avec 10, le circuit de correction, et l'additionneur. La première solution calcule deux versions du résultat : la version corrigée, la version normale. Le choix entre les deux est réalisée par un multiplexeur, commandé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD]] L'autre solution utilise un circuit commandable qui soit additionne 6, soit ne fait rien. Le choix entre les deux est commandé par le bit calculé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD, seconde version.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD, seconde version.]] Une version alternative du circuit précédent est la suivante. Il contient deux additionneurs : un pour additionner les deux chiffres BCD, un autre pour additionner 6 si besoin. Le résultat du comparateur est directement utilisé pour générer l'opérande du second additionneur : 0 ou 6. Le circuit est simple à concevoir, mais gaspille beaucoup de circuit. Idéalement, il vaudrait mieux utiliser un circuit combinatoire d'addition avec une constante. [[File:Adder 4 Bit BCD.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur BCD, circuit complet.]] Pour obtenir un additionneur BCD complet, il suffit d’enchaîner les additionneurs précédents, comme on le ferait avec les additionneurs complets dans un additionneur à propagation de retenue. Au final, l'additionneur BCD est beaucoup plus compliqué qu'un additionneur normal, car il rajoute un comparateur ">9", un petit additionneur pour ajouter 6 et éventuellement d'autres circuits. De plus, il est difficile d'appliquer les optimisations disponibles sur les additionneurs non-BCD. Notamment, les circuits d'anticipation de retenue sont totalement à refaire et le résultat est relativement compliqué. C'est ce qui explique pourquoi le BCD a progressivement été abandonné au profit du binaire simple. La soustraction en BCD se fait comme en binaire : le nombre à soustraire est remplacé par son complément, le circuit additionne le complément et l'autre opérande, le débordement d'entier fait que le résultat marche. Sauf qu'ici, le complément est un complément à 9. Il se calcule chiffre par chiffre : chaque chiffre est remplacé par (9 - le chiffre en question). ===L'additionneur BCD par ajustement décimal=== L'additionneur BCD précédent effectuait son travail chiffre BCD par chiffre BCD, mais il existe des additionneurs BCD qui font autrement. Sur les premiers processeurs x86, il n'y avait pas d'opération d'addition BCD proprement dit, seulement une addition binaire normale de 8, 16 ou 32 bits. Par contre, elle était secondée par une opération dite d''''ajustement décimal''' qui transformait un nombre binaire en nombre codé en BCD. L'opération d'ajustement décimal prenait un opérande de 8 bits codé en binaire et fournissait un résultat de la même taille, c'est à dire deux chiffres BCD. Effectuer une addition BCD demandait donc de faire deux opérations à la suite : une addition binaire simple, suivie par l'opération d'ajustement décimal. Cela permettait de gérer des nombres entiers en binaire usuel et des entiers BCD sans avoir deux instructions d'addition séparées pour les deux, sans compter que cela simplifiait aussi les circuits d'addition. L'ajustement décimal s'effectue en ajoutant une constante bien précise à l'opérande à convertir en BCD. L'idée est que la constante est découpée en morceaux de 4 bits, correspondant chacun à un chiffre BCD de l'opérande, chaque morceau contenant soit un 0, soit 6. Cela permet d'ajouter soit 0, soit 6, à chaque chiffre BCD, et donc de le corriger. La propagation des retenues d'un chiffre à l'autre est effectuée automatiquement par l'addition binaire de la constante. L'opération d'ajustement décimal calcule automatiquement la constante. Elle découpe l'opérande en ''nibbles'', vérifie si chaque ''nibble'' est supérieur ou égal à 10, puis détermine la valeur de chaque ''nibble'' de la constante finale. Par exemple, si je prends l'opérande 1001 1110, le ''nibble'' de poids faible déborde, alors que celui de poids fort non. La constante sera donc 0000 0110 : 0x06. Inversement, si le ''nibble'' de poids fort déborde et pas celui de poids faible, la constante sera alors 0x60. Et la constante est de 0x66 si les deux ''nibbles'' débordent, de 0x00 si aucun ne déborde. Le circuit d’ajustement décimal est donc composé de trois étapes : deux étapes pour calculer la constante, et un circuit d'addition pour additionner cette constante au nombre de départ. La première étape découpe l'opérande en morceaux de 4 bits, en chiffres BCD, et vérifie si chacun d'entre eux vaut 10 ou plus. La seconde étape prend les résultats de la première étape, et les combine pour calculer la constante. Enfin, on trouve l'addition finale, qui était réalisée par un circuit d'addition utilisé à la fois pour l'ajustement décimal et l'addition binaire. La différence entre une addition normale et une opération d'ajustement décimal tient dans le fait que les deux premières étapes sont désactivées dans une addition normale. [[File:Additionneur BCD parallèle.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD parallèle]] ===L'additionneur biquinaire=== Les entiers BCD ne sont qu'un des encodages hybrides entre décimal et binaire. L'encodage biquinaire est l'un d'entre eux et nous allons faire un rappel rapide à ce sujet. Pour simplifier, un chiffre encodé en biquinaire est composé de deux parties : un bit, couplé à une partie quinaire encodée en représentation ''one-hot''. La partie quinaire encode un nombre allant de 0 à 4, ce qui prend 5 bits (0, 1, 2, 3 et 4). Le bit indique s'il faut ou non ajouter 5 à la valeur encodée par la partie quinaire. Ainsi, on peut coder tous les nombres de 0 à 9. Additionner deux nombres de biquinaire demande donc d'additionner deux parties quinaires encodées en ''one-hot'' et d'additionner deux bits. Mais attention : il faut tenir compte de la retenue de l'addition des parties quinaires. Et idéalement, il faut aussi tenir compte d'une retenue entrante, provenant de l'addition de la colonne de chiffres précédente. Toute la difficulté vient de la création de l'additionneur ''one-hot''. Heureusement, vu qu'il n'y a que 4-5 bits à additionner, il est souvent fabriqué à partir de sa table de vérité. [[File:Additionneur bi-quinaire.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur bi-quinaire]] Un avantage du biquinaire est que le calcul du complément à 9 est très simple. Il faut pour cela : inverser la partie binaire avec une porte NON, puis inverser l'ordre des bits de la partie quinaire. Concrètement, le bit de poids faible devient le bit de poids fort, et ainsi de suite. Par exemple, une partie quinaire 01000 devient 00010, 10000 devient 00001, 00100 ne change pas, etc. Le tout peut se calculer avec une porte NON et 5 multiplexeurs. ===L'additionneur BCD avec calculs intermédiaires en biquinaire=== L'ordinateur IBM 1401, un ancien ''mainframe'' des années 60, utilisait un additionneur BCD un peu particulier. Les nombres étaient encodés en BCD dans la mémoire de l'ordinateur, mais les circuits de calcul utilisaient la représentation biquinaire. Lors d'un calcul, le processeur de l'ordinateur traduisait les chiffres BCD en représentation biquinaire, faisait une addition en biquinaire, avant de traduire le résultat en BCD normal. Pour être précis, l'IBM 1401 utilisait une variante du biquinaire. L'encodage biquinaire de l'IBM 1401 est le suivant : la partie binaire disait si le chiffre était pair ou non, la partie quinaire encodait les valeurs 0, 2, 4, 6 et 8. Le chiffre se calculait en additionnant la partie binaire (0 ou 1) au nombre pair encodé par la partie quinaire. Si l'IBM 1401 utilisait cette variante du biquinaire, c'est car elle donnait des circuits de conversion BCD-biquinaire plus économes en portes logiques et plus rapides. La partie binaire est le bit de poids faible du chiffre BCD, la partie biquinaire est calculée par un simple décodeur qui prend en entrée le chiffre BCD, amputé de son bit de poids faible. La traduction inverse demande d'utiliser un encodeur, à la place du décodeur. Par contre, le circuit d'addition biquinaire était plus compliqué du fait de la gestion des retenues. L'addition des parties binaires et quinaires se faisait en parallèle, dans deux additionneurs séparés. Cependant, l'addition des parties binaire fournit une retenue, qu'il faut prendre en compte. Pour cela, l'IBM 1401 disposait d'un troisième additionneur qui fournissait le résultat final, encodé en biquinaire. [[File:Additionneur bi-quinaire de l'IBM 1401.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur biquinaire de l'IBM 1401]] Une implémentation moderne demanderait d'utiliser des portes ET combinées à des portes OU, le circuit pouvant être construit simplement à partir de sa table de vérité. Sur l'IBM 1401, le circuit était cependant différent, en raison de l'utilisation de OU câblés, des croisements de fils qui fonctionnent comme des portes OU, que nous n'avons pas encore vu pour le moment, mais qui seront détaillés dans quelques chapitres. Les OU câblés étaient utilisés pour simplifier le design du circuit, mais demandaient des portes logiques spécifiques, ce qui collait avec le fait que ce ''mainframe'' utilisait des transistors en Germanium. L'implémentation exacte est décrite dans cet article de blog, mais je ne recommande sa lecture qu'à ceux qui savent ce qu'est un OU câblé : * [https://www.righto.com/2015/10/qui-binary-arithmetic-how-1960s-ibm.html Qui-binary arithmetic: how a 1960s IBM mainframe does math]. ==Les débordements d'entier lors d'une addition/soustraction== Les instructions arithmétiques manipulent des entiers codés sur un nombre fixe de bits, qui ne peuvent prendre leurs valeurs que dans un intervalle. Pour les nombres positifs, un ordinateur qui code ses entiers sur n bits pourra coder tous les entiers allant de 0 à <math>2^n -1</math>. Pour les nombres négatifs, l'intervalle est différent et dépend de la représentation utilisée. Dans le cas général, l'ordinateur peut coder les valeurs comprises de <math>N_\text{min}</math> à <math>N_\text{max}</math>. Si le résultat d'un calcul sort de cet intervalle, il ne peut pas être représenté par l'ordinateur et il se produit ce qu'on appelle un '''débordement d'entier'''. La '''valeur haute de débordement''' désigne la première valeur qui est trop grande pour être représentée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 0 et 7, la valeur haute de débordement est égale à 8. On peut aussi définir la '''valeur basse de débordement''', qui est la première valeur trop petite pour être codée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 8 et 250, la valeur basse de débordement est égale à 7. Pour les nombres entiers, la valeur haute de débordement vaut <math>N_\text{max} + 1</math> , alors que la valeur basse vaut <math>N_\text{min} - 1</math> (avec <math>N_\text{max}</math> et <math>N_\text{min}</math> respectivement la plus grande et la plus petite valeur codable par l'ordinateur). ===La correction des débordements d'entier : l'arithmétique saturée=== Quand un débordement d'entier survient, tous les circuits de calcul ne procèdent pas de la même manière. Dans les grandes lignes, il y a deux réactions possibles : soit on corrige automatiquement le résultat du débordement, soit on ne fait rien et on se contente de détecter le débordement. Si le débordement n'est pas corrigé automatiquement, le circuit ne conserve que les bits de poids faibles du résultat. Les bits en trop sont simplement ignorés. On dit qu'on utilise l''''arithmétique modulaire'''. Le problème avec ce genre d'arithmétique, c'est qu'une opération entre deux grands nombres peut donner un résultat très petit. Par exemple, si je dispose de registres 4 bits et que je souhaite faire l'addition 1111 + 0010 (ce qui donne 15 + 2), le résultat est censé être 10001 (17), ce qui est un résultat plus grand que la taille d'un registre. En conservant les 4 bits de poids faible, j’obtiens 0001 (1). En clair, un résultat très grand est transformé en un résultat très petit. Cela peut poser problèmes si on travaille uniquement avec des nombres positifs, mais c'est aussi utilisé pour coder des nombres en complément à deux. D'autres circuits utilisent ce qu'on appelle l''''arithmétique saturée''' : si un calcul génère un débordement, on arrondi le résultat au plus grand entier supporté par le circuit. Les circuits capables de calculer en arithmétique saturée sont un peu plus complexes, vu qu'il faut rajouter des circuits pour corriger le résultat en cas de débordement. Il suffit généralement de rajouter un ''circuit de saturation'', qui prend en entrée le résultat et le corrige en cas de débordement. Ce circuit de saturation met la valeur maximale en sortie si un débordement survient, mais se contente de recopier le résultat du calcul sur sa sortie s'il n'y a pas de débordement. Typiquement, il est composé d'une couche de multiplexeurs, qui sélectionnent quelle valeur mettre sur la sortie : soit le résultat du calcul, soit le plus grand nombre entier géré par le processeur, soit le plus petit (pour les nombres négatifs/soustractions). L'arithmétique saturée est utilisée pour les additions et soustractions, mais c'est plus rare pour les multiplications/divisions. Une des raisons est que le résultat d'une addition/soustraction prend un bit de plus que le résultat, là où les multiplications doublent le nombre de bits. Quand une addition déborde, le résultat réel est proche de la valeur maximale codable. mais quand une multiplication déborde, le résultat peut parfois valoir 200 à 60000 fois plus que la valeur maximale codable. Les calculs avec une valeur saturée/corrigée sont donc crédibles pour une suite d'additions, mais pas pour une suite de multiplications. ===La détection des débordements entiers=== Quand un débordement d'entier a eu lieu, il vaut mieux que l'additionneur prévienne ! Pour cela, l'additionneur a une '''sortie de débordement''', parfois nommée ''Overflow'', dont la valeur indique si l'addition a généré un débordement d'entier ou non. Reste que détecter un débordement ne se fait pas de la même manière selon que l'on parle d'un additionneur non-signé ou signé. Pour les additionneur non-signés, l'additionneur calcule un bit de plus que ce qui est supporté par l'ordinateur. Par exemple, un additionneur 32 bits fournit un résultat sur 33 bits, un débordement d'entier a lieu quand le 33ème bit est à 1. Précisément, la sortie de débordement n'est autre que la retenue finale, celle fournie par le dernier additionneur complet. Le seul type de débordement possible est un débordement par le haut, où le résultat dépasse la valeur maximale. Avec l'arithmétique saturée, le circuit de saturation consiste en une seule couche de multiplexeurs, voire en un circuit de mise à la valeur maximale tel que vu dans le chapitre sur les opérations bits à bits. [[File:Gestion des débordements d'entiers.png|centre|vignette|upright=2.5|Gestion des débordements d'entiers lors d'une addition non-signée.]] Pour les additionneurs non-signés, la gestion des débordements d'entiers dépend fortement de la représentation signée. Nous allons étudier le cas du complément à deux. Si vous vous rappelez le chapitre 1, les calculs sur des nombres en complètement à deux utilisent les règles de l'arithmétique modulaire, c'est une condition nécessaire. À priori, on peut penser que dans ces conditions, les débordements d'entiers sont une chose parfaitement normale, qui nous permet d'avoir des résultats corrects. Néanmoins, certains débordements d'entiers peuvent survenir malgré tout et produire des bugs assez ennuyeux. Si l'on tient en compte les règles du complément à deux, on sait que le bit de poids fort (le plus à gauche) permet de déterminer si le nombre est positif ou négatif : il indique le signe du nombre. Tout se passe comme si les entiers en complément à deux étaient codés sur un bit de moins, et avaient leur longueur amputé du bit de poids fort. Si le résultat d'un calcul écrase le bit de poids fort, il y a un débordement d'entiers. Il existe une règle simple qui permet de détecter ces débordements d'entiers. L'addition de deux nombres positifs ne peut pas être un nombre négatif. Si on additionne deux nombres dont le bit de signe est à 0 et que le bit de signe du résultat est à 1, on est en face d'un débordement d'entiers. Même chose pour deux nombres négatifs : le résultat de l'addition ne peut pas être positif. On peut résumer cela en une phrase : si deux nombres de même signe sont ajoutés, un débordement a lieu quand le bit du signe du résultat a le signe opposé. Modifier les circuits d'au-dessus pour qu'ils détectent les débordements en complément à deux est simple comme bonjour : il suffit créer un petit circuit combinatoire qui prenne en entrée les bits de signe des opérandes et du résultat, et qui fasse le calcul de l'indicateur de débordements. Si l'on rédige sa table de vérité, on doit se retrouver avec la table suivante : {|class="wikitable" |- !Entrées !Sortie |- |000||0 |- |001||1 |- |010||0 |- |011||0 |- |100||0 |- |101||0 |- |110||1 |- |111||0 |} L'équation de ce circuit est la suivante, avec <math>S_a</math> et <math>S_b</math> les signes des deux opérandes, et <math>C_i</math> la retenue de la colonne précédente : : <math> ( S_a . S_b . \overline{C_i} ) + ( \overline{S_a} . \overline{S_b} . C_i )</math> En simplifiant, on obtient alors : : <math>( S_a . S_b ) \oplus C_i</math> Or, il se trouve que <math>S_a . S_b</math> est tout simplement la retenue en sortie du dernier additionneur, que nous noterons <math>C_o</math>. On trouve donc : : <math>C_o \oplus C_i</math> Il suffit donc de faire un XOR entre la dernière retenue et la précédente pour obtenir le bit de débordement. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de décalage et de rotation | prevText=Les circuits de décalage et de rotation | next=Les circuits de comparaison | nextText=Les circuits de comparaison }} </noinclude> rev2cssi87kctzell2t9w9n6u5g5uqu 768199 768198 2026-06-20T14:54:52Z Mewtow 31375 /* L'additionneur complet basé sur une modification de la retenue sortante */ 768199 wikitext text/x-wiki Dans ce chapitre, nous allons voir les circuits capables de faire une addition ou une soustraction, ainsi que quelques circuits spécialisés. Précisons cependant que les fabricants de processeurs travaillent d'arrache-pied pour trouver des moyens de rendre ces circuits de calcul plus rapides et plus économes en énergie. Autant vous dire que les circuits que vous allez voir sont vraiment des circuits qui font pâle figure comparé à ce que l'on peut trouver dans un vrai processeur commercial ! ==Les circuits pour additionner 2 ou 3 bits== L'addition se fait en binaire de la même manière qu'en décimal. On additionne les chiffres/bits colonne par colonne, une éventuelle retenue est propagée à la colonne d'à côté. La soustraction fonctionne sur le même principe, sur le même modèle qu'en décimal. [[File:Binary Addition Demonstration.svg|centre|vignette|Exemple d'addition en binaire.]] En clair, additionner deux nombres demande d'additionner 2 bits et une retenue sur chaque colonne, et de propager les retenues d'une colonne à l'autre. La propagation des retenues est quelque chose de simple en apparence, mais qui est sujet à des optimisations extraordinairement nombreuses. Aussi, pour simplifier l'exposition, nous allons voir comment gérer une colonne avant de voir comment sont propagées les retenues. En effet, tout additionneur est composé d'additionneurs plus simples, capables d'additionner deux ou trois bits suivant la situation. Ceux-ci gèrent ce qui se passe sur une colonne. ===Le demi-additionneur et l'additionneur complet=== Un additionneur deux bits implémente la table d'addition, qui est très simple en binaire. Jugez plutôt : * 0 + 0 = 0, retenue = 0 ; * 0 + 1 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 0 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 1 = 0, retenue = 1. Un circuit capable d'additionner deux bits est donc simple à construire avec les techniques vues dans les premiers chapitres. On voit immédiatement que la colonne des retenues donne une porte ET, alors que celle du bit de somme est calculé par un XOR. Le circuit obtenu est appelé un '''demi-additionneur'''. {| class="flexible" |[[File:1-bit half-adder.svg|class=transparent|centre|Demi-addtionneur.]] |[[File:Half-adder.svg|centre|class=transparent|Circuit d'un demi-addtionneur.]] |} [[File:Full Adder Block.svg|vignette|upright=1|class=transparent|Additionneur complet.]] Si on effectue une addition en colonne, on doit additionner les deux bits sur la colonne, mais aussi additionner une éventuelle retenue. Il faut donc créer un circuit qui additionne trois bits : deux bits de données, plus une retenue. Il fournit en sortie deux bits : un bit de somme et une retenue sortante. Ce circuit qui additionne trois bits est appelé un '''additionneur complet'''. Voici sa table de vérité : {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- ||0||0||0|| ||0||0 |- ||0||0||1|| ||0||1 |- ||0||1||0|| ||0||1 |- ||0||1||1|| ||1||0 |- ||1||0||0|| ||0||1 |- ||1||0||1|| ||1||0 |- ||1||1||0|| ||1||0 |- ||1||1||1|| ||1||1 |} Il est possible d'utiliser un tableau de Karnaugh pour traduire la table de vérité, mais elle donne un résultat légèrement sous-optimal. D'autres méthodes donnent des résultats plus compréhensibles. Nous allons les détailler dans ce qui suit. ===L'additionneur complet conçu avec deux demi-additionneurs=== La solution plus simple consiste à enchaîner deux demi-additionneurs : un qui additionne les deux bits de données, et un second qui additionne la retenue au résultat. La retenue finale se calcule en combinant les sorties de retenue des deux demi-additionneurs, avec une porte OU. Pour vous en convaincre, établissez la table de vérité de ce circuit, vous verrez que ça marche. {| class="flexible" |[[File:Full Adder Modules.svg|class=transparent|Composition d'un additionneur complet. On voit bien que celui-ci est composé de deux demi-additionneurs, en rouge et en bleu, auxquels on a ajouté une porte OU pour calculer la retenue finale.]] |[[File:Full-adder.svg|300px|class=transparent|Circuit d'un additionneur complet.]] |} Le circuit de calcul de la retenue peut être remplacé par une '''porte à majorité''', mais cette possibilité n'est presque jamais utilisée, on lui préfère le circuit à trois portes logiques. [[File:Additionneur crée avec une porte à majorité.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec une porte à majorité]] Les autres implémentations de l'additionneur complet que nous allons voir sont des dérivés de ce circuit, auquel on a appliqué quelques simplifications. Les simplifications portent surtout sur le circuit de calcul de la retenue. En effet, le calcul de la retenue doit absolument être le plus rapide possible,vu que la propagation des retenues est le point limitant pour les performances d'un additionneur. ===L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue=== L'additionneur complet précédent est de loin le plus simple, le plus évident. Il est utilisé dans les additionneurs simples, peu performants. Mais il existe d'autres implémentations, utilisées dans des additionneurs performants, qui sont terriblement importantes pour la suite du chapitre. Ces additionneurs performants cherchent à calculer la retenue le plus rapidement possible. Par contre, le bit de somme est toujours calculé avec deux portes XOR, cela ne change pas. Pour comprendre comment ils fonctionnent, regardons ce que vaut la retenue sortante en fonction de la retenue entrante, en analysant la table de vérité de l'additionneur complet. Il y a trois cas, qui dépendent de la valeur des deux bits additionnés, nommés A et B. Si les deux bits sont différents, la retenue sortante est égale à la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est propagée sur la sortie de retenue. Cependant, il y a aussi deux cas où la retenue n'est pas propagée : celui où la retenue sortante est forcée à 1, et celui où elle est forcée à 0, peu importe la valeur de la retenue entrante. Dans le premier cas, l'addition donne une retenue à 1, quelle que soit la retenue envoyée en entrée (sous-entendu, même si celle-ci vaut 0). On dit que la retenue sortante est générée. Dans le cas inverse, la retenue sortante est forcée à 0, peu importe la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est absorbée. Il y a cependant une petite ambiguïté à dire que la retenue a été propagée, absorbée ou générée. En effet, prenons le cas où la retenue sortante et entrantes valent toutes deux 0 : est-ce que la retenue a été propagée ou bien absorbée, ou les deux ? Idem quand les deux retenues sont à 1. Il y a un choix arbitraire à faire dans ce genre de cas, pour la plupart des lignes de la table de vérité. Cependant, il y a un choix bien précis qui est supérieur aux autres, et c'est celui qui est présenté dans le tableau suivant. Les lignes rouge correspondent à une retenue propagée, celles en bleu à une retenue absorbée, celle en vert à une retenue générée. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_rouge" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_bleu" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||1|| ||1||1 |} Avec ce choix, on peut déterminer si la retenue est propagée, absorbée ou générée, sans tenir compte de la retenue elle-même. On peut déterminer dans quel cas on est seulement en regardant les bits d'opérandes nommés A et B. * La retenue est propagée si les deux bits d'opérande sont différents. * La retenue est générée si les deux bits d'opérande sont à 1. * La retenue est absorbée si les deux bits d'opérande sont à 0. On peut donc détecter si une retenue est générée, absorbée ou propagée avec une simple porte logique : un ET entre les deux bits d'opérande pour la génération, un NOR pour l'absorption, un XOR pour la propagation. L'additionneur que nous allons voir détermine si la retenue est propagée, absorbée ou générée, et calcule la retenue sortante en fonction de ça. Il génère deux bits, nommés P et G : P pour ''Propagate'', G pour ''Generate''. Le bit P indique que la retenue entrante doit être propagée ou non : il est mis à 1 pour propager la retenue entrante, à 0 si elle ne doit pas être propagée. Le bit G indique si une retenue a été générée ou non : 1 si une retenue générée, 0 sinon. Une retenue est considérée comme absorbée si elle n'est pas ni propagée ni générée, pas besoin d'un troisième bit pour gérer ce cas. Pour rappel, la retenue est propagée si les deux bits sont différents, n'est pas propagée s'ils sont identiques. Déterminer si deux bits sont identiques ou différents est le comportement d'une banale porte XOR. Le bit P est donc généré par une simple porte XOR. Quant au bit G, il est à 1 si les deux bits d'opérandes sont à 1, ce qui correspond à une porte ET. Il existe des pseudo-additionneurs qui ne calculent pas la retenue sortante et fournissent à la place les signaux P et G, en plus du résultat. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur P/G''' (P/G pour propagation/génération). Ils sont très utiles pour créer des additionneurs dits "à anticipation de retenue", comme on le verra dans la suite du chapitre. {| class="flexible" | [[File:FulladderPG.png|Additionneur P/G : entrées et sorties.]] | [[File:Partial Full-Adder.svg|class=transparent|Additionneur P/G : circuit de génération des signaux P et G.]] |} Pour créer un additionneur complet avec cette méthode, il faut ajouter un circuit qui calcule la retenue sortante à partir des bits P et G. La retenue finale vaut 1 soit quand la retenue est générée, soit quand la retenue d'entrée vaut 1 et qu'elle est propagée. La traduction en équation logique; puis en circuits, donne un circuit strictement identique à celui basé sur deux demi-additionneurs... Vous remarquerez que les signaux P et G sont calculés par le premier demi-additionneur. [[File:Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.png|class=transparent|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.]] Une méthode alternative utilise un multiplexeur pour la retenue. L'idée est que si la retenue est propagée, alors il suffit de recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. Par contre, si elle n'est pas propagée, la retenue sortante est calculée par un circuit, en l'occurrence celui qui dit si une retenue à été générée ou non. Le choix entre les deux se fait avec un multiplexeur, commandé par le bit P. [[File:Additionneur crée avec un multiplexeur.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec un multiplexeur]] Le circuit exact est celui-ci : [[File:Additionneur complet basé sur un MUX.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet basé sur un MUX]] Le circuit semble utiliser plus de portes logiques que l'additionneur complet précédent. Cependant, nous verrons dans quelques chapitres qu'il est possible d'implémenter un multiplexeur avec seulement 6 transistors, voire moins ! L'implémentation utilise des portes à transmission, mais nous en reparlerons dans le chapitre sur les transistors, quand nous verrons les additionneurs à ''Manchester Carry Chain''. Au passage, une variante de ce circuit a été utilisée dans le processeur processeur 8086 d'Intel, comme on le verra dans le chapitre suivant. ===L'additionneur complet basé sur une modification de la retenue sortante=== L'additionneur précédent calcule la retenue sortante à partir de la retenue entrante. L'additionneur que nous allons voir fait quelque chose d'assez différente : il calcule le *bit de somme* à partir de la retenue sortante. En effet, le bit de somme est l'inverse de la retenue sortante, sauf dans deux cas : les trois bits d'entrée sont à 0, où ils sont tous à 1. Le bit de somme vaut 0 dans le premier cas, 1 dans le second cas. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_vert" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||1|| ||1||1 |} L'implémentation en circuit demande donc trois choses : * de calculer la retenue sortante et de quoi l'inverser ; * un circuit qui vérifie si tous les bits opérande valent 0 : une porte NOR ou OU fait l'affaire ; * un circuit qui vérifie s'ils valent tous 1, à savoir une porte ET. Ensuite, on combine le résultat des trois circuits précédents pour obtenir le résultat final. La combinaison est le fait du circuit en jaune dans le schéma ci-dessous. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue]] Le circuit en jaune est assez simple. Quand la porte ET sort un 1, la sortie doit être forcée à 1. Par contre, quand la porte OU sort un zéro, la sortie doit être forcée à 0. Il suffit donc d'enchainer un circuit de mise à 1 et un circuit de mise à 0. Nous avons vu dans le chapitre sur les opérations de masquage qu'il s'agit respectivement d'une porte OU et d'une porte ET. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet]] Divers processeurs utilisaient des additionneurs complets de ce type : le fameux Z80, l'Intel 4004 et de l'Intel 8008 sont les exemples les plus notables. Pourtant, on pourrait s'étonner qu'un tel circuit ait existé. Il utilise beaucoup de portes logiques, a une profondeur logique supérieure : il n'a rien d'avantageux. Sauf qu'il était utilisé sur d'anciens processeurs, qui utilisaient la technologie dite TTL, différente de la technologie CMOS des transistors modernes. Et avec la technologie TTL, il est possible de fusionner plusieurs portes logiques ET et NOR en une seule porte logique ET/OU/NON ! Un additionneur complet construit ainsi ne prenait que deux portes logiques : une pour le calcul de la retenue sortante, une autre pour le reste du circuit. ==L'addition non signée== Voyons maintenant un circuit capable d'additionner deux nombres entiers: l''''additionneur'''. Dans la version qu'on va voir, ce circuit manipulera des nombres strictement positifs. L'addition des nombres codés en complètement à deux sera vu dans une section ultérieure. ===L'additionneur série=== Il est possible d'additionner deux nombres bit par bit,colonne par colonne, avec un additionneur complet. Cela demande de coupler un additionneur complet avec plusieurs registres à décalages. Les opérandes sont placées chacune dans un registre à décalage, afin de passer d'un bit au suivant, d'une colonne à la suivante, à chaque cycle. Même chose pour le résultat, qui a sont propre registre à décalage. La retenue de l'addition est stockée dans une bascule de 1 bit, en attente du prochain cycle d'horloge. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur série'''. [[File:Additionneur série.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur série.]] L'additionneur série a été utilisé sur d'anciens prototypes dans les années 50-60, et quelques ordinateurs commerciaux très rares. ===L'additionneur à propagation de retenue=== L'additionneur à propagation de retenue pose l'addition comme en décimal, en additionnant les bits colonne par colonne avec une éventuelle retenue. Évidemment, on commence par les bits les plus à droite, comme en décimal. Il suffit ainsi de câbler des additionneurs complets les uns à la suite des autres. Notons la présence de la retenue sortante, qui est utilisée pour détecter les débordements d'entier, ainsi que pour d'autres opérations. Le bit de retenue final est souvent stocké dans un registre spécial du processeur (généralement appelé ''carry flag''). [[File:Ripplecarryadder.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à propagation de retenue.]] Notez aussi, sur le schéma précédent, la présence de l’entrée de retenue <math>\text{R}_\text{Entrée}</math> sur l'additionneur. L'additionneur le plus à droite est bien un additionneur complet, et non un demi-additionneur,c e qui fait qui l'additionneur a une entrée de retenue. Tous les additionneurs ont une entrée de retenue de ce type. Elle est très utile pour l'implémentation de certaines opérations comme l'inversion de signe, la soustraction, l'incrémentation, etc. Certains processeurs sont capables de faire une opération appelée ADC, ADDC ou autre nom signifiant ''Addition with Carry'', qui permet de faire le calcul A + B + Retenue (la retenue en question est la retenue sortante de l'addition précédente, stockée dans le registre ''carry flag''). Son utilité principale est de permettre des additions d'entiers plus grands que ceux supportés par le processeur. Par exemple, cela permet de faire des additions d'entiers 32 bits sur un processeur 16 bits. [[File:Adder Network 3 Bit Sum Delay 003.svg|vignette|upright=0.5|Propagation de retenue dans l'additionneur.]] L'avantage est qu'il utilise très peu de portes logiques et est assez économe en transistors, ce qui fait qu'il était utilisé sur certains processeurs 8 et 16 bits assez anciens. Bien que très simple, cet additionneur est cependant peu performant. Le temps de calcul est proportionnel à la taille des opérandes. Par exemple, additionner deux nombres de 32 bits prendra deux fois plus de temps que l'addition de deux nombres de 16 bits. La raison est que le calcul des retenues s'effectue en série, l'une après l'autre. En effet, chaque additionneur doit attendre que la retenue de l'addition précédente soit disponible pour donner son résultat. Les retenues doivent se propager à travers le circuit, du premier additionneur jusqu'au dernier. L'addition étant une opération fréquente, il vaut mieux utiliser d'autres méthodes d'addition, plus rapides. Pour cela, les autres additionneurs utilisent diverses optimisations : calculer les retenues en parallèle, éliminer certaines opérations inutiles quand c'est possible, accélérer le calcul de la retenue avec des techniques d'anticipation de retenue, etc. Mais ces optimisations demandent d'utiliser plus de circuits, quitte à gagner quelque peu en rapidité. Si on met de côté les additionneurs de type ''Manchester carry chain'', qu'on ne peut pas encore expliquer à ce stade du cours, il existe plusieurs solutions, qui donnent respectivement les additionneurs à saut de retenue, à sélection de retenue, et à anticipation de retenue. Nous allons les voir dans les sections suivantes. ===Les accélérations de la propagation de retenue=== [[File:Full-adder-4bits-serial-CEI.svg|vignette|upright=0.5|Additionneur 4 bits, un bloc.]] Dans cette section, nous allons voir quelques additionneurs qui visent à accélérer la propagation de la retenue, mais en gardant la base de l'additionneur de propagation de retenue. Avant de poursuivre, partons du principe que l'additionneur est conçu en assemblant des additionneurs à plus simples, qui additionnent environ 4 à 5 bits, parfois plus, parfois moins. Ces additionneurs simples seront nommés ''blocs'' dans ce qui suit, et l'un d'entre eux est illustré ci-contre. Chaque bloc prend en entrée un morceau des deux opérandes à additionner, mais aussi une retenue d'entrée. Il fournit en sortie un résultat codé sur 4/5 bits, mais aussi une retenue sortante. Dans un bloc, la retenue sortante est plus ou moins calculée à part du résultat. L'enjeu est de calculer la retenue sortante d'un bloc rapidement, plus rapidement qu'un additionneur à propagation de retenue. Le calcul du résultat n'a pas besoin d'être accéléré, on garde des additionneurs à propagation de retenue. En enchaînant plusieurs blocs les uns à la suite des autres, la retenue sortante d'un bloc est connectée sur l'entrée de retenue du bloc suivant, la retenue est propagée d'un bloc au suivant. Les blocs sont tous identiques dans le cas le plus simple, mais il est possible d'utiliser des blocs de taille variable. Par exemple, le premier bloc peut avoir des opérandes de 6 bits, le second des opérandes de 7 bits, etc. Faire ainsi permet de gagner un petit peu en performances, si la taille de chaque bloc est bien choisie. La raison est une question de temps de propagation des retenues. La retenue met plus de temps à se propager à travers 8 blocs qu'à travers 4, ce qui prend plus de temps qu'à travers 2 blocs, etc. En tenir compte fait que la taille des blocs tend à augmenter ou diminuer quand on se rapproche des bits de poids fort. ====Le calcul parallèle de la retenue==== [[File:4008 Functional Diagram.svg|vignette|upright=1|4008 Functional Diagram]] L'optimisation la plus évidente est de calculer la retenue sortante en parallèle de l'addition. Chaque bloc contient, à côté d'un additionneur proprement dit, un circuit qui calcule la retenue sortante. Il existe de nombreuses manières de calculer la retenue sortante. La plus simple consiste à établir la table de vérité de l'entrée de retenue et d'utiliser les techniques du chapitre sur les circuits combinatoires. Cela marche si les blocs sont de petite taille, mais elle devient difficile si le bloc a des opérandes de 2/3 bits ou plus. Mais des techniques alternatives existent. Un exemple est celui de l'additionneur CMOS 4008, un additionneur de 4 bit. Il est intéressant de voir comment fonctionne ce circuit. Aussi, voici son implémentation. Le circuit est décomposé en trois sections. Une première couche de demi-additionneurs, le circuit de calcul de la retenue sortante, le reste du circuit qui calcule l'addition en propageant les retenues. Le circuit de calcul de la retenue sortante prend les résultats des demi-additionneurs, et les utilise pour calculer la retenue sortante. C'est là une constante de tous les circuits qui vont suivre. [[File:CMOS 4008, circuit découpé en sections.png|centre|vignette|upright=1.5|CMOS 4008, circuit découpé en sections]] Le point important à comprendre est que les demi-additionneurs génèrent les signaux P et G, qui disent si l'additionneur propage ou génère une retenue. Ces signaux sont alors combinés pour déterminer la retenue sortante. La méthode de combinaison des signaux P et G dépend fortement de l'additionneur utilisé. La méthode utilisée sur le 4008 utilise à la fois les signaux P et G, ce qui fait que c'est un hybride entre un additionneur à propagation de retenue, et un additionneur à anticipation de retenue qui sera vu dans la suite du chapitre. Mais il existe des techniques alternatives pour calculer la retenue sortante. ====L'additionneur à saut de retenue==== L''''additionneur à saut de retenue''' (''carry-skip adder'') est un additionneur dont le temps de calcul est variable. Le calcul prendra quelques cycles d'horloges avec certains opérandes, tandis qu'il sera aussi long qu'avec un additionneur à propagation de retenue avec d'autres. Il n'améliore pas le pire des cas, dans lequel la retenue doit être propagée du début à la fin, du bit de poids faible au bit de poids fort. Mais dans les autres cas, le circuit détecte quand le résultat de l'addition est disponible, quand la retenue a fini de se propager. Il permet d'avoir le résultat en avance, plutôt que d'attendre suffisamment pour couvrir le pire des cas. L'additionneur à saut de retenue est lui aussi composé de blocs qui additionnent 4/5 bits. Il peut, sous certaines conditions, sauter complètement la propagation de la retenue dans le bloc. L'idée est de calculer si un bloc génère une retenue sortante, ou si la retenue entrante est simplement propagée. Dans le second cas, le bloc ne fait que recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. La propagation de retenue entre blocs est alors skippée (mais elle a quand même lieu). Si une retenue est générée dans le bloc, on envoie cette retenue sur la retenue sortante. Le choix entre les deux est le fait d'un multiplexeur. [[File:Carry skip adder, principe de base.png|centre|vignette|upright=2.5|Carry skip adder : principe de base]] Toute la difficulté est de savoir comment commander le multiplexeur. Pour cela, on doit savoir si le circuit propage une retenue ou non. Le bloc propage une retenue si chaque additionneur complet propage la retenue. Les additionneurs complets doivent donc fournir le résultat, mais aussi indiquer s'ils propagent la retenue d'entrée ou non. Le signal de commande du multiplexeur est généré assez simplement : il vaut 1 si tous les additionneurs complets du bloc propagent la retenue précédente. C'est donc un vulgaire ET entre tous ces signaux. [[File:Additionneur à saut de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Calcul de la commande du MUX.]] L'additionneur à saut de retenue est construit en assemblant plusieurs blocs de ce type. [[File:BCSAdder16Bit.svg|centre|vignette|upright=3|Additionneur à saut de retenue.]] ====L'additionneur à sélection de retenue==== L''''additionneur à sélection de retenue''' utilise aussi des blocs, comme les additionneurs précédents. L'addition se fait en deux versions : une avec la retenue du bloc précédent valant zéro, et une autre version avec la retenue du bloc précédent valant 1. Il suffira alors de choisir le bon résultat avec un multiplexeur, une fois cette retenue connue. On gagne ainsi du temps en calculant à l'avance les valeurs de certains bits du résultat, sans connaître la valeur de la retenue. Petit détail : sur certains additionneurs à sélection de retenue, les blocs de base n'ont pas la même taille. Cela permet de tenir compte des temps de propagation des retenues entre les blocs. [[File:Additionneur à sélection de retenue.png|centre|vignette|upright=1|Additionneur à sélection de retenue avec seulement deux blocs.]] Dans les exemples du dessus, chaque sous-additionneur étaient des additionneurs à propagation de retenue. Mais ce n'est pas une obligation, et tout autre type d’additionneur peut être utilisé. Par exemple, on peut faire en sorte que les sous-additionneurs soient eux-mêmes des additionneurs à sélection de retenue, et poursuivre ainsi de suite, récursivement. On obtient alors un '''additionneur à somme conditionnelle''', plus rapide que l'additionneur à sélection de retenue, mais qui utilise beaucoup plus de portes logiques. ===Les additionneurs à anticipation de retenue=== Les '''additionneurs à anticipation de retenue''' accélèrent le calcul des retenues en les calculant sans les propager. Au lieu de calculer les retenues une par une, ils calculent toutes les retenues en parallèle, à partir des bits des opérandes à additionner. Une fois les retenues pré-calculées, il suffit de les additionner avec les deux bits adéquats, pour obtenir le résultat. [[File:Cla4bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Ces additionneurs sont composés de deux parties : * un circuit qui pré-calcule la valeur de la retenue d'un étage ; * et d'un circuit qui additionne les deux bits et la retenue pré-calculée : il s'agit d'une couche d'additionneurs complets simplifiés, qui ne fournissent pas de retenue. [[File:Additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Le circuit qui détermine la valeur de la retenue est lui-même composé de deux grandes parties, qui ont chacune leur utilité. La première partie réutilise des additionneurs qui donnent les signaux de propagation et génération de retenue. L'additionneur commence donc à prendre forme, et est composé de trois parties : * un circuit qui crée les signaux P et G ; * un circuit qui déduit la retenue à partir des signaux P et G adéquats ; * et une couche d'additionneurs qui additionnent chacun deux bits et une retenue. [[File:Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2|Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.]] Il ne nous reste plus qu'à voir comment fabriquer le circuit qui reste. Pour cela, il faut remarquer que la retenue est égale : * à 1 si l'addition des deux bits génère une retenue ; * à 1 si l'addition des deux bits propage une retenue ; * à zéro sinon. Ainsi, l'addition des bits de rangs i va produire une retenue Ci, qui est égale à Gi+(Pi·Ci−1). Si on utilisait cette formule sans trop réfléchir, on retomberait sur un additionneur à propagation de retenue inutilement compliqué. L'astuce des additionneurs à anticipation de retenue consiste à remplacer le terme Ci−1 par sa valeur calculée avant. Par exemple, je prends un additionneur 4 bits. Je dispose de deux nombres A et B, contenant chacun 4 bits : A3, A2, A1, et A0 pour le nombre A, et B3, B2, B1, et B0 pour le nombre B. Si j'effectue les remplacements, j'obtiens les formules suivantes : * C1 = G0 + ( P0 · C0 ) ; * C2 = G1 + ( P1 · G0 ) + ( P1 · P0 · C0 ) ; * C3 = G2 + ( P2 · G1 ) + ( P2 · P1 · G0 ) + ( P2 · P1 · P0 · C0 ) ; * C4 = G3 + ( P3 · G2 ) + ( P3 · P2 · G1 ) + ( P3 · P2 · P1 · G0 ) + ( P3 · P2 · P1 · P0 · C0 ). Ces formules nous permettent de déduire la valeur d'une retenue directement : il reste alors à créer un circuit qui implémente ces formules, et le tour est joué. On peut même simplifier le tout en fusionnant les deux couches d'additionneurs. [[File:4-bit carry lookahead adder.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 4 bits.]] Ces additionneurs sont plus rapides que les additionneurs à propagation de retenue. Ceci dit, utiliser un additionneur à anticipation de retenue sur des nombres très grands (16/32bits) utiliserait trop de portes logiques. Pour éviter tout problème, nos additionneurs à anticipation de retenue sont souvent découpés en blocs, avec soit une anticipation de retenue entre les blocs et une propagation de retenue dans les blocs, soit l'inverse. [[File:64-bit lookahead carry unit.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 64 bits.]] ===L'additionneur à calcul parallèle de préfixes=== Les '''additionneurs à calcul parallèle de préfixes''' sont des additionneurs à anticipation de retenue améliorés pour gagner en performances. Les additionneurs à anticipation de retenue générent des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, sous-entedu 1 bit par opérande. L'optimisation apportée est de générer des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, mais aussi pour des groupes de 2, 3, 4, ..., N bits. Par exemple, il est possible de générer un signal ''P 0 vers 7'', qui précise si la retenue de la seconde colonne est propagée jusqu'à la 7ème colonne ou non. Un autre exemple est un signal de génération qui indique si les colonnes 4 à 7 génèrent une retenue ou non. En clair, les signaux P et G ont maintenant un intervalle, qui précise de quelle colonne vers quelle colonne se fait la propagation, ou entre quelles colonnes se fait la génération. De plus, les signaux pour un intervalle peuvent se calculer en combinant les signaux pour des intervalles plus restreints. Par exemple, pour calculer P pour les colonnes 0 à 10 peuvent se calculer à partir des deux signaux P des colonnes 0-4 et 5-10. Néanmoins, il y a plusieurs manières pour subdiviser les intervalles en intervalles plus petits et combiner le tout. Et elles donnent chacune des additionneurs différent, comme l'additionneur de Ladner-Fisher, l'additionneur de Brent-Kung, l'additionneur de Kogge-Stone, ou tout design hybride. Ils ont des caractéristiques différentes. L'additionneur de Brent-Kung est le plus lent de tous les additionneurs cités, mais c'est celui qui utilise le moins de portes logiques. Les autres ont des performances un peu plus variables, mais utilisent plus de portes logiques. {| |[[File:Additionneur de Kogge-Stone.jpg|vignette|Additionneur de Kogge-Stone.]] |[[File:Additionneur de Ladner-Fisher.jpg|vignette|Additionneur de Ladner-Fisher.]] |} [[File:4bitKoggeStone.svg|vignette|upright=1.5|Additionneur de Kogge-Stone pour 4 bits.]] L'additionneur Kogge-Stone est illustré ci-contre. Il est composé de plusieurs couches de portes logiques. La toute première calcule les signaux P et G pour chaque colonne, comme le ferait un additionneur à anticipation de retenue. Il s'agit de la couche en rouge dans le schéma ci-dessous. Les circuits en jaune combinent ces signaux de manière à calculer les signaux P et G pour plusieurs colonnes. En vert, les circuits calculent la retenue finale. Voici le circuit pour 8 bits : [[File:Kogge-stone-8-bit.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur de Kogge-Stone pour 8 bits.]] ==L'addition signée et la soustraction== Après avoir vu l'addition, il est logique de passer à la soustraction, les deux opérations étant très proches. Si on sait câbler une addition entre entiers positifs, câbler une soustraction n'est pas très compliqué. De plus, la soustraction permet de faire des additions de nombres signés. ===Le soustracteur pour opérandes entiers=== Pour soustraire deux nombres entiers, on peut adapter l'algorithme de soustraction utilisé en décimal, celui que vous avez appris à l'école. Celui-ci ressemble fortement à l'algorithme d'addition : on soustrait les bits de même poids, et on propage éventuellement une retenue sur la colonne suivante. À la différence de l'addition, la retenue est soustraite, et non ajoutée. La table de soustraction nous dit quel est le résultat de la soustraction de deux bits. La voici : * 0 - 0 = 0 ; * 0 - 1 = 1 et une retenue ; * 1 - 0 = 1 ; * 1 - 1 = 0. [[File:Algebra1 05 fig014.svg|centre|vignette|Soustraction en binaire, avec les retenues en rouge.]] La table de soustraction peut servir de table de vérité pour construire un circuit qui soustrait deux bits. Celui-ci est appelé un '''demi-soustracteur'''. Il ressemble beaucoup à un demi-additionneur, les différences se résumant à une porte NON ajoutée pour le calcul de la retenue. [[File:Half Subtractor Vektor.svg|centre|vignette|Demi-soustracteur.]] Comme pour l'additionneur, deux demi-soustracteurs peuvent être combinés pour donner un '''soustracteur complet'''. Le calcul de la retenue se fait en combinant les deux retenues des demi-soustracteurs avec une porte OU. Les soustracteurs complets sont utilisés pour créer des soustracteurs à propagation de retenue ou tout autre circuit soustracteur, sur le même modèle que les additionneurs. [[File:FullSubtractor.svg|centre|vignette|upright=2|Soustracteur complet.]] Vous l'aurez sans doute remarqué, mais le demi-soustracteur ressemble beaucoup au demi-additionneur. La seule différence est une porte NON ajoutée au bon endroit dans le demi-soustracteur. {| |[[File:Half-adder.svg|vignette|Demi-additionneur]] |[[File:Half Subtractor Vektor.svg|vignette|upright=1.3|Demi-soustracteur]] |} La conséquence est qu'il est possible de créer un circuit capable de faire à la fois des additions et des soustractions. L'idée est de remplacer la porte NON du demi-soustracteur par un inverseur commandable. Si on envoie un zéro sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte OUI. Le circuit sera alors identique à un demi-additionneur. Si on envoie un 1 sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte NON. le circuit sera alors un demi-soustracteur. Il faut faire cela pour chaque demi-soustracteur, ce qui donne ceci pour un soustracteur complet. le résultat est alors appelé un '''additionneur-soustracteur complet'''. [[File:Additionneur-soustracteur complet.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur complet]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en complément à deux=== Étudions le cas de la soustraction en complément à deux, dans l'objectif de créer un circuit soustracteur. Vous savez sûrement que a−b et a+(−b) sont deux expressions équivalentes. Et en complément à deux, − b = not(b) + 1. Dit autrement, a − b = a + not(b) + 1. On pourrait se dire qu'il faut deux additionneurs pour faire le calcul, mais la majorité des additionneurs possède une entrée de retenue pour incrémenter le résultat de l'addition. Un soustracteur en complément à deux est donc simplement composé d'un additionneur et d'un inverseur. [[File:Additionneur soustracteur.png|centre|vignette|upright=2|Soustracteur en complément à deux.]] Il est possible de créer un circuit capable d'effectuer soit une addition, soit une soustraction : il suffit de remplacer l'inverseur par un inverseur commandable, qui peut être désactivé. On a vu comment créer un tel inverseur commandable dans le chapitre sur les circuits combinatoires. On peut remarquer que l'entrée de retenue et l'entrée de commande de l'inverseur sont activées en même temps : on peut fusionner les deux signaux en un seul. [[File:Additionneur-soustracteur en complément à deux.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux.]] Une implémentation alternative est la suivante. Elle remplace l'inverseur commandable par un multiplexeur. [[File:4-bit ripple carry adder-subtracter.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux, version alternative.]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en signe-magnitude=== Passons maintenant aux nombres codés en signe-valeur absolue, les deux opérandes étant notées A et B. Suivant les signes des deux opérandes, on a quatre cas possibles : A + B, A − B (B négatif), −A + B (A négatif) et −A − B (A et B négatifs). Une astuce est que le circuit n'a besoin que de calculer A + B et A − B : il peut les inverser pour obtenir − A − B ou B − A. A + B et A − B peuvent se calculer avec un additionneur-soustracteur, reste à corriger le résultat. Il suffit de lui ajouter un inverseur commandable pour obtenir le circuit d'addition finale. [[File:Additionneur en signe-valeur absolue.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur en signe-valeur absolue.]] Toute la difficulté tient dans le calcul du bit de signe du résultat, quand interviennent des soustractions. Autant l'addition de deux nombres de même signe (A + B et −A − B) ne pose aucun problème, autant les soustractions posent problème (A − B et −A + B). Suivant que <math>A<B</math> ou que <math>A>B</math>, le signe du résultat ne sera pas le même. Déterminer le signe du résultat se fait en regardant les bits de débordement d'entier, comme on le verra plus bas. ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en représentation par excès=== Passons maintenant aux nombres codés en représentation par excès. On pourrait croire que ces nombres s'additionnent comme des nombres non-signés, mais ce serait oublier la présence du biais, qui pose problème. Dans les cas de nombres signés gérés avec un biais, voyons ce que donne l'addition de deux nombres : : <math>( n_1 + biais ) + ( n_2 + biais ) = n_1 + n_2 + 2 \times biais</math> Or, le résultat correct serait : : <math>n_1 + n_2 + biais</math> En effectuant l'addition telle quelle, le biais est compté deux fois. On doit donc le soustraire après l'addition pour obtenir le résultat correct. Même chose pour la soustraction qui donne ceci : : <math>(n_1 + biais) - (n_2 + biais) = n_1 - n_2</math> Or, le résultat correct serait : : <math> ( n_1 - n_2 ) + biais </math> Il faut rajouter le biais pour obtenir l'exposant correct. On a donc besoin de deux additionneurs/soustracteurs : un pour additionner/soustraire les représentations binaires des opérandes, et un autre pour ajouter/retirer le biais en trop/manquant. ==L'additionneur BCD== Maintenant, voyons un additionneur qui additionne deux entiers au format BCD. Pour cela, nous allons devoir passer par deux étapes. La première est de créer un circuit capable d'additionneur deux chiffres BCD. Ensuite, nous allons voir comment enchaîner ces circuits pour créer un additionneur BCD complet. ===L'additionneur BCD qui fait l'opération chiffre par chiffre=== Nous allons commencer par voir un additionneur qui additionne deux chiffres en BCD, une sorte d'équivalent BCD de l'additionneur complet. Il fournit un résultat sur 4 bits et une retenue qui est mise à 1 si le résultat dépasse 10 (la limite d'un chiffre BCD). Les deux opérandes sont des chiffres BCD codés sur 4 bits et sont additionnés en binaire par un additionneur des plus normaux, similaire à ceux vus plus haut. Le résultat est alors un entier codé en binaire, sur 5 bits, qu'on corrige/convertit pour obtenir un chiffre BCD et une retenue sortante. Pour corriger le résultat, une idée intuitive serait de prendre le résultat et de faire une division par 10. Le quotient donne la retenue, alors que le reste est le résultat, le chiffre BCD. Mais un circuit diviseur par 10 utilise beaucoup de portes logiques, ce qui ne vaut pas le coup. Une autre méthode détecte si le résultat est égal ou supérieur à 10, ce qui correspond à un "débordement" (on dépasse les limites d'un chiffre BCD). Si le résultat est plus petit que 10, il n'y a rien à faire : le résultat est bon et la retenue est de zéro. Par contre, si le résultat vaut 10 ou plus, il faut corriger le résultat et générer une retenue à 1. Il faut donc ajouter un circuit qui détecte si le résultat est supérieur à 9, qui calcule directement la retenue. Ce circuit peut se fabriquer simplement à partir de sa table de vérité, ou en utilisant les techniques que nous verrons dans un chapitre ultérieur sur les comparateurs. La solution la plus simple est clairement d'utiliser la table de vérité, ce qui est très simple, assez pour être laissé en exercice au lecteur. Pour comprendre comment corriger le résultat, établissons une table de vérité qui associe le résultat et le résultat corrigé. L'entrée vaut au minimum 10 et au maximum 9 + 9 = 18. On considère la sortie comme un tout, la retenue étant un 5ème bit, le bit de poids fort. {|class="wikitable" |- ! colspan="5" | Entrée ! ! rowspan="10" | ! Retenue ! Résultat corrigé (sans retenue) ! interprétation de la sortie en binaire (retenue inclue) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 0 | (10) | 1 || 0000 | (16) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 1 | (11) | 1 || 0001 | (17) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 0 | (12) | 1 || 0010 | (18) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 1 | (13) | 1 || 0011 | (19) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 0 | (14) | 1 || 0100 | (20) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 1 | (15) | 1 || 0101 | (21) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 0 | (16) | 1 || 0110 | (22) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 1 | (17) | 1 || 0111 | (23) |- | 1 || 0 || 0 || 1 || 0 | (18) | 1 || 1000 | (24) |} En analysant le tableau, on voit que pour corriger le résultat, il suffit d'ajouter 6. La raison est que le résultat déborde d'un nibble à 16 en binaire, mais à 10 en décimal : il suffit d'ajouter la différence entre les deux, à savoir 6, et le débordement binaire fait son travail. Donc, la correction après une addition est très simple : si le résultat dépasse 9, on ajoute 6. On peut maintenant implémenter l'additionneur BCD, en combinant le comparateur avec 10, le circuit de correction, et l'additionneur. La première solution calcule deux versions du résultat : la version corrigée, la version normale. Le choix entre les deux est réalisée par un multiplexeur, commandé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD]] L'autre solution utilise un circuit commandable qui soit additionne 6, soit ne fait rien. Le choix entre les deux est commandé par le bit calculé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD, seconde version.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD, seconde version.]] Une version alternative du circuit précédent est la suivante. Il contient deux additionneurs : un pour additionner les deux chiffres BCD, un autre pour additionner 6 si besoin. Le résultat du comparateur est directement utilisé pour générer l'opérande du second additionneur : 0 ou 6. Le circuit est simple à concevoir, mais gaspille beaucoup de circuit. Idéalement, il vaudrait mieux utiliser un circuit combinatoire d'addition avec une constante. [[File:Adder 4 Bit BCD.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur BCD, circuit complet.]] Pour obtenir un additionneur BCD complet, il suffit d’enchaîner les additionneurs précédents, comme on le ferait avec les additionneurs complets dans un additionneur à propagation de retenue. Au final, l'additionneur BCD est beaucoup plus compliqué qu'un additionneur normal, car il rajoute un comparateur ">9", un petit additionneur pour ajouter 6 et éventuellement d'autres circuits. De plus, il est difficile d'appliquer les optimisations disponibles sur les additionneurs non-BCD. Notamment, les circuits d'anticipation de retenue sont totalement à refaire et le résultat est relativement compliqué. C'est ce qui explique pourquoi le BCD a progressivement été abandonné au profit du binaire simple. La soustraction en BCD se fait comme en binaire : le nombre à soustraire est remplacé par son complément, le circuit additionne le complément et l'autre opérande, le débordement d'entier fait que le résultat marche. Sauf qu'ici, le complément est un complément à 9. Il se calcule chiffre par chiffre : chaque chiffre est remplacé par (9 - le chiffre en question). ===L'additionneur BCD par ajustement décimal=== L'additionneur BCD précédent effectuait son travail chiffre BCD par chiffre BCD, mais il existe des additionneurs BCD qui font autrement. Sur les premiers processeurs x86, il n'y avait pas d'opération d'addition BCD proprement dit, seulement une addition binaire normale de 8, 16 ou 32 bits. Par contre, elle était secondée par une opération dite d''''ajustement décimal''' qui transformait un nombre binaire en nombre codé en BCD. L'opération d'ajustement décimal prenait un opérande de 8 bits codé en binaire et fournissait un résultat de la même taille, c'est à dire deux chiffres BCD. Effectuer une addition BCD demandait donc de faire deux opérations à la suite : une addition binaire simple, suivie par l'opération d'ajustement décimal. Cela permettait de gérer des nombres entiers en binaire usuel et des entiers BCD sans avoir deux instructions d'addition séparées pour les deux, sans compter que cela simplifiait aussi les circuits d'addition. L'ajustement décimal s'effectue en ajoutant une constante bien précise à l'opérande à convertir en BCD. L'idée est que la constante est découpée en morceaux de 4 bits, correspondant chacun à un chiffre BCD de l'opérande, chaque morceau contenant soit un 0, soit 6. Cela permet d'ajouter soit 0, soit 6, à chaque chiffre BCD, et donc de le corriger. La propagation des retenues d'un chiffre à l'autre est effectuée automatiquement par l'addition binaire de la constante. L'opération d'ajustement décimal calcule automatiquement la constante. Elle découpe l'opérande en ''nibbles'', vérifie si chaque ''nibble'' est supérieur ou égal à 10, puis détermine la valeur de chaque ''nibble'' de la constante finale. Par exemple, si je prends l'opérande 1001 1110, le ''nibble'' de poids faible déborde, alors que celui de poids fort non. La constante sera donc 0000 0110 : 0x06. Inversement, si le ''nibble'' de poids fort déborde et pas celui de poids faible, la constante sera alors 0x60. Et la constante est de 0x66 si les deux ''nibbles'' débordent, de 0x00 si aucun ne déborde. Le circuit d’ajustement décimal est donc composé de trois étapes : deux étapes pour calculer la constante, et un circuit d'addition pour additionner cette constante au nombre de départ. La première étape découpe l'opérande en morceaux de 4 bits, en chiffres BCD, et vérifie si chacun d'entre eux vaut 10 ou plus. La seconde étape prend les résultats de la première étape, et les combine pour calculer la constante. Enfin, on trouve l'addition finale, qui était réalisée par un circuit d'addition utilisé à la fois pour l'ajustement décimal et l'addition binaire. La différence entre une addition normale et une opération d'ajustement décimal tient dans le fait que les deux premières étapes sont désactivées dans une addition normale. [[File:Additionneur BCD parallèle.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD parallèle]] ===L'additionneur biquinaire=== Les entiers BCD ne sont qu'un des encodages hybrides entre décimal et binaire. L'encodage biquinaire est l'un d'entre eux et nous allons faire un rappel rapide à ce sujet. Pour simplifier, un chiffre encodé en biquinaire est composé de deux parties : un bit, couplé à une partie quinaire encodée en représentation ''one-hot''. La partie quinaire encode un nombre allant de 0 à 4, ce qui prend 5 bits (0, 1, 2, 3 et 4). Le bit indique s'il faut ou non ajouter 5 à la valeur encodée par la partie quinaire. Ainsi, on peut coder tous les nombres de 0 à 9. Additionner deux nombres de biquinaire demande donc d'additionner deux parties quinaires encodées en ''one-hot'' et d'additionner deux bits. Mais attention : il faut tenir compte de la retenue de l'addition des parties quinaires. Et idéalement, il faut aussi tenir compte d'une retenue entrante, provenant de l'addition de la colonne de chiffres précédente. Toute la difficulté vient de la création de l'additionneur ''one-hot''. Heureusement, vu qu'il n'y a que 4-5 bits à additionner, il est souvent fabriqué à partir de sa table de vérité. [[File:Additionneur bi-quinaire.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur bi-quinaire]] Un avantage du biquinaire est que le calcul du complément à 9 est très simple. Il faut pour cela : inverser la partie binaire avec une porte NON, puis inverser l'ordre des bits de la partie quinaire. Concrètement, le bit de poids faible devient le bit de poids fort, et ainsi de suite. Par exemple, une partie quinaire 01000 devient 00010, 10000 devient 00001, 00100 ne change pas, etc. Le tout peut se calculer avec une porte NON et 5 multiplexeurs. ===L'additionneur BCD avec calculs intermédiaires en biquinaire=== L'ordinateur IBM 1401, un ancien ''mainframe'' des années 60, utilisait un additionneur BCD un peu particulier. Les nombres étaient encodés en BCD dans la mémoire de l'ordinateur, mais les circuits de calcul utilisaient la représentation biquinaire. Lors d'un calcul, le processeur de l'ordinateur traduisait les chiffres BCD en représentation biquinaire, faisait une addition en biquinaire, avant de traduire le résultat en BCD normal. Pour être précis, l'IBM 1401 utilisait une variante du biquinaire. L'encodage biquinaire de l'IBM 1401 est le suivant : la partie binaire disait si le chiffre était pair ou non, la partie quinaire encodait les valeurs 0, 2, 4, 6 et 8. Le chiffre se calculait en additionnant la partie binaire (0 ou 1) au nombre pair encodé par la partie quinaire. Si l'IBM 1401 utilisait cette variante du biquinaire, c'est car elle donnait des circuits de conversion BCD-biquinaire plus économes en portes logiques et plus rapides. La partie binaire est le bit de poids faible du chiffre BCD, la partie biquinaire est calculée par un simple décodeur qui prend en entrée le chiffre BCD, amputé de son bit de poids faible. La traduction inverse demande d'utiliser un encodeur, à la place du décodeur. Par contre, le circuit d'addition biquinaire était plus compliqué du fait de la gestion des retenues. L'addition des parties binaires et quinaires se faisait en parallèle, dans deux additionneurs séparés. Cependant, l'addition des parties binaire fournit une retenue, qu'il faut prendre en compte. Pour cela, l'IBM 1401 disposait d'un troisième additionneur qui fournissait le résultat final, encodé en biquinaire. [[File:Additionneur bi-quinaire de l'IBM 1401.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur biquinaire de l'IBM 1401]] Une implémentation moderne demanderait d'utiliser des portes ET combinées à des portes OU, le circuit pouvant être construit simplement à partir de sa table de vérité. Sur l'IBM 1401, le circuit était cependant différent, en raison de l'utilisation de OU câblés, des croisements de fils qui fonctionnent comme des portes OU, que nous n'avons pas encore vu pour le moment, mais qui seront détaillés dans quelques chapitres. Les OU câblés étaient utilisés pour simplifier le design du circuit, mais demandaient des portes logiques spécifiques, ce qui collait avec le fait que ce ''mainframe'' utilisait des transistors en Germanium. L'implémentation exacte est décrite dans cet article de blog, mais je ne recommande sa lecture qu'à ceux qui savent ce qu'est un OU câblé : * [https://www.righto.com/2015/10/qui-binary-arithmetic-how-1960s-ibm.html Qui-binary arithmetic: how a 1960s IBM mainframe does math]. ==Les débordements d'entier lors d'une addition/soustraction== Les instructions arithmétiques manipulent des entiers codés sur un nombre fixe de bits, qui ne peuvent prendre leurs valeurs que dans un intervalle. Pour les nombres positifs, un ordinateur qui code ses entiers sur n bits pourra coder tous les entiers allant de 0 à <math>2^n -1</math>. Pour les nombres négatifs, l'intervalle est différent et dépend de la représentation utilisée. Dans le cas général, l'ordinateur peut coder les valeurs comprises de <math>N_\text{min}</math> à <math>N_\text{max}</math>. Si le résultat d'un calcul sort de cet intervalle, il ne peut pas être représenté par l'ordinateur et il se produit ce qu'on appelle un '''débordement d'entier'''. La '''valeur haute de débordement''' désigne la première valeur qui est trop grande pour être représentée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 0 et 7, la valeur haute de débordement est égale à 8. On peut aussi définir la '''valeur basse de débordement''', qui est la première valeur trop petite pour être codée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 8 et 250, la valeur basse de débordement est égale à 7. Pour les nombres entiers, la valeur haute de débordement vaut <math>N_\text{max} + 1</math> , alors que la valeur basse vaut <math>N_\text{min} - 1</math> (avec <math>N_\text{max}</math> et <math>N_\text{min}</math> respectivement la plus grande et la plus petite valeur codable par l'ordinateur). ===La correction des débordements d'entier : l'arithmétique saturée=== Quand un débordement d'entier survient, tous les circuits de calcul ne procèdent pas de la même manière. Dans les grandes lignes, il y a deux réactions possibles : soit on corrige automatiquement le résultat du débordement, soit on ne fait rien et on se contente de détecter le débordement. Si le débordement n'est pas corrigé automatiquement, le circuit ne conserve que les bits de poids faibles du résultat. Les bits en trop sont simplement ignorés. On dit qu'on utilise l''''arithmétique modulaire'''. Le problème avec ce genre d'arithmétique, c'est qu'une opération entre deux grands nombres peut donner un résultat très petit. Par exemple, si je dispose de registres 4 bits et que je souhaite faire l'addition 1111 + 0010 (ce qui donne 15 + 2), le résultat est censé être 10001 (17), ce qui est un résultat plus grand que la taille d'un registre. En conservant les 4 bits de poids faible, j’obtiens 0001 (1). En clair, un résultat très grand est transformé en un résultat très petit. Cela peut poser problèmes si on travaille uniquement avec des nombres positifs, mais c'est aussi utilisé pour coder des nombres en complément à deux. D'autres circuits utilisent ce qu'on appelle l''''arithmétique saturée''' : si un calcul génère un débordement, on arrondi le résultat au plus grand entier supporté par le circuit. Les circuits capables de calculer en arithmétique saturée sont un peu plus complexes, vu qu'il faut rajouter des circuits pour corriger le résultat en cas de débordement. Il suffit généralement de rajouter un ''circuit de saturation'', qui prend en entrée le résultat et le corrige en cas de débordement. Ce circuit de saturation met la valeur maximale en sortie si un débordement survient, mais se contente de recopier le résultat du calcul sur sa sortie s'il n'y a pas de débordement. Typiquement, il est composé d'une couche de multiplexeurs, qui sélectionnent quelle valeur mettre sur la sortie : soit le résultat du calcul, soit le plus grand nombre entier géré par le processeur, soit le plus petit (pour les nombres négatifs/soustractions). L'arithmétique saturée est utilisée pour les additions et soustractions, mais c'est plus rare pour les multiplications/divisions. Une des raisons est que le résultat d'une addition/soustraction prend un bit de plus que le résultat, là où les multiplications doublent le nombre de bits. Quand une addition déborde, le résultat réel est proche de la valeur maximale codable. mais quand une multiplication déborde, le résultat peut parfois valoir 200 à 60000 fois plus que la valeur maximale codable. Les calculs avec une valeur saturée/corrigée sont donc crédibles pour une suite d'additions, mais pas pour une suite de multiplications. ===La détection des débordements entiers=== Quand un débordement d'entier a eu lieu, il vaut mieux que l'additionneur prévienne ! Pour cela, l'additionneur a une '''sortie de débordement''', parfois nommée ''Overflow'', dont la valeur indique si l'addition a généré un débordement d'entier ou non. Reste que détecter un débordement ne se fait pas de la même manière selon que l'on parle d'un additionneur non-signé ou signé. Pour les additionneur non-signés, l'additionneur calcule un bit de plus que ce qui est supporté par l'ordinateur. Par exemple, un additionneur 32 bits fournit un résultat sur 33 bits, un débordement d'entier a lieu quand le 33ème bit est à 1. Précisément, la sortie de débordement n'est autre que la retenue finale, celle fournie par le dernier additionneur complet. Le seul type de débordement possible est un débordement par le haut, où le résultat dépasse la valeur maximale. Avec l'arithmétique saturée, le circuit de saturation consiste en une seule couche de multiplexeurs, voire en un circuit de mise à la valeur maximale tel que vu dans le chapitre sur les opérations bits à bits. [[File:Gestion des débordements d'entiers.png|centre|vignette|upright=2.5|Gestion des débordements d'entiers lors d'une addition non-signée.]] Pour les additionneurs non-signés, la gestion des débordements d'entiers dépend fortement de la représentation signée. Nous allons étudier le cas du complément à deux. Si vous vous rappelez le chapitre 1, les calculs sur des nombres en complètement à deux utilisent les règles de l'arithmétique modulaire, c'est une condition nécessaire. À priori, on peut penser que dans ces conditions, les débordements d'entiers sont une chose parfaitement normale, qui nous permet d'avoir des résultats corrects. Néanmoins, certains débordements d'entiers peuvent survenir malgré tout et produire des bugs assez ennuyeux. Si l'on tient en compte les règles du complément à deux, on sait que le bit de poids fort (le plus à gauche) permet de déterminer si le nombre est positif ou négatif : il indique le signe du nombre. Tout se passe comme si les entiers en complément à deux étaient codés sur un bit de moins, et avaient leur longueur amputé du bit de poids fort. Si le résultat d'un calcul écrase le bit de poids fort, il y a un débordement d'entiers. Il existe une règle simple qui permet de détecter ces débordements d'entiers. L'addition de deux nombres positifs ne peut pas être un nombre négatif. Si on additionne deux nombres dont le bit de signe est à 0 et que le bit de signe du résultat est à 1, on est en face d'un débordement d'entiers. Même chose pour deux nombres négatifs : le résultat de l'addition ne peut pas être positif. On peut résumer cela en une phrase : si deux nombres de même signe sont ajoutés, un débordement a lieu quand le bit du signe du résultat a le signe opposé. Modifier les circuits d'au-dessus pour qu'ils détectent les débordements en complément à deux est simple comme bonjour : il suffit créer un petit circuit combinatoire qui prenne en entrée les bits de signe des opérandes et du résultat, et qui fasse le calcul de l'indicateur de débordements. Si l'on rédige sa table de vérité, on doit se retrouver avec la table suivante : {|class="wikitable" |- !Entrées !Sortie |- |000||0 |- |001||1 |- |010||0 |- |011||0 |- |100||0 |- |101||0 |- |110||1 |- |111||0 |} L'équation de ce circuit est la suivante, avec <math>S_a</math> et <math>S_b</math> les signes des deux opérandes, et <math>C_i</math> la retenue de la colonne précédente : : <math> ( S_a . S_b . \overline{C_i} ) + ( \overline{S_a} . \overline{S_b} . C_i )</math> En simplifiant, on obtient alors : : <math>( S_a . S_b ) \oplus C_i</math> Or, il se trouve que <math>S_a . S_b</math> est tout simplement la retenue en sortie du dernier additionneur, que nous noterons <math>C_o</math>. On trouve donc : : <math>C_o \oplus C_i</math> Il suffit donc de faire un XOR entre la dernière retenue et la précédente pour obtenir le bit de débordement. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de décalage et de rotation | prevText=Les circuits de décalage et de rotation | next=Les circuits de comparaison | nextText=Les circuits de comparaison }} </noinclude> 2c4pvu3c897endcdgx8wbqji3lc0p6r 768200 768199 2026-06-20T14:55:42Z Mewtow 31375 /* L'additionneur complet basé sur une modification de la retenue sortante */ 768200 wikitext text/x-wiki Dans ce chapitre, nous allons voir les circuits capables de faire une addition ou une soustraction, ainsi que quelques circuits spécialisés. Précisons cependant que les fabricants de processeurs travaillent d'arrache-pied pour trouver des moyens de rendre ces circuits de calcul plus rapides et plus économes en énergie. Autant vous dire que les circuits que vous allez voir sont vraiment des circuits qui font pâle figure comparé à ce que l'on peut trouver dans un vrai processeur commercial ! ==Les circuits pour additionner 2 ou 3 bits== L'addition se fait en binaire de la même manière qu'en décimal. On additionne les chiffres/bits colonne par colonne, une éventuelle retenue est propagée à la colonne d'à côté. La soustraction fonctionne sur le même principe, sur le même modèle qu'en décimal. [[File:Binary Addition Demonstration.svg|centre|vignette|Exemple d'addition en binaire.]] En clair, additionner deux nombres demande d'additionner 2 bits et une retenue sur chaque colonne, et de propager les retenues d'une colonne à l'autre. La propagation des retenues est quelque chose de simple en apparence, mais qui est sujet à des optimisations extraordinairement nombreuses. Aussi, pour simplifier l'exposition, nous allons voir comment gérer une colonne avant de voir comment sont propagées les retenues. En effet, tout additionneur est composé d'additionneurs plus simples, capables d'additionner deux ou trois bits suivant la situation. Ceux-ci gèrent ce qui se passe sur une colonne. ===Le demi-additionneur et l'additionneur complet=== Un additionneur deux bits implémente la table d'addition, qui est très simple en binaire. Jugez plutôt : * 0 + 0 = 0, retenue = 0 ; * 0 + 1 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 0 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 1 = 0, retenue = 1. Un circuit capable d'additionner deux bits est donc simple à construire avec les techniques vues dans les premiers chapitres. On voit immédiatement que la colonne des retenues donne une porte ET, alors que celle du bit de somme est calculé par un XOR. Le circuit obtenu est appelé un '''demi-additionneur'''. {| class="flexible" |[[File:1-bit half-adder.svg|class=transparent|centre|Demi-addtionneur.]] |[[File:Half-adder.svg|centre|class=transparent|Circuit d'un demi-addtionneur.]] |} [[File:Full Adder Block.svg|vignette|upright=1|class=transparent|Additionneur complet.]] Si on effectue une addition en colonne, on doit additionner les deux bits sur la colonne, mais aussi additionner une éventuelle retenue. Il faut donc créer un circuit qui additionne trois bits : deux bits de données, plus une retenue. Il fournit en sortie deux bits : un bit de somme et une retenue sortante. Ce circuit qui additionne trois bits est appelé un '''additionneur complet'''. Voici sa table de vérité : {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- ||0||0||0|| ||0||0 |- ||0||0||1|| ||0||1 |- ||0||1||0|| ||0||1 |- ||0||1||1|| ||1||0 |- ||1||0||0|| ||0||1 |- ||1||0||1|| ||1||0 |- ||1||1||0|| ||1||0 |- ||1||1||1|| ||1||1 |} Il est possible d'utiliser un tableau de Karnaugh pour traduire la table de vérité, mais elle donne un résultat légèrement sous-optimal. D'autres méthodes donnent des résultats plus compréhensibles. Nous allons les détailler dans ce qui suit. ===L'additionneur complet conçu avec deux demi-additionneurs=== La solution plus simple consiste à enchaîner deux demi-additionneurs : un qui additionne les deux bits de données, et un second qui additionne la retenue au résultat. La retenue finale se calcule en combinant les sorties de retenue des deux demi-additionneurs, avec une porte OU. Pour vous en convaincre, établissez la table de vérité de ce circuit, vous verrez que ça marche. {| class="flexible" |[[File:Full Adder Modules.svg|class=transparent|Composition d'un additionneur complet. On voit bien que celui-ci est composé de deux demi-additionneurs, en rouge et en bleu, auxquels on a ajouté une porte OU pour calculer la retenue finale.]] |[[File:Full-adder.svg|300px|class=transparent|Circuit d'un additionneur complet.]] |} Le circuit de calcul de la retenue peut être remplacé par une '''porte à majorité''', mais cette possibilité n'est presque jamais utilisée, on lui préfère le circuit à trois portes logiques. [[File:Additionneur crée avec une porte à majorité.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec une porte à majorité]] Les autres implémentations de l'additionneur complet que nous allons voir sont des dérivés de ce circuit, auquel on a appliqué quelques simplifications. Les simplifications portent surtout sur le circuit de calcul de la retenue. En effet, le calcul de la retenue doit absolument être le plus rapide possible,vu que la propagation des retenues est le point limitant pour les performances d'un additionneur. ===L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue=== L'additionneur complet précédent est de loin le plus simple, le plus évident. Il est utilisé dans les additionneurs simples, peu performants. Mais il existe d'autres implémentations, utilisées dans des additionneurs performants, qui sont terriblement importantes pour la suite du chapitre. Ces additionneurs performants cherchent à calculer la retenue le plus rapidement possible. Par contre, le bit de somme est toujours calculé avec deux portes XOR, cela ne change pas. Pour comprendre comment ils fonctionnent, regardons ce que vaut la retenue sortante en fonction de la retenue entrante, en analysant la table de vérité de l'additionneur complet. Il y a trois cas, qui dépendent de la valeur des deux bits additionnés, nommés A et B. Si les deux bits sont différents, la retenue sortante est égale à la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est propagée sur la sortie de retenue. Cependant, il y a aussi deux cas où la retenue n'est pas propagée : celui où la retenue sortante est forcée à 1, et celui où elle est forcée à 0, peu importe la valeur de la retenue entrante. Dans le premier cas, l'addition donne une retenue à 1, quelle que soit la retenue envoyée en entrée (sous-entendu, même si celle-ci vaut 0). On dit que la retenue sortante est générée. Dans le cas inverse, la retenue sortante est forcée à 0, peu importe la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est absorbée. Il y a cependant une petite ambiguïté à dire que la retenue a été propagée, absorbée ou générée. En effet, prenons le cas où la retenue sortante et entrantes valent toutes deux 0 : est-ce que la retenue a été propagée ou bien absorbée, ou les deux ? Idem quand les deux retenues sont à 1. Il y a un choix arbitraire à faire dans ce genre de cas, pour la plupart des lignes de la table de vérité. Cependant, il y a un choix bien précis qui est supérieur aux autres, et c'est celui qui est présenté dans le tableau suivant. Les lignes rouge correspondent à une retenue propagée, celles en bleu à une retenue absorbée, celle en vert à une retenue générée. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_rouge" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_bleu" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||1|| ||1||1 |} Avec ce choix, on peut déterminer si la retenue est propagée, absorbée ou générée, sans tenir compte de la retenue elle-même. On peut déterminer dans quel cas on est seulement en regardant les bits d'opérandes nommés A et B. * La retenue est propagée si les deux bits d'opérande sont différents. * La retenue est générée si les deux bits d'opérande sont à 1. * La retenue est absorbée si les deux bits d'opérande sont à 0. On peut donc détecter si une retenue est générée, absorbée ou propagée avec une simple porte logique : un ET entre les deux bits d'opérande pour la génération, un NOR pour l'absorption, un XOR pour la propagation. L'additionneur que nous allons voir détermine si la retenue est propagée, absorbée ou générée, et calcule la retenue sortante en fonction de ça. Il génère deux bits, nommés P et G : P pour ''Propagate'', G pour ''Generate''. Le bit P indique que la retenue entrante doit être propagée ou non : il est mis à 1 pour propager la retenue entrante, à 0 si elle ne doit pas être propagée. Le bit G indique si une retenue a été générée ou non : 1 si une retenue générée, 0 sinon. Une retenue est considérée comme absorbée si elle n'est pas ni propagée ni générée, pas besoin d'un troisième bit pour gérer ce cas. Pour rappel, la retenue est propagée si les deux bits sont différents, n'est pas propagée s'ils sont identiques. Déterminer si deux bits sont identiques ou différents est le comportement d'une banale porte XOR. Le bit P est donc généré par une simple porte XOR. Quant au bit G, il est à 1 si les deux bits d'opérandes sont à 1, ce qui correspond à une porte ET. Il existe des pseudo-additionneurs qui ne calculent pas la retenue sortante et fournissent à la place les signaux P et G, en plus du résultat. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur P/G''' (P/G pour propagation/génération). Ils sont très utiles pour créer des additionneurs dits "à anticipation de retenue", comme on le verra dans la suite du chapitre. {| class="flexible" | [[File:FulladderPG.png|Additionneur P/G : entrées et sorties.]] | [[File:Partial Full-Adder.svg|class=transparent|Additionneur P/G : circuit de génération des signaux P et G.]] |} Pour créer un additionneur complet avec cette méthode, il faut ajouter un circuit qui calcule la retenue sortante à partir des bits P et G. La retenue finale vaut 1 soit quand la retenue est générée, soit quand la retenue d'entrée vaut 1 et qu'elle est propagée. La traduction en équation logique; puis en circuits, donne un circuit strictement identique à celui basé sur deux demi-additionneurs... Vous remarquerez que les signaux P et G sont calculés par le premier demi-additionneur. [[File:Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.png|class=transparent|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.]] Une méthode alternative utilise un multiplexeur pour la retenue. L'idée est que si la retenue est propagée, alors il suffit de recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. Par contre, si elle n'est pas propagée, la retenue sortante est calculée par un circuit, en l'occurrence celui qui dit si une retenue à été générée ou non. Le choix entre les deux se fait avec un multiplexeur, commandé par le bit P. [[File:Additionneur crée avec un multiplexeur.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec un multiplexeur]] Le circuit exact est celui-ci : [[File:Additionneur complet basé sur un MUX.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet basé sur un MUX]] Le circuit semble utiliser plus de portes logiques que l'additionneur complet précédent. Cependant, nous verrons dans quelques chapitres qu'il est possible d'implémenter un multiplexeur avec seulement 6 transistors, voire moins ! L'implémentation utilise des portes à transmission, mais nous en reparlerons dans le chapitre sur les transistors, quand nous verrons les additionneurs à ''Manchester Carry Chain''. Au passage, une variante de ce circuit a été utilisée dans le processeur processeur 8086 d'Intel, comme on le verra dans le chapitre suivant. ===L'additionneur complet basé sur une modification de la retenue sortante=== L'additionneur précédent calcule la retenue sortante à partir de la retenue entrante. L'additionneur que nous allons voir fait quelque chose d'assez différent : il calcule le *bit de somme* à partir de la retenue sortante. En effet, le bit de somme est l'inverse de la retenue sortante, sauf dans deux cas : les trois bits d'entrée sont à 0, où ils sont tous à 1. Le bit de somme vaut 0 dans le premier cas, 1 dans le second cas. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_vert" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||1|| ||1||1 |} L'implémentation en circuit demande donc trois choses : * de calculer la retenue sortante et de quoi l'inverser ; * un circuit qui vérifie si tous les bits opérande valent 0 : une porte NOR ou OU fait l'affaire ; * un circuit qui vérifie s'ils valent tous 1, à savoir une porte ET. Ensuite, on combine le résultat des trois circuits précédents pour obtenir le résultat final. La combinaison est le fait du circuit en jaune dans le schéma ci-dessous. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue]] Le circuit en jaune est assez simple. Quand la porte ET sort un 1, la sortie doit être forcée à 1. Par contre, quand la porte OU sort un zéro, la sortie doit être forcée à 0. Il suffit donc d'enchainer un circuit de mise à 1 et un circuit de mise à 0. Nous avons vu dans le chapitre sur les opérations de masquage qu'il s'agit respectivement d'une porte OU et d'une porte ET. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet]] Divers processeurs utilisaient des additionneurs complets de ce type : le fameux Z80, l'Intel 4004 et de l'Intel 8008 sont les exemples les plus notables. Pourtant, on pourrait s'étonner qu'un tel circuit ait existé. Il utilise beaucoup de portes logiques, a une profondeur logique supérieure : il n'a rien d'avantageux. Sauf qu'il était utilisé sur d'anciens processeurs, qui utilisaient la technologie dite TTL, différente de la technologie CMOS des transistors modernes. Et avec la technologie TTL, il est possible de fusionner plusieurs portes logiques ET et NOR en une seule porte logique ET/OU/NON ! Un additionneur complet construit ainsi ne prenait que deux portes logiques : une pour le calcul de la retenue sortante, une autre pour le reste du circuit. ==L'addition non signée== Voyons maintenant un circuit capable d'additionner deux nombres entiers: l''''additionneur'''. Dans la version qu'on va voir, ce circuit manipulera des nombres strictement positifs. L'addition des nombres codés en complètement à deux sera vu dans une section ultérieure. ===L'additionneur série=== Il est possible d'additionner deux nombres bit par bit,colonne par colonne, avec un additionneur complet. Cela demande de coupler un additionneur complet avec plusieurs registres à décalages. Les opérandes sont placées chacune dans un registre à décalage, afin de passer d'un bit au suivant, d'une colonne à la suivante, à chaque cycle. Même chose pour le résultat, qui a sont propre registre à décalage. La retenue de l'addition est stockée dans une bascule de 1 bit, en attente du prochain cycle d'horloge. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur série'''. [[File:Additionneur série.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur série.]] L'additionneur série a été utilisé sur d'anciens prototypes dans les années 50-60, et quelques ordinateurs commerciaux très rares. ===L'additionneur à propagation de retenue=== L'additionneur à propagation de retenue pose l'addition comme en décimal, en additionnant les bits colonne par colonne avec une éventuelle retenue. Évidemment, on commence par les bits les plus à droite, comme en décimal. Il suffit ainsi de câbler des additionneurs complets les uns à la suite des autres. Notons la présence de la retenue sortante, qui est utilisée pour détecter les débordements d'entier, ainsi que pour d'autres opérations. Le bit de retenue final est souvent stocké dans un registre spécial du processeur (généralement appelé ''carry flag''). [[File:Ripplecarryadder.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à propagation de retenue.]] Notez aussi, sur le schéma précédent, la présence de l’entrée de retenue <math>\text{R}_\text{Entrée}</math> sur l'additionneur. L'additionneur le plus à droite est bien un additionneur complet, et non un demi-additionneur,c e qui fait qui l'additionneur a une entrée de retenue. Tous les additionneurs ont une entrée de retenue de ce type. Elle est très utile pour l'implémentation de certaines opérations comme l'inversion de signe, la soustraction, l'incrémentation, etc. Certains processeurs sont capables de faire une opération appelée ADC, ADDC ou autre nom signifiant ''Addition with Carry'', qui permet de faire le calcul A + B + Retenue (la retenue en question est la retenue sortante de l'addition précédente, stockée dans le registre ''carry flag''). Son utilité principale est de permettre des additions d'entiers plus grands que ceux supportés par le processeur. Par exemple, cela permet de faire des additions d'entiers 32 bits sur un processeur 16 bits. [[File:Adder Network 3 Bit Sum Delay 003.svg|vignette|upright=0.5|Propagation de retenue dans l'additionneur.]] L'avantage est qu'il utilise très peu de portes logiques et est assez économe en transistors, ce qui fait qu'il était utilisé sur certains processeurs 8 et 16 bits assez anciens. Bien que très simple, cet additionneur est cependant peu performant. Le temps de calcul est proportionnel à la taille des opérandes. Par exemple, additionner deux nombres de 32 bits prendra deux fois plus de temps que l'addition de deux nombres de 16 bits. La raison est que le calcul des retenues s'effectue en série, l'une après l'autre. En effet, chaque additionneur doit attendre que la retenue de l'addition précédente soit disponible pour donner son résultat. Les retenues doivent se propager à travers le circuit, du premier additionneur jusqu'au dernier. L'addition étant une opération fréquente, il vaut mieux utiliser d'autres méthodes d'addition, plus rapides. Pour cela, les autres additionneurs utilisent diverses optimisations : calculer les retenues en parallèle, éliminer certaines opérations inutiles quand c'est possible, accélérer le calcul de la retenue avec des techniques d'anticipation de retenue, etc. Mais ces optimisations demandent d'utiliser plus de circuits, quitte à gagner quelque peu en rapidité. Si on met de côté les additionneurs de type ''Manchester carry chain'', qu'on ne peut pas encore expliquer à ce stade du cours, il existe plusieurs solutions, qui donnent respectivement les additionneurs à saut de retenue, à sélection de retenue, et à anticipation de retenue. Nous allons les voir dans les sections suivantes. ===Les accélérations de la propagation de retenue=== [[File:Full-adder-4bits-serial-CEI.svg|vignette|upright=0.5|Additionneur 4 bits, un bloc.]] Dans cette section, nous allons voir quelques additionneurs qui visent à accélérer la propagation de la retenue, mais en gardant la base de l'additionneur de propagation de retenue. Avant de poursuivre, partons du principe que l'additionneur est conçu en assemblant des additionneurs à plus simples, qui additionnent environ 4 à 5 bits, parfois plus, parfois moins. Ces additionneurs simples seront nommés ''blocs'' dans ce qui suit, et l'un d'entre eux est illustré ci-contre. Chaque bloc prend en entrée un morceau des deux opérandes à additionner, mais aussi une retenue d'entrée. Il fournit en sortie un résultat codé sur 4/5 bits, mais aussi une retenue sortante. Dans un bloc, la retenue sortante est plus ou moins calculée à part du résultat. L'enjeu est de calculer la retenue sortante d'un bloc rapidement, plus rapidement qu'un additionneur à propagation de retenue. Le calcul du résultat n'a pas besoin d'être accéléré, on garde des additionneurs à propagation de retenue. En enchaînant plusieurs blocs les uns à la suite des autres, la retenue sortante d'un bloc est connectée sur l'entrée de retenue du bloc suivant, la retenue est propagée d'un bloc au suivant. Les blocs sont tous identiques dans le cas le plus simple, mais il est possible d'utiliser des blocs de taille variable. Par exemple, le premier bloc peut avoir des opérandes de 6 bits, le second des opérandes de 7 bits, etc. Faire ainsi permet de gagner un petit peu en performances, si la taille de chaque bloc est bien choisie. La raison est une question de temps de propagation des retenues. La retenue met plus de temps à se propager à travers 8 blocs qu'à travers 4, ce qui prend plus de temps qu'à travers 2 blocs, etc. En tenir compte fait que la taille des blocs tend à augmenter ou diminuer quand on se rapproche des bits de poids fort. ====Le calcul parallèle de la retenue==== [[File:4008 Functional Diagram.svg|vignette|upright=1|4008 Functional Diagram]] L'optimisation la plus évidente est de calculer la retenue sortante en parallèle de l'addition. Chaque bloc contient, à côté d'un additionneur proprement dit, un circuit qui calcule la retenue sortante. Il existe de nombreuses manières de calculer la retenue sortante. La plus simple consiste à établir la table de vérité de l'entrée de retenue et d'utiliser les techniques du chapitre sur les circuits combinatoires. Cela marche si les blocs sont de petite taille, mais elle devient difficile si le bloc a des opérandes de 2/3 bits ou plus. Mais des techniques alternatives existent. Un exemple est celui de l'additionneur CMOS 4008, un additionneur de 4 bit. Il est intéressant de voir comment fonctionne ce circuit. Aussi, voici son implémentation. Le circuit est décomposé en trois sections. Une première couche de demi-additionneurs, le circuit de calcul de la retenue sortante, le reste du circuit qui calcule l'addition en propageant les retenues. Le circuit de calcul de la retenue sortante prend les résultats des demi-additionneurs, et les utilise pour calculer la retenue sortante. C'est là une constante de tous les circuits qui vont suivre. [[File:CMOS 4008, circuit découpé en sections.png|centre|vignette|upright=1.5|CMOS 4008, circuit découpé en sections]] Le point important à comprendre est que les demi-additionneurs génèrent les signaux P et G, qui disent si l'additionneur propage ou génère une retenue. Ces signaux sont alors combinés pour déterminer la retenue sortante. La méthode de combinaison des signaux P et G dépend fortement de l'additionneur utilisé. La méthode utilisée sur le 4008 utilise à la fois les signaux P et G, ce qui fait que c'est un hybride entre un additionneur à propagation de retenue, et un additionneur à anticipation de retenue qui sera vu dans la suite du chapitre. Mais il existe des techniques alternatives pour calculer la retenue sortante. ====L'additionneur à saut de retenue==== L''''additionneur à saut de retenue''' (''carry-skip adder'') est un additionneur dont le temps de calcul est variable. Le calcul prendra quelques cycles d'horloges avec certains opérandes, tandis qu'il sera aussi long qu'avec un additionneur à propagation de retenue avec d'autres. Il n'améliore pas le pire des cas, dans lequel la retenue doit être propagée du début à la fin, du bit de poids faible au bit de poids fort. Mais dans les autres cas, le circuit détecte quand le résultat de l'addition est disponible, quand la retenue a fini de se propager. Il permet d'avoir le résultat en avance, plutôt que d'attendre suffisamment pour couvrir le pire des cas. L'additionneur à saut de retenue est lui aussi composé de blocs qui additionnent 4/5 bits. Il peut, sous certaines conditions, sauter complètement la propagation de la retenue dans le bloc. L'idée est de calculer si un bloc génère une retenue sortante, ou si la retenue entrante est simplement propagée. Dans le second cas, le bloc ne fait que recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. La propagation de retenue entre blocs est alors skippée (mais elle a quand même lieu). Si une retenue est générée dans le bloc, on envoie cette retenue sur la retenue sortante. Le choix entre les deux est le fait d'un multiplexeur. [[File:Carry skip adder, principe de base.png|centre|vignette|upright=2.5|Carry skip adder : principe de base]] Toute la difficulté est de savoir comment commander le multiplexeur. Pour cela, on doit savoir si le circuit propage une retenue ou non. Le bloc propage une retenue si chaque additionneur complet propage la retenue. Les additionneurs complets doivent donc fournir le résultat, mais aussi indiquer s'ils propagent la retenue d'entrée ou non. Le signal de commande du multiplexeur est généré assez simplement : il vaut 1 si tous les additionneurs complets du bloc propagent la retenue précédente. C'est donc un vulgaire ET entre tous ces signaux. [[File:Additionneur à saut de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Calcul de la commande du MUX.]] L'additionneur à saut de retenue est construit en assemblant plusieurs blocs de ce type. [[File:BCSAdder16Bit.svg|centre|vignette|upright=3|Additionneur à saut de retenue.]] ====L'additionneur à sélection de retenue==== L''''additionneur à sélection de retenue''' utilise aussi des blocs, comme les additionneurs précédents. L'addition se fait en deux versions : une avec la retenue du bloc précédent valant zéro, et une autre version avec la retenue du bloc précédent valant 1. Il suffira alors de choisir le bon résultat avec un multiplexeur, une fois cette retenue connue. On gagne ainsi du temps en calculant à l'avance les valeurs de certains bits du résultat, sans connaître la valeur de la retenue. Petit détail : sur certains additionneurs à sélection de retenue, les blocs de base n'ont pas la même taille. Cela permet de tenir compte des temps de propagation des retenues entre les blocs. [[File:Additionneur à sélection de retenue.png|centre|vignette|upright=1|Additionneur à sélection de retenue avec seulement deux blocs.]] Dans les exemples du dessus, chaque sous-additionneur étaient des additionneurs à propagation de retenue. Mais ce n'est pas une obligation, et tout autre type d’additionneur peut être utilisé. Par exemple, on peut faire en sorte que les sous-additionneurs soient eux-mêmes des additionneurs à sélection de retenue, et poursuivre ainsi de suite, récursivement. On obtient alors un '''additionneur à somme conditionnelle''', plus rapide que l'additionneur à sélection de retenue, mais qui utilise beaucoup plus de portes logiques. ===Les additionneurs à anticipation de retenue=== Les '''additionneurs à anticipation de retenue''' accélèrent le calcul des retenues en les calculant sans les propager. Au lieu de calculer les retenues une par une, ils calculent toutes les retenues en parallèle, à partir des bits des opérandes à additionner. Une fois les retenues pré-calculées, il suffit de les additionner avec les deux bits adéquats, pour obtenir le résultat. [[File:Cla4bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Ces additionneurs sont composés de deux parties : * un circuit qui pré-calcule la valeur de la retenue d'un étage ; * et d'un circuit qui additionne les deux bits et la retenue pré-calculée : il s'agit d'une couche d'additionneurs complets simplifiés, qui ne fournissent pas de retenue. [[File:Additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Le circuit qui détermine la valeur de la retenue est lui-même composé de deux grandes parties, qui ont chacune leur utilité. La première partie réutilise des additionneurs qui donnent les signaux de propagation et génération de retenue. L'additionneur commence donc à prendre forme, et est composé de trois parties : * un circuit qui crée les signaux P et G ; * un circuit qui déduit la retenue à partir des signaux P et G adéquats ; * et une couche d'additionneurs qui additionnent chacun deux bits et une retenue. [[File:Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2|Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.]] Il ne nous reste plus qu'à voir comment fabriquer le circuit qui reste. Pour cela, il faut remarquer que la retenue est égale : * à 1 si l'addition des deux bits génère une retenue ; * à 1 si l'addition des deux bits propage une retenue ; * à zéro sinon. Ainsi, l'addition des bits de rangs i va produire une retenue Ci, qui est égale à Gi+(Pi·Ci−1). Si on utilisait cette formule sans trop réfléchir, on retomberait sur un additionneur à propagation de retenue inutilement compliqué. L'astuce des additionneurs à anticipation de retenue consiste à remplacer le terme Ci−1 par sa valeur calculée avant. Par exemple, je prends un additionneur 4 bits. Je dispose de deux nombres A et B, contenant chacun 4 bits : A3, A2, A1, et A0 pour le nombre A, et B3, B2, B1, et B0 pour le nombre B. Si j'effectue les remplacements, j'obtiens les formules suivantes : * C1 = G0 + ( P0 · C0 ) ; * C2 = G1 + ( P1 · G0 ) + ( P1 · P0 · C0 ) ; * C3 = G2 + ( P2 · G1 ) + ( P2 · P1 · G0 ) + ( P2 · P1 · P0 · C0 ) ; * C4 = G3 + ( P3 · G2 ) + ( P3 · P2 · G1 ) + ( P3 · P2 · P1 · G0 ) + ( P3 · P2 · P1 · P0 · C0 ). Ces formules nous permettent de déduire la valeur d'une retenue directement : il reste alors à créer un circuit qui implémente ces formules, et le tour est joué. On peut même simplifier le tout en fusionnant les deux couches d'additionneurs. [[File:4-bit carry lookahead adder.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 4 bits.]] Ces additionneurs sont plus rapides que les additionneurs à propagation de retenue. Ceci dit, utiliser un additionneur à anticipation de retenue sur des nombres très grands (16/32bits) utiliserait trop de portes logiques. Pour éviter tout problème, nos additionneurs à anticipation de retenue sont souvent découpés en blocs, avec soit une anticipation de retenue entre les blocs et une propagation de retenue dans les blocs, soit l'inverse. [[File:64-bit lookahead carry unit.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 64 bits.]] ===L'additionneur à calcul parallèle de préfixes=== Les '''additionneurs à calcul parallèle de préfixes''' sont des additionneurs à anticipation de retenue améliorés pour gagner en performances. Les additionneurs à anticipation de retenue générent des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, sous-entedu 1 bit par opérande. L'optimisation apportée est de générer des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, mais aussi pour des groupes de 2, 3, 4, ..., N bits. Par exemple, il est possible de générer un signal ''P 0 vers 7'', qui précise si la retenue de la seconde colonne est propagée jusqu'à la 7ème colonne ou non. Un autre exemple est un signal de génération qui indique si les colonnes 4 à 7 génèrent une retenue ou non. En clair, les signaux P et G ont maintenant un intervalle, qui précise de quelle colonne vers quelle colonne se fait la propagation, ou entre quelles colonnes se fait la génération. De plus, les signaux pour un intervalle peuvent se calculer en combinant les signaux pour des intervalles plus restreints. Par exemple, pour calculer P pour les colonnes 0 à 10 peuvent se calculer à partir des deux signaux P des colonnes 0-4 et 5-10. Néanmoins, il y a plusieurs manières pour subdiviser les intervalles en intervalles plus petits et combiner le tout. Et elles donnent chacune des additionneurs différent, comme l'additionneur de Ladner-Fisher, l'additionneur de Brent-Kung, l'additionneur de Kogge-Stone, ou tout design hybride. Ils ont des caractéristiques différentes. L'additionneur de Brent-Kung est le plus lent de tous les additionneurs cités, mais c'est celui qui utilise le moins de portes logiques. Les autres ont des performances un peu plus variables, mais utilisent plus de portes logiques. {| |[[File:Additionneur de Kogge-Stone.jpg|vignette|Additionneur de Kogge-Stone.]] |[[File:Additionneur de Ladner-Fisher.jpg|vignette|Additionneur de Ladner-Fisher.]] |} [[File:4bitKoggeStone.svg|vignette|upright=1.5|Additionneur de Kogge-Stone pour 4 bits.]] L'additionneur Kogge-Stone est illustré ci-contre. Il est composé de plusieurs couches de portes logiques. La toute première calcule les signaux P et G pour chaque colonne, comme le ferait un additionneur à anticipation de retenue. Il s'agit de la couche en rouge dans le schéma ci-dessous. Les circuits en jaune combinent ces signaux de manière à calculer les signaux P et G pour plusieurs colonnes. En vert, les circuits calculent la retenue finale. Voici le circuit pour 8 bits : [[File:Kogge-stone-8-bit.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur de Kogge-Stone pour 8 bits.]] ==L'addition signée et la soustraction== Après avoir vu l'addition, il est logique de passer à la soustraction, les deux opérations étant très proches. Si on sait câbler une addition entre entiers positifs, câbler une soustraction n'est pas très compliqué. De plus, la soustraction permet de faire des additions de nombres signés. ===Le soustracteur pour opérandes entiers=== Pour soustraire deux nombres entiers, on peut adapter l'algorithme de soustraction utilisé en décimal, celui que vous avez appris à l'école. Celui-ci ressemble fortement à l'algorithme d'addition : on soustrait les bits de même poids, et on propage éventuellement une retenue sur la colonne suivante. À la différence de l'addition, la retenue est soustraite, et non ajoutée. La table de soustraction nous dit quel est le résultat de la soustraction de deux bits. La voici : * 0 - 0 = 0 ; * 0 - 1 = 1 et une retenue ; * 1 - 0 = 1 ; * 1 - 1 = 0. [[File:Algebra1 05 fig014.svg|centre|vignette|Soustraction en binaire, avec les retenues en rouge.]] La table de soustraction peut servir de table de vérité pour construire un circuit qui soustrait deux bits. Celui-ci est appelé un '''demi-soustracteur'''. Il ressemble beaucoup à un demi-additionneur, les différences se résumant à une porte NON ajoutée pour le calcul de la retenue. [[File:Half Subtractor Vektor.svg|centre|vignette|Demi-soustracteur.]] Comme pour l'additionneur, deux demi-soustracteurs peuvent être combinés pour donner un '''soustracteur complet'''. Le calcul de la retenue se fait en combinant les deux retenues des demi-soustracteurs avec une porte OU. Les soustracteurs complets sont utilisés pour créer des soustracteurs à propagation de retenue ou tout autre circuit soustracteur, sur le même modèle que les additionneurs. [[File:FullSubtractor.svg|centre|vignette|upright=2|Soustracteur complet.]] Vous l'aurez sans doute remarqué, mais le demi-soustracteur ressemble beaucoup au demi-additionneur. La seule différence est une porte NON ajoutée au bon endroit dans le demi-soustracteur. {| |[[File:Half-adder.svg|vignette|Demi-additionneur]] |[[File:Half Subtractor Vektor.svg|vignette|upright=1.3|Demi-soustracteur]] |} La conséquence est qu'il est possible de créer un circuit capable de faire à la fois des additions et des soustractions. L'idée est de remplacer la porte NON du demi-soustracteur par un inverseur commandable. Si on envoie un zéro sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte OUI. Le circuit sera alors identique à un demi-additionneur. Si on envoie un 1 sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte NON. le circuit sera alors un demi-soustracteur. Il faut faire cela pour chaque demi-soustracteur, ce qui donne ceci pour un soustracteur complet. le résultat est alors appelé un '''additionneur-soustracteur complet'''. [[File:Additionneur-soustracteur complet.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur complet]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en complément à deux=== Étudions le cas de la soustraction en complément à deux, dans l'objectif de créer un circuit soustracteur. Vous savez sûrement que a−b et a+(−b) sont deux expressions équivalentes. Et en complément à deux, − b = not(b) + 1. Dit autrement, a − b = a + not(b) + 1. On pourrait se dire qu'il faut deux additionneurs pour faire le calcul, mais la majorité des additionneurs possède une entrée de retenue pour incrémenter le résultat de l'addition. Un soustracteur en complément à deux est donc simplement composé d'un additionneur et d'un inverseur. [[File:Additionneur soustracteur.png|centre|vignette|upright=2|Soustracteur en complément à deux.]] Il est possible de créer un circuit capable d'effectuer soit une addition, soit une soustraction : il suffit de remplacer l'inverseur par un inverseur commandable, qui peut être désactivé. On a vu comment créer un tel inverseur commandable dans le chapitre sur les circuits combinatoires. On peut remarquer que l'entrée de retenue et l'entrée de commande de l'inverseur sont activées en même temps : on peut fusionner les deux signaux en un seul. [[File:Additionneur-soustracteur en complément à deux.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux.]] Une implémentation alternative est la suivante. Elle remplace l'inverseur commandable par un multiplexeur. [[File:4-bit ripple carry adder-subtracter.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux, version alternative.]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en signe-magnitude=== Passons maintenant aux nombres codés en signe-valeur absolue, les deux opérandes étant notées A et B. Suivant les signes des deux opérandes, on a quatre cas possibles : A + B, A − B (B négatif), −A + B (A négatif) et −A − B (A et B négatifs). Une astuce est que le circuit n'a besoin que de calculer A + B et A − B : il peut les inverser pour obtenir − A − B ou B − A. A + B et A − B peuvent se calculer avec un additionneur-soustracteur, reste à corriger le résultat. Il suffit de lui ajouter un inverseur commandable pour obtenir le circuit d'addition finale. [[File:Additionneur en signe-valeur absolue.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur en signe-valeur absolue.]] Toute la difficulté tient dans le calcul du bit de signe du résultat, quand interviennent des soustractions. Autant l'addition de deux nombres de même signe (A + B et −A − B) ne pose aucun problème, autant les soustractions posent problème (A − B et −A + B). Suivant que <math>A<B</math> ou que <math>A>B</math>, le signe du résultat ne sera pas le même. Déterminer le signe du résultat se fait en regardant les bits de débordement d'entier, comme on le verra plus bas. ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en représentation par excès=== Passons maintenant aux nombres codés en représentation par excès. On pourrait croire que ces nombres s'additionnent comme des nombres non-signés, mais ce serait oublier la présence du biais, qui pose problème. Dans les cas de nombres signés gérés avec un biais, voyons ce que donne l'addition de deux nombres : : <math>( n_1 + biais ) + ( n_2 + biais ) = n_1 + n_2 + 2 \times biais</math> Or, le résultat correct serait : : <math>n_1 + n_2 + biais</math> En effectuant l'addition telle quelle, le biais est compté deux fois. On doit donc le soustraire après l'addition pour obtenir le résultat correct. Même chose pour la soustraction qui donne ceci : : <math>(n_1 + biais) - (n_2 + biais) = n_1 - n_2</math> Or, le résultat correct serait : : <math> ( n_1 - n_2 ) + biais </math> Il faut rajouter le biais pour obtenir l'exposant correct. On a donc besoin de deux additionneurs/soustracteurs : un pour additionner/soustraire les représentations binaires des opérandes, et un autre pour ajouter/retirer le biais en trop/manquant. ==L'additionneur BCD== Maintenant, voyons un additionneur qui additionne deux entiers au format BCD. Pour cela, nous allons devoir passer par deux étapes. La première est de créer un circuit capable d'additionneur deux chiffres BCD. Ensuite, nous allons voir comment enchaîner ces circuits pour créer un additionneur BCD complet. ===L'additionneur BCD qui fait l'opération chiffre par chiffre=== Nous allons commencer par voir un additionneur qui additionne deux chiffres en BCD, une sorte d'équivalent BCD de l'additionneur complet. Il fournit un résultat sur 4 bits et une retenue qui est mise à 1 si le résultat dépasse 10 (la limite d'un chiffre BCD). Les deux opérandes sont des chiffres BCD codés sur 4 bits et sont additionnés en binaire par un additionneur des plus normaux, similaire à ceux vus plus haut. Le résultat est alors un entier codé en binaire, sur 5 bits, qu'on corrige/convertit pour obtenir un chiffre BCD et une retenue sortante. Pour corriger le résultat, une idée intuitive serait de prendre le résultat et de faire une division par 10. Le quotient donne la retenue, alors que le reste est le résultat, le chiffre BCD. Mais un circuit diviseur par 10 utilise beaucoup de portes logiques, ce qui ne vaut pas le coup. Une autre méthode détecte si le résultat est égal ou supérieur à 10, ce qui correspond à un "débordement" (on dépasse les limites d'un chiffre BCD). Si le résultat est plus petit que 10, il n'y a rien à faire : le résultat est bon et la retenue est de zéro. Par contre, si le résultat vaut 10 ou plus, il faut corriger le résultat et générer une retenue à 1. Il faut donc ajouter un circuit qui détecte si le résultat est supérieur à 9, qui calcule directement la retenue. Ce circuit peut se fabriquer simplement à partir de sa table de vérité, ou en utilisant les techniques que nous verrons dans un chapitre ultérieur sur les comparateurs. La solution la plus simple est clairement d'utiliser la table de vérité, ce qui est très simple, assez pour être laissé en exercice au lecteur. Pour comprendre comment corriger le résultat, établissons une table de vérité qui associe le résultat et le résultat corrigé. L'entrée vaut au minimum 10 et au maximum 9 + 9 = 18. On considère la sortie comme un tout, la retenue étant un 5ème bit, le bit de poids fort. {|class="wikitable" |- ! colspan="5" | Entrée ! ! rowspan="10" | ! Retenue ! Résultat corrigé (sans retenue) ! interprétation de la sortie en binaire (retenue inclue) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 0 | (10) | 1 || 0000 | (16) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 1 | (11) | 1 || 0001 | (17) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 0 | (12) | 1 || 0010 | (18) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 1 | (13) | 1 || 0011 | (19) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 0 | (14) | 1 || 0100 | (20) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 1 | (15) | 1 || 0101 | (21) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 0 | (16) | 1 || 0110 | (22) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 1 | (17) | 1 || 0111 | (23) |- | 1 || 0 || 0 || 1 || 0 | (18) | 1 || 1000 | (24) |} En analysant le tableau, on voit que pour corriger le résultat, il suffit d'ajouter 6. La raison est que le résultat déborde d'un nibble à 16 en binaire, mais à 10 en décimal : il suffit d'ajouter la différence entre les deux, à savoir 6, et le débordement binaire fait son travail. Donc, la correction après une addition est très simple : si le résultat dépasse 9, on ajoute 6. On peut maintenant implémenter l'additionneur BCD, en combinant le comparateur avec 10, le circuit de correction, et l'additionneur. La première solution calcule deux versions du résultat : la version corrigée, la version normale. Le choix entre les deux est réalisée par un multiplexeur, commandé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD]] L'autre solution utilise un circuit commandable qui soit additionne 6, soit ne fait rien. Le choix entre les deux est commandé par le bit calculé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD, seconde version.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD, seconde version.]] Une version alternative du circuit précédent est la suivante. Il contient deux additionneurs : un pour additionner les deux chiffres BCD, un autre pour additionner 6 si besoin. Le résultat du comparateur est directement utilisé pour générer l'opérande du second additionneur : 0 ou 6. Le circuit est simple à concevoir, mais gaspille beaucoup de circuit. Idéalement, il vaudrait mieux utiliser un circuit combinatoire d'addition avec une constante. [[File:Adder 4 Bit BCD.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur BCD, circuit complet.]] Pour obtenir un additionneur BCD complet, il suffit d’enchaîner les additionneurs précédents, comme on le ferait avec les additionneurs complets dans un additionneur à propagation de retenue. Au final, l'additionneur BCD est beaucoup plus compliqué qu'un additionneur normal, car il rajoute un comparateur ">9", un petit additionneur pour ajouter 6 et éventuellement d'autres circuits. De plus, il est difficile d'appliquer les optimisations disponibles sur les additionneurs non-BCD. Notamment, les circuits d'anticipation de retenue sont totalement à refaire et le résultat est relativement compliqué. C'est ce qui explique pourquoi le BCD a progressivement été abandonné au profit du binaire simple. La soustraction en BCD se fait comme en binaire : le nombre à soustraire est remplacé par son complément, le circuit additionne le complément et l'autre opérande, le débordement d'entier fait que le résultat marche. Sauf qu'ici, le complément est un complément à 9. Il se calcule chiffre par chiffre : chaque chiffre est remplacé par (9 - le chiffre en question). ===L'additionneur BCD par ajustement décimal=== L'additionneur BCD précédent effectuait son travail chiffre BCD par chiffre BCD, mais il existe des additionneurs BCD qui font autrement. Sur les premiers processeurs x86, il n'y avait pas d'opération d'addition BCD proprement dit, seulement une addition binaire normale de 8, 16 ou 32 bits. Par contre, elle était secondée par une opération dite d''''ajustement décimal''' qui transformait un nombre binaire en nombre codé en BCD. L'opération d'ajustement décimal prenait un opérande de 8 bits codé en binaire et fournissait un résultat de la même taille, c'est à dire deux chiffres BCD. Effectuer une addition BCD demandait donc de faire deux opérations à la suite : une addition binaire simple, suivie par l'opération d'ajustement décimal. Cela permettait de gérer des nombres entiers en binaire usuel et des entiers BCD sans avoir deux instructions d'addition séparées pour les deux, sans compter que cela simplifiait aussi les circuits d'addition. L'ajustement décimal s'effectue en ajoutant une constante bien précise à l'opérande à convertir en BCD. L'idée est que la constante est découpée en morceaux de 4 bits, correspondant chacun à un chiffre BCD de l'opérande, chaque morceau contenant soit un 0, soit 6. Cela permet d'ajouter soit 0, soit 6, à chaque chiffre BCD, et donc de le corriger. La propagation des retenues d'un chiffre à l'autre est effectuée automatiquement par l'addition binaire de la constante. L'opération d'ajustement décimal calcule automatiquement la constante. Elle découpe l'opérande en ''nibbles'', vérifie si chaque ''nibble'' est supérieur ou égal à 10, puis détermine la valeur de chaque ''nibble'' de la constante finale. Par exemple, si je prends l'opérande 1001 1110, le ''nibble'' de poids faible déborde, alors que celui de poids fort non. La constante sera donc 0000 0110 : 0x06. Inversement, si le ''nibble'' de poids fort déborde et pas celui de poids faible, la constante sera alors 0x60. Et la constante est de 0x66 si les deux ''nibbles'' débordent, de 0x00 si aucun ne déborde. Le circuit d’ajustement décimal est donc composé de trois étapes : deux étapes pour calculer la constante, et un circuit d'addition pour additionner cette constante au nombre de départ. La première étape découpe l'opérande en morceaux de 4 bits, en chiffres BCD, et vérifie si chacun d'entre eux vaut 10 ou plus. La seconde étape prend les résultats de la première étape, et les combine pour calculer la constante. Enfin, on trouve l'addition finale, qui était réalisée par un circuit d'addition utilisé à la fois pour l'ajustement décimal et l'addition binaire. La différence entre une addition normale et une opération d'ajustement décimal tient dans le fait que les deux premières étapes sont désactivées dans une addition normale. [[File:Additionneur BCD parallèle.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD parallèle]] ===L'additionneur biquinaire=== Les entiers BCD ne sont qu'un des encodages hybrides entre décimal et binaire. L'encodage biquinaire est l'un d'entre eux et nous allons faire un rappel rapide à ce sujet. Pour simplifier, un chiffre encodé en biquinaire est composé de deux parties : un bit, couplé à une partie quinaire encodée en représentation ''one-hot''. La partie quinaire encode un nombre allant de 0 à 4, ce qui prend 5 bits (0, 1, 2, 3 et 4). Le bit indique s'il faut ou non ajouter 5 à la valeur encodée par la partie quinaire. Ainsi, on peut coder tous les nombres de 0 à 9. Additionner deux nombres de biquinaire demande donc d'additionner deux parties quinaires encodées en ''one-hot'' et d'additionner deux bits. Mais attention : il faut tenir compte de la retenue de l'addition des parties quinaires. Et idéalement, il faut aussi tenir compte d'une retenue entrante, provenant de l'addition de la colonne de chiffres précédente. Toute la difficulté vient de la création de l'additionneur ''one-hot''. Heureusement, vu qu'il n'y a que 4-5 bits à additionner, il est souvent fabriqué à partir de sa table de vérité. [[File:Additionneur bi-quinaire.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur bi-quinaire]] Un avantage du biquinaire est que le calcul du complément à 9 est très simple. Il faut pour cela : inverser la partie binaire avec une porte NON, puis inverser l'ordre des bits de la partie quinaire. Concrètement, le bit de poids faible devient le bit de poids fort, et ainsi de suite. Par exemple, une partie quinaire 01000 devient 00010, 10000 devient 00001, 00100 ne change pas, etc. Le tout peut se calculer avec une porte NON et 5 multiplexeurs. ===L'additionneur BCD avec calculs intermédiaires en biquinaire=== L'ordinateur IBM 1401, un ancien ''mainframe'' des années 60, utilisait un additionneur BCD un peu particulier. Les nombres étaient encodés en BCD dans la mémoire de l'ordinateur, mais les circuits de calcul utilisaient la représentation biquinaire. Lors d'un calcul, le processeur de l'ordinateur traduisait les chiffres BCD en représentation biquinaire, faisait une addition en biquinaire, avant de traduire le résultat en BCD normal. Pour être précis, l'IBM 1401 utilisait une variante du biquinaire. L'encodage biquinaire de l'IBM 1401 est le suivant : la partie binaire disait si le chiffre était pair ou non, la partie quinaire encodait les valeurs 0, 2, 4, 6 et 8. Le chiffre se calculait en additionnant la partie binaire (0 ou 1) au nombre pair encodé par la partie quinaire. Si l'IBM 1401 utilisait cette variante du biquinaire, c'est car elle donnait des circuits de conversion BCD-biquinaire plus économes en portes logiques et plus rapides. La partie binaire est le bit de poids faible du chiffre BCD, la partie biquinaire est calculée par un simple décodeur qui prend en entrée le chiffre BCD, amputé de son bit de poids faible. La traduction inverse demande d'utiliser un encodeur, à la place du décodeur. Par contre, le circuit d'addition biquinaire était plus compliqué du fait de la gestion des retenues. L'addition des parties binaires et quinaires se faisait en parallèle, dans deux additionneurs séparés. Cependant, l'addition des parties binaire fournit une retenue, qu'il faut prendre en compte. Pour cela, l'IBM 1401 disposait d'un troisième additionneur qui fournissait le résultat final, encodé en biquinaire. [[File:Additionneur bi-quinaire de l'IBM 1401.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur biquinaire de l'IBM 1401]] Une implémentation moderne demanderait d'utiliser des portes ET combinées à des portes OU, le circuit pouvant être construit simplement à partir de sa table de vérité. Sur l'IBM 1401, le circuit était cependant différent, en raison de l'utilisation de OU câblés, des croisements de fils qui fonctionnent comme des portes OU, que nous n'avons pas encore vu pour le moment, mais qui seront détaillés dans quelques chapitres. Les OU câblés étaient utilisés pour simplifier le design du circuit, mais demandaient des portes logiques spécifiques, ce qui collait avec le fait que ce ''mainframe'' utilisait des transistors en Germanium. L'implémentation exacte est décrite dans cet article de blog, mais je ne recommande sa lecture qu'à ceux qui savent ce qu'est un OU câblé : * [https://www.righto.com/2015/10/qui-binary-arithmetic-how-1960s-ibm.html Qui-binary arithmetic: how a 1960s IBM mainframe does math]. ==Les débordements d'entier lors d'une addition/soustraction== Les instructions arithmétiques manipulent des entiers codés sur un nombre fixe de bits, qui ne peuvent prendre leurs valeurs que dans un intervalle. Pour les nombres positifs, un ordinateur qui code ses entiers sur n bits pourra coder tous les entiers allant de 0 à <math>2^n -1</math>. Pour les nombres négatifs, l'intervalle est différent et dépend de la représentation utilisée. Dans le cas général, l'ordinateur peut coder les valeurs comprises de <math>N_\text{min}</math> à <math>N_\text{max}</math>. Si le résultat d'un calcul sort de cet intervalle, il ne peut pas être représenté par l'ordinateur et il se produit ce qu'on appelle un '''débordement d'entier'''. La '''valeur haute de débordement''' désigne la première valeur qui est trop grande pour être représentée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 0 et 7, la valeur haute de débordement est égale à 8. On peut aussi définir la '''valeur basse de débordement''', qui est la première valeur trop petite pour être codée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 8 et 250, la valeur basse de débordement est égale à 7. Pour les nombres entiers, la valeur haute de débordement vaut <math>N_\text{max} + 1</math> , alors que la valeur basse vaut <math>N_\text{min} - 1</math> (avec <math>N_\text{max}</math> et <math>N_\text{min}</math> respectivement la plus grande et la plus petite valeur codable par l'ordinateur). ===La correction des débordements d'entier : l'arithmétique saturée=== Quand un débordement d'entier survient, tous les circuits de calcul ne procèdent pas de la même manière. Dans les grandes lignes, il y a deux réactions possibles : soit on corrige automatiquement le résultat du débordement, soit on ne fait rien et on se contente de détecter le débordement. Si le débordement n'est pas corrigé automatiquement, le circuit ne conserve que les bits de poids faibles du résultat. Les bits en trop sont simplement ignorés. On dit qu'on utilise l''''arithmétique modulaire'''. Le problème avec ce genre d'arithmétique, c'est qu'une opération entre deux grands nombres peut donner un résultat très petit. Par exemple, si je dispose de registres 4 bits et que je souhaite faire l'addition 1111 + 0010 (ce qui donne 15 + 2), le résultat est censé être 10001 (17), ce qui est un résultat plus grand que la taille d'un registre. En conservant les 4 bits de poids faible, j’obtiens 0001 (1). En clair, un résultat très grand est transformé en un résultat très petit. Cela peut poser problèmes si on travaille uniquement avec des nombres positifs, mais c'est aussi utilisé pour coder des nombres en complément à deux. D'autres circuits utilisent ce qu'on appelle l''''arithmétique saturée''' : si un calcul génère un débordement, on arrondi le résultat au plus grand entier supporté par le circuit. Les circuits capables de calculer en arithmétique saturée sont un peu plus complexes, vu qu'il faut rajouter des circuits pour corriger le résultat en cas de débordement. Il suffit généralement de rajouter un ''circuit de saturation'', qui prend en entrée le résultat et le corrige en cas de débordement. Ce circuit de saturation met la valeur maximale en sortie si un débordement survient, mais se contente de recopier le résultat du calcul sur sa sortie s'il n'y a pas de débordement. Typiquement, il est composé d'une couche de multiplexeurs, qui sélectionnent quelle valeur mettre sur la sortie : soit le résultat du calcul, soit le plus grand nombre entier géré par le processeur, soit le plus petit (pour les nombres négatifs/soustractions). L'arithmétique saturée est utilisée pour les additions et soustractions, mais c'est plus rare pour les multiplications/divisions. Une des raisons est que le résultat d'une addition/soustraction prend un bit de plus que le résultat, là où les multiplications doublent le nombre de bits. Quand une addition déborde, le résultat réel est proche de la valeur maximale codable. mais quand une multiplication déborde, le résultat peut parfois valoir 200 à 60000 fois plus que la valeur maximale codable. Les calculs avec une valeur saturée/corrigée sont donc crédibles pour une suite d'additions, mais pas pour une suite de multiplications. ===La détection des débordements entiers=== Quand un débordement d'entier a eu lieu, il vaut mieux que l'additionneur prévienne ! Pour cela, l'additionneur a une '''sortie de débordement''', parfois nommée ''Overflow'', dont la valeur indique si l'addition a généré un débordement d'entier ou non. Reste que détecter un débordement ne se fait pas de la même manière selon que l'on parle d'un additionneur non-signé ou signé. Pour les additionneur non-signés, l'additionneur calcule un bit de plus que ce qui est supporté par l'ordinateur. Par exemple, un additionneur 32 bits fournit un résultat sur 33 bits, un débordement d'entier a lieu quand le 33ème bit est à 1. Précisément, la sortie de débordement n'est autre que la retenue finale, celle fournie par le dernier additionneur complet. Le seul type de débordement possible est un débordement par le haut, où le résultat dépasse la valeur maximale. Avec l'arithmétique saturée, le circuit de saturation consiste en une seule couche de multiplexeurs, voire en un circuit de mise à la valeur maximale tel que vu dans le chapitre sur les opérations bits à bits. [[File:Gestion des débordements d'entiers.png|centre|vignette|upright=2.5|Gestion des débordements d'entiers lors d'une addition non-signée.]] Pour les additionneurs non-signés, la gestion des débordements d'entiers dépend fortement de la représentation signée. Nous allons étudier le cas du complément à deux. Si vous vous rappelez le chapitre 1, les calculs sur des nombres en complètement à deux utilisent les règles de l'arithmétique modulaire, c'est une condition nécessaire. À priori, on peut penser que dans ces conditions, les débordements d'entiers sont une chose parfaitement normale, qui nous permet d'avoir des résultats corrects. Néanmoins, certains débordements d'entiers peuvent survenir malgré tout et produire des bugs assez ennuyeux. Si l'on tient en compte les règles du complément à deux, on sait que le bit de poids fort (le plus à gauche) permet de déterminer si le nombre est positif ou négatif : il indique le signe du nombre. Tout se passe comme si les entiers en complément à deux étaient codés sur un bit de moins, et avaient leur longueur amputé du bit de poids fort. Si le résultat d'un calcul écrase le bit de poids fort, il y a un débordement d'entiers. Il existe une règle simple qui permet de détecter ces débordements d'entiers. L'addition de deux nombres positifs ne peut pas être un nombre négatif. Si on additionne deux nombres dont le bit de signe est à 0 et que le bit de signe du résultat est à 1, on est en face d'un débordement d'entiers. Même chose pour deux nombres négatifs : le résultat de l'addition ne peut pas être positif. On peut résumer cela en une phrase : si deux nombres de même signe sont ajoutés, un débordement a lieu quand le bit du signe du résultat a le signe opposé. Modifier les circuits d'au-dessus pour qu'ils détectent les débordements en complément à deux est simple comme bonjour : il suffit créer un petit circuit combinatoire qui prenne en entrée les bits de signe des opérandes et du résultat, et qui fasse le calcul de l'indicateur de débordements. Si l'on rédige sa table de vérité, on doit se retrouver avec la table suivante : {|class="wikitable" |- !Entrées !Sortie |- |000||0 |- |001||1 |- |010||0 |- |011||0 |- |100||0 |- |101||0 |- |110||1 |- |111||0 |} L'équation de ce circuit est la suivante, avec <math>S_a</math> et <math>S_b</math> les signes des deux opérandes, et <math>C_i</math> la retenue de la colonne précédente : : <math> ( S_a . S_b . \overline{C_i} ) + ( \overline{S_a} . \overline{S_b} . C_i )</math> En simplifiant, on obtient alors : : <math>( S_a . S_b ) \oplus C_i</math> Or, il se trouve que <math>S_a . S_b</math> est tout simplement la retenue en sortie du dernier additionneur, que nous noterons <math>C_o</math>. On trouve donc : : <math>C_o \oplus C_i</math> Il suffit donc de faire un XOR entre la dernière retenue et la précédente pour obtenir le bit de débordement. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de décalage et de rotation | prevText=Les circuits de décalage et de rotation | next=Les circuits de comparaison | nextText=Les circuits de comparaison }} </noinclude> msq25vyolqbx9izc2cpnwotc2q6eo4s 768201 768200 2026-06-20T14:56:08Z Mewtow 31375 /* L'additionneur complet basé sur une modification de la retenue sortante */ 768201 wikitext text/x-wiki Dans ce chapitre, nous allons voir les circuits capables de faire une addition ou une soustraction, ainsi que quelques circuits spécialisés. Précisons cependant que les fabricants de processeurs travaillent d'arrache-pied pour trouver des moyens de rendre ces circuits de calcul plus rapides et plus économes en énergie. Autant vous dire que les circuits que vous allez voir sont vraiment des circuits qui font pâle figure comparé à ce que l'on peut trouver dans un vrai processeur commercial ! ==Les circuits pour additionner 2 ou 3 bits== L'addition se fait en binaire de la même manière qu'en décimal. On additionne les chiffres/bits colonne par colonne, une éventuelle retenue est propagée à la colonne d'à côté. La soustraction fonctionne sur le même principe, sur le même modèle qu'en décimal. [[File:Binary Addition Demonstration.svg|centre|vignette|Exemple d'addition en binaire.]] En clair, additionner deux nombres demande d'additionner 2 bits et une retenue sur chaque colonne, et de propager les retenues d'une colonne à l'autre. La propagation des retenues est quelque chose de simple en apparence, mais qui est sujet à des optimisations extraordinairement nombreuses. Aussi, pour simplifier l'exposition, nous allons voir comment gérer une colonne avant de voir comment sont propagées les retenues. En effet, tout additionneur est composé d'additionneurs plus simples, capables d'additionner deux ou trois bits suivant la situation. Ceux-ci gèrent ce qui se passe sur une colonne. ===Le demi-additionneur et l'additionneur complet=== Un additionneur deux bits implémente la table d'addition, qui est très simple en binaire. Jugez plutôt : * 0 + 0 = 0, retenue = 0 ; * 0 + 1 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 0 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 1 = 0, retenue = 1. Un circuit capable d'additionner deux bits est donc simple à construire avec les techniques vues dans les premiers chapitres. On voit immédiatement que la colonne des retenues donne une porte ET, alors que celle du bit de somme est calculé par un XOR. Le circuit obtenu est appelé un '''demi-additionneur'''. {| class="flexible" |[[File:1-bit half-adder.svg|class=transparent|centre|Demi-addtionneur.]] |[[File:Half-adder.svg|centre|class=transparent|Circuit d'un demi-addtionneur.]] |} [[File:Full Adder Block.svg|vignette|upright=1|class=transparent|Additionneur complet.]] Si on effectue une addition en colonne, on doit additionner les deux bits sur la colonne, mais aussi additionner une éventuelle retenue. Il faut donc créer un circuit qui additionne trois bits : deux bits de données, plus une retenue. Il fournit en sortie deux bits : un bit de somme et une retenue sortante. Ce circuit qui additionne trois bits est appelé un '''additionneur complet'''. Voici sa table de vérité : {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- ||0||0||0|| ||0||0 |- ||0||0||1|| ||0||1 |- ||0||1||0|| ||0||1 |- ||0||1||1|| ||1||0 |- ||1||0||0|| ||0||1 |- ||1||0||1|| ||1||0 |- ||1||1||0|| ||1||0 |- ||1||1||1|| ||1||1 |} Il est possible d'utiliser un tableau de Karnaugh pour traduire la table de vérité, mais elle donne un résultat légèrement sous-optimal. D'autres méthodes donnent des résultats plus compréhensibles. Nous allons les détailler dans ce qui suit. ===L'additionneur complet conçu avec deux demi-additionneurs=== La solution plus simple consiste à enchaîner deux demi-additionneurs : un qui additionne les deux bits de données, et un second qui additionne la retenue au résultat. La retenue finale se calcule en combinant les sorties de retenue des deux demi-additionneurs, avec une porte OU. Pour vous en convaincre, établissez la table de vérité de ce circuit, vous verrez que ça marche. {| class="flexible" |[[File:Full Adder Modules.svg|class=transparent|Composition d'un additionneur complet. On voit bien que celui-ci est composé de deux demi-additionneurs, en rouge et en bleu, auxquels on a ajouté une porte OU pour calculer la retenue finale.]] |[[File:Full-adder.svg|300px|class=transparent|Circuit d'un additionneur complet.]] |} Le circuit de calcul de la retenue peut être remplacé par une '''porte à majorité''', mais cette possibilité n'est presque jamais utilisée, on lui préfère le circuit à trois portes logiques. [[File:Additionneur crée avec une porte à majorité.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec une porte à majorité]] Les autres implémentations de l'additionneur complet que nous allons voir sont des dérivés de ce circuit, auquel on a appliqué quelques simplifications. Les simplifications portent surtout sur le circuit de calcul de la retenue. En effet, le calcul de la retenue doit absolument être le plus rapide possible,vu que la propagation des retenues est le point limitant pour les performances d'un additionneur. ===L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue=== L'additionneur complet précédent est de loin le plus simple, le plus évident. Il est utilisé dans les additionneurs simples, peu performants. Mais il existe d'autres implémentations, utilisées dans des additionneurs performants, qui sont terriblement importantes pour la suite du chapitre. Ces additionneurs performants cherchent à calculer la retenue le plus rapidement possible. Par contre, le bit de somme est toujours calculé avec deux portes XOR, cela ne change pas. Pour comprendre comment ils fonctionnent, regardons ce que vaut la retenue sortante en fonction de la retenue entrante, en analysant la table de vérité de l'additionneur complet. Il y a trois cas, qui dépendent de la valeur des deux bits additionnés, nommés A et B. Si les deux bits sont différents, la retenue sortante est égale à la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est propagée sur la sortie de retenue. Cependant, il y a aussi deux cas où la retenue n'est pas propagée : celui où la retenue sortante est forcée à 1, et celui où elle est forcée à 0, peu importe la valeur de la retenue entrante. Dans le premier cas, l'addition donne une retenue à 1, quelle que soit la retenue envoyée en entrée (sous-entendu, même si celle-ci vaut 0). On dit que la retenue sortante est générée. Dans le cas inverse, la retenue sortante est forcée à 0, peu importe la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est absorbée. Il y a cependant une petite ambiguïté à dire que la retenue a été propagée, absorbée ou générée. En effet, prenons le cas où la retenue sortante et entrantes valent toutes deux 0 : est-ce que la retenue a été propagée ou bien absorbée, ou les deux ? Idem quand les deux retenues sont à 1. Il y a un choix arbitraire à faire dans ce genre de cas, pour la plupart des lignes de la table de vérité. Cependant, il y a un choix bien précis qui est supérieur aux autres, et c'est celui qui est présenté dans le tableau suivant. Les lignes rouge correspondent à une retenue propagée, celles en bleu à une retenue absorbée, celle en vert à une retenue générée. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_rouge" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_bleu" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||1|| ||1||1 |} Avec ce choix, on peut déterminer si la retenue est propagée, absorbée ou générée, sans tenir compte de la retenue elle-même. On peut déterminer dans quel cas on est seulement en regardant les bits d'opérandes nommés A et B. * La retenue est propagée si les deux bits d'opérande sont différents. * La retenue est générée si les deux bits d'opérande sont à 1. * La retenue est absorbée si les deux bits d'opérande sont à 0. On peut donc détecter si une retenue est générée, absorbée ou propagée avec une simple porte logique : un ET entre les deux bits d'opérande pour la génération, un NOR pour l'absorption, un XOR pour la propagation. L'additionneur que nous allons voir détermine si la retenue est propagée, absorbée ou générée, et calcule la retenue sortante en fonction de ça. Il génère deux bits, nommés P et G : P pour ''Propagate'', G pour ''Generate''. Le bit P indique que la retenue entrante doit être propagée ou non : il est mis à 1 pour propager la retenue entrante, à 0 si elle ne doit pas être propagée. Le bit G indique si une retenue a été générée ou non : 1 si une retenue générée, 0 sinon. Une retenue est considérée comme absorbée si elle n'est pas ni propagée ni générée, pas besoin d'un troisième bit pour gérer ce cas. Pour rappel, la retenue est propagée si les deux bits sont différents, n'est pas propagée s'ils sont identiques. Déterminer si deux bits sont identiques ou différents est le comportement d'une banale porte XOR. Le bit P est donc généré par une simple porte XOR. Quant au bit G, il est à 1 si les deux bits d'opérandes sont à 1, ce qui correspond à une porte ET. Il existe des pseudo-additionneurs qui ne calculent pas la retenue sortante et fournissent à la place les signaux P et G, en plus du résultat. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur P/G''' (P/G pour propagation/génération). Ils sont très utiles pour créer des additionneurs dits "à anticipation de retenue", comme on le verra dans la suite du chapitre. {| class="flexible" | [[File:FulladderPG.png|Additionneur P/G : entrées et sorties.]] | [[File:Partial Full-Adder.svg|class=transparent|Additionneur P/G : circuit de génération des signaux P et G.]] |} Pour créer un additionneur complet avec cette méthode, il faut ajouter un circuit qui calcule la retenue sortante à partir des bits P et G. La retenue finale vaut 1 soit quand la retenue est générée, soit quand la retenue d'entrée vaut 1 et qu'elle est propagée. La traduction en équation logique; puis en circuits, donne un circuit strictement identique à celui basé sur deux demi-additionneurs... Vous remarquerez que les signaux P et G sont calculés par le premier demi-additionneur. [[File:Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.png|class=transparent|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.]] Une méthode alternative utilise un multiplexeur pour la retenue. L'idée est que si la retenue est propagée, alors il suffit de recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. Par contre, si elle n'est pas propagée, la retenue sortante est calculée par un circuit, en l'occurrence celui qui dit si une retenue à été générée ou non. Le choix entre les deux se fait avec un multiplexeur, commandé par le bit P. [[File:Additionneur crée avec un multiplexeur.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec un multiplexeur]] Le circuit exact est celui-ci : [[File:Additionneur complet basé sur un MUX.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet basé sur un MUX]] Le circuit semble utiliser plus de portes logiques que l'additionneur complet précédent. Cependant, nous verrons dans quelques chapitres qu'il est possible d'implémenter un multiplexeur avec seulement 6 transistors, voire moins ! L'implémentation utilise des portes à transmission, mais nous en reparlerons dans le chapitre sur les transistors, quand nous verrons les additionneurs à ''Manchester Carry Chain''. Au passage, une variante de ce circuit a été utilisée dans le processeur processeur 8086 d'Intel, comme on le verra dans le chapitre suivant. ===L'additionneur complet basé sur une modification de la retenue sortante=== L'additionneur précédent calcule la retenue sortante à partir de la retenue entrante. L'additionneur que nous allons voir fait quelque chose d'assez différent, et de potentiellement complémentaire : il calcule le 'bit de somme' à partir de la retenue sortante. En effet, le bit de somme est l'inverse de la retenue sortante, sauf dans deux cas : les trois bits d'entrée sont à 0, où ils sont tous à 1. Le bit de somme vaut 0 dans le premier cas, 1 dans le second cas. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_vert" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||1|| ||1||1 |} L'implémentation en circuit demande donc trois choses : * de calculer la retenue sortante et de quoi l'inverser ; * un circuit qui vérifie si tous les bits opérande valent 0 : une porte NOR ou OU fait l'affaire ; * un circuit qui vérifie s'ils valent tous 1, à savoir une porte ET. Ensuite, on combine le résultat des trois circuits précédents pour obtenir le résultat final. La combinaison est le fait du circuit en jaune dans le schéma ci-dessous. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue]] Le circuit en jaune est assez simple. Quand la porte ET sort un 1, la sortie doit être forcée à 1. Par contre, quand la porte OU sort un zéro, la sortie doit être forcée à 0. Il suffit donc d'enchainer un circuit de mise à 1 et un circuit de mise à 0. Nous avons vu dans le chapitre sur les opérations de masquage qu'il s'agit respectivement d'une porte OU et d'une porte ET. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet]] Divers processeurs utilisaient des additionneurs complets de ce type : le fameux Z80, l'Intel 4004 et de l'Intel 8008 sont les exemples les plus notables. Pourtant, on pourrait s'étonner qu'un tel circuit ait existé. Il utilise beaucoup de portes logiques, a une profondeur logique supérieure : il n'a rien d'avantageux. Sauf qu'il était utilisé sur d'anciens processeurs, qui utilisaient la technologie dite TTL, différente de la technologie CMOS des transistors modernes. Et avec la technologie TTL, il est possible de fusionner plusieurs portes logiques ET et NOR en une seule porte logique ET/OU/NON ! Un additionneur complet construit ainsi ne prenait que deux portes logiques : une pour le calcul de la retenue sortante, une autre pour le reste du circuit. ==L'addition non signée== Voyons maintenant un circuit capable d'additionner deux nombres entiers: l''''additionneur'''. Dans la version qu'on va voir, ce circuit manipulera des nombres strictement positifs. L'addition des nombres codés en complètement à deux sera vu dans une section ultérieure. ===L'additionneur série=== Il est possible d'additionner deux nombres bit par bit,colonne par colonne, avec un additionneur complet. Cela demande de coupler un additionneur complet avec plusieurs registres à décalages. Les opérandes sont placées chacune dans un registre à décalage, afin de passer d'un bit au suivant, d'une colonne à la suivante, à chaque cycle. Même chose pour le résultat, qui a sont propre registre à décalage. La retenue de l'addition est stockée dans une bascule de 1 bit, en attente du prochain cycle d'horloge. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur série'''. [[File:Additionneur série.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur série.]] L'additionneur série a été utilisé sur d'anciens prototypes dans les années 50-60, et quelques ordinateurs commerciaux très rares. ===L'additionneur à propagation de retenue=== L'additionneur à propagation de retenue pose l'addition comme en décimal, en additionnant les bits colonne par colonne avec une éventuelle retenue. Évidemment, on commence par les bits les plus à droite, comme en décimal. Il suffit ainsi de câbler des additionneurs complets les uns à la suite des autres. Notons la présence de la retenue sortante, qui est utilisée pour détecter les débordements d'entier, ainsi que pour d'autres opérations. Le bit de retenue final est souvent stocké dans un registre spécial du processeur (généralement appelé ''carry flag''). [[File:Ripplecarryadder.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à propagation de retenue.]] Notez aussi, sur le schéma précédent, la présence de l’entrée de retenue <math>\text{R}_\text{Entrée}</math> sur l'additionneur. L'additionneur le plus à droite est bien un additionneur complet, et non un demi-additionneur,c e qui fait qui l'additionneur a une entrée de retenue. Tous les additionneurs ont une entrée de retenue de ce type. Elle est très utile pour l'implémentation de certaines opérations comme l'inversion de signe, la soustraction, l'incrémentation, etc. Certains processeurs sont capables de faire une opération appelée ADC, ADDC ou autre nom signifiant ''Addition with Carry'', qui permet de faire le calcul A + B + Retenue (la retenue en question est la retenue sortante de l'addition précédente, stockée dans le registre ''carry flag''). Son utilité principale est de permettre des additions d'entiers plus grands que ceux supportés par le processeur. Par exemple, cela permet de faire des additions d'entiers 32 bits sur un processeur 16 bits. [[File:Adder Network 3 Bit Sum Delay 003.svg|vignette|upright=0.5|Propagation de retenue dans l'additionneur.]] L'avantage est qu'il utilise très peu de portes logiques et est assez économe en transistors, ce qui fait qu'il était utilisé sur certains processeurs 8 et 16 bits assez anciens. Bien que très simple, cet additionneur est cependant peu performant. Le temps de calcul est proportionnel à la taille des opérandes. Par exemple, additionner deux nombres de 32 bits prendra deux fois plus de temps que l'addition de deux nombres de 16 bits. La raison est que le calcul des retenues s'effectue en série, l'une après l'autre. En effet, chaque additionneur doit attendre que la retenue de l'addition précédente soit disponible pour donner son résultat. Les retenues doivent se propager à travers le circuit, du premier additionneur jusqu'au dernier. L'addition étant une opération fréquente, il vaut mieux utiliser d'autres méthodes d'addition, plus rapides. Pour cela, les autres additionneurs utilisent diverses optimisations : calculer les retenues en parallèle, éliminer certaines opérations inutiles quand c'est possible, accélérer le calcul de la retenue avec des techniques d'anticipation de retenue, etc. Mais ces optimisations demandent d'utiliser plus de circuits, quitte à gagner quelque peu en rapidité. Si on met de côté les additionneurs de type ''Manchester carry chain'', qu'on ne peut pas encore expliquer à ce stade du cours, il existe plusieurs solutions, qui donnent respectivement les additionneurs à saut de retenue, à sélection de retenue, et à anticipation de retenue. Nous allons les voir dans les sections suivantes. ===Les accélérations de la propagation de retenue=== [[File:Full-adder-4bits-serial-CEI.svg|vignette|upright=0.5|Additionneur 4 bits, un bloc.]] Dans cette section, nous allons voir quelques additionneurs qui visent à accélérer la propagation de la retenue, mais en gardant la base de l'additionneur de propagation de retenue. Avant de poursuivre, partons du principe que l'additionneur est conçu en assemblant des additionneurs à plus simples, qui additionnent environ 4 à 5 bits, parfois plus, parfois moins. Ces additionneurs simples seront nommés ''blocs'' dans ce qui suit, et l'un d'entre eux est illustré ci-contre. Chaque bloc prend en entrée un morceau des deux opérandes à additionner, mais aussi une retenue d'entrée. Il fournit en sortie un résultat codé sur 4/5 bits, mais aussi une retenue sortante. Dans un bloc, la retenue sortante est plus ou moins calculée à part du résultat. L'enjeu est de calculer la retenue sortante d'un bloc rapidement, plus rapidement qu'un additionneur à propagation de retenue. Le calcul du résultat n'a pas besoin d'être accéléré, on garde des additionneurs à propagation de retenue. En enchaînant plusieurs blocs les uns à la suite des autres, la retenue sortante d'un bloc est connectée sur l'entrée de retenue du bloc suivant, la retenue est propagée d'un bloc au suivant. Les blocs sont tous identiques dans le cas le plus simple, mais il est possible d'utiliser des blocs de taille variable. Par exemple, le premier bloc peut avoir des opérandes de 6 bits, le second des opérandes de 7 bits, etc. Faire ainsi permet de gagner un petit peu en performances, si la taille de chaque bloc est bien choisie. La raison est une question de temps de propagation des retenues. La retenue met plus de temps à se propager à travers 8 blocs qu'à travers 4, ce qui prend plus de temps qu'à travers 2 blocs, etc. En tenir compte fait que la taille des blocs tend à augmenter ou diminuer quand on se rapproche des bits de poids fort. ====Le calcul parallèle de la retenue==== [[File:4008 Functional Diagram.svg|vignette|upright=1|4008 Functional Diagram]] L'optimisation la plus évidente est de calculer la retenue sortante en parallèle de l'addition. Chaque bloc contient, à côté d'un additionneur proprement dit, un circuit qui calcule la retenue sortante. Il existe de nombreuses manières de calculer la retenue sortante. La plus simple consiste à établir la table de vérité de l'entrée de retenue et d'utiliser les techniques du chapitre sur les circuits combinatoires. Cela marche si les blocs sont de petite taille, mais elle devient difficile si le bloc a des opérandes de 2/3 bits ou plus. Mais des techniques alternatives existent. Un exemple est celui de l'additionneur CMOS 4008, un additionneur de 4 bit. Il est intéressant de voir comment fonctionne ce circuit. Aussi, voici son implémentation. Le circuit est décomposé en trois sections. Une première couche de demi-additionneurs, le circuit de calcul de la retenue sortante, le reste du circuit qui calcule l'addition en propageant les retenues. Le circuit de calcul de la retenue sortante prend les résultats des demi-additionneurs, et les utilise pour calculer la retenue sortante. C'est là une constante de tous les circuits qui vont suivre. [[File:CMOS 4008, circuit découpé en sections.png|centre|vignette|upright=1.5|CMOS 4008, circuit découpé en sections]] Le point important à comprendre est que les demi-additionneurs génèrent les signaux P et G, qui disent si l'additionneur propage ou génère une retenue. Ces signaux sont alors combinés pour déterminer la retenue sortante. La méthode de combinaison des signaux P et G dépend fortement de l'additionneur utilisé. La méthode utilisée sur le 4008 utilise à la fois les signaux P et G, ce qui fait que c'est un hybride entre un additionneur à propagation de retenue, et un additionneur à anticipation de retenue qui sera vu dans la suite du chapitre. Mais il existe des techniques alternatives pour calculer la retenue sortante. ====L'additionneur à saut de retenue==== L''''additionneur à saut de retenue''' (''carry-skip adder'') est un additionneur dont le temps de calcul est variable. Le calcul prendra quelques cycles d'horloges avec certains opérandes, tandis qu'il sera aussi long qu'avec un additionneur à propagation de retenue avec d'autres. Il n'améliore pas le pire des cas, dans lequel la retenue doit être propagée du début à la fin, du bit de poids faible au bit de poids fort. Mais dans les autres cas, le circuit détecte quand le résultat de l'addition est disponible, quand la retenue a fini de se propager. Il permet d'avoir le résultat en avance, plutôt que d'attendre suffisamment pour couvrir le pire des cas. L'additionneur à saut de retenue est lui aussi composé de blocs qui additionnent 4/5 bits. Il peut, sous certaines conditions, sauter complètement la propagation de la retenue dans le bloc. L'idée est de calculer si un bloc génère une retenue sortante, ou si la retenue entrante est simplement propagée. Dans le second cas, le bloc ne fait que recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. La propagation de retenue entre blocs est alors skippée (mais elle a quand même lieu). Si une retenue est générée dans le bloc, on envoie cette retenue sur la retenue sortante. Le choix entre les deux est le fait d'un multiplexeur. [[File:Carry skip adder, principe de base.png|centre|vignette|upright=2.5|Carry skip adder : principe de base]] Toute la difficulté est de savoir comment commander le multiplexeur. Pour cela, on doit savoir si le circuit propage une retenue ou non. Le bloc propage une retenue si chaque additionneur complet propage la retenue. Les additionneurs complets doivent donc fournir le résultat, mais aussi indiquer s'ils propagent la retenue d'entrée ou non. Le signal de commande du multiplexeur est généré assez simplement : il vaut 1 si tous les additionneurs complets du bloc propagent la retenue précédente. C'est donc un vulgaire ET entre tous ces signaux. [[File:Additionneur à saut de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Calcul de la commande du MUX.]] L'additionneur à saut de retenue est construit en assemblant plusieurs blocs de ce type. [[File:BCSAdder16Bit.svg|centre|vignette|upright=3|Additionneur à saut de retenue.]] ====L'additionneur à sélection de retenue==== L''''additionneur à sélection de retenue''' utilise aussi des blocs, comme les additionneurs précédents. L'addition se fait en deux versions : une avec la retenue du bloc précédent valant zéro, et une autre version avec la retenue du bloc précédent valant 1. Il suffira alors de choisir le bon résultat avec un multiplexeur, une fois cette retenue connue. On gagne ainsi du temps en calculant à l'avance les valeurs de certains bits du résultat, sans connaître la valeur de la retenue. Petit détail : sur certains additionneurs à sélection de retenue, les blocs de base n'ont pas la même taille. Cela permet de tenir compte des temps de propagation des retenues entre les blocs. [[File:Additionneur à sélection de retenue.png|centre|vignette|upright=1|Additionneur à sélection de retenue avec seulement deux blocs.]] Dans les exemples du dessus, chaque sous-additionneur étaient des additionneurs à propagation de retenue. Mais ce n'est pas une obligation, et tout autre type d’additionneur peut être utilisé. Par exemple, on peut faire en sorte que les sous-additionneurs soient eux-mêmes des additionneurs à sélection de retenue, et poursuivre ainsi de suite, récursivement. On obtient alors un '''additionneur à somme conditionnelle''', plus rapide que l'additionneur à sélection de retenue, mais qui utilise beaucoup plus de portes logiques. ===Les additionneurs à anticipation de retenue=== Les '''additionneurs à anticipation de retenue''' accélèrent le calcul des retenues en les calculant sans les propager. Au lieu de calculer les retenues une par une, ils calculent toutes les retenues en parallèle, à partir des bits des opérandes à additionner. Une fois les retenues pré-calculées, il suffit de les additionner avec les deux bits adéquats, pour obtenir le résultat. [[File:Cla4bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Ces additionneurs sont composés de deux parties : * un circuit qui pré-calcule la valeur de la retenue d'un étage ; * et d'un circuit qui additionne les deux bits et la retenue pré-calculée : il s'agit d'une couche d'additionneurs complets simplifiés, qui ne fournissent pas de retenue. [[File:Additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Le circuit qui détermine la valeur de la retenue est lui-même composé de deux grandes parties, qui ont chacune leur utilité. La première partie réutilise des additionneurs qui donnent les signaux de propagation et génération de retenue. L'additionneur commence donc à prendre forme, et est composé de trois parties : * un circuit qui crée les signaux P et G ; * un circuit qui déduit la retenue à partir des signaux P et G adéquats ; * et une couche d'additionneurs qui additionnent chacun deux bits et une retenue. [[File:Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2|Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.]] Il ne nous reste plus qu'à voir comment fabriquer le circuit qui reste. Pour cela, il faut remarquer que la retenue est égale : * à 1 si l'addition des deux bits génère une retenue ; * à 1 si l'addition des deux bits propage une retenue ; * à zéro sinon. Ainsi, l'addition des bits de rangs i va produire une retenue Ci, qui est égale à Gi+(Pi·Ci−1). Si on utilisait cette formule sans trop réfléchir, on retomberait sur un additionneur à propagation de retenue inutilement compliqué. L'astuce des additionneurs à anticipation de retenue consiste à remplacer le terme Ci−1 par sa valeur calculée avant. Par exemple, je prends un additionneur 4 bits. Je dispose de deux nombres A et B, contenant chacun 4 bits : A3, A2, A1, et A0 pour le nombre A, et B3, B2, B1, et B0 pour le nombre B. Si j'effectue les remplacements, j'obtiens les formules suivantes : * C1 = G0 + ( P0 · C0 ) ; * C2 = G1 + ( P1 · G0 ) + ( P1 · P0 · C0 ) ; * C3 = G2 + ( P2 · G1 ) + ( P2 · P1 · G0 ) + ( P2 · P1 · P0 · C0 ) ; * C4 = G3 + ( P3 · G2 ) + ( P3 · P2 · G1 ) + ( P3 · P2 · P1 · G0 ) + ( P3 · P2 · P1 · P0 · C0 ). Ces formules nous permettent de déduire la valeur d'une retenue directement : il reste alors à créer un circuit qui implémente ces formules, et le tour est joué. On peut même simplifier le tout en fusionnant les deux couches d'additionneurs. [[File:4-bit carry lookahead adder.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 4 bits.]] Ces additionneurs sont plus rapides que les additionneurs à propagation de retenue. Ceci dit, utiliser un additionneur à anticipation de retenue sur des nombres très grands (16/32bits) utiliserait trop de portes logiques. Pour éviter tout problème, nos additionneurs à anticipation de retenue sont souvent découpés en blocs, avec soit une anticipation de retenue entre les blocs et une propagation de retenue dans les blocs, soit l'inverse. [[File:64-bit lookahead carry unit.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 64 bits.]] ===L'additionneur à calcul parallèle de préfixes=== Les '''additionneurs à calcul parallèle de préfixes''' sont des additionneurs à anticipation de retenue améliorés pour gagner en performances. Les additionneurs à anticipation de retenue générent des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, sous-entedu 1 bit par opérande. L'optimisation apportée est de générer des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, mais aussi pour des groupes de 2, 3, 4, ..., N bits. Par exemple, il est possible de générer un signal ''P 0 vers 7'', qui précise si la retenue de la seconde colonne est propagée jusqu'à la 7ème colonne ou non. Un autre exemple est un signal de génération qui indique si les colonnes 4 à 7 génèrent une retenue ou non. En clair, les signaux P et G ont maintenant un intervalle, qui précise de quelle colonne vers quelle colonne se fait la propagation, ou entre quelles colonnes se fait la génération. De plus, les signaux pour un intervalle peuvent se calculer en combinant les signaux pour des intervalles plus restreints. Par exemple, pour calculer P pour les colonnes 0 à 10 peuvent se calculer à partir des deux signaux P des colonnes 0-4 et 5-10. Néanmoins, il y a plusieurs manières pour subdiviser les intervalles en intervalles plus petits et combiner le tout. Et elles donnent chacune des additionneurs différent, comme l'additionneur de Ladner-Fisher, l'additionneur de Brent-Kung, l'additionneur de Kogge-Stone, ou tout design hybride. Ils ont des caractéristiques différentes. L'additionneur de Brent-Kung est le plus lent de tous les additionneurs cités, mais c'est celui qui utilise le moins de portes logiques. Les autres ont des performances un peu plus variables, mais utilisent plus de portes logiques. {| |[[File:Additionneur de Kogge-Stone.jpg|vignette|Additionneur de Kogge-Stone.]] |[[File:Additionneur de Ladner-Fisher.jpg|vignette|Additionneur de Ladner-Fisher.]] |} [[File:4bitKoggeStone.svg|vignette|upright=1.5|Additionneur de Kogge-Stone pour 4 bits.]] L'additionneur Kogge-Stone est illustré ci-contre. Il est composé de plusieurs couches de portes logiques. La toute première calcule les signaux P et G pour chaque colonne, comme le ferait un additionneur à anticipation de retenue. Il s'agit de la couche en rouge dans le schéma ci-dessous. Les circuits en jaune combinent ces signaux de manière à calculer les signaux P et G pour plusieurs colonnes. En vert, les circuits calculent la retenue finale. Voici le circuit pour 8 bits : [[File:Kogge-stone-8-bit.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur de Kogge-Stone pour 8 bits.]] ==L'addition signée et la soustraction== Après avoir vu l'addition, il est logique de passer à la soustraction, les deux opérations étant très proches. Si on sait câbler une addition entre entiers positifs, câbler une soustraction n'est pas très compliqué. De plus, la soustraction permet de faire des additions de nombres signés. ===Le soustracteur pour opérandes entiers=== Pour soustraire deux nombres entiers, on peut adapter l'algorithme de soustraction utilisé en décimal, celui que vous avez appris à l'école. Celui-ci ressemble fortement à l'algorithme d'addition : on soustrait les bits de même poids, et on propage éventuellement une retenue sur la colonne suivante. À la différence de l'addition, la retenue est soustraite, et non ajoutée. La table de soustraction nous dit quel est le résultat de la soustraction de deux bits. La voici : * 0 - 0 = 0 ; * 0 - 1 = 1 et une retenue ; * 1 - 0 = 1 ; * 1 - 1 = 0. [[File:Algebra1 05 fig014.svg|centre|vignette|Soustraction en binaire, avec les retenues en rouge.]] La table de soustraction peut servir de table de vérité pour construire un circuit qui soustrait deux bits. Celui-ci est appelé un '''demi-soustracteur'''. Il ressemble beaucoup à un demi-additionneur, les différences se résumant à une porte NON ajoutée pour le calcul de la retenue. [[File:Half Subtractor Vektor.svg|centre|vignette|Demi-soustracteur.]] Comme pour l'additionneur, deux demi-soustracteurs peuvent être combinés pour donner un '''soustracteur complet'''. Le calcul de la retenue se fait en combinant les deux retenues des demi-soustracteurs avec une porte OU. Les soustracteurs complets sont utilisés pour créer des soustracteurs à propagation de retenue ou tout autre circuit soustracteur, sur le même modèle que les additionneurs. [[File:FullSubtractor.svg|centre|vignette|upright=2|Soustracteur complet.]] Vous l'aurez sans doute remarqué, mais le demi-soustracteur ressemble beaucoup au demi-additionneur. La seule différence est une porte NON ajoutée au bon endroit dans le demi-soustracteur. {| |[[File:Half-adder.svg|vignette|Demi-additionneur]] |[[File:Half Subtractor Vektor.svg|vignette|upright=1.3|Demi-soustracteur]] |} La conséquence est qu'il est possible de créer un circuit capable de faire à la fois des additions et des soustractions. L'idée est de remplacer la porte NON du demi-soustracteur par un inverseur commandable. Si on envoie un zéro sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte OUI. Le circuit sera alors identique à un demi-additionneur. Si on envoie un 1 sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte NON. le circuit sera alors un demi-soustracteur. Il faut faire cela pour chaque demi-soustracteur, ce qui donne ceci pour un soustracteur complet. le résultat est alors appelé un '''additionneur-soustracteur complet'''. [[File:Additionneur-soustracteur complet.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur complet]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en complément à deux=== Étudions le cas de la soustraction en complément à deux, dans l'objectif de créer un circuit soustracteur. Vous savez sûrement que a−b et a+(−b) sont deux expressions équivalentes. Et en complément à deux, − b = not(b) + 1. Dit autrement, a − b = a + not(b) + 1. On pourrait se dire qu'il faut deux additionneurs pour faire le calcul, mais la majorité des additionneurs possède une entrée de retenue pour incrémenter le résultat de l'addition. Un soustracteur en complément à deux est donc simplement composé d'un additionneur et d'un inverseur. [[File:Additionneur soustracteur.png|centre|vignette|upright=2|Soustracteur en complément à deux.]] Il est possible de créer un circuit capable d'effectuer soit une addition, soit une soustraction : il suffit de remplacer l'inverseur par un inverseur commandable, qui peut être désactivé. On a vu comment créer un tel inverseur commandable dans le chapitre sur les circuits combinatoires. On peut remarquer que l'entrée de retenue et l'entrée de commande de l'inverseur sont activées en même temps : on peut fusionner les deux signaux en un seul. [[File:Additionneur-soustracteur en complément à deux.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux.]] Une implémentation alternative est la suivante. Elle remplace l'inverseur commandable par un multiplexeur. [[File:4-bit ripple carry adder-subtracter.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux, version alternative.]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en signe-magnitude=== Passons maintenant aux nombres codés en signe-valeur absolue, les deux opérandes étant notées A et B. Suivant les signes des deux opérandes, on a quatre cas possibles : A + B, A − B (B négatif), −A + B (A négatif) et −A − B (A et B négatifs). Une astuce est que le circuit n'a besoin que de calculer A + B et A − B : il peut les inverser pour obtenir − A − B ou B − A. A + B et A − B peuvent se calculer avec un additionneur-soustracteur, reste à corriger le résultat. Il suffit de lui ajouter un inverseur commandable pour obtenir le circuit d'addition finale. [[File:Additionneur en signe-valeur absolue.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur en signe-valeur absolue.]] Toute la difficulté tient dans le calcul du bit de signe du résultat, quand interviennent des soustractions. Autant l'addition de deux nombres de même signe (A + B et −A − B) ne pose aucun problème, autant les soustractions posent problème (A − B et −A + B). Suivant que <math>A<B</math> ou que <math>A>B</math>, le signe du résultat ne sera pas le même. Déterminer le signe du résultat se fait en regardant les bits de débordement d'entier, comme on le verra plus bas. ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en représentation par excès=== Passons maintenant aux nombres codés en représentation par excès. On pourrait croire que ces nombres s'additionnent comme des nombres non-signés, mais ce serait oublier la présence du biais, qui pose problème. Dans les cas de nombres signés gérés avec un biais, voyons ce que donne l'addition de deux nombres : : <math>( n_1 + biais ) + ( n_2 + biais ) = n_1 + n_2 + 2 \times biais</math> Or, le résultat correct serait : : <math>n_1 + n_2 + biais</math> En effectuant l'addition telle quelle, le biais est compté deux fois. On doit donc le soustraire après l'addition pour obtenir le résultat correct. Même chose pour la soustraction qui donne ceci : : <math>(n_1 + biais) - (n_2 + biais) = n_1 - n_2</math> Or, le résultat correct serait : : <math> ( n_1 - n_2 ) + biais </math> Il faut rajouter le biais pour obtenir l'exposant correct. On a donc besoin de deux additionneurs/soustracteurs : un pour additionner/soustraire les représentations binaires des opérandes, et un autre pour ajouter/retirer le biais en trop/manquant. ==L'additionneur BCD== Maintenant, voyons un additionneur qui additionne deux entiers au format BCD. Pour cela, nous allons devoir passer par deux étapes. La première est de créer un circuit capable d'additionneur deux chiffres BCD. Ensuite, nous allons voir comment enchaîner ces circuits pour créer un additionneur BCD complet. ===L'additionneur BCD qui fait l'opération chiffre par chiffre=== Nous allons commencer par voir un additionneur qui additionne deux chiffres en BCD, une sorte d'équivalent BCD de l'additionneur complet. Il fournit un résultat sur 4 bits et une retenue qui est mise à 1 si le résultat dépasse 10 (la limite d'un chiffre BCD). Les deux opérandes sont des chiffres BCD codés sur 4 bits et sont additionnés en binaire par un additionneur des plus normaux, similaire à ceux vus plus haut. Le résultat est alors un entier codé en binaire, sur 5 bits, qu'on corrige/convertit pour obtenir un chiffre BCD et une retenue sortante. Pour corriger le résultat, une idée intuitive serait de prendre le résultat et de faire une division par 10. Le quotient donne la retenue, alors que le reste est le résultat, le chiffre BCD. Mais un circuit diviseur par 10 utilise beaucoup de portes logiques, ce qui ne vaut pas le coup. Une autre méthode détecte si le résultat est égal ou supérieur à 10, ce qui correspond à un "débordement" (on dépasse les limites d'un chiffre BCD). Si le résultat est plus petit que 10, il n'y a rien à faire : le résultat est bon et la retenue est de zéro. Par contre, si le résultat vaut 10 ou plus, il faut corriger le résultat et générer une retenue à 1. Il faut donc ajouter un circuit qui détecte si le résultat est supérieur à 9, qui calcule directement la retenue. Ce circuit peut se fabriquer simplement à partir de sa table de vérité, ou en utilisant les techniques que nous verrons dans un chapitre ultérieur sur les comparateurs. La solution la plus simple est clairement d'utiliser la table de vérité, ce qui est très simple, assez pour être laissé en exercice au lecteur. Pour comprendre comment corriger le résultat, établissons une table de vérité qui associe le résultat et le résultat corrigé. L'entrée vaut au minimum 10 et au maximum 9 + 9 = 18. On considère la sortie comme un tout, la retenue étant un 5ème bit, le bit de poids fort. {|class="wikitable" |- ! colspan="5" | Entrée ! ! rowspan="10" | ! Retenue ! Résultat corrigé (sans retenue) ! interprétation de la sortie en binaire (retenue inclue) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 0 | (10) | 1 || 0000 | (16) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 1 | (11) | 1 || 0001 | (17) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 0 | (12) | 1 || 0010 | (18) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 1 | (13) | 1 || 0011 | (19) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 0 | (14) | 1 || 0100 | (20) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 1 | (15) | 1 || 0101 | (21) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 0 | (16) | 1 || 0110 | (22) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 1 | (17) | 1 || 0111 | (23) |- | 1 || 0 || 0 || 1 || 0 | (18) | 1 || 1000 | (24) |} En analysant le tableau, on voit que pour corriger le résultat, il suffit d'ajouter 6. La raison est que le résultat déborde d'un nibble à 16 en binaire, mais à 10 en décimal : il suffit d'ajouter la différence entre les deux, à savoir 6, et le débordement binaire fait son travail. Donc, la correction après une addition est très simple : si le résultat dépasse 9, on ajoute 6. On peut maintenant implémenter l'additionneur BCD, en combinant le comparateur avec 10, le circuit de correction, et l'additionneur. La première solution calcule deux versions du résultat : la version corrigée, la version normale. Le choix entre les deux est réalisée par un multiplexeur, commandé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD]] L'autre solution utilise un circuit commandable qui soit additionne 6, soit ne fait rien. Le choix entre les deux est commandé par le bit calculé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD, seconde version.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD, seconde version.]] Une version alternative du circuit précédent est la suivante. Il contient deux additionneurs : un pour additionner les deux chiffres BCD, un autre pour additionner 6 si besoin. Le résultat du comparateur est directement utilisé pour générer l'opérande du second additionneur : 0 ou 6. Le circuit est simple à concevoir, mais gaspille beaucoup de circuit. Idéalement, il vaudrait mieux utiliser un circuit combinatoire d'addition avec une constante. [[File:Adder 4 Bit BCD.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur BCD, circuit complet.]] Pour obtenir un additionneur BCD complet, il suffit d’enchaîner les additionneurs précédents, comme on le ferait avec les additionneurs complets dans un additionneur à propagation de retenue. Au final, l'additionneur BCD est beaucoup plus compliqué qu'un additionneur normal, car il rajoute un comparateur ">9", un petit additionneur pour ajouter 6 et éventuellement d'autres circuits. De plus, il est difficile d'appliquer les optimisations disponibles sur les additionneurs non-BCD. Notamment, les circuits d'anticipation de retenue sont totalement à refaire et le résultat est relativement compliqué. C'est ce qui explique pourquoi le BCD a progressivement été abandonné au profit du binaire simple. La soustraction en BCD se fait comme en binaire : le nombre à soustraire est remplacé par son complément, le circuit additionne le complément et l'autre opérande, le débordement d'entier fait que le résultat marche. Sauf qu'ici, le complément est un complément à 9. Il se calcule chiffre par chiffre : chaque chiffre est remplacé par (9 - le chiffre en question). ===L'additionneur BCD par ajustement décimal=== L'additionneur BCD précédent effectuait son travail chiffre BCD par chiffre BCD, mais il existe des additionneurs BCD qui font autrement. Sur les premiers processeurs x86, il n'y avait pas d'opération d'addition BCD proprement dit, seulement une addition binaire normale de 8, 16 ou 32 bits. Par contre, elle était secondée par une opération dite d''''ajustement décimal''' qui transformait un nombre binaire en nombre codé en BCD. L'opération d'ajustement décimal prenait un opérande de 8 bits codé en binaire et fournissait un résultat de la même taille, c'est à dire deux chiffres BCD. Effectuer une addition BCD demandait donc de faire deux opérations à la suite : une addition binaire simple, suivie par l'opération d'ajustement décimal. Cela permettait de gérer des nombres entiers en binaire usuel et des entiers BCD sans avoir deux instructions d'addition séparées pour les deux, sans compter que cela simplifiait aussi les circuits d'addition. L'ajustement décimal s'effectue en ajoutant une constante bien précise à l'opérande à convertir en BCD. L'idée est que la constante est découpée en morceaux de 4 bits, correspondant chacun à un chiffre BCD de l'opérande, chaque morceau contenant soit un 0, soit 6. Cela permet d'ajouter soit 0, soit 6, à chaque chiffre BCD, et donc de le corriger. La propagation des retenues d'un chiffre à l'autre est effectuée automatiquement par l'addition binaire de la constante. L'opération d'ajustement décimal calcule automatiquement la constante. Elle découpe l'opérande en ''nibbles'', vérifie si chaque ''nibble'' est supérieur ou égal à 10, puis détermine la valeur de chaque ''nibble'' de la constante finale. Par exemple, si je prends l'opérande 1001 1110, le ''nibble'' de poids faible déborde, alors que celui de poids fort non. La constante sera donc 0000 0110 : 0x06. Inversement, si le ''nibble'' de poids fort déborde et pas celui de poids faible, la constante sera alors 0x60. Et la constante est de 0x66 si les deux ''nibbles'' débordent, de 0x00 si aucun ne déborde. Le circuit d’ajustement décimal est donc composé de trois étapes : deux étapes pour calculer la constante, et un circuit d'addition pour additionner cette constante au nombre de départ. La première étape découpe l'opérande en morceaux de 4 bits, en chiffres BCD, et vérifie si chacun d'entre eux vaut 10 ou plus. La seconde étape prend les résultats de la première étape, et les combine pour calculer la constante. Enfin, on trouve l'addition finale, qui était réalisée par un circuit d'addition utilisé à la fois pour l'ajustement décimal et l'addition binaire. La différence entre une addition normale et une opération d'ajustement décimal tient dans le fait que les deux premières étapes sont désactivées dans une addition normale. [[File:Additionneur BCD parallèle.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD parallèle]] ===L'additionneur biquinaire=== Les entiers BCD ne sont qu'un des encodages hybrides entre décimal et binaire. L'encodage biquinaire est l'un d'entre eux et nous allons faire un rappel rapide à ce sujet. Pour simplifier, un chiffre encodé en biquinaire est composé de deux parties : un bit, couplé à une partie quinaire encodée en représentation ''one-hot''. La partie quinaire encode un nombre allant de 0 à 4, ce qui prend 5 bits (0, 1, 2, 3 et 4). Le bit indique s'il faut ou non ajouter 5 à la valeur encodée par la partie quinaire. Ainsi, on peut coder tous les nombres de 0 à 9. Additionner deux nombres de biquinaire demande donc d'additionner deux parties quinaires encodées en ''one-hot'' et d'additionner deux bits. Mais attention : il faut tenir compte de la retenue de l'addition des parties quinaires. Et idéalement, il faut aussi tenir compte d'une retenue entrante, provenant de l'addition de la colonne de chiffres précédente. Toute la difficulté vient de la création de l'additionneur ''one-hot''. Heureusement, vu qu'il n'y a que 4-5 bits à additionner, il est souvent fabriqué à partir de sa table de vérité. [[File:Additionneur bi-quinaire.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur bi-quinaire]] Un avantage du biquinaire est que le calcul du complément à 9 est très simple. Il faut pour cela : inverser la partie binaire avec une porte NON, puis inverser l'ordre des bits de la partie quinaire. Concrètement, le bit de poids faible devient le bit de poids fort, et ainsi de suite. Par exemple, une partie quinaire 01000 devient 00010, 10000 devient 00001, 00100 ne change pas, etc. Le tout peut se calculer avec une porte NON et 5 multiplexeurs. ===L'additionneur BCD avec calculs intermédiaires en biquinaire=== L'ordinateur IBM 1401, un ancien ''mainframe'' des années 60, utilisait un additionneur BCD un peu particulier. Les nombres étaient encodés en BCD dans la mémoire de l'ordinateur, mais les circuits de calcul utilisaient la représentation biquinaire. Lors d'un calcul, le processeur de l'ordinateur traduisait les chiffres BCD en représentation biquinaire, faisait une addition en biquinaire, avant de traduire le résultat en BCD normal. Pour être précis, l'IBM 1401 utilisait une variante du biquinaire. L'encodage biquinaire de l'IBM 1401 est le suivant : la partie binaire disait si le chiffre était pair ou non, la partie quinaire encodait les valeurs 0, 2, 4, 6 et 8. Le chiffre se calculait en additionnant la partie binaire (0 ou 1) au nombre pair encodé par la partie quinaire. Si l'IBM 1401 utilisait cette variante du biquinaire, c'est car elle donnait des circuits de conversion BCD-biquinaire plus économes en portes logiques et plus rapides. La partie binaire est le bit de poids faible du chiffre BCD, la partie biquinaire est calculée par un simple décodeur qui prend en entrée le chiffre BCD, amputé de son bit de poids faible. La traduction inverse demande d'utiliser un encodeur, à la place du décodeur. Par contre, le circuit d'addition biquinaire était plus compliqué du fait de la gestion des retenues. L'addition des parties binaires et quinaires se faisait en parallèle, dans deux additionneurs séparés. Cependant, l'addition des parties binaire fournit une retenue, qu'il faut prendre en compte. Pour cela, l'IBM 1401 disposait d'un troisième additionneur qui fournissait le résultat final, encodé en biquinaire. [[File:Additionneur bi-quinaire de l'IBM 1401.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur biquinaire de l'IBM 1401]] Une implémentation moderne demanderait d'utiliser des portes ET combinées à des portes OU, le circuit pouvant être construit simplement à partir de sa table de vérité. Sur l'IBM 1401, le circuit était cependant différent, en raison de l'utilisation de OU câblés, des croisements de fils qui fonctionnent comme des portes OU, que nous n'avons pas encore vu pour le moment, mais qui seront détaillés dans quelques chapitres. Les OU câblés étaient utilisés pour simplifier le design du circuit, mais demandaient des portes logiques spécifiques, ce qui collait avec le fait que ce ''mainframe'' utilisait des transistors en Germanium. L'implémentation exacte est décrite dans cet article de blog, mais je ne recommande sa lecture qu'à ceux qui savent ce qu'est un OU câblé : * [https://www.righto.com/2015/10/qui-binary-arithmetic-how-1960s-ibm.html Qui-binary arithmetic: how a 1960s IBM mainframe does math]. ==Les débordements d'entier lors d'une addition/soustraction== Les instructions arithmétiques manipulent des entiers codés sur un nombre fixe de bits, qui ne peuvent prendre leurs valeurs que dans un intervalle. Pour les nombres positifs, un ordinateur qui code ses entiers sur n bits pourra coder tous les entiers allant de 0 à <math>2^n -1</math>. Pour les nombres négatifs, l'intervalle est différent et dépend de la représentation utilisée. Dans le cas général, l'ordinateur peut coder les valeurs comprises de <math>N_\text{min}</math> à <math>N_\text{max}</math>. Si le résultat d'un calcul sort de cet intervalle, il ne peut pas être représenté par l'ordinateur et il se produit ce qu'on appelle un '''débordement d'entier'''. La '''valeur haute de débordement''' désigne la première valeur qui est trop grande pour être représentée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 0 et 7, la valeur haute de débordement est égale à 8. On peut aussi définir la '''valeur basse de débordement''', qui est la première valeur trop petite pour être codée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 8 et 250, la valeur basse de débordement est égale à 7. Pour les nombres entiers, la valeur haute de débordement vaut <math>N_\text{max} + 1</math> , alors que la valeur basse vaut <math>N_\text{min} - 1</math> (avec <math>N_\text{max}</math> et <math>N_\text{min}</math> respectivement la plus grande et la plus petite valeur codable par l'ordinateur). ===La correction des débordements d'entier : l'arithmétique saturée=== Quand un débordement d'entier survient, tous les circuits de calcul ne procèdent pas de la même manière. Dans les grandes lignes, il y a deux réactions possibles : soit on corrige automatiquement le résultat du débordement, soit on ne fait rien et on se contente de détecter le débordement. Si le débordement n'est pas corrigé automatiquement, le circuit ne conserve que les bits de poids faibles du résultat. Les bits en trop sont simplement ignorés. On dit qu'on utilise l''''arithmétique modulaire'''. Le problème avec ce genre d'arithmétique, c'est qu'une opération entre deux grands nombres peut donner un résultat très petit. Par exemple, si je dispose de registres 4 bits et que je souhaite faire l'addition 1111 + 0010 (ce qui donne 15 + 2), le résultat est censé être 10001 (17), ce qui est un résultat plus grand que la taille d'un registre. En conservant les 4 bits de poids faible, j’obtiens 0001 (1). En clair, un résultat très grand est transformé en un résultat très petit. Cela peut poser problèmes si on travaille uniquement avec des nombres positifs, mais c'est aussi utilisé pour coder des nombres en complément à deux. D'autres circuits utilisent ce qu'on appelle l''''arithmétique saturée''' : si un calcul génère un débordement, on arrondi le résultat au plus grand entier supporté par le circuit. Les circuits capables de calculer en arithmétique saturée sont un peu plus complexes, vu qu'il faut rajouter des circuits pour corriger le résultat en cas de débordement. Il suffit généralement de rajouter un ''circuit de saturation'', qui prend en entrée le résultat et le corrige en cas de débordement. Ce circuit de saturation met la valeur maximale en sortie si un débordement survient, mais se contente de recopier le résultat du calcul sur sa sortie s'il n'y a pas de débordement. Typiquement, il est composé d'une couche de multiplexeurs, qui sélectionnent quelle valeur mettre sur la sortie : soit le résultat du calcul, soit le plus grand nombre entier géré par le processeur, soit le plus petit (pour les nombres négatifs/soustractions). L'arithmétique saturée est utilisée pour les additions et soustractions, mais c'est plus rare pour les multiplications/divisions. Une des raisons est que le résultat d'une addition/soustraction prend un bit de plus que le résultat, là où les multiplications doublent le nombre de bits. Quand une addition déborde, le résultat réel est proche de la valeur maximale codable. mais quand une multiplication déborde, le résultat peut parfois valoir 200 à 60000 fois plus que la valeur maximale codable. Les calculs avec une valeur saturée/corrigée sont donc crédibles pour une suite d'additions, mais pas pour une suite de multiplications. ===La détection des débordements entiers=== Quand un débordement d'entier a eu lieu, il vaut mieux que l'additionneur prévienne ! Pour cela, l'additionneur a une '''sortie de débordement''', parfois nommée ''Overflow'', dont la valeur indique si l'addition a généré un débordement d'entier ou non. Reste que détecter un débordement ne se fait pas de la même manière selon que l'on parle d'un additionneur non-signé ou signé. Pour les additionneur non-signés, l'additionneur calcule un bit de plus que ce qui est supporté par l'ordinateur. Par exemple, un additionneur 32 bits fournit un résultat sur 33 bits, un débordement d'entier a lieu quand le 33ème bit est à 1. Précisément, la sortie de débordement n'est autre que la retenue finale, celle fournie par le dernier additionneur complet. Le seul type de débordement possible est un débordement par le haut, où le résultat dépasse la valeur maximale. Avec l'arithmétique saturée, le circuit de saturation consiste en une seule couche de multiplexeurs, voire en un circuit de mise à la valeur maximale tel que vu dans le chapitre sur les opérations bits à bits. [[File:Gestion des débordements d'entiers.png|centre|vignette|upright=2.5|Gestion des débordements d'entiers lors d'une addition non-signée.]] Pour les additionneurs non-signés, la gestion des débordements d'entiers dépend fortement de la représentation signée. Nous allons étudier le cas du complément à deux. Si vous vous rappelez le chapitre 1, les calculs sur des nombres en complètement à deux utilisent les règles de l'arithmétique modulaire, c'est une condition nécessaire. À priori, on peut penser que dans ces conditions, les débordements d'entiers sont une chose parfaitement normale, qui nous permet d'avoir des résultats corrects. Néanmoins, certains débordements d'entiers peuvent survenir malgré tout et produire des bugs assez ennuyeux. Si l'on tient en compte les règles du complément à deux, on sait que le bit de poids fort (le plus à gauche) permet de déterminer si le nombre est positif ou négatif : il indique le signe du nombre. Tout se passe comme si les entiers en complément à deux étaient codés sur un bit de moins, et avaient leur longueur amputé du bit de poids fort. Si le résultat d'un calcul écrase le bit de poids fort, il y a un débordement d'entiers. Il existe une règle simple qui permet de détecter ces débordements d'entiers. L'addition de deux nombres positifs ne peut pas être un nombre négatif. Si on additionne deux nombres dont le bit de signe est à 0 et que le bit de signe du résultat est à 1, on est en face d'un débordement d'entiers. Même chose pour deux nombres négatifs : le résultat de l'addition ne peut pas être positif. On peut résumer cela en une phrase : si deux nombres de même signe sont ajoutés, un débordement a lieu quand le bit du signe du résultat a le signe opposé. Modifier les circuits d'au-dessus pour qu'ils détectent les débordements en complément à deux est simple comme bonjour : il suffit créer un petit circuit combinatoire qui prenne en entrée les bits de signe des opérandes et du résultat, et qui fasse le calcul de l'indicateur de débordements. Si l'on rédige sa table de vérité, on doit se retrouver avec la table suivante : {|class="wikitable" |- !Entrées !Sortie |- |000||0 |- |001||1 |- |010||0 |- |011||0 |- |100||0 |- |101||0 |- |110||1 |- |111||0 |} L'équation de ce circuit est la suivante, avec <math>S_a</math> et <math>S_b</math> les signes des deux opérandes, et <math>C_i</math> la retenue de la colonne précédente : : <math> ( S_a . S_b . \overline{C_i} ) + ( \overline{S_a} . \overline{S_b} . C_i )</math> En simplifiant, on obtient alors : : <math>( S_a . S_b ) \oplus C_i</math> Or, il se trouve que <math>S_a . S_b</math> est tout simplement la retenue en sortie du dernier additionneur, que nous noterons <math>C_o</math>. On trouve donc : : <math>C_o \oplus C_i</math> Il suffit donc de faire un XOR entre la dernière retenue et la précédente pour obtenir le bit de débordement. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de décalage et de rotation | prevText=Les circuits de décalage et de rotation | next=Les circuits de comparaison | nextText=Les circuits de comparaison }} </noinclude> i36fghjip22cu9jjuot4ddxrp8keoaz 768212 768201 2026-06-20T18:01:51Z Mewtow 31375 /* L'additionneur à propagation de retenue */ 768212 wikitext text/x-wiki Dans ce chapitre, nous allons voir les circuits capables de faire une addition ou une soustraction, ainsi que quelques circuits spécialisés. Précisons cependant que les fabricants de processeurs travaillent d'arrache-pied pour trouver des moyens de rendre ces circuits de calcul plus rapides et plus économes en énergie. Autant vous dire que les circuits que vous allez voir sont vraiment des circuits qui font pâle figure comparé à ce que l'on peut trouver dans un vrai processeur commercial ! ==Les circuits pour additionner 2 ou 3 bits== L'addition se fait en binaire de la même manière qu'en décimal. On additionne les chiffres/bits colonne par colonne, une éventuelle retenue est propagée à la colonne d'à côté. La soustraction fonctionne sur le même principe, sur le même modèle qu'en décimal. [[File:Binary Addition Demonstration.svg|centre|vignette|Exemple d'addition en binaire.]] En clair, additionner deux nombres demande d'additionner 2 bits et une retenue sur chaque colonne, et de propager les retenues d'une colonne à l'autre. La propagation des retenues est quelque chose de simple en apparence, mais qui est sujet à des optimisations extraordinairement nombreuses. Aussi, pour simplifier l'exposition, nous allons voir comment gérer une colonne avant de voir comment sont propagées les retenues. En effet, tout additionneur est composé d'additionneurs plus simples, capables d'additionner deux ou trois bits suivant la situation. Ceux-ci gèrent ce qui se passe sur une colonne. ===Le demi-additionneur et l'additionneur complet=== Un additionneur deux bits implémente la table d'addition, qui est très simple en binaire. Jugez plutôt : * 0 + 0 = 0, retenue = 0 ; * 0 + 1 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 0 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 1 = 0, retenue = 1. Un circuit capable d'additionner deux bits est donc simple à construire avec les techniques vues dans les premiers chapitres. On voit immédiatement que la colonne des retenues donne une porte ET, alors que celle du bit de somme est calculé par un XOR. Le circuit obtenu est appelé un '''demi-additionneur'''. {| class="flexible" |[[File:1-bit half-adder.svg|class=transparent|centre|Demi-addtionneur.]] |[[File:Half-adder.svg|centre|class=transparent|Circuit d'un demi-addtionneur.]] |} [[File:Full Adder Block.svg|vignette|upright=1|class=transparent|Additionneur complet.]] Si on effectue une addition en colonne, on doit additionner les deux bits sur la colonne, mais aussi additionner une éventuelle retenue. Il faut donc créer un circuit qui additionne trois bits : deux bits de données, plus une retenue. Il fournit en sortie deux bits : un bit de somme et une retenue sortante. Ce circuit qui additionne trois bits est appelé un '''additionneur complet'''. Voici sa table de vérité : {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- ||0||0||0|| ||0||0 |- ||0||0||1|| ||0||1 |- ||0||1||0|| ||0||1 |- ||0||1||1|| ||1||0 |- ||1||0||0|| ||0||1 |- ||1||0||1|| ||1||0 |- ||1||1||0|| ||1||0 |- ||1||1||1|| ||1||1 |} Il est possible d'utiliser un tableau de Karnaugh pour traduire la table de vérité, mais elle donne un résultat légèrement sous-optimal. D'autres méthodes donnent des résultats plus compréhensibles. Nous allons les détailler dans ce qui suit. ===L'additionneur complet conçu avec deux demi-additionneurs=== La solution plus simple consiste à enchaîner deux demi-additionneurs : un qui additionne les deux bits de données, et un second qui additionne la retenue au résultat. La retenue finale se calcule en combinant les sorties de retenue des deux demi-additionneurs, avec une porte OU. Pour vous en convaincre, établissez la table de vérité de ce circuit, vous verrez que ça marche. {| class="flexible" |[[File:Full Adder Modules.svg|class=transparent|Composition d'un additionneur complet. On voit bien que celui-ci est composé de deux demi-additionneurs, en rouge et en bleu, auxquels on a ajouté une porte OU pour calculer la retenue finale.]] |[[File:Full-adder.svg|300px|class=transparent|Circuit d'un additionneur complet.]] |} Le circuit de calcul de la retenue peut être remplacé par une '''porte à majorité''', mais cette possibilité n'est presque jamais utilisée, on lui préfère le circuit à trois portes logiques. [[File:Additionneur crée avec une porte à majorité.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec une porte à majorité]] Les autres implémentations de l'additionneur complet que nous allons voir sont des dérivés de ce circuit, auquel on a appliqué quelques simplifications. Les simplifications portent surtout sur le circuit de calcul de la retenue. En effet, le calcul de la retenue doit absolument être le plus rapide possible,vu que la propagation des retenues est le point limitant pour les performances d'un additionneur. ===L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue=== L'additionneur complet précédent est de loin le plus simple, le plus évident. Il est utilisé dans les additionneurs simples, peu performants. Mais il existe d'autres implémentations, utilisées dans des additionneurs performants, qui sont terriblement importantes pour la suite du chapitre. Ces additionneurs performants cherchent à calculer la retenue le plus rapidement possible. Par contre, le bit de somme est toujours calculé avec deux portes XOR, cela ne change pas. Pour comprendre comment ils fonctionnent, regardons ce que vaut la retenue sortante en fonction de la retenue entrante, en analysant la table de vérité de l'additionneur complet. Il y a trois cas, qui dépendent de la valeur des deux bits additionnés, nommés A et B. Si les deux bits sont différents, la retenue sortante est égale à la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est propagée sur la sortie de retenue. Cependant, il y a aussi deux cas où la retenue n'est pas propagée : celui où la retenue sortante est forcée à 1, et celui où elle est forcée à 0, peu importe la valeur de la retenue entrante. Dans le premier cas, l'addition donne une retenue à 1, quelle que soit la retenue envoyée en entrée (sous-entendu, même si celle-ci vaut 0). On dit que la retenue sortante est générée. Dans le cas inverse, la retenue sortante est forcée à 0, peu importe la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est absorbée. Il y a cependant une petite ambiguïté à dire que la retenue a été propagée, absorbée ou générée. En effet, prenons le cas où la retenue sortante et entrantes valent toutes deux 0 : est-ce que la retenue a été propagée ou bien absorbée, ou les deux ? Idem quand les deux retenues sont à 1. Il y a un choix arbitraire à faire dans ce genre de cas, pour la plupart des lignes de la table de vérité. Cependant, il y a un choix bien précis qui est supérieur aux autres, et c'est celui qui est présenté dans le tableau suivant. Les lignes rouge correspondent à une retenue propagée, celles en bleu à une retenue absorbée, celle en vert à une retenue générée. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_rouge" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_bleu" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||1|| ||1||1 |} Avec ce choix, on peut déterminer si la retenue est propagée, absorbée ou générée, sans tenir compte de la retenue elle-même. On peut déterminer dans quel cas on est seulement en regardant les bits d'opérandes nommés A et B. * La retenue est propagée si les deux bits d'opérande sont différents. * La retenue est générée si les deux bits d'opérande sont à 1. * La retenue est absorbée si les deux bits d'opérande sont à 0. On peut donc détecter si une retenue est générée, absorbée ou propagée avec une simple porte logique : un ET entre les deux bits d'opérande pour la génération, un NOR pour l'absorption, un XOR pour la propagation. L'additionneur que nous allons voir détermine si la retenue est propagée, absorbée ou générée, et calcule la retenue sortante en fonction de ça. Il génère deux bits, nommés P et G : P pour ''Propagate'', G pour ''Generate''. Le bit P indique que la retenue entrante doit être propagée ou non : il est mis à 1 pour propager la retenue entrante, à 0 si elle ne doit pas être propagée. Le bit G indique si une retenue a été générée ou non : 1 si une retenue générée, 0 sinon. Une retenue est considérée comme absorbée si elle n'est pas ni propagée ni générée, pas besoin d'un troisième bit pour gérer ce cas. Pour rappel, la retenue est propagée si les deux bits sont différents, n'est pas propagée s'ils sont identiques. Déterminer si deux bits sont identiques ou différents est le comportement d'une banale porte XOR. Le bit P est donc généré par une simple porte XOR. Quant au bit G, il est à 1 si les deux bits d'opérandes sont à 1, ce qui correspond à une porte ET. Il existe des pseudo-additionneurs qui ne calculent pas la retenue sortante et fournissent à la place les signaux P et G, en plus du résultat. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur P/G''' (P/G pour propagation/génération). Ils sont très utiles pour créer des additionneurs dits "à anticipation de retenue", comme on le verra dans la suite du chapitre. {| class="flexible" | [[File:FulladderPG.png|Additionneur P/G : entrées et sorties.]] | [[File:Partial Full-Adder.svg|class=transparent|Additionneur P/G : circuit de génération des signaux P et G.]] |} Pour créer un additionneur complet avec cette méthode, il faut ajouter un circuit qui calcule la retenue sortante à partir des bits P et G. La retenue finale vaut 1 soit quand la retenue est générée, soit quand la retenue d'entrée vaut 1 et qu'elle est propagée. La traduction en équation logique; puis en circuits, donne un circuit strictement identique à celui basé sur deux demi-additionneurs... Vous remarquerez que les signaux P et G sont calculés par le premier demi-additionneur. [[File:Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.png|class=transparent|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.]] Une méthode alternative utilise un multiplexeur pour la retenue. L'idée est que si la retenue est propagée, alors il suffit de recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. Par contre, si elle n'est pas propagée, la retenue sortante est calculée par un circuit, en l'occurrence celui qui dit si une retenue à été générée ou non. Le choix entre les deux se fait avec un multiplexeur, commandé par le bit P. [[File:Additionneur crée avec un multiplexeur.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec un multiplexeur]] Le circuit exact est celui-ci : [[File:Additionneur complet basé sur un MUX.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet basé sur un MUX]] Le circuit semble utiliser plus de portes logiques que l'additionneur complet précédent. Cependant, nous verrons dans quelques chapitres qu'il est possible d'implémenter un multiplexeur avec seulement 6 transistors, voire moins ! L'implémentation utilise des portes à transmission, mais nous en reparlerons dans le chapitre sur les transistors, quand nous verrons les additionneurs à ''Manchester Carry Chain''. Au passage, une variante de ce circuit a été utilisée dans le processeur processeur 8086 d'Intel, comme on le verra dans le chapitre suivant. ===L'additionneur complet basé sur une modification de la retenue sortante=== L'additionneur précédent calcule la retenue sortante à partir de la retenue entrante. L'additionneur que nous allons voir fait quelque chose d'assez différent, et de potentiellement complémentaire : il calcule le 'bit de somme' à partir de la retenue sortante. En effet, le bit de somme est l'inverse de la retenue sortante, sauf dans deux cas : les trois bits d'entrée sont à 0, où ils sont tous à 1. Le bit de somme vaut 0 dans le premier cas, 1 dans le second cas. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_vert" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||1|| ||1||1 |} L'implémentation en circuit demande donc trois choses : * de calculer la retenue sortante et de quoi l'inverser ; * un circuit qui vérifie si tous les bits opérande valent 0 : une porte NOR ou OU fait l'affaire ; * un circuit qui vérifie s'ils valent tous 1, à savoir une porte ET. Ensuite, on combine le résultat des trois circuits précédents pour obtenir le résultat final. La combinaison est le fait du circuit en jaune dans le schéma ci-dessous. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue]] Le circuit en jaune est assez simple. Quand la porte ET sort un 1, la sortie doit être forcée à 1. Par contre, quand la porte OU sort un zéro, la sortie doit être forcée à 0. Il suffit donc d'enchainer un circuit de mise à 1 et un circuit de mise à 0. Nous avons vu dans le chapitre sur les opérations de masquage qu'il s'agit respectivement d'une porte OU et d'une porte ET. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet]] Divers processeurs utilisaient des additionneurs complets de ce type : le fameux Z80, l'Intel 4004 et de l'Intel 8008 sont les exemples les plus notables. Pourtant, on pourrait s'étonner qu'un tel circuit ait existé. Il utilise beaucoup de portes logiques, a une profondeur logique supérieure : il n'a rien d'avantageux. Sauf qu'il était utilisé sur d'anciens processeurs, qui utilisaient la technologie dite TTL, différente de la technologie CMOS des transistors modernes. Et avec la technologie TTL, il est possible de fusionner plusieurs portes logiques ET et NOR en une seule porte logique ET/OU/NON ! Un additionneur complet construit ainsi ne prenait que deux portes logiques : une pour le calcul de la retenue sortante, une autre pour le reste du circuit. ==L'addition non signée== Voyons maintenant un circuit capable d'additionner deux nombres entiers: l''''additionneur'''. Dans la version qu'on va voir, ce circuit manipulera des nombres strictement positifs. L'addition des nombres codés en complètement à deux sera vu dans une section ultérieure. ===L'additionneur série=== Il est possible d'additionner deux nombres bit par bit,colonne par colonne, avec un additionneur complet. Cela demande de coupler un additionneur complet avec plusieurs registres à décalages. Les opérandes sont placées chacune dans un registre à décalage, afin de passer d'un bit au suivant, d'une colonne à la suivante, à chaque cycle. Même chose pour le résultat, qui a sont propre registre à décalage. La retenue de l'addition est stockée dans une bascule de 1 bit, en attente du prochain cycle d'horloge. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur série'''. [[File:Additionneur série.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur série.]] L'additionneur série a été utilisé sur d'anciens prototypes dans les années 50-60, et quelques ordinateurs commerciaux très rares. ===L'additionneur à propagation de retenue=== L'additionneur à propagation de retenue pose l'addition comme en décimal, en additionnant les bits colonne par colonne avec une éventuelle retenue. Évidemment, on commence par les bits les plus à droite, comme en décimal. Il suffit ainsi de câbler des additionneurs complets les uns à la suite des autres. Notons la présence de la retenue sortante, qui est utilisée pour détecter les débordements d'entier, ainsi que pour d'autres opérations. Le bit de retenue final est souvent stocké dans un registre spécial du processeur (généralement appelé ''carry flag''). [[File:Ripplecarryadder.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à propagation de retenue.]] Notez aussi, sur le schéma précédent, la présence de l’entrée de retenue <math>\text{R}_\text{Entrée}</math> sur l'additionneur. L'additionneur le plus à droite est bien un additionneur complet, et non un demi-additionneur,c e qui fait qui l'additionneur a une entrée de retenue. Tous les additionneurs ont une entrée de retenue de ce type. Elle est très utile pour l'implémentation de certaines opérations comme l'inversion de signe, la soustraction, l'incrémentation, etc. Certains processeurs sont capables de faire une opération appelée ADC, ADDC ou autre nom signifiant ''Addition with Carry'', qui permet de faire le calcul A + B + Retenue (la retenue en question est la retenue sortante de l'addition précédente, stockée dans le registre ''carry flag''). Son utilité principale est de permettre des additions d'entiers plus grands que ceux supportés par le processeur. Par exemple, cela permet de faire des additions d'entiers 32 bits sur un processeur 16 bits. [[File:Adder Network 3 Bit Sum Delay 003.svg|vignette|upright=0.5|Propagation de retenue dans l'additionneur.]] L'avantage de cet additionneur est qu'il utilise très peu de portes logiques et est assez économe en transistors, ce qui fait qu'il était utilisé sur certains processeurs 8 et 16 bits assez anciens. Bien que très simple, cet additionneur est cependant peu performant. Le temps de calcul est proportionnel à la taille des opérandes. Par exemple, additionner deux nombres de 32 bits prendra deux fois plus de temps que l'addition de deux nombres de 16 bits. La raison est que le calcul des retenues s'effectue en série, l'une après l'autre. En effet, chaque additionneur doit attendre que la retenue de l'addition précédente soit disponible pour donner son résultat. Les retenues doivent se propager à travers le circuit, du premier additionneur jusqu'au dernier. L'addition étant une opération fréquente, il vaut mieux utiliser d'autres méthodes d'addition, plus rapides. Pour cela, les autres additionneurs utilisent diverses optimisations : calculer les retenues en parallèle, éliminer certaines opérations inutiles quand c'est possible, accélérer le calcul de la retenue avec des techniques d'anticipation de retenue, etc. Mais ces optimisations demandent d'utiliser plus de circuits, quitte à gagner quelque peu en rapidité. La plupart des processeurs 8 et 16 bits utilisaient une optimisation appelée la ''Manchester carry chain'', qu'on ne peut pas encore expliquer à ce stade du cours. Mais pour simplifier, c'était des additionneurs à propagation de retenue assez classique, si ce n'est que les additionneurs complets étaient optimisés de manière à calculer la retenue beaucoup plus vite. De nombreux processeurs très connus, comme le 8086 d'Intel ou le Z80, utilisaient des additionneurs de ce type. Les processeurs 32 bits, et quelques processeurs 8/16 bits évolués, utilisaient d'autres solutions, qui donnent respectivement les additionneurs à saut de retenue, à sélection de retenue, et à anticipation de retenue. Nous allons les voir dans les sections suivantes. ===Les accélérations de la propagation de retenue=== [[File:Full-adder-4bits-serial-CEI.svg|vignette|upright=0.5|Additionneur 4 bits, un bloc.]] Dans cette section, nous allons voir quelques additionneurs qui visent à accélérer la propagation de la retenue, mais en gardant la base de l'additionneur de propagation de retenue. Avant de poursuivre, partons du principe que l'additionneur est conçu en assemblant des additionneurs à plus simples, qui additionnent environ 4 à 5 bits, parfois plus, parfois moins. Ces additionneurs simples seront nommés ''blocs'' dans ce qui suit, et l'un d'entre eux est illustré ci-contre. Chaque bloc prend en entrée un morceau des deux opérandes à additionner, mais aussi une retenue d'entrée. Il fournit en sortie un résultat codé sur 4/5 bits, mais aussi une retenue sortante. Dans un bloc, la retenue sortante est plus ou moins calculée à part du résultat. L'enjeu est de calculer la retenue sortante d'un bloc rapidement, plus rapidement qu'un additionneur à propagation de retenue. Le calcul du résultat n'a pas besoin d'être accéléré, on garde des additionneurs à propagation de retenue. En enchaînant plusieurs blocs les uns à la suite des autres, la retenue sortante d'un bloc est connectée sur l'entrée de retenue du bloc suivant, la retenue est propagée d'un bloc au suivant. Les blocs sont tous identiques dans le cas le plus simple, mais il est possible d'utiliser des blocs de taille variable. Par exemple, le premier bloc peut avoir des opérandes de 6 bits, le second des opérandes de 7 bits, etc. Faire ainsi permet de gagner un petit peu en performances, si la taille de chaque bloc est bien choisie. La raison est une question de temps de propagation des retenues. La retenue met plus de temps à se propager à travers 8 blocs qu'à travers 4, ce qui prend plus de temps qu'à travers 2 blocs, etc. En tenir compte fait que la taille des blocs tend à augmenter ou diminuer quand on se rapproche des bits de poids fort. ====Le calcul parallèle de la retenue==== [[File:4008 Functional Diagram.svg|vignette|upright=1|4008 Functional Diagram]] L'optimisation la plus évidente est de calculer la retenue sortante en parallèle de l'addition. Chaque bloc contient, à côté d'un additionneur proprement dit, un circuit qui calcule la retenue sortante. Il existe de nombreuses manières de calculer la retenue sortante. La plus simple consiste à établir la table de vérité de l'entrée de retenue et d'utiliser les techniques du chapitre sur les circuits combinatoires. Cela marche si les blocs sont de petite taille, mais elle devient difficile si le bloc a des opérandes de 2/3 bits ou plus. Mais des techniques alternatives existent. Un exemple est celui de l'additionneur CMOS 4008, un additionneur de 4 bit. Il est intéressant de voir comment fonctionne ce circuit. Aussi, voici son implémentation. Le circuit est décomposé en trois sections. Une première couche de demi-additionneurs, le circuit de calcul de la retenue sortante, le reste du circuit qui calcule l'addition en propageant les retenues. Le circuit de calcul de la retenue sortante prend les résultats des demi-additionneurs, et les utilise pour calculer la retenue sortante. C'est là une constante de tous les circuits qui vont suivre. [[File:CMOS 4008, circuit découpé en sections.png|centre|vignette|upright=1.5|CMOS 4008, circuit découpé en sections]] Le point important à comprendre est que les demi-additionneurs génèrent les signaux P et G, qui disent si l'additionneur propage ou génère une retenue. Ces signaux sont alors combinés pour déterminer la retenue sortante. La méthode de combinaison des signaux P et G dépend fortement de l'additionneur utilisé. La méthode utilisée sur le 4008 utilise à la fois les signaux P et G, ce qui fait que c'est un hybride entre un additionneur à propagation de retenue, et un additionneur à anticipation de retenue qui sera vu dans la suite du chapitre. Mais il existe des techniques alternatives pour calculer la retenue sortante. ====L'additionneur à saut de retenue==== L''''additionneur à saut de retenue''' (''carry-skip adder'') est un additionneur dont le temps de calcul est variable. Le calcul prendra quelques cycles d'horloges avec certains opérandes, tandis qu'il sera aussi long qu'avec un additionneur à propagation de retenue avec d'autres. Il n'améliore pas le pire des cas, dans lequel la retenue doit être propagée du début à la fin, du bit de poids faible au bit de poids fort. Mais dans les autres cas, le circuit détecte quand le résultat de l'addition est disponible, quand la retenue a fini de se propager. Il permet d'avoir le résultat en avance, plutôt que d'attendre suffisamment pour couvrir le pire des cas. L'additionneur à saut de retenue est lui aussi composé de blocs qui additionnent 4/5 bits. Il peut, sous certaines conditions, sauter complètement la propagation de la retenue dans le bloc. L'idée est de calculer si un bloc génère une retenue sortante, ou si la retenue entrante est simplement propagée. Dans le second cas, le bloc ne fait que recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. La propagation de retenue entre blocs est alors skippée (mais elle a quand même lieu). Si une retenue est générée dans le bloc, on envoie cette retenue sur la retenue sortante. Le choix entre les deux est le fait d'un multiplexeur. [[File:Carry skip adder, principe de base.png|centre|vignette|upright=2.5|Carry skip adder : principe de base]] Toute la difficulté est de savoir comment commander le multiplexeur. Pour cela, on doit savoir si le circuit propage une retenue ou non. Le bloc propage une retenue si chaque additionneur complet propage la retenue. Les additionneurs complets doivent donc fournir le résultat, mais aussi indiquer s'ils propagent la retenue d'entrée ou non. Le signal de commande du multiplexeur est généré assez simplement : il vaut 1 si tous les additionneurs complets du bloc propagent la retenue précédente. C'est donc un vulgaire ET entre tous ces signaux. [[File:Additionneur à saut de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Calcul de la commande du MUX.]] L'additionneur à saut de retenue est construit en assemblant plusieurs blocs de ce type. [[File:BCSAdder16Bit.svg|centre|vignette|upright=3|Additionneur à saut de retenue.]] ====L'additionneur à sélection de retenue==== L''''additionneur à sélection de retenue''' utilise aussi des blocs, comme les additionneurs précédents. L'addition se fait en deux versions : une avec la retenue du bloc précédent valant zéro, et une autre version avec la retenue du bloc précédent valant 1. Il suffira alors de choisir le bon résultat avec un multiplexeur, une fois cette retenue connue. On gagne ainsi du temps en calculant à l'avance les valeurs de certains bits du résultat, sans connaître la valeur de la retenue. Petit détail : sur certains additionneurs à sélection de retenue, les blocs de base n'ont pas la même taille. Cela permet de tenir compte des temps de propagation des retenues entre les blocs. [[File:Additionneur à sélection de retenue.png|centre|vignette|upright=1|Additionneur à sélection de retenue avec seulement deux blocs.]] Dans les exemples du dessus, chaque sous-additionneur étaient des additionneurs à propagation de retenue. Mais ce n'est pas une obligation, et tout autre type d’additionneur peut être utilisé. Par exemple, on peut faire en sorte que les sous-additionneurs soient eux-mêmes des additionneurs à sélection de retenue, et poursuivre ainsi de suite, récursivement. On obtient alors un '''additionneur à somme conditionnelle''', plus rapide que l'additionneur à sélection de retenue, mais qui utilise beaucoup plus de portes logiques. ===Les additionneurs à anticipation de retenue=== Les '''additionneurs à anticipation de retenue''' accélèrent le calcul des retenues en les calculant sans les propager. Au lieu de calculer les retenues une par une, ils calculent toutes les retenues en parallèle, à partir des bits des opérandes à additionner. Une fois les retenues pré-calculées, il suffit de les additionner avec les deux bits adéquats, pour obtenir le résultat. [[File:Cla4bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Ces additionneurs sont composés de deux parties : * un circuit qui pré-calcule la valeur de la retenue d'un étage ; * et d'un circuit qui additionne les deux bits et la retenue pré-calculée : il s'agit d'une couche d'additionneurs complets simplifiés, qui ne fournissent pas de retenue. [[File:Additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Le circuit qui détermine la valeur de la retenue est lui-même composé de deux grandes parties, qui ont chacune leur utilité. La première partie réutilise des additionneurs qui donnent les signaux de propagation et génération de retenue. L'additionneur commence donc à prendre forme, et est composé de trois parties : * un circuit qui crée les signaux P et G ; * un circuit qui déduit la retenue à partir des signaux P et G adéquats ; * et une couche d'additionneurs qui additionnent chacun deux bits et une retenue. [[File:Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2|Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.]] Il ne nous reste plus qu'à voir comment fabriquer le circuit qui reste. Pour cela, il faut remarquer que la retenue est égale : * à 1 si l'addition des deux bits génère une retenue ; * à 1 si l'addition des deux bits propage une retenue ; * à zéro sinon. Ainsi, l'addition des bits de rangs i va produire une retenue Ci, qui est égale à Gi+(Pi·Ci−1). Si on utilisait cette formule sans trop réfléchir, on retomberait sur un additionneur à propagation de retenue inutilement compliqué. L'astuce des additionneurs à anticipation de retenue consiste à remplacer le terme Ci−1 par sa valeur calculée avant. Par exemple, je prends un additionneur 4 bits. Je dispose de deux nombres A et B, contenant chacun 4 bits : A3, A2, A1, et A0 pour le nombre A, et B3, B2, B1, et B0 pour le nombre B. Si j'effectue les remplacements, j'obtiens les formules suivantes : * C1 = G0 + ( P0 · C0 ) ; * C2 = G1 + ( P1 · G0 ) + ( P1 · P0 · C0 ) ; * C3 = G2 + ( P2 · G1 ) + ( P2 · P1 · G0 ) + ( P2 · P1 · P0 · C0 ) ; * C4 = G3 + ( P3 · G2 ) + ( P3 · P2 · G1 ) + ( P3 · P2 · P1 · G0 ) + ( P3 · P2 · P1 · P0 · C0 ). Ces formules nous permettent de déduire la valeur d'une retenue directement : il reste alors à créer un circuit qui implémente ces formules, et le tour est joué. On peut même simplifier le tout en fusionnant les deux couches d'additionneurs. [[File:4-bit carry lookahead adder.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 4 bits.]] Ces additionneurs sont plus rapides que les additionneurs à propagation de retenue. Ceci dit, utiliser un additionneur à anticipation de retenue sur des nombres très grands (16/32bits) utiliserait trop de portes logiques. Pour éviter tout problème, nos additionneurs à anticipation de retenue sont souvent découpés en blocs, avec soit une anticipation de retenue entre les blocs et une propagation de retenue dans les blocs, soit l'inverse. [[File:64-bit lookahead carry unit.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 64 bits.]] ===L'additionneur à calcul parallèle de préfixes=== Les '''additionneurs à calcul parallèle de préfixes''' sont des additionneurs à anticipation de retenue améliorés pour gagner en performances. Les additionneurs à anticipation de retenue générent des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, sous-entedu 1 bit par opérande. L'optimisation apportée est de générer des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, mais aussi pour des groupes de 2, 3, 4, ..., N bits. Par exemple, il est possible de générer un signal ''P 0 vers 7'', qui précise si la retenue de la seconde colonne est propagée jusqu'à la 7ème colonne ou non. Un autre exemple est un signal de génération qui indique si les colonnes 4 à 7 génèrent une retenue ou non. En clair, les signaux P et G ont maintenant un intervalle, qui précise de quelle colonne vers quelle colonne se fait la propagation, ou entre quelles colonnes se fait la génération. De plus, les signaux pour un intervalle peuvent se calculer en combinant les signaux pour des intervalles plus restreints. Par exemple, pour calculer P pour les colonnes 0 à 10 peuvent se calculer à partir des deux signaux P des colonnes 0-4 et 5-10. Néanmoins, il y a plusieurs manières pour subdiviser les intervalles en intervalles plus petits et combiner le tout. Et elles donnent chacune des additionneurs différent, comme l'additionneur de Ladner-Fisher, l'additionneur de Brent-Kung, l'additionneur de Kogge-Stone, ou tout design hybride. Ils ont des caractéristiques différentes. L'additionneur de Brent-Kung est le plus lent de tous les additionneurs cités, mais c'est celui qui utilise le moins de portes logiques. Les autres ont des performances un peu plus variables, mais utilisent plus de portes logiques. {| |[[File:Additionneur de Kogge-Stone.jpg|vignette|Additionneur de Kogge-Stone.]] |[[File:Additionneur de Ladner-Fisher.jpg|vignette|Additionneur de Ladner-Fisher.]] |} [[File:4bitKoggeStone.svg|vignette|upright=1.5|Additionneur de Kogge-Stone pour 4 bits.]] L'additionneur Kogge-Stone est illustré ci-contre. Il est composé de plusieurs couches de portes logiques. La toute première calcule les signaux P et G pour chaque colonne, comme le ferait un additionneur à anticipation de retenue. Il s'agit de la couche en rouge dans le schéma ci-dessous. Les circuits en jaune combinent ces signaux de manière à calculer les signaux P et G pour plusieurs colonnes. En vert, les circuits calculent la retenue finale. Voici le circuit pour 8 bits : [[File:Kogge-stone-8-bit.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur de Kogge-Stone pour 8 bits.]] ==L'addition signée et la soustraction== Après avoir vu l'addition, il est logique de passer à la soustraction, les deux opérations étant très proches. Si on sait câbler une addition entre entiers positifs, câbler une soustraction n'est pas très compliqué. De plus, la soustraction permet de faire des additions de nombres signés. ===Le soustracteur pour opérandes entiers=== Pour soustraire deux nombres entiers, on peut adapter l'algorithme de soustraction utilisé en décimal, celui que vous avez appris à l'école. Celui-ci ressemble fortement à l'algorithme d'addition : on soustrait les bits de même poids, et on propage éventuellement une retenue sur la colonne suivante. À la différence de l'addition, la retenue est soustraite, et non ajoutée. La table de soustraction nous dit quel est le résultat de la soustraction de deux bits. La voici : * 0 - 0 = 0 ; * 0 - 1 = 1 et une retenue ; * 1 - 0 = 1 ; * 1 - 1 = 0. [[File:Algebra1 05 fig014.svg|centre|vignette|Soustraction en binaire, avec les retenues en rouge.]] La table de soustraction peut servir de table de vérité pour construire un circuit qui soustrait deux bits. Celui-ci est appelé un '''demi-soustracteur'''. Il ressemble beaucoup à un demi-additionneur, les différences se résumant à une porte NON ajoutée pour le calcul de la retenue. [[File:Half Subtractor Vektor.svg|centre|vignette|Demi-soustracteur.]] Comme pour l'additionneur, deux demi-soustracteurs peuvent être combinés pour donner un '''soustracteur complet'''. Le calcul de la retenue se fait en combinant les deux retenues des demi-soustracteurs avec une porte OU. Les soustracteurs complets sont utilisés pour créer des soustracteurs à propagation de retenue ou tout autre circuit soustracteur, sur le même modèle que les additionneurs. [[File:FullSubtractor.svg|centre|vignette|upright=2|Soustracteur complet.]] Vous l'aurez sans doute remarqué, mais le demi-soustracteur ressemble beaucoup au demi-additionneur. La seule différence est une porte NON ajoutée au bon endroit dans le demi-soustracteur. {| |[[File:Half-adder.svg|vignette|Demi-additionneur]] |[[File:Half Subtractor Vektor.svg|vignette|upright=1.3|Demi-soustracteur]] |} La conséquence est qu'il est possible de créer un circuit capable de faire à la fois des additions et des soustractions. L'idée est de remplacer la porte NON du demi-soustracteur par un inverseur commandable. Si on envoie un zéro sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte OUI. Le circuit sera alors identique à un demi-additionneur. Si on envoie un 1 sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte NON. le circuit sera alors un demi-soustracteur. Il faut faire cela pour chaque demi-soustracteur, ce qui donne ceci pour un soustracteur complet. le résultat est alors appelé un '''additionneur-soustracteur complet'''. [[File:Additionneur-soustracteur complet.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur complet]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en complément à deux=== Étudions le cas de la soustraction en complément à deux, dans l'objectif de créer un circuit soustracteur. Vous savez sûrement que a−b et a+(−b) sont deux expressions équivalentes. Et en complément à deux, − b = not(b) + 1. Dit autrement, a − b = a + not(b) + 1. On pourrait se dire qu'il faut deux additionneurs pour faire le calcul, mais la majorité des additionneurs possède une entrée de retenue pour incrémenter le résultat de l'addition. Un soustracteur en complément à deux est donc simplement composé d'un additionneur et d'un inverseur. [[File:Additionneur soustracteur.png|centre|vignette|upright=2|Soustracteur en complément à deux.]] Il est possible de créer un circuit capable d'effectuer soit une addition, soit une soustraction : il suffit de remplacer l'inverseur par un inverseur commandable, qui peut être désactivé. On a vu comment créer un tel inverseur commandable dans le chapitre sur les circuits combinatoires. On peut remarquer que l'entrée de retenue et l'entrée de commande de l'inverseur sont activées en même temps : on peut fusionner les deux signaux en un seul. [[File:Additionneur-soustracteur en complément à deux.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux.]] Une implémentation alternative est la suivante. Elle remplace l'inverseur commandable par un multiplexeur. [[File:4-bit ripple carry adder-subtracter.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux, version alternative.]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en signe-magnitude=== Passons maintenant aux nombres codés en signe-valeur absolue, les deux opérandes étant notées A et B. Suivant les signes des deux opérandes, on a quatre cas possibles : A + B, A − B (B négatif), −A + B (A négatif) et −A − B (A et B négatifs). Une astuce est que le circuit n'a besoin que de calculer A + B et A − B : il peut les inverser pour obtenir − A − B ou B − A. A + B et A − B peuvent se calculer avec un additionneur-soustracteur, reste à corriger le résultat. Il suffit de lui ajouter un inverseur commandable pour obtenir le circuit d'addition finale. [[File:Additionneur en signe-valeur absolue.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur en signe-valeur absolue.]] Toute la difficulté tient dans le calcul du bit de signe du résultat, quand interviennent des soustractions. Autant l'addition de deux nombres de même signe (A + B et −A − B) ne pose aucun problème, autant les soustractions posent problème (A − B et −A + B). Suivant que <math>A<B</math> ou que <math>A>B</math>, le signe du résultat ne sera pas le même. Déterminer le signe du résultat se fait en regardant les bits de débordement d'entier, comme on le verra plus bas. ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en représentation par excès=== Passons maintenant aux nombres codés en représentation par excès. On pourrait croire que ces nombres s'additionnent comme des nombres non-signés, mais ce serait oublier la présence du biais, qui pose problème. Dans les cas de nombres signés gérés avec un biais, voyons ce que donne l'addition de deux nombres : : <math>( n_1 + biais ) + ( n_2 + biais ) = n_1 + n_2 + 2 \times biais</math> Or, le résultat correct serait : : <math>n_1 + n_2 + biais</math> En effectuant l'addition telle quelle, le biais est compté deux fois. On doit donc le soustraire après l'addition pour obtenir le résultat correct. Même chose pour la soustraction qui donne ceci : : <math>(n_1 + biais) - (n_2 + biais) = n_1 - n_2</math> Or, le résultat correct serait : : <math> ( n_1 - n_2 ) + biais </math> Il faut rajouter le biais pour obtenir l'exposant correct. On a donc besoin de deux additionneurs/soustracteurs : un pour additionner/soustraire les représentations binaires des opérandes, et un autre pour ajouter/retirer le biais en trop/manquant. ==L'additionneur BCD== Maintenant, voyons un additionneur qui additionne deux entiers au format BCD. Pour cela, nous allons devoir passer par deux étapes. La première est de créer un circuit capable d'additionneur deux chiffres BCD. Ensuite, nous allons voir comment enchaîner ces circuits pour créer un additionneur BCD complet. ===L'additionneur BCD qui fait l'opération chiffre par chiffre=== Nous allons commencer par voir un additionneur qui additionne deux chiffres en BCD, une sorte d'équivalent BCD de l'additionneur complet. Il fournit un résultat sur 4 bits et une retenue qui est mise à 1 si le résultat dépasse 10 (la limite d'un chiffre BCD). Les deux opérandes sont des chiffres BCD codés sur 4 bits et sont additionnés en binaire par un additionneur des plus normaux, similaire à ceux vus plus haut. Le résultat est alors un entier codé en binaire, sur 5 bits, qu'on corrige/convertit pour obtenir un chiffre BCD et une retenue sortante. Pour corriger le résultat, une idée intuitive serait de prendre le résultat et de faire une division par 10. Le quotient donne la retenue, alors que le reste est le résultat, le chiffre BCD. Mais un circuit diviseur par 10 utilise beaucoup de portes logiques, ce qui ne vaut pas le coup. Une autre méthode détecte si le résultat est égal ou supérieur à 10, ce qui correspond à un "débordement" (on dépasse les limites d'un chiffre BCD). Si le résultat est plus petit que 10, il n'y a rien à faire : le résultat est bon et la retenue est de zéro. Par contre, si le résultat vaut 10 ou plus, il faut corriger le résultat et générer une retenue à 1. Il faut donc ajouter un circuit qui détecte si le résultat est supérieur à 9, qui calcule directement la retenue. Ce circuit peut se fabriquer simplement à partir de sa table de vérité, ou en utilisant les techniques que nous verrons dans un chapitre ultérieur sur les comparateurs. La solution la plus simple est clairement d'utiliser la table de vérité, ce qui est très simple, assez pour être laissé en exercice au lecteur. Pour comprendre comment corriger le résultat, établissons une table de vérité qui associe le résultat et le résultat corrigé. L'entrée vaut au minimum 10 et au maximum 9 + 9 = 18. On considère la sortie comme un tout, la retenue étant un 5ème bit, le bit de poids fort. {|class="wikitable" |- ! colspan="5" | Entrée ! ! rowspan="10" | ! Retenue ! Résultat corrigé (sans retenue) ! interprétation de la sortie en binaire (retenue inclue) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 0 | (10) | 1 || 0000 | (16) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 1 | (11) | 1 || 0001 | (17) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 0 | (12) | 1 || 0010 | (18) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 1 | (13) | 1 || 0011 | (19) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 0 | (14) | 1 || 0100 | (20) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 1 | (15) | 1 || 0101 | (21) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 0 | (16) | 1 || 0110 | (22) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 1 | (17) | 1 || 0111 | (23) |- | 1 || 0 || 0 || 1 || 0 | (18) | 1 || 1000 | (24) |} En analysant le tableau, on voit que pour corriger le résultat, il suffit d'ajouter 6. La raison est que le résultat déborde d'un nibble à 16 en binaire, mais à 10 en décimal : il suffit d'ajouter la différence entre les deux, à savoir 6, et le débordement binaire fait son travail. Donc, la correction après une addition est très simple : si le résultat dépasse 9, on ajoute 6. On peut maintenant implémenter l'additionneur BCD, en combinant le comparateur avec 10, le circuit de correction, et l'additionneur. La première solution calcule deux versions du résultat : la version corrigée, la version normale. Le choix entre les deux est réalisée par un multiplexeur, commandé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD]] L'autre solution utilise un circuit commandable qui soit additionne 6, soit ne fait rien. Le choix entre les deux est commandé par le bit calculé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD, seconde version.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD, seconde version.]] Une version alternative du circuit précédent est la suivante. Il contient deux additionneurs : un pour additionner les deux chiffres BCD, un autre pour additionner 6 si besoin. Le résultat du comparateur est directement utilisé pour générer l'opérande du second additionneur : 0 ou 6. Le circuit est simple à concevoir, mais gaspille beaucoup de circuit. Idéalement, il vaudrait mieux utiliser un circuit combinatoire d'addition avec une constante. [[File:Adder 4 Bit BCD.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur BCD, circuit complet.]] Pour obtenir un additionneur BCD complet, il suffit d’enchaîner les additionneurs précédents, comme on le ferait avec les additionneurs complets dans un additionneur à propagation de retenue. Au final, l'additionneur BCD est beaucoup plus compliqué qu'un additionneur normal, car il rajoute un comparateur ">9", un petit additionneur pour ajouter 6 et éventuellement d'autres circuits. De plus, il est difficile d'appliquer les optimisations disponibles sur les additionneurs non-BCD. Notamment, les circuits d'anticipation de retenue sont totalement à refaire et le résultat est relativement compliqué. C'est ce qui explique pourquoi le BCD a progressivement été abandonné au profit du binaire simple. La soustraction en BCD se fait comme en binaire : le nombre à soustraire est remplacé par son complément, le circuit additionne le complément et l'autre opérande, le débordement d'entier fait que le résultat marche. Sauf qu'ici, le complément est un complément à 9. Il se calcule chiffre par chiffre : chaque chiffre est remplacé par (9 - le chiffre en question). ===L'additionneur BCD par ajustement décimal=== L'additionneur BCD précédent effectuait son travail chiffre BCD par chiffre BCD, mais il existe des additionneurs BCD qui font autrement. Sur les premiers processeurs x86, il n'y avait pas d'opération d'addition BCD proprement dit, seulement une addition binaire normale de 8, 16 ou 32 bits. Par contre, elle était secondée par une opération dite d''''ajustement décimal''' qui transformait un nombre binaire en nombre codé en BCD. L'opération d'ajustement décimal prenait un opérande de 8 bits codé en binaire et fournissait un résultat de la même taille, c'est à dire deux chiffres BCD. Effectuer une addition BCD demandait donc de faire deux opérations à la suite : une addition binaire simple, suivie par l'opération d'ajustement décimal. Cela permettait de gérer des nombres entiers en binaire usuel et des entiers BCD sans avoir deux instructions d'addition séparées pour les deux, sans compter que cela simplifiait aussi les circuits d'addition. L'ajustement décimal s'effectue en ajoutant une constante bien précise à l'opérande à convertir en BCD. L'idée est que la constante est découpée en morceaux de 4 bits, correspondant chacun à un chiffre BCD de l'opérande, chaque morceau contenant soit un 0, soit 6. Cela permet d'ajouter soit 0, soit 6, à chaque chiffre BCD, et donc de le corriger. La propagation des retenues d'un chiffre à l'autre est effectuée automatiquement par l'addition binaire de la constante. L'opération d'ajustement décimal calcule automatiquement la constante. Elle découpe l'opérande en ''nibbles'', vérifie si chaque ''nibble'' est supérieur ou égal à 10, puis détermine la valeur de chaque ''nibble'' de la constante finale. Par exemple, si je prends l'opérande 1001 1110, le ''nibble'' de poids faible déborde, alors que celui de poids fort non. La constante sera donc 0000 0110 : 0x06. Inversement, si le ''nibble'' de poids fort déborde et pas celui de poids faible, la constante sera alors 0x60. Et la constante est de 0x66 si les deux ''nibbles'' débordent, de 0x00 si aucun ne déborde. Le circuit d’ajustement décimal est donc composé de trois étapes : deux étapes pour calculer la constante, et un circuit d'addition pour additionner cette constante au nombre de départ. La première étape découpe l'opérande en morceaux de 4 bits, en chiffres BCD, et vérifie si chacun d'entre eux vaut 10 ou plus. La seconde étape prend les résultats de la première étape, et les combine pour calculer la constante. Enfin, on trouve l'addition finale, qui était réalisée par un circuit d'addition utilisé à la fois pour l'ajustement décimal et l'addition binaire. La différence entre une addition normale et une opération d'ajustement décimal tient dans le fait que les deux premières étapes sont désactivées dans une addition normale. [[File:Additionneur BCD parallèle.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD parallèle]] ===L'additionneur biquinaire=== Les entiers BCD ne sont qu'un des encodages hybrides entre décimal et binaire. L'encodage biquinaire est l'un d'entre eux et nous allons faire un rappel rapide à ce sujet. Pour simplifier, un chiffre encodé en biquinaire est composé de deux parties : un bit, couplé à une partie quinaire encodée en représentation ''one-hot''. La partie quinaire encode un nombre allant de 0 à 4, ce qui prend 5 bits (0, 1, 2, 3 et 4). Le bit indique s'il faut ou non ajouter 5 à la valeur encodée par la partie quinaire. Ainsi, on peut coder tous les nombres de 0 à 9. Additionner deux nombres de biquinaire demande donc d'additionner deux parties quinaires encodées en ''one-hot'' et d'additionner deux bits. Mais attention : il faut tenir compte de la retenue de l'addition des parties quinaires. Et idéalement, il faut aussi tenir compte d'une retenue entrante, provenant de l'addition de la colonne de chiffres précédente. Toute la difficulté vient de la création de l'additionneur ''one-hot''. Heureusement, vu qu'il n'y a que 4-5 bits à additionner, il est souvent fabriqué à partir de sa table de vérité. [[File:Additionneur bi-quinaire.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur bi-quinaire]] Un avantage du biquinaire est que le calcul du complément à 9 est très simple. Il faut pour cela : inverser la partie binaire avec une porte NON, puis inverser l'ordre des bits de la partie quinaire. Concrètement, le bit de poids faible devient le bit de poids fort, et ainsi de suite. Par exemple, une partie quinaire 01000 devient 00010, 10000 devient 00001, 00100 ne change pas, etc. Le tout peut se calculer avec une porte NON et 5 multiplexeurs. ===L'additionneur BCD avec calculs intermédiaires en biquinaire=== L'ordinateur IBM 1401, un ancien ''mainframe'' des années 60, utilisait un additionneur BCD un peu particulier. Les nombres étaient encodés en BCD dans la mémoire de l'ordinateur, mais les circuits de calcul utilisaient la représentation biquinaire. Lors d'un calcul, le processeur de l'ordinateur traduisait les chiffres BCD en représentation biquinaire, faisait une addition en biquinaire, avant de traduire le résultat en BCD normal. Pour être précis, l'IBM 1401 utilisait une variante du biquinaire. L'encodage biquinaire de l'IBM 1401 est le suivant : la partie binaire disait si le chiffre était pair ou non, la partie quinaire encodait les valeurs 0, 2, 4, 6 et 8. Le chiffre se calculait en additionnant la partie binaire (0 ou 1) au nombre pair encodé par la partie quinaire. Si l'IBM 1401 utilisait cette variante du biquinaire, c'est car elle donnait des circuits de conversion BCD-biquinaire plus économes en portes logiques et plus rapides. La partie binaire est le bit de poids faible du chiffre BCD, la partie biquinaire est calculée par un simple décodeur qui prend en entrée le chiffre BCD, amputé de son bit de poids faible. La traduction inverse demande d'utiliser un encodeur, à la place du décodeur. Par contre, le circuit d'addition biquinaire était plus compliqué du fait de la gestion des retenues. L'addition des parties binaires et quinaires se faisait en parallèle, dans deux additionneurs séparés. Cependant, l'addition des parties binaire fournit une retenue, qu'il faut prendre en compte. Pour cela, l'IBM 1401 disposait d'un troisième additionneur qui fournissait le résultat final, encodé en biquinaire. [[File:Additionneur bi-quinaire de l'IBM 1401.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur biquinaire de l'IBM 1401]] Une implémentation moderne demanderait d'utiliser des portes ET combinées à des portes OU, le circuit pouvant être construit simplement à partir de sa table de vérité. Sur l'IBM 1401, le circuit était cependant différent, en raison de l'utilisation de OU câblés, des croisements de fils qui fonctionnent comme des portes OU, que nous n'avons pas encore vu pour le moment, mais qui seront détaillés dans quelques chapitres. Les OU câblés étaient utilisés pour simplifier le design du circuit, mais demandaient des portes logiques spécifiques, ce qui collait avec le fait que ce ''mainframe'' utilisait des transistors en Germanium. L'implémentation exacte est décrite dans cet article de blog, mais je ne recommande sa lecture qu'à ceux qui savent ce qu'est un OU câblé : * [https://www.righto.com/2015/10/qui-binary-arithmetic-how-1960s-ibm.html Qui-binary arithmetic: how a 1960s IBM mainframe does math]. ==Les débordements d'entier lors d'une addition/soustraction== Les instructions arithmétiques manipulent des entiers codés sur un nombre fixe de bits, qui ne peuvent prendre leurs valeurs que dans un intervalle. Pour les nombres positifs, un ordinateur qui code ses entiers sur n bits pourra coder tous les entiers allant de 0 à <math>2^n -1</math>. Pour les nombres négatifs, l'intervalle est différent et dépend de la représentation utilisée. Dans le cas général, l'ordinateur peut coder les valeurs comprises de <math>N_\text{min}</math> à <math>N_\text{max}</math>. Si le résultat d'un calcul sort de cet intervalle, il ne peut pas être représenté par l'ordinateur et il se produit ce qu'on appelle un '''débordement d'entier'''. La '''valeur haute de débordement''' désigne la première valeur qui est trop grande pour être représentée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 0 et 7, la valeur haute de débordement est égale à 8. On peut aussi définir la '''valeur basse de débordement''', qui est la première valeur trop petite pour être codée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 8 et 250, la valeur basse de débordement est égale à 7. Pour les nombres entiers, la valeur haute de débordement vaut <math>N_\text{max} + 1</math> , alors que la valeur basse vaut <math>N_\text{min} - 1</math> (avec <math>N_\text{max}</math> et <math>N_\text{min}</math> respectivement la plus grande et la plus petite valeur codable par l'ordinateur). ===La correction des débordements d'entier : l'arithmétique saturée=== Quand un débordement d'entier survient, tous les circuits de calcul ne procèdent pas de la même manière. Dans les grandes lignes, il y a deux réactions possibles : soit on corrige automatiquement le résultat du débordement, soit on ne fait rien et on se contente de détecter le débordement. Si le débordement n'est pas corrigé automatiquement, le circuit ne conserve que les bits de poids faibles du résultat. Les bits en trop sont simplement ignorés. On dit qu'on utilise l''''arithmétique modulaire'''. Le problème avec ce genre d'arithmétique, c'est qu'une opération entre deux grands nombres peut donner un résultat très petit. Par exemple, si je dispose de registres 4 bits et que je souhaite faire l'addition 1111 + 0010 (ce qui donne 15 + 2), le résultat est censé être 10001 (17), ce qui est un résultat plus grand que la taille d'un registre. En conservant les 4 bits de poids faible, j’obtiens 0001 (1). En clair, un résultat très grand est transformé en un résultat très petit. Cela peut poser problèmes si on travaille uniquement avec des nombres positifs, mais c'est aussi utilisé pour coder des nombres en complément à deux. D'autres circuits utilisent ce qu'on appelle l''''arithmétique saturée''' : si un calcul génère un débordement, on arrondi le résultat au plus grand entier supporté par le circuit. Les circuits capables de calculer en arithmétique saturée sont un peu plus complexes, vu qu'il faut rajouter des circuits pour corriger le résultat en cas de débordement. Il suffit généralement de rajouter un ''circuit de saturation'', qui prend en entrée le résultat et le corrige en cas de débordement. Ce circuit de saturation met la valeur maximale en sortie si un débordement survient, mais se contente de recopier le résultat du calcul sur sa sortie s'il n'y a pas de débordement. Typiquement, il est composé d'une couche de multiplexeurs, qui sélectionnent quelle valeur mettre sur la sortie : soit le résultat du calcul, soit le plus grand nombre entier géré par le processeur, soit le plus petit (pour les nombres négatifs/soustractions). L'arithmétique saturée est utilisée pour les additions et soustractions, mais c'est plus rare pour les multiplications/divisions. Une des raisons est que le résultat d'une addition/soustraction prend un bit de plus que le résultat, là où les multiplications doublent le nombre de bits. Quand une addition déborde, le résultat réel est proche de la valeur maximale codable. mais quand une multiplication déborde, le résultat peut parfois valoir 200 à 60000 fois plus que la valeur maximale codable. Les calculs avec une valeur saturée/corrigée sont donc crédibles pour une suite d'additions, mais pas pour une suite de multiplications. ===La détection des débordements entiers=== Quand un débordement d'entier a eu lieu, il vaut mieux que l'additionneur prévienne ! Pour cela, l'additionneur a une '''sortie de débordement''', parfois nommée ''Overflow'', dont la valeur indique si l'addition a généré un débordement d'entier ou non. Reste que détecter un débordement ne se fait pas de la même manière selon que l'on parle d'un additionneur non-signé ou signé. Pour les additionneur non-signés, l'additionneur calcule un bit de plus que ce qui est supporté par l'ordinateur. Par exemple, un additionneur 32 bits fournit un résultat sur 33 bits, un débordement d'entier a lieu quand le 33ème bit est à 1. Précisément, la sortie de débordement n'est autre que la retenue finale, celle fournie par le dernier additionneur complet. Le seul type de débordement possible est un débordement par le haut, où le résultat dépasse la valeur maximale. Avec l'arithmétique saturée, le circuit de saturation consiste en une seule couche de multiplexeurs, voire en un circuit de mise à la valeur maximale tel que vu dans le chapitre sur les opérations bits à bits. [[File:Gestion des débordements d'entiers.png|centre|vignette|upright=2.5|Gestion des débordements d'entiers lors d'une addition non-signée.]] Pour les additionneurs non-signés, la gestion des débordements d'entiers dépend fortement de la représentation signée. Nous allons étudier le cas du complément à deux. Si vous vous rappelez le chapitre 1, les calculs sur des nombres en complètement à deux utilisent les règles de l'arithmétique modulaire, c'est une condition nécessaire. À priori, on peut penser que dans ces conditions, les débordements d'entiers sont une chose parfaitement normale, qui nous permet d'avoir des résultats corrects. Néanmoins, certains débordements d'entiers peuvent survenir malgré tout et produire des bugs assez ennuyeux. Si l'on tient en compte les règles du complément à deux, on sait que le bit de poids fort (le plus à gauche) permet de déterminer si le nombre est positif ou négatif : il indique le signe du nombre. Tout se passe comme si les entiers en complément à deux étaient codés sur un bit de moins, et avaient leur longueur amputé du bit de poids fort. Si le résultat d'un calcul écrase le bit de poids fort, il y a un débordement d'entiers. Il existe une règle simple qui permet de détecter ces débordements d'entiers. L'addition de deux nombres positifs ne peut pas être un nombre négatif. Si on additionne deux nombres dont le bit de signe est à 0 et que le bit de signe du résultat est à 1, on est en face d'un débordement d'entiers. Même chose pour deux nombres négatifs : le résultat de l'addition ne peut pas être positif. On peut résumer cela en une phrase : si deux nombres de même signe sont ajoutés, un débordement a lieu quand le bit du signe du résultat a le signe opposé. Modifier les circuits d'au-dessus pour qu'ils détectent les débordements en complément à deux est simple comme bonjour : il suffit créer un petit circuit combinatoire qui prenne en entrée les bits de signe des opérandes et du résultat, et qui fasse le calcul de l'indicateur de débordements. Si l'on rédige sa table de vérité, on doit se retrouver avec la table suivante : {|class="wikitable" |- !Entrées !Sortie |- |000||0 |- |001||1 |- |010||0 |- |011||0 |- |100||0 |- |101||0 |- |110||1 |- |111||0 |} L'équation de ce circuit est la suivante, avec <math>S_a</math> et <math>S_b</math> les signes des deux opérandes, et <math>C_i</math> la retenue de la colonne précédente : : <math> ( S_a . S_b . \overline{C_i} ) + ( \overline{S_a} . \overline{S_b} . C_i )</math> En simplifiant, on obtient alors : : <math>( S_a . S_b ) \oplus C_i</math> Or, il se trouve que <math>S_a . S_b</math> est tout simplement la retenue en sortie du dernier additionneur, que nous noterons <math>C_o</math>. On trouve donc : : <math>C_o \oplus C_i</math> Il suffit donc de faire un XOR entre la dernière retenue et la précédente pour obtenir le bit de débordement. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de décalage et de rotation | prevText=Les circuits de décalage et de rotation | next=Les circuits de comparaison | nextText=Les circuits de comparaison }} </noinclude> oeri9dhn5cgh29bvvzrvb31ufq433p6 768213 768212 2026-06-20T18:02:25Z Mewtow 31375 /* L'additionneur à propagation de retenue */ 768213 wikitext text/x-wiki Dans ce chapitre, nous allons voir les circuits capables de faire une addition ou une soustraction, ainsi que quelques circuits spécialisés. Précisons cependant que les fabricants de processeurs travaillent d'arrache-pied pour trouver des moyens de rendre ces circuits de calcul plus rapides et plus économes en énergie. Autant vous dire que les circuits que vous allez voir sont vraiment des circuits qui font pâle figure comparé à ce que l'on peut trouver dans un vrai processeur commercial ! ==Les circuits pour additionner 2 ou 3 bits== L'addition se fait en binaire de la même manière qu'en décimal. On additionne les chiffres/bits colonne par colonne, une éventuelle retenue est propagée à la colonne d'à côté. La soustraction fonctionne sur le même principe, sur le même modèle qu'en décimal. [[File:Binary Addition Demonstration.svg|centre|vignette|Exemple d'addition en binaire.]] En clair, additionner deux nombres demande d'additionner 2 bits et une retenue sur chaque colonne, et de propager les retenues d'une colonne à l'autre. La propagation des retenues est quelque chose de simple en apparence, mais qui est sujet à des optimisations extraordinairement nombreuses. Aussi, pour simplifier l'exposition, nous allons voir comment gérer une colonne avant de voir comment sont propagées les retenues. En effet, tout additionneur est composé d'additionneurs plus simples, capables d'additionner deux ou trois bits suivant la situation. Ceux-ci gèrent ce qui se passe sur une colonne. ===Le demi-additionneur et l'additionneur complet=== Un additionneur deux bits implémente la table d'addition, qui est très simple en binaire. Jugez plutôt : * 0 + 0 = 0, retenue = 0 ; * 0 + 1 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 0 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 1 = 0, retenue = 1. Un circuit capable d'additionner deux bits est donc simple à construire avec les techniques vues dans les premiers chapitres. On voit immédiatement que la colonne des retenues donne une porte ET, alors que celle du bit de somme est calculé par un XOR. Le circuit obtenu est appelé un '''demi-additionneur'''. {| class="flexible" |[[File:1-bit half-adder.svg|class=transparent|centre|Demi-addtionneur.]] |[[File:Half-adder.svg|centre|class=transparent|Circuit d'un demi-addtionneur.]] |} [[File:Full Adder Block.svg|vignette|upright=1|class=transparent|Additionneur complet.]] Si on effectue une addition en colonne, on doit additionner les deux bits sur la colonne, mais aussi additionner une éventuelle retenue. Il faut donc créer un circuit qui additionne trois bits : deux bits de données, plus une retenue. Il fournit en sortie deux bits : un bit de somme et une retenue sortante. Ce circuit qui additionne trois bits est appelé un '''additionneur complet'''. Voici sa table de vérité : {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- ||0||0||0|| ||0||0 |- ||0||0||1|| ||0||1 |- ||0||1||0|| ||0||1 |- ||0||1||1|| ||1||0 |- ||1||0||0|| ||0||1 |- ||1||0||1|| ||1||0 |- ||1||1||0|| ||1||0 |- ||1||1||1|| ||1||1 |} Il est possible d'utiliser un tableau de Karnaugh pour traduire la table de vérité, mais elle donne un résultat légèrement sous-optimal. D'autres méthodes donnent des résultats plus compréhensibles. Nous allons les détailler dans ce qui suit. ===L'additionneur complet conçu avec deux demi-additionneurs=== La solution plus simple consiste à enchaîner deux demi-additionneurs : un qui additionne les deux bits de données, et un second qui additionne la retenue au résultat. La retenue finale se calcule en combinant les sorties de retenue des deux demi-additionneurs, avec une porte OU. Pour vous en convaincre, établissez la table de vérité de ce circuit, vous verrez que ça marche. {| class="flexible" |[[File:Full Adder Modules.svg|class=transparent|Composition d'un additionneur complet. On voit bien que celui-ci est composé de deux demi-additionneurs, en rouge et en bleu, auxquels on a ajouté une porte OU pour calculer la retenue finale.]] |[[File:Full-adder.svg|300px|class=transparent|Circuit d'un additionneur complet.]] |} Le circuit de calcul de la retenue peut être remplacé par une '''porte à majorité''', mais cette possibilité n'est presque jamais utilisée, on lui préfère le circuit à trois portes logiques. [[File:Additionneur crée avec une porte à majorité.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec une porte à majorité]] Les autres implémentations de l'additionneur complet que nous allons voir sont des dérivés de ce circuit, auquel on a appliqué quelques simplifications. Les simplifications portent surtout sur le circuit de calcul de la retenue. En effet, le calcul de la retenue doit absolument être le plus rapide possible,vu que la propagation des retenues est le point limitant pour les performances d'un additionneur. ===L'additionneur complet basé sur la propagation et la génération de retenue=== L'additionneur complet précédent est de loin le plus simple, le plus évident. Il est utilisé dans les additionneurs simples, peu performants. Mais il existe d'autres implémentations, utilisées dans des additionneurs performants, qui sont terriblement importantes pour la suite du chapitre. Ces additionneurs performants cherchent à calculer la retenue le plus rapidement possible. Par contre, le bit de somme est toujours calculé avec deux portes XOR, cela ne change pas. Pour comprendre comment ils fonctionnent, regardons ce que vaut la retenue sortante en fonction de la retenue entrante, en analysant la table de vérité de l'additionneur complet. Il y a trois cas, qui dépendent de la valeur des deux bits additionnés, nommés A et B. Si les deux bits sont différents, la retenue sortante est égale à la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est propagée sur la sortie de retenue. Cependant, il y a aussi deux cas où la retenue n'est pas propagée : celui où la retenue sortante est forcée à 1, et celui où elle est forcée à 0, peu importe la valeur de la retenue entrante. Dans le premier cas, l'addition donne une retenue à 1, quelle que soit la retenue envoyée en entrée (sous-entendu, même si celle-ci vaut 0). On dit que la retenue sortante est générée. Dans le cas inverse, la retenue sortante est forcée à 0, peu importe la retenue entrante. On dit que la retenue entrante est absorbée. Il y a cependant une petite ambiguïté à dire que la retenue a été propagée, absorbée ou générée. En effet, prenons le cas où la retenue sortante et entrantes valent toutes deux 0 : est-ce que la retenue a été propagée ou bien absorbée, ou les deux ? Idem quand les deux retenues sont à 1. Il y a un choix arbitraire à faire dans ce genre de cas, pour la plupart des lignes de la table de vérité. Cependant, il y a un choix bien précis qui est supérieur aux autres, et c'est celui qui est présenté dans le tableau suivant. Les lignes rouge correspondent à une retenue propagée, celles en bleu à une retenue absorbée, celle en vert à une retenue générée. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_rouge" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_bleu" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_rouge" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||1|| ||1||1 |} Avec ce choix, on peut déterminer si la retenue est propagée, absorbée ou générée, sans tenir compte de la retenue elle-même. On peut déterminer dans quel cas on est seulement en regardant les bits d'opérandes nommés A et B. * La retenue est propagée si les deux bits d'opérande sont différents. * La retenue est générée si les deux bits d'opérande sont à 1. * La retenue est absorbée si les deux bits d'opérande sont à 0. On peut donc détecter si une retenue est générée, absorbée ou propagée avec une simple porte logique : un ET entre les deux bits d'opérande pour la génération, un NOR pour l'absorption, un XOR pour la propagation. L'additionneur que nous allons voir détermine si la retenue est propagée, absorbée ou générée, et calcule la retenue sortante en fonction de ça. Il génère deux bits, nommés P et G : P pour ''Propagate'', G pour ''Generate''. Le bit P indique que la retenue entrante doit être propagée ou non : il est mis à 1 pour propager la retenue entrante, à 0 si elle ne doit pas être propagée. Le bit G indique si une retenue a été générée ou non : 1 si une retenue générée, 0 sinon. Une retenue est considérée comme absorbée si elle n'est pas ni propagée ni générée, pas besoin d'un troisième bit pour gérer ce cas. Pour rappel, la retenue est propagée si les deux bits sont différents, n'est pas propagée s'ils sont identiques. Déterminer si deux bits sont identiques ou différents est le comportement d'une banale porte XOR. Le bit P est donc généré par une simple porte XOR. Quant au bit G, il est à 1 si les deux bits d'opérandes sont à 1, ce qui correspond à une porte ET. Il existe des pseudo-additionneurs qui ne calculent pas la retenue sortante et fournissent à la place les signaux P et G, en plus du résultat. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur P/G''' (P/G pour propagation/génération). Ils sont très utiles pour créer des additionneurs dits "à anticipation de retenue", comme on le verra dans la suite du chapitre. {| class="flexible" | [[File:FulladderPG.png|Additionneur P/G : entrées et sorties.]] | [[File:Partial Full-Adder.svg|class=transparent|Additionneur P/G : circuit de génération des signaux P et G.]] |} Pour créer un additionneur complet avec cette méthode, il faut ajouter un circuit qui calcule la retenue sortante à partir des bits P et G. La retenue finale vaut 1 soit quand la retenue est générée, soit quand la retenue d'entrée vaut 1 et qu'elle est propagée. La traduction en équation logique; puis en circuits, donne un circuit strictement identique à celui basé sur deux demi-additionneurs... Vous remarquerez que les signaux P et G sont calculés par le premier demi-additionneur. [[File:Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.png|class=transparent|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet avec propagation et génération de retenue.]] Une méthode alternative utilise un multiplexeur pour la retenue. L'idée est que si la retenue est propagée, alors il suffit de recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. Par contre, si elle n'est pas propagée, la retenue sortante est calculée par un circuit, en l'occurrence celui qui dit si une retenue à été générée ou non. Le choix entre les deux se fait avec un multiplexeur, commandé par le bit P. [[File:Additionneur crée avec un multiplexeur.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur crée avec un multiplexeur]] Le circuit exact est celui-ci : [[File:Additionneur complet basé sur un MUX.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet basé sur un MUX]] Le circuit semble utiliser plus de portes logiques que l'additionneur complet précédent. Cependant, nous verrons dans quelques chapitres qu'il est possible d'implémenter un multiplexeur avec seulement 6 transistors, voire moins ! L'implémentation utilise des portes à transmission, mais nous en reparlerons dans le chapitre sur les transistors, quand nous verrons les additionneurs à ''Manchester Carry Chain''. Au passage, une variante de ce circuit a été utilisée dans le processeur processeur 8086 d'Intel, comme on le verra dans le chapitre suivant. ===L'additionneur complet basé sur une modification de la retenue sortante=== L'additionneur précédent calcule la retenue sortante à partir de la retenue entrante. L'additionneur que nous allons voir fait quelque chose d'assez différent, et de potentiellement complémentaire : il calcule le 'bit de somme' à partir de la retenue sortante. En effet, le bit de somme est l'inverse de la retenue sortante, sauf dans deux cas : les trois bits d'entrée sont à 0, où ils sont tous à 1. Le bit de somme vaut 0 dans le premier cas, 1 dans le second cas. {|class="wikitable" |- ! Retenue entrante !! Opérande 1 !! Opérande 2 !! !! Retenue sortante !! Bit de somme |- class="f_bleu" ||0||0||0|| ||0||0 |- class="f_vert" ||0||0||1|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||0||1||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||0||0|| ||0||1 |- class="f_vert" ||1||0||1|| ||1||0 |- class="f_vert" ||1||1||0|| ||1||0 |- class="f_rouge" ||1||1||1|| ||1||1 |} L'implémentation en circuit demande donc trois choses : * de calculer la retenue sortante et de quoi l'inverser ; * un circuit qui vérifie si tous les bits opérande valent 0 : une porte NOR ou OU fait l'affaire ; * un circuit qui vérifie s'ils valent tous 1, à savoir une porte ET. Ensuite, on combine le résultat des trois circuits précédents pour obtenir le résultat final. La combinaison est le fait du circuit en jaune dans le schéma ci-dessous. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue]] Le circuit en jaune est assez simple. Quand la porte ET sort un 1, la sortie doit être forcée à 1. Par contre, quand la porte OU sort un zéro, la sortie doit être forcée à 0. Il suffit donc d'enchainer un circuit de mise à 1 et un circuit de mise à 0. Nous avons vu dans le chapitre sur les opérations de masquage qu'il s'agit respectivement d'une porte OU et d'une porte ET. [[File:Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet.png|centre|vignette|upright=2|Full adder basé sur une modification de la retenue interne, au complet]] Divers processeurs utilisaient des additionneurs complets de ce type : le fameux Z80, l'Intel 4004 et de l'Intel 8008 sont les exemples les plus notables. Pourtant, on pourrait s'étonner qu'un tel circuit ait existé. Il utilise beaucoup de portes logiques, a une profondeur logique supérieure : il n'a rien d'avantageux. Sauf qu'il était utilisé sur d'anciens processeurs, qui utilisaient la technologie dite TTL, différente de la technologie CMOS des transistors modernes. Et avec la technologie TTL, il est possible de fusionner plusieurs portes logiques ET et NOR en une seule porte logique ET/OU/NON ! Un additionneur complet construit ainsi ne prenait que deux portes logiques : une pour le calcul de la retenue sortante, une autre pour le reste du circuit. ==L'addition non signée== Voyons maintenant un circuit capable d'additionner deux nombres entiers: l''''additionneur'''. Dans la version qu'on va voir, ce circuit manipulera des nombres strictement positifs. L'addition des nombres codés en complètement à deux sera vu dans une section ultérieure. ===L'additionneur série=== Il est possible d'additionner deux nombres bit par bit,colonne par colonne, avec un additionneur complet. Cela demande de coupler un additionneur complet avec plusieurs registres à décalages. Les opérandes sont placées chacune dans un registre à décalage, afin de passer d'un bit au suivant, d'une colonne à la suivante, à chaque cycle. Même chose pour le résultat, qui a sont propre registre à décalage. La retenue de l'addition est stockée dans une bascule de 1 bit, en attente du prochain cycle d'horloge. Un tel additionneur est appelé un '''additionneur série'''. [[File:Additionneur série.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur série.]] L'additionneur série a été utilisé sur d'anciens prototypes dans les années 50-60, et quelques ordinateurs commerciaux très rares. ===L'additionneur à propagation de retenue=== L'additionneur à propagation de retenue pose l'addition comme en décimal, en additionnant les bits colonne par colonne avec une éventuelle retenue. Évidemment, on commence par les bits les plus à droite, comme en décimal. Il suffit ainsi de câbler des additionneurs complets les uns à la suite des autres. Notons la présence de la retenue sortante, qui est utilisée pour détecter les débordements d'entier, ainsi que pour d'autres opérations. Le bit de retenue final est souvent stocké dans un registre spécial du processeur (généralement appelé ''carry flag''). [[File:Ripplecarryadder.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à propagation de retenue.]] Notez aussi, sur le schéma précédent, la présence de l’entrée de retenue <math>\text{R}_\text{Entrée}</math> sur l'additionneur. L'additionneur le plus à droite est bien un additionneur complet, et non un demi-additionneur, ce qui fait qui l'additionneur a une entrée de retenue. Tous les additionneurs ont une entrée de retenue de ce type. Elle est très utile pour l'implémentation de certaines opérations comme l'inversion de signe, la soustraction, l'incrémentation, etc. Certains processeurs sont capables de faire une opération appelée ADC, ADDC ou autre nom signifiant ''Addition with Carry'', qui permet de faire le calcul A + B + Retenue (la retenue en question est la retenue sortante de l'addition précédente, stockée dans le registre ''carry flag''). Son utilité principale est de permettre des additions d'entiers plus grands que ceux supportés par le processeur. Par exemple, cela permet de faire des additions d'entiers 32 bits sur un processeur 16 bits. [[File:Adder Network 3 Bit Sum Delay 003.svg|vignette|upright=0.5|Propagation de retenue dans l'additionneur.]] L'avantage de cet additionneur est qu'il utilise très peu de portes logiques et est assez économe en transistors, ce qui fait qu'il était utilisé sur certains processeurs 8 et 16 bits assez anciens. Bien que très simple, cet additionneur est cependant peu performant. Le temps de calcul est proportionnel à la taille des opérandes. Par exemple, additionner deux nombres de 32 bits prendra deux fois plus de temps que l'addition de deux nombres de 16 bits. La raison est que le calcul des retenues s'effectue en série, l'une après l'autre. En effet, chaque additionneur doit attendre que la retenue de l'addition précédente soit disponible pour donner son résultat. Les retenues doivent se propager à travers le circuit, du premier additionneur jusqu'au dernier. L'addition étant une opération fréquente, il vaut mieux utiliser d'autres méthodes d'addition, plus rapides. Pour cela, les autres additionneurs utilisent diverses optimisations : calculer les retenues en parallèle, éliminer certaines opérations inutiles quand c'est possible, accélérer le calcul de la retenue avec des techniques d'anticipation de retenue, etc. Mais ces optimisations demandent d'utiliser plus de circuits, quitte à gagner quelque peu en rapidité. La plupart des processeurs 8 et 16 bits utilisaient une optimisation appelée la ''Manchester carry chain'', qu'on ne peut pas encore expliquer à ce stade du cours. Mais pour simplifier, c'était des additionneurs à propagation de retenue assez classique, si ce n'est que les additionneurs complets étaient optimisés de manière à calculer la retenue beaucoup plus vite. De nombreux processeurs très connus, comme le 8086 d'Intel ou le Z80, utilisaient des additionneurs de ce type. Les processeurs 32 bits, et quelques processeurs 8/16 bits évolués, utilisaient d'autres solutions, qui donnent respectivement les additionneurs à saut de retenue, à sélection de retenue, et à anticipation de retenue. Nous allons les voir dans les sections suivantes. ===Les accélérations de la propagation de retenue=== [[File:Full-adder-4bits-serial-CEI.svg|vignette|upright=0.5|Additionneur 4 bits, un bloc.]] Dans cette section, nous allons voir quelques additionneurs qui visent à accélérer la propagation de la retenue, mais en gardant la base de l'additionneur de propagation de retenue. Avant de poursuivre, partons du principe que l'additionneur est conçu en assemblant des additionneurs à plus simples, qui additionnent environ 4 à 5 bits, parfois plus, parfois moins. Ces additionneurs simples seront nommés ''blocs'' dans ce qui suit, et l'un d'entre eux est illustré ci-contre. Chaque bloc prend en entrée un morceau des deux opérandes à additionner, mais aussi une retenue d'entrée. Il fournit en sortie un résultat codé sur 4/5 bits, mais aussi une retenue sortante. Dans un bloc, la retenue sortante est plus ou moins calculée à part du résultat. L'enjeu est de calculer la retenue sortante d'un bloc rapidement, plus rapidement qu'un additionneur à propagation de retenue. Le calcul du résultat n'a pas besoin d'être accéléré, on garde des additionneurs à propagation de retenue. En enchaînant plusieurs blocs les uns à la suite des autres, la retenue sortante d'un bloc est connectée sur l'entrée de retenue du bloc suivant, la retenue est propagée d'un bloc au suivant. Les blocs sont tous identiques dans le cas le plus simple, mais il est possible d'utiliser des blocs de taille variable. Par exemple, le premier bloc peut avoir des opérandes de 6 bits, le second des opérandes de 7 bits, etc. Faire ainsi permet de gagner un petit peu en performances, si la taille de chaque bloc est bien choisie. La raison est une question de temps de propagation des retenues. La retenue met plus de temps à se propager à travers 8 blocs qu'à travers 4, ce qui prend plus de temps qu'à travers 2 blocs, etc. En tenir compte fait que la taille des blocs tend à augmenter ou diminuer quand on se rapproche des bits de poids fort. ====Le calcul parallèle de la retenue==== [[File:4008 Functional Diagram.svg|vignette|upright=1|4008 Functional Diagram]] L'optimisation la plus évidente est de calculer la retenue sortante en parallèle de l'addition. Chaque bloc contient, à côté d'un additionneur proprement dit, un circuit qui calcule la retenue sortante. Il existe de nombreuses manières de calculer la retenue sortante. La plus simple consiste à établir la table de vérité de l'entrée de retenue et d'utiliser les techniques du chapitre sur les circuits combinatoires. Cela marche si les blocs sont de petite taille, mais elle devient difficile si le bloc a des opérandes de 2/3 bits ou plus. Mais des techniques alternatives existent. Un exemple est celui de l'additionneur CMOS 4008, un additionneur de 4 bit. Il est intéressant de voir comment fonctionne ce circuit. Aussi, voici son implémentation. Le circuit est décomposé en trois sections. Une première couche de demi-additionneurs, le circuit de calcul de la retenue sortante, le reste du circuit qui calcule l'addition en propageant les retenues. Le circuit de calcul de la retenue sortante prend les résultats des demi-additionneurs, et les utilise pour calculer la retenue sortante. C'est là une constante de tous les circuits qui vont suivre. [[File:CMOS 4008, circuit découpé en sections.png|centre|vignette|upright=1.5|CMOS 4008, circuit découpé en sections]] Le point important à comprendre est que les demi-additionneurs génèrent les signaux P et G, qui disent si l'additionneur propage ou génère une retenue. Ces signaux sont alors combinés pour déterminer la retenue sortante. La méthode de combinaison des signaux P et G dépend fortement de l'additionneur utilisé. La méthode utilisée sur le 4008 utilise à la fois les signaux P et G, ce qui fait que c'est un hybride entre un additionneur à propagation de retenue, et un additionneur à anticipation de retenue qui sera vu dans la suite du chapitre. Mais il existe des techniques alternatives pour calculer la retenue sortante. ====L'additionneur à saut de retenue==== L''''additionneur à saut de retenue''' (''carry-skip adder'') est un additionneur dont le temps de calcul est variable. Le calcul prendra quelques cycles d'horloges avec certains opérandes, tandis qu'il sera aussi long qu'avec un additionneur à propagation de retenue avec d'autres. Il n'améliore pas le pire des cas, dans lequel la retenue doit être propagée du début à la fin, du bit de poids faible au bit de poids fort. Mais dans les autres cas, le circuit détecte quand le résultat de l'addition est disponible, quand la retenue a fini de se propager. Il permet d'avoir le résultat en avance, plutôt que d'attendre suffisamment pour couvrir le pire des cas. L'additionneur à saut de retenue est lui aussi composé de blocs qui additionnent 4/5 bits. Il peut, sous certaines conditions, sauter complètement la propagation de la retenue dans le bloc. L'idée est de calculer si un bloc génère une retenue sortante, ou si la retenue entrante est simplement propagée. Dans le second cas, le bloc ne fait que recopier la retenue entrante sur la sortie de retenue. La propagation de retenue entre blocs est alors skippée (mais elle a quand même lieu). Si une retenue est générée dans le bloc, on envoie cette retenue sur la retenue sortante. Le choix entre les deux est le fait d'un multiplexeur. [[File:Carry skip adder, principe de base.png|centre|vignette|upright=2.5|Carry skip adder : principe de base]] Toute la difficulté est de savoir comment commander le multiplexeur. Pour cela, on doit savoir si le circuit propage une retenue ou non. Le bloc propage une retenue si chaque additionneur complet propage la retenue. Les additionneurs complets doivent donc fournir le résultat, mais aussi indiquer s'ils propagent la retenue d'entrée ou non. Le signal de commande du multiplexeur est généré assez simplement : il vaut 1 si tous les additionneurs complets du bloc propagent la retenue précédente. C'est donc un vulgaire ET entre tous ces signaux. [[File:Additionneur à saut de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Calcul de la commande du MUX.]] L'additionneur à saut de retenue est construit en assemblant plusieurs blocs de ce type. [[File:BCSAdder16Bit.svg|centre|vignette|upright=3|Additionneur à saut de retenue.]] ====L'additionneur à sélection de retenue==== L''''additionneur à sélection de retenue''' utilise aussi des blocs, comme les additionneurs précédents. L'addition se fait en deux versions : une avec la retenue du bloc précédent valant zéro, et une autre version avec la retenue du bloc précédent valant 1. Il suffira alors de choisir le bon résultat avec un multiplexeur, une fois cette retenue connue. On gagne ainsi du temps en calculant à l'avance les valeurs de certains bits du résultat, sans connaître la valeur de la retenue. Petit détail : sur certains additionneurs à sélection de retenue, les blocs de base n'ont pas la même taille. Cela permet de tenir compte des temps de propagation des retenues entre les blocs. [[File:Additionneur à sélection de retenue.png|centre|vignette|upright=1|Additionneur à sélection de retenue avec seulement deux blocs.]] Dans les exemples du dessus, chaque sous-additionneur étaient des additionneurs à propagation de retenue. Mais ce n'est pas une obligation, et tout autre type d’additionneur peut être utilisé. Par exemple, on peut faire en sorte que les sous-additionneurs soient eux-mêmes des additionneurs à sélection de retenue, et poursuivre ainsi de suite, récursivement. On obtient alors un '''additionneur à somme conditionnelle''', plus rapide que l'additionneur à sélection de retenue, mais qui utilise beaucoup plus de portes logiques. ===Les additionneurs à anticipation de retenue=== Les '''additionneurs à anticipation de retenue''' accélèrent le calcul des retenues en les calculant sans les propager. Au lieu de calculer les retenues une par une, ils calculent toutes les retenues en parallèle, à partir des bits des opérandes à additionner. Une fois les retenues pré-calculées, il suffit de les additionner avec les deux bits adéquats, pour obtenir le résultat. [[File:Cla4bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Ces additionneurs sont composés de deux parties : * un circuit qui pré-calcule la valeur de la retenue d'un étage ; * et d'un circuit qui additionne les deux bits et la retenue pré-calculée : il s'agit d'une couche d'additionneurs complets simplifiés, qui ne fournissent pas de retenue. [[File:Additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à anticipation de retenue.]] Le circuit qui détermine la valeur de la retenue est lui-même composé de deux grandes parties, qui ont chacune leur utilité. La première partie réutilise des additionneurs qui donnent les signaux de propagation et génération de retenue. L'additionneur commence donc à prendre forme, et est composé de trois parties : * un circuit qui crée les signaux P et G ; * un circuit qui déduit la retenue à partir des signaux P et G adéquats ; * et une couche d'additionneurs qui additionnent chacun deux bits et une retenue. [[File:Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.png|centre|vignette|upright=2|Circuit complet d'un additionneur à anticipation de retenue.]] Il ne nous reste plus qu'à voir comment fabriquer le circuit qui reste. Pour cela, il faut remarquer que la retenue est égale : * à 1 si l'addition des deux bits génère une retenue ; * à 1 si l'addition des deux bits propage une retenue ; * à zéro sinon. Ainsi, l'addition des bits de rangs i va produire une retenue Ci, qui est égale à Gi+(Pi·Ci−1). Si on utilisait cette formule sans trop réfléchir, on retomberait sur un additionneur à propagation de retenue inutilement compliqué. L'astuce des additionneurs à anticipation de retenue consiste à remplacer le terme Ci−1 par sa valeur calculée avant. Par exemple, je prends un additionneur 4 bits. Je dispose de deux nombres A et B, contenant chacun 4 bits : A3, A2, A1, et A0 pour le nombre A, et B3, B2, B1, et B0 pour le nombre B. Si j'effectue les remplacements, j'obtiens les formules suivantes : * C1 = G0 + ( P0 · C0 ) ; * C2 = G1 + ( P1 · G0 ) + ( P1 · P0 · C0 ) ; * C3 = G2 + ( P2 · G1 ) + ( P2 · P1 · G0 ) + ( P2 · P1 · P0 · C0 ) ; * C4 = G3 + ( P3 · G2 ) + ( P3 · P2 · G1 ) + ( P3 · P2 · P1 · G0 ) + ( P3 · P2 · P1 · P0 · C0 ). Ces formules nous permettent de déduire la valeur d'une retenue directement : il reste alors à créer un circuit qui implémente ces formules, et le tour est joué. On peut même simplifier le tout en fusionnant les deux couches d'additionneurs. [[File:4-bit carry lookahead adder.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 4 bits.]] Ces additionneurs sont plus rapides que les additionneurs à propagation de retenue. Ceci dit, utiliser un additionneur à anticipation de retenue sur des nombres très grands (16/32bits) utiliserait trop de portes logiques. Pour éviter tout problème, nos additionneurs à anticipation de retenue sont souvent découpés en blocs, avec soit une anticipation de retenue entre les blocs et une propagation de retenue dans les blocs, soit l'inverse. [[File:64-bit lookahead carry unit.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur à anticipation de retenue de 64 bits.]] ===L'additionneur à calcul parallèle de préfixes=== Les '''additionneurs à calcul parallèle de préfixes''' sont des additionneurs à anticipation de retenue améliorés pour gagner en performances. Les additionneurs à anticipation de retenue générent des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, sous-entedu 1 bit par opérande. L'optimisation apportée est de générer des signaux ''propagate'' et ''generate'' pour un bit, mais aussi pour des groupes de 2, 3, 4, ..., N bits. Par exemple, il est possible de générer un signal ''P 0 vers 7'', qui précise si la retenue de la seconde colonne est propagée jusqu'à la 7ème colonne ou non. Un autre exemple est un signal de génération qui indique si les colonnes 4 à 7 génèrent une retenue ou non. En clair, les signaux P et G ont maintenant un intervalle, qui précise de quelle colonne vers quelle colonne se fait la propagation, ou entre quelles colonnes se fait la génération. De plus, les signaux pour un intervalle peuvent se calculer en combinant les signaux pour des intervalles plus restreints. Par exemple, pour calculer P pour les colonnes 0 à 10 peuvent se calculer à partir des deux signaux P des colonnes 0-4 et 5-10. Néanmoins, il y a plusieurs manières pour subdiviser les intervalles en intervalles plus petits et combiner le tout. Et elles donnent chacune des additionneurs différent, comme l'additionneur de Ladner-Fisher, l'additionneur de Brent-Kung, l'additionneur de Kogge-Stone, ou tout design hybride. Ils ont des caractéristiques différentes. L'additionneur de Brent-Kung est le plus lent de tous les additionneurs cités, mais c'est celui qui utilise le moins de portes logiques. Les autres ont des performances un peu plus variables, mais utilisent plus de portes logiques. {| |[[File:Additionneur de Kogge-Stone.jpg|vignette|Additionneur de Kogge-Stone.]] |[[File:Additionneur de Ladner-Fisher.jpg|vignette|Additionneur de Ladner-Fisher.]] |} [[File:4bitKoggeStone.svg|vignette|upright=1.5|Additionneur de Kogge-Stone pour 4 bits.]] L'additionneur Kogge-Stone est illustré ci-contre. Il est composé de plusieurs couches de portes logiques. La toute première calcule les signaux P et G pour chaque colonne, comme le ferait un additionneur à anticipation de retenue. Il s'agit de la couche en rouge dans le schéma ci-dessous. Les circuits en jaune combinent ces signaux de manière à calculer les signaux P et G pour plusieurs colonnes. En vert, les circuits calculent la retenue finale. Voici le circuit pour 8 bits : [[File:Kogge-stone-8-bit.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur de Kogge-Stone pour 8 bits.]] ==L'addition signée et la soustraction== Après avoir vu l'addition, il est logique de passer à la soustraction, les deux opérations étant très proches. Si on sait câbler une addition entre entiers positifs, câbler une soustraction n'est pas très compliqué. De plus, la soustraction permet de faire des additions de nombres signés. ===Le soustracteur pour opérandes entiers=== Pour soustraire deux nombres entiers, on peut adapter l'algorithme de soustraction utilisé en décimal, celui que vous avez appris à l'école. Celui-ci ressemble fortement à l'algorithme d'addition : on soustrait les bits de même poids, et on propage éventuellement une retenue sur la colonne suivante. À la différence de l'addition, la retenue est soustraite, et non ajoutée. La table de soustraction nous dit quel est le résultat de la soustraction de deux bits. La voici : * 0 - 0 = 0 ; * 0 - 1 = 1 et une retenue ; * 1 - 0 = 1 ; * 1 - 1 = 0. [[File:Algebra1 05 fig014.svg|centre|vignette|Soustraction en binaire, avec les retenues en rouge.]] La table de soustraction peut servir de table de vérité pour construire un circuit qui soustrait deux bits. Celui-ci est appelé un '''demi-soustracteur'''. Il ressemble beaucoup à un demi-additionneur, les différences se résumant à une porte NON ajoutée pour le calcul de la retenue. [[File:Half Subtractor Vektor.svg|centre|vignette|Demi-soustracteur.]] Comme pour l'additionneur, deux demi-soustracteurs peuvent être combinés pour donner un '''soustracteur complet'''. Le calcul de la retenue se fait en combinant les deux retenues des demi-soustracteurs avec une porte OU. Les soustracteurs complets sont utilisés pour créer des soustracteurs à propagation de retenue ou tout autre circuit soustracteur, sur le même modèle que les additionneurs. [[File:FullSubtractor.svg|centre|vignette|upright=2|Soustracteur complet.]] Vous l'aurez sans doute remarqué, mais le demi-soustracteur ressemble beaucoup au demi-additionneur. La seule différence est une porte NON ajoutée au bon endroit dans le demi-soustracteur. {| |[[File:Half-adder.svg|vignette|Demi-additionneur]] |[[File:Half Subtractor Vektor.svg|vignette|upright=1.3|Demi-soustracteur]] |} La conséquence est qu'il est possible de créer un circuit capable de faire à la fois des additions et des soustractions. L'idée est de remplacer la porte NON du demi-soustracteur par un inverseur commandable. Si on envoie un zéro sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte OUI. Le circuit sera alors identique à un demi-additionneur. Si on envoie un 1 sur l'entrée de commande, l'inverseur commandable se comportera comme une porte NON. le circuit sera alors un demi-soustracteur. Il faut faire cela pour chaque demi-soustracteur, ce qui donne ceci pour un soustracteur complet. le résultat est alors appelé un '''additionneur-soustracteur complet'''. [[File:Additionneur-soustracteur complet.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur complet]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en complément à deux=== Étudions le cas de la soustraction en complément à deux, dans l'objectif de créer un circuit soustracteur. Vous savez sûrement que a−b et a+(−b) sont deux expressions équivalentes. Et en complément à deux, − b = not(b) + 1. Dit autrement, a − b = a + not(b) + 1. On pourrait se dire qu'il faut deux additionneurs pour faire le calcul, mais la majorité des additionneurs possède une entrée de retenue pour incrémenter le résultat de l'addition. Un soustracteur en complément à deux est donc simplement composé d'un additionneur et d'un inverseur. [[File:Additionneur soustracteur.png|centre|vignette|upright=2|Soustracteur en complément à deux.]] Il est possible de créer un circuit capable d'effectuer soit une addition, soit une soustraction : il suffit de remplacer l'inverseur par un inverseur commandable, qui peut être désactivé. On a vu comment créer un tel inverseur commandable dans le chapitre sur les circuits combinatoires. On peut remarquer que l'entrée de retenue et l'entrée de commande de l'inverseur sont activées en même temps : on peut fusionner les deux signaux en un seul. [[File:Additionneur-soustracteur en complément à deux.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux.]] Une implémentation alternative est la suivante. Elle remplace l'inverseur commandable par un multiplexeur. [[File:4-bit ripple carry adder-subtracter.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur-soustracteur en complément à deux, version alternative.]] ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en signe-magnitude=== Passons maintenant aux nombres codés en signe-valeur absolue, les deux opérandes étant notées A et B. Suivant les signes des deux opérandes, on a quatre cas possibles : A + B, A − B (B négatif), −A + B (A négatif) et −A − B (A et B négatifs). Une astuce est que le circuit n'a besoin que de calculer A + B et A − B : il peut les inverser pour obtenir − A − B ou B − A. A + B et A − B peuvent se calculer avec un additionneur-soustracteur, reste à corriger le résultat. Il suffit de lui ajouter un inverseur commandable pour obtenir le circuit d'addition finale. [[File:Additionneur en signe-valeur absolue.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur en signe-valeur absolue.]] Toute la difficulté tient dans le calcul du bit de signe du résultat, quand interviennent des soustractions. Autant l'addition de deux nombres de même signe (A + B et −A − B) ne pose aucun problème, autant les soustractions posent problème (A − B et −A + B). Suivant que <math>A<B</math> ou que <math>A>B</math>, le signe du résultat ne sera pas le même. Déterminer le signe du résultat se fait en regardant les bits de débordement d'entier, comme on le verra plus bas. ===L'additionneur-soustracteur pour opérandes codées en représentation par excès=== Passons maintenant aux nombres codés en représentation par excès. On pourrait croire que ces nombres s'additionnent comme des nombres non-signés, mais ce serait oublier la présence du biais, qui pose problème. Dans les cas de nombres signés gérés avec un biais, voyons ce que donne l'addition de deux nombres : : <math>( n_1 + biais ) + ( n_2 + biais ) = n_1 + n_2 + 2 \times biais</math> Or, le résultat correct serait : : <math>n_1 + n_2 + biais</math> En effectuant l'addition telle quelle, le biais est compté deux fois. On doit donc le soustraire après l'addition pour obtenir le résultat correct. Même chose pour la soustraction qui donne ceci : : <math>(n_1 + biais) - (n_2 + biais) = n_1 - n_2</math> Or, le résultat correct serait : : <math> ( n_1 - n_2 ) + biais </math> Il faut rajouter le biais pour obtenir l'exposant correct. On a donc besoin de deux additionneurs/soustracteurs : un pour additionner/soustraire les représentations binaires des opérandes, et un autre pour ajouter/retirer le biais en trop/manquant. ==L'additionneur BCD== Maintenant, voyons un additionneur qui additionne deux entiers au format BCD. Pour cela, nous allons devoir passer par deux étapes. La première est de créer un circuit capable d'additionneur deux chiffres BCD. Ensuite, nous allons voir comment enchaîner ces circuits pour créer un additionneur BCD complet. ===L'additionneur BCD qui fait l'opération chiffre par chiffre=== Nous allons commencer par voir un additionneur qui additionne deux chiffres en BCD, une sorte d'équivalent BCD de l'additionneur complet. Il fournit un résultat sur 4 bits et une retenue qui est mise à 1 si le résultat dépasse 10 (la limite d'un chiffre BCD). Les deux opérandes sont des chiffres BCD codés sur 4 bits et sont additionnés en binaire par un additionneur des plus normaux, similaire à ceux vus plus haut. Le résultat est alors un entier codé en binaire, sur 5 bits, qu'on corrige/convertit pour obtenir un chiffre BCD et une retenue sortante. Pour corriger le résultat, une idée intuitive serait de prendre le résultat et de faire une division par 10. Le quotient donne la retenue, alors que le reste est le résultat, le chiffre BCD. Mais un circuit diviseur par 10 utilise beaucoup de portes logiques, ce qui ne vaut pas le coup. Une autre méthode détecte si le résultat est égal ou supérieur à 10, ce qui correspond à un "débordement" (on dépasse les limites d'un chiffre BCD). Si le résultat est plus petit que 10, il n'y a rien à faire : le résultat est bon et la retenue est de zéro. Par contre, si le résultat vaut 10 ou plus, il faut corriger le résultat et générer une retenue à 1. Il faut donc ajouter un circuit qui détecte si le résultat est supérieur à 9, qui calcule directement la retenue. Ce circuit peut se fabriquer simplement à partir de sa table de vérité, ou en utilisant les techniques que nous verrons dans un chapitre ultérieur sur les comparateurs. La solution la plus simple est clairement d'utiliser la table de vérité, ce qui est très simple, assez pour être laissé en exercice au lecteur. Pour comprendre comment corriger le résultat, établissons une table de vérité qui associe le résultat et le résultat corrigé. L'entrée vaut au minimum 10 et au maximum 9 + 9 = 18. On considère la sortie comme un tout, la retenue étant un 5ème bit, le bit de poids fort. {|class="wikitable" |- ! colspan="5" | Entrée ! ! rowspan="10" | ! Retenue ! Résultat corrigé (sans retenue) ! interprétation de la sortie en binaire (retenue inclue) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 0 | (10) | 1 || 0000 | (16) |- | 0 || 1 || 0 || 1 || 1 | (11) | 1 || 0001 | (17) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 0 | (12) | 1 || 0010 | (18) |- | 0 || 1 || 1 || 0 || 1 | (13) | 1 || 0011 | (19) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 0 | (14) | 1 || 0100 | (20) |- | 0 || 1 || 1 || 1 || 1 | (15) | 1 || 0101 | (21) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 0 | (16) | 1 || 0110 | (22) |- | 1 || 0 || 0 || 0 || 1 | (17) | 1 || 0111 | (23) |- | 1 || 0 || 0 || 1 || 0 | (18) | 1 || 1000 | (24) |} En analysant le tableau, on voit que pour corriger le résultat, il suffit d'ajouter 6. La raison est que le résultat déborde d'un nibble à 16 en binaire, mais à 10 en décimal : il suffit d'ajouter la différence entre les deux, à savoir 6, et le débordement binaire fait son travail. Donc, la correction après une addition est très simple : si le résultat dépasse 9, on ajoute 6. On peut maintenant implémenter l'additionneur BCD, en combinant le comparateur avec 10, le circuit de correction, et l'additionneur. La première solution calcule deux versions du résultat : la version corrigée, la version normale. Le choix entre les deux est réalisée par un multiplexeur, commandé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD]] L'autre solution utilise un circuit commandable qui soit additionne 6, soit ne fait rien. Le choix entre les deux est commandé par le bit calculé par le comparateur. [[File:Additionneur BCD, seconde version.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD, seconde version.]] Une version alternative du circuit précédent est la suivante. Il contient deux additionneurs : un pour additionner les deux chiffres BCD, un autre pour additionner 6 si besoin. Le résultat du comparateur est directement utilisé pour générer l'opérande du second additionneur : 0 ou 6. Le circuit est simple à concevoir, mais gaspille beaucoup de circuit. Idéalement, il vaudrait mieux utiliser un circuit combinatoire d'addition avec une constante. [[File:Adder 4 Bit BCD.svg|centre|vignette|upright=2|Additionneur BCD, circuit complet.]] Pour obtenir un additionneur BCD complet, il suffit d’enchaîner les additionneurs précédents, comme on le ferait avec les additionneurs complets dans un additionneur à propagation de retenue. Au final, l'additionneur BCD est beaucoup plus compliqué qu'un additionneur normal, car il rajoute un comparateur ">9", un petit additionneur pour ajouter 6 et éventuellement d'autres circuits. De plus, il est difficile d'appliquer les optimisations disponibles sur les additionneurs non-BCD. Notamment, les circuits d'anticipation de retenue sont totalement à refaire et le résultat est relativement compliqué. C'est ce qui explique pourquoi le BCD a progressivement été abandonné au profit du binaire simple. La soustraction en BCD se fait comme en binaire : le nombre à soustraire est remplacé par son complément, le circuit additionne le complément et l'autre opérande, le débordement d'entier fait que le résultat marche. Sauf qu'ici, le complément est un complément à 9. Il se calcule chiffre par chiffre : chaque chiffre est remplacé par (9 - le chiffre en question). ===L'additionneur BCD par ajustement décimal=== L'additionneur BCD précédent effectuait son travail chiffre BCD par chiffre BCD, mais il existe des additionneurs BCD qui font autrement. Sur les premiers processeurs x86, il n'y avait pas d'opération d'addition BCD proprement dit, seulement une addition binaire normale de 8, 16 ou 32 bits. Par contre, elle était secondée par une opération dite d''''ajustement décimal''' qui transformait un nombre binaire en nombre codé en BCD. L'opération d'ajustement décimal prenait un opérande de 8 bits codé en binaire et fournissait un résultat de la même taille, c'est à dire deux chiffres BCD. Effectuer une addition BCD demandait donc de faire deux opérations à la suite : une addition binaire simple, suivie par l'opération d'ajustement décimal. Cela permettait de gérer des nombres entiers en binaire usuel et des entiers BCD sans avoir deux instructions d'addition séparées pour les deux, sans compter que cela simplifiait aussi les circuits d'addition. L'ajustement décimal s'effectue en ajoutant une constante bien précise à l'opérande à convertir en BCD. L'idée est que la constante est découpée en morceaux de 4 bits, correspondant chacun à un chiffre BCD de l'opérande, chaque morceau contenant soit un 0, soit 6. Cela permet d'ajouter soit 0, soit 6, à chaque chiffre BCD, et donc de le corriger. La propagation des retenues d'un chiffre à l'autre est effectuée automatiquement par l'addition binaire de la constante. L'opération d'ajustement décimal calcule automatiquement la constante. Elle découpe l'opérande en ''nibbles'', vérifie si chaque ''nibble'' est supérieur ou égal à 10, puis détermine la valeur de chaque ''nibble'' de la constante finale. Par exemple, si je prends l'opérande 1001 1110, le ''nibble'' de poids faible déborde, alors que celui de poids fort non. La constante sera donc 0000 0110 : 0x06. Inversement, si le ''nibble'' de poids fort déborde et pas celui de poids faible, la constante sera alors 0x60. Et la constante est de 0x66 si les deux ''nibbles'' débordent, de 0x00 si aucun ne déborde. Le circuit d’ajustement décimal est donc composé de trois étapes : deux étapes pour calculer la constante, et un circuit d'addition pour additionner cette constante au nombre de départ. La première étape découpe l'opérande en morceaux de 4 bits, en chiffres BCD, et vérifie si chacun d'entre eux vaut 10 ou plus. La seconde étape prend les résultats de la première étape, et les combine pour calculer la constante. Enfin, on trouve l'addition finale, qui était réalisée par un circuit d'addition utilisé à la fois pour l'ajustement décimal et l'addition binaire. La différence entre une addition normale et une opération d'ajustement décimal tient dans le fait que les deux premières étapes sont désactivées dans une addition normale. [[File:Additionneur BCD parallèle.png|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur BCD parallèle]] ===L'additionneur biquinaire=== Les entiers BCD ne sont qu'un des encodages hybrides entre décimal et binaire. L'encodage biquinaire est l'un d'entre eux et nous allons faire un rappel rapide à ce sujet. Pour simplifier, un chiffre encodé en biquinaire est composé de deux parties : un bit, couplé à une partie quinaire encodée en représentation ''one-hot''. La partie quinaire encode un nombre allant de 0 à 4, ce qui prend 5 bits (0, 1, 2, 3 et 4). Le bit indique s'il faut ou non ajouter 5 à la valeur encodée par la partie quinaire. Ainsi, on peut coder tous les nombres de 0 à 9. Additionner deux nombres de biquinaire demande donc d'additionner deux parties quinaires encodées en ''one-hot'' et d'additionner deux bits. Mais attention : il faut tenir compte de la retenue de l'addition des parties quinaires. Et idéalement, il faut aussi tenir compte d'une retenue entrante, provenant de l'addition de la colonne de chiffres précédente. Toute la difficulté vient de la création de l'additionneur ''one-hot''. Heureusement, vu qu'il n'y a que 4-5 bits à additionner, il est souvent fabriqué à partir de sa table de vérité. [[File:Additionneur bi-quinaire.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur bi-quinaire]] Un avantage du biquinaire est que le calcul du complément à 9 est très simple. Il faut pour cela : inverser la partie binaire avec une porte NON, puis inverser l'ordre des bits de la partie quinaire. Concrètement, le bit de poids faible devient le bit de poids fort, et ainsi de suite. Par exemple, une partie quinaire 01000 devient 00010, 10000 devient 00001, 00100 ne change pas, etc. Le tout peut se calculer avec une porte NON et 5 multiplexeurs. ===L'additionneur BCD avec calculs intermédiaires en biquinaire=== L'ordinateur IBM 1401, un ancien ''mainframe'' des années 60, utilisait un additionneur BCD un peu particulier. Les nombres étaient encodés en BCD dans la mémoire de l'ordinateur, mais les circuits de calcul utilisaient la représentation biquinaire. Lors d'un calcul, le processeur de l'ordinateur traduisait les chiffres BCD en représentation biquinaire, faisait une addition en biquinaire, avant de traduire le résultat en BCD normal. Pour être précis, l'IBM 1401 utilisait une variante du biquinaire. L'encodage biquinaire de l'IBM 1401 est le suivant : la partie binaire disait si le chiffre était pair ou non, la partie quinaire encodait les valeurs 0, 2, 4, 6 et 8. Le chiffre se calculait en additionnant la partie binaire (0 ou 1) au nombre pair encodé par la partie quinaire. Si l'IBM 1401 utilisait cette variante du biquinaire, c'est car elle donnait des circuits de conversion BCD-biquinaire plus économes en portes logiques et plus rapides. La partie binaire est le bit de poids faible du chiffre BCD, la partie biquinaire est calculée par un simple décodeur qui prend en entrée le chiffre BCD, amputé de son bit de poids faible. La traduction inverse demande d'utiliser un encodeur, à la place du décodeur. Par contre, le circuit d'addition biquinaire était plus compliqué du fait de la gestion des retenues. L'addition des parties binaires et quinaires se faisait en parallèle, dans deux additionneurs séparés. Cependant, l'addition des parties binaire fournit une retenue, qu'il faut prendre en compte. Pour cela, l'IBM 1401 disposait d'un troisième additionneur qui fournissait le résultat final, encodé en biquinaire. [[File:Additionneur bi-quinaire de l'IBM 1401.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur biquinaire de l'IBM 1401]] Une implémentation moderne demanderait d'utiliser des portes ET combinées à des portes OU, le circuit pouvant être construit simplement à partir de sa table de vérité. Sur l'IBM 1401, le circuit était cependant différent, en raison de l'utilisation de OU câblés, des croisements de fils qui fonctionnent comme des portes OU, que nous n'avons pas encore vu pour le moment, mais qui seront détaillés dans quelques chapitres. Les OU câblés étaient utilisés pour simplifier le design du circuit, mais demandaient des portes logiques spécifiques, ce qui collait avec le fait que ce ''mainframe'' utilisait des transistors en Germanium. L'implémentation exacte est décrite dans cet article de blog, mais je ne recommande sa lecture qu'à ceux qui savent ce qu'est un OU câblé : * [https://www.righto.com/2015/10/qui-binary-arithmetic-how-1960s-ibm.html Qui-binary arithmetic: how a 1960s IBM mainframe does math]. ==Les débordements d'entier lors d'une addition/soustraction== Les instructions arithmétiques manipulent des entiers codés sur un nombre fixe de bits, qui ne peuvent prendre leurs valeurs que dans un intervalle. Pour les nombres positifs, un ordinateur qui code ses entiers sur n bits pourra coder tous les entiers allant de 0 à <math>2^n -1</math>. Pour les nombres négatifs, l'intervalle est différent et dépend de la représentation utilisée. Dans le cas général, l'ordinateur peut coder les valeurs comprises de <math>N_\text{min}</math> à <math>N_\text{max}</math>. Si le résultat d'un calcul sort de cet intervalle, il ne peut pas être représenté par l'ordinateur et il se produit ce qu'on appelle un '''débordement d'entier'''. La '''valeur haute de débordement''' désigne la première valeur qui est trop grande pour être représentée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 0 et 7, la valeur haute de débordement est égale à 8. On peut aussi définir la '''valeur basse de débordement''', qui est la première valeur trop petite pour être codée par l'ordinateur. Par exemple, pour un ordinateur qui peut coder tous les nombres entre 8 et 250, la valeur basse de débordement est égale à 7. Pour les nombres entiers, la valeur haute de débordement vaut <math>N_\text{max} + 1</math> , alors que la valeur basse vaut <math>N_\text{min} - 1</math> (avec <math>N_\text{max}</math> et <math>N_\text{min}</math> respectivement la plus grande et la plus petite valeur codable par l'ordinateur). ===La correction des débordements d'entier : l'arithmétique saturée=== Quand un débordement d'entier survient, tous les circuits de calcul ne procèdent pas de la même manière. Dans les grandes lignes, il y a deux réactions possibles : soit on corrige automatiquement le résultat du débordement, soit on ne fait rien et on se contente de détecter le débordement. Si le débordement n'est pas corrigé automatiquement, le circuit ne conserve que les bits de poids faibles du résultat. Les bits en trop sont simplement ignorés. On dit qu'on utilise l''''arithmétique modulaire'''. Le problème avec ce genre d'arithmétique, c'est qu'une opération entre deux grands nombres peut donner un résultat très petit. Par exemple, si je dispose de registres 4 bits et que je souhaite faire l'addition 1111 + 0010 (ce qui donne 15 + 2), le résultat est censé être 10001 (17), ce qui est un résultat plus grand que la taille d'un registre. En conservant les 4 bits de poids faible, j’obtiens 0001 (1). En clair, un résultat très grand est transformé en un résultat très petit. Cela peut poser problèmes si on travaille uniquement avec des nombres positifs, mais c'est aussi utilisé pour coder des nombres en complément à deux. D'autres circuits utilisent ce qu'on appelle l''''arithmétique saturée''' : si un calcul génère un débordement, on arrondi le résultat au plus grand entier supporté par le circuit. Les circuits capables de calculer en arithmétique saturée sont un peu plus complexes, vu qu'il faut rajouter des circuits pour corriger le résultat en cas de débordement. Il suffit généralement de rajouter un ''circuit de saturation'', qui prend en entrée le résultat et le corrige en cas de débordement. Ce circuit de saturation met la valeur maximale en sortie si un débordement survient, mais se contente de recopier le résultat du calcul sur sa sortie s'il n'y a pas de débordement. Typiquement, il est composé d'une couche de multiplexeurs, qui sélectionnent quelle valeur mettre sur la sortie : soit le résultat du calcul, soit le plus grand nombre entier géré par le processeur, soit le plus petit (pour les nombres négatifs/soustractions). L'arithmétique saturée est utilisée pour les additions et soustractions, mais c'est plus rare pour les multiplications/divisions. Une des raisons est que le résultat d'une addition/soustraction prend un bit de plus que le résultat, là où les multiplications doublent le nombre de bits. Quand une addition déborde, le résultat réel est proche de la valeur maximale codable. mais quand une multiplication déborde, le résultat peut parfois valoir 200 à 60000 fois plus que la valeur maximale codable. Les calculs avec une valeur saturée/corrigée sont donc crédibles pour une suite d'additions, mais pas pour une suite de multiplications. ===La détection des débordements entiers=== Quand un débordement d'entier a eu lieu, il vaut mieux que l'additionneur prévienne ! Pour cela, l'additionneur a une '''sortie de débordement''', parfois nommée ''Overflow'', dont la valeur indique si l'addition a généré un débordement d'entier ou non. Reste que détecter un débordement ne se fait pas de la même manière selon que l'on parle d'un additionneur non-signé ou signé. Pour les additionneur non-signés, l'additionneur calcule un bit de plus que ce qui est supporté par l'ordinateur. Par exemple, un additionneur 32 bits fournit un résultat sur 33 bits, un débordement d'entier a lieu quand le 33ème bit est à 1. Précisément, la sortie de débordement n'est autre que la retenue finale, celle fournie par le dernier additionneur complet. Le seul type de débordement possible est un débordement par le haut, où le résultat dépasse la valeur maximale. Avec l'arithmétique saturée, le circuit de saturation consiste en une seule couche de multiplexeurs, voire en un circuit de mise à la valeur maximale tel que vu dans le chapitre sur les opérations bits à bits. [[File:Gestion des débordements d'entiers.png|centre|vignette|upright=2.5|Gestion des débordements d'entiers lors d'une addition non-signée.]] Pour les additionneurs non-signés, la gestion des débordements d'entiers dépend fortement de la représentation signée. Nous allons étudier le cas du complément à deux. Si vous vous rappelez le chapitre 1, les calculs sur des nombres en complètement à deux utilisent les règles de l'arithmétique modulaire, c'est une condition nécessaire. À priori, on peut penser que dans ces conditions, les débordements d'entiers sont une chose parfaitement normale, qui nous permet d'avoir des résultats corrects. Néanmoins, certains débordements d'entiers peuvent survenir malgré tout et produire des bugs assez ennuyeux. Si l'on tient en compte les règles du complément à deux, on sait que le bit de poids fort (le plus à gauche) permet de déterminer si le nombre est positif ou négatif : il indique le signe du nombre. Tout se passe comme si les entiers en complément à deux étaient codés sur un bit de moins, et avaient leur longueur amputé du bit de poids fort. Si le résultat d'un calcul écrase le bit de poids fort, il y a un débordement d'entiers. Il existe une règle simple qui permet de détecter ces débordements d'entiers. L'addition de deux nombres positifs ne peut pas être un nombre négatif. Si on additionne deux nombres dont le bit de signe est à 0 et que le bit de signe du résultat est à 1, on est en face d'un débordement d'entiers. Même chose pour deux nombres négatifs : le résultat de l'addition ne peut pas être positif. On peut résumer cela en une phrase : si deux nombres de même signe sont ajoutés, un débordement a lieu quand le bit du signe du résultat a le signe opposé. Modifier les circuits d'au-dessus pour qu'ils détectent les débordements en complément à deux est simple comme bonjour : il suffit créer un petit circuit combinatoire qui prenne en entrée les bits de signe des opérandes et du résultat, et qui fasse le calcul de l'indicateur de débordements. Si l'on rédige sa table de vérité, on doit se retrouver avec la table suivante : {|class="wikitable" |- !Entrées !Sortie |- |000||0 |- |001||1 |- |010||0 |- |011||0 |- |100||0 |- |101||0 |- |110||1 |- |111||0 |} L'équation de ce circuit est la suivante, avec <math>S_a</math> et <math>S_b</math> les signes des deux opérandes, et <math>C_i</math> la retenue de la colonne précédente : : <math> ( S_a . S_b . \overline{C_i} ) + ( \overline{S_a} . \overline{S_b} . C_i )</math> En simplifiant, on obtient alors : : <math>( S_a . S_b ) \oplus C_i</math> Or, il se trouve que <math>S_a . S_b</math> est tout simplement la retenue en sortie du dernier additionneur, que nous noterons <math>C_o</math>. On trouve donc : : <math>C_o \oplus C_i</math> Il suffit donc de faire un XOR entre la dernière retenue et la précédente pour obtenir le bit de débordement. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de décalage et de rotation | prevText=Les circuits de décalage et de rotation | next=Les circuits de comparaison | nextText=Les circuits de comparaison }} </noinclude> st0rz3kthrso8sihz4l83ygaggny3gz Fonctionnement d'un ordinateur/Les transistors et portes logiques 0 71050 768203 765586 2026-06-20T15:12:26Z Mewtow 31375 /* L'additionneur Manchester Carry Chain */ 768203 wikitext text/x-wiki Dans le chapitre précédent, nous avons abordé les portes logiques. Dans ce chapitre, nous allons voir qu'elles sont fabriquées avec des composants électroniques que l'on appelle des '''transistors'''. Ces derniers sont reliés entre eux pour former des circuits plus ou moins compliqués. Pour donner un exemple, sachez que les derniers modèles de processeurs peuvent utiliser près d'un milliard de transistors. ==Les transistors MOS== [[File:Transistor basic flow.svg|vignette|Un transistor est un morceau de conducteur, dont la conductivité est contrôlée par sa troisième broche/borne.]] Les transistors possèdent trois '''broches''', des pattes métalliques sur lesquelles on connecte des fils électriques. On peut appliquer une tension électrique sur ces broches, qui peut représenter soit 0 soit 1. Sur ces trois broches, il y en a deux entre lesquelles circule un courant, et une troisième qui commande le courant. Le transistor s'utilise le plus souvent comme un interrupteur commandé par sa troisième broche. Le courant qui traverse les deux premières broches passe ou ne passe pas selon ce qu'on met sur la troisième. Il existe plusieurs types de transistors, mais les deux principaux sont les transistors bipolaires et les transistors MOS. De nos jours, les transistors utilisés dans les ordinateurs sont tous des '''transistors MOS'''. Les raisons à cela sont multiples, mais les plus importantes sont les suivantes. Premièrement, les transistors bipolaires sont plus difficiles à fabriquer et sont donc plus chers. Deuxièmement, ils consomment bien plus de courant que les transistors MOS. Et enfin, les transistors bipolaires sont plus gros, ce qui n'aide pas à miniaturiser les puces électroniques. Tout cela fait que les transistors bipolaires sont aujourd'hui tombés en désuétude et ne sont utilisés que dans une minorité de circuits. ===Les types de transistors MOS : PMOS et NMOS=== Sur un transistor MOS, chaque broche a un nom, nom qui est indiqué sur le schéma ci-dessous.On distingue ainsi le '''drain''', la '''source''' et la '''grille''' On l'utilise le plus souvent comme un interrupteur commandé par sa grille. Appliquez la tension adéquate et la liaison entre la source et le drain se comportera comme un interrupteur fermé. Mettez la grille à une autre valeur et cette liaison se comportera comme un interrupteur ouvert. Il existe deux types de transistors CMOS, qui diffèrent entre autres par le bit qu'il faut mettre sur la grille pour les ouvrir/fermer : * les transistors NMOS qui s'ouvrent lorsqu'on envoie un zéro sur la grille et se ferment si la grille est à un ; * et les PMOS qui se ferment lorsque la grille est à zéro, et s'ouvrent si la grille est à un. [[File:Td7bfig2.png|centre|vignette|upright=2|Illustration du fonctionnement des transistors NMOS et PMOS.]] Voici les symboles de chaque transistor. {| |[[File:Transistor CMOS.png|vignette|upright=0.5|Transistor CMOS]] |[[File:IGFET N-Ch Enh Labelled simplified.svg|vignette|upright=0.5|Transistor MOS à canal N (NMOS).]] |[[File:IGFET P-Ch Enh Labelled simplified.svg|vignette|upright=0.5|Transistor MOS à canal P (PMOS).]] |} ===L'anatomie d'un transistor MOS=== À l'intérieur du transistor, on trouve simplement une plaque en métal reliée à la grille appelée l'armature, un bout de semi-conducteur entre la source et le drain, et un morceau d'isolant entre les deux. Pour rappel, un semi-conducteur est un matériau qui se comporte soit comme un isolant, soit comme un conducteur, selon les conditions auxquelles on le soumet. Dans un transistor, son rôle est de laisser passer le courant, ou de ne pas le transmettre, quand il faut. C'est grâce à ce semi-conducteur que le transistor peut fonctionner en interrupteur : interrupteur fermé quand le semi-conducteur conduit, ouvert quand il bloque le courant. La commande de la résistance du semi-conducteur (le fait qu'il laisse passer ou non le courant) est réalisée par la grille, comme nous allons le voir ci-dessous. [[File:Transistor CMOS - 1.png|centre|vignette|upright=2|Transistor CMOS]] Suivant la tension que l'on place sur la grille, celle-ci va se remplir avec des charges négatives ou positives. Cela va entrainer une modification de la répartition des charges dans le semi-conducteur, ce qui modulera la résistance du conducteur. Prenons par exemple le cas d'un transistor NMOS et étudions ce qui se passe selon la tension placée sur la grille. Si on met un zéro, la grille sera vide de charges et le semi-conducteur se comportera comme un isolant : le courant ne passera pas. En clair, le transistor sera équivalent à un interrupteur ouvert. Si on met un 1 sur la grille, celle-ci va se remplir de charges. Le semi-conducteur va réagir et se mettre à conduire le courant. En clair, le transistor se comporte comme un interrupteur fermé. {| |[[File:Transistor CMOS - 3.png|vignette|upright=1.5|Transistor NMOS fermé.]] |[[File:Transistor CMOS - 4.png|vignette|upright=1.5|Transistor NMOS ouvert.]] |} ===La tension de seuil d'un transistor=== Le fonctionnement d'un transistor est légèrement plus complexe que ce qui a été dit auparavant. Mais pour rester assez simple, disons que son fonctionnement exact dépend de trois paramètres : la tension d'alimentation, le courant entre drain et source, et un nouveau paramètre appelé la tension de seuil. Appliquons une tension sur la grille d'un transistor NMOS. Si la tension de grille reste sous un certain seuil, le transistor se comporte comme un interrupteur fermé. Le seuil de tension est appelé, très simplement, la '''tension de seuil'''. Au-delà de la tension de seuil, le transistor se comporte comme un interrupteur ouvert, il laisse passer le courant. La valeur exacte du courant dépend de la tension entre drain et source, soit la tension d'alimentation. Elle aussi dépend de la différence entre tension de grille et de seuil, à savoir <math>U_G - U_\text{seuil}</math>. Le paragraphe qui va suivre est optionnel, mais détaille un peu plus le fonctionnement d'un transistor MOS. Tout ce qu'il faut comprendre est que la tension de seuil est une tension minimale pour ouvrir le transistor. Le plus important à retenir est que l'on ne peut pas baisser la tension d'alimentation sous la tension de seuil, ce qui est un léger problème en termes de consommation énergétique. Ce détail reviendra plus tard dans ce cours, quand nous parlerons de la consommation d'énergie des circuits électroniques. Dans les cas que nous allons voir dans ce cours, la tension d'alimentation est plus grande que <math>U_G - U_\text{seuil}</math>. Le courant est alors maximal, il est proportionnel à <math>U_G - U_\text{seuil}</math>. Le transistor ne fonctionne alors pas comme un amplificateur, le courant reste le même. Si la tension d'alimentation est plus petite que <math>U_G - U_\text{seuil}</math>, le transistor est en régime linéaire : le courant de sortie est proportionnel à <math>U_G - U_\text{seuil}</math>, ainsi qu'à la tension d'alimentation. Le transistor fonctionne alors comme un amplificateur de courant, dont l'intensité de l'amplification est commandée par la tension. [[File:MOSFET enhancement-mode n-channel en.svg|centre|vignette|upright=2.5|Relations entre tensions et courant d'un MOSFET à dopage N.]] ==La technologie CMOS== Les portes logiques que nous venons de voir sont actuellement fabriquées en utilisant des transistors. Il existe de nombreuses manières pour concevoir des circuits à base de transistors, qui portent les noms de DTL, RTL, TLL, CMOS et bien d'autres. Les techniques anciennes concevaient des portes logiques en utilisant des diodes, des transistors bipolaires et des résistances. Mais elles sont aujourd'hui tombées en désuétudes dans les circuits de haute performance. De nos jours, on n'utilise que des logiques MOS (''Metal Oxyde Silicium''), qui utilisent des transistors MOS vus plus haut dans ce chapitre, parfois couplés à des résistances. On distingue : * La '''logique NMOS''', qui utilise des transistors NMOS associés à des résistances. * La '''logique PMOS''', qui utilise des transistors PMOS associés à des résistances. * La '''logique CMOS''', qui utilise des transistors PMOS et NMOS, sans résistances. Dans cette section, nous allons montrer comment fabriquer des portes logiques en utilisant la '''technologie CMOS'''. Avec celle-ci, chaque porte logique est fabriquée à la fois avec des transistors NMOS et des transistors PMOS. On peut la voir comme un mélange entre la technologie PMOS et NMOS. Tout circuit CMOS est divisé en deux parties : une intégralement composée de transistors PMOS et une autre de transistors NMOS. Chacune relie la sortie du circuit soit à la masse, soit à la tension d'alimentation. [[File:Principe de la conception de circuit en technologie CMOS.png|centre|vignette|upright=2|Principe de conception d'une porte logique/d'un circuit en technologie CMOS.]] La première partie relie la tension d'alimentation à la sortie, mais uniquement quand la sortie doit être à 1. Si la sortie doit être à 1, des transistors PMOS vont se fermer et connecter tension et sortie. Dans le cas contraire, des transistors s'ouvrent et cela déconnecte la liaison entre sortie et tension d'alimentation. L'autre partie du circuit fonctionne de la même manière que la partie de PMOS, sauf qu'elle relie la sortie à la masse et qu'elle se ferme quand la sortie doit être mise à 0 [[File:Fonctionnement d'un circuit en logique CMOS.png|centre|vignette|upright=2|Fonctionnement d'un circuit en logique CMOS.]] Dans ce qui va suivre, nous allons étudier la porte NON, la porte NAND et la porte NOR. La porte de base de la technologie CMOS est la porte NON, les portes NAND et NOR ne sont que des versions altérées de la porte NON qui ajoutent des entrées et quelques transistors. Les autres portes, comme la porte ET et la porte OU, sont construites à partir de ces portes. Nous parlerons aussi de la porte XOR, qui est un peu particulière. ===La porte NON=== Cette porte est fabriquée avec seulement deux transistors, comme indiqué ci-dessous. [[File:Porte NON fabriquée avec des transistors CMOS. 01.jpg|centre|vignette|upright=1|Porte NON fabriquée avec des transistors CMOS.]] Si on met un 1 en entrée de ce circuit, le transistor du haut va fonctionner comme un interrupteur ouvert, et celui du bas comme un interrupteur fermé : la sortie est reliée au zéro volt, et vaut donc 0. Inversement, si on met un 0 en entrée de ce petit montage électronique, le transistor du bas va fonctionner comme un interrupteur ouvert, et celui du haut comme un interrupteur fermé : la sortie est reliée à la tension d'alimentation, et vaut donc 1. [[File:Porte NON fabriquée avec des transistors CMOS - fonctionnement.png|centre|vignette|upright=2|Porte NON fabriquée avec des transistors CMOS - fonctionnement.]] ===Les portes NAND et NOR=== Passons maintenant aux portes logiques à plusieurs entrées. Pour celles-ci, on va devoir utiliser plus de transistors que pour la porte NON, ce qui demande de les organiser un minium. Une porte logique à deux entrées demande d'utiliser au moins deux transistors par entrée : un transistor PMOS et un NMOS par entrée. Rappelons qu'un transistor est associé à une entrée : l'entrée est directement envoyée sur la grille du transistor et commande son ouverture/fermeture. Pour les portes logiques à 3, 4, 5 entrées, la logiques est la même : au minimum deux transistors par entrée, un PMOS et un NMOS. Nous allons d'abord voir le cas d'une porte NOR/NAND en CMOS. Avec elles, les transistors sont organisées de deux manières, appelées '''transistors en série''' (l'un après l'autre, sur le même fil) et '''transistors en parallèle''' (sur des fils différents). Le tout est illustré ci-dessous. Avec des transistors en série, plusieurs transistors NMOS ou deux PMOS se suivent sur le même fil, mais on ne peut pas mélanger NMOS et PMOS sur le même fil. [[File:Transistors CMOS en série et en parallèle.png|centre|vignette|upright=2|Transistors CMOS en série et en parallèle]] ====Les portes NAND/NOR à deux entrées==== Voyons d'abord le cas des portes NAND/NOR à deux entrées. Elles utilisent deux transistors NMOS et deux PMOS. Avec des transistors en série, deux transistors NMOS ou deux PMOS se suivent sur le même fil, mais on ne peut pas mélanger NMOS et PMOS sur le même fil. Avec des transistors en parallèle, c'est l'exact inverse. L'idée est de relier la tension d'alimentation à la sortie à travers deux PMOS transistors distincts, chacun sur son propre fil, sa propre connexion indépendante des autres. Pour la masse (0 volt), il faut utiliser deux transistors NMOS pour la relier à la sortie, avec là encore chaque transistor NMOS ayant sa propre connexion indépendante des autres. En clair, chaque entrée commande un transistor qui peut à lui seul fermer le circuit. On rappelle deux choses : chaque transistor est associée à une entrée sur sa grille, un transistor se ferme si l'entrée vaut 0 pour des transistors PMOS et 1 pour des NMOS. Avec ces deux détails, on peut expliquer comment fonctionnent des transistors en série et en parallèle. Pour résumer, les transistors en série ferment la connexion quand toutes les entrées sont à 1 (NMOS) ou 0 (PMOS). Avec les transistors en parallèle, il faut qu'une seule entrée soit à 1 (NMOS) ou 0 (PMOS) pour que la connexion se fasse. Une porte NOR met sa sortie à 1 si toutes les entrées sont à 0, à 0 si une seule entrée vaut 1. Pour reformuler, il faut connecter la sortie à la tension d'alimentation si toutes les entrées sont à 0, ce qui demande d'utiliser des transistors PMOS en série. Pour gérer le cas d'une seule entrée à 1, il faut utiliser deux transistors en parallèle entre la masse et la sortie. Le circuit obtenu est donc celui obtenu dans le premier schéma. Le même raisonnement pour une porte NAND donne le second schéma. {| |[[File:Porte NOR fabriquée avec des transistors. 02.png|centre|vignette|upright=1|Porte NOR fabriquée avec des transistors.]] |[[File:Porte NAND fabriquée avec des transistors. 04.png|centre|vignette|upright=1|Porte NAND fabriquée avec des transistors.]] |} Leur fonctionnement s'explique assez bien si on regarde ce qu'il se passe en fonction des entrées. Suivant la valeur de chaque entrée, les transistors vont se fermer ou s'ouvrir, ce qui va connecter la sortie soit à la tension d'alimentation, soit à la masse. Voici ce que cela donne pour une porte NAND : [[File:Porte NAND fabriquée avec des transistors - Fonctionnement.png|centre|vignette|upright=2|Porte NAND fabriquée avec des transistors.]] Voici ce que cela donne pour une porte NOR : [[File:Porte NOR fabriquée avec des transistors - Fonctionnement.png|centre|vignette|upright=2|Porte NOR fabriquée avec des transistors.]] ====Les portes NAND/NOR/ET/OU à plusieurs entrées==== Les portes NOR/NAND à plusieurs entrées sont construites à partir de portes NAND/NOR à deux entrées auxquelles on rajoute des transistors. Il y a autant de transistors en série que d'entrée, pareil pour les transistors en parallèle. Leur fonctionnement est similaire à leurs cousines à deux entrées. Les portes ET et OU à plusieurs entrées sont construites à partie de NAND/NOR suivies d'une porte NON. {| |[[File:NAND plusieurs entrées.png|vignette|NAND plusieurs entrées]] |[[File:NOR plusieurs entrées.png|vignette|NOR plusieurs entrées]] |} En théorie, on pourrait créer des portes avec un nombre arbitraire d'entrées avec cette méthode. Cependant, au-delà d'un certain nombre de transistors en série/parallèle, les performances s'effondrent rapidement. Le circuit devient alors trop lent, sans compter que des problèmes purement électriques surviennent. En pratique, difficile de dépasser la dizaine d'entrées. Dans ce cas, les portes sont construites en assemblant plusieurs portes NAND/NOR ensemble. Et faire ainsi marche nettement mieux pour fabriquer des portes ET/OU que pour des portes NAND/NOR. ====Les portes ET/OU sont fabriquées à partir de NAND/NOR en CMOS==== En logique CMOS, les portes logiques ET et OU sont construites en prenant une porte NAND/NOR et en mettant une porte NON sur sa sortie. Il est théoriquement possible d'utiliser uniquement des transistors en série et en parallèle, mais cette solution utilise plus de transistors. {| |[[File:CMOS AND Layout.svg|vignette|Porte ET en CMOS]] |[[File:CMOS OR.svg|vignette|Porte OU en CMOS]] |} Pour ce qui est des portes ET/OU avec beaucoup d'entrées, il est fréquent qu'elles soit construites en combinant plusieurs portes ET/OU moins complexes. Par exemple, une porte ET à 32 entrées sera construite à partir de portes à seulement 4 ou 5 entrées. Il existe cependant une alternative qui se marie nettement mieux avec la logique CMOS. Rappelons qu'en logique CMOS, les portes NAND et NOR sont les portes à plusieurs entrées les plus simples à fabriquer. L'idée est alors de combiner des portes NAND/NOR pour créer une porte ET/OU. Voici la comparaison entre les deux solutions pour une porte ET : {| |[[File:12 input AND gate via cascade of AND gates.svg|vignette|ET plusieurs entrées]] |[[File:12-input AND gate from NAND and NOR.svg|vignette|ET plusieurs entrées]] |} Voici la comparaison entre les deux solutions pour une porte OU : {| |[[File:12-input OR gate via cascade of OR gates.svg|vignette|OU plusieurs entrées]] |[[File:12-input OR gate via NOR and NAND gates.svg|vignette|OU plusieurs entrées]] |} D'autres portes mélangent transistors en série et en parallèle d'une manière différente. Les portes ET-OU-NON et OU-ET-NON en sont un bon exemple. ===Une méthode générale=== Il existe une méthode générale pour créer des portes logiques à deux entrées. Avec elle, il faut repartir du montage avec deux transistors NMOS/PMOS en série. En théorie, il permet de relier la sortie à la tension d'alimentation/zéro volt si toutes les entrées sont à 0 (PMOS) ou 1 (NMOS). L'idée est de regarder ce qui se passe si on fait précéder l'entrée d'un transistor par une porte NON. Pour deux transistors, cela fait 4 possibilités, 8 au total si on fait la différence entre PMOS et NMOS. Voici les valeurs d'entrées qui ferment le montage à transistor en série, suivant l’endroit où on place la porte NON. [[File:Transistors CMOS en série.png|centre|vignette|upright=2|Transistors CMOS en série]] Mine de rien, avec ces 8 montages de base, on peut créer n'importe quelle porte logique à deux entrées. Il faut juste se souvenir que d'après les règles du CMOS, les deux transistors PMOS se placent entre la tension d'alimentation et la sortie, et servent à mettre la sortie à 1. Pour les deux transistors NMOS, ils sont reliés à la masse et mettent la sortie à 0. Pour mieux comprendre, prenons l'exemple d'une porte XOR. Appliquons la méthode que je viens d'expliquer avec une porte XOR. Le résultat est sous-optimal, mieux vaut fabriquer une porte XOR en combinant d'autres portes logiques, mais c'est pour l'exemple. L'idée est très simple : on prend la table de vérité de la porte logique, et on associe deux transistors en série pour chaque ligne. Regardons d'abord la table de vérité ligne par ligne : {|class="wikitable" |- !Entrée 1!!Entrée 2!!Sortie |- ||0||0||0 |- ||0||1||1 |- ||1||0||1 |- ||1||1||0 |} La première ligne a ses deux entrées à 0 et sort un 0. La sortie est à 0, ce qui signifie qu'il faut regarder sur la ligne des transistors NMOS, qui connectent la sortie à la masse. Le montage qui se ferme quand les deux entrées sont à 0 est celui tout en bas à droite du tableau précédent, à savoir deux transistors NMOS avec deux portes NON. Les deux lignes du milieu ont une entrée à 0 et une à 1, et leur sortie à 1. La sortie à 1 signifie qu'il faut regarder sur la ligne des transistors PMOS, qui connectent la tension d'alimentation à la sortie. Les deux montages avec deux entrées différentes sont les deux situés au milieu, avec deux transistors PMOS et une porte logique. La dernière ligne a ses deux entrées à 1 et sort un 0. La sortie est à 0, ce qui signifie qu'il faut regarder sur la ligne des transistors NMOS, qui connectent la sortie à la masse. Le montage qui se ferme quand les deux entrées sont à 1 est celui tout en bas à gauche du tableau précédent, à savoir deux transistors NMOS seuls. En combinant ces quatre montages, on trouve le circuit suivant. Notons qu'il n'y a que deux portes NON marquées en vert et bleu : on a juste besoin d'inverser la première entrée et la seconde, pas besoin de portes en plus. Les portes NOn sont en quelque sorte partagées entre les transistors PMOS et NMOS. [[File:Cmos xor.svg|centre|vignette|upright=1|class=transparent|Porte XOR en logique CMOS.]] Si les deux entrées sont à 1, alors les deux transistors en bas à gauche vont se fermer et connecter la sortie au 0 volt, les trois autres groupes ayant au moins un transistor ouvert. Si les deux entrées sont à 0, alors les deux transistors en bas à droite vont se fermer et connecter la sortie au 0 volt, les autres quadrants ayant au moins un transistor ouvert. Et pareil quand les deux bits sont différents : un des deux quadrants aura ses deux transistors fermés, alors que les autres auront au moins un transistor ouvert, ce qui connecte la sortie à la tension d'alimentation. On peut construire la porte NXOR sur la même logique. Et toutes les portes logiques peuvent se construire avec cette méthode. Le nombre de transistors est alors le même : on utilise 12 transistors au total : 4 paires de transistors en série, 4 transistors en plus pour les portes NON. Que ce soit pour la porte XOR ou NXOR, on économise beaucoup de transistors comparés à la solution naïve, qui consiste à utiliser plusieurs portes NON/ET/OU. Si on ne peut pas faire mieux dans le cas de la porte XOR/NXOR, sachez cependant que les autres portes construites avec cette méthode utilisent plus de transistors que nécessaire. De nombreuses simplifications sont possibles, comme on le verra plus bas. Dans les faits, la méthode n'est pas utilisée pour les portes XOR. À la place, les portes XOR sont construites à base d'autres portes logiques plus simples, comme des portes NAND/NOR/ET/OU. Le résultat est que l'on a un circuit à 10 transistors, contre 12 avec la méthode précédente. [[File:CMOS10TrXOR.svg|centre|vignette|Porte XOR en CMOS en 10 transistors.]] ===Les circuits plus complexes (''full adder'', ...)=== Il est possible de fusionner plusieurs portes ET-OU-NON en un seul circuit à transistors CMOS, ce qui permet des simplifications assez impressionnantes. Pour donner un exemple, le schéma suivant compare l'implémentation d'un circuit qui fait un ET entre les deux premières entrées, puis un NOR entre le résultat du ET et la troisième entrée. L'implémentation à droite du schéma avec une porte ET et une porte NOR prend 10 transistors. L'implémentation la plus simple, à gauche du schéma, prend seulement 6 transistors. [[File:AOI21 complex vs standard gates.svg|centre|vignette|upright=1.5|Porte ET-OU-NON à trois entrées (de type 2-1) à gauche, contre la combinaison de plusieurs portes à droite.]] Une conséquence est que des circuits assez complexes gagnent à être fabriqués directement avec des transistors. Prenons l'exemple de l'additionneur complet. Une implémentation naïve, avec 5 portes logiques, utilise beaucoup de transistors. Deux portes XOR, deux portes OU et une porte ET, cela dépasse la trentaine de transistors. Faisons le compte : 10 transistors par porte XOR, 6 pour les trois autres portes, cela fait 38 transistors. Les additionneurs des processeurs modernes sont optimisés directement au niveau des transistors, pour leur permettre d'économiser des transistors. Par exemple, l'implémentation suivante en utilise seulement 24 ! [[File:Inverting full adder CMOS 24T.svg|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur complet fabriqué avec 24 transistors.]] Et c'est sans compter que l'additionneur complet naïf n'est pas forcément le top du top en termes de performances. Là encore, une implémentation avec des transistors peut être optimisée pour être plus rapide, notamment au niveau du calcul de la retenue, ou au contraire d'économiser des transistors. Tout dépend de l'objectif visé, certains circuit optimisant à fond pour la vitesse, d'autres pour le nombre de transistors, d'autres font un compromis entre les deux. Les circuits de ce genre sont très nombreux, trop pour qu'on puisse les citer. ==La ''pass transistor logic''== La '''''pass transistor logic''''' est une forme particulière de technologie CMOS, une version non-conventionnelle. Avec le CMOS normal, la porte de base est la porte NON. En modifiant celle-ci, on arrive à fabriquer des portes NAND, NOR, puis les autres portes logiques. Les transistors sont conçus de manière à connecter la sortie, soit la tension d'alimentation, soit la masse. Avec la ''pass transistor logic'', le montage de base est un circuit interrupteur, qui connecte l'entrée directement sur la sortie. Le circuit interrupteur n'est autre que les portes à transmission vues il y a quelques chapitres. La ''pass transistor logic'' a été utilisée dans des processeurs commerciaux, comme dans l'ARM1, le premier processeur ARM. Sur l'ARM1, les concepteurs ont décidé d'implémenter certains circuits avec des multiplexeurs. La raison n'est pas une question de performance ou d'économie de transistors, juste que c'était plus pratique à fabriquer, sachant que le processeur était le premier CPU ARM de l'entreprise. S'il est intéressant de voir la ''pass transistor logic'', c'est qu'elle est souvent utilisée pour simplifier certains circuits CMOS normaux. Par exemple, il est possible d'implémenter toutes les portes logiques en CMOS normal, sauf la porte XOR qui est implémentée avec la ''pass transistor logic''. Cela permet une petite économie de circuits, vu que la porte XOR est bien plus simple en ''pass transistor logic''. La ''pass transistor logic'' est aussi utilisée pour simplifier les multiplexeurs et les démultiplexeurs, et certains additionneurs. Aussi, ne soyez pas étonné si nous revenons sur certains circuits vus dans les chapitres précédents, dans cette section. ===La porte à transmission=== Le circuit de base est une porte logique que nous n'avons pas encore vu pour le moment, appelée la '''porte à transmission'''. Elle agit comme un interrupteur commandé par une entrée de commande. Pour rappel, un interrupteur fermé laisse passer le courant, alors qu'un interrupteur fermé ne le laisse pas passer. La porte à transmission fait pareil : soit elle connecte l'entrée et la sortie, soit elle les déconnecte. Pour choisir entre les deux, une porte à transmission possède une entrée de commande sur laquelle on envoie un bit de commande. La porte est fermée si le bit de commande est à 1, ouvert s'il est à 1. [[File:Tristate buffer.svg|centre|vignette|upright=2|Porte à transmission.]] Il est possible de la voir comme une porte OUI améliorée dont la table de vérité est celle-ci : {|class="wikitable" |- !Commande!!Entrée!!Sortie |- ||0||0||Déconnexion |- ||0||1||Déconnexion |- ||1||0||0 |- ||1||1||1 |} Intuitivement, on se dit qu'une porte à transmission est faite avec un seul, vu qu'un transistor fonctionne déjà comme un interrupteur commandable. Mais une porte à transmission est construite avec deux transistors. La raison la plus intuitive est que la logique CMOS associe toujours un transistor PMOS à un transistor NMOS. Mais une autre raison, plus importante, est que les transistors NMOS et PMOS ne sont pas des interrupteurs parfaits. Les NMOS laissent passer les 0, mais laissent mal passer les 1 : la tension en sortie, pour un 1, est atténuée. Et c'est l'inverse pour les PMOS, qui laissent bien passer les 1 mais fournissent une tension de sortie peut adéquate pour les 0. Donc, deux transistors permettent d'obtenir une tension de sortie convenable. Le montage de base est illustré ci-dessous. Les deux entrées A et /A sont l'inverse l'une de l'autre, ce qui fait qu'il faut en théorie rajouter une porte NON CMOS normale, pour obtenir le circuit complet. Mais dans les faits, on arrive souvent à s'en passer. Ce qui fait que la porte à transmission est définie comme étant le circuit à deux transistors précédents. [[File:CMOS transmission gate.PNG|centre|vignette|upright=1|CMOS Transmission gate]] Une porte logique en logique CMOS connecte directement sa sortie sur la tension d'alimentation ou la masse. Mais dans une porte logique en ''pass transistor logic'', il n'y a ni tension d'alimentation, ni masse (O Volts). La sortie est connectée sur l'entrée, rien de plus. Et cela explique plusieurs différences entre CMOS et ''pass transistor logic''. La première différence est que certaines portes logiques sont impossibles avec la ''pass transistor logic'' pure. Les portes logiques CMOS peuvent générer un 1 ou un 0 distinct de ce qu'il y a sur leur entrée. Par exemple, elles peuvent sortir un 1 même si toutes leurs entrées sont à 0, car elles reliées à la tension d'alimentation. Les portes à transmission ne peuvent pas le faire. Elles se contentent de recopier une entrée sur leur sortie : impossible d'avoir un 1 en sortie avec uniquement des zéros en entrée. La conséquence est qu'il n'est pas possible de créer de porte NON, ni de porte NOR/NAND directement. Une autre différence est que l’électricité est fournie par l'entrée, ce qui fait qu'elle se dissipe un peu lors du passage dans une porte à transmission. Le résultat est que si on enchaine les portes à transmission, la tension de sortie a tendance à diminuer, et ce d'autant plus vite qu'on a enchainé de portes à transmission. Il faut souvent rajouter des portes OUI pour restaurer les tensions adéquates, à divers endroits du circuit. La ''pass transistor logic'' mélange donc porte OUI/NON CMOS normales avec des portes à transmission. Afin de faire des économies de circuit, on utilise parfois une seule porte NON CMOS comme amplificateur, ce qui fait que de nombreux signaux sont inversés dans les circuits, sans que cela ne change grand chose si le circuit est bien conçu. Par contre, ce défaut entraine aussi des avantages. Notamment, la consommation d'énergie est fortement diminuée. Seules les portes amplificatrices, les portes NON CMOS, sont alimentées en tension/courant. Le reste des circuits n'est pas alimenté, car il n'y a pas de connexion à la tension d'alimentation et la masse. De même, la ''pass transistor logic'' utilise généralement moins de transistors pour implémenter une porte logique, et un circuit électronique en général. L'exemple avec la porte XOR est assez parlant : on passe de 12 à 6 transistors par porte XOR. Des circuits riches en portes XOR, comme les circuits additionneurs, gagnent beaucoup à utiliser des portes à transmission. ===Les multiplexeurs en ''pass transistor logic''=== Les portes à transmission sont très utilisées dans les multiplexeurs et les démultiplexeurs. Prenons l'exemple d'un multiplexeur 2 vers 1. L'idée est de relier chaque entrée à la sortie par l'intermédiaire d'une porte à transmission. Quand l'une sera ouverte, l'autre sera fermée. Le résultat n'utilise que deux portes à transmission et une porte NON. Voici le circuit qui en découle : [[File:Multiplexeur fabriqué avec des portes à transmission et-ou des tampons trois-états.png|centre|vignette|upright=1.5|Multiplexeur fabriqué avec des portes à transmission]] En utilisant les portes à transmission CMOS vues plus haut, on obtient le circuit suivant : [[File:Multiplexeur fabriqué avec des portes à transmission.png|centre|vignette|upright=1.5|Multiplexeur fabriqué avec des portes à transmission CMOS.]] La même méthode fonctionne pour les multiplexeurs avec plus de deux entrées. Pour rappel, un multiplexeur est composé d'un décodeur qui commande une couche de portes ET, les sorties des portes ET sont combinées avec une porte OU. [[File:Multiplexeur 2 vers 4 conçu à partir d'un décodeur.png|centre|vignette|upright=2|Multiplexeur 2 vers 4 conçu à partir d'un décodeur]] Il est possible de remplacer les portes ET par des portes à transmission. L'idée est de ne connecter sur la sortie que l'entrée qui a été sélectionnée et de déconnecter les autres. En faisant ainsi, on peut se passer de la porte OU, qui est remplacée par un simple fil. Il n'y a qu'une seule entrée qui est connectée à la sortie à chaque instant, pas besoin d'utiliser de porte OU. Le résultat est le circuit suivant : [[File:Mux Funktionsprinzip.svg|centre|vignette|upright=1.5|Multiplexeur basé sur des interrupteurs.]] Les multiplexeurs en ''pass transistor logic'' sont plus simple que leurs cousins en CMOS normal. Beaucoup de circuits utilisent des multiplexeurs et nous en avons déjà vu pas mal : les circuits de décalage, les bascules, les additionneurs, quelques autres. Comment se comportent-ils si leurs MUX sont implémentés avec la ''pass transistor logic'' ? La réponse est que l'usage de la ''pass transistor logic'' ne change pas la donne pour les circuits de décalage, alors qu'elle change drastiquement la donne pour les bascules et les additionneurs. Voyons cela dans le détail. ===Les bascules D avec des portes à transmission=== [[File:Multiplexer-based latch (positive).svg|class=transparent|right|Bascule D créée avec un multiplexeur.]] Une bascule D est, pour rappel, un circuit qui mémorise un bit. Elle peut être implémenté avec un multiplexeur 2 vers 1, en bouclant la sortie du multiplexeur sur une entrée. Pour un multiplexeur fabriqué avec des portes CMOS, boucler sa sortie sur son entrée ne pose pas de problème. Mais avec des portes à transmission, le circuit ne fonctionne pas. Le problème est qu'une porte à transmission est électriquement équivalente à un simple interrupteur, ce qui réduit le circuit à une boucle entre un interrupteur et un fil. Le courant qui circule dans le fil et l'interrupteur se dissipe rapidement du fait de la résistance du fil et disparait en quelques micro- ou millisecondes. La solution est de rajouter une porte OUI (celle qui recopie son entrée sur sa sortie) dans la boucle pour régénérer le signal électrique. Et la manière la plus simple de fabriquer une porte OUI utilise deux portes NON qui se suivent, ce qui donne le circuit ci-dessous. Cela garantit que la boucle est alimentée en courant/tension quand elle est fermée. Son contenu ne s'efface pas avec le temps, mais est automatiquement régénéré par les portes NON. L'ensemble sera stable tant que la boucle est fermée. [[File:Implémentation conceptuelle d'une bascule D.png|centre|vignette|upright=2|Implémentation d'une bascule D avec des portes à transmission.]] Le circuit précédent utilise seulement 10 transistors, alors qu'un multiplexeur en CMOS normal en utilise 14. Un autre avantage est que ce circuit permet d'avoir les deux sorties Q : la sortie Q inversée est prise en sortie de la première porte NON. Une variante du circuit précédent est utilisée dans les mémoires dites SRAM, qui sont utilisées pour les registres du processeur ou ses mémoires caches. Mais nous verrons cela plus en détail dans le chapitre sur les cellules mémoires. Certaines bascules D ont une entrée R, qui met à zéro le bit mémorisé dans la bascule quand l'entrée R est à 1. Pour cela, elles ajoutent un circuit de mise à zéro, que nous avons déjà vu dans le chapitre sur les opérations bit à bit. Ce circuit de mise à zéro est placé après la seconde porte NON, et sa sortie est bouclée sur l'entrée du circuit. Le circuit obtenu est le suivant : [[File:Bascule D avec entrée Reset.png|centre|vignette|upright=2|Bascule D avec entrée Reset]] Le circuit peut se simplement fortement en fusionnant les trois portes situées entre les deux sorties Q, à savoir la porte ET et les deux portes NON qui la précédent. La loi de De Morgan nous dit que l'ensemble est équivalent à une porte NOR, ce qui donne le circuit suivant : [[File:Bascule D avec entrée Reset, simplifiée.png|centre|vignette|upright=2|Bascule D avec entrée Reset, simplifiée]] ===L'additionneur ''Manchester Carry Chain''=== Les portes à transmission étaient autrefois utilisées pour simplifier les additionneurs, et plus précisément les additionneurs à propagation de retenue. Pour rappel, un additionneur à propagation de retenue additionne deux opérandes, bit par bit. Elle additionne les deux bits de poids faible, ce qui donne un bit de résultat et un bit de retenue. Le bit de retenue est alors envoyé à la colonne suivante, où deux bits sont additionnés avec la retenue, et ainsi de suite. De tels circuits sont composées en enchainant des additionneurs complets, des circuits qui additionnent trois bits : deux bits d'opérandes et une retenue. [[File:Ripplecarryadder.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à propagation de retenue.]] Un défaut des additionneurs à propagation de retenue est leur lenteur. Le résultat n'est connu qu'une fois que les retenues ont été propagées d'une colonne à l'autre. Et cette propagation est assez lente. Les additionneurs modernes utilisent des techniques très complexes pour résoudre ce problème, comme nous l'avons vu il y a quelques chapitres. Mais ces solutions utilisent beaucoup plus de transistors. De nombreux processeurs comme le 8086 d'Intel, ou d'autres processeurs 8-16 bits de cette époque, ne pouvaient pas se le permettre. À la place, ils utilisaient une optimisation à base de portes à transmission. L'optimisation en question s'appelle la ''Manchester Carry Chain''. L'idée est d'optimiser les additionneurs complets de manière à ce qu'ils propagent les retenues plus rapidement. L'idée est de partir d'un additionneur construit avec un multiplexeur. Pour rappel, la retenue sortante est soit égale à la retenue entrante, soit est générée par l'additionneur. Le choix entre les deux est réalisé par un multiplexeur, qui est commandé par une porte logique qui détermine s'il faut propager la retenue ou non. Si propagation de retenue il y a, la retenue sortante est égale à la retenue entrante. Sinon, la retenue sortante est celle calculée par l'additionneur. [[File:Additionneur complet basé sur un MUX.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet basé sur un MUX]] Avec la ''Manchester Carry Chain'', le multiplexeur est implémenté avec des portes à transmission. Le circuit obtenu est illustré ci-dessous. L'avantage est que la propagation de la retenue est beaucoup plus rapide. Pas besoin de traverser deux à trois portes logiques, la retenue passe juste à travers un simple interrupteur, une porte à transmission. La propagation de la retenue ne rencontre pas d'obstacle, si ce n'est la résistance des fils, elle ne subit pas de délai lié au temps de propagation des portes logiques. [[File:Manchester carry chain.png|centre|vignette|upright=2|Manchester carry chain]] Cependant, l'usage de portes à transmission a quelques défauts. Le principal est que, vu que la retenue d'entrée est envoyée sur la sortie à travers des interrupteurs, la tension sur la retenue de sortie est plus faible que la tension de la retenue d'entrée. Ce qui pose des problèmes quand on doit enchainer plusieurs additionneurs de ce type, mais laissons cela pour plus tard. Il existe une version de cet additionneur en logique dynamique, où les portes à transmission sont utilisées comme des condensateurs, mais nous n'en parlerons pas ici. ===La ''pass transistor logic'' utilise des multiplexeurs 2 vers 1=== La ''pass transistor logic'' est rarement utilisée, à une exception de taille : la porte XOR. Pour rappel, une porte XOR est une sorte d'inverseur commandable, à savoir un circuit prend un bit d'entrée A, et l'inverse ou non suivant la valeur d'un bit de commande B. Et cela nous dit comment implémenter une porte XOR avec un multiplexeur. Un multiplexeur choisit sa sortie parmi deux entrées : A et <math>\overline{A}</math>, le second bit B est envoyé sur l'entrée de commande ! Le circuit obtenu, est celui-ci : [[File:XOR implémenté avec un MUX.png|centre|vignette|upright=2.5|XOR implémenté avec un MUX.]] Il est possible de simplifier le circuit en rusant un peu, ce qui donne le circuit ci-dessous. Comme vous pouvez les voir, il mélange porte à transmission et portes NON CMOS normales. [[File:CmosXORGate.svg|centre|vignette|upright=1|XOR en ''pass transistor logic'']] Dans les deux cas, l'économie en transistors est drastique comparé au CMOS normal. Plus haut, nous avons illustré plusieurs versions possibles d'une porte XOR en CMOS normal, toutes de 12 transistors. Avec ''pass transistor logic'', une porte XOR utilise 4 à 8 transistors. Le gain est clairement significatif, suffisamment pour utiliser la ''pass transistor logic'' pour la porte XOR, quitte à utiliser des portes CMOS normales pour le reste. Quelques processeurs faisaient cela dans le temps, comme le mythique processeur Z80. La ''pass transistor logic'' implémente les autres portes logiques avec un multiplexeur 2 vers 1 couplé à quelques portes NON ! Et intuitivement, vous vous dites que les deux entrées de la porte logique correspondent aux deux entrées de donnée du multiplexeur. Sauf qu'en réalité, un bit d'entrée est envoyé sur l'entrée de commande, et l'autre bit sur une entrée de donnée du multiplexeur. Suivant ce qu'on met sur la seconde entrée du multiplexeur, on obtient une porte ET, OU, XOR, etc. Il y a quatre choix possibles : soit on envoie un 0, soit un 1, soit l'inverse du bit d'entrée, soit envoyer deux fois le bit d'entrée. : Plus haut, nous avions dit que les portes à transmission ne permettaient pas d'implémenter certaines portes logiques, car elles recopient leur entrée sur leur sortie. Impossible d'avoir un 1 en sortie si les entrées valent 0. Mais remarquez que les circuits précédents utilisent les portes NON. Ce sont ces portes NON qui fournissent l'électricité en sortie nécessaire pour avoir un 1 en sortie alors que les entrées sont à 0. [[File:Portes logiques faites à partir de multiplexeurs.png|centre|vignette|upright=2|Portes logiques faites à partir de multiplexeurs]] ==Les technologies PMOS et NMOS== Dans ce qui va suivre, nous allons voir la technologie NMOS et POMS. Pour simplifier, la technologie NMOS est équivalente aux circuits CMOS, sauf que les transistors PMOS sont remplacés par une résistance. Pareil avec la technologie PMOS, sauf que c'est les transistors NMOS qui sont remplacés par une résistance. Les deux technologies étaient utilisées avant l'invention de la technologie CMOS, quand on ne savait pas comment faire pour avoir à la fois des transistors PMOS et NMOS sur la même puce électronique, mais sont aujourd'hui révolues. Nous en parlons ici, car nous évoquerons quelques circuits en PMOS/NMOS dans le chapitre sur les cellules mémoire, mais vous pouvez considérer que cette section est facultative. ===Le fonctionnement des logiques NMOS et PMOS=== Avec la technologie NMOS, les portes logiques sont fabriqués avec des transistors NMOS intercalés avec une résistance. [[File:Circuit en logique NMOS.png|centre|vignette|upright=2|Circuit en logique NMOS.]] Leur fonctionnement est assez facile à expliquer. Quand la sortie doit être à 1, tous les transistors sont ouverts. La sortie est connectée à la tension d'alimentation et déconnectée de la masse, ce qui fait qu'elle est mise à 1. La résistance est là pour éviter que le courant qui arrive dans la sortie soit trop fort. Quand au moins un transistor NMOS qui se ferme, il connecte l'alimentation à la masse, les choses changent. Les lois compliquées de l'électricité nous disent alors que la sortie est connectée à la masse, elle est donc mise à 0. [[File:Fonctionnement d'un circuit en technologie NMOS.png|centre|vignette|upright=2|Fonctionnement d'un circuit en technologie NMOS.]] Les circuits PMOS sont construits d'une manière assez similaire aux circuits CMOS, si ce n'est que les transistors NMOS sont remplacés par une résistance qui relie ici la masse à la sortie. Rien d'étonnant à cela, les deux types de transistors, PMOS et NMOS, ayant un fonctionnement inverse. ===Les portes logiques en NMOS et PMOS=== Que ce soit en logique PMOS ou NMOS, les portes de base sont les portes NON, NAND et NOR. Les autres portes sont fabriquées en combinant des portes de base. Voici les circuits obtenus en NMOS et PMOS: {|class="wikitable flexible" |- ! colspan="5 | NMOS |- | class="transparent" | [[File:NMOS NOT.svg|class=transparent|100px|Porte NON NMOS.]] | class="transparent" | [[File:NMOS NAND.svg|class=transparent|100px|NMOS-NAND]] | class="transparent" | [[File:NMOS NOR.png|100px|NMOS-NOR]] | class="transparent" | [[File:NMOS AND gate.png|100px|NMOS AND]] | class="transparent" | [[File:NMOS OR gate.png|100px|NMOS OR]] |- ! colspan="5 | PMOS |- | class="transparent" | [[File:PMOS NOT.png|100px|PMOS NOT]] | class="transparent" | [[File:PMOS NAND corr.png|100px|PMOS NAND]] | class="transparent" | [[File:PMOS NOR corr.png|100px|PMOS NOR]] | class="transparent" | | class="transparent" | [[File:PMOS OR gate.png|100px|PMOS OR]] |} ====Les portes logiques de base en NMOS==== Le circuit d'une porte NON en technologie NMOS est illustré ci-dessous. Le principe de ce circuit est similaire au CMOS, avec quelques petites différences. Si on envoie un 0 sur la grille du transistor, il s'ouvre et connecte la sortie à la tension d'alimentation à travers la résistance. À l'inverse, quand on met un 1 sur la grille, le transistor se ferme et la sortie est reliée à la masse, donc mise à 0. Le résultat est bien un circuit inverseur. {|class="wikitable flexible" |[[File:NMOS NOT.svg|class=transparent|Porte NON NMOS.]] |[[File:Not.PNG|class=transparent|Porte NON NMOS : fonctionnement.]] |} La porte NOR est similaire à la porte NON, si ce n'est qu'il y a maintenant deux transistors en parallèle. Si l'une des grilles est mise à 1, son transistor se fermera et la sortie sera mise à 0. Par contre, quand les deux entrées sont à 0, les transistors sont tous les deux ouverts, et la sortie est mise à 1. Le comportement obtenu est bien celui d'une porte NOR. {|class="wikitable flexible" |[[File:NMOS NOR.png|NMOS-NOR-gate]] |[[File:Funktionsprinzip eines NOR-Gatters.png|class=transparent|Fonctionnement d'une porte NOR NMOS.]] |} La porte NAND fonctionne sur un principe similaire au précédent, si ce n'est qu'il faut que les deux grilles soient à zéro pour obtenir une sortie à 1. Pour mettre la sortie à 0 quand seulement les deux transistors sont ouverts, il suffit de les mettre en série, comme dans le schéma ci-dessous. Le circuit obtenu est bien une porte NAND. {|class="wikitable flexible" |[[File:NMOS NAND.svg|class=transparent|centre|NMOS-NAND-gate]] |[[File:Funktionsprinzip eines NAND-Gatters.png|class=transparent|centre|Funktionsprinzip eines NAND-Gatters]] |} ===Les avantages et inconvénients des technologies CMOS, PMOS et NMOS=== La technologie PMOS et NMOS ne sont pas totalement équivalentes, niveau performances. Ces technologies se distinguent sur plusieurs points : la vitesse des transistors et leur consommation énergétique. La vitesse des circuits NMOS/PMOS/CMOS dépend des transistors eux-mêmes. Les transistors PMOS sont plus lents que les transistors NMOS, ce qui fait que les circuits NMOS sont plus rapides que les circuits PMOS. Les circuits CMOS ont une vitesse intermédiaire, car ils contiennent à la fois des transistors NMOS et PMOS. Pour la consommation électrique, les résistances sont plus goumandes que les transistors. En PMOS et NMOS, la résistance est traversée par du courant en permanence, peu importe l'état des transistors. Et résistance traversée par du courant signifie consommation d'énergie, dissipée sous forme de chaleur par la résistance. Il s'agit d'une perte sèche d'énergie, une consommation d'énergie inutile. En CMOS, l'absence de résistance fait que la consommation d'énergie est liée aux transistors, et celle-ci est beaucoup plus faible que pour une résistance. Les transistors PMOS sont plus simples à fabriquer que les NMOS, ils sont plus simples à sortir d'usine. Les premiers processeurs étaient fabriqués en logique PMOS, plus simple à fabriquer. Puis, une fois la fabrication des circuits NMOS maitrisée, les processeurs sont tous passés en logique NMOS du fait de sa rapidité. La logique CMOS a mis du temps à remplacer les logiques PMOS et NMOS, car il a fallu maitriser les techniques pour mettre à la fois des transistors NMOS et PMOS sur la même puce. Les premières puces électroniques étaient fabriquées en PMOS ou en NMOS, parce qu'on n’avait pas le choix. Mais une fois la technologie CMOS maitrisée, elle s'est imposée en raison de deux gros avantages : une meilleure fiabilité (une meilleure tolérance au bruit électrique), et une consommation électrique plus faible. ==La logique dynamique MOS== La '''logique dynamique''' permet de créer des portes logiques ou des bascules d'une manière assez intéressante. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, le signal d’horloge est alors utilisé pour fabriquer des circuits combinatoires ! ===Un transistor MOS peut servir de condensateur=== Les technologies CMOS conventionnelles mettent la sortie d'une porte logique à 0/1 en la connectant à la tension d'alimentation ou à la masse. La logique ''pass transistor'' transfère la tension et le courant de l'entrée vers la sortie. Dans les deux cas, la sortie est connectée directement ou indirectement à la tension d'alimentation quand on veut lui faire sortie un 1. Avec la logique dynamique, ce n'est pas le cas. La sortie est maintenue à 0 ou à 1 en utilisant un réservoir d'électron qui remplace la tension d'alimentation. En électronique, il existe un composant qui sert de réservoir à électricité : il s'agit du '''condensateur'''. On peut le charger en électricité, ou le vider pour fournir un courant durant une petite durée de temps. Par convention, un condensateur stocke un 1 s'il est rempli, un 0 s'il est vide. L'intérieur d'un condensateur est formé de deux couches de métal conducteur, séparées par un isolant électrique. Les deux plaques de conducteur sont appelées les armatures du condensateur. C'est sur celles-ci que les charges électriques s'accumulent lors de la charge/décharge d'un condensateur. L'isolant empêche la fuite des charges d'une armature à l'autre, ce qui permet au condensateur de fonctionner comme un réservoir, et non comme un simple fil. Il est possible de fabriquer un pseudo-condensateur avec un transistor MOS. En effet, tout transistor MOS a un pseudo-condensateur caché entre la grille et la liaison source-drain. Pour comprendre ce qui se passe dans ce transistor de mémorisation, il faut savoir ce qu'il y a dans un transistor CMOS. À l'intérieur, on trouve une plaque en métal appelée l'armature, un bout de semi-conducteur entre la source et le drain, et un morceau d'isolant entre les deux. L'ensemble forme donc un condensateur, certes imparfait, qui porte le nom de capacité parasite du transistor. Suivant la tension qu'on envoie sur la grille, l'armature va se remplir d’électrons ou se vider, ce qui permet de stocker un bit : une grille pleine compte pour un 1, une grille vide compte pour un 0. [[File:Transistor CMOS - 1.png|centre|vignette|upright=2|Anatomie d'un transistor CMOS]] L'utilisation de transistors MOS comme condensateur n'est pas spécifique à la logique dynamique. Certains mémoires RAM le font, comme nous le verrons dans le chapitre sur les cellules mémoires. Aussi, il est intéressant d'en parler maintenant, histoire de préparer le terrain. D'ailleurs, les mémoires RAM sont remplies de logique dynamique. ===L'utilisation des pseudo-condensateurs en logique dynamique=== Un circuit conçu en logique dynamique contient un transistor est utilisé comme condensateur. Il s’insère entre la tension d'alimentation et la sortie du circuit. Son rôle est simple : lorsqu'on utilise la sortie, le condensateur se vide, ce qui place la sortie à 1. le reste du temps, le condensateur est relié à la tension d'alimentation et se charge. Un circuit en logique dynamique effectue son travail en deux phases : une phase d'inactivité où il remplit ses condensateurs, et une phase où sa sortie fonctionne. Les deux phases sont appelées la '''phase de précharge''' et la '''phase d'évaluation'''. La succession de ces deux phases est réalisée par le signal d'horloge : la première phase a lieu quand le signal d'horloge est à 1, l'autre quand il est à 0. Voici un exemple de porte NAND en logique dynamique MOS. La porte est alors réalisée avec des transistors NMOS et PMOS, le circuit ressemble à ce qu'on a en logique NMOS. En bas, on trouve les transistors NMOS pour relier la sortie au 0 volt. Mais au-dessus, on trouve un transistor CMOS qui remplace la résistance. Le fonctionnement du circuit est simple. Quand l'entrée ''clock'' est à 1, le condensateur se charge, les deux transistors NMOS sont déconnectés de la masse et le circuit est inactif. Puis, quand ''clock'' passe à 0, Le transistor PMOS se comporte en circuit ouvert, ce qui déconnecte la tension d'alimentation. Et son pseudo-condensateur se vide, ce qui fournit une tension d'alimentation de remplacement temporaire. Le transistor NMOS du bas se ferme, ce qui fait que les deux transistors A et B décident de si la sortie est connectée au 0 volt ou non. Si c'est le cas, le pseudo-condensateur se vide dans le 0 volt et la sortie est à 0. Sinon, le pseudo-condensateur se vide dans la sortie, ce qui la met à 1. [[File:Dlnand.svg|centre|vignette|Porte NAND en logique CMOS.]] Il est aussi possible de créer une bascule D en utilisant la logique dynamique. L'idée est de prendre une bascule D normale, mais d'ajouter un fonctionnement en deux étapes en ajoutant des transistors/interrupteurs. Pour rappel, une bascule D normale est composée de deux inverseurs reliés l'un à l'autre en formant une boucle, avec un multiplexeur pour permettre les écritures dans la boucle. [[File:Implémentation conceptuelle d'une bascule D.png|centre|vignette|upright=2|Implémentation conceptuelle d'une bascule D]] [[File:Animation du fonctionnement d'une bascule.gif|vignette|upright=2|Animation du fonctionnement de la bascule précédente.]] Le circuit final ajoute deux transistors entre les inverseurs tête-bêche. Les transistors en question sont reliés à l'horloge, l'un étant ouvert quand l'autre est fermé. Grâce à eux, le bit mémorisé circule d'un inverseur à l'autre : il est dans le premier inverseur quand le signal d'horloge est à 1, dans l'autre inverseur quand il est à 0 (en fait son inverse, comme vous l'aurez compris). Le tout est illustré ci-contre. Cette implémentation a été utilisée autrefois, notamment dans le processeur Intel 8086. [[File:Bascule D en logique Dynamique, avec entrée Enable.png|centre|vignette|upright=2|Bascule D en logique Dynamique, avec entrée Enable]] Il existe une variante très utilisée, qui permet de remplacer le multiplexeur par un circuit légèrement plus simple. Avec elle, on a deux entrées pour commander la bascule, et non une seule entrée Enable. L'entrée Enable autorise les écriture, l'entrée Hold ferme la boucle qui relie la sortie du second inverseur au premier. Chaque entrée est associé à un transistor/interrupteur. Le transistor sur lequel on envoie l'entrée Enable se ferme uniquement lors des écritures et reste fermé sinon. À l'inverse, le transistor relié au signal Hold est fermé en permanence, sauf lors des écritures. En clair, les deux signaux sont l'inverse l'un de l'autre. Il permet de fermer le circuit, de bien relier les deux inverseurs en tête-bêche, sauf lors des écritures. On envoie donc l'inverse de l'entrée Enable sur ce transistor. [[File:Bascule D en logique dynamique.png|centre|vignette|upright=2|Bascule D en logique dynamique]] Une manière de comprendre le circuit précédent est de le comparer à celui avec le multiplexeur. Le multiplexeur est composé d'une porte NON et de deux transistors. Il se trouve que les deux transistors en question sont placés au même endroit que les transistors connectés aux signaux Hold et Enable. En prenant retirant la porte NON du multiplexeur, on se retrouve avec le circuit. Au lieu de prendre un Signal Enable qui commande les deux transistors, ce qui demande d'ajouter une porte NON vu que les deux transistors doivent faire l'inverse l'un de l'autre, on se contente d'envoyer deux signaux séparés pour commander chaque transistor indépendamment. Des circuits nettement plus complexes peuvent être créés en logique dynamique. Pour les curieux, sachez que le ''barrel shifter'' du processeur Intel 386 était construit en logique dynamique. Le ''barrel shifter'' en question était un circuit capable de décaler des opérandes de 32 bits, ce qui était beaucoup pour l'époque. Il faisait environ 2000 transistors, ce qui correspondait à environ la moitié des transistors du CPU 6502 de Motorola, un CPU 8 bits. Et il aurait sans doute fait plus s'il n'avait pas utilisé la logique dynamique, ainsi que diverses optimisations. L'article suivant, assez complet, détaille ce circuit : [https://www.righto.com/2023/12/386-barrel-shifter.html Reverse engineering the barrel shifter circuit on the Intel 386 processor die ] ===Avantages et inconvénients=== Les circuits en logique dynamique sont opposés aux circuits en logique statique, ces derniers étant les circuits CMOS, PMOS, NMOS ou TTL vu jusqu'à présent. Les circuits dynamiques et statiques ont des différences notables, ainsi que des avantages et inconvénients divers. Si on devait résumer : * la logique dynamique utilise généralement un peu plus de transistors qu'un circuit CMOS normal ; * la logique dynamique est souvent très rapide par rapport à la concurrence, car elle n'utilise que des transistors NMOS, plus rapides ; * la consommation d'énergie est généralement supérieure comparé au CMOS. Un désavantage de la logique dynamique est qu'elle utilise plus de transistors. On économise certes des transistors MOS, mais il faut rajouter les transistors pour déconnecter les transistors NMOS de la masse (0 volt). Le second surcompense le premier. Un autre désavantage est que le signal d'horloge ne doit pas tomber en-dessous d'une fréquence minimale. Avec une logique statique, on a une fréquence maximale, mais pas de fréquence minimale. Avec un circuit statique peut réduire la fréquence d'un circuit pour économiser de l'énergie, pour améliorer sa stabilité, et de nombreux processeurs modernes ne s'en privent pas. On peut même stopper le signal d'horloge et figer le circuit, ce qui permet de le mettre en veille, d'en stopper le fonctionnement, etc. Impossible avec la logique dynamique, qui demande de ne pas tomber sous la fréquence minimale. Cela a un impact sur la consommation d'énergie, sans compter que cela se marie assez mal avec certaines applications. Un processeur moderne ne peut pas être totalement fabriqué en logique dynamique, car il a besoin d'être mis en veille et qu'il a besoin de varier sa fréquence en fonction des besoins. Le dernier désavantage implique l'arbre d'horloge, le système d'interconnexion qui distribue le signal d'horloge à toutes les bascules d'un circuit. L'arbre d'horloge est beaucoup plus compliqué avec la logique dynamique qu'avec la logique statique. Avec la logique statique, seules les bascules doivent recevoir le signal d'horloge, avec éventuellement quelques rares circuits annexes. Mais avec la logique dynamique, toutes les portes logiques doivent recevoir le signal d'horloge, ce qui rend la distribution de l'hrologe beaucoup plus compliquée. C'est un point qui fait que la logique dynamique est assez peu utilisée, et souvent limitée à quelques portions bien précise d'un processeur. ==La logique TTL : un apercu rapide== Tous ce que nous avons vu depuis le début de ce chapitre porte sur les transistors MOS et les technologies associées. Mais les transistors MOS n'ont pas été les premiers inventés. Ils ont été précédés par les '''transistors bipolaires'''. Nous ne parlerons pas en détail du fonctionnement d'un transistor bipolaire, car celui-ci est extraordinairement compliqué. Cependant, nous devons parler rapidement de la logique TTL, qui permet de fabriquer des portes logiques avec ces transistors bipolaires. Là encore, rassurez-vous, nous n'allons pas voir comment fabriquer des portes logiques en logique TTL, cela serait trop compliqué, sans compter que le but n'est pas de faire un cours d'électronique. Mais nous devons fait quelques remarques et donner quelques explications superficielles. La raison à cela est double. La première raison est que certains circuits présents dans les mémoires RAM sont fabriqués avec des transistors bipolaires. C'est notamment le cas des amplificateurs de lecture ou d'autres circuits de ce genre. De tels circuits ne peuvent pas être implémentés facilement avec des transistors CMOS et nous expliquerons rapidement pourquoi dans ce qui suit. La seconde raison est que ce cours parlera occasionnellement de circuits anciens et qu'il faut quelques bases sur le TTL pour en parler. Dans la suite du cours, nous verrons occasionnellement quelques circuits anciens, pour la raison suivante : ils sont très simples, très pédagogiques, et permettent d'expliquer simplement certains concepts du cours. Rien de mieux que d'étudier des circuits réels pour donner un peu de chair à des explications abstraites. Par exemple, pour expliquer comment fabriquer une unité logique de calcul bit à bit, je pourrais utiliser l'exemple du Motorola MC14500B, un processeur 1 bit qui est justement une unité logique sous stéroïdes. Ou encore, dans le chapitre sur les circuits additionneurs, je parlerais du circuit additionneur présent dans l'Intel 8008 et dans l'Intel 4004, les deux premiers microprocesseurs commerciaux. Malheureusement, malgré leurs aspects pédagogiques indéniables, ces circuits ont le défaut d'être des circuits TTL. Ce qui est intuitif : les circuits les plus simples ont été inventés en premier et utilisent du TTL plus ancien. Beaucoup de ces circuits ont été inventés avant même que le CMOS ou même les transistors MOS existent. D'où le fait que nous devons faire quelques explications mineures sur le TTL. ===Les transistors bipolaires=== Les '''transistors bipolaires''' ressemblent beaucoup aux transistors MOS. Les transistors bipolaires ont trois broches, appelées le collecteur, la base et l'émetteur. Notez que ces trois termes sont différents de ceux utilisés pour les transistors MOS, où on parle de la grille, du drain et de la source. Là encore, comme pour les transistors PMOS et NMOS, il existe deux types de transistors bipolaires : les NPN et les PNP. Là encore, il est possible de fabriquer une puce en utilisant seulement des NPN, seulement des PNP, ou en mixant les deux. Mais les ressemblances s'arrêtent là. La différence entre PNP et NPN tient dans la manière dont les courants entrent ou sortent du transistor. La flèche des symboles ci-dessous indique si le courant rentre ou sort par l'émetteur : il rentre pour un PNP, sort pour un NPN. Dans la suite du cours, nous n'utiliserons que des transistors NPN, les plus couramment utilisés. {| |[[File:BJT PNP symbol.svg|vignette|BJT PNP]] |[[File:BJT NPN symbol.svg|vignette|BJT NPN]] |} Plus haut nous avons dit que les transistors CMOS sont des interrupteurs. La réalité est que tout transistor peut être utilisé de deux manières : soit comme interrupteur, soit comme amplificateur de tension/courant. Pour simplifier, le transistor bipolaire NPN prend en entrée un courant sur sa base et fournit un courant amplifié sur l'émetteur. Pour s'en servir comme amplificateur, il faut fournir une source de courant sur le collecteur. Le fonctionnement exact est cependant plus compliqué. [[File:Transistor bipolaire, explication simplifiée de son fonctionnement.png|centre|vignette|upright=1.5|Transistor bipolaire, explication simplifiée de son fonctionnement]] Les transistors bipolaires sont de bons amplificateurs, mais de piètres interrupteurs. À l'inverse, les transistors CMOS sont généralement de bons interrupteurs, mais de moyens amplificateurs. Pour des circuits numériques, la fonction d'interrupteur est clairement plus adaptée, car elle-même binaire (un transistor est fermé ou ouvert : deux choix possibles). Aussi, les circuits modernes privilégient des transistors CMOS aux transistors bipolaires. À l'inverse, la fonction d'amplification est adaptée aux circuits analogiques. C'est pour ça que nous rencontrerons les transistors bipolaires soit dans des portions de l'ordinateur qui sont au contact de circuits analogiques. Pensez par exemple aux cartes sons ou au vieux écrans cathodiques, qui gèrent des signaux analogiques (le son pour la carte son, les signaux vidéo analogique pour les vieux écrans). On les croisera aussi dans les mémoires DRAM, dont la conception est un mix entre circuits analogiques et numériques. Nous les croiserons aussi dans de vieux circuits antérieurs aux transistors MOS. Les anciens circuits faisaient avec les transistors bipolaires car ils n'avaient pas le choix, mais ils ont été partiellement remplacés dès l'apparition des transistors CMOS. ===Les portes logiques complexes en TTL=== Le détail le plus important qui nous concernera dans la suite du cours est le suivant : on peut créer des portes logiques exceptionnellement complexes en TTL. Pour comprendre pourquoi, sachez qu'il existe des transistors bipolaires qui possèdent plusieurs émetteurs. Ils sont très utilisés pour fabriquer des portes logiques à plusieurs entrées. Les émetteurs correspondent alors à des entrées de la porte logique. Ainsi, une porte logique à plusieurs entrées se fait non pas en ajoutant des transistors, comme c'est le cas avec les transistors MOS, mais en ajoutant un émetteur sur un transistor. Cela permet à une porte NAND à trois entrées de n'utiliser que deux transistors bipolaires, au lieu de quatre transistors MOS. [[File:Multiemitter Transistor.svg|centre|vignette|upright=1|Transistor bipolaire avec plusieurs émetteurs.]] De plus, là où les logiques PMOS/NMOS/CMOS permettent de fabriquer les portes de base que nous avons précédemment, elles ne peuvent pas faire plus. Au pire, on peut implémenter des portes ET/OU/NAND/NOR à plusieurs entrées, mais pas plus. En TTL, on peut parfaitement créer des portes de type ET/OU/NON ou OU/ET/NON, avec seulement quatre transistors. Par exemple, une '''porte ET/OU/NON''' de type 2-2 entrées (pour rappel, qui effectue un ET par paire d’entrée puis fait un NOR entre le résultat des deux ET) est bien implémenté en une seule porte logique, pas en enchainant deux ou trois portes à la suite. [[File:TTL AND-OR-INVERT 1961.png|centre|vignette|upright=2|TTL AND-OR-INVERT 1961]] ===Les désavantages et avantages des circuits TTL=== Pour résumer, le TTL à l'avantage de pouvoir fabriquer des portes logiques avec peu de transistors comparé au CMOS, surtout pour les portes logiques complexes. Et autant vous dire que les concepteurs de puce électroniques ne se gênaient pas pour utiliser ces portes complexes, capables de fusionner 3 à 5 portes en une seule : les économies de transistors étaient conséquentes. Et pourtant, les circuits TTL étaient beaucoup plus gros que leurs équivalents CMOS. La raison est qu'un transistor bipolaire prend beaucoup de place : il est environ 10 fois plus gros qu'un transistor MOS. Autant dire que les économies réalisées avec des portes logiques complexes ne faisaient que compenser la taille énorme des transistors bipolaires. Et encore, cette compensation n'était que partielle, ce qui fait que les circuits PMOS/NMOS/CMOS se miniaturisent beaucoup plus facilement. Un avantage pour le transistor MOS ! De plus, les schémas précédents montrent que les portes logiques en TTL utilisent une résistance, elle aussi difficile à miniaturiser. Et cette résistance est parcourue en permanence par un courant, ce qui fait qu'elle consomme de l'énergie et chauffe. C'est la même chose en logique NMOS et PMOS, ce qui explique leur forte consommation d'énergie. Les circuits TTL ont donc le même problème. [[File:TTL Input voltage.svg|vignette|upright=0.5|TTL voltage.]] Un autre défaut est lié à la une tension d'alimentation. Les circuits TTL utilisent une tension d'alimentation de 5 volts, alors que les circuits CMOS ont une tension d'alimentation beaucoup plus variable. Les circuits CMOS vont de 3 volts à 18 volts pour les circuits commerciaux, avec des tensions de 1 à 3 volts pour les circuits optimisés. Les circuits CMOS sont généralement bien optimisés et utilisent une tension d'alimentation plus basse que les circuits TTL, ce qui fait qu'ils consomment moins d'énergie et de courant. De plus, rappelons que coder un zéro demande que la tension soit sous un seuil, alors que coder un 1 demande qu'elle dépasse un autre seuil, avec une petite marge de sécurité entre les deux. Les seuils en question sont indiqués dans le diagramme ci-dessous. Il s'agit des seuils VIH et VIL. On voit que sur les circuits TTL, la marge de sécurité est plus faible qu'avec les circuits CMOS. De plus, les marges sont bien équilibrées en CMOS, à savoir que la marge de sécurité est en plein milieu entre la tension max et le zéro volt. Avec le TTL normal, la marge de sécurité est très proche du zéro volt. Un 1 est codé par une tension entre 2 et 5 volts en TTL ! Une version améliorée du TTL, le LVTTL, corrige ce défaut. Elle baisse la tension d'alimentation à 3,3 Volts, mais elle demande des efforts de fabrication conséquents. [[File:Niveaux logiques CMOS-TTL-LVTTL.png|centre|vignette|upright=2|Niveaux logiques CMOS-TTL-LVTTL]] <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de calcul trigonométriques | prevText=Les circuits de calcul trigonométriques | next=Les circuits intégrés | nextText=Les circuits intégrés }} {{autocat}} </noinclude> pdiwkgvqbk6qddmah0y27su5iofrqc0 768204 768203 2026-06-20T15:14:00Z Mewtow 31375 /* L'additionneur Manchester Carry Chain */ 768204 wikitext text/x-wiki Dans le chapitre précédent, nous avons abordé les portes logiques. Dans ce chapitre, nous allons voir qu'elles sont fabriquées avec des composants électroniques que l'on appelle des '''transistors'''. Ces derniers sont reliés entre eux pour former des circuits plus ou moins compliqués. Pour donner un exemple, sachez que les derniers modèles de processeurs peuvent utiliser près d'un milliard de transistors. ==Les transistors MOS== [[File:Transistor basic flow.svg|vignette|Un transistor est un morceau de conducteur, dont la conductivité est contrôlée par sa troisième broche/borne.]] Les transistors possèdent trois '''broches''', des pattes métalliques sur lesquelles on connecte des fils électriques. On peut appliquer une tension électrique sur ces broches, qui peut représenter soit 0 soit 1. Sur ces trois broches, il y en a deux entre lesquelles circule un courant, et une troisième qui commande le courant. Le transistor s'utilise le plus souvent comme un interrupteur commandé par sa troisième broche. Le courant qui traverse les deux premières broches passe ou ne passe pas selon ce qu'on met sur la troisième. Il existe plusieurs types de transistors, mais les deux principaux sont les transistors bipolaires et les transistors MOS. De nos jours, les transistors utilisés dans les ordinateurs sont tous des '''transistors MOS'''. Les raisons à cela sont multiples, mais les plus importantes sont les suivantes. Premièrement, les transistors bipolaires sont plus difficiles à fabriquer et sont donc plus chers. Deuxièmement, ils consomment bien plus de courant que les transistors MOS. Et enfin, les transistors bipolaires sont plus gros, ce qui n'aide pas à miniaturiser les puces électroniques. Tout cela fait que les transistors bipolaires sont aujourd'hui tombés en désuétude et ne sont utilisés que dans une minorité de circuits. ===Les types de transistors MOS : PMOS et NMOS=== Sur un transistor MOS, chaque broche a un nom, nom qui est indiqué sur le schéma ci-dessous.On distingue ainsi le '''drain''', la '''source''' et la '''grille''' On l'utilise le plus souvent comme un interrupteur commandé par sa grille. Appliquez la tension adéquate et la liaison entre la source et le drain se comportera comme un interrupteur fermé. Mettez la grille à une autre valeur et cette liaison se comportera comme un interrupteur ouvert. Il existe deux types de transistors CMOS, qui diffèrent entre autres par le bit qu'il faut mettre sur la grille pour les ouvrir/fermer : * les transistors NMOS qui s'ouvrent lorsqu'on envoie un zéro sur la grille et se ferment si la grille est à un ; * et les PMOS qui se ferment lorsque la grille est à zéro, et s'ouvrent si la grille est à un. [[File:Td7bfig2.png|centre|vignette|upright=2|Illustration du fonctionnement des transistors NMOS et PMOS.]] Voici les symboles de chaque transistor. {| |[[File:Transistor CMOS.png|vignette|upright=0.5|Transistor CMOS]] |[[File:IGFET N-Ch Enh Labelled simplified.svg|vignette|upright=0.5|Transistor MOS à canal N (NMOS).]] |[[File:IGFET P-Ch Enh Labelled simplified.svg|vignette|upright=0.5|Transistor MOS à canal P (PMOS).]] |} ===L'anatomie d'un transistor MOS=== À l'intérieur du transistor, on trouve simplement une plaque en métal reliée à la grille appelée l'armature, un bout de semi-conducteur entre la source et le drain, et un morceau d'isolant entre les deux. Pour rappel, un semi-conducteur est un matériau qui se comporte soit comme un isolant, soit comme un conducteur, selon les conditions auxquelles on le soumet. Dans un transistor, son rôle est de laisser passer le courant, ou de ne pas le transmettre, quand il faut. C'est grâce à ce semi-conducteur que le transistor peut fonctionner en interrupteur : interrupteur fermé quand le semi-conducteur conduit, ouvert quand il bloque le courant. La commande de la résistance du semi-conducteur (le fait qu'il laisse passer ou non le courant) est réalisée par la grille, comme nous allons le voir ci-dessous. [[File:Transistor CMOS - 1.png|centre|vignette|upright=2|Transistor CMOS]] Suivant la tension que l'on place sur la grille, celle-ci va se remplir avec des charges négatives ou positives. Cela va entrainer une modification de la répartition des charges dans le semi-conducteur, ce qui modulera la résistance du conducteur. Prenons par exemple le cas d'un transistor NMOS et étudions ce qui se passe selon la tension placée sur la grille. Si on met un zéro, la grille sera vide de charges et le semi-conducteur se comportera comme un isolant : le courant ne passera pas. En clair, le transistor sera équivalent à un interrupteur ouvert. Si on met un 1 sur la grille, celle-ci va se remplir de charges. Le semi-conducteur va réagir et se mettre à conduire le courant. En clair, le transistor se comporte comme un interrupteur fermé. {| |[[File:Transistor CMOS - 3.png|vignette|upright=1.5|Transistor NMOS fermé.]] |[[File:Transistor CMOS - 4.png|vignette|upright=1.5|Transistor NMOS ouvert.]] |} ===La tension de seuil d'un transistor=== Le fonctionnement d'un transistor est légèrement plus complexe que ce qui a été dit auparavant. Mais pour rester assez simple, disons que son fonctionnement exact dépend de trois paramètres : la tension d'alimentation, le courant entre drain et source, et un nouveau paramètre appelé la tension de seuil. Appliquons une tension sur la grille d'un transistor NMOS. Si la tension de grille reste sous un certain seuil, le transistor se comporte comme un interrupteur fermé. Le seuil de tension est appelé, très simplement, la '''tension de seuil'''. Au-delà de la tension de seuil, le transistor se comporte comme un interrupteur ouvert, il laisse passer le courant. La valeur exacte du courant dépend de la tension entre drain et source, soit la tension d'alimentation. Elle aussi dépend de la différence entre tension de grille et de seuil, à savoir <math>U_G - U_\text{seuil}</math>. Le paragraphe qui va suivre est optionnel, mais détaille un peu plus le fonctionnement d'un transistor MOS. Tout ce qu'il faut comprendre est que la tension de seuil est une tension minimale pour ouvrir le transistor. Le plus important à retenir est que l'on ne peut pas baisser la tension d'alimentation sous la tension de seuil, ce qui est un léger problème en termes de consommation énergétique. Ce détail reviendra plus tard dans ce cours, quand nous parlerons de la consommation d'énergie des circuits électroniques. Dans les cas que nous allons voir dans ce cours, la tension d'alimentation est plus grande que <math>U_G - U_\text{seuil}</math>. Le courant est alors maximal, il est proportionnel à <math>U_G - U_\text{seuil}</math>. Le transistor ne fonctionne alors pas comme un amplificateur, le courant reste le même. Si la tension d'alimentation est plus petite que <math>U_G - U_\text{seuil}</math>, le transistor est en régime linéaire : le courant de sortie est proportionnel à <math>U_G - U_\text{seuil}</math>, ainsi qu'à la tension d'alimentation. Le transistor fonctionne alors comme un amplificateur de courant, dont l'intensité de l'amplification est commandée par la tension. [[File:MOSFET enhancement-mode n-channel en.svg|centre|vignette|upright=2.5|Relations entre tensions et courant d'un MOSFET à dopage N.]] ==La technologie CMOS== Les portes logiques que nous venons de voir sont actuellement fabriquées en utilisant des transistors. Il existe de nombreuses manières pour concevoir des circuits à base de transistors, qui portent les noms de DTL, RTL, TLL, CMOS et bien d'autres. Les techniques anciennes concevaient des portes logiques en utilisant des diodes, des transistors bipolaires et des résistances. Mais elles sont aujourd'hui tombées en désuétudes dans les circuits de haute performance. De nos jours, on n'utilise que des logiques MOS (''Metal Oxyde Silicium''), qui utilisent des transistors MOS vus plus haut dans ce chapitre, parfois couplés à des résistances. On distingue : * La '''logique NMOS''', qui utilise des transistors NMOS associés à des résistances. * La '''logique PMOS''', qui utilise des transistors PMOS associés à des résistances. * La '''logique CMOS''', qui utilise des transistors PMOS et NMOS, sans résistances. Dans cette section, nous allons montrer comment fabriquer des portes logiques en utilisant la '''technologie CMOS'''. Avec celle-ci, chaque porte logique est fabriquée à la fois avec des transistors NMOS et des transistors PMOS. On peut la voir comme un mélange entre la technologie PMOS et NMOS. Tout circuit CMOS est divisé en deux parties : une intégralement composée de transistors PMOS et une autre de transistors NMOS. Chacune relie la sortie du circuit soit à la masse, soit à la tension d'alimentation. [[File:Principe de la conception de circuit en technologie CMOS.png|centre|vignette|upright=2|Principe de conception d'une porte logique/d'un circuit en technologie CMOS.]] La première partie relie la tension d'alimentation à la sortie, mais uniquement quand la sortie doit être à 1. Si la sortie doit être à 1, des transistors PMOS vont se fermer et connecter tension et sortie. Dans le cas contraire, des transistors s'ouvrent et cela déconnecte la liaison entre sortie et tension d'alimentation. L'autre partie du circuit fonctionne de la même manière que la partie de PMOS, sauf qu'elle relie la sortie à la masse et qu'elle se ferme quand la sortie doit être mise à 0 [[File:Fonctionnement d'un circuit en logique CMOS.png|centre|vignette|upright=2|Fonctionnement d'un circuit en logique CMOS.]] Dans ce qui va suivre, nous allons étudier la porte NON, la porte NAND et la porte NOR. La porte de base de la technologie CMOS est la porte NON, les portes NAND et NOR ne sont que des versions altérées de la porte NON qui ajoutent des entrées et quelques transistors. Les autres portes, comme la porte ET et la porte OU, sont construites à partir de ces portes. Nous parlerons aussi de la porte XOR, qui est un peu particulière. ===La porte NON=== Cette porte est fabriquée avec seulement deux transistors, comme indiqué ci-dessous. [[File:Porte NON fabriquée avec des transistors CMOS. 01.jpg|centre|vignette|upright=1|Porte NON fabriquée avec des transistors CMOS.]] Si on met un 1 en entrée de ce circuit, le transistor du haut va fonctionner comme un interrupteur ouvert, et celui du bas comme un interrupteur fermé : la sortie est reliée au zéro volt, et vaut donc 0. Inversement, si on met un 0 en entrée de ce petit montage électronique, le transistor du bas va fonctionner comme un interrupteur ouvert, et celui du haut comme un interrupteur fermé : la sortie est reliée à la tension d'alimentation, et vaut donc 1. [[File:Porte NON fabriquée avec des transistors CMOS - fonctionnement.png|centre|vignette|upright=2|Porte NON fabriquée avec des transistors CMOS - fonctionnement.]] ===Les portes NAND et NOR=== Passons maintenant aux portes logiques à plusieurs entrées. Pour celles-ci, on va devoir utiliser plus de transistors que pour la porte NON, ce qui demande de les organiser un minium. Une porte logique à deux entrées demande d'utiliser au moins deux transistors par entrée : un transistor PMOS et un NMOS par entrée. Rappelons qu'un transistor est associé à une entrée : l'entrée est directement envoyée sur la grille du transistor et commande son ouverture/fermeture. Pour les portes logiques à 3, 4, 5 entrées, la logiques est la même : au minimum deux transistors par entrée, un PMOS et un NMOS. Nous allons d'abord voir le cas d'une porte NOR/NAND en CMOS. Avec elles, les transistors sont organisées de deux manières, appelées '''transistors en série''' (l'un après l'autre, sur le même fil) et '''transistors en parallèle''' (sur des fils différents). Le tout est illustré ci-dessous. Avec des transistors en série, plusieurs transistors NMOS ou deux PMOS se suivent sur le même fil, mais on ne peut pas mélanger NMOS et PMOS sur le même fil. [[File:Transistors CMOS en série et en parallèle.png|centre|vignette|upright=2|Transistors CMOS en série et en parallèle]] ====Les portes NAND/NOR à deux entrées==== Voyons d'abord le cas des portes NAND/NOR à deux entrées. Elles utilisent deux transistors NMOS et deux PMOS. Avec des transistors en série, deux transistors NMOS ou deux PMOS se suivent sur le même fil, mais on ne peut pas mélanger NMOS et PMOS sur le même fil. Avec des transistors en parallèle, c'est l'exact inverse. L'idée est de relier la tension d'alimentation à la sortie à travers deux PMOS transistors distincts, chacun sur son propre fil, sa propre connexion indépendante des autres. Pour la masse (0 volt), il faut utiliser deux transistors NMOS pour la relier à la sortie, avec là encore chaque transistor NMOS ayant sa propre connexion indépendante des autres. En clair, chaque entrée commande un transistor qui peut à lui seul fermer le circuit. On rappelle deux choses : chaque transistor est associée à une entrée sur sa grille, un transistor se ferme si l'entrée vaut 0 pour des transistors PMOS et 1 pour des NMOS. Avec ces deux détails, on peut expliquer comment fonctionnent des transistors en série et en parallèle. Pour résumer, les transistors en série ferment la connexion quand toutes les entrées sont à 1 (NMOS) ou 0 (PMOS). Avec les transistors en parallèle, il faut qu'une seule entrée soit à 1 (NMOS) ou 0 (PMOS) pour que la connexion se fasse. Une porte NOR met sa sortie à 1 si toutes les entrées sont à 0, à 0 si une seule entrée vaut 1. Pour reformuler, il faut connecter la sortie à la tension d'alimentation si toutes les entrées sont à 0, ce qui demande d'utiliser des transistors PMOS en série. Pour gérer le cas d'une seule entrée à 1, il faut utiliser deux transistors en parallèle entre la masse et la sortie. Le circuit obtenu est donc celui obtenu dans le premier schéma. Le même raisonnement pour une porte NAND donne le second schéma. {| |[[File:Porte NOR fabriquée avec des transistors. 02.png|centre|vignette|upright=1|Porte NOR fabriquée avec des transistors.]] |[[File:Porte NAND fabriquée avec des transistors. 04.png|centre|vignette|upright=1|Porte NAND fabriquée avec des transistors.]] |} Leur fonctionnement s'explique assez bien si on regarde ce qu'il se passe en fonction des entrées. Suivant la valeur de chaque entrée, les transistors vont se fermer ou s'ouvrir, ce qui va connecter la sortie soit à la tension d'alimentation, soit à la masse. Voici ce que cela donne pour une porte NAND : [[File:Porte NAND fabriquée avec des transistors - Fonctionnement.png|centre|vignette|upright=2|Porte NAND fabriquée avec des transistors.]] Voici ce que cela donne pour une porte NOR : [[File:Porte NOR fabriquée avec des transistors - Fonctionnement.png|centre|vignette|upright=2|Porte NOR fabriquée avec des transistors.]] ====Les portes NAND/NOR/ET/OU à plusieurs entrées==== Les portes NOR/NAND à plusieurs entrées sont construites à partir de portes NAND/NOR à deux entrées auxquelles on rajoute des transistors. Il y a autant de transistors en série que d'entrée, pareil pour les transistors en parallèle. Leur fonctionnement est similaire à leurs cousines à deux entrées. Les portes ET et OU à plusieurs entrées sont construites à partie de NAND/NOR suivies d'une porte NON. {| |[[File:NAND plusieurs entrées.png|vignette|NAND plusieurs entrées]] |[[File:NOR plusieurs entrées.png|vignette|NOR plusieurs entrées]] |} En théorie, on pourrait créer des portes avec un nombre arbitraire d'entrées avec cette méthode. Cependant, au-delà d'un certain nombre de transistors en série/parallèle, les performances s'effondrent rapidement. Le circuit devient alors trop lent, sans compter que des problèmes purement électriques surviennent. En pratique, difficile de dépasser la dizaine d'entrées. Dans ce cas, les portes sont construites en assemblant plusieurs portes NAND/NOR ensemble. Et faire ainsi marche nettement mieux pour fabriquer des portes ET/OU que pour des portes NAND/NOR. ====Les portes ET/OU sont fabriquées à partir de NAND/NOR en CMOS==== En logique CMOS, les portes logiques ET et OU sont construites en prenant une porte NAND/NOR et en mettant une porte NON sur sa sortie. Il est théoriquement possible d'utiliser uniquement des transistors en série et en parallèle, mais cette solution utilise plus de transistors. {| |[[File:CMOS AND Layout.svg|vignette|Porte ET en CMOS]] |[[File:CMOS OR.svg|vignette|Porte OU en CMOS]] |} Pour ce qui est des portes ET/OU avec beaucoup d'entrées, il est fréquent qu'elles soit construites en combinant plusieurs portes ET/OU moins complexes. Par exemple, une porte ET à 32 entrées sera construite à partir de portes à seulement 4 ou 5 entrées. Il existe cependant une alternative qui se marie nettement mieux avec la logique CMOS. Rappelons qu'en logique CMOS, les portes NAND et NOR sont les portes à plusieurs entrées les plus simples à fabriquer. L'idée est alors de combiner des portes NAND/NOR pour créer une porte ET/OU. Voici la comparaison entre les deux solutions pour une porte ET : {| |[[File:12 input AND gate via cascade of AND gates.svg|vignette|ET plusieurs entrées]] |[[File:12-input AND gate from NAND and NOR.svg|vignette|ET plusieurs entrées]] |} Voici la comparaison entre les deux solutions pour une porte OU : {| |[[File:12-input OR gate via cascade of OR gates.svg|vignette|OU plusieurs entrées]] |[[File:12-input OR gate via NOR and NAND gates.svg|vignette|OU plusieurs entrées]] |} D'autres portes mélangent transistors en série et en parallèle d'une manière différente. Les portes ET-OU-NON et OU-ET-NON en sont un bon exemple. ===Une méthode générale=== Il existe une méthode générale pour créer des portes logiques à deux entrées. Avec elle, il faut repartir du montage avec deux transistors NMOS/PMOS en série. En théorie, il permet de relier la sortie à la tension d'alimentation/zéro volt si toutes les entrées sont à 0 (PMOS) ou 1 (NMOS). L'idée est de regarder ce qui se passe si on fait précéder l'entrée d'un transistor par une porte NON. Pour deux transistors, cela fait 4 possibilités, 8 au total si on fait la différence entre PMOS et NMOS. Voici les valeurs d'entrées qui ferment le montage à transistor en série, suivant l’endroit où on place la porte NON. [[File:Transistors CMOS en série.png|centre|vignette|upright=2|Transistors CMOS en série]] Mine de rien, avec ces 8 montages de base, on peut créer n'importe quelle porte logique à deux entrées. Il faut juste se souvenir que d'après les règles du CMOS, les deux transistors PMOS se placent entre la tension d'alimentation et la sortie, et servent à mettre la sortie à 1. Pour les deux transistors NMOS, ils sont reliés à la masse et mettent la sortie à 0. Pour mieux comprendre, prenons l'exemple d'une porte XOR. Appliquons la méthode que je viens d'expliquer avec une porte XOR. Le résultat est sous-optimal, mieux vaut fabriquer une porte XOR en combinant d'autres portes logiques, mais c'est pour l'exemple. L'idée est très simple : on prend la table de vérité de la porte logique, et on associe deux transistors en série pour chaque ligne. Regardons d'abord la table de vérité ligne par ligne : {|class="wikitable" |- !Entrée 1!!Entrée 2!!Sortie |- ||0||0||0 |- ||0||1||1 |- ||1||0||1 |- ||1||1||0 |} La première ligne a ses deux entrées à 0 et sort un 0. La sortie est à 0, ce qui signifie qu'il faut regarder sur la ligne des transistors NMOS, qui connectent la sortie à la masse. Le montage qui se ferme quand les deux entrées sont à 0 est celui tout en bas à droite du tableau précédent, à savoir deux transistors NMOS avec deux portes NON. Les deux lignes du milieu ont une entrée à 0 et une à 1, et leur sortie à 1. La sortie à 1 signifie qu'il faut regarder sur la ligne des transistors PMOS, qui connectent la tension d'alimentation à la sortie. Les deux montages avec deux entrées différentes sont les deux situés au milieu, avec deux transistors PMOS et une porte logique. La dernière ligne a ses deux entrées à 1 et sort un 0. La sortie est à 0, ce qui signifie qu'il faut regarder sur la ligne des transistors NMOS, qui connectent la sortie à la masse. Le montage qui se ferme quand les deux entrées sont à 1 est celui tout en bas à gauche du tableau précédent, à savoir deux transistors NMOS seuls. En combinant ces quatre montages, on trouve le circuit suivant. Notons qu'il n'y a que deux portes NON marquées en vert et bleu : on a juste besoin d'inverser la première entrée et la seconde, pas besoin de portes en plus. Les portes NOn sont en quelque sorte partagées entre les transistors PMOS et NMOS. [[File:Cmos xor.svg|centre|vignette|upright=1|class=transparent|Porte XOR en logique CMOS.]] Si les deux entrées sont à 1, alors les deux transistors en bas à gauche vont se fermer et connecter la sortie au 0 volt, les trois autres groupes ayant au moins un transistor ouvert. Si les deux entrées sont à 0, alors les deux transistors en bas à droite vont se fermer et connecter la sortie au 0 volt, les autres quadrants ayant au moins un transistor ouvert. Et pareil quand les deux bits sont différents : un des deux quadrants aura ses deux transistors fermés, alors que les autres auront au moins un transistor ouvert, ce qui connecte la sortie à la tension d'alimentation. On peut construire la porte NXOR sur la même logique. Et toutes les portes logiques peuvent se construire avec cette méthode. Le nombre de transistors est alors le même : on utilise 12 transistors au total : 4 paires de transistors en série, 4 transistors en plus pour les portes NON. Que ce soit pour la porte XOR ou NXOR, on économise beaucoup de transistors comparés à la solution naïve, qui consiste à utiliser plusieurs portes NON/ET/OU. Si on ne peut pas faire mieux dans le cas de la porte XOR/NXOR, sachez cependant que les autres portes construites avec cette méthode utilisent plus de transistors que nécessaire. De nombreuses simplifications sont possibles, comme on le verra plus bas. Dans les faits, la méthode n'est pas utilisée pour les portes XOR. À la place, les portes XOR sont construites à base d'autres portes logiques plus simples, comme des portes NAND/NOR/ET/OU. Le résultat est que l'on a un circuit à 10 transistors, contre 12 avec la méthode précédente. [[File:CMOS10TrXOR.svg|centre|vignette|Porte XOR en CMOS en 10 transistors.]] ===Les circuits plus complexes (''full adder'', ...)=== Il est possible de fusionner plusieurs portes ET-OU-NON en un seul circuit à transistors CMOS, ce qui permet des simplifications assez impressionnantes. Pour donner un exemple, le schéma suivant compare l'implémentation d'un circuit qui fait un ET entre les deux premières entrées, puis un NOR entre le résultat du ET et la troisième entrée. L'implémentation à droite du schéma avec une porte ET et une porte NOR prend 10 transistors. L'implémentation la plus simple, à gauche du schéma, prend seulement 6 transistors. [[File:AOI21 complex vs standard gates.svg|centre|vignette|upright=1.5|Porte ET-OU-NON à trois entrées (de type 2-1) à gauche, contre la combinaison de plusieurs portes à droite.]] Une conséquence est que des circuits assez complexes gagnent à être fabriqués directement avec des transistors. Prenons l'exemple de l'additionneur complet. Une implémentation naïve, avec 5 portes logiques, utilise beaucoup de transistors. Deux portes XOR, deux portes OU et une porte ET, cela dépasse la trentaine de transistors. Faisons le compte : 10 transistors par porte XOR, 6 pour les trois autres portes, cela fait 38 transistors. Les additionneurs des processeurs modernes sont optimisés directement au niveau des transistors, pour leur permettre d'économiser des transistors. Par exemple, l'implémentation suivante en utilise seulement 24 ! [[File:Inverting full adder CMOS 24T.svg|centre|vignette|upright=1.5|Additionneur complet fabriqué avec 24 transistors.]] Et c'est sans compter que l'additionneur complet naïf n'est pas forcément le top du top en termes de performances. Là encore, une implémentation avec des transistors peut être optimisée pour être plus rapide, notamment au niveau du calcul de la retenue, ou au contraire d'économiser des transistors. Tout dépend de l'objectif visé, certains circuit optimisant à fond pour la vitesse, d'autres pour le nombre de transistors, d'autres font un compromis entre les deux. Les circuits de ce genre sont très nombreux, trop pour qu'on puisse les citer. ==La ''pass transistor logic''== La '''''pass transistor logic''''' est une forme particulière de technologie CMOS, une version non-conventionnelle. Avec le CMOS normal, la porte de base est la porte NON. En modifiant celle-ci, on arrive à fabriquer des portes NAND, NOR, puis les autres portes logiques. Les transistors sont conçus de manière à connecter la sortie, soit la tension d'alimentation, soit la masse. Avec la ''pass transistor logic'', le montage de base est un circuit interrupteur, qui connecte l'entrée directement sur la sortie. Le circuit interrupteur n'est autre que les portes à transmission vues il y a quelques chapitres. La ''pass transistor logic'' a été utilisée dans des processeurs commerciaux, comme dans l'ARM1, le premier processeur ARM. Sur l'ARM1, les concepteurs ont décidé d'implémenter certains circuits avec des multiplexeurs. La raison n'est pas une question de performance ou d'économie de transistors, juste que c'était plus pratique à fabriquer, sachant que le processeur était le premier CPU ARM de l'entreprise. S'il est intéressant de voir la ''pass transistor logic'', c'est qu'elle est souvent utilisée pour simplifier certains circuits CMOS normaux. Par exemple, il est possible d'implémenter toutes les portes logiques en CMOS normal, sauf la porte XOR qui est implémentée avec la ''pass transistor logic''. Cela permet une petite économie de circuits, vu que la porte XOR est bien plus simple en ''pass transistor logic''. La ''pass transistor logic'' est aussi utilisée pour simplifier les multiplexeurs et les démultiplexeurs, et certains additionneurs. Aussi, ne soyez pas étonné si nous revenons sur certains circuits vus dans les chapitres précédents, dans cette section. ===La porte à transmission=== Le circuit de base est une porte logique que nous n'avons pas encore vu pour le moment, appelée la '''porte à transmission'''. Elle agit comme un interrupteur commandé par une entrée de commande. Pour rappel, un interrupteur fermé laisse passer le courant, alors qu'un interrupteur fermé ne le laisse pas passer. La porte à transmission fait pareil : soit elle connecte l'entrée et la sortie, soit elle les déconnecte. Pour choisir entre les deux, une porte à transmission possède une entrée de commande sur laquelle on envoie un bit de commande. La porte est fermée si le bit de commande est à 1, ouvert s'il est à 1. [[File:Tristate buffer.svg|centre|vignette|upright=2|Porte à transmission.]] Il est possible de la voir comme une porte OUI améliorée dont la table de vérité est celle-ci : {|class="wikitable" |- !Commande!!Entrée!!Sortie |- ||0||0||Déconnexion |- ||0||1||Déconnexion |- ||1||0||0 |- ||1||1||1 |} Intuitivement, on se dit qu'une porte à transmission est faite avec un seul, vu qu'un transistor fonctionne déjà comme un interrupteur commandable. Mais une porte à transmission est construite avec deux transistors. La raison la plus intuitive est que la logique CMOS associe toujours un transistor PMOS à un transistor NMOS. Mais une autre raison, plus importante, est que les transistors NMOS et PMOS ne sont pas des interrupteurs parfaits. Les NMOS laissent passer les 0, mais laissent mal passer les 1 : la tension en sortie, pour un 1, est atténuée. Et c'est l'inverse pour les PMOS, qui laissent bien passer les 1 mais fournissent une tension de sortie peut adéquate pour les 0. Donc, deux transistors permettent d'obtenir une tension de sortie convenable. Le montage de base est illustré ci-dessous. Les deux entrées A et /A sont l'inverse l'une de l'autre, ce qui fait qu'il faut en théorie rajouter une porte NON CMOS normale, pour obtenir le circuit complet. Mais dans les faits, on arrive souvent à s'en passer. Ce qui fait que la porte à transmission est définie comme étant le circuit à deux transistors précédents. [[File:CMOS transmission gate.PNG|centre|vignette|upright=1|CMOS Transmission gate]] Une porte logique en logique CMOS connecte directement sa sortie sur la tension d'alimentation ou la masse. Mais dans une porte logique en ''pass transistor logic'', il n'y a ni tension d'alimentation, ni masse (O Volts). La sortie est connectée sur l'entrée, rien de plus. Et cela explique plusieurs différences entre CMOS et ''pass transistor logic''. La première différence est que certaines portes logiques sont impossibles avec la ''pass transistor logic'' pure. Les portes logiques CMOS peuvent générer un 1 ou un 0 distinct de ce qu'il y a sur leur entrée. Par exemple, elles peuvent sortir un 1 même si toutes leurs entrées sont à 0, car elles reliées à la tension d'alimentation. Les portes à transmission ne peuvent pas le faire. Elles se contentent de recopier une entrée sur leur sortie : impossible d'avoir un 1 en sortie avec uniquement des zéros en entrée. La conséquence est qu'il n'est pas possible de créer de porte NON, ni de porte NOR/NAND directement. Une autre différence est que l’électricité est fournie par l'entrée, ce qui fait qu'elle se dissipe un peu lors du passage dans une porte à transmission. Le résultat est que si on enchaine les portes à transmission, la tension de sortie a tendance à diminuer, et ce d'autant plus vite qu'on a enchainé de portes à transmission. Il faut souvent rajouter des portes OUI pour restaurer les tensions adéquates, à divers endroits du circuit. La ''pass transistor logic'' mélange donc porte OUI/NON CMOS normales avec des portes à transmission. Afin de faire des économies de circuit, on utilise parfois une seule porte NON CMOS comme amplificateur, ce qui fait que de nombreux signaux sont inversés dans les circuits, sans que cela ne change grand chose si le circuit est bien conçu. Par contre, ce défaut entraine aussi des avantages. Notamment, la consommation d'énergie est fortement diminuée. Seules les portes amplificatrices, les portes NON CMOS, sont alimentées en tension/courant. Le reste des circuits n'est pas alimenté, car il n'y a pas de connexion à la tension d'alimentation et la masse. De même, la ''pass transistor logic'' utilise généralement moins de transistors pour implémenter une porte logique, et un circuit électronique en général. L'exemple avec la porte XOR est assez parlant : on passe de 12 à 6 transistors par porte XOR. Des circuits riches en portes XOR, comme les circuits additionneurs, gagnent beaucoup à utiliser des portes à transmission. ===Les multiplexeurs en ''pass transistor logic''=== Les portes à transmission sont très utilisées dans les multiplexeurs et les démultiplexeurs. Prenons l'exemple d'un multiplexeur 2 vers 1. L'idée est de relier chaque entrée à la sortie par l'intermédiaire d'une porte à transmission. Quand l'une sera ouverte, l'autre sera fermée. Le résultat n'utilise que deux portes à transmission et une porte NON. Voici le circuit qui en découle : [[File:Multiplexeur fabriqué avec des portes à transmission et-ou des tampons trois-états.png|centre|vignette|upright=1.5|Multiplexeur fabriqué avec des portes à transmission]] En utilisant les portes à transmission CMOS vues plus haut, on obtient le circuit suivant : [[File:Multiplexeur fabriqué avec des portes à transmission.png|centre|vignette|upright=1.5|Multiplexeur fabriqué avec des portes à transmission CMOS.]] La même méthode fonctionne pour les multiplexeurs avec plus de deux entrées. Pour rappel, un multiplexeur est composé d'un décodeur qui commande une couche de portes ET, les sorties des portes ET sont combinées avec une porte OU. [[File:Multiplexeur 2 vers 4 conçu à partir d'un décodeur.png|centre|vignette|upright=2|Multiplexeur 2 vers 4 conçu à partir d'un décodeur]] Il est possible de remplacer les portes ET par des portes à transmission. L'idée est de ne connecter sur la sortie que l'entrée qui a été sélectionnée et de déconnecter les autres. En faisant ainsi, on peut se passer de la porte OU, qui est remplacée par un simple fil. Il n'y a qu'une seule entrée qui est connectée à la sortie à chaque instant, pas besoin d'utiliser de porte OU. Le résultat est le circuit suivant : [[File:Mux Funktionsprinzip.svg|centre|vignette|upright=1.5|Multiplexeur basé sur des interrupteurs.]] Les multiplexeurs en ''pass transistor logic'' sont plus simple que leurs cousins en CMOS normal. Beaucoup de circuits utilisent des multiplexeurs et nous en avons déjà vu pas mal : les circuits de décalage, les bascules, les additionneurs, quelques autres. Comment se comportent-ils si leurs MUX sont implémentés avec la ''pass transistor logic'' ? La réponse est que l'usage de la ''pass transistor logic'' ne change pas la donne pour les circuits de décalage, alors qu'elle change drastiquement la donne pour les bascules et les additionneurs. Voyons cela dans le détail. ===Les bascules D avec des portes à transmission=== [[File:Multiplexer-based latch (positive).svg|class=transparent|right|Bascule D créée avec un multiplexeur.]] Une bascule D est, pour rappel, un circuit qui mémorise un bit. Elle peut être implémenté avec un multiplexeur 2 vers 1, en bouclant la sortie du multiplexeur sur une entrée. Pour un multiplexeur fabriqué avec des portes CMOS, boucler sa sortie sur son entrée ne pose pas de problème. Mais avec des portes à transmission, le circuit ne fonctionne pas. Le problème est qu'une porte à transmission est électriquement équivalente à un simple interrupteur, ce qui réduit le circuit à une boucle entre un interrupteur et un fil. Le courant qui circule dans le fil et l'interrupteur se dissipe rapidement du fait de la résistance du fil et disparait en quelques micro- ou millisecondes. La solution est de rajouter une porte OUI (celle qui recopie son entrée sur sa sortie) dans la boucle pour régénérer le signal électrique. Et la manière la plus simple de fabriquer une porte OUI utilise deux portes NON qui se suivent, ce qui donne le circuit ci-dessous. Cela garantit que la boucle est alimentée en courant/tension quand elle est fermée. Son contenu ne s'efface pas avec le temps, mais est automatiquement régénéré par les portes NON. L'ensemble sera stable tant que la boucle est fermée. [[File:Implémentation conceptuelle d'une bascule D.png|centre|vignette|upright=2|Implémentation d'une bascule D avec des portes à transmission.]] Le circuit précédent utilise seulement 10 transistors, alors qu'un multiplexeur en CMOS normal en utilise 14. Un autre avantage est que ce circuit permet d'avoir les deux sorties Q : la sortie Q inversée est prise en sortie de la première porte NON. Une variante du circuit précédent est utilisée dans les mémoires dites SRAM, qui sont utilisées pour les registres du processeur ou ses mémoires caches. Mais nous verrons cela plus en détail dans le chapitre sur les cellules mémoires. Certaines bascules D ont une entrée R, qui met à zéro le bit mémorisé dans la bascule quand l'entrée R est à 1. Pour cela, elles ajoutent un circuit de mise à zéro, que nous avons déjà vu dans le chapitre sur les opérations bit à bit. Ce circuit de mise à zéro est placé après la seconde porte NON, et sa sortie est bouclée sur l'entrée du circuit. Le circuit obtenu est le suivant : [[File:Bascule D avec entrée Reset.png|centre|vignette|upright=2|Bascule D avec entrée Reset]] Le circuit peut se simplement fortement en fusionnant les trois portes situées entre les deux sorties Q, à savoir la porte ET et les deux portes NON qui la précédent. La loi de De Morgan nous dit que l'ensemble est équivalent à une porte NOR, ce qui donne le circuit suivant : [[File:Bascule D avec entrée Reset, simplifiée.png|centre|vignette|upright=2|Bascule D avec entrée Reset, simplifiée]] ===L'additionneur ''Manchester Carry Chain''=== Les portes à transmission étaient autrefois utilisées pour simplifier les additionneurs, et plus précisément les additionneurs à propagation de retenue. Pour rappel, un additionneur à propagation de retenue additionne deux opérandes, bit par bit. Elle additionne les deux bits de poids faible, ce qui donne un bit de résultat et un bit de retenue. Le bit de retenue est alors envoyé à la colonne suivante, où deux bits sont additionnés avec la retenue, et ainsi de suite. De tels circuits sont composées en enchainant des additionneurs complets, des circuits qui additionnent trois bits : deux bits d'opérandes et une retenue. [[File:Ripplecarryadder.png|centre|vignette|upright=2.5|Additionneur à propagation de retenue.]] Un défaut des additionneurs à propagation de retenue est leur lenteur. Le résultat n'est connu qu'une fois que les retenues ont été propagées d'une colonne à l'autre. Et cette propagation est assez lente. Les additionneurs modernes utilisent des techniques très complexes pour résoudre ce problème, comme nous l'avons vu il y a quelques chapitres. Mais ces solutions utilisent beaucoup plus de transistors. De nombreux processeurs comme le 8086 d'Intel, ou d'autres processeurs 8-16 bits de cette époque, ne pouvaient pas se le permettre. À la place, ils utilisaient une optimisation à base de portes à transmission. L'optimisation en question s'appelle la ''Manchester Carry Chain''. Elle part d'un additionneur construit avec un multiplexeur. Pour rappel, la retenue sortante est soit égale à la retenue entrante, soit est générée par l'additionneur. Le choix entre les deux est réalisé par un multiplexeur, qui est commandé par une porte logique qui détermine s'il faut propager la retenue ou non. [[File:Additionneur complet basé sur un MUX.png|centre|vignette|upright=2|Additionneur complet basé sur un MUX]] Avec la ''Manchester Carry Chain'', le multiplexeur est implémenté avec des portes à transmission, comme illustré ci-dessous. L'avantage est que la propagation de la retenue est beaucoup plus rapide. Pas besoin de traverser des portes logiques, la propagation de la retenue ne rencontre pas d'obstacle, si ce n'est la résistance des fils, elle ne subit pas de délai lié au temps de propagation des portes logiques. [[File:Manchester carry chain.png|centre|vignette|upright=2|Manchester carry chain]] Cependant, l'usage de portes à transmission a quelques défauts. Le principal est que, vu que la retenue d'entrée est envoyée sur la sortie à travers des interrupteurs, la tension sur la retenue de sortie est plus faible que la tension de la retenue d'entrée. Ce qui pose des problèmes quand on doit enchainer plusieurs additionneurs de ce type, mais laissons cela pour plus tard. Il existe une version de cet additionneur en logique dynamique, où les portes à transmission sont utilisées comme des condensateurs, mais nous n'en parlerons pas ici. ===La ''pass transistor logic'' utilise des multiplexeurs 2 vers 1=== La ''pass transistor logic'' est rarement utilisée, à une exception de taille : la porte XOR. Pour rappel, une porte XOR est une sorte d'inverseur commandable, à savoir un circuit prend un bit d'entrée A, et l'inverse ou non suivant la valeur d'un bit de commande B. Et cela nous dit comment implémenter une porte XOR avec un multiplexeur. Un multiplexeur choisit sa sortie parmi deux entrées : A et <math>\overline{A}</math>, le second bit B est envoyé sur l'entrée de commande ! Le circuit obtenu, est celui-ci : [[File:XOR implémenté avec un MUX.png|centre|vignette|upright=2.5|XOR implémenté avec un MUX.]] Il est possible de simplifier le circuit en rusant un peu, ce qui donne le circuit ci-dessous. Comme vous pouvez les voir, il mélange porte à transmission et portes NON CMOS normales. [[File:CmosXORGate.svg|centre|vignette|upright=1|XOR en ''pass transistor logic'']] Dans les deux cas, l'économie en transistors est drastique comparé au CMOS normal. Plus haut, nous avons illustré plusieurs versions possibles d'une porte XOR en CMOS normal, toutes de 12 transistors. Avec ''pass transistor logic'', une porte XOR utilise 4 à 8 transistors. Le gain est clairement significatif, suffisamment pour utiliser la ''pass transistor logic'' pour la porte XOR, quitte à utiliser des portes CMOS normales pour le reste. Quelques processeurs faisaient cela dans le temps, comme le mythique processeur Z80. La ''pass transistor logic'' implémente les autres portes logiques avec un multiplexeur 2 vers 1 couplé à quelques portes NON ! Et intuitivement, vous vous dites que les deux entrées de la porte logique correspondent aux deux entrées de donnée du multiplexeur. Sauf qu'en réalité, un bit d'entrée est envoyé sur l'entrée de commande, et l'autre bit sur une entrée de donnée du multiplexeur. Suivant ce qu'on met sur la seconde entrée du multiplexeur, on obtient une porte ET, OU, XOR, etc. Il y a quatre choix possibles : soit on envoie un 0, soit un 1, soit l'inverse du bit d'entrée, soit envoyer deux fois le bit d'entrée. : Plus haut, nous avions dit que les portes à transmission ne permettaient pas d'implémenter certaines portes logiques, car elles recopient leur entrée sur leur sortie. Impossible d'avoir un 1 en sortie si les entrées valent 0. Mais remarquez que les circuits précédents utilisent les portes NON. Ce sont ces portes NON qui fournissent l'électricité en sortie nécessaire pour avoir un 1 en sortie alors que les entrées sont à 0. [[File:Portes logiques faites à partir de multiplexeurs.png|centre|vignette|upright=2|Portes logiques faites à partir de multiplexeurs]] ==Les technologies PMOS et NMOS== Dans ce qui va suivre, nous allons voir la technologie NMOS et POMS. Pour simplifier, la technologie NMOS est équivalente aux circuits CMOS, sauf que les transistors PMOS sont remplacés par une résistance. Pareil avec la technologie PMOS, sauf que c'est les transistors NMOS qui sont remplacés par une résistance. Les deux technologies étaient utilisées avant l'invention de la technologie CMOS, quand on ne savait pas comment faire pour avoir à la fois des transistors PMOS et NMOS sur la même puce électronique, mais sont aujourd'hui révolues. Nous en parlons ici, car nous évoquerons quelques circuits en PMOS/NMOS dans le chapitre sur les cellules mémoire, mais vous pouvez considérer que cette section est facultative. ===Le fonctionnement des logiques NMOS et PMOS=== Avec la technologie NMOS, les portes logiques sont fabriqués avec des transistors NMOS intercalés avec une résistance. [[File:Circuit en logique NMOS.png|centre|vignette|upright=2|Circuit en logique NMOS.]] Leur fonctionnement est assez facile à expliquer. Quand la sortie doit être à 1, tous les transistors sont ouverts. La sortie est connectée à la tension d'alimentation et déconnectée de la masse, ce qui fait qu'elle est mise à 1. La résistance est là pour éviter que le courant qui arrive dans la sortie soit trop fort. Quand au moins un transistor NMOS qui se ferme, il connecte l'alimentation à la masse, les choses changent. Les lois compliquées de l'électricité nous disent alors que la sortie est connectée à la masse, elle est donc mise à 0. [[File:Fonctionnement d'un circuit en technologie NMOS.png|centre|vignette|upright=2|Fonctionnement d'un circuit en technologie NMOS.]] Les circuits PMOS sont construits d'une manière assez similaire aux circuits CMOS, si ce n'est que les transistors NMOS sont remplacés par une résistance qui relie ici la masse à la sortie. Rien d'étonnant à cela, les deux types de transistors, PMOS et NMOS, ayant un fonctionnement inverse. ===Les portes logiques en NMOS et PMOS=== Que ce soit en logique PMOS ou NMOS, les portes de base sont les portes NON, NAND et NOR. Les autres portes sont fabriquées en combinant des portes de base. Voici les circuits obtenus en NMOS et PMOS: {|class="wikitable flexible" |- ! colspan="5 | NMOS |- | class="transparent" | [[File:NMOS NOT.svg|class=transparent|100px|Porte NON NMOS.]] | class="transparent" | [[File:NMOS NAND.svg|class=transparent|100px|NMOS-NAND]] | class="transparent" | [[File:NMOS NOR.png|100px|NMOS-NOR]] | class="transparent" | [[File:NMOS AND gate.png|100px|NMOS AND]] | class="transparent" | [[File:NMOS OR gate.png|100px|NMOS OR]] |- ! colspan="5 | PMOS |- | class="transparent" | [[File:PMOS NOT.png|100px|PMOS NOT]] | class="transparent" | [[File:PMOS NAND corr.png|100px|PMOS NAND]] | class="transparent" | [[File:PMOS NOR corr.png|100px|PMOS NOR]] | class="transparent" | | class="transparent" | [[File:PMOS OR gate.png|100px|PMOS OR]] |} ====Les portes logiques de base en NMOS==== Le circuit d'une porte NON en technologie NMOS est illustré ci-dessous. Le principe de ce circuit est similaire au CMOS, avec quelques petites différences. Si on envoie un 0 sur la grille du transistor, il s'ouvre et connecte la sortie à la tension d'alimentation à travers la résistance. À l'inverse, quand on met un 1 sur la grille, le transistor se ferme et la sortie est reliée à la masse, donc mise à 0. Le résultat est bien un circuit inverseur. {|class="wikitable flexible" |[[File:NMOS NOT.svg|class=transparent|Porte NON NMOS.]] |[[File:Not.PNG|class=transparent|Porte NON NMOS : fonctionnement.]] |} La porte NOR est similaire à la porte NON, si ce n'est qu'il y a maintenant deux transistors en parallèle. Si l'une des grilles est mise à 1, son transistor se fermera et la sortie sera mise à 0. Par contre, quand les deux entrées sont à 0, les transistors sont tous les deux ouverts, et la sortie est mise à 1. Le comportement obtenu est bien celui d'une porte NOR. {|class="wikitable flexible" |[[File:NMOS NOR.png|NMOS-NOR-gate]] |[[File:Funktionsprinzip eines NOR-Gatters.png|class=transparent|Fonctionnement d'une porte NOR NMOS.]] |} La porte NAND fonctionne sur un principe similaire au précédent, si ce n'est qu'il faut que les deux grilles soient à zéro pour obtenir une sortie à 1. Pour mettre la sortie à 0 quand seulement les deux transistors sont ouverts, il suffit de les mettre en série, comme dans le schéma ci-dessous. Le circuit obtenu est bien une porte NAND. {|class="wikitable flexible" |[[File:NMOS NAND.svg|class=transparent|centre|NMOS-NAND-gate]] |[[File:Funktionsprinzip eines NAND-Gatters.png|class=transparent|centre|Funktionsprinzip eines NAND-Gatters]] |} ===Les avantages et inconvénients des technologies CMOS, PMOS et NMOS=== La technologie PMOS et NMOS ne sont pas totalement équivalentes, niveau performances. Ces technologies se distinguent sur plusieurs points : la vitesse des transistors et leur consommation énergétique. La vitesse des circuits NMOS/PMOS/CMOS dépend des transistors eux-mêmes. Les transistors PMOS sont plus lents que les transistors NMOS, ce qui fait que les circuits NMOS sont plus rapides que les circuits PMOS. Les circuits CMOS ont une vitesse intermédiaire, car ils contiennent à la fois des transistors NMOS et PMOS. Pour la consommation électrique, les résistances sont plus goumandes que les transistors. En PMOS et NMOS, la résistance est traversée par du courant en permanence, peu importe l'état des transistors. Et résistance traversée par du courant signifie consommation d'énergie, dissipée sous forme de chaleur par la résistance. Il s'agit d'une perte sèche d'énergie, une consommation d'énergie inutile. En CMOS, l'absence de résistance fait que la consommation d'énergie est liée aux transistors, et celle-ci est beaucoup plus faible que pour une résistance. Les transistors PMOS sont plus simples à fabriquer que les NMOS, ils sont plus simples à sortir d'usine. Les premiers processeurs étaient fabriqués en logique PMOS, plus simple à fabriquer. Puis, une fois la fabrication des circuits NMOS maitrisée, les processeurs sont tous passés en logique NMOS du fait de sa rapidité. La logique CMOS a mis du temps à remplacer les logiques PMOS et NMOS, car il a fallu maitriser les techniques pour mettre à la fois des transistors NMOS et PMOS sur la même puce. Les premières puces électroniques étaient fabriquées en PMOS ou en NMOS, parce qu'on n’avait pas le choix. Mais une fois la technologie CMOS maitrisée, elle s'est imposée en raison de deux gros avantages : une meilleure fiabilité (une meilleure tolérance au bruit électrique), et une consommation électrique plus faible. ==La logique dynamique MOS== La '''logique dynamique''' permet de créer des portes logiques ou des bascules d'une manière assez intéressante. Et aussi étonnant que cela puisse paraître, le signal d’horloge est alors utilisé pour fabriquer des circuits combinatoires ! ===Un transistor MOS peut servir de condensateur=== Les technologies CMOS conventionnelles mettent la sortie d'une porte logique à 0/1 en la connectant à la tension d'alimentation ou à la masse. La logique ''pass transistor'' transfère la tension et le courant de l'entrée vers la sortie. Dans les deux cas, la sortie est connectée directement ou indirectement à la tension d'alimentation quand on veut lui faire sortie un 1. Avec la logique dynamique, ce n'est pas le cas. La sortie est maintenue à 0 ou à 1 en utilisant un réservoir d'électron qui remplace la tension d'alimentation. En électronique, il existe un composant qui sert de réservoir à électricité : il s'agit du '''condensateur'''. On peut le charger en électricité, ou le vider pour fournir un courant durant une petite durée de temps. Par convention, un condensateur stocke un 1 s'il est rempli, un 0 s'il est vide. L'intérieur d'un condensateur est formé de deux couches de métal conducteur, séparées par un isolant électrique. Les deux plaques de conducteur sont appelées les armatures du condensateur. C'est sur celles-ci que les charges électriques s'accumulent lors de la charge/décharge d'un condensateur. L'isolant empêche la fuite des charges d'une armature à l'autre, ce qui permet au condensateur de fonctionner comme un réservoir, et non comme un simple fil. Il est possible de fabriquer un pseudo-condensateur avec un transistor MOS. En effet, tout transistor MOS a un pseudo-condensateur caché entre la grille et la liaison source-drain. Pour comprendre ce qui se passe dans ce transistor de mémorisation, il faut savoir ce qu'il y a dans un transistor CMOS. À l'intérieur, on trouve une plaque en métal appelée l'armature, un bout de semi-conducteur entre la source et le drain, et un morceau d'isolant entre les deux. L'ensemble forme donc un condensateur, certes imparfait, qui porte le nom de capacité parasite du transistor. Suivant la tension qu'on envoie sur la grille, l'armature va se remplir d’électrons ou se vider, ce qui permet de stocker un bit : une grille pleine compte pour un 1, une grille vide compte pour un 0. [[File:Transistor CMOS - 1.png|centre|vignette|upright=2|Anatomie d'un transistor CMOS]] L'utilisation de transistors MOS comme condensateur n'est pas spécifique à la logique dynamique. Certains mémoires RAM le font, comme nous le verrons dans le chapitre sur les cellules mémoires. Aussi, il est intéressant d'en parler maintenant, histoire de préparer le terrain. D'ailleurs, les mémoires RAM sont remplies de logique dynamique. ===L'utilisation des pseudo-condensateurs en logique dynamique=== Un circuit conçu en logique dynamique contient un transistor est utilisé comme condensateur. Il s’insère entre la tension d'alimentation et la sortie du circuit. Son rôle est simple : lorsqu'on utilise la sortie, le condensateur se vide, ce qui place la sortie à 1. le reste du temps, le condensateur est relié à la tension d'alimentation et se charge. Un circuit en logique dynamique effectue son travail en deux phases : une phase d'inactivité où il remplit ses condensateurs, et une phase où sa sortie fonctionne. Les deux phases sont appelées la '''phase de précharge''' et la '''phase d'évaluation'''. La succession de ces deux phases est réalisée par le signal d'horloge : la première phase a lieu quand le signal d'horloge est à 1, l'autre quand il est à 0. Voici un exemple de porte NAND en logique dynamique MOS. La porte est alors réalisée avec des transistors NMOS et PMOS, le circuit ressemble à ce qu'on a en logique NMOS. En bas, on trouve les transistors NMOS pour relier la sortie au 0 volt. Mais au-dessus, on trouve un transistor CMOS qui remplace la résistance. Le fonctionnement du circuit est simple. Quand l'entrée ''clock'' est à 1, le condensateur se charge, les deux transistors NMOS sont déconnectés de la masse et le circuit est inactif. Puis, quand ''clock'' passe à 0, Le transistor PMOS se comporte en circuit ouvert, ce qui déconnecte la tension d'alimentation. Et son pseudo-condensateur se vide, ce qui fournit une tension d'alimentation de remplacement temporaire. Le transistor NMOS du bas se ferme, ce qui fait que les deux transistors A et B décident de si la sortie est connectée au 0 volt ou non. Si c'est le cas, le pseudo-condensateur se vide dans le 0 volt et la sortie est à 0. Sinon, le pseudo-condensateur se vide dans la sortie, ce qui la met à 1. [[File:Dlnand.svg|centre|vignette|Porte NAND en logique CMOS.]] Il est aussi possible de créer une bascule D en utilisant la logique dynamique. L'idée est de prendre une bascule D normale, mais d'ajouter un fonctionnement en deux étapes en ajoutant des transistors/interrupteurs. Pour rappel, une bascule D normale est composée de deux inverseurs reliés l'un à l'autre en formant une boucle, avec un multiplexeur pour permettre les écritures dans la boucle. [[File:Implémentation conceptuelle d'une bascule D.png|centre|vignette|upright=2|Implémentation conceptuelle d'une bascule D]] [[File:Animation du fonctionnement d'une bascule.gif|vignette|upright=2|Animation du fonctionnement de la bascule précédente.]] Le circuit final ajoute deux transistors entre les inverseurs tête-bêche. Les transistors en question sont reliés à l'horloge, l'un étant ouvert quand l'autre est fermé. Grâce à eux, le bit mémorisé circule d'un inverseur à l'autre : il est dans le premier inverseur quand le signal d'horloge est à 1, dans l'autre inverseur quand il est à 0 (en fait son inverse, comme vous l'aurez compris). Le tout est illustré ci-contre. Cette implémentation a été utilisée autrefois, notamment dans le processeur Intel 8086. [[File:Bascule D en logique Dynamique, avec entrée Enable.png|centre|vignette|upright=2|Bascule D en logique Dynamique, avec entrée Enable]] Il existe une variante très utilisée, qui permet de remplacer le multiplexeur par un circuit légèrement plus simple. Avec elle, on a deux entrées pour commander la bascule, et non une seule entrée Enable. L'entrée Enable autorise les écriture, l'entrée Hold ferme la boucle qui relie la sortie du second inverseur au premier. Chaque entrée est associé à un transistor/interrupteur. Le transistor sur lequel on envoie l'entrée Enable se ferme uniquement lors des écritures et reste fermé sinon. À l'inverse, le transistor relié au signal Hold est fermé en permanence, sauf lors des écritures. En clair, les deux signaux sont l'inverse l'un de l'autre. Il permet de fermer le circuit, de bien relier les deux inverseurs en tête-bêche, sauf lors des écritures. On envoie donc l'inverse de l'entrée Enable sur ce transistor. [[File:Bascule D en logique dynamique.png|centre|vignette|upright=2|Bascule D en logique dynamique]] Une manière de comprendre le circuit précédent est de le comparer à celui avec le multiplexeur. Le multiplexeur est composé d'une porte NON et de deux transistors. Il se trouve que les deux transistors en question sont placés au même endroit que les transistors connectés aux signaux Hold et Enable. En prenant retirant la porte NON du multiplexeur, on se retrouve avec le circuit. Au lieu de prendre un Signal Enable qui commande les deux transistors, ce qui demande d'ajouter une porte NON vu que les deux transistors doivent faire l'inverse l'un de l'autre, on se contente d'envoyer deux signaux séparés pour commander chaque transistor indépendamment. Des circuits nettement plus complexes peuvent être créés en logique dynamique. Pour les curieux, sachez que le ''barrel shifter'' du processeur Intel 386 était construit en logique dynamique. Le ''barrel shifter'' en question était un circuit capable de décaler des opérandes de 32 bits, ce qui était beaucoup pour l'époque. Il faisait environ 2000 transistors, ce qui correspondait à environ la moitié des transistors du CPU 6502 de Motorola, un CPU 8 bits. Et il aurait sans doute fait plus s'il n'avait pas utilisé la logique dynamique, ainsi que diverses optimisations. L'article suivant, assez complet, détaille ce circuit : [https://www.righto.com/2023/12/386-barrel-shifter.html Reverse engineering the barrel shifter circuit on the Intel 386 processor die ] ===Avantages et inconvénients=== Les circuits en logique dynamique sont opposés aux circuits en logique statique, ces derniers étant les circuits CMOS, PMOS, NMOS ou TTL vu jusqu'à présent. Les circuits dynamiques et statiques ont des différences notables, ainsi que des avantages et inconvénients divers. Si on devait résumer : * la logique dynamique utilise généralement un peu plus de transistors qu'un circuit CMOS normal ; * la logique dynamique est souvent très rapide par rapport à la concurrence, car elle n'utilise que des transistors NMOS, plus rapides ; * la consommation d'énergie est généralement supérieure comparé au CMOS. Un désavantage de la logique dynamique est qu'elle utilise plus de transistors. On économise certes des transistors MOS, mais il faut rajouter les transistors pour déconnecter les transistors NMOS de la masse (0 volt). Le second surcompense le premier. Un autre désavantage est que le signal d'horloge ne doit pas tomber en-dessous d'une fréquence minimale. Avec une logique statique, on a une fréquence maximale, mais pas de fréquence minimale. Avec un circuit statique peut réduire la fréquence d'un circuit pour économiser de l'énergie, pour améliorer sa stabilité, et de nombreux processeurs modernes ne s'en privent pas. On peut même stopper le signal d'horloge et figer le circuit, ce qui permet de le mettre en veille, d'en stopper le fonctionnement, etc. Impossible avec la logique dynamique, qui demande de ne pas tomber sous la fréquence minimale. Cela a un impact sur la consommation d'énergie, sans compter que cela se marie assez mal avec certaines applications. Un processeur moderne ne peut pas être totalement fabriqué en logique dynamique, car il a besoin d'être mis en veille et qu'il a besoin de varier sa fréquence en fonction des besoins. Le dernier désavantage implique l'arbre d'horloge, le système d'interconnexion qui distribue le signal d'horloge à toutes les bascules d'un circuit. L'arbre d'horloge est beaucoup plus compliqué avec la logique dynamique qu'avec la logique statique. Avec la logique statique, seules les bascules doivent recevoir le signal d'horloge, avec éventuellement quelques rares circuits annexes. Mais avec la logique dynamique, toutes les portes logiques doivent recevoir le signal d'horloge, ce qui rend la distribution de l'hrologe beaucoup plus compliquée. C'est un point qui fait que la logique dynamique est assez peu utilisée, et souvent limitée à quelques portions bien précise d'un processeur. ==La logique TTL : un apercu rapide== Tous ce que nous avons vu depuis le début de ce chapitre porte sur les transistors MOS et les technologies associées. Mais les transistors MOS n'ont pas été les premiers inventés. Ils ont été précédés par les '''transistors bipolaires'''. Nous ne parlerons pas en détail du fonctionnement d'un transistor bipolaire, car celui-ci est extraordinairement compliqué. Cependant, nous devons parler rapidement de la logique TTL, qui permet de fabriquer des portes logiques avec ces transistors bipolaires. Là encore, rassurez-vous, nous n'allons pas voir comment fabriquer des portes logiques en logique TTL, cela serait trop compliqué, sans compter que le but n'est pas de faire un cours d'électronique. Mais nous devons fait quelques remarques et donner quelques explications superficielles. La raison à cela est double. La première raison est que certains circuits présents dans les mémoires RAM sont fabriqués avec des transistors bipolaires. C'est notamment le cas des amplificateurs de lecture ou d'autres circuits de ce genre. De tels circuits ne peuvent pas être implémentés facilement avec des transistors CMOS et nous expliquerons rapidement pourquoi dans ce qui suit. La seconde raison est que ce cours parlera occasionnellement de circuits anciens et qu'il faut quelques bases sur le TTL pour en parler. Dans la suite du cours, nous verrons occasionnellement quelques circuits anciens, pour la raison suivante : ils sont très simples, très pédagogiques, et permettent d'expliquer simplement certains concepts du cours. Rien de mieux que d'étudier des circuits réels pour donner un peu de chair à des explications abstraites. Par exemple, pour expliquer comment fabriquer une unité logique de calcul bit à bit, je pourrais utiliser l'exemple du Motorola MC14500B, un processeur 1 bit qui est justement une unité logique sous stéroïdes. Ou encore, dans le chapitre sur les circuits additionneurs, je parlerais du circuit additionneur présent dans l'Intel 8008 et dans l'Intel 4004, les deux premiers microprocesseurs commerciaux. Malheureusement, malgré leurs aspects pédagogiques indéniables, ces circuits ont le défaut d'être des circuits TTL. Ce qui est intuitif : les circuits les plus simples ont été inventés en premier et utilisent du TTL plus ancien. Beaucoup de ces circuits ont été inventés avant même que le CMOS ou même les transistors MOS existent. D'où le fait que nous devons faire quelques explications mineures sur le TTL. ===Les transistors bipolaires=== Les '''transistors bipolaires''' ressemblent beaucoup aux transistors MOS. Les transistors bipolaires ont trois broches, appelées le collecteur, la base et l'émetteur. Notez que ces trois termes sont différents de ceux utilisés pour les transistors MOS, où on parle de la grille, du drain et de la source. Là encore, comme pour les transistors PMOS et NMOS, il existe deux types de transistors bipolaires : les NPN et les PNP. Là encore, il est possible de fabriquer une puce en utilisant seulement des NPN, seulement des PNP, ou en mixant les deux. Mais les ressemblances s'arrêtent là. La différence entre PNP et NPN tient dans la manière dont les courants entrent ou sortent du transistor. La flèche des symboles ci-dessous indique si le courant rentre ou sort par l'émetteur : il rentre pour un PNP, sort pour un NPN. Dans la suite du cours, nous n'utiliserons que des transistors NPN, les plus couramment utilisés. {| |[[File:BJT PNP symbol.svg|vignette|BJT PNP]] |[[File:BJT NPN symbol.svg|vignette|BJT NPN]] |} Plus haut nous avons dit que les transistors CMOS sont des interrupteurs. La réalité est que tout transistor peut être utilisé de deux manières : soit comme interrupteur, soit comme amplificateur de tension/courant. Pour simplifier, le transistor bipolaire NPN prend en entrée un courant sur sa base et fournit un courant amplifié sur l'émetteur. Pour s'en servir comme amplificateur, il faut fournir une source de courant sur le collecteur. Le fonctionnement exact est cependant plus compliqué. [[File:Transistor bipolaire, explication simplifiée de son fonctionnement.png|centre|vignette|upright=1.5|Transistor bipolaire, explication simplifiée de son fonctionnement]] Les transistors bipolaires sont de bons amplificateurs, mais de piètres interrupteurs. À l'inverse, les transistors CMOS sont généralement de bons interrupteurs, mais de moyens amplificateurs. Pour des circuits numériques, la fonction d'interrupteur est clairement plus adaptée, car elle-même binaire (un transistor est fermé ou ouvert : deux choix possibles). Aussi, les circuits modernes privilégient des transistors CMOS aux transistors bipolaires. À l'inverse, la fonction d'amplification est adaptée aux circuits analogiques. C'est pour ça que nous rencontrerons les transistors bipolaires soit dans des portions de l'ordinateur qui sont au contact de circuits analogiques. Pensez par exemple aux cartes sons ou au vieux écrans cathodiques, qui gèrent des signaux analogiques (le son pour la carte son, les signaux vidéo analogique pour les vieux écrans). On les croisera aussi dans les mémoires DRAM, dont la conception est un mix entre circuits analogiques et numériques. Nous les croiserons aussi dans de vieux circuits antérieurs aux transistors MOS. Les anciens circuits faisaient avec les transistors bipolaires car ils n'avaient pas le choix, mais ils ont été partiellement remplacés dès l'apparition des transistors CMOS. ===Les portes logiques complexes en TTL=== Le détail le plus important qui nous concernera dans la suite du cours est le suivant : on peut créer des portes logiques exceptionnellement complexes en TTL. Pour comprendre pourquoi, sachez qu'il existe des transistors bipolaires qui possèdent plusieurs émetteurs. Ils sont très utilisés pour fabriquer des portes logiques à plusieurs entrées. Les émetteurs correspondent alors à des entrées de la porte logique. Ainsi, une porte logique à plusieurs entrées se fait non pas en ajoutant des transistors, comme c'est le cas avec les transistors MOS, mais en ajoutant un émetteur sur un transistor. Cela permet à une porte NAND à trois entrées de n'utiliser que deux transistors bipolaires, au lieu de quatre transistors MOS. [[File:Multiemitter Transistor.svg|centre|vignette|upright=1|Transistor bipolaire avec plusieurs émetteurs.]] De plus, là où les logiques PMOS/NMOS/CMOS permettent de fabriquer les portes de base que nous avons précédemment, elles ne peuvent pas faire plus. Au pire, on peut implémenter des portes ET/OU/NAND/NOR à plusieurs entrées, mais pas plus. En TTL, on peut parfaitement créer des portes de type ET/OU/NON ou OU/ET/NON, avec seulement quatre transistors. Par exemple, une '''porte ET/OU/NON''' de type 2-2 entrées (pour rappel, qui effectue un ET par paire d’entrée puis fait un NOR entre le résultat des deux ET) est bien implémenté en une seule porte logique, pas en enchainant deux ou trois portes à la suite. [[File:TTL AND-OR-INVERT 1961.png|centre|vignette|upright=2|TTL AND-OR-INVERT 1961]] ===Les désavantages et avantages des circuits TTL=== Pour résumer, le TTL à l'avantage de pouvoir fabriquer des portes logiques avec peu de transistors comparé au CMOS, surtout pour les portes logiques complexes. Et autant vous dire que les concepteurs de puce électroniques ne se gênaient pas pour utiliser ces portes complexes, capables de fusionner 3 à 5 portes en une seule : les économies de transistors étaient conséquentes. Et pourtant, les circuits TTL étaient beaucoup plus gros que leurs équivalents CMOS. La raison est qu'un transistor bipolaire prend beaucoup de place : il est environ 10 fois plus gros qu'un transistor MOS. Autant dire que les économies réalisées avec des portes logiques complexes ne faisaient que compenser la taille énorme des transistors bipolaires. Et encore, cette compensation n'était que partielle, ce qui fait que les circuits PMOS/NMOS/CMOS se miniaturisent beaucoup plus facilement. Un avantage pour le transistor MOS ! De plus, les schémas précédents montrent que les portes logiques en TTL utilisent une résistance, elle aussi difficile à miniaturiser. Et cette résistance est parcourue en permanence par un courant, ce qui fait qu'elle consomme de l'énergie et chauffe. C'est la même chose en logique NMOS et PMOS, ce qui explique leur forte consommation d'énergie. Les circuits TTL ont donc le même problème. [[File:TTL Input voltage.svg|vignette|upright=0.5|TTL voltage.]] Un autre défaut est lié à la une tension d'alimentation. Les circuits TTL utilisent une tension d'alimentation de 5 volts, alors que les circuits CMOS ont une tension d'alimentation beaucoup plus variable. Les circuits CMOS vont de 3 volts à 18 volts pour les circuits commerciaux, avec des tensions de 1 à 3 volts pour les circuits optimisés. Les circuits CMOS sont généralement bien optimisés et utilisent une tension d'alimentation plus basse que les circuits TTL, ce qui fait qu'ils consomment moins d'énergie et de courant. De plus, rappelons que coder un zéro demande que la tension soit sous un seuil, alors que coder un 1 demande qu'elle dépasse un autre seuil, avec une petite marge de sécurité entre les deux. Les seuils en question sont indiqués dans le diagramme ci-dessous. Il s'agit des seuils VIH et VIL. On voit que sur les circuits TTL, la marge de sécurité est plus faible qu'avec les circuits CMOS. De plus, les marges sont bien équilibrées en CMOS, à savoir que la marge de sécurité est en plein milieu entre la tension max et le zéro volt. Avec le TTL normal, la marge de sécurité est très proche du zéro volt. Un 1 est codé par une tension entre 2 et 5 volts en TTL ! Une version améliorée du TTL, le LVTTL, corrige ce défaut. Elle baisse la tension d'alimentation à 3,3 Volts, mais elle demande des efforts de fabrication conséquents. [[File:Niveaux logiques CMOS-TTL-LVTTL.png|centre|vignette|upright=2|Niveaux logiques CMOS-TTL-LVTTL]] <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de calcul trigonométriques | prevText=Les circuits de calcul trigonométriques | next=Les circuits intégrés | nextText=Les circuits intégrés }} {{autocat}} </noinclude> shk5ff9rtjaoohdd6me9afvm3mxli0f Fonctionnement d'un ordinateur/Les mémoires RAM dynamiques (DRAM) 0 71327 768205 765342 2026-06-20T16:27:23Z Mewtow 31375 /* Les VRAM des cartes vidéo */ 768205 wikitext text/x-wiki Après avoir vu les mémoires statiques (SRAM), il est temps de passer aux mémoires RAM dynamiques, aussi appelées mémoires DRAM. Pour rappel, les DRAM dynamiques ont pour défaut que leurss données s'effacent après un certain temps, en quelques millièmes ou centièmes de secondes . En conséquence, il faut réécrire chaque bit de la mémoire régulièrement pour éviter qu'il ne s'efface. On dit qu'on doit effectuer régulièrement un '''rafraîchissement mémoire'''. Et celui-ci rend les DRAM très différentes des SRAM. Les DRAM des PC ont beaucoup évolués dans le temps. Les toutes premières mémoires DRAM étaient des mémoires asynchrones, mais elles ont été remplacées par des modèles synchrones. Les modèles asynchrones ont été très nombreux. Après l'apparition des premières DRAM, les mémoires ''Fast Page Mode'' sont apparues, suivies par les mémoires ''Extended Data Out'', puis les EDO en mode rafale. Elles ont été utilisées jusque dans la moitié des années 90, pour ensuite être supplantées par les mémoires SDRAM. Les mémoires DDR actuelles sont des améliorations des mémoires SDRAM actuelles. Le fait est que les DRAM sont des mémoires électroniques comme les autres, qui se présentent sous la forme de circuits intégrés, à savoir que ce sont des petits boitiers noirs avec des broches. Il est possible de souder ces boitiers sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais il est aussi possible de regrouper plusieurs boitiers sur une barrette de RAM séparée. Dans ce qui suit, nous les appellerons des '''chips mémoire''', ou encore, des puces mémoires. [[File:Canyon CN-WF514 - EtronTech EM638325TS-6-4022.jpg|centre|vignette|upright=2|Exemple de chip mémoire.]] Dans ce qui suit, nous allons étudier ces chips de DRAM, avant de voir comment ils sont regroupés sur une barrette de RAM. Puis, nous allons voire chaque type de mémoire, FPM, EDO, SDRAM, DDR, ... ; un par un. ==L'interface des DRAM et le contrôleur mémoire== L'interface d'une mémoire DRAM est plus compliquée que l'interface d'une SRAM basique. Et c'est suffisant pour qu'on ait besoin d'un intermédiaire pour faire la conversion entre processeur et DRAM. Les DRAM modernes ne sont pas connectées directement au processeur, mais le sont par l'intermédiaire d'un '''contrôleur mémoire externe'''. Il ne faut pas le confondre avec le contrôleur mémoire interne, placé dans la mémoire RAM, et qui contient notamment le décodeur. Les deux sont totalement différents, bien que leur nom soit similaire. Pour éviter toute confusion, j'utiliserais le terme de '''contrôleur de DRAM''', plus parlant. Le contrôleur de DRAM gère le bus mémoire et tout ce qui est envoyé dessus. Il envoie des commandes aux barrettes de mémoire, commandes qui peuvent être des lectures, des écritures, ou des demandes de rafraichissement, parfois d'autres commandes. La mémoire répond à ces commandes par l'action adéquate : lire la donnée et la placer sur le bus de données pour une commande de lecture, par exemple. Le rôle du contrôleur de DRAM varie grandement suivant le contrôleur en question, ainsi que selon le type de DRAM. ===Le bus d'adresse des DRAM est multiplexé=== Un point important pour le contrôleur de DRAM est de transformer les adresses mémoires fournies par le processeur, en adresses utilisables par la DRAM. Car les DRAM ont une interface assez spécifique. Les DRAM ont ce qui s'appelle un '''bus d'adresse multiplexé'''. Avec de tels bus, l'adresse est envoyée en deux fois. Les bits de poids fort sont envoyés avant les bits de poids faible. On peut ainsi envoyer une adresse de 32 bits sur un bus d'adresse de 16 bits, par exemple. Le bus d'adresse contient alors environ moitié moins de fils que la normale. Pour rappel, l'avantage de cette méthode est qu'elle permet de limiter le nombre de fils du bus d'adresse, ce qui très intéressant sur les mémoires de grande capacité. Les mémoires DRAM étant utilisées comme mémoire principale d'un ordinateur, elles devaient avoir une grande capacité. Cependant, avoir un petit nombre de broches sur les barrettes de mémoire est clairement important, ce qui impose d'utiliser des stratagèmes. Envoyer l'adresse en deux fois répond parfaitement à ce problème : cela permet d'avoir des adresses larges et donc des mémoires de forte capacité, avec une performance acceptable et peu de fils sur le bus d'adresse. Les bus multiplexés se marient bien avec le fait que les DRAM sont des mémoires à adressage par coïncidence ou à tampon de ligne. Sur ces mémoires, l'adresse est découpée en deux : une adresse haute pour sélectionner la ligne, et une adresse basse qui sélectionne la colonne. L'adresse est envoyée en deux fois : la ligne, puis la colonne. Pour savoir si une donnée envoyée sur le bus d'adresse est une adresse de ligne ou de colonne, le bus de commande de ces mémoires contenait deux fils bien particuliers : les RAS et le CAS. Pour simplifier, le signal RAS permettait de sélectionner une ligne, et le signal CAS permettait de sélectionner une colonne. [[File:Signaux RAS et CAS.png|centre|vignette|upright=2|Signaux RAS et CAS.]] Si on a deux bits RAS et CAS, c'est parce que la mémoire prend en compte les signaux RAS et CAS quand ils passent de 1 à 0. C'est à ce moment là que la ligne ou colonne dont l'adresse est sur le bus sera sélectionnée. Tant que des signaux sont à zéro, la ligne ou colonne reste sélectionnée : on peut changer l'adresse sur le bus, cela ne désélectionnera pas la ligne ou la colonne et la valeur présente lors du front descendant est conservée. [[File:L'intérieur d'une FPM.png|centre|vignette|upright=2|L'intérieur d'une FPM.]] ===Le rafraichissement mémoire=== La spécificité des DRAM est qu'elles doivent être rafraichies régulièrement, sans quoi leurs cellules perdent leurs données. Le rafraichissement est basiquement une lecture camouflée. Elle lit les cellules mémoires, mais n'envoie pas le contenu lu sur le bus de données. Rappelons que la lecture sur une DRAM est destructive, à savoir qu'elle vide la cellule mémoire, mais que le système d'amplification de lecture régénère le contenu de la cellule automatiquement. La cellule est donc rafraichie automatiquement lors d'une lecture. La quasi-totalité des DRAM supporte des commandes de rafraichissement, séparées des lectures et écritures classiques. Une commande de rafraichissement ordonne de rafraichir une adresse, voire une ligne complète. Les commandes de rafraichissement sont générées par le contrôleur de DRAM, dans la grosse majorité des cas. Il est aussi possible que ce soit le processeur qui les génère, mais c'est beaucoup plus rare. Il est aussi possible d'envoyer des commandes de rafraichissement vides, qui ne précisent ni adresse ni numéro de ligne. Pour les gérer, la mémoire contient un compteur, qui pointe sur la prochaine ligne à rafraichir, qui est incrémenté à chaque commande de rafraichissement. Une commande de rafraichissement indique à la mémoire d'utiliser l'adresse dans ce compteur pour savoir quelle adresse/ligne rafraichir. [[File:Rafraichissement mémoire automatique.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire automatique.]] Il existe des mémoires qui sont des intermédiaires entre les mémoires SRAM et DRAM. Il s'agit des '''mémoires pseudo-statiques''', qui sont techniquement des mémoires DRAM, utilisant des transistors et des condensateurs, mais qui gèrent leur rafraichissement mémoire toutes seules. Le rafraichissement mémoire est alors totalement automatique, ni le processeur, ni le contrôleur de DRAM ne devant s'en charger. Le rafraichissement est purement le fait des circuits de la mémoire RAM et devient une simple opération de maintenance interne, gérée par la RAM elle-même. L'envoi des commandes de rafraichissement peuvent se faire de deux manières : soit on les envoie toutes en même temps, soit on les disperse le plus possible. Le premier cas est un '''rafraichissement en rafale''', le second un '''rafraichissement étalé'''. Le rafraichissement en rafale n'est pas utilisé dans les PC, car il bloque la mémoire pendant un temps assez long. Mais les anciennes consoles de jeu gagnaient parfois à utiliser eu rafraichissement en rafale. En effet, la mémoire était souvent effacée entre l'affichage de deux images, pour éviter certains problèmes dont on ne parlera pas ici. Le rafraichissement de la mémoire était effectué à ce moment là : l'effacement rafraichissait la mémoire. Le temps mis pour rafraichir la mémoire est le temps mis pour parcourir toute la mémoire. Il s'agit du temps de balayage vu dans le chapitre sur les performances d'un ordinateur. Pour les mémoires FPM et EDO, il est défini en divisant la capacité de la mémoire par son débit binaire. C'est le temps nécessaire pour lire ou réécrire tout le contenu de la mémoire. Sur les SDRAM, les choses sont un peu différentes, pour une raison qu'on expliquera plus bas. ==Les rangées : l'arrangement horizontal et vertical== Il est rare d'utiliser un chip mémoire seul, car ceux-ci n'ont pas une capacité suffisante. Pour donner quelques chiffres, à l'heure où j'écris ces lignes, la norme pour un ordinateur est d'avoir entre 8 et 64 gibioctets de RAM. Mais les chips mémoire font entre 1 et 4 gibioctets, rarement plus. La raison est que les ordinateurs combinent ensemble plusieurs chips mémoire pour additionner leurs capacités. La concaténation de plusieurs chips mémoire peut se faire de deux manières différentes, appelées l'arrangement horizontal et l'arrangement vertical. Les deux additionnent la capacité des chips mémoire, mais se distinguent sur un point : ce qui arrive respectivement au bus de données, et au nombre d'adresses. Intuitivement, on se dit que doubler la capacité mémoire implique de doubler le nombre d'adresses mémoire. C'est effectivement ce qui se passe avec l'arrangement vertical. Mais avec l'arrangement horizontal, le nombre d'adresse ne varie pas. Voyons cela en détail, et commençons par le cas le plus simple, celui de l'arrangement vertical seul. ===L'arrangement vertical : cumuler des adresses mémoire=== Introduisons l'arrangement vertical par un exemple. Imaginez que je souhaite obtenir de 4 mébioctets de RAM, en combinant 4 chips mémoires de 1 mébioctet chacun. L'idée est que le premier mébioctet est placé dans le premier chip mémoire, le second mébioctet dans le second chip, etc. Des adresses consécutives se trouvent ainsi dans le même chip mémoire, sauf pour quelques adresses où on passe d'un chip à l'autre. Avec cette organisation, le bus de donnée fait un octet, et les chips mémoire ont aussi un bus de données d'un octet. Je peux alors combiner les capacités de plusieurs chips mémoire, sans toucher au bus de données. [[File:Répartition des adresses sans entrelacement.png|centre|vignette|upright=1.5|Répartition des adresses avec arrangement vertical.]] Pour sélectionner le chip mémoire adéquat, il faut que chaque chip mémoire dispose d'une entrée ''Chip Select'', qui permet de l'activer ou de le désactiver. L'idée est que selon l'adresse demandée, on active le chip mémoire associé à cette adresse. Les signaux ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur de DRAM, à partir de l'adresse. On dit qu'il y a un '''décodage d'adresse'''. Avec cet arrangement, les bits de poids fort de l'adresse sont utilisées pour sélectionner la banque adéquate, et le reste de l'adresse est envoyé sur le bus d'adresse. Par exemple, avec 4 chips mémoire, les deux bits de poids fort de l'adresse sont utilisés pour sélectionner le chip mémoire adéquat. Les adresses mémoire sont alors découpées comme suit : {|class="wikitable" |+ Adresse mémoire |- ! Adresse de banque !! Adresse dans la banque |- | Quelques bits de poids fort || Reste de l'adresse |} ===L'arrangement horizontal : élargir le bus de données=== L'arrangement horizontal permet lui aussi d'additionner les capacités mémoire de plusieurs chips mémoire. Cependant, il les combine d'une autre manière. Le nombre d'adresses mémoire n'est pas changé en utilisant plusieurs chips, mais le bus de données est élargi. Le mieux pour comprendre l'idée est de partir d'un exemple, et nous allons prendre celui d'une mémoire SDRAM. Les ordinateurs actuels ont un bus de données de 64 bits (on met de côté le cas du double ou triple canal). Cependant, il n'existe pas de chip mémoire avec un bus aussi large. Les puces de SDRAM/DDR ont un bus de 4, 8 ou 16 bits, ce sont les tailles les plus courantes. L'arrangement horizontal résout ce problème en combinant plusieurs chips mémoire de manière à ce que leurs bus de données s'"additionnent", se concatènent. Par exemple, on peut regrouper 8 chips mémoires de 8 bits, obtenir un bus mémoire de 64 bits. Il est aussi possible d'obtenir ces 64 bits avec des puces de 16 chips mémoire de 4 bits, ou 4 chips mémoire de 16 bits. [[File:Arrangement horizontal SDRAM - un Rank.png|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal SDRAM.]] Avec cette organisation, on accède à tous les bancs en parallèle à chaque accès, avec la même adresse. Vu que les chips mémoires contiennent tous une partie de la donnée demandée, ils doivent tous être activés en même temps. Pour cela, l'adresse à lire est envoyée à tous les chips mémoire d'un même ''rank'', idem pour les signaux de commande. Un ensemble de N chips reliés de cette manière forme une '''rangée''' (le terme anglais est ''rank''). [[File:Arrangement horizontal.jpg|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal.]] ===L'arrangement horizontal et vertical combinés=== Nous venons de voir l'arrangement vertical et horizontal, pour ce qui est des barrettes de mémoire. Précisons que ce qui vient d'être dit marche aussi bien pour les barrettes de RAM que pour la mémoire soudée sur la carte mère. Du moment qu'on combine plusieurs chips mémoire ensemble, ces concepts restent valides. Et il en est de même pour la suite, encore que ce soit nettement moins fréquent avec de la mémoire soudée. Il est possible de combiner à la fois l'arrangement vertical et l'arrangement horizontal. Rien de plus simple : il suffit d'utiliser un arrangement vertical entre plusieurs rangées, chacun composée de plusieurs chips mémoire. C'est surtout utilisé sur les barrettes de mémoire SDRAM, qui contiennent 1, 2, 4 ou 8 rangées, rarement plus. Par exemple, une SDRAM peut combiner 16 chips de DRAM de 8 bits chacun, dans deux rangées de 64 bits chacun, chaque rangée regroupant 8 chips. [[File:SDRAM avec 4 ranks.png|centre|vignette|upright=2|SDRAM avec 4 ranks]] Le choix entre la première ou la seconde rangée se fait en configurant les bits ''Chip Select'' de chaque rangée. Il faut noter que les bits de ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur mémoire, et envoyés sur le bus de commande. [[File:Td6bfig3.png|centre|vignette|upright=2|Comparaison entre arrangement horizontal (à gauche) et arrangement vertical (à droite).]] Le contrôleur de DRAM peut adresser un certain nombre de rangées, dispersés sur plusieurs barrettes. La limite maximale dépend du contrôleur de DRAM, elle est souvent proche de 8 ou 16 rangées. Si on combine plusieurs barrettes de mémoire, il est possible de dépasser cette limite. Par exemple, prenez un contrôleur de DRAM supportant maximum 8 rangées. Avec 4 barrettes contenant 4 rangées chacune, la limite est dépassée. : Il faut noter que tout ce qui vient d'être dit vaut aussi pour les mémoires ROM et SRAM. Mais en pratique, les arrangements verticaux et horizontaux sont surtout utilisés sur les mémoires DRAM. Il faut dire que de tels arrangements servent à augmenter la capacité mémoire, ce qui colle plus avec des DRAM que des SRAM ou des ROM. ==Les barrettes de mémoire DRAM== [[File:Ram-module.svg|droite|vignette|upright=0.5|Barrette de mémoire RAM.]] Il est possible de souder plusieurs boitiers de DRAM sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais dans les PC fixes, les puces de DRAM sont regroupées sur des ''barrettes mémoires'''. Les barrettes de mémoire se fixent à la carte mère sur un connecteur standardisé, appelé '''slot mémoire'''. Le dessin ci-contre montre une barrette de mémoire, celui-ci ci-dessous est celui d'un ''slot'' mémoire. [[File:Dual channel slots.jpg|centre|vignette|Slots mémoires.]] Sur le schéma de droite, on remarque facilement les boitiers de DRAM, rectangulaires, de couleur sombre. Chaque barrette combine ces puces de manière à additionner leurs capacités : on peut ainsi créer une mémoire de 8 gibioctets à partir de 8 puces d'un gibioctet, par exemple. Ils sont soudés sur un PCB en plastique vert sur lequel sont gravés des connexions métalliques. Les trucs dorés situés en bas des barrettes de mémoire sont des broches qui connectent la barrette au bus mémoire. Les barrettes des mémoires FPM/EDO/SDRAM/DDR n'ont pas le même nombre de broches, pour des raisons de compatibilité. {|class="wikitable" |- !Type de barrette !Type de mémoire !Nombre de broches |- | rowspan="2" | SIMM | rowspan="2" | FPM/EDO |30 |- |72 |- | rowspan="4" | DIMM |SDRAM |168 |- |DDR |184 |- |DDR2 |214, 240 ou 244, suivant la barrette ou la carte mère. |- |DDR3 |204 ou 240, suivant la barrette ou la carte mère. |} ===Le format des barrettes de mémoire=== Certaines barrettes ont des puces mémoire d'un seul côté alors que d'autres en ont sur les deux faces. Cela permet de distinguer les barrettes SIMM et DIMM. * Les '''barrettes SIMM''' ont des puces sur une seule face de la barrette. Elles étaient utilisées pour les mémoires FPM et EDO-RAM. * Les '''barrettes DIMM''' ont des puces sur les deux côtés. Elles sont utilisées sur les SDRAM et les DDR. {| class="flexible" |+ '''Barrette SIMM''' |- |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7229.jpg|vignette|SIMM recto.]] |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7230.jpg|vignette|SIMM verso.]] |} : Les modules DIMM tendent à avoir plus de rangées que les modules SIMM, mais ce n'est pas systématique. Il est souvent dit que les barrettes DIMM ont deux rangées, contre seulement 1 pour les SIMM, mais les contre-exemples sont nombreux. Les barrettes '''SO-DIMM''', pour ordinateurs portables, sont différentes des barrettes DIMM normales des DDR/SDRAM. La raison est qu'il n'y a pas beaucoup de place à l'intérieur d'un PC portable, ce qui demande de diminuer la taille des barrettes. {| |- |[[File:Desktop DDR Memory Comparison.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC de bureau.]] |[[File:Laptop SODIMM DDR Memory Comparison V2.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC portables.]] |} Les barrettes de Rambus ont parfois été appelées des '''barrettes RB-DIMM''', mais ce sont en réalité des DIMM comme les autres. La différence principale est que la position des broches n'était pas la même que celle des formats DIMM normaux, sans compter que le connecteur Rambus n'était pas compatible avec les connecteurs SDR/DDR normaux. ===Les interconnexions à l'intérieur d'une barrette de mémoire=== Les boîtiers de DRAM noirs sont connectés au bus par le biais de connexions métalliques. Toutes les puces d'une même rangée sont connectées aux bus d'adresse et de commande. Et les chips d'une même rangée reçoivent exactement les mêmes signaux de commande/adresses, ce qui permet d'envoyer la même adresse/commande à toutes les puces en même temps. La manière dont ces puces sont reliées au bus de commande dépend selon la mémoire utilisée. Les DDR1 et 2 utilisent ce qu'on appelle une '''topologie en T''', illustrée ci-dessous. On voit que le bus de commande forme une sorte d'arbre, dont chaque extrémité est connectée à une puce. La topologie en T permet d'égaliser le délai de transmission des commandes à travers le bus : la commande transmise arrive en même temps sur toutes les puces. Mais elle a de nombreux défauts, à savoir : elle fonctionne mal à haute fréquence, elle est difficile à router en raisons des embranchements. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2, nommée topologie en T.]] En comparaison, les DDR3 utilisent une '''topologie ''fly-by''''', où les puces sont connectées en série sur le bus de commande/adresse. La topologie ''fly-by'' n'a pas les problèmes de la topologie en T : elle est simple à router et fonctionne très bien à haute fréquence. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie fly-by.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie ''fly-by'']] ===Les barrettes tamponnées (à registres)=== Certaines barrettes intègrent un registre tampon, qui fait l'interface entre le bus et la barrette de RAM. L'utilité est d'améliorer la transmission du signal sur le bus mémoire. Sans ce registre, les signaux électriques doivent traverser le bus, puis traverser les connexions à l'intérieur de la barrette, jusqu'aux puces de mémoire. Avec un registre tampon, les signaux traversent le bus, sont mémorisés dans le registre et c'est tout. Le registre envoie les commandes/données jusqu'aux puces mémoire, mais le signal a été régénéré par le registre. Le signal transmis est donc de meilleure qualité, ce qui augmente la fiabilité du système mémoire. Le défaut est que la présence de ce registre fait que les barrettes ont un temps de latence est plus important que celui des barrettes normales, du fait de la latence du registre. Les barrettes de ce genre sont appelées des '''barrettes RIMM'''. Il en existe deux types : * Avec les '''barrettes RDIMM''', le registre fait l'interface pour le bus d'adresse et le bus de commande, mais pas pour le bus de données. * Avec les '''barrettes LRDIMM''' (''Load Reduced DIMMs''), le registre fait tampon pour tous les bus, y compris le bus de données. [[File:Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.]] ===Le ''Serial Presence Detect''=== [[File:SPD SDRAM.jpg|vignette|Localisation du SPD sur une barrette de SDRAM.]] Toute barrette de mémoire assez récente contient une petite mémoire ROM qui stocke les différentes informations sur la mémoire : délais mémoire, capacité, marque, etc. Cette mémoire s'appelle le '''''Serial Presence Detect''''', aussi communément appelé le SPD. Ce SPD contient non seulement les timings de la mémoire RAM, mais aussi diverses informations, comme le numéro de série de la barrette, sa marque, et diverses informations. Le SPD est lu au démarrage de l'ordinateur par le BIOS, afin de pourvoir configurer ce qu'il faut. Le contenu de ce fameux SPD est standardisé par un organisme nommé le JEDEC, qui s'est chargé de standardiser le contenu de cette mémoire, ainsi que les fréquences, timings, tensions et autres paramètres des mémoires SDRAM et DDR. Pour les curieux, vous pouvez lire la page wikipédia sur le SPD, qui donne son contenu pour les mémoires SDR et DDR : [https://en.wikipedia.org/wiki/Serial_presence_detect Serial Presence Detect]. ==Les mémoires asynchrones à RAS/CAS : FPM et EDO-RAM== Avant l'invention des mémoires SDRAM et DDR, il exista un grand nombre de mémoires différentes, les plus connues étant les mémoires fast page mode et EDO-RAM. Ces mémoires n'étaient pas synchronisées par un signal d'horloge, c'était des '''mémoires asynchrones'''. Quand ces mémoires ont été créées, cela ne posait aucun problème : les accès mémoire étaient très rapides et le processeur était certain que la mémoire aurait déjà fini sa lecture ou écriture au cycle suivant. Les mémoires asynchrones les plus connues étaient les '''mémoires FPM''' et '''mémoires EDO'''. Pour ce qui est de leur interface, il faut signaler qu'elles n'ont pas d'entrée ''Chip Select'' ou d'entrée ''Output Enable''. Les signaux RAS et CAS remplacent en quelque sorte ces deux signaux. Le bit RAS fait office de ''Chip Select'', le bit CAS fait office d'''Output Enable''. ===Les mémoires FPM=== Les '''mémoires FPM (''Fast Page Mode'')''' possédaient une petite amélioration, qui rendait l'adressage plus simple. Avec elles, il n'y a pas besoin de préciser deux fois la ligne si celle-ci ne changeait pas lors de deux accès consécutifs : on pouvait garder la ligne sélectionnée durant plusieurs accès. Par contre, il faut quand même préciser les adresses de colonnes à chaque changement d'adresse. Il existe une petite différence entre les mémoire ''Page Mode'' et les mémoires ''Fast-Page Mode'' proprement dit. Sur les premières, le signal CAS est censé passer à 0 avant qu'on fournisse l'adresse de colonne. Avec les ''Fast-Page Mode'', l'adresse de colonne pouvait être fournie avant que l'on configure le signal CAS. Cela faisait gagner un petit peu de temps, en réduisant quelque peu le temps d'accès total. [[File:Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.png|centre|vignette|upright=2|Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.]] Avec les '''mémoires en mode quartet''', il est possible de lire quatre octets consécutifs sans avoir à préciser la ligne ou la colonne à chaque accès. On envoie l'adresse de ligne et l'adresse de colonne pour le premier accès, mais les accès suivants sont fait automatiquement. La seule contrainte est que l'on doit générer un front descendant sur le signal CAS pour passer à l'adresse suivante. Vous aurez noté la ressemblance avec le mode rafale vu il y a quelques chapitres, mais il y a une différence notable : le mode rafale vrai n'aurait pas besoin qu'on précise quand passer à l'adresse suivante avec le signal CAS. [[File:Mode quartet.png|centre|vignette|upright=3|Mode quartet.]] Les '''mémoires FPM à colonne statique''' se passent même du signal CAS. Le changement de l'adresse de colonne est détecté automatiquement par la mémoire et suffit pour passer à la colonne suivante. Dans ces conditions, un délai supplémentaire a fait son apparition : le temps minimum entre deux sélections de deux colonnes différentes, appelé tCAS-to-CAS. [[File:Accès en colonne statique.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Accès en colonne statique.]] ===Les mémoires EDO-RAM=== L''''EDO-RAM''' a été inventée quelques années après la mémoire FPM. Elle a été déclinée en deux versions : la EDO simple, et la EDO en rafale. L'EDO simple ajoutait une entrée ''Ouput Enable'' à une mémoire FPM. Pour rappel, l'entrée ''Ouput Enable'' permet de connecter/déconnecter la DRAM du bus de données. S'il est mis à 0, les lectures et écritures sont empêchées. Pour ajouter cette entrée, il a fallu rajouter un registre sur la sortie de donnée, celle qui sert pour les lectures. Et l'ajout de ce registre a introduit une capacité dite de ''pipelining'', sur le même modèle que pour les mémoires SRAM synchrones. La donnée pouvait être maintenue sur le bus de données durant un certain temps, même après la remontée du signal CAS. Le registre de sortie maintenait la donnée lu tant que le signal RAS restait à 0, et tant qu'un nouveau signal CAS n'a pas été envoyé. Faire remonter le signal CAS à 1 n'invalidait pas la donnée en sortie. La conséquence est qu'on pouvait démarrer une nouvelle lecture alors que la donnée de l'accès précédent était encore présent sur le bus de données. Le pipeline obtenu avait deux étages : un où on présentait l'adresse et sélectionnait la colonne, un autre où la donnée était lue depuis le registre de sortie. Les mémoires EDO étaient donc plus rapides. [[File:EDO RAM.png|centre|vignette|upright=3|EDO RAM]] Cependant, cela marchait surtout pour les lectures, pas pour les écritures. Une écriture ne démarre que quand la lecture ou écriture précédente est totalement terminée. De même, on ne peut pas démarrer un nouvel accès mémoire tant qu'une écriture est en cours. ===Les mémoires EDO-RAM avec mode rafale=== Les '''EDO en rafale''' effectuent les accès à 4 octets consécutifs automatiquement : il suffit d'adresser le premier octet à lire. Les 4 octets étaient envoyés sur le bus les uns après les autres, au rythme d'un par cycle d’horloge : ce genre d'accès mémoire s'appelle un accès en rafale. [[File:Accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Accès en rafale sur une DRAM EDO.]] Implémenter cette technique nécessite d'ajouter un compteur, capable de faire passer d'une colonne à une autre quand on lui demande, et quelques circuits annexes pour commander le tout. [[File:Modifications du contrôleur mémoire liées aux accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Modifications du contrôleur de DRAM liées aux accès en rafale.]] ===Le rafraichissement mémoire=== Les mémoires FPM et EDO doivent être rafraichies régulièrement. Au début, le rafraichissement se faisait ligne par ligne. Le rafraichissement avait lieu quand le RAS passait à l'état haut, alors que le CAS restait à l'état bas. Le processeur, ou le contrôleur mémoire, sélectionnait la ligne à rafraichir en fournissant son adresse mémoire. D'où le nom de '''rafraichissement par adresse''' qui est donné à cette méthode de commande du rafraichissement mémoire. Divers processeurs implémentaient de quoi faciliter le rafraichissement par adresse. Par exemple, le Zilog Z80 contenait un compteur de ligne, un registre qui contenait le numéro de la prochaine ligne à rafraichir. Il était incrémenté à chaque rafraichissement mémoire, automatiquement, par le processeur lui-même. Un ''timer'' interne permettait de savoir quand rafraichir la mémoire : quand ce ''timer'' atteignait 0, une commande de rafraichissement était envoyée à la mémoire, et le ''timer'' était ''reset''. [[File:Rafraichissement mémoire manuel.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire manuel.]] Par la suite, certaines mémoires ont implémenté un compteur interne d'adresse, pour déterminer la prochaine adresse à rafraichir sans la préciser sur le bus d'adresse. Le déclenchement du rafraichissement se faisait toujours par une commande externe, provenant du contrôleur de DRAM ou du processeur. Cette commande faisait passer le CAS à 0 avant le RAS. Cette méthode de rafraichissement se nomme '''rafraichissement interne'''. [[File:Rafraichissement sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement sur CAS précoce.]] On peut noter qu'il est possible de déclencher plusieurs rafraichissements à la suite en laissant le signal CAS dans le même état. Ce genre de choses pouvait avoir lieu après une lecture : on pouvait profiter du fait que le CAS soit mis à zéro par la lecture ou l'écriture pour ensuite effectuer des rafraichissements en touchant au signal RAS. Dans cette situation, la donnée lue était maintenue sur la sortie durant les différents rafraichissements. [[File:Rafraichissements multiples sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissements multiples sur CAS précoce.]] ==Les mémoires SDRAM== Dans les années 90, les mémoires asynchrones ont laissé la place aux '''mémoires SDRAM''', qui sont synchronisées avec le bus par une horloge. L'utilisation d'une horloge a comme avantage des temps d'accès fixes : le processeur sait qu'un accès mémoire prendra un nombre déterminé de cycles d'horloge. Avec les mémoires asynchrones, le processeur ne pouvait pas prévoir quand la donnée serait disponible et ne faisait rien tant que la mémoire n'avait pas répondu : il exécutait ce qu'on appelle des ''wait states'' en attendant que la mémoire ait fini. Les mémoires SDRAM sont standardisées par un organisme international, le JEDEC. Le standard SDRAM impose des spécifications électriques bien précise pour les barrettes de mémoire et le bus mémoire, décrit le protocole utilisé pour communiquer avec les barrettes de mémoire, et bien d'autres choses encore. Les SDRAM ont été déclinées en versions de performances différentes, décrites dans le tableau ci-dessous : {| class="wikitable" ! Nom standard ! Fréquence ! Bande passante |- | PC66 | 66 mhz | 528 Mio/s |- | PC66 | 100 mhz | 800 Mio/s |- | PC66 | 133 mhz | 1064 Mio/s |- | PC66 | 150 mhz | 1200 Mio/s |} ===Les banques internes aux chips mémoires SDRAM=== L'intérieur d'une mémoire SDRAM contient plusieurs '''banques''', aussi appelées des banc mémoire. Concrètement, une banque est... une mémoire. Ou plutôt, une sorte de mini-mémoire miniature. Chaque banque a son propre tampon de ligne, ses propres multiplexeurs de colonne et ses propres décodeurs. C'est comme si une SDRAM regroupait plusieurs mémoires séparées dans un même circuit intégré. [[File:Arrangement vertical.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Mémoire multi-banques.]] Un point important est que chaque banque a son propre tampon de ligne. Il est donc possible d'ouvrir plusieurs lignes en même temps, chacune dans une banque différente. Par exemple, on peut ouvrir une ligne dans la banque numéro 1, et une autre ligne dans la banque numéro 2. Et c'est une source d'optimisations très intéressantes. La première optimisation est liée au rafraichissement mémoire. Au lieu de rafraichir chaque adresse une par une, il est possible de rafraichir des banques indépendantes en même temps, ce qui divise le temps de rafraichissement par le nombre de banques. C'est ce que je sous-entendais plus haut quand je disais que le temps de rafraichissement n'est pas égal au temps de balayage sur les SDRAM, alors que c'est le cas sur les DRAM FPM et EDO. De plus, et sans rentrer dans les détails, cela permet de faire plusieurs accès mémoire en même temps, dans des banques différentes. La possibilité est limitée, mais elle existe et elle améliore grandement la performance de la SDRAM. Mais nous en reparlerons dans un chapitre ultérieur, car cette histoire d'accès simultanés a plus sa place dans le chapitre sur le parallélisme mémoire. Pour le moment, nous ne pouvons pas expliquer pourquoi ni comment un processeur pourrait émettre plusieurs accès mémoire simultanés. Un processeur est censé travailler une instruction à la fois, à ce stade du cours, il ne peut pas en faire plusieurs en même temps. Mais nous allons cependant mentionner un cas où cette possibilité est intéressante : une mémoire SDRAM partagée entre un processeur et une carte graphique. Les deux accèdent à des données séparées, qui sont dans des banques différentes. On suppose que la carte graphique accède plus fréquemment à la mémoire que le processeur. Le contrôleur mémoire reçoit les accès mémoire du CPU et du GPU et il tente d'intercaler des accès CPU entre deux accès de la carte graphique. Vu qu'ils tombent dans des banques différentes, un accès CPU et un accès carte graphique peuvent se faire presque en même temps. La seule contrainte est que si on lance plusieurs accès mémoire simultanés, ceux-ci ne peuvent pas utiliser le bus de données en même temps. {|class="wikitable" |+ Pipelining basique sur les SDRAM |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 |- ! Banque Numéro 1 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 2 | || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || |- ! Banque Numéro 3 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 4 | || || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || |} ===Le mode rafale des SDRAM=== Un point important est que les SDRAM reprennent les optimisations des mémoires FPM et EDO. Elles utilisent aussi un tampon de ligne, avec la possibilité de lire plusieurs colonnes à la suite sans avoir à préciser l'adresse de ligne à chaque fois. Mais surtout, elles gèrent nativement le mode rafale. les paramètres qui ont trait au mode rafale sont configurables. Il est possible de configurer la SDRAM pour activer les accès sans rafale, ou les désactiver. Il y a aussi la possibilité de configurer le nombre d'octets consécutifs à lire ou écrire en mode rafale. On peut ainsi accéder à 1, 2, 4, ou 8 octets en une seule fois, alors que les EDO ne permettaient que des accès à 4 octets consécutifs. Enfin, on peut décider s'il faut faire un accès en mode linéaire ou entrelacé. La configuration de la SDRAM est mémorisée dans un registre de 10 bits, le '''registre de mode'''. Il faisait 10 bits sur les mémoires SDRAM, mais a été étendu à 13 bits sur la DDR2. Voici les 10 bits originels de ce registre : {|class="wikitable" |+ Signification des bits du registre de mode des SDRAM |- ! Bit n°9 | Type d'accès : en rafale ou normal |- ! Bit n°8 et 7 | Doivent valoir 00, sont réservés pour une utilisation ultérieur dans de futurs standards. |- ! Bit n°6, 5, et 4 | Latence CAS (voir plus bas) |- ! Bit n°3 | Type de rafale : linéaire ou entrelacée |- ! Bit n°2, 3, et 0 | Longueur de la rafale : indique le nombre d'octets à lire/écrire lors d'une rafale. |} ===L'interface d'une mémoire SDRAM=== Le bus de commandes d'une SDRAM contient au moins 18 fils, dont celui pour le signal d'horloge. L'interface d'une SDRAM contient tous les bits présents sur une mémoire DRAM classique : une entrée RAS, une entrée CAS, une entrée R/W, et un bus d'adresse. A cela, il faut cependant ajouter une entrée ''Chip Select'' (CS), qui permet d'activer/désactiver la mémoire SDRAM. Je rappelle que le bit CS a été introduit sur les mémoires SDRAM, il n'était pas présent sur les mémoires FPM/EDO. Deux autres bits de commande sont vraiment spécifiques des mémoires SDRAM. Il s'agit des bits CKE et DQM. Le '''bit CKE''' est l'abréviation de ''Clock Enable'', qui qui trahit sa fonction. Lorsque ce signal est à 0, le chip de SDRAM voit son signal d'horloge gelè. S'il est à 0, le contrôleur de DRAM peut envoyer ce qu'il veut sur le bus de commande ou d'adresse, la SDRAM ne réagira pas du tout, il ne se passera rien. Le '''bit DQM''' est une sorte de bit ''Output Enable'', avec une nuance importante. Le terme DQM est l'abréviation de ''Data Mask'', ce qui trahit encore une fois sa fonction. Il y a un bit DQM pour chaque octet du bus de données. Une SDRAM ayant un bus de 64 bits, cela fait 8 bits DQM par mémoire SDRAM. Lorsque le bit DQM est à 1, l'octet en question n'est simplement pas lu ou écrit, le bus de donnée est déconnecté pour cet octet. Le bus d'adresse est particulier, car il tient compte de la présence de ''banques mémoires''. Le bus d'adresse est découpé en deux portions : une portion pour sélectionner la banque, une autre pour sélectionner l'adresse à l'intérieur d'une banque. L'interface de la SDRAM fait ainsi la différence entre une '''adresse de banque''' et une '''adresse intra-banque'''. L'adresse de banque est codée sur quelques bits, généralement deux ou trois suivant la SDRAM. Le reste de l'adresse est codé sur 11 bits sur les SDRAM, mais cela a augmenté avec les DDR 1, 2, 3, 4, 5. Le bus de données d'une SDRAM fait 4, 8, ou 16 bits. Je précise bien qu'il s'agit là des puces de SDRAM, les barrettes de SDRAM combinent plusieurs puces SDRAM avec un arrangement horizontal, qui peut combiner plusieurs puces de 8 bits pour alimenter un bus de données de 64 bits. La taille des puces utilisées souvent indiquée sur la barrette de RAM, avec une mention x4, x8 ou x16. Les puces de SDRAM les plus courantes ont une interface de 8 bits pour les données. Les SDRAM de 4 bits sont surtout utilisées pour les serveurs, c'est lié au support de l'ECC. les puces x16 sont moins utilisées car elles ont généralement moins de banques que les autres. ===Les commandes SDRAM=== Le bus de commande permet d'envoyer des commandes à la mémoire, chaque commande étant précisée par une combinaison précise des bits CS, RAS, CAS, R/W, et autres. Les commandes en question sont des demandes de lecture, d'écriture, de préchargement et autres. Elles sont codées par une valeur bien précise qui est envoyée sur les 18 fils du bus de commande. Ces commandes sont nommées READ, READA, WRITE, WRITEA, PRECHARGE, ACT, ... Les plus importantes sont les commandes PRECHARGE, ACT et READ/WRITE. La commande ACT sélectionne une ligne : elle met le bit RAS à zéro et présente une adresse de ligne. Les commandes READ et WRITE sélectionnent une colonne, et déclenchent respectivement une lecture ou une écriture. Elles précisent une adresse de colonne, mettent le bit CAS à 0 et le bit RAS à 1, et précise la valeur du bit R/W. Les commandes READ et WRITE ne peuvent se faire qu'une fois que la banque a été activée par une commande ACT. Il est possible d'envoyer plusieurs commandes READ ou WRITE successives à des colonnes différentes, ce qui permet d'implémenter les optimisations des mémoires FPM. La commande PRECHARGE ferme la ligne courante et prépare l'ouverture de la suivante. Elle précharge les lignes de bit de la RAM, d'où son nom. Il est nécessaire d'en envoyer une avant d'envoyer une commande ACT. Notons que la commande PRECHARGE agit sur une banque, dont l'adresse est indiquée dans la commande PRECHARGE. Il existe une commande PRECHARGE ALL, qui agit sur toutes les banques de la SDRAM à la fois. Elle est souvent utilisée de concert avec la commande de rafraichissement, car le rafraichissement mémoire rafraichit une ligne dans toutes les banques à la fois. Il faut donc fermer toutes les lignes ouvertes, dans chaque banque, ce que fait la commande PRECHARGE ALL. Les commandes READA et WRITEA fusionnent une commande READ/WRITE avec une commande PRECHARGE. Elles permettent d'éviter d'avoir à envoyer une commande PRECHARGE pour fermer la ligne courante. Au lieu d'envoyer une commande READ ou WRITE, puis une commande PRECHARGE pour fermer la ligne, on envoie une seule commande READA/WRITEA. Il s'agit d'une petite optimisation, qui permet de réduire le nombre de commandes envoyées sur le bus. Les commandes sont encodées comme indiquées dans ce tableau. Une commande est tout simplement encodée en précisant une adresse si nécessaire, et une combinaison des bits CS, RAS, CAS et R/W. La seule subtilité est que le bit numéro 10 du bus d'adresse sert à commander les opérations de PRECHARGE, y compris celles implicites dans les opérations READA et WRITEA. {| class="wikitable" style="text-align:center" ! Bit CS || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (2 bits) || Bit du bus d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Stoppe un accès en rafale (en cours). |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lit une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lit une donnée depuis la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrit une donnée dans la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrit une donnée dans la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 1 || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne dans toutes les banques. |- | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || 0 || 0 || 0 || 00 || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} Les commandes ACT se font à partir de l'état de repos, l'état où toutes les banques sont préchargées. Par contre, les commandes MODE REGISTER SET et AUTO REFRESH ne peuvent se faire que si toutes les banques sont désactivées. Le fonctionnement simplifié d'une SDRAM peut se résumer dans ce diagramme : [[File:Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.jpg|centre|vignette|upright=2|Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.]] ===Les délais mémoires=== Les mémoires SDRAM n'étant pas infiniment rapides, il y a toujours un certain délais à respecter entre deux commandes. Par exemple, quand on envoie une commande ACT pour activer une ligne, on ne peut pas envoyer une commande READ/WRITE au cycle suivant. La plupart des SDRAM ne sont pas assez rapides pour ça. Il faut respecter un délai de quelques cycles, qui dépend de la mémoire. Et il n'y a pas que ce délai entre une commande ACT et la commande suivante. Une SDRAM doit gérer d'autres temps d'attente, appelés des '''délais mémoires''', ou encore des ''timings'' mémoire. Les délais mémoire le plus importants sont résumés ci-dessous : {|class="wikitable" |- !Timing!!Description |- | colspan="2" | |- ! colspan="2" | Délais primaires |- ||tRP|| Temps entre une commande PRECHARGE et une commande ACT |- ||tRCD|| Temps entre une commande ACT et une commande READ/WRITE. |- ||tCL|| Temps entre une commande READ et l'envoi de la donnée lue sur le bus de données. |- ||tDQSS|| Temps entre une commande WRITE et l'écriture de la donnée. |- ||tCAS-to-CAS|| Temps minimum entre deux commandes READ. |- ! colspan="2" | Délais secondaires |- ||tWTR|| Temps entre une lecture et une écriture consécutives. |- ||tRAS || Temps entre une commande ACT et une commande PRECHARGE. |} Les délais/timings mémoire ne sont pas les mêmes suivant la barrette de mémoire que vous achetez. Certaines mémoires sont ainsi conçues pour avoir des timings assez bas et sont donc plus rapides, et surtout : beaucoup plus chères que les autres. Le gain en performances dépend beaucoup du processeur utilisé et est assez minime comparé au prix de ces barrettes. Les délais mémoires d'une barrette sont mémorisés dans le ''Serial Presence Detect'' de la barrette et sont lus par le BIOS au démarrage de l'ordinateur, et sont ensuite utilisés pour configurer le contrôleur de DRAM. Il y a cependant quelques régularités qui reviennent souvent, d'une SDRAM à l'autre. La plus importante est que les délais ne sont pas les mêmes quand on alterne des lectures et écritures. Les délais les plus courts sont observés quand on a des lectures successives, ou des écritures successives. Par contre, les délais s'allongent quand on doit passer d'une lecture à une écriture ou inversement. Les SDRAM préférent qu'on regroupe les lectures avec d'autres lectures, les écritures avec d'autres écritures. ===Les commandes anticipées=== Les SDRAM sont parfois capables de démarrer une commande avant que la précédente soit terminée. Concrètement, pendant que la commande précédente envoie sa dernière donnée sur le bus de données, on peut envoyer la commande suivante avec quelques cycles d'avance. L'exemple ci-dessous devrait être assez clair : on envoie une seconde commande au neuvième cycle, alors qu'une rafale est en cours. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Bus de commande/adresse | || bgcolor="#A0FFFF" | ACT || || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Bus de données | || || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Il s'agit d'une forme très limitée de pipeline, tellement limitée qu'on peut légitimement douter que c'est un vrai pipeline. Dans ce qui suit, j'ai décidé d'appeler cette possibilité sous le terme de '''commandes SDRAM anticipées'''. La possibilité est très limitée, car il faut tenir compte des délais mémoire. Elle améliore un peu les performances dans certaines circonstances où la RAM doit traiter plusieurs accès mémoire consécutifs, très rapprochés. L'exemple typique est celui du transfert d'un bloc de données entre mémoire cache et mémoire RAM, qui dépasse la taille d'une rafale. Le cache envoie alors plusieurs accès mémoire d'un seul coup au contrôleur mémoire. Mais d'autres exemples sont possibles, on ne peut juste pas les expliquer à ce stade du cours. Les commandes SDRAM anticipées sont possibles car les SDRAM sont formées en entourant une RAM asynchrone de registres, exactement comme les SRAM synchrones. Il est possible d'écrire dans les registres de données/commandes, pendant qu'un autre accès mémoire accède au cœur asynchrone. Les délais mémoire sont conçus pour éviter qu'une commande accède au cœur asynchrone en même temps que la suivante ou la précédente, idem pour l'usage des registres. C'est pour cela que les délais mémoire sont assez différents entre écritures et lectures, d'ailleurs. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Enregistrement de la commande dans le registre d'adresse/commande | bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Accès au cœur asynchrone | || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || |- ! Lecture/écriture du registre de données | || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Les DDR2 et 3 vont encore plus loin avec l'optimisation des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur mémoire peut envoyer une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings''. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur mémoire peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur mémoire. ==Les mémoires DDR== Les mémoires SDRAM récentes sont des mémoires de type ''dual data rate'', ce qui fait qu'elles portent le nom de mémoires DDR. Pour rappel, les mémoires ''dual data rate'' ont un plan mémoire deux fois plus large que le bus mémoire, avec un bus mémoire allant à une fréquence double. Par double, on veut dire que les transferts sur le bus mémoire ont lieu sur les fronts montants et descendants de l'horloge. Il y a donc deux transferts de données sur le bus pour chaque cycle d'horloge, ce qui permet de doubler le débit sans toucher à la fréquence du plan mémoire lui-même. Les mémoires DDR sont standardisées par un organisme international, le JEDEC, et ont été déclinées en plusieurs générations : DDR1, DDR2, DDR3, et DDR4. La différence entre ces modèles sont très nombreuses, mais les plus évidentes sont la fréquence de la mémoire et du bus mémoire. D'autres différences mineures existent entre les SDRAM et les mémoires DDR. Par exemple, la tension d'alimentation des mémoires DDR est plus faible que pour les SDRAM. ET elle a diminué dans le temps, d'une génération de DDR à l'autre. Avec les mémoires DDR2,la tension d'alimentation est passée de 2,5/2,6 Volts à 1,8 Volts. Avec les mémoires DDR3, la tension d'alimentation est notamment passée à 1,5 Volts. ===Les performances des mémoires DDR=== Les mémoires SDRAM ont évolué dans le temps, mais leur temps d'accès/fréquence n'a pas beaucoup changé. Il valait environ 10 nanosecondes pour les SDRAM, approximativement 5 ns pour la DDR-400, il a peu évolué pendant la génération DDR et DDR3, avant d'augmenter pendant les générations DDR4 et de stagner à nouveau pour la génération DDR5. L'usage du DDR, puis du QDR, visait à augmenter les performances malgré la stagnation des temps d'accès. En conséquence, la fréquence du bus a augmenté plus vite que celle des puces mémoire pour compenser. {|class="wikitable" |- ! Année ! Type de mémoire ! Fréquence de la mémoire (haut de gamme) ! Fréquence du bus ! Coefficient multiplicateur entre les deux fréquences |- | 1998 | DDR 1 | 100 - 200 MHz | 200 - 400 MHz | 2 |- | 2003 | DDR 2 | 100 - 266 MHz | 400 - 1066 MHz | 4 |- | 2007 | DDR 3 | 100 - 266 MHz | 800 - 2133 MHz | 8 |- | 2014 | DDR 4 | 200 - 400 MHz | 1600 - 3200 MHz | 8 |- | 2020 | DDR 5 | 200 - 450 MHz | 3200 - 7200 MHz | 8 à 16 |} Une conséquence est que la latence CAS, exprimée en nombre de cycles, a augmenté avec le temps. Si vous comparez des mémoires DDR2 avec une DDR4, par exemple, vous allez voir que la latence CAS est plus élevée pour la DDR4. Mais c'est parce que la latence est exprimée en nombre de cycles d'horloge, et que la fréquence a augmentée. En comparant les temps d'accès exprimés en secondes, on voit une amélioration. ===Les commandes des mémoires DDR=== Les commandes des mémoires DDR sont globalement les mêmes que celles des mémoires SDRAM, vues plus haut. Les modifications entre SDRAM, DDR1, DDR2, DDR3, DDR4, et DDR5 sont assez mineures. Les seules différences sont l'addition de bits pour la transmission des adresses, des bits en plus pour la sélection des banques, etc. En clair, une simple augmentation quantitative. Le registre de mode a été un peu modifié. Il est passé de 10 bits pour les SDRAM et DDR1, à 13 bits sur la DDR 2 et les suivantes. Les DDR ont aussi ajouté le support de plusieurs registres de mode, qui sont sélectionnés en réutilisant l'adresse de banque. Dans une commande LOAD MODE REGISTER, l'adresse de banque indique quel registre de mode il faut altérer. Avant la DDR4, les modifications des commandes sont mineures. La DDR2 supprime la commande ''Burst Terminate'', la DDR3 et la DDR4 utilisent le bit A12 pour préciser s'il faut faire une rafale complète, ou une rafale de moitié moins de données. Une optimisation des DDR2 et 3 est celle des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur de DRAM peut envoyer une commande ACT et une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings'' nécessaires entre les deux. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur de DRAM peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur de DRAM. Mais avec la DDR4, les choses changent, notamment au niveau de la commande ACT. Avec l'augmentation de la capacité des barrettes mémoires, la taille des adresses est devenue trop importante. Pour éviter de rajouter des bits d'adresses, les concepteurs du standard DDR4 ont décidé de ruser. Lors d'une commande ACT, les bits RAS, CAS et WE sont utilisés comme bits d'adresse, alors qu'ils ont leur signification normale pour les autres commandes. Pour éviter toute confusion, un nouveau bit ACT est ajouté pour indiquer la présence d'une commande ACT : il est à 1 pour une commande ACT, 0 pour les autres commandes. {| class="wikitable" style="text-align:center" |+ Commandes d'une mémoire DDR4, seule la commande colorée change par rapport aux SDRAM ! Bit CS || style="background: #CCFFCC" | Bit ACT || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (4 bits) || Bit du bas d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Arrêt d'un accès en rafale en cours. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- style="background: #CCFFCC" | 0 || style="background: #CCFFCC" | 1 || colspan="3" | Adresse de la ligne (bits de poids forts) || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne (bits de poids faible) || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne' dans toutes les banques. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 0 || Numéro de registre de mode || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} ===Les SDRAM basse consommation : les LPDDR=== Il existe des variantes de mémoire DDR qui sont optimisées pour consommer le moins d'énergie possible. Elles s'appelle les '''mémoires LP-DDR''', abréviation de ''Low Power DDR''. Elles sont utilisées dans les ordinateurs portables, les smartphones et autres équipements de ce type, pour lesquels l'autonomie de la batterie est très importante. Elles ne se présentent pas souvent sous la forme de barrettes de RAM, comme les DDR normales. A la place, elles sont soudées sur la carte mère, dans le cas le plus fréquent. Les barrettes de LPDDR sont très rares. Le fait de souder les puces sur la carte mère a de nombreux avantages : ça prend moins de place, consomme moins, permet de garder des performances optimales, etc. Un autre détail, lié au précédent, est qu'elles utilisent souvent des bus plus petits. Là où les barrettes de SDRAM/DDR usuelles ont un bus de 64 bits, les LPDDR peuvent utiliser des bus de 16 ou 32 bits. Les LPDDR sont nommées comme les DDR, avec des LPDDR 1, 2, 3, etc. La LPDDR 1 est une DDR 1 ayant subit des modifications assez mineures. La tension d'alimentation passe de 2,5 V à seulement 1,8 V, des modes de rafrichissement ont été ajouté, de même qu'un mode de mise en veille profonde. Par contre, les LPDDR 2/3/4/5 se démarquent fortement des DDR 2/3/4/5 équivalentes. Par exemple, la LPDDR 2 ne correspond pas du tout à de la DDR2 modifiée. Elles se différencient des DDR normales sur de nombreux points, afin de consommer le moins possible. Notamment, les commandes DDR sont modifiées, au point qu'une LPDDR et une DDR sont incompatibles entre elles. ==Les VRAM des cartes vidéo== Les cartes graphiques ont des besoins légèrement différents des DRAM des processeurs, ce qui fait qu'il existe des mémoires DRAM qui leur sont dédiées. Elles sont appelés des '''''Graphics RAM''''' (GRAM). La plupart incorporent des fonctionnalités utiles uniquement pour les mémoires vidéos, comme des fonctionnalités de masquage (appliquer un masque aux données lue ou à écrire), ou le remplissage d'un bloc de mémoire avec une donnée unique. Les anciennes cartes graphiques et les anciennes consoles utilisaient de la DRAM normale, faute de mieux. La première GRAM utilisée était la NEC μPD481850, qui a été utilisée sur la console de jeu PlayStation, à partir de son modèle SCPH-5000. D'autres modèles de GRAM ont rapidement suivi. Les anciennes consoles de jeu, mais aussi des cartes graphiquesn utilisaient des GRAM spécifiques. ===Les mémoires vidéo double port=== Sur les premières consoles de jeu et les premières cartes graphiques, le ''framebuffer'' était mémorisé dans une mémoire vidéo spécialisée appelée une '''mémoire vidéo double port'''. Le premier port était connecté au processeur ou à la carte graphique, alors que le second port était connecté à un écran CRT. Aussi, nous appellerons ces deux port le ''port CPU/GPU'' et l'autre sera appelé le ''port CRT''. Le premier port était utilisé pour enregistrer l'image à calculer et faire les calculs, alors que le second port était utilisé pour envoyer à l'écran l'image à afficher. Le port CPU/GPU est tout ce qu'il y a de plus normal : on peut lire ou écrire des données, en précisant l'adresse mémoire de la donnée, rien de compliqué. Le port CRT est assez original : il permet d'envoyer un paquet de données bit par bit. De telles mémoires étaient des mémoires à tampon de ligne, dont le support de mémorisation était organisé en ligne et colonnes. Une ligne à l'intérieur de la mémoire correspond à une ligne de pixel à l'écran, ce qui se marie bien avec le fait que les anciens écrans CRT affichaient les images ligne par ligne. L'envoi d'une ligne à l'écran se fait bit par bit, sur un câble assez simple comme un câble VGA ou autre. Le second port permettait de faire cela automatiquement, en permettant de lire une ligne bit par bit, les bits étant envoyés l'un après l'autre automatiquement. Pour cela, les mémoires vidéo double port incorporaient un tampon de ligne spécialisé pour le port lié à l'écran. Ce tampon de ligne n'était autre qu'un registre à décalage, contrairement au tampon de ligne normal. Lors de l'accès au second port, la carte graphique fournissait un numéro de ligne et la ligne était chargée dans le tampon de ligne associé à l'écran. La carte graphique envoyait un signal d'horloge de même fréquence que l'écran, qui commandait le tampon de ligne à décalage : un bit sortait à chaque cycle d'écran et les bits étaient envoyé dans le bon ordre. ===Les mémoires SGRAM et GDDR=== De nos jours, les cartes graphiques n'utilisent plus de mémoires double port, mais des mémoires simple port. Les mémoires graphiques actuelles sont des SDRAM modifiées pour fonctionner en tant que ''Graphic RAM''. Les plus connues sont les '''mémoires GDDR''', pour ''graphics double data rate'', utilisées presque exclusivement sur les cartes graphiques. Il en existe plusieurs types pendant que j'écris ce tutoriel : GDDR, GDDR2, GDDR3, GDDR4, et GDDR5. Mais attention, il y a des différences avec les DDR normales. Par exemple, les GDDR ont une fréquence plus élevée que les DDR normales, avec des temps d'accès plus élevés (sauf pour le tCAS). De plus, elles sont capables de laisser ouvertes deux lignes en même temps. Par contre, ce sont des mémoires simple port. ==Les mémoires SLDRAM, RDRAM et associées== Les mémoires précédentes sont généralement associées à des bus larges. Les mémoires SDRAM et DDR modernes ont des bus de données de 64 bits de large, avec des d'adresse et de commande de largeur similaire. Le nombre de fils du bus mémoire dépasse facilement la centaine de fils, avec autant de broches sur les barrettes de mémoire. Largeur de ces bus pose de problèmes problèmes électriques, dont la résolution n'est pas triviale. En conséquence, la fréquence du bus mémoire est généralement moins performantes comparé à ce qu'on aurait avec un bus moins large. Mais d'autres mémoires DRAM ont exploré une solution alternative : avoir un bus peu large mais de haute fréquence, sur lequel on envoie les commandes/données en plusieurs fois. Elles sont regroupées sous le nom de '''DRAM à commutation par paquets'''. Elles utilisent des bus spéciaux, où les commandes/adresses/données sont transmises par paquets, par trames, en plusieurs fois. En théorie, ce qu'on a dit sur le codage des trames dans le chapitre sur le bus devrait s'appliquer à de telles mémoires. En pratique, les protocoles de transmission sur le bus mémoire sont simplifiés, pour gérer le fonctionnement à haute fréquence. Le processeur envoie des paquets de commandes, les mémoires répondent avec des paquets de données ou des accusés de réception. Les mémoires à commutation par paquets sont peu nombreuses. Les plus connues sont les mémoires conçues par la société Rambus, à savoir la ''RDRAM'' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs ''XDR RAM'' et ''XDR RAM 2''. La ''Synchronous-link DRAM'' (''SLDRAM'') est un format concurrent conçu par un consortium de plusieurs concepteurs de mémoire. ===La SLDRAM (''Synchronous-link DRAM'')=== Les '''mémoires SLDRAM''' avaient un bus de données de 64 bits allant à 200-400 Hz, avec technologie DDR, ce qui était dans la norme de l'époque pour la fréquence (début des années 2000). Elle utilisait un bus de commande de 11 bits, qui était utilisé pour transmettre des commandes de 40 bits, transmises en quatre cycles d'horloge consécutifs (en réalité, quatre fronts d'horloge donc deux cycles en DDR). Le bus de données était de 18 bits, mais les transferts de donnée se faisaient par paquets de 4 à 8 octets (32-65 bits). Pour résumer, données et commandes sont chacunes transmises en plusieurs cycles consécutifs, sur un bus de commande/données plus court que les données/commandes elle-mêmes. Là où les SDRAM sélectionnent la bonne barrette grâce à des signaux de commande dédiés, ce n'est pas le cas avec la SLDRAM. À la place, chaque barrette de mémoire reçoit un identifiant, un numéro codé sur 7-8 bits. Les commandes de lecture/écriture précisent l'identifiant dans la commande. Toutes les barrettes reçoivent la commande, elles vérifient si l'identifiant de la commande est le leur, et elles la prennent en compte seulement si c'est le cas. Voici le format d'une commande SLDRAM. Elle contient l'adresse, qui regroupe le numéro de banque, le numéro de ligne et le numéro de colonne. On trouve aussi un code commande qui indique s'il faut faire une lecture ou une écriture, et qui configure l'accès mémoire. Il configure notamment le mode rafale, en indiquant s'il faut lire/écrire 4 ou 8 octets. Enfin, il indique s'il faut fermer la ligne accédée une fois l'accès terminé, ou s'il faut la laisser ouverte. Le code commande peut aussi préciser que la commande est un rafraichissement ou non, effectuer des opérations de configuration, etc. L'identifiant de barrette mémoire est envoyé en premier, histoire que les barrettes sachent précocement si l'accès les concerne ou non. {|class="wikitable" style="text-align:center" |+SLDRAM Read, write or row op request packet ! FLAG || CA9 || CA8 || CA7 || CA6 || CA5 || CA4 || CA3 || CA2 || CA1 || CA0 |- ! 1 | colspan=9 bgcolor=#ffcccc| Identifiant de barrette mémoire|| bgcolor=#ccffcc| Code de commande |- ! 0 | colspan=5 bgcolor=#ccffcc| Code de commande ||colspan=3 bgcolor=#ff88ff| Banque||colspan=2 bgcolor=#ffffcc| Ligne |- ! 0 | colspan=9 bgcolor=#ffffcc| Ligne || 0 |- ! 0 | 0 || 0 || 0 ||colspan=7 bgcolor=#ccffff| Colonne |} ===Les mémoires Rambus=== Les mémoires conçues par la société Rambus regroupent la '''RDRAM''' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs '''XDR RAM''' et '''XDR RAM 2'''. Les toutes premières étaient les '''mémoires RDRAM''', où le bus permettait de transmettre soit des commandes (adresse inclue), soit des données, avec un multiplexage total. Le processeur envoie un paquet contenant commandes et adresse à la mémoire, qui répond avec un paquet d'acquittement. Lors d'une lecture, le paquet d'acquittement contient la donnée lue. Lors d'une écriture, le paquet d'acquittement est réduit au strict minimum. Le bus de commandes est réduit au strict minimum, à savoir l'horloge et quelques bits absolument essentiels, les bits RW est transmis dans un paquet et n'ont pas de ligne dédiée, pareil pour le bit OE. Toutes les barrettes de mémoire doivent vérifier toutes les transmissions et déterminer si elles sont concernées en analysant l'adresse transmise dans la trame. Elles ont été utilisées dans des PC ou d'anciennes consoles de jeu. Par exemple, la Nintendo 64 incorporait 4 mébioctets de mémoire RDRAM en tant que mémoire principale. La RDRAM de la Nintendo 64 était cadencée à 500 MHz, utilisait un bus de 9 bits, et avait un débit binaire maximal théorique de 500 MB/s. La Playstation 2 contenait quant à elle 32 mébioctets de RDRAM en ''dual-channel'', pour un débit binaire de 3.2 Gibioctets par seconde. Les processeurs Pentium 3 pouvaient être associés à de la RDRAM sur certaines mères. Les Pentium 4 étaient eux aussi associés à la de RDRAM, mais les cartes mères ne géraient que ce genre de mémoire. La Playstation 3 contenait quant à elle de la XDR RAM. ==Les eDRAM : des DRAM adaptées aux ''chiplets''== Les '''mémoires eDRAM''', pour ''embedded DRAM'', sont des mémoires RAM qui sont destinées à être intégrée au processeur. Pour comparer, les DRAM normales sont placées sur des barrettes de RAM ou soudées à la carte mère. Dans la quasi-totalité des cas, l'eDRAM est utilisée pour implémenter une mémoire cache, elle ne sert pas de mémoire principale (cache L4, le plus proche de la mémoire sur ces puces). De ce fait, elles sont conçues pour être très rapides, avoir une grande bande passante, au détriment de leur capacité mémoire. Pour être plus précis, l'eDRAM est une puce de DRAM conçue pour être intégrée dans un ''chiplet'', , à savoir des circuits imprimés qui regroupent plusieurs puces électroniques distinctes, regroupées sur le même PCB. Typiquement, un processeur de type ''chiplet'' avec de l'eDRAM comprend deux puces séparées : une pour le processeur, une autre pour une puce de communication avec la RAM. Avec la mémoire eDRAM, les deux puces sont complétées par une troisième puce spécialisée qui incorpore l'eDRAM. Elle a été utilisée sur quelques processeurs, mais aussi dans des consoles de jeu vidéo, pour la carte graphique des consoles suivantes : la PlayStation 2, la PlayStation Portable, la GameCube, la Wii, la Wii U, et la XBOX 360. Sur ces consoles, la RAM de la carte graphique était intégrée avec le processeur graphique dans le même circuit. La fameuse mémoire vidéo et le GPU n'étaient qu'une seule et même puce électronique, un seul circuit intégré. Ce n'est pas le cas sur une carte graphique moderne : regardez votre carte graphique avec attention et vous verrez que le GPU est une puce carrée située sous les ventilateurs, alors que les puces mémoires sont situées juste autour et soudées sur le PCB de la carte. Les processeurs Intel Core de microarchitecture Broadwell disposaient d'un cache L4 de 128 mébioctets, intégralement implémenté avec de la mémoire eDRAM. Quelques processeurs de la microarchitecture précédente (Haswell), disposaient aussi de ce cache. Le cache L4 eDRAM était implémenté sur un chiplet à part, à savoir que le processeur était composé de trois puces séparées : une pour le processeur, une autre pour la gestion des entrées-sorties, et une autre pour le cache L4. La puce pour le cache L4, appelée ''Crystal Well'', était gravée en 22nm, ce qui était une finesse de gravure plus élevée que celle des processeurs associés. ''Crystal Well'' était très optimisé pour l'époque. Par exemple, elle disposait de bus séparées pour la lecture et l'écriture, chose qu'on retrouve fréquemment sur les SRAM mais qui est absent sur les mémoires DRAM actuelles. Pour le reste, elle ressemblait beaucoup aux mémoires DDR de l'époque (système de ''double data rate'', entres autres), mais elle allait à une fréquence plus élevée que les DRAM de l'époque et avait un débit bien plus élevé, pour une consommation moindre. ''Crystal Well'' consommait entre 1 à 5 watts (1 watt en veille, 5 à pleine utilisation), pour un débit binaire de 102 GB/s et fonctionnait à 3.2 GHz. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les mémoires SRAM synchrones | prevText=Les mémoires SRAM synchrones | next=Contrôleur mémoire externe | nextText=Le contrôleur mémoire externe }}{{autocat}} </noinclude> ox2kfkuwz0mgw14co5i5f4sg6mtpuwk 768206 768205 2026-06-20T16:40:05Z Mewtow 31375 /* Les SDRAM basse consommation : les LPDDR */ 768206 wikitext text/x-wiki Après avoir vu les mémoires statiques (SRAM), il est temps de passer aux mémoires RAM dynamiques, aussi appelées mémoires DRAM. Pour rappel, les DRAM dynamiques ont pour défaut que leurss données s'effacent après un certain temps, en quelques millièmes ou centièmes de secondes . En conséquence, il faut réécrire chaque bit de la mémoire régulièrement pour éviter qu'il ne s'efface. On dit qu'on doit effectuer régulièrement un '''rafraîchissement mémoire'''. Et celui-ci rend les DRAM très différentes des SRAM. Les DRAM des PC ont beaucoup évolués dans le temps. Les toutes premières mémoires DRAM étaient des mémoires asynchrones, mais elles ont été remplacées par des modèles synchrones. Les modèles asynchrones ont été très nombreux. Après l'apparition des premières DRAM, les mémoires ''Fast Page Mode'' sont apparues, suivies par les mémoires ''Extended Data Out'', puis les EDO en mode rafale. Elles ont été utilisées jusque dans la moitié des années 90, pour ensuite être supplantées par les mémoires SDRAM. Les mémoires DDR actuelles sont des améliorations des mémoires SDRAM actuelles. Le fait est que les DRAM sont des mémoires électroniques comme les autres, qui se présentent sous la forme de circuits intégrés, à savoir que ce sont des petits boitiers noirs avec des broches. Il est possible de souder ces boitiers sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais il est aussi possible de regrouper plusieurs boitiers sur une barrette de RAM séparée. Dans ce qui suit, nous les appellerons des '''chips mémoire''', ou encore, des puces mémoires. [[File:Canyon CN-WF514 - EtronTech EM638325TS-6-4022.jpg|centre|vignette|upright=2|Exemple de chip mémoire.]] Dans ce qui suit, nous allons étudier ces chips de DRAM, avant de voir comment ils sont regroupés sur une barrette de RAM. Puis, nous allons voire chaque type de mémoire, FPM, EDO, SDRAM, DDR, ... ; un par un. ==L'interface des DRAM et le contrôleur mémoire== L'interface d'une mémoire DRAM est plus compliquée que l'interface d'une SRAM basique. Et c'est suffisant pour qu'on ait besoin d'un intermédiaire pour faire la conversion entre processeur et DRAM. Les DRAM modernes ne sont pas connectées directement au processeur, mais le sont par l'intermédiaire d'un '''contrôleur mémoire externe'''. Il ne faut pas le confondre avec le contrôleur mémoire interne, placé dans la mémoire RAM, et qui contient notamment le décodeur. Les deux sont totalement différents, bien que leur nom soit similaire. Pour éviter toute confusion, j'utiliserais le terme de '''contrôleur de DRAM''', plus parlant. Le contrôleur de DRAM gère le bus mémoire et tout ce qui est envoyé dessus. Il envoie des commandes aux barrettes de mémoire, commandes qui peuvent être des lectures, des écritures, ou des demandes de rafraichissement, parfois d'autres commandes. La mémoire répond à ces commandes par l'action adéquate : lire la donnée et la placer sur le bus de données pour une commande de lecture, par exemple. Le rôle du contrôleur de DRAM varie grandement suivant le contrôleur en question, ainsi que selon le type de DRAM. ===Le bus d'adresse des DRAM est multiplexé=== Un point important pour le contrôleur de DRAM est de transformer les adresses mémoires fournies par le processeur, en adresses utilisables par la DRAM. Car les DRAM ont une interface assez spécifique. Les DRAM ont ce qui s'appelle un '''bus d'adresse multiplexé'''. Avec de tels bus, l'adresse est envoyée en deux fois. Les bits de poids fort sont envoyés avant les bits de poids faible. On peut ainsi envoyer une adresse de 32 bits sur un bus d'adresse de 16 bits, par exemple. Le bus d'adresse contient alors environ moitié moins de fils que la normale. Pour rappel, l'avantage de cette méthode est qu'elle permet de limiter le nombre de fils du bus d'adresse, ce qui très intéressant sur les mémoires de grande capacité. Les mémoires DRAM étant utilisées comme mémoire principale d'un ordinateur, elles devaient avoir une grande capacité. Cependant, avoir un petit nombre de broches sur les barrettes de mémoire est clairement important, ce qui impose d'utiliser des stratagèmes. Envoyer l'adresse en deux fois répond parfaitement à ce problème : cela permet d'avoir des adresses larges et donc des mémoires de forte capacité, avec une performance acceptable et peu de fils sur le bus d'adresse. Les bus multiplexés se marient bien avec le fait que les DRAM sont des mémoires à adressage par coïncidence ou à tampon de ligne. Sur ces mémoires, l'adresse est découpée en deux : une adresse haute pour sélectionner la ligne, et une adresse basse qui sélectionne la colonne. L'adresse est envoyée en deux fois : la ligne, puis la colonne. Pour savoir si une donnée envoyée sur le bus d'adresse est une adresse de ligne ou de colonne, le bus de commande de ces mémoires contenait deux fils bien particuliers : les RAS et le CAS. Pour simplifier, le signal RAS permettait de sélectionner une ligne, et le signal CAS permettait de sélectionner une colonne. [[File:Signaux RAS et CAS.png|centre|vignette|upright=2|Signaux RAS et CAS.]] Si on a deux bits RAS et CAS, c'est parce que la mémoire prend en compte les signaux RAS et CAS quand ils passent de 1 à 0. C'est à ce moment là que la ligne ou colonne dont l'adresse est sur le bus sera sélectionnée. Tant que des signaux sont à zéro, la ligne ou colonne reste sélectionnée : on peut changer l'adresse sur le bus, cela ne désélectionnera pas la ligne ou la colonne et la valeur présente lors du front descendant est conservée. [[File:L'intérieur d'une FPM.png|centre|vignette|upright=2|L'intérieur d'une FPM.]] ===Le rafraichissement mémoire=== La spécificité des DRAM est qu'elles doivent être rafraichies régulièrement, sans quoi leurs cellules perdent leurs données. Le rafraichissement est basiquement une lecture camouflée. Elle lit les cellules mémoires, mais n'envoie pas le contenu lu sur le bus de données. Rappelons que la lecture sur une DRAM est destructive, à savoir qu'elle vide la cellule mémoire, mais que le système d'amplification de lecture régénère le contenu de la cellule automatiquement. La cellule est donc rafraichie automatiquement lors d'une lecture. La quasi-totalité des DRAM supporte des commandes de rafraichissement, séparées des lectures et écritures classiques. Une commande de rafraichissement ordonne de rafraichir une adresse, voire une ligne complète. Les commandes de rafraichissement sont générées par le contrôleur de DRAM, dans la grosse majorité des cas. Il est aussi possible que ce soit le processeur qui les génère, mais c'est beaucoup plus rare. Il est aussi possible d'envoyer des commandes de rafraichissement vides, qui ne précisent ni adresse ni numéro de ligne. Pour les gérer, la mémoire contient un compteur, qui pointe sur la prochaine ligne à rafraichir, qui est incrémenté à chaque commande de rafraichissement. Une commande de rafraichissement indique à la mémoire d'utiliser l'adresse dans ce compteur pour savoir quelle adresse/ligne rafraichir. [[File:Rafraichissement mémoire automatique.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire automatique.]] Il existe des mémoires qui sont des intermédiaires entre les mémoires SRAM et DRAM. Il s'agit des '''mémoires pseudo-statiques''', qui sont techniquement des mémoires DRAM, utilisant des transistors et des condensateurs, mais qui gèrent leur rafraichissement mémoire toutes seules. Le rafraichissement mémoire est alors totalement automatique, ni le processeur, ni le contrôleur de DRAM ne devant s'en charger. Le rafraichissement est purement le fait des circuits de la mémoire RAM et devient une simple opération de maintenance interne, gérée par la RAM elle-même. L'envoi des commandes de rafraichissement peuvent se faire de deux manières : soit on les envoie toutes en même temps, soit on les disperse le plus possible. Le premier cas est un '''rafraichissement en rafale''', le second un '''rafraichissement étalé'''. Le rafraichissement en rafale n'est pas utilisé dans les PC, car il bloque la mémoire pendant un temps assez long. Mais les anciennes consoles de jeu gagnaient parfois à utiliser eu rafraichissement en rafale. En effet, la mémoire était souvent effacée entre l'affichage de deux images, pour éviter certains problèmes dont on ne parlera pas ici. Le rafraichissement de la mémoire était effectué à ce moment là : l'effacement rafraichissait la mémoire. Le temps mis pour rafraichir la mémoire est le temps mis pour parcourir toute la mémoire. Il s'agit du temps de balayage vu dans le chapitre sur les performances d'un ordinateur. Pour les mémoires FPM et EDO, il est défini en divisant la capacité de la mémoire par son débit binaire. C'est le temps nécessaire pour lire ou réécrire tout le contenu de la mémoire. Sur les SDRAM, les choses sont un peu différentes, pour une raison qu'on expliquera plus bas. ==Les rangées : l'arrangement horizontal et vertical== Il est rare d'utiliser un chip mémoire seul, car ceux-ci n'ont pas une capacité suffisante. Pour donner quelques chiffres, à l'heure où j'écris ces lignes, la norme pour un ordinateur est d'avoir entre 8 et 64 gibioctets de RAM. Mais les chips mémoire font entre 1 et 4 gibioctets, rarement plus. La raison est que les ordinateurs combinent ensemble plusieurs chips mémoire pour additionner leurs capacités. La concaténation de plusieurs chips mémoire peut se faire de deux manières différentes, appelées l'arrangement horizontal et l'arrangement vertical. Les deux additionnent la capacité des chips mémoire, mais se distinguent sur un point : ce qui arrive respectivement au bus de données, et au nombre d'adresses. Intuitivement, on se dit que doubler la capacité mémoire implique de doubler le nombre d'adresses mémoire. C'est effectivement ce qui se passe avec l'arrangement vertical. Mais avec l'arrangement horizontal, le nombre d'adresse ne varie pas. Voyons cela en détail, et commençons par le cas le plus simple, celui de l'arrangement vertical seul. ===L'arrangement vertical : cumuler des adresses mémoire=== Introduisons l'arrangement vertical par un exemple. Imaginez que je souhaite obtenir de 4 mébioctets de RAM, en combinant 4 chips mémoires de 1 mébioctet chacun. L'idée est que le premier mébioctet est placé dans le premier chip mémoire, le second mébioctet dans le second chip, etc. Des adresses consécutives se trouvent ainsi dans le même chip mémoire, sauf pour quelques adresses où on passe d'un chip à l'autre. Avec cette organisation, le bus de donnée fait un octet, et les chips mémoire ont aussi un bus de données d'un octet. Je peux alors combiner les capacités de plusieurs chips mémoire, sans toucher au bus de données. [[File:Répartition des adresses sans entrelacement.png|centre|vignette|upright=1.5|Répartition des adresses avec arrangement vertical.]] Pour sélectionner le chip mémoire adéquat, il faut que chaque chip mémoire dispose d'une entrée ''Chip Select'', qui permet de l'activer ou de le désactiver. L'idée est que selon l'adresse demandée, on active le chip mémoire associé à cette adresse. Les signaux ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur de DRAM, à partir de l'adresse. On dit qu'il y a un '''décodage d'adresse'''. Avec cet arrangement, les bits de poids fort de l'adresse sont utilisées pour sélectionner la banque adéquate, et le reste de l'adresse est envoyé sur le bus d'adresse. Par exemple, avec 4 chips mémoire, les deux bits de poids fort de l'adresse sont utilisés pour sélectionner le chip mémoire adéquat. Les adresses mémoire sont alors découpées comme suit : {|class="wikitable" |+ Adresse mémoire |- ! Adresse de banque !! Adresse dans la banque |- | Quelques bits de poids fort || Reste de l'adresse |} ===L'arrangement horizontal : élargir le bus de données=== L'arrangement horizontal permet lui aussi d'additionner les capacités mémoire de plusieurs chips mémoire. Cependant, il les combine d'une autre manière. Le nombre d'adresses mémoire n'est pas changé en utilisant plusieurs chips, mais le bus de données est élargi. Le mieux pour comprendre l'idée est de partir d'un exemple, et nous allons prendre celui d'une mémoire SDRAM. Les ordinateurs actuels ont un bus de données de 64 bits (on met de côté le cas du double ou triple canal). Cependant, il n'existe pas de chip mémoire avec un bus aussi large. Les puces de SDRAM/DDR ont un bus de 4, 8 ou 16 bits, ce sont les tailles les plus courantes. L'arrangement horizontal résout ce problème en combinant plusieurs chips mémoire de manière à ce que leurs bus de données s'"additionnent", se concatènent. Par exemple, on peut regrouper 8 chips mémoires de 8 bits, obtenir un bus mémoire de 64 bits. Il est aussi possible d'obtenir ces 64 bits avec des puces de 16 chips mémoire de 4 bits, ou 4 chips mémoire de 16 bits. [[File:Arrangement horizontal SDRAM - un Rank.png|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal SDRAM.]] Avec cette organisation, on accède à tous les bancs en parallèle à chaque accès, avec la même adresse. Vu que les chips mémoires contiennent tous une partie de la donnée demandée, ils doivent tous être activés en même temps. Pour cela, l'adresse à lire est envoyée à tous les chips mémoire d'un même ''rank'', idem pour les signaux de commande. Un ensemble de N chips reliés de cette manière forme une '''rangée''' (le terme anglais est ''rank''). [[File:Arrangement horizontal.jpg|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal.]] ===L'arrangement horizontal et vertical combinés=== Nous venons de voir l'arrangement vertical et horizontal, pour ce qui est des barrettes de mémoire. Précisons que ce qui vient d'être dit marche aussi bien pour les barrettes de RAM que pour la mémoire soudée sur la carte mère. Du moment qu'on combine plusieurs chips mémoire ensemble, ces concepts restent valides. Et il en est de même pour la suite, encore que ce soit nettement moins fréquent avec de la mémoire soudée. Il est possible de combiner à la fois l'arrangement vertical et l'arrangement horizontal. Rien de plus simple : il suffit d'utiliser un arrangement vertical entre plusieurs rangées, chacun composée de plusieurs chips mémoire. C'est surtout utilisé sur les barrettes de mémoire SDRAM, qui contiennent 1, 2, 4 ou 8 rangées, rarement plus. Par exemple, une SDRAM peut combiner 16 chips de DRAM de 8 bits chacun, dans deux rangées de 64 bits chacun, chaque rangée regroupant 8 chips. [[File:SDRAM avec 4 ranks.png|centre|vignette|upright=2|SDRAM avec 4 ranks]] Le choix entre la première ou la seconde rangée se fait en configurant les bits ''Chip Select'' de chaque rangée. Il faut noter que les bits de ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur mémoire, et envoyés sur le bus de commande. [[File:Td6bfig3.png|centre|vignette|upright=2|Comparaison entre arrangement horizontal (à gauche) et arrangement vertical (à droite).]] Le contrôleur de DRAM peut adresser un certain nombre de rangées, dispersés sur plusieurs barrettes. La limite maximale dépend du contrôleur de DRAM, elle est souvent proche de 8 ou 16 rangées. Si on combine plusieurs barrettes de mémoire, il est possible de dépasser cette limite. Par exemple, prenez un contrôleur de DRAM supportant maximum 8 rangées. Avec 4 barrettes contenant 4 rangées chacune, la limite est dépassée. : Il faut noter que tout ce qui vient d'être dit vaut aussi pour les mémoires ROM et SRAM. Mais en pratique, les arrangements verticaux et horizontaux sont surtout utilisés sur les mémoires DRAM. Il faut dire que de tels arrangements servent à augmenter la capacité mémoire, ce qui colle plus avec des DRAM que des SRAM ou des ROM. ==Les barrettes de mémoire DRAM== [[File:Ram-module.svg|droite|vignette|upright=0.5|Barrette de mémoire RAM.]] Il est possible de souder plusieurs boitiers de DRAM sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais dans les PC fixes, les puces de DRAM sont regroupées sur des ''barrettes mémoires'''. Les barrettes de mémoire se fixent à la carte mère sur un connecteur standardisé, appelé '''slot mémoire'''. Le dessin ci-contre montre une barrette de mémoire, celui-ci ci-dessous est celui d'un ''slot'' mémoire. [[File:Dual channel slots.jpg|centre|vignette|Slots mémoires.]] Sur le schéma de droite, on remarque facilement les boitiers de DRAM, rectangulaires, de couleur sombre. Chaque barrette combine ces puces de manière à additionner leurs capacités : on peut ainsi créer une mémoire de 8 gibioctets à partir de 8 puces d'un gibioctet, par exemple. Ils sont soudés sur un PCB en plastique vert sur lequel sont gravés des connexions métalliques. Les trucs dorés situés en bas des barrettes de mémoire sont des broches qui connectent la barrette au bus mémoire. Les barrettes des mémoires FPM/EDO/SDRAM/DDR n'ont pas le même nombre de broches, pour des raisons de compatibilité. {|class="wikitable" |- !Type de barrette !Type de mémoire !Nombre de broches |- | rowspan="2" | SIMM | rowspan="2" | FPM/EDO |30 |- |72 |- | rowspan="4" | DIMM |SDRAM |168 |- |DDR |184 |- |DDR2 |214, 240 ou 244, suivant la barrette ou la carte mère. |- |DDR3 |204 ou 240, suivant la barrette ou la carte mère. |} ===Le format des barrettes de mémoire=== Certaines barrettes ont des puces mémoire d'un seul côté alors que d'autres en ont sur les deux faces. Cela permet de distinguer les barrettes SIMM et DIMM. * Les '''barrettes SIMM''' ont des puces sur une seule face de la barrette. Elles étaient utilisées pour les mémoires FPM et EDO-RAM. * Les '''barrettes DIMM''' ont des puces sur les deux côtés. Elles sont utilisées sur les SDRAM et les DDR. {| class="flexible" |+ '''Barrette SIMM''' |- |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7229.jpg|vignette|SIMM recto.]] |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7230.jpg|vignette|SIMM verso.]] |} : Les modules DIMM tendent à avoir plus de rangées que les modules SIMM, mais ce n'est pas systématique. Il est souvent dit que les barrettes DIMM ont deux rangées, contre seulement 1 pour les SIMM, mais les contre-exemples sont nombreux. Les barrettes '''SO-DIMM''', pour ordinateurs portables, sont différentes des barrettes DIMM normales des DDR/SDRAM. La raison est qu'il n'y a pas beaucoup de place à l'intérieur d'un PC portable, ce qui demande de diminuer la taille des barrettes. {| |- |[[File:Desktop DDR Memory Comparison.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC de bureau.]] |[[File:Laptop SODIMM DDR Memory Comparison V2.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC portables.]] |} Les barrettes de Rambus ont parfois été appelées des '''barrettes RB-DIMM''', mais ce sont en réalité des DIMM comme les autres. La différence principale est que la position des broches n'était pas la même que celle des formats DIMM normaux, sans compter que le connecteur Rambus n'était pas compatible avec les connecteurs SDR/DDR normaux. ===Les interconnexions à l'intérieur d'une barrette de mémoire=== Les boîtiers de DRAM noirs sont connectés au bus par le biais de connexions métalliques. Toutes les puces d'une même rangée sont connectées aux bus d'adresse et de commande. Et les chips d'une même rangée reçoivent exactement les mêmes signaux de commande/adresses, ce qui permet d'envoyer la même adresse/commande à toutes les puces en même temps. La manière dont ces puces sont reliées au bus de commande dépend selon la mémoire utilisée. Les DDR1 et 2 utilisent ce qu'on appelle une '''topologie en T''', illustrée ci-dessous. On voit que le bus de commande forme une sorte d'arbre, dont chaque extrémité est connectée à une puce. La topologie en T permet d'égaliser le délai de transmission des commandes à travers le bus : la commande transmise arrive en même temps sur toutes les puces. Mais elle a de nombreux défauts, à savoir : elle fonctionne mal à haute fréquence, elle est difficile à router en raisons des embranchements. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2, nommée topologie en T.]] En comparaison, les DDR3 utilisent une '''topologie ''fly-by''''', où les puces sont connectées en série sur le bus de commande/adresse. La topologie ''fly-by'' n'a pas les problèmes de la topologie en T : elle est simple à router et fonctionne très bien à haute fréquence. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie fly-by.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie ''fly-by'']] ===Les barrettes tamponnées (à registres)=== Certaines barrettes intègrent un registre tampon, qui fait l'interface entre le bus et la barrette de RAM. L'utilité est d'améliorer la transmission du signal sur le bus mémoire. Sans ce registre, les signaux électriques doivent traverser le bus, puis traverser les connexions à l'intérieur de la barrette, jusqu'aux puces de mémoire. Avec un registre tampon, les signaux traversent le bus, sont mémorisés dans le registre et c'est tout. Le registre envoie les commandes/données jusqu'aux puces mémoire, mais le signal a été régénéré par le registre. Le signal transmis est donc de meilleure qualité, ce qui augmente la fiabilité du système mémoire. Le défaut est que la présence de ce registre fait que les barrettes ont un temps de latence est plus important que celui des barrettes normales, du fait de la latence du registre. Les barrettes de ce genre sont appelées des '''barrettes RIMM'''. Il en existe deux types : * Avec les '''barrettes RDIMM''', le registre fait l'interface pour le bus d'adresse et le bus de commande, mais pas pour le bus de données. * Avec les '''barrettes LRDIMM''' (''Load Reduced DIMMs''), le registre fait tampon pour tous les bus, y compris le bus de données. [[File:Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.]] ===Le ''Serial Presence Detect''=== [[File:SPD SDRAM.jpg|vignette|Localisation du SPD sur une barrette de SDRAM.]] Toute barrette de mémoire assez récente contient une petite mémoire ROM qui stocke les différentes informations sur la mémoire : délais mémoire, capacité, marque, etc. Cette mémoire s'appelle le '''''Serial Presence Detect''''', aussi communément appelé le SPD. Ce SPD contient non seulement les timings de la mémoire RAM, mais aussi diverses informations, comme le numéro de série de la barrette, sa marque, et diverses informations. Le SPD est lu au démarrage de l'ordinateur par le BIOS, afin de pourvoir configurer ce qu'il faut. Le contenu de ce fameux SPD est standardisé par un organisme nommé le JEDEC, qui s'est chargé de standardiser le contenu de cette mémoire, ainsi que les fréquences, timings, tensions et autres paramètres des mémoires SDRAM et DDR. Pour les curieux, vous pouvez lire la page wikipédia sur le SPD, qui donne son contenu pour les mémoires SDR et DDR : [https://en.wikipedia.org/wiki/Serial_presence_detect Serial Presence Detect]. ==Les mémoires asynchrones à RAS/CAS : FPM et EDO-RAM== Avant l'invention des mémoires SDRAM et DDR, il exista un grand nombre de mémoires différentes, les plus connues étant les mémoires fast page mode et EDO-RAM. Ces mémoires n'étaient pas synchronisées par un signal d'horloge, c'était des '''mémoires asynchrones'''. Quand ces mémoires ont été créées, cela ne posait aucun problème : les accès mémoire étaient très rapides et le processeur était certain que la mémoire aurait déjà fini sa lecture ou écriture au cycle suivant. Les mémoires asynchrones les plus connues étaient les '''mémoires FPM''' et '''mémoires EDO'''. Pour ce qui est de leur interface, il faut signaler qu'elles n'ont pas d'entrée ''Chip Select'' ou d'entrée ''Output Enable''. Les signaux RAS et CAS remplacent en quelque sorte ces deux signaux. Le bit RAS fait office de ''Chip Select'', le bit CAS fait office d'''Output Enable''. ===Les mémoires FPM=== Les '''mémoires FPM (''Fast Page Mode'')''' possédaient une petite amélioration, qui rendait l'adressage plus simple. Avec elles, il n'y a pas besoin de préciser deux fois la ligne si celle-ci ne changeait pas lors de deux accès consécutifs : on pouvait garder la ligne sélectionnée durant plusieurs accès. Par contre, il faut quand même préciser les adresses de colonnes à chaque changement d'adresse. Il existe une petite différence entre les mémoire ''Page Mode'' et les mémoires ''Fast-Page Mode'' proprement dit. Sur les premières, le signal CAS est censé passer à 0 avant qu'on fournisse l'adresse de colonne. Avec les ''Fast-Page Mode'', l'adresse de colonne pouvait être fournie avant que l'on configure le signal CAS. Cela faisait gagner un petit peu de temps, en réduisant quelque peu le temps d'accès total. [[File:Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.png|centre|vignette|upright=2|Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.]] Avec les '''mémoires en mode quartet''', il est possible de lire quatre octets consécutifs sans avoir à préciser la ligne ou la colonne à chaque accès. On envoie l'adresse de ligne et l'adresse de colonne pour le premier accès, mais les accès suivants sont fait automatiquement. La seule contrainte est que l'on doit générer un front descendant sur le signal CAS pour passer à l'adresse suivante. Vous aurez noté la ressemblance avec le mode rafale vu il y a quelques chapitres, mais il y a une différence notable : le mode rafale vrai n'aurait pas besoin qu'on précise quand passer à l'adresse suivante avec le signal CAS. [[File:Mode quartet.png|centre|vignette|upright=3|Mode quartet.]] Les '''mémoires FPM à colonne statique''' se passent même du signal CAS. Le changement de l'adresse de colonne est détecté automatiquement par la mémoire et suffit pour passer à la colonne suivante. Dans ces conditions, un délai supplémentaire a fait son apparition : le temps minimum entre deux sélections de deux colonnes différentes, appelé tCAS-to-CAS. [[File:Accès en colonne statique.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Accès en colonne statique.]] ===Les mémoires EDO-RAM=== L''''EDO-RAM''' a été inventée quelques années après la mémoire FPM. Elle a été déclinée en deux versions : la EDO simple, et la EDO en rafale. L'EDO simple ajoutait une entrée ''Ouput Enable'' à une mémoire FPM. Pour rappel, l'entrée ''Ouput Enable'' permet de connecter/déconnecter la DRAM du bus de données. S'il est mis à 0, les lectures et écritures sont empêchées. Pour ajouter cette entrée, il a fallu rajouter un registre sur la sortie de donnée, celle qui sert pour les lectures. Et l'ajout de ce registre a introduit une capacité dite de ''pipelining'', sur le même modèle que pour les mémoires SRAM synchrones. La donnée pouvait être maintenue sur le bus de données durant un certain temps, même après la remontée du signal CAS. Le registre de sortie maintenait la donnée lu tant que le signal RAS restait à 0, et tant qu'un nouveau signal CAS n'a pas été envoyé. Faire remonter le signal CAS à 1 n'invalidait pas la donnée en sortie. La conséquence est qu'on pouvait démarrer une nouvelle lecture alors que la donnée de l'accès précédent était encore présent sur le bus de données. Le pipeline obtenu avait deux étages : un où on présentait l'adresse et sélectionnait la colonne, un autre où la donnée était lue depuis le registre de sortie. Les mémoires EDO étaient donc plus rapides. [[File:EDO RAM.png|centre|vignette|upright=3|EDO RAM]] Cependant, cela marchait surtout pour les lectures, pas pour les écritures. Une écriture ne démarre que quand la lecture ou écriture précédente est totalement terminée. De même, on ne peut pas démarrer un nouvel accès mémoire tant qu'une écriture est en cours. ===Les mémoires EDO-RAM avec mode rafale=== Les '''EDO en rafale''' effectuent les accès à 4 octets consécutifs automatiquement : il suffit d'adresser le premier octet à lire. Les 4 octets étaient envoyés sur le bus les uns après les autres, au rythme d'un par cycle d’horloge : ce genre d'accès mémoire s'appelle un accès en rafale. [[File:Accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Accès en rafale sur une DRAM EDO.]] Implémenter cette technique nécessite d'ajouter un compteur, capable de faire passer d'une colonne à une autre quand on lui demande, et quelques circuits annexes pour commander le tout. [[File:Modifications du contrôleur mémoire liées aux accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Modifications du contrôleur de DRAM liées aux accès en rafale.]] ===Le rafraichissement mémoire=== Les mémoires FPM et EDO doivent être rafraichies régulièrement. Au début, le rafraichissement se faisait ligne par ligne. Le rafraichissement avait lieu quand le RAS passait à l'état haut, alors que le CAS restait à l'état bas. Le processeur, ou le contrôleur mémoire, sélectionnait la ligne à rafraichir en fournissant son adresse mémoire. D'où le nom de '''rafraichissement par adresse''' qui est donné à cette méthode de commande du rafraichissement mémoire. Divers processeurs implémentaient de quoi faciliter le rafraichissement par adresse. Par exemple, le Zilog Z80 contenait un compteur de ligne, un registre qui contenait le numéro de la prochaine ligne à rafraichir. Il était incrémenté à chaque rafraichissement mémoire, automatiquement, par le processeur lui-même. Un ''timer'' interne permettait de savoir quand rafraichir la mémoire : quand ce ''timer'' atteignait 0, une commande de rafraichissement était envoyée à la mémoire, et le ''timer'' était ''reset''. [[File:Rafraichissement mémoire manuel.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire manuel.]] Par la suite, certaines mémoires ont implémenté un compteur interne d'adresse, pour déterminer la prochaine adresse à rafraichir sans la préciser sur le bus d'adresse. Le déclenchement du rafraichissement se faisait toujours par une commande externe, provenant du contrôleur de DRAM ou du processeur. Cette commande faisait passer le CAS à 0 avant le RAS. Cette méthode de rafraichissement se nomme '''rafraichissement interne'''. [[File:Rafraichissement sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement sur CAS précoce.]] On peut noter qu'il est possible de déclencher plusieurs rafraichissements à la suite en laissant le signal CAS dans le même état. Ce genre de choses pouvait avoir lieu après une lecture : on pouvait profiter du fait que le CAS soit mis à zéro par la lecture ou l'écriture pour ensuite effectuer des rafraichissements en touchant au signal RAS. Dans cette situation, la donnée lue était maintenue sur la sortie durant les différents rafraichissements. [[File:Rafraichissements multiples sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissements multiples sur CAS précoce.]] ==Les mémoires SDRAM== Dans les années 90, les mémoires asynchrones ont laissé la place aux '''mémoires SDRAM''', qui sont synchronisées avec le bus par une horloge. L'utilisation d'une horloge a comme avantage des temps d'accès fixes : le processeur sait qu'un accès mémoire prendra un nombre déterminé de cycles d'horloge. Avec les mémoires asynchrones, le processeur ne pouvait pas prévoir quand la donnée serait disponible et ne faisait rien tant que la mémoire n'avait pas répondu : il exécutait ce qu'on appelle des ''wait states'' en attendant que la mémoire ait fini. Les mémoires SDRAM sont standardisées par un organisme international, le JEDEC. Le standard SDRAM impose des spécifications électriques bien précise pour les barrettes de mémoire et le bus mémoire, décrit le protocole utilisé pour communiquer avec les barrettes de mémoire, et bien d'autres choses encore. Les SDRAM ont été déclinées en versions de performances différentes, décrites dans le tableau ci-dessous : {| class="wikitable" ! Nom standard ! Fréquence ! Bande passante |- | PC66 | 66 mhz | 528 Mio/s |- | PC66 | 100 mhz | 800 Mio/s |- | PC66 | 133 mhz | 1064 Mio/s |- | PC66 | 150 mhz | 1200 Mio/s |} ===Les banques internes aux chips mémoires SDRAM=== L'intérieur d'une mémoire SDRAM contient plusieurs '''banques''', aussi appelées des banc mémoire. Concrètement, une banque est... une mémoire. Ou plutôt, une sorte de mini-mémoire miniature. Chaque banque a son propre tampon de ligne, ses propres multiplexeurs de colonne et ses propres décodeurs. C'est comme si une SDRAM regroupait plusieurs mémoires séparées dans un même circuit intégré. [[File:Arrangement vertical.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Mémoire multi-banques.]] Un point important est que chaque banque a son propre tampon de ligne. Il est donc possible d'ouvrir plusieurs lignes en même temps, chacune dans une banque différente. Par exemple, on peut ouvrir une ligne dans la banque numéro 1, et une autre ligne dans la banque numéro 2. Et c'est une source d'optimisations très intéressantes. La première optimisation est liée au rafraichissement mémoire. Au lieu de rafraichir chaque adresse une par une, il est possible de rafraichir des banques indépendantes en même temps, ce qui divise le temps de rafraichissement par le nombre de banques. C'est ce que je sous-entendais plus haut quand je disais que le temps de rafraichissement n'est pas égal au temps de balayage sur les SDRAM, alors que c'est le cas sur les DRAM FPM et EDO. De plus, et sans rentrer dans les détails, cela permet de faire plusieurs accès mémoire en même temps, dans des banques différentes. La possibilité est limitée, mais elle existe et elle améliore grandement la performance de la SDRAM. Mais nous en reparlerons dans un chapitre ultérieur, car cette histoire d'accès simultanés a plus sa place dans le chapitre sur le parallélisme mémoire. Pour le moment, nous ne pouvons pas expliquer pourquoi ni comment un processeur pourrait émettre plusieurs accès mémoire simultanés. Un processeur est censé travailler une instruction à la fois, à ce stade du cours, il ne peut pas en faire plusieurs en même temps. Mais nous allons cependant mentionner un cas où cette possibilité est intéressante : une mémoire SDRAM partagée entre un processeur et une carte graphique. Les deux accèdent à des données séparées, qui sont dans des banques différentes. On suppose que la carte graphique accède plus fréquemment à la mémoire que le processeur. Le contrôleur mémoire reçoit les accès mémoire du CPU et du GPU et il tente d'intercaler des accès CPU entre deux accès de la carte graphique. Vu qu'ils tombent dans des banques différentes, un accès CPU et un accès carte graphique peuvent se faire presque en même temps. La seule contrainte est que si on lance plusieurs accès mémoire simultanés, ceux-ci ne peuvent pas utiliser le bus de données en même temps. {|class="wikitable" |+ Pipelining basique sur les SDRAM |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 |- ! Banque Numéro 1 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 2 | || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || |- ! Banque Numéro 3 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 4 | || || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || |} ===Le mode rafale des SDRAM=== Un point important est que les SDRAM reprennent les optimisations des mémoires FPM et EDO. Elles utilisent aussi un tampon de ligne, avec la possibilité de lire plusieurs colonnes à la suite sans avoir à préciser l'adresse de ligne à chaque fois. Mais surtout, elles gèrent nativement le mode rafale. les paramètres qui ont trait au mode rafale sont configurables. Il est possible de configurer la SDRAM pour activer les accès sans rafale, ou les désactiver. Il y a aussi la possibilité de configurer le nombre d'octets consécutifs à lire ou écrire en mode rafale. On peut ainsi accéder à 1, 2, 4, ou 8 octets en une seule fois, alors que les EDO ne permettaient que des accès à 4 octets consécutifs. Enfin, on peut décider s'il faut faire un accès en mode linéaire ou entrelacé. La configuration de la SDRAM est mémorisée dans un registre de 10 bits, le '''registre de mode'''. Il faisait 10 bits sur les mémoires SDRAM, mais a été étendu à 13 bits sur la DDR2. Voici les 10 bits originels de ce registre : {|class="wikitable" |+ Signification des bits du registre de mode des SDRAM |- ! Bit n°9 | Type d'accès : en rafale ou normal |- ! Bit n°8 et 7 | Doivent valoir 00, sont réservés pour une utilisation ultérieur dans de futurs standards. |- ! Bit n°6, 5, et 4 | Latence CAS (voir plus bas) |- ! Bit n°3 | Type de rafale : linéaire ou entrelacée |- ! Bit n°2, 3, et 0 | Longueur de la rafale : indique le nombre d'octets à lire/écrire lors d'une rafale. |} ===L'interface d'une mémoire SDRAM=== Le bus de commandes d'une SDRAM contient au moins 18 fils, dont celui pour le signal d'horloge. L'interface d'une SDRAM contient tous les bits présents sur une mémoire DRAM classique : une entrée RAS, une entrée CAS, une entrée R/W, et un bus d'adresse. A cela, il faut cependant ajouter une entrée ''Chip Select'' (CS), qui permet d'activer/désactiver la mémoire SDRAM. Je rappelle que le bit CS a été introduit sur les mémoires SDRAM, il n'était pas présent sur les mémoires FPM/EDO. Deux autres bits de commande sont vraiment spécifiques des mémoires SDRAM. Il s'agit des bits CKE et DQM. Le '''bit CKE''' est l'abréviation de ''Clock Enable'', qui qui trahit sa fonction. Lorsque ce signal est à 0, le chip de SDRAM voit son signal d'horloge gelè. S'il est à 0, le contrôleur de DRAM peut envoyer ce qu'il veut sur le bus de commande ou d'adresse, la SDRAM ne réagira pas du tout, il ne se passera rien. Le '''bit DQM''' est une sorte de bit ''Output Enable'', avec une nuance importante. Le terme DQM est l'abréviation de ''Data Mask'', ce qui trahit encore une fois sa fonction. Il y a un bit DQM pour chaque octet du bus de données. Une SDRAM ayant un bus de 64 bits, cela fait 8 bits DQM par mémoire SDRAM. Lorsque le bit DQM est à 1, l'octet en question n'est simplement pas lu ou écrit, le bus de donnée est déconnecté pour cet octet. Le bus d'adresse est particulier, car il tient compte de la présence de ''banques mémoires''. Le bus d'adresse est découpé en deux portions : une portion pour sélectionner la banque, une autre pour sélectionner l'adresse à l'intérieur d'une banque. L'interface de la SDRAM fait ainsi la différence entre une '''adresse de banque''' et une '''adresse intra-banque'''. L'adresse de banque est codée sur quelques bits, généralement deux ou trois suivant la SDRAM. Le reste de l'adresse est codé sur 11 bits sur les SDRAM, mais cela a augmenté avec les DDR 1, 2, 3, 4, 5. Le bus de données d'une SDRAM fait 4, 8, ou 16 bits. Je précise bien qu'il s'agit là des puces de SDRAM, les barrettes de SDRAM combinent plusieurs puces SDRAM avec un arrangement horizontal, qui peut combiner plusieurs puces de 8 bits pour alimenter un bus de données de 64 bits. La taille des puces utilisées souvent indiquée sur la barrette de RAM, avec une mention x4, x8 ou x16. Les puces de SDRAM les plus courantes ont une interface de 8 bits pour les données. Les SDRAM de 4 bits sont surtout utilisées pour les serveurs, c'est lié au support de l'ECC. les puces x16 sont moins utilisées car elles ont généralement moins de banques que les autres. ===Les commandes SDRAM=== Le bus de commande permet d'envoyer des commandes à la mémoire, chaque commande étant précisée par une combinaison précise des bits CS, RAS, CAS, R/W, et autres. Les commandes en question sont des demandes de lecture, d'écriture, de préchargement et autres. Elles sont codées par une valeur bien précise qui est envoyée sur les 18 fils du bus de commande. Ces commandes sont nommées READ, READA, WRITE, WRITEA, PRECHARGE, ACT, ... Les plus importantes sont les commandes PRECHARGE, ACT et READ/WRITE. La commande ACT sélectionne une ligne : elle met le bit RAS à zéro et présente une adresse de ligne. Les commandes READ et WRITE sélectionnent une colonne, et déclenchent respectivement une lecture ou une écriture. Elles précisent une adresse de colonne, mettent le bit CAS à 0 et le bit RAS à 1, et précise la valeur du bit R/W. Les commandes READ et WRITE ne peuvent se faire qu'une fois que la banque a été activée par une commande ACT. Il est possible d'envoyer plusieurs commandes READ ou WRITE successives à des colonnes différentes, ce qui permet d'implémenter les optimisations des mémoires FPM. La commande PRECHARGE ferme la ligne courante et prépare l'ouverture de la suivante. Elle précharge les lignes de bit de la RAM, d'où son nom. Il est nécessaire d'en envoyer une avant d'envoyer une commande ACT. Notons que la commande PRECHARGE agit sur une banque, dont l'adresse est indiquée dans la commande PRECHARGE. Il existe une commande PRECHARGE ALL, qui agit sur toutes les banques de la SDRAM à la fois. Elle est souvent utilisée de concert avec la commande de rafraichissement, car le rafraichissement mémoire rafraichit une ligne dans toutes les banques à la fois. Il faut donc fermer toutes les lignes ouvertes, dans chaque banque, ce que fait la commande PRECHARGE ALL. Les commandes READA et WRITEA fusionnent une commande READ/WRITE avec une commande PRECHARGE. Elles permettent d'éviter d'avoir à envoyer une commande PRECHARGE pour fermer la ligne courante. Au lieu d'envoyer une commande READ ou WRITE, puis une commande PRECHARGE pour fermer la ligne, on envoie une seule commande READA/WRITEA. Il s'agit d'une petite optimisation, qui permet de réduire le nombre de commandes envoyées sur le bus. Les commandes sont encodées comme indiquées dans ce tableau. Une commande est tout simplement encodée en précisant une adresse si nécessaire, et une combinaison des bits CS, RAS, CAS et R/W. La seule subtilité est que le bit numéro 10 du bus d'adresse sert à commander les opérations de PRECHARGE, y compris celles implicites dans les opérations READA et WRITEA. {| class="wikitable" style="text-align:center" ! Bit CS || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (2 bits) || Bit du bus d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Stoppe un accès en rafale (en cours). |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lit une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lit une donnée depuis la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrit une donnée dans la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrit une donnée dans la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 1 || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne dans toutes les banques. |- | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || 0 || 0 || 0 || 00 || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} Les commandes ACT se font à partir de l'état de repos, l'état où toutes les banques sont préchargées. Par contre, les commandes MODE REGISTER SET et AUTO REFRESH ne peuvent se faire que si toutes les banques sont désactivées. Le fonctionnement simplifié d'une SDRAM peut se résumer dans ce diagramme : [[File:Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.jpg|centre|vignette|upright=2|Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.]] ===Les délais mémoires=== Les mémoires SDRAM n'étant pas infiniment rapides, il y a toujours un certain délais à respecter entre deux commandes. Par exemple, quand on envoie une commande ACT pour activer une ligne, on ne peut pas envoyer une commande READ/WRITE au cycle suivant. La plupart des SDRAM ne sont pas assez rapides pour ça. Il faut respecter un délai de quelques cycles, qui dépend de la mémoire. Et il n'y a pas que ce délai entre une commande ACT et la commande suivante. Une SDRAM doit gérer d'autres temps d'attente, appelés des '''délais mémoires''', ou encore des ''timings'' mémoire. Les délais mémoire le plus importants sont résumés ci-dessous : {|class="wikitable" |- !Timing!!Description |- | colspan="2" | |- ! colspan="2" | Délais primaires |- ||tRP|| Temps entre une commande PRECHARGE et une commande ACT |- ||tRCD|| Temps entre une commande ACT et une commande READ/WRITE. |- ||tCL|| Temps entre une commande READ et l'envoi de la donnée lue sur le bus de données. |- ||tDQSS|| Temps entre une commande WRITE et l'écriture de la donnée. |- ||tCAS-to-CAS|| Temps minimum entre deux commandes READ. |- ! colspan="2" | Délais secondaires |- ||tWTR|| Temps entre une lecture et une écriture consécutives. |- ||tRAS || Temps entre une commande ACT et une commande PRECHARGE. |} Les délais/timings mémoire ne sont pas les mêmes suivant la barrette de mémoire que vous achetez. Certaines mémoires sont ainsi conçues pour avoir des timings assez bas et sont donc plus rapides, et surtout : beaucoup plus chères que les autres. Le gain en performances dépend beaucoup du processeur utilisé et est assez minime comparé au prix de ces barrettes. Les délais mémoires d'une barrette sont mémorisés dans le ''Serial Presence Detect'' de la barrette et sont lus par le BIOS au démarrage de l'ordinateur, et sont ensuite utilisés pour configurer le contrôleur de DRAM. Il y a cependant quelques régularités qui reviennent souvent, d'une SDRAM à l'autre. La plus importante est que les délais ne sont pas les mêmes quand on alterne des lectures et écritures. Les délais les plus courts sont observés quand on a des lectures successives, ou des écritures successives. Par contre, les délais s'allongent quand on doit passer d'une lecture à une écriture ou inversement. Les SDRAM préférent qu'on regroupe les lectures avec d'autres lectures, les écritures avec d'autres écritures. ===Les commandes anticipées=== Les SDRAM sont parfois capables de démarrer une commande avant que la précédente soit terminée. Concrètement, pendant que la commande précédente envoie sa dernière donnée sur le bus de données, on peut envoyer la commande suivante avec quelques cycles d'avance. L'exemple ci-dessous devrait être assez clair : on envoie une seconde commande au neuvième cycle, alors qu'une rafale est en cours. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Bus de commande/adresse | || bgcolor="#A0FFFF" | ACT || || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Bus de données | || || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Il s'agit d'une forme très limitée de pipeline, tellement limitée qu'on peut légitimement douter que c'est un vrai pipeline. Dans ce qui suit, j'ai décidé d'appeler cette possibilité sous le terme de '''commandes SDRAM anticipées'''. La possibilité est très limitée, car il faut tenir compte des délais mémoire. Elle améliore un peu les performances dans certaines circonstances où la RAM doit traiter plusieurs accès mémoire consécutifs, très rapprochés. L'exemple typique est celui du transfert d'un bloc de données entre mémoire cache et mémoire RAM, qui dépasse la taille d'une rafale. Le cache envoie alors plusieurs accès mémoire d'un seul coup au contrôleur mémoire. Mais d'autres exemples sont possibles, on ne peut juste pas les expliquer à ce stade du cours. Les commandes SDRAM anticipées sont possibles car les SDRAM sont formées en entourant une RAM asynchrone de registres, exactement comme les SRAM synchrones. Il est possible d'écrire dans les registres de données/commandes, pendant qu'un autre accès mémoire accède au cœur asynchrone. Les délais mémoire sont conçus pour éviter qu'une commande accède au cœur asynchrone en même temps que la suivante ou la précédente, idem pour l'usage des registres. C'est pour cela que les délais mémoire sont assez différents entre écritures et lectures, d'ailleurs. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Enregistrement de la commande dans le registre d'adresse/commande | bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Accès au cœur asynchrone | || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || |- ! Lecture/écriture du registre de données | || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Les DDR2 et 3 vont encore plus loin avec l'optimisation des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur mémoire peut envoyer une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings''. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur mémoire peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur mémoire. ==Les mémoires DDR== Les mémoires SDRAM récentes sont des mémoires de type ''dual data rate'', ce qui fait qu'elles portent le nom de mémoires DDR. Pour rappel, les mémoires ''dual data rate'' ont un plan mémoire deux fois plus large que le bus mémoire, avec un bus mémoire allant à une fréquence double. Par double, on veut dire que les transferts sur le bus mémoire ont lieu sur les fronts montants et descendants de l'horloge. Il y a donc deux transferts de données sur le bus pour chaque cycle d'horloge, ce qui permet de doubler le débit sans toucher à la fréquence du plan mémoire lui-même. Les mémoires DDR sont standardisées par un organisme international, le JEDEC, et ont été déclinées en plusieurs générations : DDR1, DDR2, DDR3, et DDR4. La différence entre ces modèles sont très nombreuses, mais les plus évidentes sont la fréquence de la mémoire et du bus mémoire. D'autres différences mineures existent entre les SDRAM et les mémoires DDR. Par exemple, la tension d'alimentation des mémoires DDR est plus faible que pour les SDRAM. ET elle a diminué dans le temps, d'une génération de DDR à l'autre. Avec les mémoires DDR2,la tension d'alimentation est passée de 2,5/2,6 Volts à 1,8 Volts. Avec les mémoires DDR3, la tension d'alimentation est notamment passée à 1,5 Volts. ===Les performances des mémoires DDR=== Les mémoires SDRAM ont évolué dans le temps, mais leur temps d'accès/fréquence n'a pas beaucoup changé. Il valait environ 10 nanosecondes pour les SDRAM, approximativement 5 ns pour la DDR-400, il a peu évolué pendant la génération DDR et DDR3, avant d'augmenter pendant les générations DDR4 et de stagner à nouveau pour la génération DDR5. L'usage du DDR, puis du QDR, visait à augmenter les performances malgré la stagnation des temps d'accès. En conséquence, la fréquence du bus a augmenté plus vite que celle des puces mémoire pour compenser. {|class="wikitable" |- ! Année ! Type de mémoire ! Fréquence de la mémoire (haut de gamme) ! Fréquence du bus ! Coefficient multiplicateur entre les deux fréquences |- | 1998 | DDR 1 | 100 - 200 MHz | 200 - 400 MHz | 2 |- | 2003 | DDR 2 | 100 - 266 MHz | 400 - 1066 MHz | 4 |- | 2007 | DDR 3 | 100 - 266 MHz | 800 - 2133 MHz | 8 |- | 2014 | DDR 4 | 200 - 400 MHz | 1600 - 3200 MHz | 8 |- | 2020 | DDR 5 | 200 - 450 MHz | 3200 - 7200 MHz | 8 à 16 |} Une conséquence est que la latence CAS, exprimée en nombre de cycles, a augmenté avec le temps. Si vous comparez des mémoires DDR2 avec une DDR4, par exemple, vous allez voir que la latence CAS est plus élevée pour la DDR4. Mais c'est parce que la latence est exprimée en nombre de cycles d'horloge, et que la fréquence a augmentée. En comparant les temps d'accès exprimés en secondes, on voit une amélioration. ===Les commandes des mémoires DDR=== Les commandes des mémoires DDR sont globalement les mêmes que celles des mémoires SDRAM, vues plus haut. Les modifications entre SDRAM, DDR1, DDR2, DDR3, DDR4, et DDR5 sont assez mineures. Les seules différences sont l'addition de bits pour la transmission des adresses, des bits en plus pour la sélection des banques, etc. En clair, une simple augmentation quantitative. Le registre de mode a été un peu modifié. Il est passé de 10 bits pour les SDRAM et DDR1, à 13 bits sur la DDR 2 et les suivantes. Les DDR ont aussi ajouté le support de plusieurs registres de mode, qui sont sélectionnés en réutilisant l'adresse de banque. Dans une commande LOAD MODE REGISTER, l'adresse de banque indique quel registre de mode il faut altérer. Avant la DDR4, les modifications des commandes sont mineures. La DDR2 supprime la commande ''Burst Terminate'', la DDR3 et la DDR4 utilisent le bit A12 pour préciser s'il faut faire une rafale complète, ou une rafale de moitié moins de données. Une optimisation des DDR2 et 3 est celle des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur de DRAM peut envoyer une commande ACT et une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings'' nécessaires entre les deux. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur de DRAM peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur de DRAM. Mais avec la DDR4, les choses changent, notamment au niveau de la commande ACT. Avec l'augmentation de la capacité des barrettes mémoires, la taille des adresses est devenue trop importante. Pour éviter de rajouter des bits d'adresses, les concepteurs du standard DDR4 ont décidé de ruser. Lors d'une commande ACT, les bits RAS, CAS et WE sont utilisés comme bits d'adresse, alors qu'ils ont leur signification normale pour les autres commandes. Pour éviter toute confusion, un nouveau bit ACT est ajouté pour indiquer la présence d'une commande ACT : il est à 1 pour une commande ACT, 0 pour les autres commandes. {| class="wikitable" style="text-align:center" |+ Commandes d'une mémoire DDR4, seule la commande colorée change par rapport aux SDRAM ! Bit CS || style="background: #CCFFCC" | Bit ACT || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (4 bits) || Bit du bas d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Arrêt d'un accès en rafale en cours. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- style="background: #CCFFCC" | 0 || style="background: #CCFFCC" | 1 || colspan="3" | Adresse de la ligne (bits de poids forts) || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne (bits de poids faible) || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne' dans toutes les banques. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 0 || Numéro de registre de mode || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} ===Les SDRAM basse consommation : les LPDDR=== Il existe des variantes de mémoire DDR qui sont optimisées pour consommer le moins d'énergie possible. Elles s'appelle les '''mémoires LP-DDR''', abréviation de ''Low Power DDR''. Elles sont utilisées dans les ordinateurs portables, les smartphones et autres équipements de ce type, pour lesquels l'autonomie de la batterie est très importante. Elles ne se présentent pas souvent sous la forme de barrettes de RAM, comme les DDR normales. A la place, elles sont soudées sur la carte mère, dans le cas le plus fréquent. Les barrettes de LPDDR sont très rares. Le fait de souder les puces sur la carte mère a de nombreux avantages : ça prend moins de place, consomme moins, permet de garder des performances optimales, etc. Un autre détail, lié au précédent, est qu'elles utilisent souvent des bus plus petits. Là où les barrettes de SDRAM/DDR usuelles ont un bus de 64 bits, les LPDDR peuvent utiliser des bus de 16 ou 32 bits. Les LPDDR sont nommées comme les DDR, avec des LPDDR 1, 2, 3, etc. La LPDDR 1 est une DDR 1 ayant subit des modifications assez mineures. La tension d'alimentation passe de 2,5 V à seulement 1,8 V, des modes de rafrichissement ont été ajouté, de même qu'un mode de mise en veille profonde. Par contre, les LPDDR 2/3/4/5 se démarquent fortement des DDR 2/3/4/5 équivalentes. Par exemple, la LPDDR 2 ne correspond pas du tout à de la DDR2 modifiée. Elles se différencient des DDR normales sur de nombreux points, afin de consommer le moins possible. Notamment, les commandes DDR sont modifiées, au point qu'une LPDDR et une DDR sont incompatibles entre elles. Un point important est que les commandes sont envoyées en deux fois. Sur les LPDDR 2, 3 et 5, l'envoi se fait en un seul cycle d'horloge : la première moitié lors d'un front montant de l'horloge, l'autre moitié lors du front descendant. Les LPDDR 1 et 4 envoient les commandes en deux cycles d'horloge. Une conséquence est que le bus de commande est quasiment divisé par deux comparé à une SDRAM/DDR équivalente. Il est de 10 bits sur les LPDDR 1, 2 et 3 ; de 6 bits sur les LPDDR4, de 7 bits sur les LPDDR 5, et de 4 bits sur les LPDDR6. Les commandes varient d'une LPDDR à l'autre, mais restent similaires aux commandes DDR/SDR classiques, si ce n'est que quelques bits d'adresse sont retirés. Par exemple, sur les LPDDR 2, le bit de poids faible de l'adresse CA0 n'est pas transmis, ce qui fait que les lectures/écritures se font toujours à des adresses paires. Les LPDDR 4 et 5 ont introduits de nombreux changements : le bus de données passe d'un bus unique de 32 bits à deux bus de 16 bits, le bus de commande passe de 10 à 6 bits, et les commandes passent à des commandes SDR en remplacement des commandes DDR1. ==Les VRAM des cartes vidéo== Les cartes graphiques ont des besoins légèrement différents des DRAM des processeurs, ce qui fait qu'il existe des mémoires DRAM qui leur sont dédiées. Elles sont appelés des '''''Graphics RAM''''' (GRAM). La plupart incorporent des fonctionnalités utiles uniquement pour les mémoires vidéos, comme des fonctionnalités de masquage (appliquer un masque aux données lue ou à écrire), ou le remplissage d'un bloc de mémoire avec une donnée unique. Les anciennes cartes graphiques et les anciennes consoles utilisaient de la DRAM normale, faute de mieux. La première GRAM utilisée était la NEC μPD481850, qui a été utilisée sur la console de jeu PlayStation, à partir de son modèle SCPH-5000. D'autres modèles de GRAM ont rapidement suivi. Les anciennes consoles de jeu, mais aussi des cartes graphiquesn utilisaient des GRAM spécifiques. ===Les mémoires vidéo double port=== Sur les premières consoles de jeu et les premières cartes graphiques, le ''framebuffer'' était mémorisé dans une mémoire vidéo spécialisée appelée une '''mémoire vidéo double port'''. Le premier port était connecté au processeur ou à la carte graphique, alors que le second port était connecté à un écran CRT. Aussi, nous appellerons ces deux port le ''port CPU/GPU'' et l'autre sera appelé le ''port CRT''. Le premier port était utilisé pour enregistrer l'image à calculer et faire les calculs, alors que le second port était utilisé pour envoyer à l'écran l'image à afficher. Le port CPU/GPU est tout ce qu'il y a de plus normal : on peut lire ou écrire des données, en précisant l'adresse mémoire de la donnée, rien de compliqué. Le port CRT est assez original : il permet d'envoyer un paquet de données bit par bit. De telles mémoires étaient des mémoires à tampon de ligne, dont le support de mémorisation était organisé en ligne et colonnes. Une ligne à l'intérieur de la mémoire correspond à une ligne de pixel à l'écran, ce qui se marie bien avec le fait que les anciens écrans CRT affichaient les images ligne par ligne. L'envoi d'une ligne à l'écran se fait bit par bit, sur un câble assez simple comme un câble VGA ou autre. Le second port permettait de faire cela automatiquement, en permettant de lire une ligne bit par bit, les bits étant envoyés l'un après l'autre automatiquement. Pour cela, les mémoires vidéo double port incorporaient un tampon de ligne spécialisé pour le port lié à l'écran. Ce tampon de ligne n'était autre qu'un registre à décalage, contrairement au tampon de ligne normal. Lors de l'accès au second port, la carte graphique fournissait un numéro de ligne et la ligne était chargée dans le tampon de ligne associé à l'écran. La carte graphique envoyait un signal d'horloge de même fréquence que l'écran, qui commandait le tampon de ligne à décalage : un bit sortait à chaque cycle d'écran et les bits étaient envoyé dans le bon ordre. ===Les mémoires SGRAM et GDDR=== De nos jours, les cartes graphiques n'utilisent plus de mémoires double port, mais des mémoires simple port. Les mémoires graphiques actuelles sont des SDRAM modifiées pour fonctionner en tant que ''Graphic RAM''. Les plus connues sont les '''mémoires GDDR''', pour ''graphics double data rate'', utilisées presque exclusivement sur les cartes graphiques. Il en existe plusieurs types pendant que j'écris ce tutoriel : GDDR, GDDR2, GDDR3, GDDR4, et GDDR5. Mais attention, il y a des différences avec les DDR normales. Par exemple, les GDDR ont une fréquence plus élevée que les DDR normales, avec des temps d'accès plus élevés (sauf pour le tCAS). De plus, elles sont capables de laisser ouvertes deux lignes en même temps. Par contre, ce sont des mémoires simple port. ==Les mémoires SLDRAM, RDRAM et associées== Les mémoires précédentes sont généralement associées à des bus larges. Les mémoires SDRAM et DDR modernes ont des bus de données de 64 bits de large, avec des d'adresse et de commande de largeur similaire. Le nombre de fils du bus mémoire dépasse facilement la centaine de fils, avec autant de broches sur les barrettes de mémoire. Largeur de ces bus pose de problèmes problèmes électriques, dont la résolution n'est pas triviale. En conséquence, la fréquence du bus mémoire est généralement moins performantes comparé à ce qu'on aurait avec un bus moins large. Mais d'autres mémoires DRAM ont exploré une solution alternative : avoir un bus peu large mais de haute fréquence, sur lequel on envoie les commandes/données en plusieurs fois. Elles sont regroupées sous le nom de '''DRAM à commutation par paquets'''. Elles utilisent des bus spéciaux, où les commandes/adresses/données sont transmises par paquets, par trames, en plusieurs fois. En théorie, ce qu'on a dit sur le codage des trames dans le chapitre sur le bus devrait s'appliquer à de telles mémoires. En pratique, les protocoles de transmission sur le bus mémoire sont simplifiés, pour gérer le fonctionnement à haute fréquence. Le processeur envoie des paquets de commandes, les mémoires répondent avec des paquets de données ou des accusés de réception. Les mémoires à commutation par paquets sont peu nombreuses. Les plus connues sont les mémoires conçues par la société Rambus, à savoir la ''RDRAM'' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs ''XDR RAM'' et ''XDR RAM 2''. La ''Synchronous-link DRAM'' (''SLDRAM'') est un format concurrent conçu par un consortium de plusieurs concepteurs de mémoire. ===La SLDRAM (''Synchronous-link DRAM'')=== Les '''mémoires SLDRAM''' avaient un bus de données de 64 bits allant à 200-400 Hz, avec technologie DDR, ce qui était dans la norme de l'époque pour la fréquence (début des années 2000). Elle utilisait un bus de commande de 11 bits, qui était utilisé pour transmettre des commandes de 40 bits, transmises en quatre cycles d'horloge consécutifs (en réalité, quatre fronts d'horloge donc deux cycles en DDR). Le bus de données était de 18 bits, mais les transferts de donnée se faisaient par paquets de 4 à 8 octets (32-65 bits). Pour résumer, données et commandes sont chacunes transmises en plusieurs cycles consécutifs, sur un bus de commande/données plus court que les données/commandes elle-mêmes. Là où les SDRAM sélectionnent la bonne barrette grâce à des signaux de commande dédiés, ce n'est pas le cas avec la SLDRAM. À la place, chaque barrette de mémoire reçoit un identifiant, un numéro codé sur 7-8 bits. Les commandes de lecture/écriture précisent l'identifiant dans la commande. Toutes les barrettes reçoivent la commande, elles vérifient si l'identifiant de la commande est le leur, et elles la prennent en compte seulement si c'est le cas. Voici le format d'une commande SLDRAM. Elle contient l'adresse, qui regroupe le numéro de banque, le numéro de ligne et le numéro de colonne. On trouve aussi un code commande qui indique s'il faut faire une lecture ou une écriture, et qui configure l'accès mémoire. Il configure notamment le mode rafale, en indiquant s'il faut lire/écrire 4 ou 8 octets. Enfin, il indique s'il faut fermer la ligne accédée une fois l'accès terminé, ou s'il faut la laisser ouverte. Le code commande peut aussi préciser que la commande est un rafraichissement ou non, effectuer des opérations de configuration, etc. L'identifiant de barrette mémoire est envoyé en premier, histoire que les barrettes sachent précocement si l'accès les concerne ou non. {|class="wikitable" style="text-align:center" |+SLDRAM Read, write or row op request packet ! FLAG || CA9 || CA8 || CA7 || CA6 || CA5 || CA4 || CA3 || CA2 || CA1 || CA0 |- ! 1 | colspan=9 bgcolor=#ffcccc| Identifiant de barrette mémoire|| bgcolor=#ccffcc| Code de commande |- ! 0 | colspan=5 bgcolor=#ccffcc| Code de commande ||colspan=3 bgcolor=#ff88ff| Banque||colspan=2 bgcolor=#ffffcc| Ligne |- ! 0 | colspan=9 bgcolor=#ffffcc| Ligne || 0 |- ! 0 | 0 || 0 || 0 ||colspan=7 bgcolor=#ccffff| Colonne |} ===Les mémoires Rambus=== Les mémoires conçues par la société Rambus regroupent la '''RDRAM''' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs '''XDR RAM''' et '''XDR RAM 2'''. Les toutes premières étaient les '''mémoires RDRAM''', où le bus permettait de transmettre soit des commandes (adresse inclue), soit des données, avec un multiplexage total. Le processeur envoie un paquet contenant commandes et adresse à la mémoire, qui répond avec un paquet d'acquittement. Lors d'une lecture, le paquet d'acquittement contient la donnée lue. Lors d'une écriture, le paquet d'acquittement est réduit au strict minimum. Le bus de commandes est réduit au strict minimum, à savoir l'horloge et quelques bits absolument essentiels, les bits RW est transmis dans un paquet et n'ont pas de ligne dédiée, pareil pour le bit OE. Toutes les barrettes de mémoire doivent vérifier toutes les transmissions et déterminer si elles sont concernées en analysant l'adresse transmise dans la trame. Elles ont été utilisées dans des PC ou d'anciennes consoles de jeu. Par exemple, la Nintendo 64 incorporait 4 mébioctets de mémoire RDRAM en tant que mémoire principale. La RDRAM de la Nintendo 64 était cadencée à 500 MHz, utilisait un bus de 9 bits, et avait un débit binaire maximal théorique de 500 MB/s. La Playstation 2 contenait quant à elle 32 mébioctets de RDRAM en ''dual-channel'', pour un débit binaire de 3.2 Gibioctets par seconde. Les processeurs Pentium 3 pouvaient être associés à de la RDRAM sur certaines mères. Les Pentium 4 étaient eux aussi associés à la de RDRAM, mais les cartes mères ne géraient que ce genre de mémoire. La Playstation 3 contenait quant à elle de la XDR RAM. ==Les eDRAM : des DRAM adaptées aux ''chiplets''== Les '''mémoires eDRAM''', pour ''embedded DRAM'', sont des mémoires RAM qui sont destinées à être intégrée au processeur. Pour comparer, les DRAM normales sont placées sur des barrettes de RAM ou soudées à la carte mère. Dans la quasi-totalité des cas, l'eDRAM est utilisée pour implémenter une mémoire cache, elle ne sert pas de mémoire principale (cache L4, le plus proche de la mémoire sur ces puces). De ce fait, elles sont conçues pour être très rapides, avoir une grande bande passante, au détriment de leur capacité mémoire. Pour être plus précis, l'eDRAM est une puce de DRAM conçue pour être intégrée dans un ''chiplet'', , à savoir des circuits imprimés qui regroupent plusieurs puces électroniques distinctes, regroupées sur le même PCB. Typiquement, un processeur de type ''chiplet'' avec de l'eDRAM comprend deux puces séparées : une pour le processeur, une autre pour une puce de communication avec la RAM. Avec la mémoire eDRAM, les deux puces sont complétées par une troisième puce spécialisée qui incorpore l'eDRAM. Elle a été utilisée sur quelques processeurs, mais aussi dans des consoles de jeu vidéo, pour la carte graphique des consoles suivantes : la PlayStation 2, la PlayStation Portable, la GameCube, la Wii, la Wii U, et la XBOX 360. Sur ces consoles, la RAM de la carte graphique était intégrée avec le processeur graphique dans le même circuit. La fameuse mémoire vidéo et le GPU n'étaient qu'une seule et même puce électronique, un seul circuit intégré. Ce n'est pas le cas sur une carte graphique moderne : regardez votre carte graphique avec attention et vous verrez que le GPU est une puce carrée située sous les ventilateurs, alors que les puces mémoires sont situées juste autour et soudées sur le PCB de la carte. Les processeurs Intel Core de microarchitecture Broadwell disposaient d'un cache L4 de 128 mébioctets, intégralement implémenté avec de la mémoire eDRAM. Quelques processeurs de la microarchitecture précédente (Haswell), disposaient aussi de ce cache. Le cache L4 eDRAM était implémenté sur un chiplet à part, à savoir que le processeur était composé de trois puces séparées : une pour le processeur, une autre pour la gestion des entrées-sorties, et une autre pour le cache L4. La puce pour le cache L4, appelée ''Crystal Well'', était gravée en 22nm, ce qui était une finesse de gravure plus élevée que celle des processeurs associés. ''Crystal Well'' était très optimisé pour l'époque. Par exemple, elle disposait de bus séparées pour la lecture et l'écriture, chose qu'on retrouve fréquemment sur les SRAM mais qui est absent sur les mémoires DRAM actuelles. Pour le reste, elle ressemblait beaucoup aux mémoires DDR de l'époque (système de ''double data rate'', entres autres), mais elle allait à une fréquence plus élevée que les DRAM de l'époque et avait un débit bien plus élevé, pour une consommation moindre. ''Crystal Well'' consommait entre 1 à 5 watts (1 watt en veille, 5 à pleine utilisation), pour un débit binaire de 102 GB/s et fonctionnait à 3.2 GHz. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les mémoires SRAM synchrones | prevText=Les mémoires SRAM synchrones | next=Contrôleur mémoire externe | nextText=Le contrôleur mémoire externe }}{{autocat}} </noinclude> eczwjw4hh04472qotdxid0xyg9sb1ll 768207 768206 2026-06-20T16:44:16Z Mewtow 31375 /* Les SDRAM basse consommation : les LPDDR */ 768207 wikitext text/x-wiki Après avoir vu les mémoires statiques (SRAM), il est temps de passer aux mémoires RAM dynamiques, aussi appelées mémoires DRAM. Pour rappel, les DRAM dynamiques ont pour défaut que leurss données s'effacent après un certain temps, en quelques millièmes ou centièmes de secondes . En conséquence, il faut réécrire chaque bit de la mémoire régulièrement pour éviter qu'il ne s'efface. On dit qu'on doit effectuer régulièrement un '''rafraîchissement mémoire'''. Et celui-ci rend les DRAM très différentes des SRAM. Les DRAM des PC ont beaucoup évolués dans le temps. Les toutes premières mémoires DRAM étaient des mémoires asynchrones, mais elles ont été remplacées par des modèles synchrones. Les modèles asynchrones ont été très nombreux. Après l'apparition des premières DRAM, les mémoires ''Fast Page Mode'' sont apparues, suivies par les mémoires ''Extended Data Out'', puis les EDO en mode rafale. Elles ont été utilisées jusque dans la moitié des années 90, pour ensuite être supplantées par les mémoires SDRAM. Les mémoires DDR actuelles sont des améliorations des mémoires SDRAM actuelles. Le fait est que les DRAM sont des mémoires électroniques comme les autres, qui se présentent sous la forme de circuits intégrés, à savoir que ce sont des petits boitiers noirs avec des broches. Il est possible de souder ces boitiers sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais il est aussi possible de regrouper plusieurs boitiers sur une barrette de RAM séparée. Dans ce qui suit, nous les appellerons des '''chips mémoire''', ou encore, des puces mémoires. [[File:Canyon CN-WF514 - EtronTech EM638325TS-6-4022.jpg|centre|vignette|upright=2|Exemple de chip mémoire.]] Dans ce qui suit, nous allons étudier ces chips de DRAM, avant de voir comment ils sont regroupés sur une barrette de RAM. Puis, nous allons voire chaque type de mémoire, FPM, EDO, SDRAM, DDR, ... ; un par un. ==L'interface des DRAM et le contrôleur mémoire== L'interface d'une mémoire DRAM est plus compliquée que l'interface d'une SRAM basique. Et c'est suffisant pour qu'on ait besoin d'un intermédiaire pour faire la conversion entre processeur et DRAM. Les DRAM modernes ne sont pas connectées directement au processeur, mais le sont par l'intermédiaire d'un '''contrôleur mémoire externe'''. Il ne faut pas le confondre avec le contrôleur mémoire interne, placé dans la mémoire RAM, et qui contient notamment le décodeur. Les deux sont totalement différents, bien que leur nom soit similaire. Pour éviter toute confusion, j'utiliserais le terme de '''contrôleur de DRAM''', plus parlant. Le contrôleur de DRAM gère le bus mémoire et tout ce qui est envoyé dessus. Il envoie des commandes aux barrettes de mémoire, commandes qui peuvent être des lectures, des écritures, ou des demandes de rafraichissement, parfois d'autres commandes. La mémoire répond à ces commandes par l'action adéquate : lire la donnée et la placer sur le bus de données pour une commande de lecture, par exemple. Le rôle du contrôleur de DRAM varie grandement suivant le contrôleur en question, ainsi que selon le type de DRAM. ===Le bus d'adresse des DRAM est multiplexé=== Un point important pour le contrôleur de DRAM est de transformer les adresses mémoires fournies par le processeur, en adresses utilisables par la DRAM. Car les DRAM ont une interface assez spécifique. Les DRAM ont ce qui s'appelle un '''bus d'adresse multiplexé'''. Avec de tels bus, l'adresse est envoyée en deux fois. Les bits de poids fort sont envoyés avant les bits de poids faible. On peut ainsi envoyer une adresse de 32 bits sur un bus d'adresse de 16 bits, par exemple. Le bus d'adresse contient alors environ moitié moins de fils que la normale. Pour rappel, l'avantage de cette méthode est qu'elle permet de limiter le nombre de fils du bus d'adresse, ce qui très intéressant sur les mémoires de grande capacité. Les mémoires DRAM étant utilisées comme mémoire principale d'un ordinateur, elles devaient avoir une grande capacité. Cependant, avoir un petit nombre de broches sur les barrettes de mémoire est clairement important, ce qui impose d'utiliser des stratagèmes. Envoyer l'adresse en deux fois répond parfaitement à ce problème : cela permet d'avoir des adresses larges et donc des mémoires de forte capacité, avec une performance acceptable et peu de fils sur le bus d'adresse. Les bus multiplexés se marient bien avec le fait que les DRAM sont des mémoires à adressage par coïncidence ou à tampon de ligne. Sur ces mémoires, l'adresse est découpée en deux : une adresse haute pour sélectionner la ligne, et une adresse basse qui sélectionne la colonne. L'adresse est envoyée en deux fois : la ligne, puis la colonne. Pour savoir si une donnée envoyée sur le bus d'adresse est une adresse de ligne ou de colonne, le bus de commande de ces mémoires contenait deux fils bien particuliers : les RAS et le CAS. Pour simplifier, le signal RAS permettait de sélectionner une ligne, et le signal CAS permettait de sélectionner une colonne. [[File:Signaux RAS et CAS.png|centre|vignette|upright=2|Signaux RAS et CAS.]] Si on a deux bits RAS et CAS, c'est parce que la mémoire prend en compte les signaux RAS et CAS quand ils passent de 1 à 0. C'est à ce moment là que la ligne ou colonne dont l'adresse est sur le bus sera sélectionnée. Tant que des signaux sont à zéro, la ligne ou colonne reste sélectionnée : on peut changer l'adresse sur le bus, cela ne désélectionnera pas la ligne ou la colonne et la valeur présente lors du front descendant est conservée. [[File:L'intérieur d'une FPM.png|centre|vignette|upright=2|L'intérieur d'une FPM.]] ===Le rafraichissement mémoire=== La spécificité des DRAM est qu'elles doivent être rafraichies régulièrement, sans quoi leurs cellules perdent leurs données. Le rafraichissement est basiquement une lecture camouflée. Elle lit les cellules mémoires, mais n'envoie pas le contenu lu sur le bus de données. Rappelons que la lecture sur une DRAM est destructive, à savoir qu'elle vide la cellule mémoire, mais que le système d'amplification de lecture régénère le contenu de la cellule automatiquement. La cellule est donc rafraichie automatiquement lors d'une lecture. La quasi-totalité des DRAM supporte des commandes de rafraichissement, séparées des lectures et écritures classiques. Une commande de rafraichissement ordonne de rafraichir une adresse, voire une ligne complète. Les commandes de rafraichissement sont générées par le contrôleur de DRAM, dans la grosse majorité des cas. Il est aussi possible que ce soit le processeur qui les génère, mais c'est beaucoup plus rare. Il est aussi possible d'envoyer des commandes de rafraichissement vides, qui ne précisent ni adresse ni numéro de ligne. Pour les gérer, la mémoire contient un compteur, qui pointe sur la prochaine ligne à rafraichir, qui est incrémenté à chaque commande de rafraichissement. Une commande de rafraichissement indique à la mémoire d'utiliser l'adresse dans ce compteur pour savoir quelle adresse/ligne rafraichir. [[File:Rafraichissement mémoire automatique.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire automatique.]] Il existe des mémoires qui sont des intermédiaires entre les mémoires SRAM et DRAM. Il s'agit des '''mémoires pseudo-statiques''', qui sont techniquement des mémoires DRAM, utilisant des transistors et des condensateurs, mais qui gèrent leur rafraichissement mémoire toutes seules. Le rafraichissement mémoire est alors totalement automatique, ni le processeur, ni le contrôleur de DRAM ne devant s'en charger. Le rafraichissement est purement le fait des circuits de la mémoire RAM et devient une simple opération de maintenance interne, gérée par la RAM elle-même. L'envoi des commandes de rafraichissement peuvent se faire de deux manières : soit on les envoie toutes en même temps, soit on les disperse le plus possible. Le premier cas est un '''rafraichissement en rafale''', le second un '''rafraichissement étalé'''. Le rafraichissement en rafale n'est pas utilisé dans les PC, car il bloque la mémoire pendant un temps assez long. Mais les anciennes consoles de jeu gagnaient parfois à utiliser eu rafraichissement en rafale. En effet, la mémoire était souvent effacée entre l'affichage de deux images, pour éviter certains problèmes dont on ne parlera pas ici. Le rafraichissement de la mémoire était effectué à ce moment là : l'effacement rafraichissait la mémoire. Le temps mis pour rafraichir la mémoire est le temps mis pour parcourir toute la mémoire. Il s'agit du temps de balayage vu dans le chapitre sur les performances d'un ordinateur. Pour les mémoires FPM et EDO, il est défini en divisant la capacité de la mémoire par son débit binaire. C'est le temps nécessaire pour lire ou réécrire tout le contenu de la mémoire. Sur les SDRAM, les choses sont un peu différentes, pour une raison qu'on expliquera plus bas. ==Les rangées : l'arrangement horizontal et vertical== Il est rare d'utiliser un chip mémoire seul, car ceux-ci n'ont pas une capacité suffisante. Pour donner quelques chiffres, à l'heure où j'écris ces lignes, la norme pour un ordinateur est d'avoir entre 8 et 64 gibioctets de RAM. Mais les chips mémoire font entre 1 et 4 gibioctets, rarement plus. La raison est que les ordinateurs combinent ensemble plusieurs chips mémoire pour additionner leurs capacités. La concaténation de plusieurs chips mémoire peut se faire de deux manières différentes, appelées l'arrangement horizontal et l'arrangement vertical. Les deux additionnent la capacité des chips mémoire, mais se distinguent sur un point : ce qui arrive respectivement au bus de données, et au nombre d'adresses. Intuitivement, on se dit que doubler la capacité mémoire implique de doubler le nombre d'adresses mémoire. C'est effectivement ce qui se passe avec l'arrangement vertical. Mais avec l'arrangement horizontal, le nombre d'adresse ne varie pas. Voyons cela en détail, et commençons par le cas le plus simple, celui de l'arrangement vertical seul. ===L'arrangement vertical : cumuler des adresses mémoire=== Introduisons l'arrangement vertical par un exemple. Imaginez que je souhaite obtenir de 4 mébioctets de RAM, en combinant 4 chips mémoires de 1 mébioctet chacun. L'idée est que le premier mébioctet est placé dans le premier chip mémoire, le second mébioctet dans le second chip, etc. Des adresses consécutives se trouvent ainsi dans le même chip mémoire, sauf pour quelques adresses où on passe d'un chip à l'autre. Avec cette organisation, le bus de donnée fait un octet, et les chips mémoire ont aussi un bus de données d'un octet. Je peux alors combiner les capacités de plusieurs chips mémoire, sans toucher au bus de données. [[File:Répartition des adresses sans entrelacement.png|centre|vignette|upright=1.5|Répartition des adresses avec arrangement vertical.]] Pour sélectionner le chip mémoire adéquat, il faut que chaque chip mémoire dispose d'une entrée ''Chip Select'', qui permet de l'activer ou de le désactiver. L'idée est que selon l'adresse demandée, on active le chip mémoire associé à cette adresse. Les signaux ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur de DRAM, à partir de l'adresse. On dit qu'il y a un '''décodage d'adresse'''. Avec cet arrangement, les bits de poids fort de l'adresse sont utilisées pour sélectionner la banque adéquate, et le reste de l'adresse est envoyé sur le bus d'adresse. Par exemple, avec 4 chips mémoire, les deux bits de poids fort de l'adresse sont utilisés pour sélectionner le chip mémoire adéquat. Les adresses mémoire sont alors découpées comme suit : {|class="wikitable" |+ Adresse mémoire |- ! Adresse de banque !! Adresse dans la banque |- | Quelques bits de poids fort || Reste de l'adresse |} ===L'arrangement horizontal : élargir le bus de données=== L'arrangement horizontal permet lui aussi d'additionner les capacités mémoire de plusieurs chips mémoire. Cependant, il les combine d'une autre manière. Le nombre d'adresses mémoire n'est pas changé en utilisant plusieurs chips, mais le bus de données est élargi. Le mieux pour comprendre l'idée est de partir d'un exemple, et nous allons prendre celui d'une mémoire SDRAM. Les ordinateurs actuels ont un bus de données de 64 bits (on met de côté le cas du double ou triple canal). Cependant, il n'existe pas de chip mémoire avec un bus aussi large. Les puces de SDRAM/DDR ont un bus de 4, 8 ou 16 bits, ce sont les tailles les plus courantes. L'arrangement horizontal résout ce problème en combinant plusieurs chips mémoire de manière à ce que leurs bus de données s'"additionnent", se concatènent. Par exemple, on peut regrouper 8 chips mémoires de 8 bits, obtenir un bus mémoire de 64 bits. Il est aussi possible d'obtenir ces 64 bits avec des puces de 16 chips mémoire de 4 bits, ou 4 chips mémoire de 16 bits. [[File:Arrangement horizontal SDRAM - un Rank.png|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal SDRAM.]] Avec cette organisation, on accède à tous les bancs en parallèle à chaque accès, avec la même adresse. Vu que les chips mémoires contiennent tous une partie de la donnée demandée, ils doivent tous être activés en même temps. Pour cela, l'adresse à lire est envoyée à tous les chips mémoire d'un même ''rank'', idem pour les signaux de commande. Un ensemble de N chips reliés de cette manière forme une '''rangée''' (le terme anglais est ''rank''). [[File:Arrangement horizontal.jpg|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal.]] ===L'arrangement horizontal et vertical combinés=== Nous venons de voir l'arrangement vertical et horizontal, pour ce qui est des barrettes de mémoire. Précisons que ce qui vient d'être dit marche aussi bien pour les barrettes de RAM que pour la mémoire soudée sur la carte mère. Du moment qu'on combine plusieurs chips mémoire ensemble, ces concepts restent valides. Et il en est de même pour la suite, encore que ce soit nettement moins fréquent avec de la mémoire soudée. Il est possible de combiner à la fois l'arrangement vertical et l'arrangement horizontal. Rien de plus simple : il suffit d'utiliser un arrangement vertical entre plusieurs rangées, chacun composée de plusieurs chips mémoire. C'est surtout utilisé sur les barrettes de mémoire SDRAM, qui contiennent 1, 2, 4 ou 8 rangées, rarement plus. Par exemple, une SDRAM peut combiner 16 chips de DRAM de 8 bits chacun, dans deux rangées de 64 bits chacun, chaque rangée regroupant 8 chips. [[File:SDRAM avec 4 ranks.png|centre|vignette|upright=2|SDRAM avec 4 ranks]] Le choix entre la première ou la seconde rangée se fait en configurant les bits ''Chip Select'' de chaque rangée. Il faut noter que les bits de ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur mémoire, et envoyés sur le bus de commande. [[File:Td6bfig3.png|centre|vignette|upright=2|Comparaison entre arrangement horizontal (à gauche) et arrangement vertical (à droite).]] Le contrôleur de DRAM peut adresser un certain nombre de rangées, dispersés sur plusieurs barrettes. La limite maximale dépend du contrôleur de DRAM, elle est souvent proche de 8 ou 16 rangées. Si on combine plusieurs barrettes de mémoire, il est possible de dépasser cette limite. Par exemple, prenez un contrôleur de DRAM supportant maximum 8 rangées. Avec 4 barrettes contenant 4 rangées chacune, la limite est dépassée. : Il faut noter que tout ce qui vient d'être dit vaut aussi pour les mémoires ROM et SRAM. Mais en pratique, les arrangements verticaux et horizontaux sont surtout utilisés sur les mémoires DRAM. Il faut dire que de tels arrangements servent à augmenter la capacité mémoire, ce qui colle plus avec des DRAM que des SRAM ou des ROM. ==Les barrettes de mémoire DRAM== [[File:Ram-module.svg|droite|vignette|upright=0.5|Barrette de mémoire RAM.]] Il est possible de souder plusieurs boitiers de DRAM sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais dans les PC fixes, les puces de DRAM sont regroupées sur des ''barrettes mémoires'''. Les barrettes de mémoire se fixent à la carte mère sur un connecteur standardisé, appelé '''slot mémoire'''. Le dessin ci-contre montre une barrette de mémoire, celui-ci ci-dessous est celui d'un ''slot'' mémoire. [[File:Dual channel slots.jpg|centre|vignette|Slots mémoires.]] Sur le schéma de droite, on remarque facilement les boitiers de DRAM, rectangulaires, de couleur sombre. Chaque barrette combine ces puces de manière à additionner leurs capacités : on peut ainsi créer une mémoire de 8 gibioctets à partir de 8 puces d'un gibioctet, par exemple. Ils sont soudés sur un PCB en plastique vert sur lequel sont gravés des connexions métalliques. Les trucs dorés situés en bas des barrettes de mémoire sont des broches qui connectent la barrette au bus mémoire. Les barrettes des mémoires FPM/EDO/SDRAM/DDR n'ont pas le même nombre de broches, pour des raisons de compatibilité. {|class="wikitable" |- !Type de barrette !Type de mémoire !Nombre de broches |- | rowspan="2" | SIMM | rowspan="2" | FPM/EDO |30 |- |72 |- | rowspan="4" | DIMM |SDRAM |168 |- |DDR |184 |- |DDR2 |214, 240 ou 244, suivant la barrette ou la carte mère. |- |DDR3 |204 ou 240, suivant la barrette ou la carte mère. |} ===Le format des barrettes de mémoire=== Certaines barrettes ont des puces mémoire d'un seul côté alors que d'autres en ont sur les deux faces. Cela permet de distinguer les barrettes SIMM et DIMM. * Les '''barrettes SIMM''' ont des puces sur une seule face de la barrette. Elles étaient utilisées pour les mémoires FPM et EDO-RAM. * Les '''barrettes DIMM''' ont des puces sur les deux côtés. Elles sont utilisées sur les SDRAM et les DDR. {| class="flexible" |+ '''Barrette SIMM''' |- |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7229.jpg|vignette|SIMM recto.]] |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7230.jpg|vignette|SIMM verso.]] |} : Les modules DIMM tendent à avoir plus de rangées que les modules SIMM, mais ce n'est pas systématique. Il est souvent dit que les barrettes DIMM ont deux rangées, contre seulement 1 pour les SIMM, mais les contre-exemples sont nombreux. Les barrettes '''SO-DIMM''', pour ordinateurs portables, sont différentes des barrettes DIMM normales des DDR/SDRAM. La raison est qu'il n'y a pas beaucoup de place à l'intérieur d'un PC portable, ce qui demande de diminuer la taille des barrettes. {| |- |[[File:Desktop DDR Memory Comparison.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC de bureau.]] |[[File:Laptop SODIMM DDR Memory Comparison V2.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC portables.]] |} Les barrettes de Rambus ont parfois été appelées des '''barrettes RB-DIMM''', mais ce sont en réalité des DIMM comme les autres. La différence principale est que la position des broches n'était pas la même que celle des formats DIMM normaux, sans compter que le connecteur Rambus n'était pas compatible avec les connecteurs SDR/DDR normaux. ===Les interconnexions à l'intérieur d'une barrette de mémoire=== Les boîtiers de DRAM noirs sont connectés au bus par le biais de connexions métalliques. Toutes les puces d'une même rangée sont connectées aux bus d'adresse et de commande. Et les chips d'une même rangée reçoivent exactement les mêmes signaux de commande/adresses, ce qui permet d'envoyer la même adresse/commande à toutes les puces en même temps. La manière dont ces puces sont reliées au bus de commande dépend selon la mémoire utilisée. Les DDR1 et 2 utilisent ce qu'on appelle une '''topologie en T''', illustrée ci-dessous. On voit que le bus de commande forme une sorte d'arbre, dont chaque extrémité est connectée à une puce. La topologie en T permet d'égaliser le délai de transmission des commandes à travers le bus : la commande transmise arrive en même temps sur toutes les puces. Mais elle a de nombreux défauts, à savoir : elle fonctionne mal à haute fréquence, elle est difficile à router en raisons des embranchements. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2, nommée topologie en T.]] En comparaison, les DDR3 utilisent une '''topologie ''fly-by''''', où les puces sont connectées en série sur le bus de commande/adresse. La topologie ''fly-by'' n'a pas les problèmes de la topologie en T : elle est simple à router et fonctionne très bien à haute fréquence. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie fly-by.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie ''fly-by'']] ===Les barrettes tamponnées (à registres)=== Certaines barrettes intègrent un registre tampon, qui fait l'interface entre le bus et la barrette de RAM. L'utilité est d'améliorer la transmission du signal sur le bus mémoire. Sans ce registre, les signaux électriques doivent traverser le bus, puis traverser les connexions à l'intérieur de la barrette, jusqu'aux puces de mémoire. Avec un registre tampon, les signaux traversent le bus, sont mémorisés dans le registre et c'est tout. Le registre envoie les commandes/données jusqu'aux puces mémoire, mais le signal a été régénéré par le registre. Le signal transmis est donc de meilleure qualité, ce qui augmente la fiabilité du système mémoire. Le défaut est que la présence de ce registre fait que les barrettes ont un temps de latence est plus important que celui des barrettes normales, du fait de la latence du registre. Les barrettes de ce genre sont appelées des '''barrettes RIMM'''. Il en existe deux types : * Avec les '''barrettes RDIMM''', le registre fait l'interface pour le bus d'adresse et le bus de commande, mais pas pour le bus de données. * Avec les '''barrettes LRDIMM''' (''Load Reduced DIMMs''), le registre fait tampon pour tous les bus, y compris le bus de données. [[File:Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.]] ===Le ''Serial Presence Detect''=== [[File:SPD SDRAM.jpg|vignette|Localisation du SPD sur une barrette de SDRAM.]] Toute barrette de mémoire assez récente contient une petite mémoire ROM qui stocke les différentes informations sur la mémoire : délais mémoire, capacité, marque, etc. Cette mémoire s'appelle le '''''Serial Presence Detect''''', aussi communément appelé le SPD. Ce SPD contient non seulement les timings de la mémoire RAM, mais aussi diverses informations, comme le numéro de série de la barrette, sa marque, et diverses informations. Le SPD est lu au démarrage de l'ordinateur par le BIOS, afin de pourvoir configurer ce qu'il faut. Le contenu de ce fameux SPD est standardisé par un organisme nommé le JEDEC, qui s'est chargé de standardiser le contenu de cette mémoire, ainsi que les fréquences, timings, tensions et autres paramètres des mémoires SDRAM et DDR. Pour les curieux, vous pouvez lire la page wikipédia sur le SPD, qui donne son contenu pour les mémoires SDR et DDR : [https://en.wikipedia.org/wiki/Serial_presence_detect Serial Presence Detect]. ==Les mémoires asynchrones à RAS/CAS : FPM et EDO-RAM== Avant l'invention des mémoires SDRAM et DDR, il exista un grand nombre de mémoires différentes, les plus connues étant les mémoires fast page mode et EDO-RAM. Ces mémoires n'étaient pas synchronisées par un signal d'horloge, c'était des '''mémoires asynchrones'''. Quand ces mémoires ont été créées, cela ne posait aucun problème : les accès mémoire étaient très rapides et le processeur était certain que la mémoire aurait déjà fini sa lecture ou écriture au cycle suivant. Les mémoires asynchrones les plus connues étaient les '''mémoires FPM''' et '''mémoires EDO'''. Pour ce qui est de leur interface, il faut signaler qu'elles n'ont pas d'entrée ''Chip Select'' ou d'entrée ''Output Enable''. Les signaux RAS et CAS remplacent en quelque sorte ces deux signaux. Le bit RAS fait office de ''Chip Select'', le bit CAS fait office d'''Output Enable''. ===Les mémoires FPM=== Les '''mémoires FPM (''Fast Page Mode'')''' possédaient une petite amélioration, qui rendait l'adressage plus simple. Avec elles, il n'y a pas besoin de préciser deux fois la ligne si celle-ci ne changeait pas lors de deux accès consécutifs : on pouvait garder la ligne sélectionnée durant plusieurs accès. Par contre, il faut quand même préciser les adresses de colonnes à chaque changement d'adresse. Il existe une petite différence entre les mémoire ''Page Mode'' et les mémoires ''Fast-Page Mode'' proprement dit. Sur les premières, le signal CAS est censé passer à 0 avant qu'on fournisse l'adresse de colonne. Avec les ''Fast-Page Mode'', l'adresse de colonne pouvait être fournie avant que l'on configure le signal CAS. Cela faisait gagner un petit peu de temps, en réduisant quelque peu le temps d'accès total. [[File:Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.png|centre|vignette|upright=2|Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.]] Avec les '''mémoires en mode quartet''', il est possible de lire quatre octets consécutifs sans avoir à préciser la ligne ou la colonne à chaque accès. On envoie l'adresse de ligne et l'adresse de colonne pour le premier accès, mais les accès suivants sont fait automatiquement. La seule contrainte est que l'on doit générer un front descendant sur le signal CAS pour passer à l'adresse suivante. Vous aurez noté la ressemblance avec le mode rafale vu il y a quelques chapitres, mais il y a une différence notable : le mode rafale vrai n'aurait pas besoin qu'on précise quand passer à l'adresse suivante avec le signal CAS. [[File:Mode quartet.png|centre|vignette|upright=3|Mode quartet.]] Les '''mémoires FPM à colonne statique''' se passent même du signal CAS. Le changement de l'adresse de colonne est détecté automatiquement par la mémoire et suffit pour passer à la colonne suivante. Dans ces conditions, un délai supplémentaire a fait son apparition : le temps minimum entre deux sélections de deux colonnes différentes, appelé tCAS-to-CAS. [[File:Accès en colonne statique.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Accès en colonne statique.]] ===Les mémoires EDO-RAM=== L''''EDO-RAM''' a été inventée quelques années après la mémoire FPM. Elle a été déclinée en deux versions : la EDO simple, et la EDO en rafale. L'EDO simple ajoutait une entrée ''Ouput Enable'' à une mémoire FPM. Pour rappel, l'entrée ''Ouput Enable'' permet de connecter/déconnecter la DRAM du bus de données. S'il est mis à 0, les lectures et écritures sont empêchées. Pour ajouter cette entrée, il a fallu rajouter un registre sur la sortie de donnée, celle qui sert pour les lectures. Et l'ajout de ce registre a introduit une capacité dite de ''pipelining'', sur le même modèle que pour les mémoires SRAM synchrones. La donnée pouvait être maintenue sur le bus de données durant un certain temps, même après la remontée du signal CAS. Le registre de sortie maintenait la donnée lu tant que le signal RAS restait à 0, et tant qu'un nouveau signal CAS n'a pas été envoyé. Faire remonter le signal CAS à 1 n'invalidait pas la donnée en sortie. La conséquence est qu'on pouvait démarrer une nouvelle lecture alors que la donnée de l'accès précédent était encore présent sur le bus de données. Le pipeline obtenu avait deux étages : un où on présentait l'adresse et sélectionnait la colonne, un autre où la donnée était lue depuis le registre de sortie. Les mémoires EDO étaient donc plus rapides. [[File:EDO RAM.png|centre|vignette|upright=3|EDO RAM]] Cependant, cela marchait surtout pour les lectures, pas pour les écritures. Une écriture ne démarre que quand la lecture ou écriture précédente est totalement terminée. De même, on ne peut pas démarrer un nouvel accès mémoire tant qu'une écriture est en cours. ===Les mémoires EDO-RAM avec mode rafale=== Les '''EDO en rafale''' effectuent les accès à 4 octets consécutifs automatiquement : il suffit d'adresser le premier octet à lire. Les 4 octets étaient envoyés sur le bus les uns après les autres, au rythme d'un par cycle d’horloge : ce genre d'accès mémoire s'appelle un accès en rafale. [[File:Accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Accès en rafale sur une DRAM EDO.]] Implémenter cette technique nécessite d'ajouter un compteur, capable de faire passer d'une colonne à une autre quand on lui demande, et quelques circuits annexes pour commander le tout. [[File:Modifications du contrôleur mémoire liées aux accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Modifications du contrôleur de DRAM liées aux accès en rafale.]] ===Le rafraichissement mémoire=== Les mémoires FPM et EDO doivent être rafraichies régulièrement. Au début, le rafraichissement se faisait ligne par ligne. Le rafraichissement avait lieu quand le RAS passait à l'état haut, alors que le CAS restait à l'état bas. Le processeur, ou le contrôleur mémoire, sélectionnait la ligne à rafraichir en fournissant son adresse mémoire. D'où le nom de '''rafraichissement par adresse''' qui est donné à cette méthode de commande du rafraichissement mémoire. Divers processeurs implémentaient de quoi faciliter le rafraichissement par adresse. Par exemple, le Zilog Z80 contenait un compteur de ligne, un registre qui contenait le numéro de la prochaine ligne à rafraichir. Il était incrémenté à chaque rafraichissement mémoire, automatiquement, par le processeur lui-même. Un ''timer'' interne permettait de savoir quand rafraichir la mémoire : quand ce ''timer'' atteignait 0, une commande de rafraichissement était envoyée à la mémoire, et le ''timer'' était ''reset''. [[File:Rafraichissement mémoire manuel.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire manuel.]] Par la suite, certaines mémoires ont implémenté un compteur interne d'adresse, pour déterminer la prochaine adresse à rafraichir sans la préciser sur le bus d'adresse. Le déclenchement du rafraichissement se faisait toujours par une commande externe, provenant du contrôleur de DRAM ou du processeur. Cette commande faisait passer le CAS à 0 avant le RAS. Cette méthode de rafraichissement se nomme '''rafraichissement interne'''. [[File:Rafraichissement sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement sur CAS précoce.]] On peut noter qu'il est possible de déclencher plusieurs rafraichissements à la suite en laissant le signal CAS dans le même état. Ce genre de choses pouvait avoir lieu après une lecture : on pouvait profiter du fait que le CAS soit mis à zéro par la lecture ou l'écriture pour ensuite effectuer des rafraichissements en touchant au signal RAS. Dans cette situation, la donnée lue était maintenue sur la sortie durant les différents rafraichissements. [[File:Rafraichissements multiples sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissements multiples sur CAS précoce.]] ==Les mémoires SDRAM== Dans les années 90, les mémoires asynchrones ont laissé la place aux '''mémoires SDRAM''', qui sont synchronisées avec le bus par une horloge. L'utilisation d'une horloge a comme avantage des temps d'accès fixes : le processeur sait qu'un accès mémoire prendra un nombre déterminé de cycles d'horloge. Avec les mémoires asynchrones, le processeur ne pouvait pas prévoir quand la donnée serait disponible et ne faisait rien tant que la mémoire n'avait pas répondu : il exécutait ce qu'on appelle des ''wait states'' en attendant que la mémoire ait fini. Les mémoires SDRAM sont standardisées par un organisme international, le JEDEC. Le standard SDRAM impose des spécifications électriques bien précise pour les barrettes de mémoire et le bus mémoire, décrit le protocole utilisé pour communiquer avec les barrettes de mémoire, et bien d'autres choses encore. Les SDRAM ont été déclinées en versions de performances différentes, décrites dans le tableau ci-dessous : {| class="wikitable" ! Nom standard ! Fréquence ! Bande passante |- | PC66 | 66 mhz | 528 Mio/s |- | PC66 | 100 mhz | 800 Mio/s |- | PC66 | 133 mhz | 1064 Mio/s |- | PC66 | 150 mhz | 1200 Mio/s |} ===Les banques internes aux chips mémoires SDRAM=== L'intérieur d'une mémoire SDRAM contient plusieurs '''banques''', aussi appelées des banc mémoire. Concrètement, une banque est... une mémoire. Ou plutôt, une sorte de mini-mémoire miniature. Chaque banque a son propre tampon de ligne, ses propres multiplexeurs de colonne et ses propres décodeurs. C'est comme si une SDRAM regroupait plusieurs mémoires séparées dans un même circuit intégré. [[File:Arrangement vertical.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Mémoire multi-banques.]] Un point important est que chaque banque a son propre tampon de ligne. Il est donc possible d'ouvrir plusieurs lignes en même temps, chacune dans une banque différente. Par exemple, on peut ouvrir une ligne dans la banque numéro 1, et une autre ligne dans la banque numéro 2. Et c'est une source d'optimisations très intéressantes. La première optimisation est liée au rafraichissement mémoire. Au lieu de rafraichir chaque adresse une par une, il est possible de rafraichir des banques indépendantes en même temps, ce qui divise le temps de rafraichissement par le nombre de banques. C'est ce que je sous-entendais plus haut quand je disais que le temps de rafraichissement n'est pas égal au temps de balayage sur les SDRAM, alors que c'est le cas sur les DRAM FPM et EDO. De plus, et sans rentrer dans les détails, cela permet de faire plusieurs accès mémoire en même temps, dans des banques différentes. La possibilité est limitée, mais elle existe et elle améliore grandement la performance de la SDRAM. Mais nous en reparlerons dans un chapitre ultérieur, car cette histoire d'accès simultanés a plus sa place dans le chapitre sur le parallélisme mémoire. Pour le moment, nous ne pouvons pas expliquer pourquoi ni comment un processeur pourrait émettre plusieurs accès mémoire simultanés. Un processeur est censé travailler une instruction à la fois, à ce stade du cours, il ne peut pas en faire plusieurs en même temps. Mais nous allons cependant mentionner un cas où cette possibilité est intéressante : une mémoire SDRAM partagée entre un processeur et une carte graphique. Les deux accèdent à des données séparées, qui sont dans des banques différentes. On suppose que la carte graphique accède plus fréquemment à la mémoire que le processeur. Le contrôleur mémoire reçoit les accès mémoire du CPU et du GPU et il tente d'intercaler des accès CPU entre deux accès de la carte graphique. Vu qu'ils tombent dans des banques différentes, un accès CPU et un accès carte graphique peuvent se faire presque en même temps. La seule contrainte est que si on lance plusieurs accès mémoire simultanés, ceux-ci ne peuvent pas utiliser le bus de données en même temps. {|class="wikitable" |+ Pipelining basique sur les SDRAM |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 |- ! Banque Numéro 1 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 2 | || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || |- ! Banque Numéro 3 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 4 | || || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || |} ===Le mode rafale des SDRAM=== Un point important est que les SDRAM reprennent les optimisations des mémoires FPM et EDO. Elles utilisent aussi un tampon de ligne, avec la possibilité de lire plusieurs colonnes à la suite sans avoir à préciser l'adresse de ligne à chaque fois. Mais surtout, elles gèrent nativement le mode rafale. les paramètres qui ont trait au mode rafale sont configurables. Il est possible de configurer la SDRAM pour activer les accès sans rafale, ou les désactiver. Il y a aussi la possibilité de configurer le nombre d'octets consécutifs à lire ou écrire en mode rafale. On peut ainsi accéder à 1, 2, 4, ou 8 octets en une seule fois, alors que les EDO ne permettaient que des accès à 4 octets consécutifs. Enfin, on peut décider s'il faut faire un accès en mode linéaire ou entrelacé. La configuration de la SDRAM est mémorisée dans un registre de 10 bits, le '''registre de mode'''. Il faisait 10 bits sur les mémoires SDRAM, mais a été étendu à 13 bits sur la DDR2. Voici les 10 bits originels de ce registre : {|class="wikitable" |+ Signification des bits du registre de mode des SDRAM |- ! Bit n°9 | Type d'accès : en rafale ou normal |- ! Bit n°8 et 7 | Doivent valoir 00, sont réservés pour une utilisation ultérieur dans de futurs standards. |- ! Bit n°6, 5, et 4 | Latence CAS (voir plus bas) |- ! Bit n°3 | Type de rafale : linéaire ou entrelacée |- ! Bit n°2, 3, et 0 | Longueur de la rafale : indique le nombre d'octets à lire/écrire lors d'une rafale. |} ===L'interface d'une mémoire SDRAM=== Le bus de commandes d'une SDRAM contient au moins 18 fils, dont celui pour le signal d'horloge. L'interface d'une SDRAM contient tous les bits présents sur une mémoire DRAM classique : une entrée RAS, une entrée CAS, une entrée R/W, et un bus d'adresse. A cela, il faut cependant ajouter une entrée ''Chip Select'' (CS), qui permet d'activer/désactiver la mémoire SDRAM. Je rappelle que le bit CS a été introduit sur les mémoires SDRAM, il n'était pas présent sur les mémoires FPM/EDO. Deux autres bits de commande sont vraiment spécifiques des mémoires SDRAM. Il s'agit des bits CKE et DQM. Le '''bit CKE''' est l'abréviation de ''Clock Enable'', qui qui trahit sa fonction. Lorsque ce signal est à 0, le chip de SDRAM voit son signal d'horloge gelè. S'il est à 0, le contrôleur de DRAM peut envoyer ce qu'il veut sur le bus de commande ou d'adresse, la SDRAM ne réagira pas du tout, il ne se passera rien. Le '''bit DQM''' est une sorte de bit ''Output Enable'', avec une nuance importante. Le terme DQM est l'abréviation de ''Data Mask'', ce qui trahit encore une fois sa fonction. Il y a un bit DQM pour chaque octet du bus de données. Une SDRAM ayant un bus de 64 bits, cela fait 8 bits DQM par mémoire SDRAM. Lorsque le bit DQM est à 1, l'octet en question n'est simplement pas lu ou écrit, le bus de donnée est déconnecté pour cet octet. Le bus d'adresse est particulier, car il tient compte de la présence de ''banques mémoires''. Le bus d'adresse est découpé en deux portions : une portion pour sélectionner la banque, une autre pour sélectionner l'adresse à l'intérieur d'une banque. L'interface de la SDRAM fait ainsi la différence entre une '''adresse de banque''' et une '''adresse intra-banque'''. L'adresse de banque est codée sur quelques bits, généralement deux ou trois suivant la SDRAM. Le reste de l'adresse est codé sur 11 bits sur les SDRAM, mais cela a augmenté avec les DDR 1, 2, 3, 4, 5. Le bus de données d'une SDRAM fait 4, 8, ou 16 bits. Je précise bien qu'il s'agit là des puces de SDRAM, les barrettes de SDRAM combinent plusieurs puces SDRAM avec un arrangement horizontal, qui peut combiner plusieurs puces de 8 bits pour alimenter un bus de données de 64 bits. La taille des puces utilisées souvent indiquée sur la barrette de RAM, avec une mention x4, x8 ou x16. Les puces de SDRAM les plus courantes ont une interface de 8 bits pour les données. Les SDRAM de 4 bits sont surtout utilisées pour les serveurs, c'est lié au support de l'ECC. les puces x16 sont moins utilisées car elles ont généralement moins de banques que les autres. ===Les commandes SDRAM=== Le bus de commande permet d'envoyer des commandes à la mémoire, chaque commande étant précisée par une combinaison précise des bits CS, RAS, CAS, R/W, et autres. Les commandes en question sont des demandes de lecture, d'écriture, de préchargement et autres. Elles sont codées par une valeur bien précise qui est envoyée sur les 18 fils du bus de commande. Ces commandes sont nommées READ, READA, WRITE, WRITEA, PRECHARGE, ACT, ... Les plus importantes sont les commandes PRECHARGE, ACT et READ/WRITE. La commande ACT sélectionne une ligne : elle met le bit RAS à zéro et présente une adresse de ligne. Les commandes READ et WRITE sélectionnent une colonne, et déclenchent respectivement une lecture ou une écriture. Elles précisent une adresse de colonne, mettent le bit CAS à 0 et le bit RAS à 1, et précise la valeur du bit R/W. Les commandes READ et WRITE ne peuvent se faire qu'une fois que la banque a été activée par une commande ACT. Il est possible d'envoyer plusieurs commandes READ ou WRITE successives à des colonnes différentes, ce qui permet d'implémenter les optimisations des mémoires FPM. La commande PRECHARGE ferme la ligne courante et prépare l'ouverture de la suivante. Elle précharge les lignes de bit de la RAM, d'où son nom. Il est nécessaire d'en envoyer une avant d'envoyer une commande ACT. Notons que la commande PRECHARGE agit sur une banque, dont l'adresse est indiquée dans la commande PRECHARGE. Il existe une commande PRECHARGE ALL, qui agit sur toutes les banques de la SDRAM à la fois. Elle est souvent utilisée de concert avec la commande de rafraichissement, car le rafraichissement mémoire rafraichit une ligne dans toutes les banques à la fois. Il faut donc fermer toutes les lignes ouvertes, dans chaque banque, ce que fait la commande PRECHARGE ALL. Les commandes READA et WRITEA fusionnent une commande READ/WRITE avec une commande PRECHARGE. Elles permettent d'éviter d'avoir à envoyer une commande PRECHARGE pour fermer la ligne courante. Au lieu d'envoyer une commande READ ou WRITE, puis une commande PRECHARGE pour fermer la ligne, on envoie une seule commande READA/WRITEA. Il s'agit d'une petite optimisation, qui permet de réduire le nombre de commandes envoyées sur le bus. Les commandes sont encodées comme indiquées dans ce tableau. Une commande est tout simplement encodée en précisant une adresse si nécessaire, et une combinaison des bits CS, RAS, CAS et R/W. La seule subtilité est que le bit numéro 10 du bus d'adresse sert à commander les opérations de PRECHARGE, y compris celles implicites dans les opérations READA et WRITEA. {| class="wikitable" style="text-align:center" ! Bit CS || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (2 bits) || Bit du bus d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Stoppe un accès en rafale (en cours). |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lit une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lit une donnée depuis la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrit une donnée dans la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrit une donnée dans la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 1 || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne dans toutes les banques. |- | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || 0 || 0 || 0 || 00 || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} Les commandes ACT se font à partir de l'état de repos, l'état où toutes les banques sont préchargées. Par contre, les commandes MODE REGISTER SET et AUTO REFRESH ne peuvent se faire que si toutes les banques sont désactivées. Le fonctionnement simplifié d'une SDRAM peut se résumer dans ce diagramme : [[File:Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.jpg|centre|vignette|upright=2|Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.]] ===Les délais mémoires=== Les mémoires SDRAM n'étant pas infiniment rapides, il y a toujours un certain délais à respecter entre deux commandes. Par exemple, quand on envoie une commande ACT pour activer une ligne, on ne peut pas envoyer une commande READ/WRITE au cycle suivant. La plupart des SDRAM ne sont pas assez rapides pour ça. Il faut respecter un délai de quelques cycles, qui dépend de la mémoire. Et il n'y a pas que ce délai entre une commande ACT et la commande suivante. Une SDRAM doit gérer d'autres temps d'attente, appelés des '''délais mémoires''', ou encore des ''timings'' mémoire. Les délais mémoire le plus importants sont résumés ci-dessous : {|class="wikitable" |- !Timing!!Description |- | colspan="2" | |- ! colspan="2" | Délais primaires |- ||tRP|| Temps entre une commande PRECHARGE et une commande ACT |- ||tRCD|| Temps entre une commande ACT et une commande READ/WRITE. |- ||tCL|| Temps entre une commande READ et l'envoi de la donnée lue sur le bus de données. |- ||tDQSS|| Temps entre une commande WRITE et l'écriture de la donnée. |- ||tCAS-to-CAS|| Temps minimum entre deux commandes READ. |- ! colspan="2" | Délais secondaires |- ||tWTR|| Temps entre une lecture et une écriture consécutives. |- ||tRAS || Temps entre une commande ACT et une commande PRECHARGE. |} Les délais/timings mémoire ne sont pas les mêmes suivant la barrette de mémoire que vous achetez. Certaines mémoires sont ainsi conçues pour avoir des timings assez bas et sont donc plus rapides, et surtout : beaucoup plus chères que les autres. Le gain en performances dépend beaucoup du processeur utilisé et est assez minime comparé au prix de ces barrettes. Les délais mémoires d'une barrette sont mémorisés dans le ''Serial Presence Detect'' de la barrette et sont lus par le BIOS au démarrage de l'ordinateur, et sont ensuite utilisés pour configurer le contrôleur de DRAM. Il y a cependant quelques régularités qui reviennent souvent, d'une SDRAM à l'autre. La plus importante est que les délais ne sont pas les mêmes quand on alterne des lectures et écritures. Les délais les plus courts sont observés quand on a des lectures successives, ou des écritures successives. Par contre, les délais s'allongent quand on doit passer d'une lecture à une écriture ou inversement. Les SDRAM préférent qu'on regroupe les lectures avec d'autres lectures, les écritures avec d'autres écritures. ===Les commandes anticipées=== Les SDRAM sont parfois capables de démarrer une commande avant que la précédente soit terminée. Concrètement, pendant que la commande précédente envoie sa dernière donnée sur le bus de données, on peut envoyer la commande suivante avec quelques cycles d'avance. L'exemple ci-dessous devrait être assez clair : on envoie une seconde commande au neuvième cycle, alors qu'une rafale est en cours. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Bus de commande/adresse | || bgcolor="#A0FFFF" | ACT || || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Bus de données | || || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Il s'agit d'une forme très limitée de pipeline, tellement limitée qu'on peut légitimement douter que c'est un vrai pipeline. Dans ce qui suit, j'ai décidé d'appeler cette possibilité sous le terme de '''commandes SDRAM anticipées'''. La possibilité est très limitée, car il faut tenir compte des délais mémoire. Elle améliore un peu les performances dans certaines circonstances où la RAM doit traiter plusieurs accès mémoire consécutifs, très rapprochés. L'exemple typique est celui du transfert d'un bloc de données entre mémoire cache et mémoire RAM, qui dépasse la taille d'une rafale. Le cache envoie alors plusieurs accès mémoire d'un seul coup au contrôleur mémoire. Mais d'autres exemples sont possibles, on ne peut juste pas les expliquer à ce stade du cours. Les commandes SDRAM anticipées sont possibles car les SDRAM sont formées en entourant une RAM asynchrone de registres, exactement comme les SRAM synchrones. Il est possible d'écrire dans les registres de données/commandes, pendant qu'un autre accès mémoire accède au cœur asynchrone. Les délais mémoire sont conçus pour éviter qu'une commande accède au cœur asynchrone en même temps que la suivante ou la précédente, idem pour l'usage des registres. C'est pour cela que les délais mémoire sont assez différents entre écritures et lectures, d'ailleurs. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Enregistrement de la commande dans le registre d'adresse/commande | bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Accès au cœur asynchrone | || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || |- ! Lecture/écriture du registre de données | || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Les DDR2 et 3 vont encore plus loin avec l'optimisation des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur mémoire peut envoyer une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings''. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur mémoire peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur mémoire. ==Les mémoires DDR== Les mémoires SDRAM récentes sont des mémoires de type ''dual data rate'', ce qui fait qu'elles portent le nom de mémoires DDR. Pour rappel, les mémoires ''dual data rate'' ont un plan mémoire deux fois plus large que le bus mémoire, avec un bus mémoire allant à une fréquence double. Par double, on veut dire que les transferts sur le bus mémoire ont lieu sur les fronts montants et descendants de l'horloge. Il y a donc deux transferts de données sur le bus pour chaque cycle d'horloge, ce qui permet de doubler le débit sans toucher à la fréquence du plan mémoire lui-même. Les mémoires DDR sont standardisées par un organisme international, le JEDEC, et ont été déclinées en plusieurs générations : DDR1, DDR2, DDR3, et DDR4. La différence entre ces modèles sont très nombreuses, mais les plus évidentes sont la fréquence de la mémoire et du bus mémoire. D'autres différences mineures existent entre les SDRAM et les mémoires DDR. Par exemple, la tension d'alimentation des mémoires DDR est plus faible que pour les SDRAM. ET elle a diminué dans le temps, d'une génération de DDR à l'autre. Avec les mémoires DDR2,la tension d'alimentation est passée de 2,5/2,6 Volts à 1,8 Volts. Avec les mémoires DDR3, la tension d'alimentation est notamment passée à 1,5 Volts. ===Les performances des mémoires DDR=== Les mémoires SDRAM ont évolué dans le temps, mais leur temps d'accès/fréquence n'a pas beaucoup changé. Il valait environ 10 nanosecondes pour les SDRAM, approximativement 5 ns pour la DDR-400, il a peu évolué pendant la génération DDR et DDR3, avant d'augmenter pendant les générations DDR4 et de stagner à nouveau pour la génération DDR5. L'usage du DDR, puis du QDR, visait à augmenter les performances malgré la stagnation des temps d'accès. En conséquence, la fréquence du bus a augmenté plus vite que celle des puces mémoire pour compenser. {|class="wikitable" |- ! Année ! Type de mémoire ! Fréquence de la mémoire (haut de gamme) ! Fréquence du bus ! Coefficient multiplicateur entre les deux fréquences |- | 1998 | DDR 1 | 100 - 200 MHz | 200 - 400 MHz | 2 |- | 2003 | DDR 2 | 100 - 266 MHz | 400 - 1066 MHz | 4 |- | 2007 | DDR 3 | 100 - 266 MHz | 800 - 2133 MHz | 8 |- | 2014 | DDR 4 | 200 - 400 MHz | 1600 - 3200 MHz | 8 |- | 2020 | DDR 5 | 200 - 450 MHz | 3200 - 7200 MHz | 8 à 16 |} Une conséquence est que la latence CAS, exprimée en nombre de cycles, a augmenté avec le temps. Si vous comparez des mémoires DDR2 avec une DDR4, par exemple, vous allez voir que la latence CAS est plus élevée pour la DDR4. Mais c'est parce que la latence est exprimée en nombre de cycles d'horloge, et que la fréquence a augmentée. En comparant les temps d'accès exprimés en secondes, on voit une amélioration. ===Les commandes des mémoires DDR=== Les commandes des mémoires DDR sont globalement les mêmes que celles des mémoires SDRAM, vues plus haut. Les modifications entre SDRAM, DDR1, DDR2, DDR3, DDR4, et DDR5 sont assez mineures. Les seules différences sont l'addition de bits pour la transmission des adresses, des bits en plus pour la sélection des banques, etc. En clair, une simple augmentation quantitative. Le registre de mode a été un peu modifié. Il est passé de 10 bits pour les SDRAM et DDR1, à 13 bits sur la DDR 2 et les suivantes. Les DDR ont aussi ajouté le support de plusieurs registres de mode, qui sont sélectionnés en réutilisant l'adresse de banque. Dans une commande LOAD MODE REGISTER, l'adresse de banque indique quel registre de mode il faut altérer. Avant la DDR4, les modifications des commandes sont mineures. La DDR2 supprime la commande ''Burst Terminate'', la DDR3 et la DDR4 utilisent le bit A12 pour préciser s'il faut faire une rafale complète, ou une rafale de moitié moins de données. Une optimisation des DDR2 et 3 est celle des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur de DRAM peut envoyer une commande ACT et une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings'' nécessaires entre les deux. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur de DRAM peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur de DRAM. Mais avec la DDR4, les choses changent, notamment au niveau de la commande ACT. Avec l'augmentation de la capacité des barrettes mémoires, la taille des adresses est devenue trop importante. Pour éviter de rajouter des bits d'adresses, les concepteurs du standard DDR4 ont décidé de ruser. Lors d'une commande ACT, les bits RAS, CAS et WE sont utilisés comme bits d'adresse, alors qu'ils ont leur signification normale pour les autres commandes. Pour éviter toute confusion, un nouveau bit ACT est ajouté pour indiquer la présence d'une commande ACT : il est à 1 pour une commande ACT, 0 pour les autres commandes. {| class="wikitable" style="text-align:center" |+ Commandes d'une mémoire DDR4, seule la commande colorée change par rapport aux SDRAM ! Bit CS || style="background: #CCFFCC" | Bit ACT || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (4 bits) || Bit du bas d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Arrêt d'un accès en rafale en cours. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- style="background: #CCFFCC" | 0 || style="background: #CCFFCC" | 1 || colspan="3" | Adresse de la ligne (bits de poids forts) || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne (bits de poids faible) || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne' dans toutes les banques. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 0 || Numéro de registre de mode || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} ===Les SDRAM basse consommation : les LPDDR=== Il existe des variantes de mémoire DDR qui sont optimisées pour consommer le moins d'énergie possible. Elles s'appelle les '''mémoires LP-DDR''', abréviation de ''Low Power DDR''. Elles sont utilisées dans les ordinateurs portables, les smartphones et autres équipements de ce type, pour lesquels l'autonomie de la batterie est très importante. Elles ne se présentent pas souvent sous la forme de barrettes de RAM, comme les DDR normales. A la place, elles sont soudées sur la carte mère, dans le cas le plus fréquent. Les barrettes de LPDDR sont très rares. Le fait de souder les puces sur la carte mère a de nombreux avantages : ça prend moins de place, consomme moins, permet de garder des performances optimales, etc. Un autre détail, lié au précédent, est qu'elles utilisent souvent des bus plus petits. Là où les barrettes de SDRAM/DDR usuelles ont un bus de 64 bits, les LPDDR peuvent utiliser des bus de 16 ou 32 bits. A partir de la LPDDR 2, les registres de mode ont été élargit, afin de mémoriser des informations de configuration. Les nouveaux registres de mode ont pour but de remplacer le ''Serial Presence Detect'', afin de faire quelques économies sur la carte mère. Les LPDDR sont nommées comme les DDR, avec des LPDDR 1, 2, 3, etc. La LPDDR 1 est une DDR 1 ayant subit des modifications assez mineures. La tension d'alimentation passe de 2,5 V à seulement 1,8 V, des modes de rafraichissement ont été ajouté, de même qu'un mode de mise en veille profonde. Par contre, les LPDDR 2/3/4/5 se démarquent fortement des DDR 2/3/4/5 équivalentes. Par exemple, la LPDDR 2 ne correspond pas du tout à de la DDR2 modifiée. Elles se différencient des DDR normales sur de nombreux points, afin de consommer le moins possible. Notamment, les commandes DDR sont modifiées, au point qu'une LPDDR et une DDR sont incompatibles entre elles. Un point important est que les commandes sont envoyées en deux fois. Sur les LPDDR 2, 3 et 5, l'envoi se fait en un seul cycle d'horloge : la première moitié lors d'un front montant de l'horloge, l'autre moitié lors du front descendant. Les LPDDR 1 et 4 envoient les commandes en deux cycles d'horloge. Une conséquence est que le bus de commande est quasiment divisé par deux comparé à une SDRAM/DDR équivalente. Il est de 10 bits sur les LPDDR 1, 2 et 3 ; de 6 bits sur les LPDDR4, de 7 bits sur les LPDDR 5, et de 4 bits sur les LPDDR6. Les commandes varient d'une LPDDR à l'autre, mais restent similaires aux commandes DDR/SDR classiques, si ce n'est que quelques bits d'adresse sont retirés. Par exemple, sur les LPDDR 2, le bit de poids faible de l'adresse CA0 n'est pas transmis, ce qui fait que les lectures/écritures se font toujours à des adresses paires. Les LPDDR 4 et 5 ont introduits de nombreux changements : le bus de données passe d'un bus unique de 32 bits à deux bus de 16 bits, le bus de commande passe de 10 à 6 bits, et les commandes passent à des commandes SDR en remplacement des commandes DDR1. ==Les VRAM des cartes vidéo== Les cartes graphiques ont des besoins légèrement différents des DRAM des processeurs, ce qui fait qu'il existe des mémoires DRAM qui leur sont dédiées. Elles sont appelés des '''''Graphics RAM''''' (GRAM). La plupart incorporent des fonctionnalités utiles uniquement pour les mémoires vidéos, comme des fonctionnalités de masquage (appliquer un masque aux données lue ou à écrire), ou le remplissage d'un bloc de mémoire avec une donnée unique. Les anciennes cartes graphiques et les anciennes consoles utilisaient de la DRAM normale, faute de mieux. La première GRAM utilisée était la NEC μPD481850, qui a été utilisée sur la console de jeu PlayStation, à partir de son modèle SCPH-5000. D'autres modèles de GRAM ont rapidement suivi. Les anciennes consoles de jeu, mais aussi des cartes graphiquesn utilisaient des GRAM spécifiques. ===Les mémoires vidéo double port=== Sur les premières consoles de jeu et les premières cartes graphiques, le ''framebuffer'' était mémorisé dans une mémoire vidéo spécialisée appelée une '''mémoire vidéo double port'''. Le premier port était connecté au processeur ou à la carte graphique, alors que le second port était connecté à un écran CRT. Aussi, nous appellerons ces deux port le ''port CPU/GPU'' et l'autre sera appelé le ''port CRT''. Le premier port était utilisé pour enregistrer l'image à calculer et faire les calculs, alors que le second port était utilisé pour envoyer à l'écran l'image à afficher. Le port CPU/GPU est tout ce qu'il y a de plus normal : on peut lire ou écrire des données, en précisant l'adresse mémoire de la donnée, rien de compliqué. Le port CRT est assez original : il permet d'envoyer un paquet de données bit par bit. De telles mémoires étaient des mémoires à tampon de ligne, dont le support de mémorisation était organisé en ligne et colonnes. Une ligne à l'intérieur de la mémoire correspond à une ligne de pixel à l'écran, ce qui se marie bien avec le fait que les anciens écrans CRT affichaient les images ligne par ligne. L'envoi d'une ligne à l'écran se fait bit par bit, sur un câble assez simple comme un câble VGA ou autre. Le second port permettait de faire cela automatiquement, en permettant de lire une ligne bit par bit, les bits étant envoyés l'un après l'autre automatiquement. Pour cela, les mémoires vidéo double port incorporaient un tampon de ligne spécialisé pour le port lié à l'écran. Ce tampon de ligne n'était autre qu'un registre à décalage, contrairement au tampon de ligne normal. Lors de l'accès au second port, la carte graphique fournissait un numéro de ligne et la ligne était chargée dans le tampon de ligne associé à l'écran. La carte graphique envoyait un signal d'horloge de même fréquence que l'écran, qui commandait le tampon de ligne à décalage : un bit sortait à chaque cycle d'écran et les bits étaient envoyé dans le bon ordre. ===Les mémoires SGRAM et GDDR=== De nos jours, les cartes graphiques n'utilisent plus de mémoires double port, mais des mémoires simple port. Les mémoires graphiques actuelles sont des SDRAM modifiées pour fonctionner en tant que ''Graphic RAM''. Les plus connues sont les '''mémoires GDDR''', pour ''graphics double data rate'', utilisées presque exclusivement sur les cartes graphiques. Il en existe plusieurs types pendant que j'écris ce tutoriel : GDDR, GDDR2, GDDR3, GDDR4, et GDDR5. Mais attention, il y a des différences avec les DDR normales. Par exemple, les GDDR ont une fréquence plus élevée que les DDR normales, avec des temps d'accès plus élevés (sauf pour le tCAS). De plus, elles sont capables de laisser ouvertes deux lignes en même temps. Par contre, ce sont des mémoires simple port. ==Les mémoires SLDRAM, RDRAM et associées== Les mémoires précédentes sont généralement associées à des bus larges. Les mémoires SDRAM et DDR modernes ont des bus de données de 64 bits de large, avec des d'adresse et de commande de largeur similaire. Le nombre de fils du bus mémoire dépasse facilement la centaine de fils, avec autant de broches sur les barrettes de mémoire. Largeur de ces bus pose de problèmes problèmes électriques, dont la résolution n'est pas triviale. En conséquence, la fréquence du bus mémoire est généralement moins performantes comparé à ce qu'on aurait avec un bus moins large. Mais d'autres mémoires DRAM ont exploré une solution alternative : avoir un bus peu large mais de haute fréquence, sur lequel on envoie les commandes/données en plusieurs fois. Elles sont regroupées sous le nom de '''DRAM à commutation par paquets'''. Elles utilisent des bus spéciaux, où les commandes/adresses/données sont transmises par paquets, par trames, en plusieurs fois. En théorie, ce qu'on a dit sur le codage des trames dans le chapitre sur le bus devrait s'appliquer à de telles mémoires. En pratique, les protocoles de transmission sur le bus mémoire sont simplifiés, pour gérer le fonctionnement à haute fréquence. Le processeur envoie des paquets de commandes, les mémoires répondent avec des paquets de données ou des accusés de réception. Les mémoires à commutation par paquets sont peu nombreuses. Les plus connues sont les mémoires conçues par la société Rambus, à savoir la ''RDRAM'' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs ''XDR RAM'' et ''XDR RAM 2''. La ''Synchronous-link DRAM'' (''SLDRAM'') est un format concurrent conçu par un consortium de plusieurs concepteurs de mémoire. ===La SLDRAM (''Synchronous-link DRAM'')=== Les '''mémoires SLDRAM''' avaient un bus de données de 64 bits allant à 200-400 Hz, avec technologie DDR, ce qui était dans la norme de l'époque pour la fréquence (début des années 2000). Elle utilisait un bus de commande de 11 bits, qui était utilisé pour transmettre des commandes de 40 bits, transmises en quatre cycles d'horloge consécutifs (en réalité, quatre fronts d'horloge donc deux cycles en DDR). Le bus de données était de 18 bits, mais les transferts de donnée se faisaient par paquets de 4 à 8 octets (32-65 bits). Pour résumer, données et commandes sont chacunes transmises en plusieurs cycles consécutifs, sur un bus de commande/données plus court que les données/commandes elle-mêmes. Là où les SDRAM sélectionnent la bonne barrette grâce à des signaux de commande dédiés, ce n'est pas le cas avec la SLDRAM. À la place, chaque barrette de mémoire reçoit un identifiant, un numéro codé sur 7-8 bits. Les commandes de lecture/écriture précisent l'identifiant dans la commande. Toutes les barrettes reçoivent la commande, elles vérifient si l'identifiant de la commande est le leur, et elles la prennent en compte seulement si c'est le cas. Voici le format d'une commande SLDRAM. Elle contient l'adresse, qui regroupe le numéro de banque, le numéro de ligne et le numéro de colonne. On trouve aussi un code commande qui indique s'il faut faire une lecture ou une écriture, et qui configure l'accès mémoire. Il configure notamment le mode rafale, en indiquant s'il faut lire/écrire 4 ou 8 octets. Enfin, il indique s'il faut fermer la ligne accédée une fois l'accès terminé, ou s'il faut la laisser ouverte. Le code commande peut aussi préciser que la commande est un rafraichissement ou non, effectuer des opérations de configuration, etc. L'identifiant de barrette mémoire est envoyé en premier, histoire que les barrettes sachent précocement si l'accès les concerne ou non. {|class="wikitable" style="text-align:center" |+SLDRAM Read, write or row op request packet ! FLAG || CA9 || CA8 || CA7 || CA6 || CA5 || CA4 || CA3 || CA2 || CA1 || CA0 |- ! 1 | colspan=9 bgcolor=#ffcccc| Identifiant de barrette mémoire|| bgcolor=#ccffcc| Code de commande |- ! 0 | colspan=5 bgcolor=#ccffcc| Code de commande ||colspan=3 bgcolor=#ff88ff| Banque||colspan=2 bgcolor=#ffffcc| Ligne |- ! 0 | colspan=9 bgcolor=#ffffcc| Ligne || 0 |- ! 0 | 0 || 0 || 0 ||colspan=7 bgcolor=#ccffff| Colonne |} ===Les mémoires Rambus=== Les mémoires conçues par la société Rambus regroupent la '''RDRAM''' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs '''XDR RAM''' et '''XDR RAM 2'''. Les toutes premières étaient les '''mémoires RDRAM''', où le bus permettait de transmettre soit des commandes (adresse inclue), soit des données, avec un multiplexage total. Le processeur envoie un paquet contenant commandes et adresse à la mémoire, qui répond avec un paquet d'acquittement. Lors d'une lecture, le paquet d'acquittement contient la donnée lue. Lors d'une écriture, le paquet d'acquittement est réduit au strict minimum. Le bus de commandes est réduit au strict minimum, à savoir l'horloge et quelques bits absolument essentiels, les bits RW est transmis dans un paquet et n'ont pas de ligne dédiée, pareil pour le bit OE. Toutes les barrettes de mémoire doivent vérifier toutes les transmissions et déterminer si elles sont concernées en analysant l'adresse transmise dans la trame. Elles ont été utilisées dans des PC ou d'anciennes consoles de jeu. Par exemple, la Nintendo 64 incorporait 4 mébioctets de mémoire RDRAM en tant que mémoire principale. La RDRAM de la Nintendo 64 était cadencée à 500 MHz, utilisait un bus de 9 bits, et avait un débit binaire maximal théorique de 500 MB/s. La Playstation 2 contenait quant à elle 32 mébioctets de RDRAM en ''dual-channel'', pour un débit binaire de 3.2 Gibioctets par seconde. Les processeurs Pentium 3 pouvaient être associés à de la RDRAM sur certaines mères. Les Pentium 4 étaient eux aussi associés à la de RDRAM, mais les cartes mères ne géraient que ce genre de mémoire. La Playstation 3 contenait quant à elle de la XDR RAM. ==Les eDRAM : des DRAM adaptées aux ''chiplets''== Les '''mémoires eDRAM''', pour ''embedded DRAM'', sont des mémoires RAM qui sont destinées à être intégrée au processeur. Pour comparer, les DRAM normales sont placées sur des barrettes de RAM ou soudées à la carte mère. Dans la quasi-totalité des cas, l'eDRAM est utilisée pour implémenter une mémoire cache, elle ne sert pas de mémoire principale (cache L4, le plus proche de la mémoire sur ces puces). De ce fait, elles sont conçues pour être très rapides, avoir une grande bande passante, au détriment de leur capacité mémoire. Pour être plus précis, l'eDRAM est une puce de DRAM conçue pour être intégrée dans un ''chiplet'', , à savoir des circuits imprimés qui regroupent plusieurs puces électroniques distinctes, regroupées sur le même PCB. Typiquement, un processeur de type ''chiplet'' avec de l'eDRAM comprend deux puces séparées : une pour le processeur, une autre pour une puce de communication avec la RAM. Avec la mémoire eDRAM, les deux puces sont complétées par une troisième puce spécialisée qui incorpore l'eDRAM. Elle a été utilisée sur quelques processeurs, mais aussi dans des consoles de jeu vidéo, pour la carte graphique des consoles suivantes : la PlayStation 2, la PlayStation Portable, la GameCube, la Wii, la Wii U, et la XBOX 360. Sur ces consoles, la RAM de la carte graphique était intégrée avec le processeur graphique dans le même circuit. La fameuse mémoire vidéo et le GPU n'étaient qu'une seule et même puce électronique, un seul circuit intégré. Ce n'est pas le cas sur une carte graphique moderne : regardez votre carte graphique avec attention et vous verrez que le GPU est une puce carrée située sous les ventilateurs, alors que les puces mémoires sont situées juste autour et soudées sur le PCB de la carte. Les processeurs Intel Core de microarchitecture Broadwell disposaient d'un cache L4 de 128 mébioctets, intégralement implémenté avec de la mémoire eDRAM. Quelques processeurs de la microarchitecture précédente (Haswell), disposaient aussi de ce cache. Le cache L4 eDRAM était implémenté sur un chiplet à part, à savoir que le processeur était composé de trois puces séparées : une pour le processeur, une autre pour la gestion des entrées-sorties, et une autre pour le cache L4. La puce pour le cache L4, appelée ''Crystal Well'', était gravée en 22nm, ce qui était une finesse de gravure plus élevée que celle des processeurs associés. ''Crystal Well'' était très optimisé pour l'époque. Par exemple, elle disposait de bus séparées pour la lecture et l'écriture, chose qu'on retrouve fréquemment sur les SRAM mais qui est absent sur les mémoires DRAM actuelles. Pour le reste, elle ressemblait beaucoup aux mémoires DDR de l'époque (système de ''double data rate'', entres autres), mais elle allait à une fréquence plus élevée que les DRAM de l'époque et avait un débit bien plus élevé, pour une consommation moindre. ''Crystal Well'' consommait entre 1 à 5 watts (1 watt en veille, 5 à pleine utilisation), pour un débit binaire de 102 GB/s et fonctionnait à 3.2 GHz. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les mémoires SRAM synchrones | prevText=Les mémoires SRAM synchrones | next=Contrôleur mémoire externe | nextText=Le contrôleur mémoire externe }}{{autocat}} </noinclude> rsk4faz7z3cnlegus9h4bzkq60j507u 768208 768207 2026-06-20T17:01:45Z Mewtow 31375 /* Les SDRAM basse consommation : les LPDDR */ 768208 wikitext text/x-wiki Après avoir vu les mémoires statiques (SRAM), il est temps de passer aux mémoires RAM dynamiques, aussi appelées mémoires DRAM. Pour rappel, les DRAM dynamiques ont pour défaut que leurss données s'effacent après un certain temps, en quelques millièmes ou centièmes de secondes . En conséquence, il faut réécrire chaque bit de la mémoire régulièrement pour éviter qu'il ne s'efface. On dit qu'on doit effectuer régulièrement un '''rafraîchissement mémoire'''. Et celui-ci rend les DRAM très différentes des SRAM. Les DRAM des PC ont beaucoup évolués dans le temps. Les toutes premières mémoires DRAM étaient des mémoires asynchrones, mais elles ont été remplacées par des modèles synchrones. Les modèles asynchrones ont été très nombreux. Après l'apparition des premières DRAM, les mémoires ''Fast Page Mode'' sont apparues, suivies par les mémoires ''Extended Data Out'', puis les EDO en mode rafale. Elles ont été utilisées jusque dans la moitié des années 90, pour ensuite être supplantées par les mémoires SDRAM. Les mémoires DDR actuelles sont des améliorations des mémoires SDRAM actuelles. Le fait est que les DRAM sont des mémoires électroniques comme les autres, qui se présentent sous la forme de circuits intégrés, à savoir que ce sont des petits boitiers noirs avec des broches. Il est possible de souder ces boitiers sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais il est aussi possible de regrouper plusieurs boitiers sur une barrette de RAM séparée. Dans ce qui suit, nous les appellerons des '''chips mémoire''', ou encore, des puces mémoires. [[File:Canyon CN-WF514 - EtronTech EM638325TS-6-4022.jpg|centre|vignette|upright=2|Exemple de chip mémoire.]] Dans ce qui suit, nous allons étudier ces chips de DRAM, avant de voir comment ils sont regroupés sur une barrette de RAM. Puis, nous allons voire chaque type de mémoire, FPM, EDO, SDRAM, DDR, ... ; un par un. ==L'interface des DRAM et le contrôleur mémoire== L'interface d'une mémoire DRAM est plus compliquée que l'interface d'une SRAM basique. Et c'est suffisant pour qu'on ait besoin d'un intermédiaire pour faire la conversion entre processeur et DRAM. Les DRAM modernes ne sont pas connectées directement au processeur, mais le sont par l'intermédiaire d'un '''contrôleur mémoire externe'''. Il ne faut pas le confondre avec le contrôleur mémoire interne, placé dans la mémoire RAM, et qui contient notamment le décodeur. Les deux sont totalement différents, bien que leur nom soit similaire. Pour éviter toute confusion, j'utiliserais le terme de '''contrôleur de DRAM''', plus parlant. Le contrôleur de DRAM gère le bus mémoire et tout ce qui est envoyé dessus. Il envoie des commandes aux barrettes de mémoire, commandes qui peuvent être des lectures, des écritures, ou des demandes de rafraichissement, parfois d'autres commandes. La mémoire répond à ces commandes par l'action adéquate : lire la donnée et la placer sur le bus de données pour une commande de lecture, par exemple. Le rôle du contrôleur de DRAM varie grandement suivant le contrôleur en question, ainsi que selon le type de DRAM. ===Le bus d'adresse des DRAM est multiplexé=== Un point important pour le contrôleur de DRAM est de transformer les adresses mémoires fournies par le processeur, en adresses utilisables par la DRAM. Car les DRAM ont une interface assez spécifique. Les DRAM ont ce qui s'appelle un '''bus d'adresse multiplexé'''. Avec de tels bus, l'adresse est envoyée en deux fois. Les bits de poids fort sont envoyés avant les bits de poids faible. On peut ainsi envoyer une adresse de 32 bits sur un bus d'adresse de 16 bits, par exemple. Le bus d'adresse contient alors environ moitié moins de fils que la normale. Pour rappel, l'avantage de cette méthode est qu'elle permet de limiter le nombre de fils du bus d'adresse, ce qui très intéressant sur les mémoires de grande capacité. Les mémoires DRAM étant utilisées comme mémoire principale d'un ordinateur, elles devaient avoir une grande capacité. Cependant, avoir un petit nombre de broches sur les barrettes de mémoire est clairement important, ce qui impose d'utiliser des stratagèmes. Envoyer l'adresse en deux fois répond parfaitement à ce problème : cela permet d'avoir des adresses larges et donc des mémoires de forte capacité, avec une performance acceptable et peu de fils sur le bus d'adresse. Les bus multiplexés se marient bien avec le fait que les DRAM sont des mémoires à adressage par coïncidence ou à tampon de ligne. Sur ces mémoires, l'adresse est découpée en deux : une adresse haute pour sélectionner la ligne, et une adresse basse qui sélectionne la colonne. L'adresse est envoyée en deux fois : la ligne, puis la colonne. Pour savoir si une donnée envoyée sur le bus d'adresse est une adresse de ligne ou de colonne, le bus de commande de ces mémoires contenait deux fils bien particuliers : les RAS et le CAS. Pour simplifier, le signal RAS permettait de sélectionner une ligne, et le signal CAS permettait de sélectionner une colonne. [[File:Signaux RAS et CAS.png|centre|vignette|upright=2|Signaux RAS et CAS.]] Si on a deux bits RAS et CAS, c'est parce que la mémoire prend en compte les signaux RAS et CAS quand ils passent de 1 à 0. C'est à ce moment là que la ligne ou colonne dont l'adresse est sur le bus sera sélectionnée. Tant que des signaux sont à zéro, la ligne ou colonne reste sélectionnée : on peut changer l'adresse sur le bus, cela ne désélectionnera pas la ligne ou la colonne et la valeur présente lors du front descendant est conservée. [[File:L'intérieur d'une FPM.png|centre|vignette|upright=2|L'intérieur d'une FPM.]] ===Le rafraichissement mémoire=== La spécificité des DRAM est qu'elles doivent être rafraichies régulièrement, sans quoi leurs cellules perdent leurs données. Le rafraichissement est basiquement une lecture camouflée. Elle lit les cellules mémoires, mais n'envoie pas le contenu lu sur le bus de données. Rappelons que la lecture sur une DRAM est destructive, à savoir qu'elle vide la cellule mémoire, mais que le système d'amplification de lecture régénère le contenu de la cellule automatiquement. La cellule est donc rafraichie automatiquement lors d'une lecture. La quasi-totalité des DRAM supporte des commandes de rafraichissement, séparées des lectures et écritures classiques. Une commande de rafraichissement ordonne de rafraichir une adresse, voire une ligne complète. Les commandes de rafraichissement sont générées par le contrôleur de DRAM, dans la grosse majorité des cas. Il est aussi possible que ce soit le processeur qui les génère, mais c'est beaucoup plus rare. Il est aussi possible d'envoyer des commandes de rafraichissement vides, qui ne précisent ni adresse ni numéro de ligne. Pour les gérer, la mémoire contient un compteur, qui pointe sur la prochaine ligne à rafraichir, qui est incrémenté à chaque commande de rafraichissement. Une commande de rafraichissement indique à la mémoire d'utiliser l'adresse dans ce compteur pour savoir quelle adresse/ligne rafraichir. [[File:Rafraichissement mémoire automatique.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire automatique.]] Il existe des mémoires qui sont des intermédiaires entre les mémoires SRAM et DRAM. Il s'agit des '''mémoires pseudo-statiques''', qui sont techniquement des mémoires DRAM, utilisant des transistors et des condensateurs, mais qui gèrent leur rafraichissement mémoire toutes seules. Le rafraichissement mémoire est alors totalement automatique, ni le processeur, ni le contrôleur de DRAM ne devant s'en charger. Le rafraichissement est purement le fait des circuits de la mémoire RAM et devient une simple opération de maintenance interne, gérée par la RAM elle-même. L'envoi des commandes de rafraichissement peuvent se faire de deux manières : soit on les envoie toutes en même temps, soit on les disperse le plus possible. Le premier cas est un '''rafraichissement en rafale''', le second un '''rafraichissement étalé'''. Le rafraichissement en rafale n'est pas utilisé dans les PC, car il bloque la mémoire pendant un temps assez long. Mais les anciennes consoles de jeu gagnaient parfois à utiliser eu rafraichissement en rafale. En effet, la mémoire était souvent effacée entre l'affichage de deux images, pour éviter certains problèmes dont on ne parlera pas ici. Le rafraichissement de la mémoire était effectué à ce moment là : l'effacement rafraichissait la mémoire. Le temps mis pour rafraichir la mémoire est le temps mis pour parcourir toute la mémoire. Il s'agit du temps de balayage vu dans le chapitre sur les performances d'un ordinateur. Pour les mémoires FPM et EDO, il est défini en divisant la capacité de la mémoire par son débit binaire. C'est le temps nécessaire pour lire ou réécrire tout le contenu de la mémoire. Sur les SDRAM, les choses sont un peu différentes, pour une raison qu'on expliquera plus bas. ==Les rangées : l'arrangement horizontal et vertical== Il est rare d'utiliser un chip mémoire seul, car ceux-ci n'ont pas une capacité suffisante. Pour donner quelques chiffres, à l'heure où j'écris ces lignes, la norme pour un ordinateur est d'avoir entre 8 et 64 gibioctets de RAM. Mais les chips mémoire font entre 1 et 4 gibioctets, rarement plus. La raison est que les ordinateurs combinent ensemble plusieurs chips mémoire pour additionner leurs capacités. La concaténation de plusieurs chips mémoire peut se faire de deux manières différentes, appelées l'arrangement horizontal et l'arrangement vertical. Les deux additionnent la capacité des chips mémoire, mais se distinguent sur un point : ce qui arrive respectivement au bus de données, et au nombre d'adresses. Intuitivement, on se dit que doubler la capacité mémoire implique de doubler le nombre d'adresses mémoire. C'est effectivement ce qui se passe avec l'arrangement vertical. Mais avec l'arrangement horizontal, le nombre d'adresse ne varie pas. Voyons cela en détail, et commençons par le cas le plus simple, celui de l'arrangement vertical seul. ===L'arrangement vertical : cumuler des adresses mémoire=== Introduisons l'arrangement vertical par un exemple. Imaginez que je souhaite obtenir de 4 mébioctets de RAM, en combinant 4 chips mémoires de 1 mébioctet chacun. L'idée est que le premier mébioctet est placé dans le premier chip mémoire, le second mébioctet dans le second chip, etc. Des adresses consécutives se trouvent ainsi dans le même chip mémoire, sauf pour quelques adresses où on passe d'un chip à l'autre. Avec cette organisation, le bus de donnée fait un octet, et les chips mémoire ont aussi un bus de données d'un octet. Je peux alors combiner les capacités de plusieurs chips mémoire, sans toucher au bus de données. [[File:Répartition des adresses sans entrelacement.png|centre|vignette|upright=1.5|Répartition des adresses avec arrangement vertical.]] Pour sélectionner le chip mémoire adéquat, il faut que chaque chip mémoire dispose d'une entrée ''Chip Select'', qui permet de l'activer ou de le désactiver. L'idée est que selon l'adresse demandée, on active le chip mémoire associé à cette adresse. Les signaux ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur de DRAM, à partir de l'adresse. On dit qu'il y a un '''décodage d'adresse'''. Avec cet arrangement, les bits de poids fort de l'adresse sont utilisées pour sélectionner la banque adéquate, et le reste de l'adresse est envoyé sur le bus d'adresse. Par exemple, avec 4 chips mémoire, les deux bits de poids fort de l'adresse sont utilisés pour sélectionner le chip mémoire adéquat. Les adresses mémoire sont alors découpées comme suit : {|class="wikitable" |+ Adresse mémoire |- ! Adresse de banque !! Adresse dans la banque |- | Quelques bits de poids fort || Reste de l'adresse |} ===L'arrangement horizontal : élargir le bus de données=== L'arrangement horizontal permet lui aussi d'additionner les capacités mémoire de plusieurs chips mémoire. Cependant, il les combine d'une autre manière. Le nombre d'adresses mémoire n'est pas changé en utilisant plusieurs chips, mais le bus de données est élargi. Le mieux pour comprendre l'idée est de partir d'un exemple, et nous allons prendre celui d'une mémoire SDRAM. Les ordinateurs actuels ont un bus de données de 64 bits (on met de côté le cas du double ou triple canal). Cependant, il n'existe pas de chip mémoire avec un bus aussi large. Les puces de SDRAM/DDR ont un bus de 4, 8 ou 16 bits, ce sont les tailles les plus courantes. L'arrangement horizontal résout ce problème en combinant plusieurs chips mémoire de manière à ce que leurs bus de données s'"additionnent", se concatènent. Par exemple, on peut regrouper 8 chips mémoires de 8 bits, obtenir un bus mémoire de 64 bits. Il est aussi possible d'obtenir ces 64 bits avec des puces de 16 chips mémoire de 4 bits, ou 4 chips mémoire de 16 bits. [[File:Arrangement horizontal SDRAM - un Rank.png|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal SDRAM.]] Avec cette organisation, on accède à tous les bancs en parallèle à chaque accès, avec la même adresse. Vu que les chips mémoires contiennent tous une partie de la donnée demandée, ils doivent tous être activés en même temps. Pour cela, l'adresse à lire est envoyée à tous les chips mémoire d'un même ''rank'', idem pour les signaux de commande. Un ensemble de N chips reliés de cette manière forme une '''rangée''' (le terme anglais est ''rank''). [[File:Arrangement horizontal.jpg|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal.]] ===L'arrangement horizontal et vertical combinés=== Nous venons de voir l'arrangement vertical et horizontal, pour ce qui est des barrettes de mémoire. Précisons que ce qui vient d'être dit marche aussi bien pour les barrettes de RAM que pour la mémoire soudée sur la carte mère. Du moment qu'on combine plusieurs chips mémoire ensemble, ces concepts restent valides. Et il en est de même pour la suite, encore que ce soit nettement moins fréquent avec de la mémoire soudée. Il est possible de combiner à la fois l'arrangement vertical et l'arrangement horizontal. Rien de plus simple : il suffit d'utiliser un arrangement vertical entre plusieurs rangées, chacun composée de plusieurs chips mémoire. C'est surtout utilisé sur les barrettes de mémoire SDRAM, qui contiennent 1, 2, 4 ou 8 rangées, rarement plus. Par exemple, une SDRAM peut combiner 16 chips de DRAM de 8 bits chacun, dans deux rangées de 64 bits chacun, chaque rangée regroupant 8 chips. [[File:SDRAM avec 4 ranks.png|centre|vignette|upright=2|SDRAM avec 4 ranks]] Le choix entre la première ou la seconde rangée se fait en configurant les bits ''Chip Select'' de chaque rangée. Il faut noter que les bits de ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur mémoire, et envoyés sur le bus de commande. [[File:Td6bfig3.png|centre|vignette|upright=2|Comparaison entre arrangement horizontal (à gauche) et arrangement vertical (à droite).]] Le contrôleur de DRAM peut adresser un certain nombre de rangées, dispersés sur plusieurs barrettes. La limite maximale dépend du contrôleur de DRAM, elle est souvent proche de 8 ou 16 rangées. Si on combine plusieurs barrettes de mémoire, il est possible de dépasser cette limite. Par exemple, prenez un contrôleur de DRAM supportant maximum 8 rangées. Avec 4 barrettes contenant 4 rangées chacune, la limite est dépassée. : Il faut noter que tout ce qui vient d'être dit vaut aussi pour les mémoires ROM et SRAM. Mais en pratique, les arrangements verticaux et horizontaux sont surtout utilisés sur les mémoires DRAM. Il faut dire que de tels arrangements servent à augmenter la capacité mémoire, ce qui colle plus avec des DRAM que des SRAM ou des ROM. ==Les barrettes de mémoire DRAM== [[File:Ram-module.svg|droite|vignette|upright=0.5|Barrette de mémoire RAM.]] Il est possible de souder plusieurs boitiers de DRAM sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais dans les PC fixes, les puces de DRAM sont regroupées sur des ''barrettes mémoires'''. Les barrettes de mémoire se fixent à la carte mère sur un connecteur standardisé, appelé '''slot mémoire'''. Le dessin ci-contre montre une barrette de mémoire, celui-ci ci-dessous est celui d'un ''slot'' mémoire. [[File:Dual channel slots.jpg|centre|vignette|Slots mémoires.]] Sur le schéma de droite, on remarque facilement les boitiers de DRAM, rectangulaires, de couleur sombre. Chaque barrette combine ces puces de manière à additionner leurs capacités : on peut ainsi créer une mémoire de 8 gibioctets à partir de 8 puces d'un gibioctet, par exemple. Ils sont soudés sur un PCB en plastique vert sur lequel sont gravés des connexions métalliques. Les trucs dorés situés en bas des barrettes de mémoire sont des broches qui connectent la barrette au bus mémoire. Les barrettes des mémoires FPM/EDO/SDRAM/DDR n'ont pas le même nombre de broches, pour des raisons de compatibilité. {|class="wikitable" |- !Type de barrette !Type de mémoire !Nombre de broches |- | rowspan="2" | SIMM | rowspan="2" | FPM/EDO |30 |- |72 |- | rowspan="4" | DIMM |SDRAM |168 |- |DDR |184 |- |DDR2 |214, 240 ou 244, suivant la barrette ou la carte mère. |- |DDR3 |204 ou 240, suivant la barrette ou la carte mère. |} ===Le format des barrettes de mémoire=== Certaines barrettes ont des puces mémoire d'un seul côté alors que d'autres en ont sur les deux faces. Cela permet de distinguer les barrettes SIMM et DIMM. * Les '''barrettes SIMM''' ont des puces sur une seule face de la barrette. Elles étaient utilisées pour les mémoires FPM et EDO-RAM. * Les '''barrettes DIMM''' ont des puces sur les deux côtés. Elles sont utilisées sur les SDRAM et les DDR. {| class="flexible" |+ '''Barrette SIMM''' |- |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7229.jpg|vignette|SIMM recto.]] |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7230.jpg|vignette|SIMM verso.]] |} : Les modules DIMM tendent à avoir plus de rangées que les modules SIMM, mais ce n'est pas systématique. Il est souvent dit que les barrettes DIMM ont deux rangées, contre seulement 1 pour les SIMM, mais les contre-exemples sont nombreux. Les barrettes '''SO-DIMM''', pour ordinateurs portables, sont différentes des barrettes DIMM normales des DDR/SDRAM. La raison est qu'il n'y a pas beaucoup de place à l'intérieur d'un PC portable, ce qui demande de diminuer la taille des barrettes. {| |- |[[File:Desktop DDR Memory Comparison.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC de bureau.]] |[[File:Laptop SODIMM DDR Memory Comparison V2.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC portables.]] |} Les barrettes de Rambus ont parfois été appelées des '''barrettes RB-DIMM''', mais ce sont en réalité des DIMM comme les autres. La différence principale est que la position des broches n'était pas la même que celle des formats DIMM normaux, sans compter que le connecteur Rambus n'était pas compatible avec les connecteurs SDR/DDR normaux. ===Les interconnexions à l'intérieur d'une barrette de mémoire=== Les boîtiers de DRAM noirs sont connectés au bus par le biais de connexions métalliques. Toutes les puces d'une même rangée sont connectées aux bus d'adresse et de commande. Et les chips d'une même rangée reçoivent exactement les mêmes signaux de commande/adresses, ce qui permet d'envoyer la même adresse/commande à toutes les puces en même temps. La manière dont ces puces sont reliées au bus de commande dépend selon la mémoire utilisée. Les DDR1 et 2 utilisent ce qu'on appelle une '''topologie en T''', illustrée ci-dessous. On voit que le bus de commande forme une sorte d'arbre, dont chaque extrémité est connectée à une puce. La topologie en T permet d'égaliser le délai de transmission des commandes à travers le bus : la commande transmise arrive en même temps sur toutes les puces. Mais elle a de nombreux défauts, à savoir : elle fonctionne mal à haute fréquence, elle est difficile à router en raisons des embranchements. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2, nommée topologie en T.]] En comparaison, les DDR3 utilisent une '''topologie ''fly-by''''', où les puces sont connectées en série sur le bus de commande/adresse. La topologie ''fly-by'' n'a pas les problèmes de la topologie en T : elle est simple à router et fonctionne très bien à haute fréquence. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie fly-by.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie ''fly-by'']] ===Les barrettes tamponnées (à registres)=== Certaines barrettes intègrent un registre tampon, qui fait l'interface entre le bus et la barrette de RAM. L'utilité est d'améliorer la transmission du signal sur le bus mémoire. Sans ce registre, les signaux électriques doivent traverser le bus, puis traverser les connexions à l'intérieur de la barrette, jusqu'aux puces de mémoire. Avec un registre tampon, les signaux traversent le bus, sont mémorisés dans le registre et c'est tout. Le registre envoie les commandes/données jusqu'aux puces mémoire, mais le signal a été régénéré par le registre. Le signal transmis est donc de meilleure qualité, ce qui augmente la fiabilité du système mémoire. Le défaut est que la présence de ce registre fait que les barrettes ont un temps de latence est plus important que celui des barrettes normales, du fait de la latence du registre. Les barrettes de ce genre sont appelées des '''barrettes RIMM'''. Il en existe deux types : * Avec les '''barrettes RDIMM''', le registre fait l'interface pour le bus d'adresse et le bus de commande, mais pas pour le bus de données. * Avec les '''barrettes LRDIMM''' (''Load Reduced DIMMs''), le registre fait tampon pour tous les bus, y compris le bus de données. [[File:Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.]] ===Le ''Serial Presence Detect''=== [[File:SPD SDRAM.jpg|vignette|Localisation du SPD sur une barrette de SDRAM.]] Toute barrette de mémoire assez récente contient une petite mémoire ROM qui stocke les différentes informations sur la mémoire : délais mémoire, capacité, marque, etc. Cette mémoire s'appelle le '''''Serial Presence Detect''''', aussi communément appelé le SPD. Ce SPD contient non seulement les timings de la mémoire RAM, mais aussi diverses informations, comme le numéro de série de la barrette, sa marque, et diverses informations. Le SPD est lu au démarrage de l'ordinateur par le BIOS, afin de pourvoir configurer ce qu'il faut. Le contenu de ce fameux SPD est standardisé par un organisme nommé le JEDEC, qui s'est chargé de standardiser le contenu de cette mémoire, ainsi que les fréquences, timings, tensions et autres paramètres des mémoires SDRAM et DDR. Pour les curieux, vous pouvez lire la page wikipédia sur le SPD, qui donne son contenu pour les mémoires SDR et DDR : [https://en.wikipedia.org/wiki/Serial_presence_detect Serial Presence Detect]. ==Les mémoires asynchrones à RAS/CAS : FPM et EDO-RAM== Avant l'invention des mémoires SDRAM et DDR, il exista un grand nombre de mémoires différentes, les plus connues étant les mémoires fast page mode et EDO-RAM. Ces mémoires n'étaient pas synchronisées par un signal d'horloge, c'était des '''mémoires asynchrones'''. Quand ces mémoires ont été créées, cela ne posait aucun problème : les accès mémoire étaient très rapides et le processeur était certain que la mémoire aurait déjà fini sa lecture ou écriture au cycle suivant. Les mémoires asynchrones les plus connues étaient les '''mémoires FPM''' et '''mémoires EDO'''. Pour ce qui est de leur interface, il faut signaler qu'elles n'ont pas d'entrée ''Chip Select'' ou d'entrée ''Output Enable''. Les signaux RAS et CAS remplacent en quelque sorte ces deux signaux. Le bit RAS fait office de ''Chip Select'', le bit CAS fait office d'''Output Enable''. ===Les mémoires FPM=== Les '''mémoires FPM (''Fast Page Mode'')''' possédaient une petite amélioration, qui rendait l'adressage plus simple. Avec elles, il n'y a pas besoin de préciser deux fois la ligne si celle-ci ne changeait pas lors de deux accès consécutifs : on pouvait garder la ligne sélectionnée durant plusieurs accès. Par contre, il faut quand même préciser les adresses de colonnes à chaque changement d'adresse. Il existe une petite différence entre les mémoire ''Page Mode'' et les mémoires ''Fast-Page Mode'' proprement dit. Sur les premières, le signal CAS est censé passer à 0 avant qu'on fournisse l'adresse de colonne. Avec les ''Fast-Page Mode'', l'adresse de colonne pouvait être fournie avant que l'on configure le signal CAS. Cela faisait gagner un petit peu de temps, en réduisant quelque peu le temps d'accès total. [[File:Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.png|centre|vignette|upright=2|Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.]] Avec les '''mémoires en mode quartet''', il est possible de lire quatre octets consécutifs sans avoir à préciser la ligne ou la colonne à chaque accès. On envoie l'adresse de ligne et l'adresse de colonne pour le premier accès, mais les accès suivants sont fait automatiquement. La seule contrainte est que l'on doit générer un front descendant sur le signal CAS pour passer à l'adresse suivante. Vous aurez noté la ressemblance avec le mode rafale vu il y a quelques chapitres, mais il y a une différence notable : le mode rafale vrai n'aurait pas besoin qu'on précise quand passer à l'adresse suivante avec le signal CAS. [[File:Mode quartet.png|centre|vignette|upright=3|Mode quartet.]] Les '''mémoires FPM à colonne statique''' se passent même du signal CAS. Le changement de l'adresse de colonne est détecté automatiquement par la mémoire et suffit pour passer à la colonne suivante. Dans ces conditions, un délai supplémentaire a fait son apparition : le temps minimum entre deux sélections de deux colonnes différentes, appelé tCAS-to-CAS. [[File:Accès en colonne statique.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Accès en colonne statique.]] ===Les mémoires EDO-RAM=== L''''EDO-RAM''' a été inventée quelques années après la mémoire FPM. Elle a été déclinée en deux versions : la EDO simple, et la EDO en rafale. L'EDO simple ajoutait une entrée ''Ouput Enable'' à une mémoire FPM. Pour rappel, l'entrée ''Ouput Enable'' permet de connecter/déconnecter la DRAM du bus de données. S'il est mis à 0, les lectures et écritures sont empêchées. Pour ajouter cette entrée, il a fallu rajouter un registre sur la sortie de donnée, celle qui sert pour les lectures. Et l'ajout de ce registre a introduit une capacité dite de ''pipelining'', sur le même modèle que pour les mémoires SRAM synchrones. La donnée pouvait être maintenue sur le bus de données durant un certain temps, même après la remontée du signal CAS. Le registre de sortie maintenait la donnée lu tant que le signal RAS restait à 0, et tant qu'un nouveau signal CAS n'a pas été envoyé. Faire remonter le signal CAS à 1 n'invalidait pas la donnée en sortie. La conséquence est qu'on pouvait démarrer une nouvelle lecture alors que la donnée de l'accès précédent était encore présent sur le bus de données. Le pipeline obtenu avait deux étages : un où on présentait l'adresse et sélectionnait la colonne, un autre où la donnée était lue depuis le registre de sortie. Les mémoires EDO étaient donc plus rapides. [[File:EDO RAM.png|centre|vignette|upright=3|EDO RAM]] Cependant, cela marchait surtout pour les lectures, pas pour les écritures. Une écriture ne démarre que quand la lecture ou écriture précédente est totalement terminée. De même, on ne peut pas démarrer un nouvel accès mémoire tant qu'une écriture est en cours. ===Les mémoires EDO-RAM avec mode rafale=== Les '''EDO en rafale''' effectuent les accès à 4 octets consécutifs automatiquement : il suffit d'adresser le premier octet à lire. Les 4 octets étaient envoyés sur le bus les uns après les autres, au rythme d'un par cycle d’horloge : ce genre d'accès mémoire s'appelle un accès en rafale. [[File:Accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Accès en rafale sur une DRAM EDO.]] Implémenter cette technique nécessite d'ajouter un compteur, capable de faire passer d'une colonne à une autre quand on lui demande, et quelques circuits annexes pour commander le tout. [[File:Modifications du contrôleur mémoire liées aux accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Modifications du contrôleur de DRAM liées aux accès en rafale.]] ===Le rafraichissement mémoire=== Les mémoires FPM et EDO doivent être rafraichies régulièrement. Au début, le rafraichissement se faisait ligne par ligne. Le rafraichissement avait lieu quand le RAS passait à l'état haut, alors que le CAS restait à l'état bas. Le processeur, ou le contrôleur mémoire, sélectionnait la ligne à rafraichir en fournissant son adresse mémoire. D'où le nom de '''rafraichissement par adresse''' qui est donné à cette méthode de commande du rafraichissement mémoire. Divers processeurs implémentaient de quoi faciliter le rafraichissement par adresse. Par exemple, le Zilog Z80 contenait un compteur de ligne, un registre qui contenait le numéro de la prochaine ligne à rafraichir. Il était incrémenté à chaque rafraichissement mémoire, automatiquement, par le processeur lui-même. Un ''timer'' interne permettait de savoir quand rafraichir la mémoire : quand ce ''timer'' atteignait 0, une commande de rafraichissement était envoyée à la mémoire, et le ''timer'' était ''reset''. [[File:Rafraichissement mémoire manuel.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire manuel.]] Par la suite, certaines mémoires ont implémenté un compteur interne d'adresse, pour déterminer la prochaine adresse à rafraichir sans la préciser sur le bus d'adresse. Le déclenchement du rafraichissement se faisait toujours par une commande externe, provenant du contrôleur de DRAM ou du processeur. Cette commande faisait passer le CAS à 0 avant le RAS. Cette méthode de rafraichissement se nomme '''rafraichissement interne'''. [[File:Rafraichissement sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement sur CAS précoce.]] On peut noter qu'il est possible de déclencher plusieurs rafraichissements à la suite en laissant le signal CAS dans le même état. Ce genre de choses pouvait avoir lieu après une lecture : on pouvait profiter du fait que le CAS soit mis à zéro par la lecture ou l'écriture pour ensuite effectuer des rafraichissements en touchant au signal RAS. Dans cette situation, la donnée lue était maintenue sur la sortie durant les différents rafraichissements. [[File:Rafraichissements multiples sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissements multiples sur CAS précoce.]] ==Les mémoires SDRAM== Dans les années 90, les mémoires asynchrones ont laissé la place aux '''mémoires SDRAM''', qui sont synchronisées avec le bus par une horloge. L'utilisation d'une horloge a comme avantage des temps d'accès fixes : le processeur sait qu'un accès mémoire prendra un nombre déterminé de cycles d'horloge. Avec les mémoires asynchrones, le processeur ne pouvait pas prévoir quand la donnée serait disponible et ne faisait rien tant que la mémoire n'avait pas répondu : il exécutait ce qu'on appelle des ''wait states'' en attendant que la mémoire ait fini. Les mémoires SDRAM sont standardisées par un organisme international, le JEDEC. Le standard SDRAM impose des spécifications électriques bien précise pour les barrettes de mémoire et le bus mémoire, décrit le protocole utilisé pour communiquer avec les barrettes de mémoire, et bien d'autres choses encore. Les SDRAM ont été déclinées en versions de performances différentes, décrites dans le tableau ci-dessous : {| class="wikitable" ! Nom standard ! Fréquence ! Bande passante |- | PC66 | 66 mhz | 528 Mio/s |- | PC66 | 100 mhz | 800 Mio/s |- | PC66 | 133 mhz | 1064 Mio/s |- | PC66 | 150 mhz | 1200 Mio/s |} ===Les banques internes aux chips mémoires SDRAM=== L'intérieur d'une mémoire SDRAM contient plusieurs '''banques''', aussi appelées des banc mémoire. Concrètement, une banque est... une mémoire. Ou plutôt, une sorte de mini-mémoire miniature. Chaque banque a son propre tampon de ligne, ses propres multiplexeurs de colonne et ses propres décodeurs. C'est comme si une SDRAM regroupait plusieurs mémoires séparées dans un même circuit intégré. [[File:Arrangement vertical.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Mémoire multi-banques.]] Un point important est que chaque banque a son propre tampon de ligne. Il est donc possible d'ouvrir plusieurs lignes en même temps, chacune dans une banque différente. Par exemple, on peut ouvrir une ligne dans la banque numéro 1, et une autre ligne dans la banque numéro 2. Et c'est une source d'optimisations très intéressantes. La première optimisation est liée au rafraichissement mémoire. Au lieu de rafraichir chaque adresse une par une, il est possible de rafraichir des banques indépendantes en même temps, ce qui divise le temps de rafraichissement par le nombre de banques. C'est ce que je sous-entendais plus haut quand je disais que le temps de rafraichissement n'est pas égal au temps de balayage sur les SDRAM, alors que c'est le cas sur les DRAM FPM et EDO. De plus, et sans rentrer dans les détails, cela permet de faire plusieurs accès mémoire en même temps, dans des banques différentes. La possibilité est limitée, mais elle existe et elle améliore grandement la performance de la SDRAM. Mais nous en reparlerons dans un chapitre ultérieur, car cette histoire d'accès simultanés a plus sa place dans le chapitre sur le parallélisme mémoire. Pour le moment, nous ne pouvons pas expliquer pourquoi ni comment un processeur pourrait émettre plusieurs accès mémoire simultanés. Un processeur est censé travailler une instruction à la fois, à ce stade du cours, il ne peut pas en faire plusieurs en même temps. Mais nous allons cependant mentionner un cas où cette possibilité est intéressante : une mémoire SDRAM partagée entre un processeur et une carte graphique. Les deux accèdent à des données séparées, qui sont dans des banques différentes. On suppose que la carte graphique accède plus fréquemment à la mémoire que le processeur. Le contrôleur mémoire reçoit les accès mémoire du CPU et du GPU et il tente d'intercaler des accès CPU entre deux accès de la carte graphique. Vu qu'ils tombent dans des banques différentes, un accès CPU et un accès carte graphique peuvent se faire presque en même temps. La seule contrainte est que si on lance plusieurs accès mémoire simultanés, ceux-ci ne peuvent pas utiliser le bus de données en même temps. {|class="wikitable" |+ Pipelining basique sur les SDRAM |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 |- ! Banque Numéro 1 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 2 | || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || |- ! Banque Numéro 3 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 4 | || || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || |} ===Le mode rafale des SDRAM=== Un point important est que les SDRAM reprennent les optimisations des mémoires FPM et EDO. Elles utilisent aussi un tampon de ligne, avec la possibilité de lire plusieurs colonnes à la suite sans avoir à préciser l'adresse de ligne à chaque fois. Mais surtout, elles gèrent nativement le mode rafale. les paramètres qui ont trait au mode rafale sont configurables. Il est possible de configurer la SDRAM pour activer les accès sans rafale, ou les désactiver. Il y a aussi la possibilité de configurer le nombre d'octets consécutifs à lire ou écrire en mode rafale. On peut ainsi accéder à 1, 2, 4, ou 8 octets en une seule fois, alors que les EDO ne permettaient que des accès à 4 octets consécutifs. Enfin, on peut décider s'il faut faire un accès en mode linéaire ou entrelacé. La configuration de la SDRAM est mémorisée dans un registre de 10 bits, le '''registre de mode'''. Il faisait 10 bits sur les mémoires SDRAM, mais a été étendu à 13 bits sur la DDR2. Voici les 10 bits originels de ce registre : {|class="wikitable" |+ Signification des bits du registre de mode des SDRAM |- ! Bit n°9 | Type d'accès : en rafale ou normal |- ! Bit n°8 et 7 | Doivent valoir 00, sont réservés pour une utilisation ultérieur dans de futurs standards. |- ! Bit n°6, 5, et 4 | Latence CAS (voir plus bas) |- ! Bit n°3 | Type de rafale : linéaire ou entrelacée |- ! Bit n°2, 3, et 0 | Longueur de la rafale : indique le nombre d'octets à lire/écrire lors d'une rafale. |} ===L'interface d'une mémoire SDRAM=== Le bus de commandes d'une SDRAM contient au moins 18 fils, dont celui pour le signal d'horloge. L'interface d'une SDRAM contient tous les bits présents sur une mémoire DRAM classique : une entrée RAS, une entrée CAS, une entrée R/W, et un bus d'adresse. A cela, il faut cependant ajouter une entrée ''Chip Select'' (CS), qui permet d'activer/désactiver la mémoire SDRAM. Je rappelle que le bit CS a été introduit sur les mémoires SDRAM, il n'était pas présent sur les mémoires FPM/EDO. Deux autres bits de commande sont vraiment spécifiques des mémoires SDRAM. Il s'agit des bits CKE et DQM. Le '''bit CKE''' est l'abréviation de ''Clock Enable'', qui qui trahit sa fonction. Lorsque ce signal est à 0, le chip de SDRAM voit son signal d'horloge gelè. S'il est à 0, le contrôleur de DRAM peut envoyer ce qu'il veut sur le bus de commande ou d'adresse, la SDRAM ne réagira pas du tout, il ne se passera rien. Le '''bit DQM''' est une sorte de bit ''Output Enable'', avec une nuance importante. Le terme DQM est l'abréviation de ''Data Mask'', ce qui trahit encore une fois sa fonction. Il y a un bit DQM pour chaque octet du bus de données. Une SDRAM ayant un bus de 64 bits, cela fait 8 bits DQM par mémoire SDRAM. Lorsque le bit DQM est à 1, l'octet en question n'est simplement pas lu ou écrit, le bus de donnée est déconnecté pour cet octet. Le bus d'adresse est particulier, car il tient compte de la présence de ''banques mémoires''. Le bus d'adresse est découpé en deux portions : une portion pour sélectionner la banque, une autre pour sélectionner l'adresse à l'intérieur d'une banque. L'interface de la SDRAM fait ainsi la différence entre une '''adresse de banque''' et une '''adresse intra-banque'''. L'adresse de banque est codée sur quelques bits, généralement deux ou trois suivant la SDRAM. Le reste de l'adresse est codé sur 11 bits sur les SDRAM, mais cela a augmenté avec les DDR 1, 2, 3, 4, 5. Le bus de données d'une SDRAM fait 4, 8, ou 16 bits. Je précise bien qu'il s'agit là des puces de SDRAM, les barrettes de SDRAM combinent plusieurs puces SDRAM avec un arrangement horizontal, qui peut combiner plusieurs puces de 8 bits pour alimenter un bus de données de 64 bits. La taille des puces utilisées souvent indiquée sur la barrette de RAM, avec une mention x4, x8 ou x16. Les puces de SDRAM les plus courantes ont une interface de 8 bits pour les données. Les SDRAM de 4 bits sont surtout utilisées pour les serveurs, c'est lié au support de l'ECC. les puces x16 sont moins utilisées car elles ont généralement moins de banques que les autres. ===Les commandes SDRAM=== Le bus de commande permet d'envoyer des commandes à la mémoire, chaque commande étant précisée par une combinaison précise des bits CS, RAS, CAS, R/W, et autres. Les commandes en question sont des demandes de lecture, d'écriture, de préchargement et autres. Elles sont codées par une valeur bien précise qui est envoyée sur les 18 fils du bus de commande. Ces commandes sont nommées READ, READA, WRITE, WRITEA, PRECHARGE, ACT, ... Les plus importantes sont les commandes PRECHARGE, ACT et READ/WRITE. La commande ACT sélectionne une ligne : elle met le bit RAS à zéro et présente une adresse de ligne. Les commandes READ et WRITE sélectionnent une colonne, et déclenchent respectivement une lecture ou une écriture. Elles précisent une adresse de colonne, mettent le bit CAS à 0 et le bit RAS à 1, et précise la valeur du bit R/W. Les commandes READ et WRITE ne peuvent se faire qu'une fois que la banque a été activée par une commande ACT. Il est possible d'envoyer plusieurs commandes READ ou WRITE successives à des colonnes différentes, ce qui permet d'implémenter les optimisations des mémoires FPM. La commande PRECHARGE ferme la ligne courante et prépare l'ouverture de la suivante. Elle précharge les lignes de bit de la RAM, d'où son nom. Il est nécessaire d'en envoyer une avant d'envoyer une commande ACT. Notons que la commande PRECHARGE agit sur une banque, dont l'adresse est indiquée dans la commande PRECHARGE. Il existe une commande PRECHARGE ALL, qui agit sur toutes les banques de la SDRAM à la fois. Elle est souvent utilisée de concert avec la commande de rafraichissement, car le rafraichissement mémoire rafraichit une ligne dans toutes les banques à la fois. Il faut donc fermer toutes les lignes ouvertes, dans chaque banque, ce que fait la commande PRECHARGE ALL. Les commandes READA et WRITEA fusionnent une commande READ/WRITE avec une commande PRECHARGE. Elles permettent d'éviter d'avoir à envoyer une commande PRECHARGE pour fermer la ligne courante. Au lieu d'envoyer une commande READ ou WRITE, puis une commande PRECHARGE pour fermer la ligne, on envoie une seule commande READA/WRITEA. Il s'agit d'une petite optimisation, qui permet de réduire le nombre de commandes envoyées sur le bus. Les commandes sont encodées comme indiquées dans ce tableau. Une commande est tout simplement encodée en précisant une adresse si nécessaire, et une combinaison des bits CS, RAS, CAS et R/W. La seule subtilité est que le bit numéro 10 du bus d'adresse sert à commander les opérations de PRECHARGE, y compris celles implicites dans les opérations READA et WRITEA. {| class="wikitable" style="text-align:center" ! Bit CS || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (2 bits) || Bit du bus d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Stoppe un accès en rafale (en cours). |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lit une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lit une donnée depuis la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrit une donnée dans la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrit une donnée dans la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 1 || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne dans toutes les banques. |- | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || 0 || 0 || 0 || 00 || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} Les commandes ACT se font à partir de l'état de repos, l'état où toutes les banques sont préchargées. Par contre, les commandes MODE REGISTER SET et AUTO REFRESH ne peuvent se faire que si toutes les banques sont désactivées. Le fonctionnement simplifié d'une SDRAM peut se résumer dans ce diagramme : [[File:Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.jpg|centre|vignette|upright=2|Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.]] ===Les délais mémoires=== Les mémoires SDRAM n'étant pas infiniment rapides, il y a toujours un certain délais à respecter entre deux commandes. Par exemple, quand on envoie une commande ACT pour activer une ligne, on ne peut pas envoyer une commande READ/WRITE au cycle suivant. La plupart des SDRAM ne sont pas assez rapides pour ça. Il faut respecter un délai de quelques cycles, qui dépend de la mémoire. Et il n'y a pas que ce délai entre une commande ACT et la commande suivante. Une SDRAM doit gérer d'autres temps d'attente, appelés des '''délais mémoires''', ou encore des ''timings'' mémoire. Les délais mémoire le plus importants sont résumés ci-dessous : {|class="wikitable" |- !Timing!!Description |- | colspan="2" | |- ! colspan="2" | Délais primaires |- ||tRP|| Temps entre une commande PRECHARGE et une commande ACT |- ||tRCD|| Temps entre une commande ACT et une commande READ/WRITE. |- ||tCL|| Temps entre une commande READ et l'envoi de la donnée lue sur le bus de données. |- ||tDQSS|| Temps entre une commande WRITE et l'écriture de la donnée. |- ||tCAS-to-CAS|| Temps minimum entre deux commandes READ. |- ! colspan="2" | Délais secondaires |- ||tWTR|| Temps entre une lecture et une écriture consécutives. |- ||tRAS || Temps entre une commande ACT et une commande PRECHARGE. |} Les délais/timings mémoire ne sont pas les mêmes suivant la barrette de mémoire que vous achetez. Certaines mémoires sont ainsi conçues pour avoir des timings assez bas et sont donc plus rapides, et surtout : beaucoup plus chères que les autres. Le gain en performances dépend beaucoup du processeur utilisé et est assez minime comparé au prix de ces barrettes. Les délais mémoires d'une barrette sont mémorisés dans le ''Serial Presence Detect'' de la barrette et sont lus par le BIOS au démarrage de l'ordinateur, et sont ensuite utilisés pour configurer le contrôleur de DRAM. Il y a cependant quelques régularités qui reviennent souvent, d'une SDRAM à l'autre. La plus importante est que les délais ne sont pas les mêmes quand on alterne des lectures et écritures. Les délais les plus courts sont observés quand on a des lectures successives, ou des écritures successives. Par contre, les délais s'allongent quand on doit passer d'une lecture à une écriture ou inversement. Les SDRAM préférent qu'on regroupe les lectures avec d'autres lectures, les écritures avec d'autres écritures. ===Les commandes anticipées=== Les SDRAM sont parfois capables de démarrer une commande avant que la précédente soit terminée. Concrètement, pendant que la commande précédente envoie sa dernière donnée sur le bus de données, on peut envoyer la commande suivante avec quelques cycles d'avance. L'exemple ci-dessous devrait être assez clair : on envoie une seconde commande au neuvième cycle, alors qu'une rafale est en cours. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Bus de commande/adresse | || bgcolor="#A0FFFF" | ACT || || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Bus de données | || || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Il s'agit d'une forme très limitée de pipeline, tellement limitée qu'on peut légitimement douter que c'est un vrai pipeline. Dans ce qui suit, j'ai décidé d'appeler cette possibilité sous le terme de '''commandes SDRAM anticipées'''. La possibilité est très limitée, car il faut tenir compte des délais mémoire. Elle améliore un peu les performances dans certaines circonstances où la RAM doit traiter plusieurs accès mémoire consécutifs, très rapprochés. L'exemple typique est celui du transfert d'un bloc de données entre mémoire cache et mémoire RAM, qui dépasse la taille d'une rafale. Le cache envoie alors plusieurs accès mémoire d'un seul coup au contrôleur mémoire. Mais d'autres exemples sont possibles, on ne peut juste pas les expliquer à ce stade du cours. Les commandes SDRAM anticipées sont possibles car les SDRAM sont formées en entourant une RAM asynchrone de registres, exactement comme les SRAM synchrones. Il est possible d'écrire dans les registres de données/commandes, pendant qu'un autre accès mémoire accède au cœur asynchrone. Les délais mémoire sont conçus pour éviter qu'une commande accède au cœur asynchrone en même temps que la suivante ou la précédente, idem pour l'usage des registres. C'est pour cela que les délais mémoire sont assez différents entre écritures et lectures, d'ailleurs. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Enregistrement de la commande dans le registre d'adresse/commande | bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Accès au cœur asynchrone | || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || |- ! Lecture/écriture du registre de données | || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Les DDR2 et 3 vont encore plus loin avec l'optimisation des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur mémoire peut envoyer une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings''. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur mémoire peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur mémoire. ==Les mémoires DDR== Les mémoires SDRAM récentes sont des mémoires de type ''dual data rate'', ce qui fait qu'elles portent le nom de mémoires DDR. Pour rappel, les mémoires ''dual data rate'' ont un plan mémoire deux fois plus large que le bus mémoire, avec un bus mémoire allant à une fréquence double. Par double, on veut dire que les transferts sur le bus mémoire ont lieu sur les fronts montants et descendants de l'horloge. Il y a donc deux transferts de données sur le bus pour chaque cycle d'horloge, ce qui permet de doubler le débit sans toucher à la fréquence du plan mémoire lui-même. Les mémoires DDR sont standardisées par un organisme international, le JEDEC, et ont été déclinées en plusieurs générations : DDR1, DDR2, DDR3, et DDR4. La différence entre ces modèles sont très nombreuses, mais les plus évidentes sont la fréquence de la mémoire et du bus mémoire. D'autres différences mineures existent entre les SDRAM et les mémoires DDR. Par exemple, la tension d'alimentation des mémoires DDR est plus faible que pour les SDRAM. ET elle a diminué dans le temps, d'une génération de DDR à l'autre. Avec les mémoires DDR2,la tension d'alimentation est passée de 2,5/2,6 Volts à 1,8 Volts. Avec les mémoires DDR3, la tension d'alimentation est notamment passée à 1,5 Volts. ===Les performances des mémoires DDR=== Les mémoires SDRAM ont évolué dans le temps, mais leur temps d'accès/fréquence n'a pas beaucoup changé. Il valait environ 10 nanosecondes pour les SDRAM, approximativement 5 ns pour la DDR-400, il a peu évolué pendant la génération DDR et DDR3, avant d'augmenter pendant les générations DDR4 et de stagner à nouveau pour la génération DDR5. L'usage du DDR, puis du QDR, visait à augmenter les performances malgré la stagnation des temps d'accès. En conséquence, la fréquence du bus a augmenté plus vite que celle des puces mémoire pour compenser. {|class="wikitable" |- ! Année ! Type de mémoire ! Fréquence de la mémoire (haut de gamme) ! Fréquence du bus ! Coefficient multiplicateur entre les deux fréquences |- | 1998 | DDR 1 | 100 - 200 MHz | 200 - 400 MHz | 2 |- | 2003 | DDR 2 | 100 - 266 MHz | 400 - 1066 MHz | 4 |- | 2007 | DDR 3 | 100 - 266 MHz | 800 - 2133 MHz | 8 |- | 2014 | DDR 4 | 200 - 400 MHz | 1600 - 3200 MHz | 8 |- | 2020 | DDR 5 | 200 - 450 MHz | 3200 - 7200 MHz | 8 à 16 |} Une conséquence est que la latence CAS, exprimée en nombre de cycles, a augmenté avec le temps. Si vous comparez des mémoires DDR2 avec une DDR4, par exemple, vous allez voir que la latence CAS est plus élevée pour la DDR4. Mais c'est parce que la latence est exprimée en nombre de cycles d'horloge, et que la fréquence a augmentée. En comparant les temps d'accès exprimés en secondes, on voit une amélioration. ===Les commandes des mémoires DDR=== Les commandes des mémoires DDR sont globalement les mêmes que celles des mémoires SDRAM, vues plus haut. Les modifications entre SDRAM, DDR1, DDR2, DDR3, DDR4, et DDR5 sont assez mineures. Les seules différences sont l'addition de bits pour la transmission des adresses, des bits en plus pour la sélection des banques, etc. En clair, une simple augmentation quantitative. Le registre de mode a été un peu modifié. Il est passé de 10 bits pour les SDRAM et DDR1, à 13 bits sur la DDR 2 et les suivantes. Les DDR ont aussi ajouté le support de plusieurs registres de mode, qui sont sélectionnés en réutilisant l'adresse de banque. Dans une commande LOAD MODE REGISTER, l'adresse de banque indique quel registre de mode il faut altérer. Avant la DDR4, les modifications des commandes sont mineures. La DDR2 supprime la commande ''Burst Terminate'', la DDR3 et la DDR4 utilisent le bit A12 pour préciser s'il faut faire une rafale complète, ou une rafale de moitié moins de données. Une optimisation des DDR2 et 3 est celle des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur de DRAM peut envoyer une commande ACT et une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings'' nécessaires entre les deux. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur de DRAM peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur de DRAM. Mais avec la DDR4, les choses changent, notamment au niveau de la commande ACT. Avec l'augmentation de la capacité des barrettes mémoires, la taille des adresses est devenue trop importante. Pour éviter de rajouter des bits d'adresses, les concepteurs du standard DDR4 ont décidé de ruser. Lors d'une commande ACT, les bits RAS, CAS et WE sont utilisés comme bits d'adresse, alors qu'ils ont leur signification normale pour les autres commandes. Pour éviter toute confusion, un nouveau bit ACT est ajouté pour indiquer la présence d'une commande ACT : il est à 1 pour une commande ACT, 0 pour les autres commandes. {| class="wikitable" style="text-align:center" |+ Commandes d'une mémoire DDR4, seule la commande colorée change par rapport aux SDRAM ! Bit CS || style="background: #CCFFCC" | Bit ACT || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (4 bits) || Bit du bas d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Arrêt d'un accès en rafale en cours. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- style="background: #CCFFCC" | 0 || style="background: #CCFFCC" | 1 || colspan="3" | Adresse de la ligne (bits de poids forts) || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne (bits de poids faible) || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne' dans toutes les banques. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 0 || Numéro de registre de mode || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} ===Les SDRAM basse consommation : les LPDDR=== Il existe des variantes de mémoire DDR qui sont optimisées pour consommer le moins d'énergie possible. Elles s'appelle les '''mémoires LP-DDR''', abréviation de ''Low Power DDR''. Elles sont utilisées dans les ordinateurs portables, les smartphones et autres équipements de ce type, pour lesquels l'autonomie de la batterie est très importante. Une différence importante est qu'elles ont une tension d'alimentation très réduite comparé à une SDRAM/DDR de même génération. Réduire la tension d’alimentation réduit drastiquement la consommation d'énergie. De plus, elles disposent de modes de mise en veille optimisés, ainsi que de commandes de rafraichissement optimisées. Elles ne se présentent pas souvent sous la forme de barrettes de RAM, comme les DDR normales. A la place, elles sont soudées sur la carte mère, dans le cas le plus fréquent. Les barrettes de LPDDR sont très rares. Le fait de souder les puces sur la carte mère a de nombreux avantages : ça prend moins de place, consomme moins, permet de garder des performances optimales, etc. Un autre détail, lié au précédent, est qu'elles utilisent souvent des bus plus petits. Là où les barrettes de SDRAM/DDR usuelles ont un bus de 64 bits, les LPDDR peuvent utiliser des bus de 16 ou 32 bits. A partir de la LPDDR 2, les registres de mode ont été élargit, afin de mémoriser des informations de configuration. Les nouveaux registres de mode ont pour but de remplacer le ''Serial Presence Detect'', afin de faire quelques économies sur la carte mère. Les LPDDR sont nommées comme les DDR, avec des LPDDR 1, 2, 3, etc. La LPDDR 1 est une DDR 1 ayant subit des modifications assez mineures. La tension d'alimentation passe de 2,5 V à seulement 1,8 V, des modes de rafraichissement ont été ajouté, de même qu'un mode de mise en veille profonde. Par contre, les LPDDR 2/3/4/5 se démarquent fortement des DDR 2/3/4/5 équivalentes. Par exemple, la LPDDR 2 ne correspond pas du tout à de la DDR2 modifiée. Elles se différencient des DDR normales sur de nombreux points, afin de consommer le moins possible. Notamment, les commandes DDR sont modifiées, au point qu'une LPDDR et une DDR sont incompatibles entre elles. Un point important est que les commandes sont envoyées en deux fois. Sur les LPDDR 2, 3 et 5, l'envoi se fait en un seul cycle d'horloge : la première moitié lors d'un front montant de l'horloge, l'autre moitié lors du front descendant. Les LPDDR 1 et 4 envoient les commandes en deux cycles d'horloge. Une conséquence est que le bus de commande est quasiment divisé par deux comparé à une SDRAM/DDR équivalente. Il est de 10 bits sur les LPDDR 1, 2 et 3 ; de 6 bits sur les LPDDR4, de 7 bits sur les LPDDR 5, et de 4 bits sur les LPDDR6. Les commandes varient d'une LPDDR à l'autre, mais restent similaires aux commandes DDR/SDR classiques, si ce n'est que quelques bits d'adresse sont retirés. Par exemple, sur les LPDDR 2, le bit de poids faible de l'adresse CA0 n'est pas transmis, ce qui fait que les lectures/écritures se font toujours à des adresses paires. Les LPDDR 4 et 5 ont introduits de nombreux changements : le bus de données passe d'un bus unique de 32 bits à deux bus de 16 bits, le bus de commande passe de 10 à 6 bits, et les commandes passent à des commandes SDR en remplacement des commandes DDR1. ==Les VRAM des cartes vidéo== Les cartes graphiques ont des besoins légèrement différents des DRAM des processeurs, ce qui fait qu'il existe des mémoires DRAM qui leur sont dédiées. Elles sont appelés des '''''Graphics RAM''''' (GRAM). La plupart incorporent des fonctionnalités utiles uniquement pour les mémoires vidéos, comme des fonctionnalités de masquage (appliquer un masque aux données lue ou à écrire), ou le remplissage d'un bloc de mémoire avec une donnée unique. Les anciennes cartes graphiques et les anciennes consoles utilisaient de la DRAM normale, faute de mieux. La première GRAM utilisée était la NEC μPD481850, qui a été utilisée sur la console de jeu PlayStation, à partir de son modèle SCPH-5000. D'autres modèles de GRAM ont rapidement suivi. Les anciennes consoles de jeu, mais aussi des cartes graphiquesn utilisaient des GRAM spécifiques. ===Les mémoires vidéo double port=== Sur les premières consoles de jeu et les premières cartes graphiques, le ''framebuffer'' était mémorisé dans une mémoire vidéo spécialisée appelée une '''mémoire vidéo double port'''. Le premier port était connecté au processeur ou à la carte graphique, alors que le second port était connecté à un écran CRT. Aussi, nous appellerons ces deux port le ''port CPU/GPU'' et l'autre sera appelé le ''port CRT''. Le premier port était utilisé pour enregistrer l'image à calculer et faire les calculs, alors que le second port était utilisé pour envoyer à l'écran l'image à afficher. Le port CPU/GPU est tout ce qu'il y a de plus normal : on peut lire ou écrire des données, en précisant l'adresse mémoire de la donnée, rien de compliqué. Le port CRT est assez original : il permet d'envoyer un paquet de données bit par bit. De telles mémoires étaient des mémoires à tampon de ligne, dont le support de mémorisation était organisé en ligne et colonnes. Une ligne à l'intérieur de la mémoire correspond à une ligne de pixel à l'écran, ce qui se marie bien avec le fait que les anciens écrans CRT affichaient les images ligne par ligne. L'envoi d'une ligne à l'écran se fait bit par bit, sur un câble assez simple comme un câble VGA ou autre. Le second port permettait de faire cela automatiquement, en permettant de lire une ligne bit par bit, les bits étant envoyés l'un après l'autre automatiquement. Pour cela, les mémoires vidéo double port incorporaient un tampon de ligne spécialisé pour le port lié à l'écran. Ce tampon de ligne n'était autre qu'un registre à décalage, contrairement au tampon de ligne normal. Lors de l'accès au second port, la carte graphique fournissait un numéro de ligne et la ligne était chargée dans le tampon de ligne associé à l'écran. La carte graphique envoyait un signal d'horloge de même fréquence que l'écran, qui commandait le tampon de ligne à décalage : un bit sortait à chaque cycle d'écran et les bits étaient envoyé dans le bon ordre. ===Les mémoires SGRAM et GDDR=== De nos jours, les cartes graphiques n'utilisent plus de mémoires double port, mais des mémoires simple port. Les mémoires graphiques actuelles sont des SDRAM modifiées pour fonctionner en tant que ''Graphic RAM''. Les plus connues sont les '''mémoires GDDR''', pour ''graphics double data rate'', utilisées presque exclusivement sur les cartes graphiques. Il en existe plusieurs types pendant que j'écris ce tutoriel : GDDR, GDDR2, GDDR3, GDDR4, et GDDR5. Mais attention, il y a des différences avec les DDR normales. Par exemple, les GDDR ont une fréquence plus élevée que les DDR normales, avec des temps d'accès plus élevés (sauf pour le tCAS). De plus, elles sont capables de laisser ouvertes deux lignes en même temps. Par contre, ce sont des mémoires simple port. ==Les mémoires SLDRAM, RDRAM et associées== Les mémoires précédentes sont généralement associées à des bus larges. Les mémoires SDRAM et DDR modernes ont des bus de données de 64 bits de large, avec des d'adresse et de commande de largeur similaire. Le nombre de fils du bus mémoire dépasse facilement la centaine de fils, avec autant de broches sur les barrettes de mémoire. Largeur de ces bus pose de problèmes problèmes électriques, dont la résolution n'est pas triviale. En conséquence, la fréquence du bus mémoire est généralement moins performantes comparé à ce qu'on aurait avec un bus moins large. Mais d'autres mémoires DRAM ont exploré une solution alternative : avoir un bus peu large mais de haute fréquence, sur lequel on envoie les commandes/données en plusieurs fois. Elles sont regroupées sous le nom de '''DRAM à commutation par paquets'''. Elles utilisent des bus spéciaux, où les commandes/adresses/données sont transmises par paquets, par trames, en plusieurs fois. En théorie, ce qu'on a dit sur le codage des trames dans le chapitre sur le bus devrait s'appliquer à de telles mémoires. En pratique, les protocoles de transmission sur le bus mémoire sont simplifiés, pour gérer le fonctionnement à haute fréquence. Le processeur envoie des paquets de commandes, les mémoires répondent avec des paquets de données ou des accusés de réception. Les mémoires à commutation par paquets sont peu nombreuses. Les plus connues sont les mémoires conçues par la société Rambus, à savoir la ''RDRAM'' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs ''XDR RAM'' et ''XDR RAM 2''. La ''Synchronous-link DRAM'' (''SLDRAM'') est un format concurrent conçu par un consortium de plusieurs concepteurs de mémoire. ===La SLDRAM (''Synchronous-link DRAM'')=== Les '''mémoires SLDRAM''' avaient un bus de données de 64 bits allant à 200-400 Hz, avec technologie DDR, ce qui était dans la norme de l'époque pour la fréquence (début des années 2000). Elle utilisait un bus de commande de 11 bits, qui était utilisé pour transmettre des commandes de 40 bits, transmises en quatre cycles d'horloge consécutifs (en réalité, quatre fronts d'horloge donc deux cycles en DDR). Le bus de données était de 18 bits, mais les transferts de donnée se faisaient par paquets de 4 à 8 octets (32-65 bits). Pour résumer, données et commandes sont chacunes transmises en plusieurs cycles consécutifs, sur un bus de commande/données plus court que les données/commandes elle-mêmes. Là où les SDRAM sélectionnent la bonne barrette grâce à des signaux de commande dédiés, ce n'est pas le cas avec la SLDRAM. À la place, chaque barrette de mémoire reçoit un identifiant, un numéro codé sur 7-8 bits. Les commandes de lecture/écriture précisent l'identifiant dans la commande. Toutes les barrettes reçoivent la commande, elles vérifient si l'identifiant de la commande est le leur, et elles la prennent en compte seulement si c'est le cas. Voici le format d'une commande SLDRAM. Elle contient l'adresse, qui regroupe le numéro de banque, le numéro de ligne et le numéro de colonne. On trouve aussi un code commande qui indique s'il faut faire une lecture ou une écriture, et qui configure l'accès mémoire. Il configure notamment le mode rafale, en indiquant s'il faut lire/écrire 4 ou 8 octets. Enfin, il indique s'il faut fermer la ligne accédée une fois l'accès terminé, ou s'il faut la laisser ouverte. Le code commande peut aussi préciser que la commande est un rafraichissement ou non, effectuer des opérations de configuration, etc. L'identifiant de barrette mémoire est envoyé en premier, histoire que les barrettes sachent précocement si l'accès les concerne ou non. {|class="wikitable" style="text-align:center" |+SLDRAM Read, write or row op request packet ! FLAG || CA9 || CA8 || CA7 || CA6 || CA5 || CA4 || CA3 || CA2 || CA1 || CA0 |- ! 1 | colspan=9 bgcolor=#ffcccc| Identifiant de barrette mémoire|| bgcolor=#ccffcc| Code de commande |- ! 0 | colspan=5 bgcolor=#ccffcc| Code de commande ||colspan=3 bgcolor=#ff88ff| Banque||colspan=2 bgcolor=#ffffcc| Ligne |- ! 0 | colspan=9 bgcolor=#ffffcc| Ligne || 0 |- ! 0 | 0 || 0 || 0 ||colspan=7 bgcolor=#ccffff| Colonne |} ===Les mémoires Rambus=== Les mémoires conçues par la société Rambus regroupent la '''RDRAM''' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs '''XDR RAM''' et '''XDR RAM 2'''. Les toutes premières étaient les '''mémoires RDRAM''', où le bus permettait de transmettre soit des commandes (adresse inclue), soit des données, avec un multiplexage total. Le processeur envoie un paquet contenant commandes et adresse à la mémoire, qui répond avec un paquet d'acquittement. Lors d'une lecture, le paquet d'acquittement contient la donnée lue. Lors d'une écriture, le paquet d'acquittement est réduit au strict minimum. Le bus de commandes est réduit au strict minimum, à savoir l'horloge et quelques bits absolument essentiels, les bits RW est transmis dans un paquet et n'ont pas de ligne dédiée, pareil pour le bit OE. Toutes les barrettes de mémoire doivent vérifier toutes les transmissions et déterminer si elles sont concernées en analysant l'adresse transmise dans la trame. Elles ont été utilisées dans des PC ou d'anciennes consoles de jeu. Par exemple, la Nintendo 64 incorporait 4 mébioctets de mémoire RDRAM en tant que mémoire principale. La RDRAM de la Nintendo 64 était cadencée à 500 MHz, utilisait un bus de 9 bits, et avait un débit binaire maximal théorique de 500 MB/s. La Playstation 2 contenait quant à elle 32 mébioctets de RDRAM en ''dual-channel'', pour un débit binaire de 3.2 Gibioctets par seconde. Les processeurs Pentium 3 pouvaient être associés à de la RDRAM sur certaines mères. Les Pentium 4 étaient eux aussi associés à la de RDRAM, mais les cartes mères ne géraient que ce genre de mémoire. La Playstation 3 contenait quant à elle de la XDR RAM. ==Les eDRAM : des DRAM adaptées aux ''chiplets''== Les '''mémoires eDRAM''', pour ''embedded DRAM'', sont des mémoires RAM qui sont destinées à être intégrée au processeur. Pour comparer, les DRAM normales sont placées sur des barrettes de RAM ou soudées à la carte mère. Dans la quasi-totalité des cas, l'eDRAM est utilisée pour implémenter une mémoire cache, elle ne sert pas de mémoire principale (cache L4, le plus proche de la mémoire sur ces puces). De ce fait, elles sont conçues pour être très rapides, avoir une grande bande passante, au détriment de leur capacité mémoire. Pour être plus précis, l'eDRAM est une puce de DRAM conçue pour être intégrée dans un ''chiplet'', , à savoir des circuits imprimés qui regroupent plusieurs puces électroniques distinctes, regroupées sur le même PCB. Typiquement, un processeur de type ''chiplet'' avec de l'eDRAM comprend deux puces séparées : une pour le processeur, une autre pour une puce de communication avec la RAM. Avec la mémoire eDRAM, les deux puces sont complétées par une troisième puce spécialisée qui incorpore l'eDRAM. Elle a été utilisée sur quelques processeurs, mais aussi dans des consoles de jeu vidéo, pour la carte graphique des consoles suivantes : la PlayStation 2, la PlayStation Portable, la GameCube, la Wii, la Wii U, et la XBOX 360. Sur ces consoles, la RAM de la carte graphique était intégrée avec le processeur graphique dans le même circuit. La fameuse mémoire vidéo et le GPU n'étaient qu'une seule et même puce électronique, un seul circuit intégré. Ce n'est pas le cas sur une carte graphique moderne : regardez votre carte graphique avec attention et vous verrez que le GPU est une puce carrée située sous les ventilateurs, alors que les puces mémoires sont situées juste autour et soudées sur le PCB de la carte. Les processeurs Intel Core de microarchitecture Broadwell disposaient d'un cache L4 de 128 mébioctets, intégralement implémenté avec de la mémoire eDRAM. Quelques processeurs de la microarchitecture précédente (Haswell), disposaient aussi de ce cache. Le cache L4 eDRAM était implémenté sur un chiplet à part, à savoir que le processeur était composé de trois puces séparées : une pour le processeur, une autre pour la gestion des entrées-sorties, et une autre pour le cache L4. La puce pour le cache L4, appelée ''Crystal Well'', était gravée en 22nm, ce qui était une finesse de gravure plus élevée que celle des processeurs associés. ''Crystal Well'' était très optimisé pour l'époque. Par exemple, elle disposait de bus séparées pour la lecture et l'écriture, chose qu'on retrouve fréquemment sur les SRAM mais qui est absent sur les mémoires DRAM actuelles. Pour le reste, elle ressemblait beaucoup aux mémoires DDR de l'époque (système de ''double data rate'', entres autres), mais elle allait à une fréquence plus élevée que les DRAM de l'époque et avait un débit bien plus élevé, pour une consommation moindre. ''Crystal Well'' consommait entre 1 à 5 watts (1 watt en veille, 5 à pleine utilisation), pour un débit binaire de 102 GB/s et fonctionnait à 3.2 GHz. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les mémoires SRAM synchrones | prevText=Les mémoires SRAM synchrones | next=Contrôleur mémoire externe | nextText=Le contrôleur mémoire externe }}{{autocat}} </noinclude> 7aal8rlhthk25v6ku1ansdvno39sait 768209 768208 2026-06-20T17:36:21Z Mewtow 31375 /* Les SDRAM basse consommation : les LPDDR */ 768209 wikitext text/x-wiki Après avoir vu les mémoires statiques (SRAM), il est temps de passer aux mémoires RAM dynamiques, aussi appelées mémoires DRAM. Pour rappel, les DRAM dynamiques ont pour défaut que leurss données s'effacent après un certain temps, en quelques millièmes ou centièmes de secondes . En conséquence, il faut réécrire chaque bit de la mémoire régulièrement pour éviter qu'il ne s'efface. On dit qu'on doit effectuer régulièrement un '''rafraîchissement mémoire'''. Et celui-ci rend les DRAM très différentes des SRAM. Les DRAM des PC ont beaucoup évolués dans le temps. Les toutes premières mémoires DRAM étaient des mémoires asynchrones, mais elles ont été remplacées par des modèles synchrones. Les modèles asynchrones ont été très nombreux. Après l'apparition des premières DRAM, les mémoires ''Fast Page Mode'' sont apparues, suivies par les mémoires ''Extended Data Out'', puis les EDO en mode rafale. Elles ont été utilisées jusque dans la moitié des années 90, pour ensuite être supplantées par les mémoires SDRAM. Les mémoires DDR actuelles sont des améliorations des mémoires SDRAM actuelles. Le fait est que les DRAM sont des mémoires électroniques comme les autres, qui se présentent sous la forme de circuits intégrés, à savoir que ce sont des petits boitiers noirs avec des broches. Il est possible de souder ces boitiers sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais il est aussi possible de regrouper plusieurs boitiers sur une barrette de RAM séparée. Dans ce qui suit, nous les appellerons des '''chips mémoire''', ou encore, des puces mémoires. [[File:Canyon CN-WF514 - EtronTech EM638325TS-6-4022.jpg|centre|vignette|upright=2|Exemple de chip mémoire.]] Dans ce qui suit, nous allons étudier ces chips de DRAM, avant de voir comment ils sont regroupés sur une barrette de RAM. Puis, nous allons voire chaque type de mémoire, FPM, EDO, SDRAM, DDR, ... ; un par un. ==L'interface des DRAM et le contrôleur mémoire== L'interface d'une mémoire DRAM est plus compliquée que l'interface d'une SRAM basique. Et c'est suffisant pour qu'on ait besoin d'un intermédiaire pour faire la conversion entre processeur et DRAM. Les DRAM modernes ne sont pas connectées directement au processeur, mais le sont par l'intermédiaire d'un '''contrôleur mémoire externe'''. Il ne faut pas le confondre avec le contrôleur mémoire interne, placé dans la mémoire RAM, et qui contient notamment le décodeur. Les deux sont totalement différents, bien que leur nom soit similaire. Pour éviter toute confusion, j'utiliserais le terme de '''contrôleur de DRAM''', plus parlant. Le contrôleur de DRAM gère le bus mémoire et tout ce qui est envoyé dessus. Il envoie des commandes aux barrettes de mémoire, commandes qui peuvent être des lectures, des écritures, ou des demandes de rafraichissement, parfois d'autres commandes. La mémoire répond à ces commandes par l'action adéquate : lire la donnée et la placer sur le bus de données pour une commande de lecture, par exemple. Le rôle du contrôleur de DRAM varie grandement suivant le contrôleur en question, ainsi que selon le type de DRAM. ===Le bus d'adresse des DRAM est multiplexé=== Un point important pour le contrôleur de DRAM est de transformer les adresses mémoires fournies par le processeur, en adresses utilisables par la DRAM. Car les DRAM ont une interface assez spécifique. Les DRAM ont ce qui s'appelle un '''bus d'adresse multiplexé'''. Avec de tels bus, l'adresse est envoyée en deux fois. Les bits de poids fort sont envoyés avant les bits de poids faible. On peut ainsi envoyer une adresse de 32 bits sur un bus d'adresse de 16 bits, par exemple. Le bus d'adresse contient alors environ moitié moins de fils que la normale. Pour rappel, l'avantage de cette méthode est qu'elle permet de limiter le nombre de fils du bus d'adresse, ce qui très intéressant sur les mémoires de grande capacité. Les mémoires DRAM étant utilisées comme mémoire principale d'un ordinateur, elles devaient avoir une grande capacité. Cependant, avoir un petit nombre de broches sur les barrettes de mémoire est clairement important, ce qui impose d'utiliser des stratagèmes. Envoyer l'adresse en deux fois répond parfaitement à ce problème : cela permet d'avoir des adresses larges et donc des mémoires de forte capacité, avec une performance acceptable et peu de fils sur le bus d'adresse. Les bus multiplexés se marient bien avec le fait que les DRAM sont des mémoires à adressage par coïncidence ou à tampon de ligne. Sur ces mémoires, l'adresse est découpée en deux : une adresse haute pour sélectionner la ligne, et une adresse basse qui sélectionne la colonne. L'adresse est envoyée en deux fois : la ligne, puis la colonne. Pour savoir si une donnée envoyée sur le bus d'adresse est une adresse de ligne ou de colonne, le bus de commande de ces mémoires contenait deux fils bien particuliers : les RAS et le CAS. Pour simplifier, le signal RAS permettait de sélectionner une ligne, et le signal CAS permettait de sélectionner une colonne. [[File:Signaux RAS et CAS.png|centre|vignette|upright=2|Signaux RAS et CAS.]] Si on a deux bits RAS et CAS, c'est parce que la mémoire prend en compte les signaux RAS et CAS quand ils passent de 1 à 0. C'est à ce moment là que la ligne ou colonne dont l'adresse est sur le bus sera sélectionnée. Tant que des signaux sont à zéro, la ligne ou colonne reste sélectionnée : on peut changer l'adresse sur le bus, cela ne désélectionnera pas la ligne ou la colonne et la valeur présente lors du front descendant est conservée. [[File:L'intérieur d'une FPM.png|centre|vignette|upright=2|L'intérieur d'une FPM.]] ===Le rafraichissement mémoire=== La spécificité des DRAM est qu'elles doivent être rafraichies régulièrement, sans quoi leurs cellules perdent leurs données. Le rafraichissement est basiquement une lecture camouflée. Elle lit les cellules mémoires, mais n'envoie pas le contenu lu sur le bus de données. Rappelons que la lecture sur une DRAM est destructive, à savoir qu'elle vide la cellule mémoire, mais que le système d'amplification de lecture régénère le contenu de la cellule automatiquement. La cellule est donc rafraichie automatiquement lors d'une lecture. La quasi-totalité des DRAM supporte des commandes de rafraichissement, séparées des lectures et écritures classiques. Une commande de rafraichissement ordonne de rafraichir une adresse, voire une ligne complète. Les commandes de rafraichissement sont générées par le contrôleur de DRAM, dans la grosse majorité des cas. Il est aussi possible que ce soit le processeur qui les génère, mais c'est beaucoup plus rare. Il est aussi possible d'envoyer des commandes de rafraichissement vides, qui ne précisent ni adresse ni numéro de ligne. Pour les gérer, la mémoire contient un compteur, qui pointe sur la prochaine ligne à rafraichir, qui est incrémenté à chaque commande de rafraichissement. Une commande de rafraichissement indique à la mémoire d'utiliser l'adresse dans ce compteur pour savoir quelle adresse/ligne rafraichir. [[File:Rafraichissement mémoire automatique.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire automatique.]] Il existe des mémoires qui sont des intermédiaires entre les mémoires SRAM et DRAM. Il s'agit des '''mémoires pseudo-statiques''', qui sont techniquement des mémoires DRAM, utilisant des transistors et des condensateurs, mais qui gèrent leur rafraichissement mémoire toutes seules. Le rafraichissement mémoire est alors totalement automatique, ni le processeur, ni le contrôleur de DRAM ne devant s'en charger. Le rafraichissement est purement le fait des circuits de la mémoire RAM et devient une simple opération de maintenance interne, gérée par la RAM elle-même. L'envoi des commandes de rafraichissement peuvent se faire de deux manières : soit on les envoie toutes en même temps, soit on les disperse le plus possible. Le premier cas est un '''rafraichissement en rafale''', le second un '''rafraichissement étalé'''. Le rafraichissement en rafale n'est pas utilisé dans les PC, car il bloque la mémoire pendant un temps assez long. Mais les anciennes consoles de jeu gagnaient parfois à utiliser eu rafraichissement en rafale. En effet, la mémoire était souvent effacée entre l'affichage de deux images, pour éviter certains problèmes dont on ne parlera pas ici. Le rafraichissement de la mémoire était effectué à ce moment là : l'effacement rafraichissait la mémoire. Le temps mis pour rafraichir la mémoire est le temps mis pour parcourir toute la mémoire. Il s'agit du temps de balayage vu dans le chapitre sur les performances d'un ordinateur. Pour les mémoires FPM et EDO, il est défini en divisant la capacité de la mémoire par son débit binaire. C'est le temps nécessaire pour lire ou réécrire tout le contenu de la mémoire. Sur les SDRAM, les choses sont un peu différentes, pour une raison qu'on expliquera plus bas. ==Les rangées : l'arrangement horizontal et vertical== Il est rare d'utiliser un chip mémoire seul, car ceux-ci n'ont pas une capacité suffisante. Pour donner quelques chiffres, à l'heure où j'écris ces lignes, la norme pour un ordinateur est d'avoir entre 8 et 64 gibioctets de RAM. Mais les chips mémoire font entre 1 et 4 gibioctets, rarement plus. La raison est que les ordinateurs combinent ensemble plusieurs chips mémoire pour additionner leurs capacités. La concaténation de plusieurs chips mémoire peut se faire de deux manières différentes, appelées l'arrangement horizontal et l'arrangement vertical. Les deux additionnent la capacité des chips mémoire, mais se distinguent sur un point : ce qui arrive respectivement au bus de données, et au nombre d'adresses. Intuitivement, on se dit que doubler la capacité mémoire implique de doubler le nombre d'adresses mémoire. C'est effectivement ce qui se passe avec l'arrangement vertical. Mais avec l'arrangement horizontal, le nombre d'adresse ne varie pas. Voyons cela en détail, et commençons par le cas le plus simple, celui de l'arrangement vertical seul. ===L'arrangement vertical : cumuler des adresses mémoire=== Introduisons l'arrangement vertical par un exemple. Imaginez que je souhaite obtenir de 4 mébioctets de RAM, en combinant 4 chips mémoires de 1 mébioctet chacun. L'idée est que le premier mébioctet est placé dans le premier chip mémoire, le second mébioctet dans le second chip, etc. Des adresses consécutives se trouvent ainsi dans le même chip mémoire, sauf pour quelques adresses où on passe d'un chip à l'autre. Avec cette organisation, le bus de donnée fait un octet, et les chips mémoire ont aussi un bus de données d'un octet. Je peux alors combiner les capacités de plusieurs chips mémoire, sans toucher au bus de données. [[File:Répartition des adresses sans entrelacement.png|centre|vignette|upright=1.5|Répartition des adresses avec arrangement vertical.]] Pour sélectionner le chip mémoire adéquat, il faut que chaque chip mémoire dispose d'une entrée ''Chip Select'', qui permet de l'activer ou de le désactiver. L'idée est que selon l'adresse demandée, on active le chip mémoire associé à cette adresse. Les signaux ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur de DRAM, à partir de l'adresse. On dit qu'il y a un '''décodage d'adresse'''. Avec cet arrangement, les bits de poids fort de l'adresse sont utilisées pour sélectionner la banque adéquate, et le reste de l'adresse est envoyé sur le bus d'adresse. Par exemple, avec 4 chips mémoire, les deux bits de poids fort de l'adresse sont utilisés pour sélectionner le chip mémoire adéquat. Les adresses mémoire sont alors découpées comme suit : {|class="wikitable" |+ Adresse mémoire |- ! Adresse de banque !! Adresse dans la banque |- | Quelques bits de poids fort || Reste de l'adresse |} ===L'arrangement horizontal : élargir le bus de données=== L'arrangement horizontal permet lui aussi d'additionner les capacités mémoire de plusieurs chips mémoire. Cependant, il les combine d'une autre manière. Le nombre d'adresses mémoire n'est pas changé en utilisant plusieurs chips, mais le bus de données est élargi. Le mieux pour comprendre l'idée est de partir d'un exemple, et nous allons prendre celui d'une mémoire SDRAM. Les ordinateurs actuels ont un bus de données de 64 bits (on met de côté le cas du double ou triple canal). Cependant, il n'existe pas de chip mémoire avec un bus aussi large. Les puces de SDRAM/DDR ont un bus de 4, 8 ou 16 bits, ce sont les tailles les plus courantes. L'arrangement horizontal résout ce problème en combinant plusieurs chips mémoire de manière à ce que leurs bus de données s'"additionnent", se concatènent. Par exemple, on peut regrouper 8 chips mémoires de 8 bits, obtenir un bus mémoire de 64 bits. Il est aussi possible d'obtenir ces 64 bits avec des puces de 16 chips mémoire de 4 bits, ou 4 chips mémoire de 16 bits. [[File:Arrangement horizontal SDRAM - un Rank.png|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal SDRAM.]] Avec cette organisation, on accède à tous les bancs en parallèle à chaque accès, avec la même adresse. Vu que les chips mémoires contiennent tous une partie de la donnée demandée, ils doivent tous être activés en même temps. Pour cela, l'adresse à lire est envoyée à tous les chips mémoire d'un même ''rank'', idem pour les signaux de commande. Un ensemble de N chips reliés de cette manière forme une '''rangée''' (le terme anglais est ''rank''). [[File:Arrangement horizontal.jpg|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal.]] ===L'arrangement horizontal et vertical combinés=== Nous venons de voir l'arrangement vertical et horizontal, pour ce qui est des barrettes de mémoire. Précisons que ce qui vient d'être dit marche aussi bien pour les barrettes de RAM que pour la mémoire soudée sur la carte mère. Du moment qu'on combine plusieurs chips mémoire ensemble, ces concepts restent valides. Et il en est de même pour la suite, encore que ce soit nettement moins fréquent avec de la mémoire soudée. Il est possible de combiner à la fois l'arrangement vertical et l'arrangement horizontal. Rien de plus simple : il suffit d'utiliser un arrangement vertical entre plusieurs rangées, chacun composée de plusieurs chips mémoire. C'est surtout utilisé sur les barrettes de mémoire SDRAM, qui contiennent 1, 2, 4 ou 8 rangées, rarement plus. Par exemple, une SDRAM peut combiner 16 chips de DRAM de 8 bits chacun, dans deux rangées de 64 bits chacun, chaque rangée regroupant 8 chips. [[File:SDRAM avec 4 ranks.png|centre|vignette|upright=2|SDRAM avec 4 ranks]] Le choix entre la première ou la seconde rangée se fait en configurant les bits ''Chip Select'' de chaque rangée. Il faut noter que les bits de ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur mémoire, et envoyés sur le bus de commande. [[File:Td6bfig3.png|centre|vignette|upright=2|Comparaison entre arrangement horizontal (à gauche) et arrangement vertical (à droite).]] Le contrôleur de DRAM peut adresser un certain nombre de rangées, dispersés sur plusieurs barrettes. La limite maximale dépend du contrôleur de DRAM, elle est souvent proche de 8 ou 16 rangées. Si on combine plusieurs barrettes de mémoire, il est possible de dépasser cette limite. Par exemple, prenez un contrôleur de DRAM supportant maximum 8 rangées. Avec 4 barrettes contenant 4 rangées chacune, la limite est dépassée. : Il faut noter que tout ce qui vient d'être dit vaut aussi pour les mémoires ROM et SRAM. Mais en pratique, les arrangements verticaux et horizontaux sont surtout utilisés sur les mémoires DRAM. Il faut dire que de tels arrangements servent à augmenter la capacité mémoire, ce qui colle plus avec des DRAM que des SRAM ou des ROM. ==Les barrettes de mémoire DRAM== [[File:Ram-module.svg|droite|vignette|upright=0.5|Barrette de mémoire RAM.]] Il est possible de souder plusieurs boitiers de DRAM sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais dans les PC fixes, les puces de DRAM sont regroupées sur des ''barrettes mémoires'''. Les barrettes de mémoire se fixent à la carte mère sur un connecteur standardisé, appelé '''slot mémoire'''. Le dessin ci-contre montre une barrette de mémoire, celui-ci ci-dessous est celui d'un ''slot'' mémoire. [[File:Dual channel slots.jpg|centre|vignette|Slots mémoires.]] Sur le schéma de droite, on remarque facilement les boitiers de DRAM, rectangulaires, de couleur sombre. Chaque barrette combine ces puces de manière à additionner leurs capacités : on peut ainsi créer une mémoire de 8 gibioctets à partir de 8 puces d'un gibioctet, par exemple. Ils sont soudés sur un PCB en plastique vert sur lequel sont gravés des connexions métalliques. Les trucs dorés situés en bas des barrettes de mémoire sont des broches qui connectent la barrette au bus mémoire. Les barrettes des mémoires FPM/EDO/SDRAM/DDR n'ont pas le même nombre de broches, pour des raisons de compatibilité. {|class="wikitable" |- !Type de barrette !Type de mémoire !Nombre de broches |- | rowspan="2" | SIMM | rowspan="2" | FPM/EDO |30 |- |72 |- | rowspan="4" | DIMM |SDRAM |168 |- |DDR |184 |- |DDR2 |214, 240 ou 244, suivant la barrette ou la carte mère. |- |DDR3 |204 ou 240, suivant la barrette ou la carte mère. |} ===Le format des barrettes de mémoire=== Certaines barrettes ont des puces mémoire d'un seul côté alors que d'autres en ont sur les deux faces. Cela permet de distinguer les barrettes SIMM et DIMM. * Les '''barrettes SIMM''' ont des puces sur une seule face de la barrette. Elles étaient utilisées pour les mémoires FPM et EDO-RAM. * Les '''barrettes DIMM''' ont des puces sur les deux côtés. Elles sont utilisées sur les SDRAM et les DDR. {| class="flexible" |+ '''Barrette SIMM''' |- |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7229.jpg|vignette|SIMM recto.]] |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7230.jpg|vignette|SIMM verso.]] |} : Les modules DIMM tendent à avoir plus de rangées que les modules SIMM, mais ce n'est pas systématique. Il est souvent dit que les barrettes DIMM ont deux rangées, contre seulement 1 pour les SIMM, mais les contre-exemples sont nombreux. Les barrettes '''SO-DIMM''', pour ordinateurs portables, sont différentes des barrettes DIMM normales des DDR/SDRAM. La raison est qu'il n'y a pas beaucoup de place à l'intérieur d'un PC portable, ce qui demande de diminuer la taille des barrettes. {| |- |[[File:Desktop DDR Memory Comparison.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC de bureau.]] |[[File:Laptop SODIMM DDR Memory Comparison V2.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC portables.]] |} Les barrettes de Rambus ont parfois été appelées des '''barrettes RB-DIMM''', mais ce sont en réalité des DIMM comme les autres. La différence principale est que la position des broches n'était pas la même que celle des formats DIMM normaux, sans compter que le connecteur Rambus n'était pas compatible avec les connecteurs SDR/DDR normaux. ===Les interconnexions à l'intérieur d'une barrette de mémoire=== Les boîtiers de DRAM noirs sont connectés au bus par le biais de connexions métalliques. Toutes les puces d'une même rangée sont connectées aux bus d'adresse et de commande. Et les chips d'une même rangée reçoivent exactement les mêmes signaux de commande/adresses, ce qui permet d'envoyer la même adresse/commande à toutes les puces en même temps. La manière dont ces puces sont reliées au bus de commande dépend selon la mémoire utilisée. Les DDR1 et 2 utilisent ce qu'on appelle une '''topologie en T''', illustrée ci-dessous. On voit que le bus de commande forme une sorte d'arbre, dont chaque extrémité est connectée à une puce. La topologie en T permet d'égaliser le délai de transmission des commandes à travers le bus : la commande transmise arrive en même temps sur toutes les puces. Mais elle a de nombreux défauts, à savoir : elle fonctionne mal à haute fréquence, elle est difficile à router en raisons des embranchements. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2, nommée topologie en T.]] En comparaison, les DDR3 utilisent une '''topologie ''fly-by''''', où les puces sont connectées en série sur le bus de commande/adresse. La topologie ''fly-by'' n'a pas les problèmes de la topologie en T : elle est simple à router et fonctionne très bien à haute fréquence. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie fly-by.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie ''fly-by'']] ===Les barrettes tamponnées (à registres)=== Certaines barrettes intègrent un registre tampon, qui fait l'interface entre le bus et la barrette de RAM. L'utilité est d'améliorer la transmission du signal sur le bus mémoire. Sans ce registre, les signaux électriques doivent traverser le bus, puis traverser les connexions à l'intérieur de la barrette, jusqu'aux puces de mémoire. Avec un registre tampon, les signaux traversent le bus, sont mémorisés dans le registre et c'est tout. Le registre envoie les commandes/données jusqu'aux puces mémoire, mais le signal a été régénéré par le registre. Le signal transmis est donc de meilleure qualité, ce qui augmente la fiabilité du système mémoire. Le défaut est que la présence de ce registre fait que les barrettes ont un temps de latence est plus important que celui des barrettes normales, du fait de la latence du registre. Les barrettes de ce genre sont appelées des '''barrettes RIMM'''. Il en existe deux types : * Avec les '''barrettes RDIMM''', le registre fait l'interface pour le bus d'adresse et le bus de commande, mais pas pour le bus de données. * Avec les '''barrettes LRDIMM''' (''Load Reduced DIMMs''), le registre fait tampon pour tous les bus, y compris le bus de données. [[File:Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.]] ===Le ''Serial Presence Detect''=== [[File:SPD SDRAM.jpg|vignette|Localisation du SPD sur une barrette de SDRAM.]] Toute barrette de mémoire assez récente contient une petite mémoire ROM qui stocke les différentes informations sur la mémoire : délais mémoire, capacité, marque, etc. Cette mémoire s'appelle le '''''Serial Presence Detect''''', aussi communément appelé le SPD. Ce SPD contient non seulement les timings de la mémoire RAM, mais aussi diverses informations, comme le numéro de série de la barrette, sa marque, et diverses informations. Le SPD est lu au démarrage de l'ordinateur par le BIOS, afin de pourvoir configurer ce qu'il faut. Le contenu de ce fameux SPD est standardisé par un organisme nommé le JEDEC, qui s'est chargé de standardiser le contenu de cette mémoire, ainsi que les fréquences, timings, tensions et autres paramètres des mémoires SDRAM et DDR. Pour les curieux, vous pouvez lire la page wikipédia sur le SPD, qui donne son contenu pour les mémoires SDR et DDR : [https://en.wikipedia.org/wiki/Serial_presence_detect Serial Presence Detect]. ==Les mémoires asynchrones à RAS/CAS : FPM et EDO-RAM== Avant l'invention des mémoires SDRAM et DDR, il exista un grand nombre de mémoires différentes, les plus connues étant les mémoires fast page mode et EDO-RAM. Ces mémoires n'étaient pas synchronisées par un signal d'horloge, c'était des '''mémoires asynchrones'''. Quand ces mémoires ont été créées, cela ne posait aucun problème : les accès mémoire étaient très rapides et le processeur était certain que la mémoire aurait déjà fini sa lecture ou écriture au cycle suivant. Les mémoires asynchrones les plus connues étaient les '''mémoires FPM''' et '''mémoires EDO'''. Pour ce qui est de leur interface, il faut signaler qu'elles n'ont pas d'entrée ''Chip Select'' ou d'entrée ''Output Enable''. Les signaux RAS et CAS remplacent en quelque sorte ces deux signaux. Le bit RAS fait office de ''Chip Select'', le bit CAS fait office d'''Output Enable''. ===Les mémoires FPM=== Les '''mémoires FPM (''Fast Page Mode'')''' possédaient une petite amélioration, qui rendait l'adressage plus simple. Avec elles, il n'y a pas besoin de préciser deux fois la ligne si celle-ci ne changeait pas lors de deux accès consécutifs : on pouvait garder la ligne sélectionnée durant plusieurs accès. Par contre, il faut quand même préciser les adresses de colonnes à chaque changement d'adresse. Il existe une petite différence entre les mémoire ''Page Mode'' et les mémoires ''Fast-Page Mode'' proprement dit. Sur les premières, le signal CAS est censé passer à 0 avant qu'on fournisse l'adresse de colonne. Avec les ''Fast-Page Mode'', l'adresse de colonne pouvait être fournie avant que l'on configure le signal CAS. Cela faisait gagner un petit peu de temps, en réduisant quelque peu le temps d'accès total. [[File:Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.png|centre|vignette|upright=2|Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.]] Avec les '''mémoires en mode quartet''', il est possible de lire quatre octets consécutifs sans avoir à préciser la ligne ou la colonne à chaque accès. On envoie l'adresse de ligne et l'adresse de colonne pour le premier accès, mais les accès suivants sont fait automatiquement. La seule contrainte est que l'on doit générer un front descendant sur le signal CAS pour passer à l'adresse suivante. Vous aurez noté la ressemblance avec le mode rafale vu il y a quelques chapitres, mais il y a une différence notable : le mode rafale vrai n'aurait pas besoin qu'on précise quand passer à l'adresse suivante avec le signal CAS. [[File:Mode quartet.png|centre|vignette|upright=3|Mode quartet.]] Les '''mémoires FPM à colonne statique''' se passent même du signal CAS. Le changement de l'adresse de colonne est détecté automatiquement par la mémoire et suffit pour passer à la colonne suivante. Dans ces conditions, un délai supplémentaire a fait son apparition : le temps minimum entre deux sélections de deux colonnes différentes, appelé tCAS-to-CAS. [[File:Accès en colonne statique.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Accès en colonne statique.]] ===Les mémoires EDO-RAM=== L''''EDO-RAM''' a été inventée quelques années après la mémoire FPM. Elle a été déclinée en deux versions : la EDO simple, et la EDO en rafale. L'EDO simple ajoutait une entrée ''Ouput Enable'' à une mémoire FPM. Pour rappel, l'entrée ''Ouput Enable'' permet de connecter/déconnecter la DRAM du bus de données. S'il est mis à 0, les lectures et écritures sont empêchées. Pour ajouter cette entrée, il a fallu rajouter un registre sur la sortie de donnée, celle qui sert pour les lectures. Et l'ajout de ce registre a introduit une capacité dite de ''pipelining'', sur le même modèle que pour les mémoires SRAM synchrones. La donnée pouvait être maintenue sur le bus de données durant un certain temps, même après la remontée du signal CAS. Le registre de sortie maintenait la donnée lu tant que le signal RAS restait à 0, et tant qu'un nouveau signal CAS n'a pas été envoyé. Faire remonter le signal CAS à 1 n'invalidait pas la donnée en sortie. La conséquence est qu'on pouvait démarrer une nouvelle lecture alors que la donnée de l'accès précédent était encore présent sur le bus de données. Le pipeline obtenu avait deux étages : un où on présentait l'adresse et sélectionnait la colonne, un autre où la donnée était lue depuis le registre de sortie. Les mémoires EDO étaient donc plus rapides. [[File:EDO RAM.png|centre|vignette|upright=3|EDO RAM]] Cependant, cela marchait surtout pour les lectures, pas pour les écritures. Une écriture ne démarre que quand la lecture ou écriture précédente est totalement terminée. De même, on ne peut pas démarrer un nouvel accès mémoire tant qu'une écriture est en cours. ===Les mémoires EDO-RAM avec mode rafale=== Les '''EDO en rafale''' effectuent les accès à 4 octets consécutifs automatiquement : il suffit d'adresser le premier octet à lire. Les 4 octets étaient envoyés sur le bus les uns après les autres, au rythme d'un par cycle d’horloge : ce genre d'accès mémoire s'appelle un accès en rafale. [[File:Accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Accès en rafale sur une DRAM EDO.]] Implémenter cette technique nécessite d'ajouter un compteur, capable de faire passer d'une colonne à une autre quand on lui demande, et quelques circuits annexes pour commander le tout. [[File:Modifications du contrôleur mémoire liées aux accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Modifications du contrôleur de DRAM liées aux accès en rafale.]] ===Le rafraichissement mémoire=== Les mémoires FPM et EDO doivent être rafraichies régulièrement. Au début, le rafraichissement se faisait ligne par ligne. Le rafraichissement avait lieu quand le RAS passait à l'état haut, alors que le CAS restait à l'état bas. Le processeur, ou le contrôleur mémoire, sélectionnait la ligne à rafraichir en fournissant son adresse mémoire. D'où le nom de '''rafraichissement par adresse''' qui est donné à cette méthode de commande du rafraichissement mémoire. Divers processeurs implémentaient de quoi faciliter le rafraichissement par adresse. Par exemple, le Zilog Z80 contenait un compteur de ligne, un registre qui contenait le numéro de la prochaine ligne à rafraichir. Il était incrémenté à chaque rafraichissement mémoire, automatiquement, par le processeur lui-même. Un ''timer'' interne permettait de savoir quand rafraichir la mémoire : quand ce ''timer'' atteignait 0, une commande de rafraichissement était envoyée à la mémoire, et le ''timer'' était ''reset''. [[File:Rafraichissement mémoire manuel.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire manuel.]] Par la suite, certaines mémoires ont implémenté un compteur interne d'adresse, pour déterminer la prochaine adresse à rafraichir sans la préciser sur le bus d'adresse. Le déclenchement du rafraichissement se faisait toujours par une commande externe, provenant du contrôleur de DRAM ou du processeur. Cette commande faisait passer le CAS à 0 avant le RAS. Cette méthode de rafraichissement se nomme '''rafraichissement interne'''. [[File:Rafraichissement sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement sur CAS précoce.]] On peut noter qu'il est possible de déclencher plusieurs rafraichissements à la suite en laissant le signal CAS dans le même état. Ce genre de choses pouvait avoir lieu après une lecture : on pouvait profiter du fait que le CAS soit mis à zéro par la lecture ou l'écriture pour ensuite effectuer des rafraichissements en touchant au signal RAS. Dans cette situation, la donnée lue était maintenue sur la sortie durant les différents rafraichissements. [[File:Rafraichissements multiples sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissements multiples sur CAS précoce.]] ==Les mémoires SDRAM== Dans les années 90, les mémoires asynchrones ont laissé la place aux '''mémoires SDRAM''', qui sont synchronisées avec le bus par une horloge. L'utilisation d'une horloge a comme avantage des temps d'accès fixes : le processeur sait qu'un accès mémoire prendra un nombre déterminé de cycles d'horloge. Avec les mémoires asynchrones, le processeur ne pouvait pas prévoir quand la donnée serait disponible et ne faisait rien tant que la mémoire n'avait pas répondu : il exécutait ce qu'on appelle des ''wait states'' en attendant que la mémoire ait fini. Les mémoires SDRAM sont standardisées par un organisme international, le JEDEC. Le standard SDRAM impose des spécifications électriques bien précise pour les barrettes de mémoire et le bus mémoire, décrit le protocole utilisé pour communiquer avec les barrettes de mémoire, et bien d'autres choses encore. Les SDRAM ont été déclinées en versions de performances différentes, décrites dans le tableau ci-dessous : {| class="wikitable" ! Nom standard ! Fréquence ! Bande passante |- | PC66 | 66 mhz | 528 Mio/s |- | PC66 | 100 mhz | 800 Mio/s |- | PC66 | 133 mhz | 1064 Mio/s |- | PC66 | 150 mhz | 1200 Mio/s |} ===Les banques internes aux chips mémoires SDRAM=== L'intérieur d'une mémoire SDRAM contient plusieurs '''banques''', aussi appelées des banc mémoire. Concrètement, une banque est... une mémoire. Ou plutôt, une sorte de mini-mémoire miniature. Chaque banque a son propre tampon de ligne, ses propres multiplexeurs de colonne et ses propres décodeurs. C'est comme si une SDRAM regroupait plusieurs mémoires séparées dans un même circuit intégré. [[File:Arrangement vertical.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Mémoire multi-banques.]] Un point important est que chaque banque a son propre tampon de ligne. Il est donc possible d'ouvrir plusieurs lignes en même temps, chacune dans une banque différente. Par exemple, on peut ouvrir une ligne dans la banque numéro 1, et une autre ligne dans la banque numéro 2. Et c'est une source d'optimisations très intéressantes. La première optimisation est liée au rafraichissement mémoire. Au lieu de rafraichir chaque adresse une par une, il est possible de rafraichir des banques indépendantes en même temps, ce qui divise le temps de rafraichissement par le nombre de banques. C'est ce que je sous-entendais plus haut quand je disais que le temps de rafraichissement n'est pas égal au temps de balayage sur les SDRAM, alors que c'est le cas sur les DRAM FPM et EDO. De plus, et sans rentrer dans les détails, cela permet de faire plusieurs accès mémoire en même temps, dans des banques différentes. La possibilité est limitée, mais elle existe et elle améliore grandement la performance de la SDRAM. Mais nous en reparlerons dans un chapitre ultérieur, car cette histoire d'accès simultanés a plus sa place dans le chapitre sur le parallélisme mémoire. Pour le moment, nous ne pouvons pas expliquer pourquoi ni comment un processeur pourrait émettre plusieurs accès mémoire simultanés. Un processeur est censé travailler une instruction à la fois, à ce stade du cours, il ne peut pas en faire plusieurs en même temps. Mais nous allons cependant mentionner un cas où cette possibilité est intéressante : une mémoire SDRAM partagée entre un processeur et une carte graphique. Les deux accèdent à des données séparées, qui sont dans des banques différentes. On suppose que la carte graphique accède plus fréquemment à la mémoire que le processeur. Le contrôleur mémoire reçoit les accès mémoire du CPU et du GPU et il tente d'intercaler des accès CPU entre deux accès de la carte graphique. Vu qu'ils tombent dans des banques différentes, un accès CPU et un accès carte graphique peuvent se faire presque en même temps. La seule contrainte est que si on lance plusieurs accès mémoire simultanés, ceux-ci ne peuvent pas utiliser le bus de données en même temps. {|class="wikitable" |+ Pipelining basique sur les SDRAM |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 |- ! Banque Numéro 1 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 2 | || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || |- ! Banque Numéro 3 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 4 | || || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || |} ===Le mode rafale des SDRAM=== Un point important est que les SDRAM reprennent les optimisations des mémoires FPM et EDO. Elles utilisent aussi un tampon de ligne, avec la possibilité de lire plusieurs colonnes à la suite sans avoir à préciser l'adresse de ligne à chaque fois. Mais surtout, elles gèrent nativement le mode rafale. les paramètres qui ont trait au mode rafale sont configurables. Il est possible de configurer la SDRAM pour activer les accès sans rafale, ou les désactiver. Il y a aussi la possibilité de configurer le nombre d'octets consécutifs à lire ou écrire en mode rafale. On peut ainsi accéder à 1, 2, 4, ou 8 octets en une seule fois, alors que les EDO ne permettaient que des accès à 4 octets consécutifs. Enfin, on peut décider s'il faut faire un accès en mode linéaire ou entrelacé. La configuration de la SDRAM est mémorisée dans un registre de 10 bits, le '''registre de mode'''. Il faisait 10 bits sur les mémoires SDRAM, mais a été étendu à 13 bits sur la DDR2. Voici les 10 bits originels de ce registre : {|class="wikitable" |+ Signification des bits du registre de mode des SDRAM |- ! Bit n°9 | Type d'accès : en rafale ou normal |- ! Bit n°8 et 7 | Doivent valoir 00, sont réservés pour une utilisation ultérieur dans de futurs standards. |- ! Bit n°6, 5, et 4 | Latence CAS (voir plus bas) |- ! Bit n°3 | Type de rafale : linéaire ou entrelacée |- ! Bit n°2, 3, et 0 | Longueur de la rafale : indique le nombre d'octets à lire/écrire lors d'une rafale. |} ===L'interface d'une mémoire SDRAM=== Le bus de commandes d'une SDRAM contient au moins 18 fils, dont celui pour le signal d'horloge. L'interface d'une SDRAM contient tous les bits présents sur une mémoire DRAM classique : une entrée RAS, une entrée CAS, une entrée R/W, et un bus d'adresse. A cela, il faut cependant ajouter une entrée ''Chip Select'' (CS), qui permet d'activer/désactiver la mémoire SDRAM. Je rappelle que le bit CS a été introduit sur les mémoires SDRAM, il n'était pas présent sur les mémoires FPM/EDO. Deux autres bits de commande sont vraiment spécifiques des mémoires SDRAM. Il s'agit des bits CKE et DQM. Le '''bit CKE''' est l'abréviation de ''Clock Enable'', qui qui trahit sa fonction. Lorsque ce signal est à 0, le chip de SDRAM voit son signal d'horloge gelè. S'il est à 0, le contrôleur de DRAM peut envoyer ce qu'il veut sur le bus de commande ou d'adresse, la SDRAM ne réagira pas du tout, il ne se passera rien. Le '''bit DQM''' est une sorte de bit ''Output Enable'', avec une nuance importante. Le terme DQM est l'abréviation de ''Data Mask'', ce qui trahit encore une fois sa fonction. Il y a un bit DQM pour chaque octet du bus de données. Une SDRAM ayant un bus de 64 bits, cela fait 8 bits DQM par mémoire SDRAM. Lorsque le bit DQM est à 1, l'octet en question n'est simplement pas lu ou écrit, le bus de donnée est déconnecté pour cet octet. Le bus d'adresse est particulier, car il tient compte de la présence de ''banques mémoires''. Le bus d'adresse est découpé en deux portions : une portion pour sélectionner la banque, une autre pour sélectionner l'adresse à l'intérieur d'une banque. L'interface de la SDRAM fait ainsi la différence entre une '''adresse de banque''' et une '''adresse intra-banque'''. L'adresse de banque est codée sur quelques bits, généralement deux ou trois suivant la SDRAM. Le reste de l'adresse est codé sur 11 bits sur les SDRAM, mais cela a augmenté avec les DDR 1, 2, 3, 4, 5. Le bus de données d'une SDRAM fait 4, 8, ou 16 bits. Je précise bien qu'il s'agit là des puces de SDRAM, les barrettes de SDRAM combinent plusieurs puces SDRAM avec un arrangement horizontal, qui peut combiner plusieurs puces de 8 bits pour alimenter un bus de données de 64 bits. La taille des puces utilisées souvent indiquée sur la barrette de RAM, avec une mention x4, x8 ou x16. Les puces de SDRAM les plus courantes ont une interface de 8 bits pour les données. Les SDRAM de 4 bits sont surtout utilisées pour les serveurs, c'est lié au support de l'ECC. les puces x16 sont moins utilisées car elles ont généralement moins de banques que les autres. ===Les commandes SDRAM=== Le bus de commande permet d'envoyer des commandes à la mémoire, chaque commande étant précisée par une combinaison précise des bits CS, RAS, CAS, R/W, et autres. Les commandes en question sont des demandes de lecture, d'écriture, de préchargement et autres. Elles sont codées par une valeur bien précise qui est envoyée sur les 18 fils du bus de commande. Ces commandes sont nommées READ, READA, WRITE, WRITEA, PRECHARGE, ACT, ... Les plus importantes sont les commandes PRECHARGE, ACT et READ/WRITE. La commande ACT sélectionne une ligne : elle met le bit RAS à zéro et présente une adresse de ligne. Les commandes READ et WRITE sélectionnent une colonne, et déclenchent respectivement une lecture ou une écriture. Elles précisent une adresse de colonne, mettent le bit CAS à 0 et le bit RAS à 1, et précise la valeur du bit R/W. Les commandes READ et WRITE ne peuvent se faire qu'une fois que la banque a été activée par une commande ACT. Il est possible d'envoyer plusieurs commandes READ ou WRITE successives à des colonnes différentes, ce qui permet d'implémenter les optimisations des mémoires FPM. La commande PRECHARGE ferme la ligne courante et prépare l'ouverture de la suivante. Elle précharge les lignes de bit de la RAM, d'où son nom. Il est nécessaire d'en envoyer une avant d'envoyer une commande ACT. Notons que la commande PRECHARGE agit sur une banque, dont l'adresse est indiquée dans la commande PRECHARGE. Il existe une commande PRECHARGE ALL, qui agit sur toutes les banques de la SDRAM à la fois. Elle est souvent utilisée de concert avec la commande de rafraichissement, car le rafraichissement mémoire rafraichit une ligne dans toutes les banques à la fois. Il faut donc fermer toutes les lignes ouvertes, dans chaque banque, ce que fait la commande PRECHARGE ALL. Les commandes READA et WRITEA fusionnent une commande READ/WRITE avec une commande PRECHARGE. Elles permettent d'éviter d'avoir à envoyer une commande PRECHARGE pour fermer la ligne courante. Au lieu d'envoyer une commande READ ou WRITE, puis une commande PRECHARGE pour fermer la ligne, on envoie une seule commande READA/WRITEA. Il s'agit d'une petite optimisation, qui permet de réduire le nombre de commandes envoyées sur le bus. Les commandes sont encodées comme indiquées dans ce tableau. Une commande est tout simplement encodée en précisant une adresse si nécessaire, et une combinaison des bits CS, RAS, CAS et R/W. La seule subtilité est que le bit numéro 10 du bus d'adresse sert à commander les opérations de PRECHARGE, y compris celles implicites dans les opérations READA et WRITEA. {| class="wikitable" style="text-align:center" ! Bit CS || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (2 bits) || Bit du bus d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Stoppe un accès en rafale (en cours). |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lit une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lit une donnée depuis la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrit une donnée dans la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrit une donnée dans la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 1 || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne dans toutes les banques. |- | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || 0 || 0 || 0 || 00 || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} Les commandes ACT se font à partir de l'état de repos, l'état où toutes les banques sont préchargées. Par contre, les commandes MODE REGISTER SET et AUTO REFRESH ne peuvent se faire que si toutes les banques sont désactivées. Le fonctionnement simplifié d'une SDRAM peut se résumer dans ce diagramme : [[File:Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.jpg|centre|vignette|upright=2|Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.]] ===Les délais mémoires=== Les mémoires SDRAM n'étant pas infiniment rapides, il y a toujours un certain délais à respecter entre deux commandes. Par exemple, quand on envoie une commande ACT pour activer une ligne, on ne peut pas envoyer une commande READ/WRITE au cycle suivant. La plupart des SDRAM ne sont pas assez rapides pour ça. Il faut respecter un délai de quelques cycles, qui dépend de la mémoire. Et il n'y a pas que ce délai entre une commande ACT et la commande suivante. Une SDRAM doit gérer d'autres temps d'attente, appelés des '''délais mémoires''', ou encore des ''timings'' mémoire. Les délais mémoire le plus importants sont résumés ci-dessous : {|class="wikitable" |- !Timing!!Description |- | colspan="2" | |- ! colspan="2" | Délais primaires |- ||tRP|| Temps entre une commande PRECHARGE et une commande ACT |- ||tRCD|| Temps entre une commande ACT et une commande READ/WRITE. |- ||tCL|| Temps entre une commande READ et l'envoi de la donnée lue sur le bus de données. |- ||tDQSS|| Temps entre une commande WRITE et l'écriture de la donnée. |- ||tCAS-to-CAS|| Temps minimum entre deux commandes READ. |- ! colspan="2" | Délais secondaires |- ||tWTR|| Temps entre une lecture et une écriture consécutives. |- ||tRAS || Temps entre une commande ACT et une commande PRECHARGE. |} Les délais/timings mémoire ne sont pas les mêmes suivant la barrette de mémoire que vous achetez. Certaines mémoires sont ainsi conçues pour avoir des timings assez bas et sont donc plus rapides, et surtout : beaucoup plus chères que les autres. Le gain en performances dépend beaucoup du processeur utilisé et est assez minime comparé au prix de ces barrettes. Les délais mémoires d'une barrette sont mémorisés dans le ''Serial Presence Detect'' de la barrette et sont lus par le BIOS au démarrage de l'ordinateur, et sont ensuite utilisés pour configurer le contrôleur de DRAM. Il y a cependant quelques régularités qui reviennent souvent, d'une SDRAM à l'autre. La plus importante est que les délais ne sont pas les mêmes quand on alterne des lectures et écritures. Les délais les plus courts sont observés quand on a des lectures successives, ou des écritures successives. Par contre, les délais s'allongent quand on doit passer d'une lecture à une écriture ou inversement. Les SDRAM préférent qu'on regroupe les lectures avec d'autres lectures, les écritures avec d'autres écritures. ===Les commandes anticipées=== Les SDRAM sont parfois capables de démarrer une commande avant que la précédente soit terminée. Concrètement, pendant que la commande précédente envoie sa dernière donnée sur le bus de données, on peut envoyer la commande suivante avec quelques cycles d'avance. L'exemple ci-dessous devrait être assez clair : on envoie une seconde commande au neuvième cycle, alors qu'une rafale est en cours. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Bus de commande/adresse | || bgcolor="#A0FFFF" | ACT || || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Bus de données | || || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Il s'agit d'une forme très limitée de pipeline, tellement limitée qu'on peut légitimement douter que c'est un vrai pipeline. Dans ce qui suit, j'ai décidé d'appeler cette possibilité sous le terme de '''commandes SDRAM anticipées'''. La possibilité est très limitée, car il faut tenir compte des délais mémoire. Elle améliore un peu les performances dans certaines circonstances où la RAM doit traiter plusieurs accès mémoire consécutifs, très rapprochés. L'exemple typique est celui du transfert d'un bloc de données entre mémoire cache et mémoire RAM, qui dépasse la taille d'une rafale. Le cache envoie alors plusieurs accès mémoire d'un seul coup au contrôleur mémoire. Mais d'autres exemples sont possibles, on ne peut juste pas les expliquer à ce stade du cours. Les commandes SDRAM anticipées sont possibles car les SDRAM sont formées en entourant une RAM asynchrone de registres, exactement comme les SRAM synchrones. Il est possible d'écrire dans les registres de données/commandes, pendant qu'un autre accès mémoire accède au cœur asynchrone. Les délais mémoire sont conçus pour éviter qu'une commande accède au cœur asynchrone en même temps que la suivante ou la précédente, idem pour l'usage des registres. C'est pour cela que les délais mémoire sont assez différents entre écritures et lectures, d'ailleurs. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Enregistrement de la commande dans le registre d'adresse/commande | bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Accès au cœur asynchrone | || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || |- ! Lecture/écriture du registre de données | || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Les DDR2 et 3 vont encore plus loin avec l'optimisation des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur mémoire peut envoyer une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings''. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur mémoire peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur mémoire. ==Les mémoires DDR== Les mémoires SDRAM récentes sont des mémoires de type ''dual data rate'', ce qui fait qu'elles portent le nom de mémoires DDR. Pour rappel, les mémoires ''dual data rate'' ont un plan mémoire deux fois plus large que le bus mémoire, avec un bus mémoire allant à une fréquence double. Par double, on veut dire que les transferts sur le bus mémoire ont lieu sur les fronts montants et descendants de l'horloge. Il y a donc deux transferts de données sur le bus pour chaque cycle d'horloge, ce qui permet de doubler le débit sans toucher à la fréquence du plan mémoire lui-même. Les mémoires DDR sont standardisées par un organisme international, le JEDEC, et ont été déclinées en plusieurs générations : DDR1, DDR2, DDR3, et DDR4. La différence entre ces modèles sont très nombreuses, mais les plus évidentes sont la fréquence de la mémoire et du bus mémoire. D'autres différences mineures existent entre les SDRAM et les mémoires DDR. Par exemple, la tension d'alimentation des mémoires DDR est plus faible que pour les SDRAM. ET elle a diminué dans le temps, d'une génération de DDR à l'autre. Avec les mémoires DDR2,la tension d'alimentation est passée de 2,5/2,6 Volts à 1,8 Volts. Avec les mémoires DDR3, la tension d'alimentation est notamment passée à 1,5 Volts. ===Les performances des mémoires DDR=== Les mémoires SDRAM ont évolué dans le temps, mais leur temps d'accès/fréquence n'a pas beaucoup changé. Il valait environ 10 nanosecondes pour les SDRAM, approximativement 5 ns pour la DDR-400, il a peu évolué pendant la génération DDR et DDR3, avant d'augmenter pendant les générations DDR4 et de stagner à nouveau pour la génération DDR5. L'usage du DDR, puis du QDR, visait à augmenter les performances malgré la stagnation des temps d'accès. En conséquence, la fréquence du bus a augmenté plus vite que celle des puces mémoire pour compenser. {|class="wikitable" |- ! Année ! Type de mémoire ! Fréquence de la mémoire (haut de gamme) ! Fréquence du bus ! Coefficient multiplicateur entre les deux fréquences |- | 1998 | DDR 1 | 100 - 200 MHz | 200 - 400 MHz | 2 |- | 2003 | DDR 2 | 100 - 266 MHz | 400 - 1066 MHz | 4 |- | 2007 | DDR 3 | 100 - 266 MHz | 800 - 2133 MHz | 8 |- | 2014 | DDR 4 | 200 - 400 MHz | 1600 - 3200 MHz | 8 |- | 2020 | DDR 5 | 200 - 450 MHz | 3200 - 7200 MHz | 8 à 16 |} Une conséquence est que la latence CAS, exprimée en nombre de cycles, a augmenté avec le temps. Si vous comparez des mémoires DDR2 avec une DDR4, par exemple, vous allez voir que la latence CAS est plus élevée pour la DDR4. Mais c'est parce que la latence est exprimée en nombre de cycles d'horloge, et que la fréquence a augmentée. En comparant les temps d'accès exprimés en secondes, on voit une amélioration. ===Les commandes des mémoires DDR=== Les commandes des mémoires DDR sont globalement les mêmes que celles des mémoires SDRAM, vues plus haut. Les modifications entre SDRAM, DDR1, DDR2, DDR3, DDR4, et DDR5 sont assez mineures. Les seules différences sont l'addition de bits pour la transmission des adresses, des bits en plus pour la sélection des banques, etc. En clair, une simple augmentation quantitative. Le registre de mode a été un peu modifié. Il est passé de 10 bits pour les SDRAM et DDR1, à 13 bits sur la DDR 2 et les suivantes. Les DDR ont aussi ajouté le support de plusieurs registres de mode, qui sont sélectionnés en réutilisant l'adresse de banque. Dans une commande LOAD MODE REGISTER, l'adresse de banque indique quel registre de mode il faut altérer. Avant la DDR4, les modifications des commandes sont mineures. La DDR2 supprime la commande ''Burst Terminate'', la DDR3 et la DDR4 utilisent le bit A12 pour préciser s'il faut faire une rafale complète, ou une rafale de moitié moins de données. Une optimisation des DDR2 et 3 est celle des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur de DRAM peut envoyer une commande ACT et une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings'' nécessaires entre les deux. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur de DRAM peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur de DRAM. Mais avec la DDR4, les choses changent, notamment au niveau de la commande ACT. Avec l'augmentation de la capacité des barrettes mémoires, la taille des adresses est devenue trop importante. Pour éviter de rajouter des bits d'adresses, les concepteurs du standard DDR4 ont décidé de ruser. Lors d'une commande ACT, les bits RAS, CAS et WE sont utilisés comme bits d'adresse, alors qu'ils ont leur signification normale pour les autres commandes. Pour éviter toute confusion, un nouveau bit ACT est ajouté pour indiquer la présence d'une commande ACT : il est à 1 pour une commande ACT, 0 pour les autres commandes. {| class="wikitable" style="text-align:center" |+ Commandes d'une mémoire DDR4, seule la commande colorée change par rapport aux SDRAM ! Bit CS || style="background: #CCFFCC" | Bit ACT || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (4 bits) || Bit du bas d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Arrêt d'un accès en rafale en cours. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- style="background: #CCFFCC" | 0 || style="background: #CCFFCC" | 1 || colspan="3" | Adresse de la ligne (bits de poids forts) || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne (bits de poids faible) || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne' dans toutes les banques. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 0 || Numéro de registre de mode || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} ===Les SDRAM basse consommation : les LPDDR=== Il existe des variantes de mémoire DDR qui sont optimisées pour consommer le moins d'énergie possible. Elles s'appelle les '''mémoires LP-DDR''', abréviation de ''Low Power DDR''. Elles sont utilisées dans les ordinateurs portables, les smartphones et autres équipements de ce type, pour lesquels l'autonomie de la batterie est très importante. Une différence importante est qu'elles ont une tension d'alimentation réduite comparé à une SDRAM/DDR de même génération, ce qui réduit drastiquement la consommation d'énergie. De plus, elles disposent de modes de mise en veille optimisés. Par exemple, les LPDDR intègrent des modes de mise en veille profonde, où seule une moitié ou le quart de la SDRAM est rafraichie. L'avantage est que seule la partie de la RAM contenant effectivement des données est rafraichie. Enfin, elles intègrent un rafraichissement dépendant de la température, où les rafraichissements sont d'autant plus fréquents que la température de la LPDDR est élevée. L’avantage est que cela permet de réduire la fréquence de rafraichissement quand l'ordinateur est en veille et chauffe peu. Elles ne se présentent pas souvent sous la forme de barrettes de RAM, comme les DDR normales. A la place, elles sont soudées sur la carte mère, dans le cas le plus fréquent. Les barrettes de LPDDR sont très rares. Le fait de souder les puces sur la carte mère a de nombreux avantages : ça prend moins de place, consomme moins, permet de garder des performances optimales, etc. Un autre détail, lié au précédent, est qu'elles utilisent souvent des bus plus petits. Là où les barrettes de SDRAM/DDR usuelles ont un bus de 64 bits, les LPDDR peuvent utiliser des bus de 16 ou 32 bits. A partir de la LPDDR 2, les registres de mode ont été élargit, afin de mémoriser des informations de configuration. Les nouveaux registres de mode ont pour but de remplacer le ''Serial Presence Detect'', afin de faire quelques économies sur la carte mère. Les LPDDR sont nommées comme les DDR, avec des LPDDR 1, 2, 3, etc. La LPDDR 1 est une DDR 1 ayant subit des modifications assez mineures. La tension d'alimentation passe de 2,5 V à seulement 1,8 V, des modes de rafraichissement ont été ajouté, de même qu'un mode de mise en veille profonde. Par contre, les LPDDR 2/3/4/5 se démarquent fortement des DDR 2/3/4/5 équivalentes. Par exemple, la LPDDR 2 ne correspond pas du tout à de la DDR2 modifiée. Elles se différencient des DDR normales sur de nombreux points, afin de consommer le moins possible. Notamment, les commandes DDR sont modifiées, au point qu'une LPDDR et une DDR sont incompatibles entre elles. Un point important est que les commandes sont envoyées en deux fois. Sur les LPDDR 2, 3 et 5, l'envoi se fait en un seul cycle d'horloge : la première moitié lors d'un front montant de l'horloge, l'autre moitié lors du front descendant. Les LPDDR 1 et 4 envoient les commandes en deux cycles d'horloge. Une conséquence est que le bus de commande est quasiment divisé par deux comparé à une SDRAM/DDR équivalente. Il est de 10 bits sur les LPDDR 1, 2 et 3 ; de 6 bits sur les LPDDR4, de 7 bits sur les LPDDR 5, et de 4 bits sur les LPDDR6. Les commandes varient d'une LPDDR à l'autre, mais restent similaires aux commandes DDR/SDR classiques, si ce n'est que quelques bits d'adresse sont retirés. Par exemple, sur les LPDDR 2, le bit de poids faible de l'adresse CA0 n'est pas transmis, ce qui fait que les lectures/écritures se font toujours à des adresses paires. Les LPDDR 4 et 5 ont introduits de nombreux changements : le bus de données passe d'un bus unique de 32 bits à deux bus de 16 bits, le bus de commande passe de 10 à 6 bits, et les commandes passent à des commandes SDR en remplacement des commandes DDR1. ==Les VRAM des cartes vidéo== Les cartes graphiques ont des besoins légèrement différents des DRAM des processeurs, ce qui fait qu'il existe des mémoires DRAM qui leur sont dédiées. Elles sont appelés des '''''Graphics RAM''''' (GRAM). La plupart incorporent des fonctionnalités utiles uniquement pour les mémoires vidéos, comme des fonctionnalités de masquage (appliquer un masque aux données lue ou à écrire), ou le remplissage d'un bloc de mémoire avec une donnée unique. Les anciennes cartes graphiques et les anciennes consoles utilisaient de la DRAM normale, faute de mieux. La première GRAM utilisée était la NEC μPD481850, qui a été utilisée sur la console de jeu PlayStation, à partir de son modèle SCPH-5000. D'autres modèles de GRAM ont rapidement suivi. Les anciennes consoles de jeu, mais aussi des cartes graphiquesn utilisaient des GRAM spécifiques. ===Les mémoires vidéo double port=== Sur les premières consoles de jeu et les premières cartes graphiques, le ''framebuffer'' était mémorisé dans une mémoire vidéo spécialisée appelée une '''mémoire vidéo double port'''. Le premier port était connecté au processeur ou à la carte graphique, alors que le second port était connecté à un écran CRT. Aussi, nous appellerons ces deux port le ''port CPU/GPU'' et l'autre sera appelé le ''port CRT''. Le premier port était utilisé pour enregistrer l'image à calculer et faire les calculs, alors que le second port était utilisé pour envoyer à l'écran l'image à afficher. Le port CPU/GPU est tout ce qu'il y a de plus normal : on peut lire ou écrire des données, en précisant l'adresse mémoire de la donnée, rien de compliqué. Le port CRT est assez original : il permet d'envoyer un paquet de données bit par bit. De telles mémoires étaient des mémoires à tampon de ligne, dont le support de mémorisation était organisé en ligne et colonnes. Une ligne à l'intérieur de la mémoire correspond à une ligne de pixel à l'écran, ce qui se marie bien avec le fait que les anciens écrans CRT affichaient les images ligne par ligne. L'envoi d'une ligne à l'écran se fait bit par bit, sur un câble assez simple comme un câble VGA ou autre. Le second port permettait de faire cela automatiquement, en permettant de lire une ligne bit par bit, les bits étant envoyés l'un après l'autre automatiquement. Pour cela, les mémoires vidéo double port incorporaient un tampon de ligne spécialisé pour le port lié à l'écran. Ce tampon de ligne n'était autre qu'un registre à décalage, contrairement au tampon de ligne normal. Lors de l'accès au second port, la carte graphique fournissait un numéro de ligne et la ligne était chargée dans le tampon de ligne associé à l'écran. La carte graphique envoyait un signal d'horloge de même fréquence que l'écran, qui commandait le tampon de ligne à décalage : un bit sortait à chaque cycle d'écran et les bits étaient envoyé dans le bon ordre. ===Les mémoires SGRAM et GDDR=== De nos jours, les cartes graphiques n'utilisent plus de mémoires double port, mais des mémoires simple port. Les mémoires graphiques actuelles sont des SDRAM modifiées pour fonctionner en tant que ''Graphic RAM''. Les plus connues sont les '''mémoires GDDR''', pour ''graphics double data rate'', utilisées presque exclusivement sur les cartes graphiques. Il en existe plusieurs types pendant que j'écris ce tutoriel : GDDR, GDDR2, GDDR3, GDDR4, et GDDR5. Mais attention, il y a des différences avec les DDR normales. Par exemple, les GDDR ont une fréquence plus élevée que les DDR normales, avec des temps d'accès plus élevés (sauf pour le tCAS). De plus, elles sont capables de laisser ouvertes deux lignes en même temps. Par contre, ce sont des mémoires simple port. ==Les mémoires SLDRAM, RDRAM et associées== Les mémoires précédentes sont généralement associées à des bus larges. Les mémoires SDRAM et DDR modernes ont des bus de données de 64 bits de large, avec des d'adresse et de commande de largeur similaire. Le nombre de fils du bus mémoire dépasse facilement la centaine de fils, avec autant de broches sur les barrettes de mémoire. Largeur de ces bus pose de problèmes problèmes électriques, dont la résolution n'est pas triviale. En conséquence, la fréquence du bus mémoire est généralement moins performantes comparé à ce qu'on aurait avec un bus moins large. Mais d'autres mémoires DRAM ont exploré une solution alternative : avoir un bus peu large mais de haute fréquence, sur lequel on envoie les commandes/données en plusieurs fois. Elles sont regroupées sous le nom de '''DRAM à commutation par paquets'''. Elles utilisent des bus spéciaux, où les commandes/adresses/données sont transmises par paquets, par trames, en plusieurs fois. En théorie, ce qu'on a dit sur le codage des trames dans le chapitre sur le bus devrait s'appliquer à de telles mémoires. En pratique, les protocoles de transmission sur le bus mémoire sont simplifiés, pour gérer le fonctionnement à haute fréquence. Le processeur envoie des paquets de commandes, les mémoires répondent avec des paquets de données ou des accusés de réception. Les mémoires à commutation par paquets sont peu nombreuses. Les plus connues sont les mémoires conçues par la société Rambus, à savoir la ''RDRAM'' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs ''XDR RAM'' et ''XDR RAM 2''. La ''Synchronous-link DRAM'' (''SLDRAM'') est un format concurrent conçu par un consortium de plusieurs concepteurs de mémoire. ===La SLDRAM (''Synchronous-link DRAM'')=== Les '''mémoires SLDRAM''' avaient un bus de données de 64 bits allant à 200-400 Hz, avec technologie DDR, ce qui était dans la norme de l'époque pour la fréquence (début des années 2000). Elle utilisait un bus de commande de 11 bits, qui était utilisé pour transmettre des commandes de 40 bits, transmises en quatre cycles d'horloge consécutifs (en réalité, quatre fronts d'horloge donc deux cycles en DDR). Le bus de données était de 18 bits, mais les transferts de donnée se faisaient par paquets de 4 à 8 octets (32-65 bits). Pour résumer, données et commandes sont chacunes transmises en plusieurs cycles consécutifs, sur un bus de commande/données plus court que les données/commandes elle-mêmes. Là où les SDRAM sélectionnent la bonne barrette grâce à des signaux de commande dédiés, ce n'est pas le cas avec la SLDRAM. À la place, chaque barrette de mémoire reçoit un identifiant, un numéro codé sur 7-8 bits. Les commandes de lecture/écriture précisent l'identifiant dans la commande. Toutes les barrettes reçoivent la commande, elles vérifient si l'identifiant de la commande est le leur, et elles la prennent en compte seulement si c'est le cas. Voici le format d'une commande SLDRAM. Elle contient l'adresse, qui regroupe le numéro de banque, le numéro de ligne et le numéro de colonne. On trouve aussi un code commande qui indique s'il faut faire une lecture ou une écriture, et qui configure l'accès mémoire. Il configure notamment le mode rafale, en indiquant s'il faut lire/écrire 4 ou 8 octets. Enfin, il indique s'il faut fermer la ligne accédée une fois l'accès terminé, ou s'il faut la laisser ouverte. Le code commande peut aussi préciser que la commande est un rafraichissement ou non, effectuer des opérations de configuration, etc. L'identifiant de barrette mémoire est envoyé en premier, histoire que les barrettes sachent précocement si l'accès les concerne ou non. {|class="wikitable" style="text-align:center" |+SLDRAM Read, write or row op request packet ! FLAG || CA9 || CA8 || CA7 || CA6 || CA5 || CA4 || CA3 || CA2 || CA1 || CA0 |- ! 1 | colspan=9 bgcolor=#ffcccc| Identifiant de barrette mémoire|| bgcolor=#ccffcc| Code de commande |- ! 0 | colspan=5 bgcolor=#ccffcc| Code de commande ||colspan=3 bgcolor=#ff88ff| Banque||colspan=2 bgcolor=#ffffcc| Ligne |- ! 0 | colspan=9 bgcolor=#ffffcc| Ligne || 0 |- ! 0 | 0 || 0 || 0 ||colspan=7 bgcolor=#ccffff| Colonne |} ===Les mémoires Rambus=== Les mémoires conçues par la société Rambus regroupent la '''RDRAM''' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs '''XDR RAM''' et '''XDR RAM 2'''. Les toutes premières étaient les '''mémoires RDRAM''', où le bus permettait de transmettre soit des commandes (adresse inclue), soit des données, avec un multiplexage total. Le processeur envoie un paquet contenant commandes et adresse à la mémoire, qui répond avec un paquet d'acquittement. Lors d'une lecture, le paquet d'acquittement contient la donnée lue. Lors d'une écriture, le paquet d'acquittement est réduit au strict minimum. Le bus de commandes est réduit au strict minimum, à savoir l'horloge et quelques bits absolument essentiels, les bits RW est transmis dans un paquet et n'ont pas de ligne dédiée, pareil pour le bit OE. Toutes les barrettes de mémoire doivent vérifier toutes les transmissions et déterminer si elles sont concernées en analysant l'adresse transmise dans la trame. Elles ont été utilisées dans des PC ou d'anciennes consoles de jeu. Par exemple, la Nintendo 64 incorporait 4 mébioctets de mémoire RDRAM en tant que mémoire principale. La RDRAM de la Nintendo 64 était cadencée à 500 MHz, utilisait un bus de 9 bits, et avait un débit binaire maximal théorique de 500 MB/s. La Playstation 2 contenait quant à elle 32 mébioctets de RDRAM en ''dual-channel'', pour un débit binaire de 3.2 Gibioctets par seconde. Les processeurs Pentium 3 pouvaient être associés à de la RDRAM sur certaines mères. Les Pentium 4 étaient eux aussi associés à la de RDRAM, mais les cartes mères ne géraient que ce genre de mémoire. La Playstation 3 contenait quant à elle de la XDR RAM. ==Les eDRAM : des DRAM adaptées aux ''chiplets''== Les '''mémoires eDRAM''', pour ''embedded DRAM'', sont des mémoires RAM qui sont destinées à être intégrée au processeur. Pour comparer, les DRAM normales sont placées sur des barrettes de RAM ou soudées à la carte mère. Dans la quasi-totalité des cas, l'eDRAM est utilisée pour implémenter une mémoire cache, elle ne sert pas de mémoire principale (cache L4, le plus proche de la mémoire sur ces puces). De ce fait, elles sont conçues pour être très rapides, avoir une grande bande passante, au détriment de leur capacité mémoire. Pour être plus précis, l'eDRAM est une puce de DRAM conçue pour être intégrée dans un ''chiplet'', , à savoir des circuits imprimés qui regroupent plusieurs puces électroniques distinctes, regroupées sur le même PCB. Typiquement, un processeur de type ''chiplet'' avec de l'eDRAM comprend deux puces séparées : une pour le processeur, une autre pour une puce de communication avec la RAM. Avec la mémoire eDRAM, les deux puces sont complétées par une troisième puce spécialisée qui incorpore l'eDRAM. Elle a été utilisée sur quelques processeurs, mais aussi dans des consoles de jeu vidéo, pour la carte graphique des consoles suivantes : la PlayStation 2, la PlayStation Portable, la GameCube, la Wii, la Wii U, et la XBOX 360. Sur ces consoles, la RAM de la carte graphique était intégrée avec le processeur graphique dans le même circuit. La fameuse mémoire vidéo et le GPU n'étaient qu'une seule et même puce électronique, un seul circuit intégré. Ce n'est pas le cas sur une carte graphique moderne : regardez votre carte graphique avec attention et vous verrez que le GPU est une puce carrée située sous les ventilateurs, alors que les puces mémoires sont situées juste autour et soudées sur le PCB de la carte. Les processeurs Intel Core de microarchitecture Broadwell disposaient d'un cache L4 de 128 mébioctets, intégralement implémenté avec de la mémoire eDRAM. Quelques processeurs de la microarchitecture précédente (Haswell), disposaient aussi de ce cache. Le cache L4 eDRAM était implémenté sur un chiplet à part, à savoir que le processeur était composé de trois puces séparées : une pour le processeur, une autre pour la gestion des entrées-sorties, et une autre pour le cache L4. La puce pour le cache L4, appelée ''Crystal Well'', était gravée en 22nm, ce qui était une finesse de gravure plus élevée que celle des processeurs associés. ''Crystal Well'' était très optimisé pour l'époque. Par exemple, elle disposait de bus séparées pour la lecture et l'écriture, chose qu'on retrouve fréquemment sur les SRAM mais qui est absent sur les mémoires DRAM actuelles. Pour le reste, elle ressemblait beaucoup aux mémoires DDR de l'époque (système de ''double data rate'', entres autres), mais elle allait à une fréquence plus élevée que les DRAM de l'époque et avait un débit bien plus élevé, pour une consommation moindre. ''Crystal Well'' consommait entre 1 à 5 watts (1 watt en veille, 5 à pleine utilisation), pour un débit binaire de 102 GB/s et fonctionnait à 3.2 GHz. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les mémoires SRAM synchrones | prevText=Les mémoires SRAM synchrones | next=Contrôleur mémoire externe | nextText=Le contrôleur mémoire externe }}{{autocat}} </noinclude> oz8qjkxzu6dtuqgvk37pjfw5b1jnebm 768210 768209 2026-06-20T17:40:24Z Mewtow 31375 /* Les SDRAM basse consommation : les LPDDR */ 768210 wikitext text/x-wiki Après avoir vu les mémoires statiques (SRAM), il est temps de passer aux mémoires RAM dynamiques, aussi appelées mémoires DRAM. Pour rappel, les DRAM dynamiques ont pour défaut que leurss données s'effacent après un certain temps, en quelques millièmes ou centièmes de secondes . En conséquence, il faut réécrire chaque bit de la mémoire régulièrement pour éviter qu'il ne s'efface. On dit qu'on doit effectuer régulièrement un '''rafraîchissement mémoire'''. Et celui-ci rend les DRAM très différentes des SRAM. Les DRAM des PC ont beaucoup évolués dans le temps. Les toutes premières mémoires DRAM étaient des mémoires asynchrones, mais elles ont été remplacées par des modèles synchrones. Les modèles asynchrones ont été très nombreux. Après l'apparition des premières DRAM, les mémoires ''Fast Page Mode'' sont apparues, suivies par les mémoires ''Extended Data Out'', puis les EDO en mode rafale. Elles ont été utilisées jusque dans la moitié des années 90, pour ensuite être supplantées par les mémoires SDRAM. Les mémoires DDR actuelles sont des améliorations des mémoires SDRAM actuelles. Le fait est que les DRAM sont des mémoires électroniques comme les autres, qui se présentent sous la forme de circuits intégrés, à savoir que ce sont des petits boitiers noirs avec des broches. Il est possible de souder ces boitiers sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais il est aussi possible de regrouper plusieurs boitiers sur une barrette de RAM séparée. Dans ce qui suit, nous les appellerons des '''chips mémoire''', ou encore, des puces mémoires. [[File:Canyon CN-WF514 - EtronTech EM638325TS-6-4022.jpg|centre|vignette|upright=2|Exemple de chip mémoire.]] Dans ce qui suit, nous allons étudier ces chips de DRAM, avant de voir comment ils sont regroupés sur une barrette de RAM. Puis, nous allons voire chaque type de mémoire, FPM, EDO, SDRAM, DDR, ... ; un par un. ==L'interface des DRAM et le contrôleur mémoire== L'interface d'une mémoire DRAM est plus compliquée que l'interface d'une SRAM basique. Et c'est suffisant pour qu'on ait besoin d'un intermédiaire pour faire la conversion entre processeur et DRAM. Les DRAM modernes ne sont pas connectées directement au processeur, mais le sont par l'intermédiaire d'un '''contrôleur mémoire externe'''. Il ne faut pas le confondre avec le contrôleur mémoire interne, placé dans la mémoire RAM, et qui contient notamment le décodeur. Les deux sont totalement différents, bien que leur nom soit similaire. Pour éviter toute confusion, j'utiliserais le terme de '''contrôleur de DRAM''', plus parlant. Le contrôleur de DRAM gère le bus mémoire et tout ce qui est envoyé dessus. Il envoie des commandes aux barrettes de mémoire, commandes qui peuvent être des lectures, des écritures, ou des demandes de rafraichissement, parfois d'autres commandes. La mémoire répond à ces commandes par l'action adéquate : lire la donnée et la placer sur le bus de données pour une commande de lecture, par exemple. Le rôle du contrôleur de DRAM varie grandement suivant le contrôleur en question, ainsi que selon le type de DRAM. ===Le bus d'adresse des DRAM est multiplexé=== Un point important pour le contrôleur de DRAM est de transformer les adresses mémoires fournies par le processeur, en adresses utilisables par la DRAM. Car les DRAM ont une interface assez spécifique. Les DRAM ont ce qui s'appelle un '''bus d'adresse multiplexé'''. Avec de tels bus, l'adresse est envoyée en deux fois. Les bits de poids fort sont envoyés avant les bits de poids faible. On peut ainsi envoyer une adresse de 32 bits sur un bus d'adresse de 16 bits, par exemple. Le bus d'adresse contient alors environ moitié moins de fils que la normale. Pour rappel, l'avantage de cette méthode est qu'elle permet de limiter le nombre de fils du bus d'adresse, ce qui très intéressant sur les mémoires de grande capacité. Les mémoires DRAM étant utilisées comme mémoire principale d'un ordinateur, elles devaient avoir une grande capacité. Cependant, avoir un petit nombre de broches sur les barrettes de mémoire est clairement important, ce qui impose d'utiliser des stratagèmes. Envoyer l'adresse en deux fois répond parfaitement à ce problème : cela permet d'avoir des adresses larges et donc des mémoires de forte capacité, avec une performance acceptable et peu de fils sur le bus d'adresse. Les bus multiplexés se marient bien avec le fait que les DRAM sont des mémoires à adressage par coïncidence ou à tampon de ligne. Sur ces mémoires, l'adresse est découpée en deux : une adresse haute pour sélectionner la ligne, et une adresse basse qui sélectionne la colonne. L'adresse est envoyée en deux fois : la ligne, puis la colonne. Pour savoir si une donnée envoyée sur le bus d'adresse est une adresse de ligne ou de colonne, le bus de commande de ces mémoires contenait deux fils bien particuliers : les RAS et le CAS. Pour simplifier, le signal RAS permettait de sélectionner une ligne, et le signal CAS permettait de sélectionner une colonne. [[File:Signaux RAS et CAS.png|centre|vignette|upright=2|Signaux RAS et CAS.]] Si on a deux bits RAS et CAS, c'est parce que la mémoire prend en compte les signaux RAS et CAS quand ils passent de 1 à 0. C'est à ce moment là que la ligne ou colonne dont l'adresse est sur le bus sera sélectionnée. Tant que des signaux sont à zéro, la ligne ou colonne reste sélectionnée : on peut changer l'adresse sur le bus, cela ne désélectionnera pas la ligne ou la colonne et la valeur présente lors du front descendant est conservée. [[File:L'intérieur d'une FPM.png|centre|vignette|upright=2|L'intérieur d'une FPM.]] ===Le rafraichissement mémoire=== La spécificité des DRAM est qu'elles doivent être rafraichies régulièrement, sans quoi leurs cellules perdent leurs données. Le rafraichissement est basiquement une lecture camouflée. Elle lit les cellules mémoires, mais n'envoie pas le contenu lu sur le bus de données. Rappelons que la lecture sur une DRAM est destructive, à savoir qu'elle vide la cellule mémoire, mais que le système d'amplification de lecture régénère le contenu de la cellule automatiquement. La cellule est donc rafraichie automatiquement lors d'une lecture. La quasi-totalité des DRAM supporte des commandes de rafraichissement, séparées des lectures et écritures classiques. Une commande de rafraichissement ordonne de rafraichir une adresse, voire une ligne complète. Les commandes de rafraichissement sont générées par le contrôleur de DRAM, dans la grosse majorité des cas. Il est aussi possible que ce soit le processeur qui les génère, mais c'est beaucoup plus rare. Il est aussi possible d'envoyer des commandes de rafraichissement vides, qui ne précisent ni adresse ni numéro de ligne. Pour les gérer, la mémoire contient un compteur, qui pointe sur la prochaine ligne à rafraichir, qui est incrémenté à chaque commande de rafraichissement. Une commande de rafraichissement indique à la mémoire d'utiliser l'adresse dans ce compteur pour savoir quelle adresse/ligne rafraichir. [[File:Rafraichissement mémoire automatique.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire automatique.]] Il existe des mémoires qui sont des intermédiaires entre les mémoires SRAM et DRAM. Il s'agit des '''mémoires pseudo-statiques''', qui sont techniquement des mémoires DRAM, utilisant des transistors et des condensateurs, mais qui gèrent leur rafraichissement mémoire toutes seules. Le rafraichissement mémoire est alors totalement automatique, ni le processeur, ni le contrôleur de DRAM ne devant s'en charger. Le rafraichissement est purement le fait des circuits de la mémoire RAM et devient une simple opération de maintenance interne, gérée par la RAM elle-même. L'envoi des commandes de rafraichissement peuvent se faire de deux manières : soit on les envoie toutes en même temps, soit on les disperse le plus possible. Le premier cas est un '''rafraichissement en rafale''', le second un '''rafraichissement étalé'''. Le rafraichissement en rafale n'est pas utilisé dans les PC, car il bloque la mémoire pendant un temps assez long. Mais les anciennes consoles de jeu gagnaient parfois à utiliser eu rafraichissement en rafale. En effet, la mémoire était souvent effacée entre l'affichage de deux images, pour éviter certains problèmes dont on ne parlera pas ici. Le rafraichissement de la mémoire était effectué à ce moment là : l'effacement rafraichissait la mémoire. Le temps mis pour rafraichir la mémoire est le temps mis pour parcourir toute la mémoire. Il s'agit du temps de balayage vu dans le chapitre sur les performances d'un ordinateur. Pour les mémoires FPM et EDO, il est défini en divisant la capacité de la mémoire par son débit binaire. C'est le temps nécessaire pour lire ou réécrire tout le contenu de la mémoire. Sur les SDRAM, les choses sont un peu différentes, pour une raison qu'on expliquera plus bas. ==Les rangées : l'arrangement horizontal et vertical== Il est rare d'utiliser un chip mémoire seul, car ceux-ci n'ont pas une capacité suffisante. Pour donner quelques chiffres, à l'heure où j'écris ces lignes, la norme pour un ordinateur est d'avoir entre 8 et 64 gibioctets de RAM. Mais les chips mémoire font entre 1 et 4 gibioctets, rarement plus. La raison est que les ordinateurs combinent ensemble plusieurs chips mémoire pour additionner leurs capacités. La concaténation de plusieurs chips mémoire peut se faire de deux manières différentes, appelées l'arrangement horizontal et l'arrangement vertical. Les deux additionnent la capacité des chips mémoire, mais se distinguent sur un point : ce qui arrive respectivement au bus de données, et au nombre d'adresses. Intuitivement, on se dit que doubler la capacité mémoire implique de doubler le nombre d'adresses mémoire. C'est effectivement ce qui se passe avec l'arrangement vertical. Mais avec l'arrangement horizontal, le nombre d'adresse ne varie pas. Voyons cela en détail, et commençons par le cas le plus simple, celui de l'arrangement vertical seul. ===L'arrangement vertical : cumuler des adresses mémoire=== Introduisons l'arrangement vertical par un exemple. Imaginez que je souhaite obtenir de 4 mébioctets de RAM, en combinant 4 chips mémoires de 1 mébioctet chacun. L'idée est que le premier mébioctet est placé dans le premier chip mémoire, le second mébioctet dans le second chip, etc. Des adresses consécutives se trouvent ainsi dans le même chip mémoire, sauf pour quelques adresses où on passe d'un chip à l'autre. Avec cette organisation, le bus de donnée fait un octet, et les chips mémoire ont aussi un bus de données d'un octet. Je peux alors combiner les capacités de plusieurs chips mémoire, sans toucher au bus de données. [[File:Répartition des adresses sans entrelacement.png|centre|vignette|upright=1.5|Répartition des adresses avec arrangement vertical.]] Pour sélectionner le chip mémoire adéquat, il faut que chaque chip mémoire dispose d'une entrée ''Chip Select'', qui permet de l'activer ou de le désactiver. L'idée est que selon l'adresse demandée, on active le chip mémoire associé à cette adresse. Les signaux ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur de DRAM, à partir de l'adresse. On dit qu'il y a un '''décodage d'adresse'''. Avec cet arrangement, les bits de poids fort de l'adresse sont utilisées pour sélectionner la banque adéquate, et le reste de l'adresse est envoyé sur le bus d'adresse. Par exemple, avec 4 chips mémoire, les deux bits de poids fort de l'adresse sont utilisés pour sélectionner le chip mémoire adéquat. Les adresses mémoire sont alors découpées comme suit : {|class="wikitable" |+ Adresse mémoire |- ! Adresse de banque !! Adresse dans la banque |- | Quelques bits de poids fort || Reste de l'adresse |} ===L'arrangement horizontal : élargir le bus de données=== L'arrangement horizontal permet lui aussi d'additionner les capacités mémoire de plusieurs chips mémoire. Cependant, il les combine d'une autre manière. Le nombre d'adresses mémoire n'est pas changé en utilisant plusieurs chips, mais le bus de données est élargi. Le mieux pour comprendre l'idée est de partir d'un exemple, et nous allons prendre celui d'une mémoire SDRAM. Les ordinateurs actuels ont un bus de données de 64 bits (on met de côté le cas du double ou triple canal). Cependant, il n'existe pas de chip mémoire avec un bus aussi large. Les puces de SDRAM/DDR ont un bus de 4, 8 ou 16 bits, ce sont les tailles les plus courantes. L'arrangement horizontal résout ce problème en combinant plusieurs chips mémoire de manière à ce que leurs bus de données s'"additionnent", se concatènent. Par exemple, on peut regrouper 8 chips mémoires de 8 bits, obtenir un bus mémoire de 64 bits. Il est aussi possible d'obtenir ces 64 bits avec des puces de 16 chips mémoire de 4 bits, ou 4 chips mémoire de 16 bits. [[File:Arrangement horizontal SDRAM - un Rank.png|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal SDRAM.]] Avec cette organisation, on accède à tous les bancs en parallèle à chaque accès, avec la même adresse. Vu que les chips mémoires contiennent tous une partie de la donnée demandée, ils doivent tous être activés en même temps. Pour cela, l'adresse à lire est envoyée à tous les chips mémoire d'un même ''rank'', idem pour les signaux de commande. Un ensemble de N chips reliés de cette manière forme une '''rangée''' (le terme anglais est ''rank''). [[File:Arrangement horizontal.jpg|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal.]] ===L'arrangement horizontal et vertical combinés=== Nous venons de voir l'arrangement vertical et horizontal, pour ce qui est des barrettes de mémoire. Précisons que ce qui vient d'être dit marche aussi bien pour les barrettes de RAM que pour la mémoire soudée sur la carte mère. Du moment qu'on combine plusieurs chips mémoire ensemble, ces concepts restent valides. Et il en est de même pour la suite, encore que ce soit nettement moins fréquent avec de la mémoire soudée. Il est possible de combiner à la fois l'arrangement vertical et l'arrangement horizontal. Rien de plus simple : il suffit d'utiliser un arrangement vertical entre plusieurs rangées, chacun composée de plusieurs chips mémoire. C'est surtout utilisé sur les barrettes de mémoire SDRAM, qui contiennent 1, 2, 4 ou 8 rangées, rarement plus. Par exemple, une SDRAM peut combiner 16 chips de DRAM de 8 bits chacun, dans deux rangées de 64 bits chacun, chaque rangée regroupant 8 chips. [[File:SDRAM avec 4 ranks.png|centre|vignette|upright=2|SDRAM avec 4 ranks]] Le choix entre la première ou la seconde rangée se fait en configurant les bits ''Chip Select'' de chaque rangée. Il faut noter que les bits de ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur mémoire, et envoyés sur le bus de commande. [[File:Td6bfig3.png|centre|vignette|upright=2|Comparaison entre arrangement horizontal (à gauche) et arrangement vertical (à droite).]] Le contrôleur de DRAM peut adresser un certain nombre de rangées, dispersés sur plusieurs barrettes. La limite maximale dépend du contrôleur de DRAM, elle est souvent proche de 8 ou 16 rangées. Si on combine plusieurs barrettes de mémoire, il est possible de dépasser cette limite. Par exemple, prenez un contrôleur de DRAM supportant maximum 8 rangées. Avec 4 barrettes contenant 4 rangées chacune, la limite est dépassée. : Il faut noter que tout ce qui vient d'être dit vaut aussi pour les mémoires ROM et SRAM. Mais en pratique, les arrangements verticaux et horizontaux sont surtout utilisés sur les mémoires DRAM. Il faut dire que de tels arrangements servent à augmenter la capacité mémoire, ce qui colle plus avec des DRAM que des SRAM ou des ROM. ==Les barrettes de mémoire DRAM== [[File:Ram-module.svg|droite|vignette|upright=0.5|Barrette de mémoire RAM.]] Il est possible de souder plusieurs boitiers de DRAM sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais dans les PC fixes, les puces de DRAM sont regroupées sur des ''barrettes mémoires'''. Les barrettes de mémoire se fixent à la carte mère sur un connecteur standardisé, appelé '''slot mémoire'''. Le dessin ci-contre montre une barrette de mémoire, celui-ci ci-dessous est celui d'un ''slot'' mémoire. [[File:Dual channel slots.jpg|centre|vignette|Slots mémoires.]] Sur le schéma de droite, on remarque facilement les boitiers de DRAM, rectangulaires, de couleur sombre. Chaque barrette combine ces puces de manière à additionner leurs capacités : on peut ainsi créer une mémoire de 8 gibioctets à partir de 8 puces d'un gibioctet, par exemple. Ils sont soudés sur un PCB en plastique vert sur lequel sont gravés des connexions métalliques. Les trucs dorés situés en bas des barrettes de mémoire sont des broches qui connectent la barrette au bus mémoire. Les barrettes des mémoires FPM/EDO/SDRAM/DDR n'ont pas le même nombre de broches, pour des raisons de compatibilité. {|class="wikitable" |- !Type de barrette !Type de mémoire !Nombre de broches |- | rowspan="2" | SIMM | rowspan="2" | FPM/EDO |30 |- |72 |- | rowspan="4" | DIMM |SDRAM |168 |- |DDR |184 |- |DDR2 |214, 240 ou 244, suivant la barrette ou la carte mère. |- |DDR3 |204 ou 240, suivant la barrette ou la carte mère. |} ===Le format des barrettes de mémoire=== Certaines barrettes ont des puces mémoire d'un seul côté alors que d'autres en ont sur les deux faces. Cela permet de distinguer les barrettes SIMM et DIMM. * Les '''barrettes SIMM''' ont des puces sur une seule face de la barrette. Elles étaient utilisées pour les mémoires FPM et EDO-RAM. * Les '''barrettes DIMM''' ont des puces sur les deux côtés. Elles sont utilisées sur les SDRAM et les DDR. {| class="flexible" |+ '''Barrette SIMM''' |- |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7229.jpg|vignette|SIMM recto.]] |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7230.jpg|vignette|SIMM verso.]] |} : Les modules DIMM tendent à avoir plus de rangées que les modules SIMM, mais ce n'est pas systématique. Il est souvent dit que les barrettes DIMM ont deux rangées, contre seulement 1 pour les SIMM, mais les contre-exemples sont nombreux. Les barrettes '''SO-DIMM''', pour ordinateurs portables, sont différentes des barrettes DIMM normales des DDR/SDRAM. La raison est qu'il n'y a pas beaucoup de place à l'intérieur d'un PC portable, ce qui demande de diminuer la taille des barrettes. {| |- |[[File:Desktop DDR Memory Comparison.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC de bureau.]] |[[File:Laptop SODIMM DDR Memory Comparison V2.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC portables.]] |} Les barrettes de Rambus ont parfois été appelées des '''barrettes RB-DIMM''', mais ce sont en réalité des DIMM comme les autres. La différence principale est que la position des broches n'était pas la même que celle des formats DIMM normaux, sans compter que le connecteur Rambus n'était pas compatible avec les connecteurs SDR/DDR normaux. ===Les interconnexions à l'intérieur d'une barrette de mémoire=== Les boîtiers de DRAM noirs sont connectés au bus par le biais de connexions métalliques. Toutes les puces d'une même rangée sont connectées aux bus d'adresse et de commande. Et les chips d'une même rangée reçoivent exactement les mêmes signaux de commande/adresses, ce qui permet d'envoyer la même adresse/commande à toutes les puces en même temps. La manière dont ces puces sont reliées au bus de commande dépend selon la mémoire utilisée. Les DDR1 et 2 utilisent ce qu'on appelle une '''topologie en T''', illustrée ci-dessous. On voit que le bus de commande forme une sorte d'arbre, dont chaque extrémité est connectée à une puce. La topologie en T permet d'égaliser le délai de transmission des commandes à travers le bus : la commande transmise arrive en même temps sur toutes les puces. Mais elle a de nombreux défauts, à savoir : elle fonctionne mal à haute fréquence, elle est difficile à router en raisons des embranchements. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2, nommée topologie en T.]] En comparaison, les DDR3 utilisent une '''topologie ''fly-by''''', où les puces sont connectées en série sur le bus de commande/adresse. La topologie ''fly-by'' n'a pas les problèmes de la topologie en T : elle est simple à router et fonctionne très bien à haute fréquence. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie fly-by.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie ''fly-by'']] ===Les barrettes tamponnées (à registres)=== Certaines barrettes intègrent un registre tampon, qui fait l'interface entre le bus et la barrette de RAM. L'utilité est d'améliorer la transmission du signal sur le bus mémoire. Sans ce registre, les signaux électriques doivent traverser le bus, puis traverser les connexions à l'intérieur de la barrette, jusqu'aux puces de mémoire. Avec un registre tampon, les signaux traversent le bus, sont mémorisés dans le registre et c'est tout. Le registre envoie les commandes/données jusqu'aux puces mémoire, mais le signal a été régénéré par le registre. Le signal transmis est donc de meilleure qualité, ce qui augmente la fiabilité du système mémoire. Le défaut est que la présence de ce registre fait que les barrettes ont un temps de latence est plus important que celui des barrettes normales, du fait de la latence du registre. Les barrettes de ce genre sont appelées des '''barrettes RIMM'''. Il en existe deux types : * Avec les '''barrettes RDIMM''', le registre fait l'interface pour le bus d'adresse et le bus de commande, mais pas pour le bus de données. * Avec les '''barrettes LRDIMM''' (''Load Reduced DIMMs''), le registre fait tampon pour tous les bus, y compris le bus de données. [[File:Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.]] ===Le ''Serial Presence Detect''=== [[File:SPD SDRAM.jpg|vignette|Localisation du SPD sur une barrette de SDRAM.]] Toute barrette de mémoire assez récente contient une petite mémoire ROM qui stocke les différentes informations sur la mémoire : délais mémoire, capacité, marque, etc. Cette mémoire s'appelle le '''''Serial Presence Detect''''', aussi communément appelé le SPD. Ce SPD contient non seulement les timings de la mémoire RAM, mais aussi diverses informations, comme le numéro de série de la barrette, sa marque, et diverses informations. Le SPD est lu au démarrage de l'ordinateur par le BIOS, afin de pourvoir configurer ce qu'il faut. Le contenu de ce fameux SPD est standardisé par un organisme nommé le JEDEC, qui s'est chargé de standardiser le contenu de cette mémoire, ainsi que les fréquences, timings, tensions et autres paramètres des mémoires SDRAM et DDR. Pour les curieux, vous pouvez lire la page wikipédia sur le SPD, qui donne son contenu pour les mémoires SDR et DDR : [https://en.wikipedia.org/wiki/Serial_presence_detect Serial Presence Detect]. ==Les mémoires asynchrones à RAS/CAS : FPM et EDO-RAM== Avant l'invention des mémoires SDRAM et DDR, il exista un grand nombre de mémoires différentes, les plus connues étant les mémoires fast page mode et EDO-RAM. Ces mémoires n'étaient pas synchronisées par un signal d'horloge, c'était des '''mémoires asynchrones'''. Quand ces mémoires ont été créées, cela ne posait aucun problème : les accès mémoire étaient très rapides et le processeur était certain que la mémoire aurait déjà fini sa lecture ou écriture au cycle suivant. Les mémoires asynchrones les plus connues étaient les '''mémoires FPM''' et '''mémoires EDO'''. Pour ce qui est de leur interface, il faut signaler qu'elles n'ont pas d'entrée ''Chip Select'' ou d'entrée ''Output Enable''. Les signaux RAS et CAS remplacent en quelque sorte ces deux signaux. Le bit RAS fait office de ''Chip Select'', le bit CAS fait office d'''Output Enable''. ===Les mémoires FPM=== Les '''mémoires FPM (''Fast Page Mode'')''' possédaient une petite amélioration, qui rendait l'adressage plus simple. Avec elles, il n'y a pas besoin de préciser deux fois la ligne si celle-ci ne changeait pas lors de deux accès consécutifs : on pouvait garder la ligne sélectionnée durant plusieurs accès. Par contre, il faut quand même préciser les adresses de colonnes à chaque changement d'adresse. Il existe une petite différence entre les mémoire ''Page Mode'' et les mémoires ''Fast-Page Mode'' proprement dit. Sur les premières, le signal CAS est censé passer à 0 avant qu'on fournisse l'adresse de colonne. Avec les ''Fast-Page Mode'', l'adresse de colonne pouvait être fournie avant que l'on configure le signal CAS. Cela faisait gagner un petit peu de temps, en réduisant quelque peu le temps d'accès total. [[File:Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.png|centre|vignette|upright=2|Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.]] Avec les '''mémoires en mode quartet''', il est possible de lire quatre octets consécutifs sans avoir à préciser la ligne ou la colonne à chaque accès. On envoie l'adresse de ligne et l'adresse de colonne pour le premier accès, mais les accès suivants sont fait automatiquement. La seule contrainte est que l'on doit générer un front descendant sur le signal CAS pour passer à l'adresse suivante. Vous aurez noté la ressemblance avec le mode rafale vu il y a quelques chapitres, mais il y a une différence notable : le mode rafale vrai n'aurait pas besoin qu'on précise quand passer à l'adresse suivante avec le signal CAS. [[File:Mode quartet.png|centre|vignette|upright=3|Mode quartet.]] Les '''mémoires FPM à colonne statique''' se passent même du signal CAS. Le changement de l'adresse de colonne est détecté automatiquement par la mémoire et suffit pour passer à la colonne suivante. Dans ces conditions, un délai supplémentaire a fait son apparition : le temps minimum entre deux sélections de deux colonnes différentes, appelé tCAS-to-CAS. [[File:Accès en colonne statique.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Accès en colonne statique.]] ===Les mémoires EDO-RAM=== L''''EDO-RAM''' a été inventée quelques années après la mémoire FPM. Elle a été déclinée en deux versions : la EDO simple, et la EDO en rafale. L'EDO simple ajoutait une entrée ''Ouput Enable'' à une mémoire FPM. Pour rappel, l'entrée ''Ouput Enable'' permet de connecter/déconnecter la DRAM du bus de données. S'il est mis à 0, les lectures et écritures sont empêchées. Pour ajouter cette entrée, il a fallu rajouter un registre sur la sortie de donnée, celle qui sert pour les lectures. Et l'ajout de ce registre a introduit une capacité dite de ''pipelining'', sur le même modèle que pour les mémoires SRAM synchrones. La donnée pouvait être maintenue sur le bus de données durant un certain temps, même après la remontée du signal CAS. Le registre de sortie maintenait la donnée lu tant que le signal RAS restait à 0, et tant qu'un nouveau signal CAS n'a pas été envoyé. Faire remonter le signal CAS à 1 n'invalidait pas la donnée en sortie. La conséquence est qu'on pouvait démarrer une nouvelle lecture alors que la donnée de l'accès précédent était encore présent sur le bus de données. Le pipeline obtenu avait deux étages : un où on présentait l'adresse et sélectionnait la colonne, un autre où la donnée était lue depuis le registre de sortie. Les mémoires EDO étaient donc plus rapides. [[File:EDO RAM.png|centre|vignette|upright=3|EDO RAM]] Cependant, cela marchait surtout pour les lectures, pas pour les écritures. Une écriture ne démarre que quand la lecture ou écriture précédente est totalement terminée. De même, on ne peut pas démarrer un nouvel accès mémoire tant qu'une écriture est en cours. ===Les mémoires EDO-RAM avec mode rafale=== Les '''EDO en rafale''' effectuent les accès à 4 octets consécutifs automatiquement : il suffit d'adresser le premier octet à lire. Les 4 octets étaient envoyés sur le bus les uns après les autres, au rythme d'un par cycle d’horloge : ce genre d'accès mémoire s'appelle un accès en rafale. [[File:Accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Accès en rafale sur une DRAM EDO.]] Implémenter cette technique nécessite d'ajouter un compteur, capable de faire passer d'une colonne à une autre quand on lui demande, et quelques circuits annexes pour commander le tout. [[File:Modifications du contrôleur mémoire liées aux accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Modifications du contrôleur de DRAM liées aux accès en rafale.]] ===Le rafraichissement mémoire=== Les mémoires FPM et EDO doivent être rafraichies régulièrement. Au début, le rafraichissement se faisait ligne par ligne. Le rafraichissement avait lieu quand le RAS passait à l'état haut, alors que le CAS restait à l'état bas. Le processeur, ou le contrôleur mémoire, sélectionnait la ligne à rafraichir en fournissant son adresse mémoire. D'où le nom de '''rafraichissement par adresse''' qui est donné à cette méthode de commande du rafraichissement mémoire. Divers processeurs implémentaient de quoi faciliter le rafraichissement par adresse. Par exemple, le Zilog Z80 contenait un compteur de ligne, un registre qui contenait le numéro de la prochaine ligne à rafraichir. Il était incrémenté à chaque rafraichissement mémoire, automatiquement, par le processeur lui-même. Un ''timer'' interne permettait de savoir quand rafraichir la mémoire : quand ce ''timer'' atteignait 0, une commande de rafraichissement était envoyée à la mémoire, et le ''timer'' était ''reset''. [[File:Rafraichissement mémoire manuel.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire manuel.]] Par la suite, certaines mémoires ont implémenté un compteur interne d'adresse, pour déterminer la prochaine adresse à rafraichir sans la préciser sur le bus d'adresse. Le déclenchement du rafraichissement se faisait toujours par une commande externe, provenant du contrôleur de DRAM ou du processeur. Cette commande faisait passer le CAS à 0 avant le RAS. Cette méthode de rafraichissement se nomme '''rafraichissement interne'''. [[File:Rafraichissement sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement sur CAS précoce.]] On peut noter qu'il est possible de déclencher plusieurs rafraichissements à la suite en laissant le signal CAS dans le même état. Ce genre de choses pouvait avoir lieu après une lecture : on pouvait profiter du fait que le CAS soit mis à zéro par la lecture ou l'écriture pour ensuite effectuer des rafraichissements en touchant au signal RAS. Dans cette situation, la donnée lue était maintenue sur la sortie durant les différents rafraichissements. [[File:Rafraichissements multiples sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissements multiples sur CAS précoce.]] ==Les mémoires SDRAM== Dans les années 90, les mémoires asynchrones ont laissé la place aux '''mémoires SDRAM''', qui sont synchronisées avec le bus par une horloge. L'utilisation d'une horloge a comme avantage des temps d'accès fixes : le processeur sait qu'un accès mémoire prendra un nombre déterminé de cycles d'horloge. Avec les mémoires asynchrones, le processeur ne pouvait pas prévoir quand la donnée serait disponible et ne faisait rien tant que la mémoire n'avait pas répondu : il exécutait ce qu'on appelle des ''wait states'' en attendant que la mémoire ait fini. Les mémoires SDRAM sont standardisées par un organisme international, le JEDEC. Le standard SDRAM impose des spécifications électriques bien précise pour les barrettes de mémoire et le bus mémoire, décrit le protocole utilisé pour communiquer avec les barrettes de mémoire, et bien d'autres choses encore. Les SDRAM ont été déclinées en versions de performances différentes, décrites dans le tableau ci-dessous : {| class="wikitable" ! Nom standard ! Fréquence ! Bande passante |- | PC66 | 66 mhz | 528 Mio/s |- | PC66 | 100 mhz | 800 Mio/s |- | PC66 | 133 mhz | 1064 Mio/s |- | PC66 | 150 mhz | 1200 Mio/s |} ===Les banques internes aux chips mémoires SDRAM=== L'intérieur d'une mémoire SDRAM contient plusieurs '''banques''', aussi appelées des banc mémoire. Concrètement, une banque est... une mémoire. Ou plutôt, une sorte de mini-mémoire miniature. Chaque banque a son propre tampon de ligne, ses propres multiplexeurs de colonne et ses propres décodeurs. C'est comme si une SDRAM regroupait plusieurs mémoires séparées dans un même circuit intégré. [[File:Arrangement vertical.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Mémoire multi-banques.]] Un point important est que chaque banque a son propre tampon de ligne. Il est donc possible d'ouvrir plusieurs lignes en même temps, chacune dans une banque différente. Par exemple, on peut ouvrir une ligne dans la banque numéro 1, et une autre ligne dans la banque numéro 2. Et c'est une source d'optimisations très intéressantes. La première optimisation est liée au rafraichissement mémoire. Au lieu de rafraichir chaque adresse une par une, il est possible de rafraichir des banques indépendantes en même temps, ce qui divise le temps de rafraichissement par le nombre de banques. C'est ce que je sous-entendais plus haut quand je disais que le temps de rafraichissement n'est pas égal au temps de balayage sur les SDRAM, alors que c'est le cas sur les DRAM FPM et EDO. De plus, et sans rentrer dans les détails, cela permet de faire plusieurs accès mémoire en même temps, dans des banques différentes. La possibilité est limitée, mais elle existe et elle améliore grandement la performance de la SDRAM. Mais nous en reparlerons dans un chapitre ultérieur, car cette histoire d'accès simultanés a plus sa place dans le chapitre sur le parallélisme mémoire. Pour le moment, nous ne pouvons pas expliquer pourquoi ni comment un processeur pourrait émettre plusieurs accès mémoire simultanés. Un processeur est censé travailler une instruction à la fois, à ce stade du cours, il ne peut pas en faire plusieurs en même temps. Mais nous allons cependant mentionner un cas où cette possibilité est intéressante : une mémoire SDRAM partagée entre un processeur et une carte graphique. Les deux accèdent à des données séparées, qui sont dans des banques différentes. On suppose que la carte graphique accède plus fréquemment à la mémoire que le processeur. Le contrôleur mémoire reçoit les accès mémoire du CPU et du GPU et il tente d'intercaler des accès CPU entre deux accès de la carte graphique. Vu qu'ils tombent dans des banques différentes, un accès CPU et un accès carte graphique peuvent se faire presque en même temps. La seule contrainte est que si on lance plusieurs accès mémoire simultanés, ceux-ci ne peuvent pas utiliser le bus de données en même temps. {|class="wikitable" |+ Pipelining basique sur les SDRAM |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 |- ! Banque Numéro 1 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 2 | || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || |- ! Banque Numéro 3 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 4 | || || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || |} ===Le mode rafale des SDRAM=== Un point important est que les SDRAM reprennent les optimisations des mémoires FPM et EDO. Elles utilisent aussi un tampon de ligne, avec la possibilité de lire plusieurs colonnes à la suite sans avoir à préciser l'adresse de ligne à chaque fois. Mais surtout, elles gèrent nativement le mode rafale. les paramètres qui ont trait au mode rafale sont configurables. Il est possible de configurer la SDRAM pour activer les accès sans rafale, ou les désactiver. Il y a aussi la possibilité de configurer le nombre d'octets consécutifs à lire ou écrire en mode rafale. On peut ainsi accéder à 1, 2, 4, ou 8 octets en une seule fois, alors que les EDO ne permettaient que des accès à 4 octets consécutifs. Enfin, on peut décider s'il faut faire un accès en mode linéaire ou entrelacé. La configuration de la SDRAM est mémorisée dans un registre de 10 bits, le '''registre de mode'''. Il faisait 10 bits sur les mémoires SDRAM, mais a été étendu à 13 bits sur la DDR2. Voici les 10 bits originels de ce registre : {|class="wikitable" |+ Signification des bits du registre de mode des SDRAM |- ! Bit n°9 | Type d'accès : en rafale ou normal |- ! Bit n°8 et 7 | Doivent valoir 00, sont réservés pour une utilisation ultérieur dans de futurs standards. |- ! Bit n°6, 5, et 4 | Latence CAS (voir plus bas) |- ! Bit n°3 | Type de rafale : linéaire ou entrelacée |- ! Bit n°2, 3, et 0 | Longueur de la rafale : indique le nombre d'octets à lire/écrire lors d'une rafale. |} ===L'interface d'une mémoire SDRAM=== Le bus de commandes d'une SDRAM contient au moins 18 fils, dont celui pour le signal d'horloge. L'interface d'une SDRAM contient tous les bits présents sur une mémoire DRAM classique : une entrée RAS, une entrée CAS, une entrée R/W, et un bus d'adresse. A cela, il faut cependant ajouter une entrée ''Chip Select'' (CS), qui permet d'activer/désactiver la mémoire SDRAM. Je rappelle que le bit CS a été introduit sur les mémoires SDRAM, il n'était pas présent sur les mémoires FPM/EDO. Deux autres bits de commande sont vraiment spécifiques des mémoires SDRAM. Il s'agit des bits CKE et DQM. Le '''bit CKE''' est l'abréviation de ''Clock Enable'', qui qui trahit sa fonction. Lorsque ce signal est à 0, le chip de SDRAM voit son signal d'horloge gelè. S'il est à 0, le contrôleur de DRAM peut envoyer ce qu'il veut sur le bus de commande ou d'adresse, la SDRAM ne réagira pas du tout, il ne se passera rien. Le '''bit DQM''' est une sorte de bit ''Output Enable'', avec une nuance importante. Le terme DQM est l'abréviation de ''Data Mask'', ce qui trahit encore une fois sa fonction. Il y a un bit DQM pour chaque octet du bus de données. Une SDRAM ayant un bus de 64 bits, cela fait 8 bits DQM par mémoire SDRAM. Lorsque le bit DQM est à 1, l'octet en question n'est simplement pas lu ou écrit, le bus de donnée est déconnecté pour cet octet. Le bus d'adresse est particulier, car il tient compte de la présence de ''banques mémoires''. Le bus d'adresse est découpé en deux portions : une portion pour sélectionner la banque, une autre pour sélectionner l'adresse à l'intérieur d'une banque. L'interface de la SDRAM fait ainsi la différence entre une '''adresse de banque''' et une '''adresse intra-banque'''. L'adresse de banque est codée sur quelques bits, généralement deux ou trois suivant la SDRAM. Le reste de l'adresse est codé sur 11 bits sur les SDRAM, mais cela a augmenté avec les DDR 1, 2, 3, 4, 5. Le bus de données d'une SDRAM fait 4, 8, ou 16 bits. Je précise bien qu'il s'agit là des puces de SDRAM, les barrettes de SDRAM combinent plusieurs puces SDRAM avec un arrangement horizontal, qui peut combiner plusieurs puces de 8 bits pour alimenter un bus de données de 64 bits. La taille des puces utilisées souvent indiquée sur la barrette de RAM, avec une mention x4, x8 ou x16. Les puces de SDRAM les plus courantes ont une interface de 8 bits pour les données. Les SDRAM de 4 bits sont surtout utilisées pour les serveurs, c'est lié au support de l'ECC. les puces x16 sont moins utilisées car elles ont généralement moins de banques que les autres. ===Les commandes SDRAM=== Le bus de commande permet d'envoyer des commandes à la mémoire, chaque commande étant précisée par une combinaison précise des bits CS, RAS, CAS, R/W, et autres. Les commandes en question sont des demandes de lecture, d'écriture, de préchargement et autres. Elles sont codées par une valeur bien précise qui est envoyée sur les 18 fils du bus de commande. Ces commandes sont nommées READ, READA, WRITE, WRITEA, PRECHARGE, ACT, ... Les plus importantes sont les commandes PRECHARGE, ACT et READ/WRITE. La commande ACT sélectionne une ligne : elle met le bit RAS à zéro et présente une adresse de ligne. Les commandes READ et WRITE sélectionnent une colonne, et déclenchent respectivement une lecture ou une écriture. Elles précisent une adresse de colonne, mettent le bit CAS à 0 et le bit RAS à 1, et précise la valeur du bit R/W. Les commandes READ et WRITE ne peuvent se faire qu'une fois que la banque a été activée par une commande ACT. Il est possible d'envoyer plusieurs commandes READ ou WRITE successives à des colonnes différentes, ce qui permet d'implémenter les optimisations des mémoires FPM. La commande PRECHARGE ferme la ligne courante et prépare l'ouverture de la suivante. Elle précharge les lignes de bit de la RAM, d'où son nom. Il est nécessaire d'en envoyer une avant d'envoyer une commande ACT. Notons que la commande PRECHARGE agit sur une banque, dont l'adresse est indiquée dans la commande PRECHARGE. Il existe une commande PRECHARGE ALL, qui agit sur toutes les banques de la SDRAM à la fois. Elle est souvent utilisée de concert avec la commande de rafraichissement, car le rafraichissement mémoire rafraichit une ligne dans toutes les banques à la fois. Il faut donc fermer toutes les lignes ouvertes, dans chaque banque, ce que fait la commande PRECHARGE ALL. Les commandes READA et WRITEA fusionnent une commande READ/WRITE avec une commande PRECHARGE. Elles permettent d'éviter d'avoir à envoyer une commande PRECHARGE pour fermer la ligne courante. Au lieu d'envoyer une commande READ ou WRITE, puis une commande PRECHARGE pour fermer la ligne, on envoie une seule commande READA/WRITEA. Il s'agit d'une petite optimisation, qui permet de réduire le nombre de commandes envoyées sur le bus. Les commandes sont encodées comme indiquées dans ce tableau. Une commande est tout simplement encodée en précisant une adresse si nécessaire, et une combinaison des bits CS, RAS, CAS et R/W. La seule subtilité est que le bit numéro 10 du bus d'adresse sert à commander les opérations de PRECHARGE, y compris celles implicites dans les opérations READA et WRITEA. {| class="wikitable" style="text-align:center" ! Bit CS || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (2 bits) || Bit du bus d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Stoppe un accès en rafale (en cours). |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lit une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lit une donnée depuis la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrit une donnée dans la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrit une donnée dans la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 1 || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne dans toutes les banques. |- | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || 0 || 0 || 0 || 00 || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} Les commandes ACT se font à partir de l'état de repos, l'état où toutes les banques sont préchargées. Par contre, les commandes MODE REGISTER SET et AUTO REFRESH ne peuvent se faire que si toutes les banques sont désactivées. Le fonctionnement simplifié d'une SDRAM peut se résumer dans ce diagramme : [[File:Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.jpg|centre|vignette|upright=2|Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.]] ===Les délais mémoires=== Les mémoires SDRAM n'étant pas infiniment rapides, il y a toujours un certain délais à respecter entre deux commandes. Par exemple, quand on envoie une commande ACT pour activer une ligne, on ne peut pas envoyer une commande READ/WRITE au cycle suivant. La plupart des SDRAM ne sont pas assez rapides pour ça. Il faut respecter un délai de quelques cycles, qui dépend de la mémoire. Et il n'y a pas que ce délai entre une commande ACT et la commande suivante. Une SDRAM doit gérer d'autres temps d'attente, appelés des '''délais mémoires''', ou encore des ''timings'' mémoire. Les délais mémoire le plus importants sont résumés ci-dessous : {|class="wikitable" |- !Timing!!Description |- | colspan="2" | |- ! colspan="2" | Délais primaires |- ||tRP|| Temps entre une commande PRECHARGE et une commande ACT |- ||tRCD|| Temps entre une commande ACT et une commande READ/WRITE. |- ||tCL|| Temps entre une commande READ et l'envoi de la donnée lue sur le bus de données. |- ||tDQSS|| Temps entre une commande WRITE et l'écriture de la donnée. |- ||tCAS-to-CAS|| Temps minimum entre deux commandes READ. |- ! colspan="2" | Délais secondaires |- ||tWTR|| Temps entre une lecture et une écriture consécutives. |- ||tRAS || Temps entre une commande ACT et une commande PRECHARGE. |} Les délais/timings mémoire ne sont pas les mêmes suivant la barrette de mémoire que vous achetez. Certaines mémoires sont ainsi conçues pour avoir des timings assez bas et sont donc plus rapides, et surtout : beaucoup plus chères que les autres. Le gain en performances dépend beaucoup du processeur utilisé et est assez minime comparé au prix de ces barrettes. Les délais mémoires d'une barrette sont mémorisés dans le ''Serial Presence Detect'' de la barrette et sont lus par le BIOS au démarrage de l'ordinateur, et sont ensuite utilisés pour configurer le contrôleur de DRAM. Il y a cependant quelques régularités qui reviennent souvent, d'une SDRAM à l'autre. La plus importante est que les délais ne sont pas les mêmes quand on alterne des lectures et écritures. Les délais les plus courts sont observés quand on a des lectures successives, ou des écritures successives. Par contre, les délais s'allongent quand on doit passer d'une lecture à une écriture ou inversement. Les SDRAM préférent qu'on regroupe les lectures avec d'autres lectures, les écritures avec d'autres écritures. ===Les commandes anticipées=== Les SDRAM sont parfois capables de démarrer une commande avant que la précédente soit terminée. Concrètement, pendant que la commande précédente envoie sa dernière donnée sur le bus de données, on peut envoyer la commande suivante avec quelques cycles d'avance. L'exemple ci-dessous devrait être assez clair : on envoie une seconde commande au neuvième cycle, alors qu'une rafale est en cours. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Bus de commande/adresse | || bgcolor="#A0FFFF" | ACT || || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Bus de données | || || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Il s'agit d'une forme très limitée de pipeline, tellement limitée qu'on peut légitimement douter que c'est un vrai pipeline. Dans ce qui suit, j'ai décidé d'appeler cette possibilité sous le terme de '''commandes SDRAM anticipées'''. La possibilité est très limitée, car il faut tenir compte des délais mémoire. Elle améliore un peu les performances dans certaines circonstances où la RAM doit traiter plusieurs accès mémoire consécutifs, très rapprochés. L'exemple typique est celui du transfert d'un bloc de données entre mémoire cache et mémoire RAM, qui dépasse la taille d'une rafale. Le cache envoie alors plusieurs accès mémoire d'un seul coup au contrôleur mémoire. Mais d'autres exemples sont possibles, on ne peut juste pas les expliquer à ce stade du cours. Les commandes SDRAM anticipées sont possibles car les SDRAM sont formées en entourant une RAM asynchrone de registres, exactement comme les SRAM synchrones. Il est possible d'écrire dans les registres de données/commandes, pendant qu'un autre accès mémoire accède au cœur asynchrone. Les délais mémoire sont conçus pour éviter qu'une commande accède au cœur asynchrone en même temps que la suivante ou la précédente, idem pour l'usage des registres. C'est pour cela que les délais mémoire sont assez différents entre écritures et lectures, d'ailleurs. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Enregistrement de la commande dans le registre d'adresse/commande | bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Accès au cœur asynchrone | || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || |- ! Lecture/écriture du registre de données | || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Les DDR2 et 3 vont encore plus loin avec l'optimisation des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur mémoire peut envoyer une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings''. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur mémoire peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur mémoire. ==Les mémoires DDR== Les mémoires SDRAM récentes sont des mémoires de type ''dual data rate'', ce qui fait qu'elles portent le nom de mémoires DDR. Pour rappel, les mémoires ''dual data rate'' ont un plan mémoire deux fois plus large que le bus mémoire, avec un bus mémoire allant à une fréquence double. Par double, on veut dire que les transferts sur le bus mémoire ont lieu sur les fronts montants et descendants de l'horloge. Il y a donc deux transferts de données sur le bus pour chaque cycle d'horloge, ce qui permet de doubler le débit sans toucher à la fréquence du plan mémoire lui-même. Les mémoires DDR sont standardisées par un organisme international, le JEDEC, et ont été déclinées en plusieurs générations : DDR1, DDR2, DDR3, et DDR4. La différence entre ces modèles sont très nombreuses, mais les plus évidentes sont la fréquence de la mémoire et du bus mémoire. D'autres différences mineures existent entre les SDRAM et les mémoires DDR. Par exemple, la tension d'alimentation des mémoires DDR est plus faible que pour les SDRAM. ET elle a diminué dans le temps, d'une génération de DDR à l'autre. Avec les mémoires DDR2,la tension d'alimentation est passée de 2,5/2,6 Volts à 1,8 Volts. Avec les mémoires DDR3, la tension d'alimentation est notamment passée à 1,5 Volts. ===Les performances des mémoires DDR=== Les mémoires SDRAM ont évolué dans le temps, mais leur temps d'accès/fréquence n'a pas beaucoup changé. Il valait environ 10 nanosecondes pour les SDRAM, approximativement 5 ns pour la DDR-400, il a peu évolué pendant la génération DDR et DDR3, avant d'augmenter pendant les générations DDR4 et de stagner à nouveau pour la génération DDR5. L'usage du DDR, puis du QDR, visait à augmenter les performances malgré la stagnation des temps d'accès. En conséquence, la fréquence du bus a augmenté plus vite que celle des puces mémoire pour compenser. {|class="wikitable" |- ! Année ! Type de mémoire ! Fréquence de la mémoire (haut de gamme) ! Fréquence du bus ! Coefficient multiplicateur entre les deux fréquences |- | 1998 | DDR 1 | 100 - 200 MHz | 200 - 400 MHz | 2 |- | 2003 | DDR 2 | 100 - 266 MHz | 400 - 1066 MHz | 4 |- | 2007 | DDR 3 | 100 - 266 MHz | 800 - 2133 MHz | 8 |- | 2014 | DDR 4 | 200 - 400 MHz | 1600 - 3200 MHz | 8 |- | 2020 | DDR 5 | 200 - 450 MHz | 3200 - 7200 MHz | 8 à 16 |} Une conséquence est que la latence CAS, exprimée en nombre de cycles, a augmenté avec le temps. Si vous comparez des mémoires DDR2 avec une DDR4, par exemple, vous allez voir que la latence CAS est plus élevée pour la DDR4. Mais c'est parce que la latence est exprimée en nombre de cycles d'horloge, et que la fréquence a augmentée. En comparant les temps d'accès exprimés en secondes, on voit une amélioration. ===Les commandes des mémoires DDR=== Les commandes des mémoires DDR sont globalement les mêmes que celles des mémoires SDRAM, vues plus haut. Les modifications entre SDRAM, DDR1, DDR2, DDR3, DDR4, et DDR5 sont assez mineures. Les seules différences sont l'addition de bits pour la transmission des adresses, des bits en plus pour la sélection des banques, etc. En clair, une simple augmentation quantitative. Le registre de mode a été un peu modifié. Il est passé de 10 bits pour les SDRAM et DDR1, à 13 bits sur la DDR 2 et les suivantes. Les DDR ont aussi ajouté le support de plusieurs registres de mode, qui sont sélectionnés en réutilisant l'adresse de banque. Dans une commande LOAD MODE REGISTER, l'adresse de banque indique quel registre de mode il faut altérer. Avant la DDR4, les modifications des commandes sont mineures. La DDR2 supprime la commande ''Burst Terminate'', la DDR3 et la DDR4 utilisent le bit A12 pour préciser s'il faut faire une rafale complète, ou une rafale de moitié moins de données. Une optimisation des DDR2 et 3 est celle des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur de DRAM peut envoyer une commande ACT et une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings'' nécessaires entre les deux. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur de DRAM peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur de DRAM. Mais avec la DDR4, les choses changent, notamment au niveau de la commande ACT. Avec l'augmentation de la capacité des barrettes mémoires, la taille des adresses est devenue trop importante. Pour éviter de rajouter des bits d'adresses, les concepteurs du standard DDR4 ont décidé de ruser. Lors d'une commande ACT, les bits RAS, CAS et WE sont utilisés comme bits d'adresse, alors qu'ils ont leur signification normale pour les autres commandes. Pour éviter toute confusion, un nouveau bit ACT est ajouté pour indiquer la présence d'une commande ACT : il est à 1 pour une commande ACT, 0 pour les autres commandes. {| class="wikitable" style="text-align:center" |+ Commandes d'une mémoire DDR4, seule la commande colorée change par rapport aux SDRAM ! Bit CS || style="background: #CCFFCC" | Bit ACT || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (4 bits) || Bit du bas d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Arrêt d'un accès en rafale en cours. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- style="background: #CCFFCC" | 0 || style="background: #CCFFCC" | 1 || colspan="3" | Adresse de la ligne (bits de poids forts) || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne (bits de poids faible) || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne' dans toutes les banques. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 0 || Numéro de registre de mode || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} ===Les SDRAM basse consommation : les LPDDR=== Il existe des variantes de mémoire DDR qui sont optimisées pour consommer le moins d'énergie possible. Elles s'appelle les '''mémoires LP-DDR''', abréviation de ''Low Power DDR''. Elles sont utilisées dans les ordinateurs portables, les smartphones et autres équipements de ce type, pour lesquels l'autonomie de la batterie est très importante. Une différence importante est qu'elles ont une tension d'alimentation réduite comparé à une SDRAM/DDR de même génération, ce qui réduit drastiquement la consommation d'énergie. De plus, elles disposent de modes de mise en veille optimisés. Par exemple, les LPDDR intègrent des modes de mise en veille profonde, où seule une moitié ou le quart de la SDRAM est rafraichie. L'avantage est que seule la partie de la RAM contenant effectivement des données est rafraichie. Enfin, elles intègrent un rafraichissement dépendant de la température, où les rafraichissements sont d'autant plus fréquents que la température de la LPDDR est élevée. L’avantage est que cela permet de réduire la fréquence de rafraichissement quand l'ordinateur est en veille et chauffe peu. Elles ne se présentent pas souvent sous la forme de barrettes de RAM, comme les DDR normales. A la place, elles sont soudées sur la carte mère, dans le cas le plus fréquent. Les barrettes de LPDDR sont très rares. Le fait de souder les puces sur la carte mère a de nombreux avantages : ça prend moins de place, consomme moins, permet de garder des performances optimales, etc. Un autre détail, lié au précédent, est qu'elles utilisent souvent des bus plus petits. Là où les barrettes de SDRAM/DDR usuelles ont un bus de 64 bits, les LPDDR peuvent utiliser des bus de 16 ou 32 bits. A partir de la LPDDR 2, les registres de mode ont été élargit, afin de mémoriser des informations de configuration. Les nouveaux registres de mode ont pour but de remplacer le ''Serial Presence Detect'', afin de faire quelques économies sur la carte mère. Les LPDDR sont nommées comme les DDR, avec des LPDDR 1, 2, 3, etc. La LPDDR 1 est une DDR 1 ayant subit des modifications assez mineures. La tension d'alimentation passe de 2,5 V à seulement 1,8 V, des modes de rafraichissement ont été ajouté, de même qu'un mode de mise en veille profonde. Par contre, les LPDDR 2/3/4/5 se démarquent fortement des DDR 2/3/4/5 équivalentes. Par exemple, la LPDDR 2 ne correspond pas du tout à de la DDR2 modifiée. Elles se différencient des DDR normales sur de nombreux points, afin de consommer le moins possible. Notamment, les commandes DDR sont modifiées, au point qu'une LPDDR et une DDR sont incompatibles entre elles. Un point important est que les commandes sont envoyées en deux fois. Sur les LPDDR 2, 3 et 5, l'envoi se fait en un seul cycle d'horloge : la première moitié lors d'un front montant de l'horloge, l'autre moitié lors du front descendant. Les LPDDR 1 et 4 envoient les commandes en deux cycles d'horloge. Une conséquence est que le bus de commande est quasiment divisé par deux comparé à une SDRAM/DDR équivalente. Il est de 10 bits sur les LPDDR 1, 2 et 3 ; de 6 bits sur les LPDDR4, de 7 bits sur les LPDDR 5, et de 4 bits sur les LPDDR6. Les commandes varient d'une LPDDR à l'autre, mais restent similaires aux commandes DDR/SDR classiques, si ce n'est que quelques bits d'adresse sont retirés. Par exemple, sur les LPDDR 2, le bit de poids faible de l'adresse CA0 n'est pas transmis, ce qui fait que les lectures/écritures se font toujours à des adresses paires. ==Les VRAM des cartes vidéo== Les cartes graphiques ont des besoins légèrement différents des DRAM des processeurs, ce qui fait qu'il existe des mémoires DRAM qui leur sont dédiées. Elles sont appelés des '''''Graphics RAM''''' (GRAM). La plupart incorporent des fonctionnalités utiles uniquement pour les mémoires vidéos, comme des fonctionnalités de masquage (appliquer un masque aux données lue ou à écrire), ou le remplissage d'un bloc de mémoire avec une donnée unique. Les anciennes cartes graphiques et les anciennes consoles utilisaient de la DRAM normale, faute de mieux. La première GRAM utilisée était la NEC μPD481850, qui a été utilisée sur la console de jeu PlayStation, à partir de son modèle SCPH-5000. D'autres modèles de GRAM ont rapidement suivi. Les anciennes consoles de jeu, mais aussi des cartes graphiquesn utilisaient des GRAM spécifiques. ===Les mémoires vidéo double port=== Sur les premières consoles de jeu et les premières cartes graphiques, le ''framebuffer'' était mémorisé dans une mémoire vidéo spécialisée appelée une '''mémoire vidéo double port'''. Le premier port était connecté au processeur ou à la carte graphique, alors que le second port était connecté à un écran CRT. Aussi, nous appellerons ces deux port le ''port CPU/GPU'' et l'autre sera appelé le ''port CRT''. Le premier port était utilisé pour enregistrer l'image à calculer et faire les calculs, alors que le second port était utilisé pour envoyer à l'écran l'image à afficher. Le port CPU/GPU est tout ce qu'il y a de plus normal : on peut lire ou écrire des données, en précisant l'adresse mémoire de la donnée, rien de compliqué. Le port CRT est assez original : il permet d'envoyer un paquet de données bit par bit. De telles mémoires étaient des mémoires à tampon de ligne, dont le support de mémorisation était organisé en ligne et colonnes. Une ligne à l'intérieur de la mémoire correspond à une ligne de pixel à l'écran, ce qui se marie bien avec le fait que les anciens écrans CRT affichaient les images ligne par ligne. L'envoi d'une ligne à l'écran se fait bit par bit, sur un câble assez simple comme un câble VGA ou autre. Le second port permettait de faire cela automatiquement, en permettant de lire une ligne bit par bit, les bits étant envoyés l'un après l'autre automatiquement. Pour cela, les mémoires vidéo double port incorporaient un tampon de ligne spécialisé pour le port lié à l'écran. Ce tampon de ligne n'était autre qu'un registre à décalage, contrairement au tampon de ligne normal. Lors de l'accès au second port, la carte graphique fournissait un numéro de ligne et la ligne était chargée dans le tampon de ligne associé à l'écran. La carte graphique envoyait un signal d'horloge de même fréquence que l'écran, qui commandait le tampon de ligne à décalage : un bit sortait à chaque cycle d'écran et les bits étaient envoyé dans le bon ordre. ===Les mémoires SGRAM et GDDR=== De nos jours, les cartes graphiques n'utilisent plus de mémoires double port, mais des mémoires simple port. Les mémoires graphiques actuelles sont des SDRAM modifiées pour fonctionner en tant que ''Graphic RAM''. Les plus connues sont les '''mémoires GDDR''', pour ''graphics double data rate'', utilisées presque exclusivement sur les cartes graphiques. Il en existe plusieurs types pendant que j'écris ce tutoriel : GDDR, GDDR2, GDDR3, GDDR4, et GDDR5. Mais attention, il y a des différences avec les DDR normales. Par exemple, les GDDR ont une fréquence plus élevée que les DDR normales, avec des temps d'accès plus élevés (sauf pour le tCAS). De plus, elles sont capables de laisser ouvertes deux lignes en même temps. Par contre, ce sont des mémoires simple port. ==Les mémoires SLDRAM, RDRAM et associées== Les mémoires précédentes sont généralement associées à des bus larges. Les mémoires SDRAM et DDR modernes ont des bus de données de 64 bits de large, avec des d'adresse et de commande de largeur similaire. Le nombre de fils du bus mémoire dépasse facilement la centaine de fils, avec autant de broches sur les barrettes de mémoire. Largeur de ces bus pose de problèmes problèmes électriques, dont la résolution n'est pas triviale. En conséquence, la fréquence du bus mémoire est généralement moins performantes comparé à ce qu'on aurait avec un bus moins large. Mais d'autres mémoires DRAM ont exploré une solution alternative : avoir un bus peu large mais de haute fréquence, sur lequel on envoie les commandes/données en plusieurs fois. Elles sont regroupées sous le nom de '''DRAM à commutation par paquets'''. Elles utilisent des bus spéciaux, où les commandes/adresses/données sont transmises par paquets, par trames, en plusieurs fois. En théorie, ce qu'on a dit sur le codage des trames dans le chapitre sur le bus devrait s'appliquer à de telles mémoires. En pratique, les protocoles de transmission sur le bus mémoire sont simplifiés, pour gérer le fonctionnement à haute fréquence. Le processeur envoie des paquets de commandes, les mémoires répondent avec des paquets de données ou des accusés de réception. Les mémoires à commutation par paquets sont peu nombreuses. Les plus connues sont les mémoires conçues par la société Rambus, à savoir la ''RDRAM'' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs ''XDR RAM'' et ''XDR RAM 2''. La ''Synchronous-link DRAM'' (''SLDRAM'') est un format concurrent conçu par un consortium de plusieurs concepteurs de mémoire. ===La SLDRAM (''Synchronous-link DRAM'')=== Les '''mémoires SLDRAM''' avaient un bus de données de 64 bits allant à 200-400 Hz, avec technologie DDR, ce qui était dans la norme de l'époque pour la fréquence (début des années 2000). Elle utilisait un bus de commande de 11 bits, qui était utilisé pour transmettre des commandes de 40 bits, transmises en quatre cycles d'horloge consécutifs (en réalité, quatre fronts d'horloge donc deux cycles en DDR). Le bus de données était de 18 bits, mais les transferts de donnée se faisaient par paquets de 4 à 8 octets (32-65 bits). Pour résumer, données et commandes sont chacunes transmises en plusieurs cycles consécutifs, sur un bus de commande/données plus court que les données/commandes elle-mêmes. Là où les SDRAM sélectionnent la bonne barrette grâce à des signaux de commande dédiés, ce n'est pas le cas avec la SLDRAM. À la place, chaque barrette de mémoire reçoit un identifiant, un numéro codé sur 7-8 bits. Les commandes de lecture/écriture précisent l'identifiant dans la commande. Toutes les barrettes reçoivent la commande, elles vérifient si l'identifiant de la commande est le leur, et elles la prennent en compte seulement si c'est le cas. Voici le format d'une commande SLDRAM. Elle contient l'adresse, qui regroupe le numéro de banque, le numéro de ligne et le numéro de colonne. On trouve aussi un code commande qui indique s'il faut faire une lecture ou une écriture, et qui configure l'accès mémoire. Il configure notamment le mode rafale, en indiquant s'il faut lire/écrire 4 ou 8 octets. Enfin, il indique s'il faut fermer la ligne accédée une fois l'accès terminé, ou s'il faut la laisser ouverte. Le code commande peut aussi préciser que la commande est un rafraichissement ou non, effectuer des opérations de configuration, etc. L'identifiant de barrette mémoire est envoyé en premier, histoire que les barrettes sachent précocement si l'accès les concerne ou non. {|class="wikitable" style="text-align:center" |+SLDRAM Read, write or row op request packet ! FLAG || CA9 || CA8 || CA7 || CA6 || CA5 || CA4 || CA3 || CA2 || CA1 || CA0 |- ! 1 | colspan=9 bgcolor=#ffcccc| Identifiant de barrette mémoire|| bgcolor=#ccffcc| Code de commande |- ! 0 | colspan=5 bgcolor=#ccffcc| Code de commande ||colspan=3 bgcolor=#ff88ff| Banque||colspan=2 bgcolor=#ffffcc| Ligne |- ! 0 | colspan=9 bgcolor=#ffffcc| Ligne || 0 |- ! 0 | 0 || 0 || 0 ||colspan=7 bgcolor=#ccffff| Colonne |} ===Les mémoires Rambus=== Les mémoires conçues par la société Rambus regroupent la '''RDRAM''' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs '''XDR RAM''' et '''XDR RAM 2'''. Les toutes premières étaient les '''mémoires RDRAM''', où le bus permettait de transmettre soit des commandes (adresse inclue), soit des données, avec un multiplexage total. Le processeur envoie un paquet contenant commandes et adresse à la mémoire, qui répond avec un paquet d'acquittement. Lors d'une lecture, le paquet d'acquittement contient la donnée lue. Lors d'une écriture, le paquet d'acquittement est réduit au strict minimum. Le bus de commandes est réduit au strict minimum, à savoir l'horloge et quelques bits absolument essentiels, les bits RW est transmis dans un paquet et n'ont pas de ligne dédiée, pareil pour le bit OE. Toutes les barrettes de mémoire doivent vérifier toutes les transmissions et déterminer si elles sont concernées en analysant l'adresse transmise dans la trame. Elles ont été utilisées dans des PC ou d'anciennes consoles de jeu. Par exemple, la Nintendo 64 incorporait 4 mébioctets de mémoire RDRAM en tant que mémoire principale. La RDRAM de la Nintendo 64 était cadencée à 500 MHz, utilisait un bus de 9 bits, et avait un débit binaire maximal théorique de 500 MB/s. La Playstation 2 contenait quant à elle 32 mébioctets de RDRAM en ''dual-channel'', pour un débit binaire de 3.2 Gibioctets par seconde. Les processeurs Pentium 3 pouvaient être associés à de la RDRAM sur certaines mères. Les Pentium 4 étaient eux aussi associés à la de RDRAM, mais les cartes mères ne géraient que ce genre de mémoire. La Playstation 3 contenait quant à elle de la XDR RAM. ==Les eDRAM : des DRAM adaptées aux ''chiplets''== Les '''mémoires eDRAM''', pour ''embedded DRAM'', sont des mémoires RAM qui sont destinées à être intégrée au processeur. Pour comparer, les DRAM normales sont placées sur des barrettes de RAM ou soudées à la carte mère. Dans la quasi-totalité des cas, l'eDRAM est utilisée pour implémenter une mémoire cache, elle ne sert pas de mémoire principale (cache L4, le plus proche de la mémoire sur ces puces). De ce fait, elles sont conçues pour être très rapides, avoir une grande bande passante, au détriment de leur capacité mémoire. Pour être plus précis, l'eDRAM est une puce de DRAM conçue pour être intégrée dans un ''chiplet'', , à savoir des circuits imprimés qui regroupent plusieurs puces électroniques distinctes, regroupées sur le même PCB. Typiquement, un processeur de type ''chiplet'' avec de l'eDRAM comprend deux puces séparées : une pour le processeur, une autre pour une puce de communication avec la RAM. Avec la mémoire eDRAM, les deux puces sont complétées par une troisième puce spécialisée qui incorpore l'eDRAM. Elle a été utilisée sur quelques processeurs, mais aussi dans des consoles de jeu vidéo, pour la carte graphique des consoles suivantes : la PlayStation 2, la PlayStation Portable, la GameCube, la Wii, la Wii U, et la XBOX 360. Sur ces consoles, la RAM de la carte graphique était intégrée avec le processeur graphique dans le même circuit. La fameuse mémoire vidéo et le GPU n'étaient qu'une seule et même puce électronique, un seul circuit intégré. Ce n'est pas le cas sur une carte graphique moderne : regardez votre carte graphique avec attention et vous verrez que le GPU est une puce carrée située sous les ventilateurs, alors que les puces mémoires sont situées juste autour et soudées sur le PCB de la carte. Les processeurs Intel Core de microarchitecture Broadwell disposaient d'un cache L4 de 128 mébioctets, intégralement implémenté avec de la mémoire eDRAM. Quelques processeurs de la microarchitecture précédente (Haswell), disposaient aussi de ce cache. Le cache L4 eDRAM était implémenté sur un chiplet à part, à savoir que le processeur était composé de trois puces séparées : une pour le processeur, une autre pour la gestion des entrées-sorties, et une autre pour le cache L4. La puce pour le cache L4, appelée ''Crystal Well'', était gravée en 22nm, ce qui était une finesse de gravure plus élevée que celle des processeurs associés. ''Crystal Well'' était très optimisé pour l'époque. Par exemple, elle disposait de bus séparées pour la lecture et l'écriture, chose qu'on retrouve fréquemment sur les SRAM mais qui est absent sur les mémoires DRAM actuelles. Pour le reste, elle ressemblait beaucoup aux mémoires DDR de l'époque (système de ''double data rate'', entres autres), mais elle allait à une fréquence plus élevée que les DRAM de l'époque et avait un débit bien plus élevé, pour une consommation moindre. ''Crystal Well'' consommait entre 1 à 5 watts (1 watt en veille, 5 à pleine utilisation), pour un débit binaire de 102 GB/s et fonctionnait à 3.2 GHz. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les mémoires SRAM synchrones | prevText=Les mémoires SRAM synchrones | next=Contrôleur mémoire externe | nextText=Le contrôleur mémoire externe }}{{autocat}} </noinclude> pdak98xqcti3q0lr0bu8g07rxo8k47o 768211 768210 2026-06-20T17:50:43Z Mewtow 31375 /* Les SDRAM basse consommation : les LPDDR */ 768211 wikitext text/x-wiki Après avoir vu les mémoires statiques (SRAM), il est temps de passer aux mémoires RAM dynamiques, aussi appelées mémoires DRAM. Pour rappel, les DRAM dynamiques ont pour défaut que leurss données s'effacent après un certain temps, en quelques millièmes ou centièmes de secondes . En conséquence, il faut réécrire chaque bit de la mémoire régulièrement pour éviter qu'il ne s'efface. On dit qu'on doit effectuer régulièrement un '''rafraîchissement mémoire'''. Et celui-ci rend les DRAM très différentes des SRAM. Les DRAM des PC ont beaucoup évolués dans le temps. Les toutes premières mémoires DRAM étaient des mémoires asynchrones, mais elles ont été remplacées par des modèles synchrones. Les modèles asynchrones ont été très nombreux. Après l'apparition des premières DRAM, les mémoires ''Fast Page Mode'' sont apparues, suivies par les mémoires ''Extended Data Out'', puis les EDO en mode rafale. Elles ont été utilisées jusque dans la moitié des années 90, pour ensuite être supplantées par les mémoires SDRAM. Les mémoires DDR actuelles sont des améliorations des mémoires SDRAM actuelles. Le fait est que les DRAM sont des mémoires électroniques comme les autres, qui se présentent sous la forme de circuits intégrés, à savoir que ce sont des petits boitiers noirs avec des broches. Il est possible de souder ces boitiers sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais il est aussi possible de regrouper plusieurs boitiers sur une barrette de RAM séparée. Dans ce qui suit, nous les appellerons des '''chips mémoire''', ou encore, des puces mémoires. [[File:Canyon CN-WF514 - EtronTech EM638325TS-6-4022.jpg|centre|vignette|upright=2|Exemple de chip mémoire.]] Dans ce qui suit, nous allons étudier ces chips de DRAM, avant de voir comment ils sont regroupés sur une barrette de RAM. Puis, nous allons voire chaque type de mémoire, FPM, EDO, SDRAM, DDR, ... ; un par un. ==L'interface des DRAM et le contrôleur mémoire== L'interface d'une mémoire DRAM est plus compliquée que l'interface d'une SRAM basique. Et c'est suffisant pour qu'on ait besoin d'un intermédiaire pour faire la conversion entre processeur et DRAM. Les DRAM modernes ne sont pas connectées directement au processeur, mais le sont par l'intermédiaire d'un '''contrôleur mémoire externe'''. Il ne faut pas le confondre avec le contrôleur mémoire interne, placé dans la mémoire RAM, et qui contient notamment le décodeur. Les deux sont totalement différents, bien que leur nom soit similaire. Pour éviter toute confusion, j'utiliserais le terme de '''contrôleur de DRAM''', plus parlant. Le contrôleur de DRAM gère le bus mémoire et tout ce qui est envoyé dessus. Il envoie des commandes aux barrettes de mémoire, commandes qui peuvent être des lectures, des écritures, ou des demandes de rafraichissement, parfois d'autres commandes. La mémoire répond à ces commandes par l'action adéquate : lire la donnée et la placer sur le bus de données pour une commande de lecture, par exemple. Le rôle du contrôleur de DRAM varie grandement suivant le contrôleur en question, ainsi que selon le type de DRAM. ===Le bus d'adresse des DRAM est multiplexé=== Un point important pour le contrôleur de DRAM est de transformer les adresses mémoires fournies par le processeur, en adresses utilisables par la DRAM. Car les DRAM ont une interface assez spécifique. Les DRAM ont ce qui s'appelle un '''bus d'adresse multiplexé'''. Avec de tels bus, l'adresse est envoyée en deux fois. Les bits de poids fort sont envoyés avant les bits de poids faible. On peut ainsi envoyer une adresse de 32 bits sur un bus d'adresse de 16 bits, par exemple. Le bus d'adresse contient alors environ moitié moins de fils que la normale. Pour rappel, l'avantage de cette méthode est qu'elle permet de limiter le nombre de fils du bus d'adresse, ce qui très intéressant sur les mémoires de grande capacité. Les mémoires DRAM étant utilisées comme mémoire principale d'un ordinateur, elles devaient avoir une grande capacité. Cependant, avoir un petit nombre de broches sur les barrettes de mémoire est clairement important, ce qui impose d'utiliser des stratagèmes. Envoyer l'adresse en deux fois répond parfaitement à ce problème : cela permet d'avoir des adresses larges et donc des mémoires de forte capacité, avec une performance acceptable et peu de fils sur le bus d'adresse. Les bus multiplexés se marient bien avec le fait que les DRAM sont des mémoires à adressage par coïncidence ou à tampon de ligne. Sur ces mémoires, l'adresse est découpée en deux : une adresse haute pour sélectionner la ligne, et une adresse basse qui sélectionne la colonne. L'adresse est envoyée en deux fois : la ligne, puis la colonne. Pour savoir si une donnée envoyée sur le bus d'adresse est une adresse de ligne ou de colonne, le bus de commande de ces mémoires contenait deux fils bien particuliers : les RAS et le CAS. Pour simplifier, le signal RAS permettait de sélectionner une ligne, et le signal CAS permettait de sélectionner une colonne. [[File:Signaux RAS et CAS.png|centre|vignette|upright=2|Signaux RAS et CAS.]] Si on a deux bits RAS et CAS, c'est parce que la mémoire prend en compte les signaux RAS et CAS quand ils passent de 1 à 0. C'est à ce moment là que la ligne ou colonne dont l'adresse est sur le bus sera sélectionnée. Tant que des signaux sont à zéro, la ligne ou colonne reste sélectionnée : on peut changer l'adresse sur le bus, cela ne désélectionnera pas la ligne ou la colonne et la valeur présente lors du front descendant est conservée. [[File:L'intérieur d'une FPM.png|centre|vignette|upright=2|L'intérieur d'une FPM.]] ===Le rafraichissement mémoire=== La spécificité des DRAM est qu'elles doivent être rafraichies régulièrement, sans quoi leurs cellules perdent leurs données. Le rafraichissement est basiquement une lecture camouflée. Elle lit les cellules mémoires, mais n'envoie pas le contenu lu sur le bus de données. Rappelons que la lecture sur une DRAM est destructive, à savoir qu'elle vide la cellule mémoire, mais que le système d'amplification de lecture régénère le contenu de la cellule automatiquement. La cellule est donc rafraichie automatiquement lors d'une lecture. La quasi-totalité des DRAM supporte des commandes de rafraichissement, séparées des lectures et écritures classiques. Une commande de rafraichissement ordonne de rafraichir une adresse, voire une ligne complète. Les commandes de rafraichissement sont générées par le contrôleur de DRAM, dans la grosse majorité des cas. Il est aussi possible que ce soit le processeur qui les génère, mais c'est beaucoup plus rare. Il est aussi possible d'envoyer des commandes de rafraichissement vides, qui ne précisent ni adresse ni numéro de ligne. Pour les gérer, la mémoire contient un compteur, qui pointe sur la prochaine ligne à rafraichir, qui est incrémenté à chaque commande de rafraichissement. Une commande de rafraichissement indique à la mémoire d'utiliser l'adresse dans ce compteur pour savoir quelle adresse/ligne rafraichir. [[File:Rafraichissement mémoire automatique.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire automatique.]] Il existe des mémoires qui sont des intermédiaires entre les mémoires SRAM et DRAM. Il s'agit des '''mémoires pseudo-statiques''', qui sont techniquement des mémoires DRAM, utilisant des transistors et des condensateurs, mais qui gèrent leur rafraichissement mémoire toutes seules. Le rafraichissement mémoire est alors totalement automatique, ni le processeur, ni le contrôleur de DRAM ne devant s'en charger. Le rafraichissement est purement le fait des circuits de la mémoire RAM et devient une simple opération de maintenance interne, gérée par la RAM elle-même. L'envoi des commandes de rafraichissement peuvent se faire de deux manières : soit on les envoie toutes en même temps, soit on les disperse le plus possible. Le premier cas est un '''rafraichissement en rafale''', le second un '''rafraichissement étalé'''. Le rafraichissement en rafale n'est pas utilisé dans les PC, car il bloque la mémoire pendant un temps assez long. Mais les anciennes consoles de jeu gagnaient parfois à utiliser eu rafraichissement en rafale. En effet, la mémoire était souvent effacée entre l'affichage de deux images, pour éviter certains problèmes dont on ne parlera pas ici. Le rafraichissement de la mémoire était effectué à ce moment là : l'effacement rafraichissait la mémoire. Le temps mis pour rafraichir la mémoire est le temps mis pour parcourir toute la mémoire. Il s'agit du temps de balayage vu dans le chapitre sur les performances d'un ordinateur. Pour les mémoires FPM et EDO, il est défini en divisant la capacité de la mémoire par son débit binaire. C'est le temps nécessaire pour lire ou réécrire tout le contenu de la mémoire. Sur les SDRAM, les choses sont un peu différentes, pour une raison qu'on expliquera plus bas. ==Les rangées : l'arrangement horizontal et vertical== Il est rare d'utiliser un chip mémoire seul, car ceux-ci n'ont pas une capacité suffisante. Pour donner quelques chiffres, à l'heure où j'écris ces lignes, la norme pour un ordinateur est d'avoir entre 8 et 64 gibioctets de RAM. Mais les chips mémoire font entre 1 et 4 gibioctets, rarement plus. La raison est que les ordinateurs combinent ensemble plusieurs chips mémoire pour additionner leurs capacités. La concaténation de plusieurs chips mémoire peut se faire de deux manières différentes, appelées l'arrangement horizontal et l'arrangement vertical. Les deux additionnent la capacité des chips mémoire, mais se distinguent sur un point : ce qui arrive respectivement au bus de données, et au nombre d'adresses. Intuitivement, on se dit que doubler la capacité mémoire implique de doubler le nombre d'adresses mémoire. C'est effectivement ce qui se passe avec l'arrangement vertical. Mais avec l'arrangement horizontal, le nombre d'adresse ne varie pas. Voyons cela en détail, et commençons par le cas le plus simple, celui de l'arrangement vertical seul. ===L'arrangement vertical : cumuler des adresses mémoire=== Introduisons l'arrangement vertical par un exemple. Imaginez que je souhaite obtenir de 4 mébioctets de RAM, en combinant 4 chips mémoires de 1 mébioctet chacun. L'idée est que le premier mébioctet est placé dans le premier chip mémoire, le second mébioctet dans le second chip, etc. Des adresses consécutives se trouvent ainsi dans le même chip mémoire, sauf pour quelques adresses où on passe d'un chip à l'autre. Avec cette organisation, le bus de donnée fait un octet, et les chips mémoire ont aussi un bus de données d'un octet. Je peux alors combiner les capacités de plusieurs chips mémoire, sans toucher au bus de données. [[File:Répartition des adresses sans entrelacement.png|centre|vignette|upright=1.5|Répartition des adresses avec arrangement vertical.]] Pour sélectionner le chip mémoire adéquat, il faut que chaque chip mémoire dispose d'une entrée ''Chip Select'', qui permet de l'activer ou de le désactiver. L'idée est que selon l'adresse demandée, on active le chip mémoire associé à cette adresse. Les signaux ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur de DRAM, à partir de l'adresse. On dit qu'il y a un '''décodage d'adresse'''. Avec cet arrangement, les bits de poids fort de l'adresse sont utilisées pour sélectionner la banque adéquate, et le reste de l'adresse est envoyé sur le bus d'adresse. Par exemple, avec 4 chips mémoire, les deux bits de poids fort de l'adresse sont utilisés pour sélectionner le chip mémoire adéquat. Les adresses mémoire sont alors découpées comme suit : {|class="wikitable" |+ Adresse mémoire |- ! Adresse de banque !! Adresse dans la banque |- | Quelques bits de poids fort || Reste de l'adresse |} ===L'arrangement horizontal : élargir le bus de données=== L'arrangement horizontal permet lui aussi d'additionner les capacités mémoire de plusieurs chips mémoire. Cependant, il les combine d'une autre manière. Le nombre d'adresses mémoire n'est pas changé en utilisant plusieurs chips, mais le bus de données est élargi. Le mieux pour comprendre l'idée est de partir d'un exemple, et nous allons prendre celui d'une mémoire SDRAM. Les ordinateurs actuels ont un bus de données de 64 bits (on met de côté le cas du double ou triple canal). Cependant, il n'existe pas de chip mémoire avec un bus aussi large. Les puces de SDRAM/DDR ont un bus de 4, 8 ou 16 bits, ce sont les tailles les plus courantes. L'arrangement horizontal résout ce problème en combinant plusieurs chips mémoire de manière à ce que leurs bus de données s'"additionnent", se concatènent. Par exemple, on peut regrouper 8 chips mémoires de 8 bits, obtenir un bus mémoire de 64 bits. Il est aussi possible d'obtenir ces 64 bits avec des puces de 16 chips mémoire de 4 bits, ou 4 chips mémoire de 16 bits. [[File:Arrangement horizontal SDRAM - un Rank.png|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal SDRAM.]] Avec cette organisation, on accède à tous les bancs en parallèle à chaque accès, avec la même adresse. Vu que les chips mémoires contiennent tous une partie de la donnée demandée, ils doivent tous être activés en même temps. Pour cela, l'adresse à lire est envoyée à tous les chips mémoire d'un même ''rank'', idem pour les signaux de commande. Un ensemble de N chips reliés de cette manière forme une '''rangée''' (le terme anglais est ''rank''). [[File:Arrangement horizontal.jpg|centre|vignette|upright=2|Arrangement horizontal.]] ===L'arrangement horizontal et vertical combinés=== Nous venons de voir l'arrangement vertical et horizontal, pour ce qui est des barrettes de mémoire. Précisons que ce qui vient d'être dit marche aussi bien pour les barrettes de RAM que pour la mémoire soudée sur la carte mère. Du moment qu'on combine plusieurs chips mémoire ensemble, ces concepts restent valides. Et il en est de même pour la suite, encore que ce soit nettement moins fréquent avec de la mémoire soudée. Il est possible de combiner à la fois l'arrangement vertical et l'arrangement horizontal. Rien de plus simple : il suffit d'utiliser un arrangement vertical entre plusieurs rangées, chacun composée de plusieurs chips mémoire. C'est surtout utilisé sur les barrettes de mémoire SDRAM, qui contiennent 1, 2, 4 ou 8 rangées, rarement plus. Par exemple, une SDRAM peut combiner 16 chips de DRAM de 8 bits chacun, dans deux rangées de 64 bits chacun, chaque rangée regroupant 8 chips. [[File:SDRAM avec 4 ranks.png|centre|vignette|upright=2|SDRAM avec 4 ranks]] Le choix entre la première ou la seconde rangée se fait en configurant les bits ''Chip Select'' de chaque rangée. Il faut noter que les bits de ''Chip Select'' sont générés par le contrôleur mémoire, et envoyés sur le bus de commande. [[File:Td6bfig3.png|centre|vignette|upright=2|Comparaison entre arrangement horizontal (à gauche) et arrangement vertical (à droite).]] Le contrôleur de DRAM peut adresser un certain nombre de rangées, dispersés sur plusieurs barrettes. La limite maximale dépend du contrôleur de DRAM, elle est souvent proche de 8 ou 16 rangées. Si on combine plusieurs barrettes de mémoire, il est possible de dépasser cette limite. Par exemple, prenez un contrôleur de DRAM supportant maximum 8 rangées. Avec 4 barrettes contenant 4 rangées chacune, la limite est dépassée. : Il faut noter que tout ce qui vient d'être dit vaut aussi pour les mémoires ROM et SRAM. Mais en pratique, les arrangements verticaux et horizontaux sont surtout utilisés sur les mémoires DRAM. Il faut dire que de tels arrangements servent à augmenter la capacité mémoire, ce qui colle plus avec des DRAM que des SRAM ou des ROM. ==Les barrettes de mémoire DRAM== [[File:Ram-module.svg|droite|vignette|upright=0.5|Barrette de mémoire RAM.]] Il est possible de souder plusieurs boitiers de DRAM sur une cartre mère, et c'est ce qui est fait sur nombre d'ordinateurs portables. Mais dans les PC fixes, les puces de DRAM sont regroupées sur des ''barrettes mémoires'''. Les barrettes de mémoire se fixent à la carte mère sur un connecteur standardisé, appelé '''slot mémoire'''. Le dessin ci-contre montre une barrette de mémoire, celui-ci ci-dessous est celui d'un ''slot'' mémoire. [[File:Dual channel slots.jpg|centre|vignette|Slots mémoires.]] Sur le schéma de droite, on remarque facilement les boitiers de DRAM, rectangulaires, de couleur sombre. Chaque barrette combine ces puces de manière à additionner leurs capacités : on peut ainsi créer une mémoire de 8 gibioctets à partir de 8 puces d'un gibioctet, par exemple. Ils sont soudés sur un PCB en plastique vert sur lequel sont gravés des connexions métalliques. Les trucs dorés situés en bas des barrettes de mémoire sont des broches qui connectent la barrette au bus mémoire. Les barrettes des mémoires FPM/EDO/SDRAM/DDR n'ont pas le même nombre de broches, pour des raisons de compatibilité. {|class="wikitable" |- !Type de barrette !Type de mémoire !Nombre de broches |- | rowspan="2" | SIMM | rowspan="2" | FPM/EDO |30 |- |72 |- | rowspan="4" | DIMM |SDRAM |168 |- |DDR |184 |- |DDR2 |214, 240 ou 244, suivant la barrette ou la carte mère. |- |DDR3 |204 ou 240, suivant la barrette ou la carte mère. |} ===Le format des barrettes de mémoire=== Certaines barrettes ont des puces mémoire d'un seul côté alors que d'autres en ont sur les deux faces. Cela permet de distinguer les barrettes SIMM et DIMM. * Les '''barrettes SIMM''' ont des puces sur une seule face de la barrette. Elles étaient utilisées pour les mémoires FPM et EDO-RAM. * Les '''barrettes DIMM''' ont des puces sur les deux côtés. Elles sont utilisées sur les SDRAM et les DDR. {| class="flexible" |+ '''Barrette SIMM''' |- |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7229.jpg|vignette|SIMM recto.]] |[[File:SIMM FPM 4 MB - C0448721-7230.jpg|vignette|SIMM verso.]] |} : Les modules DIMM tendent à avoir plus de rangées que les modules SIMM, mais ce n'est pas systématique. Il est souvent dit que les barrettes DIMM ont deux rangées, contre seulement 1 pour les SIMM, mais les contre-exemples sont nombreux. Les barrettes '''SO-DIMM''', pour ordinateurs portables, sont différentes des barrettes DIMM normales des DDR/SDRAM. La raison est qu'il n'y a pas beaucoup de place à l'intérieur d'un PC portable, ce qui demande de diminuer la taille des barrettes. {| |- |[[File:Desktop DDR Memory Comparison.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC de bureau.]] |[[File:Laptop SODIMM DDR Memory Comparison V2.svg|centre|vignette|upright=1.5|Barrettes de DDR pour PC portables.]] |} Les barrettes de Rambus ont parfois été appelées des '''barrettes RB-DIMM''', mais ce sont en réalité des DIMM comme les autres. La différence principale est que la position des broches n'était pas la même que celle des formats DIMM normaux, sans compter que le connecteur Rambus n'était pas compatible avec les connecteurs SDR/DDR normaux. ===Les interconnexions à l'intérieur d'une barrette de mémoire=== Les boîtiers de DRAM noirs sont connectés au bus par le biais de connexions métalliques. Toutes les puces d'une même rangée sont connectées aux bus d'adresse et de commande. Et les chips d'une même rangée reçoivent exactement les mêmes signaux de commande/adresses, ce qui permet d'envoyer la même adresse/commande à toutes les puces en même temps. La manière dont ces puces sont reliées au bus de commande dépend selon la mémoire utilisée. Les DDR1 et 2 utilisent ce qu'on appelle une '''topologie en T''', illustrée ci-dessous. On voit que le bus de commande forme une sorte d'arbre, dont chaque extrémité est connectée à une puce. La topologie en T permet d'égaliser le délai de transmission des commandes à travers le bus : la commande transmise arrive en même temps sur toutes les puces. Mais elle a de nombreux défauts, à savoir : elle fonctionne mal à haute fréquence, elle est difficile à router en raisons des embranchements. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR1-2, nommée topologie en T.]] En comparaison, les DDR3 utilisent une '''topologie ''fly-by''''', où les puces sont connectées en série sur le bus de commande/adresse. La topologie ''fly-by'' n'a pas les problèmes de la topologie en T : elle est simple à router et fonctionne très bien à haute fréquence. [[File:Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie fly-by.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les DDR3 - topologie ''fly-by'']] ===Les barrettes tamponnées (à registres)=== Certaines barrettes intègrent un registre tampon, qui fait l'interface entre le bus et la barrette de RAM. L'utilité est d'améliorer la transmission du signal sur le bus mémoire. Sans ce registre, les signaux électriques doivent traverser le bus, puis traverser les connexions à l'intérieur de la barrette, jusqu'aux puces de mémoire. Avec un registre tampon, les signaux traversent le bus, sont mémorisés dans le registre et c'est tout. Le registre envoie les commandes/données jusqu'aux puces mémoire, mais le signal a été régénéré par le registre. Le signal transmis est donc de meilleure qualité, ce qui augmente la fiabilité du système mémoire. Le défaut est que la présence de ce registre fait que les barrettes ont un temps de latence est plus important que celui des barrettes normales, du fait de la latence du registre. Les barrettes de ce genre sont appelées des '''barrettes RIMM'''. Il en existe deux types : * Avec les '''barrettes RDIMM''', le registre fait l'interface pour le bus d'adresse et le bus de commande, mais pas pour le bus de données. * Avec les '''barrettes LRDIMM''' (''Load Reduced DIMMs''), le registre fait tampon pour tous les bus, y compris le bus de données. [[File:Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.png|centre|vignette|upright=3.0|Organisation des bus de commandes sur les RDIMM.]] ===Le ''Serial Presence Detect''=== [[File:SPD SDRAM.jpg|vignette|Localisation du SPD sur une barrette de SDRAM.]] Toute barrette de mémoire assez récente contient une petite mémoire ROM qui stocke les différentes informations sur la mémoire : délais mémoire, capacité, marque, etc. Cette mémoire s'appelle le '''''Serial Presence Detect''''', aussi communément appelé le SPD. Ce SPD contient non seulement les timings de la mémoire RAM, mais aussi diverses informations, comme le numéro de série de la barrette, sa marque, et diverses informations. Le SPD est lu au démarrage de l'ordinateur par le BIOS, afin de pourvoir configurer ce qu'il faut. Le contenu de ce fameux SPD est standardisé par un organisme nommé le JEDEC, qui s'est chargé de standardiser le contenu de cette mémoire, ainsi que les fréquences, timings, tensions et autres paramètres des mémoires SDRAM et DDR. Pour les curieux, vous pouvez lire la page wikipédia sur le SPD, qui donne son contenu pour les mémoires SDR et DDR : [https://en.wikipedia.org/wiki/Serial_presence_detect Serial Presence Detect]. ==Les mémoires asynchrones à RAS/CAS : FPM et EDO-RAM== Avant l'invention des mémoires SDRAM et DDR, il exista un grand nombre de mémoires différentes, les plus connues étant les mémoires fast page mode et EDO-RAM. Ces mémoires n'étaient pas synchronisées par un signal d'horloge, c'était des '''mémoires asynchrones'''. Quand ces mémoires ont été créées, cela ne posait aucun problème : les accès mémoire étaient très rapides et le processeur était certain que la mémoire aurait déjà fini sa lecture ou écriture au cycle suivant. Les mémoires asynchrones les plus connues étaient les '''mémoires FPM''' et '''mémoires EDO'''. Pour ce qui est de leur interface, il faut signaler qu'elles n'ont pas d'entrée ''Chip Select'' ou d'entrée ''Output Enable''. Les signaux RAS et CAS remplacent en quelque sorte ces deux signaux. Le bit RAS fait office de ''Chip Select'', le bit CAS fait office d'''Output Enable''. ===Les mémoires FPM=== Les '''mémoires FPM (''Fast Page Mode'')''' possédaient une petite amélioration, qui rendait l'adressage plus simple. Avec elles, il n'y a pas besoin de préciser deux fois la ligne si celle-ci ne changeait pas lors de deux accès consécutifs : on pouvait garder la ligne sélectionnée durant plusieurs accès. Par contre, il faut quand même préciser les adresses de colonnes à chaque changement d'adresse. Il existe une petite différence entre les mémoire ''Page Mode'' et les mémoires ''Fast-Page Mode'' proprement dit. Sur les premières, le signal CAS est censé passer à 0 avant qu'on fournisse l'adresse de colonne. Avec les ''Fast-Page Mode'', l'adresse de colonne pouvait être fournie avant que l'on configure le signal CAS. Cela faisait gagner un petit peu de temps, en réduisant quelque peu le temps d'accès total. [[File:Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.png|centre|vignette|upright=2|Sélection d'une ligne sur une mémoire FPM ou EDO.]] Avec les '''mémoires en mode quartet''', il est possible de lire quatre octets consécutifs sans avoir à préciser la ligne ou la colonne à chaque accès. On envoie l'adresse de ligne et l'adresse de colonne pour le premier accès, mais les accès suivants sont fait automatiquement. La seule contrainte est que l'on doit générer un front descendant sur le signal CAS pour passer à l'adresse suivante. Vous aurez noté la ressemblance avec le mode rafale vu il y a quelques chapitres, mais il y a une différence notable : le mode rafale vrai n'aurait pas besoin qu'on précise quand passer à l'adresse suivante avec le signal CAS. [[File:Mode quartet.png|centre|vignette|upright=3|Mode quartet.]] Les '''mémoires FPM à colonne statique''' se passent même du signal CAS. Le changement de l'adresse de colonne est détecté automatiquement par la mémoire et suffit pour passer à la colonne suivante. Dans ces conditions, un délai supplémentaire a fait son apparition : le temps minimum entre deux sélections de deux colonnes différentes, appelé tCAS-to-CAS. [[File:Accès en colonne statique.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Accès en colonne statique.]] ===Les mémoires EDO-RAM=== L''''EDO-RAM''' a été inventée quelques années après la mémoire FPM. Elle a été déclinée en deux versions : la EDO simple, et la EDO en rafale. L'EDO simple ajoutait une entrée ''Ouput Enable'' à une mémoire FPM. Pour rappel, l'entrée ''Ouput Enable'' permet de connecter/déconnecter la DRAM du bus de données. S'il est mis à 0, les lectures et écritures sont empêchées. Pour ajouter cette entrée, il a fallu rajouter un registre sur la sortie de donnée, celle qui sert pour les lectures. Et l'ajout de ce registre a introduit une capacité dite de ''pipelining'', sur le même modèle que pour les mémoires SRAM synchrones. La donnée pouvait être maintenue sur le bus de données durant un certain temps, même après la remontée du signal CAS. Le registre de sortie maintenait la donnée lu tant que le signal RAS restait à 0, et tant qu'un nouveau signal CAS n'a pas été envoyé. Faire remonter le signal CAS à 1 n'invalidait pas la donnée en sortie. La conséquence est qu'on pouvait démarrer une nouvelle lecture alors que la donnée de l'accès précédent était encore présent sur le bus de données. Le pipeline obtenu avait deux étages : un où on présentait l'adresse et sélectionnait la colonne, un autre où la donnée était lue depuis le registre de sortie. Les mémoires EDO étaient donc plus rapides. [[File:EDO RAM.png|centre|vignette|upright=3|EDO RAM]] Cependant, cela marchait surtout pour les lectures, pas pour les écritures. Une écriture ne démarre que quand la lecture ou écriture précédente est totalement terminée. De même, on ne peut pas démarrer un nouvel accès mémoire tant qu'une écriture est en cours. ===Les mémoires EDO-RAM avec mode rafale=== Les '''EDO en rafale''' effectuent les accès à 4 octets consécutifs automatiquement : il suffit d'adresser le premier octet à lire. Les 4 octets étaient envoyés sur le bus les uns après les autres, au rythme d'un par cycle d’horloge : ce genre d'accès mémoire s'appelle un accès en rafale. [[File:Accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Accès en rafale sur une DRAM EDO.]] Implémenter cette technique nécessite d'ajouter un compteur, capable de faire passer d'une colonne à une autre quand on lui demande, et quelques circuits annexes pour commander le tout. [[File:Modifications du contrôleur mémoire liées aux accès en rafale.png|centre|vignette|upright=2|Modifications du contrôleur de DRAM liées aux accès en rafale.]] ===Le rafraichissement mémoire=== Les mémoires FPM et EDO doivent être rafraichies régulièrement. Au début, le rafraichissement se faisait ligne par ligne. Le rafraichissement avait lieu quand le RAS passait à l'état haut, alors que le CAS restait à l'état bas. Le processeur, ou le contrôleur mémoire, sélectionnait la ligne à rafraichir en fournissant son adresse mémoire. D'où le nom de '''rafraichissement par adresse''' qui est donné à cette méthode de commande du rafraichissement mémoire. Divers processeurs implémentaient de quoi faciliter le rafraichissement par adresse. Par exemple, le Zilog Z80 contenait un compteur de ligne, un registre qui contenait le numéro de la prochaine ligne à rafraichir. Il était incrémenté à chaque rafraichissement mémoire, automatiquement, par le processeur lui-même. Un ''timer'' interne permettait de savoir quand rafraichir la mémoire : quand ce ''timer'' atteignait 0, une commande de rafraichissement était envoyée à la mémoire, et le ''timer'' était ''reset''. [[File:Rafraichissement mémoire manuel.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement mémoire manuel.]] Par la suite, certaines mémoires ont implémenté un compteur interne d'adresse, pour déterminer la prochaine adresse à rafraichir sans la préciser sur le bus d'adresse. Le déclenchement du rafraichissement se faisait toujours par une commande externe, provenant du contrôleur de DRAM ou du processeur. Cette commande faisait passer le CAS à 0 avant le RAS. Cette méthode de rafraichissement se nomme '''rafraichissement interne'''. [[File:Rafraichissement sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissement sur CAS précoce.]] On peut noter qu'il est possible de déclencher plusieurs rafraichissements à la suite en laissant le signal CAS dans le même état. Ce genre de choses pouvait avoir lieu après une lecture : on pouvait profiter du fait que le CAS soit mis à zéro par la lecture ou l'écriture pour ensuite effectuer des rafraichissements en touchant au signal RAS. Dans cette situation, la donnée lue était maintenue sur la sortie durant les différents rafraichissements. [[File:Rafraichissements multiples sur CAS précoce.png|centre|vignette|upright=2|Rafraichissements multiples sur CAS précoce.]] ==Les mémoires SDRAM== Dans les années 90, les mémoires asynchrones ont laissé la place aux '''mémoires SDRAM''', qui sont synchronisées avec le bus par une horloge. L'utilisation d'une horloge a comme avantage des temps d'accès fixes : le processeur sait qu'un accès mémoire prendra un nombre déterminé de cycles d'horloge. Avec les mémoires asynchrones, le processeur ne pouvait pas prévoir quand la donnée serait disponible et ne faisait rien tant que la mémoire n'avait pas répondu : il exécutait ce qu'on appelle des ''wait states'' en attendant que la mémoire ait fini. Les mémoires SDRAM sont standardisées par un organisme international, le JEDEC. Le standard SDRAM impose des spécifications électriques bien précise pour les barrettes de mémoire et le bus mémoire, décrit le protocole utilisé pour communiquer avec les barrettes de mémoire, et bien d'autres choses encore. Les SDRAM ont été déclinées en versions de performances différentes, décrites dans le tableau ci-dessous : {| class="wikitable" ! Nom standard ! Fréquence ! Bande passante |- | PC66 | 66 mhz | 528 Mio/s |- | PC66 | 100 mhz | 800 Mio/s |- | PC66 | 133 mhz | 1064 Mio/s |- | PC66 | 150 mhz | 1200 Mio/s |} ===Les banques internes aux chips mémoires SDRAM=== L'intérieur d'une mémoire SDRAM contient plusieurs '''banques''', aussi appelées des banc mémoire. Concrètement, une banque est... une mémoire. Ou plutôt, une sorte de mini-mémoire miniature. Chaque banque a son propre tampon de ligne, ses propres multiplexeurs de colonne et ses propres décodeurs. C'est comme si une SDRAM regroupait plusieurs mémoires séparées dans un même circuit intégré. [[File:Arrangement vertical.jpg|centre|vignette|upright=2.5|Mémoire multi-banques.]] Un point important est que chaque banque a son propre tampon de ligne. Il est donc possible d'ouvrir plusieurs lignes en même temps, chacune dans une banque différente. Par exemple, on peut ouvrir une ligne dans la banque numéro 1, et une autre ligne dans la banque numéro 2. Et c'est une source d'optimisations très intéressantes. La première optimisation est liée au rafraichissement mémoire. Au lieu de rafraichir chaque adresse une par une, il est possible de rafraichir des banques indépendantes en même temps, ce qui divise le temps de rafraichissement par le nombre de banques. C'est ce que je sous-entendais plus haut quand je disais que le temps de rafraichissement n'est pas égal au temps de balayage sur les SDRAM, alors que c'est le cas sur les DRAM FPM et EDO. De plus, et sans rentrer dans les détails, cela permet de faire plusieurs accès mémoire en même temps, dans des banques différentes. La possibilité est limitée, mais elle existe et elle améliore grandement la performance de la SDRAM. Mais nous en reparlerons dans un chapitre ultérieur, car cette histoire d'accès simultanés a plus sa place dans le chapitre sur le parallélisme mémoire. Pour le moment, nous ne pouvons pas expliquer pourquoi ni comment un processeur pourrait émettre plusieurs accès mémoire simultanés. Un processeur est censé travailler une instruction à la fois, à ce stade du cours, il ne peut pas en faire plusieurs en même temps. Mais nous allons cependant mentionner un cas où cette possibilité est intéressante : une mémoire SDRAM partagée entre un processeur et une carte graphique. Les deux accèdent à des données séparées, qui sont dans des banques différentes. On suppose que la carte graphique accède plus fréquemment à la mémoire que le processeur. Le contrôleur mémoire reçoit les accès mémoire du CPU et du GPU et il tente d'intercaler des accès CPU entre deux accès de la carte graphique. Vu qu'ils tombent dans des banques différentes, un accès CPU et un accès carte graphique peuvent se faire presque en même temps. La seule contrainte est que si on lance plusieurs accès mémoire simultanés, ceux-ci ne peuvent pas utiliser le bus de données en même temps. {|class="wikitable" |+ Pipelining basique sur les SDRAM |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 |- ! Banque Numéro 1 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 2 | || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || || colspan="3" bgcolor="#A0FFFF" | Accès CPU || || |- ! Banque Numéro 3 | || || || || || || || || || || |- ! Banque Numéro 4 | || || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || || colspan="3" bgcolor="#FFA0FF" | Accès carte graphique || |} ===Le mode rafale des SDRAM=== Un point important est que les SDRAM reprennent les optimisations des mémoires FPM et EDO. Elles utilisent aussi un tampon de ligne, avec la possibilité de lire plusieurs colonnes à la suite sans avoir à préciser l'adresse de ligne à chaque fois. Mais surtout, elles gèrent nativement le mode rafale. les paramètres qui ont trait au mode rafale sont configurables. Il est possible de configurer la SDRAM pour activer les accès sans rafale, ou les désactiver. Il y a aussi la possibilité de configurer le nombre d'octets consécutifs à lire ou écrire en mode rafale. On peut ainsi accéder à 1, 2, 4, ou 8 octets en une seule fois, alors que les EDO ne permettaient que des accès à 4 octets consécutifs. Enfin, on peut décider s'il faut faire un accès en mode linéaire ou entrelacé. La configuration de la SDRAM est mémorisée dans un registre de 10 bits, le '''registre de mode'''. Il faisait 10 bits sur les mémoires SDRAM, mais a été étendu à 13 bits sur la DDR2. Voici les 10 bits originels de ce registre : {|class="wikitable" |+ Signification des bits du registre de mode des SDRAM |- ! Bit n°9 | Type d'accès : en rafale ou normal |- ! Bit n°8 et 7 | Doivent valoir 00, sont réservés pour une utilisation ultérieur dans de futurs standards. |- ! Bit n°6, 5, et 4 | Latence CAS (voir plus bas) |- ! Bit n°3 | Type de rafale : linéaire ou entrelacée |- ! Bit n°2, 3, et 0 | Longueur de la rafale : indique le nombre d'octets à lire/écrire lors d'une rafale. |} ===L'interface d'une mémoire SDRAM=== Le bus de commandes d'une SDRAM contient au moins 18 fils, dont celui pour le signal d'horloge. L'interface d'une SDRAM contient tous les bits présents sur une mémoire DRAM classique : une entrée RAS, une entrée CAS, une entrée R/W, et un bus d'adresse. A cela, il faut cependant ajouter une entrée ''Chip Select'' (CS), qui permet d'activer/désactiver la mémoire SDRAM. Je rappelle que le bit CS a été introduit sur les mémoires SDRAM, il n'était pas présent sur les mémoires FPM/EDO. Deux autres bits de commande sont vraiment spécifiques des mémoires SDRAM. Il s'agit des bits CKE et DQM. Le '''bit CKE''' est l'abréviation de ''Clock Enable'', qui qui trahit sa fonction. Lorsque ce signal est à 0, le chip de SDRAM voit son signal d'horloge gelè. S'il est à 0, le contrôleur de DRAM peut envoyer ce qu'il veut sur le bus de commande ou d'adresse, la SDRAM ne réagira pas du tout, il ne se passera rien. Le '''bit DQM''' est une sorte de bit ''Output Enable'', avec une nuance importante. Le terme DQM est l'abréviation de ''Data Mask'', ce qui trahit encore une fois sa fonction. Il y a un bit DQM pour chaque octet du bus de données. Une SDRAM ayant un bus de 64 bits, cela fait 8 bits DQM par mémoire SDRAM. Lorsque le bit DQM est à 1, l'octet en question n'est simplement pas lu ou écrit, le bus de donnée est déconnecté pour cet octet. Le bus d'adresse est particulier, car il tient compte de la présence de ''banques mémoires''. Le bus d'adresse est découpé en deux portions : une portion pour sélectionner la banque, une autre pour sélectionner l'adresse à l'intérieur d'une banque. L'interface de la SDRAM fait ainsi la différence entre une '''adresse de banque''' et une '''adresse intra-banque'''. L'adresse de banque est codée sur quelques bits, généralement deux ou trois suivant la SDRAM. Le reste de l'adresse est codé sur 11 bits sur les SDRAM, mais cela a augmenté avec les DDR 1, 2, 3, 4, 5. Le bus de données d'une SDRAM fait 4, 8, ou 16 bits. Je précise bien qu'il s'agit là des puces de SDRAM, les barrettes de SDRAM combinent plusieurs puces SDRAM avec un arrangement horizontal, qui peut combiner plusieurs puces de 8 bits pour alimenter un bus de données de 64 bits. La taille des puces utilisées souvent indiquée sur la barrette de RAM, avec une mention x4, x8 ou x16. Les puces de SDRAM les plus courantes ont une interface de 8 bits pour les données. Les SDRAM de 4 bits sont surtout utilisées pour les serveurs, c'est lié au support de l'ECC. les puces x16 sont moins utilisées car elles ont généralement moins de banques que les autres. ===Les commandes SDRAM=== Le bus de commande permet d'envoyer des commandes à la mémoire, chaque commande étant précisée par une combinaison précise des bits CS, RAS, CAS, R/W, et autres. Les commandes en question sont des demandes de lecture, d'écriture, de préchargement et autres. Elles sont codées par une valeur bien précise qui est envoyée sur les 18 fils du bus de commande. Ces commandes sont nommées READ, READA, WRITE, WRITEA, PRECHARGE, ACT, ... Les plus importantes sont les commandes PRECHARGE, ACT et READ/WRITE. La commande ACT sélectionne une ligne : elle met le bit RAS à zéro et présente une adresse de ligne. Les commandes READ et WRITE sélectionnent une colonne, et déclenchent respectivement une lecture ou une écriture. Elles précisent une adresse de colonne, mettent le bit CAS à 0 et le bit RAS à 1, et précise la valeur du bit R/W. Les commandes READ et WRITE ne peuvent se faire qu'une fois que la banque a été activée par une commande ACT. Il est possible d'envoyer plusieurs commandes READ ou WRITE successives à des colonnes différentes, ce qui permet d'implémenter les optimisations des mémoires FPM. La commande PRECHARGE ferme la ligne courante et prépare l'ouverture de la suivante. Elle précharge les lignes de bit de la RAM, d'où son nom. Il est nécessaire d'en envoyer une avant d'envoyer une commande ACT. Notons que la commande PRECHARGE agit sur une banque, dont l'adresse est indiquée dans la commande PRECHARGE. Il existe une commande PRECHARGE ALL, qui agit sur toutes les banques de la SDRAM à la fois. Elle est souvent utilisée de concert avec la commande de rafraichissement, car le rafraichissement mémoire rafraichit une ligne dans toutes les banques à la fois. Il faut donc fermer toutes les lignes ouvertes, dans chaque banque, ce que fait la commande PRECHARGE ALL. Les commandes READA et WRITEA fusionnent une commande READ/WRITE avec une commande PRECHARGE. Elles permettent d'éviter d'avoir à envoyer une commande PRECHARGE pour fermer la ligne courante. Au lieu d'envoyer une commande READ ou WRITE, puis une commande PRECHARGE pour fermer la ligne, on envoie une seule commande READA/WRITEA. Il s'agit d'une petite optimisation, qui permet de réduire le nombre de commandes envoyées sur le bus. Les commandes sont encodées comme indiquées dans ce tableau. Une commande est tout simplement encodée en précisant une adresse si nécessaire, et une combinaison des bits CS, RAS, CAS et R/W. La seule subtilité est que le bit numéro 10 du bus d'adresse sert à commander les opérations de PRECHARGE, y compris celles implicites dans les opérations READA et WRITEA. {| class="wikitable" style="text-align:center" ! Bit CS || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (2 bits) || Bit du bus d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Stoppe un accès en rafale (en cours). |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lit une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lit une donnée depuis la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrit une donnée dans la ligne active. |- | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrit une donnée dans la ligne active, puis ferme la ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 1 || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne dans toutes les banques. |- | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || 0 || 0 || 0 || 00 || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} Les commandes ACT se font à partir de l'état de repos, l'état où toutes les banques sont préchargées. Par contre, les commandes MODE REGISTER SET et AUTO REFRESH ne peuvent se faire que si toutes les banques sont désactivées. Le fonctionnement simplifié d'une SDRAM peut se résumer dans ce diagramme : [[File:Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.jpg|centre|vignette|upright=2|Fonctionnement simplifié d'une SDRAM.]] ===Les délais mémoires=== Les mémoires SDRAM n'étant pas infiniment rapides, il y a toujours un certain délais à respecter entre deux commandes. Par exemple, quand on envoie une commande ACT pour activer une ligne, on ne peut pas envoyer une commande READ/WRITE au cycle suivant. La plupart des SDRAM ne sont pas assez rapides pour ça. Il faut respecter un délai de quelques cycles, qui dépend de la mémoire. Et il n'y a pas que ce délai entre une commande ACT et la commande suivante. Une SDRAM doit gérer d'autres temps d'attente, appelés des '''délais mémoires''', ou encore des ''timings'' mémoire. Les délais mémoire le plus importants sont résumés ci-dessous : {|class="wikitable" |- !Timing!!Description |- | colspan="2" | |- ! colspan="2" | Délais primaires |- ||tRP|| Temps entre une commande PRECHARGE et une commande ACT |- ||tRCD|| Temps entre une commande ACT et une commande READ/WRITE. |- ||tCL|| Temps entre une commande READ et l'envoi de la donnée lue sur le bus de données. |- ||tDQSS|| Temps entre une commande WRITE et l'écriture de la donnée. |- ||tCAS-to-CAS|| Temps minimum entre deux commandes READ. |- ! colspan="2" | Délais secondaires |- ||tWTR|| Temps entre une lecture et une écriture consécutives. |- ||tRAS || Temps entre une commande ACT et une commande PRECHARGE. |} Les délais/timings mémoire ne sont pas les mêmes suivant la barrette de mémoire que vous achetez. Certaines mémoires sont ainsi conçues pour avoir des timings assez bas et sont donc plus rapides, et surtout : beaucoup plus chères que les autres. Le gain en performances dépend beaucoup du processeur utilisé et est assez minime comparé au prix de ces barrettes. Les délais mémoires d'une barrette sont mémorisés dans le ''Serial Presence Detect'' de la barrette et sont lus par le BIOS au démarrage de l'ordinateur, et sont ensuite utilisés pour configurer le contrôleur de DRAM. Il y a cependant quelques régularités qui reviennent souvent, d'une SDRAM à l'autre. La plus importante est que les délais ne sont pas les mêmes quand on alterne des lectures et écritures. Les délais les plus courts sont observés quand on a des lectures successives, ou des écritures successives. Par contre, les délais s'allongent quand on doit passer d'une lecture à une écriture ou inversement. Les SDRAM préférent qu'on regroupe les lectures avec d'autres lectures, les écritures avec d'autres écritures. ===Les commandes anticipées=== Les SDRAM sont parfois capables de démarrer une commande avant que la précédente soit terminée. Concrètement, pendant que la commande précédente envoie sa dernière donnée sur le bus de données, on peut envoyer la commande suivante avec quelques cycles d'avance. L'exemple ci-dessous devrait être assez clair : on envoie une seconde commande au neuvième cycle, alors qu'une rafale est en cours. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Bus de commande/adresse | || bgcolor="#A0FFFF" | ACT || || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Bus de données | || || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Il s'agit d'une forme très limitée de pipeline, tellement limitée qu'on peut légitimement douter que c'est un vrai pipeline. Dans ce qui suit, j'ai décidé d'appeler cette possibilité sous le terme de '''commandes SDRAM anticipées'''. La possibilité est très limitée, car il faut tenir compte des délais mémoire. Elle améliore un peu les performances dans certaines circonstances où la RAM doit traiter plusieurs accès mémoire consécutifs, très rapprochés. L'exemple typique est celui du transfert d'un bloc de données entre mémoire cache et mémoire RAM, qui dépasse la taille d'une rafale. Le cache envoie alors plusieurs accès mémoire d'un seul coup au contrôleur mémoire. Mais d'autres exemples sont possibles, on ne peut juste pas les expliquer à ce stade du cours. Les commandes SDRAM anticipées sont possibles car les SDRAM sont formées en entourant une RAM asynchrone de registres, exactement comme les SRAM synchrones. Il est possible d'écrire dans les registres de données/commandes, pendant qu'un autre accès mémoire accède au cœur asynchrone. Les délais mémoire sont conçus pour éviter qu'une commande accède au cœur asynchrone en même temps que la suivante ou la précédente, idem pour l'usage des registres. C'est pour cela que les délais mémoire sont assez différents entre écritures et lectures, d'ailleurs. {|class="wikitable" |- ! !! Cycle 1 !! Cycle 2 !! Cycle 3 !! Cycle 4 !! Cycle 5 !! Cycle 6 !! Cycle 7 !! Cycle 8 !! Cycle 9 !! Cycle 10 !! Cycle 11 !! Cycle 12 !! Cycle 13 |- ! Enregistrement de la commande dans le registre d'adresse/commande | bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || || || |- ! Accès au cœur asynchrone | || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || bgcolor="#A0FFFF" | READ (1) || || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || bgcolor="#FFA0FF" | READ (2) || || || |- ! Lecture/écriture du registre de données | || || || || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 || bgcolor="#A0FFFF" | READ 1 | bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 || bgcolor="#FFA0FF" | READ 2 | |} Les DDR2 et 3 vont encore plus loin avec l'optimisation des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur mémoire peut envoyer une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings''. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur mémoire peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur mémoire. ==Les mémoires DDR== Les mémoires SDRAM récentes sont des mémoires de type ''dual data rate'', ce qui fait qu'elles portent le nom de mémoires DDR. Pour rappel, les mémoires ''dual data rate'' ont un plan mémoire deux fois plus large que le bus mémoire, avec un bus mémoire allant à une fréquence double. Par double, on veut dire que les transferts sur le bus mémoire ont lieu sur les fronts montants et descendants de l'horloge. Il y a donc deux transferts de données sur le bus pour chaque cycle d'horloge, ce qui permet de doubler le débit sans toucher à la fréquence du plan mémoire lui-même. Les mémoires DDR sont standardisées par un organisme international, le JEDEC, et ont été déclinées en plusieurs générations : DDR1, DDR2, DDR3, et DDR4. La différence entre ces modèles sont très nombreuses, mais les plus évidentes sont la fréquence de la mémoire et du bus mémoire. D'autres différences mineures existent entre les SDRAM et les mémoires DDR. Par exemple, la tension d'alimentation des mémoires DDR est plus faible que pour les SDRAM. ET elle a diminué dans le temps, d'une génération de DDR à l'autre. Avec les mémoires DDR2,la tension d'alimentation est passée de 2,5/2,6 Volts à 1,8 Volts. Avec les mémoires DDR3, la tension d'alimentation est notamment passée à 1,5 Volts. ===Les performances des mémoires DDR=== Les mémoires SDRAM ont évolué dans le temps, mais leur temps d'accès/fréquence n'a pas beaucoup changé. Il valait environ 10 nanosecondes pour les SDRAM, approximativement 5 ns pour la DDR-400, il a peu évolué pendant la génération DDR et DDR3, avant d'augmenter pendant les générations DDR4 et de stagner à nouveau pour la génération DDR5. L'usage du DDR, puis du QDR, visait à augmenter les performances malgré la stagnation des temps d'accès. En conséquence, la fréquence du bus a augmenté plus vite que celle des puces mémoire pour compenser. {|class="wikitable" |- ! Année ! Type de mémoire ! Fréquence de la mémoire (haut de gamme) ! Fréquence du bus ! Coefficient multiplicateur entre les deux fréquences |- | 1998 | DDR 1 | 100 - 200 MHz | 200 - 400 MHz | 2 |- | 2003 | DDR 2 | 100 - 266 MHz | 400 - 1066 MHz | 4 |- | 2007 | DDR 3 | 100 - 266 MHz | 800 - 2133 MHz | 8 |- | 2014 | DDR 4 | 200 - 400 MHz | 1600 - 3200 MHz | 8 |- | 2020 | DDR 5 | 200 - 450 MHz | 3200 - 7200 MHz | 8 à 16 |} Une conséquence est que la latence CAS, exprimée en nombre de cycles, a augmenté avec le temps. Si vous comparez des mémoires DDR2 avec une DDR4, par exemple, vous allez voir que la latence CAS est plus élevée pour la DDR4. Mais c'est parce que la latence est exprimée en nombre de cycles d'horloge, et que la fréquence a augmentée. En comparant les temps d'accès exprimés en secondes, on voit une amélioration. ===Les commandes des mémoires DDR=== Les commandes des mémoires DDR sont globalement les mêmes que celles des mémoires SDRAM, vues plus haut. Les modifications entre SDRAM, DDR1, DDR2, DDR3, DDR4, et DDR5 sont assez mineures. Les seules différences sont l'addition de bits pour la transmission des adresses, des bits en plus pour la sélection des banques, etc. En clair, une simple augmentation quantitative. Le registre de mode a été un peu modifié. Il est passé de 10 bits pour les SDRAM et DDR1, à 13 bits sur la DDR 2 et les suivantes. Les DDR ont aussi ajouté le support de plusieurs registres de mode, qui sont sélectionnés en réutilisant l'adresse de banque. Dans une commande LOAD MODE REGISTER, l'adresse de banque indique quel registre de mode il faut altérer. Avant la DDR4, les modifications des commandes sont mineures. La DDR2 supprime la commande ''Burst Terminate'', la DDR3 et la DDR4 utilisent le bit A12 pour préciser s'il faut faire une rafale complète, ou une rafale de moitié moins de données. Une optimisation des DDR2 et 3 est celle des '''CAS postés'''. L'idée est que le contrôleur de DRAM peut envoyer une commande ACT et une commande READ/WRITE sans se soucier des ''timings'' nécessaires entre les deux. En théorie, les deux commandes doivent être séparées par quelques cycles, sur une SDRAM ou une DDR1. Mais avec la DDR2, le contrôleur de DRAM peut envoyer les deux l'une après l'autre, au cycle suivant. C'est la mémoire qui mettra en attente la commande READ/WRITE pour respecter les ''timings'' mémoire. Cela complexifie le fonctionnement interne de la DDR, mais simplifie grandement le travail du contrôleur de DRAM. Mais avec la DDR4, les choses changent, notamment au niveau de la commande ACT. Avec l'augmentation de la capacité des barrettes mémoires, la taille des adresses est devenue trop importante. Pour éviter de rajouter des bits d'adresses, les concepteurs du standard DDR4 ont décidé de ruser. Lors d'une commande ACT, les bits RAS, CAS et WE sont utilisés comme bits d'adresse, alors qu'ils ont leur signification normale pour les autres commandes. Pour éviter toute confusion, un nouveau bit ACT est ajouté pour indiquer la présence d'une commande ACT : il est à 1 pour une commande ACT, 0 pour les autres commandes. {| class="wikitable" style="text-align:center" |+ Commandes d'une mémoire DDR4, seule la commande colorée change par rapport aux SDRAM ! Bit CS || style="background: #CCFFCC" | Bit ACT || Bit RAS || Bit CAS || Bit WE || Bits de sélection de banque (4 bits) || Bit du bas d'adresse A10 || Reste du bus d'adresse || Nom de la commande : Description |- | 1 | colspan="6" | X | Absence de commandes. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 1 || colspan="3" | X || No Operation : Pas d'opération |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 1 || 0 || colspan="3" | X || Burst Terminante : Arrêt d'un accès en rafale en cours. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || READ : lire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 1 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || READA : lire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 0 || Adresse de la colonne || WRITE : écrire une donnée depuis la ligne active. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 1 || 0 || 0 || Adresse de la banque || 1 || Adresse de la colonne || WRITEA : écrire une donnée depuis la ligne active, avec rafraichissement automatique de la ligne. |- style="background: #CCFFCC" | 0 || style="background: #CCFFCC" | 1 || colspan="3" | Adresse de la ligne (bits de poids forts) || Adresse de la banque || colspan="2" | Adresse de la ligne (bits de poids faible) || ACT : charge une ligne dans le tampon de ligne. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la banque || 0 || X || PRECHARGE : précharge le tampon de ligne dans la banque voulue. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 1 || 0 || Adresse de la X || 1 || X || PRECHARGE ALL : précharge le tampon de ligne' dans toutes les banques. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 1 || colspan="3" | X || Auto refresh : Demande de rafraichissement, gérée par la SDRAM. |- | 0 || style="background: #CCFFCC" | 0 || 0 || 0 || 0 || Numéro de registre de mode || colspan="2" | Nouveau contenu du registre de mode || LOAD MODE REGISTER : configure le registre de mode. |} ===Les SDRAM basse consommation : les LPDDR=== Il existe des variantes de mémoire DDR qui sont optimisées pour consommer le moins d'énergie possible. Elles s'appelle les '''mémoires LP-DDR''', abréviation de ''Low Power DDR''. Elles sont utilisées dans les ordinateurs portables, les smartphones et autres équipements de ce type, pour lesquels l'autonomie de la batterie est très importante. Pour économiser de l'énergie, elles disposent de plusieurs armes, dont les principales sont les suivantes : une tension d'alimentation réduite, des mode de mise en veille optimisés, des modes de rafraichissement mémoire optimisés, des caractéristiques électriques spécifiques. Une différence importante est qu'elles ont une tension d'alimentation réduite comparé à une SDRAM/DDR de même génération, ce qui réduit drastiquement la consommation d'énergie. De plus, elles disposent de modes de mise en veille profonde, où seule une partie de la SDRAM est rafraichie;, par exemple moitié ou le quart de la mémoire. L'avantage est que seule la partie de la RAM contenant effectivement des données est rafraichie. Enfin, elles intègrent un rafraichissement dépendant de la température, où les rafraichissements sont d'autant plus fréquents que la température de la LPDDR est élevée. L’avantage est que cela permet de réduire la fréquence de rafraichissement quand l'ordinateur est en veille et chauffe peu. Elles ne se présentent pas souvent sous la forme de barrettes de RAM, comme les DDR normales. A la place, elles sont soudées sur la carte mère, dans le cas le plus fréquent. Les barrettes de LPDDR sont très rares. Le fait de souder les puces sur la carte mère a de nombreux avantages : ça prend moins de place, consomme moins, permet de garder des performances optimales, etc. Un autre détail, lié au précédent, est qu'elles utilisent souvent des bus plus petits. Là où les barrettes de SDRAM/DDR usuelles ont un bus de 64 bits, les LPDDR peuvent utiliser des bus de 16 ou 32 bits. Les LPDDR sont nommées comme les DDR, avec des LPDDR 1, 2, 3, etc. La LPDDR 1 est une DDR 1 ayant subit des modifications assez mineures. La tension d'alimentation passe de 2,5 V à seulement 1,8 V, des modes de rafraichissement ont été ajouté, de même qu'un mode de mise en veille profonde. Par contre, les LPDDR 2/3/4/5 se démarquent fortement des DDR 2/3/4/5 équivalentes. Par exemple, la LPDDR 2 ne correspond pas du tout à de la DDR2 modifiée. Elles se différencient des DDR normales sur de nombreux points, afin de consommer le moins possible. Notamment, les commandes DDR sont modifiées, au point qu'une LPDDR et une DDR sont incompatibles entre elles. Un point important est que les commandes sont envoyées en deux fois. Sur les LPDDR 2, 3 et 5, l'envoi se fait en un seul cycle d'horloge : la première moitié lors d'un front montant de l'horloge, l'autre moitié lors du front descendant. Les LPDDR 1 et 4 envoient les commandes en deux cycles d'horloge. Une conséquence est que le bus de commande est quasiment divisé par deux comparé à une SDRAM/DDR équivalente. Il est de 10 bits sur les LPDDR 1, 2 et 3 ; de 6 bits sur les LPDDR4, de 7 bits sur les LPDDR 5, et de 4 bits sur les LPDDR6. Les commandes varient d'une LPDDR à l'autre, mais restent similaires aux commandes DDR/SDR classiques, si ce n'est que quelques bits d'adresse sont retirés. Par exemple, sur les LPDDR 2, le bit de poids faible de l'adresse CA0 n'est pas transmis, ce qui fait que les lectures/écritures se font toujours à des adresses paires. A partir de la LPDDR 2, les registres de mode ont été élargit, afin de mémoriser des informations de configuration. Les nouveaux registres de mode ont pour but de remplacer le ''Serial Presence Detect'', afin de faire quelques économies sur la carte mère. ==Les VRAM des cartes vidéo== Les cartes graphiques ont des besoins légèrement différents des DRAM des processeurs, ce qui fait qu'il existe des mémoires DRAM qui leur sont dédiées. Elles sont appelés des '''''Graphics RAM''''' (GRAM). La plupart incorporent des fonctionnalités utiles uniquement pour les mémoires vidéos, comme des fonctionnalités de masquage (appliquer un masque aux données lue ou à écrire), ou le remplissage d'un bloc de mémoire avec une donnée unique. Les anciennes cartes graphiques et les anciennes consoles utilisaient de la DRAM normale, faute de mieux. La première GRAM utilisée était la NEC μPD481850, qui a été utilisée sur la console de jeu PlayStation, à partir de son modèle SCPH-5000. D'autres modèles de GRAM ont rapidement suivi. Les anciennes consoles de jeu, mais aussi des cartes graphiquesn utilisaient des GRAM spécifiques. ===Les mémoires vidéo double port=== Sur les premières consoles de jeu et les premières cartes graphiques, le ''framebuffer'' était mémorisé dans une mémoire vidéo spécialisée appelée une '''mémoire vidéo double port'''. Le premier port était connecté au processeur ou à la carte graphique, alors que le second port était connecté à un écran CRT. Aussi, nous appellerons ces deux port le ''port CPU/GPU'' et l'autre sera appelé le ''port CRT''. Le premier port était utilisé pour enregistrer l'image à calculer et faire les calculs, alors que le second port était utilisé pour envoyer à l'écran l'image à afficher. Le port CPU/GPU est tout ce qu'il y a de plus normal : on peut lire ou écrire des données, en précisant l'adresse mémoire de la donnée, rien de compliqué. Le port CRT est assez original : il permet d'envoyer un paquet de données bit par bit. De telles mémoires étaient des mémoires à tampon de ligne, dont le support de mémorisation était organisé en ligne et colonnes. Une ligne à l'intérieur de la mémoire correspond à une ligne de pixel à l'écran, ce qui se marie bien avec le fait que les anciens écrans CRT affichaient les images ligne par ligne. L'envoi d'une ligne à l'écran se fait bit par bit, sur un câble assez simple comme un câble VGA ou autre. Le second port permettait de faire cela automatiquement, en permettant de lire une ligne bit par bit, les bits étant envoyés l'un après l'autre automatiquement. Pour cela, les mémoires vidéo double port incorporaient un tampon de ligne spécialisé pour le port lié à l'écran. Ce tampon de ligne n'était autre qu'un registre à décalage, contrairement au tampon de ligne normal. Lors de l'accès au second port, la carte graphique fournissait un numéro de ligne et la ligne était chargée dans le tampon de ligne associé à l'écran. La carte graphique envoyait un signal d'horloge de même fréquence que l'écran, qui commandait le tampon de ligne à décalage : un bit sortait à chaque cycle d'écran et les bits étaient envoyé dans le bon ordre. ===Les mémoires SGRAM et GDDR=== De nos jours, les cartes graphiques n'utilisent plus de mémoires double port, mais des mémoires simple port. Les mémoires graphiques actuelles sont des SDRAM modifiées pour fonctionner en tant que ''Graphic RAM''. Les plus connues sont les '''mémoires GDDR''', pour ''graphics double data rate'', utilisées presque exclusivement sur les cartes graphiques. Il en existe plusieurs types pendant que j'écris ce tutoriel : GDDR, GDDR2, GDDR3, GDDR4, et GDDR5. Mais attention, il y a des différences avec les DDR normales. Par exemple, les GDDR ont une fréquence plus élevée que les DDR normales, avec des temps d'accès plus élevés (sauf pour le tCAS). De plus, elles sont capables de laisser ouvertes deux lignes en même temps. Par contre, ce sont des mémoires simple port. ==Les mémoires SLDRAM, RDRAM et associées== Les mémoires précédentes sont généralement associées à des bus larges. Les mémoires SDRAM et DDR modernes ont des bus de données de 64 bits de large, avec des d'adresse et de commande de largeur similaire. Le nombre de fils du bus mémoire dépasse facilement la centaine de fils, avec autant de broches sur les barrettes de mémoire. Largeur de ces bus pose de problèmes problèmes électriques, dont la résolution n'est pas triviale. En conséquence, la fréquence du bus mémoire est généralement moins performantes comparé à ce qu'on aurait avec un bus moins large. Mais d'autres mémoires DRAM ont exploré une solution alternative : avoir un bus peu large mais de haute fréquence, sur lequel on envoie les commandes/données en plusieurs fois. Elles sont regroupées sous le nom de '''DRAM à commutation par paquets'''. Elles utilisent des bus spéciaux, où les commandes/adresses/données sont transmises par paquets, par trames, en plusieurs fois. En théorie, ce qu'on a dit sur le codage des trames dans le chapitre sur le bus devrait s'appliquer à de telles mémoires. En pratique, les protocoles de transmission sur le bus mémoire sont simplifiés, pour gérer le fonctionnement à haute fréquence. Le processeur envoie des paquets de commandes, les mémoires répondent avec des paquets de données ou des accusés de réception. Les mémoires à commutation par paquets sont peu nombreuses. Les plus connues sont les mémoires conçues par la société Rambus, à savoir la ''RDRAM'' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs ''XDR RAM'' et ''XDR RAM 2''. La ''Synchronous-link DRAM'' (''SLDRAM'') est un format concurrent conçu par un consortium de plusieurs concepteurs de mémoire. ===La SLDRAM (''Synchronous-link DRAM'')=== Les '''mémoires SLDRAM''' avaient un bus de données de 64 bits allant à 200-400 Hz, avec technologie DDR, ce qui était dans la norme de l'époque pour la fréquence (début des années 2000). Elle utilisait un bus de commande de 11 bits, qui était utilisé pour transmettre des commandes de 40 bits, transmises en quatre cycles d'horloge consécutifs (en réalité, quatre fronts d'horloge donc deux cycles en DDR). Le bus de données était de 18 bits, mais les transferts de donnée se faisaient par paquets de 4 à 8 octets (32-65 bits). Pour résumer, données et commandes sont chacunes transmises en plusieurs cycles consécutifs, sur un bus de commande/données plus court que les données/commandes elle-mêmes. Là où les SDRAM sélectionnent la bonne barrette grâce à des signaux de commande dédiés, ce n'est pas le cas avec la SLDRAM. À la place, chaque barrette de mémoire reçoit un identifiant, un numéro codé sur 7-8 bits. Les commandes de lecture/écriture précisent l'identifiant dans la commande. Toutes les barrettes reçoivent la commande, elles vérifient si l'identifiant de la commande est le leur, et elles la prennent en compte seulement si c'est le cas. Voici le format d'une commande SLDRAM. Elle contient l'adresse, qui regroupe le numéro de banque, le numéro de ligne et le numéro de colonne. On trouve aussi un code commande qui indique s'il faut faire une lecture ou une écriture, et qui configure l'accès mémoire. Il configure notamment le mode rafale, en indiquant s'il faut lire/écrire 4 ou 8 octets. Enfin, il indique s'il faut fermer la ligne accédée une fois l'accès terminé, ou s'il faut la laisser ouverte. Le code commande peut aussi préciser que la commande est un rafraichissement ou non, effectuer des opérations de configuration, etc. L'identifiant de barrette mémoire est envoyé en premier, histoire que les barrettes sachent précocement si l'accès les concerne ou non. {|class="wikitable" style="text-align:center" |+SLDRAM Read, write or row op request packet ! FLAG || CA9 || CA8 || CA7 || CA6 || CA5 || CA4 || CA3 || CA2 || CA1 || CA0 |- ! 1 | colspan=9 bgcolor=#ffcccc| Identifiant de barrette mémoire|| bgcolor=#ccffcc| Code de commande |- ! 0 | colspan=5 bgcolor=#ccffcc| Code de commande ||colspan=3 bgcolor=#ff88ff| Banque||colspan=2 bgcolor=#ffffcc| Ligne |- ! 0 | colspan=9 bgcolor=#ffffcc| Ligne || 0 |- ! 0 | 0 || 0 || 0 ||colspan=7 bgcolor=#ccffff| Colonne |} ===Les mémoires Rambus=== Les mémoires conçues par la société Rambus regroupent la '''RDRAM''' (''Rambus DRAM'') et ses deux successeurs '''XDR RAM''' et '''XDR RAM 2'''. Les toutes premières étaient les '''mémoires RDRAM''', où le bus permettait de transmettre soit des commandes (adresse inclue), soit des données, avec un multiplexage total. Le processeur envoie un paquet contenant commandes et adresse à la mémoire, qui répond avec un paquet d'acquittement. Lors d'une lecture, le paquet d'acquittement contient la donnée lue. Lors d'une écriture, le paquet d'acquittement est réduit au strict minimum. Le bus de commandes est réduit au strict minimum, à savoir l'horloge et quelques bits absolument essentiels, les bits RW est transmis dans un paquet et n'ont pas de ligne dédiée, pareil pour le bit OE. Toutes les barrettes de mémoire doivent vérifier toutes les transmissions et déterminer si elles sont concernées en analysant l'adresse transmise dans la trame. Elles ont été utilisées dans des PC ou d'anciennes consoles de jeu. Par exemple, la Nintendo 64 incorporait 4 mébioctets de mémoire RDRAM en tant que mémoire principale. La RDRAM de la Nintendo 64 était cadencée à 500 MHz, utilisait un bus de 9 bits, et avait un débit binaire maximal théorique de 500 MB/s. La Playstation 2 contenait quant à elle 32 mébioctets de RDRAM en ''dual-channel'', pour un débit binaire de 3.2 Gibioctets par seconde. Les processeurs Pentium 3 pouvaient être associés à de la RDRAM sur certaines mères. Les Pentium 4 étaient eux aussi associés à la de RDRAM, mais les cartes mères ne géraient que ce genre de mémoire. La Playstation 3 contenait quant à elle de la XDR RAM. ==Les eDRAM : des DRAM adaptées aux ''chiplets''== Les '''mémoires eDRAM''', pour ''embedded DRAM'', sont des mémoires RAM qui sont destinées à être intégrée au processeur. Pour comparer, les DRAM normales sont placées sur des barrettes de RAM ou soudées à la carte mère. Dans la quasi-totalité des cas, l'eDRAM est utilisée pour implémenter une mémoire cache, elle ne sert pas de mémoire principale (cache L4, le plus proche de la mémoire sur ces puces). De ce fait, elles sont conçues pour être très rapides, avoir une grande bande passante, au détriment de leur capacité mémoire. Pour être plus précis, l'eDRAM est une puce de DRAM conçue pour être intégrée dans un ''chiplet'', , à savoir des circuits imprimés qui regroupent plusieurs puces électroniques distinctes, regroupées sur le même PCB. Typiquement, un processeur de type ''chiplet'' avec de l'eDRAM comprend deux puces séparées : une pour le processeur, une autre pour une puce de communication avec la RAM. Avec la mémoire eDRAM, les deux puces sont complétées par une troisième puce spécialisée qui incorpore l'eDRAM. Elle a été utilisée sur quelques processeurs, mais aussi dans des consoles de jeu vidéo, pour la carte graphique des consoles suivantes : la PlayStation 2, la PlayStation Portable, la GameCube, la Wii, la Wii U, et la XBOX 360. Sur ces consoles, la RAM de la carte graphique était intégrée avec le processeur graphique dans le même circuit. La fameuse mémoire vidéo et le GPU n'étaient qu'une seule et même puce électronique, un seul circuit intégré. Ce n'est pas le cas sur une carte graphique moderne : regardez votre carte graphique avec attention et vous verrez que le GPU est une puce carrée située sous les ventilateurs, alors que les puces mémoires sont situées juste autour et soudées sur le PCB de la carte. Les processeurs Intel Core de microarchitecture Broadwell disposaient d'un cache L4 de 128 mébioctets, intégralement implémenté avec de la mémoire eDRAM. Quelques processeurs de la microarchitecture précédente (Haswell), disposaient aussi de ce cache. Le cache L4 eDRAM était implémenté sur un chiplet à part, à savoir que le processeur était composé de trois puces séparées : une pour le processeur, une autre pour la gestion des entrées-sorties, et une autre pour le cache L4. La puce pour le cache L4, appelée ''Crystal Well'', était gravée en 22nm, ce qui était une finesse de gravure plus élevée que celle des processeurs associés. ''Crystal Well'' était très optimisé pour l'époque. Par exemple, elle disposait de bus séparées pour la lecture et l'écriture, chose qu'on retrouve fréquemment sur les SRAM mais qui est absent sur les mémoires DRAM actuelles. Pour le reste, elle ressemblait beaucoup aux mémoires DDR de l'époque (système de ''double data rate'', entres autres), mais elle allait à une fréquence plus élevée que les DRAM de l'époque et avait un débit bien plus élevé, pour une consommation moindre. ''Crystal Well'' consommait entre 1 à 5 watts (1 watt en veille, 5 à pleine utilisation), pour un débit binaire de 102 GB/s et fonctionnait à 3.2 GHz. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les mémoires SRAM synchrones | prevText=Les mémoires SRAM synchrones | next=Contrôleur mémoire externe | nextText=Le contrôleur mémoire externe }}{{autocat}} </noinclude> qok23pux2wr83ubchi8rx98xvafadmh Wikilivres:GUS2Wiki 4 78643 768214 767686 2026-06-20T18:22:19Z Alexis Jazz 81580 Updating gadget usage statistics from [[Special:GadgetUsage]] ([[phab:T121049]]) 768214 wikitext text/x-wiki {{#ifexist:Project:GUS2Wiki/top|{{/top}}|This page provides a historical record of [[Special:GadgetUsage]] through its page history. To get the data in CSV format, see wikitext. To customize this message or add categories, create [[/top]].}} Les données suivantes sont en cache et ont été mises à jour pour la dernière fois le 2026-06-19T11:30:45Z. {{PLURAL:5000|1=Un seul résultat|5000 résultats}} au maximum {{PLURAL:5000|est disponible|sont disponibles}} dans le cache. {| class="sortable wikitable" ! 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Voici sa réplique, le 28 septembre 1998. Après un dérapage de Mickael à l'antenne, le voici débarqué. Les matinales ne trouvant pas leur rythme de croisière et Max ayant le crédit que l'on sait depuis la rentrée 1998, l'improbable arrive : il reprend la nuit. Tranche qu'il ne lâchera plus jusqu'en janvier 2006. Ce retour, il se fait dans la même configuration que l'essai de fin août 1998, avec Reego qui a désormais un contrat et un rôle assigné. Mais il y a plus fort : parmi la fine équipe, un nouvel assistant d'antenne vient de débarquer. Cet assistant, intérimaire et donc payé à ce titre, n'est autre que gérard Cousin, alias gérard de Suresnes. Fidèle au surréalisme de cette histoire, l'animateur décalé a fini par triompher, bien sûr grâce au soutien constant de Max, et le voilà salarié de la station Fun radio pour toute la saison 1998-1999. Je laisse Thibault Raisse décrire les détails de ce contrat et l'impact social qu'il a sur la vie de ce jeune homme, absolument majeur. On notera juste ici, pour comprendre de futures allusions, que le mariage envisagé avant l'été n'a pas eu lieu. Sandy évoquera plus tard des questions d'argent, ce qui est probable, mais il existe sans doute d'autres raisons moins connues, Sandy ayant une famille probablement réservée sur la rapidité des événements. Si Gérard est assistant, c'est qu'il va intervenir très régulièrement aux côtés de Max : pour les conseils bien sûr, avec Sandy, pour des libres antennes, parfois le dimanche, et une foultitude de fois dans la semaine pour jouer des sketchs divers. Il est donc beaucoup mobilisé et son salaire se justifie, clairement. D'ailleurs, en inauguration, il sera présent dès le 28 septembre 1998. Au cœur du projet, figurent évidemment les débats. Le premier, qui s'inspirera largement de l'essai estival, se tient le 1er octobre. Max est là, pour soutenir son ami, assurer la propulsion du programme. D'autant que d'emblée, le ton change : beaucoup moins consensuel que les matinales, Gérard aborde des sujets d'actualité, donc potentiellement risqués, d'autant qu'il n'est jamais à l'abri d'un dérapage. Le sujet du soir, c'est l'affaire Bill Clinton. Terrible affaire qui secoue toute la presse internationale depuis quelques mois. Le président américain, démocrate, se voit accusé par une ancienne stagiaire de la Maison Blanche, Monica Lewinski, de harcèlement sexuel. L'affaire fait grand bruit et désordre. Le président passera à quelques voies de la destitution par le Congrès américain. En octobre, l'affaire touche à sa fin, mais gérard va donc s'emparer du sujet. C'est dire comment Max reste près de lui pour éviter un débordement qui serait dramatique. Le sujet, maîtrisé comme Gérard en était capable, devient un prétexte à une conversation digne du café du commerce, mêlée de surréalisme assumé et de comique de situations. Nous ne redévelopperons pas ici l'affaire, mais il faut se rappeler qu'elle a marqué toute la presse internationale de cette année-là et bien avant les grands scandales sur les rapports entre les célébrités et les femmes qui ont explosé dans la décennie 2020. Elle constitue en tout cas un précédent, qu'on retrouvera dans une autre forme à peine différente en 2011 et impliquant l'ancien patron du Fond monétaire international, Dominique Strauss Kahn, ce qui lui coûtera d'ailleurs la candidature à l'élection présidentielle en France. Les fondamentaux routiniers qui se sont installés au premier trimestre 1998 puis dans l'essai de fin août reviennent : un avant-débat houleux avec le courrier, ,a présence de Sandy, les sketchs de Gérard, puis deux débats où domine le surréalisme, l'humour et la comédie. Auditeurs et équipe, désormais installés et régulièrement renforcés par des personnalités célèbres ou membres de la radio, conduisent les choses avec brillo dans des mécaniques qu'on a déjà évoquées et qu'on présentera pour celles qui ne font que commencer. Cet avant-débat pourtant, il est particulièrement interrogeant sur Gérard et son état. Max se plaint déjà de son arrivée en retard, en taxi, avec ses menaces d'annulation. Mais surtout, ce soir-là, il démarre très énervé, rendant Sandy elle-même, à ses côtés, et Max perplexes. Il s'en prend toujours à son équipe, mais sous l'angle de la jalousie de sa relation amoureuse. C'est l'occasion pour Max de rappeler le cadre applicable, et notamment qu'il est désormais amené à avoir une attitude professionnelle. Parmi les composantes de cette attitude, on apprend que Sandy n'est plus admise dans le studio pour ne plus le distraire. Elle participera bien entendu à de nombreuses émissions, mais par téléphone, même si c'est dans un bureau non loin de là. Au final, c'est du grand spectacle, avec toutefois racadrage vigoureux de Max, entre humour et réalité. Dans ce sketch, Gérard s'avère quelque peu déstructuré, voire inctonrôlable. Max lui-même est en difficulté parfois pour refroidir le bouillant personnage. === Les personnages === * Franck Bargine : Max * Gérard Cousin : Gérard de Suresnes * Phildar et Manu * Igor : Reego * Olivier Bouchet : Olivier de la pro * Mégane : Crevette * Carambar : Cuvette * Sandy Threadkell : Point d'interrogation * Goldo : Tétard * Mladen Derek : Coussin d'air === Transcription === '''Gérard''' : Bonsoir, donc bonsoir à Reego sur Internet, bonsoir aux deux caves au standard. '''Reego''' : Bonsoir Gérard. '''Gérard''' : Donc bonsoir Olivier de la Pro. Donc on va accueillir Crevette, 21 ans... '''Cuvette''' : Non, Cuvette, Cuvette, Cuvette. '''Gérard''' : Non, Crevette ! '''Cuvette''' :On m'a dit Cuvette, moi. '''Gérard''', ''[furieux]'' : Oh c'est... ça commence comment là ? '''Phildar''' : Non parce qu'il y a un Crevette et un Cuvette. '''Gérard''' : Non mais faut pas qu'on confonde tentacule et encule ta sœur, ok ? On commence pas comme ça, ok ? '''Crevette''' : Bonsoir Gérard, je suis là, c'est Crevette. '''Gérard''' : Alors Crevette, 21 ans de Rouen, on peut écouter Fun Radio sur 90.5. C'est bizarre parce que à Rouen, on m'a dit qu'il y avait pas de fréquence. '''Crevette''' : Eh ben c'est tout nouveau. '''Max''' : C'est revenu, ça va revenir, ouais, c'est-à-dire qu'il y a une fréquence pirate. '''Gérard''' : Ok. Grosse caisse, 22 ans de Nantes, 90.5. '''Grosse caisse''' : Ouais, salut. Ça va ? '''Gérard''' : Qu'est-ce que ça peut te foutre ? '''Grosse caisse''' : Bon, c'est parce que je t'aime bien, c'est tout. '''Max''' : Ah, pour une fois qu'il est sympa, t'es vraiment dégueulasse avec les gens, Gérard. Tu perds de la popularité au niveau... '''Gérard''' : Donc, point d'interrogation, je pense qu'on va l'avoir dans peu de temps. Donc, apparemment non, elle veut pas répondre. Donc, Tétard. La Bourboule sur 104 ? '''Tétard''' : Et demi. '''Gérard''' : Non, sur 104. '''Tétard''' : Ah bon, excuse-moi, je suis un peu en avance. '''Gérard''' : Ouais, t'es... d'accord. Je pense qu'à mon avis, on va s'amuser là, ce soir. Ouais, on va s'amuser, hein, Phildar et Manu au standard. '''Manu''' : Bah ouais, on se marre déjà bien, nous. '''Gérard''' : Ouais, ouais. On va s'amuser avec les anciens qu'on a eus, Tony et Arnett. Et toute la bande. Si, si, si. Non, non, mais... '''Max''' : Moi, je pense que je vais pas pouvoir rester dans le studio, malheureusement. '''Gérard''' : Petit Slip, 18 ans, 101.9. '''Petit slip''' : Salut, GG, bon retour. '''Gérard''' : Ouais, voilà. Comme d'hab. Ça m'aurait étonné. '''Max''', ''[hilare]'' : C'est pas les mêmes, Gérard. C'est toi qui es une mauvaise langue. '''Phildar''' : C'est la liste qu'on t'a montrée tout à l'heure. Ça, c'est des noms. Ça, c'est des noms, tu vois. Merguez, petit slip, voilà. '''Max''' : Je t'ai demandé de te mettre là. ''[les personnes changent de place, Gérard prenant une place plus près de Reego et sur une chaise permettant à Gérard de parler devant son micro sans effort, le sujet étant récurrent chez Max]''. '''Cuvette''' : Bonsoir, Gérard. '''Manu''' : Il t'écoute pas, hein. Il est en train de se préparer, il faut du temps. '''Gérard''' : Et Cuvette, on peut écouter... Sur Limoul. '''Cuvette''' : Non, Lyon. '''Gérard''' : Bon, alors... Hop ! ''[il froisse le papier et la lance vers le standard, hilare]''. Vous me refaites la fiche. Ça commence ! Non, mais c'est bien, tu vois ? '''Max''' : Mais t'es super énervé. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non. '''Max''' : Mais tu te rends pas compte le nombre d'erreurs qu'ils font chaque soir, c'est pas pour ça que je... '''Gérard''' : Ouais, mais attends. Faut peut-être quand même... ''[il reprend une nouvelle feuille tendue par Phildar]''. Ouais, sur Lyon, sur 87.5. Alors, c'est 98.9. '''Max''' : Ah, oui, ça, c'est vrai. ''[applaudissements]''. Je te signale, Phildar, au passage, que t'es en train, depuis tout à l'heure, de lui balancer les fréquences de Skyrock et de NRJ. '''Manu''' : Je crois qu'il y en a une d'Europe 2 aussi. '''Gérard''' : Bon, enfin, bref, c'est pas... '''Max''', ''[sarcastique]'' : C'est pas grave de donner des fréquences des autres radios. Non, c'est pas grave pour Gérard, comme d'habitude. '''Gérard''' : Non, mais, de toute manière... On verra bien. On verra bien comment que ça se passe, de toute manière... '''Max''' : Mais calme, ce soir, avec le sourire. Tu vas me faire le maestro, tu vas me... L'animateur radio. '''Gérard''' : Le mastro, c'est toi qui fais la prog. Je veux pas, ni d'Olivier, ni de... '''Max''' : Ah, si. Ah, non, mais je fais pas les deux. Je fais pas les deux. '''Gérard''' : Tu fais les deux. '''Max''' : Non, faut que j'écoute. '''Gérard''' : Si tu fais les deux... Non, mais tu permets ? Pour l'instant, je parle à mon chef. '''Max''' : Si je fais les deux, quoi ? Qu'est-ce qu'il se passe ? '''Gérard''' : Tu fais les deux. Tu me fais les deux prog. Je veux pas de ces trois caves. '''Max''' : Non, parce que si je suis là, tu vas profiter pour gueuler plus et me regarder, tu vas me demander de faire ton boulot. Moi, je n'interviens pas. '''Gérard''' : Non, mais si tu vois que ça se passe mal, t'interviens quand même. '''Max''' : T'es animateur radio, t'es payé pour ça. '''Gérard''' : Bon, alors donc, tu restes pour les deux. C'est tout. '''Cuvette''' : Gérard ? Oui, je voulais te dire que je suis vraiment ravi de te connaître parce que j'ai jamais eu l'occasion de discuter avec toi. C'est Cuvette, à l'appareil. '''Gérard''' : On commence ? Donc, le premier débat, c'est sur l'affaire Bill Kinton. Vous avez tous entendu parler. '''Térard''' : Tu pourrais rappeler les faits, Gérard ? '''Gérard''' : Bon, tu permets, toi ? Tu vas pas commencer ! Alors, que pensez-vous de l'affaire Bill Kinton et l'affaire Morica Levins ? '''Cuvette''' : J'ai aimé les hommes d'influence qu'il y avait derrière tout ça. '''Tétard''' : C'est pas une bonne actrice, Morica. '''Cuvette''' : Mais Levinson est meilleur. '''Gérard''' : Bon, s'il vous plaît, vous répondez. Que pensez-vous de l'affaire Bill Kinton et Morica Levins ? Alors, Crevette ! '''Crevette''' : Alors, je trouve que Bill Clinton, il a pas trop assuré à ce niveau-là. Que la Monica Levins, elle aurait mieux fait de s'abstenir. Et puis, tout serait rentré dans l'ordre. '''Gérard''' : Dans quel sens ? '''Crevette''' : Tu veux que je te fasse des dessins en plus ? Ben, ça me paraît évident. '''Gérard''' : Ouais, mais attends, mais attends. Ça te paraît évident, mais comment ? Mais attends, mais attends. Tu suis les informations ou pas ? '''Crevette''' : Évidemment, mais tu les suis aussi. Donc, tu dois savoir que ça paraît évident que c'est pas cool, quoi. '''Gérard''' : Ouais, mais dans ce cas-là, que pensez-vous de l'affaire ? Que pensez-vous de cette histoire ? '''Tétard''' : Ouais, ben déjà, moi, je pense que Morishka Lewins, là, déjà, c'est un boudin. '''Gérard''' : Monika ! '''Tétard''' : Pardon, pardon, Monika, Lewins, déjà, c'est un boudin. '''Gérard''' : Ben, comment que tu peux le savoir ? '''Tétatd''' : Parce que je l'ai vue à la télé, tiens. Franchement, elle est pas belle. Enfin, ça dépend des références que t'as, mais elle est pas très belle. ''Gérard ''' : Ben, attends, qu'est-ce que tu veux réagir par les références que j'ai ? Attends, tu veux réagir par rapport avec Sandy, c'est ça ? '''Tétard''', ''[caricaturalement outré]'' : Pas du tout. '''Petit slip''' : Elle est très belle, Sandy, Gérard. Alors, moi, je pense que si Morishka et Eltsine boivent trop de vodka, c'est son problème. '''Gérard''' : Bon, alors, toi, je pense que tu vas pas continuer longtemps. '''Petit slip''' : Ouais, pourquoi ? '''Gérard''' : Parce que, apparemment, t'as pas compris la question. '''Petit slip''' : Tu peux la répéter, s'il te plaît ? '''Gérard''' : Non, là, je répète pas les questions. Alors, déjà, tu me l'attrapes lui... '''Phildar''' : Non, mais attends, parce que je crois qu'il a confondu... '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, non, non, non. On va pas commencer la première. On va pas commencer comme ça. Ils vont pas me prendre la tête à me dire... Tu peux me répéter la question sans arrêt. Alors, ça, il est hors de question. ''[applaudissements de Phildar]''. '''Cuvette''' : Moi, je suis genre... Ben, je vote plus pour Clinton, depuis, moi. '''Gérard''' : Ouais, ben, on s'en fout de voter pour qui tu veux. Je te demande... '''Max''' : T'as pas à voter pour Bill Kinton alors qu'il est Français, commeent il peut voter pour Bill Kinton ? Qu'est-ce que tu penses de l'enfer... Euh... Qu'est-ce que tu penses de cette histoire ? '''Cuvette''' : Ben, je te dis, moi, depuis, je vote plus. '''Gérard''' : Ouais, mais attends, t'as été à New York ? '''Cuvette''' : Ben, je... Ben, non, mais... '''Gérard''' : Non, ben, alors, si t'as pas été à New York, je vois pas comment tu peux voter pour lui. '''Crevette''' : Pourquoi t'as été à New York, toi ? '''Gérard''' : Oui, moi, j'ai été à New York, j'ai été voir... J'ai été voir Godzilla. '''Crevette''' : Alors, tu peux voter pour Bill Clinton ? T'as le droit de voter ? '''Gérard''' : Non, mais moi, je vote pour personne. De toute manière, j'en ai rien à foutre. De toute manière, tu votes et que ça soit n'importe quoi, de toute manière, on en chie. '''Tétard''' : T'as été à New York avec Godzilla ? '''Gérard''' : Bon, toi, tu vas commencer à te calmer. C'est un conseil que je te donne. Bon, le point d'interrogation, s'il vous plaît, il peut aller dans le bureau ? '''Max''' : Allez, on peut avancer dans le débat, là, que de... À chaque fois que vous ouvrez... Même les auditeurs, vous ouvrez plein de petites parenthèses à droite à gauche, mais essayez de revenir dans le débat pour que ça soit intéressant. '''Gérard''' : Bon, par contre, s'il y a des réactions, là, sur la première question, sur le Minitel, je voudrais bien... '''Max''' : Pour l'instant, il y a trois connectés. C'est tellement intéressant, ce que tu racontes, puisque ça n'avance pas dans le débat. Tu changes de sujet... Si vous, les auditeurs, pouvez, par contre, essayer de revenir à chaque fois, aidez-nous à rester dans le débat, plutôt que de vous en écarter toutes les deux secondes, ça nous arrangerait. '''Petit slip''' : Moi, je vais bien donner mon avis. C'est petit slip. Donc, je pense que si Bill Clinton se fait sucer par Monica Lewinsky, c'est son droit, quoi. C'est sa vie privée. '''Gérard''' : Ben voilà. Pourquoi tu ne m'as pas répondu quand je te l'ai posée, la question ? '''Petit slip''' : Oh, ben, je ne sais pas. Je devais être ailleurs. '''Gérard''' : Oh, mais attends. Si tu es ailleurs, mon pote, autant que tu restes chez toi à écouter... '''Crevette''' : Deuxième question. '''Gérard''' : Non, mais attends. Attends. Attends, petit slip. Si vous commencez à me prendre la tête, on n'a pas fini la première question. Tout le monde n'a pas fait le premier tour. Si, si, Crevette, tu commences à me prendre la tête, à dire, ouais, deuxième question, toi, tu vas retourner chez toi, tu vas aller dormir. Ça va aller vite. Non, non, mais moi, je vais vous dire une chose, que maintenant, ça va aller vite. Si vous ne voulez pas répondre aux premières questions, moi, ça va aller vite. Vous allez retourner chez vous. '''Tétard''' : C'est bon, on a répondu. '''Gérard''' : Ouais, mais pas tous... L'interrogation ? '''Point d'interrogation''' : Allô ? Oui, donc c'est point d'interrogation. '''Gérard''' : Bon, alors, que pensez-vous... Je répète la question, mais c'est la dernière fois, parce que je ne vais pas faire ça constamment. '''Phildar''' : Excuse-moi, Gérard, elle appelle d'où ? '''Manu''' : Et c'est quoi sa fréquence ? '''Phildar''' : Parce qu'on n'a pas, sur la note, on n'a pas fiché. '''Piont d'interrogation ''' : J'appelle de nulle part. '''Manu''' : Et c'est quoi la fréquence de nulle part ? '''Gérard''' : La fréquence de nulle part, c'est 0, 0, 1, c'est ça ? Ouais, c'est ça, oui. Ouais, trou du cul, tu vas voir taleur le trou du cul, ce qu'il va te faire, toi. '''Manu''' : Il n'a pas dit trou du cul, il a dit comme ton QI. '''Gérard''' : Bon, alors, que pensez-vous de l'affaire Bill Kinton et Monica Libiski ? Attends, c'est la dernière fois que je pose la question, parce qu'après, on enchaîne. '''Point''' : Oui, donc, je vais te répondre. Donc, l'affaire Bill Clinton, je pense que c'est n'importe quoi, parce qu'ils font des cassettes vidéo, ils font des tas de trucs sur Bill Clinton, et ils ont même fait des poupées, Bill Clinton. Donc, je trouve que c'est vraiment n'importe quoi. Donc, voilà. '''Gérard''' : Ok. Donc, je pense qu'il y a Reego qui me met l'IRC, c'est-à-dire ? '''Reego''' : Oui, parce qu'il y a des réactions sur l'IRC. Alors, tout à l'heure, on me disait que Bill Clinton fait ce qu'il veut. S'il veut baiser un boudin, ça le regarde, n'est-ce pas, GG, on me dit. Et on me dit aussi que... c'est Ramsteff, il préfère l'Ara à la vodka que Monica le whisky. '''Gérard''' : Oui, il fait ce qu'il veut. Ce n'est pas mon problème, merci Reego. Donc, on passe à la deuxième question... Tu m'as oublié Gérard. Grosse Caisse. '''Gérard''' : Non, mais attends, Grosse Caisse, on t'a posé... De toute manière, je voudrais bien avoir les fréquences réelles, parce que ça m'étonnerait que Nantes, on écoute Fun Radio sur 90.5. '''Manu''' : Si, c'est ça, mais enchaîne, Gérard. '''Phildar''' : On va chercher, vas-y. Déjà, tu demandes à Grosse Caisse, et après, toi, tu réponds. '''Grosse Caisse''' : Oui, je pense que ce n'est pas de la faute de Bill Clinton, il est tombé dans un piège. C'est Monica qui l'a dragué, et là, il a le droit de la niquer, ça lui fait plaisir. '''Gérard''' : Non, mais attends... Tu crois qu'à ton avis, c'est lui qui aurait fait ça ? '''Grosse caisse''' : Bah oui, c'est lui. '''Gérard''' : Tu ne penses pas que ce serait elle qui serait venue vers lui ? '''Grosse''' : Bah si, de toute façon, il y avait l'attrait du fric, c'est une salope, c'est tout. '''Gérard''' : Bah oui, mais attends, parce que là, on ne va pas... On va pas rentrer là-dedans, parce que... '''Tétard''' : Et on va rentrer en plein dedans. '''Gérard''' : Non, non, mais parce que... Là, je pense qu'à mon avis, c'est... C'est de sa faute à elle. Non, mais ce n'est pas de sa faute à lui, c'est de sa faute à elle. '''Crevette''' : Et l'amour dans tout ça ? '''Grosse caisse''' : Il n'y a pas d'amour, il y a du cul là-dedans. '''Gérard''' : Non, mais attendez, on va continuer. Donc, que pensez-vous... Pensez-vous que ce soit utile de vendre des cassettes vidéo ? Donc, si vous avez suivi les infos quand ça s'est passé, ils ont passé des cassettes vidéo justement à ce propos-là. Alors moi, je vous demande... Qu'en pensez-vous ? Alors on va y aller gentiment. On va demander à Crevette. '''Crevette''' : C'est quoi sur les cassettes, c'est quand on le voit baiser avec Monica, c'est ça ? '''Gérard''' : Mais non mais attends Crevette, l'histoire de la cassette vidéo. Mais sur la cassetter... t'avais qu'à suivre les informations ! Si tu suis pas les informations, tu peux pas... dans ces cas-là, je ne vois pas pourquoi tu as appelé pour réagir. ''[elle tente de reprendre la parole, ce qui agace Gérard, pris dans sa tirade]''. Mais attends, Crevette, s'il te plaît ! Je peux te répondre ? Si tu ne comprends pas le thème du débat, on parle de l'affaire Bill Kinton. Pensez-vous que c'est utile de vendre des cassettes vidéo ? Si tu n'as pas suivi le thème du débat, si tu n'as pas suivi les informations, pourquoi tu veux réagir là-dessus ? Arrêtez de renifler comme des boucs ! Parce que ça commence à m'énerver ! '''Phildar''' : Je crois que c'est point d'interrogation, je suis désolé. '''Point''' : Non, non, non, c'est pas moi. '''Cuvette''' : Non, c'était Cuvette, mais il ne s'occupe pas de moi, Gérard. '''Point''' : T'es sûr que ce n'est pas toi, Gérard ? '''gérard''' : Oh, je voudrais Crevette. Alors, tu réponds à la question. '''Crevette''' : Ben, c'est pas bien, voilà. '''Gérard''' : Ah ouais, mais alors... Attends, attends, tu me dis que ce n'est pas bien. Tout à l'heure, tu me dis, ouais, mais... '''Crevette''' : Gérard, tu veux absolument une réponse. Quand je t'en donne une, tu ne l'acceptes pas, alors je t'en donne une autre, c'est tout. C'est pas bien. '''Phildar''' : Je voulais te demander une question, Gérard. C'était sur quelle chaîne, quand tu as vu avec les vidéos, là ? '''Gérard''' : Alors là, sur la chaîne, je ne donne pas des... '''Phildar''' : C'était la une ? Parce qu'en fait, je crois que Crevette, elle n'a que la deux, donc si ça se trouve, c'était sur la une. '''Crevette''' : Moi, j'ai que la deux, alors... '''Gérard''' : De toute manière, tout ça, c'est passé sur toutes les chaînes. '''Crevette''' : Ah non, pas sur la deux. '''Gérard''' : Menteuse. T'es une menteuse, c'est passé sur toutes les chaînes. Ouais, vous n'avez qu'à suivre le journal de 13h et de 20h. Grosse caisse, on ne va pas s'éterniser sur une chaîne. '''Grosse''' : Ben, ça dépend des vidéos. Si c'est une vidéo de cul, ça peut être intéressant, voir que la teb qu'a notre ami Bill, mais si c'est des histoires de conneries d'interview, ce n'est pas intéressant. '''Gérard''' : Ben, justement, c'est là qu'est le problème. Donc, je suis d'accord avec toi. À mon avis, je pense que ça doit être une histoire d'interview qu'on était sortis sur cassette vidéo. '''Grosse caisse''' : Ouais, mais à ce niveau-là, l'ami Bill, il peut dire n'importe quoi dans les interviews. Vu que c'est un politicien, c'est un menteur, donc on s'en fout. C'est pas intéressant. '''Point''' : Ben, écoute, je pense que c'est n'importe quoi, parce que faire des cassettes vidéo sur des gens politiques, ça ne regarde personne. En fin de compte, c'est la vie privée des gens et puis s'ils font des cassettes sur ça, ils risquent de faire des cassettes sur leur famille et tout, c'est pas... Je trouve que c'est vraiment dégueulasse de faire ça. Ils devraient faire un procès contre eux. '''Tétard''' : Ouais, ben, je suis d'accord avec l'invitée mystère, et je voulais savoir, quand t'étais à New York, t'en as pas vues, toi, des cassettes de Bill Clinton ? '''Gérard''' : Bon, alors, Tétard, bonne nuit pour toi. '''Manu et Phildar''' : Mais c'est une question, Gérard. '''Gérard''' : Non, mais attends, on ne l'a pas vue ! Non, les cassettes vidéo sont sorties il y a... après. '''Tétard''' : Et on peut en avoir où, alors ? Parce que moi, je l'ai raté à la télé. '''Gérard''' : Tu l'as raté dans ces cas-là... Tu vas dans tous les magasins qui vendent des cassettes vidéo, tu la trouveras. '''Tétard''' : À la FNAC, ils le vendent, à la FNAC, tu crois ? Dans les FNCA et Fuck, ils le vendent ? '''Gérard''' : J'en sais rien. Petit slip. '''Petit slip''' : Alors, moi, je pense que c'est malsain. Ben, parce que Bill Clinton, il va se servirer, mais néanmoins, il peut commencer une carrière dans le X. Ça peut être intéressant. '''Reego''' : Dans quel sens ? '''Petit slip''' : Dans le sens positif. '''Gérard''' : Ouais, alors moi, tu penses qu'avec sa femme et ses deux filles... '''Crevette''' : Non, il n'en a qu'une. '''Gérard''' : Non, il en a deux. '''Grosse caisse''' Deux femmes ? '''Phildar''' : Non, deux filles. '''Grosse caisse''' : Non, maintenant, deux femmes. '''Gérard''' : Bon. Bon, c'est bon. Euh, cuvette. '''Cuvette''' : Ouais, moi, je voudrais savoir déjà s'il a des... Qu'est-ce que propage la cassette ? Elle défend Bill Clinton ou... elle l'affiche ? Et puis qui en retire profit ? '''Gérard''' : Non, elle... Elle lui dit comme ça, d'après... Moi, j'ai vu vaguement un reportage. Non, mais il y a un reportage... Il y a un reportage, ça s'est passé dans... Ça s'est passé au tribunal, comme quoi qu'elle... Elle a insisté, comme quoi qu'il lui avait fait des propositions. Max ? Max, s'il te plaît. Tu peux essayer de me couper, là, parce que là... '''Phildar''' : C'est l'invitée mystère qui frotte avec son téléphone. '''Gérard''' : Taleur je vais te frotter quelque chose, toi. Bon, donc... Donc, maintenant, tout le monde a répondu. Moi, je peux vous dire une chose. Maintenant, je vais vous répondre personnellement. Oh, s'il vous plaît ! Oh Manu, Tu me gères tout le monde là, le premier portable... '''Manu''' : Il n'y a pas de portable, c'est le point d'interrogation qui... Bah oui, je suis désolé. '''Point''' : Non, non, c'est pas moi, hein. '''Manu''' : Bah si, je le vois. Je le vois, sur le standard, la petite lumière verte. '''Gérard''' : Tu le vois, bien sûr, et là, moi, j'ai un son vachement grave dans les oreilles, c'est pas possible. Ah non, mets ton caxe, Max, tu vas voir que là... Là, je vais te dire une chose, c'est impossible. '''Max''' : Attends, silence. '''Gérard''' : Ah là, maintenant, non, c'est pareil. Non, mais attends... Bon, donc, moi, je peux répondre à... '''Max''' : Ah oui, ça tord un peu, effectivement, il faut... Hein ? Non, mais c'est un peu criard, effectivement, les voix, là. C'est un peu... Alors, attends, je vais te mettre là-dessus, là, comme ça, c'est mieux, là, ou pas ? C'est un peu plus faible, mais c'est plus calme, écoute. '''Gérard''' : Ouais, mais je sais pas si les... Non, bah là, tu me coupes... Tu me coupes, là, personne m'entend. Vous m'entendez ? '''Les auditeurs''' : Oui, on entend, on entend. '''Gérard''' : Pas moi. '''Max''' : Bah si, parle. '''Gérard''' : Bah non, bah allume. '''Max''' : Bah écoute, c'est parce que je t'ai mis le son province. Vas-y, parle-leur. '''Gérard''' : Mais ils m'entendent pas. '''Max''' : Mais ils t'entendent, on t'entend. '''Les auditeurs''' : On t'entend, Gérard. '''Gérard''' : Attends, moi, j'ai plus rien, là. '''Max''' : Bah, parce que j'ai baissé... Parce que j'ai mis le son différent. Mais si tu veux, je peux remettre... Alors, je te remets celui-là. Bon, bah d'accord, ok. Bah, à ce moment-là, tu baisses dans le casque, alors. '''Gérard''' : Ok. Donc, moi, je peux vous dire que ces histoires de cassettes vidéo et tout ça, pour moi, c'est de la merde. Ça sert à rien de s'en prendre sur une personne pour vendre des trucs de cul. Parce que la personne fait ce qu'il veut. Bon, en fin de compte... Mais attendez, attendez, laissez-moi répondre. Moi, je vais vous donner la réponse. C'est que là, c'est une histoire, on sait pas comment ça va se terminer. C'est une histoire sans queue, sans tête. Ni queue, ni tête, en fin de compte. C'est une histoire ni queue, ni tête. On sait pas s'il va rester. S'il va partir ou autre. Donc là, on va en revenir. On va continuer le thème du débat. Donc, moi, je vous demande la question. Et j'espère... Oui ? '''Phildar''' : Excuse-moi, Gérard. Donc, Cuvette est parti parce qu'en fait, il avait un téléphone pourri. Donc, on l'a dégagé. On a dit que c'était mieux pour le débat. Et on a Coussin d'air à la place, qui a 27 ans et qui appelle de Guadeloupe. '''Gérard''' : Ouais, non, mais attends. Attends, Phildar. Une chose. Une chose que je vais vous demander. N'essayez pas de changer les noms. '''Phildar''' : Non, non, non, c'est pas le même. '''Gérard''' : ...et qu'ils reprennent sous un autre nom. Parce que là, vous avez 24 lignes qui sonnent. Ça sonne. Donc, prenez-moi des gens sur les 24 lignes. '''Phildar''' : Coussin d'air, tu marques à la place de Cuvette. Donc, Coussin d'air. ''[en mode dictée, tandis que Gérard écrit]'' C-O-U-S-I-N. A-I-N. '''Gérard''' : A-I-R ! Merci. Conssin d'AIR ! '''Manu''' : Oui, mais... Coussin d'air. A-I-N. '''Gérard''' : Ouais, merci. Coussin d'air, c'est C-O-U-S-I-N. Merci. Merci, Phildar, pour ton orthographe. Donc, je vous pose la... '''Phildar''' : Tu peux lui dire bonjour. '''Gérard''' : Bonjour à toi, Coussin d'air. '''Coussin''', ''[après 3 secondes, voix saturant comme sur un téléphone mobile]'' : Bonsoir. '''Gérard''' : Tu te réveilles ? '''Grosse caisse''' : Il aurait dû s'appeler Airbag. '''Phildar''' : Non, mais il a un décalage, Gérard. Il est en Guadeloupe. '''Tétard''' : Attends, on va te dire un truc. Tu vas le recevoir dans deux secondes. Bouge pas. '''Coussin''' : Allô ? '''Gérard''' : Oh ! Bon, allez, hop. '''Manu''' : Parle-lui, Gérard. '''Gérard''' : Ouais, non, mais attends. Ça veut dire quoi, là ? Oh ! Phildar ! Non, mais attends. Coussin d'air, t'es là ? Non. '''Coussin''', ''[après 1 seconds]'' : Ah oui, je suis là. '''Gérard''' : Non, il n'est pas là. Bonne nuit, bonne nuit. Allez ! Bonne nuit ! Allez ! Oh mais merde ! ''[Manuparodie une note de méditation zen, Max tente de reprendre la parole]''. '''Max''' : Gérard, Gérard, Gérard. Gérard. Gérard. Il appelle de Guadeloupe. Donc, il y a un décalage d'une seconde. C'est normal, il reçoit après. Ça ne t'est jamais arrivé d'appeler, toi, à l'étranger, d'avoir une demi-seconde de décalage ? Bon, ben, tu m'entends, Coussin d'air ? '''Coussin''', ''[1 seconde après]'' : Oui. Oui, je t'entends. '''Max''' : Voilà. Il y a une demi-seconde de décalage, c'est tout. Lui, avec le décalage qu'il y a... Écoute-moi, Gérard. Gérard. Gérard. Avec le décalage qu'il a, ce monsieur du Guadeloupe, Coussin d'air, si je ne me trompe pas, toi, pour toi, on fait encore l'émission du matin. Le problème, c'est qu'il ne sait pas quand il va passer le soir. Il croit qu'on fait encore l'émission du matin, parce qui est un décalage tellement long en Guadeloupe que pour lui, il y a une semaine de retard, les émissions. '''Coussin''' : Oui, c'est ça, absolument. Une semaine de retard, oui. '''Gérard''' : D'accord, une semaine de retard. OK, merci. '''Coussin''' : Je t'en prie. '''Gérard''' : À quoi servira cet argent vendu par ces cassettes ? Alors, on va demander à Crevette. '''Crevette''' : Ça va servir à payer ses frais d'avocat. '''Gérard''' : D'accord. T'es à côté de la plaque. '''Crevette''' : Ah ben, excuse-moi. C'est ce que j'avais entendu. '''Gérard''' : Eh, au sondage, vous vous la fermez... '''Manu''', ''[indigné, puis ferme]'' : On n'a rien dit. Reprends ton débat, Gérard, On n'a rien dit, alors vas-y. '''Gérard''' : Donc, Crevette ? '''Crevette''' : Oui, moi, j'ai entendu dire, en fait, il y a des acteurs qui ont filé de la thune à Bill Clinton pour qu'il paye son procès, ses frais de procès. Et l'argent des cassettes irait aussi pour payer les frais de procès. Ainsi que tous les gadgets vendus en sex-shop. '''Gérard''' : Ah non, mais on parle de la cassette. La cassette vidéo, on ne parle pas des... Non, mais on ne parle pas des histoires de gadgets ou autres. Moi, je te parle de la cassette vidéo. Ok. Grosse caisse ? '''Grosse caisse''' : Ben, ça fera de l'argent à Bill Clitoris. Comme ça, il pourra s'acheter de nouveaux trucs, des godes et tout ça pour sa femme. Ça pourrait être vachement sympa. Puis, peut-être une nouvelle paire de chaussettes pour l'hiver. Tu sais jamais. '''Gérard''' : Ouais, d'accord. Point d'interrogation ? '''Point''', ''[entrecoupée par les rires et les gens qui pouffent bruyamment]'' : Alors, je pense que... Cet argent, j'espère que lui, il va en faire bon usage pour les associations humanitaires ou quand même autre chose. '''Tétard''' : Mon cul, ouais. '''Gérard''', ''[rageux]'' : Attendez, attendez. Qui c'est qui vient de dire mon cul et qui rigole comme un con ? Alors, maintenant, Grosse caisse, Tétard et Petit slip, maintenant, c'est à vous trois que je m'en prends. '''Grosse caisse''' : On n'a pas dit un mot. '''Gérard''', ''[menaçant]'' : Alors, lequel qui rigole derrière ? Lequel ? '''Max''' : Et comment tu veux qu'ils te répondent ? Parce qu'ils savent très bien que s'ils disent qui l'a fait, il va se faire virer. Donc, le mec, il répond pas. '''Petit slip''' : Ouais, c'est Polo, c'est Polo. Si, si, c'est moi, c'est Polo. '''Max''' : Bon, ben voilà, c'est bien qu'il l'ait dit, c'est bien. '''Gérard''', ''[frustré]'' : Non, mais attends, ça commence à... Là, on va pas commencer comme ça, Phildar. Parce que tout à l'heure, moi, je vais prendre sur les 24 lignes. '''Max''' : Mais arrête de faire allusion aux 24 lignes. Reviens dans ton débat, c'est bien depuis tout à l'heure. '''Gérard''' : Donc, grosse caisse. Donc, toi, tu la fermes, toi. Toi, t'as répondu, point d'interrogation. '''Point''' : Oui, donc, je t'ai répondu. J'espère que cet argent, il va en faire bon usage pour les aides humanitaires. '''Tétard''' : Ouais, ben, je pense qu'avec la thune qu'il a faite, il va pouvoir se payer d'autres prostituées pour se faire éponger, quoi. '''Gérard''' : Alors, Tétard, je vais te dire une chose. Pour l'instant, ça fait deux fois. '''Tétard''' : Ben, attends, il l'a payée... '''Gérard''' : Ça fait deux fois ! Il a rien payé. '''Max''' : Il a pas le droit de répondre ça, maintenant ? Il faut donner des bonnes réponses ? Il fait ce qu'il veut, il répond ce qu'il veut. C'est un jeu ou quoi, ton truc ? '''Gérard''' : Non, mais attends, je vais voir. Parce qu'il y en a certains qui répondent à côté de la plaque. '''Max''' : Non, ils répondent ce qu'ils ont envie de parler, ce qu'ils pensent. '''Gérard''' : Ben, alors, Tétard, pour toi... '''Tétard''' : Ben, il l'a payée, Monica Lewinsky, pour se faire éponger. Il l'a payée. '''Gérard''' : Ok, ok, ok, c'est bon, c'est bon. '''Max''' : Tu lui enlèves la croix. '''Petit slip''' : Alors, moi, je pense que, à ce que j'ai entendu dire, que ça irait directement au don du Front de Libération des Nains de Jardin. '''Grosse caisse''' : Ouais, c'est vrai. '''Crevette''' : Ouais, enfin, ça, c'est une rumeur. '''Gérard''' : Quoi, quoi, quoi, quoi, quoi, quoi ? Attendez, attendez, qui c'est qui réagit derrière Petit Slip ? Ouais, Crevette ? '''Crevette''' : Oui, je te dis, c'est une rumeur, les Nains de jardin. Mais bon... '''Grosse caisse''' : Moi, j'ai entendu dire ça, moi. C'est une rumeur qui court. c'est la vérité. '''Coussin''' : Oui, Gérard. Moi, je crois qu'avec l'argent, il va réparer sa voiture et s'acheter des lacets. '''Gérard''' : Bon, alors, moi, je peux vous dire une chose, que... Non, mais attends, Coussin d'Air, je pense que t'as vachement de... T'es vachement pas au courant de l'histoire. '''Max''' : Il est en Guadeloupe, c'est pas encore arrivé, l'histoire. '''Gérard''' : Donc, moi, je peux vous dire une chose, qu'à mon avis, je pense que... '''Max''' : C'est Georges qui va l'amener, le scoop, là-bas. Georges. Ben, le tourbillon, là. Georges Bush. '''Gérard''' : Ouais, ben, ça, cette histoire-là, je veux pas en entendre parler, parce que j'ai eu des... '''Max''' : D'accord. Revenons, revenons au débat. '''Gérard''' : Donc, je pense que, à mon avis, là, je pense que... Je suis d'accord avec le point d'interrogation, donc je pense qu'il devrait faire moins... L'argent qu'il va recevoir, on sait pas combien, mais je pense qu'il ferait mieux de s'occuper des associations humanitaires, c'est-à-dire moins... que les mômes, ils n'ayent pas de flingues, et tout ça, et qu'ils s'amusent pas à fumer, et autres. Donc, à mon avis... ''[applaudissements du studio]'' À mon avis, là-dessus, je pense qu'on sait pas encore. On sait pas, parce que, là, pour l'instant, ils en reparlent pas trop à la télé. '''Max''' : Ben, là, il est une heure et une, peut-être. '''Gérard''' : Mais on pense que... Je pense que cette histoire est loin d'être terminée, donc on verra bien par la suite. Donc, je vous pose d'autres questions, vous allez réfléchir. Donc, la quatrième question. « Croyez-vous que les journalistes s'occupent trop de la vie privée des stars ? » On va demander à Crevette... Non, on va pas demander à Crevette, on va demander à Coussin d'air, tiens. '''Coussin''' : Moi, je crois que, en ce qui concerne les journalistes, ils font... Effectivement, ils s'occupent trop de la vie des autres journalistes qui sont stars. '''Gérard''' : Ouais, mais... Dans ce cas-là, moi, je vais te poser... Mais attends, attends, Coussin d'air. Coussin d'air, je vais te demander... Coussin d'air, je vais te poser une question : est-ce que tu crois que, là-bas, vers chez toi, est-ce que t'as des journalistes qui s'occupent... qui s'occupent des personnes ? '''Coussin''' : Alors, écoute, oui, il y a effectivement des journalistes. Moi, je vois, il y a eu le cas du chanteur Francky Vincent... '''Gérard''' : Non, non, mais attends, Francky Vincent, c'est pas pareil. Parce que, vas-y, Francky... C'est bon, c'est bon. Ouais, vas-y, Francky, c'est bon, c'est bon. Non, mais attends, Coussin d'air, moi, je te demande, là-bas, en Guadeloupe, est-ce que vous avez des journalistes qui s'occupent des stars ? '''Coussin''' : Alors, c'était ma réponse, justement. J'étais en train de t'expliquer qu'il y a chez nous des journalistes qui, effectivement, se sont occupés de très, très près de Francky Vincent... '''Gérard''' : Non, mais pourquoi tu parles de... Francky Vincent... '''Crevette''' : c'est une star en Guadeloupe. '''Gérard''' : Non, mais attends, rCevette. Mais attendez, attendez, pourquoi vous... Vous voulez parler de, tout de suite, Francky Vincent ? Vous avez... Mais vous avez d'autres chanteurs guadeloupéens, comme la compagnie Créole, tout ça ? '''Manu''' : Il y a Demis Roussos, aussi. '''Tétard''' : Adamo, Adamo... '''Gérard''', ''[irrité par cette moquerie, soulignée par un élcat de rire de Reego]'' : Non, Demis Roussos... attends. Occupe toi du standard, toi. '''Reego''' : Adamo, Adamo. '''Coussin''' : Gérard, il faut que tu saches qu'ici, en Guadeloupe, de Pointe-à-Pitre à le Gosier, c'est Francky Vincent... Francky Vincent, la star. '''Gérard''' : Attends, jusqu'où, tu m'as dit ? Je connais pas. '''Manu''' : C'est juste en dessous de la langue. '''Coussin''' : Et donc, voilà. Du fait que Francky Vincent soit une star, alors forcément, tous les journalistes s'en occupent, ils lui offrent des cadeaux... '''Gérard''' : Ouais, non, mais attends, Coussin d'air, Coussin d'air, Coussin d'air, je vais pas... On va pas trop s'appuyer sur tout ça. Bon, moi, si je te dis, la compagnie Créole, qu'est-ce que ça donne, là-bas, en Guadeloupe ? '''Max''' : Ce qui est bien, c'est que ça a super à voir avec le débat de... '''Gérard''' : Non, non, non, non, parce qu'il veut parler de Francky Vincent, on va vite abréger. '''Coussin''' : C'est-à-dire que la compagnie Créole, il n'y a plus que les vieux qui écoutent ça. Si tu veux, c'est assez ringard, maintenant, chez nous. Et celui qui cartonne vraiment, c'est Francky Vincent. Celui qui chante, tu sais, « Vas-y, Francky, c'est bon. Vas-y, Francky, c'est bon, bon, bon. » '''Gérard''' : OK, OK, OK, Coussin d'air. Donc... ''[la musique de Haut-les-mains de la compagnie Créole, dans le refrain, apparaît. Coussin d'air reprend l'air et quand la musique est baissée puis interrompue, il continue, sans s'arrêter, reprenant en boucle trois fois le refrain, en solo, avec des paroles approximatives. Gérard, frustré mais patient, cherche à l'arrêter en citant son nom]''. '''Max ''' : On peut reprendre le débat là, parce que les auditeurs vots zapper là... Zappez parce que là c'est pas possible. '''Gérard''' : Petit slip, donc pour toi, croyez-vous que les journalistes s'occupent trop de la vie privée des stars, donc on va pas essayer de reprendre sur les stars de chansons, on reprend sur l'affaire Bill Kinton. ''[silence]'' Bon, petit slip une fois, petit slip deux fois, petit slip trois fois, au revoir ! '''Manu''' : C'était moi, c'est moi, désolé. Non, pas taper, c'était moi, je m'excuse. On reprend. '''Gérard''' : Alors tu me mets tout le monde... '''Manu''' : Ça y est, ça y est. '''Gérard''' : Voilà, alors petit slip pour toi. '''Max''' : On va les foutre en quarantaine. '''Petit slip''' : Alors donc, moi je pense que les journalistes vont trop loin, puisqu'ils interviewent encore Elvis Presley, Bob Marley, Jimi Hendrix, quoi. Les salauds. '''Gérard''' : Non mais attends, je te parle de l'affaire Bill Kinton, je te parle pas des chanteurs. Bon alors petit slip, c'est bon, je vois qu'apparemment tu t'endors. '''Petit slip''' : Oh non, non, je suis réveillé. ''[blanc]'' '''Grosse caisse''' : Allez Gérard, on se réveille. '''Gérard''' :Non mais c'est vous qui allez vous réveiller, parce que là pour l'instant... On parle pas des chanteurs, on parle de l'affaire Bill Kinton, ok ? '''Petit slip''' : Ben toi Gérard, en tant que chancelier de l'Allemagne<ref name="explic1"></ref>, qu'est-ce que t'en penses de tout ça ? '''Gérard''' : Non mais alors pour l'instant, Tétard. Bon alors Tétard, qu'est-ce que t'en penses toi ? '''Tétard''' : Moi je pense qu'effectivement les journalistes, ils s'occupent beaucoup trop de la vie privée des stars, je pense que tu fais référence aux paparazite. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, attends. '''Tétard''' : Si, si, forcément. Je voudrais que tu nous racontes ton expérience personnelle, et il faut lutter contre l'illettrisme en France, oui. '''Gérard''' : Non, alors là je te répondrai pas là-dessus. Non, non, je te répondrai pas. Grosse caisse. Point d'interrogation ? '''Point''' : Oui, je pense que là ils s'occupent un peu trop de la vie privée des gens, parce que... Parce que quand tu vois ce qui s'est passé avec Michael Jackson ou même Madonna je crois que... '''Gérard''' : Non mais attends, toi t'es à côté de la plaque aussi, toi. Non mais t'as fumé la moquette durant l'Allemagne ? '''Point''' : Non, non, ça m'arrive de fumer la moquette, mais pas... '''Gérard''' : Ouais, je serais que toi je fumerais le cigare à moustache. Ouais, je crois que t'as fumé le cigare à moustache, hein. '''Point''' : Donc pour te répondre, je pense que les journalistes ils s'occupent un peu trop des gens et ce qu'ils font c'est pas... C'est que ça regarde personne, quoi. En fin de compte, ils sont toujours là, dès qu'il y a une star qui arrive, ils sont toujours ici. '''Gérard''' : Mais attends, point d'interrogation. Je crois que t'as pas... Non mais t'as pas compris. Hé, celui qui parle derrière, tu te la permets, parce que tout à l'heure tu vas retourner au standard, ça va aller vite. Bon, moi je te parle... Croyez-vous que les journalistes s'occupent trop de l'affaire des stars ? '''Point''' : Justement, les journalistes, ils s'occupent un peu trop de la vie privée des gens. '''Gérard''' : Dans quel sens ? '''Point''' : Dans le sens qu'ils sont toujours là, dès qu'il y a une voiture qui passe, qu'ils sont dedans, ça y est, ils sont là, avec les photographes et tout, hein. '''Petit slip''' : Il y a une Mercedes, là, qui a eu un accident, là... '''Gérard''' : Bon, toi tu la perds ! Tu la fermes ! Toi, avec ta Mercedes, tout à l'heure, tu as dégagé, ça va aller vite, mais... Tu vas pas durer longtemps ! Bon, je sens qu'on va virer... Grosse caisse. Alors, grosse caisse, tu réponds ? Bon, hé ! On y va, on y va, hein ! Hé, on accouche ! '''Manu''' : Gérard, Gérard, Gérard, j'ai un petit truc pour revenir dans le débat, si tu veux. Donc, on a posé la question aux Français, que pensez-vous de l'affaire... Levinsky... ''[Gérard cherche à l'interrompre avec du non]'' s'il te plaît... Mais, laisse-moi lire mon sondage ! '''Max''', ''[agacé]'' : Mais attends, mais c'est une vraid question, rholàlà ! Tu veux faire avancer ton débat, ou c'est comme avant, c'est... '''Gérard''' : Non, mais attends, parce qu'à mon avis, c'est eux qui ont fait ça. '''Max''' : Attends, on va écouter, on va voir, on va juger. '''Manu''' : À la question, que pensez-vous de l'affaire, Vivisky ? Donc, les Français ont répondu... '''Gérard''' : Levinsky ! '''Manu''' : Levinsky ! Ok, excusez-moi, prononciation. '''Max''' : Si tu ne sais pas le dire, demande-lui, ouais. '''Manu''' : Donc, ils ont répondu non à 50%, mais pourquoi à 49% et 1% a dit : « Moi je pense que vu la circonstancialité du monde à notre époque, pourquoi ne pas envisager de répondre par la négation ? ». Et j'aimerais savoir ce que t'en penses. '''Gérard''' : Bon, ça, j'en ai rien à foutre. Tte manière, à mon avis, c'est toi qui a... Bon, allez. On va demander à Grosse Caisse, parce que... '''Max''' : On a fait ça sur les trottoirs du bois de Boulogne, hier, dans la nuit. '''Petit slip''' : C'est quoi, Gérard, que tu vaux au bois de Boulogne ? '''Gérard''' : Ouais, c'est toi qui viens de le marquer, connard ! Hé, tu me prends pour un con, là ? '''Phildar''' : Non, je t'y laisse. '''Gérard''' : Non, tu m'y laisses ? Bah, tu ferais mieux d'aller voir où c'est ta 205, abrouti. Occupe-toi de ton cul. ''[Applaudissements)''. Grosse Caisse, allez, on active, là, sur la question, là, parce que je pense que personne ne veut réagir. Bon, allez, Grosse Caisse ! '''Grosse caisse''' : Ouais, ouais, je suis là, je te parle. Bah, il y a un problème, c'est qu'aux Etats-Unis, c'est vachement trop libéral, comme pays, alors ce qui fait que les médias, ils font n'importe quoi, ils font chier n'importe qui, n'importe comment. '''Crevette''' : Moi, je pense que c'est normal que les stars on connaisse leur vie privée, parce que c'est des personnages publics, et elles doivent être exemplaires, et donner l'exemple aux gens, donc c'est tout à fait normal de savoir si Bill Clinton se fait sucer la bite ou si Elton John est pédé. '''Gérard''' : Bon, alors, je vais te dire une chose, Crevette, tu vois, là, moi, je te réponds tout de suite, et là, je vais te dire que là, t'as tout faux. Oh, s'il vous plaît, derrière, on se la ferme. '''Max''', ''[hilare]'' : Gérard sait très bien si Elton John se fait sucer la bite. '''Gérard''' : Là, ça, c'est une histoire. Non, mais c'est vrai. Attends, celle qui rigole comme... celle qui rigole ou autre... '''Tétard''' : Non, mais Gérard, il a raison, on ne veut pas savoir que Mick Jagger, il encule David Bowie. '''Max''' : Bon, allez... '''Petit slip''' : Il encule Gérard. '''Max''' : Ah, non, bon, alors là. '''Gérard''' : Allez, hop. Dehors, dehors pour lui. Allez, hop. Cherche pas, tu me sors... '''Manu''' : T'as compris, tu sors de chez toi, dehors. '''Gérard''', ''[rageur]'' : Non, non, vous faites le boulot correctement, sinon, c'est moi qui le fais. '''Max''', ''[retenant son rire]'' : Tu peux pas faire ton débat et ton ton standard d'émission. '''Phildar''' : Donne un chiffre entre 1 et 6. '''Gérard''' : Non, non, je veux pas le savoir. Tu me prends... '''Tétard''' : C'était Pépito. '''Manu''' : Dehors, Pépito. '''Phildar''' : Bonne nuit, Pépito. '''Max''' : T'as qu'à prendre Granola à la place. '''Gérard''' : Voilà. Donc, moi, je peux vous dire une chose, parce que les journalistes s'occupent trop des affaires des personnes haut placées. Et ça... Non, mais ça, c'est un truc qui me dégoûte, parce que j'ai encore regardé un reportage ce soir, ça me prend la tête. '''Manu''' : C'était X-file, non ? '''Gérard''' : Non, non, X-file... Merci, t'éteins ton micro. '''Manu''' : Je te demande, c'est tout. '''Gérard''' : T'éteins ton micro, parce que X-file, je l'ai pas regardé. Donc, moi, je peux vous dire une chose, que là, là-dessus, ça... Ça me prend la tête. Ah ouais, que pensez-vous des Français... Alors, t'en as qui disent à 100%. Ah ben ouais, les Français, ils se débrouillent bien. De l'autre côté, t'en as 50% qui disent « Oh ben non, maintenant, on s'en fout, on regarde pas la télé, ceci, cela. » Donc, bref, passons. ''[fou rire du studio, applaudissements]''. '''Max''' : Mais c'est extraordinaire ! '''Gérard''' : Non, mais moi, j'en ai rien à foutre, moi, de toute manière... De toute manière, on a voté, on en chie, on en chiera toujours. Et que ça soit dans n'importe quel pays, de toute manière, on va en chier partout. '''Max''' : De toute façon, et je me demande même, je m'aventure un peu, je me demande si Chichi se fait pas des fois un petit peu..il a pas des gâteries dans le bureau ovale. On revient dans le débat. '''Gérard''' : Non, mais ça, moi, je vais te répondre tout de suite à ta question. S'il vous plaît, merci ! '''Tétard''' : La pipe au sac à main. '''Gérard''' : Tout à l'heure, y'en a un qui va dire la pipe au sac à main au standar, il va être clair et net. Donc moi, je peux répondre à ta question, de toute manière, on l'a voulu, on l'a. Maintenant on en chie. Et on va en chier pendant cinq ans. '''Max''' : Eh, moi, je propose, la semaine prochaine, on fait un débat sur les pattes d'ef et sur la politique. Bon, alors, question suivante, on revient dans le débat. '''Gérard''' : Mais c'est pas pour ça qu'on va avoir des augmentations ou autres et que tout va baisser. Au contraire.. Donc, pensez-vous que le président des USA sera démis de ses fonctions ? Donc, on va demander à Crevette. '''Crevette''' : Ouais, je sais pas, Gérard, je suis pas voyante, je sais pas. '''Gérard''' : Non, non, mais on s'en fout d'être voyante ou pas voyante, on en a rien à cirer. '''Crevette''' :''' ''' : Je ne sais pas, Gérard, je ne sais pas s'il va être démis. Je fais pas partie du Congrès, je prends pas de décision aux Etats-Unis, je suis même pas américaine, donc je ne sais pas. '''Gérard''' : Non, mais de toute manière, t'as pas besoin d'être américaine ou autre, tu peux très bien réagir vis-à-vis des informations que t'écoutes. '''Crevette''' : Oui, mais bon, je ne sais pas, c'est pas moi qui prends la décision. '''Gérard''' : D'accord. Grosse caisse ? '''Grosse caisse''' : Ouais, bah, en fin de compte, je sais, j'ai une exclu, en fin de compte, je sais que Clinton, c'est pas lui qui va se faire virer, il va se désister, il va tourner dans une nouvelle série, au lieu de s'appeler X-Files, ça s'appellera X-Clinton, ça sera du cul, 100%. '''Gérard''' : Alors, Grosse caisse, tu sais ce que tu me fais ? '''Grosse caisse''' : Bah, j'ai pas une grosse caisse. '''Gérard''' : Non, mais tu vas aller faire un gros dodo, tu vas retourner voir Phildar ou Manu qui t'ont... '''Grosse caisse''' : Non, mais tu voulais des réponses, t'en as une ! C'est de la censure, t'es pire que le CSA, toi ! '''Gérard''' : Bon, alors tu dégages. '''Phildar''' : C'est ça, pas de marque ! Pas de pub, pas de pub ! '''Gérard''' : Terminé, terminé, terminé pour lui. Terminé, tu le vires, tu me reprends quelqu'un d'autre. Terminé... '''Phildar''' : Qu'est-ce que j'en fais ? Il a pas de contrat à Fun, je peux pas le vorer. '''Gérard''' : TERMINÉ ! Eh ! Tu fais gaffe, sinon je vous vire tous les deux. Tu fais gaffe, sinon je vous vire tous les deux du standard. Alors, tu le vires. Point d'interrogation. Attendez, attendez, attendez, avant de répondre, peut-être une question IRC, non, Reego ? '''Reego ''' : Oui, il y a des gens qui me demandent : si un jour tu deviens président, est-ce que tu te laisseras aller, toi aussi ? Est-ce que tu tromperais Sandy ? '''Gérard''' : Ça, c'est un truc... C'est un truc personnel, donc je peux pas te répondre tout de suite. '''Reego''' : On me dit aussi, vu que Sandy est déjà un bout... Enfin, non... '''Gérard''' : Non, non, non ! Vu que Sandy est déjà un boudin, alors c'est qui qui a... Attends, attends, attends, s'il vous plaît, merci au standard. C'est qui qui a sorti ça au standard ? '''Reego''' : C'est un mec qui s'appelle Reego, je sais pas qui c'est. '''Gérard''' : Ah, Reego, c'est pas toi ? '''Reego''' : Non, il y en a plusieurs, il y en a plusieurs. '''Gérard''' : Donc, on revient sur le débat, donc point d'interrogation. '''Point''' : Oui, bah... Attends, j'ai pas compris la question, déjà. '''Tétard''' : C'est bête. '''Gérard''' : Bon, attends, je te préviens, Grosse caisse, je le veux plus. Tu me reprends quelqu'un d'autre, hein ? Pas sous un autre nom. Alors, pensez-vous que... Que le président des USA sera démis de ses fonctions ? '''Point''' : Oui, je pense qu'il sera sûrement... Soit c'est lui qui partira, ou s'il y a eu un jugement, je pense qu'il va sans doute en avoir un autre, je pense que c'est les juges qui vont juger, d'essayer de savoir s'il est coupable ou pas. '''Gérard''' : D'accord. 5 minutes, oui ? '''Manu''' : Oui, 5 minutes, donc on accueille Gicleur à la place de Grosse Caisse. '''Gérard''' : Bon, de quelle ville ? '''Gicleur''' : De quelle ville ? Grenoble. '''Gérard''' : La fréquence ? '''Gicleur''' : 98.8. C'est tout ? Tu veux savoir si je suis marié, non ? '''Gérard''' : Bon, Gicleur, tu vas commencer à te la fermer, parce que je vais contrôler la fréquence tout à l'heure. '''Gicleur''', ''[couvert par Gérard qui veut enchaîner]'' : Attends, qu'est-ce que tu vas me contrôler ? oh tu vas pas en plus me traiter de menteur, déjà que tu m'appelles à cette heure-ci... alors c'est gentil, quoi. '''Gérard''' : Oh, si t'es pas content, tu retournes au standard, d'accord ? '''Max''' : Il vient d'arriver, attends, ça fait 3 secondes qu'il est là. Parce que maintenant, t'as même plus confiance aux auditeurs qui te donnent les fréquences, tu veux vérifier, toi ? '''Gérard''' : Ouais, mais attends, parce qu'avec eux... Je suis con ? Avec un con comme moi, on s'amuse, avec un con comme toi, on se fait chier. Et con, ça veut dire champion olympique de natation. '''Max''' : Non, mais maintenant, c'est bon, Grenoblois, maintenant, on va rentrer dans le thème du débat, si c'est pour foutre le bordel, il va redégager pour de bon... '''Gérard''' : Allez, vas-y, tu réponds à la question ? '''Gicleur''' : Ouais, ben, tu peux répéter la question, c'est Manu qui m'a appelé, j'ai pas pu entendre. '''Gérard''' : Non, ben, je répète pas la question. Hop, basta. Ah non, mais attends, Manu, les mecs, s'ils écoutent la radio, ils... '''Manu''' : Oui, mais je l'ai rappelé juste au moment où tu posais la question. '''Gérard''' : Ouais, mais attends, eh, moi, il me reste plus que 6 minutes à... '''Manu''' : Et ben, répète ta question, et puis on envoie le son, on y va. '''Max''' : Quand je te dis que le débat finit à 1h30, tu peux aller jusqu'à 32. '''Gérard''' : Pensez-vous que le président des USA sera démis de ses fonctions ? '''Max''' : Encore, t'en es que là ? '''Gérard''' : Ben oui, mais attends, mais... '''Crevette''' : Mais il avance pas. '''Gicleur''' : Bah, écoute, moi, je pense qu'il va rester, parce qu'apparemment, les Américains veulent le garder. Et que c'est pas parce qu'il a fait une petite pipe qu'il est pas capable de gouverner son pays. Enfin, je pense. '''Tétard''' : Ouais, ben, moi, je pense que le président des United States, là, machin, je sais pas quoi, là, il va être remis de ses onctions, ouais. Et il l'aura bien mérité, d'ailleurs, n'est-ce pas ? '''Gérard''' : Oh, putain, hé, oh ! Hé, tu peux me la moquer, toi ? '''Tétard''' : Ben quoi ? Tu me demandes s'il va être remis de ses jonctions, je te dis que oui. '''Gérard''' : De ses fonctions ! '''Tétard''' : De ses fonctions, c'est pareil, c'est pareil, ouais, ouais, pas du tout, ouais. '''Gérard''' : Bon, d'accord, apparemment, je crois que t'es... Euh, petit slip ? '''Petit slip''' : Ben, moi, je pense qu'il est déjà démis de ses fonctions, puisqu'il est mort, John Kenedy. '''Gérard''' : D'accord, alors, toi, tu peux dégager. Toi, c'est... Ça y est, c'est bonne nuit pour toi. '''Petit slip''' : Bonne nuit, bonne nuit, bonne nuit. '''Gérard''' : Bonne nuit, au revoir. Tu dégages. Euh, coussin d'air ? '''Coussin d'air''' : Eh bien, moi, je crois que ce serait dommage qu'il soit démis de ses fonctions, parce que, maintenant, tout le monde est au courant aux États-Unis et dans le monde, alors, tu imagines pas le président aller à l'ANPE <ref name="hist1"></ref> et dire bonjour, etc., et les filles auront peur, il pourra même plus aller voir les prostituées, parce qu'il aura cette affaire de pipe, et forcément, les pipes, bon, ça engage à rien, ça entretient l'amitié, c'est pas méchant, et forcément, moi, je crois qu'il... Il devrait rester au pouvoir, hein. '''Gérard''' : Ouais, mais cinq minutes, s'il vous plaît, merci. Bon, euh, je vais vous répondre après, mais, pour l'instant, moi, je peux vous dire qu'à mon avis, il sera des... Il restera, mais il faut attendre l'histoire, parce que c'est un peu trop long. '''Gicleur''' : Mais toi, tu continues toujours à faire de la radio, pourtant. '''Gérard''' : Ouais, mais ça, c'est mon problème, c'est pas le vôtre. Donc, il faut pas confondre la radio et... '''Coussin''' : C'est parce que tu suces, c'est pour ça. '''Gérard''' : Non, non, mais attends. Non, il y a tu suces et tu suces pas. '''Manu''' : Bon, Gérard, à la place de Petit Slip que t'as dégagé, on accueille donc Serpillière. '''Gérard''' : Ouais, bah d'accord. Alors, Manu... Non, non, mais Manu... Non, non, Manu, moi, je vais te dire une chose. Tu vois ? Là, ce que t'es en train de me faire, tu changes les noms. '''Manu''' : Non, j'ai rappelé quelqu'un d'autre. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, non, non, non, tu l'as repris, tu lui as dit. Au lieu de t'appeler Petit Slip, tu vas s'appeler Serpillière. '''Max''' : Ceci dit, un slip, un slip, c'est un peu une Serpillière, quelque part. '''Manu''' : Surtout ceux de Gérard. '''Gérard''' : Moi, je vais sélectionner pour le deuxième débat. '''Max''' : Parce que Gérard, il sait très bien, il met des Serpillières à la place de Petit Slip, il peut dire que... '''Gérard''' : Donc, on va prendre Serpillière. '''Manu''' : Voilà, et tu verras que c'est pas le même. '''Gérard''' : Ouais, bah, on verra. '''Max''' : On se dépêche, on se dépêche, Gérard. La dernière question, vite. '''Gérard''', ''[écrit, lentement]'' : Serpillière. Alors, la dernière question. Les journalistes de la télé en font-ils pas un grand plat de cette histoire ? Je répète. Je récapitule depuis le début. '''Max''' : Ça fait pas trop le con avec la politique, on va avoir des problèmes. '''Gérard''' : Donc, les journalistes de la télé en font-ils pas... Pas un grand plat de cette affaire ? Donc, on va demander à Crevette. '''Crevette''' : J'ai pas compris la question. '''Gérard''' : Bon, alors, Crevette, c'est terminé pour toi. Tu comprendras mieux dans ton lit. Tétard ? '''Tétard''' : Bah, moi, je pense qu'effectivement, il faut mettre les petits plats dans les grands et pas mettre les deux pieds dans le plat, ni tous ses œufs dans le même panier, c'est clair. '''Gérard''' : Ouais, de toute manière, il y a un proverbe qui dit, il faut pas mettre les deux pieds dans le même sabot. '''Tétard''', ''[sous les applaudissements du studio]'' : Tout à fait, surtout quand t'as des sabots. '''Serpillère''' : Bah, moi, je pense qu'ils font vraiment un grand plat de choucroute, quoi. '''Gérard''' : Non, mais attends, je vois pas le rapport avec l'affaire Bill Quinton, là. '''Tétard''' : Bah, c'est mieux qu'un bon coup de pompe dans le cul, hein. '''Gérard''' : Bon, d'accord, t'as pas compris la question. Non, mais je serais que toi, je prendrais mon balai brosse et je passerais la Serpillière dans tout l'appartement, OK ? Coussin d'air ! ''[applaudissements presque généraux]'' '''Gérard''' : L'autre abrutit, là, il applaudit pas parce que c'est lui qui l'a sélectionné. Donc, c'est bien... Donc, Coussin d'air. Euh, quoi, accouche ? Taleur, je vais t'accoucher, toi. '''Finger''' : C'est Finger. '''Gérard''' : Ouais, Finger, tu vas voir, taleur, Finger, je vais te manger par les deux bouts. '''Gicleur''' : Bah, c'est Finger, il t'a mis un gros doigt. '''Max''' : Faut qu'on fasse une réunion, c'est pas possible, le deuxième débat, on peut pas... '''Gérard''' : Non, non, le deuxième débat, je le fais pas comme ça. Coussin d'air. '''Coussin''' : Oui, alors, je disais que, moi, je trouve pas, au contraire, que les journalistes aient fait beaucoup, beaucoup de choses sur cette affaire-là, parce que je regardais pas plus tard que tout à l'heure, retransmis en Guadeloupe, le tiercet, et le journaliste a pas parlé une fois de l'affaire Bill Clinton. '''Gérard''' : Non, mais attends, Coussin d'air, Coussin d'air ! Hé, Coussin d'air ! Et celui qui se marre comme un bourrin, là, il la ferme. '''Max''' : Ouais, mais enfin, ça sert à rien, arrête de dire « la ferme » toutes les deux secondes. Toi aussi, tu la fermes quand tu parles. '''Gérard''' : Euh, Coussin d'air. Non, mais je vois pas le rapport avec l'affaire Bill Kinton et puis, euh, les chevaux. Non, attends, Coussin d'air, je te répète la question. Les journalistes de la télé en font-ils pas trop... En font-ils pas un grand plat de cette histoire ? C'est-à-dire, on parle de l'histoire de Bill Clinton, on parle pas des chevaux. '''Coussin''' : Oui, et c'est pour ça que je te réponds, lors de la retransmission du tiercet, le journaliste qui commentait, il a parlé une seule fois... Une seule fois de l'affaire Bill Clinton, et c'est pour ça que je te dis que, non, je trouve pas les journalistes, ils en font trop. '''Gérard''' : Non, mais je vois pas le rapport avec l'affaire Bill Clinton et... '''Max''' : Repose-lui la question, repose-lui la question. '''tétard''' : C'est parce que Monica Lewinsky, c'est une belle jument. '''Gérard''' : Bon, d'accord, ouais, enfin, bref. Euh, point d'interrogation pour finir. '''Point''' : Si, je pense qu'ils en font un peu trop, parce que quand tu vois un peu qu'ils en parlent tout le temps à la radio, même à la télé, tu allumes ton poste, t'entends que ça, je pense qu'ils en font quand même un peu trop. '''Gicleur''' : Parce qu'en fait, ils sont jaloux, Gérard, c'est pour ça. Tu m'as pas posé la question. Donc, je vais quand même te répondre. Moi, je pense que les journalistes sont jaloux, tu vois, parce qu'en fait, ils pensaient que le président des Etats-Unis, c'était un métier qui était dur, tu vois, qui était sérieux. En fait, ils voient que le président se fait sucer par une petite jeune alors tu penses, ils sont jaloux, quoi. Ils ont pas voulu aller à l'école pour faire président. '''Gérard''' : Donc, moi, je peux vous répondre là-dessus. Je pense que les journalistes en font un petit peu de trop. Parce qu'on parle trop de cette histoire-là, comme l'affaire... '''Phildar''' : Titanic ? '''Gérard''' : Non, non, non, pas l'affaire du Titanic, l'affaire de l'histoire, là, avec la nana de... '''Phildar''' : Le paquebot qui a coulé ? '''Gérard''', ''[détournant le regard et la bouche du micro, fusillant Phildar du regard et surtout, éteignant son micro]'' : Non, mais attends, toi, tu ferais mieux de la fermer pour dire tes conneries. Non, c'est pas la peine de le rallumer. '''Max''' : Ah, pour la Formule 1, là, non ? Schumacher, qui change d'écurie, non ? '''Gérard''', ''[à Phildar)'' : Je t'ai dit d'éteindre ton micro, d'accord ? '''Reego''' : Ton débat, Gérard. '''Max''' : Non, mais c'est bon. C'est bon, ils peuvent l'allumer. Tu parlais de quoi, là ? Tu parlais du tiercé, là ? '''Gérard''' : Non, non, de la nana... de l'histoire des policiers, là, puis du chauffeur de taxi, là, je pense... Ah, du taxi, Valais-Saint-Paradis ? '''Max''' : Ah, Joe le taxi ? Vanessa Paradis ? Bon, alors, enfin, bref, Gérard, qu'est-ce que tu penses de cette histoire ? '''Gérard''' : Non, moi, je pense que cette histoire, pour moi, c'est de... C'est des conneries, et ils feraient mieux de laisser ça. Chacun fait ce qu'il veut de son cul. C'est leur propre histoire. Bon, maintenant, il n'y a qu'une chose que je peux dire, c'est que... '''Phildar''' : C'est clair, c'est pas des conneries, le Titanic a bien coulé. '''Manu''' : Bien sûr, il y a des preuves. '''Gérard''' : Et ta 205, elle a bien coulé, et toi, t'as... Et toi, t'as... Ton espèce de nana, elle n'a pas coulé, encore ? '''Phildar''' : Pardon ? '''Gérard''' : Ouais, deux, à trois, on saute, à quatre, on recommence. '''Max''', ''[admiratif, applaudissant]'' : Oh là là ! '''Gérard''' : Donc, moi, pour moi, personnellement, c'est une histoire que je suivrai pas parce que ça me prend la tête, et j'en ai ras-le-bol d'en entendre parler, tous les... '''Gicleur''' : C'est toi qui en parles, là. Pourquoi tu fais un débat dessus ? Pourquoi tu lances un débat, alors ? '''Gérard''' : Parce que je fais un débat, c'est le premier des débats de la saison, donc je fais un débat là-dessus. '''Max''' : C'est la conjoncture des débats qui vaut ça. '''Gérard''' : Terminé, point final, à la ligne. Donc, voilà. Conclusion ! '''Max''' : Ouais, conclusion, alors, très rapide. '''Gérard''' : Vite fait, Crevette. '''Crevette''' : Ouais, conclusion, bah, écoute, j'en ai appris beaucoup. Et puis... '''Max''' : C'est vrai qu'on prend prend une bonne claque avec Gérard. '''Crevette''' : Et puis, bah, j'espère que tu vas continuer à nous informer, quand même, sur l'affaire même si ça t'intéresse pas. '''Max''' : Bah, y'a France Info, puis y'a Gérard le jeudi. '''Gérard''' : Non, mais vous avez d'autres chaînes de télé pour vous informer que moi. '''Max''' : Surtout que c'est de la radio donc... '''Gicleur''' : Ouais, bah, écoute, moi, je pense, là, qu'en une soirée, j'ai plus appris qu'en trois mois. Et la conclusion, bah, c'est que, finalement, c'est bien de se faire sucer et que Clinton, bah, il a bien raison. '''Gérard''' : D'accord, bah, toi, tu préfères aller te faire sucer ? '''Gicleur''' : Ouais, c'est une proposition, mais non, laisse tomber non. '''Max''' : Voilà, c'était la conclusion, en fait, réponds pas à la... '''Point''' : Alors, ma conclusion, c'est qu'ils arrêtent un peu d'harceler les stars, comme ça, parce que c'est vraiment chiant. Dès que tu vois... Tu peux même pas aller quelque part, t'as les journalistes qui sont autour de toi, c'est un peu embêtant, quand même. '''Max''' : Ça peut te servir de pare-à-vent, quand il pleut, hein. '''Gérard''' : Point d'interrogation, t'es encore là ? Non, mais on vient de te poser une question. '''Max''' : C'est pas grave, c'était juste un commentaire que je faisais, c'est pas une question. Faut pas confondre les questions, les réponses et les affirmations. '''Tétard''' : Ouais, bah, moi, en conclusion, ce que j'aurais voulu savoir, c'est déjà si elle s'était lavé les dents, là, Levinsky, là, et je voudrais que tu nous racontes vite fait l'histoire entre Gérard Kilton et Christine. Lewhisky.. '''Gérard''' : Comment, comment ? '''Tétard''' : Je voudrais que tu nous racontes la jolie histoire de Gérard Kilton et Christine Lewhisky. '''Gérard''' : Bon, alors, Tétard ? Tu te mets un gros doigt... Et tu te mets un gros doigt, quelque part, et... '''Max''' : Tiens, dans le cul, par exemple, par hasard. '''Serpillère''' : Bah, moi, je pense que Monika Lewhisky, elle a même sucé Richard Dixon. '''Gérard''' : D'accord, alors, toi, t'as rien compris. Coussin d'air, pour finir ? '''Coussin d'air''' : Ah bah, écoute, moi, j'ai trouvé le débat vraiment très intéressant, sauf que je regrette vraiment qu'on ait pas parlé plus longtemps de Francky Vincent et du tiercet. '''Max''' : Je veux juste te dire, petit point, petite parenthèse, par contre, là, Coussin d'air qui est en Guadeloupe, toi, en ce moment, t'es là, avec nous ? Donc, toi, en ce moment, toi, tu es en direct en France, on rappelle que, toi, ce que t'es en train de faire, en ce moment, avec Gérard, c'est donc diffusé dans 15 jours, c'est ça ? '''Coussin d'air''' : Oui, absolument, c'est ça. '''Max''' : C'est avec le décalage horaire, justement, et ça nous amène, justement, au prochain débat, Gérard, décalage horaire. '''Gérard''' : Voilà. Donc, moi, je réponds quand même... '''Max''' : Oui, la conclusion de Gérard, bien sûr, sur son débat. '''Gérard''' : Donc, sur cette conclusion-là, c'est dommage qu'on n'aille pas pu aller plus loin, parce qu'il y avait d'autres questions qui étaient intéressantes. Bon, c'est sûr qu'il y a les histoires de cassettes vidéo, je pense que, j'espère qu'ils vont en faire bon usage pour les aides humanitaires. '''Max''' : J'espère qu'ils vont les mettre en location. Ah, pardon. '''Gérard''' : Non, non, pour les aides humanitaires, c'est-à-dire, surtout à New York, parce que même là où c'est vendu, donc, j'espère qu'ils vont en faire bonne conclusion sur cette vente. '''Max''' : On rappelle que tu as été à New York, quand même. Tu sais de quoi tu parles.<ref name="explic2"></ref> '''Gérard''' : Voilà. Parce que là-bas, il faut dire que c'est un pays très, très chaud. CMaxest quand même une ville qui n'a plus aucun secret pour toi, vu que tu y es passé quand même près de 48 heures. '''Gérard''' : Non, 72. '''Max''' : Donc, tu maîtrises bien le sujet de New York. '''Phildar''' : Il a fait deux fois le tour. '''Max''' : Est-ce que tu trouves que ce genre de problème, comme ça, ce problème, est-ce que tu crois que ça mérite un débat ? '''Gérard''' : Ben, disons, j'ai voulu réagir là-dessus, parce qu'on en parle tellement. C'est que j'aurais préféré éviter d'en parler. Bon, t'as voulu qu'on en parle. Bon, ben, j'en ai parlé. Mais malheureusement, on n'a pas pu aller jusqu'au bout. Donc, si vous voulez réagir sur le deuxième débat. '''Max''' : Débat sur le décalage horaire. '''Gérard''' : Sur le décalage horaire. Donc, je pense que c'est moi qui va... '''Max''' : On va voir ça hors antenne. Ça, c'est un truc, comme d'habitude, je Gérard n'a pas compris. Tu vas me laisser parler un petit peu. Je vais faire moi-même. Donc, si vous voulez participer au débat de Gérard, le deuxième de cette soirée pour le grand retour de GG dans les débats. Débat sur le décalage horaire. Vous appelez dès maintenant le standard de Fun Radio 0800 70 5000. Pour les Belges, 0033 800 70 5000. IRC, toujours, c'est-à-dire le site Internet où vous pouvez dialoguer en direct entre vous ou bien directement avec Reego, qui est dans le studio en ce moment. '''Reego''' : Et avec Rousseau aussi. '''Max''' : Et avec Rousseau également, qui est dans le coin. C'est irc.funradio.fr. Gérard est toujours là. Phildar Manu également aux manettes. On se retrouve dans tout juste 8 minutes. Le temps de faire le point avec un morceau de Astral Projection. Ah non, pardon, c'est pas ça. Non, ça a changé. C'est quoi ? '''Gérard''' : Non, c'est, à mon avis, si on ne s'est pas trompé, c'est tiens, tiens bientôt, j'ai un gros caca avec des riettes. Voilà. Et on se retrouve tout à l'heure d'ici 5-10 minutes. == Le débat sur les décalages horaires == === Contexte === Le premier débat a clairement montré le nouvel environnement dans lequel s'inscrit l'émission, désormais mettant en scène une équipe rigolarde et un animateur payé, loufoque, surréaliste. Pourtant, on voit aussi d'emblée l'équilibre difficile auquel Max s'attaque : tenter de rassurer sa direction dans un style moins chaotique qu'en début d'année, tout en préservant le style inimitable de l'émission. Le second débat tente de confirmer cette tendance, avec un interventionnisme moindre de Max. C'est la première semaine du retour de Max, qui le met sous pression. D'abord car il a tout de même laissé une trace par son coup de poker d'août, ensuite car il vient de retrouver son créneau préféré après ce qui fut un vrai échec professionnel, enfin parce que la direction, de toute manière, transforme la station en profondeur. Les émissions emblématiques comme Lovin Fun, ainsi que leurs animateurs phares (Difool, le Doc) sont désormais partis, Max reste le seul emblême de l'époque de Fun radio de la première moitié des années 90, et la pression est donc grande. La station veut en effet cibler d'autres auditeurs, pour d'autres revenus, et Ma restera un épiphénomène fidélisant le passé mais presque gênant pour la direction. Dans ce second débat, Max teste toutefois la formule où Phildar est à la manœuvre. Lui aussi, depuis la fin de Fun TV, a besoin de trouver sa place dans le métier. Mais un peu contre toute attente, l'autorité naturelle qui se dégage pour Gérard, c'est Reego. Il est épargné de ses foudres, il a sa confiance, quoiqu'il fasse, et très vite, il s'avère que c'est lui qui sera le bon régulateur de l'émission, par-delà tous les autres. Sur le fond, il faut simplement se souvenir qu'à cette époque, le week-end précis où l'heure passait en hiver ou été n'était pas totalement figée. Celala ensuite changé lorsqu'elle s'est harmonisée au plan européen, mais tel n'était pas encore le cas. Cette mesure, étant d'abord destinée à s'adapter à la longueur des journées pour réguler la consommation d'une énergie coûtant cher, s'adaptait aussi à la température et à d'autres critères. Si bien que le décalage pouvait intervenir pendant n'importe quel week-end du mois d'octobre, voire en septembre, plus rarement. === Les personnages === * Gérard Cousin : Gérard * Phildar, Manu * Franck Bargine : Max * Igor : Reego * Mégane : Moustique * Tony Morestin : Boudin noir * Goldo : Boudin noir * Cocker, Loudné (comprendre, Loup-de-nez) * Sandy Threadkell : Point d'interrogation * Nicolas : Merguez (il avait participé à un débat estival en 1997), Petit sucre * Luigi : Couscous (retour d'une figure des dénats en 1997) === Transcription === '''Gérard''' : Et voilà, 1h45, donc je fais rectification, c'est Tiens bientôt, je vais faire un gros caca avec Derriette et on va demander à Reego, il avait un petit message sur l'IRC, sur les questions qu'on a posées au départ. '''Reego''' : Voilà, non c'était juste pour saluer les gens présents sur l'IRC, alors je salue Wynne, Clifford, Yankee, Fedji, TSM, Jock, Scoyote, Bip, VLR et les autres et l'IRC dans le studio a planté mais on va le relancer tout de suite, à tout à l'heure. '''Gérard''' : Ok, à tout à l'heure, Reego, je te remercie. '''Reego''' : De rien ma poule ! '''Gérard''' : Là, Manu, je te signale qu'il y en a un des deux qui va planter. '''Manu''' : Ah bon, pourquoi ? '''Gérard''' : Là, je pense que tu m'as fait une connerie. '''Manu''' : Ah bon ? Si tu m'avais pas pris le standard pour rien foutre pendant le disque, j'aurais pu sélectionner des gens. '''Phildar''' : C'est pas grave, on va voir, vas-y Gérard. '''Gérard''' : Je vais voir, donc on accueille Moustique, merci pour les fréquences. '''Manu''' : Je n'ai pas eu le temps, Gérard. '''Moustique''' : Bonsoir Gérard. '''Gérard''' : T'appelles d'où ? '''Moustique''' : T'appelles de Poitiers. '''Gérard''' : Poitiers, ta fréquence ? '''Moustique''' : 89.6 '''Gérard''' : 89.6, ok. Boudin Noir. '''Boudin noir''' : Bonsoir Gérard, bonsoir tout le monde. '''Gérard''' : Bonsoir Tony. Merci Tony. '''Boudin noir''' : J'ai changé. '''Gérard''' : Ouais, ouais, ta fréquence ? '''Boudin noir''' : Moi, ma fréquence, moi j'écoute pas sur la radio, j'écoute sur la CB et je t'emmerde. '''Gérard''' : Alors, tu m'emmerdes, ok. Alors, dégage Boudin Blanc. Allez hop, voilà. '''Phildar''' : Ça commence bien, Manu, tu pourras gérer un peu mieux. '''Gérard''' : Alors, Max, Max, s'il te plaît. '''Phildar''' : Non, on va gérer, on va gérer Manu tout seul, Gérard, t'inquiète. Manu, tu fais gaffe. '''Gérard''' : Hop, Boudin Blanc, terminé. Hop, tu le vires. Bon, ça commence ! Déjà, il commence. Alors, si Boudin Noir c'est le même nom... '''Max''' : Non, mais peut-être que Tony, il a changé, il est peut-être venu... '''Gérard''' : Non, non, non, il m'a dit, je t'emmerde sur la CB. '''Max''', ''[hilare]'' : Ah, j'ai pas entendu. Non, mais c'est pas grave, mais si Tony veut bien venir, mais il se calme. Ça peut être sympa. On pourrait très bien se faire un feu de cheminée avec des merguez, on pourrait lier amitié. '''Gérard''' : Non, non, c'est pour Boudin Blanc, terminé. '''Manu''' : Moi, j'écoute le chef, il a dit, ça peut être sympa, je le laisse. '''Gérard''' : Non, je dis, moi ! C'est pas lui qui... '''Manu''' : Ah si, c'est Max qui commande. '''Boudin noir''' : Je m'excuse, je m'excuse. '''Gérard''' : Non, non, non, Tony, terminé, terminé, terminé, terminé, terminé, terminé, terminé, terminé, terminé, terminé, terminé. '''Phildar''' : Hé, ce qu'on fait... Attends, Gérard. S'il vous plaît, disez-vous, s'il vous plaît, Tony. Ce qu'on fait, Gérard, on lui laisse une chance. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, non, non, non, il n'y a pas de chance avec moi. Non ! Non, non, mais moi, je ne pardonne pas, c'est tout. Terminé, point final, à la ligne. Gamel ? Salut, t'appelles d'où ? '''Gamel''' : De Verdun. '''Gérard''' : Ta fréquence ? '''Gamel''' : C'est 110.5. '''Gérard''' : Boudin Noir. '''Boudin noir''' : Ouais, salut, Gégé, j'appelle de Toulouse et la fréquence, c'est 117.3. '''Gérard''' : 117.3, OK. Point d'interrogation ? T'appelles d'où ? '''Point''' : J'appelle de nulle part, toujours. '''Phildar''' : Bah oui, c'est la même. '''Gérard''' : Donc, 101.9. OK, je te remercie. Donc, première question, c'est sur le décalage horaire. On est bien d'accord ? Alors, que pensez-vous du décalage horaire ? On va demander à Boudin Noir. '''Boudin noir''' : Le décalage horaire, en fait, Gégé, on n'y peut pas. C'est des lois immuables de la nécessité naturelle et on ne peut pas faire grand-chose. '''Gérard''' : Mais tu penses que ça, à ton avis... '''Boudin noir''' : Non, mais c'est plutôt une bonne chose, quand même, dans l'absolu. '''Gérard''' : Ouais, mais à ton avis, tu crois que ça va durer encore longtemps, cette histoire ? '''Boudin noir''' : À mon avis, je ne pense pas... il y a peu de chances que ça change, parce que vu comment sont les gens, je ne vois pas pourquoi le décalage horaire, il changerait comme ça. Tu sais, c'est dans les mentalités, tout ça. '''Gamel''' : Bah, décalage horaire, c'est décalage de toutes les heures, c'est ça ? '''Phildar''' : Attends, Gérard, est-ce que tu peux expliquer ce que c'est, le décalage horaire, déjà ? '''Gérard''' : Le décalage horaire, déjà, pour commencer, bon, ça, j'aurais pu attendre que tout le monde réponde. '''Phildar''' : Mais non, mais s'ils ne comprennent pas déjà ce que ça veut dire... '''Gérard''' : Non, non, mais attends, Phildar, s'il te plaît. J'aurais pu attendre que tout le monde réponde, et j'aurais pu dire ce que c'était. Non, mais... '''Phildar''' : Non, mais tu comprends ce que je veux dire. Si toi, on te pose une question et que tu ne sais pas ce dont on parle, tu ne peux pas répondre. Donc, il faut que tu expliques avant. Vas-y, explique. '''Gérard''' : Donc, décalage horaire, c'est-à-dire vous avancez ou vous reculez votre monde d'une heure. D'accord ? On est bien d'accord, Gamel et Boudin Noir, si je t'ai mal expliqué ? Je pense que Boudin Noir, tu as bien compris la question, toi ? '''Boudin noir''' : Oui, oui, tout à fait. En avant, en arrière, sur la droite et sur la gauche aussi. '''Gérard''' : Non, mais d'accord. Toi, sur la droite et sur la gauche, toi, tu prends les clignotants ? '''Boudin noir''' : Voilà, par exemple. '''Gérard''' : Non, mais ça n'a rien à voir. Non, mais OK. Gamel ? '''Gamel''' : Moi, je comprends pas, parce que j'ai une montre à quartz, et puis les aiguilles, elles n'avancent pas ou elles ne reculent pas. '''Gérard''' : Non, mais attends. Moi aussi, j'ai une montre à quartz, là sur ma montre, il est 1h51. Si tu veux, à l'heure actuelle, si on change d'heure, ça fera 0h51. Parce qu'on recule. On recule nos montres d'une heure. '''Boudin noir''' : Comme en Allemagne, par exemple. '''Gérard''' : Non, non, attends 5 minutes, s'il te plaît, merci. '''Manu''' : Oui, donc, comme tu ne voulais pas de Tony, on accueille Bonne Nuit à la place. Salut, Bonne Nuit. '''Bonne nuit''' : Allô, salut, G, tu vas bien ? Moi, j'appelle de Mont-Luçon, fréquence 112.18. '''Phildar''' : Ah, c'est une nouvelle fréquence, ça. '''Manu''' : Elle vient de s'installer, d'ailleurs. Tu peux saluer tous les auditeurs qui te rejoignent sur cette fréquence. '''Gérard''' : Non, non, 112.18, ça existe pas, chez moi, à Montluçon. Montluçon, tout le monde descend, terminé. Hop, point final à la ligne. Alors, pour l'instant, Manu, t'es en train de me dire des... '''Phildar''' : Bon, la suite, Gérard. '''Gamel''' : Ça y est, j'ai reculé ma montre jusqu'à la cuisine, j'ai fait un calage horaire, là. '''Gérard''' : Non, je ne vois pas le rapport. Je ne vois pas le rapport avec le décalage horaire. Point d'interrogation ? '''Point''' : Effectivement, ça peut perturber un peu la vie quotidienne. Déjà, quand tu pars au travail le matin, tu peux être perturbé... '''Gérard''', ''[par-dessus des bruits bruyants de pet]'' : Non, mais attends, point d'interrogation, pour l'instant, on... Celui qui s'amuse à péter derrière, arrête ! '''Reego''' : Excusez-moi, excusez-moi. '''Phildar''' : Ça pue en plus. '''Reego''' : Désolé, désolé, pardon. '''Point''' : C'est vrai que tu peux être perturbé en prenant ta voiture, tu peux arriver en retard à ton travail. '''Gérard''' : Bon, OK, c'est bon. Moustique ? '''Boudin noir''', ''[pendant que Manu, micro éteint, fait le bruit du moustique]'' : Gérard, j'aimerais bien te ''[bruit d'une touche de téléphone numérique]'' Sous la table. '''Gérard''', ''[crescendo]'' : Non, non, non, mais là, ça commence à bien faire ! ''[o Phildar]'' : Eh, toi, tu vas la prendre, toi ! Eh, tu dégages ! Tu dégages, je te veux plus ! Allez, hop ! '''Manu''' : Bon, bah, viens au standard ! '''Gérard''' : Tu dégages ! Au standard ! Au standard ! Au standard ! '''Max''' : C'est bon ! '''Gérard''' : Non, non, il commence pas ! Non, mais il commence pas ! D'accord ! Non, non, Manu, non plus ! '''Manu''' : Ben, j'ai rien fait ! '''Gérard''' : Non, non, Max ! '''Max''' : Je suis en train de brancher les filles là, je peux pas... '''Gérard''' : Non, non, mais attends, parce que là, ils vont pas... Ça va pas commencer comme ça, hein ! '''Max''' : Ben, quand ça va pas, tu fais tourner, regarde ! Là, t'as fait tourner l'équipe, regarde ! '''Gérard''' : Ouais, mais après, Reego, t'y vas ! Je pense qu'avec toi, ça va mieux aller ! '''Phildar et Manu''' : Mais il sait pas, Reego ! Il sait pas le faire ! '''Reego''' : Non, moi, je sais pas, j'ai pas le droit ! '''Gérard''' : Bon, Moustique ! '''Gamel''' : Gérard, tu fermes ta gueule, c'est moi qui commande, ici ! Tu fermes ta gueule, OK ? '''Gérard''' : Bon, alors, hop ! Hop ! Euh, je te préviens ! Max ! '''Phildar''' : Non, mais je l'ai viré, maintenant, tu peux y aller ! '''Gérard''' : Non, non, non, non, non ! Non, non, Max ! ''[Max revient, agacé, criant Merde en entrant dans le studio]''. Max, Max, Max ! Non, non, y'a pas de merde ! Tu viens ! Tu me les chopes au standard ! Tu les prends ! Le premier qui me dit merde, ou ta gueule, il dégage ! ''[par-dessus, quelqu'un demande à gérard de se faire par Sandy et de pas casser les pieds]'' : Alors, celui-là ! Celui-là qui vient dire Sandy, il dégage ! Hop ! Terminé pour lui ! '''Max''' : Non, qu'est-ce que t'es en train de me dire ? T'es en train de me dire que quand on dit merde ou enculé, faut zapper, donc quand on dit Sandy, c'est un... Donc, ça veut dire que Sandy, c'est un gros mot ? '''Gérard''' : Pourquoi tu dis que je vais me faire enculer par Sandy ? '''Phildar''' : Il a pas dit ça, hein ! '''Gérard''' : Non, à peine ! À peine ! À peine, tu l'as pas entendu, toi ! '''Max''' : Bon c'est bon ! Alors, maintenant, on reprend le débat normalement, s'il vous plaît, comme le premier, c'était très bien ! Manu va gérer tout ça ! '''Manu''' : Je gère ! T'inquiète pas, Gérard ! '''Gérard''' : Eh, je te préviens ! Première fausse note, tu dégages, je mets quelqu'un d'autre ! '''Manu''' : Y'aura pas de fausse note ! '''Gérard''' : Donc, alors, Moustique, pour la première question ! '''Moustique''' : Oui ? Euh... Bah, je sais plus, là ! C'était le décalage horaire, ce qu'on en pense ? Bah, c'est chiant, quoi ! Quand tu vas aux Etats-Unis, t'as 6 heures, donc, il faut... Tu recules de 6 heures, en fait, donc, faut tout réorganiser ta vie, parce que c'est carrément une demi-journée, quoi ! C'est un peu, en fait, astreignant, comme chose ! '''Gérard''' : Ouais, non, mais je pense que le décalage horaire... Je pense que le décalage horaire, c'est que... À chaque fois, tous les... 5 mois, je pense, à mon avis... '''Moustique''' : Le visa, il dure 6 mois, donc... '''Gérard''' : Non, mais faut qu'on change au mois de... Au mois de mars ! Et après, faut rechanger au mois d'octobre ! '''Moustique''' : Ouais, mais ça dépend quand il est tamponné, donc... '''Gérard''' : Ouais, mais parce que là, je peux te dire que le décalage horaire, normalement, on aurait dû le faire cette semaine, là... Ce week-end... '''Moustique''' : Ah bon, c'était là ? '''Gérard''' : Bah, pour l'instant, personne n'en a parlé, donc... J'en parle maintenant, et normalement, on aurait dû le faire maintenant... '''Manu''' : C'est le week-end prochain ? '''Gérard''' : Bah, on sait pas, parce que... D'après ce que j'ai vu, moi... Sur des programmes,<ref name="hist2"></ref> ils en parlent pas, donc... Je sais pas si, cette année, on va faire le changement d'horaire... '''Manu''' : Je crois que c'est le week-end prochain, mais je suis pas sûr... '''Boudin noir ''' : Ya une grève, ya une grève. '''Gérard''' : Non, non, mais attendez, attendez, attendez... Tu me dis ? '''Manu''' : Je crois que c'est le week-end prochain qu'on change d'heure, mais je suis pas sûr... '''Gérard''' : Non, moi, j'ai reçu le... Je te confirme, pour l'instant, on en... On n'a pas confirmation du décalage... '''Manu''' : Ok, autant pour moi... '''Phildar''' : Mais avant, il paraît que c'était le premier jour de l'automne qu'on changeait, c'est vrai ou pas ? '''Gérard''' : Oui, mais là, normalement, on aurait dû changer... Non, mais attends, toi, avec ta grève, tu m'énerves ! '''Boudin noir''' : Il y a une grève du décalage d'horaire, tu devrais te tenir informé ! '''Gérard''' : Mais attends, toi, avec ta grève, ta grève, si tu fais partie de la RATP, tu dégages... '''Boudin noir''' : Mais non, c'est la SNCF, c'est différent ! '''Gérard''' : Ouais, ben, dans ce cas-là, tu te tais, c'est tout, je réponds à la question... Voilà, merci ! '''Phildar''' : Gérard, donc, justement, à la place de Bonne-Nuit, on accueille Puceau... '''Gérard''' : Puceau, bonne nuit ! Non, bonsoir, pardon... '''Puceau''' : Bonsoir, qui ? '''Gérard''' : Puceau ! '''Puceau''' : Puceau toi-même, ouais ! '''Gérard''' : Attends, tu restes poli, s'il te plaît ! '''Gamel''' : Moi, Gérard, je pense que le décalage d'horaire, c'est de la faute à Jospin, de toute façon. '''Gérard''' : D'accord, alors là, je vois pas le décalage horaire, qu'est-ce qu'il a à faire dans la politique. Non, mais moi, je réponds à la question à Phildar, parce que tu m'avais dit... '''Phildar''' : Généralement, c'est le premier jour de l'été. '''Manu''' : Non, de l'automne. '''Gérard''' : Donc, normalement, si t'es d'accord avec Manu, normalement, on aurait dû changer d'heure ce week-end. '''Phildar''' : Le 20 septembre. '''Gérard''' : Donc, c'est-à-dire, le week-end dernier. Donc, pour l'instant, on sait pas. Je réponds à la question à Manu. Donc, pour le week-end prochain, pour l'instant, pour ce week-end, j'en ai pas entendu parler. '''Moustique''' : Et pourquoi, Gérard, on n'a pas changé ? '''Gérard''' : Pourquoi ? Parce que, pour l'instant, personne n'en parle. Et donc, on sait pas. '''Manu''' : Excuse-moi, je crois que c'est à cause de l'Europe. Pour se mettre à la même heure avec tout le monde. '''Gérard''' : Non, mais apparemment, tout le monde a dit qu'on fait des décalages horaire tout le temps. '''Phildar''' : Non, parce qu'en fait, ce qui va se passer, je crois qu'on aura des montres en euros. Il y aura plus d'heures. '''Gérard''' : Non, mais ça, l'euro, là-dedans, je vois pas ce que... Non, non, mais je m'en fous. Deuxième question. Donc, alors, deuxième question. Qui est le plus atteint par le décalage horaire ? '''Moustique''' :C'est les bovins. C'est les bovins, c'est les vaches. Elles arrivent pas à faire leur lait normalement quand l'heure, elle change. C'est prouvé scientifiquement, hein. '''Gérard''' : Ouais, mais d'accord, Moustique. Mais je te demande qui est le plus atteint, parce qu'il n'y a pas que les bovins qui sont... '''Moustique''' : Ah, mais les plus atteints, c'est les bovins. Après, c'est les vieux, quoi. '''Gérard''' : Ah ouais, mais ça, on va... Je pense que... Non, mais je pense qu'on va en revenir sur les questions, parce que, de toute manière, de toute manière, si tu parles des bovins, dans ces cas-là, tu penses que les bêtes souffrent ? '''Moustique''' : Non, non, je dis pas ça. Mais les vaches, elles arrivent pas à faire leur lait correctement parce qu'elles ont carrément changé d'heure, quoi. '''Gérard''' : Oui, mais dans ces cas-là, Moustique, si je te dis, les bêtes souffrent-elles du décalage d'heure ? '''Moustique''' : Bah moi, je te réponds non. '''Gérard''' : Bah pourquoi ? '''Moustique''' : Parce que, je te dis que ça se passe dans leur tête, elles sont complètement déréglées, mais elles n'en souffrent pas. '''Gérard''' : Bah oui, mais dans ces cas-là, on revient à... Qui est le plus atteint par le décalage horaire, tu me dis les... '''Moustique''' : Les bovins. Après, les vieux. '''Gérard''' : Bah oui, mais dans ce cas-là, les bêtes souffrent. '''Moustique''' : Bon, Gérard, on va pas faire une heure, je te dis, non, elles souffrent pas. '''Gérard''' : Bah si, si, moi, je te dis que si. '''Moustique''' : Bon, bah alors, si tu dis que si, d'accord, elles souffrent. Mais moi, je te dis que non. '''Point''' : Oui, je pense que tout le monde peut en souffrir, surtout les bébés, ils peuvent pas avoir leur biberon en temps et en heure. Je pense que même, c'est pareil pour les personnes âgées, ou même pour les personnes qui doivent... '''Gérard''' : Non, mais attends, eh oh point d'interrogation ? Eh, tu me... Tu réponds pas aux questions avant moi, parce que sinon, toi, je vais t'éclater ta tête. '''Moustique''' : Bon, on a le droit de parler ? '''Point''' : Ah non, faut pas m'éclater la tête, hein. '''Gérard''' : Non, bah non, parce que là, t'es en train de me prendre... '''Gamel''' : Non, Gérard, éclate-lui la chatte, plutôt. '''Gérard''' : Non, toi, toi, tu la fermes. Ça vaudra mieux pour ton matricule. '''Point''' : Non, mais comme je t'ai dit, je pense que tout le monde peut en souffrir, de ça. '''Gamel''' : Bah moi, à mon avis, le plus atteint qui sera par le décollage horaire, c'est quand même Bill Clinton, parce qu'avec tous les problèmes qu'il a eus. '''Gérard''' : Bon, allez, Boudin noir... '''Phildar''' : Non, mais c'est Gamel, Gamel. Non, mais si ça se trouve, il y a un rapport. '''Gérard''', ''[avec écho de Manu]'' : Mais non, ça n'a rien à voir ! Manu, s'il te plaît. '''Manu''' : J'ai rien fait, Gérard. '''Phildar''' : Bon... Il n'y a pas de rapport ? Mais pourquoi ? '''Gérard''' : Non non mais... hop, Gamel, tu me l'envoies... Bonne nuit. Boudin noir, pourquoi ? '''Boudin noir''' : Déjà, pour le problème des vaches, moi, je sais qu'il y a des paysans du Luberon qui ont fait une expérience. Il suffit juste de mettre une horloge dans l'étable. '''Moustique''' : Ah bon, ça marche ? '''Boudin noir''' : Ça suffit, ouais. Et en ce qui concerne les vieux, vous parliez des vieux, effectivement, les vieux, c'est pareil. Le matin, ils ont l'habitude de pisser à heure fixe. Et avec le décalage horaire, en fait, quand dans les maisons de retraite, les infirmières viennent, ils se sont tous chiés dessus parce qu'on ne les fait pas dégorger à temps, quoi. '''Gérard''' : Donc, Pussot, t'es encore là ? '''Puceau''' : Oui, moi, je voulais dire que les plus atteints, c'est les filles, quoi, parce qu'il y a des filles qui n'ont pas les règles en même temps. '''Gérard''' : Non, mais attends. Hé, Pussot ! Pussot ! Pussot ! Je ne vois pas le rapport avec le décalage horaire et les ragnanias des nanas. '''Puceau''' : Les ragnanias, c'est normal, Gérard. Les ragnanias, elles ne les ont pas en même temps, donc il y a un décalage horaire. '''Gérard''' : Mais attends, mais de toute manière, si elles ont leur ragnania, par exemple, aujourd'hui, d'ici un mois, si le décalage... Euh... D'ici une semaine, si le décalage change, elles les auront toujours en même temps. '''Puceau''' : Ouais, mais si elles partent, il y a un décalage horaire, donc elles n'auront pas le même jour. '''Gérard''' : Et alors, tu feras toujours des spaghettis avec ? '''Puceau''' : Ben écoute, moi, je dis une chose, les spaghettis, c'est bien, mais les ragnanias, c'est mieux. '''Gérard''' : Ouais, mais il faut mieux avoir des spaghettis aux ragnanias avec de l'ail. '''Manu''', ''[écœuré]'' : Oh, Gérard, t'es poétique, vraiment, c'est super. '''Phildar''' : Justement. On accueille deux nouveaux, on accueille Coquer, qui appelle de Niort. Et Merguez, de Toulouse. '''Gérard''' : Euh, donnez-moi les fréquences, là. '''Merguez''' : Moi, c'est Toulouse, c'est 105.9. '''Boudin noir''' : Non, non, 117.5. '''Gérard''' : Et Coquer, de Niort ? '''Coquer''' : 93.4. '''Gérard''' : Eh, Pussot, t'es d'où, toi ? '''Puceau''' : Oui, je suis de Paris. '''Boudin noir''' : Non, il est d'Italie, lui. '''Gérard''' : Donc, troisième question. Depuis qu'il y a Manu et Phildar, c'est le vrai bordel. '''Manu''' : Ben non, non, je sais pas qu'est-ce qu'il se passe, pourquoi ? '''Gérard''' : Non, non, parce que là, ça devient le vrai bordel. On a des bruits et... ''[depuis quelques minutes, reego tape violemment sur les touches de son clavier, micro ouvert, Manu ronfle bruyamment, etc]'' Voilà, il y en a un qui ronfle. '''Phildar''' : Il y a peut-être un qui s'endort, donc il faudrait peut-être que t'accouches. '''Gérard''' : Non, je pense que ça va pas aller longtemps, vous deux. '''Phildar''' : Allez, Gérard, la question, vite. '''Gérard''' : Quoi, vite ? Si je veux ! '''Phildar''' : Bon, ben, prends ton temps. '''Gérard''' : Les fermiers supportent-ils ce changement d'heure ? On va demander à Moustique. '''Moustique''' : Ben, mieux que les vaches, en tout cas. '''Gérard''' : Ben, donc, tu vois que je reviens à la première question. Bon, vous vous la fermez derrière quand je parle. Merci. Donc, tu vois, Moustique, je reviens avec la question numéro 2. Merci pour... '''Manu''' : Pourquoi ? '''Reego''', ''[alors que quelqu'un imite le moustique, micro éteint]'' : Il y a un moustique, là. '''Boudin noir''' : Plutôt une mouche, ouais. '''Gérard''' : Non, non, mais... Non, non, c'est pas toi. Non, non, mais je sens que tout à l'heure, ça va mal se terminer. Vous allez voir que... Je pense qu'on va pas faire les 10 questions, hein. '''Boudin noir''' : C'est l'odeur. '''Gérard''' : L'odeur, elle t'emmerde, toi, d'accord ? Donc, tu vas pas commencer tes conneries, ok ? En de bon entendeur, salut. Ok. Donc, Moustique. Donc, on revient à la question numéro 2. Donc, qui est le plus... Qui est le plus atteint par le décalage horaire ? Et les fermiers supportent-ils ce décalage horaire ? Donc, apparemment, tu reviens sur la même question. '''Moustique''' : Non, moi, je te dis que c'est les vaches. Mais les fermiers supportent beaucoup mieux que les vaches. '''Gérard''' : Non, non, non, mais attends. Parce que, eux, pour eux... Eux, si tu veux, les fermiers, eux, ils se lèvent un peu plus tard. Disons, avec le décalage horaire, ça va les changer. Parce que si, par exemple, ils font une traite à 6 heures, pour eux, ça fera 5 heures, si tu veux. '''Moustique''' : Oui, mais les vaches... Et les vaches, elles ne le savent pas que l'horaire change. '''Gérard''' : Eh oui, mais d'accord, mais attendez, s'il vous plaît, derrière. '''Moustique''' : Ça les perturbe parce que le fermier, il vient leur titiller les pis, et elles n'ont pas de lait, donc ça les perturbe. Voilà. '''Boudin noir''' : Mais non, parce qu'il y a le coq, vous oubliez le coq. '''Gérard''' : Attends, toi, qui c'est qui parle du coq ? Ouais, mais Boudin Noir, tu vas aller bouffer ton coq au standard. '''Boudin noir''' : Le coq, il chante toujours à la même heure. Donc le fermier, il se lève quand le coq, il chante, il est pénard. '''Phildar''' : Ben voilà. ''[Reego continue à taper sur le clavier de l'ordianteur de bureau exagérément bruyamment dans le micro]''. Qu'est-ce que tu voulais dire, Gérard ? '''Gérard''' : Non, mais là, ça commence à bien faire. Taleur, au premier débat, ça s'est bien passé. Maintenant, le deuxième, vous n'allez pas me le casser. Vous n'allez pas le casser, pour l'instant, vous êtes en train de le casser. '''PHildar''' : Le coq, il n'a pas de montre. Donc, lui, il ne sait pas qu'il y a un décalage horaire. Donc, il chante tout le temps. Il chante à la même heure à chaque fois. T'es d'accord ? T'es d'accord, Gérard ? '''Gérard''', ''[tournant le regard de partout et atterrissant sur Reego]'' : Merci, Reego. '''Reego''' : Qu'est-ce qu'il y a ? '''Gérard''' : Ah ouais, mais t'avais laissé ton micro allumé. '''Manu''' : On entend tout, quand tu pianotes sur l'IRC. '''Reego''' : Ah ouais ? Ah ouais, excusez-moi. '''Gérard''' : Ouais. Je me disais aussi, il y avait un problème. Donc, point d'interrogation. '''Phildar''' : Bon, t'as compris ou pas ce que je t'ai dit ? Gérard ? '''Manu''' : Pour le coq. '''Gérard''' : Ouais, mais je m'en fous, on continue le débat. Point d'interrogation. '''Point''' : Oui, les fermiers peuvent en avoir des conséquences. '''Phildar''', ''[après un bruit de pet avec la bouche]'' : Elle est indisposée, point d'interrogation. '''Boudin noir''' : Point d'interrogation, pour une bohémienne, elle a une voix de bouveuse, hein. '''Gérard''' : Bon. T'envoies un disque. '''Merguez''' : Point d'interrogation, on lui parle de vaches et ça l'excite. '''Gérard''' : Allez, hop. '''Manu''' : Non, non, pas de disque, c'est pas possible. '''Gérard''' : Non, non, Max ! Max ! Max ! '''Phildar''' : Non, il n'est pas là ! Il faut que tu continues. '''Gérard''' : Non, non, moi je vous balance un disque. Troisième [question], vous allez réfléchir, moi je fais une pause. '''Coquer''' : J'ai pas répondu, moi. '''Gérard''' : Non non, Cocker, t’attends ! '''Phildar''' : Cocker il voulait répondre. '''Gérard''' : C'est pas toi qui commandes, c'est moi. '''Phildar et Manu''' : On n’a pas de disque, on n’a rien, donc pose ta question. '''Gérard''' : Tu te démerdes. '''Manu''' : Non, bah non... Bah chante alors ! '''Gérard''' : Non, non, tu te démerdes, moi je continue pas avec vous deux. Allez, hop, c’est basta ! '''Phildar''' : Bon, on va chercher Olivier de la prod. ''[il ouvre la porte et appelle Olivier, en criant]''. '''Manu''' : Allez, allez ! Gérard, pour les auditeurs... Vous êtes là ? Ça vous plaisait le débat ? Tout va bien ? '''Gérard''' : Non, non, vous êtes en train de faire les cons tous les deux... '''Manu''' : Mais non, c’est toi qui veux pas continuer, Gérard ! '''Reego''' : Continue le débat, Gérard, il y a des gens qui s’intéressent au moins. '''Gérard''' : Donc, Point d'intrrogation ? '''Point''' : Oui, donc je te dis : les fermiers pourraient en avoir des conséquences. Et comme disait... les animaux, c’est vrai qu’ils peuvent avoir aussi des conséquences, telles des séquelles, tu vois, des choses comme ça. '''Moustique''' : Dans quel sens ? '''Gérard''' : Euh dans quel sens, Moustique, tu arrêtes s’il te plaît ! '''Moustique''' : Mais non, mais j’ai pas compris là ! '''Gérard''' : Non, mais tu arrêtes de dire "dans quel sens", parce qu’avec Phildar et Manu, c’est toujours "et pourquoi ?" et "dans quel sens ?". OK, d’accord. Bon, Puceau ? '''Puceau''' : Allô ? Oui, moi je trouve que tu as raison là-dessus et je te donne carte blanche, je suis à 100 %. '''Gérard''' : Tu n’as même pas compris la question ! '''Puceau''' : Bah si ! Si le coq avait un décalage horaire par rapport à la poule... Là, je suis d’accord avec toi. '''Gérard''' : OK. Cocker ? '''Cocker''' : Moi je pense que ce n’est pas les fermiers, mais plutôt les animaux qui subissent des conséquences, parce que le coq ne chante plus à l’heure. Donc il a des troubles psychologiques. '''Merguez''' : Ouais, bah moi je pense pareil, quoi. Je pense plutôt que c’est les animaux qu’ont plus de conséquences parce qu’e bon on se comprend, eux, ils ont pas de montre, alors un coup il se lèvent trop tôt, un coup c’est trop tard, et c’est compliqué, quoi. Il n’y a que le fermier qui sait. '''Puceau''' : Oui, mais moi je dis pas... alors comment ils font ? Après c’est Puceau... Moi je veux dire, Gérard, t'as raison, c'est les animaux parce que moi j’en connais un, quand il prend son joker, il est un peu dépoussolé, quoi. '''Gérard''' : Ouais... Alors Puceau, tu sais ce que tu vas faire ? Tu vas te faire dépuceler au standard. Pour Puceau, terminé pour lui ! Allez, on continue. Donc, je réponds quand même à la question si ça dérange personne, et on va envoyer un disque. '''Manu''' : Ah bah non, pas tout de suite ! Encore une question et après on l’envoie. '''Gérard''' : Ouais, moi je peux vous dire une chose : quand je dis "les fermiers", oui, ils supportent... ils ont du mal à supporter le décalage d’heure parce que pour la récolte de tout ce qu’ils ont à faire, ils n’y arriveront pas. Ça... '''Manu''' : Mais vas-y ! Mais vas-y, je coupe les auditeurs pour que tu puisses parler. '''Gérard''' : Donc, moi je peux vous dire une chose que là, je me suis aperçu hier en allant se balader : c’est que dans certains coins, le maïs, pour l’instant, ils n’arrivent pas à le récolter '''Phildar''' : Pourquoi ? '''Boudin noir''' : Parce qu’ils se lèvent plus tôt le matin avec le décalage horaire, le maïs, il comprend plus rien. '''Gérard''' : Non, non, non, non, parce qu’avec le temps qu’ils ont, ils peuvent pas le récupérer. '''Phildar''' : Est-ce qu’on change d’heure quand on va en Allemagne ? Puisque tu es allé en Allemagne hier, Gérard, est-ce que tu as dû changer d’heure ou pas ? '''Gérard''' : Non, c’est toujours la même heure, l’heure française pour l’instant. '''Phildar''' : Parce que ce que je comprends pas, c’est pourquoi on change d’heure en Italie et on change pas d’heure en Allemagne. '''Gérard''' : Parce que le décalage d’heure... le décalage horaire en Italie, je sais pas s'il y a un décalage horaire. '''Phildar''' : Il y a une heure en moins. '''Gérard''' : Non, je pense pas. '''Phildar''' : Si, si, si, je suis allé en Italie, je te jure, il y a une heure en moins ! ''Manu ''' : Je croyais que ça venait des fuseaux horaires parce qu’en Italie ils en ont, et en fait en Allemagne ils portent des pattes d'eph, donc... '''Gérard''' : Ouais, c’est ça... Faites votre popote hors antenne tous les deux ! Troisième question... et après on s’envoie... quatrième, pardon : Croyez-vous qu’on dépense moins de courant ? On va demander à Moustique. '''Moustique''' : Ouais, alors ça c’est une légende urbaine. En fait c’est complètement faux, parce que tout le courant que tu économises le soir, tu le brûles le matin. Donc ça sert à rien du tout. '''Gérard''' : De toute manière que tu le dépenses le matin ou le soir, c’est pareil. '''Moustique''' : Voilà, donc le problème est le même. '''Gérard''' : Donc en fin de compte, si tu veux, le décalage horaire ça sert à rien, parce que par exemple là tu allumes ta lumière, il est 2h10. Demain matin, tu vas rallumer ta lumière, il va être... ça dépend à quelle heure tu te lèves et ça dépend ce que tu fais comme boulot. Bon attends, derrière, toi tu la fermes ! D’accord ? Pour l’instant je réponds à Moustique. OK ? Alors toi, tu la fermes, OK ! Donc selon ce qu'on fait comme boulot, c’est pareil le matin, tu allumes ta lumière pour te préparer... Donc en fin de compte, tu n’économises pas du tout, tu n’économises pas de courant et tu en dépenses autant. Donc en fin de compte, ça sert à rien. '''Reego''' : Gérard ? Oui, Gégé, sur IRC il y a Coyote Bip qui me demande ce que tu penses du décalage horaire de l’espace. '''Gérard''' : Justement, c’est une question qu’on allait faire à la fin. '''Merguez''' : Ouais, parce que si des ovnis viennent chez nous, comment on fait pour être à la même horaire ? Parce que imagine... imagine qu'ils n’ont pas l'heure que nous, ils viennent la nuit, qui sera là pour les accueillir ? '''Moustique''' : Et ils ont quelle heure ? '''Merguez''' : Bah oui mais on sait pas, parce qu’on n’arrête pas de décaler... alors c’est le bordel, quoi. Faudrait qu'on se mette tous d'accord. '''Gérard''' : Point d’interrogation... '''Point''' : Tu sais, tu es obligé d’allumer la lumière, même les personnes qui veulent faire des mots croisés ou quoi que ce soit, ils sont obligés d’allumer la lumière en même temps. Même les gens qui sont aveugles, ils sont obligés d'allumer la lumière. '''Merguez''' : Parce que tu vas nous faire croire que tu fais des mots croisés peut-être ? '''Gérard''' : Allez, hop ! tu me vires ! Tu me vires ! tu me changes parce que là... depuis que Max est parti, là vous me faites que déconner. '''Manu''' : Tu veux qu'on te change, Gérard, t'as fait pipi ? Autant pour moi. '''Boudin noir''' : Moi déjà, je vais te dire : je suis un homme des bois. Donc déjà j’habite dans les bois, comme tu as compris, et je me chauffe à la bûche et je m’éclaire à la chandelle. Donc à la limite, tes histoires de courant, je n’en ai rien à carrer. Je crois que toi aussi, t'es un peu un homme des bois quand même. '''Gérard''' : Ben ferme-là, ça vaudra mieux. Faudra-t-il se coucher plus tôt qu’en été ? Et on s’écoute... '''Phildar''' : Donc ça c’est la question à laquelle ils doivent réfléchir. D’accord ? Tu relances les numéros, tout ça... '''Gérard''' : 0800 70 5000 et toujours le 36 15 code Fun Radio, rubrique direct. Et on a... on a qui sur le Minitel ? Quentin : « À vous deux, Max et Gérard, me devez 60 000 balles. » Je sais pas ce qu'il voudra dire... Ben tant pis pour toi ! Donc sur l'IRC, qui c’est qu'on doit saluer ? '''Reego''' : On salue tout le monde : on salue Clifford, Nico-2, Serval, Trois Solos, Lenni, TSM, etc. '''Gérard''' : Et le numéro IRC parce que je ne le connais pas de tête ? '''Reego''' : : irc.funradio.fr. Voilà ! '''Gérard''' : Vous pouvez toujours continuer à nous appeler, donc on est toujours là pour la suite des débats à 2h13. Et on va s’écouter "Le Décalage Pubère, sans nous... avec eux... '''Phildar''' : C’est super, on comprend tout ce que tu dis. ""{Musique]''. '''Gérard''' : Voilà, c'était Décalage Pubère sont nus avec du pinard et donc vous pouvez toujours nous appeler au 0800 70 5000, toujours 36 15 code Fun Radio et sur IRC, Reego ? '''Manu et Reego''' : irc.funradio.fr. Allez, allez, on y va, on est là ! '''Gérard''' : Donc on récupère Moustique. 99.6. Couscous. '''Couscous ''' : Asalam Alaykoum Gérard. J'appelle de Verdun, 93.9. '''Gérard''' : Point d'interrogation sur 101.9. '''Point''' : Salut, mon amour. '''Merguez''' : C'est à moi que tu parles ? '''Boudin noir''' : Salut cochonne. '''Gérard''' :Attends, toi ! Qui c’est qui vient de dire "cochonne" ? '''Phildar''' : Je crois que c’est Petit Slip. Je vais le virer. '''Max''' : Personne aurait cinq francs ? '''Phildar''' : Non, désolé. '''Gérard''' : Cinq francs ? ''[il fouille dans ses poches et sort une pièce de monnaie]''. '''Manu''' : Gérard a cinq francs... Oh là là ! Mais qu’est-ce qui se passe ? On aura tout vu. '''Gérard''' : C’est bizarre la fréquence là, Boudin Noir ! T’es de quel coin ? '''Boudin noir''' : Toulouse Nord. Il y a deux fréquences à Toulouse, il y a Toulouse Nord et Sud, c'est pour ça. '''Gérard''' : Ouais, c’est ça. Bon, Cocker, au 93.9... '''Cocker''' : Bonsoir ma caille. '''Gérard''' : Je suis pas ta caille, et tu commences à te calmer, sinon tu vas dégager. '''Boudin noir''' : OK chéri. '''Phildar''' : Je le calme. '''Gérar''' : S’il te plaît tout de suite. Et tu éteins ton micro quand... après. '''Coker''' : Quand tu parles... '''Gérard''' : Petit Sucre ? '''Petit Sucre''' : D'Amiens. '''Boudin''' : Ça va ma poule ? '''Gérard''' : Toi, ça va être pareil, tu vas aller voir au standard ce qui se passe, hein ! '''Petit Sucre''' : OK, d’accord, j’arrête alors. '''Gérard''' : Donc la question c’est : "Faudra-t-il se coucher plus tôt qu’en été ?" Donc on va demander à... tiens, Petit Sucre. '''Petit Sucre''' : Ouais, ouais... Bah non, pourquoi se coucher plus tôt ? C’est en hiver qu'on se couche plus tôt, parce que l’été tu as une heure de plus, donc le soleil dure plus longtemps. bah ouais, tu comprends ? '''Gérard''' : Non, maintenant... Tu t’écrases quand je parle s’il te plaît ! '''Boudin''' : Alors ta gueule ! '''Gérard''' : Ta gueule, il t’emmerde ! Alors tu dégages ! '''Phildar''', ''[sévère]'' : Il parlait à Petit Sucre... arrête un peu, Gérard, tu suis un peu le débat un peu ? '''Gérard''', ''[crescendo vers le hurlement]'' : Attends, tu permets ? Il y en a un qui me dit... oh oh oh... Tu vas t’occuper de ton standard toi ! '''Manu''' : Gérard ! C’est Manu. Écoute-moi, on va reprendre le débat et c’est pas à toi qu’il disait ça. '''Gérard''' : Cocker ? Non, attends, Petit Sucre n’a peut-être pas fini. '''Petit Sucre''' : Ouais, bah oui, je te disais que donc... l’été on se couche une heure plus tard parce qu’on a du soleil une heure plus tard parce qu’on a une heure en moins, donc le soleil se couche plus tard. C'est l'’hiver, où on se couche plus tôt, il faut se coucher plus tôt. ''[sur la dernière phrase, dans un combiné, on entend un bruit d'eau qui coule d'un robinet dans un lavabo]''. '''Gérard''' : Tu sais pas d’où ça vient ça, toi ? '''Phildar''' : Attends, je vais essayer... Ah oui, ça venait de chez Couscous. '''Petit ucre''' : Ça t’intéresses pas ce que je dis ? Tu me posais une question, je te réponds tranquillement... '''Gérard''' : Si, mais je répondrai... Tu permets ? TU PERMETS ?! OK, merci. Reego ? '''Reego''' : Oui, sur IRC il y a Serval qui demande : "Alors, est-ce que c’est à cause du décalage horaire que les chauffeurs de Mercedes s’endorment au volant ?" '''Gérard''' : Alors là, j’y réponds pas. Là, tu peux y mettre... Non. '''Reego''' : Mais il t’entend. Tu peux lui dire... Il s'appelle Serval. Tu lui dis : « Serval, non... ». '''Gérard''' : Serval, je peux te dire ta question, de toute manière je te répondrai pas dessus, parce que je sais à quoi tu veux en venir. Alors Cocker ? '''Cocker''' : Je vais en discothèque. '''Gérard''' : Cocker ? '''Cocker''' : Oui ? Ah bah non, c’est le décalage horaire, je me suis trompé de débat. '''Gérard''' : Bon bah OK ! Alors si tu t’es trompé de débat... Cocker ? Tu vas répondre ou pas à la question ? '''Cocker''' : Bah non... La différence d'âge... '''Gérard''' : Bonne nuit Cocker ! Terminé pour toi ! Boudin Noir ? '''Boudin Noir''' : Ouais, moi je pense tu vois que... ça, ça dépend sous quelle latitude tu te trouves. '''Gérard''' : Non, mais faudra-t-il se coucher plus tôt qu'en été ? '''Boudin noir''' : Ça dépend, parce que, regarde, je vais te citer un exemple. Je regardais Star Trek, il y avait le Capitaine Kirk, il y avait Spock. Il y avait une téléportation, il y avait un décalage horaire. '''Gérard''' : Non, mais attends, je ne vois pas du tout le rapport. '''Boudin noir''' : Mais si, réfléchis un petit peu, c'est de la philosophie, c'est une énigme. C'est comme le père Fouras. '''Gérard''' : Non, non, attends, boudin noir. Boudin noir, on fait un débat, on ne s'amuse pas... '''Boudin''' : Mais ça dépend de la latitude. '''Gérard''' : Moi, quand je fais un débat, je n'aime pas que vous vous amusez à dire « ouais » dans les... '''Boudin noir''' : C'était une métaphore. '''Gérard''' : Ok, d'accord. Je pense que tu es loin de comprendre le deuxième degré. '''Boudin noir''' : J'ai du mal, le vocabulaire, j'ai du mal. '''Gérard''' : Je pense que tu as du mal. Point d'interrogation. '''Point''' : Oui, je pense qu'on sera obligé de se coucher un peu plus tôt que d'habitude. '''Gérard''' : Dans quel sens ? '''Point d'interrogation''' : Dans quel sens ? Si tu travailles ou si tu vas à l'école, tu es obligé de te coucher plus tôt. '''Merguez''' : Alors va te coucher, c'est l'heure. '''Gérard''' : Qui c'est qui vient de dire ça ? Alors, entre petit sucre et boudin noir, vous allez vous calmer, s'il vous plaît. Non, non, mais vous allez vous calmer, parce que je sens que c'est moi qui vais vous calmer tout à l'heure. ''Point ''' : Tout dépend si tu as envie de dormir ou pas. '''Gérard''' : Non, mais attends. PHildar, tu vas commencer par me les calmer, parce que sinon... t'arrêtes pas ? pas, mais je crois que tu ne vas pas arrêter de les calmer, parce que sinon, il reste quatre questions à faire. Il est quelle heure ? Il est 2h23. Dans moins de 22 minutes, j'arrête tout. '''Phildar''' : Ah non mais on change d'heure aujourd'hui. Il te reste 1h23 à faire. '''Gérard''' : Oui, oui. Oui, Reego ? '''Reego''' : Sur IRC, il y a Galéon qui demande : est-ce que l'hiver décale l'horaire de l'été ? '''Gérard''' : Ben oui. En hiver, tu recules d'une heure ta montre. Donc là, si tu veux, les 2h24, ça fera 1h24. '''Boudin''' : ON avance, on avance. '''Gérard''' : Non, tu recules. Tu recules. En hiver, tu recules ta montre d'une heure. En été, tu l'avances d'une heure. '''Boudin''' : Quand je recule, comment veux-tu ? '''Gérard''' : Que je t'encule, d'accord ? Merci pour la blague, je la connais par cœur. '''Manu''' : Et Gérard, il paraît qu'avec le décalage horaire à New York, quand il est midi, il y a beaucoup de gens qui sont en train de bouffer. C'est vrai ou pas ? '''Gérard''' : Attends, là, il est 2h25, on dort, nous. '''Manu''' : Non, mais je te parle à New York. Est-ce que tu penses que les gens sont en train de manger ? '''Gérard''' : Non, mais attends. Quand il est midi à New York, vous, vous êtes en train de faire de la radio. Donc là, à l'heure actuelle, si tu veux, il est 2h24, donc nous, pour l'instant, on est en train de dormir. '''Manu''' : Quel rapport avec les gens qui mangent à New York ? '''Boudin''' : Pour eux, il est 15h du matin. '''Merguez''' : Mais Gérard, quand les gens t'écoutent à New York, il est quelle heure, là-bas ? '''Petit sucre''' : Est-ce qu'ils peuvent t'écouter, au moins ? '''Gérard''' : De tte manière, tu regardes, tu fais un décalage, il est 2h25, tu fais moins 6h. Ça fait 12h25. '''Couscous''' : Attends, mais Gérard, mais tu fais un balayage arrière ou avant ? '''Gérard''' : Attends, c'est qui, lui ? '''Phildar''' : C'est Couscous. ''[rot dans un combiné]''. '''Gérard''' : Bon, attendez, attendez. Oh là. Alors, déjà, Phildar. Tu me calmes Boudin noir et sucre. Tu vas me les calmer tous les deux ! Parce que le premier qui rote, Je l'éclate. ''[le bruit reprend, Phildar ne bouge pas, Gérard tape sur la table]''. C'est toi que je vais t'éclater. '''Phildar''' : Comment veux-tu que je rote avec le micro fermé ? '''Merguez''' : Gérard, comment ça se fait qu'il y a pratiquement pas de femmes dans ton débat, ce oir ? '''Gérard''' : Si, il y a moustique et point d'interrogation. '''Couscous''' : C'est pas une femme, point d'interrogation. C'est une boule d'éléphant. '''Gérard''' : Alors, Couscous. COUSCOUS ! '''Couscous''' : Mon cousin Gérard, tu vas bien ? '''Gérard''' : Bon, tu réponds à la question, s'il te plaît. '''Couscous''' : Ok, alors moi, écoute. Je suis comme toi, je vais au resto du cœur et je crois qu'en hiver, on mange plus tôt à 3h de l'après-midi. Donc, on peut se coucher plus tôt, tu as raison. '''Moustique''' : Ben moi, je me couche plus tard en été, ouais. Parce qu'il fait beau et puis que je suis en vacances, donc je me couche plus tard. '''Gérard''' : Ben voilà. Ouais, pourquoi ? Parce qu'en fin de compte... ''[Ouais est dit de manière légère, comme en espagnol. Phildar réagit directement en se moquant : Ouepa et Manu enchaîne sur Un, dos tres de Ricky Martins. Gérard se tourne vers Phildar et veut le frapper, mais reego le retient.]''. '''Reego et Manu''' : Arrête, Gérard ! '''Gérard''' : Toi, tu te calmes là-bas, ok ? Parce que sinon, je t'éclate. '''Manu''' : Oula. Ça va être chaud pour ton matricule, Phil. '''Gérard''' : Toi, tu ne vas pas continué comme ça. Donc, je réponds à... Qui c'est qui m'a posé la question ? Non, c'est Moustique. Donc, moi, je vais dire une chose, que le mieux, c'est... ''[un rot]''. Manu, fais gaffe. '''PHildar''' : Je t'éclate. '''Gérard''', ''[le sourire gêné]'' : Hien Reego ? '''Reego''' : Non c'est juste pour rire, j'ai... '''Gérard''' : Non, non, mais... Arrêtez quand je réponds aux questions, parce que sinon, moi, je ne réponds pas. Je fais le débat sans répondre à aucune question. '''Manu''' : Vas-y, réponds, réponds, réponds. '''Gérard''' : Donc, je réponds à Moustique. Donc, c'est vrai que tu peux te coucher plus tard l'été, parce que le soleil, de toute manière, la nuit vient plus tard. Tu es d'accord avec moi ? '''Moustique''' : Oui. '''Max''' : Par exemple, excuse-moi, je pensais à un truc, parce que je me dis, par exemple, quand on dit le soleil vient de se lever, c'est encore une belle journée. On va bientôt s'amuser, l'ami Ricoré. C'est considéré comme du décalage horaire ou pas, ça ? '''Gérard''' : Ça, je ne peux pas. Je ne peux pas te répondre là-dessus. '''Boudin''' : Ah ouais, d'ailleurs, attends, Gérard, l'ami Ricoré, il vient toujours à la même heure ou pas ? C'est une question intéressante. '''Merguez''' : Ah ouais, en fait, comment il fait, lui, pour le décalage horaire ? '''Boudin''' : L'ami Ricoré, il a une heure, pendant une heure, il se fait chier, en fait, en hiver. '''Gérard''' : Bon, il se fait chier. Si tu as envie de chier, tu vas à la deuxième porte à droite. Bon, pour l'instant, je réponds à la question à Moustique, s'il vous plaît. Merci. '''Couscous''' : Gérard, tu as raison, parce que la deuxième porte à droite, c'est les chiottes de la Loco. '''Gérard''', ''[sourire gêné, tentant maladroitement l'accent arabe sur le prénom]'' : Couscous tu vas te calmer. Tu te calmes, parce que cette histoire de chiottes de la Loco, je ne veux pas en entendre parler cette année. '''Moustique''' : Gérard, tu sais, dans la chanson, il est 5h, Paris s'éveille. En hiver, c'est les 6h. '''Gérard''' : Ouais, si tu veux. Bon, je réponds à ta question, quand même, parce que je ne voudrais pas qu'on s'éternise trop sur la même question. Alors, donc, moi, je peux te dire que c'est vrai qu'en été, tu peux te coucher vachement plus tard, parce que, bon, déjà, à 10h, il fait encore jour. Ouais, mais même, tu n'as pas besoin de faire la fête, tu peux te balader dans... '''Boudin noir''' : Ouais, non, tu vas en soirée techno, tu vas à Cannes et tout, c'est bon. '''Gérard''' : Non, mais ça y est, je réponds, s'il vous plaît, merci. Vous arrêtez de me couper sans arrêt. Donc, je réponds à Moustique. Donc, c'est vrai que tu peux te coucher plus tard la nuit, en été. Parce qu'à 10h, il fait quand même encore jour. Par rapport à maintenant, c'est qu'à partir de 8h, la nuit est carrément tombée. Là, tu ne peux plus rien faire. '''Manu''' : Ouais, mais si chez toi, tu fermes les volets en été, il fait quand même... '''Gérard''' : Bah non, mais même, de toute manière, en été... Non, mais que ce soit été comme hiver, de toute manière, tu as toujours du jour. Tu n'as pas besoin d'allumer ta lumière, même en ayant fermé les volets. '''Manu''' : Même pour dormir, en fait. '''Gérard''' : Moi, je ferme les volets de la chambre, c'est tout. Dans la salle, c'est allumé. Dans la cuisine, c'est allumé. Mais tu peux demander à point d'interrogation. '''Phildar''' : Excuse-moi, Gérard, deux secondes avant de continuer. On accueille Loudné à la place de Coquer. '''Gérard''' : Non, mais... Je te préviens. Ne me fais pas changer les noms. Non, Loudné, il est d'où ? '''Phildar''' : Loudné, t'es d'où ? '''Loudné''' : De Marseille. ''[Manu renifle, le nez encombré]'' '''Gérard''' : Fréquence ? '''Phildar''' : 103.1. '''Gérard''' : Celui qui ronfle, merci. Donc, les enfants souffrent-ils de ce... '''Point''' : Je n'ai pas répondu. Point d'interrogation. '''Merguez''' : Oui, mais ce n'est pas grave, tu comprends... '''Gérard''' : Oh ! Vous fermez vos... Vous vous la fermez, s'il vous plaît, derrière. Merci. '''Point''' : Tu peux me répéter juste la question. '''Gérard''' : Alors, faudra-t-il se coucher plus tôt qu'en été ? '''Point''' : Oui, je pense qu'il faudra se coucher quand même plus tôt qu'en été. '''Gérard''' : Et pourquoi ? '''Point''' : Parce qu'en été, tu vois, tu n'es pas obligé d'allumer la lumière, déjà, en été, qu'en hiver... Et je pense que tu peux te coucher plus tôt. '''Gérard''' : Oui, mais... Non, mais comme Max, il posait la question, ou même Manu ou Phildar, je ne sais plus qui c'est, ou Reego, qui a posé la question. Si, par exemple, tu fermes les volets de la salle à manger ? '''Point''' : Ben oui, là, t'es obligé d'allumer. '''Gérard''' : Ah bon ? Tu penses qu'il faut allumer la... '''Boudin noir''' : Non, non, quand on voit ta gueule, il vaut mieux éteindre. '''Point''' : Ben, si tu n'es pas content, tu ne me parles pas. '''Gérard''' : Non, non, non, attends, attends, attends, point d'interrogation. Maintenant, je veux savoir qui c'est qui a dit, quand tu vois ta gueule, machin chouette. '''Manu''' : Dénoncez-vous, les mecs. '''Boudin noir''', ''[voix efféminée]'' : C'est Richard. '''Manu''' : Allez, Richard, dehors. '''Point''' : Regarde déjà la tienne, ce sera déjà pas mal, hein. '''Boudin''' : Oh, je viens d'arriver, je viens d'arriver, arrêtez. '''Phildar''' : Non, Richard, tu vires, c'est tout. '''Boudin''' : Ah, je me suis laissé aller, excusez-moi. Excusez-moi, je ne le ferai plus, allez, j'arrête. '''Merguez''' : Ben, c'est vrai que c'est tentant. '''Manu''' : Allez, Gérard, on y va. '''Gérard''' : Donc, moi, je pense que tu as répondu quand même aux questions qu'on avait dites ? Attends, il y a... point d'interrogation... il y a une question IRC. '''Reego''' : Oui, ça la concerne, en plus, c'est TSM qui me demande, enfin, qui te demande s'il y a un décalage horaire entre la fesse gauche et la fesse droite du point d'interrogation. '''Phildar''' : Non, il y a un trou. '''Reego''' : Pour ne pas la citer, hein, c'est Sandy. '''Boudin''' : À peu près 70cm. '''Reego''', ''[regard désespéré de Gérard]'' : C'est pas Snady, le point d'interrogation ? '''Manu''' : Mais non ! '''Reego''' : Ah pardon, excusez-moi. '''Phildar''' : T'es vraiment une cave, Reego. '''Gérard''' : Alors, les enfants souffrent-ils de ce changement d'heure ? '''Boudin noir''' : C'est dégueulasse, il ne faut pas laisser les enfants souffrir, c'est boudin, là. '''Gérard''' : Oh, vous donnez vos noms, s'il vous plaît. '''Boudin''' : Ouais, je dis, il ne faut pas laisser les enfants souffrir. C'est dégueulasse ce que fait le gouvernement avec le décalage. Les enfants, ils souffrent, ce n'est pas bien. '''Gérard''' : Non, mais attends, ce n'est pas le gouvernement qui a décidé de changer d'heure. '''Boudin''' : C'est qui, le décalage horaire, alors, d'après toi. '''Couscous''' : Bon, ben, c'est Couscous. Moi, je crois aussi que les enfants, ils souffrent trop. Et moi, je suis d'accord avec toi, Gérard, que tu as beaucoup souffert lorsqu'on t'a mis dans la machine à laver. Ils t'ont mis en essorage, toi. '''Gérard''' : Couscous ? Ça se voit qu'il y a longtemps qu'on ne t'a pas eu, parce que pour l'instant, tu es en train de déconner. Ouais, mais heureusement que tu es là pour mettre un peu du piment, mais... '''Couscous''' : C'est pas du piment, c'est de la harissa. '''Gérard''' : Ouais, mais Couscous ? '''Couscous''' : Oui, mon cousin Gérard. '''Gérard''' : Eh, calme-toi, on reprend là gentiment, mais déconne pas trop. On va demander à... Donc, pour toi, Couscous, les enfants, ils souffrent ou pas, toi ? '''Couscous''' : Couscous, ils souffrent un maximum. Ouais, c'est comme si tu mangeais de la harissa. '''Moustique''' : Ouais, bah je sais pas, moi je me souviens pas quand j'étais enfant, si je souffrais, donc... Les autres, je sais pas, ça c'est leur problème. Moi, je me souviens pas. Parce que quand j'étais petite, on changeait déjà d'horaire, et je me souviens pas si je souffrais. '''Gérard''' : Non, mais attends. T'habites où, toi ? '''Moustique''' : Euh, j'habite Poitiers. '''Gérard''' : T'habites Poitiers ? T'as quel âge, sans indiscrétion ? '''Moustique''' : 21. '''Gérard''' : Euh, 21, et... Euh, t'as jamais souffert du décalage d'horaire depuis le temps qu'on en parle ? '''Moustique''' : Bah, je m'en souviens pas, hein, quand j'étais petite, quand j'étais bébé, je sais pas si j'en souffrais, hein. '''Manu''' : De toute façon, c'est tous les 22 ans, donc elle peut pas s'en souffrir. '''Gérard''' : Non, c'est pas tous les 22 ans, c'est tous les ans qu'on change d'heure, hein. '''Manu''' : Ah bon ? Ouais, mais avec le décalage, ça revient à 22 ans pour la Grèce. '''Gérard''' : Non, non, attends, elle habite pas en Grèce, alors arrête tes conneries, toi. Bon, Boudin Noir ? '''Boudin''' : T'as déjà répondu tout à l'heure, faut pas laisser les enfants souffrir, c'est pas bien. Tu veux traumatiser les futures générations ? '''Petit sucre''' : Ouais, bah moi, je dis, je comprends pas du tout pourquoi on parle des enfants, euh... Je vois pas trop ce que ça a à faire là-dedans, hein. Faut les laisser tranquilles, les enfants. Faut vraiment que tu parles des enfants, quoi, parce que pour eux, c'est très dur de supporter ça. Et voilà, quoi, tu vois, en ce moment, là, s'il y en a qui nous écoutent, et bah, on est en train de leur rappeler des mauvais souvenirs. '''Boudin''' : Voilà, on est avec vous, les enfants, on est avec vous. '''Petit sucre''' : On n'est pas mercredi, c'est pas le jour des enfants, alors... '''Boudin''' : Je veux dire, comme disait la Bardot, il faut sauver les bébés-enfants, hein. '''Petit sucre''' : Ah, non, mais tu vois, je trouve vraiment que c'est trop facile, quoi, de parler des enfants comme ça, à la radio, hein. '''Gérard''' : Alors, moi, je vais te répondre, petit sucre. C'est pas parce qu'on parle des enfants, c'est qu'il y a des nouveaux-nés, ils souffrent, quand même, pour prendre leur biberon. Parce qu'avec le décalage horaire, on ne sait plus à quelle heure leur donner. On est bien d'accord ? ''[applaudissements et ovation par Manu et Phildar]''. Donc, on parle pas d'autres enfants, on parle de ceux qui viennent de naître pour leur donner leur biberon. '''Petit sucre''' : Ouais, bah, tu sais, ceux qui viennent de naître, c'est dur, la vie avec eux, tout ce qu'ils voyaient à la télé, tout, l'affaire Clinton, le décalage horaire... '''Gérard''' : Non, mais attends, attends, attends, je vois pas le rapport là-dessus, d'accord ? '''Petit sucre''' : Bah, eux, ils voient ça dès qu'ils sont tout petits. Non, non, mais attends, ils comprennent rien, quand ils sont... '''Gérard''' : Tiens, tiens, tiens, tu les prends pour des cons. '''Petit sucre''' : Ils sont pas cons, ils comprennent. '''Gérard''' : Non, mais ils sont moins cons que toi. D'accord ? Loundé ? '''Loudné''' : Bah, moi, je pense que, oui, les jeunes enfants souffrent, parce que, mettons, un enfant qui, mettons, va faire sa crotte à 6h, lorsqu'il change d'heure, il la fait dans son lit. '''Gérard''' : D'accord, je vois pas le rapport. Reego, t'avais une question IRC ? '''Reego''' : Oui, c'est Coyote Bip qui te demande si c'est pas trop dur à gérer le décalage horaire quand on sait pas compter. '''Gérard''' : Mais ça, je vois pas le rapport. Y'a pas besoin de savoir compter pour le décalage horaire. Donc, euh... Ouais, bah, il nous reste encore 10 minutes, donc, euh... '''Petit sucre''' : Et moi, j'ai une question, Gérard. Toi, t'as pas peur d'arriver une heure plus tôt à la Loco avec le décalage horaire ? '''Gérard''' : Alors, moi, je vais te dire une chose, que à la Loco, j'y vais plus. D'accord ? '''Max''' : Quand est-ce que tu reviens, d'ailleurs ? '''Gérard''' : Non, non, non, non ! Non, non, non, mais attends ! Moi, je vais répondre... Attendez, s'il vous plaît ! Parce que vos histoires de conneries, les chiottes de la loco et tout ça, maintenant, vous allez arrêter de me casser les couilles avec ça ! Parce que je commence à en avoir ras-le-bol ! Et celui qui s'amuse à envoyer des conneries chez moi, t'arrêtes encore ! Et maintenant, je vais demander à Phildar et à Manu, qui c'est qui a donné le numéro de portable ? '''Manu''' : Mais c'est pas nous, Gérard ! On va pas revenir là-dessus, on va reprendre le débat, c'est pas nous, quoi ! '''Gérard''' : Non, non, non, mais moi, je vais régler mon histoire, maintenant ! Non, non, mais juste avant la huitième, maintenant, je veux savoir qui c'est qui a été balancer... Qui c'est qui nous a mis un papier dans la boîte aux lettres en nous donnant un numéro ? '''Manu''' : Bah, j'en sais rien, moi ! '''Reego''' : C'est pas le thème du débat ! '''Gérard''' : Non, non, mais je préfère en parler quand même entre deux ! '''Point''' : Non, non, mais t'en parleras après, c'est pas grave ! Moi, j'ai pas répondu à la question, hein ! Donc, les bébés, oui, ils en souffrent, hein, parce que dès que tu leur donnes le biberon, déjà, qu'ils veulent pas le prendre, déjà, ils ont pas envie de le prendre, ils le prennent quand ils veulent, mais je pense qu'ils en souffrent beaucoup, hein, du décalage horaire, quand même, hein ! '''Gérard''', ''[tourné vers Reego, déconcentré]'' : Ouais, d'accord ! C'est bien ! Ouais, non, mais... Non, parce qu'il y a Reego qui voulait me dire quelque chose, euh... Donc, la huitième, le soleil est-il responsable du décalage horaire ? Moustique ? '''Moustique''' : Bah, bonne question, là, tu vois, j'ai réfléchi, euh... Je pense que ça vient plutôt de la Lune et avec les marées. '''Couscous''' : Moi, je suis d'accord avec toi, Gérard, parce que lorsque tu es resté trop longtemps au soleil, je crois que ton cerveau a fondu, et puis il y a eu un décalage horaire... '''Gérard''' : Non, mais il n'y a pas que le savon qui fond, il y a pas mal de trucs, hein ! '''Couscous''' : Mais toi, en tant qu'ex-enfant, tu as souffert ? '''Gérard''' : Euh, oui ! '''Couscous''' : Tu as beaucoup souffert, je crois, hein ! '''Gérard''' : Ouais ! '''Couscous''' : Tu peux nous en parler un petit peu ? '''Gérard''' : Non, non, mais ça, ça, c'est un truc que j'ai souffert, que je dirais pas sur l'antenne, parce que ça regarde personne ! '''Phildar''' : T'as souffert du décalage horaire, Gérard ? '''Gérard''' : Non, mais attends ! Parce que si tu veux, si tu veux, si tu veux, on arrête là, sur la huitième... '''Phildar''' : Non, mais je te pose la question ! '''Gérard''' : Non, mais attends ! Non, mais attends ! Attends, attends, attends ! Attends, Phildar ! Phildar, moi, si tu veux, on arrête à la huitième, moi, je vais parler de toute ma vie ! '''Phildar''' : Ah non, bah non ! '''Boudin''' : Non, non, franchement, on s'en fout ! '''Gérard''' : Parce que sinon, moi, le prochain débat, on fait pourquoi l'enfance abandonnée.<ref name="explic3"></ref> Ça, si tu veux, là... '''Phildar''' : On parlait du décalage horaire sur les enfants, c'est pour ça ! '''Gérard''' : Non, non, mais attends ! Mais dans ces cas-là, moi, je veux bien ! Mais moi, la semaine prochaine, on fait un débat sur l'enfance abandonnée et là, tu vas voir qu'on va avoir personne au standard ! Parce que ça, c'est un truc que je ne ferais pas ! '''Phildar''' : Ah oui, bah oui ! Non, mais t'as raison ! ''[bruit de rires d'enfants]''. '''Gérard''' : Parce que... Attends, qui c'est qui se marre comme un perdu, là ? Ouais, bah, moi, je vais vous dire une chose ! Alors, avant de dire des conneries, de se marrer, essayez de comprendre dans votre tête ! Non, non, mais essayez de comprendre ! '''Max''' : Mais toi, t'as envie de nous casser le moral, là ? Non, mais c'est toi qui a inventé, reviens sur le débat ! '''Gérard''' : Alors Phildar, tu te calmes, ok ? Maintenant, t'éteins ton micro, je veux plus t'entendre ! '''Petit sucre''' : Ouais, t'es pas sur Europe 1 là, c'est bon, quoi !<ref name="hist3"></ref> '''Boudin''' : Ouais, Gégé ! Gégé, c'est Boudin Noir ! Ouais, moi, je voulais dire, je comprends tout à fait, je sais que t'as été décalé, et je sais, en fait, que t'es retardé, quoi, c'est ça ? '''Gérard''' : Non, attends, je vois pas du tout ce que tu... '''Boudin''' : Attends, toi, t'es en avance, toi, c'est clair, t'es pas en avance, c'est clair ! Donc, bah, si t'es pas en avance, t'es retardé, quoi, je vois que ça ! Gérard''' ''' : Ouais, bah, attends, Boudin Noir ! Pour l'instant, je crois que t'es à côté de la plaque ! '''Boudin''' : Ah, bah, non, je suis en plein dedans, là ! '''Gérard''' : Ouais, bah, je pense que tu ferais mieux d'écouter ce qu'on dit ! '''Couscous''' : Et pourquoi on n'appelle pas Point d'interrogation Boudin ? '''Gérard''' : Euh, non, parce que le point d'interrogation, c'est son nom ! Euh, Petit Sucre ! Donc, pour toi ? '''Petit sucre''' : Ouais, ouais, ouais, bah, pour moi, non, je pense pas que c'est la faute du soleil, en fait, ça, c'est l'embrouille, quoi, ça, en fait, on nous ment. Pour moi, c'est... Parce que regarde, avant, ça existait pas, quoi, avant, Gérard, le décalage horaire, il y a, par exemple, 500 ans de ça. On parlait pas de ça ! L'horaire qu'il y avait aux Etats-Unis, tout le monde avait le même horaire ! Et tout ça, en fait, on parle des horaires pour pas parler d'autre chose, tu comprends ? Tu vois ce que je veux dire, tu comprends, toi ? '''Gérard''' : Ouais, mais attends, c'est pas nous qui avons décidé du décalage horaire ! '''Petit sucre''' : Bien sûr que si, parce qu'avant, il y en avait pas, avant, on en parlait même pas ! '''Gérard''' : Non, Petit Sucre, moi je vais te dire une chose, c'est pas nous qui avons, c'est pas nous, des gens comme tout le monde, c'est pas nous qui avons décidé ça, de changer les horaires. C'est le gouvernement ! Le gouvernement a décidé que maintenant, on changerait d'heure tous les ans, donc normalement, on devrait finir, ça devrait être la dernière année, et apparemment, on est toujours sur le même point. Tout le temps, on nous dit, oui, c'est la dernière année, c'est la dernière année, et en fin de compte, on s'aperçoit qu'on recommence, et ça va repartir l'année prochaine, au mois de mars, on va revenir en heure d'été, donc au lieu d'avancer nos montres, au lieu de les reculer, on va les avancer, au mois d'octobre ou au mois de septembre, septembre-octobre, on va encore reculer nos montres, on va plus savoir... '''Manu''' : Et comment ça se fait, Gérard, justement, qu'ils ont décidé que c'est la dernière année, pourquoi ? '''Gérard''' : De toute manière, c'est vis-à-vis du gouvernement, avec toutes les villes européennes, la Belgique a décidé qu'on arrêtait, l'Allemagne a dit on continue, donc ça a été voté à l'unanimité, donc pour qu'on continue. Mais moi, je trouve que pour moi, c'est de la merde de changer sans arrêt, parce qu'en fin de compte, qui c'est qui est perturbé ? C'est les petits bébés, c'est tout le monde, parce que les biberons sont décalés et tout ça, et eux, dans leur tête, ils ne peuvent pas le voir. '''Manu''' : Et donc, en fait, l'année prochaine, il sera la même heure à New York qu'en France ? '''Gérard''' : Mais non, je ne vois pas... '''Manu''' : S'il n'y a plus de décalage horaire, il sera la même heure partout ? '''Gérard''' : Mais si, mais non, mais de toute manière, le décalage horaire, on l'aura tout le temps. On l'aura tout le temps. '''Couscous''' : Non, mais Gérard, écoute, c'est Couscous. Moi, je te dis la chose suivante. La semaine dernière, je t'entends parler à la radio le matin, et maintenant, je t'entends parler le soir. '''Petit sucre''' : Et on a changé d'heure. Même à Fun. '''Gérard''' : Là, moi, je vais vous répondre. De toute manière, ce n'est même pas à moi de vous répondre. Non, non, ce n'est pas un décalage horaire. C'est pas un décalage horaire, Couscous. Non, mais le matin, c'est pas moi qui avais décidé, c'est mon chef. Maintenant, si le chef, il a décidé de reprendre la nuit, c'est lui qui décide. C'est personne d'autre. '''Phildar''' : Non, mais là, c'est-à-dire qu'on est en heure d'hiver, c'est tout. '''Gérard''' : Non, mais attends, mais dans ce cas-là, je ne vois pas ce que tu vas dire, toi, parce que tout à l'heure, je vais t'en coller une, tu vas comprendre le décalage. '''Manu''' : Oh, il n'a rien dit, il n'a rien dit, Gérard. '''Phildar''' : Bon, on bosse en heure d'hiver. Allez, Gérard. '''Reego''' : Bon, pour revenir au débat sur IRC, Gérard, on me demande si le décalage horaire est un pur tube. '''Manu''' : Non, non, à mon avis, c'est juste un tube. '''Petit sucre''' : Hé, Gérard, Gérard, j'ai une question, là, c'est petit sucre. Bon, ben, laisse-moi parler, je voulais savoir, avec l'Europe, tout ça, est-ce qu'on va avoir tous les mêmes horaires, les pays, d'après toi ? '''Gérard''' : Ben non, de toute manière, tout le monde... '''Petit sucre''' : Eh ben si, il n'y a plus de décalage, on a tous les mêmes horaires. Quand c'est midi à Paris, c'est midi à Londres, c'est... '''Gérard''' : Mais non, mais non, mais non, mais non. T'as qu'à trouver un bloc avec des décalages horaires, et tu verras que ce ne sera pas du tout la même heure. Non, non, essayez, essayez, stop, stop, stop, petit sucre. '''Point''' : Je peux te poser une question ? Donc, moi, je voulais te poser une question : est-ce que tu crois qu'à l'époque de Jésus-Christ, le décalage horaire existait ? '''Gérard''' : Bouarf là, tu me poses une colle, j'en sais rien, donc je te dis M-E-R-D-E. '''Manu''' : Oh, carrément ? '''Point''' : Oh, ben, merci, merci. '''Gérard''' : Voilà. Donc, ben, je pense qu'on va faire un... '''Reego''' : On va faire un tarot ? '''Max''' : Non, mais il faut arrêter vers moins 5, donc on a encore 10 minutes, donc tu n'as plus de questions, là ? '''Gérard''' : Ben, si, mais moi, je voulais faire un petit break, là. '''Max''' : Une petite dernière question ? Ben, non, c'est fini, on va faire une question, puis après, on va arrêter, à la rigueur. '''Gérard''' : Ben, voilà, comme je ne sais plus qui c'est qui avait posé de planète, on va y aller. Sur notre planète, existe-t-il un décalage horaire ? Donc, on va demander à Moustique. '''Moustique''' : Ouais, alors, il paraît que sur Uranus, ce n'est pas 24 heures, c'est 75, donc c'est tout le bordel, parce que c'est 74 l'hiver, enfin, bon, ils n'arrivent pas à s'en sortir, les pauvres. Et puis, sur Mars, c'est à peu près comme sur Terre, parce que c'est la même grosseur. En fait, ça dépend de la grosseur de la planète. Ça dépend si elle tourne plus ou moins vite, et puis, ben, combien il y a de fuseaux sur la planète. '''Couscous''' : Moi, j'ai entendu dire que les gens qui ont qu'une couille, ils ont souffert d'un décalage horaire. C'est vrai que toi, tu n'as qu'une couille, je crois, non ? Et l'autre, siliconée ? '''Gérard''' : Non, mais je suis en train de chercher qui s'amuse à faire des conneries. '''Point''' : J'ai pas compris la question. '''Gérard''' : Sur une autre planète, existe-t-il un décalage horaire ? '''Petit sucre''' : Elle va rien comprendre, déjà qu'elle capte rien sur notre planète, alors ailleurs... Ouais, ben, moi, je vais te dire, comme je disais tout à l'heure, euh, c'est sûr, euh... De toute façon, il faudrait se mettre d'accord avec les décalages horaires. Parce que si c'est un jour, c'est un jour, il y a des extraterrestres qui arrivent, que eux, ont un horaire qui n'est pas par rapport à nous, qui viennent en Europe... En Europe, que nous, on est tous d'accord, et que finalement, après, ils aillent aux Etats-Unis, c'est encore décalé, et finalement, après, ils atterrissent en Russie, euh, on va se planter, on sera... on pourra jamais tous se voir en même temps, tu comprends ce que je veux dire ? Donc, il faut trouver un système pour que ce soit un jour de partout pareil. Tu vois ? '''Boudin noir''' : Ouais, tout à l'heure, il y avait, je crois que c'était Moustique qui parlait des planètes et de Uranus, ben, moi, je pense que dans l'espace, si on tombe sur le trou noir de ton anus, et ben, c'est clair, il y a un décalage. '''Gérard''' : Et sur ta connerie ? Eh je pense que ta connerie, tu ferais mieux d'aller voir une nana, euh... une bonne pipeuse, et ça... '''Petit sucre''' : Vas voir le point d'interrogation, elle est pas trop loin. '''Gérard''' : Ouais, attends, euh, tu... Boudin noir, tu restes calme avec le point d'interrogation, d'accord ? '''Boudin noir''' : Oui, ok, excuse-moi, le facocher. '''Gérard''' : Alors, Boudin noir, tu dégages pour tout le temps. Hop, Boudin noir, tout le temps. '''Petit sucre''' : Va te faire sucer par le point d'interrogation, allez, hop. '''Gérard''' : Va le faire sauter, toi, abruti. Aller hop, terminé pour lui. Lui, c'est même pas la peine que je lui demande de... '''Max''' : C'est mignon, facocher, hein ? '''Reego''' : C'est... C'est beau, en plus, un facocher. '''Loudné''' : Bah, moi, personnellement, j'arrive pas à y aller sur les autres planètes, donc je sais pas comment ça se passe. '''Point ''' : J'ai pas répondu, hein. '''Loudné''' : Toi, le travelo, ferme ta gueule. '''Point''' : Non, mais je suis pas un travelo, hein. '''Gérard''' : Alors, toi, petit sucre... '''Phildar''' : Non, c'est pas un petit sucre. '''Gérard''' : C'est qui ? '''Phildar''' : Je sais pas, j'ai pas le droit de parler. '''Gérard''' : Ouais, alors, tu me dégages. Loup de nez. '''Manu''', ''[soufflant par le nez comme pour se moucher]'' : Attends, attends, je l'enlève. Vas-y, c'est bon. '''Gérard''' : Non, non, tu me les dégages, ces deux-là. Vite fait. Parce que... la fin, c'est moi qui vais la faire. Donc, vas-y, point d'interrogation. '''Point''' : Bah, je pense que, déjà, sur les autres planètes, je pense qu'il y peut y avoir un décalage horaire mais... '''Petit sucre''' : Mais tu penses pas toi, tu parles, c'est tout ce que tu fais. '''Gérard''', ''[hurle]'' : Ah, tu la fermes, ta gueule, toi ! '''Point''' : Mais pour ça, faudrait y aller, dans les autres planètes, pour savoir comment ça se passe. '''Petit sucre''' : Ouais, t'as raison, tu devrais y aller. Putain ! '''Point''' : Bah, t'as qu'à y aller, toi, si t'es pas content. '''Petit sucre''' : Et reviens pas, surtout, hein. '''Point''' : Oh, bah, toi non plus, tu reviens pas. '''Gérard''' : Hé, connard ! Hé, le connard ! Attends, tu me retires moustique. Tu me mets moustique en R. Tu me mets Couscous en R. Tu me mets point d'interrogation en R. Et tu me laisses, euh... Petit sucre et loup de nez. Et boudin. Hé, boudin noir ! Hé, connard ! Alors, connard, ça t'amuse, d'insulter point d'interrogation ? '''Boudin noir''' : Mais c'est pas moi ! '''Gérard''' : Non, c'est pas toi, connard ! Non ! Non, c'est pas toi. Tu te foudras pas de ma gueule ? ''[Manu fait le moustique avec sa voix]''. '''Boudin''' : Ah, y a une mouche. '''Gérard''' : Ouais, y a une mouche, c'est ta connerie. '''Boudin''' : Bah, le boudin noir, ça attire les mouches. '''Gérard''' : Ouais, bah, le boudin noir, c'est de la merde. Bon, allez, va te coucher, ça vaudra mieux. Donc, bah, on va faire la conclusion du débat. Alors, celui qui s'amuse à rôter... AHein Max ! ''[rire]'' Oh, attends, devant mes yeux ! Grillé ! Devant mes yeux ! '''Max''' : Regarde, regarde, écoute, regarde ! ''[bruit de rôt dans un micro, mais ne venant pas de Max]''. '''Max''' : Oh, c'était Manu ! '''Gérard''' : Attends, c'est l'autre abruti, là-bas, en face. '''Manu''' : Merde, ça part tout seul, des fois. '''Gérard''' : Bon, allez, conclusion du débat. Moustique. '''Moustique''' : Ouais. ''[bruit de moustique par une voix, Manu dément, mais imite le pet avec sa bouche]''. '''Gérard''' : Bon, allez ! Non, allez, on y va. Conclusion, conclusion. '''Max''' : C'était bien comme débat, donc ça serait dommage que ça soit gâché. '''Moustique''' : Voilà, c'était bien comme débat, et puis ce serait dommage que ça soit gâché par une mauvaise conclusion que j'aimerais te donner, mais que je ne te donnerais pas. '''Max''' : Et Moustique, quand tu veux, tu nous envoies une photo de toi. '''Moustique''' : Pas de problème, Max. '''Couscous''' : Alors, moi, je pense que le débat, on devrait faire ça. ''[il tire la chasse d'eau]''. '''Gérard''' : Ouais, ben, non, mais couscous, ta conclusion sur le débat. '''Couscous''' : Bah, écoute, moi, je trouve que le... Je trouve que le débat a été super chiant, comme d'habitude, hein. Ouais, c'est tout, quoi. Et Gérard, n'oublie pas que t'es mon cousin, hein. Salut, mon cousin Gérard. '''Gérard''' : Ok, je te remercie. Point d'interrogation ? '''Point''' : Ben, réglez vos montres à l'heure, c'est tout. '''Boudin''' : Ouais, ben, écoute, je suis toujours là. Je suis désolé que tu sois énervé sur moi. Sandy, je l'aime bien, en fait. '''Gérard''' : Non, mais moi, je te demande la conclusion du débat.  ?'''Boudin''' : Ben, ma conclusion, c'est Sandy, est-ce que tu veux m'épouser. '''Point''' : Pas du tout, non. '''Petit sucre''' : Ouais, ouais, ben, écoute, moi, je te souhaite bonne chance avec le décalage horaire, que tu restes pas à la porte de la Loco tous les vendredis. Et voilà, quoi. Puis, j'étais très content de t'avoir écouté, ça faisait un petit moment. Et débat, c'est bien sympa, quoi, t'es pas trop énervé. Pour une première salle, t'as bien géré tout ça. '''Max''' : Ben, heureusement qu'il est pas trop énervé, si c'est que ça, qu'est-ce que ça va être en 15 jours. '''Petit ucre''' : Et, euh, donc, ça va, puis je te souhaite de bien t'amuser avec mon interrogation. '''Gérard''' : Ben, point d'interrogation, pour l'instant, on s'entend super bien, donc, y'a pas de problème là-dessus. '''Petit sucre''' : Ben, surtout, tu la gardes, tu la refiles pas. ''' ''' : Ben, non, mais je vais pas te la refiler. '''Manu''' : C'est comme une maladie, personne n'en veut, hein. '''Gérard''' : Ben, t'inquiète pas, à la Loco, je suis pas prêt d'y retourner pour l'instant. '''Max''' : Oh, tu viendras quand même, là, non ? '''Gérard''' : Non, non, parce que, vu ce que j'ai reçu encore... '''Max''' : Ouais, mais pour moi, t'es dégueulasse. Pour mon anniversaire, au moins. '''Gérard''' : Non, non, mais attends, on va demander à Loudné sa conclusion. '''Loudné''' : Ben, moi, je dis que, par rapport à ce qui se passe en Amérique avec Bill Kinton, euh, moi, je pense que il faudrait faire gaffe dans les locaux de la radio, parce que, point d'interrogation pourra peut-être sucer le chef. '''Gérard''' : Non, mais attends, hé ! Hé, Loudné, je te demande le thème du débat. Je te demande la conclusion sur le décalage horaire. '''Max''' : C'était la clnclusion, il l'a faite. Oui, trop tard pour lui, allez, hop, suivant. '''Gérard''' : Donc, ben, il n'y a plus que moi à faire la conclusion, donc, moi, je vais te répondre avant à ta question, pourquoi on ne revient pas à la... '''Max''' : Ah non, je m'en fous de ça, je voulais savoir si tu voulais venir, je m'en fous, c'est pas intéressant, c'est le courrier, on verra ça, on s'en fout. Ta conclusion ? '''Gérard''' : Ma conclusion, c'est que, c'est sûr que, pour l'instant, on a fait le décalage horaire, mais je l'ai fait un peu tôt, parce que, normalement... '''Max''' : Non, ta conclusion sur le décalage horaire, t'en penses quoi ? '''Gérard''' : Moi, personnellement, je trouve que c'est de la... Merde. Parce que... Que tu changes, que tu recules d'une heure, ou que t'avances d'une heure, de toute manière, tu boufferas autant de courant. Là, je vois, on est parti... On est parti mardi, avec Titi, en Allemagne. '''Max''' : Titi, c'est un camionneur qui l'a pris hier et qui l'a emmené en Allemagne, Gérard et Sandy, et donc ? '''Gérard''' : Donc, on s'est pris de la... On pensait avoir du soleil, et en fin de compte, on s'est pris de la flotte. On est revenu... '''Max''' : Je ne sais pas si on va arriver au rapport avec le décalage horaire, si ? '''Gérard''' : Non, mais... De toute manière, à la base, c'est que ça n'a pas été évident. '''Max''' : D'accord. Rien à voir avec le décalage horaire, ce qui n'est pas bien. '''Gérard''' : Non, mais le décalage horaire, pour moi, je trouve que... '''Max''' : D'accord. Les débats de la semaine prochaine ? '''Gérard''' : Les débats de la semaine prochaine... La pollution et cinéma. ''[ohlàlo de désespoir dans le studio]''. Non, mais attends, c'est pas toi qui commandes, d'accord ? '''Reego''' : Sur IRC, on me dit que c'est naze, le cinéma. '''Manu''' : Tu vois, tout le monde le dit. '''Gérard''' : C'est moi qui commande et c'est tout. '''Max''' : Voilà, exactement. Donc, ça sera un débat sur le cinéma et un débat sur la pollution. '''Gérard''' : Et pour les conseils, point d'interrogation, t'es toujours là ? '''Max''' : Non, non, c'est bon. C'est mardi, voilà. '''Gérard''' : Ah oui, mais on peut donner quand même... '''Max''' : On en parlera lundi, on en parlera demain ou lundi. '''Gérard''' : Ah non, on va en parler maintenant. '''Max''' : Non, mais les conseils, c'est pas toi, c'est les gens. C'est en fonction de leur demande à eux. On verra ce qu'ils voudront avoir comme conseils. Tu choisiras. On verra ça. '''Gérard''' : Vu si ça fait comme mardi dernier... '''Max''' : Ok, d'accord, ok, on en discute. Puisque tu parlais de la Loco, je vous rappelle que demain soir, à la Loco, il y aura Funky Data pour ceux qui aiment la house. C'est un live, c'est-à-dire qu'ils sont sur scène avec le matériel. C'est des grenoblois. Et qu'il y aura Jean-Marie K, DJ Sonic, qu'on va retrouver d'ailleurs Sonic dans un instant pour la conclusion de cette émission de ce soir. Et sinon, demain soir, il y a également le Marina, le club discothèque du côté de Port-Barcares. Alors, si vous voulez venir au Port-Barcares, au Marina, vous appelez maintenant le standard de Fun Radio, 0800 70 5000. Vous pouvez venir à la Loco également gratuitement vendredi soir, pareil, 0800 70 5000. Et si vous voulez empocher pour les 10 plus rapides des albums de Funky Data, pareil, 0800 70 5000. On vous retrouve tout à l'heure à partir de 22h. == Le débat sur la pollution == === Contexte === La saison est lancée, mais l'émission n'en finit pas de se chercher. En ce début de saison, l'équipe tente de faire parler Gérard sur des sujets sérieux, bien que détournés souvent vu sa difficulté à les comprendre, sans accrocs. Ces tentatives s'épuiseront rapidement dans l'ennui, ramenant l'équipe à se montrer plus proactive dans la mise en scène du débat et de son animateur. Pourtant, on est au cœur du surréalisme, où tout s'adjoint sans lien ni sens, reposant sur l'incompréension générale des sujets, d'une conversation, et la manipulation adroite du second degré par tout le monde. Sur la durée, tout le monde a conscience qu'il faudra alterner les provocations et les séquences purement surréalistes, mais on commence à voir la ligne que suivra ette émission. Elle vivra aussi un moment marquant. Au fil des appels téléphoniques, Manu a fini par tomber amoureux d'une personne prénommée Laura. Elle deviendra sa femme, on le verra plus tard. Pour partager la passion de la radio avec son nouveau copain, elle participera à cette émission et ce soir est sa première. Première d'une longue série, car elle animera toute l'année 1998-1999 au moins. Ce thème, lui, est d'actualité. La conscience écologique est naissante mais pas encore prégnante. Le passage sur le tabac en est une bonne démonstration. Il faut y noter que rien n'y est exagéré ni particulièrement surréaliste : ce qui est dit correspond à l'état d'esprit et aux débats des gens de l'époque sur la cigarette dans les lieux publics. Son interdiction en milieu fermé n'était pas vraiment appliquée et les débats allaient bon train entre les fumeurs et les autres. === Les personnages === * Gérard Cousin : Gérard * Phildar, Manu * Sandy Threadkell : Sandy * Igor : Reego * Franck Bargine : Max * Laura : Cactus * Mégane : Braguette * Arnet : Briquet, Greenpeace * Christian : Bounty * Coquelicot, Sucre d'orge (deux filles) * Moustache * Kelnumero : déjà passé lors du débat sur auto-moto, entre autres === Transcription === '''Gérard''' : Bonsoir à tous, 1h23... 0h23 pardon, on attaque avec 7 minutes d'avance, donc bonsoir Reego, donc Reego si t'as des réponses sur le thème du débat de ce soir, tu fais comme la semaine dernière, t'hésites pas. '''Reego''' : ok pas de problème. '''Gérard''' : Phildar... '''Phildar''' : salut Gérard ça va ? '''Gérard''' : Toi, pas comme la semaine dernière, ok ? Au débat Manu, au standard, donc pareil, s'il y a un problème, je te signale... '''Manu''' : Tu dis le nom de l'auditeur et je le dégage aussi sec. '''Gérard''' : Dt donc Olivier de la prod, qui est un peu plus loin derrière, qui viendra nous rejoindre tout à l'heure... qui viendra nous rejoindre pour le deuxième débat pour faire la réa, donc on va attaquer tout de suite avec Sucre d'orge... '''Phildar''' : J'ai déjà Bernard sur le Minitel du 75 qui dit qu'il t'aime : « Gérard je t'aime. ». J'aime tes débats, il veut dire. '''Gérard''' : non mais pour l'instant, on commence pas comme ça, on va déjà accueillir les gens, donc Sucre d'orge, bonsoir, 20 ans de Paris. Donc on peut écouter Fun Radio sur 101.9. Braguette, 22 ans de Clermont-Ferrand, on écoute Fun Radio sur 96.6. Coquelicot, 19 ans de Troyes, donc, on peut écouter Fun Radio sur 102.2 FM. '''Phildar''' : Ouais, c'est chez moi ! '''Gérard''' : Ça c'est du côté de chez Phildar. Christian de la Celle-Saint-Cloud, 56 ans. Pourquoi Bounty ? '''Phildar''' : Parce qu'il a voulu s'appeler Bounty, c'est drôle. '''Gérard''' : Non mais on aurait pu laisser Christian, c'est pas grave. donc 101.9. Moustache, 21 ans de Toulon, on peut écouter Fun Radio sur 93.1. Et briquet. '''Briquet''' : Bonsoir, j'allume le feu ce soir. '''Gérard''' : Alors, Tony et Arnette, vous allez commencer à vous calmer tous les deux. '''Phildar et Manu''' : non mais il n'y a pas de Tony et Arnette ce soir. '''Gérard''' : non mais non, ils ne vont pas commencer à me dire, on va vous mettre le feu, ok ? Beson. donc on peut... 95, donc on peut écouter Fun Radio sur 101.9. Non, 104.8, n'est-ce pas Manu ? ok ? alors, première question, donc, je pense que vous l'avez écoutée, on en a discuté juste avant la pause,. Donc, pensez-vous que la Seine est trop polluée ? '''Sucre d'orge''' : bah oui, elle brille. Il y a plein d'huile, toutes les couleurs, la Seine est de toutes les couleurs parce qu'elle est vraiment trop polluée, ça brille. '''Braguette''' : oui, mais dans un autre sens, c'est joli. '''Sucre d'orge''' : C'est joli, mais... '''Gérard''' : non, non, non, non, non, attendez, attendez, attendez, stop, stop, stop... Pensez-vous que la Seine est trop polluée, moi, je peux... Allez-y, répondez tous, donc, sucre d'orge ? '''SUcre''' : Moi, je dis que oui, bien sûr, elle est trop polluée, on peut pas se baigner. '''Gérard''' : Oh, bah, tu crois que tu vas te baigner dans la Seine toi ?, '''Sucre''' : Non, je te dis, elle est dégueulasse, elle est dégueulasse l'eau. '''Coquelicot''' : Extrêmement polluée. '''Braguette''' : Ouais, je trouve qu'elle est polluée, mais en même temps, c'est sympa, quoi, t'as des rats, t'as plein d'animaux, t'as des jolies couleurs, c'est vachement animé comme région. '''Moustache''' : Ouais, bah, moi, je dis, ouais, elle est polluée, la Seine, voilà. '''Briquet''' : Ouais, la Seine, c'est dégueulasse, il y a des gens qui balancent plein de trucs, alors qu'il y a à peu près, je sais pas. Il y a 80 ans, on pouvait se baigner dedans, quand même. Il y avait des gens qui allaient se baigner dans la Seine parce que c'était propre avant. '''Gérard''' : Alors, moi, je vais te dire une chose. Tu pourrais me dire en quelle année que la Seine a été trop polluée et qu'on pouvait se baigner dedans ? '''Briquet''' : Je crois que c'était en 1910, un truc comme ça. '''Gérard''' : Ouais, bah, je pense qu'à mon avis, je crois que tu te trompes vachement, parce que la Seine, elle est polluée, et de toute manière, tu ne peux pas te baigner dedans. Pourquoi ? Parce que moi, je vais te dire pourquoi. Je pense que tout le monde va être d'accord avec moi, j'espère. C'est que toutes les personnes qui viennent avec leurs péniches ont l'habitude de balancer des saloperies, des ordures et tout. Et moi, je peux te dire une chose, que là... j'ai des écluses où que j'habite, et faites-moi confiance que là, à chaque fois qu'ils ouvrent les écluses pour laisser passer les péniches, eh ben, faites-moi confiance que ça reste bloqué. Il n'y a aucun truc qui s'en va. '''Moustache''', ''[pendant que Manu applaudit]'' : Bien dit. '''Briquet''' : mais il y a une centaine d'années, les gens faisaient pas ça. '''Phildar''' : Ouais, mais il y a cent ans, ça n'existait pas, les péniches, Gérard. '''Gérard''' : Non, mais attends, de toute manière, les péniches, je ne sais pas. '''Manu''' : Il y a cent ans, je ne sais même pas si la Seine, elle existait. '''Gérard''' : Non, non, mais moi, je peux vous dire une chose, qu'à l'heure actuelle, de toute manière, on ne peut pas se baigner. Moi, j'ai vu une fois une personne, je ne sais pas comment elle a fait son compte, elle est tombée. Je ne sais pas si c'est le mec qui a dérivé ou autre, mais le mec, il s'est gouré, et tout le monde est tombé, il y en a une qui est tombée dans la Seine, et justement, l'écluse s'eest ouvrée. '''Max''' : Oui, mais c'est normal, c'est le mec, si c'était une ordure. '''Gérard''' : Non, mais c'était une nana. '''Max''' : C'était peut-être une ordure. '''Gérard''' : Non, non, mais on ne sait jamais. '''Manu''' : Donc, excuse-moi, moi, par contre, j'ai vu un mec tomber dans la Seine, eh ben, il est mort noyé, quoi. '''Gérard''' : Non, mais attends, toi... Toi avec tes conneries... '''Manu''' : Mais non, ce n'est pas une connerie, il est mort noyé. Est-ce que ça vient de la pollution ou pas ? '''Gérard''' : Non, mais ça, c'est... '''Briquet''' : Ça n'a pas de rapport avec le débat, de toute façon. '''Gérard''' : De toute manière, ce n'est même pas une des questions. '''Phildar''' : J'ai un petit message militel de Orem, qui a 23 ans, qui est dans le département 77, qui dit « La Seine, c'est dégueulasse, les poissons baissent dedans. » '''Gérard''' : Non, non, non, non, mais ça, je vais te dire une chose, les gens qui s'amusent à pêcher dans la Seine... les poissons, ils peuvent les... Ils peuvent les laver au vinaigre. ''[rires et applaudissements de Manu]'' Ah, mais si ! Je peux te dire que les poissons sont... La personne qui va... qui pêche dans la Seine peut laver ses poissons avec le vinaigre parce que... Non, mais même ! Le poisson, il sera immangeable et tout. '''Coquelicot''' : Parce qu'elle pue, la Seine ! '''Gérard''' : Ouais, mais elle pue, c'est de notre faute à nous ? '''Moustache''' : Il y a les égoûs de Paris en même temps. '''Gérard''' : Ouais, non, mais il faut dire une chose, c'est qu'il faut voir que dans la Seine, que dans la Seine, à l'heure actuelle, les gens balancent n'importe quoi. Même ceux qui sont en péniche, je pense qu'on doit en avoir qui nous écoutent des... '''Phildar''' : Des pénichiers, ouais. '''Gérard''' : Des bâteliers. On appelle ça des bâteliers. Donc, je pense qu'ils doivent nous écouter. S'ils nous écoutent, arrêtez de balancer n'importe quoi. Quand on voit des bouteilles de flotte, des bouteilles de coca, tout ça... ''[les auditeurs confirment par des cris « c'est horrible », « c'est dégueulasse »]''. Mais attendez, moi je... Reego, une question internet ? '''Reego''' : Sur l'IRC, il y a Shun qui me disait... Qu'est-ce que tu penses du fait que Jacques Chirac avait dit qu'il se baignerait dans la Seine ? Donc, moi, je peux vous dire une chose, c'est que... Là, c'est que ça va trop loin. Moi, je peux vous dire une chose, qu'il y a même les gens, ils s'amusent à nous balancer n'importe quoi, et après, ça reste coincé. Dès qu'ils ouvrent les écluses, ça reste coincé. Et je vois, c'est en 95 ou 96, la fois où on a eu une chaleur à crever, c'est que les points... les poissons, ils étaient morts, ils remontaient. Et là, ils ont fait appel donc aux... Non, non, aux responsables... '''Phildar''' : de la DDE ? des travaux ? '''Gérard''' : de la Seine pour nettoyer tout ça, parce que c'était impossibe. C'était impossibe de pouvoir continuer comme ça. Donc, deuxième question, faut-il... fumer, est-il un moyen de pollution ? Donc, on va demander à Briquet. '''Briquet''' : Ouais, alors, moi, je m'allume des cigarettes. Et non. En fait, non, ça ne pollue pas. C'est bon pour la santé, c'est ce que m'a dit mon médecin. '''Gérard''' : Ton médecin, tu me donneras son adresse, j'irai le voir. Moustache ? '''Moustache''' : Moi, je vais te dire que ça pollue, parce que t'as vu le nombre de gens qui fument. Moi, je dis que ça fait beaucoup de fumée, tout ça. '''Gérard''' : Non, mais attends, moustache. Moi, je vais te dire, fumer est-il un moyen de pollution ? '''Moustache''' : Ouais, bah ouais, ça pollue non seulement le corps, mais en plus, ça pollue les gratte-ciel. '''Gérard''' : Non, mais, de toute manière... Attendez, s'il vous plaît, derrière, là... Donc, moi, je vais répondre à moustache. Donc, pour toi, quand tu fumes, pour toi, ça... Tu veux dire que tu pollues tout le monde ? Moi, je vais te dire une chose. Moi, qui ai l'habitude de fumer, moi, je peux te dire une chose que... Bon, d'accord, Sandy, elle aime pas quand je fume, parce que si j'ouvre pas la fenêtre, elle peut pas supporter l'odeur de la cigarette. '''Moustache''' : Normal, bah ouais, si elle aime pas, c'est logique. '''Gérard''' : Bah oui, mais dans ces cas-là, quand elle est dans une voiture, admettons que tu conduises, que le chauffeur qui est à côté de toi, par exemple, le passager, ne fume pas, est-ce que tu vas continuer à fumer pour l'empester ? '''Moustache''' : Bah non, carrément pas, quoi. '''Gérard''' : Alors, attends, attends, moustache. Qui c'est qui dit oui ? '''Braguette''' : C'est Braguette. S'il est pas content, il prend sa voiture. Moi, je fume dans ma voiture. '''Gérard''' : Ouais, mais attends, Braguette, si, par exemple, le passager ne fume pas, qu'est-ce que tu fais ? '''Braguette''' : Je fume, moi, je suis dans ma voiture. '''Bounty''' : On va dans un autre endroit. '''Gérard''' : Donc, toi, tu l'as dans un autre endroit ou dans une autre salle. '''Gérard''' : Ouais, mais, par exemple, mais admettons, admettons, Bounty, Christian. Admettons que t'as pas d'endroit pour non-fumeurs. Tu vas où ? '''Bounty''' : Dans les WC. '''Gérard''' : Ouais, mais si... admettons, dans les WC, c'est interdit. '''Moustache''' : Bah, tu vas dehors. '''Gérard''' : Ah, ouais, mais dans ces cas-là, dehors, ok. Mais est-ce que tu pourras re-rentrer dans là où t'étais ? '''Phildar, Bounty et Braguette''' : Non, c'est interdit. '''Phildar''' : Non, parce que, regarde, si tu fumes, tu vois, parce que t'es dans un lieu interdit, donc tu vas fumer dehors, mais le problème, c'est qu'après, tu sens la fumée et que t'as encore de la fumée, donc si tu rentres... '''Gérard''' : Non, non, mais attends, pour l'instant, Phildar, c'est pas toi que je m'intéressais, c'était Christian. ''[il éteint le micro de Phildar]''. '''PHildar''' : Ah, pardon. '''Gérard''' : Donc, Christian, admettons que tu sortes pour fumer une cigarette, est-ce que tu pourras re-rentrer dans la boîte ? '''Braguette''' : Mais on était dans la voiture, là et tu nous parles de boîte. '''Gérard''' : Bah, oui, mais dans les boîtes de nuit, de toute manière, souvent... '''Braguette''' : Moi, j'y vais pas. '''Gérard''' : Toi, tu fumes pas ? '''Braguette''' : Bah, si, moi, je fume. '''Gérard''' : Bon, bah, donc, dans les boîtes de nuit, de toute manière, on a le droit de fumer. On est bien d'accord ? Donc, par contre, si t'as une personne qui est à côté de toi, qui supporte pas la cigarette et qui te dit, « est-ce que vous pouvez arrêter de fumer », qu'est-ce que vous faites ? '''Braguette''' : Bah, il sort. '''Gérard''' : Ah, ouais, mais si elle est dans une boîte de nuit, tu vas lui demander de sortir ? '''Braguette''' : Ah, bah, il fait ce qu'il veut. S'il supporte pas, il va plus loin. '''Gérard''' : Bah, il change de coin. '''Braguette''' : Exactement. '''Gérard''' : Ah, voilà, c'est ce que je voulais entendre dire. '''Moustache''' : Gégé, Gégé. Moustache. Moi, je dis, quand même, c'est celui qui fume qui doit se barrer, non pas celui qui fume pas et qui est dérangé. '''Braguette''' : Ah, non, non. '''Gérard''' : Ouais, non, mais attends, moustache, tu vas pas demander, par exemple, si toi, t'as pas envie de fumer, tu vas pas dire à la personne, si tu fumes pas, tu dégages. '''Moustache''' : Mais non, justement, c'est le contraire. La personne qui fume pas, normalement, elle doit rester à sa place. '''Gérard''' : Ouais, mais c'est la plus gênée qui s'en va, alors. Ouais, mais dans une boîte de nuit, tu vas pas dire, bon, bah, tu fumes pas, tu dégages. Moi, je fume et c'est tout, point final à la ligne. Mais moi, je vois pas le rapport. Je vois pas le rapport sur la question. Parce que, d'accord, je sais... '''Phildar''' : J'ai peut-être une solution, c'est qu'en fait, les personnes qui fument pas et donc qui sont avec des gens qui fument, en fait, ils sont privés parce qu'après, ils puent la fumée. '''Gérard''' : Ouais, mais ça, ça s'imprime sur les vêtements, ça, je suis d'accord avec... Qui c'est qui vient de... '''Phildar''' : Phildar, de Paris. '''Gérard''' : Non, mais attends. Attends, Phildar, on sait que c'est toi, de Paris. Donc, c'est Bounty ou... C'est Christian ou Moustache, là. '''Moustache''' : Ouais, c'est Moustache, c'est Moustache. '''Gérard''' : Non, mais je voudrais bien que les trois filles aussi réagissent un peu, là. Non, parce qu'on les entend pas assez, là. '''COquelicot''' : Oui, non, mais nous, on est là, on écoute, on est passionnées. On se dit que fumer, de toute façon, ça salit. Onsent dans les doigts, on sent dans les vêtements, on sent partout, donc on est grillés, hein. '''Braguette''' : C'est une bonne odeur qui pue bien, moi, je trouve. '''Gérard''' : Ouais, mais moi, dans ces cas-là... Oh, là, qui c'est qui a un téléphone pourri, là ? '''Sucre d'orge''' : Là, c'est Sucre d'Orge, là. Ouais, enfin, moi, je trouve que... je veux dire, tu sors dans la rue, les voitures, ça te dérange, tu vas pas dire aux gars... Enfin, si, tu vas pas dire au gars, vas-y, arrête de conduire, quoi. '''Gérard''' : Non, non, attends, Sucre d'Orge. Sucre d'Orge. Je vois pas le rapport avec la fumée de cigarette. '''Sucre d'orge''' : Ah, bah, si, c'est de la pollution, quoi, mais... '''Gérard''' : Non, mais, justement, justement, on va en... On va en parler, on va en parler des voitures. Hein ? On va en parler. Donc, pour l'instant, je parle de fumée. Par exemple, moi, je peux vous dire une chose, qu'il est là, il peut très bien réagir, il est planqué derrière moi, là-bas, il peut très bien prendre la place à Phildar, c'est que lui, quand il vient dans les studios et qu'on fume, ça le dérange. Et dans les soirées, il y a certaines personnes qui fument, mais est-ce que ça te dérange à toi, Max ? '''Max''', ''[faussement timidement]'' : Alors, d'abord, bonsoir. '''Phildar''' : T'appelles d'où ? '''Max''' : Donc, savoir si ça me dérange la cigarette. Dans des lieux comme les discothèques. Non, sauf si il y a une personne qui fume et qui va me mettre la fumée dans la gueule, quoi. J'ai remarqué ça dimanche en étant dans un lieu public qui était... le Parc des Princes et je voyais quand même des mecs qui fumaient le cigare. Eux, ils fument le cigare, donc c'est quand même un truc qui empeste. Mais eux, quand ils recrachent la fumée, à aucun moment, ils ne se la prennent pas dans la gueule. Mais par contre, ils l'envoient à la gueule de gens qui ne fument pas. Donc, le minimum, c'est au moins, quand tu fumes, c'est de voir si tu ne déranges pas des gens autour de toi. '''Gérard''' : Mais moi, par contre, il y a une personne... Je pense que... '''Max''', ''[en diva]'' : on pourrait me balancer deux, trois applaus, quand même... '''Gérard''', ''[applaudissant avec Phildar et Manu, mollement]'' : Bravo, chef. Mais moi, je peux répondre à la personne, je ne sais pas, c'est Sucre d'Orge ou Braguette ou Coquelicot qui a dit ça. Quand on envoie la fumée sur la personne d'un mec, ça veut dire qu'on l'aime. Mais moi, je peux vous dire une chose, c'est qu'à l'heure actuelle, j'ai deux paquets de cigarettes, voire trois. Et sur les trois, c'est marqué... ''[il sort un paquet de sa poche]'' '''Phildar''' : Tu fais un débat sur la santé ? '''Gérard''' : Nuit grave. Nuit gravement à la santé. '''Max''' : Mais nuit ou jour ? C'est nuit et jour ou c'est nuit gravement, dans le sens de la nuit ? '''Gérard''' : Non, c'est nuit gravement à la santé. '''Max''' : C'est juste la nuit. Donc, le jour, c'est pas dangereux ? '''Gérard''' : Fumer nuit, à votre entourage... '''Max''' : Pourquoi ils parlent de la nuit ? '''Gérard''' : C'est ce qui est marqué sur les paquets. '''Max''' : Pourquoi ils disent que c'est la nuit ? '''Gérard''' : Je sais pas. Je pense que ma nuit... '''Max''' : Je sais pas si on est vraiment dans le débat de la pollution. Je sais pas si on fait un débat sur le tabac et sur le cancer ou si on fait un débat... Je crois qu'on est un peu sortis du débat, mais c'est vrai qu'il faut y réfléchir. Pourquoi on dit nuit gravement ? Pourquoi c'est la nuit grave ? '''Gérard''' : Nuit gravement parce que ça esquinte... ça esquinte la santé. Ça, c'est un débat qu'on fera peut-être la semaine prochaine. ''[Manu applaudit]''. '''Phildar''' : Toi, t'as répondu, Gérard. T'as répondu à la question. Donc, on peut passer à la troisième. '''Gérard''' : Donc, un incident provoque-t-il une pollution ? '''Sucre d'orge''' : Un quoi ? '''Gérard''' : Un incident. '''Phildar''' : C'est-à-dire ? Tu peux expliquer ce que t'entends par incident ? Un accident de voiture, des trucs comme ça ? '''Gérard''' : Non, un incident. '''Braguette''' : Quel genre d'incident ? '''Gérard''' : Bon, même... un incendie... Ah, non ! Un incendie, oui. Pardon, pardon, pardon. Non, parce que... Non, c'est moi qui me suis trompé. C'est un incident provoque-t-il... '''Manu''' : Un incendie, Gérard. '''Gérard''' : Un incident, un incendie, pardon... Je vais y arriver. Un incendie provoque-t-il une pollution ? Donc, on va demander à... Sucre d'orge. '''Sucre d'orge' '' : Un incendie, accidelleement incendieux ? '''Géra''' : Non, mais un incend... Oh là, sucre d'orge, t'as un téléphone pourri ! Ah non, parce que là, j'ai un grésillement... C'est pas possibe. '''Manu''' : Ça vient pas d'eux, en fait. '''Sucre d'orge''' : En fait, je crois que c'est pas nous, c'est... C'est le standard de... C'est Phildar qui déconne, hein. '''Phildar''' : Non, c'est le standard de fun, on peut rien faire, Gégé. Parce qu'ils sont en train de refaire, derrière. Moi aussi, j'ai le même, hein. '''Manu''' : C'est pareil, partout. '''Phildar''' : Ou baisses un peu ton casque, alors. '''Sucre d'orge''' : Oui, ben, ça pollue, hein. T'as vu la fumée, quand il y a un incendie, dans le midi, là, avec les canadaires et tout, c'est de la folie. Ouais, ouais, ça pollue grave. '''Gérard''' : Ouais, mais... Non, mais attends. Je vois pas le rapport avec un incendie et... '''Sucre d'orge''' : Et un incident ? '''Gérard''' : Non, mais... Un incendie, plus les canadaires. Parce que qu'est-ce que le canadaire a à voir dans les incendies ? Le canadaire, il provoque pas une pollution. '''Sucre d'orge''' : Non, mais quand il y a un incendie, il y a un canadair. '''Briquet''' : Si, Gérard, le canadaire, il provoque la pollution, puisqu'il va chercher l'eau dans la mer et certains endroits, tu vois, la mer, elle est polluée. '''Sucre d'orge''' : Et quand le canadair, il s'ouvre, ça fait plein de fumée blanche sur le feu. '''Gérard''' : Non, mais ça, c'est... Ça, c'est l'eau. '''Sucre d'orge''' : Mais l'eau, elle peut être polluée. '''Manu''' : Gérard, le canadaire, là, il y a bien de l'essence dedans. Donc ça pollue, de toute façon. '''Gérard''' : Non, mais attends, Manu, je sais pas si t'as regardé le reportage sur les canadaires. Ils ont une trappe en dessous qu'ils prennent l'eau... '''Manu''' : Ouais, mais moi, justement, j'avais vu ce reportage, ils avaient pas de pastilles vertes sur le pare-brise, les canadaires. '''Gérard''' : Non, mais on s'en fout de la pastille verte.<ref name="hist4"></ref> '''Phildar''' : Non, mais Gérard, oui, ils prennent de l'eau pour éteindre le feu, mais pour décoller, pour voler, ils prennent bien de l'essence, ils volent pas à l'eau. '''Gérard''' : Non, non, non, non, là, je suis pas d'accord avec vous. Donc on va demander la Braguette. Par contre, t'essaies de voir avec sucre d'orge si elle peut pas changer de poste, parce que là... '''Manu''' : Essaie de changer de poste, va à la Caisse d'Épargne. '''Phildar''' : Non, non, non, t'es ailier droit, c'est ça ? Non, pilier. '''Sucre d'orge''' : Je passe en avant ? '''Gérard''' : Braguette ! ''[il réitère plusieurs fois mais Braguette ne répond pas, les échanges humoristiques sur le rugby se prolongeant]''. '''Phildar''' : Ouvre-la un peu. '''Braguette''' : Moi, je dis que, bah si, ça pollue, mais bon, c'est bien, quoi, parce qu'après, les forêts repoussent et c'est de la bonne pollution, quoi. '''Phildar''' : Non, mais tu parles. '''Gérard''' : Tu crois... Attends, attends, Braguette. Braguette. Tu crois que... Même en éteignant un incendie... Tu crois qu'après, ça va repousser ? '''Braguette''' : Bah, exactement, ça repousse. '''Gérard''' : Ah, oui ? Alors, ça met combien de temps pour repousser ? '''Braguette''' : Ça met 10-20 ans, mais c'est de la bonne pollution qui va te donner une bonne forêt. '''Gérard''' : Ah, oui ? Quand tu vois 120 000 hectares qui partent en fumée... Que les gens sont derrière, qui ont des habitations, qui ont l'habitude de voir de la verdure, et que maintenant, ils voient que simplement de... Des arbres qui sont partis en feu, tout ça, et tu crois que... '''Braguette''' : Mais ça, c'est le coup du sort, Gérard, ça, c'est le coup du sort. C'est des pauvres gens, c'est grave pour eux. Mais bon, avoue quand même qu'une forêt incendiée, c'est vachement beau à regarder. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, non, non, non, Braguette, non, braguette... '''Phildar''' : Ferme-la un peu. '''Gérard''' : Moi, je vais te dire une chose. Même derrière, là... Moustache et briquet, vous vous calmez, parce que... Je réponds à Braguette, d'accord ? Donc, moi, je peux te dire une chose, Braguette. Moi, cet été... J'ai regardé les infos, et quand tu vois ce qu'on a vu cette année, qui sont partis en fumée, fais-moi confiance que c'est toute la ville qui va payer pour... pour remettre tout ça en état. Et quand tu vois... Quand tu vois des arbres... Quand tu vois des arbres qui partent en fumée... C'est pas possibe. ''[applaudissements du studio]''. '''Braguette''' : Tu trouves pas ça vachement beau, un arbre en feu ? '''Gérard''' : Non. Moi, je vais te dire une chose, que je préfère regarder des arbres qui fleurissent et tout. ''[Manu applaudit]''. '''Braguette''' : J'adore voir les arbres en feu. Ben, c'est chacun ses... '''Gérard''' : Ouais, ben, dans ces cas-là, toi, du côté... Ah, c'est dommage. Tiens, en fait, braguette. Ça... Ça a rapport le thème du débat. À Clermont-Ferrand, est-ce qu'il y a des volcans ? '''Braguette''' : Oui, oui, il y a des volcans à Clermont-Ferrand. '''Gérard''' : D'accord. OK, je te remercie. '''Braguette''' : Je t'en prie, Gérard. '''Gérard''' : Non, non, mais c'était simplement pour savoir. Donc, on va demander à Coquelicot de répondre. '''Coquelicot''' : Ben oui, moi, je crois que ça pollue, mais je crois qu'on peut pas faire grand-chose, parce que c'est des choses qui arrivent naturellement et on peut pas arrêter ça, quoi. '''Sucre d'orge''' : Contre. Moi, je suis contre, c'est Sucre d'orge. '''Gérard''' : Oh là là, mais qui c'est qui a un téléphone pourri, là ? '''Manu''' : Ça vient pas du standard, Gérard. '''Gérard''' : Oh là là, c'est mauvais d'entendre un... '''Phildar''' : C'est vrai que c'est chiant, mais on peut rien faire. '''Bounty''' : Oui, ben, moi, je suis d'accord avec les autres. Il y a pas mal de fumée. Il y a des fumées de cheminée, exactement, aussi. '''Phildar''' : Ça pollue, ça, au fait, Gérard, les feux de cheminée ou pas ? '''Gérard''' : Non. Non, mais attends, ça dépend s'ils sont bien allumés dans l'appartement. '''Briquet''' : Hé, Gérard ? Ça pollue les feux de bois ou pas ? Est-ce que ça pollue les feux dans les forêts ? '''Gérard''' : Mais attends, on vient de... Hé ! Oh, Briquet, Briquet, Briquet, Briquet ! Tu vas aller voir Manu au standard, s'il te plaît. Non, non, mais attends ! Attends, tu vas aller... Tu vas être gentil, tu vas aller voir Manu au standard, parce que je viens de... J'ai répondu à la question à Braguette. '''Phildar''' : Tu ne suis pas à Briquet, hein. '''Briquet''' : Mais si, mais j'ai pas compris, en fait. '''Gérard''' : Non, non, mais tu... Ouais, mais tu n'as pas compris, ben, tu vas aller voir Manu, il va te faire comprendre au standard.Reego ? '''Reego''' : Oui, sur IRC, il y a Lagafou qui te demande si péter ça pollue. '''Gérard''' : Ça dépend si les fenêtres sont toutes fermées, ça... Même dans un lit, ça ne peut polluer. Ça, je peux dire oui. Briquet, s'il te plaît ? '''Manu''' : Il n'a rien dit, Gérard, ce n'est pas lui. '''Gérard''' : Non, non. Mais Briquet, tu le reprends au standard, il va comprendre. '''Phildar''' : Tu expliques la troisième question et tu le remets après. '''Gérard''' : Non, non, mais... Là, on finit la troisième et je pose la quatrième. Bounty ? Ah ben, toi, t'as répondu. Tu m'as parlé de... Je ne sais plus quoi, là. Ouais, fumée de cheminée. Ok, t'as répondu. Donc, moustache ? '''Moustache''' : Ouais, ben, alors, moi, je voudrais répondre à Coquelicot. Parce que Coquelicot, elle a dit... En fait, on ne pouvait rien faire contre les incendies. Eh ben, elle dit n'importe quoi. Parce que les incendies, il n'y en a pas que des naturels. Il y en a aussi qui sont provoqués par des gens. '''Gérard''' : Attendez, attendez, attendez. Moustache et Coquelicot. Moustache et Coquelicot, s'il vous plaît. Vous écoutez ? Là, d'accord, je suis d'accord avec vous. Il y a des incendies qui sont... Je sais, il y a des incendies qui sont provoqués pendant l'été. Mais ça, on ne peut pas savoir qui c'est qui les provoque. Mais oui, mais de toute manière, quand vous prenez une nationale ou autre, vous voyez que c'est marqué interdit de fumer. Donc, je ne comprends pas pourquoi il y a des gens qui s'amusent à fumer ou qui laissent leur mégot. '''Braguette''' : C'est des pétomanes, ça. '''Gérard''' : Ben oui, mais dans ces cas-là, pourquoi ? Pourquoi que les gens savent que c'est interdit de fumer... Pourquoi qu'ils laissent leur mégot allumé ? '''Braguette''' : Parce que c'est des pétomanes, ils le font exprès. Ça les fait jouir de mettre le feu. '''Phildar''' : Donc, on peut dire que les pétomanes, c'est pour des pollueurs. '''Gérard''' : Ben voilà. Donc, Briquet, il a quand même... '''Manu''' : Oui, Briquet a tout pigé, a tout compris. '''Briquet''' : Je me suis calmé, j'ai compris. C'est bon. '''Gérard''' : Alors, pour toi ? '''Briquet''' : En fait, vu que j'étais au standard avec Manu, je n'ai pas très bien compris ta question. '''Manu''', ''[coupant Gérard dans son mouvement d'impatience]'' : Mais c'est normal, je lui ai expliqué, Gérard. '''Briquet''' : Il m'expliquait de me calmer, tout ça, donc je n'ai pas pu entendre et mettre en feu. '''Gérard''' : Donc, un incendie provoque-t-il une pollution ? '''Briquet''' : Ben moi, je pense... '''Gérard''' : Non, mais vite, vite. '''Briquet''' : C'est bon, laisse-moi le temps de répondre. Je pense que oui. '''Phildar''' : C'est une bonne réponse. '''Gérard''' : Ouais, ben... '''Phildar''' : Quoi ? Et toi, Gérard, qu'est-ce que tu penses de ça ? '''Gérard''' : Moi, personnellement, je vais te dire une chose. Ce que je pense, c'est déjà qu'on devrait respecter tout ce qui nous est interdit quand on part en vacances. Et même à l'heure actuelle, c'est ce qu'on devrait respecter, les endroits qu'on n'a pas le droit de fumer. Moi, celui qui renifle comme un veau va se calmer. '''Phildar''' : Il doit prendre ses comprimés parce qu'il est malade. '''Gérard''' : S'il est malade, il va redégager au standard. Ça va aller vite pour moi. '''Phildar''' : Et donc ? '''Gérard''' : Dans ces cas-là, il faut mieux respecter la vie des gens. Il faut respecter la nature. Parce qu'en fin de compte, la nature, qui c'est qui la paye ? C'est nous. Qui c'est qui paye ? '''Phildar''' : C'est cher, en plus. '''Gérard''' : Oui, mais qui c'est qui paye derrière ? '''Phildar''' : C'est le contribuab. '''Gérard''' : Oui, mais on paye... On paye sur les impôts. On paye là-dessus pour redonner goût à la vie. On paye des impôts. On paye des impôts, donc c'est nous qui payons, en fin de compte. C'est pas parce qu'on achète une voiture. Si, par exemple, une voiture prend feu dans une forêt, la forêt va... Va prendre feu. Et en fin de compte, qui c'est qui est responsable ? C'est nous. Parce qu'après, il faut reconstruire tout ça. ''[applaudissements du studio]''. '''PHildar''' : Il faut reconstruire la voiture. '''Gérard''' : Donc, alors, la quatrième... '''Phildar''' : Et on va mettre un petit disque. '''Gérard''' : Et donc, alors, je pose la question. La télé est-elle un moyen de pollution ? et on va s'écouter Baba au Rome avec des petits... Des petits... '''Phildar''' : Petits loups de nez. Tu peux rappeler les numéros, Gérard, aussi. '''Gérard''' : 0803 08 5000 et 080070 5000 et toujours le 3615 code Fun radio et l'IRC... Reego s'il te plaît ? '''Reego''' : Oui je suis là, irc.funradio.fr. '''Phildar''' : Et il y a 25 connectés sur le Minitel quand même. '''Gérard''' : Oui mais s'il y a des réponses aux questions, je voudrais bien que tu me les donnes, Reego, comme la semaine dernière. Merci. ''[Musique]''. '''Gérard''' : Et voilà, vous nenez d'écouter Baba au rhum avec des petites... '''Phildar''' : Des petits loups de nez, voilà. '''Gérard''' : Donc vous pouvez toujours nous appeler au 0803 08 5000 et 0800 70 5000 et 3615 code Funradio, rubrique direct. Et bien sûr, l'Internet, où que Reego vous attend, vous pouvez réagir sur le débat, il n'y a pas de problème. Je vous répondrai en direct. Voilà. Donc, alors, quatrième question. La télé est-elle un moyen de pollution ? Donc, on va raccueillir sucre d'orge. Braguette. Coquelicot. Christian de la Celle-Saint-Cloud. Moustache. Briquet. Et... '''Phildar''' : Et donc, on commence avec qui, Gérard ? '''Gérard''' : Et on va commencer avec... On va commencer avec Sucre d'orge. '''Sucre d'orge''' : Oui. Eh bien, oui, t'as raison, Gégé. La télé, c'est un moyen de pollution énorme de l'esprit. Surtout, certaines chaînes. Les premières, là, tu vois. Et si tu les regardes... '''Gérard''' : Non, mais sans... Non, non, mais attends, attends. '''Sucre d'orge''' : Je ne dis pas de nom de chaîne. Je dis simplement celles qui commencent les numéros, là. Eh bien, si tu les regardes trop souvent, tu finis par devenir comme elles, quoi. '''Phildar''' : C'est pas mal, ce qu'elle dit. T'as compris, Gégé ? '''Gérard''' : Non. Braguette ? '''Braguette''' : Oui. Non, mais ce n'est pas un moyen de pollution, c'est un moyen de communication. On te communique des informations sur la pollution. '''Sucre d'orge''' : Elle parle avec sa télé, elle ? '''Gérard''' : Non, mais je pense qu'elle doit parler avec... Avec un gorille, elle, derrière. Donc, ça y est ? Ah, ben, c'est bien, Braguette. Coquelicot ? '''Coquelicot''' : Oui, moi, je crois que c'est un moyen de pollution. Mais enfin, ça dépend pour qui. Parce que, moi, je dis... Je ne sais pas, il y a des trucs qui sont intéressants quand même. Il ne faut pas tout rejeter dans la télé. '''Phildar''' : Est-ce que tu crois, Gérard, que la radio, c'est quelque chose qui pollue plus que la télé, Gérard ? '''Briquet''' : Oui, quand on écoute Gérard, oui. '''Phildar''', ''[alors que Gérard a la tête tournée vers la porte du studio, le regard ailleurs]'' : Gérard, on est là. Est-ce que tu crois que la radio, ça pollue plus que la télé ? C'est ce qu'on demande sur Minitel. '''Gérard''' : Non, je ne pense pas. Non, je pense que le Minitel, de toute manière, c'est... C'est un truc pour les gamins. S'ils ont envie de dépenser leur pognon là-dedans, ils font ce qu'ils veulent. '''Phildar''' : Ce n'est pas ça, la question. La question, c'est est-ce que la radio, ça pollue plus que la télé ? '''Gérard''' : Moi, c'est ma réponse. ''[applaudissements sarcastiques devant cette citation politique]''. Christian ? '''Bounty''' : Oui, moi, j'adore beaucoup le débat à la télé. Il y a pas mal de débats que j'écoute en deuxième et en première. '''Gérard''' : D'accord. Non, mais je ne vois pas le rapport avec la question, Christian. '''Phildar''' : C'est sa réponse. C'est un peu comme toi. '''Moustache''' : Ouais, ben, moi, je veux dire que la télé, c'est... Bon, en ce moment, il n'y a un peu que de la merde, quoi. S'il y avait des émissions un petit peu plus intellectuelles, tu vois, ça serait mieux. Voilà, c'est tout ce que j'ai à dire. '''Gérard''' : Non, mais attends, je ne vois pas... Ah, là... Là, Moustache ? Je pense que tu n'as pas très bien compris la question, mais ce n'est pas grave. '''Moustache''' : Si, si, j'ai bien compris. '''Gérard''' : Non, non, mais... '''Gérard''' : Non, non, je pense, à mon avis, que tu n'as pas compris la question. '''Moustache''' : Répète-la, moi, alors. '''Gérard''' : Non je la rémèterai pas. Briquet ? '''Briquet''' : Oui, alors, moi, avant de répondre à la question, je voudrais quand même te demander ton avis. Oui ou non, est-ce que ça pollue ? Toi, je voudrais que tu me répondes avant. '''Gérard''' : Non, mais moi, maintenant, tu vas répondre à la question, parce que ce n'est pas toi qui me poses les questions, c'est moi qui vous les pose. '''Briquet''' : J'aurais répondu par rapport à ta réponse, en fait. '''Gérard''' : Non, non, mais moi, maintenant, tu vas me répondre à la question. '''Phildar''' : Ben, aide-le. Aide-le un peu. Donne-lui ta réponse, déjà, comme ça, ça... '''Gérard''' : Non, non, mais attends, il va déjà répondre correctement. Après, je lui dirai. '''Phildar''' : Il ne peut pas. '''Briquet''' : Ouais, je ne peux pas si tu ne me donnes pas ta réponse avant. '''Gérard''' : Non, ben, alors, dans ces cas-là, n'attends pas ma réponse. Sur Internet ? '''Reego''' : Ouais, donc, sur l'IRC, il y a Fedji qui te demande si c'est la télé qui pollue ou si c'est les animateurs télé. '''Gérard''' : Là-dessus, il faut dire une chose, c'est qu'en ce moment, vu ce qu'on voit à la télé, je pense qu'on a du mal à savoir ce qu'on va regarder comme chaîne. '''Briquet''' : Ben ouais, mais alors, dans ce cas-là, toi aussi, tu pollues, puisque tu passes sur Fun TV. '''Gérard''' : Alors là, je vais te dire une chose, Briquet... Tu vois, tu vois, Briquet... C'est con, ce que tu viens de dire. Parce que là, maintenant, tu dégages. Je ne veux plus te revoir. Salut à toi, Briquet. Salut à toi, Briquet ! '''Sucre d'orge''' : Gérard ? En plus, il a pas tort parce que ça pollue moins quand ça passe par satellite que quand ça passe par courant à la télé. '''Moustache''' : Qu'est-ce qu'elle dit... '''Gérard''' : Qui c'est qui vient de dire ça ? Ouais, ben, Sucre d'orge. Fais gaffe parce que tu risques de faire comme Briquet si tu continues. '''Phildar''' : Non, mais c'est vrai. Non, Gérard, attends. '''Gérard''' : Ouais, non, mais il faut dire une chose. Il faut se dire une chose qu'à l'heure actuelle, pour voir des émissions de cons, des émissions qu'on ne sait même pas ce que ça veut dire... '''Phildar''' : Donne des exemples. Donne des exemples pour toi d'émissions polluantes. '''Gérard''' : Moi, je peux te dire une chose. Des émissions polluantes, tu sais ce que c'est ? C'est l'après-midi, hein, même le matin, sur les coups de 9h, c'est pas pour critiquer Françoise... '''Phildar''' : C'est pas des émissions, c'est des séries, ça, nuance. '''Gérard''' : Ouais, mais même, quand tu vois Amour, Gloire et Beauté, ça n'a ni queue ni tête parce que ça n'a rien à voir. '''Braguette''' : T'as qu'à zapper. '''Gérard''' : Ouais, mais Les feux de l'Amour, c'est pareil, ils ont signé pour 10 ans. de toute manière, tu peux rien voir... tu comprends même pas ce que ça veut dire. '''Phildar''' : Et ça, c'est polluant. '''Gérard''' : Victoria et Cool. Cool, je pense que c'est ça. '''Phildar''' : Ouais, mais c'est de la merde, mais tu regardes. Alors faudrait savoir. '''Gérard''' : Non, non, moi, je regarde pas ça. '''Phildar''' : Attends, t'es en train de nous dire les prénoms et tout, là. Victoria sort avec machin, bidule. Non, mais on s'en fout, on s'en fout. Donc, c'est polluant pour toi. '''Gérard''' : Pourquoi on s'en fout ? Elle peut réagir, quand même. '''Phildar''' : Non, mais on s'en fout de la série, c'est ce que je veux te dire. '''Gérard''' : Ouais, bah, peut-être. Moi, je vais te dire une chose. Je préfère regarder des reportages, comme j'ai vu hier... Malheureusement, je me suis endormi dessus. Je préfère regarder des reportages sur les routiers que de voir des émissions, des feuilletons qui durent, quoi, ils commencent à 14h05 et à 14h45, c'est terminé. '''Phildar''' : Ouais, mais je vais te dire un truc, les routiers polluent, quand même. '''Gérard''' : Ouais, mais attends, les routiers polluent, peut-être, mais on est bien contents de les avoir pour se nourrir et pour nous ravitailler. Pour ravitailler les magasins et les stations-service. Parce qu'on est bien contents... On est bien contents de les avoir, grâce à eux. Qui c'est qui bouffe ? C'est quand même grâce à eux, si on bouffe. '''Phildar''' : Ouais, mais ils polluent, quand même. '''Gérard''' : Ouais, mais ils polluent... Mais grâce à qui t'as de l'essence dans ta voiture ? Grâce à eux. '''Manu''' : Aux garagistes. '''Gérard''' : Ouais, mais les garagistes, ils font appel à qui ? Au transport routier ! ''[triomphant]'' Eh, oui, Manu. '''Manu''' : Bah non, c'est le train. '''Gérard''' : Bah non, le train... Mais attends, le train, avec le train, tu vas... '''Phildar''' : Tu vas pas loin. '''Gérard''' : ...Je sais pas où. Surtout en ce moment, avec ce qu'il se passe. '''Phildar''' : Allez, on revient sur le débat. '''Manu''' : Sinon, excusez-moi, on accueille Greenpeace, 26 ans de Colmar, où on peut écouter Fun sur 92.2 FM. Bonjour, Greenpeace. '''Phildar''' : À la place de Bricquet. '''Gérard''' : Donc, sixième question. Peut-on faire l'amour en polluant ? '''Greenpeace''' : Gérard, si Greenpeace, je peux répondre ? Alors, en fait, moi, je trouve qu'on peut effectivement faire l'amour en polluant. Si, par exemple, on fait de l'amour sur une péniche, et qu'après, en faisant l'amour, on voit une canette, je dirais pas la marque, et on la balance dans la Seine. '''Gérard''' : Non, mais attends. Là, je vais te dire une chose, Greenpeace... T'e Non, mais... Là, tu reviens tout à fait à la première question. Ouais, ouais. Ah, Tony ? Ouais, ouais. '''Phildar''' : Non, mais on peut faire l'amour quand même sur une péniche. Puisque... On peut faire l'amour partout. Donc, à ton avis, est-ce qu'il a raison ? S'il n'a pas raison, t'expliques. '''Gérard''' : Non, mais moi, je vais te dire une chose. C'est pas parce que tu vas faire l'amour et que tu rebalances des canettes dans la Seine. OK ? '''Greenpeace''' : Bah, tu peux si t'es assoiffé en train de faire l'amour. '''Phildar''' : Est-ce que t'as soif, toi, quand tu fais l'amour ? '''Gérard''' : Non, moi, je fume une cigarette. '''Phildar''' : Bah, tu pollues, alors. '''Gérard''' : Ah, non, mais moi, je fume une cigarette chez moi. Nuance. '''Phildar''' : Ouais, mais tu pollues quand même. '''Gérard''' : Ah, non, mais moi, quand je fume une cigarette, j'ai la fenêtre ouverte. '''Sucre d'orge''' : Ah, bah, ouais, donc tu pollues, hein. '''Gérard''' : Un homme, non, mais je pollue quoi ? Je pollue personne. '''Sucre d'orge''' : Tu pollues l'atmosphère. '''Gérard''' : Bah, je pollue l'atmosphère... Mais dans ces cas-là, les pots d'échappement des voitures, ils polluent quoi ? '''Phildar''' : Non, mais attends, pendant l'amour aussi, Gérard, il t'arrive d'avoir des pollutions nocturnes. On est d'accord. '''Gérard''' : Ah, mais ça, il y a une personne qui pourra répondre si elle veut bien venir à côté de Manu pour répondre à la question, mais elle veut pas. '''Phildar''' : Ah, mais c'est pas grave, on continue le débat, on va pas s'arrêter pour ça. '''Moustache''' :Non, mais si tu veux, j'ai perdu une fil, donc... Je vais sauter cette question. Voilà, je vais écouter, comme ça, au moins, tu vois... '''Gérard''' : Bon, bah, alors, Moustache, bonne nuit. Allez, hop. Au revoir. C'est pas la peine de le reprendre sur un autre nom, hein. Christian, de la Celle Saint-Cloud. '''Bounty''' : Moi, j'aime bien faire l'amour, n'importe où. Même dans le foin. '''Gérard''' : Ouais, mais... Peut-on faire l'amour en polluant ? '''Bounty''' : Non, je crois pas. '''Phildar''' : Pourquoi ? '''Gérard''' : Non, mais pourquoi... Tu vois... Non, non, mais... On avait bien précisé. Il n'y a pas de pourquoi ni des comment. Donc, maintenant, tu le laisses répondre si... '''Phildar''' : Alors, why ? '''Bounty''' : C'est très difficile. '''Gérard''' : Ouais, mais... Alors... Comment... Pourquoi... '''Phildar''' : Ah, non, pas de pourquoi, Gérard. '''Gérard''' : Ouais, mais... '''Phildar''' : Ah, ouais, bah, ouais, t'es bien emmerdé, là. '''Gérard''' : Dans quel sens... '''Phildar''' : Non, non, pas dans quel sens, non plus. '''Gérard''' : Non, non, parce que là, c'était des conneries, ici. Alors, moi, je fais ce que je veux. '''Phildar''' : Ah, d'accord, toi, t'as le droit, OK. '''Gérard''' : Donc, Christian, donc... Dans quel sens ? Peut-on faire l'amour en polluant ? Donc pour toi... '''Bounty''' : Dans le foin. '''Gérard''' : Ouais, dans le foin... Ouais, mais je vois pas... Je vois pas du tout le rapport. Parce que, dans ce cas-là, tu cherches une aiguille dans une botte de foin. ''[PHildar applaudit, les auditeurs ovationnent]''. Dans ce cas-là, Christian... Moi, je vais te dire une chose. Donc, je vais répondre à la question. Donc, si, admettons, t'arrives pas à trouver la foufoune de la personne, donc, t'es obligé de la chercher dans une botte de foin. '''Bounty''' : Exactement. '''Gérard''' : Alors, on va demander à Coquelicot. '''Coquelicot''' : Non, moi, je crois pas que ça pollue. Franchement, non. '''Gérard''' : Ouais, mais est-ce que t'as déjà essayé, toi ? '''Coquelicot''' : Non, franchement, non. '''Gérard''' : Non, mais attends, 19 ans, je pense que... C'est vrai, à Troyes, ils font pas beaucoup l'amour, hein. ''[rire bruyant, rocailleux, moqueur, envers Phildar, originaire de cette ville]''. '''Phildar''' : Qu'est-ce que t'en sais, t'y habitais ? '''Gérard''' : Hein, Phildar ? Braguette ? '''Braguette''' : Oui ? Bah, moi, je suis d'accord avec Coquelicot. Je dis que ça pollue pas. '''Gérard''' : Ouais, bah, toi non plus, t'as pas essayé, là-bas. '''Braguette''' : Ah, si, si, moi, j'ai essayé... J'ai essayé dans les volcans, j'ai essayé dans les petites rivières autour des volcans et j'ai pas pollué. '''Gérard''' : Ouais, non, mais, de toute manière, les volcans, j'ai annulé... Normalement, c'était le thème du deuxième débat, mais je l'ai annulé parce que... C'était... C'était pas évident. Non, et puis même... '''Braguette''' : Harroun Tazieff était pas libre. '''Phildar''' : T'as trop de problèmes, en ce moment, avec les volcans, la grève et tout, c'est chiant. '''Gérard''' : Non, non, non, mais même, les volcans, c'était pas... Ils en parlent pas assez à la télé, tout ça. Moi, je sais, je sais très bien que j'ai été sur Clermont, il y a 3-4 ans, j'ai été me balader. Je sais que c'est là-bas qu'on voit... Il y a un coin qui est... Qui est volcanique. En Auvergne, je sais que c'est le truc des volcans. Donc... '''Braguette''' : T'as été à Vulcania, non ? '''Gérard''' : Ben, j'y ai été, oui, mais c'est pas évident parce que quand tu y vas à pied, faut quand même monter la côte. Parce que tu peux pas y monter en voiture. '''Greenpeace''' : Gérard, je voulais te poser une question, c'est Greenpeace. Est-ce que t'as vu ce qui s'est passé à San Francisco, Volcano ? Il y a un volcan qui est sorti de San Francisco. '''Gérard''' : Non, non, mais attends, pour l'instant, on est dans la pollution, d'accord ? Sucre d'orge. '''Sucre d'orge''' : Oui. Ben, alors, moi, je trouve que l'amour, c'est trop beau, quoi. Ça pollue en aucun cas. '''Gérard''' : Bon, ben, c'est tout ce que t'as à dire ? Non, mais je pense que, là, ce soir, on dirait que vous êtes pas réveillés, là. '''Greenpeace''' : Mais si, Gérard. '''Phildar''' : Non, ils sont calmes, nuance. '''Greenpeace''' : Si tu veux, on peut s'exciter hein. '''Sucre d'orge''' : Il y a un autre sucre d'orge là. '''Gérard''' : Quoi, un autre sucre d'orge ? '''Sucre d'orge''' : Ouais, il y a plusieurs sucres d'orge dans cette maison. On est trois sucres d'orge. '''Greenpeace''' : Je vais te le foutre, mon sucre d'orge, moi, tu vas voir. '''Phildar''' : Ben, réponds, alors, vas-y. '''Sucre d'orge''' : Eh ben, moi, je me dis que ça pollue pas et que Gégé, je sais pas pourquoi il pose la question. T'as pollué en faisant l'amour, Gégé ? '''Gérard''' : Ah, ben, ça, je vais te dire une chose, Sucre d'orge, tu vas te calmer, déjà. '''Sucre d'orge''' : Mais non, mais je sais pas, j'ai pas compris ta question. '''Phildar''' : Ouais, voilà pourquoi, toi, Gérard, t'as écrit cette question ? Pourquoi ? Toi, tu penses que l'amour, ça pollue ou pas ? '''Gérard''' : Non, peut-on faire l'amour en polluant ? Bon, de toute manière, tu peux faire très bien l'amour comme Moustache disait, ou Greenpeace, ou Coquelicot, ou Bounty, je sais plus. Enfin, bref, on s'en passe. Mais je pense que faire l'amour, tu peux faire l'amour où que tu veux. '''Phildar''' : Mais ça pollue pas. '''Gérard''' : Ben oui, mais voilà, d'accord. Mais je crois pas pourquoi, tout de suite, y'en a qui s'attachent sur des trucs qu'on vient à voir sur ce thème du débat. '''Phildar''' : Mais pourquoi t'as pensé à cette question, toi ? '''Gérard''' : Ben, pourquoi ? Parce que c'était une question qui me venait à la tête. Je voulais savoir. C'est tout. '''Phildar''' : D'accord. Comme ça, t'as la réponse. T'es content ? '''Gérard''' : J'ai la réponse... De toute manière, y'a personne qui est capable de répondre. Alors, un orage provoque-t-il une pollution atmosphérique ? '''Bounty''' : Un tonnerre. Un très fort tonnerre. '''Gérard''' : Non, mais, un orage provoque-t-il une pollution atmosphérique ? '''Christian''' : De gros dégâts. De gros... De gros... De gros... Accidents. Des gros... Qui provoquent pas mal de dégâts. '''Gérard''' : D'accord. D'accord. Ouais, je vois ce que tu veux me dire. Sucre d'orge ? '''Sucre d'orge''' : Moi, je dis que ça nettoie, un orage. Après, tout est beaucoup plus propre. '''Gérard''' : Non, mais un orage... Un orage provoque-t-il une pollution atmosphérique ? Moi, je peux vous dire une chose que... '''Sucre d'orge''' : Non, ça assainit. '''Gérard''' : Non, non, mais... Non, mais attends, Sucre d'orge, je vais répondre à ta question, s'il te plaît. C'est que... Vu le cyclone Georges et tout ça... Ouais, mais ça, je vais vous dire une chose. suPhildar''' : Et la couche d'ozone, ça a rapport ou pas ? '''Gérard''' : Bah oui. Moi, je vais te dire une chose. Dans ces cas-là, on parle d'un orage. Tu viens de dire ? '''Phildar''' : La couche d'eau jaune. '''Gérard''' : La couche d'ozone. Donc, tu prends... le truc... météorologique. La couche d'ozone, avec les gaz d'échappement... '''Phildar''' : Vous allez apprendre quelque chose ce soir, écoutez. '''Gérard''' : Avec les gaz d'échappement, tu peux avoir plus de pollution. Donc, cet été, on a atteint le barème... voire 4, 5 à un moment donné sur Paris. '''Bounty''' : Même 6. '''Gérard''' : Non, non, non, non, Christian. Non, non, on n'a pas dépassé le barème 5. '''Phildar''' : Le 5,9, je crois. '''Gérard''' : Non, on est resté à 5. Mais il faut dire une chose, c'est que là-dessus, quand on dit « ouais, les pastilles vertes », donc, les pastilles vertes, je vois pas ce qu'elles ont à faire là-dedans, parce que, de toute manière, les gens prendront toujours leur voiture pour se déplacer, pour aller au boulot. '''Manu''' : Ouais, mais ils ont pas besoin de bouffer de pastilles Valda pour ça. '''Gérard''' : Mais non, mais la pastille verte, c'est... Arrête tes conneries, toi. Occupe-toi de ton standard et réponds pas aux questions. '''Manu''' : Je peux accueillir un nouvel auditeur, par contre ? Donc, on accueille Kelnumero, 20 ans, de Toulouse, sur 105.9. '''Kelnumero''' : Bonsoir, Paris, et bonsoir, le bar où je travavaille, c'est-à-dire le Maxi Eiffel Fire. '''Gérard''' : Salut à toi, Kelnumero ! '''Phildar''' : Non, c'est une petite pub. '''Gérard''' : Non, mais les pubs, on les fait pas. '''Phildar''' : C'est la nuit sans pub, OK ? '''Max''' : Et Manu, tu prends sur les 24 lignes, ok ? Parce que je suis venu lui donner un coup de main, il y a 24 lignes. '''Gérard''' : Ouais, alors, t'accouches. ''[Manu pousse des cris et des respirations rapides, comme ceux d'une emme qui accouche]''. Je senq due tout à l'heure, il y en a un qui va se prendre une pêche. Donc alors, un orage provoque-t-il une pollution atmosphérique ? '''Kelnumero''' : Moi, je ne sais pas, je ne pense pas, mon cher Gérard, je ne crois pas. '''Gérard''' : Ouais, mais... Réponds quand même à la question. Non, mais attends, Kelnumero, pourquoi tu appelles ? '''Kelnumero''' : Ben non, mais pour participer au débat, Gérard. '''Gérard''' : Non, mais je te pose la question. Si tu ne veux pas répondre, si tu n'as pas la réponse, c'est pas la peine d'appeler. '''Phildar''' : Ah si, quand même, attends. C'est pas parce qu'il n'a pas une réponse à une question qu'il n'est pas obligé de participer à tout le débat. '''Gérard''' : Mais là, pour l'instant, il n'est même pas capable de dire... '''Phildar''' : Non, c'est pas grave, il répondra la prochaine. '''Kelnumero''' : Avec les éclairs et tout, oui, oui, tout à fait, je pense, oui. '''Phildar''' : Pour sortir un peu du débat, excuse-moi, il y a Steph sur le Minite qui demande si les pète-fouf polluent l'environnement. '''Gérard''' : Bon, ben ça, c'était quand on faisait l'amour. Je ne vois pas du tout... Le rapport. '''Phildar''' : C'est une sorte d'orage. C'est une sorte d'orage. Non, ça ne pollue pas, alors. '''Gérard''' : Christian. Christian, pour toi ? '''Bounty''' : Ben, moi, je suis tout à fait d'accord avec toi. '''Greenpeace''' : Christian, je t'ai reconnu. Pourquoi, Tony, tu prends cette voix de mongole ? '''Gérard''' : Bon, eh, vous commencez à vous calmer, là. Hein Kelnumero ! '''Kelnumero''' : C'est l'autre, là, Moustache, là. '''Greenpeace''' : Ouais, Moustache, Gérard, tu devrais le virer parce qu'il fout la merde depuis... '''Gérard''' : Non, mais c'est bizarre, Manu, je t'avais dit... '''Manu''' : Mais Moustache est parti, donc... '''Gérard''' : Non, mais pourquoi qu'on le récupère ? '''Manu''' : Mais il n'est pas là ! Oui, ben, moi, je dis que ça... Je pense pas que ça pollue, non. '''Gérard''' : Ouais, mais... Ben... T'as pourtant bien vu des orages ? '''Sucre d'orge''' : Des fois, il y a des orages de pluie acide. Des fois, ça pollue tout sur le son passage. '''Braguette''' : Moi, je dis que c'est le contraire, en fait. C'est la pollution atmosphérique qui provoque les orages. Mais c'est bon, en fait. Un bon orage, une bonne pollution d'orage, c'est bien. Ça assainit, elle a raison. Et puis, l'électricité statique, ça fait peur aux enfants, c'est... '''Gérard''' : Non, non. Moi, je peux vous dire une chose, que l'orage, pour moi, personnellement, vu ce qu'on en... Reego, vas-y, avant que je termine. '''Reego''' : Ouais, c'est juste Choune sur l'IRC qui te demande ce que veut dire atmosphérique, parce qu'il sait pas du tout. '''Gérard''' : Ben, atmosphérique, c'est... Atmosphère. '''Greenpeace''' : Et c'est quoi l'atmosphère ? '''Gérard''' : L'atmosphère, c'est les nuages et c'est tout ça. Quand vous voyez des gros nuages noirs, là, vous pouvez être sûr d'avoir un gros orage. Quand vous voyez des éclairs, c'est pareil. '''Greenpeace''' : Gérard, c'est Greenpeace, moi, j'ai pas répondu. Moi, je pense que les orages, ça pollue carrément pas, puisque, en fait, quand il y a de la pollution, c'est qu'il y a de la chaleur. Donc, les orages, il fait froid, généralement, et voilà, ça pollue pas. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, non, non. '''Phildar''' : Pourquoi, Gérard ? '''Gérard''' : Non, non, je vais dire une chose. En été, quand on n'a pas de flotte, on se plaint parce qu'on a trop chaud. Et quand il pleut, c'est pareil, on se plaint parce qu'on a trop froid. '''Greenpeace''' : Oui, mais Gérard, moi, ce que t'as pas compris, c'est que, tu vois, quand... '''Gérard''' : Non, mais attends, dis carrément que je suis un con, que je comprends pas. '''Greenpeace''' : Moi, je le... Enfin, non, mais bon. '''Gérard''' : Non, tu le penses... Tu veux pas le dire, mais tu le penses. '''Greenpeace''' : Exactement. '''Gérard''' : Bon, alors, Greenpeace, bonne nuit. C'est bon. Non, non, Greenpeace et Moustache, bonne nuit à vous deux. Allez, hop, terminé. On va terminer... Il nous reste deux questions. On va terminer avec Sucre d'orge, Bragate, Coquelicot, Bounty et Kelnumero. Voilà. Alors, le parfum est-il un moyen de pollution ? On va demander à Kelnumero. '''Kelnumero''' : Oui, alors, moi, j'estime que oui, parce que je vois des grosses bonnes femmes, des fois, qui se foutent de la cocotte et tout. Et, tu sais, quand t'es dans un endroit, dans un magasin et tout, et que t'es à côté d'elles, elles s'en foutent plein, plein, plein. C'est une horreur. C'est une pollution du nez, quoi, oui. '''Gérard''' : Ouais, mais ça... Ça, je vais te dire, Kelnumero, moi, je peux te confirmer, c'est que... Je pense que Coquelicot, Bounty, Braguette et Sucre d'orge, je pense que vous allez tous être d'accord avec moi. Donc, je pense que je vais vous dire une chose là-dessus sur le parfum. C'est que dès que, par exemple, une personne va avec sa copine pour y acheter du parfum... Donc, déjà... Rien que si elle en met le peu sur la paume de sa main, déjà, tu vas le sentir pendant un bout de temps. '''Braguette''' : Mais ça dépend quel parfum, en fait. '''Gérard''' : Oui, mais même que ça soit du parfum pour femme ou pour homme... '''Braguette''' : Non, non, mais c'est même pas ça. C'est qu'en fait, il y a des bons parfums et il y a des mauvais parfums. Les mauvais parfums, il y a des mauvaises choses dedans, et c'est les parfums qui puent, genre marque de sport. Tu vois ce que je veux dire ? '''Gérard''' : Non, non. Attends, attends, attends. Attends, attends, attends. Qui c'est qui vient de me parler de marque de sport, là ? '''Phildar''' : Est-ce que l'Adidas, ça pue ou pas ? '''Gérard''' :Attends, attends, attends. Justement, tu me coupes... '''Max''' : J'ai aussi un jeune, là, que j'ai à l'antenne, mais ils ont été au moins... On parle de la pollution des téléphones portables. Il voulait savoir si les portables, portab, téléphones polluent. Tout ce qui est électronique. C'est une question qui revient souvent. '''Gérard''' : Ça, sur l'électronique, ça m'étonnerait que ça pollue. Ça dépend des gens qui veulent... Ils veulent l'acheter. '''Manu''' : D'autre part, excusez-moi tout le monde, d'autre part, on accueille Prof Salade, qui est chercheur au CNRS à la place de Greenpeace. '''Gérard''' : Non, mais attends. Tu le dis au grand chef, parce que c'est lui qui l'a sélectionné. '''Max''' : C'est moi qui l'ai sélectionné. Je ne sais pas s'il est valab. '''Gérard''' : Oui, mais j'espère qu'ils n'ont pas changé de nom pour... '''Max''' : Non, non, non. C'est moi qui viens de le rappeler, là, à l'instant, sur son portable. Par contre, il est sur son portable. Normal, il est dans son laboratoire. '''Prof salade''' : Oui, allô ? Bonsoir, Gérard. Oui, je suis désolé de t'appeler d'un portable, mais voilà, je suis au moment... Oui, donc je vais te démontrer, comme deux et deux font trois... '''Gérard''' : Non, deux et deux font quatre chez moi, pas trois. '''Prof salade''' : C'est un incendie de forêt. Je suis désolé de revenir sur le début du débat... '''Gérard''' : Non, non, non, non, on en est à la huitième, on parle du parfum, on ne reprend pas les questions du départ. Parce que sinon, tu vas retourner voir le chef. '''Prof salade''' : D'accord. Donc, est-ce que tu as fait de la chimie dans ta vie ? Voilà. Donc, est-ce que tu sais que la combustion du carbone avec de l'oxygène donne de l'eau et du CO2 ? '''Gérard''' : Oui, mais attends, je vais te dire une chose, je me suis tapé de... Non, non, mais je me suis tapé des acides de carbone quand on était en Allemagne avec Sandy, chez Goodyear. '''Phildar''' : C'est bon ? C'est pas mauvais, ça, non ? '''Gérard''' : Oui, Reego ? '''Reego''' : Non, rien. '''Gérard''' : Non, je croyais que t'avais une question. Non, mais si t'avais... ...sur l'IRCE, moi, ça me dérange pas. '''Reego''' : Non, on me dit juste que tu fumes des acides de carbone, mais je vois pas le rapport. '''Gérard''' : Non, mais ça, moi non plus. '''Prof salade''' : Les acides de carbone, ça n'existe pas, Gérard. '''Gérard''' : Oui, ben, les acides de carbone, tu sais, ça sert à quoi ? À faire des pneus et des joints de voiture. '''Phildar''' : Je le savais pas, en plus, je l'ai dit comme ça au hasard. '''Sucre d'orge''' : Et Gérard, moi, je disais que les parfums, ben, ça pollue, parce que c'est fait pour cacher les mauvaises odeurs, et les mauvaises odeurs, c'est de la pollution. Alors, les sportifs qui puent, ils mettent du parfum, et c'est pour cacher la pollution, et tout ça, c'est pour cacher la pollution. T'es d'accord ? '''Gérard''' : Non, je suis pas d'accord avec toi. '''Sucre d'orge''' : Mais il y a des parfums, quand ils sont doux, c'est agréable, ça pollue pas. Mais il y a les parfums de chiotte, aussi, ça pollue, parce que ça proue la couche d'ozone. '''Bounty''' : Moi, je trouve que les parfums, ça sent très bon, même sur une femme. C'est très agréable. C'est très agréable à sentir, une femme qui a beaucoup de charme et du parfum. '''Gérard''' : Ouais, mais, alors, Christian, moi, je vais te poser la question, et ça, toi, tu vas répondre, tu vas te mettre à côté de Phildar. Quoi, non ? Non, non, pourquoi ? '''Phildar''' : Non, moi, je réponds pas, je croyais que je devais répondre, non, non. '''Gérard''' : Parce que moi, je vais te dire une chose, une nana qui s'en met trop, par un moment donné, ça fait mal à la tête avec le... '''Kelnumero''' : Pourquoi ? '''Gérard''' : Non, attends, il n'y a pas de pourquoi, toi, tu vas la fermer ! C'est pas à toi que je m'adresse ! Quand je t'appellerai pot de chambre, tu sortiras de sous le lit, toi ! Ok ? ''[applaudissements du studio]''. '''Kelnumero''' : D'accord, Gérard, je me soumets à ton courroux. '''Gérard''' : Alors, dans ces cas-là, t'as qu'à fumer la moquette et on verra ! ''Phildar ''' : Non, ça pollue, hein ! '''Gérard''' : Hein, ok ? Alors vas fumer la moquette ! '''Max''' : En même temps, je me permets, Max, c'est Max, si le mec, il dit, quand tu dis que quand une femme met trop de parfum, ça donne mal à la tête, quand il te demande pourquoi, c'est normal qu'il te pose pourquoi, parce qu'il est en train de savoir pourquoi. '''Gérard''' : Ouais, mais j'en connais une, elle s'en met du matin au soir, c'est pas parce que moi, je m'en mets beaucoup, mais je voudrais bien qu'elle réagisse, là. Allez, hop ! '''Max''' : Ça, c'est peut-être pour camoufler la transpi, non ? ''[Sandy va s'asseoir près du icro mais peu convaincue]'' '''Braguette''' : Par contre, il y a des mecs qui se mettent pas de parfum... '''Gérard''' : Non, non, attendez, s'il vous plaît, derrière, merci, il y a un morceau, là. '''Sandy''' : Disons que le... Oui, bonsoir, disons que le parfum, c'est bien, t'es obligé d'en mettre, si tu vas à un rendez-vous, t'es obligé de mettre du parfum. '''Gérard''' : Ah ouais, mais attends, attends, attends, tu vas à un rendez-vous, tu te mets... Attends, je te réponds à ta question, et là, je pense qu'on va se marrer sérieux. Tu crois que tu vas dans un bureau d'un directeur, par exemple, moi, je vais voir Axel. J'arrive, je suis avec ma bouteille, vas-y, hop ! ''[rires sarcastiques et forcés de tout le studio]''. '''Sandy''' : Non, mais moi, je prends pas ma bouteille sur moi, hein. '''Gérard''' : Non, mais attends, mais dans ces cas-là, c'est pareil. '''Sandy''' : Et ce soir, j'ai même pas amené ma bouteille de parfum, donc tu vois... '''Phildar''' : Elle est tombée dedans, OK ? '''Gérard''' : Ouais, elle est tombée, parce que t'es à côté, toi. Tu te calmes, hein, tu gardes tes mains... '''Phildar''' : Ah, t'inquiète. ''[le studio explose de rire]''. Je touche pas à ta cam'. '''Gérard''' : Ça, c'est ma propriété. Défense d'y toucher. '''Phildar''' : T'as un droit de bail, non ? '''Gérard''' : Ouais, j'ai un droit. Donc, dernière question, je pense, ça, c'est... Le chef, il va répondre. Ça, c'est lui qui l'a sélectionnée. Moi, je pense que ça va me retomber sur la gueule, mais c'est pas grave. Les boissons sont-elles... '''Kelnumero''' : Oui, oui. '''Gérard''' : Ah, oui, oui ? qui ? Alors, Kelnumero, vas-y ? '''Kelnumero''' : Bah oui. '''Gérard''' : Bah oui, mais t'as même pas entendu la fin de la question. '''Kelnumero''' : Est-ce que c'est une pollution pour toi ? Oui, certainement. '''Gérard''' : Ah, voilà. T'es content de ta réponse ? '''Kelnumero''' : Pour moi aussi, parce que moi, je bois beaucoup. Tu sais, ma mère est écossaise, donc... J'ai l'alcool dans le sang depuis que je suis petit donc... '''Braguette''' : Ton père est boulonais, non ? '''Prof salade''' : Euh, allô ? Est-ce que les chiottes de la Loco sont polluées ? '''Gérard''', ''[explose]'': Bon alors Kelnumero, au revoir ! '''Kelnumero''' : Non, non, c'est pas moi. '''Gérard''' : Bonne nuit ! Bonne nuit, bonne nuit, bonne nuit, bonne nuit ! '''Manu''' : C'est pas Kelnumero, c'est prof Salade. Ça y est. Voilà. '''Gérard''' : Attends ! Hé, Manu ! Je te préviens ! '''Max''' : Non, parce qu'il avait son portable. '''Gérard''' : Je te préviens ! J'avais prévenu. Ce soir, le premier débat, je veux pas le casser. '''Phildar''' : C'est nickel, là. '''Gérard''' : Là, t'es en train de me le niquer. '''Manu''' : C'est prof Salade, il est parti. '''Gérard''' : Alors maintenant, tu te démerdes. Je veux pas savoir. Euh... Bounki ? Bounky, pour toi ? '''Bounty''' : Oui, bah moi, quand je vais dans... Quelque part, je bois de l'alcool, mais très modérément. '''Coquelicot''' : Moi, je ne bois pas du tout. Donc, je peux pas répondre à cette question. '''Braguette''' : Ouais, alors moi, je bois pas du tout et je supporte pas les gros cons qui picolent, quoi. Pour moi, c'est... Parce que eux, ce sont des pollueurs, oui. '''Gérard''' : Alors, attends, euh... Je vais te dire une chose, Braguette. Quand tu vas dans une boîte de nuit, t'envoies des gros cons ? '''Braguette''' : J'en vois pleins, oui. '''Braguette''' : Et à Clermont-Ferrand, il y a des boîtes de nuit, quand même ? '''Braguette''' : Et puis, il y a aussi des gros cons qui picolent. '''Gérard''' : Alors, dans ces cas-là, pourquoi que tu vas dans les boîtes de nuit s'il y a des gros cons ? '''Braguette''' : Bah, attends. J'ai le droit de sortir, quand même. '''Sucre d'orge''' : T'as des bons DJs ? '''Gérard''' : Ouais, sucre d'orge, pour finir ? '''Sucre d'orge''' : Bah, moi, je bois beaucoup, mais que de l'eau. Alors, je peux répondre que boire, ça pollue pas quand tu bois de l'eau. '''Gérard''' : Ouais, c'est ça. '''Phildar''' : Ouais, c'est limite comme réponse. '''Gérard''' : Ça m'étonnerait. À mon avis, ça m'étonnerait. '''Sucre d'orge''' : Tu me crois pas ? Je bois un petit peu de champagne de temps en temps. '''Gérard''' : Ouais, un petit peu, quand même. '''Kelnumero''' : Est-ce que tu penses que, pour toi, ça en est une, Gérard ? Bah, une pollution. '''Gérard''' : Non, mais moi, je vais te dire une chose, que si je bois, c'est mon problème, c'est pas le vôtre, et ça vous regarde pas, les auditeurs. '''Phildar''' : C'était pas ça, la question, Gérard. C'était de savoir si c'est pour toi, de boire, c'est une pollution ou pas. '''Gérard''' : Ben, ça regarde... Simplement, ma femme, c'est tout. Voilà, c'est tout. Ça regarde personne d'autre. Donc, conclusion... '''Manu''' : Attends, Gérard, justement, pour la conclusion, on va accueillir Cactus, 22 ans, de Paris. '''Cactus''' : Bonsoir, Gérard. Ça va ? '''Gérard''' : J'ai pas regardé, ce matin. '''Cactus''' : T'aurais dû regarder, comme ça, t'aurais pu me répondre. '''Gérard''' : Ouais, ben, vas-y. '''Cactus''' : Non, mais tu vas bien, Gérard ? '''Gérard''' : Ben... Je sais pas, je te dis. '''Phildar''' : Il a pas regardé, ce matin. Alors, ta conclusion, Cactus ? '''Cactus''' : Alors, ma conclusion à tout ça... C'est que c'était un très long débat qui était très bien fait. Bien animé par Gérard. Et qui s'est vachement bien passé, pour une fois. Et puis, voilà. Voilà ma conclusion. '''Gérard''' : D'accord. Ben, comme t'as fait la dernière question, tu vas rester sur le deuxième. '''Phildar''' : Ah, la classe ! '''Gérard''' : On va demander à Sucre d'orge... '''Sucre d'orge''' : Oui ? Eh bien, je crois que t'as... Enfin, ouais, bien organisé le truc. T'as viré ceux qu'il fallait virer, t'as gardé ceix qu'il fallait garder. '''Gérard''' : Non, mais ça, je l'ai fait parce que j'avais... '''Phildar''' : Ça vient du cœur, ce qu'il a fait. '''Gérard''' : Non, non. Non, non. Ça, euh... Je le dois à quelqu'un, vu ce qu'il s'est passé mardi, donc... C'est tout. J'y avais promis que ce soir, le premier et le deuxième allaient bien se passer, donc... '''Phildar''', ''[riant]'' : On avait pas dit le deuxième. On avait dit seulement le premier. '''Gérard''', ''[souriant]'' : Attends, tu vois... Tu vois, c'est con, parce que toi, t'ouvres toute ta grande bouche. Mais manque de pot, tu vas te taper la réa ! Eh, les deux. Tu vas faire les deux. ''[Manu proeteste avec gestes à l'appui]''. '''Manu''' : Oh, non, putain. Oh, mince. Je vais démissionner, moi. '''Gérard''', ''[triomphant]'' : T'es baisé. T'es baisé, mon pote. Et toi aussi. Alors, Sucre d'orge. Conclusion. '''Sucre d'orge''' : Eh bien, je pense que même si on a dit beaucoup de bêtises et beaucoup de choses intéressantes, le fait... '''Gérard''' : Non, non, non, non. '''Phildar''' : On n'a pas dit une chose intéressante. Je tiens à le signaler. '''Manu''' : Par contre, on a dit de ces conneries... '''Sucre d'orge''' : Non, mais le simple fait d'avoir répété le mot pollution toute la soirée, c'est bien parce que ça rentre dans la tête des gens et puis ils vont en prendre conscience petit à petit. '''Braguette''' : Ouais, alors moi, sur le thème, en fait, sur la pollution, je trouve que c'est bien, la pollution, parce que ça fait réagir les gens, parce que maintenant, on privilégie l'électricité, on privilégie aussi le chauffage, tu vois, solaire. Et sinon, pour le débat en lui-même, quand t'es gentil avec les gens, les gens sont gentils avec toi. '''Coquelicot''' : Moi, c'est la première fois que je viens à un débat avec toi. Je trouve ça très sympa et je trouve que ça a apporté beaucoup de choses quand même, même s'il n'y a pas que des choses intéressantes, c'est vrai, mais je trouvais que c'était très sympa et j'espère que ça va faire réagir des gens. Christian de la Celle-Saint-Cloud. '''Bounty''' : Oui, moi, j'adore beaucoup ton débat et c'est pas mal de... Ça apporte beaucoup de choses et j'adore pas mal ton émission. '''Phildar''' : Qu'est-ce que ça t'a apporté, Christian, le débat de ce soir, toi ? '''Bounty''' : Beaucoup de choses. '''Phildar''' : C'est-à-dire ? '''Bounty''' : Sur la pollution, sur le cinéma, sur le... '''Gérard''' : Non, non, mais attends, Christian, Christian, Christian ! Christian ! '''Phildar''' : On l'a pas encore fait. '''Bounty''' : Non, sur la pollution, sur certaines choses, sur les orages, sur tout. Sur les parfums. '''Gérard''' : Oui, mais t'avais pas autre chose à demander ? Parce que je t'ai entendu tout à l'heure à 22h. Non, c'est pas grave. Kelnumero ? '''Kelnumero''' : Bon, alors pour ma toute première participation aux débats de Gérard, moi, j'ai trouvé ça bien, mais bon, je sais que la pollution, toi, c'est ce que tu vis au jour le jour et c'est... '''Phildar''' : À Paris, ouais. '''Kelnumero''' : C'est pénible pour toi. '''Gérard''' : Non, mais de toute manière, la pollution, on la vit dans toutes les villes, hein. Je vais te dire une chose, ça, tu peux pas t'y échapper, que ce soit sur Paris, sur... Même en province, je pense que tu peux pas y échapper, hein. '''Phildar''' : Il y a des endroits dans le monde où il n'y a pas de pollution, Gérard ? '''Gérard''' : Euh, je pense pas, non. Donc, conclusion sur le premier débat. Donc, j'ai répondu quand même un peu aux gens. J'ai même coupé la parole pour répondre sur les questions. '''PHildar''' : C'était bien, ouais. T'as bien fait. '''Gérard''' : Donc, je pense que le deuxième, je voudrais qu'il se passe comme ça. '''Phildar''' : D'accord, mais la pollution, la pollution. '''Gérard''' : Ouais, mais il faudrait qu'on aye moins de pollution, moins de voitures. Parce que là-dessus, ça sera dur. Donc, le deuxième débat qui va porter sur le cinéma. Et on va s'écouter Bernard Mauvaise-Hallen avec Drajets Fuca. Et vous pouvez toujours nous appeler au 0800 70 5000 et 0803 70 5000 et toujours 3615 code Funradio, rubrique Direct. Et l'IRC qui... fonctionne bien je pense ? '''Reego''' : Ca pulse à mort ! '''Gérard''' : On se retrouve tout à l'heure d'ici dix minutes. ''[Musique]''. == Le débat sur le cinéma == === Contexte === Second débat de Gérard de cette nuit du 8 octobre. Le principal fait à noter est l'émergence de Reego comme régulateur. Discret jusqu'ici, il commence à prendre de l'ampleur pour devenir le vrai thermomètre régulateur de Gérard dans ses virées d'humeur. Au surplus, combiné à Phildar et Manu, il ajoute la dimension qui manquerait au surréalisme sur la durée. Pour la première fois, Max se permet de ne pas rester jusqu'au bout de l'émission, confiant à son équipe la direction réelle des opérations de cette nuit. Il ne le fera pas souvent cette saison-là, mais le fera beaucoup ensuite pour gérer d'autres obligations professionnelles. Le fait est que le format, tout en prenant son envol, trouve aussi déjà sa limite. Gérard est tellement limité dans son contenu qu'il aparaît déjà évident qu'il va falloir combiner d'autres éléments comiques pour pérenniser l'émission, le registre sérieux pouvant devenri ennuyeux. Il est même probable que les acteurs habituels, les auditeurs, n'y trouvent pas leur compte. Mais pour l'heure, c'est bien ce format qui perdure. Ce débat montre aussi, pour une nouvelle fois, l'ambiguïté de gérard, très pointilleux ici sur sa vie privée et sa pudeur, alors qu'il est prêt à tout dévoiler, sans filtre, dans d'autres circonstances moins adaptées voire risquées. C'est ici que l'instabilité psychique du personnage est claire, par-delà la dimension théâtrale de cette aventure. === Les personnages === * Gérard Cousin : Gérard * Phildar, Manu * Igor : Reego * Franck Bargine : Max * Olivier Bouchet : Olivier de la pro * Mégane : Moulinette * Tulipe: anciennement Coquelicot * Scooby-doo : anciennement Kelnumero * Laura : Cactus * Goldo : Ananas, Yoshimitsu, Multiplex * Christian * Sandy Threadkell : Poussin * Tony Morestin : Rocco (le nez pincé) === Transcription === '''Gérard''' : Et voilà, bonsoir à tous. Donc vous nenez d'écouter Baba au rhum avec des petits ...de loup dans le nez. '''Phildar''' : Non, ça c'était il y a trois disques, Gérard. '''Gérard''' : Oui, mais le deuxième c'était ? '''Phildar''' : Non, le premier, tu peux rappeler le premier et je te donne le... '''Gérard''' : Le deuxième, le premier, je l'ai, là, c'est Baba au rhum avec... '''Phildar''' : Non, le premier disque, là, on en a passé deux. C'était Bernard Mauvais-Hallen. Et le deuxième, c'était Blur. Voilà. '''Gérard''' : Et donc, continuez à nous appeler au 0800 70 5000 et 0803 08 5000 et toujours 3615 4 Fun Radio, rubrique direct et sur l'IRC, on continue de nous appeler. '''Reego''' : Oui, toujours énormément de monde. Je salue Féji, Seb Zed, Gaëtan, Corben, Miss Lover et tous les autres qui sont là. '''Gérard''' : Et on a combien de personnes sans indiscrétion, Reego ? '''Reego''' : Une petite seconde, je tape un petit truc et c'est vrai que ce n'est pas très bien de le dire, mais il y a 56 personnes. '''Phildar''' : Ne le dis pas, ça reste entre nous, non ? '''Gérard''' : Non, mais c'est bien, 56 personnes, il est 1h39, c'est bien quand même. '''Max''' : Dites-le en direct, mais pas trop fort, il ne faut pas que les gens l'entendent. '''reego''', ''[à voix basse mais devant le micro]'' : 56, il y en a 56. '''Phildar''' : Et sur le Minitel, Gilles, l'inconnu, il y a aussi Babette et Sandy. '''Manu''' : Et moi, j'aimerais saluer ma mère et ma copine. Moi, je salue Titi et la Madrilaine et voilà. '''Reego''' : Pas de marque, pas de marque. '''Gérard''' : Non, mais la Madridaine, il se reconnaîtra. '''Manu''' : Si, si, c'est une marque de vélo. '''Gérard''' : Mais il se reconnaîtra, la Madridaine. On va accueillir Moulinette, 21 ans de Dijon. On écoute Fun Radio... Fun Radio sur 90.7. Tulipe, 19 ans, Toulouse, 105.9. Ananas, Saint-Leu-la-Forêt sur 101.9. Scooby-Doo, 23 ans, Du Havre. On écoute Fun Radio sur 106.9. J'espère que c'est la bonne fréquence. '''Manu''' : C'est la bonne fréquence, Gérard. '''Scooby-doo''' : Oui, oui. Bonsoir, Paris. Bonsoir, la Dreamtease. '''Gérard''' : Cactus. Rebonsoir. Donc, Paris, 101.9. Et Christian de la Celle SaintèCloud, 101.9 toujours. Donc, deuxième débat qui porte sur le cinéma. J'espère qu'il va se passer aussi bien que le premier. '''Phildar''' : Bien péchu aussi, parce qu'il va se réveiller un petit peu, Gérard. Un petit peu, oui. '''Gérard''' : Non, mais j'espère qu'il va se passer impeccab, comme le premier, c'est tout ce que je demande. Alors, avez-vous déjà été au cinéma cette année ? Alors, on va demander à... Non, ben, tiens, comme Christian, il a répondu le premier. '''Christian''' : Oui, j'ai été souvent au cinéma. Oui. Et j'ai vu pas mal de films. '''Phildar''' : Comme quoi ? '''Christian''' : Comme Le Titanic, Dîner de con, Six jours sept nuits, Prends garde à toi et Pédale douce. '''Gérard''' : D'accord. Pédale douce, je peux te dire une chose, c'est un film qui est passé dimanche sur... '''Christian''' : Sur Première chaîne. Avec Richard Berry. '''Manu''' : Christian, t'es allé manger chez Gérard ? Il t'a invité ? '''Christian''' : Non. '''Manu''' : Non, c'est pas grave. Ouais ! Non, mais j'ai rangé la blague, elle est pourrie. '''Gérard ''' : Non, non, mais tu te calmes, Manu, parce que... Cactus ? '''Cactus''' : Ben, moi, j'ai pas trop d'argent, alors tu vois, je me souviens pas avoir été au cinéma. '''Scooby-doo''' : Moi, ben, j'ai pas tellement eu l'occasion parce que je suis serveur dans un bar. Euh, le problème, j'ai pas vu beaucoup, beaucoup de films cette année. J'en ai vu quelques-uns, mais... ''[pendant ce temps, Manu transmet discrètement une feuille à Phildar]''. Oh là ya larcène là. C'est Olivier à la pro ? '''Gérard''' : Non, c'est Cactus, à mon avis, qui a... Non, c'est Scooby-Doo qui doit avoir un truc bidon. ''([regardant Phildar]'' Non, mais tu vois, là, ce que Manu t'a donné, c'est pas... '''Phildar''' : C'est des sondages. '''Gérard''' : Non, non, mais ça, j'en ai rien à foutre. '''Phildar''' : D'accord. C'est pas grave. '''Gérard''' : Tu vois, parce que moi, tes sondages, j'en ai rien à foutre. Alors, on fait pas de sondages lors des débats. '''Moulinette''' : C'est intéressant, les sondages. '''Phildar''' : Non, mais c'était pas un sondage, c'était des statistiques, en fait. C'était des questions, genre, pour ou contre le cinéma. C'était pour savoir ce que les Français... '''Gérard''' : Non, non, mais tu vois, maintenant, dans mes débats, je mets plus des pour ou contre. OK ? Alors, ça, tu me le donnes ? '''Phildar''' : Il y avait aussi Qu'aimez-vous dans le cinéma. Tu peux le lire, si tu veux, tiens. ''[il lui donne la feuille]''. '''Gérard''' : Non, mais ça... '''Gérard''' : Non, mais tu peux le lire, c'est vachement intéressant. '''Gérard''' : Non, non, mais je verrai ça après. Ananas ? '''Ananas''' : Ouais, ben, moi, je suis un vrai fan de ciné. Je vais souvent au cinéma. Et dernièrement, j'ai vu Une chatte sur un doigt brûlant. '''Gérard''' : Non, non, mais attends. Toi, si tu commences ta vulgarisé... Si tu commences à être vulgaire... '''Ananas''' : Ah, mais je suis pas vulgaire, Gérard. '''Gérard''' : Non, non, mais attends, une chatte... Une chatte, tu sais ce que ça veut dire, pour moi ? '''Manu''' : C'est un petit animal à poils courts... '''Phildar''' : Attendez, il faut savoir si on considère que le cinéma pornographique ne fait pas partie du cinéma, Gérard. '''Gérard''' : Mais justement... Non, mais justement... Donc, si Ananas veut répondre... bien avant moi à la cinquième question... Donc, dans ces cas-là, prends les questions à ma place. '''Ananas''' : Ben, je peux pas savoir. '''Phildar''' : Donc, Ananas, tu gardes ta réponse, parce que ça, c'est pour la cinquième question. '''Ananas''' : OK, alors, je serre les fesses jusqu'à la cinquième. '''Gérard''' : Bon, ben, alors, tu vas serrer les fesses avec Manu au standard. '''Phildar''' : Il a l'habitude, Manu, de serrer les fesses. '''Tulipe''' : Ben, moi, je suis un peu prise par le boulot, donc j'ai dû aller au cinéma quelquefois, mais en ce moment, je peux pas trop. e ? '''Moulinette''' : Oui, alors, moi, j'y suis allée, mais bon, je peux pas te dire si c'est souvent ou un peu, beaucoup. C'est... je sais pas, une fois tous les deux mois, quoi. '''Gérard''' : Ouais, non, mais je pense qu'à l'heure actuelle, vous pouvez quand même aller voir certains films qui sont sortis. Peut-être Minitel, non ? '''Phildar''' : Ouais, je pense qu'ils vont aussi au cinéma. '''Gérard''' : Non, mais on a des réactions ou pas ? Parce que sur l'IRC, on a du monde. Si sur Minitel, ils veulent pas répondre... '''Phildar''' : Ben, on a Dada sur Minitel qui dit que tu es quelqu'un qui parle plus vite qu'il ne réfléchit. '''Gérard''' : Ouais, ouais, dans ces cas-là... '''Phildar''' : C'est flatteur. '''Gérard''' : Non, non, mais dans ces cas-là, elle aurait pu dire l'homme qui parle plus vite que son ombre. '''Phildar''' : Voilà, c'est un peu le même principe. '''Gérard''' : Ou l'homme qui tire plus vite que son ombre, en parlant de Lucky Luke. Sur IRC ? '''Reego''' : Oui, il y a Corben qui me demandait si le cinéma pollue. '''Gérard''' : Oh, non, mais alors là... '''Phildar''' : C'est plus le thème du débat. '''Manu''' : Mais est-ce que la pollution, c'est du cinéma ? '''Gérard''' : Non, non, mais ça... Non, non. Donc, alors là, je pense que c'est une question qui va faire plaisir à tout le monde. Je pense que tout le monde a entendu parler du film. On en a fait de la pub sur Fun Radio. Que pensez-vous du film Godzilla ? '''Phildar''' : Ah, vous ne pouvez pas passer à côté. '''Christian''' : Je trouve ça très bien, Christian. Zé vu le film, ze le trouve très formidable. '''Gérard''' : Christian, sans indiscrétion, on va demander à Cactus, Scooby-Doo, Ananas, Tulip et Mouninette de se calmer. Où t'as été le voir ? '''Christian''' : Au Gaumont-Parnasse, le matin de très tôt. '''Reego''' : Pas de marque ! '''Philda''' : Gérard, il a été à New York alors... '''Gérard''' : Tu vois, moi, j'ai été le voir avec Sandy qui se planque derrière là-bas. '''Phildar''' : Il n'a rien compris. Il n'a rien compris, mais il l'a vu. '''Manu''' : Tu as compris que c'était un monstre qui cassait une ville ? '''Gérard''' : Oui, bien sûr. Je vais te dire une chose. Tu demanderas à Poussin de tout à l'heure, après l'émission, tu verras... '''Phildar''' : C'est le nom qu'ils avaient donné au monstre dans le film. '''Gérard''' : Non, non, mais tu demanderas à Poussin tout à l'heure. Donc, Christian, pour toi, tu as été le voir au Gaumont ? '''Christian''' : Oui, au Gaumont-Parnasse, très tôt le matin. '''Cactus''' : Écoute, moi, j'en ai entendu parler. J'en ai entendu parler que du bien. Donc, comme je te l'ai dit tout à l'heure, je n'ai pas d'argent. Je n'en ai pas beaucoup. Donc, je ne dépense pas mon argent là-dedans. Mais il paraît que c'est super bien. Mais dès que j'ai l'occasion d'y aller, j'irai le voir. '''Gérard''' : Eh bien, il faudra peut-être se dépêcher parce que là, il est... '''Manu''' : Il est déjà 1h46, c'est chaud, là. '''Cactus''' : Non, mais ne t'inquiète pas, Gérard. Quand on veut voir un film, on arrive toujours à le voir. '''Scooby-Doo''' : Gérard, je sens que tu vas me virer si je dis que je déteste Jean Reno, que je déteste les films américains de merde et tout ça, donc... '''Gérard''' : Bon, alors... Non, non, non, mais là, Scooby-Doo ! '''Moulinette''' : Il a le droit, hein. '''Scooby-doo''' : J'ai le droit, je ne l'ai pas vu et je n'ai pas envie de le voir. '''Gérard''' : Oh, stop ! Stop ! On se calme. Scooby-Doo, si c'est pour insulter les acteurs de cinéma, dans ces cas-là, tu vas aller voir Manu parce que je pense que tu n'es pas encore rentré dans... '''Scooby-doo''' : Je ne l'ai pas insulté. J'ai dit que je ne l'aimais pas. '''Phildar''' : Ben oui, t'es sectaire quand même, Gérard. T'es un peu sectairé. '''Gérard''' : Non, mais attends. Non, mais attends, je vais te dire une chose. Quand t'insultes des acteurs de... '''Phildar''' : Non, il n'a pas insulté, il a dit qu'il n'aimait pas. C'est-à-dire que, ça se trouve, il n'aime pas Jean Reno dans Godzilla parce que le rôle est bidon. '''Gérard''' : Ah, non, mais attends. Son rôle est vachement bien dans... '''Phildar''' : Ben, explique pourquoi. '''Gérard''' : Son rôle est... Attends, Scooby-Doo, tu permets ? Non, non, Scooby-Doo. Scooby-Doo, tu me laisses parler ? Maintenant, je réponds à la question à Phildar. Moi, je vais te dire une chose. Jean Reno, dans le rôle qu'il a dans Godzilla, fais-moi confiance qu'il est vachement bien. Il joue le rôle d'un... '''Moulinette''' : Le dis pas, je ne l'ai pas vu. '''Gérard''' : Il joue le rôle d'un... ' ''Phildar''' : D'un agent secret, non ? '''Gérard''' : D'un agent secret. '''Moulinette''' : Faites chier, merde. '''Gérard''' : Oh, qui c'est qui a envie de chier, là ? C'est la deuxième porte à droite. '''Manu''' : Non, mais elle n'avait pas vu le film, vous lui dites la fin. '''Moulinette''' : Ne racontez pas, je veux le voir. '''Gérard''' : Non, non, mais je peux te dire une chose. Jean Reno joue là-dedans dans un super... Il a un très bon rôle. '''Manu''' : Ce n'est pas le monstre ? Ce n'est pas le monstre, Jean Reno ? '''Gérard''' : Non, non, non. '''Scooby-doo''' : Gérard ? Ce n'est pas parce que je n'ai pas les mêmes goûts que toi que tu dois forcément t'énerver et vouloir me virer. J'ai vu tout un tas de films avec Jean Reno, je n'aime pas du tout ce type. '''Gérard''' : Oui, mais si tu n'aimes pas Jean Reno, dans ces cas-là, c'est... Dans ces cas-là, est-ce que tu as regardé... '''Scooby-doo''' : Léon, tout ça, mais je n'ai pas aimé. '''Gérard''' : Mais il est passé, il y a... Quand est-ce que c'est ? Il a joué dans... '''Moulinette''' : Highlander. '''Gérard''' : Non, il n'a pas joué dans Highlander, il a joué dans... '''Ananas''' : Les Bronzés, les Bronzés. '''Gérard''' : Non, pas dans les Bronzés. Le film, l'opération Cornet de Beaf. '''Christian''' : Ils l'ont passé à la télé. '''Gérard''' : Oui, mais il était très bien comme film. Je suis désolé. '''Scooby-doo''' : J'ai regardé Big avec Tom Hanks. '''Gérard''' : Oui, tu as raison. Tulipe ? Non, Ananas. '''Ananas''' : Ananas. Écoute, moi, ce n'est pas les acteurs qui me posent un problème, c'est la bestiole quoi. En fait Godzilla, c'est quand même un petit peu un monstre de tapette, parce que si tu le mets à côté de King Kong, il ne fait pas le poids, Godzilla. Attends, moi, je suis prêt à organiser un combat entre Godzilla et King Kong quand tu veux, je suis prêt à mettre de l'argent quand tu veux, moi, je te dis, King Kong, il met une branlée à Godzilla, c'est tout. '''Gérard''' : Non, mais attends, King Kong et Godzilla sont de la même taille. Godzilla, c'est un gorille... c'est un gros lézard. Et King Kong, c'est un singe. '''Ananas''' : Mais King Kong, il est plus fort, c'est tout. '''Manu''' : Ce qu'on ne sait pas, c'est que dans la vie, ils sont amants. '''Gérard''' : Non, non, non, non. '''Ananas''' : Là Manu, tu as balancé quelque chose, là, il ne fallait pas en parler. '''Gérard''' : Non, non, Tulip, Tulip, Tulip. '''Tulip''' : Moi, j'ai trouvé ça super. '''Gérard''' : Tu as été le voir ? '''Tulip''' : Oui, oui, j'ai été le voir, oui, oui. '''Moulinette''' : Alors, moi, je ne l'ai pas encore vu pour la simple et bonne raison que je ne regarde pas les films américains en français, mais je les regarde en anglais, donc j'attends qu'il passen en anglais. '''Phildar''' : Tu l'as vu en anglais, Gérard ? '''Gérard''' : Non, américain. '''Phildar''' : Ah, pardon. Excuse-moi. '''Manu''' : Phildar, tu as fait une erreur... C'est impardonnable. '''Gérard''' : C'était américain. Moi, je peux vous dire une chose, que ce film-là est très beau à voir. Même Poussin l'a vu. Et je pense qu'elle peut dire que... C'est sûr qu'on a du mal à le comprendre, le film, mais il est très bien. IRC ? '''Reego''' : Oui, sur l'IRC, il y a Fedji qui demande si, au cinéma, les monstres peuvent remplacer les acteurs. '''Gérard''' : Ah ben, la preuve, c'est que Godzilla, le monstre, s'est vu opposé avec Jean Reno. '''Phildar''' : C'est un peu la vedette, aussi. '''Gérard''' : Oui, mais ça, c'est Jean Reno qui a fait son film, donc... '''Phildar''' : Non, mais Godzilla, c'est la vedette. Et pourtant, on ne l'a pas vu à l'avant-première en smoking. Il n'est pas venu. Pourtant, c'est la vedette. '''Gérard''' : Jean Reno... '''Phildar''' : Non, Godzilla. '''Scooby-doo''' :Est-ce que Godzilla il va monter les marches de Cannes ? '''Scooby-doo''' : Tu mets Gérard en face de Françoise, t'as Godzilla 2. '''Gérard''' : Qui c'est qui vient de dire ça ? '''Phildar''' : Ça, c'est pas cool. '''Gérard''' : Scooby-Doo, bonne nuit. '''Manu''' : Par contre, moi, je croyais que le monstre Godzilla et le gars qui faisait sauver Willy, la baleine, c'était le même. '''Reego''' : Gérard, justement sur IRC, on me demande si tu connais le nom de l'acteur qui joue Godzilla. '''Ananas''' : Sandy. '''Gérard''' : Alors, celui qui vient de dire Sandy, bonne nuit. '''Phildar''' : Non, c'est Brandy, il a dit. '''Gérard''' : Non, mais même, ce n'est pas une raison. '''Manu''' : C'est le nom de l'acteur, Brandy. '''Moulinette''' : Brandy Walker, son vrai nom. '''Gérard''' : Oui, c'est ça. C'est faux. '''Phildar''' : Je pense que tout le monde a répondu à Godzilla. Maintenant, Gérard, on peut peut-être passer à la prochaine. '''Gérard''' : Donc, combien payez-vous la place de cinéma ? On va demander à Moulinette. '''Moulinette''' : Moi, je la paye 47. Sauf quand c'est en tarif réduit, c'est 37. '''Tulip''' : 52. '''Gérard''' : Attends, 52 francs à Toulouse ? '''Phildar''' : Ça fait 5 francs de plus ? '''Ananas''' : Ouais, bah écoute, tu sais, moi, je fais le bon vieux truc. J'y vais avec un copain, puis il vient m'ouvrir la porte de sortie de secours près des chiottes, et puis je rentre gratos, quoi. '''Gérard''' : Bon, bah alors, Ananas ? '''Phildar''' : Ça, c'est n'importe quoi. '''Ananas''' : J'ai le droit, non ? '''Gérard''' : Ananas ? Tu vois ? C'est terminé pour toi. Au revoir ! '''Manu''' : Mais qu'est-ce qu'il a dit ? '''Ananas''' : J'ai pas le droit de resquiller ? '''Manu''' : Pourquoi tu payes le métro, toi ? Tu resquilles pas ? '''Ananas''' : Toi aussi, tu truandes des fois, Gérard. Chacun ses business, hein, GG. '''Gérard''' : Allez, allez, hop. Ananas, c'est terminé pour lui. Hop ! Scooby-Doo ? '''Manu''' : Ah bah, il est parti, Scooby-Doo, tu l'as jeté. '''Gérard''' : Ouais, mais... Eh, tu me prends des gens au standard, là, ou quoi, toi ? '''Phildar''' : Ah, les 24 lignes, là. '''Gérard''' : Non, mais attends, ça va, moi, je peux faire des débats comme ça... ''[il lève les jambes pour mettre ses pieds sur la table]''. '''Manu''' : Non, parce que là, les pieds près de moi, c'est pas possible, Gérard. '''Phildar''' : Ah, tu bosses un peu, Manu, quand même. '''Manu''' : Ouais, bah, j'y vais, j'y vais, j'y vais. Non, mais t'y vas maintenant ! Tu me reprends deux personnes à place d'Ananas et de Scooby-Doo. '''Reego''' : Le débat, Gérard, le débat. '''Cactus''' : Euh, c'est... Je crois que c'est 48 francs, la place, moi. '''Christian''' : Moi, ze paye 56 francs. '''Moulinette''', ''[réagissant au fait que Gérard note tous les chiffres qu'on lui donne]'' : Ça rentre pas dans les cases du loto. '''Gérard''' : Alors, 56... Alors, moi, je peux vous dire une chose, que là, il y en a aucun... Personne m'a donné la bonne réponse. Les meilleures places, c'est 30 balles la place du cinéma. '''Phildar''' : Où ça ? Dans tes rêves ? '''Gérard''' : Non. Non, moi, je peux te dire une chose, UGC, c'est 30 balles. '''Phildar''' : Mais pour les moins de 12 ans. '''Cactus''' : En tarif réduit ? '''Gérard''' : Non, non, il n'y a pas de tarif réduit. '''Moulinette''' : Pour les mongoliens. '''Phildar''' : Attends, Gérard. Moi, j'ai rarement vu des places à 30 balles à Paris. Et même en province, je pense que c'est pareil. '''Gérard''' : Non, mais attends. Toi, dans ta ville de Troyes, il n'y a pas de cinéma. J'y ai été une fois, il n'y a aucun cinéma dans ta ville de Troyes. '''Phildar''' : Si, ya des cnnémas, mais moi je faisais comme Ananas. Je passais par derrière. Bon, le problème, c'est pas ça. Le problème, c'est que c'est 50 balles maintenant, parce que la vie évolue et qu'on pollue le système. '''Gérard''' : Bon, quelle heure il est ? '''Cactus''' : On revient toujours à la pollution. '''Gérard''' : 1h50. 1h54. Non, on ne continue pas la pollution. Donc, oui... '''Reego''' : Enchaîne la question. '''Gérard''' : Vas-y, si quelqu'un voulait réagir sur les places. '''Reego''' : Oui, alors, il y a Corben qui demande si Godzilla paye sa place quand la pollution est niveau 3. '''Gérard''' : Non, mais ça, je ne vois pas le rapport. '''Phildar''' : On s'en fout ça, Reego, on t'a déjà dit. '''Reego''' : Non, non, mais il fait bien de poser la question, mais ce n'était pas le thème du débat. C'est qui sur IRC ? '''Reego''' : C'était Corben. '''Manu''' : Gérard, donc, à la place de Scooby-Doo, on accueille Poussin. Et à la place d'Ananas, on accueille Yoshimitsu de Caen, où on peut écouter Fun sur 96.3 FM. '''Gérard''' : Donc, on va attaquer la quatrième. Regardez-vous la télé sur les films sortis ? Donc, alors, je refais la question. Par exemple, quand vous regardez la télé, par exemple, le mercredi... oh là, il y a des téléphones qui sont pourris, là, je n'aime pas ça. '''Manu''' : Je crois que c'est Poussin. '''Gérard''' : Eh Poussin, tu n'en es pas comme un bœuf. '''Poussin''' : Non, non, ce n'est pas moi. '''Phildar''' : Ben si, mais dès que tu parles, ça s'arrête. '''Gérard''' : Donc, est-ce que vous regardez, par exemple, le mercredi, vous avez des films qu'on vous annonce à la télé ? '''Cactus''' : Ça s'appelle des bandes annonces. '''Gérard''' : Voilà, les bandes annonces. '''Christian''' : Sur exclusif. '''Yoshimitsu''' : Pas de gros mots. '''Gérard''' : Non, sur exclusif, je ne pense pas que j'en ai encore eus. Alors, donc, est-ce que vous les regardez ? Est-ce que vous regardez l'avant-première du film qui sort ? '''Phildar''' : Ah, il passe les avant-premières ? '''Gérard''' : Oui, ils passent les bandes annonces du film. Et ça, je peux le confirmer. Donc, on va demander à Moulinette. '''Moulinette''' : Alors, moi, je ne regarde jamais ça, parce que ça te donne toujours une image carrément faussée du film que tu vas aller voir. Je me fais une opinion plutôt par les journaux et plutôt par mes amis. '''Gérard''' : Oui, mais attends, Moulinette. Dans ces cas-là, si tu ne regardes pas la bande annonce à la télé, donc, sur les journaux, c'est pareil. Donc, sur les journaux, ça te met la bande annonce du film qui sort. Donc, tu vois l'image. '''Moulinette''' : Pas du tout, Gérard. Tu ne vois pas l'image sur le journal, Gérard. '''Gérard''' : Moi, je peux te dire que si, et je peux... '''Manu''' : C'est parce que tu lis des BD, Gérard. '''Yoshimitsu''' : Avec Gérard, elle bouge l'image. '''Gérard''' : Non, non, mais moi, je peux te ramener un journal, pas demain, mais mardi, si tu veux. Moi, je te ramène le journal, et tu vas voir que même mercredi, je peux te ramener le journal, comme quoi que la bande annonce... Ils vont te mettre la bande annonce des films qui sortent le jour même. Donc, Tulipe ? '''Tulipe''' : Bah, moi, ça m'intéresse énormément, parce que vu le peu de films que je vais voir, je suis sûre au moins qu'il m'intéressera ou pas. '''Gérard''' : Ouais, mais... Oh là, qui c'est qui a un téléphone pourri ? '''Manu''' : C'est Poussin, je ne sais pas, elle le gratte sur son menton, c'est une horreur... '''Yoshimitsu''' : C'est parce qu'elle a de la barbe ou quoi ? '''Gérard''' : Oh vous vous calmez, s'il vous plaît, derrière, merci. Tulipe ? Je me demande si à Toulouse, vous avez... Je me demande si vraiment, vous avez des salles de cinéma. '''Tulipe''' : Ah, si, si, franchement, Gérard, il y a des salles de cinéma, hein. '''Gérard''' : Ouais, ça m'étonnerait, hein. '''Moulinette''' : C'est pas le tiers-monde, hein. '''Gérard''' : Ouais, mais attends, à 19 ans, je crois que t'es en pleine études, ça m'étonnerait que t'ailles voir des films. '''Tulipe''' : Je travaille, Gérard, je ne suis plus dans les études, moi. '''Phildar''' : Moi, je voulais te poser une question, Gérard. Imagine, tu vois la bande annonce le mercredi. Une bande annonce, ça dure combien de temps ? Ça dure une minute, une minute trente. Qu'est-ce que tu vas te faire chier après à aller voir le film ? '''Gérard''' : Non, mais toute manière, sur la bande annonce, tu ne vois presque rien. Tu ne vois presque rien, il faut voir le film réel. Par exemple, sur Godzilla, t'as vu quoi ? T'as vu simplement le monstre qui cassait carrément l'hôtel. '''Manu''' : Ouais, mais il n'y a que ça dans le film, de toute façon. '''Gérard''' : Oui, non, mais il ne fait que ça, je suis d'accord. '''Moulinette''' : Raconte pas, raconte pas, raconte pas. '''Gérard''' : Non, mais attendez, je réponds à Manu. Oui, d'accord, Manu, il ne fait que ça. '''Phildar''' : Donc, je me dis, ça ne sert à rien d'aller voir le film après. '''Gérard''' : Mais si, pour les gens qui aiment bien voir des films comme ça, peuvent aller le voir. Moi, je leur conseille d'aller le voir. '''Phildar''' : Mais ça ne sert à rien de dépenser 50 balles si tu vois une bande annonce où il y a tout. . '''Gérard''' : Non, mais ils ne vont pas dépenser 50 balles parce que le mercredi, c'est moins cher. Là, sur tous les chiffres que j'ai eus, le moins cher, c'est 30 balles la place. Donc, Reego, oui ? '''Reego''' : Oui, ça va. Ok, c'est bon, on peut y aller. Il y a encore Corben qui demande si le Titanic a coulé à cause de Godzilla qui était monté à bord. '''Gérard''' : Alors là, c'est vrai qu'on parle de Godzilla, on ne parle pas du film Titanic avec Céline Dion et Leonardo DiCaprio. C'est vrai que ce film-là, c'est vrai... Non, mais... Non, mais c'est vrai que ce film-là a fait un ravage. Mais je pense qu'à l'heure actuelle, c'est pas lui qui sera dans les premiers. '''Yoshimitsu''' : Eh, Gégé, c'est Céline Dion ou c'est Lara Fabian, t'es sûr ? '''Gérard''' : Non, non, c'est Céline Dion. Attends, tu permets... Non, non, mais attends. '''Yoshimitsu''' : Je ne l'ai pas vu. '''Gérard''' : Non, non, mais tu ne l'as pas vu, mais moi, je peux te dire une chose, que c'est Céline Dion. C'est pas Laura Fabian. '''Manu''' : D'ailleurs, elle est super belle dans ce film. '''Moulinette''' : Elle est trop belle. '''Gérard''' : Elle joue un rôle... Elle joue le rôle, si je me souviens bien, elle doit jouer le rôle de l'épouse... '''Phildar''' : De la vieille, non ? De l'iceberg. '''Gérard''' : Ah, mais arrêtez, là ! Parce que ta l'heure, toi, je vais t'éclater ton bénur. Tu vas pas me casser les burnes, ok ? Je pense qu'elle joue le rôle de la femme de Leonardo DiCaprio, mais je ne suis pas sûr. Donc, on va demander à... Yushimitsu, là. '''Yoshimitsu''' : Non, non, non, attention. Yushimitsu, tu restes correct, quand même. Attends, moi, je ne t'appelle pas Gérald. Alors, c'est Yushimitsu. Ben, moi, je suis un vrai fan de cinéma. En plus, on n'est pas très riches. Donc, moi, je n'ai carrément pas la télé. Je ne vais qu'au cinéma. Donc, en fait, les bandes annonces, je ne les vois pas à la télé, quoi. '''Gérard''' : OK, Poussin. Poussin ! ''[silence]''. Oh, putain, mais merde ! '''Manu''' : Mais je n'ai rien fait ! Elle est là ! Mais elle est là ! '''Poussin''' : Non, mais je suis là, hein. Non, moi, ce que je voulais dire, c'est que les bandes annonces, c'est bien, quand même, de pouvoir les voir à la télé. Au moins, ça te donne envie d'aller voir les films. Et au moins, tu peux savoir les extraits de films, comment ça se passe et tout ça. ''[les auditeurs ponctuent par « d'accord », en voix de tête, accompagnés de Moulinette]''. Donc, tu peux y aller et puis tu peux... '''Gérard''' : Celui qui dit, d'accord, super, tu la fermes derrière, s'il te plaît. Merci. '''Poussin''' : Si, par exemple, ça ne t'intéresse pas, ty vas pas. Comme ça, ça te donne un point de vue. '''Cactus''' : Ouais, moi, je m'y intéresse beaucoup aux bandes annonces parce qu'en fait, je ne me fie pas aux opinions des autres et... Quand j'accroche avec une bande annonce, je vais voir le film et quand je n'accroche pas, je ne vais pas le voir, voilà. '''Christian''' : Oui, les bandes d'annonces, moi, je les vois dans les salles de cinéma avant de commencer les films. Ils présentent beaucoup de bandes d'annonces. '''Gérard''' : Que pensez-vous des journaux sur les films X même voire à la télé ? Donc, vous allez réfléchir et on va se retrouver d'ici... Trois minutes. Et on va s'écouter les petits poils de bouc avec des slips et toujours 0800 70 5000 et 3615 code Funradio, rubrique direct. Et toujours l'IRC. On vous retrouve d'ici trois minutes. ''[musique]'' '''Gérard''' : Et voilà, vous venez d'écouter les petits poils de bouc avec des slips et on récupère donc Moulinette. Tulip. Yo... Poussin. Cactus. Christian de la Celle-Saint-Cloud Donc alors, cinquième question, vous l'avez entendue. '''Moulinette''' : Tu peux nous la rappeler, s'il te plaît ? '''Gérard''' : Oh, non, non, mais attendez, je vais pas... '''Yoshimitsu''' : C'est sur le cul, c'est sur le cul. '''Gérard''' : Alors, que pensez-vous des journaux sur les films X ou à la télé ? Putain, mais arrêtez de renifler comme des boucs ! '''Phildar''' : C'est vrai, arrêtez de renifler, quoi. Arrêtez de respirer, c'est tout. '''Yoshimitsu''' : Vas-y, laisse-nous vivre. '''Gérard''' : Si ça te plaît pas, toi, c'est le même prix, tu vas dégager, OK ? '''Phildar''' : Bon, alors, la question, Gérard, on y va, oui. '''Gérard''' : Alors, que pensez-vous des journaux sur les films X et même à la télé ? Donc, on va demander à Moulinette. '''Moulinette''' : Ouais, alors, moi, t'as du pot, parce que j'adore ça. J'adore regarder, en fait, les petits journaux qui vendent des cassettes porno, parce que t'as toujours le résumé de l'histoire avec des mots super crus. Ça donne vachement envie de regarder le film. J'adore également le journal du hard, parce que ça me fait délirer. '''Gérard''' : Non, mais attends, le journal du... '''Moulinette''' : J'ai pas fini. C'est fait sur un ton comique. Et tu vois vraiment des images... '''Gérard''' : Mais non, mais attends, attends, Moulinette, Moulinette. Moulinette ! Moi, attendez, s'il vous plaît, derrière, on se calme. Alors, t'as 21 ans, tu fais quoi dans la vie sans indiscrétion ? '''Moulinette''' : Oui, je travaille dans une boulangerie. '''Gérard''' : Ah, ouais ? Et tu crois que tu peux te permettre de t'acheter... '''Moulinette''' : Mais je dis pas que je les achète, je dis que je les regarde, les... '''Gérard''' : Non, non, mais est-ce que... est-ce que, est-ce que, en travaillant dans une boulangerie... Tu peux te permettre de louer Canal Plus ? '''Moulinette''' : Bah, bien sûr, hein. '''Gérard''' : Ouais, tu te fais combien sans indiscrétion par mois ? '''Moulinette''' : Bah, ça, ça te regarde pas, mais oui, j'ai les moyens d'avoir Canal, je fais ce que je veux, Gérard. '''Gérard''' : D'accord. Tulipe ? '''Tulipe''' : Bah, moi, sans vouloir paraître coincée, bah, ça m'intéresse pas vraiment. Mais bon... si ça intéresse des gens, moi, je trouve que c'est bien. '''Moulinette''' : Ah, faut que t'essayes Tulipe, c'est génial, hein. '''Gérard''' : Non, mais attends, Moulinette, pour l'instant, je demande à Tulipe, ok ? '''Phildar''' : C'est plus Moulinex. '''Gérard''' : Euh... Yo, Yoshimoutchou, là. '''Yoshimitsu''' : Ah, Yoshimitsu, s'il te plaît, reste poli. '''Gérard''' : Ouais, oh, t'as qu'à prendre un autre nom, d'accord ? Parce que tout à l'heure, je vais t'appeler, euh... '''Yoshimitsu''' : T'es gentil, c'est mon vrai nom, je suis Thaïlandais, ça te pose un problème ? Bon, alors, tu te calmes. Bon, je te réponds, maintenant. '''Gérard''' : Oh, oh, oh ! Oh, tu me parles sur un autre ton ! '''Phildar''' : Bah, toi aussi, Gérard. '''Tulipe''' : T'énerve pas, Gérard, ça sert à rien, oh ! '''Yoshimitsu''' : On va repartir sur de bonnes bases, hein. '''Gérard''' : Ouais, ouais, ouais, je pense. Hein, Tony ? '''Phildar''' : Bah, non, y a pas de Tony, ce soir. Ils sont en vacances, je te dis, ils sont... '''Gérard''' : Ouais, ouais, ils sont en vacances, ça m'étonnerait. '''Phildar''' : Ils sont en Afrique. Ils sont en vacances. '''Yoshimitsu''' : Alors, moi, ouais, je suis un gros fan de films X, j'en consomme pas mal. Et, dernièrement, j'ai vu Ouvre la fenêtre que je te mette et Change de trou, ça fume. Et, franchement, je les conseille à tout le monde. '''Gérard''' : Non, mais d'accord, je vois pas du tout le rapport avec la question. Euh, Poussin ? '''Poussin''' : Bah, écoute, je pense que si ça intéresse des gens pour regarder des cassettes porno, moi, je pense que, personnellement, c'est pas utile de regarder des cassettes porno pour prendre son pied. '''Moulinette''' : T'en regardes pas, toi ? '''Poussin''' : Non, pas du tout, non. Je trouve que c'est... Enfin, s'il y en a qui veulent regarder ça, ils regardent ça s'ils veulent, mais... C'est pas intéressant, tu peux prendre ton pied autrement. '''Moulinette''' : Et ton mec, il regarde ça ? '''Yoshimitsu''' : Attends, GG ? '''Gérard''' : Non, attendez, attendez, 5 minutes, attendez. Vous allez répondre après, mais il y a une question... '''Reego''' : Oui, sur IRC, SebZ te demande, Gérard, si tu préfères les films X, Y ou Z. '''Gérard''' : Euh... Aucun des trois. '''Phildar''' : C'est quoi la différence ? '''Gérard''' : X, Y, Z ? '''Reego''' : Non, les films X, ou les films Y, ou les films Z. '''Gérard''' : Bon, déjà, les films X, c'est les films porno. Les films Z, ça existe pas. Et les films, quoi après ? Y, non plus. '''Reego''' : On me dit que ça existe, et qu'en fait, tu connais rien sur le cinéma, et que tu devrais pas faire un débat là-dessus. '''Gérard''' : Eh ben, dans ce cas, s'il n'est pas content, il va au ciné de lui-même. Cactus ? '''Cactus''' : Moi, honnêtement, je m'intéresse pas à ce genre de truc, parce que j'ai assez l'imagination pour me passer de ce truc-là. Mais pour taper un bon délire, ouais, ça me dérange pas de regarder. ''[souffle de quelqu'un qui rit dans le combiné]''. '''Gérard''' : Oh, derrière, quand quelqu'un parle, s'il vous plaît. '''Manu''' : C'est poussin, Gérard. Si, si, je l'enlève, je la remets, c'est elle. '''Phildar''' : Ouais, c'est vrai, en plus. '''Gérard''' : Non, non, bien sûr. Vous voulez la virer... Christian, pour finir ? '''Christian''' : Oui, ben moi, j'adore ça. Ça, j'envoie pas mal de photos à Max. Chez moi, à la Celle-Saint-Cloud, j'ai pas mal de tableaux des femmes avec des culs nus. Même dans les chiottes. '''Phildar''' : Excuse-moi, avant que tu réponds, j'ai une question de Sucette, 22 ans, sur le Minitel, qui demande à quel âge tu as vu ton premier film de cul. '''Gérard''' : Ça, j'y répondrai pas, à elle. '''Phildar''' : Ben pourquoi ? C'est indiscret ? T'en as déjà vu un, ou pas ? '''Gérard''' : Non, mais c'est des questions qui sont atteinte à la vie privée, donc... Sur la vie privée, je réponds pas. '''Phildar''' : À 17 ans ? À 17 ans, tu l'as vu ? '''Gérard''' : Je répondrai pas. C'est tout. '''Yoshimitsu''' : J.J., c'est Yoshimitsu. Tout à l'heure, Poussin... Elle disait qu'elle connaissait pas trop les films. Moi, si elle veut, je me propose gentiment de lui faire découvrir. On pourrait échanger nos coordonnées hors antenne. '''Gérard''' : Non, mais tu vois... Je pense qu'à mon avis, Poussin, elle sera peut-être pas d'accord. '''Poussin''' : Non, mais en fin de compte, ça m'attire pas trop. '''Yoshimitsu''' : Non, mais je vais te faire découvrir, après, on essayera et tout, non ? '''Poussin''' : Non, non, c'est pas un truc qui m'attire. '''Yoshimitsu''' : Tu as ce qu'il faut à la maison ? '''Poussin''' : Non, c'est pas ça, mais je regarde pas ce genre de choses. Je regarde plutôt des cassettes comiques ou des cassettes plus intéressantes que ça. '''Phildar''' : Il y a aussi les mangas. Les mangas, c'est des dessins animés comiques et il y a du cul aussi. '''Gérard''' : Ouais, mais ça... Moi je regarde pas les dessins animés. Donc une question... ça je pense que... c'est dommage parce qu'on n'en a pas beaucoup là. Et c'est bête, parce que cette question-là, je vais la poser. '''Phildar''' : Aux nanas, c'est pour les nanas ? '''Gérard''' : Non, ça concerne certaines personnes... donc c'est un reportage que j'ai vu hier, donc c'est malheureux. Je vais le passer parce que c'est ma question. Avez-vous déjà vu... Avez-vous déjà vu un film sur les routiers ? Ça, je sais, c'était... '''Phildar''' : C'est du cinéma, ça ? '''Yoshimitsu''' : De cul ? '''Gérard''' : Non. Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, attendez, attendez. Je peux vous dire une chose que... Ça, avez-vous déjà vu... Avez-vous déjà vu un film sur les routiers ? Je peux dire une chose que c'est un film qui est passé sur... Je sais plus quelle chaîne. '''Manu''' : Mais c'était pas un film, Gérard, c'était un reportage. '''Gérard''' : Non, non, je sais, il y avait un reportage hier sur les routiers. Mais il y a un film qui est passé sur la 6, M6. '''Yoshimitsu''' : Ça s'appelait Asphalt Fucker. '''Gérard''' : Non, non, ça s'appelait Le Convoi. '''Phildar''' : Non, c'était un non-voyant. '''Cactus''' : C'était un téléfilm, ça n'a rien à voir avec le cinéma, Gérard. '''Gérard''' : Moi, je vais dire une chose, Cactus, que le film est passé sur M6 et qui a duré pendant une heure et demi. C'est un mec... '''<mznu''' : Gérard, Gérard, excuse-moi, il y a eu une grave erreur, pas de marque. Sur la chaîne... '''Reego''' : Et à propos de films sur les routiers, on me conseille Mêlée Ouverte pour routiers à moustache. '''Gérard''' : Non, mais ça... '''Phildar''' : C'est un bon film, je l'ai vu, c'est un bon film. Il y a deux nanas moustachues là-dedans, ça s... grave. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, non, allez. Non, non, allez. On revient sur la question des routiers. Donc, je peux vous dire que ce film-là est bien passé et je l'ai vu. '''Christian''' : Avec Jean Gabin. '''Manu''' : Attendez, excusez-moi, parce que, bon, Gérard, t'as vu le film, explique-nous un peu, peut-être, ce que ça racontait. '''Gérard''' : Ben, attends, on va demander s'il y a des gens qui l'ont vu. '''Yoshimitsu''' : Yoshimitsu, je l'ai vu. C'est l'histoire d'un routier qui glisse sur une plaque de verglas et ça se finit mal. '''Gérard''' : Bon, alors, toi, tu peux dire... '''Manu''' : Ça y est, il a fait ses valises. Ça y est, il est parti. '''Gérard''' : C'est plus la peine qu'il revienne. Tu me prends quelqu'un d'autre sur les 24 lignes. '''Manu''' : Non, sur les 3 lignes, là. '''Gérard''' : Ah, il n'y a plus que 3 lignes ? '''Manu''' : Non, c'est parce que c'est plus le 0800 70 5000, mais le 0803 08 5000 exclusivement. '''Gérard''' : Alors, donc, si vous voulez nous appeler pour réagir sur cette question-là, faites vite, parce que dans 4 minutes, je change de question. '''Phildar''' : Le numéro vert est toujours disponible sur IRC et sur Minitel. '''Gérard''' : Donc, Christian ? '''Christian''' : Oui, ben, moi, zé vu un film comme ça, de con... de routier. '''Phildar''' : De con, oui, tu peux le dire. '''Gérard''' : Non, non, c'est le titre du film. Ça s'appelle Le Convoi. '''Christian''' : Oui, c'est ça, que j'avais vu avec Jean Gabin, puis qu'il traversait un camion. '''Phildar''' : En moto ? '''Gérard''' : Non, non, tu te trompes. Cactus ? '''Cactus''' : Ben, écoute, personnellement, je ne l'ai pas vu, mais si tu me raconterais un petit peu de quoi ça parle, je pourrais te dire un petit peu mon avis. '''Gérard''' : Non, ben, pour l'instant, je vous raconterai tout à l'heure, parce que je peux vous le dire, je l'ai vu, ce film-là, il est très beau à voir. '''Cactus''' : Bon, ben, je ne me ferai pas d'opinion, alors. '''Gérard''' : Non, mais j'expliquerai après. Poussin ? '''Poussin''' : Ben, moi non plus, je n'ai pas vu le film, donc je ne pourrais pas te répondre. '''Tulipe''' : Moi non plus, je n'ai pas vu. '''Moulinette''' : Moi, je ne l'ai pas vu, et par contre, j'ai vu un épisode de Drôles de Dames où elles enquêtaient sur le milieu des routiers, et elles étaient routières. '''Phildar''' : Ah, c'était bien, ça, je l'ai vu aussi, ouais. '''Gérard''' : Non, je pense que là, vous faites illusion. '''Phildar''' : Donc, c'est quoi l'histoire du film ? '''Gérard''' L'hiistoire du film... en fin de compte, c'est un gars qui... qui part avec un autre pote, et bon, c'est malheureux à dire, c'est un black. Donc, il se fait taper sur la gueule. '''Tulipe''' : Et pourquoi c'est malheureux à dire ? '''Moulinette''' : Pourquoi c'est malheureux, Gérard ? '''Phildar''' : Non, parce qu'il y avait un peu de racisme dans l'histoire du film, c'est ça. '''Gérard''' : Voilà. Et en fin de compte, t'as tout le monde, t'as même un truc, ça, c'est ce qui m'a, dans le passage du film, ce qui m'a fait marrer le plus, et je voudrais bien qu'il repasse, c'est que tu vois des prêtres qui sont tous en train de dire « Amen ». '''Phildar''' : Ouais, c'est excellent. '''Gérard''' : Non, mais ils s'amusent, et en fin de compte, ils vont… Après, t'as les routiers… '''Phildar''' : T'as Alain Delon, ouais. '''Gérard''' : Non, non, il n'y avait pas Alain Delon. T'as tous les routiers qui organisent une chaîne, parce que… Non, qui organisent une chaîne, parce que… '''Phildar''' : Parce que t'avais pété celle de ton vélo. '''Gérard''' : Non, parce que lui, sa femme est enceinte, et il veut la retrouver. '''Phildar''' : Ah, ils veulent la porter jusqu'à la clinique. '''Gérard''' : En fin de compte, il se fait arrêter par les flics, il se fait tabasser dessus, à mort. Et en fin de compte, t'as tous les routiers qui se mettent… qui déboulent tous, tu vois, plus de 150 routiers… '''Manu''' : Ah ben, ça doit faire un beau bordel. '''Cactus''' : Ah, la solidarité. '''Phildar''' : Ça fait un paquet de posters de cul aussi. '''Gérard''' : Comme dit Manu… Ça fait un beau bordel. Quand tu vois 150 routiers, tu vois même les mecs qui nettoyent la route avec leur gros camion, là, et qui t'envoient de l'eau des deux côtés. Donc, tu les vois tous qui arrosent. T'as les motards qui les escortent jusqu'au bout. Et après, t'as tous les camions qui dépensent le commissariat. Et après, ils vont dans un stade et ils font le truc du corbillard parce que, soi-disant, qu'il serait morts. Et en fin de compte, tu le revois… '''Moulinette''' : Raconte pas la fin. '''Gérard''' : Non, mais c'est drôle à voir. Et en plus, c'est un camion, c'est un camion-citerne et il y a une nana qui est avec. '''Moulinette''' : Enfin, faut aimer les camions, hein. '''Gérard''' : Ah oui, ça, faut apprécier. Oui, Reego ? '''Reego''' : Oui, la plupart des gens sur IRC disent que les routiers, c'est pas du tout le thème du débat. '''Phildar''' : Et ça, tu le prends dans les dents, quand même. Déjà que t'en as plus beaucoup. '''Gérard''' : Non, mais c'est peut-être pas le thème du débat, mais la question, c'est avez-vous déjà vu un film sur les routiers ? '''Reego''' : Ok. Et il est bientôt 20, on va passer à une autre question. '''Manu''' : Et d'ailleurs, Gérard, avant ta prochaine question, à la place de Yoshimitsu, on va accueillir Multiplex 19 ans de Toulon, où on peut écouter Fun sur 93.1 FM. '''Multiplex''' : Oui, salut, bonsoir à tous. '''Gérard''' : Salut à toi. Donc, t'as écouté la question, non ? '''Multiplex''' : Ouais, c'est bon. Ouais, non, mais je voulais dire que moi, le film, le convoi, je l'ai vu. Je suis derrière toi à 100%. '''Gérard''' : Voilà. Donc, regardez-vous les reportages sur le cinéma ? Eh ben, tiens, Multiplex, on va te demander à toi. '''Multiplex''' : Les reportages sur le cinéma ? Du genre Exclusif et tout ça, c'est ça ? '''Gérard''' : Non, mais pas spécialement Exclusif, n'importe quelle chaîne. '''Multiplex''' : Je préfère regarder le cinéma directement, en fait. Le reportage, la vie des stars et tout, tout ça, ça nous intéresse pas, quoi. C'est un peu leur vie privée, quoi. '''Gérard''' : Ouais, mais attends, Multiplex, je pense que tout le monde va réagir. Ils vont me dire, oui, mais la vie des stars, ça regarde personne. Mais en fin de compte, la vie des stars, c'est quand même eux qui font le film. '''Multiplex''' : C'est quand même eux qui la vivent, la vie des stars. '''Manu''' : Attends, Multiplex. On va demander à Christian de la Celle. '''Manu''' : Non, ben justement, Christian, je viens de l'avoir, il est parti se coucher. Donc, 0803 08 5000 pour nous joindre. '''Gérard''' : Donc, Cactus ? '''Cactus''' : Ben, écoute, honnêtement, je m'intéresse pas trop à la vie privée. Chacun fait sa vie comme il veut. Tant que le film est bon, le reste, après, je m'en fiche, quoi. '''Poussin''' : Ben, jusqu'à présent, j'ai pas vu de reportage sur les films. Mais, pourquoi pas, ça peut peut-être être intéressant. '''Tulipe''' : Moi, je suis de son avis aussi, pareil. '''Moulinette''' : Moi, j'aime bien savoir ce qu'il se passe dans la vie privée des stars. Parce que je suis une grande curieuse. Et j'aime bien savoir qui couche avec qui, enfin, tu vois. Et par contre, leur capacité à bien faire le film, ça passe après, quoi. '''Phildar''' : C'est ça que je me demande. Je me posais comme question dans le cinéma, c'est est-ce que les stars, elles couchent vraiment ensemble dans les films ou pas ? '''Moulinette''' : Ben, ouais, ouais, elles font pas semblant, hein. '''Gérard''' : Non, Moulinette, je pense que tu te trompes. '''Phildar''' : Ils mettent des capotes ou pas ? '''Gérard''' : Ouais, ouais, ouais. '''Phildar''' : Ils couchent ensemble, ils mettent des capotes. Pour éviter d'avoir des... '''Gérard''' : Non, non, mais ça, c'est pour le film sur la scène. '''Multiplex''' : Ouais, mais réel, hein. '''Moulinette''' : Non, non, ils en mettent, hein. '''Phildar''' : Des capotes réelles. '''Gérard''' : Ouais, mais ça, ils mettent vraiment des capotes, mais je peux te dire une chose, que c'est le truc, bon, ben, c'est pour le passage du film. Bon, donc, tu vas les voir, ils vont s'embrasser sur la bouche et autres, ils vont mettre des capotes, ça, ok. Mais c'est simplement que pour le passage du film. Que pour le passage de l'extrait. '''Phildar''' : Ah, ils couchent seulement pendant le passage, ils couchent pas pendant tout le film. '''Gérard''' : Non, non, tout le film, tu les auras pas... '''Phildar''' : en train de coucher ensemble. '''Poussin''' : Comment tu peux le savoir qu'ils mettent des capotes ? '''Gérard''' : Ben, attends, ça se voit, ça se voit vraiment. '''Phildar''' : ça se sent. '''Manu''' : Oui, donc, à la place de Christian qui est parti se coucher, on accueille Rocco, 26 ans, de Tignes. Et la fréquence sur Tignes, c'est 94.3 FM. '''Rocco''' : Oui, tout à fait. Bonsoir. '''Gérard''' : Salut. Donc, pour toi ? '''Rocco''' : Ben, j'ai pas écouté la question. '''Gérard''' : Oh, non, mais je vais pas m'amuser à faire que ça, hein. '''Rocco''' : J'étais au standard, excuse-moi. '''Gérard''' : Ouais, alors, regardez-vous les reportages sur le cinéma. '''Rocco''', ''[retenant difficilement un fou-rire]'' : Ben, oui, tout à fait. Ouais, tout à fait, ouais. '''Gérard''' : T'aurais pas fumé la moquette ? '''Rocco''', ''[tousse pour tenter d'expulser son fou-rire]'' : Non, non, pas du tout, pas du tout. '''Gérard''' : Non, t'aurais pas bu un coup ? '''Phildar''' : Il est un peu malade, je crois. '''Rocco''' : C'est pas évident de parler comme ça. '''Gérard''' : Ouais, tu serais pas malade ? '''Rocco''' : Un petit peu. '''Gérard''' : Ouais, un petit peu. Alors, si t'as rien à dire dans ce cas-là... '''Manu''' : Non, oui, moi, il m'a pas raconté plein de trucs au standard, mais bon. '''Gérard''' : Non, mais attends, Manu. Le premier s'est bien passé, le deuxième, pour l'instant, il a l'air de se passer impeccab. Non, mais je voudrais pas qu'il foire. '''Manu''' : Non, mais, tranquille. '''Reego''' : Non, c'est sur IRC, y'a un... Enfin, c'était juste pour dire à Manu qu'il faut qu'il rappelle Arnett. '''Gérard''' : Non, non, non. '''Phildar''' : Non, pour les cadeaux, parce qu'on lui a offert un CD de Céline Dion. '''Rocco''' : Ça, faut rappeler Arnett. Pourquoi pas. '''Gérard''' : Ouais, alors, Rocco, tu vas te coucher. D'accord, Tony ? '''Rocco''' : Pas du tout. '''Gérard''' : Ouais, ouais, d'accord, Tony. Allez, bonne nuit. Allez, bonne nuit. '''Phildar''' : Salut, Tony. C'est coupé. Coupé, c'est coupé, hein, avec Manu. '''Manu''' : Non, bah, moi, tu me dis qu'on coupe, on coupe, hein. '''Gérard''' : Non, mais, tu vois, j'aime pas trop avoir... '''Phildar''' : Il aime pas trop, ça, tu le sais. '''Gérard''' : J'aime pas, c'est pas parce que le chef, il est plus là que les souris dansent, hein. OK ? ''[applaudissement du studio]''. '''TUlipe''' : Bravo, Gérard. '''Gérard''' : Donc, tu me... Tu me... Tu m'envoies le disque, parce qu'il reste trois questions, donc... '''Phildar''' : En pleine gueule ? Tu le veux en pleine gueule ou pas ? Non, mais je sais pas, je te demande. '''Gérard''' : Tu veux un café en pleine gueule ? '''Phildar''' : Non, non, mais tu peux peut-être poser la question, on gagnera du temps, déjà. Comme ça, ils pourront réfléchir. '''Gérard''' : La Formule 1 est-elle un moyen de film ? '''Phildar''' : Oh, non, c'est naze. Non, non, tu me dégages cette question, c'est... '''Reego''' : Sur IRC, on m'a dit, s'il parle de Formule 1, il faut lui dire que c'est pas le thème du débat. '''Phildar''' : Les auditeurs, vous avez déjà vu un film sur la Formule 1 ? '''Gérard''' : Oui, oui. ''[les auditeurs dient non]''. Si, si, si, si, ça existe, ça existe, ça existe. '''Reego''' : Sur IRC, c'est marqué. '''Gérard''' : Non, mais sur IRC, ils me diront ce qu'ils veulent, mais moi, je peux vous dire que ça existe. '''Phildar''' : Mais t'as vu ça où, toi ? '''Gérard''' : Voilà. D'accord, super. ''[musique]'' '''Phildar''' : C'était les Rita Mitsuko avec le sexe des bébés éléphants est plus gros que le tien. '''Gérard''' : Donc, on va faire un petit... statistique... '''Phildar''' : Sur le cinéma. Et vous pouvez toujours appeler au 0803 08 5000 si vous voulez réagir, bien sûr, aux statistiques de Gérard sur le débat qui porte sur le cinéma. '''Gérard''' : Et donc, toujours 3615, code... '''Phildar''' : Fun Radio, rubrique direct... où il y a encore sucette, tige de cote, je sais pas ce que c'est. '''Manu''' : Voilà, on accueille Tony, d'ailleurs. '''Tony''' : Oh, bonsoir. Ça va bien se passer. '''Gérard''' : Non, non, mais Tony, je t'ai dit quelque chose. '''Phildar''' : De toute façon, t'as géré ça hors antenne, Gérard, donc c'est bon, on peut y aller. '''Gérard''' : Donc, alors, les statistiques sur le débat sur le cinéma. Donc, à la question, que pensez-vous du cinéma ? Donc, il y a 40 personnes qui ont répondu... Bah, voilà, c'est tout. On répondu à la question... '''Phildar''' : 40%, pas 40 personnes. '''Gérard''' : Ouais, 40%, mais moi, j'aime bien quand on me donne des trucs comme ça. À la question, qu'avez-vous vu dans les cinémas, donc ? Alors, 20% aiment les pop-corn, donc je vois pas du tout le rapport avec le film. 30% aiment les ouvreuses, je vois pas du tout. Et 50% aiment rester chez eux. '''Phildar''' : Ah, il y a pas beaucoup de gens qui aiment le cinéma, alors. '''Gérard''' : Donc, 30% qui aiment les ouvreuses. Ça, j'en ai rien à foutre, parce que ça rentre pas dans les films. '''Phildar''' : C'est quoi, les ouvreuses ? '''Gérard''' : Les ouvreuses, c'est celles qui te placent. '''Phildar''' : Mais il y en a plus beaucoup, en plus. '''Gérard''' : Si, je crois qu'il y en reste encore pas mal sur... '''Phildar''' : Il y en a deux sur Nantes, je crois. '''Gérard''' : Ouais, et puis 20% qui aiment les pop-corn. Alors, ça, c'est les trucs qu'ils nous donnent pendant l'entract. '''Phildar''' : Ouais, mais c'est vrai que les meilleurs pop-corn qu'on a pu manger, c'est quand même au cinéma. '''Gérard''' : Ouais, mais ça, je vois pas du tout le rapport, donc pour moi, c'est... '''Phildar''' : Donc, il y en a qui vont peut-être au cinéma seulement pour manger les pop-corn, qu'est-ce qu'on pense ? '''Gérard''' : Ou voir les ouvreuses. Enfin. Alec, oui, Reego ? '''Reego''' : Non, non, vas-y. '''Gérard''' : Parce qu'Arnette, c'est pas la peine d'essayer d'appeler, on te... Ça sert à rien. Ça servira à rien pour toi. Donc, alors, à la question pour ou contre le cinéma, donc 30% qui sont pour. Donc, j'avais pas posé la question pour ou contre le cinéma, donc ça, je vois pas pourquoi qu'on me donne ça. '''Phildar''' : Et peut-être que les auditeurs veulent répondre aussi aux questions des stats, Gérard. '''Gérard''' : Ouais, mais 20% sont pas contre. 18% sont d'accord. Et 100% sont contre. '''Phildar''' : Il y a une erreur de calcul, je crois. C'est 99. '''Gérard''' : Ouais, ouais. Non, mais à mon avis, ça, c'est vous, là. Bande de guignols, là. Hein Olivier ? Non, c'est pas toi, non. Non, c'est pas toi. C'est jamais toi. Non, non, c'est jamais toi. C'est jamais toi qui fais des conneries. '''Olivier''' : Mais j'ai rien fait, non. '''Gérard''' : À la question, quel est votre acteur préféré ? Alors, 100% ont répondu Georgette Bitoun pour sa prestation dans Les Pigeons aiment les Goélands. Alors, ça, Olivier, ça, je vais te dire une chose, que maintenant, c'est toi. Alors, ça, c'est toi. Alors, il y a 100% qui dit, vos gueules, les mouettes, vlà les Goélands. Donc, tu ferais mieux de... Pas pour moi, tu me mouettes, alors là les Goélands. Allez, hop, dégage. '''Phildar''', ''[hilare]'' : Tu peux rappeler le titre du film ? '''Gérard''' : C'est 100% Les Pigeons aiment les Goélands. Donc, à mon avis, c'est 100% vos gueules, les mouettes, vlà les Goélands. Ok, Olivier ? Merci. Merci, Olivier, pour le larsen. Alors, à la question, quel est le dernier film que vous avez vu ? Alors, 50% ont vu O, les beaux camions. O, les beaux camions. '''PHildar''' : Je l'ai vu aussi, il est super, celui-là. '''Gérard''' : Avez-vous vu CB ? Hein, Olivier ? Et 100% ont vu, C'est pas le thème du débat. Olivier ! Olivier ! ''[il froisse le papier et le jette vers Olivier]'' Tu prends ça et tu vas te torcher les fesses avec. '''Olivier''' : Mais c'est pas moi qui l'ai fait. '''Gérard''' : Non, non, c'est pas toi. '''Phildar''' : Mais c'est les Français qui ont répondu, c'est cool. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, non. Ça, pour moi, c'est des conneries. '''Reego''' : C'est un sondage. '''Gérard''', ''[adouci]'' : Non, non, ouais, mais même pour moi, c'est des conneries. '''Multiplex''' : C'est un sondage à la Goldo, ça. '''Gérard''' : Ouais, ouais, ça, c'est un sondage bidon. '''Olivier''' : C'est Sam Zell qui nous l'a passé. '''Gérard''' : Bah oui, c'est Sam. T'as raison. Tu veux que je lui garde et que je lui fasse voir demain ? '''Tony''' : Et tu pourrais rajouter sur ta liste, éclate-moi la chatte à la grenade. '''Gérard''' : Ouais, bah, toi, tu ferais mieux d'éclater ta voix basse. OK ? Merci. Alors, les montgolfières ont-elles sorti un film ? '''Phildar''' : Les sœurs montgolfières. '''Poussin''' : Qu'est-ce que t'entends par là, Gégé ? '''Gérard''' : Alors, les montgolfières... Les montgolfières, c'est un ballon dirigeable qui s'allume avec du gaz. '''Poussin''' : Donc, ce n'est pas des parachutes, alors ? '''Gérard''' : Non, c'est un zizi avec des poils qui tombe tout seul du désert et qu'on retient avec quelque chose. '''Cactus''' : Eh ben voilà ! Maintenant, je comprends déjà beaucoup mieux ce que tu veux dire. '''Poussin''' : Moi, personnellement, je n'en ai jamais vus. '''Tony''' : Tu vois des b... avec des... '''Gérard''' : Tony, Tony, Tony, Tony, Tony, Tony, Tony. '''Phildar''' : Ça va ? '''Gérard''' : Tony, tu vas la fermer parce que les ..., je ne veux pas entendre ça à 2h36 du matin. Alors, tu vas voir Manu au standard. '''Phildar''' : Il va te donner, en fait, les synonymes qu'on peut dire à cette heure-là. Et tu reviens, ne t'inquiète pas. Donc, Poussin voulait répondre à toi. '''Poussin''' : Donc, ce que je voulais dire, Gégé, c'est que les montgolfières, ça n'a rien à voir avec le cinéma. Je ne comprends pas pourquoi tu... '''Gérard''' : Non mais il y a des films sur les montgolfières. '''POussin''' : Oui, mais ça dépend si tu parles de reportages, oui, mais si tu parles de films, je n'en ai jamais vu. '''Gérard''' : Ben, tu as qu'à regarder de temps en temps la télé. Oui, Reego ? '''Poussin''' : Non, mais je n'ai pas le temps de regarder la télé. '''Reego''' : Non, mais c'est bon, Poussin, merci. À propos de montgolfières, il y a Yankee qui demande si tu as un cerveau lent. '''Gérard''' : Non, mais de toute manière, c'est pareil. Les cerfs-volants, tu les tires sur des trucs, mais il faut avoir du vent, pour les cerfs-volants. Les montgolfières, c'est avec du gaz. '''Phildar''' : D'accord, mais ça, c'est super calé dans le ciné, ça. '''Manu''' : Gérard, excuse-moi, on va peut-être revenir, justement, dans le thème du cinéma, parce que là, je crois qu'on s'égare. Donc, allez, on y va. '''Gérard''' : Donc, tiens, Tony, maintenant, toi. '''Tony''' : Oui, mais le problème, c'est que moi, je suis tout le temps au standard, pour un rien, pour un oui, pour un non. Alors, moi, je voudrais bien que tu me répètes la question, s'il te plaît. '''Gérard''' : Non, mais attends. Non, non, mais tu as entendu la question avant que tu ailles au standard. '''Tony''' : Ah, les sœurs mongolfière ? Oui, je suis allé voir tous leurs films. '''Phildar''' : D'accord, et qu'est-ce que tu en as pensé ? '''Tony''' : Franchement, c'est de la balle. '''Phildar''' : C'est planant, non ? '''Tony''' : Oui, c'est planant, c'est le mot. J'aime bien passer comme ça, Philippe, quand tu es de bonne humeur. Je te kiffe. '''Cactus''' : Oui, c'est vachement planant, comme film. '''Multiplex''' : Moi, je suis tout à fait d'accord. C'est très bien, mais il ne faut pas se moquer de ces gens-là. Il n'y a pas de quoi être fier, c'est tout. '''Tulipe''' : C'est super aussi, moi, je trouve. '''Moulinette''' : Oui, moi, j'ai vu pas mal de films sur les Mongols. Maintenant, savoir s'ils étaient fiers, je ne sais pas. '''Gérard''' : Bon, alors, Moulinette. '''Manu et Phildar''' : Ils n'ont pas compris la question. '''Gérard''' : Non, non, mais je pense qu'on parle des Mongolfières, on ne parle pas des Mongols. D'accord ? Parce que toi, pour l'instant, t'as une tête de Mongole, toi. '''Multiplex''' : Et si je te dis trisomie 21 ? '''Moulinette''' : Toi, t'a un QI de mongol. '''Gérard''' : Alors, Moulinette, bonne nuit. Moulinette, au revoir. '''Tony''' : On appelle Arnette. '''Multiplex''' : Ou Goldo. '''Gérard''' : Non, non, Moulinette, bonne nuit. De toute manière, on ne rappelle plus personne, là. Ça va être terminé, alors. '''Olivier''' : Ah, c'est dommage, il y avait des filles qui voulaient te parler. '''Multiplex''', ''[en voix de tête]'' : Allô ? Oui, Gérard ? C'est Conchita. '''Gérard''', ''[crescendo]'' : Non, non, mais c'est bon, c'est pas la peine, j'ai dit. Conchita, tu vas faire ton ménage. Donc, dernière question. C'est la dernière, et là... Oui, c'est la dernière, il est 40 et on arrête après, c'est tout. '''Tony''' : Ah, mais il faut ller jusqu'à 3h, là. '''Gérard''' : Non, non, mais on arrête après, c'est tout. '''Tony''' : T'as signé un contrat, il faut aller jusqu'à 3h. '''Gérard''' : Mais attends, si t'es pas content, Tony, tu dégages. '''Phildar''' : Non, mais attends, c'est vrai, Gérard. T'es payé pour trois heures de débat, si tu commences à te casser avant la fin... '''Manu''' : On pourrait faire encore 2 questions. '''Phildar''' : Non, mais j'aurai une question, j'aurai une question cinéma, après. '''Multiplex''' : Il faut qu'il enlève 100 francs de ticket au restaurant, c'est tout. '''Gérard''' : Alors, là, tu le dégages. '''Tony et Multiplex''' : C'était Polo. '''Manu''' : Bon, allez, on va reprendre, là. On enchaîne la question. '''Gérard''' : La France sort-elle plus de films qu'aux Etats-Unis ? '''Phildar''' : Ça, c'est une question intéressante. '''Multiplex''' : Tout à fait, tout à fait. Tout à fait, je pense que la France sort, elle sort bien, elle sort tard, et beaucoup plus qu'aux Etats-Unis, bien sûr. '''Gérard''' : Non, mais attends. Multiplex. La France sort-elle plus de films qu'aux Etats-Unis. Je ne vois pas du tout avec ce que les Français auront à faire dans la rue. '''Multiplex''' : De toute façon, les chiffres, on leur fait dire ce qu'on veut. '''Tony''' : Oui, mais la France, elle sort plus que 2 films par an. '''Poussin''' : Gérard ? Donc, c'est Poussin. Moi, ce que je voulais dire, c'est que les films en Amérique, ils sortent plus... Enfin, ils sortent en première... Enfin, en première fois, par rapport aux Français. Ils sortent d'abord en Amérique et après, on les voit, ils sortent en France. '''Multiplex''' : Non, non, non, on n'a rien à voir. Regarde, un film, regarde, un film français, Les Visiteurs, tu ne vas pas me dire qu'il est sorti d'abord aux Etats-Unis. '''Tony''' : Non mais quand Sandy et Gérard, ils sont allés à New York, c'était un peu Les Visiteurs. '''Poussin''' : Godzilla, il est sorti en Amérique d'abord. '''Gérard''' : Oui, et il est sorti en avant-première en Amérique. Tulipe ? ''[silence]''. TUlipe ? '''Tulipe''' : Ah, pardon, excuse-moi, Gérard. Parce que je m'occupe d'une petite, alors elle pleurait. Excuse-moi. '''Gérard''' : Ah, non, non, mais dans ces cas-là, si t'as quelqu'un avec toi, ça sert à rien de réagir. '''Phildar''' : Non, mais elle fait du babysitting. ''[prononcé babysittinge)''. '''Multiplex''' : Elle a besoin d'un rempotage, Tulipe. Moi, je vais te rempoter. '''TUlipe''' : Eh bien, moi, je sais pas. Franchement, je sais pas. Pour la France et les Etats-Unis, je sais pas du tout. '''Gérard''' : Alors, moi, je peux vous dire une chose, que le film Godzilla, qu'on a été voir en avant-première, est sorti à New York... '''Phildar''' : Alors, explique-nous, Gérard, pourquoi, alors, Godzilla est sorti à New York en avant-première et pas en France, par exemple ? '''GTony''' : C'est pour se faire pardonner parce qu'il a détruit New York. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, non. Non, c'est un film qui est sorti à New York en premier. Ça a été sorti sur New York parce que c'est... C'est pas parce que c'est un film que Jean Reno a fait en avant-première, là-bas, dans les villes de New York, que... ça sort en premier. Donc, il est sorti, d'abord, en avant-première. Après, il est sorti sur les écrans parisiens depuis le 16 septembre. ''Multiplex ''' : En avant-dernière. '''Gérard''' : Ben non, arrêtez vos conneries. Cactus ? '''Cactus''' : Ben, moi, je dirais que... que je laisse la parole à quelqu'un d'autre parce que je ne sais pas quoi te répondre. '''Phildar''' : Pourtant, c'est un sujet intéressant. Moi, j'aimerais bien savoir pourquoi, en fait... '''Gérard''' : Non, mais, hé, Cactus ? T'as jamais été au cinéma, encore ? '''Cactus''' : Mais si, j'ai déjà été au cinéma, Gérard. '''Gérard''' : Non, mais attends, t'as jamais été voir des films ? '''Cactus''' : Mais si, j'ai été voir Le Titanic. J'ai déjà été voir des films, t'inquiète pas pour moi, Gérard. '''Phildar''' : Non, c'est ce que je voulais te demander, Gérard. Pourquoi... Ah, Reego, une question IRC, pardon. '''Reego''' : Oui, on a Riff qui demande s'il y a plus de pollution en Amérique qu'en France. '''Gérard''' : Non, mais ça... On est plus... '''Manu''' : Reego, tu suis rien, hein. '''Gérard''' : Non, non, mais... Non, non, mais c'est pas Reego, c'est l'IRC. La pollution, c'est terminé depuis une heure, donc... '''Moulinette''' : Il y en a eu quand Gérard est arrivé... '''Phildar''' : Donc, ce que je voulais te demander, Gérard, c'est que tu sais, il y a des films français, par exemple, je sais pas si t'as vu 3 hommes et un coufin... Et ce film-là, tu sais, c'était un succès. Et les Américains l'ont copié et ont refait le même film en Amérique. '''Tony''' : 3 hommes et un oursin, ouais. '''Phildar''' : Qu'est-ce que tu penses, en fait, des versions dans le cinéma, par exemple, des films français qui ont du succès et qui se font aux Etats-Unis après ? '''Multiplex''' : Longue ou courte. '''Gérard''' : Non, mais attendez, s'il vous plaît. Oh, on se calme derrière, je réponds. Non, mais ça, de toute manière, que ça soit des films qui sortent en France, qui soient repris par des acteurs américains, de toute manière, en principe, ce qui sort en premier, c'est des films américains, non français. '''Moulinette''' : N'importe quoi... '''Gérard''' : Quoi, n'importe quoi, si ça te plaît pas, tu vas te faire foutre. OK ? '''Phildar''' : Non, mais tu vois, parce que, en fait, le film avait tellement de succès en France que les Américains nous ont copiés. Est-ce que tu trouves ça normal ? '''Gérard''' : Non, mais ça, c'est un truc, c'est à eux de voir. C'est pas à nous, parce que c'est... On sait pas... '''Multiplex''' : C'est une histoire de fric. C'est une histoire de fric, c'est tout. '''Gérard''' : Oui, mais de toute manière, c'est pas qu'il y a eu une histoire de fric, c'est de savoir... Mais c'est de savoir les nombres d'entrées qu'ils ont fait en salles. '''Multiplex''' : Mais non, il y a des dessous de table. '''Gérard''' : Non, mais attends, parce que moi, le film Godzilla, il a fait plus d'un million d'entrées en France. Et nous, quand on y a été, quand on a été le voir à New York en avant-première, il y a eu 150 000 personnes. '''Moulinette''' : Tout ça pour toi ? '''Gérard''' : Non, mais il y a eu 150 000 personnes et faites-moi confiance que 150 000 personnes dans une salle qui hurlent dès qu'ils voient Jean Reno dans un passage, la salle se met à hurler. '''Manu''' : Pourquoi ils hurlent ? Il n'est pas beau, Jean Reno ? '''Gérard''' : Non, mais c'est pas qu'il n'est pas beau, c'est que dès qu'ils le voient dans la... Dès qu'ils l'ont vu sur un passage, par exemple, quand il passe à... '''Phildar''' : Un clouté, un passage clouté, tu vois. '''Gérard''' : Non, quand il passe avec une voiture de l'armée et qu'il mâche un chewing-gum pour pas qu'on le reconnaisse, tout le monde, tu les entends tous hurler même quand il joue le rôle du médecin là-dedans. '''Manu''' : Il mâche un chewing-gum pour pas qu'on le reconnaisse, donc. '''Multiplex''' : C'est un gros chewing-gum alors. '''Tony''' : Alors que moi, personne ne me reconnaît, je suis vraiment une merde. '''Gérard''' : Bon, tais-toi, toi, Tony. '''Multiplex''' : Et toi, attends, Gégé, et toi, New York, les gens, ils ne t'ont pas reconnu du coup, alors ? Vu qu'il y avait Jean Reno ? '''Gérard''' : Mais attends, de toute manière, on paraît... '''Phildar''' : C'est vrai qu'il t'a un peu pris la vedette, quand même. '''Gérard''' : Non, non, il n'y a aucune personne qui nous a reconnu. '''Poussin''' : Est-ce que tu penses que les acteurs américains jouent mieux dans les films que les acteurs français ? '''Gérard''' : De toute manière, maintenant, voir comment qu'on a des films en salle, je vais te dire une chose, je pense que c'est les Américains qui vont bientôt nous dépasser. '''Tony''' : Non, mais t'es d'accord, Gérard, qu'il y a une différence entre Al Pacino et Bernard Ménez, quand même. '''Gérard''' : Non, mais attends, toi, Tony, Tony, dégage. Je veux plus t'entendre. '''Manu''' : Non, non, il a raison. '''Reego''' : Il a raison. '''Gérard''' : Non, mais moi, je peux vous dire une chose, qu'à l'heure actuelle, maintenant, on n'a plus grand-chose parce que maintenant, il faut qu'on prenne des films américains. '''Multiplex''' : Et pourquoi pas des films du Turcménistan ? '''Manu''' : Non, regarde Un dîner de cons, justement, on en parlait tout à l'heure. Un dîner de cons, c'est français, ça a bien marché. '''Gérard''' : Oui, mais attends, un dîner de cons, c'est sorti en cassette vidéo, ce n'est même pas sorti sur les grands écrans. '''Manu''' : Je l'ai vu au cinéma. '''Cactus''' : Et toi, tu préfères quoi, Gérard ? Les films américains ou les films français ? '''Gérard''' : Moi, je n'en ai rien à foutre. '''Cactus''' : Argumente ? '''Gérard''' : Moi, personnellement, pour l'instant, je n'ai pas les moyens de me payer le ciné. '''Phildar''' : Non, Gérard, il n'a pas les moyens d'aller au ciné, il préfère aller à New York voir le cinéma. '''Gérard''' : Donc, voilà. Je pense que vous avez été contents de... '''Phildar''' : De sa réponse. Ça vaut le détour. '''Multiplex''' : Ce que j'aurais voulu savoir, c'est si une carrière, un jour d'acteur se présentait à toi, parce que tu as commencé dans la radio, mais tu vas peut-être aller plus haut. Si une grande carrière d'acteur, comme tout à l'heure, on parlait de Jean Gabin ou Lino Ventura, se présentait à toi, est-ce que tu penses que ça t'intéresserait ? '''Gérard''' : Je peux te dire une chose que là-dessus, personnellement, non. Je préfère rester à la radio que d'aller faire du cinéma. '''Multiplex''' : Il y a des rôles qui sont faits pour toi. '''Phildar''' : Justement, en parlant des gens qui font un autre métier et qui veulent se lancer dans le cinéma, il y a Sucette sur le Minitel qui te pose la question, Gérard, est-ce que tu trouves qu'Ophélie Winter est une bonne actrice ? Et que penses-tu des chanteurs qui se lancent dans le ciné, justement ? '''Gérard''' : Ça, chacun voit midi à sa porte dans les chanteurs. C'est vrai qu'on n'en a pas parlé. Je n'ai pas pensé à faire la question. C'est vrai qu'il y a beaucoup de chanteurs qui se lancent dans le cinéma. '''Phildar''' : Est-ce que tu trouves que c'est bien et est-ce qu'ils sont bons dans le cinéma aussi bien que dans la chanson ? '''Gérard''' : Ophélie Winter, elle, je la vois mieux dans la chanson. Il y a Michel Sardou que j'adore. Lui, il a sorti deux films. '''Phildar''' : Sur CD ? '''Gérard''' : Il a sorti Cross, qui était pas mal. Il y a Patrick Bruel aussi. '''Multiplex''' : Michel Sardou, il vaut mieux qu'il arrête de chanter, il vaut mieux qu'il arrête de faire des films et qu'il fasse de la poterie. '''Gérard''' : Oui, qui c'est qui vient de dire ça ? Multiplex... '''Phildar''' : Chacun ses goûts, Gérard. '''Tony''' : Qu'est-ce que tu as pensé de la prestation de Guy Béard dans Scarface ? '''Gérard''' : Non, mais là, tu te trompes. Allez, conclusion du débat. '''Moulinette''' : À chier. '''Gérard''' : À chier. Qui c'est qui vient de dire ça ? '''Multiplex''' : Une fille. C'est toujours les filles qui foutent le bordel. Je ne sais pas si tu as remarqué. Avant, c'était les garçons, maintenant, c'est les filles. '''Manu''' : Allez, chacun votre tour. Multiplex, conclusion. '''Multiplex''' : Multiplex, moi, je pense que Gérard, tu pourrais faire carrière dans le cinéma. Je pense que notamment des rôles comme celui de Quasimodo te conviendra très bien. '''Manu''' : Ou le bossu de Notre-Dame, non ? '''Multiplex''' : C'est le même, c'est celui-là. '''Tulipe''' : Moi, j'ai trouvé ça bien. C'est sympa. '''Cactus''' : Moi, je pense que le cinéma n'existerait pas, on n'aurait pas eu de débat ce soir. Je trouve que c'est pas mal. '''Tony''' : J'ai trouvé ça trop calme comme débat. Déjà, je voulais te le dire. Il faudrait que tu respectes un petit peu plus ton équipe parce qu'elle est quand même là pour travailler avec toi. '''Gérard''' : Non, mais attends, Tony, déjà pour commencer, l'équipe ce soir, elle a bien travaillé. Je voulais la remercier. '''Phildar''' : Merci, chef. '''Gérard''' : Je voulais remercier Phildar quand même qui a fait les deux débats à la réa. '''Phildar''' : Et tu sais que ça me démangeait. '''Gérard''' : Manu, qui a fait un peu n'importe quoi au standard, mais c'est pas grave. '''Manu''' : C'était nickel, il n'y a pas eu une insulte, pas eu un truc. '''Gérard''' : Oui, mais quand je demande de retirer des gens, c'est pas la peine d'essayer de les passer sur d'autres personnes. Sur le premier débat, c'est ce que tu as voulu jouer et puis là, c'est le deuxième avec Ananas et l'autre et Multitex. On a vaguement repéré. '''Tony''' : D'ailleurs, c'est Goldo, je te le dis. '''Manu''' : Non, ce n'est pas possible, c'était un 03. Il n'a pas déménagé, Goldo, je l'ai vu ce midi. '''Gérard''' : Je vais voir parce que j'ai gardé les fréquences. '''Tony''' : Je n'aime pas trop que vous fassiez des coups comme ça à mon Gérard, je vous le dis. '''Phildar''' : T'es un peu lèche-botte, Tony. '''Gérard''' : Mais Rocco qui s'est fait passer pour Tony, donc on l'a reconnu tout de suite. '''Tony''' : Non, ça c'est faux. C'est faux parce qu'ils m'ont appelé un quart d'heure avant la fin. Et Reego, tu l'as pas remercié ? '''Gérard''' : Non, mais Reego, de toute manière, il a fait comme le mardi dernier. Il a bien travaillé. De toute manière, si j'ai qu'un truc à dire, c'est Reego qui a le mieux. C'est le mieux qui a travaillé parce qu'il a voulu que tout le monde réagisse sur l'Internet et je remercie. '''Reego''' : Et d'ailleurs, pour la conclusion, il y a Arnette sur l'IRC qui chie sur ton débat. '''Gérard''' : Eh bien, Arnette, moi je te... '''Phildar''' : On a bien compris. '''Poussin''' : Donc c'est vrai que les salles de cinéma, s'il n'y en avait pas, on ne pourrait pas en parler et puis on ne pourrait pas aller voir les films, c'est clair. '''Gérard''' : Oui, mais il faut dire une chose que les salles de cinéma, c'est qu'il y en a beaucoup en France et elles sont moins fréquentées qu'avant. '''Poussin''' : Mais il n'y en a pas beaucoup par contre dans les petites campagnes. '''Gérard''' : Oui, mais ça dans... Oui, c'est... '''Phildar''' : Excusez-moi, justement sur Minitel, il y a une question de Sucette encore qui dit étant donné qu'il y a trop de salles de cinéma, est-ce qu'il ne faudrait pas en abandonner sur le bord de la route ? '''Gérard''' : Non, mais ça, voilà, Sucette, tu vois, je ne préfère même pas te répondre à ta question. Donc la semaine prochaine... '''Phildar''' : Ta conclusion Gérard sur le cinéma avant ? '''Gérard''' : Non, mais attends, je vais annoncer le thème du débat de la semaine prochaine. Donc la semaine prochaine, le premier débat, comme ça va intéresser tout le monde et qu'il y a longtemps qu'on ne l'a pas fait. Disons qu'on l'a fait mais on va le refaire. On va faire les boîtes de nuit. '''Phildar''' : Oui, le milieu de la nuit, les DJ, tout ça. '''Gérard''' : Voilà. Et le deuxième débat, on verra. '''Phildar''' : D'accord. Tu vas réfléchir chaque semaine et tu vas donner ta conclusion sur le cinéma, bien sûr. '''Gérard''' : Donc en conclusion sur le cinéma, je pense que ce soir ça s'est bien passé, les deux débats se sont bien passés, personne ne s'est énervé. Ça, c'est ce qui m'a fait le plus plaisir et ça fera plaisir à Max s'il est encore dans le quartier mais je ne pense pas. Et donc, j'espère que la semaine prochaine ça sera pareil. Et donc, on va se quitter pour finir avec Banga avec Montez-moi dessus sans selle et vous allez avoir Rousseau Rousseau pour la nuit sans pub et bien sûr demain 22h minuit Max, le Star System. Bonne nuit à tous et à la semaine prochaine. == Le débat sur les boîtes de nuit == === Contexte === Cette semaine, la routine semble reprendre ses droits. Pourtant, il semble bien que l'équipe, et en particulier Phildar, tente de réintroduire des éléments comiques dans l'émission. Par ailleurs, Gérard prenant confiance, il libère son instinct de bavard et l'émission renforce encore son surréalisme dans le contenu de ce qui y est dit, largement alimenté par Max. Cette tendance n'est pas sans risque de dérapage, et cette émission en est une belle démonstration. Alimenté par des auditeurs à l'esprit vif, rebondissant sur d'anciennes expressions qu'il utilisait dans le cadre de ses conseils comme « Sans indiscrétion » ou d'autres liées à ses courriers comme « Ca se termine, au tribunal », ils accélèrent le déroulé de la scène, ce qui rend gérard confus, et l'expose aux vrais dérapages. L'équipe contrôle et surtout, on le voit ici, il n'y avait pas la même sensibilité au sujets de genre et autres. On peut en effet parier que en 2026, nombreux seraient ces dérapages qui l'auraient exclu de l'antenne alors qu'ici, un simple recadrage suffisait. C'est l'image de cette liberté qui reste intéressante aussi à explorer à travers ces programmes, liberté qui peut d'ailleurs se discuter au regard des cibles de ces propos parfois maladroitement outranciers. Enfin, c'est le premier débat où Gérard accordera de l'importance à l'IRC et au nombre de connectés. Nous y reviendrons, cet élément prendra une ampleur imprévisible ensuite. === Les personnages === * Phildar et Manu * gérard Cousin : Gérard * Franck Bargine : Max * Igor : Reego * Crouton (idem que Tulipe la semaine dernière) * Axel : Oignon * Tuteur, Col roulé * Tony Morestin : Tony * Mladen Derek : * Olivier Bouchet : Olivier de la pro === Transcription === '''Gérard''' : Et voilà donc bonsoir à tous, 0h42, on est un petit peu en retard donc c'est un peu de ma faute parce que j'ai eu des petits problèmes mais c'est pas grave... Donc là vous venez d'entendre deux passages des Bee Gees, Philippe si tu peux... '''Phildar''' : Helle woman et le deuxième je te le laisse annoncer quand même. '''Gérard''' : Ouais mais... Steve... Alave Steve Alave, donc c'était le un, je pense que ça devait être la fièvre du samedi soir... '''Phildar''' : Non c'est le deuxième, la fièvre du samedi soir et le premier c'était... Ouais mais c'était quoi comme film à peu près ? '''Manu''' : Rocky IV je crois. '''Phildar''' : Ouais ça devait être dans Rocky... Enfin bref, c'était un bon film. '''Gérard''' : Voilà, donc le premier débat il va porter... Il va porter sur les boîtes de nuit. Donc on va accueillir pour ça Crouton, 21 ans de Beauvais. On peut écouter Funradio 101.9... A mon avis, tu vois, Manu... A mon avis Beauvais, on écoute, Beauvais c'est dans l'Oise '''Manu''' : Ouais, c'est 101.9. '''Gérard''' : Non, à mon avis je pense pas. '''Manu''' : Bah c'est marqué sur mon truc. '''Gérard''' : Ah ouais mais c'est marqué sur ton truc mais ton truc il doit pas être à jour. '''Manu''' : Ah ok. Alors je peux pas savoir, je m'en excuse. '''Gérard''' : Donc alors Beauvais, ça m'étonnerait que ça soit sur 101.9. Crouton, t'es là pour me confirmer ? '''Crouton''' : Oui oui, bonsoir Gérard, mes respects d'abord. '''Gérard''' : Bonsoir. Non non mais tu peux me confirmer la fréquence ? '''Crouton''' : 101.9 oui '''Gérard''' : Ah non non, Beauvais dans l'Oise ? '''Phildar''' : Attends Gérard, elle habite dans l'Oise, si elle te dit que c'est sa fréquence c'est la sienne. '''Gérard''' : Non mais attends... '''Phildar''' : Bon on va faire des recherches, on va faire des recherches, on va continuer les présentations, allez on y va. '''Gérard''' : Donc petit_poil, donc il y a Bondy, donc 101.9, pas de problème pour cette fréquence, 23 ans. Allo ? Oh là, vous vous réveillez quand je dis bonsoir ou pas là ? Allo ? '''Petit_poil''' : Tu m'entends ? Allo '''Gérard''' : Oh là, ça commence très très très mal hein Phildar... Je sais pas comment vous... Tuteur d'Aix-en-Provence, on peut écouter Fun Radio sur 103.1. '''Tuteur''' : Ouais c'est ça, c'est là-bas. '''Gérard''' : Voilà. Oignon, donc Brest 98.9. '''Oignon''' : Oui, bonsoir Gérard, bonsoir à toute l'équipe '''Gérard''' : Tony, 20 ans. Tony, gentil hein ? '''Tony''' : Ah oui. Sans problème. On est gentil et puis on écoute Fun Radio sur 101.9. '''Gérard''' : Voilà. Et... Col_roulé. Donc... Ou qu'on peut écouter Fun Radio Lille 96.8. Et voilà. Donc alors, les débats vont porter sur les boîtes de nuit. Donc... Avez-vous déjà été en boîte de nuit ? ''[silence]''. Non, non mais attendez. Là, je ne vais pas commencer à parler dans un mur. '''Tony''' : Calme-toi Gégé, calme-toi. '''Gérard''' : Non, non mais attends, Tony, Tony Tony. Attendez, attendez, s'il vous plaît derrière. Tony, je vais me calmer. De toute manière, tu sais que la semaine dernière je t'ai eu, ok ? Non mais moi je voudrais... Quand je pose la première question, je voudrais pas déjà... J'aimerais déjà pas avoir un blanc. Parce que là... '''Phildar''' : Attends, j'ai une idée pour ça. Pour pas avoir de blanc, quand tu poses la première question, tu fais, par exemple : « Col roulé, qu'est-ce que t'en penses ? ». Comme ça, il y aura moins de blancs. '''Gérard''' : Alors donc... Donc, déjà, la première question : avez-vous déjà été dans une boîte de nuit ? On va demander à... Col roulé. '''Col roulé''' : Ouais, ben ok. Ouais, ben ouais... Moi, j'ai déjà été en boîte de nuit, ouais. Et puis, en fait, je voudrais dire que c'est vachement cool parce que tu rencontres plein de gens. '''Gérard''' : Ouais, mais ça... Non, mais attends ! Là, déjà, commencez pas à me casser le thème du débat parce que... petit à petit, on va y revenir là-dessus. '''Col_roulé''' : J'approfondis, Gérard, j'approfondis. '''Gérard''' : Bon. Donc, pour toi, t'as déjà été en boîte de nuit ? '''Col roulé''' : Ouais, voilà, quoi. Ouais. '''Gérard''' : Tu peux me citer... euh... Non. Non, non, j'allais dire : « Tu peux me citer... ». '''Phildar et Manu''' : Non, pas de marque. Non, non. '''Gérard''' : Euh... Tony ? '''Tony''' : Oui, oui, bien sûr. J'ai déjà été en boîte de nuit. J'aime bien y aller, mais je préfère plutôt les ambiances soirées. '''Gérard''' : Euh... Dans... dans quel sens ? Si ça te dérange pas. '''Tony''' : Ça me dérange pas du tout, mon Gérard... euh... bah, je préfère... si tu veux, je préfère les soirées. Parce qu'en boîte de nuit, je trouve... bon, c'est bien, on s'éclate, on s'éclate bien... Mais je trouve ça un petit peu... il y a trop de monde, si tu veux. On fait moins de rencontres que, par exemple, si on fait une petite soirée en appartement. '''Gérard''' : Ouais, non mais... euh... Dans ces cas-là, Tony, moi je peux... je te renvoie la... Oh, non ! Mais attendez derrière, s'il vous plaît ! '''Tony''' : Tu me renvoies un rot, là. Parce que j'ai entendu un... '''Gérard''' : Non, non, non, non, non. Je t'envoie pas un rot. Parce que je dis aux gens qui sont derrière qu'ils se calment, parce que moi, je vais quand même répondre à la question. Donc, je suis d'accord avec toi. Donc, c'est vrai qu'on a du mal à... Dans des boîtes de nuit, je pense que c'est... Col roulé qui a dit... On peut faire plus de rencontres. Moi, je suis pas d'accord. '''Tony''' : Ouais, moi non plus, hein. '''Col_roulé''' : Non, bah si, mais ça dépend du tempérament aussi, Gégé ! Si t'as un tempérament ouvert, tu vas vers les gens, franchement, tu peux faire des rencontres, quoi. '''Crouton''' : Oui, mais par exemple, je pense que ce ne sont pas que des bonnes rencontres. '''Gérard''' : Oui, Crouton. Bah, vas-y alors, dis, toi, dis ta pensée. '''Crouton''' : Moi, personnellement, je crois que ce ne sont pas que des bonnes rencontres. '''Gérard''' : Oui, mais dans ce cas-là, je vais rejouer avec... les... les... les jeux avec Manu : « Pourquoi et comment ». Donc, pourquoi que ce ne sont pas des bonnes rencontres ? '''Crouton''' : Bah, quand je dis des bonnes... pas que des bonnes rencontres, ça veut dire que tu peux tomber sur des gens sympas et des gens sincères, comme tu peux tomber sur des loubards '''Col_roulé''' : Des gros obsédés, quoi. '''Gérard''' : Non, non, non, non, mais... Non, non, non, non, attendez, attendez, attendez ! Là, je vais demander à... Tony, Col_roulé et Crouton... donc on va laisser parler les autres. Après, on va essayer de... de rentrer dans... '''Col_roulé''' : dans le débat. '''Gérard''' : Non, non, non, non. On va essayer de... d'approfondir la question. Parce que moi, je... je peux... je peux vous dire que des rencontres... j'ai jamais eu l'occasion d'en faire là-dedans. Donc, Petit Poil, pour toi ? '''Petit Poil''' : Alors, pour moi, j'aime bien... j'aime bien aller en boîte pour m'éclater, pas forcément pour draguer. Pour être dans mon trip sur la techno. J'aime bien aussi les soirées pour plus rigoler, faire connaissance. '''Tony''' : Voilà, comme moi. '''Gérard''' : Ok. Tuteur ? '''Tuteur''' : Moi, j'aime bien aller en boîte pour me détendre le week-end, quand j'ai rien à faire. Et puis, on peut sûrement faire des rencontres sympas. Et puis, quand elles disent que... qu'on peut tomber sur des gens pas cool et tout ça... ben, je veux dire, où que t'ailles, de toute façon, tu peux avoir des gens sympas ou pas, quoi. '''Tony''' : Excuse-moi, Gérard. Est-ce que je peux poser une question à cette jeune demoiselle ? '''Gérard''' : Oui, tu peux si tu veux. Mais attends, Tony. '''Tony''' : Oui. '''Gérard''' : On a Ognon qui n'a pas répondu encore. '''Ognon''' : Ben ouais, Gérard, bien sûr. Ouais, je vais en boîte. Je vais en boîte... une fois par semaine, à peu près, quoi. Tous les week-ends, plutôt le samedi. '''Gérard''' : D'accord. '''Ognon''' : Et voilà, quoi. Je m'éclate bien, plutôt dans les boîtes techno. '''Gérard''' : Ouais, mais... Ouais, mais d'accord, mais bien sûr ! Tout le monde me parle de boîtes techno, mais il n'y a pas que la techno en France. '''Ognon''' : Ah ouais, mais ça, ça dépend en fonction de toi, ton style de musique. Moi, je préfère aller dans une boîte pour m'éclater sur de la techno plutôt que... enfin, je sais pas, je me vois mal en boîte pour danser sur du rap, par exemple, ou du raggameuf. '''Gérard''' : Non, non, non. Attendez, attendez, attendez ! Attendez, attendez. On va quand même... on va quand même éclaircir la question. '''Tony''' : Ça devient intellectuel tes débats. Oulala ! '''Gérard''' : Ouais, mais... Avez-vous déjà été en boîte de nuit ? Donc, moi je peux vous le dire : oui. Parce que j'y ai été plus d'une fois. J'ai... bon, Tony, je pense que tu dois savoir... '''Tuteur''' : à la Loco. '''Tony''' : On avait dit qu'on en parlerait pas. '''Gérard''' : Non, mais justement, donc ! On va en parler parce qu'il y a quand même Jean-Marie K., tout à l'heure, qui était parmi... ouais, avec Max, qui en a parlé. Donc, maintenant, si je ne retourne plus à la Loco, c'est qu'à l'heure actuelle, bon ben, moi j'ai trouvé ma... la personne avec qui faire ma vie. '''Tony''' : Tu peux retourner en boîte pour t'éclater avec Sandy. '''Phildar''' : Ce que je voulais dire, c'est qu'on n'est pas forcés d'aller en boîte pour trouver une nana. '''Gérard''' : Voilà. Je pense qu'à la Loco, de toute manière, vous allez pas... vous allez pas trouver la chaussure à votre pied. '''Tuteur''' : Pourquoi ? '''Gérard''' : Ah ben, je pense pas. Ah non, parce qu'il y a trop de nanas... '''Tony''' : Ouais, il y a un tas de nymphomanes, il faut le dire. '''Gérard''' : Ouais, ben oui. Mais de toute manière, un tas de nymphomanes... Attendez, attendez, attendez ! Pour finir, pour répondre à la question à Tony... '''Tony''' : Oui. '''Gérard''' : Donc, moi je peux te dire : des "nymphos"... je vais te dire une chose, c'est même pas une nympho. C'est des allumeuses, pour moi. '''Crouton''' : Ah ouais, exactement. '''Gérard''' : T'as plus d'une personne, ils vont te dire : « Ouais, ben, tu me payes un verre », et après ça va se terminer juste... juste... Attendez, attendez, attendez ! Attendez. Tout le monde me dira oui ou non derrière si vous êtes pas d'accord. Mais moi, je peux vous dire une chose : que ça se termine, à la fin, juste par un verre ou par une soirée à la casba et après c'est terminé, tu revois plus la personne. '''Phildar''' : C'est une autre boîte, ça, la casba ? '''Gérard''' : Non, ça c'est... c'est mon terme. '''Phildar''' : Ah, pour dire chez toi ? '''Gérard''' : Non, non, c'est mon nouveau... mon nouveau truc. J'ai envie de dire ça, c'est tout. '''Tony''' : Ouais, Gérard, j'avais une question. '''Gérard''' : Oui, mais attends. Attendez, attendez. Me laissez voir sur Internet si des fois on a des réponses sur la première, non ? Non, pas pour l'instant. Ok reego, mais de toute manière, tu peux réagir sur Internet. Donc, c'est quoi le site Internet ? '''Reego''' : C'est irc.funradio.fr. '''Gérard''' : Voilà, donc vous pouvez réagir sur le débat de la boîte de nuit. Et le deuxième portera sur les routiers. Alors donc, Ognon, tu voulais rajouter quelque chose ? '''Ognon''' : Ouais, est-ce que ça t'est déjà arrivé ? Parce que, justement, je t'entends parler de ça... est-ce que ça t'est déjà arrivé de te faire draguer par une allumeuse ? '''Gérard''' : Euh... ça m'est déjà arrivé, oui. Oui, oui, oui. '''Tony''' : Sans indiscrétion, comment ça s'est passé ? En tout bien, tout honneur ? '''Gérard''' : Non, non, mais je peux te dire qu'en boîte de nuit, même à la Loco, même que j'étais avec Sandy — Sandy, ça fait 8 mois que je la connais — je peux te dire une chose : j'ai eu des gens, des nanas qui sont venues me voir. '''Ognon''' : Ça s'est terminé, comme t'as dit, par un verre ? '''Gérard''' : Non, non, non. Ça s'est pas terminé par un verre. C'est que... '''Crouton''' : Et avant Sandy ? '''Gérard''' : Avant Sandy, ben... avant Sandy, il n'y avait rien d'autre. '''Crouton''' : T'avais connu qui ? '''Gérard''' : À part Christine, c'est tout. '''Tony''' : On la salue d'ailleurs. '''Phildar''' : Tu l'avais rencontrée pas à la Loco, celle-là ? '''Gérard''' : Non, non, mais Tony ! On la salue pas. '''Tony''' : Ah, pardon. '''Crouton''' : Qui t'avais rencontré à la Loco ? '''Gérard''' : Ben, j'ai rencontré plus d'une personne. Bon, ben, je pense qu'elle nous écoute, donc voilà. '''Crouton''' : Non, mais c'est qui ? '''Gérard''' : Ah non, mais je ne citerai pas tous les noms. '''Crouton''' : Ah, pourquoi ? '''Phildar''' : Parce que ce n'est pas le thème du débat ! '''Gérard''' : Non, non, ce n'est pas le thème du débat. '''Crouton ''' : D'accord. Donc pour répondre à la question que tu disais. Donc, il y a des nanas qui allument, qui se font payer un verre et puis qui se cassent. C'est ça, hein ? Donc, qui veut répondre à la question ? Non, mais c'est... c'est vrai, franchement. Il y en a beaucoup comme ça. '''Gérard''' : De toute manière, dans les boîtes de nuit, de toute manière, c'est ça. Si t'es à pied et que la nana elle a un petit coup dans le verre, un petit coup dans le nez... c'est de savoir si le mec il a une voiture pour la raccompagner. Et après ça se termine dans le plumard. '''Ognon''' : Au tribunal oui. '''Gérard''' : Non, non, non, attendez ! Attendez, attendez. On se calme, Tony. '''Tony''' : Oui, ce qu'il faut dire, Gérard, aussi... '''Gérard''' : Non, non, mais Tony, on ne dit pas « ça se termine au tribunal », d'accord ? '''Phildar''' : Ce n'était pas Tony, Gérard, c'était Ognon. '''Gérard''' : Bon, Ognon ! Manu, tu me prends Ognon et tu lui dis qu'il reste... '''Manu''' : Donc, je lui prends l'Oignon et je lui dis qu'il se calme... '''Gérard''' : Non, non, tu le prends hors antenne ! '''Phildar''' : Tu prends l'Oignon de Tony... '''Gérard''' : Tu prends Ognon et tu lui dis... '''Ognon''' : Je me calme, je me calme ! '''Gérard''' : Non, non, mais tu vas aller voir Manu, là. '''Ognon''' : Non, pas de problème, je me calme, Gérard. '''Gérard''' : Non, non, mais parce que... Non, non, mais parce que moi, cet après-midi, on a fait une réunion avec toute l'équipe. Donc je voudrais... '''Phildar''' : Donc c'était cet après-midi, et là il est 1h du matin... donc on en était où ? '''Gérard''' : Oui, non, mais je voudrais que le débat se passe comme la semaine dernière : impeccabe. '''Tony''' : Qui c'est qui va me prendre le cul là ? parce que je suis perdu... '''Petit poil''' : Oui, Gérard ? Je voulais dire aussi, il ne faut pas généraliser. Toutes les filles ne sont pas comme ça, hein. '''Gérard''' : Oui, non, mais attends. C'est qui qui parle, là ? '''Petit Poil''' : C'est Petit Poil, là. '''Gérard''' : Oui, mais Petit Poil, moi je vais dire une chose. Tu as certaines nanas, quand tu les vois à la Loco, il faut dire une chose : il faut voir comment vous êtes habillées. Parce que les trois quarts... '''Petit Poil''' : Oui, les trois quarts, mais pas toutes ! '''Gérard''' : Oui, mais... Non, mais... '''Crouton''' : Moi je crois qu'il ne faut pas généraliser. '''Gérard''' : Oui, mais d'accord. Vous venez en boîte pour vous éclater. '''Tony''' : Mais nous on veut vous éclater, c'est ça le truc ! '''Gérard''' : Mais venez pas, dans ces cas-là, nous allumer. '''Petit Poil''' : Oui, mais Gérard, si on vous allume, c'est pour avoir un verre, hein. '''Tony''' : Oui, mais nous on veut bien payer un verre, mais il faut que vous couchiez ! '''Gérard''' : Ah oui, voilà ! Voilà. Non, bon. Tony, Tony, Tony ! '''Tony''' : Je ne sais pas si tu es d'accord avec moi... '''Gérard''' : Non, non, mais c'est bon, on arrête. Parce que là, sinon, la question on va en faire... On va garder... '''Tuteur''' : Je veux dire quelque chose, c'est Tuteur qui parle. '''Gérard''' : Oui. '''Tuteur''' : Il y a des filles — enfin, moi j'en fais partie, j'en ai déjà fait partie, quoi — qui viennent en boîte que pour trouver un mec. Donc... '''Gérard''' : Oui, mais Tuteur ? '''Tuteur''' : Oui. '''Gérard''' : Tuteur, est-ce que tu crois que dans une boîte de nuit tu vas rencontrer l'âme sœur ? '''Col roulé''' : Ah si si, elle va rencontrer Col roulé, c'est tranquille. Voilà. '''Gérard''' : Non, non, mais Col roulé, s'il te plaît, tu te calmes. '''Col roulé''' : Ok. '''Gérard''' : Maintenant, on va passer à la deuxième question : que pensez-vous des ball-traps en plein air ? '''Intervenant''' : Des quoi ? '''Gérard''' : Des ball-traps. '''Tony''' : Alors, un ball-trap, c'est quoi ? Reego, oui ? '''Reego''' : Non, non, ils se demandent ce que c'est un ball-trap. '''Gérard''' : Un ball-trap, c'est des soirées qui sont organisées en plein air. Style, par exemple... Non, pas la fête à Neuneu ! Parce qu'il n'y a pas de bal. '''Phildar''' : La fête des Loges ? La fête des Foire du Trône ? '''Gérard''' : Non, non. Où c'est qu'on pourrait trouver des ball-traps ? '''Manu''' : Bah, dans mon village, à la kermesse. Les kermesses, toutes les kermesses, il y a des bals à la fin. '''Gérard''' : Voilà, voilà, genre kermesse. '''Phildar''' : Il y a pas mal de bals-tringues aussi, chez Manu. '''Gérard''' : Non, des ball-traps, abruti ! '''Phildar''' : Ah, pardon. '''Gérard''' : Eh, commence pas toi parce que... sinon je vais te gaufrer, toi. '''Manu''' : Sur IRC, on me dit que les ball-traps, c'est à Trappes. '''Gérard''' : Non, mais ball-trap, c'est pas à Trappes ! '''Gérard''' : Non mais c'est des trucs pour danser, c'est pas à Trappes spécialement. '''Crouton''' : Ouais, mais t'as les farces-et-attrapes aussi. '''Gérard''' : Oui, mais ça, les farces-et-attrapes, ça c'est autre chose. '''Crouton''' : Bah, c'est comme un bal, hein. '''Gérard''' : Oui, mais... Non, non, mais... Donc, répondez déjà à la question. D'accord, alors... Donc, Crouton ? '''Crouton''' : Bah moi, je pense que c'est pas mal, mais enfin... c'est peut-être réservé à une certaine catégorie d'âge. '''Gérard''' : Oh là, mais Crouton ! '''Crouton''' : Oui ? '''Gérard''' : Crouton, t'as un téléphone sans fil ? '''Crouton''' : Bah non... Enfin, si, ouais, c'est un sans fil, mais c'est pas un portable. '''Tony''' : Ah, ça marche pas avec Gégé, ça... '''Gérard''' : Non, mais apparemment, t'as un décalage entre nous. '''Crouton''' : C'est vrai ? '''Gérard''' : Ouais, parce que... '''Crouton''' : Bah non, bah là... Moi je suis le plus près possible, je peux pas faire plus près. '''Tony''' : Allez, avale-le ! '''Gérard''' : Non, non, mais on se calme derrière, hein ! Tony, on se calme. '''Tony''' : Désolé, c'est pas moi. '''Petit Poil''' : Alors, moi je suis pas d'accord avec Crouton qui disait que c'est pour que un certain âge. Moi je dirais, quand tu vas dans des petits patelins, il y a des jeunes aussi, ils ont pas le choix. Donc il faut bien qu'ils aillent essayer les bals à Trappes pour rencontrer des personnes. '''Gérard''' : Ouais, non mais ball-trap, c'est... Non, mais attends, Tony, s'il te plaît. '''Tony''' : Pardon, pardon. '''Gérard''' : Je vais y répondre quand même, parce que c'est quand même moi qui gère le débat. '''Tony''' : Oui, oui, tout à fait. '''Gérard''' : Donc, le ball-trap, c'est un truc qui se passe en plein air avec de la musique. '''Petit poil''' : C'est comme la fête de la musique, quoi, c'est en plein air ! '''Gérard''' : Bah oui, si tu veux. C'est pour ça que je dis les ball-traps, parce qu'on peut très bien parler de la fête de la musique. Justement, ça sera la onzième question. Donc tu y reviens maintenant, donc c'est même pas la peine. Donc c'est pareil : sur la fête de la musique, est-ce que tu peux rencontrer des gens ? '''Petit poil''' : Oui, oui. Bah bien sûr, tu peux faire connaissance de plusieurs personnes en, je sais pas, en prenant un verre, en dansant, en écoutant la musique. '''Tony''' : Moi ce que je voulais dire, c'est que Petit Poil là, elle dit qu'elle voit des jeunes... mais moi je suis déjà allé à des ball-traps. Bon... '''Gérard''' : Tony, Tony ? '''Tony''' : Oui ? '''Gérard''' : Bon, vas-y alors, toi. '''Tony''' : Ouais, mais parce qu'il y a... '''Gérard''' : Non, mais court, court, court, hein ! Parce que... faut qu'à une heure... à une heure et demie... faut qu'à une heure... Non, non, mais faut qu'à une heure et demie j'attaque le deuxième, hein. '''Phildar''' : Non, on a pris plus tard, donc on peut aller au moins jusqu'à deux heures moins le quart quand même. '''Gérard''' : Non, non, non, non. Une heure et demie, comme la semaine dernière. Non, non, mais c'est pas vous qui commandez ! Donc moi j'ai les consignes : c'est une heure et demie, terminé. Le deuxième : deux heures... euh... deux heures moins le quart jusqu'à trois heures. '''Tony''' : Je peux réagir au débat quand même ? '''Gérard''' : Bon, alors... euh, Tony ? '''Tony''' : Oui, je voulais réagir à la personne qui vient de parler. '''Gérard''' : Oui, Petit Poil. '''Tony''' : Oui. Ouais, tu disais que... Mais tu sais qu'il y a un... '''Gérard''' : Attends, Tony. Moi je voudrais savoir qui c'est qui a un téléphone qui est pourri parce que là, c'est impossib. '''Phildar''' : On l'a dit, Gérard, c'est Petit Poil, c'est ça ? '''Petit Poil''' : Ah, non non, c'est pas moi. '''Manu''' : C'est pas Petit Poil, c'est Crouton. S'est rapproché de la base et ça doit aller mieux. '''Phildar''' : Ça va mieux là. '''Gérard''' : Là, on va pas continuer le débat avec un son comme ça ! '''Crouton''' : Mais écoute, Gérard, je suis déjà passée dans le débat et ça a jamais fait ça, quoi. '''Gérard''' : Ah, mais alors pourquoi qu'aujourd'hui ça le fait ? '''Crouton''' : Eh ben, je suis désolée. Je m'excuse, t'énerves pas. C'est peut-être pas que moi... '''Gérard''' : C'est pas la première fois que t'appelles, toi ? '''Crouton''' : Ben non, c'est pas la première fois. '''Phildar''' : Elle a appelé l'année dernière quand on faisait le débat la nuit. '''Gérard''' : Bon, donc Tony ? '''Tony''' : Oui, moi je voulais réagir à ce que disait Petit Poil. Parce qu'elle disait qu'il y avait beaucoup de jeunes qui venaient aux ball-traps. Moi je suis allé à des ball-traps, et les jeunes que j'ai vus, c'était des bouseux qui venaient en tracteur. '''Gérard''' : Non, mais attends ! Pourquoi des bouseux ? Non, mais attends, Tony ! Pourquoi que tu vas tout de suite chercher des trucs comme ça ? Des gens... '''Tony''' : Bah écoute, je te fais part de mon expérience. '''Petit Poil''' : C'est peut-être pas dans les bons endroits que t'as été. '''Tony''' : Bah écoute, moi je suis allé à Jouy-en-Josas. '''Gérard''' : Non, non, mais ça y est ! C'est bon, c'est pas la peine de citer les villes. Ok, Tony. Donc t'as été dans certaines villes et ça s'est mal terminé, c'est ça ? '''Tony''' : Non, pas du tout ! Parce qu'elle disait qu'il y avait beaucoup de jeunes. Moi j'ai vu que des vieux, et puis des mecs qui venaient en tracteur. '''Gérard''' : Bon, on va demander... on va demander à Tuteur. '''Tuteur''' : Bah moi j'ai... moi je sais pas, je suis jamais allée dans un ball-trap. Mais je trouve que c'est pas très sympa de dire des bouseux, parce que je trouve que c'est méprisant. '''Tony''' : Tout le monde me déteste, de toute manière. '''Gérard''' : Non, mais attends, stop Tony ! '''Petit poil''' : Mais non, pas moi... '''Gérard''' : Attends, Tuteur. Avec Aix-en-Provence, je pense que t'as dû déjà aller dans des ball-traps, me dis pas le contraire. Attends, avec Aix-en-Provence... '''Phildar''' : y a un festival en plus là-bas. '''Gérard''' : Y a pas mal de trucs. '''Tuteur''' : Mais si tu veux, ça fait que cette année que j'y habite, donc... '''Gérard''' : Ah ouais, donc y a pas longtemps. '''Phildar''' : Parce qu'il y a le festival des ball-traps là-bas. '''Ognon''' : Ouais, bah moi j'ai jamais été dans un ball-trap. Mais bon, pour les fans de bal musette et Licence IV en tout genre, ouais, ça peut être sympa. '''Gérard''' : Non, mais ça on en a rien à foutre de Licence IV ! Non, non, non, non. Non, mais moi je vais te dire tout de suite qu'on en a rien à foutre de Licence IV parce que je sais sur quoi tu veux me parler. '''Phildar''' : C'est quoi la différence entre ball-trap et bal musette, par exemple ? '''Gérard''' : Non, non, mais attends ! Licence IV, il veut parler de... '''Phildar''' :Mais c'est un groupe, Licence IV. Mais c'est du bal musette. alors quelle est la différence, Gérard, entre ball-trap et bal musette ? Est-ce que tu pourrais expliquer la différence aux auditeurs ? '''Gérard''' : Là-dessus, non. '''Tony''' : C'est pas pareil. '''Phildar''' : Ouais, c'est pas pareil. C'est peut-être pas la même musique ? '''Gérard''' : C'est pas du tout la même musique ! '''Phildar''' : Qu'est-ce qu'on écoute dans les ball-traps, alors, comme musique ? '''Gérard''' : Un peu de tout, hein. '''Phildar''' : C'est-à-dire ? '''Gérard''' : T'écoutes... de l'accordéon... '''Phildar''' : Yvette Horner ! '''Gérard''' : Non, non ! De l'accordéon, on vient de le dire. Alors euh... '''Tuteur''' : De la guitare ? '''Gérard''' : Euh, de la guitare... euh... avec qui ? '''Tuteur''' : Du synthé. '''Gérard''' : Euh... je pense pas que Jean-Michel Jarre prenne un truc sur les ball-traps, hein. '''Tuteur''' : Bah si, il doit en faire. '''Gérard''' : Non, non, non, non. '''Tony''' : Il joue de l'accordéon électronique, hein. '''Gérard''' : Ah ouais, ouais. Non, mais attends... Euh, Tony ? '''Tony''' : Oui ? '''Gérard''' : Tony ? '''Tony''' : J'ai déjà vu, j'ai déjà vu, hein ! '''Gérard''' : Non, non, mais attends. C'est toi qui viens de dire « de l'accordéon électronique » ? '''Tony''' : Oui, tout à fait, ça existe. '''Gérard''' : Donc, moi je peux te dire une chose : c'est que Jean-Michel Jarre, quand il fait venir des gens, euh... fais-moi confiance qu'il fait déplacer des camions ! Et son truc c'est... c'est pas de l'accordéon comme tu dis. C'est ça ? Non, non, mais attends Tony... Tony, tu me laisses finir ? De toute manière, on va faire... là, on va pas en discuter trop parce que je risque la semaine prochaine de faire un débat sur les synthés. '''Reego''' : Sur quoi, sur la santé ? '''Gérard''' : Non ! Le synthé. '''Phildar''' : C'est quoi ça ? '''Gérard''' : Le synthétiseur. '''Ognon''' : Est-ce que t'as déjà joué du synthé, toi, Gérard ? '''Gérard''' : Non ! '''Tuteur''' : Est-ce que tu penses que, toi, les ball-trap, c'est de la balle, hein ? '''Gérard''' : Euh... ball-trap, c'est de la balle... ça dépend dans quel sens que tu veux le dire. '''Tuteur''' : Bah, dans le sens figuré. '''Gérard''' : Ouais, mais dans quel sens ? Ouais, mais dans quel sens ? '''Tuteur''' : Bah, c'est-à-dire que c'est de la balle, c'est bien quoi. '''Gérard''' : Ouais, c'est de la balle. Tu peux même dire que c'est de la bombe, bébé ! '''Col roulé''' : En fait, moi je veux dire sur les ball-traps que j'étais un petit peu de l'avis de Tony. C'est que, en fait, bon, c'est réservé à une certaine catégorie de gens, quoi... à peu près la cinquantaine, quoi. Et plus. '''Gérard''' : Ouais, non, non, mais attendez, attendez ! Attendez, attendez, oh ! Stop, stop, stop, stop. On va pas mettre les personnes âgées là-dedans, parce que de toute manière, un ball-trap, c'est fait pour tout âge. Pour tout type d'âge. Ça peut être de 7 ans jusqu'à 77 ans. Attendez, attendez ! Et chacun fait ce qu'il veut. S'il n'a pas envie de danser sur la musique, ne danse pas. On est d'accord ? '''Col roulé''' : Mais attends, j'ai pas fini de dire ! Donc j'ai dit qu'en fait, c'était réservé à une certaine catégorie d'âge. Il y avait aussi des gens qui étaient un petit peu moins âgés, mais le problème c'est qu'ils avaient le même tempérament, quoi. C'est pour une certaine catégorie de gens, quoi. '''Gérard''' : Ouais, mais Col roulé, moi je vais te dire une chose : dans les ball-traps, tu vois tout style d'âge. T'as pas un âge spécial. '''Col roulé''' : Non, d'accord, mais c'est tous des gens qui écoutent que de l'accordéon, quoi. '''Gérard''' : Non, pas spécialement que de l'accordéon ! '''Col roulé''' : Est-ce que tu y as déjà été, toi, Gérard ? '''Gérard''' : Euh, non. '''Tony''' : Tu verras jamais des jeunes danser sur Verschuren. '''Gérard''' : Non, mais attendez ! Mais attendez ! Non, mais on va pas s'amuser à prendre des noms comme ça. Danser sur André Verschuren, sur Yvette Horner ou sur... votre... votre... Des accordéonistes on en a pas mal. '''Ognon''' : C'est bidon. '''Gérard''' : Ouais, c'est bidon. Bah si ça te plaît pas... '''Phildar''' : ça dépend de l'âge. '''Gérard''' : Non, mais attends, il y en a un qui vient de dire : « Si, c'est bidon ». Pour toi, si c'est bidon la question... c'est l'accordéon qui est bidon. '''Phildar''' : Mais dans ce cas-là, il n'en écoute pas, c'est tout. '''Gérard''' : S'il aime pas, il n'en achète pas, il n'en écoute pas. Non, mais il achète autre chose, comme CD ! '''Petit poil''' : On peut écouter les deux aussi. On peut aimer l'accordéon et la techno. '''Gérard''' : Non, mais attendez ! Parce que là, si on part comme ça sur l'accordéon et sur la techno, je peux tenir jusqu'à 3h, même à 4h, et on fera qu'un débat. '''Tony''' : D'ailleurs, moi j'ai acheté Cyber Accordéon Volume 4, c'était le top. '''Gérard''' : Bah, bien sûr ! Dis-moi plutôt : Musique de Nuit Volume 4, tu veux ? Ok Tony. Terminé, terminé, stop ! Donc, la troisième question : quel genre de danse que vous aimez ? Vous allez réfléchir à cette question. '''Phildar''' : Je répète la question : quel genre de danse aimez-vous, par exemple quand vous allez en boîte de nuit ? Parce qu'il faut bien tourner la question. '''Gérard''' : J'ai pas précisé toujours... '''Phildar''' : Dans le monde de la nuit, le monde des boîtes de nuit, des DJ, tout ça. '''Gérard''' : Et donc on va s'écouter Guy Préjean avec « Viens voir la vie de l'autre côté de l'autoroute ». Et vous pouvez toujours nous appeler au 0803 08 5000. ''[musique]''. '''Gérard''' : Donc, vous êtes toujours en direct de Fun Radio, c'est toujours les débats de Gérard. Et donc, vous venez d'écouter Guy Préjean avec « Viens voir la vie de l'autre côté de l'autoroute ». Et on récupère Crouton, Petit Poil, Tuteur, Ognon... Tony. '''Tony''' : Salut, je te kiffe. '''Gérard''' : Moi je te kiffe pas. Tony, tu restes poli, s'il te plaît, merci. Col roulé pour terminer. '''Phildar''' : Et donc, la question c'était quoi ? '''Gérard''' : Donc : quel genre de danse que vous aimez en boîte de nuit ? En boîte de nuit, même voire autre... c'est-à-dire, bien sûr, dans les ball-traps. Ognon ? '''Ognon''' : Oui, Ognon. Moi je voulais répondre. Moi il y a un style que j'adore, c'est les breakers. C'est ceux qui font des "waves", tout ça, c'est les vagues. '''Phildar''' : Ça, c'est génial. En boîte, ça se voit souvent en boîte de nuit. Généralement vers 2-3 heures du matin. '''Tony''' : Ils sont tous pétés... '''Ognon''' : Ils roulent sur la tête comme des... '''Gérard''' : Oh, ouais ! Comme des... Col roulé ? '''Col roulé''' : Ouais, bah alors moi, comme danse, ce que j'aime bien c'est le tango, tu vois. Ouais... les ball-traps, ouais. Ouais, ouais. Parce qu'en fait, c'est une technique de drague, quoi. '''Gérard''' : Non, mais attends, Col roulé. Col roulé ! Col roulé ! Col roulé ! Je pense qu'à mon avis tu reviens dans la deuxième question, et on va pas s'éterniser. '''Col roulé''' : Ouais, mais non, je t'assure ! En fait tu vois, j'aime bien cette danse, mais en plus c'est une technique de drague, quoi. Bah oui, tout à fait. Je remue, tu vois, mes petites fesses... '''Gérard''' : C'est le métro qui passe, là ? Non, non, mais attends Col roulé ! Je suis en train de... '''Phildar''' : Gérard est perturbé parce qu'il vient d'y avoir un métro à 1h15 du matin, donc ça le perturbe. '''Manu''' : Non, mais là il est passé près celui là. '''Tuteur''' : Je ne sais pas... Moi j'aime bien tous les styles de musique. Mais c'est vrai qu'en boîte, quand il n'y a que de la techno, enfin moi personnellement, ça me lourde, quoi. '''Gérard''' : Ouais. Alors attends, Tuteur. Dans ces cas-là, tu n'aimes pas du tout ce que Max il passe le soir ? Attendez, attendez. Ognon, Ognon, Tony et Col roulé ? Et Petit Poil et Crouton, vous ne dites rien. Alors donc, pour toi Tuteur, ce que Max il passe le soir entre 22h et 1h du matin, donc ce n'est pas ton style de musique ? '''Tuteur''' : Non, je n'ai pas dit ça. J'ai dit qu'au bout d'un moment, ça commençait à m'agacer. Ouais, enfin moi j'aime... moi j'aime pas tout sur la techno. Je n'ai pas dit que je n'aimais pas écouter ça. '''Gérard''' : Ouais, mais alors attends. Tuteur, Tuteur ? Moi je vais te poser une question. Admettons que tu prennes ça de 23h jusqu'à 6h du matin... '''Tuteur''' : Ouais. Ben, je ne peux pas. '''Gérard''' : Ah, ben alors dans ce cas-là, tu n'iras jamais à Clichy... '''Tuteur''' : Ben si ! '''Phildar''' : Non, mais attends Gérard, dans toutes les boîtes il y a différents styles. À la Loco, puisque tu parles en fait de la Loco... Tu restes au rez-de-chaussée, tu as de la techno. Tu vas en bas, tu as du rock. Et en haut, tu as de la funk, tu as du rap. '''Gérard''' : Ouais, mais attends. Dans ces cas-là, dans ce cas-là, pourquoi qu'elle dit qu'elle n'aime pas la techno ? Donc elle n'aime pas ce que Max il passe. '''Petit poil''' : Elle a le droit d'aimer ce qu'elle veut ! '''Tuteur''' : J'ai pas dit ça en plus, Gérard, déforme pas ce que j'ai dit. J'aime pas écouter trop de techno, quoi. Mais... '''Gérard''' : Ben ouais, mais dans ce cas-là, dans ces cas-là, toute la journée t'écoutes que ça sur Fun. '''Phildar''' : Non, on parle pas de Fun, on parle des boîtes ! '''Tuteur''' : Ouais, voilà, en plus. '''Gérard''' : Non, non, mais attends, moi je peux lui dire... '''Manu''' : Le dernier Céline Dion est quand même super deep house ! '''Gérard''' : Zora... Zora sourit. Ouais, je l'ai vu. Mais de toute manière, c'est pas... '''Phildar''' : Il vaut mieux qu'elle arrête de sourire. '''Petit Poil''' : Ouais, alors pour moi, j'aime bien tout style : salsa, zouk, techno. J'aime bien faire des pogos de temps en temps quand les mecs sont pas trop violents. J'aime pas trop le rap. J'aime bien le classique. J'aime bien un peu tout, quoi. '''Gérard''' : Ouais, mais attends... le classique, tu verras jamais ça dans des boîtes de nuit. '''Manu''' : Ya des boîtes de classique. '''Gérard''' : Oh ouais, mais où ? '''Manu''' : Ya une boîte qui s'appelle l'Opéra, où ils jouent plein de classique. '''Gérard''' : Ouais, non, mais attends. Dans ces cas-là, si on prend l'Opéra Garnier, tout ça... '''Petit poil''' : Ouais, il n'y a pas que ça ! Dans la journée, il y a des boîtes — bon, je dirai pas le nom — qui font du dancing pour les personnes. '''Gérard''' : Ouais, ben je sais, je vois. Tu veux dire 103 avenue Foch ? '''Petit poil''' : Non, non, c'est pas ça. '''Ognon''' : Pas de marque ! '''Gérard''' : Non, mais au 103 avenue Foch ils jouent pas mal de dancing. '''Petit poil''' : Ouais, mais c'est pas là. '''Gérard''' : De toute manière, là-dedans ils en jouent pas mal, et en plus c'est une radio que je déteste parce que ça c'est une radio de blaireau. '''Petit poil''' : Je parle pas de radio moi, hein ! Je parle pas de radio. '''Gérard''' : Non, non, mais moi je peux te dire une chose : c'est que... au 103 avenue Foch, c'est une radio de blaireau : c'est Radio Montmartre. Alors je vais dire une chose : le mec qui a envie de s'endormir avec Radio Montmartre et qui se réveille avec ça... Non, mais... non, mais il est complètement servi ! T'entends du André Verschuren, du Yvette Horner, tout ce qui s'ensuit. Donc, on revient presque à la deuxième question. ''[bruit de Phildar qui mâche un sandwich]''. '''Gérard''' : Donc, on entend... '''Pildar''' : Ouais, je suis en train de manger. J'ai faim. J'ai pas mangé. '''Gérard''' : Non, mais Phildar ! Phildar, t'es gentil. '''Phildar''' : Bah quoi ? '''Gérard''' : Quand tu manges, t'éteins ton micro. Tu fais pas comme mon chef, hein ? Parce que là on dirait un vrai porc qui mange. '''Phildar''' : Ah, merci. '''Gérard''' : On dirait un cochon. Alors, le chef il sait manger, mais toi tu manges comme un cochon. Donc Crouton ? '''Crouton''' : Oui. Bah moi personnellement, moi j'adore me chauffer sur de la techno, mais finir un peu sur du reggae, quoi. '''Tony''' : Toi, t'es chaude. '''Gérard''' : Mais s'il vous plaît ! Allez Tony... Tony ? '''Tony''' : Elle aime bien se chauffer, elle est chaude ! '''Gérard''' : Non, non, mais attends Tony ! Tu restes poli parce que sinon je vais t'obliger de te zapper, toi. '''Tony''' : "Chaude" aussi c'est une insulte ? Faut que tu me fasses une liste ! '''Gérard''' : Ouais, bah alors... Euh, t’expliques à Tony qu’il se calme. '''Crouton''' : Non, mais Gérard, chaude c’est pas une insulte. '''Gérard''' : Non, non, mais on va... on va pas s’éterniser parce qu’il reste encore 7 questions et il est quand même 1h20 du matin. '''Crouton''' : Alors, vas-y, pose ta 4ème question. '''Gérard''' : Alors, moi je peux... Quel genre de danse ? '''Phildar''' : Réponds au moins à la question, voilà. Qu’est-ce que t’aimes bien en boîte de nuit ? '''Gérard''' : Moi, ce que j’aime bien danser, c’est style... bah, un techno. Parce que j’ai l’habitude de... Au début, j’y allais... Bon, je suis... je suis plus, maintenant, techno, slow et... et un peu disco. Bon, voilà. '''Tony''' : T’étais plus souvent au bar, sans te manquer de respect. '''Gérard''' : Bon, Tony, s’il te plaît ? '''Crouton''' : Oui ! Mais c’est pas vrai, Gérard ? '''Gérard''' : Ok. Euh, ça m’étonnerait. D’accord. Sortez-vous en boîte ? '''Phildar''' : Attention, c’est la 4ème question. Attention, accrochez-vous, c’est la meilleure : '''Gérard''' : Sortez-vous en boîte pour draguer ? '''Phildar''' : Non, c’est faux, c’est pas la meilleure. '''Gérard''' : Pourquoi, toi ? Parce que t’as déjà rencontré des nanas, toi, dans une boîte ? '''Phildar''' : Non. '''Intervenant''' : T’as déjà dragué ? '''Phildar''' : Non. J’ai déjà dragué, mais j’ai jamais rencontré une nana dans une boîte. '''Gérard''' : Ouais, bah... Donc, Crouton ? '''Crouton''' : Bah, moi, franchement, je crois que la boîte c’est bien pour s’éclater. Mais au niveau des gars, c’est pas ça, quoi. Parce qu’en fait, c’est le gars que tu chauffes pour la soirée. Enfin, personnellement, moi je le chauffe pas parce que j’aime pas ça, mais c’est bien pour t’amuser une soirée, quoi. Puis après, basta. Enfin, moi c’est mon avis, hein. Parce que sinon, après, si tu commences à aller plus loin, en général, c’est sûr que ça va pas durer. '''Gérard''' : Euh, qui c’est qui renifle comme un cochon, là ? Parce que ça m’énerve. '''Phildar''' : Mais c’est pas le souci. T’as même pas écouté ce qu’elle vient de dire, Crouton. C’est quoi, ce travail ? Comment veux-tu, après, réagir par rapport à la question ? '''Gérard''' : Mais attends, de toute manière, tu vas pas... Sortez-vous en boîte pour draguer ? À mon avis, t’es pas forcé d’aller en boîte pour draguer, je suis désolé. '''Petit Poil''' : Bah, moi j’y allais pour draguer quand j’avais 14-15 ans. '''Gérard''' : Ouais, non, mais attends. À 14-15 ans, tu crois que les videurs, ils te font rentrer ? '''Petit Poil''' : Bah, je suis désolée... '''Gérard''' : Non, non, non, non, non. '''Phildar''' : Avec un petit billet, si ! '''Petit Poil''' : Je suis désolée, je rentrais, hein ! '''Phildar''' : Quand t’es nana... quand t’es nana,s te font rentrer à partir de 14 ans... '''Gérard''' : Donc, moi je peux te dire une chose, Petit Poil : qu’à l’heure actuelle, maintenant, pour aller en boîte de nuit, si t’as pas la majorité, c’est pas la peine. '''Petit Poil''' : Ah ouais ? Bah, je peux te dire qu’à la Loco, il y a des filles mineures qui rentrent, alors, hein ! '''Gérard''' : Ouais, ouais, ouais, ouais. Mais... '''Phildar''' : mais elles rentrent avec Gérard. Non, mais je rigole. '''Petit poil''' : Non, mais à l’époque, moi on me laissait rentrer. '''Tuteur''' : Attends, on est toutes allés en boîte à 15 ans, en fait. Donc, quand j’avais 15 ans... '''Gérard''' : Non, non, non. Non, non, non, mais attendez ! Attendez, attendez, attendez ! Attendez, parce qu’il y a... il y a d’autres personnes qui vont réagir. Donc moi, Petit Poil, moi je peux te dire une chose : là-dedans, c’est plutôt des soirées, des après-midi que les boîtes sont ouvertes aux nanas et c'est tout. '''Petit poil''' : Bah, moi je suis pas d’accord. '''Tuteur''' : Moi non plus. Pas que pour les filles, enfin je sais pas... Personnellement, moi je suis rentrée en boîte à 15 ans. J’avais un mec qui en avait 18, donc t’as aucun problème. Et puis c’est rare quand t’es... enfin, les filles de toute façon, elles font toujours plus âgées, quoi. '''Gérard''' : Parce que la personne à l’entrée ne fait pas gaffe aux cartes d’identité. '''Phildar''' : Il y a aussi le maquillage, les filles elles se maquillent. '''Tuteur''' : Exactement. Et puis ils vont pas vérifier toutes les cartes d’identité. Mais c’est vrai que les jeunes qui vont en boîte, la plupart du temps, enfin c’est... c’est des gens de... mineurs, hein. '''Gérard''' : Ouais, mais... bah ok. '''Phildar''' : Moi j’avais... j’ai une anecdote à ce sujet. C’est... je connaissais une fille qui n’était pas majeure et qui prenait la carte d’identité de sa mère pour aller en boîte. Et les mecs, les videurs, ils la laissaient rentrer. '''Gérard''' : Ouais, non, mais attends. Dans ces cas, si la personne prend la carte d’identité des parents, ça sert à rien non plus. '''Phildar''' : Bah ouais, mais elle peut rentrer en boîte. '''Gérard''' : Oignon ? '''Tony''' : Moi, je connais un mec qui paye pas ses impôts. '''Gérard''' : Bon alors, toi, Oignon, bonne nuit ! Allez, hop ! Toi... toi... Non, non. Non, non, non. Et toi, pour toi c’est terminé, Oignon. '''Manu''' : Ça y est, ça y est. Ça y est, il est parti. Et il revient pas. '''Tony''' : Non, moi ce que je voulais dire, c’est que j’allais à la Loco de temps en temps et ce que j’aimais bien, c’est aller au 3ème... enfin, au 1er étage. '''Gérard''' : Non, mais attends. Sortez-vous en boîte pour draguer ? Tony, tu réponds à la question. Ou sinon je fais comme Oignon, toi. '''Tony''' : Ah, d’accord. Ouais, bah oui, je sors en boîte pour draguer. D’ailleurs, il y a même des fois ça me surprend parce que ça marche. '''Petit poil''' : Il y en a qui attendent que ça, aussi. '''Gérard''' : Bon, bon, bon, bon. C’est bon, c’est bon, Tony. '''Phildar''' : Ce que voulait dire Tony... Excuse-moi, Tony. Ce que voulait dire Tony, en fait, c’est quand il allait au 1er étage, c’est plus facile pour draguer. Parce que c’est pas évident de draguer sur de la techno. '''Gérard''' : Ouais, mais attends. Ouais, tu montes au 1er étage, c’est archi-plein. Tu descends en bas au... '''Phildar''' : C’est pas le problème qu’il y ait du monde ou pas ! C’est ça. Mais même, de toute manière, tu peux plus draguer sur de la musique que genre de la funk ou de la soul que de la techno. '''Col Roulé''' : Ouais, d’accord. Ouais, bah moi je voudrais dire qu’en fait, je vais pas trop en boîte pour draguer, mais plutôt pour ploter, quoi. '''Gérard''' : Ouais, bah d’accord. Je vois le style que t’es, toi. T’es un gros porc. T’aimes bien mettre la main au cul des nanas. Ouais, bah si ! Bah si, de toute manière. Excuse-moi de te le dire, Col Roulé, pour moi t’es un gros pervers. Comme... comme Petit Poil vient de te dire. T’aimes bien mettre la main au cul des nanas. Parce que si la nana... si la nana est bien foutue, tu vas lui mettre la main au cul et après tu vas lui monter aux seins. Et si elle est... si la nana est bien foutue... si la nana est bien foutue, si la jupe elle est au ras des genoux, t'iras... '''Phildar''' : Si elle est pas bien, tu le fais quand même ? '''Col Roulé''' : Non, bah non. Si elle est pas bien, non. J’ai un code d’honneur, quand même. '''Phildar''' : Pourquoi ce serait toujours les canons qui se feraient ploter, pas les boudins ? '''Gérard''' : Non, non, non. Non, non, mais attends. Moi je vais te dire une chose. Pourquoi les boudins ? Parce que là-dessus je te répondrai pas. '''Reego''' : Oui, Internet... Oui, il y a Davy1 qui te demande, Gérard, si tu aimes sortir en boîte avec des sardines. '''Gérard''' : Euh, non. '''Reego''' : Et avec des thons ? '''Gérard''' : Non plus. Ni avec des maquereaux ! Voilà, ok. Alors, je pense que on va faire... Non, non. Pour l’instant, c’est moi qui va poser la question parce qu’il reste 3 minutes. '''Phildar''' : Non, mais attends, on n’a pas 5 minutes. T’es un vrai fonctionnaire, maintenant, toi ! Et à 3h t’arrêtes. 3h pile, t’arrêtes ? '''Gérard''' : Ah ouais ! '''Phildar''' : Ok d’accord. Bon, alors pose ta question, vas-y. '''Gérard''' : Alors, la question... Tiens ! Tiens, celle-là elle est bien. Tiens, toi. Comme toi, un apprenti des DJ... Lors de vos soirées, est-ce que vous aimez mixer ? '''Crouton''' : Faut avoir l’occasion, aussi. '''Tony''' : Gigi Caca, on t’écoute. '''Phildar''' : Ah non, mais c’est pas moi qui fais le débat, c’est vous. '''Gérard''' : Ouais, ouais, mais... Hé, Gigi Caca ? Toi qui sais mixer comme un cave... Parce que là, t’as un bon mixeur. ''[il désigne Reego du doigt, tout sourire, Phildar sourit aussi, entre gêné et amusé de cette attaque puérile]''. Là, lui, il sait mieux mixer que toi. '''Phildar''' : Ouais, il fait des bons jus de fruits ! '''Gérard''' : Ouais, non, non, mais lui il sait mieux mixer que toi. Et le chef, encore plus. Donc toi, t’es un... ouais, Caca Boudin. Petit Gigi. Ouais, un petit qui a besoin d’apprendre. '''Reego''' : Oui, encore sur IRC, il y a Malkavian qui me demande : "C’est quelle marque, le mixeur ?" '''Manu''' : Seb, c'est bien. '''Reego''' : Pas de marque, Manu. '''Gérard''' : Voilà. Manu, je vais te mettre une gaufre. '''Manu''' : avec du chocolat, s’il te plaît. '''Gérard''' : Oui, non, mais moi je te la mettrai au sucre, la gaufre. Donc, alors, Crouton ? '''Crouton''' : Ben ouais, ben franchement, moi je crois que c’est bien, quoi. Mais faut savoir mixer, déjà. Parce que moi, personnellement, c’est pas mon cas, hein. Mais j’aimerais... '''Gérard''' : Non, mais... non, mais attends. Crouton ? '''Crouton''' : Oui ? '''Gérard''' : Moi je peux te dire une chose. Je sais plus dans quel reportage que j’ai vu, il y a quand même des nanas qui mixent. '''Crouton''' : Oui, mais bien sûr, Gérard. Non, mais c’est pas ça que je te dis. Non, mais je veux dire, j’aimerais bien regarder, hein. Apprendre, je sais pas. C’est vrai que j’aime bien la techno, mais j’apprécie ceux qui... '''Gérard''' : Ouais, mais... mais tiens justement, comme on parle de techno et qu’on parle de mixer. '''Crouton''' : Oui. '''Gérard''' : C’est dommage que Max il soye pas là. Mais je vais demander à Reego, parce que tout le monde... tout le monde me pose la question. Par exemple, quand tu prendre le vinyle ou le disque... Est-ce que ça esquinte le disque ou pas ? '''Reego''' : Tu esquintes le disque de le passer ? '''Gérard''' : Non, mais quand tu fais le... '''Reego''' : De scratcher ? Ouais, ça l’abîme un peu quand même. Mais ça dépend du matériel. Avec du bon matériel, ça abîme pas beaucoup. '''Gérard''' : Ah, voilà. Donc, parce qu’il y a certaines personnes qui m’ont demandé si on abîmait le disque. '''Phildar''' : Des vigiles ? Des vigiles ? '''Gérard''' : Toi, tout à l’heure, toi là-bas, toi tu vas te prendre des claques, mais grosses ! '''Phildar''' : Non, mais qui t’a demandé ça ? C’est intéressant. '''Gérard''' : Non, non, mais ça c’est des gens qui m’ont demandé. Même moi, personnellement, quand j’ai vu Max faire dans des soirées, même à la Loco, même quand j’ai vu Reego dans les studios derrière, je me posais la question. Est-ce que... '''Phildar''' : On peut dire que ça use un peu. Parce qu’à la base, le disque il est lisse, et à force de passer le... le manche dessus, ça te fait un sillon. '''Gérard''' : Non, parce que tu passes la main dessus. C’était pour savoir : est-ce que le disque, après, si tu veux le réécouter, si t’as la platine tourne-disque, est-ce que le disque n’est pas esquinté derrière ? '''Manu''' : Ça dépend, parce que si t’as les ongles trop longs, ça peut le rayer, quoi. '''Crouton''' : Tu prends des disques spéciaux ? Tu prends des disques spéciaux ou n’importe quel disque ? '''Gérard''' : On va demander à Reego. Il y a des styles de... de disques... '''Reego''' : C'est pas mon débat, Gérard. C’est ton débat avec les auditeurs ! '''Phildar''' : On peut dire qu’il y a des disques en laine. Il y en a aussi en marbre. '''Reego''' : Voilà. Le mieux, c’est les disques en marbre. '''Phildar''' : Les disques en marbre, c’est plus résistant. '''Reego''' : Je te montrerai, j’ai des disques en marbre. '''Gérard''' : Tu me feras voir. Je demanderai au chef après. Petit Poil ? '''Petit Poil''' : Petit Poil, ben écoute, elle a déjà mixé chez un copain. J’aime bien ça, par contre, j’ai pas le matos à la maison. '''Gérard''' : Petit Poil ? Petit Poil, moi je pense que, à mon avis... je sais pas si Phildar pourra me répondre, mais je pense que faut compter à peu près combien pour avoir une table de mixage et tout le bon matériel ? '''Phildar''' : En temps ou pas ? '''Tony''' : 400 euros à tout casser. '''Gérard''' : Bon, Tony, s’il te plaît ! '''Manu et Phildar''' : Non mais il a raison en plus. '''Phildar''' : C’est 400 euros ! Parce qu’en fait, une bonne table de mixage, t’en as pour... allez, disons 252... Entre 250 et 400 francs. '''Gérard''' : Tu rigoles, toi ? Non, mais attends. Attends. Tu vas aller... '''Phildar''' : Combien coûte la table de mixage qu’on a derrière ? Elle coûte 342 francs, je crois, un truc comme ça. '''Gérard''' : Ouais. Je pense que... c’est dommage que Max ne soue pas là pour me répondre. Je pense qu’il faut compter entre 1 million et 2 millions de francs. '''Tony''' : C’est moins cher maintenant. Et en Russie, c’est encore moins cher. '''Gérard''' : Bon, Tony, s’il te plaît ! C’est terminé pour toi, au revoir. '''Phildar''' : C’est vrai ce qu’il dit. '''Tony''' : Non, mais c’est la crise. Non, mais c’est vrai. Non, mais attends. Mais qu’est-ce qu’il se passe ? '''Phildar''' : Attendez, on a Olivier de la Pro, un professionnel. '''Olivier''' : Non, il faut compter au moins 50 millions maintenant. Moi, celle que j’ai là-bas dans le studio, c’est 50. '''Gérard''' : Non, mais attends. Toi, c’est... '''Phildar''' : Non, mais c’est de la pro. '''Gérard''' : Ouais, mais toi c’est pas pareil, c’est avec tous tes petits boutons de caca boudin. C’est tous tes boutons de caca. '''Phildar''' : Bon, disons que c’est entre 1 million et 2 millions de toute manière. '''Gérard''' : Je demanderai... je demanderai à Max plus tard. Bon, Tony ? Tony, pour lui c’est terminé parce que là... '''Phildar''' : on va souhaiter une bonne soirée à Tony. '''Manu''' : Bon, bah ok alors. '''Tony''' : Ah non, mais attendez ! Il ne faut pas déconner, les mecs, là ! '''Gérard''' : Non, non, mais attends, Tony. S’il te plaît. Tony ! Je pense que... j’avais été clair la semaine dernière. '''Tony''' : Non, mais attends, qu’est-ce que j’ai fait ? J’ai rien fait, là ! '''Gérard''' : Non, non, mais... Alors dans ce cas, si tu continues, tu restes calme, ok ? '''Tony''' : Attends, mais on ne peut pas parler des Russes ? Je ne peux pas dire "chaud". '''Phildar''' : C’est vrai que c’est vachement moins cher en Russie, le matériel, parce qu’il y a la crise. '''Gérard''' : Non, mais qu’est-ce qu’on en a à foutre ? '''Phildar''' : Eh bien, c’est important ! Imagine, il y a des DJs français... '''Gérard''' : Mais attends, mais je ne vais pas faire un débat sur la politique là-dessus ! '''Phildar''' : Il n’y a pas de polémique ! '''Gérard''' : Non, politique. '''Tony''' : Ah, pardon. Je veux dire que les DJs français qui n’ont pas beaucoup d’argent, ils peuvent très bien aller acheter du matériel en Russie. '''Gérard''' : Alors dans ces cas-là... dans ces cas-là, c’est dommage que Jean-Marie K ne soit plus là, Sonic non plus. '''Phildar''' : Fais un appel. Fais un appel. Si tout DJ techno ou autre pourrait venir te renseigner, tu peux le demander. '''Tony''' : Écoute, moi je peux te renseigner, Gérard, puisque je mixe un petit peu. '''Gérard''' : Ouais, non, non, non, mais attends. Pour l’instant, non, non, allez, allez. On ne s’éternise pas là-dessus. Hop, la question elle va être vite passée. '''Col Roulé''' : Oui ? Il n’y a qu’à le rouler ! Il n’y a pas répondu encore. T’arrêtes pas de m’oublier. '''Gérard''' : Non, mais là, on ne va pas s’éterniser sur la question parce que là, je pense que... sinon... '''Phildar''' : De toute façon, je pense qu’on a le temps pour le débat des routiers, parce que tu n’as pas fait les questions. Donc tu peux y aller, tu peux embrayer une question au moins. '''Gérard''' : Non, mais de toute manière ils vont... Bon alors, Col Roulé, vas-y. '''Col Roulé''' : Donc en fait, moi je dois dire que, ouais, j’aime bien mixer quand je fais des soirées. En fait, je dois dire que le mieux, en fait, pour mixer, quoi, c’est que tu aies une gonzesse sur la console. C’est vraiment comme ça, tu la... '''Gérard''' : Oh, mais attends, mais attends ! Col Roulé, dans ces cas, tu prends... tu prends le truc de la Loco. Quand les nanas sont là, en train de danser, en train de s’éclater... mais attends, mais je vois ça. Je vais regarder le reportage qui a lieu vendredi sur une chaîne... sur une chaîne. Et ça, c’est un truc spécial techno. '''Reego''' : Gérard ? Sur IRC, il y a Snul qui te demande si tu aurais aimé être DJ. '''Gérard''' : Euh, non. '''Phildar''' : Pourquoi ? '''Gérard''' : Non, ça m’intéresse pas. Non. Voir trop de monde, non. '''Tony''' : Gérard, avec tout ça, j’ai pas parlé... j’ai pas parlé de ma vie de DJ. Est-ce que je peux te raconter une anecdote ? '''Gérard''' : Bon, on se dépêche, Tony, parce que... parce que là, je pense que... '''Tony''' : Donc moi, bon, je mixe un petit peu dans des soirées. Moi, ce que j’aime bien, c’est faire bouger la foule. Mais moi, j’aime pas trop qu’on me fasse chier quand je suis dans mes aigus. Ça, je voulais le signaler. Et j’achète mes disques à Techno À Port. Voilà. '''Gérard''' : Ouais, ben merci, Tony, pour ta publicité. Dans ce cas-là, tu vas aller voir Manu... '''Phildar''' : Attends, attends ! Gérard, Techno Import c’est le magasin où Max va acheter ! Donc on peut en parler. '''Manu''' : On peut le dire. On peut le dire. '''Phildar''' : Sinon après, on n’a plus de vinyle... on n’a plus de vinyle gratos. C’est bien, Tony, c’est bien. '''Gérard''' : Il retourne voir Manu au standard après, ok ? '''Tony''' : Y a pas de problème. On y passe tous. '''Gérard''' : Ouais, non, mais... Non, non, mais je pense que pour toi ça va être terminé, là. '''Phildar''' : Tu y retourneras un jour, Gérard, au standard. '''Gérard''' : Hein ? Qu’est-ce que tu dis, toi ? Moi au standard ? '''Phildar''' : Ben pour aider Manu, ouais. '''Gérard''' : Non, c’est pas moi qui va... qui va choper, qui va répondre aux gens qui sont derrière, ok ? Alors : Comment s’habiller pour aller en boîte ? Donc, c’est la dernière question. La... la, la, la, la sixième. Oh là là, merci pour le larcène. Et donc, on va s’écouter Joe Couscous avec Ma tante danse le... '''Phildar''' : Oh là, c’est de pire en pire les titres ! '''Gérard''' : Non, non, mais attends. C’est toi qui écris... '''Phildar''' : Ben oui. Joe Couscous avec Ma tante danse le reggae. '''Gérard''' : Alors, Danse le reggae. Donc, vous pouvez toujours nous appeler au 0803 08 5000 et 0800 70 5000. '''Phildar''' : À venir, le débat qui portera sur les routiers. Donc vous pouvez déjà nous appeler. Appelez Manu, voilà. Et il vous sélectionnera avec plaisir. Voilà. À tout de suite, Gérard. ''[Musique]''. '''Gérard''' : Ben Philippe, t’annonces le disque, parce qu’à mon avis c’était pas ça. '''Phildar''' : Ben, c’est quoi alors ? Joe Couscous avec Ma tante danse le reggae. Une nouveauté. C’est pas mal, là. '''Gérard''' : Ok. Donc, on rappelle Crouton ? Petit Poil ? Tuteur ? '''Phildar''' : Tu tiens debout ? '''Tuteur''' : elle est facile, hein, franchement. '''Gérard''', ''[rote bruyamment]'' : Pardon. '''Manu''' : Gérard... Gérard, tu dégages au standard. Faut que je te calme, faut que je te parle. Tu dégages au standard. '''Gérard''' : Euh, Tony ? '''Tony''' : Ouais, Ouais, le disque c’était Zoubir avec ''[deux bruits de baiser]''. '''Gérard''' : Euh, Col Roulé ? Donc, à la place d’Oignon, on a qui ? '''Manu''' : À la place d’Oignon, pour l’instant on a personne parce que la personne que je devais rappeler, eh ben... j’y n’y arrive pas. '''Gérard''' : Donc, dernière question. Donc : Comment êtes-vous habillé pour sortir en boîte ? Col Roulé ? Col Roulé ? '''Col Roulé''' : Moi je dois dire que, en fait, pour aller en boîte, je m'habille très classe, quoi. '''Gérard''' : Ouais, mais attendez ! Attendez, attendez ! Avant de répondre à la question, j’aurais bien voulu que Reego me donne un petit point internet pour savoir le nombre de connectés. '''Reego''' : Alors, petit point internet : actuellement sur le site, il y a 182 connectés. Tu vois, t’as la liste ici. La classe ! C’est quand même la classe. Et il y a Sean qui te demande s’il peut passer un bonjour à Nicolas... Ah, c’est pas le thème. '''Gérard''' : Ben non, non, mais si, si. Si, si, on peut lui faire un petit coucou à la personne. '''Reego''' : Bah c’est fait. '''Gérard''' : Donc voilà. Ben... donc... ben coucou. Non, non, mais donc on remercie tous les gens qui sont sur internet. Ça me fait plaisir quand même de voir un jeudi 182 connectés sur internet. Ça, c’est... Ça, c’est pas mal. J’applaudis. 182 ! Eh ben, continuez comme ça ! Donc, c’est bizarre parce que là j’ai fermé le Minitel, mais si je peux l’avoir devant mes yeux... '''Phildar''' : Non, ça te ferait trop mal. '''Gérard''' : Non, il y a... il y a zéro... '''Phildar''' : 47 connectés. '''Gérard''' : Bon attends... 47 connectés ? Fais voir, fais voir ! ''[il force l'appareil à se tourner vers lui et regarde l'écran]''. Attends, tourne-moi le... '''Phildar''' : Non, mais c’est pas grave, je te le dis. '''Gérard''' : Non, non, mais attends. Fais voir. Ouais, zéro connecté ! Bien sûr ! '''Manu''' : Putain, ça a chuté vite ! '''Phildar''' : Ah non, mais il y a deux minutes il y en avait 47, mais le temps... le temps que tu retournes... '''Gérard''' : Non, non, mais de toute manière vous pouvez toujours nous appeler. Donc 0803 08 5000 et 0800 70 5000. Toujours le site internet www... point fr. '''Reego''' : Voilà, exactement. '''Gérard''' : Après je sais même plus. '''Manu''' : Et le Minitel : 3615 Fun Radio. '''Gérard''' : Voilà, toujours 3615 Fun Radio. J’essaierai de... de vous répondre en direct, mais si c’est pas des conneries. Donc on va attaquer la dernière question. '''Phildar''' : Oui, ça fait déjà trois fois que tu la poses : "Comment préférez-vous être habillé en boîte ?" '''Gérard''' : Non, non, mais même je pense qu’on va en faire deux quand même, parce qu’on est jeudi. Et donc, comme les gens sont un peu sympas, ça va être le week-end, donc on va... allez, allez, on va faire 10 questions. '''Phildar''' : Ah non, non. '''Gérard''' : il reste... il reste... il restera encore deux questions après la huitième. '''Phildar''' : T’emballes pas, t’emballes pas non plus. '''Manu''' : On va en faire une et puis on va voir. '''Gérard''' : Allez : Comment êtes-vous habillés pour sortir en boîte de nuit ? On va demander à Crouton. '''Crouton''' : Alors moi, je suis habillée sexy mais pas excentrique. '''Gérard''' : C’est-à-dire ? '''Crouton''' : C’est-à-dire, j’évite tout ce qui est fluo, tout ce qui est excentrique, mais je suis sexy. '''Gérard''' : Non, mais là, sexy... '''Crouton''' : C'est--dire un petit pantalon trompette... '''Col roulé''' : Sal... '''Gérard''' : Tony, s’il te plaît. '''Col roulé''' : Non, c’était Col Roulé ! '''Gérard''' : Ouais, ben Col Roulé. Col Roulé, tu vas te calmer ! '''Col Roulé''' : Ouais, je me calme. '''Gérard''' : Sinon moi je vais te calmer, tu vas... tu vas zapper direct. Je vais faire comme Oignon. Parce que là, maintenant, faudra peut-être qu’on fasse des débats corrects. '''Tony''' : Non, mais ça se passe bien là, Gégé ! '''Gérard''' : Non, non, mais Col Roulé, pour l’instant... Moi je peux... je peux répondre à Crouton. Donc moi je peux vous dire une chose : que les trois quarts des nanas sont habillées au ras des genoux, et c’est... c’est tout juste si on ne leur voit pas leurs culottes. '''Manu''' : Elles ont le cul bas quand même. '''Phildar''' : Ouais, ou des grosses culottes ! '''Gérard''' : Non, non, non. Mais il faut dire... il faut dire que quand même les nanas, quand vous allez en boîte de nuit, vous n’hésitez pas... oui Reego ? '''Reego''' : Continue ta phrase au moins ! '''Gérard''' : Les filles, vous n’hésitez pas... vous... vous n’hésitez pas à nous allumer. '''Crouton''' : Ouais, mais n’empêche que vous aimez ça ! '''Gérard''' : Ouais, non, mais attends. Attends. On aime ça... Fais moi confiance que, tu vois, comme Tony le sait et tout le monde le sait maintenant, je suis avec Sandy. Et Sandy, jamais, jamais elle est sortie avec des trucs au ras des genoux. Parce que moi... moi je vais te dire une chose... bon. Non, non, mais attendez. Moi je peux vous dire une chose : que dans... dans les métros, quand je vois des trucs comme ça, ça me dégoûte. Non, ça me dégoûte quand tu vois des nanas comme ça ! Attends, parce que là... non, non, ouais, ouais. Ouais, mais attends. Elles peuvent être bien foutues si on veut, mais il y a des limites ! Non, non, mais ouais. Non, mais il y a des limites. '''Manu''' : Et les limites c’est des genoux, voilà. '''Gérard''' : Voilà, il y a des limites pour pas provoquer. Parce qu’après... après dans ces cas-là, on va dire : "Ouais, mais on se fait violer". Alors les nanas, arrêtez, hein ! Parce que... '''Phildar''' : Attends, tu vas un peu loin Gérard ! Ouais, mais c’est pas... c’est pas parce que tu mets une mini-jupe en boîte que tu te fais violer automatiquement. Faut pas exagérer non plus. '''Gérard''' : Ouais, mais attends. Combien que t’en vois de viols à l’heure actuelle ? '''Phildar''' : Non, mais ça on s’en fout, c’est pas le thème du débat. '''Crouton''' : Gérard ! T’es pas obligé d’être en jupe parce qu’on va en boîte. Il y a des femmes qui sont en jupe parce qu’elles y sont obligées par leur boulot. '''Gérard''' : Ouais, mais Crouton, moi dans ces cas-là, moi je vais te dire une chose : dans ce cas-là, c’est de l’harcèlement sexuel, et c’est tout. ''[rire gêné et applaudissements de Phildar]''. Si, les trois quarts des patrons, si t’es pas en mini-jupe, de toute manière t’es pas pris. '''Manu''' : Et si t’as des culottes aussi, faut pas en mettre ! '''Crouton''' : Alors, là-dessus, moi je suis secrétaire dans une entreprise et, excuse-moi, mais je trouve pas ça très sympa quand tu dis que le patron nous accepte pas lorsqu’on n'a pas de mini-jupe. Je suis en jupe, tout simplement, et j’ai jamais été harcelée, quoi. '''Petit poil''' : Ouais, bah moi j’ai été harcelée, moi ! Parce qu’il m’oblige à me mettre en mini-jupe et sans culotte ! ''[la voix nouée de pleurs]''. C’est dégueulasse. '''Phildar''' : Ah, voilà. Ça, c’est en plus... c’est dans le débat. '''Manu''' : C’est grave dans le débat, c’est grave ! Le milieu de la nuit, la discothèque, tout ça... '''Phildar''' : Bah, Gérard, ce que tu devrais faire, tu veux... elle t’a peut-être donné une bonne idée, là. Je sais plus si c’est Petit Poil... Petit Poil, tu pourrais peut-être faire, dans les semaines à venir, un débat sur le harcèlement. '''Manu''' : Mais pour l’instant, on est quand même dans la discothèque et le milieu de la nuit. Et il serait sage d’y revenir au plus vite. '''Phildar''' : Tu sais qu’on n’est pas restés longtemps dans la discothèque. On a été partout. On a été partout ! '''Manu''' : Entre René Verschuren, l'ccordéon et tout... '''Reego''' : Justement, pour reparler de la discothèque, il y a Snul sur IRC qui te demande, Gérard : "Comment faut-il s’habiller pour aller en discothèque et pas se faire refouler par le gros gorille à l’entrée ?" '''Gérard''' : Alors ça, c’est une très bonne question. Justement. '''Phildar''' : C’est bien, Reego, tu travailles bien, toi. '''Reego''' : Merci les gars. '''Gérard''' : Non, non, mais de toute manière, pour l’instant, je ne vais pas trop me plaindre de Manu, à part qu’il n’a pas toujours fait ce que je lui ai demandé. Donc, toi pour l’instant... ça va, tu te la coules douce. '''Phildar''' : La question, Gérard, tu réponds. '''Gérard''' : Donc je réponds à la question. Donc c’est qui, Reego ? Alors Snul, moi je peux te dire une chose : c’est que j’ai quelqu’un, une fois, qui a voulu aller à la Loco, qui s’est pointé en jeans et qui a été refoulé. Il était habillé tout en jean. Comme moi, souvent je suis en jean et autres. Bon ça va, parce que moi je rentre avec vous. Mais le mec, il a été refoulé. Et il s’appelle Titi. Et Titi. '''Tony''' : Je l’ai vu ce mec-là : il était venu en chaussons et avec un boa aussi. C’était abusé ! '''Gérard''' : Ouais, ouais, t’as raison. C’est celui qui nous a emmenés en Allemagne avec Sandy, d’accord ? Alors tu le connais pas, ok ? Alors tiens, Tony, comme t’as une grande gueule : comment que tu t’habilles, toi ? '''Tony''' : Je vais l'ouvrir, je vais l'ouvrir, ouais ! '''Tony''' : Ouais, bah, tu vas l'ouvrir ta gueule ! Bah, parce que moi, je vais... bon, classique : en jean, en baskets et puis en chemise. '''Tuteur''' : Ouais, tu rentres pas en baskets. '''Tony''' : Moi, je rentre ! Moi, je suis Tony de Fun, moi. '''Gérard''' : Dans ces cas-là, pourquoi pas... Moi, il y a une question que je suis en train de me poser : pourquoi pas y aller en costume-cravate ? '''Reego''' : Tu te fais refouler, Gérard, en costume-cravate. '''Gérard''' : Bah ouais, mais attendez ! Mais costume-cravate, tu vois que ça toute la journée : dans le métro, que ça soit dans les bus, n'importe où. Tu vas dans un café pour prendre un sandwich — moi j'ai vu ça cet après-midi — tu vois des mecs en costume-cravate. '''Tuteur''' : Ouais, mais c'est des cadres. '''Gérard''' : Mais attendez, mais attendez... Mais dans ces cas-là, pourquoi qu'on accepte des mecs en costume-cravate dans des boîtes de nuit et pourquoi qu'on refoule des gens en jean ? Moi, je ne suis pas d'accord, je ne suis pas d'accord ! '''Reego''' : Gérard, sur IRC, on me dit qu'on accepte les costards-cravate parce qu'on n'accepte pas les costards crados. '''Gérard''' : Bah ouais, mais même... on accepte, ça ne sert à rien. Olivier ? Olivier ? Non, non. Non, non, toi tu vas travailler ailleurs. '''Olivier''' : Je cherche les auditeurs. '''Phildar''' : Pour une fois qu'Olivier bosse... '''Olivier''' : Je suis seul à bosser mais j'ai rien fait, Gérard ! '''Gérard''' : Non, non, mais attends. Depuis tout à l'heure... 'Olivier' ''' : ça se passe plutôt bien. '''Gérard''' : J'entends Allô, allô, allô... Et je viens de regarder, c'est toi. '''Olivier''' : Alors donc, je ne dis plus allô. '''Gérard''' : Non, non, mais dégage ! '''Olivier''' : Non, je te promets, je ne dis plus allô. '''Gérard''' : Parce que ça s'est bien passé jusqu'à maintenant. Dégage ! Et voilà, hop, au revoir. '''Olivier''' : J'ai rien fait ! '''Gérard''' : Dégage ! Tu prends ton café, tu vas sur le site internet, tu vas dialoguer avec Reego. '''Olivier''', ''[sortant, boudeur]'' : Toujours pareil, et c'est tout. '''Reego''' : Tu l'as vexé, Gérard. '''Gérard''' : Non, mais même, attends... Toi, ça s'est bien passé jusqu'à maintenant. Je ne vois pas pourquoi qu'il arrive et j'entends des "allô" et "allô". '''Manu''' : Oui, moi c'est clair, on ne m'entend pas dire allô. '''Phildar''' : Donc, je me demande comment tu fais pour être aussi concentré dans ton débat Gérard. C'est extraordinaire. '''Gérard''' : Tuteur ? '''Tuteur''' : Oui, oui, je suis là. ' ''Gérard''' : Donc toi ? '''Tuteur''' : Personnellement, moi je m'habille en pantalon parce que j'ai... enfin, je n'aime pas les jupes quoi. Mais bon, ça c'est... mais c'est aussi plus agréable d'être en pantalon pour danser parce que c'est plus pratique quoi. Si tu es en jupe, bon, enfin... Puis comme disait Petit Poil... '''Gérard''' : Oui ? '''Tuteur''' : Je ne sais pas. Enfin, les jupes, c'est vrai que c'est quand même... ça allume pas mal quoi. '''Phildar''', ''[soufflant d'impatience]'' : Réveille-toi Petit Poil. On va te raser. '''Gérard''' : Allez, qui c'est qui n'a pas répondu ? Non, Petit Poil, tu viens de répondre. '''Petit poil''' : Mais non, c'était pas moi, c'était Tuteur. '''Phildar''' : Ah, c'était Tuteur, pardon, excuse-moi. '''Gérard''' : Petit Poil, vas-y. '''Petit Poil''' : Ouais, alors moi j'aime bien aller en boîte en tailleur et en robe longue pour... donc pour pas allumer justement. '''Tony''' : T'as pas chaud avec tout ça ? '''Petit Poil''' : Non, je me déshabille vite fait. '''Gérard''' : Bon, mais de toute manière, pour voir, il y a un vestiaire pour mettre les pringues. Mais faites-moi confiance : quand vous voyez après, vous êtes quand même des allumeuses. Alors venez pas nous dire le contraire ! '''Petit Poil''' : Mais il faut pas généraliser, Gérard. '''Gérard''' : Ouais, mais de toute manière, je prends pas mon cas pour une généralité, d'accord ? '''Petit Poil''' : Ok, chef. '''Gérard''' : Ok ? Bon, alors maintenant on fait la conclusion. Donc, Crouton ? '''Crouton''' : Bah, moi la conclusion, c'est que ça a pas apporté grand-chose sur ce débat. Donc bon, je veux dire, il y a eu des choses peut-être intéressantes pour certains. Enfin, pour moi, je trouve pas. Mais peut-être que pour certains il y a eu des choses intéressantes. '''Gérard''' : Non, mais est-ce que... est-ce que pour toi, est-ce que le débat s'est bien passé ? '''Crouton''' : Ah oui, ça c'est sûr, il s'est très bien passé. Mais il y a peu grand-chose d'intéressant parce que je trouve que tu t'es énervé un peu trop vite. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non ! Non, non, non, non. Hé, Crouton ? Crouton, je me suis pas énervé. Je pense que je vous ai répondu à chaque question que vous m'avez posée. '''Crouton''' : Gérard, t'as trop généralisé sur tout le monde. T'as pris un exemple et ça y est, t'as généralisé. '''Gérard''' : Bah oui, mais de toute manière, là-dessus, je suis obligé de... de voir pour essayer de... de mettre un peu d'ambiance. Ok ? '''Phildar''' : Ah, t'as eu raison, t'as un peu d'ambiance. '''Crouton''' : Ah pour de l'ambiance, t'en as mis... '''Gérard''' : Ouais, bah pour un... à part Oignon que j'ai viré, sinon j'ai viré personne. Ah, maintenant Max est là ! Donc Max, il va peut-être nous renseigner sur le prix de... '''Manu''' : C'est deux millions, deux millions ! '''Max ''' : J'ai écouté, j'ai écouté. '''Gérard''' : Donc pour toi, dans les soirées, est-ce que vous aimez mixer ? Donc on m'a dit que... bon... ''[Olivier revient]''. Non, toi, dégage ! Merci Olivier. '''Max''' : Non, je t'écoute... C'est quoi la question ? '''Gérard''' : Non, parce que j'ai demandé... '''Max''' : J'ai écouté, j'ai écouté. Donc on m'a... j'ai entendu des chiffres, j'ai entendu des chiffres. Donc genre, pour le prix, combien coûte aujourd'hui du matériel pour mixer correctement ? Donc j'ai entendu un, deux millions. '''Gérard''' : Non, moi j'ai dit c'est... '''Max''' : Non, Olivier a dit cinquante millions. J'ai écouté, c'est pour dire. Il a dit qu'il était comme toi, peut-être entre un et deux millions. '''Gérard''' : Non, non. Il m'a dit deux cent cinquante balles. '''Max''' : Non, ça c'est la table de mixage ! Reego a confirmé. J'ai écouté : deux cent cinquante-quatre francs. J'étais là. '''Gérard''' : Oui. Et toi, pour toi personnellement, toi qui es... qui es un grand amateur de mixage, toi qui aimes bien mixer ? Donc pour toi le prix, on va... '''Max''' : Alors moi, je pense qu'il faut aujourd'hui plus un ou deux millions. C'est-à-dire que si tu veux du bon matériel pour mixer un peu comme à la Loco, je pense qu'il faut mettre dans les sept, huit millions. Nouveaux !<ref name="hist5"></ref> '''Gérard''' : Donc ça fait soixante-dix mille... soixante-dix mille francs. Soixante-dix mille à quatre-vingt mille... '''Max''' : Quatre-vingt mille francs à peu près. Pour une table de mixage, j'entends. Si tu veux avec les platines — moi j'ai ça chez moi — il y en a pour cent-vingt mille balles. '''Gérard''' : Ah bah d'accord. '''Max''' : Attention... Non mais ce qui est bien après, c'est qu'une fois que t'as le matos — je parle pas des amplis, des enceintes, s'il y a plus des amplis, des enceintes faut rajouter quarante mille balles — après ce qui est bien, c'est que les disques, bon c'est du vinyle, comme c'est en import, souvent c'est des imports. '''Gérard''' : Ouais, comme Tony nous a dit. '''Max''' : Bon, je vais acheter ça, tu l'as dit tout à l'heure, sans faire de marques, chez Techno Import. '''Gérard''' : Non non, c'est Tony qui l'a dit, c'est pas moi. '''Max''' : C'est à peu près dans les quatre-cents francs un disque. Bon, c'est pas très très cher. Après... après c'est pas très très cher. Quatre-cents francs le disque, moi j'en achète à peu près quarante, je m'en sors pour quatre-mille à dix mille, enfin entre quatre et quinze mille, vingt mille francs. '''Gérard''' : Une question... Une question qui... '''Max''' : Te brûle les lèvres ? Elle te brûle les lèvres ? Je crois non.  ? '''Gérard''' : Je l'ai posée à Reego et Reego m'a dit que ça... il me dit oui. Est-ce que quand tu mixes, par exemple avec le disque comme tu fais toi à la Loco... Est-ce que ça l'abîme ou pas ? Reego me dit oui. '''Max''' : Oui, parce que le problème c'est que lui c'est un DJ de hip-hop, ils savent pas manier les disques. '''Phildar''' : Il l'a dit trop vite ! '''Gérard''', ''[entre sourire et vanne]'' : Toi tu te tais, tu sais pas mixer ! Alors toi, va prendre un mixer ! '''Max''' : Non mais en techno, en techno, on scratche pas comme ils scratchent. Nous on utilise pas ça, le scratch. On utilise un peu le velcro. '''Gérard''' : Mais est-ce que ça... est-ce que ça abîme ? '''Phildar''' : Non, parce que ça agrippe. '''Max''' : Non, ça l'abîme pas. Ça abîme pas le disque que tu veux mettre. Parce que si tu veux pas abîmer le disque que tu veux mettre, par exemple au lieu de jouer la face A, tu vas faire exprès de scratcher sur la face B. Comme ça, le disque que tu veux écouter c'est sur la face A, tu l'abîmes pas le disque. Non mais c'est une technique. C'est une technique, c'est très technique, je reconnais. Je m'excuse, je fais un peu une parenthèse : si vous voulez pas abîmer les morceaux que vous aimez bien sur le vinyle, par exemple si sur la face A c'est le morceau que tu adores et que tu veux le mixer, pour pas l'abîmer, tu joues la face B. '''Gérard''' : Ouais, mais dans ces cas-là, tu retournes le disque ? Mais comment tu peux retourner le disque quand t'es en boîte ? '''Max''' : Tu joues pas ! Tu joues pas le disque, '''Phildar''' : Tu l'écoutes pas c'est tout ! '''Max''' : C'est-à-dire que tu vas passer un disque en disant : "Voilà, sur la face A, je voulais passer le tube de Das Fuck, Das Puck". Et bah tu te dis : "Ok, je vais pas abîmer mon disque en mettant les doigts dessus, donc je joue l'autre face". Donc c'est un morceau qui est pas connu, mais les gens savent que sur ce morceau pas connu, sur l'autre face, y'a le tube. '''Gérard''' : Donc ça abîme pas... '''Max''' : Non, ça abîme pas la face A. '''Gérard''' : Ouais, non mais même que ça soit la face A ou B, on s'en bat les... '''Max''' : Non, ça le bousille le disque ! Ça le raye ! En gros, t'achètes le disque, tu le mets trois fois en soirée, il est mort. Faut en racheter un. Et un disque, je te dis, ça coûte pas cher, Reego peut te dire, en hip-hop c'est à peu près pareil, à 5 francs près, c'est dans les 400 francs. Normal. En import, ça va coûter 600 balles le disque. Mais ça vaut le coup ! '''Reego''' : Et en marbre, encore plus cher ! '''Gérard''' : Ouais, mais je pense que maintenant on n'arrive plus à trouver. Maintenant c'est... '''Max''' : C'est-à-dire que si tu cherches le live du Palais des sports de Johnny en 77 en vinyle, c'est un peu dur. Non mais en techno, c'est à peu près 600 francs le disque, c'est pas très très cher. Pour faire une bonne soirée, pour faire un bon mix de 3 heures, il te faut à peu près 50 disques. Donc tu calcules : 50 disques à peu près, on va dire 110 pour faire une nuit complète, 200 000... à 600 francs le disque... 200 000 ? Ça fait à peu près 60 000 francs. Pour 60 000 francs, tu peux faire une bonne soirée. '''Gérard''' : Et donc, grosso modo, donc pour finir, pour répondre à la question que j'ai posée — de toute manière, j'aurais pu la poser la question à tous les auditeurs... '''Max''' : Oui, vas-y, pose la question ! '''Gérard''' : Donc c'est que pour toi, donc tu serais prêt à mettre combien dans toute une table ? Donc toi, pour toi, 120 000 ? '''Max''' : Ma bite entière ! '''Gérard''' : Je te remercie, Max. Donc, Crouton ? '''Crouton''' : Oui, bah je viens de te faire ma conclusion. '''Gérard''' : Donc Petit Poil ? '''Petit Poil''' : Ouais, bah alors moi je dirais que certaines choses t'as raison. Mais en fait, certaines choses tu crois toujours avoir raison et en fait quand on n'est pas d'accord, tu essaies toujours d'avoir le dernier mot, ce qui est dommage. Mais bon sinon ça s'est bien passé, c'était calme. On kifferait... enfin ça serait bien que ça bouge un petit peu. '''Gérard''' : Ah bah que ça bouge ! Si vous voulez que ça bouge, dans ces cas-là, le deuxième, je vais bouger plus ! Ok ? Je vais m'énerver et ça va être encore plus dur. Parce que là, je vais m'attaquer... je vais m'attaquer... sur un truc que j'ai vécu : c'est les transports routiers ! '''Phildar''' : C'est du lourd ! '''Petit Poil''' : Ouais, mais on a déjà fait ça, les routiers. '''Gérard''' : Et alors ? Si ça te plaît pas, tu fais une chose : t'écoutes ta radio, tu zappes sur une autre radio, ok ? En de bon entendeur, salut ! ''[applaudissements du studio)''. '''Petit Poil''' : Ouais bon bref. Non mais ce que je veux dire... non mais t'es pas obligé de t'énerver pour avoir de l'ambiance. '''Gérard''' : Non mais attends ! Dans ces cas-là, tu me dis : "Ouais, je me suis pas énervé". Mais attends, moi c'est... c'est mon chef qui m'a dit ne pas m'énerver ce soir. '''Max''' : Non mais tu peux t'énerver si ça reste cohérent. Si tu t'énerves sur quelqu'un qui dit des conneries, d'accord. Si tu t'énerves parce qu'un mec à un moment donné parle au-dessus d'un autre, c'est pas normal. Par contre sur les routiers, ça risque de gueuler, mais c'est normal, c'est ton métier. C'est un amour de métier ! '''Phildar''' : Tu sais de quoi tu parles ! Putain merde... ''[applaudissements du studio]'' '''Gérard''' : Alors Tuteur ? '''Tuteur''' : Moi c'est la première fois que je participe à ton débat et je trouve que c'était plutôt cool quoi. Faudrait qu'on s'écoute un peu plus les uns les autres, parce que c'est un peu le bazar des fois. '''Gérard''' : Ouais non mais attends. Écoutez-nous les uns les autres '''Phildar''' : Et aimons-nous aussi ! '''Tony''' : Oui, aimons-nous, aimons-nous ! Mais moi je voulais... puisque Max est là. Il faudrait que tu lui demandes parce que tu ne me croyais pas : le prix d'une platine russe. '''Max''' : Alors, le prix d'une platine russe ? J'ai entendu parler d'en euros... '''Phildar''' : 400 ? '''Max''' : Ouais, c'était à peu près ça. Alors là, en russe, pfiou là là ! '''Manu''' : Ça fait 24 francs français je crois, je ne sais pas. '''Max''' : Mais là-bas maintenant, ça s'échange avec des bouteilles de vodka. Donc il faudrait parler en Vodka. Je sais qu'une platine avec du bon matériel en URSS — moi j'ai vu ça — ça vaut... '''Phildar''' : C'est Pierre Import. Moi je l'ai vu chez Pierre Import. '''Max''' : Je ne sais pas... Je crois que c'est pour deux putes ukrainiennes. Je pense que tu peux avoir du bon matos. '''Tony''' : C'est une demi-Lada quoi. '''Max''' : Ouais, à peu près ouais. '''Gérard''' : Bon. Col Roulé pour terminer. '''Col Roulé''' : Ouais voilà. Bon bah pour ma conclusion, moi je voudrais dire que au début du débat je me doutais que les filles étaient des allumeuses en boîte de nuit, mais là j'en ai eu confirmation. Voilà. '''Max''' : J'ai beaucoup apprécié ce qu'a dit, Gérard. Effectivement pour les filles qui se permettent de mettre des choses ras-la-foufoune jusqu'à la hauteur des genoux, moi je trouve ça également... je trouve que c'est en fin de compte, c'est provoquer l'acte sexuel. '''Gérard''' : Voilà. Donc moi, conclusion de ce débat : bon bah, je pense que j'ai pas trop de choses à rajouter parce que j'ai répondu à peu près à vous, à toutes vos questions. Même sur internet — peut-être que j'ai pas pu tout... tout le monde a pas pu comprendre ce que je disais — '''Reego''' : En plus là ça augmente, il y a 250 personnes ! '''Phildar''' : Oh là là ! Qu'est-ce que tu donnes... '''Gérard''' : Donc bon bah, le deuxième débat portera sur les routiers. Donc on va s'écouter Patrick Petit Suisse avec "Ma cravate marche au diesel". Et vous pouvez toujours nous appeler... ''[Max explose de rire]''. bah mais attends c'est l'autre cave... donc les numéros à rappeler, Manu ? '''Manu''' : Non, ça a l'air de marcher toujours. 0803 08 5000 et 0800 70 5000 si ça marche. '''Gérard''' : Et toujours 3615 Fun Radio, rubrique Direct et toujours l'internet www.fr FunRadio. Et je vous retrouve d'ici 10 minutes ! == Le débat sur les routiers == === Contexte === Dès cette semaine, Gérard perd quelque peu son équilibre professionnel. Dans l'avant-débat, on comprend qu'il n'a pas préparé ce débat, privilégiant un thème non prévu, face à un Max étonné voire inquiet. L'équipe va donc l'aider à bâtir des questions pour ce débat, lui donnant toute sa dimension surréaliste, ajoutée à la confusion généralisée de Gérard. Le fait marquant est la confirmation que, désormais, Gérard va mesurer sa célébrité, son succès d'audience, au nombre de gens connectés sur Internet. Cette sensibilité à ce média va avoir une foule de conséquences : Reego va devenir un vrai régulateur important et adoré de Gérard, lequel va regarder en permanence le chiffre, qui deviendra bien sûr ubuesque au fil des émissions. === Les personnages === * Franck Bargine : Max, Antiroutier, Tam tam * Igor : Reego * Gérard Cousin : Gérard * Phildar, Manu * Arnet * 35 tonnes (35t, ancien Col roulé) * Laura : Tu me saoules (tumsoule) * Dégage (ancien petit poil) * Axel : Frigo * Olivier Bouchet : Horloge, Marcel * Goldo === Transcription === '''Gérard''' : C'était Patrick Petit suisse avec Ma caravane marche au Diesel, etdonc c'est toujours les débats de Gérard, 2h10. Donc vous pouvez toujours nous appeler au 0800 70 5000 et 0803 08 5000, et toujours le 3615 Code Fun Radio, rubrique "Direct". Et pour l'instant, j'ai zéro connecté. '''Phildar''' : C'est pas cool ça, hein ? '''Manu''' : C'est une honte ! '''Gérard''' : Et sur Internet, donc, vous pouvez toujours nous laisser des messages ; donc : ww.fr funradio. '''Reego''' : Slash fun, pas de problème. Et on va bientôt atteindre les 300 connectés. ''Phildar ''' : Oh là là, le blé qu'on va se faire encore ! '''Gérard''' : Eh ben, c'est bien. Donc, on va accueillir Arnett pour le deuxième débat qui portera sur les routiers quand même. Arnett, bonsoir. On peut écouter Fun Radio sur 101.9 ? Alors, 35 tonnes, c'est quoi là, Manu ? '''35 tonnes''' : C'est moi. '''Gérard''' : Non mais tu donnes ton nom correctement s'il te plaît, parce que moi je vais pas m'amuser à faire "35 tonnes" sans arrêt. '''Phildar''' : C'est son QRZ. '''35t''' : Voilà, je suis un cibiste, c'est tout. '''Gérard''' : OK, donc on peut écouter Fun Radio à Arras sur 96.9. Tu me confirmes bien la fréquence ? '''35t''' : Ouais, je te confirme, ouais. '''Gérard''' : Tu Me Saoules ? '''Tumsoul''' : Bonsoir mon amour. '''Gérard''' : Il n'y a pas de "ton amour", d'accord ? En de bon entendeur salut. OK, tu vas pas commencer comme ça, OK ? '''Tumsoule''' : Excuse-moi Gérard, j'avais une envie et j'ai pas réussi à la contrôler. '''Gérard''' : Moi je te dis tout de suite, je suis pas ton amour, OK ? Donc on peut écouter Fun Radio à Brest sur 98.9, c'est bien ça ? '''Tumsoule''' : C'est tout à fait ça. '''Phildar''' : Non, mais non, c'est pas ça ! '''Tumsoule''' : Mais si, ça lui fait plaisir ! '''Gérard''' : Donc, Horloge, 18 ans d'Arcachon, on peut écouter Fun Radio sur 92 FM. Dégage ? Euh au standard, tu vas te calmer Manu, parce que sinon je vais t'attraper ta tête, je vais te l'éclater ! Je vais faire comme dans opération "Cornet de beaf", tu vois ? Je vais prendre un pétard, je vais te mettre ta cervelle sur une bagnole ! OK, alors tu éteins ton micro et je ne veux plus t'entendre, OK ? Donc, Dégage, 21 ans, on peut écouter Fun Radio à Laval sur 102.3. '''Dégage''' : Exactement Gérard. '''Gérard''' : Et Frigo ? '''Frigo''' : Oui, bonsoir Gérard, big big up à tous ! '''Gérard''' : Toulon, 93.1. OK. Donc, première question sur les routiers : que pensez-vous des routiers ? On va demander à Frigo. '''Frigo''' : Ouais, moi je trouve que c'est une bonne solution parce que, de toute façon, sans les routiers on pourrait pas manger, c'est clair. Donc il en faut, il en faut. '''Gérard''' : Eh oui, mais moi si je te dis... si on se met en grève et qu'on peut plus... s'ils peuvent ralimenter les grandes surfaces, qu'est-ce que tu fais ? '''Frigo''' : C'est des emmerdeurs dans ces cas-là ! '''Gérard''' : Ah ouais, mais c'est des emmerdeurs ? Mais attention, c'est leur gagne-pain quand même ! '''Frigo''' : Ah ouais, mais faut pas qu'ils se mettent en grève ! '''Gérard''' : Ah ouais, mais attends ! Dans ces cas-là... Non mais attendez, attendez ! Parce que là je connais le truc, moi je peux vous dire une chose : quand t'as un patron qui dit "Bon ben il faut que tu soyes à telle heure là-bas"... Ouais, mais faut que tu respectes quand même le temps de coupure parce que moi j'ai vécu l'expérience avec un chauffeur là, il y a quinze jours, on était en Allemagne ; il fallait quand même qu'il respecte ses temps de coupure. '''Phildar''' : C'est quoi les temps de coupure ? '''Gérard''' : Par exemple, tu roules huit heures, faut que tu t'arrêtes au moins trois quarts d'heure. '''Phildar''' : Pour pisser. '''Frigo''' : Pendant les trois quarts d'heure tu fais quoi ? '''Gérard''' : Eh ben tu te reposes, tu te mets dans ta couchette et tu t'allonges, et tu dors. '''Horloge''' : Ils foutent rien ! '''Gérard''' : Ouais ben, Horloge, s'ils foutent rien, ben je suis désolé mais ils vont pas risquer leur vie à cause d'un patron, on est bien d'accord. '''Manu''' : Mais nous, notre bouffe, elle arrive en retard aussi au supermarché ! '''Gérard''' : Ouais, mais d'accord, votre bouffe elle arrive en retard, mais de toute manière... '''Manu''' : Parce que trois quarts d'heure au départ, ça fait six, sept jours à l'arrivée ! '''Frigo''' : En plus elle est périmée en plus après ! '''Gérard''' : Ouais ouais, c'est ça, t'as bien... t'as raison ! Tu me prends pour un con, toi ? Non, tu m'y prendrais pas, tu m'y laisserais ! OK, alors attention à toi, Horloge ! Ouais, mais attention à toi Horloge parce que maintenant... tiens, ben comme t'as... on va demander à Dégage. '''Dégage''' : Écoutes, moi Gérard, c'est un métier que je respecte tout particulièrement parce que je trouve que c'est un super métier. '''Gérard''' : Alors maintenant Horloge, avec ta grande gueule, oui, maintenant tu vas l'ouvrir ! '''Horloge''' : Bah écoutes, moi, je pense que les routiers font pas... ils font pas un métier si difficile que ça, faut pas exagérer non plus quoi. '''Gérard''' : Non mais attends, attends ! Tu sais combien de temps qu'ils passent sur la route ? Ils passent pas loin de... '''Phildar''' : Sur un an par exemple... '''Gérard''' : sur un an, ils rentrent chez eux à peu près... à peu près... ça dépend des pays où qu'ils vont, mais t'en as les trois quarts, ils sont à peu près cinq jours sur la route. ''[applaudissements et rires dans le studio]''. '''Manu''' : Par an, ça c'est du taff de pro. '''Gérard''' : Alors je vais te dire une chose : non, non, non, non, non ! Mais attention, parce que là, là je m'attaque à... c'est moi qui ai décidé de faire ce débat-là parce que normalement on avait prévu la politique et je veux pas en faire. Donc avec Max, on avait décidé de changer. Donc maintenant, les questions sont pas préparées, maintenant ça va être des questions que je vais vous poser, mais faites-moi confiance... '''Max''' : Pourquoi ? Parce que d'habitude, quand tu les prépares tes questions, c'est pas toi qui les poses ? '''Phildar''' : Il joue gros, ce soir. '''Gérard''' : Si, si ! Donc je peux... je peux vous dire que le premier qui va déconner surn ce métier-là... '''Max''' : Ils ont le droit d'être contre par contre. '''reego''' : Sur IRC, ya chasse qui me dit qu'il aime pas les routiers parce qu'ils sont toujours là pour créer des accidents. '''Gérard''' : Là, par contre, Chasse, moi je vais te dire une chose : c'est pas les routiers qui créent les accidents ! Parce qu'il faut dire une chose, c'est que... d'accord on s'en prend toujours aux routiers, mais il faut dire une chose qu'on est bien content de les trouver. Mais les trois quarts du temps, c'est... c'est les bagnoles ! C'est des nanas même, voire même des mecs ou même des motos qui s'amusent à faire les cons. Par exemple, moi je l'ai vu il y a quinze jours, trois semaines, hein ? Fais-moi confiance qu'un mec sur deux... une file où que les routiers ne peuvent pas doubler, le mec qui roule à 60... je suis désolé ! Le mec... le routier, c'est... il y a des panneaux qui sont interdits pour doubler pour eux. Il peut pas doubler, il a beau faire des appels de phare au mec, eh ben le mec il n'en a rien à foutre à part freiner ! Les mecs qui s'amusent à faire ça, pour moi, qu'ils restent chez eux, qu'ils prennent leur voiture le dimanche ou qu'ils prennent les transports en commun, ça sera mieux. Ça coûte encore moins cher, ça fait moins de pollution. '''Phildar''' : Ouais, mais le transport en commun sur l'autoroute, c'est pas évident. '''Gérard''' : Ouais, mais attends ! Maintenant il y a le Météor et puis il y a des "Tramways... '''Phildar''' : nommés Désir" ! '''Gérard''' : Ouais, non mais t'as des tramways et t'as des... t'as des bus, euh... '''Phildar''' : Roissy Bus, tout ça. '''Gérard''' : Ouais, non mais t'as des bus, hein ! Donc euh... Tu Me Saoule ? '''Tumsoule''' : Ouais, bah moi je les trouve hyper sympa. Mais néanmoins, sur l'autoroute, sache qu'ils me gonflent, mais puissants quoi, parce qu'ils me bloquent à chaque fois ! '''Gérard''' : Ah mais attends ! C'est pas toi qui les emmerdes aussi ? '''Tumsoule''' : Euh non, mais quand je te dis ça, c'est qu'ils roulent pas vite et franchement ça m'emmerde, ça me fait perdre du temps. '''Gérard''' : Ouais, mais ils sont... ouais, mais euh... dans ces cas-là, si tu peux pas les doubler, dans ces cas-là... '''Tumsoule''' : j'ai rien contre eux, mais simplement ils me font chier. Ils me font chier sur la route. '''Gérard''' : Ouais, mais... mais attends ! Dans ces cas-là, si on vous fait chier sur la route... si les... les routiers te... te font chier sur la route, dans ces cas-là, pourquoi tu prends ta bagnole ? Dans ces cas-là, tu prends... tu prends une... une mobylette et puis euh... tu seras tranquille ! '''Arnet''' : Oui, mais Gérard, la route n'appartient pas aux routiers... '''Tumsoule''' : Une mobylette sur autoroute, je pense pas que ça se fait. '''Gérard''' : Non mais attends ! Sur autoroute tu as quatre voies, alors viens pas me dire à moi que tu peux... tu peux pas doubler parce que là, moi je vais te dire une chose : que t'as eu ton permis dans une pochette surprise ! '''Manu''' : Il n'y a pas besoin de permis pour la mobylette. '''Gérard''' : Ouais, non mais peut-être ! '''Tumsoule''' : T'emballes pa. Les routiers, je les aime bien, mais ils me font chier, c'est tout. '''Gérard''' : Ouais, bah alors dans ces cas-là, le jour où tu vas te faire coincer entre deux routiers, hein ? Et tu verras que qu'est-ce que ça va te faire. 35 tonnes, 35 tonnes ? '''35t''' : Ouais. Alors moi je voudrais dire en fait que les routiers, bah je les aime bien quoi, parce que bon, comme je suis... comme je suis cibiste et tout, bon, des fois on discute ensemble. '''Gérard''' : Non mais attends ! Est-ce que... est-ce que t'es routier ou pas ? '''35t''' : Non non, je suis pas routier, je suis cibiste moi, c'est pas pareil. '''Gérard''' : Non mais attends, faut pas confondre tentacule et enc... ta sœur. Parce que la CB avec les routiers, je vois pas le rapport. Moi je te parle : que pensez-vous des routiers ? donc je te demande pas si t'es cibiste ou pas, moi je m'en fous ! '''35t''' : Moi je le vois très bien parce que tous les routiers ont une cibie ! Donc j'écoute les routiers, donc on discute ensemble et donc je dis qu'ils sont sympas. Voilà. '''Gérard''' : Ah, OK. Arnett ? Internet, pardon ! Tu m'excuses, mais je prends une question... je prends les questions les plus importantes sur Internet. Et c'est quoi ce Minitel de naze là ? '''Reego''' : Oui, en attendant sur IRC, il y a... je sais plus comment il s'appelle... Desmercelles qui disait que : "il y a des pistes cyclables, pourquoi ils feraient pas des pistes camionnables ?" '''Gérard''' : Ça n'existe pas et je pense pas qu'ils en feront. '''Phildar''' : Et pourquoi ? '''reego''' : Non mais pourquoi ils en feraient pas ? '''Gérard''' : Non mais il n'y a pas des pourquois, et des comment? Les accidents, c'est pas les routiers qui les font ! Faut pas dire tout ça ! Que ça soit... les routiers, en fin de compte, ils ont... ils sont au volant 24 heures sur 24 derrière leur camion, et les mecs qui sont en bagnole, ils sont même pas 24 heures sur 24. Ils prennent leur boulot pour aller... pour aller... ils prennent leur bagnole pour aller au boulot, ils posent leur bagnole, ils vont bosser et ils ont rien à foutre de ce qui se passe après. Les routiers... les routiers... les routiers, c'est leur boulot, c'est leur gagne-pain, OK ? Alors, Arnett ? '''Arnet''' : Ouais, alors moi j'aime bien les routiers mais quand même, il y a des limites. Parce qu'un jour j'ai voulu aller à Eurodisney, à cause d'eux j'ai pas pu, puisqu'ils étaient en grève et ils ont bouché l'autoroute. '''Gérard''' : Attends Arnett. Ouais, Arnett. Déjà, pour aller à Euro Disney, tu as deux possibilités : tu prends ou l'autoroute ou la nationale. Ne viens pas me dire... viens pas me dire qu'ils ont bloqué l'autoroute et la nationale parce que je te dirais : "t'es un menteur" ! '''Arnet''' : Bah ouais, mais moi j'ai une voiture, c'est pas pour prendre les transports en commun, donc voilà. '''Gérard''' : Dans ce cas-là, t'as une voiture, tu peux prendre la nationale. '''Arnet''' : Bah oui, mais c'est plus rapide par l'autoroute, donc j'ai pas à perdre mon temps non plus. '''Gérard''' : Et alors ? Bah dans ce cas-là, t'avais qu'à prendre la nationale ! De toute manière la nationale, elle est pour tout le monde ! Elle est aussi bien pour les routiers pour que... pour les voitures. '''Frigo''' : Justement ! Il y a des routiers sur les nationales et sur les autoroutes. '''Arnet''' : Oui, pour le raisonnement de tout à l'heure : pourquoi les routiers ne prennent pas les transports en commun dans ce cas-là ? '''Gérard''' : Mais attends ! Mais les gens, quand ils partent de chez eux pour aller bosser, ils y vont comment ? '''Max''' : Comment tu veux mettre un camion dans un bus ? '''Arnet''' : Ah, c'est vrai ! Désolé les gars ! '''Phildar''' : On peut mettre un camion sur un train. '''Gérard''' : Non mais attendez, non mais ça... l'histoire du camion sur les trains, ça c'est une histoire du gouvernement. Je trouve que le gouvernement il est un peu con, parce que s'ils vont mettre des camions sur les trains, fais-moi confiance qu'on n'aura plus de routiers en France ! '''Manu''' : Pourquoi pas mettre des trains sur des camions ? Comme ça, ça ferait plus de taff pour les routiers. '''Gérard''' : Occupes-toi du standard et éteins ton micro, que je t'ai déjà dit, ça vaudra mieux. Donc deuxième question : combien coûte un permis VL ? '''Horloge''' : Un permis quoi ? '''Gérard''' : PL ? '''Horloge''' : VPL ? '''Tumsoule''' : C'est quoi ça ? C'est le nom d'un vaccin ? '''Gérard''' : Bon alors toi, tu dégages ! Bonne nuit à toi. C'est qui ? '''Phildar''' : Ça doit être une meuf mais je sais plus laquelle. '''Gérard''' : Non mais là tu es... tu cherches pas, allez hop, tu me vires n'importe... '''Phildar''' : Donc un permis PL, je pense que c'est un permis poids lourd. '''Gérard''' : Alors, combien ça peut coûter à votre avis ? On va demander à Arnett. '''Arnet''' : D'après moi, ça doit coûter genre dans les dix mille francs comme un paquet de clopes. '''Gérard''' : D'accord, ben Arnet... '''Phildar''' : Il sait pas, il dit une proposition. '''Gérard''' : Mais tu n'as pas de permis de voiture, toi ? '''Arnet''' : Si mais je n'ai pas payé très cher puisque je l'ai passé aux États-Unis. '''Gérard''' : Ouai t'as raison. Tu as passé ton permis aux États-Unis ? Tu me... mais tu me prends pour un con ou quoi ? '''Arnet''' : J'ai passé un an d'études aux États-Unis et j'en ai profité pour passer mon permis là-bas puisque c'est moins cher. '''35t''' : Ouais, alors moi je pense que... t'as approximativement... je pense que ça doit coûter dans les 1 franc, 50, 2 francs. '''Gérard''' : Bon alors toi... '''Phildar''' : Il est lourd lui ! '''Gérard''' : 1 franc, 50, 2 francs ? Non non non, mais attends ! C'est le prix d'une communication téléphonique. OK ? '''35t''' : Mais non... anciens, je te dis, pas nouveaux ! '''Phildar''' : Ancien permis ou nouveau permis ? '''Gérard''' : Non mais de toute manière il n'y a pas d'ancien ou nouveau permis ! '''35t''' : Non mais ancien franc, tu comprends ? '''Gérard''' : Il n'y a pas d'ancien ou nouveau permis maintenant ! '''Phildar''' : Bah si ! Bah si, t'as le permis euro et t'as le permis franc ! '''Gérard''' : Mais attends, abruti ! Toi, qu'est-ce que tu me parles de l'euro ? Mais attends, t'es complètement... ''[Gérard se met à pousser des cris de singe maladroits, inspirés de vincent Lagaffe]''. '''Tumsoule''' : Ouais, je sais pas, ça doit certainement coûter la peau des fesses parce que vu le nombre de manifestations qu'ils font... '''Gérard''' : Je crois que t'es à la plaque aussi toi, t'es comme 35 tonnes, vous y allez à la moquette, hein ! Tu Me Saoule ? '''Tumsoule''' : Ah ouais non mais moi quand je t'écoute je débloque. '''Gérard''' : Ah ouais, ben fume la moquette ! Fume la moquette, ça vaudra mieux. Horloge ? '''Horloge''' : Oui, ben moi je pense que le permis tu l'as... c'est celui qui arrive à boire le plus de bières à la suite. Parce que les routiers, c'est des alcooliques quand même. '''Gérard''' : Horloge, c'est terminé pour toi. Bonne nuit. Horloge, terminé. Non non mais c'est même plus la peine qu'il revienne ! '''Dégage''' : Ben moi franchement j'ai pas vraiment d'idée, mais je pense quand même que ça doit valoir un tout petit peu plus cher que le permis voiture. C'est-à-dire dans les alentours... je sais pas, du permis voiture quoi. '''Gérard''' : Non mais attends, un permis voiture vaut combien à l'heure actuelle ? '''Dégage''' : Ben moi j'ai payé ça 10 000 balles quoi. Ah ben oui, avec les cours, excuse-moi ! '''Gérard''' : On se tait derrière ! Attendez, attendez ! Tu dis 10 000 balles ? '''Phildar''' : Tu déconnes... '''Gérard''' : J'ai l'impression... Dégage ? Dégage ! Non mais attends, Dégage ! Dégage, dégage ! Et derrière vous vous la fermez, merci ! Et dégage, déjà rien que le prix que tu m'as annoncé... c'est rien que le prix d'un permis voiture, et encore si tu l'as du premier coup avec les formations qu'ils font ! '''Dégage''' : C'est ce que je te dis Gérard ! Tu m'as demandé le prix que j'ai payé pour mon permis voiture, je t'ai dit : "10 000 balles". '''Frigo''' : Je sais pas, je vais dire 100 000 francs hors taxes, non j'en sais pas du tout. '''Gérard''' : Hé Frigo ! Je pense que tu ferais mieux d'aller voir s'il n'y a pas quelque chose dans ton camion. '''Frigo''' : Ah mais j'ai pas de camion moi Gérard ! '''Manu''' : C'était pour vous dire qu'on accueillait donc, à la place d'Horloge, on accueille Antiroutier. Je crois qu'il a eu un accident, un truc pas possible, un truc pénible. Bonsoir. Il va vous raconter. Bonsoir. '''Gérard''' : Bonsoir. ''[un blanc]''; Alors ? '''Phildar''' : Il a eu un problème avec un routier, donc laisse-le se remettre quand même. '''Gérard''' : Non mais attends, qu'il réponde maintenant ou c'est pas la peine qu'il passe ! '''ANtiroutier''' : Je dois répondre à la question ou ? '''Gérard''' : Bah oui ! '''ANtiroutier''' : Bah je viens d'arriver donc... '''Gérard''' : Ouais bah alors ? Combien coûte un permis PL ? '''Antiroutier''' : Euh... c'est-à-dire c'est du... c'est quoi, c'est du sans-plomb ça ? C'est du... je dirais... ''[Gérard siffle l'air d'une chanson de supporter de foot mise sur CD, intitulée Ce soir on vous met le feu, avant de la chanter]''. Justement vous êtes en train de chanter une chanson qui fait bien penser que les routiers quand même sont des alcooliques. Parce que moi j'ai eu un accident avec un camion. '''Gérard''' : Ouais ? Il y a combien de temps ? '''Antiroutier''' : Il y a un an et demi. Un accident.. Un petit accident, mais pas méchant quoi. Mais bon, le... le routier avait un peu bu. Vous parlez, vous rigolez depuis tout à l'heure sur les routiers, mais je pense qu'il y a beaucoup de routiers... vous rigolez depuis tout à l'heure sur les routiers qui roulent beaucoup, mais qui ont de l'alcool, qui boivent un peu, et je pense qu'on n'en parle pas. Les routiers c'est très dangereux parce qu'un camion c'est très dangereux. Quand ça double est qu'il est fatigué, qu'il a pas dormi depuis 48 heures... Parce que les routiers vous dites qu'ils s'arrêtent pour dormir, mais ça il faut... ils s'arrêtent pas pour dormir, c'est pas vrai ! Quand ils sont en retard, ils s'arrêtent pas. '''Phildar''' : Quand ils sont en retard ils s'arrêtent pas. '''Gérard''' : Attendez, attendez ! Alors Phildar, moi je peux te dire une chose : que si le patron lui dit... tu vas... t'y vas... c'est que c'est le patron ! C'est de la faute du patron parce que le mec il risque sa vie aussi ! '''ANtiroutier''' : C'est peut-être la faute du patron, mais c'est pas le patron qui va tuer des gens sur la route ! '''Gérard''' : Ouais, mais d'accord, mais là-dedans c'est pas le patron qui prend ! '''Phildar''' : C'est le contribuab ! '''Gérard''' : Non non non ! Parce qu'il faut dire... attends toi, le contribuab... ''[extrême difficulté pour redire le mot]''. '''Reego''' : Oui, oui, il a raison ! '''Gérard''' : Attends ! Mais attends ! Tu crois que c'est le contribuab qui va redonner ? bon bref. Je vais répondre à la nana qui m'a dit ça coûte 1000 francs quoi. '''Manu''' : Moi j'ai une question Gérard : est-ce que dans le permis poids lourd il y a le camion qui est compris avec, dans le prix ? Quand t'achètes le permis, t'as le camion avec, non ? '''Gérard''' : Non ! '''Manu''' : En plus ou que t'achètes le camion ? '''Frigo''' : Faut acheter la remorque en plus. '''Gérard''' : Non mais attends ! Tout à l'heure, je vais t'acheter... ta remorque, que tu vas dégager. '''Frigo''' : Non mais je me renseigne, c'est tout, je sais pas. '''Gérard''' : Ouais, non mais moi je te dis, tu vas dégager si tu continues ! Non mais moi je peux vous dire... moi je peux dire qu'un permis à l'heure actuelle coûte plus de 20 000 balles. '''ANtiroutier''' : Non non non ! '''Gérard''' : Quoi non ? Attends ! T'es mieux renseigné que moi ? '''Antiroutier''' : Oui, tout à fait monsieur ! Je me suis renseigné tout à fait. Je peux vous dire qu'un permis à l'heure actuelle... on voit que ça fait longtemps que vous n'êtes plus routier ! Ça vaut plus 20 000 francs, ça vaut au moins 30 ou 40 000 francs. Vous étiez peut-être routier, vous vous êtes tout à fait le genre de routier... le genre de routier des années 80, mais aujourd'hui on est à l'an 2000. '''Gérard''' : Ouais, mais non ! Pour l'instant, on est en 1998, OK ? '''Antiroutier''' : Non mais jouez pas sur les mots ! Vous êtes bien routier. '''Gérard''' : Ouais. Alors la troisième question : la Cibie est-elle un moyen de communication ? Donc, on va s'écouter Gilbert Bisous avec "Donne-moi du sud pour Noël" et on se retrouve tout à l'heure pour la suite du débat. ''[Musique]''. '''Gérard''' : Voilà donc vous pouvez toujours nous appeler au e ... C'est ça ? '''Manu''' : Les deux doivent marcher. '''Gérard''' : Donc apparemment ça a l'air de bien fonctionner. '''Phildar''' : C'est super ce soir ! '''Manu''' : C'est super, c'est magnifique. '''Gérard''' : Merci à tous sur Internet, ça a l'air de... de bien fonctionner aussi. Sur Minitel par contre, là je suis pas content, parce que sur Minitel y'a personne. '''Phildar''' : C'est pas grave ! Ça fait deux heures qu'on est là, il a pas fonctionné. Donc on va attaquer... on va attaquer la troisième question. JG. ''[Gérard ferme l'écran du minitel, rageusement]''. '''Gérard''' : Il m'énerve, lui. Donc, troisième question : la Cibie est-elle un moyen de communication ? Donc 2h36 et on est toujours sur le thème du débat des routiers. Donc on va demander à Arnett. '''Arnet''' : Ouais. Tu sais, tu peux me répéter la question ? C'est pas pour t'ennuyer... c'est pas pour t'ennuyer Gérard, je te jure ! '''Gérard''' : Non non Arnett ! Arnett, je ne répète plus les questions ! '''Manu''' : Moi je vais la répéter si tu veux. '''Arnet''' : Merci Manu, t'es gentil. Alors vas-y. '''Manu''' : La Cibie est-elle un moyen de communication ? '''Arnet''' : Alors... Bah je pense que oui. Oui, c'est sûr, puisqu'on peut communiquer avec des gens en fait. C'est automatiquement un moyen de communication. '''Gérard''' : OK. OK. Donc pour toi, la Cibie c'est un moyen de communication ? OK. 35 tonnes ? '''35t''' : Ouais bah je dirais un petit peu comme Arnett quoi, en fait. C'est beaucoup de gens qui... '''Gérard''' : Ouais, non mais attends ! 35 tonnes ? Faut quand même essayer... de chercher... Non non mais vous avez eu le temps pendant la pause de réfléchir ! Faut pas dire... '''Arnet''' : Ouais mais tout le monde est d'accord avec moi, c'est pour ça Gérard. '''Gérard''' : Ouais mais attends Arnett ! Arnett, pour l'instant tu vas te taire s'il te plaît. '''ANtiroutier''' : Je suis pas d'accord, moi ! '''Gérard''' : Non mais attends, 35 tonnes... et même les autres là qui sont pas d'accord... '''35t''' : Bon alors attends. Moi je te dis déjà : la Cibie, à la base, c'est un moyen de communication, tu vois ? Comme le téléphone. Donc en fait, ça s'est partagé à plein de gens, de l'émotion quoi, tu vois ? Donc voilà, c'est un moyen de communication, c'est tout. '''Gérard''' : Ouais, non mais... donc tu reprends la question d'Arnett. Ben oui, Arnett il t'a dit que c'était un moyen de communication. Non non non mais attendez, attendez ! Moi je vais vous dire une chose : là, si tout le monde me répond le même truc qu'Arnett... Je suis d'accord avec Tarnet ou avec toi 35 tonnes. Moi je vais vous dire une chose : je vais zapper vite fait les questions. '''ANtiroutier''' : Allô, c'est Anti-Routier là. Allô ? '''Gérard''' : Non non. Tu Me Saoule ? '''Tumsoule''' : Moi je trouve que la Cibie c'est vachement important pour eux. Au moins quand il y a un contrôle, tout de suite ben ils sont prévenus quoi. Parce que sinon... '''Gérard''' : Non mais attends ! Parce que j'ai pas... j'ai pas entendu ce que tu m'as dit, parce qu'il y en a qui ricanent derrière. ''[antiroutier rit, forcé]''. Bon Arnett ? Tu te la fermes ! '''Phildar''' : C'est Anti-Routier. '''Gérard''' : Bon alors Anti-Routier, tu commences à me les gonfler sérieusement ! '''ANtiroutier''' : Parce que t'as pas laissé parler les hommes jusqu'au bout ! '''Gérard''' : Ouais mais attends ! Moi je fais ce que je veux, d'accord ? En de bon entendeur, salut. Alors pour l'instant tu t'écrases ! Non mais pour l'instant je t'ai pas demandé quelle heure il était ! '''Antiroutier''' : Ouais ben il est 2h ! '''Gérard''' : Ouais ben quand je t'appellerai Pot de chambre, tu sortiras de sous le lit, OK ? Alors, Tu Me Saoule ? '''Tumsoule''' : Ouais, donc je te disais que pour eux, je trouve que c'est vachement important la Cibie parce que quand il y a des contrôles d'alcootest, ils peuvent être prévenus et puis ça leur évite de leur faire sauter leur permis. '''Gérard''' : Ouais, c'est ça ! Non mais attendez, attendez derrière s'il vous plaît ! '''ANtiroutier''' : Oui mais Gérard ? C'est l'Anti-Routier ! Tu trouves pas que c'est normal vraiment qu'avec la Cibie, justement qu'elle dit comme ça ça permet les routiers entre eux d'éviter... de prévenir l'autre pour que justement... il y a des contrôles d'alcool ! Ça veut dire que un mec qui a bu au volant et on va le prévenir qu'attention il y a des flics, donc on va essayer d'éviter qu'il puisse se faire arrêter, donc il va continuer à conduire avec l'alcool au volant. '''Tumsoule''' : Ah bah c'est ce que les routiers font ! Ils continuent à conduire ! '''ANtiroutier''' : Ben c'est inadmissible ! '''Gérard''' : Oh tu me... oh ! Anti-Routier, Tu Me Saoule s'il vous plaît, vous vous calmez ! '''Antiroutier''' : Mais attends, tu nous saoules aussi ! '''Gérard''' : Anti-Routier, si ça te plaît pas, tu dégages ! Tu raccroches. Anti-Routier, si ça te plaît pas, tu t'écrases, tu t'écrases ! On va demander à Dégage ? '''Dégage''' : Bah bon écoute Gérard, moi je crois que c'est quand même un moyen de communication vu le nombre de personnes qui ont la cibie, même dans les voitures. Moi je suis tout à fait d'accord parce que c'est quand même un moyen pour les routiers de communiquer, parce qu'à part le camion ils n'ont rien d'autre. Donc moi je suis tout à fait d'accord. ''[antiroutier ponctue cette réplique, par un oh làlà écœuré, puis "ils vont en boîte de cul"]''. '''Gérard''' : Manu, tu me dégages Anti-Routier là. '''Antiroutier''' : Eh voilà ! Merde ! On peut même pas discuter. '''Gérard''' : Ouais, y'a pas de merde ! OK ? '''Dégage''' : Ah mais c'est incroyable la vulgarité dans ce débat ! '''Reego''' : Gérard ? Gérard ? Sur IRC y'a Dav qui te demande si les kits mains libres Cibie dans un camion, est-ce que c'est dangereux ? '''Gérard''' : Kit main libre sur Cibie ? Pour l'instant j'en ai jamais entendu parler. '''Antiroutier''' : Ça existe aux États-Unis ! '''Reego''' : Ah si, tu viens d'en entendre parler là ! '''Gérard''' : Pour l'instant aux États-Unis... '''Reego''' : On me confirme ! '''Phildar''' : Aux États-Unis, en fait, tu peux te masturber, conduire et faire de la Cibie ? '''ANtiroutier''' : Non c'est pas ça ! Non ! '''Gérard''' : Non mais attends ! Parce que toi tu te masturbes en conduisant ta voiture et en faisant... '''Antiroutier''' : Les routiers ils font que ça puisqu'ils sont jamais avec leur femme ! '''Gérard''' : Alors attends ! Alors là je vais te dire une chose : qui c'est qui vient de dire ça ? Eh oh ! Alors je vais te dire une chose : que tu vois, la question que tu viens de dire... '''ANtiroutier''' : Non mais c'est pas une question, c'est une affirmation ! '''Gérard''' : Oui non mais moi je peux te dire une chose... moi je vais te répondre à ta question... Je vais te dire une chose : que tu crois que les routiers ont que ça à foutre de se masturber dans leur camion ? '''ANtiroutier''' : Avec le système de main libre ! Avec le système de main-libre. '''Gérard''' : Mais attends, tu crois... tu crois qu'ils ont... ils ont des trucs automatiques ? '''ANtiroutier''' : Mais par exemple, au lieu de mettre de la cibie, il faudrait mieux de mettre l'Internet. '''Gérard''' : Je vais te mettre un gros doigt dans le cul aussi ! '''Manu''' : Ça c'est toi qui balances l'info là. '''ANtiroutier''' : T'es bien routier, t'es bien vulgaire, t'es bien routier là ! '''Gérard''' : Attendez s'il vous plaît ! J'ai une question Internet. '''Reego''' : Non, c'est pas une question, c'était juste pour dire qu'il y a un certain Yoda sur IRC qui est en direct dans son camion. Bon, il est actuellement en direction vers Rouen. '''Gérard''' : Direction vers Rouen ? '''ANtiroutier''' : Est-ce que... est-ce que l'Internet ça vous sert... est-ce que... pardon, la cibie ça vous sert pas justement à savoir où est-ce qu'on peut trouver du carré de vigne à deux heures du mat' ? '''Gérard''' : Allez, dégage toi ! Allez ! C'est terminé ! C'est terminé ! '''Frigo''' : Donc moi je trouve que c'est un bon moyen de communication, la cibie. Puis ça permet aux routiers de prévenir quand il y a un accident sur leur route. '''Gérard''' : Ouais, mais ça... ça de toute manière... la cibie, je pense que moi j'en ai fait, je peux vous dire une chose : que la cibie... ''[ANtiroutier crie Tatayé dans le combiné, pseudo Cibie prétendu par Gérard le concernant]''. bon, tu vas te calmer toi, OK ? Donc moi je peux vous dire une chose, que la cibie c'est un moyen de communication pour savoir où sont les radars et de savoir comment que ça roule. '''Arnett''' : GG ? J'ai une question Internet de la part d'Anakin qui me demande si t'as des calendriers de femmes nues dans ta cabine de camion. '''Gérard''' : Oui. Alors toi tu dégages ! '''Reego''' : Non mais il est sur Internet en plus ! '''Frigo''' : Mais c'est pas lui qui doit dégager, c'est le mec sur Internet ! '''Gérard''' : Ouais, non mais lui tu lui dis au revoir, on lui répond plus ! '''Manu''' : Gérard excuse-moi ! On va accueillir deux personnes : on va accueillir Goldo et on va accueillir Tam Tam. '''Gérard''' : Salut Tam Tam, bonsoir. Donc t'as entendu la question là ? Donc je la répète pour Goldo et Tam Tam : donc la Cibie est-elle un moyen de communication ? Pas 50 ans. '''Tam tam''' : Tout à fait ! Oui. Pour moi oui. Pour moi Tam Tam c'est un moyen de communication. Ça permet effectivement, lors des accidents,, des contrôles radars, de prévenir. '''Gérard''' : Voilà. Donc tu reviens à ce que... ce que je disais à l'instant. Attends 5 minutes Tam Tam. '''Reego''' : Oui ? Sur IRC on me demande si tu connais la "mini Cibie" ? '''Gérard''' : Ouais, c'est un petit truc de poche, un genre de portab. De toute manière c'est... Ouais ouais, c'est des Cibie portab. Non non ! Non non ! Non non ! Non non ! Tu rigoles Phildar ! Mais moi je réponds, je réponds ! Moi je vais dire une chose : que la Cibie portab, tu n'entends même pas la personne que t'as. '''Phildar''' : T'es capab de l'avoir dans la main ? '''Gérard''' : Ouais, non mais... c'est comme un téléphone portab mais sauf... sauf que t'as les canaux qui s'affichent ! '''Manu''' : C'est un peu incroyab, non ? '''Tam tam''' : La distance du portable ? C'est à combien de distance ? '''Gérard''' : Euh... sur la Cibie portab je pense que c'est à peu près la même distance que le portab. '''Goldo''' : 2 mètres 50 ? '''Gérard''' : Ouais, non même pas ! Même pas ! '''Tam tam''' : Mais il paraît que... il paraît que le son est exécrab. '''Gérard''' : Ouais ben ça... ça dépend de l'antenne qu'on a. '''Phildar''' : Ça dépend des contribuab ! '''Gérard''' : Non non non non, ça dépend de l'antenne qu'on met dessus ! Ça dépend de l'antenne ! Non non mais stop ! Là on va... on va couper parce qu'il est quand même 3h... 2h45. '''Tam tam''' : Salut à tous, merci en tout cas ! '''Gérard''' : C'est qui ? '''Tam tam''' : Ah c'est pas fini ? '''Phildar''' : Bah tu dis qu'on coupe alors nous on arrête l'émission. '''Gérard''' : Alors non, non non mais... on va abréger sur la question. Maintenant, moi je vais... une question qui m'est revenue... et il y a... il y a un auditeur qui est là et il y a un auditeur et qui m'a demandé de la poser : combien coûte pour faire décorer son camion ? '''Tam tam''' : Tam Tam. J'ai vu le reportage. '''Arnett''' : Arnet aussi je l'ai vu ! '''Tam tam''' : Et c'est hallucinant ce que ça coûte cher ! '''Gérard''' : À ton avis ? Non non mais grosso modo ! On va... on va pas s'acharner sur ça. À ton avis, combien que ça peut coûter ? '''Tam tam''' : Parce que Manu m'a dit qu'il fallait que je réponde en euros. C'est obligé ? '''Gérard''' : Non non non ! Pas en euros ! '''Manu''' : C'est mieux ! C'est la nouvelle norme ! '''Gérard''' : Éteins s'il te plaît ! Manu merci ! Non non. Non non Tam Tam ! Non non mais sans parler d'euros, '''Tam tam''' : En francs français ? Je dirais 30 000 francs. '''Gérard''' : 30 000 ? '''Phildar''' : Qui dit mieux ? '''Gérard''' : Donc pour toi ça coûterait 30 millions '''Tam tam''' : Avec toutes les guirlandes et tout. À peu près. '''Gérard''' : Non non non ! Simplement pour faire décorer l'extérieur ! Pas l'intérieur. '''Tam tam''' : Ah pardon ! Je dirais 100 000 francs. '''Gérard''' : Ouais, mais le tout grosso modo, qu'il me dit... '''Tam tam''' : 100 000 francs. 50 000 francs avec la peinture. '''Goldo''' : Avec 50 000 francs, avec la peinture, je te fais un prix, GG ! '''Gérard''' : OK, attendez. Tam Tam, tu me dis 50 ? '''Tam tam''' : 50 000 francs avec la peinture. '''Goldo''' : Ouais bah moi je te disais, je te fais un prix si tu veux pour écrire « poissonnerie » ou « camion de fret » sur un camion, pas de problème, je te fais ça pour... '''Gérard''' : Ouais bah Goldo, Goldo, Goldo... Au revoir ! Va, va, va ! Va, va... Essaye de... de continuer... Non mais continue, continue à voyager ! '''Goldo''' : Mais c’est une décoration ! '''Manu''' : C’est qu’il a pas compris : c’est pas les écritures, c’est les peintures, les dessins ! '''Goldo''' : Tu parles de publicité, tout ça... poissonnerie, boucherie pour les livraisons. Excuse-moi, j’ai pas compris. '''Gérard''' : Mais attends, faut pas confondre... '''Goldo''' : Tu veux dire genre un dessin ? Genre tu te fais dessiner un cow-boy, un indien, un truc comme ça ? Un paysage ? '''Gérard''' : Non mais n’importe ! T’as pas besoin de dessiner ce que tu veux. '''Goldo''' : Qu’est-ce que tu dessinerais toi, GG, si tu pouvais décorer ? '''Gérard''' : Non non, mais on va demander à Frigo. '''Frigo''' : Ouais, moi je dirais 20 000 francs. '''Arnet''' : Moi je dirais 10 000. '''Dégage''' : 30 000. '''Tumsoule''' : 383,44... '''Gérard''' : Dégage-moi ça, dégage-moi ça ! Dégage ! Allez hop, bonne nuit. Euh, 35 Tonnes ? '''Manu''' : Il est parti. C’est Goldo à la place, je te l’ai dit tout à l’heure. '''Arnet''' : Euh ouais, moi je pense que ça doit coûter aux alentours de 10 000 francs. '''Gérard''' : Ah bah... Ah bah... Non non ! Grosso modo, je pense que... Ça c’est dommage que j’ai pas un routier qui pourrait me le confirmer, mais c’est pas grave. Je le saurai et puis je vous donnerai le prix réel. '''Reego''' : Il y en a un sur IRC, il peut te répondre tout de suite si tu lui poses la question. '''Gérard''' : Bah qu’il me dise ! Bah... le prix que ça peut y coûter ! '''Phildar''' : S’il est sur IRC... Ça dépend ce que tu dis. '''Gérard''' : Non mais, le prix que... que ça coûte. '''Arnet''' : Un ordinateur ? 2 francs. Ou 1500 ? Un truc comme ça. '''Goldo''' : 2,29 la minute ! '''Phildar''' : Ça dépend si tu prends le clavier. '''Reego''' : Il est sur la route, ça met un peu de temps à répondre. Il me dit 50 000 euros. '''Gérard''' : Euh... non mais ça... non ! Moi je peux vous dire, eh je pense que... je pense que de toute manière tout le monde a regardé le reportage de la semaine dernière, je pense. Tu ne l’as pas vu ? Moi je peux vous dire que ça coûte plus de 10 000 balles. '''Manu''' : Pour nous renseigner, on a Marcel, un routier là qui nous a appelé. Marcel, salut ! '''Marcel''' : Oui, bonsoir. Moi j’ai fait décorer mon camion là justement, ça tombe vachement bien. Et là, j’ai la facture sous le nez : j’en ai eu pour 25 367 francs HT. '''Arnet''' : Avec la TVA ou pas ? '''Gérard''' : Non mais attends, Marcel. Non mais attendez les autres s’il vous plaît derrière ! Vous me laissez... vous me laissez parler ! Avec ou sans TVA, toi tuvas te la fermer pour l'instant. Je vais discuter un peu avec Marcel. Bon, toi Marcel, tu me dis 25 367 francs HT ? Donc hors taxe ? Mais t’as fait l’extérieur ou l’intérieur de ta cabine ? '''Marcel''' : La totale ! '''Gérard''' : Donc la totale ? Donc t’as le volant avec... Oh attends ! Tu me calmes celle qui rigole comme une... comme une bécasse, parce que ça m’énerve ! '''Tam tam''' : Tu as mis la photo de ta femme sur le... le volant ? '''Marcel''' : J’ai un volant... le levier de vitesse... '''Gérard''' : Phildar ? Attendez ! Attendez s’il vous plaît ! Phildar, tu me coupes tout le monde sauf... Tu me laisses le dernier, Marcel. Donc pour toi, Marcel, ça t’a coûté 25 000... '''Marcel''' : 267 francs quand même. '''Reego''' : Attends, attends Marcel ! Sur IRC, donc il y a Zioui qui te demande ce que tu préfères comme décoration sur un camion. '''Gérard''' : Alors là, ça c’est une très bonne question. Donc... '''Tam tam''' : La photo de Jacques Brel ! '''Gérard''' : Toi, tu... tu fermes ta gueule ! '''Marcel''' : Ça dépend du routier ! '''Gérard''' : Bon, toi, tu te la fermes aussi ! Donc... Moi personnellement, dessus, j’aurais bien vu... mais je sais pas si ça existe... '''Phildar''' : Cloclo ? '''Manu''' : Ricky Martins ? '''Gérard''' : Donc moi je réponds : donc c’est... c’est un truc avec carrément la Formule 1 dessus ! ''[réactions des auditeurs grognant que c'est blaireau]''. Non non mais... mais... mais peut-être c’est un truc blaireau, mais il faut dire une chose... '''Tam tam''' : Tu peux faire ça en Alain Prost ou Senna, comme ça, tu mets juste des briques. '''Gérard''' : Ouais, c’est ça ! Alors bonne nuit à toi ! OK. Donc, qui c’est... comme on avait Marcel ouais... Donc... ouais, mais t’as payé que l’extérieur toi, pour toi ? '''Marcel''' : Ah non non, la totale ! Extérieur, poupée gonflable comme tout routier qui se respecte. Et puis un petit frigo pour mettre les bières ! '''Gérard''' : Ouais ça, le frigo de toute manière tu peux le mettre à l’extérieur. '''Tam tam''' : Quand tu dis que tu veux repeindre ton truc en Formule 1, c’est parce que t’aurais l’impression d’aller plus vite ou pas ? Ou c’est juste pour un hommage ? '''Gérard''' : Non non non ! Mais ça maintenant tu peux mettre n’importe quoi ! Non, mais je veux pas rendre hommage à Ayrton Senna ou autre. '''Tam tam''' : Je parle de la Formule 1 en général. '''Gérard''' : Non mais moi je te dis : tu peux très bien... tu peux très bien décorer ta cabine avec un truc de Formule 1. '''Tam tam''' : Si t’as pas l’argent ? '''Gérard''' : Bah dans ce cas-là tu le fais pas. '''Tam tam''' : Sinon, sur ton camion, tu pourrais très bien marquer "Vroom" ! '''Gérard''' : Bah ouais, Vroom ! Ça veut dire quoi ? '''Marcel''' : Bah, pour aller vite ! '''Goldo''' : Moi je veux bien te refaire ton intérieur, y’a pas de problème. '''Gérard''' : Bon bah toi, toi tu t’appelles... euh... Bon, de toute manière on s’écoute le dernier disque. '''Phildar''' : Bah tu vas peut-être poser une question ? Y’a encore des questions ? '''Tam tam''' : Est-ce que les routiers, quand vous faites la nuit, quand vous roulez la nuit, vous êtes obligés de vous arrêter sur l’autoroute... sur les aires d’autoroute la nuit ? Est-ce que vous vous arrêtez pour voir des putes dans les camionnettes ? Dans les camionnettes ? Dans les camionnettes ? '''Gérard''' : Alors toi, tu vas dégager tout de suite parce que c’est pas le thème du débat ! '''Reego''' : Ah bah Gérard, sur IRC, Yoda qui est dans son camion, il me dit qu’il en a vu une tout à l’heure ! '''Gérard''' : Ça... ils font ce qu'ils veulent. Alors la dernière question c’est... '''Marcel''' : Il n’a pas préparé son débat ! '''Phildar''' : Si si si ! Il va la retrouver. Attends, tu connais pas Gérard, toi. '''Gérard''' : Euh, au hasard... Qui c’est qu’a une... '''Arnet''' : Pourquoi les routiers sont trop cons ? '''Gérard''' : Non ! Alors toi tu dégages ! '''Tam tam''' : Pourquoi les routiers n’ont pas de QI ? '''Marcel''' : Putes ou routiers, y a-t-il une différence ? '''Reego''' : Gérard, sur IRC, la question... Attends, y en avait une bien là... y en avait une bien. Alors, Malcavienne qui demande si... ah bah c’est trop tard, je l’ai raté. C'est con parce que ça défile et j’ai pas eu le temps de le voir. '''Tam tam''' : Est-ce que les routiers peuvent devenir des stars ? Que font les routiers par temps de verglas ? '''Arnet''' : Est-ce que le pare-soleil vert transparent avec l’équipe de foot préférée marquée dessus est obligatoire ? '''Reego''' : Merci ! C’était la question de Malcavienne. '''Gérard''' : Voilà ! Alors donc la question c’est : combien de temps les routiers passent-ils sur la route ? Et on se retrouve juste après. '''Reego et Phildar''' : C’est naze ! Tu l'as déjà posée. Tu peux pas poser cette question-là. ''[tout le monde réagit en même temps au standard]''. '''Marcel''' : C’est nul ! '''Gérard''' : C’est nul ! Vous la fermez ou sinon... Allez hop, conclusion ! '''Phildar''' : Non attends ! Ça y est j’ai une question. Bon, routier c’est un métier dur, on est d’accord. Combien de temps, à votre avis, un routier peut-il exercer dans la profession de routier ? '''Gérard''' : Voilà. '''Phildar''' : Ça c’est une bonne question. '''Gérard''' : Voilà. Et on se retrouve après ! On va s’écouter Roger Pussot avec "Ma sœur elle joue du pipeau cul nu". ''[Musique]''. '''Gérard''' : Donc vous pouvez toujours nous appeler au 0800... 08 5000 ! '''Phildar''' : On est toujours dans le débat des routiers. Et la dernière question c’était donc : à votre avis, les auditeurs, combien de temps un routier peut-il exercer dans cette profession si belle ? '''Gérard''' : Voilà. Tam Tam ? '''Tam tam''' : Bah déjà, moi je sais pas, mais je pense qu’un routier peut tenir facilement jusqu’à... bah... la retraite, c’est à quel âge Gérard ? '''Frigo''' : Justement, c’est la question je crois. '''Gérard''' : Non non mais moi je te demande : jusqu’à quel âge un routier peut-il continuer de rouler ? '''Tam tam''' : Un routier ça doit... la retraite ça doit être vers 55 ans. '''Gérard''' : Non ! Non, 55 ans ça c’est... ça c’est... c’est les mecs qui... qui travaillent dans... à la RATP ! '''Tam tam''' : Moi je pense que bon, les routiers c’est quand même un métier assez simple parce que tu fais que de la route, t’es en balades et tout. Je pense que ça devrait travailler jusqu’à à peu près 70-75 ans, parce que c’est quand même une profession de fénéants. '''Gérard''' : Ouais non mais attends ! Une profession de fénéants ? Fais-moi confiance ! Non non mais attends ! Celui qui vient de dire que c’est une profession de fénéants, fais-moi confiance... celui qui vient de dire ça... déjà c’est un con ! Et un boulot de fénéants, c’est pas vrai ! Parce qu’il faut dire une chose : que les mecs, faut les voir... '''Marcel''' : On bosse comme des tarés ! '''Goldo''' : Boarf arrête toi ! '''Gérard''' : Ouais bah attends ! Si t’es pas content Tam Tam... '''Tam tam''' : Non mais d’accord ! Non mais c’était pas Tam Tam... D’accord, OK. Vous bossez 15h par jour, mais je trouve que bosser 15h par jour, c’est quand même des fénéants quand même ! '''Gérard''' :Hein ? Attends ! Tu crois que dans les bureaux ils font 15h par jour ? '''Phildar''' : Non mais c’est pas des fénéants ! '''Gérard''' : Attends ! Ils arrivent... attends... Non mais attends, attends Tam Tam ! Moi je vais te répondre à ta question : le lundi ils arrivent, hop, ils commencent déjà par leur petit café... '''Phildar''' : On parle des routiers ! On parle des routiers ! '''Gérard''' : Non non non ! Non mais attends ! Non non non ! Stop ! Stop ! Stop ! Stop ! Maintenant Tam Tam, tu vas bien m’écouter ! Tu vas bien ouvrir tes esgourdes. '''Tam tam''' : Pour l'instant, tu dis qu'ils sont en train de boire,c’est tout ce que tu dis. '''Gérard''' : Bon alors moi je peux te dire une chose : que déjà les routiers, ils commencent le dimanche soir à 22h ! '''Phildar''' : Ils n’ont pas le droit de rouler le week-end. '''Tam tam''' : Ils commencent le dimanche à 22h, c’est pour arrêter le lendemain ou le mercredi ! '''Gérard''', ''[exhalté, remplis de gestes amples]'' : Mon cul, Phildar ! Les routiers commencent à partir de 22h ! Ils n’ont pas le droit... ils n’ont pas le droit aux autoroutes le lundi... Oh Tam Tam ! Tam Tam ! Tu t’écrases, je vais te répondre moi ! Alors déjà, dans les bureaux ils ne font pas 55h ! '''Tam tam''' : Non mais oui ! Ils commencent à 8h du matin et pas à 22h ! '''Gérard''' : Ah ouais ? Alors dans ces cas-là, à 8h du matin le chauffeur il est déjà sur la route ! On est bien d’accord ? Alors à 8h du matin, la nana elle arrive au bureau, elle dit à son copain : "Oh ouais mais tu sais..." à sa copine : "Oh ouais mais tu sais, mon mec il m’a bien baisé et tout", hein ? Alors que les routiers... que les routiers... les routiers partent... non non... non que les routiers... que les routiers... attendez s’il vous plaît ! Que les routiers partent le dimanche soir à 22h et ils disent au revoir à leur femme... ils ne savent même pas s’ils vont rentrer ! OK ? Alors Tam tam, tu te la fermes.Stop ! ''[le chaos s'installe, les auditeurs réagissant tous, et notamment tam tam, Gérard hurlant pour les arrêter, sans succès]'' : Stop ! Stop ! Stop ! STOP ! Ya une question... Allez, allez, coupe-moi ! Coupe-moi tout ça là ! Enfin ! Alors Reego ? '''Manu''' : C’est allé trop vite ! C’est allé trop vite encore. '''Reego''' : J’ai vraiment pas eu le temps de lire vu qu’il y a environ 418 connectés et tu vois les... '''Arnet''' : C'est bon, Reego, je peux t’aider ? C’était qui ? C’était qui ? '''Reego''' : C’était... je crois que c’était Snul... je sais plus... il y avait une question intéressante et j’ai pas eu le temps de la voir. '''Phildar''' : C’est pas grave ! Tu vas la retrouver. '''Frigo''' : Oui, je crois que les routiers peuvent conduire jusqu’à l’âge de 50 ans. '''Tam tam''' : Ah non ! C’est des conneries ça ! '''Frigo''' : Bon attends ! Je suis d’accord, j’ai lu un bouquin moi sur les routiers. Et je peux te dire que dedans, bon c’est... le mec, bon il disait que les routiers pouvaient rouler jusqu’à l’âge de 50 ans, mais après au-dessus : interdit ! '''Gérard''' : Je pense pas. Je pense pas, je pense pas à mon avis. Parce que moi, moi je peux te dire une chose : c’est... c’est... c’est bête parce qu’à chaque fois je vais dire, je vais reparler de Titi, mais lui ça fait... ça fait... ça fait plus de 22 ans qu’il fait de la route ! '''Manu''' : Et est-ce que t’as vu son gros minet ? '''tam tam''' : Et il a quel âge ? '''Gérard''' : Non mais ça, son âge ça vous regarde pas ! Reego ? question Internet pour finir. Non ? Allez, conclusion? '''Arnet''' : Gégé, j’ai une question intéressante sur Internet : "Pourquoi les hommes éjaculent-ils par saccades ?" '''Reego''' : Ah là j’ai la même là ! Tu vois ! C’est pas le thème du débat ! '''Goldo''' : "Parce que Gérard avale par gorgées" ! '''Gérard''' : Lui, tu me le dégages ! Hop là, il est terminé ! '''tam tam''' : On fait la conclusion là ? Bah moi ce que je conclus de ce débat : bon c’est intéressant pour les routiers. Ce que je constate c’est que bon, vous êtes... vous écoutez que du Johnny et du Coluche, et vous êtes des fénéants ! '''Gérard''' : Non mais de toute manière, en plus c’était pas... c’est un débat improvisé qu’on a fait ! '''Tam tam''' : Ouais bah ça s’est bien entendu ! On sent que tu connais pas le sujet ! Tu nous fais croire que t’as été routier, mais on se le demande. '''Gérard''' : Euh... Alors je vais te dire une chose ! '''Arnet''' : Ouais ouais, tu la diras tout à l’heure ! '''Gérard''' : Non mais je pense que celui qui s’amuse à faire des conneries comme ça va se calmer ! '''Tam tam''' : Bon, est-ce que t’as été routier pour de vrai ou pas ? '''Gérard''' : Oui ! '''Tam tam''' : Prouve-le ! '''Phildar''' : Non, il a été routier sur Internet ! '''Goldo''' : Est-ce que tu as glissé sur du verglas ? Oui ou non ? '''Tam tam''' : Non mais sérieusement ! Est-ce que t’as été routier ? Combien d’années ? '''Gérard''' : J’ai fait deux ans de route. '''Tam tam''' : Combien de kilomètres t’as fait ? '''Gérard''' : Euh... J’ai fait plus de 10 000 bornes ! '''Goldo''' : Combien de putes ? '''Tam tam''' : C’est tout ? '''Gérard''' : Combien de putes et ta sœur ? Ta sœur elle est en train de se faire enc... ! ''[cris de Phildar et Manu pour couvrir le mot et l'empêcher de poursuivre]''. Toi tu dégages ! Allez hop, terminé pour celui-là. Allez on y va ! La conclusion ! Allez vite vite vite vite vite ! ALLEZ Allez hop ! Hop ! Terminé ! Terminé ! Terminé ! T’envoies le... '''Phildar''' : Attends, ta conclusion à toi ? '''Tam tam''' : 10 000 kilomètres en deux ans, c’est pas beaucoup quand même Gérard ! Oui, t’es un fénéant ! '''Gérard''' : Ouais ben... moins que toi. Abruti ! '''Marcel''' : Je vais te donner ma conclusion. Alors je pense que... je pense que les routiers, ça peut... ils travaillent dur et ils peuvent conduire encore longtemps. Nous en tout cas, on a fait ça sur la route toute la journée et on a mis... beaucoup de routiers ont la photo de toi, Gérard, pour se soutenir, pour essayer d’aller d’aller plus vite, d’aller plus vite parce que pour nous t’es un symbole de réussite quoi, quand même ! Parce que tu fais de la radio maintenant, on voudrait bien être tous à ta place ! '''Gérard''' : Ouais mais de toute manière, faut dire une chose : que grâce... grâce aux routiers... grâce... grâce aux routiers qui nous écoutent encore à l’heure actuelle — et je sais qu’ils sont nombreux, ils sont nombreux ! — même les chauffeurs de taxi, tout ça... Grâce... grâce à tout ça, grâce à ces gens-là, c’est grâce à eux quand même si on peut... même malgré les grèves... qu’on puisse rentrer chez nous avec les chauffeurs de taxi, mais grâce aux routiers ! '''Marcel''' : C'est grâce à toi ! '''Gérard''' : Oh s’il vous plaît ! Laissez-le finir ! Grâce aux routiers, c’est grâce à eux si on mange quand même ! Que les grandes surfaces soyent ravitaillées. Si on n’a rien dans les grandes surfaces, on ne peut pas manger ! Alors taisez-vous, vous savez pas. '''Reego''' : Deux secondes sur IRC, je trouve qu’il y a une conclusion intéressante : "Si tu es routier, que tu sors en boîte, que tu sais mixer, que tu mets un costard-cravate et qu’en plus tu as une CB avec un kit main libre, et bien ça veut dire que tu deviendras un pote de GG !" J’applaudis Dave sur l’IRC ! '''Gérard''' : De toute manière sur la CB, il faut dire une chose. Avec la CB, on peut savoir pas mal de choses, mais il faut dire une chose : qu’à force, la CB ça commence à devenir rengaine ! Parce que sur le canal 19, c’est qu’il y en a qui s’amusent à s’amuser à nous mettre de la radio constamment, et on peut pas savoir où sont les barrages ni rien. Donc alors maintenant, ceux qui s’amusent à faire ça sur la CB, pour moi, c’est des petits cons ! C’est des petits branleurs ! Alors maintenant, qu’on respecte... Qu’on respecte le métier des routiers et des chauffeurs de taxi et des animateurs radio ! C’est tout ce que j’ai à vous dire. En de bon entendeur, salut ! ''[le studio applaudit]''. Vous allez... vous allez retrouver... '''Goldo''' : J’ai pas fait ma conclusion ! '''Dégage''' : Les conclusions ! '''Gérard''' : Alors allez-y vite fait ! '''Arnet''' : Alors c’est vrai, ouais, je te kiffe ! Parce que franchement ce que t’as fait c’était bien. '''Gérard''' : Non mais attends ! Moi je te kiffe pas, OK ! '''Arnet''' : Mais alors les routiers c’est n’importe quoi ! Le seul truc qu’ils savent faire c’est se branler dans leur cabine ! '''Gérard''' : Alors Arnett, c’est terminé ! C’est même pas la peine de continuer parce qu’il y a des routiers qui nous écoutent, OK ? Et fais-moi confiance que yen a qui sont en haut, à m’attendre. '''Arnet''' : Salut bouffon ! '''Gérard''' : Ouais bah bouffon toi-même, connard ! '''Goldo''' : GG, c’est Goldo ! Je peux faire ma conclusion ? Bah je voulais dire que déjà je suis derrière toi à fond, à 100% tout profond ! Et que je voulais dire que bah les routiers c’est quand même, comme a dit Arnett, un métier de feignasses qui se pignolent et t’es un digne représentant de cette profession ! '''Gérard''' : Alors Goldo, dégage ! Bonne nuit ! C’est terminé pour ta conclusion. '''Dégage''' : Ouais bah écoute, moi je trouve que je savais pas grand-chose sur les routiers mais j’en ai appris quelques-unes. Mais alors par contre, il y a un truc que je reproche dans ce débat, c’est qu’il y a énormément de vulgarité et j’aime pas ça. '''Gérard''' : Et bah c’est dommage parce que c’est comme ça... '''Phildar''', ''[hilare avec Ma, rentré dans le studio]'' : C’est comme ça tout le temps ! '''Dégage''' : Bah ouais mais c’est pas bien, moi je trouve. Parce que franchement, votre débat il est bien, et s’il y avait un peu moins de vulgarité je trouve que ça serait pas mal. '''Max''' : Bah ouais mais dans ces cas-là, les routiers faut bien comprendre... c’est Max... que c’est quelque chose de viril ! On l’a compris encore par Gérard ce soir, c’est normal. Et quand c’est routier, que c’est viril, forcément ça amène un peu... au lieu d’en venir aux mains, ça en vient un peu aux mots ! Et même si ça a été un peu vulgaire, je pense que ça a apporté beaucoup. Ça vient du cœur ! Et quand t’es un passionné... le routier c’est un peu comme un animateur radio, c’est une passion. Et quand t’as une passion, tu la défends, et donc très vite tu peux devenir agressif parce que tu défends ta profession que tu aimes. Gérard ? '''Dégage''' : Je suis tout à fait d’accord avec Gérard ! Ça c’est sûr ! '''Gérard''' : Non mais ça de toute manière moi c’est un truc que je défendrai jusqu’au bout ! Et moi, je dis aux routiers : chapeau pour ce que vous faites ! Je sais qu’il y en a qui sont là-haut... il y a Enji qui est venu et qui m’a dit qu’ils étaient en haut et qu’ils voulaient me voir. '''Max''' : Mais t’es d’accord avec moi comme quoi c’est une passion et que c’est normal qu’on s’énerve ? '''Gérard''' : Une passion de toute manière tu es obligé de la défendre ! C’est un gagne-pain, c’est tout ce que tu veux pour toi ! C’est comme toi animateur radio... '''Max''' : Quand on parle des passions, tu dis que c'est un gagne-pain. Est-ce que, si t'es passionné de papillons, le papillon c'est un gagne-pain ? '''Gérard''' : Ça dépend des personnes... '''Phildar''' : Donc ta conclusion, Gérard ? '''Gérard''' : Donc ma conclusion : c’est dommage que je n’ai pas préparé ce débat-là parce que ce n’était pas prévu. '''Phildar''' : Pour une fois il était bien ! '''Gérard''' : C’est pas mal, à part qu’il y a eu des petits emmerdeurs. '''Max''' : Non mais c’est normal, c’est un métier de passion ! '''Gérard''' : Mais donc on vous retrouve... '''Max''' : Jeudi prochain déjà, pour les débats. Donc ça portera sur quoi d’ailleurs ? On peut savoir les thèmes ou pas ? '''Phildar''' : T’avais pensé tout à l’heure aux synthétiseurs. '''Gérard''' : Alors donc on va parler sur les synthés et sur le harcèlement sexuel. Donc on va se quitter. '''Max''' : J’ai hâte d’écouter le débat sur le synthétiseur ! '''Phildar''' : Tu sais qu'à mon avis, il y a de la question quand même ! '''Max''' : Tu planches pas au dernier moment comme d’habitude où le mercredi tu viens me voir en me disant que t'y arrives pas. T’es sûr ? C’est un débat sur le synthétiseur. '''Gérard''' : Ah ouais ! Alors là le synthé, t’as intérêt de me trouver... du Jean-Michel Jarre, j’en ai moi à la maison, on va s’en écouter un la semaine prochaine ! '''Max''' : Si si si ! Le truc de la Coupe du Monde... le Coupe d’Europe... '''Gérard''' : Coupe du Monde... Ouais ! J’en ai même plus que ça à te faire écouter. Donc on se quitte et donc je vous retrouve jeudi prochain. Donc bonne nuit à tous ! Et vous allez retrouver Rousseau, Rousseau pour la nuit sans pub. Et on va se quitter avec la bande de Billy du slip avec les cochons ont le grillon qui chauffe. Vas-y ! '''Phildar''' : "On a le groin qui chauffe" ? Les cochons ça a un groin, c’est pas un grillon ! '''Gérard''' : Bon attends, t’avais qu’à l’annoncer toi-même après tout, c’est toi qui fais la réa et puis c’est tout ! Alors poupougne à toi ! OK ! En de bon entendeur salut. == Le débat sur les synthétiseurs == === Contexte === Déjà quatre débats pour cette nouvelle saison, le cadre semble désormais presque posé. Phildar et Manu régulent, selon leur état de forme du soir. Reego, sur Internet, régule car il a ses accès privilégiés à Gérard, il est intouchable, notamment parce qu'il est le seul point d'interaction avec l'extérieur et la mesure d'audience, selon Gérard. Max peut participer, ou pas, aux débats, le tout étant de faire parler Gérard de tous les sujets, ce qu'il fait sans les maîtriser et sans les bases de la communication. Les titres de disques, les sondages, sont inventés et absurdes, rédigés cependant avec le thème du débat. L'audiamt se mesure en nombre de connectés, ce qui va offrir à Reego et l'équipe un instrument efficace de régulation de l'animateur. Mais on voit déjà que le concept peut s'épuiser. Tout va dépendre du positionnement du curseur quant à la provocation de l'équipe et des auditeurs. C'est ce paramètre qui va rendre cette émission à la fois hilarante, surréaliste et durable. Le mélange des propos juxtaposés sans lien et des provocations systématiques, à divers degrés, qui font réagir Gérard, fera le succès de cette émission nocturne. Ce débat en est la première marche. Sur un thème, à vrai dire, peu connu de Gérard, l'équipe s'active à le provoquer en grossissant ses failles et par tous moyens. Les auditeurs aussi. On voit immédiatement que cela transforme l'allure du spectacle, devenant un immense moment comique. Avec le temps, la provocation occupera de plus en plus de place, les auditeurs et l'équipe en devant experts, et déployant des trésors d'ingéniosité pour pousser le concept de l'absurde provocateur le plus loin possible. Ce débat n'en est qu'un échantillon, les suivants ne vont plus vraiment ressembler aux précédents, car les gens vont tous aller dans ce sens et rivaliser de créativité en ce sens. C'est ce verrou qui manquait à l'émission pour devenir culte, il saute lors de ce débat. L'art de l'équipe, mais aussi des auditeurs (d'où l'intérêt qu'ils soient habituels) tient alors à la régulation : provoquer et faire rire sans déraper, faire dérailler Gérard sans dérapage, concilier ses hurlements avec un minimum d'intelligibilité pour rester dans le surréalisme et ne pas virer au chaos de l'époque, s'amuser sans déborder du cadre radiophonique et surtout, rester à la bonne distance d'une psychologie bouillante et traumatisée. L'art de l'équipe est, à ce stade, d'orchestrer toutes ces réalités, mais aussi de jouer un rôle de tampon : ils sont la soupape de sécurité, la clé de voûte du dispositif. Bien que très jeunes, ils vont devoir absorber de nombreux chocs au service de ce délire radiophonique et manier à la perfection le second degré. Tout ceci étant, pour rappel, de la pure improvisation. Donc, nombre de sketches s'ancrent dans l'actualité. Par exemple, les petites annonces d'Elie Semoun seront souvent utilisées, ayant à cette époque un franc succès dès leur sortie en vidéo. D'autres sketchs, par contre, restent constants, et ce sont ceux de Gérard. Ce soir-là, il semble avoir vécu une semaine difficile, il est rageur. Il mobilise donc le sketch sur le départ, la qualité de l'équipe, des auditeurs, les habituels, et ceci dès son arrivée 30 minutes avant son émission. Le courrier, oes prospectus et les ultimatums reprennent aussi leur placce et, là aussi, n'iront qu'en s'amplifiant (homomag, le personnage à succès de gérard, sa sexualité fictive, passage sur d'autres radios, etc). Il réactive avec vigueur, et là aussi cela n'ira qu'en s'amplifiant, la colère contre Phildar pour ses prétendues divulgations de vie privée à l'antenne, sujet de provocation qui sera très utilisé par la suite et créera une vive montée de température avec Phildar. C'est peut-être pour compenser cette mauvaise humeur imméidatement visible que l'équipe, sans le savoir, invente en amplifiant l'idée de le provoquer. Quand Max parle d'un des meilleurs débats depuis la création du concept, il ne se trompe pas : ce débat est le premier d'une série d'émissions mythiques qui interviendra par la suite. Au fond, l'équipe axe, dès cette émission, la relation avec Gérard sur la provocation, de son arrivée jusqu'aux émissions elles-mêmes. Étant de l'improvisation, statistiquement et vu la durée, ces émissions ne peuvent pas s'épargner de quelques dérapages. Nous les verrons au fur et à mesure, certains transformant, d'ailleurs, totalement la dynamique de l'équipe, sans toutefois modifier la machine créative présidant à l'émission. === Les personnages === * Franck Bargine : Max, Bernard, Tristan, Guillaume * Gérard Cousin : Gérard * Igor : Reego * Phildar et Manu * Axel : Machatte, Jean-Michel Jarre (JMJ) * Laura : Guimauve * Mégane : Citron * ONgle de pied (anciennement Dégage) * Thierry (agent de sécurité de la station) : Trou noir * Olivier Boucuet : Olivier === Transcription === '''Gérard''' : Bienvenue sur Fun Radio ! Donc, 0h37, c’est toujours Fun Radio que vous écoutez. Vous pouvez nous appeler si vous voulez participer, toujours au débat sur les synthétiseurs. '''Phildar''' : On va dire la musique électronique, parce que si on dit que les synthés, ils vont avoir peur, les auditeurs... '''Gérard''' : Sur la musique synthé, tout ce qu’on peut entendre joué par Jean-Michel Jarre ou autre comme chanteur. Donc, on va accueillir Citron, 19 ans, de Mazamet. Tupu. '''Tupu''' : Bonsoir Gérard, bonsoir Sandy, bonsoir Yargla. '''Gérard''' : Non, mais Sandy, elle n’est pas à côté de moi, donc désolé pour toi. Elle est là, mais elle ne veut pas venir écouter. '''Gérard''' : Ongle de pied ? Machatte ? Guimauve . Et Trou Noir ? '''Gérard''' : Donc, premier débat : on va parler sur la musique des synthétiseurs. Donc, il y a toujours le site Internet www.fr. '''Phildar''' : Double slash. '''Reego''' : Voilà, tout à fait. Il y a déjà beaucoup de connectés. '''Gérard''' : Donc voilà, donc alors en gros : aimez-vous la musique... Aimez-vous la musique jouée au synthé ? '''Machatte''' : Qui ça ? '''Gérard''' : Ben, "qui ça" ? La main de ma sœur dans la culotte d’un zouave qui joue. '''Phildar''' : Non mais Gérard, comme à chaque fois, tu débutes tes débats, tu dis jamais à qui tu t’adresses. Tu demandes à un auditeur de répondre. '''Gérard''' : Alors, Ongle de pied ? '''ONgle de pied''' : Moi j’adore, franchement. Je trouve que c’est de la bonne musique. Mais bon, chacun son style, mais moi j’aime bien. '''Gérard''' : Non mais toi, dans l’ensemble, t’aimes bien ? '''Ongle''' : Ouais, moi je trouve que c’est de l’ambiance. C’est bien au moins. Ouais, ouais. '''Tupu''' : Ouais, ben moi je pense que ce gars-là, c’est un peu comme Francis Cabrel : il a su toujours se renouveler. C’est vraiment... je trouve ça très fort. '''Gérard''' : Non mais attends, Francis Cabrel, il a jamais joué du synthé ! Il a toujours joué de la guitare. '''Phildar''' : Non, attends ! Faux. Il a fait des morceaux au synthé. '''Gérard''' : Ouais, mais je voudrais bien savoir quel morceau. '''Manu''' : C’était des sons de guitare, mais c’était au synthé. '''Phildar''' : Gérard, t’es d’accord avec nous qu’au synthé, on peut faire plusieurs sons ? On n’est pas obligé de faire plus de son qu’un autre. '''Gérard''' : Ouais, mais ça c’est... '''Phildar''' : C’est une autre question. On verra par la suite, ne vous inquiétez pas. Il a tout prévu, Gérard. '''Citron''' : Oui ? Oui, moi j’aime bien aussi. Ouais. Par ordinateur aussi. '''Gérard''' : Ouais, mais... Un synthé c’est quoi ? Ça peut être très bien aussi sur ordinateur, comme Jean-Michel Jarre il a fait lors du concert du 14 juillet. '''Phildar''' : À Wembley ? '''Gérard''' : Non, à Paris. '''Citron''' : Ah ouais, j’ai pas vu. '''Gérard''' : Je l'ai enregistré. '''Citron''' : Faudrait que tu me le prêtes alors . '''Gérard''' : Non, non. Moi je prête pas les casettes vidéo que j'enregistre comme ça. '''Citron''' : Je viendrai le voir chez toi. '''Gérard''' : Non. Il est hors de question... Euh... Machatte ? '''Machatte''' : Ouais, ouais. Ben moi je kiffe ça. Ouais, j’adore. Techno, House, Trouble ou Acide, Transdip, Deepcore, Adfitcore... tout ça, ouais. Ouais, j’aime bien, ouais. '''Gérard''' : Non mais je te parle de la musique du synthé ! '''Machatte''' : Ah ouais, ben c’est de la musique électronique. Ben c’est pareil. '''Guimauve''' : Euh non, moi j’aime pas. Ça me prend la tête. '''Gérard''' : Et dans... dans quel sens, s’il te plaît, ça te prend la tête ? '''Guimauve''' : Dans tous les sens du terme. '''Guimauve''' : C’est-à-dire ? Ouais, non mais attends, tu vas répondre aux questions que je te pose, c’est tout ! Alors pourquoi que ça te prend la tête ? Et dans quel sens ? C’est tout. '''Guimauve''' : Parce que je trouve que c’est pas de la musique. C’est pas de la musique pour moi. '''Gérard''' : Bon, alors c’est quoi alors ? '''Guimauve''' : C’est des sons inventés sur des machines, pour moi. '''Gérard''' : Ben alors, le synthétiseur c’est quoi ? C’est des... on invente des sons ! Me dis pas... me dis pas de conneries, Guimauve, s’il te plaît. '''Guimauve''' : Non, je suis pas d’accord. '''Trou noir''' : Ah ben moi j’adore le synthé, Gérard. Et puis je suis moi-même joueur de synthé. '''Gérard''' : OK. Ben tiens, ben justement, c’est une question... peut-être sur IRC ? '''Reego''' : Oui, sur IRC. Déjà, on te demande, Gérard : qu’est-ce que c’est un synthétiseur ? '''Gérard''' : Un synthé, c’est une musique comme t’as là. Toi, attends... tu prendrais ça et que... ''[il désigne le clavier du PC]''. '''Citron''' : Et on voit pas, nous ! '''Gérard''' : Non mais vous voyez pas, vous avez pas besoin de voir ! Donc... donc ça serait un genre d’appareil comme tu tapes sur un clavier. '''Reego''' : C’est-à-dire que là... attends, je vais essayer de jouer un morceau. ''[il tape de manière anarchique sur les touches du clavier]''. '''Gérard''' : Voilà. Et dedans... mais là t’as l’écran et dessus t’as toute la musique qui ressort. Mais bien sûr, là t’as des noms, mais ils peuvent modifier le truc. '''Phildar''' : Ah, c’est ça un synthétiseur alors ? C’est pas comme un piano, alors c’est différent ? '''Gérard''' : Ben le piano, c’est... le piano, c’est le piano. '''Phildar''' : C’est-à-dire ? C’est quoi la différence entre un synthé et un piano ? '''Gérard''' : Non mais justement, arrêtez de me bouffer les questions ! '''Manu''' : On s’intéresse, on s’intéresse ! '''Gérard''' : Donc Trou noir, comme toi tu joues de... donc, jouez-vous du synthétiseur chez vous ? Donc c’est une question qui est pour toi. '''Trou noir''' : Ah ben moi je joue du synthétiseur, oui Gérard. Et puis ben, synthétiseur... ouais, c’est loin d’être un piano. Mais comme je crois que c’est une de tes prochaines questions... '''Phildar''' : Grille pas les questions, Trou Noir, s’il te plaît ! '''Trou noir''' : Non, non, non. Par contre, je vais dire quand même qu’un synthétiseur, ben ouais, c’est un générateur de son. Et puis ça existe sous forme de sampler maintenant, sur pas mal de choses. '''Gérard''' : C’est vrai que maintenant, tout le monde... tout le monde joue sur... sur du... des synthés, ou sur des... des genres de Walkman spécialisés pour... pour ça. '''Trou noir''' : Ouais, ouais. Et même Francis Cabrel, Gérard, je confirme. '''Gérard''' : Oh non, mais ça je m’en fous, moi personnellement. Tu vois, c’est pas un chanteur qui m’intéresse. Guimauve ? Bon, toi je sais que ça... ça t’intéresse pas donc... '''Guimauve''' : Non, non, moi j’en joue pas. Je préfère casser des assiettes et des verres, ça fait le même bruit. '''Gérard''' : Bon ben alors tu vois, Guimauve, tu vas aller casser tes assiettes et tes verres chez toi. Parce que dans ces cas-là, je sais pas pourquoi qu’on t’a sélectionnée. Bonne nuit. '''Manu''' : Il en faut qui aiment et qui aiment pas ! '''Gérard''' : Non mais attends, non mais attends ! Si toutes les questions je te les pose et que tu me dises : "moi j’aime pas, je préfère casser ceci cela", ben dans ce cas-là tu restes chez toi à écouter la radio. Ou si t’aimes pas les débats, tu zappes, tu vas sur une autre radio. C’est tout. Point final, à la ligne. En de bon entendeur, salut ! '''Phildar''' : Gérard ? Gérard, un débat c’est des pour et des contre ! '''Gérard''' : Non, non, mais attends ! Elle aime pas, elle aime pas. La première question... attends s’il te plaît, c’est moi qui fais les débats, c’est pas toi qui vas me commander, OK ? Donc la première question, t’as pas voulu me répondre. La deuxième, je te demande : "jouez-vous du synthé ?", tu me dis : "non, je préfère casser des assiettes". Alors si je te demande combien coûte un synthétiseur, tu vas me dire : "Ah ben je préfère acheter des assiettes et des verres" ? Alors dans ce cas-là, c’est pas la peine ! Alors si je te dis la quatrième : "connaissez-vous le fonctionnement des synthés ?"... '''Gérard''' : Grille pas tes questions, Gérard ! '''Gérard''' : Bon alors... non, mais moi je veux pas une nana comme ça qui... '''Guimauve''' :Non mais Gérard, laisse-moi parler 30 secondes et après tu jugeras par toi-même. Je ne critique absolument pas les synthétiseurs, je t’explique simplement que pour moi, que je casse des assiettes ou que je joue sur un synthé, ça fait exactement le même bruit. '''Gérard''' :— Ouais, mais attends tu casses... le synthé, tu peux le faire réparer. Les assiettes, faut que t’en rachètes. '''Phildar''' : C’est pas con. Là Guimauve, là, je crois que... Prends ça dans les dents. '''Machatte''' : Sauf si t'as un peu de colle. '''Gérard''' : Ouais, de la Superglue. C’est ça ? '''Citron''' : Pas de marque ! '''Guimauve''' : Ouais, mais enfin, dis-toi que ça revient moins cher d’acheter les assiettes qu’un synthé, quoi. '''Gérard''' : Ouais, bah justement, on verra ça tout à l’heure. Donc, Machatte ? '''Machatte''' : Ouais, bah moi je joue pas de synthé, mais j’aimerais bien en jouer. C’est un instrument qui me plairait bien. '''Phildar''' : La question c’était quoi, Gérard ? Ta question : est-ce qu’on peut jouer du synthé chez soi ? '''Gérard''' : Jouez-vous du synthétiseur chez vous ? '''Phildar''' : Mais est-ce qu’on peut jouer du synthétiseur ailleurs que chez soi ? '''Gérard''' : Si je demande "chez vous", pour l’instant j’ai pas dit où ! Je pose "chez vous", c’est tout. '''Phildar''' : Ah d’accord. Mais tu vas... tu vas... Après, on peut peut-être par exemple savoir si on peut emmener un synthé, si c’est... on peut en jouer en plein air ? '''Machatte''' : Ouais, on peut en jouer en plein air si ça est portable. '''Gérard''' : De tte manière, si on en joue quand on fait des soirées, automatiquement le synthétiseur tu vas pas le laisser chez toi, tu vas l’emmener ! '''Phildar''' : Ah ouais ? Donc il est portab ? '''Gérard''' : Ouais, voilà. '''Reego''' : Sur IRC, il y a Vatou qui demande si le synthé fait autant de bien que le Synthol. '''Gérard''' : Je vois pas du tout le rapport avec le Synthol et le synthé. C’est pas grave. '''Phildar''' : Bah si, parce que le Synthol ça relaxe aussi bien que le synthé quand t'en joues. '''Manu''' : Ça s’écrit presque pareil en plus, ouais. '''Ongle de pied''' : Non, bah moi malheureusement j’ai pas l’occasion d’en jouer, mais c’est vrai que j’aimerais bien. '''Tupu''' : Bah moi non. Tu sais, j’habite à Gap et je sais... bon... j’ai pas... j’ai pas le loisir de pouvoir... ''[bruit de notes de synthétiseur, diffusées dans le studio même]''. '''Gérard''' : T’es dans une cabine téléphonique ? '''Tupu''' : Je suis chez moi, je suis désolé. '''Gérard''' : Ça, c’est bizarre. On vient d’entendre un genre de... de corne. '''Machatte''' : Ouais, c’est le groove Fun. '''Tupu''' : Ça doit être quelqu’un qui trafique dans les studios encore. '''Gérard''' : Moué non, mais je me doute qui c’est. Mais c’est pas grave. Citron ? '''Citron''' : Oui ? Alors moi, j’en joue pas chez moi, j’en joue chez ma tante parce qu’elle a un synthé. Donc, comme j’ai joué un peu de synthé, bah j’en joue chez ma tante. '''Phildar''' : Ça se prête pas, un synthé, normalement. '''Citron''' : Bah je sais, c’est personnel. Mais bon... '''Gérard''' : De tte manière, un synthé... c'est comme tous les appareils électroniques, c’est que ça se prête pas. C’est comme une femme. Une femme, ça se prête pas ! '''Phildar''' : C’est-à-dire ? Tu prêtes pas ton tatou, tu prêtes pas ton portab... '''Gérard''' : une femme ! '''Phildar''' : Mais non ! Mais tu dis : "tous les instruments électroniques ne se prêtent pas". C’est pas électronique, une femme ! '''Manu''' : Ça dépend lesquelles... '''Gérard''' : Mais tu peux en mettre une sur Poupée Gonflable, pour toi, si tu veux. ''[bruit de synthétiseur]''. Ouais. Je me doute où que c’est maintenant. '''Phildar''' : Ça doit être Trou Noir. '''Gérard''' : Non, non, non. C’est pas Trou Noir. Tu vois, c’est Olivier de la pro qui est en train de me brancher le synthé que vous avez de l’autre côté. Me prends pas pour un con, tu veux ? '''Phildar''' : Non, non, j'(oserais surtout pas. '''Gérard''' : Non, non, mais tu m’y laisseras, d’accord ? Hein Olivier ? ''[Olivier rentre dans le studio]''. '''Phildar''' : Olivier ! Olivier, il paraît que tu as un synthé là-bas ? '''Manu''' : Il t’a grillé ! '''Reego''' : Pour en revenir au débat, la plupart des gens sur IRC préfèrent les 3T aux 5T. '''Gérard''' : Je vois pas le rapport avec le débat. Donc alors maintenant... '''Olivier''' : C’est au standard, ça se voit que c’est au standard. C’est un auditeur qui fait ça. '''Gérard''' : Bah oui, c’est ça. T’as raison. Prends-moi pour un con aussi, toi ! '''Phildar''' : Bon, le synthé Gérard, pour toi alors : est-ce qu’il faut en jouer chez soi ou on peut en jouer ailleurs ? Ta réponse ? ''[bruit insistant de note de synthétiseur]''. '''Gérard''' : Bon, celui qui s’amuse à ça, arrête, parce que ça commence à me prendre la tête ! '''Phildar''' : C'est chiant, en plus, il sait même pas bien jouer. '''Gérard''' : Ça, c’est un truc, on peut le prendre, tu peux le transporter comme tu veux, à une condition : que là où tu veux jouer, t’as... '''Phildar''' : une batterie... '''Gérard''' : non, mais t’as la ville qui te donne le feu vert pour pouvoir brancher. ''[bruit de note]''. Alors celui... celui qui s’amuse à ça, qui s’amuse à faire ça, arrête ça parce que ça commence à me gonfler ! Je sens que tu auras pas les 10 questions ce soir, là ! Alors qu’il arrête tout de suite, ça vaudra mieux. Donc troisième : combien peut coûter un synthétiseur ? Bon Manu, tu vas me gérer ça parce que sinon je vais te gaufrer ! '''Manu''' : Oui, mais le problème c’est qu’ils me disent que personne n’a de synthé au standard. '''Phildar''' : Ouais, non mais personne... ils se foutent de toi ! Ils se foutent de toi les auditeurs, Manu ! '''Manu''' : Non, mais c’est pas sûr non plus que ça vienne du standard. Ça peut venir de n’importe où. '''Phildar''' : Non, non, non. C’est du standard, c’est sûr et certain. Gérard, c’est quand tu veux ! '''Citron''' : Je sais pas... entre 150 balles un bon ampli et puis 30 ou 40 mille balles un bon synthé. '''Gérard''' : Non mais attends, tu sais ce que c’est un synthétiseur ? '''Citron''' : Oui, oui, je sais. '''Gérard''' : Alors c’est quoi ? '''Citron''' : Bah c’est un instrument sur lequel tu fais de la musique électronique. '''Gérard''' : Ouais. Et tu crois que ça vaut 150 balles ? '''Citron''' : un bon Tampi oui, un vrai bon Tampi. '''Gérard''' : Non mais là je crois... non, non, là je crois que tu te mets le doigt dans l’œil. '''Citron''' : Ah bah écoute non, je pourrais t’apporter des preuves. '''Gérard''' : Ouais, bah tu les envoies à la radio, y’a pas de problème. Tu pues ? '''Citron''' : Toi-même. '''Tupu''' : Je sais pas trop... moi tu sais, comme je te dis, j’habite un peu à Gap et donc j’ai... enfin je sais pas. '''Gérard''' : Eun Citron ? Non, mais attends. Tupu. Quand je demande à Citron le nom de la personne... parce que ça c’est des... c’est des habituels qui ont compris les autres noms. Parce qu’hier ils étaient là. Ils étaient là : c’est Goldo, Arnett et Tony. Ouais, non mais attends, des noms comme ça : ONgles de pied, machin... Faudrait quand même... ''Machatte ''' : vraiment parano, hein. '''Gérard''' : Ouais, bah parano... Prenez des noms autrement que des noms qu’on a l’habitude d’employer parce qu’on veut... on veut jouer sur moi, OK ? '''Phildar''' : Gérard il est pas parano, il est perno ! '''Gérard''' : Hein ? Alors maintenant réponds, toi. Tupu ? '''Tupu''' : D’accord. Bah moi je sais pas, je pense entre 100 ou 150 francs. Mais des francs anciens, je sais pas trop exactement moi. Je suis pas de Paris, moi ! Je connais pas bien les prix. Je suis en haut dans la montagne, je connais pas. '''Phildar''' : Non mais de toute façon, maintenant il faut se dire un truc : c’est qu’à Paris, on vend des synthés en euros. '''Gérard''' : Non, non attends ! Pour l’instant l’euro ça sort pas encore. Ça sort pas avant l’année prochaine. Ongle de pied ? '''Ongle''' : Bah écoute, moi j’ai pas vraiment d’idée mais je pense que ça doit tourner dans les alentours de 10 000 francs. Je sais pas du tout. '''Gérard''' : Ah ! Enfin une... une qui répond à peu près à la question. Parce que les deux autres... mes genoux. '''Phildar''' : On peut avoir des synthés d'occas aussi, on n’est pas obligé de l’acheter neuf ! '''Gérard''' : Attends, un synthé... tu vas trouver un synthé pour combien toi, d'occas ? '''Phildar''' : Bah peut-être 150 balles ! '''Gérard''' : Bah ouais, t’as raison... Justement, y’en a un qui va pouvoir nous répondre après. Il va venir... il va venir et il va nous répondre. Machatte ? '''Machatte''' : Ouais, bah on va dire 2000 roubles. '''Gérard''' : Bon, alors toi... toi ça va être pareil que Guimauve : soit tu vas répondre correctement aux questions, soit tu vas virer ! '''Machatte''' : Bon allez, 15 000 francs, banco ! '''Phildar''' : On est loin du prix encore. Gérard. '''Gérard ''' : Toi, ongle de pied, t’as dit 10 000 ? '''Ongle''' : Ouais, dans les alentours... dans les alentours de 10 000. '''Phildar''' : 10 000 ? Y’a combien de zéros ? Quatre ? '''Gérard''' : Guimauve, si elle est encore là ? '''Guimauve''' : Ouais, je suis là. J’espère que je vais pas te décevoir dans ma réponse, mais je dirais 5-6 000 francs. '''Gérard''' : Ah bah d’accord. Ça, c’est un truc d’occasion pour moi. '''Guimauve''' : Non mais tout dépend si tu prends un matériel de haut de gamme ou un matériel de gamme moyenne. '''Gérard''' : Ouais, mais de toute manière, tout ça dépend de la perfection que vous pouvez avoir pour en jouer. On va demander à Trou Noir... '''Phildar''' : Est-ce que tu pourrais expliquer ça, Gérard ? '''Gérard''' : Non, non, mais on va finir ! '''Reego et Phildar''' : Au moins répéter... au moins répéter ta phrase parce qu’elle était très forte. '''Gérard''' : tout ça dépend de la perfection que vous avez pour taper sur un synthé. ""{applaudissements du studio]''. '''Machatte''' : Qu’est-ce que t’entends dire par perfection, Gérard ? '''Gérard''' : Non, non mais... y’a... y’a... c’est pas évident. C’est un genre de piano, y’a quand même les touches noires et blanches, donc faut bien savoir prendre dessus. Y’a peut-être une question IRC ? '''Reego''' : Sur IRC, ils me disent qu’ils connaissent Saint-Michel, Saint-François, mais ils connaissent pas du tout Saint-éthiseur. '''Gérard''' : Bon bah ça... Trou Noir ? '''Trou noir''' : Oui, donc bah moi, Gérard... ouais, t’es quand même pas loin du vrai. Les synthétiseurs, t’en as à bas prix. Bon, 150 francs c’est n’importe quoi, mais t’en as à 3500 et puis ça peut aller jusqu’à 50 000 francs. T’as Jean-Michel Jarre qui avait un synthé qui coûtait 750 000 francs dans ses débuts, aux époques des premiers albums. '''Gérard''', ''[hurle]'' : Oh mais qui c’est qui s’amuse avec ça là ? C’est bizarre : quand je gueule, ça s’arrête ! '''Phildar''' : Ah bah oui, mais il peut pas t’entendre et jouer... '''Gérard''' : Non ouais, je me doute d’où que ça vient. Olivier ? '''Phildar''' : Ça peut pas être Olivier, Gérard, il est là. '''Gérard''' : Attends... ouais, ouais. Dégage ! Non, non, dégage ! Je sais qui c’est qui a là-haut. Non, non. Dans ton studio y’a qui ? Y’a un synthé... y’a Max et Jean-Marie qui vient d’arriver. ''[sourire]''. '''Phildar''' : Mais pas du tout ! Ils sont en train justement de préparer la soirée de la Loco de demain. Ils sont en train de mixer. '''Gérard''' : Donc Trou noir, toi tu me dis à peu près... bah vas-y ? '''Trou noir''' : Y’en a à tous les prix : ça commence... ça commence de 3 500 jusqu’à 750 000 francs pour le Fairlight que Jean-Michel Jarre a utilisé pour la Chine, par exemple. '''Phildar''' : C’est comme les prostituées ! '''Gérard''' : Non, non, non ! Attends, parce que là faut quand même pas confondre synthé et pute... et une pute. Parce que la pute à 100 balles, t’as quelque chose ; dans un synthé pour 100 balles, tu l’auras pas. '''Manu''' : Et puis surtout, elle fait pas le même bruit ! '''Phildar''' : Et puis un synthé, ça avale pas. '''Gérard''' : donc c’est Trou Noir : t’aimes bien un peu Jean-Michel Jarre, toi ? '''Trou noir''' : Ah bah oui ! Tiens, je vais même te dire un truc : j’étais le voir à un concert que t’étais même peut-être pas au courant, le 18 septembre. Ça se passait dans un salon d’une marque informatique que je vais peut-être pas citer à l’antenne. '''Gérard''' : Ouais, je sais, il avait fait un salon au mois de septembre. '''Trou noir''' : Ouais, c’était à la Porte de Versailles. Moi je l’ai vu, c’était sur invitation. '''Gérard''' : Alors donc attends, je vais te... redonne-moi le... '''Phildar''' : Ah ouais ! Parce qu’en fait, Gérard nous a amené un CD de Jean-Michel Jarre : Oxygène. '''Gérard''' : Donc toi... toi tu dois connaître parce que comme ça fait sur synthé, tu connais à peu près tous les... '''Phildar''' : tous les Oxygène. '''Gérard''' : Il y a Oxygène, il y en a beaucoup. '''Trou noir''' : J’ai l’Oxygène, j’ai même... j’ai tout ! Ouais, ouais. J’ai même l’oxyde de carbone, il y a tout. '''Gérard''' : Non, non, non. Non mais attends, Trou Noir ! Je te parle de Jean-Michel Jarre. Parce que moi... moi, une question que je voulais poser... et c’est dommage parce qu’elle est pas... elle sera pas dedans mais on... '''Tupu''' : Donc tu la poses pas ! '''Guimauve''' : Bah la pose pas. '''Gérard''' : Si, si ! On va la poser. Donc pour moi, pour vous : est-ce qu’un synthétiseur comme Jean-Michel Jarre... parce que Trou Noir, toi qui l’as... qui l’as vu à peu près jouer, donc t’as vu qu’il jouait avec des gants. Il a un genre de casque. '''Phildar''' : C’est pour pas se brûler ? '''Trou noir''' : Ah non, non ! Quand il joue avec des gants, c’est quand il joue avec la harpe laser. '''Gérard''' : Ouais bah... donc la harpe laser, donc c’est branché aussi sur synthé ? '''Trou noir''' : C’est branché sur synthétiseur mais c’est très technique. Je vais pas faire un cours de technique à cette heure-là, c'est pas le but du débat. '''Gérard''' : Non, non mais je te pose la question parce que toi je sais que apparemment t’es un fan de Jean-Michel Jarre comme moi, donc c’est pour ça que je voulais te demander. '''Trou noir''' : Ah bah oui, oui. Non mais quand il met les gants et les lunettes, c’est pour la harpe laser. C’est pas de la frime ! C’est parce que la harpe laser, c’est quand même des lasers assez puissants et ça brûle un petit peu. Et puis bon, les lunettes pour la protection des yeux. Et ça déclenche des synthés par un système MIDI, mais c’est assez compliqué. '''Machatte''' : C’est Machatte. Je voulais te poser une question : est-ce que tu penses que le synthétiseur c’est la musique du futur ? '''Gérard''' : Ça, à l’heure actuelle, je ne sais pas parce qu’il faudrait... '''Phildar''' : On n’est pas dans le futur encore. '''Gérard''' : Non mais il faudrait voir s’il y a des personnes qu’en ont chez eux et qui pourraient nous le confirmer. '''Trou noir''' : Ah bah moi j’ai des synthés chez moi ! '''Gérard''' : Bah ouais, non mais par exemple des gens qui ont l’habitude d’en jouer... '''Phildar''' : ou qui ont déjà été dans le futur et qui savent si oui ou non les synthés existent là-bas ! '''trou noir''' : Dans le futur, je ne sais pas, mais certainement oui. '''Gérard''' : Donc je vais poser la quatrième question et vous allez y réfléchir... y réfléchir, et on s’écoutera un disque. Donc : connaissez-vous le fonctionnement d’un synthétiseur ? Et on va s’écouter Gilbert Stradus avec "Oh bébé mets-toi de la crème sur les genoux". ''[Musique]''. '''Gérard''' : Vous pouvez toujours nous appeler au 0800 70 5000... et donc il est 1h du matin. Et toujours le site Internet donc www.fr. '''Reego''' : Et il y a environ... je vais demander aux gens de l’IRC de me dire combien il y a de connectés parce que je ne peux pas le voir. 527 connectés. '''Gérard''' : Déjà la semaine dernière au premier débat on était... on n’était même pas à tout ça. Et on aura peut-être une surprise... '''Phildar''' : D’ici une dizaine de minutes. '''Gérard''' : D’ici 10 minutes on aura un spécialiste du débat sur le synthé, donc la personne en question donc... Jean-Michel Jarre. Et par contre s’il y en a qui s’y connaissent en synthé, donc n’hésitez pas à nous appeler. Manu se fera un plaisir de me gérer ça. '''Manu''' : Pas de problème, je suis là, je vous attends. '''Gérard''' : Donc quatrième question : connaissez-vous le fonctionnement d’un synthé ? Mais je vais répondre quand même à la question là tout à l’heure : "combien peut coûter un synthétiseur ?". Donc on va reprendre Trou Noir, Guimauve, Machatte, Ongle de pied, Tupu et Citron. Donc j’ai vu avec Jean-Marie K, comme il est... comme il est parmi nous là dans les studios pour une soirée spéciale... une soirée spéciale anniversaire du Star System. Donc j’y ai demandé... donc en fin de compte si... selon ce que vous voulez faire, c’est vrai que ça peut varier jusqu’à 750 000 francs. Sinon... sinon on peut tourner entre 5 et 3 000 balles. '''Machatte''' : Et en euros ? '''Gérard''' : Non, non. 5... entre 5 000 et 3... entre 3 000, 5 000 et 750 000 francs. Pour... là 750 000 francs faut quand même avoir les moyens. '''Machatte''' : En euros ça fait combien, Gérard ? '''Gérard''' : Ça j’en sais rien ! '''Manu''' : Mais Gérard... Gérard, moi je voulais te demander : ça fonctionne à quoi un synthé ? C’est de l’essence ? C’est du... '''Gérard''' : Non, non ! Truc électrique ! '''Machatte''' : Ça marche à piles. '''Gérard''' : Non, non, ça marche pas à piles, désolé. '''Citron''' : Le mien marche à piles ! '''Gérard''' : Donc ouais, bah tiens ! Il fonctionne à piles. Mais le mien il fonctionne pas à piles... le mien j’en n'ai pas ! Donc : connaissez-vous le fonctionnement d’un synthétiseur ? On va demander à Citron. '''Citron''' : Oui ? Ouais bah t’appuies sur ON... Et après ça joue ! '''Gérard''' : Ah ouais ? D’accord. T’appuies sur ON, après ça joue ? Donc tu crois que... alors tu vas... t’appuies sur ON par exemple... moi j’appuie sur le Minitel "ON" et puis j’attends que... que le Minitel il fonctionne ? '''Citron''' : Bah voilà ! Après tu joues, tu joues avec tes doigts. '''Gérard''' : Bah alors tu dis : "j’attends qu’il fonctionne" ! '''Citron''' : Non, je dis : "après tu joues" ! '''Gérard''' : Bah ouais mais là tout le monde a entendu dans le studio ! T’as dit : "j’appuie sur ON et après j’attends que ça joue". '''Citron''' : Ah non, et après j’ai dit : "après ça joue". '''Gérard''' : Donc par contre, j’ai eu un... un petit sondage là en même temps. Donc on va... on va prendre Tupu juste après. La question : "que pensez-vous des synthétiseurs ?". Donc il y a 40 %... 40 % des gens qui ont... 40 % des gens ont dit qu’avec leur mob 103... allant plus vite... aller plus vite... aller plus vite ! Donc je vois pas le rapport là ! Je vois pas le rapport avec le synthétiseur. '''Machatte''' : Tu te sers du synthé comme kit ! '''Gérard''' : Non, non mais attends ! Et une mob tu sais c’est quoi ? C’est une mobylette, OK ? Bon alors 60 %... non tu permets ? 60 % des gens ont dit qu’ils aimaient... qu’ils aimaient bien mais que Jean-Michel Jarre c’était de la merde en boîte. Alors là j’ai jamais vu Jean-Michel Jarre en boîte ! Bon ça pour moi je continue même pas. ''[il déchire le papier et le lance rageusement à la poubelle. Manu proteste]''. Non, non ! Non, non ! Non, non ! Ça tu vois... hop, voilà ! Enfin... '''Reego''' : Gérard, deux secondes. Je voudrais préciser quelque chose aux gens de l’IRC : JMJ, JMJ c’est Jean-Michel Jarre. C’est pas les Journées Mondiales de la Jeunesse. Merci. '''Gérard''' : Voilà. Alors donc, Tupu toi ? '''Tupu''' : Moi je connais pas exactement bien le mode de fonctionnement mais je pense que ça doit être une histoire de multiplexeur, de bascule, de résistance en parallèle et de polymultiplier indexé. Ça doit être le genre de truc qui marche avec... '''Gérard''' : Non mais attends ! Le synthé tu le branches sur courant, t’as même pas besoin d’une table de mixage. Tu branches ça, t’essayes de... avec les enceintes. Mais en fait faut avoir des bonnes enceintes parce que si tu prends des petites enceintes de caca, là je crois que tes enceintes elles crament ! Même ton appareil il crame derrière. '''Tupu''' : Ça dépend de ce que tu utilises en série. '''Gérard''' : Ouais, mais de toute manière on va pas préciser les marques. '''Phildar''' : Non mais ça dépend... ça dépend si tu le branches ton synthé en dérivation aussi, ça c’est important. Tu vois la différence, Gérard, en série, en dérivation ou pas ? Je t’expliquerai après. '''Gérard''' : On va écouter les questions sur l’IRC. '''Reego''' : Il y a Ziwi qui te demande : vu que sur son téléphone il a des touches noires et des touches blanches, est-ce que son... et qu’il fait des sons quand il appuie, est-ce que c’est un synthétiseur ? '''Gérard''' : Non ! '''Citron''' : Si, c’en est un ! '''Gérard''' : Ah bon ? C’est un synthétiseur ? Par exemple t’appuies sur une touche sur un téléphone, c’est un synthétiseur pour toi ? '''Citron''' : Ça remplit... ça remplit le rôle d’un synthétiseur. Les touches noires, les touches blanches... ça fait de la musique ! C’est un synthé ! '''Gérard''' : Alors attends ! Moi j’ai un téléphone, quand j’appelle quelqu’un ça me fait pas de musique comme tu me dis ! '''Phildar''' : C’est très simple : les auditeurs ils ont des téléphones, ils ont qu’à essayer de nous faire un morceau avec leur téléphone ! '''Gérard''' : Ouais, bah on va voir. ''[chacun appuie sur les touches du téléphone, anarchiquement]''. Non, c’est pas un synthé. '''Phildar''' : Si, c’est un son de synthé, ça ! '''Gérard''' : C’est bon, c’est bon... c’est bon, arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! Arrêtez ! '''Reego''' : J’ai reconnu, ils jouent la Marseillaise quand même ! '''Phildar''' : Donc c’est bon tu vois, ils t’ont fait... ils t’ont montré, ils t’ont fait l’exemple que... on peut se servir d’un téléphone comme synthé ! '''Ongle de pied''' : Moi Gérard, j’ai jamais eu l’occasion de toucher un synthé donc je peux vraiment pas te dire comment ça marche. '''Machatte''' : Ouais, alors c’est tout simple : tu prends ton synthé Play-school, tu le branches sur le grille-pain, tu mets une biscotte dedans, dès que t’envoies la biscotte ça marche ! '''Gérard''' : Et si je mets ta connerie dans le grille-pain... dans le grille-pain... est-ce que... est-ce que ta connerie va ressortir ? '''Tupu''' : Non, je crois que ça marchera pas, Gérard. '''Machatte''' : J’ai un synthé Playskool si tu veux ! Bon j’ai plus de pile, j'ai plus de courant chez moi, bon, je m’éclaire à la bougie... est-ce que je peux... '''Gérard''' : Attends ! T’as plus de courant et tu te permets de nous appeler, abruti ? '''Machatte''' : Bah oui mais je t’appelle d’un téléphone Playskool que je branche sur le frigo ! '''Gérard''' : C’est ça, allez ! Eh, le frigo ça marche au courant, espèce de petit con ! '''Citron''' : Non, il pédale. '''Tupu''' : Il peut très bien avoir des Vietnamiens chez lui qui pédalent ! '''Guimauve''' : D’après ce que je sais, je crois que c’est des composants électroniques. Tu vois, c’est des puces intégrées au synthé qui sont reliées par les électrodes au système central. Quand t'appuies sur les touches, t’as les sons qui se forment à l’aide d’un amplificateur d’écoute. ''[réplique ponctuée par des soupirs bruyants, de Phildar et des auditeurs, d'impatience]''. '''Trou noir ''' : Ben oais, moi je connais le fonctionnement d’un synthé, mais tu veux savoir quoi exactement : comment ça marche ? Bah oui. Bah tu branches sur le courant, tu branches un ampli, une table de mixage, des bonnes... enceintes, comme tu dis, et t’appuies sur... bah voilà. '''Phildar''' : Mais moi ce que j’aimerais bien comprendre, Gérard... j’aimerais bien que tu expliques aux auditeurs ainsi qu’à moi-même, c’est comment en appuyant sur une touche tu fais un son ? '''Gérard''' : Mais ça c’est... c’est à toi de le gérer ! Pourtant vous en avez un, synthé ! '''Phildar''' : Bah oui mais ça m’explique pas comment ça marche ! '''Gérard''' : Mais alors... mais de toute manière vous avez différents sons donc c’est à vous de choisir ce que vous voulez. Non mais attends, attends, attends... toi ça fait combien de temps que tu travailles à la radio ? '''Phildar''' : Je sais pas, mais je vois pas... '''Gérard''' : Non mais attends ! Depuis le temps que tu es à la radio, le synthé tu le connais pas ? '''Phildar''' : Oui mais moi j’en ai déjà fait ! '''Gérard''' : Mais attends ! Mais Max le matin, lui ça fait plus longtemps qu’il est à la radio, il connaît comment il fonctionne le synthé. Alors toi t’es à moitié cave ! T’es comme les auditeurs, t’es une cave, c’est tout ! '''Machatte''' : Gérard ? Gérard ? Gérard ? Je voulais savoir si tu te foutais le synthé dans le cul, est-ce que ça le faisait marcher ? '''Gérard''' : Alors toi Machatte, tu dégages ! Au revoir pour toi. Bonne nuit.Ça y est, terminé pour lui. C’est même pas la peine qu’il revienne sous un autre nom. '''Reego''' : Tu dégages ma chatte. '''Gérard''' : Donc qu’est-ce qui vous plaît dans un synthé ? '''Phildar''' : Son cul ! '''Gérard''' : Toi, fais gaffe parce que tout à l'heure tu vas dégager plus vite chez toi qu’autre chose, d’accord ? On va demander à Trou Noir : qu’est-ce qui me plaît dans un synthé ? '''Phildar''' : Je parlais de cul, j’ai raison ! '''Trou noir''' : C’est sensuel, un synthé. C’est sensuel ! '''Gérard''' : Non mais qu’est-ce... non mais qu’est-ce... qu’est-ce qui te plaît toi dedans ? '''Trou noir''' : Ah bah moi qu’est-ce qui me plaît, c’est les sons. C’est tout. Mais moi je te dis, je suis joueur de synthé donc c’est les sons, c’est fabriquer ses sons, faire sa musique et tout ça. '''Tupu''' : Oui ? Moi je veux dire que ce qui est bien avec un synthé, c’est que vraiment t’en fais ce que tu veux : il t’obéit au doigt et à l’œil. Tu le manipules... c’est ça qui est vraiment... c’est ça qui est un peu jouissif, tu vois. '''Gérard''' : Non mais attends ! Le synthé tu ne le manipules pas : c’est toi, c’est toi avec tes doigts, avec tes mains qui le fais fonctionner. Ne me dis pas de conneries ! '''Phildar''' : Il y a des programmes aussi : le synthé, en appuyant sur une touche, il marche tout seul, après. '''Gérard''' : Ouais, mais ça... peut-être que... de toute manière il y aura sûrement une question là-dessus que je vais faire. Il y a peut-être une petite surprise. '''Manu''' : Bah voilà ! La surprise que t’avais annoncée est arrivée. Donc tu peux dire bonjour au monsieur que... que tu idolâtres. Donc : JM ? '''JPJ''', ''[la voix prétentieuse]'' : Oui, bonsoir. C’est Jean-Michel Jarre. Donc j’ai écouté le débat actuellement... bon en jouant quelques petits morceaux synthétiques, et j’en déduis que monsieur Gérard dit de Suresnes avait raison, puisque un synthétiseur fonctionne bien par courant électrique, et non pas à pile, comme j'ai pu entendre dans ce débat... Et ma foi, si vous voulez que je réagisse sur vos questions, il n'y a pas de problème. '''Phildar''' : Déjà, je voulais quand même remercier Jean-Michel Jarre d'être avec nous ce soir. '''JPJ''' : Oui, je sais, j'ai un emploi du temps très chargé, mais je me suis... '''Gérard''' : Alors donc, une question que je voulais te poser : combien coûte un synthé ? '''JPJ''' : Un synthétiseur peut coûter environ 150 000 francs. '''Phildar''' : C'est un bon synthé. C'est le synthé dont tu te sers, Jean-Michel, quand tu fais des concerts ? '''JPJ''' : Non, mais ça c'est le mien, je le paye exactement 20 millions de francs. Mais un synthétiseur d'occasion : 150 000 francs. '''Tupu''' : Ça fait cher quand même. Je veux dire, pour moi, je sais que je pourrai jamais me payer un truc comme ça. Je sais que, bon, quelle que soit ma future vie, je pourrai pas me payer un truc comme ça. C'est beaucoup trop cher. '''JPJ''' : Oui, mais c'est normal. Vous, vous utilisez du matériel de merde. Moi, je me sers de produits qui sont professionnels. '''Gérard''' : Il y a une question IRC. '''Reego''' : C'est une question pour Jean-Michel Jarre. Les gens de l'IRC se demandent si c'est le frère de Maurice Béjard. '''Gérard''' : Je vois pas du tout le rapport avec la question sur les synthés. '''Phildar''' : Excuse-nous Jean-Michel pour la question. '''JPJ''' : Il n'y a pas de mal, il n'y a pas de mal. '''Gérard''' : Donc, la question qu'on va poser aux auditeurs : donc, qu'est-ce qui vous plaît dans un synthé ? Donc on va demander... À Citron ? '''Citron''' : Alors moi, ce qui me plaît, c'est que tu peux jouer de la trompette sans avoir besoin de savoir jouer de la trompette. '''Gérard''' : Je vois pas... Je vois pas tellement le rapport avec... '''Citron''' : Tu mets sur le programme "trompette" et tu joues du piano, tu pianotes, et ça fait de la trompette. '''Phildar''' : T'as le son de trompette, en fait. '''Citron''' : Tu peux faire de la harpe, tu peux faire des maracas, tu peux faire du triangle, tu peux faire, je sais pas moi, du piano. Tu peux faire du synthé techno, du synthé moins techno... '''Gérard''' : Non mais, et là je pense que là t'es en train de nous citer pas mal de trucs. Donc ça, je pense que Jean-Michel pourra nous répondre là-dessus. Sur "techno", je me demande si on peut faire quelque chose de potab, même en House. (''[prononcé haousse]''). '''JPJ''' : En Haousse ? Oui, c'est possible effectivement sur un synthétiseur. Mais techno, je ne pense pas. House, oui, plutôt oui. Après on rajoute des voix dessus et on peut faire quelque chose d'exceptionnellement bien. '''Manu''' : Ongle de Pied est partie se coucher, excuse-moi. Et entre-temps, donc j'ai rappelé, comme t'as fait ton annonce tout à l'heure pour des gens qui s'occupaient de ça... Il y a Bernard, qui est responsable d'un magasin. '''Phildar''' : Il était sur Minitel et on l'a rappelé. '''Bernard''' : Allô, bonsoir. '''Gérard''' : T'appelles d'où ? '''Bernard''' : De Saint-Étienne. '''Gérard''' : Et on écoute Fun sur... '''Phildar, Bernard et Citron''' : sur une radio pareil. Sur la radio, sur la radio, ouais. '''Gérard''' : Non mais, je demande à Manu la fréquence. '''Manu''' : Attends, bouge pas, je te trouve ça. Bah, j'essaye... '''Gérard''' : Donc Machatte elle est partie... Guimauve ? '''Bernard''' : Je crois que ta chatte, elle est à l'accueil, non ? '''Gérard''' : Gare à celui qui s'amuse à dire des conneries, parce que ça va virer ! Il va casser ! '''Guimauve''' : Moi j'ai pas dit de connerie, Gérard. Ouais, moi je t'ai dit : donc, c'est l'esthétique de la machine. T'as plein de touches, c'est vachement joli. C'est très esthétique, t'as des touches noires, des touches blanches et tout. rd.Gérard Ouais, mais c'est ce que j'ai dit tout à l'heure, je pense. rd.Bernard C'est Bernard, là. J'ai pas entendu la fréquence de Saint-Étienne. '''Gérard''' : Non, moi non plus. '''Phildar''' : La fréquence de Saint-Étienne, Manu ? '''Manu''' : 86.3. '''Bernard''' : Eh non, c'est 104.7. '''Phildar''' : Ouais, ça a changé. '''Gérard''' : Bravo Manu, hein ! '''Manu''' : Je sais pas si ça a changé. '''Gérard''' : Si ça a changé, tu demandes à ce qu'on mette ton tableau à jour. Donc Bernard ? '''Bernard''' : Oui, donc moi je tiens un magasin de Synthé Plus à Saint-Et'. Et je tiens à dire qu'il n'y a plus que des touches noires et blanches, parce qu'on peut les faire de couleurs différentes. Les gens peuvent demander aujourd'hui de faire des synthétiseurs à la couleur dont ils veulent, comme on fait l'immatriculation des voitures. Donc si on veut avoir les touches jaunes et... je sais pas moi, à la place des touches noires... on peut avoir les touches noires oranges... '''Gérard''' : Non mais Bernard ? Je vois pas le rapport avec la question. '''Bernard''' : Tu peux m'appeler Nanar, enfin bon, comme Bernard. '''Gérard''' : Non non mais... Non non mais... Je vois pas le rapport. Parce qu'on parlait des touches noires... On a... C'est pas parce que j'ai dit qu'il y avait des touches noires et blanches sur un synthé... Je vois pas le rapport avec le thème du... le thème du débat sur les synthés. en jaune... en jaune... ou orange... orange... '''Bernard''' : ou bleu... ou vert si tu veux. C'est pas grave. '''JPJ''' : Gérard ? C'est Jean-Michel. Je voulais préciser que, moi je connais... '''Bernard''' : C'est Bernard, pardon ! C'est Bernard ! C'est Bernard à l'appareil ! '''Gérard''' : Ouais, bah Bernard tu te calmes ! '''Bernard''' : Jean-Michel avait... Jean-Michel avait déjà acheté du matériel chez moi à l'époque quand il travaillait à Saint-Étienne. '''JPJ''', ''[peu convaincu]'' : Oui, c'est vrai. Tu sais, on se connaît bien. Moi je voulais préciser d'ailleurs que, bon, moi je connais des joueurs de synthétiseur qui sont racistes et qui jouent que sur les touches blanches. Il fallait le préciser ce soir. '''Tupu''' : T'es bien placé pour le dire, je crois. '''Bernard''' : C'est pour ça ! C'est pour ça que des fois on m'a demandé à ce que les touches noires soient jaunes ou oranges. '''Gérard''', ''[dépassé]'' : Voilà. Les jaunes, c'est des Chinois. D'accord ? '''Bernard''' : Non mais, on fait pas d'humour là-dessus. '''Gérard''' : Il y a une question... Il y a une question IRC ? Une question IRC ? '''Reego''' : Non, non, pas du tout. Ils en ont marre des synthétiseurs, ça les fait chier. '''Gérard''' : Ah bah ça les fait chier ? Qu'ils arrêtent et puis qu'ils aillent se coucher ! Ça me fera les vacances. '''Bernard''' : Gérard ? Oui, donc c'est Bernard. Parce que moi je suis... donc je tiens un magasin où je ne fais que du synthé et de l'orgue, et j'ai entendu quand même beaucoup de choses assez absurdes ce soir. Heureusement que Jean-Michel Jarre est venu intervenir. Alors il est vrai qu'il y a des synthés qui peuvent coûter 150 francs, mais bon, ce sont des synthés qui ne contiennent plus qu'une note. '''Citron''' : Oui, mais ça existe. '''Bernard''' : Oui, mais seulement... tu peux choisir la note : Do ou Ré. Mais bon, ça ne te fait pas non plus le... '''JPJ''' : Voire le La. '''Bernard''' : Et effectivement, il y a des synthés qui coûtent très, très cher. Alors il y a aussi ce qu'on appelle les systèmes de disquettes incorporées en fusion. C'est-à-dire que là, par contre, c'est directement avec un ordinateur. Et là, ça coûte... '''JPJ''' : La peu du cul. '''Bernard''' : Oui, on parle en euros ou pas, non ? '''Phildar''' : Non, pas ce soir. Bon, si Jean-Michel est d'accord on peut parler en euros. Gérard, on peut parler en euros ? '''JPJ''' : Oui, on peut parler en euros ce soir, c'est important. '''Phildar''' : Bon bah d'accord alors. '''Bernard''' : Je peux préciser : ça vaut à peu près 150 000 euros. Donc on multiplie par 6, ça vous donne... Bon, c'est pas très très cher, il y en a pour 250 000 francs. '''Gérard''' : D'accord, ok. Donc prochaine question. Donc : que peut-on rajouter comme musique sur un synthé ? '''Phildar''' : Ah, c'est une bonne question ça. '''Bernard''' : Pour 250 000 francs ça peut paraître cher, mais bon... mais... '''JPJ''' : Gérard ? C'est Jean-Michel Jarre. Je peux répondre à cette question ? '''Phildar''' : Peut-être que Bernard a pas terminé la question d'avant, je pense. '''Gérard''' : Non non mais c'est bon, on va pas s'éterniser sur une question ! '''Bernard''' : Ça me semble cher, 250 000 francs, mais c'est vrai qu'il y a des gens qui viennent acheter pour 250 000 francs... '''Gérard''' : Non mais attends ! Il revient sur la troisième alors qu'on est déjà à la septième ! '''Bernard''' : Non, mais c'était juste pour préciser quoi... La semaine dernière, il y a un curé qui est venu, qui voulait acheter un orgue... parce qu'on parle des synthés mais on parle pas des orgues... '''Gérard''' : Mais qu'est-ce que j'en ai à foutre, moi, des curés ! Des... des curés qui ont de Camaret qui ont des couilles qui pendent, c'est tout ! '''Bernard''' : Vous êtes vulgaire. '''JPJ''' : Oui, donc vous posez la question sur les... Avec un synthétiseur, on peut rajouter des bruits de pets, de rots, ou de tout ce qui s'ensuit, voire une chiasse ou quelque chose dans ce genre-là. On peut faire tout avec un synthétiseur. '''Gérard''' : Bernard ? Bernard ? ''[silence]''. Bernard ! '''Bernard''' : Oui. Non mais je sais pas... Je suis un peu déçu parce que j'ai l'impression que le débat... Bon, moi je suis un responsable d'un magasin qui ne fait que du synthétiseur, et avec ce débat de ce soir, malheureusement, vous ne donnez pas une belle image de cet instrument qui est, comme l'avait très bien dit un de vos réalisateurs, l'instrument du futur. Et j'ai l'impression que vous en parlez comme si c'était une vieille harpe, alors que je trouve ça un peu dur pour tous les fans de synthétiseurs. '''Phildar''' : Non mais Bernard, on va essayer de se rattraper. Gérard, il faut que tu remontes le truc, là. '''Bernard''' : Non mais le problème c'est que, bon, c'est bien de faire un débat sur les synthétiseurs, mais quand on... en animateur, quand on ne connaît pas le sujet, je pense qu'il vaut mieux se taire... '''Grard''' : Non, je connais pas le synthé ! Je connais pas la musique du synthé ! Non mais je connais pas la musique ? Non, presque pas. '''Bernard''' : Mais tout à l'heure j'entendais, vous vouliez savoir comment fonctionnaient les sons de synthé... Je veux dire... '''Gérard''' : Et alors ? Parce que c'est moi qui fais les débats, c'est tout ! Mais si ça vous plaît pas dans ces cas-là, vous faites une chose : vous raccrochez votre téléphone et vous changez de radio ! Vous écoutez... vous écoutez ça chez vous et c'est tout ! Ça sert à rien de réagir comme ça ! Guimauve ? '''JPJ''' : Je pense que ce débat peut apporter beaucoup pour les novices en la matière du synthétiseur. '''Phildar et Bernard''' : Complètement. Jean-Michel a raison. '''Bernard''' : Vous demandiez des réactions quand même la réaction de spécialistes. '''Guimauve''' : Moi personnellement, je pense qu'il n'y a pas besoin de rajouter d'autres instruments parce que le synthé, c'est quand même quelque chose d'assez complet. '''Gérard''' : Non mais comme musique ? '''Phildar''' : Guimauve, parle devant ton téléphone ma chérie. '''Guimauve''' : Mais j'ose pas, je suis un peu timide. '''Phildar''' : Ouais, mais fais-le quand même. '''Bernard''' : C'est encore Bernard, là. Parce que on... on parle des synthés, mais on peut y faire des violons. On peut mettre des violons dedans. On peut mettre toutes les machines. C'est-à-dire qu'on peut mettre d'autres instruments pour en faire plus qu'un. Aujourd'hui, il y a des gens, des artistes qui vont mettre par exemple un bruit de... un bruit d'orgue dans le synthé, un bruit de violon, et qui vont faire des violons avec des synthés. Donc avec un synthé, on peut faire un morceau comme s'il y avait 150 000 instruments et 250 000 personnes. '''Phildar''' : Non mais à ce compte-là, à ce compte-là Bernard et Jean-Michel — je pense qu'ils sera d'accord avec nous —, c'est qu'il faut avoir une remorque. Une remorque pour synthé. '''JPJ''' : Oui. C'est une remorque qui est disponible exceptionnellement dans les magasins qui vendent des synthétiseurs... '''Bernard''' : bah chez moi par exemple... '''Phildar''' : Mais tu vends des remorques, Bernard ? '''Bernard''' : À Synthé Plus oui... '''JPJ''' : Je lui en ai déjà achetées plusieurs, moi. '''Phildar''' : Fais pas trop de pub, Bernard, quand même ! Parce que Gérard, il va te choper. '''Gérard''' : Tupu ? '''Bernard''' : Toi-même ! '''Tupu''' : Oui, c'était quoi ta question ? Je suis désolé, mais j'ai... '''Phildar''' : On parlait des remorques, des synthés. '''Gérard''' : Que peut-on ajouter comme musique sur un synthé ? '''Tupu''' : Bah je pense qu'on peut... on peut rajouter tout ce qui nous passe par la tête, quoi. ''[Bernard s'insurge bruyamment en disant un "non" sonore]''. Une sonnerie de voiture, enfin une sonnerie... n'importe quoi, non ? Moi je connais pas très bien, vous savez. J'aimerais bien... j'aimerais bien connaître un peu plus. '''Gérard''' : Citron ? '''Citron''' : Oui. Tu peux mettre des animaux qui font des bruits, ou tu peux mettre le bruit de la mer, ou tu peux mettre ce que tu veux. C'est tellement facile ! ''[bruyants soupirs d'impatience de Bernard et JPJ]''. '''Bernard''' : Elle est toute naze, elle. C'est pas possible. '''JPJ''' : Il faut la virer, elle ! Elle ne connaît rien ! '''Bernard''' : Non, moi dans mon magasin, Synthé Plus à Saint-Étienne... '''Tupu''' : Pas de marque ! '''Gérard''' : Bernard, ça commence à bien faire ! Parce que je voudrais... '''JPJ''' : Il faut le préciser, Gérard, car moi j'ai besoin de faire un peu de pub pour acheter des synthés dont je me sers. '''Gérard''' : Ouais, mais toi... toi Jean-Michel, c'est pas pareil. Donc on va passer à une autre question. '''Phildar''' : Non mais Gérard, t'es en train de bâcler le débat là ! Non mais c'est une erreur parce qu'il y a des mecs qui écoutent et qui sont intéressés par le synthé. On a des professionnels, en plus on a Jean-Michel Jarre quand même ! Bernard est là... '''Gérard''' : Attends lui ! Lui, pour l'instant, il est en train de me sortir son truc de Saint-Étienne... On n'en a rien à foutre à Saint-Étienne... '''JPJ''' : Vous pouvez m'appeler Jean-Mich'. '''Phildar''' : Bon, Bernard ? Il faut que tu donnes envie à Gérard de continuer le débat et d'intéresser les gens du synthé. '''Bernard''' : Moi ce que je peux dire, c'est que je l'invite à venir à mon magasin, à Synthé Plus. '''Reego''' : Pas de marque ! '''Gérard''' : De toute manière j'irai jamais à Saint-Étienne, allez hop ! Quel genre de musique peut-on jouer sur un synthé ? '''Bernard''' : Ah bah, du synthé ! '''Citron''' : Bah tout le monde... '''JPJ''' : On appelle ça une musique synthétique, Gérard. Voilà. '''Tupu''' : En fait, c'est quoi le nom de ton magasin ? '''Gérard''' : Non mais attends ! Le nom du magasin, si vous voulez des renseignements, vous attendez hors antenne s'il vous plaît ! Merci ! '''Bernard''' : 8 Avenue du Maire... '''Gérard''' : Ouais, bah alors Bernard, bonne nuit !,Hop ! Pour l'adresse c'est très bien. Lui, tu peux l'envoyer se coucher. '''Phildar''' : Synthé Plus, 8 Boulevard du Maire à Saint-Étienne. '''Tupu''' : D'accord, merci. '''Bernard''' : Avenue du Maire. '''Gérard''' : Non mais c'est bien pour lui. Hop ! Terminé pour lui. Comme ça il comprendra sa douleur aussi celui-là. Ça en fait déjà trois... ô c'est bien ! Trois dans un premier débat ! Faut le faire. '''Trou noir''' : Gérard ? C'est trop noir ? Tu m'as pas laissé répondre à la question tout à l'heure, tu m'as un petit peu oublié à ta question d'avant. '''Gérard''' : Que peut-on... que peut-on rajouter comme musique sur un synthé ? '''Trou noir''' : Ouais, bah moi je voulais dire qu'on peut pas rajouter de musique sur un synthé. Un synthé ça sert à rajouter par-dessus de la musique normalement. '''JPJ''' : Non c'est faux, monsieur ! '''Trou noir''' : Bah si ! Tout à fait... Maintenant on prend les vieux disques... '''Gérard''' : Oooh ! C'est pas... c'est pas un champ de bagarre ! '''Trou noir''' : Maintenant on prend les vieux disques, on les sample... '''Bernard''' : Ça c'est des boîtes à rythmes. '''JPJ''' : Oui tout à fait, c'est des boîtes à rythmes. C'est même pas la musique électronique en elle-même. '''Gérard''' : Non non, ça y est c'est bon ! On se calme ! '''Bernard''' : Parce que moi je tiens un magasin également qui s'appelle Rythme Plus. '''Gérard''' : Non mais ça y est ! On se calme ! On se calme ! '''Phildar''' : C'est Bernard ou quoi, là ? '''Bernard''' : Oui. Boîte à Rythme Plus. '''Manu''' : J'avais repris un autre, mais je sais pas, je me suis fait blouser quoi... '''Citron''' : C'est quoi la rue ? '''Bernard''' : 17 Avenue du Maire également. '''Gérard''' : C'est même pas la peine, il parlera pas lui ! Parce que je lui laisse pas la parole ! Donc la question suivante maintenant, c'est : quel genre de musique peut-on jouer au synthé ? '''JPJ''' : On peut jouer de la musique synthétique, je viens de vous le dire ! C'est Jean-Michel. C'est-à-dire plusieurs styles de musique. On peut jouer de la techno comme de la House, comme du rock, comme du rap. '''Manu''' : Oui, un autre professionnel du synthé qui s'appelle Tristan. Et j'ai pas eu le temps de lui demander d'où il... '''JPJ''' : Ah je le connais aussi ! Bonsoir. '''Phildar''' : T'appelles d'où Tristan ? '''Tristan''' : De Lyon. '''Phildar''' : De Lyon, d'accord. Et tu fais quoi ? '''Tristan''' : Je travaille également dans la musique. Je travaille pour un magasin. '''Gérard''' : Et la fréquence de Lyon ? '''Tupu''' : C'est quoi le nom de ton magasin ? '''Gérard''' : Non non mais c'est... on va pas commencer comme ça ! '''Tristan''' : Musique Plus à Lyon. '''JPJ''' : Oui voilà, je connais bien lui aussi. '''Citron et Guimauve''' : C'est quoi l'adresse ? a rue ? '''Gérard''' : Bon... Citron ? Guimauve ? Je sens que pour vous, ça va mal se terminer... '''Tupu''' : On n'a rien fait ! '''Tristan''' : Alors nous, on vend également des guitares électroniques. '''Gérard''' : Non mais c'est pas... je crois que c'est pas le thème du débat. Donc c'est quel... quel genre ? '''Tristan''' : On parle de la musique, on parle de synthé. Mais c'est la musique électronique ! Et il y a également des saxophones électroniques, des... même des accordéons, des accordéons électroniques ! Il y a même aujourd'hui le nouveau... comment on appelle ça ? ''[il fait le bruit voisé d'un instrument]''.l'harmonica électronique ! '''JPJ''' : Les flûtes à bec électroniques également ! '''Tristan''' : Voilà donc... bon bah moi je vous invite tous à venir à... '''Phildar''' : Où ça ? '''Gérard''' : Non non, il n'y a pas d'où ça ! Pas de pub ! '''Phildar''' : Pas de pub, Tristan fais gaffe ! '''Tristan''' : Moi je vous invite à Musique Plus à Lyon. '''Gérard''' : Guimauve ? '''Guimauve''' : Oui mais en fait... je ne coupe pas la parole, il est en train de parler ! '''Gérard''' : Non non mais maintenant tu réponds ! Tu réponds à la question, je te demande de répondre ! D'accord ? '''Tristan''' : 6 rue du Général Leclerc. '''Gérard''' : Alors lui, Tristan, terminé ! Lui ! Au revoir Tristan. Salut. Ça en fait 4, c'est bien. Continuez comme ça. Je crois que le deuxième débat, il n'y en aura pas ! '''Phildar''' : Ah tiens, c'est une nouvelle ça. '''JPJ''' : Monsieur Gérard, vous virez toutes les... toutes les personnes qui sont intéressantes, qui parlent de synthétiseurs... '''Gérard''' : Oauis, sans donner... sans préciser les adresses où qu'ils sont. Donc ça fait déjà le deuxième qui s'amuse comme ça. Donc moi j'aime pas trop. '''JPJ''' : Ça leur rapporte beaucoup pour leur magasin. '''Gérard''' : Oui mais peut-être... peut-être pour eux, mais pas pour moi ! '''Phildar''' : Je dois seulement te dire, Gérard, tu n'es pas très crédible par rapport à Jean-Michel Jarre qui est avec nous. '''Guimauve''' : Oui, alors on peut faire de la musique techno... oui, la House, tout ça. Et on peut même faire de la musique classique. Et puis on peut faire un peu tous... tous les styles de musique. Il y a même la musique orientale maintenant qui se fait sur synthétiseur. '''Gérard''' : Oui d'accord. Tupu ? '''Tupu ''' : Moi je crois que, comme l'a dit Jean-Michel... et tout le monde l'a dit juste après : on peut vraiment jouer quasiment de tout. De la techno, de la House, de la synthétise... Rien à ajouter. '''Gérard''' : Là on va sur l'IRC... '''Reego''' : C'est juste une conclusion IRC. '''Phildar''' : Bon, on va attendre un peu. Alors on va prendre au standard. '''Manu''' : On va prendre Guillaume qui est musicien lui-même, qui voulait réagir. '''Phildar''' : Joueur de synthé aussi, non ? '''Manu''' : Oui oui oui, tout à fait musicien. '''Gérard''' : Il est d'où ? '''Manu''' : Il est de Limoges. Et la fréquence, je vais vous la dire tout de suite, à moins que Guillaume veuille la dire lui-même. '''Guillaume''' : Je la connais pas. '''Gérard''' : Alors tu habites Limoges et tu connais pas la fréquence de... de Fun Radio ? '''Guillaume''' : Je suis pas de Limoges, je suis en concert en ce moment là-bas. Je travaille... Enfin mon nom d'artiste, c'est Bébert. '''JPJ''' : Ah Guillaume ! Je le connais bien lui aussi. '''Manu''' : 92.2 FM à Limoges. '''Guillaume''' : On m'a dit que c'était 93.4 moi. '''Phildar''' : Ah putain Manu ! Mais c'est pas vrai ! '''Manu''' : C'est lui qui fait une erreur ! '''Gérard''' : Vous faudrait peut-être accorder vos violons. Guillaume ? Guillaume ? Donc pour toi... '''Guillaume''' : Alors moi je travaille dans un... Je peux juste dire que je travaille avec un groupe qui s'appelle "Les Électrochocs". '''Gérard''' : Ouais, alors vas-y ? '''Tupu''' : la rue s'il te plaît ? '''Gérard''' : Non non mais sinon ça va... Je sens que de toute manière on va faire conclusion comme ça... '''Guillaume''' : Moi je travaille dans l'électronique... Je sais pas que je... Moi je travaille sur un synthé Toyota 130. '''Gérard''' : Voilà pour bien préciser la marque... '''Guillaume''' : C'est important parce qu'il en existe plusieurs marques. Et c'est une marque que j'affectionne tout particulièrement. Moi j'ai testé plusieurs synthés et c'est vrai, je connais d'ailleurs Musique Plus là de Lyon, je connais bien... '''Gérard''' : Mais ça on n'en a rien à foutre. '''JPJ''' : Guillaume ? '''Guillaume''' : Oui d'abord grand respect à Jean-Michel. '''JPJ''' : Je passerai samedi prendre mes bons Tampi. '''Guillaume''', ''[pris de court]'' : Oui... '''Gérard''' : Non mais ça vous réglez votre popote hors antenne ! '''JPJ''' : Ah oui, mais je suis overbooké, il faut que je règle ça tout de suite... '''Gérard''' : Donc Citron ? Donc toi ? '''Guillaume''' : Vite, parce qu'elle est assez pressée. '''Citron''' : C'était quoi déjà, excuse-moi, la question ? '''Gérard''' : Quel genre de musique peut-on jouer sur un synthé ? '''Citron''' : Toutes. Surtout la musique... '''Guillaume''' : Faut que je fasse vite parce qu'il faut que je répète là. Magne-toi de poser des questions ! '''Gérard''' : Magne-toi de poser des questions... si je veux, Guillaume. '''Guillaume''' : Tu peux m'appeler Bébert. '''Gérard''' : Ouais non mais tu vas te calmer mon lascar parce que sinon tu vas aller vite répéter ! '''Guillaume''' : Je peux juste faire un peu de pub pour le groupe Les Électrochocs ? '''Gérard''' : Non non non, il n'y a pas de pub à faire ! '''Phildar''' : Ils se produisent où ? '''Guillaume''' : Ouais, donc le 27 octobre on reste à Limoges... '''Gérard''' : Oh ! Tu... ''[il explose sur Phildar]'' : PUTAIN MAIS TU LE COUPES, TOI, CONARD ? '''Phildar''' : Mais Manu ! C'est toi ! C'est toi qui gères les auditeurs ! '''Reego''' : Phildar, pas connard ! '''Gérard''' : Pauvre con va ! T'es vraiment une bite ! Une bite con ! Putain, c'est pas bon ! C'est pas vrai de devoir travailler avec une équipe de cons ! '''JPJ''' : Je crois que vous allez un petit vite en besogne, monsieur Gérard. '''Gérard''' : Terminé ! Conclusion ! '''GUillaume''' : Orgue Plus à Paris pour mon frère ! '''Reego''' : Bon Gérard, je vais faire la conclusion de l'IRC. Tous les gens de l'IRC sont d'accord : ils savaient que tu étais un gros teaser, et maintenant ils savent que tu n'es pas sain. '''Gérard''' : Voilà.— C'est bien. Donc Citron pour toi ? Oui conclusion ? '''Citron''' : Oui, je vais continuer à jouer sur l'orgue de ma tante. '''Guillaume''' : Ah non ! Faut jouer avec un Toyota 130 ! '''Citron''' : Ouais mais j'ai un bon Tampi moi, à 150 balles ! '''Guillaume''' : Tu viens de la part de Bébert ! Tu viens à Orgue Plus à Paris... '''Gérard''' : Tu fermes ta goule ! '''Guillaume''' : Vous venez de la part du groupe Les Électrochocs, vous avez 5 %... '''Gérard''' : Bon Manu ! Tu me le vires ! Lui c'est terminé ! '''Guillaume''' : 7 boulevard de Clichy ! Dans le 18ème ! '''Gérard''' : Il a été vachement viré ! Bravo Manu ! ''[il applaudit, rageusement]''. '''Manu''' : C'est le standard tactile, j'y arrive pas... '''Gérard''' : Oui oui oui, taleur je vais te taquiner quelque chose moi mon... poing où que je pense. Tupu pour finir ! Conclusion ! '''Tupu''' : Oui bah moi je voulais dire que j'étais très content quand même de parler avec Jean-Michel Jarre. Et je suis aussi content d'avoir plein d'adresses maintenant pour les synthés. '''Gérard''' : Ouais mais vérifie bien ! Vérifie bien que c'est des bonnes adresses parce qu'à mon avis c'est des fausses adresses. Alors Manu tu dégages ! Tu fais pas le deuxième débat ! Je te veux plus au standard ! Tu peux prendre ton VTT... '''Max''' : Non mais faites pas de pub comme ça ! '''Gérard''' : Tu prends ton VTT et tu te casses ! '''Manu''', ''[sans expression]'' : D'accord ! Ok ! '''Phildar''' : Allez Gérard ! Il y a Jean-Michel Jarre qui s'impatiente... '''Guimauve''' : Ouais bah moi je vais continuer à casser mes assiettes ! '''Gérard''' : D'accord bah c'est bien, maintenant t'en rachèteras sur le marché la semaine prochaine. Jean-Michel Jarre, pour toi la conclusion ? '''JPJ''' : Le débat n'a rien apporté vu qu'on a entendu un mec bourré comme vous qui a apporté des choses complètement abstraites envers la musique synthétiseur. Et je ne vous salue pas monsieur Gérard. Je vous mets une clé de sol dans le cul ! '''Gérard''' : Et bah c'est bien ! Vous pouvez garder vos musiques de naze alors et continuer ! '''Reego''' : On va pas l'écouter alors. On va pas l'écouter, il t'a insulté. '''Gérard''' : Si, c'est prévu sur la fin du débat ! '''Phildar''' : Surtout toi, tu fais pas de conclusion ! '''Gérard''' : Bah moi conclusion... Conclusion c'est que toi, ouais, t'as d'habitude quand c'est Max ça se passe impeccable. Là tu m'as fait des conneries, tu l'as... t'as laissé les gens en parler. '''Phildar''' : Mais c'est pas moi qui vire les gens, c'est Manu ! '''Gérard''' : Non mais lui ! Lui de toute manière il va reprendre son VTT, il va rentrer chez lui ! '''Phildar''' : C'est moi qui vais rentrer chez moi. '''Gérard''' : Et puis toi aussi comme ça je vais être tranquille ! Comme ça Reego va passer au standard, et sur l'IRC on aura personne ! '''Reego''' : Ah si si, faut quelqu'un sur l'IRC. '''Gérard''' : Ah non ! Personne à l'IRC ! Donc pour le deuxième débat... '''Reego''' : Il y a 800 connectés, je peux pas les laisser ! '''Gérard''' : Donc conclusion c'est con parce que Manu tu m'as fait du boulot dégueulasse. Ça c'est un peu de ta faute. '''Manu''' : Autant pour moi je suis désolé, je savais pas que ça allait partir en couille avec Jean-Michel. '''Gérard''' : Mais non ! Mais non ! T'es jamais au courant, abruti ! La semaine dernière tu me fais du boulot, du bon boulot. Cette semaine tu m'as fait du boulot, tu me fais de la merde ! Maintenant si c'est pour me faire de la merde tous les jeudis, c'est pas la peine ! '''Manu''' : Je t'ai quand même eu Jean-Michel Jarre. '''Gérard''' : Tu viens jusqu'à minuit et après minuit dès que tu me vois, tu te casses, ça vaudra mieux pour toi ! '''Phildar''' : Et au niveau du débat sur les synthés... Toi le synthé ? '''Gérard''' : Moi le synthé c'est une musique que j'adore. '''Phildar''' : C'est ta passion ? '''Gérard''' : Moi j'aime bien la musique, c'est tout. '''Phildar''' : D'accord. Donc le synthé c'est bien. Donc on va se quitter. Enfin, on va finir le débat avec un morceau de Jean-Michel Jarre. C'est lequel ? C'est toi qui as choisi. C'est la plage 2. '''Gérard''' : C'est la plage 2. Et sur la plage 2 j'ai "Oxygène numéro 8". Et on se retrouve tout de suite après pour le deuxième débat qui va porter sur le harcèlement sexuel. Le harcèlement sexuel. '''Phildar''' : Les numéros ? '''Gérard''' : 0 800 70 5000. Et toujours l'IRC pour Fun Radio. Et 0 803 aussi 08 5000 au cas où le numéro vert ne fonctionne plus, bien sûr. == Le débat sur le harcèlement sexuel == === Contexte === Qu'on se rassure, malgré la lourdeur du thème, Gérard ne l'abordera pas sous cet angle. Le deuxième degré est la règle, l'absurde la norme, l'animateur dépassé par ses approimations. Bien sûr, sur une telle durée, le dérapage reste possible, et parfois on peut se demander si l'équipe ne perd pas le contrôle. Puor l'une des rares fois, ce sont les auditeurs eux-mêmes qui semblent réguler la situation et Gérard, par intuition sans doute, ne s'aventure pas trop loin en-dehors des limites acceptables, du moins à l'épqoue. Le thème n'en reste pas moins actualisé, lancé notamment sur des feuilletons américains débarquant en France sur TF1. Adepte de ces reportages et de ces chaînes, Gérard se lance dans ce qui fait l'actualité. Un fait radiophonique nouveau semble émerger ici : outre les rôles de l'équipe, où Reego fait tout pour rester sur IRC et les deux autres intervertissent selon leur envie, on remarque que Sandy, compagne de Gérard, participe désormais plus activement à la prodie dont il est l'objet. Longtemps silencieuse voire à ses côtés face aux plansanteries des autres, elle commence à y participer à sa manière, jouant alors pleinement un nouveau rôle qu'elle perfectionnera dans le temps. === Les personnages === * Franck Bargine : Max * Igor : Reego * Gérard Cousin : Gérard * Phildar et Manu * Olivier Bouchet : Olivier de la pro * Mégane : Marmite * Sandy Threadkell : Sifflet * Frisbee (ancien Tupu) * Axel : Bidon d'huile, Couscous * Cassoulet (ancienne Dégage), devenant ensuite Casse-toi * Laura : Point noir * Goldo : Poupon * Arnet : Focu, Mathieu === Transcription === '''Gérard''' : Et voilà, vous venez d'écouter Jean-Michel Jarre, donc Oxygène 8, et donc pour l'instant on va attendre qu'au standard on me donne les auditeurs, donc le débat, ça porte sur les harcèlements sexuels, alors donc on va déjà poser... comme on attend, je vais attendre encore un petit peu, donc la première c'est, que veut dire... '''Max''' : Non mais on peut déjà accueillir les premiers là. Allô ? Qui est là ? '''Phildar''' : Ouais bien sûr, alors on a Marmite, on a Frisbee, Cassoulet, on a Bidon d'huile, on a Point Noir. '''Manu''' : Sinon, moi je peux peut-être dire un petit truc sur l'IRC, on est 858. '''Gérard''' : Donc Marmite, bonsoir, donc on écoute Fun Radio à Rouen sur 104.8. Donc Frisbee's, 22 ans de Bordeaux sur 101.7, Fun Radio. '''Frisbee''' : C'est exact, j'écoute sur Internet, c'est exactement ça. '''Gérard''' : C'est pas sur Internet, c'est sur la FM, d'accord ? C'est pas du tout pareil. Cassoulet, Disneyland de Seine-et-Marne... '''Phildar''' : Je gère Cassoulet, pour l'instant elle est pas là. '''Gérard''' : Ah d'accord. Donc Bidon d'huile, on peut écouter Fun Radio... '''Phildar''' : C'est Bidon d'huile qui a raccroché. '''Gérard''' : Non mais hé, oh ! Tu vas pas commencer à foutre ta merde avant que je te gauffre, toi ! '''Manu''' : Moi je suis pas là, c'est la merde au standard. '''Reego''' : C'est de ma faute, c'est la première fois que je fais le standard, excuse-moi Gérard. '''Phildar''' : Donc Bidon d'huile est parti, et je suis en train de gérer Cassoulet. Et je rappelle des gens. '''Gérard''' : Ah bah là, ça commence bien. '''Phildar''' : On a Poupon, on a Poupon aussi. Bonsoir Poupon. '''Gérard''' : Donc t'es d'où ? '''Poupon''' : Je suis de Paris, je suis de Paris. '''Gérard''' : Donc t'as quel âge ? '''Poupon''' : J'ai 23 ans. '''Gérard''' : 23, et on écoute... 101.9. Et on accueille aussi... On accueille aussi Point Noir. Alors donc, première question. Donc que veut dire le mot harcèlement sexuel ? On va demander à Marmite. '''Marmite''' : Ouais, ça veut dire quand t'es harcelé sexuellement. '''Gérard''' : Ouais mais... Que veut dire exactement ce mot ? '''Marmite''' : Ouais bah ça veut dire que t'es un canon et puis tu te prends plein de mains au cul. '''Gérard''' : Ouais non mais attends, t'es un canon, tu veux dire un top modèle ? '''Marmite''' : Ah non, t'es un canon. '''Gérard''' :Non mais attends, un canon, un canon, un canon, tu veux dire quoi dans... '''Marmite''' : Bah t'es un canon, t'es super belle. '''Gérard''' : Ah bah donc, je viens de te dire, un top modèle, tu me dis non. '''Marmite''' : Ah non mais t'es pas forcément top belle. '''Gérard''' : Bah mais attends, un canon pour moi c'est un top modèle, je suis désolé. '''Marmite''' : Ah bah ouais d'accord, mais on n'avait pas le même mot alors. '''Gérard''' : Bah oui mais un canon ça veut dire ça pour moi. '''Phildar''' : J'ai récupéré bidon d'huile. '''Gérard''' : Donc Cassoulet... '''Phildar''' : Je vais trouvé quelqu'un d'autre. '''Gérard''' : Ok, donc on n'a pas de cassoulet, c'est bon. '''Phildar''' : C'est pas grave, je vais te trouver une choucroute. '''Gérard''' : Bah tiens, on a une choucroute là, comme elle veut faire partie du deuxième débat. '''Poupon''', ''[acclamant]'' : L'invitée mystère. '''Frisbee''', ''[acclamant]'' : Le bulldog. Le bulldog. '''Gérard''' : Le bulldog il t'emmerde. Tu vois, comme ça t'es tout de suite servi là toi. Alors attends, celui qui vient de dire le bulldog, maintenant tu vas répondre à la question. Ça va t'apprendre à ouvrir ta gueule. ''[silence]''. Allô ? Ouais bah qu'il réponde, alors c'est qui ? Entre Poupon, Point Noir, Bidon d'huile ? Non et c'est pas Point Noir. '''Bidon d'huile''', ''[déformant la voix]'' : Ouais c'est Pierrot. Ouais c'est Pierrot qui a dit ça. '''Gérard''' : Non mais attends, il sort d'où celui-là là ? '''Bidon d'huile''' : Bah excuse, je suis arrivé, on m'a pas annoncé. '''Gérard''' : Il sort d'où, il sort d'où lui ? '''PHildar''' : Non c'est Bidon d'huile. Gérard, c'est le bordel quand c'est Reego au standard. '''Gérard''', ''[poussant Reego vers le PC et Phildar dehors]'' : Bon allez, Reego, tu retournes là, non parce que là c'est le bordel. ''[cris de joie de l'équipe]''. Toi tu dégages, tu rentres chez toi. '''Manu''' : Si je peux me permettre quelque chose, excusez-moi, on nous dit que uUn canon, c'est fun et on nous dit que le boulet, c'est Gérard. pour répondre à la question c'est... '''Gérard''', ''[à Phildar]'' : Alors toi, t'es fatigué, tu rentres chez toi. Parce que là... c'est le vrai bordel. Là c'est... Je peux pas, je peux pas commencer le premier débat... le deuxième débat, dans des conditions de merde. Alors Phildar, dégage chez toi, t'es fatigué. Allez hop. '''Manu et Poupon, puis Bidon d'huile, acclamant''' : Manu au standard. Manu au standard. Manu au standard. '''Gérard''' : Allez c'est bon, ça y est, on se calme. Phildar, tu rentres chez toi, t'es fatigué. Allez hop. Ça vaudra mieux. Alors donc, pour toi Marmite, toi, le mot harcèlement sexuel, pour toi c'est un canon. Donc canon, donc c'est comme j'ai dit tout à l'heure, c'est un top modèle, tu m'as démenti. Hein ? D'accord, on est bien d'accord ? '''Marmite''' : Oui d'accord. '''Gérard''' : C'est ta réponse. Frisbee. '''Frisbee''' : Euh oui, je crois que l'harcèlement sexuel, ça doit avoir un rapport avec Bill Kington, non ? '''Gérard''' : Non mais attends. Eh Frisbee. Que veut dire le mot harcèlement sexuel ? C'est pas de savoir si Bill Kington, il a été harcelé, ça on en a rien à foutre. On est bien d'accord. '''Frisbee''' : Quand même, il a été harcelé quand même. '''Gérard''' : Non mais attends, ça c'est son problème, c'est sa vie privée, c'est pas la mienne. '''Manu''' : Gérard, on va accueillir le dernier auditeur, il s'appelle Sifflet. Allo ? '''Sifflet''' : Salut. '''Gérard''' : T'appelles d'où ? '''Sifflet''' : De nulle part. '''Gérard''', ''[sous les sifflets neutres du studio et des auditeurs]'' : De nulle part. Alors donc, la fréquence c'est nulle part, d'accord. '''Poupon''' : Dis-moi Sifflet, je peux te siffler dedans ? '''Bidon d'huile''' : Donc pour moi, le mot harcèlement sexuel en lui-même, pour moi, c'est les gens qui ont des problèmes à faire l'amour. '''Gérard''' : Non mais attends. On te demande, je te pose la question parce que je commence à en avoir marre. Que veut dire le mot harcèlement sexuel ? '''Bidon d'huile''' : Je viens de te le dire, c'est les gens qui n'arrivent pas à baiser. '''Gérard''' :Non mais attends, toi t'es con. '''Manu''' : Il n'a rien compris. '''Gérard''' : Non, il ne comprend pas lui. Non mais attends, prends-le hors antenne et explique plus sur lui. '''Manu''' : Je vais lui expliquer parce qu'ils ne sont pas capables. '''Gérard''', ''[à Phildar, assis dans un coin]'' : Toi... t'es même plus capable de faire des débats correctement à part faire la réa, c'est tout ce que t'es capable de faire. Bidon d'huile ? '''Manu''' : C'était lui, c'était lui. Je viens de le dire Gérard. '''Gérard''' : Non c'était Frisbee qui ne comprenait pas. '''Frisbee''' : Je suis toujours là. Mais je viens de répondre. '''Gérard''' : Mais c'est quoi là ce bordel ? '''Reego''' : Ah, ce n'est pas moi, je ne suis plus là-bas. '''Gérard''' : C'est quoi là ce bordel ? Frisbee vient de répondre, bidon d'huile... Eh, il faudrait peut-être savoir. '''Bidon d'huile''' : Mais je suis là Gérard. '''Gérard''' : Alors pour toi ? '''Bidon d'huile''' : Ouais, donc en fait, le harcèlement sexuel, c'est ceux qui sont harcelés sexuellement. C'est ceux qui sont, on va dire, comment je pourrais t'expliquer ça ? C'est par exemple, c'est comme l'affaire Big Clinton, voilà. '''Gérard''' : Bon, non, je ne vois pas du tout le rapport. Point noir, tu es là toujours ? '''Point noir''' : Ouais, je suis là. C'est persécuter quelqu'un physiquement et moralement pour avoir son cul. '''Bidon d'huile''' : Ouais, c'est ce que je voulais dire. '''Gérard''' : Ouais, mais toi, de toute manière, tu veux toujours dire ce que les gens ils répondent avant toi. Poupou ? '''Poupon''' : Ouais, ben en fait, le harcèlement sexuel, c'est, tu as une fille, elle est là. Ok, après tu as un mec, il est là. La fille, elle se met comme ça. Et puis le mec, il arrive comme ça. Et puis il lui met là. Et puis la fille, elle dit ça. '''Gérard''' : Oh non, ben attends. '''Frisbee''' : C'est aussi dans l'autre sens quand même. '''Poupon''' : Oh non, mais il peut y avoir des variantes. '''Gérard''' : Attendez, il y a une question IRC. '''Reego''' : Oui, sur IRC, on me demande pourquoi le harcèlement sexuel est-il sexuel ? '''Gérard''' : Ça, tu vois, c'est une question qu'on m'avait demandée de poser et que je ne poserai pas parce que je ne vois pas du tout le rapport. Parce que si on parle de l'harcèlement sexuel, de toute manière, automatiquement, harcèlement sexuel est sexuel. Donc, je ne vois pas du tout la question de poser aux gens parce que si je demande à une personne de me répondre sur cette question-là, qu'est-ce qu'elle va me répondre ? Parce que c'est sexuel. C'est sexuel, c'est tout. '''Frisbee''' : C'est Frisby, là. Je crois qu'on peut faire un harcèlement sexuel avec les pieds, par exemple. '''gérard''' : Mais non, mais est-ce que t'as compris la question IRC qu'on a eue ? '''Frisbee''' : Je crois. Répète-la-moi si je me suis perdu. '''Gérard''' : Alors, la question, c'était est-ce que l'harcèlement sexuel est sexuel ? '''Reego''' : Pourquoi est-il sexuel ? '''Gérard''' : Pourquoi est-il sexuel ? '''Point noir''' : Moi, je peux répondre. C'est Point Noir. Parce qu'il n'y a pas que l'harcèlement sexuel. Il y a moralement aussi. '''Gérard''' : Mais attends, dans ce cas-là, pourquoi est-ce qu'il est sexuel si c'est sexuel ? Automatiquement, si on parle de l'harcèlement sexuel, de toute manière, on va parler de sexe. Donc, l'autre, avec sa question, je voyais pas le rapport. '''Reego''' : Si, Gérard, regarde... Moi, sur l'IRC, c'est du harcèlement textuel. '''Gérard''' : Oui, mais c'est pas pareil, toi. '''Sifflet''', ''[sous le sifflement de Poupon]'' : Moi, je considère que l'harcèlement sexuel peut être vécu comme un viol. Parce que si la personne ou si la nana n'est pas consentante, c'est considéré comme un viol et comme un crime. '''Gérard''' : Oui, alors, dans ces cas-là, moi, la question que je vais poser, parce que là, je pense que je vais pas faire toutes les questions, on n'aura pas le temps. Donc, moi, je vais déjà attaquer sur la 3. C'est pas grave sur la 2... '''Manu''' : C'était quoi, la 2 ? C'était quoi ? '''Gérard''' : Non, c'était que risque-t-on en pratiquant le harcèlement sexuel, mais ça... '''Manu''' : C'est pas mal. '''Gérard''' : Oui, alors, qui veut répondre ? Tiens, ben, Poupon ? Non, Sifflet, pardon Poupon. '''Sifflet''' : Moi, je pense que les personnes qui font ça, qui violent des personnes ou qui font du harcèlement sexuel peuvent faire au moins de la prison et peuvent avoir aussi des amendes. '''Gérard''' : Donc, je suis d'accord avec toi, Sifflet. Là, il y a... On m'a donné un... un sondage. Donc, alors, sur la question le harcèlement sexuel, donc, que pensez-vous du harcèlement sexuel ? Donc, il y a 20% des gens n'ont jamais fait l'amour. 30% des gens sont puceaux et 50% des gens sont vierges. '''Bidon d'huile''' : Oh, Gérard ! Moi, j'avais entendu dire que 70% des gens étaient balance ascendant cancer. '''Gérard''' : Alors, attends. Là, je vais te dire une chose. C'est qui qui vient dire ça ? Alors, Bidon d'huile, tu vois, ton nom, il porte bien. Bah, t'es vraiment bidon. Parce que là, tu viens de jouer sur le signe astrologique du chef. Il a pas entendu. '''Bidon d'huile''' : J'ai entendu vierge. Donc, moi, je pensais que c'était le signe astrologique. '''Gérard''' : Bah, ouais, attends. Et la main de ma soeur dans la culotte d'un zouave, c'est astrologique, ça ? '''Bidon d'huile''' : Bon, ça, c'est ton problème, hein. ''[applaudissements]''. '''Gérard''' : Alors, Bidon d'huile, adieu pour toi. '''Reego''' : Gérard, il y a Devi1 sur l'IRC qui te demande, alors, est-ce qu'il y a des endroits spécifiques pour se faire harceler et est-ce que tu peux donner les adresses ? '''Frisbee''' : Je connais des adresses, oui. '''Poupon''' : On parle pas de la vie privée. '''Marmite''' : Loco ? '''Gérard''' : Frisbeez, tu vas te calmer. '''Frisbee''' : Bah, moi, j'ai dit qu'on parlait pas de la loco, moi. '''Gérard''' : Marmite ou Point Noir, vous allez vous calmer toutes les deux parce que... Bon... Donc, que risque-t-on en pratiquant le harcèlement sexuel ? On va demander à Poupon. '''Poupon''' : Ouais, bah, déjà, je voulais dire à Sifflet qu'il y a une différence entre se faire violer et se faire ploter les fesses, par exemple, tu vois, une main aux fesses ou un viol, c'est pas la même chose. Et deuxièmement, bon, bah, tu risques une bonne paire de claques, quand même. '''Gérard''' : Ouais, mais attends, alors, moi, je vais te renvoyer la balle. Par exemple, si la personne n'est pas consentante et qu'elle n'est même pas capable de te mettre une claque dans la figure, comme tu viens de dire, et qu'elle porte plainte. '''Poupon''' : Pourquoi ? T'as parlé de mettre la main aux fesses à des manchots ? Pourquoi elle peut pas me mettre de claques ? '''Gérard''' : Non, mais attends, Sifflet, elle t'a bien dit, c'est entre ces deux trucs-là. Par exemple, si la personne ne peut pas, comment que tu vas faire ? '''Point noir''' : Bah, au pire, ce qui peut arriver au gars, c'est de se faire du bien, quoi. S'il arrive à ses fins. '''Gérard''' : Ouais, mais tu crois que en harcelant une nana dans la rue, tu crois qu'il va pouvoir coucher avec ? '''Point noir''' : Bah, attends, Gérard, il y en a qui aiment ça. '''Gérard''' : Bon, bah, attends, peut-être des nanas qui aiment ça. '''Poupon''' : Bah, des mecs aussi, hein. '''Marmite''' : Bah, ouais. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, non, non, non. '''Poupon''' : Moi je dis, s'il y a du physique, il y a des filles, il y a forcément des garçons avec. Elles sont pas toutes seules. Elles se reproduisent pas toutes seules. '''Gérard''' : D'accord. Sifflet, u voulais peut-être répondre à la... sur ce qu'elle vient de dire, là, Point Noir ? '''Sifflet''' : Euh, non, pas du tout, non. '''Gérard''' : Non ? ''[Gérard se distrait par un gest de Manu]''. Euh... Oui ? '''Manu''' : Couscous ! '''Couscous''' : Bonjour, Gérard. Bonsoir à tous. Gérard, j'aime bien tes débats. '''Gérard''', ''[tentant un accent maghrébin très maladroit]'' : Salut, Couscous. '''Couscous''' : Salut, Gérard. Ça va ? '''Gérard''' : Ça va, ça va, Couscous. J'ai pas regardé ce matin, quand même, mais ça va, carrément. Alors, euh... Donc, Frisbee ? Donc, toi ? '''Frisbee''' : Vas-y, pose-moi... '''Gérard''' : Oh, non, mais attends, hé, oh ! Tu l'as entendue ! Je vais pas m'amuser, là, hein. '''Frisbee''' : La deuxième ou la troisième ? '''Gérard''' : Non, non, c'est la deux. Que risque-t-on en pratiquant le harcèlement sexuel ? Hop. En même temps, Couscous, tu réfléchis à la question, hein. '''Frisbee''' : Je pense que c'est vrai. On peut passer devant les tribunaux et puis se faire emprisonner, quoi. C'est risqué, hein. Faut faire attention, hein. Faut vraiment bien prévoir ce harcèlement, hein. Sinon, bon, on risque, comme je t'ai dit, voire même de se faire, après, harceler en prison, aussi. Et ça, c'est plus... '''Gérard''' : De toute manière, c'est ce qui est arrivé à je sais plus qui. Je veux pas citer de nom, parce que, de toute manière, ça me regarde pas. '''Marmite''' : Tapi ? '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, non. Sur celui qui a voulu jouer le con avec ses enfants, c'est ce qu'il y a... Lui, il s'est fait prendre... Il s'est fait tabasser dessus. Marmite ? Donc, pour toi ? '''Marmite''' : Tu risques gros et dans certains pays, tu peux même te faire couper les couilles. '''Gérard''' : Ouais, non, mais ça, je pense... je pense qu'en France, c'est ce qu'on devrait faire sur ceux qui pratiquent ça sur les mineurs. '''Marmite''' : Ça va pas ? Ah oui, sur les mineurs, mais ça, c'est pas du harcèlement sexuel. '''Gérard''' : Non, mais alors, c'est quoi ? Moi, je vais te dire une chose. Alors, si c'est pas de harcèlement sexuel quand tu t'attaques sur un mineur, sur une mineure de 15-16 ans, alors c'est quoi pour toi ? '''Marmite''' : Moi, je pensais qu'on parlait de harcèlement sexuel au travail. '''Gérard''' : Non, mais attends. '''Poupon''' : On parle de mains aux fesses, on parle pas de viol. '''Gérard''' : Non, mais que risque-t-on en pratiquant le harcèlement sexuel ? C'est-à-dire, si tu t'en prends sur une jeune de 16 ans dans la rue... '''Poupon''' : Mais arrêtez-le au standard, il faut qu'il arrête de parler de ça. Gégé, on parle pas des mineurs. '''Gérard''' : Euh, Couscous ? Attends, attends, Couscous. Minitel. Pas Minitel. Oui, sur Internet. '''Reego''' : Donc voilà, sur l'IRC.fanradio.fr, je le rappelle quand même, il y a Nesquik qui te demande si le harcèlement sexuel est une discipline olympique. '''Gérard''' : Je vois pas du tout le rapport. '''Poupon''' : Ceinture noire de karaté. '''Gérard''' : Ouais, demande-lui s'il est pas ceinture noire de karaté, lui, pour dire des conneries comme ça. '''Reego''' : Tu peux lui demander toi-même. T'as juste à dire. Tu peux lui dire dans le micro. '''Gérard''' : Ben, tu réponds à la question : Est-ce que t'es ceinture noire de karaté pour me sortir des conneries ? Donc, Couscous pour toi. '''Couscous''' : Ouais, ben moi, Gérard, je pense qu'avec le harcèlement sexuel, on peut prendre un grand coup de merguez dans la boîte à semoule. '''Gérard''', ''[amusé]'' : Ça, ça m'aurait étonné que tu me sortes pas l'histoire de ta merguez avec ton couscous. '''Couscous''' : Ah, ouais, il y avait longtemps que j'étais pas passé sur l'antenne. '''Gérard''' : Eh ouais, mais si, t'es passé il y a quand même 15 jours. '''Frisbee''' : Moi, je voulais dire que dans ton débat, là, quand même, c'était un peu... On se fait un peu chier, et puis, bon, je raccroche. C'est de la merde. '''Gérard''' : Ah, ben, c'est bien, ça fait une place de libre pour les autres. Comme ça, si tout le monde pouvait me dire que mes débats, c'était de la merde, eh ben, dans ces cas-là, on fera plus de débats le jeudi. Moi je m'en fous hien. Moi, si tout le monde se plaint que les débats, c'est de la merde, dans ces cas-là, moi, je fais encore une question, à deux heures, je laisse la place à Rousseau, je rentre chez moi et... '''Manu''' : Non, c'est juste qu'il était aigri, il était aigri, je sais pas ce qu'il avait. '''Gérard''' : Votre patron vous a-t-il déjà harcelé ? Donc, voilà, on va revenir avec la question que Marmite m'avait posée en premier. Donc, voilà. Donc, je te pose la même question aussi, toi. '''Marmite''' : D'accord. Moi, ouais, ça m'est arrivé, ça m'arrive encore, ouais. Mais j'aime ça, donc je dis rien, quoi, au contraire. '''Gérard''' : Ah ouais, non, mais attends. Attends, dans ces cas-là... '''Poupon''' : C'est une cochonne, c'est une cochonne. '''Gérard''' : Non, non, attendez, attendez, attendez, attends, Poupou. '''Poupon''' : Ouais, bah, c'est qu'elle aime ça, si elle dit rien, c'est que ça lui plaît, en fait. '''Gérard''' : Bah, ouais, mais dans ces cas-là, pourquoi... Dans ces cas-là, pourquoi qu'ils viennent se plaindre après... '''Marmite''' : Je viens pas me plaindre, hein. '''Gérard''' : Bah, ouais, mais dans ces cas-là, si t'aimes ça, c'est que t'as envie d'avoir plus que les autres qui travaillent avec toi, c'est ça ? '''Marmite''' : Non, c'est pas ça, c'est que ça permet de coucher sans t'engager, quoi. T'as pas de mec, tu couches avec tes collègues, comme ça. '''Gérard''' : Ouais, non, mais attends, dans ces cas-là, si tu couches avec ton patron, c'est parce que tu veux avoir un peu plus que les autres, c'est tout. Je suis désolé. Si, si, je suis désolé. Je suis désolé. Je suis désolé. Stop, stop, stop, Marmite. '''Reego''' : Non, juste, vite fait, il y a Titus sur l'IRC, il demande ton patron ou ta patronne. Il a pas tort. '''Gérard''' : Ouais, j'aurais pu préciser. Oui, Manu ? '''Manu''' : Donc, à la place de Frisbee, qui a raccroché, on accueille Focu, il appelle d'Angoulême sur 92.4. '''Gérard''' : Salut. 93.4, voilà. OK, donc... Qui c'est qu'il nous reste ? Bidon d'huile est parti. Donc, point noir. '''Point noir''' : Ben, moi, c'est pas mon patron qui me harcèle, c'est moi qui le harcèle. '''Gérard''' : Ben non, alors attends. '''Poupon''' : Encore une cochonne ! '''Gérard''' : Ah non, non, attendez, attendez. '''Poupon''' : Il y a que des cochonnes ! Mais si, l y a que des cochonnes ! Je suis désolé, regarde. Il y en a une qui se laisse faire et c'est l'autre qui harcèle son patron. '''Gérard''' : Ouais, non, mais attends. '''Poupon''' : Il y a que Sifflet qui n'est pas cochonne. Il y a que Sifflet qui est normale. '''Gérard''' : Ouais, mais Sifflet, ça, c'est son problème, c'est pas le vôtre. Elle va répondre, elle. '''Poupon''' : Le boss, il va être content. '''Gérard''' : Qui ? '''Poupon''' : Ben, rien, non, rien. '''Gérard''' : Ben si, finis ta pensée. '''Poupon''' : Ben rien, je sais pas. Sifflet, elle a peut-être pas de boss, c'est peut-être pour ça. Moi, c'est mon cas, en fait. Je suis chômeur, donc j'ai pas de patron. Ben, je peux pas me faire harceler, quoi. En fait, c'est mon problème. '''Gérard''' : OK. Alors, attends. Point noir à 17 ans, c'est toi qui te fais harceler par un patron.. C'est toi qui harcèles les patrons à 17 ans ? Non, mais tu me prends pour qui, là ? '''Point noir''' : Ben, pourquoi ? Je fais un contrat d'apprentissage dans une boulangerie, je travaille. Et mon patron, il me plaît, donc je fais du harcèlement sexuel. '''Gérard''' : Ah ouais ? Ben, dans ces cas-là, à 4 heures... Attends, attendez, attendez. Dans ces cas-là, à 4 heures du matin, tu te réveilles et tu vas y ploter des... des coucouillettes alors qu'il fait sa baguette ? '''Point noir''' : Non, non, non. '''Couscous''' : Elle va lui ploter les pois chiches. '''Point noir''' : Je le touche pas, je le provoque. Je le travaille au corps. C'est pas pareil. '''Gérard''' : Non, mais alors, c'est pareil. C'est pareil, parce que tu... En travaillant sur le corps, tu peux descendre... '''Couscous''' : Mais pourquoi tu lui plotes les pois chiches ? '''Gérard''', ''[riant]'' : Le couscous, il a réponse à tout, hein. Poupon ? '''Poupon''' : Ben, je t'ai déjà répondu, moi, je t'ai dit, j'ai pas de boss, donc au pire, je peux me faire harceler par la nana de l'ANPE, quoi. Mais, euh, non, je peux pas me faire harceler par mon boss. '''Marmite''' : T'aimerais ça si t'avais une patronne ? '''Poupon''' : Euh, si j'avais une patronne oui un patron pas des masses. Parce que je suis pas fan de l'usine à six fers, quoi, mais une patronne, j'ai pas... Pourquoi pas. '''Sifflet''' : Non, je me suis jamais fait harceler par un patron, ni rien du tout. '''Poupon''' : Oh, ben, c'est clair. '''Gérard''' : Non, mais pourquoi ? Dans quel sens ? '''Poupon''' : Ben, elle a pas de patron. '''Sifflet''' : Bah, parce que j'ai jamais eu l'occasion... '''Marmite''' : Elle travaille pas. '''Focu''' : D'après moi, elle doit pas être bien belle. '''Sifflet''' : Bon, toi, tu ferais mieux de regarder ta montre, hein. '''Manu''', ''[applaudit]'' : Joli ! '''Gérard''', ''[riant aux éclats]'' : Je sais pas qui c'est qu'a voulu lui poser ce... '''Couscous''' : Je pense qu'elle a une voix bien mignonne. Je l'inviterais bien à ma couscous party. '''Poupon''' : Elle a l'air sexy, hein. '''Gérard''' : Euh, Couscous, pour toi. Euh, votre patron vous a-t-il déjà harcelé ? '''Couscous''' : Ben, moi, je travaillais à l'usine. Alors, mon patron, c'est un mec, et moi, j'aime que les grosses Fatma. Alors, je peux pas me faire harceler. '''Gérard''' : Focu, pour terminer sur cte question... '''Focu''' : Moi, Gérard, j'étais au standard avec Manu, j'ai pas entendu la question. '''Gérard''' : Non, mais attends, ouais. Non, mais t'aurais pu lui expliquer la question. '''Manu''' : Je l'ai calmé, j'ai pas eu le temps, tu viens de l'appeler, donc... '''Gérard''' : Alors, Focu, pour la dernière fois, je répète la question. Votre patron vous a-t-il déjà harcelé ? '''Focu''' : Euh... Non, j'ai pas de patron. '''Gérard''' : Et donc, tu t'es jamais fait harceler ? '''Focu''' : Ben non, parce que je suis mon propre patron, donc quand je me tape des branlettes, à la rigueur, je me harcèle tout seul. '''Couscous''' : Ah là là, il est chaud comme la braise. '''Gérard''' : Eh, eh, Focu, à mon avis, tu te tapes des branlettes avec tes secrétaires. Ah ben si, t'as quand même des secrétaires, si t'es patron. '''Focu''' : Euh... Non, des secrétaires, mais mâles. '''Gérard''' : Ouais, des mauvaises, d'accord. IRC, oui ? '''Reego''' : Sur IRC, il y a Cab qui te demande s'il y a harcèlement sexuel quand on branche son synthé. '''Manu''' : Rien à voir. '''Gé"rard''' : Alors, la question, peut-on... '''Max''' : On va réfléchir, vous allez réfléchir à la question. '''Gérard''' : Vous allez réfléchir à la question. Peut-on dire que c'est un produit vendu en magasin ? Et on va s'écouter les gens débiles, Je respire la sardine. Et on se retrouve tout de suite après. Vous pouvez nous appeler au 0803 08 5000 et toujours le... IRC. IRC. www.fr funradio. A tout de suite. ''[Musique de I can get now]''. '''Gérard''' : Et voilà, vous venez d'écouter les gens débiles, Je respire la sardine. Je ne sais pas si c'est vraiment ça comme titre. On nous a laissé ça, donc en... Il est parti, donc il nous a laissé ça. Donc maintenant, vous pouvez nous appeler au 0803 08 5000 et toujours le... L'IRC qui marche... Super bien, je crois. Combien de connectés, à peu près ? '''Reego''' : On a dépassé les 800. J'espère atteindre les 1000 d'ici 3h du matin. Combien ? On me dit 989. On y est presque. '''Manu''' : Joli ! '''Gérard''' : Attends, déjà, la semaine dernière, on était à 856. '''Max''' : On bat les records, ce soir encore. '''Gérard''' : C'est dommage que le Minitel ne fonctionne pas parce que je crois qu'à partir de 200 connectés, il n'y a plus personne. '''Max''' : Ça a sauté. Une fois de plus. '''Gérard''' : Ah ben alors, c'est dommage. Donc, on va récupérer Marmite. ''[silence]''. Marmite ! '''Max''' : J'ai allumé, hein. Oh ! '''Manu''' : Ouais, ouais. Ouais, pardon, pardon. C'est bon. '''Gérard''' : Marmite. Rebonsoir. Point noir. Poupon. Sifflet. Couscous avec les merguez. Focu. ''[silence, Gérard répète trois fois]''. '''Manu''' : Je lui répétais la question pour qu'il la comprenne bien. '''Gérard''' : Non, non, mais quand je dis... On reprend et on n'attend plus. Focu, t'es là ? OK, c'est bon. Donc, la question, je ne vous la repose pas. Donc, maintenant, on va demander... Tiens, Focu, comme t'étais au standard, on va savoir ce que t'en penses, toi. '''Focu''' : Moi, je ne suis pas trop d'accord, en fait. '''Gérard''' : Alors, explique. '''Focu''' : Ça ne peut pas être une marque. '''Gérard''' : Non, mais attends. Je te demande d'expliquer. Si tu me dis que ça ne peut pas être une marque et que tu me fais un blanc, ce n'est pas la peine. '''Focu''' : C'est tout. Non, mais je pense que ça ne peut pas être une marque parce que je ne vais pas acheter de harcèlement sexuel. '''Gérard''' : Mais est-ce que c'est un produit vendu en magasin, c'est tout ? Je ne te demande pas si c'est une marque. '''FOcu''' : Ben, si c'est un produit vendu en magasin, tu vas acheter du harcèlement, toi ? '''Gérard''' : Je peux te dire, moi, je vais acheter du chewing-gum, je ne sais pas quoi, et dedans, on va me mettre du sperme et je vais manger ça. Bon, ben alors ? Et alors ? Et c'est un produit qui est vendu, quand même. '''Focu''' : Je suis d'accord avec toi, mais tu ne vas pas aller dans un magasin et dire « bonjour, je vais acheter un petit peu de harcèlement et un petit peu de sexuel ». '''Couscous''' : Ouais, ben moi, j'achète du harcèlement sexuel à l'épicerie de chez Bébert. '''Gérard''', ''[tentant l'accent maghrébin avec un talent très imparfait]'' : Ouais, ok. Tu achètes le couscous, les pois chiches et les merguez ? '''Couscous''' : Ouais, ouais, il n'y a pas de problème, genre. '''Gérard''' : Le mouton et le poulet ? '''Couscous''' : Il n'y a pas de problème, mais c'est quand tu veux pour qu'on fasse une couscous party et je te mettrai la merguez. '''Sifflet''', ''[sousle sifflottement de Manu en studio]'' : Oui, je pense que ça peut être un produit vendu en magasin parce que on fait bien le viagra. '''Gérard''' : Ouais, non, mais attends, toi, si tu commences à me bouffer les questions, je pense que tu vas passer... '''Sifflet''' : Non, mais c'est vrai, Gérard, il existe bien le viagra, donc pourquoi pas... '''Gérard''' : Non, mais ça, le viagra... Le viagra, c'est pour ceux qui sont... '''Sifflet''' : Oui, ceux qui sont impuissants. '''Gérard''' : Ouais, ben tiens, justement, tu peux bien en parler, du viagra, tiens. Voilà les deux thèmes de la semaine prochaine, on les a trouvés. '''Poupon''' : Le viet et le gras ? '''Gérard''' : Ouais, pourquoi pas. Poupon ? '''Poupon''' : Ouais, ben le vieux gras, moi, j'aime pas trop, mais... '''Gérard''' : Non, non, non, mais attends, ça, c'est pour la semaine prochaine, la question... Le débat, c'est pas pour cette semaine. Non, pour l'instant, c'est sur l'harcèlement sexuel, c'est pas sur le vieux gras. '''Poupon''' : Alors, en supermarché, moi, je dis que vous avez rien compris, si tu veux trouver du harcèlement sexuel en supermarché, tu vas au rayon, je sais pas, poissonnerie ou légumes, n'importe quoi, et tu verras, ben, le chef de rayon, s'il met la main aux fesses, ben, aux vendeuses ou aux caissières, ben, là, il y a harcèlement, c'est tout. Non, mais attends, comment tu peux... C'est tout, c'est tout. Ben, écoute, le harcèlement, comment tu veux le trouver, sinon ? Forcément, il y a des mains qui plotent des fesses dans les supermarchés, donc il y a du harcèlement. '''Gérard''' : Non, mais moi, de toute manière, une fois, je pense que, Sifflet, elle peut le dire, une fois, j'étais dans un supermarché... '''Poupon''' : Et tu t'es fait ploter les fesses. '''Gérard''' : Non, non, c'est pas ça, c'est qu'on était en train de boire de l'eau, parce qu'il y a... Il y avait de l'eau à dispo... '''Poupon''' : Attends, attends, attends... Tu bois de l'eau, toi ? Je croyais que t'étais allergique ? '''Gérard''' : Non, non, je bois de l'eau, tu vois, alors me prends pas les... Donc, Sifflet, elle peut te le dire, sans le faire exprès, c'est elle qui... Je sais pas comment j'y ai fait, j'avais pas envie de finir mon verre, et elle était juste derrière moi, je me suis retourné, j'ai balancé le verre dans la tête. '''Les auditeurs''' : Tu la connais ? Tu connais Sifflet ? '''Sifflet''' : Je me rappelle pas du tout, non. '''Gérard'' : Tu t'en souviens pas ? Bah, c'est pas grave. Donc, à la question, comment faites-vous... Comment faites-vous... Comment vous vous faites harceler sexuellement ? Donc, il y a 10% de gens qui se font harceler sexuellement, qui se font harceler sexuellement par téléphone. Ça, c'est vrai que par téléphone, c'est... Ça, c'est... Je pense qu'ils auraient été un peu plus nombreux, ça aurait été mieux. 60% des gens se font harceler par courrier. Ça, j'en connais un qui est bien placé. Merci, chef, de mettre la super musique de boîte de nuit. 30% des gens se font harceler par des rapports. 1% des gens ont dit... « Ils me mettent sa b... dans ma ch... » '''Poupon''' : Moi, j'aimerais bien avoir le numéro de téléphone du 1%, là. '''Gérard''' : Ouais, bah... Bah, Manu, il va se faire un plaisir de te trouver ça. '''Manu''' : Je vais te trouver ça, il n'y a pas de souci. '''Gérard''' : Parce que là, je sais qu'il y en a une, pour l'instant, elle attend encore mon chef, là-haut. C'est grave, hein. Elle est grave, elle, encore, là-haut. '''Reego''' : Gérard, sur IRC, il y a Siga qui te demande si le harcèlement est héréditaire. '''Poupon''' : Impossible. C'est des histoires de famille, ça. '''Gérard''', ''[avec réverbération]'' : Olivier ? Tu m'éteins ça avant que... Que je t'éclate tes petites lunettes. Vite ! OK ? Bon. '''Reego''' : Bon, Gérard, t'as pas répondu à la question : est-ce que le harcèlement est héréditaire ? '''Gérard''' : Ça, je peux pas savoir, parce que j'ai pas goûté à tout ça. Donc, point noir ? '''Point noir''' : Écoute, moi, en magasin, franchement, j'en ai jamais vu. Par contre... '''Gérard''' : Toi, tu travailles en boulangerie, donc en grande surface, ça m'étonnerait que tu puisses voir ça. '''Point noir''' : Ouais, non, mais attends, je fais des courses quand même, quoi, je veux dire. Mais par contre, par correspondance, oui. En fait, on te vend des cours, donc c'est des cours qui sont payants, et tu payes après les résultats. Donc, si leur technique marche, tu payes, et si ça marche pas... '''Gérard''' : Ouais, dans ces cas-là, on vient sur les 60% qui sont harcelés par courrier. '''Point noir''' : Ah non, non, non, absolument pas. En fait, moi, j'ai fait appel à une société qui te vend des cours d'harcèlement sexuel, donc ils t'envoient une technique de savoir-faire, tout ça, donc ils t'envoient ça par courrier, donc tu suis à la lettre, toutes les instructions. Ensuite, quand t'as envie de harceler quelqu'un, comme moi, j'ai harcelé mon patron, ça a marché, j'ai payé, et quand la technique ne marche pas, tu payes pas. Et si tu veux, je peux te donner une adresse. '''Gérard''' : Non, non, non, on s'en fout. On s'en fout. Mais attends, point noir, tu vas pas me dire que t'as payé ton patron pour te faire harceler ? '''Point noir''' : Non, mais attends, tu captes vraiment rien, t'es grave. '''Gérard''' : Attends, si je suis grave dans ces cas-là, t'as qu'à pas dire de conneries, parce que j'ai bien entendu dire que t'avais payé. '''Manu''' : Gérard, elle a payé un organisme pour lui apprendre à harceler. '''Gérard''' : Non, non, elle a payé aussi le patron. Bon, Marmite. '''Marmite''' : Moi, une fois, j'ai piqué un truc dans un magasin, donc c'est pas bien, mais bon, je me suis fait choper, donc j'ai été emmenée au directeur, donc j'ai proposé de me harceler. Et comme ça, on a annulé la situation. '''Poupon''' : Elle a pisté le vigile et ça se fait pas. '''Gérard''' : Ouais, je pense. Non, mais ça, je peux vous dire une chose que je sais pas, parce que moi, j'ai jamais eu l'occasion de me faire harceler dans un magasin. '''Marmite''' : Bah, t'as pas de chance. '''Gérard''' : Bah, je préfère. Alors, moi, je préfère être tranquille que de me faire harceler par des emmerdeuses. Voilà. Donc, moi, c'est pas moi qui irais payer pour me faire harceler. '''Poupon''' : Ouais, ça, ça s'appelle une pute, quand même. '''FOcu''' : J'ai le droit de demander un truc ? Il y a Manuel sur Minitel qui demande si tu suces pour une binouze. '''Gérard''' : Bon, alors, Focu, tu sais ce que tu vas faire ? Tu vas aller voir Manuel Standard parce que tu commences à me gonfler avec tes conneries. '''Olivier''' : Il a raison, il a raison, c'est un message Minitel. '''Gérard''' : Ouais, non, non, mais attends, les messages Minitel, pour l'instant, le Minitel, il y a plus de 100 connectés, donc il fonctionne pas. Donc, je vois pas pourquoi qu'il s'amuse à me dire des conneries comme ça. Donc, Focu, tu vas voir Manu au Standard. Si ça va pas, tu vas dégager. Donc, le harcèlement sexuel, peut-il être consentant ? '''Coupon''' : Moi, j'ai un exemple. Je me souviens il y a quelques années, je me suis harcelé par une fille, donc une femme qui était ma patronne à l'époque, et elle sentait du con, donc elle avait le con sentant, ouais. '''Gérard''' : Ouais, non, mais t'étais consentant ? '''Poupon''' : Non, moi, j'étais juste d'accord. '''Gérard''' : Ah, t'étais d'accord, donc tu te sentais consentant, tu te sentais bien dans ta peau quand elle t'a proposé ? '''Poupon''' : Ah, je me sentais carrément con, ça c'est clair. '''Gérard''' : Ah, bah ouais, d'accord. Focu, s'il s'est calmé ? '''Focu''' : Oui, je me suis bien calmé. Donc j'ai pas pu entendre la question. '''Poupon''' :Je vais lui répéter, il voulait savoir si t'étais consentant pour te faire harceler dans le sexuel, voilà. '''Focu''' : Ah, oui, mais, bah, vu que moi, je suis mon propre patron, je peux pas être consentant ou pas, puisque j'ai pas ce problème-là. '''Poupon''' : Bah, si, ta main droite, elle est d'accord avec ta main gauche quand tu te pignoles, donc t'es consentant. '''FOcu''' : Mais, le problème, c'est... Non, c'est que j'ai pas de problème, en fait, puisque je suis mon propre boss. '''Gérard''' : Ouais, d'accord. Donc, voilà. Poupon, c'est pas la peine d'essayer d'y faire comprendre parce qu'apparemment, il a l'air de nous prendre pour des cons. '''Poupon''' : Bah, j'essaye de l'aider, quoi. '''Gérard''' : Non, non, mais il nous prend pour des cons, donc... Allez, tu me prends quelqu'un d'autre à la place parce que ça vaudra mieux. On va pas s'amuser avec... Couscous ? '''Couscous''', ''[après un blanc]'' : Ah, Rachida, sur la couscoussière, je lui mets un coup de chipolata, elle est consentante. Il y a pas de problème. '''Gérard''' : Non, mais attends, parce qu'Olivier, il vient de reprendre la pro parce qu'il y en a un qui était crevé, donc il commence à s'amuser à me faire des conneries. Donc... '''Poupon''' : Welcome back, Olivier. '''Gérard''' : Donc, pour toi, Couscous, donc... '''Couscous''' : Ah, il y a pas de problème. Moi, je suis toujours consentant pour faire l'amour, il y a pas de problème. '''Sifflet''', ''[sous les sifflets du studio]'' : Non, je pense que le harcèement sexuel peut pas être consentant... Bon, ça va, là, vous me laissez parler, un peu ? '''Gérard''', ''[hurle]'' : OH ON SE CALME ! Olivier, tu commences pas, d'accord ? '''Olivier''' : J'ai rien fait. '''Gérard''' : Non, non, t'as rien fait, à peine. Et les autres, vous vous tchalmez quand je pose une question à Sifflet, d'accord ? '''Sifflet''', ''[sifflets des auditeurs]'' : Donc, je disais, non, le harcèlement sexuel peut être considéré comme... peut être consentant... Oh, putain, moi, j'arrête, hein. ''[elle raccroche]''. '''Poupon''' : Oh là là ! Putain, elle a une belle voix, c'est dommage. Oh, les charmes, Antoine ! '''Marmite''' : Elle est pas conne, en plus. '''Gérard''' : Et voilà. Merci, merci ! Merci pour celui qui s'amuse à faire ses conneries. Donc, là, elle a arrêté, c'est même pas la peine d'essayer de la rappeler, elle reprendra pas. Alors, point noir ? '''Reego''' : Je voulais juste dire que sur IRC, tout le monde est content qu'il ait pu Sifflet. '''Poupon''' : Appelez l'invitée mystère. '''Gérard''' : Sur IRC, moi, je les emmerde que Sifflet soiye plus là, c'est tout. '''Manu''' : Au standard, à la place de Focu, qui était tout bidon, on accueille Mathieu, lui, il s'est fait harceler sexuellement par sa patronne, et en fait, ça a fini par une belle histoire d'amour quoi, en gros. '''Gérard''' : Non, mais attends, pour l'instant, on n'en est pas là-dessus, on est sur le consentement. '''Manu''' : Je t'annonce... Ben oui, mais je t'explique ce qui s'est passé dans sa vie. '''Gérard''' : Ok. Point noir ? '''Point noir''' : Est-ce que tu peux me répéter la question, s'il te plaît ? '''Gérard''' : Putain, mais vous allez faire ça jusqu'à 3h du matin, là ? Le harcèlement sexuel, petit L... peut-il elle consentant ? '''Point noir''' : Euh, tout à fait, ouais. Ouais, moi, je pense que, ouais. Enfin, c'est un avis personnel, mais ouais, je pense, ouais. '''Marmite''' : Ben oui, moi, oui, c'est clair. Oui, je suis consentante. '''Gérard''' : Ça, de toute manière, je pense que les trois quarts des personnes sont toutes consentantes sur des problèmes, comme ça, hein. Euh, Mathieu ? '''Mathieu''' : Oui, ben moi, j'étais complètement consentant, puisque j'ai eu, donc, un harcèlement sexuel de ma patronne, et ben maintenant, je suis marié avec. '''Gérard''' : Et t'as quel âge, sans indiscrétion ? '''Mathieu''' : J'ai 23 ans. '''Gérard''' : Et t'appelles à elle d'où, sans... '''Olivier''' : Indiscrétion ? '''Gérard''' : Bon, Olivier, tu vas commencer par t'écraser, parce que tout à l'heure, tu vas dégager, ça va aller vite fait. Donc, t'appelles d'où ? '''Mathieu''' : De Toulouse. '''Gérard''' : De Toulouse, la fréquence ? '''Mathieu''' : Ben, moi, je sais pas, parce que je l'écoute sur Internet. '''Poupon''' : En 17.5. '''Gérard''' : Ouais, ben, non, je pense pas, hein. Non, parce que c'est pas la première fois qu'on a des gens de Toulouse... Non, mais moi, je pense que, si je la demande à Manu, le temps qu'il la cherche, on verra. Alors, donc, moi, je peux vous dire que je me suis jamais fait harceler, donc, même le jour où ça arriverait, je sais pas si je serais consentant là-dessus. Donc, voilà. '''Poupon''' : Pourquoi ? Ben, attends, explique-nous pourquoi. '''Gérard''' : Ben, parce que je vais pas me faire harceler par n'importe qui, déjà, pour commencer. '''Poupon''' : Ah, mais si elle est mignonne. '''Gérard''' : Non, mais ça, ça dépendra de la personne. Donc, les animaux pratiquent-ils le harcèlement sexuel ? On va demander à Marmite. '''Marmite''' : Ouais, les chiens. Il y en a plein, ils viennent sur moi, puis ils frottent leurs zigounettes sur ma jambe, c'est désagréable. '''Gérard''' : Moi, je vais te dire une chose, Marmite, je pense que Point Noir... Point Noir, ça va être pareil. '''Point noir''' : C'est surtout chez les bulldogs. '''Gérard''', ''[cherchant à frapper Olivier, en entendant des sifflets ratés via sa bouche et du larsen]'' : Olivier, tu fais gaffe ! '''Olivier''' : Il y a Gérard qui m'attaque. '''Gérard''' : Olivier, tu fais gaffe, c'est la dernière fois ! T'amuses pas à faire des conneries, toi. '''Manu''' : Gérard ? On accueille Casse-toi à la place de Sifflet. '''Gérard''' : Salut, Casse-toi. T'appelles d'où ? '''Casse-toi''' : Et j'appelle de Seine-et-Marne. '''Gérard''' : Et la fréquence, c'est 101.9. Donc, on va demander à Point Noir... Attends, Marmite, tu me disais, toi ? '''Marmite''' : Que j'étais sexuellement harcelée par les chiens. '''Gérard''' : Non, mais ça, je peux... Maintenant, il y a quand même trois filles. Trois filles et trois garçons. Je pense que... Les trois quarts du temps, les nanas, c'est quand vous avez vos règles. Et ça, je peux vous le dire, moi, j'ai le... Non, non, non, mais attendez, attendez, attendez. Je vais continuer. Moi, j'ai le chien de ma copine, donc... '''Manu''' : Il se frotte toujours à ta jambe quand t'as tes règles, Gérard ? '''Gérard''' : Non, non, non. Il va carrément sur sa sœur. Donc, je pense, à chaque fois, il va... Dès qu'elle a ses règles, hop, tu peux être sûr que t'as le clébar qui qui est là. '''Marmite''' : Il suffit juste de te laver, Gérard. Tu sens pas, ça sent pas. Faut te laver, c'est tout. '''Gérard''' : Non, mais c'est pas moi qui... '''Marmite''' : Non, mais dis-le à ta belle-sœur. '''Poupon''' : OU à ta meuf. '''Gérard''' : Non, mais attends, ma meuf, elle t'emmerde, toi. D'accord ? Tiens, ben, Poupon. Donc, pour toi ? '''Poupon''' : Ben, écoute, moi, bon, déjà, j'ai un gros problème. Je sais que tu vas pas être d'accord, mais moi, j'aime pas les animaux. Donc, je vais te dire, le premier clébar qui vient se frotter sur ma jambe, il prend un coup de savate, quoi. '''Gérard''' : Non, mais alors, dans ces cas-là, je vais te dire une chose, que... '''Poupon''' : Ça dépend du chien, ça dépend du chien. '''Gérard''' : Non, mais t'es vraiment dégueulasse de dire ça, c'est tout. '''Poupon''' : Si t'es un gros rottweiler, je le laisse terminer. Si t'es un caniche, je le zappe. '''Casse-toi''' : Ah, c'est dégueulasse, là, franchement. '''Poupon''' : Attends, j'ai pas envie de me faire spermer par un clébar sur la jambe. '''Couscous''' : Ouais, Gérard. Moi, j'ai déjà vu deux dromadaires qui se frottaient la bosse, aussi. Ils étaient en train de se masturber, eux-mêmes. Dans le désert du Sahara, en plus. '''Gérard''' : Attends, attends, hé, hé, hé, hé. À la place des dromadaires, il n'y avait pas des chameaux ? '''Couscous''' : Oui, il n'y a pas de problème, mais c'est pas le même nombre de bosses, donc ça fait pas le même effet. '''Gérard''' : Ouais, les chameaux, ils ont deux bosses ? '''Poupon''' : Non, une, une, une. '''Gérard''' : Non, ils en ont deux. Les dromadaires, ils en ont une. '''Marmite''' : Cham, ça veut dire deux en arabe. '''Mathieu''' : Ouais, bah moi, je pense pas que les chiens et les animaux sont capables de nous harceler sexuellement. Je pense que c'est pas... '''Poupon''' : Ils ont tout ce qu'il faut, hein. Ils ont une quéquette, ça suffit, hein. '''Gérard''' : Bah ouais, mais comment tu veux qu'ils reproduisent, alors ? Faut bien qu'ils aillent sur une femelle. '''Marmite''' : En plus, ils arrivent à se la lécher. '''Manu''' : Attends, moi, je sais qu'il y a déjà des chiens qui m'ont mis des mains au cul. C'est pas super agréable, quoi. '''Gérard''' : Attends, un chien te met une main au cul toi ? Tu dirais qu'ils te mettent une patte, ouais. '''Olivier''' : Moi, ça m'est déjà arrivé, un chien qui me fait un clin d'œil, par contre. '''Gérard''' : Bon, toi... L'autre, quand il me dit qu'il y a un chien qui lui a fait un clin d'œil, vu qu'à voir ta tranche, ça m'étonne pas de toi, hein. ''[Manu et Olivier applaudissent]''. Toi, de tte manière, les premiers chiens que tu vois dans la rue, ils sont pour toi, hein. Casse-toi ? '''Reego''' : Gérard, sur IRC, on me demande si tu t'es déjà toi-même harcelé sexuellement. '''Poupon ''' : Avec ta main droite ou gauche ? '''Gérard. ''' : Non. Casse-toi ? '''Casse-toi''' : Ah, j'y crois pas, là, du tout. '''Olivier''' : C'est quoi le débat, Gérard ? J'étais pas là au début. '''Gérard''' : Non, ben, toi, les oreilles, c'est comme le cul, ça se lave. T'étais dans l'autre studio en train de faire le con, alors... '''Poupon''' : C'est sur les animaux, les animaux. '''Reego''' : Il travaillait. '''Gérard''' : Oh, non, ben, il travaillait... mais il n'avait qu'à écouter. Et tu m'éteins ce son, parce que tout à l'heure, je vais te faire du... ''[Manu en écho]'' : Je vais te mettre une baffe. Alors, septième question... Manu, tu m'éteins... '''Point noir''' : Je peux répondre, moi ? '''Gérard''' : T'avais pas répondu, toi ? '''Point noir''' : Non, j'ai pas répondu. Tu m'as posé la question, et puis tu m'as coupée en plein milieu. '''Gérard''' : Ah, bon, ben, alors, vas-y. '''Point noir''' : Donc, je voulais te dire que c'est vrai qu'effectivement, les chiens sont réputés pour faire du harcèlement sexuel, et surtout la race des bulldogs. '''Gérard''' : Ouais, mais ça, c'est partout. Donc, je peux vous dire une chose, que j'ai jamais vu des animaux le faire, mais bon, peut-être qu'un jour, je m'en verrai. Donc, la question... Avez-vous déjà été harcelé ? Je pense que je l'avais posé, cette question-là.... Ouais, j'avais oublié de donner les sondages. Donc, il y a 55% des gens qui répondent qui ne sont pas bricoleurs. Donc, je vois pas le rapport avec le harcèlement. 40% des gens répondent qu'ils préfèrent le foot. Donc, je vois pas du tout le... Donc, je vois pas du tout le rapport avec le harcèlement sexuel. '''Olivier''' : Ça, c'est les sondages. '''gérard''' : Donc, 5% des gens répondent qu'ils s'en foutent de la politique. Je vois pas du tout le rapport avec le harcèlement sexuel. 0% des gens n'ont pas compris la question. Alors, s'ils n'ont pas compris la question... Donc, il y a 0% qui n'ont pas compris la question. C'est bien. Comme ça, ça me fait plaisir. Pour moi, c'est des Mongols. C'est des petits cons. '''Olivier''' : Sur Minital, il y a Caroline DS qui dit qu'elle veut te voir à la Loco. '''Gérard''' : Mais écoute, il n'y a personne. '''Oivier''', ''[tournant l'éran vers Gérard]'' : Tiens. Regarde. '''Gérard''' : Ah, il y a un connecté. '''Olivier''' : Deux. '''Manu''' : C'est les parents, Olivier, de toute façon. '''Gérard''' : Donc, septième question. Avant qu'on fasse la pub. Avant qu'on s'envoie un petit disque. Alors, être harcelé sexuellement peut-il devenir une maladie ? On va demander à... Casse-toi. '''Casse-toi''', ''[hilare]'' : Ah, pas du tout. Mais alors, ça n'a aucun rapport, quoi, je veux dire. '''Poupon''' : Si, moi, je sais, moi, je sais, moi. Poupon, Poupon, Poupon. Bah, déjà, si tu penses que ça peut être une maladie, il faut que tu vois ça, en fait, avec ton boss, parce que ton boss, il a fait l'émission du dimanche soir, c'est Malade Nocturne. Et Malade Nocturne, c'est donc pour guérir, justement, la maladie du harcèlement sexuel. '''Gérard''' : Non, mais attends, mon boss, mon boss, déjà, il a un nom, il s'appelle Max. Mais il n'a pas fait ça dans le but de faire chier... C'est tout. '''Poupon''' : Mais je ne t'ai pas dit dans le but de faire chier, c'est pour soigner la maladie, c'est fait pour ça. '''Gérard''' : Mais attends, mais ce n'est pas avec la musique que tu vas te faire harceler, espèce d'abruti. '''Poupon''' : Mais non, ça guérit du harcèlement, et c'est pour ça que ça s'appelle... '''Gérard''' : Ah ouais, tu crois que la musique ça guérit le harcèlement sexuel ? '''Poupon''' : C'est une nouvelle thérapie New Age Goer, et ça 'appelle malade nocturne.<ref name="radio1"></ref> '''Reego''' : Oui, il y a Nostradaminus... Il te demande s'il existe des traitements à base de médicalement. '''Gérard''' : De médicament, non. '''Reego''' : Pas de médicament, de médicalmants. '''Gérard''' : Non, pas à ma connaissance. Mathieu ? '''Mathieu''' : Moi, je pense que oui, ça peut être une maladie d'être harcelé sexuellement. '''Couscous''' : Ouais, ça peut être une maladie, mais il faut consulter un bon médecin qui peut te traiter au Koskos pour que tu te soignes. '''Gérard''' : Ouais, d'accord, avec les merguez, les pois chiches... '''Couscous''' : Que la semoule. '''Gérard''' : Pourquoi pas avec une carotte ? '''Poupon''' : Non, mais il la fume, la semoule, ou quoi, lui ? '''Gérard''' : Non, mais attends, il fait bien et... '''Poupon''' : Il habite dans une couscoussière ? '''Gérard''' : Restez quand même polis, parce que c'est quand même bien qu'il y ait un mec comme lui, au moins pour nous donner un peu d'ambiance dans les débats, parce qu'avec vous, je crois qu'on s'ennuierait. '''Olivier''' : Je peux t'en mettre, si tu veux, de l'ambiance. '''Manu''' : Et pas que de l'ambiance. '''Point noir''' : Moi, je pense pas que ça peut devenir une maladie, par contre, je pense que ça peut devenir un remède. ''' ''' : Moi, ça me rend malade quand je me fais pas harceler, ouais. '''Gérard''' : Bon, ben, toi, c'est... C'est carrément... Ça, c'est carrément une maladie. C'est une maladie pour toi. Ouais, ben, toi, si t'en as pas, t'es malade. '''Marmite''' : Ben, carrément, ouais. '''Gérard''' : Donc, plus t'en as, plus t'en veux. '''Marmite''' : Ben, plus j'en ai, plus j'en ai, plus j'en veux, ouais. '''Gérard''' : Ouais, mais plus t'en... Si t'en as pas, ça devient grave. C'est comme de la drogue. '''Poupon''' : Tu la roules, tu la fumes ? Mais attendez, attendez, il y a une question IRC. '''Reego''' : Oui, c'est une question, Gérard. Alors, attends. Est-ce que lorsque l'on pense à toi, Gérard, c'est du harcèlement mental ? '''Mathieu''' : C'est clair. '''Poupon''' : Ça grille au moins deux neurones. '''Gérard''' : Ça, ça dépend des nanas, et c'est leur problème. C'est leur problème, c'est pas le mien, et c'est tout. Donc, je pose la huitième. Pourquoi que les gens ont peur de parler de ce problème, et on va s'écouter les poules qui puent avec... J'ai un œuf pourri dans le trou des fesses, et vous pouvez toujours nous appeler au 0803 08 5000 et toujours le Minitel et à tout de suite. ''[Musique]''. '''Gérard''' : Suite des débats du jeudi avec Gérard, donc il est 2h31 et on vient de s'écouter les poules qui puent avec... J'ai un œuf pourri dans le trou des fesses et on va récupérer Marmite... ''[tout le monde dit Allô, cacophonie, n'entendant pas Gérard, comme à l'époque de ce sketch. Après deux essais de parler sans succès, il explose]''. Bon, Olivier, tu me fais quoi, là ? '''Olivier''', ''[lassé]'' : Je fais rien. Et voilà, c'est pour moi. Ça marche, là ? '''Gérard''' : Marmite ! '''Marmite''' : Ah, salut ! T'étais où ? '''Gérard''' : J'étais là, mais c'est Olivier qui s'amuse à faire le con. C'est pas grave. Marmite, donc, tu es toujours là ? Point noir ? Poupon ? Couscous ? Mathieu ? Et Casse-toi ? Donc, toujours là. Donc, huitième question. Pourquoi les gens ont peur de parler de ce problème ? '''Poupon''', ''[la voix déformée par un effet métallique]'' : Mais de quel problème ? Il y a Dark Vader qui vient d'arriver. '''Olivier''' : J'ai rien fait, moi, Gérard. '''Gérard''' : C'est quoi ? C'est quoi, cette histoire de merde ? Donc, Casse-toi ? '''Casse-toi''' : Oui, oui, oui, je suis là. Bah, écoute, je sais pas du tout, moi. Personnellement, c'est pas un problème pour moi d'en parler. Donc, si des gens n'en parlent pas, c'est que ça les gêne, je sais pas, j'imagine. '''Mathieu''' : Bah, ouais, moi, je pense que c'est dur d'en parler, de harcèlement sexuel, quand même. Parce que si on a peur de se faire harceler, on a automatiquement peur d'en parler. '''Gérard''' : Ouais, bah, ça, c'est un problème qui se passe à l'heure actuelle, c'est que personne veut en parler. '''Marmite''' : Non, moi, j'en parle. '''Point noir''' : Non, mais faut en parler, parce que sinon... personne n'est au courant. '''Couscous''' : Bah, moi, j'en parle pas, parce que si j'en parle, si tu parles d'harcèlement sexuel, tu te fais forcément harceler sexuellement. Donc, j'en parle pas. '''Gérard''' : Non, mais je vois pas, mais si... Bon, bah, toi, si tu te fais harceler sexuellement... '''Couscous''' : Mais si j'en parle à une personne, imaginons, j'en parle à Bébert et Rachida, ils vont m'harceler sexuellement. '''Gérard''' : Bah, non, si tu leur en parles, que t'as déjà eu des problèmes comme ça... '''Couscous''' : Ah, bah, ça se voit que tu les connais pas, hein. '''Gérard''' : Ah, non, mais... Mais ça, je connais pas tes problèmes, moi. Euh, Poupon ? '''Poupon''' : Bah, écoute, les gens ont peur d'en parler, parce que c'est dangereux, c'est une maladie, et... Bah, y'a des médecins qui soignent ça, ya des psychologues, des harceleurs sexuels, des marabouts, tout ça. '''Gérard''' : Non, mais si la personne a peur d'aller en parler à un psychologue ou autre, ça, c'est son problème. '''Poupon''' : Non, mais si c'est une peur, c'est une phobie, si c'est un zubi, c'est sexuel, donc forcément, tu vas voir un sexologue. '''Gérard''' : Ah, tiens, y'a une question, Colgate, alors là, elle commence à s'amuser. « Gérard, t'as déjà été harcelé dans un couscoussier par les merguez ? » Alors après, t'as « Gérard, t'es déjà harcelé... » ''[le sketch des gens qui n'entendent plus gérard se déclenche, les auditeurs disant allô de manière cacophonique]''. '''Olivier''' : J'ai rien fait. Est-ce qu'on m'entend, moi ? Allô ? '''Reego''' : Gérard, décroche ce micro, là, celui-là, il marche pas. ''[Gérard essaie de brancher et débrancher des micros, de manière aharchique]''. '''Manu''' : Ça va marcher, là. Attendez, attendez, les auditeurs, ça va marcher, ça va marcher. Vas-y, parle, Gérard. ''[le sketch continue]''. Vous l'entendez, là, vous l'entendez, Gérard. '''Olivier''' : Ça marche. Ça marche ! ''[Gérard prend un boîter de CD et le jette vers la tête d'Olivier qui l'esquive tant bien que mal]''. '''Olivier''' : Jettes pas un CD ! '''Gérard''' : C'est toi qui déconnes ! '''Manu''' : Voilà, ça y est, ça marche. Parle dans ton micro, Gérard, parle dans ton micro. Vous l'entendez, là. Là, il va vous parler, il va vous parler, vous l'entendez, c'est sûr. '''Gérard''' : C'est toi qui arrêtes pas de déconner depuis tout à l'heure. Poupon ? '''Poupon''' : Ben, ce que je te disais, si t'as peur, t'as une phobie, ok ? '''Gérard''' : Ah, ben, ouais, t'avais déjà répondu quand je t'avais dit... Point noir ? '''Point noir''' : Ben, moi, j'ai pas peur d'en parler, au contraire, ça m'excite. '''Gérard''' : à ton âge, je pense que j'irais voir quelqu'un pour en parler quand même, hein. '''Point noir''' : Non, je préfère pas en parler, je préfère le faire. '''Marmite''' : Ouais, ben, moi si, j'en parle, hein, je m'en fous, hein. '''Gérard''' : Ouais, mais t'en parles dans ton entourage ? '''Marmite''' : Ouais, moi, j'en parle à tout le monde, t'as vu, là, je t'ai appelé pour t'en parler, hein. '''Gérard''' : Non, mais attends, c'est pas moi qui t'ai appelée, c'est au standard qu'on t'a appelée. '''Marmite''' : Non, c'est moi qui t'ai appelé. '''Gérard''' : Ouais, mais après, le standard t'a rappelée pour participer au débat. '''Olivier''' : On l'a harcelée. '''Marmite''' : Ils m'ont un peu harcelée toute la semaine. '''Couscous''' : Ils l'ont harcelée téléphoniquement. '''Gérard''' ''[effet déformant sur la voix]'' : Non, mais ça... Olivier fait gaffe ! '''Manu''' : Moi, je voulais juste rajouter que vous avez quand même harcelé le boss, quoi. '''Poupon''' : Je vais te dire que le boss, on a été à deux doigts de l'enlever et de le torturer, c'est clair. '''Couscous''' : Moi, je l'ai harcelé à coups de saucisse dans le derrière. '''Gérard''' : Donc, neuvième question. Devrais-t-on créer une école sur le harcèlement sexuel ? On va demander ça, tiens, point noir, parce qu'à 17 ans... '''Point noir''' : Ah, ouais, non, mais moi, je suis tout à fait d'accord pour cette initiative, ouais. Ah, ouais, il n'y a aucun problème. Bah, déjà, comme je te disais tout à l'heure, on fait des trucs par correspondance. Mais alors, si on ouvre une école, ah, ouais, moi, j'arrête la boulangerie et je vais dedans, quoi, c'est clair. '''Marmite''' : Moi aussi, hein. Moi, je serai prof. Je serai prof, j'harcèle tout le monde, hein. '''Poupon''' : Moi, je veux bien des cours particuliers, à ce moment-là. '''Marmite''' : Bah, il n'y a pas de problème. '''Couscous''' : Ah, moi aussi, hein. '''Gérard''' : Non, mais attendez, attendez, attendez, attendez, attendez. Alors, Marmite, toi, t'es d'accord avec point noir, Poupon ? '''Poupon''' : Bah, moi, je dis qu'effectivement, il faut des pédagogues pour faire des écoles, c'est clair. '''Marmite''' : Des pédologues. '''Couscous''' : Ouais, moi, je pense que ça serait bien, mais il faudrait que la professeure, elle soit bien roulée, hein. Ah, parce que sinon, il n'y a pas moyen d'apprendre, hein. Faut qu'elle écarte bien les cuisses, pour qu'on voit bien la foufoune, quoi. '''Gérard''' : Non, bah, t'es vraiment un cochon, toi. '''Point noir''' : Ouais, mais il faudrait qu'il n'y ait pas que de la théorie, il faudrait qu'il y ait de la pratique aussi. '''Marmite''' : Bah, évidemment. '''Mathieu''' : Oui, alors moi, je pense que ça serait une bonne initiative de faire une école sur le harcèlement. Puisque, comme ça, je pourrais être professeur et je pourrais faire mumuse avec des petites demoiselles. '''Casse-toi''', ''[pendant le son de quelqu'un qui a raccroché]'' : Bah, écoute, moi, Gérard, je suis tout à fait d'accord. '''Marmite''' : Elle s'est cassée. '''Reego''' : Pourquoi tu lui dis casse-toi ? '''Manu''' : Non c'est pas elle, c'est une autre... Je ne sais pas, il l'a pris pour lui, quoi. Je vais le rappeler, je crois que c'est Couscous, en plus. Non, il n'est plus là. Il a mal pris, ce que tu lui as dit. '''Gérard''' : Bon, donc, moi, je peux vous dire une chose, des écoles, je ne voudrais pas que ça existe. Ouais, non, pas avec les profs, hein. '''Poupon''' : Attends, je vais te dire, s'il y avait des cours de quéquette à l'école, les lycéens, ils ne seraient pas en grève, hein. Attends, ils feraient des heures supplémentaires en permanence et tout, tout ce que tu veux. '''Reego''' : Il y a une bonne question IRC, de Kevin Klein. Gérard, comment reconnaître un harceleur potentiel ? '''Mathieu''' : C'est trop compliqué pour lui. '''Manu''' : C'est pas les harceleurs potentiels, en plus, c'est les harceleurs sexuels. Tu dis n'importe quoi, Reego. '''Gérard''' : Non, mais même, de toute manière, là-dessus, je peux rien dire. Alors, dernière question. '''Poupon''' : Déjà ? Attends, il reste encore 20 minutes. '''Gérard''' : Bah non, bah... Après, on verra... '''Reego''' : Moi, j'ai plein de questions sur l'IRC, si tu veux, Gérard. '''Gérard''' : Est-ce que c'est du harcèlement sexuel si on fait l'amour ? Alors, Marmite ? Bon, toi... De toute manière, toi, t'es... '''Marmite''' : Ouais, ouais, moi, j'aime tout, quoi. ''' ''' : Toi, t'es carrément branchéz à fond, là-dedans, hein. '''Marmite''' : Bah, à fond, ouais. '''Gérard''' : Ça te dérange pas ? '''Marmite''' : Oh, non, non, non, rien ne me dérange. '''Point noir''' : Oh, bah, moi, tant qu'il y a de la vie, tout va bien. '''Gérard''' : Oh, bah, toi, à 17 ans... À quel âge que t'as perdu ta... '''Marmite''' : Ta petite flamme ? '''Gérard''' : À quel âge que t'as commencé tes relations ? '''Point noir''' : À 14 ans. '''Poupon''' : Eh les filles, j'espère que vous serez demain à la Loco. hein. '''Gérard''', ''[voix déformée par un effet sonore, il finit par jeter un casque vers Olivier]'' : À 14 ans ? 14 ans... Oh ! '''Reego''' : On jette rien, Gérard. '''Gérard''', ''[hurle, effet se poursuit]'' : T'ÉTEINS ÇAAAAAA ! T'ÉTEINS OU JE TE BALANCE UN MICRO ? '''Point noir''' : Je suis sûre que je t'en apprendrai des trucs. '''Gérard''' : Ouais, bah, écoute, moi, je dis, dans ces cas-là, on sait à quoi on s'expose. On peut perdre sa place de président, hein. On va pas parler de vie privée, mais tu sais très bien de quoi on parle. '''Marmite''', ''[pendant un bruit d'un applaudissement par une personne, en continu]'' : Tu crois que Chirac... '''Poupon''' : Bah, je veux dire, avec la gueule de Bernadette, moi, je comprendrais qu'il aille garceler ailleurs. '''Gérard''' : Olivier, fais gaffe, parce que tout à l'heure, je vais te balancer quelque chose, toi. Tu vas comprendre ta douleur. '''Manu''' : Excusez-moi, on retrouve Couscous. Il l'avait mal pris, mal pris, quand tu lui as dit, casse-toi, mais je lui ai expliqué que c'était pas lui. '''Reego''' : Alors, attends, je vais retrouver, j'arrive plus à savoir où c'est. C'est Disco qui dit, si Adam avait pas harcelé Ève, on serait pas là. '''Gérard''' : Ouais, bah, ça, peut-être. '''Reego''' : Ah, bah non, sûrement. '''Gérard''' : Bah, oui. Mathieu, pour toi ? '''Mathieu''' : Donc, oui, je pense que le harcèlement sexuel, c'est faire l'amour, c'est sûr. '''Casse-toi''' : Moi, je crois pas qu'il y ait de l'harcèlement là-dedans, parce qu'étant donné que c'est une entente entre les deux, moi, je crois pas, non, franchement. '''Couscous''' : Ah, bah, ça dépend comment tu le prends et ça dépend comment tu le fais. En sodomie, moi j'aime bien. Moi, je crois pas que c'est du harcèlement sexuel. Du moment que tu fais l'amour, il n'y a pas de problème. '''Manu''' : Par contre, Gérard, moi, j'ai une question pour toi. Est-ce que tu crois que quand on drague une fille, on peut considérer ça comme du harcèlement ? '''Gérard''' : Non, non, non, non. '''Manu''' : Parce qu'au début, t'insistes. Si elle veut pas, t'insistes. Ouais, ça, s'il te plaît. '''Gérard''' : Non, mais je peux dire que t'as pas besoin d'insister. '''Manu''' : Ouais, mais toi, c'est parce que t'es un sex-symbol que t'as pas besoin d'insister. Mais pense à tous les Tony, Arnett et Goldo comment ils rament. '''Gérard''' : Chacun voit midi à sa porte et c'est tout. Ça, je vois pas du tout le rapport. Si la nana veut pas sortir avec toi, elle sortira pas avec toi, c'est tout. Donc... ''[bruit d'applaudissements d'une foule et le studio applaudit]''. Conclusion, Marmite ? '''Marmite''' : Ben, conclusion, vive la bite. '''Poupon''' : Mais pas déjà, attends, il reste un quart d'heure. '''Mathieu''' : Non, mais c'est pas grave, après, on fait un mini-débat improvisé. '''Poupon''' : Il reste un quart d'heure, Gégé, invente une question, improvise. '''Mathieu''' : Un débat sur les portes clés, après, ça va être génial. '''Gérard''', ''[la voix déformée]'' : Non, non ! On fait con... OLIVIER ! ''[il lui jette sa feuille à la tête, et le stylo]''. ÉTEINS-MOI ÇA ! '''Reego''' : Alors, à la demande des auditeurs, on a une petite question IRC de Compi Musique 8m com... c'est un peu long comme nom. Le harcèlement donne-t-il la chiasse ? Si oui, de quel côté ? '''Mathieu''' : Du côté droit. '''Couscous''' : De la fesse droite. '''Gérard''' : Non, je vois pas du tout le rapport. '''Olivier''' : C'est connu, pourtant. '''Manu''' : Est-ce que, par exemple, la pilule Viagra incite au harcèlement ? '''Mathieu''' : Bon, Manu, elle est nulle ta question, retourne en standard. '''Marmite''' : Pas forcément, Manu, parce que moi, je prends pas de Viagra et j'harcèle, quoi. '''Gérard''', ''[la voix déformée, il explose]'' : Non, mais ça, c'est le débat de la semaine prochaine. OLIVIER T'ÉTEINS ! Eh, dégage, dégage ! Je veux plus te voir, là ! '''Olivier''' : Ah, j'ai pas fait exprès. '''Reego''' : Bon, en attendant, j'ai Davy1, Davy1, sur l'IRC, qui est allé voir la définition du harcèlement sexuel dans le dictionnaire. Et on y apprend que le petit Robert a harcelé la rousse. '''Gérard''' : Donc, conclusion, Marmite ? On fait conclusion sur ce débat et c'est terminé, après. '''Marmite''' : Ouais, ben, vive la bite. Et puis, prends... garde le sourire, Gérard. C'est important, là. Demain, je viens te harceler dans les chiottes de la loco. '''Gérard''' : Ouais, ben, t'as raison. Tu verras comment tu vas être reçue avec moi, demain. '''Marmite''' : Ben, d'accord. À demain. '''Olivier''' : Dans les toilettes, hein. '''Point noir''' : Ben, écoutes, moi, Gérard, honnêtement, t'es devenu ma proie. Je vais t'harceler, ça va être puissant, quoi. Je dis, ça va être puissant, parce que tu m'as donné l'envie de t'harceler. Et franchement, tu... '''Gérard''' : Ouais, non, mais attends, moi, je sors pas avec des mineures, hein. '''Point noir''' : Tu vas subir. Tu vas subir ce que jamais t'as subi, Gérard. Tu vas pouvoir définir le terme harcèlement. Si si, tu me sauteras, Gérard. '''Gérard''' : C'est ça, ben, alors, je préfère me mettre une capote avant d'attraper des morpions avec toi. '''Reego''' : C'est plutôt l'inverse, je crois. '''Mathieu''' : Il sort pas avec des mineures, il sort que avec des horreurs. '''Gérard''' : Alors, Poupon, ta conclusion, je viens de l'entendre. Terminé pour toi. Mathieu ? '''Mathieu''' : Ouais, je me suis masqué tranquille, donc, Gérard, tes débats, bof. Bof Et puis, mais par contre, moi aussi, je vais t'harceler, je vais te faire ta fête demain, tu vas voir. Je te le dis, mon pote ! '''Gérard''' : Ouais, ben, surtout de Toulouse, t'as raison. Tu crois que... '''Mathieu''' : Attends, tu crois quoi ? Moi, j'ai une voiture, hein. Moi, j'ai une voiture, mon pote. '''Gérard''' : Casse-toi. ''[Max revient, un bruit de pleurs, de sanglots est envoyé, insistant et couvrant la voix des auditeurs]''. Bon, ouais, tu me vires la chialose, là. '''Manu''' : Ouais, mais bon, tu l'as déçue, quoi. '''Gérard''' : Et alors, j'en ai rien à foutre. Casse-toi ? '''Casse-toi''' : Ouais, Gégé. Ben, écoute, Gérard, je viens de te le dire, je t'ai dit, ton débat, il était vachement chaud, et maintenant, j'ai vachement chaude. '''Gérard''' : Ah, ben, c'est bien. Couscous ? '''Couscous''' : Ouais, il y a pas de problème. Moi, je dis que le harcèlement sexuel, c'est pas bien, mais fais quand même gaffe à ton derrière. Un accident est si vite arrivé, Gérard. '''Gérard''' : Non, mais t'inquiète pas, j'ai mon garde du corps. '''Couscous''' : Moi, je vais le prendre le derrière comme il faut, tu vas voir. '''Gérard''' : Donc, moi, la conclusion sur le harcèlement sexuel, c'est la dernière fois, Olivier, que tu fais la pro. Non, mais je peux te le dire, c'est la dernière. '''Reego''' : C'est pas une conclusion. '''Gérard''' : Déjà, tu m'as fait... t'as fait ton bordel, donc t'as gagné. '''Olivier''' : Et voilà, je ne fais jamais rien, c'est toujours sur ma gueule. '''Gérard''', ''[la voix déformée, il jette le CD de JP Jarre à la tête d'Olivier]'' : Non, non, là, tu viens d'appuyer... Alors, t'éteins ça, parce que... '''Olivier''' : Ok, ok, ok. Tu ne me jettes pas ce laser dans la figure. '''Gérard''' : Ouais, mais c'est pas le tien, c'est à moi. Alors, ça te coûte dix sacs. '''Manu''' : Ouais, mais ça peut lui faire mal aussi, quand même. '''Olivier''' : Tu veux me jeter un laser dessus et tu veux me le faire payer ? '''Gérard''' : Donc, si vous avez des questions à me poser, moi, je peux... '''Manu''' : Allez, chacun son tour, chacun son tour, une question. '''Gérard''' : Alors, on va demander à Marmite. '''Marmite''' : Si un jour, tu travailles, est-ce que toi, si tu travailles, si t'étais patron, tu harcelerais tes secrétaires ? '''Gérard''' : Non. '''Olivier''' : oh ! Je t'ai vu harceler des fois des filles ici. '''Casse-toi''' : Oh, mytho, Gérard. '''Gérard''' : Non, mais attends, toi, Olivier, tu t'écrases, tu ferais mieux de t'occuper de ton boulot. '''Olivier''' : Quand Sandy n'est pas là... '''Manu''' : Je l'ai vu harceler des mecs. '''Gérard''' : Eh, tu veux qu'on la fasse descendre ? T'es vraiment un bâtard, hein. T'es vraiment un bâtard, toi, de dire des conneries comme ça. '''Reego''' : Là, t'es en train de le... Le harceler, verbalement. '''Gérard''' : Tu dégages. Allez, hop. Tu vires. Tu vires. Non, non, non, tu vires. Je veux plus te voir dans les studios, toi, maintenant. Bonne nuit. '''Reego''' : Gérard, sur IRC, Gérard, sur IRC, il y a Axel Duroux qui dit conclusion quand tu passes à mon bureau. '''Gérard''' : Quand il veut et ça m'étonnerait que ça soye le vrai. '''Reego''' : On verra demain. '''Piont noir''' : Ouais, ben, moi, j'ai pas de questions spéciales, mais je voulais simplement te dire que te retrouve jamais tout seul parce que sinon, je vais te sauter dessus, quoi. '''Gérard''' : Ouais, ben, attends. Déjà, à 17 ans, faudrait déjà que tu m'attrapes. '''Manu''' : Tu cours pas super vite, Gérard. Elle peut te rattraper, hein. '''Point noir''' : Je pars du principe que quand on veut quelque chose, on l'a. '''Gérard''' : Tu crois que je vais quitter Sandy pour toi ? '''Point noir''' : Ah, non, absolument pas. Tu peux la garder. Moi, ça me dérange pas. Je préfère être la maîtresse. '''Gérard''' : Ah, non, ben, alors là, je vais te dire une chose. Tu te mets le doigt bien profond où que je pense. '''Point noir''' : Écoute, quitte pas. Je baisse mon slip et je le mets. '''Gérard''' : T'es vraiment une allumeuse, toi. '''Poupon''' : Salope. '''Gérard''' : Je sais pas, je voulais pas dire ce mot. '''Olivier''' : Et tu l'as dit pourtant. '''Gérard''' : Non, non, c'est pas moi qui l'ai dit. '''Marmite''' : Gérard, est-ce que je peux me faire un fist ? '''Mathieu''' : Ouais, ben, moi, je voudrais savoir quand est-ce que tu vas t'acheter un rasoir parce que là, t'as vraiment une tête de pignouf, en fait. '''Gérard''' : Ben, quand j'auai les moyens. '''Mathieu''' : Ben, je t'en amènerai un de ces quatre, alors. '''Gérard''' : D'accord, ben, tu l'envoies à la radio. Et casse-toi ? '''Casse-toi''' : Mais, Gérard, j'ai pas de questions pour toi, désolée, mais... ''[bruit de rires aux éclats d'un enfant]''. '''Poupon''' : Qui c'est qui vient avec un niard ? '''Olivier''' : Qui c'est qui a un gamin, Manu ? '''Manu''' : Je sais pas, moi, c'était pas... '''Gérard''' : Non, c'était pas prévu, mais tu ferais mieux de le prévoir. '''Poupon''' : Tu vois, quand c'est du harcèlement, ça finit par faire des gosses, hein. '''Casse-toi''' : Ça fait rire les gamins, le harcèlement. '''Gérard''' : Tu ferais mieux de prévoir. '''Manu''' : Ben, le gamin, il rigole. Tu l'amuses, tu l'amuses. '''Gérard''' : Non, mais attends, parce que... Casse-toi, j'ai pas compris sa question. Et Couscous l'a pas posée. '''Casse-toi''' : Ben, donc, Gérard, ça va être difficile de comprendre ma question, étant donné que j'en n'ai pas posée. ''[coupure]''. '''Olivier''' : J'ai coupée, j'ai pas fait exprès. '''Gérard''' : Toi, je sens qu'il y a une ramette de papier, là. Je pense qu'avant la fin de la soirée, elle va voler dans ta tranche. DOnc Casse-toi pas de questions ? Tant pis pour toi. '''Marmite''' : Moi, j'en ai une. Est-ce que, Sandy, tu la harcèles sexuellement ? '''Reego''' : Ah, et vice-versa. On me dit sur IRC. '''Gérard''' : Tu fais le 849, on va lui demander qu'elle réagisse. '''Mathieu''' : 849 kilos ? '''Olivier''' : Non, mais continue ton débat. '''Gérard''', ''[la voix déformée]'' : Attends, j'attends que Couscous pose la question. Et tu éteins ce double-son ! Éteins ça, là. Éteins, éteins. '''Point noir''' : Tu m'excites, Gérard, quand tu cries. '''Manu''' : Gérard, elle est là, ta femme. '''Olivier''' : Donc, la question, c'est quoi ? '''Marmite''' : Est-ce que Gérard harcèle Sandy sexuellement et vice-versa ? '''Sandy''' : Oui, effectivement, il me harcèle, mais c'est uniquement pour lui ramener le café le matin. Je crois que, là, si je ramène pas le café le matin, là, il me fait une crise, hein. '''Poupon''' : Ouais, poupon, oui. Ouais, je voulais dire, vous parlez beaucoup du harcèlement sexuel, mais, effectivement, on parle pas du harcèlement ménager ou du harcèlement culinaire où l'homme force sa copine à la cuisine et le ménage. Ça, c'est du harcèlement ménager et culinaire. '''Mathieu''' : T'es un peu macho, Gérard, en fait. '''Couscous''' : Est-ce que tu penses que le harcèlement sexuel est en principe ? '''Poupon''' : Si tu parles de la syntaxe des palmypèdes dans la pédagogie instinctive, c'est sûr. '''Olivier''' : Non, mais c'est pas con, ça. C'est pas con, Gérard. Qu'est-ce que t'en penses ? '''Gérard''' : Personnellement, rien du tout. '''Manu''' : Ouais, en fait, tout est lié, quoi. '''Couscous''' : Ça serait pas intrincite par rapport au site du texte. '''Poupon''' : Non, si tu reviens au concept abstrait de la prévision... '''Olivier''' : Laissez parler un peu Gérard, aussi. '''Gérard''' : Non, non, mais moi, de toute manière, sur la question, je peux pas répondre. Non mais là, On va se quitter, là-dessus. '''Olivier''' : 6 minutes, encore. '''Mathieu''' : Jusqu'au bout, ton boulot. '''Couscous''' : Gérard, c'est Couscous, je peux te poser une question ? Est-ce que t'as déjà vu des personnes faire du harcèlement sexuel ? '''Gérard''' : Euh, jusqu'à maintenant, non, pas encore. '''Point noir''' : Eh ben, tu vas bientôt pouvoir le voir. '''Gérard''' : Mais attends, toi, à 17 ans, tu vas pas me prendre la tête. '''Poupon''' : Elle va te prendre le cul. '''Gérard''' : Non, mais attends, toi, à 17 ans, déjà, t'es pas sûre de rentrer à la loco. '''Sandy''' : À mon avis, t'es une grosse allumeuse. T'es une grosse pétasse, aussi, hein. '''Mathieu''' : Sandy, t'es jalouse ? '''Gérard''' : Oui, elle est jalouse, et elle a très bien... '''Sandy''' : C'est pas la question d'être jalouse, c'est la question que ça se fait pas. Quand t'as un mec, tu vas pas aller voir ailleurs, tu vas pas allumer les autres mecs pour le plaisir. '''Point noir''' : Attends, qui te dit que j'ai un mec ? '''Sandy''' : Elle, elle veut allumer Gégé. '''Max''' : Pourquoi pas, pourquoi pas. Pour mon anniversaire, tu pourrais te faire plaisir, Gégé. '''Gérard''' : Eh, point noir, déjà, à 17 ans, t'es pas sûre de rentrer à la loco, déjà. '''Max''' : Je la ferai rentrer. '''Point noir''' : Je peux t'attendre à la sortie. '''Gérard''' : Ouais, bah, là, là, tu sauras même pas comment que je serai habillé. '''Manu''' : Ouais, mais Gérard, j'ai pris son nom et j'ai mis +1 sur le listing. '''Max''' : Je vais la faire rentrer. Je vais la faire rentrer, moi, je vais la faire rentrer. '''Gérard''', ''[en regardant Manu]'' : T'as qu'à allumer le bouboule au standard. '''Manu''' : Elle veut pas de moi, elle veut de toi. '''Gérard''' : Non, mais moi, j'en veux pas, moi, je suis déjà pris... ''[nerveux]''. Alors, dans ces cas-là, tu vois, Point noir, ce que tu viens de dire, eh ben, tu vas gâcher l'anniversaire à Max, c'estt que demain, je reste chez moi. Voilà, bravo, point noir. '''Sandy''' : Ah, bah, pour une fois, j'étais décidée d'y aller. '''Gérard''' : Bah, ouais, mais tu diras merci à Point noir. '''Max''' : Gérard, c'est pas à cause d'une fille de 17 ans que tu vas pas venir dans l'anniversaire. '''Gérard''' : Moi, je réponds pas à des questions d'une petite... '''Max''' : Mais t'es une vraie gonzesse, toi, à 39 ans, tu perds les pédales pour une fille de 17 ans ? Elle rentrera pas, elle rentrera pas. '''Point noir''' : Gérard, si ça peut te rassurer, je travaille le week-end. '''Max''' : Gérard, tu vas venir vendredi à la loco, puis c'est tout. Attends, tu vas pas discuter, attends, ça va. '''Poupon''' : On a besoin de toi, Gégé, on t'aime. '''Gérard''', ''[à Manu]'': Bon, eh, tu me laisses Marmite pour un instant, tu me coupes les autres parce qu'ils me font chier. '''Marmite''' :Est-ce que tu crois que le thème du... ''[coupure, gérard lance une giffle à Manu]''. '''Manu''' : Ah, non ! Mais t'es ouf ! '''Gérard''' : Tu m'enlèves Marmite ! '''Reego''' : Il lui a mis une tarte. '''Manu''' : Eh bah, ouais, ça y est, j'enlève les autres ! Putain, il m'a mis une claque. J'halucine. '''Gérard''', ''[souriant]'' : Eh, ouais, eh ! Tu vois, tu ne t'y attendais pas. '''Marmite''' : Gérard, est-ce que tu crois que le thème du harcèlement pourrait être porté au cinéma ? '''Gérard''' : Bah, de toute manière, ça se voit dans les films. Ouais, mais même, quand tu vois les trucs sur la mode, fais-moi confiance... Les mecs, ils se rincent bien l'œil quand ils préparent les nanas pour défiler. '''Sandy''' : Est-ce que t'as vu le film Le harcèlement, avec Demi Moore ? '''Gérard''' : Alors, le film Harcèlement avec Denis Moore... De tte manière, c'est pas harcèlement, c'est striptease. '''Mathieu''' : Moi, j'ai vu un autre film d'harcèlement, ça s'appelait Ferme la porte, que j'écarte les cuisses. '''Gérard''' : Moi, j'ai vu un truc, c'est que maintenant, je vais vous laisser. '''Couscous''' : Gérard, c'est Couscous, j'ai une question. Est-ce que tu peux me reciter une fable de La Fontaine ? '''Gérard''' : Le corbeau et le renard, voilà, terminé, point final à la ligne. '''Poupon''' : Gégé, Gégé, 9x9, ça fait combien ? '''Gérard ''' : 9x9, 68. '''Poupon''' : Bon, Gégé, moi, je voulais te dire, la semaine prochaine, tu fais un débat sur le vieux gras, et je voudrais savoir où c'est qu'il faut le mettre, le vieux gras. '''Gérard''' : Non, mais le viagra, c'est un truc que tu mets dans ta bouche et que... '''Reego''' : Il est là, le vieux gras. '''Poupon''' : C'est sûr que c'est pas des suppos de vieux gras ? '''Max''' : Bon, alors, conclusion vite fait, de Gérard, pour le débat de ce soir, qui était bien, quand même, à part Olivier, qui a perturbé un petit peu la fin de ce débat, dommage. '''Gérard''' : Donc, tu ne feras pas partie de l'équipe la semaine prochaine. Donc, tu es renvoyé, tu ne fais plus partie de notre équipe le jeudi. '''Max''' : Alors, la conclusion, Gérard, s'il te plaît, parce que tu t'écares toujours du débat. T'es toujours aussi mauvais. '''Gérard''' : Ben non, conclusion, c'est dommage que ça soit terminé comme ça, sinon, je pense que c'était un bon débat, à part le premier, qui a foiré. '''Max''' : Non, il était bien, il était bien. '''Gérard''' : Il a quand même foiré, mais je pense que sur l'IRC... '''Max''' : Ça a répondu présent, c'était parfait. '''Max''' : La conclusion sur le harcèlement sexuel, parce que ce n'est pas ça ce qu'on attend de toi, c'est de parler du débat. '''Gérard''' : Je pense que c'est un peu con ce qui arrive aux gens, maintenant, quand ils vont voir les patrons. Voilà. '''Max''' : D'accord. '''Gérard''' : Quand la nana va voir le patron, si t'es bien... si t'es canon, comme Marmite elle disait, t'es prise. Si t'es pas bien, tu retournes chez toi. '''Olivier''' : Elle est canon, Marmite, tu crois ? '''Gérard''' : Je ne sais pas. Moi, je m'en fous, personnellement. Mais moi, je peux te dire que si t'es bien, t'es prise. Si t'es pas bien, ben... C'est simple, il va te dire, on te rappelle. Et puis, ta candidature, elle va, comme Manu vient de faire, hop, à la poubelle. Donc, la semaine prochaine, les deux thèmes du débat. Donc, on va parler sur le Viagra, qui est sorti, là, depuis peu. Et bien sûr, le fameux débat, tu veux que je fasse à tout prix, mais... Je ne suis pas chaud, mais on va le faire quand même en deuxième partie du... En deuxième... Deuxième partie. Ça sera sur la politique. Et voilà. Donc, deux débats qui risquent d'être, quand même... Assez mouvementés et assez chauds. Et on va se quitter avec... '''Max''' : Chaze sur Fun Radio. Je vous souhaite une bonne nuit. Demain, 22h, bien sûr. Et puis, on vous souhaite une bonne nuit avec Rousseau. Et puis, on se retrouve jeudi prochain. Et sinon, demain soir, avec nous, à la loco, pour fêter mon birthday. Ça sera en direct, d'ailleurs, de minuit à 4h du matin. Bonne nuit. ''[Musique]''. == Le débat sur la politique == === Contexte === Cedébat est d'emblée placé sous le signe de l'incertitude. Gérard ne voulait pas le faire, mais l'a fait sous la pression amicale de Max, lequel y voyait une occasion de surréalisme garanti et permanent, ce qui sera le cas. C'est donc un malaise qui introduit ce débat, mais il libérera le comique de tous les acteurs. Les grands thèmes d'actualité y sont abordés : les mouvements des élèves et des enseignants contre la surcharge des classes, le déficit de l'assurance maladie, le pacte civil de solidarité, premier pas vers l'autorisation du mariage des personnes homosexuelles, le rôle d'une émission satirique culte de l'époque, les Guignols de l'info, parodiant via des marionnettes des artistes et des hommes politiques, etc. Bien sûr, à tout ces sujets, Gérard est ignorant, déversant tout au plus du contenu mal compris de sa chaîne de télévision favorite voire exprimant des idées paraissant choquantes mais qui, au fond, n'en sont pas. Côté radio, Reego introduit un personnage IRC majeur : Turpentine. Cette auditrice poursuivra Gérard tout au long de son avenir. === Les personnages === * Gérard Cousin : Gérard * Igor : Reego * Manu et Phildar * Laura : Cassenoisette, Téton * Franck Bargine : Max, Jean Pitivier, Jean Cotivier * Saucisson à l'ail (Casse-toi, lors du dernier débat), joué aussi par Sandy parfois * Plote-moi (déjà entendu lors de la Formule 1), Casse-couille, Pète-burne * Tony Morestin : Tony, Caillera, Bulldog Mystère, Pitbull Secret * Sandy Threadkell : X * Mégane : T-bête, Citrouille * Mladen Derek : Grostring * Goldo : Vaseline === Transcription === '''Gérard''' : Bonsoir et bienvenue dans les débats du jeudi. Vous pouvez toujours nous appeler au 0803 08 5000 et 3615 code Funradio, rubrique Direct et l'IRC irc.fr. On accueille donc x, 21 ans, de Mazamet. ''' ''' : Mes respects du soir, Gérard. '''Gérard''' : Cassenoisette, 19 ans, de Niort. '''Cassenoisette''' : Ça va bien ? '''Gérard''' : Je sais pas, j'ai pas regardé ce matin. Plotte-moi, 20 ans, de Gap. '''Plote-moi''' : Bonsoir Gérard, bonsoir Yargla. Bonsoir Tuiline, je te kiffe bébé. '''Max''' : Pas de message... '''Gérard''' : Les messages terminés, c'est bon pour toi. Tony... '''Tony''' : Et bonsoir, j'adore la politique. '''Gérard''' : 20 ans, de Paris. '''Phildar''' : C'est tout ? On va les rappeler. Non, on va les rappeler, ils sont pas encore là. '''Gérard''' : Alors pourquoi vous me donnez des fiches avec des noms qui sont pas là, des auditeurs ? Alors, commencez pas à faire votre travail à moitié ! Au boulot ! '''Max''' : Ce soir, faut être sérieux, on va arrêter de déconner, parce que ça commence à déconner à plein tube. Donc, dans un instant : débat de Gérard, comme chaque jeudi bien sûr, sur la politique. ''[Musique]'' '''Gérard''' : On récupère Saucisson à l'ail qu'on a eu tout à l'heure. '''Saucisson à l'ail''' : Rebonsoir Gérard. '''Gérard''' : Cassenoisette, rebonsoir. '''Cassenoisette''' : Rebonsoir Gérard. '''Gérard''' : Parle un tout petit peu... Parle un tout petit peu... Parle un tout petit peu... Un petit peu plus fort s'il te plaît, merci. '''Cassenoisette''' : Rebonsoir Gérard. '''Gérard''' : Plotte-moi, 20 ans de Gap. '''Plotte-moi''' : Oui, bonsoir. Je tiens à préciser que je ne foutrai pas le bordel ce soir. '''Gérard''' : Ouais, ben j'espère pour toi. Et ceux qui ont des téléphones pourris, vous me le dites. '''Phildar''' : Attends, Manu, il va gérer ça. Parce qu'il y en a un qui a un téléphone vraiment pourri, on va le trouver. '''Gérard''' : Tony, rebonsoir. 20 ans, Paris. '''Tony''' : Rebonsoir Gérard. '''Gérard''' : T-bête... '''T-bête''' : Salut Gérard. '''Gérard''' : 20 ans, de Dinan. Et Grosstring, 23 ans, de Bourges. On peut écouter Fun Radio sur 96.7. J'ai oublié de préciser les fréquences. '''Grostring''' : Ouais, c'est ça. Salut Gérard. '''Gérard''' : Bonsoir. Donc, T-bête c'est... Dinan en 103.5. '''Phildar''' : T-bête, pas T-bête. '''Gérard''' : Dinan en 103.5. Paris : 101.9. Gap : 93 FM. Niort : 93.4. Mazamet : 99.4. Celui qui s'amuse avec les sonnettes est prié d'arrêter, merci d'avance. '''Potte-moi''' : C'est chez toi, Gérard, je crois. '''Gérard''' : Non, mais je ne suis pas chez moi pour l'instant ! Celui qui s'amuse avec les sonnettes : gare ! Alors, première question... Donc, le premier débat c'est sur la politique. J'ai oublié de préciser. '''Tony''' : Ma passion... '''Gérard''' : Donc : à quoi sert le vote en politique ? Tony, comme c'est ta passion, vas-y. '''Tony''' : Le vote en politique, c'est pour élire les élus. Et c'est très important, parce que c'est ceux qui nous représentent au sommet de l'État. Donc, c'est eux qui nous disent : « Tu vas payer tant d'impôts chaque mois », et qui nous prennent un cinquième de notre salaire. Et je trouve ça dégueulasse. Je tiens à le dire. '''Gérard''' : Il n'y a pas qu'un cinquième de notre salaire, ils nous prennent quand même plus aussi. Parce qu'il faut dire aussi qu'il y a la... '''Phildar''' : La CPG aussi... '''Gérard''' : Non, non, il y a un autre truc... La CSG, quand même, ils nous retirent pas mal. '''Tony''' : C'est un syndicat ça.<ref name="hist9"></ref> '''Grosstring''' : Moi je trouve que, déjà, si tu veux, le vote quelque part ça fait une sortie, quoi. Une ou deux fois par an, tu vas voter. '''Gérard''' : Tu votes deux fois dans... deux fois, tu as deux tours. Faut préciser. '''Grosstring''' : Non, mais toi, si tu votes deux fois, c'est ton problème quoi. '''Gérard''' : Non, mais il y a deux tours, faut bien préciser. '''Grosstring''' : Si ça t'a plu, tu peux y retourner. Je suis d'accord. '''Gérard''' : Non, mais attends, si au premier tour ça passe pas, tu revotes une deuxième fois. C'est ça que je veux te dire. '''Tony''' : Si t'es pas éliminé au premier tour, tu reviens... '''Grostring''' : Non, mais attends, je sais... Si j'y vais pas la première fois, je peux y aller la deuxième si je loupe. '''Gérard''' : Bah oui, mais même si t'as pas envie d'y aller, que t'es ailleurs... De toute manière, il y a une question là-dessus, je pense que je vais sûrement la faire. Tbête ? '''T-bête''' : Ouais, ça sert à rien. '''Gérard''' : Pourquoi ? '''T-bête''' : Parce que c'est... c'est triché quoi. On sait déjà qui c'est qui va être élu, donc c'est pas la peine d'y aller. '''Gérard''' : Ah non, mais attends ! Tu peux pas le savoir dès le premier... tu peux pas le savoir. '''T-bête''' : Mais si, tu peux. '''Gérard''' : Non, mais attends ! Attends, tu peux pas le savoir dès le départ qui c'est qui va être élu au début. '''Manu''' : Je crois qu'aux dernières élections, il y avait les résultats sur Internet deux jours avant.<ref name="hist10"></ref> '''T-bête''' : Bah oui. '''Gérard''' : Ouais, mais tu peux pas savoir tout de suite au premier tour qui c'est qui sera là. '''T-bête''' : Mais si, ils s'arrangent entre eux. '''Gérard''' : Mais non, mais non, mais non ! '''T-bête''' : Mais non, tu connais rien ! '''Gérard''' : Quoi, j'y connais rien ? Attends, tu vas pas commencer... Parce que sinon, toi, tu as... tu vas retourner à Dinan vite fait, toi. Plotte-moi ? '''Phildar''' : Non, non, non, non ! Pas ce soir. '''Gérard''' : Non, bah c'est son nom. Il pourrait peut-être trouver d'autres noms que des noms comme ça... '''Plotte-moi''' : Excuse-moi, c'est pas ma faute. '''Gérard''' : Bon, et qui c'est qui s'amuse avec les réveils, là ? Ça commence à me prendre la tête, là. '''Plotte-moi''' : Comme a dit Monsieur Tony là, je crois que c'est vrai. C'est les élus quoi : ils nous enculent un peu, et en plus... '''Gérard''' : Eh ! Tu restes poli s'il te plaît quand même, à 0h42. '''Tony''' : J'ai pas dit qu'ils nous enculaient, j'ai dit que c'était des gros pédés. '''Gérard''' : Ouais, bah tu restes poli, Tony. Parce que sinon, tu vas faire un stage au standard, toi aussi, tout à l'heure. Parce que si tu veux faire les débats, tu restes calme. C'est ce qu'on avait bien précisé quand t'étais venu le jour de l'anniversaire à Max, d'accord ? '''Tony''' : Bon anniversaire. '''Gérard''' : Ouais, d'accord. Alors donc, pour toi... donc Plotte-moi, donc on continue avec toi, avant de demander à Cassenoisette et Saucisson à l'ail. '''Plotte-moi''' : Bah moi je crois que, effectivement, c'est vrai quoi. Ils nous... bon, je vais pas dire « enculer » parce qu'ils nous enculent pas, mais ils nous prennent vraiment de la thune et c'est ça qui est vraiment chiant quoi. Ça m'énerve, moi. ''[bruit de réveil ou de vieux téléphone]''. '''Gérard''' : C'est toi qui joues avec un réveil ? '''Plotte-moi''' : Moi ? Bah non, mais tu déconnes ! J'ai pas de réveil. '''Gérard''' : Non, mais qui c'est qui joue avec un réveil là ? Ça commence à m'énerver là ! Cassenoisette ? '''Cassenoisette''' : Ouais, bah moi je trouve que ça sert à rien d'aller voter. '''Gérard''' : D'accord. Question réaction IRC ? '''Reeigo''' : Oui, sur IRC, il y a Snul qui me dit que le vote est une chose bien, surtout pour « Miss T-shirt mouillé ». '''Gérard''' : Non, bah ça... peut-être pour lui. C'est pas... c'est pas... ? Phildarl y a pas deux tours là, il y a qu'un tour de poitrine. Donc c'est pas valable. '''Manu''' : Ouais, mais il y a deux seins quand même. '''Reego''' : Ouais, mais il y a qu'un tour. '''Gérard''' : Non, mais ça y est, c'est bon. On va pas s'éterniser sur les T-shirts mouillés. Donc, Cassenoisette ? '''Tony''' : Moi j'aime bien toucher les parties... '''Gérard''' : Bon, Tony ! Tu t'écrases s'il te plaît un peu maintenant. Cassenoisette ? '''Cassenoisette''' : Ouais, bah moi je trouve que ça sert à rien d'aller voter, quoi. '''Gérard''' : Mais pourquoi, toi ? ''''Cassenoisette''' : Bah c'est tout simple : tu te pointes là-bas, tu vas voter, tout est truqué, tout est déjà fait d'avance. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non ! C'est pas... Non, non, non, non, non ! Je te dis que non ! Non ! Non, je te dis ! '''Cassenoisette''' : Mais si, Gérard ! '''Gérard''' : Non, non, mais attends ! Moi, j'ai assisté à un dépouillement dans la région où j'habite, et j'ai même assisté au truc des votes. Et fais-moi confiance que c'est pas truqué, je peux te le dire tout de suite. '''Cassenoisette''' : Moi je te dis quelque chose, Gérard, c'est que je suis très bien placée pour le savoir. Je te dirai pas ce que je fais dans la vie, mais je suis très bien placée pour le savoir. '''Gérard''' : Bah, peut-être pour toi. Mais moi je te dis tout de suite que c'est pas truqué. C'est pas truqué d'entrée, c'est tout. Saucisson à l'ail ? '''Saucisson à l'ail''' : Bah écoute, moi je suis un peu d'accord avec tout le monde, mais moi aussi je dis que c'est truqué quoi. Parce que des fois tu vois les chiffres : ça monte, ça descend, c'est n'importe quoi. '''T-bête''' : C'est vrai, c'est n'importe quoi. '''Gérard''' : Mais non, mais... Je suis pas trop d'accord avec vous, parce que là... Non, non, mais attendez. Moi, je vais donner quand même mon truc. Moi, je peux vous... Non, mais... Je peux vous dire, je peux vous dire une chose : que c'est pas possible que ça soit truqué d'entrée. C'est impossible. C'est contrôlé, donc ça peut pas être truqué tout de suite. '''T-bête et Grostring''' : Pourquoi ? Dans quel sens ? '''Gérard''' : Non, non, mais il y a pas de « dans quel sens » ou de « Pourquoi », Moi, je te dis que ça peut pas être truqué ! Oui, Reego ? '''Reego''' : Oui, il y a Goldberg sur IRC qui demande : « C'est quoi un épouillage ? ». '''Gérard'' : Un dépouillage, c'est de retirer le bulletin... '''Phildar''' : Non, le sac d'une petite vieille dans la rue. '''Gérard''' : Non, non, non ! Attends, Phildar, tu t'écrases s'il te plaît, merci. '''Reego''' : C'est quoi l'épouillage alors ? '''Gérard''' : Non, dépouillage ! Il a pas compris ce que j'ai voulu dire. Donc, dépouillage, c'est de retirer le bulletin qu'on a mis dans une enveloppe, et on le met de côté. Et on fait des tas, après on les compte pour savoir qui passe, qui sera élu ou pas. Voilà, c'est tout. '''Manu''' : Ça sert à quoi de le mettre dans une enveloppe si après ils nous le retirent ? '''Gérard''' : Mais non, mais on le retire ! Et après ils ont tout ce qu'ils veulent. '''Grostring''' : Ça sert à fabriquer des enveloppes. '''Gérard''' : Voilà. Donc, deuxième question : la politique vous rend-elle amoureuse ? On va demander... Bon, celui qui est avec son réveil, t'arrêtes ! C'est clair et net, parce que je vais pas chercher midi à quatorze heures tout à l'heure, je vais en virer. Parce qu'il y a d'autres personnes qui attendent pour participer, c'est bien clair. '''Tony''' : Ouais, moi je voulais répondre à la question. '''Gérard''' : Ton nom c'est quoi ? '''Tony''' : Tony. '''Gérard''' : Ouais, bah précisez vos noms quand vous voulez parler, d'accord. '''Plotte-moi''' : Ouais, mais on le reconnaît quand même. '''Tony''' : Moi je voulais dire que Élisabeth Guigou, je la trouvais bonne. '''Gérard''' : Non, mais attends ! T'arrêtes de donner des noms, s'il te plaît ! '''Tony''' : Bah écoute, c'est son nom, c'est de la politique. '''Gérard''' : Ouais, ouais. C'est pas la peine de citer les noms des personnes politiques. '''Grosstring''' : Gérard ? Moi je voulais... je voulais dire que, moi, c'était Ségolène Royal que je trouvais bonne. '''Gérard''' : Bon, et Grosstring et Tony... soit que vous vous calmez et vous arrêtez de donner des noms, soit que vous gerbez. Ça va aller vite vous deux ! C'est pas la peine de se foutre de ma gueule derrière, parce que sinon vous allez virer tout de suite. C'est clair et net. '''Manu''' : Pas de marques ! '''Grostring''' : Mais pourquoi ? '''Gérard''' : Non, il y a pas de pourquoi ! '''Tony''' : C'est ta question, excuse-nous. '''T-bête''' : Ouais, moi une fois j'ai rencontré un mec dans l'isoloir, on a fait crac-crac machin et tout. Et ouais, j'étais amoureuse. Donc c'est bien. C'est bien. '''Gérard''' : D'accord. Plotte-moi ? '''Phildar''' : Non ! '''Plotte-moi''' : Mais si ! Si quand même, merde ! Un peu... Oui, bah j'y vais. ''[bruit de sonnette]''. Ah non... '''Gérard''' : Bon Manu, t'essaies de me choper le réveil et celui qui a du monde chez lui. Parce que ça m'énerve là ! '''Manu''' : Je crois qu'il attend des invités, ouais, mais je sais pas qui c'est. '''Gérard''' : Ouais, mais moi je veux pas le savoir ! S'il participe au débat et s'il a des invités, il dégage ! '''Manu''' : Écoute, fais-les rentrer, mets-les dans la cuisine, et puis on n'en parle plus. '''Gérard''' : Bon alors, Plotte-moi... '''Grostring''' : Il organise peut-être un meeting politique, il attend des gens. '''Tony''' : Eh Georges Marchet, ya pas moyen que tu rentres ! '''Gérard''' : Oh, c'est fini là, avec les noms ! '''Plotte-moi''' : Ouais, arrêtez, c'est vrai. Euh, comme ont dit les autres les autres, avec les Guigou et tout ça, moi c'est la mère... la mère Tiberi, je crois. '''Gérard''' : D'accord. Je pense que Plotte-moi, et Tony, et Grosstring, je crois que vous allez pas finir le débat. Non, non, mais vous donnez des noms comme ça, c'est pas tellement bon. Cassenoisette ? '''Cassenoisette''' : Ouais, bah moi je pense pas que la politique rende amoureuse. Néanmoins, moi quand je vais voter, je vote pour celui qui a apparemment la plus grosse queue quoi. '''Gérard''' : D'accord, carrément. Saucisson à l'ail ? '''Saucisson à l'ail''' : Bah écoute, moi je vois pas vraiment le rapport mais je vais quand même te répondre : bah moi, ça me rend pas amoureuse. '''Gérard''' : Ah bah c'est pas mal. Moi je peux vous dire une chose, que moi non plus ça me rend pas du tout amoureux. '''Manu''' : Je croyais que t'étais amoureux de Jaco pourtant ? '''Gérard''' : Non, non, non. '''Tony''' : Moi ce que je voulais dire, c'est que les membres du Parti Communiste, ils sont pas très bandants. '''Gérard''' : Bon Tony ! '''Tony''' : Oui ? '''Gérard''' : Encore une connerie comme ça et tu t'en vas. '''Manu''' : Pas de marques, Tony ! Pas de marques ! '''Gérard''' : T'as pas besoin de citer les partis. '''Tony''' : Pardon. La prochaine fois je dis que les initiales... '''Phildar''' : Gérard, j'ai une question Minitel de Merlot, du département 44, qui demande (enfin il veut revenir à la question précédente très rapidement) : « Est-ce que Gérard met un timbre à l'enveloppe quand il va voter ? ». '''Gérard''' : Je vois pas du tout le rapport ! Je vois pas du tout le rapport là-dessus. '''Phildar''' : Bah si ! Comme tu prends une enveloppe et que tu la déposes, est-ce que tu prends soin de mettre un timbre avant pour qu'elle arrive bien à destination ? '''Manu''' : C'est quoi l'adresse aussi ? '''Gérard''' : Non, non, non ! Attends, déjà c'est pas ça. À quoi sert le vote en politique : c'est quand tu vas dans les urnes. Tu t'amuses pas à voter avec des timbres sur les enveloppes ! '''Phildar''' : Ah d'accord, c'est pas les mêmes enveloppes ? '''Gérard''' : Voilà, c'est pas du tout pareil. '''Grostring''' : Gérard, je peux te poser une question ? Je voudrais savoir si des fois tu te grattes les urnes. '''Gérard''' : N'importe quoi toi ! '''Manu''' : Moi par contre j'avais une question : comment s'est fait un urinoir ? Parce que moi je sais pas, je suis jamais allé voter. '''Gérard''' : Bah c'est simple : c'est une petite cabine avec un rideau. C'est tout, pour pas qu'on voie. '''Phildar''' : Et tu mets 2 francs ? '''Gérard''' : Pour pas qu'on voie pour qui tu votes. '''Manu''' : Et quand t'as fini de voter, tu tires la chasse ? '''Reego''' : Ils te donnent une petite serviette pour t'essuyer. '''Gérard''' : Peut-être. On sait pas. Donc, troisième question : les enfants ont-ils le droit de faire de la politique ? On va demander ça à Cassenoisette, comme elle est bien placée. '''Cassenoisette''' : Oui, il y en a déjà qui ont tenté le coup, Gérard. Et je peux te confirmer que, effectivement, bientôt les médias vont parler d'un petit jeune qui a 14 ans et qui s'y met vachement. Et en fait... '''Gérard''' : Cassenoisette, parle plus fort un peu. Cassenoisette, tu parles plus fort ! Il y a du monde derrière toi. '''Cassenoisette''' : Oui, donc... '''Gérard''' : Ouais, bah alors ! Tu demandes aux gens... '''Cassenoisette''' : Il y a personne ! Il y a personne ! Il y a absolument personne, je suis toute seule assise sur ma chaise comme une clocharde. '''Gérard''' : Non, bah c'est bizarre. On entend du monde chez quelqu'un, mais je voudrais bien savoir chez qui. '''Cassenoisette''' : Ouais, donc je te disais, bientôt il y a un petit jeune de 14 ans qui commence à se mettre à la politique et les médias vont bientôt en parler. Je peux pas en dire plus parce que sinon ça serait divulguer des secrets... des secrets d'État. Néanmoins, sache que tu vas bientôt entendre parler d'un petit jeune de 14 ans. '''Tony''' : C'est pas Jordi ? '''Gérard''' : Non, non, mais c'est bon. On n'a pas besoin de savoir les noms, d'accord ? '''Cassenoisette''' : Je ne donne pas de noms. '''Gérard''' : Oui, non, mais je sais. Ouais, je sais. Cassenoisette, c'est pas pour toi que je parle, c'est pour Tony qui veut dire sûrement de qui il veut parler. Je vois à peu près. '''Reego''' : Il y a un certain Max sur l'IRC qui me demande si les animaux ont le droit de voter. '''Gérard''' : Je vois pas comment qu'ils pourraient voter, les animaux. '''Reego''' : Il me dit : dans la mesure où certains hommes politiques sont des chiens, les animaux pourraient voter. '''Gérard''' : Ouais, mais ça... Maintenant avec les trucs sur les Guignols de l'info, comme ils font pas mal de conneries, ils s'amusent à faire des... des figurines des hommes politiques en tête de chien et tout ça. Saucisson à l'ail, j'étais venu à toi. '''Saucisson à l'ail''' : Bah écoute, moi je pense qu'ils ont pas vraiment le droit, mais c'est pas pour ça que ça les empêche de le faire quoi. '''Gérard''' : D'accord, ok. Plotte-moi ? '''Plotte-moi''' : Euh oui, donc je crois que c'est un peu bizarre ce qu'elle a dit tout à l'heure, parce que moi j'ai entendu parler qu'il fallait quand même avoir 23 ans, il me semble. '''Gérard''' : Non, là tu peux... non c'est 21. Non, si je me souviens, si je me trompe pas... Non, non, pour être... pour machiner, il faut avoir 21 ans à peu près pour voter... '''Cassenoisette''' : Je peux rajouter juste quelques... '''Gérard''' : Oui, oui, vas-y. '''Cassenoisette''' : Il faut savoir qu'en fait, cet enfant-là, ce jeune adolescent, va demander l'anticipation. '''Gérard''' : Ah d'accord, d'accord. '''Cassenoisette''' : Donc c'est pour ça que je répondais à la question. Je ne peux pas divulguer, c'est quand même un secret d'État, c'est pas à moi d'en parler. Les médias vont faire leur boulot beaucoup mieux que moi, et donc voilà, c'est tout ce que je voulais dire. '''Plotte-moi''' : C'est ton gosse, Gérard ? '''Gérard''' : Non ! C'est... On se calme ! Je viens d'entendre un nom que j'aime pas. Par contre là, on vient de me donner un petit sondage : il y a 20... Donc, pour ou contre la politique ? Mais ça j'en avais pas parlé, donc je vois pas pourquoi qu'on met « pour ou contre ». Donc, il y a 20 % des gens qui... qu'ont dit qu'ils n'aimaient pas la grossièreté, ça c'est vrai. 40 % des gens ont dit que les... que les types, c'étaient des petits parasites... '''Manu''' : Les tiques, c'étaient des petits parasites. '''Gérard''' : Ouais, que c'était l'éthique, c'étaient des petits parasites que l'on trouve sous les... sous le chien. Et 40 % des gens ont dit qu'ils n'en avaient rien à foutre. Et ça, je suis bien d'accord avec les 40 % qui disent qu'on en a rien à foutre. Ça, pour moi, c'est réel. Donc Tony, pour toi ? '''Tony''' : J'ai pas suivi la question, parce qu'avec tes sondages là tu m'as perturbé. '''Gérard''' : Alors : les enfants ont-ils le droit de faire de la politique ? Voilà la question. '''Tony''' : Bah oui tout à fait. Moi je pense que les enfants, ça serait pas pire que ce qu'il y a maintenant. Enfin moi je sais pas, si par exemple une fille de 12 ans elle est aussi bien galbée qu'Élisabeth Guigou... '''Gérard''' : Bon Tony ! Tony, c'est la dernière fois. Tu vas retourner voir Manu au standard ! '''Phildar''' : Ah, il est impossible ce Tony ! '''Gérard''' : Non, non Tony, je te l'avais dit gentiment tout à l'heure de ne pas citer le nom des personnes politiques. '''Tony''' : J'ai pas entendu, j'étais au standard. '''Gérard''' : Si, si, t'as très bien entendu ! Donc c'est terminé ! C'est terminé Tony ! C'est terminé ! C'est terminé ! C'est terminé ! Terminé pour toi, Tony. Au revoir. '''Tony''' : Bon, je t'embrasse, Eliabeth. '''Reego''' : Et sur IRC on me dit : « Tony tu dégages ». '''Gérard''' : Voilà bah ça y est, il est parti. Donc, T-bête ? '''T-bête''' : Moi je dis que les gosses ils ont rien à faire dans la politique, oui. Ils feraient mieux de jouer au Lego et de pas nous faire chier quoi. C'est une affaire d'adultes et c'est pas du tout une affaire de gamins quoi. '''Gérard''' : Ouais mais, comme je disais tout à l'heure, donc faut bien avoir la majorité pour y être. '''T-bête''' : Mais c'est même pas une question de majorité, c'est que les gosses ils ont rien à faire là-dedans quoi. Ils jouent aux billes et puis c'est tout. '''Gérard''' : Ouais mais t'en as beaucoup qui veulent se lancer dedans aussi. '''T-bête''' : Mais ouais, mais c'est des petits cons. '''Gérard''' : Bon, ok. Grosstring ? '''Grosstring''' : Bah moi je sais pas. Mais je sais pas si tu regardes des fois, ils invitent des mômes à l'Assemblée Nationale. Pour faire des séances et tout, et pour s'intégrer un peu. Ils s'emmerdent, ils posent tous la même question : « Quand est-ce qu'on mange ? ». Ils veulent tous aller pisser en même temps. '''Gérard''' : Ouais, non mais... '''Grosstring''' : Et en plus, ils dégueulassent tous les sièges des députés. '''Gérard''' : Ouais mais non mais attends ! '''Grostring''' : Attends, je parle s'il te plaît. Moi je trouve que, vraiment, les mômes c'est à l'école, à la crèche ou au baby-sitting et tout, et puis c'est pas dans la politique quoi ! Ça va ! '''Gérard''' : Non, mais faut dire qu'aussi avec ce qui se passe à l'heure actuelle, bon bah... les étudiants, les trois quarts ont 15, 16 voire 17 ans. '''T-bête''' : C'est des petits cons, les étudiants ! '''Gérard''' : Ouais mais attends, mais c'est quand même... c'est quand même... c'est quand même leur problème. Parce que bon, faut dire une chose que si ils sont trop nombreux dans les classes... faut voir aussi le nombre de personnes qu'il y a dans les classes. J'ai entendu dire qu'ils étaient jusqu'à 50 personnes dans une classe. '''T-bête''' : 70 moi j'ai entendu. '''Grosstring''' : Excuse-moi, mais même s'ils sont 50 par classe, c'est pas beaucoup. T'en mets 20 dans la classe et 30 dans le couloir, tu laisses la porte ouverte et tout le monde peut suivre. '''Gérard''' : Ouais, non non non. Non non. Attends, attends. Attends, attends, Grosstring ! Grosstring ! Grosstring ! S'il te plaît, attends. Il y a une question IRC. '''Reego''' : Oui, Grosstring, je suis désolé. Il y a Erki sur IRC donc qui te demande, Gérard : « À combien d'érections as-tu participé ? ». '''Gérard''' : Non mais ça, j'y répondrai pas parce que c'est pas le thème du débat politique. '''Reego''' : Ah si, en politique les élections c'est normal ! '''Manu''' : À la place de Tony, on accueille Caillera qui appelle de Sarcelles, 101.9. '''Caillera''', ''[prenant l'accent d'un jeune de banlieue parisienne]'' :Bonsoir Lascard ! '''Gérard''' : Non, tu parles comme il faut ! '''Caillera''' : Je suis une caillera. Moi je voulais dire que je vote... je vote et voilà. '''T-bête''', ''[même accent]'' : Tu votes pour qui toi ? '''Caillera''' : Moi je vote pour... pour ceux qui légaliseront le vol de... des mobylettes. Voilà. '''Gérard''' : D'accord, ok. D'accord. Tu peux répondre à la question ? '''Caillera''' : J'ai pas entendu, j'étais au standard. '''Gérard''' : Alors : les enfants ont-ils le droit de faire de la politique ? '''Caillera''' : Tout à fait ! Moi je suis tout à fait d'accord, que pourquoi il y aurait des discriminations comme ça dès le plus jeune âge ? '''Gérard''' : Non mais... Moi je peux vous dire, moi je peux vous dire une chose, que j'ai... je voudrais pas que mon enfant s'amuse à faire de la politique parce que ça, ça me plairait pas du tout. Déjà moi j'en fais pas, donc... '''Phildar''' : Et pourquoi justement ? Justement sur Minitel, en plus ça cartonne, ce soir on est 30 connectés. Il y a un auditeur qui s'appelait je sais plus comment, Yann, qui voulait te demander pourquoi toi tu ferais pas de la politique et pourquoi tu serais pas ministre de la route ? '''Gérard''' : Non, non, mais ça, moi c'est un truc qui me branche pas. Et quand j'entends parler de ce qu'ils parlent à la télé, même sur les radios, fais-moi confiance que c'est une prise de tête pas possible. Donc... c'est sans arrêt en train de nous dire : « Ouais mais de toute manière... ». Comme ils disent pour les étudiants : c'est malheureux d'en parler. Ils disent : « Ouais, de toute manière on vous promet des bourses et puis tout ça », et puis en fin de compte ils ont jamais rien les étudiants. Ils ont jamais rien eu, et c'est pour ça moi je leur donne raison de faire ce qu'ils font, c'est tout. C'est quand même leur truc pour avoir un bac et donc moi je leur donne raison, c'est tout. Continuez. ''[applaudissements de Manu et Phildar qui acclament, Gérard président]''. '''Reego''' : À ce propos, y'a Yankee sur IRC qui me dit : « Si Gérard était président, c'est l'État qui se ferait enculer ». '''Gérard''' : Bon bah ça, il se démerde. Donc, quatrième question... Alors : pensez-vous que l'on parle trop de politique ? Caillera ? '''Caillera''' : Moi je suis d'accord avec toi Gérard, parce que moi y'a... dans la téci, ils tournent... y'a le maire l'autre fois il est venu et il nous parle, il nous prend la... il nous prend la... il nous prend la gueule, il nous fait : « Arrêtez de fumer des tarpés, trouvez un job », tout ça... Mais non, on s'en fout ! Non on s'en fout, parce que on casse des trucs. '''Grosstring''' : Bah moi je trouve que on en parle pas... pas tellement en fait. Là, pas plus tard que... attends ouais c'était hier, j'ai regardé « Le Juste Prix » : que dalle ! '''Gérard''' : Non mais attends ! Eh ! Oh ! Grostring ! Tu crois... tu crois qu'ils en parlent pas assez ? Ils ont fait... ils ont fait carrément tout un truc sur... euh... sur Bill Clinton à 23h10. Attends ! Tu te fous de moi là ? Dans ce cas-là, si tu regardes « Le Juste Prix », c'est pas la peine de participer au débat sur la politique ! '''Grostring''' : Quant au journal télévisé, là tout à l'heure, ils ont pas vraiment... tout ce qu'ils ont montré : c'est la fusée qui décolle. '''Gérard''' : Bah ouais, mais ils ont quand même parlé de la politique, je suis désolé. '''Grostring''' : Ils ont parlé de politique les astronautes quand ils décollaient ? '''Gérard''' : Non non mais ils en ont quand même parlé à 20h. Je suis désolé, à 20h ! '''Grosstring''' : Moi j'ai allumé à 20h02, ils n'en parlaient plus déjà. '''Gérard''' : Alors... non, non mais attends. T-bête ? ''[silence]''. T-bête ''[sonnette]''. Oh ! Tu te réveilles ? Allez hop ! Bonne nuit pour lui ! Allez hop ! Celui-là c'est... comme ça il se réveillera. Oui Reego ? '''Reego''' : Oui il y a Vomis de porc sur IRC qui te demande, Gérard : « Pourquoi tu dis qu'il y a trop de poils éthiques ? Tu aimes les hommes imberbes ? ». '''Gérard''' : Non n'importe quoi ! N'importe quoi ! Plotte-moi ? '''Plotte-moi''' : Ouais, moi je pense que... Il y a trop de... il y a trop de... il y a trop de politique. D'ailleurs on devrait directement passer au deuxième débat. '''Gérard''' : Non mais alors pour l'instant c'est pas... '''Caillera''' : Toi, tu vas gagedé, toi ! '''Gérard''' : Non mais attends, toi si t'es pas content tu vas faire comme Tony, T-bête : tu vas gerber aussi. Comme ça on va prendre d'autres personnes, tu vois ? J'ai envie de... ce soir on est à la troisième, il y a 12 questions. Alors soit que tu réponds gentiment à la question, soit que tu vires. Tu choisis. '''Plotte-moi''' : Je veux bien faire comme Tony parce que mon nom il me plaît pas trop là. '''Gérard''' : Eh ben alors, c'est bien alors ! Pareil ! Allez salut ! C'est bien : il ne nous reste plus qu'un, deux, trois, quatre... Il nous en reste plus que quatre. '''Manu''' : Attends excuse-moi Gérard, on accueille quand même Citrouille. '''Citrouille''' : Eh salut Gérard ! '''Gérard''' : Salut Citrouille, bon t'appelle d'où ? '''Citrouille''' : J'appelle de Paris. '''Gérard''' : Ok. Alors donc je répète la question comme tu viens d'arriver. '''Citrouille''' : Oui s'il te plaît. '''Gérard''' : Alors : pensez-vous qu'on parle trop de politique ? On va demander à Cassenoisette, comme j'étais sur elle en premier. '''Cassenoisette''' : Ouais ben on en parle beaucoup, c'est vrai, mais à tort et à travers. Tu vas dire que je vais remettre l'histoire de Clinton sur le tapis... '''Gérard''' : Non mais justement, j'en ai parlé aussi moi. Donc... '''Cassenoisette''' : Bon je vais t'expliquer en gros. Moi j'ai dû partir là-bas... j'ai dû partir aux États-Unis parce que je travaille au Parlement et on a dû donc aller là-bas, et on a eu des réunions donc avec Bill Clinton. Et il faut savoir qu'il y a des choses qui sont vraies et qu'il y a des choses qui ne sont pas vraies. C'est-à-dire qu'on va revenir sur le harcèlement avec... '''Gérard''' : Ouais mais on ne va pas s'éterniser là-dessus ! '''Cassenoisette''' : Non, non, non. Mais il y a des choses... il faut savoir que, bon, il ne l'a pas harcelée quoi. Elle était tout à fait d'accord et bon, '''Gérard''' : Elle était consentante... '''Cassenoisette''' : elle était tout à fait consentante. Elle adorait le sucer, elle ravalait tout, elle était contente et puis voilà quoi. '''Gérard''' : D'accord... Attendez, attendez ! Il y a une question IRC. '''Reego''' : Oui, enfin c'est une réaction à ce sujet : on te demande, Gérard, à ton avis, est-ce que pour qu'un président fasse parler de lui il faut qu'il se fasse sucer ? '''Gérard''' : Non pas spécialement. '''Phildar''' : On va peut-être pas revenir sur l'affaire Bill Clinton. '''Gérard''' : Non mais en deux mots... Moi je lui dis, là je peux y répondre de toute manière : ça sert à rien strictement. C'est cassenoisette. '''Grostring''' : Ouais mais Gérard, il faut reconnaître que ça aide quand même. '''Gérard''' : Ouais mais ça, je vois pas... '''Grostring''' : S'il y avait un président, par exemple un président bulgare ou un truc comme ça, un mec dont on n'entend jamais parler : s'il se faisait pomper un bon coup, je suis sûr que dès demain on en entendrait parler quoi. C'est clair. '''Manu''' : On accueille Casse-couille. '''Casse-couille''' : Bonsoir à tous ! Bonsoir aux 20 millions d'auditeurs qui nous écoutent quand même. J'ai 19 ans et j'appelle de Mont-de-Marsan. '''Gérard''' : Et la fréquence de Mont-de-Marsan ? '''Casse-couille''' : Euh alors ça, je sais plus moi. '''Manu''' : Je vais la trouver ! '''Saucisson à l'ail''' : Bah écoute moi Gérard, moi je pense que la politique, si tu veux en entendre parler, t'en entends parler. Mais si tu veux pas en entendre parler, t'en entends pas. '''Gérard''' : Bah voilà. Donc je suis tout à fait... Euh, Citrouille ? T'avais pas répondu. '''Citrouille''' : Ouais mais alors moi je dis : on parle pas assez de la vie privée des hommes politiques. Moi je voudrais savoir si Chirac il met des slips ou des caleçons. '''Gérard''' : Ah si, si ! Attends, attends ! Citrouille ! Citrouille ! Citrouille ! Citrouille ! Attends Citrouille, je vais te dire une chose : on en a quand même... on en entend parler sans arrêt, parce qu'hier y'a un truc sur la première qui a passé carrément toute la partie... une bonne partie de la nuit. Ils ont fait ça à 23h30 sur la 1. Je sais plus le nom du reportage (je crois que c'est « Reportages ») : ils nous ont cassé les burnes avec l'affaire Bill Clinton ! '''Citrouille''' : Pourquoi t'as regardé ? '''Gérard''' : Non, non je vais pas regarder ! J'ai zappé parce que ça me prenait la tête. '''Citrouille''' : Moi je dis qu'il faudrait faire ça toutes les semaines : si Chirac il a des maîtresses, si Jospin il a une grosse piste... '''Gérard''' : Ouais bah c'est bon ! On en a rien à foutre ! Ouais, Casse-couille ? '''Grosstring''' : Gérard ? Ouais c'est Grosstring. Je voulais juste dire un truc sur la vie privée des hommes politiques. Je sais pas si t'as remarqué, mais l'été dans tous les magazines genre Paris Match, Gala, etc., c'est que des photos des hommes politiques qui sont... qui sont moule-couilles sur la plage. '''Gérard''' : Ouais mais d'accord, mais ça c'est... non mais ça c'est leur problème. '''Manu''' : On a même vu Barthez en jet-ski, t'imagines ? '''Gérard''' : Casse-couille, tu veux répondre avant qu'on pose la cinquième ? '''Casse-couille''' : Ce qu'il y a c'est que moi j'étais au standard. '''Gérard''' : Alors : pensez-vous qu'on parle trop de politique ? Manu, tu me gères celui qui arrête pas de roter comme un porc parce que ça m'énerve ça ! '''Manu''' : Pas de problème, il va aller gerber, il va revenir. '''Gérard''' : Ouais bah il va aller gerber... il va aller gerber chez lui définitivement ! '''Reego''' : Il y a Gognol sur IRC qui te demande comment tu ferais pour boucher le trou de la Sécu ? '''Gérard''' : Ah bah ça c'est pas mon problème ! Ça c'est pas mes problèmes. Pour les trous de la Sécu, ils sont assez grands de s'en occuper ! Ça ça me regarde... '''Reego''' : Bah apparemment non. '''Phildar''' : Ouais mais attends ! C'est bien aux hommes politiques de s'occuper du trou de la Sécu. Alors Casse-couille, pour toi ? Alors pensez-vous que l'on parle trop de politique ? Donc c'était la question comme tu étais au standard. '''Casse-couille''' : Ouais, je tiens à préciser que d'abord que la fréquence c'est 52.6 à Mont-de-Marsan vu que je l'avais pas dit tout à l'heure. Donc effectivement, je trouve qu'on en parle beaucoup, mais on en parle quand même un peu moins que quand il y a les élections. Là, on en a 24 heures sur 24, il y a que de ça. '''Gérard''' : Ah ouais mais... mais non mais Casse-couille ! N'empêche, je suis au directeur : c'est une chose que, d'accord, on en parle moins avant qu'il y ait eu les élections, mais là quand même ils nous bassinent encore à l'heure actuelle avec l'affaire Bill Clinton et l'affaire... Levinsky ! Avec Levinsky ! '''Casse-couille''' : Ouais mais je croyais que tu voulais pas en parler ? '''Gérard''' : Non, non mais moi je te dis : tu dis qu'on en parle pas assez... si ! Ils sont en train de nous bassiner avec tout ça ! '''Citrouille''' : Mais ils en parlent pas assez ! '''Gérard''' : Bah ouais mais on en a ras-le-bol d'entendre parler de ça sans arrêt ! '''Auditeur''' : Mais non ! '''Gérard''' : Donc alors, vous allez réfléchir à la question : « Avez-vous un membre de votre famille qui fait de la politique ? ». Et on va s'écouter Pierre de la Montagne avec Elles sont blanches mes chaussettes et elles puent. Et on se retrouve tout de suite après. ''[Musique]''. '''Gérard''' : Voilà, vous pouvez toujours nous appeler au 0803 08 5000 et 0800 70 5000. Toujours le 36 15 code Fun Radio, rubrique direct, et l'IRC www.fr Fun... euh... Fun Radio, '''Reego''' : Slash Fun Radio. On a 921 connectés quand même, Gérard, ce qui est énorme ! '''Gérard''' : Ouais, j'en veux 1000 ! J'en veux 1000 avant... avant une heure et demie. Et alors on va... ON récupère Saucisson à l'ail, Cassenoisette, Grostring, Caillera, Citrouille et Casse-couille. '''Casse-couille''' : Oui, si tu pouvais donner le label, la maison d'édition des disques que tu mets, ça m'aiderait. '''Gérard''' : Bon, alors là, faut demander ça à Phildar. '''Phildar''' : C'est le label rouge, c'est approuvé. '''Casse-couille''' : D'accord, merci. Je connais, je connais. '''Gérard''' : Ouais, bon c'est bien, c'est bien comme ça. Donc vous avez eu le temps de réfléchir à la question. On va demander... bah tiens, Casse-couille. '''Casse-couille''' : Moi non, j'ai pas de... j'ai pas de membre, ni de ma famille ni de mon corps, qui participe à la politique. '''Citrouille''' : Ouais, moi j'ai un oncle, mais bon c'est la tehon, il est communiste alors on lui parle plus. '''Gérard''' : Non non non ! Non non, mais ça... '''Phildar''' : On fait pas de politique. '''Citrouille''' : Ah ok, ouais. Bon bah on lui parle plus quand même parce que c'est un gros con. '''Gérard''' : Ok, ah bah c'est bien. Alors Caillera ? '''Caillera''' : Ouais, moi je... mais nous, ils veulent pas de nous parce qu'on a... avec des tepo, on a voulu faire un parti politique. '''Gérard''' : Ouais ? '''Caillera''' : Et on est allé à la mairie et ils ont pas voulu de nous, ces messieurs. '''Gérard''' : D'accord. Gros String ? '''Gros String''' : Bah moi j'ai un cousin, ouais, qui fait de la politique. Ouais. Et il colle des affiches. Et bah voilà quoi. Un jour il était dans la merde parce qu'il avait emmené qu'un tube de colle, et il a pu en coller que trois quoi. '''Gérard''' : D'accord, d'accord. Je vois pas du tout le rapport. On prend pas de la colle, on prend pas des tubes de colle ! On prend pas des tubes de colle, les mecs ! Y'en a qui sont avec des seaux et qui préparent déjà... Ouais ouais, non mais c'est bon. Tu me laisses reparler s'il te plaît ? Merci. '''Grostring''' : Bah non, je crois qu'il y a un moment, si tu sais pas comment on colle des affiches, moi je peux rien faire pour toi. '''Gérard''' : Non mais attends ! Tu demanderas à ceux qui... quand ils les colleront pour les élections, tu leur demanderas ! '''Gros String''' : Excuse-moi, j'ai beaucoup de respect pour toi. Mais... ''[bruit de clochette]''. '''Gérard''' : Bon alors celui-là, ça commence à m'énerver. '''Gros String''' : Il a passé... mon cousin, il a passé un CAP en collage d'affiches, et il sait certainement beaucoup mieux que quiconque coller des affiches. Peut te le dire. '''Casse-noisette''' : Ouais, bah moi j'ai pas de famille qui travaille là-dedans, mais bon moi je suis dans le milieu, je travaille pour le parti de Jean-Marie Le Pen... '''Gérard''' : Bon bah alors Casse-noisette, c'est bon là pour toi, c'est terminé. '''Gros String''' : Elle a le droit de parler ! '''Gérard''' : Non non non ! J'avais précisé de pas donner de... Allez hop, terminé, c'est bon. Allez hop ! Hop ! Saucisson à l'ail ? '''Saucisson à l’ail''' : Bah écoute Gérard, moi chez moi tout le monde est contre. ''[la voix de Gérard criant : Ah non nonn non non non]''. '''Gérard''' : Saucisson à l'ail, continue. '''Saucisson à l’ail''' : Moi je t'ai dit, mais chez moi tout le monde est contre... ''[même voix]''. '''Gérard''' : Eh ça commence à bien faire là ! Phildar ? '''Phildar''' : Non c'est pas moi. '''Gérard''' : Non, c'est pas toi qui t'amuses avec un petit bouton là ? '''Phildar''' : Non. Moi, je suis en train de me percer les miens, mais ça ça te regarde pas. '''Gérard''' : Oui oui oui, mais t'es en train de t'amuser là-bas ! Ok ? Je t'ai vu. Donc Saucisson à l'ail, toi pour toi ? '''Phildar''' : Gérard, deux secondes, j'ai une question sur Minitel. On est encore 23 connectés. De R2D2 : « Je trouve qu'il y a beaucoup trop d'hétérosexuels dans le milieu de la politique. Et toi Gégé, que t'en penses quoi ? ». '''Gérard''' : Moi j'en pense rien du tout de ça. '''Phildar''' : Mais est-ce que tu trouves que en fait, justement en ce moment on parle du PACS, je sais pas si tu... '''Gérard''' : Non non, mais ça c'est pas... ça rien, j'en parle pas. '''Phildar''' : Pour le mariage des homosexuels qui font de la politique... '''Gérard''' : J'en parle pas ce soir, c'est tout. '''Phildar''' : Pourquoi ? '''Gérard''' : Parce que ça m'intéresse pas, c'est tout ! '''Phildar''' : Mais c'est intéressant, les gens ils aimeraient savoir. '''Gérard''' : Ouais bah peut-être, mais moi... '''Gros String''' : Gérard ? Excuse-moi, excuse-moi, Gros String là. T'aimerais pas de faire introduire dans le milieu ? '''Manu''' : Il préfère sur le côté. On accueille X s'il vous plaît. '''X''' : Oui, bonsoir Gérard. '''Phildar''' : Oh elle est bien, elle ! '''Gérard''' : T'appelles d'où ? '''X''' : Bah j'appelle de chez moi apparemment. Un appartement très bien d'ailleurs. '''Gérard''' : Donc région parisienne ? '''Phildar''' : Le truc que tu paies 900 balles là. '''Gérard''' : Région parisienne ? '''Phildar''' : 90 mètres carrés là ? '''Gérard''' : Région parisienne ? '''X''' : Bah oui, région parisienne. '''Gérard''' : Ok, 101.9. Merci d'apprécier. Donc à toi, X. Alors, de répondre ? '''X''' : Bah si tu peux me répéter la question parce que j'étais au standard. '''Gérard''' : Avez-vous un membre... avez-vous un membre de votre famille qui fait de la politique ? '''X''' : Non, malheureusement j'ai pas... j'ai pas quelqu'un qui fait de la politique dans mon entourage ni dans ma famille. Non. '''Casse couille''' : C'est l'invitée Mystère ça, non ? '''Gérard''' : D'accord. Donc moi je peux vous dire que moi non plus. Comme j'ai pratiquement personne que... de cet entourage, moi là-dedans, je suis tranquille. '''Gros String''' : Gérard, ton membre, il fait pas de politique ? '''Gérard''' : Bah... Gros String, tu veux parler de quel membre ? Alors vas-y. '''Gros String''' : Ton membre à toi ! Tu nous demandes nos membres à nous maintenant... '''Gérard''' : De la famille s'il vous plaît que je demande ! Faut pas confondre les torchons et les serviettes. D'accord ? onlCailleraEt alors ta femme ? onlGérardMa femme, elle t'emmerde. Alors, sixième question... '''Phildar''' : Déjà ? Ça passe tellement vite. '''Gérard''' : Bah oui. Doit-on voter pour... Peut-être une question IRC avant... '''Phildar''' : J'en aurai une, j'en aurai une ! '''Reego''' : Vas-y, vas-y, Phildar. '''Phildar''' : Ok, donc c'est Paul Ethic qui te demande : « Gérard, as-tu un membre actif dans les parties ? ». '''Gérard''' : Non. Donc il est rassuré. '''Reego''' : Sur IRC... pardon. Il y a SNUL qui te demande si tu connais le parti GNB ? '''Gérard''' : Non plus. On est combien là maintenant ? '''Phildar''' : On est 7 ou 8 dans le studio. '''Gérard''' : Non non, mais ça je m'en fous ! Je veux savoir sur l'IRC si on va dépasser les mille ce soir. '''Reego''' : 986, on y arrive bientôt. Merci le Pape. '''Gérard''' : Alors on continue. Donc sixième question : « Doit-on voter pour avoir une copine ? ». On va demander ça à Gros String, comme il n'arrête pas de jacter sans arrêt. '''Gros String''' : Est-ce que tu peux répéter ? J'ai mal compris. '''Gérard''' : Doit-on... doit-on voter pour avoir une copine ? C'est la dernière fois que je répète la question, alors ouvrez bien les oreilles. '''Gros String''' : Alors j'ai compris, mais il faut articuler aussi un peu. Alors est-ce qu'on doit voter pour avoir une copine ? Moi je dis oui si on veut... si on veut niquer une nana qui fait de la politique. Genre je sais pas moi, par exemple, comment elle s'appelle l'autre là... ah, la blonde là, Elisabeth... '''Caillera''' : Elisabeth Guigou ! '''Gérard''' : Alors c'est bon Caillera, tu peux partir. Et Gros String avec, tous les deux, vous pouvez partir. On va demander ça à Saucisson à l'ail. '''Saucisson à l’ail''' : Bah écoute, moi franchement je dis que non. Ça dépend, mais franchement je dis que non. '''Gérard''' : D'accord, je vois bien ce que tu veux dire. Citrouille ? '''Citrouille''' : Ouais, moi je me suis jamais fait de meuf, alors je suis pas... '''Gérard''' : Non mais : « Doit-on voter pour avoir une copine ou un copain ? », si tu veux, dans l'ensemble. '''Citrouille''' : Bah moi j'ai plein de copines ! '''Gérard''' : Non mais putain, mais t'es bouchée ou quoi toi ce soir ? '''Citrouille''' : Non, pourquoi ? '''Gérard''' : T'as mangé quoi là ? T'as mangé du poulet enragé, on dirait ? '''Citrouille''' : Non, il était pas enragé. '''Gérard''' : Bah dis donc, on dirait ! Parce que je crois... je crois que tu comprends pas ce que je veux dire. '''Citrouille''' : Peut-être les champignons, ils devaient pas être frais alors. '''Gérard''' : Ouais, d'accord. '''Reego''' : Gérard, il y a Turpentine sur IRC qui te demande si tu as voté pour trouver Sandy ? '''Gérard''' : Personnellement, non, je l'ai... '''Manu''' : Il a voté nul, ouais ! '''Gérard''' : Attends, je l'ai votée par pochette surprise dans IP Magazine. Ça va lui faire plaisir ! '''Reego''' : C'est pas un truc de homo ça ? '''Gérard''' : Non non, c'est un magazine comme ça. Donc qui c'est qui nous reste ? Casse-couille ? '''Casse-couille''' : Oui, bah moi j'ai très bien entendu ta question, mais je la comprends pas très bien quoi. '''Gérard''' : « Doit-on voter pour avoir une copine ou un copain ? ». '''Casse-couille''' : Bah je comprends pas le rapport là. '''Gérard''' : Bah doit-on voter... par exemple, si tu veux voter... Pour qui... Tu peux voter si tu veux ! Tu peux voter pour retrouver une copine, t'as le droit ! '''Casse-couille''' : Bah logiquement, quand tu votes c'est pour... pour élire quelqu'un ! '''Gérard''' : Bah oui ! Bah dans... dans la politique y'a bien des nanas qui font de la politique. Donc si tu veux être copine avec elles, faut bien que tu votes pour elles, voyons ! '''Citrouille''' : N'importe quoi ! '''Casse-couille''' : Ah ouais, mais faut avoir des business... '''Gérard''' : Quoi ? Qui c'est qui dit n'importe quoi ? Qui c'est qui vient de dire n'importe quoi ? '''Manu''' : Ouais, alors donc on accueille Téton et on accueille aussi Bulldog Mystère. ''[Gérard regarde Manu méchamment]'' '''Bulldog Mystère''', ''[voix de tête]'' : Oui bonsoir ! Bonsoir Gérard, bonsoir tout le monde. '''Manu''' : C'est ce qu'il m'a donné comme nom, Gérard ! Me regarde pas comme ça. '''Gérard''' : Alors lui tu peux... tu peux lui dire qu'il prenne un autre nom. '''Bulldog Mystère''' : Je veux rester dans l'anonymat. '''Gérard''' : Qu'est-ce que c'est encore ce travlot là ? '''Bulldog Mystère''' : Eh bah écoute, je vote ! '''Gérard''' : Eh c'est pas un débat sur les travlots, c'est un débat sur la politique ! '''Bulldog Mystère''' : Je vote aussi bien que toi ! '''Gérard''' : Ouais bah moi je t'emm... Bon, les fréquences là s'il vous plaît. '''Bulldog Mystère''' : 96.10. '''Gérard''' : Et Téton ? '''Téton''' : Bah moi j'appelle de Lille. '''Gérard''' : Fréquence ? '''Téton''' : 96.8. '''Bulldog Mystère''' : J'ai pas encore de téton moi. '''Gérard''' : 96.8. Ok. Et alors X ? '''X''' : Non, je pense qu'on devrait créer des écoles pour voter, pour essayer d'avoir une copine quoi. '''Gérard''' : Téton ? '''Téton''' : Oui bah si tu voudrais répéter la question, parce que j'étais au standard. '''Casse couille''' : Il a dit qu'il la répétait pas. '''Gérard''' : Alors doit... ça commence à bien faire ! Faudrait peut-être écouter... '''Manu''' : Quand je leur parle, ils peuvent pas t'entendre, Gérard. Donc euh... '''Reego''' : Gérard, il y a une bonne question de Toons sur l'IRC : « Est-ce qu'il est normal que tout le monde ait le droit de voter ? ». '''Gérard''' : Bah ça dépend des âges. En principe tu as le droit de voter qu'à partir de 18 ans. Mais donc si t'as moins de 18 ans, tu n'as pas le droit de voter. '''Reego''' : Et on est mille sur l'IRC ça y est ! '''Gérard''' : Ah ça y est, on a atteint les mille hein ! ''[ovations générale, applaudissements du studio]''. On a atteint les mille quand même. Il est 1H20, j'avais dit avant 1h30. C'est bien, continuez. '''Bulldog Mystère''' : Moi Gérard, en tant que Travlo, j'estime que tout le monde a le droit de voter. '''Gérard''' : Non mais attends ! Pour l'instant je demande à Téton, je demande pas au Bulldog. '''Téton''' : Tu m'as toujours pas répété la question. '''Gérard''' : Alors : « Doit-on voter pour... pour choisir une copine ou un copain ? ». '''Téton''' : Euh ouais, peut-être, pourquoi pas ouais. '''Gérard''' : Ouais ? Ouais mais c'est pas mal là ta réponse. '''Téton''' : Ah qu'est-ce que t'en penses ? '''Gérard''' : Ouais bah elle est nulle à chier ! Bulldog Mystère là ? '''Citrouille''' : Comme la question. '''Gérard''' : Attends, si t'es pas contente tu raccroches et tu vas faire dodo ! '''Bulldog Mystère''' : Écoute, moi je vote, mais c'est pas pour trouver une copine parce que je suis hermaphrodite. Donc... '''Citrouille''' : Pas d'insulte ! '''Gérard''' : Bon eh les autres derrière, vous le laissez parler. On vous a laissé parler, alors vous le laissez parler. '''Bulldog Mystère''' : Un petit peu de respect quand même. Je suis différent de vous, mais je suis quand même... j'estime... '''Phildar''' : T'as le droit de t'exprimer. T'inquiète pas. '''Bulldog Mystère''' : Bah oui ! Merci Phildar. Tu connais ce problème en plus. '''Gérard''' : Ouais, non mais vas-y accouche là ! On va pas... '''Bulldog Mystère''' : Bah oui, bah je te dis moi j'ai pas besoin de voter pour... pour trouver un copain. Je vais en boîte. '''Gérard''' : D'accord. Même en boîte... même en boîte, de toute manière tu peux te trouver facilement des copains ou des copines. J'ai vaguement entendu sur l'antenne. '''Bulldog Mystère''' : C'est pas le thème du débat. '''Gérard''' : Non mais je peux répondre que j'ai vaguement entendu ce soir qu'il y en a une, elle savait pas du tout ce qu'elle voulait faire avec le mec qu'elle a rencontré vendredi à La Loco. Donc c'est pas grave. Oui Reego ? '''Reego''' : Oui, il y a Le Chiant sur IRC qui te demande si on peut voter dans tous les pays. '''Gérard''' : Euh... très bonne question. Je vais y réfléchir, je vous donnerai les réponses tout à l'heure. Alors, la septième : « Peut-on faire de la politique pour être une star ? ». On va demander ça à Bulldog Mystère. '''Bulldog Mystère''' : Apparemment tu m'aimes bien. '''Gérard''' : Tu vas parler, comme c'est toi le dernier arrivé, donc tu parles un peu. '''Bulldog Mystère''' : Euh... alors peut-on faire de la politique pour être une star ? Ouais, bah oui ! Bah tu vois bien qu'on a parlé de la b... à Clinton assez souvent, que maintenant je pense qu'il peut faire un film de boules sans problème. La b... à Clinton est connue du monde entier. Même sur Internet... '''Gérard''' : Ouais bah ça je sais pas, sur internet si c'est vraiment vrai. '''Bulldog Mystère''' : Écoute, j'ai cliqué dessus hier toute l'après-midi, je peux te dire que sa b... est sur le net ! '''Reego''' : Si si c'est vrai. '''Gérard''' : Ouais je sais, il paraît qu'ils veulent... qu'ils font des photos dessus. Euh... Téton ? '''Téton''' : Bah moi je suis d'accord avec ce que tu dis, Gérard. '''Gérard''' : Bah... mais c'est-à-dire ? '''Téton''' : Bah c'est-à-dire que je suis d'accord. '''Gérard''' : Non mais c'est pas la peine de dire que t'es d'accord avec moi, mais tu précises ta réponse. '''Téton''' : Bah je pense exactement comme toi. '''Gérard''' : Alors ? Bah c'est-à-dire ? '''Téton''' : C'es-à-dire que oui, je pense que oui. Ouais, effectivement, vu les circonstances, ouais je pense. '''Gérard''' : Euh... X ? '''Bulldog Mystère''' : Oh une collègue ! '''X''' : Bulldog Mystère ! Je suis pas du tout un collègue à toi, t'inquiète pas. '''Gérard''' : Hé Bulldog Mystère, tu la mets un petit peu en veilleuse ! '''Bulldog Mystère''' : T'es jalouse parce que j'ai une b... '''X''' : Tu la met en veilleuse s'il te plaît, merci. Bon, tu peux me la répéter parce qu'elle arrête pas de parler et j'entends rien. '''Gérard''' : Alors : « Peut-on faire de la politique pour être une star ? ». '''X''' : Non, je pense pas qu'on peut faire de la politique pour être une star. Parce que toi t'es déjà une star, et t'as pourtant pas fait de politique ! '''Citrouille''' : N'importe quoi ! '''Gérard''' : Qui c'est qui dit n'importe quoi ? '''X''' : Bah pourquoi tu dis n'importe quoi ? '''Téton''' : Ce qui est vrai, c'est qu'il sent l'alcool. '''Citrouille''' : N'importe quoi ! '''Gérard''' : Hé celle qui est pas contente, alors tu rentres chez toi et tu t'écrases d'accord ? '''X''' : T'as des meilleures réponses toi ? '''Citrouille''' : Qu'est-ce qu'on peut entendre comme conneries à la radio. '''Casse-couille''' : Moi tout d'abord un truc que je comprends pas là : euh Bulldog Mystère et X, c'est pas la même personne ? '''Bulldog Mystère''' : Non c'est ma sœur ! '''Gérard''' : Ouais c'est ta sœur, elle bat le beurre entre les cuisses d'un catcheur. Alors Casse-couille ? '''Casse-couille''' : Alors moi je pense que ça, ça devrait te donner des idées d'ailleurs ! Vu que tu fais quand même aujourd'hui, même ce soir, 20 millions d'auditeurs, je pense que tu devrais te mettre dans la politique. '''Gérard''' : Non non attends ! Pour l'instant on a pas fait 20 millions d'auditeurs. La semaine dernière on a fait 15 millions d'auditeurs. Là ce soir... la semaine dernière on avait plus de... on avait 1000 connectés à je sais plus quelle heure, et là il y a à 1h20 on était déjà 1000 connectés sur le net. Et là. '''Reego''' : On atteint bientôt les 1200. '''Gérard''' : Et là on va arriver... on va arriver sur 1200 connectés d'ici deux heures. '''Casse-couille''' : Ouais mais... ouais mais Gérard ? '''Gérard''' : Oui ? '''Casse-couille''' : Imagine, tes 15 millions là. 15 millions d'auditeurs ! Imagine ils voteraient pour toi et tu serais président quand même ! '''Gérard''' : Ouais mais ça on verra. '''Casse-couille''' : Bah faudrait que tu vois, faudrait que tu réfléchisses à ce genre d'hypothèse. '''Citrouille''' : Non faut pas que tu réfléchisses ! '''Gérard''' : Non mais celle qui dit faut pas que je réfléchisse, je fais ce que je voudrai ! Citrouille ? '''Citrouille''' : Oui. Moi je dis qu'il faut être une star pour faire la politique, et pas le contraire. Elle est mal tournée ta question. Moi je dis si Depardieu fait de la politique, t'es sûr il est élu. Moi je dis qu'il faut être une star pour faire la politique. '''Gérard''' : Bon ok, c'est ton opinion. Mais moi personnellement, non je te dis tout de suite. '''Citrouille''' : Bah tu la partages pas, eh bah tant pis pour toi. Mais moi je te dis que c'est ça. Tu verras, on en reparlera, on en reparlera. '''Saucisson à l’ail''' : Bah écoute moi je suis pas tellement d'accord parce que je dis que c'est pas parce qu'on fait de la politique qu'on est une star hein. Parce que il y a bien des gens qui font de la politique et puis on s'en fout totalement, on en entend jamais parler. ''[bruit de tonalité de téléphone]''. '''Phildar''' : C'est quoi ça ? '''Manu''' : Je crois que c'est X qui a raccroché. '''Bulldog Mystère''' : Merde ! Merde, merde, merde, merde, merde ! '''Gérard''' : Euh Bulldog Mystère, tu dis encore une seule fois un gros mot, tu gerbes ! '''Bulldog Mystère''' : Merde ! '''Gérard''' : Alors tu dégages ! Bonne nuit. '''Bulldog Mystère''' : Non c'est pas moi ! '''Gérard''' : Non c'est pas toi, c'est ma sœur ? Saucisson à l'ail, donc t'as peut-être pas fini ? '''Saucisson à l’ail''' : Si si j'ai fini Gérard. '''Reego''' : Il y a Serval qui me demande, enfin qui te demande, si être une star politique dans les Mercedes, c'est dangereux. '''Gérard''' : Non. Je vois le rapport où il veut en venir, mais... '''Reego''' : Moi je vois pas. '''Casse couille''' : Quoi ? Il y a histoire d'un pont dans la... '''Gérard''' : Non non mais c'est bon ! Je vois ce qu'il voulait dire, donc c'est pour ça que j'y réponds pas. Alors voilà. Donc, huitième question : « Les extrasterrestres doivent-ils faire de la politique ? ». On va demander ça... '''Phildar''' : attends Manu... '''Manu''' : Oui oui oui. A la place de X qui a raccroché, on ne sait pas pourquoi, on accueille Jean-Pitivier. '''Gérard''' : Ben X c'est plus là ? '''Manu''' : Non elle a raccroché. '''Gérard''' : Alors donc ben faudra la rappeler. '''Manu''' : Jean-Pitivier... on n'a plus de ligne pour l'instant Gérard. '''Gérard''' : Jean-Pitivier ? Tu me refais une fiche ! '''Bulldog Mystère''' : Je veux qu'on rappelle ma sœur... '''Gérard''' : Oh toi ! Bulldog Mystère tout à l'heure c'est toi qui dégager, Ça va me faire une ligne de libre. '''Jean-Pitivier''' : Oui bonsoir. Bonsoir. Alors je travaille... je suis maire sénateur, député de l'Aveyron. J'écoute vos débats depuis tout à l'heure sur la politique, je trouve ça très sympathique mais je trouve que ça n'a aucun intérêt. Pourquoi ? Je m'explique. Vous, vous allez parler, d'ailleurs je vous ai entendu dire un mot sur les extraterrestres, je pense que vous prenez un petit peu à la légère la politique et qu'on est en train de dénaturer un petit peu tout ce milieu de la politique qui est certes magouille et pots-de-vin, mais c'est en même temps grâce à la politique qu'on peut faire avancer le pays. Et je vous entends tout à l'heure poser des questions du genre : « Est-ce qu'on peut être amoureux en faisant de la politique ? ». '''Citrouille''' : C'est bidon ! '''Bulldog Mystère''' : C'est admissible ! '''Gérard''' : Bon alors Bulldog Mystère, tu dégages pour de bon ce coup-là, allez hop ! Ça t'apprendra à couper la parole aux gens. '''Jean-Pitivier''' : Je pense que vous abusez un petit peu, que vous avez tendance un petit peu à prendre à la légère... ça sert à rien de faire un débat sur la politique si c'est pour l'aborder d'une manière rigolote. À ce moment-là, vous faites un débat sur les strings ou sur la sodomie ! Mais ne venez pas nous emmerder, en venant faire des débats sur la politique. '''Bulldog Mystère''' : Oui la sodomie, la sodomie ça c'est bien ça ! '''Gérard''' : Bon de toute manière, c'est pas moi qui ai décidé de faire ce débat-là. Dans ces cas-là, vous appellerez... '''Jean-Pitivier''' : Non mais dans ces cas-là Monsieur, vous assumez vos responsabilités ! '''Gérard''' : Bon alors dans ces cas-là, si c'est pour réagir comme ça, c'est pas la peine d'appeler. Ok ? '''Jean-Pitivier''' : Non mais écoutez, j'essaie de le dire, vous êtes en train de vous énerver, on dirait vous êtes vous-même un homme politique et je trouve ça très décevant de votre part. '''Gérard''' : Non mais moi je fais les débats qu'on me dit de faire, c'est tout ! '''Jean-Pitivier''' : Parce que vous avez l'air aussi débile qu'un homme politique ! '''Gérard''' : Ouais bah alors si ça vous plaît pas, bah dans ces cas-là vous restez chez vous ! '''Jean-Pitivier''' : Moi ça me plaît, mais c'est sûr que je voterai pas pour votre gueule ! '''Gérard''' : Bah tant mieux ! Bah moi non plus ! '''Bulldog Mystère''' : Et moi je voulais dire que j'avais la gérardose en plaques. '''Gérard''' : Bon allez celui-là tu me le vires là, le Bulldog Mystère. Hop terminé pour lui. '''Jean-Pitivier''' : Monsieur Gérard, est-ce que vous avez voté dernièrement pour les cantonales ? '''Gérard''' : Ça, ça vous regarde pas ! D'accord ? '''Phildar''' : Est-ce que toi t'as déjà été voter ? C'est une bonne question ça, on parle de politique. '''Gérard''' : Bah de toute manière, j'ai déjà été voter, c'est tout ! '''Jean-Pitivier''' : Pour qui ? Vous êtes de droite, RPR ? '''Gérard''' : Non non mais ça c'est pas... ça je vous dirai pas mon parti. '''Jean-Pitivier''' : Parce qu'on parlait tout à l'heure de Jean-Marie Guigou, un homme politique que j'aime beaucoup au demeurant... et on parle pas suffisamment d'hommes politiques, des politiques. Je veux dire, qu'est-ce que vous pensez de la gauche ? Le RPR de gauche ? '''Gérard''' : Non non mais ça on en a rien à foutre ! J'ai dit que je voulais pas parler des partis. '''Jean-Pitivier''' : Alors vous n'en avez rien à foutre et dès qu'il faut parler de politique, faut quand même parler des partis, de la droite et de la gauche. '''Gérard''' : Non non mais moi je parle pas des partis, c'est tout ! Si ça vous plaît pas vous raccrochez, vous restez chez vous, c'est tout. '''Jean-Pitivier''' : Non mais c'est débile de parler de politique avec des extraterrestres ! '''Gérard''' : Bon c'est bon, ça y est, ça y est on a compris. Merci. '''Jean-Pitivier''' : Vous êtes con alors ! '''Manu''' : À la place de Bulldog Mystère, on accueille Pitbull Secret. Bonsoir ! '''Reego''' : Gérard, vite fait sur IRC, y'a SNUL qui te demande si tu connaîtrais un président idéal. '''Gérard''' : Non. Alors donc on va poser la... '''Jean-Pitivier''' : Il répond à aucune question, il est con comme ça ! '''Gérard''' : Bon alors Jean-Pitivier, vous dégagez ! Ça vous apprendra de m'insulter. Hop ! '''Jean-Pitivier''' : Attendez Monsieur ! Insulter ça fait partie du milieu politique, c'est normal ! '''Gérard''' : C'est ça, c'est ça ! Allez restez chez vous. Les extraterrestres doivent-ils faire de la politique ? ». On se retrouve tout de suite après, vous allez y réfléchir. Et on va s'écouter Gilles Duboudin avec Mets des baskets pour manger du pâté. Et on se retrouve tout de suite après. ''[Musique]''. '''Gérard''' : Voilà bienvenue à nouveau. On va saluer tout le monde. '''Reego''' : Voilà, je voulais saluer tous les gens de l'IRC à savoir on est quand même 1350,2... '''Manu''' : Avant de reprendre, on accueille Jean-Cotivier. '''Jean-Cotivier''' : Bonsoir. '''Gérard''' : Donc on va parler... on va... je vais vous donner un petit sondage là quand même parce que rapidement... Donc tout le monde... à la question : « Tout le monde peut-il faire de la politique ? ». Alors il y a 50 % des gens qui ont répondu qu'il faut obligatoirement posséder... '''Téton''' : Et moi j'entends plus Gérard ! Il y a un problème au standard ou quoi ? Allo ? Allo ? '''Gérard''' : Qu'est-ce qu'il se passe là, Manu ? '''Manu''' : Bah non il y a rien. Il y a rien. '''Manu et Phildar''' : Allo ? Et là c'est bon ? Allo ? Vous nous entendez là ? '''Casse couille''' : Bah non on t'entend plus Gérard mais... '''Manu''' : Vous m'entendez ? Vous m'entendez ? Allo ! Allo ! Allo ! '''Cirtouille''' : J'entends Manu, ouais. Gérard, parle un coup ! '''Gérard''' : Allo ! Allo ! '''Casse couille''' : On n'entend plus Gérard ! '''Gérard''' : Oh mais qu'est-ce que tu me fais toi là, Phildar ! Fildar merde ! C'est toi qui fais des conneries encore ! '''Phildar''' : Mais non, j'ai rien fait ! '''Reego''' : Sur IRC ils t'entendent plus non plus. '''Gérard''' : Qu'est-ce qu'il se passe là, Phildar ? Qu'est-ce que t'es en train de déconner là ? '''Manu''' : Le bouton là, Phildar ! '''Phildar''' : Lequel ? '''Manu''' : Celui-là, le petit blanc là ! Désenclenche-le. Voilà. '''Casse couille''' : Voilà, on t'entend là. '''Gérard''' : Voilà Phildar, t'arrêtes de faire tes conneries oui ? ''[le sketch se prolonge, Gérard explose sur Phildar qui prétend qu'il n'y a rien. Le sketch boucle deux fois, aboutit à la même explosion. Max rentre dans le studio]''. Non mais attends, il déconne depuis tout à l'heure lui ! '''Phildar''' : Y'a rien là ! '''Max''' : Ah mais ouais mais c'est normal ! Faut appuyer là, t'appuies là ! Voilà c'est bon, vous nous entendez là ? '''Pitbyll''' : Ouais impeccable ! '''Manu''' : Oh lala t'es vraiment un cave ! '''Phildar''' : Bah je le savais pas ! '''Gérard''' : Ouais non mais tu vas le savoir, tout à l'heure tu vas te prendre une gaufre ! Alors : « Tout le monde doit-il... tout le monde peut-il perdre de la politique ? ». Sur la question, donc y'a 50 % des gens qui ont répondu qu'il faut obligatoirement posséder un chromosome de moi. Je vois pas ce que ça veut... '''Phildar''' : Si c'est plus... ça va mieux, quand t'as un chromosome de 2 mois t'as moins de chance. '''Gérard''' : 40 % des gens ont répondu que oui puisque c'est Gérard et le président des cons. Bah moi je l'emmerde celui qui a répondu ça ! Ça c'est des sondages de merde. Et 10 % des gens qui ont répondu merde. Ah bah c'est bien. Si c'est Olivier de la pro qui s'amuse à faire des sondages comme ça, le deuxième il va se le carrer au cul ! '''Citrouille''' : C'est quoi ce chromosome ? '''Gérard''' : J'en sais rien. '''Reego''' : Sinon sur l'IRC y'a Seigneur qui dit que son chien fait de la politique : sa queue part en sucette vers la droite et il a son permis d'érection. '''Gérard''' : Alors Saucisson à l'ail t'es toujours là ? '''Saucisson à l’ail''' : Oui oui je suis toujours là. '''Gérard''' : Casse-couille ? '''Casse-couille''' : Pas de problème, je suis là toujours là. '''Gérard''' : Citrouille ? '''Citrouille''' : Ouais je suis là. '''Gérard''' : Téton ? '''Téton''' : Bah ouais. '''Gérard''' : Pitbull ? '''Pitbull Secret''' : Bonsoir... '''Gérard''' : Jean ? Jean-Cotivier ? Jean-Cotivier ? ''[nouveau sketch, nouvelle explosion, éclats de rire des auditeurs]''. '''Pitbull secret''' : C'est trop facile. '''Gérard''' : Non, fais gaffe ! Parce que tu vas retourner chez toi tout à l'heure. Je le sens, hein ? '''Phildar''' : On a dit qu'on allait changer la question sur les extraterrestres et qu'on allait parler du président de l'Allemagne. '''Gérard''' : Ouais, donc qui s'appelle ? '''Phildar''' : Gérald Krafner. '''Gérard''' : Voilà. '''Jean Cotivier''' : C'est quoi l'histoire de l'Allemagne ? C'est quoi ? J'ai pas compris. '''Gérard''' : Non, c'est un pays qui était... qui était machiné par un autre chancelier et maintenant ça a changé. '''Phildar''' : Non, un chandelier ! '''Gérard''' : Un chancelier ! '''Reego''' : Non, on me confirme, c'est chandelier. '''Gérard''' : Non, c'est chanc... chancelier ! Vous savez rien du tout, alors taisez-vous ! '''Manu''' : Gérald, ça se trouve où l'Allemagne ? '''Gérard''' : L'Allemagne, ça se trouve du côté de... '''Manu''' : du Pakistan un peu ou pas ? '''Gérard''' : Non, du côté de Strasbourg par là. Vers Strasbourg de toute manière. Il y a une frontière qui se trouve à la limite de Strasbourg. '''Manu''' : Il y a une île pas loin, non ? '''Gérard''' : Non, il n'y a pas d'île ! Parce que toi, tu viens d'une île toi ? '''Manu''' : Bah ouais, Tahiti ! Excuse-moi. '''Gérard''' : Ouais, tu viens d'une île des cacahuètes ! Donc alors, je pense que vous en avez tout le temps... '''Jean Cotivier''' : Je voulais savoir juste, l'Allemagne, c'est bien là où il y avait eu Margareth Tatcher ? '''Gérard''' : Non, c'est pas du tout là ! Ça, c'est en Angleterre. Faudrait peut-être pas confondre l'Angleterre et l'Allemagne ! Donc vous en avez entendu parler. Donc qu'est-ce que vous pensez qu'il va faire lui maintenant ? '''Jean Cotivier''' : Ben Edmund Cole, je pense que c'est bien qu'il soit passé au pouvoir. '''Gérard''' : Non, mais il a été viré ! Il a été remplacé, abruti ! '''Jean Cotivier''', ''[le ton hautain]'' : Vous êtes peut-être au courant de choses que nous on ne sait pas, moi en tout cas je sais que... moi en tout cas je sais qu'Edmund Cole, qui est en contact avec Margareth Thatcher... '''Gérard''' : Non mais écoute ! Écoute bien ce qu'on vient de te dire : il n'est plus président de l'Allemagne ! '''Jean Cotivier''' : Je fais de la politique alors ! En Allemagne, moi je sais de quoi je parle parce que moi j'ai vécu en Allemagne, la capitale à Bucarest pendant pas mal d'années. '''Gérard''' : Non mais Bucarest, c'est pas la capitale de l'Allemagne, abruti ! '''Pitbull''' : C'est la préfecture ! '''Phildar''' : C'est la Suisse. '''Gérard''' : C'est en Suisse, Bucarest. '''Citrouille''' : Ah ouais, mais c'est une ville jumelée. '''Gérard''' : Ah ouais, c'est une ville jumelée, c'est ça. Bon, je pense qu'on va pas s'éterniser trop sur cette question-là. '''Phildar''' : Justement, si, il y a un mec qui veut répondre à cette question, c'est Saka Merde ! Il dit qu'il va faire comme Clinton : il va sauter sa secrétaire. '''Gérard''' : C'est bien, il fait ce qu'il veut ! Chacun fait ce qu'il veut de son cul. '''Jean Cotivier''' : Juste pour dire que l'Allemagne c'est quand même la plus belle ville fleurie c'est tout. '''Pitbull''' : Le secrétaire allemand démangeait de la bière et puis il buvait des patates ! '''Gérard''' : Avec Strasbourg derrière. '''Pitbull''' : Je voulais dire que la secrétaire allemande, elle mangeait de la bière et elle buvait des patates. '''Gérard''' : Tu te calmes un petit peu toi ! '''Citrouille''' : Mais ta question c'est quoi ? '''Gérard''' : Ma question, je vais vous la poser, parce que c'était pas du tout prévu dans ce truc-là. '''Reego''' : Il y a une question avant sur IRC, une question de Turpentine qui te demande : « Gérard, où est-ce qu'on peut apprendre à voter ? '''Gérard''' : Où on peut apprendre à voter, il n'y a pas besoin d'apprendre ! '''Citrouille''' : Dans les chiottes de la Loco. '''Gérard''' : Non, pas du tout, alors toi, tu vas commencer par fermer ton clapet ! Parce que tu vas virer toi ! '''Casse-couille''' : Tu as déjà voté, Gérard ? '''Tégon''' : Tu commences à être vulgaire encore toi ! '''Pitbull''' : Moi je fais une dedifun à Elisabeth Guigou si elle nous écoute ! '''Gérard''' : Alors toi, Jean Gauthier ou Pitbull, vous allez vous calmer parce que vous allez rejerber ! Je pense que je vous avais dit de ne pas revenir, vous êtes revenus sous d'autres noms ! ''[à Manu qui dit non]'' : Non, à peine ! '''Jean Cotivier''' : Gérard, il a décidé de s'arrêter de voter le jour où Krasniki il a décidé d'arrêter la politique. '''Gérard''' : Et ta connerie, elle a arrêté de voter quand toi ? Bon alors. Vous avez entendu parler des grèves en ce moment ? Je pense que vous en avez tous ras le bol. '''Pitbull''' : Ah bon, il y a des grèves ? '''Citrouille''' : Il y a des grèves ? '''Gérard''' : Oui, il y a des grèves. Il y a des grèves encore. '''Citrouille''' : Où ça ? '''Casse-couille''' : Bah, la grève du cœur ! '''Gérard''' : Non, il n'y a pas des grèves. Ça c'est la greffe, abruti ! '''Téton''' : Les routiers sont en grève. '''Citrouille''' : Les routiers, c'est des fénéants ! '''Gérard''' : Oh ta gueule toi ! Là, comme ça t'es tranquille toi ! Au moins je vais t'avoir répondu tout de suite toi ! '''Jean Cotivier''' : Il y a la grève des porcs là, des trucs de porcs en ce moment ! '''Gérard''' : Ouais, il y a ça. '''Manu''' : Demain il y a la RATP je crois. Demain... '''Gérard''', ''[hurle]'' : Ah s'il vous plaît ! Vous fermez vos gueules quand je parle ! Merci. '''Jean Cotivier''' : C'est la grève des porcs, c'est-à-dire que ta femme elle est en grève en ce moment ? '''Gérard''' : Qui c'est qu'il vient de dire ça ? '''Pitbull''', ''[dans l'hilarité générale]'' : 130 kilos de Sandy là ! '''Gérard''' : Alors tu me vires... '''Manu''' : Je ne sais pas qui c'est. '''Phildar''' : Tu gères Manu, parce que là on n'en a ras le bol ! '''Manu''' : Je sais, je sais, je vais essayer. '''Phildar''' : C'est impossible de faire un débat potable ! '''Jean-Cotivier''' : Moi je me casse, salut ! ''[il raccroche]''. '''Phildar''' : Au revoir. '''Manu''' : C'est un con, ce mec. '''Gérard''' : C'est qui ? '''Manu''' : C'est Jean Cotivier. '''Reego''' : Gérard, pour revenir sur le débat, sur IRC on me demande si un bulletin blanc est réutilisable ? '''Gérard''' : Non ! Non, un bulletin blanc ne peut... un bulletin blanc de toute manière ne servira à rien parce que c'est un bulletin où il n'y a rien d'.écrit. C'est simplement une enveloppe blanche qui ne peut pas être réutilisable. Au deuxième tour peut-être, si. Parce que si la personne veut re-voter blanc, elle re-vote blanc ! '''Phildar''' : Mais est-ce qu'ils gardent le même... est-ce qu'ils gardent le même ticket ou... ? '''Gérard''' : Non non non ! '''Téton''' : Bah si, on peut réécrire dessus ! '''Pitbull''' : Mais c'est une technique exécrable ! '''Citrouille''' : Moi je trouve ça lamentable ! '''Gérard''' : Non mais moi je peux vous dire une chose : les papiers, une fois qu'ils ont servi, sont détruits ou même brûlés ! '''Citrouille''' : Mais c'est n'importe quoi ! '''Gérard''' : Non mais attends, je sais ce que je parle ! '''Citrouille''' : Mais ils en font du PQ après ! '''Gérard''' : Mais oui, c'est ça ! '''Phildar''' : Non parce que je suis désolé, parce que les billets ce n'est pas combustib ! '''Gérard''' : Non non mais attends ! Si tu parles du prix comme Gainsbourg, qui a brûlé 500 balles en direct à la télé, fais-moi confiance qu'il faut complètement être starbé ! Donc alors, moi je peux vous dire qu'en ce moment... Non non, vas-y. '''Reego''' : Alors oui, bon, vite fait : il y a Turpentine qui te demande si tu as déjà voté par procuration ? '''Gérard''' : Justement, c'est la question ! On allait en venir. '''Manu''' : On accueille Vaseline à la place de Cotivier. '''Gérard''' : Alors donc, on était sur les grèves. Vous en avez entendu parler. Je pense qu'il y en a pas mal d'entre vous... je crois qui sont encore étudiants, je pense. '''Phildar''' : J'ai une question de Pitbull : « Gérard, est-ce que c'est vrai que les électeurs, pour voter, doivent glisser leurs enveloppes dans ton urne à caca ? ». '''Gérard''' : Alors là, tu peux dire à ce petit con... c'est qui ? '''Phildar''' : C'est Pitbull. '''Gérard''' : Non, mais il est là. '''Phildar''' : Non mais il n'y en a pas qu'un Pitbull en France ! '''Gérard''' : Non mais je vais te dire que celui-là, je l'emmerde sur Minitel, d'accord ? Phildar, je t'ai prévenu de ne pas me couper sur des questions con Minitel ! ok ? Au lieu de te marrer parce que tout à l'heure je vais me lever et tu vas te foutre une gaufre ! ''[Reego rit, Phildar soutit, Gérard pointe le siège devant le standard]'' : De toute manière, au deuxième débat, c'est plà ta place ! '''Manu''', ''[espièglemnt ravi, danse]'' : Ouais, je fais la réa ! YES ! '''Gérard''' : Eh tu calmes tes nerfs, Manu ! '''Manu''', ''[histérique]'' : Non mais c'est bon, c'est bon. Tu calmes tes nerfs, Manu, mais t'éteins ton micro, merci. '''Gérard''' : Et t'éteins ton micro, merci. Alors donc, je pense que certains d'entre vous sont encore étudiants dans tout ce qu'il nous reste. Saucisson à l'ail, donc t'es encore étudiante toi ? '''Saucisson à l'ail''' : Non, pas du tout. '''Casse-couille''' : Oui, moi je fais des études en sorcellerie et j'ai pris option en chaudronnerie. '''Gérard''' : N'importe quoi ! Citrouille ? '''Citrouille''' : Non, moi je ne suis pas étudiante, je ne suis pas une fénéante. '''Gérard''' : D'accord. Téton ? '''Téton''' : Ouais, moi je suis étudiante. '''Gérard''' : Pitbull ? '''Pitbull''' : Moi je suis à l'ENA, le clodo ! '''Gérard''' : Bon toi, tu vas te calmer parce que tout à l'heure tu vas virer ! Hein, Tony ? Hein, Tony ? '''Casse-couille''' : De quoi tu parles là, Gérard ? Tony il est parti depuis tout à l'heure. '''Gérard''' : Vaseline, donc toi ? '''Vaseline''' : Bah moi je suis dans la vie rétroactive. '''Gérard''' : Non, mais est-ce que t'es étudiant ou pas ? '''Vaseline''' : Bah non, je suis dans la vie rétroactive. '''Phildar''' : T'es dans un tube aussi ! '''Vaseline''' : Bah, en tube ou en comprimé. '''Gérard''' : Non, mais je pense que pour ceux qui sont étudiants, je pense que pour vous les grèves, vous en avez ras le bol aussi vous ! Je pense que vous voudriez bien que ça se termine et qu'ils trouvent un moyen pour que ça cesse, le nombre d'élèves dans les classes. '''Téton''' : Ah bah tu m'étonnes, on a envie de bosser nous ! '''Phildar''' : En plus ils peuvent même pas aller faire la grève parce qu'il y a les grèves des métros. '''Gérard''' : Non non non ! '''Manu''' : Si, demain ? '''Gérard''' : Non ! '''Manu''' : Je te jure que si. '''Gérard''' : Moi je te dis que non ! Alors là, tu te mets bien profond dans le cul toi ! ''[Reego est outré. Gérard enchaîne]''. Donc je peux vous dire que ça, ça faudrait que ça cesse, et que l'autre là, celui qui s'occupe de ça, des étudiants, fasse ce qu'il a promis. Parce que ça commnece à devenir chiant pour vous, vous pouvez pas suivre vos études. ''[applaudissements de Manu]''. Voilà, bravo. On va pas s'éterniser sur cette question, c'est un petit point que je voulais faire parce que Max il en a parlé. Donc on a fait le tour à peu près de la question. Donc maintenant je voulais vous demander : est-ce qu'il y en a parmi vous qui ont déjà voté par correspondance ? '''Reego''' : Ouais, moi ! '''Gérard''' : Non, mais parmi les auditeurs ! '''Vaseline''' : Ah non, moi j'étais abonné à J'aime lire, c'est tout. '''Gérard''' : Non mais attends, toi tu vas répondre correctement à la question parce que sinon tu vas gerber très vite maintenant ! Parce que je veux pas me laisser emmerder dans les douze dernières minutes qui nous restent du débat, je vous préviens d'entrée ! Alors Vaseline. '''Vaseline''' : Par correspondance... tu peux préciser un petit peu ce que tu veux dire ? C'est-à-dire que t'envoies ton bulletin de vote à de la famille et ils votent pour toi ? '''Gérard''' : Non non non, par correspondance ! Par exemple, si tu pars en vacances au moment des élections, tu peux demander à quelqu'un de ta famille de voter pour toi en laissant ta carte d'identité, c'est ça la correspondance. '''Citrouille''' : S'ils étaient moins cons, ils feraient pas des élections pendant les vacances ! '''Gérard''' : Non mais regarde, quand il y a des ponts, par exemple comme au mois de mai, comme ça s'est passé là...... '''Phildar ''' : On parle pas du Pont de l'Alma ! '''Gérard''' : au mois de mai, abruti ! '''Phildar''' : Non mais on parle pas du pont de l'Alma ! C'était pas au mois de mai, c'était au mois d'août en plus. '''Téton''' : Gérard, c'est quoi une procuration ? '''Gérard''' : Une procuration, c'est que tu donnes l'autorisation par exemple à quelqu'un de ta famille pour aller voter pour toi. '''Téton''' : Et comment on fait pour donner l'autorisation ? '''Gérard''' : Tu t'adresses au commissariat de police le plus proche de chez toi, ou tu vas même à la mairie et tu leur demandes. Tu dis : « Voilà, je suis pas là pendant le temps des élections, est-ce que je peux donner l'autorisation à mes parents ? ». '''Téton''' : Donc en fait si toi tu vas pas voter, je peux me pointer à ta mairie et dire : « Voilà, je viens de la part de Gérard et je vais voter pour lui » ? '''Gérard''' : Non, mais à une condition que moi je signe ! Parce qu'il faut que la personne intéressée signe aussi. '''Phildar''' : Mais comment peux-tu être sûr que la personne va voter ce que tu veux ? '''Gérard''' : Ah non, mais ça c'est sûr ça là-dessus, je suis d'accord avec toi ! Mais ça c'est... faut voir avec quelqu'un de ta famille. Tu peux très bien dire à la personne de ta famille : « Tu mets rien dans l'enveloppe, basta ». '''Phildar''' : Ouais, mais je croyais que c'était personnel, que t'avais le droit de le dire à personne. '''Gérard''' : Ouais, mais si tu veux voter blanc, tu votes blanc c'est tout ! '''Pitbull''' : Gérard, il fait caca partout mais il vote écologiste ! '''Gérard''' : Ouais, moi je t'emmerde toi ! '''Reego''' : Sur IRC il y a Pingouin qui te demande s'il faut un isoloir pour voter par correspondance ? '''Gérard''' : Non, pas spécialement. '''Reego''' : Et est-ce qu'il faut un abonnement ? '''Gérard''' : Non plus ! '''Reego''' : Est-ce qu'on peut voter dans le noir ? '''Gérard''' : En principe, quand tu tires le rideau, bien sûr tu peux voter dans le noir ! '''Pitbull''' : Normalement t'es une voiture, moi je regarde l'émission tous les soirs ! '''Gérard''' : Non mais tais-toi toi ! Ça me fera des vacances quand... '''Reego''' : Et il y a Le Chiant aussi qui te demande si on peut continuer à voter quand le vote est fini ? '''Gérard''' : Non je pense pas, une fois que c'est terminé à partir de 8h... à partir de 20h, ils peuvent plus voter. '''Reego''' : Mais alors pourquoi les résultats ils arrivent après 8h ? '''Gérard''' : Parce que le temps... il y a le dépouillement déjà à 8h ! S'il vous plaît, vous me laissez parler, je réponds à Reego ! Donc déjà à 8h ils commencent déjà à faire un sondage, BBVA, pour te dire à peu près le nombre... ''[rires moqueurs du studio]''. si ça s'appelle comme ça. '''Phildar''' : Il y a le BBVB aussi. '''Gérard''' : Non, BBVA et IFOPS. Donc ils commencent déjà à te donner un point de vue sur le nombre de personnes qui ont voté, le nombre d'abstentions... '''Téton''' : Quand tu parles de dépouillage, ça veut dire qu'en fait ils se bourrent la gueule juste avant quoi ? '''Gérard''' : Non mais attends, c'est qui là qui parle ? C'est qui qui vient de poser là ? C'est Téton ? '''Téton''' : Ouais c'est moi, ouais. '''Gérard''' : Non mais je crois que la question sur le dépouillage, il y a longtemps qu'elle a été posée ! Je vois pas ce que tu la ramènes. '''Téton''' : Attends je réponds ! Je suis en train de te poser une question qui a tout à fait rapport avec ce que tu viens de dire : parce qu'on dit que les résultats sont après 8h et pendant ce temps-là ils font le dépouillage. Le dépouillage c'est quoi ? C'est se bourrer la gueule avant ? '''Gérard''' : Mais non ! C'est de retirer les papiers qui sont dans les enveloppes ! '''Téton''' : Voilà, tu vois que t'es capable de répondre quand tu veux ! '''Gérard''' : Il y a longtemps que j'avais répondu déjà, fallait te réveiller un peu. '''Reego''' : À ce sujet Gérard, il y a Turpentine qui me demande si c'est des facteurs qui dépouillent les enveloppes ? '''Gérard''' : Non, c'est des gens comme nous. '''Pitbull''' : Des toxicomanes ? '''Gérard''' : Non non, ça peut être des gens comme nous. '''Manu''' : Pas comme toi quand même ? '''Gérard''' : Moi si, je l'ai déjà fait ! '''Phildar''' : Ah oui, il s'est déjà dépouillé ! '''Citrouille''' : Tu l'as fait ? Ça m'étonne pas que la droite est passée ! '''Gérard''' : Doit-on parler de politique en cours ? Ça va concerner ceux qui font... '''Citrouille''' : En cours de quoi ? '''Gérard''' : En cours quand t'es à l'école ! '''Reego''' : Quand tu cours ? '''Gérard''' : En cou-reuh ! '''Citrouille''' : Quand on fait du jogging ? ''[prononcé avec le « ing » à la française]''. '''Gérard''', ''[distrait, tournant le regad]'' : Non non non... C'est toi qui me parles en même temps, je croyais que c'était l'autre dindon là-bas ! Donc, Saucisson à l'ail ? '''Saucisson à l'ail''' : Bah écoute, moi ça fait longtemps que je suis plus à l'école. '''Gérard''' : Parle un peu plus fort ! '''Saucisson à l'ail''' : Je dis, ça fait longtemps que je suis plus allée à l'école, donc je peux pas vraiment répondre. Mais je pense que de toute façon c'est interdit. Tu te fais engueuler à partir du moment où tu parles de politique. '''Gérard''' : Non, mais t'en as beaucoup qui essayent d'en parler. '''Saucisson à l'ail''' : Oui, qui essayent, mais enfin ils se font vite... vite casser en général. '''Gérard''' : Ouais, mais dans les lycées je pense que s'ils sont pas pronds ils peuvent en discuter entre eux. '''Saucisson à l'ail''' : Ah ouais, non mais là y'a pas de problème, c'est sûr. Ok. Casse-couille ? '''Casse-couille''' : Ouais non, en cours non, on parle pas de politique. À part des fois d'Elisabeth Guigou mais sinon... '''Gérard''' : Bon alors Casse-couille là, tu te casses ! Comme ça tu me les casseras plus. Allez, c'est terminé pour lui ! Ça commence à me les gonfler qu'on arrête pas de parler d'elle, alors ce coup-là terminé ! Citrouille ? '''Citrouille''' : Ouais, alors moi une fois y'a un prof qu'en a parlé. Il a pas le droit ! ''[fièrement]'' : J'ai porté plainte et le mec il est radié de l'Éducation Nationale. '''Gérard''' : Non mais attends, parce que souvent... ah attendez s'il vous plaît ! Je vais répondre quand même à Citrouille. Souvent t'as des profs qui en parlent pour dire à peu près ce qu'ils en pensent. C'est sûr que normalement ils ont pas le droit. '''Citrouille''' : Ils ont pas le droit ! '''Gérard''' : C'est pour essayer de machiner un peu l'atmosphère, mais je pense que c'est sûr... '''Citrouille''' : Ils ont pas le droit. '''Gérard''' : Mais oui, je sais ! Donc, Téton ? '''Téton''' : Non, ils ont pas le droit d'en parler, c'est interdit par la loi. '''Gérard''' : D'accord. Pitbull ? '''Pitbull''' : Bah moi j'échangerais jamais un cours de politique contre le cours de bio, la reproduction des molusques en Antarctique ! '''Gérard''' : Ouais, c'est ça, t'as raison toi. '''Manu''' : Gérard, excuse-moi, à la place de Casse-couille on accueille Pèute-berne. '''Gérard''' : Salut Pète-burnes. '''Pète-burnes''' : Vas-y Gérard, je crois que tu peux parler maintenant. '''Gérard''' : Donc je te répète la question comme t'étais au standard : donc doit-on parler de... de politique en cours ? Donc... donc pour toi ? '''Pète-burnes''' : Bah je pense que les élèves, quand ils sont en cours, ils ont d'autres trucs à faire. '''Gérard''' : Bah oui ! Mais est-ce qu'on a le droit d'en parler ? Tu me diras, surtout qu'en ce moment il y a certains problèmes, on en a discuté tout à l'heure sur les histoires des grèves qui commencent à nous prendre la tête, on en a ras le bol. Pour les étudiants, ils en ont marre aussi ! '''Citrouille''' : C'est des fénéants ! '''Gérard''' : Mais ouais ! Mais c'est des fénéants... Non, c'est pas des fénéants ! C'est les profs qui sont des fénéants parce qu'ils veulent pas... $*'''Citrouille''' : Comme les routiers, c'est des fénéants ! '''Gérard''' : Oh ta gueule toi ! '''Téton''' : C'est des alcooliques ! '''Gérard''' : Bon alors toi Citrouille, tu dégages ! '''Citrouille''' : C'est pas moi ! '''Pitbull''' : Non, mais t'es pas visé quand on dit alcoolique. '''Gérard''' : Non mais Téton, pour toi ? Donc toi ? Oh, vous vous réveillez là ! Vous répondez aux questions ! '''Téton''' : Mais je t'entends pas Gérard ! '''Gérard''' : Alors peut-on... doit-on parler de politique en cours ? Allo ? ''[silennce. Gérard jette un briquet sur Phildar et se précipite vers lui]''. Tu te fous de ma gueule ou quoi toi là ? '''Phildar''' : Bah j'ai rien fait ! '''Gérard''' : Non, tu me coupes les auditeurs ! Donc Téton ? '''Téton''' : Ouais bah, je t'ai répondu il y a deux minutes Gérard ! '''Gérard''' : Donc Pitbull ? '''Pitbull''' : Bah moi aussi. '''Gérard''' : Ok. Vaseline ? '''Vaseline''' : Ouais bah, doit-on en parler en cours ? Moi je dis, si les filles elles se mettent des doigts dans les cours, ça le fait pas. '''Gérard''' : Bon d'accord, je vois pas du tout le rapport. '''Vaseline''' : Bah « doit-on », tu dis « doit-on » ! Bah si elles se touchent, c'est pas bien. '''Gérard''' : Bon, alors les sondages avant de faire la conclusion. Je vais donner les... '''Phildar''' : un petit sondage rapide, ouais. '''Gérard''' : Les deux derniers sondages qu'on a. Donc à la question : « La politique est-elle bien faite en France ? ». Il y a 60% des gens qui disent qu'elle est bonne avec des des seins énormes. Ça, je vois pas... ça c'est bien signé Olivier de la Production pour me sortir des conneries comme ça ! 40% des gens qui disent que la maquette on voit des traces de colle. Donc ça, je vois pas du tout le rapport avec la politique, Olivier de la Pro. Après question... à la question : « Votez-vous... ». ''[Olivier rentre dans le studio, boudant]''. Non non, t'as rien fait ! Tu me prends pour un con toi ? Tu me prends pour un con, non ? '''Phildar''' : Termine Gérard, termine. '''Gérard''' : Donc à la question : « Votez-vous souvent ? ». Donc il y a 40% des gens qui disent qu'ils votent... qu'ils rotaient seulement après avoir bu du Coca. Donc je vois pas du tout, c'est bien lui. 36% des gens qui ont dit qu'ils votaient plus de 6 fois par jour, donc je vois pas du tout le rapport non plus. Et 30% des gens qui ont dit qu'ils ne votaient jamais car Gérard ne s'est jamais présenté aux élections. Et je me présenterai jamais ! '''Reego''' : Une petite question vite fait sur IRC : il y a Orki qui te demande : « Qu'est-ce qu'on gagne quand notre bulletin est tiré au sort en fait ? ». '''Gérard''' : Non mais attends ! Je vois pas du tout... son bulletin au sort ? C'est dans les jeux, donc ça je m'en fous, c'est pas dans la politique ! '''Pitbull''' : Une Twingo ! '''Gérard''' : Ouais, une Twingo ! Une Kangoo, tiens ! Ouais, pourquoi pas s'il veut. Donc on va faire la conclusion du débat. Donc il est 57. Donc Saucisson à l'ail ? '''Saucisson à l'ail''' : Bah écoute, laisse passer les autres, après je répondrai. '''Gérard''' : Bon, ok. Vaseline ? '''Vaseline''' : Ouais bah, je sais pas... je voulais te féliciter pour la manière dont t'as présenté la dualité indicible de la phénoménologie intrinsèque du problème. Et puis bravo pour ton débat. '''Gérard''' : Bon allez, ça commence à devenir llourd... Ta conclusion c'était ça pour me dire ? Pitbull ? '''Pitbull''' : Ouais ouais, c'est moi ! Alors... donc moi je fais toujours ma dédicace à Elisabeth Guigou si tu m'écoutes ! '''Gérard''' : Alors allez hop, c'est bien, tu peux rentrer chez toi maintenant, ta conclusion est faite ! Téton ? '''Téton''' : Bah moi je dirais que la politique c'est comme toi, Gérard : c'est catastrophique quand on en parle. '''Gérard''' : Et bah c'est bien ! Si c'est pour ça que t'as voulu participer au débat, c'est bien. '''Téton''' : Bah ouais, je fais ce que je veux, je suis assez grande ! '''Gérard''' : Bah de toute manière tu fais ce que tu veux, moi aussi je fais ce que je veux. Je suis majeur et vacciné ! J'ai pas besoin de... '''Téton''' : QU'est-ce tu m'embrouilles, pourquoi tu me parles d'abord ? '''Gérard''' : Bon bah alors je te demande la conclusion, donc tu réponds et c'est tout ! '''Téton''' : Eh bah donc la conclusion : c'est la politique, c'est comme toi, c'est catastrophique quand on en parle. Point barre. '''Gérard''' : Eh bah alors ok, bah salut ! Citrouille ? '''Citrouille''' : Je dis : les politiciens c'est comme les routiers, c'est des poivrots. '''Gérard''' : D'accord. Eh bah alors c'est sympa ! C'est bien parce qu'il y en a beaucoup qui ont entendu ce que tu viens de dire. Pète-burnes ? Pète-burnes ? Pet Burne ? '''Pète-burnes''' : Ouais. Moi je dois dire que t'as souvent trouvé qu'il y avait des questions qui avaient pas de rapport, mais faut être indulgent avec ceux qui disent des trucs qui ont pas de rapport, parce que toi tes questions... bon, elles ont pas trop de rapport entre elles aussi donc... '''Gérard''' : Non mais attends ! Mais dans ces cas-là t'avais qu'à écouter dès le début, t'aurais peut-être pu comprendre plus ! Ouais bah, dans ces cas-là t'avais qu'à comprendre les questions qu'on a posées ! Parce que je trouve que on a fait quand même largement le tour de tout ce qui se passe en France ! '''Pète-burnes''' : Ouais mais t'as quand même parlé des extraterrestres ! Bon... '''Gérard''' : Non non non ! Justement ça a pas été fait, je suis désolé. La question elle a pas été faite, on a passé sur le truc. '''Pète-burnes''' : Ouais, mais tu l'as citée quand même ! '''Gérard''' : Ouais, non non ! Mais on l'a pas faite. Donc nuance ! Faut pas confondre entre citer et l'avoir fait, ok ? Euh oui. '''Reego''' : Oui, donc une conclusion IRC de Daube : « Avant de voter, mettez une capote, c'est important contre le cancer du SIDA, surtout si vous êtes homosexuel ». '''Gérard''' : Non mais ça c'est... c'est même pas une question que je vais faire dans les maladies tout à l'heure après les deux disques. Saucisson à l'ail, pour terminer la conclusion ? '''Saucisson à l'ail''' : Bah écoute, j'ai pas trouvé que c'était un débat très intéressant parce que vu les conneries que tout le monde faisait, c'était pas génial. '''Gérard''' : Ouais non mais d'accord, bah c'est ça de toute manière ! Je m'en doutais un peu de toute manière que ça allait foirer un tout petit peu. '''Phildar''' : Non, c'était bien, c'était bien ! '''Gérard''' : Ouais ouais. Non non mais quand j'ai un abruti de cave qui me fait que des conneries, hein Phildar ? ''[Manu chantonne : je vais faire la réa, je vais faire la réa]''. Donc moi je peux vous dire une chose : que c'est dommage qu'on n'a pas trop de temps pour continuer parce qu'on a... '''Phildar''' : C'est vrai que t'as tellement de trucs à dire sur la politique. '''Gérard''' : On est tellement pris par le temps. Donc moi je peux vous dire une chose : c'est qu'à l'heure actuelle, c'est vrai... '''Max''' : Ce qui est bien en même temps, excuse-moi c'est Max, c'est que tu disais au début que tu voulais pas faire un débat, et en même temps ta conclusion c'est « dommage qu'on n'ait pas eu assez de temps d'en parler plus longtemps ». Tu voudrais parler plus longtemps d'un débat que tu ne veux pas faire ? C'est bien. '''Gérard''' : Non parce qu'il y a certaines questions qu'on aurait pu plus approfondir, c'est-à-dire sur les grèves. '''Max''' : Il devrait y avoir la suite dans les mois à venir. '''Gérard''' : Ouais bah ça on verra ! On attendra le sondage du premier ! '''Phildar''' : On attend de voir si Bill Clinton est encore président ! '''Gérard''' : Toi, écrase ! Donc la conclusion : c'est vrai qu'en ce moment on a parlé pas mal de grèves, et ça c'est vrai que c'est chiant pour tout le monde les grèves, ce qui se passe à l'heure actuelle. Donc maintenant c'est au gouvernement de s'en prendre après, ils font ce qu'ils veulent, ils nous emmerdent pas avec leur connerie et ils font ce qu'ils peuvent. Ok voilà. ''[applaudissements enthousiastes de tout le studio]''. Donc on va se quitter. Et on va se quitter pour... '''Max''' : Pour mieux se retrouver tout à l'heure ! '''Gérard''' : Pour mieux se retrouver tout à l'heure sur les maladies. Donc on va se quitter avec Marie-Josée Perrec avec Les cafards, c'est meilleur chez soi*. Et vous pouvez nous appeler toujours au 0803 08 5000. Toujours 36 15 code Fun Radio, rubrique direct. Et l'IRC, on était combien ? '''Reego''' : On est actuellement 1428,6. '''Gérard''' : C'est bien. On continue. On continue. Allez, à tout de suite ! ''[Musique]''. == Le débat sur les maladies == === Contexte === Le premier débat a mis en place quelque chose de clé dans les esprits de l'équipe : Gérard est désormais persuadé, on ne sait comment, que la fréquentation de l'IRC représente son audience. Cette idée donne à Reego un rôle encore plus régulateur et accentue un outil de pression sur Gérard, dont l'équipe va pouvoir largement abuser. Mais bien sûr, cette pression aura des conséquences, et ce second débat le montre. Gérard devient hypernerveux, sensible aux chiffres, et peut aller jusqu'au dérapage. C'est ce qui nous offrira ce débat, envers Phildar, qui devient désormais clairement le fusible permanent. Toujours surréaliste dans le contenu, ce débat deviendra un peu plus décousu du fait des interventions de Phildar et de l'équipe, poussant l'animateur à littéralement mener un combat physique avec Phildar, échauffé par le précédent débat où Gérard avait fait porter à Phildar quelques responsabilités de problèmes techniques qui étaient surtout des sketchs. Sans gravité, vu le peu de moyens de l'animateur, l'épisode n'en reste pas moins un moment marquant de l'année. D'autant plus drôle, malgré tout, que Manu déclenche, par des bruits, soutenus parfois par sa copine en tant qu'auditrice (Laura), la furie de l'animateur, que Reego entretient, sans que Gérard n'interroge la cohérence entre son bouc-émissaire et la situation initiale. Le schéma devient très clair : Reego jouit d'une immunité, quoiqu'il dise, Phildar d'un statut de paratonnerre, et Manu est un électron libre. Parmi les skecths, pour la première fois et ceci deviendra récurrent, les auditeurs choisissent des psuedonymes afin que, en les citant, gérard prononce des mots précis. Cela sera un facteur comique indéniable. === Les personnages === * Franck Bargine : Max * Gérard Cousin : Gérard * Sandy Threadkell : Cirrhose * Phildar et Manu * Igor : Reego * Laura : Oui-bonsoir, Pâté de foie * Mégane : S'il-te-plaît (stp), Soutif * Tony Morestin : Je-sens-pas-bon, Viagra, Syphilis et Jean-Louis, MST, Petit Kyste * Goldo : Javal, Supo * Arnet : Pot de chambre, Cuvette * Olivier Bouchet : Olivier de la pro === Transcription === '''Gérard''' : C'était Marie-Josée Pérec avec les cafards C'est Meilleur Chez Soi*. Donc, vous pouvez toujours nous appeler au 0803 08 5000 / 0800 70 5000. Toujours 36 15, code Fun Radio, rubrique direct et sur l'internet... Reego qui y est toujours. Donc, www.frfunradio je sais plus quoi... '''Reego''' : Slash Fun Radio. '''Gérard''' : Ouais, slash Fun Radio. On était 1400, je sais plus combien. '''Reego''' : On a dépassé, on arrive à 1584,1. ''[applaudissements et ovations du studio]''. '''Gérard''', ''[fier]'' : Combien ? J'ai cru mal entendre, là. '''Reego''' : 1584,1. '''Gérard''' : Ah d'accord, c'est pas mal ! Alors, on va accueillir Pot-de-chambe, 21 ans, de Montluçon. On écoute Fun Radio sur 92.1. Bonsoir. Javal, 24 ans, de Brest, 103.2. Cirrhose, du foie... 20 ans, Paris, 101.9. Bonsoir. Je-sens-pas-bon, je sais pas ce que c'est encore. '''Phildar''', ''[pendant que Gérard crie oh oh à Manu, en mode non]'' : C'est quand, le matin, tu t'habilles et que tu sors directement. '''Gérard''' : Hé, à 2h du matin, il est pas encore couché, lui, là ? '''Phildar''' : Il a quel âge ? '''Gérard''' : 12 ans. '''Je-sens-pas-bon''', ''[voix de tête]'' : Salut, salut. '''Gérard''' : Non, non, ça va pas, non ? '''Je-sens-pas-bon''' : Ouais bah, j'ai le droit quand même. J'ai pas cours, je suis en vacances. '''Reego''' : C'est les vacances, Gérard. C'est les vacances, on peut ! '''Gérard''' : On écoute Fun Radio Gap, 90.7. S'il-te-plaît, 22 ans, de Dieppe, on écoute Fun Radio, 100.1. Salut. Répondez bien quand je parle, hein, surtout. Dites pas bonsoir quand on vous parle, hein, surtout. Oui-bonsoir. 17 ans, on écoute Fun Radio... '''Oui-bonsoir''' : J'habite en Belgique. '''Phildar''' : À Bourbon ? '''Oui-bonsoir''' : À Bourlon. '''Gérard''' : À Bourlon, pas Bourbon, abruti. Oh là là... Et on écoute Fun Radio Belgique, 101.9, c'est ça ? Ok. Donc, alors, le débat, c'est sur la maladie. '''Phildar''' : Les maladies. Les petites maladies. '''Gérard''' : Donc, je pense qu'on en avait déjà discuté la semaine dernière, qu'on allait faire ce débat-là. Alors, on va poser la question : la grippe s'attrape-t-elle sur le menton ? On va demander ça... Tiens ben, à Oui... de Bourlon. '''Oui-bonsoir''' : Tu peux répéter, s'il te plaît ? '''Gérard''' : Oh non, ouais... Ça va pas commencer, hein ! '''Oui-bonsoir''' : J'ai pas entendu... J'ai pas entendu la fin de ta putain de question. '''Gérard''' : Ma putain de question ? Elle t'emmerde. Si t'es pas contente, ma petite, tu vas faire non, Tu vas aller au standard, tu vas pas me prendre la tête là-dessus. Alors, la grippe s'attrape-t-elle sur le menton ? '''Oui-bonsoir''' : Bah moi, je trouve que la grippe s'attrape partout. J'en ai attrapé sur la pointe du pied, ça me fait franchement mal. '''Gérard''' : D'accord. Ok. S'il te plaît ? '''Phildar''' : Bah, t'es poli, ce soir. '''Stp''' : Dans le métro. '''Gérard''' : D'accord. Je pense que vous êtes vachement bien réveillés pour le deuxième débat, ça fait peur. Merci pour le Larsen. '''Stp''' : Dans le TGV aussi. '''Gérard''' : Alors, je-sens-pas-bon ? '''Je-sens-pas-bon''' : J'ai pas de grave maladie. Mais bon, je suis jeune, mais je suis déjà dépressif quand même. Mais la grippe, je sais pas. '''Gérard''' : La grippe s'attrape-t-elle sur le menton ? C'est la question. C'est pas une autre question que je te pose. '''Je-sens-pas-bon''' : Bah moi, les maladies, on m'a pas encore pu... expliquer encore. Moi, j'ai rien eu au menton. J'ai une fossette. '''Gérard''' : Non mais attends, à 12 ans, t'as pas eu de maladie ? Tu me prends pour un con, là ? '''Je-sens-pas-bon''' : Ouais, j'ai eu la coqueluche, mais c'est tout, quoi. '''Gérard''' : Ouais, la coqueluche. T'as pas un petit problème de voix, là ? '''Je-sens-pas-bon''' : Si, si, un petit peu, ouais. '''Phildar''' : Il a pas encore muté, c'est pour ça. '''Gérard''' : Bah ouais, à 12 ans, dis donc, ça fait bien. Cirrhose, du foie ? '''Cirrhose''' : Bah écoute, je pense que la... la grippe peut s'attraper aussi sur le menton, parce que tu peux avoir aussi des boutons sur le menton. '''Gérard''' : Ouais, mais de toute manière, la grippe... elle peut s'attraper sur les... '''Cirrhose''' : La grippe peut s'attraper partout... '''Gérard''' : sur les parties les plus sensibles du corps, c'est-à-dire celles du milieu. '''Je-sens-pas-bon''' : Ca chatte, la chatte ! '''Gérard''' : Hey, gamin, là, tu vas te calmer, parce que tout à l'heure, tu ves aller voir Phildar au standard. '''Je-sens-pas-bon''' : Excuse-moi, papa. '''Javal''' : Ouais, bah, si tu veux pas choper la grippe sur le menton, tu mets une écharpe, simplement. '''Gérard''' : Ouais, d'accord. Bah, on dirait que ça vous fait peur quand je fais le débat sur la maladie, parce que vous êtes à moitié endormis là-dessus. '''Reego''' : Alors, faut demander à Gérard si on peut soigner l'acné juvénile et si on a des chances, un jour, de trouver un vaccin pour éradiquer cette maladie. '''Gérard''' : Non, mais ça, le problème sur l'acné, on va en parler aussi. '''Reego''' : Est-ce qu'il y a plus de chances... Ça, c'est Orki qui me demande. Enfin, c'est Orki qui me demande... Qui te demande : « Est-ce qu'il y a plus de chances d'attraper des maladies dans les chiottes de la Loco ? » Non... Excuse moi, j'avais pas lu. '''Oui-bonsoir''' : Si Gérard, il y traîne, ouais. '''Gérard''' : Qui c'est qui vient de dire ça ? '''Phildar''' : C'est le petit, mais il est pas au courant. '''Gérard''' : Non, non, non, ça, c'est une voix de nana. Donc, Pot de chambre ? '''Pot de chambre''' : Ouais, bah moi, je pense que, en fait, ça s'attrape par les cheveux. Par les cheveux, peut-être. '''Gérard''' : Par les cheveux ? Ouais, bah, je vois pas du tout le rapport. ''Je-sens-pas-bon ''' : Moi, Gérard... Je voulais dire que j'avais aussi attrapé un truc, là, chez le toubib. C'est la Gérardite aiguë, et je peux forniquer qu'avec des boudins. '''Gérard''' : Ouais, ouais, je sens pas bon. Je sens pas bon. Tu vois ce que tu as fait ? Tu vas aller faire dodo. Au revoir. '''Je-sens-pas-bon''' : Sois tolérant ! '''Gérard''' : Allez, hop ! Bonne nuit pour lui. '''Cirrhose''' : Gérard ? Jaimerais te poser une question : Est-ce que tu crois qu'on peut attraper les maladies par téléphone ? '''Gérard''' : Euh, non, pas spécialement. Pourquoi ? '''Cirrhose''' : Bah, je pense que... Je sais pas. On sait jamais, hein. '''Manu''' : Gérard ? Sur Minitel, il y a... Comment il s'appelle ? Non, je vais pas donner le nom. Il nous dit que t'as une tête d'hémorroïde. '''Phildar''' : C'est quoi, un hémorroïde ? '''Oui-bonsoir''' : C'est beau, un hémorroïde. '''Manu''' : Bah, je sais pas. C'est pour ça que je demande à Gérard. '''Gérard''' : Des hémorroïdes, ça s'attrape aux couilles. '''Cirrhose''' : Non, non, non, c'est dans le derrière. '''Oui-bonsoir''' : À force de mettre du coton-tige... '''Manu''' : Non mais c'est qu'en fait, Gérard, il a des couilles très proches du derrière, c'est peut-être pour ça. '''Gérard''' : Alors, là, j'en connais... j'en connais... Qui parlent de coton-tige. Si tu continues, je vais pas chercher midi à 14h, je vais en saquer un au hasard. '''Je-sens-pas-bon''' : Dans ton cul ! '''Gérard''' : Alors, oui, tu dégages. '''Phildar''' : Non, non, c'est personne. C'est Je sens pas bon, et je viens de le virer. '''Gérard''' : Non, non, mais lui, tu le vires complètement. Oui, Reego, il y avait une question ? '''Reego''' : Oui, oui, il y en a plein. Il y a Viandox qui te demande si on a des séquelles après une maladie mortelle. '''Gérard''' : Non, ben, je vois pas, parce que si t'es mort, tu peux pas avoir de séquelles. ''[applaudisements et félicitations du studio]''. '''Javal''' : C'est la première fois. '''Gérard''' : Par contre, moi, je peux vous dire une chose, que la grippe, je l'ai jamais attrapée sous le menton, en principe. '''Phildar et Javal''' : Tu l'as attrapée où ? '''Gérard''' : Je l'ai attrapée dans la gorge, c'est tout, à force de gueuler, souvent, t'as plus de voix. '''Javal''' : Non, mais gorge profonde ou pas ? '''Gérard''' : Ben, ça dépend des maladies. '''Javal''' : Toi, je pense que t'es plutôt gorge profonde. '''Pot de chambre''' : Ouais, gorge profonde à fond ! Et bien pleine aussi, quand même. '''Oui-bonsoir''' : Pour embrasser Sandy. '''Gérard''' : Qui c'est qui parle, là, comme ça ? '''Javal''' : Ah, c'est pas drôle. '''Oui-bonsoir''' : C'est oui. '''Gérard''' : Oui, oui. Oui, alors ? Tu disais ? '''Oui-bonsoir''', ''[très surprise]'' : Ah, non, mais attends ! C'est pas moi, j'ai rien dit. '''Gérard''' : S'il te plaît, tu disais ? '''Stp''' : Moi, je disais rien. '''Gérard''' : Ouais, c'est bizarre. Il y a une question, là, sur un sondage, encore.Je me demande si c'est pas encore des petites conneries, ça. '''Reego''' : Non, celui-là, il est officiel, c'est moi qui l'ai récupéré. '''Phildar''' : Bon, excuse-moi, Gérard. À la place de Je sens pas bon, on a Viagra, 27 ans, de Boulogne. '''Viagra''', ''[le nez pincé]'' : Bonsoir. '''Phildar''' : Il est au travail. '''Javal''' : Salut, vieux gras. '''Viagra''' : Donc, moi, je voudrais témoigner de mon expérience... '''Gérard''', ''[rageur, pinçant son nez]'' : Non, mais tu retires... tu retires tes lois de tes narines, je t'entendrai mieux. '''Viagra''' : Non, mais je suis enrhumé, c'est sur les maladies, donc ça tombe très bien. Donc, moi, ce que j'ai fait, c'est que, bon, là, la pilule Viagra vient d'être introduite en France... '''Gérard''' : Non, non, mais attends ! Attends, pour l'instant, tu vois, c'est pas... je suis pas encore arrivé à cette question-là. Alors, tu commences pas à jouer les gros caïds. Alors, maintenant, je vais faire le petit sondage, là, qu'on m'a donné. Donc, alors : Pour ou contre les maladies ? Ça, de toute manière, j'avais jamais... J'en ai marre qu'on mette des « pour ou contre » lors des... sur les... '''Phildar''' : Non, mais c'est important de demander ça aux auditeurs. '''Gérard''' : Ouais, alors, il y a 10% qui ont répondu que la question était trop compliquée. Ben, c'est pas mal, ça, c'est... 60% des gens ont répondu, mais on ne... on ne s'en souvient plus. Et 30% des gens qui sont contre les maladies de l'éléphant qui pue. ''[Phildar éclate de rire]''. Alors ça, Phildar, tu vois, ton sondage comme ça, tu peux te le carrer dans le cul et te torcher avec ! '''Phildar''' : C'est pas moi ! On a fait un sondage sur les auditeurs. '''Gérard''' : Comme là, tu vois, ça, c'est... La dernière question : Avez-vous déjà vu des maladies et si oui, pourquoi ? Tu vois, là, je ne vais même pas y répondre, ça va aller vite fait. Voilà. T'es content ? Alors, l'autre question : la diarrhée s'attrape-t-elle en été ou en hiver ? En hiver ou en été ? On va demander à Viagra. '''Viagra''' : Ben, c'est plus en été, parce qu'il fait chaud, donc on transpire. Donc, parce qu'en fait, en hiver, le caca a tendance à se solidifier. Donc, ça fait qu'on chie des pavés de merde. '''Oui-bonsoir''' : Ben, moi, c'est ni en hiver, ni en été. C'est en automne. '''Phildar''' : Ben, pourquoi ? '''Oui-bonsoir''' : C'est la saison des feuilles. '''Gérard''' : Ah ouais, d'accord. C'est pas mal ! Ah non, non, mais c'est pas mal. Ouais, c'est bien. S'il te plaît ? '''stp''' : Ouais, moi, j'ai la diarrhée quand j'ai la chiasse. '''Gérard''' : La chiasse, c'est quoi ? '''Phildar''' : Gérard, est-ce que tu pourrais... s'il y a une différence... expliquer ? '''Gérard''' : Ben, c'est pareil. C'est de l'eau. Quand t'as la chiasse, tu fais de l'eau, et quand t'as la diarrhée, tu fais de l'eau. C'est-à-dire, quand t'as la diarrhée, tu chies de l'eau, donc c'est pareil. '''stp''' : Tu peux la récupérer pour la boire, alors ? '''Gérard''' : Non, non, je pense pas, parce que c'est dégueulasse. '''Phildar''' : Pourquoi, c'est sans bulles ? '''Viagra''' : Elle recycle tout, l'écologiste ! '''Gérard''' : Euh, c'est plus le thème sur la politique, Viagra. Euh, cirrhose... du foie ? '''Cirrhose''' : Alors, tu peux avoir la diarrhée à tout moment et à toute saison. '''Gérard''' : Voilà, ça c'est... C'est une bonne question, ce que je voulais dire. Mais c'est bien, on me retire les paroles de... on me retire les vers du nez. Javal ? '''Viagra''' : Les vers du cul, c'est la diarrhée ! '''Gérard''' : Ta gueule, toi ! Javal ? '''Javal''' : Ouais, ben écoute, plutôt... plutôt en hiver, parce que moi, la fois que j'ai eu la diarrhée, j'avais chopé une hépatite G et en plein hiver, et j'avais une chiasse... mais l'enfer, quoi ! '''Pot de chambre''' : Ouais, ben moi, je pense que c'est en automne, puisque je l'ai eue il y a deux jours. '''Gérard''' : Non, tu l'as eue il y a deux jours ? Ah ben d'accord. Donc, euh... Tu pourrais préciser ? '''Viagra''' : Prouve-le ! Prouve-le, pète un coup ! '''Gérard''' : Oh, ça y est ! Vous vous calmez, là-derrière, s'il vous plaît. Merci. Moi, je peux vous dire que c'est rare quand j'ai la diarrhée, et ça m'arrive pratiquement jamais. '''Phildar''' : Heureusement, parce que ça serait un sacré bordel chez toi ! '''Gérard''', ''[alors que Phildar rit aux éclats]'' : Alors, euh... Phildar, tu redis encore un mot de travers, je me lève et je te mets ma main dans ta gueule. Ok. Alors, doit-on... Troisième question : Doit-on trouver un vaccin contre le Viagra ? On va demander ça à... Pot de chambre ? ''[Phildar ne cesse pas de rire, micro allumé]''. '''Mot de chambre''' : Ouais, je pense, ouais. '''Oui-bonsoir''' : Oh, là, là, là, là, là ! '''Gérard''', ''[se tournant vers Phildar, tapant sur la table, se lève et fonce vers Phildar, menaçant]'' : T'arrêtes de te marrer ou je t'en colle une, toi ? '''Reego''', ''[paternaliste]'' : Gérard, ton débat... Assieds-toi, fais ton débat. '''Gérard''' : Alors, euh... Pot de chambre ? '''Pot de chambre''' : Ouais, j'ai dit ouais. '''Phildar''' : Dans quel sens ? '''Pot de chambre''' : Ben, je dis oui, que je suis d'accord, quoi. '''Gérard''', ''[se tournant vers Phildar, fou de rage, éteignant son micro en restant assis]'' : Mais putain ! Mais tu vas laisser ton micro éteint ! Tu vas faire ton boulot comme il faut au standard ? Ou tu te casses là ? ''[bruits de pet par la bouche, gloussements par Oui-bonsoir]''. Regarde les connards, là, qui font le bordel. '''Manu''' : tu gères rien, Phildar, c'est une honte ! '''Gérard''', ''[emporté dans une impulsion, les bruits continuent, freppa Phildar sur le bras, sans effet]'' : Putain, mais... TU FAIS CHIER PHILDAR ! '''Phildar''' : Mais quoi ? '''Viagra''' : Mets-lui une droite. '''Manu''' : Ouais, ça y est, ça y est. La droite, elle est partie, ça y est. '''Pot de chambre''' : un coup de tête ! '''Gérard''' : Putain, Phildar, tu vas bosser un peu, là... Parce que ça devient rengaine avec toi, hein. '''Reego''' : Bon, Gérard, en attendant, on a une question sur l'IRC que je trouve intéressante, de Blue Falcon : « Comment attrape-t-on le Viagra ? » '''Phildar''' : Par corresponda ce. ''[Max rentre dans le studio, réprouvant cette réponse par un cri réprobateur]''. '''Manu''' : Moi, je pensais qu'on l'attrapait au lasso mais... '''Viagra''' : Moi, je peux témoigner, c'est Viagra. Donc, moi, ce que j'ai fait, j'ai un peu déconné, quoi, parce que le Viagra est venu en France, c'est que j'ai pris dix pilules d'un coup. Donc, maintenant, à chaque instant, je bande. '''Gérard''' : Non, mais ça... Ça, de toute manière, normalement, la pilule... La pilule contre le Viagra... La pilule... Le truc du Viagra, normalement, c'est prescrit par les médecins, et c'est bien précisé combien qu'il faut en prendre. '''Viagra''' : C'est pas un médecin agréé, donc il m'a prescrit... '''stp''' : N'importe quoi ! '''Gérard''' : Attends, celle qui dit n'importe quoi, tu commences à me casser les couilles, toi. '''Viagra''' : Non, mais c'est vrai, on m'a fait un vaccin, une picouse dans la b... et maintenant, c'est encore pire, parce que c'était de l'adrénalyne. '''Gérard''' : Bon, ça y est, toi, t'auras fait le tour de la question. '''Oui-bonsoir''' : Gérard, c'est quoi, le Viagra ? '''Gérard''' : Le Viagra, c'est une pilule pour ceux qui sont impuissants. '''stp''' : Bah, c'est quoi, impuissants ? '''Oui-bonsoir''' : C'est pas une maladie ? '''Pot de chambre''' : Impuissants ? c'est quelqu'un comme Gérard. '''Gérard''' : Ouais, mais attends ! Moi, je t'emmerde, toi, connard ! '''Cirrhose''' : Hé, Gérard ? Est-ce que tu prends du Viagra, toi ? '''Gérard''' : Non ! '''Phildar et Javal''' : Non, il a déjà du gras à la maison. ''[explosion de rire générale. Gérard se lève vers Phildar et donne des coups sur la table juste à côté de lui.]''. '''Gérard''' : Toi, fais gaffe à ta gueule, toi ! Je ne vais pas te louper, tout à l'heure. Si tu veux saccager le boulot, tu le saccages, mais tu dégages ! '''Oui-bonsoir''' : Ça va chier pour toi, Phildar. '''Gérard''' : Alors, on va demander à... ''[voix d'Elie Semun dans ses petites annonces : Salut, ça va ? Gérard regarde tout le studio, l'air menaçant, fusillant Phildar du regard]''. '''Phildar''' : Oui ? Allô ? ''[Gérard se jette sur lui, et le roue de coups, inefficaces car Phildar se défend et le maîtrise sans peine]''. '''Manu''', ''[entre rire et légère surprise]'' : Gérard, Gérard, Gérard, mais arrêtes ! ''[Phildar est au sol, détroné de sa chaise, mais pas de danger]''. '''Gérard''', ''[frappant désormais avec des cartons, hurlant]'' : tu vas gérer les auditeurs toi, merde ! '''Manu''' : Oh, la vache ! Phildar, il est par terre ! Il vient de se prendre un coup de feuille, un coup de savate ! '''Gérard''', ''[hurle, dominant Phildar de son corps]'' : Tu vas bosser ou quoi ? Espèce de fainéant ! '''Javal''' : Les gladiateurs ! '''Gérard''', ''[revient à sa place, s'asseoit, parle posément, suscitant le rire de tout le studio]''. : Bon, on va reprendre le thème. ''[Il hurle vers Phildar]'' : Tu vas l'éteindre ton micro ? ''[il se jette vers lui, débranche son micro, l'éteitn, le jette au sol]''. '''Reego''' : Gérard, assieds-toi, vas-y. Laisse-le. '''Manu''' : Il tape Phildar avec des bouts de cadeaux, vous ne pourriez plus rien gagner dans la journée. Gérard ! '''Max''' : Faut arrêter maintenant, arrête, Philippe. '''Gérard''' : Mais tout à l'heure, je vais l'éclater pour de bon. Je vais laisser le débat terminé... Je vais laisser Rousseau maintenant. Je crois qu'on avait prévenu... Toi, je t'avais prévenu avant. De faire un boulot comme il faut. Alors, tu vas me chercher le connard, mais vite fait ! ''[la voix d'Elie Semun : Salut, ça va ?]''. Alors, troisième question, on va demander à Pot-de-chambre. '''Max''' : Arrête de te marrer, fais le boulot, putain ! '''Gérard''' : Doit-on trouver un vaccin contre le Viagra ? '''Mot-de-chambre''' : Mais je t'ai dit oui tout à l'heure, tu m'as posé la question en premier. '''Javal''' : Déjà, moi, je voulais te dire que le Viagra, ça m'intéresse, parce que je suis atteint de mini-zobisme. Et je voudrais savoir... parce qu'apparemment, Viagra, là, il est dans le business, et je voulais savoir s'il pouvait justement me businesser, me dealer 2-3 Viagra, là, parce que je suis en galère. '''Viagra''' : Bah écoute, y'a pas de problème, j'ai acheté une cartouche de vingt. '''Gérard''' : Non, non, non, mais... Javal et Viagra, là. Vous verrez ça pendant la pause publicitaire. '''Javal''' : Moi, j'aimerais bien me faire mettre une cartouche, en parlant de ça. ''[bruits de pets avec la bouche, Gérard fusille encore Phildar]''. '''Gérard''' : : tu vas bosser ? Tu va sgérer les auditeurs ou je t'éclate ? Tu commences à faire chier là ! ''[la voix d'Elie Semoun]''. ''[A Manu]'' : Bon, envoie un disque. '''Manu''' : Non, non, on peut pas, on peut pas tout de suite. On va reprendre dans le calme. '''Reego''' : Sur l'IRC, y'a au moins 200 personnes qui sont parties suite au débordement de Phildar. '''Gérard''' : Merci, Phildar. '''Manu''' : Et on est plus que 2 sur Minitel aussi. '''Gérard''', ''[applaudissant avec une ironie rageuse]'' : Voilà, merci Phildar ! Bravo conard ! ABruti va ! Combien c'est ? ''[Phildar est hilare]''. '''Manu''' : Plus que 2 ! '''Gérard''', ''[alors que Javal imite le bruit de la tonalité de téléphone une fois la communication coupée]'' : Eh ben c'est bien... Cirrhose... Donc, toi, pour toi ? '''Manu''' : tu gères un peu, Phil. '''Cirrhose''' : Je pense qu'on peut pas trouver de vaccin contre le Viagra, parce que le Viagra, c'est un médicament. Le Viagra, c'est un médicament, tu le prends si t'es impuissant. Je vois pas quel est le rapport avec la question d'avoir un vaccin. '''viagra''' : Contre l'obésité, y'a un truc ou pas ? '''stp''' : Contre la connerie ? '''Gérard''' : Je sens que tout à l'heure, y'en a qui vont se prendre des claques, ça va leur faire tout drôle. Et là, t'arrêtes aussi, Manu. T'arrêtes avec l'appareil, parce que ça me gonfle, c'est toi. C'est toi, je viens de te voir appuyer sur les touches. '''Manu''' : J'ai fait ça, regarde, j'ai appuyé là. Ça fait quoi ? Y'a pas de son. '''Gérard''' : Donc, s'il te plaît... ''[à Phildar]'' : ne te marre pas, toi, parce que tout à l'heure, ça va te faire tout drôle, toi. S'il te plaît  '''stp''' : Oui, je réponds. Moi, je dis que le Viagra, c'est bien, mais il faut pas en abuser. '''Gérard''' : D'accord. Et oui ? '''Oui-bonsoir''' : Bah, écoute, Phildar vient juste de me remettre à l'antenne à l'instant, donc j'ai pas entendu la question. '''Gérard''' : Bon, alors, Phildar... '''Phildar''' : C'est pas vrai, je te jure, j'ai pas touché aux touches ! '''Gérard''' : Phildar, tu vas dégager pour de bon, toi ! '''Phildar''' : Mais non, mais oui, réponds, c'est faux ! '''Gérard''' : T'es plus dans l'équipe. Tu vires, tu peux rester chez toi. Oui, donc, toi ? Doit-on trouver un vaccin contre le Viagra ? '''Oui-bonsoir''' : Euh, non, je pense pas, non, parce qu'au contraire, je pense que le Viagra ne peut qu'améliorer les cas désespérés, quoi. '''Gérard''' : D'accord. Donc, Viagra, t'avais répondu, toi ? Non, mais répondez pas... D'accord. Alors, quatrième question. De tte manière, je pense qu'on va arrêter avant 3h à cause de Phildar. '''Phildar''' : Non, c'est vachement intéressant, tu vas pas arrêter à cause de moi. '''Gérard''' : Non, non, à cause de la merde que t'as foutue, tu vois. Maintenant, sur IRC, on était 1400, maintenant, il n'y a plus personne. Bravo, Phildar, de tes conneries ! '''Reego''' : On est quand même plus de 1000, ce qui est déjà très bien, Gérard. '''Gérard''' : Non, mais tout à l'heure, on était à 1400. S'il n'avait pas déconné, on aurait été à plus de 1600. '''Manu''' : Là, Gérard, sur le 3615 Fun Radio, ça remonte, vu qu'on est quand même à 47. '''Reego''' : Et Gérard, pour reparler de l'IRC, je lis vite fait. Alors, il y a Turpentine qui te demande : « GG, est-ce que tu es dérangé par tes bourrelets de vieux gras ? » '''Gérard''' : Non, bah, ça, c'est... je ne vois pas du tout le rapport avec le vaccin contre le Viagra. Donc, avoir la gangrène est-elle une maladie ? '''Cirrhose''' : C'est quoi, la gangrène ? '''Gérard''' : Alors, j'explique tout de suite le truc : C'est un ongle qui est incarné. '''Manu''' : Gérard, excuse-moi, je croyais que la réincarnation, c'était dans le bouddhisme. '''Gérard''' : Non, non, la gangrène, c'est une maladie qui peut être très grave, et malheureusement, il y en a beaucoup qui ne sont pas soignés à temps contre ça, et ils risquent de perdre un membre de leur... '''Phildar''' : De leur famille ? '''Gérard''' : Non, non, un membre sur eux. Si tu as un ongle incarné et que tu ne te fais pas soigner, ça va continuer de s'infecter et tout. Donc, à un moment donné, ça va venir sur la main, ça va monter dans le bras, et ils seront obligés de te couper le bras. Et là, j'ai une personne que j'ai connue... Elle n'a pas voulu se faire soigner... Elle n'a pas voulu se faire soigner à temps et elle a perdu carrément une jambe. '''Phildar''' : Mais bon, ça, c'est une maladie grave, on ne va pas en parler. '''Gérard''' : Je suis désolé. La question, elle est faite comme ça, je la pose et c'est tout. Donc, vous allez y réfléchir et on va s'écouter Guy Brouty avec des mots fléchés sur Télé 7 jours. Et on se retrouve tout de suite après. ''[Musique. Au retour, Olivier a remplacé Phildar au standard]''. '''Gérard''' : 2h32, donc vous pouvez toujours nous appeler au 0803 08... 5000 et 0800 70 5000. Toujours le 3615, code Fun Radio, rubrique direct, et toujours l'IRC qui doit revenir normalement. '''Reego''' : Oui, on remonte d'ailleurs. On a redépassé quand ils ont entendu que tu virais Phildar du standard. Ils sont revenus et il y a 1685 personnes, virgule 4. ''[Phildar rentre dans le studio, criant de joie sur la remontée de l'IRC. Larsen dans le casque, Olivier le générant avec son casque]''. '''Gérard''' : Phildar, je t'ai dit dehors ! Attends, attends ! Tu me retires le casque, je ne t'ai pas demandé de le remplacer pour foutre ta merde non plus ! Alors, on récupère Pot-dechambe. Javal, rebonsoir. Cirrhose. S'il te plaît. Oui. ''[silence]''. OUI ! '''Oui-bonsoir''' : Je suis là, mais Manu vient de me rebalancer maintenant. '''Gérard''' : Non, c'est pas Manu. '''Manu''' : Excusez-moi, je suis à la réa. '''Gérard''' : Manu, il m'a mis tout le monde... Là, ça doit être Olivier qui doit s'amuser. '''Oui-bonsoir''' : Ah bah, c'est Olivier, alors c'est un des deux. '''Gérard''' : Viagra, donc, qui est toujours parmi nous ? '''Viagra''' : Putain, j'ai la gaule ! '''Gérard''' : Bon bah, tu restes poli, s'il te plaît. Donc, alors, la question... La question, vous l'avez comprise ? '''Mot-de-chambre''' : Ouais, tranquille, ouais. Mais faudrait que tu la répètes, en fait, ouais. '''Gérard''' : Alors, avoir la gangrène est-elle une maladie ? Donc, on va demander ça, bah, à Viagra. '''Viagra''' : Bah, oui. Bah, si tu le dis que c'est une maladie, je pense que c'est une maladie, mais moi, je... je comprends pas. '''Gérard''' : Bah, si t'arrives pas à comprendre, c'est pas la peine de continuer le débat comme ça, toi. '''Viagra''' : C'est dur, avec une b... dans l'oreille, quand même... '''Gérard''' : Allez, hop, s'il vous plaît, là. Vous me virez Viagra, parce que j'aime pas ça. '''Reego''' : Gérard ? Sur IRC, il y a Davy One... Qui me dit, alors : « Est-ce qu'il y a un bébé qui naît quand le monsieur met la petite gangrène dans la madame ? » '''Gérard''' : Bah, en principe, oui, hein. '''Reego''' : Et il me demande aussi combien ça fait en euros. '''Gérard''' : Ah, ça, je sais pas. Voilà. Donc, on va demander à Oui. '''Oui-bonsoir''' : C'est pas une maladie, en fait. '''Gérard''' : Non ? C'est quoi, alors ? '''Oui-bonsoir''' : Bah, c'est toi qui la provoques. Une grippe, ça s'attrape dans la rue, tu vois, tu la sens pas venir, tandis que la gangrène, c'est... c'est quand tu te soignes pas que tu l'attrapes. '''Gérard''' : C'est ce que j'ai dit ! C'est ce que j'ai précisé bien avant le disque ! '''Oui-bonsoir''' : Eh ben, c'est pour ça que je t'ai dit que c'est pas une maladie. '''Gérard''' : Bah si, ça peut être une maladie, quand même. '''OUi-bonsoir''' : C'est pas une maladie, quand même, ça s'attrape pas. '''Gérard''' : D'accord. Non, mais j'ai pas dit que ça... j'ai pas dit que ça s'attrapait, nuance ! J'ai demandé : est-ce qu'avoir la gangrène est-elle une maladie ? J'ai pas dit si ça s'attrapait ! '''Oui-bonsoir''' : Eh ben, moi, je te dis non, parce qu'une maladie, ça s'attrape, et la gangrène, ça s'attrape pas. '''Gérard''' : D'accord. Ok. Alors, s'il te plaît ? '''stp''' : Oui. C'est une maladie, oui. '''Gérard''' : Ah ben, c'est tout ce que tu me réponds ? '''stp''' : Bah oui, c'est une maladie. ''[coupure du son]''. '''Gérard''' : Bon, alors, Olivier, tu retournes... Allez, retourne d'où que tu viens ! '''Olivier''' : Non, mais je me suis trompé. Non, je voulais juste te dire, parce qu'en fait, à la place de Viagra, on accueille Syphilis, voilà. ''[voix d'Elie Semoun : Bonjour. Je suis Jean-Louis Connard.]''. '''Javal et Pot-de-chambre''' : Salut, Connard. '''Gérard''' : Donc, on va préciser Jean-Louis, parce que... '''Phildar''' : Ouais, non, mais non, t'as pas compris. Non, Jean-Louis Syphilis, mais c'est Syphilis son prénom. '''Gérard''' : Alors, si... Ben, tiens, Jean-Louis ? Jean-Louis, la gangrène est une maladie ? '''Jean-Louis''' : Oui, la gangrène est une maladie. '''Gérard''' : Ok, Non, mais tu peux préciser ? '''Jean-Louis''' : Jean-Louis, Jean-Louis... '''Gérard''', ''[agacé]'' : Oh, tu précises !? '''Jean-Louis''' : Oui, c'est Jean-Louis. '''Javal''' : Salut, Connard. '''Gérard''' : Bon, allez, oh, tous les deux, là, vous me gérez, là, parce qu'il comprend rien, là. '''Olivier''' : Je comprends rien. C'est Jean-Louis ou Syphilis ? '''Jean-Louis''' : Non, c'est Jean-Louis Syphilis, c'est mon prénom et mon nom. '''Javal''' : Mais tu peux l'appeler Connard. '''Phildar''' : Non, c'est Syphilis. Il t'a dit que oui, c'était une maladie, donc c'est bon, il t'a répondu. '''Cirrhose''' : Oui, ben moi, je suis pas d'accord avec celui qui disait que la gangrène, c'est pas une maladie. Moi, je pense que c'est une maladie, parce que si tu peux l'attraper, la gangrène... '''stp''' : N'importe quoi ! '''Gérard''' : Bon, elle, elle est celle qui dit n'importe quoi, tu vas commencer par te la fermer ! '''CIrrhose''' : Mais par contre, si tu attrapes la gangrène, est-ce qu'on peut te couper tous les membres ? '''stp''' : N'importe quoi ! '''Cirrhose''' : J'ai le droit de répondre aussi, j'ai le droit de m'exprimer. '''Reego''' : Sur l'IRC, on me demande : « Quelle est la personne pas intelligente qui essaye de s'exprimer ? » '''Pot-de-chambre''' : C'est peut-être une bouffonne, je sais pas. '''Jean-Louis''' : Une invitée X. '''Gérard''' : Bon, alors, tu me gères... '''Olivier''' : Attends, attends, je vire la bouffonne. '''Gérard''' : Non, non, tu la laisses, la bouffonne, elle t'emmerde ! '''Olivier''' : Non, mais j'ai viré la bouffonne. '''Gérard''' : Cirrhose, donc, toi, t'as répondu ? '''Cirrhose''' : Oui, je t'ai répondu, c'est une maladie, la gangrène. '''Oui-bonsoir''' : Mais tais-toi ! '''Cirrhose''' : J'ai le droit de répondre, hein. '''Phildar''' : Non, Gérard, passe aux autres auditeurs, c'est bon. '''Gérard''' : Je crois que tu vas me prendre un peu sur les nanas, là, parce que ça commence à me prendre la tête, là. Javal ? '''Javal''' : Ouais, mais on parlait de petites graines. Moi, je suis donneur, et quand tu veux... '''Gérard''' : De la gangrène, abruti ! '''Javal''' : Ben quand tu veux, les petites graines dans ta turbine à chocolat. '''Gérard''' : Bon, alors, Javal, tu dégages. Bonne nuit ! Allez, hop, celui-là, on l'envoie se coucher, il aura tout compris. Pot de chambre ? '''Pot-de-chambre''' : Ouais, je t'appellerai, c'est le lit, tout ça, je connais... Donc, ouais, non, elle me saoule, cette question. '''Gérard''' : Non, alors, elle te saoule ? Tu veux continuer le débat, ou pas ? '''Phildar''' : Ouais, c'est pour ça, il vaut mieux qu'on passe à une autre question, c'est mieux. '''Gérard''' : Non, mais attends, je fais ce que je veux ! '''Olivier''' : Non, elle est nulle, la question. '''Gérard''' : Bon, Olivier, si t'es pas content, tu retournes de l'autre côté. '''Olivier''' : Non, mais non, je suis pas content, mais elle est nulle. '''Gérard''' : Moi, je fais ce que je veux, d'accord ? '''stp''' : Il a raison, Olivier. '''Pot de chambre''', ''[imitant Gérard tel un petit enfant]'' : Moi, je fais ce que je veux ! gna gna gna ! '''Gérard''' : Bon, alors, Pot de chambre, tu dégages. Bonne nuit pour toi. Allez, hop. '''Olivier''' : Il n'y a plus personne. '''Gérard''' : Non, non, mais vous allez me récupérer d'autres personnes, vite fait. Alors, les piqûres d'insectes rendent-ils malades ? On va demander ça à Jean-Louis. '''Jean-Louis''' : Les piqûres d'insectes ? Bah oui, bah oui, tout à fait. Moi, j'ai eu... Enfin, il y a un moustique qui m'a piqué et cet enculé, il avait le sida. Donc, je l'ai attrapé aussi. '''Gérard''' : D'accord, Jean-Louis. Pour l'instant, j'ai pas envie de parler de sida ce soir. '''Jean-Louis''' : Ah ouais ? Tu parles de la gangrène, mais tu parles pas du sida. '''Gérard''' : Non, mais je parle pas... J'ai pas envie d'en parler, c'est tout, parce que c'est un truc qui est trop long à gérer. Euh, oui, pour toi ? '''Oui-bonsoir''' : Euh, ouais, moi, une fois, je me suis fait piquer sur le clito. Depuis ce temps-là, ça n'a pas dégonflé, donc ça craint un peu, quoi. '''Gérard''' : Ouais, mais dans ces cas-là, t'as qu'à aller voir un médecin. '''Oui-bonsoir''' : Bah ouais, mais tu sais, le médecin, tu sais ce qu'il m'a dit...... En fait, non, je vais t'expliquer, Gérard : une fois, je me suis fait bronzer, donc j'étais à poil, et, si tu veux, il y a une abeille qui est rentrée à l'intérieur. Donc j'ai été voir le gynéco, le gynéco m'a dit : « Bah écoute, il n'y a qu'une solution. Vous savez, mademoiselle, il n'y a qu'une solution. » Donc en fait, au bout de son gant, il a mis du miel et puis il est passé à l'intérieur, tu vois, il me l'a rentré. Comme ça, il s'est dit : l'abeille va sortir, va s'accrocher sur le miel. Et puis en fait, donc il se retire, et puis l'abeille n'était pas là. Et puis en fait, il continue, et puis il fait des va-et-vient, tu vois, et puis alors là, vraiment carrément, quoi ! Donc je lui dis : « Mais qu'est-ce que vous faites ? »... '''Gérard''' : Ouais, mais ça y est, ça y est, on a compris, on a compris. '''Oui-bonsoir''' : Non, c'est pas fini ! '''Gérard''' : Ouais, mais maintenant, dépêche-toi, parce qu'il y a d'autres personnes. Et puis il y a une question IRC. '''Oui-bonsoir''' : Donc à la fin, il me dit : « Bah, en fait, vu qu'elle ne veut pas venir, vu qu'elle ne veut pas se coller, maintenant, il faut la noyer. » '''Gérard''' : Bon, ça y est ? '''Reego''' : Donc sur IRC, il y a Snul qui te demande : « Est-ce que quand on est malade et qu'un insecte nous pique, l'insecte peut-il tomber malade ? » '''Gérard''' : Euh, ça, je pense pas, mais... '''Oui-bonsoir''' : S'il pique Sandy, oui. '''Gérard''' : Alors toi, je t'emmerde, toi, Oui, d'accord ? Voilà. Comme on sait que c'est elle qui s'amuse depuis tout à l'heure. '''Olivier''' : Et la question, alors, tu penses quoi ? '''Gérard''' : Donc, bah, attends, tout le monde n'a pas répondu. '''Olivier''' : Non, mais pour l'insecte malade, là, parce que t'as répondu... '''Gérard''' : Non, non, mais je pense pas qu'il peut être malade en même temps. Ça, j'ai jamais vu un insecte malade comme ça. '''Olivier ''' : On accueille Cuvette à la place de Pot de Chambre. '''Phildar''' : On accueille Supo à la place de Javal. '''Gérard''' : Ok. Alors, s'il te plaît ? Donc, pour toi, la question : Les piqûres d'insectes rendent-elles malades ? '''stp''' : Bah, moi, ça m'a rendu pas mal malade. Il y a une fourmi qui m'a piquée entre les deux seins, et maintenant, j'en ai trois. '''Gérard''' : Non, mais attends, c'est des fourmis rouges. '''stp''' : Ouais, je suis allée en Amazonie intérieure et... je me suis fait piquer par une fourmi rouge. Bah, maintenant, j'ai du mal à trouver des soutif, quoi ! '''Gérard''' : Non, mais t'as pas... tu t'es pas fait vacciner pour aller là-bas ? '''stp''' : Pas contre les fourmis rouges, j'ai pas pensé. '''Gérard''' : Il y a quand même des vaccins... il faut quand même se faire vacciner avant de partir dans certains pays. '''Manu''' : lesquels, Gérard ? '''Gérard''' : Non, mais... il y a plusieurs pays comme... '''Supo et Oui-bonsoir''' : Suresnes. '''Gérard''' : Ouais, bah, c'est ça. Alors, fermez vos gueules ! Le prochain que j'entends dire Suresnes, il va dégager. Je vais pas chercher qui c'est, maintenant. '''Jean-Louis''' : Non, mais la personne qui a trois seins, comment elle s'appelle ? '''Gérard''' : Elle s'appelle... ''[bruit de larsen]'', S'il te plaît, merci pour le larsen... '''Cuvette''' : Parce que même avec trois ou quatre seins, moi, je m'en fiche. '''Gérard''' : Bon, ok, bah, c'est bon. Alors, vous allez vous calmer, s'il vous plaît, merci. '''stp''' : Y'en a pas un qui a deux b... là ? '''Gérard''' : Bon, bah, vous vous calmez, merci. Cirrhose ? '''Cirrhose''' : Oui, je pense que les insectes, ils peuvent... '''Jean-Louis''' : Elle est encore là, elle ? ''[Quequ'un souffle, les garçons commentent bruyamment, Oui-bonsoir hurle qu'elle ne doit pas parler]''. '''Gérard''', ''[explose]'' : Hé, elle vous emmerde elle, ok ? '''Cirrhose''' : Non, mais j'ai le droit de m'exprimer, quand même. '''Oui-bonsoir''' : Non, t'as pas le droit ! '''Gérard''' : Tu me vires tous les autres et tu gardes Cirrhose, et tu me prends d'autres personnes. je continue pas le débat comme ça. '''Olivier''' : C'est bon, c'est bon, j'ai viré Cirrhose et j'ai gardé tous les autres. C'est bon, c'est bon, c'est bon, je vire Cirrhose. '''Phildar''' : Non, c'est l'inverse ! '''Olivier''' : Ah, merde ! '''Cirrhose''' : Gérard ? '''Gérard''' : Alors, tu vires tous les autres ou je continue pas ! '''Cirrhose''' : Pourquoi tu connais pas la mouche tsé-tsé qui donne la maladie du sommeil ? '''Gérard''' : Non, mais attends ! Mais moi, je te parle : Les piqûres d'insectes rendent-elles malades ? C'est ça, la question, c'est pas... '''Cirrhose''' : Justement, il y a la mouche tsé-tsé qui donne la maladie du sommeil. '''Gérard''', ''[moqueur]'' : Ah, d'accord. Parce que t'as déjà testé une mouche, toi, qui rendait malade ? '''Cirrhose''' : Bah, oui, j'ai... ''[coupure]''. ...une épidémie sur une ville que je dirais... '''Gérard''', ''[menaçant envers Phildar]'' : Attention à ce que tu fais, toi. '''Manu''' : Attends, parce que là, Gérard, il t'écoute plus. Gérard, écoute au moins les auditeurs ! '''Gérard''' : Si si, mais j'ai entendu ce qu'elle disait, donc c'est bon. Donc, alors, maintenant, on va... on va attendre un petit peu que Phildar me retrouve des auditeurs potables, et qu'ils arrêtent de... '''Olivier''' : Il n'y a plus d'appels ! Il n'y a plus un seul appel ! '''Reego''' : Moi, j'ai plein de questions, IRC. ''[La voix de Semoun : c'est Jean-Louis Conard]''. '''Gérard''' : Celui qui s'amuse à ça va se calmer, Manu, d'accord ? Sinon, tu vas faire le standard. Oui Reego, en attendant ? '''Reego''' : alors, il y a Turpentine qui te demande si un lépreux peut attraper la gangrène. '''Gérard''' : Un lépreux ? Bah, de toute manière, c'est un peu... ça vient de chez eux. Ils sont déjà souvent atteints de la gangrène, aussi, là-bas, chez eux, hein. '''Max''' : Excuse-moi, quand tu dis « chez eux », c'est le pays, ou c'est le... '''Gérard''' : Ouais, ouais, ouais, dans leur pays. '''Manu''' : Non, parce que là-bas, il y a la gangrène et la hougraine, aussi. T'as oublié d'en parler tout à l'heure. '''Gérard''' : Toi... Occupe-toi de ta réa tranquille. fais du bon boulot et tu resteras dans l'équipe, sinon, tu retournes au standard avant la fin de l'émission. '''Reego''' : Alors, il y a Serval qui me dit : « La mouche de la cirrhose, elle donne la maladie de Parkinson »... Non, je comprends rien. « Est-ce que quand on perd ses doigts, on peut les remplacer ? » c'est Davy One qui me dit : « Est-ce que quand on perd ses doigts, on peut les remplacer par des Twix ? » '''Gérard''' : Euh, non. Non, parce que quand tu perds tes doigts, tu peux pas les remplacer, en principe. Ça, c'est pas mal. '''Reego''' : Et on me demande aussi si Cirrhose pique quand elle se rase pas. '''Gérard''' : Non, c'est pas les femmes qui piquent, c'est les hommes qui piquent quand ils se rasent pas comme moi. Voilà. Donc, alors... '''Phildar''' : Alors, à la place de Cuvette, on accueille Cuvette numéro 2. '''Gérard''' : Ouais, bien sûr. '''Phildar''' : On accueille Suppo 2, '''Gérard''' : bien sûr. Et tu reprends toujours les mêmes espèce de connard ! '''Phildar''' : Syphilis 2. '''Manu''' : Vous vous êtes pas pris la tête ! '''Phildar''' : Soutif et Pâté de foiee. '''Olivier''' : Alors, par contre, il y a Cirrhose qui s'en va. '''Gérard''' : Non, Cirrhose, elle reste là. '''Supo''' : Ah, enfin une bonne nouvelle ! '''Gérard''' : Alors, hé, je vous préviens, vous vous êtes pas fait chier, vous avez viré tous les autres et vous les avez repris sous d'autres noms ! '''Syphilis''' : Non, mais Cirrhose, remplace-la par Boulimie. '''Cuvette''' : Quand je t'appellerai Pot de chambre, tu sortiras de sous le... '''Gérard''' : Toi, tu fermes ta gueule ! '''Phildar''' : Maintenant qu'on a des nouveaux auditeurs, on va reprendre le débat et on se calme. '''Gérard''' : Donc, alors, il y a un sondage, déjà, je vais le faire. À la question : « Être malade peut provoquer des maladies ? » Alors, ça, c'est même pas la peine que j'y réponde... ''[il fait une boule de papier avec la feuille et la jette, devant les cris mécontents de l'équipe]''. Non, non, ça, c'est des conneries. Les oreillons vous rendent-ils malades ? On va demander à Cuvette 2. '''Cuvette''' : Ouais, alors, les oreillons, non, ça rend pas malade, ça fait juste mal aux oreilles, en fait. '''Gérard''' : Ouais, mais ça peut rendre malade. '''Cuvette''' : Oh, non, non. '''Gérard''' : D'accord. Suppo ? '''Supo''' : Ouais, bah, écoute, j'ai eu les oreillons et ça m'a filé une transpirationite aiguë et je pense que tu connais le problème. '''Gérard''' : Non, je vois pas du tout ce que tu veux dire. Cirrhose ? '''Cirrhose''' : Oui, les oreillons peuvent être une maladie, mais ça, c'est surtout pour les garçons, c'est pas pour les filles. '''Soutif''' : Oui, il paraît que ça fait gonfler les couilles. '''Gérard''' : Non, mais attends, vous allez... Je vous préviens, vous allez arrêter de dire des conneries comme ça, parce que sinon, la sixième question, ça va être la dernière, on va faire conclusion et je rentre chez moi, ça va être clair et net ! '''Phildar''' : Ça, ça serait bien. '''Gérard''' : Alors là, faudrait peut-être vous calmer un peu. Parce que là... '''Phildar''' : Non, mais ce qu'il faudrait, c'est que tu leur expliques. '''Gérard''' : Non, non, mais attends, au standard, vous vous êtes pas fait chier ! '''Manu''' : Moi, perso, ils m'ont dit qu'ils s'emmerdaient grave, ce soir. '''Olivier''' : C'est nul, ton truc, là. '''Gérard''' : Ils sont nuls ? Toi, tu dégages. Dégage, maintenant ! Syphilis ? '''Syphilis''' : Oui. Les oreillons, je les ai eus quand j'étais petit. Et ça m'a laissé des séquelles. '''Gérard''' : Ouais, bah, je pense pas. Soutif ? '''Soutif''' : Oui. Les oreillons, oui, c'est une maladie, et il y en a qui ont eu la gangrène des oreilles et elles sont tombées. '''Gérard''' : Non, mais attends, les oreillons, ça donne pas la gangrène, hein. '''Soutif''' : Ah si, je te jure, hein ! Je travaille dans le milieu hospitalier, je peux te dire que ça arrive. '''Gérard''' : D'accord. Une question... '''Reego''' : Oui, il y a Serval qui te demande si on attrape les oreillons en écoutant trop fort son Walkman. '''Gérard''' : Euh, non, pas spécialement. Pâté de foie ? '''Pâté''' : Oui, bah, tout d'abord, bonsoir, Gérard. Donc, je viens d'arriver. Donc, bah, ouais, il paraît, il paraît, ouais. C'est une maladie sexuellement transmissible, en plus. '''Syphilis''' : C'est quoi, ta maladie, à toi ? '''Pâté''' : Bah, moi, j'ai attrapé l'oreillon d'une seule oreille suite à un rapport sexuel, un dérapage de coton-tige. '''Syphilis''' : Mais t'es toujours baisable ? '''Pâté''' : Euh, ouais, je suis toujours baisable. '''Gérard''' : Alors, Syphilis, tu vas te calmer ! Et celui qui vient de dire, en parlant des cotons-tiges, toi ça va être la dernière fois, parce que tu vas dégager... ''[au standard, où les deux parlent entre eux]'', Hé, ça va, tous les deux, là ? Ça va, là, je vous emmerde pas trop ? '''Manu''' : Gérard, Gérard ! Sur Minitel, on nous demande si t'as eu la gangrène du cerveau tellement t'es con. '''Gérard''' : Non, c'est plutôt lui qui a eu la gangrène. C'est qui, qui dit ça ? '''Manu''' : C'est Bibitte. '''Gérard''' : Bibitte, il a quel âge ? '''Manu''' : Il a 112 ans. '''Olivier''' : Je crois que ça s'attrape dans les toilettes, surtout. '''Gérard''' : Bon, toi, tu fermes ta gueule ! '''Pâté''' : À la Loco. '''Gérard''' : Bon, alors, encore une fois, de toute manière, c'est la dernière question, parce que vous me cassez les couilles... à cause des deux du standard, à cause des deux du standard, c'est tout ! Ils sont même pas capables de faire un boulot comme il faut, ces deux connards. '''Syphilis''' : Après, c'est qui qui paye ? C'est les auditeurs. '''Gérard''' : C'est pas de ma faute, dans ces cas, vous n'avez qu'à vous en prendre après Olivier et Phildar. '''Syphilis''' : C'est pas de notre faute si t'as une équipe de merde. '''Gérard''' : Pour l'instant, il y en a deux qui font du bon boulot, c'est Manu et Phildar... et Reego. Les deux autres, c'est deux cons ! Alors, les tics... Les tics sont-ils des maladies qu'on peut avoir en automne ? '''Supo''' : Un coup de savon ça suffit. '''Gérard''' : Qui c'est qui qui répond comme ça ? Non, mais donnez pas vos noms, s'il vous plaît ! '''Supo''' : C'est Pedro. '''Gérard''' : Putain, allez, c'est la dernière question, vous me cassez les couilles, là. Là, au standard, vous me cassez... vous faites du boulot dégueulasse, vous m'avez fait du boulot dégueulasse. Le deuxième débat, vous me cassez... '''Phildar''' : Non mais deu secondes. Les audituers : j'aimerais bien que vous réfléchissiez un peu aux questions de Gérard et que vous fassiez un débat un peu plus potable parce qu'après, c'est nous qui prenons, et l'émission est pourrie. J'aimerais bien que quand on vous sélectionne, que vous fassiez quand même un minimum d'effort pour comprendre. C'est quand même pas compliqué, ces questions ! '''Syphilis''' : Il faut qu'il nous cite chacun notre tour. '''Gérard''' : Celui qui a voulu répondre répond maintenant. Tu donnes ton nom et tu réponds. '''Phildar''' : Gérard, il se casse le cul une semaine pour faire un débat. '''Gérard''' : Putain, mais c'est quoi cet auditeur qui a voulu répondre et qui ne veut plus répondre maintenant ? '''Cuvette''' : C'est Syphilis ! '''Syphilis''' : Moi, je vais répondre. '''Gérard''' : Bon Syphilis, dégage ! Terminé pour toi. Celui qui se marre va dégager aussi. Parce que là, je crois que ça commence à bien faire. '''Phildar''' : Je leur ai dit ce qu'il fallait qu'ils fassent. '''Gérard''' : Non, non, mais attends. Le premier débat, il est potable, le deuxième, c'est de la merde à cause de vous deux. Pour l'instant, il y a que Reego qui bosse et Manu. Attendez, après le débat, on va discuter la semaine prochaine, je veux plus de vous. '''Olivier''' : Oh, j'ai rien fait, Gérard ! '''Gérard''' : Non, non, je veux pas le savoir, vous faites du boulot de merde. Alors, Pâté de foie, pour toi ? '''Pâté de foie''' : Tu peux répéter la question, s'il te plaît ? '''Gérard''' : Les tiques... sont-ils des maladies qu'on peut avoir en automne ? '''Pâté''' : Non, c'est des petites bêtes que les chiens attrapent. '''Gérard''' : Voilà, d'accord. C'est ce que je voulais t'entendre dire. Soutif ? ''[silence. Gérard se précipite sur le standard en lançant le casque, le pied de micro, le carton. Olivier hurle pour le calmer, Gérard hurle de frustration]''. Putain mais merde ! '''Manu''' : arrête de taper sur tout le monde, Gérard. '''Soutif''' : Non, c'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma faute, excuse-moi. '''Gérard''' : Non, non,, tu dégages. Olivier tu dégages ! '''Reego''' : Gérard, pour revenir au débat... '''Manu''' : Attendez, les auditeurs, attendez. '''Phildar''', ''[pendant qu'Olivier sort]'' : Enfin, on va faire un vrai débat. '''Gérard''' : Là, c'est de la merde, là ! Et toi, t'as intérêt de bosser comme il faut, sinon, t'en prends autant, d'accord ? '''Reego''' : Bon, ben voilà. Ben non, je l'ai raté. Merci, merci, Phildar ! '''Gérard''' : L'auditeur qui a voulu poser la question, sur IRC, s'il te plaît, tu peux revenir, je te remercie. '''Reego''' : C'était Oxyd. Oxyd, tu peux répéter ? Ah voilà, c'est bon, je l'ai, je l'ai ! Alors, la politique des maladies gêne-t-elle les camionneurs qui jouent du synthé ? '''Gérard''' : Ça, je vois pas du tout le rapport avec les maladies, c'est pas grave. Donc, à la place de Syphilis, tu me prends quelqu'un d'autre. '''Phildar''' : Ben, si, Jean-Pierre, alors. '''Gérard''' : Fais gaffe, Phildar, parce que tu vas t'en prendre autant qu'Olivier. Cirrhose ? '''Cirrhose''' : Oui, ben, comme elle disait, Pâté de foiee, les tiques, ça s'attrape... c'est dans les animaux, quoi, c'est dans leurs poils, quoi. '''Gérard''' : D'accord. Suppo 2... '''Reego''' : Mais non ! Un tic, c'est genre quand tu clignes de l'œil, c'est ça un tic. '''Cuvette''' : Non, mon tic, c'est le prout. '''Gérard''' : Oh, ta gueule, toi ! Bon, alors, Suppo, tu dégages. '''Reego et Manu''' : C'est pas grave, réponds, vas-y, vas-y, vas-y. '''Reego''' : Réponds, parce que moi, ça m'intéresse, ça. '''Gérard''' : Non, parce que les tics, il y a certaines personnes qui ont des tics, qui n'arrêtent pas de bouger les épaules... '''Reego''' : ou de se gratter la moustache. '''Gérard''' : Ouais, comme moi. Moi, c'est un tic de me gratter la moustache. Voilà, c'est ça que je voulais dire. Donc c'est pas du tout dans les bêtes, Pâté de foiee. '''Pâté''' : Ah, ouais, non, mais enfin, moi, tu me parles de tics, moi, tout de suite, je... '''Gérard''' : Non, mais des tics, t'as certaines personnes qui ont des tics sans arrêt. Oui, mais, ouais, bien sûr. Ça peut aussi aller dans les animaux, je suis d'accord avec Cirrhose. Donc, Suppo, t'as répondu. '''Supo''' : Non j'ai pas répondu ! Les tics en automne, ouais, les tac en hiver, les tics en été et les tocs au printemps. '''Reego''' : Gérard, on me demande si les tics sont polis ? Politique... '''Gérard''' : Non, non, je vois pas, je vois pas du tout le truc. '''Phildar''' : Excuse-moi, Gérard. J'ai trouvé mais j'ai galéré. Donc c'est un prénom composé : Marc-Serge-Thierry, mais tu peux l'appeler MST. '''Cuvette''' : C'est Cuvette, j'ai pas répondu à la question. Je pense que c'est des petites bêtes qui mangent les caniches. '''Gérard''' : Mais je viens de te dire que ça servait... '''Cuvette''' : c'est aussi sur les humains, mais je suis sûr que les chiens aussi, quand même. '''Gérard''' : D'accord. Donc, MST ? '''MST''' : Oui, alors, les tics, ben oui, comme disait la jeune demoiselle, qui est toujours baisable. J'ai bien repéré son nom. Celle qui a trois seins. '''Gérard''' : Elle est plus là, je te signale. '''MST''' : Dommage, dommage. Elle est morte ? Elle avait quoi comme maladie ? '''Gérard''' : Non, mais je vais te dire, depuis tout à l'heure, c'est d'autres auditeurs qu'on a. '''MST''' : Donc moi, les tics, ouais, c'est comme disait la personne, c'est pour les chiens, c'est une maladie des chiens. '''Gérard''' : Non, mais, on vient de dire tout... MST, t'as pas encore... '''Pâté''' : C'est la maladie des bulldogs. '''Gérard''' : Euh, Pâté de foiee, tu te calmes, s'il te plaît. '''MST''' : Non, mais, les tics, c'est une espèce de morpion canin qu'il y a sur les tresses. '''Soutif''' : C'est des poux en fait. '''MST''' : Ah, mais je te jure ! '''Gérard''' : Bon, de toute manière, il est 53. De toute manière, je pense qu'on n'ira pas jusqu'aux 10. '''Soutif''' : Moi, j'ai des tics, mais la décence m'interdit de le dire au téléphone. '''MST''' : Toi, t'as une voix qui m'excite pas du tout, je tenais à te le dire. '''Gérard''' : S'il vous plaît, ça va, de faire votre popote... '''Manu et phildar''' : On va peut-être revenir dans le débat. '''Gérard''' : De toute manière, c'est la dernière question. Alors, avoir des coups de soleil vous rendent-ils malades ? On va demander à Cuvette. '''Cuvette''' : Ouais, ouais, moi, ça me rend vraiment malade. '''Gérard''' : Bah, t'en as déjà eu ? '''Cuvette''' : Euh, non. '''Gérard''' : Non, bah, alors, comment tu peux... '''Cuvette''' : Bah, parce que je dois pas me mettre au soleil, mais on m'a dit que ça me rendait malade, donc je prends pas le risque, en fait. '''Phildar''' : C'est pas con, ça, hein ! '''Cuvette''' : Je suis courageux, mais pas téméraire. '''Supo''' : Ouais, non, les coups de soleil, moi, ça me dérange pas, les coups de butoir non plus. '''Gérard''' : Non, mais attends, tu réponds correctement à la question, pas à côté, s'il te plaît. '''Supo''' : Les coups de soleil, ça me dérange pas, et les coups de buttoir non plus. '''Gérard''' : D'accord, mais non, mais je crois que, toi, tu comprends... Non, mais je crois que t'es un peu bouché des oreilles. '''Manu''' : c'est une maladie aussi. '''Gérard''' : Parce que depuis, depuis le temps que tu dois écouter Fun et que je fais des débats, tu dois comprendre les questions. Alors, si tu comprends pas la question que je viens de poser, ça servait à rien de faire le débat, d'accord ? '''Cuvette''' : Il a qu'à s'acheter un sonotone. '''Cirrhose''' : Non, moi, les coups de soleil ne me font pas attraper de maladie, c'est que... '''Supo''' : T'en as déjà. '''Cirrhose''' : Non, non, c'est pas ça, mais c'est que moi, je bronze facilement, j'ai une peau... '''Soutif''' : Elle est black ? '''Cuvette''' : Non, non, elle a une jolie peau, elle est belle, tout ça. '''Cirrhose''' : Même si on attrape des coups de soleil, je pense qu'il faut quand même mettre de la crème et se protéger en mettant un chapeau, tout ça. '''Manu''' : Gérard ? On nous dit sur Minitel que contre les coups de soleil, le meilleur remède, c'est de superposer plein de couches de fond de teint.<ref name="context1"></ref> Ils nous disent que c'est un super remède. '''Gérard''' : Non, pas du tout. MST ? '''MST''' : Bah oui, c'est comme l'invitée mystère, moi, c'est... je mets de la crème, mais pas sur le chapeau, je suis pas débile. '''Cirrhose''' : Mais non, je mets de la crème sur le corps. '''PST''', ''[écœuré]'' : Oh, encore pire ! Tu veux me faire vomir, ou quoi ? '''Manu''' : Ça doit te coûter cher en tubes, parce que... '''Gérard''' : Oh, je vous signale qu'il y a des crèmes solaires pour... pour le corps, hein, au cas où vous le saurez pas ! '''PST''' : On appelle ça de la vaseline. '''Gérard''' : Ouais, c'est ça, et ta connerie, on appelle ça de la merde ! Ok, alors Soutif. Donc, pour toi ? '''Soutif''' : Bah moi, quand j'ai des coups de soleil, ça me fout la diarrhée. '''Gérard''' : Ah bon, d'accord, carrément, toi ? '''Cuvette''' : Toi c'est cash, toi. '''Soutif''' : Bah carrément, j'évite de me faire bronzer le derrière, puisque à chaque fois, ça le fait, alors... '''Gérard''' : Attends, Soutif, je te coupe 5 minutes. Celui qui s'amuse encore à redire à la personne qui parle de dégager, je vais pas chercher entre MST, Suppo et Cuvette, je vais en virer un des trois au hasard. Alors, Soutif ? Donc, si tu me disais... '''Soutif''' : Bah, ça me fout la diarrhée, donc j'évite de partir au soleil en vacances, je me fais des vacances d'été en Normandie, en Norvège, des choses comme ça. '''Gérard''' : Ouais, mais en Normandie, je pense qu'il y a quand même pas mal de soleil. '''Soutif''' : Je suis allée un an en Normandie, il y a eu 15 jours de pluie, et les 15 autres jours, il a plu. '''Gérard''' : Attends, je comprends pas, t'as eu 15 jours de pluie et les 15 autres jours de... Eh non, mais attends, ça veut dire que t'es... que t'es partie un mois, et pendant un mois, t'as eu de la pluie. '''Soutif''' : Oh, bah, t'as tout compris. Mais j'ai pas bronzé, donc j'ai pas eu la diarrhée. '''Reego''' : — Il y a Le Chiant sur l'IRC qui te demande si les coups de lune sont-ils aussi dangereux que les coups de soleil. '''Phildar''' : Non, dans la lune ! '''Gérard''' : Non, mais, alors là, je vais te dire une chose, Chiant, c'est même pas la peine que je réponde à ta question. Le Chiant, t'as même pas compris la question. '''Reego''' : Non, mais ça existe, les coups de lune. '''Gérard''' : Euh, Pâté de foiee ? '''Pâté''' : En fait, avec les coups de soleil, on peut attraper les maladies de la peau. Donc, moi, pour me protéger, au lieu de mettre de la crème solaire, bah, je mets de l'huile à bronzer, comme ça, au moins, je suis sûre de pas attraper de coups de soleil. '''Gérard''' : Donc, tu reviens à ce que je te disais, qu'il y avait des crèmes solaires pour éviter d'attraper des coups de soleil. '''Pâté''' : Ah, c'est l'huile solaire. Avec un indice zéro. Au moins, tu bronzes pas. '''Gérard''' : Alors, moi, je peux vous dire une chose, que les coups de soleil, il y a certaines crèmes solaires qui servent pour éviter qu'on les attrape. '''Pâté''' : Parce que les écran total, ça fait bronzer, hein, Gérard. Les écrans totaux, ça fait attraper des coups de soleil. Ce qu'il faut, c'est de l'huile. '''Gérard''' : Ouais, mais t'as certains trucs, comment qu'on appelle ? '''Pâté''' : Non, non, c'est des conneries, l'écran total, c'est des conneries, c'est de l'huile qu'il faut mettre pour pas attraper des coups de soleil. '''Gérard''' : Non, mais il y a aussi les... Manu, si tu pouvais m'aider, là, tu sais ? Ah, sur les sonos... '''Phildar''' : Ah, je peux t'aider, Gérard ? '''Gérard''' : Non, mais toi, tu t'écrases, tu m'as fait du mauvais boulot ! '''Manu''' : Les trucs où tu te mets dans une machine, là, et ça te... '''Gérard''' : — C'est des sonas, ou sinon, il y a... — Il y a aussi... Il y a des néons aussi, je sais plus comment qu'on... '''Phildar''' : Les UV. '''Gérard''' : Ah, ouais, les UV ! '''Phildar''' : C'est moi qui t'ai aidé ! '''Gérard''' : Non, mais toi, tu fermes... Toi, je t'ai dit de la fermer, je veux plus t'entendre ! Tu m'as fait du boulot de merde. T'éteins ton micro, c'est tout. '''Reego''' : Gérard, c'est pas le thème du débat. Alors, sur IRC, il y a Dimitri qui te demande si on peut attraper des coups de soleil sous l'eau, par exemple, dans sa baignoire. '''Gérard''' : Euh, non. '''Reego''' : Et pendant une éclipse de lune, demande Turpentine. '''Phildar''', ''[proteste]'' : Putain, mais c'est bidon, l'Internet ! C'est pas les maladies, ça ! '''Reego''' : Bah si, on parle des coups de soleil dans cette question. '''Gérard''' : Mais attends, ils sont moins cons que toi. '''Phildar''' : J'aimerais bien faire un débat un peu potab. '''Gérard''' : Ouais, mais attends, toi, écrase. T'as déjà foutu ta merde, alors ça suffit comme ça ! '''Manu''' : Franchement, t'as fait des trucs trop inconcevables ce soir. '''Max''' : Ouais, mais il a été excécrab. '''Cuvette''' : Il est inconvenab. '''Max''' : Oh là là ! '''Supo''' : C'est horrib. '''Soutif''' : C'est lamentab. '''Gérard''' : Je sens que Phildar, tu vas t'en prendre une, hein. '''MST''' : Mais c'est un débat constructib ! ''{Manu éclate de rire]''. '''Gérard''' : Alors, l'acné, euh... Tu te calmes, toi, parce que avant que tu gerbes... Je sens que tout à l'heure, on va finir à trois que six... À trois auditeurs au lieu de six ! Attention, parce que je vais pas chercher tout à l'heure, je vais virer au hasard. Alors, l'acné est-elle une maladie qui s'a... '''Soutif''' : La quoi ? La clé ? '''Gérard''' : La quenée ! '''Phildar''' : La quenelle ? '''Gérard''', ''[épelle dans le brouaha avant de hurler]'' : Bon tu me dégages MST? aller hop ! '''Phildar''' : J'ai pas le vaccin. '''Reego''' : Non, la queue au bout du nez, on dit. '''Gérard''' : Euh... C'est toi qui viens de dire ça, là-bas ? '''Manu''' : Non, j'ai rien dit, moi, par contre. '''Gérard''' : Alors, donc, on va demander à Cuvette. '''Cuvette''' : Ouais, bah moi, je pense que c'est pas... Je sais pas ce que c'est comme maladie, en fait. '''Gérard''' : Bah, tu sais pas... T'as jamais eu de l'acné ? '''Cuvette''' : Bah, si, peut-être, mais je connaissais pas, en fait. Je savais pas que ça existait. '''Gérard''' : Bah, si, ça existe, hein. Ça existe. '''Cuvette''' : Et c'est quoi, comme truc ? '''Gérard''' : Bah, je te le dirai tout à l'heure. Suppo ? '''Supo''' : Ouais, bah, moi, quand j'étais petit, à l'école, on m'appelait coccinelle parce que c'était bouton rouge, point noir, bouton rouge, point noir, bouton rouge, point noir. '''Gérard''' : D'accord. Et t'as pas... Et à part bouton rouge, point noir, bouton rouge, point noir, t'avais pas autre chose qu'on te disait ? '''Gérard''' : Ouais, toi, on devait t'appeler le trou noir, à l'école, avec ton petit truc foncé. '''Gérard''' : Et toi, on t'a jamais appelé tête de con ? '''Supo''' : On met une quéquette dedans, elle disparaît, aller, hop ! '''Gérard''' : Allez, hop, Supo, bonne nuit pour lui. '''MST''' : Je voulais dire que j'avais fait de l'acné, mais ce qui me dérangeait, c'était les méduses. '''Gérard''' : C'est qui qui vient de répondre ? Qui c'est qui vient de répondre, là ? '''Cuvette''' : MST, t'as un nom de maladie ! '''Gérard''' : MST, je te l'avais dit de le dégager, Phildar ! Alors, il dégage. '''Reego''' : Gérard, il y a TomJPSG qui me demande si l'acné sur le sexe existe. — Attends, il rajoute : « surtout suite à la sodomie dans les chiottes de la Loco. ». Ah, excuse-moi. '''Gérard''' : Ouais, d'accord, lui, il peut garder ses réflexions. Cirrhose ? '''Cirrhose''' : Oui, l'acné, c'est quoi ? C'est... l'acné, ça ne peut être qu'une maladie. '''Cuvette''' : Elle écoute même pas la question ! '''Gérard''' : Oh, tu t'écrases, Cuvette, s'il te plaît, merci ! '''Cirrhose''' : Si vous arrêtiez de parler tous en même temps, je pourrais répondre. Donc, l'acné est une maladie, puisque tu peux avoir des boutons partout sur le corps. Donc, ça peut être une maladie très contagieuse. '''Soutif''' : Ben, moi, je travaille dans le milieu hospitalier et il nous arrive d'avoir des petits jeunes qui ont de l'acné, effectivement. C'est une maladie que l'on soigne très bien, effectivement. Greffes de peau, des choses comme ça. '''Gérard''' : Ouais, mais je pense qu'il y a certaines personnes qui vont voir des médecins, qui disent qu'ils veulent se faire soigner contre l'acné, puis qu'en fin de compte, on leur prescrit des médicaments et ils n'en ont rien à foutre. '''Soutif''' : Bon, alors, on a un petit secret qu'on ne dit pas, en fait, parce que, bon, on n'a pas envie de perdre notre business, mais la masturbation enlève les boutons. '''Gérard''' : Ah, d'accord. Ben, ça, c'est la première fois que j'entends ça. '''Manu''' : Gérard, sur Minitel, on nous demande si toi, plus jeune, tu as eu de l'acné, justement. '''Gérard''' : Attends, laisse-moi finir avec Pâté de foiee. '''Reego''' : Sur IRC, on me demande combien de temps t'arrives à tenir en acnée. '''Gérard''' : Bon, ben ça, je ne répondrai même pas à cette question. '''Phildar''' : Excuse-moi, Gérard, à la place de MST, on accueille Petit Kyste. '''Gérard''' : Non, mais, hé, ce n'est pas la peine ! '''Petit Kyste''' : Je suis dans le cou.<ref name="context2"></ref>, ''[tout le studio est hilare]''. '''Gérard''', ''[très en colère]'' : Non, mais, t'es vraiment une pute pas finie ! Je t'ai dit que ce n'était plus la peine de prendre d'auditeurs, j'arrêtais. '''Phildar''' : Pour faire la conclusion. Et à la place de Suppo 2, on a Suppo 3. '''Gérard''' : Non, non, non, c'est pas la peine. Non, non, mais c'est terminé, là, le débat. Non, non, non, vous avez été trop cons, grâce à Phildar, on a perdu près de 200 personnes sur l'IRC, merci, Phildar. '''Reego''' : Ils sont revenus, on est presque 2000. '''Gérard''' : Grâce à lui, on avait perdu quand même 200 personnes. '''Reego''' : Oui, mais ils sont revenus et on est presque 2000, Gérard ! Donc, si tu pouvais continuer le débat calmement, pour faire plaisir à ces gens-là. '''Gérard''' : Pâté de foiee pour la dernière question. '''Pâté''' : Ouais, bah, moi, tout ce que je sais, c'est que l'acné, maintenant, on peut la résoudre à l'aide de la chirurgie esthétique. '''Supo''' : N'importe quoi ! '''Gérard''' : Bon, allez, tu me dégages ces trois caves ! Allez hop ! '''Phildar''' : Mais qui ? '''Gérard''' : Tu me vires Suppo 2 et le dernier arrivé. Terminé, terminé, terminé ! Terminé, terminé, terminé ! J'en ai ras-le-bol. À chaque fois que les nanas parlent, on leur coupe la parole ! Alors, maintenant, c'est terminé, tu me les vires. Hop, basta ! Ça va aller plus vite, on termine le débat avec trois... Ça sera mieux. '''Phildar''' : Il y a Petit Kyste, quand même. '''Gérard''' : Non, non, pareil. '''Phildar''' : Non, Petit Kyste, il a rien dit, tu vois, c'est bon, quoi. '''Gérard''' : — Alors, Cuvette, j'en veux plus. '''Phildar''' : Ouais, c'est bon, Cuvette, il est viré. Et, euh, voilà. '''Gérard''' : Alors, donc, Pâté de foiee pour toi. Donc, tu me disais... Pâté de foiee, s'il te plaît. '''Pâté''' : Je suis d'accord avec la fille qui parlait juste avant, parce que la chirurgie esthétique, maintenant, on l'emploie pour, justement, enlever l'acné. — Alors, l'acné au visage, l'acné sur les bras, l'acné sur le bout des seins... '''Soutif''' : Dans le dos. ...dans le dos, c'est dégueulasse. '''Pâté''' : Ouais, dans le dos, aussi, ouais. '''Gérard''' : Donc, Reego, comme je vois qu'il y a des questions, je pense ? '''Reego''' : Bah, ouais, il y a Davy1 qui te demande où t'as mis la clé de chez lui parce qu'il est dehors et il peut pas rentrer. '''Gérard''' : Non, non, mais on sait même pas... Donc, Manu, tout à l'heure, tu m'avais posé une question, toi, sur l'acné. '''Manu''' : Oui, on demandait sur Minitel, je sais plus trop qui demandait si, toi, quand t'étais jeune, t'as eu de l'acné, et si oui, comment tu t'es soigné et pourquoi, dans quel sens. '''Gérard''' : Alors, ça, de l'acné, de toute manière, ça s'attrape facilement. Souvent, il y en a qui disent que c'est en mangeant trop de charcuterie. Ça, c'est des dermatologues qui l'ont dit. '''Manu''' : T'as dû bouffer du saucisson, quand même ! '''Gérard''' : Non, non, mais ça, attends, laisse-moi finir. '''Petit Kyste''' : Ou en baiant avec une truie. '''Gérard''' : Oh, ta gueule, toi, Petit Kyste ! Donc, il y a certains dermatologues qui m'ont dit qu'à force de manger trop de charcuterie, on pouvait attraper de l'acné. Maintenant, comment que ça se soigne ? Ça se soigne avec des produits style... merde, comment on... '''Manu''' : Pas de marque ! '''Gérard''' : Non, mais il y a des savons spécial puis des trucs comme du Pousse-Mousse. Des genres de pousse-pousse, là, pour se laver les mains, c'est un produit spécial. Donc... Alors, dernière question pour finir le débat. En remerciant au passage Phildar du bordel qu'il a fait jusqu'à maintenant. Alors... C'est qui qui parle, là ? Alors, Petit Kyste, ça, ouais, tiens, je... je l'avais pas vu, lui. Tiens, réponds, toi. '''Petit kyste''' : Ah, bah, je suis là, regarde. Ouais, bah, oui, l'acné, moi, j'en ai jamais eu, mais j'espère que j'en aurai jamais. '''Gérard''' : Non, mais... t'en as jamais eu, d'accord. Mais si un jour, t'en attrapes, tu te demanderas pourquoi. '''Petit kyste''' : Je te le refile ! '''Gérard''' : Ouais, non, mais je te demande si c'est une maladie. '''Petit kyste''' : Bah, ouais, c'est une maladie, hein. Mais il y a des personnes aussi, c'est tout concentré dans une partie du corps, mais si je dis le cou, ça va te vexer, donc je le dis pas. '''Gérard''' : Moi, de toute manière, je le sais, mais moi, c'est pas de l'acné que j'ai dans le cou, tu vois. '''Manu''' : Oh, pourtant, il y a du pus dedans, c'est pareil ! '''Reego''' : D'ailleurs, Gérard, il y a Seigneur qui demande si on peut se nourrir du pus de l'acné. '''Gérard''' : Ah, non, là, je vais te dire une chose, le mec, voilà, c'est une question... Alors, pour terminer la dernière question, donc, tout le monde a répondu, comme il ne reste plus que Cirrhose, Petit Kiste, Soutif et Pâté de foiee, donc, dernière question... Non, Suppo, j'ai dit que c'était terminé pour toi ! '''Phildar''' : Non, mais deux, on a trois, il est là. '''Gérard''' : Non, mais attends, parce que... faudrait peut-être que vous fassiez votre boulot correctement au standard. au premier débat, Manu l'a fait, Manu l'a fait super bien. Toi, c'est de la merde ! '''Phildar''' : Écoute, Gérard, on a réussi à envoyer deux supos, on peut en envoyer un troisième, quand même. '''Gérard''' : Non, mais c'est de la merde, parce que t'as repris la même personne, tu lui as dit : « Je te fais passer pour Suppo 3. ». D'accord ? Manu, quand j'ai dit qu'il vire quelqu'un, il a fait son boulot correctement. Toi, à part chercher une voiture caca, c'est tout ce que tu sais faire. Conduire ta merde ! Ok, dernière question. Il est 3h10, donc le débat... Le dépistage peut-il vous rendre malade ? '''Cuvette''' : Ouais, je pense que ouais. '''Gérard''' : Ouais, alors vas-y. '''Cuvette''' : Je pense que ça peut te rendre malade, ça s'arrête là. '''Gérard''' : Non mais attends, dans quel sens que ça peut te rendre malade ? Allô ? '''Cuvette''' : Non, mais Gérard, j'ai été coupé par Phildar encore, à tous les coups. Non, je disais donc que ça peut rendre malade, dans le sens où ça peut rendre malade. '''Gérard''' : D'accord, c'est bien. '''Petit Kyste''' : Petit Kyste, tu vois bien que le dépistage, ça rend malade. Je sais pas si t'as vu, quand Schumacher il a fait une queue de poisson à Jacques Villeneuve, il a eu la chiasse, Schumacher. '''Gérard''' : Et ta connerie, elle a eu la chiasse ? '''Petit kyste''' : Non mais tu parles de ça, du dépistage, moi je te réponds : il a dépisté, voilà. '''Gérard''' : Non mais attends, le dépistage, tu sais ce que c'est ? '''Petit kyste''' : Bah oui, c'est quand il sort de la piste, voilà. '''Gérard''' : N'importe quoi ! Enfin bref. '''Phildar''' : C'est quoi, le dépistage, Gérard ? '''Gérard''' : — Non mais je vais laisser tout le monde parler, après je... '''Phildar''' : Non mais comme ça, tu diras pas, bien sûr. '''Gérard''' : Attends, toi tu m'éteins le micro et tu t'écrases maintenant. Je veux plus t'entendre jusqu'à la fin, ok ? '''Reego''' : Sur IRC, on me dit : le dépistage, c'est quand tu... quand tu coupes tes pistaches en dés. '''Gérard''' : Non plus. Alors, Cirrhose ? Bah, le dépistage peut-il vous rendre mal... '''Pâté''' : Eh, qu'est-ce qu'elle est conne ! '''Gérard''' : Elle t'emmerde, toi, pétasse ! T'as compris ? '''Cirrhose''' : Ah, mais pourquoi ils sont méchants avec moi ? Je comprends pas. '''Gérard''' : Non mais attends, celle-là, je vais la calmer, parce qu'elle va répondre tout de suite. Soutif ou Pâté de foiee, maintenant vous répondez toutes les deux. '''Soutif''' : Euh, le dépistage... Ouais, ouais. Regarde Richard Virenque ! '''Reego''' : Pas de marque, pas de marque ! '''Soutif''' : On l'a dopé à l'insu de son plein gré, maintenant il est malade, donc on le soigne en lui faisant des piqûres. '''Gérard''' : Mais je vois pas du tout le rapport ! '''Soutif''' : Je te dis qu'il est malade, donc il a été dépisté gravement même. '''Gérard ''' : N'importe quoi ! Toi, tu comprends... Je crois que t'as été... Je me demande si t'es vraiment une infirmière. '''Manu''' : Gérard, c'est moi. Ouais, sur Minitel, on... on nous demande si chez toi aussi, ta pisse elle tache. '''Gérard''' : Alors, qui c'est qui pose cette question con ? Bah, question con, bah c'est un con. Voilà, c'est tout. Ce serait pareil sur l'IRC. Pâté de foiee, pour finir ? '''Pâté''' : Euh, non, non, le dépistage, au contraire, c'est fait justement pour éviter les maladies, et voilà, quoi, point barre. '''Reego''' : Gérard, il y a Yankee qui te conseille d'aller faire un dépistage de trisomie. '''Gérard''' : Bon, bah, lui, il ferait mieux de faire... de se taire un petit peu pour dire des conneries. Cirrhose, pour finir ? '''Cirrhose''' : Bah, non, le dépistage peut pas être une maladie. ''[les audituers l'interrompent, et Manu aussi. D'abord en lançant le début d'une musique intitulée Fête la fête, qui dit « Debout la grosse, debout espèce de fénéasse ». Ensuite, Petit Kyste reprend ces mots]''. '''Gérard''' : Non, non, mais vous laissez Cirrhose finir, s'il vous plaît, merci. '''Petit kyste''' : Allez, la grosse, là, debout ! Espèce de fainéante ! '''Gérard''' : Alors, Petit Kiste, tu dégages. Allez, hop ! '''Reego''' : Tu viens dans le cou, hein. '''Cuvette''' : Allez, hop, dans le cou ! '''Supo''' : Un coup de scalpel ! '''Cuvette''' : Pas dans le cul, parce que je suis poli. '''Supo''' : Et on accueille Chaude-pisse. '''Gérard''' : Et vous êtes vraiment des FDP, hein ? ''[cris de stupeur]''. Vous êtes vraiment des FDP de faire chier les gens comme ça. '''Pâté de foie''' : Oh, là, là ! Moi, je suis outrée, là. '''Supo''' : Ouais, salut, c'est Blennorragie. '''Cirrhose''' : Je peux répondre, Gégé ? Je voulais dire que le dépistage, ça peut pas être une maladie, vu que le dépistage, c'est fait pour, justement, déceler les maladies. '''Gérard''' : Voilà, et donc, je peux vous dire une chose, que le dépistage sert vraiment à quelque chose, surtout chez les femmes et pour nous, les hommes, si on veut pas avoir certaines maladies. Surtout, il y a les cancers du sein que je voulais pas aborder, parce que sinon, le débat aurait duré au moins jusqu'à 4 heures. Ça, c'est une question dont j'ai pas parlé. J'ai pas voulu parler non plus du sida, parce que c'était un problème tros important. Et ça, je ferai un débat dessus avec le cancer du sein, je ne sais pas quand. Je vais voir ça avec le chef, mais sans Phildar au standard ! '''Max''', ''[hilare]'' : Faut vraiment qu'on le travaille, ce débat. Si tu le permets. Parce que là... Là, ça peut être joli. Ça peut être notre dernière. On le fait, on l'enregistre, on l'envoie à la CLT, à la CIA, on l'envoie au CSA, à tout le monde. Ils valident. '''Gérard''' : Donc, conclusion, Cuvette ? '''Gérard''' : Ouais, bah, ton débat, il y a mieux, parce que, enfin bon, c'était un peu trop compliqué pour moi, je pense. '''Gérard''' : Non, bah, t'avais qu'à comprendre un peu. '''Cuvette''' : T'avais qu'à comprendre, t'avais qu'à mieux t'exprimer surtout, en fait. '''Gérard''' : Ouais, non, mais vous avez qu'à vous adresser à Phildar. '''Cuvette''' : Non, non, non, c'est tout, tu fais mal ton boulot. '''Gérard''' : Non, non, mais c'est Phildar qui a foutu sa merde. C'est Phildar qui a foutu sa merde, Cuvette, d'accord ? Alors, tu le remercieras en lui disant au revoir. Suppo ? '''Supo''' : Ouais, bah, je voulais dire que j'entends que Max est revenu, on l'appelle le Star System. Toi, Gérard, je pense que t'es le Star Cystite, c'est-à-dire le roi des infections urinaires. '''Gérard''' : Alors, toi, mon pote, c'est la dernière fois que tu passeras dans mes débats, d'accord ? Petit Kiste ? '''Petit kyste''' : Oui, bah, alors là, t'as fait fort, Gérard. Moi, je me suis bien marré, donc il faudrait que tu continues comme ça, sans t'en prendre à ton équipe, quand même. '''Gérard''' : Bah, si, parce que c'est grâce à Phildar si ça a merdé. '''Phildar''' : C'est à cause, '''Gérard''' : La cause, c'est Phildar. Parce que, maintenant, Reego, avant que tu termines, on va essayer d'avoir... on demandera le chiffre après. '''Petit kyste''' : Ouais, faut pas que tu t'en prennes à tout le monde, il faut pas que tu passes ton temps à virer des gens, aussi. Tu comprends ? '''Gérard''' : Bah, ouais, mais dans ces cas-là, quand je vous pose des questions, si vous voulez pas répondre, dans ces cas-là, ça sert à rien qu'on vous sélectionne pour faire les débats. Si vous ne voulez pas répondre... '''Petit kyste''' : On veut répondre, mais bon, des fois on répond à côté de la plaque, mais c'est pas pour autant qu'il faut virer des gens. '''Gérard''' : Mais ouais, mais si vous répondez à côté des questions, ça sert à rien non plus de vous sélectionner pour faire les débats, c'est tout. '''Petit kyste''' : Bon, d'accord, je suis d'accord avec toi. Je te souhaite une bonne soirée. '''Gérard''' : Ok, bah, moi aussi. Soutif ? '''Soutif''' : Moi, je suis déçue parce que, bon, je suis quand même dans le milieu hospitalier, donc j'aurais aimé participer à tout le débat parce que j'avais des choses intéressantes à dire. Néanmoins, bah, c'était nul, et vive Phildar. '''Gérard''' : Ouais, bah, c'est bien. Tu peux retourner le voir, alors. Voilà. Donc, Pâté de foiee pour toi. '''Pâté''' : Ouais, bah, comme d'habitude, tes débats, c'était vraiment de la débilité grave, quoi. Et néanmoins, faut pas t'en prendre à Phildar si tu sais pas gérer toi-même ton équipe. '''Gérard''' : Ouais, bah, dans ce cas-là, Phildar, il avait qu'à pas faire le con, parce que c'est grâce à lui si, à un moment donné, sur l'IRC, on avait des petits problèmes. '''Pâté''' : Ouais, mais enfin, c'est quand même grâce à lui que t'as des auditeurs, quoi. '''Gérard''' : Ouais, non, mais c'est grâce... Quand je lui demande de virer certains auditeurs, c'est pas la peine qu'il essaye de les reprendre après, pour leur dire : « Vous passez sous un autre nom. » '''Pâté''' : Ouais, enfin, Gérard, si t'es pas capable de gérer, c'est ton problème. '''Gérard''' : De toute manière, dans l'équipe, y en a que deux qui font bien leur boulot et c'est tout, les autres... '''Pâté''' : Ouais, bah, ouais, t'as encore raison. De toute façon, ton débat, ça a encore été de la merde, et puis, voilà, quoi. '''Gérard''' : Eh bah, si t'es pas content, tu vas bouffer ton Pâté de foiee. Ok, salut. Cirrhose, pour finir ? ''[silence, tonalité d'un appel raccroché. Gérard se jette vers Phildar]''. — T'es vraiment une pute, toi ! '''Phildar''' : Mais c'est pas moi ! '''Manu''' : Je crois que, voilà. Tu peux arrêter la sonnerie, Phil. Voilà. '''Gérard''' : Attends, toi, je te jure, c'est la dernière fois... '''Reego''', ''[avec autorité]'' : Donc, conclusion... Donc, sur l'IRC, on était presque 2000, on est arrivé jusqu'à 1995, jusqu'au moment où tu as insulté un auditeur, tu l'as traité deux fois de FDP et y a au moins 500 personnes qui sont parties. Et y a beaucoup de gens qui ont été outrés par ton langage. Et je te lis quelques conclusions : « Encore une fois, un débat sans queue ni tête, comme Gérard. » « Le Viagra est au sexe ce que la connerie est à Gérard. » « Le Viagra fait partie de l'acné et le dépistage permet d'éviter les coups de soleil. » '''Max''' : Non, mais pas du tout, pas du tout. Mais bon, y a quand même combien de connectés ? '''Reego''' : on a fait 1995. '''Max''' : Ah bah ! Bravo Gérard, c'est l'exploit ! C'est le record. ''[tout le studio applaudit, dont Phildar]''. '''Reego''' : Je crois que c'est un record mondial, même. '''Gérard''' : Non, non, mais toi, toi, tu m'en as fait virer quand même 200, il a eu du mal à les récupérer. '''Reego''' : Ouais, beaucoup de mal, '''Phildar''' : mais il avait perdu les numéros, aussi. '''Gérard''' : en plus, ya une personne qui n'a pas fait sa conclusion, tu lui as carrément raccroché au nez. '''Phildar''' : Non, c'est elle qui a coupé ! '''Gérard''' : Non, non, non. Non, parce que je vais l'appeler, je vais lui demander. '''Max''' : Ah, tu la connais ? '''Gérard''' : Bien sûr. '''Manu''' : C'est qui ? '''Max''' : Ah, c'est Sandy ! Ouais, bah bravo. '''Phildar''' : Personne n'a reconnue ! '''Reego''' : Mais qui ? C'était quoi son nom ? '''Gérard''' : Cirrhose. '''Max''' : Oh ! Tain, elle déguise bien sa voix,. '''Gérard''' : Bah, conclusion. C'est dommage que Phildar il ait foutu sa merde. Ouais, bah, de toute manière, j'espère que la semaine prochaine tu seras pas dans l'équipe, parce que je veux pas de toi, c'est simple. '''Max''' : À moins qu'il travaille ! '''Phildar''' : Je vais essayer de rattraper des points, je vais faire un stage. '''Gérard''' : J'ai entendu ce soirqu'il attendait 11h30 pour trouver des auditeurs. Bah, si c'est Manu qui doit trouver des auditeurs, autant le mettre tout seul avec une nana et lui, on peut le virer. '''Max''' : Bah, on va le mettre avec Bébé Rose, ouais. '''Gérard''' : Voilà. Donc, moi, je peux... Moi, je peux dire quand même merci à Manu des deux débats, parce que... '''Manu''' : C'est la première fois en je sais pas combien de temps que tu me remercies, Gérard. '''Gérard''' : Donc, et puis, surtout, merci Reego d'avoir fait ton boulot correctement. Phildar, je te remercie pas, parce que tu m'as fait de la merde. Donc, voilà. Donc, on s'écoute... '''Manu''' : Ah, je sais pas, le disque. '''Phildar''' : Bah, moi, je sais plus, je sais pas. '''Manu''' : Allez, Phil, le titre ? '''Phildar''' : Je fais plus partie de l'équipe ! '''Manu''' : Mais moi, je te réintègre ! Allez, vas-y. '''Gérard''' : Non, non, c'est pas lui qui commande dans les débats, le jeudi, c'est moi. '''Manu''' : Je crois que c'est Technolab avec Fusion. '''Gérard''' : Voilà. '''Max''' : Manu, roi de l'impro, pas de problème. '''Gérard''' : Là, vous allez retrouver Reego pour la nuit sans pub. '''Reego''', ''[dans l'hilarité générale]'' : Ouais, je vais faire la nuit sans pub, ouais ! '''Gérard''' : Vous allez retrouver Rousseau pour la nuit sans pub. Et dès demain matin, 6h, Barth, avec des scooters à gagner. Et bien sûr, demain soir, dès 22h, le star system. Et moi, je vous retrouverai dans le courant de la semaine, s'il y a des petites réactions par le... par le guet des auditeurs. '''Manu''' : Par le gay... Il y en aura plein, t'inquiète pas. '''Gérard''' : Bonne nuit à tous et à la semaine prochaine ! ''[Musique]''. == Le débat sur l'armée == === Contexte === 5 novembre 1998. L'émission a donc trouvé un rouage, qu'il s'agit désormais de renouveler. L'avant-débat ne déroge pas à la coutume, Gérard y fait tous les sketchs habituels liés à la réception de courrier sur son personnage, disques et créations d'auditeurs de plus en plus imaginatifs. Max en joue allègrement, flattant l'animateur par des chiffres d'audience fantasques (15 millions d'auditeurs revendiqués pour le débat sur les maladies). Bien que le service militaire soit aboli depuis 1995, le sujet est frais pour toute une génération. L'armée est un sujet encore sérieux, mais gérard y donnera toute sa dimension surréaliste, appuyé par l'équipe qui connaît désormais bien la manière de générer du comique, d'éviter les dérapages, de faire osciller l'animateur dans les registres nécessaires à une émission culte. Il paraît important de noter ici l'homophobie de Gérard, rejetant les personnes travesties, LGBTQ, etc. Mais il faut aussi mentionner d'abord que ce rejet est parfaitement instinctif, presque reptilien, sans théorie ni explications d'aucune sorte. Ensuite, il faut se souvenir qu'à cette époque, la cause de cette communauté n'avait pas autant fait valoir ses droits qu'aujourd'hui. Les homosexuels avaient une meilleure audience, puisque 1998 voit la loi sur le pacte civil de solidarité s'approcher, mais les autres genres et orientations étaient très méconnus, sous-représentés, sous-médiatisés. Sans INternet, leur lucarne de diffusion était faible et la société loin d'accepter ces différences. Les débats sur le PACS en seront, d'ailleurs, l'illustration, même si le sujet reste toujours aussi clivant 30 ans plus tar. === Les personnages === * Gérard Cousin : Gérard * Phildar et Manu * Laura : Andouille (précisons que Laura va devenir la femme de Manu le dimanche suivant), Petit fion * Mégane : Croupion * Tagada, Jmenfous, Face de pet * Tony Morestin : Tony, Général Moncu * Axel : Prothèse * Canif : passée la semaine d'avant sur la politique, notamment === Transcription === '''Gérard''' : Voilà, bonsoir à tous. C'est les débats du jeudi, vous pouvez nous appeler au 0803 08 5000 ou 0900 80 6000 et 3615 code Funradio, rubrique Direct et l'IRC funradio ww où que Reego vous attend. '''Reego''' : Et on est déjà 1664 ! '''Gérard''' : Ah bah d'accord, on commence déjà fort ! On commence déjà fort, il est 0h19, on accueille Canif... Caniche... '''Phildar''' : On fait quel débat là Gérard ? '''Gérard''' : Sur l'armée ! '''Phildar''' : Voilà, donc on accueille les auditeurs. '''Gérard''' : Canif ! On peut écouter Fun Radio sur 94.5. Bonsoir, Tagada 21 ans, Paris 101.9. '''Tagada''', ''[voix efféminée et maniérée]'' : Salut ! '''Gérard''' : Andouille, 20 ans de Chinon, on peut écouter Fun Radio sur 100.2. Croupion, 22 ans, Verdun, 93.9, Fun Radio. Bonsoir, Tony ! '''Tony''' : Bonsoir Gérard, bonsoir toute l'équipe ! '''Gérard''' : Paris, Fun Radio 101.9. Et... Prothèse, 21 ans, Royan, 99 FM. Donc, première... Comment ? '''Prothèse''' : Big up ! '''Gérard''' : Merci pour Reego, donc... Merci pour Reego, c'est pas mal. Alors, bon, on commence. Celui qui a un téléphone portable ou pourri, là, qu'il dise tout de suite, parce que ça commence déjà mal. '''Phildar''' : De toute façon, Darty c'est fermé àtte heure-là, Gérard. '''Gérard''' : Non, mais dans ces cas-là, s'il a un téléphone pourri, dans ces cas-là, il va voir Manu au standard, ça ira plus vite tout de suite. '''Manu''' : Je vais le trouver. '''Gérard ''' : Donc, alors, première question, avez-vous fait déjà l'armée ? Si oui, dans quelle arme ? On va demander à... Andouille ! '''ANdouille''' : Bah, écoute, moi, je suis désolée, mais j'ai jamais fait l'armée. '''Canif''' : Bah, moi, écoute, Gérard, en tant que fille, j'ai jamais fait l'armée, mais j'aurais aimé, franchement. '''Gérard''' : D'accord. De toute manière, ça, c'est des questions qu'on va aborder lors du sujet aussi, hein. Donc, Tagada ? '''Tagada''' : Moi, oui. '''Gérard''' : Dans quelle arme ? '''Tagada''' : L'armée de terre. '''Gérard''' : À 21 ans, t'as déjà fait l'armée, donc t'as devancé l'appel, alors ? '''Tagada''' : Bah, non, ils sont venus me chercher. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, attends. Commence pas à dire des conneries, toi, parce que... Je te dis tout de suite que...Ouais, ouais, non, non, mais Tagada... Oh, oh, Tagada, Tagada, Tagada. On se calme, ok ? Donc, à mon avis, t'as devancé l'appel parce qu'à 21 ans, ils viennent pas te chercher comme ça, hein. Alors, me prends pas pour un con. Me prends pas pour un con, s'il te plaît. '''Phildar''' : Ça dépend s'il voulait s'engager. Tu voulais t'engager, Tagada, ou pas ? '''Tagada''' : Bah, oui. '''Phildar''' : Non, mais attends, ça, les trucs sur l'engagement, c'est moi qui les pose, les questions, c'est pas toi, d'accord ? '''Phildar''' : Non, mais tu dis que c'est pas possible. '''Gérard''' : Non, mais tu vas pas commencer déjà le premier débat comme ça. '''Phildar''', ''[penaud]'' : D'accord, je voulais poser une question, je suis désolé. '''Croupion''' : Ouais, alors moi, je suis totalement anti-militariste, donc il est hors de question que je mette les pieds dans une caserne avec des cons, quoi. '''Gérard''' : Ouais, mais ça... Oh là, merci pour le Larsen. De toute manière, ça, je vais te dire une chose, que maintenant, ça va être bientôt obligatoire, alors donc, t'auras pas le choix. Euh... Tony ? '''Tony''' : Moi, je suis pro-militariste, mais je me suis fait réformer. '''Gérard''' : D'accord. À 20 ans, t'en es sûr de ce que tu me dis, là ? '''Tony''' : Ah, sûr et certain, ouais. '''Gérard''' : Ouais. Je pense pas à mon avis. '''Tony''' : Et je te jure, et puis je te raconterai même l'histoire, si tu veux. '''Gérard''' : Ouais, non, non, mais j'ai pas besoin de savoir toute l'histoire complète. Prothèse ? '''Prothèse''' : Ouais, bah moi, je voulais m'engager, mais je me suis fait réformer parce que j'étais pas assez con pour faire l'armée, quoi. '''Gérard''' : De toute manière, y a pas besoin d'être con pour faire l'armée, d'accord ? Parce que si tu... Non, mais attends, si tu veux dire ça pour moi, tu vois, je vais te dire une chose... Non, non, mais y a pas besoin d'être con pour faire l'armée, de toute manière, l'armée, c'est obligatoire et c'est tout. '''Tony''' : Tout à fait, les cons de toute façon, ils sont chefs. '''Gérard''' : Ouais, bah, de toute manière, avec un con comme moi, on s'amuse, avec un con comme toi, on se fait chier, d'accord ? '''Reego''' : Sur IRC, y a Zioui qui te demande si tu aimes ramer. '''Gérard''' : Je vois pas du tout le rapport avec le débat, hein. Donc, moi, je peux vous dire que j'ai fait l'armée, dans quelle arme... Eh, au fait, personne m'a dit dans quelle arme... '''Tony''' : Ouais, dans quelle arme, Gérard, au fait ? '''Prothèse''' : Au fait, Gérard, dans quelle arme ? '''Gérard''' : Prothèse, ouais, pour l'instant, c'est moi qui pose les questions. '''Tony''' : Ouais, mais dans quelle arme, au fait, Gérard ? '''Gérard''' : C'est moi qui pose les questions, c'est pas vous. '''tagada''' : Oui, mais dans quelle arme ? '''Gérard''' : C'est pas... C'est moi qui pose les questions, toi, Prothèse. Dans quelle arme, toi ? '''Prothèse''' : Bah, j'ai été réformé, je t'ai dit. Je voulais m'engager dans les RIMA, Régiment d'Infanterie, Marine. '''Tony''' : Bah, je te dis, je me suis fait réformer, mais moi, je voulais n'importe quoi, de la cuisine, de n'importe quoi, moi, j'aurais fait. '''Croupion ''' : Oui, tout sauf la Légion. '''Andouille''' : Moi, je serais plutôt partie dans l'arme blanche. '''Gérard''' : C'est-à-dire, chasseur alpin ? '''ANdouille''' : Tu m'as ôté les mots de la bouche. '''Gérard''' : Bah, c'est chasseur alpin, hein, les blanches, ouais. '''Prothèses''' : Les samouraïs. '''Canif''' : Bah, j'ai rien fait, mais ouais, dans l'armée de terre, j'aurais aimé. '''Tagada''' : Tu verras, il y a des mâles dans l'armée de terre. '''Gérard''' : Ouais, bah, oh, tu te calmes, toi, parce que tout à l'heure, tu vas faire comme la semaine dernière, Tony. '''Reego''' : Attends, Gérard, toi, tu l'as fait dans quelle armée, alors ? '''Gérard''' : C'est... Moi, c'est... J'étais dans l'inventerie, dans le 110e R.I. en Allemagne. '''Phildar''' : Et t'inventais quoi ? '''Gérard''' : Non, mais c'est le 110e Régiment d'Infanterie, abruti. Et toi, dans quelle arme ? Tu ne l'as pas fait, tu ne l'as pas fait, parce que toi, t'es trop con, alors. Déjà, lui, il est trop con, déjà, pour faire son standard, il attend 11h et demi. '''Manu''' : Il y a un petit sondage qui nous a été communiqué, donc, à la question, pour ou contre l'armée... '''Phildar et Reego''' : Non, mais c'est important de savoir, Gérard. '''Gérard''' : Ouais, mais ça, on n'en a rien à foutre des pour ou contre, parce que c'est pas... '''Reego''' : C'est un débat, on en parle, vas-y, Manu. '''Manu''' : Donc, 20% des gens sont pour Alain Prost, 30% des gens n'ont pas de permis et 50% n'ont jamais été alarmés en un seul mot. '''Gérard''' : Bon, alors, déjà, les deux premières questions, je ne vois pas ce que ça vient tout là-dedans. '''Phildar''' : Les gens ont répondu ça, ils sont... '''Gérard''' : Ouais, mais ceux qui répondent ça, c'est des cons, ce n'est pas de ma faute. Donc, deuxième question, à quoi l'armée sert-elle de nos jours aujourd'hui ? On va demander ça à, ben, Tony... Non, on va demander à Tagada. '''Tagada''' : À se faire des mecs ? '''Gérard''' : Putain, mais, hé, hé, hé, non, mais t'es vraiment con, toi ! '''Tagada''' : Il y a eu le sergent Dumair, après, il y a eu l'infirmier, je m'en rappelle... '''Gérard''' : À quoi sert l'armée de nos jours, aujourd'hui, Tagada ? Tu réponds correctement, ou sinon, tu gerbes. '''Tagada''' : Bon. Euh... À former des hommes, des vrais, des mâles, hein. '''Gérard''' : Bon Manu, tu me prends Tagada, tu lui expliques comment que ça se passe, un débat. '''Manu''' : Ouais, mais peut-être que pour lui, justement, l'armée... '''Tagada''' : C'est mon point de vue, hein. '''Gérard''' : Ouais, non, mais... Non, mais explique-lui quand même comment que ça se passe, un débat, parce que... '''Phildar''' : Toi, tu poses une question, eux ils doivent répondre. '''Gérard''' : Ouais, ben, pour l'instant, s'il répond à côté de la plaque, c'est pas la peine de... '''Phildar''' : Non, il répond ce qu'il veut. '''Gérard''' : Reego, il y a une question, non ? '''Reego''' : Euh, ça va très vite, vu qu'on est en train de dépasser les 1800 connectés. Alors, l'armée sert à se mettre des cotons-tiges dans le cul... Je sais pas, ça va trop vite, j'ai pas trop le temps. '''Gérard''' : C'est qui qui s'amuse à dire ça ? '''Reego''' : Ben, c'était un certain Gérard C... '''Gérard''' : Ah bon, d'accord, ouais, ok. Euh, Andouille ? '''Andouille''' : Ouais, ben, l'armée, ça sert à se battre. '''Gérard''' : Ah bon, pour toi, l'armée, on se bat ? '''ANdouille''' : Ouais, ouais, c'est une école de bagarre. C'est excellent pour foutre le dawa dans les rues. '''Gérard''' : Ah ouais, d'accord. Alors, tu crois que c'est l'armée qui fout le bordel dans les rues ? '''Andouille''' : Non, non, non, mais je pense que là-bas, c'est une bonne école pour apprendre à se battre. Ça fait qu'après, quand tu rentres chez toi, tu peux te battre tranquille, quoi. '''Gérard''' : Ah bon, c'est nouveau, ça ? '''ANdouille''' : Ouais, vive la guerre. '''Gérard''' : Ah ouais, ouais, c'est nouveau, ça, ça vient de sortir. Tiens, il faudrait que je réfléchisse à cette question. Euh, Canif ? '''Canif''' : Ben, écoute, moi, Gérard, pour moi, je sais vraiment pas à quoi ça sert, parce que vu le peu de gens qui veulent y aller, ça doit pas servir à grand-chose. '''Gérard''' : Ben, disons, ça sert pas à grand-chose dans l'ensemble. En fin de compte, tu perds carrément facilement un an de... Si t'es en stage ou au boulot, tu perds facilement une année pour rien. Croupion ? '''Croupion''' : L'armée, ça sert à faire chier les gens, à faire chier les Parisiens tous les 14 juillets pour voir défiler 5 000 connards ''' Gérard'' : Ouais, ben, ça... Oh, là, merci pour le Larsen. Euh, Tony ? '''Tony''' : À se faire sodom. '''Gérard''' : Ah, ouais, d'accord. Alors, Tony, tu me redis encore une connerie comme ça, je te préviens, tu fais comme la semaine dernière, je te gerbe au premier débat, OK ? '''Tony''' : Tu me poses une question, je te réponds. '''Gérard''' : Non, non, mais je te demande, sois un peu moins con, hein, que tu l'es. Tu réponds correctement aux questions, sinon tu gerbes. Je te le dis tout de suite, parce que j'ai pas l'intention de me faire chier ce soir. '''Reego''' : Gérard, sur IRC, il y a Le Chiant qui te demande s'il faut savoir faire du wind surf pour faire l'armée de l'air. '''Gérard''' : Oh, là, c'est quoi, ça ? C'est quoi, du windsurf ? Si quelqu'un pouvait me le dire... '''Manu''' : C'est quand tu sautes en parachute avec ton tank. '''Tagada''' : Non, non, non, tu sautes, alors tu vois, t'as un petit string rose. T'as un petit string rose avec des petites dentelles sur le côté. Ensuite, t'as une jartière, voilà. T'es sur un surf et tu prends un gros gode. '''Gérard''' : Non, non, c'est bon, Tagada, ça y est, ça y est, ça y est, c'est bon, on a compris. Prothèse pour finir le thème de... '''Prothèse''' : Ouais, bah, l'armée, je dirais que ça sert à apprécier le kaki et les corvées de chiotte. '''Gérard''' : Bon, bah, ça, donc, moi, je... Donc, l'armée, à l'heure actuelle, sert à quoi ? Bon, bah, en fin de compte, comme j'ai dit tout à l'heure sur Andouille ou Croupion qui m'avaient parlé de ça, bon, bah, j'avais vaguement dit, donc, normalement, l'armée, c'est, en fin de compte, vous perdez un an de salaire, parce qu'en fin de compte, vous n'êtes pas sûr, quand vous ressortez de l'armée, de récupérer votre emploi. Normalement, si, vis-à-vis de la loi et selon les conventions collectives de la société, normalement, ils sont obligés de vous reprendre, quand vous avez terminé l'armée, ils sont obligés de vous reprendre facilement, normalement, si je ne me trompe pas, et je pense que Manu ou Phildar ou Reego pourront me confirmer, je crois que, normalement, c'est un mois, un mois, normalement. '''Manu''' : Par contre, Gérard, c'est Manu, là. L'armée, ça sert pas... tu peux pas passer ton permis gratuitement, tout ça, des trucs comme ça ? '''Gérard''' : Mais, justement, mais attends... '''Phildar''', ''[zélé]'' : Mais, c'est pas les bonnes questions, Manu, que tu poses. '''Manu''' : Je savais pas, je savais pas. '''Gérard''' : Justement, celle-là, celle-là, on va la poser, mais c'est la toute dernière. Vu qu'on a commencé plus tôt... '''Phildar''' : Et, Gérard, je vais te demander, ceux qui vont à l'armée et qui, avant, n'avaient pas de travail, est-ce qu'ils le récupèrent, après ? '''Gérard''' : Ben, ça, s'ils en ont pas, ils pourront pas en retrouver derrière. '''Manu''' : Donc, c'est l'arnaque. '''Gérard''' : S'ils en avaient pas au départ, ils en auront pas à la sortie. '''Tony''' : Ouais, mais ça, c'est regrettab. '''Gérard''' : Non, non, sauf parce que, maintenant, il faut dire une chose. À quoi sert l'armée ? C'est qu'on peut très bien, aussi, trouver... Un job. Faire un job à l'armée et, à la sortie, si vous avez été compétent pendant les 12 mois qu'on... '''Phildar''' : Est-ce que tu peux avoir un diplôme ? '''Gérard''' : Non, non, non. Déjà, c'est tout juste s'il y en a qui arrivent à récupérer leur permis de conduire, à la fin. '''Tony''' : Mais si on passe son permis à l'armée, est-ce que c'est envisageab d'avoir dans le civil ? '''Gérard''' : C'est qui, ça, qui me pose ça ? Oui, mais attends, Tony, c'est la 11e question. Donc, si vous voulez commencer par la 11e, on va le faire tout de suite, et... Non, mais si, on va... Ben si, comme t'en parles. '''Phildar''' : Bon, ben allez, on fait la 11e, ça va. '''Tony''' : Après, je veux la 8 et la 6, si c'est possible. '''Gérard''' : Donc, alors, avez-vous eu l'occasion de passer votre permis de conduire, donc, à l'armée ? Donc, on va demander à Prothèse ? '''Prothèse''' : Non. Je voulais, mais c'est justement pour ça que je voulais m'engager. C'est pour passer tous mes permis, puis après, me tirer. Mais j'ai pas pu. '''Gérard''' : Oh, non, mais attends, parce que de toute manière... Mais attends, si tu t'engages, faut bien préciser... Je vais préciser une chose, que si tu veux passer ton permis, de toute manière, même en t'engageant, t'es obligé de faire ton engagement jusqu'au bout. '''Prothèse''' : Ah ouais, justement. '''Gérard''' : Et si tu t'engages, normalement, c'est pour 2 ou 3 ans, ça dépend du temps que tu veux faire. '''Phildar''' : Ça dépend de l'armée aussi. '''Tony''' : Moi, on m'a dit que les épreuves de conduite, elles étaient, à l'armée, elles étaient redoutab. '''Gérard''' : Ouais, non, mais ça, je vais te dire... ''[Reego s'agite]''. Attends, Tony, je te prends tout de suite, oui ? '''Manu''' : Oui, tu me rends compte que t'en as de la chance. '''Reego''' : Ya Thomas, sur IRC, qui te demande si t'as été maître chien à l'armée, est-ce que c'est de là que vient ton histoire d'amour récente ? '''Gérard''' : Euh, non, maître chien, je pense pas que... '''Tony''' : Et pourquoi t'as tué le chien aussi ? '''Gérard''' : Euh, Tony ? Je t'ai dit, tu arrêtes tes conneries, sinon tu vas dégager avant 1h du matin, toi. '''Tony''' : Mais ça, c'est pas envisageab. '''Gérard''' : Ouais, c'est envisageab, alors fais bien gaffe. '''Prothèse''' : C'est inadmissib. '''Gérard''' : Ouais, alors donc, tu disais, toi, tout à l'heure, comme t'avais une question à me poser, donc tu peux peut-être finir ta pensée. '''Prothèse''' : Hein ? '''Gérard''' : Bon, d'accord, Tony, je crois que... '''Tony''' : Ah, non, non, non, c'est pas moi qui ai parlé, là. '''Phildar''' : T'avais une question tout à l'heure, Tony, à poser, vas-y. '''Tony''' : Ça se finissait par B, c'est ça ? '''Gérard''' : Bon, d'accord. Tony, ça commence à bien faire pour toi. Croupion, dont toi ? '''Croupion''' : Ouais, bah, moi, de toute façon, j'ai pas fait l'armée, hein. Mais il est hors de question que je passe mon permis à l'armée. De toute façon, les instructeurs, ils savent pas lire, ils savent pas écrire. Mais ouais, non, mais c'est la condition sine qua non, si tu veux rentrer. '''Gérard''' : Oh, là, là ! Hé, Croupion ! Attendez, s'il vous plaît, Croupion ! T'as pas un téléphone pourri ? '''Croupion''' : Non, non. Parce que ça fait drôle, hein. ''[à Manu]'' : j'ai l'impression que c'est elle, hein. '''Manu''' : Je vais voir, je vais voir. '''Phildar''' : Un portable, ça, hein. '''Andouille''' : Bah, moi, comme je t'ai dit, donc, j'ai pas fait l'armée. Mais, euh... Non, mais, de toute façon, moi, ça m'intéresse pas de passer mon permis. Je préfère profiter des gens, tu vois, profiter de leur voiture. Comme ça, je paye rien. '''Gérard''' : Ouais, mais ça, c'est un peu dégueulasse, n'empêche. '''Andouille''' : Ouais, mais enfin, chacun vit sa vie comme il veut. '''Phildar''' : Est-ce que tu le payes, le permis à l'armée, ou pas ? '''Gérard''' : Non, mais attends, justement, je vais répondre après à la question. Euh, Tagada. ''[il dit une phrase incompréhensible, la bouche pleine]''. Oh, Tagada, tu réponds correctement, parce que tout à l'heure, ça va... Déjà, quand je te parle, t'évites de manger, t'évites de faire comme Phildar. '''Reego''' : Deux secondes, je voulais juste dire, quand même, remercier les gens de l'IRC, parce qu'on est déjà plus de 2000, on est 2011. ''[applaudissements et cris d'admiration dans le studio]''. Et je voulais saluer Yannick, qui nous écoute en direct du Canada. Ils sont beaucoup à nous écouter, on t'écoute à travers le monde. '''Gérard''', ''[fier mais modeste]'' : Ouais, bah, c'est bien. C'est pas mal, ouais. '''Reego''' : Et beaucoup de militaires, aussi. '''Gérard''' : Je crois qu'on va battre les records, encore. Canif ? '''Reego''' : Ah, c'est déjà fait. '''Canif''' : Ouais, bah, non, écoute, Gérard. Moi, j'ai pas passé mon permis à l'armée, non. '''Gérard''' : D'accord. ''[regardant Phildar]'' Donc, alors, tu voulais me poser une question ? '''Phildar''' : Ouais, tu t'en rappelles plus ? '''Gérard''' : Non. Bah, maintenant, tu vas la répéter. '''Phildar''' : Est-ce qu'on paye le permis de conduire à l'armée ? '''Gérard''' : Non. '''Phildar''' : Pourquoi ? '''Gérard''' : Ça, c'est... Tu le payes pas, parce que c'est toi qui demandes à passer ton permis, donc c'est gratuit. '''Croupion''' : Et combien ça coûte ? '''Gérard''' : 0 francs, de toute manière. Ça dépend du contingent, dans quel contingent tu te situes pour passer ton permis. '''Phildar''' : C'est quoi, un contingent, Gérard ? '''Manu''' : C'est comme un compte en banque ? '''Gérard''' : Non, non, non, c'est pas du tout pareil. Contingent, c'est par exemple du... '''tagada''' : C'est des dates de naissance. '''Gérard''' : Non, plus ! Arrête de dire des conneries, toi, quand je parle. Merci. Contingent, c'est par exemple... C'est tous les deux mois. Donc, tous les deux mois, t'as un contingent. Comme là, le mois prochain, ça sera la 98-12. C'est ça qu'on appelle des contingents. '''Phildar''' : Ouais, c'est l'année plus le mois. '''Tony''' : 98-12, c'est quelle ville, ça ? '''Gérard''' : Oh, ta gueule, toi. Donc, voilà, comme ça, t'es servi. '''Phildar''' : Et tu peux passer tous les permis ? Bateau, tout ça ? '''Gérard''' : Non, non, non, tu passes uniquement que le permis B ou le gros, là, le 40 tonnes. Mais par contre, il faut bien dire une chose, que celui qui passe son permis à l'armée, ils ont un certain nombre de kilomètres à faire pendant leur armée pour qu'ils soient validés après dans le civil. Mais par contre, il y a un permis qui n'est pas validé et c'est dommage. '''Phildar''' : Il est valab ou pas ? '''Gérard''' : Disons non, il ne sert à rien dans le civil, en fin de compte, ce permis-là, c'est le permis VAB véhicule d'avant-blindé. C'est les fameux trucs, là, tu vois, les 6-roues, comme les gendarmes mobiles qu'ils ont, là, en ce moment. '''Phildar''' : Ah, comme dans la 7e compagnie ? '''Gérard''' : Ouais, voilà, grosso modo. Non, mais ça, c'est avec des chenilles, c'est pas pareil. '''Manu''' : Gérard ? Il y a un autre petit sondage. À la question, êtes-vous déjà allé voir une armée ? 25% des gens, ils sont allés avec leur femme. 35%, y sont allés avec leurs enfants. Et 40% ont demandé « l'art, mais quel art ? » Qu'est-ce que t'en penses ? '''Gérard''' : Non, mais attends, parce que là, il y a un truc. Avez-vous déjà été voir l'armée ? Je ne vois pas du tout le rapport. '''Manu''' : On peut visiter, non ? Ça ne se visite pas ? '''Phildar''' : C'est pas un parc ? '''Manu''' : C'est pas comme la tour Eiffel ? '''Gérard''' : Non, non, non. Il n'y a pas de... Sauf... Je crois que c'est la garde républicaine, si je me souviens bien, qui s'amuse à faire des trucs porte ouverte pour... Pour simplement voir des chevaux. C'est tout. '''Reego''' : Gérard, il y a Vomi de porc sur l'IRC qui te demande si tu as fait la Deuxième Guerre mondiale. '''Gérard''' : Non. '''Reego''' : Il te demande pourquoi. '''Tagada''' : Et la Troisième ? '''Gérard''' : Il n'y en a pas trois. Il y en a eu deux, donc je n'ai jamais fait ça. '''Phildar''' : La Guerre du Golfe ? '''Gérard''' : Non, mais ça, ça n'a rien à voir. Ça, c'est des questions... '''Reego''' : Il te demande pourquoi tu ne l'as pas faite. '''Phildar''' : Il n'était pas engagé, il n'a pas gagné. '''Reego''' : Tu étais réformé ? '''Gérard''' : Non, non, j'ai fait mon armée normalement comme tout le monde. Donc, j'ai fait douze mois. '''Andouille''' : Ils t'ont accepté, toi, là-bas ? '''Gérard''' : Ben oui. Pourquoi ? '''Prothèse''' : Je voulais savoir, est-ce que tu avais participé au défilé du 14 juillet ? '''Gérard''' : En Allemagne, oui. Mais pas sur Paris. '''Andouille''' : Tu as défilé ? '''Gérard''' : Ben, en Allemagne, oui, à moins 17 degrés. '''Andouille''' : Et tu as défilé en quelle tenue ? '''Gérard''' : En treillis. '''Tagada''' : Il avait un petit string à dentelles roses. '''Gérard''' : Bon, ta gueule, tu t'écrases parce que tout à l'heure, tu vas dégager, toi. OK ? Donc, troisième question. Peut-on faire carrière en faisant l'armée ? On va s'écouter un petit disque. Un petit disque, et puis on se retrouve tout de suite après. ''[Musique]''. '''Gérard''' : Voilà donc c'est toujours les débats du jeudi, vous pouvez nous appeler au 0803 08 5000 ou 0900 80 6000 et 3615 code Funradio, rubrique Direct et l'IRC funradio ww où que Reego vous attend. '''Reego''' : Ouais, on est en train d'atteindre les 2300, là. Ça va arriver bientôt. '''Phildar''', ''[applaudissant avec Manu]'' : Gérard, ce soir, tu cartonnes. '''Gérard''' : Mais ça, c'était prévu qu'il fallait qu'on cartonne ce soir, donc... ''[sketch des auditeurs qui disent allô, n'entendant pas Gérard. Manu et Phildar ont du mal à ramener la normale, mais Tony déclenche la fin du sketch après une minute]''. '''Tony''' : On t'entend, impeccab. '''Gérard''' : On récupère Canif. Tagada. Andouille. Croupion. Tony. Et Prothèse pour terminer. Et donc, vous avez pu réfléchir à la question, donc je la répète. Peut-on faire carrière en faisant l'armée ? On va demander à Tony. '''Tony''' : Moi, je sais pas. Enfin, moi, si j'avais l'occasion de faire carrière en faisant l'armée, je la ferais. Mais ça me branche pas du tout, l'armée. Mais la Légion, il paraît qu'on peut faire arrière. '''Gérard''' : De toute manière, quand tu fais l'armée dans la Légion, de toute manière, tu t'engages un peu. '''Tony''' : Non, mais il y a des débouchés en tant que, je crois, on m'a dit, en tant que gardien de chèvres dans l'Atlas. '''Gérard''' : Ouais, c'est ça. Alors, Tony. Tony, tu réponds correctement à la question, parce que sinon, ça va mal se terminer pour toi. Tu vas retourner chez toi. '''Tony''', ''[montant le ton]'' : Écoute, c'est ce qu'on m'a dit. Je sais pas, moi. Depuis tout à l'heure, tu m'insultes, moi, je reste imperturbab. '''Gérard''' : Ouais, ouais, tu restes imperturbable, mais tu réponds la moitié à côté des questions. Quand on te pose des questions, tu réponds les trois quarts à côté. OK ? Alors, si c'est pour répondre des conneries, c'est pas la peine qu'on t'appelle constamment pour faire les débats. OK ? '''Tony''' : Je me drogue. '''Gérard''' : OK, bah si tu te drogues, tout à l'heure, tu vas retourner écouter la radio tranquillement. Prothèse ? '''Prothèse''' : Ouais, je pense que c'est possible, ouais. '''Gérard''' : Ouais, mais dans quel sens... pour toi, ça peut être possible ? Toi, ça m'étonnerait, parce que vu que tu t'es fait réformer, donc... '''Prothèse''' : Bah ouais, justement, je m'étais renseigné au début à la caserne de chez moi. On m'avait dit que je pouvais faire carrière dans Maître Chien. '''Gérard''' : D'accord, on verra ça après. Reego, t'avais peut-être une question ? '''Reego''' : Non, il y a juste Davy One. Attends, je lis vite fait. Il demande si lorsque t'as fini de faire l'amour avec Sandy, tu l'as remis le couvert. '''Gérard''' : Non, mais ça, c'est pas du tout le thème du débat. Donc, si c'est pour dire des conneries comme ça, comment qu'il s'appelle ? '''Reego''' : C'était Davy One, et on te demande aussi, c'est Oxyd qui te demande si quand t'as été parachuté... est-ce que ton débat est suite au fait que tu n'avais pas de parachute ? '''Gérard''' : Ouais, ça, je vois pas du tout. Croupion ? '''Croupion''' : Ouais. Bah, malheureusement, parce que malheureusement, on peut faire carrière. Donc, c'est chiant, il y a des gens qui font la guerre, ça, c'est chiant. Et heureusement pour certains quoi. Parce que tous ceux qui ont échoué au concours de maître chien, au concours de la police, bah, ils vont dans l'armée, quoi. '''Gérard''' : De toute manière, dans l'armée, tu peux très bien faire ton service militaire dans la gendarmerie ou dans la police. Faut pas l'oublier. '''Croupion''' : Ouais, non, mais en général, ceux qui font carrière, ils font pas carrière dans la police. '''Gérard''' : Non, mais ceux qui veulent passer, ceux qui veulent être gendarmes ou policiers peuvent le faire en faisant leurs 12 mois. '''Croupion''' : Ouais, c'est parce qu'ils ont raté leur concours. '''Gérard''' : Non, parce que... À l'armée, à l'armée, ils te demandent ce que tu veux faire et tu peux préciser si tu veux être dans la gendarmerie ou dans la police, ou passer tes permis. '''Phildar''' : Ou coiffeur. '''Manu''' : Ou cuisinier. '''Gérard''' : Ouais, t'as plusieurs trucs, t'as cuisinier, t'as infirmier, coiffeur, on va passer, on va pas s'éterniser sur tout ça. Andouille ? '''Phildar''' : Parce que généralement, comme Tagada, les gens, si Tagada avait fait l'armée, il aurait fait coiffeur. '''Gérard''' : Non, mais attends, on va demander à Andouille. '''Andouille''', ''[ponctuée par des ouai affirmatifs]'' : Oui, bah, écoute, moi, je pense qu'effectivement, c'est possible, à partir du moment, déjà, où on le veut vraiment, parce qu'il y en a qui y vont uniquement, ça leur fait chier. Et puis, il y en a qui... '''Gérard''' : Oh, on laisse parler les gens, s'il vous plaît, merci. '''Andouille''' : Ouais, on me laisse parler, moi. Et d'autre part, il y en a qui aiment vraiment ça, donc ils finissent par s'engager. Et c'est particulièrement les gens qui aiment bien se faire bouffer le cul, quoi. '''Gérard''', ''[ponctué par un sifflement d'auditeur]'' : Non, mais ça... Bon, ça, Andouille, je vais te dire une chose, que la personne qui veut s'engager... Euh, Phildar, s'il te plaît, merci. '''Phildar''' : Y a rien, Gérard. '''Gérard''' : Ceux qui veulent s'engager, c'est leur problème, hein. Oh, t'arrêtes de sillfer, toi, quand je parle, s'il te plaît, merci. Donc, je réponds à la question d'Andouille. Donc, y a certaines personnes qui peuvent s'engager au bout de 6-7 mois, hein. Voilà. '''Phildar''' : S'engager à quoi ? '''Gérard''' : Dans l'armée. '''Phildar''' : Ah, d'accord. Et faire, en fait, leur métier de l'armée. '''Gérard''' : Ouais, ils peuvent s'engager sur une... Sur une durée, je crois que c'est de 2 ou 3 ans, je sais plus exactement. '''Phildar''' : Mais c'est quoi, le métier de l'armée ? Ça consiste en quoi, faire l'armée comme métier ? '''Gérard''' : Ben, c'est obligatoire, hein. Maintenant, tu peux pas y échapper, hein. Sauf si t'es père de famille ou si t'es... '''Phildar''' : Non, mais si, par exemple, toi, t'imagines, toi, tu t'es engagé à l'armée, à faire 3 ans d'armée. Qu'est-ce que tu fais à l'armée pendant 3 ans ? '''Gérard''' : Ben, pendant 3 ans, tu peux monter de grade et tu peux commander ceux qui vont à l'heure actuelle. '''Phildar''' : Mais faire quoi ? Les commander à faire quoi ? À faire leur lit au carré, à éplucher des patates ? '''Gérard''' : Ben ouais, ça, éplucher des patates. Maintenant, à l'armée, faut dire une chose qu'ils ont... '''Phildar''' : Non, non, il y a des mixeurs. '''Gérard''' : Non, non, ils ont des trucs exprès. Tagada ? '''Reego''' : Oui, il y a INT qui te demande si t'as appris à lire à l'armée. '''Gérard''' : De toute manière, t'as pas besoin d'apprendre à lire à l'armée, tu... '''Manu''' : Ça se saurait, sinon. '''Reego''', ''[surpris]'' : T'as pas besoin de savoir lire pour faire l'armée ? '''Phildar''' : Il suffit de savoir te torcher, c'est tout. '''Gérard''' : Voilà. Tagada ? '''Tagada''' : Alors, moi, je pense que... Franchement, non. '''Gérard''' : Alors, tu peux préciser ? '''Tagaa''' : Euh... Non. '''Gérard''' : Non ? Alors, Tagada, je te conseille une chose. Soit que tu réponds correctement aux questions quand on te les pose, et quand on te demande de préciser, tu le fais, ou sinon, tu gerbes. C'est bien précis. C'est clair. Alors, je te préviens, c'est le dernier avertissement que je te donne depuis tout à l'heure. Au prochain, tu dégages. Hein ? Ou sinon, tu vas passer voir Manu, il va te mettre les points sur les I et barres sur les T, comme je dis souvent. '''Tagada''' : C'est qui qui va mettre les barres ? '''Gérard''' : Ouais, ouais, tu vas voir. Alors, Tagada, tu vas voir Manu, s'il te plaît. Allez, hop. Euh... Canif... '''Canif''' : Moi, Gérard, si j'avais dû rentrer dans l'armée, ben, ouais, j'aurais bien voulu... J'aurais bien voulu, mais... Oui, on peut, je pense, ouais. '''Phildar''' : Oh là là, elle est où, elle ? Elle est où, elle ? '''Gérard''' : Si tu t'amuses à faire des conneries, tout à l'heure, je vais me lever, je vais te massacrer. Ok ? Tu vas pas commencer le premier débat... '''Phildar''' : Tu vas me faire des tortures indiennes et tout ? '''Gérard''' : Ah ouais, tu vas voir. '''Prothèse''' : Fulgure au poing ! '''Gérard''' : Ouais, tu vas voir, fulgure au poing. Donc, Canif, pour terminer. '''Canif''' : Ben, je pense que Gérard, moi, je pense qu'on peut... Oui, on peut s'engager dedans, ouais. '''Gérard''' : Non, mais est-ce qu'on peut faire carrière ? '''Canif''' : Ben oui, c'est ce que je te dis, on peut faire carrière dedans, ouais. '''Prothèse''' : Gérard, c'es prothèse. Je voulais savoir, parce que comme toi, t'as fait ton service, t'es un peu renseigné sur le coup, quoi. Je voulais savoir si on pouvait faire animateur radio à l'armée ? '''Gérard''' : Non, pas du tout, tu vois. '''Prothèse''' : Tu peux inventer une radio, Radio Kaki, par exemple ? '''Gérard''' : Non, parce qu'ils ont leur système de radio à eux, donc c'est pas... '''Tony''' : C'est de la Cibi qu'ils font, c'est ça Gégé ? '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, non. '''Reego''' : Il y a Cyber Titi sur l'IRC qui dit que la fanfare de la caserne de Suresnes joue tes remix pour motiver les troupes de corvée de chiottes, c'est vrai ça ? ''[son de clairon]''. '''Gérard''' : N'importe quoi, lui. Bon, t'arrêtes, Phildar, avec ça. Donc, quatrième question, ça, ça va intéresser Canif, Andouille et Croupion. '''Phildar''' : Ah, c'est une question pour des meufs. '''Gérard''' : Faut-il supprimer l'armée aux femmes de nos jours ? Alors, on va demander à Canif, parce qu'apparemment, vous êtes vachement bien réveillés, ça fait peur. '''Canif''' : Ben écoute, Gérard, on attend que tu nous cites, quand même. '''Gérard''' : Mais non, mais, hé, au début, je vous pose la première question, je vous demande à tous de réagir. Maintenant, quand je demande, faut-il supprimer l'armée aux femmes, j'ai pas besoin de préciser, donc... '''Andouille''', ''[virulente]'' : Bah, tu vas pas te plaindre ! '''Phildar et Manu''' : Oh, tu te calmes, toi ! Comment elle parle, là ? '''Gérard''' : C'est laquelle, là, qui s'énerve, là ? '''Reego''' : C'est quoi, c'est quoi, cette bouffonne ? '''Gérard''' : C'est laquelle, là, qui s'énerve ? Andouille ? '''Phildar''' : Oh, pisseuse, va ! '''Gérard''' : Eh Andouille ! Andouille ! Va voir Manu au standard si j'y suis ! ''[applaudissements]''. Allez ! Canif ! '''Tony''' : Moi, je veux son numéro, parce que j'adore les dominantes. '''Canif''' : Non, non, non, c'est bon, c'est bon ! Oui, oui, bon, donc, ben non, je pense pas, parce que moi, j'aurais bien voulu, mais bon, la plupart des meufs, elles veulent pas la faire. '''Gérard''' : Ouais, non, mais, je te demande, faut-il supprimer... '''Canif''' : Je te dis, je te dis, pour moi, moi, pour moi, non, je pense pas, parce que moi, j'aurais bien voulu la faire, l'armée, mais... Il y en a beaucoup qui veulent pas le faire, donc, je pense que, vu la majorité, ouais, je pense qu'il faut le supprimer, ouais. '''Gérard''' : Ouais, mais, de toute manière, toi, à 19 ans, je pense que c'est un peu... C'est un peu jeune, encore, hein ? '''Canif''' : Ah, mais, de toute façon, j'ai laissé tomber, hein, donc... '''Gérard''' : Ouais, non, non, mais, même, de toute manière, faut que tu te fasses recenser dès ta majorité, hein, donc... '''Tagada''' : Ah, oui ! Alors, moi, tu vois, je me l'ai pas faite couper assez tôt, donc j'ai dû la faire. J'étais dégoûté. Bon, maintenant, ça va mieux. C'est propre, hein, tu me diras. '''Gérard''' : Non, mais, Tagada, tu prends ta voix normale, tu prends pas la voix d'un travelo, d'accord ? Parce que, tout à l'heure, tu vas dégager, ça va être le dernier... Ça va être vite fait pour toi, parce qu'il y a d'autres personnes qui veulent participer au débat. Ok ? Alors, soit que tu réponds correctement, soit que tu dégages. '''Tagada''' : Alors, je viens de répondre correctement, et t'as vraiment aucun respect pour la dignité humaine, hein, parce que c'est... depuis l'opération, c'est ma nouvelle voix, tu vois ? Ça me plaît pas ? '''Gérard''' : Hop, c'est bon, Manu, tu me mets quelqu'un d'autre, parce que là, je crois que c'est pas... Je vais pas continuer avec lui comme ça. '''Phildar''' : Gérard, je voulais te demander, est-ce que les femmes, elles font la même chose que les hommes à l'armée, ou pas ? '''Gérard''' : Euh, oui. '''Phildar''' : C'est-à-dire ? '''Gérard''' : Ben, ils sont obligés de faire... '''Phildar''' : Elles font pipi debout, tout ça ? '''Gérard''' : Non, non, mais... Non, mais ça, c'est... Non, c'est pas pareil. Mais elles sont obligées de faire comme les hommes, c'est-à-dire les corvées... '''Phildar''' : Les pompes, tout ça ? les chiottes ? '''Gérard''' : Attendez, s'il vous plaît, merci. '''Reego''' : Attendez, parce qu'il y a Sex sur l'IRC qui te demande si, quand tu étais à l'armée, tu te mettais la mitraillette dans le cul quand on te privait de coton-tige. '''Gérard''' : Bon, ça, je vais même pas y répondre. Je réponds pas aux conneries comme ça sur l'IRC. '''Tony''' : Est-ce que je peux répondre ? '''Gérard''' : Euh, Andouille ? '''Andouille''' : Donc, je tenais à préciser que Manu m'a repris hors antenne et qu'il m'a calmée. '''Gérard''' : Ouais, bah, t'as intérêt de te calmer, sinon tu vas faire comme Ta gada, tu vas voir... '''Phildar''' : Pisseuse. '''Andouille''' : Bah, tu te calmes, hein. '''Gérard''' : Ouais, bah, c'est toi qui vas te calmer, parce que tout à l'heure, je vais passer à croupion tout de suite. Alors, fais gaffe. '''Croupion''' : Ouais, passe à moi. '''Andouille''', ''[dominante]'' : C'est bon, je peux parler ? '''Gérard''' : Vas-y, alors, dépêche-toi. '''Tony''' : Toi, tu m'excites. '''Gérard''' : Oh, Tony, tu t'écrases, s'il te plaît. '''Croupion''' : T'aurais été sergent-chef, toi. '''Andouille''' : Alors, bah, moi, non, moi, je suis contre. Parce qu'en fait, si les nanas, elles ont envie de s'engager, bah, elles ont bien raison. Et moi, personnellement, j'irai quand je ferai plus d'effet au mec. Mais pour l'instant, ça va, donc j'irai pas. '''Gérard''' : Bah, de toute manière, tu serais obligé d'y aller, hein. Faut pas l'oublier. '''Manu''' : Gérard, à la place... Pardon, à la place de Tagada, on accuille Jmenfous. '''Gérard''' : Je m'en fous. '''Tony''' : Moi, Gégé, je voudrais répondre à la question sur l'armée, là. Parce que tu parlais des filles. Moi, j'ai un copain qui fait l'armée, et il m'a dit que les filles... '''Gérard''' : Ouais, bah, pour l'instant, je vais demander à Croupion, tu vois. Toi, t'es un peu trop pressé. '''Tony''' : Toi, tu m'aimes pas, je sais pas pourquoi tu m'aimes pas. '''Gérard''' : Ouais, bah, tu vas te calmer, s'il te plaît. '''Andouille''' : Moi, je t'aime bien, Tony. '''Tony''' : Ah, merci. En plus, toi, t'es une dominante. Tu m'excites. '''Croupion''' : Bah, y a des femmes, oui, qui sont dans l'armée. Mais, en général, c'est des lesbiennes ou des mal baisées, donc... C'est pas gênant pour la société qu'elles soient là-dedans, quoi. '''Gérard''' : Eh, Croupion ! Croupion, t'évites un peu trop les vulgarités, quand même. Il est 0h54, on va pas commencer à jouer sur des saloperies, hein. '''Croupion''' : Mais non, je dis pas des saloperies. '''Reego''' : Sur l'IRC, on me demande si, en fait, si c'est l'armée du salut que t'as fait. '''Gérard''' : Non. Euh, Tony, maintenant ? '''Tony''' : Donc, ouais, tu parlais des femmes. Moi, j'ai un copain qui fait l'armée. Et il m'a dit que les femmes, fallait pas croire que c'était, enfin,Demi Moore ou G.I. Jane, tout ça. '''Croupion''' : T'as des copains, toi ? '''Tony''' : Ouais, ouais, j'ai des copains et des copines, aussi. '''Gérard''' : Oh, on se calme, là, derrière, quand y en a qui parlent. Parce que ça, tout à l'heure, ça va chauffer. '''Tony''' : Un petit peu de respect, quand même, merde. Ouais, euh... Donc, ouais, c'est ce que je disais. Et, euh... Donc, ouais, les femmes, faut pas croire qu'elles ressemblent à... C'est des canons, quoi. Parce que, en fait, c'est des boudins. C'est la plupart. Et puis, ouais, elles sont souvent à l'infirmerie. Et puis, euh... Enfin, les bidasses, elles font tout pour pas se blesser, en fait. '''Croupion''' : Elles ont toujours leurs règles. Enfin, bon, c'est chiant. '''Gérard''' : Oh, mais ça, euh... Ça, c'est... Ça, c'est leur problème. Prothèse ? '''Prothèse''' : Ouais, bah, moi, Gérard, je pense qu'il faudrait leur supprimer, parce que... Si les femmes se mettent à faire l'armée, après, il n'y aura plus personne pour faire la cuisine quand on regarde la télé, quoi. '''Gérard''' : Non, mais attends, Prothèse, je vais te dire, maintenant, ça va devenir... Ça devient obligatoire, hein. '''Prothèse''' : C'est inadmissib. '''Gérard''' : Ouais, mais ça devient obligatoire, hein, maintenant. Euh, Reego ? '''Reego''' : Ouais, c'est encore Cybertiti. Comme tu lui as dit que t'avais pas fait l'armée du salut, il te demande si t'as fait l'armée des douze singes. '''Gérard''' : Mais lui, il a pas fait l'armée des cons, lui, ça vaudra mieux. Jmenfous, maintenant, pour finir. '''Jmenfous''' : Euh, bah, moi, personnellement, les meufs, elles font ce qu'elles veulent, quoi. '''Gérard''' : C'est tout ce que tu peux préciser ? '''Jmenfous''' : Bah, je suis pas une meuf, alors je m'en fous, quoi. '''Gérard''' : Bah, ouais, mais je te demande, est-ce qu'il faut supprimer l'armée aux femmes, maintenant, oui ou non ? Bah, tu peux essayer de préciser ta pensée, quand même. '''Jmenfous''' : Bah, franchement, je sais pas. '''Gérard''', ''[soupir de lassitude]'' : Hé, avant qu'on t'appelle, t'aurais pas fumé la moquette, toi ? Parce que, dis donc, apparemment, vous avez l'air de répondre la moitié des... à côté des questions, hein. '''Jmenfous''' : Mais c'est toi qui mets pas le feu, Gérard. Franchement, hier, c'était plus... Enfin, je sais pas, ça pulsait, quoi. Là, c'est... C'est tout, tout je m'endors et tout. Non, je critique pas ton débat, GG1, je constate, simplement. '''Gérard''' : Et alors ? Mais de toute manière, le premier débat, il se passe toujours... calme '''Jmenfous''' : Ah, d'accord, excuse-moi, je vais attendre le deuxième. '''Gérard''' : Non, non, mais de toute manière, au deuxième, c'est pas sûr qu'on reprenne les mêmes, hein, faut pas déconner, hein. '''Manu''' : Pour reprendre un peu le thème du débat et parler de l'armée un peu... '''Phildar''' : Fais-nous un petit sondage. '''Manu''' : Voilà, c'est ce que je vais faire, un petit sondage. À la question, combien donneriez-vous à une armée ? 32% des gens ont dit qu'ils donneraient 2 euros. 28% donneraient leurs animaux domestiques. 40% donneraient leur approbation. Et 1% ont déjà donné leurs dents et n'ont pas voulu donner leur moustache. Qu'est-ce que t'en penses ? '''Phildar''' : Oh làlà, ça va loin Manu ! '''Gérard ''' : N'importe quoi ! Reego, sur IRC ? '''Reego''' : Sur IRC, il y a toujours du monde. Enfin, bon, je passe les questions, genre, GG est-il homo ? A-t-il eu des rapports tagibles avec une femme depuis son adolescence ? Ça sert à rien, quoi. Ah, on te demande si tu connais Rambo. '''Gérard''' : Non. Bon, on va continuer, là, parce que... Il est quand même déjà, j'ai erreur, 57, donc il faudrait peut-être qu'on accélère. Il reste encore 1, 2, 3, 4, 5, 6 questions. Quels sont les inconvénients ou les avantages de l'armée ? On va demander ça, ben, je m'en fous. '''Jmenfous''', ''[ponctué par un sifflement strident d'un auditeur]'' : Franchement, tu vois, les inconvénients... Ben, je sais pas, quoi. Je l'ai pas fait, moi, l'armée. '''Manu''', ''[sérieux]'' : L'auditeur qui siffle, il faut qu'il arrête, hein. '''Jmenfous''' : Ouais, GG, je te dis, moi, j'ai pas fait l'armée, donc je connais pas les inconvénients ni les avantages, donc je m'en fous, quoi. '''Gérard''' : D'accord, tu t'en fous complètement. Prothèse ? '''Prothèse''' : Ouais, je pense que les inconvénients, ça pourrait être qu'on peut pas se faire les meufs, comme on l'a précisé tout à l'heure. C'était des gros boudins. Et les avantages, je sais pas, j'en vois pas trop. '''Gérard''' : Tony ? '''Tony''' : Ouais, les inconvénients, c'est qu'on peut pas se baisser, et les avantages, c'est que... Enfin, y'en a pas, en fait. '''Gérard''' : Alors, attends, tu peux préciser, là, parce que je vois pas du tout le... '''Tony''' : Qu'est-ce que tu veux que je précise ? '''Gérard''' : Non, mais tu précises la pensée que t'as. '''Tony''' : C'est qu'on peut pas se baisser, mais je peux pas le dire, ça passe pas. '''Gérard''' : Ouais, d'accord. Alors, Tony, ça commence à bien faire, hein, toi. Croupion ? '''Croupion ''' : Les avantages, c'est que quand t'es illettré, bah, tu peux trouver du travail. Mais les inconvénients, bah, c'est que ça fait chier tout le monde, quoi. '''Gérard''' : Tu peux préciser le... '''Croupion''' : Les petits jeunes qui ont pas envie de le faire, et puis ils sont emmerdés pour donner dix mois de leur vie à ces connards, quoi. '''Gérard''' : Non, mais attends, parce que... ''[Jmenfous émet un ouais bruyant]''. Oh, Tony, ça commence à bien faire, toi, là, maintenant. '''Tony''' : C'est pas moi, là, là. '''Gérard''' : Ouais, bah, tu vas te calmer, parce que tout à l'heure, ça va être... '''Andouille''' : Arrête de t'en prendre toujours à Tony. '''Gérard''' : Oh, Andouille, tu te la fermes ! Maintenant, tu vas répondre ! '''Tony''' : Toi, Andouille, je vais te parler à... '''Gérard''' : Eh, eh, tu mets Tony et Andouille ensemble, là, qu'ils arrangent leur salade, quand ils auront terminé... '''Tony''' : Nous, dimanche aussi, on va se marier. '''Gérard''' : Ouais, ça suffit ! Tu mets Tony et Croupion, là hors antenne, ils vont faire leur petite popote ensemble, parce que c'est pas dans le débat qu'on fait leur popote. Euh, Canif ? '''Canif''' : Bah, écoute... Écoute, tu peux me répéter la question, s'il te plaît, Gégé ? '''Gérard''' : Alors, quels sont les inconvénients ou les avantages de l'armée ? '''Canif''' : Bah, écoute, pour moi, les inconvénients, c'est l'uniforme. Et puis, l'avantage, bah, je sais pas, il y a plein de gars, quoi. T'as le choix, au moins, hein. Là, t'es sûre de pas être toute seule, hein. '''Gérard''' : Ouais, mais, euh... Comment ça, euh... '''Canif''' : Bah, je veux dire, si t'es infirmière, là-dedans, je veux dire... Bah, Tu peux y aller, hein. '''Gérard''' : Ouais, mais ça, de toute manière, tu peux très bien faire ton armée en étant infirmier ou infirmière, hein. Ça, c'est strictement pareil, hein. '''Canif''' : Ouais, non, mais pour moi, c'est ça, les avantages, hein. '''Gérard''' : Ouais, mais ça revient à peut-on faire carrière en faisant l'armée, tu vois. C'est à peu près le même rapport que ce que tu me dis. C'est à peu près pareil que la troisième question qu'on avait posée, hein. Euh, Reego ? '''Reego''' : Oui, il y a Davy1 sur IRC qui te demande si tu connais le... Enfin, si tu as connu le soldat inconnu. '''Gérard''' : Non. '''Manu''' : Et Ryan, non, tu ne connais pas Ryan ? '''Reego''' : Bah, enfin, sur IRC, on m'a dit que Gérard, c'était le soldat Ryan qu'on n'a pas retrouvé. '''Phildar''' : Est-ce qu'on va le sauver, au moins ? '''Reego''' : Bah, il n'a pas été sauvé, ouais. '''Gérard''' : Toi, fais gaffe, parce que tout à l'heure, je vais te sauver ma main sur ta gueule, toi. Alors, Andouille, maintenant. '''Andouille''' : Ouais, alors, l'inconvénient, c'est qu'on a l'impression de perdre son temps là-bas. Et l'avantage, c'est que, justement, on ne perd pas son temps là-bas. Alors, tu peux préciser le fond ? BaGérard, oui, donc, l'inconvénient, c'est que tu perds ton temps quand tu es là-bas.''' ''' : '''Andouille''' : Ouais. Et l'avantage, c'est que tu ne perds pas ton temps quand tu es là-bas. '''Gérard''' : Ouais, d'accord, je vois à peu près. Non, mais de toute manière, je pense qu'il n'y a pas beaucoup d'inconvénients ni d'avantages là-dedans, parce qu'en fin de compte, les avantages que tu as, c'est que... '''Canif''' : De toute façon, tu es obligé de la faire, donc... '''Croupion''' : Et en plus, t'es payé. '''Phildar''' : T'es payé combien, Gérard, à l'armée, justement ? C'est une bonne question. '''Manu''' : Je crois que c'est 4 euros. '''Gérard''' : Non, non, non, attends, normalement, si je me... Bon, ça y est, oui. Normalement, je pense que ça ne fait même pas la moitié de ton salaire. Tu dois toucher à peu près 1 500 balles... '''Phildar''' : C'est le SMAC<ref name="hist11"></ref> ou pas, là-bas ? '''Gérard''' : Non, même pas. T'as le droit à une cartouche de cigarette par mois et tout. '''Prothèse''' : Ouais, c'est Prothèse. On n'en a pas parlé ce soir, je voulais savoir si t'avais fait le parcours du con en te battant. '''Gérard''' : Alors, quand tu dis des trucs comme ça, tu vois, au lieu de dire con et puis battant, parce que toi, t'as l'air d'être con quand tu poses une question, donc pour toi, tu ne l'auras pas fait, le parcours du combattant, et ça, c'est un truc qui est assez dangereux à faire. '''Jmenfous''' : Ouais, bravo, Gégé. '''Gérard''' : C'est la sixième question... Vous allez réfléchir et on va s'écouter un petit morceau, à moins qu'il y ait une question IRC... '''Reego''' : Non, il y avait juste Denis qui donne les avantages de l'armée. C'est le premier lieu où on a accepté Gégé sans faire d'histoire. Le désavantage, c'est qu'ils ne l'ont pas gardé. '''Gérard''' : Bon, ça, je ne vois pas du tout le rapport. '''Jmenfous''' : Gégé ? Je m'en fous, là. Tu peux me mettre hors antenne avec Andoï, là, il y a moyen de moyenner ? '''Gérard''' : Ben, vous allez aller tous hors antenne, maintenant. Je vais vous poser la sixième question. Peut-on s'engager dans l'armée si on n'a pas de boulot ? Oui, on va s'écouter Thierry Big Hop avec Yo-Yo, Passe-moi la moutarde, pour mon all dog. On se retrouve tout de suite après. ''[musique]''. '''Gérard''' : Voilà donc c'est toujours les débats du jeudi, vous pouvez nous appeler au 0803 08 5000 ou 0900 80 6000 et 3615 code Funradio, rubrique Direct et l'IRC funradio ww où que Reego vous attend. '''Reego''' : Donc, un petit point sur l'IRC, on a dépassé les 2500, on en est à 2684, moins 3. '''Gérard''' : Pourquoi moins 3 ? '''Reego''' : Parce qu'il y en a 3 qui viennent de partir. '''Gérard''' : Ah bon, alors donc, on récupère Canif. Andouille (j'espère que tu t'es calmée depuis tout à l'heure). '''Andouille''' : Non, pas vraiment. '''Gérard''' : Pas vraiment, mais tu vas te calmer. Croupion ? Tony ? Prothèse ? Et, Je m'en fous. Donc, t'as pu discuter avec Andouille ? '''Jmenfous''' : Non, j'ai pas pu, personne me... Non, n'importe quoi, on m'a filé un disque, là. Elle est où, la femeu ? '''Gérard''' : La femeu, ben, tu vas... Tu vas la récupérer tout à l'heure hors antenne vous allez gérer votre petite salade. Donc, alors, on va demander à Canif si elle a compris la question. '''Canif''' : Ben, écoute, je m'en rappelle plus, Gérard. '''Gérard''' : Ah, non, mais faudrait peut-être écouter quand je pose des questions. '''Manu''' : Tu peux la répéter après le disque. Pense aux auditeurs qui viennent seulement de nous rejoindre. '''Gérard''' : Alors, peut-on s'engager dans l'armée si on n'a pas de boulot ? Donc, Canif ? '''Canif''' : Ben, ouais, je pense, ouais. '''Gérard''' : Mais tu fais quoi ? Tu fais quoi, toi, au fait, comme boulot ? '''Canif''' : Moi, je suis secrétaire. Secrétaire comptable. '''Jmenfous''' : T'es en tailleur ? '''Prothèse''' : Chaude comme la braise. '''Canif''' : Et vos commentaires, moi, je vous emmerde. '''Gérard''' : Voilà. Comme ça, c'est bien répondu, tout ça. '''Jmenfous''' : Moi, j'aime les femmes qui ont du caractère. '''Gérard''' : Oh, tu t'écrases, toi ! Parce que tout à l'heure, tu vas dégager, toi, maintenant. Je vous préviens que, là, à 1h10, je vais gerber, hein. Ça va gerber sec. ''[quelquu'un raccroche]''. Voilà, c'est pas mal. C'est qui ? '''Manu''' : C'est, ouais, c'est Prothès, c'était une cabine, je vais le rappeler. '''Andouille''' : Ouais, bah, moi, je pense qu'on peut s'engager, effectivement. Voilà. Et j'ai rien d'autre à rajouter, parce que sinon, tu vas encore me gerber, alors je préfère rien dire. '''Gérard''' : Bon, alors, Andouille, c'est la dernière... c'est simple. Soit que tu réponds correctement, soit que tu gerbes tout de suite. Tu choisis. '''Jmenfous''' : Non, non, non, passe-la moi, avant. '''Croupion''' : Bah, ça sert justement, quand t'as pas de boulot, à t'engager, ouais. '''Gérard''' : Ouais, mais ça, c'est... Je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui vont me répondre ça. '''Phildar''' : Et quand ils arrêtent l'école, aussi, les gamins, ils vont à l'armée, non ? '''Gérard''' : Non, non, non, non, ça... Non, mais attends, parce que l'armée... Faut que tu te fasses recenser à 18 ans. '''Phildar''' : C'est une poubelle, l'armée, on dirait. '''Canif''' : Je peux ajouter quelque chose ? Moi, aussi, j'avais entendu parler que, quand on voulait s'engager dans l'armée, il fallait pas avoir plus de 25 ans, je crois. '''Gérard''' : Euh, non, je pense pas, parce que ça, j'en ai pas entendu parler, à mon avis. '''Reego''' : Il y a un Area qui te demande si tu as rencontré Sandy à l'armée. '''Gérard''' : Non, pas du tout. Sandy, je l'ai déjà dit la semaine dernière, comment que je l'avais rencontrée sur un magazine. '''Phildar''' : Non, mais Sandy, elle a fait l'armée, par contre. '''Tony''' : Elle réparait les tanks. '''Gérard''' : D'accord, Tony ? C'est toi qui viens de répondre les tanks ? '''Tony''' : Pas du tout, pas du tout. '''Manu''' : Non, c'est moi, c'est moi, j'ai dit. '''Phildar''' : Non, elle bossait à la banque. '''Tony''' : Ouais, bah, c'est sur l'engagement, c'est ça ? Peut-on s'engager dans l'armée si on n'a pas de boulot ? '''Phildar''' : Bah oui, parce qu'on fout rien, on peut y aller. '''Tony''' : Non, je dirais... Attends, attends, j'essaye de réfléchir, là. '''Reego''' : Non, mais non, Gérard, ils te prennent pas à l'armée si t'as pas de boulot. '''Gérard''' : Bah, de toute manière, tu peux t'engager si t'as pas de boulot, hein. '''Andouille''' : Pourquoi tu t'engages pas, toi, Gérard ? '''Gérard''' : Eh, qu'est-ce que ça... Pourquoi que... Je t'emmerde, toi. '''Phildar''' : Par contre, moi, j'ai un exemple. J'ai une amie qui s'appelle Mélanie, et qui avait son bac. Et, euh... Donc, elle voulait s'engager à l'armée parce qu'elle s'est dit, « Ouais, j'ai un bac, maintenant, j'aimerais bien faire l'armée. » Et ils l'ont pas acceptée. '''Gérard''' : Mais attends, t'as pas besoin d'avoir un bac pour aller à l'armée. '''Manu''' : T'as pas le droit à l'armée d'avoir un bac. '''Gérard''' : Faut complètement chtarbé. Euh, Tony ! Tu réponds ? '''Tony''' : J'ai répondu, j'ai répondu. '''Gérard''' : Attends, c'est bizarre, j'ai pas entendu ta réponse. '''Tony''' : C'est pas grave. '''Gérard''' : Ouais, bah, Tony, je pense que... '''Tony''' : Non, mais non, mais vas-y, continue, continue. Y a pas que moi, allez, vas-y. '''Tony''' : Non, non, mais tu réponds ! '''Tony''' : Ça y est, l'engagement, il faut se faire recenser. '''Gérard''' : D'accord, voilà. Eh ben, enfin, dis-donc, t'es lourd à la détente, toi. '''Reego''' : Gérard, par rapport à l'armée, y a Davy1 qui dit « Les fusils servent à fusiller, et les tanks, ils servent à t'enc. » '''Gérard''' : Ouais, bah, ça, je l'emmerde, lui. Euh, Manu ? '''Manu''' : Encore un petit sondage. '''Gérard''' : Le dernier, j'espère. '''Manu''' : L'avant-dernier. À la question « Qu'aimez-vous chez une armée ? » 50% des gens aiment bien, 25% des gens aiment beaucoup et 100% aiment le balcon avec les drapeaux fan radio, je comprends pas. '''Gérard''' : Ça... Toi, toi, toi, toi, tu vois, Phildar, tes conneries, ça, c'est tes conneries, ça. '''Phildar''' : Non, c'est pas mes conneries. C'est les sondages des auditeurs. '''Gérard''' : On va demander la prothèse. ''[musique de Noël]'' : Phildar, tu m'éteins ça tout de suite ! ''[s'ajoute un bruit de clairon tel que celui du réveil matin à l'armée]''. Bon, t'arrêtes, Phildar, ou quoi, là ? ''[il prend une boîte de CD dans la main et la balance, sans la jeter, vers Phildar]''. '''Phildar''' : Il a failli balancer le disque de Reego, donc... '''Prothèse''' : Ouais, donc, je pense qu'il est préférable de s'engager quand on n'a pas de boulot, vu qu'on est payé à rien foutre et porter du kaki et j'aime bien les fruits. '''Gérard''' : D'accord. Et je m'en fous, pour finir ? '''Jmenfous''', ''[nonchalant]'' : Bah, franchement... Bah non, ouais, je sais pas. '''Andouille''' : Oh là là, Doc Gynéco. '''Tony''' : Toi, tu vas gerber, toi. '''Jmenfous''' : Ah ouais ? '''Gérard''' : Ils sont pas réveillés, les auditeurs. '''Gérard''' : Je m'en fous, tu te réveilles, s'il te plaît, ou tu dégages ! '''Jmenfous''' : Bah, je sais pas, franchement, si j'ai pas de taf, ouais. '''Canif''' : Mais il sait jamais rien, lui, pourquoi il vient ! '''Tony''' : Il fume trop, lui ! '''Gérard''', ''[excédé]'' : Bon e aller, eh, tu reprends, je m'en fous, au standard, là, ça va pas. Ça va pas, là. Enfin, bref. Donc, je peux vous dire une chose, que pour ceux qui ont envie de s'engager, ils peuvent le faire s'ils ont pas de boulot, mais comme l'histoire du bac, ça existe pas. Il n'y a pas besoin d'avoir un bac pour aller à l'armée. Ça, c'est des conneries. '''Canif''' : Je crois que faut minimum le brevet. '''Gérard''' : Même pas. Non, plus. Ok, alors voilà. '''Phildar''' : Et toi, Gérard, alors, qu'est-ce que t'en penses de cette question ? '''Gérard''' : Bah, moi, je viens d'y répondre. '''Phildar''' : Mais je t'écoute pas. '''Gérard''' : Bah, t'écoutes pas, t'as qu'à te déboucher les oreilles au lieu de faire des conneries. Alors, septième question. Faut-il parler de l'armée en cours ou à la télé ? On va demander à... Je m'en fous si ça va mieux pour lui. '''Manu''' : Ça va mieux pour lui. '''Jmenfous''', ''(nonchalant]'' : Bah, à la télé, ouais, on voit des émissions, quoi. '''Gérard''' : Non, mais je pense qu'on t'a demandé de te réveiller, là. Apparemment... '''Jmenfous''' : Je réponds à ta question, là. Je te dis, les pubs et tout, on les voit à la télé, à l'école, il y a des mecs qui passent et tout, ils te parlent de l'armée, ils sont engagés, c'est beau et tout, c'est un métier. Et voilà, quoi. '''Prothèse''' : Ouais, ouais, je sais pas. Je pense qu'il faut pas trop en parler à l'école et à la télé parce que ça pourrait donner des idées aux gens, quoi. '''Gérard''' : Mais non, mais de toute manière, c'est ce qu'ils font, là, à l'heure actuelle. En cours, je ne sais pas, parce qu'on n'a pas des... On n'a pas d'étudiants. On n'a pas d'étudiants, là, avec nous, c'est dommage. J'aurais bien voulu avoir un étudiant pour savoir... '''Jmenfous''' : Eh, moi, je suis étudiant. '''Gérard''' : Eh, t'appelles d'où, toi ? '''Jmenfous''' : Moi ? De Nantes. '''Gérard''' : De Nantes ? Et donc, à ton avis, ils en parlent, là ? '''Phildar''' : Mais t'es étudiant en armée, toi. '''Gérard''' : Est-ce qu'ils en parlent, là ? '''Jmenfou''' : Bah ouais, il y a plein de pubs partout. Affichées sur les tableaux. '''Gérard''' : D'accord. Je pense qu'à mon avis, je crois que t'es en train de me dire des conneries. Tony ? '''Tony''' : Ya trop de pub. L'autre fois, j'entendais, même sur Fun Radio, j'entendais une pub... Ouais, l'armée de terre occulte un mec avec une clé de 13 pour réparer les tanks. Donc, je trouve ça inadmissible. C'est de la propagande. '''Gérard''' : Tony, t'es sûr de ce que t'inventes, là ? '''Tony''' : Non, mais je te jure que ça passait. '''Phildar''' : Non, mais il y a une pub en ce moment qui veut... Parce qu'en fait, j'ai l'impression qu'il n'y a pas assez de gens à l'armée. Ils ne veulent plus y aller, donc ils font des pubs. '''Prothèse''' : Le pire, c'est qu'ils te mettent ça entre deux tubes. '''Gérard''' : Ah, d'accord, entre deux tubes, t'as raison. Croupion ? '''Croupion''' : Ouais ? Moi, je dis que non, il ne faut surtout pas en parler. Ça pourrait inciter les gens à le faire. '''Phildar''' : Tu lui dis quoi ? '''Gérard''' : Non, mais ça va, là... '''Phildar''' : Bon, Gérard, t'écoutes les auditeurs, non ? Je suis en train de régler un problème avec Manu, ça ne te dérange pas, non ? '''Gérard''' : Bon, Croupion ? '''Croupion''' : Oui, je te dis qu'il ne faut surtout pas en parler. Ça pourrait inciter les gens à le faire. '''Gérard''' : De toute manière, pourquoi... S'ils en parlent, c'est pour inciter les jeunes à y aller, hein. '''Andouille''' : Oui, ben justement. '''Gérard''' : Ok. Andouille ? '''Andouille''' : Ouais, ben je suis désolée, moi, Phildar vient de me prendre hors antenne, donc je n'ai pas entendu la question. '''Gérard''' : Non, attends, Phildar vient de te prendre hors antenne... Non, mais attends, Phildar, il est à la réa. '''Jmenfous''' : Attends, attends, attends, Gégé, deux secondes. Hé, Phildar, tu te calmes, là ? '''Gérard''' : Non, mais attends, c'est qui qui parle, là ? Non, mais attends, pour l'instant, ce n'est pas Phildar qui commande, c'est moi, c'est mes débats. '''Manu''' : Non, non, c'est pas toi. C'est Phildar qui commande. '''Gérard''' : Non, non, c'est pas Phildar, non, mes débats, c'est moi. Alors, Andouille ? '''Tony''' : Phildar, c'est un petit teigneux, mais je l'aime bien, quand même. '''Jmenfous''' : Hé, Andouille, t'es blonde ou brune, concrètement, là ? '''Tony''' : Andouille, elle est pour moi. '''Phildar''' : Il fait un boulot de merde, Manu, ce soir, je suis d'accord avec toi. '''Gérard''' : Non, non, non, c'est pas Manu. C'est Je m'en fous, qui arrête pas de faire chier son monde. Alors, Andouille, pour la dernière fois. S'il te plaît ? '''Andouille''' : Oui ? Non, mais je te demande poliment si tu pourrais me répéter la question, s'il te plaît. '''Gérard''' : Alors, faut-il parler de l'armée en cours ou à la télé ? '''Andouille''' : Moi, je trouve qu'il faut pas en parler parce qu'on fait pas de politique à l'école. '''Gérard''' : Non, mais attends, on parle de l'armée, on parle pas de la politique. '''Tony''', ''[vendicatif]'' : Ouais, mais c'est la même question que la politique, faut pas nous prendre pour des cons, aussi. T'as changé armée par politique. '''Gérard''' : Tony, si t'es pas content, tu dégages, OK ? '''Tony''' : Non, non, mais je suis content. Non, mais bon, c'est pour le dire aux auditeurs que t'as 15 millions d'auditeurs, faut les respecter, quand même. Parce que depuis 10 ans, c'est les mêmes débats et tu ranges... '''Gérard''' : Bon, alors, Tony, tu dégages, allez, hop, terminé ! Hop, au revoir, Tony ! '''Andouille''' : Tu parles pas comme ça à Tony ! '''Gérard''' : Toi, Andouille, c'est pareil, au revoir, Andouille ! Allez, dégage, Andouille, allez ! '''Jmenfous''' : Bah, si Andouille part, je pars. '''Gérard''' : Ouais, ben, c'est bien, aussi, je m'en fous. Allez, dégage, je m'en fous. C'est bien, récupère... '''Phildar''' : On est dans la merde, on n'a plus que trois auditeurs. '''Gérard''' : Tu récupères 3 auditeurs, Manu, s'il te plaît. '''Manu''' : J'y vais, j'y vais, je les récupère, je vais les chercher, là, devant l'avenue, là. '''Gérard''' : Alors, Canip ? '''Canif''' : Bah, écoute, Gérard, je crois que, de toute façon, notre avis compte pas vraiment là-dedans, parce que s'ils ont envie d'en parler, ils en parlent quand même, hein. '''Gérard''' : Non, mais donc, je reviens à ce que Tony, soi-disant, qui disait, que c'était pareil qu'on... la politique, non. Parce que si on en parle à la télé, c'est que ça insiste pas les jeunes à vouloir faire de l'armée. Comme Andouille a voulu... Comme Andouille elle voulait dire. Mais, moi, je pense qu'ils ont tout à fait raison de nous parler de ce qui se passe à l'heure actuelle dans certains pays. Donc, ça va être... '''Canif''' : Bah, ça va en intéresser certains, de toute façon. '''Gérard''' : Ouais, mais ça, ça va être la dernière question qu'on va poser... '''Prothèse''' : Je voulais savoir, si, quand tu te mettais au garde-à-vous devant le général, t'avais la gaule ? '''Gérard''' : Pas obligatoirement, non. Pourquoi ? Parce que ça t'est déjà arrivé, toi ? '''Prothèse''' : Bah, non, mais je te posais la question. '''Gérard''' : Incroupion ! Si on te gêne, tu nous le dis, hein. '''Croupion''' : Ah, non, mais je vous écoute. '''Gérard''' : Non, mais tu peux quand même parler, hein, parce que, pour l'instant... '''Croupion''' : Le problème, c'est que, quand je parle, tu me dis de me taire, donc... '''Gérard''' : Non, non, non, attends, pour l'instant, je t'ai rien dit, donc je te demande de réagir. Parce que vous êtes plus que 3 sur 7... 6, hein. Donc, tout le monde a fait le tour de la question. Alors, là, il y a une question qui va être bien, parce que je pense que c'est Canif qui a voulu en parler, ou même toi, Incroupion. '''Phildar''' : C'est laquelle question, Gérard ? C'est la numéro combien ? '''Gérard''' : C'est la 8. '''Phildar''', ''[impatient]'' : Encore ? 2, putain. '''Gérard''' : Ouais, ouais. Non, mais, hé, si t'es pas content, tu vois, tu poses ton casque et tu dégages. OK ? Tu rentres chez toi. ''[Reego jette son casque et se lève]''. Hé, Reego, c'est pas à toi que je m'adresse. ''[Manu fait la même chose]''. Alors, pourquoi faut-il faire 10 mois au lieu de 12, maintenant ? Alors, on va demander à Canif. '''Canif''' : Bah, là, là, j'en ai vraiment aucune idée, Gégé. '''Gérard''' : Non, mais, avant, c'était 12 mois, maintenant, c'est passé à 10, donc, le pourquoi ? '''Canif''' : Ah, mais, c'est ce que je te dis, je ne sais absolument pas. '''Gérard''' : Hum, d'accord. Et toi, croupion ? '''Croupion''' : Euh, c'est pour des questions de budget. Bah, ils gagnent 2 mois, ils gagnent du fric en faisant que 10 mois. '''Canif''' : C'est parce que ça a trop gueulé, je pense. '''Croupion''' : Non, mais, comme ça, ils ne payent pas les mecs pendant 2 mois, ils ne les payent plus, quoi. '''Canif''' : Ah, ouais, c'est une bonne idée, ça, je crois. '''Gérard''' : Bah, non, mais, même, de toute manière, ils sont... Oh, vous arrêtez, là, derrière, là ! Vous revenez bosser, là, correctement ! Bon, attendez, je reviens. ''[il se dirige vers la porte du studio, ouverte, le'équipe étant devant, passive et discutant. Gérard s'adresse à eux, sur le pas de la pporte du studio]'' : Oh Reego là, vous revenez bosser là ! ''[il regagne sa place]''. Alors, Prothèse, tu peux répondre, s'il te plaît ? '''Prothèse''' : Ouais, ouais, donc, euh... Bah, tu peux me répéter, j'ai pas bien entendu. '''Gérard''' : Donc, la question, euh... Pourquoi faut-il faire 10 mois au lieu de 12 ? Disons, avant, c'était de 12, et maintenant, c'est passé à 10. C'est moi qui me suis trompé dans ma question. '''Prothèse''' : C'est des problèmes de calendrier avec les années bisextiles, non ? '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, parce qu'avant, c'était 12 mois, comme c'est... Et puis, maintenant, ça passe à 10 mois. Donc, on se demande pourquoi ils s'amusent à changer... ''[non seulement personne n'a bougé, mais en plus ils baissent la luminosité du studio, plongé das la pénombre]''. Oh, vous arrêtez avec la lumière et vous revenez bosser, là ! Parce que tout à l'heure, ça va chauffer pour vous 3, là, hein ! '''Prothèse''' : Tu fais des blancs, Gérard. Ouais, donc, je te disais, je pense que c'était un problème de calendrier, non ? '''Gérard''' : Bah, non, parce qu'en fin de compte, non, il n'y a pas d'histoire de calendrier, là-dedans, hein. Parce que c'est... Au début, c'était passé de... C'était 12, maintenant, on est... Ils sont descendus à 10, on ne sait pas pourquoi. '''Prothèse''' : Ils ont raison, finalement, on se fait moins chier à 10 mois que 12 mois. '''Phildar''' : Ils vont descendre à une semaine, là, ça va être une semaine, après. '''Manu''' : Ouais, alors, on accueille 3 nouveaux auditeurs, on accueille Face de Pet, Petit Fion et Général Moncu. '''Phildar''' : On a un Général, ouais, qui vient de quel corps d'armée ? '''Moncu''' : De l'armée de l'air. '''Gérard''', ''[bougon]'' : Général mon cul, ouais... Apparemment, c'est ce que... Et l'autre ? '''Moncu''' : J'ai avec moi le sergent Sussmon Boul, si vous voulez. '''Gérard''' : Ouais, non, mais ça y est, bon, alors, maintenant, on va demander à Face de Pet... '''Fae de pet''' : Alors, tu vois, moi, alors, je t'explique. Moi, je pense que, ouais, bah, 10 mois, franchement, c'est plus cool que 12, quoi, parce que les mecs, déjà, ils y vont, c'est pas marrant, quoi, t'sais, ça les galère. '''Manu''' : Dis moi quoi ? '''Face de pet''' : Bah, 10 mois de l'armée, quoi, c'est mieux que 12, quoi. Ouais, alors, moi, je disais que, voilà, quoi, quand tu fais 10 mois, c'est classe, parce que 12 mois, c'est relou. Non, franchement, concrètement, le mec qui part faire son service militaire... On est d'accord, c'est relou, 10 mois, 12 mois. Alors, il vaut mieux qu'il en fasse 10, t'as compris ? '''Gérard''' : Non, mais de toute manière, maintenant, au début, c'était 12, maintenant, c'est passé à 10, on se demande pourquoi. Mais de toute manière, que tu partes 10 mois ou 12 mois, de toute manière, tu perds quand même ton temps en faisant l'armée. '''Manu''' : Dans quel sens ? '''Gérard''' : Manu, ça suffit, toi. '''Manu''' : Je demande, parce que je comprends pas. '''Gérard''' : La semaine dernière, t'as fait du bon boulot, si tu commences à foutre ta merde, ça va... '''Phildar''' : De toute façon, vous parlez de 10 et 12 mois, mais c'est pas ça, l'armée, c'est une semaine, maintenant. '''Gérard''' : Non, non, non, non, non, non, non. Toi, tu l'as même pas faite, alors tu t'écrases. '''Reego''' : Si, si, Fildar, il a fait l'armée, mais pour revenir au débat, sur IRC, on te demande, on te dit en même temps, que maintenant, l'armée, elle est plus obligatoire. Pourquoi ? '''Gérard''' : Si, l'armée est toujours obligatoire, encore. '''Phildar''', ''[méprisant, soutenu par Manu]'' : Non, c'est pour devenir un métier. '''Gérard''' : L'armée est obligatoire. L'armée est obligatoire. Non, c'est tout. Général Moncu ? '''MOncu''' : En tant que général, je peux témoigner, quand même. Parce que, maintenant... Maintenant, on recrute, surtout dans le civil. C'est fini, tout ce recrutement administratif. '''Petit fion''' : Alors, tout d'abord, bonsoir, Gérard. '''Moncu''' : Ça te dirait de faire l'amour avec un gradé ? '''Gérard''' : Oh ! Merci. '''Petit fion''' : Bah, écoute, on se retrouve hors antenne, alors. '''Moncu''' : Pas de problème. '''Face de pet''' : Hé, attends, attends, attends, moi, je suis plus gradé que lui. '''Gérard''' : Hé ! Oh ! On accouche, maintenant, là, sur la question. On va pas s'éterniser, là-dedans, hein. '''Petit fion''' : Bah 10 mois... 12 mois, c'est trop long, quoi. '''Gérard''' : Bah, 10 mois, c'est pareil, hein. '''Petit fion''' : Bah, non, c'est 2 mois de moins. '''Moncu''' : Bah, il y a 2 mois de différence. '''Gérard''' : Bah, ouais, mais si tu fais le con pendant tes 10 mois, tu refais un mois de plus, donc ça fait 11 mois. '''Petit fion''' : Si tu fais le con au bout de 12 mois, tu t'en retapes un de plus. tandis que si tu fais le con au bout de 10 mois, tu t'en retapes un de plus aussi, mais seulement, ça fait plus 13, mais ça fait 11. '''Montcu''' : C'est cumulab. '''Prothèse''' : Bah, Gérard, c'est Prothèse. Ouais, je crois que c'est clair. Tu fais 10 mois, tu pars la fleur au fusil, puis tu fais 12 mois, bon, tu pars la baïonnette dans le cul, alors... '''Gérard''' : Ouais, bah, de toute manière, moi, j'ai fait 12 mois et je vais te dire une chose, que quand tu reviens, c'est chiant. Que ça soit 12 mois ou 10 mois, de toute manière, c'est vraiment des conneries, je sais pas pourquoi. '''Phildar''' : Et t'avais des perm, ou pas ? '''Gérard''' : Ouais, mais, je vais te dire, les perms, c'est 48 heures, et t'as une PLD, une... PLD, c'est une période de longue durée, c'est 10 jours. '''Petit fion''' : Dis-moi, Gérard, je peux te poser une question ? Est-ce que ça t'a plu, l'armée ? '''Gérard''' : Non, pas du tout, je me suis fait chier, je viens de le dire. '''Petit fion''' : Pourquoi ? '''Gérard''' : Bah, c'est la question. Est-ce qu'on s'amuse en faisant l'armée ? '''Phildar''' : Ce sera la dernière question, après, on fera une petite conclusion rapide. '''Gérard''' : Non, il reste encore... '''Manu, Reego et Phildar''' : Non, non, non, on va abréger, on va abréger. On peut pas. On n'a pas le temps. '''Gérard''' : Non, je te dis que... '''Phildar''' : Non, Max, Max, il est venu, il a dit que tu gérais pas le débat, que c'était à chier, donc on va faire l'autre débat. '''Gérard''' : C'est toi qui fous ta merde alors toi, tu vas commencer par la fermer. '''Reego''', ''[sévère]'' : Non, Gérard, continue ton débat, c'est pas du tout la faute de Phil. '''Gérard''' : Alors, est-ce qu'on s'amuse en faisant l'armée de nos jours ? On va demander ça à Canif. '''Canif''' : Bah, écoute, ouais, je pense qu'il y en a qui s'amusent et d'autres qui s'emmerdent. '''Gérard''' : Donc, c'est pour toi... de toute manière, même en faisant l'armée, on peut s'amuser avec ses copains, hein. '''Phildar''' : Pendant la récré, ils font des jeux, non ? '''Canif''' : J'ai des copains qui ont fait l'armée et puis ils m'ont dit que même si des fois, c'était un peu chiant, ils avaient quand même de bons souvenirs. '''Gérard''' : Ouais, mais ça, de toute manière, tu gardes quand même à la fin, tu gardes quand même un bon souvenir aussi, hein. '''Canif''' : Attends, faut quand même faire quelque chose, parce que si tu passes 12 mois à t'emmerder, faut quand même faire quelque chose. '''Prothèse''' : Ouais, donc moi, je dis que dans l'armée, tu t'amuses pas beaucoup, parce que c'est clair qu'à part que si t'as des G.I. Joe ou des Small Soldiers, tu peux t'amuser. '''Gérard''' : D'accord, je vois pas du tout le... '''Canif''' : C'est hors sujet, hors sujet. '''Croupion''' : Ouais, non, tu te fais chier à l'armée. '''Gérard''' : Ah bah d'accord, toi, c'est carrément ta réponse. '''Phildar''' : Bah oui, ça les passionne pas, les nanas l'armée. Faut abréger, magne-toi. '''Gérard''' : Attends, toi, pour l'instant, tu vas la fermer ! Ok ? Tu vas fermer ta gueule, maintenant. Ça va être clair. '''Prothèse''' : Je suis dans la hanche, moi.<ref name="context3"></ref> Gérard, c'est Prothèse, je suis dans la hanche. '''Prothèse''' : Ouais, mais Prothèse, tu t'écrases, maintenant, s'il te plaît. Merci. '''Prothèse''' : Gérard, assieds-toi bien, parce que là, j'ai un peu de mal. '''Gérard''' : Bon, allez, Prothèse, tu me le dégages. Hop, terminé pour Prothèse, comme ça, il fera moins le con. Il fera le con chez lui, à Rouen. Face de pet ? '''Phildar''' : Qu'on en termine. '''Face de pet''' : Ouais, si, c'est cool, l'armée, tu fais le con, quoi. '''Gérard''' : Ouais, bah, tu t'amuses ou pas ? '''Face de pet''' : Bah ouais, parce que t'as pas envie de faire leurs conneries, alors que tu fais le con, donc tu t'éclates. '''Phildar''' : Puis à l'armée, tu devais t'éclater, parce que tout le monde devait se foutre de ta gueule avec ta face de pet. '''Gérard''' : Non, non, attends, attends, attends, oh ! Toi, Phildar, tu vas... Ouais, mais tu vas t'écraser un peu, toi. '''Phildar''' : Magne-toi ! '''Gérard''' : Tu vas laisser finir les gens parler, OK ? '''Manu''' : Trois minutes, trois minutes. '''Gérard''' : Face de pet, vite fait, vite fait, là, on accouche, là. '''Face de pet''' : Je peux finir, là ? '''Prothèse''' : Gérard, je suis dans la hanche. ''[les trois garçons parlent en même temps, Gérard s'énerve en envoyant un CD vers Phildar et Manu]''. '''Gérard''' : Prothèse, tu dégages ! Dégage-moi là Prothèse, là. Vous vous chalmez, là, ou je vous chale, moi, maintenant ? Oh ! Alors, face de pet, tu réponds correctement. '''Face de pet''' : Ben, moi, ça y est, j'ai répondu. '''Gérard''' : D'accord, général de mon cul, là. '''Moncu''' : Ouais, répétez, première classe. '''Gérard''' : On accouche. '''Moncu''' : Répétez la question, s'il vous plaît. '''Gérard''' : Bon, allez, vous me faites chier, je répète plus la question. Allez, conclusion. Hop, basta. Petit fion ? '''Petit fion''' : Ben, écoute. J'ai écouté ton débat parce qu'en fait, je viens d'arriver sur l'antenne, donc j'ai eu le temps d'écouter très attentivement. Et ben, moi, je trouve que l'armée, c'est... En concluant vraiment très, très brièvement, parce que je sais que t'as pas trop le temps, mais il paraît que l'armée, c'est aussi excitant que de te rencontrer dans les chiottes de la loco. '''Gérard''' : Alors, moi, je t'emmerde, petit fion, dégage, bonne nuit, au revoir. Général mon cul. '''Moncu''' : Alors, c'était un très bon débat. Je voulais le dire. Et j'aimerais dire aussi un petit message pour... le dénommé Philippe qui... '''Gérard''' : Non, non, il n'y a pas de message. Salut. Face de pet ? '''Fae de pet''' : Ben, moi, est-ce que ce serait possible d'avoir Troufion, là, hors antenne ? '''Croupion''' : Ben, pas de problème. '''Phildar''' : C'est pas la conclusion, ça. Allez, Gérard, gère ! '''Gérard''' : Conclusion du débat, phase de pet, dernière fois. '''Face de pet''' : L'armée, c'est de la merde. '''Gérard''' : Bon, alors, ben, d'accord. Pour toi, c'est la conclusion. Croupion. '''Croupion''' : Ouais ? Ben, débat pourri, et puis regardez la 6, il y a Maxou, quoi. '''Gérard''' : Ah, ben, alors, c'est vrai. Alors, attends, Croupion. Moi, je vais te dire une chose. Si mon débat, c'est de la merde, et que tu regardes M6 à la place, dans ce cas-là, t'avais qj'à pas participer au débat. OK ? '''Croupion''' : Je regarde le chef !<ref name="context4"></ref> '''Gérard''' : Va bouffer tes croupions. '''Prothèse''' : Mais arrête de bouger de la hanche. '''Canif''' : Euh, ben, j'ai pas vraiment de conclusion. Mais enfin, si, quand même, c'était pas mal. Mais, euh, bon, voilà, c'était spécial, mais pas mal. '''Gérard''' : Eh, quand je vous demande des conclusions, quand vous me dites, faites passer les autres, je voudrais bien que, quand tout le monde passe, que vous ayez quelque chose à dire. Parce que si c'est pour me dire, ah, ben, faut mieux écouter, regarder M6, il y a Max qui passe... '''Canif''' : Eh, mais, Gérard, t'énerves pas sur moi, j'y suis pour rien. '''Gérard''' : Non, mais, c'est pour Croupion que je m'adresse spécialement. '''Canif''' : Ben, ouais, c'est pas moi qu'il faut engueuler, hein. '''Gérard''' : Donc, on le sait, on l'a aussi dans les studios, Max. Alors, donc, voilà. '''Reego''' : Gérard, j'ai une conclusion sur l'IRC. Alors, Davy One, qui donne sa conclusion, il dit, eh bien, si la plus petite unité de temps, c'est la milliseconde, la plus petite unité de longueur, c'est le millimètre, la plus petite unité de l'intelligence, c'est le militaire. '''Gérard''' : Ah, ben, d'accord, c'est pas mal sa conclusion. Moi, conclusion, c'est dommage que, ben, qu'on a été forcés d'abréger sur la neuvième, parce que sinon, ça s'était bien passé dans... '''Phildar''' : Moi, j'ai pas appris grand-chose, hein. '''Gérard''' : Toi, t'as rien appris parce que t'es con, toi, c'est pas de ta faute. Donc, toi, de toute manière, tu resteras toujours cont toute ta vie, alors... T'attends onze heures et demie pour bosser au standard, donc ça sert à même pas... Donc, conclusion, c'est... Dans l'ensemble, ça s'était bien passé. '''Phildar''', ''[soufflant et piafant d'impatience]'' : Magne-toi ! '''Gérard''' : Si t'es pas content, je t'emmerde. Tu prends une chose, tu prends tes clics et tes claques et tu te tasses chez toi. Comme ça, ça nous fera des vacances. Donc, conclusion, sinon, c'était pas mal dans l'ensemble. Je pense qu'on a atteint combien, là ? '''Reego''' : On a perdu... On a perdu, suite à la fin du débat, où les gens, en partant, m'ont dit que c'était vraiment trop le bordel et trop con et trop nul. Donc là, apparemment, on est descendu sous la barre des 2000. On doit être 1000... Attends, je regarde... 1597. '''Gérard''' : Ben, c'est dommage. C'est dommage que les trois derniers que tu m'as récupérés ont foutu la merde. '''Reego''' : Ils me disent pas que c'est à cause des auditeurs. Ils me disent que c'est à cause de toi, Gérard. '''Gérard''' : Non, c'est pas moi qui ai foutu la merde, c'est eux qui n'ont pas voulu répondre aux questions. Donc, voilà. Alors, le disque qu'on va s'écouter, c'est Gérard, du côté, avec la boule de travers. Et donc, vous pouvez nous appeler pour le deuxième débat qui va porter sur la prostitution. '''Phildar''' : Ah, enfin, le débat. '''Gérard''' : Attends, toi, tu vas rester à la réa, tu vas fermer ta gueule. Si, si, parce que je te veux pas en standard. '''Manu''' : Ah si moi j'en ai marre, ça fait depuis 22 que je suis là, Gérard. '''Phildar''' : Donc, on écoute le disque et vous pouvez appeler Manu, bien sûr, les numéros, Gérard, vas-y. '''Gérard''' : C'est 0803 08 5000 et toujours le... www.funradio. Et on se retrouve tout de suite après. '''Phildar''' : J'espère qu'il y aura des putes, quand même. '''Gérard''' : Ben, toi, t'en fais partie. ''[musique]'' == Le débat sur la prostitution == === Contexte === C'est donc un retour au calme qui marque ce soir-là l'émission. Ce deuxième débat ne dérogera pas à la règle. Nous sommes quand même dans un théâtre d'improvisation où chacun, qui ne le sait pas vraiment, débute. Cette émission peut donc être vue comme une période de rodage, avant une série beaucoup plus intense et inspirée. Le côté rodage ressort bien des conclusions, à la fois provocatrices et sincères, l'ennui gagnant les gens avec le profil inadapté de l'animateur. Ces conclusions semblent aussi poser les défis à venir, qui seront finalement très prégnants en ce dernier trimestre 1998. === Les personnages === * Franck Bargine : Max * Gérard Cousin : Gérard * Phildar et Manu * Tony Morestin : Andouillette, Monsieur Claude, Fleur de lotus, Pulsor * Goldo : Baracouda, Giclette * Franck Bargine : queue de velours, Anus en sky, Max * Arnet : Grosse Bertha, Kékéthos * Laura : Sanizette, Bermuda, Laura Ingalls * Mégane : Twingo * Axel : Petit suisse, Pupute, Maquereau à la moutarde, Susson * Pupute === Transcription === '''Gérard''' : Et voilà, 1h41, donc vous êtes toujours sur Fun Radio, donc c'est le deuxième débat et on salue les gens qui sont sur IRC. ''[Phildar, puis Manu, puis reego disent : Salut ! Salut !)''. On salue un peu tout le monde, on leur fait coucou, on les remercie d'être là. '''Reego''' : On a redépassé les 2000, quand ils ont entendu qu'on changeait de débat, ils sont tous revenus et on est 2147 plus 3. '''Gérard''' : Par contre, il y a un petit problème avec Andouillette, je suis désolé pour toi, mais je ne vais pas pouvoir te prendre pour le débat. '''Phildar''' : Pourquoi ? '''Gérard''' : Non, parce que 13 ans et demi, je ne veux pas, je ne veux pas. C'est tout. Non, non, non, il est hors de question. '''Andouillette''', ''[voix de tête]'' : Non, mais moi je suis précoce, moi. '''Gérard''' : Non, non, je ne veux pas savoir 13 ans et demi, je n'en veux pas dans le débat. J'ai dit non ! J'ai dit non ! '''Andouillette''' : Je fais des cunilingus moi ! '''Phildar''' : Bon, ok, je le jarte. '''Andouillette''', ''[voix normale]'' : C'est pas croyab. '''Gérard''' : Voilà. C'est tout, moi je ne prends pas des mineurs dans mes débats. Et donc le disque... Le disque qu'on venait d'écouter, c'est Gérard Ducoté avec la boule de travers et donc on va accueillir pour ça Barracuda, 21 ans, qui appelle de Lamotte Beuvron. '''Baracouda''' : Ouais, mes respects du soir. '''Gérard''' : On écoute Fun Radio sur 106.4. '''Baracouda''' : Euh, et demi, et demi. '''Gérard''' : 106.4, j'ai moi. '''Baracouda''' : Ah bah et demi, ou alors je suis en avance. '''Gérard''' : Ouais, bah c'est pas grave. Grosse Bertha, 22 ans, Bordeaux, 91.8. Sanizette, 19 ans, Bourricot. C'est la ville, ça ? On écoute Fun Radio 97.3. Eh oh, faut peut-être vous réveiller quand je vous parle et me dire si c'est bien les fréquences. '''Sanizette''' : Bah je t'ai dit oui, hein. On se réveille. '''Gérard''' : Bon, Sanizette, là. On se réveille. '''Sanizette''' : Bah c'est moi je te dis réveille-toi, je t'ai déjà répondu. '''Gérard''' : Ok. Alors Twingo, 21 ans, Paris, sur 101.9. Et Petit Suisse, 19 ans, Brest, 98.9. Donc le débat, ça porte sur... '''Grosse Bertha''' : Les putes. '''Gérard''' : Comment ? Sur la prostitution. '''Grosse Bertha''' : Ouais, c'est pareil. '''Phildar''' : Je tiens à rappeler, Gérard, quand même, qu'on a une prostituée avec nous. '''Gérard''' : Ouais, je sais. J'ai vu. Donc tu cherches quelqu'un à la place d'Andouillette, s'il te plaît. Merci. Tu fais ton boulot. Vite fait, bien fait. Sinon, gare à ton matricule pour toi. Alors, la première question. Donc avez-vous déjà été voir une pute ? Si oui, pourquoi ? On va demander ça à Petit Suisse. ar Petit suisseuais, ouais. J'y vais deux fois par semaine pour me vider les couilles. Et ouais, je prends un maximum de plaisir sur ça. '''Twingo''' : Oui, alors moi, je suis prostituée de profession. Donc j'ai l'occasion d'en voir pas mal. Ouais, je vois mes copines qui sont prostituées aussi. Donc ouais, je vais les voir. Des fois, on se fait des bouffes. Donc je vois des putes. Voilà. '''Sanizette''' : Ouais, bah moi, j'exerce occasionnellement pour arrondir mes fins de mois. '''Grosse bertha''' : Bah non. '''Gérard''' : Non, mais tu peux préciser ? Bah non, parce que j'en suis une. '''Gérard''' : Non, mais attends, t'es un mec. Alors, commence pas à dire des conneries. '''Phildar''' : C'est un guignol. '''Grosse bertha''' : Un peu, ouais. '''Gérard''' : Ouais, bah, Phildar, quand je t'appellerai pot de chambre, tu le sortirais de sous le standard. '''Phildar''' : Mais les prostituées, mec, ça s'appelle des guignols. '''Gérard''' : Pour l'instant, tu vas éteindre ton micro et tu vas faire ton boulot comme je te le demande. Ok ? Alors, Barakouda ? '''Baracouda''' : Ouais, bah moi, j'y vais comme tout le monde, pour l'hygiène, pour me vidanger, quoi. '''Gérard''' : D'accord. Y'a pas d'autre solution que d'aller en voir... Tu peux me dire s'il y en a de ton côté, là-bas ? '''Baracouda''' : Bah ouais, c'est quand même assez blindé au niveau putes, ouais, y'a tout ce qu'il faut, quoi, ouais. '''Gérard''' : De quel côté, qu'il y en a ? Parce que je connais un peu... '''Phildar''' : Rive gauche. '''Baracouda''' : Tu connais les coins à putes ? '''Gérard''' : Non, mais je connais la Motte Beuvron parce que j'y ai été, alors donc... '''Baracouda''' : Ouais, mais je voudrais pas trop, trop citer parce que je voudrais pas qu'on me repère près du boulevard Jean Jaurès, quand même. '''Gérard''' : D'accord, mais c'est pas mal, t'as bien précisé quand même le... T'as bien précisé quand même le nom de la rue. '''Phildar''' : À la place d'Antouillette, on accueille M. Claude. '''Claude''' : Bonsoir, je suis macro. Et je le revendique. '''Gérard''' : Donc, pour toi, M. Claude ? '''Claude''' : Ouais, bah écoute, moi, je mets des putes sur le marché. Et ce qui se passe, c'est que c'est sur le boulevard Ney. '''Gérard''' : Alors, hé, encore une fois, je tiens à préciser que le prochain qui me donne un nom de boulevard gerbe, c'est clair, net, précis. '''Claude''' : C'est pas valab. '''Gérard''' : C'est pas valab ? Attends, toi, tu risques de gerber vite fait, toi. Je vais pas chercher qui c'est, hein. '''Baracouda et Petit suisse''' : C'est horrib. '''Grosse bertha''' : C'est susceptib. '''Gérard''' : Oh ! On s'écrase. '''Petit suisse''' : C'est inaudib. '''Gérard''' : On s'écrase. Donc, M. Claude, pour continuer. '''Claude''' : Ouais, donc, excuse-moi, j'étais un peu en débordement. Je voulais faire un peu de pub pour mon commerce. Je suis désolé. Donc, oui, tout à fait. Mais je respecte ces femmes à leur juste valeur de traînées. '''Twingo''' : S'il vous plaît ! Je vous demande juste d'avoir un langage correct en parlant de nous. On n'est pas des... '''Claude''' : Ouais, mais toi, t'es pas de série déposée, toi. '''Gérard''' : Qui c'est qui s'amuse à dire des saloperies, là ? Allez, hein. Barakouda. Barakouda, bonne nuit. '''Phildar''' : Non, c'est pas Barakouda, Gérard. Gère un peu, je vais essayer de voir qui c'est, mais fais quelque chose, quoi. '''Gérard''' : Ouais, mais attends, toi, je t'ai dit d'éteindre ton micro, et c'est tout. '''Manu''' : Gérard, pour répondre au débat, on a un petit sondage, allez. Donc, à la question pour ou contre la prostitution, 20% des gens... '''Gérard''' : Attends, Manu. Ouais. Les pour ou contre, ça commence à me casser les... '''Manu''' : Oui mais regarde, il est bien celui-là, on va avoir des réations. 20% des gens sont pour Alain Prost, 30% n'ont pas le permis, et 50% n'ont jamais été routiers, donc ne connaissent pas les prostituées. '''Gérard''' : Alors, toi, Manu, ta réaction, là, ouais, ça, c'est de la connerie, donc c'est pas la peine d'intervenir pour me donner des réactions... '''Manu''' : Je sais pas, ça aurait pu étayer ton... '''Gérard''' : Alain Prost n'a rien à voir dans le débat de la prostitution, ok ? Alors, c'est pas la peine de dire des conneries, d'accord ? '''Baracouda''' : Les routiers, ils ont quand même à voir, hein. '''Gérard''' : Bon, toi, tu t'écrases pour l'instant, ok ? '''Baracouda''' : Non mais attends, j'ai été routier et je me suis arrêté voir des putes dans les camionnettes, je sais de quoi je parle. '''Gérard''' : Ouais ben de toute manière, il y en a un peu partout, hein. '''Baracouda''' : Des camionnettes ou des routiers ? '''Gérard''' : Ok, bon, qui c'est qui veut rajouter quelque chose ? Il y a une nana qui voulait parler, c'est qui ? Bon, c'est bien, quand je demande qui veut parler, il n'y a plus personne. C'est pas mal. '''Claude''' : J'ai des bons de réduction sur les fellations, si ça intéresse quelqu'un. Les 10 premiers, plus un invité, j'ai une réduction sur les fellations. Prisca et Zoubira. '''Gérard''' : D'accord. Ok, on a très bien compris le message. On se calme un peu, là, ou quoi ? Donc, alors, moi, je vais répondre quand même à la question. Je vais quand même répondre à la question, parce que avez-vous déjà été voir des putes, si oui, pourquoi ? Moi, je peux vous dire une chose, que je n'ai pas eu l'occasion d'y aller. '''Manu''', ''[incrédule]'' : Oh, Gérard. Tu peux nous le dire, tu peux nous le dire. On est entre nous. '''Gérard''' : Non, non, non. Non, mais ça y est, j'ai répondu. '''Sanizette''' : Elles ne veulent pas de lui. C'est vrai, ça t'es peut-être arrivé de te faire recaler par une pute, non ? '''Gérard''' : Non, non, pas du tout. Deuxième... Non, mais... Quand vous voulez jacter, vous donnez vos noms, parce que j'en ai marre d'entendre... '''Baracouda''', ''[voix efféminée]'' : Ouais, c'est Polo, t'es un menteur. '''Gérard''' : Non, il n'y a pas de Polo dans le débat. Bon, attends, toi, tu vas commencer à t'écraser. Hein ? Ok ? '''Baracouda''', ''[voix efféminée et accent espagnol]'' : Oui, c'est Pepito, je voudrais dire... '''Gérard''' : Écrase ! Eh oh, Phildar. Putain, c'est pas possible de travailler avec un con comme lui, hein. Non, mais quand vous aurez fini vos conneries, on pourra peut-être... Eh, Phildar, tu gères un peu, là, ou tu veux faire le con ? '''Phildar''' : Mais quoi, je gère, je dis rien. '''Reego''' : Gérard, pour revenir au débat. Pour revenir au débat, il y a Aréa sur IRC qui te demande si tu connais personnellement une prostituée. '''Gérard''' : Non, pas du tout. '''Twingo''' : Et Sandy ? '''Gérard''' : Euh, qui c'est qui vient de dire ça ? ''Phildar ''' : Ça, c'est une meuf, hein, je l'ai entendue. '''Gérard''' : Euh, je te préviens, Phildar ! Troisième édition. Si ça recommence à parler de Sandu, tu me vires ou Sanizette Twingo, je cherche pas à qui savoir. Ok, alors, je te signale que tu as intérêt à te réveiller quand je te parle, parce que tout à l'heure, tu vas morfler. Que pensez-vous des tarifs selon ce que vous voulez faire ? On va demander à Barakouda. '''Baracouda''' : Ouais, je te disais, moi, j'ai une carte d'abonnement. Donc, j'ai souscrit à la carte Tepu. J'ai droit à une fellation gratuite pour 3 sodomies achetées. Ça vaut relativement le coup. Ça marche aussi à Paris, dans tous les coins. C'est intéressant. '''Grosse Bertha''' : Alors, moi, mes tarifs... ''[il explose de rire]''. Pardon. '''Gérard''' : Bon, je sens que tout à l'heure, je vais m'énerver. Je vais en saquer déjà vite. '''Grosse Bertha''' : Je pense que les tarifs varient entre 5 et 10 000 francs sur l'avenue Foch, de Paris. '''Gérard''' : Alors, Grosse Bertha, au revoir ! Ça t'apprendra de préciser. J'avais bien précisé de ne plus donner de nom. Grosse Bertha, terminé. '''Phildar''' : Il n'y a plus de pute avenue Foch. C'est terminé, ça, Gérard. '''Sanizette''' : Oui, en fait, je te disais, je pratique à l'occasion pour arrondir mes fins de mois. Et en général, les tarifs, ça dépend des putes. Ça dépend de ce qu'elles font aussi. Et moi, en général, je demande pas mal. Alors, je t'explique pourquoi je demande pas mal. Honnêtement, en toute franchise, moi, j'aime la b... Donc, forcément, je me donne à fond. Et donc, forcément, on revient me voir très souvent. Et donc, forcément, je demande mes tarifs. '''Reego''' : Gérard, il y a Yopi sur IRC qui te demande si tu connais la différence entre une pute et une pizza. La pizza, tu peux l'avoir sans champignon. '''Twingo''' : Oui, oui, oui. Moi, je suis... Bon, je suis prostituée de profession. Mais je fais pas n'importe quoi non plus. Donc, la pipe à 100 balles, c'est même pas la peine d'y penser. Moi, mes tarifs commencent à 10 000. Et en fait, je fais 5-6 passes dans le mois. '''Petit suisse''' : Ouais, moi, j'ai des tickets Sodo. Donc, j'ai des promotions sur les Sodo. '''Twingo''' : Je rappelle que je ne prends pas les tickets... '''Gérard''' : Non, mais attends, Twingo. Petit Suisse, je crois qu'il a pas tellement compris la question, lui. '''Petit suisse''' : Si, si, j'ai des tickets Sodo pour avoir des réductions sur les tarifs. '''Gérard''' : Non, mais que pensez-vous des tarifs selon ce que vous voulez faire, abruti ? '''Petit suisse''' : Ah, ben, je pense que c'est clair. '''Gérard''' : Non, mais je crois... Je crois que pour l'instant, vous avez... Je pense que vous déconnez à cette heure-ci. Non, presque pas. '''Manu''' : C'est pas le genre de la maison. '''Gérard''' : Non, pas du tout. C'est pas le genre de la maison. Non, presque pas. Oui, oui, c'est ça. '''Phildar''' : Gérard, tais-toi, écoute-moi. On accueille à la place de... On accueille à la place de M. Claude qui est parti se coucher, queue de velours. '''Gérard''' : Et à la place de... '''Phildar''' : La grosse bertha ? je cherche encore. Attends, c'est pas évident à trouver. '''Gérard''' : Alors, donc, queue de velours pour toi ? '''queue''', ''[en pleine jouissance]'' : Excuse-moi, je me faisais une queue. '''Gérard''' : Je pense que tout à l'heure, tu vas retourner d'où que tu viens. '''Queue''' : Fais gaffe, que je te sperme pas dessus, quand même. '''Gérard''' : Ouais, ben, moi, je te dis fais gaffe parce que tout à l'heure, tu vas retourner d'où que tu viens. '''Sanizette''' : Il paraît que Sandy elle fait pareil. '''Gérard''' : Alors, Sanisette, c'est terminé pour toi. Au revoir. Hop. Voilà. Bonne nuit pour elle. Terminé, ça y apprendra de parler de Sandy. '''Phildar''' : Ok, je la remets. '''Gérard''', ''[menaçant]'' : Je te dis de la gerber. Et tu fais ton boulot correctement avant que je t'éclate ! Ok ? Queue de velours pour toi ? '''Queue''' : Les tarifs sont variés en fonction de Paris ou... la province. Moi, j'ai le souvenir d'une époque, je t'écoute depuis très longtemps, où apparemment, pour 1200 francs, on pouvait avoir une sodomie plus un breakfast. ''[rires des auditeurs]''. '''Gérard''', ''[ironie rageuse]'' : Oui. Tu vois, ça fait rire les autres abrutis derrière, mais tu veux dire ça pour qui ? '''Queue''' : Pour toi, je me souviens qu'à une époque, il y avait des tarifs, c'était 50 francs la pipe et 1200 francs pour un breakfast. C'est un peu cher, quand même. '''Gérard''' : Non, mais à mon avis, t'es vachement au courant de cette publicité, donc je me demande si... '''Queue''' : Parce que t'en avais parlé à l'antenne il y a deux ans, espèce de con. '''Gérard''' : Espèce de con ? je t'emmerde, alors tu dégages queue de velours. Merci. Voilà. '''Phildar''' : Bon, Gérard, on a des nouveaux, on a Kékéthos... '''Gérard''', ''[repoussant la feuille vers Phildar]'' : Non, non, mais tu me reefais une fiche... '''Phildar''' : À chaque fois tu me fais le coup, tu sais pas écrire ou quoi ? '''Gérard''' : Non, non, mais tu te démerdes, tu me... ''[les auditeurs et Manu rient en saluant l'auditeur. Manu lance un son disant : il est où Michel]''. Je sens que Phildar, tout à l'heure, avant la troisième question, je vais te mettre une gaufre. Tu vas t'en souvenir, toi. Bon, une question IRC, non ? '''Reego''' : Oui, si tu veux. Alors, est-ce que la carte Imaginaire peut servir pour les putes ? '''Gérard''' : Non. '''Grosse Bertha''' : Moi, j'ai une question pour le mec de l'Internet : Gringo, tu peux me trouver un site sur Jacques Vabre ? '''Gérard''' : Alors, toi, je vais te dire une chose, que si t'as un truc à demander à Reego pour le site Internet, comme ça, tu fais le 01 40 521 521. Voilà. Comme ça, tu seras tout de suite renseigné. Merci, Gérard. Et vous pouvez toujours, bien sûr, laisser des messages sur le répondeur. J'avais oublié de le préciser. Donc... Alors, croyez-vous qu'il faut laisser ouvert les maisons closes ? On va demander ça à Barracuda. '''Phildar''' : Non, elles sont fermées. '''Gérard''' : Phildar, tu cherches des gens et tu fermes ta gueule pour la deuxième fois. '''Reego''' : Gérard, sur IRC, on me dit que si une maison est close, elle ne peut pas être ouverte. '''Gérard''' : Ouais, mais il y en a qui sont ouvertes ou fermées. Mais je pense que les trois quarts, maintenant, sont fermées. On va demander à Barracuda. ''[ingle de Barracuda. Gérard prend un jouet en plastique et le jette vers Manu qui esquive]''. '''Reego''' : Il a pris le Goldorak en platique et il a fait un Fulgur au poing sur Manu. '''Phildar''' : Gérard, on fait de la radio, metc ! Et donc à la place de Sanizette, on accueille Bermuda. Et à la place de Queue de Velours, on accueille Anus en Sky. '''Gérard''' : Alors, salut à tous ceux qui viennent de venir. Alors, Barracuda, pour toi ? ''[jingle]''. '''Reego''' : Pour revenir au débat, il y a Turpentine qui te demande, Gérard, vu que tu parles de maisons closes, est-ce qu'il y a des immeubles clos ? '''Gérard''' : Non, pas à ma connaissance. '''Barracuda''' : Ouais, c'est Barracuda. Ouais. Je voudrais encore mon jingle, un coup, là. '''Gérard''' : Non, tu réponds à la question, s'il te plaît. '''Barracuda''' : Bon, d'accord. Ce que je te propose, c'est un compromis, en fait, les maisons closes, tu les laisses entr-ouvertes. ''[un auditeur lance des allô ponctuant toute cette phrase et la suite]''. '''Gérard''' : Et quand vous aurez fini vos conneries, vous nous le direz. ''[le sketch des gens n'entendant pas Gérard se déclenche. Il dure une trentaine de secondes]''. Barracuda ! C'est la troisième fois... Barracuda, c'est la troisième fois que je te fais appeler. '''Barracuda''' : Donc, c'est Barracuda de l'agence Tourisque. Ce que je voulais dire, c'est que je te propose un compromis. Donc, les maisons closes, au lieu de les ouvrir, tu les laisses juste entre-ouvertes. Ça suffira, quoi, je pense. Ils vont se faufiler. '''Kékéthos''' : Moi, les maisons closes, je trouve ça abominable. Et je trouve qu'on devrait toutes les fermer. '''Bermuda''' : Moi, je trouve qu'il faudrait les laisser ouvertes, c'est vachement excitant comme truc. Qu'est-ce que t'en penses, toi, Gérard ? '''Gérard''' : Moi, personnellement, j'en ai rien à foutre. Qu'elles soient fermées ou ouvertes, j'en ai rien à foutre, c'est pas mon problème. '''Reego''' : À ce propos, ya Yopi, sur IRC, qui demande s'il faut une clef pour rentrer dans les maisons closes. '''Gérard''' : Non, c'est les personnes qui les ont avec eux. '''Phildar''' : Il faut une passe. '''Reego''' : On m'a dit que c'était plusieurs euros. '''Bermuda''' : J'aurais voulu savoir : si je travaillais dans une maison clos, tu serais susceptible de passer ? '''Gérard''' : Non. '''Bermuda''' : Pourquoi ? '''Gérard''' : Parce que j'ai déjà ce qu'il me faut, j'ai trouvé ma... '''Baracuda''' : T'as déjà ta pute. '''Gérard''', ''[épidermique]'' : Alors, qui c'est qui vient de... '''Baracuda''', ''[voix légèrement déformée]'' : Non, c'était moi, c'était moi. C'est Zobie le lépreux, c'est moi. Je fonds dans la bouche. '''Phildar''' : Je vais essayer de le trouver, Gérard. Continue. '''Gérard''' : Je sens que vous commencez déjà à foutre la merde. Troisième question, je sens qu'on va changer les auditeurs. '''Twingo''', ''[ponctuée à chaque phrase par des hmm affirmatifs de Petit suisse, allant jusqu'à intervenir par un Carrément, comme absorbé par la conversation]'' : Oui. Moi, j'ai commencé ma carrière dans ce genre d'établissement. Il y avait... c'était mignons, il y avait des nains de jardin dans la cour et tout. Mais voilà, elle a fermé et je me suis retrouvée à la rue, donc il a fallu que je me débrouille par mes propres moyens. Donc au début, c'était un peu dur parce que j'habitais dans une petite chambre de bonne. On avait juste un petit lavabo de merde. Et puis bon, là, je me suis fait mal. Et puis je me suis dit, attends, ma fille, tu prennes ta vie en main. Faut que t'assures, quoi. '''Gérard''' : Attends, Twingo, Twingo. Twingo, cinq minutes. Celui qui s'amuse à jacter, alors que la personne parle, va virer, mais vite. Je vais pas chercher. '''Reego''' : Gérard, pour revenir dans le thème du débat, il y a Davy One, encore lui. Il y a Davy One sur l'IRC qui te demande s'il faut payer un supplément à la prostituée si on veut qu'elle nous mette un coton-tige. ''[Gérard appuie sur le bouton du micro de Phildar pour l'éteindre et Manu déclenche une musique de fête]''. '''Manu''' : Qu'est-ce que t'as touché, Gérard ? Qu'est-ce que t'as fait, là ? Oh là là, il a tout cassé. '''Reego''' : T'as même pas entendu ma question. '''Gérard''' : Non, parce que j'étais en train de regarder ce qu'il était en train de faire, Manu, à la réa, en train de faire des conneries. '''Reego''' : Je répète. Il y a Davy One qui te demande le prix d'un supplément pour une prostituée quand tu veux qu'elle te mette un coton-tige. '''Gérard''' : Non, j'y répondrai pas du tout. Comme ça, ça va aller clair et c'est vite répondu à sa question à celui-là. On va demander à Anus en Sky ? '''Anus''' : Concernant les maisons closes, nous, on a eu des problèmes. Moi, j'ai travaillé pour une maison close qui a bien marché dans les années 70. Et le problème qu'on a eu, c'est qu'on a eu effectivement une prostituée qui s'est échappée. '''Gérard''', ''[sur le qui-vive]'' : Oui, alors ? '''Anus''', ''[ne pouvant s'empêcher de rire]'' : Non, mais on la recherche aujourd'hui et on croit qu'elle traîne du côté de Suresnes. '''Gérard''' : Alors, Anus en Sky, terminé pour toi. Au revoir. Terminé pour toi. C'est fini. '''Anus''' : Elle s'appelait Christine. '''Gérard''' : Tu dégages. Allez, hop, tu me le vires. Terminé pour lui. '''Reego''' : Il a pas dit qu'elle était grosse. '''Gérard''' : Petit suisse pour finir. '''Petit suisse''' : Moi, je trouve ça inadmissib, carrément, les maisons closes. Surtout que moi, la pute que je fréquente, elle s'appelle Pupute. Moi, j'aimais bien quand elle faisait les journées cuisses ouvertes. '''Anus''' : Et Gérard, ta copine, comment elle est ? '''Gérard''' : Elle t'emmerde, ma copine, tu vois ? C'est clair, net et précis, ce coup-là. Tu vois ? Elle t'emmerde et elle te chie dans la gueule. ''[tout le studio est outré]''.Alors, maintenant, celui qui s'amuse à déconner avec ça va dégager tout de suite. Ça commence à bien faire. Alors, Phildar, tu vas faire ton boulot correctement et tu vas fermer ton micro. '''PHildar''' : C'est pas humain de chier dans la gueule. '''Reego''' : Gérard, on a perdu environ 500 personnes quand t'as parlé de ce que t'as dit. '''Manu''' : C'est une honte. '''Anus''' : C'est vraiment de la merde, ton débat. ''[Gérard se lève, va vers Phildar pour le secouer et éteindre son micro sans ménagement]''. '''Manu''' : Mais Gérard, viens t'asseoir, il n'a rien fait, PHildar. Lui tape pas dessus. '''Gérard''' : Tu vas le fermer, le micro, je te préviens, toi. Donc, quatrième question. Celui que ça plaît pas, il peut raccrocher, on prend d'autres personnes. Il y a du monde derrière qui attend. ''[Anus lance un allô intempestif entre chaque phrase, empêchant Gérard de parler]''. Oh, il va se taire, lui, là. Alors, faut-il se prostituer pour avoir du boulot et on va s'écouter Dido voix, avec une scie scie pour se raser les boules. ''[Musique. La musique baisse légèrement après quelques secondes, alors que gérard sort du studio, se retourne et crache à Phildar sa phrase]'' : ça va être clair, la semaine prochaine tu dégages ! Toi, tu fais u boulot de merde ! ''[la musique reprend]''. '''Gérard''' : Voilà, vous nevez d'écouter Dudu bois avec Une scie pour raser les boules? Et vous pouvez toujours nous appeler au 0800 70 5000 et 0803 08 5000, toujours l'IRC ww.funradio et on attend vos questions sur le débat sur la prostitution. Donc on va récupérer pour ça Barakouda, en espérant que vous vous êtes calmés durant ce disque. '''Barracuda''' : Ouais, je suis là, j'aimerais bien entendre mon jingle. ''[jingle. Satisfaction]''. Ah ! '''Gérard''' : Bon, Manu ! Manu ! C'est plus la... C'est plus la peine de le passer quand il te le demande, parce que sinon, il va gerber, lui. Ça commence à m'énerver. '''Kékéthos''' : Je peux pas avoir un jingle ? '''Gérard''' : Kékéthos, tu tu t'écrases. Pour l'instant, je récupère tous ceux qui étaient là. OK ? Bon, alors, Barakouda, t'es toujours là. '''Barracouda''' : Toujours présent avec mes chaînes en or. '''Gérard''' : Kékéthos ? Bermuda ? Twingo. ''[Bermuda simule une jouissance]''. Oh, tu te calmes, Bermuda. Bon, Phildar, soit tu me les calmes, ou soit tu me prends d'autres personnes, parce que ça commence à gonfler. Ça commence à me gonfler. '''Reego''' : Gérard, est-ce que tu peux répéter la question, s'il te plaît ? '''Gérard''' : Oui, on va finir. Twingo, toujours là ? Petit Suisse. '''Phildar''' : À la place d'Anus en Sky, on accueille Fleur de Lotus. '''Gérard''' : Je te préviens, n'essaye pas de les repasser sous d'autres noms, je t'ai dit. Alors, faut-il se prostituer pour avoir du boulot ? Voilà la question qu'on demandait sur l'IRC. Donc, on va demander à Barakouda. '''reego''' : Non, non, ils n'ont jamais demandé ça. '''Barracouda''' : Ok, je te dis objectivement, dans la vie, si t'as une sale gueule et que tu peux rien faire d'autre, moi, je crois que, ouais, vaut mieux. '''Gérard''' : Ok. Donc, pour toi, il faut mieux avoir une sale gueule et puis se prostituer. '''Barracouda''' : Bah, écoute, si t'as pas le choix et que t'es obligé de vivre à la sueur de tes fesses, bah, écoute, faut assumer, quoi. Je pense que d'autres sont passés par là avant, n'est-ce pas ? '''Kékéthos''' : Non, je pense pas que ce soit un vrai métier, quand même. Mais c'est bien pratique. '''Bermuda''' : Bah, écoute, moi, plus ça chauffe entre mes fesses et mieux c'est quoi. '''Kékéthos''' : Bah, écoute, tu me files ton number. '''Gérard''' : Oh là là là là là. Euh, ça commence à bien faire, là. Vous allez vous calmer avec les gens quand ils parlent, ok ? '''Barracouda''' : Mais c'est que des cochonnes, Gégé. '''Gérard''' : Ouais, bah, tu t'écrases, toi. Twingo ? Pour toi ? '''Twingo''' : Bah, moi, c'est un vrai métier. Donc, je peux pas me permettre de dire que plus ça chauffe, je chauffe. Bon, c'est vrai, j'adore le cul, mais bon. Moi, non, c'est un vrai métier. Donc, moi, je fais ça très sérieusement. Très, très sérieusement. '''Petit suisse''' : Toi, tu déclares pas tout à tes impôts. '''Twingo''' : Exactement. Je me fais payer en liquide. '''Baracouda, puis Petit suise puis Kékéthos''' : Attends, Gégé. Toi, tu fais du black. Moi, je veux bien te payer en nature. '''Barracouda''' : Gégé, ouais, c'est Barracuda. Ouais, je voulais savoir si c'est un vrai travail, il y a quoi ? Il y a des ASSEDIC<ref name="hist12"></ref> pour les putes ? Il y a une retraite pour les putes ? '''Twingo''' : Les prostituées payent une retraite, tout à fait. '''Barracouda''' : Où c'est que tu cotises ? À la banque du fonds ? '''Twingo''' : En fait, non. Tu as une assurance personnelle. '''Petit suisse''' : Est-ce qu'on touche les sodomisations sociales ? '''Twingo''' : C'est remboursé à 80 %. '''Fleur de lotus''' : Est-ce que t'as un compte épargne à la banque du sperme ? '''Twingo. ''' : Ouais. Je vais faire des dépôts et des retraits assez souvent. '''Gérard''' : Alors, petit suisse pour toi ? '''Petit suisse''' : Ouais, ben, moi, j'en profite parce qu'en tant que client, quoi, mais bon, si elles veulent faire ça, quoi, qu'elles continuent. '''Fleur de lotus''' : Ben, écoute, moi, je me prostituerais avec grand plaisir, mais je trouve ça un peu dégradant. Et ça ne m'empêche pas du tout d'aller aux putes sans problème. '''Twingo''' : Chez les putes oh ! pas aux putes. '''Gérard''' : Ouais, on va chez les putes et au cul. OK. Alors, moi, je peux vous dire une chose. Celui qui veut faire son boulot comme ça, ben, tant pis. '''Petit suisse''' : Tu le feras toi ? '''Gérard''' : Non, personnellement, non. ''(Phildar sort du studio]''. Phildar ? Phildar, si ça ne te dérange pas, tu... '''Manu''' : Non, mais il est parti chercher un truc, ce n'est pas grave. Petit sondage qui est bien, par contre, là. À la question... Non, ne rigolez pas. À la question, êtes-vous déjà allé voir une prostituée ? 25% des gens y sont allés avec leur femme. 35% y sont allés avec leurs enfants. Et 40% ont demandé, mais elle Alain Prost y tu es qui ? '''Gérard''' : N'importe quoi. Cinquième question. Pourquoi que les jeunes se mettent à la prostitution ? On va demander à Fleur de Lotus. '''Fleur de lotus''' : Écoute, la prostitution, c'est le chemin le plus facile pour gagner de l'argent. Quand tu vois que, je ne sais pas, il y a des jeunes qui veulent être cadres, c'est bac+2. Alors que pute, tu te mets sur le trottoir, tu écasses les cuisses et c'est parti. '''Petit suisse''' : C'est b... + 9. '''Barracouda''' : B... dans le c... '''Gérard''' : Petit Suisse ? ''[un auditeur raccroche]''. '''Manu''' : Bien, bien. Comment je fais, maintenant ? Il n'y a plus personne au standard. '''Reego''' : Gérard, sur IRC, il y a un Réa qui te demande s'il y a des réductions pour les prostituées après 19h, comme France Télécom. '''Gérard''' : Non. Je ne vois pas de réduction. Alors, on va demander à Twingo. '''Manu''' : Pas de marque, Gérard. Faut arrêter, là. '''Gérard''' : Elle n'a qu'à prendre un autre nom qu'une marque de voiture, c'est tout. '''Twingo''' : Oui, moi, j'ai choisi d'être prostituée parce que moi, j'avais envie de travailler dans la rue. Donc, c'était ça ou pervanche. Donc, mettre des PV, ce n'est pas trop mon truc. Donc, j'ai choisi prostituée. '''Fleur de lotus''' : T'as eu de la chance, t'aurais pu être pervanche. '''Twingo''' : Oui, j'ai eu de la chance. Et tu sais, il y en a, elles sont trop moches pour faire putes. Elles sont pervanches. '''Bermuda''' : Moi, j'ai commencé à faire ça à l'âge de 18 ans. J'en ai 21. Et je m'aperçois, en fait, avec les années qui passent, que plus j'en ai eu et plus j'en redemande. '''Kékéthos''' : Espèce de cochonne. '''Gérard''' : Oh, ça suffit derrière, s'il vous plaît. Parce que là, ça commence à bien faire. Maintenant, vous allez vous calmer. Vous allez éviter de dire des cochonneries comme ça. OK ? '''Fleur e lotus''' : Tu fais un débat sur les putes, tu veux qu'on parle de poésie ? '''Gérard'' : Si ça ne te plaît pas, toi, tu peux raccrocher ton téléphone. Ça nous fera des vacances. '''Phildar''' : À la place de Petit Suisse, on accueille Pupute. '''Pupute''', ''[garçon à la voix efféminée et maniérée]'' : Bonsoir, Gérard. Salut, ça va ? '''Gérard''' : Qu'est-ce que ça peut te foutre ? T'es médecin ? ''Pupute ''' : Oh là là, quelle vulgarité ! '''Gérard''' : Alors, on va demander... Tiens, on va demander... On va demander à toi, pourquoi que les jeunes se mettent à la prostitution ? '''Pupute''' : Bah, qu'est-ce que j'en sais moi ? En tout cas, moi, j'ai fait la pute. Parce que j'avais pas d'autres moyens de gagner de l'argent. Et j'adore les gros sexes. '''Kékéthos''' : Non, je pense que les jeunes qui se mettent à la prostitution, c'est pas vrai. Il y a beaucoup plus de vieilles mamies toutes pas belles qui prennent un fric fou. Et je comprends pas pourquoi d'ailleurs... '''Phildar''' : Non, c'est faux. C'est faux. '''Gérard''' : Bon, Phildar, tu t'écrases pour l'instant. Je donnerai mes réactions, moi-même. '''Kékéthos''' : Moi je connais Ginette, qui est avenue BIP. Et elle, voilà. '''Gérard''' : Et Barakoula, pour finir ? ''[jingle]''. Bon, Manu, ça suffit ! '''Manu''' : J'aime bien cette zik. '''Gérard''' : Ouais mais moi, j'en ai ras le bol. Eh non, mais vous avez décidé de gâcher les débats ou quoi, ce soir ? '''Reego''' : Gérard, j'ai un sondage qu'on m'a rapporté sur Internet par Kevin Klein. Alors, quels moyens de paiement utilisez-vous ? ''[Max rentre dans le studio, mécontent de la gestion par Gérard et voulant abréger]''. '''Max''' : Non, mais tu gueules, tu dis, mais tu gueules ! '''Gérard''' : Lui, il fout sa merde à cause de barracuda, l'autre, il fait la moitié du boulot. Pour l'instant, il y a que Reego. ''[les audituers ponctuent en disant c'est abominab]''. Oh, vous fermez vos gueules, maintenant. '''Reego''' : Donc, j'ai un sondage, vite fait. Quels sont les moyens de paiement que vous utilisez lorsque vous allez voir une prostituée ? 55% utilisent la carte bleue, 12% la carte jeune et 15% la carte routière. '''Gérard''' : Non, bah, ça, normalement, les cartes jeunes et les cartes routières, ça passe pas. Bon... Oh, il y en a... Eh, vous allez commencer par vous calmer, maintenant. Maintenant, c'est à Baracouda de réagir. '''Baracouda''' : Ok, bah, alors, moi, je voulais dire déjà que les putes, moi, je paye en liquide. Déjà, c'est clair. Deuxièmement, je suis tout à fait d'accord, il y a beaucoup de vieilles qui se prostituent et je sais pas si tu t'es déjà fait... '''Manu''' : Attends, attends, excuse-moi. Une seconde Baracouda ! ''[jingle]''. '''Gérard''' : Manu ! C'est la dernière fois que tu me mets ça ! Bon, Baracouda, tu dégages ! Manu, Manu... Baracouda, terminé pour lui, ça lui apprendra. Et Manu, t'arrêtes, s'il te plaît. '''Fleur de lotus''' : Ouais, va nous chercher un cigare. '''Gérard''' : Je sens que tout à l'heure, je vais rester avec Twingo et Bermuda. Les autres, vous allez dégager. ''' ''' : Et tu l'as Mac Gyver ? '''Pupute''' : Eh, c'est Pupute, tu vas pas me laisser tomber ? '''Phildar''' : J'aimerais bien qu'on suive un peu le débat et qu'on arrête de délirer. '''Gérard''' : Ouais, bah, toi, le premier, tu fais ton boulot correctement. '''Phildar''' : Attends, je te défends, merde. '''Gérard''' : Ouais, non, mais tu vas me chercher une autre personne que Baracouda, vite fait. '''Phildar''' : J'y arrive pas. '''Gérard''' : Tu te démerdes, y a des lignes qui sonnent. Alors, donc, y a... Qui c'est qui a pas répondu ? Tout le monde a répondu ? '''Pupute''' : Non, j'ai pas répondu, moi, Gérard. '''Gérard''' : Non, t'as déjà répondu, je t'ai passé en premier. Alors, donc, je peux vous dire une chose, qye ya beaucoup de jeunes qui se mettent à la prostitution, maintenant, on sait pas pourquoi, ça... il faudrait voir, parce que c'est quand même inadmissible d'avoir des jeunes qui s'y mettent aussi mal. '''Manu''' : T'as pas fait de recherches, Gérard, sur ce sujet ? Tu sais pas pourquoi, toi ? T'as bien une petite idée, ça vient d'où ? '''Gérard''' : Bah, si ils ont envie de se prostituer, c'est leur problème, c'est pas le mien, hein, personnellement. Moi, là-dessus, j'irais pas me foutre à la prostitution comme ça, hein. '''Phildar''' : C'est-à-dire ? Habillé comme ça ? '''Gérard''' : Toi tu cherches des gens et vite fait, toi. Alors, les stars d'aujourd'hui se prostituent-lles ? On va demander à Kékéthos. '''Kékéthos''' : Mais n'importe quoi, les stars, elles se prostituent pas. Elles ont un max de pognon, et voilà. Donc, elles ont pas besoin d'argent. À la rigueur, elles peuvent le faire gratuitement. '''Gérard''' : Bon, mais ça, ça m'étonnerait. '''Kékéthos''' : Moi, je sais que la dernière fois, je me suis tapé Pamela Anderson. Bon, le seul truc qui m'a repoussé, c'est ses pieds. Mais sinon, elle m'a pas demandé d'argent. '''Manu''' : J'ai pas Alerte à Malibu, comme zik. ''' Gérard'' : Non, non, mais... Manu, t'arrêtes un peu tes conneries, s'il te plaît. OK ? '''Kékéthos''' : La prochaine fois, je m'appelle Beach. '''Gérard''' : Ouais, bah, la prochaine fois, tu vas t'appeler... Ferme ta gueule, maintenant. Bermuda ? '''Bermuda''' : Ouais, bah, moi, j'ai déjà eu des clients, effectivement, des stars. Des politiciens, également, c'est Jean-Marie Le Pen. '''Fleur de lotus''' : Pas de marque. '''Gérard''' : Tu vas te calmer avec des conneries comme ça, d'accord parce que sinon, tu vas dégager. '''Bermuda''' : Je dis plus de noms, alors, mais enfin, je voulais quand même que tu saches que le monde des stars, c'est quand même un monde très, très vicieux et que, en fait, vous seriez bien surpris des genres de personnalités qui viennent vous voir et surtout ce qu'ils vous demandent, quoi. Moi, je me suis déjà pris, entre autres, donc, des cotons-tiges, mais j'ai pas eu que ça, quoi. Je veux dire, c'est quand même affolant. C'est les gens de la radio ou pas ? '''Fleur de lotus''' : C'est des gens de la radio ? '''Petit suisse''' : Pas de marque. '''Fleur de lotus''' : Tu dis, par exemple, le prénom et le nom, genre Sam, Z, tout comme ça.<ref name="explic4"></ref> ''Gérard''' : Alors, Kekethos, terminé pour toi, au revoir. '''Phildar''' : C'est pas Kekethos, je l'avais viré, je vais gérer. Sinon, à la place de Barracuda, on n'a que Giclette. Bonsoir. '''Gérard''' : Non, là, je vais te dire une chose, que si c'est les mêmes... Gare à toi. '''Phildar''' : Mais non ! J'ai pris 25 lignes, là, au moins. '''Gérard''' : Ouais, ouais, ouais. 25 lignes ? Alors, on va demander à Fleur de Lotus. Non, Twingo, t'as pas répondu. '''Twingo''' : Non, j'ai pas répondu. Je suis d'accord avec ce que disait Bermuda. Je suis d'accord avec ce qu'elle disait. Les stars sont des putes dans le sens où, bah oui, ils se gênent pas pour venir nous voir, quoi. Mais c'est des gens qui payent et qui payent bien. Je peux te donner quelques exemples, sans trop te donner de noms, mais j'ai dû fouetter un comique, enfin, un petit comique sans cheveux, tu vois, qui a une drôle de tête. Je l'ai fouetté pendant trois heures, quoi. '''Fleur de lotus''' : Il me semble que certaines stars de la télé se prostituent. Certaines stars, enfin, de la télé, des animatrices, qui couchent avec des producteurs. Et ça, je dirais pas de nom, mais je le sais. Et personne ne me le fera avouer. '''Pupute''' : Oui, donc, moi, je pense qu'il y a des stars qui doivent se prostituer, mais c'est possib, pour se faire encore plus d'argent. '''Gérard''' : C'est tout ce que tu peux préciser, toi ? '''Pupute''' : Bah, attends, je suis en train de pomper, j'ai pas que ça à faire, non. '''Gérard''' : Bon, alors, dans ce cas-là, t'as pas que ça à faire, bah, continue à pomper, au revoir. Allez. Et Giclette ? '''Giclette''' : Ouais, déjà, bonsoir, Gérard. C'est Giclette, je t'en mets une. Et je voulais te dire que, déjà, les stars, ils vont pas voir des putes, ils vont voir des gold girls, comme on dit. Et je pense que des gogole girls, t'en connais. '''Gérard''' : Tu peux préciser ? '''Giclette''' : On va pas donner de nom, Gérard. Tu veux que je donne des noms ? '''Phildar''' : Non mais on va pas parler des stars de cinéma. '''Giclette''' : C'est leur vie privée, on va pas être des paparazzi, quoi. '''Gérard''' : Moi, je peux vous dire une chose, que, à ma connaissance, personnellement, j'ai jamais vu de stars qui se mettaient à la prostitution. Non, j'ai jamais vu ça, encore. Ça m'étonnerait qu'il y en ayent qui le fassent. '''Phildar''' : Non, mais Gérard, ya une... elle fait plus de films bien, elle a plus de reconnaissance, elle est plus célèbre. Elle peut tomber dans la prostitution. '''Gérard''' : Ça, on sait pas. Reego, oui ? '''Reego''' : Oui, donc, sur IRC, on me demande, à propos des stars, est-ce que les stars du X, on peut les considérer comme des prostituées ? '''Gérard''' : Ben, t'en as certaines qui font tout en faisant des films X. Donc, je pense que s'ils choisissent de faire ce boulot-là, c'est que c'est vraiment eux qu'ont choisi. '''Reego''' : De quoi ? La prostitution ou les films X ? '''Gérard''' : Les deux, hein. S'ils se mettent dans le X, ils font de la prostitution quand même. '''Reego''' : Donc, c'est la même chose. '''Gérard''' : Voilà. Donc, justement, ben... la sixième, ben, ça y est, on vient de la faire. Septième... '''Fleur de lotus''' : Avant, avant, je voudrais m'adresser aux gens du standard. Est-ce que c'est possib d'avoir une invitée mystère qui aurait fait pute ? ''[approbation enthousiaste des autres]''. '''Gérard''' : Alors, je préviens, qui s'amuse à demander ça ? Alors, fleur de lotus, tu dégages. Hop. Voilà. Comme ça, ça va plus vite. Alors, septième question. Y a-t-il plus de femmes que d'hommes qui se prostituent ? On va demander à BerMula. '''Bermuda''' : Honnêtement, j'en sais rien parce que dans le quartier où je bosse, il n'y a que des nanas. Mais je suis persuadée qu'il y a autant de mecs que de nanas qui se prostituent. '''Gérard''' : Non, mais je te demande s'il y en a plus ou moins. '''Bermuda''' : Je viens de te répondre. Faut te déboucher les oreilles. Je dis qu'il y en avait autant. '''Twingo''' : Il y en a un peu moins comme il y a un peu moins de mecs, enfin, de moins dans mon secteur. Mais il arrive qu'on fasse des trucs ensemble pour un client. '''Gérard''' : Alors, qui c'est qui nous reste ? Kekethos ? '''Kékéthos''' : Ouais, je pense qu'il y a beaucoup plus de filles qui se prostituent. '''Gérard''' : Ouais, mais est-ce qu'il y a plus de femmes que d'hommes ? '''Kékéthos''' : Il y a plus de femmes que d'hommes qui se prostituent. ''[Bermuda éclate de rire]''. '''Gérard''' : Oh, celle qui se marre comme un bouc, elle va se calmer. '''Bermuda''' : Enlève tes coton-tiges des oreilles. '''Gérard''' : Oh, Bermuda, tu vas te calmer parce que tout à l'heure, tu vas dégager. '''Maquereau à la moutarde''' : Gérard, je peux répondre ? C'est Maquereau à la moutarde. J'ai remplacé Pupute temporairement. '''Gérard''' : Non, non, Pupute... '''Phildar''' : Non, Pupute, on l'avait viré. J'ai oublié de te le dire. Excuse-moi, c'est Maquereau à la moutarde. '''Gérard''' : Non, mais attends, Phildar, t'es prié de faire ton boulot correctement. C'est la dernière semaine que tu fais les débats. '''Phildar''' : J'étais dans les 24 lignes, là. Je ne peux pas tout faire. '''Reego''' : Pour revenir au débat, comme allait dire Manu, il y a Rocco sur IRC qui te demande si le téléphone rose est considéré comme une forme de prostitution. '''Gérard''' : Justement, on va en parler tout à l'heure. '''Manu''' : Par contre moi, Gérard, j'ai un petit sondage. Donc, à la la question, combien donneriez-vous à une pute ? Donc, 32% donneraient 2 euros, 28% donneraient leurs animaux domestiques et 40% donneraient leur approbation. Et 1% ont déjà donné leurs dents et n'ont pas voulu donner leur moustache. '''Gérard''' : Alors, je vais te dire une chose. Tu vois, tes trucs de merde, là, pour le sondage. C'est à peu près le même sondage que le premier. Alors, c'est même plus la peine de... '''Manu''' : J'ai pas remarqué, moi. '''Gérard''' : Non, t'as pas remarqué. Non, mais pour l'instant, t'es à moitié bouché. Ouais, ça se voit que dimanche, tu vas te fiancer parce que dis-donc, t'es en train de foutre ta merde aujourd'hui. La semaine dernière, tu faisais du bon boulot. Cette semaine, tu merdes. T'es comme Phildar. ''[menés par Giclette, les audituers chantent la musique de mariage]''. Bon, eh maintenant, vous allez fermer vos gueules. Bon, je sens que là, on va virer tout le monde. '''Maquereau''' : Ouais, moi, je pense qu'il y a autant de putes au féminin qu'au masculin mais des masculins il en faut. '''Giclette''' : Donc il ya quand même vachement plus de femmes que d'hommes qui prostituent. t'as qu'à voir les deux grosses salopes qu'on a là au téléphone, ça explique pas mal de choses quand même. '''Twingo''' : je ne permets pas là, je suis désolée, je ne peux pas laisser passer ça, Gérard. '''Giclette''' : Vous êtes comme des grosses chiennes, les filles. Et il faut en être fières ! '''Gérard''' : Ç y est, vos avez fini ? '''Twingo et Bermuda''' : Non, on n'a pas fini/terminé. '''Twingo''', ''[fière]'' : Je suis prostituée de profession, mais je ne suis pas une chienne ! '''Bermuda''' : Moi, je suis une chienne. Moi je... '''gérard''' : Ça y est vous savez ce que vous allez faire ? Vous allez régler votre merde hors antenne et on va s'écouter Roger le pipeau, avec du souffle parce que c'est dur de péter. Et on se retrouve après en espérant que vous êtes calmées. ''[Musique]''. '''Gérard''' : Et voilà, donc vous êtes toujours sur Fun radio, il est 2h26, et donc c'est toujours les débats du jeudi avec Gérard aux commandes. donc vous venez d'écouter Roger un Pepito avec du souffle parce que c'est dur de péter. Et vous pouvez toujours nous appeler au 0 803 08 5000 et 800 70 500, et toujours l'IRC, www.radio, et on récupère Kékéthos, en espérant que ça s'est calmé. Et ce coup-là. '''Kékéthos''' : Pas de problème, moi je suis très calme et je te kiffe. '''Gérard''' : Ok, ben moi je t'em... je te dis merde. '''Kékéthos''' : Mais ça veut dire que je t'aime bien ! '''Gérard''' : Ok ben moi aussi mais... Ok. Bermyda ? '''Phildar''' : Bermuda est partie. On accueille Laura Ingalls. ''[musique du film éponyme]''. '''Gérard''' : Manu s'il te plaît ! Non mais tu m'arrêtes cette merde là parce que ça m'énerve ! '''Kékéthos''' : Est-ce que t'as la musique de Mc Gyver ? '''Manu''' : Non. '''Gérard''' : Je vous préviens, vous allez vous calmer maintenant ! '''Phildar''' : Donc, on a toujours Twingo. Maquereau, il est parti. On a Susson. Il est encore puceau. Donc, il voudrait en parler et savoir... À suivre pour le débat. Et à la place de Fleur de Lotus qui est parti aussi, on n'a plus Pulsor. '''Reego''' : Pour reprendre le thème du débat, il y a Access sur IRC qui te demande : « Comment on désigne une pute au masculin ? » On dit un pute ? '''Gérard''' : Non, on dit une pute, simplement. Il n'y a pas de... '''Reego''' : Mais quand tu t'en prends à Phildar, quand tu lui dis que c'est une pute... '''Susson''' : Un rapeur, on dit. '''Reego''', ''[souriant même s'il est visé, en tant que rapeur]'' : Toi, toi je vais t'attraper un de ces quatre... '''Gérard''' : Celui qui s'amuse à dire ça va se calmer tout de suite, sinon il va... Il va retourner au standard et on va prendre quelqu'un d'autre, ok ? Alors, je préviens que celui qui redit des conneries dégage maintenant. Je vais pas m'emmerder longtemps. Alors, que pensez-vous de l'amour par téléphone ? Donc, on revient à la question qui avait été posée sur IRC. Donc voilà, alors, Pulsor ? '''Pulsor''' : L'amour au téléphone ? Je suis pas très... Je suis pas très friande, en fait. '''Gérard''' : Non mais que pensez-vous de l'amour par téléphone ? '''Pulsor''' : C'est ce que je dis. L'amour par téléphone, moi j'aime pas trop. J'aime bien le contact directe d'une peau sur une peau, et les... Les étreintes ravageuses. Et sinon... on m'a coupé le téléphone. '''Twingo''' : T'es chaud toi. '''Gérard''' : Non mais attends, je vois pas du tout le rapport avec... '''Pulsor''' : Je peux plus le faire par téléphone. Donc, je suis obligé de le faire en chair et en os. '''Kékéthos''' : Moi, je trouve ça naze, l'amour par téléphone. Comme disait le mec avant... Pulsor, il faut du contact. '''Twingo''' : T'es chaud toi aussi. '''Gérard''' : Non mais ça suffit toi, Laura, ou Twingo. Vous allez vous calmer là ! ''[Phildar fait un signe à Reego]''. '''Reego''', ''[hors micro mais à voix haute]'' : Qu'est-ce que tu veux ? '''Phildar''' : Une cigarette; '''Pulsor''' : J'en ai plus moi. '''Kékéthos''' : Moi, il m'en reste dix. Donc je te disais, il faut du contact sinon c'est pas bon, je pense que tu es d'accord avec moi, Gérard ? '''Gérard''' : Moi personnellement, j'irais pas m'amuser à faire ça sur le... Par téléphone, nuance. Laura ? '''Laura Ingalls''' : Ouais, bah écoute, Gérard, moi je suis encore vierge et je veux perdre ma virginité avec l'homme de ma vie. Donc pour moi, faire l'amour par téléphone, c'est quelque chose de vachement important parce que ça me permet de m'extérioriser. ''[musique du film à faible volume]''. '''Gérard''' : Tu m'éteins ça s'il te plaît ! '''Manu''' : Juste en fond, juste en fond ! '''Phildar''' : Manu, sérieusement, c'est chiant de... On peut pas bosser ! '''Kékéthos''' : Pour ta virginité, si tu veux, je peux te rendre ce service. '''Pulsor''' : Moi je voulais lui dire, pour l'amour du téléphone... '''Gérard''' : Non mais pour l'instant, vous allez vous taire. Quand Manu arrêtera ses conneries avant que je me lève... ''[il lui envoie la main vers l'épaule, Manu semble se réveiller]''. Tu m'éteins ça. Laura ? '''Laura''' : Ouais, donc je te disais, en fait, moi je suis encore vierge ... et je voudrais perdre ma virginité avec l'homme de ma vie... Je suis fière d'être encore vierge à 19 ans. Et en fait, j'aime bien faire l'amour par téléphone parce que, vu que je l'ai jamais fait... ça me permet, en fait, de voir un petit peu ce que ça fait. Et puis donc, j'aime bien, j'aime bien, je préfère parce que, je t'ai dit, je l'ai encore jamais fait et j'attends vraiment le bon moment. Donc pour moi, par téléphone, c'est... Pour l'instant, c'est ce qui me convient le mieux. '''Reego''' : Oui, donc il y a Rocco qui te demande : est-ce qu'il peut faire l'amour par téléphone même s'il a un téléphone bleu au lieu qu'il soit rose. '''Gérard''' : La couleur n'a rien à voir. '''Reego''' : Alors pourquoi rose ? '''Gérard''' : Parce que c'est un truc... Il y a des téléphones roses et c'est des trucs... C'est des magazines qui peuvent trouver... '''Reego''' : Un téléphone, c'est pas un magazine. '''Gérard''' : Dans les magazines, tu as des numéros de téléphone et tu peux faire... '''Phildar''' : Pourquoi, Gérard, on a appelé ça le téléphone rose ? '''Gérard''' : Tu demanderas à ceux qui s'amusent à en faire. '''Phildar''' : Pourquoi pas les téléphones rouges ou verts ? '''Gérard''' : Non, il n'y en a pas. Twingo ? '''Twingo''' : Moi, ça m'est arrivé de me prendre des téléphones, dans des délires sado-maso, mais c'est pas ce qu'il y a de plus agréable en fait. Avec la chaleur moite, c'est mieux que la froideur du plastique. '''Giclette''', ''[essouflé]'' : L'amour, par téléphone là, je suis en plein dedans et je vais t'en mettre plein la tronche ! '''Gérard''' : Bon alors, Giclette, tu dégages. Comme ça, t'es tranquille. Terminé pour... Non, non, non, c'est terminé pour toi, c'est terminé. Susson ? '''Susson''' : Moi comme je suis puceau et que j'ai pas eu le cran d'aller aux putes, je suis assez friand de ça ouais. C'est assez cher en plus. Je me suis fait couper la ligne par ma mère, quoi. 223 francs la minute, ça fait un peu cher, voilà. '''Gérard''' : Je pense que ça... Aujourd'hui, vous avez décidé de foutre votre merde ! Hein ? Manu et Phildar, vous avez l'intention de foutre la merde combien de temps ? Jusqu'à la fin du débat ? '''Manu''' : Je sais pas. Ouais, encore une demi-heure. '''Gérard''' : Ça se voit que dimanche tu vas passer aux fiançailles. Parce que la semaine dernière, tu as fait un boulot correct. Cette semaine, tu me fous de la merde parce que ya ta Laura, tu t'amuses à me mettre des jingles pourris, tu as l'autre qu'on lui demande quelque chose, qui veut rien foutre. '''Phildar''' : Moi je le fais. '''Gérard''' : Ouais, bah t'as intérêt de te réveiller vite fait, parce que ça va pas aller longtemps, toi ! Alors, je peux vous dire que ça, ceux qui s'amusent à faire ça par téléphone, c'est vraiment qu'ils ont du fric à foutre en l'air. '''Reego''' : À propos de téléphone, Gérard, sur IRC on me demande si avec un portable c'est possible. '''Gérard''' : Oui mais ça coûte aussi cher qu'une communication normale et... '''Reego''' : C'est accessib ? '''Gérard''' : Tu peux y avoir accès facilement, oui. '''Phildar''' : Mais ce qui est mieux, c'est d'avoir... quand c'est comme ça, quand tu veux faire du téléphone rose avec ton portable, c'est d'avoir un forfait. '''Gérard''' : Ouais, mais de toute manière, le forfait tu le butes facilement avec ça. '''Reego et Phildar''' : Non mais, le forfait rose... '''Gérard''' : Non mais ça, je sais pas si ça existe encore. '''Laura''' : Gérard, c'est Laura Ingalls. Je peux juste rajouter quelque chose ? C'est que moi, en fait, on paye pas 2 francs 23 la minute, c'est qu'on m'appelle directement chez moi sur ma ligne privée. Donc si ça intéresse quelqu'un... '''Gérard''' : Tu verras ça après, hors antenne avec Phildar. '''Susson''' : Ya moyen d'un dépucelage 30 minutes ? '''Gérard''' : Pour l'instant, on continue le débat et vous gérerez ça après, hors antenne. Alors, que pensez-vous des sex-shops dans toute la France ? On va demander à Pulsor. '''Phildar''' : C'est quoi cette question ? C'est pas sur la prostitution, ça ? '''Gérard''' : Non, les sex-shops c'est pas sur la prostitution ? '''Manu''' : Non, les sex-shops, non, c'est pas la prostitution. '''Gérard''' : Si ça te plaît pas, tu plies bagages et tu vas voir ta copine, ok ? On va demander à Pulsor. '''Pulsor''' : Ouais, les sex-shops, je connais pas trop ce milieu, mais enfin j'ai pas trop d'avis en fait sur les sex-shops, mais j'aime bien le rap. '''Laura''' : Bah écoute, donc moi comme je te disais, je suis vierge, mais enfin ça m'est déjà arrivé d'aller dans ce genre d'endroit. Mais enfin, je me déguise un petit peu pour pas qu'on me reconnaisse, parce que je suis vraiment très pudique. Et donc en fait, je prends certains objets, c'est vrai, et je les donne à ma mère et je regarde un peu ce que mes parents font. '''Twingo''' : Oui, bah moi j'ai l'occasion, oui, souvent d'y aller, soit pour m'alimenter en films ou en gadgets divers, quoi, parce que mes clients sont demandeurs. J'enfonce souvent des godes aux clients, enfin tu vois des choses comme ça, des menottes, des choses en cuir... et des cassettes porno. '''Gérard''' : D'accord, ok. Euh, Susson ? ''[silence]''. Susson ? Tu te réveilles, s'il te plaît, parce que là, vous commencez à dormir, ça m'énerve. '''Susson''' : Moi, j'étais routier avant, donc j'allais dans les sex-shops pour acheter des posters pour mettre dans mon camion. Mais sinon, j'y allais très rarement, quoi. '''Manu''' : C'est des visselards ces routiers. '''Gérard''' : Je vais te dire une chose : que pour l'instant, t'es en train de dire des conneries, donc je pense que pour toi, ça va être terminé. '''Phildar''' : Non, ce qu'il dit, c'est vrai. '''Pulsor''' : Non, c'est des pervers. '''Gérard''' : Donc, je peux te dire une chose, que c'est faux. Là, t'es en train de massacrer le boulot routier. Donc t'as intérêt à te calmer avant que je te vire. '''Susson''' : C'est des fainéants, les routiers. '''Gérard''' : Alors, ceux qui sont pas contents, vous allez dégager, parce que je vais pas chercher midi à 14h maintenant, ok ? Alors, tout le monde a répondu. Donc, des sex-shops, si ça existe, et il y en a un peu partout en France, et c'est dommage que ça existe, t'en as plein sur Paris. '''Twingo''' : Pourquoi c'est dommage ? '''Gérard''' : Non, parce que je trouve que c'est dégueulasse, parce que les gens... Ouais, mais attends. T'as les mecs qui sont là, dès qu'ils te voient y passer, ils insistent pour que tu rentres. '''Max''', ''[à la porte du studio]'' : Ptin mais t'es tout mou ce soir. '''Gérard''', ''[confus]'' : Donc... '''Phildar''' : Il est paumé le Gérard ce soir. '''Gérard''' : Non, parce qu'il y en a qui s'amusent à dire des conneries, je sens que le débat, il va être terminé vite. '''Max''' : C'est toi, t'es tout mou depuis tout à l'heure. Depuis minuit, il se passe rien ! '''Reego''' : On est presque 1000 sur l'IRC, on en a perdu énormément, quoi. '''Max''' : C'est de ta faute, tu te bouges pas ! Je suis désolé, on peut plus faire de débat, ça sert à rien. '''Gérard''' : Eh ben dans ces cas-là, on arrête. Je pose même pas la dixième question et puis c'est tout. '''Manu''' : Vas-y, regarde, j'ai un petit sondage peut-être, ça va t'aider. Donc, à la question : « Qu'aimez-vous chez une prostituée ? », 58 % des gens aiment bien, 25 % des gens aiment beaucoup, et 100 % aiment le balcon avec les drapeaux Funradio, je comprends pas. '''Gérard''', ''[rageur, se précipitant vers Phildar, menaçant]'']'' : Toi, c'est la dernière fois que tu t'amuses à balancer des conneries comme ça, parce que sinon, je vais t'éclater ta gueule avec ! '''Phildar''' : Mais c'est pas moi ! '''Gérard''' : C'est toi qui balances des saloperies. Alors, je te le préviens, c'est la dernière fois. La semaine prochaine, tu vas dégager. Je te le dis tout de suite. La semaine prochaine, je veux pas de toi. Alors, y a-t-il autant de prostituées et d'homos dans les autres pays que la France ? On va demander à Pulsor pour terminer le débat. '''Pulsor''' : Oui, bah, la France n'a pas le... Comment dirais-je ? Le truc, comment... Je trouve pas le mot. '''Phildar''' : Technopole. '''Manu''' : Je crois qu'il en a vue une en Allemagne avec Titi, récemment. '''Pulsor''' : Technopole. La France n'a pas la technopole. Et les autres pays, pourquoi pas. '''Gérard''' : Manu, c'est la dernière fois que tu dis des conneries aussi... '''Pulsor''' : C'est le pote à Gégé. Et il va en camion, il l'amène en Allemagne alors... un peu de respect quand même. '''Laura''' : Ouais, bah, tu sais, moi, au départ, je suis originaire des Philippines. Et, en fait, on m'a demandé... Enfin, je me suis fait rapatrier en France, parce qu'au début, on voulait me mettre sur le trottoir. Donc, j'ai réussi à m'en sortir malgré tout. '''Gérard''' : De toute manière, la question, c'est : « Y a-t-il autant de prostituées et d'homos dans les autres pays que la France ? » '''Phildar''' : Je pense pas. Je pense pas. '''Laura''' : Oui justement, c'est pour ça que je te parle des Philippines... '''Gérard''' : Phildar, tu fermes ta gueule et c'est tout ! Ouais, je t'écoute, Laura. '''Laura''' : Ouais. Donc, je te disais, aux Philippines, alors là, ça cartonne, mais quelque chose de grave. Parce que t'as tout. T'as même des gosses. Donc, t'as des gosses, t'as des homos, t'as des vieilles, t'as des homos, t'as des chiens, t'as tout. '''Gérard''' : De toute manière, faut dire que dans ces pays-là, c'est... En fin de compte, c'est des personnes qui viennent les chercher et qui les forcent à se prostituer. '''Laura''' : C'est des pays sous-développés, là-bas. Donc, en fait, bon, bah, pour eux, y a que le cul. '''Phildar''' : C'est parce que c'est des pays pauvres, en fait. '''Gérard''' : Y a une question IRC Reego, non ? '''Reego''' : Non, y a juste Arnette qui demande à Phildar de le rappeler. '''Gérard''' : Non, non, c'est plus la peine. Le débat, il va être terminé. Alors, c'est pas la peine, hein. Alors, Twingo ? '''Twingo''' :– Oui ? Déjà, je vois pas le rapport avec les homos, excuse-moi, mais il n'y a aucun rapport avec les homos et les prostituées. Donc, tu pourrais reformuler ta question. '''Gérard''' : Alors, y a-t-il autant de prostituées et d'homos dans les autres pays que la France ? '''Twingo''' : Oui, bah non, je te dis, y a aucun rapport avec les homos, quoi. '''Phildar''' : Ouais, on parle pas des homos, on parle de la prostitution, là. Tu peux être homo sans être prostituée. '''Gérard''' : Donc, c'est ta réponse ? '''Twingo''' : Non, non, moi, je te dit que, bah, c'est pareil, quoi. Y en a partout, hein. '''Phildar''' : Et à ton avis, Gérard, dans quel pays y a le plus de prostituées ? '''Gérard''' : Euh, c'est dans les pays étrangers, comme... Mais ça, on en a parlé avec Laura tout à l'heure. On l'a dit, c'est dans... C'est les adultes qui vont chercher les mômes pour les mettre à la prostitution. C'est pas eux. Susson ? '''Susson''' : Ouais, moi, je sais pas, Gérard, parce que moi, j'ai jamais été voir les putes, donc je sais pas, mais je pense qu'il y a des pays où c'est interdit, et même des villes, quoi. Y a des villes où la prostitution est interdite, quoi. ''[Pendant ce temps, Gérard regarde Phildar et tente de lui parler par signes]''. '''Phildar''' : Mais t'écoutes pas Gérard, l'auditeur, il te parle. '''Gérard''' : Ouais, je t'écoute, Susson. '''Susson''' : Ouais, je disais qu'il y a des villes où la prostitution est interdite, même dans les pays, quoi. T'as qu'à voir au Groenland, il fait trop froid pour se faire balader le cul à l'air. '''Gérard''' : Non, mais attends, parce que là, je comprends, je vois pas... '''Pulsor''' : Y en a au Groenland, y en a en Thaïlande, mais à Disneyland, tu verras jamais Blanche-Neige te tailler une pipe. '''Gérard''' : Bon, Pulsor, ça suffit, tes conneries, maintenant ? ''[silence]''. Bon, Pulsor ? '''Phildar''' : Non, mais là, c'est bon. Donc là, la prochaine question, c'est quoi ? C'est la dernière ? '''Gérard''' : Ouais, y en a plus. '''Phildar''' : Ah, y en a plus ? '''Gérard''' : Non. '''Phildar''' : Ah, bah, ça a été vite, alors. Bon, bah, conclusion, alors. '''Gérard''' : Alors, conclusion du débat, donc, on va demander à Pulsor pour conclusion. '''Pulsor''' : Franchement, j'ai trouvé ça vulgaire. Moi, je croyais que t'allais parler de la prostitution, mais d'une façon imagée, tout en métaphore. '''Gérard''' : Non, mais attends, moi, je m'amuse pas à la prostitution hein. '''Pulsor''' : Et vas-y des pines par-là, des zubs par-là, des chattes dans du verre, des trucs comme ça. Moi, franchement, ça me dégoûte. Moi, ça me donne même pas envie de faire l'amour. '''Gérard''' : Ah, bah, ça tombe mieux pour toi, hein, si t'as pas envie. '''Pulsor''' : J'ai envie d'avoir une descendance, si tu veux. Donc, la prochaine fois que tu fais un débat comme ça, t'essayes d'exhorter tes troupes, déjà, d'une. T'essayes d'avoir de la pêche, parce que t'es quand même à la radio. Et, ouais, voilà. C'est tout ce que j'avais à te dire, et puis je te souhaite une bonne soirée, pécor. '''Gérard''' : Ok, bah, toi-même, pécor. Laura ? '''Laura''' : Ouais, bah, en fait, moi, je suis hyper choquée de la façon dont t'as amené ce débat. Je suis, franchement, très, très déçue. Et, honnêtement, arrête la radio, quoi. Remets-toi à l'alcool. '''Gérard''' : Alors, Laura, moi, je t'emmerde. Alors, Twingo ? '''Twingo''' : Ça s'est mieux passé que le premier. Enfin, c'était plus agréable à faire que d'écouter le premier. Néanmoins, on n'a pas traité vraiment le sujet, comme d'habitude, de toute façon. Et, bah, merci, Manu, d'avoir un peu animé, sinon on se serait fait chier. '''Manu''' : De rien. '''Gérard''' : Non, mais, de toute manière, c'est pas que c'est... Les questions, c'est moi qui les ai préparées. Ce qu'il y a, c'est que... Comme quand on demande à quelqu'un de virer des gens et que monsieur n'a rien à foutre aussi, donc c'est pour ça que... '''Twingo''' : Ne t'en prends pas toujours aux autres. Je veux dire, le fond, c'est quand même toi, quoi. Eux, c'est la forme. '''Gérard''' : Ouais, non, mais attends, c'est quand même Phildar qui fout sa merde quand on lui demande quelque chose. '''Twingo''' : Oui, non, mais ça, c'est parce que t'es pas capable d'assumer, donc, bah, c'est Phildar qui prend, quoi. Faut bien qu'il y ait quelqu'un qui prenne. '''Gérard''' : Quand tu demandes à Phildar de virer une personne et qu'il la repense sous un autre nom, c'est pas mal. '''Phildar''' : Enfin, bref, la suite des conclusions, Gérard. '''Gérard''' : Susson pour finir. '''Susson''' : Ouais, bah, le débat, c'était à chier, comme d'habitude. La prostitution dans l'armée, on n'en a rien à foutre. Et puis, c'est quand tu veux pour te mettre un coup de tube. '''Gérard''' : Et bah, moi, je t'emmerde, voilà. '''Phildar''' : Non, mais t'es trop vulgaire, en plus. Là, il a fait sa conclusion. Tu dis, bon, d'accord, j'accepte ta conclusion. '''Gérard''' : Non, mais il n'a pas besoin d'aller plus loin, de dire des conneries. '''Phildar''' : Il donne son avis, c'est tout. Il donne son avis, c'est tout, voilà. '''Gérard''' : Sur l'IRC, il y avait... '''Reego''' : Bah, il y avait les seules conclusions, c'est que c'était pourri, que ça avait ni queue ni tête, comme toi, quoi. '''Gérard''' : Eh bah, c'est pas mal. Moi, la conclusion, c'est comme la semaine dernière. À chaque fois, vous me foirez aller débat. Il y en a qu'un qui bosse super bien aujourd'hui, qui a bien fait son boulot aujourd'hui. Les deux autres, je peux dire que c'était de la merde. '''Phildar''' : Et lequel a bien bossé ? C'est moi ? '''Manu''' : Non, c'est moi, t'es fou. '''Reego''' : Même toi, t'as pas fait ton boulot comme il faut. '''Gérard''' : Ouais, mais toi, t'as quand même... '''Manu''' : Non, mais Gérard, t'as écouté ce qu'il vient de te dire, Reego ? '''Phildar''' : Non, mais c'est pas les débats de Reego. '''Gérard''' : Non, mais même, il y a que Reego qui a mené à peu près à bien les questions. Sur Internet, on a pu y répondre. C'est sûr que ce soir, ça a été un peu de la merde. Ça, bah, tant pis. C'est vous qui avez voulu qu'on fasse des débats comme ça. Bah, moi, si vous voulez plus de débats, vous le dites, c'est tout. On va les arrêter, puis on fera... vous ferez de la libre antenne le jeudi, c'est tout. '''Phildar''' : Non, non, mais il faudrait que tu réfléchisses ou que tu travailles un peu mieux tes débats, quoi. '''Gérard''' : Non, mais attends, les questions que je vous ai posées, vous m'avez dit que c'était bon, donc maintenant... Les gens, quand je t'ai demandé quelque chose, tu les as repris sous d'autres noms. '''Phildar''' : Non, je les ai virées ! '''Gérard''' : Mon cul, oui. Tiens, attends, les trois quarts, c'était les mêmes. Non, à peine. Non, non, tiens, je vais réécouter les cassettes, tu verras que c'était les mêmes. Enfin, bref. Voilà, donc, vous allez retrouver Rousseau pour la nuit sans pub. On s'écoute ? '''Manu''' : J'ai les jambes écartées et j'attends ton tube. '''Gérard''' : voilà. Et vous allez retrouver Rousseau pour la nuit sans pub. == Le débat sur les catastrophes naturelles == === Contexte === === Les personnages === === Transcription === Et pas d'insultes de Gérard ! Et voilà donc bonsoir à tous, 0h41 donc vous pouvez toujours nous appeler pour les débats du jeudi donc au 0800 308 5000 et 0870 5000 toujours l'IRC www.funradio.fr Oui tout à fait 1782,6 connectés quand même C'est bien Et donc n'essayez pas d'appeler sur le Minitel, il ne fonctionne pas Donc on va remercier Tony de l'IRC pour ce que j'avais demandé à Rigaud qui a été fait Donc je remercie Tony en passant Et moi Gérard, s'il te plaît, avant de commencer j'ai une dédicace à faire, dédicace à Sandy Et toi la grosse, debout espèce de peignasse là ! Tu vois pas que les autres s'amusent là ? Allez debout ! Viens avec nous ! C'est bon Magui, c'est bon ! C'est bon on va commencer, on va accueillir Gemma Lopez, 21 ans de Valence, 98.8 ! Ouais ! Bourdon, 20 ans Paris, 101.9 ! Ouais mais restez du soir Gérard ! Bonsoir ! Bonsoir ! Bonsoir ! Suisse la moi, 23 ans, Damien, on écoute Fun Radio, 91.8 ! Quand tu veux Gérard ! Astico, tu commences pas s'il te plaît, merci ! Astico, 18 ans, Pontiby, on écoute Fun Radio sur 94.1 ! Bonsoir Gérard ! Prout, 25 ans, Toulouse, 105.9 ! Bonsoir Gérard ! Et Tekel, d'Arcachon, 22 ans, on écoute Fun Radio sur 92... Salut Gégé ! Sur 92, voilà, terminé ! Donc on attaque sur les catastrophes naturelles Alors, la première question : comment se déclenche une tempête, on va demander à Astico Tant tu peux passer à quelqu'un d'autre parce que là je suis en train de mettre mon tampon et puis... D'accord, alors si ça commence comme ça, ça va pas aller, alors on va prendre Suisse moi là ! Oui, comment ça commence une tempête ? Ouais ! Comment se déclenche une tempête ? Je sais pas, t'appuies sur un interrupteur, ou je sais pas... Euh non ! Qui c'est qui veut répondre ? C'est Bourdon, c'est Bourdon ! Ouais bah vas-y ! Alors je fais des études de météorologie, et alors il faut savoir qu'il y a des nuages, alors t'as des cumulonimbus et des cumulohannus, ok, c'est deux types de nuages bien différents, et quand t'as le cumulopinus qui rentre dans le cumulohannus, ça fait une différence de température et ça fait un orage forcément, même une tempête ! D'accord, mais tu... Oh, Bourdon ! Oui ? Tu parles bien devant ton micro, tu t'éloignes pas quand tu parles, ok ? Ouais mais ça c'est à cause des elfes ! J'ai mal aux fesses ! Ouais bah en fait les tempêtes c'est à cause des courants d'air quoi, parce que parfois ça fait du vent, et quand il y a beaucoup de vent comme ça, et bah ça fait beaucoup de vent et ça peut faire des tempêtes quoi. D'accord ! Et parfois ça... Ouais mais dans ces cas-là tu fermes la fenêtre et puis c'est bon ! Ouais mais il faut le dire aux gens qu'ils ferment la fenêtre, mais si jamais il y a beaucoup de courants d'air dans le monde et ça fait des tempêtes quoi... Bah fermez les fenêtres alors, fermez les fenêtres ! Ouais il faut fermer les fenêtres en fait quoi ! Un sticot, un sticot c'est le top ! Ça peut être dangereux quoi ! Un sticot ! Ok donc j'ai fini de le mettre, donc la question c'est comment se déclenche une tempête c'est ça ? Ouais ! Parce que je ne vais pas m'amuser à les répéter alors vous écoutez bien quand je pose les questions hein ! D'accord Gérard ! Ouais bah je l'ai bien écouté hein la preuve ! Alors vas-y ! Alors bah une tempête c'est très simple, c'est dû à une différence de température, c'est-à-dire que quand il fait chaud chez toi tu ouvres la fenêtre pour que l'air rentre, et quand il fait froid tu la refermes, et quand il fait vraiment très très chaud tu ouvres les deux et là ça fait un courant d'air, et là il y a un choc thermique et la tempête arrive. Good ! Moi je crois que c'est par rapport à l'atmosphère quoi ! Eh celui qui s'amuse à faire des conneries derrière va se calmer parce qu'il va pas rester longtemps celui-là ! Ouais ! Alors Prout pour continuer ? Bah moi je pense que c'est l'atmosphère avec le vent tout ça quoi ! Bah voilà quoi sinon moi je sais pas trop donc je réponds ce que je sais quoi ! D'accord ! T'es quelle ? Bah moi je pense qu'au contraire une tempête est déclenchée par une voluote ! Oh tu te calmes derrière s'il te plaît merci ! Si tu m'as parlé vous avez déjà parlé donc c'est bon hein ! Eh j'ai mal au peintre, j'ai mal au peintre, j'ai mal au peintre ! Bourdon là vous allez vous calmer s'il vous plaît hein ! Au contraire c'est déclenché par une violente perturbation atmosphérique et le vent peut souffler à... ce que je veux savoir c'est que le vent il peut souffler de 1802 km/h ! Ok ! Moi j'ai pu voir à peu près sur un dictionnaire donc c'est une violente perturbation atmosphérique et le vent peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... 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Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... Et le vent il peut souffler à... 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Et le vent il peut souffler à... == Le débat sur les moyens de communication == === Contexte === === Les personnages === === Transcription === Et voilà, toujours la suite du débat de Gérard, 1h54 et on vient s'écouter, au début c'était les mouettes de Boulogne avec la chaise dans les chaussettes et là c'était... Je sais pas, c'est toi qui avais le titre Gérard ? Bah moi j'ai la mouette de Boulogne avec la chaise dans les chaussettes et là j'ai pas le deuxième. Mais ça c'est la suite, c'est les colons de Neuilly avec ce que tu veux autour... Avec du caca sur les ailes qui pue. Ok, donc vous pouvez toujours nous joindre au 0800 75 000 et 0800 308 5000, toujours Rigo sur l'IRC www.funradio. On va passer des petits bonjours, aujourd'hui assez, Compi Music, Big Up, Super Ouragan, Davy One, Jarvis Cooker, Torkane, The We, Oxide, Junkhead et compagnie. Et on va saluer aussi les gens de Belgique. Et Coton-Tige ! Il y en a un qui s'appelle Coton-Tige. Et on va saluer aussi quand même les gens de Belgique. Et Yanti ! Yanti, pardon. Qui nous écoutent. Donc on va attaquer le deuxième débat, les moyens de communication. Donc on va attendre que M. Fildar se réveille. C'est arrivé Gérard ! Parce que là pour l'instant j'ai pas de nom à vous annoncer. Donc si ça y est c'est fait. Ok, alors on va accueillir Karambar, 23 ans d'Angoulême. Bonsoir Paris, bonsoir Christophe Coutant. Comment ? Non, t'énerves pas Gérard. Non mais quand on dit bonsoir, tu dis bonsoir. D'accord ? Bonsoir, oui. Alors Bénur, 27 ans Paris, on écoute... Non, 21 ans, pas 27, excuse-moi, 21 ans. Oui, bonsoir Gégé, bonsoir Adé, bonsoir la France. Bonsoir. Bonsoir. On appelle un accueil... Pustule ! Pustule ! Pustule, 27 ans d'Onis, où qu'on peut écouter Fun Radio sur 107.2. Bonsoir Gérard, bonsoir les garçons. Bonsoir Pustule. Bonsoir. Bonsoir Adé. Je parie qu'elle est dans le coup elle aussi. Ah ouais ? Tourniquet ! Tourniquet, 26 ans Damien. Oui, bonsoir. Eh oh ! Ah merde, c'est de Tourniquet Gérard. Non, non, non. J'ai un Bourriquet et un Tourniquet. C'est Bourriquet, moi. Non, mais attends, pour l'instant, je ne t'ai pas appelé. Alors, on dit bonsoir Tourniquet. Bonsoir Tourniquet. Bonsoir Gérard. Bonsoir. Bonsoir. Bourriquet, maintenant. Oui, bonsoir Gérard, bonsoir... 19 ans d'Orléans. Salut, bonsoir Fildard, bonsoir Ego. Salut Bourriquet. Bonsoir à tous. Bonsoir Bourriquet. Oh, ça y est, ça y est. Bonsoir à Gaëlle, qui nous écoute aussi chez elle. Bonsoir à Gélie, s'il vous plaît. Comment ? Qui ? Gaëlle. Non, mais attends, c'est bien de dire des conneries comme ça. Ah, ok. Proute apparente de Versailles. Poutre. Salut Gérard, c'est dommage que vous ne m'ayez pas appelé le débat précédent. J'avais des choses marrantes, là, ça va être tourette, je vous le dis direct. C'est bon, tu peux te lâcher. C'est reconnu. Non, mais ça y est, vous vous calmez, merci. On connaît les voix. Non, c'est moi qui commande, pour l'instant, ce n'est pas vous. Non, c'est bon. Ok, alors, le débat, c'est moyen de communiquer. Donc, quel moyen de communication possédez-vous ? On va demander à Carmbar. Les hormones. Hein ? Les hormones, les papillons, tout ça, voilà. Ah, ça va pour toi, c'est un moyen de communication, les hormones ? Oui, avec les pets que je lâche, des fois, ça fait fuir mes copains et tout, et ils comprennent tout de suite que j'essaie de communiquer. D'accord. C'est quand tu veux qu'ils s'en aillent de chez toi, c'est ça ? Voilà. Bien sûr. Moi, j'ai la bouche, comme tout le monde, pour communiquer. D'accord. J'ai aussi un portable. D'ailleurs, j'ai ton numéro. Ouais. Benioir, tu fais gaffe, parce que tout à l'heure, tu as... C'est pas moi, c'est pas moi, c'est pas moi. C'est qui qui vient de dire qu'il y avait mon numéro ? Volo. Hein ? Jean-Luc. Jean-Luc ! Jean-Luc ! Jean-Luc ! Pussule. Oui ? Moi, je possède des phéromones, qui sont des hormones sexuelles, voilà. Et aussi un téléphone. Pas de marque. Comme moi, cochonne. Ton Ike ? Moi, j'ai un portable. Ouais, c'est tout ? Ouais, c'est tout, mais c'est déjà pas mal, tu sais. Ouais, bon, Ike ? Moi, j'ai un portable, j'ai un tatou. J'ai une Sibi. Hein ? Et voilà, j'ai du papier, du stylo, j'ai tout, quoi. D'accord. Question. Je vais laisser un petit sondage, vite fait. Par le biais de quel appareil préférez-vous communiquer ? 96% par la bite, 15% par la langue, 45% par portable, 25% par téléphone, 28% par Game Boy et les autres consoles de jeux vidéo. Et pour toute l'apparente ? Ouais, moi, j'ai un PC. C'est Jean Voyageur qui fait caca sur les balcons. Non, attends, je vois pas. Regarde bien, regarde bien. Regarde bien sur ta terrasse. Ouais, bah, fais gaffe, toi, parce que tu pourras peut-être dégager avant la fin du débat. C'est bien possible. On dégage jamais, lui. Ouais, non, mais c'est ce qu'on verra. Parce que c'est pas lui qui commande, ça sera moi. Donc, qu'est-ce que je voulais dire d'autre ? Quel moyen de communication posséder ? Moi, j'ai simplement un portable. Qu'est-ce que t'as, toi, Gérard ? Moi, j'ai simplement un tatou. Ça me suffit. Largement. Non, t'as un portable. Un tatou. Les hémorroïdes. Le portable et le tatou, voilà. C'est tout. Et quand même, Gérard, tous les gens de l'IRC reconnaissent qu'ils utilisent Internet pour communiquer. Ouais, mais ça, justement... Internet. Voilà. Donc, pensez-vous que l'Internet a beaucoup changé de nos jours ? On va demander à 40 bars. Comme dit Tony, pourquoi moi ? Alors, 40 bars... Ouais, mais ouais, Internet, bien sûr que ça m'a changé ma vie. Bien sûr que je fais mes courses par Internet. Plein de trucs par Internet, bien sûr, c'est génial. Internet par vous, Internet. Merci, Internet. Non, mais attends, parce que tu vois, là, ce que tu dis, de faire ses courses par Internet... Moi, je vais te dire une chose, hier, ils m'ont appelé pour ça, et justement, j'avais vu le reportage là-dessus, comme quoi tu pouvais acheter des vaches et tout ça par le site, par le moyen de l'Internet. Attends, toi, qui c'est qui vient de sortir ça ? Je sais pas, on va chercher. C'est bon, on gère. Continue, continue. Bénure. Non, mais continue, ce que t'es en train de dire, Gégésie, sur ce que t'avais à la télé. Non, parce que sur... Parce qu'on parle de l'Internet, donc c'est vrai que tu peux acheter beaucoup de choses. Qu'est-ce que tu peux acheter, par exemple, sur Internet ? Ben, tu peux faire tes courses, tu peux acheter des vaches, des bagnoles, un appartement, tout, tout ce que tu peux trouver. Avant tout, carrément ? Ben, ce que t'as besoin dessus. D'accord, donc si tu veux, tu passes une annonce, tu tapotes, là, ouais, je cherche une vache, des années 80, d'occasion. Même des CD, je pense que tu peux trouver ça par le bien de l'Internet, maintenant. Ah, carrément. Et puis, l'Edric et Martin ? Bénure. C'est Bénure, et je voulais dire que, comme on dit, ouais, ça a bien changé. C'était plus que c'était, à l'époque, au bon vieux temps, on faisait des Pac-Man, maintenant, c'est Internet, c'est autre chose. Ben non, mais pour toi, est-ce que... Et je pense que toi, t'en es resté quand même un peu à l'époque du Pac-Man, en général, quand même, non ? N'importe quoi, toi. Quand même, quand même. Pistule. Ouais, moi, j'ai pas Internet, je suis pas in, par contre, j'ai une console ségale. Et là, c'est pour le Larsen. Merci pour le son. Tournique. Ouais, ben, moi, j'ai Internet, et depuis le temps que je l'ai, ben, je bouge plus de chez moi. Et tu peux préciser ? Ben oui, je fais mes courses, au lieu d'aller au supermarché, je vais sur Internet. Je veux des cigarettes, et ben, je vais sur Internet. Je veux tout ce que je veux, je le prends sur Internet, et je bouge plus de chez moi. Une bille. Tu prends ton pied sur Internet, aussi, non ? Euh, ça dépend avec qui, ouais. En général, ouais, parce que je loue les services... Tu prends ton pied sur Internet ? De Rigaud, de Rigaud. Tu prends ton... Oh là ! Tu prends ton pied ? Oh, Rigaud, il s'en fait pas mal, hein, le Rigaud, là. Alors, euh, ça y est, bon, bourriqué. Ça crache cher. Oh ! On se calme. On reste, on reste tranquille. Oh ! On ne touche pas que des boutons, hein. Tu ne caches pas derrière ton écran. Bourriqué. Oui, bonsoir à tous. Oui, donc, c'est vrai, ça a bien changé, l'Internet. Moi, je me souviens encore du temps où ça s'appelait Intermarché. J'ai compliqué de faire mes courses, et puis, j'ai dragué la caissière. Bourriqué. Bourriqué. Attendez, hé, bourriqué. Ouais. Ouais. Ouais. T'as bien compris le sens de la question ? Ah, bah, ouais, aussi bien que toi. Non, mais je ne crois pas, hein. Ok. T'avais qu'à écouter ce que j'ai dit, déjà, tout à l'heure. D'accord. Prout apparente. Oh ! Putre ! Bon, alors, qui c'est qui a un portable et qui s'amuse avec de la flotte, là, depuis tout à l'heure ? Ouais, parce que ça me donne envie de pisser. C'est moi, je suis dans ma main, je veux faire un jardin secret. Hé, ça commence à bien faire, vos conneries, maintenant. Je vais venir me masser le dos, là. Ah, il y en a un qui a coupé. C'est pas moi. Manu. Donc, prout apparente. Je kiffe aussi les boom blasters qui ont... Quand tu baisses les basses, c'est un son pourri. Et quand tu montes, c'est carrément une discothèque. N'importe quoi. Oh, là, là, il y a des portes. Hé, qui c'est ? Oh, là, là, on t'appelle de partout, là. Oh, Manu ! C'est pas moi qui ai pris les auditeurs, c'est Fildar. Moi, je ne comprends rien à ce qui se passe. Pour en revenir au débat et à Internet, il y a Delight qui dit qu'Internet, ça a bien changé. Il y a même des blaireaux comme toi qui savent ce que c'est. Si je suis un blaireau, ben lui, pourquoi il s'amuse à tapoter pour avoir des notes astronomiques ? Parce qu'il n'y a pas que l'Internet qui fonctionne aussi de nos jours, qui peut changer. Il y a aussi le bien du Minitel, mais ça coûte plus cher que l'Internet, je crois. Donc, le Minitel, ça coûte cher et l'Internet, c'est pareil, ça doit coûter aussi cher parce que déjà, il faut que tu t'abannes là-dessus. C'est faux. Non ? C'est faux. Non, ça m'étonnerait. C'est faux. Ça m'étonnerait, moi, je te dis. T'as cherché dans le dico si ça voulait dire Internet ou pas ? Non. Pourquoi ? Non, parce que j'ai pas pensé à regarder et Internet, ça veut dire ce que ça veut dire. Et toi, celui qui me dit abrège, il va se calmer. Fildard, tu as commencé par te calmer parce que tu m'as trouvé des auditeurs qui sont nazes. Oui, c'est vrai. Attends, tu crois que c'est facile en 5 minutes de trouver des gens potables ? Gérard, d'ailleurs, il y a Bourriquet qui est parti et on accueille Je Pus de l'Arrêt. Oui, bonsoir. C'est l'invité mystère. Donc, c'est Je Pus de l'Arrêt à la place de Bourriquet. Appelle l'invité mystère. Bonsoir. Gérard, bonsoir à tous. Salut, à Tulipe. Salut. Donc, alors, je te répète la question. D'accord. Pensez-vous que l'Internet a changé beaucoup de nos jours ? Ouais, c'est vrai que ça a pas mal. Ça a pas mal. Oh, mais c'est pas un bordel, là ! Manu, tu vas te prendre une gaufre, hein ! À propos d'Internet, il y a Ouragan sur l'IRC qui dit que le meilleur moyen de communiquer maintenant, c'est le site gg-mois-le-cul.com. N'importe quoi. N'importe quoi, ce con. Alors, Je Pus de l'Arrêt, donc, pour toi... Ouais, ouais, ça a pas mal évolué. J'ai déjà cliqué sur Mulo hier soir. J'ai été d'ailleurs sur ton site de www.tantous-de-surenne.fr. Alors, Je Pus de l'Arrêt, tu dégages à ton mère, tu dégages. Voilà, comme ça, ça va être vite fait, Je Pus de l'Arrêt. C'est un nouveau, celui-là. Je me disais bien que tu Pus de l'Arrêt. C'est un nouveau, celui-là. C'est pas un habitué. Merci pour les Larsen, encore ! Eh ben, c'est pas la cateaube ! Possédez-vous un portable, un tatou pour votre travail ? On va demander à 40 barres. Non, ni l'un ni l'autre, et j'aimerais bien que tu m'en offres un jour. Non, ben, ça, tu vois, tu fais comme tu viens de faire. Tu demandes à ta pelle quand il y a la possibilité d'en gagner. Tu téléphones, tu fais 0875 000 et... Non, ben, tu n'as qu'à regarder Fun TV, il y en a gagné cette semaine. Voilà. Donc, pour toi... Voilà, cateaube ! Putain, il commence à me penser les couilles, ce espèce de petit con, là. C'est au standard, Ben Hur. Eh, connard ! Alors, Ben Hur. Voilà, cateaube ! C'est le gamin qui a l'habitué, là. Ben Hur ! Oui, je suis là. Non, mais il a raison, le gamin. Ben Hur, tu réponds correctement, tu dégages ! Ouais, ben, je voulais te dire que j'ai un portable, et si tu veux le numéro pour marceler, là, ce quart, tu peux toujours rêver. Ben, toi aussi, tu peux rêver. Mais je t'ai redemandé. Non, ben, alors, tant mieux. Mais tu peux me le filer, quand même. Non, ben, là, tu iras te faire sodomiser. Gérard, j'ai calmé, je pue de l'arrêt. Non, non, non, je t'ai dit de le dégager. Non, mais moi, je veux plus le savoir, moi. Quand je te dis de virer la personne, tu la vires. C'est pas la peine de le calmer, tu le vires. C'est tout, c'est tout. Ça va vite avec moi. Il est propre, il sent bon de l'arrêt, maintenant. Alors, Pissul. Ouais, moi, j'ai ni tatoune ni portable, et je veux bien le numéro de portable de Ben Hur. 0-1-42-3-1, là. Euh, hé, c'est... Oh ! 92-4-6-9. 92, c'est bien. Non, c'est bon, là, Manu. Tu peux me gérer, là ? Il y en a deux, là, qui sont en train de s'échanger des numéros. Oh, mince. À l'antenne, merde, Manu. C'est nul. C'est naze. 0-1-43. Oh, putain. Je suis là, hein. Euh, Tourniquet. Oui. Euh, oui, ben, moi, je m'en sers énormément parce qu'en fait, je suis commerciale. Et, euh, en fait, donc, je vends des portables. Ouais. Et je m'en sers énormément parce que j'ai des clés... J'ai de la clientèle qui m'appelle régulièrement pour, justement, acheter des portables. Bon, attends, parce que là, ça commence... C'est lui qui est dans sa baignoire, là. C'est qui, là, qui est dans sa baignoire ? C'est moi, c'est moi. C'est qui ? Moi, moi, c'est Poutre Apparente. Ah, mais attends, je voulais dire une chose, que peut-être que Poutre Apparente, il est dans sa baignoire, mais lui, au moins, il se lave, quoi. Attends, moi, je t'en viens, d'accord ? C'est qui ? C'était Pépito. Eh, putain, mais, eh. Manu. Manu, je sais pas par où il passe, je sais pas ce que Fildar a sélectionné. J'ai la proute. Proute Apparente. Proute Apparente qui répond à la question et je sens qu'on va poser une question, on va mettre un disque et on va changer d'auditeur. Ah, carrément. À la place de, je sais plus, je suis plus de l'arrêt, on accueille Viens dans mon trou. Non, mais t'as fait c'est quoi ? Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir à tous. Salut. Bonsoir. Bonsoir. Bonsoir à tous les auditeurs de fun. Répète-la, s'il te plaît. Proute Apparente. Répète la question. Non, non, attends, tu me fous de ma gueule ou quoi ? Pour calmer le débat, Manu, sur IRC, il y a Arnaud qui te demande de le rappeler. Non, non. Dès que j'ai une ligne. Ouais, dès que tu viens, le nouveau qui vient d'arriver. Alors, Proute Apparente. Ouais, je te copie, c'est pas un habitué, lui. Ah, ouais, ouais. Non, mais répète-la moi parce que j'étais au standard, s'il te plaît, parce que j'ai du Larsen, c'est vrai en plus. Possédez-vous un portable ou un tatou pour votre travail ? Non, non, non, non. Je travaille pas, je suis au chômage. D'accord. J'ai des émergements, en fait. Eh, Viens dans mon trou. Faut pas trop le dire. Ouais, ouais, ouais. Faut pas trop le dire parce que je suis dans la balette. Pas tous en même temps, s'il vous plaît. Pas tous en même temps. Allô ? Pas tous en même temps, merci. Ouais, Viens dans mon trou. Ouais, moi, j'ai un portable, j'ai un tatou et j'ai deux pots de yaourt avec une ficelle. D'accord. Celui qui s'amuse à faire du mort s'arrête. Pourtant, c'est le débat. Attends. Celui qui fait du mort s'arrête. Attends, j'essaye de te rappeler, là. Grosse merde. Ta femme, elle pue, là. Bon, alors... Ça y est, ça y est. Le disque. Le disque. Le disque, ouais. Ben, pose la question, moi, Gérard. Non, non, mais de toute manière, on va changer, parce que là, ça va pas être... Tu peux poser... On va changer tout le monde. Tu peux poser la question pour les futurs auditeurs qui écoutent déjà la question de chez eux. Alors, pensez-vous que le phoque est un meilleur moyen de communication que le mort, c'est ça ? Ah, ben, tu vois, on y revient. Et on se retrouve juste après. Donc, vous pouvez toujours nous appeler au 0800 308 5000 et 0800 75 000. Et toujours, il y a Rigo qui vous attend sur l'IRC www.fanradio. Et on s'écoute... Un petit cadeau. C'est un petit remix. Donc, bonsoir à Rigo. Et voilà, donc, vous pouvez toujours nous appeler au 0... Qui c'est qui s'amuse avec ça, là, depuis tout à l'heure ? Manu, Manu ! Y a personne honneur au standard ? Si. C'est bizarre, parce que là, ça s'arrête, là, comme par hasard, Manu. Donc, qui c'est qui répond déjà, là ? Je dis, il était pour le remix. Alors, si t'es pas content, tu restes chez toi, toi. C'est Jean-Luc. Jean-Luc ! Alors, tu dégages, tu peux rester chez toi, ça me perd des vacances. Donc, vous pouvez toujours nous appeler au 0800-308-5000 et 0870-5000 et toujours www.funradio.fr ce .fr funradio sur l'IRC. Donc, Rigo, vous êtes... Roger ! Vous fermez vos gueules, là, ou quoi, quand on parle ? Gérard, à propos de ta question, il y a quelqu'un qui répondait tout à l'heure à ta question. Tu vas la reposer, peut-être, pour les gens qui n'ont pas entendu. Euh... Laquelle ? La dernière. Que pensez-vous que le FOC est un meilleur moyen de communication que le... le morse ? Celui qui s'amuse à ça, comment s'amuse... Justement, il y a un panel sur l'IRC qui me demande la différence entre l'invité mystère et un FOC. Il me dit que... Il me dit qu'il y en a un qui a des moustaches qui sent le poisson et qui est énorme et l'autre, c'est un mammifère marin. Non, ça, c'est les auditeurs, Gérard. Bon, Manu, t'essaies de me trouver qui c'est qui s'amuse à ça. Ça y est, j'ai trouvé. Je vais aller le kiquer en live, tout à l'heure. Il y a l'un des deux qui s'est jonglé avec un ballon, aussi. Alors, j'avais oublié. J'ai un petit truc à vous dire. Sur la première question, quel moyen d'économisation procédez-vous ? Donc, il y a 40% des Français qui n'en veulent pas chez eux. 20% de Français ne savent pas ce que c'est. 18% des Français n'ont pas compris la question. Et 15% des Français aiment le commus clinique. Alors, ça, je vois pas du tout ce que c'est. Le commus clinique. Le commus clinique. Le commus clinique. Alors, on récupère 40 barres. Ouais, bonsoir. Ouais, bonsoir. Moros. Bonsoir, monsieur. Non, non, c'est... Vous fermez vos gueules ! Et pas tous en même temps, s'il vous plaît. Merci. Ouros, il s'appelle. Ouais, c'est Ouros. Ouais. C'est Yougoslav. Moros. Moros. Oui, je suis là, bonsoir. Bonsoir. C'est un nom de pédé, ça. Tomate. Eh, je te permets pas. Oh, mais parlez plus fort devant les combinés quand je vous... Parlez pas tous en même temps, surtout, parce qu'on n'y comprend rien, sinon. Alors, Tomate. Salut, Gérard. Salut. Luciole. Salut, Gérard. Salut. Blanche, suis-moi la... La caverne. La caverne. Salut, Gérard. Salut. Et je pue la pisse. Ouais, je sais pas, ça, c'est moi. Non, c'est... Non, c'est toi. Je ne sais pas lire, pardon. Ouais, ouais. T'as compris, y'a que moi qui ai un nom normal, quoi. Ouais. À part des noms des autres qui prennent des noms de... Non, non. Vous êtes habitués, vous prenez vos noms, merde. Non, mais attends, Gérard. Ouais, je te copie. Roger. Ouais, bref, go, t'as taillé. Oh, tu t'es fait un peu, là, toi ! Bac de verre gras. Bac de verre gras à 300 mètres. S'il vous plaît, s'il vous plaît, vous gérez un peu, là. Manu, tu gères un petit peu, là. Pose ta... Pose ta question et on enchaîne, quoi. Eh, mais merde, tu vas... Je vais pas la répéter 50 fois, tu vas calmer tes... Demande aux gens, à part un, alors. Alors, 40 barres. Oui, au début, ouais, avant que je le quittais. D'accord. Tu sais ce qu'il aime bien ? Qu'est-ce que c'est que ce salope, là ? Tu sais ce qu'il aime bien ? Je te jure, je sais pas. Il faut qu'il y ait dans le porte-monnaie. Tu sais ce qu'il aime bien ? Non. Non, non, non, non, ça, non. 40 barres. Oui, tu peux répéter, parce qu'il y a quelque chose qu'il n'a pas entendu. Oh, non, non, non, mais vous commencez à me les casser à 2h14, là, hein ? Alors, pensez-vous que l'époque est un meilleur moyen de communication que le morse ? Ben, ouais. Et celui qui s'est mis à ça, arrête, eux ! Manu ! Je vois pas la lumière verte. Bon, Gérard, pour revenir au débat, il y a D-Light qui dit qu'on utilise le morse parce que le phoque est en voie de disparition et qu'on n'a plus le droit de l'utiliser. Moi, je pense, ouais. Moi, enfin... Ouais, je suis d'accord, ouais. 40 barres, toi ? Je vais dire ouais, encore. D'accord, ben, toi, 40 barres, ça va être... J'ai un manque d'inspiration, j'ai ce soir, je sais pas ce qu'il... Ouais, ben, dans ces cas-là, si t'es malade, tu dégages. Mais non, ça va bien. T'as qu'à te liser, comme moi, drogue-toi. Ouroz ! Ouais, c'est Ouroz. Ben, je voulais dire, tu parles des phoques, je crois qu'on devrait appeler Brigitte Bardot, y'a que ça à faire, parce que les phoques, comme on l'a déjà dit, c'est une espèce protégée. Et je pense que l'armée, parce que c'est l'armée qui utilise le morse et le phoque, devrait pas se servir de ce genre de choses et je voulais savoir si toi, c'est vrai que t'étais spécialiste non pas en phoque, mais en phoque. Non, pas du tout. D'accord. Une question IRC. Oui, sur IRC, y'a Superouragan qui m'explique qu'on utilise le morse parce que le TKL est trop lourd à porter. N'importe quoi, lui. Euh, Tomate. Ben, il est monté sur moi ! Fildar, fais gaffe à ce... Mais c'est pas moi ! Fais gaffe, Fildar. Fais gaffe à toi, Fildar. Fildar, la DAT, merde. Tomate ! Je sais pas, parce qu'il dit que c'est ses amis qu'à lui, il faut pas que je t'effraie avec ses amis, tout part. Au début, c'est... Eh, ça commence à bien faire ! Qu'est-ce qu'il aime bien ? Non ! J'ai coupé. Tomate ! Tomate, Tomate ! Voilà, je sens que la conclusion va se faire vite. Non, non, Tomate, Tomate. Gérard, parle bien dans ton micro, aussi. Tomate ! Oui, je te réponds, regarde. On utilise le morse parce qu'ils arrivent mieux à voler que les pigeons voyageurs. Non, mais ça, je vois... Non, mais le morse, c'était un moyen de communication avant. Oui, mais le pigeon voyageur aussi, les morses arrivent moins bien à voler que les pigeons, donc... Ouais, mais le morse, il est quand même long à... Il était quand même long à... à envoyer, hein. Ouais, il nage vite. Oh, je doute ! Non ? Luciole ! Ouais, ben, en fait, le phoque comme le morse c'est quand même assez dépassé comme moyen de communication, maintenant. Ben, maintenant, ça n'existe plus aussi. Non ? Je crois que ça n'existe plus. Si, si, ça existe encore dans certaines postes. Hum, hum. Et, non, mais maintenant, il y a des moyens beaucoup plus adaptés comme le courrier, par exemple. C'est toi qui mets les tampons ? Ouais. Bon, ça y est... C'est une technique et je les mets avec les dents. Blanche, suis-moi la caverne ! Ouais, ouais, ouais. Moi, je voulais dire que j'étais pédé comme un phoque et il y avait ma grosse bite qui s'amorce. Oh, là, là, là, là. Oh, ça, c'est pas mal, ça. Ouais. Et, je sais... Ça peut faire du genre au casse, ça. Ben, il s'est pour moi fêté ! Je ne sais pas lire ! Ben, ouais, euh... Il s'est pour moi fêté ! Non, le morse, je ne le maîtrise pas trop. Gérard ? Ouais ? Blanche, suis-moi la caverne, je veux savoir si... Je veux savoir si t'es... Ah, j'entends pas ce que tu parles. Toi, toi, t'es un rigolo, toi. Vas-y, vas-y. Justement, j'avais déjà utilisé les Toki Whiskey. Les Toki Walkie ? Les Toki Whiskey. Zéro, allez, viens-le, reprends. Ça, c'est raide, ça. Oh, mais vous fermez vos gueules un peu, maintenant ! On est en net, merde. Je ne sais pas lire. Ben, il montait sur moi. Ouais, ouais, non, non, non. Le morse, je t'ai dit que je ne maîtrisais pas. Je préférais le... Enfin, c'est tout, ouais, comme tu disais, là, je... Mais, puis l'art ! Mais, il me faut rire, les auditeurs, Gérard, j'y peux rien. Fais gaffe, parce que tu as pris une taille de commande de la télé, on en a besoin. Bon, eh, Manu ! Je te préviens ! Putain, c'est bon, c'est le connard, là, au deuxième débat. Parce que c'est pas possible de travailler comme ça. Ça marche. Et toi, t'arrêtes de balancer n'importe quoi ! Arrêtez, là, le débat, c'était bien, là. Eh, dégage ! On est pour le cul, Gérard ! Non, dégage ! Non, non ! C'est toi qui fais des conneries, tu sais, non ? C'est vraiment une merde. Toi, t'es un branleur fort possible, hein. Tiens, tout ça, de mes couilles ! C'est bon, c'est bon, c'est bon ! Eh, on parle de tes 4%, ça m'étonne pas que t'es aussi con ! Bon, Gérard... Bon, allez, vous fermez le global, maintenant ! Gérard, pour revenir au débat, on me demande si tu préfères le Morse ou le FistFox. Je vois pas... Je vois pas du tout le rapport. Vous n'y êtes pas. Ah ! Vous n'y êtes pas ! Ah, vas-y, vas-y ! Gérard, t'as arrêté le débat ! Attends, Gérard, il est debout ? Il a lancé quelque chose contre Fildar ? T'es gaffe ! T'es gaffe ! T'es gaffe ! Vas-y, droite, gauche, dans le ciguerie ! T'es gaffe ! T'es gaffe ! T'es gaffe ! T'es gaffe ! T'es gaffe ! T'es gaffe ! T'es gaffe ! Mais qu'est-ce que je fais, moi, Gérard, là ? Rigo, faut que tu viennes m'aider, là ! Ouais, je vais au standard. Arrêtez le merde, tout le monde a la DAT, là ! Viens m'aider ! Bon, je veux juste dire aux gens de l'IRC que je vais au standard vu qu'il n'y a plus Fildar là-là, il faut que Manu y aille. Alors, donc, pour la question sur le morceau... Oh là là, ça commence à m'énerver, ce soir. Le con, le roi des cons ! Bon, Manu, tu vois, là, il y a des trucs qui vont pas, là. Bah, attends, je viens d'arriver, je regarde, je regarde. M'excuse, m'excuse ! Non, non, toi, tu vas dégager. Ouais, vas-y, hein ! Non, non, t'inquiète ! Non, non, tu vas là, tu vas là, tu vas là, je veux plus te voir ! Je veux plus te voir ! Je veux pas te voir à l'arrière, tu vas y, au standard ! Non, je te promets, Gérard ! Je te promets, Gérard, j'arrête. Non, c'est Gérard ! Je te promets, fais gaffe ! Non, j'arrête, promis. Fais gaffe ! Ouais, je fais gaffe. C'est Gérard, c'est lui qui décide, hein ! Fais gaffe. Alors, tu vas au standard ! Non, parce que je connais pas les auditeurs, j'aime pas. Ouais, bah, t'aimes pas, tu vas peut-être faire ton boulot correctement, parce que tu commences à faire chier ton monde, toi, aujourd'hui, hein ! Alors... Oh, non ! Bon, Manu, t'essayes... Bon, Manu, je vais essayer de gérer. C'est quand même... Non, non, non ! C'est toi qui fais des conneries. Moi, je fais mon possible, hein ! Ouais, mais il peut les calmer, quand même. Alors, bon... Pour la cinquième question, Jésus, J.S. Utilisait-il encore des pigeons voyageurs pour communiquer ? Jésus ? Putain ! Ils vont se calmer, ces bandes de cons ? Eh, oh ! Eh, tu te calmes, Goliens ? S'il te plaît, mon Goliens ! Reste poli, là ! Et si vous êtes pas contents, vous raccrochez vos téléphones, on prend d'autres personnes. Mais tu nous parles sur un autre ton ? Ouais, bah, si je veux, d'accord ! Il va se calmer, l'hydro-stéphane. Comment il est ? Le bulbeur achidien. Bon, euh... Décode le trisome. Alors, 40 bars. Oui, est-ce que tu peux répéter, s'il te plaît ? Alors, J.S. Utilisait-il encore... J.S. ? J.S. Non, non, c'est pas J.S. Oh, là, là, oh ! Non, mais vous êtes lourds, ce soir, hein ! J.S. utilisait-il quoi ? Des pigeons, des pigeons voyageurs pour communiquer. Bien sûr, et même, c'était dans la Bible et tout. Ah, c'était beau, c'était... Oui. D'accord. Euh, O.R.O.S. J.S. n'y est pas ! Oh, là, là, oh ! Tu sais qu'il s'amuse à personne, là ! Mais c'est la D.A.T., putain ! C'est ça ! Ouais, c'est O.R.O.S. Ouais ? Ouais, je voulais dire que J.S., le KGB, la CIA, tout le monde utilisait des pigeons voyageurs. C'était nul. D'accord. Tomate ? Ouais, euh... Il utilisait les pigeons voyageurs, et, en fait, quand il en recevait, il les bouffait. Hum ? Il m'a volé baldis, dans mon porte-monnaie. Euh... Si ça vous fait rire, moi, ça me fait pas rire, parce que celui qui s'amuse à ça, il m'a dégagé, je vais pas chercher qui c'est, maintenant. Oh, non, non, non, non, non. Le ciel ! Ouais, tu peux répéter la question, s'il te plaît ? Alors, J... Mais fais gaffe, toi, le connard, à ce que tu dis, toi. Ouais. Et O ? Alors, J.S., utilisait-il encore des pigeons voyageurs pour communiquer ? C'est qui, J.S. ? Oui, mais c'est qui, J.S. ? À votre avis ? Je sais pas, je te demande. C'est pas le gars d'Andalas ? Non. C'est pas le gars d'Andalas ? Oh, là, là, là, là, là, là, là. John Soros. Mais non, mais dis-leur, tu sais, parce qu'ils captent pas. J'ai écrit, on voulait pas le dire, espèce de con, ma nuit, aussi. Je commence à faire... Ouais, mais gagne-toi. Ils captent pas, les auditeurs, faut bien leur expliquer. Alors, voilà, Luciole, maintenant. Ouais, mais c'est pas le gars d'Andalas. Oh, là, là, là, là, là, là, là ! Oh, là, là ! Là, vous avez fait rire le gars, quand les gens y parlent, maintenant ! Tu vois, pour une fois que c'est pas moi. Luciole ! Ouais, ben, on fait pas de religion à la radio, Gérard. Là, c'est n'importe quoi. Là, je crois, de cette manière, ça va être la fin, j'arrête à la 5. Non, non, non, mais là, il faut remettre Manu. Ça y est, c'est bon ? Non, mais le standard... Non, non, mais attends, pour l'instant, que... Tu les calmes, hein. Ça y est. Ouais, ben, tu vas les calmer. Tu vas voir, t'écoutes, tu vas voir. Luciole ! J'ai dit, ben, te laver les feux, tu pues. Oh, là, là ! Non, mais, Gérard, Gérard, sur IRC, il trouve ton débat tellement nul qu'il se demande si t'es le vrai Gérard. Non, ben, attends, si ça leur plaît pas, dans ce cas-là, ils arrêtent, ils se demandent, ils empruntent après Manu et puis, là, ils font les cons. Alors, Luciole, tu veux... Tu es bon, maintenant ? J'ai dit, ben, te laver les feux, tu pues. Bon, alors... Dégagez, dégagez, dégagez. Bon, terminé pour celle-là, ça va vite, c'est moi, maintenant. Ça y est, ça y est. Alors, blanchis-moi, là, à la caverne. J'ai dit, ben, te laver les feux, tu pues. Attends, Manu, tu gères, là. J'ai pu, personne, merde ! Attends, c'est pas n'importe quoi, ce que tu dis, hein. Ouais, ouais. Blanchis-moi, à la caverne. Non, maintenant, j'ai pas le temps. Mais quoi, il est ouvert en bouquet ? Allô ? Ouais. Ouais. Donc, c'est pour toi ? Attends, j'entendais pas parce que je l'ai pas sur l'antenne. Putain, mais vous avez décidé de me faire crier ou quoi, aujourd'hui, là ? Tu peux me répéter, s'il te plaît ? Alors, Jésus-Christ utilisait-il encore les moyens des pigeons voyageurs pour communiquer pour un sixième point à la question que je répète ? Ouais, c'est fort possible. Ouais, je pense que, ouais, ça doit être écrit dans la Bible et puis, tout ça, c'est de la religion. Ouais, je pense que c'est possible. D'accord. Je ne sais pas lire. En fait, ces animaux-là, c'est un don de table parce que c'est pas comme les chiens, ils donnent pas de papade, tout ça. Tu leur dis d'aller porter un message à ta dulcinée et ce qu'ils font, c'est quitter les corps des grains de pain et ils t'écoutent pas, ces animaux-là. Non, mais attends, de toute manière, les pigeons, les pigeons... Bon, attends, n'importe quoi, les pigeons voyageurs, de toute manière, ça existait. On n'a jamais délivré les messages. Si. Non, non, non, attends, faut pas déconner. Non, non, c'est ce que je dis. J'ai essayé d'en dresser quelques-uns et j'ai jamais réussi. Si je leur attachais des trucs à la patte, des bagues, ouais, voilà, des bagues avec des messages, oui, j'ai envie de te baisser comme une chienne, tout ça. On m'avait coupé le portable, en fait, et j'envoyais le pigeon comme ça et jamais il n'y allait. D'accord. J'ai eu des problèmes, je me suis retrouvé... Non, mais ça y est, on a compris. Je me suis retrouvé avec une grosse force. Ça y est, on a compris. Oui, Gérard, sur IRC, il y a Super Ouragouin, il te demande comment tu fais pour envoyer les pigeons voyageurs assez loin. Eh ben... Avec une bague. Avec une bague ? T'arrives à lancer les pigeons avec une bague ? Non, mais... Les pigeons voyageurs, tu l'envoies à 2000 kilomètres, comment tu fais ? Non, mais... Ils s'envolent, ils prennent leurs ailes et puis ils volent. Oula, j'ai perdu 1000 personnes, là, d'un coup, ils m'ont dit que c'était à cause de Manu. Voilà, voilà, bravo. Non, c'est à cause de Christy, bravo Manu. Donc, c'est quoi comme... On va s'écouter un disque, tu poses la question, Gérard, le temps que je te donne la question. Non, je ne sais pas si tu puisses. Celui-là, tu me le vires. Tu le vires, mais... Je l'ai trouvé, je le viens. Non, non, mais tu vois, ça va aller vite, là. Alors, pour... Oui, Rigo ? Non, non, Rigo, pendant que... Pose une question Internet pendant que je note le disque. Alors, peut-on dire que Gégé est transgénique mi-pigeon, mi-phoque ? C'est quoi, ça ? Je ne sais pas. C'est Citrouille qui demande ça. Et il y a Jarvis Cooker qui demande si on peut attraper des maladies viagras ou autres en communiquant. Non, ça, c'est plus le débat sur les maladies. Qui c'est qui s'amuse avec cette musique de là ? Et sinon, il y a Yankee qui me dit qu'on utilise le morse maintenant parce que les phoques font de la radio. Non, mais je ne vois pas du tout le rapport. Donc, sixième question. Pour draguer, vous servez-vous de votre regard comme moyen de communication ? Et vous pouvez toujours nous appeler au 0875 000 0803 085 000 et toujours Rigo qui vous attend sur le site www... Je n'arrête pas d'attendre depuis... .funradio et on s'écoute Riri... Riri. Riri, Fifi, Loulou avec Moi, c'est mieux avec du couscous. Et on se retrouve tout de suite après pour la suite du débat et la fin. ''Musique'' Et voilà, donc vous êtes toujours sur PUN Radio, c'est la suite du débat sur les moyens de communication, et on vient de s'écouter Ricky, Fluffy, Loulou, avec ses... moi c'est mieux, avec du couscous. Donc en parlant de couscous, on va être bien servi, parce qu'il y a justement... Ah, il y en a quelqu'un qui a amené du couscous ? Non, non, mais on a un auditeur qui s'appelle Couscous, qu'on avait vu depuis longtemps, donc on récupère... Ah, il y a Couscous qui est là ? Carambar, bonsoir. Oui, bonsoir. Eh Gérard, est-ce que tu me permets pour une fois d'être gentil ? Je voudrais dire bonsoir à ma petite amie Jessica, bonsoir Paris, bonsoir Jessica. Voilà, ok. T'as pas de petite amie. Bon, ça y est, vous n'allez pas recommencer pour la pain ? Oui. Ok. Ou Rose ? Ouais, je suis dans la place, et je voudrais dire bonsoir à ma main droite. Ok, Tomate ? Bonsoir à tous, je suis Carrie, à la main droite. Carotte ? Salut. Salut. Couscous ? Oui, bonsoir. Ah, Couscous ! Ouais. Bonsoir à tous, bonsoir à ma main, et bonsoir à Abdel Wahid. Ok, c'est bon, Couscous. Vous n'avez pas remarqué que les autres habitués en voulaient pas, là ? Ce mec, là. Oh ! On se calme, s'il vous plaît, hein, maintenant. Et bonsoir à tous les terroristes qui m'aiment. Non, non, non, non, non. Eh, ta gueule toi-même, toi, connard. Oh là là. Eh, mon doigt. J'aime pas Couscous. Mon doigt sent le caca, là. Mon doigt sent le caca, pour terminer. Ouais, ouais, bah ouais. Alors. Bonsoir. Bonsoir, ça y est, là, oui. On va commencer, on va finir le débat, maintenant. Non, non, ils sont cools, hein, ils sont cools. Alors, pour draguer, vous servez-vous de votre regard comme moyen de communication ? On va demander à 40 barres. Ouais, pour comment, encore ? Bah, ouais, tout à fait, ouais. Énormément, ouais. La persuasion, et en plus... Attends, bouge pas, je change de côté la cassette. Non, non, mais attends, si t'enregistres en même temps... En plus, tout ça, c'est des trucs à moi, ça. Ouais, pour lui, après. En plus, je suis serveur, donc ça aide. D'accord. Et je me fais plein de nanas, mais là, depuis quelques temps, je me suis calmé, je suis avec une super fille, et je l'embrasse très fort. Ok, d'accord. Non, mais... Je t'aime. Attends, il passe ses messages persos, c'est quoi, ça ? Il est amoureux. Euh, 40 barres ! Alisabeth Guigou ? Non, 40 barres, c'est bon, c'est... J'ai été dit, ça nous écoute... Comment pour 40 barres, hein ? Tu m'as dévibré, Alisabeth. Ouros ! Ouais, bah, écoute, moi, j'ai un petit problème dans la vie, c'est que j'ai un regard de tueur, donc, bon, je suis un peu obligé de mettre des lunettes de soleil, parce que c'est... Désormais, les filles, j'ai fusé, j'ai regardé... Oh, vous arrêtez de vous marrer, là ? Ah, vas-y, vas-y, vas-y, vas-y... Oh, non, non, non, non, non ! Je sens que ça va se terminer vite fait, Manu, avec toi. C'est que ça vient de moi, je les ai presque... Vas-y, vas-y, vas-y, c'est bon. Tomate ! C'est quoi, la boîte mobilique, là, c'est quoi ? Tomate ! Moi, j'ai un petit appareil, dont je ferai le nom, qui, en fait, envoie des messages à quelqu'un qui a le même appareil. Donc, si j'ai envie de... Si je crois que quelqu'un est dans la rue et que j'appuie sur un bouton, ça sonne sur son appareil. Ouais, c'est le nouveau truc, Gérard. T'as vu à la télé ? C'est le truc pour les amoureux, là. On est des espèces de beepers. Ah, ouais, mais... Les fucklovers, là, les fucklovers. Ouais, ouais, ouais. J'avais vraiment vu ça, ouais. Carotte ? Bah, moi, j'ai des sales yeux, donc je m'en sers pas... Je me sers pas du regard pour draguer. C'est un du cul, toi. D'ailleurs, je ne drague pas et puis on ne drague jamais parce que je suis moche, on se compare toujours à Sandy, donc tu vois, ça n'arrange pas. Alors, Carotte, tu vois, tu viens de dire un nom qu'il ne fallait pas, donc tu peux retourner chez toi, c'est terminé pour toi. Au revoir. Ça y est. Salut. Couscous. Coucou. Coucou. Vous êtes un méchant chiant ou pas, là ? Couscous, on t'écoute. Pas de marque. Moi, on m'appelle la Clash, Couscous. Moi, quand je la regarde, c'est méchant, c'est terroriste. D'accord. Mais moi, je dois être dans le caca, là. Non, moi, je suis borgue. Non, mais tu peux quand même répondre à la question ou pas ? Je suis borgue, j'ai qu'un oeil, donc ça ne le fait pas, tu vois. Bon, d'accord. Sans manquer de respect, il ne faut pas se moquer des aveugles. Oui, entre parenthèses, voilà. Super Montagné, si tu nous regardes. Oh, c'est bon, on a pu, on se calme. Ouais, euh... Non, non, il n'y a personne à la place de Carotte. Il n'y a personne. Attends, je vais, je vais. Tu vas, tu vas, tu vas te manier, maintenant. Oh, merci, c'est Carotte. Alors, euh... Question IRC. Oh, oh, oh ! Appelle le TK de Mystère. On se calme, là ! Le TK de Mystère, il t'emmerde ! Le TK de Mystère ! Ok. Alors, Rigaud, une question IRC. Alors, question de Hatt. Les pigeons, ouais, mais voilà, ils parlent des pigeons voyageurs parce qu'il y a un délai avec Internet. Quand ils écoutent par Internet, ils écoutent ce qu'il y avait il y a 20 minutes. Donc, ils me parlent encore des pigeons voyageurs. Eh, Gérard, je voudrais demander à TK si c'est possible qu'elle me suce ma saucisse à quatre pattes. Va te faire foutre, t'abrouti ! C'est qui qui vient de dire ça ? C'est qui qui vient de s'amuser à dire ça ? Je vais le trouver, Gérard, continue. Et d'ailleurs, d'ailleurs, à la place de, je ne sais plus trop qui, on accueille Tom à la Catalane. À la place de Carotte, alors. Voilà, exactement. Alors, vas-y, Tom. Oui, bonsoir, Gérard. Bonsoir. C'est Griselda. C'est encore la même. Bon, tu as compris la... Pour draguer, servez-vous de votre regard comme moyen de communication pour toi, la question. Oui, ben en fait, je louche, alors tu vois, c'est pas très évident pour moi. Non, c'est sûrement, c'est tout. Oh non. Oh, ça commence à... Vous laissez parler les gens ou pas ? C'est Groton qui vient de dire ça. Il n'arriverait pas à me faire jouiller. Non, je vous ai pas sympa parce que je louche et j'ai un grave problème. Eh, je sens que le prochain qui s'amuse à dire ça... Ça va dégager ! Il jouait pas, c'est tout. Il jouait pas. Il jouait pas. Si je jouais, je suis juste resté avec lui. Euh, Manu, quand tu vas... Ouais, je vais, je suis en train de les chercher. Ouais, alors... Je suis en train de les chercher dans mon porte-pone. Donc, euh... Gérard ? Donc, ouais, oui ? Il y a Ertonio sur l'IRC qui te demande si on peut draguer avec leur regard aussi bien que... Parce qu'il a des lunettes, en fait. Il voulait savoir si c'est pareil que quand on n'a pas de lunettes. Ben, je pense, oui. Ben, il est monté sur moi, c'est tout. C'est tout, hein ? Et il manque plus que les doubles sons, maintenant. Ben, quand vous aurez fini... Quand vous aurez fini vos conneries... Ouais, j'en ai... On pourra demander à Ton qui va répondre. Je passe le bonjour à tous les égords d'Israël. Hé, Couscous ! Couscous, ça suffit ! C'est abusé, ça ! C'est abusé, là. Elle est tensionnée, là. Oh là là ! Mais c'est quoi, là, ce bordel, là, Manu, là ? Tu me l'as... Tu peux peut-être les calmer, mais je peux les calmer, tu vois, un par un, donc... Couscous, il a abusé, là. Alors, Ton... Ouais, alors, moi, je te disais, je louche. C'est un gros problème. J'ai des doubles foyers, donc tu vois, ça m'arrange pas, alors je vous demanderais un petit peu de pitié pour moi, quand même. Euh, je te calme, moi. En plus de ça, donc, j'ai une sale gueule, donc il y a rien qui m'arrange. C'est clair. Et, ben, du coup, je sais pas quoi faire. D'accord. Et en plus, ton pote, il s'est fait virer de la sécu, alors c'est la top. Je sens que ça va... Ça va jarcler, ça va jarcler. Ça y est, ça y est. Ça va... Alors, quel mot... Quel est le moyen de communication... Quel est le moyen de con... Quel est le moyen de communication quand on a n'a pas... Donc, on va demander... Le meilleur moyen, quel est le meilleur moyen... Voilà, de communication quand on a n'a pas. On va demander à Karnevar. Euh, le P, le... Non, la lettre ou la parole, je sais pas, moi. Hum. Voilà, Gérard. Euh, Ouros ? Bah, je sais pas, je dirais un français correct. Ouais. Euh, Thomas ? Il faut crier très fort. Comment ? Dans quel sens ? Bah, il faut crier très fort. Bah, si t'es autiste, hein, j'en sais pas. Hum-hum. Ok. Euh... Thomas ? Tu veux que tu viennes répondre ? Ton, euh... Je sais pas, à quoi, là ? À la Catalane. Ton, à la Catalane ? Ouais, bah, moi, je me sers du téléphone. Au moins, on me voit pas. Et puis, on peut pas imaginer le monstre que je suis. D'accord. J'aime bien ta voix, moi, gros boudin, là. Oh, vous fermez vos gueules, s'il vous plaît, derrière. Merci. Elle est moche, elle est moche. Ouais, euh... Sur IRC, il y a Arnette qui dit que quand on n'a pas de moyen de communication, elle ferme sa gueule. Bah, voilà. Eh, couscous ? Le téléphone à arme. On raconte pas n'importe quoi. Sinon, on leur coupe les cordes vocales à coups de rachois. Ouais, ouais, ouais, mais... Couscous, tu réponds comme il faut à la question. Bah, je te dis que le téléphone à arme. Moi, je te dis le téléphone à arme. D'accord. Euh... Mets-moi le doigt... Oh, putain, non ! Ouais, Gérard. Mets-moi le... Embrasse-moi. Mets-moi le doigt dans le caca. Ouais, viens, t'assures que sur mon sexe, on est réactifs. Bon, allez, allez. Hop. Terminé pour lui, il répondra même pas. Allez, hop, c'est fini. Il dégage. Voilà. Allez, hop. Alors, euh, donc, euh... Alors, il y a un petit sondage, là, pour ou contre les moyens de... Bon, couscous, s'il te plaît, tu me laisses finir ? Ouais, d'accord, mais je t'emmerde. D'accord, mais je t'emmerde. Euh, là, je crois que... C'est pas moi, Gérard. C'est un mec qui s'est émimité. C'est qui ? C'est pas moi. C'est ce moule. Ouais, mais restez quand même polis, s'il vous plaît, avec les gens qui vous emmerdent. Merci. S'il vous plaît. C'est pas gênant. Faut pas être tentaculé en cul de tâcheur. Euh, donc, pour ou contre les moyens de communication, il y a 60% qui n'ont pas le temps de répondre à la question. Hum. Il y a 30% des Français pensent pouvoir le faire eux-mêmes. Hum. Et 10% des Français qui estiment que ce n'est pas le thème du débat. Ben, je vois pas pourquoi que 10% disent que c'est pas le thème du débat, alors que c'est le thème du débat. Ben, ouais. Mais j'étais sur moi, c'est tout. Oh, là, là ! C'est pas moi. C'est à toi, Gérard. Moi, euh... Alors, euh... Excuse-moi, Gérard. Quand même, à la place de mon doigt, sans le caca, machin, on accueille Gilles Comoisy. Bonsoir. Bonsoir. Salut, Gilles Comoisy. Salut. Bonsoir, tu vas bien ? Salut. A tous. Salut, chat de pourri. Alors, donc, la question, donc, Carambar, tu réponds, s'il te plaît ? Tu peux répéter, s'il te plaît. Alors, quel est le meilleur moyen de communication quand on n'en a pas ? J'ai déjà répondu, j'ai dit la lettre ou la parole. C'est vrai, il avait déjà répondu. Ah, ok. Où, Rose ? Ben, j'ai déjà répondu, tu ne suis rien à ton débat ou quoi ? Mais attends, tu restes poli, toi, parce que tu n'avais même pas répondu. Mais si je te dis un français correct, alors tu es un peu ce qui se passe, quand même, putain. Le roi des cons, ouais. Thomas ? J'ai aussi répondu, Gérard. Ben, ton... ton, elle a... Je t'ai déjà répondu aussi, Gérard. Alors, pousse, pousse. Je t'ai déjà dit, téléphone arabe, putain, t'es sourd. Elle t'a peut-être posé cette question-là, déjà, Gérard. Non, mais il y en a un, il y a le Comoisy, là. Si, j'ai le Comoisy. Ben, alors ? Tu devrais le savoir. Non, non, non, pas de moyen de communication. D'accord. Je vis dans une grotte. Ok. Alors, huitième question. Les hommes utilisent-ils les animaux pour communiquer ? Les hommes utilisent-ils... Les hommes utilisent-ils les animaux pour communiquer ? Ah, ben, t'es bien placé pour en répondre. Oui, tout à fait, ouais. Attends, tu sais qu'ils viennent parler, comme ça, là ? Ils sont à la Catalane. Ah, ben, répond à la Catalane, tu peux. Tu me viens répondre à la Catalane, ça y apprendra de répondre des conneries. Je mets pas à mine à l'huile, à la place. Bienvenue chez les pizzas, avec la pépère au lait. Alors, 40 bars. On va t'en faire de la colisse de bras. 40 bars, s'il te plaît, tu réponds comme il faut. Ah, mais vous vous salmez un peu, là, maintenant ? La pépère au lait, là. Ouais, Christine en est l'exemple. 40 bars, quand même. Oui. Pour toi ? Euh, je suis d'accord. Ouais, je pense que oui, oui, tout à fait, ouais. Je tiens, ouais. Ouais ? Ouais. Euh, Ouros ? Ah, pardon, il est parti. C'était lui, les conneries. Ouais, ben, c'est bien, alors. Ouais, ben, t'as bien fait ton boulot, une fois, Manu. Ouais. Gérard, sur l'IRC, il y a D-Light qui dit, oui, on peut utiliser des animaux pour communiquer. La preuve, les dirigeants de Fun Radio utilisent bien Gérard pour communiquer avec les animaux. Oh, n'importe quoi, lui. Tomate ? Ouais. Euh, ben, j'ai connu un mec qui utilisait des puces savantes et des morpions. D'accord. Ouais, à la place de ton à la Catana, Catalane, pardon, on accueille Oasis. S'il n'y a pas de bulles, là. Oasis, OK. Bonsoir, Oasis. Elle veut te planter, c'est pas le gars. Ah ! Oasis, c'est pas le gars. Elle veut te planter, c'est pas le gars. Oasis, c'est pas le gars. Il n'y a personne qui va oser s'appeler Fildar, là, pour les chaussettes. Je sens qu'on va conclure le débat ici. 4%, il ne faut pas déconner. Oui. Donc, Oasis. Moi, si tu pourrais me répéter la question, je viens d'arriver, donc... Les hommes utilisent... Qu'utilisent-ils les animaux pour communiquer ? Euh... Ouais, ouais, ouais, c'est... C'est un excellent moyen de communication, de... De prendre, par exemple, un chien avec soi. Oui. Ça permet, franchement, de développer... J'aimerais te dire que je t'aime avec un tatou. T'as le cœur de l'oreille. Je voudrais te dire que je t'aime, mais tu ne me réponds pas. C'est où ? C'est les feuilles, c'est ce qui s'allume en vert, Manu. Je voudrais te dire que je t'aime, mais tu ne me réponds pas. Bon. C'est vrai, Manu, il est nu, ce soir. Alors, je sens que c'est... Non, mais ce qu'il faut faire... Gérard, Gérard, Gérard, Gérard. Tu fous un coup de fouet à Manu, là, hein ? Non, non, mais ça va aller vite, c'est la... Ça va être la dernière question. Je ne sais pas si... Parce que ça y est, j'ai retrouvé quelqu'un. C'est pour ça que j'ai galéré. Ah, ouais, d'accord. À la place de Ouros, on accueille Préparation H. Bonsoir, c'est Préparation H, Fably. Préparation H. Oui, bonsoir. A tous. Oui, alors... Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, aïe. Oui, tout à fait, oui. On se calme. Vous ne l'avez pas, celui-là ? Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe, c'est pas mal. Avec qui, la chaise, là ? Le tabouret. Et puis le trou du cul qui saigne. Voilà. Non, mais quand vous aurez fini vos conneries, les gens, ils pourront peut-être répondre. Oui, c'est vrai. Il y en a qui veulent répondre et faire un débat sérieux. Alors, euh... Est-ce que vous l'avez, ce capsule ? Euh... C'est qui qui demande ça ? C'est Finger. Je sens que tout à l'heure, on va conclure, hein ? Oui. Alors, préparation H. Oui, ben, je viens d'arriver, j'ai pas entendu la question. Alors, les hommes utilisent-ils des animaux pour communiquer ? Les hommes, ben non, je crois que c'est interdit par la loi d'utiliser les animaux pour niquer, donc... Pour communiquer ! Ben, que ce soit en communauté ou pas, c'est pareil, c'est interdit, c'est tout. Non, mais je crois que... Non, mais discute pas, c'est tout, c'est la loi. La loi, elle est appliquée, il faut se plier, c'est tout. Moi, je suis d'accord. Ben, couscous. Non, non, moi, je suis d'accord. Non, non, moi, je suis pas d'accord. C'est impossible, on peut pas niquer dans la commune avec un dromadaire. Fais pas les animaux ! Fais pas les animaux, t'écorches les moutons, salauds ! Putain, t'en as qui sautent des phacochères... Vous allez énerver, couscous, arrêtez ! Intégriste ! Hé, Gérard, c'est pas parce que tu niques un phacochère que tout le monde a le droit, hein ? Ça y est. C'est le combat. Non, mais... C'est pour l'eau, c'est pour l'eau, c'est pour l'eau, pardon, Gérard. J'ai le cou moisi, là. Ouais, moi, je veux bien me sacrifier et m'appeler Fildar, t'as qu'à faire. Non, non, c'est bon, c'est bon, ça va aller. Pour passer la pub des chaussettes qui te puent. Non, ça va. Alors, moi, je peux vous dire une chose, comme vous êtes en train de déconner, le débat, il s'arrête là. Non, non, Gérard. Encore une question. Non, non, non, non. Encore une, là. Il était bien, il est bien, le débat. Non, non, ils sont tous gentils, n'est-ce pas, les auditeurs, vous êtes gentils ? C'est là pour comprendre les gens qu'on est cons. Ouais, c'est vrai. Non, Manu ? Alors, les transmissions de pensées, est-il un moyen de communication en faisant l'amour ? Et ça sera la dernière question. Est-ce que tu peux la répéter, s'il te plaît ? Alors, les transmissions de pensées, est-il un moyen de communication en faisant l'amour ? Manu ? Quoi ? Tu fais chier. Alors, 40 bars. Est-ce que, à ton avis, tu sais à quoi je pense, là ? Non, eh bien, tu vas le dire. Ben, contenté, Jean. D'accord, eh ben, bonne nuit pour toi, 40 bars. Faisons-te... Non, non, c'est bon, c'est terminé. Est-ce que t'as une réponse à donner ? Qu'est-ce que t'as à donner sur la question, 40 bars ? Les transmissions de pensées. Moi, je sais qu'avec ma copine, sans faire exprès, on dit beaucoup de choses semblables ensemble. C'est-à-dire ? Eh ben, c'est-à-dire, oui, avec nos meilleurs potes, c'est ça. On a la même expression, des fois, ou des trucs comme ça, quoi, en faisant l'amour, et tout, c'est bien. Vous faites quoi ? Hein ? C'est... Ah, vas-y, c'est bon, c'est bon, c'est bon. C'est très bon. Préparation H. Je ne vais pas le dire, celui-là. Oui, ben, moi, je suis sûr qu'après l'amour, comme tu disais, toi et ta copine, vous avez de la transmission de pensée, que vous avez envie d'une gamelle de fresquises au même moment. Toi, tu ferais mieux de faire des préparations pour cons. Fildar, mets-nous un double son, là. Ah, j'ai pas, j'ai pas envie. Non, arrête, arrête, arrête. Fildar, il t'a un peu le faux cul, là, ce soir. Ouais. J'ai pas besoin d'utiliser la pensée, parce que je crie très fort, donc je pense qu'il entend assez. Fildar, mets les auditeurs en double son. Tu jouis ? Je jouis, je jouis, je jouis très fort. Tu jouis très fort ? Je jouis et pas. Lui, je jouis, ça dépend. Oh, Aziz ! Fildar, mets les auditeurs en double son. Ben, moi, sexuellement, avec mon copain, ça se passe très bien. Ah, t'es un copain, toi ? Ouais, ouais, ouais. Tant pis, Tony. Je crois que c'est un dommage. On est au top au niveau transmission de pensée, et puis tout va bien, quoi. On est exactement sur la même longueur d'onde. Moi, je vais te transmettre, moi, salope. Tu viens de trouver quand tu veux. Ton tampon, il vient de tomber, là. Ça arrive. Là, quel équerre on va faire ? Vous êtes perpés, vous. Vas-y, Gérard, on enchaîne. Non, non, mais on prendra peut-être qu'il se calme. Donc, Aziz. J'ai absolument pas envie de faire ça. Couscous. Ouais, Gérard, c'est vrai que depuis que tu t'es fait enculer par une lampe torche, on t'appelle la luciole. Couscous, tu restes poli, parce que sinon, ça va mal finir pour toi. Ouais, tu vas gerber, hein. Moi, je suis d'accord avec Aziz. Gérard, je te... Sous la console, là. Je le coumoisille. La transmission de pensée, pourquoi pas. D'accord. Alors, moi, je peux vous dire une chose. Il y avait un truc que je voulais dire. C'est que pour les aveugles, le moyen de communication... Le moyen de communication... Bon, tu es calme, s'il te plaît, Manu. Merci. Et après, on fait la conclusion, comme ça, ça va être terminé. Donc, pour les aveugles, c'est sûr que c'est pas évident pour eux de pouvoir communiquer. Et c'est... Maintenant, je crois qu'il y a des nouveaux trucs qu'ils font. Donc, on va demander la conclusion du débat à 40 bars. À moins qu'il y avait une question hier, c'est non ? Oui, il y a Sandi, la pute, qui demande qui veut lui bouffer le cul. Mais bon, c'était pas le thème du débat. Voilà, bon, donc, 40 bars, conclusion. Deux choses à dire. Déjà, tu t'es fait griller parce que 40 bars, en fait, c'était 40 bars. Et deuxièmement, toutes les expressions de Christine, c'était moi. Donc, j'ai pris le plaisir. OK, ben... À la semaine prochaine, Gérard. C'est ça, ben, tu repasseras pas la semaine prochaine pour toi. Et ils vont être sur moi. C'est ça. OK, ben, tu repasseras pas la semaine prochaine pour toi. Préparation, préparation H. Ouais, alors, deux choses aussi. La première, c'est que je te mets un fulgurant pour où je pense. Et la deuxième, c'est que tu t'es trompé. Tu l'as appelé j'ai le coup moisi au lieu de j'ai le con moisi. Et on savait déjà que t'avais le coup moisi, c'est clair. D'accord, ouais, tu l'as dit, Thomas. Enculpant qui ? Ouais, ben ouais, c'est comme d'habitude. Toujours aussi nul, toujours aussi à chier, toujours aussi... Toujours aussi Gérard, quoi. Eh ben, dans ces cas-là, Thomas, c'est simple. Tu allais bouffer tes tomates, comme ça, tu nous emmerderas plus qu'on nous fait des conneries. Bravo Gérard, ouazis, t'es bien calmé. Ouais, eh ben, moi j'ai trouvé que le thème du débat, il était franchement très très intéressant. Ouais. Il était vraiment bien, mais c'est dommage que ce soit toi qui l'a présenté. Ah mince. Pourquoi ? Ça parlait bien. Pourquoi ? Ben, parce que t'es toujours aussi catastrophique et rien ne change, quoi. Ben, dans ces cas-là, tu fais pareil, tu la gardes ton ouazis. Ouais. Gossos. Gossos. Ouais, ouais, ben, le débat, il était pas trop mal. Bon, il y avait un petit peu de bordel dans la maison, mais sinon, c'est toujours de la merde. Ouais, mais de toute manière, eh, Gossos, non, n'empêche, on aime bien t'avoir dans... J'aime bien t'avoir quand même dans les débats. Tu le sais bien, on rigole bien avec toi. Ah, d'accord, je te réserverai une petite égorgerie de... C'est ça. Ok, allez, bonne soirée à toi, Gossos. J'ai le coup moisi pour finir. Ah, mais je rouillais pas. Bah oui, je sais, on fait tous ça. Ouais, moi, je voulais seulement dire, enfin, je voulais seulement te demander si je pouvais avoir la grosse vilaine au standard, après. La grosse vilaine, c'est qui ? C'est laquelle ? C'est quel mystère ? Euh, non, tu vois, tu l'auras pas. Donc, voilà, donc, c'est tout, c'était ta conclusion ? Ah, bah ouais. Eh ben, c'est bien. Je te souhaite une bonne nuit aussi. Eh ben, moi aussi. Je te kiffe, l'ascar. Eh ben, moi, je veux pas moi, ok ? Donc, c'est dommage qu'il y ait eu des petits... Petite conclusion de l'IRC, quand même, avant de finir, de Yankee. Quand on se balade avec un tekelborg et qu'on n'a pas d'amis, on fait pas des débats sur la communication. Euh, Gérard, c'est une pute. Non, on va pas dire ça, quand même, c'est pas gentil. Et, euh, bah, c'est... Apparemment, il y a que des trucs méchants. Eh, on était combien, quand même, là ? On est remontés à combien ? Là, on est quand même remontés à 3867. Combien ? 3867. C'est le record, non ? Je sais pas. Bah, si, c'est le record, 3867, je crois. Je crois qu'à la dernière fois, on avait fait 3400, là. Donc, là, à mon avis, on a battu le record, ouais. Eh ben, on aura les sondages, les mecs, ça va faire plaisir, hein. Bravo. Bravo, bravo. On aurait peut-être été un peu plus s'il n'y avait pas eu le problème avec Manu, en ce temps-là. Ouais. Ouais, ça, c'est vrai que Manu, cette semaine, t'as fait chier le monde. Ouais, mais toi aussi, t'as quand même fait un peu ta merde. Non, je t'ai... C'est ça, ça fait quand même un peu ta merde aussi, toi. Faut pas l'oublier. Donc, voilà. Oui, Rigo, pour finir ? Non, rien, j'attendais une félicitation de papa. Non, mais c'est bien, de toute manière, il a bien bossé, Rigo. Il y a que lui. Il y a que lui qui bosse bien, en ce moment, alors. C'est bizarre, quand même. Ouais, non, mais il y a que lui. Ça cache quelque chose. Non, non, mais il y a que lui. Il y a que lui qui bosse comme il faut. J'ai remarqué aussi. Parce que lui, on ne l'entend pas. Quel plaisir de te retrouver, en tout cas. Donc, pour moi, la conclusion des moyens de communication, dommage que ça foirait, mais sinon, je pense que dans l'ensemble, c'était pas... Bon, écoute, je crois que tous les records ont été battus. Bravo. Un fil d'art, tu continues, ça se voit que c'est terminé. C'est terminé pour toi, un fil d'art. Tout ça, la semaine prochaine, on trouvera peut-être quelqu'un d'autre. Ouais, j'ai l'impression, parce que là, le double son, j'aime pas trop. Par contre, je voulais signaler que celui qui s'amusa à envoyer un truc bidon sur l'IRC en mettant avec 10 poules... Oui, donc c'est faux. Voilà. Donc, je vous souhaite une bonne nuit. Vous allez retrouver Rousseau pour la nuit sans pub. Et demain, 6h-9h, Barthes. Et puis, Max à partir de 22h. Arrête. Tu vas prendre une gaufre avant la fin, toi. Et vous allez retrouver Max à partir de 22h. Il y aura des surprises, d'ailleurs. Il y aura des surprises. Déjà, il y aura Jean-Denis Debert, puis il y aura plein de petites surprises, peut-être. Non, mais pas par rapport à toi, mais des trucs nouveaux. Et moi, je vous retrouverai la semaine prochaine, si tout va bien. Bon, à la bonne nuit à tous. Et je voulais faire un petit cadeau, je voulais me faire plaisir, parce que tu as 10 minutes avant, avant de reprendre le programme officiel de l'antenne, où il y a une compilation qui s'appelle F-Communication, la belle français. Ils ont sorti des compilations Musique pour Plante Verte. Ils avaient également sorti déjà une compilation Megasoft Office 97. Ils viennent de sortir la compile 98, avec dedans Nova Nova, LJIA, Frédéric Galliano, Readymade. Que les artistes français ont fait un compte avec des noms un peu étrangers. Et là, sauf un ou deux, et là on va écouter Aquabassino qui s'appelle The Melokey Voilà. == Le débat sur New York == === Contexte === === Les personnages === === Transcription === Les débats pas de radio et pas d'insultes de Gérard Et voilà, donc bienvenue pour, donc Gérard 35, donc bienvenue pour le premier débat Alors ça, ça, une fille d'art, tu vas te prendre une claque Tu vas te prendre une gaufre, mais méchante tout à l'heure Pourquoi ? Tu me refais ça Mais attends c'est propre Non mais je lui avais dit qu'elle avait un surnom Elle ne me l'a pas dit donc je ne peux pas le démerder C'est moi qui vais me démerder, c'est pas grave Donc premier débat qui va porter sur New York Donc vous pouvez toujours nous appeler au 0875 000 0803 08 5000 et toujours IRC, donc www.fr, jeune radio Et ça n'arrête pas de monter, on est déjà à 2413,8 connectés Eh ben c'est joli Gérard Alors on va accueillir Cutepool, 24 ans, qu'on écoute Fun Radio à New York sur 93.4 Bonjour Cutepool Salut Gérard On va accueillir Saucisson à l'ail, 101.9 Paris Allo Allez y'a toi, c'est bon Allo Salut Gégé Salut Non mais c'est parce que je t'entendais pas, donc c'est pour ça Allo Allo Allo Allo Allo Allo Ça commence C'est quoi ça ? C'est à côté, là, ils font des essais, là C'est ce truc, là Non Ça y est, merci Euh, Sufboun, 21 ans, 103 points, 100.3 à Le Mans Bonsoir Bill Big Bill Big Bill Euh, tu dis bonsoir correctement et tu l'as pas commencé Parce que sinon tu vas pas faire la première question, je te le dis tout de suite, ok ? Bah tu viens de dire que c'était toi qui faisais Bill dans le Big Bill Bon, je t'ai pas demandé si... Je t'ai pas demandé à quelle heure elle était, si ta sœur faisait du vélo Ok Alors euh... T'as l'air prêt ou pas ? Ouais, toi, je te signale que tu es allé voir Pildar tout de suite au standard Jérard, t'accueille les gens, s'il te plaît Hé, Gérard, Gérard, Gérard, le... Non, non, non, j'ai rien J'ai rien J'ai rien J'ai rien Ah bon ? Donc euh... Non, j'ai rien dans le froc J'ai rien dans le froc Donc 22 ans, une écoute 94.6 à Salo Allo Exactement, bonsoir Salut, Tony, ça t'apprendra ce qu'on t'avait vachement reconnu C'est pas grave, c'est pas grave Ah mais j'ai rien dans le froc, Tony, tu vois Voilà, donc euh... Non, mais on va mettre Tony C'est mon nom de famille Tony, c'est Arnett Ouais, c'est ça, t'as raison Avec cuisses de blours Salut, Gérard On écoute à hausse 98.7, hein Et peau de chambre à dinant 103.5 Ouais, salut, Gérard, ça va ? Salut Donc, alors, première question qui porte sur New York Alors, êtes-vous allé à New York ? Bon, celui qui commence à rôter déjà, il va commencer à fermer sa gueule Parce que ça va aller vite avec lui D'accord ? C'est du calme, Gérard Ok, ben celui qui rote aussi Alors, première question : êtes-vous allé à New York ? Si oui, quel type de transport avez-vous pris ? On va demander à Saucisson à l'ail Ouais, j'y suis déjà allée Et donc, le transport que j'ai pris, c'est bien sûr l'avion Et quand j'ai pris l'avion, j'ai énormément faim D'accord Question de Gérard, je suis en train de parler Il y a Davey1 sur l'IRC qui te demande : c'est quoi la fréquence de fun à New York ? Alors là, je ne sais pas Et il faudra demander ça à Pildar Attends, je vais vous donner ça dans deux minutes Alors, cul de poule Oui, moi j'y suis allée J'ai pris des gros taxis jaunes D'accord Sous ce boule Moi, je n'y ai jamais été, mais ça me dirait bien Tony ? Non, je ne suis jamais allé à New York D'ailleurs, j'ai été un petit peu vexé que tu ne m'aies pas invité à aller en avant-première Attends, ce n'est pas moi qui ai décidé, c'est la radio, d'accord ? Désolé Cuisse de blour Oui, moi j'ai décidé d'aller et j'ai pris l'avion D'accord J'ai la fréquence, Gérard Oui A hundred four four five Six point five seven Non, mais tu parles français, s'il te plaît You got a man in the film Oh, derrière vous, vous vous calmez, s'il vous plaît, merci Non, non, non La fréquence A hundred five four point seven Bon, alors quand tu parleras en français, je te répondrai Cent quatre point sept Cent quatre point sept, ça m'étonnerait Il parlait pour les New Yorkais chambre oui oui non pas de chambre tu apprends la question qui m'a dégagé bon j'étais en état plein avec le micro d'accord je crois que t'as pas tellement compris d'aller la question je crois que non mais je crois que t'as pas tellement compris êtes-vous allé à new york si oui quel type de transport avez-vous pris tu lui expliques comment ça se passe en débat il comprend mais je lui dis tu y expliques tu y expliques tu y expliques parce à mon avis il n'a pas tellement compris le truc donc alors moi tu utilises à brèze d'un gérard pose des conditions et d'abord c'est n'importe quoi avant la fin de l'émission tu pourras peut-être recevoir le restant du café surtout sur ta gueule ok donc qu'est ce que je voulais dire ouais je voulais dire que donc bon ben j'ai été à new york on était j'ai été avec samedi donc on a pris l'avion c'était super bien alors les habitants de new york paye-t-il moins d'impôts qu'à paris on va demander à peau de chambre bon alors et peau de chambre on t'a sélectionné c'est pour quoi faire seulement on t'a sélectionné c'était pourquoi faire pour participer au débat ou pour te foutre de ma gueule je peux vous pas de ta gueule je réponds même pas new yorkien je suis à paris moi non mais moi je te demande à paris c'est pour ça que j'ai 103.5 dix noms ah oui ah ouais dix noms tu prendrais pas les gens pour des cons celui qui s'amuse à seul qui s'amuse à dire que je suis dehors tout à l'heure avait dégagé et je veux pas chercher je vous préviens soit vous répondez correctement question soit vous vous foutez de ma gueule et vous n'avez pas envie de participer au débat ça sert à rien qu'on vous sélectionne ok c'est clair et net oui il y a encore des v1 qui 2 qui te demandent si les nouilles york c'est un plat surrénien à la fin pour l'instant on n'est pas arrivé à la question qu'est-ce qu'on mange là bas alors on va demander un peu de chambre s'il est réveillé alors tu as commencé à tout de ma gueule là ou quoi je n'ai pas entendu la question alors que j'ai demandé la première fois apparemment il a dit j'ai pas envie d'y répondre alors s'il a pas envie d'y répondre du parti c'est pas au débat ça sert à rien de se laisser s'il vous plaît c'est moi qui commande je vous préviens si on vous sélectionne on se calme si on vous sélectionne c'est pour participer au débat si vous voulez pas participer ça sert à rien qu'on vous sélectionne c'est clair et net alors pas de chambres les habitants de new york fait une moins d'impôts qu'à paris d'accord pourquoi aussi il faut peut-être expliquer un peu alors tu peux expliquer non mais attends non mais là je crois que tu as compris ta question mais je ne sais pas y répondre j'habite pas à new york et voilà je crois pas trop mieux maroc et cuisses de blour tu peux répéter la question elle vous commence à me les gonfler là mais non mais j'ai pas entendu mais les oreilles c'est comme le cul ça ça vous avez très bien compris la question maintenant j'arrête et tu me suis pas avec une semaine alors si j'ai si tu n'as pas compris la question je passe à tony merci je crois qu'il comprenne pas le sens de tes questions mon gg alors tony moi je voulais dire que les habitants de new york ils doivent payer un petit peu plus d'impôts parce qu'il me semble que le dollar c'est plus fort en amérique qu'en france en fait ouais mais d'ailleurs tu pourrais témoigner même toi parce que tu as vu que mon c'est qu'ils ont payé plus plus d'impôts parce qu'il paraît qu'il ya un gros monstre qui a tout détruit dans la ville ça fait qu'en fait ils ont payé plus d'impôts mais attendez il ya une question il ya booster qui te demande enfin il te demande pas il explique que les habitants de new york ne paye pas souvent de pot c'est pour ça que les bistrots sont vides non mais non mais je vois pas du tout le rapport gérard thiel et dans les histoires la bataille qui peut nous en parler non non pour l'instant on n'est pas en train de parler des cafés d'accord si je boule je pense que le gros monstre de payer beaucoup d'impôts parce que les gens vont fuir l'art tu me cherches celui qui fait le con était un ton micro parce que tout à l'heure je vais ça va même se terminer pour ton matricule alors si vous pour toi moi je pense que il fait beaucoup d'impôts parce que le gros monstre à l'oeuvre de new york il doit avoir une grosse maison quand même ok saucisse en l'aïe sérieusement moi je pense qu'à new york que les gens ont plus d'avantages que la france parce que notamment les problèmes des impôts comme on parle non mais tu peux préciser le fond de ta mais pourquoi pourquoi parce que il faut qu'il paye des impôts et c'est comme ça d'accord c'est en dollars gérard non sans de son dollar pour l'instant c'est lui de chercher qui c'est qu'on est en train de faire le compte de l'euro pour l'instant c'est lui de chercher qui c'est qu'en train de faire le compte de l'euro pour l'instant c'est lui de chercher qui c'est qu'en train de faire le compte c'est pas demandé de filard ce signal au lieu d'allumer ta club tu essaies de savoir qui fait le con parce que sinon c'est toi qui déroule je te préviens tu la cherches tu de suite jamais toi ce qui fait un l'aïe mystère permet ça suffit d'accord alors tu poules oui ça dépend de ta vie dans new york et à côté du tower bridge tu payes tu peux répéter la piste et j'ai pas compris le tu peux répéter la piste et j'ai pas compris le je peux pas vous dire parce que comme nous on a été on a été dans new york tout ça va être à new york trois jours tu peux pas dire tu connais le york non maintenant en trois jours tu peux visiter new york je suis désolé gérard tu as été dans le groupe quoi tu as été dans le groupe c'est où ça c'est à côté de harlem normal à temps il ya des grands négros avec des couteaux de châssis c'est tout ce signal qu'on a on a visité certains quartiers et je peux vous dire une chose que c'est quand même pas évident de se balader là dedans pour vous dire ça tu dis au fil d'art oui mais je peux pas deviner je n'avais tu peux pas dire c'est ton boulot tu veux faire le sondage maintenant tu fais ton boulot correctement pas du tout d'accord ok gérard en attendant à propos du bronx sur hier c'est on me demande si tu as coulé un bon non non donc j'ai pas vous dire s'il paye plus d'impôts que nous à paris ça je peux pas vous le dire parce qu'on n'a pas eu à faire des recherches non on n'a pas eu l'occasion de trop discuter avec les gens et tout donc en porte que on ta gueule à toi je t'emmerde et est-ce que tu as rencontré à bittelborg de quoi tu as rencontré à bittelborg n'importe quoi toi tu es en train de planer à 24 alors j'ai un tel et à new york pour voir un film c'est ça bah oui c'était quoi le film de cul à zobzila contre les présences n'a rien fait gaffe à toi tony parce que tu as l'heure tu as dégagé je te signale tentera de rester à carreau si tu veux finir les dix questions non mais moi je te dis t'as intérêt à te calmer ok pas de problème mais pour l'instant on n'en est pas arrivé là d'accord d'accord alors on commence quand on est à new york leur spécialité d'abord pour vous donc on va demander à un mec en moto toi tu cherches d'une sorte un trou bleu il est un portable en plus c'est sûr allez-y continuer et attend parce que lui veut pas faire son boulot au c'est bon apparement apparemment il s'est arrêté apparemment il s'est arrêté basique à tout à l'heure je vais me lever j'ai tant que les mines ça va faire tout drôle à vendre avant la fin toi je te le dis merci alors pour calmer le débat oxy qui dit qu'un jour il ira à new york avec toi on y jouera tu verras non mais ça c'est une chanson donc je m'en fous alors que le mensonge c'est pas gentil de ta part m'a ainsi votre manière j'irai pas à new york avec lui j'irai plutôt avec ma femme non personnellement j'ai pas trop on comprend pas trop bien ce qu'ils nous disent à part excuse me excuse me ou qu'un tueur et ça c'est ça là donc on revient sur la 6 à l'aïe il n'a rien fait gérard il ya jupilère qui te demande si à new york a vu starsky hutch non alors on revient à la troisième question que m'en sont quand on est à new york leur spécialité on va demander ça à peau de chambre vous commencez vous commencez à me casser les couilles sérieusement on est déjà la troisième question vous commencez à foutre un foot boîte merde c'est pas bon une amie si ça va pas être bon pour le deuxième débat je le sens alors peau de chambre tu crois qu'ils mangent des frites à bas tous en même temps s'il vous plaît cuisse de velours je viens de répondre à la question non mais je demande à peau de chambre c'est pas qui répond c'est pas mal tony il me semble aussi que c'est beaucoup d'aval de sauvetage de viande rouge et de frites d'accord ce boulot moi j'étais dans un fast food et j'ai pris un menu mcgaver anthony tony tony tony laisse le parler donc j'ai pris un menu mcgaver un couteau suisse d'accord tu vois mon pote à temps qu'il y a un couteau suisse une boussole et un sandwich au paté d'accord tu vois mon pote attendez j'ai un couteau suisse j'ai un couteau suisse et un sandwich au pâté d'accord tu vois mon pote attendez j'ai un couteau suisse et un sandwich au pâté ça c'est pas comestible dans ce cas tu sais ce que tu vas faire tu vas aller voir fildar tu vas aller voir fildar au standard maintenant ça va être terminé pour toi je peux pas l'aider hein non non mais c'est bon tu prends quelqu'un d'autre parce que j'aime pas les cons qui s'amusent à dire des conneries donc on n'a pas le droit d'être drôle saucisson à l'ail alors la nourriture la plus répandue je dirais les hamburgers les hot dogs les frites et les oeufs brouillés et comme c'est ça je prendrais une pomme d'accord cuttool bah moi j'ai entendu dire qu'ils faisaient des hot dogs avec des chiens écrasés mais bon alors cuttool cuttool oui je crois que t'as pas tellement bien compris la question bah si arrête pas vas-y non mais attends tu crois que je m'amuse à faire que ça toute la soirée je vous demande ce qu'ils mangent je t'ai dit ils mangent des hamburgers faits avec des chiens écrasés ouais bah ça ça rend signe qu'on mange des bêtes non mais pas du tout j'ai l'impression que moi j'ai l'impression que tu saurais ce qu'ils font des hot dogs avec des chiens écrasés d'accord alors moi je peux te dire une chose que c'est beau donc le les plats le plus qu'il y ait demandé attends c'est le qui s'amuse à à rnipler comme un comme un un bœuf c'est Sandy alors Sandy à ton merde toi d'accord pétasse ça ça va aller vite maintenant je vous préviens je modère pas mes mots alors ah bon on a vu là gare au gorille donc donc qu'est-ce que je disais donc ouais je voulais répondre donc bah c'est sûr que la spécialité d'avoir c'est hamburger brouillé voire même café du café souvent c'est hamburger café là-bas en règle générale donc ouais non mais c'est vrai qu'ils mangent aussi des glaces mais je pense que merci pour le larsen quand je parle c'est sympa donc je peux dire que c'est vrai qu'il y a aussi il y a des glaces mais quand il fait froid ça m'étonnerait c'est vrai qu'il y a beaucoup Gérard c'est vrai qu'il y a beaucoup d'obèses aux états unis non non mais je peux je peux dire que en règle générale là dans dans dans les quartiers attendez s'il vous plaît merci déjà je vais couper je vais te répondre Tony après mais il y a une question hier c'est que peut-être important oui il y a Jardis Couture qui te demande quand tu es allé à New York est-ce qu'il y avait encore le vaisseau d'indépendance B au-dessus de l'Empire State Building non qu'est-ce que je voulais dire merci c'est pas à Manu qu'il faut les envoyer c'est à moi d'accord alors pour la première question êtes-vous déjà allé à New York alors il y a 50% des gens qui ne connaissent pas New York dans la Manche alors ça la Manche c'est dans le département 50 donc je vois pas du tout l'Europe il y a New York là-bas non mais il faut passer par la Manche pour la New York c'est la mer la mer tu connais pas la Manche non mais attends tu me dirais il faut traverser la Seine pour aller à Suresnes c'est pareil à Broutille 32% des gens répondent ne répondent pas aux mondiaux donc je vois pas du tout le rapport avec êtes-vous déjà allé à New York qu'est-ce qu'il y a encore 18% sont allés à Euro Disney alors je sais pas si Euro Disney ils veulent parler d'Euro Disney celui qu'il y a à Paris mais à New York ça s'appelle pas Euro Disney c'est même pas Disneyland c'est Disney World c'est Disney World je crois que le parc d'attractions là il est en il est en voie de disparition oui Rigo il y a Raptor qui te demande vu qu'il n'y avait pas le vaisseau d'indépendance D est-ce qu'il y avait King Kong sur l'Empire State Building non plus donc je répondais à qui c'était donc Tony tu peux me je répète pas la question donc tu voulais me parler s'il y avait des obèses voilà j'ai très bien compris je répète pas la question si ça te plaît pas mon pote tout à l'heure tu vas dégager et puis je vais pas te répondre tout de suite vas-y on te réponds quand même alors donc pour te dire s'il y avait des obèses là-bas je sais qu'on en a vu pas mal et c'est vrai qu'il faut voir aussi ce qu'ils mangent parce que quand tu vois le nombre de restaurants qui sont les uns à côté des autres ça fait un restaurant tous les 20 mètres à peine grosso modo et je peux te dire une chose grosso modo il y avait un restaurant tous les 20 mètres oui Rigaud avant qu'on fasse une pause non il me demande si attends c'est méchant il parle de Sandy bon alors c'est pas la peine donc alors j'ai une question est-ce qu'ils ont toujours le syndrome de la vache folle au McDo non mais attends je vois pas du tout le rapport avec New York là dans les hamburgers non mais attends je vois pas du tout le rapport parce que le temps c'est pas le temps je vois pas du tout le rapport parce que le temps c'est pas le temps je vois pas du tout le rapport parce que le temps c'est pas le temps je vois pas du tout le rapport parce que le temps c'est pas le temps le truc sur la vache folle ça vient pas de New York ça vient d'Angleterre donc vas-y toi parle plus fort comme ça on comprendra bien donc oui moi j'aimerais te poser une question est-ce que tu crois que la viande qu'ils mettent dans les hamburgers est-ce que c'est la même viande qu'on prend attends 5 minutes tu parles encore plus fort je comprends pas c'est de la viande de riz c'est de la viande de riz dans les hamburgers attends mais je pense à les 24 lignes je suis en train de me faire une question je suis méchant attends 5 minutes je vais bouffer ton saucisson en lait attends tu fermes ta gueule toi connard ok connard écoute je fais les 24 lignes ouais tu fais les 24 lignes et tu parles moins fort quand les gens ils parlent ok allô non Gérard arrête arrête arrête de le frapper Gérard arrête il continue ton débat bon alors saucisson en lait vas-y je t'écoute vas-y avant qu'on fasse ta pause oui donc je voulais te poser la question suivante est-ce que tu crois que la viande qu'ils mettent dans les hamburgers est-ce que tu crois que c'est la même viande qu'en France ? si je pense si parce que c'est faut dire une chose que les hamburgers donc c'est des trucs qui sont apportés d'un peu partout dans le monde donc c'est de la viande hachée donc je pense que ça peut être de la viande fabriquée aussi ouais mais je pense bon on arrête pour cette question maintenant tout le monde a répondu alors que représente New York pour vous et on va s'écouter on va s'écouter quoi ? la croûte des pieds de ma femme sont bonnes avec du caviar et on se retrouve tout de suite après au 0800 308 5000 et 0870 5000 et toujours www.inter.radio sur le site internet que Rigo vous attend à tout de suite à tout de suite à tout de suite au revoir bonne radio et donc il y a toujours Rigo qui vous attend sur le site internet www.fr j'ai une grande nouvelle on a déjà dépassé les 3000 personnes alors qu'il est qu'une heure du matin on est en train de voir tout l'heure ce qu'on a 3104,3 ouais mais j'espère qu'il y en a pas qui vont s'en aller à cause de fil d'arbre on vient de s'écouter quoi Gigi ? on vient de s'écouter les croûtes de pieds de ma femme sont bonnes avec du caviar vous pouvez toujours nous appeler au 0800 308 5000 il y a toujours monsieur fil d'arbre quand il sera décidé à faire son boulot correctement parce que les 24 lignes sautent mais il prend personne au standard donc ceux qui essayent d'appeler n'ayez crainte c'est fil d'arbre qui déconne allô ? hein ? on retient les lignes qui sautent alors donc on récupère cul de poule c'est bien si Manu ? oui je peux avoir les gens ? ah bah excuse-moi merci donc on récupère cul de poule oui je suis là rebonsoir rebonsoir saucisson à l'ail salut salut euh sudboule toi tu viens d'arriver bonsoir euh Tony salut ma couille salut cuisse de poule cuisse de blour pardon moi je suis là euh pot de chambre pour terminer allô Gérard ok alors donc la question c'est que représente New York pour vous ? alors on va demander ça bah on va demander ça bah bah bah cuisse de blour tiens bah pour moi ça représente un lieu historique enfin je parle de la société de liberté ouais et et voilà c'est tout ça euh pour toi euh ah ouais mais toi tu y as jamais été ouais ouais je parle de ouais ouais donc euh avec les boutiques en fait hum d'accord mais euh t'as pas eu l'occasion de d'aller dans dans dans le centre de dans le centre ? non non d'accord euh pot de chambre ? ouais bah moi ça me fait penser aussi à ce qu'il y a de la liberté et puis au cinéma mais attends mais pourquoi le cinéma ? euh je sais pas si t'as vu Dimorphi dans la presse à New York ? mais non mais mais attends mais mais attends pot de chambre non mais je vois pas du tout le rapport que représente New York pour vous toi tu me dis la statue de la liberté et les cinémas mais attends mais je vois pas du tout le il a raison moi j'ai vu aussi euh perversion non mais attends Tony pour l'instant je demande à pot de chambre oui oui bon alors vas-y Tony si tu... bon toi pour toi c'est le cinéma et la statue de la liberté c'est ça pot de chambre ? hum hein euh Tony non mais je voulais dire qu'il avait raison parce que moi j'avais vu perversion anal à New York aussi et ça parlait de New York et puis il y avait Antoine Lefond de New York ah Delphine excuse moi allô ? ouais salut chérie ça va ? ça va ? ouais non mais euh Tony ouais Tony tu arrêtes s'il te plaît ? je te rappelle plus tard là je parle à Jean-Loup non Tony s'il te plaît je parle au bouffe de l'antenne ok ok Tony ! euh ouais et puis aussi ce que ça m'inspire aussi New York c'est des filles blondes qui vont se baigner à moitié à poil en baillot de bain rouge dans la tamise non mais attends parce que là je vois pas le rapport tu veux dire la série ? euh Suzeboule ouais ça me fait penser à King Kong et Godzilla d'accord ouais tu vois tu peux... je vais répéter la première question du débat je vais y répondre non non je répète plus les questions euh saucisson à l'ail alors ce que ça représente bah la statue de la liberté les vacances et évidemment les beaux garçons d'accord ah ben donc voilà cul de poule ouais moi ça représente 6 mois de ma vie je suis partie 6 mois là-bas j'ai fait la fête pendant 6 mois quoi ouais mais alors pas con alors comme toi tu y as été pendant 6 mois ouais donc tu peux me dire qu'est-ce que t'as visité ? j'ai visité plein de trucs mais j'ai surtout fait la fête en fait j'étais dans les boîtes j'étais pas là-bas pour visiter vraiment quoi j'allais à la statue de la liberté dans l'Empire State Building pourrais-tu nous inviter quand même ? voilà pourrais-tu nous inviter ? mais attend non mais la prochaine fois j'y retourne bientôt y'a une question hier c'est Rigaud non ? ouais y'a Davy Wan laisse tomber Rigaud laisse tomber non mais attends euh Rigaud impose-toi Rigaud assieds-toi Gérard toi fais gaffe parce que tout à l'heure j'étais éclaté toi Gérard y'a juste Davy Wan qui te demandait si New York c'était la capitale des Etats-Unis euh je... non c'est Washington pour le remettre à sa place voilà alors euh donc tout le monde a répondu donc euh pour moi que représente New York ? donc bah bien sûr y'a la statue de la liberté y'a le stadium building y'a le central park y'a la cinquième avenue qui est super belle à visiter avec euh Manhattan hein ? Manhattan c'est où ça ? c'est New York ouais mais euh attends tu peux préciser le fond de... Manhattan bah euh Manhattan ? ouais ouais bien sûr on a visité tous ces coins là on a même visité le Wood Boulevard ? mais on a même visité le... les quartiers euh chinois, italiens et... et autres t'as visité le Wood Boulevard Gérard ? hum ? t'as visité le Wood Boulevard ? bah bien sûr on... je t'ai... qu'est-ce que je viens de dire ? on a fait la cinquième avenue on a... on a fait qu'une marché de... durant les... les trois jours mais qu'est-ce que t'as dit en le... attendez attendez tout le... tout le monde... bah pas tous en même temps ouais mais Tony je voulais te demander si t'étais allé dans le quartier euh Black à Amsterdam bah je viens de... eh qu'est-ce que je viens de dire dans les quartiers noirs espèce de... d'abruti ? ah excuse-moi j'ai pas entendu un pralem donc c'est un pralem ? bon euh celui qui... celui qui reçoit du monde là c'est plus la peine qu'il... qu'il participe au débat parce que ça commence à m'énerver eh dégage de chez toi tu les fais pas rentrer ok ok on veut pas... on veut pas... on veut personne arrêtez de rigoler là tu gères un peu ? eh tu fais quoi ? oh non je fais... tu fous ta merde mais non mais j'ai pas que j'ai une émission à faire avec le boeuf de soin de... oh non mais t'es en train de foutre ta merde ou quoi toi ? oh là là c'est nous New York euh donc qu'est-ce que je voulais dire moi c'est tout Gérard ? oui il y a Ethan sur IRC qui te demande si t'as rencontré des stars à New York euh alors qu'on... non on a pas eu l'occasion d'en voir à part que ils puissent... ceux-ci sont à l'aïe il y en a dû voir euh... euh moi j'ai vu Al Pacino et... et Jean Reno bon alors celui-là c'est plus la peine maintenant Fildar tu fais ton boulot correctement président de la république des Etats-Unis Bill Clinton d'accord euh Fildar écoute ton micro et tu me gères celui qui est en train de recevoir du monde parce que ça m'énerve je voulais te poser une question Gérard je voulais te poser une question est-ce que t'as été dans la... dans la rue tu sais où ils font leurs... ils laissent des empreintes de pieds là c'est avec leur nom ? euh ouais on l'a visité aussi ça on y est passé c'est Hollywood ? ouais c'est dans Hollywood boulevard bon Fildar tu gères maintenant ça commence à bien faire je vais ouvrir alors d'ailleurs je vais t'ouvrir mon poing dans ta gueule toi t'es allé à South Fork ? non euh les touristes vont tu le puces ? je vais plus facilement à New York qu'à Roubaix c'est pas la même ambiance ouais ouais c'est sûr c'est pas pareil elle est bien elle est bien la question donc euh on va demander à Tupoul ouais bah ouais moi je vais plus facilement à New York ouais je suis désolée pour les gens qui habitent Roubaix mais euh non non je peux pas là d'accord euh... ceux-ci sont à l'aïe ? non moi je pense que les touristes peuvent se rendre plutôt à Roubaix plus facilement ouais non mais attends parce que y'en a un qui est en train de faire le con tout à l'heure si je me lève il va s'en prendre une il va dégager des studios vite fait lui ouais donc je te disais je pense que les touristes peuvent se rendre plus facilement à Roubaix je vais t'expliquer pourquoi parce qu'à Roubaix ils peuvent s'y rendre en voiture ou en train et que c'est moins cher que l'avion c'est à quoi avoir à Roubaix ? à l'avion quand tu payes ton billet de train déjà que ça te fait cher en plus tu fais la queue pour avoir ton billet de train donc euh... mais t'as pas la statut de la liberté à Roubaix mais y'a des "bouldings" à Roubaix ? y'a pas de "bouldings" là-bas non mais vous la laissez parler c'est tout ok, bon merci euh... Susboul ? bah moi je pense que c'est quand même plus facile d'aller à Trifouille et Jours parce que c'est en France et c'est plus près n'importe quoi toi Tony ? ouais moi tant qu'à faire je préférerais aller à New York avec plus de poules qu'aller à Roubaix ouais ouais ouais ouais euh... Cuisse de Blour ? bon bah je préfère aller à New York c'est clair on t'emmènera on fera des trucs à Troyes attends attends y'a D-Light sur IRC ils demandent quelle langue on parle à Roubaix bah à Roubaix on... Roubaix quoi ? euh... non on parle le ch'ti-mi donc comme Roubaix c'est dans le nord donc on parle le ch'ti-mi voilà euh... Potcham pour terminer ouais mais on s'intéresse plus facilement à New York aussi ouais on part tous les 5 là d'accord, bah moi je peux vous dire je préfère aller à New York qu'à Roubaix parce que à New York au moins c'est... on t'en met un peu comme moi alors ? moi je préfère aller à New York parce qu'il y a plus de trucs à visiter que dans le nord de la France voilà voilà voilà donc alors y'a peut-être un... un petit sondage là mais je pense que ça m'étonnerait que ça fasse plaisir aux gens non monsieur Edou... Edou New-Yorkais de naissance 60% ont répondu euh... euh... 60% des gens le sont depuis le 1er janvier je vois pas du tout le rapport ça ça a rien à voir euh... après j'ai 30% des gens sont... des gens le sont depuis que Dieu est là alors là je vois pas du tout le rapport 10% des gens se... se sont fait vacciner contre New York cet après-midi n'importe quoi ça c'est des conneries au PD de... au PD de Fildar donc ça a rien à voir avec les questions donc je sais même pas pourquoi qu'on me donne des sondages comme ça, ça sert à rien du tout la sixième question celui qui s'amuse à vouloir répondre qui est pas sur l'antenne il va s'écraser merci bonjour Gérard alors qu'est-ce qui vous fait le... qu'est-ce qui vous a fait rêver à New York bonjour Gérard hé ça y est t'as fini ça y est t'as fini toi de dire allô Gérard là le connard putain c'est bizarre on l'entend plus alors euh... bonjour Gérard bah moi je sais pas aller à New York alors euh... je peux pas savoir ce qui peut me faire rêver le plus quoi non mais attends tu peux imaginer parce que t'as... ils en parlent quand même... non mais tu peux imaginer ils en parlent quand même à la télé non mais tu peux imaginer ils en parlent quand même à la télé non mais tu peux imaginer ils en parlent quand même à la télé ouais d'accord je crois que euh... il est blasé il est blasé non non pas du tout mais euh... j'ai une idée je crois que je vais le dégager ouais je pense plus de blours bah les beaux garçons le soleil t'as pas besoin d'aller à New York ma petite t'as pas besoin d'aller à New York ma petite tu viens à Paris bon Tony s'il te plaît tu te calmes non mais Tony tu te calmes ou sinon tu vas faire comme pas de chambre non mais Tony tu te calmes ou sinon tu vas faire comme pas de chambre non mais pourquoi aller si loin on la laisse parler ok vous la laissez vous la laissez Tony s'il te plaît tu laisses parler les gens après on te laissera parler d'accord alors tu laisses parler un peu les gens aussi ok merci donc cuisse de blours c'est bien ce que je dis mais je suis allée que 3 jours donc euh... tu y as été 3 jours ? ouais et de quand à quand ? bah j'en sais rien moi il y a 2 ans au moins d'accord Tony donc maintenant ouais mais New York j'ai eu l'occasion de connaître ouais mais New York j'ai eu l'occasion de connaître mais en fait que par la télé et puis ça me dit rien en fait je viens à Paris oui oui donc New York pour toi personnellement ça ça me dit rien franchement d'accord euh... suisse boule ? bah moi j'aurais voulu rencontrer Jock Ewing mais il est mort non mais attends qu'est ce qui vous a fait rêver à New York ? bah c'est Jock Ewing dans son orange non mais attends je vois pas du tout le rapport avec la question Tony s'il te plaît merci bon alors suisse boule ? et bah c'est Jock Ewing parce que... bah vous vous réveillez un peu parce que là c'est mort quoi oh punaise bon allez au revoir pour les saucissons à l'ail oui alors moi je vais te dire franchement ce qui me fait vraiment rêver c'est d'habiter dans un grand building et de voir les habitants de haut n'importe quoi non mais ça euh... même si on monte au 40ème étage on te voit non là je vais te dire une chose que ça m'étonnerait Tony non non Tony je vais te dire une chose Tony non mais moi j'ai pas d'odeur Tony s'il te plaît merci tu te poules bah moi en fait j'ai rêvé de tout et puis en fait si tu claques un peu de frites tu peux assouvir tous tes fantasmes là bas quoi d'accord je répondrai après oui Rigo sur l'IRC qui te demande si tu t'es bien bourré la gueule à New York là je vais te dire une chose tu vois là c'est que le plus gros problème à New York c'est que si tu te fais piquer avec de l'alcool tu vas directement en cabane donc il faut mais il n'y a pas beaucoup de cafés à New York euh non c'est plus des c'est plus au nord hein on va préciser même avec saucisson à l'ail comme on y a été donc on peut préciser c'est que là bas c'est rare que tu as le droit de boire de l'alcool ou sinon faut que tu la planque dans un espace moi je crois pas y avoir été avec toi c'est moi qui y suis allée c'est pour ça que là tu dois faire arrête arrête c'était avec toi vous êtes allé voir Zodzilla ? saucisson à l'ail ? tu te fous de moi là ? bah oui je me fous de toi attends toi je te jure t'as intérêt de répondre aux prochaines questions correctes il y a Rennes sur l'IRC qui te demande si tu te fais piquer avec de l'Adidas tu vas en prison aussi parce que le parfum tu as le droit d'en acheter mais pour revenir à la question d'Ethan donc pour l'alcool il faut que ça soit planqué et ça je pense que personne pourra me le contredire c'est qu'ils mettent ça dans des dans des poches dans des trucs qu'on fasse pas les gars ah mais quand tu vas dans les cafés c'est pas dans les cafés arrête arrête de lui mettre des coups de pied arrête de lui mettre des coups de pied tu vas te prendre le poing dans ta gueule dans peu de temps allez enchaîne le alors donc moi qu'est-ce qu'il m'a fait qu'est-ce qu'il me fait rêver oh vous fermez votre gueule ou quoi là maintenant ah ouais Gérard ce que tu aurais dû faire c'est mettre de l'eau de vie dans une bouteille d'évian comme ça tu aurais eu ta douce quotidienne d'alcool oh Gérard ah oui j'ai fait un like et il m'écrit pas du tout il est parti ? non d'accord vous allez arrêter de punir votre connerie maintenant vous allez peut-être reprendre le débat correctement I'm leaving today branche ta gueule toi connard un jour Gérard sera à New York avec toi Gérard Gérard Gérard Gérard Gérard Gérard Gérard Gérard Gérard ton débat toi Gérard assieds-toi Gérard assieds-toi et reprends dans le calme avec les auditeurs c'est bon un jour Gérard sera à New York avec lui allez allez allez ouais marque toi bien toi espèce de connard va c'est une question bon les auditeurs oui la question de Gérard on écoute alors pensez-vous qu'il fait jour et qu'il bouge salope bon et ben c'est simple on va s'envoyer un livre non mais on peut pas non non tu peux pas je veux pas le savoir moi Fildar il fait pas son boulot on va reprendre le calme Gérard on arrête on arrête il y a un petit débat calmement il y a D-Light sur l'IRC qui te demande si tu étais en première classe dans l'avion et où étaient la piscine et les cours de tennis dans l'avion déjà pour lui dire il n'y a pas de piscine et il n'y a pas de cours de tennis en première classe c'est réservé aux hôtesses de l'air donc on n'a pas eu l'occasion d'être en première classe il n'y a pas de première classe dans les avions il y a un écran Gégé comment ? il y a un écran ouais il y a un écran télé donc qu'est-ce que je voulais dire du béton et du macadam la plus belle piscine c'est la plage tu sais ce qu'on va faire si tu veux poser la question on va mettre un petit disque je crois que c'est mieux toi tu vas me gérer ça parce que tout à l'heure je vais t'éclater je le sens combien on est ? on est toujours plus de 3500 ça va alors je peux faire le con je crois que tu vas faire le con on va le faire avec mon pied dans le cul pose la question Gérard alors pensez-vous qu'il fait jour à New-York quand il est 18h à Paris et qu'il pleut et on s'écoute les petits pousseaux en Paname avec les chiens d'Henri en break je te signale et voilà donc on vient de s'écouter les petits pousseaux de Paname avec les chiens d'Henri en break il est toujours 1h22 exactement donc vous êtes toujours sur Fun Radio donc vous pouvez toujours nous appeler au 0803 085 ou au 0875 où il y a Fildar qui vous y accueille qui ne veut pas vous répondre c'est pas de notre faute et puis Rigo toujours toujours l'internet lui il bosse bien donc www.fairfunradio.fr et ouais ? donc tu me disais ? il y a rien là maintenant ? on est un peu moins de 4000 3856 moins 3 parce qu'il y en a 3 qui viennent de partir bah ouais à cause de Fildar bravo ils allaient se coucher ils connaissent New-York et ils s'en foutent de ton débat tant pis pour eux donc on est quand même à 3800 c'est quand même pas mal à 1h23 du matin donc c'est bien donc on récupère Cutpool bonsoir Gérard, bonsoir Manu, bonsoir Fildar bonsoir bonsoir à tous je te prends par devant et par derrière y'a pas de problème t'es salope t'es salope à ton merde toi pétasse c'est quand tu veux hein oh ceci soit à l'aïe attend je réponds à celle qui vient de dire y'a pas de problème Gégé non mais moi je t'emmerde salope au pied c'est gentil hein d'accord ? alors celle qui s'amuse à dire des conneries va dire tout de suite d'accord ? c'est clair et net plus de blour j'ai le boule j'ai les boules j'ai les boules attends j'ai les boules c'est pas moi c'est bien c'est bien pour en venir au débat pour en venir au débat tu le dois 1h24 on recommence juste après la pause toi tu fous ta merde tu les laisse dire les auditeurs c'est bien ils ont raison continue à cause de toi ça va descendre celui qui s'amuse à recevoir du monde c'est pareil donc j'accueille le dernier auditeur c'est Géléboule qui gratte bonsoir dis donc tu pourrais mieux écrire on t'a pas appris à écrire bonsoir à tous bonsoir bonsoir bonsoir bonjour bonjour enchaîne Gérard alors 7ème question le menu il est vélaire aujourd'hui bon toi tu le teues s'il te plait pensez vous qu'il fasse pensez vous qu'il fesse oh tu la viens une salope ok quitte poule ou puce de blour là je vous préviens vous allez vous calmer les deux salopes qui nous restent Gérard pour en revenir au débat il y a Yankee sur l'IRC qui te demande si on peut payer les putes de New York en euros alors là pour l'instant je peux pas répondre parce que l'euro c'est pas avant janvier 99 et les billets sont pas avant ça sera que les pièces qui seront sorties maintenant toi je t'emmerde ok bonsoir lui bonsoir allez pour Tony c'est terminé Tony c'est terminé pour lui allez hop tu le bires tu prends quelqu'un d'autre allez hop terminé comme ça on entendra pas le téléphone sans arrêt Gérard c'était pas la même sonnerie que le téléphone de Tony c'était chez moi mais j'ai décroché ça commence à bien faire ça y est j'ai décroché le téléphone Manu tu m'éteins le double son j'ai rien mis Gérard mais j'ai rien mis je m'en fous je pense pas à la 7ème question vas-y vas-y bon alors fil d'art tu gères ou sinon je t'éclate écoute je cherche des auditeurs je peux pas tout faire autrement je fais la vaisselle aussi pensez-vous qu'il fasse jour à New York quand il est 18h à Paris et qu'il pleut on va demander à ça à cul de poule ça dépend ça dépend ça dépend qu'il soit laissé lever ou pas non mais tu m'as arrêté de dire allo constamment parce que ça commence à me faire chier là d'accord bon alors tu t'écrases toi pour l'instant quand je t'appellerai poitrine tu sortiras de sous le lit toi excuse moi à la place de Tony j'ai trouvé un auditeur très sympa au demeurant qui s'appelle mon chéri. Salut ! Salut mon chéri ! Tu peux foutre où tu veux, tu le sais. Salut ! Salut ! Je te signale, Fildar, fais gaffe à ce que tu me prends comme auditeur parce que c'est toi qui es responsable si tu ne me prends pas au-dessus des 24 lignes. D'accord ? On verra toi. Alors saucisson à l'ail. Alors te dire qu'il pleut quand il est 18 heures, je ne crois pas. Pensez-vous qu'il fasse jour à New-York quand il est 18 heures ? Et qu'il pleut ? Je n'ai pas compris la question. Alors je te dire qu'il pleut là-bas, je ne crois pas. D'accord. Je ne pense pas non plus. Attends, saucisson à l'ail, je te préviens, tu es de poule ou tu es de mort, vous avez vu ce que j'ai fait ? Vous avez vu ce que j'ai fait ? Je te préviens, tu es de poule ou tu es de mort, vous avez vu ce que j'ai fait ? Je te préviens, tu es de poule ou tu es de mort, vous avez vu ce que j'ai fait ? Vous fermez-vous sur vos gueules, vous fermez-vous sur vos gueules, les deux pétasses. Ce n'est pas moi. Tu ne nous insultes pas comme ça, alors ce n'est pas moi. Alors vous fermez vos gueules. Ce n'est pas nous. Mais effectivement, je crois qu'il peut faire jour quand il est 18 heures à Paris, voilà. Et quand vous avez fini de prendre de la poudre de ma gueule, là. Je sens qu'il va prendre mon poing dans ta gueule. Tu n'écoutes même pas ce que je te dis, là. Pour l'instant, il y a des connards. Moi, tu n'écoutes même pas les questions qu'on te pose. Gérard, t'as payé combien pour faire la big pile ? Et ta soeur, elle a payé combien pour faire une pipe ? Bon, Gérard, tu continues ton débat, là ? Tu sues, franchement ? Bon, s'il vous plaît, s'il vous plaît, les auditeurs, on se répond à la question. Alors, on continue, je repose la question. Saucisson à l'ail, pensez-vous qu'il passe jour à New York quand il est 18 heures à Paris et qu'il pleut ? Je viens de te répondre, je viens de te dire qu'il ne pleut pas et que là-bas, effectivement, il peut faire 18 heures quand il fait jour, là-bas. D'accord, je te prends. Moi aussi. Bon, alors, toi, tu dégages comme ça, t'as tout de suite répondu. Mais il n'a pas répondu, Gérard, laisse-le répondre. Mais attends, pour l'instant, il est en train de me prendre pour un con. J'ai dit que tu voulais que je te prenne, c'est pour ça. Toi, Manu, tu fermes ta gueule et tu fais ton boulot correctement. Je n'ai rien dit. Quand je te prends, tu réponds à la question pour la dernière fois. Mais bon, moi, je pense qu'il fait nuit à New York. Quand il fait jour, à Paris, du Luxembourg. Bon, alors toi, tu n'as pas compris la question, tu dégages ça. Réexplique-lui, Gérard, plutôt. Pensez-vous qu'il passe jour à New York quand il est 18 heures à Paris et qu'il pleut ? C'est clair, net, précis. Non, moi, je pense qu'il fait nuit à New York et qu'il neige à 18 heures à Paris. A 18 heures, il fait déjà jour à New York et à Paris, il fait nuit. Je te signale. Oui, mais ça, c'est pas vrai. Parce qu'il y a un décalage d'horaire de 6 heures. Pourquoi tu ne l'expliques pas, ça, au lieu de leur poser une question ? Toi, tu fais ton boulot, tu la perds. Ce n'est pas au Big Bill, là. Ce n'est pas à toi que je m'adresse. Ce n'est pas au Big Bill, tu ne poses pas des questions pour gagner des cadeaux. Ce n'est pas à toi que je m'adresse. Gérard. Oui ? Ça dépasse, ça dépasse, quoi. C'est qui ? C'est les saucissons à l'ail. Oui ? Gérard, pour revenir au débat, il y a un VNS sur l'IRC qui te demande si les New Yorkais dorment sous la pluie le jour à cause du décalage d'horaire. Ça, je ne peux pas dire parce que le décalage d'horaire, je ne sais pas s'ils le font aussi ou pas. Donc, je ne peux pas lui dire. Est-ce que toi, tu en as vu qui dormait le jour sous la pluie ? Là-bas, on n'a pas eu l'occasion d'avoir de pluie, donc je ne peux pas le dire. On n'a pas eu l'occasion d'avoir de pluie. OK. Alors, tu es en série ? Oui. Moi, je pense qu'à New York, déjà, il pleut tout le temps. Ah oui ? C'est un phénomène qu'on peut se trouver. Et en fait, à cette heure-ci, à New York, il doit faire jour. Il est quelle heure ? Une heure plus ? Il est 18h17 à New York, exactement. Oui, il y a... Oui, oui, oui, 18h17. OK. Cuisse de blour ? Je n'en sais rien du tout. Attends. Tu n'en sais rien ? Oui, c'est vrai. Non, mais ça va, tu ne veux pas que Sam t'achète un lit non plus, non ? Oui. Tu fais bien ton boulot, là ? Bah ouais. Oui. Ah bah, dis donc. Tu ne me dirais pas. Bonne nuit à toi. Ouais, bah, l'autre, il est vautré sur les deux sièges. Monsieur, il n'est même pas capable de prendre les gens au standard. Alors, les 24 lignes sonnent. Les gens, ils s'amusent à appeler. Monsieur ne veut rien prendre. Monsieur, il est fatigué, il faut le comprendre. Non, mais il est fatigué pour rien de la journée. Bon, Gérard, pour en revenir au débat, il y a Ethan sur IRC qui demande si tu as visité une radio à New York, genre Fun Radio. Non, là-bas, on n'a pas eu l'occasion de visiter. Tu as visité des radios. Si, à ce qui paraît, tu as été invité pour l'émission de World Siam. C'est ça, tu as raison, toi. J'ai les boules qui grattent. Il y a des champagnes pour ça. Oui, Gérard. Moi, je suis, je suis d'origine New Yorker. OK. Et je pense que, enfin, je pense que, enfin, le temps, le temps, oui. Oui, oui. OK. D'accord. D'accord. Tu as vu Big Bill ? J'ai les boules qui grattent. Tu dégages. Au revoir. Au revoir. Au revoir. Tu ne veux pas dégager. Il vient de New York. Non, je ne le dégagerai pas. Au revoir. Au revoir. Je ne le dégagerai pas. Il est de New York. C'est intéressant. Il prend son boulot comme il faut. J'ai vu la Big Bill Tower. OK. Bon, ben, moi, quand Pilar prend son boulot, je continuerai le débat. Attends, j'essaye d'avoir des New Yorkais parce que tu fais un débat sur New York. Je me suis fait chasser ta journée. Le New York. Quand ? Quand ? Quand ? Quand ? Tu n'as rien foutu. Tu n'as rien foutu. Tu n'as rien foutu. Alors, on le dégage. Non, on le garde. Non, non, non, non. Gérard, il y a Turpentine sur l'IRC qui te demande si tu es monté sur la statue de la liberté. Est-ce que d'en haut, tu as vu la tour Eiffel ? Non. La statue de la liberté, de toute manière, elle était trop loin et on n'a pas pu monter dessus. Elle était partie ? Non, elle est trop loin par rapport à là où on était du 102ème étage du… je ne sais plus où. Vous étiez au 102ème étage ? Je ne sais pas si il n'y a que 100. Il n'y a que 50 étages. Alors, Tony, je te signale que je viens de te faire connaître encore. Non, Tony n'est pas là. Il n'est pas là. Tony, il s'est couché. Oui, oui. Enfin, bref. Fildar, il fait vachement bien son boulot. Ça se voit qu'il va vite dégager de ce qu'on a. Il fait bien son boulot comparé à certains. Oui, il ferait mieux son boulot. Ça irait peut-être mieux pour gérer le débat. Pour l'instant, il fait que de la merde. Oui, c'est ça. C'est ça. Bon, Gérard, c'est mieux ton boulot. Il pose ta question, là. Enchaîne. Attends. Toi, si tu n'es pas content, tu vas dégager. Ok, super. Ok ? Ok, super. Bon. Alors, huitième question. New York est-elle une ville plus dangereuse que Paris ? Si oui, pourquoi ? On va demander à Saucisson à l'ail. Oui, absolument. Parce que New York, je pense qu'il y a plus de problèmes avec la police. Oui. Et on entend que c'est plus dangereux que Paris. Oui, oui. Parce que New York, c'est moins dangereux que Paris. Et New York, c'est moins dangereux que Paris. Et on entend souvent les sirènes. Les sirènes des polices, si tu veux. Oui, il y a la police et les ambulances. Et il y a souvent des meurtres aussi. Mais ce qu'il y a, c'est que, comme on y avait été, c'est bête qu'on n'a pas pu voir les… Oui, mais voilà. C'est un genre de sirène comme ça. Voilà. Non, non, non. Pour l'instant, c'est un genre de sirène. pour l'instant celui-là c'en est un qui s'amuse donc ok c'est bien comme réponse mais parle un peu plus fort devant ton combiné s'il te plaît s'il s'en aille parce que c'est ce que je fais mais je peux pas faire autrement ok, cute poule non non c'est pas plus dangereux New York, il suffit de pas sortir la nuit bah de toute manière il y a des gens qui sortent quand même la nuit tu sors dans la journée, tu crains rien même dans la journée je peux te dire on peut te confirmer avec saucisson à l'ail on pourra te... je t'ai dit Gérard que je ne te connaissais pas donc pourquoi tu crois que je te connais moi je te connais pas ouais ouais, friconne ma gueule toi je me fous pas, tu dis ça pas mal que je ne te connais pas c'est ça, t'as raison je te prends quand tu veux y'a pas de problème non tu réponds bon d'accord, c'est terminé pour lui je te prends, t'es là tu réponds allô on entend très mal ouais, c'est vrai ça c'est bon, je me prends je te prends, tu réponds à la question, s'il te plaît je me prends par la barbichette le premier de nous deux qui... ne me fais pas comme Fildar, d'accord ? je me prends contre lui sinon tu seras pas celle du standard, toi ah merde DG ? je te prends par la bistouquette moi je t'emmerde t'emmerde parce qu'ils sont à l'ail, c'est bien ? t'emmerde ? je te prends, tu m'emmerdes ? bravo, bravo j'ai le débat ok connard bon allez hop, terminé, moi je fais conclusion, je retourne à la septième terminé, grâce à Fildar, on arrête ici mais non, c'est pas de ma faute attends, tu traites saucisson à l'ail et c'est de ma faute ? t'es égal, tu fais même pas ton boulot mais je le fais mon boulot, il est fait non, attends, il est mal fait t'es même pas capable de dire à l'autre t'es à l'antenne, tu réponds à la question mais si, t'attendais non, même pas, même pas attends, t'es pas capable de répondre si tu réponds à la statue de la liberté tu sais même pas répondre ta gueule ferme ta gueule et c'est tout alors je te prends pour la dernière fois ah la derbichette ok ok ok ah Gérard, j'ai perdu 200 personnes sur l'IRC parce que t'as dit trop de gros mots non mais c'est bien, merci Fildar aussi non mais c'est toi qui les a dit les gros mots Gérard ouais mais Fildar il fait même pas son boulot, il est même pas capable de gérer un stand-up bon je te prends bon je te prends à part travailler pour Max à partir de 11h30 lui trouver des auditeurs potables le débat c'est sur New York il y a que Manu qui est capable de bosser en plus ça continue c'est Manu qui va prendre le standard ça commence à bien faire alors je t'en prends pour la troisième fois tu réponds à la question ou tu dors je t'en prends pour la troisième fois mais faut que tu me prennes moi mais c'est qui celui qui dit allo ? putain mais tu commences à me cacher toi allo allo je t'écoute Gérard je t'écoute Gérard 2276 ça va ? bon allez les gars vous me faites chier j'arrête mais non mais non je te prends tu es tout seul à l'antenne comme ça Gérard t'entendra vas-y je t'écoute Gérard non tu réponds à la question je ne la répète plus peux-tu la répéter s'il te plait putain mais Fildar tu commences à me cacher les couilles sérieusement tu commences à me cacher les couilles sérieusement c'est pas de la faute de Fildar sérieusement tu commences à me cacher les couilles allo ? il y a tellement de boxons que j'ai pas entendu la question alors New York est-il une ville plus dangereuse que Paris si oui pourquoi ? alors New York est-il une ville plus dangereuse que Paris si oui pourquoi ? bah oui parce que je pense qu'il peut y avoir des criminels à New York comme à Paris bah oui parce que je pense qu'il peut y avoir des criminels à New York comme à Paris d'accord alors mon chéri maintenant ouais bah moi je pense que New York c'est bien plus dangereux que Paris une question IRC une question IRC est-ce que tu t'es fait arrêter à la douane pour transport de substances illicites dans ton froc ? est-ce que tu t'es fait arrêter à la douane pour transport de substances illicites dans ton froc ? non parce que à la douane donc pour répondre à cette personne donc à la douane on est passé ils nous ont simplement souhaité un bon séjour ils nous ont simplement souhaité un bon séjour donc c'est tout voilà ce que je pouvais dire ouais bah toi détecteur détecteur de bagages détecteur de bagages je voudrais bien savoir qui c'est qui vient de me sortir ça encore comme connerie Gérard il y a Turpentine qui te demande est-ce que c'est vrai qu'à côté de la statue de la liberté ils ont mis le gargantua de Mirapolis ? non non pas du tout alors cuisse de blour c'est bon cuisse de blour bah je viens de répondre là ok donc qui c'est qui nous reste l'autre joli boutique moi je pense que c'est plus dangereux parce qu'il y a plus de circulation dans la ville parce qu'il y a plus de circulation dans la ville j'ai vécu à New York j'ai vécu à New York j'ai vécu à New York et je pense que c'est plus dangereux et je pense que c'est plus dangereux et j'ajoute et j'apprécie beaucoup ok donc celui qui recommence à faire ça va dégager celui qui recommence à faire ça va dégager si vous pouvez arrêter de jouiller merci Ça commence à me gonfler, là. Déjà, le premier débat, ça va aller vite. Je fais la dernière question, là. Il est 1h40. Je fais la dernière question. Alors, à votre avis, quelle est la différence entre Paris et New York ? Oui, c'est bon. Vas-y, vas-y. C'est qu'est-ce que j'aime bien ? Non ? Mais t'as contenté, j'en sens plus. Oh là là ! C'est énorme, je le dirais. C'est énorme, mais c'est bon. Alors, je répète. On a compris Paris et New York. Je n'y voyais pas. Donc, quelle est la différence entre Paris et New York ? Voilà. Donc, je peux répondre, c'est saucisson à l'ail. Vas-y. Donc, là-bas, à New York, l'avantage, c'est que les gens, en particulier en été, sont plus habillés cool que les Français à Paris. Et l'inconvénient, c'est qu'il n'y a pas de papier par terre, évidemment. Tu as une amende, quoi. D'accord. Et en plus, tu te fais arrêter par la police. C'est dangereux. Vas-y, c'est bon, c'est bon. Alors, vous arrêtez quand je parle. OK, super. Celui qui s'amuse à faire des conneries quand les gens parlent, tout à l'heure va gerber. Je ne vais pas le chercher. Alors, cul de poule. Oui. Il y a 6 000 bornes entre Paris et New York. Non, mais attends. Allô ? Allô ? Bonjour. Allô ? Allô ? Ah là là, on n'entend rien. TF1, bonsoir. A votre avis, quelle est la différence entre Paris et New York ? Cul de poule. S'il te plaît, tu réponds. Oui, je viens de te répondre. Vas-y, vas-y, vas-y. Oui, il y a 6 000 kilomètres. Alors, je te prends. Non, mais non, je ne veux pas que tu me prennes. Tu réponds à la question ou tu dégages ? Bonne nuit pour lui. Alors, ce coup-là, c'est terminé. Le fil d'air, c'est fait. Mon chéri. Fais gaffe parce que toi aussi, tu vas faire comme lui. OK. Alors, la différence entre Paris et New York, je pense qu'il n'y en a pas beaucoup. Alors, tu peux expliquer pourquoi ? Parce que la Tour Eiffel, la Statue de la Liberté, déjà, ce n'est pas pareil. Non, attendez. Tu n'as jamais vu la Statue de la Liberté à Paris, toi ? Non. Il y a une mini-Statue de la Liberté à Paris. Tu l'as déjà vue, Gérard, quand même, près de la Seine. Non, mais je ne vois pas du tout le rapport. Je te demande, à votre avis, quelle est la différence. C'est cassé, c'est tout. Voilà. D'accord. Regarde, Gérard, il y a Choc Norris à la télé. Fils de bleu, toi, tu fais ton boulot et tu fermes ta gueule. Quel chêne, quel chêne ? Non, mais l'autre, il est complètement charbé. Il est à moitié fou, lui. Fils de bleu. Oui, je pense qu'à New York, c'est toujours beau. Et à Paris, je ne peux pas. Vous vous tenez derrière. Sans déconner, vous êtes trop lourds. Oui, on est comme nous. Oh là là, je sens. Fils de bleu, tu réponds et c'est terminé, on fait conclusion. Non, non, non. Le premier, c'est de la merde. Grâce à lui, le deuxième, ça va être encore pire. Alors, je crois qu'autant conclure sur la neuvième et terminer. On attaque le deuxième. Excuse-moi, Gérard, avant qu'on fasse ta conclusion, à la place de Je te prends, on accueille Chias de Noël. Bien sûr. C'est encore des mecs. C'est encore des mecs. Ça fait une heure que j'appelle au standard. J'ai galéré, arrête. Je veux bien croire. On verra. Gérard, il y a René sur IRC qui te demande si à New York, les gens qui crient sont considérés comme des criminels. Alors, les gens qui crient sont-ils considérés comme des criminels ? Je ne pense pas. Tu n'entends pas condamnément crier dans New York, à mon avis. Gérard ? Oui ? Ces soucis sont là et j'aimerais te poser une question. Oui ? Gérard ? Oui ? Do you speak English ? C'est bon, vas-y, c'est bon, vas-y. Non, mais ça suffit. Vous arrêtez maintenant. Moi aussi, je vous parle. D'accord ? Donc, je vous pose une question à Gérard. Do you speak English ? Yes. Donc, yes, tu parles anglais. Voilà. Voilà, c'est tout ce que je voulais savoir. Tu es de l'homme lourd. Pour finir. Je disais qu'à Paris, c'est jamais beau. Pas le temps de merde. Et à New York, c'est bien. D'accord. Donc, je tiens sur... Hello ? I don't know if I have a question. If you speak English, I don't have a question. Just to answer the question, please. Vas-y, Rick. Yes, I think the difference between New York and Paris is because there are more circulation in New York. And that is between the person dancing. Non, mais attends, mais lui, de toute manière, c'est même plus la peine que tu le dis. Regarde dans l'équipe. Bon, euh... Gérard, t'as dit que tu parlais anglais. Tu peux traduire, s'il te plaît ? Non, va pire tout, toi. Tu vas te faire enculer. Chiasse de... Je sais pas quoi, là. De Noël. Chiasse de Noël, ça va arriver bientôt. Vas-y, toi. Écoute, c'est dommage, parce que moi, j'arrive à la fin du débat et, en fait, j'aurais pu te faire plein de trucs parce que mes parents sont américains. Donc, voilà, c'est dommage que j'arrive à la fin. Ben, je suis désolé. Voilà, ben, écoute... C'est pas de ma faute, parce que... Non, non, non, attends, je vais te dire chiasse de Noël. C'est pas de ma faute. Ah, bien sûr, bien sûr. Non, non, c'est pas moi. C'est pas moi qui... C'est jamais, jamais, jamais. C'est vous, pas les auditeurs. Moi, je peux soumettre une idée, c'est qu'étant donné qu'il vient d'arriver, Gérard, on peut le garder pour le deuxième débat. Non, c'est pas toi qui commandes. C'est moi. Je te demande. C'est moi qui commande. Je te demande. Tu me donnes l'air au deuxième débat, t'es pas là, tu te casses. Non, non, t'es plus là. T'es plus là. T'es plus là, toi. C'est ton chéri. Vu que je suis à l'arrivée, je peux rester aussi. Non. Ben, ouais, je peux rester. Non, pas de rien. S'il te plaît. Bon, vous, je vais répondre à votre avis. Quelle est la différence entre Paris et New York ? C'est que, comme Saucisson a dit, là-bas, les gens sont plus cools, sont mieux habillés que dans Paris et que là-bas, c'est plus propre parce que dès que tu jettes un papier par terre, de toute manière, t'es tout de suite sanctionné. Tandis qu'à Paris, c'est dé-gueu-lasse. C'est quoi, c'est la ville la plus dégueulasse que d'autres villes. Moi, je peux vous dire que New York, par rapport à Paris, c'est vachement plus propre et les gens sont vachement plus cools que Paris. C'est pas que tu y es resté moins longtemps qu'en France, non ? Non, non, mais même, les gens sont vachement plus cools. Deux petites bouscules. Attends, tu permets que je réponde à Manu, OK ? Les gens sont vachement plus cools parce que dès qu'ils te bousculent, ils te disent excuse-moi. Tandis qu'à Paris, dès qu'ils te bousculent ici, ils n'en ont rien à foutre. J'en ai eu l'expérience, je ne sais plus quand, avec Saucisson à l'ail. Elle a été bousculée. On n'y a même pas dit pardon. Elle a été bousculée complètement. Elle n'est pas tombée enceinte, quand même. Non. Donc, voilà. Je le demandais par rapport à New York. Tu dis que c'est différent de Paris. C'est quoi les sanctions que tu peux avoir à New York si, par exemple, tu jettes un papier par terre ? Là-bas, tu te chopes une amende et tu peux te retrouver au commissariat de police. Carrément. Tu peux faire de la prison ou pas ? Ça dépend. Si tu es pris pour la première fois, tu te chopes une amende. Si tu es pris pour la deuxième fois, tu te prends une deuxième amende et puis tu es en garde à vue pendant 48 heures. Mais il n'y a pas des noirs ? Et si les amendes peuvent aller, très loin, plus cher que Paris par rapport aux voitures. Si tu es pris pour la troisième fois, tu te chopes une amende et puis là, tu passes au tribunal et tu te retrouves en taule. Gérard, tu parles de la propreté dans les rues. Moi, je voulais savoir, vu que tu as été à New York avec ton chien, qu'est-ce qui se passe si ton chien fait caca sur le trottoir ? C'est pareil. Sauf que, bon, à Paris, maintenant, tu as des... C'est quoi, la de chute of the dog ? Donc, je réponds à celui... Tu aurais pu préciser ce mot. Donc, je te réponds. Donc, là-bas, bon, c'est pareil à peu près qu'à Paris. Je pense que tu as des petites poches pour te ramasser et puis tu prends ça dans une poubelle. Donc, voilà. Donc, conclusion de ce débat. On n'ira pas plus loin. On pourrait la faire, notre conclusion, quand même. C'est un peu le solitaire. Vous allez attendre. Il y a encore... Qui c'est qui veut poser une question ? J'ai un sondage sur l'IRC, Gérard. Oui. Alors, un sondage effectué auprès des habitants de New York. A la question. Quelles souvenirs gardez-vous du passage de Gérard ? 2% réclament l'annulation de la dette que la ville avait... Alors, attends. ...que la ville avait envers les autres pays pour cause de catastrophes naturelles. 5% déclarent être opposés à son éventuel retour. Et 100% du personnel de son hôtel durant son séjour lui rappellent que c'est inadmissible non seulement de venir avec un chien... Oh là là ! Non, je continuerai pas. D'accord. Mais de manière... Moi, je vais... Avant que vous fassiez la conclusion, donc, je vais marquer à la question. MFV ou New York ? Il y a 70% des gens... ...répondent qu'ils ne trompaient jamais leur conjoint. Donc, je vois pas du tout le rapport. 20% des gens qui préfèrent les pizzas au... au pépéronis. Alors là, je vois... Ça, c'est même pas la peine que je continue. Et 55% des gens n'aiment rien. Et 55% des gens, j'ai dit qu'on terminait pas. D'accord. C'est toi qui fais des... des trucs de con. Alors, cul de poule, conclusion du débat. Alors, cul de poule, je te dis une chose. Si t'es pas contente, le prochain coup, tu restes chez toi. Donc, je vais parler de New York comme on l'a vécu, et c'est tout. D'accord ? D'accord ? Oui, oui, non, mais c'est n'importe quoi. Alors, euh... J'ai les boules qui grattent. Volga, derrière ! Allô ? Je pense que ce soir, c'était un débat très intéressant. Et d'autant plus que ce soir, avec ta coupe de cheveux, tu serais plutôt le... le... comment dire ? Le Ducon Blero du Tétanos. Et je pense que c'est toujours aussi un peu de la chute, le débat. D'accord. Eh ben, si c'est un chien, le prochain coup, tu restes chez toi. Tu se dobes lourd pour continuer. Ouais, ben, tout le monde devrait y aller pour voir la Statue de la Liberté, parce que c'est assez important, quand même. Bah oui, mais ça, de toute manière, la Statue de la Liberté, de toute manière, il faut prendre les bateaux, la cervelle en hélicoptère, mais je ne sais pas... C'est faux. Quoi, c'est faux ? Tu sais même pas ce que tu dis, toi. Alors, écrase, occupe-toi de ton standard. Occupe-toi de prendre des gens pour le deuxième débat, espèce d'abruti. Non, mais tu m'as dit... Tu peux répéter la première question du débat ? Je voulais répondre. Non, non, je ne répète plus. Tu se dobes lourd, donc pourquoi ? Ben voilà, donc, j'ai dit. Mon chéri, pour conclure... J'aime quand tu me parles comme ça. Ouais, ben, moi, j'aime pas. Alors, tu fais la conclusion et tu t'écrases. Tu m'appelles comme ça. Bon, ben, ton débat, je dirais, franchement, tu fais mal ton boulot, Gérard. Et puis, voilà, quoi, tu devrais être plus sympa avec ton équipe. C'est ça, c'est ça, c'est ça. Chiasse de Noël. Ouais, alors, ben, écoute, c'est chiasse de Noël. Alors, ce que je voulais te dire, c'est que, je sais pas si tu sais, mais New York, on appelle ça The Big Apple. Toi, je trouve que ça tombe bien parce que t'es quand même The Big Poirot. Et deuxièmement, est-ce que c'est vrai que tu vas servir de modèle pour la Statue de la Propreté ? Et toi, est-ce que c'est vrai que tu sers comme un... que t'es un con quand on te demande une conclusion ? Ben, c'est une conclusion. Ben, moi, je te dis que t'es un con. Voilà. Ceux-ci sont là, ils peuvent finir. Alors, moi, je veux te dire que c'est un excellent débat, mais le problème, c'est que t'as pas posé la deuxième question. Et je voulais te poser une question. Est-ce que tu veux partir à New York avec... Arrête ! Gérard, Gérard, Gérard ! Mais t'es fou ! Gérard, arrête ! Arrête ! Arrête ! Arrête ! Arrête ! Oh, fils de pute ! Oh, l'enculé ! Oh, l'enculé ! Qu'est-ce qui s'est passé ? Qu'est-ce qui s'est passé, Gérard ? On a rien vu ici. Qu'est-ce que t'as fait, Phil ? Oh, l'enculé ! Elle a fait quoi, là ? Gérard, reste dans le studio. Qu'est-ce qui se passe ? Je veux plus de vie, là. Qu'est-ce qui se passe ? Tu me dégages de l'équipe pour tout le temps. Tu me dégages ! Allez, sors, Phil, là. Ah, là, toi, tu dégages ! Là, t'es vraiment un enculé ! Alors, tu dégages, je vais te faire râper. C'est bon, on va la râper, Bernard. Ah, l'enculé, les barres ! Bon, Gérard, reprends, là. Non, mais de toute manière, il a coupé une saucisson à l'ail. Donc, moi, conclusion. Il s'est coupé une tranche ? Attends, il va y avoir des auditeurs, encore. Hugo, va voir s'il y a des auditeurs. Ils ont fait tous leurs conclusions. Donc, sur l'IRC, une petite conclusion. On est combien, là ? Alors, attends, je vais demander combien on est, parce que j'ai pas trop le temps de regarder. Donc, s'il vous plaît, les gens, est-ce que vous pouvez me dire combien ? Nous sommes 3 654. Ouais, on a perdu un peu, parce que tu t'es énervé, t'as pas arrêté de gueuler. Et... Est-ce que t'es allé au... aux Etats-Unis à deux de baleine sur Sandy ? Je sais pas, je comprends pas. Ah, Gérard, il y a quelqu'un. Non, mais c'est bon, la conclusion, ils l'ont toute faite. Donc, tu peux me donner ton air. Attends, parle-lui, Gérard. Ouais, je t'écoute. C'est qui ? Bah, réponds, maintenant ! Allô ? Non, tu réponds ! Bon, allez, c'est bon, on va pas faire de blague. Il est là, pourtant, il est là. Non, mais il répond pas, alors. Attends, je suis au standard, je vais essayer de le trouver. Non, c'est qui, là ? Tu donnes ton mot ? Je précise ton nom. Donne ton nom. Non, mais attends, pour l'instant, il veut pas, donc c'est pas grave, c'est pas grave. Allez, hop, c'est terminé. Moi, pour conclusion, c'est... Ce combat, c'est d'habitude... Allô ? C'était quoi, ça ? Je sais pas. Non, ça doit être toi, Rigo, sans le faire exprès. Donc, conclusion, c'est dommage, parce que le premier débat, d'habitude, toutes les semaines, il se passe bien. Là, ça foirait complètement grâce à Pildar. Bon, il y en a que deux qui ont bien fait leur boulot, c'est Rigo... Non, non, Pildar, tu dégages. Ouais, ouais, bah, tu dégages, parce que je veux plus de toi ici. Non, mais c'est sûr. Non, non, mais tu prends ton casque et tu t'en vas. Allô ? Il reste quelqu'un, il reste quelqu'un, Gérard. Ouais, mais on n'arrive pas à voir son nom. C'est qui, Pildar ? Allô ? Allô ? Allô ? Allô ? Bon, et hop, c'est ce qu'il fait. Allô ? Ah, ouais, bah... Donc, alors... Précise, qu'est-ce que c'est que le deuxième débat, quand même ? Donc, le deuxième débat, ça sera sur les grappes. Bon, je vais pas continuer la conclusion du premier. Donc, grâce à Pildar, ça a foiré, le premier, et j'aime pas trop que... Le premier débat a foiré. Donc, il y en a que deux qui ont bien bossé, c'est Manu et Rigo, pour... Comme d'habitude. On est arrivé à 3600. Donc... J'espère qu'on ira plus loin sur le deuxième. Donc... Il reste quelqu'un, Gérard, hein ? Mais non, mais on n'arrive pas à l'avoir, il répond pas. Donc, alors, on va se retrouver pour le deuxième débat qui va partir sur les grèves. Donc, vous pouvez nous appeler au 0800 308 5000 et 0875 000, et toujours lire, c'est www.funradio. Plus grosse poitrine de Suren, avec des... des gars, des os. Et on se retrouve tout de suite après pour le deuxième débat. A tout de suite ! == Le débat sur les grèves == === Contexte === === Les personnages === === Transcription === Oh, minuit, 2h Tu dégages, tu dégages Pourquoi, connard ? Allez, hop dehors Les débats de Gérard Et voilà, 2h du matin, donc vous pouvez toujours nous appeler au 0800 08 5000 et 0800 308 5000 C'est Manu qui va vous accueillir au standard, les bras ouverts Oui, je suis là Et donc, je pense que ça sera mieux qu'au premier débat, je l'espère Espérons, c'est pas gagné Et donc, on venait de s'écouter la plus grosse poitrine de Suren avec un dégât des eaux Et il y a toujours Rigaud qui est sur l'IRC, donc www.funradio Et là, c'était un de tes remixes, Gérard, c'était pas la plus grosse poitrine de Suren Oui, non, mais c'était le premier parce que le deuxième, je l'ai pas eu, d'accord ? Merci Le deuxième, c'est un remix de toi, donc Donc voilà, et donc, on a toujours Rigaud qui est sur l'IRC Salut Rigaud Salut à tous Ça va, ouesh, ouesh Salut, ça va, tranquille, pépère Je voulais passer quelques bonjours quand même à tous Bonjour qui sont là, quand même Si, si, on peut saluer les gens de l'IRC On va saluer Yankee, Arnett, Philippe Détoubifry quand même C'est quel honneur Jarvis Cooker, Oxyd, Prez, Youpla, Booba Fett, Olaf Kool, Turpentine Pff, j'en oublie, Terry, Spiral, Tony, Tachat, Cyril, Terry, etc Ok, et donc McFisto D'accord, ok, donc Et Ethan Ok, c'est bon Il y en a fait d'autres ? Cybersep, bah tu sais, on est quand même 4822, donc si je le cite tous Bah balance tous les noms, Rigaud Non, non, mais c'est bon, combien ? Alors on a Workboss, on a Oxyd, on a Delight C'est bon, on salue tous ceux qui sont, tous les gens qui sont sur IRC, c'est-à-dire les Une bulle de bonbons, choupa choups, choupa choups Alors, Fildar Non, c'est pas moi Non, tu commences pas s'il te plaît, d'accord ? Donc, on va saluer tous ceux qui sont dessus, donc les 4822 personnes Et on va saluer tous ceux de la Belgique aussi, s'ils pouvaient nous appeler Au 0033147 Euh... 7995000 7995000, donc... On salue aussi tous les Belges qui sont sur l'IRC Alors, il y a Davy, il y a Ethan aussi, qui est Belge apparemment Et bah, il y en a plein, quoi Il y a Perfouras aussi, d'ailleurs, il m'a dit qu'il t'invitait à Fort-Bayard D'accord, d'ailleurs, Gérard, il va falloir que tu fasses une dédicace pour tous les internautes Non, bah, on verra ça plus tard, d'accord ? Donc, on va accueillir Josson Loirent Allô ? Oui, salut Allô ? Putain, mais il sort... Il recommence celui-là ou quoi, là ? Oui, il sort... Là, ça doit venir de nous Allô ? On t'entend peut-être pas, je sais pas Allô ? Allô ? Josson Loirent Allô ? Salut Salut Allô ? Comme toi Salut Salut Coca de Pâques Non, caca de Pâques Caca de Pâques, pardon Oui, salut à toi, camarade Trou du cul Je t'emmerde Je t'emmerde, moi aussi, connard Non, je te remercie, je te remercie, ouais Je te remercie, putain, lave-toi les oreilles Bon, tu partes sur un autre tourne, d'accord ? Bonsoir à toi Là, je t'attends un peu Ouais, c'est vrai, ouais Eh, la chagatte Là, je t'attends un peu Je suis là Eh, ping-pong pour terminer Salut Gérard, salut Manu, salut Fida, salut Gigi Goré Salut Gigi Goré, le pauvre, comment tu t'appelles ? Ça te fait marrer ? Non, mais moi, ça me fait pas rire, c'est con Eh, Rigo, t'as oublié D-Light, Grindr aussi Non, mais ça y est, ça y est, ça y est, ça y est Ça y est, on se calme un peu, là Putain, mais vous allez vous calmer ou quoi, là ? Eh, bonjour, hein, bâton Bon, alors, le thème du deuxième débat porte sur les grèves Allô ? Merde à toi, celui qui dit allô Faut faire la grève, moi, je dis Alors, tu as pensé... Tu en veux de la bonne grève ? Moi, j'en veux Tu en veux de la bonne grève ? S'il vous plaît, les auditeurs, j'aimerais bien qu'on se calme Parce que le premier débat était de la merde Ouais, grâce à toi Le deuxième, ça sera peut-être de la chasse Ouais, ben, j'espère pas, parce que c'est Manu qui est au standard Et avec Manu, vous allez pas rigoler longtemps C'est moi qui vous le dis Salut, c'est moi Salut Salut Donc, la première question Que pensez-vous des... Ah, il est pas possible Putain, mais il nous fait chier, ce mec Je vais le trouver Enchaîne ta question, je vais le trouver Alors, que pensez-vous des grèves de nos jours ou de nos nuits ? À quoi cela sert-il ? On va demander à... C'est tout ce que tu dis Je sens le haron Alors, moi, je vais te dire que je pense que De nos jours ou de nos nuits, les grèves Je pense que ça sert tout simplement à rien Parce que, tu vois, ils bloquent les passagers Sur les quais de métro ou même de bus Et quand ils veulent se rendre à leur travail C'est quand même assez difficile C'est pas le haron qu'elles sont, elles Et de plus, la nuit, c'est difficile Parce qu'il y a moins de monde D'accord Comme toi Donc, c'est pas sa grève D'accord, ok, ok, ok C'est... Attends, je m'excuse parce que je t'ai coupé Parce qu'il y en a un qui s'amuse à parler sur toi Celui qui... Celui qui... Tu penses aussi quand tu fais caca ? Celui qui s'amuse à reparler quand les gens parlent Je vais pas chercher midi à 14h C'est clair, net, précis Le premier qui... Le premier qui déconne va dégager Je vais pas chercher Comme toi Hé, Gérard Tu penses aussi quand tu fais caca ? Comme toi Tu réponds ? Oui, ben je te réponds Ils font la grève parce qu'ils ont que ça à foutre Ils sont payés à rien foutre Non mais que pensez-vous des grèves de nos jours ? Ou de nos nuits ? Oh là là là Un peu mal Bon, oh Celui... Eh, ça y est, vous arrêtez quand les gens y parlent S'il vous plaît Bon, ça y est ? Bon, alors... Caca de Pike Ouais, c'est caca de Pike Ben écoute, je pense que tous les camarades ont droit à la grève Je pense que c'est un droit auquel Tous les camarades ont droit C'est le cas de le dire Et faites la grève, moi je dis un maximum Faut pas emmerder le monde, faut faire chier les gens Faut que ça bouge Mais ouais, c'est ça, tu crois qu'on est pas assez emmerdés ? Mais attends, les routiers sont les premiers à faire la grève Ah ouais, non mais attends, pour l'instant C'est peut-être les routiers qui ont commencé les premiers Je suis d'accord avec toi Mais faut dire une chose, c'est que maintenant Les routiers, ils ont obtenu satisfaction C'est pas eux qui commencent, maintenant c'est les RATP et la SNCF Et alors, ils ont le droit de faire la grève aussi D'ailleurs, c'est aujourd'hui, Gérard Tu te rappelles l'article qu'on a vu dans l'aujourd'hui ? C'est aujourd'hui la grève C'est depuis 20h ce soir Donc je pourrais vous dire à peu près Pour ceux qui auront l'occasion de se déplacer Je pourrais vous donner des... Oui, faut pas aller Non, je pourrais vous donner à peu près Les... Les trains, combien il y aura de trains qui circulera Et autres, mais... Un peu plus tard, pas lors de la première question Gérard ? Attendez, s'il vous plaît, on se calme S'il vous plaît, sur IRC, il y a Turpentine Qui te demande si ton école, elle était en grève Pendant toute ta scolarité De toute manière, il y a... Je vois pas du tout le rapport avec la question Mais Gérard, c'est trop du cul aussi Non mais attends, tu permets ? Attends, c'est quelque part que j'avais pas fini Ce que je voulais dire, c'est que j'encourage tous les gens À aller voir les camarades Pour les piquer de grève, pour leur amener des merguez Et des cronambours, parce qu'on se les gêne Et on se fait chier, quoi, quand même Non mais attends, là, je crois que tu... Je crois que tu vas un peu loin, toi, quand tu réponds Moi, j'appelle tous les gens à aller bloquer Les voies de métro et de RER, demain D'accord, eh ben... Fais comme tu veux, toi, mais... Mais oui, c'est ça, c'est ça Et je pense que tu devras les toucher à travers de la voie Ça fera un bon débat Ouais, bah, moi, je pense que la grève, c'est très très bien Et on devrait la faire plus souvent Parce que ça emmerde bien le monde et c'est... C'est bien sympa, voilà Et d'ailleurs, en parlant de grève, il y a Yankee sur IRC Qui me demande... Ce qui est dommage avec Gégé C'est que chez lui, c'est le cerveau qui est en grève Je dois savoir ce que t'en penses Alors, trou du cul, si tu réponds aux questions De l'IRC, tu restes chez toi, d'accord ? Bah non, mais... C'est pas la première question que tu vas commencer à foutre ta merde Parce que tu as dégagé, là, maintenant Je te le dis tout de suite, lâche ton feu Bah, en fait, ouais La grève, ça sert un peu à rien Si on la fait pendant un mois, ça peut marcher Mais sinon... Non, mais là, je peux te dire que pour l'instant Ils parlent de l'affaire Jusqu'à vendredi soir Mais ça peut aller plus loin Ça peut... Tu sais qui vient de dire ça ? Qui vient de dire ça ? Je sais pas, j'ai pas vu, moi C'est pas moi, quoi Y'a la grosse qui a parlé, mais... Attends, la grosse, ça t'emmerde, connard Voilà, alors, ping-pong Ouais, ouais, moi, je dis que la grève, c'est excellent Faut foutre le bordel, on descend dans la rue Et tout de suite, on devrait faire le blocus général Non, mais c'est bien, la grève Faut descendre avec les pancartes, les pochettes bouchées Faut les emballer, tous ces mecs Non, mais c'est clair, faut foutre le souk, quoi Non, mais foutons le bordel ! Ouais ! Demain, je vais aller faire une grève Je vais me mettre sur les voies du RER Et puis, ça va être bien Tu fais ça, puis tu penses que j'y arriverai, moi, tout seul Allons-y, camarade Révolution ! Unissons-nous, quoi J'ai rien à dire ? Donc, moi, je pense que ceux qui s'amusent à faire grève C'est qu'ils se rendent pas compte Hey, Dark Vador Oui, vas-y, parle, on t'écoute Fildar, fais gaffe, parce que tout à l'heure, tu vas dégager, toi J'ai rien fait, j'ai rien fait Donc, je disais que les grèves, ça sert à rien Parce que ça fait chier le monde Alors, je peux vous dire Qu'à l'heure actuelle, depuis ce soir, 20h Et c'est jusqu'à samedi, 8h du matin Donc, voici les premières prévisions des trafics Donc, TGV Sud-Est et Atlantique 1 train sur 3 TGV Provence sur... À quelle heure, aussi ? Oui, tu dis pas... Oui, bonjour, je voudrais... Bonjour, je voudrais un billet pour Valence, s'il vous plaît C'est bien ou pas, Gérard ? Le petit Gérard, attention Gérard, tu continues ? Ça commence à être relou, celui qui parle sur moi Donc, TGV Provence-Provence 1 train sur 3 TGV Paris-Lille, légère perturbation Thalys-Paris-Bruxelles Amsterdam-Cologne Trafic normal Eurostar-Paris-London Trafic normal Eurostar-Lille-Bruxelles Eurostar-Paris-Bruxelles Trafic normal Et... Traf... Pardon Le petit Gérard, s'il te plaît, tu vas... Et moi, je t'emmerde, espèce de fils de con ! Non, non, non ! Hop, hop, hop, hop, hop, hop Ok Et... Très grande ligne 1 train sur 3 En moyenne Transport express régionaux TER Trafic très perturbé Avec en moyenne un train... RER, répète, RER ? Non, trafic... Non, TER Et le RER, il s'est pas écrit ? Si, mais... Il y a Tony sur ERC qui me demande le RER RER A Et moi, je voulais savoir... Trafic normal Et le B ? Le B, 1 train sur 4 Sur la branche nord Entre Gare du Nord et Roissy Et le F, merde ! Et le F Y'a pas de F, espèce de con ! Ah, pardon Mais toi, si tu veux prendre le F, toi, t'en as pas besoin Et si sur la ligne 15, y'a des... Gérard, Gérard, Gérard C'est qui ? C'est K4PAC, oui, j'ai une question Je suis à Denfert-Rochemont Et je vais aller me faire sucer par une pute à Pigalle C'est où, le changement ? Tu te démerdes ! Trop du cul ! Bon, ça y est, je peux... L'heure des grèves, payez-vous votre titre de transport Putain ! Fil d'art, fil d'art Manu ? Ouais, bah, j'essaye, hein T'essayes de gérer, s'il te plaît J'ai une question à deux balles C'est clair Allô ? Qui c'est qui a le téléphone, les mecs ? Ça se fait pas Bonsoir, je voudrais avoir un renseignement, s'il vous plaît Je voulais savoir si la gare Montparnasse était ouverte Ah, il se renseigne Alors, pas du tout, monsieur Pas du tout pour ce soir Très bien, je vous emmerde, au revoir Alors, la deuxième question L'heure des grèves, payez-vous... Rigaud, une question IRC avant Oui, il y a Turpentine qui te demande Est-ce que c'est plus facile d'avoir la grève l'hiver ? Bah, ça fait chier plutôt les gens Pour mieux qu'ils se mettent en grève l'été, ça serait... Ou sinon, ils mettent une écharpe Non, mais en hiver, c'est plutôt chiant que de la faire en été Donc, l'heure des grèves, payez-vous votre titre de transport On va demander à Ping Pong Bah non Bah non, puisqu'on fait la grève, donc Non, mais tu peux préciser ? Bah non On fait pas... Punaise, vous allez... Vu qu'on fait grève, on risque pas de payer le titre de transport à Bruxelles Alors, abruti, t'emmerdes, tu dégages C'est bon, tu dégages, ça t'apprendra Au revoir, Ping Pong Au revoir, Ping Pong Non, mais attends, hey Si on répond ce con, hein Il était poli, ouais Tu fais des questions à deux balles T'as tendance à dire C'est terminé pour lui Attends, il a dit abruti, il aurait pu dire ça En plus, il est en train de jouer, c'est une honte Non, non, mais c'est bon, il peut dégager Il peut dégager Celui qui joue au Ping Pong, là Il aurait pu dire enculé aussi, je veux dire Ouais, c'est vrai Il aurait pu dire bien d'autres choses encore Bon, Gérard, qu'est-ce que tu fais, là ? Non, non, mais attends, mais moi Pour l'instant, quand ils se calmeront On continuera le débat Alors, la chatte en feu Ouais Donc, pourquoi ? Oui, je suis d'accord Tu peux préciser ? Ben... Non, mais si tu dors Tu le dis tout de suite, tu vas... On va te laisser dormir, hein Gérard, je vais te choper à la sortie de la radio T'as l'air ta gueule On va te niquer, on va te niquer Manu, s'il te plaît, tu me gères un peu Pour l'instant, on accueille à la place de Ping Pong On accueille Badminton Ouais, non, mais attends Manu, tu me prends d'autres personnes que les mêmes Ben non, non, c'est pas le même C'est Badminton, c'est pas Ping Pong Bonsoir à tous Bonsoir Alors, trou du cul Ouais, trou du cul Bon, ben, tu disais Ouais, non, moi, je paye jamais Le métro, je paye jamais Non, tu peux préciser Tu fraudes ? Je fraude, je suis un sale fraudeur Je suis un enfoiré, mais je m'en fous, je paye pas Je vais pas payer le métro, faut pas déconner C'était que là S'il y a du monde, ils font chier On voit des gens comme toi Non, c'est pas possible, le métro, franchement Alors, je préviens que celui qui recommence Ça va être clair, il est 2h13 Soit que vous vous calmez Non, non, non, non, non Soit que vous vous calmez Que vous répondez correctement aux questions Ou soit j'en arrête là Et je rentre chez moi Vous choisissez Ok ? Alors, on va demander à K4Pack Ouais, c'est comme mon camarade Déjà, je paye pas en temps normal Tu crois pas que je vais raquer les jours Il y a grève, en plus Tu sais qui s'amuse à faire des conneries comme ça ? Bah, c'est toi Non, c'est pas moi qui s'amuse à faire des bisous, d'accord ? Ah, ok GG, c'est K4Pack J'ai un plan pour toi, si tu veux Si t'as des PV et des contraventions à faire sauter Par les contrôleurs Je peux t'arranger le coup, si tu veux Non, mais j'ai pas besoin de toi, merci Comme toi Ah, vas-y, vas-y, c'est bon Moi, je paye pas le bus, c'est un agresse de bus Parce qu'il y a pas de bus, donc j'ai pas à payer C'est tout ce que t'as à dire ? Bah oui, il y a pas de bus, donc j'ai pas à payer un ticket de bus J'ai des sous dans mon porte-monnaie Manu, je sais pas ce que tu fous Mais c'est pourri, le standard Bon, allez, on enchaîne Non, mais attends, il est moins pourri qu'avec toi Attends, attends, attends J'ai un gros problème Ils ont tous fait grève Je suis tout seul Ils font grève sur Internet ? Bien joué Je sens le harangue, pour finir Gérard, j'ai un problème Ils ont tous fait grève au standard Bon, alors moi, j'en répète J'arrête, comment je fais ? Gérard, t'as l'air, s'il te plaît ? J'arrête Il en reste un, apparemment Ouais, mais je sais pas où il est Non, non, mais t'as gerbé tout le monde, donc j'arrête, c'est terminé Allô ? Allô ? Allô, trou du cul ? Non, mais ils sont là, ils sont là Allô ? Allô ? VOLGAIL ! Trou du cul Allô ? Allô, connard ? On entend plus le connard, là Connard ? Gérard, il fait grève ? Non, mais moi, là, j'arrête, là C'est plus la peine C'est pas la peine, là Non, non, mais j'arrête, parce qu'il y en a l'autre C'est pas moi, là, non, j'ai rien fait, moi Ah, ils sont tous revenus, c'était une grève d'une minute Alors, je sens le harang pour... Juste une minute Comment il y a de connectés ? Là, on est à 4028 Quand même, hein ? On a perdu un peu, mais c'est déjà beaucoup Donc, je sens le harang pour toi Eh, tu viens chez moi, après, Gérard ? Je sens le harang Je sens le harang Tu réponds ? Mais elle est conne, celle-là, elle répond jamais aux questions, putain Non, mais tu vas voir ailleurs si j'y suis, si t'es pas content Bah, réponds, réponds Justement, je réponds, mais tu me laisses pas parler Maintenant, vous fermez vos gueules, vous laissez parler, les gens Eh, tu viens chez moi, après, Gérard ? Moi, je t'emmerde Alors, je sens le harang Donc, pour la troisième fois, je réponds à ta question Donc, non, je mets jamais de ticket Parce que, déjà, le ticket, ça coûte énormément cher Ça coûte 8 francs Et moi, j'ai pas 8 francs à mettre pour un ticket Et, de toute façon, j'aime pas les fonctionnaires D'accord C'est bien, parce que, moi, je... Moi, non plus, c'est que je suis pareil Moi, les fonctionnaires, je dirais un seul mot, mais je peux pas le dire Ouais, je sais qu'on les emmerde Eh ben, moi, je le dis pour toi Bravo Donc, moi, tous ceux qui sont fonctionnaires de la RATP Eh ben, n'ayez crainte que vous nous faites chier Et je sais même pas pourquoi qu'on paye un titre de transport avec vous Parce que, là, vous nous faites chier en fin de mois Et en début de mois, vous allez nous coller des amendes Alors que c'est vous qui nous faites chier Alors, ça sert à rien Eh, Gégé, Gégé, Gérard Gérard, je te laisse parler Je voudrais savoir un truc Si, si, comment, tu sens le harant, c'est ça ? Elle paye pas dans le métro, c'est bien ça ? Non, mais elle paye au carré Alors, comment tu fais pour rentrer dedans ? Elle paye pas dans les portillons Je tape sur le nec et puis, voilà, je l'avais déjà Non, mais comment elle fait pour rentrer dans le métro si elle paye pas le ticket ? Bah, il monte Non, mais, de toute manière Tu vas pas me dire qu'elle escalade Attendez, attendez, attendez, là Qui c'est qui demande ça, là ? Je sens le harant Mon Dieu, tu peux préciser ton nom, s'il te plaît, merci Non, mais même De toute manière, maintenant, il y a des portillons Tu peux essayer de... Trou du cul Calme, calme, calmez-vous Tu disais, Gérard, donc, des portillons Non, il y a des portillons Tu peux essayer de passer Dès qu'il y a des gens qui sortent, maintenant Gérard, c'est badminton J'ai pas répondu, je peux répondre Ouais, bah, vas-y Ouais, moi, donc, je paie pas mes billets de transport, j'en fais en papier Hum, attends J'ai mal compris la question, parce qu'il y en a un qui s'amuse Je paie pas mes tickets de transport Je prends un paquet de clapes, et puis je découpe Et puis je passe direct Un coup de feutre, et puis c'est bon Gérard, si t'as des amendes, je peux te les faire sauter Si tu me laisses te faire sauter le cul Ouais, bah, là, tu vas te faire foutre, toi, abrouti C'est gentil ce qu'il te dit Si t'as des amendes, c'est pour toi, moi, je m'en fiche C'est dans ton intérêt Les oreilles, c'est comme le cul, ça se lave Ouais, vous restez polis, parce que sinon Je vais virer tout le monde et je vais en garder qu'une De tout à l'heure Gérard, c'est moi, Fildar, tu veux un Un bubblegum, gros et tout mou Non ? Non, mais je crois que toi, la semaine prochaine, tu vas plus être là Donc, il y a une question hier C'est pour là Une réponse Peut-être des informations là-dessus Oui, non, peut-être pas là-dessus Mais, est-ce que quand tu pointais A la NPE, ils étaient en grève ? Ouais, mais ça, la question va y venir aussi Alors, donc, je vois pas du tout Tu peux pas répondre On va y venir On va y venir sur cette question-là Donc, ça sera que la neuvième J'en ai le temps, Manu Il y a D-Light qui te dit que tu dois pas t'inquiéter Si tu reçois une amende de la RATP Parce qu'il a filé ton nom et ton adresse quand il s'est fait attraper Mais c'est ça, c'est bien Alors, troisième question Avec quel... Ça y est, celui qui s'amuse Ça y est, celui qui s'amuse Allo Il y a un mec qui a une double ligne Je m'excuse de vous déranger, pourrais-je pas ? J'appelle des gens, là, Gérard Donc, je vais gérer après la double ligne Non, non, mais faut quand même gérer en même temps Ouais, quand même que t'accouches, Manu Alors, avec quels moyens de transport vous déplacez-vous lors des grèves ? On va demander ça Oh, ils suivent Parfait, gars Récupère ton briquet Et leur lance plus comme ça Toi, la semaine prochaine, c'est plus toi ici Non, ça, c'est terminé C'est terminé pour toi Je suis pas un putois, hein Ouais, bah, c'est terminé C'est terminé pour ta gueule, je vois plus de quoi dans mes débats C'est tout Manu ? Ouais, à la place de trou du cul, on accueille fromage de cul Allo Ça tourne autour du cul, hein, le débat, là Beaucoup, beaucoup, bonsoir, Gérard Bonsoir, c'est le même défi Salut Salut à toi Salut, Paco Alors, donc, la troisième question Avec quels moyens de transport vous déplacez-vous ? Avec mon vélo à 4 roues Alors, on va demander à Babington Ouais, Babington, je te prie Hum ? Je me déplace en patinette Ouais, mais non, mais tu peux préciser Euh, à 2 roues Hum ? Voilà Ok Euh, l'achat en feu ? Avec mes rollers D'accord, bah, c'est bien, mais... Ouais, je pense que vous vous creusez pas trop la tête pour répondre aux questions, hein Bon, merci pour le Larsen, là Je pense que vous avez pas l'intention de répondre aux questions, hein, donc... Mais si, mais si Bah non, euh... Mais si, je t'ai dit Bah, mais ça y est, le Larsen, là Alors, euh... Fromage du cul Ouais Fromage de cul, je sais pas quoi, là Oh là là, de Larsen, oh ! Oh, le... Arrêtez de Larsen, là, c'est... C'est pas un petit peu de sérieux, là T'es un hélicoptère privé Oh là là ! Bon, allez, répondez ! Oh, fromage, là ! Ouais, ouais, je me déplace à pied, moi D'accord J'ai pas de voiture, j'ai rien Ok, caca de Pâques Ouais, caca de Pâques, bah, avec des chaussures du genre, bon, sans citer de marque, hein, sans citer de marque Des Nike, des Adidas Des 4R Ou des Reeboks Euh... Comme toi Comme toi Moi, j'ai une Mégane coupée, donc j'ai pas besoin de prendre les... Les transports en commun Ça, c'est pas bien, ça Non, mais... Moi, je peux... Moi, je vais... Je sens... Pas de marque ? Ouais, mais elle est un peu politique Mégane coupée, c'est un peu... C'est un peu merdique, comme voiture, ça Non, non, c'est vachement bien, t'es fou Grigo, ou non ? Euh... Y'a Oxide qui demande à combien on peut faire une grève Bon, euh... À plusieurs À plusieurs ? C'est combien, à plusieurs ? Bon, à plusieurs, c'est... C'est tous ceux qui... Qui sont... Vous pouvez être une vingtaine, cinquantaine, centaine, mille, voire deux mille, vingt mille ou autres Et plus à la rigueur Et y'a des... Y'a des V1 qui te demandent, quand on fait grève, qui c'est qui fait le rôle du piquet ? Bah, tout le monde C'est tout le monde qui se met sur le devant et qui empêche les bus de sortir ou autre C'est comme un ski, alors ? Non, pas spécialement, non Et y'a Ethan qui te demande si on peut faire grève tout seul Euh... Ça, c'est dur Parce que si tu fais grève tout seul... Tu y arrives, toi ? Non Ouais, mais regarde, la grève de la fin, c'est des gens... Les gens, ils font grève tout seuls Ouais, non, mais ils se mettent... Après, ils se retrouvent à plusieurs quand même, ils se... Ils se font une bouffe ? Non, mais ils se rejoignent Ils se rejoignent Donc, voilà Donc, je sens le harang pour conclure sur le thème de la troisième question Oui, alors moi, je me déplace souvent avec mon cheval Tupu Quoi ? Je me déplace souvent avec mon cheval Tupu Avec ton cheval qui pue ? Tupu Qui s'appelle Tupu C'est quoi, c'est quoi ? C'est une oise C'est son nom, mon cheval, non ? C'est le nom de ton cheval ? C'est le nom de ton cheval ? Bah ouais, c'est le nom de mon cheval Non, mais attends, mais... Mais elle est drôle ou pas, elle ? Non, mais attends, mais c'est quoi, là ? C'est la réponse à la question ? Bah bien sûr que c'est la réponse à la question Gérard, tu devrais la dégager, parce qu'elle répond pas à la question Oh, toi, je sens qu'il va t'arriver... Tu vas finir sans culotte, toi On peut dépasser un cheval dans les rues de Paris Ouais, bah toi, je crois que tu vas finir sans culotte ce soir Ouais Alors ça, ça m'étonnerait Ouais, bah... T'inquiète entre les dents C'est ce qu'on verra Attends, j'ai pas besoin de t'attraper pour t'avoir Bah toi, on a pas besoin de te trouver, on sait où t'es Alors, donc, avec quels moyens vous vous déplacez-vous pour leur dégrève ? Bon, il y en a qui ont dit en roller, ça c'est vrai Mais je pensais qu'on allait dire souvent en vélo Ou même voire en covoiturage C'est quoi ça, Gérard ? Le covoiturage, donc, c'est des gens qui habitent pas loin Qui sont à peu près dans la même société Qui s'appellent le soir, comme là, en ce moment Là, je pense qu'on peut dire que c'est un peu comme ça On va parler, ça va en parler beaucoup, du covoiturage Donc, ils s'appellent entre eux le soir Et ils disent, bon, bah, tu viens me chercher à telle heure le matin Pour m'emmener au boulot Mais tu peux faire du co-vélonnage Ou du co-camionnage Ou un truc comme ça ? Du co-vélonnage, je pense pas Du co-camionnage, c'est à peu près comme le covoiturage C'est à peu près pareil Donc, pour répondre à ça Je pense que Le plus gros, c'est ou le vélo Ou le covoiturage Qui se fait Régulièrement lors des grèves Alors, donc, je vais vous donner quand même Encore des chiffres pour ceux qui ont Un petit sondage, non ? Pour ceux qui vont se déplacer Tout à l'heure pour aller à leur travail Alors, en Ile-de-France, réseau banlieue Intens sur 30 devrait circuler Sur les lignes de Paris-Montparnasse Paris-Saint-Lazare et Paris-Est 1 sur 4 sur Paris-Nord Question RER Donc, trafic RER à trafic normal RER en mer de crédit C'est France Info, là ? RER-B 1 train sur 4 sur la branche RER-B, ça m'intéresse Tu peux répéter, j'ai pas entendu 1 train sur 4 sur la branche Nord, entre Gare du Nord et Roissy Et Mitry Interconnexion suspendue En Gare du Nord Il y a le Roissybus, quand même, qui passe Attention, le mouvement de grève Engagé hier matin sur la branche De l'Arme Sur la branche Gare du Nord Mitry pourrait se poursuivre Ce matin Question RER-C Pour ceux que ça intéresse toujours 1 train sur 3 RER-D 1 train sur 3 Voilà ce que je pouvais vous dire Je crois qu'il y a Corsair Tu peux donner les horoscopes du TGV Atlantique ? Alors, TGV Atlantique Pour les béliers seulement Non, je parle pas TGV Atlantique, je sais même pas Je pense qu'ils en parlent pas dessus Si, c'est en bas, vers la Corse N'importe quoi, toi Donc, on va récupérer Je sens le harang Tu viens chez moi, après, Gérard ? Putain, lui, il commence à me gonfler Je sens le harang Est-ce qu'elle est toujours là ? Salut Re-salut Comme toi Re-salut Re-salut, caca de Pâques Ouais, salut à toi, Lascar Fromage de... De cul De cul Ouais, bonsoir Je voudrais parler à... À la fille qui était chatte en feu tout à l'heure Allô ? Chatte en feu Oui Allô ? Et Babinton Allô ? Ouais, salut à toi, poète de l'an 2000 Allô ? Donc, la question... Allô ? Putain, mais il est chiant, celui-là Allô ? Alors, donc, la quatrième question Vous avez eu le temps d'y réfléchir ? Non, non, non Alors, pensez-vous... Vous voulez parler à la chatte en feu, on n'a pas pu la voir Alors, je répète la question et on se calme Là, il est 2h32 même Donc, pensez-vous normal que les jeunes Ne laissent pas leur place aux personnes âgées Ou autres, lors des grèves ? On va demander ça Gérard, je vais te choper à la sortie de la radio T'as l'air ta gueule On va te niquer, on va te niquer On va demander à Babinton C'est relou Ouais, ouais, ouais C'est de la merde On va te marrer, on va te marrer Ouais, ouais Babinton Ouais, ouais, ils ont raison, les jeunes Mais faut les virer, les vieux crotins de mammouth Faut les têches Ouais Babinton Faut les têches, faut prendre leur place Ouais, mais tu m'écoutes, là ? Ouais Il a marre des gros, ça, là Alors ? Ouais, ben c'est bon, je t'ai dit Faut les virer, tous les dieux Bon, donc, apparemment, t'as pas envie de répondre correctement à la question, toi Ben, c'est son avis, hein Je t'ai dit que j'étais d'accord La chatte en feu ? Non, elle est chaude T'es en train d'énerver, est-ce que tu peux répéter la question ? Oh non, non, elle va s'énerver, non Pensez-vous normal que les jeunes ne laissent pas leur place aux personnes âgées ou autres lors des grèves ? Ben ouais, c'est normal C'est normal, toi ? Ouais Alors donc, toi, tu laisserais pas ta place à une personne âgée pour qu'elle s'assoie avec ? Ben non Ben non Ben non, faut les virer Ouais, ben d'accord Elle paye quand même leur transport comme nous Non, mais c'est égal, c'est égal Non, ils ont une carte vermeille Fromage de cul Ouais, euh, non En fait, moi, sérieusement, je laisse ma place aux personnes âgées, c'est normal Ben oui, c'est normal Parce que moi, j'aimerais que quand je sois un petit peu plus vieux, qu'on fasse la même chose pour moi Non, mais ça, je pense que c'est tout le monde, tout le monde a envie de faire pareil que toi Ouais, mais là, j'entends des témoignages qui me laissent pas trop Non, non, pas du tout Je suis désolé, je suis désolé Mais pourquoi ? Non, non, mais attendez Non, non, moi, je suis pas d'accord avec ça Que quand une jeune te laisse la place Faut pas, faut pas t'en amuser quand même C'est quoi, t'es pas d'accord avec ça ? Alors, c'est la consommation à tout prix, c'est ça ? Alors, c'est pour rendre un service, voilà ? On a un coup de dévié qui pue le roquefort de 5 mètres Non, mais elle pue l'eau de Cologne Excusez-moi les auditeurs, excusez-moi les auditeurs Ça y est, vous avez... Ah non, mais là, je peux pas laisser à dire ça À la rigueur, on lui pique On les coupe ou quoi, Manu ? Tu joues à quoi, là ? Bah, ça y est, j'ai trouvé celui qui foutait le bordel Tu te paluches, là ? Alors, comme toi Oui Donc, pour toi Ah non, moi, je laisse jamais ma place aux vieux dans les bus Moi, je trouve que les vieux, il faut les tuer à la naissance, donc... Non, mais attends, je vois... Toi, t'es vraiment dégueulasse, alors Bah ouais, je suis pas dégueulasse Mon avis, c'est le chien, bien sûr Ils prennent toujours le bus quand il y a du monde dans le bus T'as un petit peu de respect pour les vieux, quand même, merde Mais non On se calme, vous laissez les gens répondre, s'il vous plaît, merci Ils ont qu'à prendre des taxis, puis ils puent la mort, quoi, c'est horrible Non, en plus, on peut pas laisser dire ça, Gérard Bon, je sens le harang Ouais, non, moi, je pense que c'est pas normal Parce qu'il y a aussi des personnes de 30 ans En plus, aussi, qui laissent pas Qui laissent pas leur place aux personnes âgées Et il y a également aussi les femmes enceintes Les femmes enceintes, tu leur laisses pas la place Ah, si, parce que de toute manière La personne qui est enceinte, moi, je peux te... Oui, mais les personnes qui veulent s'asseoir Les gens, ils se laissent pas Pour laisser la place à une femme enceinte Mais moi, je peux te dire une chose, que la personne âgée Va voir carrément le machiniste Et demande à ce qu'elle s'assoie Et fais-moi confiance que le machiniste Il a le droit de faire dégager une personne Pour laisser la place Si, si, si, si Si, si, si, si, c'est vrai Si, si, non, non, mais moi, je peux... Oh, vous me laissez répondre Donc, moi, je peux... Il y en a qui se marrent, Manu Non, mais je sens que... Et ça recommence Tony Comme ça, Manu, putain Je sens qu'il y a du Tony là-dedans Ça, c'est encore lui Donc, moi, je peux... Je réponds à... Attends, j'ai pas répondu Non, mais attends, si, t'as déjà répondu, toi Non, c'est qu'à 4 packs, c'est qu'à 4 packs, j'ai répondu J'ai pas répondu Non, mais attends, toi, t'es en train de jacquer Pendant que tout le monde répondait, alors Pas du tout Alors, tu réponds Bah, je voulais te dire qu'effectivement Il faut éliminer les cartes vermeilles, c'est clair Y'a pas besoin de laisser des places Dans les transports en commun pour les vieux croutons Elle disait, il faut les tuer à la naissance Moi, je dirais même, il faut les empêcher de se reproduire Passer 80 ans Tony, tu t'écrases On parlait de l'odeur, c'est vrai que ça fouette Mais y'a pas que chez les vœux Y'a aussi des gens de 38 ans qui sentent à 5 mètres Ouais, y'en a qui puent la mort aussi à 38 Voilà, ça sent la mort Il peut rien si ça sent le cercueil Tu crois qu'il sent ? Alors, moi, je réponds Maintenant, ça y est, vous avez assez répondu Maintenant, c'est à moi Donc, moi, je peux vous dire une chose Y'a les personnes âgées Putain, il commence à me casser les couilles, ce mec Donc, je peux vous dire une chose Y'a certaines personnes qui laissent pas les places Je trouve ça dégueulasse de leur part Et pour les femmes enceintes Ils vont s'adresser au machiniste Le machiniste lui demande à se convaincre On lui laisse la place Et y'a d'autres personnes qui ont le droit Tout comme toutes les personnes âgées de s'asseoir Et les femmes enceintes, c'est les aveugles Bon, écrase-toi Rigaud, une question Oui, y'a Davy One Qui te demande combien ça coûte Une grève en euros Et est-ce qu'il y a des réductions pour les cartes vermeilles Et les militaires ? Non, y'a aucune réduction pour tout ça Et combien ça coûte alors ? Je n'en sais rien On est pas encore au moment de l'euro Alors, les gens Lors des grèves Il y avait un petit Larsen J'ai Manu Non, non, non Ouais, ouais, Pildar, fais le malin Fais le malin Fais bien le malin, toi Lors des grèves T'es un pauvre type Ça vient d'où ? Moi, ça le fait pas Si ça le fait, regarde Mais qu'est-ce que c'est que tu fais ? Mais c'est quoi ce bordel ? Qu'est-ce que tu fais ? Non, mais Pildar Pildar, quand t'auras fini, tu vois ? Non, non, non, non, non Il ouvre la boîte, ça marche Connard, dès qu'il arrive, tu l'arrêtes Alors, fais pas chier ton monde, toi J'ai rien fait, moi Pauvre con, va Là ? Non, mais là, c'est bon Mais non, c'est Pildar qui s'amuse, alors T'inquiète pas, il s'amuse Il s'amuse depuis tout à l'heure Non, là, j'ai plus rien Non, non, il s'amuse, là Il s'amuse Ah, c'est ça Ouais, ouais Péga, parce que tout à l'heure, je vais t'éclater, toi Tu m'énerves Dans les deux débats, c'était le bordel Ouais Non, mais on peut remercier Pildar L'audience Et lui, là, au standard, t'as mis le bordel, toi Attends, je suis en train Et lui, c'est Manu Je peux pas me concentrer avec tous tes pauvres sons, là Non, ouais, c'est lui qui s'amuse aussi Tu mets ça sur le doigt à Manu, tu vois, mon cul Ouais, ouais Tu vas te choper à la sortie de la radio, t'as l'air ta gueule On va te niquer, on va te niquer Bon, ces bandes de petits cons, là, je les emmerde Alors, lors des grèves, tripotez-vous, les gens Les jeunes femmes ou des siens C'est n'importe quoi, le standard, ce soir Je suis dégoûté Non, mais moi, je suis plus dégoûté parce que c'est toi qui fous le plus ta merde Non Nuance Alors, lors des grèves, tripotez-vous, les jeunes femmes ou des siens Quand il y a les trains qui sont complets On va demander à Babington Eh, tu viens chez moi, après, Gérard ? Babington Ouais, ouais, ouais Ouais, ouais, moi, je pense que ouais Tu peux préciser ? Parce que c'est toujours le mercredi, c'est comme ça C'est toujours comme ça Donc, c'est tout, c'est toute la précision Voilà, voilà, mais c'est toujours complet, comme ça D'accord, lâche ça, t'en veux Oh, je te baisse Lâche ça, t'en veux, s'il te plaît Je ne réponds pas à cette question Alors, dans ce cas-là, tu réponds pas à cette question C'est terminé pour toi, le débat Au revoir Au revoir pour elle Alors, fromage de cul Ouais, moi, je fais Qu'un intérêt de De faire des grèves si on peut pas tripoter Des nanas, je veux dire C'est normal, c'est tout à fait Je suis sûr que toi, petit vicieux, tu l'as fait aussi quand t'étais jeune Non, ça m'est arrivé, ouais Oh, raconte ! Allez, raconte Les premières expériences sexuelles dans le RER Qu'est-ce qu'elle raconte ? Vas-y, raconte avant Non, si je laisse parler, toi, tu t'écrases Les auditeurs voulaient qu'ils racontent Bien sûr, bien sûr Pour l'instant, je demande aux auditeurs Leur truc Qu'est-ce qu'elle raconte ? Ouais, raconte quand tu mettais des oeufs dans le cul au chien, vas-y Qu'est-ce qu'elle raconte ? Ouais, bah, je vais te dire que moi, ça m'est déjà arrivé Je vais te raconter une petite anecdote L'autre fois, c'était genre dans l'ouest parisien Et j'ai touché une espèce de grosse vache Avec des tresses qui sentaient pas très bon Alors, caca de Pâques, c'est même plus la peine Caca de Pâques, c'est plus la peine Terminé ! Attends, j'ai le droit de toucher des grosses qui sentent mauvais Je me suis tapé des mycoses, des champignons sur les doigts C'est pas ma faute, mais j'ai le droit Non, non, mais c'est terminé pour toi, tu peux... C'est terminé, ça t'apprendra Comme toi... T'as pas le monopole des grosses, je te signale T'as pas le monopole des grosses Comme toi... Ouais, moi, je touche pas les femmes ni les chiens Ça me dégoûte un peu, mais bon, je touche d'autres trucs D'accord Ça te dirait de me tripoter C'est bien, parce que fromage de cul, c'était Tony Et Tony, il fait les deux débats N'importe quoi, c'est pas grave, c'est pas grave, enchaîne Donc, comme toi, c'était ta réponse ? Oui, c'était ma réponse Ok Je sens le harangue, ou à moins qu'il y ait une question IRC Non, on voulait juste dire que même s'il n'y a pas de grève, on peut tripoter les filles dans le train, et pas que dans le train Bah ouais Ok, donc, je sens le harangue Je viens droguer Je me drogue à la frite Je ne peux pas me passer de frites, c'est plus fort que moi, ça me rend fou Je ne pense qu'à ça, manger des frites Non, mais tu crois que c'est Manu, alors que c'est toi qui viens d'allumer le truc Pff, n'importe quoi, ça c'est pour régler le son du CDR Mais oui, le CDR, on me fout de con, on va Je te disais que je tripote les fesses des hommes, parce que c'est ce que je regarde en premier chez un mec Et après... T'as vraiment des goûts de merde ? Non, mais il s'amuse Attends, je sens le harangue, parce que là, Max, il vient d'arriver Donc, c'était pour préciser que ce n'était pas pour régler le CDR qui s'amusait C'est qu'il est en train de s'amuser à mettre une connerie là-haut Salut Max Donc, je sens le harangue Tu viens chez moi après, Gérard ? Je sens le harangue Non, mais je te réponds, là Donc, je te disais que je tripote souvent les fesses des hommes Ah, vas-y, j'en dis, vas-y encore Dans le tramway ou dans le métro Et donc, je regarde ce que je regarde en premier Vous laissez parler les gens ou quoi ? Donc, voilà, je t'ai répondu D'accord Si t'as pas entendu, sens le harangue J'ai compris quand même ce que tu m'avais dit Alors, pendant les grèves SNCF ou autres, les trimpes ont-ils l'amour ? On va demander à Babinton Chérin Babinton Oui, tu peux répéter la question, s'il te plaît ? J'ai pas bien entendu avec le bruit Alors, pendant les grèves SNCF ou autres, les trimpes ont-ils l'amour ? Euh, ouais, je pense que c'est possible Comment on peut répondre ? C'est possible techniquement Techniquement Par contre, je pense que ça arrive que sur certaines voies ferrées Pas partout en France D'accord Que dans les grandes gares Tony ? Quand je suis contre tes pieds Les trains, ils ont pas d'appareil génital Non, mais, généto Merci Tony pour... Généto, si tu veux C'est des bateaux, généto Parce que c'est transitif, c'est ça ? Non, c'est transpirif Ah, ok Donc, alors Gérard ? Oui, Manu ? Donc, on accueille Je t'écoute à la place de Caca de Pâques Oui, allô ? Et on accueille Slogan à la place de J'ai la chatte en feu Les routiers, c'est tous des enfoirés La CGT au pouvoir Enfoiré C'est Slogan, ça, c'est Slogan Il est dans le débat de la grève, grave Non, non, non, mais je crois que tu lui dis qu'il se calme Non, mais il va t'écouter, y'a pas de soucis Donc, Tony ? Ouais, ça y est, j'ai répondu, j'ai répondu, ils ont pas d'appareil génital Ok, alors, je t'écoute ? Ouais, je t'écoute Vas-y, je t'écoute, GG Non, mais tu réponds à la question Bah, écoute, des trains qui coculent, non, pas des masses Mais il y a quand même Eh, eh, eh, on me laisse parler Il y a quand même un maximum de gens Qui sont enculés dans les chiottes de la loi Je t'écoute Alors, je t'écoute, tu vois On t'a très bien entendu Maintenant, tu dégages, au revoir Moi, j'ai une aventure Voilà, c'est très bien Alors, comme toi Bah non, les trains peuvent pas faire l'amour Par contre, ça baisse le sexe dans les trains Quand il y a grève Ouais, bah ça, ça revient presque à la Sur quelle ligne ? Bah, ça revient presque à la cinquième Tu viens chez moi, c'est ça, Gérard ? Ça revient presque à la cinquième question Ce que tu veux dire C'est quoi la cinquième ? Bah, la cinquième, c'était lors des grèves Tripotez-vous les jambes en arté Il y a une différence entre tripoter et faire l'amour D'accord Tu fais l'amour sur quelle ligne, toi ? Slogan, toi, tu veux répondre, là ? RRB Slogan, tu réponds à la question ou pas ? Bah, j'ai vu que j'étais au standard J'ai pas tout entendu Alors, pendant les grèves SNCF ou autre, les trains font-ils l'amour ? Ouais, Gérard, tu peux répéter la première question du débat ? Je voulais répondre Attends, tu me laisses parler, s'il te plaît Les trains font-ils l'amour ? Tu me prends pour un con ou quoi ? Non, je t'y prends pas Stylès Ouais, mais c'est pas moi qui l'ai dit, alors Pauvre chave C'est pas moi qui l'ai dit, slogan C'est vraiment un bacard, hein Abrouti, va Espèce de doigt en douille, va Tu travailles, hein ? Non Alors, c'était un... Il y a un autre Gérard, il y a un autre Gérard Ouais, il y a un autre Gérard à l'antenne, là Slogan ! Ouais, bah, je viens de répondre Ok, alors, je sens le marrant Alors, effectivement, je pense que les trains ont une vie sexuelle plus épanouie Oh, la folle Parce qu'ils peuvent faire ça à une vitesse plus rapide Non, non, c'est toi, Fildor Ils vont plus vite, quoi, si tu veux N'importe quoi Ils peuvent avoir une vie sexuelle plus épanouie Vu qu'ils vont plus vite J'aimerais te dire je t'aime à la loco J'aimerais te dire je t'aime quand je fais un travlo Celui qui s'amuse à dire ça va se calmer T'as compris ce que je t'ai dit, Gérard ? Ouais, ouais, j'ai entendu Donc, y'a pas de problème Ok, alors, sixième, septième question Pourquoi faire grève lorsqu'on est bien payé ? Gérard ? Oui Juste avant que tout le monde réponde Donc, on accueille J'ai des poux Sous les bras, j'ai des poux Pardon, excuse-moi, c'est un peu compliqué Oui, allô, bonsoir Et on accueille, donc, Couscous À la place de Badminton Salut Couscous Couscous Couscous Couscous Couscous Allô, couscous Couscous Allô, vrai bonnet Je passe le bonjour à Abdel Wahed Salut Tu m'éteins ça, toi ? Tu m'éteins ça, là-bas ? Couscous, c'est une dédicace, hein, ce soir Alors, donc, euh... Bon, vous fermez votre gueule un peu, maintenant On salue, on salue Sous les bras, j'ai des poux Bonsoir à toi Oui, bonsoir Eh, Couscous, bonsoir à toi Bonsoir, tout le monde Eh bien, bien revenu dans les débats du jeudi, toi Bonsoir à tous les bouddhistes Alors, donc, pourquoi faire... Bon, maintenant, vous allez vous calmer Parce qu'il est 2h45 Et je voudrais terminer le débat correctement On peut se... Allô ? Allô ? Ne quittez pas, ne quittez pas Allô, bébé ? Oui, ça va, tranquille Ça va, ça va On peut savoir le nombre de personnes qu'il y a sur internet Puis le darpega, parce que tout à l'heure, ça va mal se finir pour toi Sur... Alors, allô ? Oui, on t'écoute Allô ? Allô ? Allô ? Ok, non, c'était pour... FILDAR ! Oui, Fede, bonsoir, c'est au standard Oui, Fede, bonsoir, c'est au standard Euh, s'arrêtez de bouger Bon, Fildar, tu dégages Non, non, mais là, ça commence à bien faire, lui Oui, Fede, bonsoir, c'est au standard, tu veux parler de quoi ? Ouais, salut Fede, c'est à l'antenne, c'est pour... Bon, ça y est, c'est Manu, là, t'as vu ? Gérard, on est 4131 FILDAR, TU LÊTES PAS LES RIGAUX, QUOI ? Fais ce con ! 4131 Bon, moi, j'arrête le débat On est 4131 Arrête Non, mais là, c'est pas Manu C'est Fildar qui déconne Bon, c'est Fildar, t'arrêtes maintenant D'accord, j'arrête Qu'est-ce qu'il se passe ? Donc, on est... Ça va ou pas ? Non, mais qu'est-ce que c'est que ce bordel, là ? Non, mais je crois qu'il y a un problème Non, il n'a rien allumé Fildar, ça commence à bien faire Il n'a rien allumé ! Regarde ! Il n'y a pas de problème Non, mais il s'amuse, là-bas Non, mais c'est pas grave Manu, c'est la dernière semaine que tu peux les débattre, toi Ça, la semaine prochaine, c'est terminé pour toi On verra Non, non, il n'y a plus de... On verra maintenant, c'est fini Deux semaines qui me foutent la merde, c'est pas la peine Donc, on est 4000... 4000... 4000... Arrêtez, derrière... C'est quoi ce bruit qu'on entend ? Je ne sais pas, je... C'est dingue Bon, on est 4321, c'est en train de remonter un petit peu Mais on n'atteindra pas... Je vais m'accrocher, Gérard On n'atteindra pas les 3000 ce soir Non, les 5000 Les 5000 ce soir, excuse-moi, je suis fatigué Alors, septième question Je vais m'accrocher, Gérard Pourquoi faire grève lorsqu'on est bien payé ? On va demander à Couscous Moi, je ne sais pas Je ne vois pas le problème dans la... Est-ce que tu fais des grèves, toi, Couscous, des fois ? Oui, ça m'arrive Tu fais des grèves de la faim, non ? Oui, j'ai déjà fait le ramadan J'ai déjà fait le ramadan Mais je me suis déjà fait aussi des grèves des poumons Des grèves du cœur, des grèves du foie D'accord Sous les bras, j'ai des poux Je suis en point Tu réponds ? Mais tu es en point, Gérard Tu réponds ou tu ne réponds pas ? Tu réponds, c'est bien Si tu ne réponds pas, attends Manu, tu le prends... Tu réponds ou tu réponds fort ? Manu, tu le récupères On va passer à Slogan La question, j'attends un peu trop On va s'écouter un petit morceau Vos gueules ! Moi, je ne réponds pas aux questions Je ne réponds pas à la question dans ces conditions Il faudrait que tu mènes un peu mieux ton débat Alors, Slogan Répète-la, répète-la Répète la question N'échouiez pas ! Pauvre con, va Arrête tes conneries, tu veux ? Arrête tes conneries depuis tout à l'heure Arrête ! Arrête ! Ce que tu m'énerves ! De poisson ! Lorsque Slogan ! Ouais ! Il y a de l'écho dans la maison C'est Notre-Dame de Paris, là Arrête ! Arrête, Gérard ! Gérard, arrête ! Arrête, arrête, arrête ! Bonne heure, Gérard ! Bonsoir à tous les égorgeurs de France ! Bon, allez, hop, terminé Ce n'est même plus la peine de continuer le débat J'arrête, hop, terminé Fildar, tu dégages, c'est fini pour toi Moi, j'arrête, je continue pour le débat Bonsoir à tous, vous faites les conclusions Couscous pour la conclusion du débat Non, ils sont tous là, Gérard Non, non, non, tu dégages Je ne vois pas le savoir Ces conclusions, c'est tout Tu as bien foutu ta mère lors des deux débats Mais non ! Tu as foutu ta mère pour lors des deux débats Le report a été battu partout On fait ça pour Internet, alors Fais-le pour Internet Il y a encore plus de 4000 personnes On peut peut-être continuer pour eux Toi, tu... Tu vires Non, mais je ne fais plus rien Tu vires, tu vires, c'est des roms Je ne bouge plus Alors, Slogan, si tu veux répondre correctement à la question Ben oui, mais il y avait tellement de brouhaha que je n'ai pas entendu Alors, il faudrait que tu répètes Ce n'est pas possible Tu peux répéter, s'il te plaît ? Pourquoi faire grève lorsqu'on est bien payé ? Alors là, c'est une question bien difficile C'est une bonne question, ça C'est une bonne question Je ne sais pas ce qui t'arrive en ce moment Gérard, sur l'IRC, on me demande que tu répètes cette question, justement Alors, pourquoi faire grève lorsqu'on est bien payé ? Gérard, au standard, on me demande aussi que tu la répètes encore une fois Non, non, mais ils me font chier, au standard Ben ouais, mais bon Gérard, sur Minitel, moi, ils me demandent que tu fermes ta gueule Non, ben toi, tu vas fermer ta grande gueule de con C'est Minitel C'est Minitel C'est Minitel Oh là là Eh Gérard, tu penses aussi quand tu fais caca ? Voilà, pour le Minitel, il ne fonctionnera plus Ah, bien joué Alors, slogan, si tu veux répondre correctement à la question, maintenant Ben, je la trouve tellement compliquée Ben, non, je pense que ce n'est pas utile de faire grève quand on est bien payé D'accord Donc, Tony Ouais, non, en fait, ce n'est pas les riches qui font grève C'est les pauvres comme nous Ben ouais, mais... Non, mais Tony Oui Est-ce que... Pourquoi faire grève lorsqu'on est bien payé ? Non, mais tu ne comprends pas que c'est les pauvres, les pauvres qui font grève Ce n'est pas les riches Les riches, ils n'ont pas besoin de faire grève puisqu'ils ont déjà tout ce qu'il faut Mais n'essaye pas de l'inscrire Ils font des émissions sur M6, ils ont la radio et tout ça Tony, tu évites de dire des noms Eh Gérard, tu penses aussi quand tu fais caca ? On est pauvres, on est pauvres, on est pauvres Donc, la semaine prochaine, pas de Tony Alors, comme toi Ouais De toute manière, c'est la fin du débat, il est 2h51, j'arrête un peu Mais Gérard, mais t'es où ? Comme toi Ouais Bah non, c'est pas utile, moi je suis le même avis que Tony D'accord, et je sens le harangue pour finir Alors, quoi te dire ? Je pense que c'est pour emmerder les gens Tu ne crois pas ? Elle est con Non, mais ce n'est pas la question, ça Ça n'a rien à voir avec la question Elle n'a rien dans la tête Viens là, viens là, viens là, la cinglée Elle est con Allez hop Alors, je vous préviens Elle est priso Elle est moins con que vous parce qu'elle sait répondre aux questions que vous, vous ne savez pas répondre Alors, moi, pour vous dire Oh, vous fermez vos jeunes maintenant Merci Alors, moi, pour vous répondre, je ne sais pas Pourquoi ça sert de faire grève lorsqu'on est bien payé Vu qu'il y en a qui se touchent des briques par mois Combien ? Des millions par mois, je me demande pourquoi ils font grève Ça ne sert strictement à rien Tu peux toujours réclamer 200 balles de titres qui restent en plus Et alors ? Ça dépense Mais ouais, c'est pas possible Conclusion Je sens le harangue et que tu suces la bite, ça y est Non, non, non, mais il ne faut pas déconner J'ai un problème au standard Donc, c'est terminé C'est rien terminé du tout, tu continues Allez, je ne sais pas, fais pas la pute Il y a un problème au standard C'est un problème d'insert, quand même Si quelqu'un m'entend dans le CD-ROM Allô, je suis perdu, là C'est mieux, déjà Conclusion Gérard, avant de finir, quand même, il y a Davy1 qui te pose une question Est-ce qu'il y a des universités où on apprend à faire grève ? Arrête, Gérard, il ne sait pas ce que c'est, une université Ça a merdé encore Personnellement, non, je ne pense pas De toute manière, même les lycéens font grève Mais comment on sait comment il faut faire la grève, alors ? Ça, c'est eux qui savent S'ils sont mal payés, ils font grève Non, non, mais ce n'est pas que ça Je vais t'expliquer, par exemple, tu es étudiant, tu n'as jamais fait de grève Il y a quelqu'un qui dit, bon, on va faire la grève Si tu ne sais pas comment on fait, qu'est-ce que tu fais ? Tu l'essuies, c'est tout Tu l'essuies, tu fais quoi ? Tu l'essuies comme un mouton ? Tu rentres dans le truc, et puis c'est tout Tu l'essuies avec un chiffon, non ? Mais non, tu fais comme ils font, et c'est tout Donc, conclusion du débat, on va demander à Couscous C'est bâclé, ton débat Tu n'avais qu'à moi faire le compte, ça ne serait peut-être pas arrivé Ça n'a rien à voir Je les coupe, ils rigolent Couscous Continue, continue, Gérard Non, non, c'est terminé C'est terminé Allez, une question Continue ton débat Combien coûte une grève en général ? Bon, laisse tomber, on conclut Bon, alors, conclusion, Tony, conclusion Allez, hop Merci, Tony C'était bien, bravo C'était bien marré C'était bien, bravo C'est un peu trop le bordel, quand même Et qui est-ce qui paye ? C'est les auditeurs Donc, j'aimerais que la prochaine fois, on fasse ça mieux que ça Voilà, comme d'habitude Et puis, c'est tout Ok C'est qui ? C'est Goldo Qu'est-ce qu'il vient faire ? Non, je te jure Slogan Slogan Sérieusement, pour une fois Plus t'avances dans le temps, plus c'est de la merde ce que tu fais Et faudra que tu... C'est faux C'est faux C'est faux C'est faux Franchement, on te prendra pas Toi, tu resteras chez toi Alors, sous les bras, j'ai des poux Non, mais j'ai pas fini Non, non, mais ça y est Si, t'as fini Sous les bras, j'ai des poux Ouais, bah, donc, je continue avec ma soucoupe volante Je voulais dire que tu mets tout sur le dos de Fildar Mais faudrait quand même un petit peu que tu te calmes, quand même Non, mais attends, qui c'est qui a foutu sa merde au premier débat ? T'as quand même déjà la grosse qui n'aide pas du tout le débat, quand même Non, Manu n'est pas grosse Non, mais je parle pas de Manu Elle apporte pas des réponses très constructives Et déjà, tes questions ne volent pas très haut Après, si tu mets ça sur le dos de Fildar, ça le fait pas Mais attends, les questions de la grève Fildar, il travaille, regarde-le, il travaille, il s'acharne et tout Et toi, tu le tapes Les questions de la grève, on les a revues et corrigées avec Rigaud et Manu Donc, je vois pas du tout pourquoi c'est de la merde Et c'est pas une raison pour faire du kickboxing avec Fildar C'est terminé Ok, couscous Ouais, bah, le débat, il aurait été plus intéressant Si t'avais pas trop gueulé sur tes standardistes Non, mais j'ai pas gueulé sur mes standardistes Manu, il a bien fait son boulot au deuxième débat Rigaud, il bosse toujours bien sur l'IRC Donc, je vois pas, au deuxième débat, je vois pas sur qui j'allais gueuler À part Fildar qui s'amusait à passer des doubles sons Ça, c'est tout T'es d'accord, couscous ? Y'a pas de problème Bon, Gérard Y'a quand même quelques conclusions sur l'IRC On va pas lire les 4000, quand même Alors, y'a Turpentine qui dit que ton débat avait ni queue ni tête comme toi Comme d'habitude Y'a, je sais plus qui, qui disait qu'ils ont apprécié la grève de ton cerveau Qu'est-ce qu'il se passe ? Euh, voilà, donc, ça sert à rien de faire la grève Mieux vaut tenter sa chance au Big Bill si on veut plus d'argent Ouais Si c'est pour insulter ses assistants et passer son temps à gueuler en bâclant les débats GG devrait faire grève C'est vrai, ça ferait du bien que tu nous fasses une grève de débat C'est ce qui pourrait peut-être se produire Ouais Ok Et je voulais juste finir pour dire que le 13 décembre Y'a une grève planétaire des internautes contre France Télécom Ouais J'en reparlerai dans la semaine Ouais, ouais, c'est 9h Comme toi Ouais Donc pour toi, conclusion Déjà, je vous fais tous des gros bisous Et puis, je voulais dire que tu pues la moule Faudrait mieux qu'elle reste chez elle Parce qu'elle a déjà les questions à l'avance Elle répond n'importe quoi Elle sait pas du tout avancer le débat Ça commence vraiment à puer la moule Tu pues la moule, reste chez toi Ben, c'est simple parce que j'ai pas de personne Mais si, c'est le poisson là C'est le thon C'est le thon Le harangue pourri C'est le thon Ah non, le harangue, pardon Gérard C'est qui ? C'est Pierre Fulain Non, mais c'est bien C'est de la merde, peut-être Je sens le harangue pour conclure Je sens le harangue Allô, je sens le harangue Elle est là Allô Pas elle là, pas elle là, son piquet Si, il est là, son piquet Pas elle là, pas elle là, son piquet Oui, il est là Hein ? Ouais Tu as pas entendu ce que j'ai dit ? Non Non Gérard, je t'attends à la sortie de la radio Donc, je te répète, c'est comme t'as pas entendu Ouais Donc, j'ai un truc au départ Gérard, je t'attends à la sortie de la radio Bon, celui qui s'amuse à dire des conneries, vous laissez parler des gens, merci Gérard, je t'attends à la sortie de la radio Donc, ouais, je t'écoute Et j'écoute pas trop souvent quand même D'accord Bon, bah, c'est pas grave, j'ai vaguement entendu ce que tu me disais parce que c'est coupé à moitié Fildar, tu recommences ? Non, non, mais tu recommences, c'est bien, mais ça c'est terminé pour toi Est-ce que tu fais des bêtises, celui-là ? Alors, on va s'écouter, pour moi, la conclusion, c'était de la merde Le débat, c'était comme le premier, j'ai pas pensé que ça allait se terminer comme ça, c'est grâce à Fildar quand même Parce que celui qui a foutu sa merde, on termine avec combien de personnes sur l'IRC quand même, Rigo ? Allô, Gérard ? Non, mais... Allô, Gérard ? Manu, là, fait quelque chose Allô, Gérard ? Non, mais je peux pas parler si... Donc c'est bon Alors, on a fini à 4563 personnes, ce qui est vraiment excellent C'est pas mal Franchement, Gérard, y'a aucune radio qui va faire un... Non, mais je pense que d'ici... On aurait pu faire mieux s'il y avait moins eu de bordel avec Fildar Oh non ! Tu te rends compte, Gérard, qu'il fait de la merde et t'as 4000... Non, non, mais c'est toi qui a foutu ta merde, t'as foutu ta merde sur les deux débats Allô, Gérard ? Y'en a que deux qui ont bien bossé, c'est Manu et Rigo, c'est tout Y'a que eux qui bossent bien lors des deux débats Alors, on va s'écouter... Ah, c'est clair, y'a même pas toi, toi tu bosses pas non plus bien Allô, Gérard ? Pour terminer, 256, on va laisser Rousseau pour la nuit sans pub Allô, Gérard ? Demain matin, 6h, vous allez retrouver Bart Allô, Gérard ? Et demain soir, 22h, vous allez retrouver le Star System Et surtout, y'a des places à la loco et... Y'a Jean-Denis Berre demain, c'est... Jean-Denis Berre, pour en offrir, là ? On peut en offrir Eh ben, pour demain soir, ceux qui veulent venir à la loco avec le DJ Regueuillat, je serai là Et puis, y'aura également DJ Sinclair, c'est maintenant qu'ils appellent au standard On va prendre les 3, 4, 5, 6 premiers Avec la personne de leur choix, ils viennent gratos Grâce à Gégé, quand même Et donc, samedi, t'es où, tu peux préciser ? Samedi à Vannes, on est à... Malverne Malverne Voilà, donc, je vous souhaite une bonne nuit Je vous retrouve la semaine prochaine Et on s'écoute les poules du Cirque Pain d'Air Avec du saucisson Bonne nuit à tous et à la semaine prochaine == Le débat sur les jeux télé == === Le contexte === === Les personnages === === Transcription === Nous avons une parodie de Gérard, sympathique paraît-il, bonsoir faux Gérard. Allo ? Oh putain, tu es réveillé, c'est grave. Il est dans une cabine, ça va Gérard ? Bonsoir à tous, donc bon ben, petite parodie des débats je crois. D'accord, ben le vrai Gérard t'écoute, on y va. Donc balance le jingle et c'est bon. Ah faut que je mette le jingle, pardon, alors excuse-moi, vous l'avez calé, attention on y va, prêt, 3, 2, 1, top. Et voilà, donc bonsoir à tous et bonjour, c'est les débats de Gérard, donc on va saluer Rigaud à l'internet www.funradio.fr. Oui, bonsoir, big big up. Ok, donc Manu au standard 0870 5000. Ouais, en gros, salut. Et Fildar à la pro. Ok, donc on va accueillir Couille de loup. Bonsoir Gérard. Couille de loup, bonsoir. Bonsoir Gérard. Bonsoir. Bouledogue mystère. Oui, bonsoir Gérard, t'aurais pu m'imiter aussi, je suis quand même une star, merde. Ouais, salut. Donc le débat, je pense, va porter sur la poésie. Donc première question, que pensez-vous de la poésie, si oui, pourquoi ? Donc on va demander à Bouledogue mystère. C'est bien tu Gérard. La poésie. Non mais tu travailles. Est-ce que tu peux me répéter la question ? Non mais tu te fous de ma gueule, alors bonne nuit, dégage. Hop, tu me gères ça, d'accord ? Ouais, Gérard, c'est Manu. En gros, à la place de Bouledogue mystère, on accueille Saucisson à l'ail. Ok, donc Saucisson à l'ail, bonsoir. Bonsoir. Allo. Bonsoir. Saucisson à l'ail une fois, Saucisson à l'ail deux fois. Je suis là, je suis là. Bon, alors t'as écouté la question ? Ouais. Donc pour toi ? Ouais, bah moi j'aime bien la poésie, je trouve que ça ouvre l'intellect sur... Non mais attends, Saucisson à l'ail, on va pas aller voir l'intellect ou autre, hein. On va pas chercher Midi à 14h, d'accord ? Que penses-tu de la poésie ? Bah en fait, j'aime bien. Donc couche de loup pour toi ? Ouais, bah moi j'aime pas ça. Je trouve que ça sert à rien, on nous fait chier à l'école, là, toujours, apprendre des poésies, on s'en fout. Mais bon, c'est bien parce que t'apprends à lire quand même. Non mais attends. Quoi ? Attends, à l'école, déjà d'une. Quoi ? Déjà, à l'école, la poésie, ça m'étonnerait qu'on en apprenne, je suis désolé. Ah bon ? Non mais attends, moi je veux te dire une chose que... T'es à quelle école, toi ? Non mais attends, déjà, moi je veux te dire une chose que l'école, bon bah, je sais pas que j'ai pas été, mais j'ai pas trop pratiqué de ce métier. Mais je veux te dire une chose, tu vois, ça m'étonnerait, hein. Donc... Tu changes d'école, hein. Ah ok. Donc moi, en ce qui me concerne, c'est dommage parce que, bon bah, moi, la poésie, c'est un truc que j'aime bien. C'est pas un truc qui me déteste. Donc, moi, je veux te dire une chose que, d'ailleurs, ce chisson-là, il pourra confirmer. Ouais, tout à fait. Tout à fait. Déjà, ce soir, toi, je vais te bouffer ta petite chatte. Je veux te dire une chose que, tu vois, la poésie, c'est un truc que, moi, pour faire craquer les filles, c'est ok, quoi. Voilà, donc, bon bah, on va... On s'écoute un petit disque ou pas, là ? On fait quoi ? Non, conclusion, d'accord. Donc, conclusion, c'est pas mal. C'est dommage que, bon, les auditeurs, c'est un peu des habituels, j'ai l'impression. C'est Tony, on t'a reconnu. Donc, tu pourras pas dire que c'est le contraire. Et toi, ce chisson-là, je t'attends, je sais pas. Dans mon lit, on va faire la fête. Rigaud, sans indiscrétion, on a combien de monde, là, sur Internet ? Oui, énormément de monde sur Internet. On est deux. Il y a moi et un mec de France Télécom à qui, d'ailleurs, je fais une petite casse-déli. Ok. Donc, là, je crois que le record mondial d'Internet est pas prêt d'être battu, parce que, là, c'est bizarre. La semaine dernière, on avait atteint les plus de 3000. Et maintenant, on est que deux. Donc, là, je crois qu'on touche le fond du rouleau. Donc, bon, bah, on va s'écouter un petit disque, quand même. On va s'écouter des annus sans feu avec Bouffe-moi la chatte le week-end, mais pas la semaine, je travaille. Voilà, donc, dans un instant, vous allez retrouver Blondo pour les nuits sans pub. Et bonne nuit à tous. Bravo, t'es bien assuré. Excellent. Bravo. Il faut l'embaucher, il faut l'embaucher. Ah, là, franchement... Big up, big up. Ah, ouais, big up à toi, parce que, franchement, bravo. Bravo. Dommage, tu peux me refaire un petit coup de fil d'art ? C'est dommage qu'on n'ait pas entendu assez fil d'art. C'est hallucinant, c'est hallucinant. C'est hallucinant, hein, Tony ? On connaît bien la voie du fil d'art. Putain. Tony, entre Tony, Manu et fil d'art, et Rigo, putain, mais c'est hallucinant. qui n'a pas trop apprécié qu'on se foute de sa gueule, il s'est vexé. Alors que je lui ai expliqué que c'est un peu comme les guignols, c'est la consécration que quand on est une star, on est imité. Gérard fait une parodie. Gérard est en train de fumer sa cigarette dans le couloir, il n'est pas content, il fait la gueule. C'est dommage, mais en tout cas, vraiment félicitations. Il n'y a rien à dire, c'est du top top de chez Top Top. Quand tu as l'occasion de nous en refaire d'autres, n'hésite pas. J'avais prévu de faire ça toutes les semaines, mais je ne sais pas si... Ah si ? Je ne sais pas. Avec grand plaisir. Avec grand plaisir. Merci encore. N'hésite pas quand de temps en temps, Pierre Fula, tu peux également nous faire des petites engueulades entre Gérard et Fildar. Si tu avais à inclure ça dans tes débats, je sais que ce n'est pas facile. Petit à petit. Merci. Qu'est-ce qu'il y a, Gérard ? On l'a repris en antenne. Qu'est-ce qu'il y a ? Bah non, fais pas la gueule, merde ! Il est vraiment... Il est vraiment... Il est vraiment phénomène ! Il est vraiment... Il rigole, vas-y ! Il est vraiment phénomène ! Allez, Gérard ! Bon, allez ! Dans moins de 5 minutes, sur Fun Radio, les débats de Gérard vont démarrer. La pression est mise à son maximum, que les radios d'en face s'accrochent, car le bulldozer de la bande FM va arriver. Le monstre, par définition. C'est Alain Delon au cinéma. On a connu Spielberg en tant que metteur en scène. Et il y a sur la bande FM l'animateur qui, sans nul doute, va marquer ses 5 dernières années. Et à mon avis, c'est loin d'être terminé. On est au début d'une grande aventure. Encore 15 ans de signature pour un débat de Gérard, comme chaque jeudi. Un sur la posie et un sur les séries télévisées. TF1, entre autres, qui sont remis bien largement en avant grâce au Big Bill. Les débats de Gérard, si vous voulez y participer. 75 000, Internet également à votre disposition. irc.funradio.fr Et dans l'immédiat, Lenny Kravitz pour foutre la pression, les enfants. Toute la bande FM, ce soir encore, va cramer dans tous les sens. Prévenez-les, Sky, Energy, RFM, Chérie FM, Nostalgie, RNC. Ils sont morts, eux. Europe 1, RTL. Gérard de Suren déboule sur la bande FM. Les débats, pas de radio et pas d'insultes de Gérard. Qui vous attend sur l'Internet. www.frfunradio.fr On est combien, là, pour l'instant, Rigo ? On est déjà 1280. Et ça arrive, ça n'arrête pas d'arriver. Et tu vois, plus ça va, plus ça monte. Donc, le premier débat va porter sur les jeux télé. Donc, on va accueillir pour ça Je Pue, Je Pue la Crotte, Je Pue la Crotte, Yetto, On peut écouter Fun Radio sur... Ifto, Gérard, excuse-moi. Ifto. Ah, Ifto. D'accord. T'écriras mieux, d'accord ? Non, non, mais t'écriras mieux. C'est Manu qui a écrit. Gérard, c'est mon écriture, tout ce qui est ville et fréquence. Ok, je te remercie, Manu, de préciser. Donc, on peut écouter Fun Radio sur 97.9. Oui, bonsoir, Gérard. Bonsoir à tous. Oui, bonsoir, Tony. Mais non, Tony, il est là. Écoute, Tony, allô. Oui, bonsoir, Gérard. Bonsoir à tous. C'est pas moi. Bien sûr, Tony à Brest. C'est ça. Alors, Tony, c'est Paris. Il a le droit de voyager ? Dans Vacances à Brest. Enfin, bref. Pipouin. Pipion. Pipion. Albi. 97.1. Ouais, c'est ça. Non, mais répondez pas quand je parle. Bon, Pipouin, là. Pipion. Pipion, tu réponds ou quoi ? Il est là, merde. Oh, quoi, merde ? Je vais pas te faire foutre, ok ? Oh, Gérard, doucement, quand même. C'est le début. Pute de nuit. Pute de nuit, Aras. C'est ça. Bon, bien sûr. Allez, foutez-vous de ma gueule. Foutez-vous de ma gueule. Allez, hop. On attaque. Comme ça. Non, mais présente quand même tout le monde, Gégé. Attends. Pour un instant, c'est quoi ce bordel que tu me fais ? Tu commences. Gérard. Tu commences. Tu commences. C'est juste le nom. Attendez, attendez. Merde ! Putain, mais c'est quoi ce bordel ? Moi, je fais le standard. Mais quoi ? J'ai rien fait. Mais t'es dans ce bordel. Putain, mais c'est quoi ? Putain, rigole pas. On va avoir trois auditeurs. Oh, non, non, non, non. Mais attends. C'est quoi ce bordel qu'il nous fait ? Quoi ? Il y a je pue la crotte. Non, non, non. Allez, hop. Allez, hop. Allez, hop. Mais calme-toi. T'es énervé pour rien. Putain, mais merde. Qu'est-ce qu'il me fait, là ? Qu'est-ce que c'est que ce nom ? C'est surnom. J'y peux rien. Attends. Je te jure. Dégage. Dégage. Je veux plus te voir ici. Dégage. Casse-toi. Casse-toi. Casse-toi. Mais qu'est-ce qu'il va faire, le standard ? Comment on fait, Gérard ? Attends, putain. Non, mais Gérard, ça va. Moi, j'en ai ras-le-bol. J'en ai ras-le-bol. Toutes les semaines, c'est le bordel. Mais non. Mais si, ce soir, ça va être le bordel. Mais non. Mais si. Je vois le coup arriver. Mais arrête des bêtises. C'est toi qui es énervé, ce soir. Attends. Moi, je vois le coup. Non, t'es énervé d'office. Alors, Tony. Ça va bien se passer. Ça va bien se passer. Bien sûr. C'est le bordel. T'as décidé. Donc, c'est ta faute. Oui, pourquoi ? Parce qu'il est là. Il n'a pas été... Je ne voulais pas ce soir. Mais qui est à ta place ? C'est bon. Je ne veux pas. D'accord. Tu choisis quelqu'un. Alors, il n'y a personne au standard. Comment on fait ? Non, mais là, il voulait quelqu'un. C'est lui qui remplace. C'est lui le chef. J'en ai parlé hier. Bon. C'est Gérard au standard. Il fait tout, Gérard. Françoise. Oui ? Bonsoir. Bonsoir, Gérard. Ah, Françoise, salut. Oh, on se calme. Bah, écoute, j'ai le droit de dire bonjour, quand même. Elle est quand même Gérard, la star. Ouais. C'est clair. Vas-y, Gérard. Allez. Ça commence à... Allez, boum. Première question. Allez. Génial. Voilà. C'est bien. Fais voir. Non, non, non. Attends. C'est quoi, les noms que tu me cherches ? J'en ai rien à foutre. J'en ai rien à foutre. Vas-y, j'en ai rien à foutre. Salut, Gérard. Ça va ? Salut. Hé, Gérard, est-ce que tu pourrais me prendre au standard, là ? J'ai quelque chose à te dire, s'il te plaît. Non, non, non, non, non, non. C'est qui ? C'est qui qui veut me parler ? Rodrigo. Hein ? Rodrigo. Bon, Gérard, allez, on y va. On y va, on y va. Parce qu'il n'y a personne au standard, c'est la merde. Alors, vas-y, Gérard. Première question. Dans le débat, dans le débat. Première question, c'est sur les jeux télé. Quel est votre jeu télévisé préféré ? On va demander ça à Je Pus La Crotte. Je Pus La Crotte, bonsoir. Moi, mes jeux télévisés préférés ? Alors, mon jeu télévisé préféré, c'est quand même le Big Bill. Il faut le dire, c'est un jeu passionnant et j'adore. J'adore la gaffe. Oui. Voilà. C'est tout ? Ouais. Alors, Pipion ? Moi, c'est sans aucun doute le juste prix. Ouais. C'est vraiment bien, quoi. C'est intéressant et c'est culturel. Enfin, c'est tout, quoi. Ouais, d'accord. Vous cherchez pas trop à... Bah, c'est vrai. Non, mais vous cherchez pas trop à répondre aux questions. Bah, pourquoi ? Bah, tu me dis... Alors, Pute de Nuit ? Ouais, moi, c'est 100% question sur Arte. Comment ? Moi, c'est 100% question sur Arte. Non, sur Arte... Non, non, non, non. Sur Arte, y'a rien. Si, si, y'a Formos sur... Il y a assez Formos qui me précise. Le mieux, c'est 100% question. Pas d'animateur, pas de décor, pas de candidat. Non, non, non. Sur Arte, y'a aucun jeu télévisé. Je suis désolé. C'est pas Arte, c'est la cinquième. C'est la cinquième. Arte, ça fait un peu plus... Artoni ? Ouais, non, moi, en fait, j'aime pas trop les jeux sur TF1. Je trouve que c'est un peu débile, quoi. J'ai l'impression que c'est un peu pour les beaufs. Moi, ce que j'aime bien, c'est les jeux sur France 3, question pour un champion. Et puis, aussi, 100% question. Le Cadoc ? Pardon ? Le Cadoc ? Le Cadoc, non, j'aime pas trop, parce que ça me fait trop penser à la 4-10-9. La famille en or ? Non, non plus, parce que c'est sur TF1. Et alors ? Ouais, ben, j'aime pas, non, en fait, non. Dans ce cas-là, si ça te plaît pas, tu changes de chaîne, c'est tout. Voilà, il a le droit de pas aimer. Il a le droit de pas aimer. Il regarde les autres chaînes. Ben ouais, c'est ce que je fais, c'est ce que je t'ai dit. Françoise ? La gaffe. La gaffe, le juste prix, et puis... Là-haut de la fortune ? Oui, avec Philippe, ouais. Philippe, tu le connais ? Ben, bien sûr, ouais. Ah bon ? Ouais, ouais. T'as déjà couché avec lui, Françoise, non ? Oh, Manu, ça suffit. Oh, je demande, je me renseigne. Et Françoise, tu regardes Cascado ou pas ? Non. Et j'en ai rien à foutre pour terminer ? Moi, c'est le Big Bill, mon préféré, et j'ai pas tribu une fois. Et, en fait, derrière Zeno, j'ai une botte de coton-tige. Alors, toi, j'en ai rien à foutre. J'en ai rien à foutre, c'est terminé pour toi. Non, mais je l'ai vu, je l'ai vu, cette émission, c'est vrai. Ben oui, c'est vrai. Bon, alors, si vous commencez à me casser les bureaux... Mais je te casse pas les bureaux, Gérard. C'est vrai, j'ai participé. Tu réponds comme il faut à la question, et tu la fermes. Bon, alors, c'est le Big Bill, voilà. Parce que, pour l'instant, vous avez... Là, pour l'instant, vous êtes en train de me casser les couilles, et j'aime pas ça. C'est bon signe, alors. Allez, Gérard. Allez, continuez. Continuez comme ça, vous allez... Allez, enchaîne un peu, là. Quoi ? Qu'est-ce que t'as, toi ? Ben quoi ? T'es animateur radio ou t'es un branquin ? Qu'est-ce que t'as ? Qu'est-ce que t'as, là ? Ben quoi ? Tu me cherches, là ? Vas-y, j'ai quatre palmanouches qui s'éveillent en moi. Eh, si t'es pas content, tu te casses. Ok ? Allez, Gérard, arrête d'être agressif. Allez, enchaîne, enchaîne. Alors, lors des émissions des jeux, jouez-vous à deux, ou à plus, ou à autres ? On va demander à Françoise. À plusieurs. Tu peux préciser ? C'est-à-dire que je joue moi, mon fils, et puis mon partenaire. Ouais, mais tu peux préciser sur quels jeux, à peu près, Françoise ? La plupart, c'est Laïga. C'est un cycle juste pris. D'accord. J'en ai rien à foutre. Ben moi, disons que je joue tout seul, parce que j'ai qu'un chat, donc je joue tout seul. D'accord. Je crois que toi, pour l'instant, t'as pas l'air de comprendre ce qu'on pose comme question. Rico ? Oui, sur IRC, il y a Davy1 qui te demande si il serait intéressé... Est-ce que tu serais intéressé de présenter un jeu télé sur Fun Radio ? Non. Présenter un jeu télé sur Fun Radio, ça m'étonnerait. Bon, alors celui qui s'est mis à rôter va arrêter. Ça pourrait s'appeler le Fun Big Bill. Allô ? Allô ? Non, mais c'est... Vous allez pas commencer le premier débat comme ça ! Bon, allez, tu poses ta question. Un jeu comme le pauvre Blaireau, ça t'intéresserait pas ? Alors, Tony ? Oui ? Le Blaireau, il t'emmerde ! Non, mais c'est un jeu sur Fun Radio, c'est un pauvre Blaireau, là. Bingo ! Bon, Gérard, je sais pas, fais quelque chose. Non, non, mais attends, pour l'instant... Non, non, mais attends, pour l'instant, personne n'est capable de gérer l'autre. L'autre, Pildar, il prend des cons. Personne au standard, tu l'as viré, c'est pour ça que c'est la merde. Tu vas là. C'est un Gérard. Olivier ! Olivier ! Olivier, c'est quoi, là ? Allez, vos dialles derrière, s'il vous plaît, merci. C'est un Gérard. Olivier ! Olivier, merde ! Olivier, tu peux laisser en l'air. Non, non, tu laisses ouvert. Non, non, tu peux laisser en l'air, tu me calmes tout le monde déjà pour commencer. Bon, vous vous calmez un peu. Non, non, mais... Prends-moi, prends-moi. Il y a Tony qui veut te parler, donc tu te débrouilles avec lui. Donc... Allez ! J'en ai rien à foutre. Tu peux reposer les questions, s'il te plaît ? Non, non, non, non, non, non, non. Je repose plus les questions. Même les gens de l'IRC, ils l'ont pas compris, la question. Alors, à l'heure des émissions de G, jouez-vous à deux ou... ou autres ? Bon, alors... Bon... Alors, quand vous avez fini de me faire chier comme ça, ben, vous me le dites. Tu peux répondre, Gérard ? C'est qui ? Ben, vas-y. Ben, moi, je suis un peu comme l'autre garçon, j'ai aussi qu'un chat, donc, ben, je joue toute seule, mais... Ben, oui. J'ai joué avec lui, je veux bien, hein. Ben, Gérard, tu gueules, mais si on n'a qu'un chat, comment tu veux qu'on fasse ? Ben, attends, pour l'instant, je t'ai pas sonné, toi. Ben, si, tu m'as engueulé tout à l'heure. Non, mais pour l'instant, moi, je t'ai dit que je t'ai pas sonné. Donc, tu laisses parler les gens. Donc, pute de nuit. Ouais. Pourquoi ? Ben, je t'ai dit, je joue avec mon chat aussi, donc, jouer à deux, c'est plus sympa. Donc, si le garçon veut que j'aille jouer avec lui, il n'y a pas de problème. OK. Pipion ? Ben, moi, je regarde comme ça. Je regarde la télé, je joue pas, ça m'intéresse pas. J'avais les fesses. Voilà. OK. Euh... Je pue la crotte ? Ouais, ouais, je tue la crotte, bonsoir. Moi, je joue avec mon chat aussi. D'accord. Euh... Tony ? Il est au standard avec Olivier, Tony. Ouais, ouais, je suis là, je suis là. Donc, moi, GG, moi, je joue en famille. Question pour un champion, mais comme c'est... J'ai une famille d'immigrés, c'est... Enfin, ils arrivent pas à répondre aux questions, donc c'est moi qui gagne tout le temps. Bon, Tony, tu vas te calmer. Non, mais c'est vrai, écoute, c'était... Tu vas te calmer parce que tu passes sous le test pendant les débats. Écoute, ben, je te kiffe, c'est pour tes 100% FN. Ben, moi, je te kiffe, je t'emmerde, OK ? Mais Gérard, il a rien dit, là. Ben, t'es pas insulté, là. Et pour le même prix, je t'insulte, je te le dis direct. De dos, quoi, Gérard. Comprends-le. Bon, allez, Gérard, on enchaîne. Allez, allez. Alors, troisième question. Et je répondrai après aux questions. On y abrège. Attends, si t'es pas content, toi, tu dégages, OK ? Allô ? Allô ? Allô ? Allô ? Allô ? Allô ? Allô ? Ben, Gérard, allez ! Non, mais attends ! Celui qui s'amuse à dire que j'insulte ton cul, je l'emmerde ! Allez, Gérard. Pas d'insulte. Parce que là, ça va pas commencer comme ça. C'est pas forcément à toi qu'il parle. Vas-y, enchaîne, enchaîne. Trouvez... Qu'est-ce que t'as, Tony ? Je t'ai dit de dégager. Mais il sait pas, Tony. Allez, Gérard ! Je sens la crotte, c'est bon. Allez, enchaîne. Allez, allez. Eh, putain, vous savez pas comment ça me casse les couilles au premier ! Gérard, on dit rien, alors fais ton débat. Alors, trouvez-vous qu'il y a trop de pubs entre deux ? Entre deux quoi ? Entre deux quoi ? Entre deux cul. De toute manière, vous allez réfléchir, on va s'écouter. Les six sont... Attends, attends, repose la question. Calmement. Alors, trouvez-vous qu'il y a trop de pubs entre deux ? Et on va s'écouter. Voilà, attends, où est-ce que les gens peuvent nous appeler ? Aux heures 875 000, c'est Olivier qui vous attend. Et sur l'IRC, il y a toujours Rigaud. Ouais ! Donc, vous pouvez toujours essayer de nous appeler sur l'IRC. Donc, www.fr, Fun Radio. Voilà, tout à fait. Et on a dépassé les 2500, on est à 2782. Ouais, c'est bien. Ça monte bien, quoi. Donc, Gérard, j'aimerais bien que ton débat se passe bien pour ces gens-là qu'on essaye encore de battre. Moi aussi, je voudrais bien que ça se passe bien. Donc, on va s'écouter les soupçons de ma grosse. Elles sont les meilleures avec des portes gertelles. Et on se retrouve tout de suite après. Les débats. Pas de radio et pas d'insultes. De Gérard. Et voilà, donc, on se retrouve. Il est 0h45. Donc, c'est toujours Olivier qui est au standard, qui vous attend aux heures 8. 0800. 0800 08 5000 et 0800 3. 0800 70 5000. 0800 70 5000 et 0800 3 08 5000. Et toujours Rigaud qui est sur l'Internet. Donc, vous pouvez toujours nous laisser des petits messages sur l'Internet. www.fr. Tout à fait. Oui, Rigaud. Oui, tout à fait. Non, mais je te laisse finir. T'allais dire quoi ? On va saluer quand même les Belges parce qu'on n'a pas beaucoup de Belges. Si, si. Contrairement à ce que tu crois, il y en a beaucoup sur l'IRC, justement, vu qu'il y a des gens de partout à travers le monde. Et voilà, les Belges, ils sont en train de s'exciter parce que je parle d'eux. Et il y a même des gens de très, très loin. Et malheureusement, il y a des gens qui ne captent pas TF1. Ils écoutent quand même le débat via Internet. Donc, on va réécouter. On récupère. Je pue la crotte. Pardon, c'est moi. Merci, Manu. Donc, je pue la crotte. Donc, j'espère que vous avez compris ce qu'Olivier vous a dit. Donc, Pipion. Oui, bonsoir. 18 ans. Pute de nuit. Bonsoir, Gérard. Donc, Tony. Bonsoir. Françoise. Bonsoir, Gérard. Et j'en ai rien à foutre. Bonsoir. Alors, donc, maintenant, je vais quand même répondre aux deux questions. Non, mais vous commencez pas. D'accord ? Parce qu'Olivier vous a calmé. Si vous continuez, de toute manière, on va changer les noms. Non, mais de toute manière, on va reprendre d'autres personnes à la place. Parce qu'il y a quand même 24 lignes qui sonnent. Donc, je voudrais bien que vous répondiez, qu'on fasse des débats corrects. Je voudrais bien qu'on arrive à faire au moins les deux débats potables. Pas comme toutes les semaines que ça foire. D'accord. Donc, alors, la première question. Quel est votre jeu télévisé préféré ? Donc, j'ai pas répondu. Maintenant, je vais vous répondre. Donc, comme Françoise a l'écoute et puis tout le monde, je pense, regarde TF1. Donc, il y a le Big Bill. Il y a le Juste Prix. Il y a le Millionnaire. Il y a Drôle de Jeux. Et il y a plusieurs jeux qu'on peut regarder. Bon, bien sûr, ceux qui adorent le Big Bill. Donc, c'est sûr qu'ils regardent tous TF1. Bon, sur la deuxième question. Lors des émissions de jeux, jouez-vous à deux ou autres ? Bon, là-dessus, je pense que là, c'est un peu dur de répondre. Parce qu'en fin de compte, on peut regarder le Big Bill ou autre. Même le Juste Prix. Bon, c'est sûr que c'est pas évident à trouver sur des chansons. Parce que là, ce soir, j'ai écouté. Les chansons, elles étaient faciles. D'habitude, c'est un un un Gigi qui le fait. Et donc, c'est pas évident à trouver les chansons. Donc, la troisième question. Trouvez-vous qu'il y a trop de pubs entre deux ? Alors, que je m'explique bien, les pubs, dès que le début de l'émission commence, au bout d'une demi-heure, à peu près, vous avez une pub. Est-ce que vous trouvez ça normal ou pas ? Donc, on m'a demandé à... À la française. J'en ai rien à foutre. Non, je trouve pas que c'est normal du tout. Ils mettent beaucoup trop de pubs. Ouais, mais tu peux te l'expliquer ? Bah... Disons qu'ils mettent une à deux pubs pendant une émission qui est une demi-heure. Ça fait beaucoup trop. Ouais, mais... Bon, d'accord. Non, ok. T'inquiète pas. De toute manière, je vais avoir une réponse aussi là-dessus. Rigo ? Non, Gérard, j'ai un sondage. Vite fait, sur Internet. Alors, sondage sur Internet. 32% des internautes se cuisent des choux de Bruxelles en regardant le Big Bill. 23% des auditeurs voudraient savoir ce qu'ils peuvent gagner en répondant au sondage. 20% des auditeurs ne trouvent plus leur télécommande. 15% des auditeurs ne savent pas suivre les jeux TV car ils n'ont pas Arte. Et 7% des auditeurs préfèrent regarder Santa Belgica. Ok. Bah, de toute manière, sur Arte, il n'y a pas beaucoup de pubs. Il n'y a pas beaucoup de jeux sur Arte. Tu regardes souvent, Arte ? Non. Non ? Bah, comment tu peux savoir, alors ? Non, parce que je regarde plus la première, comme Françoise. Donc, bah, Françoise ? Bah, moi, tout ce que je peux te répondre, moi, je trouve un peu dommage qu'ils mettent trop de pubs, mais d'un sens, comme tu regardes la gaffe, ça permet aux candidats qui sont au téléphone en direct de chercher dans leur dictionnaire. Non, non, attends. Tony, Tony, Tony, Tony. Non, non, non, non, c'est pas truqué. Parce que moi, je vais te dire une chose, que ce soir, la question a été, qu'est-ce que c'est un palindrome ? C'est une... C'est un mot qu'on peut prononcer d'un sens à un autre. Et tu le savais, ça ? T'as un exemple ? C'est-à-dire, ouais, un exemple, ouais, parce que moi, je ne capte pas. Palindrome, par exemple, tu prends en cassette. Tu fais... Tu prends à l'envers. Ça fait... 7K. 7K, mais c'est du... C'est du verlan, ça. Wesh, wesh. Bah, ouais. Ouais, wesh, wesh. Big up. Bah, ouais. Tu connais quoi, en verlan ? Comment ? Non, j'ai rien dit. Non, tu connais quoi, en verlan, toi, Gérard ? Non, non, mais moi, en verlan, je connais rien du tout. Comment on dit, Gérard ? En verlan, comment tu dirais ? Je sais pas, moi. Bonjour à tous, en verlan. Coton-tige. Olivier ? Non, pardon. Gérard, en verlan, c'est feu beau, feu beau. Bon, on va demander à Tony, maintenant. Ouais, je trouve qu'il y a trop de pubs à la télé, c'est vrai, mais c'est surtout sur TF1. C'est clair. Ouais, parce que France 2, ils n'en ont pas trop, de pubs, en fait. De toute manière, ils n'en mettent quasiment pas du tout. Ouais, c'est vrai. France 2, tu rigoles ? Non, non, non, non, non, non. Non, attendez, attendez, attendez, attendez. Attends, Tony. Tony, Tony, Tony, Tony. Oui, ouais. Tony, laisse parler... Laisse la finir. C'est qui qui... vient de dire ? C'est Pute de Nuit. Ouais, ben, maintenant, ça va être à ton tour. Après, je vais vous répondre. Je te disais qu'il y avait autant de pubs, en fait, sur la 2, sauf que eux, ils ne coupent pas les émissions, donc il y en a encore plus entre les émissions. Ah, d'accord. OK. Gérard, je sens l'accroche, tu peux répondre. Non, non, attends, t'as déjà... Non, j'ai pas répondu. Non, non, mais attends, on va demander à Pipion. Tu peux répondre à ta question, quand même ? Mais qui c'est qui a coupé, là ? Qui c'est qui a coupé ? Non, non, c'était Pierre Fulain, mais j'ai rappelé. Bon, c'est Pipion, je peux répondre ? Attends... Eh, Olivier ! Je sens l'accroche, bonsoir. Quoi ? Non, mais c'était pour moi, je veux dire, il m'a appelé pour moi, pour demain. Non, non, mais Olivier, ça va pas aller, hein. Quand quelqu'un coupe, tu me prends d'autres personnes, hein. Ah, d'accord. Ben, je prends des appels. Ouais, bon, moi, je trouve qu'il y a beaucoup trop de pubs. Il faut pas trop se plaindre, parce qu'en Amérique, il y en a encore beaucoup plus. Donc, voilà. Bon, d'accord. Toi, je crois que t'es carrément à côté de la plaque. Ah, ouais, comme ça. Je sens la crotte. C'est pas je sens la crotte, c'est je pue la crotte qu'on m'a marqué. Donc moi je trouve ça normal qu'il y ait de la pub sur TF1 vu que c'est TF1. TF1 c'est 100% pub, c'est pas 100% tube comme fan, c'est 100% pub. Donc c'est normal. Mais sur France 2, je confirme, il y en a bien. Il y en a trop. Avant de regarder l'épisode de Friends, il y a un quart d'heure. Non, non, non, attendez, attendez. Attendez, attendez. C'est qui, c'est qui là qui veut répondre avant moi ? Elle est chaude elle. Non mais tu réponds comme il faut s'il te plaît. Oui, non mais je te réponds. C'est vrai, avant Friends, il y a un quart d'heure de pub. Non, moi je peux te confirmer. Moi je te confirme que de moins 25 jusqu'à 50, il y a de la pub. Bon, moi je peux confirmer. Et ça je reviens. Oh ça y est, derrière. Le seul pub que j'apprécie c'est quand on voit Jennifer Niston. Ouais, à la fin. Bon, vous me laissez parler ou pas ? Moi Ross, je trouve qu'il a un peu une tête de chien battue quand même. Tony ! Ouais, ouais. Tu te calmes. D'accord. Donc je vais répondre à Françoise. Oui. Donc de toute manière, tu m'as appelé. Ouais. Donc on a regardé vaguement et t'as vu comme moi, c'est qu'ils ont passé des pubs. Donc moi je trouve une chose. Et ça, je pense que personne ne me le contredira. C'est que sur TF1, c'est malheureux à dire, c'est que sur TF1... Oh, vous arrêtez derrière de remplir comme des putes ! C'était un bruit de mobilette. Ouais, mais les bruits de mobilette, ils vont se classer. Je vais les calmer. Je vais calmer les mobilettes. Hein ? Continuez à ce que vous disiez. Ça commence à bien faire. Allez, Gérard, vas-y. Continue sur TF1. Donc, tout à l'heure, la question c'était qu'est-ce qu'est un palindrome ? Ouais. Donc, ils ont passé la pub. Il y a eu 4 minutes de pub. Pendant ces 4 minutes-là, t'as rien pu comprendre. Parce que t'as eu la pub et après tu l'as eue. Et ça, c'est un truc que je trouve dégueulasse. 4 minutes ? Il y a eu 4 minutes. Gérard, s'il y a de la pub dans une émission, ça veut dire que ça marche ? Donc c'est plutôt bien, quoi. Non, mais même, moi je trouve pas... Non, non. Moi je trouve que lors des jeux... Moi je suis d'accord avec Gérard. Moi, lors des jeux, tu mets pas de pub. C'est fou. Mais non, mais attends, dans ces cas-là, t'es lancé dans un jeu... Bon, c'est bon ! Laissez Gérard parler. Lors d'un jeu, de toute manière, on peut pas se concentrer pour trouver quelque chose. Par exemple, sur la 2, il n'y a pas de pub. Il n'y a aucune pub. D'ailleurs, il y a plus de gens qui gagnent sur la 2 que sur la 1. Ouais. Parce qu'il n'y a pas de pub. Parce que, que ce soit le millionnaire ou juste le prix, de toute manière, il y a des pubs dans partout. Mais faut pas non plus se concentrer pour jouer au juste prix. Faut arrêter d'halluciner, quoi. Ouais, mais attends, au juste prix, de toute manière, t'es sélectionné, faut bien te concentrer pour trouver le cadeau, pour trouver le rideau. Gérard, sur IRC, il y a Alf qui dit qu'en fait, la pub, ça sert à réfléchir pour trouver les bonnes réponses. Non, non, non, non, non. Et Gérard, est-ce que tu regardes le jeu, là, après Friends, là, c'est Kiki, c'est avec Marie-Ange Nardino. Euh, qui est qui ? Non. Kiki, c'est avec Marie-Ange Nardino. Non, je le regarde pas. Non, non, mais même... Bon, Tony ? C'est pas lui, c'est pas lui. C'est qui ? C'est le but du jeu, hein, qui est qui, faut retrouver qui c'est, quoi. Ouais, mais même, de toute manière, moi, je trouve que c'est un peu con, parce que... Non, mais même, de toute manière, tu peux pas regarder dans un dico... Non, mais c'est clair, moi, j'ai du mal à me concentrer quand je vois le millionnaire, il met une pub, j'arrive pas à tourner la roue de mon VTT, c'est clair. Bon, alors toi, tu vas tourner, la roue de ton VTT avec Olivier au standard. Salut à toi, salut à toi, tu vas tourner la roue de ton VTT. Je dégage, je dégage. Ouais, ouais, ouais. Pour calmer le débat, il y a Oxip qui te demande comment on fait pour gagner Marie-Ange Nardi, comment on fait pour la gagner. Euh... Comment ? C'est Marie-Ange Nardi Namoc. Euh, Tony, tu te calmes. D'accord ? Parce que toi aussi, tu vas faire comme les autres. Non, mais c'est son vrai nom, mais c'est un nom d'artiste, elle l'a coupé en deux. Elle est gentille, cette Marie-Ange. On se calme. Ouais, mais elle a un petit peu grossi, hein. Je sais pas, depuis qu'elle s'est fait griffer par le tigre, là. C'était un lion. C'est bizarre, hein. On se calme. Ah, c'était un lion, excuse-moi. Alors, avez-vous déjà participé à un jeu télé ? Si oui, lequel ? On va demander ça à Je Pus La Crotte. C'est parce qu'elle avait ses règles. Je Pus La Crotte ! Non, non, tu l'as viré. Je viens de le virer, là. C'est celui que t'as viré tout à l'heure. Ah bon, euh... Celui ? Je suis en train d'appeler quelqu'un d'autre. Ok. Euh, mais, euh... Olivier ? Pas... Pas sur le même nom ? Hein ? Non, d'accord, non, non. Tu me prends sur les... Non, mais j'ai appelé quelqu'un d'autre, là. Voilà. Euh, donc, on va demander à Pipion. Non, j'ai assisté à aucune émission télé. Non, non, non, non, Pildar ! Non, non, Pildar ! Attends, Pipion, avant que je te parle... Non, non, c'est pas la peine d'essayer de donner des numéros à Olivier. Olivier, il prend le standard et c'est tout. Ouais, sur les marketing. Non, c'est moi qui l'ai pris, Gérard. C'est une vraie auditrice qui a participé au Big Bill. Voilà, elle vient de m'appeler. Elle vient de me rappeler. Elle voudrait participer au débat. Elle a 40 ans, elle est amoureuse de toi, elle est folle de toi. Non, non, non, non, mais... Mais si ! Il faut qu'on la rappelle, Gérard. Elle a participé à un jeu télé, c'est la question. Vas-y, vas-y, vas-y. Vas-y, tu l'appelles, donc. On va demander à Pipion. Gérard, pour revenir au débat, il y a Le Chiant sur IRC qui te demande si les jeux télé sont tous en direct. Euh, oui. Oui. Mais en direct d'où ? Non, non, ils sont en direct dans les studios comme là où on est. C'est bien fait en direct, c'est pas truqué. Non, non, je crois pour Gérard. Est-ce que tu crois que c'est le même public qui fait toutes les émissions toute la journée ? Le public change. Mais de toute manière, je peux le certifier. Et ça, Françoise pourra le confirmer parce que Françoise, elle va... Elle me l'a dit tout à l'heure au téléphone quand elle m'a appelé chez moi. Elle va participer dans... Oh ! On a un scoop. On se tait. Le scoop, c'est que Françoise va être dans le public le 18 janvier. De quel jeu ? Lors du Big Bill ! Ouais ! Et Françoise, fais-nous un coucou. Si la caméra, elle est sur moi, oui, bien sûr. Tu fais une bonne rôle, Max par système. Voilà, tu fais un peu de pub pour Fun Radio. Ne vous inquiétez pas pour ça. Donc, on va demander à Pipion. Attends, Gérard. Autretemps, Gérard. C'est là-bas, ça se passe là-bas. Autretemps, on accueille On Se Calme avant d'accueillir Béatrice aussi. Mais d'abord, On Se Calme. C'est un auditeur. Donc, je t'écoute. On Se Calme. Oui. Bonsoir à toi. Bonsoir. Allô ? Oui, je t'écoute. Ouais. Je viens d'arriver. Tu peux me poser la question ? Donc, avez-vous déjà participé à un jeu télé ? Si oui, lequel ? Donc, je demande à Pipion. Non, non, j'ai off. Je n'ai pas assisté à vos émissions. Donc, toi, pour toi, tu n'as jamais été sur un plateau télé ? Non, mais ça ne m'intéresse pas trop. Mais pourquoi ? Parce que je n'ai pas envie qu'on me voit à la télé. Tu es moche, toi. Non, non, attends. Tony, s'il te plaît. On Se Calme, là, parce que c'est moi. C'est moi qui pose les questions, d'accord ? Donc, je voudrais avoir plus de renseignements. Non, je n'ai pas envie de passer à la télé. Donc, toi, pour toi, si un jour, on t'appelle chez toi, tu ne voudras jamais participer à un jeu télé ? Non, non, je ne veux pas. Parce que tu ne veux pas qu'on voie avec ta tête ? Non, ce n'est pas ça. Mais je n'ai pas envie. Ça ne m'intéresse pas. Ouais, mais précise. Je ne sais pas comment dire. Précise ton nom. Non, non. Tony, s'il te plaît. Non, ce n'est pas lui. Non, mais tu m'en veux, là, ou quoi ? Ou j'en ai rien à foutre, là. Tu te calmes. Hein ? Bon, ok. Je n'ai pas du genre à crier sur un plateau. Voilà, c'est tout. Mais non, de toute manière, tu n'as pas à crier. Tu as simplement à applaudir. Et toi, tu as envie de le faire, Gérard ? Personnellement, non. Tu n'as pas envie d'aller gagner des trucs à la télé ? Non, non, non, non. Tu n'as pas envie d'aller gagner une bagnole ? Une bagnole ou un petit million, Gérard ? Tu ne dirais pas non, quand même ? Une bagnole, à la rigueur, je ne dirais pas non. Bon, on va demander à plus de deux nuits. C'est 7 ans. C'est à Paris. Je ne sais plus du tout comment ça s'appelle, mais je sais qu'il y avait Rika Zaraï. Parce que c'était à fond dans le studio. Elle est moche, elle. Non, mais attends. À 7 ans, tu peux participer à un jeu télé ? Oui, c'est vrai. C'est vrai que, là, ce soir, j'ai regardé, il y avait des enfants qui avaient 5, 6 ans à peu près. Je confirme, il y avait un bébé de 2 semaines aussi. Non, non, non. Il y avait un bébé pas né aussi dans le public, ici. Il y avait même des femmes enceintes. Non, non, non. Tony ? Moi, j'ai participé à Fort Boyard, mais j'ai failli me noyer, en fait. D'accord. Toi, quand tu répondras correctement aux questions, avant de demander à Françoise, Rigaud, oui ? Oui. Est-ce que... Non, mais parce qu'ils sont en train de se parler entre eux. Ils sont en train de tous... Ils s'en foutent. ...de se raconter leur jeu télé. Pour l'instant, ils ne t'écoutent pas vraiment, mais depuis que j'en parle, ils n'arrêtent pas. Turpentine te demande si tu as déjà joué à Top Santé. Non. Top Santé, c'est quoi ? Ça n'a jamais été un jeu. Tu peux gagner des rasages gratuits, je crois. Non. Si, je te jure. Tu peux te faire opérer du kiss gratuitement, je crois. Tony, tu te calmes, s'il te plaît. Bon, Tony, tu retournes voir Olivier au standard. C'est le jeu, c'est comme ça. Tu retournes voir Olivier au standard, s'il te plaît, merci. Olivier. Tu gagnes un an de kiss gratuit. Oui, je gère, je gère. Olivier, tu prends Tony, tu lui dis qu'il se calme, sinon il s'en va. Terminé. Françoise. Oui ? Donc, toi. Moi, ça y est, j'ai déjà répondu. Ça ne va pas, là. Tu fais du bordel, tu vois. Tu ne peux pas aller. Ouais. Tu te calmes. Bonjour. Bonsoir. Ton cul, ton cul. Donc, toi, Françoise, pour l'instant, tu n'as jamais participé, donc tu as participé pour la première poêle. Je n'ai pas participé. Tu vas faire... Je vais être seulement spectateur. Donc, tu vas y être à partir du 18 janvier. 18 janvier. Lundi 18 janvier. Ok. J'en ai rien à foutre. Moi, j'ai participé à l'école des fans, là, avec le gros porc. Le gros porc, le gros porc, tu restes poli, s'il te plaît. Avec Jacques Vartin, et j'ai gagné un circuit électrique et deux patins de... Deux paires de patins à roulettes. Ouais, c'est ça. Alors, j'en ai rien... J'en ai rien à foutre. Tu retournes voir Olivier Austandard, c'est Paris pour toi. Je ne peux plus, là. Je ne peux plus. On se calme, je peux répondre. Bien fait. Alors, on se calme maintenant pour toi. Ouais, donc, moi, j'ai participé à un jeu, ça s'appelait Les grosses têtes, avec Philippe Bouvard sur RTL. Et ouais, c'était assez sympa, quoi. J'ai pu avoir un autographe de Castelli et puis le cheveu sur la langue d'Isabelle Mergot. Non, mais attends. Un jeu de télé. Un jeu de télé. Il ne faut pas confondre. Tu avais fait un abruti. Un abruti, va te faire sauter, toi, connard. Oui. Ok ? Oui. Alors, tu dégages, on se calme. Allez, hop. Mais non, mais non. Terminé pour toi. Tu dégages tout le monde aujourd'hui, Gérard. Ça ne rigole pas, hein. Allez. On tue ton cul. Tiens, on accueille tout de suite. Tu dégages à l'antenne. Non, non, non. Non, non, tu dégages. Je l'ai déjà eu la semaine dernière. J'en vois plus. Hop. Oui, mais il va être sage. Il va être sage. Il va être sage. Il a plein de choses à dire sur le téléphone, Canal+, tout ça. Non, non, non, non, non, non, non. Mais Gérard, allez, fais pas le con. Non, non, non, non. Allez, fais pas la pute. Oui, bonsoir. Donc, aujourd'hui, les jeux de 21 avec Gérard Dessuren, le plus beauf des plus beaufs. Bon, alors, Gérard. Enfin, alors, donc, on reste avec Pipion. Gérard, sur IRC, il y a Kenji qui te demande si tu as déjà joué par téléphone à Hugo Délire. Non. Non, je ne pense pas que ça existe. Parce qu'il a eu une cassette et il a enregistré et il me dit que c'est ta voix que Karine Chéril. Alors, donc, vous allez... Gérard, j'aimerais savoir si c'est vrai que Sandy, elle a couru dans Interville et pourquoi est-ce que... Alors, Tony, tu dégages. Alors, Tony, tu dégages. Tony, c'est terminé. Terminé pour Tony. Terminé. C'est terminé pour lui. Ah, non, pas Tony. Non, non, terminé, terminé, terminé, terminé. Alors, Tony, j'en ai rien à... J'en ai rien à foutre et on se calme. Attends, attends, attends. J'ai pas suivi. J'en ai rien à foutre aussi. Il est parti. Il était méchant. Alors, j'en ai rien à foutre. On se calme. Et Tony, ils s'en vont. Et tu me récupères d'autres personnes sur les 24 lignes qui sonnent. Connard. Connard va te faire enculer, toi, bâtard. Gérard, pas de... Alors, le Big Bill était vraiment un extraterrestre et on se retrouve tout de suite après. Et vous pouvez toujours appeler Olivier au standard. Gérard, vous pouvez toujours appeler Olivier au standard au 0875 000 et 0803 08 5000. Et toujours sur l'IRC, il y a toujours Rigaud qui vous attend. On est combien ? On a dépassé les 3000. On est à 3280,8. Donc, ça booste, ça booste. Voilà. Donc... Big Big Up. Heureusement que t'es là pour faire du boulot. T'inquiète. T'inquiète. Donc, on va s'écouter Bouffe du couscous avec des petits beurres. S'il te plaît. Merde. Ah ben, c'est bien, ça. C'est bien, hein. Et on se retrouve tout de suite après. Et voilà, vous venez de vous écouter Bouffe du couscous avec des petits beurres. S'il te plaît. Merde. Donc, c'est ce que Manu m'a donné comme disque. C'est bien, hein. À mon avis, c'est un truc techno. C'est de la techno. C'est techno. C'est techno grave. Grave, grave. Bon, alors, donc, la question. François, c'était toujours. Ah oui, je suis là. Ah oui, je t'avais oublié. Non, non, mais tu m'as cité. Tu m'as cité, hein. Ah, OK. OK, OK. Je croyais que je t'avais... J'avais pas... Non, non, tu m'as cité. OK. Donc, alors, la question, c'est que le Big Bill est-il vraiment un extraterrestre ? Eh ben, on va demander à Pipion. Pipion. Pipion. Pipion. Ouais, donc, non, Big Bill n'est pas un extraterrestre, évidemment. Et, c'est juste un... C'est virtuel, quoi. C'est en 3D. C'est un truc... Une image de synthèse. Ouais, une image de synthèse, ouais. Qui c'est qui répond, là ? C'est Chang. Heureusement qu'il m'a aidé parce que je cherchais le mot, en fait. C'est le terme technique. Ouais. Alors, on va demander à... à Pute de Nuit. Ouais. Ben, Big Bill, c'est un vrai extraterrestre. D'ailleurs, t'as sa famille aussi. Donc, c'est la preuve. Ouais, non, mais dans la famille, bon, c'est sûr, ça, c'est pour faire voir aux candidats ce qu'ils veulent comme cadeau. T'as le frère, t'as... T'as la soeur. T'as la soeur et t'as la mère. Ouais, mais c'est vrai. C'est sa vraie famille. Non, mais ça, on le sait pas. Ben, si, ils le disent. Non, non, non, non, non, non. Ils ont la même tête. Non, non, non, non, non, mais... Non, non, non. Moi, je peux te confirmer qu'à mon avis, je pense pas. Donc, qui c'est qui a un... Il y a un double son, là. Il y a... Il y a un double son. On va régler ça. Donc, Françoise ? Oui ? Moi, je te dis non. Pour la bonne raison, c'est qu'on l'a déjà vu une fois, en vrai, sur Drôle de Jeu. Ouais, ouais. Ouais, je pense que... Ouais, j'ai... Non ! Manu, s'il te plaît ! Je te jure que je touche à rien ! Mais si ! Mais non ! Manu ! Tu faisais du bon travail ! Mais attends ! Micro ! Mais attends, tu joues à quoi, là ? Ah non, regarde, tu vas voir. Françoise a bien de le confirmer. Il y a... Elle vient de le confirmer. Bon, reprends, Gérard. Reprends le débat. Donc, Françoise. Oui ? Ah ouais, ouais, ouais. Toi, tu m'as dit qu'on l'avait vu à Drôle de Jeu. Bon, toi, tu dégages. Avant que je t'éclate. Avec ta caméra, là. Toi, tu as dégagé ! Avec ta caméra. C'est dangereux, Gérard. Euh, Shang. Oui, donc... C'est une image de synthèse. C'est obligé. Et... Je ne l'ai jamais vue en 20 ans. Non, mais tu peux préciser si ça ne te dérange pas ? Shang. Tu peux préciser ? Oui, c'est une image de synthèse. C'est-à-dire que c'est fait par ordinateur. On te demande si c'est... La question est... Le Big Bill est-il vraiment un extraterrestre ? Est-ce que tu peux préciser ta pensée ? C'est pas un extraterrestre. C'est une image de synthèse. C'est fait par ordinateur. Donc, un extraterrestre, c'est... Oh là là ! Mais attends, mais toi, t'as... Mais c'est pas vrai ! C'est toi qui comprends pas. Là, tu comprends rien du tout, Shang. Mais si il a tout compris, c'est toi qui comprends pas. Non, mais attends ! Moi, je demande si le Big Bill est vraiment un extraterrestre. Mais il l'a jamais vu ! Mais attends, il me dit que c'est une image de synthèse. Non, c'est pas une... Non, non, non, non, non, non ! Il travaille sur Nintendo et sur Sony. Je peux te dire que c'est une image de synthèse. Je suis programmeur. Ça vient d'où, ça ? Le Big Bill est une image de synthèse, c'est tout. Mais qu'est-ce que tu fais ? Attendez, il y a Gérard qui se lève. J'ai besoin de toi, Gérard. Non, non, mais ça, tu... Mais j'ai quelque chose d'autre, là ! Non, non, mais non, non ! J'en ai besoin ! Ouais, non, mais... C'est pas tout ! Ouais, non, mais t'amuses pas à faire ça. Bon, Gérard, reprends le débat, là, parce que là, tu parles. Bon, alors, qui c'est qu'il nous reste à répondre ? Il y a moi. Il y a Fleur d'Anus aussi, t'as pas accueilli. Fleur d'Anus. Qu'on accueille. Bonsoir. Salut. Salut, Fleur d'Anus. Ça sent bon, hein ? Ça sent bon, le sperme, là. Quelle bonne odeur de merde. Vous fermez vos gueules ou quoi, là ? J'aime. Eh, putain, mais... Allô ? Gérard, je peux répondre ? Pour calmer le débat. Dégage ! Avec ta caméra. Dégage, Gérard ! Arrête, arrête ! Gérard, assieds-toi. Gérard, donc, il y a Paradox sur IRC qui te demande si tu serais au courant que Bill serait le cousin de E.T. Non. Non, mais ça, tu vois, j'ai vu des truculations, des sondages, j'en parle même pas parce que c'est des conneries. C'est des conneries, ouais. Tony, c'est bien. Gérard, c'est Fleur d'Anus, je peux répondre ? Ouais, bah, réponds. Donc, moi, je pense que le Big Bill n'est pas un extraterrestre. C'est comme disait Chang, c'est un personnage inventé qui a été dessiné sur un ordinateur et qui a été envoyé sur l'écran. Non, mais... Non, mais je pense... Gérard, tu veux dire que c'est un mec qui est dans un gros truc bleu ? Voilà, un mec qui est dans une boîte. Tu veux dire que c'est un costume qu'il porte ? Voilà, c'est ça, en fait. Ah, d'accord. Voilà, avec des ampoules pour... Attends, Casimir, qui c'est qui parle de Casimir, là ? C'est moi, c'est Françoise à l'appareil. Ah, c'est Françoise qui parle de Casimir. C'est le cousin de Casimir. Toi, je te dis que tu... Dégage tes caméras, Fildar ! Fildar, tu as dégagé mes bits ! Allez, hop, pile d'art ! Alors, donc... Moi, est-ce que je peux parler, là ? Mais c'est qui ? Tenez d'art. Ouais, le Big Bill, c'est pas un extraterrestre. C'est le nom de l'émission, c'est Bill qui est l'extraterrestre. Comment ? C'est Bill qui est l'extraterrestre. Le Big Bill, c'est le nom de l'émission. Ah, voilà quelqu'un qui répond à la question. Hé, attends, le Big Bill, c'est quoi pour toi ? Le Big Bill, c'est le nom de l'émission. Big Bill. Big Bill. Big Bill. Bon, enfin, bref. Apparemment, je pense que... Il a pas compris la question, il répond à côté. Non, mais... Non, c'est le seul qui répond à côté. Ah, non, Bill, c'est un extraterrestre, d'accord. Non, mais t'es le seul qui répond à côté. Ah, vas-y, elle a pas... Tony, d'accord ? Il est pas là, Tony. Non, presque pas. À partir de quel âge peut-on jouer ? Attends, moi, j'ai un petit sondage, moi, avant la question. On a un petit sondage, quand même. À la question pour ou contre les jeux télé, il y a 52% des gens qui sont pour. Non, non, non, mais attends. 36% des gens qui sont contre. Péter la nuit. Hop. Alors, moi, si ça commence comme ça, c'est simple. Le premier débat. Va ça. Oh, non. Il jouillait pas. Va te laver les fesses, tu pues. Arrête, tu vas faire bander. Bah, Gérard, t'envoies le bois, là, un peu. Ça y est, vous avez fini vos conneries ? Oh, les blancs. Ouais, bah, les blancs, celui qui s'amuse à mettre des conneries. Maintenant, ça commence à me faire chier. Je sens que tout à l'heure, on va garder que Françoise et on va reprendre d'autres personnes au standard. Ça va aller vite fait. Pipillon et Pute de Nuit aussi, elles ont été sages. Ah, ouais. Moi aussi. À partir de quel âge peut-on participer à un jeu télé ? On va demander à Fleur Danus. Moi, je pense qu'on peut participer dès l'âge qu'on peut participer. C'est-à-dire à partir de 10 ans. Voilà. Pute de Nuit. Bah, moi, je pense qu'il faut être majeur. Non, non. Parce que quand même, tu gagnes des jeux. Gérard, Gérard, arrête. Qu'est-ce que tu fais ? Gérard, assieds-toi. Arrête. Il veut taper Fildar. Laisse Fildar. Avec la cam. Non. Pute de Nuit. Gérard, t'occupes pas de la caméra. Continue. Moi, je te disais, je pense qu'il faut avoir 18 ans parce que j'imagine que tu joues au beat-beat. Bien le standard, Olive. Tu sais pas d'où ça vient. Je comprends. Non, mais là... Là, je pense que... Olivier, ça commence à bien faire. Je sens que dans deux minutes, j'arrête. Ouais, bah, si t'es pas content, tu dégages. Et Manu, tu me coupes le double son. Ouais. C'est Big Bill qui nous parlait. C'est un auditeur qui fait ça. Je sais pas. Max, il a dit que ça venait peut-être du standard. Bah oui, ça vient du standard. C'est ça. J'ai l'impression que vous avez l'intention de me faire chier sur les débats jusqu'à la fin de l'année. Pas du tout. Parce que pas. Non, c'est toi qui te fais chier tout seul. Attends. Comment ? Bon, allez, allez, allez. Hop. Alors... Plus de deux nuits. Oui. Ça fait cinq minutes que je te réponds, mais tu m'écoutes pas, Gérard. Je te disais qu'à mon avis, il faut être majeur. Parce que si tu participes au Big Bill et t'as 10 ans et que tu gagnes une voiture, t'as pas l'air con. Au moins, c'est ton permis. Non, mais attends. T'as pas ton permis, tu peux pas participer. Ça dépend, il faut gagner des voitures à pédales aussi. Tony, tu fermes ta gueule ! C'est pas Tony. Barnette ! Alors, celui qui a... Putain, Olivier ! Olivier, tu me calmes ça ! Tu calmes ! Oui, je calme, je calme. Magne ! Oh ! On se calme ! C'est bon, c'est bon. On se calme. Alors, Pipion ? Je suis d'accord avec Tony. Il faut être quand même mineur ou majeur. Ah, le blanc. Non, non, mais attendez, parce que là, je suis en train de... Non, parce que Gérard, Gérard, tu suis pas ton débat, c'est tout, et c'est pour ça qu'il y a des blancs, quoi. Fais attention à ce que les gens disent plutôt que ce qui se passe en studio. Alors, euh... Il me manque de la maturité, en fait. Et on a 2 francs en égo, s'il te plaît. T'as 2 francs ? Prenez-la. T'as 2 francs en égo, s'il te plaît. Non, mais vous jouez à quoi, là ? Ça dit le gras, ça. Oh ! Mais j'ai dit quoi ? Gérard ! Gérard ! Gérard, tu t'appelles... Dégage ! Dégage du studio, toi ! Dégage ! Dégage ! Dégage ! Dégage ! Dégage ! Reprenez-le. Dégage ! Non, mais sors de là, si tu veux qu'il dégage. Dégage ! Va t'asseoir, va t'asseoir. Je vous explique, il est en train... Gérard est en train de courser, fil d'art, dans le studio. Dégage ! Oui, oui, il dégage, il dégage, il s'en va. Vas-y, je te couvre. Il s'en va, il s'en va. Allez ! Voilà. Gérard, pour calmer le débat, il y a Izen sur l'Internet qui te demande si, toi, dans la radio, là, tu te sens pas un peu comme Big Bill dans sa télé. Non. Pas du tout. Et on n'a qu'avec Pot de Couille. Non, euh... Bah si, on n'a qu'avec Pot de Couille, à la place de Canada qui est raccroché. Bonjour, Gérard. Pot de Couille. Bonjour, Gérard. J'ai pas entendu la question, hein. Salut, Pot de Couille. À partir de quel âge peut-on jouer aux jeux de télé ? À partir de quel âge ? Bah, pour le Big Bill, le truc pas fut-fut, là, je sais pas, 8 ans ? Bill. Big Bill, ouais. Non, mais... Non, mais je t'écoute ! Bah oui, j'ai dit 8 ans. 8 ans, d'accord. Shang ? Bah, je crois qu'il faut avoir la majorité pour participer à un jeu de télé. Majorité absolue ? Ouais. Non, mais tu... Vous pouvez préciser ou pas, là ? Bah oui, il faut avoir la majorité, c'est-à-dire 18 ans... 18 ans, c'est-à-dire un peu plus de 7, 17 ans. Bon, d'accord. Et toi, quand t'auras fini de te foutre de ma gueule, tu me préviendras. Ok. Françoise ? Ouais, bah moi, je réponds à partir de la majorité. Attends, Françoise. 5 minutes. Olivier ? Qu'est-ce qu'il y a ? Le Shang, sinon, parce que ça va pas aller long. Ça va pas durer. Maintenant, on répond au début. Non, non, mais ça va pas durer longtemps, hein. Je sens que... Non, mais je le calme, je le calme. Réponds à Françoise. Il y aura pas... Je vais pas faire 11 questions. Mais toi, à la question, tu penses quoi, d'ailleurs ? Enfin, quel âge a-t-on vu ? Donc, toi, Françoise ? À partir de la majorité. Ouais, mais je pense, là, ce soir, t'as regardé comme moi ? Bah oui. Bon, donc, t'as vu qu'il y avait des personnes avec leurs enfants, donc... Oui, mais ils ont pas le droit de participer, hein. Bah oui, mais ça, je suis d'accord avec toi. Mais je pense que t'as plusieurs personnes qui ont... Il y a des enfants qui se mettent de la peinture sous les pieds. Ils sauraient pas répondre aux questions, aussi. Comment ? Quand on est trop petit, on peut pas répondre aux questions. Ouais, mais attends, faut quand même dire, c'est que y a le mari, y a les enfants qui sont là pour essayer de conseiller. Gérard, depuis tout à l'heure, tu demandes est-ce qu'il faut avoir la majorité à partir de quel âge, mais est-ce qu'il y a... Un âge limite ? Est-ce qu'on peut être trop vieux pour participer à un jeu ? Non ! Voilà, exactement, parce qu'il y a Yanki sur l'IRC, il te demande jusqu'à quel âge on peut jouer au Monopoly. Par exemple. Non, mais ça, le Monopoly, t'as pas d'âge, c'est comme le Scrabble, t'as pas d'âge pour jouer là-dessus. Là, c'est autorisé à toute personne. C'est pas possible qu'il y ait une dame de 94 ans qui joue au Big Bill ? Bah si, si, j'espère, parce que... T'as déjà vu, toi, qui regardes tous les soirs ? Non, mais tu peux demander à Françoise, on a vu des personnes qui étaient assez vieilles, donc, qui ont joué. Bon, c'est sûr... Elles ont pas gagné, alors ? Bah si, tu peux gagner. Ouais, mais c'est pas toujours évident, parce que c'est pas facile. T'as déjà vu à Fort Boyard une mémé faire un soir à l'élastique, toi ? Non, non, attends, là, Fort Boyard... Mais faut pas comparer Fort Boyard avec Big Bill. Non, parce que là... Yann Or, c'est pareil, les trucs comme ça. Non, mais... Françoise, sur IRC, on me dit que c'est aussi dangereux. Bah oui, c'est dangereux. Imagine, ils font une crise cartel, ils gagnent une bagnole. Non, non, mais attendez, attendez, attendez, attendez, attendez, là, on va éclaircir un peu les jeux. Tiens, mets de la lumière pour éclaircir au lit, s'il te plaît. On va éclaircir un peu le système des jeux. Là, faut dire une chose, qu'aujourd'hui, dans la famille Yann Or, il y avait une qui s'est... Dans les... Les imitatrices. Je pense que, Françoise, tu l'as regardée comme moi. Dans quoi ? Dans la famille Yann Or. Non, je regarde pas la famille Yann Or. Bon, donc, y'en avait une qui se faisait passer pour Madonna. Ouais, bah ça, j'ai vu le passage. Y'a Colombo et tout ça, mais disons que je ne regarde pas, c'est... Je ne regarde plus la famille Yann Or pour la bonne raison, c'est que depuis qu'il y a Pascal, ça n'est plus pareil. Ouais, ouais, mais... Non, non, non, non, non, non, non. C'est plus qu'à brûler. Attendez, attendez ! Bouge ton cul, toi, va te faire enculer, toi, connard ! C'est pas Patrick Roy ? Non, bah non, il faut pas parler de Patrick Roy. Attendez, attendez ! On accueille Benjamin. Allô ? Benjamin, bonsoir. Bonsoir, bonsoir. Donc, une question IRC avant que Benjamin réponde. Oui, on me demandait si on peut jouer à la famille Yann Or tout seul. Euh, non, pour être 5... Ah, mais si on n'a pas de famille, et qu'on peut être la famille... Non, mais tu peux très bien trouver des gens que tu connais, et tu les inscris avec toi, c'est tout. Mais s'ils ne sont pas de ta famille... Mais même... C'est plus une famille en or. Comment tu fais ? C'est des copains en plomb. Non, non, non, même si c'est pas de ta famille, tu peux... Mais non, c'est pas possible. C'est pas possible s'ils ne sont pas de ta famille, si c'est une famille en or. J'ai coupé les auditeurs pour pas qu'ils te... Gérard, mais comment on fait ? Et quand on n'a pas d'amis... Et quand on n'a pas d'amis... Attendez, attendez, attendez ! Pas les trois d'un seul coup, donc Rigaud. Rigaud en priorité. Quand t'as pas de famille et pas d'amis, et que t'es tout seul, comment tu fais pour gérer une famille en or ? C'est discriminatoire. De toute manière, tu peux prendre quelqu'un que tu connais bien. C'est plus une famille. Donc le titre du jeu, il a plus rien à voir. Non, je m'inscris en faux, je suis désolé, c'est pas possible. C'est discriminatoire. Toi, tu fais la réa, tu te tais. Ouais, mais c'est pas possible, ça ! Non, c'est pas possible ! C'est pas possible ! On me dit aussi que si on est tout seul, on peut peut-être amener des animaux avec soi, non ? Pour faire une famille. Là, dans une famille en or, il y avait le faux Colombo qui est venu avec son chien. C'était quoi ? Un chien, c'est... Un boule-boule ? Non, c'était pas un pic-boule. Donc, Benjamin ! Allô ? Ouais, excuse-moi, Gérard, je suis en train de regarder le Big Bill, en même temps. Non, mais Benjamin ! Benjamin ! Ouais ? Tu dégages ! Bah attends ! Oh non, non, Gérard ! Je sais pas où il est ! Je sais pas où il est ! Non, non, non, Benjamin, c'est terminé. Ouais, non, donc je disais, tu... Donc, par rapport à la question, moi, j'aime bien les jeux de télé, quand même. Non, mais je te demande, à partir de quel âge peut-on jouer ? Bah, je pense que ça dépend des jeux, hein. Parce qu'il y a des jeux qui sont faits pour les enfants, et des jeux qui sont faits pour les adultes, il y en a qui sont faits pour les vieux, il y en a qui sont faits pour les ados... Il y en a qui sont faits pour les adultes... Comment ? Il y en a qui ont dit un truc pas cool, là. Non, mais... J'ai l'impression que tout à l'heure, je vais tous vous zapper, et on va rencontrer d'autres personnes. C'est clair, comme ça, ça vous matra, bande de connards. Oui. Ça, je pense que ça va aller vite fait, tout à l'heure. Ouais. Je le sens. T'as raison, Gérard. Je le sens. Donc, Rigo, oui, une question hier, c'est avant... Maintenant, ça parle de questions pour un champion. Gérard, t'es un mec cool. Merci, Benjamin. On me dit, est-ce que c'est pas discriminatoire, aussi, quoi ? Parce que les questions qu'il pose, il y a plein de gens. Toi, si tu regardes questions pour un champion, tu peux répondre à combien de questions ? Vraiment. Moi, deux. Manu, pour l'instant, tu... Gérard, aucune visite, juste un bonjour. Sur toutes les questions de Julien Boubert. Non, là, sur questions sur un champion, il faut vraiment avoir les trucs en tête. Donc, c'est discriminatoire. Attendez, s'il vous plaît, derrière, on se calme, je réponds à Rigo. T'es un mec cool, Gérard. Benjamin, tu te tais, s'il te plaît. Il dit que t'es cool. Il dit un truc gentil, et toi, tu te tais. Non, non, mais pour l'instant, je réponds. Je voudrais répondre à Rigo. Mais laissez-le répondre, merde. Gérard, lui, c'est plus histoire naturelle, ces jeux, quoi. Olivier, pour l'instant, tu es à ton micro. Merci. Donc, alors, la question. Ta question, donc, c'était... Est-ce que t'arrives à répondre à combien de questions de Julien Boubert dans Questions pour un champion ? Sur Julien Le Perse, pour questions sur un champion, fais-moi confiance que c'est pas évident. Déjà, pour que tu puisses savoir toutes les questions, il faudrait que tu regardes sur l'audito, mais t'as pas le temps. Vraiment, t'as... C'est ça, le jeu. Surtout sur le plateau, quoi. T'as vu quelqu'un avec un dico ? Non, mais attends, mais même... Vas-y, t'as moins de 20 secondes pour répondre. La question pour un poupon, parce que j'ai jamais vu ce truc. Quand tu connais le champion... T'as une question, Gérard ? Non, mais ce que je voulais dire, c'est que quand tu connais le champion, tu peux répondre aux questions sur le champion. Ouais, non, mais c'est pas évident. Parce que, par exemple, je vais poser une question à Manu. Quelle est la capitale de... Quelle est la plus grande ville... Quelle est la... La capitale de New York ? Bangkok. Non. Ah, je sais pas. De quoi ? La capitale de New York. La capitale de New York. Attends, merde, je sais pas. Le Bronx ? Non. La capitale de New York. C'est un grand pays, en plus. C'est simple. Washington. Eh ouais, la capitale de New York. Non, Washington, non. C'est Washington. Non, si, c'est ça. Non, c'est ça, c'est Washington, la capitale de New York. Donc, par exemple, quelle est... T'as une autre question ? Quelle est la plus grande pute de Paris ? Ça, je sais, mais je vais pas le dire. Ça va avec, c'est ta femme. Ça va avec, c'est ta femme, donc je... Moi, je sais pas. T'es vraiment accueillé, toi. C'est la Tour Eiffel, parce qu'elle écarte les jambes. Allez, allez, allez. On récupère Flore Danus. Flore Danus. Oui. Attends, qui c'est qui vient de parler de Sandy, là ? T'as un mec cool, Gérard. Non, mais attends, Benjamin, pour l'instant, je veux savoir qui c'est qui s'amuse à parler de Sandy. Moi, c'est une conne. Laisse tomber. Attends, c'est une conne. Attends, merde, toi, d'accord ? Mais non, mais pas Sandy. Pas Sandy, c'est le qui a dit ça. Grillez. Les boules d'encre sont de nos jamais. Et il faut les aimer, aussi. Ouais, calmez-vous, les mecs. Ouais, calmez-vous, les mecs. Flore Danus. Oui, Gérard. T'es cool, Gérard. Toujours là. Pipion. Ouais. Pute de nuit. Ouais, je suis là. Françoise. Oui, je suis là. Pot de couille. Ouais, je suis là. Et Benjamin. Ouais, je suis là, et je veux dire que t'es un mec cool. Alors, être animateur... Oh, vous vous calmez, s'il vous plaît. Bonjour. Bonjour. Bonjour. Non, mais quand vous aurez fini, je pourrais peut-être poser ma septième question. Vas-y, vas-y, vas-y. Et très... Ah, vas-y, vas-y. Eh, je t'en tue, je t'en tue, tu vas pas en tuer, toi, sale pédé ! Oh ! OK. C'est bon, c'est bon, c'est bon. T'es un mec cool. Alors, être animateur d'un jeu... Bon. Eh, Olivier, tu fais quoi, là ? Ben, de toute manière, c'est tous les jeudis, c'est comme ça. Eh, Gérard ! Gérard ! Il te parle, Benjamin. Ouais, Benjamin, je t'écoute. J'aimerais bien qu'on fasse un peu le débat, parce que moi, tu sais... Il a raison. J'ai des trucs à faire, j'ai pas que ça à foutre. Ouais, mais pour l'instant, je voudrais bien savoir qui c'est qui s'amuse à dire des conneries. Ben, je vais essayer de le trouver, t'inquiète pas. Alors, donc, être animateur d'un jeu, vous tente-t-il ? Ouais, Benjamin, je veux répondre. Ouais. Ouais, parce qu'en fait, voilà, je vais te le dire tout net, en fait, j'écoute tes débats depuis longtemps, je m'appelle, je vais le dire, je m'en fous, je m'appelle Benjamin Rizzoli. Oh, non ! Et en fait, mon père, c'est Philippe Rizzoli, quoi. C'est pas vrai. C'est l'une des deux. Non, non, non, sans déconner, c'est sérieux, et donc, moi, je suis bien passé pour en parler, parce que, étant donné que mon père, il fait le millionnaire, ainsi que la roue de la fortune, euh, non, merde, j'ai un trou. Le juste prix, excusez-moi. Donc, moi, je peux vous dire que c'est un métier qui en vaut, quoi. Ah, ouais. Parce que, moi, je sais qu'on a pas mal de thunes, qu'on en profite grave, et, euh, moi, je conseille à tout le monde de devenir un animateur télé, hein. Bon, ok. On va demander un pot de couille. Gérard ? C'est qui ? C'est Benjamin, encore. Non, mais attends, Benjamin, attends. Non, je veux seulement dire que t'étais cool. Bon, ok, ça y est, j'ai compris. Pot de couille. Ouais. Ouais. Bon, tu réponds ? Bah, je sais pas. Non, bon, alors, vas-y, hop. Bah, non, vas-y, attends, vas-y, répète. Hé, non, non, non, retends, moi. Bah, répète. Bah, non, non, je répète plus. Moi, t'as dit que t'étais cool. Moi, t'as dit que t'étais cool. Attends, dégage. Allez, allez, dégage, dégage, dégage. Allez, hop. Je te dégage. Dégage-le, dégage-le, dégage-le, dégage-le. Hop, hop, hop. Allez, dégage-le. Euh, Françoise. Toi aussi, je vais te dégager. Je suis là, je suis là, je suis là. Françoise. Disons que, euh, disons que, non, moi, ça m'intéresserait pas de... de remplacer quelqu'un, euh... C'est quoi, cette colonne-là ? Non, ça, c'est Olivier. Olivier, je te dis de me dégager, l'autre. Et c'est ça qui nous fait des jingles, putain. Putain. Il fait des jingles et il est même pas capable de faire un standard. Pour l'instant, vous êtes en... C'est la septième question et c'est de la merde. Il est déjà 1h33... Euh... 1h34. On est à la septième. Et pour l'instant, c'est de la merde que vous me faites. Pour revenir au débat, super, les auditeurs. Il y a Formos qui te demande si tu animerais... si tu aimerais animer un jeu télé et si oui, lequel ? Alors, tu peux répéter la question. Alors, Formos sur l'IRC te demande si tu... si tu voulais animer un jeu télévisé, est-ce que ça t'intéresserait et si oui, lequel ? Non, ça m'intéresserait... Ça m'intéresserait pas de... Ça m'intéresse pas. Manu, s'il te plaît, quand je te demande de me couper tout le monde, tu le fais et tu te tais, maintenant. D'accord. Donc, pour très... Bon, Manu, ça commence à bien faire ! J'ai rien fait ? Oh là là là là ! Mais je touche à rien ! C'est mon micro ! Viens, mais t'es chiant, hein ! On n'a qu'à effacer. Ouais, non, mais attends, attends, attends, pour l'instant... Non, j'ai bien l'antenne, ça. Donc, pour te répondre, je prendrais... Je ne ferais même pas de débat télé ni rien du tout. Non, un jeu, pas un débat, un jeu. Non, mais même un jeu télé, je ne le ferais pas. Allez, pourquoi ? Tu serais bon, en plus. Non, non, je ne le ferais pas. De remplacer la gaffe. Non, non, non. Oh, Gérard... On peut t'inscrire à des jeux, ici. Non, non, non, non. De toute manière, rien qu'à voir les emmerdeurs, c'est bon. Sinon, il y a Philou... Attends deux secondes, il y a Philou qui te demande si tu comprends le principe des chiffres et des lettres. Oui. Le principe. Le principe, c'est de trouver le compte est bon et de chercher des mots. Il ne faudrait pas quand même qu'il me prenne pour un con, lui, sur lire, c'est... Donc, passé. T'as compris, Philou ? Oui, je réponds à la question ? Oui. Moi, je ne voudrais pas être animateur télé, non. Je ne sais pas, je ferais plutôt de la radio comme toi, à rien foutre, à faire des émissions à la con. C'est qui qui s'amuse avec son téléphone ? Ça va gerber ? Qui c'est qui s'amuse ? Ça va casser, sinon. Ton cul, ton cul ! Bon, là, c'est Benjamin. Arrêtez avec le téléphone, c'est chiant. Bon, Benjamin, pour l'instant, ce n'est pas toi que je m'adresse. On va demander à Françoise. Gérard, c'est trop cool. Je t'ai répondu, Gérard. Oui, aussi, c'est bon, c'est bon. Plus de deux nuits. Moi, je ne voudrais pas être animatrice parce que je ne pourrais pas gagner les cadeaux. Non, mais de toute manière, tu n'as pas besoin d'être animatrice. Non, mais quand tu es animatrice, tu ne peux pas gagner les cadeaux. Rigo ! Moi, j'aimerais bien gagner des cadeaux. Rigo, c'est Benjamin. Est-ce que Fleur d'Anus, elle est sur l'Internet, là ? Non. Parce que je suis en train de faire de l'Internet en même temps. Et tu ne la trouves pas ? Ben non. Va voir sur Dièse Fleur d'Anus. Ou Dièse en couleur de GG. Merci. Qu'est-ce que tu viens de dire ? C'est rien, c'est rien. C'est les noms des serveurs. Et le débat ? Benjamin ! Benjamin ! Excuse-moi, GG. Benjamin ! Ouais ? Si tu paies de l'Internet en faisant les débats, ce n'est pas la peine. Ok, super. Gérard, c'est Fleur d'Anus. Je peux répondre ? Oui, je t'écoute. Justement, ils te cherchent, Benjamin. Ouais. Non, mais ce n'est pas le même. Oui, ce n'est pas le même. Je ne suis pas au mot. C'est mon frère jumeau. Donc, oui, moi, je n'ai pas l'intention de devenir animateur de jeux télévisés parce que c'est complètement débile. D'accord. Pipion ? Je ne veux pas être animatrice. D'accord. C'est bien, toi, tu réponds. Comme pute de nuit. Pute de nuit, c'est pareil. Oui, d'accord. Tu sais, tu as des questions des villes. Alors, nous aussi, on répond des villes. De toute manière, si ça ne vous plaît pas, les débats dans ces cas-là, pourquoi qu'on vous sélectionne ? Si, c'est génial. Tu es trop cool. Non, mais là, pour l'instant, on n'est même pas arrivé à... On s'endort, surtout, quoi. Parce que tu n'es plus dans ton débat. Donc, reprends-le. Non, mais toi, pour l'instant, quand tu me prends du boulot correctement... Je ne fais pas le boulot correctement, là. Non, mais pour l'instant... Reprends, reprends. Comment ? Qui c'est qui n'est pas contente, là ? C'est qui qui n'est pas contente, là ? C'est laquelle qui vient de dire Jabrej ? C'est laquelle, pauvre meuf, qui a dit ça, là ? Benjamin, tu dégages. Entre pute de nuit et pipion, là, c'est laquelle des deux ? C'est Benjamin. C'est Benjamin. C'est Benjamin, il a mis... C'est Benjamin, il faut le gerber. C'est Benjamin. Mais, Gérard, ils veulent me gerber, ça va ? Alors, que doit-on supprimer comme jeu télé ? On va demander ça à pute de nuit ? Ben, je ne te dirai pas le fond de ma pensée, mais... Je voudrais changer un peu le concept de ces jeux. Non, c'est faux. Ben, Benjamin, s'il te plaît, tu te calmes. Ben, attends, si jamais ils arrêtent tous les jeux, moi, mon père, il n'a plus de taf, j'ai plus de thune. Benjamin, tu te tais ! Il va sur une autre chaîne, ton père. C'est connu. Bon, pute de nuit, tu réponds correctement à la question, parce que ça commence à être lourd. C'est vrai, tu dis que des conneries. Gérard ? Les jeux de TF1, pour moi, c'est bidon, c'est rien, quoi. T'apprends rien. Ouais, elle a raison, cette fille. À propos des jeux de TF1, il y a... Alors, ce qui s'était, c'est Chocobo sur l'IRC qui a dit à tourner Manège. Non, mais justement... Non, c'était dans 30 millions d'amis. Qui c'est qui vient de dire ça ? C'est Benjamin. Alors, Benjamin, tu dégages. Benjamin, tu dégages ! Et pourtant, t'es un mec. Tant pis pour toi ! Mais non, t'es trop cool, Gérard, tu peux pas me virer, t'es trop cool comme mec. Je sais pas où il est. Je te suis depuis 10 ans. Ah, c'est bon, je crois que j'ai trouvé. Je suis dans la rue depuis 10 ans, Gérard. Il est super cool, Benjamin. Et c'est lui qui t'amène des lettres. Ça y est, vous avez fini, quoi, connerie ! Bon, Benjamin, je suis désolé. Je dégage. Alors, Françoise. Oui. Moi, en supprimer un, je supprime la famille en or. Pourquoi ? Parce que j'aime pas Pascal du tout. Non, mais c'est sûr... Non, non, non, non, attends... C'est plus Cabroule, là, je sais plus trop quoi. Cabroule, non. C'est qui, maintenant ? C'est Pascal Bonner. Parce qu'il a chanté sur la 3. Un tout naze, lui. Attends, attends, attends, Françoise. Il y a une question IRC. Non. Il te demande... Enfin, ça change de jeu encore, mais c'est Oxide qui te demande comment on reconnaît les billets gagnants du millionnaire. Comment on fait ? Alors, pour le millionnaire, tu grattes et si t'as 3 télés, tu passes à la télé. C'est 4. C'est 4. Non, 3. Non, c'est les morpions. Non, c'est 3 télés. C'est 3 télés pour passer directement à la télé. Eh, eh, eh ! Directement ? Eh ! Eh, sans déconner ! Sans déconner ! D'accord, Françoise ? D'accord, Gérard. Sans déconner ! Sans déconner ! Donc, c'est vrai qu'avant, on avait... Cabroule. Vincent Cabroule. Et Patrick Roy, avant. Non, non, non, non, non, non. Non, mais Patrick Roy... Non, non, non, attendez, attendez, attendez. Celui qui a créé le premier jeu télé, ça a été... Patrick Roy, ça, je suis d'accord avec Françoise. C'est lui qui a... qui a rentré là-dedans lors du... juste prix. Après, il y a eu Vincent Cabroule, qui a capé... Il a fait quoi, lui ? Capé... Merde, comment qu'on appelle... Les marches des héros. La famille en or. Après, ça a été repris par... Maintenant, c'est repris par Pascal Bruner, donc maintenant, il faut dire que c'est vrai que... Il y a pas eu l'autre pédale de Montiel, aussi, là ? Bernard Montiel, oui. Gérard, en parlant de Rizzoli, en parlant de Rizzoli, il y a Davy One sur l'IRC qui a une question pour Benjamin. Et on a qu'avec Pipo, en même temps, tiens. Bon, c'est dommage que Benjamin n'est plus là. Mais il se demandait comment Philippe Rizzoli fait pour présenter le juste prix à une millionnaire. Est-ce qu'à chaque fois, tous les jours, il doit gratter pour trouver trois télés ? Non, non, non, non, non. Allô ? Ouais, Pipo. Ah, quand même ? Ouais, ben attends, cinq minutes, je réponds quand même au question Internet. Ben attends, c'est bon, ça fait déjà un quart d'heure que je suis en attente. Ouais, ben attends, pour l'instant, si t'es pas content, pour l'instant, je réponds aux questions Internet avant vous, d'accord ? Mais putain, c'est quoi cette organisation à deux francs, là ? Eh, si t'es pas content, tu restes chez toi, d'accord ? C'est chez moi, hein. Connard. Vas-y, reste poli. Donc, je réponds à la question. Donc, la question, c'était... C'était comment Rizzoli fait pour trouver trois télés tous les jours pour aller au millionnaire. Non, non, mais attends. Mais ben, d'artiller, hein. Oh, mais ça y est, Pipo, tu la fermes un peu ! C'est bon, Pipo, t'es cool. Ouais, putain, mets-moi tout le monde en attente. Hop. Donc, pour te répondre à ta question, donc, il gratte pas trois télés, c'est lui qui anime deux jeux à l'heure actuelle. Et c'est sûr que je voudrais bien savoir comment qu'il fait pour animer le millionnaire le samedi... Ben, il court vite. Non, mais... C'est presque dans les mêmes... Dans les mêmes locaux que là où il fait le juste prix. Donc, il a juste le temps de changer et il reprend tout de suite le millionnaire, le juste prix. Tu crois qu'il change même de slip ou... Il fait comme Superman, il passe par une cabine. Voilà. Combien qu'on est sur IRC, Rigo, quand même ? On flotte autour de 3400, 3500. En plus ? Ouais, on n'arrête pas de flotter, là, parce que... C'est nul, par rapport à l'Europe. Ouais. Il y a des gens, ils viennent, ils écoutent par l'Internet et ils s'en vont parce qu'ils trouvent que tu gueules. Alors, Flore Danus. Ouais, mais moi, j'ai tout zappé, là. Ah ben... Dans ces cas-là, c'est pas grave. On va s'écouter... Attends, finis ta question. Allô ? Alors, Flore Danus. Ouais ? Tu réponds ? Ça n'avance pas, hein. Bon, tu réponds. Allô ? Flore Danus, tu réponds. Ouais, donc, moi, je pense que les jeux de téléphone, c'est de la merde et c'est bien normal, quoi. D'accord. Ah ben, dans ces cas-là, tu changes de chaîne, ça ira plus vite. Pipion. Ouais ? Donc, pour toi. Non, c'est Pipo, moi. Pipion ! Je ne me souviens plus de la question. Putain, t'es lourde, toi. Tu commences à me casser les couilles. Allez, hop, dégage. Je t'emmerde, d'accord ? Je t'emmerde, moi, je te pisse au cul, toi, salope ! Allez, hop, dégage ! Hop, Pipion, tu me la dégages. Qu'est-ce que je fais ? Je la dégage, je la garde ? Non, non, tu me la gardes. C'est dommage, elle était cool. Non, non, je n'aime pas les connes. On aime ton cul, Gérard. T'as un problème de voix, Gérard. Ah, Manu ! Ouais, Manu ? On travaille bien ! On travaille bien ! Ah, Manu ! Ah, Manu ! Allez, hop, terminé ! Conclusion du débat ! Allez ! Conclusion ! Maintenant, je prends ce soir. Comment ? Or, toi, tu dégages. Gérard, calme-toi. Calme-toi, Gérard. Hop, terminé. Hop, terminé. Donc, on va s'écouter. Je me mets une pisse sale dans l'arrière avec des punaises et des clous. Conclusion ! Mais Gérard, putain ! Mais conclusion ! Mais quoi ? Mais arrête ! Dégage ! Dégage ! Dégage de là toi ! Qu'est-ce que tu fais ? Arrête, tu vas faire un blanc Gérard. Qu'est-ce qui se passe ? Ça marche bien là ! Qu'est-ce que tu fais ? Tu vas tout couper, arrête Gérard. Dégage ! Fais de la merde ! T'es aussi con que Pildor ! Toi c'est pareil ! Dégage ! Dégage ! Dégage ! Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui se passe ? J'arrête ! Parce que là tu viens de firer Olivier, Manu et Pildor. Il ne reste plus que Rigaud. Moi je ne sais rien faire. Moi je ne sais pas faire le standard, je ne sais pas faire l'arrêtage, je ne sais rien faire. Alors qu'est-ce qu'on fait ? Non mais on va s'écouter, je me mets une ficelle dans l'arrêt avec des punaises et des clous. Mais ce n'est pas une solution ça Gérard. Non mais on met ça comme disque et je vais essayer de voir si je trouve des gens au standard. C'est impossible. C'est impossible de travailler comme ça. C'est impossible de faire des débats que je dis comme ça. Non mais là d'accord, mais attends. Là c'est impossible. Manu, il fait le coup, il s'amuse là. On met des doubles sons. L'autre qui lui demande de virer des gens, il ne les vire pas. Pour l'instant il y a Rigaud qui bosse. Moi je commence à avoir mal bol. Moi je vais finir par ne plus faire de débats. Mais là il faut faire super gaffe parce que... Attends, regarde. Tu as 24 lignes qui sonnent. Là je ne suis pas d'accord. Alors qu'on soit allé où ? Tu peux revenir Gérard ? Attends Gérard, tu parleras avec eux. Qu'est-ce qu'on fait ? Pour l'instant tu mets 2 10. Non, non, non, non. Toi tu dégages. Toi tu dégages. On n'a rien fait. Allez Gérard. Allez Olivier, c'est bien. Non mais claque pas la porte comme ça, tu vas tout casser putain. Toi Manu. Ah non les gars. Manu ça commence à bien faire. Je peux revenir Gégé ou pas ? Attends, vous me prenez déjà au standard moi. Il y a le 10 que là tout tourne. Alors François ça allait où ? Non mais attends, on s'en fout de François. Qu'est-ce qu'on fait ? Non mais moi pour l'instant tu mets 2 disques. Ah non, non, non. Si, si, si, si. Pour prendre le débat là Gérard. Non, non, là c'est même plus possible. Gérard, Gérard, je vais perdre des gens. Je vais perdre des gens sur l'IRC. Je vais perdre des gens sur l'IRC. Mais même, on est à 3500, moi je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas d'accord qu'on soit à 3500 à 1h46. C'est bien. C'est vachement bien. Non mais attends. Nous la semaine on est à 100. On est à 100 pendant toutes les 10. Non mais là il faut pas déconner. Il faut pas déconner. Attends. Les mecs ils ne veulent même pas répondre aux questions. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? C'est terminé. Maintenant tu ne me prends plus de personne avant. Tu ne me prends plus personne avant les débats. Tu attends que j'arrive et je sélectionne les gens. Parce que Tony j'en veux plus. Arnett aussi, Goldo, tout ça. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Là je n'écoutais pas. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Attends, l'autre il me met du double son. Mais non. J'ai rien fait. J'ai rien fait. Je suis innocent. Olivier, elle est un sable. On va reprendre l'antenne. Olivier, qu'est-ce qu'il se passe ? Olivier, c'est pareil. Tu me demandes de dégager quelqu'un. Il ne va pas. On ne peut pas déconner. Moi je ne continue pas les débats comme ça. Non mais c'est clair. Je suis d'accord. C'est pas vrai. Tu n'as rien fait. Non, tu n'as rien fait. C'est pas vrai. Tu n'as rien fait. Attends. Tu n'as rien fait. Je te demande 150 fois de me virer des mecs. Tu me les reprends. Tu les remets sous le dos de ton nom. Alors qu'il y a 24 lignes qui sonnent. Arrête tes conneries. Dégage. Va faire ton truc à la pointe. Attends, ça va. Il a fait du bon boulot. Alors qui c'est qui fait le truc ? Attends, l'autre s'il se calme. Il revient au standard. Je suis hyper calmé. Il faut que je m'accroche. C'est tout. Alors qu'est-ce qu'on fait ? Qui fait quoi ? Qu'est-ce qu'on fait ? Non, je n'ai pas raccroché aux gens. Qu'est-ce qu'on fait ? Pour l'instant, il reste combien de temps sur le disque ? Il reste 40 secondes. Même pas. Plus tard, il revient au standard. Il me laisse François Zéon. Il me reprend l'autre genre. Bon, alors OK. Allez, on se remet à l'antenne. On reprend dans 40 secondes. Allez, on reprend dans 40 secondes. Et voilà, vous venez d'écouter. Je mets une picelle dans l'arrêt avec des punaises et des clous. Ça, c'est ce que tu m'as donné comme papier. C'est ça. Excuse-moi, Gérard. Je vais chercher un stylo. Je n'en ai pas. Oh non. Tiens, un fil d'arbre. Attends. Olivier est là. Il a volé le stylo, Olivier. Olivier ! Non, non, dégage, quoi. Quoi ? Fil d'arbre, fil d'arbre, fil d'arbre. Fil d'arbre ! Fil d'arbre ! Bon, ça y est. Alors, tu me récupères les gens, là, vite fait. Allez. Alors, donc, maintenant, c'est fil d'arbre que vous avez au standard. Bonsoir à tous. J'espère qu'il va prendre des gens sur les 24 lignes. Tu es trop cool. Tu es cool, Phil. Tu te dépêches ? Hé, Phil, t'es cool. Alors, donc, il nous reste qui, normalement ? On devrait avoir Françoise. Françoise, ouais. Françoise ? Ouais, je suis là. Qui c'est qu'il nous reste ? Bah, c'est tout. Non, père. Bien joué, bien joué. T'as plus que toute seule. Je sais pas. Si tu veux garder qui, tu m'as dit de virer tout le monde. Bah, tu remets plus de deux nuits. Plus de deux nuits. Allez, là, ouais. Plus de deux nuits. Ouais, je suis là. Salut. T'as au boulot, toi ? Ouais, non, non. Non, non, mais après, tu me prends d'autres personnes, là. T'as mes règles. Ouais, t'as tes règles. T'as l'air que tu vas avoir tes règles. Tu vas aller voir Phil Dard. Il va t'arranger ça. T'aimes changer mon tampon ? Ouais, il va... Avec les noms. Il va te les retirer, tes tampons, tu vas voir. Bon, alors, qu'est-ce que... Hé, Dard. Oui ? Il y a une personne qui voudrait participer au débat. C'est possible de l'appeler ? C'est qui ? C'est qui ? C'est un certain Guillaume. Pas de favoritisme. Ouais. Ouais, mais là, je sais pas. T'aurais dû demander ça. À Phil Dard. Bah oui, mais disons que... Bon, je veux pas être toute seule sur le... Sur le débat. Bah, je suis là. Bah oui, mais t'es toute seule. On est que deux, là. Bah, on est deux. Non, mais attends. Pour l'instant, qui c'est qui me reprend, Phil Dard ? C'est Max. Juste deux secondes, Gérard. Juste qu'il est 1h50 et qu'après, il y a ton deuxième débat qui est intéressant. Donc, dans 10 minutes, il faut passer au deuxième. Ouais, bah, dans ces cas-là, on fait conclusion sur celui-là, puis c'est tout. C'est qu'on... Conclusion, et on met un disque, cette fois-ci. Ouais. On met deux disques. On vient d'en mettre un. Jouge. Jouge. D'habitude, entre deux débats, on met Jouge. J'ai t'expliqué. On vient de mettre un disque et à l'époque, il y avait trois heures de débat. Maintenant, ça dure deux heures et demie. Donc, on met plus qu'un disque. On attaque à minuit et demi, on arrête à trois heures. T'es d'accord ? Et les gens, ils demandent. Il y a combien de connectés, Rigo ? 3008, 3009 ? Non, on est redescendus suite à l'engueulade avec Olive. Et ouais, putain ! Et on est sous les 3000, mais c'est en train de remonter parce qu'ils sentent que le débat est plus calme. Ah, et puis, Fildar est revenu. Ils sont peut-être contents aussi. Ils sont contents. Ils le trouvent super cool. Dommage, on ne va pas pouvoir continuer la fin du premier débat parce que c'est bête, parce qu'il y avait quand même des questions qui étaient intéressantes. On l'a fait. Pourquoi les jeux télévision existent-ils ? C'est nul. C'est nul si t'es pas contente, c'est le même prix. Peut-on tomber amoureux d'un jeu télé ? C'est nul. C'est nul si t'es pas contente, tu vas te coucher. Et d'après vous, les jeux télé sont-ils truqués ? C'est nul. Dans ce cas-là, tu vas te faire foutre. Tu vas aller retirer tes tampons. Comme ça, t'auras plus tes règles. Donc, la conclusion du premier débat... Non, c'était pas mal. Non, c'était pas mal. C'était bien. Bien sûr, on a fait que cette question, ça a été le bordel. Donc, le deuxième débat va porter sur les poèmes. Et je peux vous dire que je suis venu avec 4 poèmes. Mais toi, tu vas faire le standard. Et tu vas la fermer. Tu vas la fermer. Tu vas pas t'amuser à ouvrir le micro. Ça sert à quoi que je revienne, moi, pour faire 2 minutes, là-haut ? Tu crois que je suis payé à ça, moi ? Attends, toi, pour l'instant, on est en train de chercher quelqu'un pour te remplacer. Alors, tu vas pas nous les gonfler ? Sans déconner. Sans déconner ! Donc, pour l'instant, il y en a qu'un qui travaille le mieux, c'est Régo à l'Internet. Oui ? Bip bip. Comment ? Bip bip. C'est qui, ça ? Bip bip. Bip bip. Ah, bip bip. Ouais, OK, d'accord. Je vois pas ce que tu veux me dire, mais c'est pas grave. Bip bip. L'autre a dit bip bip. Mais non, la gaffe, quand il arrive, il fait bip bip. Mais non. Tu sais même pas ce que c'est, le bip bip. Tais-toi, tais-toi, tais-toi. Écrase, écrase, écrase. T'es un faux fan du bip bip, en fait. Écrase. T'es un faux. Un faux fan. Ce soir, je l'ai regardé. Fais-moi confiance. Je me suis bien marré. C'est quoi qui t'a fait marrer, ça ? Ouais. Hein, Françoise ? Ouais, ouais, ouais. L'autre que t'aimes pas, là, comment tu l'appelles ? Vous l'avez regardé ensemble ? Non, non, ben... Non, on l'a pas regardé ensemble. Non, mais... On était au téléphone ensemble. Et quand on a arrêté de se parler au téléphone, il y avait Ramucho qui... Ouais, avec une... Avec carrément la maison sur la tête. Ramucho ! T'as cru que c'était la gueule ! Ah, t'es trop cool ! Ah ouais, c'est cool ! Elle est cool, Ramucho. Non, mais attends. T'inquiète pas, Françoise. C'est Manu et Fildar. Ils pètent les plombs, là. Je crois qu'ils ont fumé la moquette. L'autre, il doit faire du 90B, maintenant. Rigaud ! Il est trop rigolo. Rigaud ! T'es marre pas, Rigaud, c'est pas drôle. Rigaud, il y a... Oui, qui y a-t-il, Gérard ? Rigaud, il y a que toi qui bosses bien dans... Fais pas le con ! Fais pas le con ! Moi, je bosse bien parce que les gens de l'IRC sont bien. Fais pas le con, Rigaud ! Bon, conclusion ! Qu'est-ce qu'on se marre ! Alors, conclusion, donc, on... Ben... Il n'y a plus personne pour la conc... Ah, si, il y a Françoise. Ouais. Ben, je veux pas te... te vexer, mais j'ai trouvé ça nul. Eh ouais, mais... Tu sais à qui t'en prendre ? Ben oui, je sais à qui m'en prendre. C'est dommage parce que c'est rare que je participe à tes débats, mais là, je l'avoue, c'est franchement nul. Ben ouais, mais ça, tu sais à qui t'en prendre, hein. Tu t'en prends après Manu et Olivier de la... Voilà. Gérard, conclusion, si toi... Et toi, qu'est-ce que t'en prends ? Ben, moi, je suis comme toi. Comme toi. C'est de la merde complète. Et j'aime pas ça. Donc, j'espère que le deuxième... J'espère que le deuxième, il sera aussi bien, mais disons que moi, je participe pas. Pourquoi ? Parce que t'as vu qu'il a retenu, il est 2h05, et puis, bon, il est temps que t'avais une couche. Ok. Pute de nuit. Ouais. Ben, c'était à chier, ouais, la raison, Françoise. Et tes fins, ben, c'est chaîne de beau. De toute façon, on te l'a dit, hein. Si tu m'aimes pas, tu changes de chaîne, hein. Ben, justement, moi, je regarde RC, donc... Eh ben, dans ces cas-là, tu nous emmerdes pas, puis c'est tout. Gérard, sur IRC, il y a la conclusion de Turpentine qui dit que ton débat, il avait ni queue ni tête comme toi. Non, mais ça, de toute manière, à chaque fois, moi, je commence à en avoir ras-le-bol. Putain, celui qui a un micro derrière, il va se prendre mon poing dans la gueule. Hein, Manu ? Quoi ? C'est bien de parler derrière moi. Hein ? Bon, les conclusions, de toute manière, je pense qu'on va perdre plus qu'un débat par semaine, et ça sera terminé. Allez, on se retrouve pour le deuxième, pour les poèmes, et à tout de suite. == Le débat sur les poèmes == === Contexte === === Les personnages === === Transcription === Les débats, pas de radio et pas d'insultes de Gérard Eh bah lui tu peux annoncer le disque Le disque c'était je sens pas bon entre les cuisses avec mais je me soigne Et bah voilà, donc alors on va écouter, on accueille Verlaine de Montigny le Bretonneux On écoute Fun Radio sur 101.9 Oui bonsoir c'est Montigny le Bretonneux Ouais bah je le sais D'accord Puis celle du sud Salut Gérard Bonsoir Petit Nénuphar Salut Gérard Bonsoir à toi Et String en fleurs String à fleurs oui, Ami Poète du soir, bonsoir De Montluçon De Montluçon oui On écoute Fun Radio sur 87.8 Exactement Et puis celle du sud c'est 98.9 c'est ça ? Exact Excuse moi Gérard on a un nouveau là j'ai eu le temps d'en faire Enfin une nouvelle c'est la chaude Salut Gérard Salut la chaude Salut la chaude Salut la chaude Salut ça va ? Ça va la chaude ? Je suis grave excité le soir avec Gérard Tu fermes ta gueule toi Non mais calme toi la chaude Gérard tu m'excites putain Mais calme toi la chaude quand même Ok D'accord ? Oui Donc tu as 19 ans c'est ça ? C'est ça Et tu appelles de ? J'appelle de la chambre Ouais mais de quelle ville ? Ouais ta chambre Ok j'appelle Versailles Versailles voilà 101.9 Fm Je sais que tu es chaude Oui je suis chaude je sais que tu es chaude Oui je suis chaude j'ai un doigt dans la chaude Non non attends T'as reconnu que t'étais en vie là T'as l'air tu vas être vachement chaude Que tu as dégagé C'est un débat sur la poésie donc tu dis que tu mets un doigt dans ton sexe féminin D'accord Voilà Ouais ben toi Pildor tu commences à t'écraser d'accord ? Alors le deuxième débat se portera sur les poésies Les poèmes Et n'ayez crainte Y'en a quand même 4 après Oh non Qui seront à lire Oh non On fera des poèmes après Moi je raccroche pas Euh ce que ça plaît pas Ça sera le même prix Moi je raccroche Si t'es pas contente que tu vas te faire foutre D'accord ? Tu vas pas commencer à me casser les couilles Ok ? C'est bien compris ? Oui C'est bien compris Hein ? Alors comment doit être réalisé un poème ? On m'a demandé ça à la chaude là comme elle a un doigt dans la chaude Alors comment doit être réalisé un poème ? On m'a demandé ça à la chaude là comme elle a un doigt dans la chaude Comment je l'ai retiré ? Oui c'est quoi la question ? Comment est-ce qu'on doit réaliser un poème ? Oui c'est quoi la question ? Comment est-ce qu'on doit réaliser un poème ? Non c'est comment qu'on encule ta sœur ? Non c'est comment qu'on encule ta sœur ? Non c'est comment qu'on encule ta sœur ? Non c'est comment qu'on encule ta sœur ? Non c'est comment qu'on encule ta sœur ? Non c'est comment qu'on encule ta sœur ? Non c'est comment qu'on encule ta sœur ? Bravo là Bravo là C'est à l'heure Oui donc répète ta question s'il te plaît Bon elle tu me la prends au centre Attends j'ai envie de répondre Alors tu réponds tout de suite Alors c'est quoi la question ? Non bah allez hop on va demander à Verlaine Comment doit-on réaliser un poème ? Moi je pense le plus simplement du monde Avec des phrases, des mots, des virgules, des points à la ligne Et surtout un point final Voilà un point final à la ligne c'est ça ? Un point final et tout à fait Ok Je pense Puis celle du sud Ouais il faut compter les pieds pour faire des vers Donc c'est soit douce, tu fais des alexandrins Soit moins, soit plus Mais ouais tu fais des rimes, tu fais des jolis mots Des jolies phrases qui vont ensemble Ok Voilà Petit nénuphar Bah oui donc tu dois faire des tercets, des vers Faut que ça rime etc Faut que ça ait du son, de la tonalité Bon c'est quoi là ce bordel là ? C'est que tu m'as écouté j'espère Parce que je répète pas On va pisser Manu il n'y a pas de problème Non mais c'est bon là Régo On travaille Gérard j'ai un super service à te demander Ça va te faire chier mais il faut que j'aille faire pipi Bah tu es sûr ? Non mais attends Manu Avant de sortir je te demande l'autorisation Mais Manu tu veux pas que j'aille te la tenir ? Non ça va mais je te demande si je peux y aller quoi Bah tu te démerdes tu te mailles Bah merci Gérard je reviens Je te lave les mains Alors petit nénuphar Bah je t'ai répondu tu vois tu m'as pas écouté comme d'hab Non mais c'est pas de ma faute Donc vas-y Donc il faut que les phrases aient de la tonalité De l'expression etc D'accord string en fleur ? Bah écoute moi je dis qu'il faut trois choses que je suis pas sûr que t'aies C'est l'art de conjuguer, le sens de l'orthographe et quand même un minimum de syntaxe Non mais de toute manière il y a Si si quand même Non attends attends C'est n'importe quoi ça donne je voudrais te dire je t'aime et puis bon Non mais de toute manière il y a pas spécialement je veux dire je t'aime ça c'est mes trucs à moi ça c'est Il faut de la syntaxe toi tu mets de la syntaxe dans tes poèmes t'en mets un maximum Il en faut il faut de la syntaxe il faut aussi de la conjugaison Il faut du Becherel du bled J'ai pété les rimes aussi hein voilà ouais Non mais attendez attendez on accueille qui là maintenant ? Attends pas encore non non non je vais la rappeler parce que j'ai besoin d'une ligne Alors tu bières la chaude et puis tu prends la ligne ? Rappelle le secret Ouais voilà le bulldog secret tu vois tout le monde le veut et apparemment il y en a un qui s'appelle Arnett ou Tony ? Non Non ? Ouais Alors donc comment doit être réalisé un poème bon bah de toute manière ça va être des rimes Mais j'ai pas répondu Non mais toi tu vas te faire foutre Je rentre s'il te plaît Bravo Mais non Mais je t'ai dit de toute manière je veux pas t'entendre toi Je t'ai dit de toute manière je veux pas t'entendre toi Je t'ai dit de toute manière je veux pas t'entendre toi T'as pas envie de me dire comment je réalise mes chers poèmes ? T'as pas envie de me dire comment je réalise mes chers poèmes ? Ouais vas-y Ouais vas-y Eh bien moi j'aime deux doigts de sensualité avec un tiers de whisky et un tiers de Gérard Eh bien moi j'aime deux doigts de sensualité avec un tiers de whisky et un tiers de Gérard Eh bien moi j'aime deux doigts de sensualité avec un tiers de whisky et un tiers de Gérard Ouais alors tu vois Fildar Fildar Fildar Fildar Fildar Fildar Quoi ? Fildar Quoi ? Fildar Quoi ? On travaille T'as laissé le pisser un peu ? Oh Benjamin Je m'amuse bien je fais de la Gameboy Oh putain l'autre au lieu de travailler il est en train de faire de la Gameboy en plein Oh putain l'autre au lieu de travailler il est en train de faire de la Gameboy en plein Oh putain l'autre au lieu de travailler il est en train de faire de la Gameboy en plein Oh putain l'autre au lieu de travailler il est en train de faire de la Gameboy en plein Oh putain l'autre au lieu de travailler il est en train de faire de la Gameboy en plein Non mais il est cool Non mais il est cool Non mais il est cool Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Ouais il est cool Fildar Bah apparemment comme il a pas l'air de vouloir travailler au standard c'est… Bah il est cool De Turpentine, est-ce que tu comptes tes pieds pour faire un poème ? Laisse-le Gérard, il répond à la question. Donc tu me disais ? Est-ce que tu comptes tes pieds quand tu écris un poème ? Non. Non, pas du tout. Et tu comptes tes verres ? Non plus. Non, il picole les verres. Les verres du cul. Les verres du cul, toi, tu la fermes un peu. Donc string en fleur. Oui, tu peux draguer, c'est clair, ça aide à draguer les poèmes. Moi, je me souviens, l'autre fois, j'ai branché une nana, je lui ai récité un poème. C'était un truc du genre, je ne sais pas, viens là cochonne, que je te ramone avec mon gros dard, je vais t'éclater ta boîte à souchards. Et direct, j'ai réussi à la serrer, direct. Et tu as pu trouver quelqu'un comme ça ? J'ai pu trouver plein, plein, plein, ça marche à chaque fois. Ça marche à chaque fois, tu leur fais deux, trois rimes et c'est bon, pas mal. Oui, mais je ne pense pas, mon ami. Toi, tu as fait pareil, tu as bien conquis. Des dizaines et des dizaines de femmes grâce à tes poèmes. Non, je pense qu'à mon avis, là, tu te trompes, vraiment, vraiment, tu te trompes. On reconnaît que tes poèmes ont quand même fait ta gloire. Ah mais attends, mais ce que je lis à l'antenne, ça c'est différent. Mais ça n'attire pas les femmes ? Non. La chaude, tu t'écrases un peu. Mais tu m'as touché, moi. Non, mais toi, tu as t'écrasé parce que tu m'énerves. Tu t'as touché où, la chaude ? Donc, on accueille, on accueille Santa Belgica, il nous appelle de Belgique. Et voilà, il est cool, il a... T'as quel âge, Santa Belgica ? J'ai 23 ans. Voilà. Salut, Santa Belgica. Salut, toi. Salut, Belle. Bonjour. Donc, patinez du phare. Putain ! C'est quoi, cette merde, là ? Calmez-vous, les auditeurs, merde. N'oubliez pas. C'est bon, quoi. Oh, putain ! Non, on se dépêche. Gérard, vas-y, continue le débat, je vais essayer. Allez, encule ton cul, toi, la salope. Là, tu vas permettre ta gueule pour deux bons. Mais c'est la chaude. Hein, la chaude ? C'est un conseil que je te donne avant que... Allez, dégage ! Hop ! T'es pas très poli. T'es pas très poli, Gérard. T'es pas très poli, tu puisses. Calmez-vous pour la chaude. Il est monté sans moi. Quel bordel, dans ce débat. Donc, petit délire char. Ouais. Donc, c'est quoi, la question ? Alors... Peut-on séduire avec un poème ? Peut-on utiliser un poème pour séduire ? Manu, fais gaffe ! Tu te calmes, Manu, hein. Bah, j'en sais rien, parce que... Donc, un mec m'a séduite avec un poème. Ah ! Ah ! Pour l'instant. Ah ! Ah ! Ah ! Ah, mais je sais pas. Ah ! Ah ! Ah ! Ah, bah, ils s'en foutent, là. Ils sont déjà partis. Attends, c'est quoi, ça, Gérard ? Ça vient d'où, ça ? Non, mais, Fildar, quand tu feras bien ton boulot... Qu'est-ce qui se passe ? Ouais, Fildar ! Bravo ! Merde ! Qu'est-ce que t'as fait ? Non, non, non, non. Non, non. Non, non, non, non, non. C'est quoi ? Non, non, tu l'auras pas. Mais c'est quoi ? Je sais même pas ce que c'est. J'aurais quoi ? Tu l'auras pas, parce que tu vas le mettre là, MD ? Ouais, ouais. Ouais, c'est un petit truc... MD, GG, insert. Gérard ? Avec Niette. Gérard ? C'est qui ? C'est un remix, un exclusif que je voulais pas te dire, parce que c'était une surprise. C'est qui ? C'est Verlaine. Ouais, Verlaine. Moi, je pense quand même qu'on peut, pour revenir un peu dans le débat, je pense qu'on peut répondre à la question, quand même, parce que t'as réussi à séduire la grosse Sandy avec tes poèmes. Verlaine, tu restes poli, parce que la grosse Sandy, elle t'emmerde. Oui, c'est vrai, pardon, mais c'est comme toi, c'est parce que tu l'appelles comme ça, toi, donc je pensais qu'on pouvait l'appeler comme ça, quoi. Non, non, mais attends, moi, je lui dis ce que je veux. C'est vrai, c'est vrai. Enfin, voilà, quoi. Bon, alors, dans ce cas-là, comme vous faites les cons, eh ben, on arrête. Oh, non ! Non, on n'arrête pas ! On arrête ! Non, j'ai dit pas ça, là. Sur l'IRC, on a dépassé les 4 1882,4. Je suis tranquille, on commence à arriver vers notre record, alors j'aimerais bien que le débat se passe calmement. Non, mais moi, dans ce cas-là, je voudrais bien que les gens, je voudrais bien que Fildar fasse bien son boulot avant qu'il se prenne des claques. Allô ? Gérard ? Oui, allô, fun, bonsoir. C'est qui ? Oui, t'es au standard, tu veux parler de quoi ? Mais qu'est-ce que c'est que ça, Phil ? Tu veux parler au doc, oui, quitte pas. Bon, Gérard... Fildar ! Moi, j'attends que tu fasses ton débat, moi, je peux rien faire sans toi. Ouais, c'est bon, c'est bon. Je peux rien faire sans toi, Gérard. Non, non, mais... Bon, Gérard, pour en revenir au débat, il y a Turpentine qui te demande si t'as séduit Sandy grâce à tes poèmes. Ah, ça, c'est une bonne question. Ça, c'est une question que tout le monde voudrait savoir. Est-ce que ça attire les animaux ? Comment ? Est-ce que ça attire les animaux, les poèmes ? Est-ce que ça attire ta connerie ? Ah, t'es drôle. Gérard ? On va demander à Petit Nénuphar. Oui ? Tu m'as pas écouté une fois de plus. Bon, alors, vas-y, dis. Non, c'est bon, j'ai répété, c'est bon. Je peux aller passer à un autre ? Donc, on va demander à Pucelle de Nuit. Allez, Pucelle du Sud. Gérard, on me repose la question sur IRC. On me redemande si Sandy... Sandy, on ne me la redemande pas. Non, attends, Manu, s'il te plaît, c'est pas toi qui commandes, c'est Régo, toi. Tu ne fais rien et tu te tais. Elle va venir plus tard, la question. Non, je la garde pour... La grosse, ça t'emmerde, toi, connard ! Elle va venir plus tard, la grosse. Tu peux répondre ? On reprend le débat, là. T'as un nouvel auditeur, en plus. Alors, on a Santa Belgica et Potiron du Sexe. Oui, salut, Coco. Oh ! Salut, Potiron. Salut, Potiron. Allô, Coco ? Potiron, tu réponds comme il faut ! Ouais, bonjour. Salut, ça va ? Oh là là ! Putain ! C'est quoi, là, ces auditeurs que tu me prends, toi ? Qu'est-ce que c'est que ça, là ? Putain ! Attends, Gérard, j'ai rappelé un mec de Belgique parce que tu voulais des Belges dans le débat. En plus, c'est quelqu'un de l'Internet et tu ne l'as toujours pas fait participer. C'est Santa Belgica. Il n'a toujours pas répondu à ta question. C'est un Belge et il attend. Oui, Gérard ? Alors, toi, toi, ça qui est plus sale du sud, tu vas fermer ta gueule un peu. Non, mais dis rien. Vas-y, réponds, Santa Belgica. Alors, je voudrais savoir si... En fait, je suis poète à mi-temps en Belgique. Je voudrais savoir si Gérard connaît mes oeuvres. Non ! Non, mais je peux lire un poème, peut-être ? Non ! Oh, mais tant pis, quand même. Une mélodie est née le jour où nous nous sommes rencontrés. Et cette mélodie... Il a mis sa gueule à lui ! Elle sera toute notre vie. Vas-y, gros. Voilà, c'est fait. C'est génial, quand même. Deuxième débat, vous allez me foutre la mère d'encore ! Il était beau, son poème. Gérard, tu pourrais faire correctement ton travail. Mais c'est pas vrai, hein ! Gérard, il était beau, son poème. Tu pourrais écouter. Ça m'a pris trois ans pour faire ce poème. Plus sale du sud. Oui, Gérard. Moi, on ne me séduit pas avec des poèmes. Avec des billets, avec des carottes râpées, des clés de douze, des choses comme ça. Hum. Verlaine. Oui, moi, je pense que je suis d'accord avec plus sale du sud. Non, mais tu es précise. C'est-à-dire qu'on peut, effectivement, ou on ne peut pas. Maintenant, chacun a un peu pour soi. Et pour un marque, tu fais quoi ? Non, il n'y a pas de marque. C'est-à-dire que, par exemple, quelque chose comme Orangina ou Coca-Cola... Bon, alors... Verlaine, au revoir ! Pour en revenir à ma question de tout à l'heure, donc, sur IRC, on te demandait si Sandy avait été charmée par tes poèmes. Tais-toi, la grosse débout, espèce de finiasse, là ! Tu ne vois pas que les autres s'habillent, là ? Allez, débout ! T'es vraiment un bâtard, toi, là-bas ! Quoi ? Dédicace ? T'es vraiment... T'es vraiment un fumier, là ! Tu nous le demandes à chaque fois ! Ouais, mais attends ! Tais-toi, la grosse débout, espèce de finiasse, là ! On va l'appeler. Bon, ben, justement, on accueille Poupou le mystère. Salut, Poupou ! Salut, le sanglier ! Salut, le sanglier ! Salut, le sanglier ! Tais-toi, la grosse débout, espèce de finiasse, là ! Tu ne vois pas que les autres s'habillent, là ? Allez, débout ! Et ils sont bien avec nous ! C'est la fête ! C'est la fête ! C'est la fête ! C'est la fête ! C'est la fête ! C'est la fête ! Poupou le mystère ! C'est la fête ! C'est la fête ! Oui, c'est la fête ! C'est la fête ! C'est ça, la fête ! Bon, ça y est ! Ça y est, là, ça y est ! Bon, alors, Poupou le mystère ! Oui, bonjour, Gérard ! Bon, t'es là ? Oui, oui, je suis là, t'inquiète pas ! T'es bonne ? Bonsoir ! Bon, donc... T'es bonne ? Bonsoir, bonsoir ! Bon, Poupou, t'as bien vu que c'était pour toi ? Oui, oui, j'ai bien vu, oui ! T'inquiète pas, j'ai bien écouté la musique ! Donc, alors, maintenant, comme tout le monde sur IRC me demande si je t'ai séduit avec mes poèmes, donc, est-ce que tu peux répondre à la question IRC ? En sachant que c'est Poulmystère ! Voilà, en sachant que c'est Poulmystère comme rigolo ! Il y a trop de mystère dans ce truc ! Non, non, mais vous la laissez répondre, d'accord, maintenant ? Non, je pense qu'en effet, tu m'as séduit avec tes poèmes ! Oh, tu peux faire moins de bruit, s'il te plaît, joue, là ! Attends, toi ! Gérard, Gérard, arrête, le tape pas, le tape pas ! Ah, mais Gérard, si tu ne m'écoutes pas, c'est pas un problème ! Mais non, il ne t'écoute pas, là, il est en train de taper Fildar ! Il te fait parler, c'est un poème de quel siècle ? Gérard, Gérard, vas-y ! Maîtrise quelque chose, là, au lieu de taper Fildar, reprends ! Je t'écoute ! Il y a Poupou le mystère qui te parlait, tu ne l'as même pas écouté, du coup ! Donc, alors, vas-y ! Moi, j'ai fait un poème sur le pont de l'Alma ! Non, ta gueule, à toi, sur le pont de l'Alma ! Non, mais ça, en plus, ça n'a rien à voir avec toi ! Oh, Mercedes ! Putain, putain, putain, putain ! Mais, balance, balance-moi un disque ! Mais non, j'ai pas un disque ! Toi, pilier du pont de l'Alma que j'aime tant ! Toi, haussier ! Au pont de l'Alma, non, je ne l'écoute pas ! Il est incroyable ! Alors, tu le prends, tu l'emmènes dans ton bureau, tu ne lui donnes plus ! Ah, d'accord ! Tu l'emmènes dans ton bureau, tu vas jouer avec ! Quand je m'éclate dans un pylône ! Bon, alors, attendez, attendez, attendez, attendez ! Oh ! Maintenant ! C'est combien, Game Boy ? Oh oui, Sandy, je joue, oui ! Oh oui ! Alors, on va garder Poupou le mystère ! Oui, je suis là ! Donc, tu restes ! Potiron du sexe ! Toi, tu vas te calmer, ou sinon, tu vas dégager ! D'accord ! Puis celle du sud ! Oui ! On va te garder ! Attends, c'est moi qui décide ! Attends, c'est toi qui décide, c'est moi qui commande, d'accord ? Oui, d'accord ! Ok ! Donc, Manu, tu me balances le disque ! Tout de suite ? Oui, oui, oui ! Il est 2h18, vous allez réfléchir à la troisième question ! D'accord ! Quels sont, pour vous, les poèmes les plus beaux ? Et on répondra, avec Poupou le mystère, à la question IRC, tout à l'heure, qu'on nous demande, comment j'ai fait pour... Non, mais ils s'en foutent, maintenant ! Ils m'ont dit que Manu, on s'en fout ! Non, ils ne veulent pas que tu répondes, ils vont s'en aller, si tu réponds, alors ! Non, non, mais on va leur répondre, avec Poupou le mystère, et on se retrouve... On va perdre des gens, Gérard, on va perdre des gens ! Eh ben, dans ce cas-là, on va s'écouter, quoi ? On va s'écouter, attends que je te dise pas de conneries ! Je me mets... Quoi ? Je me mets un doigt dans le cul, non ? Non, c'est pas ça ! Bouge la grosse ! Non, non, non ! Je me mets un carton dans les fesses, parce que je ne me suis pas essuyé ! Mais quand est-ce qu'on va l'avoir en CD, Bouge la grosse ? Ah ben ça, je sais pas, faudra voir si tes débats sont bien ! Ouais, mais faudrait qu'on l'aille en entier ! Donc, pour l'instant, c'est, je viens de te le dire, le titre... C'est, ben... C'est toi qui l'as... J'ai un carton dans les fesses, quoi ? Attends, il y a Max... Avec Je me suis mal essuyé ! Avec Je me suis mal essuyé, et donc, vous réfléchissez à la question... Je me suis mal essuyé ! Avec Je me suis mal essuyé, et donc, vous réfléchissez à la question... Quels sont pour vous les plus beaux poèmes ? Donc, vous pouvez toujours nous appeler au 0800 70 5000... Et 0800 308 5000... Oh, ta gueule ! Ta gueule, toi, tu es un peu ignorant ! Bon à rien, qu'est-ce qu'il fait, là ? T'es tombé dans la poubelle ? Pauvre tâche ! Pauvre tâche ! Tâche ! Tildar ! Allez ! Attends, parce qu'on ne l'avait pas mis en entier, le truc, elle est là, grosse ! Elle est où ? Elle est au standard ! Ta gueule, elle est au standard, attends ! Merde, ma grosse, ok ? Tu ne vas pas lui raccrocher au nez, comme tu as l'habitude de faire ? Donc, on se met le carton dans l'arrêt, et puis, voilà ! On se retrouve tout de suite après ! Manu, annonce le disque, s'il te plaît ! J'ai un carton dans l'arrêt, avec Je me suis mal essuyé ! Ok ! Voilà, et vous pouvez nous appeler au 0800 70 5000... 0800 808 5000 ! Et toujours l'IRC ! Toujours l'IRC ! www.funradio ! Et donc, c'est Rigo qui vous répond ! Voilà, on est... C'est les débats de Gérard, quand même ! C'est toujours les débats ! Le ! Gérard, ok ! Sur Funradio ! Sur Funradio ! Par rapport à l'IRC, vite fait, je voulais juste dire qu'on a dépassé les 4500 quand même, ce qui est un record, même si ça ne fait pas encore 4900 ! On est 4623, et je voulais saluer quelques personnes, Spoutnik, Izen, Cédric, Yankee, Ice-T, Chocobo, Cédric, et les autres, quoi ! Allez, faites-moi plaisir ! Faites-moi plaisir ! Aujourd'hui, on est... On est le... Combien ? On est le 3 décembre ? Ouais ! Non, le 4 décembre ! Allez, faites-moi plaisir ! Montez-moi l'IRC ! Faites-moi monter l'Internet ! Faites-moi monter l'Internet à 5000 personnes ! Allez, on récupère ! Allez, allez ! Spring en fleurs ! Oui, mais restez à toi, Gérard ! Ouais, salut ! Salut ! Pour le... Pour le... Match Talk... Chose... Mystère ! Allez, bouge la grosse, là ! T'inquiète pas, on a une surprise ! Salut, Rigaud ! Salut, Manu ! Et salut, Fildard ! Salut, machin mystère ! Ouais, salut à tous ! Et puis moi, je pue de la gueule ! Ouais ! Non, je viens de te dire salut, Gégé, donc t'as pas entendu ! Ouais ! Non, mais moi, j'ai mal entendu ce que tu m'as dit ! Bon, allez, c'est pas grave, on y va ! C'est pas grave ! Puis, celle du Sud, j'espère que tu t'es calmée ! Salut, Gérard ! Verlaine ! Oui, bonsoir, Gérard ! Tu t'es calmée ? Oui ! Euh... Potiron du sexe, j'espère que tu t'es calmée ! Oui ! Et Santa Belgica aussi ! Oh, j'étais pas énervé, moi ! Bon, alors... Ouais, Gégé, toi, t'es calmée ? Maintenant, on va continuer le débat ! Sérieusement ! Je suis pas calmée, je te le dis ! Bon, qui qui est pas calmée ? C'est String Enfleur, tu m'as pas demandé si j'étais calmée ! Bon, tu t'es calmée ? Ouais ! Bon, alors, maintenant, on y va ! Quels sont pour vous les plus beaux... Quels sont pour vous... Les poèmes les plus beaux ? On va demander ça à Santa Belgica ! Eh bien, un des poèmes les plus beaux qui existe, c'est Ecolalie de la mémoire, arborescent au trédit bitoir. Tu le connais ? Comment ? C'est Ecolalie de la mémoire, arborescent au trédit bitoir. C'est un poème belge. Euh, je connais pas. C'est beau, en tout cas. Enfin, euh... Potiron du sexe ! Ouais, bah, moi, le poème qui m'a le plus touché, c'était le grand classique de la charcuterie, ça, c'est un truc, ça m'a touché, parce que ça parle de la mormoine poêleuse, et j'aime bien. Tu aimes aussi, Gérard ? Non. Mais tu connais ? Non, je connais pas. Tu veux que je t'envoie ? Non, euh... Oui, tu peux l'envoyer au 143 menu Charles de Gaulle, 92 521, noyé sur scène SEDEX. Oh, quelle belle voix ! Donc, tu peux... T'es vrai, Gérard ? Non, mais vous pouvez toujours nous écrire, et puis m'envoyer des petits poèmes. On peut t'écrire directement à toi ? Oui, bah, vous mettez à l'intention de Gérard, et... N'ayez crainte. Je serais... Fildar m'avait dit qu'on pouvait pas. Ah bon, Fildar, depuis quand que... Attends, mais maintenant, il va vous rater. Depuis quand que les gens, ils ont plus le droit de m'écrire ? Ouais, c'est quoi ce bordel, là ? Fildar m'avait dit qu'on pouvait plus. Il a dit qu'il y avait pas de fan club au 143 menu Charles de Gaulle. Tu réponds, tu réponds. Non, je parle pas, je parle pas. Tu réponds aux auditeurs ! Faut savoir ce que tu veux, là. Tu dis que j'éteins mon micro, donc je parle pas. Attends, Gérard ? Oui ? Je t'ai envoyé des chocolats, tu les as reçus ou pas ? Non. Moi, j'ai envoyé des bonbons. Attends, mais on t'a envoyé des trucs, comment ça se fait que tu les as reçus ? J'avais mis l'attention de Fildar pour Gérard. C'est Fildar qui les a gardés ? Fildar ? C'est où ? Je comprends pas. C'est chez moi ? Avec des millionnaires. Moi, je lui ai envoyé des photos intimes, mais bon... Qui c'est qui a envoyé des millionnaires ? Verlaine, j'avais envoyé pour Noël, déjà, les cadeaux, l'attention de Fildar pour Gérard, parce que Fildar m'avait dit qu'il fallait lui envoyer à lui. Ah non, mais Fildar, tu t'en... Mais Fildar m'a dit qu'il fallait tout lui envoyer à lui. C'est pour ça que j'ai envoyé une télévision couleur. Mais Fildar, c'est pour ça que t'as des nouvelles sapes ? Ah, le salaud ! Max ! Je t'ai envoyé des coton-tits, je t'ai envoyé des t-shirts Nike. Je t'ai envoyé une pochette surprise millionnaire, tu sais, avec 20 tickets de millionnaire dedans. Attends, l'autre, il m'a envoyé des trucs... Oh ! Ah, mais calme-toi, Gégé ! Je comprends pas. Ouais, je t'avais envoyé des chocolats, hein. Attends, et l'autre, il me pique mon courrier ! Et les chocolats ? Très déçu. Il y avait des bons tickets au kiwi. Eh non, il pique ton courrier ! On en parlera après. Eh ben, je t'en faisais Chantal Goya, il l'a eu. Bon, alors, question Verlaine. Quels sont les... Je tenais quand même à vous remercier pour les millionnaires et tout ça, les mecs, c'est cool. Non, mais c'est un bâtard, lui, c'est pas grave, on va régler ça après. Pour en revenir à l'IRC, il y a Fiji Lido qui te demande si t'as entendu parler de l'hypraconductivité des poèmes le soir quand il fait nuit. Non. Non, j'ai pas eu l'occasion d'en entendre parler, de ça. Attends, je comprends pas, qu'est-ce que ça veut dire, ça, Gérard ? Ben, justement, moi non plus. L'hypraconductivité, tu vois ? Non, je sais pas ce que c'est. Moi, je t'expliquerai après, là. Tu me l'expliqueras. Donc, Verlaine ? Oui, ben moi, bizarrement, c'est un poème à toi qui m'avait le plus marqué, mais il y a longtemps, quoi. Ah, ben, dis, dis, dis ! Ben, je me souviens à peu près du texte, je sais pas si t'en souviendrais, c'était, bien sûr, je voudrais te dire je t'aime. Ouais. C'était dans un camion frigo, c'était sur un air de trompette, avec, sur un fendrier, je sais pas si tu te souviens. Ah, bon, ben, c'est... Sur un aigle. Ouais, ouais, ouais, c'est la merde. Ben, Gérard, c'est vrai que tu couches avec Big Bill ? Qui, qui, qui, qui, qui demande ça ? Ben, moi. Euh, Pissache du Sud. Oui. Donc, toi ? Ben, moi, ce sont les poèmes de Yaponov. Ben, Gérard, c'est vrai que tu couches avec Big Bill ? Oh, là, là. Pissache du Sud. Ouais, moi, c'est un poète russe dont les oeuvres ont été traduites en français, c'est très beau. C'est très dépouillé, t'as un mot par page, mais c'est très bien pensé. Ben, Gérard, c'est vrai que tu couches avec Big Bill ? Euh, Poupou le mystère. Oui, ben, écoute, moi, ce que je peux te dire, c'est que, pour moi, les poèmes les plus beaux, c'est Baudelaire. Ouais. C'est très, très beau. Oh, non ! Et, euh, bien sûr, les dix. Oh ! C'est exactement grâce à ça, grâce à tes poèmes, que je t'ai connue, quoi. Que j'ai fait ta connaissance, et puis, voilà. Ah, ben, voilà, elle répond à la question de l'Internet, Gérard. Il me mentait dessus, c'est tout. Ben, la question... Non, mais il y en a une autre. Ah, une autre ? Parce que l'IPRA, il perd contre l'activité, apparemment, tu sais pas ce que c'est. On te demande si c'est vrai que... Alors, attends, si les poèmes du Figaro signés Gégé de Suren, est-ce que c'est les tiens, c'est Chocobo qui demande ça ? Non, c'est le Figaro. J'ai jamais mis de poèmes sur le Figaro, et j'irai jamais mettre des poèmes. C'est quelqu'un d'autre, alors. Non, mais, là-dedans, j'irai jamais mettre... Ben, il faut payer, en plus. Comment ? Il faut payer. Oui, il faut payer. Et, Poupou le Mister, pour l'instant, je réponds, tu me laisses parler, s'il te plaît, merci. Ok, y a pas de problème. Avant que je t'assomme. Alors, ça, sûrement pas, parce que t'as pas... Bon, allez, c'est bon, c'est bon, laisse-le répondre, putain. Eh, oh, tu la laisses parler, toi ? Tu la laisses parler, toi ? Comment ? Eh, Gérard, t'as le juste prix de ton cul ? Euh, string en fleur... Euh, donc, euh... Tu réponds ? Pour répondre à la question IRC, donc, non... Vite, vite, vite, vite, vite. Donc, on va demander à... Ben, string en fleur, maintenant. Eh, Gérard, t'as le juste prix de ton cul ? String en fleur. Voilà, oui, déjà, je voulais dire que Moby Dick Mister, là, elle a pas beaucoup de goût au niveau des poèmes. Et, deuxièmement, les plus beaux poèmes, ben, c'est ceux qu'on fait avec le cœur, hein, ou ceux qu'on fait avec l'alcool. Non, mais, de toute manière, en principe, quand tu fais un poème, tu le fais du fond du cœur, pour la personne que t'aimes. Ouais, tu peux le faire du fond du cul, aussi. Non. String en fleur. Ouais, mais je te disais, avec l'alcool, reconnais que quand t'es un peu éméché, ça aide pour l'inspiration. Euh, non, je vais te dire une chose que... Non, non, non ! Les plus grands poètes, ils ont toujours consommé un maximum, quand même. Eh, je vais te dire une chose que... Ouais, il y a autre chose. Ben, attends, il y en a un, là, pour l'instant... J'ai rien fait ! Non, mais c'est lui, là. Tu vois, Pildar, tu me laisses ton micro, et c'est tout. D'accord ? Euh, Rigo ? Question IRC, avant que je réponde. Alors, est-ce que c'est vrai que j'ai lu dans le Surenois magazine que Gégé donne des cours de poème ? C'est Turpentine qui te demande ça. Non, je donne pas des cours de poème, et... C'est peut-être une idée, ça. Non, mais même, je donnerai pas mes cours... Je donnerai pas comment que je fais mes poèmes, ni rien du tout. De toute façon, t'as pas le temps, t'es pas bouqué. Comme Coca-Cola, c'est top. Est-ce que tu lui donnes des cours de comique involontaire ? Oh ! On se calme, derrière, on laisse parler la personne qui pose la question. Oui, donc, c'est beaucoup plus clair. Donc, ce que je voulais te dire, c'est que si, moi, tu me donnes des cours par correspondance pour faire des poèmes. Alors, les cours par correspondance... Et donc, ce que tu n'as pas dit ? On n'entend rien à ce qu'elle dit. Non, mais c'est normal, parce que Pildar, il parle dessus. Donc, alors, les cours par... Les cours par correspondance... Manu, tu vas te taire, s'il te plaît. Donc, les cours par correspondance... Putain, ça commence à bien faire. Je vais pouvoir répondre. Quel bordel ! Oui, mais je pense que ça va être les deux débats qui vont foirer. Si les deux débats foirent, la semaine prochaine, j'en ferai qu'un, ça sera les jeux vidéo. Donc, alors, avis aux amateurs... Pour les autres... Gérard, pour revenir au débat, bravo, déjà. Et il y a Chocobo, encore, qui te demande où est-ce qu'on peut trouver ton papier peint, les poèmes de Gégé, avec tes poèmes d'écrit dessus. Alors, là, dans ces cas-là, le truc avec les poèmes de Gégé, donc, dans ces cas-là, vous achetez le best-of qu'on a fait avec Max... Le papier peint ? Non, mais le papier peint, ça n'existe pas. Si, lui, il l'a vu chez des gens. Oui, ben, il l'a peut-être vu chez des gens. Moi, j'ai vu du papier toilette à Saint-Ouen, la dernière fois. Je te jure, c'est vrai. Ouais, ben, moi, j'en ai rien à foutre. Donc, si vous voulez savoir plus... On me dit qu'il y en a qui ont vu des 4x3 sur des nationales, aussi. Non, ben, ça, c'est des conneries. À côté du Mans. Oui, c'est ça. T'as raison, toi, pucelle du Sud. Continue comme ça, et tu m'intéresses. Vas-y, cochonne. Alors, donc, pour répondre à la question quels sont, pour vous, les poèmes les plus beaux, donc, c'est sûr qu'il y a Verlaine, il y a Baudelaire, il y a... Même, je pense qu'il y a plusieurs personnes qu'on en fait. Bon, pour dire que... Herbert Léonard ? Non, Herbert Léonard, c'est un chanteur. Voyons, voyons. On ne confond pas les chanteurs. C'est un peu des poètes, les chanteurs. Non, non, non. Justement, Gérard, on avait récupéré sur Internet un petit sondage à la question quel est votre poète préféré. Donc, il y avait 43% des gens qui préfèrent Pythagore. 24% des gens préfèrent Lili à poil. Ah, très bien. Et 100% des gens détestent le poète de Suren. Ah, là, c'est clair. Non, non, mais ça, c'est des trucs confidentiels. Non, c'est ma pochette, ça, Gérard. Du calme. Non, non, mais attends. Déjà, il y a un truc que j'ai retiré. Parce que dessus, c'est marqué Lili. Alors, il est hors de question, donc tu fais gaffe à ce que tu vas lire. T'as jamais lu ses poèmes ? La tienne, toi, connard. Alors, doit-on parler plus souvent de... Doit-on parler le plus souvent de quoi ? Je n'ai pas répondu à ta question. C'est qui ? Je t'écoute. Les poètes que j'admire beaucoup, il y a par exemple un poète belge qui est très connu, c'est Hergé, qui a écrit les poèmes de Tintin et Mille. Donc, il y a Rigaud qui a une question IRC, non ? Non, la question, c'est pourquoi mon micro il ne s'éteint plus ? Ben si, il s'éteint. Alors, ça y est, Rigaud. Ça y est, ça y est, ça y est. On se calme, hein. On va essayer de continuer le... Doit-on parler plus souvent de... Attends. Doit-on... Attends, attends. Calme-toi, Gérard. On reprend un peu de sa petite... Doit-on parler plus souvent... On va parler plus souvent des poèmes à la télé. On va demander ça à Stringanfleur. C'est quoi cette obsession du doit-on, là ? Qu'est-ce que ça peut te foutre ? Si tu ne veux pas répondre, tu le dis. On prend quelqu'un d'autre à ta place parce qu'il y a 24 lignes qui sonnent. Gérard, toi, perso, rapport au doit-on, tu mets un doigt ou deux doigts ? Voilà, exactement. Et toi, est-ce qu'on te demande si tu mets deux doigts ou un doigt ? Mais non, mais moi, je te le demande. Gérard, pour revenir au débat, Gérard, pour revenir au débat, il y a Formos qui me dit que... pour les débats à la télé, il ne devrait plus s'en parler dans le Big Wheel. Ouais, mais ça, c'est pas évident. Donc, Stringanfleur ? Tu peux me refaire la question, là, parce que je suis largué. Alors, doit-on parler plus souvent des poèmes à la télé ? À la télé, non. Je pense que, franchement, les poèmes, ça reste dans le milieu de la radio. Je pense qu'il y a quand même déjà suffisamment de gens qui souffrent avec tes poèmes. Donc, il ne faut pas trop que ça se diffuse à la télé parce que sinon, tu pourrais quand même contaminer pas mal de monde. Non, mais attends, Stringanfleur, dans ces cas-là, moi, les poèmes que je fais, c'est pour tout le monde. C'est pour tous les auditeurs et les auditrices. Je sais, c'est là qu'il y a le danger, justement. C'est qu'il peut toucher tout le monde, ton poème. Non, mais ça, de toute manière, ça a touché déjà... Bon, on va... Non, non, mais attends... Oui, Sylvain, tu parles de tes conneries, là ? Allez, c'est tranquille. C'est un peu le mystère, là. C'est un peu le mystère, là. Non, parce que tu me remets à l'antenne et après, tu me remets à le standard, là. Ça va pas du tout, hein ? C'est vrai que t'es pas bon, ta fille d'art. Il fait ça à tout le monde, hein ? Ah, la menteuse. Ah, non, non, je suis pas une menteuse. Je dis toujours la vérité, hein. Alors, Poupou le mystère. Oui ? Attends, attends. Oui, Rigo ? Alors... On te demande si t'es bourré quand tu fais tes poèmes. Non. Bah non, je l'ai dit tout à l'heure. J'en ai parlé tout à l'heure. Gégé, c'est qui, ta muse ? C'est Sandy, ta muse, ou pas ? Non, Gégé, c'est Mumus tout seul. Ah, est-ce que Sandy, c'est ta muse ? C'est ton égérie ? Est-ce que c'est là que tu trouves ton expiration, par exemple ? C'est qui qui parle, là ? C'est String en fleurs. Bon, alors, String en fleurs, pour l'instant, tu viens de répondre, tu laisses parler, les gens. Donc, Poupou le mystère. Poupou le mystère. Eh oui ! Elle est là ! Gérard, elle est là ! Elle est là, elle est là ! Elle est là, elle est là ! Elle est là, elle est là ! Elle est là, elle est là ! Elle est là, elle est là ! Elle est là, elle est là ! Elle est là, elle est là ! Vous m'entendez, là ? Elle est là, elle est là ! Elle est là, c'est bon, Gérard, reviens ! Bon, alors, Gérard, c'est absenté du studio, je ne sais pas pourquoi. C'est pareil, il est parti dans le... Je sais, je vais te répondre ! Attends, c'est pas la peine, Poupou le mystère, il est parti. Il va revenir, là. Poupou le mystère, t'as pas un poème pour Gérard, pour le faire revenir ? Bah, écoute, je vais essayer de trouver dans mes affaires, et puis je vais le lire par... Allez, charge bien. Gérard, Poupou le mystère, elle veut te lire un poème. Et si, pas bien, il va te lire un poème. Tiens, je t'en prie. Non, mais là, il n'arrête pas de... Les gens sont en art, comme ça, ça va pas. Allô ? Là, moi, c'est terminé. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? J'en comprends rien, là. C'est Caliméron le mystère. Allô ? T'es là, Poupou le mystère, Poupou le mystère, t'es là. Oui, t'es là, sans doute. Vas-y, balance. Allô, l'autruche ? Bah, il m'écoute, j'ai le jeu, ou pas ? J'écoute ! Donc, c'était quoi, déjà, la question ? Alors, doit-on... Non, mais attends, ça va lâcher encore pas le dégât. Mais non, il y a une basse cour derrière. Elle suit pas, Gérard. Non, mais moi, c'est simple, il est 2h40, je pense que je vais arrêter. Ça va aller plus vite, hein. Que certains auditeurs se calment de temps en temps, que ça fasse pas masse et que tout le monde s'y mette, quoi. Alors, Poupou le mystère, tu veux répondre ? Donc, c'est, doit-on parler plus souvent des poèmes, je sais pas quoi, là ? Ouais, à la télé. Ouais, bah, je pense qu'on devrait, sans doute, consacrer des reportages à propos des poèmes. Des poèmes. Et essayer de parler de ça, parce que c'est vrai qu'on n'en parle pas assez à la télé. Et donc, voilà. Moi, je pense qu'on devrait faire des reportages, quoi. D'accord. Régo ? Oui ? Attends, excuse-moi, Poupou le mystère, il y a une question hier, c'est ? Oui, on te demande combien de poèmes tu as écrits dans ta vie ? Alors... C'est toujours le même. Donc, les poèmes que j'ai écrits dans ma vie, donc, à l'heure actuelle, il y en a plus de 200. Oh, quand même. Alors... 200 quoi ? 200 feuilles ? Non, non, mais attends, toi, t'éteins ton micro, parce que c'est moi qui ai la feuille, maintenant. Bah, je te pose une question, Gérard. Ouais, non, mais moi, c'est 200 poèmes que j'ai sur des feuilles. Alors, à la question, quel est votre poète ? Après, vous allez... Puis, celle du Sud ? Oui. Verlaine ? Ouais. Potiron du sexe ? Oui. Et Santa Belgica, donc, n'ayez crainte, je vois... Vous allez répondre à... Je vais répondre à la question, je vais quand même lire un petit sondage, là, que j'ai sur les yeux. Il y en a un, par contre. Celui-là, il va être vite lu. Alors... Ok, à quel poète aimeriez-vous ressembler ? Merde. C'est Gérard. Celui-là... C'est à la question, quel est votre poète préféré ? Tarié ? Non, mais ça, j'ai déjà lu. On l'a déjà lu, celui-là. Non, non, non, non, il a lu la haute. Non, il a lu celui-là, tu t'es énervé à cause de ça, tu ne te rappelles même plus pourquoi tu... Alors, à la question... Que verriez-vous comme thème de poésie ? Donc, 20% des gens sont aveugles et n'en font que d'écouter. 25% des gens verraient mieux avec des lunettes. 37% des gens ne voient pas le rapport. Et 43% des gens n'aiment pas la question. Donc, des trucs comme ça, moi, ce n'est même plus la peine qu'on fasse des débats. Ça ne sert à rien d'essayer de jouer au con comme ça, à fil d'art. Allez bien, tu vois, tu pourrais répéter la dernière question. Pucelle du Sud. Oui. Donc, pour toi. C'était quoi déjà ? Parce qu'on a beaucoup parlé, là. Alors, doit-on parler plus souvent des poèmes à la télé ? Non, non, je pense que c'est bien. C'est bien que les gens ignorent que les poèmes existent. Comme ça, ils ne vont pas évoluer culturellement. Et puis, ça ne fera pas des intellectuels. Verlaine ? Oui, je pense qu'on amènerait une transaction translative si on parlait plus des poèmes à la télévision. Ce qui permettrait de... De plus voir en quoi est constitué le poème. Et ça revaloriserait l'ensemble du monde de la poésie. Ouais. Potiron du sexe. Il est parti, il est parti, il est parti. Ah, il est parti. Alors, Santa Belgica. Ben oui, écoute, Gérard, puisque je représente le public belge, il faut savoir qu'à la télévision belge, il y a énormément d'émissions de poésie. Ça passe toute la journée avec des musiques de violon. C'est un petit peu chiant. D'accord. Merci, Fildor, de le couper quand... Ah, il est là, il est là. C'est tout ce que tu avais à me dire ? Santa Belgica. Oui. J'ai juste dit que c'était un petit peu chiant, et c'est tout. Ah, d'accord. Là, je ne comprends pas, parce que les trois quarts du temps, ça saute. Je me demande ce qui se passe. Pourquoi ? Les poèmes sautent. Non, non, non, mais la ligne saute. Ah, ce sont des poèmes en octosyllabes, alors. C'est quoi ce bordel, là ? Je ne sais pas. Tu as bien vu, je ne touche à rien. Si tu veux que je te dise... Oui, je ne sais pas d'où ça vient, moi. Putain, mais Léo ! Vous savez, ça veut dire quoi, là, ce bordel ? Je ne sais pas. Putain, mais ce n'est pas possible. Depuis quelle date existent les poèmes ? On va demander à Stringham Pleur. Gérard, Gérard, Gérard ! Tu as ta gueule ! Va te faire enculer, connard ! Oh là là, ça dégénère. Ouais, Gérard ? Stringham Pleur. Ouais, bah écoute, les poèmes, je pense que ça remonte à l'aube des temps. Tu peux préciser ? Bah, je ne sais pas, l'Antiquité, la Renaissance... Le Moyen-Âge, la Grèce antique, tout ça. Tout ça, il y avait déjà les plus grands poètes à cette époque-là. D'accord. On n'a pas entendu que tu arrives, heureusement, d'ailleurs, pour avoir des grands poètes, quand même. Non, mais attends, moi, je les ai fait sur l'antenne de Paine Radio depuis 93. Non, mais je sais, mais heureusement qu'on n'a pas attendu et qu'il y avait des Platons et des Dioscures et tout ça avant toi, parce que... Voilà, quoi. Attends, Marc. Si ça ne te plaît pas, ce que je fais comme poème... Non, mais attends, écoute-moi... Écoute-moi, si ça ne te plaît pas, dans ce cas-là, tu changes de radio, c'est tout, ça va plus vite. Mais si, Gérard, je te dis que tu es le digne représentant de la lignée des pédagogues, c'est plutôt un compliment, je veux dire, arrête. Bon, Poupou le mystère. Bah, écoute, moi, ce que je peux te dire, c'est que les poèmes existent déjà depuis Jésus-Christ. Ah, bah, depuis 1900, hein, OK ? Non, même avant 1900. Ah, bon ? Parce que Jésus-Christ, il est né avant 1900. Ouais. Donc, c'est un cas... Mais moi, je suis bien né avant Jésus-Christ. Ouais, mais toi, tu n'es pas Jésus-Christ. Non, mais je suis qui ? Je m'excuse, mais en fait, ça existe depuis que Jésus est écrit. Oh, on se tait derrière, on la laisse parler. Donc, tu disais, toi ? Ouais, donc, je pense que les poèmes ont été créés à l'époque de Jésus-Christ. Et alors, moi, je suis bien né avant Jésus-Christ. Non, t'es né après... Tu ne comprends pas ce que je veux te dire, mais... Non, non, mais de toute manière, je ne comprends pas le français. Ah, bah, si ce n'est pas qui le dit, alors, tu le reconnais, eh ben... Puis, celle du Sud. Ouais. Bah, les poèmes, ça date depuis que les gens écrivent. Hum. On a commencé par ça, en fait. D'accord. On a commencé par l'écriture cunéiforme, et ils ont fait des poèmes, tout de suite, pour séduire leur belle pour les sodomiser. Ouais, bah, de toute manière, on n'a pas besoin de séduire sa belle pour la sodomiser, comme tu dis si bien. Mais, à l'époque, si. Ouais, bah, peut-être. Mais, je ne pense pas, à mon avis. Euh, Verlaine ? Oui, bah, moi, je pense que les poèmes existent depuis très, très longtemps, quand même. Je ne sais pas exactement depuis quand. Par contre, je suis sûr que la poésie, elle est apparue il y a trois ou quatre ans avec toi. D'une camille téléphonique assurée, la vraie poésie, la pure. Bah, disons, ça m'est venu comme ça, d'en faire. Et puis, maintenant, ça ne m'empêche pas de continuer de les faire. Non, c'est sûr. C'est sûr que... Attends, Verlaine. C'est sûr qu'au début, tout le monde me disait, bon, bah, que j'en repasse. Bon, c'est... Tout le monde, même Max, m'a demandé à ce que j'en repasse. Oui, vas-y, continue, je t'écoute. Donc, bah, là, il y en a... Il y en a quatre pour ce soir, donc on ne va pas faire les temps sereins, non ? Je le sais bien. Et d'ailleurs, Gérard, si tu pouvais me permettre, moi, j'en ai fait un petit. J'aimerais bien que tu l'écoutes à la fin, à la fin, avec les tiens, pour me dire ce que tu en penses plus tard. Non, mais de toute manière, tu vas lire le tien, toi, en premier. D'accord. Et moi, je lirai les quatre miens. Maintenant, bon, bah, écoute, je vais te le lire maintenant. Bah, vas-y, vas-y, fais-en un tout de suite. Les gens de l'IRC, ils ne veulent pas t'entendre. Ah, c'est comme ça ? Enfin ! Ah, putain ! Mais, je... Arrête ! Gérard ! Carrel ! On l'enlève, là ! Ah, il copie, là ! Arrête de taper ! Arrête de taper avec le téléphone ! Ah, bah, voilà, tu l'as trouvé ! Ah, bah, voilà, tu l'as trouvé ! Alors, il est où ? Eh, tu viens chez moi après, Gérard ! C'est vachement bien ! Bon, Gérard, tu fais quoi, là, oh ? Alors ? Eh, tu l'as coupé ! Putain, t'es vraiment un bâtard, toi ! Ah, mais c'est vraiment très beau, tes poèmes, hein ! Eh, tu viens chez moi après, Gérard ! Ta gueule, toi, va te faire foutre ! Donc, de toute manière, on ne va pas continuer, on va s'arrêter. Eh, tu viens chez moi après, Gérard ! Va te faire foutre, toi ! Vas-y, enchaîne, enchaîne, Gérard ! Non, non, mais, de toute manière, on arrête, là ! Oh, non, non, non ! On continue, on continue, là ! Je n'ai pas attendu tout ce temps pour rire ! Gérard, tu me le gères ! Allez, je te fais une petite surprise, pour les dix dernières minutes, j'accueille Couscous à la place de Poitiron du Sexe. Bonsoir, Gérard ! Bonsoir, à tous ! Salut, Couscous ! Bonsoir ! Bon, alors, Couscous, depuis quelle date existent les poèmes ? Ah, moi, je pense que ça existe depuis que les poétons existaient, disons, dans les années 1900. Ah, ben, 1900, c'est la date que j'ai lue. Hum ? Après Jésus-Christ. Bon, Verlaine, tu fermes ta gueule ! Ah, c'est pas Verlaine, là, hein ? Eh, s'il crie, c'est à cause des clous, hein ! Ah, c'est bon, Gérard, rentre chez toi ! Allô, c'est Couscous, là ! Ouais, Couscous ! Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Allô, c'est Merguez ! Putain, Fuldar... Gérard, pour revenir au débat sur l'IRC, il y a D-Light qui te demande si, comme lui, tu es fan du poète grec Sergei Boubka. Je connais pas. Pourtant, il a écrit de super trucs ! Il est génial ! Il est grand, il a un grand grand stylo ! Donc, il est 2h48, 2h49, ça y est ? Oh oui, oh oui, oh oui ! Allô, qu'est-ce qu'il se passe ? Allô, c'est quoi ce bordel ? Allô ? Oui, allô, Fede, bonsoir, t'es au standard ? Ouais, bonsoir, c'est Couscous, ça va pas ? Bon, Gérard, pour continuer le débat, vu qu'apparemment, tu veux pas continuer, moi, j'ai des questions à te poser. Il y a Izen sur l'IRC qui te demande lequel de tes poèmes aimes-tu le plus ? Ah, c'est une bonne question, ça. Non, ça, justement, je l'ai pas là, et j'en ai fait quatre nouveaux pour éviter de changer. Donc, je vais en faire un, et puis après, je pense qu'on va se mettre... Non, on se met un disque... Non, on se met pas de disque, Gérard. On fera la conclusion... On finit dans dix minutes, donc... On fera une conclusion, donc... Donc, alors... T'as pas répondu, Gérard, en fait, c'est lequel de tes poèmes que t'aimes le plus ? Le mieux que j'aime, c'est... Je voudrais te dire « I love you », mais tu écoutes ton « What man ». C'est celui-là qui me touche le plus, et que tout le monde a apprécié. Je sais, si je peux me permettre, Gérard, j'étais pas encore ici, mais je t'écoutais déjà, et il y en avait un où... Je me souviens d'une phrase, en fait, mais ça faisait « J'aimerais te tenir la main sur le dos d'une vache ». Non. Et je pense que dans ce poème-là, il m'avait captivé. Non, je vais te dire une chose que là, tu vois... Non, je décroche, je m'en souviens. Non, mais attends, Manu, là, j'ai jamais été lire ce que tu viens d'annoncer, tu peux redire la phrase ? « J'aimerais te tenir la main sur le dos d'une vache ». Non. Ah si ? Non. Témoin. Non, non, non, non, non. Alors là, je peux te dire une chose que j'ai jamais été lire ça à l'antenne. Bon, c'est pas grave. C'était dans un poème. C'est pas grave, c'est pas grave. Non, mais attends, il y a un nouvel auditeur à la place de Verlaine que t'as viré, on a son copain Rambo. Non, mais c'est pas la peine, Manu, c'est de l'occlusion. Salut Rambo. Donc, alors, on va... Allô, on m'entend ? Salut Rambo. Allô ? Ouais, c'est Rambo, là. T'es bonne, Gérard. Elle mesure 1 mètre pour 400 kilos. C'est le Sandy ! Eh, Sandy, attends, merde ! Ok ? Sandy ! Voilà, alors... Allô ? Bon, ça y est, pour l'instant, je veux lire les poèmes. Manu, tu mets le double son, s'il te plaît. On m'entend bien, là, je suis au Vietnam, là. J'entends, j'entends. Gérard, on a Rambo au Vietnam, donc tu peux... Bah, j'en ai rien à poutre. C'est un grand poème, Rambo. On peut me perdre parce que je suis sur une valise satellite, hein. Putain, mais il va fermer sa gueule, lui. Merci. Alors, ça s'intitule Mon bébé. On le fait tout de suite ? Oui, on les paie maintenant. Bon, bah, on y va, on y va. On devrait plutôt peut-être faire la conclusion, ensuite tes poèmes. Non. Je pense que c'est mieux, quoi. Non, je paie. Non, mais vraiment. Non, mais c'est pas toi qui commandes, c'est moi. Non, mais comme ça, il fait les poèmes avec les auditeurs, comme ça, c'est cool. Non, mais c'est pas... C'était juste une suggestion, quoi. Non, mais de toute manière, on va faire... De toute façon, Max, il vient de me dire, Max, on fait la conclusion et après, on fait les poèmes. Voilà, tu vois, c'est pour ça que je te dis ça. Sinon, je te le dirai pas, on est venus me le dire. On est venus me le dire. Tu m'éteins ton micro et tu te la fermes. Fais la conclusion ! Non. Conclusion, d'abord, si, si, si. Mon bébé, fais-moi l'amour. Non, sérieux. Putain, mais c'est moi qui commande le jeudi, d'accord ? Bah, tu verras avec Max après, hein. C'est toi qui vois, hein. Mais bon, conclusion d'abord, quoi. Non. Bon, s'éclate-moi les fesses. Non, mais quand vous aurez fini de commander... C'est pas nous. Bon, Rigaud, tu peux me donner le nom de combien de personnes ? On a perdu, là. Si tu fais pas ta conclusion tout de suite, ils s'en vont, les gens. On a perdu 1200 personnes, là. Oh ! Non, non, non, non, ça, j'y crois pas trop, non plus, là-dedans. Bah, tu verras. Bon, donc, mon bébé. Mon bébé, fais-moi l'amour dans un camion. Manu, tu fermes ta gueule ! Non, mais, bah, je sais pas ce que t'en penses, Phil, mais moi, je pense que la conclusion, elle serait la bienvenue. Bon, alors, vous me faites chier, il y aura pas de poème ce soir, c'est tout. On fait conclusion et voir. Ok, poème d'abord, ok. Non, non, non, non, conclusion. Conclusion, on va demander à Serignan-Fleur, comme ça, ça va aller plus vite. Mais non, mais attends ! C'est qui qui commande le jeudi ? C'est moi ? Non, c'est moi. C'est toi qui ferme ta gueule ! T'as compris ? Tu fermes ta gueule ! Tu fermes ta gueule ! T'es bon, Gérard. Ok ? Là ! Maintenant, c'est moi qui commande. Alors, conclusion, il y aura pas de poème. Bah, moi, pourquoi il y a pas de poème ? Bah, ça, c'est pas à eux de commander, c'est à moi. Pourquoi il y aurait pas de poème ? Donc, moi, je fais les poèmes et je fais les conclusions derrière. Bah, tu crois pas que ça serait peut-être plus intelligent de faire la con ? Non. Non, parce que t'as tous les auditeurs qui vont t'alentir, ils vont pas arrêter de t'emmerder. Et après, tu vas gueuler. Tu fais ta conclusion, tu fais vite une torchade en 10 secondes et tu prends 5 minutes de ton temps, entre vos 55 et l'heure, pour faire tes 4 poèmes tranquilles. Alors, string en pleurs. Ah, c'est quand même inadmissible, ça. Ta gueule à toi ! On te l'a vu. Ta gueule ! Ouais, GG. String en pleurs, conclusion. Oui, tu m'entends, là ? Oui. Ok, donc, bah, je voulais te dire en conclusion que quand je suis dans ma Mercedes et que je suis à fond la caisse, je m'éclate sur un pylône et que je me fracasse la colonne. Quand il y a du verglas, non, je ne déraperai pas sous le pont de l'Allemagne. Voilà, c'était pour toi, Gérard. Gérard, pourquoi tu vas taper Fildar tout le temps ? Il était beau, son poème. Allez, à suivre. Poupou le mystère. Poupou le mystère. Moi, ce que j'ai à dire à GG, c'est que, là, franchement, je suis vachement dégoûtée parce que, là, les débats se passent très mal. On lui pose des questions, il répond pas correctement en question. C'est vrai. Et, là, je comprends pas, là. Pour moi, c'était nul. Merci, au revoir. Après, c'est... Attends, merci, au revoir. Attends, c'est toi qui commande depuis quand ? Pourquoi tu coupes saucisson à l'ail ? Poupou le mystère. Poussel du Sud. Poupou le mystère. Ouais, non, mais je suis là. Tu restes là parce que tu me diras ce que tu penses des quatre poèmes. Non, mais dépêche-toi parce que j'ai une grosse envie d'aller aux toilettes. C'est que ça contient... Allez, Poussel du Sud. Bon, Poussel du Sud. Moi, je voudrais te faire une conclusion en faisant un poème. Gérard est optimiste rien ne lui résiste car il a des kystes. Ok, merci. Verlaine ? Non, c'est Rambo. Rambo ? Allô ? Allô ? Rambo, ouais. Ouais. Vous m'entendez, là ? Ah, tu fais ta conclusion ! Gérard, il est au Vietnam. Attends, il y a un décalage. Non, je suis au Cambodge, j'ai changé. Ah. Ouais, bientôt, tu seras à Paris. Eh, il va vite, ton hélico. Je voulais juste dire qu'au niveau des poèmes, bon, je te laisse parce qu'il y a des Khmer rouges. Il dégage. Hop. Santa Belgica. Oui, Gérard, un instant, parce que j'étais en pleine création. Alors, eh bien, c'est très simple. Moi, mon père spirituel, c'est un certain J.Suren, qui est un auteur contemporain, plutôt temporain, d'ailleurs. Et je trouve qu'il était nécessaire de présenter, avec le maximum de rigueur, ce trésor de mots français qui est classé selon l'homophonie des syllabtoniques. D'accord, d'accord. OK, on a compris. Hop. Euh, couscous ? Ouais, Gérard, il n'y a pas de problème. Mais le débat, il était pas mal. Sauf que ça gueule un petit peu trop, mais il n'y a pas de problème. Quand tu veux, tu viens à la maison. OK, j'y pense. Toi, Manu, je vais t'éclater. Qu'est-ce que j'ai fait ? Toi aussi, je pense que tu vas perdre comme Filda. J'ai rien fait ? Je pense que... Tout à l'heure, on va discuter. Hein ? Rigo, combien sur l'Internet ? On a perdu un peu. On est quand même à 3000 et quelques. Je demande vite fait. 3000 combien, les gars ? 3125. C'est pas mal. On est à 4500. Bah ouais, mais je t'ai dit, si tu faisais pas ta conclusion tout de suite, ils partaient, les gens, ils sont partis. Non, mais il y en a... Bon, euh... Regarde, ben regarde, regarde. Tu vois où, un son, là ? Là, tu commences à m'énerver. Ça ? Vas-y, écoute. Attends, me prends pas pour un con. Ouais, c'est pareil. Ça, c'est Olivier. Voilà, donc c'est pas moi. Bon, ben, y aura pas de poème. Y a pas de double son, là ! Non, non, attends, faut pas déconner. Il te reste 3 minutes, dépêche-toi. Y a rien, là. Allez, allez, allez. Poupou le mystère, elle est toujours là ? Ouais. Non, mais toi, t'es... Non, mais elle est là ! Je suis là. T'es là, Poupou le mystère ? Ouais. Poupou le mystère, t'es là ? Poupou le mystère ! Oui, je suis là. Non, c'est pas toi. Mais si ! Non, c'est pas elle. J'ai envie de faire pipi. Attends, c'est un trap. T'as un trap, ça, attends. Me fais pas chier, toi. Pêche-toi, j'ai envie de faire pipi. Voilà, bravo. Bon, Gérard, y a quand même sur IRC une conclusion de paradoxe. Il dit que... T'as cassé, regarde ! Oh, il a pété le standard. Bon, je vais refaire ma conclusion de IRC, de paradoxe. Conclusion, les poèmes de Gégé sont aussi nasses que les surprises Kinder, que le dernier top album d'André Verschuren, et que les Feux de l'Amour, et que Témoin numéro 1, et que Skyro très unis. Alors là, André Verschuren, c'est pas moi. Bon, Manu, ça suffit, s'il te plaît ! Ça suffit, maintenant ! Vous faites que du boulot de naze, là ! On fout, maintenant ! Pour les émissions de demain, comment je vais faire, moi, à cause de toi ? Bah, attends, tu t'en prends après lui ? Non, non, c'est toi qui a cassé le truc en baissant le truc, en cassant. Bah, vas-y, maintenant, Gérard, vas-y. Donc, si elle écoute Poupou le Mister, c'est pour elle, les quatre qui sont dédiés. Donc, mon bébé. Mon bébé, fais-moi l'amour dans un camion. Mon bébé, fais-moi l'amour sur une voiture. Mon bébé, fais-moi l'amour dans une niche. Celui qui s'amuse avec les micros va fermer sa gueule et vite. D'accord ? Mon bébé, fais-moi l'amour sur un Magnum. Mon bébé, fais-moi l'amour sur mon Godot. Godzilla. Mon bébé, fais-moi l'amour sur un Saint-Pangé. Mon bébé, fais-moi l'amour sur une toupie. Mon bébé, fais-moi l'amour quand tu as tes règles. Mon bébé, fais-moi l'amour sur un Bambi. Mon bébé, fais-moi l'amour sur une girafe. Voilà, le premier. Le deuxième. Bravo. Le deuxième, aimer. Alors, je voudrais dire je t'aime sur une carte orange. Je voudrais te dire je t'aime sur un trèfle. Je voudrais te dire... Je t'aime sur un compresseur. Je voudrais te dire je t'aime quand ça ne va pas. Je voudrais te dire je t'aime sur un livre. Je voudrais te dire je t'aime sur un cheval. Je voudrais te dire je t'aime sur une cornemuse. Je voudrais te dire je t'aime sur un dalmatien. Je voudrais te dire je t'aime sur un concombre. Je voudrais te dire je t'aime sur un corbeau. Troisième, amour. Mon amour, je voudrais te faire des caresses sur une chouette. Mon amour, je voudrais te faire des caresses sur une cigale. Mon amour, je voudrais te faire des caresses sur un cormorant. Mon amour, je voudrais te faire des caresses sur un nuage. Gérard, excuse-moi, c'est quoi un cormorant ? Ta gueule. C'est quoi un nuage ? Va te faire foutre, toi. Mon amour, je voudrais te dire je t'aime. Je voudrais te faire des caresses sur une... Cigogne. Mon amour, je voudrais te faire des caresses dans l'espace. Mon amour, je voudrais te faire des caresses sur un chevreuil. Mon amour, je voudrais te faire des caresses sur une chicorée. Mon amour, je voudrais te faire des caresses sur un chouca. Mon amour, je voudrais te faire des caresses sur un chromosome. Le dernier. Il s'intitule poulette. Ma poulette, donne-moi ton amour sur un mini-tel. Ma poulette, donne-moi ton cœur sur une platine. Ça, je pense, en parlant de platine, c'est... C'est au DJ. Au DJ. Il faut dire quand même. Donc, ma poulette, donne-moi ton cœur sur un briquet. Ma poulette, donne-moi ton cœur sur une carotte. Sur une carotte. Ma poulette. Donne-moi ton cœur sur un fax. Ma poulette, donne-moi ton cœur sur un radis. Ma poulette, donne-moi ton... Donne-moi ton cœur sur un volcan. Pardon. Oh, le déculasse. Ma poulette, donne-moi ton cœur sur une assiette. Ma poulette, donne-moi ton cœur sur un livre. Et ma poulette, donne-moi ton cœur quand je te dis grenouille. Voilà, terminé. Point final à la ligne. Et on se retrouve la semaine prochaine. Le thème du débat portera sur les jeux vidéo. Et c'est tout. Gérard, quand tu dis donne-moi ton cœur sur un radis, tu parlais pour les jardiniers ? Pierre Pout, à toi, c'est pas toi que je m'adresse. Et pour faire plaisir à Sandy, à moins que Rigaud, il y a peut-être une question inversée. Oui, conclusion, la poésie est écrite par des vieux frustrés qui devraient se pendre pour faire un minimum d'argent. Moralité, t'en vas à la cruche à l'eau qu'à la fin, Gérard nous les brise. Eh ben, c'est dommage. Très beau, dit-on. C'est dommage parce que... Les... Il y a une autre question. Une autre conclusion de Turpentine. Le débat n'avait ni queue ni tête comme toi. Eh ben, c'est bien. Eh donc... Ça s'est plutôt bien passé. Ouais, ben... Non, non, mais ce que toi t'as cru, mais de l'autre côté, je peux t'assurer que c'était vraiment bien. Donc maintenant, est-ce qu'on peut avoir... Fildar était quand même meilleur. Vas-y, passe-la nous. Poupou le mystère. S'il te plaît. Poupou le mystère. Poupou le mystère. Putain, Fildor. C'est lui. C'est toi, Gérard, quand t'as pété le scandale. Non, non, non, non, non. Putain. Qu'est-ce que tu fais, là ? Allô ? Elle est où ? Ben... On repasse l'heure directe. Oh là là, là, là, là, là. T'as bêté vraiment. Putain, mais c'est... Dégage, dégage. Viens. Mais qu'est-ce que tu fais, Gérard ? Viens de là. Mais quoi ? C'est bon, je pourrais se faire le coin. Viens, viens. Je veux te voir. Allez, rappelle l'heure directe, s'il te plaît. Attends, je vais en numéro, si tu veux. Non, non, je te le permets. Ça va, c'est pas toi. Viens, viens, viens. Bon. Il sait même pas son numéro. Oh là là, là, là, là. Dépêche-toi, fais vite. Il reste deux minutes. Oh là là, là, là, là. Hop. C'est long, c'est long. Mais t'as fait deux fois le zéro. T'as pas besoin. Y a pas besoin, oui. Oh là là. Dégage, je vais le faire. Laisse-moi faire. Qu'est-ce qu'il se passe ? Ben, il arrive pas à faire son numéro au téléphone, le Gérard. Allez, dépêche-toi. On va pas lui dire, parce qu'il entend même pas. Si, vas-y. Y a Dylan qui dit qu'il a trouvé... Il a trouvé que Gérard avait réagi avec poésie ce soir. C'était très romantique. Merci, Gégé, pour cet intense moment d'extase littéraire. Sergueï Boubka n'aurait pas fait mieux. Vas-y, Manu. Vas-y. Allô ? Salut. Viens, t'es un peu le Messire. Putain, non, tu es... Oh là là. Mais j'ai rien fait ! Arrête ! Arrête, Gérard ! Ça va pas, Gérard, arrête ! Mais elle est là ! Mais qu'est-ce que t'as fait ? T'as fait la mauvaise ligne, elle est là. Mais qu'est-ce qu'il se passe, Gégé ? Ben alors ? Qu'est-ce que ça sert de t'énerver, Gérard ? Bon, pour le Messire. Oui ? Ben, c'est moi. C'est moi. Alors ? Alors, qu'est-ce que t'en as pensé ? Alors ? J'ai rien touché. Bon, dégage, Manu. Je prends la banque. Dégage. Ben, si tu veux, vas-y. Casse-toi, casse-toi. Ben, vas-y, vas-y, fais ton malin. Fais ton malin. Vas-y, tu vas bien me faire rigoler. On va dire que c'est l'autre, là-bas. Oh l'enculé, là. Oh la pisse de pute. Gérard, il est parti. Il faut peut-être expliquer aux gens. Je ne capte rien. L'enculé est parti. En fait... Bon, on va couper ça. Bon, alors, Gérard, qu'est-ce qu'il s'est passé ? Il lui a raccroché au nez, fil d'arbre ? Un machin mystère ? Bon, on recommence. Bon, allez, refais le numéro, mais vite, Gérard. Vite. Attends, laisse allumer la micro. Allez, Gégé. Vas-y, Gérard. Ah, il est parti se planquer, tu m'étonnes. Ah, putain. C'est occupé ? Ouais. Ouais, maintenant, ça, c'est un occupé. Elle ne répondra plus. Putain, putain. Oh là là. Putain, putain. Bon, sinon, moi, j'ai trouvé ça bien, quand même, tes débats, ce soir, Gérard. Franchement. Moi aussi, ouais. Putain, cause de putain. C'est dommage qu'on n'ait pas pu aller plus loin dans les jeux vidéo, mais... Putain. Dans les jeux vidéo, dans les jeux télé. Putain. Gérard, tu... Qu'est-ce qu'il y a ? Gérard, reviens ! Gérard ! Il est parti. Ils sont partis en courant, dans le couloir. Bon. Ben, reviens. C'était débat, on fait quoi, avec Rigaud, nous ? On n'a pas de micro pour arriver dans le couloir. Les gens, ils nous écoutent. Bon, ça va, Rigaud, c'était bien le Cosmic Laser, cet après-midi, quand même. C'était cool. C'était bien marré. Non, mais moi, je vais lire un petit peu l'IRC, alors... Il n'y a plus personne, là, à l'antenne, là ? Allô, l'IRC ? Gérard, fais quelque chose, là-dedans, on est en train de... Vas-y, tu mets la chanson, j'essaie de... Ma poulette, j'y... T'as eu une course poursuite dans les locaux de la radio, il a failli se faire déchirer la gueule. Dégage, toi ! Non, Gérard, maintenant, reste là, Gérard ! Arrête, c'est bon ! Let's groove tonight. Bon, finis là, on arrête là, c'est bon, on s'en fout, tu lui demandes en antenne, on lui demande en direct ? Vas-y. Il compose le numéro. Voilà, c'est bon. Je m'en occupe, je m'en occupe, vas-y, va te mettre en face. Allez. C'est là, là ? Vas-y, Gérard. Allez, on y va. Vas-y, mets à ta place ! Reprends-moi mon casque, là. Je la prends, là. Oh là là, t'es relou, Gérard. C'est tout au standard, Manu. Allô ? Oui ? Euh, bébé ? Ouais ? Bon, qu'est-ce que t'en as pensé ? Comment ? Qu'est-ce que t'en as pensé des quatre poèmes ? Ben, écoute, ça m'a touché énormément, hein. Ouais, ben, t'inquiète pas, tu étais encore plus touché. Parce que... Putain, qu'est-ce que t'as fait, encore ? T'es là ? Au fil d'art ! Putain, mais vous me faites chier, allez, au fil d'art ! Hop, on... Non, c'est le truc qu'elle fait, là. C'est le fil d'art qui a encore fait ça. Là, le truc, le potard qu'elle fait. Bon, pour... Là ? Ouais. Faites la fête, la grosse ! Et voilà, c'est dédié pour samedi, et on se retrouve la semaine prochaine. Sur Femme Radio ! Sur Femme Radio, et demain, Max, le Star System, à partir de 22h ! Wouhou ! C'est le café ! == Le débat sur l'argent == === Contexte === Ce débat occupe une place particulière dans la compréhension de cette émission. Sa clôture illutre un point clé, souvent débattu, quant à l'innocence de Gérard de Suresne sur le système autour de lui et de son émission. En effet, en din d'émission, alors qu'il identifie, très clairement, que les titres qu'il lit sont faux et loufoques, il veut lire les vrais, il n'y arrive pas. Il revient alors aux titres écrits par l'équipe. C'est une preuve absolue qu'il est parfaitement conscient de ce qu'il se passe, mais s'en acquitte de bonne grâce parce qu'il sait ce qu'il en tire, malgré le prix à payer à son niveau. Prix à relativier quand on sait l'apport de l'émission dans sa vie et que, cette même vie, il la réécrit souvent au gré d'une mémoire authentiquement traumatique. === Les personnages === === Transcription === Les débats, pas de radio et pas d'insultes de Gérard. Et voilà, donc vous venez d'écouter Manu s'il te plaît. C'est Roudoudou avec Peace and Tranquility to Earth. Et voilà, il est 0h32, donc bienvenue sur VN Radio. Vous pouvez nous appeler au 0875 000 et 0803 085 000. Et toujours sur l'IRC www.fr, il y a Rigaud qui vous attend. Et Rigaud, si tu pouvais nous dire à peu près combien qu'on est. Je suis là, bonsoir à tous. On a dépassé les 2000 déjà, ça va très vite ce soir. On est à 2543,1, c'est pas mal. C'est beau ce que tu fais Gérard, c'est beau. Donc j'espère que ça ne va pas faire comme la semaine dernière. On s'échappe, la semaine dernière on était à combien Rigaud à peu près ? Je ne sais plus, mais on n'avait pas fait beaucoup la semaine dernière. Je crois qu'on était des... Descendus à 3005. Oui, mais ça va aller ce soir. Donc à un moment donné, ça va aller. Ça va aller, ça va aller Gérard. On espère. Ça va aller. Un fil d'art. Ça va aller Gérard. Ça va aller, on fait le débat. On y va Gérard, j'arrive. On y va. Bah oui, mais on y va. Ton premier débat portera sur quoi Gérard ? Sur l'argent. Sur l'argent. Alors la première question donc... Vas-y, pose la première question pour les auditeurs qui nous écoutent déjà. Alors pour vous, l'argent, fait-il votre bonheur ? Donc voilà, et donc on va accueillir... Merci fil d'art. On va accueillir des gens, oui. Donc on va accueillir Tony. Tony, bonsoir. Bonsoir Gégé, bonsoir Manu. Bonsoir Tony. Bonsoir fil d'art. Salut. Bonsoir. Salut Tony. Non, non mais... Tu vois, il y a un problème fil d'art. Ouais. C'est que Tony, il faudrait que... Permettez qu'on passe toutes les semaines. Non mais j'ai des choses à dire, c'est pour ça. Non, non mais attends. 103.3. Déjà 101. Non mais je me suis trompé parce que tu vois, j'ai rayé là. C'est pas ça. Ouais, ouais, c'est 101. 101.9. 101.9. 101.9. Tony, tu ne commences pas, d'accord ? Ok. La suite, Tabouret, bonjour. Alors Tabouret. Salut Gérard. 10 demandes d'Axe, on peut écouter Fun Radio sur 95.3. Ouais, c'est ça. Donc Sandwich, 23 ans de tour. Bonsoir Gégé. 102.8. Oui, c'est ça. Alors, tu me fais bouder, 10 demandes. Bonsoir Gérard. Tu me fais bander. Ouais, bander. Ouais, ben, non mais tu vois, Fildar. Qu'est-ce qu'il y a ? Non, non, attends, Fildar. Là, il y a... Oh, qui c'est qui a un portable ? C'est Sandwich, mais elle n'a que ça. Ah non. Non, parce que les portables, c'est pitoyable. Tony, pour l'instant, tu t'écrases. Non, mais elle n'a que ça parce que chez elle, elle n'a pas le télécom. Ah ouais, non mais attends. Moi, dans ce cas-là, moi, je ne fais pas des débats avec des portables. C'était bien prévu. Parce que regarde, là, déjà... Ça commence. Je vais essayer de la rappeler, on va voir si la ligne passe mieux, OK ? Et puis tu la reprends dans deux minutes. Alors, tu me fais... Bon, allez, tu ne commences pas, d'accord ? Tu me fais bander. Oui, je suis là. Donc, on peut écouter, donc, à Ifto, 96.9. Ah, tu me confirmes la fréquence ou pas ? Oui, oui. Ouais, bien sûr, pas dans mon cul, ma tête est malade. On le savait, ça, Gérard. Non, non, mais attends. Déjà, hé, Fildar, tu me la reprends, tu la réveilles un peu, parce qu'à 19 ans... Allez, Gérard, on y va, on y va, on enchaîne. Après, on a... Fildar, le prochain coup, tu écris mieux. Oseille. Oseille. Ouais, bonsoir, Gégé, bonsoir. Donc, maintenant, Royan sur 99. Salut, Oseille, ça roule ? Ouais, ça roule. Et après, j'écarte... Quoi ? Barret. J'écarte Barret. J'écarte Barret, Paris, 101.9. Bah, si tu le dis, hein. Bah, ça va, et toi, Gérard, mon petit Gérard, comment vas-tu ? Non, non, mais attends, je suis pas ton petit Gérard, d'accord ? Vous allez pas me casser les couilles, maintenant ? C'est mignon. OK ? Alors, première question, donc, vous l'avez entendue. Pour vous, l'argent peut-il le bonheur ? Ouais, ouais, ouais, oh ! Qui c'est qui commence à dire, tu peux la répéter ? Parce que je vais pas répéter les questions 50 fois, hein. Bon, d'accord. D'accord. Alors... Allez, première question, on y va, on répond. Bouge ton doigt, mets ton doigt dans mon cul. Celui qui dit ça, ou celle qui dit ça, bah, commencez par la fermer, d'accord ? Et puis, vous allez arrêter de redipler comme des porcs. Gérard, si tu commences jamais, on fera jamais le débat, hein, donc pose la question. Alors, première question... Tony, tu la fermes, c'est pas toi qui commandes. Non, mais Tony est en attente, donc il est pas là, donc vas-y, j'ai l'attaque. Alors, première question... Première question... Pour vous, l'argent fait-il le bonheur ? On va demander à Tony s'il est là. J'ai pu en attendre, là ? Non. Ah, c'est dommage. Non, t'as alors... Pourquoi c'est dommage ? Non, non, parce que j'avais dit des choses marrantes, mais c'est pas grave. Bon, alors, tu dégages. Allez, hop, il a... Retourne voir, puis le dernier... Non, non, mais attends, j'ai rien dit, là. Il a rien dit, là, Gérard. Je réponds à la question. Y a pas de souci, hein. Je réponds à la question. Parce que là, tu as pas commencé. Tu passes toutes les semaines dans les débats. J'ai des choses à dire. Non, mais tu passes toutes les semaines dans les débats. Tiens, oh ! C'est moi qui commande ! Bon, pour répondre à la question, moi, j'ai pas trop d'argent. Eh, oh ! Toi, déjà. Hop ! J'en veux pas. Pas de problème. OK ? Pas de souci. Allô ? Ça va pas faire comme la semaine dernière. Tu peux répondre ? Attends. Eh, oh ! Moi, c'est pareil. D'accord ? Parce que là, ce soir, vous avez pas me cassé les couilles. Parce que sinon, je suis caléba et je me casse. Oh non ! OK ? Ouais, d'accord, d'accord, d'accord. On y va. Non, mais calme-toi, calme-toi. Bon, alors, Tony, pour l'instant, tu réponds à la question. Ça fait toutes les semaines que tu passes. Ouais, mais arrête de m'agresser comme ça. Moi, je veux... Non, mais attends. La semaine dernière, t'es passé. Alors, on dirait rien de bon. Mais non, mais s'il dit rien de méchant... Bah ouais. Non, mais même. Moi, j'ai pas. Même. Même. Eh, y a 24 lignes qui sonnent. Donc, faut prendre sur les 24 lignes. Je les ai fait sonner, les 24 lignes, moi. Non, mais tu les as fait sonner, mon cul ! Bon, alors, moi, j'ai pas beaucoup d'argent, mais je suis heureux. Voilà. Hop, je les ai zappés. Hop. Alors, tabouret. Ouais, moi, je pense que l'argent... Eh, là, attends, tabouret. Ouais. Mais attends, Fildar, tu me prends quelqu'un d'autre. OK. D'accord ? OK. Non, non, mais... Eh, là, ça commence à bien faire ! Alors... Oh, bah, dis donc, Gérard, calme-toi. Bon, Gérard, là, on va pas avancer, quoi, si tu commences comme ça, sans déterminer. Non, mais, sans déconner, moi, je vais te dire une chose... Sans déconner... Bon, ça y est... Mais, Gérard, ça fait 8 minutes qu'on attend le débat, ça commence ! Alors, tabouret ? Ouais, bah, moi, je pense que l'argent fait le bonheur de ceux qu'on n'ont et le malheur de ceux qu'on n'ont pas. Tu peux expliquer ? Bah, comme disait Coluche, quoi, l'argent fait pas le bonheur des pauvres. D'accord. Euh, sandwich ? Bah, écoute, moi, je crois que l'argent fait pas vraiment le bonheur, parce que c'est pas parce que t'as du fric que tu vas être heureux, quoi. D'ailleurs, si t'as des problèmes de santé ou même si t'as pas d'amis, je veux dire, tu te méfies, quoi. Ah, voilà ! Voilà ce que... Oh, qui c'est qui a un portable, là ? C'est moi, c'est moi, j'ai un petit... Bah, c'est, euh, sandwich. J'ai rappelé, mais c'est toujours pareil, je suis désolé. Bon. Là, je peux vraiment pas faire mieux, hein. D'accord. Euh, tu... Tu me fais bander, là ? Ouais, ouais, ouais. Enfin, moi, j'ai pas beaucoup d'argent, mais je veux dire, moi, je suis heureuse dans ma vie, et puis, de toute façon, quand on est trop riche, on a plein d'hypocrites autour de nous. Voilà. Euh, Ozaï ? Ouais, bah, c'est un peu ce qui m'est arrivé, moi, ça m'a fait mon malheur, parce que j'ai fait un gros héritage, et depuis que j'ai plein de thunes, et bah, tout le monde arrête pas d'essayer de me taper, parce qu'il y a ma famille, mes amis, et voilà. La nuit, vous ? Ouais, y a pas que moi, hein. Ouais, bah, ouais. Bah, ouais, hein. Non, euh... J'ai la carte, euh, Rigo, oui. Y a une question sur IRC, c'est Oxip qui te demande s'il faut beaucoup d'argent pour être pauvre. Euh, ça, je vais répondre. Oh ! Tu sais qui veut répondre à ma place, là ? Toi. Non, mais, euh, faudrait peut-être... Ton cerveau. Attends, mon cerveau, tu sais ce qu'il te dit, toi ? Pas grand-chose. Il me dit, euh... Oh, ouais, Fildar ! Fildar, on commence pas la première question avec des gens pourris, hein. Bah non, mais c'est des gens que j'ai pris sur les 24 lignes, j'essaie d'en trouver d'autres, Gérard. Alors, euh, Tony, pour l'instant, tu t'écrases. Mais il est pas là, Tony, Gérard. Il est pas là. Alors, euh, j'ai... j'ai carte... Marais. J'ai carte Marais. Euh, si tu le dis, mais moi, en fait, moi, j'ai eu le même problème que... Je crois que c'est Oseille. J'ai le fils de milliardaire. Je n'aimerais pas la marque. Et, euh, bah, il y a plein de gens autour de moi qui savent ne pas que c'est mon pognon et c'est l'or. Bon, alors, euh... D'accord. T'as pas 10 balles ? Euh... Je peux te faire un million. Euh, par contre, qui c'est qui a un sandwich, je pense, qui avait posé une... qui avait répondu à la question. Oui, c'est... Et quand t'as des amis, t'as... Et quand t'as de l'argent, t'as des amis. Et quand t'as pas d'argent, t'as plus d'amis, c'est ça ? Non, mais ce que je veux dire, c'est pas parce que t'as du fric que tu vas forcément avoir de bons amis, hein. Non, mais... Ouais. Non, mais, attendez, attendez. J'étais un peu d'accord. J'étais un peu d'accord avec la personne qui avait répondu comme quoi on avait des hypocrites, mais je suis un peu d'accord avec elle, c'est vrai, hein. Bon, alors, moi... Les gens, ils n'y aiment rien pour ton fric, quoi. Hum ? Non, mais, Malheur, il y a une question que... Oh, mais, c'est quoi, là, le son, là ? Bah, écoute, le son, il est comme il est, hein. Il faut s'en accommoder, puis y aller, quoi, hein. Non, mais, Gérard, excuse-moi, je peux raccrocher, hein ? Non, non, non, non, non, non, non, non. Gérard ? Euh, oui, Rigo ? Oui, à propos d'argent, il y a Yankee sur IRC qui te demande combien t'as payé pour animer les débats. Alors, ça, ça regarde personne, et c'est tout. Donc, sa question ne tient pas debout. Donc, je vais répondre à peu près à la question. Vas-y. Donc, alors, pour vous, l'argent peut-il le bonheur ? De toute manière, je vais répondre la question à Sandwich. Hum, hum. Vas-y, vas-y, vas-y. Euh, donc, moi, je peux dire une chose. C'est quand t'as des amis, tu as de l'argent, et quand t'as pas d'argent, tu n'as plus personne. Donc, tu te démerdes toi-même. Ouais. Ouais. Hein ? Donc, ça veut dire ? Ouais. Bon, allez, vous arrêtez, là, parce que vous commencez à me casser les couilles. Tout à fait, ouais. Non, mais ils t'écoutent. Vas-y, Gérard, continue. Ouais, ouais, attends. Continue ce que tu voulais dire. Ah, ah, hum, hum, hum. Non, mais... Je veux dire pas, là, à ces auditeurs, c'est qui qui les a choisis ? Ben, j'en sais rien, moi, continue. Donc, c'est pas la peine d'essayer de vouloir me contredire. Donc, là-dessus, quand t'as de l'argent, t'auras toujours quelqu'un qui t'aidera. Ta gueule, toi ! Bon, alors, vous me faites chier, je réponds pas à la question. Mais vas-y ! Non, non, non, non, non. Non, pour l'instant, vous déconnez ! Vous avez pas à commencer comme ça, tous les deux ! Parce que sinon, je vous balance ! Ok ? Mais arrête de gueuler, on n'a rien fait ! C'est toi qui crie tout seul, là ! Non, non, non, non, pour l'instant, qu'est-ce que tu me fais, là ? Ben, je fais rien, je vais couper les auditeurs pour qu'ils répondent à la question. Arrête de gueuler ! Arrête de gueuler ! C'est bon, il faut les couper. Mais ils sont coupés ! Non, non, tu es... Non, mais au moins ça, parce que sinon, il est minuit et demi, on tiendra pas. Pour l'instant, Manu, tu as... Ils sont coupés, tu réponds pas à la question, Gérard, j'y peux rien, après. Non, Manu ! Mais crie pas, il n'y a pas besoin de crier pour parler. Punaise, mais... Eh, Manu, toi, je crois que ça va être pareil, hein. Allez, vas-y. Donc, alors, je vais répondre à Sandwich. Vas-y, Gérard ! Non, mais attends, tu permets ? Ben, vas-y ! Ben, ça fait qu'un quart d'heure qu'on a démarré, d'accord ? Mais pour l'instant, ça fait un quart d'heure que tu me fais de la merde ! Ben, un quart d'heure que t'avances pas, aussi. Ouais, mais ça fait un quart d'heure que t'es en train de me faire de la merde ! Gérard, tu peux parler du débat et arrêter de parler de l'équipe ? Ouais, mais attends, pourquoi ? Non, mais là, tu continues, parle du débat, on fait le débat. Non, mais attends, Rigaud ! Rigaud, pour l'instant, il n'y a que toi qui fais du bon boulot, les deux autres, là, pour l'instant, nous font de la merde ! Ok ? Alors, c'est clair et net. Ou on travaille en équipe, on fait du bon boulot, ou on travaille pas ! Un patron, il s'énerve pas, il gueule pas ! Il n'y a pas besoin de gueuler ! Hein ? D'accord, Manu ? Ça y est ? D'accord, Pildar ? Ah, moi, je suis ok, hein ! D'accord, Gérard ? Bon, alors maintenant, il n'y a que Rigaud qui va faire du bon boulot. Comme d'hab ! D'accord, ok ! Vous faites de la merde, les mecs ! Nous, on fait rien ! Ouais, pour l'instant, vous me faites de la merde ! Bon, on y va, on y va, on y va, on y va, on y va ! Quand tu fais ton débat, parle pas de ce qui se passe ici, passe plutôt aux auditeurs, à ceux qui écoutent la radio. Alors, avez-vous de l'argent de poche par vos parents ? On m'a demandé un tabouret ! Ouais, non, moi, je travaille, donc mes parents ne me donnent pas d'argent. Je suis bien toute seule à mes besoins. Ouais, mais... d'accord. Ouais, mais quand j'étais petite, ouais, ils m'en donnaient un peu, ouais. Ah, voilà ! Je piquais dans le porte-monnaie de ma mère. C'est qui, celui-là, qui dit tout à fait ? Bah, c'est vrai ! Quand elle était gamine, tout à fait, il lui donnait de l'argent. Non, mais attends ! C'est qui, là ? C'est qui qu'on récupère ? Non, non, c'est... Attends, que je retrouve... Apparemment, tiens, je t'ai récupéré un truc. Oui, c'est ce que j'ai déguisé. Spécial sur l'Internet, avec... J'ai récupéré l'adresse. Et là, t'as des questions... Il y a des trucs qui ont été faits, c'est sur le... C'est pour l'euro. Il y a un 36, un www.euro. C'est des questions qu'ils posent sur l'agence, sur des jeunes étudiants. C'est marqué où, www.euro ? Non, c'est pas marqué, là, mais... C'est là où ça a été pris. Je l'ai récupéré, ça, sur le site de l'euro. D'accord. Sandwich ? Sandwich ! Oui, oui, je suis là, Gérard. Bon, tu réponds à la question, ou pas ? Bah, écoute, tu m'as coupé dans mon élan. J'étais en train de parler, je t'explique, quand même. Alors, j'étais en train de te dire que j'étais plus chez moi, et que, bon, bah, je travaille, mais étant petite, moi aussi, j'avais un peu d'argent de poche, mais... C'est pas la grosse fortune, quoi, quand même. Hum. Voilà. Tu me fais bander ? Bah, non, mes parents me donnent pas d'argent tous les mois, mais quand je leur demande, ils me le donnent facilement. Ouais. Ouais. Euh, Oseille ? Ouais, alors, tu m'entends ? Ouais. Ce qui se passe, c'est que moi, j'ai fait un héritage, donc, en fait, je suis... Bon, alors, Oseille ! Oseille, ton héritage, on n'en a rien à foutre, OK ? Alors, tu vas avoir... Non, non, tu vas avoir pile d'or au standard. Attends, il répond à la question, et toi, tu t'énerves. On n'a pas le droit d'être riche, dans le débat ? Alors, ouais, c'est vrai. Non, mais attends, on parle pas d'héritage ! Bah, écoute, écoute... Je te demande, avez-vous eu de l'argent de poche par vos parents ? Eh ben, il a eu un héritage ! Pourquoi ? Parce que t'as eu un héritage, toi ? Eh ben, ouais. Bah, ouais. Eh, alors ? C'est que là, j'en veux pas de ça ! Et maintenant, attends, je t'explique, maintenant, c'est moi qui donne de l'argent de poche à mes parents, parce qu'ils se sentent... Non, mais c'est ça, allez, hop ! Allez, hop, bonne nuit ! C'est sympa ! Allez, hop ! Allez, hop, Gérard, Gérard, Gérard ! Allez, hop, Gérard, Gérard, Gérard ! Ça y est, je l'ai viré, Gérard. Non, mais là, tu vas pas commencer, toi. Non, bah, je vais lui repiquer ses thunes, et puis il aura pu dire... Non, non, mais tu te démerdes ! D'accord. Eh là, vous me faites du bon boulot, parce que, pour l'instant, vous commencez à me... À Brèges ! Comment ? Non, elle dit, continue la question. Non, elle dit à Brèges ! Ouais, bah, c'est un peu... À Liège ! À Liège, en Belgique, je crois qu'elle est belge. Oh, ouais, c'est ça, t'as raison, Manu. Fous-toi bien de ma gueule ! Ouais, ouais, c'est ça. Ah, le métro, deux secondes. Euh, j'ai les cartes marées. Non, j'ai les cartes marées. J'ai les cartes marées, c'est vrai. J'ai les cartes marées, vas-y. Bah, en fait, moi, je t'ai dit, je suis fils d'Axel, de milliardaire, et moi, en fait, je cite pas de marque, j'envoie mes domestiques travailler à ma place, au McDo, pour qu'ils me gagnent de l'argent de poche. Putain, mais vous savez... Eh, vous savez ce que c'est, un débat ? Bah, moi, je te réponds à la question que tu poses ici. Non, mais moi, je te demande, est-ce que tu sais ce que c'est, un débat ? Oui, un débat, on pose une question et j'en réponds. Ouais, et bah, pour l'instant, t'es à moitié dehors. J'ai pas besoin d'argent de poche de mes parents, puisque j'envoie mes domestiques travailler. D'accord, allez-y, allez-y, faites de la scène. Moi, là, je dis, l'équipe va pas. Comment ? L'équipe, elle va pas, là. Ouais, bah, pour l'instant, c'est vous qui allez pas. J'ai répondu aux questions. Euh, qu'est-ce que c'est ? Tabouret, je pense qu'elle a répondu. Donc, à la place de Tony, on accueille J'ai pas une thune. Ouais, ouais, mais attends, Fildar. Oui. Non, non, non, non, non. Non, non, Fildar. Non, non, non, non, non. Non, Fildar. Mais pourquoi ? Fildar, non. Non, je te dis. Il t'a dit non. Tu vois, parce que là, pour l'instant, t'as pas viré, tu l'as pas viré, tu l'as fait prendre sur un autre nom. Pas du tout, bonsoir. T'es en mon cul, Tony. Alors, c'est pas la peine. Non, non, non, non, non, non, non, non, non. Moi, je... Non, non, je travaille pas. Je travaille pas comme ça. Bon, alors, on reprend tabouret, sandwich. Euh... Non, non, mais tu vas sur les 24. Oui, bah oui, sur les 24. Je monte sur les 24. Ouais, bah, tu te dépêches. Parce que, pour l'instant, pour l'instant, je crois qu'avec Manu, j'ai dit, on fait du bon travail ce soir. Oui, mais là, Gérard, c'est toi qui avances pas, quoi. Il l'a viré, maintenant, Tony. Alors, on y va. Non, mais attends, pour l'instant, il reprend sur un autre nom. Non, non, moi, je suis pas d'accord. Je suis pas d'accord. Gérard, il y a plein de questions sur l'IRC, donc je vais en lire une vite fait. Il y a Kenéda qui te demande combien tu donnes d'argent de poche à Sandy pour qu'elle reste avec toi. Alors, à Sandy, ça, ça regarde personne, donc c'est mon problème personnel, donc... C'est un problème, quand même, alors. Non, non, mais ça, ça regarde personne. Ouais, mais c'est toi, même, tu dis, c'est un problème. Ça regarde pas les auditeurs, donc, ça questionne, j'y réponds pas. Après, Rigo ? Quoi ? D'autres questions, non ? Si, si, peut-on acheter de l'intelligence avec son argent de poche ? Demande Blouder. De l'intelligence, je pense pas, non. Non ? Non, après ? Non, et je sais plus qui c'est qui me demandait combien d'argent t'avais pris dans la poche de Christine. De Christine, alors ça, tu vois, le mec, celui qui parle de Christine, il va... Il va faire du bonheur. Ouais, ben, bien sûr... En monnaie ! Donc, si c'est pour entendre des conneries comme ça, c'est pas la peine. Donc, alors, je peux vous dire une chose, avez-vous de l'argent de poche par vos parents, donc, ça dépend des parents, parce qu'il y a des parents qui peuvent vous donner jusqu'à 50 francs, d'autres qui vous donnent rien du tout, donc, là-dessus, c'est des parents qui sont pas très riches. Ben, moi, parce qu'ils veulent pas. Ben, ouais, c'est qu'ils veulent pas, toi... Non, mais il y a des parents qui veulent pas donner d'argent de poche à leurs enfants. Ouais, mais ça, c'est... Ils préfèrent qu'ils le gagnent par eux-mêmes, en faisant des petits boulots. Ouais, mais ça, de toute manière, si les parents n'aident pas leurs enfants pour trouver quelque chose, je pense qu'on n'y arrivera pas. C'est-à-dire ? Donc, pour que les jeunes aillent de l'argent, il faut quand même que les parents soient derrière pour les aider. Ouais, mais tu vois... Parce que si on n'a pas... C'est peut-être que de les aider, il faut qu'ils aillent trouver un petit boulot. Ouais, mais si on n'a pas de parents... Ouais. Donc, tu peux pas avoir d'argent pour les aider. Tu comprends ? Ouais, ouais, ouais, je comprends, je comprends, je t'écoute. Toi aussi ? Ouais. Donc, si t'as des parents qui veulent te donner de l'argent, ils seront là. Moi, je comprends pas, j'ai pas... Ben si, ben... Attends... Si t'as pas de parents, ils peuvent pas te donner d'argent de poche, regarde. Ah ouais, voilà. Donc, ils peuvent pas t'aider. T'es obligé de le voler. Pareil, euh... Non. Quoi, dans la poche de ton ex ? Non, non, non. Non, non, y a pas de voler. C'est que là, bon, ben, tu fais carrément la manche. T'es le distor. Non, non, non, t'es pas obligé de faire la manche comme tes gamins, que t'as pas de parents. Attends, attends, si, si, si, si, si, si. Tu fais des petits boulots. Mais oui, non, non, non. Tu livres du lait, tu t'achètes des gens. Non, non, non, non, t'as des gens qui font la manche, je veux pas dire... Ouais, mais on parle de l'argent de poche. On parle pas des S9. Les S9, ils veulent pas de l'argent de poche. Quand ils sont dans la rue, ils veulent de l'argent pour manger, nuance. Bon, Rigo, tu voulais rajouter quelque chose ? Ouais, je voulais te demander comment on fait si on a des parents, mais qui sont pauvres et qui peuvent pas te donner de l'argent de poche. Ben, le problème, c'est que tu reviens à la manche. Ah, tu vas faire la manche, finalement. Ben oui. T'as pas assez de thunes pour aller en Méditerranée, donc t'es baisé, quoi. Voilà. Alors, troisième question. Vas-y. Je te refais une liste, Gérard. T'inquiète pas, ça arrive. Donc, on a toujours tabouret, sandwich, tu me fais bander. À la place de Oseille, il n'y a pas rappelé. Oui, bonsoir. Oui, bonsoir. Et on a toujours G4 Marais, voilà. Ouais. Toujours là. Oui, salut. En espérant que... T'en es sûr de ce que tu me racontes, Filtre ? C'est-à-dire ? T'en es vraiment sûr des noms, là ? Ben oui. Ouais, ben, je pense que... Pour l'instant... Manu. T'as prévu, Gérard, que tu peux te dépêcher. Non, non, mais si t'as envie d'aller pousser... Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non. Non. Non. Non, mais dépêche-toi un petit peu, parce que quand même, il est une heure, et si on continue comme ça, on va pas y arriver. Attends, si t'es pas contente... Et si vous êtes pas contentes dans ces cas-là... Non, non, je suis très content, mais bon, tu fais du boulot. Bon, alors, si t'es... Alors, toi, c'est qui, toi ? T'es qui, toi, qui vient de dire ça ? C'est un bon auditeur. Ouais. Qui tient rien. T'as la liste. C'est la police, un peu, Gégé, ça va plus, là. Non, non, mais de toute manière, ça va être Fildar. Maintenant, Fildar... Non, c'est pas Fildar. Arrête avec Fildar. Ok, mais vous vous calmez derrière, s'il vous plaît, c'est moi qui commande le jeudi. Bon, la question, c'est... Gérard, j'ai une bonne question, là, sur IRC. Voilà. Y a Turpentine qui te demande comment on fait pour avoir de l'argent de poche quand on a pas de poche. Ah, tu peux acheter en fait. Comment ? Tu peux acheter en fait. Mais c'est... Tu piasses dans le sac. Non, tu peux acheter un sac. Ouais, ben, le mieux, c'est de voler dans un sac à main. Et c'est pas tellement... C'est pas tellement recommandé. Ouais, non, faut pas le faire, même, ouais. Quoi, tu dis aux gens de voler dans un sac à main ? Non, non, non, non, non, même... Je le déconseille. Je le déconseille complètement. Alors, donc, troisième question. Est-ce que... Est-ce que vous travaillez pour avoir de l'argent ? On va demander à Tabouret. Ouais, ouais, moi, je travaille. Et je gagne de l'argent. Sans indiscrétion, tu fais quoi comme travail ? Ben, je trouve que c'est indiscret, donc... Je te réponds pas. D'accord. Alors, dans ces cas-là... Non, j'ai pas envie de te dire ce que je fais. Je trouve ça indiscret. Parce que, bon, c'est pas... C'est pas quelque chose dont on parle à la radio si facilement. Bon, attends. Dans ces cas-là, quand Max... Quand Max vous demande ce que vous faites comme boulot, vous lui répondez. Et quand c'est moi, vous me répondez non. Non, mais... C'est pas du tout ça. C'est bon, Tabouret. C'est bon. Sandwich. Sandwich. Sandwich. J'en ai pas non plus. Sandwich. Tu vois comment faire ? Je suis là, je suis là. Oui, moi, je travaille, oui. Et sans indiscrétion, tu fais quoi ? Moi, je suis secrétaire dans une entreprise. Voilà. Tu me fais bonder ? Ben, je travaille pas, mais voilà. Et tu cherches quelque chose ? Non, pas pour l'instant, d'abord. Non, mais pour l'instant, tu t'empoutes, tu te dis... Je touche plus par le chômage, c'est pas la peine que je travaille. Non, attends, je... Non, euh... T'es étudiante, à mon avis ? Oui. Dix ? Euh... Dix-deux ans, ouais. Ok. Euh... Gérard ? Oui ? Sur IRC, il y a Philippe Détoubifry, le vrai, qui te demande combien tu serais prêt à payer pour virer Fildar. Bonne question. Ça, j'attends toujours. Apparemment, on devait nous trouver d'autres personnes pour remplacer Fildar, parce que... Non, mais c'est pas le débat. Non, mais c'est pas ça, la question. La question, c'est combien tu paierais pour le virer. Oh, mais moi, je paye pas, c'est pas à moi de le payer, c'est à la direction. Ok. Donc, euh... J'ai carte marée, là, je sais pas quoi. Allô, oui, je suis... Tu vois, j'ai pas besoin de travailler, parce que je suis milliardaire, en fait, et je vis de l'argent que je place en bourse, et je comprends vraiment pas que les pauvres travaillent, parce que c'est si facile de gagner de l'argent en bourse. Non, mais attends, tu... Eh, tu te fous de ma gueule, à 19h, t'es... À 19 ans... À 19 ans, t'es milliardaire... À 19 ans, t'es milliardaire... Ah, oui, parce que je suis le fils d'Axel... Tu vois, je suis un fils de milliardaire... Ouais, bah, alors, pour l'instant, tu vas fermer ta gueule... D'accord ? Tu vas fermer ta gueule, parce que pour l'instant, t'es en train de me dire des conneries. D'accord ? Comment ? C'est quand même le fils du boss, hein. Ça peut aller loin, Gérard, s'il y a... Ouais, non, mais attends... Mais attends... Comment ? Ouais, t'as raison. Eh, ma mère ! Ma mère, tu sais ce qu'elle est ? Eh, je t'en meurs, c'est une pute ! Eh, bah, la tienne, elle t'en meurt, espèce de salope ! Allez, vous me faites chier ! Ça, c'est des filles, ça... Hop, terminé ! Je vous répondrai pas ! Oh, mais si, Gérard ! Non, non, non ! Castez-vous le plus souvent avec votre argent ! Hop ! Avant la question, Gérard, il y a une autre question de l'IRC, de Chocobo Gold, qui te demande combien il doit payer pour avoir l'honneur ou l'horreur de te rencontrer. Zéro franc ! Eh, Fildar ! Oui ? Fildar ! Fildar, maintenant, tu vas prendre 24 lignes, et tu vas te manier le cul, parce que là, tu commences à me faire du boulot de merde ! D'accord, je... Il est zéro heure ! Il est presque une heure du matin ! Ouais ? Pour l'instant, tu me donnes que des cons ! D'accord, bah, je vais essayer de trouver des gens intelligents, d'accord ? Ouais, ouais ! Non, non, mais, hé, là ! Gérard ? Oui, mais j'arrête pas de rappeler ! Gérard, depuis que t'as dit qu'on pouvait te rencontrer gratos, ils veulent tous te rencontrer, et il y en a un maximum qui vont venir devant la radio. T'es énervé ? T'es énervé ? Ouais, je suis énervé, pourquoi ? Parce que, normalement, j'ai eu Manu ! Avec Manu, il m'a dit qu'il me faisait du bon boulot ! Attends, il fait du bon travail ! Tu t'énerves pour rien, tu réponds jamais aux questions ! Il me fait du boulot de merde ! Non, mais t'arrêtes pas, il s'en fait une demi-heure ! Mais il me fait du boulot de merde ! Ça fait une demi-heure que je t'écoute, ça fait une demi-heure que je t'entends le cul gueuler, j'en ai rien vu ! Moi, je zappe, j'écoute pas, ce soir, y a pas d'audience ! Et alors ? Non, c'est pas de sa faute, c'est de la tienne, tu t'énerves, tu n'arrives pas à gérer ! Tu gères pas ton débat ! Je te repasse encore la liste, une dernière fois ! Vas-y, vas-y, trouve-moi des auditeurs, et pas des... Non, non, non, non, prends pas les mêmes, et demande pas qu'ils changent leur nom ! Poussin, bonjour ! Salut ! Voilà, merci ! On va mettre un disque après, parce que là... De toute manière, c'est maintenant ! On va peut-être... On va peut-être accueillir les auditeurs, et tu vas poser des questions pour qu'ils réfléchissent, bah si ! Cachez-vous avec votre argent de poche, cachez-vous le plus souvent avec votre argent, et on s'écoute ! On s'écoute, j'ai pas de tude pour me faire tirer l'arrêt avec des petits suisses ! Bah ouais ! Eh, c'est pas mal, parce que là, j'ai aucune fiche pour annoncer les disques, donc vous pouvez nous appeler au 0803 085000 et 0870 5000 ! Et voilà, donc, toujours le débat de Gérard, il est 1h03 du matin, donc vous pouvez toujours nous appeler au 0803 085000, même si ça répond pas, ce n'est pas grave, donc, ou sinon, au 0870 5000... Et c'est fan radio, quand même ! La radio où tu bosses, c'est fan radio ! Toujours, toujours, toujours, Rigo qui vous attend sur l'IRC www.fr ! Ouais ! Et donc, vous êtes bien sur un fan radio... Ouais, on est 3482-4, donc on y va, on fait ça bien ! C'est pas mal, c'est pas mal ! Gérard, on fait ça bien ! Donc... On l'écoute même pas ! Si, si, si, j'ai entendu, Rigo, 3000... Non, mais le débat, il va bien se passer ! Ouais, mais j'espère ! Si, si ! J'espère ! Je l'espère, parce que si ça se passe mal, la semaine prochaine, il n'y aura rien ! De toute manière, comme ça va être bientôt les vacances de Noël, donc... C'est pas le débat, ça, Gérard ! On va se mettre un peu en vacances ! On va écueillir Poussin, 20 ans de besoins, donc on peut écouter un peu de radio sur 100.9. Poussin, bonjour ! Salut, Gégé ! Bon, allez, vous arrêtez derrière, parce que là, vous commencez à me casser les couilles ! Ok ! La suite, donc, on a toujours Tabouret, Gérard ? Tabouret, 10 demandes d'Axe, c'est bien, parce que tu pourrais me mettre les fréquences, Ah, si ça ne te dérange pas, Pildar ! Non, mais ce n'est pas grave, on va la trouver, vas-y ! Celui d'après, c'est qui ? Sandwich, 23 ans de tour ! Oui, salut, Gérard ! Tu me fais bander ! Ouais, salut ! Non, mais tu peux répondre comme il faut ? Bah oui ! Bonjour, Gérard ! Bonsoir, Gérard ! Pas à pluie ! Oui, enchanté de pouvoir enfin te parler, Gérard ! De 21 ans, Royan ! Ça fait ! Et... Camembert ! Bonsoir, je suis Camembert, j'appelle de Chuby, j'ai 19 ans. Ouais, et... Ah, 19 ans ? C'est bizarre, parce que j'ai 20 ans, moi ! Je me suis trompé, je suis désolé ! Non, mais... C'est rien ! C'est rien, c'est rien ! Arrête de t'acharner sur lui, on a l'impression que c'est une bête fauve, c'est bon, fous-lui la paix ! Fous-lui la paix, Gérard, Pildar ! Ouais, mais attends ! Tu me donnes bien les fréquences ! Mais alors ? Toi, t'écoches bien les noms, toi tu fais bien des fautes de français, je te dis pas, t'es gentil, quand tu vas faire de la radio, tu fais pas de fautes de français ! Alors, Camembert, 20 ans, de Chuby-Z, donc on peut écouter plein de radios sur 101.9. C'est FM. Hein ? T'es gentil, quand tu dis 101.9, c'est FM, si c'est pour dire n'importe quoi, Gérard, tu les dis pas. 101, 101.9, FM. Voilà ! Voilà, il faut être précis. Si ça te plaît pas, c'est le même prix, Camembert. Allez, ça recommence. D'accord ! Et je la regarde tous les vendredis soir. Comment ? Je regarde ton émission tous les jeudis soir. D'accord ! Donc, t'as tes PS ? Bah ouais, je regarde celle-ci. Ouais, bah... Eh ! Eh ! Eh ! Stop ! Stop ! Y'a une chose que j'ai oubliée, pour tous les auditeurs... Vous y allez plus. Pour... Manu, tu me l'es mis en attente ? Ça y est. Donc, pour tous les éditeurs de Fun, qui écoutent à l'heure actuelle Max, le Sarc Système, dans 10 minutes... Vous avez Techno Max sur M6. Donc... Et pour le moment, c'est le débat, hein. Ouais, c'est quand même ton débat, quoi. Et on reprend le débat. Donc, cachez-vous le plus souvent avec votre argent. On va demander à Poussin. Oui ? Oui, Poussin. Oui, Poussin. C'est quand tu veux, tu réponds. Bah, qu'est-ce que j'achète le plus souvent ? Bah, des fringues, du maquillage. Et puis, bah, c'est tout. Ouais, ouais, ouais. Et puis, bah, c'est tout. Et puis, bah, c'est tout. Et puis, bah, c'est tout. Et puis, bah, c'est tout. Et puis, bah, c'est tout. Et à boire. Qu'on boive en boîte. Et puis, des clopes. Et puis, des clopes. Et puis, des clopes. D'accord. T'achètes pas mal de trucs, elle, quand même, hein. D'accord. D'accord. T'achètes pas mal de trucs, elle, quand même, hein. Ouais, ouais. Ouais, ouais. Non, mais, de manière... Je répondrai moins. Ouais, ouais. Non, mais, de manière... Je répondrai moins. Ouais, ouais. Non, mais, de manière... Je répondrai moins. D'accord. Euh, t'as bourré. Ouais, bah, moi, j'achète à bouffer, parce que... Il faut que je me nourrisse et mon loyer, là, aussi. Il faut que je paye mon loyer. Donc, tu vois, j'ai pas trop de fric pour m'acheter des fringues, ni du maquillage, ni... Non, mais, attends. À 19 ans... ... acheter à bouffer, enfin... T'as bourré. T'as bourré. T'as bourré. Ouais, ouais. T'as bourré. Oui. Pour l'instant, t'es étudiante, toi ? Non, pas du tout. Je travaille. Qu'est-ce que tu crois ? C'est pas parce qu'on a 19 ans qu'on est étudiant, hein. Non, mais, eh... Tout à l'heure. Tout à l'heure. Non, mais, eh... Tout à l'heure. Tout à l'heure. Maintenant, je me démerde. Mes parents m'ont foutu dehors. Donc, je me démerde. C'est tout. Ouais, non, mais, attends. Attends. T'as bourré. T'as bourré. Ça, c'est... C'est un truc que... Quoi ? Je veux pas parler. Donc, dans ces cas-là, t'avais qu'à... Quand je t'ai demandé : "Avez-vous de l'argent de poste par vos parents ?" Ouais. Donc, t'aurais pu me répondre correctement à la question. Bah, je t'ai répondu correctement. Je t'ai dit que je travaillais, que mes parents m'en donnaient pas. Hum-hum. Et... Ouais. Et... Ouais. Ouais. Ouais. Ouais. par vos parents. Donc, tu auras pu me répondre correctement à la question. Je t'ai répondu correctement. Je t'ai dit que je travaillais, que mes parents ne m'en donnaient pas. Non, non, mais ce n'est pas ce que je voulais faire. Bon. Donc, tu as bourré, toi, alors ? Oui, je t'ai dit. Il faut que je me nourrisse. C'est tout. Ça part de là. Mais vas-y, passe à autre chose. C'est lourd. Oui, mais ça, c'est... Fais gaffe, elle va tomber du tabouret, si tu comptes. Non, non, non, non, non, non. On rééquilibre la mortelle. Non, non, mais attends. Pour l'instant, son truc, il est foireux. Elle va réfléchir et on la reprendra. Non, non, non, non, non. Non, non, il n'est pas foireux. Mais vas-y, ne te l'amende pas, ce n'est pas grave. Non, non, mais ne t'inquiète pas, j'ai connu ta situation. Oui, mais c'est bien, je te l'amende pas, passe à autre chose. Ok. Sandwick ? Ben écoute, moi, déjà, j'ai mon loyer à payer. Et puis, en deuxième, j'ai des petits cadeaux à mon copain, du moins, mon nouveau petit copain, parce que je suis très attentionnée, voilà. D'accord. Tu me fais bonder ? Ouais, ben, j'achète des disques, des casquettes de théo, ben tout, quoi, les vêtements, tout ça. Ouais. Par à lui ? Ouais, ben moi, écoute, je dépense ma thune, quand même, pour sortir un petit peu, aller dans les boîtes, boire des coups, tout ça. Et, ben, quand même, il faut reconnaître que, je ne sais pas si tu vas encore poser ton boîte, mais ça, écoute, quand même, un maximum de fric. Ouais, mais... Ben, voilà. Non, mais attends. Quand t'es jeune, tout ton argent de poche, il passe dans le compot. Attends, quand t'as pas de fric, quand t'as pas de fric, comment tu peux faire pour aller en boîte ? Mais si, j'ai de l'argent de poche, même si j'en ai pas beaucoup, moi aussi, j'ai le droit de me déchirer un peu, quoi. Donc, voilà. Mais je viens de te poser la question, si tu n'as pas de fric, quand tu n'as pas d'argent, comment tu fais pour aller en boîte ? Ben, tu... Par exemple, j'ai des mecs qui bossent... Oh, le dernier, vous pouvez la fermer ! Tu connais, par exemple, des mecs qui bossent dans une radio et puis ils te font rentrer gratos à la boîte et ils te payent des coûts ? Bon, euh... Pas appuyé ! Ben, non, mais c'est un exemple, tu me demandes, moi. Je sais pas, cherche-toi, tu connais des gens de la radio, donc peut-être que tu peux rentrer gratuit et boire à l'oeil, j'en sais rien, moi. Non, non, attends... Je sais pas si t'as quand même remarqué, le prix des consos et le prix de l'argent en boîte, c'est quand même cher, tu peux pas dire le contraire. Non, mais si ! Le prix de l'argent, c'est inabordable. Le prix de l'argent... Non, mais attends... Je veux tirer 100 balles, ça t'en coûte 500, je veux dire, c'est quoi, ces histoires ? Attends, tu payes combien pour aller en boîte ? En général, vous aurez autour de 300 balles, ça dépend de la boîte, mais vous aurez autour de 300 balles, quoi. Ben ouais... Si tes parents te filent 50 balles et que la conso, c'est 50 balles, tu peux même pas boire dans la boîte, tu dois être obligé de boire dehors. Voilà, exactement. Camembert ! Je fais une collection et donc ça me coûte très cher d'acheter des choses pour la collection. En général, j'achète... Ouais, parce que je collectionne les ampoules. Alors j'achète beaucoup d'ampoules pour ma collection. Non, mais attends, Camembert, t'as bien compris la question ? Oui, je te dis, j'achète des ampoules pour ma collection. Gégé, pour une collection d'ampoules, c'est pas une lumière, hein. Non, mais pour un cent, je crois que t'es en dehors de la plaque. Non, mais attends, je te dis que j'achète des ampoules. Je pense... Non, mais attends, t'achètes des ampoules pour quoi faire ? Ben, je fais collection. T'es grillé, toi, ou quoi ? Non, attends, je suis grillé pour un cent, c'est toi qui es grillé. Non, l'auditeur est grillé. Il est grillé complet. C'est toi. Ben, dis-donc, c'est dis-donc, c'est... C'est toi qui es grillé parce que tu réponds pas à la question correctement. Bon, tu veux que je te dise quoi ? Que j'achète des disques, que je veux au ciné... Attends, c'est qui, là ? C'est Camembert. Attends, Camembert... T'as fermé ta boîte à Camembert. Tu as pas de poutre de ma gueule, tu vas répondre correctement à la question. Je vais te foutre de ta gueule, putain. Il y a pas de putain, d'accord ? D'accord. On dit moment de travail, OK, Tony ? Ah, non, non, c'est pas toi. Non, non, c'est pas Tony. Non, c'est pas moi, Tony, je te promets. Bon, ben, attends, je vois... Attends, c'est la voix de Tony. Tony, il a une voix de canard. Non, de toute manière, n'ayez crainte, j'ai l'impression que ce soir, vous avez envie de me faire chier. Et toi, c'est pas grave. Qu'est-ce que tu fais ? C'était quoi la question, déjà ? Parce que j'ai un peu oublié. Non, mais attends, toi, pour l'instant, c'est pas toi que je m'adresse. Moi, ce que je fais, c'est que je m'achète à bouffer et, bon, je me paye des vêtements. Tu fais des petits cadeaux. Oui, des cadeaux à 100 euros. On me demande combien ça te coûte de l'Adidas tous les mois. De l'Adidas tous les mois, pour l'instant, je n'en trouve pas dans les magasins. C'est ça qui m'emmerde. Tu veux le faire importer en France, non ? Parce que si tu n'en trouves pas en France, eh bien... Attends, toi, je vais te faire importer une voiture, toi. D'accord, c'est cool. Sinon, en parlant de petits cadeaux, tu fais bien des petits cadeaux à Sandy ou des trucs comme ça, non ? Ah oui, mais ça, Sandy, c'est différent. Bah non, c'est là où tu dépenses ton argent. C'est quand même dans le débat. Non, mais attends, Sandy, c'est différent. Sandy, c'est ma femme. Donc, à une femme, tu as le droit d'y faire ce que tu veux. Toi, par exemple, est-ce que tu fais des cadeaux à ta femme ? Non, jamais. Non ? Non. T'es un peu vache. Bah ouais. Moi, jamais. Même pas. Moi, j'aimerais bien avec des tresses. Même pas. Ou des chaussures compensées. Je ne sais pas. Filder, fais gaffe, parce que tout à l'heure, tu vas te prendre un café dans la tranche. Non, j'aimerais bien les tresses à ma copine. T'as même pas essayé d'y acheter un petit bouquet de fleurs à ta copine. Rien, rien, rien. Je suis un rat. Putain, t'es un rat d'un. Eh ouais, j'ai plein de filles, mais je garde tout pour ma gueule. Je suis un rat. T'es un rat d'un, Rigo. Oui, il y a Desesperado qui te demande combien t'as acheté samedi. Zéro franc. Ah bah ouais, on le savait. Ah si, ah si. Ah. Ah si, trois francs. Prix de gros. Ah bah non, trois francs. C'est dans le sentier, non ? Euh, Manu. Ah, j'ai rien mis. Alors là, j'ai rien fait. T'éteins ton micro, tu bosses. Quoi ? Trois francs, c'est quoi ? Pourquoi trois francs ? Trois francs, c'est le prix d'une lettre. Ah ! Il est malade ! Il y a Yannix qui te demande trois francs, ça fait combien en euros ? Alors, trois francs en euros, alors là, je peux pas lui répondre. 50 centimes, c'est la moitié. Ouais. Non, c'est 7 francs 50 l'euro. Non, c'est 6 francs 60 l'euro. Donc ça fait, ça fait 3 euros. Bon, j'ai un sondage sauf frais, sinon, concernant l'argent. À la question, avez-vous de l'argent, 15% des personnes répondent oui, 38,654% répondent des fois, 127% répondent 1, et 2% répondent j'aime pas, j'ai rien. C'est bien, si c'est même pas bas, qui reste chez eux. Ils y sont, je crois. Donc, pensez-vous, pensez-vous que sans argent, pensez-vous que sans argent, la vie serait plus dure ? On va demander à Poussin. De quoi ? De quoi ? J'ai pas entendu la question, j'ai pas entendu la question, j'étais avec Fildar. Ah, t'étais avec Fildar. Je vous demandais de se réveiller un peu, parce que, Gérard, si tu peux parler bien devant ton micro, par contre, ce serait super sympa. Pensez-vous que l'argent serait plus dur ? Pensez-vous que sans argent, la vie serait plus dure ? Bah ouais, c'est clair. Donc, tu peux préciser ? Bah, je peux préciser, en effet. Bah, l'argent, en fait, c'est matériel, quoi. Comment ça ? Eh bah, ça sert à vivre, sans ça, tu peux pas avoir une maison, à manger. Voilà, quand l'argent, t'es pas le bonhomme, il contribue. Ouais, mais sans argent, donc, tu fais quoi, alors ? Tu fais rien. Bah, sans argent, t'es à la rue, c'est clair, t'es sous les ponts. Hum, d'accord. OK, je vois à peu près ce que tu veux me dire. Tabouret ? Ouais, bah, moi, je pense que sans argent, la vie serait géniale. Y'avait pas d'argent, en fait, du tout. Donc, t'aurais pas besoin de payer pour avoir les choses, t'aurais les choses naturellement. Non, mais attends. Attends, tabouret. Oui ? T'as vraiment compris le sens de la question ? Oui, oui, j'ai compris. Je veux dire, si l'argent n'existait pas, bah, t'aurais pas de problème du tout pour acheter les choses, puisque t'aurais rien à acheter. T'aurais même pas à faire le geste, tout sera à toi. T'en fous ? Non, mais attends, je crois que, là, tabouret, ça m'étonnerait que tu comprennes ma question. Euh, sandwich ? Ouais, Gérard, je trouve que, déjà, la vie est assez dure comme ça. Déjà, rien qu'avec du fric. Alors, si on en avait pas, je crois que c'est la question. Ah, enfin ! Une qui répond bien à la question. Elle a un portable, c'est pour ça que t'as... C'est pas moi, hein ? On n'y peut rien, je suis désolé. Le sandwich, c'est avec un portable ? Oui. Ah là là, ah là là ! Non, j'avais bien précisé, lors des débats, pas de portable ! Bah oui, je suis déjà passée plusieurs fois, j'avais pas de portable avant, mais là, je suis désolée. Ouais, mais... C'est pas tellement aujourd'hui, hein ? Ah ouais, mais, dans ce cas-là, t'essayes de voir... Tu demandes à... à Fildar qui te rappelle sur une cabine téléphonique, parce que là... Non, mais là, j'ai l'air... Non, mais attends, là, dans ton portable... Non, mais attends ! Attends, sandwich ! Là, pour l'instant, dans ton portable, on entend ma voix. Oui. C'est agréable, quand même. Alors là, moi, ça me plaît pas. D'accord ? T'essaies de trouver une cabine téléphonique et tu dis à Fildar où qu'on peut t'appeler. C'est impossible. C'est impossible, Gérard, là. Ouais, ben, si. Y a rien qui est impossible. Gérard, sur Yanty, y a Yanty qui te demande comment tu fais sans argent pour payer ton portable. Alors, sans argent, ben, de toute manière... Euh... Une fois que la carte était à mon nez, ben, je la renouvelle pas. Alors, tu me fais bander. Ben ouais, ben, c'est clair, quand on a pas d'argent, on peut pas s'en sortir, mais... Si on a la volonté de réussir, et de travailler, c'est sûr qu'on peut en gagner facilement. Sondier, t'es grillé. Non, c'est pas Sondier, tu vois. C'est pas Sondier, là, qui est au téléphone. Donc, t'as tout pour celui qui dit que c'est Sondier. Parce que pour l'instant, Sondier, elle est en train de... Elle fait quoi, Sondier ? Pour l'instant, Sondier, elle t'emmerde. Mais ils ont rien dit, c'est pas grave. Non. Alors, pas à lui. Ouais, ben, écoute, bon, moi, je suis tout à fait d'accord avec lui. Je pense que, effectivement, sans argent, la vie est plus dure. Ça, je crois que c'est clair, c'est acquis. Par contre, ce qu'il faudrait savoir, savoir si c'est inné, d'ailleurs, c'est, est-ce qu'avec de l'argent, la vie est-elle plus molle ? Moi, je pense que c'est plutôt à ça qu'il faudrait s'intéresser. Je voudrais savoir ce que t'en penses. Non, mais, je te demande si, pour vous, pensez-vous que, sans argent, la vie est plus dure ? Tout à fait, tout à fait. Mais est-ce qu'elle est plus molle si t'en as, quoi, avec ? Attends, on te me dit, la vie sera plus dure, même que t'ailles avec de l'argent ou pas ? Parce que, je reviens, je reviens à une question. Est-ce que, pour, je ne sais même plus la question que j'avais répondue, de manière, voilà, pour vous, l'argent fait-il le bonheur ? De manière, je reprends les questions, donc, c'est à peu près à la question numéro un que tu veux répondre, toi. Non, ce que je voudrais savoir, en fait, c'est que tu parles de la vie est dure, est-ce que toi, t'es dur pour de l'argent, quoi ? Non, non, non, non, non, attends, tu deviens dur si on te donne de l'argent ou pas ? Non. Non ? Tu restes mou ? Non, mais moi, de manière, avec de l'argent, de manière, t'iras partout. Sans argent, t'auras rien. Et de manière, je reviens à la première question, pour vous, l'argent fait-il le bonheur ? De manière, je ne sais plus qui c'est qui m'avait posé la question, la question est simple. De manière, quand t'as de l'argent, t'as des amis, et quand t'as pas d'argent, tu n'as personne. Et ça, c'est un truc qui me dégoûte, c'est bien ça. Ça, c'est bien ça, parce que quand t'as de l'argent, tu as tout le monde qui vient te voir, qui vont venir te dire « Ah, bah oui, tiens, je réponds tout après. » Rigaud, oui ? Bah non, continue de répondre. Non, non, vas-y, vas-y. C'était juste Mulder, le vrai, sur l'IRC, qui te demande si tu penses que sans argent, t'aurais pu téléphoner tous les soirs à la fin de ta cabine. Ah, bah ça, de manière, vu que c'est un numéro vert, tu peux téléphoner, téléphoner comme tu veux. Il n'y a pas de problème, même avec une carte ou qu'il te reste une unité, tu peux appeler le 0875000, que si tu vois que ça sonne occupé, tu vas taper le service et t'insistes. Et Gérard, est-ce que tu penses que c'est la monnaie qui dirige le monde, c'est la monnaie qui dirige la Terre et qu'on ne peut rien y faire ? La vie, c'est comme ça, on n'a pas tout ce qu'on veut, mon gars. Qu'on le veuille ou non, quoi. De toute manière, maintenant, il faut... Non, mais... Non, mais il y a des trucs qui... qui sont assez durs à l'heure actuelle, c'est que maintenant, sans argent, tu ne peux rien faire. Donc toi, tu penses qu'il faut arrêter de compter à mon barrette et compter... Si tu n'as pas de caillasse, t'es un chien, hein ? Non, mais même... Si tu n'as pas de thune, tu ne vaux rien, c'est clair. Mais même, c'est pas parce que tu n'as pas de thune que tu ne vaux rien. C'est quand même beau, la vie, quoi. Viens voir le docteur, n'aie pas peur. Le docteur Doc, il n'est plus là. Tu viens d'avoir 15 ans, intéressant, quoi. Arrête tes conneries, Filder, s'il te plaît. Ah, il fait chaud, hein ? Non, il est grave. Pour l'instant, Filder, lui... Lui, il ferait mieux de se taire. Camembert, Camembert, pourquoi ? C'est un passement de jambe sur le bit de flambe, hein ? Comment ? C'est un passement de jambe sur le bit de flambe. Non, non, d'accord. Alors, Camembert, c'est terminé pour toi. Non, non, pour l'instant, tu viens de répondre à côté de la plateforme. J'ai compris la question, effectivement. Je pense que si on n'avait pas d'argent, moi, sans argent, je ne pourrais pas tâcher puisque je ne pourrais même pas avoir un téléphone puisqu'il faut déjà l'acheter avant de pouvoir faire le 0800. Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non. Le téléphone, tu dois l'acheter. Non, tu n'as pas besoin d'acheter un téléphone. Le truc, une chose qu'il faut bien se dire dans sa tête, tu prends une carte, pour prendre une carte téléphonique et avec une carte téléphonique, tu peux avoir, tu peux l'avoir, le numéro. Parce que... Pour avoir une carte téléphonique, il faut l'acheter, même si tu n'as pas d'argent. Il faut l'acheter, même si tu n'as pas d'argent. Il faut l'acheter, même si tu n'as pas d'argent. Et s'il ne reste plus qu'une unité, il faut déjà l'acheter. Non, non, non, non, attends, le 0803-08-5000, il est gratuit. Donc moi, je peux te confirmer, moi, je l'ai déjà fait plus d'une fois, avec une unité. Oui, mais je suis d'accord. Non, non, mais attends, tiens mon verre, pour un instant, tu me laisses répondre. Je réponds à ta question, on est bien d'accord. Avec la carte, avec une unité, tu peux appeler toute la nuit, jusqu'à temps qu'on te réponde. Je suis d'accord, mais pour appeler, il faut déjà avoir une unité. Et pour avoir une unité, il faut déjà avoir acheté une carte. Et pour avoir acheté une carte, il faut avoir de l'argent. Bon, dans ce cas-là, t'essayes de voir si t'as des bons amis. De toute manière, les amis, il faut les compter sur les 5 doigts d'une main. On est d'accord, Camembert ? Nous sommes d'accord, mon petit Gégé. Donc, moi, pour l'instant, j'ai que 3 amis. Donc, sur 3 amis, je peux m'en sortir. Mais oui, mais moi, j'ai pas d'argent, donc j'ai pas d'argent. Donc, je peux pas me faire passer de carte. Mais non, mais attends, t'as des voisins ? Oui, mais non, je suis SDF. Non, mais attends, tu te fous de ma gueule, là, ou quoi ? Non, non, je t'appelle d'une cabine. Bah, la carte, je l'ai trouvée dans le nom de la cabine. Ah, il a du bol, quand même. Il a quand même un peu de bol, ce mec. J'ai peur qu'il me demande qui sont tes amis. Qui sont tes amis ? Mes amis sont... Je donnerai pas les noms à l'antenne. Non, mais tu donnes pas les noms. Non, mais je sais pas, ça peut être une voisine, ça peut être un copain, un copain d'école, j'en sais rien. Non, non, je donne pas les noms à l'antenne. Mais c'est pas des noms, ça, de dire que c'est ta voisine ou un copain d'école. C'est pas les noms, c'est de dire ce que c'est. Non, non, mais j'ai trois amis, et ces trois amis-là, j'y tiens. Atos, Porto, c'est Aramis, non ? Voilà. Tu peux me donner la petite fiche, là ? Ah, pour le disque ? Donc, pose la question. C'est la combien ? La sixième. Ah, encore quatre. Je taquine. Vas-y, pose. Alors, avoir un portable avec ou sans argent, peut-on y arriver ? Et on va s'écouter. Si quelqu'un veut gagner de la thune à ma place, c'est OK. Avec des cacahuètes en plus. Donc, vous pouvez toujours nous appeler au 0803 085000 et 0870 5000. Et toujours lire c'est www.fr. Et pour les Belges, 0033 147 259 50. Et on se retrouve tout de suite après. Et voilà, donc, vous venez d'écouter un remix qui a été fait par un auditeur, donc, deux sur moi, donc... Qui se vend sous le menton, je te rappelle. Donc, je sais pas qui c'est qui a fait ce remix. On sait pas non plus que ça se vend sur les marchés au puce. Ouais, c'est ça. Et donc, qu'est-ce que je voulais vous dire d'autre ? Donc, le premier disque, c'était si quelqu'un veut gagner de la thune avec ma place, c'est OK. Donc, avec des cacahuètes en plus. Donc, pour l'instant, vous pouvez toujours nous appeler au 0803 085000 et 0870 5000. Et toujours lire c'est www.fr. Rigo vous y attend. Voilà, et ça cartonne grave du fait que le débat s'est calmé. Il y a beaucoup plus de gens. On a dépassé les 4000 déjà. On est à 4122, moins en racine de 3. 4000, un 4, un 1. 4000, un 1. 4122. Racine de 3 qui vaut à 4 quand même. Non, non, 4122. Donc, alors, qu'est-ce que je voulais vous dire d'autre ? On va peut-être faire un petit sondage, non ? Un petit sondage, alors. Combien dépensez-vous d'argent par mois ? Donc, 50% dépensent plus de 100 000 euros. Donc, pour l'instant, l'euro, on n'y est pas encore. Oui, mais ça a été cherché sur le site de l'euro. C'est pour ça que c'est en... 1 euro. D'accord, Régo. Attends, il y a le métro, là. Je m'en fous. 20% dépensent moins de 3 francs. Ça, c'est pas beaucoup. Donc, ça, je ne sais pas. 25% veulent être payés pour répondre à la question. Ils vont se faire foutre. Que dalle. 5% pensent que Gérard de Suren gagne de trop. Alors, ça... Hop ! Qu'est-ce que t'en penses, toi ? Poubelle ! Qu'est-ce que t'en penses, Gérard de Suren ? Poubelle, c'est des conneries. Tu crois que tu ne gagnes pas assez ? Ça, c'est pas ton problème. C'est pas ton problème, c'est mon problème. Est-ce que t'aimerais être augmenté, alors ? Ça, tu peux le dire. La direction écoute. Ça, ça ne regarde personne. Si j'ai besoin de demander quelque chose, je passe par mon chef. Moi, je te dis, pour ce que tu fais, je donnerais beaucoup plus. Je te donnerais beaucoup plus d'argent. Toi, pour l'instant, tu fais déjà ton boulot. Je suis prêt à donner la moitié de ma paie, si tu comptes. Pour l'instant, donne... Attends, attends... C'était pour blaguer, vas-y. Non, non, non, non, non, non, non. Mes genoux. Gérard de Suren fout. Pensez-vous que l'argent est important ? Donc, 60% ne savent pas à quoi ça sert. C'est ça, à quoi l'argent ? En fin de compte, ça sert à manger. Donc, 20% préfèrent l'art. Alors là, je ne vois pas le rapport avec l'argent. Bah si, ils préfèrent l'art que les gens. L'argent. Bah, dans ces cas-là, 30% n'ont jamais répondu. Alors, est-ce que l'argent fait le bonheur ? Donc, c'était la question... C'était la question, la question, la question, la question... 1. Alors, donc, 50% ne savent pas ce que c'est le bonheur. C'est dommage, parce que le bonheur, ça n'arrive pas qu'aux autres. Ça peut arriver à tout le monde dans la vie. Et c'est simple. Et il y en a, il y en a qui se moquent parce qu'ils n'ont pas encore trouvé leurs chaussures à leurs pieds. N'est-ce pas, chef ? Allez, hop ! Oh, tu l'as cassé, hein ! Tu l'as cassé, hein ! On va te mettre un peu de... On va te mettre un peu de sucre, hein ! On va te mettre un peu de sucre sous les pieds. Ah, ça va donner un... Pour que tu trouves la chaussure, on va te mettre du sucre. Ne t'inquiète pas, tu vas la trouver. Tu vas voir. Je pense qu'avant... D'ici... D'ici le... 5 ou 10 ans, ça sera bon. Non, d'ici le 2-3 janvier, tu auras quelqu'un de sûr. Tu verras. Tu verras. Tu trouveras ton bonheur. Gérard, tu me dis, il y a Yankee qui te demande si le bonheur, pour toi, c'est pas de te payer un cerveau. Non. Moi, mon bonheur, je l'ai maintenant. Je suis tranquille. Ah, t'es insortable ? Non, mais moi, j'ai mon bonheur. Moi, j'ai pas eu... Moi, j'ai... J'ai trouvé la chaussure à mon pied. Ouais. Donc, le chef, il va la trouver pour le 2-3 janvier. Coupe-toi les ongles, quand même, des pieds. Non, non, mais... C'est des corps, à ce niveau-là. Non, non, mais faut qu'il essaye de voir. Tu mets des chaussures en transpiration ? 20% n'ont pas d'argent. Ça, c'est sûr que... Là-dessus, on peut rien faire. Et 30% ne comprennent pas la question. Alors, là... Ils sont cons, parce que c'est quand même simple. Parce que l'argent fait le bonheur. Le bonheur, c'est l'argent, c'est tout. Ouais, non, mais... Ils ne comprennent pas la question, donc c'est pas grave. Bon, on n'a pas d'argent, ça, c'est sûr que... De toute manière, avec... Si t'as pas d'argent, de toute manière, tu peux rien faire. De toute façon, c'est la conjoncture. Voilà. Avec Patel. Donc, on va... La conjoncture qui vit. Donc, on va récupérer Poussin. Allô ? Ouais, Poussin. Ouais, Poussin, ouais. Donc, tabouret. Ouais, toujours là. Sandwich. Toujours là aussi. Tu me fais bander. Toujours là aussi. Parapluie. Galopos. Et Camembert. Je suis dans ma cabine, c'est ça. C'est bon. C'est quoi, là ? Donc, Camembert, s'il repasse avec... Non, mais c'est pas Camembert, c'était une fille. Je sais pas si t'as remarqué, mais t'as quatre nanas, quand même. Quatre nanas. T'as quatre nanas, gamin. C'est parce que ça groove. Ça groove grave, là. Ça prend la couche. Tu vois, elle écoute de la musique, en plus. Faudrait peut-être qu'elle arrête aussi. Tu vois, ou tu me fais bander, t'arrêtes ta musique. Elle brandit, là. Voilà. Donc, avoir un portable... Elle est chouette, en plus. Merci, je peux poser la question ? Vas-y. Bon, oui. Avoir... Gérard ? Attends, il pose la question, Camembert. Vas-y, Gérard. Vas-y. Avoir un portable, avec ou sans argent, peut-on y arriver ? Oui. On va demander à Poussin. Moi, je pense que, déjà, quand on achète un portable, il faut avoir de l'argent. Et quand on vend un portable, il faut... Bah, il faut investir. Et que ça se réfléchit, quoi. Parce que, déjà, ça rapporte, quoi. Ouais, mais tu peux aller plus loin dans... Bah, pour m'analyser ? Bah... C'est vrai, c'est une analyse. Bah, aller plus loin, euh... Non, mais tu... Hé, Fildard. Tu coupes la personne qui s'amuse à dire ça, et tu coupes ton micro quand je parle. D'accord. Je vous rends de ça. Tu devrais le savoir, de toute façon. Le dictateur. Alors, euh... Donc, euh... Pour toi, Poussin. Ouais. Bah, moi, j'ai répondu. Ah, t'as répondu ? Bah, oui, moi, je pense que... Je sais pas, avoir un portable... Je sais pas, il faut investir... Je sais pas, ça s'investit, quoi. Non, mais attends... Ça s'est réfléchi. Non, mais attends. Par exemple, si quelqu'un te vend un portable... Ouais. Tu... T'achètes une carte ? Une carte ? T'achètes une carte, euh... Sans abonnement. Bah... Bon, c'est... Hé ! Attends, Poussin. Hé, celui qui s'amuse derrière à dire des conneries, arrête ! Allô ? Parce qu'elle est avec ses copines, Poussin, c'est pour ça, quoi. Non, non, non, c'est pas Poussin, attends. Non, t'es pas mort ! Non, moi, je suis toute seule, moi. Attends, Pilsard, tu... Pilsard, tu me fais du bon boudon ? On avait comment... On avait... Bah, c'est impeccable, vas-y, je vais... Ouais. Ouais, c'est impeccable. Donc, t'as bourré. Moi, j'ai pas fait une réponse. Réponds-moi ! Bah, vas-y, Poussin. Bah, moi, je dis que quand on a un téléphone, il faut investir, voilà. C'est pour ça que tu m'interromps ? Ouais, t'avais déjà fini, alors, Poussin, hein. Ouais, bah ouais, d'accord. Ok. Ah, d'accord. Euh, t'as bourré. Derrière, les mecs, vous fermez vos gueules. Ok. Merci. Ouais, bah... T'as bourré. Ouais, bah, moi, une fois, j'ai gagné un portable sur Fun. Ouais. Et, euh... Et, en fait, quand j'ai reçu le dossier, les abonnements étaient trop chers. Donc, j'ai pas pris, quoi. Non, non, mais attends, attends. Et, de toute façon, mes amis m'ont dit qu'ils m'appelleraient pas sur un portable, c'était trop cher. Alors, t'as bourré. Je vais te dire une chose. Ouais. Que lorsque tu gagnes un portable... Ouais. Sur Fun Radio... Ouais. Normalement, la mise en service, c'est gratuit. Oui, la mise en service, oui, mais tu payes tous les mois un abonnement, et moi... Et alors, bah, dans ce cas-là, si t'as pas envie de payer d'abonnement, tu reprends, tu fais une chose... Ouais. T'en gagnes un tous les mois. Tu retournes là où le portable, tu l'as eu... Ouais. Et tu demandes à avoir une MobiCard. Ouais. C'est clair, net, précis ? C'est la pub, ma... Hein ? OK. Ouais, ouais. Bah, je ferai ça, ouais, avec mon dossier. Ouais. OK. D'accord ? Ouais, mais enfin, merci quand même à Fun de m'avoir offert un portable. Y a pas de quoi, y a pas de quoi. Et tu l'as gagné quand, par Fun Radio ? Oh là là, y a, je sais pas, six mois. Ouais. Ouais, c'est ça. Ah, c'est pas mal, hein. C'est pas mal. Ouais. Bon, fil d'or. Hop. Je peux même pas participer. Non, non, toi, tu t'écrases. Ah, super. Toi, tu t'écrases, tu fais ton boulot. Ouais, bah, je veux faire. Hein, OK. Euh... Tu me fais bander. Merde. Merde ? OK, bah, t'fais refoutre. C'est bon pour... Tu me fais bander, tu me... Tu me prends quelqu'un d'autre. OK. T'as rappelé ? Ouais, bah, écoute, c'est clair qu'il faut avoir de l'argent pour avoir un portable potable, quoi. Donc, moi, ce que je te conseille, c'est le Tattoo. C'est un peu moins cher. C'est tous les trucs genre Tattoo, Tamtam, Cobi. Oui. Parce que tu vois, bon, alors, après, le problème, c'est que tu ne peux pas que ton numéro passe à l'antenne. Je crois que tu connais le problème. Sinon, bah, tu peux... Tu prends un téléphone avec un fil et puis tu tiens une rallonge. C'est des merdes. Euh... Bah, tu tiens un câble, il n'y a que ça à faire. Si t'as pas de thunes pour avoir un sans-fils... Non, mais attends, tu vois, le Tattoo, c'est pareil. De quoi ? Parce que le Tattoo... Non, non, mais attends, attends, attends. Attends, je vais te répondre par appui. Le Tattoo, d'accord, on... Moi, j'ai eu des problèmes avec. Mais j'ai été forcé de faire changer mon numéro. Hein, t'es... Ouais, je me souviens, ouais. Donc, t'es au courant ? Yes. Hein ? Do you know... Do you know speak English ? Yes, I want to talk to you in the ass. Yeah. Yes. Yes, I want to explore... Yeah, yeah, yeah. Ah, non. Ah, non. You want to talk to me in the ass ? Non, je... Euh... Déjà, je peux te dire une chose. Il faut que tu mettes une pile dedans. C'est vrai. Ouais, une pile, ça coûte pas trop cher, c'est bon. Euh... Ouais, mais... Vu les piles qu'on a dedans, c'est pas évident. Si tu reçois beaucoup de messages que t'es une star, c'est sûr, les piles, elles se vivent rapidement, quoi. Dites-le moi en position vibrante, en permanence, dans la poche, tu vois ce que je vais dire ? C'est sûr, ça se vive. Hum-hum. Ah ouais. Non, mais, te dire, le tatou... Ouais. Le tatou avec la pile, si personne t'appelle, donc, il va s'éteindre à une certaine heure que tu programmes, il va se rallumer à la même heure. Ouais, Gérard, sans vouloir te vexer, c'est pas... Ni le débat, c'est pas les tatous ni les portables, quoi. C'est la thune. Ouais, mais... Donc... Donc, j'ai bien répondu à ta question, par appui ? Ouais, impeccable. Camembert ? Pardon, impeccable. Ouais, on aime mieux ça. Camembert ? Oui, ben moi, en fait, je pense qu'on peut avoir un portable sans avoir l'argent, parce que j'étais dans la rue, parce que je fais le def, et puis il y a un camion qui est passé, et puis il y a une caisse qui est tombée, et puis il y avait plein de portables dedans. Non, mais attends, là, pour l'instant, Camembert, t'es en train de me dire des conneries, Alors si c'est pour continuer à dire des conneries. Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non. Gérard, Gérard, sur l'internation, on te demande de répéter la question parce qu'ils n'ont pas entendu. Alors, avoir un portable avec ou sans argent, peut-on y arriver ? Ok. Alors, septième question. D'après vous, l'euro sera-t-il plus efficace que le franc ? Ça, c'est une bonne question. On va demander à Poussin. C'est dégueulasse. Je n'ai pas entendu la question. Oh ! Est-ce que l'euro est quoi ? Est-ce que l'euro sera plus efficace que le franc ? Non, moi, je pense que non. Parce que déjà, pour les personnes âgées, ça va être compliqué. Et le temps qu'on assimile tout ça, il nous faudra bien, je ne sais pas, au moins cinq ans. Non, mais déjà, déjà, il faut se dire une chose. Ouais. Avant que tous les autres répondent. Moi, je peux vous dire une chose, que l'euro, pour l'instant, c'est prévu pour là, 2000, pour 1999. Donc, ça ne sera que les pièces. Les billets seront prévus qu'en l'an 2000 ou 2002. Ben, vas-y, continue ! En l'an 2000 ou 2002. Donc, maintenant, j'ai vu des pubs. Il paraît qu'on peut... On peut garder même la carte bancaire. Les petits dessins animés, là, à la télé, c'est ça ? Ouais. Des trucs. Ouais. Ils peuvent... On peut garder... Par exemple, t'as une carte bancaire, tu vois, une carte bleue. Ouais. Et tu pourras payer avec ta carte bancaire. En franc. En franc ou en euro. Et comment je fais pour choisir ? Avec ma carte bleue, il y aura un bouton dessus ? Non, non, mais... Je sélectionne euro ou... Non, non, ça sera là, au magasin, où tu iras. Gérard ? Oui, euh... Si on regarde ici, on me dit que l'euro, c'est quand t'as bien mangé. Non, non, non, non. Ça, ça n'a rien à voir. Et on te demande si l'euro sera plus fort qu'elle le paie. Non, ça, je ne réponds même pas. C'est Zeewee qui demande ça. Ouais, ben, Zeewee, je n'y réponds même pas à sa question. Pas de politique. Donc, poussin. Ouais. Donc, pourquoi ? Ben, pour moi, c'est une source d'emmerde, quoi, parce que ça ne sert à rien. Déjà, l'avantage, c'est que ça va être une monnaie européenne. Et moi, je pense que, déjà, moi, déjà, ça me fait chier parce que ça ne sert à rien, voilà, quoi. Les personnes âgées, ça va, ça va... Franchement, les personnes âgées, ça va leur faire chier, quoi, tant qu'elles affluent tout ça. Elles vont crever, donc... Voilà, quoi. Tu sais, qui c'est qui dit que les personnes âgées peuvent crever, là ? Je n'ai pas dit qu'elles peuvent crever, j'ai dit que... Ah, c'est dégueulasse, Sam. C'est dégueulasse. Mais non. Non, non, non, mais attendez, attendez, attendez. Il faut bien se dire une chose, que l'euro, ça va emmerder tout le monde. C'est que là, ça ne sert à rien. Et ça, ça va, je dis, emmerder plus les personnes âgées. Le tabouret. Oui. Donc, pour toi ? Moi, je pense que c'est génial, l'euro. Et moi, j'attends vraiment une monnaie mondiale. Ce n'est pas que pour l'Europe, c'est vraiment pour le monde. Je ne sais pas, ça paraît le mondiaux, je ne sais pas, le périod. On ne s'emmerderait plus, au fond de terre, à changer les monnaies. Ce serait la même monnaie partout, pareil. Non, mais de toute manière, l'euro, tu vas être obligée de changer, hein ? Oui, non, mais je suis d'accord, mais... En euro, par exemple. Mais tu vas être obligée de changer. Tu vas être obligée de changer le franc contre l'euro. Oui, bien sûr. D'accord. D'accord ? Il y a quelqu'un qui se fait tirer sa caisse, hein ? Tu me fais bander. Non, elle est partie, tu me fais bander. C'est pour ça que je voulais t'annoncer. Donc, ta sandwich, quand même, Gérard, ne t'oublie pas. Puis tout à l'heure, elle est là, elle attend. Ben, sandwich. Ben, merci, quand même, ouais. Tu as répondu à la sixième ? Ben non, je n'ai pas répondu, mais bon, ce n'est pas grave. Non, non, mais attends, je... Non, elle veut... Non, non, non, attends. Avoir un portable avec ou sans argent, peut-on y arriver, donc, pour toi ? Ben non, pas pour moi, non. Non ? OK, septième. Merci. Septième, ouais. Ouais, donc, je voulais... Ouais, mais attends, il faut préciser les gens qui restent. Ben oui, ben, c'est marqué. Ben ouais, mais si tu me dis... Si je fais tout le monde et que tu ne me précises pas qu'il y a une personne qui n'a pas répondu, il faut me le dire, hein. Ben oui. Non, c'est alors sandwich. Ben, écoute, moi, pour moi, au niveau de la manifestation qu'elle finit, elle parlait, là. Moi, je suis un peu... Je suis un peu... Comment dire ? Je ne suis pas vraiment d'accord, parce que je crois que ça va être trop tard, de toute façon. La manifestation, elle ne changera rien, hein. Non, mais même, de toute manière, l'euro, là, il arrive dans moins de 15 jours. Oui. Donc, juste après les fêtes de... L'arrêt de vous ? Ah, c'est le 1er janvier, l'euro ? L'arrêt de vous ? Ouais. 1er janvier, là ? Le 2 janvier. 2 janvier 99, t'auras les pièces. On va faire comme toi, on va payer notre dinde en euros, là. Non, non, non, tu vas faire les fêtes de fin d'année, si tu veux, avec le fond normal. Ah, là ? Et au moment de... Le 2 janvier, juste après les fêtes de fin d'année, tu vas avoir de l'euro. Mais là, par contre, il ne faudra pas mélanger, par exemple... C'est un bordel, hein. Non, mais attends, regarde. T'as déjà des euros ? Non, non. Je prends 5 francs. Moi aussi, j'en ai. Tu vas avoir des euros en plus. Et là, je ne sais pas, parce que... Des zéros ou des euros ? Oh, tais-toi, toi. Non, il faut savoir. Tais-toi, toi. Tu l'ais, toi. Bah, OK. Non, je ne sais pas, parce que moi, j'ai une pièce, là, je ne sais pas, d'où qu'elle sort. Il faudrait que je voie si c'est pas un euro ou pas. Non, mais c'est un genre de pièce d'emprunte. Mais il y en a déjà, des euros, actuellement ? Non. Ben, je pense. Gérard, il y a Turpentine qui te demande si la vie sera moins dure avec l'euro. Euh, non, je pense qu'elle sera pareille, hein. Ouais, c'est la même chose, c'est de la monnaie, de toute façon. Ouais, mais même, elle sera aussi dure, hein. De toute manière, en fin de compte, c'est pas pour nous que ça va être le plus dur. Ça va être pour les personnes âgées, comme certaines personnes m'ont dit. Ouais, tout à fait, tout à fait. Ouais. Ça va être le plus dur, ça va être pour les personnes âgées. Il faut les tuer à la naissance. Ouais, non, mais attends, il faut les tuer à la naissance, et si on vous tue, vous, à la naissance, bande de cabs. Gérard, sur IRC, il y a Daf qui me dit que le masque de Zorro, il est déjà sorti, hein. Bon, ben, attends, lui, il est carrément en dehors de la plaque. Après, Sandwich, donc, à la place de Tu me fais bander, on a Roblochon, 19 ans, de Brest. Salut, Roblochon. Salut. Voilà, donc, il peut répondre. Ouais, Roblochon, je t'écoute. Ben, ouais, je sais pas, tu peux répéter la question, parce que j'ai pas bien écouté, là, en fait. Eh, putain, mais merde ! Il est au standard avec moi, GG, merde. Non, mais attends. Non, moi, quand je suis... Gérard, arrête de tourner comme ça, tu fais mal à la tête, t'as vu ? Ah, le portable qui vient, là. Ouais, le portable... En plus, il y a quelqu'un... En plus, il sonne, ben, je vais essayer de gérer le portable, Gérard, vas-y, pas la Roblochon. Alors, Roblochon, je t'écoute. Non, mais attends, tu peux répéter la question, parce que j'ai... Alors, d'après vous, l'euro sera-t-il plus efficace que le franc ? Ben, ouais, je sais pas, peut-être. Ouais, ouais, ouais, ouais. Hum ? Par rapport à d'autres pays, ouais, ça ira mieux. Euh, Camembert ? Euh, non, Camembert, attends, 5 minutes. Sur IRC, il y a Sardine qui te demande, avec l'euro, est-ce qu'il va falloir changer les billets du Monopoly ? Ben, pour l'instant, les billets ne sont pas prévus. Donc, les billets sont pas avant l'an de... Pas avant 2002. Donc, qui commence pas à nous casser les burnes ? Ben, il y aura que des pièces au début. Au début, oui. On aura des pièces de 5000 balles ? Non, ça sera des pièces... Je sais même pas... Des pièces de voiture, des pièces de moto ? Non, euh, donc... Donc, Camembert ? Non, parapluie, Camembert, il est parti. Alors, parapluie ? Ouais, ben, écoute, moi, ce que je peux te dire, c'est que l'euro, ça marchera mieux en Europe. Et que, si t'es en dehors de l'Europe, donc, par exemple, en France, ben, il vaut mieux utiliser le franc. Hum. Par contre, ce que je peux te dire, c'est que ça va poser des problèmes, parce que, tu vois, ça va plus te faire des contrôles. C'est-à-dire que, bon, je prends un exemple, faut pas que tu t'énerves, imagine, tu vas aux putes te faire sucer, ça coûtait 100 francs. Hum. Maintenant, il va falloir que tu viennes avec de la monnaie. Parce que, t'imagines la galère, les putes, elles vont se travailler avec des sacs entiers de monnaie. Parce que, 100 francs, ça fait quoi ? Ça fait 15 euros et des centimes, tu vois ? C'est clair. Et, t'imagines, les putes, elles vont passer leur temps avec des tonnes et des tonnes de monnaie. Ouais, avant... Oh, oh, oh, derrière, vous le laissez parler. Avant, quand j'allais pécho une red bat kiff, c'est 100 francs. Là, pareil, ça va plus faire des contrôles, c'est pas possible, ça va être trop une galère. Ouais, tu m'étonnes, maintenant, on va avoir plein de pièces dans les poches, et voilà. Mais, ouais, mais, mais, attends, attendez, attends, attends, attends, reblechons, reblechons. Ouais. Je vais calmer tout le monde. De toute manière, s'assoyez avec des pièces ou des billets, de toute manière, on sera toujours emmerdés. Mais, on sera toujours bien sucés, ça c'est clair. Ça c'est clair. Mais, t'imagines, les putes, elles vont se trimballer avec des sacs en deux pour se trimballer la monnaie, quoi. Mais, tu dis pas putes, c'est ce que tu dis. Ah, pardon, les péris, pas péris. On dit maman travaille, ok, on passe péris. Gérard, attends, sur l'URC, il y a Mulder, le vrai, donc le vrai, qui te demande si l'euro fera de toi un homme riche. Non. Non, pourquoi ? De toute manière, même avec de l'euro, tu pourras pas être riche, c'est pas facile. Mais dans quel sens ? Non, mais ça serait impossible, tu peux pas être riche avec de l'euro, ça c'est impossible. De toute manière, ça va être un débat que je pense qu'on... Ah, on va le faire, ce truc-là ? On le fera l'année prochaine. Si, si, tu l'as déjà fait l'année dernière. Ah, je pense qu'on l'a cassé. On a déjà fait un débat sur l'euro. Ah, je m'en souviens. Comme si j'y avais participé, je m'en souviens. Mais t'as pas fait sur l'EP, par contre. Ah ouais, c'est vrai. T'as fait sur l'euro, mais pas sur l'EP. Euh, Vasquerie. Oui, bonsoir, je suis Vasquerie, j'ai 21 ans, j'appelle de Lyon. Ouais, ben, on le sait, j'ai la fiche... Ouais, ben, je t'écoute. En fait, moi, j'ai de la famille en Italie. Ouais, mais t'as pas une vache qui pleure ? Je suis pas t'excité. Oh, c'est rien, ouais ! T'as pas une vache qui pleure ? Tu m'as vanné, tu m'as vanné. Mais par contre, oui, donc j'ai de la famille en Italie, donc je voyage beaucoup. Et c'est clair, quand je passe au change, parce qu'il faut changer l'argent, ben, je perds beaucoup. Tandis qu'avec l'euro, je perdrai moins. Le voyage sera plus abordable. Par contre, c'est un aspect négatif, parce qu'en Italie... Hé, là, attends. Vache qui rit. Hé, la salope ! Qui est en train de se prendre son pied. Arrête ! Et par contre, je vais saluer un petit Lyonnais qui travaille à la radio le matin de 6h à 9h. C'est M. Babart ! Parce qu'il nous écoute, et il me dit à chaque fois... À ce temps-là, il écoute, c'est sûr. C'est con, parce qu'on ne lui sait pas le débat. Non, oui. Ouais, ben, on se calme après, Bart. Il va vous laisser, il va vous réveiller demain matin, entre 6h et 9h. Euh, on se calme derrière ! Pour revenir au débat, il y a Perforas sur l'IRC qui te demande comment... Le vrai ? Ouais, le vrai, aussi. Et, putain, il y a de la célébrité ce soir. Comment est-ce qu'on pourra jouer pile ou face avec l'euro ? Eh, c'est pas con. Ah, ben, alors là, déjà, il faudrait que j'aille d'une pièce d'euro pour essayer de savoir d'où est le côté pile ou face. Donc, huitième question. Bon, parce qu'après, on va attaquer le deuxième débat. Oh ! Ouais, mais ça y est, pour moi, t'as fini. Attends, je voulais juste ajouter que, ben, l'euro, tu vois, qu'en Italie, un euro, ça vaut 6 000 lire. Non, ça vaut pas 6 000 lire, ça vaut 6 francs, 6 francs 50. C'est pas en Italie, c'est pas en Italie. Oh, mais, mon dieu ! Un euro, ça vaut 6 000 lire italienne. T'en fous de ton cul ! Eh, moi, t'en es une salope ! Attends, attends, attends ! Mais, c'est un mec, ça. S'il vous plaît, s'il vous plaît ! Un peu de calme ! Non, ça y est, c'est terminé. Non, mais attends, j'ai pas fini. Maintenant, tu me laisses parler. Oh, si je veux ! Erreur, je peux te poser une question ? Oh, ta gueule, elle est la tienne ! Non, mais calme ! Donc, tu me laisses... Tu me laisses parler, Gérard ? Non, t'accouches, parce qu'il a déjà eu... Donc, en Italie, un euro, ça vaut 2 500 lire. Et donc, tu passes de 2 500 à un, donc tu y perds. Quoi ? Attends, attends, je prends des notes, je fais des divisions. En Italie, un euro... Gérard, prends des notes, merde ! Tu fais une tournée en Italie, après. Alors, un euro, ça fait... Non, non, laisse tomber, laisse tomber, laisse tomber ! Mettez-vous de l'argent ! Un euro... Mettez-vous de l'argent aux autres ! Bon, ça y est, ça y est, ça y est, ça y est ! Oh ! 253 couronnes. Non ! Gérard, assieds-toi, assieds-toi, frappe pas, file d'un. 3, 2, tu marques, ok ? Voilà. Oh, merde ! Et sinon, Gérard, il y a Yannix sur l'IRC qui te demande comment on fera pour retirer de l'argent quand ce sera en euros, vu que là, on tire 100 francs, c'est un billet, mais... En euros, on va tirer des pièces ? Ah, voilà. Voilà la question que j'attendais. Enfin, une bonne question sur l'IRC ! Il y a que toi qui parraille bien, pour l'instant, Rigo. C'était une question de Yannix. Le vrai Yannix. Mais ça y est, Gérard, arrête de me faire des signes, je sais ce que je fais. Alors, donc, pour... Bon, ça y est, bravo ! C'est le tel à bien travailler ! Bravo, Rigo ! Merci, les mecs. Bon, faut s'appeler les Blancs, hein. Donc, pour l'instant, les billets, ils sont prévus pour 2002. Donc, par distributeur, je sais pas si t'auras les pièces, t'auras toujours les billets normaux. C'est faux. Quoi, c'est faux ? Ouais. C'est grave. Pourquoi c'est faux ? Bah, je sais pas, c'est toi qui pose la question. Ah non, moi, j'ai pas le micro allumé, hein. Bon, enfin, bref. Mettez-vous de l'argent. G, G, G, G, G, G. Ok. Je vous écoute. Ouais, c'est par rapport à ce que les billets et les pièces, c'était en 2002. T'es juste comme un héros. Attends, toi, la salope, tu vas te faire baiser par quelqu'un d'autre, Gérard. Oh, qui t'en cul. Bah, moi, je t'emmerde. Gérard, je te pose une question. Vas-y. En fait, je voulais te demander, tu me dis, à partir de 99, on va avoir des pièces en euros. C'est pour ça, je le dis, parce qu'elle a pas donné son prénom. C'est pour ça, ouais, c'est pour ça. Ouais, bah, faudrait peut-être préciser. Vas-y, je t'écoute. Excuse-moi, excuse-moi, Gégé. En fait, je voulais te demander, tu vois, par exemple, dans les téléphones, dans les cabines, il y a des téléphones à pièces. Non, non, depuis maintenant, non. Maintenant, c'est des cabines à cartes. Ouais, bah, disons, dans les péages, dans les billards, dans les baby-foot, il va falloir payer en euros, maintenant. Ah bah, oui. Et ils vont faire comment ? Ils vont changer les baby-foot ? Ils vont changer les pièges ? Non ! Les pièges, ils vont acheter des jetons. Non, non, non, non, non. Les pièges, elles seront de la même taille, en fait. Non, non, non, non. Ce qui va se produire, et ça, là, je pense que je suis pas assez informé dessus. Faudrait voir avec des personnes des champs de café que là où ils ont les plus peur les billards et les baby-foot ou autres, donc, pour savoir comment ça va se passer avec les pièces en euros. Oui, alors, Rigaud ? Oui, il y a Benichou, le vrai, sur l'IRC, qui donne un petit sondage sauf presse. Est-ce que l'euro sent mauvais ? 23% des gens ont répondu non. 38,894% disent oui quand il sort de la Lyonnaise. Et 86,70% disent oui quand il sort de la poche de Gérard. Ouais, bah, ça... Merci, merci, Rigaud. Bravo. Le truc, je vois pas du tout... Je vois pas du tout le rapport avec les questions. On est combien ? On est combien, là ? On est à 4, là. On stagne autour de... Ça va, toi, Phil ? Non, on est 4 dans le studio. Toi, t'as ton micro et... Ça tourne autour de 4 500, quoi. On stagne un peu, mais c'est déjà énorme. 4 500 ? Ouais. Ça a monté par rapport à tout à l'heure. Ouais, mais c'est un peu mieux que la semaine dernière, parce que la semaine dernière... Je demande combien on est. 4,5 et 2,0, j'ai dit. 4 528, toi. Ah, bon. Ah, 2 et... On n'est plus que 4 522, maintenant. Non, Gérard, on va faire la conclusion, là, parce que c'est 2 heures. D'accord ? Ben, non, on peut se... Ah, ben non, attends. Si on veut faire l'autre débat, on va jamais arriver à 3 heures. On arrête à 3 heures, donc on va faire la conclusion, quand même. Ben, attends, pour l'instant, c'est toi qui commande. Ben, attends, depuis quand t'es passé chef, toi ? T'es passé chef ? Non, mais je suis pas passé chef, je te demande si on peut faire la conclusion. Non, mais attends, pour l'instant... Eh, c'est moi qui commande. C'est moi qui commande. C'est moi qui commande. Ben, dis ta question. C'est moi qui commande, Gégé. Alors ? Conclusion. Les femmes devraient-elles payer leur mari ? Attends, on va demander à Poussin. Poussin ! Oui ! Les femmes devraient-elles payer leur mari ? Ouais. Pourquoi elles devraient payer leur mari ? Ah, je te pose la question. Ben, non. C'est les mecs qui payent leurs femmes, quoi. Ils les entretiennent. Ah, d'accord. C'est normal, parce qu'une femme, elle est censée faire la cuisine. C'est les mecs qui le disent, ça. Hum ? Alors, voilà, quoi. C'est les mecs qui entretiennent les femmes. Moi, c'est comme ça, quoi. Et tu crois qu'on va continuer à vous entretenir ? Ben, non. Ça rêve, là. De toute façon, maintenant, les femmes, elles sont égales aux hommes. Alors, je sais pas, moi. Ah, non, non, non, non. Attends, Poussin, Poussin. Bon, attendez, attendez, attendez. On va répondre à ces conneries, là, Gérard. Attendez, attendez, attendez. Mais c'est pas macho ? Mais dis-tu que ça, Gérard ? Bon, Poussin. Attendez, Gérard. Gérard va répondre. Attendez. On laisse... On va demander à Tabou. Ouais, je vais répondre juste derrière. Gérard, Tabouret. Ouais, ben, manquerait plus que ça, encore, qu'on paye les hommes. Hum ? Sandwich. Des fois, ouais, si je pouvais payer le mien pour qu'il ferme sa gueule, je le ferais. Attends, qui c'est qui vient de dire ça ? C'est Tabouret, Tabouret. Tabouret. Sandwich. Sandwich est parti, Gérard. Son portable est mort. Ah, ben, d'accord. C'est quoi, là, ses conclusions, Gérard ? Non, non, c'est pas la conclusion, c'est... Gâteau, désespère pas, ça va arriver, hein. C'est la dixième. Ça va bien, alors. En notion ? Ben, moi, je pense que ouais, parce que, vu qu'elle nous font chier toute la journée, ça serait à peu près normal, quoi. Puis, ouais... Attends, attends. Hé, derrière, derrière, vous vous taisez ? Ah, les filles. Hein, Tabouret et Poussin, toutes tes... Ouais, ça me vaut les gueules, un peu. Oh, tu restes poli, tu... Tu restes poli, Robleson. Ouais, on parle pas comme ça aux salopes. Bah, toi, le salope, tu fermes ta gueule. Ouais, excuse. Ok ? Ouais, tu fermes ta gueule, pas de ta mère. Ok, cochonne. Oh ! Bon, Robleson. Ouais. Robleson. Robleson, tu dégages ta conclusion, je la veux pas. Non, mais c'est pas Robleson qui dit... Ouais, tu dégages, salut. Hop, le Robleson, il... Ça sent pas bon, là. Il pue, voilà. Parapluie. Ouais, bah, écoute, moi, je suis plutôt dans le style gigolo, donc me faire entretenir par des vieilles cochonnes de 50 ans qui sont pétées de thunes, ça le fait. Non, mais attends. Attends, attends. Parapluie. Ouais. Hé, les femmes de Bretel, payez leur mari. Bah, justement, moi, je te dis, je prends des vieilles, je leur mets une cartouche une fois dans le mot, elles sont contentes, en attendant, elles m'arrosent deux thunes, et c'est bon. OK. Voilà. Euh, Vasquerie ? Bah, moi, je pense que c'est une bonne idée, parce que c'est toujours nous qui payons tout, le ciné, les sorties, machin, tout ça, et ce serait une bonne idée qu'on retourne et nous fait d'un salaire. Alors, là, moi, je suis pas d'accord avec vous, parce qu'en fin de compte, en fin de compte, les femmes, elles sont là pour nous faire à bouffer, elles sont là pour nous laver notre linge, pour nous entretenir, pour faire la vaisselle et tout. Maintenant... Non, non, non. Non. Qu'est-ce qu'il faut pas ? Tu vas pas te faire sucer par ton chien, c'est bien ta femme qui te suce, donc elles sont là aussi pour sucer. Attends, toi, tu fermes ta gueule, tu vas te faire sucer par une pute. Bah, écoute, c'est logique, non, j'ai ce qu'il faut faire. C'est des femmes. Ouais, mais, de toute manière, jusqu'à maintenant, moi... C'est pas la loco. Alors, moi, la loco, attends, merde, alors, conclusion, ça t'apprendra. À cause de toi, je... Merci beaucoup. On va commencer ta conclusion. Non, non, mais, vous allez voir. Vous allez voir au deuxième débat. La conclusion de l'IRC, Gérard. Ouais, donc, il y a Yankee sur l'IRC. Attends, faut que je la retrouve, parce que je sais plus où elle est passée. Conclusion, pour faire un débat sur l'argent, il faut déjà en posséder. Quand on fouille dans les poubelles, il faudra mieux qu'on fasse un débat sur les déchets domestiques. Ça, c'est pas un débat que je ferai. Et il y a Turpentine sur l'IRC qui dit que ton débat, il avait ni queue ni tête comme toi. Dans ces cas-là, si ça leur plaît pas sur l'IRC, dans ces cas-là, qu'ils arrêtent de dépenser leurs poignons. De toute manière, l'IRC, il faut le payer. Avec de l'argent. Donc, il faut avoir de l'argent. Quand est-ce que c'est la grève, Rigo ? Le 13. Je crois que c'est pour bientôt. Il vient de te dire le 13, on est le 11. Donc, dans deux jours, merde ! C'est bien marrant tout ça ! Un dimanche ! T'as tout compris, t'assures. C'est vraiment mortel. Alors, conclusion, on va demander à Poussin. La conclusion, moi, je dirais que ce débat était très intéressant. Grâce à toi, Gégé, j'en ai pris plus sur l'euro. Puis voilà, merci Gégé. Il n'y a pas de quoi. Tabouret ? Moi, l'argent, j'en ai pas. Donc, je lance un appel. S'il y a un vieux qui est prêt à claquer, qui m'écoute et qui a plein de fric, je suis prête. Non, mais attends, Tabouret. Tu te fous de ma gueule ? Non, mais je crois que tu prends le train. Tu prends le train. Pourquoi ? Parce que tout à l'heure, quand je t'ai posé une question sur de l'argent, tu m'as dit je ne suis pas lycéenne et je travaille. Oui, ben oui, mais je travaille mais je ne gagne pas beaucoup d'argent. Une fois que le loyer est payé, je n'ai plus rien, c'est tout. Moi, je cherche un vieux. A la rigueur, je l'aide à mourir et puis j'ai tout son fric et je m'éclate avec. Je l'aime à mourir, c'est ça ? Oui, c'est ça. Robloçon, il n'est plus là ? Non, tu l'as vu ? Non. Un parapluie ? Oui, ben écoute, l'argent, l'euro, je voulais juste te dire que je ne sais pas si tu savais, mais avant l'euro, ça s'appelait l'écu et je voulais savoir pourquoi la Banque de France et toi vous visez des fixations sur le gerbille et le caca et je voulais te dire que tu as bien une tronche à être payé en monnaie de singe, voilà. Alors moi, je vais te dire une chose, parapluie. Non, mais attends. C'est coupé. Toi, tu mets ça à ton micro, tu m'énerves avec ton micro. Maintenant, tu me remets parapluie à l'antenne ? Oui, je suis là. Ben moi, je vais te dire une chose, parce que ce que tu viens de me dire comme conclusion, ben moi, je t'emmerde. Ah ben, on est deux alors. Ok ? Et je te chie dans le bec. Vas-y. Ok, alors bonne nuit. Bonne nuit. Vas-y, Ray, pour terminer. Ben moi, j'ai trouvé que c'était un débat assez intéressant. On a appris pas mal de choses et je voudrais terminer, si tu le permets, sur une citation de Descartes qui est tout à fait dans le cadre du débat de plus à quoi servirait l'infinie puissance de cet infini imaginaire s'il ne pouvait jamais rien créer. Voilà. Bonne soirée. Ok, bonne soirée à toi. Donc, moi, ma conclusion, il y a peut-être une autre conclusion, non ? Conclusion, Fildar, passe-moi ton stylo, s'il te plaît. Ouais. Jolie conclusion, Hugo. C'est toi qui bosses le mieux. Voilà. Alors, moi, conclusion, ben moi, ce que je peux vous dire, c'est que pour l'argent, donc sur l'euro, donc maintenant, ça va être assez compliqué parce que ça va être pour les personnes âgées, donc ça, ça va être le plus dur. Sinon, qu'est-ce que je pouvais vous rapporter, vous dire d'autre ? Bon, ben, donnez à ceux que... Donnez ce que vous pouvez à des associations que vous êtes sûrs de connaître, mais faites attention. Faites attention parce que l'argent ne fait pas le bonheur. En fin de compte, on croit que l'argent fait le bonheur, et en fin de compte, non. C'est pas avec de l'argent qu'on y est. Avec de l'argent, on peut aller partout dès qu'on en a, mais si on n'en a pas, ben... Qu'est-ce que je peux vous dire d'autre ? Si on n'a pas d'argent, ben, on crève. Et donc, comme j'ai dit, comptez vos amis. Parce que les amis, ça se compte sur les 5 doigts d'une main. 1, 2, 3 ! Ouais, moi, j'en ai que 3. Et comme le remix, il dit, et 1, et 2, et 3, 0. Donc, voilà. Bravo, bravo, bravo ! Alors, on va se retrouver pour le deuxième débat qui va porter sur les jeux vidéo. Et donc, on va s'écouter. La petite fermière du bois avec des oursins dans le cul. Ouais, les Zeldas où il y a... Plus le... Plus le remix de merde. Euh... Alors, toi, quand tu viens là, tu vas prendre une blague dans ta gueule. Oh, mais, Gérard ! Alors, plus le remix de merde. C'est pas ça. Donc, tu me donnes la pochette, Manu, si tu veux. Quelle pochette ? Mais tu vas rien comprendre. La pochette de quoi ? Ça, on ne le met pas tout de suite, ça. Si, si. Non, on ne le met pas tout de suite. Si, c'est le deuxième. C'est ça. Parce que plus le remix de merde. Eh ben, alors, tu me les donnes. Je vais les annoncer gentiment. Eh ben, vas-y, fais le malin. Alors, euh... Vas-y, on va se marrer, là. Vas-y, fais le malin. Alors, le premier, c'est quoi ? Le premier, c'est... C'est plage 10. Plage 10. Alors, plage 10... On va se marrer. Allez. Alors, c'est, euh... Soon... Soon die. Oui, one... D'accord. Donc, en fin de compte, je vous dirais pas le premier donc c'est en fin de compte le premier c'est la première du bois avec des oursins dans le cul et le deuxième pour terminer donc un remix de merde donc c'est pas c'est ça le noir là c'est qui qui pro prodigy avec firest artères donc à tout à l'heure pour le deuxième débat sur fun radio n'oubliez pas ce système s'empêcher == Le débat sur les jeux vidéo == === Contexte === === Les personnages === === Transcription === Et voilà, donc vous venez d'écouter. Fildar, s'il te plaît, tu peux l'annoncer. C'était les Pro DJ avec Firestarter, c'est ce que tu as dit tout à l'heure, Gégé. Ah ouais, mais moi, c'était pas ce qui était annoncé, c'était en principe plus un remix de merde. Ah non, mais on l'a pas mis, parce qu'on a changé au dernier moment la prog. Ah ouais, ben d'accord. Ok, donc vous êtes toujours sur PN Radio, donc au standard, c'est Manu qui vous attend. Ouais ! Donc au 0803 0803. 0800 75 000 à moins que le 0803 le 0800 ne fonctionne plus. Ils essayent les deux et puis ils verront bien. Ouais, voilà. Donc Manu vous attend toujours au standard. Rigaud toujours sur l'internet, prêt à répondre aux questions. Ouais. Donc... Ouais, y'a pas de problème. Et ben... Fildar à la réa, en espérant qu'il va me faire du bon petit boulot comme le premier. J'espère. Donc, il y aura une surprise pour... Ben, pour les auditeurs qui ont l'habitude d'écouter Max le soir. Je vous dis pas quoi, parce que sinon... Bon, sinon, on peut l'annoncer, Fildar ? Ben, je sais pas, je sais pas, c'est une surprise, je sais pas. Ben si, ben, tu l'as, là. C'est... Ça va être dévié pour toi, Sandy, ma chérie. Ça va être fête à fête. Relaxation, ouais. Le pouvoir de la méditation. Mais non, c'est pas ça ! Là, tu l'as, là, là, devant tes yeux. Je te suis dessus, Christo. Mais non, mais non, c'est pas ça. Ça va être... Ça va être dédié pour Sandy, ça va être fête à fête. C'est ça ? Voilà ! Voilà. OK, d'accord. Et comme elle l'adore, on va lui dédier, malgré qu'elle... Ça lui rappelle des souvenirs. Ouais, mais... Non, mais ça lui rappelle pas des souvenirs, Manu. Ben, je sais pas pourquoi, elle l'aime bien. C'est pas le débat, c'est pas le débat. Non, mais elle aime bien, parce que... Depuis qu'elle l'a écouté, bon, ben... Ben, voyons, balance tout, toi. Gérard, on va peut-être commencer à accueillir les auditeurs, parce qu'il est déjà 2h20. Donc, le deuxième débat, donc, il est 2h18. Oui, c'est vrai, il faut qu'on avance. Donc, le deuxième débat porte sur les jeux vidéo. Et pour les jeux vidéo, on va accueillir Monica Latégresse. Salut, Gégé. 19 ans, de Paris. On peut écouter FN Radio sur 101.9 FM. Ouais, salut, Gégé. Donc, bonsoir à toi. Bulbul Gomme, 20 ans, de Marseille. On peut écouter FN Radio sur 103.9 FM. Salut, Gérard. Salut, Philippe Barre. Salut, Manu. Salut. Lara... Lara Graff. Hein ? Lara Graff. Ah, ben, moi, j'ai Graff. Ah, c'est Graff. Donc, 21 ans de Max et Bill. On peut écouter FN Radio sur 95 FM. Bonsoir, Gérard. Bonsoir, Manu. Bonsoir, Philippe Barre. Et bonsoir, Max. Max, il est... Pour l'instant, il est en train de préparer son petit... Ah, j'ai regardé Techno Max tout à l'heure. Ah, ben, c'est bien. Ah, ben, au moins des... J'espère que tout le monde l'a regardé. Ouais. Et l'éditeur suivant, c'est quoi ? Donc, c'est Pierre Mario. C'est Lara Graff. Bonsoir. Super Mario, 19 ans, de... Albertville. D'Albertville. On peut écouter FN Radio sur 97.5 FM. Oui, Rigo. Je voulais juste dire à Super Mario que je suis fan. Ah, OK. Ah, merci. Pac-Man, 23 ans. Oui, bonsoir, toute la populace. Salut. On peut écouter... On peut écouter FN Radio sur 101.9. Yes, c'est pareil. OK. Et Sonic, 19 ans, de Tokyo. Oui, j'appelle du Japon. J'ai un décalage. Je vous écoute sur Internet. Et il est 8h du matin à Tokyo. Ah, OK. Il fait beau, non ? Non, il se clope. Alors, donc, que peut-on faire avec des jeux vidéo ? On va demander ça à Monica la tigresse. Ben, qu'est-ce qu'on peut faire ? Ben, on peut jouer avec. C'est une bonne chose. Ben, en principe, des jeux... En principe, les jeux vidéo, c'est pour jouer avec. Ben, qu'est-ce qu'on peut faire avec ? C'est pas pour se branler. Ben, on peut... Ça passe longtemps, quoi. On se défoule dessus. Quand on a passé une journée de travail, on est stressé et tout. Et le soir, quand on rentre, une partie de Tekken... Ah, une partie de Tekken ! Attends... Une partie de Tekken ! Non, mais... Ah, non, mais là... Non, mais là... Vraiment trop con, hein. Là, t'es vraiment trop conne, hein. Ouais. Là, t'es vraiment une tigresse, hein. Ben, c'est une partie de Tekken. Allez, c'est bon, va te coucher. Oui, ben, ça sert à se défendre. Ça sert à se défendre. Et puis, ça sert à se défouler quand les gens nous prennent la tête. Parce qu'on fait des petits Mortal Kombat, des choses comme ça. Voilà, tu peux répéter, parce que là, j'ai... Je te dis que ça sert à se défouler quand il y a des gens qui t'ont pris la tête. C'est un Mortal Kombat. Non, mais celui qui a une... Il y en a un qui est en train de jouer aux jeux vidéo, en plus, c'est pas cool. J'ai l'impression que c'est... Tiens, ça, je reconnais ce... Celui-là, je l'ai pas, je suis jaloux. Non, mais moi, je le reconnais, parce que c'était la première fois que j'ai connu Max. Oh, ta gueule derrière ! On va demander à l'oragraphe. L'oragraphe. Ouais, ben, je sais pas qui c'est qui m'a écrit ce nom-là, mais je prononce comme c'est marqué. Allez ! Ouais, donc, normalement, c'est fait pour se défouler, mais aussi, si t'as la table qui est bancale, tu peux le mettre sur le pied. Ah, sur le pied ? Ouais, sur le pied de la table. Comme ça, ça te fait une table droite. Ah, une table droite ? Ben, la boîte. La console. La console, tu la mets dans ta PlayStation, et puis, la boîte, tu la mets sous le... sous le pied. Ouais, d'accord. Attends, je regarde vite fait. Oui, il y a Oxyd sur IRC qui te demande si c'est vrai que Sandy a fait des jeux vidéo quand elle jouait avec ton joystick et que toi, en même temps, t'appuies sur tous ses boutons. Et c'est toujours Game Over. Alors, lui, je lui réponds même pas à la question. Ça vaudra plus... Ça ira plus vite. Super Mario. Et sinon, il y a Yankee qui te demande si c'est vrai que Tom. C'est clair. C'est un nouvel manette de jeu, ça. C'est clair, ouais. Euh, je réponds même pas à des questions pourrites sur l'Internet, parce que là... Mais qu'est-ce que c'est pourrite ? C'est pourrite. Tes questions, Rodrigo. Non, non, mais... Non, mais c'est pas les miennes, non. Non, non, mais... Les gens d'IRC posaient des questions qui... Qui mettent en valeur robot, quoi. Merde. Qui ont un rapport... Posez des questions qui ont un rapport avec des jeux. Filder, pour l'instant, tu t'écrases, parce que... Allez, mortel débat. On y va. Euh... Super Mario. Bah, moi, je pense que les jeux vidéo, ça se sert déjà pour se défouler. Puis en plus, on peut se détendre surtout avec, quoi. Comment ? On peut se détendre avec. On se détend, quoi, le soir. Parce que parfois, c'est relou qu'on rentre le soir, on est bien vénère et tout. Alors, on se détend. Voilà. Et par exemple, si t'as... Si t'as pas de jeux de vidéo, si t'as pas de PlayStation, tout ça, c'est quoi ? Comment tu fais ? Bah, je sais pas. Tu te débrouilles. Tu m'as de quoi ? Tu t'es fait un pote. Qui en a eu ? Comment ? Tu tapes sur ta femme. Oh, non. Mais attends. Alors, là, qui c'est qui vient me dire ça ? Les filles. Non, mais dis ton nom, celle qui vient me dire ça. T'as le courage de dire ton nom, mais... Pétasse, là, qui vient me dire ça ? C'est quoi, Sam ? Oh, là, là, putain, j'aime bien... Elle vient pas de fou, hier. J'aime bien les salopes, là, comme ça. C'est pas moi. Bon, mais attends, c'est pas moi, c'est... C'est pas moi, c'est pas moi. Mais non, mais c'est jamais personne. Mais allez, arrêtez vos conneries, là. Non, non, bah, c'est pas moi. Non, il y en a trois. Moi, je suis respectueuse. Euh, Pacam. Non, Pacman. Pacman. Pacman. Pacman. Pacman. Écoute, une console, ça te sert, bah, par exemple, si t'es chômeur ou t'es étudiant et qu'il sèche les cours, déjà, ça t'occupe. Et puis, deuxièmement, ça peut aussi te servir à mettre une branlée à Tekken 3 à des standardistes dans une radio, quoi. Ouais, bah, alors, Pacman, je vais te dire une chose, que si c'est pour me dire des conneries comme ça sur... Excuse-moi, Gérard, j'ai une rectification à faire à des gars qui s'occupent de l'IRC et des branlées. Merci. D'accord. Attends, Gérard, moi aussi, j'ai Internet, j'ai un message IRC, je peux te le lire ? Non. Non, non, non, non, non, non, non, non, il y a pas de message à lire. Hop, terminé. Ah, moi, j'en ai un, par contre. Ouais. Il y a un truc qui dit qu'il y a un jeu où on est camionnaire et on gagne des points en faisant des bouchons et les ennemis, c'est des plaques de verglas, ça s'appelle Super GG Bros. Ah, bah, lui, je l'emmerde. Euh, Sonic. Euh, oui, en fait, moi, effectivement, les jeux vidéo, ça me servait avant, quand c'était des cartouches, à caler mes meubles. Au bon cas, je mettais les cartouches, mais maintenant, avec les CD, c'est galère. Donc, j'ai décidé de me reconvertir en pirate, je grave des CD, je me fais de la tuerie. Oh, ça s'interdit, ça. Euh, Sonic. Attends, tu demandes combien tes disques ? Sonic ! Sonic ! Sonic ! Je suis intéressée. Euh, terminé pour lui. Hop. Allô ? Bon, euh, puis... C'est pas moi, hein. Eh, là, ça... Manu, tu gères un peu, là. Bon, Manu, euh... On va voir que c'est bien du standard. Hop, je coupe. Je remets, je coupe. Tu vois ? Gérard ? Sur l'IC, il y a des V1 qui te demandent comment on fait pour graver un CD, justement, c'est avec un marteau et un bureau. Ouais. Ouais. Gagné. Bah, je peux peut-être répondre. Ouais, doit-on être intelligent ? Attends, moi, je m'y connais, je peux peut-être répondre. Encore les deux. Allô ? Donc, doit-on être intelligent pour jouer aux jeux vidéo, c'est ça ? Euh, Fuldard ? Oui ? Pour l'instant, tu fermes ta gueule, c'est moi qui pose les questions. D'accord. Toi, t'es payé pour faire l'arrière. Gérard, tu t'es en train de faire la gueule, t'allais pas la poser, il a bien fait de la poser. Ouais, mais c'est pas lui. De toute manière, c'est moi qui pose les questions, c'est pas lui. Alors, doit-on être intelligent pour faire de la Game Boy ou autre ? Gérard ? Comment la pétasse, là ? Ouais. Y a Fuldard de mon sur la tête. Non, non, non, la pétasse, là, qui vient de dire que je sais pas parler, tu peux dire ton nom, là ? Voilà, Game Boy, hein. Bon, allez, hop. Gernier pour Rég. Allez, hop, celle-là. Gérard, Gérard. Deux secondes, il y a une question internet. Gérard ? Ouais, une question internet. Tu me prends quelqu'un d'autre, hein, parce que là... Gérard, y a Chandler, le vrai, qui te demande si tu fais de la magie noire avec ta... Vaudou 2. Non. Doit-on être intelligent pour faire de la... Oh, ça y est ! Gérard ? Ouais. Oh, oh, oh. Hé, Fuldard ! Hé, Fuldard ! Hé, Gérard ! Hé, qu'est-ce que tu fais, là ? Tes mains, tu les mets là. Gérard, t'as déjà la Game Boy ? Hein, parce que là, c'est le jeu, là. T'as le cadeau. Tu vois que c'est pas lui, arrête de... C'est les éditeurs. C'est les éditeurs. Bon, hé, Manu ! C'est bon, ils sont coupés, là, on y va, on y va, on y va. Alors... Donc, on m'a demandé à Monica, la tigresse. Ouais. Ouais, ben moi, je pense que... Gérard ? Ta gueule, derrière, pour un second ! T'as déjà joué, là, Gérard ? Monica, réponds, vas-y. Ben, je réponds. Donc, moi, je pense que, oui, faut être intelligent, hein, parce que ça montre de l'esprit et de la réflexion. Et voilà, quoi. Quand même. Ouais, on va rajouter, quoi. Ok, euh... Buble... Buble-gum, là. Double-gum. Ouais. Ben, non, moi, je pense que un QI de 30, ça suffit. Il faut juste appuyer sur deux boutons, donc c'est pas forcé. Tout le monde peut le faire. Oui. Qu'est-ce qu'on veut dire, c'est ? Ouais, il y a Yankee, le vrai, qui te demande si tu sais jouer à la console, toi. Non. Non, donc... Là, euh... Donc, il faut bien être intelligent pour jouer à une console, alors. De toute manière, il y en a un qui est super intelligent parce qu'il a gagné à la coupe. Il s'appelle Manu. Ah, mais c'est parce que j'étais pas là. Sans préciser. J'étais pas là, c'est bon. Merci, j'ai... Ah, c'est... Non, j'étais pas là. Si j'étais là, c'est moi qui aurais gagné. La coupe de TKL 3. Ah, ouais ? Ben, si, t'es... J'étais pas là. Mais si, t'étais là. Ben, ouais, ça s'est passé dans les studios. Me dis pas que t'étais pas là. Enfoiré. Ben, ouais, t'étais là, Hugo. Voyons. Euh... Là, là, là, euh... Là, Croft. Ouais, Croft. Ouais, vas-y. Ouais, ben, moi, je pense qu'il faut pas être intelligent. Avoir le QI d'une mouche, tu peux jouer à ça, hein. Et juste appuyer sur deux boutons, comme ça. Comment ? Ouais, ça, c'est Monica qui parle, hein. C'est pas moi. Ouais, ben, alors, Monica, tu t'écrases. T'en as rien dit, Monica, hein. Mais si. Je crois que c'est moi, peut-être. Le raccroche. Ouais, ça y est, j'ai répondu à la question. Faut écouter, hein. J'ai dit qu'en fait, il fallait avoir le QI d'une mouche pour jouer à ce jeu. C'est tout. D'accord. J'ai pas appuyé sur les boutons. Euh, Super Mario ? Moi, je pense que ouais, parce que parfois, il y a des notices, quoi. Elles sont tellement énormes qu'il y en a, ils peuvent pas comprendre, quoi. T'es intelligent, pour toi ? Ben, ça dépend pour qui, ouais. Des fois, la notice, elle est écrite en anglais, hein. Ouais, des fois, même à l'écran japonais, parfois. Ouais, c'est ça. Prends-moi pour un con. Un con. Ah, mais non, c'est vrai, hein. Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! Arrête ! Et t'as le double son, pildard ! C'est une simulation virtuelle de soirée de richesse de la loco. Alors toi, c'est terminé pour toi. Au revoir aussi ! Au revoir aussi ! Salut ! Au revoir ! Alors, Gérard, à la place de Lara Croft, on accueille Paul Fénix. Bonsoir. Salut, Gérard. Salut, Paul Fénix. Salut. Salut. Et à la place de Pac-Man, on accueille Fantôme Glouton. Salut à tous. Salut. Salut. Manu ? Oui ? J'espère que c'est pas les mêmes. Ah non, c'est pas les mêmes, c'était une meuf, t'as un mec. Ah non, c'est pas les mêmes, c'était une meuf, t'as un mec. Ah non, c'est pas les mêmes, c'était une meuf, t'as un mec. Ah non, c'est pas les mêmes, c'était une meuf, t'as un mec. Ah non, c'est pas les mêmes, c'était une meuf, t'as un mec. Ah non, c'est pas les mêmes, c'était une meuf, t'as un mec. Ah non, c'est pas les mêmes, c'était une meuf, t'as un mec. Ah, on se met le petit cadeau. Ouais. Dédié pour Sandy. C'est ça la fête ! Et on se retrouve tout de suite après aux heures 800, 308, 5000, 0800, 70, 5000. Et toujours lire cww.fr. Et vous êtes toujours sur Fond Radio, il est 2h39. C'est ça la fête ! Tous ceux qui ont l'habitude d'écouter Max, le Star System, le soir, on vient de vous mettre fête à fête. Donc, vous êtes toujours sur Fond Radio. Donc, vous pouvez nous écouter sur 101.9 et il est 2h42. Donc, Manu vous attend toujours aux 0800, 308, 5000. Excuse-moi Gérard, du coup, à la place de Sonic que t'as viré tout à l'heure, on accueille Zelda. Ah ben, tu me... Voilà. Ça te dérange de me faire une fiche ? Ouais, ouais, ça me fait chier. Ça te fait chier ? Ouais, ben ouais, tu me demandes, je te le dis. Ça te fait chier ? Ben, pas moi. C'est ton butier, c'est... Ouais, je sais, je sais. Tu connais les toilettes de Fond Radio ? Ouais, ouais, ouais. Bon. Oui, Rigo ? Non, je voulais juste dire à Zelda que je suis fan. Ah, ok. Alors, donc, vous venez d'écouter Fête à Fête et vous êtes toujours sur Fond Radio. Donc, 2h43 du matin. Donc, Manu vous attend au standard aux 0800, 308, 5000. Tu l'as déjà dit ça, Gérard. On est débat de Gérard du jeudi soir. Disons, on est vendredi. Donc, le débat, ça porte sur les jeux vidéo. Et on récupère donc... Monica, la tigresse. Salut, Gégé. Rebonsoir à toi. Ouais. Double gomme. Salut. Paul... Paul Fénix. Paul Fénix. Excuse-moi, j'étais en train de me faire une partie de Super Bulldog Mister 3. Ouais, ben, Super Bulldog Mister 3. Il t'emmerde. Attends, je suis contre le son de dinosaure, là. Ouais, ben, son de dinosaure, tu dégages. Ok. Oh ! Calme-toi, lui. Ça a été trop vite. Là, ben, lui, ça a été tout le visqueux. C'est la lumière. Il faut qu'il prenne les proutes magiques, là, pour dégommer son de dinosaure. Ouais, ben, son de dinosaure, pour l'instant, tu la laisses. Elle est en train de nous enregistrer, là, la peau. Ah bon ? Ouais. Elle pourrait un peu... C'est pas la grâce de vous, espèce de filiaste, là. Ouais, ouais. Ouais, elle remue pas trop bien. Oh, t'as encore une place pour elle. Ah non, hein ? Oh, si. Il n'y a plus de place, là. À la place de Paul Romix. Non, non. Bah, ouais, bien sûr, on va dégager quelqu'un d'intéressant pour quelqu'un de... Ouais, et alors ? Je vais te dire un truc, c'est que tu nous as saoulés toute la journée pour pas avoir d'habituel, alors il n'y a pas moyen. Ouais, ben, attends, on a bien eu Tony au premier débat. Ouais, mais il s'est fait garter. Ouais, ben, tiens. T'es pas encore là, toi ? Ben, non, c'est pas Tony. C'était pas Tony, ça. Super Mario. Oh, tu vois, quand je demande les noms, vous répondez ou pas ? Bon, d'accord. Super Mario. Ouais. T'es là ? Ouais. T'as répondu ? Ouais. Ouais, ben... Bon, d'accord. Fantôme Glouton ! Il est vieux, Super Mario. Ouais, celui-là, il a... Putain ! Oh, les grosses sanguines. Hé, les grosses sanguines, attends, merde, toi, salope ! Oh, là, là. Ah, mais les grosses, c'est celle-là, là. Ah, ça va mettre, avec le tampon vert. Attends, c'est pas moi le standard, hein. C'est toi qui gère, Manu, hein. Merci. Merci, Manu. Fantôme Glouton. Eh, celui-là. Oui, t'es gaffe, c'est Glouton qui attaque. Bon, alors, tu dégages, toi. Hop, terminé. C'était pas lui, c'était Zelda, je l'ai dégagé. Allez, hop. Zelda. Non, je viens de te dire que c'était lui qui avait dit ça. Regarde, Fantôme Glouton, il m'a dégagé, Zelda. Ok, alors... Donc, quatrième question, parce qu'on va faire vite, là. Alors, d'après vous, les jeux... D'après vous, jouer à un jeu vidéo est-il réservé aux garçons ? On va demander ça à Monica. Non, non, non, non, non. Non, non. C'est autant réservé aux filles qu'aux garçons, je suis désolée. Et voilà, quoi. Je vois pas pourquoi ce serait réservé qu'aux garçons, après tout. Ouais, mais de toute manière, il y a plusieurs parties. Hugo ? Oui, sur IRC, il y a Sardine qui te demande comment on fera pour compter les points en euros sur les consoles. Toi, je sais pas. C'est n'importe quoi, Hugo. Par contre, par contre, par contre... Oh, la salope, là, qui est incarnée comme une pute ! Arrête d'être vulgaire, Gérard. Ça sert à rien. Ouais, ben, toi, tu peux mieux... Ah, oui, j'ai pas. Manu... On peut rien faire. On peut pas faire un débat potable avec toi, Manu. Non, non, mais je pense que ça va aller vite fait. Hugo, on est combien, là, sur l'IRC ? Ben, on a perdu, quand t'as gueulé un peu trop, on est à 3852. 3852 ? C'est pas terrible, hein. Tu notes pas ? 3852. 3852. Allez, pas trop vite, quand même. En plus, je me suis renseigné par quelqu'un. Comment ? Tu vas les donner à Jean Donnader, les numéros ? Non, non, non. Je me suis renseigné par une personne qui peut avoir aussi Internet. Sur son tatou ? On peut avoir plus de 6000 personnes sur l'Internet. Mais ça dépend de l'appareil qu'on a. C'est pas le thème du débat. OK. Alors, Monica. Oui ? On m'accueille, pardon, à la place de Zelda. Link. Bonsoir. On s'accueille tous les jours. Gérard, deux secondes. Link. Oui, bonsoir. Ouais, je suis fan. Ouais, je te remercie. Je t'en remercie. C'est vraiment assez bio. Euh, oui, mais moi, par rapport au... Ouais, je pense que... Oui, je suis les filles aussi, pas que je joue à la vidéo. Eh, bonsoir, quand même. Bonsoir. Non, mais... Non, mais comment tu fais que je me concentre avec tous ces gens qui taisent autour de moi ? C'est vrai que c'est pas évident. Manu, tu pourras gérer un peu. Non, mais c'est bien. Là, je crois que le deuxième débat, il va être vite terminé. C'est n'importe quoi, Gérard. C'est vrai. Je t'écoute, Luc. Link. Link, mais moi, j'ai déjà répondu. Je t'ai dit que oui, les filles pouvaient effectivement jouer aux jeux vidéo. C'est les filles qui apprennent les consoles roses et les mecs les consoles bleues. C'est des consoles pour vie et des consoles pour garçons. C'est pour les filles, quoi. Ah, ouais. C'est une équivalentité. Super Mario ? Bah, moi, je pense que ouais, mais ça dépend des jeux, quoi. Ouais, mais tu peux préciser ? Bah, les jeux trop violents, quoi. Il vaut mieux que ça s'arrête. Il vaut mieux laisser des jeux de boysband aux filles. Ouais. C'est moi qui suis en temps. C'est moi qui suis en temps. Voilà. OK. Paul Fenix ? Non. Ouais. Je suis encore là. J'ai vu que Manu m'a calmé au standard. Je voudrais que tu me répètes la question, s'il te plaît, parce que j'ai pas pu entendre. Alors, d'après vous, un jeu vidéo, est-il réservé aux garçons ? Euh, je pense que oui, parce que j'ai jamais vu de console rose ou quoi que ce soit. Euh, si. Non, non, non. Bah, tu peux le reprendre. Ouais. OK. Une petite peinture ou de la gouache. Tu peux reprendre ta peinture. Voilà, OK. Euh, Bubblegum ? Euh, ouais, bah, moi, j'ai un jeu vidéo, donc je joue avec. Ouais, ouais, j'ai une manette ergonomique qui nous permet de faire plein de solutions et plein de sauts périlleux en arrière. Euh, Monica ? Oui ? Oui, Brandy ? Hein ? Oui, bravo. Oh, il a une licence. Il est fan, hein ? Vous laissez répondre, les gens, s'il vous plaît. Merci, Monica. Tu réponds à la question. Quelle question ? J'ai déjà répondu, j'ai... Ah bon, bah, alors, on va passer à la seconde. Eh, Fantôme Glouton, j'ai pas répondu. Quoi ? T'es encore là, toi ? Bah, oui, c'est Zelda qu'on a dégagé tout à l'heure. Voilà. Et Yannick, elle a... Merci, Rigo. Euh, pour gaucher, alors, ça, faudrait qu'on pose la question à un gaucher. Y'en a au Japon. Y'en a au Japon. T'es gaucher, non ? Non, du tout. Ah, merde. Non. Merde, non, ça, c'est pas... Et toi aussi, si elle est tout bitrée, mais ça n'a rien à voir. Ou alors, toi, tu t'écrases. Ouais, Gérard ? Quoi ? Fantôme Glouton, je continue, parce que je parlais quand Rigo m'a coupé. Bon, attends, pour l'instant, si Rigo, il vous coupe, c'est parce qu'il y a des questions IRC qui sont plus importantes que vos conneries. L'IRC, c'est un véhicule prioritaire, je sais. Voilà. Il y a des jeux pour les filles. Moi, j'ai une petite sœur. J'ai une petite sœur, elle joue aussi, ouais. J'ai une petite sœur, elle joue à Salope Fighting Beach 4. C'est un jeu de combat pour filles, quoi. Y'a que des filles dedans. Tu me les vires, celui-là, Manu ? Tu me les vires ? Pour vous jouer... C'est un Game Boy ? Non, mais il est mort, là. Il a Game Over. Vas-y, on y va. Game Over. Pour vous, jouez-vous à la Game Boy ? Est-il un passe-temps ? On va demander à Monica. De quoi ? De quoi ? De quoi ? Jouez-vous à la Game Boy ? Est-il un passe-temps ? Ben oui, je pense que oui. Ben, tu peux préciser ? Ben oui, c'est un passe-temps. Un jeu vidéo est un passe-temps. Non, mais tu peux préciser ? Ben, préciser comment, Gégé ? Précise ton nom. Non, mais tu précises ? Ton nom. Ton nom ? Ton numéro de téléphone, ton adresse, ta carte de crédit. Oh, tiens, tu permets ta gueule ! C'est un passe-temps, je crois plutôt que c'est un passe-temps. Ou un passe-partout. Voilà, un passe-partout. Gérard ? Oui ? Y'a Turpentine qui te demande si tu connais... Ah ouais, j'en ai pas, il a dit que les autres comme toi, Gérard. Mais vu que tu connais la Game Boy, est-ce que tu connais la Game Girl ? Non. Pulder, t'arrêtes, s'il te plaît, quand on parle. Tu n'as rien fait, Gégé. Donc, tu me disais quoi, Rigo ? Je te demandais si tu connaissais, comme il y a la Game Boy pour les garçons, est-ce que tu connais la Game Girl ? Non. Non, pas du tout. Et pourquoi ? Il n'y a pas de pourquoi. Donc, eh... Bubu le gomme. Ouais. Moi, non, je trouve que c'est une perte de temps, plutôt. Je préfère jouer avec mon tamamochi. C'est pas un jeu vidéo, ça ! Non, mais attends ! Eh, les tomatochips, là, c'est le truc... Les tomatochips, là ! C'est n'importe quoi, ce que tu dis. Bah, non, c'est bidon. Ah, ok. Bah, moi, tu perds pas ton temps, comme quand tu joues au Game Boy. Bah, ouais, mais de toute manière, si t'as de l'argent à foutre là-dedans, en l'air, tu peux, hein. Mais pas en l'air, je le fais en mon tamamochi. Bah, ouais, mais de toute manière, il faut bien lui donner à bouffer, ton tomatochi. Bah, oui, mais bon, ça coûte pas cher en bouffe, un tamamochi. Et quand il meurt, tu fais quoi ? Bah, quand il meurt, je rachète un autre. Et puis, attends, la thune dépensée, c'est n'importe quoi. Paul Phoenix. Tu rires. Avec Rigo. Bah, allô ? Attends, attends. Bubblegum ? Oui ? Tu veux retourner sur l'IRC ? Mais non, c'est une blague. Parce que sinon, y'a pas de problème. Non, mais elle l'a pas, IRC, comme elle fait chez elle. Tu demandes à Manu, et puis c'est bon. Il t'en achète un. Il t'achète un Internet, Manu, tu demandes, il est sympa. Pas de problème. Gérard, y'a Ziwi qui te demande si tu connais la console Neo-GGO. Non. Paul Phoenix. Ouais, c'est un passe-temps. Je voudrais savoir si, d'ailleurs, toi aussi, t'as un passe-temps. Si tu connais la Game Boy, mais est-ce que tu connais la Game Boy ? La Game Boys. Non, mais... Avec le jeu Super Penetrator 4. Tu connais pas ? Non. Tu peux préciser le fond de ta pensée ? En tout son cul. En tout son cul, toi, salope. Voilà, salope. Et hop, terminé. Moi, de toute manière, 2h53, dans 7 minutes, j'arrête. Ok, Michel. Super Mario. Moi, ouais, je pense que c'est un passe-temps, parce que, franchement, quand on a rien à foutre, c'est bien agréable d'avoir un truc pour s'occuper, quoi. Ouais, t'as qu'à toucher la cliquette, quoi. Ouais, mais bon, ça, c'est différent, quoi. C'est plus rapide, quoi. T'as qu'à toucher la cliquette, quoi. Voilà. Gérard. C'est pour ça que j'ai arrêté, quoi, à force, quoi. J'ai une info du vrai Yankee sur l'IRC. Le jeu de l'année, c'est Carmine Affion sur la console Gris. Carmine Affion. Il est pas mal, ce Yankee, je l'ai vu. Il tue, quoi. Je crois que c'est le jeu numéro 1. Qu'est-ce qu'il y a, Gérard ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ? Mais arrête ! Regarde ! Regarde ! Regarde ! Regarde ! Regarde ! Regarde ! Regarde ! Regarde ! Regarde ! Regarde ! Regarde ! Regarde ! Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ? C'est plus fort que ça, le DG, merde. Dernière question. Ah bon ? Pas... Pas... Fais-le exprès, toi ! Mais attends, c'est pas moi qui fais la technique, hein. Ils sont là-bas, ils sont en rue Bayard. Ils sont en rue Bayard, j'ai pas rien, hein. Dernière question. Genre, avant la dernière question, il y a Turpentine sur l'IRC qui te dit que, vu que t'as jamais joué à la Game Boy, elle va t'envoyer une Game Goal. Une Go-Goal. Ah bah, c'est bien. Une Game Goal. Une Go-Goal 64. Ouais. T'en passes pas. Sur l'IRC, il y a... Tu le veux dans la gueule, là ? Tu me tiens, ça ? C'est un quoi ? Une Go-Goal 64. Mais viens vérifier, c'est un truc d'allumé. Alors, attendez. Attendez, attendez deux secondes. Gérard va vérifier si c'est un truc d'allumé. Ah ouais ? Ah ouais ? Ça, c'est ce que c'est ? C'est le micro. Ça, qu'est-ce que tu veux que j'allume ou que j'éteigne ? C'est allumé... Tu comprends pas, hein ? Gérard ? C'est vrai que c'est un truc d'allumé. Non, c'est... Terminé ! Non, mais attends, t'as posé trois pauvres questions. C'est quoi, le débat ? C'est quoi, le débat ? Si vous plaît, les auditeurs. Si vous plaît, les auditeurs. Gérard va poser la dernière question. Gérard va poser la dernière question. D'accord, on écoute. On écoute, Gérard. Comment ? On écoute. Attends, celui qui vient de poser une question qui dise son nom. Non, je l'ai coupé parce que c'était pas bien. Et la dernière question. Avez-vous déjà participé à un championnat de Game Boy ? Oui. C'est quoi, ce travail ? C'est quoi, ce bordel ? C'est quoi, ces gens ? Et la laine avec le micro ? Vous répondez. Qui répond à la question, Gégé ? Personne. Monica ? Je vais être brève, Gégé. Non, j'ai jamais participé à des championnats de Game Boy. D'accord. Gérard, tu crois que c'est intéressant ou pas ? Pour l'instant, c'est pas toi que je m'adresse. Sur IRC, on me dit que sur Street Fighter 2, pour avoir les turbos de 10 étoiles, il faut faire bas, R, O, L, Y, B, X. Ah. C'est pas vrai, il faut les relancer des petits mains aussi. T'as oublié R2, hein. R2, voilà. Bon, enfin, bref. Je parlais du 2. Du 2, pas trop mieux. Pas du Alpha, machin. Du Alpha, c'est pas vrai. Double Gun ? Ouais. Non, moi, j'ai jamais participé à un championnat de Game Boy. Par contre, j'ai gagné un championnat de T-shirt mouillé. D'accord. Où ? Où ? À la mer. Ouais. Paul... Paul Phoenix ? Ouais, ouais. J'ai jamais participé de ma vie à un truc qui a... Bon, en conclusion, il y a plus de... Il y a plus de questions. Ouais. Laisse-moi répondre. Ouais, je... Gérard, je voudrais... Putain. Mais qu'est-ce qui... Mais qu'est-ce qui... Gérard, je voudrais répondre. Vas-y. D'abord, je voudrais dire... En fait, je comprends pas pourquoi toutes les questions tournent autour de la Game Boy. J'ai jamais participé à un championnat de Game Boy. Et je voudrais qu'on réhabilite ce soir la Master System. Non, mais maintenant, c'est fini. Mais non, la console a taré. Laisse-moi parler. Mais la Master System... Conclusion ! Je peux conclure, Gérard ? Ouais. C'est qui ? C'est qui ? C'est Link. C'est Link. Ouais. Je voulais d'abord dire que c'était un débat un peu moins intéressant que le premier, mais qu'on a quand même appris des choses. On a déjà beaucoup appris sur les jeux vidéo. Et je voudrais aussi... Tu peux même dire ce que t'as appris sur les jeux vidéo. J'ai appris que Gérard utilisait parfaitement le vocabulaire du jeu vidéo. Et que c'était toutes les nouveautés. D'accord. Et j'ai appris également que mon jeu allait sortir demain. Sortira demain, Link, quoi ? Ouais, je sais, ouais. Ah, c'est de la bonne chance. Conclusion ! Conclusion ! Conclusion ! Je vais parler, là. Il disait, la plénitude n'est que ce que l'homme recherche. Ok. Bon, Gérard. Ouais. C'est qui ? C'est qui ? Paul Félix. Ok. Je vais conclure en disant Game Over. Et aussi, je vais donner un petit tips pour le jeu Super League Mystery 3. Non, non, pas de marque. Pour buter le mode de fin, il faut lui envoyer un petit kiss puant dans la gueule. Et ça marche à tous les coups. Bravo, Manu. Merci, Manu. Merci. Euh... Qu'est-ce qu'il nous reste ? GG. GG. Et le fantôme glouton. Ouais. Ouais, alors, en conclusion, je veux dire, je suis déçu parce que t'as pas posé beaucoup de questions. Et je voulais dire que sur les jeux vidéo, est-ce que c'est vrai que toi, t'es comme la Nintendo 64, c'est-à-dire 64 bits par minute ? Alors, moi, je sors meilleur. Bah, attends, je te demande. Super Mario. Bah, la conclusion, moi, il y a un pote qui m'avait dit que tes dévats étaient nuls. Mais bon, en fait, non, c'est pas vraiment nul. C'est carrément pourri, quoi. Mais bon, c'est pas grave, quoi. Paul Fenix. Ouais, bah, on va en faire une deuxième, pendant qu'on y est. J'ai pas trop quoi dire, moi, j'ai tout balancé, donc... Bon, ça... Un autre tips, non ? Ouais, bah, moi, je voudrais dire que j'aimerais bien qu'il fasse partie d'un des personnages de Street Fighter, comme ça, je pourrais t'en parler ta gueule. Bah, moi, c'est ton merde, connasse. Euh, Monica. Je me suis sentie trop concernée par ce débat. Mais je voulais dire que si un auditeur se le m'appelait, y'a pas de problème. Enfin, pute. Ok. Connasse. Ok, bah, c'est bien. Régo, conclusion ? Elle était jouée à Insultator 3. Euh, conclusion ? Alors, conclusion de l'IRC, y'a Turpentine qui dit que ton débat, il avait ni queue ni tête comme toi. Y'a... Oh là là, parce que ça va trop vite, là. Entre les mecs qui parlent d'argent ou alors qui n'en ont pas, et ceux qui parlent de console, enfin, bon, là, j'arrive pas à suivre. Il est temps que GG s'achète une console avec son argent de poche en euros pour pouvoir connaître les règles du jeu. Et sinon, si les consoles n'existaient pas, on a quand même GG pour foutre la merde sur l'IRC. Et combien de personnes ? Douze. On en a perdu quand t'as gueulé. Ouais, là, on est descendu sous les 2000, je préfère pas en parler. Non, bah, ça me fait une dalle. C'est lamentable. Donc, conclusion, bah, c'est... Gérard, sinon, y'a le vrai Arnette sur l'IRC en conclusion, il dit que tu pues la merde. Alors, moi, je dors merde. Moi, je dors merde et j'y suis dans... Oh là là, c'est dégueulasse. Donc, alors, tu me casses pas les couilles. Bah, c'est tout ce que j'ai à lui dire. Donc, vous allez retrouver Rousseau pour la... Ta conclusion, Gérard, ta conclusion, quand même. Ma conclusion, c'était de la merde parce que tu pues ta merde toutes les semaines, comme d'habitude. D'accord. Manu, pour un sens, ça pouvait aller. Y'en a qu'un qui fait bien son boulot. Y'a que Rigaud qui sait travailler. Y'a que moi. Y'a que lui. C'est incroyable. Y'a que lui qui arrive à nous faire quelque chose. Donc, maintenant, vous allez retrouver Rigaud. Attends, attends, j'ai une conclusion sur l'IRC. Deux secondes. Rigaud, Ré va te donner du plaisir. Qu'est-ce que ça peut te foutre, toi ? Toi, t'es vraiment le pédé. C'est tout ce que j'ai à te dire. Il te fait quelque chose. Y'a que lui qui fait bien son boulot. C'est vrai. Et y'a Ziwi sur l'IRC qui conclut en disant que les jeux vidéo, c'est beau et que GG, t'es un chier. C'est bien. Donc, qu'est-ce que j'ai à vous dire d'autre ? La semaine prochaine, les débats... On sait pas. Non mais, Pildar, quand t'auras pris une idée connerie, tu me le diras. Donc, maintenant, vous allez retrouver Rigaud pour la nuit sans pub. 6h-9h. C'est moi, là, je fais la nuit sans pub. Rousseau, pardon, pas Rigaud. Qu'est-ce que je dis ? Rousseau pour la nuit sans pub. Demain matin, 6h-9h. Max, et après... Merde ! La grillantaine, elle est belle. Tu fais quelle heure, toi ? Tu fais le décrochage vocal, non ? Oh là là ! La nuit sans pub, avec Rousseau. Sans pub, y'a pas de pub cette nuit. Gérard, y'a quand même une conclusion du vrai muldeur des X-Files. Il dit qu'il aurait mieux fait de jouer à sa console que d'écouter ton débat de merde. Merci Rigaud, tu nous donnes du plaisir. Alors, donc... T'as donné du plaisir. Vraiment, donc... Là, vous allez retrouver Rousseau pour la nuit sans pub. 6h-9h. Barthes. Et 22h, Max, pour la libre-antenne avec Jean Deneuver. Donc, vous pouvez appeler... Dès maintenant, appeler dès maintenant. Appeler dès maintenant pour Jean Deneuver. Appeler dès maintenant pour la... Manu reste jusqu'à 6h. Pour la libre-antenne, donc, demain soir. Et moi, je vous retrouverai la semaine prochaine, si tout va bien. On a le temps, on a le temps. Je voulais juste dire à tous les auditeurs qui voudraient encore aller sur l'IRC, y'a Sandy qui vous attend, la vraie. Non. Sandy Amatora à la maison. Bonne nuit, Gérard. Le disque pour skitter, tu connais pas ? Ah, non. Zintonic, tu connais ? Euh... C'est le truc pour danser. One, two, three, four. Non. Tu connais pas ? == Le débat sur la CB (Cibie) == === Contexte === === Les personnages === === Transcription === Pas de radio et pas d'insultes de Gérard. Et voilà, vous venez donc d'écouter un petit remix qui a été passé hier soir lors de l'émission de Max. Non, non, non, c'est ce qu'on a récolté dans une boîte de nuit. Voilà. Dans une boîte de nuit, c'était pas sur le répondeur ? À la chunga. Ah, à la chunga, d'accord. Gérard, il dit des conneries. Vas-y, commence-toi. Gérard, c'est Turpentine de l'Internet qui l'a récupéré. Voilà, je la remercie. Et là, avant, j'étais en train de demander à Rigo combien qu'on était. On est déjà 3 000... On était 3 582 quand je te l'ai dit. On est déjà à 3 722 moins 4. Donc, le premier débat va porter sur la cibille des erreurs 55. Donc, on va accueillir Cendrier. Oui, allô ? 20 ans, Mazamé. On écoute Fun Radio sur 99.4. Oui. Bonsoir à toi. Bonsoir. Mets ton doigt. Oui. Salut, Gérard. 18 ans, Verdun. On écoute Fun Radio 93.9. Oui, c'est ça. Tais-toi. Oui, bonsoir, Gérard. 22 ans. Bonsoir, Gérard. Bonsoir à tous. 22 ans de... De... De... De... De... La Cachan. Oui. Bonsoir. La Cadeau, pardon. On écoute Fun Radio 98.6. Exact. Bonsoir, Gérard. Bonsoir à toi. Petite truie. 19 ans de Alès. On écoute Fun Radio 95.6, pardon. Oui, bonsoir à toi, Gégé. Bonsoir à l'équipe. Bonsoir. Salut, tout le monde. Salut. Fesse de taureau. Bonsoir, Gégé. 25 ans. Isola 2000. On écoute Fun Radio 101.7. Exactement. Ça va bien, Gégé ? Je sais pas. Je n'ai pas regardé ce matin, ça. Ah, Gégé. C'est la fin de la tournée. Et... Sans pitié. 19 ans. 10 ans. 103.5. C'est sans pitié. Ben oui, ben. C'est ce que je viens de dire. C'est ça. Bon, alors, les oreilles, c'est comme le cul, ça se lave. Mais sans contotiche, d'accord ? Ouais. Ok. C'est clair. Bon, alors, on y va. On attaque. Première question. Est-ce que vous possédez une CBC, oui ? À quoi cela vous sert-elle ? On va demander ça à Tétois. Ouais, ouais. J'en possède une. Ben, en fait, ça me remplace le téléphone chez moi. Non, mais... Ben, ça y est. Ça, je m'en serais douté. Ah, ben ouais. Je m'en serais douté qu'on m'aurait dit que ça remplace le téléphone. Tu t'en redoutes aussi. Ouais. Donc, tu peux préciser ta... Ma phrase ? Ta réponse. Ouais. Donc, ben ouais. Je m'en sers comme téléphone parce qu'en fait, j'ai pas le téléphone. Ça coûte trop cher. Puis, c'est pas ce téléphone. C'est pas ce télécom. Ouais. Non, mais attends. Attends, attends, attends, attends, attends, attends, attends. Commence pas. Quoi, quoi, quoi, quoi, quoi ? Oh, hé, hé. Hé, tu vas te calmer parce que sinon, c'est moi qui te calme. Ok ? Ok, gamin. Oh, c'est Michel. Oh ! C'est moi qui parle. Ok ? Ouais. Ça parle, alors. Non, vas-y. Alors, déjà, la CBI, ça a été agréé par les PTT, mais maintenant, ça y est plus. Ok ? Pourquoi ? Pourquoi ? Euh... Parce que maintenant, la CBI, tu peux la posséder comme tu veux. Ça veut dire... Vas-y, vas-y. Ouais, je sais pas ce que ça veut dire, agréé. Agréé, c'est... Ben... Quand t'achètes un téléphone dans un magasin, c'est agréé PTT. Donc, derrière ton téléphone, t'as une marque. Et dessus, c'est marqué agréé PTT. Petit travail tranquille. Ouais. Voilà, ça veut dire ça, PTT. Mais ça n'existe plus, les PTT, hein ? Ah non, presque pas. C'est eux qui nous envoient le courrier. Quand ça marche... À une condition que ça fonctionne bien. Ok ? Ok. Euh, Cendrier ? Oui ? Tu t'écoutes ? Non, ben attends, je t'écoute, c'est moi qui t'écoute, maintenant. Tu réponds à la question, ou si tu réponds pas, ben, on va te dire bonne nuit. Ok, bon, ben moi, j'ai pas de CBI, mais je compte bientôt en prendre une. Ouais. Donc, je sais pas, c'est laquelle la moins chère ? Alors ça, pour l'instant, tu vois, là, tu commences déjà à me parler des questions qu'on n'est pas dedans encore. Ah, excuse-moi, d'accord, j'attends. Ok ? Ok. Alors, pour toi, ça va être... Euh, si, la question que je vais te poser, à quoi ça va te servir ? Ben, en fait, ouais, c'est une bonne question, à quoi ça va me servir ? Ben, je sais pas, garder le contact avec les gens, c'est cool, avec les camionneurs, tout ça, c'est bien. Non, mais, Fildar ! Non, mais, je prends un gâteau, mais... Non, mais, attends, Fildar, s'il te plaît ! Attends, Fildar ! Excuse-moi. L'autre, il ouvre carrément le paquet. J'avance au micro. Gérard, pour commencer, enfin, pour le début du débat, il y a... Perforas, le vrai Perforas sur l'IRC, d'ailleurs, il te salue. Il te demande qu'est-ce que ça veut dire, 6 billes ? 6 billes, en fin de compte, ça veut dire... Ben, justement, c'est la question. Ça veut dire 4 bancaires ou... Ouais, ben, ça veut dire 4 bancaires ou... Ben, oui, c'est tout, hein. 4 bancaires ou 4... Cues bouchées, cues bouchées. Cues bouchées, cues de bite... Lâche-toi, lâche-toi, Lascar, vas-y. Ok, non, allez, allez, allez... Non, mais... Moi, je croyais que ça voulait dire communication brève. Ok. La prévision de 6 billes, non ? Moi, je croyais que ça voulait dire 6 billes trop, en fait. Comment ? Je croyais que ça voulait dire 6 billes trop. Sur l'IRC aussi, l'indie, ça veut dire connard bourré. Bon, ben, ça, ils peuvent dire ce qu'ils veulent, hein, de toute manière, tu peux... N'importe quel nom. C'est une bonne définition, quand même. Mets ton doigt. Mets ton doigt, tu réponds, s'il te plaît. Ouais, c'est moi, je dirais. Ah, il a son pont, lui. Vas-y, laisse ton doigt. Ouais, vas-y, vas-y, vas-y. Eh, mets ton doigt dans mon cul, là, celui qui s'amuse à passer à chanter ça, il va commencer par fermer sa gueule. Ok, merci. Ça a coupé, hein, Manu. Bon, Manu, c'est quoi, ce bordel, là, déjà ? Je sais pas, l'auditeur, il a raccroché. Ah, il a raccroché, mets ton doigt. Ah, ben, c'est bon, tu prends quelqu'un d'autre. C'est bon, c'est bon, c'est bon. Allez, là, mais en plus, c'est cause, je crois que c'est un passionné de 6 billes et qu'il en a une. Parce que, euh, sur le téléphone, tu peux... Tu peux pas parler de tout. Parce que, des fois, il y a des gens qui t'écoutent. Ouais. Donc, nous, avec mes potes, on a des business un peu chelous, donc on est obligés de passer par la 6 billes, on se met sur le canal 19, et là, personne ne nous entend. Non, presque pas, presque pas. Sur le canal 19, personne ne t'entend. Non, mais attends. Non, non, c'est privé, c'est un canal privé. Ah, ouais, mais attends, tu me prends pour un con ou tu me laisses ? Non, non, c'est pour moi et mes potes les routiers. Non, non, mais attends, attends. Ouais. Petite truie. Oui, je suis là. C'est toi qui viens de me répondre ? Ouais, ouais, tout à fait, ouais. Bon, je te demande si tu me prends pour un con ou tu me laisses ? Bon, comme tu veux, je te laisse, vas-y. Ouais, eh ben, je vais te dire une chose, que sur le canal 19, déjà, une, tu peux pas rester 50 ans à raconter ta vie. Ah, t'sais, j'ai pas besoin de 50 ans pour faire mes business, t'inquiète. Ouais, ouais, non, mais moi, je te dis, sur le canal 19, t'as pas besoin de... C'est quoi, le canal 19, Gérard ? Le canal 19, ça va être la question 4. D'accord, vous attendez la question 4. Ok, mais Gégé, tu fais quoi au niveau de la juridiction pénale à ce niveau-là ? Je veux dire, la civile, c'est quand même réglementé, tu fais quoi dans ce cas-là ? Non, plus maintenant. Ah, si, si. Non. Non. Ah bon, t'es sûr ? Maintenant, tu peux te procurer une civile comme tu veux. Ah, donc, en gros, il y a un mec qui peut prendre une civile et puis il fait une radio locale dans sa chambre, c'est ça ? Non, mais attends, déjà, une civile, tu sais ce que c'est ? Euh, ouais, c'est le truc avec des boutons et des numéros pour... Voilà, c'est un petit appareil comme, je dirais, un téléphone. Ouais. Hein ? T'as un mic ? Ouais, t'as un mic ? Tu branches ton mic sur la civile ? Tu tires une antenne. Tu tires un fil qui te donne l'alimentation avec ton antenne et là, tu peux parler. Attends, est-ce que t'as checké le flot d'abord ? Comment ? Tu checkes le flot d'abord ou pas ? Attends, tu parles français, toi ? Est-ce que tu checkes le flot d'abord ? C'est quoi, ça ? Avant de balancer la purée. T'es dans la place ou quoi ? Bon, j'ai la fièvre, je dirais. Bon, fesse de taureau, fesse de taureau, allez. Ouais, bah moi... J'achète pas de civile parce que je trouve que le son, il est pourra. T'as bien raison. Tout naze, le son, tout pourri. Il faut mettre une antenne. C'est vrai qu'entre un téléphone et une civile, il n'y a pas de flot d'aujourd'hui. Non, non, non, mais alors là... Là, par contre, fesse de taureau... Tu m'as un petit lobby avec cette antenne. L'antenne, l'antenne... Oh, s'il vous plaît ! Attendez, Gérard, réponds. Ouais. Fesse de taureau. Ouais. Si déjà, t'achètes une civile sans antenne, tu peux être sûr que t'entendras rien. Bah, je sais, mais même avec une antenne, le son, il est naze. Non. Mais pourquoi, Gérard ? Non, parce que là, il faut se dire une chose. Avec une antenne de civile, donc tu la branches sur ton TX et ça a toi de... C'est quoi, un TX ? Un TX, c'est un appareil, comme dirait le Minitel ou téléphone. Mais pourquoi, par exemple, quand tu branches une civile, ça fait... Non, mais ça, c'est... Non, mais c'est normal. Non, mais c'est bouffé. Attendez, il répond, il répond. Non, parce qu'il y a certains TX... Non, euh... T'as du mal à les régler. Mais c'est à toi de les régler, parce que, pourquoi ? Faut se dire une chose, qu'avec l'antenne de civile, il te faut un TOS. Un TOSmètre. Ce qui te permet... Un TOS, non ? Non, non, non. Non, non, un TOSmètre, c'est... Ce qui te permet... Gérard, un peu de respect. Attends, s'il vous plaît ! Respect, respect, respect, c'est pas la chose. Attends, j'en ai fait de la civile, donc je sais ce que c'est un TOSmètre, ok ? Un TOSmètre, ça te permet de régler ton antenne. Correctement, pour pas avoir de problèmes. D'infrastructure. Donc, si la personne ne sait pas régler son antenne, c'est son problème. D'accord, et pour régler une antenne, il faut un TOSmètre. Voilà, un travailleur clandestin, quoi. Non, non, non, non. Et il va vite, il est quick ou pas ? Non, non, ça dépend d'où tu te trouves, et je vais même pas insister sur vos questions. Sans pitié. Ouais, ça sert à rencontrer des gens, et il paraît que face à la région du Nant, on peut rencontrer des gens. Il y a des mecs sur la Cibi, je crois, n'est-ce pas ? Ouais, ouais, moi j'ai entendu qu'il y avait un réseau de cul, Cibi, c'est ça ? Ouais, non, mais attendez, attendez, attendez. Attendez, parce que Gérard a un petit sondage, justement, sur ce que vient de dire, sans pitié. Alors, donc il y a 45% des gens qui utilisent la Cibi pour faire des connaissances, et plus il y a infinité. Mais ça, c'est des questions... Infinité. Ouais, mais... Ouais, ouais, plus c'est infinité, ouais. Ouais, mais ça... Comment ? Qui c'est qui a parlé derrière ? Bon, les filles... Sans pitié. Ouais, sans pitié, je t'écoute. Sans pitié. Ouais, ben je te disais, il y a un réseau de rencontres sur du Nant assez cul sur la Cibi, donc je vais essayer de m'en procurer une. Ouais. Donc ce serait bien que tu m'expliques un peu comment ça marche. Enfin, je vais écouter le débat, et puis je vais essayer d'apporter mes lumières. Ah, mais ça, pour t'expliquer comment marche une Cibi... Ouais. Déjà, quand... Quand tu viens chez toi. Non, non, non, non, non. Quand il n'y a pas de problème. Non, non, non, non, il n'y a pas besoin de venir chez moi. Elle achète sa Cibi à demande au vendeur. Le vendeur lui explique comment que ça fonctionne. Maintenant, si elle ne sait pas, eh ben, elle se débrouille. C'est un petit poil. C'est tout. De toute façon, il y a une notice, Gérard, quand tu achètes une Cibi. Bah oui. Mais si la notice est en japonais. Comment, comment ? Si la notice est en japonais, je fais comment ? Eh, si c'est des poignées de ton petit nègre, comment qu'on fait ? Je te l'envoie, tu m'en prêtes ? Ah, le roi de l'imitation de Gérard. Ah, Gérard, pas de Gérard. Bon, alors, deuxième question. Graines de déchets. Euh, Rigaud, une question IRC avant. Euh, oui, on te demande, Le Chiant, il te demande depuis quand la Cibi existe-t-elle ? Euh, ça, je sais pas, j'ai pas les dates, j'ai pas les dates approximatives, mais je pense que ça existe depuis longtemps. Début juin, on m'a dit, 47. Non, non, non, non, non, non, attends, la Cibi, ça va pas depuis juin. Ça fait combien de temps que ça existe, la Cibi, à ton avis ? Je sais pas, moi. Ça fait plus de 20 ans, plus de 30 ans ? Ouais. Euh, attends, euh, la Cibi, c'est, c'est connu, t'as, t'as même des, des Cibis portables. Ah, oui. Sur Titanic, il paraît qu'ils en avaient une, les Cibis. Non, non, mais c'est pas... C'était une Cibi sur le Titanic ? Eh, toi, fais gaffe là-bas, parce que je vais te faire avaler tes lunettes, si tu fais le con. Mais non, c'est pour la télé, vas-y. Donc, euh, deuxième question, Gégé. Deuxième question. Ouais. Euh, de quoi parlent les Cibistes, en, en général, là ? On va demander ça à... C'est d'autant. Non, ben, euh, ouais, ben, tiens, euh, voilà. Voilà. Comme tu l'as ouverte. Parce que c'est que des routiers, je pense. Hum ? De cul. Parce qu'il y a que les routiers qui... Ah, il y a, à, à, à, à ton avis, il y a, il y a que les routiers qui... Non, mais il y a bien 90% de Cibistes, euh, c'est des routiers, je pense. Bon, alors, moi, je vais te dire une chose, que tu te trompes déjà. Bon, c'est sûr que, euh, il y a, il y a pas mal de routiers, je suis d'accord avec toi. Mais tu te trompes. Mais faut te dire une chose, que il y a des chauffeurs de taxi qui, qui, qui l'utilisent. Ouais, je voudrais dire aussi qu'il y a aussi des prostituées. Ouais, ben, ça, euh, c'est leur problème, c'est... Ça, c'est leur problème, c'est pas le mien ! Ben, avant, moi, je dis, les, les, les, les putes, elles tapinaient sur le trottoir. Et maintenant, je trouve ça un truc scandaleux, parce qu'elles viennent tapiner sur la Cibi. Et franchement, ça brouille les canaux, surtout si tu vas sur le canal 69, c'est un vrai bordel, là-dedans. Ah, ouais, attends, attends, attends, qui c'est qui vient de, qui c'est qui vient de parler ? C'est Petite Truie. Alors, Petite Truie, j'ai jamais vu, euh, 69 canals sur, euh, sur une Cibi. Il y en a combien, d'ailleurs ? Euh, t'en as 40. Des canals ? Hum. T'as, euh, tu passes du 1 au 40 et c'est tout. À moins que t'as la, euh, la BLU, là, tu peux... C'est quoi, la BLU ? La quoi, la quoi ? La BLU, c'est, c'est un, euh... C'est un petit gâteau, ça, non ? Non, non, c'est, c'est un truc que... Un de marque, Gérard. C'est un violet en plante d'arbre. Mais attends, BLU, t'es toi, toi ? Pas de pub ? Bon, ouais, oh, vous, vous... Non, c'est quoi, la BLU ? C'est quoi, la BLU ? Non, euh, la BLU, c'est, c'est, ça permet que lorsque tu vas à l'introngé, tu peux correspondre avec quelqu'un qui est en France. Donc, il te parle en étranger, en, je sais pas, en américain ? Non, non, en étranger, non, mais par exemple, t'as... Bon, s'il vous plaît, vous vous taisez quand je parle ? Merci. Ok. Oh ! Merci ! La BLU, c'est, c'est un appareil que, euh, tu payes pour que ta cible soit homologuée pour ça, donc. T'as, ça s'appelle la BLU, donc, homologuée. Tu payes combien ? Euh, je crois que... Je crois que c'est... Tu payes 250 balles en plus du prix de ta cible. Par jour ? Non, non, non, non. Tu payes 250 balles plus le prix de ta cible. Pour la vie ? Pour tout le temps. Et la BLU, ça te permet de correspondre, par exemple, toi, t'es ici à Neuilly. Par exemple, t'as, je sais pas, je vais prendre quelqu'un au hasard de ta famille, ta sœur, qui est, qui est du côté de la Thaïlande. Ouais, bah, putain, elle est en Inde. Ouais, mais, de la Thaïlande. Bien joué. Ah, en Thaïlande. On fait des massages, ouais. À peu, à peu t'appeler. Sur ma cible ? Oui. Mais attends, Gérard, avant... Non, mais, non, mais, attends. Attends, je vais, je vais expliquer pourquoi. Parce que la BLU, ça te permet d'avoir plus de correspondance avec l'étranger qu'on a à l'heure actuelle, nous, en France. Ça sert à quoi qu'on ait inventé Internet, alors ? Bah oui, mais, mais, ça, attends. On n'arrête pas le progrès. Attends, moi, non, mais, Gérard. Oui ? Imagine quelqu'un qui est sourd, il peut pas être sur, il peut pas être sur le téléphone ou la cible, donc, forcément, il est sur Internet, c'est tout. Non, mais... Mais, mais, attends. Attends, déjà sur... Attends, le mec qui est sourd... Pardon. Excuse-moi, j'ai fait une fausse manip. Je crois que toi, t'as l'air, je vais te mettre, et toi, la grosse bouche de l'âge, je vais te mettre, et toi, le maigre, tais-toi. C'est celle dédicace pour Mobilik. Comment ? Je disais, c'est celle dédicace pour Mobilik. Le film, le film, le film. Qui c'est, qui c'est, qui s'appelle comme ça ? Rodrigo. Pierre Chalot. C'est ça, c'est ça, oui, bon. Donc, Sandrier, il y avait une question Internet, non, Rodrigo ? Ben, il y en a plein, on est plus de 4000 déjà. Oh là là, ouais ! Alors, il y a Davy One qui te demande s'il faut éteindre sa CB quand on va au cinéma. Alors, là, c'est une bonne question. C'est une sacrée bonne question de putain de merde. Une colle. Donc, de toute manière, oui. Je vais dire que oui. Et Turpentine, elle te demande combien ça coûte l'abonnement à la CB et c'est quoi le prix des communications ? Est-ce qu'il y a des forfaits ? Non. Non ? Non, non. Il n'y a pas de forfaits sur la CB. Mais comment ça coûte l'abonnement ? Il n'y a que SFR et Itinéris. Non, non, non. Non, il y a Bouille aussi. Non, non, non. Ben, attends, mais arrête de parler, toi. Les Maudit Cards, c'est pour ton taf, les CB. Mais non ! Puneuse, mais, hé ! Non, mais t'as le 7 aussi de CGTL. Voilà, t'as le 7 de CGTL et puis t'as le 3615 aussi qui fonctionne, hein ? Ouais. D'accord. Il y a Ante sur l'IRC qui me dit qu'il y a le câble aussi. Non, mais attends, ça, ça n'a rien à voir avec mes questions. Oh, Sandrier. Ouais, allô ? Ouais. Tu peux m'envoyer la question, s'il te plaît ? Non, non, non, non, non. Je répète plus les questions. Non, non, on est déjà à la bourre. Je répète plus les questions. Alors, on accouche. Ok, d'accord. Bon, alors, en fait, de quoi ils parlent, les gars ? Ben, sur les directions à prendre, tout ça, non ? Éviter les bouchons... Attendez, laissez-la parler ! Ouais, s'il te plaît, ouais. Donc, je sais pas, éviter les bouchons sur la route, les directions à prendre, tout ça, non ? Non, mais ça, c'est la... Ça, c'est la... Ouais, ben, à la rigueur, ouais. Donc, en fin de compte... Bon, je vais te répondre après, Sandrier, avant qu'on mette un disque. Tais-toi. Moi, je pense que les civils, attention, on peut les appeler, ils parlent le langage civique sur la route. Donc, ils doivent se dire, ouais, salut, salut, Robert, disons que je te file des calendriers de cul de playboy. Je t'échange un playboy contre un penthouse. Ouais, je t'ai déjà dit, ouais. Moi, je t'échange ma main dans ta gueule contre une connerie. Ok. On se fait chier avec quelqu'un comme moi, on s'en vise. Mais attends. Non, mais moi, je t'emmerde. Oh là là. Ok. Justement, Gérard, par rapport au sondage, là, t'as vu la deuxième ? Ouais, ouais, mais attends, on va finir. Petite prie. Petite prie, je t'ai déjà répondu, mon amant. Attends, je suis pas ton amour, d'accord ? Alors, tu vas te faire sauter, toi, connard. Je te kiffe. Bon, alors, hop, bonne nuit à toi. Allez, hop, celui-là, dégagez. Fermez le vent, lui. Hop, fesse de taureau. Tiens, Michel, je t'ai déjà répondu. Ok. Sans pitié. Ça sert à communiquer. Ça sert à communiquer. Vous kiffez, ça, les gars. De quoi, de quoi ? Ça sert à communiquer des plans cul. Quoi ? Ça sert à communiquer. Hé, parle un petit peu plus fort devant ton combiné, parce que j'entends pas. C'est un téléphone de merde, hein. Ça sert à communiquer des plans cul sur la région du Nant. Ouais, d'accord. Je crois que tu vas retourner dans ton lit. Ouais. Tu vas continuer avec ta cibille pour essayer d'avoir des petits cochons qui veulent bien te sodomiser. Ouais. Hein ? Et puis, on va te dire une bonne nuit. Ouais. Ok ? D'accord. D'accord. Eh ben voilà, bonne nuit à toi. Salut. Il y a du poids sur la cibille, toi, là. Bon, c'est... Merci. Donc, sur la question, là... Attends, il y a Métondoa qui n'a pas répondu, s'il te plaît, Gérard. Ah, c'est... Ouais, Gérard, excuse-moi, mais tu m'as pas appelé. Ah, oui, oui, oui, excuse-moi. Ouais. Ouais, alors, moi, j'ai dit que sur la cibille, ils parlent un peu de tout, quoi. Mais quand ils parlent... Tu veux, là, j'ai la cibille à côté de moi et... Ouais. Allume-la, va. Tu mets quelle la 19, là ? Allume-la, allume-la, allume-la, vas-y. Tu mets quelle la 19, hein ? Vas-y, vas-y, vas-y. Voilà. Vas-y, demande... Demande quelque chose. Eh, il y a quelqu'un, là ? Déjà, pour commencer... Ouais, ben, ça gueule, mais c'est ce qu'ils font, hein. Non, non, attends, attends. Déjà, pour commencer, on ne demande pas. Il y a quelqu'un ? Tu demandes. Qu'est-ce qu'il faut dire, justement, voilà. C'est quoi ton QRZ ? Euh, moi, c'est DJ Boost. Bon, alors, tu dis DJ Boost... DJ... DJ Boss... Pour un... DJ... DJ... Ouais. DJ Boss pour un STTX. OK, alors, attends, j'essaie. Vas-y. Ouais, attention, les stations, c'est DJ Boss pour un STTX. Là, il a transformé les stations. Voilà. Donc, là, il y a du monde. Voilà. Donc, il y a du monde. Donc, là, quelqu'un répond, c'est ça, Gérard ? Donc, là, tu demandes... T'as demandé... Attends, attends, attends. Oh, mets ton doigt. Mets ton doigt ! Ah, là, ben, c'est ton doigt. C'est ton doigt ! C'est ton doigt ! C'est ton doigt, Manu. Ouais ! Faut que tu commences, là ! Ça y est ! Voilà, donc, là, je peux vous dire que, pour faire... Déjà, quand vous achetez un STTX, déjà, la première chose que vous faites, vous allez... Non, j'ai pris un 103XPX, moi. Non, non, non, non, non, mais attends. Déjà, pour commencer, quand vous achetez un STTX que vous savez pas vous en servir, déjà, le vendeur vous explique comment que ça marche. Après, vous allez sur le canal 19, vous dites, voilà, par exemple, un QRZ bidon, puis la pisse pour un STTX. Non, mais comme ça, tu vois, c'est un QRZ que je prends au hasard. Le mec, il va te dire, bon, ben, c'est OK, ça passe. Je te change ton slip. Stop, stop, stop ! Je dirais, sur IRC, il y a Sardine qui te demande si on peut mettre sa 6 billes sur liste rouge. Non. Oh, putain. Mais attends, mais c'est pas des téléphones, une 6 billes ? Moi, j'en sais rien. Non, mais tu vois, les gens de l'Internet, ils sont largués en 6 billes. Ils connaissent que leur... Ils arrivent pas à se connecter sur la 6 billes avec l'Internet. On peut pas ? Mais non, c'est impossible. C'est impossible. Donc, alors, à la question que je vais poser... Donc, là, va mettre un disque, mon chéri. Mon chéri... Attends, je suis pas ton chéri, d'accord ? Pas de marque ! Toi, tu vas te faire sodomiser, toi. Donc, il y a 23% des routiers qui utilisent... Utilisent seulement leur 6 billes pour trouver un endroit pour faire leurs besoins. Alors ça, Gaël... Ouais, Gaël... Gaël, je vais te dire une chose. Que là, t'as... Le sondage que tu viens de trouver des 23%, je sais pas où t'as été me le chercher. Peut-être qu'elle a voulu dire, tu vois, comme ils sont sur la route, par exemple, ils veulent une station-service parce qu'ils ont envie de faire leurs besoins, ils peuvent peut-être pas s'arrêter sur le bord de la route pour pisser dans le... Non, non, mais attends. Surtout sur l'autoroute, Gérard. C'est dangereux, un camion qui s'arrête sur l'autoroute, c'est dangereux. Non, mais sur l'autoroute, faut se dire une chose. Une chose, par contre... Merde, j'ai y arrivé. Par contre ? Faut se dire une chose, par contre, que t'as plusieurs aires de repos. On l'a bien vu quand on a été avec Max, je sais plus, à... Non, mais ne le dis pas, ça le dit pas où on est allé, ne le dis pas, ne le dis pas. Je sais plus, du côté du Havre, là-bas. Ouais, on a pris des photos et tout. Faire une soirée. Hum, hum. Donc, il y avait... Il y avait pas mal d'aires de repos. Donc, là, ils peuvent s'arrêter. Donc, il y a plusieurs routiers, donc ils peuvent papoter ensemble. Donc... Ah, d'accord. La troisième question qu'on va poser, c'est... C'est, peut-on acheter la Cibi en allant à la banque ou autre ? Et on va s'écouter les petits bois du bois de boulagne avec des envies de caca. Et on se retrouve tout de suite après au 0803 085000 et 0870 5000. C'est quoi ? C'est le disque ? Ah bah, dis-donc, il est pourri, hein ? Et voilà, c'était les petits bois du bois de boulagne avec des envies de caca. Et donc, il est 1h... 1h21 et vous êtes toujours sur Fun Radio. Donc, vous pouvez toujours nous appeler au 0803 085000 0870 5000. Et toujours lire, c'est www.fr.funradiorigo. On est combien, s'il te plaît ? On est 4324,2. Ça cartonne fort, ce soir. Le débat se passe bien. Je salue 2-3 personnes visées. Je salue Paradox, Bacchus, Christophe, Izen, Sardine, Le Vrai de Marseille, etc. Il est là, Davy One ? Ouais, bien sûr, il est là. Ah, c'est cool. Et moi, je salue une personne, un cibiste. Tout particulièrement, donc je vais saluer 2 cibistes aussi. Donc, c'est-à-dire Lolo91. C'est son QRZ, ça ? On va peut-être l'appeler tout à l'heure. On va l'appeler tout à l'heure, oui. On devrait l'avoir dans nos débats. Et je salue Petit Guépard qui est sur la route. Ah, Petit Guépard. Le guépard qui nous écoute. Le guépard. Donc, je te fais des gros bisous. Et on va récupérer Sandrine. Oui, allô ? Bonjour. Rebonsoir, pardon. Mets ton doigt. Ouais, rebonsoir, Gérard. Tais-toi. Salut, les bébés. Fesse de taureau. Sringue terre ouverte. Sringue terre ouverte, bonsoir. Oui, bonsoir, c'est Sringue terre ouverte. Fesse de taureau. Ouais, rebonsoir. Gérard, tu peux me redonner le titre du livre parce que j'ai bien kiffé. T'as bien kiffé ? Ouais, j'ai bien kiffé. Je kiffe. Tu kiffes à la FNAC, c'est tout ? Tu le kiffes à la FNAC ? Et puis, basse-toi. Ok, et Camembert ? Salut, Gérard. Alors, donc, troisième question. Peut-on acheter la CB en allant à la banque ou autre ? On va demander ça à Sandrier. Ouais, ben moi, je pense pas. À la banque, on peut pas trop acheter des CB, quoi. Mais je pense qu'ailleurs, ouais, genre au supermarché, au casino, des trucs comme ça. Pas de marque ? Pas de marque. Non, mais elle te m'a dit, en fin de compte, si on vient bien à la banque, on peut acheter des CB. Si on vient bien sur le débat, CB, ça veut dire quoi ? Ça veut dire carte bancaire. Ça n'a rien à voir. Ah, très bien. N'importe quoi, ça. Quoi, n'importe quoi ? Si vous êtes pas contents, derrière, vous vous écrasez. Bien sûr, Gérard, ça veut dire ça. Je comprendrais pas le principe, alors. Non, mais attends. Tout le monde me dit, ouais, mais CB, ça veut dire quoi ? Bon, ben, maintenant, je dis, ça veut dire carte bancaire. Il faut un code. Si tu veux faire de la CB, il faut avoir un code. Ah, oui, mais en fin de compte, t'as pas besoin d'avoir un code pour acheter une CB. Donc, mettons-lui un Z. Il y a une puce dans le soleil. CB, ça veut dire carte bancaire. Mets ton doigt. Ouais, Gérard, écoute. Ben, écoute, pour moi, la CB, moi, en ce moment, j'anime une radio gay sur Verdun. À partir de la CB, justement. Ah, bien. Donc, la CB, c'est pas moi qui l'ai achetée, donc je peux pas te répondre. Et le matos, on l'a déjà. Moi, la CB, je l'ai chez moi, mais c'est juste pour m'entraîner, quoi. Ouais, mais, donc... J'attends que 2-3 routiers, puis on se parle, et puis voilà, quoi. Ah, ben, attends. Mais attends, tu te fous de moi, toi ? Ben, non. Ben, si. Ben, pourquoi ? Je te demande de quoi parlent les cibistes, en général. Tu m'as même pas répondu. Tu m'as répondu à travers la plaque. Mais si, t'as répondu. Il t'a dit que lui, il faisait une radio sur CB, donc c'est de ça qu'il parle. Bon, OK. OK, merci, Rigo. Est-ce que tu vois ? Merci, Rigo. Euh, tais-toi. Ouais, ouais. Tais-toi. Ouais, ben. Moi, donc, ouais, ben, moi, ma CB, comme je t'ai dit, bon, j'en ai déjà une, hein, ça remplace le téléphone. Ouais. Je l'ai acheté dans un petit magasin qui s'appelle les CB Fuckers, et puis... Ouais, ben, euh, tais-toi, tu, tu, tu, tu pressurises pas les noms, d'accord ? Ouais, y a pas de pub, hein, sur le son. J'ai acheté dans un magasin de CB, et je voulais dire que c'était un gros routier poilu qui était à la caisse, d'ailleurs, il a voulu me prendre quand tu t'es fait tomber ma CB. Je sais pas trop. Hop, vas-y. Bonne nuit. Merci, tais-toi. Non, non, mais... Merci, merci. Tais-toi, tais-toi, tais-toi, tais-toi. Tais-toi, tais-toi, tais-toi, c'est bon, c'est bon. Tu es fier pour toujours. Au revoir. Mais par rapport, justement, par rapport au petit sondage de Gaël, là, y a 61%... Non, non, mais attends, euh, j'ai pas fini avec les jambes, là. Ah, d'accord, non, mais par rapport, tu vois, on peut... Ouais, non, mais, ouais, mais, euh... Ok, parce qu'il y en a pas mal, les sondages. Non, non, ouais, mais après, ben, là, c'est un peu trop long, tous les sondages. Ben, justement, en temps de temps en temps, ils peuvent réagir en même temps de la question. Fin de chair ouverte. Fin de chair ouverte. Ouais. Bon, je t'écoute. Quand je t'ai rencontré, j'y ai pas cru. Ça va pas, fin de chair ouverte, t'as un problème ? J'ai des bouffées de chaleur, là, je sais pas ce qui se passe. Ouais, ouais, je crois que, t'as l'air, tu vas avoir des bouffées de chaleur... En standard. Manu, au standard. Ok, bon, alors, ce que je voulais dire, c'est que j'écoute souvent Radio Vazdine, là, l'autre, Tarlouz, là. Ouais, ouais, ouais, c'est bon, c'est bon, allume, allume, allume, hop, hop, hop, hop, hop, terminé pour toi. Baisse de taureau. Ouais, alors, donc, moi, je sais pas, je pense pas qu'on puisse acheter une cibille dans une banque. Pardon. Mais peut-être, je sais pas, moi, dans un truc Paris pas cher, tu vois, un truc dans le style, tu peux trouver ça, quoi. Voilà. Ok. Tu as mon verre ? Ouais, bah, moi, j'ai acheté une cibille à mon copain, je l'ai acheté chez mon boulanger. Parce qu'en fait, ils vendaient la sienne, donc j'ai acheté une cibille chez mon boulanger. Justement, par rapport à ce qu'elle vient de dire, Gérard, est-ce que tu crois que c'est mieux d'acheter une cibille neuve ou d'occase ? Euh, ça, c'est une bonne question. Non, parce qu'en fin de compte, si t'achètes une cibille d'occase, tu sais pas sur quel matos tu vas tomber. Le mieux, c'est d'acheter une neuve. Mais les prix, je pense qu'on va en parler, on va essayer de... On va aborder le sujet ou pas ? Ouais, on va... On en parle maintenant. Non, non, mais on va aborder le sujet sur savoir combien coûte une cibille, parce que là, vu les questions qu'on a et puis vu l'heure qu'il est, donc faudrait qu'on écoute les questions. Ouais, Gérard ? Oui ? Ouais, une petite question, je vais faire un peu. C'est qui ? C'est qui ? C'est qui ? C'est André, excuse-moi. Oui ? Je veux savoir comment t'écris, cibille. Cibille ? Ouais. Alors ? Ouais. Une cibiste ? Non, cibille, une cibille. Cibille, bah, un CB. Pardon ? CB. CB, en anglais, quoi, cibille, c'est ça ? Bah, un CB ? Ah, ouais, pas bête, je viens de comprendre, ok. C'est pas français, alors ? Pardon ? C'est pas français comme matos ? Ah, si. Ah, pourquoi on dit cibille comme les anglais ? Ah, ouais, c'est ça. Mais non, bah, attends. Comment on dirait un CB, une CB ? Non, mais un CB, CB, c'est carte bancaire. C'est des feuilles, les CB. CB, c'est des feuilles pour rouler des joints ou autres. Des joints ou autres ? Non, mais... Mais, cibille, en fin de compte, c'est quoi ? C'est français, hein ? Tu peux le trouver ? Bah, cibille, non, cibille, c'est pas français, c'est anglais, comme tu dis, CB. Non, parce que moi, je voulais mettre une annonce dans le journal, quoi, parce que je cherche maintenant, ça m'intéresse, maintenant qu'on en parle, je cherche une cibille, quoi. Donc, je vais savoir comment l'écrire, et voilà. Ouais, euh... Donc, CB, ok. D'accord. Ok. Après, question, ouais. Attends, attends, attends. Si le copain de Gégé pouvait raccrocher son téléphone pour que je le rappelle, ce serait sympa, mais... Euh, Laurent, s'il te plaît, si tu peux raccrocher, si tu pouvais raccrocher, on essaye de te joindre, alors raccroche. Laurent, scan the phone. Merci. For tonight. Alors, donc, 61% des cibistes préfèrent utiliser leur téléphone portable, donc je vois pas... Bah, par rapport à la cibille, tu vois, il y en a peut-être qui considèrent que c'est mieux, le portable. Non, mais... Non, mais... Ah, oui. D'accord, je vois... Tu vois ? Je vois le rapport, le sondage que Gaël vient de me donner. Donc, en fin de compte, c'est vrai qu'il y a des cibilles portables. Ah, oui ? Et c'est un genre de petit Akiwalki. C'est un genre de petit Akiwalki comme un téléphone... Portable. Portable. Et en fin de compte, sauf que dessus, au lieu d'avoir marqué n'importe quoi comme nom, c'est des canaux. Donc, tu peux aller du 1 au 40 aussi. Oui. Gérard, sur IRC, il y a Sardine, le vrai de Marseille, qui dit qu'il ne faut pas acheter une cibille à un routier parce que c'est des voleurs. Non, c'est faux. Non, mais c'est une cibille d'occasion aussi, donc c'est des voleurs. C'est faux, c'est faux, c'est faux. Oui, Manu, on accueille ton pote, alors. Alors, à la place... Oh, l'eau ! A la place de... Bah, à la place de qui ? A la place de Tétois. A la place de Tétois. Salut, Laurent. Salut, Gégé. Salut, tout le monde. Salut. Salut. Salut. comment vas tu toi sans déconner bon alors sans déconner tu peux tu peux répondre à la troisième et aussi moi qui commande il est là il est là j'ai envie de revenir au débat il ya 10 ans sur l'hiver c'est qu'ils demandent si une cibi ça se nettoie avec des coton-tiges non j'y réponds même pas non c'est lourd on laisse parler laurent laurent donc alors peut-on peut-on acheter la cibi en allant à la banque ou autres non mais en fin de compte c'est quoi une cibi c'est bien c'est bien ça veut bien dire carte bancaire merci mais ça veut dire carte bleue carte bancaire si lolo explique nous ce que ça veut dire si oui c'est tout de quoi communication bref c'est ce que j'ai dit tout à l'heure il dit quelque chose de bien pour une fois à la classe donc troisième il ya zz sur l'hiver c'est qu'ils demandent si tu utilises l'antenne de ta cibi quand t'as pas de coton-tiges mais je ne réponds pas tu fais un boulot de merde ce soir à la plage de cinq terres ouvertes on accueille zona oui bonsoir c'est zonat n'accueille pas oui c'est zonat zonat allez tout le monde salut donc sur les cibi alors je tiens un petit magasin de cibi à paris donc sans citer l'adresse c'est boulevard du général tu peux retourner chez toi j'invite tous les cibistes à venir s'affolusionner boulevard voltaire terminé pour lui combien plus précisément non mais ça y est il est plus là donc alors en antenne il m'a dit 115 à l'heure en antenne il m'a dit 115 ah merci qu'est ce qui se passe tant à l'heure j'ai peut-être à 115 dans le cul toi ouais quel est et quel est les codes cibi les plus employés alors on va demander à cendrier celui qui fait du bruit derrière arrête parce que ça commence à m'énerver non c'est pas un portable on va demander à cendrier ouais les codes en cibi les plus connus ouais franchement je sais pas je connais pas trop la cibi donc je peux pas te répondre ah bah d'accord alors pourquoi tu participes au débat sur la cibi pour en savoir plus bah voilà c'est ça il faut être ouvert un peu quoi il faut comprendre il faut savoir ok t'es ouvert toi gérard ouais moi la cibi moi je la connais sur le bout des doigts la cibi moi c'est mon rayon euh mets ton doigt où je le mets où on l'a dégagé mets ton doigt ah en plus ah bon bah oui on l'a remplacé par le lot il est là bah non non non ah non c'est tais toi qu'on a viré t'es un manu tu lui fais un boulot de merde ce soir manu tu vas prendre le débat vas-y mets ton doigt ouais alors les codes les plus courants il y en a plein quoi donc t'es qtrs qtrz ouais toi t'es tataillé gérard je crois ouais bah attends gérard t'écoute pas il est en train de se battre avec manu gérard écoute le débat ouais je t'écoute ouais alors ton qtrz t'est tataillé c'est ça non non ça l'est plus parce que gérard arrête la cibi il a eu un accident hein t'as eu un accident t'as eu un mur avec oh oh au moins qu'on le voit ouais bah arrête c'est ton débat là mais mets ton doigt allez allez allez c'est bon c'est bon c'est bon allez on active là bah ouais bah je te parle gérard tu me réponds pas bah vas-y bah y'a qtrs y'a qrl y'a euh y'en a plein ouais c'est des faux codes hein yl aussi ouais c'est des faux codes mais c'est utile hein c'est utile attends bon ok laurent oui donc pourquoi non on dirait pas à white y'a gaso liquide gaso solide ouais c'est manger boire ouais un bisu c'est euh quand on se rencontre hum hum mais y'en a plein d'autres bon j'ai mon papier devant la porte mais je m'en rappelle plus non mais là devant ton téléphone mon coco comment devant voilà très bien devant le téléphone non mais je sais pas celui là t'as la petite chiasse aussi t'as grosse colique t'as j'ai pas du tout soin de vous et tout ça des trucs comme ça non et non gérard oui c'est un fvc qui te demande si c'est dangereux la cibi non totalement totalement non non gérard excuse moi à la place de zona que t'as dégagé on accueille blénaud bonsoir ouais blénaud oui bonsoir tout le monde bonsoir blénaud oui alors je vous appelle je vous appelle de limoges bonsoir à tous ouais mais on s'en fout que t'appelles de limoges attends je me présente mais la fréquence c'est 127.5 non non mais moi je m'en bats les couilles ok ben je tenais à dire sur le débat que donc moi je connais un endroit sympathique qui s'appelle cibi and trucks c'est 13 avenue clémento c'est à limoges ça c'est malin ça fesses de taureau viens nous dire à l'antenne que oui c'est à limoges ah d'accord et au combien déjà fesses de taureau ouais alors moi les surnoms que j'emprunte je sais pas du tout puisque j'ai pas de cibi et donc justement je participe à ce débat pour me renseigner ok ben moi je pourrais te renseigner après avec laurent on pourra discuter de certains de l'antenne tout ça ouais on en discutera un peu après ouais ouais pas de problème euh camembert ben moi je connais ben comme les autres quoi ykl qrz il y a un bruit de portante ça devient lourd là manu ben attends je gère je sais pas d'où ça vient à mon avis c'est laurent là il fait marcher son bordel non non non ça et le métro on est bavard on est vernis ouais en plus c'est le dernier métro ben c'est un film ça ouais euh camembert oui je t'ai dit gérard ouais je te copie hum hum etc etc ok mais en fin de compte personne personne essaye de d'aller d'aller au fond des pensées parce que en fin de compte qth c'est là où t'habites comme laurent disait hein laurent oui tout à fait ouais euh ykl bon ben ça c'est pour les nanas euh yc c'est quoi non yc euh ça existe pas ouais après t'as ton qrz c'est c'est ton nom de de siby ouais puis y'a quoi d'autre lpf non non non t'as oh t'as t'as plusieurs codes mais ça faudrait tpsg t'as non non non non non y'a y'a y'a y'a plus y'a plusieurs codes euh ouais gérard gérard c'était les tons d'oie là j'aurais en rajouté un petit peu quelques-uns là ouais vas-y y'a qra aussi c'est l'endroit où t'habites ouais euh ouais et puis je crois que y'a d'autres qra aussi quand tu vas aux toilettes je crois eh ben eh euh laurent il te l'a dit hein c'est eh de quoi euh laurent il l'a bien dit euh gastrolytique gastro liquide gastro liquide ah le gastro encériste quand tu vas aux toilettes aussi nan nan nan nan nan mais attends eh déjà qth c'est pareil que qra ah non ah ah bon nan qth c'est l'endroit où tu te trouves et qra c'est où t'habites eh ben alors c'est pas pareil euh si nan on peut trouver c'est dans pendant quand t'es en voiture t'habites pas dans ta voiture ah ouais mais attends nan nan mais nan nan merde on peut avoir une cibi en voiture hein ouais mais euh si en si euh en voiture si bah oui si si si en voiture parce que moi mon oncle mon oncle il a acheté une voiture de case le mec il l'a vendu avec une cibi dedans avec l'antenne et tout ça y est il l'a changé euh c'est quoi son qrz ah ben il en a jamais fait mais s'il veut il peut en faire parce que moi une fois j'ai branché et euh j'ai mis sur le canal 19 après j'ai appelé ma grand-mère sur le canal 22 ouais que j'avais dit de se mettre sur le canal 22 pour être peinard ouais et euh ça t'intéresse ce que je dis ou pas mais t'as pas appelé ta sœur sur le canal 22 - Elle n'a pas la fenêtre à serre sur le canal 50. - Non, parce qu'elle n'a pas la BLU. C'est pour ça. - Manu. - Oui, pardon, à la place de Blénaud, on accueille Sistitz. - Bonsoir. - Salut Sistitz. - Bonsoir à toutes les filles en particulier. - Salut. - On t'écoute. - Donc, je vous appelle de Toulouse. - Ouais, ben, ouais, eh oh ! Si c'est pardonné un truc que tu lui dis : "Ouais, j'ai un magasin à telle adresse", c'est même pas la peine. - C'est 12 rue du Capitole ! - Comme ça, tu iras faire le Capitole chez toi. - Il me dirait que c'est bien à Toulouse. - D'accord. - Et c'est 12 rue du Capitole. - C'est 12 rue du Capitole. - Ouais, c'est ça. - C'est à Toulouse. - Pas de pub, merde. - Alors, il y a un sondage. 32 des gens pensent que l'abonnement de Chibi est trop cher. - Donc, il n'y a pas d'abonnement. - Il n'y a pas d'abonnement. - Non. - D'accord, tu peux en faire une autre alors. - Euh... - Gérard ? - Oui ? - Tu veux dire que si il y a des vieillasses qui te donnent... - Tu me demandes ce que c'est ? - Il est là, lui ! - Salut, Davy One ! - Bon ! - Le GPT-AQBCOPIDKCLKKIRCT... Qu'est-ce que c'est ? - Quoi ?! - Attends, hé ! - C'est long, c'est long. - Hé, Davy One ! Tu t'essayes d'abréger parce que là, je comprends pas ce que tu me demandes. - Ouais, c'est pas grave. - Euh... Donc, euh... 32... - Ah, tu as fait celle-là. - Donc, 32%... Ouais. - Ouais. Après, 86% des gens ? - Alors, 86% des gens qui ont une Chibi... ...sont sourds et n'ont pas... n'ont pas le bac. Alors ça, euh... ça, c'est pour les étudiants. - Ouais. - Ça, on n'en a rien à foutre. - D'accord. - Mais ça, euh... je vais te dire une chose, si les étudiants se t'emballent avec une Chibi dans leur lycée... - Ouais, c'est mal. - Ils sont complètement starbés. - C'est clair. - Étudiants ou étudiantes. - C'est clair. 12% des gens... - 12% des gens rêvent toute la nuit de se prendre une bonne grosse Chibi. Alors là, je voudrais bien savoir... Euh... Je voudrais bien savoir le rapport avec le débat sur la Chibi. - Mais peut-être qu'il y en a qui, tu sais, qui rêvent d'avoir une Chibi... - Non, mais Gaëlle... - Non, non, mais attends... - Gaëlle, si tu écoutes Gaëlle... - On va demander... on va demander à Gaëlle... - Bonne fête, Gaëlle, aussi. - Ah, c'était la 5, Gaëlle. Bonne fête. - Bonne fête, Gaëlle. - Donc, on va demander à Gaëlle qu'elle me trouve une réponse à la... à la... au pourcentage qu'elle m'a donné. - Ok. - Donc, cinquième question. Pensez-vous que la Chibi devrait-elle être utilisée sur une autre personne ? - La Chibi devrait-elle être utilisée sur une autre planète ? On va demander ça... - Oui, euh... - Pardon, avant que tu commences, à la place de... de Blénaud... - Non, à la place de Sissi. - Non, à la place de Sissi, on accueille Veru. - Oui, bonsoir. - Salut, Veru. - Bonsoir à tous. - Manu. - Manu. - Ouais ? - On prend sur les 24 signes. - C'est ce que je fais, Gérard, regarde. - Bon, Gérard, pour revenir au débat, il y a Turpentine qui te demande si, avec la Chibi, on peut parler en morse avec une otarie. - Alors, euh... parler en morse avec une otarie, je ne pense pas. - Je ne pense pas, parce que... déjà, les otaries, c'est des... ça doit être des poiscailles, ça ? - Ouais, c'est... ouais. C'est des animaux. - C'est des animaux en plus, Gérard. - Comment ? - Tu vives au Kenya. - Mais tu fuckes un peu ou pas ? - Comment ? - Tu fuckes un peu ou pas ? - Non, je fuck pas. Je fuck ma wife. - T'en as pas, d'otaries, toi ? - Non, moi, j'ai pas d'otaries, moi, j'ai qu'une truie. - Moi, je fuck pas ta wife, hein. - J'ai qu'une truie. - Comment, ta truie ? - Elle s'appelle... elle s'appelle "Je t'emmerde". - Ah, d'accord, OK. - Elle s'appelle "Je t'emmerde" ? - Ouais, elle s'appelle "Je t'emmerde". Et elle vous chie dans le cul. - C'est fin. - Euh, Régo ? - C'est fin. On a perdu 1200 personnes, là. - Merde. - À cause de quoi, Régo ? - Bah, chie dans le cul, là. Ils ont pas aimé... Attends, je regarde un truc. - Ouais, ben, donc, je pose la question. Pensez-vous que la CBD devrait être utilisée sur une autre planète ? - On va... on va la faire, la question. Après, on va... - Ouais, on mettra le disque après, ce soir. - On le mettra après, vu qu'on a commencé à la bourre. Donc, Rousseau, il est pas pressé, hein. - Ouais, OK, comme Régo, je pense. - Ouais, ben, il va prendre à 5 heures du matin, et puis c'est tout, hein. Wesh, wesh, wesh, hein. - Ouais, ouais. - Ouais, wesh, wesh. - Donc, on va demander à Cendrier, allez. - Ouais, franchement, ce serait trop bien, hein, qu'on puisse communiquer avec les extraterrestres, tout ça. - Ouais. - Et tout ça. - En plus, t'imagines, avec le visiophone, ce serait génial, hein. - Ouais, mais... - On pourrait voir la touche des extraterrestres, tout ça, ce serait cool, hein. - Ouais, mais faut voir Canal. - Non, non, mais attendez, moi, je vais vous demander une chose. Ça, c'est une question que je vous pose à tous, donc vous allez me répondre. Là, ça fait deux choses, hein. Vous allez me répondre : est-ce que vous pensez que le Big Bill... - Rien d'info du Big Bill, on parle des CB. - Non, mais est-ce que le Big Bill, qui est à la télé, pourrait avoir une CB pour communiquer avec Vincent Lagaffe ? - Mais non, il a trop de tuts, ce mec-là, il a pas besoin, il a pas besoin, ouais. - Non, mais c'est bon, on n'est pas à un mariage, hein, pour mettre les klaxons, hein. On parle pas de mariage, hein. - Lagaffe, il communique pas, hein. - Ah non, il communique avec qui ? - Bah, je sais pas, mais il fait tout le temps des bruits et tout, je sais pas ce qu'il fait, ce mec-là, mais... - Il a pas de potes, il a pas de potes. - Il communique pas, c'est pas... - Bon, allez, allez, allez, mets ton doigt, là. - Un pauvre gars. - Ouais, Gérard. Bah écoute, moi, je dis qu'il est déjà tellement la merde sur la CB... - Ouais. - ... que si on en est ailleurs, bah voilà, c'est encore plus inaudible. - Ouais. - On a eu des bruits de routiers sur la route, alors en plus, ils continuent de nous rajouter de l'espace, on est mal, en plus... - Non, mais attends. Attends, mets ton doigt. Je vais te dire une chose, qu'on est bien contents de posséder une CB dans sa voiture et de communiquer avec des routiers pour savoir comment que ça roule. Hein, on est bien d'accord. Oh, mets ton doigt. Oh ! - Gérard se riaissait hier, il me dit : "La CB, c'est bien en abusé, ça craint." - Ben, ça, c'est vrai que... Après, une fois que t'es dedans, tu peux plus t'en... C'est comme une drogue. Tu peux plus t'en passer, c'est comme... C'est comme fumer... C'est comme fumer ou boire, voilà. Celui qui vient de dire "Merci". - T'as tous les vis, toi, alors. - Non, non. Moi, j'ai... Ah, il me manque un vis. C'est de baiser. C'est ça qu'il me manquait. - Non, non, non, non. - C'est pas ce que j'ai fait avec Bulldog Mister. - Bulldog Mister, attends, merde, toi, connard. T'as compris ça ? - Ouais, j'ai compris. - OK. - Et tu sais pourquoi il te dit ça ? - Il est vraiment... Il est vraiment... Il est vraiment phénoménal ! La, la, la, la, la, la, la, la, la... - Eh ben... - Bon, Laurent... - Il est vraiment... - Oh, mon gueule derrière, s'il vous plaît ! Merci ! - Eh, t'es vraiment... - Eh, non, mais attendez ! Mais attendez ! Il est 1h43, pour l'instant, ça s'est bien passé. Je voudrais que ça continue comme ça. - Non, mais GG, je disais juste que t'étais à fond anal, c'est tout. Je suis d'accord. - C'est qui ? - C'est un verru. - Un verru ! - C'est pas un verru ! - Ben voilà, t'as répondu, donc on passera ton tour après. Laurent ? - Oui, j'écoute. - Donc, pour toi... - Barry Walt. - Eh, Barry Walt ! Barry Walt. - Ouais, c'est ça. - Oh, sans déconner, là ! - Sans déconner. - Oui, pourquoi pas ? - Sans déconner. - Pourquoi, mon gueule, le lagaffe ? - Pourquoi pas ? - Pourquoi pas ? - Pourquoi pas ? - Oui, pourquoi ils sont de l'Est ? - Ben oui ! Donc, c'est pour aller avec sans déconner, avec lagaffe. Je pourrais te demander, est-ce qu'il a des chiens, Laurent ? - Oui, j'en ai vu. - Avec un break, non ? - Ah, ben ça, ça te regarde pas. - Gégé ? - Quoi ? - Ce verru, je voulais juste dire que Laurent, avec sa grosse voix, il me fait un peu penser à un genre de Tony déguisé. Je voudrais dire que c'est lui qu'on a vu pas d'habitude. - Là, je vais te dire une chose, verru, tu te mets une grosse verrue dans le cul. - Ouais, c'est sûr. Je vais te dire une chose, je prends mon pied. - Ouais, ben, tu prends ton pied, ben, moi, je prends pas mon pied avec toi, d'accord ? Pesse de taureau ! - Il est tenu dans la boîte à quelqu'un, ça peut le faire, quand même. - Bon, verru, tu fermes ta gueule, maintenant. - Oui, chef. - D'accord. Euh, pesse de taureau. - Ouais, ben, vu que j'ai deux au standard, tu peux m'appeler de la question, s'il te plaît ? - Si, je l'ai calmé, parce qu'il avait dit un truc pas bien, donc... Alors, pesse de taureau, pensez-vous que la Cibi devrait être utilisée sur une autre planète ? Bon, allez hop, terminé pour lui. Camembert ! - Qu'est-ce qu'il y a, Manu, au standard ? - Je sais pas, je l'ai coupé, ça le fait toujours. Terminé ! Camembert ! J'ai coupé tout le monde, ça le fait toujours, ça vient pas de moi. - Y a un problème standard, là ? C'est la table télécom, ça ? - Ah ouais, y a un problème au standard, hein, Fulda ? - Ah, regarde, c'est moi, ça ? - Bon, c'est chef de taureau, donc c'était pas moi qui ai fait le con. - C'est quoi, ce bordel ? - Euh, donc, je voudrais répondre à la question, non, je pense pas que... À ma connaissance, hein, enfin, je suis pas sûr, mais je pense pas qu'on puisse aller sur une autre planète. - Ouais. - Euh, donc, impossible d'avoir une Cibi sur une autre planète. - Ok. - Surtout, tu parles bien devant ton combiné, toi. - Ouais, je comprends. - On dirait que t'es un nouveau dans le truc. - Bah ouais, moi, j'arrive, moi. - Camembert, Camembert ! - On va te former, alors. - Ok. - Camembert ! - Ouais, moi, je dis, il faut avoir un grand BLU, sinon t'arrives pas à capter. - C'est quoi, un BLU ? - Bah, c'est le truc, là, pour parler en Thaïlande. - Ah, ok. - Ok. Bon, donc, euh, en fin de compte, euh... - T'as emmerdé, là, non ? - Non, je pense pas qu'on pourrait avoir des... des cibistes sur notre planète. - Pourquoi ? - Euh... - Ça coûterait trop cher, en fil ? - Ouais, je pense. Rigaud ? - Oui, y a un petit sondage que Booster est allé chercher sur l'Internet. Alors, 45% des personnes interrogées n'en ont rien à foutre de la Cibie, 23% n'aiment pas les routiers cibistes, 15% pensent que la Cibie... qu'avec la Cibie, ils vont pouvoir décoder Canal+ et 5% se rappellent de tatailler lors des rencontres cibistes et auraient bien aimé l'enculé. - Ouais, bah, c'est bien. Euh... Donc... je vais poser. - Oh, Steve ! Oh, Steve ! Arrête ! - Tu peux virer Steve Austin au standard ? Vas-y, Gérard, vas-y, vas-y, vas-y. - Donc, la question... Manu... - Tu fais chier. - Manu, tu vas prendre une baffe. - Je vais gérer. - Ouais, ouais, tu vas prendre une baffe. Euh... Pensez... Pensez-vous que la Cibie est-elle réservée plus aux hommes qu'aux femmes ou autres, et on s'écoute comme un ouragan : "Je pète avec des fleurs, je pète avec des fleurs, je pète avec des fleurs à épines." Et on se retrouve tout de suite après, au 0800 308 5000 et 0870 7000 et tout ça. Le Fun Radio est www.fr. Rigaud vous y attend et je vous retrouve tout de suite après. Vous êtes bien sur Fun Radio. A tout de suite pour la suite. - Les débats... - Pas de radio et... - Pas d'insultes ? - De chien. - Et voilà. Donc, on va faire une petite pause. ''Musique' Vous êtes toujours sur Plein Radio. Il est 1h50. C'était un bon scud. C'était quoi ? Comme un ouragan, je pète avec des pleurs à épines. En espérant que je n'ai pas écorché les noms. Ce que tu viens d'annoncer, à mon avis, c'est un tube. C'est Pildar qui me donne les titres. Il n'y a pas de plantade. On va finir le débat sur la CBI. On va finir le débat sur la CBI. Pour ça, on récupère Cendrier. Salut. Mets ton doigt. Salut. Laurent. Salut. Sans déconner. Celui qui dit Tarlouse, il ferme sa gueule. Toi, tu dégages. Bonne nuit. C'était qui ? Je ne sais pas. C'était pas lui. Verru. Fesse de taureau. C'est une passion. C'est moi qui commande. C'est pas vous. C'est lui le boss. Et Camembert pour terminer. Il en a des boss. Donc alors, la question, vous l'avez toute comprise. Vous avez bien compris la question. Non, non. Non, non, mais là, vous n'allez pas me faire chier maintenant. Alors, pensez-vous que la CBI est-elle réservée plus aux hommes qu'aux femmes ? Alors, Cendrier. Oui, je t'écoute. Ben écoute, ouais, ben en fait, c'est plus pour les deux, quoi. Parce que maintenant, il y a autant d'hommes que de femmes dans la profession de routier, quoi. Et donc, je ne sais pas, ça concerne de plus en plus de femmes, quoi. Salut, je réponds bien. Voilà, j'ai terminé. Mets ton doigt. Ouais, Gérard, ben écoute, moi, je pense que déjà, pour les hommes et les femmes, ben, c'est pareil, quoi. Ils ont le droit tous les deux. Et puis, autre, ben, moi, je pense à mon chien qui s'y entraîne, mais il a du mal quand même. Ça, c'était un méga job. Ok. Moi, je mettrais bien une super cartouche à Super Jimmy. Ben, moi, je vais te mettre une cartouche qui va fermer ta gueule, maintenant. Putain, Wonder Woman, elle est bonne, quand même. Ouais, ben, je t'emmerde. Euh, Laurent ? On parle de votre combiné, Laurent, t'es pas un gamin. Ah, ben, mon téléphone, il y a un problème, là. Ouais, ouais, il est dans son break, alors. Non, non, les chiennes. C'est ce qui pousse, et tout. Oh ! Ouais ! Eh ! Oh ! Bon, ouais. Gérard, t'arrêtes, s'il te plaît. Ça me prend la tête, ça. T'arrêtes, parce que, pour l'instant, ça s'est bien passé, alors tu vas pas commencer à me faire... Non, il y a rien que du bon boulot. Donc, Laurent ? Non, non, mais, c'est mieux pour les hommes que pour les femmes, hein, pareil. Pas de problème. Ouais, mais, par contre, si j'ai... Ou autre, tu veux à peu près ? Ou autre ? Ou autre ? Pas du tout. Je pense pas que des chiens peuvent avoir des cimis. Ah, ben, non. Bah, les perroquets ! Attendez ! Si je vous dis un perroquet, est-ce qu'il peut se faire vivre d'une cimis ? Non. Si... Si il a un QRZ ? Avec ses pattes ? S'il a un QRZ, ouais. Et alors ? Quand tu sonnes chez toi, et qu'il y a personne, et que t'as un perroquet, qu'est-ce qu'il dit, le perroquet ? Allô ? Eh, Gérard ? Ouais ? Je veux pas être méchant, mais si le perroquet, il tient la cimis, il se perce la gueule du perchoir, hein. Ouais, ben, alors là, là, non, pas du tout. Euh, Rigo ? Oui, il y a Canard WC sur l'IRC, il te demande si... Est-ce qu'il existe des cimis modèle Batman ? Non. Et est-ce qu'il y a des cimis de couleur, ou elles sont toutes noires ? Euh... Alors là, c'est une très bonne question. Merci, tu fais du bon boulot, ça, hein, Gérard. Et ça, je... J'en ai vu avec... Avec... Je dirais pas son nom. Donc, j'ai vu des cimis, c'est vrai que t'as des cimis qui sont carrément en forme de bois, mais teintés. Ah ouais ? Comme l'intérieur, avec des... T'as des branches avec des feuilles ? Non, non. Non, t'as... T'as... C'est une cimis, euh... Par exemple, tu vois, euh... Tu vas... Tu vas chez... Chez Ikea ? Non, chez... Dans un concessionnaire. Dans un... Dans un concessionnaire. Ouais, à Carrefour, au Champs, des trucs comme ça. Non, non, la concession... Bon, s'il vous plaît, derrière, vous fermez vos gueules, merci. Des marques de cimis ? Non, non, mais tu vas... Tu peux aller n'importe où, moi, j'en ai vu une, à Vaud, euh... Ben, justement, ça va être la question suivante, le prix. Donc, vers U. Je dis, la cimis, c'est pas réservé que aux hommes, les femmes, elles y ont droit, y'a pas que des cons, y'a aussi des connes, quoi. Bon, alors, vers U. Vers U. Vers U, terminé pour toi. Allez, hop. Terminé ! Je l'ai éclaté, je l'ai éclaté, la vers U. Baisse de taureau. Ouais, je pense que la cimis, euh... Ce serait plus pour les bouseux qu'autre chose. Comment ? La cimis, c'est plus pour les bouseux qu'autre chose. Alors, tu peux préciser ? Aïe ! C'est parce que c'est un bouseux. Pour toi, tu devrais le savoir, hein. Tu prends un coup de jus. Je m'en fous, moi. C'est un bouseux. Ben, en camembert. Ouais. Moi, je pense que c'est plus pour les hommes que pour les femmes, parce que les femmes sont un peu plus intelligentes pour qu'elles utilisent le téléphone. Non, ben, alors, attendez, parce que là, pour l'instant, vous répondez tous à côté de la plaque. C'est ce que j'allais dire en même temps que toi, en plus, t'as vu ? C'est fort. Donc, moi, je peux juste prendre contre ? Il est imprévisible, Gérard. Manu, tu vas commencer à être calmé. Ouais, t'éteins ton micro. D'accord ! Tu peux fermer un peu ta gueule ? D'accord ! Merci. Donc, je peux vous dire une chose, que maintenant, comme il y a l'égalité des hommes et l'égalité des femmes, donc il y a l'égalité des deux, donc, des sexes, donc là, la Cibi, c'est très bien réservé. Devant ton micro. Pour les hommes, aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Parce qu'en fin de compte, t'as aussi bien, t'as autant de femmes routiers que d'hommes. Non, mais il n'y a pas que les routiers. Oui, mais il y a tout. Il y a les chauffeurs de taxi, il y a les routiers, donc en... Est-ce que, par exemple, les prostituées pourraient avoir une Cibi pour avoir des clients ? C'est plus simple. Non, je pense pas. Pourquoi ? Je peux pas te dire pourquoi. Attends, je suis en train de chercher... Qui c'est qu'il y a d'autres qui pourraient avoir des Cibis ? Souvent, des ambulanciers en ont. Ah oui ? Puis, bien sûr, nous, on peut s'en servir comme moyen de... De locomotion ? Non, oui. Gérard, il y a Canard DC qui te demande, est-ce que les marabouts peuvent guérir des gens par la Cibi ? Non. J'ai une question, Internet. Non, mais Manu, pour l'instant, tu te... Hein ? Non, mais attends, pour l'instant, toi, t'arrêtes avec ta merde. Toi, t'es un... Toi, tu... Hein, bande de nazes ? Hop ! Arrête, Manu, t'es pénible. Attends, c'est mon standard, ça fait des étincelles. Arrête, tout à l'heure, ton standard, il va... Tout à l'heure, ton standard, il va te mettre une barbe, toi. Donc, alors, à la question, donc, il y a... du débat sur la Cibi, donc, que Gaël m'a donné. Ouais. Il y a 47% des routiers n'utilisent leur Cibi qu'entre 21h et 21h. Alors, ça, ça m'étonnerait. Elle a dû se planter, voilà. Ouais, parce que là, 21h et 21h, je vois pas... Ouais, je vois pas trop le rapport. Je vois pas le rapport non plus. Ouais, du cheval. Donc, après, il y a 16% des gens sont prêts à tuer leur chien pour avoir une Cibi. Alors là, Gaël, tu vois... Là, tu chies. Tu chies dans la colle. Ouais. Et donc, la dernière question. Ouais. Quelle heure est-elle ? Elle est 1h57. 1h58. On a encore le temps de faire une question et la conclusion. Deux, deux, deux. Non, non, non. Non, non, deux. Une. Bah, tu choisis la meilleure. Tu choisis la meilleure. Bah, c'est moi qui commande. Je fais la sept. Et après, je repose une question. OK ? C'est pas toi qui commande, c'est moi. Non, ta gueule, toi. Non, mais... Ta gueule. C'est pas cool, ce qui m'arrive. Ta gueule. J'ai envie de faire caca et j'ai pas mon téléphone. Eh bah alors, si t'as envie de faire caca, tu fais une chose, tu raccroches ton téléphone et tu appaires caca. J'ai plus mon téléphone, je t'en fiche. Eh bah, je m'en fous. J'ai l'habitude de chier pendant les débats. Alors, euh... Devrait-on consacrer une émission de télé sur la Cibi ou à l'école ? Manu ? Oh non ! Oh non, Gérard. Devrait-on consacrer une émission de télé... Regarde. C'est pas toi. Non, je te jure que c'est pas moi, Gérard. C'est pas toi, c'est mes premiers trucs. C'est les premiers trucs que j'ai fait quand j'étais à la... Mais tout le monde de là, ça... Non, non. Devrait-on consacrer une émission de télé sur la Cibi ou à l'école ? On va demander ça à Camembert. Ouais, bah surtout pas, parce que la Cibi, c'est quand même réservé à une élite. Et si on apprend ça des tout jeunes aux gamins, la Cibi et le Canal 19, ils vont être complètement saturés. Non, mais déjà, le Canal 19, c'est saturé, déjà. Bon, tu t'écrases ? Je réponds aussi avec... Non, non, mais attends, tu t'écrases ? D'accord. Pour l'instant, c'est moi qui commande. D'accord, excuse-moi. Euh, fesses de taureau ? Ouais. Bah, je pense qu'enseigner ça aux gosses, c'est vraiment un truc à pas faire. Parce que, après, voilà, quoi, c'est pas cool. Bon, d'accord, euh... C'est tout ta réponse ? Bah non, mais qu'est-ce que tu veux enseigner de la Cibi aux gosses ? C'est impossible. Ça va leur niquer la tête, c'est clair, ça va les ruiner. Non, je pense pas. Stop, stop, stop. Rigaud. Gérard, il y a le vrai Perforas, si on y a assez, qui te demande quel est le jour de la grève des Cibistes pour faire grève contre France Télécom, c'est quel jour ? Il y en a pas. Pourquoi ? Parce que maintenant, c'est la Cibi, et ça, Laurent, il pourra le confirmer. Maintenant, la Cibi n'est plus agréée par les PTT. Tu confirmes la tarlouze ? Non, je te parle. La tarlouze à ton maire, toi, connard ! La France Télécom, Gérard. Elle confirme ? C'est Pedro. Euh, pour l'instant... Attends, Laurent. Celui qui s'amuse à insulter les gens comme ça, pour l'instant, va fermer sa gueule, ou sinon, il va dégager ! C'est pas cool. C'est Pedro, j'aimerais parler comme tout le monde, c'est Pedro. Moi, je t'emmerde, espèce de salope ! Oh, pas trop de vulgarité, quand même. Ouais, mais attends ! On se calme, Gérard, on se calme. Dis à Manu de les gérer, c'est son taf, hein. Laurent ! Au lieu de jouer à Zelda, là. Oh, ta gueule ! Laurent, tu peux confirmer ce qu'on vient de dire ? Tout à fait, Gérard. T'as tout à fait raison. Donc, pour toi, donc, le canal 19, c'est vrai que maintenant, il est... C'est un canal d'appel, donc, pour avoir d'autres renseignements, il faut changer de canal. Voilà. Voilà. Donc, tu peux... Donc, est-ce qu'on... D'après toi, est-ce qu'on peut enseigner ça... À l'école, peut-être ? Est-ce qu'on pourrait faire une émission de télé, ou d'enseigner ça à des jeunes... Qui seraient capables ? Pas question. Putain, celui-là, il va fermer sa gueule quand je parle. Merci. Mais pourquoi ? Tu veux les traumatiser, les gamins. Ben non, mais... Mais ça fracasse la tête. Regarde, t'en es le digne exemple. Je veux dire, qu'est-ce que faire de la cibier aux gamins ? Ils vont parler avec des mecs comme toi, après. Et alors ? Imagine le genre de fréquentation. Comment tu veux qu'ils évoluent dans un milieu stimulant, après ça ? Bon, écrases-toi. Je veux plus vivre dans un monde... Allez, tais-toi, tais-toi, tais-toi, tais-toi, tais-toi, tais-toi. Tout n'est pas si facile. Tais-toi ! Tais-toi, tais-toi, tais-toi. Donc, Laurent, donc, pour toi... Non, mais déjà, à l'école, ils ont toujours aimé parler l'histoire, et puis français, alors... Tu leur apprends à parler la cibier, alors... Ok. Mets ton doigt. Ouais, Gérard. Ben, écoute, si on enseigne ça, déjà, aux gamins, comme disait la demoiselle tout à l'heure, je crois que c'est ton rire qui... C'est Camembert. C'est Camembert, excuse-moi, Camembert. Ben, écoute, très saturé, on puisse faire atteindre gamins qui diraient des conneries partout, et puis, en plus, leur apprendre à boire à cet âge-là, c'est chaud. Bon, alors, mets ton doigt. Pour l'instant, c'était pas la... C'est pas... Tu réponds à côté de la plaque. Ben, si, l'alcooliste des mineurs, c'est ça, la question. Ouais, c'est ça. Allez, hop. Vas-y, hop. Au revoir, pour lui. Au revoir. Au revoir. Au revoir, mets ton doigt. Au revoir, mets ton doigt. Tu peux l'enlever, tu peux l'enlever. Allez, au revoir, mets ton doigt. Enlève-le. Euh, cendruyer. Cendruyer ! Ouais, mais, en fait, moi, je suis pas d'accord pour qu'on puisse enseigner la cibie dans les écoles, quoi. Arrêter l'école et tout, quoi. En plus, on se prend la tête pour, je sais pas, aménager les horaires, les réduire, tout ça. On perd du temps à leur enseigner la cibie. Moi, je trouve ça inadmissible. D'abord, il y a mathématiques, le français, après, on parle de la cibie. En option, en terminale, j'en sais rien. En plus, à la télé, c'est pas la peine, parce que tu mesures un peu la face télé, non ? Oh, tu t'écrases derrière celui qui fait... Je suis partie dans mon truc et tout, là. Ouais, c'est clair, ouais. Bon, ça y est, ça y est, c'est terminé. Donc, dernière question, il est... Deux heures d'heure, on va peut-être faire conclure. Non, deux heures trois. Là, conclue. Deux heures trois. Bon, ben, on va faire, alors, vas-y. Deux heures trois, parce que là, t'as pendule de nas. Ouais, c'est le truc, elle est réglée sur RTL. Bon, allez, tiens, voilà mes genoux. Moi, j'ai l'heure pile. L'heure des cibies. Ouais. L'heure des cibies. Alors, donc, moi, je vais vous poser une question. Vas-y, pose. Ça va être la dernière. Combien peut coûter une cibie, en général ? Et on va demander à Cendrier, tiens. Encore ? Eh ben oui, encore. Je vais te donner une fourchette. Attends, attends, attends, cinq minutes. Question, à la place de mets ton doigt que t'as viré, on accueille Pines de Chacal, qui fait de la cibie aussi. C'est ce que tu es, RZ. Salut. Salut, Pines de Chacal. Salut, tout le monde. Salut, Chacal. Salut. On peut t'appeler Pines ? Ouais, pas de problème. Bon, allez. Donc, Cendrier. Bonjour. Moi, je te donne une fourchette entre 2 et 4 millions de francs. Ah ! Non, mais entre 2 francs et 4 millions de francs, non ? Ok, alors toi, t'es le comique. Ouais, t'as dit ça. Toi, pour l'instant, derrière, tu vas t'écraser. Donc, toi, tu dis combien ? Entre 2 francs et 4 millions de francs. 4 millions. Voilà, comme ça. Ok. Pines de Chacal, ouais. Moi, je suis pas trop d'accord que tes potes les blaireaux, ils passent dans les débats comme ça. Bah, moi, je t'emmerde. Donc, toi, tu vas répondre à la question ou pas du tout ? Ouais, bah, répète-la-moi, je t'emmerde. Non, bah, alors là, tu vas plus écouter. Non, mais répète-la-moi. Il m'expliquait son QRZ. Non, non, non, non, non, non, non. Il a très bien entendu la question. Non, je te jure que non. Répète-la-moi, s'il te plaît. Combien coûte une cibie en général ? Ah, bah, moi, la mienne, je l'ai payée 500 balles. Et c'est du bon matos. Là, ça le fait. D'accord. Laurent ? Je voulais témoigner d'un truc aussi. Moi, ce que je m'amuse, parce que je suis un petit plaisantin, je m'amuse à faire des faux radioguidages. Eh bah, alors, dans ces cas-là, Pines de Chacal, au revoir pour toi, tu prends même pas la conclusion. Terminé, terminé. Excellent. Terminé, terminé, terminé, terminé. Ok. Laurent ? Premier prix, c'est 60 francs, c'est 1 000 dans les canaux. Et la plus chère, c'est 2 000, 8 000, 6 000, 3 000. Euh... Entre deux... Entre 500 et ? Entre 500 et 2 000, 8 000. Ok. Gérard ? Gérard ? Gérard, oui ? Je voulais revenir sur l'histoire des radioguidages. Non, non, non, non, il n'y a pas de radioguidages, tu donnes. Effectivement, il avait tout à fait raison. Moi, je sais que pendant des années, j'ai passé du temps à orienter des cars de bonnes soeurs et de maisons de retraite dans des ravins, des plans dans ce genre-là. Voilà, merci, Laurent. Merci, Beru. Baisse de taureau. Baisse de taureau ! Bah, tu m'écoutes ou pas ? Tu réponds ou pas ? Bah, je réponds. On a mis en rentaine, c'est tout. Oh ! Oh ! Euh, ça doit coûter... Ouais, je sais pas, parce que j'ai pas jamais été... Ouais, il y a du bruit derrière. Bon, tu réponds ? Ouais, 200 à 300 francs. C'est ça. Euh, Camembert, pour finir ? Bah, moi, celle de mon copain, j'ai payé 10 000 francs d'occasion, ce qui fait à peu près 200 euros. Ouais, d'accord. Et on parle pas des gens... Donc, moi, je peux vous dire une chose. Que là, Sibi, Laurent étaient plus proches. En fin de compte, ça vaut presque entre 500 et 2 et 3 000 francs. La quelle est la mieux ? Celle qui fait 500 ou 2 000 ? Euh, le mieux, c'est carrément d'acheter une neuve. Au moins, t'as une garantie. Mais là, tu payes pas loin de 2 500 à 3 000 francs. 3 000 balles, la garantie, c'est cher. Normalement. Bon, ça y est, derrière... Oh, espèce de connard, là ! Eh ! Oh, Dieu ! Et il y en a un qui a la diarrhée, hein. Ouais, lui, il commence à me casser les couilles. C'est pas pareil. Quitte, parce que ça revient quand même vachement moins cher. Eh, t'as... Eh, t'es sûr que je vais te demander, à toi qui réponds, t'as jamais entendu parler d'Essibi en soutien-gorge ? Non, non. Non, j'en parlerai pas. Non. Alors, donc, conclusion. Ok, Michel. Donc, Cendrier. Gérard, Gérard, Gérard. Il y a un... Non, non, non, non, non, c'est terminé. Il voulait faire sa conclusion. Bah si, pour la conclusion. Il s'appelle Quiquette de Bison. Non, non, attends. Non, non, non. Ouais, salut. Ouais, Quiquette de Bison va faire foutre. Cendrier. Ouais. Conclusion. Le débat, en fait, il s'est pas trop mal passé. Non, c'était bien. C'était bien, Gérard. Ouais, c'était bien. On peut dire que c'était la merde, quand même. Ouais. Et puis, bon, bah, je suis contente. Je connais un peu plus sur l'Essibi, quoi. Et puis, demain, j'irai dans une banque pour m'acheter une. Est-ce que Gérard a une envie d'en assumer ? Non, mais attends. Non, mais attends, Cendrier. Il faut te dire une chose, que là, on n'a pas un débat sur l'Essibi. On aurait pu le faire plus longtemps, parce que j'aurais pu faire carrément un débat entier sur l'Essibi. Merci pour celui qui rote, espèce de gros porc. Ouais, non, non. Je disais que j'aurais pu aller plus loin. J'aurais pu faire carrément toute la nuit pour faire toute la soirée, pour faire un débat sur l'Essibi. Pourquoi on l'a pas fait ? Parce que ça coûte cher, tout simplement. Et c'est tout. Laurent, qui c'est qu'on a à la place de Pindochacal ? Je t'ai dit, Quiquette de Bison. Alors, Quiquette de Bison, ta conclusion ? Est-ce qu'il y a le temps de faire une petite anecdote, là ? Non. Alors, ma conclusion, c'était bien. On a bien appris ce que c'était l'Essibi. Ouais. T'es enrhumé, non ? Ouais. T'es enrhumé, Tony, hein ? T'es pas le choix. T'es enrhumé, Tony. T'es enrhumé, Tony. T'es bien enrhumé, hein ? OK. Alors, salut à toi, Tony. Laurent. Ça a été bien, pour une fois. C'était super bien, pour une fois. Il n'y a pas eu de problème. Il faut bien faire que ça se passe bien. OK. Vers une. Ouais, ben moi, je voulais dire que le débat a été, donc, comme d'hab, constructive. La voix de Laurent m'a bien fait kiffer. Je suis sûr que ça se pignole dans les cabines. Et je voulais dire que l'Essibi, c'est sûrement le moyen de communication de l'an 2000, oui. Alors, Verru, Verru, je vais te dire une chose, que Laurent, il t'emmerde. Et moi aussi. Il y a beaucoup de filles, je suis sûr, qui vont vouloir son numéro standard. Tu ne peux pas dire le contraire. C'est ça, t'as raison. Ben là, tu rêves. Tu te mets un doigt dans le cul. C'est pour lui, hein ? Tu te mets un gros doigt dans le cul. Mais doucement, quand même. OK ? Bon, alors, dégage. Bonne nuit. == Le débat sur les Miss France == === Contexte === === Les personnages === === Transcription === Donc vous êtes toujours sur Fun Radio, c'est le deuxième débat, donc il est 2h21 et donc pour le deuxième débat vous pouvez toujours nous appeler au 0800 308 5000, puis l'art est au standard donc il va vous accueillir. Bonjour ! Bonjour à toi Brouty, Rigaud le super chef de l'internet qui fait du bon boulot toutes les semaines donc qui vous attend au www.frfunradio. Donc on est combien la matin Rigaud ? Tu peux l'appeler par téléphone avec ? T'as l'air Fildar, tu vas te prendre une baffe, ce coup là je vais pas te rater toi. Donc on est combien ? On est 4282, ce qui est beaucoup. Donc je voudrais qu'on aille jusqu'à 5000 et puis Manu qui est à l'Aria. Bonsoir à tous ! La grosse ça t'emmerde toi la grosse espèce de con. C'est pas bien de parler de la femme de Gérard comme ça. Donc on va accueillir Mego. Mego de 19 ans de Brest. Salut Gérard, ça va ? Je sais pas, j'ai pas regardé ce matin. Bravo ! Pierre, 24 ans de Bourbon, annoncez-moi les fréquences de Mego, Brest. Ouais, 84.16. 84.16 ? Ouais voilà. Ouais mon cul tiens. Ok excuse-moi 84.6, excuse-moi. Ouais bah je préfère. Pierre ? Salut. La fréquence ? Euh, 82. Ouais tu connais pas ta fréquence alors on va te faire sauter. Tu connais pas ta fréquence alors on va te faire sauter. Ouais tu connais pas ta fréquence alors on va te faire sauter. Miss Essonne, 19 ans, de Saint-Etienne. Miss Essonne, 19 ans, de Saint-Etienne. On a une Miss France, j'avais oublié de te le préciser. Miss Essonne qui était première dauphine en… Ohlala le 9 ans, le 9 ans. Au régional. La même suite de gaz quoi. Miss Essonne, 19 ans, de Saint-Etienne. Votre ablot, tu réponds. Salut le brésilien. Tu vas chanter à l'Eurovision bientôt. Oulala lalalala. Elle est enrouée. Ça commence, ça commence, ça commence, ça commence. Elle est enrouée. Elle est enrouée. Ça commence, ça commence, ça commence. Elle est enrouée. Elle est enrouée. Tu réponds ! Salut le brésilien ! Tu vas chanter à l'Eurovision bientôt ! Ça commence, ça commence, ça commence, ça commence ! C'est une nana, c'est un trablos, qui c'est qui m'a choisi ça ? Fildar ! Fildar ! Fildar ! Mon pote Fildar ! Un Fildar ! Donc Mikos, 20 ans de Lyon, Kudan, 24 ans de Nogent-sur-Marne, on écoute... Non c'est ça, 101.9, d'accord ? Fous-toi pas de ma gueule ! Foufoune de Nantre ! Salut à toi ! Non c'est Lady de Nantre ! Fildar, fais gaffe parce que tout à l'heure ça... C'est Lady Di ! Pas le tunnel Manu ! Pas l'alma ! Pas le tunnel anal ! Gérard, Gérard, assieds-toi, assieds-toi, t'as pas Fildar dès le début ! Je commence pas, d'accord ? Sinon tu retournes en arrière ! Pas le tunnel anal, on a dit ! Bon ta gueule à toi ! C'est Monsieur Bouygues ! Bon continuez, continuez à me casser les burnes au deuxième débat, on va éclaircir vite le débat ! Ouais ! Ça commence bien ! Allez on va creuser, vas-y ! Alors que préférez-vous dans Miss France ? On va demander ça à Mego ! Moi j'aime bien ses robes ! Ouais ! Ouais, je trouve que c'est des bons couturiers ! Elles sont vachement cultivées je trouve ! Non mais tu peux donner plus de précision ? Bah je trouve que, je sais pas moi... Ouais, elles sont cultivées quoi ! Tu peux leur poser n'importe quelle question, genre... Quelqu'un l'a fait hier, tu vois, à chaque fois elles te répondent bien ! Ouais ! Tranquille hein ! Ouais tranquille, tout à l'heure tu vas faire tranquille au standard toi ! Tranquille ! Pierre ! Ouais, moi j'aime bien les hawaïennes ! Donc j'aime bien son boule en fait et c'est ça ! Ouais Tony ! Ok Tony ! Allez ! Allez ! Allez Tony, terminez pour toi ! Non mais Gérard, Gérard là il a rien dit quoi ! Non mais attends, faut pas déconner ! Hier il est passé, il passe pas dans les débats aujourd'hui ! C'est clair, net, très précis ! J'ai dit, j'en veux pas ! Ok, et toi tu vas me faire du boulot correct ce coup-là ! Si Tony il peut plus passer jamais, s'il passe plus jamais, qu'est-ce qu'il va faire dans sa vie ? Et alors ? Qu'est-ce qu'il va faire dans sa vie ? Et alors ? Bah non, il faut le passer ! Il passe dans la semaine et c'est tout ! Mais il y a rien à côté ! On peut pas, on peut pas ! Ou alors on essaie de voir, parce que c'est vrai que dans la vie, bon, toi j'ai... Non, faut arrêter là de le passer ! Ou alors on teste, faut qu'on teste ! Bah la première incartade... Parce qu'à toute manière il est pas de Bourbon ! Il va en prison ! Mais non parce qu'il est pas de Bourbon ! Si si, il est en vacances ! Non non non, attends ! Je suis en vacances ! Bah ouais t'as mon cul ! Hier t'étais à Paris et puis là ce soir t'es à Bourbon ! Bah attends, ça t'arrive jamais toi ! Moi le soir je suis à Paris, le soir je suis à Lyon, quand je vais faire une soirée, je mets pas dix jours pour y aller ! Enfin ! Il y va hein ! Il a un scooter, c'est tout ! Et alors Tony, vas-y ! Non mais j'aime bien la wayenne là en fait ! Je l'ai trouvée très séduisante ! Mais c'est Tony ! Bah ouais c'est le Tony, c'est celui qui est passé hier avec toi ! Non mais il est bien, il est bien, il est bien ! Il a le cul propre en plus en ce moment ! Il a une belle boîte à caca, j'aime bien la wayenne en fait ! Bon non mais je te demande, que préparez-vous dans Miss France ? Ouais mais il paraît que c'était truqué ! Je sais pas si t'as entendu ça ! Non mais attends, pour l'instant Tony, tu dis pas de conneries ! Parce que c'est pas le... Non mais c'est vrai ! C'est pas les questions, d'accord ? Alors ou tu réponds correctement ou tu dégages ! Je vois que t'es un peu trop sur moi là, mais moi je te dis, moi j'aime bien Miss France ! Bon, ok ! Décale-toi un peu Gérard, t'es trop sur lui ! Ouais, trop sur moi ! Recule, recule que je m'interromps ! Gérard, il y a Madame de Fontenay sur l'IRC, la vraie ! La vieille là ? Ouais, qui voulait te prévenir que si tu dis que les élections de Miss France sont truquées, elle t'attaque en justice ! Eh bah, elle fait ce qu'elle veut, moi je l'emmerde ! Oh là là, procès ! Miss Saison ! Elle va te mettre un procès au cul ! On l'emmerde la vieille ! Miss Saison ! Oui, j'écoute ! Alors, quand est-ce que tu t'es fait opérer, toi ? Bon, allez, hop ! Raconte-nous tout ! Allez, hop ! Terminer, moi ! Non, non, mais moi, allez, hop ! Bonne nuit, bonne nuit, bonne nuit, bonne nuit, bonne nuit ! Allez, hop ! J'ai pas sommeil ! Non, non, mais bonne nuit pour Miss Saison, hop ! C'est fini pour elle, j'aime pas... Quand je pose des questions, j'aime pas qu'elle réponde à moi... Je peux la garder, quand même ? Non, non, non, tu la... Pour moi, pour moi ! Non, non, mais tu... Pourquoi tu la kiffes ? T'as qu'à la sauter, si tu veux, moi, j'en ai rien à foutre ! Euh, Mycose ? Ouais, bah, écoute, euh... Ce que je préfère chez les Miss, c'est quand même leur cul, hein, on va pas dire le contraire ! Ouais ! Faut être franc, leur cul est leur nibard ! Ouais ! Par contre, c'est vrai qu'il y a un peu de la triche, elles sont dopées à mort, c'est clair ! Euh, attends... Elles sont dopées, elles sont dopées ! Attends, attendez, attendez, attendez ! Attendez, attendez, attendez ! Attendez 5 minutes ! Je te laisse, je te souhaite une bonne nuit ! Et je te rappellerai peut-être la semaine prochaine ! Ouais, ouais ! Salut ! Et tu vas pas la rappeler, d'accord ? Et elle change pas sur un autre nom ! Mais tu... Tu joues à quoi, Fildar ? C'est parce que t'es là, tu vois ? Tu vas laisser ta place à Manu... Ah non, non, non, non, non ! Et tu vas se dégager là-haut ! Oh non, il fait du bon boulot, au standard, Fildar ! Ah ouais, ouais, il fait du bon boulot, tiens ! Non, c'est le meilleur, c'est le meilleur ! Ouais, ouais ! Et si on perd du monde à cause... Sur l'IRC, à cause de lui, faudra pas se plaindre ! Pas de soucis, on en gagne, on en gagne ! Merci ! Micose ! Oui, donc, je te disais, elles sont quand même dopées au maximum ! Je sais pas si t'as vu les formes qu'elles ont, je veux dire, s'il y a pas de l'hormone bovine là-dedans, je sais plus, je m'y connais plus, quoi, tu vois ? Madame de Fontenay, elle refile quand même pas mal de saloperies à ses miss ! Le PO ? Ouais, je crois, entre autres choses... Arrête, Gérard ! Bon, Gérard, c'est avec... Viens t'asseoir, écoute les auditeurs, au moins ! On fait le travail à ta place ! Euh, Cudan ! Ouais, bah alors, moi, les nanas de Miss France, tout ça, je sais pas, je leur trouve rien de spécial, des fois, je... Je sais pas, dans la rue, on a des mieux, quoi ! C'est ça que je comprends pas, ça t'intéresse pas les femmes, toi ! Ouais, c'est clair ! Foufoun ! J'aime pas trop ce que tu viens de dire ! Bon, ça y est, on se calme derrière, s'il vous plaît, merci ! Foufoun ! Moi, j'aime bien leurs dents, et Jean-Pierre Foucault ! Je trouve qu'elles ont des super belles dents ! Non, mais attends, hé ! Fildar, attends, attends 5 minutes ! Fildar ! Tu, euh, si tu veux, t'as qu'à allumer ton micro, et puis gueuler dans le micro, dire « Allô, Fun Radio ! » Je travaille ! Attends, c'est pourquoi, t'as besoin de gueuler comme ça ? Bah, ils m'entendent pas ! Bon, allez ! Bon, alors, Foufoun ! Ouais, moi, je te disais, j'aime bien leurs dents, et Jean-Pierre Foucault ! C'est ça, bah, t'as qu'à l'appeler, puis tu lui demanderas ce que c'est ! Non, mais moi, je le trouve vachement séduisant, puis... Non, non, mais attends, t'as qu'à lui demander ! T'as qu'à lui demander ce qu'il s'est passé pour élire Miss Tahiti ! Ok ! Gérard ? Non, attends, Rigo ? Oui, il y a Miss Devi One sur l'IRC, qui te demande si Sandy a gagné le concours Gros Plein de Soupe ! Miss Gros Plein de Soupe ! Alors, euh, c'est qui ? C'est Miss Devi One ! Alors, Miss Devi One, Sandy a ton merde ! Ok, pour toi ! Voilà ! Tony, tu... Non, c'est pas moi, c'est pas moi ! Gérard, il te dit qu'il t'emmerde, lui aussi ! Eh bah, c'est bien, maintenant ! C'est pas moi, c'est pas moi ! Le mec, là, il peut laisser des messages, c'est même plus la peine de me les annoncer pour lui ! Ah, je vais aller me connecter, là ! Sandy, c'est dommage pour son corps, parce qu'elle a une belle tête ! Tony, Sandy a ton merde ! Non, mais c'est vrai qu'elle est belle ! Sandy a ton merde ! Mais il dit qu'elle est belle ! Sandy t'emmerde ! Bon, alors, Tony, tu te calmes ! Sinon, on accueille à la place de Miss Essonne, Georges, 43 ans, de Saint-Louis, qui, en fait, est le père de Miss Berry. Tu sais, c'est le cas perdu ! Je l'ai au standard sur les 24 lignes ! Bonsoir ! Elle est sur IRC, Miss Berry. Oui, bonsoir. Bonsoir, Georges. Oui, bonsoir, Monsieur Georges. Oui, Georges, ta fille, c'est un boudin. Ça y est, derrière, oui ! C'est normal qu'elle ait perdu, c'est un plomb ! Elle est plus de points, aussi. Bon, tu me calmes un peu, ça, parce que ça va... Mais qui ? Je te calme qui ? C'est un peu un plomb, on va dire. Voilà. Par bien. Allez, allez, allez ! Mais quoi, j'ai rien fait ! Bravo, le boulot que t'es en train de me faire ! Bravo ! Tu nous fais de la merde ! Attends, tu peux mieux dresser à l'aria, ça vaudra mieux. Non, non, non, c'est bien, là. Alors, seriez-vous d'accord pour inscrire votre copine au concours de Miss France ? On m'a demandé ça à Mégo. Ouais, mais en fait, ma copine, elle a déjà concouru pour l'élection l'année dernière, mais le problème, c'est qu'elle est perdue, quoi. Donc, depuis, elle est un peu traumatisée, quoi. Et donc, voilà. Mais Gérard, il ne vous écoute pas, il est en train de taper fil d'art ! Putain, Manu ! Ah non, non, non, c'est pas possible, ça. Ça, c'est pas possible, Gérard. Bon, ben moi, dans ce cas-là, moi... Dans 14 minutes, j'arrête. Gérard, s'il te plaît. Dans 14 minutes, j'arrête. On repose la question, s'il te plaît. 14 minutes, j'arrête. Gérard. Il fait que tu as de la merde. Il est en train de se... Il fait que des conneries, donc moi, dans 14 minutes, j'arrête. Je ne fais même pas les 11 questions. Non, moi, j'écoute. Qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il se passe ? Mais attends, il est en train de faire que des conneries. Tu fais que des conneries ! Mais qu'est-ce qu'il a fait ? Ça s'est bien passé dans le premier débat. Ouais, pour l'instant, il est en train de me faire que des conneries. Pourquoi ? Mais qu'est-ce qu'il a fait ? J'écoute, moi, je n'ai pas compris. Je lui demande quelque chose. Ah oui, vas-y, donne des raisons. Donne des raisons. Donne une raison, j'écoute, moi. Qu'est-ce qu'il se passait à l'antenne qu'il ne te plaisait pas ? Moi, je lui demande de calmer les gens, il ne les calme pas. Si ! Non, non, il ne les a pas calmés, il est en train de se... Tout le monde se fout de la gueule des gens. Et lui, il ne fait rien. Il n'est même pas capable de faire un boulot correctement. Si, le premier débat, à l'arrière. Alors, autant mettre Manu au standard, ça vaudra mieux. Gérard ? Oui ? Non, ce n'est pas possible. Sur IRC, il y a Mister Yankee qui dit qu'avec une perruque et sans ta moustache, tu ferais bien, Miss Bois de Boulogne. Ça, je m'en fous. Mégo ? J'ai déjà répondu, moi. Tu ne m'écoutais pas, aussi, là. Ben non, vas-y, dis. Non, mais je disais, ouais, c'est quoi la question ? Ça ne m'a plus, là. Alors, seriez-vous d'accord pour inscrire votre copine au concours de Miss France ? Euh, non, je ne serais pas d'accord. Et arrête de renifler. Oh, excuse-moi, là, oh, là, là. T'es égrue, ce soir. Bon, non, moi, je ne suis pas d'accord. Je ne suis pas d'accord pour faire subir ça à mes copines. D'abord, c'est des amis, je ne leur ferai jamais ça. D'accord. Voilà. Euh, Tony ? Ouais, non, moi, je la garde pour moi. Ben, tu peux préciser ? Elle est trop chême. Comment ? Elle est trop chême. Elle est moche. Elle est laide. Ouais, tu peux préciser le pont de ta pensée ? Affreuse. Vilaine. Il y a des concours pour ça, hein ? Berck. Bon, OK. Georges ? Gérard, attends, attends, attends. Sur IRC, il y a Miss Olio qui te demande si les Miss France t'excitent. Non, pas du tout. Pas du tout. Georges ? Pourquoi ? Il te demande pourquoi elle ne t'excite pas. Parce que ça ne m'intéresse pas. Trop belle. Bon, Tony, ça suffit. D'accord. Maintenant, tu laisses parler les gens. Mais Miss Berrick, qui dit que t'es un menteur ? Je m'en fous. Georges ? Après Miss France, il faut avoir 20 ans. Ma femme, elle a 56. C'est pour après être Miss France. Elle est vieille, ta femme. Je ne l'ai pas vraiment. Je venais à 56. Il y a Miss Tigri qui t'encule. Je l'ai viré juste quand j'ai entendu ça, Gérard. Alors, lui, c'est terminé. Terminé pour lui. Mycose. Justement, je l'ai viré parce que c'est lui qui foutait le bordel tout à l'heure. Alors, c'est bien. Donc, à la place, on a Clafoutis, 19 ans, qui appelle de Brest. Au jour d'aujourd'hui, 14 heures précises, je viens faire une requête au sieur. Peri Grigali ! Et qui appelle de Brest et qui te souhaite une bonne soirée. Au jour d'aujourd'hui... Salut, Gérard. Salut. C'est Clafoutis. Alors, moi, j'ai été hôtesse de présélection des Miss. Et j'ai été refoulée parce que j'avais une jambe plus courte que l'autre. Et ça se voyait en maillot de bain. D'accord. Alors, je trouve que c'est inadmissible. Ok. Voilà. Kudan ? Moi, la question va être vite réglée. Je n'ai pas de copine. Ok. Foufoune ? Moi, j'avais une copine. Enfin, une copine. Je ne pouvais pas la blairer. Et je l'ai inscrite au concours de Miss Boudin Noir à la CUSA l'année dernière pendant les vacances de ski. Et cette conne, elle a gagné. Et ça y est, c'est tout ? C'est tout ce que tu as à me dire ? Ben oui, ça y est, c'est tout. Gérard ? Oui ? Sur IRC, il y a Miss Devitou qui te demande est-ce que les Miss, quand elles gagnent le concours, elles gagnent une CB ? Non. Ce n'est même plus le thème des débats sur les CB. Demande à machin Devitou s'il ne gagne pas une Dreamcast. Puis tu lui demanderas qu'il réponde correctement aux questions en dehors des débats. Gérard, il y a Madame de Fontenay qui te dit que vu que ces Miss ne t'excitent pas, elles supposent que tu es homo. Et alors, qu'est-ce que ça peut y foutre ? Ah, c'est vrai. Ben alors, Gégé, quoi ? Non, mais attends, qui c'est qui s'amuse à faire des conneries derrière ? J'ai coupé les auditeurs, là, Gérard. Donc, troisième question. De nos jours, la beauté de Miss France est-elle importante ? Non, elle n'est pas importante. Ouais, ben justement, Gégé ? À partir de 17h. Tu fais une partouze à 17h, moi je t'emmerde et tu vas fermer ta gueule maintenant. C'est où, c'est où ? Ouais, c'est 12 rues. Ouais, oh ! Du château, hein. Château comment ? Tu me calmes ça, là ? Déjà, tu me calmes Tony parce que là, il commence à... Ouais, il fout la merde. ...à me gonfler, lui. Et en plus, il est sourd. Tony. Non, non, non, non, non, non, non. Tony, tu te calmes. Non, tu les prends en antenne, ils se calment. Autrement, tu dégages, Tony. Moi, je te dis, à l'antenne, comme ça, il va flipper. Ouais, ben, il va dégager dans moins de deux minutes, lui, si il continue. Non, mais je sais même pas quand je suis à l'antenne, quand je suis hors antenne. Non, mais pour l'instant, tu vas répondre à la question, maintenant. Non, mais répète-la, moi, parce que je sais pas... Non, non, non, non, non, non, non. Non, non, non, non, non. Non, non, non, non, non, non. Non, non, non, non, non, non. Je répète plus les questions. Alors, attends, je vais te faire une... Attends, je vais la répéter pour toi, Tony. Mego. Mego. Ouais, je t'écoute, là. Ben, en fait, ouais, c'est vachement important, surtout pour les vicieux qui regardent, hein. Et puis, ouais, enfin, moi, je m'en fous un peu, quoi, de la beauté des Miss France, là. Voilà. Donc, pour toi, la beauté, c'est pas importante ? Ben, c'est important pour les vicieux qui regardent. Sinon, pour moi, non, c'est pas important, quoi. OK. Ça y est, j'ai compris la question. Je peux répondre ? Ouais. Ouais, c'est très important, la beauté. Sinon, à quoi ça sert de regarder Miss France ? OK. Hé, Gérard. Quoi ? Tu sais ce qu'elle fait, Miss France, quand elle voit... C'est qui ? C'est Cudan. Tu sais ce qu'elle fait, Miss France, quand elle voit une peau de banane par terre ? Non. Merde, je vais encore me casser la gueule. Ouais, ben alors, merde. Moi, je vais te dire une chose, que là, maintenant, tu peux dégager. Ben, c'est pas méchant. C'est pas grave. Ben, c'est pas méchant. Bon, putain ! C'est pas méchant. Putain, mais arrête avec ta merde, là. Tu me gères un peu ça, là. Tu me fais quoi, là, de la merde ? T'as compris ? Tu me vires Cudan. Hop, terminé. Ouais, c'était sympa, la blague. Hop, terminé. Georges. Oui, la beauté, ça, c'est... Faut pas tenter la France, quand même. Même, on aurait... Sinon, on aurait une mauvaise image de la France. La beauté, c'est ça. Euh, Clafoutis. Bonjour. Ouais, c'est pas... Moi, je trouve que la beauté, c'est n'importe quoi, parce que c'est pas parce que j'ai une jambe plus courte que l'autre que, en fait, ben, j'étais pas belle, quoi. C'est n'importe quoi. En fait, j'étais aussi belle que les autres, mais évidemment, maillot de bain, ça se voit de trop, quoi. C'est ça, le problème. Non, mais tu peux préciser ? Eh ben, je précise que, ben, la beauté, c'est pas si important que ça, quoi. On peut avoir une jambe en moins et... Ouais, c'est vrai. Ben ouais. Ouais. Et puis être miss, quoi. Ouais. Eh, Gégé, tu veux pas faire une blague à Sandy et l'inscrire à Miss France ? Comment ? Tu veux pas faire une blague à Sandy et l'inscrire à Miss France ? C'est qui ? C'est qui qui parle ? Rodrigo. Bon. J'ai l'impression... J'ai l'impression qu'on va s'arrêter dans moins de 3 minutes. Oh non, Gérard ! On continue ton débat, là. C'est bien, non ? Franchement, c'est cool, ouais. C'est bien, on s'éclate. Ouais. Alors, Foufoune ? Ouais. Ben, je pense que c'est un minimum, ouais, qu'elle soit jolie au moins et puis qu'elle sache aligner deux mots, quoi. Ouais. Bonjour, ça va ? Oui, ça va. Là, j'ai dit 3 mots, t'as vu ? Ouais, 3 mots. Bonjour. Gégé, tout à l'heure, il y a une fille qui disait qu'elle avait inscrit sa copine à Miss France. Moi, j'ai inscrit un copain, tu sais, question pour un champion pour lui faire une blague et il a été éliminé au 4 à la suite. C'est pas le thème du débat ! Hop, terminé pour Tony. Non, non, mais attends. Terminé pour toi, c'est fini, là, maintenant. Non, mais t'es pas insulté, là. Ça est terminé ! OK, alors retourne à la danse, espèce d'enculé. Bon, moi, je t'en mets, salaud ! Oh, là, tu me le vires complètement. Il est viré, il est viré. Là, moi, un connard comme ça, moi, j'en veux pas. Alors, maintenant, tu m'envoies la musique, on va calmer tout le monde, maintenant. OK, OK, OK. Bah, t'annonces les numéros de téléphone et tout ça, s'il te plaît ? Alors, donc, vous pouvez toujours nous appeler au 0803 08 5000 et 0870 5000 et toujours de lire cww.fr ou que Rigaud vous attend. Rigaud, tu peux nous dire combien qu'on est ? Je crois qu'on a dû perdre... 4 382, c'est bien, et on s'écoute le disque. 4 300 ? Bon, ça va. Donc, on se retrouve tout de suite après. Voilà, vous venez d'écouter les petits sissons de la bonne avec des bas résiliés. Résilés, pardon. Et donc, vous êtes toujours sur Fun Radio, donc, 2h44 du matin. Ouais. Donc, j'espère qu'on va atteindre, et ça, mon chef, il vient de me le demander, j'espère qu'avec Rigaud, on va atteindre des 5 000 avant la fin de l'année. C'est ça, c'est ça. C'est ça, c'est ça. 3h du matin. Je pense que ça devait être possible. J'espère. Possible. Si les bas se passent bien et que tu gueules pas trop, ça devrait le faire. Vu que là, quand le disque s'est arrêté, on était à 4 462 moins 4, ça devrait le faire. OK. Alors, donc, on récupère Margot. Mégot. Mégot, pardon. Ouais, ouais. Excuse-moi, excuse-moi, excuse-moi. D'accord, je t'excuse. J'ai dit Margot, mais c'est pas grave. Ouais, c'est bon, Margot, non ? Bah ouais, pourquoi pas, c'est le nom d'un chien, en plus. Ouais, d'accord, OK, bon. OK. Ouais, c'est ça. OK. Poussin. Bonjour. Oui, donc, bonsoir à tous. Bonsoir, Mégot. 24 ans de... Bonsoir, Balut. Bonsoir, Fildar. Bonsoir, Max. Salut. Bonsoir, mon chien. Bonsoir, Poussin Mystère. Ah, bonsoir, Gérard. Excuse-moi, je t'avais oublié. Ah ouais, bah, c'est simple. Georges. Bonsoir à tout le monde. Bonsoir, Clapouti. Ouais, salut, toujours là. Bouledopu. Oh, Bouledopu ! C'est quoi, ce bordel ? Salut, salut, salut, salut, Gégé. Bouledopu. Ouais, je suis là. Bonsoir, Gérard. Bonsoir, Sandi Capé. Bonsoir, tout le monde. Sandi Capé, je vais te dire une chose, que Bouledopu, tu vas pas commencer tes conneries, d'accord ? C'est pas le problème. C'est pas le problème. Moi, je suis calme. T'es dans le coup, aussi, non ? Ouais, à fond. Et Foufoune ? Ouais, salut, Gérard. Salut, Sandi. Alors... Je vous rassure tout de suite, je m'appelle pas Sandi. Tu me rassures. Alors, la quatrième question, donc... Non, c'était la troisième. Non, quatre. D'après vous, comment je les... Comment je... Comment je les misse France ? Ça doit être de la bite. Comment ? À mon avis, c'est des crudités, hein. Attends, attends, attends, attendez, attendez. Qui c'est qui vient de répondre, là, que c'est de la bite ? Pas moi. Pas moi. Pas moi non plus. Bon, alors, on va demander à Foufoune. Ouais. Je sais pas, ils sont allés au grain, en plein air, dans le foin. Non, mais tu peux préciser. Elles mangent des choses saines, sans bactéries, sans EPO. Elles sont des picoses et elles font de l'agime. D'accord. Elles sont bien gaulées, donc il y a du travail, quoi. Elles passent par la chirurgie esthétique, elles mettent des millions là-dedans pour faire Miss France. Ouais, mais ça, c'est pas elles, en fin de compte, c'est pas elles qui payent. Ah non, c'est Madame de Fontenay qui paye. Non, non, non, non, non, non. Faut bien se dire une chose. Non, c'est les Restos du Coeur qui payent. Non, mais attends, toi, t'es à ton micro. Donc, faut se dire une chose. Pour être Miss France, déjà, c'est pas Madame de Fontenay, comme tu viens de dire. Ouais, c'est les impôts. Donc, ça passe par des concours de mode et tout ça. Donc, on va demander à Bouledopu. Gérard, avant, sur IRC, il y a Triso, Miss Triso, qui te demande quel est le QRZ de Madame de Fontenay. Ça, c'est pas le thème des débats. Pas belle, je crois. Pas belle, ou vilaine. Non, non, mais c'est même, c'est pas du tout le thème des débats. La Cibi est terminée, maintenant, c'est sur les Miss France. Donc, on va demander à Clapouti. Bah, je pue de la gueule, moi. Ouais. Qui ? Bouledopu. Bah, tu viens de répondre. Bah, non, j'ai pas répondu. Bah, alors, tu réponds. Ouais, alors, je pense que, je sais pas, je dois vous faire 2-3 Big Macs le midi. Un bon sauciflard le soir et un rôti de veau. On va avoir une belle ligne. D'accord. Tu crois qu'en mangeant tout ça, elles auront une belle ligne ? Je crois que le midi, elles mangent des frites, moi. J'en suis la preuve. Bah, attends, parce que t'es belge, toi. Ah non, je sais pas, je dis ça comme ça. Eh, t'es devenu belge ? Et après, chez elles, ça pue l'huile. Ouais, mais t'es... Non, ça pue l'huile. Eh, t'es bien. Ouais, mais t'es devenu belge, toi. Hein, non, non. Ouais, mais t'es comme Pildar, vous devenez belge, là, tous les deux. Bah, alors, toi, qu'est-ce que t'es, Gérard ? Clapouti. Euh, ouais, bah, moi, je pense qu'elles mangent des asperges en boîte. Ouais. C'est super bon pour la forme. Et qu'elles boivent du lait de chèvre. Parce que ça, c'est super top pour le teint. Et puis, bah, en fait, la Fontenay, par contre, elle, elle mange des frites. Non, non, mais attends. Eh, Clapouti. Ouais. On n'en a rien à foutre de la Fontenay, d'accord ? Ouais, mais c'est quand même une mise. Non, non, mais on n'en a rien à foutre. On n'en a rien à foutre. On s'en fout de la Fontenay. Non, elle voit le régime dragounien. Elle mange de la salade. Elle mange vraiment de la grasse. On peut grossir. Qu'est-ce que t'as donné à manger à ta fille, toi, avant qu'elle fasse le concours, Georges ? On a été voir un diététicien. Il a fait un régime pour les salignes. Puis c'est tout. On s'en fout de la grasse. Hum, hum. Euh, Poussin ? Ouais, bah, moi, je suis d'accord avec Georges. C'est vrai qu'il mange surtout des salades, tu vois, prodités, concombres, même des... Ok, super. Bon, derrière, vous laissez les gens répondre, s'il vous plaît. Oh ! Excuse-moi. Vous laissez les gens répondre. Ça vaudra mieux pour tout le monde. Parce qu'il est 2h49, et on n'est qu'à la quatrième, et il y a 11 questions. Oh, putain. On dit pas putain. Euh, bah, qu'est-ce que je dis ? Alors, donc, pour finir, Poussin, si tu pouvais continuer ce que tu me disais. Ouais, donc, je te disais, bah, tu sais, les Miss France, ils ont franchement un régime draconien, parce qu'il faut qu'elles mangent des croûtes. Oui, des pétraves, des salades. Donc, ils n'ont pas le droit à la graisse, ni au sucre, rien du tout. D'accord. Euh, Margot... Euh, Mégo, pardon. C'est pas cool. Moi, je dis que les Miss France, là, elles mangent rien. Elles pensent à rien, elles mangent rien. Et puis, je dis, quand elles ont vraiment, vraiment faim, au bout d'une semaine, elles mangent une courgette. D'accord. Question IRC. Oui, une question de Madame de Fontenay, la vraie. Elle te demande pour quelle Miss tu aurais voté. Euh, personnellement, moi, je... Bonne question, ça. Moi, je voterais pour personne. Oh, t'as regardé ou pas ? T'as bien un petit avis, quand même. Non, non, mais même... Lequel tu préférais ? Non, non, mais même, vu ce qui s'est passé, ça m'intéresse pas. Mais... Non, non, mais... T'avais bien une préférence, je veux dire, moi, j'avais une préférence, Rigo, il avait une préférence. Il s'est passé quoi ? Euh, j'aurais... Qu'est-ce qui s'est passé ? De toute manière, ça va être la dernière question. Donc, on n'est pas couchés. Donc, 43% des gens utilisent la Miss France pour découvrir la région de la France. Les régions de France, pardon. Bah ouais. 28% des Miss France utilisent seulement les portables pour s'appeler entre elles. Ça, je vois pas du tout le rapport. 71% des Miss France préfèrent être Miss Univers... Univers Solitaire. Univers Solitaire, c'est quoi, ça ? Au-dessus de... T'as Miss France, t'as Miss Monde, t'as Miss Univers et Univers Solitaire. C'est le top des Miss. Ouais, bah, c'est bien. 23% des gens... Des gens pensent que la Miss France ne sert à rien sauf pour se masturber. Alors ça, euh... Ça, c'est vraiment des... Il y a beaucoup de gens qui pensent ça, quand même, hein. Ouais, bah, ouais. Si, si. Combien y en a ? 23%. C'est énorme, hein. Ouais, ça fait beaucoup, hein. Et 32% des gens pensent que l'abonnement aux Miss France est trop cher. Il n'y a pas besoin d'abonnement. Voilà. Si ! Non. Quoi, si ? C'est ça, Rigaud, hein. Je me suis pas trompé dans... Dans les sondages ? Non, non, c'est ça. T'as bien joué. Alors, une question que je vais poser à tout le monde, et ça, je peux préciser que sur la question que je pose, personne n'a été capable de me le donner sur les sondages, et ça, c'est bête. Donc, d'après vous, depuis quelle date Miss France existe-t-elle ? On va demander à Mégo. Ouais, bah, écoute, ça a toujours existé depuis la nuit des temps, parce que, au départ, l'élection de Miss France... C'est une légende. C'est une légende, et puis ça s'est perpétué, et puis... Pardon ? Allô ? Ouais, on t'écoute. Ouais, je disais, donc... Ouais, ça date de la... Bon, on me laisse parler, là ? C'est possible ? Ah, vas-y ! Ouais, bonjour, c'est Boule de Pue. Ouais, ouais, attends, Boule de Pue, pour l'instant, tu... C'est pas fini. Oh, Manu... Fildar ! Ouais ? Calme-moi, Boule de Pue, là, pour l'instant, c'est pas son tour. Ouais, calme-moi, Fildar. Ouais. Mégo, donc, précise. Ouais, alors, donc, je disais, ça a toujours existé, depuis le début, au départ, c'était une légende, et, en fait, voilà, comme maintenant, ça se concrétise, tout le monde peut voter, tout le monde peut participer, maintenant, c'est génial, voilà. D'accord. C'est pas pour Boule de Pue. Ok. Rigo ? Oui, il y a Miss Assetton qui te demande, c'est quand l'élection des Miss Calendrier de Routier ? Ça, je sais pas. Ça, je pourrais pas lui répondre. Qui c'est qui va passer derrière ? C'est quoi, ça ? Je sais pas. Ah, c'est le poussin vert mystère, là ? Un poussin mystère tout court. Un poussin vert mystère. Écoche pas mon nom, s'il te plaît. Bon, c'est ce que je vote, toi, d'accord ? Un poussin vert mystère. Bah, écoute, moi, ce que je peux te répondre, c'est que ça existe déjà depuis très, très longtemps. Ouais. Et que, déjà, à l'époque de Cro-Magnon, ça existait. À l'époque de qui ? À l'époque de Cro-Magnon. C'était qui, Cro-Magnon ? C'était qui ? C'était qui, Cro-Magnon, là ? C'était qui, Cro-Magnon ? C'était les hommes historiques. Oh ! On se calme derrière, on laisse passer le poussin vert mystère de mes genoux, là. Faites place, faites place. Ah, c'est les hommes préhistoriques. Ah ! Ah, mais c'est un homme préhistorique. Bon, non, c'est à l'époque des hommes préhistoriques, quoi. Ah ! Ah, attends, mais ça... Il y avait des femmes qui étaient mythes. Ah, ouais, mais c'est à l'époque où Jésus-Christ est allé sur la Lune. Ok, super. Hein, poussin ? Ça va être l'humour, ce soir, Gérard. Oh, putain. C'est cool, Gérard. Oh, poussin ! Oui ? C'est à l'époque où le premier homme est monté sur la Lune. Ouais, c'est super beau, oui. Gérard ? Allô ? Poussin ? Oui ? Quand tu parles de l'époque préhistorique, c'est l'époque des 100 dinosaures ? Oui, voilà, les 10 dinosaures, et puis je ne sais plus quoi, là, les... Les tranctosaures, là, les trucs comme ça. Ah, les brunosaures, les... Les brontosaures, les tricérapthos. Ouais, bon, Georges, les 100 dinosaures. Depuis le temps, trop tard. Georges ? Oui ? Comment c'est, en 1956 ? 66 ? Non, 56. 56 ? Oui. Je ne suis pas trop d'accord avec toi. Pourquoi ? Ah bon ? Non, non, mais on va laisser tout le monde répondre clapoutis. Ouais, moi, je pense que c'était en 1789, parce que la première, elle s'appelait Marianne, je crois. Oh, ouais, bah d'accord. Alors là, toi, t'es carrément parti sur... C'est vieux, hein ? Ouais, mais c'est vachement vieux, en fait. Oh, ouais, vache. Oh, la vache. Eh, pourquoi c'était pas l'année de la vache, les Miss France ? Mais non... Non, mais tu te rappelles pas, Marianne, avec son chapeau, là, et tout ça ? C'est clair, quoi, c'était elle, c'était l'ancêtre, déjà, de l'autre, là, Geneviève, et tout. Elle avait le chapeau, c'est clair, c'est 1789. Bon, ok, d'accord. Ok. Boule de puce ? Ouais, alors moi, je sais pas du tout. Faudrait pas te dire une date exacte, mais je sais que je regarde depuis l'âge de ma naissance. Que je kiffe Miss France. Elles sont bonnes, quoi. D'accord. Foufoune ? Ça existe depuis que Madame de Fontenay a pris un extra, en 1962. Et depuis, elle s'en est parmise. Je voudrais se partir avec Laurent Gardier. Elle a m'enflé, hein. À mon avis, je pense que vous vous trompez tous, ça existe depuis 1965, et il y a eu un reportage... Ah, j'ai fait trois ans. Il y a eu un reportage de fait... N'importe quoi. C'est faux ! Tu mens, Gérard. Tu mens comme tu respires. Ouais, moi, je t'emmerde ! N'importe quoi. Bon, tu me mets tout le monde en air. On est en air. En air. Tranquille. J'en connais un tout à l'heure, il va se prendre une bobe si je l'attrape, lui. Ouais, c'est ça. Bon, tu me mets... Tu me coupes tout le monde. Voilà. Voilà. Donc, alors, moi, je peux vous dire une chose, que ça existe depuis 1965, et ça, c'est vrai, parce qu'il y a eu un reportage qui a été fait samedi, sur la Une, avec... Patrick De Carolis. Non. Non ? Non, sur la première, c'est pas avec... C'est Emmanuel Chien. Henri Chambon. Ah, avec Henri Chambon. Et donc, ça existe depuis 1965. Exactement. Les sélections de Miss France. Moi aussi, Chambon. Regarde, Chambon, Gérard, sans... Hop, on... Suivante question. Sortirez-vous avec la Miss France en boîte ou autre ? Allô ? Allô ? Attendez, parce qu'il est parti savater Olivier, parce qu'il a eu le double saut. Olivier, casse-toi. Casse... Dégage, Olivier ! Arrête tes conneries, d'accord ? Et avec qui ? Je t'en reviens dans le studio, tu me fais une connerie, je te claque. Ok ? Allez, reviens, Gégé. Allez. On reprend, on reprend les auditeurs. Allez, c'est parti. Ok. Alors, on va demander à Foufoune. Ouais, non, moi j'irai pas avec elle. Mais tu peux expliquer ? Parce que je vais dans des boîtes pas très saines et je pense que pendant un an, elle n'a pas trop le droit de fréquenter ce genre d'endroits, donc non, j'irai pas avec elle. Non, bah là, tu te trompes. Ah bon ? Montez sur moi, c'est tout. Euh, Manu ! Tu arrêtes avec ce remix ! Regarde, tu arrêtes ! Ça, c'est du mix. Tu arrêtes ou sinon j'arrête, là. J'ai rien fait. J'arrête dans 4 minutes les débats. Bah ouais, c'est le but. D'accord ? Bon, allez, on y va. Donc, Foufoune, je suis... Il y a Miss Davy Free qui te demande si on peut lire dans les chromosomes d'un embryon si le bébé, il sera futur Miss France. Et si c'est un garçon, comment on fait ? Non, je pense pas qu'on peut lire là-dedans. Et il te demande combien ça fait en euros. Ouais, ça, j'en sais rien. Euh, boule de puce. Bah alors, moi, je suis chaud comme la brèze pour sortir avec une meuf, une Miss France. Elles n'ont pas le droit... Pendant l'année où elles sont Miss France, de sortir avec des garçons. Interdit d'avoir des gosses. Interdit de rien faire, les pauvres. C'est ça, bah... Je crois que tu te trompes complètement. Euh, non, pas du tout. Mais t'as dit au GG. Tu te trompes. Tu te trompes parce que... Les nanas qui sont élus ont le droit de sortir. Et après, une fois qu'elles sont élus, je t'explique pas les soirées qu'ils font. C'est quoi comme soirée ? À poil et tout. Non, non, mais attends... Des trucs cul-cul-cul ? Non, mais... Avec des menottes et tout. Non, non, après, ils sont invités dans... Dans des soirées... Moulin Rouge ou autre... Non, Ritz. Après, ils vont en Ritz. Ils prennent des Mercedes. Bon, Fildar, tu fermes ta gueule, maintenant. Euh, Georges ? Non, mais moi, j'ai ma femme. Elle s'est obligée. D'accord. Euh, Poussin ? Comme un bon sûr de ça. Comme un boule de pute, tu t'écrases. Oh, oh, oh. J'étais contentisant. C'est bon. Donc, Georges ? Ouais, non, mais avec ma femme, elle s'est obligée. Ok. Euh, Poussin ? Mystère. Poussin, Mystère. Putain ! Quelle bouffonne, celle-là, sérieusement. T'es la grosse. Bah, t'es toi, la grosse. T'es boule à dos, t'as fait finir ça. Putain ! Fildar ! Eh, mais calme-toi, là-bas, le vieux con, là. Mais non, mais Gérard, c'est bon, il revient. Reviens, Gérard. Attends, l'autre, il arrête pas de me couper les jambes. Il a laissé son truc, là, il me coupe n'importe qui. Là, il va se prendre des claques dans sa gueule, encore. Qu'est-ce que t'as fait ? C'est navrant. Y'a rien, hein ? Y'a rien, regarde, regarde. Viens voir, viens voir, viens voir. Mais, mais, mais, là, là. C'est-à-dire que là, ils sont tous talentés. Mais, bien sûr, pourquoi t'avais été là ? C'est moi qui viens de le remettre. Ah. Il l'avait mis en air, encore. Alors, il va se prendre des claques dans sa gueule. En air, c'est quand t'es à l'antenne. Il l'avait mis en out. En vête. Ouais. Il voulait pas qu'elle parle. Ah, c'était une erreur. Comme d'habitude. C'était une erreur. Ouais, ouais, c'est une erreur. Attends, tu vas te prendre des claques dans ta gueule. C'est comme un faux numéro, c'est pareil. Alors, Poussin. Ouais, bah, tu m'écoutes, Gégé, ou pas ? Je t'écoute. Fildar a fait un bon premier débat. Ouais, mais là, pour l'instant, il fait de la merde. Oui, mais comme tu me l'as pas remercié au début, tu remercies pas les gens quand ils font du beau boulot. Pour l'instant, au premier débat... Il fait que c'est crabe. Il fait un truc avec ses crabes. Bah, ouais, mais il va pas continuer comme ça. Mais d'accord, mais ça s'est bien passé. Ouais, bah, alors, dans ce cas-là, qui me passe un deuxième débat ? Qui bosse bien pour le moment ? Qui bosse bien ? Pour l'instant, Rigaud, on est à combien sur l'Internet ? On a perdu. Quand t'as dit que tu te cassais, il y en a plus de 1 000 qui sont partis. On est à 3 722. Donc, j'espère qu'on va récupérer. Bah, dis-leur de revenir, dis-leur de revenir. Manu, au premier débat, il a fait du bon boulot, au standard. Oh, merde, c'est pas vrai. Attends, c'était pas vrai. T'as gueulé dessus. Non, non, non, non. Bah, j'ai la DAT, t'as gueulé dessus. J'ai la DAT. Sur certains auditeurs... On va reprendre le débat juste pour dire à Rigaud, là, tu peux leur demander de revenir au 1000. Donc, tous ceux qui sont partis, là, sur Minitel, essayez de revenir... Non, Internet, ça s'appelle. Sur l'Internet, pas sur le Minitel, parce qu'il fonctionne pas. Non, mais Minitel, Internet, vas-y, parle de l'Internet. Donc, l'Internet, vous pouvez toujours nous joindre au www.frfunradio. Revenez, revenez, revenez. On va battre le record, ce soir, Rigaud, s'il te plaît. Faut qu'on arrive à 5000. Faut que tu nous en trouves 5000. Et là, il est 3h01, normalement. Moi, je devrais avoir fini le débat. On va chercher, on va chercher. Donc, Poussin. Oui, donc, je te disais, je pense que les... Ah oui, c'est sortir avec les Miss France. Oui. C'est pas sortir avec moi. Poussin. Moi, personnellement, je pourrais pas sortir avec une Miss France, vu que je suis une nana. Mais avec un mec qui fait Miss France, oui, pourquoi pas. Ah bah, t'as déjà vu des mecs... Je regarde si ça fonctionne. C'est pas facile pour les contourneurs de beauté. Qu'est-ce qu'elle est taubée, celle-là ? Qu'est-ce que tu fais, Gérard ? Non, je suis pas taubée, c'est vrai. Attendez, attendez. Non, non, on arrête, on arrête. Qu'est-ce que tu fais, Gérard ? On arrête, on arrête. Pourquoi tu... Mais non, on n'arrête pas, hein. Non, non, il recommence, il recommence. Il recommence, il recommence. Je suis là, je suis là. Poussin. Ah, mais c'est Manu. Mais non, parce que là, je les coupe, parce que tu parlais. Oui ? C'est Manu qui coupait. T'as été coupée combien de fois ? Manu, c'était Manu. Je peux pas te dire, parce que j'ai pas fait gaffe. Ouais. C'est pas la religion, en plus, on parle pas de la religion. Euh, donc, qui c'est qu'il me reste ? Mego ? Ouais, bah moi, je suis d'accord avec Poussin Mystère, là. Je trouve qu'elle a bien répondu à la question, et moi, je suis d'accord avec elle. - Hum ? - Voilà. Mais tu peux préciser, quand même, le fond de ta pensée ? Bah, que moi, je pourrais pas sortir avec une fille qui est dans l'élection de Miss France, parce que je suis pas intéressée par les filles. Et puis, par contre, un mec, qui va dans l'élection de Miss France, ouais, je suis d'accord, pourquoi pas ? - D'accord. - Voilà, c'est ce qu'elle a dit, non ? - Euh, ouais. - Voilà. De toute manière, y a pas que les boîtes. En fin de compte, qu'on peut inviter une Miss France, tu peux l'inviter au restaurant et autant. Ouais, mais il faut du pognon, putain. Ouais, mais ça, euh... Tu m'en prêtes ? Tu peux l'inviter à faire les boutiques, aussi, hein ? Ouais. T'as des lèches vitrines, t'as... - Fils de cul... - Poussin Mystère ? - Oui ? - Ouais, quand tu fais les boutiques, tu vas où, toi ? - De quoi ? - Quand tu fais les boutiques, tu vas où, toi ? Moi, je vais généralement dans Paris. Ouais, mais où, dans Paris ? Bah, y a une ville, mais je pourrais pas citer, quoi, parce que sinon, ça ferait trop de marques. Bon, bon, bon, bon, on va peut-être reprendre les débats, Gérard. Tu gères un peu, on y va. Donc, alors, sur la question, donc... Oui, Rigaud, une question, avant ? On va danser sur le débat ou pas, là ? Y en a plein. Y a Miss Paradox qui te demande : "Est-ce que tu penses que l'élection de Miss France, c'est pas un racket visant à enrichir France Télécom ?" Je pense pas. Mais ça... Mais justement, cette question-là, tout le monde l'attend, mais je vais la poser tout de suite, là. Non, non, je l'attends pas. Bon, attends, toi, tu perds de ta gueule et c'est tout. - Euh, Manu ? - Ah non. Tu me fais du bon boulot ? Bah ouais, je fais que ça, hein. Je fais que ça. Alors, donc, y a 86 % des gens... Bon, allez, hop, conclusion terminée, moi, j'arrête. Bah non, maintenant, Gérard, je suis en train d'essayer de récupérer des gens. Regarde, on va battre leur corps. On est remontés au-dessus de 4 000, Gérard. Gérard, reste, Manu, on y va, on y va, on continue. Alors, y a 86 % des gens qui ont vu Miss France ont vomi et s'en remettent pas. Donc ça, je vais te dire une chose, Gaël, quand tu me sortiras des trucs comme ça, tu me feras signe. 53 % des gens rêvent toutes les nuits de se prendre une bonne grosse Miss France. Donc, je sais pas où est-ce qu'elle est. Alors là, l'histoire des calendriers, je la pose pas, ça sert à rien. - Pourquoi ? Elle est bien. - Non, non. - C'est des routiers. - 47 % des routiers ont des calendriers de Miss France nus dans leur camion, c'est vrai ou pas ? - Non, c'est faux. Alors, toi, tu t'écrases. Toi, tu fais ton boulot et tu t'es... 36 % des gens ont tué Miss France pour avoir un chien. Alors là, Gaël, je vais te dire une chose, que là, je termine même plus. - Elle t'embrasse, elle t'embrasse comme elle te dit bisous, Gégé. - Allez, hop. - Sondage paru dans Miss France News. - T'as oublié de dire que 43 % des gens pensent que Miss France est une salope et que 1 % des gens préfèrent Monsieur France en string que Miss France en short. - Eh ben, ça y est, le sondage est terminé pour... - Ouais, c'est fini. - Bon, alors, maintenant, on va continuer le débat. Alors, l'élection de Miss France est-elle truquée ? Donc, on va demander ça à mégots. - Euh, non, non, elle n'est pas truquée. Je trouve qu'elle se passe normalement devant un huissier et tout ça. Voilà. - T'es sûre ? - Ouais, ouais, je suis sûre. - T'es sûre ? - Si, si, non, non, non. Moi, je pense que c'est tout à fait légal et puis il n'y en a aucune qui ait choisi dès le départ et puis voilà, quoi. Moi, je pense que c'est tout à fait légal. - D'accord. Pouce en mystère ? - Non, moi, je pense qu'au contraire, c'est truqué parce que quand tu vois ce qui s'est passé à la télé il y a à peu près 2-3 jours, ils ont expliqué que normalement, c'était la Miss Berry qui devait être élue. - Miss Berry ? - À la place de la Miss... - Miss Berry ? - Ouais, Miss Berry à la place de Miss... - Berry ! - Si, Berry ! - Oh, t'as le cœur de Paris. - Oui, c'est Berry, c'est ça que j'ai dit, Berry. - Euh, Georges ? - Oui, monsieur Aurélien, ma fille. - Mais, il y a Delphi. - C'est truqué, c'est un scandale, de toute façon. - C'est truqué. - D'accord. Question Minital... IRC, pardon. - Non, c'est pas une question, c'est... Attends, parce qu'il faut que je la retrouve... Je sais plus qui c'était qui me disait que c'est truqué, en fait, pour gagner Fos-Sucé. - Je ne pense pas. Euh, Clapouti ? - Bah, je me demande si Fos-Sucé est Geneviève ou quoi. - Non, Fos-Sucé est Jean-Pierre Foucault. - Ah, Foucault ! - Ouais, d'accord. - Ouais, ça. Boules de pus ? - Ouais, bah, moi, je pense que c'est bien truqué, parce que je me souviens, en 1975, il y a Sandy Plodocus qui a gagné le concours, et je voudrais savoir... C'est pas possible, quoi. - Puis, euh... Fildar, s'il te plaît. - Ouais ? - Tu me vires Boules de pus. - Salut, mec ! - Non, mais c'est intéressant, ce qu'il dit, Gérard, t'inquiète pas. - Euh, Foufoune ? - Ouais, bah, euh... C'est pas truqué. - Bah, tu peux expliquer ? - Parce que Sandy a dit que c'était truqué, donc je veux pas dire comme elle. - Alors, moi, je peux te dire une chose. - Oui ? - Bonjour. - Bonjour. - Gérard, en attendant, il y a Miss Davy Ford sur l'IRC qui dit qu'en tout cas, s'il voit Sandy au Miss France, il considérera que c'est clair que c'est truqué. - Mais n'importe quoi. Euh, donc, moi, je peux vous dire une chose, que l'histoire de Miss France... Bon, alors, pour moi, terminé, je... - Non, non, Gérard, c'est bon, là ! - Gérard, t'es niaque pas ! - Regarde ! - Qu'est-ce qu'il y a ? - Regarde, Gérard ! - Hé, Olivier, t'arrêtes, t'as pas tes conneries derrière ! - Allez, assieds-toi, Gérard, c'est bon, reviens, allez, allez. - Fais pas le con, toi, non plus ! - Olivier, il travaille dans le studio à côté, alors c'est lui. - Alors, fais pas le con, toi. - Salut, c'est pas moi, Gérard. - Fais pas le con, parce que de toute manière, c'est terminé. Moi, je fais la dernière question. - On te fatigue pas, Gégé, c'est bon. - Non, non, mais c'est terminé, maintenant. Allez, hop. Moi, je peux vous dire une chose, que ça a été truqué, parce que, pour une bonne chose, c'est que la ministre Haïti pleurait avant, la présidente qui a donné un mouchoir pour qu'elle s'essuie les yeux, et normalement, c'était Miss Berry, qui devait être élue non Miss Haïti. Donc, pour moi, ça a été truqué, ça a été truqué. Et ça, dans la presse, ils en ont parlé, mais maintenant, ils écrasent. Pour l'instant, ils ont camouflé, ils ont mis fin, comme dans un jury, ils ont dit : "C'est une affaire classée." Donc, pour moi, c'est de la merde. - On m'excuse. - Voilà. - Donc, conclusion du débat. - Ah ! - Non, déjà ? - Non ! - Non, c'est pas possible. - Je suis en train de rattraper des gens, là. Si tu veux qu'on dépasse les 5 000, il faut continuer le débat, là. On est à 4 722, on est beaucoup remontés. Ils ne m'écoutent même pas. - Si, si. - Non, mais non. - J'écoute, Rigaud. - Non, mais tu ne m'écoutes pas. - On était à 4 000. - Tu ne m'écoutes pas. - On est à combien ? 4 722. Voilà. - Bon, ça va, tu m'écoutes, c'est bien. - Alors, devrait-on faire une élection de Miss Boudin ? On va demander à Mégo. - Moi, je suis d'accord avec cette idée-là. Je pense qu'il n'y a pas que les beautés qui doivent participer à l'élection. Il y a aussi les boudins, il n'y a pas que des beautés sur Terre. Voilà, je pense que chacun y trouvera son compte, non ? - Je pense. Poussin vers Mystère. - Oui, donc moi aussi, je pense que pourquoi pas ? Parce qu'il y a bien aussi des Miss pour les personnes âgées, pour les mamies, il y a des Miss mamies. - Et il y a des mêmes, je dirai plus tard, Georges ? - Oui, tout le monde doit être égaux. - Ah bah, c'est bien, toi. - Bah oui. - Donc, on peut élire n'importe qui. Qui c'est qu'un téléphone pourri, là ? - Eh Gérard, là, c'est Poussin. Je voulais te dire qu'en Amérique, ils font aussi les concours d'élections sur les femmes qui sont un peu fortes. Et donc, ça fait les élections de Miss ronde. - D'accord. Ok, Poussin, Mystère, bière. - Tu t'es inscrit, non ? - Euh, Clapouti ? - Ouais, j'avais une question. Comment on fait pour les maillots de bain, alors ? - Bah, tu peux préciser ? - Bah, si on fait l'élection de Miss Boudin, on fait comment pour les maillots de bain, quoi ? - Bah, tu peux trouver des maillots de bain... - Taille unique. - Taille unique ? - Ouais, si taille unique, ça craint. - Non, mais de toute manière, tu peux trouver des maillots de bain qui sont assez... qui sont faits pour ta taille. - Eh, j'ai des toiles de teint. - Faut pas qu'ils crassent, ici. - Gérard, sur IRC, il y a Miss Pourras qui demande : "Est-ce que c'est vrai que Miss France est à la beauté, ce que Sandi est au saucisson à l'ail ?" - Ah, bah, ça, peut-être. On verra, on lui demandera. Euh, boule de pus ? - Ouais ? - Boule de pus ! - Tu l'as virée ! - Ah, bah... - Ah, bah, oui, quand même, je suis là. Bah, vu que Fildar, il m'a pas mal calmé, il m'a bien engueulé au standard. - Ouais, il t'a vachement calmé, il est en train de faire le con avec sa caméra. - Non, c'est quelqu'un d'autre, je sais pas qui c'est, je connais pas les voix. Mais t'as pas entendu la question. - Ah, bah, t'as pas entendu la question, je répète pas. - S'il te plaît, j'ai pas été méchant pendant le débat. - C'était l'élection de Miss Boudin. - Voilà. - Voilà, Miss Boudin. Et c'était quoi ? Répète, répète. - Non, mais attends, répète, maintenant, t'as compris. - C'était l'élection de Miss Boudin, c'est ça ? - Bah, si Sandy participe, y a pas de problème, ouais. - Alors, Sandy, attends, merde, tu dégages pour de bon pour toi. C'est terminé. Allez, hop ! Hop là ! - Alors, euh... Qui c'est qu'il nous reste, donc, boule de pus ? Tu me reprends quelqu'un d'autre, hein ? Oh là là, fil d'art ! - Quoi ? - Tu me trouves quelqu'un d'autre ? - Non, j'ai pas le temps. - Ouais, t'as pas le temps, tu vas travailler. Foufoune ? - Ouais, euh... Bah, pourquoi pas, non plus, faire l'élection de Miss Jambe de Bois, Miss Oeil de Vert, ou Miss Culotte de Cheval, quoi, c'est ridicule. - Hum-hum. - Voilà. - D'accord. - Gérard ? - Oui ? - Y a Miss Eason qui me demande : "Est-ce qu'une fille qui n'est pas française peut participer à Miss France ?" - Je pense. - Ouais ! - C'est faux, c'est faux ! - Pour une fois, elle a raison, c'est faux, hein. - Ouais, mais attends ! - Non, mais attends ! - Non, non, ça... Non, non, ça, moi, je peux vous dire une chose, y a toutes les villes qui participent. - Ouais, mais c'est français, les villes. - Gérard, y a Miss Paradox qui me dit qu'il a vu Sandy à l'élection de Mister Nobile 92. - C'est bien. C'est bien, c'est pas mal. Donc, moi, je peux vous dire une chose, qu'on pourrait faire... plus de... Bon, celui qui s'amuse derrière, il arrête ! Bon, allez, terminé, conclusion. Hop. Voilà, c'est fini. Conclusion, donc... - Attends, on est combien sur Internet ? - Combien, Internet, Rigaud ? - On a perdu, conclusion, il se casse. - Mais non, mais non ! - Mais non, Rigaud, t'es con ! Combien, sur Internet ? - Combien ? - 4 722. - Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe. - Non, c'est pas grave. - La semaine prochaine, c'est les vacances, donc ça devrait cartonner, là. - Peut-être que dans la conclusion, ils vont peut-être... - Ils vont revenir ! - Tu t'écrases ! - Si ça se passe bien, mon avis, ils vont revenir. - Tu me fais du boulot de nasse, tu t'écrases au standard ! - Sinon, Gérard, Nassim... - Bon premier débat ! - Gérard ? - Oui, Rigaud ? - Nassim, il donne sa conclusion tout de suite avant de se barrer. Il dit que si Miss France s'est truquée, il n'y aurait que des Sandy en finale. Donc c'est pas truqué. - Si, ça a été... Ça a été truqué. Euh, Nassim, eh ! N'essaye pas de me virer tout le monde au standard avant les conclusions, parce que sinon... - Ouais, non. - Tiens, ça commence ! - Gérard, arrête, tu le tapes pas dessus ! - Arrête ! - Allez ! Gueule pas, ils vont pas revenir sur Internet, après. - Mais go ! - Ouais, conclusion, là, donc ? - Ouais, on arrête, là, c'est fini. - Bah écoute... Moi, Gérard, je vais te dire une chose. Pendant le débat, je suis tombée amoureuse de toi. - Non, bah c'est bien, mais je suis bien pris. - Moi, je suis tombée amoureuse de toi, grave. Je n'ai pensé qu'à toi, cette nuit, là. - Eh bah, c'est bien, t'as... - Non, s'il te plaît, fais quelque chose, là. - Non, non, mais moi, je peux rien faire pour toi. - Parole gentille, non, mais quelque chose de gentil, seulement. - Bah, attends, attends, tu reprends le fil d'art, il va... Tu reprends le fil d'art, pouce en vert. - Ouais, j'ai dessiné son numéro ! - Ouais, bah écoute, je pense que c'est... - Fil d'art ! - Allô ? Y a quelqu'un ? - Oui, y a moi, y a moi. - Pouce en vert ! - Oui, non, mais je suis là, t'inquiète pas, hein. - Conclusion ? - Tu m'entends, là ? - Ouais. - Donc, conclusion, bah, ce que j'ai à te dire, c'est que c'est un très bon débat, le meilleur que t'aies fait, et en fin de compte, bah, je pense que je vais m'inscrire à l'élection Miss France. - Non, non, non, non, non ! - Si, si, si, si ! - D'accord. - Jean ! - J'en comprends le tout, hein. - Georges ! - C'était bien, mais à la prochaine fois, ma fille, ça va être Miss France. - De quoi ? - Berry, l'année prochaine. - Qui ? - Ma fille. Miss Berry, ça sera Miss France l'année prochaine. - D'accord. - Voilà. - Tlapouti ? - Ouais, bah moi, je pense qu'il faut garder l'émission des Miss France, parce que comme ça, on peut bien se marrer à la télé, quoi. - Ouais, non, mais y a des limites. Et Foufoun ? - Salut, Gérard ! - Tlapouti, tu me rappelles après ? Et, euh... - De quoi ? - De quoi ? Qui c'est que je rappelle après ? - C'est un message personnel. - Allô ? - Je voulais dire qu'il te crevait pas trop le cul, parce que, depuis la rentrée, tu fais un débat suivant le reportage qui est passé samedi d'avant sur la Une. Donc, je pense que tu pourrais faire preuve d'un peu plus d'imagination et d'un peu plus de culture. Surtout que, en de bon intendeur... - Salut ! Eh bah, la prochaine fois, on t'appellera pas, parce que les débats que je fais sont déjà convenus avec Max, et ça, on en avait discuté. Donc, le débat sur Miss France, c'était prévu. Normalement, on devait faire la solitude et j'ai annulé. - Parce qu'on voulait rebondir... - Fils France ! - Fils France, ouais. On voulait rebondir sur l'actualité de Fils France. - Fils France ! - Fils fucking ! - Toi, écrases ! - Jérard... - Donc, moi, je voulais... - J'ai une grande nouvelle, on a dépassé les 5000, enfin. - Ouais ! - Quand ils ont entendu que j'avais demandé de revenir pour la conclusion, ils sont revenus. On est à 5003. - Ouais ! - Aïe, aïe, aïe, aïe, aïe ! - Je vais citer quelques conclusions. - On va peut-être remercier les 5000. - Bah ouais, on va remercier... - On va peut-être les citer, on va peut-être donner leur pseudo. Ça va peut-être être un peu long. - Miss Acetone, Miss Boudin, Miss Devi One, Miss Coras, Miss Zed Zed, Miss Olio, Rip, Ara, Beko, Bénichou, Bigo Pleu, Hélène Dille, Finger Eater, Jean Lucien... - C'est bon ! - C'est bon ! - Attendez, il m'en reste... Je n'ai pas fini. Triso, Web Shark, Sweet Boy... - Ça y est, ça y est, c'est bon ! - Rigaud, Rigaud, c'est bon, c'est bon ! - OK, et une petite conclusion ? Une petite conclusion quand même de Miss Turpentine. Elle dit que ton débat, il n'avait ni queue ni tête comme toi. - Bon bah ça, je m'en doute. C'est toutes les semaines que j'entends ça. - Sinon, il y a aussi Yankee, il y a aussi Madame de Fontenay, quand même. - Merci Rigaud, c'est bon. - Miss France, Miss Berry, Miss... - Salut, salut ! - Salut, salut ! - Donc, de toute manière, là, vous allez retrouver Rigaud. - J'ai oublié Beko, j'ai oublié Beko. - Ouais, bah Beko... - Je suis désolé. - Donc, voilà, merci à tous d'être restés. - Je voulais saluer les demoiselles auditrices. Il y en a 4 ou 5 qui sont venus ce soir du Havre. - Il y a 4 personnes du Havre qui sont venues. - Les 4 pour filles, là. - Qui sont venues aussi pour toi, spécialement, que pour moi. - Oh si, oh si, oh si, elles ont entendu. - Par contre, il y en a une qui t'a posé un lapin. - C'est qui ? - Ah ah ah ! - Cette semaine ? - Ouais. - Il y a eu deux lapins en l'espace d'une semaine. - Rien que toi, j'ai plus de batterie. - Bah non, t'as plus de batterie. - Gérard, j'ai oublié Miss LGM. - Ouais, bah ça, je vais pas aller. Bon. - Conclusion du débat, Gérard, toi, de Miss France. Qu'est-ce que tu penses de Miss France et de tout ça ? - Personnellement, j'en pense que c'est... En fin de compte, ça a vraiment été un peu... - Et Miss Paradoxe, excuse-moi. - C'est bien. Donc, pour moi, je pense qu'à mon avis, ça a été un peu truqué. Parce qu'il faut se dire une chose, que ça, ça a bien été précisé dans la presse. Même sur Exclusif, ça a bien été dit, comme quoi la présidente avait bien donné son mouchoir. À Miss Tahiti. Et que normalement, ça devait être bien Miss Berry qui devait être élue. Donc, la semaine prochaine, étant donné... - C'est le 24 au soir. Et non seulement nous serons là pour fêter Noël avec vous, pour tous les pauvres paumés qui sont de l'autre côté et qui fêtent pas Noël et qui sont malheureux. Donc, nous, on fêtera pas Noël en famille, en ce qui nous concerne, et on sera là. Et comme ça tombe un jeudi... - Ça tombe un jeudi. - Donc, Gérard sera là pour ses débats. Et un débat de trois heures. - Vas-y, dis, Gérard. - Un débat qui va porter uniquement sur mes copains les routiers ! - Ouais ! - Et je veux des routiers à l'antenne ! Et même devant la radio pour Noël, je veux entendre klaxonner ! - Voilà, donc un débat de trois heures avec à peu près 20 questions. - Euh, on va faire 22 questions. - Ouais ! - On va essayer d'avoir 22 questions. Et je vais les travailler pendant... - Avec la même équipe, quand même ? - Ouais, si ça se calme. Donc, vous allez retrouver, pour finir, Rousseau. Excuse-moi du temps, tu reprends avec un peu de retard, mais c'est pas grave. Je t'avais dit avant 4 heures, donc on n'est pas loin. - T'as de la veine. - Donc, Rousseau pour la nuit sans pub. 6h-9h, Barthes, après la suite des émissions. Bien sûr, demain soir, 22h, minuit max, avec Jean Deneuver. Et bien sûr, si vous voulez des places à La Loco, n'hésitez pas, Fildar va vous attendre. Il va vous récupérer pour avoir des places à La Loco. Donc, sur ce, je vous souhaite une bonne nuit à tous. - Des places de ciné aussi, des places de parking, des places de... - Tout ce que tu veux. Et bien sûr, demain soir, n'hésitez pas. Branchez-vous tous sur FUN. - Aucune hésitation possible. - Maintenant, vous n'avez plus le droit de vous tromper. Écoutez FUN. - Moi, je vous mets sur Énergie. - Oh, ma gueule à toi ! Toi, tu vas te faire sauter, tu vas aller dans une poubelle sur Énergie. - Voilà. Le dernier disque, avant de se dire au revoir, c'est... - Le dernier disque, c'est : "Mets tes doigts dans les fesses, avec le beurre, c'est mieux." "Avec du beurre, c'est mieux." Et c'est... Tu n'aimes même pas ça ? - Si ! "Avec du beurre, c'est mieux." == Le débat sur les routiers == === Contexte === Nous l'avons dit, l'époque était particulière. Époque des grands passionnés, des jeunes gens, d'une sorte d'euphorie. Pour ces gens, travailler à des moments sacrés n'était pas un problème. C'est évident pour Gérard, vu son manque de socialisation et de lien avec l'aspect familial de telles fêtes, mais ça l'est moins pour l'équipe régulière de la radio. Et pourtant, pas de best of, les animateurs sont là, au grand complet. Alors pourquoi ne pas fêter en direct Noël ? Et se faire plaisir avec un débat de Gérard, dans la pure tradition surréaliste. C'est à ça que ressemblera la messe de minuit de Fun radio. Pour faire plaisir à l'animateur, Max accepte son thème favori : les routiers. C'est un peu redondant par rapport à celui de la semaine d'avant, mais ce ne sera pas la seule redondance de ce thème. Et là-dessus, il est intarrissable. COmme si les astres étaient alignés, et cela n'arrivera plus ensuite, même les audituers vedettes étaient là, sans exception, malgré le moment. De quoi offrir un beau cadeau de Noël à la jeunesse adolescente de l'époque. === Les personnages === === Transcription === Je tais toi, je parle à Gérard, oh là là ! Bonne soirée Anne-Joëlle, merci, au revoir ! Allez hop, on dégage ça. Suivant ! Ah je peux plus Anne-Joëlle, je peux plus. C'est même pas physique, c'est vocal là. En plus c'est pas gentil ce qu'elle t'a dit. Ouais mais attends, tu vas voir ton répondeur, il va être blindé pour elle. Alors, donc ce soir, minuit pile dans 20 secondes, les conseils de Gérard et Sandy jusqu'à minuit et demi, une heure moins le quart, on va voir comment ça va se passer. Et même si ça se passe même plutôt bien, on fera peut-être jusqu'à une heure les conseils de Gérard et Sandy, c'est sympathique. Non mais moi j'aurais bien voulu un petit jeu de la vérité, un petit peu quand même ! En règle générale ça se termine toujours mal parce que les questions sont assez dures et il faut voir si vous assumez, on va voir. On va déjà démarrer la première demi-heure et voir comment ça va se passer. Qui allons-nous accueillir Gérard et Sandy ? Alors on va accueillir Nina, 17 ans de Paris. Nima ! 17 ans de Paris. Oui bonsoir. Oui bonsoir. Bonsoir Max. Salut Nima. Bonsoir. Joyeux Noël à tous. Merci. De même pour toi. Ouais merci. Bonsoir Michel. Oui alors j'ai un petit problème. Comment ? Non non moi c'est Sandy. T'énerves pas. C'est pas ta chienne d'accord ? Michel ! C'était l'américaine, bonsoir Michel et tu fiches pas ta chienne. D'accord. Tu commences à te calmer d'accord ? Ouais. Parce que sinon on passe à quelqu'un d'autre. Non non attendez, on va y aller mollo parce qu'il est minuit, il faut aller jusqu'à 4h. Donc tranquille les gars, tranquille les gars. Alors ton conseil c'est quoi ? Ce n'est pas offert de... Non mais attends il va le dire lui-même. Non mais Gérard, Gérard. Gérard. Oh non mais concentre-toi. Arrête de les emmerder toutes les deux secondes au standard. C'est à lui de poser son problème. Parce qu'il est noté sur ta feuille que tu dois dire pourquoi ton... Hein ? Bon merci Max. Qu'est-ce qu'il t'amène Ringo ? Quoi ? Allez vas-y magne ! Bon alors en fait mon conseil c'est que j'ai pas de cadeau pour ma mère pour demain. Et je vous donne un conseil de cadeau. Déjà moi j'ai une question à te poser. Qu'est-ce que ta mère elle aime ? Elle aime forcément quelque chose. Si c'est des fleurs ou si c'est... Je sais pas moi. Elle aime les voitures. Ouais. Quel genre de voiture ? Ah les voitures jaunes. De couleur jaune. Ouais. Et de quelle marque ? Une marque japonaise. Une marque japonaise ? Mais quelle marque ? Il y a plusieurs marques japonaises. Mais non mais non non non non non non non non. Non mais là déjà on va avoir des problèmes. Non non excuse-moi. On va avoir des problèmes avec ça direct parce que vous avez dit... Pas de marque. Une marque japonaise. Une marque japonaise c'est une marque. Donc... D'ailleurs on sait que tous ceux qui conduisent avec une voiture japonaise c'est une marque. Comme pourrait l'être Renault. Moi j'ai... T'as quoi comme voiture une japonaise ? C'est une marque. Pas de pays rien. A la rigueur des affluents ou des... Vous avez le droit à... Mais pas... Le parfum. Qu'est-ce qu'elle aime comme parfum ? Oh tu te réveilles ? Allo ? Une. Ouais. Bah alors tu réponds pas aux questions que je... Oh tu te réveilles ou quoi là ? Ou je te réveille moi de tout à l'heure ? Donc en fin de compte elle aime les voitures et qu'est-ce qu'elle aime d'autres ? Elle aime un peu de tout. Les parfums. Les vêtements. Ouais. Bon bah moi je serais avec toi. Mais tu disposes de combien d'argent déjà ? 200 balles. 200 balles. Donc déjà pour 200 balles je pense que tu peux lui offrir une bouteille de parfum. Une bouteille de parfum ? Je pense que c'est déjà bien quand tu... Une bouteille c'est grand. Comment ? C'est beaucoup une bouteille. Non mais attends tu trouves du parfum à moins de 200 balles. Arrête tes conneries toi. Comment tu vas faire ? Tu peux avoir du parfum pour moins cher. C'est sûr. Maintenant si tu veux lui offrir un bouquet de fleurs je pense que tu peux aussi. Poignée avec la bouteille de parfum. D'accord. Donc voilà mais tout dépend de ce qu'elle aime aussi. Elle aime les parfums exotiques. Les parfums exotiques. C'est-à-dire ? C'est quoi ? Quel parfum exotique ? Je ne saurais pas te dire précisément mais... Attends parce que du parfum exotique il y en a plusieurs. Alors précise. Avec la noix de coco ? Avec la noix de coco tout ça non ? Non mais attends. Laisse le préciser lui. Alors avec la noix de coco ? Ouais vas-y. Parce qu'on vient de te le dire. Vas-y. Non avec la noix de coco, ananas... Ouais c'est ça. T'as déjà vu du parfum à l'ananas toi ? Ah si si si. Il y a même du parfum à la pêche aussi. Non mais attends. Du parfum à l'ananas t'en as déjà vu toi ? Oui j'en ai déjà vu. T'as vu jouer ça dans Spirou Magazine ? Non pas dans Spirou Magazine. Non mais dans Tintin Milou. Non non plus non. Non mais dans Hercule. Non plus. Hercule et Pif. Non mais donc voilà tu peux lui offrir une bouteille de parfum accompagnée d'un bouquet de fleurs. Et puis ça... Non le mieux. Moi le mieux à ce que je te propose. Ouais. C'est d'y offrir un bouquet de fleurs. Ouais. Bah oui c'est ce que je viens de dire. Avec une petite carte. Et je mets quoi dans la carte ? Bah attends. Joyeux Noël et puis bonne fête et puis... Bah attends. Tu sais pas ce qu'on met sur une carte de bonne année toi. Broutille. Bah c'est pour ça que j'appelle. Comment ? C'est pour ça que j'appelle. Ah ouais. Non non mais attends. Tu nous demandes pour offrir un cadeau et tu nous demandes comment qu'on écrit une carte. Bah tu me dis de... Prendre un bouquet de fleurs avec une carte. Tu écris. Tu paies une carte. Tu mets Joyeux Noël et bonne année et bonne santé. Voilà. 99. Hein ? Ouais. Accompagné des fleurs et puis du parfum. Ouais d'accord. D'accord ? Je trouve pas que c'est un peu commun comme cadeau Gérard de toujours offrir des fleurs ou du parfum. Ouais c'est classique. Bah tout dépend de ce qu'elle aime. Mais ouais mais de toute manière il nous dit pas ce qu'elle aime. A part les voitures. Mais attends. Est-ce qu'il a l'argent pour acheter une voiture ? 100 balles pour acheter une bagnole. Non mais il peut peut-être déjà acheter une maquette. Non ? Ou un truc. Bah non mais attends. Une maquette. Ouais une maquette. Elle fait collection des voitures. Ouais ouais. Pourquoi pas. Ouais c'est ça. Ou alors moi ce que je te propose c'est que tu achètes une voiture pas trop chère. Tu vois. Une petite voiture miniature. T'achètes aussi une bouteille de parfum pour accompagner la voiture. Et en même temps tu lui offres des fleurs parce que c'est normal. Tu vas pas y aller. Donc voilà ce que je peux te répondre. J'espère qu'on a pu t'aider quand même un petit peu. Ouais un petit peu. Non mais moi... Ouais je pense le mieux. Le mieux c'est que tu y alles avec... Si elle aime le parfum. Le plus grand cadeau que tu peux faire à une personne comme ça. Elle a quel âge ta maman déjà ? Elle a 45 ans. 45 ans. Donc le mieux c'est que tu y achètes une bouteille de parfum. Ouais. Et tu lui offres un bouquet de fleurs. Ouais d'accord mais j'ai un autre problème aussi. C'est que tout est fermé là. Ouais mais attends. Demain c'est ouvert. Demain c'est ouvert. Demain c'est ouvert. D'accord. Y'a des grandes surfaces demain qui sont ouvertes. Le 25 t'es sûr ? Oui oui oui. Jusqu'à midi normalement. Jusqu'à midi ? Ouais. Et si elle se réveille avant ? De quoi ? Et si elle se réveille avant ? Mais alors ? Mais c'est à toi de te réveiller avant midi. Non mais d'accord. Non mais attends. Tu comprends ce qu'on te dit ou pas là ? Non mais crie pas. Non mais attends je crie pas. C'est bon c'est Noël. Pour l'instant on te demande quelque chose. Est-ce que tu seras réveillé avant midi ? Oui ou non ? Ma mère imagine elle se réveille à 8h. Moi et toi tu te réveilles à 9h. Non mais t'inquiète pas. Tu fais comme on t'a dit. T'achètes un bouquet de fleurs. T'achètes ce qu'on t'a dit quoi. Avec la voiture. Si elle aime les voitures. Ou si elle préfère le parfum. T'achètes le parfum quoi. Ça dépend. C'est toi qui vois avec l'argent que t'as. D'accord. Mais vous êtes sûr que demain c'est ouvert ? Bah oui c'est ouvert demain. Mais moi je penserais plus pour acheter du parfum que d'acheter la voiture. Parce que la voiture c'est une voiture de collection. Mais le parfum tu peux le mettre tout le temps. Dans la voiture. Tu vois l'huile de voiture. Et voilà quoi. Bah merci beaucoup. C'est tout ce que je peux te dire moi. Ok bon bah je suis pas avancé. Donc je te souhaite de bonnes fêtes. Et puis bah amuse-toi bien. Bon bah joyeux Noël quand même. D'accord merci. A toi aussi. Salut. Le second c'est quoi ? C'est qui ? Le second c'est Valérie. 35 ans de Paris. Bonjour. Bonsoir. Bonsoir. Je vous souhaite un joyeux Noël Gérard. Bah moi aussi. Je te souhaite un joyeux Noël. Hein Christine ? Oui c'est Christine. Ouais c'est ça. Alors bonne nuit. Au revoir. Au revoir Christine. Au revoir. Au revoir. Mais elle a besoin d'un conseil. Elle a besoin d'un conseil. Ah non Christine ? Oui. Comment vas-tu ? C'est l'ex de Gérard. Ah ? Ça va ? Ça va bien ? Oui. Non mais t'inquiète pas. Gérard c'est Noël. Fais le gentleman. Il pourrait être une meuf. Bon j'étais mauve avec lui quand même. Il soit poli un peu. Non mais t'inquiète pas. Ça va s'arranger. Bah oui. Faut rester cool quoi. Bah oui. Moi c'est vrai que des fois je suis un peu... Dès que je suis là je me dis oh mince. Mais bon. Faut pas crisper quoi. On n'est pas des gamins pour se disputer. Bah ouais c'est vrai. C'est vrai t'as raison. Je suis d'accord avec toi. Bah oui genre. De ça qu'on fait le gamin. On n'est pas des gosses. Faut rester zen quoi. Bah oui. Bravo Sandy. Ouais Sandy. T'as profité de ta vie un peu. Bah alors vas-y Christine. Donc à part ça qu'est-ce que t'as à dire ? Moi bah j'ai dit c'est joyeux Noël et puis c'est tout. Bah c'est gentil ça. Voilà. T'as besoin d'un conseil non ? Vous êtes heureux tous les deux que ça marche très bien pour vous deux. Bah je t'en remercie. Moi je te dis de même que la vie soit belle pour toi et puis que bah si t'as des enfants ou pas je sais pas bah que tu sois heureuse quoi. Je peux pas en avoir. Donc je sais pas t'as pas de conseil à demander ou... Non rien. Bah c'est cool Christine. Non mais c'est gentil d'avoir téléphoné et puis... Bon bah c'est gentil Christine on te souhaite un joyeux Noël. Bon réveillon l'amoureux. Ouais. D'accord merci. Je t'en remercie beaucoup. Ouais je vais faire le réveillon avec Sandy demain. C'est cool. Bon Sandy tu dois avoir une autre fiche là. Tu vas être à Yanis. Ouais attends je vais... Parce que Gérard est parti on sait pas où il est il va certainement revenir. Attends ça c'est... Ah non c'est pas fait ça. Conseil GG Sandy a un problème pour faire la cuisine. Voilà Yanis. Si si. Donc on va accueillir Yanis 18 ans de Limoges. Salut. Allo ? Allo ? Salut Yanis. Salut joyeux Noël. Oui toi aussi. Bon je vais te parler j'ai vraiment des gros problèmes pour faire la cuisine. J'arrive réellement pas. Mes parents sont pas venus ce soir pour Noël. J'en prends marée de médecine alors je travaille. J'essaie de faire la cuisine pour manger un peu. J'ai fait des pâtes et tout a brûlé. C'est tout cramé à l'intérieur. Je sais pas comment il faut faire. Mais comment t'as fait pour faire cuire les pâtes et que ce soit brûlé comme ça ? J'ai pris une casserole. J'ai pris de l'eau. J'ai mis les pâtes dessus et je sais pas j'ai laissé. Une demi-heure et puis après pouf. Une demi-heure t'as mis les pâtes ? Bah ouais faut que ce soit bien chaud. Non non attends attends. Attends attends attends. Déjà les pâtes tu les fais pas cuire une demi-heure. Tu les fais cuire maximum. 10 minutes à 15 heures. 10 minutes. Ça va être froid après. Non non non. Après tu peux les faire réchauffer. Tu vois si t'as un micro-ondes tu peux les faire réchauffer. J'ai pas de micro-ondes. J'ai juste une petite plaque. Et t'as pas un petit four où tu pourrais faire tu vois des plats cuisiniers genre surgelés les trucs comme ça ? Non non j'ai juste une plaque chauffante. J'ai une chambre d'étudiants donc j'ai juste une petite plaque. Et qu'est-ce que t'aimes exactement comme nourriture ? Tu dois avoir une préférence. Je sais pas moi. Si t'aimes je sais pas soit les surgelés soit les boîtes de conserve je sais pas. J'aime bien les raviolis. Ah t'aimes bien les raviolis. Les raviolis c'est pas dur à faire chauffer. Tu prends une casserole et puis bon c'est bon. Comment on fait des raviolis Sandy ou Gérard ? Je sais pas vous pouvez nous dire. Non mais attends. Une boîte. Tu ouvres la boîte. Ouais. Tu la mets dans une casserole. Sans te couper les doigts. Ouais. Sans te couper les doigts. Pas faire comme Sandy. Tu mets la boîte dans la casserole où tu vis. Non non mais pas faire comme Sandy pour un avocat prendre son doigt pour un avocat. On parle des raviolis Gérard. L'avocat c'est pas une boîte de conserve. Donc pour ces raviolis le mieux c'est de faire une chose. C'est couper ta boîte. Non mais attends. C'est des plaques sur pente ? Bah ouais. Ah c'est plaques électriques. Ouais. Alors sur plaques électriques tu les mets à... 10 ? Non ? Non non non pas à 10 parce que c'est trop. À 3 peut-être ? Trop. 3-4 ? 3-4 ? Ouais je pense. Ouais. Et tu fais attention que ça crame pas. Tu surveilles et tu touilles de temps en temps pour voir si ça crame pas dans la casserole. Est-ce qu'il faut mettre de l'eau avec les raviolis dans la casserole ou pas ? Non non parce qu'il y a de la sauce déjà. Il y a de la sauce. Ou du beurre pour pas que ça attache. Si si si. Il faut mettre quoi Gérard ? Attends attends attends. Attends Sandy Gérard c'est mieux que toi. Non non attends attends. Une fois que t'as retiré tes raviolis de la boîte. Ouais. Il te reste un peu de sauce dedans. De quoi ? De la sauce ? Ouais de la sauce. De quoi comme sauce ? De la sauce tomate abrutie ! Bah ouais mais j'en ai pas de sauce tomate moi. Non mais ils sont déjà dans les raviolis. Oh mais c'est pas possible ! Tu comprends ce qu'on veut dire ? Bah ouais bah ouais. Dès que t'as les raviolis on t'ouvre la boîte. Attends Gérard excuse-moi. C'est Max. Il y a des fois les gens ne comprennent pas toujours. Moi je comprends pas tout lui je te le dis. Attends comment que tu fais une omelette toi ? Bah avec des oeufs. Et tu mets quoi dans ta poêle ? Je mets ce qu'il y a dans la coquille c'est-à-dire l'oeuf et la sauce. Le blanc. Et comment que tu les fais cuire tes oeufs ? Bah je fais chauffer. Ouais avec quoi ? Bah avec du gaz. Ouais et tu mets quoi pour que ça chauffe ? Bah il peut mettre des lardons. Bah j'en sais rien du beurre ou du beurre. La crème fraîche. La crème fraîche ? Non la crème fraîche c'est quand tu veux faire des champignons à la crème fraîche. Mais moi des fois je mets un peu d'herbe de Provence avant. Pour bien que ça saisisse l'affaire. N'importe quoi toi. Donc on revient aux raviolis donc Gérard les raviolis. Bon les raviolis. Donc pour en finir avec tes raviolis là. Ouais. Donc tu mets un peu d'eau dans ta boîte. Pas beaucoup. Non dans la casserole. Dans la boîte ? Non dans la boîte pour bien retirer. Ah pour diluer. Ah ok. Pour diluer ce qui reste. Tu mets pas beaucoup. Tu prends une cuillère à boire pour tourner de temps en temps. Tu surveilles. Rigaud oui une question internet. Ouais Gérard il y a Steph sur l'IRC qui te demande si tu l'invites à bouffer demain parce qu'il aime bien tes conseils cuisine. Non. Pourquoi ? Non j'invite personne à bouffer chez moi demain. Pourquoi ? Hein ? Non le 31 ils sont tous invités. Ah ouais ouais j'ai vu l'affiche ouais. Vous êtes tous invités le 31. Le 31 ils sont tous ceux qui vont venir vont être aux flics. Donc ? Nuance. Ouais bah pour les raviolis Gérard. Ouais ouais. Non mais tu ferais une parenthèse d'ailleurs pour en parler tout à l'heure et en montrant. Ouais. Elle est où l'affiche ? L'affiche est là et en plus il faut qu'on parle du courrier parce que t'as reçu du courrier pour Noël en plus. Ah ouais si c'est des conneries ça sert à rien. Non non non. Non c'est des bons cadeaux. Donc ton histoire de raviolis. J'en mets combien ? Un demi litre ? Mais non tu t'en mets un petit peu. Un petit peu. Un verre ? Ouais tu mets un verre dans ta boîte tu secoues et tu remues le restant de la sauce tomate. Ok. Et tu le mets dans ta casserole ? Il y a des raviolis dans la casserole normalement. Oh là là. Ouais. Mais non les raviolis tu les mets dans la casserole donc si tu les mets pas ils peuvent pas y être. Bah ouais. Donc c'est logique. Ok ok ouais. Ouais. Et qu'est-ce que t'aimes d'autre à part les raviolis ? Bah les pâtes j'aime bien mais bon ça cramait tout à l'heure j'en ai plus là. Donc les pâtes bon c'est des spaghettis ? Non non c'est des petites coquillettes là. Bah les coquillettes tu les fais chauffer à je sais pas 5-10 minutes et ce que tu peux faire de l'huile avec du sel. Ah ok. Et tu remues de temps en temps pour pas que ça colle. Ah ok. Et si tu veux me faire des nouilles à la sauce tomate tu mets de la sauce tomate dedans mais après tu les égouttes. Ouais mais la sauce tomate c'est des trucs en briques ou les... Bah ce que tu veux. Oh tu peux avoir ce que tu veux des petites boîtes ou des grandes boîtes ça dépend. Ouais. Enfin voilà Yanis. Ça y est t'es renseigné au moins tu peux faire quelque chose de main de potable. Ok. Comme dirait Gérard ok ? Ok. Bah bonne soirée à toi. Merci. Ouais bonne soirée. Gérard le suivant ? Bonsoir. Allo. Allo. Allo. Y'a quelqu'un ? Ah bah elle est partie. Y'a quelqu'un dans la secoupe ? Bah c'est pas grave c'est pas grave. Bon. Elle est manouillée. Je sais pas. C'est pas grave. C'est pas grave. On va accueillir Thomas 25 ans. Ouais. 25 ans de Nice. Ouais salut à tous. Bonsoir. Bonsoir à toi. Salut Sandy. Salut. Oui salut. Bah bon joyeux Noël quand même. Merci. Ouais j'espère que vous avez passé un bon réveillon. Bah tu vois là on y est. On est en plein dedans. Ok. Bah écoute moi je t'appelle justement c'est un peu à cause de ça parce qu'en fait j'ai bien fait la teuf et j'ai un petit peu trop mangé j'ai un petit peu trop bu et j'ai peur demain d'être un petit peu malade et d'avoir un petit peu la gueule de bois donc on m'a dit que t'étais calé sur le sujet donc j'aurais voulu savoir si t'avais des petits trucs pour éviter si tu veux d'avoir la gueule de bois ou la chiasse. D'accord. Alors ce que je te conseille pour pas avoir pour pas avoir envie de... Pas manger de chocolat d'abord. Est-ce que t'as mangé du chocolat ? Ouais ouais il y avait de la bûche au chocolat en dessert. Non mais ça c'est pas ça qui va te... Attends attends Thomas. Oui oui oui. Pour l'instant le réveillon n'est pas terminé. Ah bah oui mais moi j'étais fini de manger là j'ai déjà mangé de la bûche. Mais qu'est-ce que t'as mangé exactement ? Alors en entrée il y avait des huîtres. Ouais. Après j'ai bouffé de la moule quand même un petit peu. Ouais. Après on a enchaîné foie gras saumon tu vois bien classique. Ouais. Ok. Après un bon petit rôti, fromage et puis la bûche. Bon ça va là c'est pas trop c'est pas un grand repas comme il y en a qui font. Si tu veux moi j'ai un petit estomac quoi. Tout le monde n'a pas la chance d'arriver à digérer des quantités de nourriture faramineuse peut-être comme toi Sandy mais moi... Ah non non moi je te rassure tout de suite je mange pas beaucoup. Tu manges pas beaucoup ? Par rapport à ce que tout le monde peut croire... Menteuse ! Non elle mange pas beaucoup. Menteuse ! Menteuse ! Menteuse ! Menteuse ! Attends attends Thomas. Moi je démens ce qu'elle vient de dire. Ouais c'est vrai c'est dégueulasse ce que t'as dit. Elle a dit qu'elle mange pas beaucoup mais elle arrête pas de manger du chocolat du matin au soir. Donc c'est une menteuse. Non pas en ce moment. Une menteuse ! Elle mange plus de boîte de pales d'affilée. Elle est peut-être enceinte Gérard si elle mange du chocolat non ? Bah oui. Attends ça c'est pour le jeu de la vérité d'accord ? Ah ouais merde. Ok. C'est vrai que si elle est enceinte tout de suite elle mange plus mais moi je suis pas enceinte et je te dis je mange pas beaucoup. Non mais moi de toute manière un conseil que je vais te donner pour pas avoir la gueule de bois si t'as bien bu si t'as bien arrosé le réveillon un conseil que je te donne c'est de boire un café salé. Un café salé ? Non mais ça c'est pour faire vomir ça le café salé. Ah oui mais justement. J'ai pas envie de vomir justement j'ai pas envie d'être malade c'est ça le problème. Et bah alors dans ce cas là tu fais une chose tu bois un café sans sel. Ou sinon si t'es malade. Ah merde. Tu peux faire du vélo aussi si tu veux. Un café sans sel. Non Gégé le problème le problème c'est que là quand je vais aller Un café sans sucre excuse moi. Ok quand je vais aller me coucher avec ma copine déjà premièrement je pue de la gueule et deuxièmement j'ai pas envie de lui dégobiller dessus. Bon alors dans ce cas là tu fais une chose tu bois un café sans sucre et avant de faire l'amour avec ta copine t'essayes de te laver... De te laver les dents quand même. De te laver les dents. Non pas la quéquette attends et oh. Bah si il peut hein. Je me lave pas la quéquette ? Attends si il veut faire la gueule il peut te laver la quéquette hein. Ah bah ouais. Bah attends mais attends. Non mais je suis d'accord avec toi. Mais de toute manière et oh. Ouais. Moi je vais te dire une chose. T'en dis est-ce que tu te laves la quéquette avant l'amour ? Moi d'abord je te rassure j'ai pas de quéquette. Ouais la chounette. Ouais la chounette bah ça dépend hein si j'ai pas envie je la lave pas hein. Ouais ça peut être souvent. Mais t'as vraiment envie non ? Mais ça ça dépend hein moi je prends une douche. Deux fois par jour donc y'a pas de problème. Un jour. Non non pas par mois. Non pas par mois non. J'en connais tout à l'heure qui vont se prendre des baffes. Ouais Manu. Hein Fildar et Manu ? Voilà. Attends attends attends. Juste pour dire qu'il faudra quand même penser à... On plaisante on plaisante mais ça serait bien quand même qu'on fasse un tout petit point sur... Ouais un petit point courrier mais justement on va abréger. On va finir avec Thomas. C'est fini parce que je voyais parler entre vous. Ah non non non. Bah lui il est là. Bah lui il est là. Je pense que pour toi Thomas la solution donc c'est déjà si t'as envie de faire l'amour là maintenant. Ouais. Donc... J'ai peur de vomir pendant l'amour. Surtout y'a un truc que je te conseille si tu me le permets c'est que bon dès que tu veux faire ça avec ta copine surtout tu te protèges. Oui non mais ça y'a pas de problème. Bon bah voilà ça y'est ça y'est ça y'est c'est bon. Le problème c'est le mal de mer. Je vais avoir le mal de mer c'est tout. Ouais non mais attends. Ou sinon tu prends un cachet d'aspirine si ça va pas. C'est bon c'est bon c'est bon. Terminé apparemment il a assez de conseils ou pas ? Bah pas des masses. T'es conseillé ou pas Thomas ? Bah je trouve que c'est léger quand même au niveau du conseil. C'est normal. Je vais lui vomir dessus c'est tout. C'est comme ça que ça va finir. Non mais si t'as envie de vomir tu vas dans les cabinets et puis tu vomis c'est tout. Ouais ouais. Et puis une fois que t'as fini bon bah tu retournes la voir et puis gentiment. Voilà. Sans lui vomir dessus en principe. Attends tu vomis pas sur ta copine attends arrête de dire des bêtises là. Tu lui demandes avant. J'aimerais bien éviter. Ou sinon tu peux prendre des sacs et puis tu vomis dans un sac. Et puis après tu mets ça dans le vide d'ordure. Voilà. Bah même tu prends un préservatif et tu vomis dans le préservatif et puis basta. Mais non attends. C'est cramé ça Gérard. Hop terminé. Bah merci Thomas. Terminé Thomas. Bon bah bonne chance à toi. Merci à toi. Au revoir. Bon alors Gérard. On pourrait. Ouais. On a reçu du courrier donc déjà du. On a reçu du pâté de foie. Non non. Non non non. Ça c'est pas fesse de babouin. Gourmet. Gourmet. Gourmet trois étoiles. Mousseline de soie. De sol. De sol. De sol. Faudra que tu le goûtes quand même avant de partir. Non ça me paraît bizarre ça. Donc apparemment t'es abonné à Atlas. Voilà ça. Tu peux ouvrir. Non mais ouvre. Non non mais attends. Ça c'est. C'est pas grave. L'abonnement c'est 8000 francs par trimestre. Non non mais ça c'est. C'est le mec. Parce que les mecs qui t'ont abonné ils demandent l'argent apparemment à Atlas. Donc moi j'ai dit que c'était pas fun. Ça c'est le mec. C'est le mec qui s'amusait à m'envoyer les trucs de camion et qui me demande. Bah voilà. C'est bien ce que. D'accord. Voilà. C'est quoi t'as des étiquettes de camion là ? Et t'avais une lettre non ? Ouais en fait on a reçu le colis tu vois. C'est rare. C'est Fès de Babouin qui t'a envoyé donc ce colis là. Le beau colis. Et donc en fait c'est pour Noël bien sûr. C'est pour toi. Et en fait dans ce paquet il y a un voyage. Destination au choix. Il y a des millionnaires. Des bancos. Un abonnement au journal France Soir. Un réveil. Un réveil fun radio. Unique. Des tickets à restaurant. Des écouteurs de Wackman. Un CD. Deux livres. Un stylo. Un déodorant. Un protège-dents. On va ouvrir tout ça. Un père Noël. Une carte magnétique. Ton cutter. 14 piles. Un ticket RATP SNCF. Une ampoule. Un calendrier Spirou. Un rouleau de scotch. Quelques brochures sur la Bretagne. Si tu as envie d'aller en Bretagne. Deux autocollants. Un paquet de mouchoirs. Un savon. Et une pomme de terre. Donc voilà. Donc j'espère qu'il y a le compte. Donc Gérard est en train de nous voir en direct. Donc attends. Ça fait beaucoup pour tenir dans une boîte. Non ça tient. Non c'est miniature. Calme Gérard. Alors. On récupère. Alors donc il y a les autocollants. Des autocollants. J'ai effectivement l'ampoule. Voilà. L'ampoule est belle. Ah sympa. Ah c'est sympa ça. Elle est peut-être grillée. Mais bon. Le réveil fun radio. Ah ouais. Tiens. Ah il est classe. Là. Les tickets à restaurant. Les tickets à restaurant. Il ne reste plus beaucoup. Le CD. Le CD. Ah il est beau le réveil. C'était marqué un CD. 50 heures gratuites. De CD-ROM. Super pour internet. C'est pour avoir internet ça. Tu pourras demander à Régo. Là. Le patrimoine religieux de la Bretagne. Donc pour voyager. Ouais. Ça c'est les brochures sur la Bretagne. Non mais attends. C'est pas de la religion. C'est bien. On va pouvoir lire. Voyage. Voyage. C'est des voyages. Voilà. Voyage gratuit. Je m'en fous. Il y a des millionnaires et des bancos aussi Max. T'as un calendrier. Ouais. Non mais attends. Toi. Quoi ? Toi. Attends. Attends. Un savon. Ah ouais. Il y a effectivement des Kleenex. Ouais. Qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Regarde dans l'enveloppe. Il y a du scotch. Il y a un rouleau de scotch vide. Ça peut toujours servir. Il y a une enveloppe aussi. Ah ouais. Normalement. Ouais. Du scotch vide. Sauf s'il y en a plus. Ah merde. Là il y a des écouteurs de Wackman. Ouais. Bon. En pièces détachées. Mais ils sont là. Ouais. Non mais c'est bien parce que le réveil. Il n'y a pas les aiguilles. Il n'y a pas d'aiguilles. Et puis à mon ami. Il est naze. C'est l'attention qui compte. Ouais. Il est naze. Attends. Je crois qu'il y a une enveloppe aussi. T'as pas une enveloppe dans la... Ah bah attends. Les Wackman ils sont à moitié cassés. Ça c'est le parfum. C'est le déodorant. Écoutez bien. Écoutez bien. Attendez. Après l'Adidas. Après l'Antarctique. Gérard va se parfumer à quoi à votre avis ? Je sais pas. Au tsar. Tu veux voir ? Ah bah on est dans la merde. Oh non. Tiens je connaissais pas ce parfum. Attendez. Ah non non mais c'est bon. Tout à fait. Non mais non. Il n'y a rien dedans. La bouteille est vide. Non mais c'est pas mal. Non la bouteille est vide. Mais t'as plus qu'à la remplir. Le must du must. Un dentier. Un protège-dents. Un protège-dents. Un protège-dents. N'importe quoi. C'est pas grave. Il y avait une enveloppe. Il y a une enveloppe non ? Pour Gérard c'est pas un protège-dents. C'est un protège-dents. Ouais mais attends. Toi l'enveloppe. Je me demande si tu l'as pas piqué comme t'as l'habitude de me faire. Hein Gérard ? Mais non c'est marqué une enveloppe avec des bancos et des millionnaires. Ouais le protège-dents. Ouais bah ça. Mais ça. Hop. La fausse dent en plus. Ah bah voilà. Ah les bancos et les millionnaires. Ouais mais attends. C'est quoi ? C'est quoi Gérard ? C'est quoi ? Je vois pas. C'est cool non ? C'est quoi ? Des bancos. Des bancos ? Ils ont déjà été grattés. 0, 0, 0, 0, 0, 0, 0, 0, 0, 0, 0, 0, 0, 0. Putain, il y en a plein en plus. T'as gagné ou pas ? Non mais regarde les touches Gérard, ça se trouve il y en a un gagnant dans le tas. Non, non, il n'y a aucun gagnant. Donc ça, ça va à la poubelle. 14 piles normalement. 1, 2, 3, 4, 5. C'est bien ça ! Ah ça c'est gentil. À mon avis elle fonctionne à mort. Ouais c'est ça. Pour écouter Wakeman c'est bien. La pomme de terre. Ah c'est une pierre hindoue. C'est une noix de coco miniature. C'est exotique, c'est beau. Ça c'est une patate. Ça retourne là-dedans. Il y a un stylo aussi normalement. Et t'as aussi une brochure France 3. Non, non, ça c'est un abonnement à France Soir. C'est ça. Non, non, mais il va se faire foutre. Tu dois avoir aussi de la monnaie. Voyage, RATP. C'est ça, c'est ça. Donc poubelle, c'est pas la peine. Regarde, t'arrives réduit. Mais non, non, non. Il y a bien marqué, vous pouvez gagner un abonnement à France Soir. C'est bien ça. Mais attends. Attends, c'est pas du bidon ce courrier. C'est pas bidon. C'est pour moi que... Il doit y avoir un stylo aussi Max, normalement. Et une carte magnétique. Il y a dit... Il y a dit Fning. C'est de la monnaie allemande. Non, mais c'est bien parce que le bouchon, il est où ? C'est pas grave. Regarde s'il écrit. Il s'est peut-être perdu dans la boîte. Il écrit le stylo Gérard. Il y a un stylo. Et il y a de la monnaie allemande. Normalement. Voilà, la carte magnétique. C'est pas du bidon. Avec ça, tu peux passer partout. C'est ça. C'est surtout que tout est retiré. Je sais pas, tu peux essayer dans les distributeurs. Il manque le magnétisme. Mais la carte magnétique est quand même là. Attends. Un petit savon. C'est quoi ça ? À la vendeur shop. Violent, là. Tiens, tiens, tiens. Un petit courrier quand même pour Gérard. Merci. Tu gardes quand même la carte ? Coubelle. Alors attention, qu'est-ce qu'il se dit ? Je suis un grand fan de tes débats. Première, la façon que tu les mènes. Je les trouve très intéressants. Surtout quand ils sont collants à l'actualité. Comme aujourd'hui avec Miss France. J'aimerais avoir ta photo de toi. De tes préférés dédicacés. C'est sympa ça. C'est quoi ? C'est très sympa. Termine. Laisse-moi. T'aimer ? Ainsi. Que toi et Sandy, en espérant une réponse... Attends, attends, attends. T'as peut-être oublié des mots. Je suis un grand fan de tes débats. Et j'admire la façon... La façon que tu les mènes. Dont tu les mènes. Je les trouve très intéressants. Surtout quand ils collent à l'actualité. Comme aujourd'hui avec Miss France. Ouais, d'accord. J'aurais aimé avoir des photos de toi. De préférence dédicacés. Ainsi que de toi avec Sandy. C'est normal. En espérant une réponse positive. Positive, ouais. Il a oublié le F. Demande ton micro. Je te souhaite de joyeuses fêtes. Demande ton micro. C'est bon ? Ouais, c'est bon. T'inquiète pas. Il a oublié le F à positive. Sans fil d'art. Ah, je suis désolée fil d'art. Ah oui, t'es là. Excuse-moi. Merci. Hermine. Donc voilà. Hermine, bah... C'était bien ce que t'avais mis, mais t'avais oublié quelques mots. C'est la nageuse, la Muriel Hermine. Ouais, Muriel Hermine. C'est ça. C'est Hermine Robin. Ah oui, oui. Tu peux mettre ça. Tu peux mettre tout ça. Même, tiens. Quoi encore ? Le parfum, il en reste. Ouais, garde-le, le parfum. On sait jamais pour demain. Pour le réveillon, là. Puis ça, bah ça, on goûtera pour voir si... Ouais, on goûtera si c'est... On essaiera de tester. On essaiera de savoir si c'est pas des trucs pour chien. Non, non, non. Attends, c'est pas pour chien, ça. Non, non, c'est pas pour chien, ça. C'est ce qu'on a mangé dans le bureau tout à l'heure. Ouais, c'est la même boîte. Attends, j'arrive pas à lire ce qu'il y a marqué. C'est du Trois Étoiles, ça. Non, mais cherche pas à comprendre. Non, mais c'est écrit trop petit. C'est rien, c'est gourmet. Ouais, cherche pas à comprendre. Attends, toi, tu as commencé par... Attends, attends, dis tout de suite qu'elle est conne. Ah non, pas du tout. Non, non, non. Non, mais attends, dis qu'elle est conne, ça vaudra mieux, d'accord ? Non, c'est pas vrai. Ah non ? Attends, il y a marqué chat adulte. Ah, chat adulte, alors poubelle. Mais attends, j'ai pas commencé encore. Attends, je suis pas un chien. Je suis pas un chat. Servir à température ambiante. Mais non, mais ça, c'est de la nourriture pour des gens qui ont des chats. C'est ça. Pourquoi tu moques ça ? Parce qu'ils croient que je suis un chat. Mais non, peut-être que t'as un chat. Peut-être que t'as des animaux. Ah, il y a du poisson quand même dedans. C'est bon pour la mémoire. Hop, poubelle. Attends, j'aurais quand même pu goûter. Bah ouais, merde, elle aurait pu goûter, Gérard. Attends, toi, tu vas me goûter ça, toi ? Qu'est-ce qu'on va accueillir ? C'est Noël ? Qu'est-ce qu'on accueille ? Bonsoir, Olivier et monsieur Prodigy de La Loco. Ouais, bonsoir. Qu'est-ce qu'on fait, Gérard ? On fait un conseil, là, ou pas ? Non, bah, on va s'écouter un petit disque si tu me donnes le titre. C'est chasse. On parlera du courrier d'affiche. Ouais. Mais en dernier... Non. Pourquoi ? On parlera pas du courrier d'affiche. Non, non, non. Non, tout bas, tout bas. C'est chasse. Chasse. C'est quoi ? Chasse. Encore une fois, tu sais, là. Encore une fois ? Ouais. Alors, vas-y. C'est parti. Et on se retrouve tout à l'heure pour la suite des conseils. Et même... Même, vous pouvez appeler maintenant. On va arrêter les conseils et on va prendre le jeu de la vérité. Donc, vous pouvez nous appeler au 0803 08 5000 et 0803 70 5000 et toujours lire. C'est W2E.fr Fun Radio. A tout de suite. Et voilà, c'était Sass dans Inertis. Donc, vous pouvez toujours nous appeler au 0803 08 5000 et 0870 5000. Manu, vous attend au standard. Il est 0h35. Bon avion à tous ceux qui sont en pleine fête. En pleine bourre, ouais. En pleine bourre. Donc, ceux qui sont sur la route comme des chauffeurs de taxi, on va quand même les saluer. Ils sont à la bourre aussi, non ? Non, non, mais on va les saluer parce que grâce à eux... Tu peux me rendre le carton pour le CD, c'est mieux. Ça le protège. Merci. Voilà. Donc, on salue tous les chauffeurs de taxi. S'il y en a qui veulent passer, nous dire un petit coucou, ils seront les bienvenus. Donc, il y a toujours Rigo qui vous attend sur l'Internet. W2E.fr Fun Radio. On est combien, Rigo, s'il te plaît ? Ça n'arrête pas de monter. On est 4347. Et tout à l'heure, j'ai écouté... Combien on était tout à l'heure ? 90 ! Mais comment c'est possible, Rigo, ça ? D'ailleurs, vous étiez 90 et là, maintenant, on est à 4300. Les fans de Gérard. Ça, c'est normal. Ça ne se calcule pas, ça. Alors... Plus de 6000. Ah ouais, mais ce soir, comme c'est Noël, et comme c'est la dernière ce soir pour des débats de l'année 98, donc je voudrais qu'on aille jusqu'à 6500 personnes sur l'Internet. Rien que pour mettre les boules au chef. Comme ça, son patron, son boss, il va lui dire Oh, mais qu'est-ce qu'il fait ? Il ne nous fait rien sur l'Internet. 90 personnes tout à l'heure. J'ai écouté, j'étais là-haut. 90 ! Bon, attends, toi, t'es naze, tu peux te taire, toi. Oui, il est naze. Mais attends, toi aussi, t'es naze. Toi, tu ne bosses pas avant 11h30. Donc, qu'est-ce qu'on fait, là, Gérard ? Le jeu de la vérité ? Alors, on va faire le jeu de la vérité, mais j'aurais bien voulu que Sandy, maille de truffion. Elle se vide. Bon, eh, eh, eh, eh, eh, eh, Fildar, vas-y, mets-moi la grosse. Allez, bouge de là. Tu veux que je la mette ? Allez, allez, allez. Je n'ai pas trop envie ce soir de la mettre. Ah si, allez, allez. Non, je n'ai pas trop envie de la mettre la grosse ce soir. Mais si, allez. On va la faire revenir plus vite qu'elle est sortie. Eh toi, la grosse, débouche, espèce de fainéante. Tu ne vois pas que les autres s'amusent là. Allez, débouche. Allez, débouche. Viens avec nous. C'est ça la fête ! C'est ça la fête ! C'est ça la fête ! C'est ça la fête ! C'est ça la fête ! C'est fini la fête. Donc Gérard, on accueille le premier auditeur. On accueille Sylvain, 23 ans, de Calais. Oui, bonsoir, bonsoir. Bonsoir. Salut, bonne Pâques à tous. J'espère que t'as trouvé beaucoup d'œufs en chocolat dans le jardin, Gégé. C'est ça. Attends, bonne Pâques. Je vais te dire une chose, qu'on n'est qu'à Noël. Alors, je serais classe, tu vois. Je dirais joyeux Noël, bonne année et joyeuses Pâques. Attends, Sylvain, t'appelles d'où aussi ? Il appelle de Calais. Tout à fait, c'est une petite ville de la Guadeloupe. Et il fête Pâques. Ah ouais, c'est ça. Calais à la Guadeloupe ? Oui, tout à fait, tout à fait. Non mais attends, tu prendrais pas les gens pour des cons, toi ? C'est pas plutôt au nord de la France, plutôt ? Non, non, non. Si, si, si. Pas du tout, c'est New Calais comme New York. Ouais, c'est ça. C'est un peu pareil. C'est ça. Alors vas-y, ta question. Alors, le jeu de la vérité, on va monter le niveau d'un cran. Ouais, vas-y. C'est une question un peu personnelle qui vous concerne tous les deux, donc c'est bien que Sandi soit revenu. Ouais, vas-y. Vous avez beaucoup parlé à la fin de l'année dernière que vous alliez vous marier. Pourquoi vous étiez pas marié ? Et j'ai demandé un petit peu autour de moi, on m'a fourni quelques réponses. Alors il y en a qui disent que c'est parce que le maire de Surin ne voulait pas. Ouais. Et il y en a d'autres qui disent que c'est parce que Sandi, elle est bohémienne et donc il faudrait que tu te convertisses à la religion des manouches. Eh ben alors, dans ces cas-là, tu sais... Ah non, non, pas du tout. Non, non, attends, attends, Sandi. Non, attends, Gérard, je vais te rappeler le principe du jeu de la vérité. Non, non, attends. C'est pas dans ces cas-là que tu dégages le standard. C'est Joker. Ah mais t'en as pas... Joker. Non, non. Déjà, tu poses la question à qui ? A moi ou à Gérard ? A vous deux. à Gégé parce que c'est quand même l'homme, donc c'est lui qui porte la jupe, donc c'est quand même à lui de répondre. Non, c'est moi qui porte la jupe. Dans ce cas-là, Joker. Joker, hop, terminé. Et bien voilà. Il n'y a pas besoin de Joker. Gérard, Sandy peut répondre. Moi, je peux répondre. Vas-y, Sandy. Donc, si on ne s'est pas marié, c'est tout simplement, ce n'est pas parce qu'on ne veut pas, c'est tout simplement parce qu'on manque d'argent. Et comme on manque d'argent, Gégé travaille, d'accord. Mais tu n'es pas bohémienne. Non, je ne suis pas bohémienne. Tu es quoi ? Je suis d'origine anglaise. Non, non, non. Si, si, si, je suis d'origine anglaise. T'es sûr que t'es pas gitane ? Non, non, je suis pas gitane. D'abord, je me sens pas une gitane. T'es manouche, toi, t'es manouche, direct. Bon, allez, terminez pour toi. Gérard, qu'est-ce que tu disais ? Au revoir, au revoir, au revoir. Au revoir pour lui, terminé. Mais attends, j'ai même pas répondu. Elle a le droit de répondre, Gérard. C'est le jeu de la vérité. Non, non, mais attends. Moi, je vais te dire une chose. Pour l'instant, mon beau-père est emmerdé. Soyez emmerdé, vu ce qu'elle vient de dire. Le jeu de la vérité, c'est le jeu de la vérité. Ça n'a rien à voir avec mon père. Pour l'instant, j'ai dit qu'on ne pouvait pas se marier. Et elle a dit qu'elle était d'origine anglaise. Et j'ai dit que j'étais pas bohémienne non plus. C'est le jeu de la vérité, elle a répondu. Ça ne sert à rien de t'énerver. C'est toi qui as pris ton joker, donc ça te fait un point en moins. Voilà, t'es tout naze. Ça te fait un point en moins, c'est tout. Horror, 21 ans de maniaque. Allô ? Oui, bonsoir. Question pour vous deux. Je voulais savoir quel est le plus beau cadeau qu'on vous ait jamais fait. Alors, le plus beau cadeau qu'on nous a jamais offert, tu veux dire ? Ouais. Tu dis la vérité, Gérard. Donc, c'est une voiture. Une voiture ? Ouais. Qui c'est qui t'a offert une voiture ? Bah non, personne. Non, moi, ce que j'aimerais plutôt que quelque chose qu'on m'a jamais offert, c'est un voyage. Non, mais attendez, vous n'avez pas compris la question. La question d'Horror, c'est quel est le cadeau qu'on vous a... Enfin, quel est le plus beau cadeau qu'on vous a jamais fait ? C'est-à-dire, quel est le plus beau cadeau qu'on vous a fait ? Tu vois ? Quel est le plus beau cadeau que vous avez eu ? Voilà. Ah, le plus beau cadeau qu'on a eu ? Voilà. Ouais. Moi, le cadeau que j'ai eu, le plus, c'est un ordinateur. Ouais ? Un ordinateur ? Ouais. Parce que c'est mon père qui me l'avait offert, parce qu'il m'avait dit, bon bah, écoute, si tu réussis ton CAP, je t'offre un ordinateur. À l'heure d'immidi, là. L'heure d'immidi, pour apprendre les couleurs. Et comme j'aime bien l'ordinateur, donc... Et pourquoi pas un vélo d'appartement, quand tu pensais à moi, avant que tu me connaisses ? Non, mais attends, un vélo d'appartement, c'est pour ceux qui vont mourir. Attends, attends, attends, attends, attends. Attends, tu permets ? Quand je t'ai vu la première fois, tu m'as dit que tu pensais à moi avec ton vélo d'appartement. Non, non, non. C'est, c'est, c'est, c'est, c'est. Vas-y, vas-y. Sandy, il y a Olio sur l'IRC qui te demande si t'es branché sur Internet, parce qu'il a trouvé un site www.vientbrouterlecute sandy. Ah, non, non, pas du tout, je connais pas. C'est pas toi ? Moi, je l'ai vu aussi. Je suis pas branchée à Internet, et là... Ouais, tu veux même, toi ? Pour ? Pour... Pour te les gratter ? Non, ça va. Donc, Gérard, le plus beau cadeau qu'on t'ait jamais fait, c'est quoi, toi ? Moi, le plus beau cadeau qu'on m'a jamais fait, ben, c'est de m'offrir une voiture. Putain, mais t'as pas compris la question. Quel est le plus beau cadeau qu'on t'a fait, alors ? Non. Qu'on t'ait jamais fait. Non, qu'on t'ait jamais fait. Pas qu'on t'a, qu'on t'ait jamais fait, c'est-à-dire être. Donc, tu l'as, le cadeau, tu l'as. Ben... Ça peut être tout ce que tu veux. Ben, de toute manière, le plus beau, le plus beau cadeau que j'attendais, c'était de faire une émission de radio. Et là, maintenant, je l'ai. Ah, ouais, c'est un beau cadeau, ça. C'est ça, ouais. Grâce à... Grâce à... Grâce à... Grâce à Manu, je sais. Max. Max, le meilleur. Max. Max, mon chef. Grâce à lui, c'est grâce à lui si je fais de la radio. Parce que sinon, j'en aurais jamais fait. Et je rêvais toujours d'en faire. C'est pas... Attends. Vas-y, gratte-toi. Tu veux que je te gratte aussi, moi ? Tu faisais de la Cibi, quand même. Ouais, ouais. C'est un peu de la radio, la Cibi. C'est pas pareil. Moi, par contre, ce que j'ai à dire, c'est que, bon, c'est vrai que je rêvais jamais de faire de la radio. Mais, enfin, en faisant de la radio, je prends plaisir à en faire. Et plus j'en fais, plus j'ai envie de continuer. Ouais, mais grâce à qui ? Grâce à Max. Le meilleur de... Il est là. Tu dis que la Cibi, c'est pas pareil que la radio. C'est quoi, vraiment, la différence ? Parce qu'on fera un débat sur les routiers. C'est quoi, la vraie différence entre la radio et la Cibi ? Ben... En fin de compte, si tu veux, la Cibi, c'est pas du tout pareil. Parce que sur la Cibi, t'as un QRZ. Comme il y en a un qui m'a piqué mon QRZ. La radio, c'est différent. Parce que t'as Manu et Fildar, qui sont au standard, qui prennent des gens. Tu discutes avec les gens. Même sur la Cibi, tu peux discuter avec eux. Mais tu peux pas être avec Fildar et Manu, au standard. Moi, je peux faire son standard Cibi, si tu veux. Non, mais c'est pas pareil, la Cibi et le standard. Et tu peux pas avoir un QRZ en radio ? Non. Pourquoi ? Non, c'est pas possible. Et pourquoi ? Non, mais c'est pas possible. C'est différent. Pourtant, les gens pensent que c'est la même chose. Non, non. C'est quoi, la grande différence entre les deux ? La grande différence, c'est qu'il faut se dire une chose dans sa tête. C'est qu'à la Cibi, t'as un mic, t'appuies dessus. Tandis que là, t'es devant un micro, tu peux l'éteindre. C'est plutôt un kintosh, ici. Tu peux l'éteindre comme tu veux, ton micro. En Cibi, t'as des mics, et en radio, t'as des kintosh. T'appuies sur le bouton, là. Hop. Voilà. Et tu laisses tout le monde. Je peux te demander un truc ? Chaque animateur radio a un QRZ ? Parce que, regarde, Max, c'est pas son vrai prénom. Donc Max, c'est son QRZ. Mais on le sait. Mais pourquoi, moi, on me dit GG ? Moi, j'aurais bien voulu trouver un autre nom pour passer à la radio. Un QRZ, c'est un prénom qui passe bien en radio. Gérard, ça passe en radio. Gérard, sur Fun Radio, ça fait pas pareil que Franck sur Fun Radio. Ouais, mais ça... C'est pas de ta faute si t'as un prénom. Dévoile pas trop ton identité, toi. Ta cutie. Dévoile pas trop ta cutie. C'est pour ça que j'éteins la lumière du studio, pour pas qu'on regarde de mon visage. Voilà. Bien vu, Max. Et donc, c'est bon, Aurore ? Ouais. Ouais, donc c'était ça, ton plus beau cadeau ? Voilà. Ouais, ok. Alors... Donc voilà, j'espère qu'on a répondu à tes questions. Et puis, on te souhaite de bonnes fêtes, de la part de moi et Gérard. Ouais, ben moi aussi. Et puis, un joyeux nouvel an, quoi. Ben, passe une bonne année. Pense pas trop sur l'alcool, quand même. Passe une bonne fête de fin d'année 98. Ouais, ben toi aussi. Ben, on va essayer. On va essayer, c'est pas évident. Ciao, Aurore. Ouais, allez. Allez, à bientôt. Allez, salut. David, 19 ans, de Nantes. Oui, bonsoir. Bonsoir. Bonjour, Sandy. Bonsoir. Alors, ma question, c'est... Je voudrais savoir, en fait, quel a été ton plus beau souvenir de routier, Gérard ? Alors, mon plus beau souvenir de routier, ben... C'est de faire de la route. C'est-à-dire ? C'est-à-dire, ben... Là, tu vois... C'est bête, parce que j'aurais préféré qu'on te garde pour ce débat. Ah, mais t'as jamais eu, je veux dire, de problème ? Jamais ? Non. T'as toujours bien vaché ? Jamais de dérapage, ni rien ? Ah, ben, si. Ça va faire 4 ans que j'ai eu ça, hein. Ah, d'accord. OK. OK. Et c'est tout ? Ben, oui. Et sinon, j'ai entendu Sandy qui parlait d'un voyage, tout à l'heure. Eh ben, moi, je suis prêt à lui offrir un voyage au fin fond de mon lit. Qu'est-ce que ça l'attend ? Attends, Gérard, Gérard. La question, ça ne reste à Sandy, pas à Gérard. Mais c'est un voyage, pour combien de temps ? Ben, ça ne reste pas dur, avant longtemps, je te le dis direct. Tiens, à mon avis, l'auditeur, il fait ça rapide. Pour une journée, ou pour deux jours, ou pour une semaine ? Ah, non, non, non. C'est un précoce, l'auditeur. 5 minutes, 5 minutes, 5 minutes. Oh, ben, 5 minutes, ça ne m'intéresse pas. Non. Rigo, on est combien sur l'Internet, s'il te plaît, avant qu'on accueille Bertrand ? On est 4367,4, ce qui n'est pas mal. Ça monte, ça monte, ça monte. Allez-y, je veux 6000 personnes avant la fin. Et même Sandy vous dit, allez-y, foncez, allez sur l'Internet. Faites comme le Téléthon, donnez vos dons, donnez vos dons. Soyez généreux. Voilà. On accueille Bertrand. On peut peut-être déjà dire au revoir, quand même, à l'auditeur qui était avec nous. David, on te souhaite de bonnes fêtes de fin d'année. A toi aussi. A la prochaine, ciao. Salut. Alors, Bertrand, 25 ans de Lyon. Oui, bonsoir, bonsoir à tous, bonsoir l'équipe. Salut Gégé, salut Sandy. Bonsoir. Salut. Avant toute chose, je voulais vous souhaiter une bonne Saint-Valentin. Merci. Non, ce n'est pas la Saint-Valentin. Non, mais à l'Avance. À l'Avance, oui, c'est bientôt. Qui vous a rappelé. À l'Avance. Moi, en échange, je te souhaite de bonnes fêtes de fin d'année. C'est gentil, je te remercie. Moi, je voulais vous poser une question qui concerne votre avenir. Je voulais savoir si vous aviez l'intention d'avoir une grande famille et donc d'avoir des enfants très prochainement dans l'avenir futur. Non, attends, je ne veux pas prendre le choker. Ah ben non. Je voulais juste savoir si vous allez avoir des miens. Qu'est-ce qu'il se passe ? Non, il y a eu un problème avec Manu. Non, non, non, ce n'est pas Manu, c'est toi. Ah, pardon. Non, non, ce n'est pas Fildar. Donc la question, Sandy. Sandy, la réponse. C'était quoi déjà ta question ? C'est pour quand les gamins ? Voilà, les miens. Une grande famille. Les tiens ? Non, les tiens. Non, les vôtres. Ah, les nôtres. Les nôtres. Oui, ben, les enfants, tu vois, ça se fait à deux. Ouais. Donc, je pense que l'enfant, il viendra quand il viendra. Pour l'instant, on essaye le tout pour le tout, mais bon. Vous essayez en ce moment d'avoir un enfant ? Ouais. Non, mais ça, ça ne te regarde pas, toi. Non, mais c'est le jeu de la vérité, Gérard. Je te pose une question. En fait, il faut dire la vérité dans le jeu de la vérité. C'est normal. Moi, je vais te dire une chose. J'essaye le tout pour le tout. Ça ne vient pas. Ça ne vient pas, c'est tout. Et vous faites comment ? Vous faites comment pour essayer ? Qu'est-ce que tu appelles le tout pour le tout ? Moi, je reste zen. Je fais, tu vois, je reste cool. Bon, ben, si ça vient, ça vient. Si ça ne vient pas, ben, tant pis. Tu as une érection, Gérard, quand même ? Ça demande ou pas ? C'est vrai que cette question s'adresse à toi. Non, mais moi, je pose Joker. Ben, tu n'en as plus. Tu l'as déjà posé. Non, il y a un Joker. Il n'y a pas trois Jokers. Non, il y en a trois Jokers. Ah, tu n'as pas d'érection en ce moment, mais c'est normal. Tu as laissé tous tes Jokers, déjà ? C'est pas de ta faute. Gérard, est-ce que Sandy ? Ben, non, moi, je pense qu'un enfant, ben, ça vient quand ça vient. C'est pas... Mais, ouais, moi, ce que je voulais savoir, si vous faites une portée, vous pouvez m'en garder un, petit chihuahua ? Ouais, c'est ça, Tony. Non, c'est pas Tony, Gérard. C'est pas la voix de Tony. Il ne faut pas confondre avec les chiens et puis les personnes humaines. Mais le vétérinaire, il en pense quoi ? Ça peut marcher, un cachalot avec un sanglier ? Ça va le faire ? Qu'est-ce que tu entends parler par cachalot et je ne sais pas quoi ? Baleine et puis, ben, ouais, sanglier, quoi, c'est clair. Non, mais là, on ne parle pas des animaux. On parle juste de nous deux. Moi et Gérard, on n'est pas des animaux. On est des personnes humaines, tu vois, comme toi et moi. Moi, je pense qu'un enfant, ça vient quand ça vient, c'est tout. Maintenant, les animaux, ils font ce qu'ils veulent. S'ils ont envie d'avoir des petits, ben, ils font ce qu'ils veulent. Moi, ce que je dis, c'est qu'il faut peut-être chercher les causes de pourquoi le gamin, il n'a pas envie de venir. Est-ce que c'est une question d'hygiène ? Cette non-envie de venir de la part du gamin ? Mais non, non, non, attends, attends, attends, Bertrand. Moi, je vais te dire une chose. Ça dépend de l'homme et la femme, d'accord ? Vous avez de quoi l'accueillir ? Ben oui, oui, oui, t'inquiète pas, t'inquiète pas. T'inquiète pas, il y a ce qu'il faut. Là-dedans, j'ai tout ce qu'il faut. Donc, si j'ai besoin de quelque chose, j'ai une roue de secours. Gérard, sur l'IRC, la plupart des gens comprennent parfaitement pourquoi l'enfant, il ne veut pas venir. Donc, s'il y en a qui... qui pouvaient préciser sur l'IRC... Leur nom ? Non, mais qui nous disent à peu près ce qu'ils en pensent, eux. Ben, il y a le gérard masqué qui dit que t'as des couilles au cul, mais je vois pas le rapport. Non, mais ça, ça n'a rien à voir. Ça aide pas pour la reproduction. Comment ? Je dis que ça aide pas pour la reproduction d'avoir des couilles au cul. Non, mais tu sais, il y a bien des singes en voie de... De disparition. De disparition, donc ça fait comme des enfants. Ouais, c'est clair. Ouais, parce qu'il y a des enfants qui sont... Ouais, ben écoute, merci du conseil. Ben, de rien. En conclusion, je voulais dire, vive l'avortement. Ben, ouais, ben... Moi, je vais te dire une chose. Là, je suis contre. Alors là, je vais te dire une chose. C'est terminé pour toi. Au revoir. Allez, salut. Non, non, attends. Pourquoi t'es contre, Gérard, l'avortement ? C'est le jeu de la vérité. Tu réponds, laisse-le parler. C'est vrai que moi aussi, je suis contre. Pourquoi vous êtes contre ? Moi, je suis pas d'accord parce que si tu veux un enfant, dans ce cas-là, c'est la personne qui le veut. On s'amuse pas à se faire avorter. Mais c'est pas qu'une personne qu'ils veulent. C'est les deux personnes. C'est les deux personnes. C'est le couple. Ils sont à deux pour le faire. Donc, si on se fait avorter dans ces cas-là, moi, je suis pas d'accord. On tue un être humain. Donc, il est hors de question qu'on tue un être humain là-dessus. Voilà, on prend ses précautions avant. Il faut se protéger. Il y a des moyens pour se protéger. Il y a le préservatif et la pilule. Donc, c'est pour ça que je vais pas m'éterniser là-dessus. Voilà. Donc, Fildar, on s'écoute. T'as sur l'IRC qui dit que si vous y arrivez pas, c'est qu'il y a incompatibilité gégétique. Ça, ça dépend parce que ça peut être très bien aussi... Ça peut provenir aussi bien de moi que de Sandy. Ah, OK. Mais moi, de toute façon, je suis bien placée sur la question parce que comme j'ai déjà eu un enfant, donc je sais ce que c'est. Et moi, je sais que je peux en avoir. Donc, voilà. Donc, on s'écoute. On s'écoute le TGV avec Va plus vite, il faut que j'arrive à l'heure. Et on se retrouve tout de suite après pour le dernier... Le dernier... Auditeur. Le dernier auditeur pour le droit de réponse. Vous pouvez nous appeler au 0800 308 5000 0800 75 000 et toujours l'IRC www.rfr.radio pour les débats qui vont porter sur les routiers. Après... À tout de suite ! Et joyeux Noël à tous ! Et voilà, vous venez d'écouter... Le TGV va plus vite parce que je risque d'arriver en retard. Voilà. Donc, vous êtes au 0800 308 5000 et 0800 75 000 et toujours Manu qui vous attend en standard. Donc, W... Et puis, Rigaud qui vous attend sur l'Internet www.fr.radio. Tout à fait. Et on est combien, Rigaud, s'il te plaît, là, maintenant ? On est à peu près comme tout à l'heure. On est 4424,8. Oh, non, mais attends ! Il est minuit. Il est 0h56. Ils sont encore à table, là. Faut les laisser le temps. Bah ouais, mais... J'ouvre une parenthèse simplement pour dire, puisque tu salues les gens de l'Internet, pour saluer les gens qui viennent nous voir. Bah oui, mais je sais... Qui viennent de partout. Il y a un routier qui est passé à l'instant. Bah oui, je l'ai vu. Et il y a encore des gens qui viennent devant la radio pour visiter les locaux. Il y a pas mal de personnes qui viennent. Et là, vous n'allez pas... Le macro qui est venu, là, spécialement, ils vont aller aux putes, mais ils sont venus de dire bonsoir. Il est de Cannes. C'est un mec, un ancien dealer. Deux auditrices. Oh, la vache, elle lui fait la bise. Oh, la vache, t'as pas peur. Sandy. La belle Sandy. Il y a le bulldog mystère, là-bas. Le top modèle. Je t'en prie, Gérard. Bah, attends... À la tienne. Salut. Je t'en prie. Oh, bah quoi ? Ah, trop fort. Et alors ? Encore, vous avez pas vu. Moi, je suis là. Oh, la vache. Mais attends, c'est ce que je veux. T'es à moi, maintenant. Ouais, mais tu me fais mal aussi. Tu tapes trop fort. Pas trop fort. Il y a une personne. Heureusement qu'elle est là. Elle est forte. Il y a une personne qui va... Bah, j'ai la pêche. Ah, la patate, hein. Voilà. Sans déconner. J'aimerais bien avoir la banane, aussi. T'as pas la banane ? C'est une patate. Non, non, j'ai pas la banane. C'est toi qui as la banane. Ah, la banane du curé. Merde. Elle est où ? Tu sais où ? Entre mes jambes ? Bah, voilà. Elle est trouvée. On y va, on y va. Allez. Il y a une personne qui va vous parler. C'est un de tes copains qui est venu ce soir ? Ouais, mais ça, tu sais très bien qui c'est. C'est qui ? C'est le seul. C'est le seul qui a voulu venir pour fêter Noël avec nous. C'est le seul. Parmi tous les auditeurs. L'invité mystère, vas-y. Bonsoir. Ah. Et là, tout le monde l'a reconnu, bien sûr, c'est... Bonsoir. Alain Le Beig. Voilà. Bienvenue, Alain. C'est le seul. C'est le seul qui est venu parmi tous les habituels. C'est le seul qui pouvait, donc. Voilà. C'est tout ce qu'on pouvait dire, quoi. Vas-y, Alain. N'aie pas peur. Arrête, arrête. Bonsoir. Donc, on va accueillir... Le dernier. C'est qui ? Alain. Alain, tu restes zen. Ouais, ouais, il reste zen, Alain. Bon, ouais. Tranquille, hein. Ouais, tranquille. Tranquille. Tranquille, hein. Enfin, ça me fait plaisir que tu sois y venu. Ça fait plaisir à Max. Et que tu sois resté, surtout. On est que les trois à être là. Bah oui, mais... Hé, hé, Gégé. Mais non, mais non, mais Max, c'est pas pareil. Lui, c'est le chef. Mais non, mais lui, c'est le chef. Parmi tous ces habituels. Gérard. On est que les trois. Gérard. Oui. Tu dis qu'on est tous les trois, d'accord, mais il y a quand même Max, il y a quand même Manu, il y a quand même tout le monde. Mais non, mais... Et il y a tous ceux qui sont derrière le poste de radio, aussi. Ouais, mais il y a tous ceux qui nous écoutent, il y a tous ceux qui viennent nous faire un petit coucou. Ça, on les remercie. Oui, on vous remercie, là. Donc... Du fond du cœur. Donc, venez. Venez encore nombreux, si vous voulez, jusqu'à 4h du matin, de toute manière. On va tenir jusqu'à 4h. Surtout sur Internet. Et l'Internet, Rigo, s'il te plaît. Oui, c'est moi. Ouais, donc, combien ? Pour bouger ? Si, si, ça n'arrête pas de monter. Là, on est à 4524 moins 2. Ça va, ça booste. Bon, bah, ça va. Donc, Rigo... Oui, c'est moi. Non, c'est Manu. Non, non, excuse-moi. Manu, c'est qui ? C'est Audrey, tu l'as devant toi. Audrey. Bonsoir. Audrey, 19 ans de New York. Bonsoir, Audrey. Bonsoir, Gérard. Bonsoir, Sandy. Bonsoir, Alain. Bonsoir. Bonsoir. Alors, moi, c'est une question. Je voulais savoir si vous étiez déjà fait cocu. C'est-à-dire si Gérard avait fait cocu Sandy et Sandy avait fait cocu Gérard. C'est une très bonne question. C'est ce que j'allais dire. Bah, écoute, moi, non. Je pense pas que, tu vois, quand tu es dans un couple, ça se fait pas... Si t'es avec quelqu'un, c'est pas normal si tu vas voir ailleurs ou alors si t'aimes pas vraiment la personne. Ouais, mais ça peut arriver des fois comme ça. Oui, c'est vrai que ça peut arriver. Tu peux flasher pour quelqu'un, mais pas forcément pour aller coucher tout de suite avec elle. Oh bah, pourquoi pas ? Sauf si la personne n'est pas visible. Non, je te demande. Moi, je vais te dire une chose, tu vois. Je suis fidèle à Sandy. Ça va faire un an qu'on est ensemble. Eh ouais, déjà. Ça va faire un an que je la supporte. Eh moi, je te supporte aussi. Gérard, est-ce que t'as déjà trompé Sandy avec elle ? Non. Jamais ? Non. Et moi, jamais non plus. J'irai pas voir ailleurs. J'irai pas voir ailleurs parce que je l'aime de trop. Même pas si t'as un super canon. Non, non, non. Gérard, il y a Anonyme sur l'IRC qui dit que tu mens. Non, c'est faux. Elle se rappelle de toi. Qui ? Je la connais pas. Anonyme. Je la connais pas. Elle veut pas dire son nom. Elle veut pas dire son nom, elle est Anonyme. Moi, je te connais pas, Anonyme, sur l'IRC. Donc, voilà. Donc, Anonyme, si tu pouvais préciser, comme ça, je pourrais avoir des renseignements, quoi. Ok. Non, parce que Gérard, moi, je me rappelle tous les deux... De quoi, de quoi, de quoi, de quoi, de quoi ? Bah, toi et moi. Ah bon ? Quand ? Quand, quand, quand, quand ? Bah, c'était le mois dernier. Ah, le mois dernier, ça m'étonnerait parce que j'étais encore avec Sandy. Ah bah, ça n'empêche, hein. Non, non, non, non, non. Là, tu dis des mensonges. Tu peux préciser le jour... Précise, précise, précise. Précise. Je précise, je précise. Précise le jour, la date et l'heure. Et où, comment ? Le jour, la date et l'heure, bah, c'était le 27. Il était... Le 27 de quel mois ? Bah, du mois dernier. Donc, on est... Le mois de novembre. Le 27 novembre, vas-y. L'heure ? Il devait être une heure ou deux du matin, je ne sais plus. Pardon, pardon, pardon, pardon. Je me suis trompé de bouton. Et Gérard, en attendant, il y a Anonyme sur l'IRC qui dit que c'était le 18 06 98 nu dans sa piscine. Non, c'est faux. Donc, je ne la connais pas. Elle a des photos. Elle m'a dit qu'elle allait les afficher dans Suren. Ah bah, c'est bien. Et puis en plus, c'était très bien. Ouais. Ouais, ouais, ouais. Non, non, moi je pense pas. Non, non, t'es une menteuse. Tu vois, moi j'ai confiance en Gérard et je pense pas qu'il me ferait une chose pareille. Là, tu mens. Et si par exemple, un jour, Gérard, tu vois, je sais pas, ça peut arriver, tu vois, il te trompe, est-ce que tu lui pardonnerais ou pas ? Non, je crois pas. Qu'est-ce que tu ferais ? Moi, je pardonne pas, moi. Tu te barres. Tu te casses, tu le laisses. Ouais, je prends mes affaires et je m'en vais, quoi. D'accord, bah fais gaffe à toi, Gérard. Moi, je suis comme ça. Non, mais t'as raison, c'est normal. Alors, elle dit, là, devant des millions d'auditeurs, mais en fin de compte... Ah non, mais je te jure, je pardonne pas. Mais non, mais attends. J'ai même pas pris mon joker, alors tu vois. Et alors, t'as pas besoin de joker, tu réponds à toutes les questions. Bah oui, donc toi, t'as pris tes trois jokers et puis moi, j'ai pas pris mes jokers, donc... J'ai répondu à toutes les questions. Bah alors, tu prends tes clics et tes claques et tu te casses. Bon, bah c'est sympa, alors. Voilà, c'est tout. Bah alors, toi, c'est pareil. Tu prends tes clics et tes claques et tu t'en vas, comme la chanson de Mélilique, c'est quoi déjà ? Bye bye. Hé, Mélilique ! Bye bye ! Ah, c'est Mélilique qui chante bye bye ? Bah oui. Non, bah si, il chante bye bye, mais si tu veux, dans la chanson, tu prends tes clics et tes claques et tu te casses. N'importe quoi, ça a jamais été Mélilique. Mais si, c'est Mélilique. C'est MC Solar. C'est MC Solar. Alors ? Mais non, c'est pas MC Solar. Mais c'est MC Solar. Non, non, non, non. Mais c'est MC Solar, on l'a encore vu ce matin à 7h à la... à la télé. Attends, arrête de dire des bêtises. Non, parce que Mélilique, je le reconnais, c'est à coiffure, donc... Ah ouais, bah bien sûr, il est coiffé comme toi. Non, non, non, pas tout à fait. Non ? Ah, avec Léopatra. Juste avec des petites tresses, quoi. Ouais, avec Léopatra. Pas comme moi. Ouais, mais c'est vrai que t'es... Eh, c'est vrai, sans déconner. Ouais, sans déconner. Sans déconner, comme Max il dit. Sans déconner, c'est vrai que t'as une tête de Cléopatra, hein. Ouais. C'est quoi pour toi une tête de Cléopatra, Gérard ? Eh, Cléopatra, c'est celle qu'on voit, là, sans arrêt. Ah, oui, d'accord. C'est vrai, hein. Comment la petite, là ? Audrey. Elle s'appelait Audrey. On a répondu à ta question, Audrey ? Bah ouais, ouais. Mais bon, Gérard, t'as pas dit la vérité, quoi. Bah moi, j'ai pas dit la vérité. Moi, je t'ai dit que je suis toujours fidèle à Sandy et j'y resterai. Bah ouais, mais... Jusqu'à la fin. Jusqu'à la fin. Jusqu'à la fin. Non, mais ça se trouve, c'était un autre Gérard. Tu t'es peut-être trompé. Non, non, mais attendez, attendez, attendez, attendez. Ouais, faut peut-être arrêter les conneries. Parce qu'il y a des gens qu'on a marre d'être... qui sont harcelés. Qui sont harcelés. Attends, Gégé... Elle veut pas le dire. C'est perso. Non, non, non, mais vas-y. Tu l'as vu. Tu as eu un rendez-vous avec elle. Enfin, avec lui, pardon. Tu l'as vu et tout ça. Ah bon ? Ah bon ? C'est bon ? Avec elle. Avec elle, avec elle, avec elle. C'est bon. Alors, vas-y. Donc, tu peux préciser plus ta pensée, là ? De quoi ? Tu veux que je donne des détails ? Ouais. Attends, je peux donner des détails ? Non, c'est perso, ça. Attends. Non, moi, je suis d'accord avec elle. Si elle veut garder ça pour elle, elle le fera dans neuf mois, au pire. Ouais, voilà. Parce que t'avais pas mis de capote, je te signale, et moi, je prends pas la pilule. Non, non, bon, allez, on va s'arrêter, là. Non, non, bah, allez, c'est bon. C'est bon, donc. Audrey ? Ouais ? Bah, on va te souhaiter de bonnes fêtes de fin d'année. Ouais, bah, OK. Ouais, bonnes fêtes. Et puis, bah, à l'année prochaine, si tout va bien. D'accord. OK ? Donc, on va se retrouver, là, maintenant, pour attaquer les débats. Ah, le débat, ouais. Donc, le débat sur les routiers. Donc, on va... Il y a Manu et... Manu, qui est au standard. Ouais. Donc, qui vous attend, les bras ouverts. Donc, 0803 08 5000. Rigaud, toujours sur l'Internet, au www.fr. Donc, si vous voulez nous appeler, n'hésitez pas. On est là. Et si vous voulez toujours passer, voir comment ça se passe dans les studios, c'est fini, là. Je pense que... Le chef, il vient de me faire... Hop ! Le chef, il m'a fait... Hop ! Il m'a fait... Hop ! Ça fait trois jours que tu me dis. Comment on va faire visiter, surtout, personne pendant tes débats ? Et maintenant, t'arrêtes pas de demander aux gens de venir pendant tes débats. Bah, alors ? Non, bah, non. C'est toi qui as demandé à ce qu'il y ait personne. Bah, alors ? Bah, dans ce cas-là, on laisse la porte ouverte. On relance pas une annonce. C'est bon. Bah, si. Bah, si. Maintenant, c'est les concerts. On va... Attends. Maintenant, c'est les débats. S'il y a des gens qui veulent venir... Débat sur les routiers. Et voilà. Donc, s'il y a des gens qui veulent venir, donc, ils peuvent venir. Mais pas trop nombreux dans les studios. C'est tout ce que je demande. Attendez la pub. C'est... Ouais, bah, attendez longtemps. Ouais, d'accord. La pub. Vous attendez la pause musicale. Je viendrai vous dire un bonjour. D'accord, ok. Bon, ça, c'est notre problème. D'accord, ok. Bon, bah, alors, les débats sur... Enfin, le débat sur les routiers. Le débat sur les routiers. Trois heures de débat. Il y a... 120 questions. Il y a 23 questions. Et que de la bombe, hein. Ouais. Et c'est de la bombe bébé. Comme dirait... Je sais pas qui, là. Ça, c'est... Ayam. Ouais. Et donc... Ayam. on va garder... Cléopatra est toujours là. Cléopatra va réagir quand même. La bombe bébé, c'est réciproque. Chicho. La bombe bébé, Chicho. Fais-moi plaisir. C'est Noël. C'est Noël. Faites la fête. On va mettre un petit remix. On le mettra tout à l'heure. Faites la fête maintenant. Faites la fête. Faites la fête. Faites la fête. Faites la fête. Tu peux arrêter deux minutes ? Je propose un truc. Tant qu'il n'y a pas les 6500 connectés sur Internet, on ne le met pas. Non. Ça les forcera à venir. Ça les forcera à venir. Non, non, non. Ce n'est pas toi qui commandes, c'est moi. D'accord. On le met alors. C'est moi. On y va. On se retrouve dans un instant, c'est ça ? On se retrouve tout de suite après aux 0803, 085000 et 0875000. Il n'y a plus qu'une personne au standard, c'est Manu. Ce n'est pas grave. Oui, mais toi, tu vas y retourner. Oui, d'accord. D'accord, mon canard. Ok. Ok. Et c'est quoi là qu'on s'écoute ? Naromix. Comment ? Comment ? Alors là, c'est une très bonne question. Ah, bon ? D'accord, je vois. Celui qui fait du bruit derrière, arrête. Parce que ça commence à m'énerver. C'est moi qui commande. Mais non ! Hey, hey. Sans déconner. Sans déconner. Non, non, non. Attends, je t'écoute. C'est moi qui t'écoute maintenant. Tu réponds à la question ou si tu réponds pas, on va te dire pas. Bonne nuit. Bonne nuit à toi. Allez, celui-là, dégage. Fais gaffe là-bas parce que j'ai l'air de faire avaler tes lunettes si tu fais le con. Mais attends, tu te fous de moi, toi ? Quoi ? Quoi ? Parle un petit peu plus fort devant ton combiné parce que j'ai un téléphone de merde. Toi, tu as l'air de faire sodomiser, toi. Sans déconner. Remix ! Remix ! Remix ! Remix ! Remix ! Remix ! Remix ! Remix ! Il y a Gilbert, il y a Patrick, il y a pas mal de gens. Il y a pas mal de gens, donc je remercie tous les gens. Et il y a d'autres personnes encore qui sont en haut à l'accueil. C'est des routiers, hein ? Ouais. Il y a des triplés routiers, en plus. Derrière, juste derrière. Bon, toi, pour l'instant, tu as de terre et c'est tout. Non, mais c'est une routière qui est venue spécialement. Elle va livrer bientôt dans la Haute-Savoie. Elle est venue te dire bonsoir. Ouais, mais de toute manière, en fin de compte... Ah, les canons, hein, si t'étais célibate, si t'étais pas maqué. Non, mais je sais bien. Moi, j'ai mon bébé. J'ai mon bébé rose. Je le garde, mon bébé rose. Non, s'il te plaît. Excuse-moi, là, je me porte en faux. C'est pas ton bébé rose, merci. Attends, toi, t'étais bien contente ? Ouais, bébé rose, c'est moi. Donc, toi, c'est bébé vert, bébé marron, bébé ce que tu veux, mais bébé rose, c'est moi. Ouais, mais t'étais bien content quand t'avais Aurélie, là, dans les studios, hier. Mais Aurélie, je lui ai rien dit, moi, Aurélie. C'est rigolo, hein ? Menteur ! Menteur, menteur. Allez, sans déconner. Allez, sans rancune. On y va. 1h17, c'est parti. On accueille sans problème 20 ans de Niort. On écoute Fun Radio sur 93.3. Bonjour, Gérard. Bonjour. Joyeux Noël à toi. Bon anniversaire. Ah bah, d'accord. Toi, t'es vachement en avance. À l'avance, à l'avance. Chute 19 ans de Laval, 102.3. Oui, tout à fait. Salut, joyeux Halloween à tous. Salut à bébé gros. Comment ? J'ai dit salut à bébé gros. Euh... Là, tu vas te calmer, toi. Allez, hop. C'est Noël, on écoute. Ouais, c'est Noël, Gégé. Allez-vous, allez-vous. Tranquille. Non, non, hé. Tu me l'attrapes et tu me le calmes déjà, lui. Ça y est, il commence déjà à faire sa somme dictature, le latin. Allez ! Hop. Couille de loup, 23 ans de Toulouse. On écoute Fun Radio sur 105.9. Bonsoir. Bonsoir. Petit téton, 18 ans. Presse, 98.9. Oui, bonsoir et joyeux Noël. Eh ben, de même à toi. Euh... Raisin sec, 25 ans d'Alès. Bonsoir, joyeux Noël. 96.5. 65. Euh... 96.6, pardon. 65, genre. 96... 96... 95.6. OK. On écoute Fun Radio sur 95.6. Oui, si tu veux. Allez, hop. Allez, hop, il dégage, celui-là. Allez. Oh ! Vous avez vu, calmez. La suite, Gégé. Eh... Poil de nez. Oui, bonsoir. 20 ans de Nantua. 99.4. Bonsoir, Paris. Bonsoir, Goumaud. Salut à toi. Parle bien dans ton téléphone, hein, Poil de nez. Ouais. Pardon ? Ouais, parle un peu mieux dans ton téléphone et... D'accord, mais je suis dans une cabine en pleine campagne, donc ça, c'est pas nouveau. Oh là là là là là ! C'est un portable, c'est un portable ! Non, non, c'est pas un portable. C'est ici, c'est un portable. C'est pas nouveau, bon. Oh, vous vous calmez, c'est pas vous qui commandez, c'est moi. OK, on y va, Gégé. OK. Donc, c'est le débat sur les routiers, hein. Tu le rappelles, voilà. Donc, la question, excuse-moi, parce que j'ai pas écouté. Bon, la question, de toute manière, t'as pas besoin de l'écouter, toi. Ah, d'accord, bon. Toi, tu fais la réalisation, tu me donnes les fiches avec les titres de chansons. D'accord. OK. Rigaud, oui ? Oui. Bonsoir. Bonsoir. Débat sur les routiers, oui, tout à fait. Donc, y avait pas une petite question avant qu'on... Spoutnik qui te demande comment il doit faire pour manger sa dinde de Noël avec des baguettes au resto chinois. Ah, là, je sais pas. Là, je sais pas du tout. Donc, la question, donc, un routier peut-il conduire 24h sur 24 sans s'arrêter ? Allez, hop ! Non, mais merci, Fildar. Mais ils sont là, les auditeurs, Gérard. Non, mais bravo, Fildar, tu commences. Bravo, Fildar. Bravo ! Bravo ! Bravo ! Bravo ! Bravo ! Je pense qu'il n'y avait aucun auditeur. Un routier peut-il conduire 24h sur 24 sans s'arrêter ? Impossible. On va demander à 100 problèmes. Pas de problème. Impossible. 24h sur 24, c'est impossible. Il y a quelqu'un qui mange. Non, mais... Non, mais ça dépend. Il dort, mais qu'il fasse autre chose. Attendez, déjà, pas tous en même temps, parce qu'on ne comprend rien, s'il vous plaît. Vous coupez la radio. Qui c'est qui a une radio pourrite, là ? Elle est pourrite, ta radio, en plus. Pas moi non plus. Pas moi non plus. Qui c'est qui a une radio ? Je remercie celui qui met le son, parce que j'ai l'image, je n'avais pas le son. Gérard, il met de Goldorak, Manu... C'est bon, c'est bon, il gère, Manu. Vas-y, Gérard. Alors, chute. Chute, à toi. C'est bon, je le calme. Bon, d'accord. C'était chute qui mettait Goldorak, c'est pour ça. C'est parce que je suis fan, je suis fan. Alors, tu peux... J'ai connu des routiers qui conduisaient beaucoup plus que 24h d'affilée, ça dépend à quoi ils tournent. Et moi, je dis, il y a des routiers qui ne respectent pas les consignes de sécurité, qui conduisent beaucoup plus que ce qu'ils devraient. Parce qu'il y a des accidents, comme d'habitude. D'accord. Oh, on se tait ! Si on est du routier qui tourne aux enfaites, je vais dire, ça sera conduit 72h, 96h de suite sans problème. Ils partent de Amsterdam, ils vont jusqu'à Tomboucou direct. D'accord. De toute manière, ce n'est pas la question. Bah si, il est routier, c'est quand même... Non, non, mais ce n'est pas la question, d'accord ? C'est international. Ce n'est pas la question ! Oh là là. C'est pas le thème du débat. Oh, le grand stratégaire ! Oh yes ! Oh là là ! Oh là là ! Eh putain, vous ne me faites pas là ! Oh, Manu, Manu, Manu. Bon, allez, stop. C'est bon. Allez, Gérard. Oh, euh... Faut... Faut peut-être que tu te calmes, Manu. Gérard, sur IRC, il y a Sardine, le vrai de Marseille, qui te dit que s'il n'y a pas de feu rouge sur l'autoroute, il peut ne pas s'arrêter pendant au moins 120h, le routier. Non, mais attends, les feux rouges, je ne vois pas le rapport avec... Un routier peut-il conduire 24h sur 24h ? Bah si. Non, mais je ne vois pas le rapport avec les feux rouges. Ah si, s'il n'y a pas de feux rouges, il ne peut pas s'arrêter de rouler. Bah ouais, mais attends. Un routier qui conduit 24h sur 24h, déjà, je n'en ai jamais vu. Bah alors, c'est quoi ta question ? Justement, c'est une question que je pose. C'est une question con. Bah ouais, si tu sais que ce n'est pas vrai, pourquoi tu poses la question ? Parce que... Parce que cette question-là, elle n'a jamais été posée lors qu'on a fait les débats sur les routiers. Donc c'était important de la poser, parce que comme ça n'avait jamais été fait... Gérard, sur IRC, on me demande si c'est que des questions à la con, comme ça, pendant tout le débat. Si ça ne leur plaît pas, c'est qui qui te demande ça ? C'est un peu tout le monde. Fais gaffe, parce que si tu leur dis à tous de se casser, on va être mal. Donc, on va demander à Chut. Ouais. Bah écoute, moi je voulais te dire que des routiers qui conduisent plus de 24h, comme je t'ai dit tout à l'heure, il n'y a aucun problème. Ouais. Si Manuel Générix fout la main, si tu prends Steve Austin, il conduit largement plus de 24h. C'est pas moi l'arrière. Si tu prends Steve Austin, il peut conduire largement plus de 24h. Lui, c'est un show aussi, quoi. Ah bah ouais, non, mais je veux dire, ça, c'est du super routier, quoi. Ah, c'est clair. Ouais, bah ouais, d'accord, t'as raison. Tu ne prends pas parti des ports, toi ? Ils ne prennent pas l'avion, Gérard. Non, non, mais tu ne prends pas parti des ports ? C'est important que tu transportes les cochons, alors, en France. Pourquoi tu veux tout de suite citer le nom de Manu ? Ah ! Tu n'as pas parlé de Manu, je t'ai demandé comment t'avais fait la fête. Manu, je l'ai vu en live, il n'est pas gros. Comment t'avais affrété ta meuf ? Dégage-moi ce abruti, là. Ok, ça y est. Ah, tu vas voir, toi. On va s'occuper de toi, hein. Je vais savoir qui c'est. Qui c'est qui s'amuse à parler de Sandy ? C'est Robert. Non, il n'y a pas de Robert. On n'a pas de Robert, là, sur la liste. Gérard, à propos de Sandy, il y a Olio qui te demande combien de temps tu roules sans t'arrêter. Je ne roule pas, je t'assure, mais bon, je ne peux pas te répondre à cette question. Tu flottes, alors, si tu ne roules pas. Donc, je prends un joker. Ce n'est pas le jeu de la vérité, c'est les débats. Alors, couille de loup. Moi, tu vois, je pense que ça dépend. En fait, s'il a pris du speed, il peut aller rouler plus de 24 heures. Je ne sais pas s'il roule plus vite aussi, ça dépend de la vitesse, en fait. Ça dépend à quelle vitesse il roule. Non, mais attends. Facilement, plusieurs heures. Moi, je vais te dire une chose. Tu as déjà vu à combien ils sont limités, les routiers ? Ah ben non, moi, je ne suis pas routière. Non, tu n'es pas routière. 20, 30 à l'heure, je crois. Oui, c'est ça. Qui c'est qui vient de dire ça ? Chaudreau, Chaudreau. Qui ? Ils sont limités à combien, Gérard ? Toi, tu peux peut-être leur dire. Alors, limitation de vitesse. Manu, tu vas me faire du bon boulot. S'il te plaît, pour la dernière. Gérard ! Il y a des routiers, ce soir. Il y a des routiers avec toi, en plus. Ils vont confirmer. Oui, je l'ai vu. Donc, il pourra le confirmer. Donc, je pense que les routiers sont limités à 80. Tu peux le confirmer ou pas ? 60, 80, voire 90, pas plus. C'est faux ! 90 sur autoroute. C'est faux ! Non, non, laisse-le réagir. Laisse-le s'exprimer. Non, non, mais c'est un vrai routier. 90 sur autoroute. Ce n'est pas vrai ! C'est une honte ! Ce n'est pas vrai ! Attends, toi. Toi, avec ton vélo, tu roules à combien ? 91. 91 km heure. Tu fais moins le malin. Mais attends, ton vélo, on te le prend entre deux camions, tu n'as plus de vélo. C'est une boîte à conserve. Oui, mais moi, je prends ton camion entre deux vélos. C'est moins le malin. Mon camion entre deux vélos, tu as raison. Prends... Ouais. Donc, petit téton. Oui, bien sûr, il peut conduire... Oh, ta gueule, toi ! Ça s'appelle des routiers somnambules. Ah, d'accord. Des routiers somnambules. Tu as vu jouer ça dans Spirou Magazine ou dans Tintin Milou ? Non, dans Mickey. Ah, dans Mickey. Moi, je crois que j'ai vu jouer ça dans L'île aux enfants avec Casimir. Ne cherche pas à être drôle, Gérard. Ça ne marche pas, Gérard. Gérard, sur IRC, il y a Sean qui te demande de répéter la question. Ah non, je ne répète plus les questions, maintenant. On accélère. Raisin sec. Alors, les routiers, ils sont limités à 230, normalement, non ? Bien sûr. Pourquoi pas 250 km heure aussi ? La dernière fois, j'étais à 140, je me suis fait doubler par un camion. Alors, je ne comprends plus, maintenant. Euh, Gégé ? Ouais ? Si son problème, ça ne te dit pas, on fait une petite pause pendant un quart d'heure et on met le son de Goldorak. Non, non, non, non, non, non. Alors, son problème, terminé pour toi. Est-ce qu'il joue de la guitare, là ? Non, personne ne joue de la guitare. Non, non, Actarus. Euh, Poil Donné. Tu n'as pas répondu à ma question. Qui ? Raisin sec. Alors, vas-y. Je t'ai demandé comment ça se faisait que j'étais à 150 sur le tour de route et qu'un camion m'a doublé. Non, mais attends. Tu étais avec quoi ? Avec ma voiture. Gérard, ça peut rouler au maximum à combien, un camion, un semi ? Un camion, de toute manière, on a confirmation, c'est limité à 90. Non, mais c'est limité. Mais si ça dépasse la limite, ça peut rouler à combien ? Non, il n'y a pas de si il dépasse la limite. Il y a son mouchard. Il y a un petit voyant rouge. Donc, le mouchard, pour préciser, pour ceux qui ne sont pas routiers, qui n'ont pas l'habitude de le faire, et là, on a deux... Ils peuvent confirmer. On a des routiers qui sont là, qui peuvent confirmer. Donc, le mouchard, c'est là où qu'on met le disque pour savoir à combien qu'on roule et tout ça. Donc, c'est un boîtier comme un... Attends, parce que tu dis que ce n'est pas un lecteur CD pour mettre le disque, c'est un radio cassette. Non, mais c'est à peu près comme ton disque. Oui, c'est ça. Tu as le disque qui tourne... C'est un lecteur cassette, CD. Même, non. On appelle ça des mouchards. Oui, les mouchards, ce sont ceux qui disent des... Non, non, non. Comme les Kleenex, des trucs comme ça ? Mais non, attends, toi... C'est exactement ce qu'on demande à un salarié. Non, non, non. Là, on a des routiers. Donc, on peut confirmer. Les mouchards, c'est un truc où tu mets ton disque. Tu mets ton nom. Ton disque CD ou vinyle ? Mais non, tu mets un disque normal. Tu prends ça. C'est faux ! Mais arrêtez vos conneries, putain ! Mais moi, c'est ce que je dis. Alors, toi, tu t'écrases, ok ? Ouais, non, mais attendez. Un disque, c'est un genre de truc comme ça. Ah, une feuille de papier. Non, mais qui est trouée là. Montre bien, parce que les gens ne voient pas bien, peut-être. Là, tu as tout ça. Tout ça, c'est un disque. Et tout de suite... Ah, tu fais une horloge, comme une radio. C'est une horloge. Mais si tu n'as pas d'horloge, tu peux mettre quoi ? Non, tu ne peux pas. Tu ne peux pas. Réveil ! Non, non, tu ne peux pas. Pas de réveil ? Non, non. Non. Ah bon. Tu ne peux pas machiner là-dessus. Ah, tu ne peux pas machiner, surtout. Alors... Je voulais dire quand même que les routiers, c'est des grosses balances, quand même. Ta gueule, là, toi. Toi, la balance, tu sais où tu vas terminer, toi ? Là. Ah ouais, ah ouais, ah ouais. Gérard ? Excuse-moi. Vas-y, Manu, vas-y. À la place de sans problème, on accueille n'importe quoi. Euh... Je vais te dire une chose. Attends, tu permets sans problème ? Euh... Il n'est plus là, il n'est plus là. Il est parti sans problème. C'est n'importe quoi. N'importe quoi. Ouais. Je vais te dire une chose, Manu. Ouais. Pas comme toutes les semaines. Ah, excuse-moi. Dis plus rien, parce que sinon, ça fera plus d'une chose. Là, tu ne peux pas dire... Tu ne peux pas dire sur les 24 lignes, parce qu'il n'y en a plus que 12, mais... Ouais, ouais, non, mais je voudrais qu'on prenne un peu, là. Sur les 12 lignes, Manu. Donc, c'est comment, son nom ? N'importe quoi. N'importe quoi. Attends, Gérard, j'ai lutté pour essayer de vous joindre. Ouais, donc, tu peux répondre à la première question ? Bah, j'ai pas entendu, j'étais au standard avec Manu. Alors, la première question, donc, je la rappelle, parce que tout le monde a à peu près fait le tour. Donc, n'importe quoi pour toi. Je répète. Un routier peut-il conduire 24 heures sur 24 sans s'arrêter ? Euh... Si c'est mon argent. Oui, je pense, oui. S'il prend de la caféine. C'est ça, t'as raison. Et celui qui dit « fais chier maman », c'est ton... C'est mon argent. Ouais, c'est ça. Et celui qui fait le porc, c'est pareil. Il n'y a personne qui peut m'enregistrer l'épisode de Goldo en DVD ? Non, non, non, non, il n'y a personne qui peut t'enregistrer Goldo en DVD. Il est monté sur moi, c'est tout. Oh... Gérard, tu parlais des mouchards. Moi, je voulais savoir quelle est ta théorie sur le Morbac. Non, il n'y en a pas. Alors, comment s'organise un routier ? Attends, Paul Donnet, il n'a pas répondu. Non, vas-y. Bon, alors, tu parlais de... C'est quoi déjà la question ? Oh, allez, tu me prends pour un con, là. Allez, va retirer tes poils de nez. Allez, hop. Hop, terminé. Va retirer tes poils de nez. Je m'en souviens. Non, non, c'est bon, c'est bon. Joyeux Noël à toi. Va retirer tes poils de nez. Hop, terminé pour toi. Alors, comment s'organise un routier quand il s'ennuie ? On va demander ça à n'importe quoi. Je pense qu'il se tape une grosse branlette. Alors, tu peux... Vas-y. Rigo, attends, attends. Justement, à ce propos, il y a un misto sur l'IRC qui dit que 99% des routiers se branlent quand ils se font chier et l'autre pour cent sont des neuneux. Alors, là, je vais te dire une chose. Qui c'est qui a dit ça sur l'IRC ? Misto. Misto. Je vais te dire une chose que là, tu as ouvert la réponse dans peu de temps parce qu'il y a des routiers qui sont là. Toi, tu ne peux pas répondre. Ils peuvent confirmer. C'est bon. Ils peuvent confirmer que c'est faux. Non, non, non, c'est faux. Il ne faut pas déconner. Attendez. Il ne faut pas. N'importe quoi. Putain, il fait la transformation. Excuse-moi. Donc, Gérard. Bon, allez, hop. Attends, il fait la transformation. Non, non, non, non, non. Non, non, ouais. Je ne sais pas d'où ça vient. Gérard. Gérard. Allez, allez, allez. Manu. Manu, bosse un peu. Putain, autrement, tu dégages. Rigo. Non, non. Tu le tais, toi. Non, il y a juste Misto qui dit que si tu ne fais pas partie des 99% qui se branlaient, c'est que tu étais un neuneu. Et alors ? Tous les routiers ne se branlent pas dans leur camion. Attends. Tous les routiers ne sont pas neuneux. 99%. Tous les routiers ne sont pas des cochons comme la question va être posée. Donc, je... Je sais qu'il n'y en a pas beaucoup qui sont sur les routes, malheureusement. Ah, pourquoi ? C'est les fêtes. Quoi, il y a du gel ? Eh non, mais... Ça gèle ? Non, mais il n'y a pas de routiers. Ouais, vas-y, toi. Je voulais juste te dire qu'à la place de Poil Donné, on accueillait Sandrine, c'est tout. Alors, Sandrine, bonsoir. Non, non, c'est bien, ça. Oui, bonsoir, Gérard. Salut, Sandrine. Salut, Sandrine. Bonsoir, c'est Sandrine de France. Ouais, c'est ça, Travelo. Bon, vous fermez un peu vos gueules. Ok, super. Merci. Ah, on va peut-être plus avoir de confirmation, mais c'est pas grave. Salut, les routiers. Salut, les routiers. Salut à vous. Bonne route, vous êtes sympas. Bonne bourre. Bonne bourre et prudence sur les routes. Ouais. Passez la deuxième, quand même, des fois. Sortez couverts, les mecs. Gérard. Oui ? C'est Sandrine. Est-ce que je peux avoir la question ? Parce que Manu m'a pris sur le standard. Ouais, ouais, ouais. En plus, il est sourd. Oh, tu te tais, toi. Ferme-toi, s'il te plaît. Moi, ça va. Alors, comment s'organise un routier quand il s'ennuie ? Oh, putain, mais vous me faites ça, mec ! Bon, moi, j'arrête à 3 heures, hein. Allez, hop ! Allez, allez, allez. Manu, c'est quoi, ce bordel ? C'est nul. Nul, nul, nul, nul. Faut me mettre à l'aréa, moi, je pense. Allez, on va s'écouter, Sacha, avec Fête la Fête et La Grosse. Et on se retrouve après pour la deuxième question. Comment s'organise un routier quand il s'ennuie ? A tout de suite. Sous-titrage Société Radio-Canada ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... ... Et voilà, c'était Saga avec Fête la Fête et... Saga Africa ? Non, c'est Saga avec Fête la Fête à La Grosse. Donc, c'était dédié pour... La Grosse ? Pour ma petite femme que j'aime de tout mon cœur. Avant de recommencer avec les auditeurs, j'ai un petit sondage sur l'Internet. Alors, c'est de paradoxe. Alors, attention, parce que ça défile très vite. Alors, sondage reçu par l'AFP. 15% des routiers sont des maniaco-dépressifs. 23,78% sont en proie à de gros problèmes sexuels. 36% prennent du Viagra. 3% sont sans emploi. Et 90,3% auraient préféré être CRS. Parce qu'ils ont le même QI. Euh... CRS, non, je vois pas trop le rapport. N'importe quoi, bonsoir. Bonsoir, Gérard, comment vas-tu ? Re-bonsoir. Chut, derrière, vous fermez vos gueules. Oh putain, mais... Oh, Manu ! Faut gérer un peu, là, parce que ça commence à bien faire. Chut. Il y a un mec qui fait le malin, derrière. Oh là là, Goldorak, Manu ! Ça vient pas de chez moi ! Oh, moi, j'en ai ras-le-bol, là ! Mais y a personne ! Regarde un peu, y a personne en air ! Putain, tu as bossé comme il faut, toi ! Mais y a personne, ça vient pas de moi, hein ! Si t'as pas envie de bosser, ce soir de Noël, tu retournes voir ton bébé rose ! Mais y a personne ! Tu nous fais chier, là ! Ouais, c'est vrai. D'accord, retournez voir ton bébé rose ! Ouais, d'accord. Ouais, Gérard, on y va, on y va. Euh, chut ! Ouais. Ouais, d'accord, euh... Couille de loup ! Ouais. Re-bonsoir. Bonsoir. Petit téton. Oui. Re-bonsoir. Raisin sec ! Raisin sec ! Oui ! Ouais. Oh, tu travailles ou quoi, là ? Excuse-moi, ça va ! Eh, Sandrine ! Dis le trableau ! T'es sourd ! C'est-à-dire GG. Moi, je kiffe bien sur tes pantoufles internes. Bon, alors... Celui-là... Il dégage ! Il dégage ! C'est Pedro qui a dit ça ! Bon, vous fermez ! Maintenant, vous allez vous la fermer ! Ok. Allez, hop ! Eh, Gérard ! De quoi ? Comment ? Tu voudrais être routier ? C'est qui ? Petit téton. Petit téton ? Ben, tu retournes voir Manu, il va... Il va... Gérard, elle te pose la question. Est-ce que t'aimerais redevenir routier ? Non. Pas pour l'instant. Pourquoi ? Parce que j'ai une bonne place. C'est tout. Alors, maintenant, comment s'organise... Comment s'organise un routier quand il s'ennuie ? Sandrine. Alors, Sandrine, vas-y, le trableau. Alors, la question de facilité, ce serait de dire, bon, la branlette, mais à mon avis, c'est pas ça. Donc, un routier, qu'est-ce qu'il va faire ? Il va chez Ypres. Je donne pas la marque de la station au service. Ouais. Il va acheter des cassettes de cul. Ou alors, des calendriers de cul, de la bouffe, et tout ça. C'est quoi, ça ? C'est la solvée. Et voilà. Merde en figure ! Putain, Manu, Manu, Manu ! Voilà, Gérard. J'essaie de gérer, ça y est. Non, mais si tu veux, on peut arrêter à 3h. Parce que c'est ce qu'on va faire, on va pas faire les deux débats. Parce que là... Non, mais moi, ça m'emmerde pas. C'est toi que ça emmerde. Parce que toi, pour l'instant, t'es en train de me foutre de la merde. Ça se voit que c'est le dernier débat de l'année. Parce que t'es pas avec ton bébé rose. Et moi, je suis pas... Moi, elle est là, mais on n'a pas fait de réveillon encore. Gérard, pour revenir au débat, il y a Chandler, le vrai, sur l'IRC, qui te demande qu'est-ce qu'il faut faire comme étude pour devenir routier. Justement, ça, c'est dans le deuxième débat. Donc, c'est pas maintenant. Gérard ? Oui ? C'est Sandrine, donc j'ai pas fini. Ouais, vas-y. Parle dans ton téléphone, Sandrine. Pardon ? Parle dans ton téléphone. Ouais, mais attends, attends, Sandrine. Toi, tu recommences pas ce que tu viens de faire. Parce que c'est toi qui t'amuses à... Non, c'est pas moi qui mets Goldorak. Non, non, tiens. Ah, tu vois, c'était pas moi. Tiens, tiens, tiens, tiens. C'est pas parce que je mets main là que je mets Goldorak. Parce que tu veux que je te le mette, Goldorak, tu vas avoir un autre son, regarde. Ah, ouais, ouais. Ça, c'est Goldorak. C'est mon Goldorak, c'est pas l'auditeur, là. Ouais, ouais, ouais. Tu vois ? Ouais, ouais, c'est ça, allez. Laisse-le. Toi, il y a une différence. Bon, allez. Bon, Gérard, c'est de la bombe, c'est un épisode. Gérard ! C'est Sandrine, j'ai pas fini, donc. Bon, alors, dépêche-toi. Le routier, s'il s'ennuie vraiment, à mon avis, ils peuvent même aller jouer aux flippers, style Sugar Ray, par exemple, les flippers qui marchent pas, ou la PlayStation. D'accord. Gérard, résin sec. Ouais. Alors, je voulais dire que, bon, les routiers, quand ils s'ennuient, ils peuvent appeler leur famille, hein. Ils sont pas tout seuls, ils doivent avoir des enfants, aussi, les routiers. Non ? Ben, à mon avis, s'ils sont sur la route, ils peuvent pas être chez eux, hein. Non, mais ils peuvent avoir un portable pour appeler de leur route. Petit téton ! Ben, ils écoutent la radio. Ah, d'accord, carrément, toi. Ben, écoute, c'est une réponse intelligente, hein. Ah, ouais, ben, je vois. Euh, couille de loup. Non, moi, je pense qu'il doit se taper une grosse. Gérard ! Ah, ta gueule. Oh ! Oh, vous gâlez un peu ! Ouais. Bon, allez, vas-y, cochon. Couille de loup ! Attends, la cochonne, attends, merde, toi ! C'est pas une cochonne, c'est une salope ! Oh ! Oh, tu calmes tes nerfs, toi, ou je te calme ? Ouais, c'est clair, arrêtez. Ben, heureusement que je suis pas marié avec lui ! Parlez pas comme ça aux chiennes, mec. Oh ! Gérard, on pourrait revenir un peu dans le débat avec les auditeurs, parce que c'est n'importe quoi. Ouais, mais c'est n'importe quoi, tu demanderais, t'es à l'hôte, là. Manu, on pourrait revenir dans le débat, parce que c'est n'importe quoi, là. Non ! Gérard, à propos du débat, reviens dans le débat, Gérard, s'il te plaît. Tu m'écoutes ? Oui, Rigo. Il y a Rainbow, le vrai arc-en-ciel, qui te demande si un routier a une prime pour Noël s'il travaille pour le réveillon. Ah, c'est une bonne question, ça. Voilà la question que je m'attendais. Mais ça, c'est dommage qu'il soit parti. Ah, ils peuvent plus approuver, là. Une prime, non, mais être payé double, oui. C'est faux. Attends, toi, tu fermes ta... ta gueule, hein ? Tu fermes ta gueule, et tu me fais du boulot correct, ok ? C'est tout ce qu'on te demande, Manu, merde. C'est tout ce que je te demande, avant que je te mette une claque dans... Dans le museau. Fais le con. Fais le con. Tu vas voir tout à l'heure. Tout à l'heure, tout à l'heure, tu vois ce qu'il reste de coca ? Allez, on y retourne, Gérard. On y va, on y va, on y va. Alors... Chut ! Ah, on n'est plus en antenne, c'est bon. Chut ! J'ai pas répondu, ouais. Allô, Gérard ? Oh, ta gueule, toi. Oh, putain, ferme-la, couillon. Ouais, Gégé, on va... Ta gueule, un peu. Voilà. Gégé, c'est chute ? Ouais. Moi, je voulais te dire que j'ai connu des routiers qui, quand ils s'emmerdaient, bah, tout simplement, ils classaient, ils avaient des collections de calendriers de cul. Allô, Gérard ? Ils classaient leurs calendriers de cul, bah, quand ils se faisaient chier, quoi, pour couper. Et je voulais savoir si tu confirmais. Oui. Gérard, t'as même pas écouté la question. Ouais, c'est pas poli, Gérard. Tu sais, j'ai très bien compris, et je vais te dire une chose. Vas-y, dis ta chose. Vas-y, dis une chose, Gérard. Moi, je peux vous dire une chose, que les routiers n'ont pas de calendriers de femmes à poil dans leurs camions. C'est faux ! Vous mentez tous ! Vous êtes tous des menteurs ! Vous êtes tous des menteurs ! C'est faux ! C'est faux ! C'est faux ! N'importe quoi ! C'est pas pareil ! Je suis là, je suis là, je suis là ! Qu'est-ce qu'il y a, Gégé ? Tu réponds à la question ? J'ai déjà répondu tout à l'heure, donc, voilà, quoi. Je t'ai déjà dit que, quand ils se faisaient chier, ils se tapaient des petites pignoles dans leur cabine. Non, ça dépend. S'ils sont à deux, ils s'en couillent. S'ils sont à deux, ils s'en couillent. S'ils sont à deux, ils s'en couillent. Troisième question. Allez, Gérard ! Allez ! Allez ! Attendez, Gérard est en train de dealer un truc. Mais non, il n'y a pas Tony ! Arrête tes conneries ! Il n'y a pas Tony ! Gérard, pour calmer le débat, il y a Scone sur l'IRC qui souhaite un joyeux Noël à tout le monde, quand même. C'est sympa. C'est bien, on te souhaite un joyeux Noël aussi, à toi. Moi, je t'emmerde, toi. Peut-on tricher sur les puces de paille d'un routier ? Ta gueule ! Tu peux m'écouter ? Peut-on quoi ? Peut-on tricher sur une puce de paille d'un routier ? Tout à fait. Alors, n'importe quoi. Oui, je pense. C'est possible. C'est possible, non ? Tu pirates ton salaire, et c'est bon, il n'y a pas de problème après. Tu gagnes le pognon que tu veux par mois. D'accord. Chut ! Moi, je pense qu'on ne peut pas tricher sur une puce de paille d'un routier. Tu peux préciser ? Vu les sommes qu'il y a, je crois qu'il n'y a pas de quoi tricher. De 1 franc, tu passeras à 2 francs. Oui, mais ça ne fait pas tricher. Couille de loup ! Oui, non, moi, je ne pense pas, parce qu'ils ne doivent pas avoir le QI assez élevé pour pouvoir piger comment on fait. De quoi ? Non, je dis, je ne crois pas qu'ils doivent être assez intelligents pour comprendre comment on fait pour falsifier la feuille. Non, mais attends. Peut-on tricher ? Peut-on tricher sur les puces de paille d'un routier ? Je vais te dire une chose, c'est que c'est le patron qui triche. Ce n'est pas le routier, d'accord ? C'est faux ! Toi, Manu, tu fermes ta gueule, maintenant. C'est faux ! Bon, Manu, tu dégages, tu pousses le camp à l'arrière. D'accord ! Non, non, non, non, non. Si, si, si, si, si, si. Non, mais attends. Non, mais c'est bon, attendez. Faites un débat correct, on verra après. Non, non, mais attends, pour l'instant, il est en train de me foutre de la merde. Euh, petit téton. Eh, tu viens chez moi, après, Gérard. Ta gueule ! Je peux parler ? Oui, ben, je ne sais pas du tout répondre. Non, mais, eh ! Oh ! Quoi, qu'est-ce qu'il y a, Gérard ? Oh, Max ! Eh, tu lui demandes qu'il me passe du bon boulot, là, pour la dernière de l'année, ou pas ? J'étais pas là, moi. Non, t'étais pas là. T'étais où, bâtard ? T'étais où ? J'ai arrêté ma cassette vidéo, là. Ouais, t'as arrêté ta cassette vidéo. Moi, de toute manière, on ne va pas durer jusqu'à 4h du matin. Eh, tu viens chez moi, après, Gérard. Bon. Qui c'est qui a donné tout ça aux auditeurs ? J'ai personne. J'ai personne à l'antenne. Non, non, non, non, non. C'est pas possible, là. Allez, hop. Hop, envoie-moi la musique. Attends, j'ai pas de disque, là, Gérard. Envoie ! Envoie ! Je m'en fous, je veux pas le savoir. Envoie la musique. Allez, hop. Envoie la musique. Bah, attends, je vais en trouver, alors. Je veux pas le savoir, tu te démerdes. Tu m'envoies un truc. Attends, attends, moi, j'ai des questions pour toi, pour calmer le débat, auxquelles tu peux répondre. Alors, il y a... Attends que je retrouve. Il y a Chandler, le vrai sur l'IRC, qui te demande combien représente le salaire d'un routier. Bah, justement, ça... On se calme, les gars, on se calme un peu. La question, on n'en est pas là. Non, mais réponds, réponds. La question, combien... Non, mais Gérard, à chaque fois que je te pose une question, tu dis, c'est pas la question, on viendra plus tard. Réponds tout de suite. Combien gagne un routier ? Voilà. Bon, un routier, à l'heure actuelle, si tu veux, gagne entre 10 000 et 15 000 francs. Donc, selon là où il s'en va. Oh là là ! Bon, toi, toi, tu vas me faire du bon boulot. Mais, Fildar... Attends, je cherche. Non, non, mais tu cherches, tu vas pas chercher longtemps, parce que sinon, sinon, le débat, il s'arrête et on va laisser Rousseau. Ouais, attends deux secondes, j'ai trouvé un truc super, là. Non, non, mais je m'en fous. On peut pas laisser Rousseau, il joue à la PlayStation. La disco ? Tu veux de la disco ? Bah, je m'en fous, tu mets ce que tu veux, mais moi, soit que Yannin, il fait du bon boulot. Non, mais si Manu faisait du bon boulot, il n'y aurait pas de problème. Soit qu'on fait du bon boulot, on continue. Soit que j'arrête maintenant. C'est simple. Gérard ? Et si j'arrête maintenant, on est combien ? Non, mais non, on n'arrête pas, là. On est presque 5 000, on est 4 852 moins 4. C'est très bien, j'aimerais bien qu'on booste bien. Les gars ! Et il y a quelqu'un, je me rappelle plus qui c'est, sur l'IRC, qui te demandait le salaire, ça fait combien en euros ? C'est pas la question. En euros, là, je peux pas trop lui répondre, parce que l'euro, il est à 6... Non, il est à 5,57. Non, 6,50. 6,50, oui, pardon. Il est à 6,50, ça devrait faire 6 500 euros. Oui. À quelque chose près. Il y a des milliers d'euros, de soi. Au lieu de dire que je sais pas et de bouffer ton gobelet quand Maxi parle, tu la fermes et tu me calmes les auditeurs. Avant que moi, je te calme. Bon, alors les gars, on refait de réunion. Gérard, qu'est-ce que t'as à dire ? Pour un cent... Eh oui, eh oui, filard, fais du bon boulot. Pour un cent. Oui. Rigaud, c'est bon. Mais l'autre, parce qu'il est pas avec son bébé rose, il fout de la merde. Il est en train de nous foutre de la merde. Non, c'est pas vrai, je te bosse bien. Mais si, mais si, mais si. Non, je fais du bon taf. Mais non, pour un cent, t'es en train de me faire de la merde, on est à la troisième question, et il y a 23 questions en tout. Eh ben, on a le temps jusqu'à 4 heures. Ouais, ben, tu crois que je vais durer jusqu'à 4 heures ? Ça m'étonnerait. Bah si. Je crois pas. Parce que c'était prévu qu'avec Maxi, ça se passait mal, t'es à 3 heures, et je pense que je vais arrêter à 3 heures. C'est bien, là, pourtant, parce que... Alors, on va s'écouter Moby Dick avec des prouts. Des prouts en plus, et on se retrouve aussitôt après. Pour ceux qui sont encore en plein réveillon, ben, bon réveillon de Noël. Ça m'étonnerait qu'il y en ait encore à 2 heures qui mangent la dinde. Ah bon ? T'inquiète pas, il y en a encore. On peut la manger jusqu'à quelle heure, la dinde ? Je sais pas. Il y a peut-être des mecs qui baisent. Manu ! T'éteins ton micro pour deux mots maintenant, et tu t'écrases. D'accord ! Je disais, il y a peut-être des mecs qui baisent ! La dinde ! Bon, tu t'écrases, c'est tout. D'accord ! Donc, je sais qu'il y en a... qui sont sur les routes. Ouais. Donc, prudence à eux. Ils font réveillon sur la route ? Non, peut-être pas. Non, non. Oui, Rigaud. Oui, je voulais juste dire qu'on a dépassé les 5000. Ouais. On est à 5123,4. Ouais. Donc, si tu peux les remercier. Ben, je remercie tous ceux qui sont... C'est pas assez. Tous ceux qui sont sur l'Internet. Donc, je vous souhaite un joyeux Noël. C'est pas assez, hein, 5000 fois. Et une bonne et heureuse année 99, parce que j'aurais pas l'occasion de... de vous avoir pour le réveillon. Ouais. Donc, ben... Voilà. Voilà ce que je peux vous dire. Donc, on récupère n'importe quoi. Eh, tu viens chez moi, après, Gérard ? Ah, ta gueule, à toi ! Oh là là ! Ouais, c'est moi. N'importe quoi. Ah, je vais passer à l'entrée, d'ailleurs, là, dans 5 minutes. Oh là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là là Et je baisse dans une demi-heure. Et moi, je t'emmerde. Je t'emmerde. Bon, allez, on se dépêche. Bon, n'importe quoi. Eh, tu viens chez moi, après, Gérard ? Bonsoir, Gégé ! Joyeux Noël à toi ! Chut ! Ouais, salut. Bon 14 juillet à tous. Ouais, c'est ça. Joyeux Pâques. Couille de loup. Ouais, salut. Petit téton. Salut. Raisin sec. Non, excuse-moi, il est parti. On n'a que Jean-Pul, à la place. Non, mais alors, attends. Manu ! Ouais ? Un conseil que je te donne. Ouais. Tu vois, tu fais une chose, tu me prends, sur les 12 lignes qui sortent. Ce que j'ai fait, c'est un nouveau. Non, non, non, non, non, non. Bah si, je suis désolé. Tu prends sur les deux lignes. Alors, c'est comment ? Jean-Pul. Jean-Pul. Ouais, mais attends. Jean-Pul. Ouais. Non, Jean-Pul. Bon, alors, tu te démerdes, tu me fais une fiche propre. Ouais, une fiche propre, Gérard. Quand même. Alors, la question, ben, peut-on tricher sur les fiches de pays d'un routier ? Donc, je pense que vous avez réfléchi. Ouais. Donc, ben... Oui ? Oui, tu m'as oublié. Ben, je t'écoute. Rebonsoir, Gérard. Ben, rebonsoir à toi. Donc, allez-y, posez... Ouais, c'est chute. Ouais, chute. Ouais, moi, ce que je voulais dire, c'était que si les routiers, il fallait qu'ils trafiquent leurs fiches de pays, il faudrait déjà qu'ils sachent compter. Non, mais attends. Attends, attends. Attends, chute. Chute, chute, chute, chute. Chute. Chute. Écoute-moi bien. Oui, chute. Peut-on tricher sur les fiches de pays d'un routier ? Oui, ben, justement. S'il faut qu'ils trichent... Attends, celui qui rentre derrière, arrête ! Jean-Pul. Jean-Pul. Il faudrait qu'ils sachent compter. Et je pense, bon, je me permets d'émettre un léger doute, quoi, tu vois. Mais je croyais que ça se faisait par ordinateur, maintenant, les fiches de paye. Ouais, mais de toute manière, il faut se dire une chose, qu'il y a certains patrons qui trichent quand même sur certaines fiches de paye. Ouais, mais sur les leurs, pas sur celles de leurs employés, si. Jean, à peine. Ils retirent de l'argent sur leurs payes, alors ? Bon, alors. Mais comment ça se passe ? Un routier, c'est payé au kilomètre ? Comment ? Non, c'est pas payé au kilomètre, en fin de compte. Comme une personne... Oh, t'as de jolle ! D'accord, c'est... Maintenant, tu m'emmerdes, toi. Ouais. Voilà. Donc, tu disais, GG ? Non, mais, en fin de compte, c'est pas payé... Au kilomètre ? Au kilomètre, c'est payé comme toi et moi. Non, mais c'est payé comme toi et moi. D'accord. Par exemple, le mec, il va rester... De nuit, ça va être payé un peu plus cher. Et ainsi de suite. D'accord. En fait, il doit faire... Il doit faire 39 heures par semaine, comme un employé... Ah, non, non, non ! Non, c'est pas 39 heures ? Non, non, parce qu'il faut se dire une chose, que les routiers, à l'heure actuelle, passent plus de temps sur les routes que chez eux. Donc, il faut bien se dire... Il faut bien se mettre à la place d'un routier. Je y ai été. Donc, je peux savoir ce que c'est. D'accord. Et je vais te dire une chose, que... Bon, j'ai pas fait de la route. Ouais. Mais ceux qui font de la route ne sont pas tout le temps là. Ah, d'accord. Gérard ? Oui, Rigaud ? Il y a Sardine de Marseille qui te demande des routiers abandonnés par leur camion sur les aires de repos de l'autoroute. Euh... Des routiers abandonnés... Des routiers qui font du stop pour rentrer chez eux les week-ends, oui. Mais des routiers abandonnés, non. Jamais. Ouais. Gégé ? Oui ? Oui, je voulais savoir... On m'a dit qu'être routier, c'était un métier qui nécessitait de la sueur. On disait que c'était un métier dur, qu'il fallait transpirer et tout. Et je voulais savoir si c'est pour ça que, dès tout jeune, tu avais trouvé ta vocation dans ce milieu-là. C'est clair. Euh... Ouais. Laquelle ? Laquelle ? Laquelle ? Laquelle ? Oh ! Tu te tais, toi ! Ouais, vas-y, j'ai répondu. Un routier. Donc, c'est toi qui viens de poser la question. C'est comme... C'est chute, c'est chute. C'est chute. Ouais. Donc, ta question, tu peux me la reposer, s'il te plaît ? Ouais, donc, je te disais, il paraît qu'être routier, c'est un métier qui demande de la sueur et de la transpiration. Et je voulais savoir si c'est ça qui, dès ton enfance, t'avais quand même donné ta vocation pour savoir ce que t'allais faire plus tard. Alors, moi, je vais te dire une chose. Qu'un routier transpire beaucoup, ça, c'est vrai. Parce qu'il faut se dire une chose, que certains routiers sont obligés de décharger. Pas tous. C'est clair. Mais certains. Ouais. Donc, d'autres, quand ils arrivent, ils sont dans la cabine, ils dorment et... Oh là là ! Celui-là, il va se faire virer une fille, non ? Manu ! Non, mais continue, Gégé, continue. Manu, tu fais ton boulot correct ou pas ? Tu fais ton boulot correctement ou pas du tout ? Ou tu pires ? Ah, correctement, correctement. Ou tu retournes voir ton bébé rose ? Ouais. Gégé, t'en étais au problème de décharger. Donc, t'as certains routiers qui sont obligés de vider leur camion, d'autres, non. Pourquoi ? Parce que quand ils arrivent, ils se mettent hackés, ils sont dans leur cabine et ils dorment. Ouais, mais pour... Oh là là ! Pour le problème de la douche, Gégé, ils font comment, les routiers ? Parce qu'il y a un lit à l'arrière du camion, mais il n'y a pas de douche. Non, mais ça... Ça, pour les douches et tout ça, ils s'arrêtent dans... Bon ! Je réponds à Chut. Ça, pour cette histoire de se laver, ils peuvent s'arrêter dans des aires de repos. Il y a des douches, spécialement, qui sont dans les aires de repos, qui peuvent se laver et tout. Ouais, mais ils ne se lavent pas souvent, du coup. Si, si, si, si, si. Et je voulais savoir si, toi, pourquoi, depuis que t'avais arrêté le métier, t'avais quand même gardé des manières de routier, quoi ? Même si t'es plus dans le métier, je veux dire, tu transpires encore beaucoup et tu ne te laves pas souvent et tu décharges pas mal. Non, non, mais attends, je transpire beaucoup parce que là, il n'y a même plus de ventilation dans les studios, je ne sais pas pourquoi. Ils ont déménagé la ventile, hein. Ouais, mais là, ça devient inadmissible. Euh... Gérard ? Ouais. Gérard, il y a le vrai canard vissé sur l'IRC qui te demande pourquoi les routiers pissent sur le long des routes et pas sur les aires de repos. Attends, attends. Ça, c'est complètement faux. Euh... Ouais. Non, non, non, non, non, non. Chute, tu t'es, chute, tu t'es. C'est une anecdote. Non, non, mais je réponds. Je peux prévenir tout de suite, là. Je réponds à canard vissé que c'est faux qu'il n'y ait aucun routier qui s'arrête sur les bandes d'arrêt d'urgence. Non, non, non, non, non. Les bandes d'arrêt d'urgence, ça fait pourquoi ? Pour les arrêts d'urgence. Alors, vas-y, vas-y. Le mec, il n'était pas arrêté sur la bande d'arrêt d'urgence, il était garé en triple fil sur l'autoroute et donc, il y pissait. C'est ça. Tu ne prendras pas les... Tu ne prends pas les gens pour des cons, toi ? Non, mais c'est réel. Non, tu les laisses. C'est réel. Que transporte un routier en fin de journée ? Que transporte un routier en fin de journée ? Que transporte un routier en fin de journée ? Que transporte un routier en fin de journée ? Oui, oui. Gérard, tu m'excites avec tes moustaches. Ta gueule ! Tu m'excites avec tes moustaches. C'est n'importe quoi, Gégé, je vais répondre. Gérard, tu m'excites avec tes moustaches. Vas-y, jouis. Oui, oui, oui, Gérard. Gégé. Chute, chute, chute. Vas-y. Je voulais te dire qu'un routier, après avoir déchargé toute la journée, à mon avis, à la fin de la journée, il est vide, quoi. Oui, mais... Il t'enrôde un sec. Ah, attends, là. Pour toi, il est vide. Ah oui, il est vide. Il t'enrôde un sec. Moi, je pense qu'à mon avis, il repart recharger pour aller vider quelque part d'autre. Ah non, il faut qu'il s'arrête, quand même. Non, non, mais attends. Tu ne peux pas décharger si tu ne récupères pas au moins un quart d'heure ou une demi-heure entre deux décharges. Non, non, mais attends, ce n'est pas un quart d'heure ou une demi-heure. Tu t'épuies si tu ne fais pas une petite pause. Ce n'est pas un quart d'heure. Une demi-heure qui prend, c'est deux heures de repos maximum. Tu vois, donc il faut bien se reposer entre deux décharges. Maximum. OK. OK. Alors, n'importe quoi ? Oui, à part transporter des dindons et des cachalots, je ne vois pas ce qui... Bon, alors, n'importe quoi, c'est terminé. Ce n'est pas méchant. Dindons et cachalots, moi, je t'emmerde. Ce n'est pas pour toi, Gégé. Moi, je t'emmerde. Mais je te kiffe. Je t'emmerde. Hop, terminé pour lui. Bon, allez, hop, au standard. Hop. Non, non, mais c'est bon pour lui. Allez, chute. Standard. C'est pas chute, hein. Merci, c'est chute qui a dit ça. Oh, gamin. Bon, Gégé, c'est bon. Voilà. Voilà. Lui, c'est terminé. Au revoir. Au revoir. Alors, chute. Ah, ben non, je viens de te répondre, Gégé. Je viens de te répondre, mon Gégé. Ah, tu viens de répondre ? Ah, oui, oui. Coup de loup. Tu répètes la question, s'il te plaît ? Allez. Alors, c'est la dernière fois que je répète la question. Que transporte un routier en fin de journée ? Gérard ? Oui. En attendant, il y a un rainbow, le vacancier sur l'IRC, qui te demande quand tu étais routier, t'as été attaqué par le gang des chasseurs de routiers sur l'autoroute. Non. Des mecs qui volent les cargaisons. Ouais. Ça, c'est vrai, ça s'est produit en Russie, je crois. Il y a un routier qui s'est fait... qui s'est fait agresser. Ils lui ont piqué carrément son camion, plus la cargaison, carrément. Ouais, ouais, ouais. Ça coûte cher, un camion ? Un camion, je peux te dire une chose, c'est dommage qu'on n'aille pas, tous là, les routiers, mais un camion, ça vaut plus de 150 000 francs. C'est vrai ? Carrément ? 150 000 francs ? 150 000, hein. Ah bah, ça va. C'est pas trop cher, hein. Ouais, bah, attends, ça dépend, ça dépend ce que tu prends comme camion, hein. Donc, euh... Oui, Rigo ? Excuse-moi, j'avais éteint mon micro. Sinon, il y a Chantelor qui te demande comment fait un routier, puisque tu disais qu'ils s'arrêtent pas... ils s'arrêtent qu'aux aires de repos pour faire leurs besoins, mais comment ils font quand ils ont la diarrhée et qu'ils sont dans leur camion ? Ben, ils peuvent s'arrêter, mais dès qu'ils trouvent une aire de repos, hein. Ben, ça, justement, c'est des questions... Elles vont venir après, les questions, j'ai l'impression qu'internet, ils ont des questions... Non, non, non, non, non, non, non. Attends, euh... Fildar, c'est moi qui... C'est mes débats, donc c'est moi qui commande. Ok. Donc, euh... Là, pour te dire une chose, en fin de compte, on va... Oh ! Oh, t'es pas dans un salon de thé, là ? Eh ! Oh, on n'est pas dans un salon de coiffure, c'est papa-maman, là, hein ! Bon, on s'affirme quand je parle un peu. Alors ? J'ai fermé la porte, alors, ouais. Oh, ça veut dire quoi, là ? Vous jettez dehors et c'est tout ? Ok. Vous allez jeter dehors ? Ouais, tu vas voir, tout à l'heure, toi, je vais te kiffer, moi. Je vais te mettre une bombe dans... Moi, je vais te mettre une bombe, tu vas voir. Une bombe de routier, tu vas voir ce que ça donne. Bon, ouais. Alors ? Je vais te faire une petite marque, mais bon... Fais gaffe ! Alors, on était où, nous ? On parlait de quoi, là ? Euh... Des questions, si on est... Ah, ouais. Ouais, donc, les questions, là, sur Internet, donc, je vous en supplie, répondez aux premières questions, parce que le deuxième... Non, ils répondent pas, ils t'en posent. Bah, ouais, mais c'est la suite. Ça fera le deuxième. Tu vois, il y a Sardine de Marseille qui te demande si t'as déjà posé pour un calendrier de routier. Mais non, mais ça... Ça, là-dessus, non. Moi, je voudrais... Combien qu'on est, maintenant, sur Internet ? Allez. 5288. Oh, ça baissait, là ! Non, non, non. Non, non, non. Non, non, non. 5144, on est. Ah, d'accord. 5200. Ah, d'accord. Euh... Excusez-moi. Ouais ? À la place de n'importe quoi, on accueille Billy. Allô ? Allô, quoi ? Salut, Billy. Salut, Billy. Salut, Billy. Salut, Billy. Salut, Billy. Alors, euh... Bon, la question, que transporte un routier en fin de journée, Billy ? Tu peux répéter la question ? Merde ! Ah, ça va répondre. Non, non, t'es en antenne, là, connard ! Bon, laissez parler le gamin, là. Allez, le gamin, là, accouche. Ouais, moi, je pense qu'il se transporte des cadeaux pour aider le Père Noël. Hein ? Tu vois pas ? Non, mon ami, je pense pas. Non, je pense que le Père Noël, il va se transporter des cadeaux, et voilà. Non, mais ça va, le mec, avec son klaxon de mariage, tranquille ? Ça, c'est un klaxon de routier, ça, hein ? Attends, Billy, tu dégages. Ah, Gérard, Gérard, Gérard ! Au revoir, au revoir, au revoir, au revoir, au revoir ! Allez, euh... Coup de loup. Tu peux répéter la question ? Non. Mais Gérard, Gérard, c'est pas pour toi ! Gérard, attendez, parce que Billy a foutu la merde. Oh là là, oh là là, oh là là, Manu ! Gérard ? Manu ! Gérard, calme-toi, il y a Scone sur l'IRC qui te demande si les conducteurs de J9 font partie des routiers. Alors, J9, c'est des véhicules légers. T'as une tartine ? Non, mais, euh, ça y est, ça... Merci, Cathy. Tu veux une tartine, Gégé ? Tu veux une tartine ou pas ? T'as l'air, je t'en mets tout une tartine, moi ! Tu vas l'avaler ! Ouais, deux, trois tartines, ce serait bien. Tu peux répéter la question ? Oh là là, oh, putain, vous commencez à me casser les couilles, hein ? Allez, on enchaîne. Billy, il a mis la merde, alors on n'a pas entendu. Non, couille de loup ! Ouais, ben, je pense qu'il transporte... d'autres trucs. Tu peux préciser ? Ben, je sais pas, moi, il a déchargé, après, il remballe d'autres machins, et puis, bah, il continue sa tournée. Ah, ben, voilà, enfin ! Ah, ben, alors ! Voilà, enfin, une bonne question ! Bon, je pense qu'on a une bonne réponse, plutôt, ouais. Ben, ouais ! Ben, voilà ce que j'attendais ! Petit piéton ! Petit piéton ! Gérard, t'es beau ! Ta gueule ! Il peut tout transporter ! Allô ? Ben, je sais pas, moi, n'importe quoi ! Tu te reviens un petit peu ? Petit piéton, là ? Ouais. C'est quoi, ça ? C'est un gros piéton ! Allez, dégage-la, allez ! Allez, hop ! Hop, hop, hop, hop, hop ! Euh, Jean-Pulle ! C'est beau ! Jean-Pulle ! Ouais, je suis là, je suis là, je suis là ! Eh ben, je sais pas, c'est pas mal ! Oh, non ! Comme un camion ! Allô ? Oh, là, là, là, là, là, là ! Bon, allez, moi, j'attaque le deuxième, hein ! Hop, terminé ! Attends, j'ai un... Ouais, Rigo ! Il y a... Attends, j'ai un... Voilà, c'est Oxyd sur l'IA3. Qui te demande par où rentre le Père Noël dans les camions, vu qu'il n'y a pas de cheminée ? Le pot, le pot. Par, euh... Au déchagement. Par les portes. Ah, ok. Voilà. Euh, Puldar ! J'aimerais répondre. Puldar ! Il est parti chercher sa tartine. Sinon, Gérard, il y a Turcontine sur l'IA3 qui te demande pourquoi tous les routiers sont-ils vulgaires ? Euh, pourquoi que les routiers sont tous vulgaires, t'en as certains, mais pas tous. Donc, euh... Oui, mais pourquoi ? Non, non. Non, non, il y a... Tous les routiers ne sont pas vulgaires, ça, c'est faux. Ouais, mais pourquoi ils sont vulgaires ? Non, non, non, non, non, non. C'est faux ! Non, non, il y a... Non, mais tu dis pas non quand je te demande pourquoi. Pourquoi ils sont vulgaires ? Voilà. En fin de compte, euh... On n'a jamais été vulgaires vis-à-vis des gens. Non, mais est-ce que vous êtes grossier, alors ? Euh... C'est quoi ? Est-ce que vous êtes grossier ? Euh... Dans quel sens que tu veux... Non, parce qu'il y a aussi le pape, le vrai pape, sur l'IA3, qui me dit que... Un routier, quand tu le regardes, il fait une sale gueule, toujours. Au feu rouge ou sans être en route. Ouais, non, mais attends. On a toujours l'impression qu'un routier, c'est malheureux. Bah ouais. C'est vrai ou pas ? Bah, pourquoi ? Bah, bien sûr, ils sont malheureux. Pourquoi ? Parce qu'ils passent trop de temps sur les routes. Non, mais c'est leur métier. Bah oui, mais... De toute manière, tout le monde a... Comme je l'ai dit, euh... Dans... Dans un best-of, dans ton livre. Non, non, dans un best-of, chacun... Chacun fait... Bois midi à sa porte. Le routier, il a choisi de faire... Faire ça, c'est son boulot. Donc... Faux ! Oh, putain, mais t'as gueule à toi ! J'ai rien dit ? Donc, euh... Les routiers... Ouais. Ont choisi leur boulot, c'est leur... C'est leur métier. Maintenant, s'ils veulent pas faire ça, bah... Ils le font parce qu'ils peuvent rien faire d'autre. Ouais, mais attends. Un routier, s'il choisit, c'est sa vocation. S'il choisit de faire ça, c'est sa vocation. Ouais, donc... Un routier, pour moi, c'est quelqu'un de... Qui est né pour faire de la route. Qui est né pour faire de la route, dans un sens, si tu veux, oui. Mais, en fin de compte, il peut très bien changer, après. Si ça, il peut plus, il peut changer. Ah, il peut faire quoi, des chemins ? Non, mais... Il peut... Il peut changer. Il peut... Il peut se retrouver employé de bureau ou animateur radio. Ah, oui. Comme moi. Ah, oui. Voilà. T'as gueule. Donc, on s'écoute. Euh... Oh, c'est bon. Euh... Oui, alors... Il y a Nassim qui te demande pourquoi tous les routiers ont-ils une moustache ? Si oui, est-ce que cela leur sert d'airbag ? Non. Alors, tous les routiers... Il y a des routiers qui ont des moustaches, mais ça leur sert pas d'airbag pour... Quand ils ont un accident. Donc, voilà la réponse. Sinon, il y a Sardine sur l'IRC qui dit que comme tous les routiers sont des pédés, est-ce que les lesbiennes ont le droit d'être routières ? Ah... Une bonne question. Alors, tous les routiers ne sont pas des pédés. Déjà, une pour commencer. Non. Non. Ça, c'est faux. C'est faux. C'est faux, c'est faux, c'est faux. Voilà, c'est tout. Euh... On s'écoute. Ah, tu m'as posé une question avant quand même qu'il réfléchisse. Alors, que pensez-vous ? Pensez-vous que les routiers sont des vieux cochons ? Non, monsieur. Allez, on s'écoute. Non, non, non. Ah, bah, non, mais vas-y. Ben, couche. Mais ça, mais ton boulot, au lieu de bouffer, là, il devrait être fait. Il devrait être fait. Les numéros de téléphone, l'Internet... Donc, alors, vous pouvez toujours nous appeler au 0870 5000 et 0803 75 000. Non, non, non. C'est pas ça du tout. Quoi ? Dis les numéros correctement. On les dit pas. Attends, je les dis pas. Je les dis pas, abruti. Non, mais les dis pas. Tu dis n'importe quoi. C'est pas ça, le bon numéro. Dis le bon numéro. Quoi ? C'est 0870 5000 et 0803 75 000 ? Non, 0803 08 5000. Eh ben, alors ? Eh ben, t'as qu'à les annoncer, toi. Ben, tu me donnes ta paye. Et Rigo vous attend. Et Rigo, tu peux nous dire combien qu'on est, là ? Ouais, dis-le, dis-le. Ça monte, ça monte. 5 432. Ouais. Aïe, aïe, aïe. J'ai l'impression qu'avant 4 heures du matin, on va aller à 10 000. C'est faux ! Oh, arrête. 4 heures, j'ai fait une barbe, ça va être faux. Alors, on s'écoute les petits poussins avec des verres dans la raie et on se retrouve tout de suite après. Vous venez d'écouter les petits poussins avec... Des verrues. Des verrues dans la raie. Et vous êtes toujours sur pleine radio. Il est 2h19 du matin. Donc, joyeux Noël à tous. Malgré qu'on ne l'a pas assez annoncé. Ah oui, peut-être que je ne l'ai pas assez dit. J'ai dit au moins 200 fois déjà. Ah ouais, mais alors, c'est normal. Donc, ouais, tu voulais dire quoi ? Je voulais dire qu'à la place de Billy, que t'as dégagé sauvagement, on accueille Marcel et c'est un routier. Ah, enfin ! Marcel, bonsoir. D'accord. Salut, Marcel. Bonsoir, c'est bon. Salut, Marcel. Salut, bien. Le 27 ? Oui. Ok. Je t'appelle. Eh, qui c'est qui regarde les textes avoués, là ? Non, mais tu le calmes, là, ou quoi ? J'ai rien à calmer, moi. Non, mais ça va pas. Alors, la question... Ouais. Gérard. Allez, hop. Oh là là ! 5 630,2. Et je salue Ice-T. Ok. Eh ben, on salue tous les gens. Eh, bousclez un peu, là. Il en manque 500, là. On salue tous les gens ? Ok. Alors, on salue... Non, mais... On salue Seb, on salue Tony. On salue... Non, il n'est pas là, il est à Lille. C'est marrant, on le salue quand même. On salue Acta, on salue Canard WC, Chamicha, Chand, Chocapic, Lisenne, Geoffroy, Ouls, Ice-T, je viens de le citer, Le Pape, Malcolm X, Le Vrai, Ressuscité, Miss Lover, Nassim, No Live, Paradox, Sardine, Scorpion, Shun, Symbol, Thanatos, Ben non, c'est... Ça sert à rien, mais bon, c'est pas grave. Titos, Turpentine, Zirt, Keneda, Steph, Redox, Olio, Acide, Inc. Ça y est, c'est bon. C'est bon, Régo. C'est bon, ça y est. Ouais. C'est Marcel. Il y a quelque chose que je comprends pas. Ouais, vas-y. Sur mon ordinateur, je tape www.fr, mais je n'arrive pas à aller sur le Channel Fun Radio. Alors, le Channel Fun Radio, c'est www.frfunradio. D'accord ? Merci, merci. Ok. D'accord. Alors, en de bon entendeur, salut, si tu veux pas participer au débat. Mais bien sûr que si, mais c'était juste pour me renseigner. Bah, et t'es qui, toi ? Je suis Marcel. Bon, bah alors... Alors, pensez-vous que les routiers sont de vieux cochons ? On va demander, ben... Ouais, bah écoute, moi, je suis tout à fait d'accord pour dire que c'est des gros pervers. Ouais. Je crois qu'on peut pas nier quand même que ça se tignole dans les cabines. Et tout à l'heure, il y avait le pape, je crois, sur Internet qui demandait pourquoi il faisait la grimace. Bah, tout simplement parce qu'ils sont concentrés sur leur banlette, c'est tout. D'accord. Ok. Euh... Couille de loup ? Ouais, moi, je pense qu'il y en a plein, ouais. Il faut les voir, ils roulent toute la journée, alors forcément... Non, mais tu peux préciser le point de ta pensée ? Oui. La façon de ma pensée, oui, c'est qu'il y en a. Jérôme ? Euh... Oui, Rigo ? Ouais, il y a Sardine de Marseille sur l'IRC qui te demande si tu peux faire une pause parce qu'il voudrait aller aux toilettes et qu'il a pas la radio aux toilettes. Copyright, copyright. Non, non, euh... Non, non. Pause caca. Non, non, il y a pas de pause. C'est plus de pause, là. Là, la prochaine pause, c'est pas avant 3h. Euh... Non, 2h30, 3h moins le quart, à peu près. Et c'était de qui, le copyright ? Oh, mec, je sais pas, je comprends pas. Bon, ok. C'est pas grave. Euh... Ouais. Euh... Petit Tétron ? Ouais, moi, je trouve que c'est les plus délicieux et à mon avis, ils ont des photos pernos dans leur camion. Ouais. Non, moi, je te démends. Je démends ! Non, Gégé, Gégé. C'est qui ? C'est Mortel. Ouais, bah, pour l'instant, c'est pas toi que je m'adresse. Euh... J'en pulle. J'en pulle une fois, j'en pulle deux fois, j'en pulle trois fois. Au revoir ! Il est là, Gérard. Il est là, si tu croyais. Non, non, si tu croyais pas, tu l'entendrais. Eh, Gérard, crie pas, tu fais mal aux oreilles. Ouais, bah, si tu te fais mal aux oreilles, t'es avec un wetman ? Non, non, non. Non ? T'es avec la main de ma soeur dans la chouette dans ce web ? Ouais... Tu t'en t'en pulls et on cule ta soeur ? Ok, le comique. Alors, j'en pulle. Euh... Bah, je suis d'accord. D'accord. Alors, toi, t'es d'accord sur la question ? C'est tout ce que t'as à me dire ? Euh... Bah, ouais, je suis d'accord avec toi. Ah, bah, c'est bien. Ah, bah, Sardine. C'est bien, si t'es d'accord. Sardine. Sardine. Ouais, Sardine. Ouais, ça fait un moment que je gueule parce que j'étais pas à l'antenne. Ouais. Euh... Ouais, je pense que oui. Je pense que ce sont des gros dégueulasses et qu'ils mettent plein de poupées espagnoles dans leur... Je sais de quoi je parle. Euh... Tu peux préciser le point que t'as pensé ? Bah... En tant qu'agent de l'OT, quand ils prennent leur retrait chez eux, ils mettent des poupées espagnoles sur leur armoire. Et... Voilà. Alors, Marcel ? D'ailleurs, je vais faire aller CTX avec la simile. Il y a tout le monde qui te salue, hein. Non, mais... Tu réponds à la question, s'il te plaît. Bah, en fait... Ouais, bon... Faut pas dire que les routiers sont des pervers. Bon, moi, j'ai quelques magazines. Mais, euh... Ça va pas à plus de 400 pignoles par jour. Donc, voilà, quand même, hein. Au revoir. Le 28, sinon. Ouais, non, mais... Je t'écoute. Il y en a un tout à l'heure... Il y en a un tout à l'heure qui va se prendre une bouteille de coca, ça va lui faire tout drôle. Il va prendre facilement dans la gueule, ouais. Hein ? J'aime pas, Gégé. J'aime pas, Fildar. Gérard, est-ce que t'as mangé le pâté qu'un auditeur t'a offert, là ? Mais qu'est-ce que ça peut te foutre, à toi ? Non, non, parce que j'ai pas... Combien gagne un routier en euros ? N'importe quoi ! Combien gagne un routier en euros ? N'importe quoi ! Manu ! C'est la dernière fois que je te demande de faire ton boulot ! Ok. Sinon, tu sais ce que tu fais. Tu prends tes clics et tes claques, et tu vas avoir ton bébé rose. D'accord. Ok ? Ok. Et on va mettre Sandi à ta place au standard. Ok, mais je commence à ronger, alors. Ouais. Ouais, tu peux, tu peux. C'est de la place, c'est de la place. Tu peux, tu peux. Tu peux commencer à ronger, si ça va pas. C'est de la place, Manu. Non, non, mais tu peux. Attends, attends, merde, le Sandi, d'accord ? C'est de la place, Manu. Ouais, bah attends, toi, tu dégages. Le boulot mystère. Allez, hop. C'est quoi ? Faut vider le studio, là, si t'as bien le rang. Ouais, bah, tu peux commencer à ronger. Bah ouais. Ouais, bah, t'inquiète pas. Tu peux commencer, là. C'est la table. Manu, Manu, Manu. Eh, Manu. Ouais. Tu peux commencer à ronger, je crois. Je suis en train, je suis en train. Tu vas dégager vite fait, bien fait. Enlevez la table dans le couloir, vite. Tu vas vite fait dégager. Ouais, ouais. J'ai l'impression. Ouais. Vite fait, vite fait, hein. Vite, vite, vite. Vite, parce qu'on va mettre Sandi, là. Non, non. Fais de la place, alors. Combien gagne un euro ? Un euro en routier. Combien gagne un routier en euro ? Sandrine. Sandrine. Je sais pas très bien, en fait. Déjà, je connais pas très, très bien ton salaire de routier, donc en euro, je peux pas trop convertir, en fait. Ouais. Alors, je vais te dire une chose, que l'euro, il est à 6,50. Ouais. D'accord ? C'est faux. Oh là là. 6,50. C'est pas moi qui dis ça. Arrête d'halluciner un peu. Toi, tu commences à me les gonfler. Ouais. Donc, Sandrine ? 6,50, tu dis mieux. Alors, le euro, il est à 6,50, hein, Gérard. Oui, il y a Titeuf. Il y a Titeuf sur l'IRC qui te demande dans quel pays il paye en euros. Ah ouais ? Non, mais ça va, toi, si t'as envie de bailler. Non, tu te bailles pas, je fais ah oui. Non, mais attends, parce que j'ai pas trop compris la question. Rigo, tu peux me la... C'est bizarre que Gérard comprenne pas les questions. On te demande. Dans quel pays on paye en euros ? Ben, pour l'instant, l'euro, d'une part... Bon, toi, tu... Tu t'écrases ? D'accord. Ok. Hein ? Pour l'instant, l'euro, il sort qu'à partir de... Ben, nulle part. De 6 jours. Non, putain que... Toi, t'éteins ton micro, je te dis que... Je te dis que tu prends tes clics, etc., que tu passes, tu vas voir ton bébé rose. Ok. Et tu nous fais pas fier. Hein ? Hein ? Donc, l'euro sort pas avant 6 jours. En fait, au début de l'année. Il sort au début de l'année 99. Ouais. C'est-à-dire, pour le premier janvier 99, ce qui va se produire, c'est qu'on va avoir des pièces euros, mais on n'aura pas encore les billets. Parce que les billets sont... Ta gueule ! Merci. Donc, je disais, donc, ça va être en pièces. Les billets seront pas avant 2001, voire 2002. Donc, pour l'instant, ça sera uniquement qu'en pièces. D'accord. En plus, il y a Canada qui dit que c'est faux. Ah bon ? Ben... N'importe quoi ! Eh ben, dans ces cas-là, si c'est faux, qu'elle écoute bien les informations, parce qu'ils arrêtent pas d'en parler, que maintenant, c'est dans moins de 6 jours qu'on a l'euro en pièces. Les billets sont pas avant l'an 2000 ou 2002. Bon, enfin. Bref. Passons. Donc, Marcel. Ouais. Euh... J'étais en antenne. J'étais là, et Manu m'ont calmé, ou je sais pas qui c'était. Non, mais pour l'instant, tu réponds à la question. J'ai pas très bien entendu la question. Justement. Tu réponds... C'est bien que le salaire d'un routier en euros, c'est ça ? Voilà. Ok. Alors, ouais, ça doit être... Ça doit tourner aux alentours de 15, 20 euros, un truc comme ça. Voilà, Michel. Alors, c'est tout à deux. Il y en a un qui entend le calmer, c'est Manu, parce que... Pour l'instant, il est en train de... Il est en train de me foutre du boulot de merde ! Qu'est-ce qu'il fait, Manu ? Bon, Manu... Non, il disait les routes viraux rouges, les heures à éviter, tout ça, pour les bouchons. Ça, c'est du journal en plein débat, ça. Ça doit être intéressant. Non, mais... À part ça, après... Après, il va dire... Ah ouais, mais moi, j'ai fait du bon boulot ! C'est faux. Alors que c'est faux. Pour l'instant, il me fait de la merde. Non, c'est bien, moi, je trouve. Ouais, et qui c'est qui met sa musique, là ? Bah, je sais pas, j'ai pas d'auditeur à l'antenne. Ah non, t'as pas d'auditeur. Ah non, regarde. J'ai pas d'auditeur. Euh, Jean-Pul ! C'est moi, c'est moi ! Jean-Pul ! Y a personne, là. Non, c'est Manu. Regarde, là, c'est là. Regarde. C'est bien Gérard. C'est bien Manu. Il y avait encore de la musique. Non, y a pas de musique. C'est faux. Ils sont tous en attente, là. C'est faux. Tu vois ? Alors, tu me les mets tous en l'air et tu le suites. Allez, Manu ! Mais pas des auditeurs, la musique. Allez, Manu ! Je suis perdu. Jean-Pul ! Oui, c'est moi. Donc, c'est à toi. Euh... - Je vais lui donner un coup de Tokyo Rock en revanche. - 4 euros ? - Oui, mais c'est peu. - A mon avis, ça m'étonnerait. - Ah non ! - Eh, attends, je veux dire... - J'en pull. - Toujours le même rang au gueule. - J'en pull. - Oui, ça sûrement. - Je veux dire une chose, ça m'étonnerait qu'un routier gagne 4 euros, parce que pour 4 euros, il travaillera pour un mec. Bon. Allez, hop. Qu'est-ce qu'il y a, Gérard ? - Tu vas où, là ? - C'est de la faute de fil d'or, encore. - Mais non, justement, reviens. - Gérard ! - Oh là là. - Gérard, attends. Bon, Manu. - Ouais ? - C'est toi qui as foutu la merde, tu vas le chercher. - Ah, ça va pas, non ? - Attends, tu vas le chercher, toi tu combles. Ouais, parce que là, regarde, maintenant, on est... Bon, les auditeurs, vous patientez, parce que là, en fait, Gérard est sorti du studio, je sais pas pourquoi. Attendez, alors, voilà. Non. Assis. Assis, il y a Max et il y a Gérard. Allez, Gérard, assis-toi. Mais tu le calmes. J'ai rien fait, là, Gérard. Non, non, tu ne fais rien, tu ne fais même pas ton boulot. - C'est terminé, toi. - Non, mais c'est bon, je vais le calmer. Je vais le calmer deux secondes. - Non, non, non. - Manu. Tu me demandes de le calmer, tu me demandes pas de le zapper. - Non, non, mais ouais, est-ce qu'on continue pas... - Alors, donc, silence. - Ah... - Manu. Manu. - Ouais, ouais, ouais. - Tu te calmes. - OK. - Non, mais... - Merci, chef, de m'avoir calmé comme ça. Et là, il va être calmé, hein. - Mais je m'en fous, moi. - Mais je m'en fous. Je m'en fous, il fait son boulot correctement. Pas du tout. - Mais pense au gamin défavorisé qui écoute la radio. - Mais attends, il fait un boulot de merde. - T'as fait un peu la cité de la 94. - Mais attends. - T'es un peu le père Noël du 94, toi. - Mais attends, il fait du boulot de merde, là. - C'est quoi, ce bordel ? - Attends, c'est quoi, ce bordel ? Il me reprend même pas. Les auditeurs, il met une message de non. - Non, c'est pas vrai, j'ai un routier. - Non, non, non, il n'y a pas de routier. - Non, c'est tout. - C'est un routier. - Non, c'est un boulot au standard. - Ouais, allez, au standard. - Ah non. - Hop, t'envoies la musique, t'es terminé. Allez, hop, passe ça. Allez, hop, deux heures et demie, pause. Comme on est là jusqu'à quatre heures, pause. Hop, pause. - Pause quoi ? - Pause, je t'envoie un vide. Je t'ai même pas donné le disque. Tu mets, tu l'annonceras. Allez, on fait une pause, allez, hop. On l'annonce après, alors. T'envoies, et c'est tout. D'accord. Alors, donc, on récupère... Qu'est-ce qu'on a ? On a Marcel, pute, couille de loup, petit téton, j'en pue les cendrilles. Bon, vous fermez un peu vos jolles. Oh, putain, mais ta gueule, toi, mec, Gérard ! Oh, Gérard ! Tu me commences à me casser les couilles. Putain, mais, tu vas les calmer, là. Oh, merde ! Gérard ! Gérard ! Gérard ! Je t'avais dit, Fildar, avec tes pauvres sons, là, j'ai tout le monde. T'as l'air égoûté, gros. T'as l'air chiant, les auditeurs, parce que tu regardes les Gérards avec tes mauvais, quoi. T'abuses, Fildar, ils nous ont fait calmer, là. Fildar, honnêtement, arrête. Non, mais... Ah, il y a rien... Ils arrêtent pas, là, mais ils vont te calmer, ou quoi ? Bah oui. Calmez-vous, les auditeurs. Non, non, arrête, arrête. Mais donc, tu l'as arrêté, ok ? Mais quoi ? J'ai rien fait. Mais ça, ça, là ! C'est quoi, là ? Ça, là ! Mais c'est un remix ! Oui, alors ? Oui, alors, c'est toi qui t'amuses ? Mais non, c'est un remix ! C'est un remix de... C'est des remixes de la... Mais moi, ils sont très calmes, les auditeurs, là. Non, mais ça, je vais écouter, je vais surveiller. Le premier qui fait une merde, il jarte ! Ça, c'est un general ball ! Mais attends, mais ça, c'est pas quand même connecté. 5 940, j'aimerais bien qu'on arrive à... 5 60, merde ! 5 60 pour arriver à 6 000, Gérard, à 6 000. Allez ! Allez, bonsoir ! Ça, moi, je commence à me... Rêve de ta gueule ! Ça a tombé par aussi ! Rêve ! Rêve ! Rêve ! Rêve ! Rêve ! Rêve ! Rêve ! C'est bon, Gérard, t'es prêt, là ? Parce que ça fait une heure. Non, il a pété son casque ! Oh, merde ! Non, c'est bon, il le répare, Gérard. Tu peux quand même commencer à... reprendre les auditeurs avec tout ça, hein. Ouais, ouais. C'est bon ? T'es là, encore, hein. Ah, là, là, là. Non, merci, chef. Ah, ouais. Alors, là, je vais écouter le premier qui fait une merde, il dégage. Non, mais là, maintenant, il... Non, mais je vais surveiller Manu, je vais surveiller Manu. Parfait. Eh, ensuite... Oui, je suis là, oui. Petit Delou. Oui ? Petit Téton. Eh, mais merde ! Mais ils sont là, Gérard. Mais attends, il n'est pas là, Jean-Pulle ! Qu'est-ce que tu demandes ? Ah, tu ne m'as pas appelé ? Non, à peine ! Tu me prends pour un con, là ! Ça va pas, non ? Mais non ! Sandrine ! Oui, je suis là. Et Marcel ! Alors, la question... Pensez-vous que les routiers sont des vieux cochons ? Oui. Alors, qui, oui ? Banane. Banane. Attends, Banane, elle sort d'où ? Eh, je ne sais pas quoi elle a à faire ! Je ne sais pas, je ne sais que la tête à gueule ! Je ne sais pas d'où elle sort. Putain de merde ! Je ne sais pas. Tu me fais quoi, là ? Ben, je ne sais pas d'où elle sort, je vais la trouver. Putain, c'est pas vrai, hein ! Eh, merde, il y a un gourmet qui l'a mangé. C'est le pâle qui t'a mangé. Voilà ! Voilà, continue ! Laissez-le dire des conneries ! Ben, c'est toi qui... Oh, tu mets ta cop, là ! Arrête ! Hop, allez hop ! C'est écrasé ! C'est quoi, ce bordel ? C'est quoi ? C'est quoi, ce bruit ? Quel bruit ? Ouais, tu as mon cul ! Oui, je suis là. Salut à tout le 94 et spéciale dédicace à la prison de freine. Allez, hop, dégage pour toi ! Hop, au revoir ! Hop, au revoir ! Ok, Michel ! Hop, écoute Delou ! Ouais ? Tu réponds ? Eh ben, ouais. J'ai déjà répondu tout à l'heure. Non, tu n'as pas répondu à la question. Si ! Alors, ouais, ce sont tous des cochons, ouais. D'accord. Et pourquoi c'est des cochons ? C'est ça qu'il faut savoir. Est-ce qu'il y a un cochon ? Oui, c'est un cochon. Mais pourquoi il est cochon ? Ben, parce qu'ils n'ont rien d'autre à foutre dans leur camion toute la journée. Ouais. Ils pensent à ça. Ouais, mais attends. Tu crois que le routier, il n'en a pas marre de passer... Je ne crois pas en penser au cul, mais je ne crois pas, non. Non, mais tu crois qu'il n'en a pas marre d'être sur la route constamment 24 heures sur 24 en pensant... {{AutoCat}} iadrivjpztf34r4wzmy93c42ejj8fjt Dictionnaire de philosophie/Axiome 0 83009 768224 759928 2026-06-21T05:12:30Z PandaMystique 119061 Bot : ajout du paramètre lecture=oui au modèle {{DicoPhilo}} 768224 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Axiome|lecture=oui}} Un '''axiome''' (du grec ancien ἀξίωμα, ''axiôma'', signifiant « ce qui est jugé digne, estimé, considéré comme évident en soi ») est une vérité première, indémontrable, qui doit être admise comme point de départ d'un raisonnement ou d'une théorie. Pour les philosophes grecs de l'Antiquité, un axiome était une affirmation considérée comme évidente et qui n'avait nul besoin de preuve. Dans la pensée mathématique et philosophique occidentale, la notion d'axiome occupe une place centrale, puisqu'elle concerne les fondements mêmes de la connaissance : comment peut-on établir des vérités si tout doit être démontré ? Comment éviter la régression à l'infini dans la chaîne des démonstrations ? L'axiome répond à ces questions en posant des vérités premières, à partir desquelles peuvent se déployer les raisonnements déductifs. L'histoire de la notion d'axiome se confond largement avec celle de la rationalité démonstrative elle-même. Des ''Éléments'' d'Euclide, qui ont structuré pendant plus de deux millénaires la pensée géométrique, aux axiomatiques formelles du XX{{e}} siècle développées par Hilbert, Peano ou Gödel, la notion d'axiome n'a cessé de se transformer, tout en conservant sa fonction fondamentale : celle de principe premier indémontrable qui rend possible la démonstration. Cette évolution reflète les mutations profondes de la pensée mathématique et philosophique, de la conception ancienne des axiomes comme « vérités évidentes » à leur statut moderne de « propositions primitives » choisies conventionnellement pour construire un système cohérent. == Origines grecques : l'axiome comme vérité évidente == === Aristote et les principes premiers === C'est avec Aristote (384-322 av. J.-C.) que la réflexion sur les axiomes prend sa première forme systématique. Dans ses ''Seconds Analytiques'', Aristote distingue plusieurs types de principes premiers qui fondent la science démonstrative (''épistémè'')<ref>ARISTOTE, ''Seconds Analytiques'', trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1970, I, 2, 72a 14-24</ref>. Pour lui, toute science repose nécessairement sur des principes qui ne peuvent eux-mêmes être démontrés, sous peine de tomber dans une régression à l'infini. Aristote écrit : « Il est impossible de tout démontrer : on irait à l'infini, de telle sorte qu'il n'y aurait pas, même ainsi, de démonstration »<ref>ARISTOTE, ''Métaphysique'', trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1953, Γ, 4, 1006a 6-8</ref>. Aristote distingue trois types de principes premiers indémontrables : # Les axiomes (ἀξιώματα, ''axiômata''), également appelés « notions communes » (κοιναὶ δόξαι, ''koinai doxai''), sont des principes communs à toutes les sciences. Le plus fondamental d'entre eux est le principe de non-contradiction : « Il est impossible qu'une même chose appartienne et n'appartienne pas en même temps à un même sujet et sous le même rapport »<ref>ARISTOTE, ''Métaphysique'', op. cit., Γ, 3, 1005b 19-20</ref>. Ce principe est qualifié par Aristote de « le plus ferme de tous les principes » (''bebaiotaton tôn axiômatôn''). Avec le principe de non-contradiction, Aristote considère également le principe du tiers exclu comme un axiome : « Il est nécessaire qu'il y ait affirmation ou négation de n'importe quoi »<ref>ARISTOTE, ''Métaphysique'', op. cit., Γ, 7, 1011b 23-24</ref>. # Les définitions (ὅροι, ''horoi'') qui précisent ce qu'est chaque chose dans son essence. Par exemple, en géométrie, la définition du point, de la ligne, du plan. # Les hypothèses (ὑποθέσεις, ''hypotheseis'') ou postulats (αἰτήματα, ''aitêmata''), qui sont des principes propres à chaque science particulière et qui affirment l'existence de certaines choses<ref>ARISTOTE, ''Seconds Analytiques'', op. cit., I, 2, 72a 14-24</ref>. Cette distinction aristotélicienne est capitale : les axiomes se caractérisent par leur universalité et leur communauté à toutes les sciences, tandis que les postulats sont spécifiques à chaque domaine de connaissance<ref>ROSS, William David, ''Aristotle's Prior and Posterior Analytics'', Oxford, Clarendon Press, 1949, p. 53-56</ref>. Comme l'explique Aristote : « J'appelle axiomes, dans chaque genre, les principes qu'il est impossible de démontrer, et dont on n'a pas besoin d'avoir l'intelligence pour entendre quoi que ce soit [...]. Mais ce dont il faut avoir l'intelligence pour entendre n'importe quoi, cela aussi nécessairement, il faut le posséder pour tout entendre »<ref>ARISTOTE, ''Seconds Analytiques'', op. cit., I, 2, 72a 16-18</ref>. Aristote insiste sur le fait que ces axiomes ne sont pas innés mais acquis par un processus qu'il appelle l'induction (''épagôgè'') et l'intellection (''noûs''). Bien qu'indémontrables, les axiomes ne sont pas arbitraires : ils s'imposent à l'esprit par leur évidence rationnelle<ref>BARNES, Jonathan (éd.), ''Aristotle's Posterior Analytics'', Oxford, Clarendon Press, 1975, p. 219-251</ref>. === Euclide et l'axiomatisation de la géométrie === L'œuvre qui a le plus profondément marqué la tradition axiomatique occidentale est incontestablement les ''Éléments'' d'Euclide (vers 300 av. J.-C.)<ref>HEATH, Thomas L., ''The Thirteen Books of Euclid's Elements'', Cambridge, Cambridge University Press, 1908, vol. I, p. 153-220</ref>. Cet ouvrage monumental présente la géométrie selon une organisation systématique qui deviendra le modèle même de la science démonstrative pour plus de deux millénaires. Euclide commence son exposition par l'énoncé de principes premiers, qu'il distingue en trois catégories : 1. Les définitions (ὅροι, ''horoi''), au nombre de 23 dans le Livre I, qui précisent le sens des termes géométriques fondamentaux. Par exemple : * « Un point est ce qui n'a aucune partie » * « Une ligne est une longueur sans largeur » * « Une ligne droite est une ligne qui est placée de manière égale par rapport à ses points »<ref>EUCLIDE, ''Les Éléments'', trad. B. Vitrac, Paris, PUF, 1990, vol. I, p. 189-193</ref> 2. Les postulats (αἰτήματα, ''aitêmata''), au nombre de cinq, qui concernent spécifiquement les constructions géométriques : # On peut mener une ligne droite d'un point quelconque à un point quelconque # On peut prolonger continûment en ligne droite une ligne droite finie # On peut décrire un cercle de centre et de rayon quelconques # Tous les angles droits sont égaux entre eux # Si une droite tombant sur deux droites fait les angles intérieurs du même côté plus petits que deux droits, ces deux droites, prolongées à l'infini, se rencontreront du côté où les angles sont plus petits que deux droits<ref>EUCLIDE, ''Les Éléments'', op. cit., vol. I, p. 193-195</ref> Ce cinquième postulat, connu sous le nom de postulat des parallèles, a suscité d'innombrables controverses au cours de l'histoire. Son caractère moins « évident » que les quatre premiers a conduit de nombreux mathématiciens à tenter de le démontrer à partir des autres postulats, tentatives qui aboutirent finalement, au XIX{{e}} siècle, à la découverte des géométries non-euclidiennes<ref>HEATH, Thomas L., ''The Thirteen Books of Euclid's Elements'', op. cit., vol. I, p. 202-220</ref>. 3. Les notions communes (κοιναὶ ἔννοιαι, ''koinai ennoiai'') ou axiomes, au nombre de cinq, qui sont des principes d'application universelle : # Les choses égales à une même chose sont égales entre elles # Si on ajoute des choses égales à des choses égales, les touts sont égaux # Si on retranche des choses égales de choses égales, les restes sont égaux # Les choses qui coïncident l'une avec l'autre sont égales entre elles # Le tout est plus grand que la partie<ref>EUCLIDE, ''Les Éléments'', op. cit., vol. I, p. 195-196</ref> Cette distinction euclidienne entre postulats (propres à la géométrie) et axiomes ou notions communes (valables universellement) reprend la distinction aristotélicienne entre principes propres et principes communs. Les ''Éléments'' d'Euclide ont fixé pour des siècles le modèle de la démonstration mathématique : partir de principes premiers indémontrables mais évidents, et en déduire rigoureusement, par une chaîne de raisonnements syllogistiques, l'ensemble des théorèmes. == La période médiévale : axiome, signe et signification == === La traduction latine et la scolastique === Avec la transmission de la philosophie grecque au monde latin et médiéval, la notion d'axiome subit des transformations importantes liées aux problèmes de traduction et d'interprétation. Le terme grec ''axiôma'' est rendu en latin par plusieurs expressions : ''axioma'', ''dignitas'', ''maxima propositio'', ou encore ''principium per se notum'' (principe connu par soi-même). Boèce (480-524), dans ses commentaires sur Aristote, joue un rôle crucial dans cette transmission. Il traduit ''axiôma'' par ''dignitas'' et insiste sur le caractère immédiatement évident de ces propositions qui « n'ont pas besoin de démonstration car leur vérité apparaît d'elle-même »<ref>BOÈCE, ''In librum Aristotelis De interpretatione'', éd. C. Meiser, Leipzig, Teubner, 1880, p. 79-82</ref>. Boèce établit également une connexion importante entre l'axiome et la théorie du signe : l'axiome est une proposition dont les termes (''signa'') manifestent immédiatement la vérité sans qu'il soit nécessaire de recourir à un processus démonstratif. Thomas d'Aquin (1225-1274), dans la tradition scolastique, développe une théorie sophistiquée des principes premiers. Il distingue : # Les principes premiers de la raison (''prima principia rationis''), qui sont connus naturellement par tous les hommes dotés de raison. Le plus fondamental est le principe de non-contradiction : « Il est impossible qu'une chose soit et ne soit pas en même temps »<ref>THOMAS D'AQUIN, ''Summa Theologiae'', Ia, q. 2, a. 1</ref>. # Les principes propres (''principia propria'') à chaque science, qui ne sont évidents que pour ceux qui possèdent les concepts requis. Par exemple, en géométrie, « deux lignes droites ne peuvent enclore un espace ». Thomas d'Aquin insiste sur le fait que, bien que les axiomes ne puissent être démontrés, ils ne sont pas arbitraires : ils sont fondés sur la nature même de l'être (''ens'') et sur les premiers concepts que l'intellect abstrait de la réalité sensible. Cette position témoigne d'un réalisme épistémologique : les axiomes ne sont pas de simples conventions, mais expriment des vérités nécessaires sur la structure du réel. === Averroès et Henri de Gand : le débat sur le signe === Un débat important au Moyen Âge concerne le statut sémantique de l'axiome. Averroès (1126-1198), dans son commentaire de la ''Métaphysique'' d'Aristote, souligne que pour qu'il y ait discussion rationnelle, « il est nécessaire que le discours de celui qui parle signifie quelque chose qui est dans son esprit et dans celui de l'auditeur, et qui doit être intelligible pour les deux interlocuteurs »<ref>AVERROÈS, ''Tafsir ma ba'd at-tabi'at'' (Grand Commentaire de la Métaphysique), éd. M. Bouyges, Beyrouth, Imprimerie catholique, 1938-1952, vol. II, p. 462-465</ref>. Henri de Gand (vers 1217-1293) approfondit cette réflexion en glosant le terme ''signum'' (signe) par ''symbolum'' (symbole). Il insiste sur le fait que, pour qu'il y ait transmission de sens, il importe que la chose signifiée soit connue à la fois du locuteur et de l'auditeur, afin que l'audition du signe puisse provoquer chez l'auditeur la réminiscence de la chose que le nom signifiait pour le locuteur<ref>HENRI DE GAND, ''Summa quaestionum ordinarium'', art. 73, q. 9, éd. R. Macken, Louvain, Leuven University Press, 1994, p. 251-258</ref>. Cette réflexion médiévale sur le rapport entre axiome, signe et signification prépare les développements ultérieurs sur le conventionnalisme linguistique et la nature des vérités axiomatiques. == L'époque moderne : de l'évidence à la convention == === Descartes et l'intuition intellectuelle === René Descartes (1596-1650) opère une transformation décisive dans la conception des axiomes, en les liant à la faculté d'intuition intellectuelle plutôt qu'à une évidence objective. Dans les ''Règles pour la direction de l'esprit'', il définit l'intuition comme « la conception d'un esprit pur et attentif, conception si facile et si distincte qu'aucun doute ne reste sur ce que nous comprenons »<ref>DESCARTES, René, ''Regulae ad directionem ingenii'', dans ''Œuvres de Descartes'', éd. Ch. Adam et P. Tannery, Paris, Vrin, 1996, vol. X, règle III, p. 368</ref>. Pour Descartes, les axiomes mathématiques, qu'il appelle aussi « natures simples » ou « vérités éternelles », sont perçus par une intuition immédiate de l'esprit. Ainsi, le principe « deux choses égales à une troisième sont égales entre elles » s'impose à l'esprit avec une clarté et une distinction telles qu'il est impossible d'en douter. Cette position cartésienne présente une ambiguïté fondamentale : d'un côté, Descartes insiste sur le caractère inné et évident des axiomes ; d'un autre côté, il reconnaît que c'est Dieu qui a créé ces vérités éternelles, ce qui suggère une certaine contingence. Cette tension entre nécessité rationnelle et création divine traverse toute la pensée cartésienne<ref>MARION, Jean-Luc, ''Sur la théologie blanche de Descartes'', Paris, PUF, 1981, p. 221-278</ref>. Descartes adopte également la méthode géométrique pour exposer sa philosophie, notamment dans les ''Réponses aux secondes objections'' où il présente des arguments ''more geometrico'', c'est-à-dire selon la manière des géomètres, en posant des définitions et des axiomes avant de procéder à des démonstrations. Cependant, il se montre critique envers l'application mécanique de cette méthode en philosophie, considérant que l'ordre des raisons ne se réduit pas à un simple enchaînement déductif à partir d'axiomes. === Spinoza et la méthode géométrique en philosophie === Baruch Spinoza (1632-1677) pousse à son terme l'application de la méthode axiomatique en philosophie. Son ''Éthique'', dont le titre complet est ''Ethica ordine geometrico demonstrata'' (Éthique démontrée selon l'ordre géométrique), adopte rigoureusement la structure euclidienne : définitions, axiomes, propositions, démonstrations<ref>SPINOZA, Baruch, ''Éthique'', trad. B. Pautrat, Paris, Seuil, 1988</ref>. Le Livre I de l'Éthique, « De Dieu », commence par huit définitions (de la cause de soi, de la chose finie, de la substance, de l'attribut, du mode, de Dieu, etc.) et sept axiomes, parmi lesquels : * Axiome I : « Tout ce qui est, est ou en soi ou en autre chose » * Axiome III : « Étant donnée une cause déterminée, il en suit nécessairement un effet et au contraire, s'il n'y a aucune cause déterminée, il est impossible qu'un effet suive » * Axiome VI : « Une idée vraie doit s'accorder avec son objet »<ref>SPINOZA, Baruch, ''Éthique'', op. cit., I, axiomes</ref> À partir de ces principes, Spinoza déduit l'ensemble de sa métaphysique, démontrant notamment l'existence et l'unicité de la substance (Dieu ou la Nature), l'infinité de ses attributs, la nécessité de toutes choses. L'adoption de la forme géométrique n'est pas un simple artifice d'exposition : elle correspond à la conviction spinoziste que la réalité elle-même possède une structure rationnelle nécessaire, que la philosophie peut et doit exprimer avec la même rigueur que la géométrie<ref>GUEROULT, Martial, ''Spinoza I - Dieu (Ethique, I)'', Paris, Aubier-Montaigne, 1968, p. 19-37</ref>. Cette tentative d'appliquer la méthode axiomatique à la philosophie première a suscité de nombreuses critiques. Néanmoins, lÉthique'' de Spinoza reste un monument de la pensée rationnelle et un modèle insigne d'axiomatisation philosophique. === Leibniz et l'analyse des concepts === Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) développe une conception des axiomes qui anticipe certaines orientations de la logique moderne. Pour Leibniz, les vérités nécessaires, dont font partie les axiomes, sont des vérités identiques ou analytiques, c'est-à-dire des propositions dont le prédicat est contenu dans le sujet<ref>LEIBNIZ, Gottfried Wilhelm, ''Nouveaux Essais sur l'entendement humain'', éd. J. Brunschwig, Paris, Flammarion, 1990, IV, 2, p. 314-320</ref>. Leibniz distingue deux types de vérités : # Les vérités de raison, nécessaires et éternelles, qui sont fondées sur le principe de contradiction. Leur négation implique contradiction. Les axiomes appartiennent à cette catégorie. # Les vérités de fait, contingentes, qui sont fondées sur le principe de raison suffisante. Leur négation est possible sans contradiction<ref>LEIBNIZ, Gottfried Wilhelm, ''Monadologie'', dans ''Die philosophischen Schriften'', éd. C. I. Gerhardt, Berlin, Weidmann, 1875-1890, vol. VI, §§ 33-35, p. 612-613</ref>. Pour Leibniz, un axiome est une vérité primitive qui ne peut être démontrée, mais qui pourrait en principe l'être si nous possédions une analyse complète des concepts qu'elle contient. Dans l'entendement divin, qui voit d'un seul coup toutes les vérités possibles, il n'y aurait à proprement parler pas d'axiomes indémontrables : toute vérité s'y réduirait à des identités. Cette conception leibnizienne prépare le développement ultérieur de la logique formelle et de l'idée selon laquelle les axiomes ne sont que des « vérités initiales » choisies pour construire un système déductif, sans prétention à une évidence absolue. === Kant et la révolution critique === Emmanuel Kant (1724-1804) opère une rupture décisive dans la conception des axiomes en les situant non plus dans les choses elles-mêmes ni dans une intuition intellectuelle des essences, mais dans la structure a priori de notre faculté de connaître<ref>KANT, Emmanuel, ''Critique de la raison pure'', trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, 1944</ref>. Dans la ''Critique de la raison pure'' (1781), Kant distingue plusieurs types de jugements : # Les jugements analytiques, où le prédicat est contenu dans le concept du sujet. Exemple : « Tous les corps sont étendus ». Ces jugements sont vrais a priori mais n'augmentent pas notre connaissance. # Les jugements synthétiques a posteriori, fondés sur l'expérience. Exemple : « Tous les corps sont pesants ». # Les jugements synthétiques a priori, qui augmentent notre connaissance tout en étant universels et nécessaires. Les axiomes de la géométrie et de l'arithmétique appartiennent à cette catégorie<ref>KANT, Emmanuel, ''Critique de la raison pure'', op. cit., Introduction, section V, B 10-18</ref>. Pour Kant, les axiomes mathématiques (par exemple : « La ligne droite est le plus court chemin entre deux points ») ne sont ni de simples définitions analytiques, ni des vérités tirées de l'expérience. Ils expriment les conditions a priori de notre intuition de l'espace et du temps, les formes pures de la sensibilité. Les axiomes de la géométrie euclidienne sont nécessaires non pas parce qu'ils décrivent la structure objective de l'espace en soi, mais parce qu'ils expriment la forme sous laquelle notre esprit doit nécessairement se représenter les phénomènes spatiaux<ref>KANT, Emmanuel, ''Critique de la raison pure'', op. cit., Esthétique transcendantale, B 38-73</ref>. Cette « révolution copernicienne » kantienne a des conséquences considérables pour la théorie des axiomes : elle ouvre la voie à l'idée que différents systèmes d'axiomes pourraient être également cohérents, correspondant à différentes structures de notre intuition ou de notre pensée. La découverte ultérieure des géométries non-euclidiennes au XIX{{e}} siècle viendra confirmer cette possibilité et remettre en cause l'apriorisme kantien lui-même. == Le tournant du XIX{{e}} siècle : axiomes et géométries non-euclidiennes == Le XIX{{e}} siècle marque un tournant décisif dans la conception des axiomes avec la découverte des géométries non-euclidiennes. Cette découverte bouleverse la conviction millénaire selon laquelle les axiomes d'Euclide seraient les seuls possibles et correspondraient à la structure nécessaire de l'espace. === Les tentatives de démonstration du cinquième postulat === Pendant plus de deux mille ans, les mathématiciens ont été troublés par le cinquième postulat d'Euclide (le postulat des parallèles), qui paraissait moins évident que les quatre premiers et semblait devoir pouvoir être démontré à partir d'eux. De nombreux mathématiciens, depuis l'Antiquité (Ptolémée, Proclus) jusqu'au XVIII{{e}} siècle (Saccheri, Lambert), ont tenté de prouver ce postulat, généralement en supposant sa négation et en cherchant à en dériver une contradiction<ref>BONOLA, Roberto, ''La géométrie non-euclidienne. Exposé historique et critique de son développement'', trad. fr., Paris, Gauthier-Villars, 1911, p. 1-58</ref>. === Lobatchevski, Bolyai et Riemann === Les travaux de Nikolaï Lobatchevski (1792-1856), János Bolyai (1802-1860) et Bernhard Riemann (1826-1866) établissent qu'il existe des géométries cohérentes dans lesquelles le cinquième postulat d'Euclide est remplacé par sa négation<ref>BONOLA, Roberto, ''La géométrie non-euclidienne'', op. cit., p. 59-145</ref>. Dans la géométrie hyperbolique de Lobatchevski et Bolyai, par un point extérieur à une droite passent une infinité de parallèles à cette droite. Dans la géométrie elliptique de Riemann, il n'existe aucune parallèle : toutes les droites finissent par se couper. Ces découvertes prouvent que le cinquième postulat est indépendant des quatre premiers : il ne peut être ni démontré ni réfuté à partir d'eux. Plus généralement, elles établissent la possibilité de systèmes axiomatiques différents, également cohérents, pour la géométrie. === Conséquences philosophiques === Les géométries non-euclidiennes ont des implications philosophiques considérables : # Fin de l'évidence absolue : Les axiomes ne peuvent plus être considérés comme des vérités évidentes par elles-mêmes. Ils apparaissent désormais comme des hypothèses choisies pour construire un système déductif. # Pluralité des systèmes axiomatiques : Il n'y a pas un seul système d'axiomes « vrai », mais plusieurs systèmes possibles, tous cohérents, entre lesquels on peut choisir selon des critères d'utilité, de simplicité, ou de conformité à l'expérience. # Distinction entre cohérence et vérité : Un système d'axiomes peut être parfaitement cohérent (non-contradictoire) sans pour autant être « vrai » au sens d'une correspondance avec la réalité. La question de savoir quelle géométrie décrit l'espace physique réel devient une question empirique, relevant de la physique plutôt que des mathématiques pures. # Remise en cause du kantisme : La découverte que l'espace peut être décrit par des géométries différentes remet en cause la thèse kantienne selon laquelle la géométrie euclidienne exprime la forme a priori nécessaire de notre intuition spatiale<ref>TORRETTI, Roberto, ''Philosophy of Geometry from Riemann to Poincaré'', Dordrecht, Reidel, 1978, p. 137-193</ref>. Cette révolution conceptuelle prépare les développements de l'axiomatique formelle au XX{{e}} siècle. == Le XX{{e}} siècle : l'axiomatique formelle == === Hilbert et la méthode axiomatique moderne === David Hilbert (1862-1943) est la figure majeure qui reformule entièrement la méthode axiomatique à la lumière de la crise des fondements des mathématiques<ref>HILBERT, David, ''Grundlagen der Geometrie'', Leipzig, Teubner, 1899 ; trad. fr. ''Fondements de la géométrie'', Paris, Dunod, 1971</ref>. Dans son ouvrage ''Fondements de la géométrie'' (''Grundlagen der Geometrie'', 1899), Hilbert propose une axiomatisation complète de la géométrie euclidienne, qui comble les lacunes de l'axiomatique d'Euclide en explicitant tous les axiomes implicitement utilisés. Hilbert introduit une conception formaliste des axiomes : les objets géométriques (points, droites, plans) ne sont plus définis par leur nature ou leur essence, mais uniquement par les relations qu'ils entretiennent les uns avec les autres, telles que ces relations sont stipulées par les axiomes<ref>HILBERT, David, ''Grundlagen der Geometrie'', op. cit., Introduction</ref>. Ce qui compte n'est pas la nature intrinsèque des objets, mais la structure formelle des relations axiomatisées. Hilbert distingue également différents types de propriétés que doit posséder un système d'axiomes : # La cohérence (''Widerspruchsfreiheit'') : Les axiomes ne doivent pas permettre de déduire une contradiction. Hilbert démontre la cohérence de son système axiomatique de la géométrie en construisant un modèle dans l'arithmétique réelle. # L'indépendance (''Unabhängigkeit'') : Chaque axiome doit être indépendant des autres, c'est-à-dire qu'il ne doit pas être démontrable à partir des autres axiomes. On prouve l'indépendance d'un axiome en construisant un modèle qui satisfait tous les axiomes sauf celui-là. # La complétude (''Vollständigkeit'') : Le système d'axiomes doit être suffisant pour décider de la vérité ou de la fausseté de toute proposition formulable dans le langage de la théorie. Cette métamorphose de la méthode axiomatique marque le passage d'une conception « matérielle » (les axiomes expriment des vérités évidentes sur des objets donnés) à une conception « formelle » (les axiomes définissent implicitement les objets et leurs relations par les propriétés structurelles qu'ils leur assignent)<ref>PECKHAUS, Volker, « The Axiomatization of Mathematics and Hilbert's Program », dans PECKHAUS, V. et KAHLE, R. (éds.), ''The Shaping of Arithmetic after C. F. Gauss's Disquisitiones Arithmeticae'', Berlin, Springer, 2009, p. 455-478</ref>. === Peano et l'axiomatisation de l'arithmétique === Giuseppe Peano (1858-1932) propose en 1889 une axiomatisation de l'arithmétique des nombres naturels qui deviendra canonique<ref>PEANO, Giuseppe, ''Arithmetices principia, nova methodo exposita'', Turin, Fratres Bocca, 1889</ref>. Les axiomes de Peano définissent les nombres naturels à partir de trois notions primitives : l'ensemble ℕ des nombres naturels, le nombre zéro (0), et la fonction successeur (''s''). Les cinq axiomes de Peano sont : # 0 est un nombre naturel # Tout nombre naturel ''n'' a un unique successeur s(''n'') qui est un nombre naturel # Aucun nombre naturel n'a 0 pour successeur # Deux nombres naturels ayant le même successeur sont égaux (la fonction successeur est injective) # Si un ensemble contient 0 et contient le successeur de chacun de ses éléments, alors cet ensemble contient tous les nombres naturels (principe de récurrence)<ref>PEANO, Giuseppe, ''Arithmetices principia'', op. cit., p. 1</ref> Le cinquième axiome, appelé axiome de récurrence ou d'induction, est fondamental : il garantit que les nombres naturels sont exactement ceux qu'on obtient en partant de 0 et en appliquant successivement la fonction successeur. Sans cet axiome, il pourrait exister des modèles contenant des éléments « étrangers » qui ne seraient accessibles par aucune application finie de la fonction successeur. Les axiomes de Peano illustrent parfaitement la méthode axiomatique moderne : ils définissent implicitement les nombres naturels non par ce qu'ils sont « en eux-mêmes », mais par les propriétés structurelles qu'ils doivent satisfaire. Toute structure satisfaisant ces axiomes peut légitimement être considérée comme « les nombres naturels », et les différentes réalisations possibles sont isomorphes entre elles. À partir de ces axiomes, Peano définit ensuite les opérations d'addition et de multiplication par récurrence, et peut démontrer leurs propriétés (commutativité, associativité, distributivité). === Gödel et les limites de l'axiomatisation === En 1931, Kurt Gödel (1906-1978) démontre ses célèbres théorèmes d'incomplétude, qui établissent des limites fondamentales à ce que peut accomplir la méthode axiomatique<ref>GÖDEL, Kurt, « Über formal unentscheidbare Sätze der Principia Mathematica und verwandter Systeme I », ''Monatshefte für Mathematik und Physik'', 38, 1931, p. 173-198</ref>. Le premier théorème d'incomplétude établit que, dans tout système formel cohérent et récursivement axiomatisable qui contient l'arithmétique (comme l'arithmétique de Peano), il existe des énoncés arithmétiques vrais qui ne peuvent être ni démontrés ni réfutés dans ce système. En d'autres termes, aucun système d'axiomes fini (ou même récursivement énumérable) ne peut capturer toutes les vérités arithmétiques : il existe toujours des énoncés indécidables, c'est-à-dire dont ni eux ni leurs négations ne sont démontrables à partir des axiomes. Le second théorème d'incomplétude établit que, si un système formel cohérent contenant l'arithmétique est effectivement cohérent, alors sa cohérence ne peut être démontrée à l'intérieur du système lui-même. Cela signifie qu'on ne peut prouver la cohérence d'un système axiomatique qu'en utilisant des moyens plus puissants (et donc moins certains) que le système lui-même. Ces résultats ont des conséquences philosophiques majeures : # Fin du rêve formaliste : Le programme de Hilbert, qui visait à fonder toutes les mathématiques sur une base axiomatique finie dont on pourrait prouver la cohérence par des moyens finitaires, ne peut être réalisé<ref>DAWSON, John W., ''Logical Dilemmas: The Life and Work of Kurt Gödel'', Wellesley, A K Peters, 1997, p. 58-89</ref>. # Distinction entre vérité et démontrabilité : Il existe des énoncés mathématiques qui sont « vrais » (au sens où ils sont vrais dans le modèle standard des nombres naturels) mais qui ne sont pas « démontrables » à partir d'aucun système fini d'axiomes. La vérité mathématique transcende la démontrabilité formelle. # Nécessité du jugement mathématique : La pratique mathématique ne peut se réduire à l'application mécanique de règles formelles à partir d'axiomes. Le mathématicien doit faire appel à l'intuition, au jugement, à la compréhension sémantique des concepts, pour choisir les axiomes appropriés et reconnaître les vérités qui ne sont pas formellement démontrables. Paradoxalement, les théorèmes de Gödel, bien qu'établissant les limites de la méthode axiomatique, ne la rendent pas caduque. Ils montrent seulement que l'axiomatisation ne peut épuiser la richesse de la réalité mathématique, ce qui peut être interprété soit comme un échec du formalisme, soit comme une preuve de la profondeur et de la transcendance des objets mathématiques. == Épistémologie contemporaine de l'axiome == === Platonisme et nominalisme mathématiques === La question du statut ontologique des axiomes s'inscrit dans le débat plus large entre platonisme et nominalisme en philosophie des mathématiques. Pour les platonistes, les axiomes décrivent des vérités objectives concernant des entités mathématiques abstraites qui existent indépendamment de nous. Ainsi, les axiomes de Peano décrivent les propriétés de la structure mathématique des nombres naturels, qui possède une existence réelle dans un « troisième royaume » platonicien, distinct à la fois du monde physique et du monde mental<ref>GÖDEL, Kurt, « What is Cantor's continuum problem? », dans BENACERRAF, P. et PUTNAM, H. (éds.), ''Philosophy of Mathematics: Selected Readings'', Cambridge, Cambridge University Press, 1983, p. 470-485</ref>. Les mathématiciens « découvrent » les axiomes appropriés en développant une intuition de ces structures mathématiques préexistantes. Cette position platoniste fait face au problème épistémologique : comment pouvons-nous avoir accès cognitif à des entités abstraites qui n'existent ni dans l'espace ni dans le temps et avec lesquelles nous ne pouvons avoir aucune interaction causale ? Comment pouvons-nous « intuitionner » les nombres ou les ensembles, alors que nous ne pouvons les observer ni les toucher ? Pour les nominalistes ou conventionnalistes, au contraire, les axiomes ne décrivent rien : ils sont de libres stipulations que nous posons pour construire des systèmes formels cohérents. Les axiomes sont comparables aux règles d'un jeu : on peut choisir différentes règles pour différents jeux (échecs, dames, go), et aucun jeu n'est « vrai » ou « faux » en soi. De même, on peut choisir différents systèmes d'axiomes pour différentes mathématiques (géométrie euclidienne ou non-euclidienne, arithmétique classique ou intuitionniste), sans qu'aucun soit « vrai » absolument. Cette position évite le problème épistémologique du platonisme, mais fait face à d'autres difficultés : pourquoi certains systèmes d'axiomes sont-ils mathématiquement féconds tandis que d'autres sont stériles ? Pourquoi les mathématiques, si elles ne sont que des constructions conventionnelles, sont-elles si étonnamment applicables au monde physique ? Pourquoi ressentons-nous que certains axiomes (comme ceux de l'arithmétique) s'imposent à nous avec une nécessité qui va au-delà de la simple convention ? Entre ces deux extrêmes se situent diverses positions intermédiaires, comme le structuralisme mathématique, selon lequel les mathématiques portent non sur des objets isolés, mais sur des structures (et les axiomes définissent précisément ces structures), ou le conceptualisme, selon lequel les objets mathématiques sont des constructions de l'esprit humain, mais non arbitraires car contraintes par la nature de nos facultés cognitives<ref>SHAPIRO, Stewart, ''Philosophy of Mathematics: Structure and Ontology'', New York, Oxford University Press, 1997, p. 73-134</ref>. === L'axiomatique et la notion de théorie === Dans la logique mathématique contemporaine, une théorie axiomatique est définie rigoureusement comme un triplet composé de : # Un langage formel précis, avec un alphabet de symboles (constantes, variables, connecteurs logiques, quantificateurs, symboles de prédicats et de fonctions) et des règles de formation des formules bien formées. # Un ensemble d'axiomes, qui sont des formules closes (sans variables libres) du langage, choisies comme points de départ de la théorie. # Des règles d'inférence, qui spécifient comment dériver de nouvelles formules (théorèmes) à partir des axiomes et des théorèmes déjà établis. Les axiomes ne sont plus du tout conçus comme des « vérités évidentes », mais simplement comme les prémisses initiales arbitrairement choisies du système déductif. Leur unique contrainte est la non-contradiction : ils ne doivent pas permettre de dériver à la fois une formule et sa négation. On distingue alors plusieurs propriétés qu'une théorie axiomatique peut posséder : * Cohérence (ou consistance) : La théorie est cohérente si on ne peut pas y démontrer une contradiction. * Complétude (au sens syntaxique) : La théorie est complète si, pour toute formule close du langage, soit cette formule soit sa négation est un théorème. * Décidabilité : La théorie est décidable s'il existe un algorithme permettant de déterminer, pour toute formule close, si elle est ou non un théorème. * Catégoricité : Une théorie est catégorique si tous ses modèles (réalisations qui rendent vrais tous ses axiomes) sont isomorphes. Autrement dit, la théorie détermine complètement, à isomorphisme près, la structure qu'elle décrit. Le théorème d'incomplétude de Gödel montre précisément que, pour les théories suffisamment riches (contenant l'arithmétique), cohérence et complétude sont incompatibles : toute théorie cohérente contenant l'arithmétique est nécessairement incomplète. === Axiomes et fondements des mathématiques === Au XX{{e}} siècle, la question des fondements des mathématiques s'est largement identifiée à la question du choix d'un système d'axiomes approprié. Plusieurs systèmes concurrents ont été proposés : ==== La théorie des ensembles de Zermelo-Fraenkel (ZF et ZFC) ==== La théorie des ensembles axiomatisée par Ernst Zermelo (1871-1953) et Abraham Fraenkel (1891-1965), avec ou sans l'axiome du choix (C), est devenue le système fondationnel standard des mathématiques<ref>ZERMELO, Ernst, « Untersuchungen über die Grundlagen der Mengenlehre I », ''Mathematische Annalen'', 65, 1908, p. 261-281</ref>. Elle comprend une dizaine d'axiomes régissant la formation et les propriétés des ensembles, parmi lesquels : * L'axiome d'extensionnalité : deux ensembles sont égaux s'ils ont les mêmes éléments * L'axiome de la paire : pour tous ''x'' et ''y'', il existe un ensemble {''x'', ''y''} * L'axiome de l'union : pour tout ensemble ''X'', il existe un ensemble qui est l'union de tous les éléments de ''X'' * L'axiome de séparation : pour toute propriété φ et tout ensemble ''X'', il existe un ensemble formé des éléments de ''X'' qui satisfont φ * L'axiome de l'infini : il existe un ensemble infini * L'axiome du choix : pour toute famille d'ensembles non vides disjoints, il existe un ensemble formé d'exactement un élément de chaque ensemble de la famille Ces axiomes permettent de fonder l'essentiel des mathématiques classiques : on peut définir les nombres naturels, les entiers, les rationnels, les réels, les espaces vectoriels, etc., comme des ensembles satisfaisant certaines propriétés, et développer toute la hiérarchie mathématique à partir de là. Certains de ces axiomes, notamment l'axiome de l'infini et l'axiome du choix, ont fait l'objet de controverses. L'axiome de l'infini affirme l'existence d'un ensemble infini actuel (par opposition à un infini potentiel), ce qui a des implications philosophiques importantes. L'axiome du choix, qui affirme la possibilité de « choisir » simultanément un élément dans chacun des ensembles d'une famille infinie d'ensembles non vides, même sans règle explicite de sélection, conduit à des conséquences paradoxales (comme le paradoxe de Banach-Tarski) et son statut reste débattu<ref>MOORE, Gregory H., ''Zermelo's Axiom of Choice: Its Origins, Development, and Influence'', New York, Springer, 1982</ref>. ==== Le logicisme de Frege et Russell ==== Le logicisme soutient que les mathématiques sont réductibles à la logique, et que les axiomes mathématiques peuvent être dérivés des seuls axiomes de la logique. Gottlob Frege (1848-1925) et Bertrand Russell (1872-1970) ont tenté de réaliser ce programme<ref>FREGE, Gottlob, ''Grundgesetze der Arithmetik'', Iéna, Pohle, 1893-1903 ; trad. fr. partielle ''Les lois fondamentales de l'arithmétique'', Paris, Seuil, 1969</ref>. Dans les ''Principia Mathematica'' (1910-1913), Russell et Whitehead proposent un système formel dans lequel toutes les mathématiques pourraient en principe être déduites d'axiomes purement logiques, moyennant l'introduction de la théorie des types pour éviter les paradoxes de la théorie naïve des ensembles<ref>WHITEHEAD, Alfred North et RUSSELL, Bertrand, ''Principia Mathematica'', Cambridge, Cambridge University Press, 1910-1913</ref>. Cependant, le programme logiciste s'est heurté à des difficultés : certains axiomes nécessaires pour fonder les mathématiques (comme l'axiome de l'infini ou l'axiome de réductibilité introduit par Russell) ne semblent pas être de purs principes logiques, mais introduisent des hypothèses ontologiques substantielles sur l'existence d'entités. Le logicisme sous sa forme stricte est donc généralement considéré comme un échec, bien qu'il ait produit d'importants développements en logique formelle. ==== L'intuitionnisme de Brouwer ==== L'intuitionnisme, fondé par L.E.J. Brouwer (1881-1966), rejette l'idée que les mathématiques puissent se réduire à un jeu formel avec des axiomes et des règles d'inférence. Pour les intuitionnistes, les mathématiques sont une activité mentale constructive : un objet mathématique n'existe que s'il peut être effectivement construit par l'esprit<ref>BROUWER, Luitzen Egbertus Jan, « Intuitionism and Formalism », dans BENACERRAF, P. et PUTNAM, H. (éds.), ''Philosophy of Mathematics: Selected Readings'', Cambridge, Cambridge University Press, 1983, p. 77-89</ref>. Cette position conduit au rejet de certains principes classiques : * Rejet du principe du tiers exclu : Pour les intuitionnistes, on ne peut affirmer « ''P'' ou non-''P'' » que si l'on possède soit une preuve de ''P'', soit une preuve de non-''P''. On ne peut admettre que, pour tout énoncé, l'un des deux doit être vrai, même si l'on ne sait pas lequel. * Rejet du raisonnement par l'absurde : On ne peut déduire ''P'' de la démonstration de l'absurdité de non-''P''. Il faut construire directement ''P''. * Conception constructiviste de l'existence : Affirmer qu'il existe un objet ''x'' ayant la propriété ''P'' requiert d'exhiber effectivement un tel ''x'', ou au moins de fournir une méthode pour le construire. On ne peut se contenter de prouver qu'il est contradictoire qu'aucun ''x'' n'ait la propriété ''P''. L'intuitionnisme propose donc une logique intuitionniste différente de la logique classique, avec des axiomes logiques différents. Les mathématiques intuitionnistes, bien que plus faibles que les mathématiques classiques (certains théorèmes classiques n'y sont pas démontrables), ont connu un regain d'intérêt avec le développement de l'informatique théorique et de la théorie des types, car elles correspondent naturellement à une interprétation calculatoire : une preuve constructive d'une existence fournit effectivement un algorithme pour construire l'objet en question<ref>DUMMETT, Michael, ''Elements of Intuitionism'', Oxford, Clarendon Press, 1977</ref>. == Conclusion == L'histoire de la notion d'axiome retrace l'évolution même de notre conception de la rationalité démonstrative. D'Aristote et Euclide, pour qui les axiomes étaient des vérités évidentes par elles-mêmes, fondées dans la nature des choses, nous sommes passés, à travers les géométries non-euclidiennes et la crise des fondements, à une conception formelle : les axiomes comme stipulations libres pour construire des systèmes cohérents. Cette évolution ne signifie pas que la question de la vérité des axiomes soit devenue dénuée de sens. Elle signifie plutôt que cette question s'est déplacée : on ne se demande plus si les axiomes sont « vrais en soi », mais plutôt s'ils constituent une description adéquate de la structure que nous voulons étudier (les nombres naturels, les ensembles, l'espace physique), ou s'ils donnent naissance à une théorie mathématiquement intéressante et féconde. Les théorèmes de Gödel ont montré que la méthode axiomatique, malgré sa puissance, rencontre des limites intrinsèques : elle ne peut capturer la totalité de la vérité mathématique. Mais loin de discréditer cette méthode, cette découverte en révèle la profondeur. Elle nous rappelle que la pratique mathématique ne se réduit pas à la manipulation mécanique de symboles formels, mais requiert jugement, intuition et compréhension sémantique. Aujourd'hui, la notion d'axiome demeure centrale non seulement en mathématiques, mais aussi en logique, en informatique théorique (où les systèmes formels axiomatisés jouent un rôle crucial dans la vérification de programmes et la conception de langages), en physique théorique (où les théories fondamentales sont souvent présentées sous forme axiomatique), et même en philosophie (où la méthode axiomatique continue d'inspirer certaines approches, notamment en philosophie analytique et en éthique formelle). Comprendre la notion d'axiome, son histoire et ses transformations, c'est comprendre comment l'esprit humain construit des édifices de connaissance rationnelle, en équilibrant toujours entre l'exigence de fondements ultimes et la reconnaissance de nos limites cognitives, entre la quête de l'évidence absolue et l'acceptation de la dimension hypothétique et constructive de nos systèmes théoriques. == Bibliographie == === Sources primaires === * ARISTOTE, ''Seconds Analytiques'', trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1970. * ARISTOTE, ''Métaphysique'', trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1953. * AVERROÈS, ''Tafsir ma ba'd at-tabi'at'' (Grand Commentaire de la Métaphysique), éd. M. Bouyges, Beyrouth, Imprimerie catholique, 1938-1952, 3 vol. * BOÈCE, ''In librum Aristotelis De interpretatione'', éd. C. Meiser, Leipzig, Teubner, 1880. * DESCARTES, René, ''Œuvres de Descartes'', éd. Ch. Adam et P. Tannery, Paris, Vrin, 1996, 11 vol. * EUCLIDE, ''Les Éléments'', trad. B. Vitrac, Paris, PUF, 1990-2001, 4 vol. * FREGE, Gottlob, ''Grundgesetze der Arithmetik'', Iéna, Pohle, 1893-1903. * GÖDEL, Kurt, « Über formal unentscheidbare Sätze der Principia Mathematica und verwandter Systeme I », ''Monatshefte für Mathematik und Physik'', 38, 1931, p. 173-198. * HENRI DE GAND, ''Summa quaestionum ordinarium'', éd. R. Macken, Louvain, Leuven University Press, 1994. * HILBERT, David, ''Grundlagen der Geometrie'', Leipzig, Teubner, 1899. * KANT, Emmanuel, ''Critique de la raison pure'', trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, 1944. * LEIBNIZ, Gottfried Wilhelm, ''Die philosophischen Schriften'', éd. C. I. Gerhardt, Berlin, Weidmann, 1875-1890, 7 vol. * LEIBNIZ, Gottfried Wilhelm, ''Nouveaux Essais sur l'entendement humain'', éd. J. Brunschwig, Paris, Flammarion, 1990. * PEANO, Giuseppe, ''Arithmetices principia, nova methodo exposita'', Turin, Fratres Bocca, 1889. * SPINOZA, Baruch, ''Éthique'', trad. B. Pautrat, Paris, Seuil, 1988. * THOMAS D'AQUIN, ''Summa Theologiae'', Rome, Éditions de la Commission léonine, 1888-1906. * WHITEHEAD, Alfred North et RUSSELL, Bertrand, ''Principia Mathematica'', Cambridge, Cambridge University Press, 1910-1913, 3 vol. * ZERMELO, Ernst, « Untersuchungen über die Grundlagen der Mengenlehre I », ''Mathematische Annalen'', 65, 1908, p. 261-281. === Études === * BARNES, Jonathan (éd.), ''Aristotle's Posterior Analytics'', Oxford, Clarendon Press, 1975. * BENACERRAF, Paul et PUTNAM, Hilary (éds.), ''Philosophy of Mathematics: Selected Readings'', Cambridge, Cambridge University Press, 1983. * BONOLA, Roberto, ''La géométrie non-euclidienne. Exposé historique et critique de son développement'', trad. fr., Paris, Gauthier-Villars, 1911. * DAWSON, John W., ''Logical Dilemmas: The Life and Work of Kurt Gödel'', Wellesley, A K Peters, 1997. * DUMMETT, Michael, ''Elements of Intuitionism'', Oxford, Clarendon Press, 1977. * GOULET, Richard (dir.), ''Dictionnaire des philosophes antiques'', Paris, CNRS Éditions, 1989-2018. * GUEROULT, Martial, ''Spinoza I - Dieu (Ethique, I)'', Paris, Aubier-Montaigne, 1968. * HEATH, Thomas L., ''The Thirteen Books of Euclid's Elements'', Cambridge, Cambridge University Press, 1908, 3 vol. * MARION, Jean-Luc, ''Sur la théologie blanche de Descartes'', Paris, PUF, 1981. * MOORE, Gregory H., ''Zermelo's Axiom of Choice: Its Origins, Development, and Influence'', New York, Springer, 1982. * MORAUX, Paul, ''Les listes anciennes des ouvrages d'Aristote'', Louvain, Éditions universitaires, 1951. * PECKHAUS, Volker, « The Axiomatization of Mathematics and Hilbert's Program », dans PECKHAUS, V. et KAHLE, R. (éds.), ''The Shaping of Arithmetic after C. F. Gauss's Disquisitiones Arithmeticae'', Berlin, Springer, 2009, p. 455-478. * ROSS, William David, ''Aristotle's Prior and Posterior Analytics'', Oxford, Clarendon Press, 1949. * SHAPIRO, Stewart, ''Philosophy of Mathematics: Structure and Ontology'', New York, Oxford University Press, 1997. * TORRETTI, Roberto, ''Philosophy of Geometry from Riemann to Poincaré'', Dordrecht, Reidel, 1978. == Voir aussi == * [[Démonstration]] * [[Postulat]] * [[Définition]] * [[Logique]] * [[Mathématiques]] * [[Géométrie euclidienne]] * [[Géométrie non-euclidienne]] * [[Théorème d'incomplétude de Gödel]] * [[Théorie des ensembles]] * [[Platonisme mathématique]] == Notes et références == {{references}} [[Catégorie:Philosophie des mathématiques]] [[Catégorie:Logique]] [[Catégorie:Épistémologie]] [[Catégorie:Métaphysique]] {{Autocat}} ci9os80oo8kbtvn9pe9dlptwyfd0bkk Dictionnaire de philosophie/Beau 0 83036 768226 767680 2026-06-21T05:12:50Z PandaMystique 119061 Bot : ajout du paramètre lecture=oui au modèle {{DicoPhilo}} 768226 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Beau|lecture=oui}} Le '''Beau''' désigne en philosophie une propriété esthétique fondamentale, objet d'une réflexion qui traverse l'histoire de la pensée depuis l'Antiquité grecque jusqu'à nos jours. Concept central de l'esthétique philosophique, le Beau interroge la nature de l'expérience esthétique, les critères objectifs ou subjectifs de la beauté, et son rapport aux autres valeurs fondamentales comme le Bien et le Vrai. == Approches antiques : le Beau comme transcendantal == === Platon et l'Idée du Beau === Platon (428/427-348/347 av. J.-C.) développe la première théorie systématique du Beau dans l'histoire de la philosophie occidentale<ref>Platon, ''Le Banquet'', 210a-211d, trad. Luc Brisson, Paris, Garnier-Flammarion, 1998, p. 127-131</ref>. Pour le philosophe athénien, le Beau n'est pas seulement une qualité dispersée dans les choses sensibles, mais constitue une réalité intelligible, une Forme ou Idée éternelle et immuable. Dans ''Le Banquet'', Socrate rapporte l'enseignement de la prêtresse Diotime sur l'ascension dialectique vers le Beau en soi (''auto to kalon''). Cette progression commence par l'amour des beaux corps, s'élève à la beauté des âmes, puis aux belles occupations et aux belles sciences, pour culminer dans la contemplation du Beau absolu : « ce Beau éternel qui ne naît ni ne périt, qui ne croît ni ne décroît, qui n'est pas beau sous un rapport et laid sous un autre »<ref>Platon, ''Le Banquet'', 211a, op. cit., p. 129</ref>. Le Beau platonicien transcende donc toute relativité empirique et constitue l'une des réalités intelligibles suprêmes, intimement lié au Bien et au Vrai. Dans ''La République'', Platon établit une hiérarchie ontologique où la Forme du Bien occupe le sommet, mais le Beau conserve un statut privilégié<ref>Platon, ''La République'', livre VI, 508b-509b, trad. Georges Leroux, Paris, Garnier-Flammarion, 2002, p. 337-339</ref>. Les choses sensibles sont belles dans la mesure où elles participent à l'Idée du Beau, établissant ainsi un rapport de participation entre le monde intelligible et le monde sensible. Cette conception aura une influence déterminante sur toute la tradition philosophique ultérieure. === Aristote et la beauté formelle === Aristote (384-322 av. J.-C.) propose une approche moins transcendante mais tout aussi systématique du Beau. Dans la ''Métaphysique'', il définit les principales formes (''eide'') du Beau comme « l'ordre (''taxis''), la proportion (''symmetria'') et le défini (''horismenon'') »<ref>Aristote, ''Métaphysique'', XIII, 3, 1078a36-b2, trad. Jules Tricot, Paris, Vrin, 1991, p. 347</ref>. Cette définition met l'accent sur des caractéristiques mathématiques et formelles accessibles à l'observation empirique. Dans la ''Poétique'', Aristote souligne que la beauté réside dans la grandeur et l'ordre : « Le beau, qu'il s'agisse d'un être vivant ou de n'importe quel ensemble de parties, doit non seulement présenter un certain ordre dans l'arrangement de ces parties, mais aussi avoir une étendue qui ne doit rien au hasard »<ref>Aristote, ''Poétique'', VII, 1450b34-1451a6, trad. Michel Magnien, Paris, Le Livre de Poche, 1990, p. 103</ref>. Cette conception formelle du Beau influence profondément l'esthétique classique et l'architecture. === Plotin et la beauté intelligible === Plotin (205-270) développe dans ses ''Ennéades'' une métaphysique néoplatonicienne du Beau qui exercera une influence considérable sur la pensée médiévale. Dans le traité ''Sur le Beau'' (''Ennéades'' I, 6), il critique la conception stoïcienne qui réduit la beauté à la proportion et à la symétrie<ref>Plotin, ''Ennéades'' I, 6 [1], 1, 1-25, trad. Émile Bréhier, Paris, Les Belles Lettres, 1924, p. 97-98</ref>. Pour Plotin, cette définition ne peut expliquer pourquoi les couleurs simples, les sons isolés ou la lumière elle-même sont beaux, alors qu'ils ne comportent pas de parties à proportionner. La beauté provient plutôt de la présence de la Forme (''eidos'') qui illumine la matière : « La beauté consiste dans le rayonnement de la Forme à travers la matière »<ref>Plotin, ''Ennéades'' I, 6 [1], 3, 1-5, op. cit., p. 100</ref>. Cette théorie de l'illumination établit un lien essentiel entre beauté et lumière qui marquera profondément l'esthétique médiévale. Dans le traité ''Sur la beauté intelligible'' (''Ennéades'' V, 8), Plotin développe une vision contemplative du Beau comme voie d'accès au divin. La beauté sensible n'est qu'un reflet de la beauté intelligible, et celle-ci conduit l'âme vers l'Un, principe suprême de toute réalité<ref>Plotin, ''Ennéades'' V, 8 [31], 1-13, trad. Luc Brisson et Jean-François Pradeau, Paris, Garnier-Flammarion, 2003, p. 285-312</ref>. La contemplation esthétique devient ainsi un exercice spirituel, un chemin vers la transcendance. == Conceptions médiévales : beauté divine et lumière == === Augustin d'Hippone et la beauté créée === Augustin d'Hippone (354-430) élabore une théologie chrétienne du Beau profondément marquée par le néoplatonisme. Dans les ''Confessions'', il distingue radicalement entre la beauté éternelle et immuable de Dieu et les beautés changeantes du monde créé<ref>Augustin, ''Confessions'', livre X, 27, 38, trad. Joseph Trabucco, Paris, Garnier-Flammarion, 1964, p. 234-235</ref>. Le célèbre « chant de la beauté » (''Confessions'' X, 6, 8-9) exprime cette quête de la Beauté divine à travers et au-delà des beautés sensibles. Pour Augustin, toutes les créatures sont belles en tant qu'elles participent à la bonté du Créateur : « Dieu étant Créateur et Gouverneur de l'univers, toutes choses sont belles ; et la beauté de l'ensemble est irréprochable »<ref>Augustin, ''De vera religione'', XXXIX, 73, trad. Joseph Pegon, Paris, Desclée de Brouwer, 1951, p. 147</ref>. Cette beauté cosmique résulte de l'ordre (''ordo''), de la mesure (''mensura''), du nombre (''numerus'') et du poids (''pondus'') que Dieu a imprimés à sa création. Augustin combine ainsi l'héritage pythagoricien de l'harmonie mathématique avec la doctrine chrétienne de la création. La beauté possède également chez Augustin une dimension morale : la beauté de l'âme surpasse celle du corps. L'âme devient belle par la vertu, par son orientation vers Dieu, source de toute beauté. Cette hiérarchie entre beauté spirituelle et beauté sensible structure toute l'esthétique médiévale chrétienne. === Pseudo-Denys l'Aréopagite et le Beau transcendantal === Le Pseudo-Denys l'Aréopagite (fin Ve - début VIe siècle), dans ''Les Noms divins'', développe une théologie mystique où le Beau constitue l'un des noms divins fondamentaux<ref>Pseudo-Denys l'Aréopagite, ''Les Noms divins'', IV, 7, trad. Maurice de Gandillac, Paris, Aubier, 1943, p. 115-120</ref>. Dieu est « le Beau supersubstantiel » (''to hyperousios kalon''), source et cause de toute beauté dans la création. Le Beau divin se caractérise par son identité avec le Bien : « Ce Bien et ce Beau unique est cause universelle de tout ce qui est beau et bon ». Cette conception du Beau comme attribut transcendantal, coextensif à l'être même, influence profondément la scolastique médiévale. Le Pseudo-Denys établit également un lien essentiel entre beauté et lumière : la beauté divine se diffuse dans la création comme la lumière émane de sa source, donnant à chaque créature sa beauté propre selon sa capacité de participation. === La tradition scolastique : Albert le Grand, Ulrich de Strasbourg et Thomas d'Aquin === Albert le Grand (c. 1200-1280) développe dans son commentaire aux ''Noms divins'' une théorie synthétique du Beau qui tente de concilier la tradition dionysienne avec l'héritage aristotélicien<ref>Albert le Grand, ''Super Dionysium De divinis nominibus'', c. 4, dans ''Opera omnia'', éd. Simon, Münster, Aschendorff, 1972, p. 417-443</ref>. Il identifie beauté et bonté quant au sujet (''secundum subiectum''), tout en maintenant une distinction conceptuelle (''secundum rationem''). La beauté se rapporte plus spécifiquement à la faculté cognitive, tandis que le bien concerne l'appétit. Albert propose une analogie célèbre : « De même qu'un corps est dit beau par la resplendeur de la couleur sur des membres bien proportionnés, ainsi toutes choses sont belles par la resplendeur de la forme substantielle ou accidentelle sur des parties de matière proportionnées et délimitées ». Cette conception métaphysique de la beauté comme rayonnement formel s'inscrit dans le cadre de l'hylémorphisme aristotélicien, tout en préservant l'idée néoplatonicienne de la lumière. Ulrich de Strasbourg (c. 1220-1277), disciple d'Albert le Grand, développe dans sa ''Summa de summo bono'' une esthétique raffinée qui distingue quatre types de beauté<ref>Ulrich de Strasbourg, ''De summo bono'', II, 4, éd. A. de Libera, Hambourg, Meiner, 1987, p. 78-92</ref>. La beauté corporelle essentielle repose sur quatre critères : la quantité correcte (ni nain ni géant), le nombre approprié de parties (ni borgne ni manchot), la proportion entre les parties et le tout, et la disposition correcte (équilibre des humeurs). Cette analyse permet d'établir des degrés de beauté selon le degré de perfection dans l'exemplification de l'espèce. Ulrich distingue également la beauté corporelle accidentelle (fondée sur la symétrie et la couleur, selon la définition cicéronienne), la beauté spirituelle essentielle (perfection de l'âme dans sa nature) et la beauté spirituelle accidentelle (possession de la connaissance). Cette typologie systématique enrichit considérablement la réflexion esthétique médiévale. Thomas d'Aquin (1225-1274) offre dans la ''Somme théologique'' une analyse brève mais influente du Beau<ref>Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', Ia, q. 5, a. 4, ad 1, trad. A.-M. Roguet, Paris, Cerf, 1984, vol. 1, p. 115</ref>. Il affirme que « le beau et le bon sont identiques quant au sujet (''idem in subiecto'') car ils se fondent tous deux sur la forme (''fundantur super eamdem rem, scilicet super formam''). Mais ils diffèrent par la raison (''differunt ratione'') ». Le bien concerne l'appétit – « est bon ce que tous désirent » (''bonum est quod omnia appetunt'') – tandis que le beau se rapporte à la faculté cognitive : « on appelle beau ce dont la vue plaît (''pulchra dicuntur quae visa placent'') ». Thomas identifie trois conditions de la beauté : l'intégrité ou perfection (''integritas sive perfectio''), car les choses tronquées sont laides ; la proportion ou harmonie adéquate (''debita proportio sive consonantia'') ; et la clarté (''claritas''), d'où le fait que les choses aux couleurs éclatantes sont dites belles<ref>Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', Ia, q. 39, a. 8, op. cit., vol. 1, p. 417</ref>. Cette triade – intégrité, proportion, clarté – devient canonique dans l'esthétique scolastique. Il importe de noter que Thomas applique cette conception du Beau à la théologie trinitaire : le Fils, en tant que Verbe parfait du Père, possède éminemment ces trois qualités et est donc le Beau par excellence. Cette « christologie esthétique » rattache la beauté créée à son fondement dans la beauté divine, manifestée suprêmement dans le Christ. === Robert Grosseteste et la métaphysique de la lumière === Robert Grosseteste (c. 1175-1253) développe une cosmologie originale où la lumière joue un rôle métaphysique fondamental<ref>Robert Grosseteste, ''De luce seu de inchoatione formarum'', éd. Ludwig Baur, Münster, Aschendorff, 1912, p. 51-59</ref>. Pour lui, la lumière est la première forme corporelle, principe d'expansion et d'organisation de tout l'univers matériel. Cette théorie cosmologique permet de résoudre une difficulté de l'esthétique médiévale : comment concilier la définition cicéronienne-augustinienne du beau (couleur et proportion) avec l'idée dionysienne que tout être est beau ? Grosseteste montre que, puisque l'univers entier résulte d'une irradiation de lumière depuis sa source divine, et que la couleur est un effet de la lumière, tout dans la création possède de la couleur. De plus, l'univers étant construit selon les lois de la géométrie, tout est également proportionné. Ainsi, la définition classique du beau s'applique universellement à toute la création, réconciliant l'objectivisme esthétique avec la théologie de la beauté transcendantale. == La révolution kantienne : le jugement de goût == === Le tournant subjectif === Emmanuel Kant (1724-1804) opère dans la ''Critique de la faculté de juger'' (1790) une révolution copernicienne en esthétique comparable à celle qu'il a réalisée en épistémologie<ref>Emmanuel Kant, ''Critique de la faculté de juger'', trad. Alain Renaut, Paris, Garnier-Flammarion, 2000</ref>. Contrairement aux théories classiques qui cherchaient à définir le Beau comme propriété objective des choses, Kant analyse les conditions subjectives du jugement esthétique. Le jugement de goût n'est pas un jugement de connaissance qui subsumerait l'objet sous un concept, mais un jugement réflexissant qui rapporte la représentation de l'objet au sentiment de plaisir ou de déplaisir du sujet. Kant articule son esthétique autour de quatre moments, correspondant aux catégories de la qualité, de la quantité, de la relation et de la modalité. === Les quatre définitions du Beau === Selon la '''qualité''', « le goût est la faculté de juger d'un objet ou d'un mode de représentation par une satisfaction ou une insatisfaction en dehors de tout intérêt. On appelle beau l'objet d'une telle satisfaction »<ref>Kant, ''Critique de la faculté de juger'', §5, op. cit., p. 180</ref>. Le plaisir esthétique se distingue ainsi radicalement du plaisir lié à l'agréable (qui satisfait les sens) et du plaisir moral (lié au bien). Il s'agit d'une satisfaction « désintéressée » (''uninteressiert''), contemplative, libre de tout désir d'appropriation ou d'usage de l'objet. Selon la '''quantité''', « est beau ce qui plaît universellement sans concept »<ref>Kant, ''Critique de la faculté de juger'', §6, op. cit., p. 184</ref>. Le jugement de goût prétend à une validité universelle, bien qu'il soit subjectif. Cette « universalité subjective » repose sur l'idée d'un sens commun (''sensus communis'') esthétique : en jugeant qu'une chose est belle, je postule que tout autre sujet doté des mêmes facultés cognitives devrait éprouver la même satisfaction. Mais cette universalité reste sans concept, contrairement aux jugements logiques : je ne peux pas démontrer qu'une rose est belle comme je démontrerais qu'un triangle a trois angles. Selon la '''relation''', « la beauté est la forme de la finalité d'un objet en tant qu'elle est perçue en lui sans la représentation d'une fin »<ref>Kant, ''Critique de la faculté de juger'', §17, op. cit., p. 221</ref>. L'objet beau semble avoir été conçu exprès pour stimuler harmonieusement nos facultés cognitives (imagination et entendement), mais sans que nous puissions assigner une fin déterminée à cette organisation. C'est une « finalité sans fin » (''Zweckmäßigkeit ohne Zweck''), caractéristique paradoxale qui distingue le beau du parfait ou de l'utile. Selon la '''modalité''', « est beau ce qui est reconnu sans concept comme objet d'une satisfaction nécessaire »<ref>Kant, ''Critique de la faculté de juger'', §22, op. cit., p. 234</ref>. La nécessité du jugement de goût est une nécessité « exemplaire » : l'objet beau devient l'exemple d'une règle universelle que nous sommes incapables de formuler conceptuellement. Cette nécessité n'est qu'« en droit » : elle exprime l'exigence que tout le monde devrait juger de même, sans garantir qu'il le fera effectivement. === Beauté libre et beauté adhérente === Kant introduit une distinction importante entre beauté libre (''pulchritudo vaga'') et beauté adhérente (''pulchritudo adhaerens'')<ref>Kant, ''Critique de la faculté de juger'', §16, op. cit., p. 217-219</ref>. La beauté libre ne présuppose aucun concept de ce que l'objet doit être : ainsi des fleurs, des oiseaux exotiques, des arabesques, de la musique sans paroles. Le jugement sur ces objets est un pur jugement de goût. La beauté adhérente, en revanche, suppose le concept d'une fin déterminée : ainsi la beauté d'un être humain, d'un cheval, d'un édifice. Dans ce cas, le jugement esthétique se mêle au jugement téléologique sur la perfection de l'objet. Kant privilégie la beauté libre comme manifestation la plus pure du jugement de goût, bien qu'il reconnaisse la légitimité de la beauté adhérente. Cette distinction a des implications importantes pour la philosophie de l'art. Si l'art implique toujours une intention et une finalité (l'artiste conçoit son œuvre en vue d'un effet), comment peut-il donner lieu à un pur jugement de goût ? Kant résout cette difficulté par sa théorie du génie, qui définit l'artiste comme celui qui donne à l'art des règles que même lui ne peut formuler conceptuellement, produisant ainsi des œuvres qui semblent naturelles bien qu'elles soient artificielles. === Le sublime : au-delà du Beau === Kant consacre une partie importante de sa ''Critique'' au sublime, qu'il distingue radicalement du Beau<ref>Kant, ''Critique de la faculté de juger'', §§23-29, op. cit., p. 237-270</ref>. Le Beau concerne la forme de l'objet, caractérisée par la limitation ; le sublime concerne l'informe ou l'illimité. Le Beau engendre un plaisir positif lié au libre jeu harmonieux des facultés ; le sublime suscite un sentiment mixte de déplaisir (l'imagination se heurte à son incapacité de saisir l'objet) et de plaisir supérieur (la raison découvre sa vocation supra-sensible). Kant distingue le sublime mathématique (lié à la grandeur absolue) et le sublime dynamique (lié à la puissance de la nature). Dans les deux cas, le sublime révèle la destination supra-sensible de l'homme et sa supériorité morale sur la nature. Cette analyse aura une influence considérable sur l'esthétique romantique du XIXe siècle. == Développements post-kantiens == === Hegel et la mort de l'art === Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831) propose dans ses ''Leçons sur l'esthétique'' une philosophie spéculative de l'art qui dépasse le cadre du jugement de goût kantien<ref>G.W.F. Hegel, ''Esthétique'', trad. Charles Bénard, Paris, Le Livre de Poche, 1997, 2 vol.</ref>. Pour Hegel, le Beau artistique est supérieur au beau naturel car il est « né et rené de l'esprit ». L'art manifeste l'Idée dans une forme sensible ; il est « l'apparaître sensible de l'Idée ». Hegel développe une philosophie historique de l'art distinguant trois grandes formes : l'art symbolique (où le contenu spirituel reste énigmatique dans la forme sensible, comme dans l'architecture égyptienne), l'art classique (où s'accomplit l'équilibre parfait entre l'Idée et sa manifestation sensible, comme dans la sculpture grecque), et l'art romantique (où l'esprit commence à dépasser la forme sensible, comme dans la peinture, la musique et la poésie chrétiennes). Cette philosophie conduit Hegel à proclamer le « caractère de passé » de l'art : dans la modernité, l'esprit trouve dans la religion et surtout dans la philosophie des modes d'expression plus adéquats à sa nature. Cette thèse controversée de la « mort de l'art » nourrit encore les débats esthétiques contemporains. === Schopenhauer et la contemplation esthétique === Arthur Schopenhauer (1788-1860) élabore dans ''Le Monde comme volonté et comme représentation'' une métaphysique pessimiste où l'art occupe une place salvatrice<ref>Arthur Schopenhauer, ''Le Monde comme volonté et comme représentation'', trad. Auguste Burdeau, Paris, PUF, 1966</ref>. L'expérience esthétique nous libère temporairement de la servitude de la Volonté, principe irrationnel et aveugle qui gouverne toute existence et génère la souffrance universelle. Dans la contemplation esthétique, le sujet se transforme en « pur sujet connaissant », dégagé de toute volition personnelle, et saisit l'objet non comme chose individuelle mais comme Idée platonicienne. Cette expérience procure un apaisement momentané du vouloir-vivre et une joie contemplative qui préfigure la délivrance finale dans le nirvana. La musique occupe chez Schopenhauer un statut privilégié : elle n'exprime pas les Idées mais la Volonté elle-même dans ses mouvements les plus intimes. == Perspectives contemporaines == === Nietzsche et la transfiguration du Beau === Friedrich Nietzsche (1844-1900) opère une réévaluation radicale du Beau en le rattachant aux forces vitales et à la « volonté de puissance »<ref>Friedrich Nietzsche, ''Crépuscule des idoles'', « Divagations d'un inactuel », §24, trad. Henri Albert, Paris, Mercure de France, 1952, p. 140-141</ref>. Contre la tradition platonicienne qui oppose le beau au laid, Nietzsche affirme que « le beau existe aussi peu que le bien, que le vrai ». Ces catégories sont des interprétations issues de perspectives vitales particulières. Nietzsche distingue l'esthétique apollinienne (forme, mesure, apparence transfigurée) et l'esthétique dionysiaque (ivresse, dissolution des limites individuelles, affirmation tragique de la vie). Le plus haut art, la tragédie grecque, naît de la synthèse de ces deux principes. Dans ses œuvres tardives, Nietzsche privilégie une esthétique de la « grande santé » et de l'affirmation joyeuse de l'existence, y compris dans ses dimensions terribles. === Heidegger et l'origine de l'œuvre d'art === Martin Heidegger (1889-1976) développe dans ''L'Origine de l'œuvre d'art'' (1935-1936) une ontologie de l'art qui dépasse les catégories esthétiques traditionnelles<ref>Martin Heidegger, ''Chemins qui ne mènent nulle part'', trad. Wolfgang Brokmeier, Paris, Gallimard, 1962, p. 13-98</ref>. L'œuvre d'art n'est pas d'abord un objet beau qui procure un plaisir esthétique, mais un événement où se produit la « mise en œuvre de la vérité » (''Ins-Werk-Setzen der Wahrheit''). Dans l'œuvre authentique, un monde historique s'ouvre tandis que la terre se referme dans son retrait. Cette lutte (''Streit'') entre monde et terre constitue l'être de l'œuvre. Le Beau n'est plus alors une propriété subjective ou objective, mais « une manière dont la vérité comme dévoilement (''Aletheia'') advient » : « Le beau repose dans la forme, mais seulement parce que la forma s'est un jour éclaircie à partir de l'être comme l'étantité de l'étant ». Cette conception « aletheiologique » du Beau comme éclosion de la vérité marque une rupture avec toute l'esthétique moderne fondée sur la subjectivité. Elle ouvre la voie à une pensée du Beau comme événement plutôt que comme qualité. === L'esthétique analytique et la question du Beau === La philosophie analytique anglo-américaine du XXe siècle a largement délaissé la question traditionnelle du Beau au profit d'analyses conceptuelles sur l'art, l'interprétation, l'ontologie de l'œuvre. Toutefois, certains philosophes analytiques ont proposé des théories du Beau. Monroe Beardsley (1915-1985) défend une conception objectiviste où la beauté désigne un ensemble de propriétés esthétiques objectives (unité, intensité, complexité) qui rendent une œuvre digne d'être appréciée pour elle-même<ref>Monroe Beardsley, ''Aesthetics: Problems in the Philosophy of Criticism'', New York, Harcourt Brace, 1958, p. 462-523</ref>. Cette approche néo-formaliste cherche à établir des critères rationnels d'évaluation esthétique. D'autres philosophes, comme Frank Sibley, analysent le fonctionnement logique des prédicats esthétiques et montrent leur irréductibilité aux propriétés non-esthétiques, tout en reconnaissant leur dépendance à l'égard de celles-ci<ref>Frank Sibley, « Aesthetic Concepts », ''Philosophical Review'', vol. 68, n° 4, 1959, p. 421-450</ref>. Le débat entre objectivisme, subjectivisme et relativisme en esthétique demeure vif dans la philosophie analytique contemporaine. === La déconstruction du Beau === La pensée postmoderne et déconstructionniste a souvent mis en question la catégorie même du Beau, y voyant un instrument de domination culturelle ou une mystification métaphysique. Jean-François Lyotard (1924-1998), dans ''Leçons sur l'Analytique du sublime'' (1991), privilégie le sublime kantien au détriment du Beau, y voyant l'expression d'un « différend » irréductible et la possibilité d'une résistance à la totalisation esthétique<ref>Jean-François Lyotard, ''Leçons sur l'Analytique du sublime'', Paris, Galilée, 1991</ref>. Certains penseurs contemporains tentent néanmoins de réhabiliter le Beau contre sa dévalorisation moderne. Elaine Scarry, dans ''On Beauty and Being Just'' (1999), soutient que l'expérience de la beauté favorise le développement moral et l'attention à l'altérité<ref>Elaine Scarry, ''On Beauty and Being Just'', Princeton, Princeton University Press, 1999</ref>. Roger Scruton défend une conception conservatrice du Beau comme valeur transcendante menacée par la culture contemporaine<ref>Roger Scruton, ''Beauty'', Oxford, Oxford University Press, 2009</ref>. == Problématiques actuelles == La philosophie contemporaine du Beau affronte plusieurs questions fondamentales : 1. '''Le statut ontologique de la beauté''' : est-elle une propriété objective des choses, une projection subjective, une construction sociale, ou une structure transcendantale de l'expérience ? 2. '''L'universalité du jugement esthétique''' : existe-t-il des critères universels du Beau, ou toute beauté est-elle relative à une culture, une époque, un individu ? 3. '''Le rapport entre Beau et art''' : l'art contemporain, qui refuse souvent explicitement la beauté comme critère, oblige à repenser leur relation traditionnellement étroite. 4. '''La beauté naturelle''' : la beauté de la nature a-t-elle la même structure que celle de l'art ? Comment comprendre l'expérience esthétique de la nature dans une perspective post-métaphysique ? 5. '''Beau et Bien''' : l'expérience du Beau a-t-elle une portée éthique ? La beauté peut-elle éduquer moralement ou demeure-t-elle moralement neutre ? Ces interrogations montrent que, loin d'être une question périmée, le Beau continue d'interroger la philosophie contemporaine et de structurer notre rapport esthétique au monde. == Notes et références == <references /> == Bibliographie == === Sources antiques === * Platon, ''Le Banquet'', trad. Luc Brisson, Paris, Garnier-Flammarion, 1998 * Platon, ''La République'', trad. Georges Leroux, Paris, Garnier-Flammarion, 2002 * Platon, ''Phèdre'', trad. Luc Brisson, Paris, Garnier-Flammarion, 2004 * Aristote, ''Métaphysique'', trad. Jules Tricot, Paris, Vrin, 1991, 2 vol. * Aristote, ''Poétique'', trad. Michel Magnien, Paris, Le Livre de Poche, 1990 * Plotin, ''Ennéades'', trad. Émile Bréhier, Paris, Les Belles Lettres, 1924-1938, 7 vol. === Sources médiévales === * Augustin d'Hippone, ''Confessions'', trad. Joseph Trabucco, Paris, Garnier-Flammarion, 1964 * Augustin d'Hippone, ''De vera religione'', trad. Joseph Pegon, Paris, Desclée de Brouwer, 1951 * Pseudo-Denys l'Aréopagite, ''Les Noms divins'', trad. Maurice de Gandillac, Paris, Aubier, 1943 * Albert le Grand, ''Super Dionysium De divinis nominibus'', dans ''Opera omnia'', éd. Simon, Münster, Aschendorff, 1972 * Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', trad. A.-M. Roguet, Paris, Cerf, 1984-1986, 4 vol. * Ulrich de Strasbourg, ''De summo bono'', éd. A. de Libera, Hambourg, Meiner, 1987 === Sources modernes === * Kant, Emmanuel, ''Critique de la faculté de juger'', trad. Alain Renaut, Paris, Garnier-Flammarion, 2000 * Hegel, G.W.F., ''Esthétique'', trad. Charles Bénard, Paris, Le Livre de Poche, 1997, 2 vol. * Schopenhauer, Arthur, ''Le Monde comme volonté et comme représentation'', trad. Auguste Burdeau, Paris, PUF, 1966 * Nietzsche, Friedrich, ''Crépuscule des idoles'', trad. Henri Albert, Paris, Mercure de France, 1952 === Études contemporaines === * Aertsen, Jan A., ''Medieval Philosophy and the Transcendentals. The Case of Thomas Aquinas'', Leiden, Brill, 1996 * Beardsley, Monroe, ''Aesthetics: Problems in the Philosophy of Criticism'', New York, Harcourt Brace, 1958 * De Bruyne, Edgar, ''Études d'esthétique médiévale'', Bruges, De Tempel, 1946, 3 vol. * Eco, Umberto, ''Art et beauté dans l'esthétique médiévale'', trad. Maurice Javion, Paris, Grasset, 1997 * Fontanier, Jean-Michel, ''La Beauté selon saint Augustin'', Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 1998 * Lyotard, Jean-François, ''Leçons sur l'Analytique du sublime'', Paris, Galilée, 1991 * Pouillon, Henri, « La beauté, propriété transcendantale, chez les scolastiques (1220-1270) », ''Archives d'histoire doctrinale et littéraire du Moyen Âge'', 15, 1946, p. 263-329 * Scarry, Elaine, ''On Beauty and Being Just'', Princeton, Princeton University Press, 1999 * Scruton, Roger, ''Beauty'', Oxford, Oxford University Press, 2009 * Tatarkiewicz, Władysław, ''History of Aesthetics'', vol. II, ''Medieval Aesthetics'', La Haye, Mouton, 1970 == Voir aussi == * [[Esthétique]] * [[Sublime]] * [[Art]] * [[Jugement de goût]] * [[Transcendantaux]] * [[Harmonie]] * [[Forme]] {{Autocat}} kbxu1izho7ddu1qqvqpdu2dg49t933k Dictionnaire de philosophie/Besoin 0 83037 768227 767681 2026-06-21T05:13:00Z PandaMystique 119061 Bot : ajout du paramètre lecture=oui au modèle {{DicoPhilo}} 768227 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Besoin|lecture=oui}} Le besoin désigne, dans son sens le plus courant, une exigence vitale ou sociale dont la satisfaction apparaît comme nécessaire au maintien ou au développement de l'existence humaine. Cette notion, apparemment simple, recèle en réalité une complexité philosophique majeure, dans la mesure où elle engage des questions aussi fondamentales que la distinction entre nature et culture, la définition de l'être humain, et les conditions matérielles d'une vie véritablement humaine. == I. Besoin, nécessité et désir : premiers repérages conceptuels == === La distinction besoin/désir === Il convient d'emblée d'établir une distinction conceptuelle entre besoin et désir, même si cette distinction demeure instable et problématique dans l'histoire de la philosophie. Le besoin peut être défini comme une nécessité naturelle qu'il faut combler sous peine de porter atteinte à la vie ou à l'intégrité du sujet<ref>Cette définition correspond à l'approche traditionnelle que l'on trouve notamment chez Épicure</ref>. Le désir, quant à lui, relèverait davantage de la conscience subjective d'un manque et porterait sur des objets qui excèdent la simple nécessité vitale. Cependant, cette distinction apparemment claire se brouille dès qu'on l'examine de plus près. Chez Platon, dans ''Le Banquet'', le désir (''epithumia'') ne peut porter que sur ce que l'on n'a pas, ce dont on manque<ref>Platon, ''Le Banquet'', 199d-200e</ref>. Le désir apparaît alors comme conscience d'un manque, ce qui le rapproche considérablement du besoin. Mais tandis que le besoin désignerait un manque objectif, d'ordre physiologique, le désir serait le sentiment ou la conscience que notre esprit a de ce besoin corporel. Cette articulation entre besoin et désir se complique encore chez les philosophes modernes. Pour Spinoza, comme nous le verrons, le désir n'est pas un manque mais une puissance d'affirmation. Chez Marx, la distinction prend une tournure historique et sociale : les besoins ne sont pas seulement naturels, ils sont aussi créés par l'histoire et la société. === Besoin et nécessité === Le besoin se distingue également de la simple nécessité au sens logique ou métaphysique. La nécessité dit ce qui ne peut pas ne pas être, ce qui est contraint par les lois de la nature. Le besoin, s'il renvoie bien à une forme de nécessité (la nécessité de se nourrir, par exemple), comporte toujours une dimension subjective et existentielle : c'est ''pour moi'', en tant qu'être vivant, que tel besoin se présente comme nécessaire à satisfaire. Kant établit une distinction éclairante entre différents types d'impératifs. Les impératifs hypothétiques prescrivent des moyens en vue d'une fin optionnelle (impératifs de l'habileté) ou en vue du bonheur (impératifs de la prudence). L'impératif catégorique, quant à lui, commande de manière inconditionnelle<ref>Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', 1785</ref>. Or les besoins relèvent plutôt des impératifs hypothétiques : si je veux vivre, alors je dois manger. Mais cette conditionnalité apparente ne doit pas masquer le fait que le besoin s'impose avec la force d'une contrainte quasi-absolue. == II. Les besoins dans la philosophie antique : naturel et nécessaire == === Aristote et la finalité naturelle === Pour Aristote, l'être humain est défini par sa nature (''phusis'') et sa fin (''telos''). L'homme est un ''animal politique'', c'est-à-dire un être dont la nature le destine à vivre dans la cité<ref>Aristote, ''Politique'', I, 2, 1253a</ref>. Cette conception téléologique entraîne une certaine vision des besoins humains. Dans la pensée aristotélicienne, l'âme possède plusieurs fonctions. L'âme végétative, commune à tous les vivants, est responsable de la nutrition, de la croissance et de la reproduction. L'âme sensitive, partagée avec les animaux, permet la perception et le mouvement. L'âme intellective, propre à l'homme, permet la pensée et le jugement rationnel<ref>Aristote, ''De l'âme'' (''Peri psychès'')</ref>. À chaque niveau d'âme correspondent des besoins spécifiques. Les besoins végétatifs (se nourrir, se reproduire) sont les plus fondamentaux, mais l'être humain possède également des besoins sensitifs (éviter la douleur, rechercher le plaisir modéré) et des besoins intellectuels (connaître, comprendre). Ce qui est remarquable dans la conception aristotélicienne, c'est que ces besoins ne sont pas de simples contraintes mécaniques, mais des manifestations de la nature téléologique de l'être humain. L'homme désire comprendre parce que cela correspond à sa nature rationnelle. Le besoin n'est donc pas ici une pure privation, mais l'expression d'une tendance naturelle vers l'accomplissement. Aristote note également que le désir naît du ''défaut'' de quelque chose, d'un manque, ce que les Grecs nomment lendeia. Mais ce manque concerne tout être vivant mortel, et peut être très complexe : on peut désirer quelque chose que l'on possède déjà, par crainte de le perdre<ref>Voir l'analyse d'Anne Merker sur Aristote et le désir</ref>. === Épicure et la classification des désirs === C'est avec Épicure (341-270 av. J.-C.) que nous trouvons la classification la plus élaborée des besoins et désirs dans l'Antiquité. Dans sa ''Lettre à Ménécée'', Épicure établit une typologie tripartite des désirs : 1. Les désirs naturels et nécessaires : ce sont les désirs indispensables soit à la vie elle-même (faim, soif, sommeil), soit à l'absence de trouble du corps (''aochlèsia'' : protection contre le froid, les intempéries), soit au bonheur (''eudaimonia'' : la philosophie, l'amitié)<ref>Épicure, ''Lettre à Ménécée'', 127-128</ref>. 2. Les désirs naturels mais non nécessaires : ce sont les désirs qui répondent à des fonctions naturelles mais dont la non-satisfaction n'entraîne pas de douleur. Le désir sexuel en est l'exemple paradigmatique. Ces désirs peuvent être satisfaits, mais leur satisfaction ne doit pas devenir une source de dépendance ou d'inquiétude. 3. Les désirs vains (''kenai epithumiai'') : ce sont les désirs qui ne sont appropriés à notre nature qu'en apparence. Les désirs de richesse, de pouvoir, d'honneurs entrent dans cette catégorie. Ces désirs n'ont pas de limite naturelle et leur poursuite engendre nécessairement trouble et insatisfaction. Cette classification épicurienne est fondamentale car elle établit un critère objectif de distinction entre les besoins authentiques et les faux besoins. Ce critère est double : d'une part, le caractère naturel ou non du désir ; d'autre part, son caractère nécessaire ou non. Seuls les désirs naturels et nécessaires méritent d'être satisfaits de manière inconditionnelle. Les désirs naturels non nécessaires peuvent être satisfaits avec modération. Les désirs vains doivent être écartés. L'hédonisme épicurien se révèle ainsi être un ascétisme : le bonheur ne consiste pas dans la multiplication des plaisirs, mais dans la satisfaction frugale des seuls besoins naturels et nécessaires. L'ataraxie (absence de trouble de l'âme) et l'aponie (absence de douleur du corps) sont atteintes par cette restriction volontaire des désirs. Cette approche épicurienne contient en germe une critique puissante de la société de consommation : en multipliant artificiellement les désirs, en créant des besoins factices, la société engendre l'insatisfaction perpétuelle et empêche l'accès au bonheur véritable. == III. La révolution moderne : du manque à la puissance == === Spinoza et le conatus : le besoin comme puissance d'être === Avec Spinoza (1632-1677), nous assistons à un renversement complet de la conception traditionnelle du désir et, par conséquent, du besoin. Contrairement à la tradition platonicienne qui fait du désir l'expression d'un manque, d'une privation, Spinoza affirme que le désir est l'essence de l'homme<ref>Spinoza, ''Éthique'', III, proposition 9, scolie</ref>. Cette thèse s'inscrit dans le cadre plus large de la théorie du ''conatus''. Spinoza écrit : « Chaque chose, autant qu'il est en elle, s'efforce de persévérer dans son être »<ref>Spinoza, ''Éthique'', III, proposition 6</ref>. Le ''conatus'' est donc l'effort pour persévérer dans l'être, la puissance d'exister qui caractérise tout étant. Chez l'homme, cet effort prend le nom d'appétit quand il concerne le corps, de volonté quand il concerne l'esprit, et de désir quand il est conscient. L'innovation spinoziste est décisive : le désir ne naît pas d'un manque, mais d'une puissance positive d'affirmation. Nous ne désirons pas une chose parce qu'elle est bonne en soi ; c'est parce que nous la désirons que nous la jugeons bonne<ref>Spinoza, ''Éthique'', III, proposition 9, scolie</ref>. Le désir produit les valeurs, il ne les découvre pas. Dès lors, le ''besoin'' lui-même doit être repensé. Il n'est plus simplement un manque à combler, mais l'expression d'un ''conatus'' contrarié ou diminué. Quand j'ai faim, ce n'est pas que je manque absolument de nourriture, c'est que ma puissance d'exister est momentanément diminuée et que mon ''conatus'' me pousse à rechercher ce qui restaurera cette puissance. Cette conception entraîne une éthique de la joie : tout ce qui augmente notre puissance d'agir produit de la joie ; tout ce qui la diminue produit de la tristesse. Le bien moral se confond avec ce qui est utile à notre ''conatus'', c'est-à-dire ce qui favorise notre persévérance dans l'être. Il faut souligner la dimension révolutionnaire de cette conception pour la pensée politique et sociale. Si l'essence de l'homme est le ''conatus'', si le désir est puissance d'affirmation et non manque passif, alors la répression des désirs et des besoins apparaît comme une violence faite à l'essence même de l'humanité. Une société véritablement rationnelle devrait favoriser le déploiement des ''conatus'' individuels, dans la mesure où ceux-ci ne s'opposent pas mais convergent quand ils sont éclairés par la raison. === Le tournant critique : Rousseau et les faux besoins === Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) réintroduit une dimension critique dans la réflexion sur les besoins en établissant une distinction entre besoins naturels et besoins artificiels. Dans le ''Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes'' (1755), Rousseau décrit l'homme à l'état de nature comme un être dont les besoins sont limités et facilement satisfaits. À l'état de nature, l'homme n'a que des besoins simples : se nourrir, se reposer, s'accoupler. Ces besoins sont en harmonie avec ses capacités de satisfaction. Mais avec l'entrée dans l'état social, une multiplication infinie des besoins se produit : besoin de propriété, de reconnaissance, de luxe, de domination. Ces nouveaux besoins sont ''artificiels'' au sens où ils ne correspondent pas à la nature originelle de l'homme, mais sont créés par la société elle-même. Cette analyse rousseauiste contient une dimension tragique : les besoins artificiels ne peuvent jamais être pleinement satisfaits. Le besoin de reconnaissance, en particulier, est essentiellement insatiable, car il dépend du regard d'autrui. L'homme social est donc condamné à l'insatisfaction permanente. On trouve chez Rousseau une distinction entre les désirs naturels et nécessaires (qui peuvent soulager la douleur), les désirs naturels mais non nécessaires (qui peuvent diversifier le plaisir sans éliminer la douleur), et les désirs qui ne sont pas satisfaits mais ne causent pas de douleur (qui sont inutiles)<ref>Rousseau, repris dans la tradition épicurienne</ref>. == IV. Marx et la théorie des besoins : historicité et aliénation == === Les besoins comme production historique === Karl Marx (1818-1883) opère une révolution dans la compréhension des besoins en introduisant systématiquement la dimension historique et sociale. Dans l'''Idéologie allemande'' (1845) et les ''Manuscrits de 1844'', Marx développe l'idée que les besoins humains ne sont pas simplement des données naturelles fixes, mais qu'ils sont produits historiquement par l'activité humaine elle-même. Marx distingue deux types de besoins : 1. Les besoins naturels : ce sont les besoins nécessaires au maintien de la reproduction physiologique de l'être humain (se nourrir, se vêtir, se loger). Mais même ces besoins « naturels » possèdent toujours une dimension sociale et historique : la manière de manger, ce que l'on considère comme nourriture acceptable, la quantité jugée nécessaire, tout cela varie selon les époques et les sociétés. 2. Les besoins historiquement créés : ce sont les besoins qui naissent du développement même de la production et de la société. Marx insiste sur le fait que le développement de la production ne se contente pas de satisfaire des besoins préexistants : il crée constamment de nouveaux besoins<ref>Marx et Engels, ''L'Idéologie allemande'', 1845</ref>. Cette théorie comporte plusieurs implications fondamentales : a) L'être humain se définit par ses besoins changeants : contrairement à l'animal, dont les besoins restent identiques à travers les âges, l'être humain est un être dont l'essence est de transformer continuellement ses propres besoins. L'homme ne se contente pas de satisfaire des besoins donnés : il produit de nouveaux besoins par son activité. b) Les besoins sont liés au mode de production : chaque forme d'organisation économique et sociale engendre ses propres besoins spécifiques. Le capitalisme, en particulier, se caractérise par une production incessante de nouveaux besoins, qui deviennent autant de moyens de domination. c) La distinction entre vrais et faux besoins prend une dimension politique : tous les besoins ne se valent pas. Certains besoins expriment l'aliénation de l'être humain, d'autres expriment sa véritable essence. === Ágnes Heller et la théorie critique des besoins === La philosophe hongroise Ágnes Heller (1929-2019), élève de György Lukács, a développé la théorie marxienne des besoins dans son ouvrage majeur ''La Théorie des besoins chez Marx''<ref>Ágnes Heller, ''La Théorie des besoins chez Marx'', Éditions sociales, réédition 2008</ref>. Son apport est décisif pour comprendre la dimension critique de la notion de besoin. Heller établit d'abord que tous les besoins sont réels. On ne peut pas diviser les besoins en « réels » et « imaginaires ». Si quelqu'un ressent un besoin, ce besoin existe effectivement. Le problème n'est donc pas de distinguer entre besoins réels et irréels, mais d'introduire un critère moral pour distinguer entre besoins légitimes et illégitimes. Le critère proposé par Heller est le suivant : sont illégitimes les besoins dont la satisfaction fait d'autrui un simple moyen. Ainsi, le besoin d'opprimer, d'exploiter, d'humilier est certes un besoin réel, mais il est moralement condamnable car sa satisfaction transforme l'autre en instrument<ref>Ágnes Heller, « Les "vrais" et les "faux" besoins », Mouvements n°54, 2008</ref>. Heller introduit également la notion cruciale de besoins radicaux. Ces besoins radicaux sont ceux qui ne peuvent être satisfaits dans le cadre de la société capitaliste et qui, par conséquent, portent en eux une exigence de transformation sociale. Le besoin d'une vie non aliénée, le besoin d'activité créatrice libre, le besoin d'une reconnaissance authentique sont des besoins radicaux. Leur satisfaction requiert un dépassement du capitalisme. Selon Marx, les acteurs du dépassement de la société basée sur la subordination sont ceux qui sont porteurs de besoins radicaux. Ces besoins ne s'articulent pas à une classe sociale déterminée de manière mécanique, mais émergent des contradictions de la société elle-même. Heller distingue trois aspects dans la question des « vrais » et « faux » besoins : 1. L'opposition besoins réels/besoins imaginaires : cette opposition doit être rejetée. Tous les besoins conscients sont réels. 2. L'opposition besoins bons/besoins mauvais : cette opposition est légitime, sur la base d'un critère moral (ne pas faire d'autrui un simple moyen). 3. La question des besoins inconscients ou latents : il est possible que des groupes entiers aient des besoins dont ils ne sont pas encore pleinement conscients, et dont la prise de conscience transformerait leur système de besoins. C'est ici qu'intervient la notion de besoins radicaux. === La manipulation des besoins sous le capitalisme === La critique marxiste met en lumière un phénomène central de la société capitaliste : la production systématique de besoins artificiels comme moyen de domination. Le capitalisme ne se contente pas de produire des marchandises pour satisfaire des besoins préexistants ; il produit les besoins eux-mêmes comme condition de la reproduction du système. Cette critique a été approfondie par l'École de Francfort, notamment par Herbert Marcuse dans ''L'Homme unidimensionnel'' (1964). Marcuse introduit la notion de faux besoins : ce sont les besoins « qui sont imposés à l'individu par des intérêts sociaux particuliers cherchant à le réprimer ». Ces faux besoins perpétuent « la peine, l'agressivité, la misère et l'injustice »<ref>Herbert Marcuse, ''L'Homme unidimensionnel'', 1964</ref>. Les faux besoins se caractérisent par le fait qu'ils aliènent l'individu au lieu de favoriser son émancipation. Le besoin de consommer toujours plus, de posséder les derniers objets technologiques, de se conformer aux normes sociales dominantes, sont autant de faux besoins créés par le système. Leur satisfaction procure peut-être un plaisir momentané, mais elle ne contribue pas au développement véritable de l'individu. Cette analyse soulève évidemment la question : qui peut distinguer les vrais des faux besoins ? Marcuse répond que, en dernière instance, c'est l'individu lui-même qui doit pouvoir en décider, mais seulement dans des conditions de liberté véritable, c'est-à-dire libéré des manipulations idéologiques et publicitaires. Dans les conditions actuelles d'aliénation, l'individu est souvent incapable de reconnaître que ses propres besoins lui ont été imposés de l'extérieur. == V. Besoins et politique : enjeux contemporains == === La question des besoins fondamentaux === La réflexion contemporaine sur les besoins a pris une tournure pratique et politique avec les théories des besoins fondamentaux (''basic needs''). Ces théories, développées notamment dans le cadre de l'économie du développement et de la philosophie politique, cherchent à identifier quels sont les besoins dont la satisfaction est nécessaire pour qu'un être humain puisse mener une vie digne. Abraham Maslow a proposé en 1943 une hiérarchie des besoins, représentée sous forme de pyramide. À la base se trouvent les besoins physiologiques (faim, soif, sommeil), puis viennent les besoins de sécurité, les besoins d'appartenance et d'amour, les besoins d'estime, et au sommet le besoin d'accomplissement de soi (''self-actualization'')<ref>Abraham Maslow, "A Theory of Human Motivation", 1943</ref>. Cette théorie a été largement critiquée pour son caractère trop rigide et trop individualiste. Elle suppose une progression linéaire des besoins (il faudrait satisfaire les besoins inférieurs avant de pouvoir accéder aux supérieurs), ce qui est démenti par l'expérience : on peut avoir des besoins spirituels ou esthétiques même dans des situations de précarité matérielle. Des approches plus récentes, comme celle d'Amartya Sen avec la théorie des capabilités (''capabilities''), déplacent l'accent des besoins vers les libertés réelles dont disposent les individus. Ce qui importe n'est pas seulement que certains besoins soient satisfaits, mais que les individus aient la capacité effective de vivre le type de vie qu'ils ont des raisons de valoriser<ref>Amartya Sen, ''Development as Freedom'', 1999</ref>. === Besoins et justice sociale === La question des besoins est au cœur des théories contemporaines de la justice sociale. Faut-il organiser la société de manière à garantir la satisfaction des besoins fondamentaux de tous ? Quels besoins doivent être considérés comme fondamentaux ? Certains philosophes, comme les partisans de l'égalitarisme des ressources, estiment qu'une société juste doit garantir à chacun un accès égal aux ressources permettant de satisfaire ses besoins fondamentaux. D'autres, comme les partisans de l'égalitarisme du bien-être, considèrent qu'il faut viser l'égalité dans la satisfaction effective des besoins, ce qui peut requérir une distribution inégale des ressources (puisque certaines personnes ont des besoins plus importants que d'autres). La perspective marxiste apporte ici une contribution spécifique : une société véritablement juste ne se contente pas de satisfaire les besoins existants, elle crée les conditions pour que se développent des besoins véritablement humains, c'est-à-dire des besoins qui correspondent au développement plein et entier des capacités humaines, et non à leur aliénation. Le principe communiste énoncé par Marx, « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins »<ref>Marx, ''Critique du programme de Gotha'', 1875</ref>, ne signifie pas simplement une redistribution des ressources en fonction des besoins. Il implique une transformation complète du système des besoins lui-même : dans une société véritablement émancipée, les besoins ne seraient plus ceux, aliénés, créés par le capitalisme, mais des besoins authentiquement humains. === La crise écologique et la redéfinition des besoins === La crise écologique contemporaine impose une réévaluation radicale de notre compréhension des besoins. Le modèle de développement capitaliste repose sur une expansion illimitée des besoins, qui se heurte désormais aux limites physiques de la planète. La question devient : comment distinguer les besoins légitimes des besoins dont il faut apprendre à se passer ? Cette question renvoie directement à la distinction épicurienne entre besoins naturels nécessaires, besoins naturels non nécessaires, et besoins vains. Face à l'urgence climatique, il devient impératif de réduire drastiquement nos besoins matériels, en particulier dans les pays riches. Mais cette réduction ne peut se faire de manière émancipatrice que si elle s'accompagne d'un développement des besoins véritablement humains : besoins de relations sociales riches, d'activité créatrice, de participation politique, de contemplation esthétique, etc. Ágnes Heller note que la question des besoins est essentielle à notre époque : « Aucune politique sociale et écologique crédible ne peut se faire sans s'attacher à une compréhension le plus large possible de la construction sociale des besoins. Les notions de sobriété, de croissance, de marché ou de planification reposent sur des conceptions précises, quoique souvent implicites, de la nature et de la formation des besoins »<ref>Introduction à la réédition de ''La Théorie des besoins chez Marx'', 2024</ref>. La notion de sobriété ou de décroissance ne doit pas être comprise comme une régression, un retour en arrière, mais comme un déplacement qualitatif des besoins : moins de besoins matériels aliénés, plus de besoins relationnels et créatifs. C'est ici que la distinction entre besoins quantitatifs (toujours insatiables) et besoins qualitatifs (susceptibles de satisfaction durable) devient cruciale. == Conclusion : Pour une politique des besoins émancipatrice == La notion de besoin, loin d'être une simple donnée naturelle ou psychologique, se révèle être un concept philosophique et politique de première importance. L'histoire de la philosophie nous montre que les besoins humains ne sont ni purement naturels ni purement culturels : ils sont historiquement produits par l'activité humaine elle-même. La distinction entre vrais et faux besoins, besoins authentiques et besoins aliénés, n'est pas une distinction académique : elle engage notre compréhension de ce qu'est une vie véritablement humaine et émancipée. Contre le relativisme qui considère que tous les besoins se valent, et contre le paternalisme qui prétend décider à la place des individus quels sont leurs « vrais » besoins, il faut maintenir qu'il existe un critère objectif de distinction : sont légitimes les besoins dont la satisfaction ne fait pas d'autrui un simple moyen, et favorise le développement des capacités humaines ; sont illégitimes les besoins dont la satisfaction perpétue l'aliénation et l'exploitation. La crise écologique actuelle rend cette distinction plus urgente que jamais. Il ne s'agit pas de prôner une austérité mortifère, mais de promouvoir un déplacement qualitatif des besoins : de la consommation matérielle illimitée vers des formes de vie sociale, créative et contemplative plus riches. Cette transformation ne peut être imposée de l'extérieur : elle doit naître de la prise de conscience collective des besoins radicaux, ceux dont la satisfaction exige un dépassement du système actuel. Comme l'écrivait Marx, l'émancipation humaine ne consiste pas seulement à satisfaire les besoins existants, mais à créer les conditions d'une libre production des besoins eux-mêmes. Une société véritablement libre serait une société où les individus, libérés des contraintes de la survie immédiate et des manipulations idéologiques, pourraient déterminer collectivement et démocratiquement quels besoins méritent d'être développés, et quels besoins doivent être dépassés. == Notes et références == {{references}} == Références bibliographiques == Textes classiques : * Platon, ''Le Banquet'', trad. fr. Luc Brisson, GF Flammarion, 1998 * Aristote, ''De l'âme'' (''Peri psychès''), trad. fr. Richard Bodéüs, GF Flammarion, 1993 * Aristote, ''Politique'', trad. fr. Pierre Pellegrin, GF Flammarion, 1990 * Épicure, ''Lettres, maximes et autres textes'', trad. fr. Pierre-Marie Morel, GF Flammarion, 2011 * Spinoza, ''Éthique'', trad. fr. Bernard Pautrat, Seuil, 1988 * Rousseau, ''Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes'', GF Flammarion, 1992 Textes modernes et contemporains : * Marx, Karl et Engels, Friedrich, ''L'Idéologie allemande'', Éditions sociales, 2012 * Marx, Karl, ''Critique du programme de Gotha'', in ''Œuvres. Économie I'', Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1965 * Marcuse, Herbert, ''L'Homme unidimensionnel'', trad. fr. Monique Wittig et l'auteur, Minuit, 1968 * Heller, Ágnes, ''La Théorie des besoins chez Marx'', trad. fr., Éditions sociales, 1978, réédition 2024 * Heller, Ágnes, « Les "vrais" et les "faux" besoins », ''Mouvements'', n°54, juin-août 2008 Études contemporaines : * Maslow, Abraham, « A Theory of Human Motivation », ''Psychological Review'', vol. 50, n°4, 1943, p. 370-396 * Sen, Amartya, ''Development as Freedom'', Oxford University Press, 1999 * Nussbaum, Martha, ''Creating Capabilities. The Human Development Approach'', Harvard University Press, 2011 * Soper, Kate, « Alternative Hedonism and the Citizen-Consumer », in ''Citizenship and Consumption'', éd. Frank Trentmann, Palgrave Macmillan, 2007 {{autocat}} it079c6xw4buwu8xco3uaj8ivnfrdd7 Dictionnaire de philosophie/Causalité 0 83045 768230 767279 2026-06-21T05:13:30Z PandaMystique 119061 Bot : ajout du paramètre lecture=oui au modèle {{DicoPhilo}} 768230 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Causalité|lecture=oui}} La causalité désigne le rapport par lequel un phénomène (la cause) produit ou engendre un autre phénomène (l'effet). Cette notion joue un rôle fondateur dans la connaissance scientifique et la compréhension philosophique du monde. Pourtant, loin d'être une évidence, la causalité pose des problèmes théoriques considérables qui traversent l'histoire de la philosophie, depuis l'Antiquité jusqu'aux débats contemporains. Comprendre ce qu'est une cause, comment elle agit, si elle implique nécessité ou simple régularité, si elle existe objectivement ou n'est qu'une construction de l'esprit : autant de questions qui font de la causalité un des concepts les plus discutés de la philosophie. ==Le problème de la nature de la causalité== ===La causalité comme production nécessaire=== Le rapport entre cause et effet ne se réduit pas à une simple succession d'événements dans le temps. La tradition métaphysique qui s'étend d'Aristote à Leibniz conçoit la relation causale comme impliquant un lien de nécessité : l'effet découle nécessairement de sa cause, et non pas seulement à titre de fait constaté. Cette conception fait de la causalité le fondement même de l'intelligibilité du monde, puisque comprendre un phénomène revient à saisir sa cause, c'est-à-dire la raison qui explique pourquoi il ne pouvait pas ne pas se produire. Contre l'idée que l'univers serait un chaos d'événements contingents et arbitraires, la métaphysique classique affirme que tout ce qui existe possède une raison d'être, une cause qui en rend compte. ====Les fondements scolastiques : Thomas d'Aquin et la causalité efficiente==== La pensée médiévale, en particulier dans sa version thomiste, élabore une théorie de la causalité fondée sur la distinction entre l'essence et l'existence. Pour Thomas d'Aquin, les êtres créés se caractérisent par le fait que leur essence (ce qu'ils sont) ne contient pas en elle-même la raison de leur existence (le fait qu'ils soient). Un triangle possède une essence déterminée – être une figure plane à trois côtés –, mais cette essence ne nous dit pas si des triangles existent effectivement dans la réalité. Cette séparation entre essence et existence signifie que les créatures sont ontologiquement contingentes : elles pourraient ne pas exister. Or, si quelque chose existe sans que son essence n'implique nécessairement son existence, il faut une cause extérieure qui lui confère l'être. Dans la ''Somme théologique'', Thomas expose la « deuxième voie » de démonstration de l'existence de Dieu à partir de la causalité efficiente<ref>Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', I, q. 2, a. 3</ref>. Nous constatons dans le monde sensible un ordre de causes efficientes : tel événement produit tel autre, qui à son tour en produit un troisième. Mais aucune chose ne peut être cause efficiente d'elle-même, car elle devrait alors être antérieure à elle-même, ce qui constitue une contradiction. Il existe donc une série de causes efficientes où chaque maillon dépend du précédent. Thomas précise qu'il ne s'agit pas d'une série temporelle remontant indéfiniment dans le passé (une chaîne « horizontale »), mais d'une série de causes hiérarchiquement ordonnées et simultanées (une chaîne « verticale »). L'exemple qu'il propose illustre cette structure : la main meut le bâton qui meut la pierre. Ces trois causes agissent en même temps, mais dans un ordre de dépendance ontologique. La main possède en elle-même le pouvoir de mouvoir ; le bâton ne meut que parce qu'il est mû par la main ; la pierre ne se meut que parce qu'elle est mue par le bâton. Le bâton et la pierre sont des causes instrumentales, subordonnées à une cause principale qui possède intrinsèquement l'efficacité causale. Cette analyse conduit Thomas à affirmer qu'une régression infinie de causes instrumentales est impossible. Si chaque cause dans la série ne fait que transmettre une causalité qu'elle reçoit d'une autre, et qu'aucune ne possède par elle-même le pouvoir d'agir, alors rien ne se produira jamais. On se trouve devant une chaîne de transmission sans rien à transmettre. Il faut donc nécessairement une cause première qui possède en elle-même, de manière non dérivée, l'efficacité causale. Cette cause première, Thomas l'identifie à Dieu, l'être dont l'essence implique l'existence (lipsum esse subsistens''), et qui confère l'être à toutes les créatures<ref>Mouracade, J.-M. (2013). « Causalité et hiérarchie ontologique chez Thomas d'Aquin », ''Revue thomiste'', vol. 113, p. 421-456</ref>. La causalité divine, selon Thomas, ne se limite pas à un acte de création initial situé au commencement du temps. Elle constitue une causalité conservatrice permanente : à chaque instant, Dieu maintient ses créatures dans l'être. Si cette action causale divine cessait ne serait-ce qu'un moment, les créatures retomberaient immédiatement dans le néant dont elles ont été tirées. La nécessité causale revêt ici une dimension métaphysique : l'existence même des choses contingentes dépend nécessairement, à chaque instant, de la causalité divine qui les maintient dans l'être. ====Leibniz et le principe de raison suffisante==== Au dix-septième siècle, Gottfried Wilhelm Leibniz systématise la conception de la causalité nécessaire en formulant explicitement le principe de raison suffisante. Ce principe, qu'il considère comme l'un des deux piliers de toute connaissance rationnelle (l'autre étant le principe de contradiction), énonce que rien n'existe et rien n'arrive sans qu'il y ait une raison suffisante pour laquelle c'est ainsi et non autrement<ref>Leibniz, G. W., ''Monadologie'', §32</ref>. Dans la ''Théodicée'', Leibniz formule cette exigence de manière lapidaire : « Rien n'arrive sans cause », et pour toute vérité, « on peut rendre raison »<ref>Leibniz, G. W., ''Théodicée'', §44</ref>. Le principe de raison suffisante ne se contente pas d'affirmer que tout a une cause, il précise la nature de cette causalité. Une raison suffisante n'est pas seulement une cause nécessaire (une condition sans laquelle l'effet ne se produirait pas), mais un ensemble complet de conditions qui, une fois posées, rendent l'effet inévitable. Leibniz emploie le terme de « réquisit » pour désigner ces conditions nécessaires : un réquisit est ce sans quoi une chose ne peut exister. Lorsque tous les réquisits d'une chose sont réunis, ils forment ensemble sa raison suffisante, et la chose existe nécessairement<ref>Melamed, Y. & Lin, M. (2016). « Principe de raison suffisante », dans ''Stanford Encyclopedia of Philosophy''</ref>. Cette conception de la raison suffisante s'articule étroitement avec la théorie leibnizienne de la vérité. Pour Leibniz, toute proposition vraie est analytique : le prédicat est contenu dans le sujet. Dans les vérités nécessaires (comme les vérités mathématiques), cette inclusion peut être démontrée en un nombre fini d'étapes par l'analyse des concepts. Dans les vérités contingentes (les vérités de fait concernant le monde existant), l'analyse se poursuit à l'infini, mais Dieu, dans son entendement infini, voit d'un seul regard l'inclusion du prédicat dans le sujet. Cette théorie implique que toutes les propriétés et tous les états d'une substance sont contenus dans son concept complet. Le concept individuel de Jules César contient ''a priori'' tous les prédicats qui lui seront véritablement attribués, y compris « franchir le Rubicon »<ref>Leibniz, G. W., ''Discours de métaphysique'', §13</ref>. Il s'ensuit que tout ce qui arrive à une substance découle nécessairement de sa nature ou essence. La causalité apparente entre substances distinctes se réduit en réalité à un développement nécessaire des concepts individuels, coordonné par l'harmonie préétablie que Dieu a instaurée entre toutes les substances. Lorsque je veux lever mon bras et que mon bras se lève, il n'y a pas de causalité transitive entre mon âme et mon corps ; plutôt, Dieu a préétabli une harmonie telle que les états de mon âme et les mouvements de mon corps se correspondent parfaitement, chacun se déployant selon sa propre loi interne<ref>Leibniz, G. W., ''Système nouveau de la nature et de la communication des substances'', §14</ref>. Cette doctrine conduit Leibniz au bord d'un nécessitarisme absolu : si tout ce qui arrive possède une raison suffisante qui le rend inévitable, comment préserver la contingence du monde et la liberté divine dans le choix de créer tel monde plutôt que tel autre ? Leibniz tente de résoudre cette difficulté en distinguant la nécessité métaphysique (ou logique) de la nécessité morale (ou hypothétique). Une vérité est métaphysiquement nécessaire si son contraire implique contradiction ; elle est moralement nécessaire si, bien que son contraire ne soit pas contradictoire, elle découle des perfections de Dieu qui choisit toujours le meilleur. Le monde existant est contingent au sens métaphysique (Dieu aurait pu créer d'autres mondes sans contradiction), mais nécessaire au sens moral (Dieu, étant parfait, devait nécessairement choisir le meilleur des mondes possibles). Cette subtile distinction a été jugée peu convaincante par nombre de critiques, qui y voient une distinction verbale masquant mal un déterminisme complet<ref>Parmentier, M. (1994). « Leibniz et le nécessitarisme », ''Revue de métaphysique et de morale'', vol. 99, n° 4, p. 453-479</ref>. ====Spinoza et la nécessité absolue de la nature==== C'est Baruch Spinoza qui tire les conclusions les plus intransigeantes de la conception de la causalité comme production nécessaire. Dans lÉthique démontrée selon l'ordre géométrique'', il construit un système philosophique où la nécessité causale règne sans exception ni restriction. Dès l'axiome 3 de la première partie, Spinoza pose : « D'une cause déterminée donnée suit nécessairement un effet ; et inversement, s'il n'y a nulle cause déterminée, il est impossible qu'un effet suive »<ref>Spinoza, B., ''Éthique'', I, axiome 3</ref>. Cette formulation épurée exprime l'essence même de la causalité spinoziste : le lien entre cause et effet constitue une nécessité absolue, non une simple régularité empirique. Pour Spinoza, comprendre quelque chose, c'est en saisir la cause. L'axiome 4 de la première partie affirme : « La connaissance de l'effet dépend de la connaissance de la cause et l'enveloppe »<ref>Spinoza, B., ''Éthique'', I, axiome 4</ref>. Cette formule ne signifie pas seulement que nous devons connaître la cause pour connaître l'effet (dimension épistémologique), mais que l'effet est réellement contenu dans la cause et en découle nécessairement (dimension ontologique). La relation causale s'apparente ainsi à une relation d'inhérence logique : l'effet est dans la cause comme la conclusion est dans les prémisses d'un raisonnement déductif. Spinoza identifie explicitement causalité et rationalité dans la formule ''causa sive ratio'' – la cause ou raison<ref>Spinoza, B., ''Éthique'', I, proposition 11, démonstration</ref>. Expliquer causalement un phénomène et en rendre raison constituent une seule et même opération intellectuelle. Cette identification repose sur une conception génétique de la définition : une définition vraie doit être génétique, c'est-à-dire qu'elle doit exprimer la cause productrice de la chose définie. Par exemple, la définition du cercle comme « la figure décrite par une ligne dont une extrémité est fixe et l'autre mobile » constitue une définition génétique qui montre comment le cercle peut être engendré. De cette définition, on peut déduire toutes les propriétés essentielles du cercle. La connaissance véritable procède ainsi par déduction causale : on part de la définition génétique (la cause) et on en déduit les propriétés (les effets). Le système spinoziste repose sur la démonstration qu'il existe une seule substance, Dieu ou la Nature (''Deus sive Natura''), qui existe nécessairement et dont tout le reste découle nécessairement. La proposition 16 de la première partie affirme : « De la nécessité de la nature divine doivent suivre une infinité de choses en une infinité de modes (c'est-à-dire tout ce qui peut tomber sous un entendement infini) »<ref>Spinoza, B., ''Éthique'', I, proposition 16</ref>. La démonstration recourt à une analogie mathématique : de même que l'entendement infère d'une définition donnée un nombre indéfini de propriétés qui suivent nécessairement de l'essence de la chose définie, de même de la nature divine, qui possède une infinité d'attributs exprimant chacun une essence infinie, doivent suivre nécessairement une infinité de choses en une infinité de modes. Cette proposition établit que tout ce qui existe découle nécessairement de la nature de Dieu. Spinoza en tire la conséquence que « dans la Nature, il n'y a rien de contingent, mais tout est déterminé par la nécessité de la nature divine à exister et à opérer d'une certaine façon » (proposition 29)<ref>Spinoza, B., ''Éthique'', I, proposition 29</ref>. Le contingent, entendu comme ce qui pourrait ne pas être, n'existe donc pas dans la réalité. Ce que nous appelons contingent n'est tel que relativement à notre ignorance des causes : si nous connaissions parfaitement la chaîne causale complète qui produit un événement, nous verrions qu'il ne pouvait pas ne pas se produire. La contingence est un défaut de connaissance, non une propriété ontologique. Ce nécessitarisme absolu soulève évidemment la question de la liberté divine. Si tout suit nécessairement de la nature de Dieu, Dieu lui-même est-il libre ? Spinoza répond en redéfinissant la liberté. Est libre, selon lui, « ce qui existe par la seule nécessité de sa nature et se détermine soi-même à agir »<ref>Spinoza, B., ''Éthique'', I, définition 7</ref>. Dieu est libre en ce sens suprême : il n'est contraint par aucune cause extérieure (puisqu'il est la seule substance), et il agit selon la nécessité de sa propre nature. Cette liberté s'oppose à la nécessité de contrainte (être forcé par une cause externe), non à la nécessité tout court. Spinoza critique vigoureusement la conception vulgaire de la liberté divine comme libre arbitre, comme si Dieu pouvait choisir de créer ou non, de créer tel monde plutôt que tel autre. Une telle conception anthropomorphique projette sur Dieu les imperfections de la volonté humaine. La causalité spinoziste présente une autre caractéristique essentielle : elle est immanente, non transitive. Dieu n'est pas une cause extérieure qui produirait le monde comme l'artisan produit un objet distinct de lui. Il est cause immanente : les choses finies (les modes) sont des manières d'être de la substance divine elle-même<ref>Spinoza, B., ''Éthique'', I, proposition 18</ref>. Cette conception s'oppose au théisme créationniste traditionnel, qui conçoit Dieu comme transcendant et le monde comme une réalité distincte, créée ''ex nihilo'' par un acte de volonté divine libre. Pour Spinoza, au contraire, Dieu et la Nature ne font qu'un, et le monde découle éternellement de la nature divine avec la même nécessité que les propriétés du triangle découlent de sa définition. L'essentialisme causal de Spinoza implique que chaque chose possède une essence qui détermine ses pouvoirs causaux. Les effets « suivent » de l'essence des choses comme les propriétés géométriques suivent des définitions. Cette approche fait de la causalité non pas une relation contingente entre événements séparés, mais l'expression nécessaire de la nature des choses<ref>Viljanen, V. (2008). « Spinoza's Essentialist Model of Causation », ''Inquiry'', vol. 51, n° 4, p. 412-437</ref>. La connaissance adéquate consiste précisément à saisir ces connexions causales nécessaires, à comprendre comment les modes finis s'enchaînent les uns aux autres selon des lois déterminées qui découlent de la nature divine. ====Enjeux et limites de la conception nécessitariste==== La conception de la causalité comme production nécessaire, qui culmine dans le système spinoziste, repose sur plusieurs présupposés qu'il convient d'examiner. Premier présupposé : l'intelligibilité du réel exige que tout ait une raison d'être. Sans le principe de raison suffisante, le monde serait un chaos incompréhensible où les choses arriveraient sans cause, arbitrairement. Ce présupposé exprime un optimisme rationaliste : le réel est rationnel, et la raison peut en principe rendre compte de tout ce qui existe. Deuxième présupposé : la causalité ne se réduit pas à une succession régulière d'événements, mais implique une connexion nécessaire, un lien ontologique qui fait que l'effet ne peut pas ne pas suivre de la cause. Ce présupposé distingue la métaphysique rationaliste de l'empirisme humien qui réduira la causalité à la régularité. Ces présupposés comportent des implications considérables. Si tout est déterminé par des causes nécessaires, quelle place reste-t-il pour la liberté humaine ? Spinoza affronte cette difficulté en niant le libre arbitre : les hommes se croient libres parce qu'ils sont conscients de leurs désirs et de leurs actions, mais ignorants des causes qui les déterminent. La véritable liberté ne consiste pas dans un pouvoir de choisir indifféremment entre des contraires (ce qui est une illusion), mais dans la compréhension adéquate de la nécessité qui nous détermine. En comprenant les causes qui nous font agir, nous cessons d'être passivement ballottés par des affects dont nous ignorons l'origine, et nous devenons actifs dans la mesure où nos actions découlent de notre propre nature comprise adéquatement<ref>Spinoza, B., ''Éthique'', III, proposition 2, scolie ; IV, proposition 66-73</ref>. Cette solution soulève toutefois des difficultés. Si tout est nécessaire, les notions morales de responsabilité, de mérite et de faute semblent perdre leur sens. Comment blâmer quelqu'un pour une action qu'il ne pouvait pas ne pas accomplir ? Spinoza répond que le blâme et la louange conservent une efficacité causale : ils constituent eux-mêmes des causes qui influencent le comportement futur, non pas en vertu d'une liberté métaphysique inexistante, mais en modifiant les affects et les représentations qui déterminent causalement les actions. La morale spinoziste ne repose pas sur l'imputation de fautes à une volonté libre, mais sur la compréhension des passions humaines et la recherche rationnelle de ce qui est véritablement utile à la conservation et au perfectionnement de notre être. D'un point de vue matérialiste contemporain, il convient de distinguer plusieurs sens de la nécessité causale. La nécessité logique (ce dont le contraire implique contradiction) ne se confond pas avec la nécessité nomologique (ce qui découle des lois de la nature). Les lois de la nature, loin d'être des vérités éternelles et immuables comme les vérités mathématiques, constituent des régularités qui ont elles-mêmes une histoire et peuvent évoluer. L'erreur des rationalistes du dix-septième siècle consiste à avoir confondu ces deux types de nécessité, modelant leur conception de la causalité naturelle sur le paradigme de la déduction mathématique. Une conception matérialiste et dialectique de la causalité reconnaît que les structures causales du monde ont une épaisseur historique : elles se sont constituées, elles évoluent, et l'action humaine collective peut les transformer. ===La pluralité des causes : Aristote et les quatre causes=== Avant même de s'interroger sur la nécessité du lien causal, Aristote pose une question plus fondamentale qui transforme la compréhension même de ce que signifie expliquer par les causes. Pour lui, chercher la cause d'un phénomène, c'est chercher le « pourquoi » (''to dia ti'' en grec), et cette recherche du pourquoi ne se satisfait pas d'une réponse unique. L'explication causale complète d'une chose exige de répondre à quatre questions distinctes, correspondant à quatre modes différents de causalité. Cette doctrine des quatre causes, exposée principalement dans la ''Physique'' (livre II, chapitres 3 à 9) et la ''Métaphysique'' (livre Delta, chapitre 2), constitue l'un des apports les plus durables d'Aristote à la philosophie<ref>Aristote, ''Physique'', II, 3, 194b16-195b30 ; ''Métaphysique'', Δ, 2, 1013a24-1013b28</ref>. ====Le cadre conceptuel : causalité et explication==== Pour comprendre la doctrine aristotélicienne, il faut d'abord saisir que le terme grec ''aitia'', que nous traduisons par « cause », possède un sens plus large que notre notion moderne. ''Aitia'' désigne à l'origine une responsabilité, une accusation, une culpabilité. Aristote en fait un terme technique de la philosophie pour désigner ce qui est responsable de quelque chose, ce dont dépend l'existence ou le devenir d'une chose<ref>Natali, C. (2013). « AITIA in Plato and Aristotle. From Everyday Language to Technical Vocabulary », ''Méthexis'', vol. 26, p. 3-25</ref>. L'innovation aristotélicienne consiste à reconnaître que cette dépendance peut s'exercer de plusieurs manières différentes, irréductibles les unes aux autres. Dans la ''Physique'', Aristote affirme explicitement : « Nous ne pensons pas connaître chaque chose avant que nous n'ayons d'abord saisi le pourquoi de chacune, c'est-à-dire sa cause »<ref>Aristote, ''Physique'', II, 3, 194b17-19</ref>. La connaissance scientifique (''epistémè'') ne se contente pas de constater qu'un phénomène se produit ; elle exige de comprendre pourquoi il se produit, quelle est sa raison d'être. Cette exigence explicative conduit Aristote à identifier quatre types de réponses à la question « pourquoi ? », correspondant à quatre types de causes. ====La cause matérielle : ce dont une chose est faite==== La cause matérielle (''hylè aitia'') désigne la matière dont une chose est constituée, le substrat à partir duquel elle est formée. Aristote la définit comme « ce de quoi une chose est faite en tant que constituant immanent »<ref>Aristote, ''Métaphysique'', Δ, 2, 1013a24-25</ref>. L'exemple classique est celui de la statue : l'airain ou le marbre constitue la cause matérielle de la statue. De même, les lettres sont la cause matérielle de la syllabe, et le bois est la cause matérielle de la table. Toutefois, il faut prendre garde à ne pas comprendre la cause matérielle de manière trop restrictive. La matière n'est pas nécessairement un substrat physique tangible. Dans certains cas, elle peut être de nature plus abstraite. Aristote précise que A et B sont la cause matérielle de la syllabe BA : les éléments dont quelque chose est composé en forment la cause matérielle, même si ces éléments ne sont pas à proprement parler des objets matériels au sens physique<ref>Aristote, ''Physique'', II, 3, 195a16-17</ref>. La cause matérielle répond donc à la question : de quoi est faite cette chose ? Quelle est sa composition ? Cette cause explique certaines propriétés de la chose : la lourdeur de la statue s'explique par sa matière de bronze, sa durabilité par la solidité du marbre. Mais la cause matérielle seule ne suffit pas à expliquer pleinement la chose. Savoir qu'une maison est faite de briques et de bois ne nous dit pas encore ce qu'est une maison, ni pourquoi ces matériaux ont été assemblés de cette manière particulière. Il faut donc recourir aux autres causes. ====La cause formelle : l'essence et la définition==== La cause formelle (''eidos aitia'' ou ''morphè aitia'') désigne la forme, la structure ou l'essence qui fait qu'une chose est ce qu'elle est. Aristote la définit comme « la forme et le modèle, c'est-à-dire la définition de l'essence »<ref>Aristote, ''Métaphysique'', Δ, 2, 1013a26-27</ref>. La cause formelle répond à la question : qu'est-ce que cette chose ? Quelle est sa nature essentielle ? Pour comprendre cette notion, prenons l'exemple de la statue. La cause formelle de telle statue n'est pas le marbre dont elle est faite (cause matérielle), mais la forme de David, c'est-à-dire cette configuration particulière qui fait que ce bloc de marbre sculpté représente David et non une autre figure. La forme est ce qui confère à la matière son intelligibilité : sans forme, la matière reste indéterminée, pure potentialité sans actualité définie. Dans la théorie aristotélicienne de l'hylémorphisme (du grec ''hylè'', matière, et ''morphè'', forme), toute substance matérielle est un composé de matière et de forme. La forme n'est pas une entité séparée existant dans un monde intelligible, comme chez Platon, mais un principe structurant immanent à la chose elle-même. Elle constitue son principe d'identité et d'intelligibilité. Connaître la cause formelle d'une chose, c'est pouvoir la définir, dire ce qu'elle est essentiellement. Aristote souligne que la cause formelle joue un rôle explicatif fondamental. Dans la ''Métaphysique'', il écrit que « la forme est l'essence, et l'essence est la cause première de l'être »<ref>Aristote, ''Métaphysique'', Z, 7, 1032b1-2</ref>. Ce qui fait qu'une chose est telle chose déterminée, ce n'est pas seulement sa matière (qui pourrait recevoir d'autres formes), mais sa forme qui actualise la matière de manière spécifique. Dans le cas des êtres vivants, la forme est l'âme (''psychè''), principe vital qui organise la matière corporelle et lui confère ses fonctions caractéristiques<ref>Aristote, ''De l'âme'', II, 1, 412a19-28</ref>. ====La cause efficiente : le principe du mouvement==== La cause efficiente ou cause motrice (''to kinoun'' ou ''to poioun'') désigne ce qui produit le changement, l'agent qui fait passer une chose de la puissance à l'acte. Aristote la définit comme « le principe premier du changement ou du repos »<ref>Aristote, ''Métaphysique'', Δ, 2, 1013a29-30</ref>. Cette cause répond à la question : d'où vient le changement ? Qui ou quoi a produit cette chose ? Les exemples qu'Aristote propose sont parlants : le père est la cause efficiente de l'enfant, le sculpteur est la cause efficiente de la statue, celui qui délibère est la cause efficiente de son action<ref>Aristote, ''Physique'', II, 3, 194b29-32</ref>. Dans chaque cas, la cause efficiente est ce qui initie le processus, ce qui met en mouvement ou transforme. Sans cause efficiente, rien ne passerait de la puissance à l'acte, la matière informée resterait à l'état de simple possibilité. La cause efficiente correspond assez étroitement à ce que la philosophie et la science modernes entendent par « cause ». C'est elle qui établit une relation de production temporelle : la cause efficiente précède temporellement son effet (le sculpteur commence à sculpter avant que la statue n'existe), et elle le produit par son action. Toutefois, Aristote précise que cause et effet peuvent aussi être simultanés dans certains cas : au moment où le médecin soigne, la guérison commence ; au moment où le bâtisseur construit, la maison s'édifie<ref>Aristote, ''Physique'', II, 3, 195b16-21</ref>. Il importe de noter qu'Aristote distingue la cause efficiente principale de la cause efficiente instrumentale. Le sculpteur est la cause principale, le ciseau est la cause instrumentale. La cause principale possède en elle-même le pouvoir d'agir, tandis que la cause instrumentale n'agit qu'en étant mue par la cause principale. Cette distinction sera reprise et développée par la scolastique médiévale dans la théorie de la causalité divine et des causes secondes. ====La cause finale : le but et la téléologie==== La cause finale (''to telos'' ou ''to hou heneka'') désigne le but, la fin en vue de laquelle quelque chose existe ou se produit. Aristote la définit comme « ce en vue de quoi une chose est »<ref>Aristote, ''Métaphysique'', Δ, 2, 1013a32-33</ref>. La cause finale répond à la question : dans quel but ? Pour quelle fin ? L'exemple aristotélicien classique est celui de la promenade : la santé est la cause finale de la promenade. On ne se promène pas sans raison ; on se promène en vue d'un bien, en l'occurrence la santé. De même, la cause finale d'une maison est d'abriter ses habitants ; la cause finale d'une statue peut être de commémorer un personnage illustre. Dans les productions artisanales et les actions humaines, la cause finale coïncide souvent avec l'intention ou le projet de l'agent. Mais Aristote étend la causalité finale bien au-delà des productions humaines intentionnelles. Il affirme que la nature elle-même agit en vue d'une fin : « La nature ne fait rien en vain, mais toujours en vue du meilleur parmi les possibles »<ref>Aristote, ''Marche des animaux'', 2, 704b15-17</ref>. Les processus naturels, notamment dans les êtres vivants, manifestent une finalité immanente. L'arbre pousse en vue de sa forme adulte, l'œil existe en vue de la vision, les organes se développent en vue de leurs fonctions caractéristiques. Cette téléologie naturelle ne suppose pas une conscience ou une intention dans la nature, mais simplement que les processus naturels sont orientés vers des fins déterminées qui correspondent au bien ou à la perfection de chaque être<ref>Aristote, ''Physique'', II, 8, 198b10-199b33</ref>. La cause finale occupe une place privilégiée dans la doctrine aristotélicienne. Aristote affirme qu'elle est « la cause des causes » (''aitia tôn aitiôn'') en ce sens que c'est elle qui rend compte de toutes les autres. Pourquoi telle matière a-t-elle été choisie ? Pourquoi telle forme a-t-elle été réalisée ? Pourquoi tel agent a-t-il agi ? La réponse ultime fait appel à la fin : en vue de tel but. La cause finale confère son intelligibilité complète au processus causal : elle explique non seulement que quelque chose s'est produit, mais pourquoi il devait se produire ainsi plutôt qu'autrement<ref>Falcon, A. (2019). ''Aristotle on Causality'', dans ''Stanford Encyclopedia of Philosophy''</ref>. ====L'interdépendance des quatre causes==== Un point essentiel de la doctrine aristotélicienne est que les quatre causes ne sont pas indépendantes les unes des autres ; elles collaborent à l'explication complète d'un même phénomène. Aristote insiste sur le fait qu'une explication adéquate requiert souvent de mobiliser plusieurs causes simultanément, voire les quatre. Prenons l'exemple de la statue de bronze représentant un discobole. La cause matérielle est le bronze ; la cause formelle est la configuration qui représente un athlète lançant le disque ; la cause efficiente est le sculpteur qui a façonné le bronze ; la cause finale peut être de célébrer la beauté athlétique ou de commémorer une victoire olympique. Ces quatre causes ne s'excluent pas mutuellement ; elles offrent quatre perspectives complémentaires sur la même réalité. Chacune répond à une question différente sur la statue, et c'est seulement en les combinant que nous obtenons une compréhension complète. Aristote note également que dans certains cas, plusieurs causes peuvent coïncider. La forme et la fin tendent souvent à se confondre : la forme adulte de l'arbre est à la fois la cause formelle (ce qu'est l'arbre dans sa maturité) et la cause finale (ce vers quoi tend sa croissance). De même, la cause efficiente et la cause formelle peuvent coïncider lorsqu'un artisan réalise une œuvre : la forme de la maison existe d'abord dans l'esprit de l'architecte (cause formelle) qui est aussi celui qui dirige la construction (cause efficiente)<ref>Aristote, ''Métaphysique'', Δ, 2, 1013b5-9</ref>. Cette interdépendance manifeste la complexité de la réalité naturelle et artificielle. Les choses ne se réduisent pas à une seule dimension causale ; elles requièrent une approche multidimensionnelle qui prenne en compte leur composition matérielle, leur structure formelle, leur origine productive et leur orientation téléologique. C'est cette vision holistique de la causalité qui distingue Aristote des penseurs présocratiques qui tendaient à privilégier un seul type d'explication (généralement matérielle). ====La postérité et les transformations de la doctrine==== La théorie aristotélicienne des quatre causes exercera une influence considérable sur toute la tradition philosophique occidentale. La scolastique médiévale, en particulier chez Thomas d'Aquin, reprend intégralement cette classification en l'adaptant au cadre de la théologie chrétienne. Thomas distingue entre causes intrinsèques (matérielle et formelle, qui sont des principes constitutifs de la chose) et causes extrinsèques (efficiente et finale, qui agissent de l'extérieur), et il établit une hiérarchie entre elles : la cause finale est la plus importante, suivie de la cause efficiente, puis de la cause formelle et enfin de la cause matérielle<ref>Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', I-II, q. 1, a. 2</ref><ref>Reece, B. C. (2019). « Aristotle's Four Causes of Action », ''Australasian Journal of Philosophy'', vol. 97, n° 2, p. 213-227</ref>. Thomas intègre également Dieu dans ce schéma causal : Dieu est la cause efficiente première de toute chose (en tant que créateur), la cause finale ultime (en tant que bien suprême vers lequel tout tend), et dans un certain sens la cause formelle exemplaire (en tant que modèle archétypal de toute perfection). Cette intégration de la causalité divine avec la causalité naturelle aboutit à la doctrine complexe de la coopération entre cause première (Dieu) et causes secondes (les créatures)<ref>Silva, I. (2015). « A Cause Among Causes ? God Acting in the Natural Order », ''American Catholic Philosophical Quarterly'', vol. 89, n° 4, p. 565-589</ref>. Cependant, la modernité scientifique, à partir du dix-septième siècle, opère une rupture avec cette conception quadripartite. La révolution scientifique moderne privilégie la cause efficiente comme seul type de causalité véritablement scientifique. Francis Bacon, René Descartes et leurs successeurs rejettent la cause finale comme anthropomorphique et invérifiable. La nature, selon eux, n'agit pas en vue de fins, mais selon des lois mécaniques qui relient des causes efficientes à leurs effets. La cause formelle est progressivement abandonnée ou réduite à la structure mathématique des lois naturelles. Quant à la cause matérielle, elle est intégrée dans une conception mécaniste où la matière possède des propriétés quantifiables (masse, étendue, mouvement) qui suffisent à rendre compte des phénomènes. Cette réduction de la causalité à la seule causalité efficiente mécaniste domine la pensée scientifique moderne. Toutefois, certains domaines, notamment la biologie et les sciences humaines, continuent d'utiliser des explications fonctionnelles ou téléologiques qui s'apparentent aux causes finales aristotéliciennes, bien que sous une forme sécularisée et naturaliste. La question de savoir si l'on peut se passer entièrement de la téléologie dans l'explication des phénomènes vivants et des actions humaines reste débattue<ref>Charles, D. (2012). « Teleological Causation », dans C. Shields (éd.), ''The Oxford Handbook of Aristotle'', Oxford, Oxford University Press, p. 227-266</ref>. ====Enjeux philosophiques et critiques contemporaines==== D'un point de vue critique, plusieurs objections peuvent être adressées à la théorie aristotélicienne. Premièrement, la distinction entre les quatre causes n'est peut-être pas aussi nette qu'Aristote le suppose. Dans certains cas, il est difficile de séparer clairement la cause formelle de la cause finale, ou la cause efficiente de la cause matérielle. Cette porosité des frontières entre les types de causes suggère que la classification quadripartite pourrait être en partie artificielle. Deuxièmement, la généralisation de la causalité finale à toute la nature pose problème. Attribuer des fins aux processus naturels inanimés paraît anthropomorphique. Si l'on peut admettre que les êtres vivants manifestent une sorte de finalité (même si celle-ci peut être expliquée en termes évolutionnistes sans recourir à un dessein intelligent), il est plus difficile de voir en quoi un caillou qui tombe ou un fleuve qui coule agiraient « en vue d'une fin ». La science moderne a montré qu'on peut expliquer les phénomènes naturels sans invoquer de finalité, simplement par des lois causales efficientes. Troisièmement, la théorie aristotélicienne ne problématise pas suffisamment le lien entre cause et effet. Elle prend pour acquis que les causes produisent nécessairement leurs effets, sans examiner la nature de cette nécessité. C'est cette lacune que la critique humienne mettra en lumière : qu'est-ce qui garantit que de la même cause suivra toujours le même effet ? La réponse aristotélicienne – parce que telle est la nature de la chose – ne satisfait plus une pensée empiriste qui exige de fonder la connaissance sur l'observation. Malgré ces limites, la doctrine aristotélicienne des quatre causes conserve une valeur philosophique. Elle rappelle que l'explication causale ne se réduit pas à un seul modèle, mais peut prendre des formes multiples selon le type de question que l'on pose et le domaine de réalité que l'on étudie. Elle invite à une approche pluraliste de la causalité, reconnaissant que différents types d'explications peuvent coexister sans nécessairement se contredire. Cette leçon reste pertinente pour la philosophie contemporaine des sciences, qui s'interroge sur la diversité des modèles explicatifs utilisés dans différentes disciplines<ref>Stein, N. (2012). « Causality and Causal Explanation in Aristotle », ''Philosophy Compass'', vol. 7, n° 10, p. 699-711</ref>. ==La critique humienne et le problème de la connexion nécessaire== ===Hume et la déconstruction de la nécessité causale=== David Hume opère une rupture fondamentale dans la pensée de la causalité en soumettant cette notion à une critique empiriste radicale. Son analyse part d'une question apparemment simple : d'où vient notre idée de causalité, et que pouvons-nous légitimement affirmer sur les relations causales ? La réponse de Hume est dévastatrice pour la conception traditionnelle : nous ne pouvons jamais observer directement une connexion nécessaire entre une cause et son effet<ref>Hume, D. (1748). ''Enquête sur l'entendement humain'', section VII</ref>. Lorsque nous observons un événement A suivi d'un événement B, que percevons-nous exactement ? Nous observons trois choses : la contiguïté spatiale (A et B sont proches dans l'espace), la succession temporelle (A précède B dans le temps), et, si nous répétons l'observation, la conjonction constante (chaque fois que A se produit, B suit). Mais nous ne percevons jamais la prétendue « connexion nécessaire » qui ferait que A ''doit'' produire B. Cette connexion nécessaire n'est pas une impression sensible ; elle ne peut donc pas fonder une connaissance légitime selon les critères empiristes de Hume. D'où vient alors notre conviction que les causes produisent nécessairement leurs effets ? Hume répond : de l'habitude. Après avoir observé la conjonction répétée de A et B, notre esprit s'habitue à cette séquence et développe une attente psychologique : lorsque A se produit, nous nous attendons à ce que B suive. Cette attente n'est pas le résultat d'un raisonnement, mais d'un mécanisme psychologique, d'une « coutume »<ref>Hume, D. (1739-1740). ''Traité de la nature humaine'', I, III, §14</ref>. La nécessité causale n'est donc pas dans les choses, mais dans notre esprit : elle est subjective et non objective. Hume propose ainsi une double définition de la cause. D'un point de vue objectif, « nous pouvons définir une cause comme un objet suivi d'un autre, et où tous les objets semblables au premier sont suivis d'objets semblables au second ». D'un point de vue subjectif, une cause est « un objet suivi d'un autre, et dont l'apparition conduit toujours la pensée à cet autre »<ref>Hume, D. (1748). ''Enquête sur l'entendement humain'', section VII, partie 2</ref>. La première définition réduit la causalité à la régularité ; la seconde la psychologise en en faisant une habitude mentale. ===Le problème de l'induction et le scepticisme causal=== La critique humienne de la causalité conduit directement au célèbre problème de l'induction. Si la causalité n'est que conjonction constante, comment justifier que nous inférions du passé au futur ? Autrement dit, pourquoi le fait que A ait toujours été suivi de B par le passé nous autorise-t-il à croire que A sera suivi de B dans le futur ? Hume montre qu'une telle inférence suppose un principe qu'il appelle le « principe d'uniformité de la nature » : la nature continue de fonctionner de la même manière, les mêmes causes produiront les mêmes effets. Mais ce principe lui-même ne peut être justifié ni par la raison (car sa négation n'est pas contradictoire), ni par l'expérience (car invoquer l'expérience passée pour justifier les inférences futures serait circulaire)<ref>Hume, D. (1748). ''Enquête sur l'entendement humain'', section IV, partie 2</ref>. Le résultat est un scepticisme causal profond : nous n'avons aucune justification rationnelle pour nos croyances causales les plus ordinaires. Nous croyons que le soleil se lèvera demain, que le pain nous nourrira, que le feu brûlera, mais ces croyances reposent uniquement sur l'habitude, non sur la raison. Ce scepticisme ne conduit pas Hume à renoncer à nos croyances causales dans la pratique (ce serait impossible), mais il révèle leurs limites épistémologiques<ref>Dimech, D. K. (2019). « Quasi-Realism and Inductive Scepticism in Hume's Theory of Causation », ''Australasian Journal of Philosophy'', 97(1), p. 143-157</ref>. Cette analyse humienne a eu des conséquences majeures. D'une part, elle a inspiré les théories régularistes de la causalité qui rejettent toute notion de connexion nécessaire. D'autre part, elle a posé un défi que la philosophie ultérieure n'a cessé de tenter de relever : comment fonder rationnellement nos inférences causales ? ==La réponse kantienne : la causalité comme catégorie de l'entendement== ===La causalité comme condition a priori de l'expérience=== Face au scepticisme humien, Kant propose une solution originale qui transforme radicalement le statut de la causalité. Loin de chercher à dériver l'idée de causalité de l'expérience (comme le font les empiristes) ou de la traiter comme une propriété objective des choses en soi, Kant fait de la causalité une catégorie a priori de l'entendement, c'est-à-dire une structure conceptuelle que l'esprit impose nécessairement à l'expérience pour la rendre intelligible<ref>Kant, I. (1781/1787). ''Critique de la raison pure'', Analytique transcendantale, Analogies de l'expérience</ref>. Pour Kant, Hume a raison sur un point : nous ne pouvons pas tirer le concept de causalité de l'expérience par simple généralisation. Mais il a tort d'en conclure que la causalité n'est qu'une habitude subjective. En réalité, la causalité est une condition de possibilité de l'expérience objective elle-même. Sans le concept de cause, nous ne pourrions pas distinguer une succession objective d'événements (où A cause réellement B) d'une simple succession subjective de nos perceptions (où nous percevons d'abord A puis B, sans que l'un cause l'autre). L'argument de Kant, développé dans la « Deuxième Analogie de l'expérience », peut être résumé ainsi : pour qu'il y ait expérience objective (connaissance d'objets dans le temps), il faut que nous puissions déterminer un ordre temporel objectif des événements. Or, cet ordre ne peut être déterminé que si nous supposons que les événements sont liés par des relations causales nécessaires. Donc, le principe de causalité (« tout changement a une cause ») est une condition nécessaire de l'expérience objective<ref>Kant, I. (1781/1787). ''Critique de la raison pure'', B232-256</ref>. Prenons l'exemple kantien célèbre du bateau qui descend le fleuve. Lorsque je perçois d'abord le bateau en amont puis en aval, cet ordre de mes perceptions est irréversible : je ne peux pas percevoir le bateau d'abord en aval puis en amont. Cette irréversibilité objective de la séquence perceptive indique que je perçois un événement objectif (le mouvement du bateau), et non une simple succession arbitraire de mes représentations. Mais pour distinguer cette succession objective d'une succession purement subjective, je dois supposer que le bateau est causalement déterminé à se déplacer d'amont en aval<ref>Kannisto, T. (2017). « Kant on the Necessity of Causal Relations », ''Kant-Studien'', 108(4), p. 645-668</ref>. ===Faiblesse et force du principe causal kantien=== Kant défend une version relativement faible du principe de causalité, ce que les commentateurs appellent le « principe causal faible » (Weak Causal Principle). Ce principe affirme que tout événement a ''une'' cause, mais ne précise pas que les mêmes types de causes produisent toujours les mêmes types d'effets. Autrement dit, Kant démontre dans la Deuxième Analogie que chaque événement particulier doit avoir une cause, mais pas qu'il existe des lois causales universelles reliant des types d'événements<ref>Kannisto, T. (2017). « Kant on the Necessity of Causal Relations », ''Kant-Studien'', 108(4), p. 645-668</ref>. La version forte du principe de causalité (Strong Causal Principle), qui affirme que les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets, n'est selon certains interprètes démontrée par Kant que dans les « Postulats de la pensée empirique », où il traite de la nécessité modale. C'est seulement là que Kant établirait que les relations causales ne sont pas seulement nécessaires dans chaque cas particulier, mais obéissent à des lois constantes qui permettent la prédiction<ref>Kannisto, T. (2017). « Kant on the Necessity of Causal Relations », ''Kant-Studien'', 108(4), p. 645-668</ref>. Cette subtilité est importante : elle montre que même pour Kant, qui défend la nécessité de la causalité, il existe différents degrés de nécessité causale. La causalité comme condition de l'expérience objective n'implique pas automatiquement l'existence de lois causales strictement universelles et exceptionless. Un autre aspect essentiel de la théorie kantienne est que la causalité n'est pas une propriété des choses en soi, mais seulement des phénomènes, c'est-à-dire des choses telles qu'elles nous apparaissent dans l'expérience. Nous ne pouvons rien savoir de la causalité dans le monde nouménal. Cette limitation aura des conséquences importantes pour la philosophie ultérieure, notamment pour penser la liberté humaine dans un monde où règne le déterminisme causal phénoménal. ==L'occasionnalisme et la causalité divine== ===Le problème cartésien de l'interaction âme-corps=== La philosophie cartésienne, en instituant une séparation radicale entre deux substances hétérogènes – la substance pensante (''res cogitans'') et la substance étendue (''res extensa'') – crée un problème théorique majeur : comment ces deux substances peuvent-elles interagir causalement ? Comment ma volonté (immatérielle) peut-elle causer le mouvement de mon bras (matériel) ? Comment la piqûre d'une épine (matérielle) peut-elle causer ma douleur (immatérielle) ? Descartes lui-même propose une solution en introduisant la notion de « causes qui donnent occasion ». Dans certains textes, il suggère que la volonté ne cause pas ''directement'' le mouvement du corps, mais donne l'occasion à certains mécanismes physiologiques de se déclencher<ref>Descartes, R. (1649). ''Les Passions de l'âme'', art. 41</ref>. Cette formulation prudente a ouvert la voie à une interprétation plus radicale chez ses successeurs cartésiens. ===Malebranche et l'occasionnalisme systématique=== Nicolas Malebranche pousse la logique cartésienne jusqu'à ses conséquences ultimes en développant la doctrine de l'occasionnalisme. Selon cette théorie, les causes naturelles (qu'il s'agisse de l'interaction âme-corps ou de l'action d'un corps sur un autre) ne sont pas de véritables causes efficientes, mais seulement des causes occasionnelles qui donnent à Dieu l'occasion d'exercer sa causalité. Seul Dieu est la véritable cause efficiente de tout ce qui se produit dans le monde<ref>Malebranche, N. (1674-1675). ''De la recherche de la vérité'', livre VI, partie II, chapitre III</ref>. L'argument principal de Malebranche repose sur l'idée qu'une véritable cause doit avoir une connexion nécessaire avec son effet. Or, nous ne concevons aucune connexion nécessaire entre les prétendues causes naturelles et leurs effets. Nous ne voyons aucune liaison nécessaire entre ma volonté de lever le bras et le mouvement effectif de mon bras ; nous ne voyons aucune liaison nécessaire entre le choc d'une boule de billard contre une autre et le mouvement de la seconde. Seul Dieu, dont la volonté toute-puissante ne peut être empêchée, possède une véritable efficacité causale<ref>Malebranche, N. (1674-1675). ''De la recherche de la vérité'', Éclaircissement XV</ref>. Cette position a des conséquences théologiques et métaphysiques considérables. Elle fait de Dieu non pas seulement le créateur initial du monde, mais l'agent perpétuel de tout changement. Chaque mouvement, chaque pensée, chaque sensation est l'effet direct de la volonté divine. Les lois de la nature deviennent des lois que Dieu s'est données à lui-même, des régularités dans sa manière d'agir. L'occasionnalisme affirme ainsi une dépendance causale absolue de la création vis-à-vis du créateur. ===Critiques et héritage de l'occasionnalisme=== L'occasionnalisme a suscité de nombreuses objections. Leibniz critique cette doctrine en arguant qu'elle fait de Dieu un « Deus ex machina » qui intervient continuellement dans la nature, ce qui est indigne de sa perfection. Pour Leibniz, Dieu a créé le monde de telle sorte que les substances créées possèdent de véritables forces actives et peuvent agir par elles-mêmes, selon lharmonie préétablie''<ref>Leibniz, G. W. (1695). ''Système nouveau de la nature et de la communication des substances''</ref>. Fontenelle, dans ses ''Doutes sur le système physique des causes occasionnelles'', critique l'occasionnalisme d'un point de vue épistémologique en soulignant qu'il rend la science naturelle impossible : si Dieu est la seule cause véritable, pourquoi chercher les causes naturelles ? L'occasionnalisme, en supprimant l'efficacité causale de la nature, supprime aussi la possibilité d'une explication scientifique autonome<ref>Rioux-Beaulne, M. (2018). « Fontenelle, Malebranche et les limites de la causalité », ''Revue philosophique de la France et de l'étranger'', 143(3), p. 365-388</ref>. Paradoxalement, en niant toute causalité naturelle, l'occasionnalisme a préparé le terrain pour la critique humienne. En montrant qu'aucune connexion nécessaire n'est observable entre les événements naturels, Malebranche a sapé les fondements de la causalité efficiente. Hume n'aura plus qu'à faire un pas supplémentaire : retirer Dieu de l'équation et conclure qu'il n'existe tout simplement pas de connexion nécessaire du tout<ref>Le Ru, V. (2005). « La réception occasionaliste de Descartes », ''Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie'', 38, p. 83-100</ref>. ==Les théories régularistes et la causalité comme loi== ===Mill et l'analyse des conditions multiples=== John Stuart Mill développe une analyse sophistiquée de la causalité qui prend acte de la critique humienne tout en cherchant à la dépasser. Pour Mill, Hume a raison de lier causalité et régularité, mais sa conception est trop simple. La causalité ne se réduit pas à la succession constante de deux événements isolés ; elle implique un ensemble complexe de conditions<ref>Mill, J. S. (1843). ''A System of Logic'', livre III, chapitre V</ref>. Mill introduit la distinction cruciale entre la cause totale d'un phénomène et les causes partielles qui la composent. La cause totale est l'ensemble complet des conditions positives et négatives qui, conjointement, sont suffisantes pour produire l'effet. Prenons l'exemple de l'incendie d'une maison : nous disons ordinairement que c'est l'allumette qui a causé l'incendie, mais en réalité, l'allumette n'est qu'une partie de la cause totale, qui inclut aussi la présence d'oxygène, l'inflammabilité du matériau, l'absence de système d'extinction automatique, etc. Cette analyse conduit Mill à définir la cause comme « l'antécédent invariable et inconditionnel d'un phénomène ». Par « invariable », il entend que la cause est toujours suivie de l'effet ; par « inconditionnel », qu'elle le produit quelles que soient les autres circonstances (une fois réalisées les autres conditions de la cause totale). Cette définition préserve l'idée humienne de régularité tout en la complexifiant pour tenir compte de la pluralité des facteurs causaux. Mill développe également des méthodes d'enquête expérimentale (les fameuses « méthodes de Mill ») pour découvrir les relations causales. La méthode de concordance consiste à rechercher ce qui est commun à tous les cas où l'effet se produit. La méthode de différence cherche ce qui distingue les cas où l'effet se produit des cas où il ne se produit pas. La méthode conjointe de concordance et de différence combine les deux approches. La méthode des variations concomitantes examine si les variations de l'effet suivent celles de la cause supposée. Enfin, la méthode des résidus consiste à soustraire les effets des causes connues pour isoler l'effet d'une cause encore inconnue<ref>Mill, J. S. (1843). ''A System of Logic'', livre III, chapitre VIII</ref>. ===Les conditions INUS et la complexité causale=== L'analyse millienne a été raffinée au XXe siècle par John Mackie avec sa théorie des conditions INUS. INUS est l'acronyme de « Insufficient but Necessary part of a condition which is Unnecessary but Sufficient » (partie insuffisante mais nécessaire d'une condition qui n'est pas nécessaire mais suffisante)<ref>Mackie, J. L. (1974). ''The Cement of the Universe'', Oxford : Clarendon Press</ref>. Prenons à nouveau l'exemple de l'incendie. L'allumette enflammée (A) n'est pas à elle seule suffisante pour causer l'incendie : elle doit être accompagnée d'autres conditions comme la présence d'oxygène (B), l'inflammabilité du matériau (C), etc. L'ensemble {A, B, C} forme une condition suffisante pour l'incendie. Mais cette condition n'est pas nécessaire car l'incendie pourrait aussi être causé par un court-circuit {D, E, F} ou par un incendie criminel {G, H, I}. Ainsi, A est une condition INUS : elle est insuffisante seule (elle a besoin de B et C), mais nécessaire au sein de l'ensemble {A, B, C} ; cet ensemble est suffisant pour l'incendie, mais pas nécessaire (car {D, E, F} serait également suffisant). Cette analyse montre la complexité réelle des situations causales : rarement une cause unique produit un effet, et rarement un effet ne peut être produit que d'une seule manière. La causalité est presque toujours plurielle (plusieurs facteurs concourent à l'effet) et contingente (l'effet pourrait être produit par d'autres combinaisons de facteurs). Cette vision contraste avec l'image simplifiée de la causalité comme relation binaire entre une cause et un effet. ==Les approches contrefactuelles de la causalité== ===Lewis et la dépendance contrefactuelle=== David Lewis propose au début des années 1970 une théorie influente qui renouvelle l'approche de la causalité en la fondant sur les contrefactuels (counterfactuals). L'idée de base est que nous pensons qu'un événement C a causé un événement E si et seulement si, dans la situation contrefactuelle où C ne se serait pas produit, E ne se serait pas produit non plus<ref>Lewis, D. (1973). « Causation », ''Journal of Philosophy'', 70(17), p. 556-567</ref>. Pour évaluer ces contrefactuels, Lewis utilise une sémantique des mondes possibles. Un contrefactuel « Si C n'avait pas eu lieu, E n'aurait pas eu lieu » est vrai dans le monde actuel si et seulement si, dans les mondes possibles les plus proches du monde actuel où C ne se produit pas, E ne se produit pas non plus. La « proximité » ou « similarité » entre mondes possibles se mesure selon plusieurs critères : concordance des lois naturelles, similitude des faits particuliers, absence de « miracles » (violations localisées des lois), etc.<ref>Lewis, D. (1979). « Counterfactual Dependence and Time's Arrow », ''Noûs'', 13(4), p. 455-476</ref>. Lewis distingue ensuite la dépendance causale de la causation elle-même. Deux événements distincts E et C présentent une dépendance causale si et seulement si : (1) si C s'était produit, E se serait produit ; et (2) si C ne s'était pas produit, E ne se serait pas produit. La causation est alors définie comme l'ancestrale de la dépendance causale : C cause E s'il existe une chaîne d'événements intermédiaires reliés par des relations de dépendance causale. Cette distinction entre dépendance causale et causation est nécessaire pour préserver la transitivité de la relation causale. Si C cause D, et D cause E, alors C cause E, même si E ne dépend pas causalement de C (parce qu'un autre facteur aurait pu produire D et, par suite, E, même en l'absence de C). ===Problèmes et raffinements : préemption et surdétermination=== La théorie de Lewis fait face à des contre-exemples célèbres, notamment les cas de préemption (preemption) et de surdétermination causale (overdetermination). Dans un cas de préemption, deux causes potentielles sont en concurrence, mais une seule aboutit effectivement : Suzy et Billy lancent chacun une pierre vers une bouteille ; la pierre de Suzy arrive en premier et brise la bouteille ; celle de Billy arrive une fraction de seconde plus tard et ne rencontre que des éclats de verre. Intuitivement, c'est le lancer de Suzy qui a causé le bris de la bouteille. Pourtant, le bris ne dépend pas causalement du lancer de Suzy au sens de Lewis, puisque si Suzy n'avait pas lancé sa pierre, Billy aurait brisé la bouteille<ref>Collins, J., Hall, N., & Paul, L. A. (2004). ''Causation and Counterfactuals'', Cambridge, MA : MIT Press</ref>. Face à ces difficultés, Lewis a proposé plusieurs révisions de sa théorie. Dans sa version tardive, il développe une théorie de l'influence causale (causal influence) fondée non plus sur la simple dépendance « si oui ou non » (whether-whether dependence), mais sur une dépendance plus fine portant sur la manière dont les événements se produisent (whether-when-how dependence). C'est la théorie de la « covariation contrefactuelle » : il y a influence causale de C sur E s'il existe une gamme de variations contrefactuelles de C qui correspondraient à des variations de E<ref>Lewis, D. (2000). « Causation as Influence », ''Journal of Philosophy'', 97(4), p. 182-197</ref>. Malgré ces raffinements, les théories contrefactuelles restent controversées. Certains philosophes estiment qu'elles présupposent ce qu'elles prétendent expliquer (puisque la notion de « monde possible proche » fait appel à des intuitions causales), d'autres qu'elles ne peuvent rendre compte de tous les jugements causaux ordinaires, notamment en cas d'absence causale (quand c'est l'absence d'un événement qui cause un effet). ==La causalité et la physique moderne== ===L'argument de Russell : la causalité exclue de la physique fondamentale=== En 1913, Bertrand Russell publie un article provocateur intitulé « On the Notion of Cause » dans lequel il soutient que la notion de cause n'a aucune place dans la physique moderne et devrait être abandonnée par la philosophie<ref>Russell, B. (1913). « On the Notion of Cause », ''Proceedings of the Aristotelian Society'', 13, p. 1-26</ref>. Selon Russell, la physique mathématisée ne fait appel qu'à des équations différentielles exprimant des relations fonctionnelles entre grandeurs, et non à des « causes » qui « produiraient » leurs « effets ». L'argument de Russell repose sur plusieurs observations. Premièrement, le mot « cause » n'apparaît jamais dans les équations fondamentales de la physique (comme F=ma). Deuxièmement, les lois physiques sont globales : elles mettent en relation l'état complet de l'univers (ou d'une grande région de l'espace-temps) à un instant avec son état à un autre instant, et non des événements locaux isolés comme le voudrait notre concept ordinaire de cause. Troisièmement, les lois physiques fondamentales sont symétriques dans le temps : elles permettent de prédire l'avenir à partir du présent, mais aussi de « rétrédire » le passé à partir du présent. Or, la causalité est asymétrique : les causes précèdent leurs effets, pas l'inverse<ref>Blanchard, T. (2016). « Physics and Causation », ''Philosophy Compass'', 11(5), p. 256-266</ref>. Russell conclut que la « loi de causalité », selon laquelle tout événement a une cause, est « une relique d'une ère révolue, survivant, comme la monarchie, seulement parce qu'on suppose à tort qu'elle ne fait pas de mal ». La physique moderne nous montre un univers de relations fonctionnelles mathématiques, non un univers de causes et d'effets. ===Réponses et controverses=== L'argument de Russell a suscité un débat qui continue aujourd'hui. Certains philosophes, comme John Norton, Huw Price ou Hartry Field, défendent une position néo-russellienne : la causalité n'appartient pas à l'ontologie fondamentale révélée par la physique, mais est au mieux un concept utile pour des descriptions de niveau supérieur ou une projection anthropomorphique<ref>Field, H. (2003). « Causation in a Physical World », in M. Loux & D. Zimmerman (eds.), ''The Oxford Handbook of Metaphysics'', Oxford : Oxford University Press</ref><ref>Norton, J. D. (2003). « Causation as Folk Science », ''Philosophers' Imprint'', 3(4), p. 1-22</ref>. D'autres philosophes résistent à cette conclusion. Ils font valoir que même si le vocabulaire causal n'apparaît pas explicitement dans les équations physiques, les physiciens utilisent constamment des notions causales dans leur pratique : ils parlent d'interactions causales, de propagation de signaux, d'effets d'une force, etc. De plus, certaines structures de la physique moderne peuvent être interprétées en termes causaux : par exemple, la relativité restreinte avec son cône de lumière établit des contraintes sur les relations causales possibles (seuls les événements dans le cône de lumière passé d'un événement peuvent l'influencer causalement)<ref>Frisch, M. (2020). « Causation in Physics », ''Stanford Encyclopedia of Philosophy''</ref>. Une position médiane consiste à distinguer différents niveaux d'analyse : la physique fondamentale décrirait des structures non causales (ou pré-causales), tandis que les sciences spéciales et le sens commun utiliseraient légitimement des concepts causaux pour décrire des régularités à des échelles supérieures. La causalité serait alors une notion émergente ou contextuelle, non fondamentale mais non moins réelle pour autant. ===Causalité et mécanique quantique=== La mécanique quantique soulève des questions spécifiques sur la causalité. Le principe d'indéterminisme quantique affirme que certains processus (comme la désintégration d'un atome radioactif) se produisent spontanément, sans cause déterminante. Cela remet en question le principe traditionnel selon lequel tout événement a une cause. De plus, certains phénomènes quantiques, comme l'intrication (entanglement), semblent violer la localité causale : la mesure d'une particule intriquée semble avoir un effet instantané sur l'état d'une particule distante, sans transmission de signal à une vitesse inférieure ou égale à celle de la lumière. Cela a conduit certains physiciens et philosophes à repenser profondément la notion de causalité dans le contexte quantique, en proposant par exemple des notions de « causalité contextuelle » ou de « causalité formelle »<ref>Philosophyjournal.spbu.ru (2020). « On Quantum Causality », ''Philosophy Journal SPbU'', 13(2), p. 180-195</ref>. ==Théories contemporaines de la causalité== ===Théories probabilistes=== Les théories probabilistes de la causalité cherchent à capturer l'idée que les causes ne nécessitent pas toujours leurs effets, mais les rendent plus probables. Patrick Suppes a développé une approche probabiliste selon laquelle un événement C est une cause prima facie d'un événement E si et seulement si : (1) C précède E dans le temps ; (2) la probabilité de C est supérieure à zéro ; (3) la probabilité de E sachant C est supérieure à la probabilité de E seul : P(E|C) > P(E)<ref>Suppes, P. (1970). ''A Probabilistic Theory of Causality'', Amsterdam : North-Holland Publishing Company</ref>. Cette approche permet de traiter les cas de causalité indéterministe (où une cause peut produire ou non son effet) et s'applique bien aux sciences qui utilisent des méthodes statistiques, comme l'épidémiologie ou les sciences sociales. Cependant, elle fait face à des difficultés : notamment, comment distinguer les corrélations dues à une cause commune des véritables relations causales ? Suppes introduit la notion de cause totale pour répondre à ce problème : C est la cause totale de E s'il n'existe aucune autre variable qui, conditionnellement à C, modifie la probabilité de E<ref>Reiss, J. (2016). « Suppes' Probabilistic Theory of Causality and its Application to Economics », ''Journal of Economic Methodology'', 23(4), p. 370-387</ref>. ===Théories mécanistes et pouvoirs causaux=== Les théories mécanistes de la causalité, développées notamment par Wesley Salmon, Stuart Glennan et Peter Machamer, proposent de comprendre la causalité en termes de processus causaux et de mécanismes. Un processus causal est un processus physique continu capable de transmettre une « marque » ou une quantité conservée (comme l'énergie ou la quantité de mouvement). Un mécanisme causal est un système organisé d'entités et d'activités qui produisent régulièrement un certain type d'effet<ref>Glennan, S. (1996). « Mechanisms and the Nature of Causation », ''Erkenntnis'', 44(1), p. 49-71</ref><ref>Machamer, P., Darden, L., & Craver, C. F. (2000). « Thinking about Mechanisms », ''Philosophy of Science'', 67(1), p. 1-25</ref>. Parallèlement, les théories des pouvoirs causaux (ou dispositions) soutiennent que les objets possèdent des pouvoirs intrinsèques qui sont activés dans certaines circonstances. La causalité ne serait pas une simple régularité entre événements distincts, mais l'exercice de ces pouvoirs. Cette approche, qui remonte à Aristote et a été défendue par Harré, Madden, Cartwright et Mumford, propose de concevoir les causes comme « disposant vers » leurs effets plutôt que les nécessitant strictement<ref>Mumford, S. & Anjum, R. L. (2011). « A Powerful Theory of Causation », in ''Getting Causes from Powers'', Oxford : Oxford University Press</ref>. Ces approches mécanistes et dispositionnalistes cherchent à réintroduire une notion robuste de causalité en ontologie, contre les approches réductionnistes ou éliminativistes. Elles mettent l'accent sur la production causale réelle plutôt que sur la simple régularité ou dépendance contrefactuelle. ===Causalité mentale et le monisme anomal de Davidson=== Un problème spécifique de la causalité se pose dans le domaine de la causalité mentale : comment les états mentaux (croyances, désirs, intentions) peuvent-ils causer des événements physiques (comme des actions corporelles) ? Donald Davidson propose une solution avec sa théorie du monisme anomal. Selon cette théorie, les événements mentaux sont identiques aux événements physiques (monisme), mais ils ne peuvent être subsumés sous des lois strictes reliant le mental et le physique (anomalisme). Les événements mentaux causent des événements physiques en vertu de leur identité avec des événements physiques qui tombent sous des lois physiques, mais ils ne peuvent être expliqués par des lois psychophysiques<ref>Davidson, D. (1970). « Mental Events », in ''Essays on Actions and Events'', Oxford : Clarendon Press, 1980</ref>. Cette position a été largement critiquée. Si les événements mentaux ne causent que parce qu'ils sont identiques à des événements physiques qui tombent sous des lois physiques, alors leurs propriétés mentales semblent causalement inertes (problème de l'épiphénoménalisme). Davidson répond que cette objection confond les événements (qui sont les relata de la relation causale) et les descriptions ou propriétés (qui figurent dans les explications causales). Un événement peut causer un autre événement en vertu de certaines de ses propriétés, même si cet événement pourrait aussi être décrit sous d'autres propriétés tombant sous d'autres lois<ref>De Pinedo, M. (2006). « Anomalous Monism : Oscillating between Dogmas », ''Synthese'', 148, p. 79-97</ref>. ==Conclusion== La causalité demeure une notion philosophiquement problématique malgré son omniprésence dans la pensée scientifique et ordinaire. Du questionnement aristotélicien sur la pluralité des causes à la critique humienne de la connexion nécessaire, de la tentative kantienne de sauver la causalité comme catégorie a priori aux débats contemporains sur la place de la causalité en physique fondamentale, l'histoire de la philosophie témoigne de la difficulté persistante à comprendre ce que signifie qu'une chose en cause une autre. Aucune théorie ne s'est imposée comme définitive. Les approches régularistes, contrefactuelles, probabilistes, mécanistes et dispositionnalistes offrent chacune des éclairages différents sur des aspects distincts de la causalité. Cette pluralité théorique reflète peut-être la pluralité des usages du concept de cause dans différents contextes : la causalité en physique fondamentale n'est peut-être pas la même que la causalité en biologie, en sciences sociales ou dans le sens commun. Plutôt qu'une notion univoque, la causalité apparaît comme un ensemble de notions apparentées mais distinctes, unifiées par l'idée générale de « faire une différence » ou de « production ». Comprendre la causalité exige donc non pas de trouver une définition unique et universelle, mais d'analyser les différentes formes que prend la relation causale dans différents domaines et de clarifier leurs présuppositions méthodologiques et ontologiques respectives. La causalité reste ainsi un concept fondamental mais pluriel, irréductible à une formule simple mais indispensable pour penser le changement, l'action et l'explication dans le monde. == Notes et références == {{references|colonnes=2}} ==Bibliographie== ; Sources primaires classiques * Aristote. ''Physique'', livre II, trad. P. Pellegrin, Paris, Flammarion, 2002. * Aristote. ''Métaphysique'', livre Δ, trad. M.-P. Duminil et A. Jaulin, Paris, Flammarion, 2008. * Thomas d'Aquin. ''Somme théologique'', I-II, q. 1, Paris, Cerf, 1984. * Descartes, René. ''Les Passions de l'âme'' (1649), in ''Œuvres'', éd. Adam-Tannery, Paris, Vrin, 1996. * Spinoza, Baruch. ''Éthique'' (1677), trad. B. Pautrat, Paris, Seuil, 1988. * Leibniz, Gottfried Wilhelm. ''Théodicée'' (1710), Paris, Flammarion, 1969. * Malebranche, Nicolas. ''De la recherche de la vérité'' (1674-1675), in ''Œuvres complètes'', éd. A. Robinet, Paris, Vrin, 1958-1984. * Hume, David. 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Cet article examine les principales problématiques philosophiques soulevées par cette notion. == La certitude et ses conditions == La certitude se définit d'abord par opposition au doute. Alors que le doute suspend l'assentiment, la certitude l'affirme sans réserve. Mais cette fermeté subjective suffit-elle ? Un sentiment de certitude peut être trompeur : on peut se croire certain et se tromper. La certitude authentique exige donc plus qu'un simple état psychologique ; elle réclame une garantie objective. Les philosophes ont cherché à établir les conditions de la certitude légitime. Trois questions se posent : * La nature de la certitude : est-elle un sentiment subjectif ou une propriété objective de la connaissance ? * Les critères de la certitude : à quelles conditions peut-on être légitimement certain ? * L'étendue de la certitude : de quoi peut-on être certain, et que reste-t-il nécessairement incertain ? == Le doute méthodique et la certitude du cogito == René Descartes inaugure la philosophie moderne en faisant du doute l'instrument de la recherche de la certitude. Dans les ''Méditations métaphysiques'' (1641), il soumet toutes les connaissances antérieures à un doute systématique<ref>René Descartes, ''Méditations métaphysiques'', Méditation première, Paris, GF-Flammarion, 1979, p. 57-63</ref>. Les sens nous trompent parfois, donc leur témoignage n'est pas absolument certain. Les raisonnements mathématiques eux-mêmes pourraient être faussés si un malin génie nous induisait en erreur. Ce doute hyperbolique n'a cependant pas pour but de conduire au scepticisme, mais de découvrir ce qui résiste au doute. Descartes trouve cette certitude première dans le ''cogito'' : "Je pense, donc je suis" (''cogito, ergo sum''). Même si je doute de tout, je ne peux douter que je doute, donc que je pense, donc que j'existe en tant que chose pensante<ref>Descartes, ''Méditations métaphysiques'', Méditation seconde, éd. cit., p. 68-69</ref>. Cette certitude présente plusieurs caractéristiques remarquables : * Elle est immédiate : elle ne repose sur aucun raisonnement préalable * Elle est indubitable : le doute lui-même la confirme * Elle est évidente : elle s'impose à l'esprit avec une clarté parfaite À partir de cette première certitude, Descartes reconstruit l'édifice du savoir. La certitude de l'existence de Dieu, déduite des preuves rationnelles, garantit ensuite que nos idées claires et distinctes ne sont pas trompeuses. Dieu, être parfait, ne peut être trompeur ; il assure la véracité de nos facultés de connaissance lorsqu'elles sont correctement employées<ref>Descartes, ''Méditations métaphysiques'', Méditation troisième, éd. cit., p. 92-105</ref>. == La certitude chez Kant : les conditions a priori de l'expérience == Emmanuel Kant transforme profondément la question de la certitude dans la ''Critique de la raison pure'' (1781). Il ne cherche plus, comme Descartes, une première certitude à partir de laquelle déduire tout le reste, mais s'interroge sur les conditions de possibilité de la connaissance certaine. Kant distingue deux types de jugements<ref>Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pure'', Introduction, trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, 1971, p. 31-36</ref> : * Les jugements analytiques : le prédicat est contenu dans le concept du sujet (exemple : "Tous les corps sont étendus"). Ils sont certains mais n'apprennent rien de nouveau. * Les jugements synthétiques : le prédicat ajoute quelque chose au concept du sujet. S'ils sont tirés de l'expérience (''a posteriori''), ils ne peuvent être qu'empiriquement vrais, donc sans certitude absolue. La question centrale devient alors : comment des jugements synthétiques ''a priori'' sont-ils possibles ? Comment peut-on connaître avec certitude quelque chose de nouveau, indépendamment de l'expérience ? La réponse de Kant réside dans sa "révolution copernicienne" en philosophie. Ce ne sont pas nos représentations qui se règlent sur les objets, mais les objets qui se règlent sur nos représentations<ref>Kant, ''Critique de la raison pure'', Préface de la seconde édition, éd. cit., p. 18-19</ref>. Notre esprit ne reçoit pas passivement les données de l'expérience ; il les structure activement selon des formes ''a priori'' : * L'espace et le temps sont les formes pures de la sensibilité * Les catégories (substance, causalité, etc.) sont les concepts purs de l'entendement Ces structures transcendantales rendent possible l'expérience elle-même. Nous pouvons en avoir une connaissance certaine précisément parce qu'elles ne proviennent pas de l'expérience mais la conditionnent. La certitude des mathématiques et de la physique pure repose sur ces conditions ''a priori''. Toutefois, cette certitude a un prix : nous ne connaissons que les phénomènes (les choses telles qu'elles nous apparaissent), jamais les noumènes (les choses en soi)<ref>Kant, ''Critique de la raison pure'', "Analytique transcendantale", éd. cit., p. 234-240</ref>. La certitude est ainsi limitée au champ de l'expérience possible. == Certitude, croyance vraie et justification == Au XXe siècle, la philosophie analytique définit traditionnellement la connaissance comme une croyance vraie justifiée. Pour qu'une croyance constitue une connaissance, trois conditions doivent être remplies : # La proposition doit être vraie # Le sujet doit y croire # Cette croyance doit être justifiée Cette définition semble impliquer que la connaissance procure la certitude. Pourtant, en 1963, Edmund Gettier publie un article fameux qui montre que ces trois conditions ne suffisent pas<ref>Edmund Gettier, "Is Justified True Belief Knowledge?", ''Analysis'', vol. 23, n° 6, 1963, p. 121-123</ref>. Il imagine des cas où quelqu'un a une croyance vraie et justifiée sans pour autant posséder une véritable connaissance. Exemple classique : Paul croit que "quelqu'un dans le bureau a une Ford" parce qu'il a vu Marc entrer au bureau avec une Ford. Sa croyance est justifiée. Elle est vraie, mais par hasard : Marc n'a pas de Ford (il l'a empruntée), tandis que Jacques, autre employé, en possède une à l'insu de Paul. La croyance de Paul est vraie et justifiée, mais le lien entre la justification et la vérité est accidentel. Les cas de Gettier montrent que la certitude ne peut se réduire à la conjonction de la vérité, de la croyance et de la justification. Il faut une connexion appropriée entre ces éléments. Cette difficulté a engendré d'innombrables débats sur la nature exacte de la connaissance et de la certitude. == La critique de la certitude : scepticisme et faillibilisme == Le scepticisme ancien, représenté par Pyrrhon et les Académiciens, suspendait tout jugement (''épochè'') faute de critère certain pour distinguer le vrai du faux. Cette attitude vise la tranquillité de l'âme (''ataraxie'') plutôt que la connaissance. Le scepticisme moderne, notamment chez David Hume, adopte une position plus nuancée. Hume soutient que nous ne pouvons avoir de certitude concernant les liens de causalité<ref>David Hume, ''Enquête sur l'entendement humain'', Section IV, trad. A. Leroy, Paris, Aubier-Montaigne, 1947, p. 71-89</ref>. L'expérience nous montre des successions régulières, mais jamais la nécessité qui lierait une cause à son effet. L'habitude et la coutume, non la raison, nous font anticiper l'avenir à partir du passé. Le faillibilisme, développé notamment par Charles Sanders Peirce et Karl Popper, reconnaît que toute connaissance humaine est faillible et révocable. Selon Popper, aucune théorie scientifique ne peut être définitivement vérifiée ; elle peut seulement être réfutée (falsifiée)<ref>Karl Popper, ''La Logique de la découverte scientifique'', trad. N. Thyssen-Rutten et Ph. Devaux, Paris, Payot, 1973, p. 37-45</ref>. La certitude absolue est donc impossible en science. Cette position ne conduit pas au scepticisme paralysant. Nous pouvons avoir des connaissances fiables et bien fondées sans prétendre à une certitude absolue. La connaissance progresse par conjectures et réfutations, non par accumulation de certitudes. == Wittgenstein : certitude et jeux de langage == Dans ''De la certitude'' (''Über Gewißheit''), rédigé à la fin de sa vie (1949-1951), Ludwig Wittgenstein propose une approche radicalement nouvelle de la certitude<ref>Ludwig Wittgenstein, ''De la certitude'', trad. J. Fauve, Paris, Gallimard, 1976</ref>. Il part d'une critique de G. E. Moore qui prétendait réfuter le scepticisme en affirmant "Je sais que voici une main" tout en montrant sa main. Pour Wittgenstein, cette affirmation est dépourvue de sens dans son usage ordinaire. Dire "je sais" implique qu'il serait possible de douter, or certaines propositions ne sont pas l'objet d'un savoir mais constituent le socle sur lequel repose tout savoir. "J'ai deux mains", "La Terre existe depuis longtemps", "Mon nom est..." ne sont pas des hypothèses que je vérifie, mais des certitudes qui rendent possibles mes questions et mes doutes<ref>Wittgenstein, ''De la certitude'', § 341-343, éd. cit., p. 93-94</ref>. Ces certitudes fondamentales ne sont pas des axiomes établis par intuition rationnelle. Elles constituent plutôt ce que Wittgenstein nomme une image du monde (''Weltbild''), héritée de notre éducation et de notre appartenance à une forme de vie<ref>Wittgenstein, ''De la certitude'', § 94-96, éd. cit., p. 40</ref>. Elles ne sont pas vraies ou fausses au sens ordinaire ; elles définissent plutôt ce qui compte comme vrai ou faux dans un jeu de langage donné. Wittgenstein utilise la métaphore du lit de la rivière : certaines propositions sont comme les eaux qui coulent (nos connaissances empiriques, révisables), d'autres sont comme le lit rocheux qui permet à l'eau de couler (nos certitudes fondamentales). Ce qui est roc peut devenir fleuve, et inversement, mais pas tout à la fois<ref>Wittgenstein, ''De la certitude'', § 96-99, éd. cit., p. 40-41</ref>. Cette conception dissout le problème traditionnel de la certitude : chercher un fondement absolument certain pour la connaissance est une entreprise vaine. La certitude n'est pas une propriété épistémologique supérieure, mais une fonction pratique dans nos jeux de langage. == La vérité comme dévoilement : Heidegger et la certitude == Martin Heidegger critique la conception traditionnelle de la vérité comme adéquation (''adaequatio rei et intellectus'') pour retrouver le sens originel grec de vérité comme dévoilement (''alèthéia'')<ref>Martin Heidegger, ''Être et Temps'', § 44, trad. E. Martineau, Paris, Authentica, 1985, p. 213-230</ref>. Pour les Grecs anciens, la vérité n'était pas d'abord une propriété des jugements, mais l'émergence des choses hors du retrait, leur manifestation. Une chose est vraie quand elle se montre telle qu'elle est. Cette conception précède la distinction sujet-objet qui fonde la problématique moderne de la certitude. Selon Heidegger, la transformation de la vérité en certitude s'accomplit avec Descartes. Le ''cogito'' cartésien fait du sujet pensant le fondement de la vérité : est vrai ce dont je suis certain<ref>Martin Heidegger, "L'époque des conceptions du monde", dans ''Chemins qui ne mènent nulle part'', trad. W. Brokmeier, Paris, Gallimard, 1962, p. 99-146</ref>. La vérité devient une propriété du jugement subjectif, mesurée par la certitude du sujet connaissant. Cette mutation, loin d'être un progrès, marque pour Heidegger l'oubli de l'être et l'avènement de la subjectivité moderne. La quête de certitude absolue reflète la volonté du sujet de maîtriser l'étant, de le réduire à l'état d'objet calculable et manipulable. Elle culmine dans la domination technique du monde moderne. Heidegger ne propose pas de revenir à un état antérieur, mais invite à penser autrement le rapport à la vérité. Plutôt que de chercher des certitudes absolues, il s'agit de s'ouvrir au dévoilement de l'être, d'accueillir ce qui se manifeste dans son énigme même. == Certitude pratique et certitude théorique == La distinction entre certitude théorique et certitude pratique traverse l'histoire de la philosophie. Aristote déjà notait que la précision requise varie selon les domaines : on n'attend pas la même rigueur en politique qu'en mathématiques<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', I, 3, 1094b11-27</ref>. Kant systématise cette distinction. La certitude théorique concerne la connaissance des phénomènes ; elle repose sur les conditions ''a priori'' de l'expérience. Mais dans le domaine pratique (moral), nous ne pouvons avoir de certitude théorique sur l'existence de Dieu, la liberté ou l'immortalité de l'âme. Pourtant, nous devons les postuler pour que la moralité ait un sens<ref>Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pratique'', "Dialectique", trad. F. Picavet, Paris, PUF, 1965, p. 124-148</ref>. Il y a donc une "foi rationnelle" pratique distincte de la certitude théorique. Dans la vie quotidienne, nous agissons constamment sur la base de certitudes pratiques qui ne sont pas des certitudes théoriques absolues. Je suis pratiquement certain que le soleil se lèvera demain, que mon train arrivera à l'heure prévue, que mon ami tiendra sa promesse. Ces certitudes suffisent pour l'action sans prétendre à l'apodicticité des mathématiques. Pascal radicalise cette distinction. Face à l'incertitude théorique concernant l'existence de Dieu, il propose le fameux "pari". Puisque la raison ne peut trancher, considérons l'enjeu pratique : parier sur l'existence de Dieu peut nous faire gagner la vie éternelle, parier contre risque de la perdre<ref>Blaise Pascal, ''Pensées'', fragment 418 (éd. Brunschvicg), Paris, Garnier-Flammarion, 1976, p. 189-193</ref>. La certitude pratique se substitue à l'impossible certitude théorique. == La certitude en mathématiques == Les mathématiques ont longtemps été considérées comme le domaine de la certitude par excellence. Leur méthode démonstrative, partant d'axiomes évidents pour en déduire des théorèmes nécessaires, semblait garantir une connaissance absolument certaine. Kant voyait dans les mathématiques l'exemple même de la connaissance synthétique ''a priori'' : elles ne se contentent pas d'analyser des concepts (comme la logique) mais construisent des objets dans l'intuition pure<ref>Kant, ''Critique de la raison pure'', "Doctrine transcendantale de la méthode", éd. cit., p. 530-550</ref>. Cette construction assure leur certitude apodictique. Toutefois, au XXe siècle, les fondements des mathématiques sont ébranlés. Les géométries non-euclidiennes montrent que les axiomes d'Euclide, tenus pour évidents pendant deux millénaires, peuvent être remplacés par d'autres axiomes également cohérents. Les théorèmes de Gödel (1931) démontrent que dans tout système formel suffisamment riche pour contenir l'arithmétique, il existe des propositions indécidables : ni démontrables ni réfutables dans le système<ref>Kurt Gödel, "Über formal unentscheidbare Sätze der Principia Mathematica und verwandter Systeme I", ''Monatshefte für Mathematik und Physik'', vol. 38, 1931, p. 173-198</ref>. Ces résultats ne signifient pas l'effondrement des mathématiques, mais invitent à repenser la nature de la certitude mathématique. Celle-ci ne repose plus sur l'évidence des axiomes mais sur la cohérence formelle des systèmes. Les mathématiques perdent leur statut de connaissance absolument certaine du réel pour devenir un ensemble de structures formelles dont nous explorons les propriétés. == Certitude et action : le pragmatisme == Le pragmatisme américain, avec Charles Sanders Peirce, William James et John Dewey, conteste l'idée qu'il faille chercher des certitudes absolues avant d'agir. Pour Peirce, le doute authentique naît d'un obstacle rencontré dans l'action, non d'une spéculation abstraite<ref>Charles S. Peirce, "The Fixation of Belief", ''Popular Science Monthly'', vol. 12, 1877, p. 1-15</ref>. La croyance est une habitude d'action ; l'enquête vise à rétablir cette habitude lorsqu'elle est perturbée. La certitude n'est donc pas un état mental privilégié mais l'absence de doute actif. Chercher des certitudes absolues est une entreprise vaine et paralysante. Ce qui importe, c'est d'avoir des croyances suffisamment fiables pour guider l'action de manière efficace. William James étend cette approche. Une croyance est vraie si elle "fonctionne", si elle permet de réussir dans la pratique<ref>William James, ''Le Pragmatisme'', trad. E. Le Brun, Paris, Flammarion, 1968, p. 132-150</ref>. Cette conception instrumentaliste de la vérité modifie profondément le statut de la certitude : plutôt qu'un fondement absolu, elle devient un guide provisoire pour l'action, toujours révisable à la lumière de l'expérience. Dewey développe cette perspective dans sa théorie de l'enquête. La connaissance naît de situations problématiques qui appellent une résolution. L'enquête vise non la certitude théorique mais l'assertibilité garantie : des conclusions suffisamment fondées pour permettre l'action<ref>John Dewey, ''Logique : La théorie de l'enquête'', trad. G. Deledalle, Paris, PUF, 1967, p. 171-189</ref>. == Conclusion == La certitude occupe une place ambiguë dans l'histoire de la philosophie. D'un côté, elle représente l'idéal de la connaissance : savoir avec certitude, c'est savoir vraiment. Les philosophes ont cherché inlassablement un fondement absolument certain pour le savoir, espérant échapper au doute et à l'erreur. D'un autre côté, cette quête s'est révélée semée d'embûches. Le scepticisme ancien et moderne a montré la fragilité de nos prétentions à la certitude. Les révolutions scientifiques et mathématiques du XXe siècle ont ébranlé les certitudes apparemment les plus solides. La philosophie contemporaine, avec Wittgenstein, Heidegger et les pragmatistes, invite à renoncer à l'idéal de certitude absolue sans pour autant sombrer dans le relativisme. Peut-être faut-il distinguer plusieurs sens de la certitude : * La certitude psychologique : sentiment subjectif de n'avoir aucun doute * La certitude épistémologique : connaissance justifiée de manière optimale selon les critères disponibles * La certitude pratique : assurance suffisante pour guider l'action * La certitude métaphysique : vérité absolue et indubitable (idéal inaccessible ?) La philosophie critique nous apprend que la certitude absolue n'est peut-être ni possible ni nécessaire. Il suffit que nos connaissances soient suffisamment fiables et révisables, que nos actions reposent sur des croyances raisonnablement fondées. La sagesse consisterait alors non à rechercher des certitudes impossibles, mais à cultiver une confiance critique dans nos capacités de connaître et d'agir, tout en restant ouverts à la correction de nos erreurs. Comme l'écrit Wittgenstein : "Le jeu de langage ne repose pas sur des fondements. Il n'est ni rationnel ni irrationnel. Il est là – telle notre vie."<ref>Wittgenstein, ''De la certitude'', § 559, éd. cit., p. 129</ref> == Notes et références == {{references|colonnes=2}} == Bibliographie == * Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1990 * Descartes René, ''Méditations métaphysiques'', Paris, GF-Flammarion, 1979 * Dewey John, ''Logique : La théorie de l'enquête'', trad. G. Deledalle, Paris, PUF, 1967 * Gettier Edmund, "Is Justified True Belief Knowledge?", ''Analysis'', vol. 23, n° 6, 1963, p. 121-123 * Gödel Kurt, "Über formal unentscheidbare Sätze der Principia Mathematica und verwandter Systeme I", ''Monatshefte für Mathematik und Physik'', vol. 38, 1931, p. 173-198 * Heidegger Martin, ''Être et Temps'', trad. E. Martineau, Paris, Authentica, 1985 * Heidegger Martin, ''Chemins qui ne mènent nulle part'', trad. W. Brokmeier, Paris, Gallimard, 1962 * Hume David, ''Enquête sur l'entendement humain'', trad. A. Leroy, Paris, Aubier-Montaigne, 1947 * James William, ''Le Pragmatisme'', trad. E. Le Brun, Paris, Flammarion, 1968 * Kant Emmanuel, ''Critique de la raison pure'', trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, 1971 * Kant Emmanuel, ''Critique de la raison pratique'', trad. F. Picavet, Paris, PUF, 1965 * Pascal Blaise, ''Pensées'', Paris, Garnier-Flammarion, 1976 * Peirce Charles S., "The Fixation of Belief", ''Popular Science Monthly'', vol. 12, 1877 * Popper Karl, ''La Logique de la découverte scientifique'', trad. N. Thyssen-Rutten et Ph. Devaux, Paris, Payot, 1973 * Wittgenstein Ludwig, ''De la certitude'', trad. J. Fauve, Paris, Gallimard, 1976 {{autocat}} 4wg4jnnv78r581julinsxvai7qle9l0 Dictionnaire de philosophie/Connaissance 0 83047 768236 767897 2026-06-21T05:14:30Z PandaMystique 119061 Bot : ajout du paramètre lecture=oui au modèle {{DicoPhilo}} 768236 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Connaissance|lecture=oui}} La notion de connaissance traverse l'histoire de la philosophie comme l'un de ses problèmes centraux. Depuis l'interrogation platonicienne jusqu'aux débats contemporains sur la justification épistémique, les philosophes se sont efforcés de comprendre ce que signifie savoir, comment nous acquérons nos connaissances et quelles sont les limites de notre capacité cognitive. Cette question apparemment simple — qu'est-ce que connaître ? — s'est révélée d'une complexité redoutable, engageant des réflexions sur la nature de la vérité, la structure de la pensée, le rôle de l'expérience et les rapports entre le sujet connaissant et l'objet connu. ==Définition et problématique générale== La connaissance désigne généralement une forme particulière de rapport qu'un sujet entretient avec un objet, rapport qui se distingue de la simple opinion ou croyance par sa prétention à la vérité et sa justification rationnelle. Contrairement à la croyance, qui peut être vraie ou fausse sans que le sujet en possède de garantie certaine, la connaissance implique une relation privilégiée au vrai, fondée sur des raisons ou des preuves<ref>Platon, ''Théétète'', 201c-d, trad. M. Narcy, Paris, Flammarion, 2016.</ref>. Cette distinction classique soulève immédiatement plusieurs questions fondamentales : qu'est-ce qui transforme une croyance vraie en connaissance ? Quelle sorte de justification est requise ? Comment distinguer entre ce qui relève du savoir authentique et ce qui n'est qu'apparence de savoir ? La tradition philosophique a longtemps admis, depuis Platon, que la connaissance se définit comme « croyance vraie justifiée » : pour qu'un sujet S connaisse une proposition P, il faut (1) que S croie que P, (2) que P soit vraie, et (3) que S possède une justification adéquate pour croire que P<ref>Edmund Gettier, « Is True Justified Belief Knowledge? », ''Analysis'', vol. 23, 1963, p. 121-123.</ref>. Cette définition tripartite, bien qu'apparemment simple, cache des difficultés considérables qui ont alimenté les controverses épistémologiques pendant des siècles. La question de la nature de la justification, en particulier, divise profondément les philosophes : faut-il que le sujet ait conscience de cette justification (internalisme), ou suffit-il que la croyance soit produite par un processus fiable (externalisme) ? La justification doit-elle être infaillible ou peut-elle être probabiliste ? Ces interrogations structurent encore aujourd'hui le paysage de l'épistémologie contemporaine. ==Les sources de la connaissance : raison et expérience== L'une des controverses les plus anciennes et les plus fécondes en philosophie oppose les partisans de la raison à ceux de l'expérience sensible comme source première de nos connaissances. Cette opposition entre rationalisme et empirisme, cristallisée à l'époque moderne, structure profondément notre compréhension de la connaissance humaine et de ses fondements. ===Le rationalisme=== Le rationalisme soutient que certaines de nos connaissances les plus fondamentales ne dérivent pas de l'expérience, mais procèdent de la raison elle-même. Cette position trouve ses racines chez Platon, pour qui la vraie connaissance (''epistêmê'') se distingue rigoureusement de l'opinion (''doxa'') parce qu'elle porte sur des réalités intelligibles et éternelles — les Formes ou Idées — et non sur le monde sensible, instable et changeant<ref>Platon, ''République'', livres VI-VII, trad. G. Leroux, Paris, Flammarion, GF, 2002.</ref>. Dans l'allégorie de la caverne, Platon montre comment le philosophe doit s'affranchir des apparences sensibles pour accéder aux vérités intelligibles, accessibles seulement par la dialectique, méthode rationnelle par excellence. Le rationalisme moderne, inauguré par René Descartes (1596-1650), pousse cette confiance dans la raison. Dans les ''Méditations métaphysiques'' (1641), Descartes établit que la première certitude — le ''cogito'' (« je pense, donc je suis ») — ne dérive pas de l'expérience sensible, mais d'une intuition rationnelle immédiate<ref>René Descartes, ''Méditations métaphysiques'', méditation seconde, dans ''Œuvres de Descartes'', éd. Charles Adam et Paul Tannery, Paris, Vrin, 1996, t. VII, p. 25.</ref>. Pour Descartes, l'esprit possède des idées innées — telles que l'idée de Dieu, l'idée de substance ou les vérités mathématiques — qui ne peuvent provenir de l'expérience sensible, toujours trompeuse et incertaine<ref>René Descartes, ''Méditations métaphysiques'', méditation cinquième, AT VII, p. 63-68.</ref>. La méthode cartésienne repose sur la découverte de ces vérités évidentes par l'intuition intellectuelle et leur enchaînement rigoureux par déduction, à la manière des mathématiques. Cette tradition rationaliste trouve son accomplissement dans le système de Gottfried Wilhelm Leibniz (1646-1716) et Baruch Spinoza (1632-1677). Spinoza développe dans l'''Éthique'' (1677) une conception ambitieuse de la connaissance structurée en trois genres : la connaissance par ouï-dire ou expérience vague, la connaissance rationnelle par notions communes, et enfin la connaissance intuitive, la plus haute forme de savoir, qui saisit l'essence singulière des choses dans leur rapport à la substance divine<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', partie II, proposition 40, scolie 2, trad. Bernard Pautrat, Paris, Seuil, 1988, p. 179-181.</ref>. Cette dernière forme de connaissance, loin d'être abstraite, appréhend le particulier dans sa nécessité éternelle, montrant comment chaque chose découle de la nature divine selon un ordre géométrique. ===L'empirisme=== L'empirisme s'oppose frontalement à cette valorisation de la raison en affirmant que toutes nos connaissances proviennent ultimement de l'expérience sensible. Cette position, défendue notamment par les philosophes britanniques du XVII{{exp|e}} et XVIII{{exp|e}} siècle, refuse l'existence d'idées innées et soutient que l'esprit est au départ comme une « table rase » (''tabula rasa'') sur laquelle l'expérience vient inscrire progressivement son contenu<ref>John Locke, ''Essai sur l'entendement humain'', livre I, chapitre 1, §2, trad. Jean-Michel Vienne, Paris, Vrin, 2001, p. 73.</ref>. John Locke (1632-1704), dans son ''Essai sur l'entendement humain'' (1690), critique systématiquement la doctrine des idées innées et établit que toutes nos idées dérivent soit de la sensation (expérience externe), soit de la réflexion (expérience interne)<ref>John Locke, ''Essai sur l'entendement humain'', livre II, chapitre 1, §2-4, p. 117-119.</ref>. Les idées simples sont reçues passivement par l'esprit, tandis que les idées complexes résultent d'opérations mentales de combinaison, comparaison et abstraction. Cette théorie empiriste de la connaissance implique une limitation de notre savoir : nous ne pouvons connaître que ce qui a été préalablement expérimenté ou ce qui peut être construit à partir de l'expérience. David Hume (1711-1776) pousse l'empirisme dans ses dernières conséquences sceptiques. Dans le ''Traité de la nature humaine'' (1739), il distingue entre impressions (perceptions vives issues de l'expérience immédiate) et idées (copies affaiblies des impressions dans la mémoire et l'imagination)<ref>David Hume, ''Traité de la nature humaine'', livre I, partie I, section 1, trad. Philippe Saltel, Paris, Flammarion, GF, 1995, p. 51-52.</ref>. Cette distinction fondamentale implique qu'aucune idée n'est légitime si elle ne peut être ramenée à des impressions correspondantes. Hume en tire des conclusions dévastatrices pour la métaphysique traditionnelle : les notions de substance, de causalité nécessaire ou d'âme spirituelle ne reposent sur aucune impression réelle et doivent donc être rejetées comme de simples fictions de l'imagination. La critique humienne de la causalité est particulièrement vigoureuse. Hume montre que l'idée de connexion nécessaire entre cause et effet ne dérive d'aucune impression sensible : nous observons seulement une succession régulière de phénomènes, jamais la nécessité de leur liaison<ref>David Hume, ''Traité de la nature humaine'', livre I, partie III, section 2, p. 123-129.</ref>. La croyance causale résulte simplement de l'habitude contractée par l'esprit suite à la répétition d'expériences similaires. Cette analyse transforme ce qui semblait une connaissance rationnelle nécessaire en une simple croyance psychologique, fondée sur la coutume plutôt que sur la raison. Le scepticisme humien ébranle ainsi les fondements mêmes de la connaissance scientifique, qui repose massivement sur l'inférence causale. ===La synthèse kantienne=== Emmanuel Kant (1724-1804) propose, dans la ''Critique de la raison pure'' (1781), une synthèse audacieuse entre rationalisme et empirisme. Réveillé de son « sommeil dogmatique » par la lecture de Hume, Kant reconnaît que « toute notre connaissance commence avec l'expérience », mais refuse d'en conclure qu'elle « dérive toute de l'expérience »<ref>Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pure'', introduction, B 1, trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, collection Quadrige, 2012 , p. 31.</ref>. La révolution copernicienne kantienne consiste à affirmer que les objets se règlent sur notre connaissance, et non l'inverse : l'esprit humain impose aux phénomènes des formes ''a priori'' (espace et temps pour la sensibilité, catégories pour l'entendement) qui rendent possibles les jugements synthétiques ''a priori'', comme ceux des mathématiques et de la physique. La connaissance résulte donc, selon Kant, de la coopération entre deux sources : la sensibilité, qui reçoit passivement les intuitions sensibles (le contenu empirique), et l'entendement, qui les organise activement selon des concepts ''a priori'' (la forme rationnelle)<ref>Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pure'', Logique transcendantale, introduction, B 74-75, p. 77-78.</ref>. Sans intuitions, les concepts sont vides ; sans concepts, les intuitions sont aveugles. Cette double contrainte explique pourquoi nous pouvons avoir une connaissance ''a priori'' (la forme de l'expérience possible) tout en étant limités au domaine phénoménal (les choses telles qu'elles nous apparaissent). Les choses en soi (''noumènes''), au-delà de toute expérience possible, restent inconnaissables. ==Connaissance et scepticisme== Le défi sceptique traverse toute l'histoire de la philosophie et constitue une épreuve décisive pour toute théorie de la connaissance. Les sceptiques contestent notre prétention à posséder des connaissances certaines et invitent à suspendre notre jugement face aux prétentions dogmatiques de la raison. ===Le scepticisme antique=== Le scepticisme philosophique naît en Grèce avec Pyrrhon d'Élis (vers 365-275 av. J.-C.), dont la pensée sera systématisée par Sextus Empiricus (II{{exp|e}} siècle apr. J.-C.) dans les ''Esquisses pyrrhoniennes''. Le scepticisme pyrrhonien ne consiste pas à nier la possibilité de la connaissance (ce qui serait encore une forme de dogmatisme), mais à pratiquer la suspension du jugement (''épochè'') en opposant à tout argument un argument contraire d'égale force (''isosthénie'')<ref>Sextus Empiricus, ''Esquisses pyrrhoniennes'', livre I, §§ 8-10, trad. Pierre Pellegrin, Paris, Seuil, collection Points Essais, 1997, p. 55-57.</ref>. Les sceptiques anciens développent des « tropes » ou modes argumentatifs destinés à induire cette suspension. Les dix tropes d'Énésidème montrent comment toute perception varie selon l'observateur, les circonstances, les relations. Les cinq tropes d'Agrippa sont particulièrement redoutables : face à toute prétention cognitive, le sceptique invoque soit le désaccord (différentes positions également plausibles), soit la régression à l'infini (toute justification requiert elle-même une justification), soit l'argument circulaire, soit l'hypothèse gratuite. Le but ultime de cette pratique sceptique n'est pas théorique mais éthique : atteindre la tranquillité de l'âme (''ataraxie'') en renonçant aux prétentions dogmatiques qui engendrent troubles et conflits. Le scepticisme académique, développé à l'Académie de Platon par Arcésilas et Carnéade, adopte une position différente : plutôt que de suspendre purement le jugement, il propose une théorie de la probabilité ou du vraisemblable (''pithanon''), graduant les degrés d'assentiment selon la force des apparences. ===Le scepticisme moderne=== Le scepticisme renaît à l'époque moderne avec une signification transformée. Alors que le scepticisme ancien visait la tranquillité d'esprit, le scepticisme moderne, de Montaigne à Hume, interroge les fondements mêmes de la connaissance rationnelle et scientifique. Pierre Bayle (1647-1706), dans son ''Dictionnaire historique et critique'' (1697), renouvelle le scepticisme en montrant les contradictions internes des systèmes philosophiques, notamment celui de Spinoza<ref>Pierre Bayle, ''Dictionnaire historique et critique'', article « Spinoza », 5{{exp|e}} édition, Amsterdam, P. Brunel et al., 1740, tome IV, p. 254-278.</ref>. Bayle développe une forme de scepticisme « raisonnable » qui, loin de s'opposer au rationalisme, le pousse à ses limites : c'est précisément la raison critique exigeante qui révèle l'insuffisance de toute prétention dogmatique. Hume représente l'aboutissement du scepticisme moderne. Son scepticisme ne conteste pas tant la possibilité de connaître que l'impossibilité de comprendre rationnellement que nous puissions connaître. La raison, qui éclaire toute chose, se trouve dans l'obscurité lorsqu'elle se tourne vers elle-même et tente de justifier ses propres opérations. Le scepticisme humien révèle ainsi l'opacité constitutive de nos facultés cognitives : nous croyons, nous inférons, nous jugeons, mais nous ne pouvons rendre pleinement raison de ces opérations elles-mêmes. ==Types et degrés de connaissance== La philosophie a élaboré diverses distinctions pour classer les formes de connaissance selon leur objet, leur mode d'acquisition ou leur degré de certitude. ===Connaissance ''a priori'' et ''a posteriori''=== La distinction entre connaissance ''a priori'' (indépendante de l'expérience) et connaissance ''a posteriori'' (fondée sur l'expérience) structure profondément l'épistémologie moderne. Les vérités mathématiques, comme « 2 + 2 = 4 » ou « le triangle a trois angles », semblent connaissables ''a priori'', sans recours à l'observation empirique. En revanche, des propositions comme « le soleil se lève à l'est » ou « l'eau bout à 100°C » sont manifestement ''a posteriori'', requérant l'expérience pour être connues. Kant raffine cette distinction en la croisant avec celle entre jugements analytiques (où le prédicat est contenu dans le sujet) et synthétiques (où le prédicat ajoute quelque chose au sujet). Les jugements analytiques ''a priori'' (comme « tous les célibataires sont non mariés ») sont triviaux, reposant sur la seule analyse des concepts. Les jugements synthétiques ''a posteriori'' (comme « cette table est brune ») sont informatifs mais contingents. L'innovation kantienne consiste à identifier une troisième catégorie : les jugements synthétiques ''a priori'', à la fois informatifs et nécessaires, qui fondent les mathématiques et la physique pure<ref>Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pure'', introduction, B 10-14, p. 36-38.</ref>. ===Connaissance par accointance et connaissance par description=== Bertrand Russell (1872-1970) distingue entre connaissance directe (''knowledge by acquaintance''), où nous sommes en présence immédiate de l'objet connu, et connaissance par description (''knowledge by description''), médiatisée par des représentations conceptuelles<ref>Bertrand Russell, ''Problèmes de philosophie'', chapitre 5, trad. Sylvain-Robert Schneider, Paris, Payot, collection Petite Bibliothèque Payot, 1989, p. 73-84.</ref>. Nous avons connaissance directe de nos propres états mentaux et des données sensorielles (ce que Russell appelle « sense-data »), mais notre connaissance du monde physique et d'autrui est nécessairement indirecte, construite à partir de descriptions définies. ===Les degrés de connaissance selon Spinoza=== Spinoza propose une hiérarchie sophistiquée de trois genres de connaissance. Le premier genre, connaissance par ouï-dire ou expérience vague, est le plus bas : connaissance confuse des effets sans compréhension des causes. Le deuxième genre, connaissance rationnelle, procède par notions communes et raisonnement démonstratif, saisissant les propriétés partagées et les relations causales. Le troisième genre, science intuitive, représente la forme suprême de connaissance : saisie immédiate et adéquate de l'essence singulière des choses dans leur nécessité éternelle. Cette connaissance intuitive n'est pas mystique mais rigoureusement rationnelle : elle comprend comment chaque chose particulière découle nécessairement de la nature infinie de Dieu. ==Justification et problèmes contemporains== La question de la justification épistémique demeure au cœur des débats contemporains. Qu'est-ce qui transforme une croyance vraie en connaissance authentique ? ===Le problème de Gettier=== En 1963, Edmund Gettier publie un article bref mais dévastateur qui remet en cause la conception traditionnelle de la connaissance comme croyance vraie justifiée. Gettier propose des contre-exemples où un sujet possède une croyance vraie et justifiée sans que nous soyons prêts à dire qu'il « connaît ». Dans l'un de ses exemples, Smith croit justement (sur la base d'indices convergents) que Jones possède une Ford. Il en infère que « ou bien Jones possède une Ford, ou bien Brown est à Barcelone », en choisissant arbitrairement Barcelone. Or il se trouve que Jones ne possède pas de Ford, mais que Brown est effectivement à Barcelone. Smith a donc une croyance vraie justifiée, mais sa vérité est due au hasard et non à sa justification : nous refusons de dire qu'il « sait ». Les cas de Gettier montrent que la justification doit être non seulement vraie mais également adéquatement connectée à la vérité de la croyance. Diverses solutions ont été proposées : exiger que la justification ne repose sur aucune fausse prémisse (Clark), développer une théorie causale de la connaissance (Goldman), ou encore définir la connaissance en termes de justification infaillibiliste. Ces débats structurent encore largement l'épistémologie analytique contemporaine. ===Internalisme et externalisme=== Un débat majeur oppose internalistes et externalistes sur la nature de la justification. Les internalistes soutiennent que les facteurs qui justifient une croyance doivent être accessibles à la conscience du sujet : pour être justifié à croire P, le sujet doit avoir un accès réflexif aux raisons qui supportent P. Les externalistes, au contraire, admettent que des facteurs externes à la conscience — comme la fiabilité du processus qui a produit la croyance — peuvent suffire à justifier. Le fiabilisme, défendu notamment par Alvin Goldman, illustre cette position externaliste : une croyance est justifiée si elle est produite par un processus cognitif fiable, même si le sujet ignore tout de cette fiabilité<ref>Alvin Goldman, « What is Justified Belief? », dans ''Liaisons: Philosophy Meets the Cognitive and Social Sciences'', Cambridge (Mass.), MIT Press, 1992, p. 105-126.</ref>. Cette conception permet d'attribuer des connaissances aux enfants et aux animaux sans exiger d'eux une conscience réflexive de leurs processus cognitifs. ==Conclusion== La notion de connaissance, loin d'être une évidence, se révèle d'une complexité philosophique redoutable. Des présocratiques aux débats contemporains, les philosophes n'ont cessé d'interroger ce qui distingue le savoir authentique de l'opinion, la nature des sources de nos connaissances, les critères de justification épistémique et les limites de notre capacité cognitive. Les grands clivages entre rationalisme et empirisme, entre internalisme et externalisme, entre fondationnalisme et cohérentisme, structurent encore aujourd'hui les recherches épistémologiques. Si le consensus demeure introuvable sur ces questions fondamentales, c'est peut-être parce que la connaissance humaine elle-même présente une structure hétérogène : nos diverses formes de savoir — perceptuel, conceptuel, scientifique, pratique — obéissent à des logiques différentes et résistent à toute théorie unifiée trop simpliste. L'épistémologie contemporaine tend ainsi vers une forme de pluralisme, reconnaissant la diversité irréductible de nos pratiques cognitives tout en cherchant à en élucider les structures communes. La question « qu'est-ce que connaître ? » reste ouverte, témoignant de cette capacité proprement philosophique à transformer les certitudes apparentes en problèmes féconds. ==Références== {{references|colonnes=2}} ==Bibliographie sélective== * Platon, ''Théétète'', trad. M. Narcy, Paris, Flammarion, 2016. * Platon, ''République'', trad. G. Leroux, Paris, Flammarion, 2002. * René Descartes, ''Méditations métaphysiques'', dans ''Œuvres de Descartes'', éd. Charles Adam et Paul Tannery, Paris, Vrin, 1996. * Baruch Spinoza, ''Éthique'', trad. B. Pautrat, Paris, Seuil, 1988. * John Locke, ''Essai sur l'entendement humain'', trad. J.-M. Vienne, Paris, Vrin, 2001. * David Hume, ''Traité de la nature humaine'', trad. P. Saltel, Paris, Flammarion, 1995. * Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pure'', trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, 2012. * Sextus Empiricus, ''Esquisses pyrrhoniennes'', trad. P. Pellegrin, Paris, Seuil, 1997. * Bertrand Russell, ''Problèmes de philosophie'', trad. S.-R. Schneider, Paris, Payot, 1989. * Edmund Gettier, « Is Justified True Belief Knowledge? », ''Analysis'', vol. 23, 1963, p. 121-123. * Alvin Goldman, « What is Justified Belief? », dans ''Liaisons: Philosophy Meets the Cognitive and Social Sciences'', Cambridge, MIT Press, 1992. {{autocat}} du4kwgdg8oymst3zgeqmz4d8ca6taoi Dictionnaire de philosophie/Conscience 0 83048 768237 767705 2026-06-21T05:14:40Z PandaMystique 119061 Bot : ajout du paramètre lecture=oui au modèle {{DicoPhilo}} 768237 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Conscience|lecture=oui}} La '''conscience''' constitue l'un des problèmes les plus fondamentaux et les plus débattus en philosophie de l'esprit. Depuis les années 2000, la recherche sur la conscience a connu un développement considérable, tant du point de vue philosophique que neuroscientifique, donnant lieu à une véritable « science de la conscience »<ref>Baars, B. J. (1997). ''In the Theater of Consciousness: The Workspace of the Mind''. Oxford University Press.</ref>. == Définitions et distinctions conceptuelles == === La distinction entre conscience phénoménale et conscience d'accès : une analyse approfondie === ==== Introduction ==== La distinction entre conscience phénoménale (''phenomenal consciousness'', P-consciousness) et conscience d'accès (''access consciousness'', A-consciousness), proposée par Ned Block en 1995, constitue l'un des débats les plus importants et les plus controversés de la philosophie contemporaine de l'esprit et des sciences cognitives. Cette distinction soulève des questions fondamentales concernant la nature de l'expérience consciente, ses corrélats neuronaux et sa relation avec les processus cognitifs. ==== La conscience phénoménale : le « ce que c'est que » de l'expérience ==== ===== Définition et caractéristiques ===== La conscience phénoménale désigne l'aspect qualitatif, subjectif et expérientiel de nos états mentaux — ce que Thomas Nagel (1974) a appelé le « ce que c'est que » (''what it is like'') d'avoir une expérience particulière<ref>Nagel, T. (1974). « What Is It Like to Be a Bat? ». ''Philosophical Review'', 83(4), p. 435-450.</ref>. Lorsque nous voyons la couleur rouge d'une tomate mûre, entendons une mélodie familière ou ressentons la douleur d'une brûlure, nous faisons l'expérience de qualités phénoménales spécifiques — les ''qualia'' — qui caractérisent ces états conscients<ref>Chalmers, D. J. (1996). ''The Conscious Mind: In Search of a Fundamental Theory''. Oxford University Press.</ref><ref>Tye, M. (2021). « Qualia ». ''Stanford Encyclopedia of Philosophy''.</ref>. Block (1995) définit la conscience phénoménale comme l'expérience elle-même, indépendamment de toute fonction cognitive ou comportementale<ref>Block, N. (1995). « On a Confusion about a Function of Consciousness ». ''Behavioral and Brain Sciences'', 18(2), p. 227-287.</ref>. Cette définition s'oppose aux approches fonctionnalistes qui tentent de réduire la conscience à ses rôles computationnels ou informationnels. Pour Block, la conscience phénoménale constitue précisément le type de conscience auquel font référence les philosophes lorsqu'ils évoquent le « problème difficile de la conscience » (''hard problem of consciousness''), formulé par Chalmers (1996)<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref><ref>Block, N. (2002). « Concepts of Consciousness ». In D. Chalmers (éd.), ''Philosophy of Mind: Classical and Contemporary Readings'', p. 206-218. Oxford University Press.</ref>. ===== L'argument du « super-blindsighter » ===== Pour illustrer l'indépendance potentielle de la conscience phénoménale vis-à-vis des capacités fonctionnelles, Block (1997) utilise l'expérience de pensée du « super-blindsighter »<ref>Block, N. (1997). « Biology versus Computation in the Study of Consciousness ». ''Behavioral and Brain Sciences'', 20(1), p. 159-166.</ref>. Imaginons un patient atteint de vision aveugle (''blindsight'') — une condition neurologique dans laquelle des lésions du cortex visuel primaire (V1) permettent encore certaines capacités de discrimination visuelle sans expérience consciente correspondante<ref>Weiskrantz, L. (1986). ''Blindsight: A Case Study and Implications''. Oxford University Press.</ref><ref>Cowey, A. (2010). « The Blindsight Saga ». ''Experimental Brain Research'', 200(1), p. 3-24.</ref>. Un super-blindsighter serait une version améliorée de ce patient, capable de toutes les discriminations visuelles d'une personne normale, y compris de rapporter verbalement ce qu'il « voit », mais sans jamais avoir d'expérience phénoménale visuelle. Cette expérience de pensée vise à montrer que l'on peut concevoir un système possédant tous les aspects fonctionnels de la conscience d'accès (capacité à rapporter, à guider l'action, à raisonner) sans posséder de conscience phénoménale. Si cette dissociation conceptuelle est possible, cela suggère que la conscience phénoménale n'est pas réductible aux fonctions cognitives de la conscience d'accès<ref>Block, N. (2007). « Consciousness, Accessibility, and the Mesh between Psychology and Neuroscience ». ''Behavioral and Brain Sciences'', 30(5-6), p. 481-499.</ref>. ===== Les corrélats neuronaux de la conscience phénoménale ===== La recherche récente sur les corrélats neuronaux de la conscience (''neural correlates of consciousness'', NCC) a révélé une complexité considérable dans l'identification des substrats de la conscience phénoménale<ref>Crick, F., & Koch, C. (1990). « Towards a Neurobiological Theory of Consciousness ». ''Seminars in the Neurosciences'', 2, p. 263-275.</ref><ref>Koch, C., Massimini, M., Boly, M., & Tononi, G. (2016). « Neural Correlates of Consciousness: Progress and Problems ». ''Nature Reviews Neuroscience'', 17(5), p. 307-321.</ref>. Des études utilisant l'enregistrement intracrânien chez des patients épileptiques ont fourni des preuves directes d'une activité neuronale associée à la conscience perceptive<ref>Fang, Z., et al. (2024). « Intracranial Neural Representation of Phenomenal and Access Consciousness ». ''NeuroImage'', 297, 120708.</ref>. Les travaux de Fang et ses collaborateurs (2024) ont démontré, à travers des enregistrements de potentiels de champ locaux (''local field potentials'', LFP), que l'activité liée à la conscience visuelle présente une distribution bimodale de latences. Les sites d'enregistrement avec des latences courtes (correspondant potentiellement à la conscience phénoménale) étaient largement séparés des sites avec des latences longues (correspondant potentiellement à la conscience d'accès), à l'exception notable du cortex préfrontal latéral (lPFC). Cette observation suggère que le lPFC joue un rôle critique dans la liaison entre conscience phénoménale et conscience d'accès, bien que la division entre les deux ne soit pas aussi simple qu'une séparation anatomique au niveau du sillon central, comme certains l'ont proposé<ref>Lamme, V. A. F. (2006). « Towards a True Neural Stance on Consciousness ». ''Trends in Cognitive Sciences'', 10(11), p. 494-501.</ref>. La théorie de l'information intégrée (''Integrated Information Theory'', IIT), développée par Giulio Tononi et ses collaborateurs, propose que la conscience phénoménale est associée à l'activité de la « zone chaude postérieure » (''posterior hot zone'') du cortex, comprenant les régions temporo-pariétales, sans nécessiter l'implication du cortex préfrontal<ref>Tononi, G., Boly, M., Massimini, M., & Koch, C. (2016). « Integrated Information Theory: From Consciousness to Its Physical Substrate ». ''Nature Reviews Neuroscience'', 17(7), p. 450-461.</ref><ref>Boly, M., et al. (2017). « Are the Neural Correlates of Consciousness in the Front or in the Back of the Cerebral Cortex? » ''Clinical and Experimental Ophthalmology'', 45(3), p. 264-271.</ref>. Cette proposition contraste avec les théories qui attribuent un rôle central au cortex préfrontal dans la conscience, et soulève des questions importantes sur la distinction entre les corrélats de la conscience phénoménale et ceux de la conscience d'accès<ref>Frigato, G., et al. (2021). « The Neural Correlates of Access Consciousness and Phenomenal Consciousness: A Critical Analysis ». ''Frontiers in Psychology'', 12, 705776.</ref>. ==== La conscience d'accès : disponibilité globale et rapport ==== ===== Définition fonctionnelle ===== La conscience d'accès se définit par contraste comme un type de conscience essentiellement fonctionnel, caractérisé par la disponibilité globale de l'information pour diverses opérations cognitives<ref>Baars, B. J. (1988). ''A Cognitive Theory of Consciousness''. Cambridge University Press.</ref><ref>Dehaene, S., & Naccache, L. (2001). « Towards a Cognitive Neuroscience of Consciousness: Basic Evidence and a Workspace Framework ». ''Cognition'', 79(1-2), p. 1-37.</ref>. Selon Block (1995), une représentation est access-consciente lorsqu'elle est disponible pour le raisonnement, le contrôle rationnel de l'action et le rapport verbal. Cette définition met l'accent sur les rôles computationnels et informationnels de la conscience, plutôt que sur son aspect qualitatif et expérientiel. La conscience d'accès implique plusieurs caractéristiques fonctionnelles essentielles<ref>Dehaene, S., Changeux, J.-P., Naccache, L., Sackur, J., & Sergent, C. (2006). « Conscious, Preconscious, and Subliminal Processing: A Testable Taxonomy ». ''Trends in Cognitive Sciences'', 10(5), p. 204-211.</ref> : # Disponibilité pour le rapport : l'information peut être rapportée verbalement ou de manière non verbale # Utilisation pour la pensée et le raisonnement : l'information peut servir de prémisse dans les processus inférentiels # Contrôle de l'action : l'information peut guider de manière flexible les comportements moteurs # Maintien en mémoire de travail : l'information peut être maintenue activement pour utilisation dans des tâches cognitives # Intégration intermodale : l'information peut être combinée avec des informations provenant d'autres modalités sensorielles ===== La théorie de l'espace de travail global ===== La conception de la conscience d'accès trouve son développement théorique le plus élaboré dans la théorie de l'espace de travail global (''Global Workspace Theory'', GWT), initialement proposée par Bernard Baars (1988) et développée sur le plan neuronal par Stanislas Dehaene et Jean-Pierre Changeux sous le nom de théorie de l'espace de travail neuronal global (''Global Neuronal Workspace Theory'', GNWT)<ref>Baars, B. J. (1988). ''A Cognitive Theory of Consciousness''. Cambridge University Press.</ref><ref>Dehaene, S., Kerszberg, M., & Changeux, J.-P. (1998). « A Neuronal Model of a Global Workspace in Effortful Cognitive Tasks ». ''Proceedings of the National Academy of Sciences'', 95(24), p. 14529-14534.</ref><ref>Baars, B. J., Franklin, S., & Ramsøy, T. Z. (2013). « Global Workspace Dynamics: Cortical "Binding and Propagation" Enables Conscious Contents ». ''Frontiers in Psychology'', 4, 200.</ref>. Selon la GNWT, la conscience résulte d'une « diffusion » (''broadcasting'') à l'échelle cérébrale de l'information sélectionnée par l'attention<ref>Dehaene, S., & Changeux, J.-P. (2011). « Experimental and Theoretical Approaches to Conscious Processing ». ''Neuron'', 70(2), p. 200-227.</ref><ref>Mashour, G. A., Roelfsema, P., Changeux, J.-P., & Dehaene, S. (2020). « Conscious Processing and the Global Neuronal Workspace Hypothesis ». ''Neuron'', 105(5), p. 776-798.</ref>. Le modèle postule l'existence d'un réseau distribué de neurones corticaux (les « neurones de l'espace de travail »), caractérisés par leurs connexions à longue distance, qui permettent de recevoir et de transmettre de l'information depuis et vers les processeurs modulaires spécialisés du cerveau. Le processus de l'accès conscient se déroule en deux phases temporelles distinctes<ref>Lamme, V. A. F., & Roelfsema, P. R. (2000). « The Distinct Modes of Vision Offered by Feedforward and Recurrent Processing ». ''Trends in Neurosciences'', 23(11), p. 571-579.</ref> : # Phase précoce (100-300 ms) : Le stimulus « monte » la hiérarchie corticale des processeurs de manière principalement ascendante (''bottom-up'') et non consciente. Durant cette phase, l'information est traitée de façon modulaire et locale. # Phase tardive (> 300 ms) : Si le stimulus est sélectionné en fonction de sa pertinence pour les objectifs en cours et l'état attentionnel, il est amplifié de manière descendante (''top-down'') et maintenu par l'activité soutenue d'une fraction des neurones de l'espace de travail global, le reste étant inhibé. Cette phase est caractérisée par une propriété « tout-ou-rien » d'ignition (''ignition'') qui distingue les représentations conscientes des représentations périphériques<ref>Dehaene, S., Sergent, C., & Changeux, J.-P. (2003). « A Neuronal Network Model Linking Subjective Reports and Objective Physiological Data during Conscious Perception ». ''Proceedings of the National Academy of Sciences'', 100(14), p. 8520-8525.</ref><ref>Sergent, C., Baillet, S., & Dehaene, S. (2005). « Timing of the Brain Events Underlying Access to Consciousness during the Attentional Blink ». ''Nature Neuroscience'', 8(10), p. 1391-1400.</ref>. ===== Les signatures neuronales de la conscience d'accès ===== La GNWT a conduit à l'identification de plusieurs « signatures » neuronales caractéristiques de l'accès conscient<ref>Mashour, G. A., Roelfsema, P., Changeux, J.-P., & Dehaene, S. (2020). « Conscious Processing and the Global Neuronal Workspace Hypothesis ». ''Neuron'', 105(5), p. 776-798.</ref> : # Ignition neuronale : activation soudaine, tardive et soutenue dans les neurones de l'espace de travail global, affectant de vastes régions corticales incluant les cortex préfrontal, pariétal et temporal # Amplification sensorielle tardive : augmentation de l'activité dans les aires sensorielles pertinentes après environ 300 ms # Oscillations à haute fréquence : augmentation de la synchronisation dans les bandes gamma (30-100 Hz) # Synchronie de phase à longue distance : coordination temporelle de l'activité entre régions cérébrales distantes, reflétant l'intégration à l'échelle du cerveau Des études récentes utilisant l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), la magnétoencéphalographie (MEG) et l'électroencéphalographie intracrânienne (iEEG) ont largement confirmé ces prédictions, tout en révélant également des limites et des défis pour la théorie<ref>Melloni, L., et al. (2023). « An Adversarial Collaboration to Critically Evaluate Theories of Consciousness ». ''bioRxiv'', 2023.06.23.546249.</ref><ref>Bignardi, G., et al. (2025). « Adversarial Testing of Global Neuronal Workspace and Integrated Information Theories of Consciousness ». ''Nature'', 639, p. 142-149.</ref>. ===== Le rôle controversé du cortex préfrontal ===== L'une des controverses les plus importantes concernant la conscience d'accès porte sur le rôle causal du cortex préfrontal (PFC) dans la conscience<ref>Boly, M., et al. (2017). « Are the Neural Correlates of Consciousness in the Front or in the Back of the Cerebral Cortex? » ''Clinical and Experimental Ophthalmology'', 45(3), p. 264-271.</ref><ref>Kozuch, B. (2024). « An Embarrassment of Richesses: The PFC Isn't the Content NCC ». ''Neuroscience of Consciousness'', 2024(1), niae017.</ref>. La GNWT classique postule que le PFC fait partie intégrante du réseau de l'espace de travail global et joue un rôle essentiel dans la conscience d'accès. Cependant, plusieurs lignes de recherche récentes ont remis en question cette hypothèse<ref>Raccah, O., Block, N., & Fox, K. C. R. (2021). « Does the Prefrontal Cortex Play an Essential Role in Consciousness? Insights from Intracranial Electrical Stimulation of the Human Brain ». ''Journal of Neuroscience'', 41(12), p. 2076-2087.</ref><ref>Odegaard, B., Knight, R. T., & Lau, H. (2017). « Should a Few Null Findings Falsify Prefrontal Theories of Conscious Perception? » ''Journal of Neuroscience'', 37(40), p. 9593-9602.</ref> : # Des études de stimulation électrique intracrânienne (iES) ont montré que la stimulation du PFC ne produit généralement pas d'expériences conscientes spécifiques, contrairement à la stimulation de régions postérieures<ref>Frässle, S., Sommer, J., Jansen, A., Naber, M., & Einhäuser, W. (2014). « Binocular Rivalry: Frontal Activity Relates to Introspection and Action but Not to Perception ». ''Journal of Neuroscience'', 34(5), p. 1738-1747.</ref> # Des patients avec des lésions bilatérales étendues du cortex préfrontal peuvent maintenir un certain niveau de conscience, bien que leurs fonctions exécutives soient gravement altérées # Des études sur le sommeil paradoxal et les rêves ont montré que l'activité consciente peut se produire avec une activation réduite du PFC<ref>Siclari, F., et al. (2017). « The Neural Correlates of Dreaming ». ''Nature Neuroscience'', 20(6), p. 872-878.</ref> Néanmoins, une collaboration adversariale récente entre partisans de la GNWT et de l'IIT, impliquant six laboratoires indépendants et 256 participants, a produit des résultats nuancés. L'étude a trouvé des preuves d'information sur le contenu conscient dans le cortex visuel, ventro-temporal et frontal inférieur, avec une synchronisation spécifique au contenu entre les aires frontales et visuelles précoces. Ces résultats confirment certaines prédictions de la GNWT tout en posant des défis substantiels, notamment l'absence générale d'ignition à l'extinction du stimulus et la représentation limitée de certaines dimensions conscientes dans le cortex préfrontal. ==== L'argument du débordement (''overflow argument'') ==== ===== Les expériences de Sperling et la mémoire iconique ===== L'un des arguments empiriques centraux en faveur de la distinction entre conscience phénoménale et conscience d'accès est l'argument du débordement, principalement basé sur des études de mémoire iconique, en particulier l'expérience classique de George Sperling (1960)<ref>Sperling, G. (1960). « The Information Available in Brief Visual Presentations ». ''Psychological Monographs'', 74(11), p. 1-29.</ref><ref>Block, N. (2007). « Consciousness, Accessibility, and the Mesh between Psychology and Neuroscience ». ''Behavioral and Brain Sciences'', 30(5-6), p. 481-499.</ref>. Dans l'expérience de Sperling, les participants voyaient brièvement (50 ms) une grille de 3×4 lettres (12 lettres au total). Lorsqu'on leur demandait de rapporter toutes les lettres qu'ils avaient vues (condition de « rapport total »), les participants ne pouvaient correctement rapporter qu'environ 4 lettres en moyenne — correspondant à la limite bien connue de la mémoire à court terme ou « empan mnésique » (''memory span'')<ref>Miller, G. A. (1956). « The Magical Number Seven, Plus or Minus Two: Some Limits on Our Capacity for Processing Information ». ''Psychological Review'', 63(2), p. 81-97.</ref>. Cependant, les participants rapportaient systématiquement avoir l'impression subjective d'avoir vu toutes les 12 lettres de la grille, même s'ils ne pouvaient en rapporter que 4. Pour tester objectivement cette impression, Sperling introduisit la condition de « rapport partiel » : après la disparition de la grille, un signal sonore (ton aigu, moyen ou grave) indiquait quelle ligne les participants devaient rapporter. Dans cette condition, les participants pouvaient rapporter environ 3 des 4 lettres de n'importe quelle ligne, suggérant qu'ils avaient effectivement eu accès à environ 9 lettres (3 lettres × 3 lignes) — bien plus que les 4 lettres rapportées dans la condition de rapport total. Sperling interpréta ces résultats comme démontrant l'existence d'une mémoire iconique — une forme de mémoire sensorielle visuelle à haute capacité mais de très courte durée (environ 300 ms), qui se dégrade rapidement avant que toute l'information ne puisse être transférée vers la mémoire de travail pour le rapport<ref>Neisser, U. (1967). ''Cognitive Psychology''. Appleton-Century-Crofts.</ref><ref>Coltheart, M. (1980). « Iconic Memory and Visible Persistence ». ''Perception & Psychophysics'', 27(3), p. 183-228.</ref>. ===== L'interprétation de Block : phénoménologie riche, accès pauvre ===== Block (2007, 2011) s'est appuyé sur les expériences de type Sperling pour argumenter que la phénoménologie déborde l'accès cognitif (''phenomenology overflows cognitive access'')<ref>Block, N. (2011). « Perceptual Consciousness Overflows Cognitive Access ». ''Trends in Cognitive Sciences'', 15(12), p. 567-575.</ref>. Selon Block, l'expérience phénoménale des participants contient réellement et simultanément les 12 lettres de la grille — d'où leur impression subjective d'avoir « vu » toutes les lettres. Cependant, seulement environ 4 de ces lettres peuvent être accédées pour le traitement cognitif et le rapport à un moment donné, en raison des limitations de la mémoire de travail et de la conscience d'accès. Cette interprétation suggère une dissociation entre deux systèmes de mémoire ou de conscience : # Conscience phénoménale / mémoire iconique : haute capacité (possiblement toutes les 12 lettres), courte durée (~300 ms), riche en contenu perceptif # Conscience d'accès / mémoire de travail : basse capacité (~4 éléments), plus longue durée (plusieurs secondes avec répétition), disponible pour le rapport et le raisonnement Block soutient que cette dissociation entre richesse phénoménale et pauvreté d'accès constitue une preuve empirique forte que la conscience phénoménale ne peut être réduite à la conscience d'accès. Si la conscience n'était qu'accès à l'information, on ne devrait pas observer cette divergence entre l'impression subjective (voir 12 lettres) et la capacité de rapport (4 lettres). ===== Les critiques de Dennett et la théorie de la spécification progressive ===== Daniel Dennett (2001, 2005) et d'autres ont fortement critiqué l'interprétation de Block des expériences de type Sperling<ref>Dennett, D. C. (2001). « Are We Explaining Consciousness Yet? » ''Cognition'', 79(1-2), p. 221-237.</ref><ref>Dennett, D. C. (2005). ''Sweet Dreams: Philosophical Obstacles to a Science of Consciousness''. MIT Press.</ref>. Dennett rejette la distinction entre conscience phénoménale et conscience d'accès, arguant qu'elle repose sur une conception erronée de la conscience comme un « théâtre cartésien » où les représentations seraient « présentées » à un homunculus observateur intérieur<ref>Dennett, D. C. (1991). ''Consciousness Explained''. Little, Brown and Company.</ref>. Selon Dennett, l'impression subjective de « voir toutes les lettres » dans l'expérience de Sperling est une illusion, résultant non d'une phénoménologie réellement riche, mais d'un processus de construction ou spécification progressive de l'information perceptive. L'idée est que l'information visuelle initiale pourrait être relativement fragmentaire et sous-spécifiée, et que c'est seulement lorsque l'attention se porte sur une région particulière (guidée par le signal sonore dans la condition de rapport partiel) que les détails sont « remplis » ou « précisés ». Kouider et ses collaborateurs (2010) ont fourni des preuves empiriques compatibles avec cette hypothèse de spécification progressive, montrant que des représentations visuelles initialement fragmentaires peuvent être enrichies par des processus attentionnels et mnésiques<ref>Kouider, S., et al. (2010). « How Rich Is Consciousness? The Partial Awareness Hypothesis ». ''Trends in Cognitive Sciences'', 14(7), p. 301-307.</ref>. Cependant, Block (2011) a répondu que ces résultats ne réfutent pas nécessairement l'hypothèse du débordement, car ils pourraient simplement refléter le transfert d'information de la conscience phénoménale vers la conscience d'accès, plutôt que la création de novo de contenu perceptif. ===== Mémoire visuelle fragile : au-delà de la mémoire iconique ===== Des recherches récentes menées par Victor Lamme et ses collaborateurs ont identifié une forme de mémoire visuelle à court terme distincte à la fois de la mémoire iconique et de la mémoire de travail classique, qu'ils nomment mémoire visuelle à court terme fragile (''fragile visual short-term memory'', fragile VSTM)<ref>Sligte, I. G., Scholte, H. S., & Lamme, V. A. F. (2008). « Are There Multiple Visual Short-Term Memory Stores? » ''PLoS ONE'', 3(2), e1699.</ref><ref>Lamme, V. A. F. (2010). « How Neuroscience Will Change Our View on Consciousness ». ''Cognitive Neuroscience'', 1(3), p. 204-220.</ref>. Sligte et ses collaborateurs (2008, 2010) ont utilisé des paradigmes de détection de changement avec des signaux rétrospectifs pour démontrer l'existence de trois stades dans le traitement de l'information visuelle<ref>Sligte, I. G., Vandenbroucke, A. R. E., Scholte, H. S., & Lamme, V. A. F. (2010). « Detailed Sensory Memory, Sloppy Working Memory ». ''Frontiers in Psychology'', 1, 175.</ref> : # Mémoire iconique : capacité quasi illimitée, durée très courte (~100-150 ms), dépendante de la persistance rétinienne # Mémoire fragile : capacité élevée (au moins deux fois supérieure à la mémoire de travail), durée de plusieurs secondes (~4 s), vulnérable aux masques de motifs mais pas aux masques de lumière # Mémoire de travail visuelle : capacité limitée (~4 objets), durée prolongée (dizaines de secondes avec répétition), robuste aux interférences La mémoire fragile présente des propriétés intermédiaires entre la mémoire iconique et la mémoire de travail. Elle n'est pas affectée par les flashs de lumière qui détruisent la mémoire iconique, mais elle est complètement effacée par des masques contenant des objets similaires à ceux de la scène mémorisée. Pinto et ses collaborateurs (2013) ont démontré que cette mémoire fragile est spécifique aux objets et aux localisations spatiales : elle n'est complètement effacée que lorsque la nouvelle scène visuelle apparaît au même endroit et consiste en les mêmes types d'objets que l'information à rappeler<ref>Pinto, Y., Sligte, I. G., Shapiro, K. L., & Lamme, V. A. F. (2013). « Fragile Visual Short-Term Memory Is an Object-Based and Location-Specific Store ». ''Psychonomic Bulletin & Review'', 20(4), p. 732-739.</ref>. Lamme (2003, 2010) interprète ces résultats comme soutenant l'existence d'une forme de conscience phénoménale sans accès immédiat : les représentations en mémoire fragile seraient phénoménalement conscientes (les participants rapportent subjectivement avoir « vu » l'information) mais ne seraient pas immédiatement disponibles pour les processus d'accès comme le rapport verbal, à moins que l'attention ne soit redirigée vers elles par un signal<ref>Lamme, V. A. F. (2003). « Why Visual Attention and Awareness Are Different ». ''Trends in Cognitive Sciences'', 7(1), p. 12-18.</ref>. Cette interprétation suggère que la conscience phénoménale pourrait persister plus longtemps qu'on ne le pensait traditionnellement, mais sous une forme « fragile » ou « labile » qui nécessite des méthodes de test appropriées (comme le signal rétrospectif) pour être révélée. Si correcte, cette proposition fournirait un soutien empirique fort à la distinction de Block entre conscience phénoménale et conscience d'accès. ==== Cécité au changement et le débat sur la richesse de la conscience ==== ===== Le phénomène de cécité au changement ===== Un autre domaine de recherche crucial pour le débat sur la distinction entre conscience phénoménale et conscience d'accès concerne les phénomènes de cécité au changement (''change blindness'') et de cécité inattentionnelle (''inattentional blindness'')<ref>Rensink, R. A., O'Regan, J. K., & Clark, J. J. (1997). « To See or Not to See: The Need for Attention to Perceive Changes in Scenes ». ''Psychological Science'', 8(5), p. 368-373.</ref><ref>Simons, D. J., & Chabris, C. F. (1999). « Gorillas in Our Midst: Sustained Inattentional Blindness for Dynamic Events ». ''Perception'', 28(9), p. 1059-1074.</ref>. Dans les expériences classiques de cécité au changement, comme celles de Rensink et ses collaborateurs (1997), les participants voient deux images presque identiques d'une scène complexe, présentées en alternance avec un bref écran vide entre elles. Même lorsqu'un élément important de la scène change (par exemple, un objet disparaît ou change de couleur), les participants ont souvent beaucoup de difficulté à détecter le changement — parfois nécessitant des dizaines de secondes et de multiples alternations pour le remarquer<ref>Rensink, R. A. (2002). « Change Detection ». ''Annual Review of Psychology'', 53, p. 245-277.</ref>. De même, dans les paradigmes de cécité inattentionnelle, comme le célèbre « test du gorille invisible » de Simons et Chabris (1999), les participants concentrés sur une tâche (compter les passes de ballon) ne remarquent pas un événement saillant et inattendu (une personne en costume de gorille traversant la scène), même s'il occupe une partie substantielle de leur champ visuel pendant plusieurs secondes. ===== Implications pour la conscience : représentations pauvres ou riches ? ===== Les phénomènes de cécité au changement et de cécité inattentionnelle ont été interprétés de manières radicalement différentes par les différents camps du débat sur la richesse de la conscience. Interprétation « pauvre » (Dennett, Rensink, O'Regan & Noë) : Ces phénomènes démontrent que nos représentations conscientes du monde sont en fait beaucoup plus pauvres et fragmentaires qu'il n'y paraît subjectivement<ref>O'Regan, J. K., & Noë, A. (2001). « A Sensorimotor Account of Vision and Visual Consciousness ». ''Behavioral and Brain Sciences'', 24(5), p. 939-973.</ref><ref>Rensink, R. A. (2000). « The Dynamic Representation of Scenes ». ''Visual Cognition'', 7(1-3), p. 17-42.</ref>. Nous avons l'impression d'une expérience visuelle riche et détaillée du monde entier devant nous, mais cette impression est largement illusoire. En réalité, nous ne représentons consciemment de manière détaillée que les quelques éléments sur lesquels notre attention est focalisée à un moment donné. Le reste de notre champ visuel n'est pas représenté en détail dans notre conscience — d'où notre échec à détecter les changements dans les régions non attentionnées. Cette vision « pauvre » suggère que la conscience phénoménale ne « déborde » pas vraiment la conscience d'accès : ce que nous ne pouvons pas rapporter (accéder), nous ne l'expérimentons pas non plus phénoménalement de manière détaillée. Comme l'expriment O'Regan et Noë (2001) dans leur théorie sensori-motrice de la conscience, le monde lui-même sert de « mémoire externe », et nous n'avons pas besoin de représentations internes riches puisque nous pouvons toujours échantillonner les détails du monde par des mouvements oculaires lorsque nécessaire. Interprétation « riche » (Block, Lamme) : Les phénomènes de cécité au changement ne démontrent pas que nos représentations conscientes sont pauvres ; ils montrent seulement que le processus de comparaison nécessaire pour détecter explicitement un changement est limité et dépend de l'attention. Selon cette interprétation, nous avons bel et bien des représentations phénoménalement riches et détaillées d'une grande partie de notre champ visuel — c'est pourquoi nous avons l'impression subjective de « voir » toute la scène. Cependant, accéder à ces représentations pour effectuer une comparaison explicite et rapporter un changement nécessite l'attention focale et dépasse les capacités limitées de la conscience d'accès. Lamme (2003) soutient que les expériences de cécité au changement ne mesurent pas directement ce qui est représenté dans la conscience phénoménale, mais plutôt ce qui peut être accédé et rapporté. Les échecs de détection de changement reflètent les limitations de la conscience d'accès et de la mémoire de travail, pas nécessairement l'absence de conscience phénoménale des éléments qui changent. ===== Le rôle du traitement récurrent ===== Lamme et ses collaborateurs ont proposé que la conscience phénoménale est associée au traitement récurrent (''recurrent processing'') dans le cortex visuel, indépendamment de l'engagement des aires frontales et de l'attention focale<ref>Lamme, V. A. F., & Roelfsema, P. R. (2000). « The Distinct Modes of Vision Offered by Feedforward and Recurrent Processing ». ''Trends in Neurosciences'', 23(11), p. 571-579.</ref>. Selon cette théorie, lorsqu'un stimulus visuel est présenté, il déclenche d'abord un « balayage en avant » (''feedforward sweep'') rapide d'activation ascendante dans la hiérarchie visuelle (V1 → V2 → V4 → IT), en moins de 100 ms. Ce traitement ascendant initial est largement inconscient. La conscience phénoménale émergerait avec le début du traitement récurrent — des connexions de rétroaction (''feedback'') des aires visuelles supérieures vers les aires inférieures, créant des boucles réentrantes d'activité. Ce traitement récurrent, détectable par des marqueurs électrophysiologiques spécifiques (comme certains potentiels évoqués), se produit entre environ 100-200 ms après le stimulus. Cruciale​ment, Lamme distingue deux types de traitement récurrent : # Traitement récurrent local (dans le cortex visuel) : suffit pour la conscience phénoménale # Traitement récurrent global (incluant les aires frontales et pariétales) : nécessaire pour la conscience d'accès Cette distinction neurophysiologique correspondrait à la distinction conceptuelle de Block entre conscience phénoménale et conscience d'accès. Les stimuli traités avec traitement récurrent local mais sans traitement récurrent global seraient phénoménalement conscients mais pas access-conscients — exactement le type de dissociation que Block postule. ==== Le problème de Naccache : cinq objections à la conscience phénoménale ==== ===== La critique radicale de Lionel Naccache ===== Lionel Naccache, neuroscientifique cognitif et collaborateur proche de Stanislas Dehaene, a formulé une critique systématique et radicale de la notion de conscience phénoménale, en soulevant cinq problèmes majeurs pour cette théorie<ref>Naccache, L. (2018). « Why and How Access Consciousness Can Account for Phenomenal Consciousness ». ''Philosophical Transactions of the Royal Society B'', 373(1755), 20170357.</ref>. ===== Premier problème : Comment savons-nous que nous sommes phénoménalement conscients ? ===== Naccache commence par une question apparemment simple mais profondément problématique pour la théorie de la conscience phénoménale : Comment sait-on que l'on est phénoménalement conscient ? Block définit la conscience phénoménale comme « l'expérience » et affirme que « lorsqu'on a une expérience phénoménalement consciente, on est d'une certaine manière conscient de l'avoir ». Mais cette « conscience de » l'expérience, note Naccache, implique nécessairement un accès à cette expérience et un auto-rapport de celle-ci. Sinon, nous n'aurions aucune base subjective (valide ou non) pour postuler l'existence de la conscience phénoménale. Par conséquent, argumente Naccache, la conscience phénoménale apparaît nécessairement comme un type d'auto-rapport, et semble donc incluse dans le domaine de la conscience d'accès. Cette remarque unifie également, au sein de la conscience d'accès, à la fois les fonctions de la conscience (machinerie de contrôle exécutif de l'auto-rapport) et l'expérience subjective de la conscience. Il est remarquable que, dans ce cadre, deux rapports apparemment très distincts en termes de contenu tels que « Je vois X » (rapport typique de conscience d'accès) et « Je vois bien plus que X » (rapport typique de conscience phénoménale) appartiennent à la même classe de méta-rapports explicites. Les deux sont des auto-rapports explicites de l'expérience subjective actuelle. Les contenus de conscience phénoménale peuvent être considérés comme des contenus mentaux typiques de conscience d'accès. Ce premier problème semble insoluble pour la théorie de la conscience phénoménale, mais nécessite également de définir plus soigneusement le concept de « rapport subjectif ». ===== Deuxième problème : Comment distinguer une représentation phénoménalement consciente d'une représentation non consciente ? ===== Sous l'hypothèse que le contenu de la conscience d'accès correspondrait seulement à un sous-ensemble étroit du périmètre mental de l'expérience consciente, une question cruciale émerge : Comment peut-on distinguer une représentation phénoménalement consciente (c'est-à-dire consciente mais non rapportée) d'une représentation non consciente ? Si les rapports subjectifs sont supposés ne pas aider à répondre à cette question majeure, la frontière entre représentations phénoménalement conscientes et représentations inconscientes (ou non conscientes) apparaît très floue et vague, et ne peut être définie sur des bases solides. En fait, le point d'arrivée de cette pente glissante correspond à ce que Naccache nomme le « pan-consciouscisme » (par analogie avec le panpsychisme et ses écueils). Sous la théorie de la conscience phénoménale, n'importe quel aspect de notre vie mentale pourrait être étiqueté comme étant phénoménalement conscient, et la notion même de cognition et de mentation inconscientes pourrait être simplement écartée. Considérons par exemple un stimulus visuel présenté à un sujet incapable de rapporter sa présence. Une telle situation peut se produire chez des patients ou chez des individus sains dans diverses conditions pathologiques ou expérimentales telles que la vision aveugle, la négligence, la perception subliminale, le clignement attentionnel, la cécité au changement ou la cécité inattentionnelle. Comment la théorie de la conscience phénoménale catégoriserait-elle ce stimulus non rapporté : comme phénoménalement conscient ou inconscient ? Si l'on se fie au fait que l'individu « est d'une certaine manière conscient de l'avoir » pour l'étiqueter comme phénoménalement conscient, alors nous sommes ramenés au problème précédent que nous avons soulevé : le statut phénoménalement conscient reposerait exclusivement sur le rapport subjectif, et serait donc inclus dans le contenu de la conscience d'accès. Alternativement, il est facile de voir qu'aucun critère solide ne nous permet de distinguer ces deux catégories : phénoménalement conscient versus inconscient. En contraste marqué, la théorie de la rapportabilité fournit une délimitation claire des représentations conscientes (accédées) et peut être utilisée dans le cadre du modèle de l'espace de travail global pour proposer une taxonomie précise et testable de divers types de traitement inconscient définis sur leurs mécanismes psychologiques et neuronaux correspondants<ref>Dehaene, S., Changeux, J.-P., Naccache, L., Sackur, J., & Sergent, C. (2006). « Conscious, Preconscious, and Subliminal Processing: A Testable Taxonomy ». ''Trends in Cognitive Sciences'', 10(5), p. 204-211.</ref>. ===== Troisième problème : Du pan-consciouscisme des contenus au pan-consciouscisme des états ===== En plus du risque de pan-consciouscisme du contenu (définir tout le contenu perceptif comme phénoménalement conscient), la théorie de la conscience phénoménale ouvre également la voie à un pan-consciouscisme des états. Sous la définition de l'expérience consciente par la rapportabilité, être conscient est défini comme la capacité d'auto-rapporter, indépendamment du contenu de ces rapports. Un individu incapable d'auto-rapporter est donc défini de manière univoque comme étant dans un état inconscient. Voici quelques situations qui correspondent à de tels états inconscients : la plupart des périodes du stade de sommeil profond, l'anesthésie générale, l'état comateux, l'état végétatif (également appelé syndrome d'éveil non répondant) et les crises épileptiques partielles complexes. En contraste marqué, la théorie de la conscience phénoménale fait face à un défi difficile ici. Si le critère de rapportabilité ne capturerait que la conscience d'accès, et si la conscience phénoménale repose sur d'autres propriétés psychologiques et sur une machinerie neuronale distincte de la conscience d'accès, alors les sujets incapables d'auto-rapporter peuvent-ils encore être considérés comme phénoménalement conscients ? En d'autres termes, la dissolution du concept de « contenus inconscients » serait suivie par la dissolution du concept d'« états inconscients ». Au final, nous n'aurions aucun argument solide pour écarter la conscience phénoménale dans toutes ces situations dépourvues de conscience d'accès. Une fois que l'on attribue la conscience phénoménale à tous ces sujets, il n'y a aucune raison de ne pas étendre ce crédit de conscience phénoménale à toutes les créatures vivantes, y compris les végétaux, ou même aux microtubules ou aux particules élémentaires. Évidemment, les théoriciens de la conscience phénoménale peuvent ajouter d'autres critères (d'une certaine manière arbitrairement dans le cadre de la conscience phénoménale) pour restreindre l'attribution de conscience phénoménale, comme la présence d'un réseau cortical ou computationnel complexe et différencié, mais le point de Naccache ici est de souligner les risques de pan-consciouscisme qui semblent inhérents à la théorie de la conscience phénoménale. ===== Quatrième problème : Risque d'appauvrissement psychologique de la conscience phénoménale ===== Le risque de pan-consciouscisme inhérent à la théorie de la conscience phénoménale comprend plusieurs problèmes, y compris les dissolutions des contenus et états inconscients mentionnés ci-dessus, ainsi que des problèmes sémantiques et translationnels (par exemple en médecine lors de la prise en charge de patients souffrant de troubles de la conscience). En plus de ces questions importantes, le pan-consciouscisme peut également être décrit comme un « baiser empoisonné » : en créditant toutes les créatures vivantes de conscience phénoménale, on appauvrit sévèrement la dimension psychologique de la conscience. Une fois que l'on a étendu la conscience phénoménale au-delà des limites des rapports subjectifs qui constituent la quintessence d'une vision psychologique de la subjectivité (c'est-à-dire « Qu'est-ce que c'est que d'expérimenter quelque chose ? »), on se retrouve avec une sorte d'attribution a-psychologique de la conscience qui est déconnectée des rapports subjectifs. Ironiquement, le concept de conscience phénoménale — qui fut initialement introduit pour prendre en compte les propriétés qualitatives fines de l'expérience consciente subjective — peut se révéler comme une approche qui a perdu l'intérêt pour les propriétés psychologiques de l'expérience subjective. L'origine centrale de ce paradoxe apparent doit être trouvée dans la relation ambiguë de la conscience phénoménale à la conscience d'accès. D'une part, si la conscience phénoménale est ultimement définie sur la base des rapports subjectifs, alors il n'y a aucune raison de la distinguer de la conscience d'accès. D'autre part, si la conscience phénoménale n'est pas basée sur les rapports subjectifs, il n'y a aucune raison de la lier à la psychologie. ===== Cinquième problème : Crédulité de la théorie de la conscience phénoménale ===== Étudier les construits subjectifs d'une perspective à la troisième personne — un projet appelé hétéro-phénoménologie par Dennett — nous expose à un problème difficile que nous pouvons définir comme celui de trouver la distance adéquate aux rapports subjectifs. En effet, cette approche hétéro-phénoménologique nous expose à deux erreurs majeures. Considérons un rapport extrême tel qu'une hallucination complexe : « Je vois un lapin blanc portant un gilet, et murmurant : Oh là là ! Oh là là ! Je vais être trop en retard ! » D'une part, on peut délibérément choisir d'ignorer la richesse de ce construit subjectif étant donné l'absence évidente de réalité externe de son contenu. Cette posture peut évidemment être étendue aux rapports subjectifs valides qui partagent avec l'hallucination la notion qu'ils reflètent principalement une signification subjective plutôt qu'une description objective de la réalité externe (même lorsque les deux correspondent assez bien !). Cette première erreur peut être décrite comme une distance infinie entre l'observateur et les rapports subjectifs, et conduit directement à une posture de behaviorisme radical qui ignore délibérément la psychologie des états subjectifs. D'autre part, on peut délibérément choisir de prendre ce rapport subjectif au pied de la lettre, au nom de l'intérêt du chercheur pour les construits subjectifs. Cette seconde erreur qui correspond à une distance nulle entre l'observateur et les rapports subjectifs explique en partie les écueils de l'introspectionnisme actif, et conduit à de multiples angles morts dans le mécanisme sous-tendant nos rapports conscients et notre expérience consciente. La théorie de la conscience phénoménale semble exposée à ce second risque. En effet, les contenus des rapports subjectifs typiques utilisés pour fonder la conscience phénoménale nous exposent à cet écueil de crédulité lorsqu'ils sont pris au pied de la lettre. Naccache illustre l'importance de cet argument en l'appliquant à l'expérience de Rayner et Bertera (1992) qui utilisait le paradigme de la « fenêtre mobile »<ref>Rayner, K., & Bertera, J. H. (1992). « Reading without a Fovea ». ''Science'', 206(4417), p. 468-469.</ref> : Dans le paradigme de la « fenêtre mobile », par exemple, où un affichage informatisé est changé en synchronie avec les mouvements oculaires, les observateurs affirment qu'ils voient une page normale de texte même lorsque toute l'information parafovéale est remplacée par des chaînes de X. Cette expérience révèle de manière univoque l'illusion de complétude visuelle, qui constitue l'argument central de la théorie de la conscience phénoménale (c'est-à-dire le rapport et la croyance subjectifs de voir tout ce qui est là-bas). En effet, cette expérience démontre combien il est extrêmement risqué de prendre un rapport subjectif sincère au pied de la lettre pour construire une théorie de la phénoménalité sans rapportabilité, et peut conduire à une théorisation incorrecte de ce qui se passe réellement dans l'esprit et le cerveau de l'individu. Dans cette expérience, les sujets ne font clairement pas l'expérience de toute la scène visuelle — comme la théorie de la conscience phénoménale créditerait les sujets, en affirmant qu'ils sont réellement phénoménalement conscients de toute la scène visuelle — mais ils croient réellement voir tout ce qui est là-bas. La différence entre ces deux affirmations illustre la nécessité d'utiliser la distance adéquate pour analyser les rapports subjectifs : ni l'ignorance des rapports subjectifs (distance infinie) ni la crédulité (distance nulle). Nous devons créer une théorie de la conscience qui peut expliquer pourquoi les sujets expérimentent et croient ce qu'ils expérimentent et croient, mais nous n'avons pas à construire une théorie essayant de prendre les croyances subjectives pour acquises. ==== Synthèse et perspectives ==== ===== Une question empirique ouverte ===== Le débat entre conscience phénoménale et conscience d'accès demeure l'une des questions les plus importantes et les plus controversées dans l'étude scientifique de la conscience. Les recherches récentes, notamment celles utilisant des méthodes d'enregistrement intracrânien et les collaborations adversariales entre théories rivales, ont apporté des clarifications importantes mais aussi révélé de nouvelles complexités. La collaboration adversariale récente entre la théorie de l'espace de travail neuronal global et la théorie de l'information intégrée, menée par six laboratoires indépendants avec 256 participants, illustre bien l'état actuel des connaissances. Les résultats de cette étude massive ont montré que : # L'information sur le contenu conscient est présente dans le cortex visuel, ventro-temporal et frontal inférieur # Des réponses soutenues dans le cortex occipital et temporal latéral reflètent la durée du stimulus # Une synchronisation spécifique au contenu entre les aires frontales et visuelles précoces est observée # Ces résultats confirment certaines prédictions des deux théories tout en posant des défis substantiels à chacune Pour la GNWT, le défi principal est l'absence générale d'ignition à l'extinction du stimulus et la représentation limitée de certaines dimensions conscientes dans le cortex préfrontal. Pour l'IIT, c'est l'absence de synchronisation soutenue au sein du cortex postérieur qui contredit l'affirmation que la connectivité du réseau spécifie la conscience. ===== Vers une théorie intégrative ? ===== Ces résultats suggèrent que plutôt qu'une simple dichotomie entre conscience phénoménale et conscience d'accès, il pourrait exister un continuum ou une architecture à plusieurs niveaux de processus conscients<ref>Panagiotaropoulos, T. I., et al. (2024). « An Integrative View of the Role of Prefrontal Cortex in Consciousness ». ''Neuron'', 112(10), p. 1558-1572.</ref>. Cette perspective intégrative pourrait reconnaître : # Des niveaux multiples de traitement conscient, depuis les boucles récurrentes locales dans le cortex sensoriel jusqu'aux réseaux globaux incluant les aires préfrontales # Des formes transitoires de conscience, comme la mémoire fragile de Lamme, qui occupent une position intermédiaire entre traitement purement inconscient et pleine conscience d'accès # Un rôle complexe du cortex préfrontal, peut-être plus crucial pour certains aspects de la conscience (métacognition, conscience réflexive) que pour d'autres (conscience perceptive basique) # Des dissociations partielles plutôt que complètes entre richesse phénoménale et capacités d'accès, avec des gradations et des contextes où cette relation varie ===== Implications philosophiques et cliniques ===== La résolution de ce débat a des implications profondes non seulement pour notre compréhension théorique de la conscience, mais aussi pour des questions pratiques importantes<ref>Laureys, S., Owen, A. M., & Schiff, N. D. (2004). « Brain Function in Coma, Vegetative State, and Related Disorders ». ''Lancet Neurology'', 3(9), p. 537-546.</ref> : # Évaluation clinique de la conscience : Comment diagnostiquer les états de conscience minimale, végétatifs, ou de locked-in syndrome ? La distinction entre conscience phénoménale et conscience d'accès suggère qu'un patient pourrait avoir des expériences conscientes même sans capacité de rapport. # Conscience animale : Les animaux non humains, particulièrement ceux dépourvus de langage et de capacités métacognitives complexes, possèdent-ils une conscience phénoménale même en l'absence de conscience d'accès pleinement développée ?<ref>Edelman, D. B., Baars, B. J., & Seth, A. K. (2005). « Identifying Hallmarks of Consciousness in Non-Mammalian Species ». ''Consciousness and Cognition'', 14(1), p. 169-187.</ref> # Intelligence artificielle : Quelles conditions seraient nécessaires et suffisantes pour qu'un système artificiel possède une conscience phénoménale, par opposition à de simples capacités d'accès et de rapport d'information ?<ref>Butlin, P., et al. (2023). « Consciousness in Artificial Intelligence: Insights from the Science of Consciousness ». ''arXiv preprint'' arXiv:2308.08708.</ref> # Éthique et droits : Comment nos intuitions éthiques concernant la souffrance et le bien-être devraient-elles être informées par la distinction (ou son absence) entre conscience phénoménale et conscience d'accès ?<ref>Singer, P. (2011). ''Practical Ethics'' (3e éd.). Cambridge University Press.</ref> ==== Conclusion ==== La distinction entre conscience phénoménale et conscience d'accès, proposée par Ned Block il y a près de trois décennies, continue de structurer et de stimuler la recherche empirique et théorique sur la conscience. Les développements récents, des études sur la mémoire visuelle fragile aux grandes collaborations adversariales testant les théories rivales de la conscience, ont considérablement enrichi notre compréhension tout en révélant la complexité profonde du phénomène conscient. Les cinq problèmes soulevés par Naccache posent des défis sérieux à l'idée d'une conscience phénoménale pleinement indépendante de l'accès cognitif. Néanmoins, les preuves empiriques de dissociations entre richesse de l'expérience et capacités de rapport, particulièrement dans le domaine de la mémoire visuelle à court terme, suggèrent que la question ne peut être simplement résolue par un rejet pur et simple de la distinction. L'avenir de ce débat réside probablement dans le développement de cadres théoriques plus nuancés et intégratifs, capables de rendre compte de la diversité des phénomènes empiriques tout en évitant les pièges conceptuels identifiés par les critiques. La caractérisation précise des mécanismes neuronaux sous-tendant différents aspects de l'expérience consciente, combinée à des méthodes expérimentales toujours plus sophistiquées pour sonder la conscience de manière objective, promet de continuer à faire avancer notre compréhension de l'un des mystères les plus profonds de l'esprit humain. === Le problème difficile de la conscience === ==== Formulation de Chalmers ==== En 1995, le philosophe David Chalmers a introduit une distinction devenue célèbre dans l'étude de la conscience : celle entre les « problèmes faciles » et le « problème difficile » de la conscience<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref>. Cette distinction structure encore aujourd'hui une grande partie des débats contemporains en philosophie de l'esprit et en neurosciences cognitives. Les problèmes faciles concernent l'explication des fonctions cognitives et des capacités comportementales associées à la conscience. Chalmers énumère plusieurs de ces problèmes : la capacité à discriminer et catégoriser les stimuli environnementaux, l'intégration de l'information par le système cognitif, la rapportabilité des états mentaux, l'accès d'un système à ses propres états internes, le focus attentionnel, le contrôle délibéré du comportement, et la différence entre l'éveil et le sommeil<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref>. Ces problèmes sont qualifiés de « faciles » non parce qu'ils sont triviaux — leur résolution pourrait nécessiter un siècle ou deux de recherche empirique — mais parce que nous disposons d'une idée claire de la manière de les aborder scientifiquement. Ils peuvent être résolus en spécifiant les mécanismes computationnels ou neuronaux qui accomplissent ces fonctions<ref>Chalmers, D. J. (1996). ''The Conscious Mind: In Search of a Fundamental Theory''. Oxford University Press.</ref>. Le problème difficile, en revanche, concerne l'expérience elle-même. Comme l'écrit Chalmers : « Le problème vraiment difficile de la conscience est le problème de l'expérience. Quand nous pensons et percevons, il y a un tourbillon de traitement de l'information, mais il y a aussi un aspect subjectif »<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref>. S'appuyant sur la formulation de Thomas Nagel (1974), Chalmers souligne qu'il y a « quelque chose que c'est que » (''something it is like'') d'être un organisme conscient<ref>Nagel, T. (1974). « What Is It Like to Be a Bat? » ''Philosophical Review'', 83(4), p. 435-450.</ref>. Lorsque nous voyons, nous faisons l'expérience de sensations visuelles : la qualité ressentie du rouge, l'expérience de l'obscurité et de la lumière, la qualité de profondeur dans un champ visuel. Il en va de même pour les autres modalités sensorielles, les sensations corporelles, les images mentales, les émotions et le flux de la pensée consciente. La question centrale du problème difficile peut être formulée ainsi : Pourquoi et comment ces processus physiques sont-ils accompagnés d'expérience ? Chalmers soutient que même lorsque nous avons expliqué toutes les fonctions cognitives et comportementales liées à l'expérience — la discrimination perceptive, la catégorisation, l'accès interne, le rapport verbal — il reste une question supplémentaire sans réponse : pourquoi l'accomplissement de ces fonctions est-il accompagné d'expérience ?<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref> Une simple explication des fonctions laisse cette question ouverte. ==== Le gouffre explicatif ==== Cette difficulté particulière à expliquer l'expérience subjective a été conceptualisée par Joseph Levine (1983) sous le terme de « gouffre explicatif » (''explanatory gap'')<ref>Levine, J. (1983). « Materialism and Qualia: The Explanatory Gap ». ''Pacific Philosophical Quarterly'', 64(4), p. 354-361.</ref>. Levine observe que même si nous acceptons l'identité métaphysique entre les états mentaux et les états physiques du cerveau, il subsiste un problème épistémologique : les énoncés d'identité psychophysiques (comme « la douleur est l'activation des fibres C ») laissent un gouffre explicatif significatif. Contrairement à d'autres cas d'identité scientifique (comme « l'eau est H₂O » ou « la chaleur est l'énergie cinétique moléculaire »), où l'explication nous permet de comprendre pourquoi l'identité est vraie, les identités psychophysiques ne nous fournissent pas une telle compréhension<ref>Levine, J. (1983). « Materialism and Qualia: The Explanatory Gap ». ''Pacific Philosophical Quarterly'', 64(4), p. 354-361.</ref>. Levine distingue soigneusement le gouffre explicatif d'un argument métaphysique contre le matérialisme. Il soutient que le gouffre explicatif révèle une limite de notre compréhension conceptuelle, sans nécessairement impliquer un dualisme métaphysique<ref>Levine, J. (1993). « On Leaving Out What It's Like ». In M. Davies & G. W. Humphreys (éds.), ''Consciousness: Psychological and Philosophical Essays'', p. 121-136. Blackwell.</ref>. Néanmoins, l'existence de ce gouffre pose un défi majeur aux théories matérialistes de la conscience qui prétendent offrir une explication complète du phénomène. ==== L'argument du zombie philosophique ==== Chalmers utilise l'argument du « zombie philosophique » pour étayer sa thèse selon laquelle le problème difficile résiste à l'explication réductrice<ref>Chalmers, D. J. (1996). ''The Conscious Mind: In Search of a Fundamental Theory''. Oxford University Press.</ref>. Un zombie philosophique est une créature hypothétique qui serait physiquement identique à un être humain conscient dans tous ses aspects — possédant le même cerveau, la même structure neuronale, produisant les mêmes comportements — mais qui serait dépourvue de toute expérience consciente<ref>Kirk, R. (1974). « Sentience and Behaviour ». ''Mind'', 83(329), p. 43-60.</ref>. Pour un zombie, il n'y aurait « rien que c'est que » d'être ce zombie : toutes les lumières seraient éteintes à l'intérieur, pour ainsi dire. L'argument peut être formulé de la manière suivante<ref>Chalmers, D. J. (1996). ''The Conscious Mind: In Search of a Fundamental Theory''. Oxford University Press.</ref> : # Les zombies philosophiques sont concevables (aucune contradiction n'émerge de leur conception) # Ce qui est concevable est métaphysiquement possible (existe dans un monde possible) # Si les zombies philosophiques sont métaphysiquement possibles, alors les propriétés phénoménales de la conscience ne sont pas réductibles aux propriétés physiques ni ne surviennent sur elles # Par conséquent, le physicalisme est faux et une forme de dualisme des propriétés est vraie L'argument repose sur le principe philosophique selon lequel la concevabilité implique la possibilité métaphysique. Si nous pouvons concevoir de manière cohérente un zombie — c'est-à-dire un être physiquement identique à nous mais sans conscience — alors un tel être est possible dans un monde possible. Et si un tel être est possible, cela signifie que la conscience n'est pas logiquement déterminée par les faits physiques. Il existe donc des faits supplémentaires — des faits sur l'expérience consciente — qui ne découlent pas des faits physiques du monde<ref>Chalmers, D. J. (1996). ''The Conscious Mind: In Search of a Fundamental Theory''. Oxford University Press.</ref>. Cet argument a suscité d'intenses débats. Certains philosophes, comme Daniel Dennett, contestent la concevabilité même des zombies, arguant que la notion est incohérente<ref>Dennett, D. C. (1995). « The Unimagined Preposterousness of Zombies ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(4), p. 322-326.</ref>. D'autres, comme Christopher Hill, acceptent la concevabilité des zombies mais nient le passage de la concevabilité à la possibilité métaphysique<ref>Hill, C. S. (1997). « Imaginability, Conceivability, Possibility and the Mind-Body Problem ». ''Philosophical Studies'', 87(1), p. 61-85.</ref>. Néanmoins, l'argument du zombie demeure l'un des outils conceptuels les plus influents dans le débat sur la conscience. ==== Pourquoi les méthodes réductionnistes échouent ==== Chalmers soutient que les méthodes réductionnistes standard de la science cognitive et des neurosciences sont vouées à l'échec face au problème difficile, et ce pour des raisons systématiques<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref>. Ces méthodes ont été développées précisément pour expliquer l'accomplissement de fonctions cognitives, et elles excellent dans cette tâche. Mais elles ne sont équipées que pour expliquer l'accomplissement de fonctions. Face au problème difficile, l'approche standard n'a rien à dire. La raison en est que l'explication réductionniste fonctionne en montrant comment un phénomène de haut niveau découle logiquement de processus de niveau inférieur. Dans le cas des fonctions cognitives, une fois que nous avons spécifié les mécanismes qui accomplissent ces fonctions, l'explication est complète. Par exemple, pour expliquer la rapportabilité, nous devons seulement spécifier le mécanisme par lequel l'information sur les états internes est récupérée et rendue disponible pour le rapport verbal. Une fois ce mécanisme spécifié, nous avons expliqué la rapportabilité<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref>. Mais l'expérience consciente ne peut être expliquée de cette manière. Pour n'importe quel processus physique que nous spécifions, il reste une question sans réponse : pourquoi ce processus devrait-il donner lieu à l'expérience ? Étant donné n'importe quel processus, il est conceptuellement cohérent qu'il puisse être instancié en l'absence d'expérience. Il s'ensuit qu'aucun simple compte rendu du processus physique ne nous dira pourquoi l'expérience émerge. L'émergence de l'expérience va au-delà de ce qui peut être dérivé de la théorie physique<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref>. L'explication purement physique est bien adaptée à l'explication des structures physiques (en expliquant les structures macroscopiques en termes de constituants microstructurels détaillés) et à l'explication de l'accomplissement de fonctions (en rendant compte de ces fonctions en termes des mécanismes physiques qui les accomplissent). Mais la structure et la dynamique des processus physiques ne donnent que plus de structure et de dynamique, donc les structures et les fonctions sont tout ce que nous pouvons attendre de ces processus pour expliquer. Les faits sur l'expérience ne peuvent être une conséquence automatique d'aucun compte rendu physique<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref>. ==== Comparaison avec le vitalisme ==== On pourrait objecter que cette position ressemble à l'argument vitaliste selon lequel aucun compte rendu physique ne pourrait expliquer la vie. Chalmers répond que les cas sont disanalogues<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref>. Ce qui motivait le scepticisme vitaliste était le doute quant à la capacité des mécanismes physiques à accomplir les nombreuses fonctions remarquables associées à la vie, telles que le comportement adaptatif complexe et la reproduction. L'affirmation conceptuelle selon laquelle l'explication des fonctions est ce qui est nécessaire était implicitement acceptée, mais faute de connaissances détaillées des mécanismes biochimiques, les vitalistes doutaient qu'un quelconque processus physique puisse faire le travail et proposaient l'hypothèse de l'esprit vital comme explication alternative. Une fois qu'il s'est avéré que les processus physiques pouvaient accomplir les fonctions pertinentes, les doutes vitalistes se sont dissipés<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref>. Avec l'expérience, en revanche, l'explication physique des fonctions n'est pas en question. La clé est plutôt le point conceptuel selon lequel l'explication des fonctions ne suffit pas pour l'explication de l'expérience. Ce point conceptuel de base n'est pas quelque chose que l'investigation neuroscientifique ultérieure affectera. De manière similaire, l'expérience est disanalogue à l'élan vital. L'esprit vital était proposé comme un posit explicatif, afin d'expliquer les fonctions pertinentes, et pouvait donc être écarté lorsque ces fonctions étaient expliquées sans lui. L'expérience n'est pas un posit explicatif mais un explanandum en soi, et n'est donc pas candidate à ce type d'élimination<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref>. ==== Vers une explication non réductrice ==== Face à l'échec des méthodes réductionnistes, Chalmers propose une approche radicalement différente : une explication non réductrice de la conscience<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref><ref>Chalmers, D. J. (1996). ''The Conscious Mind: In Search of a Fundamental Theory''. Oxford University Press.</ref>. Cette approche suggère de traiter l'expérience consciente comme une propriété fondamentale de l'univers, au même titre que la masse, la charge électrique ou l'espace-temps. De même que la physique ne cherche pas à réduire ces propriétés fondamentales à quelque chose de plus simple, mais construit plutôt une théorie de leurs interrelations et des lois qu'elles suivent, une théorie de la conscience devrait traiter l'expérience comme fondamentale et développer des principes reliant l'expérience aux processus physiques. Chalmers propose que nous ayons besoin de nouvelles « lois psychophysiques » fondamentales qui spécifieraient les principes de base nous indiquant comment l'expérience dépend des caractéristiques physiques du monde<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref>. Ces principes ne violeraient pas les lois physiques — qui semblent déjà former un système fermé — mais constitueraient un ajout à notre ontologie fondamentale. Cette approche s'apparente à la manière dont la physique du XIXe siècle a dû étendre son ontologie pour inclure les forces électromagnétiques lorsqu'il est devenu clair que les processus électromagnétiques ne pouvaient être réduits aux processus purement mécaniques<ref>Chalmers, D. J. (1995). « Facing Up to the Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 2(3), p. 200-219.</ref>. Chalmers développe cette approche en proposant des principes tels que la « cohérence structurale » (l'idée que la structure de l'expérience consciente correspond à la structure du traitement de l'information sous-jacent) et l'« invariance organisationnelle » (l'idée que l'expérience dépend de l'organisation fonctionnelle d'un système plutôt que de sa réalisation physique spécifique)<ref>Chalmers, D. J. (1996). ''The Conscious Mind: In Search of a Fundamental Theory''. Oxford University Press.</ref>. ==== Le méta-problème de la conscience ==== Plus récemment, Chalmers (2018) a introduit le concept de « méta-problème de la conscience »<ref>Chalmers, D. J. (2018). « The Meta-Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 25(9-10), p. 6-61.</ref>. Le méta-problème est le problème d'expliquer pourquoi nous pensons qu'il y a un problème difficile de la conscience. En d'autres termes, pourquoi avons-nous l'impression qu'il existe un gouffre explicatif entre les processus physiques et l'expérience subjective ? Le méta-problème est techniquement un « problème facile » car il concerne l'explication de certains comportements et rapports — notamment notre tendance à affirmer qu'il y a quelque chose de mystérieux dans la conscience, que l'expérience ne peut être réduite aux processus physiques, etc. Cependant, Chalmers soutient que le méta-problème est profondément lié au problème difficile. Une solution au méta-problème pourrait éclairer de manière significative le problème difficile lui-même<ref>Chalmers, D. J. (2018). « The Meta-Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 25(9-10), p. 6-61.</ref>. Chalmers distingue une « ligne forte » et une « ligne faible » concernant la relation entre le méta-problème et le problème difficile. La ligne forte soutient qu'une solution au méta-problème résoudrait ou dissoudrait le problème difficile. Si nous pouvions expliquer complètement pourquoi nous croyons qu'il y a un problème difficile en termes purement fonctionnels ou physiques, cela pourrait « démystifier » nos croyances sur la conscience et éliminer le problème difficile lui-même. La ligne faible soutient qu'une solution au méta-problème ne supprimerait pas le problème difficile, mais contraindrait la forme d'une solution<ref>Chalmers, D. J. (2018). « The Meta-Problem of Consciousness ». ''Journal of Consciousness Studies'', 25(9-10), p. 6-61.</ref>. ==== Critiques et développements récents ==== Le problème difficile de Chalmers a suscité de nombreuses critiques. Certains philosophes, comme Daniel Dennett, rejettent entièrement la distinction entre problèmes faciles et problème difficile, arguant que ce dernier est un « pseudo-problème » créé par des confusions conceptuelles<ref>Dennett, D. C. (2005). ''Sweet Dreams: Philosophical Obstacles to a Science of Consciousness''. MIT Press.</ref>. Dennett soutient qu'une fois que nous avons expliqué toutes les fonctions cognitives associées à la conscience, il ne reste plus rien à expliquer. L'impression qu'il y a un « plus » — l'expérience subjective elle-même — serait une illusion générée par la manière dont notre cerveau fonctionne<ref>Dennett, D. C. (2001). « Are We Explaining Consciousness Yet? » ''Cognition'', 79(1-2), p. 221-237.</ref>. D'autres philosophes, comme Patricia Churchland, ont critiqué le problème difficile en soulignant qu'il repose sur une compréhension incomplète de la neuroscience<ref>Churchland, P. S. (1996). « The Hornswoggle Problem ». ''Journal of Consciousness Studies'', 3(5-6), p. 402-408.</ref>. Selon cette critique, à mesure que notre compréhension des mécanismes neuronaux progresse, le gouffre explicatif apparent se réduira et finira par disparaître. Cependant, des neuroscientifiques de premier plan comme Christof Koch et Giulio Tononi ont pris le problème difficile au sérieux et ont cherché à développer des théories scientifiques qui l'abordent directement<ref>Koch, C., Massimini, M., Boly, M., & Tononi, G. (2016). « Neural Correlates of Consciousness: Progress and Problems ». ''Nature Reviews Neuroscience'', 17(5), p. 307-321.</ref>. La théorie de l'information intégrée (IIT) de Tononi, par exemple, tente de fournir une théorie mathématique de la manière dont la conscience émerge de systèmes physiques, bien que cette théorie reste controversée et fasse l'objet de débats intenses<ref>Tononi, G., Boly, M., Massimini, M., & Koch, C. (2016). « Integrated Information Theory: From Consciousness to Its Physical Substrate ». ''Nature Reviews Neuroscience'', 17(7), p. 450-461.</ref>. Plus récemment, une importante collaboration adversariale entre partisans de différentes théories de la conscience a tenté de tester empiriquement les prédictions rivales de la théorie de l'espace de travail neuronal global et de la théorie de l'information intégrée<ref>Melloni, L., et al. (2023). « An Adversarial Collaboration to Critically Evaluate Theories of Consciousness ». ''bioRxiv'', 2023.06.23.546249.</ref><ref>Bignardi, G., et al. (2025). « Adversarial Testing of Global Neuronal Workspace and Integrated Information Theories of Consciousness ». ''Nature'', 639, p. 142-149.</ref>. Ces études représentent une tentative sans précédent d'aborder le problème difficile de manière empirique, bien que leurs résultats n'aient pas encore résolu le débat fondamental. ==== Implications philosophiques et scientifiques ==== Le problème difficile de la conscience a des implications profondes non seulement pour la philosophie de l'esprit, mais aussi pour la métaphysique, l'épistémologie et la philosophie des sciences. Il soulève des questions fondamentales sur la nature de la réalité physique, les limites de l'explication scientifique et la place de l'expérience subjective dans notre compréhension du monde<ref>Chalmers, D. J. (2010). ''The Character of Consciousness''. Oxford University Press.</ref>. D'un point de vue pratique, le problème difficile a également des implications importantes pour l'évaluation de la conscience chez les patients dans le coma ou en état végétatif, pour la question de la conscience animale, et pour les débats sur la possibilité d'une conscience artificielle dans les systèmes d'intelligence artificielle<ref>Dehaene, S., Lau, H., & Kouider, S. (2017). « What Is Consciousness, and Could Machines Have It? » ''Science'', 358(6362), p. 486-492.</ref>. Si le problème difficile est réel et si l'expérience consciente ne peut être réduite aux fonctions cognitives, alors l'évaluation de la conscience ne peut se baser uniquement sur des critères comportementaux ou fonctionnels. En fin de compte, que l'on accepte ou non la formulation de Chalmers du problème difficile, sa contribution a été d'identifier clairement un défi conceptuel et scientifique majeur et de stimuler des décennies de recherche productive et de débat philosophique sur la nature de la conscience<ref>Blackmore, S. (2017). ''Consciousness: An Introduction'' (3e éd.). Routledge.</ref>. == Les théories contemporaines de la conscience == ==== Les théories d'ordre supérieur ==== Les théories d'ordre supérieur (Higher-Order Theories, HOT) constituent une famille importante d'approches réductionnistes de la conscience phénoménale. L'idée fondamentale, remontant à John Locke et réactualisée par des philosophes comme David Rosenthal et Peter Carruthers, est qu'un état mental devient conscient lorsqu'il fait l'objet d'une représentation mentale d'ordre supérieur<ref>Rosenthal, D. M. (1986). "Two Concepts of Consciousness". ''Philosophical Studies'', 49(3), 329-359.</ref><ref>Rosenthal, D. M. (2005). ''Consciousness and Mind''. Oxford University Press.</ref>. Selon la théorie de la pensée d'ordre supérieur (Higher-Order Thought theory) de Rosenthal, un état perceptif ou sensoriel est phénoménalement conscient si et seulement si le sujet a une pensée (non-consciente) d'ordre supérieur à l'effet qu'il est dans cet état. Autrement dit, je suis conscient de voir du rouge parce que j'ai une pensée métareprésentationnelle du type « Je vois du rouge », même si cette pensée d'ordre supérieur n'est elle-même généralement pas consciente. L'introspection survient lorsque la pensée d'ordre supérieur devient elle-même consciente, grâce à une pensée de troisième ordre. Cette approche présente plusieurs avantages théoriques. Elle explique pourquoi la conscience semble toujours impliquer une forme de conscience de soi : être dans un état conscient, c'est être conscient d'être dans cet état. Elle rend également compte du caractère immédiat et non-inférentiel de notre accès à nos propres états mentaux conscients<ref>Gennaro, R. J. (1996). ''Consciousness and Self-Consciousness: A Defense of the Higher-Order Thought Theory of Consciousness''. John Benjamins Publishing.</ref>. Néanmoins, les théories HOT font face à plusieurs objections importantes. D'abord, elles semblent impliquer que les animaux non-humains et les jeunes enfants, qui ne possèdent vraisemblablement pas les capacités métareprésentationnelles sophistiquées requises, ne seraient pas phénoménalement conscients – une conclusion que beaucoup jugent contre-intuitive<ref>Dretske, F. (1995). ''Naturalizing the Mind''. MIT Press.</ref>. Ensuite, se pose le problème de la « mauvaise représentation » : que se passe-t-il si la pensée d'ordre supérieur représente incorrectement l'état de premier ordre ? Suis-je alors conscient d'un état que je n'ai pas réellement ?<ref>Byrne, A. (1997). "Some Like It HOT: Consciousness and Higher-Order Thoughts". ''Philosophical Studies'', 86(2), 103-129.</ref> Une variante est la théorie de la perception d'ordre supérieur (Higher-Order Perception theory), défendue notamment par William Lycan, selon laquelle nous percevons nos propres états mentaux grâce à un « sens interne »<ref>Lycan, W. G. (1996). ''Consciousness and Experience''. MIT Press.</ref>. Peter Carruthers a développé une version dispositionnelle de la théorie HOT, qu'il appelle aussi « théorie du double contenu » : selon cette approche, certains états perceptifs acquièrent un contenu intentionnel double – à la fois de premier ordre et d'ordre supérieur – en vertu de leur disponibilité pour la pensée d'ordre supérieur<ref>Carruthers, P. (2000). ''Phenomenal Consciousness: A Naturalistic Theory''. Cambridge University Press.</ref>. ==== La théorie de l'espace de travail global ==== La théorie de l'espace de travail global (Global Workspace Theory, GWT), initialement proposée par le psychologue Bernard Baars en 1988, constitue l'une des approches les plus influentes de la conscience<ref>Baars, B. J. (1988). ''A Cognitive Theory of Consciousness''. Cambridge University Press.</ref>. Selon cette théorie, le cerveau comprend de nombreux processeurs spécialisés qui fonctionnent en parallèle et de manière largement inconsciente. La conscience émerge lorsque l'information est diffusée globalement dans un « espace de travail » auquel de nombreux systèmes cognitifs ont accès. Baars utilise la métaphore du théâtre : la conscience est comme un projecteur éclairant une scène. Ce qui est dans le faisceau lumineux – sur la scène de la mémoire de travail – est conscient, tandis que les coulisses représentent les nombreux processus inconscients qui contribuent à ce qui apparaît sur scène. L'attention joue le rôle du projecteur, sélectionnant certains contenus pour la diffusion globale. Stanislas Dehaene et Jean-Pierre Changeux ont développé une version neuroscientifique de cette théorie, l'« espace de travail neuronal global » (Global Neuronal Workspace, GNW)<ref>Dehaene, S., & Changeux, J.-P. (2011). "Experimental and Theoretical Approaches to Conscious Processing". ''Neuron'', 70(2), 200-227.</ref><ref>Dehaene, S. (2014). ''Consciousness and the Brain: Deciphering How the Brain Codes Our Thoughts''. Viking Press.</ref>. Selon cette approche, la conscience survient lorsque l'information perceptuelle franchit un seuil d'activation et « s'enflamme » (ignites) dans un vaste réseau de neurones à longue distance, impliquant particulièrement les régions préfrontales et pariétales. Cette « ignition » permet à l'information d'être maintenue, rapportée verbalement, stockée en mémoire à long terme et utilisée pour guider l'action. Les prédictions de la théorie GNW ont reçu un soutien empirique considérable. Des études en neuroimagerie et en électrophysiologie ont montré que la perception consciente d'un stimulus s'accompagne effectivement d'une activation corticale tardive, distribuée et impliquant des connexions à longue distance, contrairement au traitement inconscient qui reste plus local et précoce<ref>Sergent, C., & Dehaene, S. (2004). "Is Consciousness a Gradual Phenomenon? Evidence for an All-or-None Bifurcation During the Attentional Blink". ''Psychological Science'', 15(11), 720-728.</ref>. ==== La théorie de l'information intégrée ==== La théorie de l'information intégrée (Integrated Information Theory, IIT), développée par le neuroscientifique Giulio Tononi depuis 2004, représente une approche radicalement différente du problème de la conscience<ref>Tononi, G. (2004). "An Information Integration Theory of Consciousness". ''BMC Neuroscience'', 5, 42.</ref><ref>Tononi, G. (2008). "Consciousness as Integrated Information: A Provisional Manifesto". ''The Biological Bulletin'', 215(3), 216-242.</ref>. Contrairement aux théories fonctionnalistes qui partent des fonctions cognitives, l'IIT part des propriétés phénoménales de la conscience elle-même pour en déduire les propriétés physiques que doit posséder le substrat qui la réalise. L'IIT postule que la conscience correspond à l'information intégrée, mesurée par la quantité Φ (phi). Un système est conscient dans la mesure où il intègre de l'information – c'est-à-dire qu'il forme un tout dont les parties sont causalement interdépendantes de manière irréductible. Plus précisément, Φ mesure la quantité d'information générée par un système au-delà de l'information générée par ses parties prises séparément. Selon l'IIT 4.0, la version la plus récente de la théorie (2023), la conscience est identifiée à une structure conceptuelle maximalement irréductible – un ensemble de relations cause-effet spécifiées par un complexe d'éléments physiques<ref>Albantakis, L., et al. (2023). "Integrated Information Theory (IIT) 4.0: Formulating the Properties of Phenomenal Existence in Physical Terms". ''PLoS Computational Biology'', 19(10), e1011465.</ref>. La quantité de conscience correspond à Φ<sub>Max</sub>, tandis que la qualité de l'expérience est déterminée par la structure spécifique des relations causales au sein du système. L'IIT fait des prédictions empiriques vérifiables. Elle explique pourquoi certaines régions cérébrales (comme le cortex cérébral) génèrent la conscience tandis que d'autres (comme le cervelet, qui contient pourtant beaucoup plus de neurones) ne le font pas : le cortex possède une architecture hautement intégrée avec de nombreuses connexions récurrentes, tandis que le cervelet a une structure plus modulaire<ref>Tononi, G., & Koch, C. (2015). "Consciousness: Here, There and Everywhere?". ''Philosophical Transactions of the Royal Society B'', 370(1668), 20140167.</ref>. Cependant, l'IIT reste très controversée. Des critiques ont argumenté que la mesure Φ identifie incorrectement la conscience avec l'efficacité causale des réseaux différenciés, ce qui conduirait à attribuer de la conscience à des systèmes manifestement non-conscients comme les réseaux électriques ou certains circuits électroniques<ref>Cerullo, M. A. (2015). "The Problem with Phi: A Critique of Integrated Information Theory". ''PLoS Computational Biology'', 11(9), e1004286.</ref><ref>Doerig, A., Schurger, A., & Herzog, M. H. (2021). "The Integrated Information Theory of Consciousness: A Case of Mistaken Identity". ''Behavioral and Brain Sciences'', 44, e41.</ref>. En 2023, plusieurs chercheurs ont qualifié l'IIT de pseudoscience non falsifiable, déclenchant un débat vigoureux dans la communauté scientifique. ==== Les théories représentationnalistes de premier ordre ==== Les théories représentationnalistes de premier ordre (First-Order Representational theories, FOR) soutiennent que la conscience phénoménale peut être expliquée uniquement en termes du contenu représentationnel des états perceptifs, sans invoquer de représentations d'ordre supérieur<ref>Dretske, F. (1995). ''Naturalizing the Mind''. MIT Press.</ref><ref>Tye, M. (1995). ''Ten Problems of Consciousness''. MIT Press.</ref>. Selon Fred Dretske et Michael Tye, un état perceptif est phénoménalement conscient en vertu de son contenu représentationnel analogique ou non-conceptuel et de sa position fonctionnelle dans l'architecture cognitive. Pour Tye, les expériences conscientes sont des représentations qui sont « PANIC » : Poised (disposées à influencer la croyance et le désir), Abstract (représentant des propriétés abstraites), Non-conceptual, Intentional, et Content-bearing<ref>Tye, M. (2000). ''Consciousness, Color, and Content''. MIT Press.</ref>. L'avantage des théories FOR est leur parcimonie : elles n'exigent pas les capacités métacognitives sophistiquées requises par les théories d'ordre supérieur, ce qui permet plus facilement d'attribuer la conscience phénoménale aux animaux et aux jeunes enfants. Cependant, elles font face à des difficultés pour expliquer certains phénomènes, notamment la possibilité de concepts purement recognitionnels d'expérience et la distinction entre états perceptifs conscients et non-conscients<ref>Carruthers, P. (2005). ''Consciousness: Essays from a Higher-Order Perspective''. Oxford University Press.</ref>. ==== Le traitement prédictif et la conscience ==== Le cadre du traitement prédictif (Predictive Processing) ou de l'« inférence active » (Active Inference), développé notamment par Karl Friston, Jakob Hohwy et Andy Clark, est devenu très influent ces dernières années<ref>Clark, A. (2013). "Whatever Next? Predictive Brains, Situated Agents, and the Future of Cognitive Science". ''Behavioral and Brain Sciences'', 36(3), 181-204.</ref><ref>Hohwy, J. (2013). ''The Predictive Mind''. Oxford University Press.</ref>. Selon cette approche, le cerveau fonctionne comme une machine à inférence bayésienne, générant constamment des prédictions sur les causes de ses entrées sensorielles et minimisant l'erreur de prédiction. Plusieurs théoriciens ont tenté d'intégrer la conscience dans ce cadre. Andy Clark suggère que les qualia – les aspects qualitatifs de l'expérience – peuvent être compris comme des inférences sur nos propres états internes et dispositions réactives. Jakob Hohwy et Anil Seth ont développé l'idée que la conscience implique un certain type de métareprésentation prédictive, où le système modélise ses propres états perceptifs<ref>Seth, A. K., & Hohwy, J. (2021). "Predictive Processing as an Empirical Theory for Consciousness Science". ''Cognitive Neuroscience'', 12(2), 89-90.</ref>. Le traitement prédictif offre un cadre unifié potentiel pour comprendre à la fois la perception, l'action, l'attention et la conscience. Cependant, il reste débattu si le traitement prédictif constitue véritablement une théorie de la conscience ou simplement un cadre général de fonctionnement cérébral compatible avec diverses théories spécifiques de la conscience<ref>Doerig, A., et al. (2019). "The Unfolding Argument: Why IIT and Other Causal Structure Theories Cannot Explain Consciousness". ''Consciousness and Cognition'', 72, 49-59.</ref>. == Élimininativisme et illusionnisme == Une position radicale, défendue notamment par Daniel Dennett, est l'illusionnisme ou quasi-éliminativisme concernant la conscience phénoménale<ref>Dennett, D. C. (1991). ''Consciousness Explained''. Little, Brown and Company.</ref><ref>Frankish, K. (2016). "Illusionism as a Theory of Consciousness". ''Journal of Consciousness Studies'', 23(11-12), 11-39.</ref>. Selon cette vue, ce que nous appelons « conscience phénoménale » ou « qualia » n'existe pas réellement en tant que propriétés intrinsèques et non-relationnelles de nos états mentaux. Il s'agit plutôt d'une « illusion d'utilisateur », comparable à l'interface graphique d'un ordinateur. Dennett argumente que la distinction entre « comment les choses nous apparaissent » et « comment les choses nous apparaissent nous apparaître » n'a pas de sens. Il n'y a pas de « théâtre cartésien » dans le cerveau où les expériences conscientes seraient présentées à un observateur intérieur. La conscience est plutôt un processus distribué de « célébrité dans le cerveau » (fame in the brain) – certains contenus deviennent accessibles à de multiples systèmes cognitifs et c'est tout ce qu'il y a à expliquer<ref>Dennett, D. C. (2016). "Illusionism as the Obvious Default Theory of Consciousness". ''Journal of Consciousness Studies'', 23(11-12), 65-72.</ref>. Keith Frankish a systématisé l'illusionnisme, arguant que nos systèmes introspectifs représentent mal nos états mentaux comme possédant des propriétés phénoménales alors qu'en réalité, ces états n'ont que des propriétés physiques et fonctionnelles. Tout comme la couleur rouge en tant que propriété des objets est une sorte d'illusion (les objets ont des propriétés réflectives, pas de couleur intrinsèque), de même les qualia en tant que propriétés de nos expériences sont illusoires. L'illusionnisme demeure très controversé et minoritaire. Beaucoup de philosophes objectent qu'il est absurde de nier l'existence même de ce qui nous est le plus directement donné – nos expériences conscientes. Comme le souligne Galen Strawson, même une illusion est une expérience consciente, donc l'illusionnisme ne peut pas éliminer complètement la conscience phénoménale<ref>Strawson, G. (2018). "The Mary‐Go‐Round". ''Journal of Consciousness Studies'', 25(5‐6), 98‐121.</ref>. == Vers un pluralisme théorique == Une tendance récente dans la recherche sur la conscience est le mouvement vers un pluralisme théorique plus nuancé<ref>He, B. J. (2023). "Towards a Pluralistic Neurobiological Understanding of Consciousness". ''Trends in Cognitive Sciences'', 27(5), 420-432.</ref>. Plusieurs chercheurs argumentent maintenant qu'il est peu probable qu'un seul ensemble de mécanismes puisse expliquer tous les phénomènes associés à la conscience – des états de conscience (éveil vs sommeil) aux contenus de conscience (perception vs introspection), de la conscience phénoménale à la conscience d'accès. Cette approche pluraliste suggère que différentes théories pourraient capturer des aspects complémentaires de la conscience. Par exemple, la théorie de l'espace de travail global pourrait mieux expliquer la conscience d'accès et le rapport verbal, tandis que les théories d'ordre supérieur pourraient mieux rendre compte de la conscience phénoménale elle-même. L'information intégrée pourrait mesurer le niveau global de conscience, tandis que le traitement prédictif pourrait expliquer le contenu spécifique des expériences. En 2023, une collaboration adversariale majeure a été lancée entre partisans de la théorie de l'espace de travail global et de la théorie de l'information intégrée pour tester expérimentalement leurs prédictions contrastées concernant les corrélats neuronaux de la conscience visuelle<ref>Melloni, L., et al. (2023). "An Adversarial Collaboration Protocol for Testing Contrasting Predictions of Global Neuronal Workspace and Integrated Information Theory". ''PLoS ONE'', 18(2), e0268577.</ref>. Cette initiative représente un modèle prometteur de science collaborative et ouverte dans le domaine de la conscience. == Conclusion == Les vingt dernières années ont vu un développement remarquable de la recherche sur la conscience, avec une prolifération de théories sophistiquées et un dialogue fructueux entre philosophie et neurosciences. Malgré les désaccords persistants, plusieurs points de consensus émergent : la nécessité de distinguer différentes formes de conscience, l'importance des représentations d'ordre supérieur ou de la diffusion globale de l'information, le rôle crucial de l'intégration et de la différenciation neuronales. Le problème difficile de la conscience demeure un défi majeur. Certains philosophes maintiennent qu'il existe un fossé explicatif insurmontable entre le physique et le phénoménal, tandis que d'autres sont optimistes quant à la possibilité d'une explication naturaliste complète. Ce qui est certain, c'est que la conscience continue de fasciner chercheurs et philosophes, et que les progrès conceptuels et empiriques des dernières décennies ont considérablement enrichi notre compréhension de ce phénomène central de l'existence humaine. == Références == {{references|colonnes=2}} == Bibliographie == * Bayne, T., Cleeremans, A., & Wilken, P. (Eds.). (2009). ''The Oxford Companion to Consciousness''. Oxford University Press. * Block, N., Flanagan, O., & Güzeldere, G. (Eds.). (1997). ''The Nature of Consciousness: Philosophical Debates''. MIT Press. * Gennaro, R. J. (Ed.). (2004). ''Higher-Order Theories of Consciousness: An Anthology''. John Benjamins Publishing. * Koch, C. (2012). ''Consciousness: Confessions of a Romantic Reductionist''. MIT Press. * Seager, W. (Ed.). (2020). ''The Routledge Handbook of Panpsychism''. Routledge. * Velmans, M., & Schneider, S. (Eds.). (2007). ''The Blackwell Companion to Consciousness''. Wiley-Blackwell. * Zelazo, P. D., Moscovitch, M., & Thompson, E. (Eds.). (2007). ''The Cambridge Handbook of Consciousness''. Cambridge University Press. [[Catégorie:Philosophie de l'esprit]] {{autocat}} ck4j4cmgp7y5870kdq89wt9900ytu2s Dictionnaire de philosophie/Bien 0 83052 768228 759902 2026-06-21T05:13:10Z PandaMystique 119061 Bot : ajout du paramètre lecture=oui au modèle {{DicoPhilo}} 768228 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Bien|lecture=oui}} Le terme « Bien » (agathon en grec, bonum en latin) constitue l'une des notions centrales de la philosophie morale et métaphysique. Sa compréhension a profondément évolué de l'Antiquité à nos jours, passant d'une conception substantielle et cosmologique à une approche formelle et subjective. Cette évolution marque un tournant dans l'histoire de la pensée éthique, où la question du Bien s'est progressivement détachée de considérations ontologiques pour devenir une interrogation sur les fondements de l'action et du jugement moral. == Le Bien dans la pensée antique : fondements cosmologiques et éthiques == === Platon et l'Idée du Bien === Chez Platon, le Bien occupe une position métaphysique suprême. Dans la ''République'' (Livres VI et VII), il est présenté comme l'Idée des Idées, principe ultime de toute réalité et de toute connaissance. L'allégorie de la caverne et la métaphore du soleil illustrent cette primauté ontologique : de même que le soleil rend visible les choses sensibles et permet à l'œil de voir, l'Idée du Bien illumine les Idées intelligibles et permet à l'âme de connaître.<ref name="PlatRep">Platon, ''La République'', trad. Léon Robin, GF Flammarion, 2001, Livre VII, p. 257-266.</ref> Le Bien platonicien possède plusieurs caractéristiques essentielles. Premièrement, il est ''anhypothétique'', c'est-à-dire qu'il ne dépend d'aucune condition préalable et constitue le principe absolu dont dépend toute réalité. Deuxièmement, il est transcendant, situé « au-delà de l'essence » (''epekeina tès ousias''), ce qui signifie qu'il dépasse l'être lui-même en dignité et en puissance (République 509b). Troisièmement, il joue un triple rôle : ontologique (cause de l'être), épistémologique (condition de la connaissance) et téléologique (fin ultime de toute aspiration). Cette conception du Bien a des implications éthiques majeures. Pour Platon, la vie bonne consiste dans la contemplation du Bien et dans l'orientation de l'âme vers cette réalité suprême. Le philosophe-roi de la ''République'' doit précisément connaître le Bien pour gouverner justement la cité. La vertu n'est alors pas une simple conformité à des règles, mais une participation à l'ordre intelligible dont le Bien est le principe.<ref>Eric Deschamps, "L’Idée du Bien chez Platon", dans ''La République de Platon - Livres VI et VII'', Vrin, 2013, p. 78-89.</ref> === Aristote et le souverain bien === Aristote, tout en critiquant la séparation platonicienne des Idées, maintient la centralité du Bien dans sa philosophie pratique. Dans l''Éthique à Nicomaque'', il identifie le Bien avec le bonheur (''eudaimonia''), compris comme le souverain bien, c'est-à-dire la fin ultime de toute action humaine.<ref name="AristEN">Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', trad. J. Tricot, Vrin, 2005, Livre I, p. 12-31 ; Livre X, p. 299-311.</ref> L'analyse aristotélicienne du souverain bien repose sur une structure téléologique de l'action: toute technè (art) et toute praxis (action) visent un bien. Cependant, certains biens sont recherchés en vue d'autres biens (biens instrumentaux), tandis que le souverain bien est recherché pour lui-même et jamais en vue d'autre chose. C'est le bonheur qui satisfait ces critères : il est autarcique (se suffit à lui-même), complet (englobe tous les autres biens) et constitue la fin dernière de toute vie humaine. Le souverain bien aristotélicien se distingue radicalement du Bien platonicien par son caractère immanent et pratique. Il n'est pas une réalité transcendante, mais l'actualisation de la fonction propre (ergon) de l'homme, c'est-à-dire l'activité de l'âme selon la vertu, et particulièrement selon la vertu intellectuelle. La vie théorétique (bios theoretikos) représente ainsi la forme la plus haute du bonheur, car elle actualise ce qu'il y a de divin dans l'homme : la raison.<ref>Martha Nussbaum, ''La fragilité du bien : Fortune et éthique dans la tragédie et la philosophie grecques'', trad. P. Pachet, Aubier, 1993, p. 412-427.</ref> La conception aristotélicienne introduit également une hiérarchie des biens. Les biens extérieurs (richesse, honneur, plaisir) sont nécessaires mais insuffisants. Les vertus éthiques (courage, tempérance, générosité) constituent des biens supérieurs, mais le bien suprême réside dans l'exercice de la vertu dianoétique, la sagesse (sophia). Cette hiérarchisation permet à Aristote de distinguer entre ce qui contribue au bonheur et ce qui le constitue essentiellement. === Les écoles hellénistiques : stoïcisme et épicurisme === Pour les stoïciens, le Bien suprême est la vertu, identifiée à la vie selon la nature et la raison. Seule la vertu est un bien absolu; tout le reste (santé, richesse, vie) est indifférent (adiaphora). Cette position rigoriste conduit au paradoxe stoïcien : le sage vertueux est heureux même sous la torture, car son bonheur ne dépend que de son état intérieur, de sa conformité au Logos universel. Le Bien devient ainsi une affaire de disposition intérieure et d'assentiment rationnel aux événements.<ref name="Stoic">Épictète, ''Manuel'', trad. P. Hadot, GF Flammarion, 2009, p. 42-57.</ref> L'épicurisme, quant à lui, identifie le Bien au plaisir (hêdonê), mais entendu comme absence de trouble de l'âme (ataraxia) et absence de douleur du corps (aponia). Cette conception hédoniste se distingue du simple hédonisme vulgaire par sa subtilité : il existe une hiérarchie des plaisirs, les plaisirs spirituels et durables étant supérieurs aux plaisirs corporels et fugaces.<ref>Épicure, ''Lettre à Ménécée'', trad. M. Bénabou, GF Flammarion, 2014, §127-135.</ref> == Le tournant moderne : du Bien cosmologique à l'impératif moral == === La critique kantienne et l'autonomie de la volonté === Emmanuel Kant opère une transformation radicale de la conception du Bien. Dans la ''Fondation de la métaphysique des mœurs'' (1785), il substitue aux définitions substantialistes traditionnelles du Bien une approche formelle et procédurale.<ref name="KantFM">Kant, ''Fondation de la métaphysique des mœurs'', trad. I. Kant, Vrin, 2020, p. 51-64.</ref> Pour Kant, « il n'est rien qui puisse sans restriction être tenu pour bon, sinon seulement une volonté bonne ». Le Bien n'est plus une réalité substantielle à contempler ou à atteindre, mais la conformité de la volonté à la loi morale qu'elle se donne à elle-même. L'impératif catégorique exprime cette nouvelle conception : « Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle ». Contrairement aux impératifs hypothétiques (qui commandent sous condition : « si tu veux X, fais Y »), l'impératif catégorique commande inconditionnellement. Il ne dit pas « fais ceci pour atteindre le bonheur », mais « fais ceci parce que c'est ton devoir ».<ref>Kant, ''Critique de la raison pratique'', trad. E. Kant, GF Flammarion, 1992, p. 107-115.</ref> Cette transformation implique une inversion des rapports traditionnels entre le Bien et la loi morale : la loi morale devient première et définit ce qui est bien. Le souverain Bien kantien devient ainsi un concept dérivé : c'est l'union de la vertu (conformité à la loi morale) et du bonheur, mais cette union n'est possible que dans un monde intelligible, sous la garantie de l'existence de Dieu, posée comme postulat de la raison pratique. <ref name="KantFM" /> === L'utilitarisme : le Bien comme maximisation du bonheur === L'utilitarisme, développé par Bentham et Mill, propose une alternative au formalisme kantien. Cette doctrine identifie le Bien à l'utilité, c'est-à-dire à ce qui maximise le bonheur ou le bien-être du plus grand nombre.<ref name="MillUtil">J.S. Mill, ''L'Utilitarisme'', trad. N. Capdevila, Flammarion, 1987, p. 26-50.</ref> Jeremy Bentham (1748-1832) fonde sa morale sur le principe d'utilité : « Une action peut être dite conforme au principe d'utilité quand elle est intrinsèquement de nature à augmenter le bonheur de la communauté plutôt qu'à le diminuer ». L'utilitarisme benthamien est quantitatif : il s'agit de calculer le bilan des plaisirs et des peines produits par une action, chaque individu comptant pour un dans ce calcul.<ref>Bentham, ''Introduction aux principes de la morale et de la législation'', trad. J.-P. Cléro, Vrin, 1997, p. 89-112.</ref> Mill raffine l'utilitarisme en introduisant une dimension qualitative. Dans ''L'Utilitarisme'' (1861), il distingue des plaisirs de qualité différente, certains plaisirs intellectuels et moraux étant intrinsèquement supérieurs aux plaisirs corporels. L'utilitarisme est une éthique conséquentialiste : la valeur morale d'une action dépend exclusivement de ses conséquences en termes de bien-être produit. == Problèmes contemporains : relativisme, objectivisme et pluralisme == === Le défi du relativisme moral === La question du statut du Bien se pose aujourd'hui dans le contexte d'un pluralisme culturel et normatif. Le relativisme moral soutient que les jugements de valeur sont relatifs à des contextes culturels, sociaux ou individuels, et qu'il n'existe pas de critères absolus ou universels pour déterminer ce qui est bien.<ref name="RelNorm">François Jullien, ''Du bien : Une enquête philosophique'', Grasset, 2020, p. 73-110.</ref> On distingue plusieurs formes de relativisme : descriptif (diversité des normes), méta-éthique (la vérité dépend d'une communauté), normatif (aucun standard n'est universel). Le relativisme moral pose plusieurs problèmes : il semble conduire au conformisme social (le bien serait ce qui est accepté légalement) et rend difficile la critique morale d'autres sociétés. Face au relativisme, l'objectivisme moral défend l'existence de vérités morales indépendantes des attitudes et croyances des agents. Certains philosophes, comme Putnam, argumentent que si nous acceptons l'objectivité des jugements épistémiques, nous devrions également accepter celle des jugements éthiques.<ref>Hilary Putnam, ''The Collapse of the Fact/Value Dichotomy'', Harvard University Press, 2002, p. 15-34.</ref> === Le pluralisme des valeurs === Le pluralisme moral reconnaît la multiplicité des valeurs et des conceptions du bien sans tomber dans le relativisme. Contrairement au relativisme qui affirme que toutes les positions se valent, le pluralisme soutient qu'il existe plusieurs valeurs objectives mais conflictuelles. Cette position permet d'éviter le monisme (réduction de toutes les valeurs à une seule), tout en évitant le relativisme. Elle reconnaît que des dilemmes moraux peuvent surgir entre différentes valeurs légitimes (liberté, égalité, justice, bien-être). == Conclusion == L'histoire philosophique de la notion de Bien montre une transformation profonde de notre conception de la moralité. De la conception cosmologique et objective des Anciens, nous sommes passés chez Kant à une approche formelle, puis à une évaluation conséquentialiste avec l'utilitarisme et la reconaissance contemporaine du pluralisme. La question du Bien demeure centrale dans la réflexion éthique, qu'il s'agisse de fonder les droits humains ou de guider l'action individuelle. Entre objectivisme et relativisme, universalisme et contextualisme, la philosophie continue d'interroger les fondements des jugements moraux, qui sont au cœur de nos préoccupations pratiques. == Notes et références == {{references}} == Bibliographie académique et références == * Platon, ''République'', trad. Léon Robin, GF Flammarion, 2001. * Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', trad. Jules Tricot, Vrin, 2005. * Martha Nussbaum, ''La fragilité du bien'', Aubier, 1993. * Épictète, ''Manuel'', trad. Pierre Hadot, GF Flammarion, 2009. * Épicure, ''Lettre à Ménécée'', trad. Marcel Bénabou, GF Flammarion, 2014. * Kant, ''Fondation de la métaphysique des mœurs'', Vrin, 2020. * Kant, ''Critique de la raison pratique'', GF Flammarion, 1992. * Bentham, ''Introduction aux principes de la morale et de la législation'', Vrin, 1997. * John Stuart Mill, ''L'Utilitarisme'', Flammarion, 1987. * François Jullien, ''Du bien : Une enquête philosophique'', Grasset, 2020. * Hilary Putnam, ''The Collapse of the Fact/Value Dichotomy'', Harvard, 2002. {{autocat}} ggdaxyx8mruh2me79cdd730nhj57gy9 Dictionnaire de philosophie/Avortement 0 83055 768223 764911 2026-06-21T05:12:20Z PandaMystique 119061 Bot : ajout du paramètre lecture=oui au modèle {{DicoPhilo}} 768223 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Avortement|lecture=oui}} == Éthique de l'avortement == L'éthique de l'avortement compte parmi les chapitres les plus étudiés et les plus controversés de la philosophie morale contemporaine. Elle questionne le statut moral de l'être humain en développement, l'articulation entre droit à la vie et droit sur son propre corps, la nature de la personne morale, ainsi que la légitimité d'une régulation publique de l'intimité. Cette question traverse les frontières disciplinaires et mobilise la métaphysique, l'éthique normative, la philosophie politique, le droit constitutionnel et la bioéthique. On peut ramener le débat à cinq grands problèmes que l'article examinera tour à tour. Le premier est le problème du statut moral de l'embryon et du fœtus : sont-ils des personnes, des organismes humains, des êtres en devenir ? Le deuxième est le problème de l'autonomie corporelle : même si le fœtus possédait un droit à la vie, ce droit lui donnerait-il le pouvoir d'exiger l'usage du corps d'une autre personne ? Le troisième est le problème de la responsabilité : la grossesse, lorsqu'elle suit un acte volontaire, engendre-t-elle un devoir spécifique envers l'être qui en résulte ? Le quatrième est le problème de la régulation publique : dans des sociétés divisées, sur quelles bases l'État peut-il interdire, autoriser ou encadrer l'avortement sans imposer une doctrine particulière ? Le cinquième, enfin, est le problème de la justice sociale : un droit à l'avortement reste une promesse vide quand l'accès effectif aux soins est inégalement distribué selon la classe, le territoire et le genre. Ces cinq problèmes ne se recouvrent pas, et la plupart des positions du débat se distinguent moins par leur réponse à un seul d'entre eux que par la hiérarchie qu'elles établissent entre les cinq. === Définitions préliminaires === Avant d'entrer dans la discussion proprement morale, plusieurs distinctions doivent être posées, car la plupart des malentendus du débat tiennent à un usage imprécis du vocabulaire. L'avortement désigne l'interruption d'une grossesse avant son terme, avec expulsion ou extraction du produit de la conception. On distingue l'avortement spontané ou ''fausse couche'', qui résulte d'une cause naturelle indépendante de la volonté, et l'avortement provoqué, issu d'une intervention délibérée. En droit français, l'avortement provoqué se décline lui-même en interruption volontaire de grossesse (IVG), autorisée à la demande de la femme jusqu'à la fin de la quatorzième semaine de grossesse (soit seize semaines d'aménorrhée) depuis la loi du 2 mars 2022, et en interruption médicale de grossesse (IMG), sans limite de terme lorsque la poursuite de la grossesse met gravement en péril la santé de la femme ou lorsqu'une affection d'une particulière gravité et reconnue comme incurable affecte l'enfant à naître<ref>Articles L. 2212-1 et L. 2213-1 du Code de la santé publique français, modifiés par la loi n° 2022-295 du 2 mars 2022 visant à renforcer le droit à l'avortement.</ref>. Sur le plan biologique, on appelle zygote la cellule issue de la fécondation, embryon l'organisme en développement jusqu'à la fin de la huitième semaine après la fécondation (soit environ dix semaines d'aménorrhée), et fœtus l'organisme à partir de cette date jusqu'à la naissance. La distinction entre semaines de développement embryonnaire, semaines de grossesse comptées à partir de la fécondation et semaines d'aménorrhée comptées à partir des dernières règles importe : un délai légal exprimé en semaines de grossesse correspond à environ deux semaines de moins quand on le convertit en semaines d'aménorrhée. La viabilité, notion à la fois médicale et juridique, désigne le stade à partir duquel un fœtus peut survivre hors de l'utérus avec assistance médicale ; elle se situe aujourd'hui autour de vingt-deux à vingt-quatre semaines d'aménorrhée, avec une marge d'incertitude liée au poids, à la maturation pulmonaire et à l'équipement néonatal disponible. Enfin, on désigne par avortement tardif l'interruption pratiquée après le seuil de viabilité, cas qui soulève des problèmes moraux distincts de ceux posés par l'avortement précoce. Ces distinctions importent philosophiquement. Une même thèse sur le « statut du fœtus » peut être défendable pour un embryon précoce et discutable pour un fœtus viable, ou inversement. Le débat gagne en précision quand on évite d'utiliser « fœtus » comme terme générique pour toutes les étapes du développement prénatal. === Le statut moral de l'être humain en développement === ==== L'argument de la personnalité morale ==== La question du statut moral du zygote, de l'embryon ou du fœtus occupe une place centrale dans le débat. Une première famille d'arguments restrictifs soutient que l'être humain en développement possède, dès la conception ou à partir d'un certain stade, les propriétés qui font d'un être une personne morale, titulaire d'un droit à la vie comparable à celui d'un nouveau-né ou d'un adulte. Mais que signifie être une personne ? John Locke, dans son ''Essai sur l'entendement humain'' (1689), livre II, chapitre 27, propose une définition qui a durablement marqué la philosophie analytique : une personne est « un être pensant intelligent, qui a raison et réflexion, et qui peut se considérer soi-même comme soi-même, une même chose pensante en différents temps et lieux »<ref>Locke, J. (1689/2001). ''Essai philosophique concernant l'entendement humain'', livre II, chapitre 27, § 9, trad. fr. Pierre Coste, revue par Jean-Michel Vienne, Paris, Vrin, p. 521.</ref>. Cette définition, fondée sur la conscience réflexive et la continuité psychologique, exclut le zygote, l'embryon et vraisemblablement le fœtus à tous les stades de son développement. Mary Anne Warren a prolongé cette ligne lockéenne dans son article de 1973, « On the Moral and Legal Status of Abortion », où elle propose cinq critères cumulatifs pour caractériser une personne morale : la conscience, en particulier la capacité à éprouver la douleur, la raison, l'activité autonome, la capacité de communiquer des messages variés, et la présence d'une conscience de soi<ref>Warren, M. A. (1973). « On the Moral and Legal Status of Abortion », ''The Monist'', 57(1), pp. 43-61, en particulier pp. 55-56 pour les cinq critères.</ref>. Warren conclut qu'aucun fœtus ne satisfait ces critères et qu'aucun n'est donc une personne au sens moral, ce qui ne préjuge pas entièrement de son statut mais interdit de lui reconnaître les droits d'une personne pleinement constituée. Michael Tooley, dans un article de 1972 puis dans son livre ''Abortion and Infanticide'' (1983), défend une position encore plus restrictive : pour posséder un droit à la vie, un être doit avoir le concept de lui-même comme entité persistante et désirer continuer d'exister<ref>Tooley, M. (1972). « Abortion and Infanticide », ''Philosophy & Public Affairs'', 2(1), pp. 37-65 ; voir aussi ''Abortion and Infanticide'', Oxford, Clarendon Press, 1983, chapitre 5.</ref>. Peter Singer, dans ''Practical Ethics'' (3e éd., 2011, chapitre 6), adopte une position utilitariste voisine et distingue l'être humain au sens biologique de la personne au sens moral : seuls les êtres capables de raison, de conscience de soi et de préférences orientées vers l'avenir possèdent le statut pleinement personnel<ref>Singer, P. (1979/2011). ''Practical Ethics'', 3e éd., Cambridge, Cambridge University Press, chapitre 6, pp. 132-175.</ref>. L'implication la plus controversée de cette famille d'arguments, assumée par Tooley et Singer, est que les nouveau-nés eux-mêmes ne satisferaient pas encore ces critères, ce qui a conduit Singer à admettre, dans certaines circonstances extrêmes, le caractère moralement admissible de l'infanticide néonatal, position abondamment critiquée, notamment par les auteurs qui y voient une ''reductio ad absurdum'' de la définition purement psychologique de la personne. ==== L'argument du potentiel ==== Face à la difficulté de soutenir que l'embryon satisfait actuellement les critères de la personnalité, certains philosophes ont déplacé le débat vers la notion de potentialité : même si l'être humain en développement ne possède pas encore les propriétés constitutives de la personne, il les possède potentiellement, et ce potentiel suffit à lui conférer un statut moral qui interdit ou restreint sévèrement l'avortement. Cet argument rencontre plusieurs objections classiques. Singer soutient qu'un prince potentiel n'a pas les droits d'un prince actuel, et que la simple capacité future à devenir X ne confère pas les droits attachés à l'actualité de X<ref>Singer, P. (1979/2011). ''Practical Ethics'', 3e éd., Cambridge, Cambridge University Press, p. 152.</ref>. On objecte également que si le potentiel comptait moralement au sens le plus large, les gamètes séparés seraient eux aussi porteurs d'une vie humaine en puissance, et la contraception deviendrait moralement problématique. Cette seconde objection, toutefois, ne dispense pas d'examiner la réponse classique des défenseurs de la potentialité. John Finnis, Patrick Lee ou Robert George soulignent qu'il faut distinguer entre un potentiel actif et un potentiel passif : un gamète isolé ne devient un être humain qu'à la condition d'être combiné à un autre gamète, c'est-à-dire par l'intervention d'un événement causal extérieur à lui-même, alors que le zygote, dès la fécondation, est déjà un organisme humain complet doté d'un programme interne de développement qui se poursuivra de lui-même, pour peu qu'on ne l'interrompe pas<ref>Lee, P. (1996). ''Abortion and Unborn Human Life'', Washington, Catholic University of America Press, chapitre 1 ; George, R. P. et Tollefsen, C. (2008). ''Embryo: A Defense of Human Life'', New York, Doubleday, chapitres 2-3.</ref>. Cette distinction entre l'organisme qui a déjà en lui son principe de développement et l'élément cellulaire qui ne l'a pas encore affaiblit la portée de l'objection des gamètes, sans la rendre nécessairement sans réponse. L'argument du potentiel reste discuté, mais il n'est pas démonté aussi vite que pourraient le laisser croire ses versions sommaires. ==== L'argument du futur de valeur ==== Don Marquis, dans un article fondateur de 1989, « Why Abortion is Immoral », a proposé une stratégie argumentative qui se veut indépendante du débat sur la personnalité. Plutôt que de chercher ce qui rend un être moralement digne de protection, Marquis se demande ce qui fait la gravité du meurtre. Sa réponse : ce qui rend le meurtre moralement mauvais ne tient ni aux préférences frustrées de la victime, ni à la souffrance, ni à l'atteinte à sa dignité de personne, mais au fait qu'il prive la victime d'un « futur comme le nôtre », un avenir contenant des expériences, des projets, des activités et des plaisirs de valeur<ref>Marquis, D. (1989). « Why Abortion is Immoral », ''The Journal of Philosophy'', 86(4), pp. 183-202, en particulier pp. 189-194.</ref>. L'intérêt de cette stratégie est d'éviter la question délicate du seuil de la personnalité. Puisque le fœtus, si on ne l'avorte pas, connaîtra un avenir du même type que celui d'un adulte humain, le priver de cet avenir constitue un mal comparable au meurtre d'un adulte. La conclusion de Marquis est que l'avortement est, sauf circonstances exceptionnelles, profondément immoral. L'argument a suscité une abondante littérature. Une objection fréquente, formulée notamment par David Boonin, consiste à remarquer que Marquis présuppose une identité problématique entre l'organisme fœtal actuel et l'adulte futur : ce qui compte, selon Boonin, c'est moins l'identité biologique que la continuité psychologique du sujet, laquelle n'est pas encore établie au stade embryonnaire<ref>Boonin, D. (2002). ''A Defense of Abortion'', Cambridge, Cambridge University Press, chapitre 2, pp. 56-85.</ref>. Une autre objection, souvent soulevée, consiste à dire que si l'argument du futur de valeur interdit l'avortement, il semble interdire aussi la contraception, puisque celle-ci empêche elle aussi l'existence d'un être qui aurait eu un futur de valeur. Marquis a répondu à cette objection dans plusieurs textes en soulignant que la contraception ne prive personne d'un futur, puisqu'aucun sujet individuel n'existe encore au moment où elle s'exerce : un spermatozoïde et un ovule ne constituent pas encore un organisme unique identifiable dont on pourrait dire qu'il aurait eu un avenir<ref>Marquis, D. (1989). « Why Abortion is Immoral », ''The Journal of Philosophy'', 86(4), pp. 201-202 ; voir aussi Marquis, D. (2007). « Abortion Revisited », dans B. Steinbock (éd.), ''The Oxford Handbook of Bioethics'', Oxford, Oxford University Press, pp. 395-415.</ref>. Cette réponse n'est pas universellement jugée convaincante, mais elle montre que l'argument ne s'effondre pas aussi facilement que ses critiques le suggèrent parfois. ==== L'argument substantialiste et la continuité de l'organisme ==== Une autre famille d'arguments restrictifs, moins présente dans les manuels d'éthique analytique mais importante dans la philosophie néo-thomiste et dans les travaux de John Finnis, Patrick Lee, Francis Beckwith et Christopher Kaczor, récuse la séparation lockéenne entre l'être humain biologique et la personne morale. Selon cette approche, chacun de nous est identiquement un organisme humain ; nous ne sommes pas un esprit logé dans un corps, ni une conscience apparue à un certain stade du développement d'un corps qui n'était pas encore nous. Si l'on accepte cette ontologie, alors chacun d'entre nous est numériquement identique à l'embryon qu'il a été : l'embryon humain est déjà l'un de nous, et les droits attachés à notre humanité ne peuvent pas ne pas s'étendre à lui. John Finnis a développé cette perspective dès 1973 dans sa réponse à Thomson, « The Rights and Wrongs of Abortion »<ref>Finnis, J. (1973). « The Rights and Wrongs of Abortion: A Reply to Judith Thomson », ''Philosophy & Public Affairs'', 2(2), pp. 117-145.</ref>. Patrick Lee, dans ''Abortion and Unborn Human Life'' (1996, 2e éd. 2010), et Francis Beckwith, dans ''Defending Life: A Moral and Legal Case Against Abortion Choice'' (2007), construisent une argumentation systématique à partir de trois thèses : l'embryon humain est un organisme humain complet dès la fécondation, tout organisme humain est une personne au sens ontologique, et la valeur morale d'un être ne dépend pas de ses capacités actuelles mais de la sorte d'être qu'il est<ref>Lee, P. (1996). ''Abortion and Unborn Human Life'', Washington, Catholic University of America Press, chapitres 1-3 ; Beckwith, F. J. (2007). ''Defending Life: A Moral and Legal Case Against Abortion Choice'', Cambridge, Cambridge University Press, chapitres 2 et 6.</ref>. Christopher Kaczor, dans ''The Ethics of Abortion: Women's Rights, Human Life, and the Question of Justice'' (2011), prolonge cette approche en examinant, et en rejetant, les principales tentatives analytiques pour dissocier humanité biologique et personnalité morale<ref>Kaczor, C. (2011). ''The Ethics of Abortion: Women's Rights, Human Life, and the Question of Justice'', New York, Routledge, chapitres 3-5.</ref>. L'un des enjeux centraux de ce courant est la critique du gradualisme. Si la valeur morale dépend de capacités psychologiques qui se développent progressivement, alors elle devient elle-même graduelle, et les droits deviennent des quantités variables, ce que ces auteurs tiennent pour incompatible avec l'idée même d'égalité morale entre les êtres humains. Jeff McMahan, dans ''The Ethics of Killing'' (2002), a élaboré une position concurrente de type « psychologique » qui accepte précisément cette gradualité, tout en reconnaissant la force de l'objection substantialiste<ref>McMahan, J. (2002). ''The Ethics of Killing: Problems at the Margins of Life'', New York, Oxford University Press, chapitres 1-4.</ref>. Le débat entre organisme humain et personne psychologique, loin d'être tranché, constitue l'une des lignes de fracture les plus productives de la bioéthique contemporaine. === Les arguments en faveur du droit à l'avortement === ==== L'argument de l'autonomie corporelle : Judith Jarvis Thomson ==== En 1971, Judith Jarvis Thomson publie « A Defense of Abortion » dans le premier numéro de ''Philosophy & Public Affairs'', article qui est devenu l'un des plus discutés de l'éthique analytique<ref>Thomson, J. J. (1971). « A Defense of Abortion », ''Philosophy & Public Affairs'', 1(1), pp. 47-66.</ref>. L'originalité de sa démarche tient à un choix stratégique : accorder, pour les besoins de l'argument, que le fœtus est une personne titulaire d'un droit à la vie dès la conception. À partir de cette concession, Thomson cherche à montrer que l'avortement reste moralement permis dans de nombreux cas, parce que le droit à la vie ne se confond pas avec un droit d'utiliser le corps d'une autre personne. Thomson propose sa célèbre analogie du violoniste. Vous vous réveillez un matin pour découvrir que la Société des Amateurs de Musique vous a branché, pendant votre sommeil, à un célèbre violoniste inconscient atteint d'une grave maladie rénale. Vous seul possédez le groupe sanguin compatible. Si vous restez branché pendant neuf mois, il sera sauvé ; si vous vous débranchez, il mourra. Thomson soutient qu'il serait généreux de rester branché, mais que vous n'en avez pas l'obligation morale : le droit à la vie du violoniste ne lui confère pas un droit sur votre corps, et vous n'avez pas manqué à la justice en refusant de lui prêter le vôtre<ref>Thomson, J. J. (1971). « A Defense of Abortion », ''Philosophy & Public Affairs'', 1(1), pp. 48-49.</ref>. L'analogie vise à montrer qu'une asymétrie sépare le droit à la vie et le droit à ce qui est nécessaire à la vie. Même si le fœtus est une personne, l'interruption de la grossesse ne viole pas nécessairement son droit à la vie, parce qu'il n'a pas reçu le droit d'utiliser le corps de la femme enceinte. Celle-ci peut donc avoir le droit moral d'interrompre cette utilisation, même si l'effet prévu est la mort du fœtus. Les critiques ont souligné les disanalogies entre le cas du violoniste et la grossesse ordinaire. Dans la plupart des cas (hors viol, hors échec d'un moyen contraceptif pleinement utilisé), la grossesse fait suite à une activité volontaire dont les partenaires connaissaient le risque reproductif. Ce choix, disent les adversaires de Thomson, crée une forme de responsabilité envers le fœtus qui n'existe pas dans le cas du violoniste, où le branchement est parfaitement involontaire. John Finnis, dans sa réponse à Thomson, a défendu cette objection en termes rigoureux<ref>Finnis, J. (1973). « The Rights and Wrongs of Abortion: A Reply to Judith Thomson », ''Philosophy & Public Affairs'', 2(2), pp. 117-145.</ref>. Thomson anticipait cette réplique et y répondait par une seconde analogie, celle des ''people-seeds'', qu'on peut traduire par « graines de personnes ». Imaginez que des graines microscopiques flottent dans l'air, et qu'il suffise qu'une graine entre chez vous par une fenêtre ouverte et s'enracine dans votre tapis pour qu'une personne s'y développe. Vous aimez avoir les fenêtres ouvertes et vous installez des filets de la meilleure qualité disponibles sur le marché, mais l'un d'eux comporte un défaut et une graine pénètre malgré tout. Thomson soutient qu'ouvrir sa fenêtre en sachant qu'un risque minime existe ne vous engage pas moralement à héberger la plante pendant neuf mois<ref>Thomson, J. J. (1971). « A Defense of Abortion », ''Philosophy & Public Affairs'', 1(1), pp. 58-59.</ref>. Prendre un risque calculé et prendre des précautions raisonnables ne suffit pas à créer une obligation absolue d'assumer toutes les conséquences imaginables de ce risque. Cette réponse est souvent jugée ingénieuse ; elle ne clôt pas pour autant la discussion sur la portée exacte de la responsabilité causale en matière d'avortement. ==== David Boonin et l'absence de droit au corps d'autrui ==== David Boonin, dans ''A Defense of Abortion'' (2002), prolonge et renforce l'argument de Thomson. Son livre examine une quarantaine d'objections contre l'avortement et tente de montrer que, même en accordant que l'embryon est une personne dès la conception, l'avortement demeure moralement admissible dans la grande majorité des cas<ref>Boonin, D. (2002). ''A Defense of Abortion'', Cambridge, Cambridge University Press, introduction pp. 1-22, puis chapitres 4-6.</ref>. L'argument central de Boonin s'appuie sur une analyse du cas ''McFall v. Shimp'', tranché en 1978 par la Cour des plaids communs du comté d'Allegheny en Pennsylvanie. Robert McFall souffrait d'une anémie aplasique mortelle et avait besoin d'une greffe de moelle osseuse. Son cousin, David Shimp, était le seul donneur compatible connu dans sa famille, mais refusa de donner sa moelle. McFall poursuivit Shimp pour obtenir une ordonnance contraignant Shimp à subir la procédure. Le juge Flaherty rejeta la demande, estimant que, quelle que fût la dureté morale du refus de Shimp, le droit ne pouvait contraindre une personne à subir une atteinte corporelle, même minime, pour sauver la vie d'autrui<ref>''McFall v. Shimp'', 10 Pa. D. & C. 3d 90 (1978). Pour une discussion philosophique, voir Boonin, D. (2002). ''A Defense of Abortion'', Cambridge, Cambridge University Press, pp. 133-148.</ref>. Boonin en tire la conclusion suivante : si l'État ne peut contraindre quelqu'un à permettre l'utilisation de son corps même pour sauver une vie humaine, il ne peut a fortiori contraindre une femme enceinte à poursuivre une grossesse, laquelle impose un fardeau corporel bien plus considérable qu'un don de moelle. L'asymétrie entre le traitement juridique du don d'organes, fondé sur le consentement, et celui de l'avortement, parfois fondé sur l'obligation, révèle, selon Boonin, une incohérence dans les législations restrictives. L'argument n'est pas à l'abri de la critique. Ses adversaires soulignent que la femme enceinte, dans la plupart des cas, a contribué causalement à l'existence du fœtus et à sa situation de dépendance, tandis que Shimp n'a rien fait qui ait causé la maladie de McFall. Cette différence, disent-ils, engendre une obligation spéciale dans le cas de la grossesse, qui n'existe pas dans le cas du don de moelle. Boonin répond à cette objection en distinguant soigneusement les responsabilités morales et les obligations juridiques positives, mais la discussion reste ouverte. === La doctrine du double effet et l'avortement === La doctrine du double effet est une élaboration scolastique ancienne, dont on trouve l'esquisse chez Thomas d'Aquin, dans la ''Somme théologique'', IIa-IIae, question 64, article 7, à propos de la légitime défense<ref>Thomas d'Aquin, ''Somme théologique'', IIa-IIae, q. 64, a. 7, trad. fr. sous la direction du P. A.-M. Roguet, Paris, Éditions du Cerf, 1984.</ref>. Elle propose un principe permettant d'évaluer la moralité d'actions qui produisent à la fois un effet bon et un effet mauvais. Selon sa formulation classique, une action qui cause un dommage peut être moralement permise si quatre conditions sont réunies. Premièrement, l'acte envisagé n'est pas intrinsèquement mauvais. Deuxièmement, l'intention de l'agent vise le bon effet, le mauvais effet étant seulement prévu et toléré. Troisièmement, le mauvais effet n'est pas un moyen d'obtenir le bon effet. Quatrièmement, il existe une raison proportionnellement grave qui justifie de tolérer le mauvais effet. Appliquée à l'avortement, la doctrine produit des distinctions fines. Dans le cas d'une femme enceinte atteinte d'un cancer de l'utérus, l'ablation de l'utérus cancéreux (hystérectomie) serait jugée permise même si elle entraîne la mort du fœtus, parce que l'intention chirurgicale vise l'ablation d'un organe malade et que la mort du fœtus est un effet second, prévu mais non voulu comme moyen. En revanche, une craniotomie destinée à réduire les dimensions du crâne fœtal pour sauver la vie de la mère serait interdite, parce que l'endommagement du fœtus y est le moyen même du sauvetage. Philippa Foot, dans son article de 1967 « The Problem of Abortion and the Doctrine of the Double Effect », a exposé une critique pénétrante de ce principe<ref>Foot, P. (1967). « The Problem of Abortion and the Doctrine of the Double Effect », ''Oxford Review'', 5, pp. 5-15 ; republié dans ''Virtues and Vices and Other Essays in Moral Philosophy'', Oxford, Basil Blackwell, 1978, pp. 19-32.</ref>. Elle soutient que la distinction entre intention directe et simple prévision est souvent arbitraire et moralement peu pertinente. Pour illustrer son propos, Foot invente ses fameux problèmes du tramway (''trolley problems''), qui ont donné naissance à tout un domaine de la philosophie morale expérimentale. Foot propose de remplacer la distinction intentionnelle par une distinction de droit : ce qui importe n'est pas la structure de l'intention de l'agent, mais de savoir si son action viole ou non un droit d'autrui. Dans le cas de l'hystérectomie, la femme n'a simplement pas l'obligation de continuer à fournir son corps pour soutenir le fœtus, surtout au prix de sa propre vie. Alison McIntyre, dans « Doing Away with Double Effect » (2001), approfondit la critique en montrant que la doctrine engendre des verdicts contre-intuitifs dans de nombreux cas et que les distinctions qu'elle suppose sont souvent impossibles à maintenir de manière cohérente<ref>McIntyre, A. (2001). « Doing Away with Double Effect », ''Ethics'', 111(2), pp. 219-255.</ref>. Warren Quinn, à l'inverse, avait défendu une version reformulée de la doctrine dans « Actions, Intentions, and Consequences: The Doctrine of Double Effect » (1989), où il tente de montrer que l'intention joue un rôle moral irréductible<ref>Quinn, W. S. (1989). « Actions, Intentions, and Consequences: The Doctrine of Double Effect », ''Philosophy & Public Affairs'', 18(4), pp. 334-351.</ref>. Frances Kamm, dans ''Creation and Abortion'' (1992) et dans des travaux ultérieurs dont « Abortion Bans and Cruelty » (2023), a examiné en détail l'application de la doctrine au cas de l'avortement. Kamm soutient que, même si l'on accepte certains aspects de la doctrine, elle ne suffit pas à interdire l'avortement : tuer le fœtus peut être moralement permis, même lorsque c'est intentionnel, précisément parce que le fœtus ne possède pas de droit à l'utilisation du corps de la femme pour se maintenir en vie<ref>Kamm, F. M. (1992). ''Creation and Abortion: A Study in Moral and Legal Philosophy'', New York, Oxford University Press, chapitre 3 ; Kamm, F. M. (2023). « Abortion Bans and Cruelty », ''Journal of Practical Ethics'', 11(1).</ref>. === Questions connexes === ==== Avortement et consentement ==== Une dimension importante du débat porte sur la notion de consentement. Nancy Davis, dans « Abortion and Self-Defense » (1984), examine si et dans quelle mesure l'avortement peut être justifié par un appel au droit de légitime défense<ref>Davis, N. (1984). « Abortion and Self-Defense », ''Philosophy & Public Affairs'', 13(3), pp. 175-207.</ref>. Davis soutient que la relation entre la femme enceinte et le fœtus est ''sui generis'' et ne peut être assimilée aux cas ordinaires de légitime défense. Le fœtus n'est pas un agresseur au sens ordinaire, puisqu'il n'a ni volonté ni intention hostile ; et pourtant sa présence peut menacer la santé ou la vie de la femme. Davis développe une analyse nuancée qui cherche à articuler, sans les assimiler, les catégories de l'agression, de la menace innocente et du conflit de droits. La question du consentement se pose également dans les cas de viol. De nombreuses positions restrictives admettent une exception en pareil cas. Mais pourquoi ? Si le fœtus est vraiment une personne innocente, pourquoi les circonstances de sa conception affecteraient-elles son droit à la vie ? Cette interrogation révèle des tensions internes aux positions restrictives, et a nourri une littérature spécifique sur le viol, le consentement et la responsabilité causale<ref>Mackenzie, C. (1992). « Abortion and Embodiment », ''Australasian Journal of Philosophy'', 70(2), pp. 136-155.</ref>. ==== Avortement tardif ==== L'avortement tardif, pratiqué après le seuil de viabilité, soulève des préoccupations distinctes. À mesure que la grossesse avance, le fœtus acquiert progressivement des capacités physiologiques et neurologiques plus développées, et peut potentiellement survivre hors de l'utérus avec assistance médicale. Les faits empiriques sur lesquels s'appuie cette gradation sont toutefois plus incertains qu'on ne le pense souvent. La question de la douleur fœtale, en particulier, a été abondamment discutée. Un premier rapport du ''Royal College of Obstetricians and Gynaecologists'' publié en 2010 concluait que le fœtus ne possédait pas, avant vingt-quatre semaines, les connexions neuronales nécessaires à l'expérience de la douleur au sens plein. Une actualisation de 2022 a confirmé cette prudence : les réseaux cérébraux impliqués dans la perception de la douleur sont en cours de développement à vingt-quatre semaines, mais leur fonctionnalité n'est pas encore pleinement établie, et la perception douloureuse au sens élaboré relèverait plutôt de la période de vingt-huit à trente semaines<ref>Royal College of Obstetricians and Gynaecologists (2022). ''Fetal Awareness: Updated Review of Research and Recommendations for Practice'', Londres, RCOG, synthèse exécutive et sections sur les corrélats neurophysiologiques de la nociception et de la conscience.</ref>. Ces seuils sont des repères scientifiques probabilistes, susceptibles d'être révisés au fil des recherches, et non des frontières morales nettes. Une analyse philosophique rigoureuse de l'avortement tardif doit donc résister à la tentation de présenter la capacité fœtale à souffrir comme une donnée acquise et de la convertir trop vite en argument moral. La question de la viabilité, elle aussi, a fait l'objet d'un usage juridique important. L'arrêt ''Roe v. Wade'' (1973) de la Cour suprême des États-Unis, désormais renversé, fixait la viabilité autour de vingt-quatre à vingt-huit semaines et associait ce seuil à un intérêt de l'État croissant à protéger la vie potentielle du fœtus<ref>''Roe v. Wade'', 410 U.S. 113 (1973), partie X de l'opinion du juge Blackmun.</ref>. La position « gradualiste » qui en résulte fait face à une objection classique : le développement du fœtus est continu, sans points de rupture naturels évidents. Si le fœtus de vingt-quatre semaines a des droits significatifs, pourquoi pas celui de vingt-trois semaines et six jours ? Cette difficulté, qu'on rapproche parfois du paradoxe sorite, n'est pas propre à la bioéthique et affecte toute tentative de tracer une ligne dans un processus graduel ; elle ne suffit pourtant pas à disqualifier un seuil légal raisonnablement motivé. ==== Avortement sélectif et enjeux du handicap ==== L'avortement sélectif, fondé sur des caractéristiques du fœtus telles que le sexe, des anomalies génétiques ou des pathologies diagnostiquées, soulève des questions éthiques distinctes. Beaucoup de ceux qui soutiennent un droit général à l'avortement peuvent s'inquiéter des implications de l'avortement sélectif selon le sexe, tel qu'il est pratiqué dans certaines sociétés caractérisées par une préférence marquée pour les garçons. L'avortement des fœtus diagnostiqués avec des anomalies génétiques, au premier rang desquelles la trisomie 21, a suscité un débat spécifique, que la littérature anglophone désigne comme la critique du dépistage prénatal formulée au nom des droits des personnes handicapées (''disability rights critique of prenatal testing''). Des auteurs comme Adrienne Asch et Erik Parens ont soutenu que l'interruption quasi systématique des grossesses après un diagnostic de trisomie 21 exprime, puis renforce, une dévalorisation culturelle du handicap, et risque d'être vécue comme un jugement collectif porté sur l'existence des personnes handicapées elles-mêmes<ref>Parens, E. et Asch, A. (éds.) (2000). ''Prenatal Testing and Disability Rights'', Washington, Georgetown University Press, en particulier l'introduction pp. 3-43 et l'essai d'Adrienne Asch pp. 234-258.</ref>. La réplique libérale, formulée par Bonnie Steinbock ou Frances Kamm, consiste à distinguer l'acte individuel d'avorter, qui n'implique pas nécessairement un jugement négatif sur les personnes handicapées, et une politique publique qui valoriserait implicitement une société sans handicap<ref>Kamm, F. M. (1992). ''Creation and Abortion'', New York, Oxford University Press, chapitre 5 ; Steinbock, B. (2011). ''Life Before Birth: The Moral and Legal Status of Embryos and Fetuses'', 2e éd., New York, Oxford University Press, chapitre 6.</ref>. Le débat illustre une tension propre aux politiques reproductives : une liberté individuelle peut produire, statistiquement, une norme sociale implicite qui infléchit les choix ultérieurs. === Dimension politique et juridique === ==== Le cadre juridique français ==== En France, l'interruption volontaire de grossesse a été dépénalisée par la loi du 17 janvier 1975, dite loi Veil, initialement pour une période expérimentale de cinq ans, puis pérennisée par la loi du 31 décembre 1979. Plusieurs réformes ont ensuite étendu son régime : la loi du 4 juillet 2001 relative à l'interruption volontaire de grossesse et à la contraception, portée par Élisabeth Guigou, a porté le délai légal de dix à douze semaines de grossesse et assoupli les conditions d'accès pour les mineures ; la loi du 2 mars 2022, dite loi Gaillot, a porté ce délai à quatorze semaines et étendu aux sages-femmes la possibilité de pratiquer l'IVG instrumentale<ref>Loi n° 75-17 du 17 janvier 1975 relative à l'interruption volontaire de grossesse ; loi n° 79-1204 du 31 décembre 1979 ; loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001 ; loi n° 2022-295 du 2 mars 2022 visant à renforcer le droit à l'avortement.</ref>. Le 8 mars 2024, la France est devenue le premier État à constitutionnaliser explicitement le recours à l'avortement. La loi constitutionnelle n° 2024-200 a inscrit à l'article 34 de la Constitution la disposition suivante : « La loi détermine les conditions dans lesquelles s'exerce la liberté garantie à la femme d'avoir recours à une interruption volontaire de grossesse »<ref>Loi constitutionnelle n° 2024-200 du 8 mars 2024 relative à la liberté de recourir à l'interruption volontaire de grossesse, ''Journal officiel de la République française'', n° 58 du 9 mars 2024.</ref>. Cette rédaction est juridiquement protectrice : elle hisse au rang constitutionnel une « liberté garantie », ce qui interdit au législateur ordinaire d'en abroger le principe sans réviser la Constitution. Elle ne proclame pas pour autant un « droit » à l'avortement au sens des droits-libertés directement opposables, mais elle reconnaît une liberté dont le législateur fixe les conditions d'exercice. Ce choix rédactionnel a fait l'objet de débats juridiques entre ceux qui y voient une protection désormais solide et ceux qui estiment qu'il laisse au législateur une marge d'appréciation importante sur les délais, l'organisation de l'offre de soins et la portée du principe. La philosophie politique française a accompagné ce mouvement par des travaux spécifiques. Le discours de Simone Veil du 26 novembre 1974 devant l'Assemblée nationale, resté célèbre, insiste sur le caractère tragique de l'avortement et sur la nécessité d'éviter qu'il devienne banal, tout en reconnaissant le droit des femmes à ne plus être punies pour y recourir. Geneviève Fraisse a donné à cette réflexion une ampleur conceptuelle en examinant, dans ''Du consentement'' (2007), les paradoxes d'une notion trop vite considérée comme transparente : un consentement dépourvu de pouvoir réel de négociation n'est pas un véritable consentement, et la liberté de disposer de son corps suppose des conditions sociales, économiques et politiques qui excèdent la seule décision individuelle<ref>Fraisse, G. (2007). ''Du consentement'', Paris, Le Seuil, en particulier chapitres 1 et 4.</ref>. Élisabeth Badinter, dans ''Le Conflit : la femme et la mère'' (2010), a proposé pour sa part une interrogation sur les représentations contemporaines de la maternité et sur les nouvelles formes d'injonction sociale qui pèsent sur les femmes en âge de procréer<ref>Badinter, É. (2010). ''Le Conflit : la femme et la mère'', Paris, Flammarion.</ref>. ==== Le cadre juridique états-unien ==== Aux États-Unis, l'architecture constitutionnelle du droit à l'avortement a connu une profonde évolution entre 1973 et 2022. L'arrêt ''Roe v. Wade'' (1973) avait reconnu un droit à l'avortement fondé sur le droit à la vie privée implicitement contenu dans le Quatorzième Amendement, en construisant un cadre trimestriel : droit quasi libre au premier trimestre, possibilité de régulation au deuxième, protection plus large de la « vie potentielle » après la viabilité<ref>''Roe v. Wade'', 410 U.S. 113 (1973), opinion de la Cour rédigée par le juge Blackmun.</ref>. L'arrêt ''Planned Parenthood v. Casey'' (1992) a réaffirmé le droit constitutionnel à l'avortement tout en abandonnant le cadre trimestriel au profit d'un critère du « fardeau indu » (''undue burden''), qui autorisait les États à réglementer l'accès à l'avortement avant la viabilité pour peu qu'ils n'imposent pas d'obstacle excessif<ref>''Planned Parenthood of Southeastern Pennsylvania v. Casey'', 505 U.S. 833 (1992).</ref>. L'arrêt ''Dobbs v. Jackson Women's Health Organization'' (2022) a renversé ''Roe'' et ''Casey'', en jugeant que la Constitution des États-Unis ne protège aucun droit à l'avortement et en renvoyant la réglementation de cette question aux législatures des États<ref>''Dobbs v. Jackson Women's Health Organization'', 597 U.S. 215 (2022), opinion de la Cour rédigée par le juge Alito.</ref>. Cette décision a reconfiguré le paysage juridique américain : plusieurs États ont adopté des législations restrictives, d'autres ont inscrit le droit à l'avortement dans leur constitution locale, et de nouvelles questions juridiques sont apparues, concernant notamment les déplacements de patientes d'un État à l'autre et la pénalisation de la prescription à distance. Dans le débat juridique américain post-''Dobbs'', une partie de la discussion se déplace ainsi de la question du statut du fœtus vers celle de la cohérence fédérale, de l'égalité entre citoyens selon leur État de résidence, et des conflits de lois. La question morale du statut du fœtus, de la personnalité juridique prénatale et de la protection de la vie embryonnaire reste néanmoins centrale dans le débat public, dans les mobilisations militantes et dans une partie de la doctrine, comme en témoigne notamment la diffusion des projets législatifs dits de « personnalité fœtale » (''fetal personhood'') dans plusieurs États. ==== Libéralisme politique et avortement ==== La question de l'avortement confronte le libéralisme politique à l'une de ses difficultés les plus vives. Comment l'État peut-il réguler la matière dans des sociétés pluralistes traversées par des désaccords moraux profonds et, en un sens important, raisonnables ? John Rawls, dans ''Political Liberalism'' (1993), distingue entre les « doctrines compréhensives », religieuses, philosophiques ou morales, que partagent les citoyens, et les « valeurs politiques » partagées par tous dans le cadre de la coopération sociale. Rawls soutient que les questions constitutionnelles essentielles ne doivent être tranchées qu'à partir de ces dernières. Dans une note célèbre de l'introduction à l'édition brochée de 1996, Rawls écrit que si l'on ne considère que trois valeurs politiques, à savoir le respect dû à la vie humaine, la reproduction ordonnée de la société et l'égalité des femmes comme citoyennes égales, « tout équilibre raisonnable de ces trois valeurs donnera à une femme un droit qualifié à mettre fin à sa grossesse au cours du premier trimestre »<ref>Rawls, J. (1996). ''Political Liberalism'', édition brochée, New York, Columbia University Press, introduction, note 32, p. 243.</ref>. Rawls reconnaît lui-même que cette remarque rapide ne constitue pas une démonstration, mais une illustration de la façon dont la raison publique pourrait trancher la question. La position rawlsienne a fait l'objet de critiques importantes. Ses adversaires lui reprochent de présupposer précisément ce qu'il devrait démontrer : pour juger que la reproduction ordonnée et l'égalité des femmes l'emportent sur le respect dû à la vie humaine, il faut avoir déjà décidé que le statut moral du fœtus n'est pas celui d'une personne. Si le fœtus est une personne, alors la protection de sa vie est une question de justice fondamentale que l'État ne peut écarter au nom de la raison publique. Michael Sandel et d'autres communautariens ont construit sur cette base une critique générale du libéralisme rawlsien<ref>Sandel, M. J. (1984). « Morality and the Liberal Ideal », ''The New Republic'', 7 mai ; Sandel, M. J. (1996). ''Democracy's Discontent'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, chapitre 3.</ref>. ==== Féminisme et avortement ==== Les approches féministes relient l'avortement à des structures plus larges : contrôle patriarcal sur le corps et la sexualité, division sexuée du travail, inégalités économiques, organisation sociale de la reproduction. Le débat féministe ne forme pas un bloc homogène : il comprend plusieurs traditions théoriques qui divergent sur les concepts mobilisés, les priorités politiques et la place qu'il convient d'accorder à l'analyse du corps et à celle du travail. La tradition existentialiste et phénoménologique. Simone de Beauvoir, dans ''Le Deuxième Sexe'' (1949), consacre au chapitre « La mère » un développement dense sur l'avortement clandestin tel qu'il se pratiquait dans la France d'avant 1975. Beauvoir décrit la pratique comme un « crime » inventé par les sociétés patriarcales à l'usage exclusif des femmes, et analyse la contradiction d'une société qui refuse à celles-ci la maîtrise de leur fécondité tout en leur imputant seules la charge morale de l'enfant à naître<ref>Beauvoir, S. de (1949/1976). ''Le Deuxième Sexe'', t. II, Paris, Gallimard, coll. « Folio essais », chapitre VI, pp. 334-371.</ref>. Son analyse relie la condition reproductive à la situation existentielle globale des femmes, dans une perspective qui a durablement marqué le féminisme francophone. La tradition matérialiste française. Christine Delphy, dans ''L'Ennemi principal'' (recueils parus en 1998 et 2001), développe un féminisme matérialiste pour lequel l'oppression des femmes repose sur un « mode de production domestique » où le travail reproductif, incluant la grossesse, l'accouchement, l'allaitement et le soin aux jeunes enfants, est extorqué gratuitement dans le cadre familial<ref>Delphy, C. (1998 et 2001). ''L'Ennemi principal'', 2 vol., Paris, Syllepse, en particulier t. I, chapitre 1, « L'ennemi principal ».</ref>. Dans cette perspective, l'interdiction ou la limitation de l'avortement n'est pas un simple conflit de droits abstraits : c'est un instrument de contrôle de la force de travail reproductive. Colette Guillaumin, dans ''Sexe, race et pratique du pouvoir'' (1992), prolonge cette analyse en parlant d'« appropriation » matérielle des femmes, qui ne porte pas sur tel ou tel service particulier mais sur la personne entière dans ses capacités de reproduction<ref>Guillaumin, C. (1992/2016). ''Sexe, race et pratique du pouvoir. L'idée de nature'', Donnemarie-Dontilly, éditions iXe, première partie, chapitres 1 et 2.</ref>. La grossesse y apparaît non comme une donnée naturelle dont les femmes pourraient disposer en toute autonomie, mais comme une dimension de leur être dont la société dispose à leur place. Nicole-Claude Mathieu, dans ''L'Anatomie politique'' (1991), complète ce dispositif en montrant comment le corps féminin est socialement produit et naturalisé, ce qui rend invisible le caractère politique des contraintes reproductives<ref>Mathieu, N.-C. (1991). ''L'Anatomie politique. Catégorisations et idéologies du sexe'', Paris, Côté-femmes, en particulier les chapitres III et IV.</ref>. Ces trois apports composent une grille d'analyse qui déplace l'enjeu de l'avortement : il y est traité comme un rapport social entre les sexes plutôt que comme un dilemme moral abstrait entre deux droits. La tradition anglophone des droits. Catharine MacKinnon, dans « Reflections on Sex Equality Under Law » (1991), relie la criminalisation de l'avortement à un contexte historique où les femmes ont été privées du contrôle sur leur propre corps et leur propre sexualité, et soutient que le droit à l'avortement est une condition de l'égalité réelle des femmes<ref>MacKinnon, C. A. (1991). « Reflections on Sex Equality Under Law », ''Yale Law Journal'', 100(5), pp. 1281-1328, en particulier pp. 1308-1315.</ref>. Le féminisme libéral, représenté entre autres par Martha Nussbaum, insiste davantage sur l'autonomie individuelle et le consentement dans un cadre plus classiquement libéral<ref>Nussbaum, M. C. (1999). ''Sex and Social Justice'', New York, Oxford University Press, chapitre 9.</ref>. L'éthique du care et ses prolongements. L'éthique du care, ou éthique du soin et de l'attention, déplace l'analyse vers les relations concrètes, les responsabilités contextuelles et le réseau d'interdépendances dans lequel la grossesse s'inscrit. Carol Gilligan et Nel Noddings ont posé les bases de cette approche, ultérieurement systématisée par Joan Tronto<ref>Gilligan, C. (1982). ''In a Different Voice: Psychological Theory and Women's Development'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, chapitre 3 ; Noddings, N. (1984). ''Caring: A Feminine Approach to Ethics and Moral Education'', Berkeley, University of California Press.</ref>. Certaines féministes, comme Celia Wolf-Devine, s'interrogent par ailleurs sur la compatibilité entre une éthique du care centrée sur la vulnérabilité et une défense inconditionnelle du droit à l'avortement<ref>Wolf-Devine, C. (1989). « Abortion and the 'Feminine Voice' », ''Public Affairs Quarterly'', 3(3), pp. 81-97.</ref>. Synthèse comparative. Ces traditions ne disent pas simplement la même chose en termes différents, elles formulent le problème de l'avortement à partir d'unités d'analyse distinctes. Le féminisme libéral parle d'autonomie individuelle et de consentement, et lit l'avortement comme un cas-limite des libertés fondamentales. Le féminisme matérialiste parle de classe de sexe et de travail reproductif, et lit l'avortement comme un moment où s'exerce, ou se dérobe, l'appropriation sociale des corps. L'éthique du care, enfin, parle de relations, de dépendances et de responsabilités situées, et lit l'avortement comme une décision morale prise dans un tissu d'attaches concrètes plutôt que comme l'application d'un principe abstrait. Ces langages ne sont pas incompatibles, mais ils éclairent le problème sous trois angles différents, et leur articulation est l'une des tâches théoriques importantes du féminisme contemporain. Tensions internes. Des courants féministes critiques du capacitisme mettent en garde contre la transformation du droit à l'avortement en norme sociale implicite susceptible d'exercer une pression de fait sur les parents d'enfants potentiellement porteurs d'un handicap. Loin de constituer une position homogène, le féminisme offre au débat un éventail de perspectives qui s'enrichissent mutuellement, parfois s'opposent, et résistent ensemble à la réduction du problème à une pure question métaphysique sur le statut du fœtus. ==== Dimensions sociales et accès effectif à l'avortement ==== La philosophie morale analytique se concentre souvent sur le cas-type : une femme adulte, informée, insérée dans un système de soins fonctionnel, disposant d'un accès effectif à une clinique. Or la réalité sociologique de l'avortement montre que ces conditions sont loin d'être universellement réunies, et que les débats normatifs gagnent en précision quand ils tiennent compte de la matérialité des parcours. L'histoire française avant la loi Veil illustre l'écart entre la règle pénale et la pratique sociale. Les estimations pour les années 1960 évaluent entre 300 000 et 800 000 le nombre d'avortements clandestins annuels en France, pratiqués par des « faiseuses d'anges », par des médecins complaisants moyennant rémunération, ou par des voyages à l'étranger dans les pays qui avaient dépénalisé plus tôt (Royaume-Uni à partir de 1967, Pays-Bas dans les années 1970)<ref>Pavard, B. (2012). ''Si je veux, quand je veux. Contraception et avortement dans la société française (1956-1979)'', Rennes, Presses universitaires de Rennes, introduction et chapitres 1 et 4.</ref>. Ces pratiques n'étaient pas distribuées également selon la classe sociale : les femmes aisées trouvaient plus facilement des filières sûres, tandis que les femmes des milieux populaires subissaient davantage les complications médicales des avortements non encadrés. Le ''Manifeste des 343'' publié dans ''Le Nouvel Observateur'' le 5 avril 1971, et le procès de Bobigny en 1972, plaidé par Gisèle Halimi, ont rendu publiques ces inégalités et contribué à la mobilisation qui a préparé la loi de 1975<ref>Halimi, G. (1973). ''La cause des femmes'', Paris, Grasset ; voir également Halimi, G. (1973). ''Avortement : une loi en procès. L'affaire de Bobigny'', Paris, Gallimard.</ref>. La dépénalisation n'a pas aboli les inégalités d'accès. Les enquêtes menées par l'Institut national d'études démographiques et par l'Institut national de la santé et de la recherche médicale ont montré que l'accès à l'IVG varie selon les territoires, les ressources économiques, l'âge, la situation familiale et l'information disponible. La fermeture progressive de maternités et de centres d'orthogénie, la concentration de l'offre dans les grandes agglomérations, et les tensions sur les effectifs médicaux hospitaliers produisent des « déserts » où le délai légal peut devenir pratiquement infranchissable. L'objection de conscience, que le Code de la santé publique reconnaît aux médecins et aux autres professionnels de santé, accentue cette inégalité territoriale quand elle se concentre dans certaines zones<ref>Haute Autorité de Santé (2018). ''Interruption volontaire de grossesse par méthode médicamenteuse'', recommandation de bonne pratique, Saint-Denis-La-Plaine, HAS.</ref>. Ces constats matériels ont une portée philosophique. Ils montrent d'abord qu'un « droit » à l'avortement purement formel peut coexister avec des obstacles d'accès qui vident ce droit de son contenu, comme Amartya Sen l'a souligné à propos des libertés fondamentales en général : une capacité effective exige des conditions sociales que le seul statut juridique ne garantit pas<ref>Sen, A. (1992/2000). ''Repenser l'inégalité'', trad. fr. Paul Chemla, Paris, Le Seuil, chapitres 3 et 5.</ref>. Ils rappellent ensuite que l'interdiction de l'avortement ne suspend jamais la pratique : elle la déplace vers la clandestinité et en alourdit le coût pour les personnes les moins bien dotées en ressources. Ils invitent enfin à articuler la question morale abstraite sur le statut du fœtus avec une question de justice sociale sur la répartition réelle des conditions dans lesquelles les décisions reproductives se prennent. === Approches de philosophie morale appliquée === ==== Conséquentialisme et avortement ==== Les approches conséquentialistes évaluent la moralité de l'avortement à partir de ses conséquences globales. Un utilitariste se demandera si l'avortement, dans telle circonstance, maximise le bien-être global ou minimise la souffrance. Les conclusions atteintes dépendent de la variante retenue. L'utilitarisme hédoniste classique, inspiré de Bentham et Mill, met au centre la capacité à éprouver plaisir et douleur ; aux stades précoces de la grossesse, où le fœtus ne possède pas, selon toute vraisemblance, les capacités neurophysiologiques d'une telle expérience, cet utilitarisme inclinera vers une position permissive, tout en intégrant les effets secondaires sur la femme, la famille et la société. L'utilitarisme des préférences défendu par Peter Singer aboutit à une position encore plus permissive aux stades précoces : le fœtus ne possédant pas de préférences portant sur son avenir, le tuer ne frustre aucune préférence et n'est donc pas comparable au meurtre d'un adulte doté de telles préférences<ref>Singer, P. (1979/2011). ''Practical Ethics'', 3e éd., Cambridge, Cambridge University Press, pp. 138-152.</ref>. Un conséquentialisme non utilitariste, qui prendrait au sérieux la valeur intrinsèque de la vie humaine comme type, produirait des verdicts plus restrictifs ; un utilitarisme des règles, enfin, évaluerait moins chaque avortement particulier que les effets agrégés de règles générales d'autorisation ou d'interdiction. L'objection la plus forte adressée à l'utilitarisme des préférences ne porte pas sur son formalisme mais sur ses implications en aval. Si ce qui rend le meurtre moralement mauvais consiste dans la frustration de préférences actuelles orientées vers l'avenir, alors le meurtre d'un dormeur temporairement inconscient, ou celui d'un nouveau-né, devrait être moralement moins grave que celui d'un adulte éveillé, conclusion que Singer assume en partie et que la plupart des autres auteurs rejettent. Plus largement, toutes les variantes conséquentialistes doivent prendre en compte des effets qu'il est empiriquement difficile d'évaluer : impact psychologique sur les femmes, effets sur la famille existante, conséquences sociales des politiques publiques d'avortement, impact différencié selon la classe et le territoire. Ces calculs sont rarement univoques, et leur résultat dépend d'hypothèses empiriques souvent discutées. ==== Éthique de la vertu et avortement ==== L'éthique de la vertu, plutôt que de se concentrer sur des règles ou des conséquences, s'intéresse au caractère de l'agent moral et aux vertus qu'il manifeste ou néglige. Rosalind Hursthouse, dans « Virtue Theory and Abortion » (1991), propose une application novatrice de cette approche au cas de l'avortement<ref>Hursthouse, R. (1991). « Virtue Theory and Abortion », ''Philosophy & Public Affairs'', 20(3), pp. 223-246.</ref>. Hursthouse soutient que, même en laissant ouverte la question du statut moral du fœtus, on peut juger moralement une décision d'avorter selon qu'elle exprime la vertu ou le vice dans la situation concrète de l'agent. Avorter par simple commodité, pour ne pas reporter un voyage, relève selon elle d'une légèreté contraire aux vertus que l'on attend d'une personne prenant au sérieux le prix de la vie humaine et la portée du geste accompli. Avorter dans des circonstances de pauvreté extrême, après un viol, ou parce que la santé de la mère est gravement menacée, relève en revanche d'un jugement pratique raisonnable qui exprime la prudence et le courage. L'intérêt de cette approche est de réintroduire dans l'évaluation morale des dimensions que les théories des droits ou les utilitarismes tendent à évacuer : la qualité du raisonnement pratique, le rapport de la personne à ses propres valeurs, le sens du geste dans une trajectoire de vie. Sa limite est qu'elle fournit difficilement une base à une législation générale : on ne peut pas pénaliser une femme au motif que son avortement exprime un vice, si d'autres peuvent moralement avorter dans des circonstances analogues. ==== Éthique du care ==== L'éthique du care, d'abord développée par Carol Gilligan dans ''In a Different Voice'' (1982) puis systématisée par Nel Noddings et Joan Tronto, insiste sur les relations, les responsabilités contextuelles et l'attention concrète aux besoins, plutôt que sur des principes abstraits et des droits individuels<ref>Gilligan, C. (1982). ''In a Different Voice'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, chapitre 3 ; Noddings, N. (1984). ''Caring: A Feminine Approach to Ethics and Moral Education'', Berkeley, University of California Press ; Tronto, J. (1993/2009). ''Un monde vulnérable. Pour une politique du care'', trad. fr. Hervé Maury, Paris, La Découverte.</ref>. Appliquée à l'avortement, cette approche souligne l'importance de considérer la situation concrète des femmes concernées : relations existantes, responsabilités envers d'autres personnes, capacité matérielle et affective à accueillir un enfant, réseau de soutien disponible. L'éthique du care refuse l'idée qu'il existerait une règle unique applicable à tous les cas d'avortement, et insiste sur le jugement contextuel attentif aux singularités de chaque situation. Elle conduit à valoriser l'accompagnement, la délibération partagée et la reconnaissance de la fragilité humaine. On a parfois opposé l'éthique du care à l'éthique des droits en suggérant que la première serait moins attachée aux principes et donc moins rigoureuse. Les théoriciennes du care récusent cette opposition : leur démarche élabore ses propres critères normatifs, fondés sur la reconnaissance de la vulnérabilité et de l'interdépendance. Elles objectent également que le langage des droits, appliqué à la grossesse, peut aboutir à opposer artificiellement des intérêts qui sont en réalité profondément entrelacés, et à masquer la dimension relationnelle qui structure l'expérience réelle de la maternité. === Considérations méthodologiques === Le débat sur l'avortement illustre plusieurs caractéristiques propres à la philosophie morale appliquée. Trois d'entre elles méritent d'être soulignées. La première est l'importance des ''intuitions morales'' pré-théoriques dans l'argumentation. Beaucoup d'arguments avancés de part et d'autre procèdent en testant des principes généraux contre nos jugements spontanés dans des cas hypothétiques. Les exemples de Thomson (le violoniste, les graines de personnes), ceux de Foot (les problèmes du tramway) ou ceux de Kamm (le trolley réexaminé sous diverses variantes) cherchent à isoler les facteurs qui déterminent nos intuitions pour en tirer des principes articulés. Cette méthode, héritée de la pratique philosophique de l'équilibre réfléchi (''reflective equilibrium'') rawlsien, ne va pas sans difficultés : la fiabilité des intuitions, leur variation selon les cultures et les contextes, et leur résistance à la théorisation font l'objet d'une discussion méthodologique soutenue<ref>Rawls, J. (1971/1987). ''Théorie de la justice'', trad. fr. Catherine Audard, Paris, Le Seuil, §§ 4 et 9.</ref>. La seconde est la façon dont des ''désaccords empiriques'' affectent les conclusions normatives. Les questions relatives à la capacité fœtale de sentir la douleur, au degré de conscience à différents stades, aux effets psychologiques réels de l'avortement sur les femmes, aux conséquences sociales des législations restrictives, sont des questions empiriques dont la résolution, même partielle, réoriente les jugements moraux. Cette interpénétration du factuel et du normatif caractérise la philosophie morale appliquée en général, et l'éthique de l'avortement en particulier. La troisième est ce que John Rawls appelle le « fardeau du jugement ». Même des personnes raisonnables et bien informées, usant des mêmes méthodes de raisonnement moral, peuvent parvenir à des conclusions opposées sur l'avortement. Cette possibilité d'un désaccord raisonnable pose un problème distinct : celui de la régulation publique des questions sur lesquelles un accord complet ne semble pas atteignable. Les sociétés démocratiques pluralistes ont développé des stratégies variées, parmi lesquelles la constitutionnalisation, la délégation au législateur, le référendum ou l'autonomie des échelons locaux, dont aucune n'est moralement neutre. === Conclusion === L'éthique de l'avortement constitue l'un des domaines les plus travaillés de la philosophie morale contemporaine. Le débat met en jeu des tensions qui traversent toute la philosophie pratique. Une première tension oppose deux ontologies de l'humain : celle de l'organisme humain, qui tient que chacun d'entre nous a été embryon et que la continuité biologique suffit à fonder une identité morale constante, et celle de la personne psychologique, qui tient que la personne s'élabore à partir de capacités de conscience, de raison et de continuité mentale qui n'apparaissent que progressivement. Une deuxième tension oppose le droit à la vie et le droit sur son propre corps. Même en accordant à l'embryon ou au fœtus un droit à la vie, il reste à déterminer dans quelle mesure ce droit fonde une obligation pour la femme enceinte de lui prêter son corps, dans quelles conditions et à quel prix. Une troisième tension oppose la morale individuelle et la législation publique. On peut juger un avortement particulier moralement douteux sans pour autant soutenir qu'il doit être pénalement réprimé ; on peut juger certaines législations restrictives injustes sans pour autant penser que tout avortement est également souhaitable. Une quatrième tension oppose le principe abstrait et le jugement contextuel. Les théories des droits et les conséquentialismes fournissent des cadres généraux ; les éthiques de la vertu et du care insistent sur l'irréductibilité des situations concrètes. La pratique réelle du jugement moral, médical et juridique mobilise nécessairement les deux registres. Une cinquième tension, enfin, oppose l'énoncé formel d'un droit et ses conditions sociales d'exercice. Les analyses matérialistes et les travaux sociologiques rappellent qu'un droit à l'avortement qui n'est pas adossé à des structures de soins accessibles, à des professionnels formés et à une information disponible reste, pour une partie des femmes, une promesse sans contenu. La philosophie morale gagne à dialoguer avec ces analyses au lieu d'opposer l'abstraction conceptuelle à la réalité empirique. La philosophie ne tranche pas ces tensions au sens où elle rendrait un verdict que toutes les parties accepteraient. Elle les clarifie, les articule, teste la cohérence des positions en présence, expose leurs présupposés, et rend possible une délibération plus précise. Pour le citoyen, le législateur, le médecin ou le juge, elle offre des outils conceptuels qui ne dispensent pas du jugement pratique mais qui l'informent. Si le désaccord subsiste, il n'est pas pour autant arbitraire : il peut être mieux compris, mieux exposé et mieux respecté, ce qui n'est pas un mince résultat dans une société démocratique. == Références == {{Références|colonnes = 2}} == Bibliographie == === Références citées dans l'article === ==== Articles et ouvrages fondateurs en éthique analytique ==== * Boonin, David (2002). ''A Defense of Abortion''. 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Introduite par le philosophe et sociologue autrichien Otto Neurath (1882-1945), membre éminent du Cercle de Vienne, cette image compare le processus d'acquisition et de révision de nos connaissances à la réparation progressive d'un bateau en pleine mer, sans jamais pouvoir le mettre en cale sèche pour le reconstruire entièrement. == Formulation originale == Neurath utilise cette métaphore pour la première fois en 1913 dans son texte ''Zur Kriegswirtschaftslehre'' (''Problèmes de l'économie de guerre'')<ref>Neurath, Otto (1913). ''Zur Kriegswirtschaftslehre'', dans ''Gesammelte philosophische und methodologische Schriften'', Vienne.</ref>, puis la reprend et l'affine dans plusieurs publications ultérieures. La formulation la plus célèbre apparaît dans son article ''Anti-Spengler'' de 1921 : {{Citation bloc|Nous sommes comme des marins qui doivent reconstruire leur navire en pleine mer, sans jamais pouvoir le démonter dans une cale sèche et le reconstruire avec les meilleurs matériaux. Là où une poutre est enlevée, une nouvelle doit immédiatement être mise en place, et pour cela le reste du navire sert d'appui. De cette manière, en utilisant les vieilles poutres et du bois flotté, le navire peut être entièrement remodelé, mais seulement par une reconstruction progressive.<ref>Neurath, Otto (1921). ''Anti-Spengler'', traduction dans ''Gesammelte philosophische und methodologische Schriften'', Vienne.</ref>}} La version la plus souvent citée, issue du débat sur les phrases protocolaires de 1932-1933, précise encore davantage la portée épistémologique de la métaphore : {{Citation bloc|Il n'existe aucun moyen d'établir des énoncés protocolaires pleinement assurés et nets comme points de départ des sciences. Il n'y a pas de ''tabula rasa''. Nous sommes comme des marins qui doivent reconstruire leur navire en pleine mer, sans jamais pouvoir le démonter en cale sèche et le reconstruire avec les meilleurs composants. Seule la métaphysique peut disparaître sans laisser de trace. Des « agrégats verbaux » [''Ballungen''] imprécis font toujours partie du navire d'une manière ou d'une autre. Si l'imprécision diminue à un endroit, elle peut très bien réapparaître à un autre endroit avec une intensité accrue.<ref>Neurath, Otto (1932). « Protokollsätze », ''Erkenntnis'', vol. 3, p. 204-214, citation p. 206. Traduction anglaise dans Neurath (1983), ''Philosophical Papers 1913-1946'', Dordrecht, Reidel, p. 92.</ref>}} == Contexte philosophique == === Le Cercle de Vienne et l'empirisme logique === Le Bateau de Neurath émerge dans le contexte intellectuel du [[Cercle de Vienne]] (''Wiener Kreis''), groupe de philosophes, scientifiques et mathématiciens qui se réunissent régulièrement à Vienne entre 1924 et 1936 autour de Moritz Schlick (1882-1936)<ref>Stadler, Friedrich (2001). ''The Vienna Circle: Studies in the Origins, Development, and Influence of Logical Empiricism'', Vienne/New York, Springer, p. 201-287.</ref>. Ce groupe, dont font partie Rudolf Carnap (1891-1970), Hans Hahn (1879-1934), Kurt Gödel (1906-1978) et Otto Neurath lui-même, cherche à élaborer une conception scientifique du monde (''wissenschaftliche Weltauffassung'') fondée sur l'empirisme logique et la clarification du langage scientifique. Le Cercle se distingue par son rejet de la métaphysique traditionnelle et son engagement en faveur d'une unification des sciences. Les membres partagent l'influence d'Ernst Mach (1838-1916), de la logique moderne développée par Gottlob Frege (1848-1925) et Bertrand Russell (1872-1970), ainsi que du ''Tractatus logico-philosophicus'' (1921) de Ludwig Wittgenstein (1889-1951)<ref>Carnap, Rudolf, Hahn, Hans, et Neurath, Otto (1929). ''Wissenschaftliche Weltauffassung: Der Wiener Kreis'', Vienne, Artur Wolf Verlag. Traduction française dans ''Manifeste du Cercle de Vienne et autres écrits'' (2010), Paris, Vrin.</ref>. === Le débat sur les phrases protocolaires === La métaphore du bateau prend tout son sens dans le cadre du célèbre ''débat sur les phrases protocolaires'' (''Protokollsatzdebatte'') qui agite le Cercle de Vienne entre 1932 et 1934<ref>Uebel, Thomas (2007). ''Empiricism at the Crossroads: The Vienna Circle's Protocol-Sentence Debate'', Chicago/La Salle, Open Court, p. 1-45.</ref>. Ce débat porte sur la nature et le statut des énoncés d'observation qui sont censés fournir la base empirique de la connaissance scientifique. Trois positions principales s'affrontent : '''La position de Moritz Schlick''' défend un fondationnalisme strict. Pour Schlick, les phrases protocolaires doivent être des ''Konstatierungen'' (constatations) incorrigibles qui expriment directement l'expérience immédiate. Ces énoncés d'observation constituent un point d'ancrage absolu et certain pour toute connaissance empirique. Schlick écrit en 1934 : « Les constatations sont la fin absolue de la justification. Elles ne peuvent être ni confirmées ni réfutées par d'autres énoncés »<ref>Schlick, Moritz (1934). « Über das Fundament der Erkenntnis », ''Erkenntnis'', vol. 4, p. 79-99. Traduction anglaise : « The Foundation of Knowledge » dans Schlick (1979), ''Philosophical Papers'', vol. 2, Dordrecht, Reidel, p. 370-387.</ref>. '''La position de Rudolf Carnap''' évolue au cours du débat. Dans son ''Aufbau'' (''La Construction logique du monde'', 1928)<ref>Carnap, Rudolf (1928). ''Der logische Aufbau der Welt'', Berlin, Weltkreis-Verlag. Traduction anglaise : ''The Logical Structure of the World'' (1967), Berkeley, University of California Press.</ref>, Carnap adopte une approche phénoménaliste cherchant à reconstruire tous les concepts scientifiques à partir d'une base expérientielle privée. Toutefois, sous l'influence de Neurath, Carnap abandonne progressivement cette perspective pour adopter le physicalisme et reconnaître que le choix d'un langage protocolaire est une décision conventionnelle plutôt qu'une question de fait. Dans son article « Über Protokollsätze » (1932), Carnap affirme : « Il ne s'agit pas de deux conceptions mutuellement incompatibles, mais plutôt de deux méthodes différentes pour structurer le langage de la science, qui sont toutes deux possibles et légitimes »<ref>Carnap, Rudolf (1932). « Über Protokollsätze », ''Erkenntnis'', vol. 3, p. 215-228. Traduction anglaise dans Carnap (1987), « On Protocol Sentences », ''Noûs'', vol. 21, n° 4, p. 457-470.</ref>. '''La position d'Otto Neurath''' représente le pôle anti-fondationnaliste et holiste du débat. Neurath rejette catégoriquement l'idée qu'il puisse exister des énoncés d'observation absolument certains et incorrigibles. Pour lui, tous les énoncés, y compris les phrases protocolaires, sont faillibles et révisables. Il n'existe pas de point de départ absolu pour la connaissance scientifique, pas de ''tabula rasa'' à partir de laquelle on pourrait reconstruire l'édifice du savoir. Les phrases protocolaires elles-mêmes font partie du système de la science et doivent être évaluées en fonction de leur cohérence avec l'ensemble des autres énoncés acceptés<ref>Neurath, Otto (1932). « Protokollsätze », ''Erkenntnis'', vol. 3, p. 204-214.</ref>. == Signification philosophique == === Anti-fondationnalisme === Le Bateau de Neurath est l'expression métaphorique d'une position '''anti-fondationnaliste''' en épistémologie. Le fondationnalisme épistémologique, dont la formulation classique remonte à René Descartes (1596-1650) dans les ''Méditations métaphysiques'' (1641)<ref>Descartes, René (1641). ''Meditationes de prima philosophia'', Paris. Traduction française : ''Méditations métaphysiques'' (1647), Paris, rééd. Vrin (2011).</ref>, soutient que la connaissance doit être construite sur des fondements absolument certains et indubitables. Descartes emploie lui-même une métaphore architecturale : pour établir quelque chose de ferme et de permanent dans les sciences, il faut « démolir complètement » l'édifice de nos anciennes opinions et « commencer tout de nouveau dès les fondements »<ref>Descartes, René (1641). ''Méditations métaphysiques'', Première Méditation, AT VII, p. 17-18.</ref>. Neurath, au contraire, soutient qu'il n'est pas possible de démolir complètement notre système de connaissances pour le rebâtir sur des fondations neuves et absolument certaines. Nous ne pouvons jamais accéder à un point de vue extérieur, transcendant, depuis lequel nous pourrions examiner et reconstruire notre système conceptuel dans son ensemble. Comme des marins en pleine mer, nous devons travailler de l'intérieur de notre système de croyances, en révisant progressivement nos conceptions sans jamais pouvoir tout remettre en question simultanément. Cette position anticipe et illustre ce que Willard Van Orman Quine (1908-2000) appellera plus tard le ''naturalisme épistémologique''<ref>Quine, W.V.O. (1969). « Epistemology Naturalized » dans ''Ontological Relativity and Other Essays'', New York, Columbia University Press, p. 69-90.</ref>. Neurath lui-même souligne le contraste avec Descartes : « Descartes, dans son ''Discours de la méthode'' (1637), compare le développement du savoir à la construction d'une ville, pour laquelle il recommande de démolir tous les vieux bâtiments et de reconstruire selon un plan unifié. Par opposition, nous utilisons l'image du bateau »<ref>Neurath, Otto (1932). « Protokollsätze », ''Erkenntnis'', vol. 3, p. 206, note de bas de page.</ref>. === Holisme épistémologique === La métaphore du bateau illustre également une forme de '''holisme épistémologique'''. Selon cette conception, les énoncés scientifiques ne sont pas justifiés ou testés isolément, mais seulement dans le contexte d'un système plus large de croyances. Comme chaque planche du bateau tire son support du reste de la structure, chaque énoncé tire sa justification de sa place au sein d'un réseau cohérent d'autres énoncés. Cette idée sera développée de manière systématique par Willard Van Orman Quine dans son article « Two Dogmas of Empiricism » (1951)<ref>Quine, W.V.O. (1951). « Two Dogmas of Empiricism », ''The Philosophical Review'', vol. 60, n° 1, p. 20-43. Réédité dans ''From a Logical Point of View'' (1953), Cambridge, Harvard University Press, p. 20-46.</ref> et dans son ouvrage majeur ''Word and Object'' (1960)<ref>Quine, W.V.O. (1960). ''Word and Object'', Cambridge, MIT Press, p. 3-4.</ref>. Quine, qui popularisera la métaphore neurathienne auprès du public philosophique anglophone, écrit : {{Citation bloc|Le philosophe se trouve plutôt, comme le dit Neurath, dans la position d'un marin qui doit reconstruire son navire en pleine mer. […] Nos mots continuent à avoir un sens acceptable grâce à la continuité du changement théorique : nous déformons l'usage progressivement pour éviter la rupture.<ref>Quine, W.V.O. (1960). ''Word and Object'', Cambridge, MIT Press, p. 3.</ref>}} Quine développe cette perspective holiste en affirmant que nos énoncés sur le monde extérieur « font face au tribunal de l'expérience non pas individuellement mais en tant que corps organisé »<ref>Quine, W.V.O. (1951). « Two Dogmas of Empiricism », p. 41.</ref>. En cas de conflit avec l'expérience, nous avons toujours le choix de réviser différentes parties de notre système de croyances, y compris nos énoncés d'observation, nos lois scientifiques ou même nos principes logiques. === Faillibilisme et révision permanente === La métaphore du bateau exprime également un '''faillibilisme''' radical. Contrairement aux conceptions fondationnalistes qui cherchent des énoncés absolument certains et à l'abri du doute, Neurath insiste sur le caractère faillible et révisable de toute connaissance, y compris des énoncés d'observation. Il n'existe pas de point fixe, d'énoncé incorrigible qui pourrait servir de fondement ultime à la science. Même les phrases protocolaires, qui rapportent directement l'observation, peuvent être mises en doute et rejetées si elles ne s'accordent pas avec le reste de nos théories bien établies. Cette dimension faillibiliste de la pensée de Neurath s'inscrit dans une tradition pragmatiste qui remonte à Charles Sanders Peirce (1839-1914). Peirce avait lui-même utilisé une métaphore similaire pour illustrer sa conception anti-fondationnaliste de la connaissance : « Nous ne pouvons commencer par le doute complet. Il faut commencer avec tous les préjugés que nous avons réellement. […] C'est comme un homme qui marche dans un marécage : il ne fait un pas suivant que lorsque le sol sous ses pieds commence à céder »<ref>Peirce, Charles Sanders (1868). « Some Consequences of Four Incapacities », ''Journal of Speculative Philosophy'', vol. 2, p. 140-157. Réédité dans Peirce (1931-1958), ''Collected Papers'', vol. 5, Cambridge, Harvard University Press, §589.</ref>. === Conventionnalisme et décision === Le Bateau de Neurath reflète aussi une dimension '''conventionnaliste''' importante. Pour Neurath, la science ne progresse pas uniquement par déduction logique ou par observation passive, mais implique nécessairement des décisions et des conventions. Face à un conflit entre théorie et observation, les scientifiques doivent décider quels énoncés réviser, quelles hypothèses maintenir, quelles observations remettre en question. Ces décisions ne sont pas arbitraires – elles sont guidées par des considérations pragmatiques, par le souci de maintenir la cohérence globale du système, par des objectifs pratiques – mais elles ne sont pas non plus uniquement déterminées par la logique ou par l'expérience. Cette dimension décisionnelle de la science est liée à ce que Neurath appelle les « motifs auxiliaires » (''Hilfsmotive''), concept qu'il développe dès 1913 dans son essai « Les vagabonds égarés de Descartes et le motif auxiliaire » (sur la psychologie de la décision)<ref>Neurath, Otto (1913). « Die Verirrten des Cartesius und das Auxiliarmotiv (Zur Psychologie des Entschlusses) », ''Jahrbuch der Philosophischen Gesellschaft an der Universität zu Wien'', p. 45-59. Réédité dans Neurath (1981), ''Gesammelte philosophische und methodologische Schriften'', vol. 1, Vienne, Hölder-Pichler-Tempsky, p. 57-67.</ref>. Dans cet article, Neurath critique le « pseudo-rationalisme » cartésien qui prétend que la raison seule peut déterminer nos décisions. En réalité, soutient-il, face à l'incertitude et à l'information incomplète, nous devons recourir à des considérations extra-rationnelles – conventions, valeurs, et même, dans certains cas, le simple tirage au sort – pour trancher entre différentes options. Cette reconnaissance du rôle des « facteurs extra-logiques » dans la science annonce les débats contemporains sur les valeurs dans la science et sur la sous-détermination des théories par les données empiriques. == Prolongements et débats == === Quine et le naturalisme === Willard Van Orman Quine reprend et développe la métaphore du Bateau de Neurath dans le cadre de son programme de '''naturalisation de l'épistémologie'''. Pour Quine, la philosophie ne dispose d'aucun point de vue transcendant depuis lequel elle pourrait juger la science de l'extérieur. L'épistémologie doit elle-même devenir une partie de la science naturelle, une branche de la psychologie empirique qui étudie comment nous acquérons effectivement nos connaissances. Comme l'écrit Quine : « Il est compréhensible que le philosophe cherche un point de vue transcendant, en dehors du monde qui emprisonne le scientifique naturel et le mathématicien. Il voudrait se rendre indépendant du schème conceptuel qu'il a pour tâche d'étudier et de réviser. "Donnez-moi πoυ στω" [un point d'appui], dit Archimède, "et je soulèverai le monde". Cependant, il n'existe pas un tel exil cosmique. […] Le philosophe se trouve plutôt, comme le dit Neurath, dans la position d'un marin qui doit reconstruire son navire en pleine mer »<ref>Quine, W.V.O. (1944). Notes manuscrites pour ''Sign and Object'', 5 novembre, Harvard Houghton Library, W.V. Quine Papers. Cité dans Verhaegh, Sander (2018), ''Working from Within: The Nature and Development of Quine's Naturalism'', Oxford, Oxford University Press, p. iii.</ref>. Cette appropriation quinéenne du Bateau de Neurath n'est cependant pas sans soulever des difficultés. Certains commentateurs ont souligné que le naturalisme de Quine, qui refuse toute normativité a priori et toute distinction tranchée entre questions philosophiques et questions scientifiques, va au-delà de ce que Neurath lui-même envisageait. Neurath maintenait une distinction entre la philosophie scientifique (qui clarifie les concepts et les méthodes) et la science proprement dite, même s'il rejetait toute métaphysique transcendante<ref>Uebel, Thomas (2007). ''Empiricism at the Crossroads'', p. 389-421.</ref>. === Cohérentisme et fondationnalisme === Le Bateau de Neurath est devenu une référence centrale dans les débats épistémologiques contemporains sur la '''justification des croyances'''. Ces débats opposent principalement deux positions : Le '''fondationnalisme''' soutient qu'il existe une classe de croyances de base (basic beliefs) qui sont justifiées de manière non inférentielle – c'est-à-dire sans recourir à d'autres croyances comme prémisses – et qui servent de fondement à toutes nos autres croyances, lesquelles sont justifiées par inférence à partir des croyances de base. Cette structure de justification ressemble à une pyramide : les croyances fondamentales constituent la base, et les croyances dérivées forment la superstructure. Moritz Schlick illustrait cette conception par la métaphore de la « pyramide de Schlick » (''Schlick's pyramid''), image souvent opposée au Bateau de Neurath<ref>Haack, Susan (1993). ''Evidence and Inquiry: Towards Reconstruction in Epistemology'', Oxford, Blackwell, p. 14-18.</ref>. Le '''cohérentisme''', à l'inverse, nie qu'il existe des croyances de base jouissant d'un statut épistémologique privilégié. Selon cette conception, une croyance est justifiée en vertu de sa place au sein d'un système cohérent de croyances qui se soutiennent mutuellement. La justification n'a pas de structure linéaire ou hiérarchique, mais une structure holistique et circulaire (au sens non vicieux du terme). Le Bateau de Neurath est souvent invoqué pour illustrer et défendre cette position cohérentiste : comme chaque planche du bateau tire son support du reste de la structure, chaque croyance tire sa justification de son intégration dans un ensemble cohérent<ref>Drayson, Zoe (2021). « Neurath's Boat » dans Pritchard, Duncan (ed.), ''Oxford Bibliographies in Philosophy'', Oxford, Oxford University Press, p. 1-3.</ref>. Laurence BonJour, dans son ouvrage classique ''The Structure of Empirical Knowledge'' (1985)<ref>BonJour, Laurence (1985). ''The Structure of Empirical Knowledge'', Cambridge, Harvard University Press, p. 87-110.</ref>, développe une défense sophistiquée du cohérentisme en s'appuyant explicitement sur la métaphore neurathienne. Il soutient que la cohérence d'un système de croyances augmente la probabilité que ces croyances soient vraies, car il serait hautement improbable qu'un ensemble vaste et cohérent de croyances soit entièrement faux. === L'équilibre réflexif de Rawls === Dans le domaine de la '''philosophie morale et politique''', la métaphore du Bateau de Neurath trouve un écho dans la méthode de l''''équilibre réflexif''' (reflective equilibrium) développée par John Rawls (1921-2002) dans sa ''Théorie de la justice'' (1971)<ref>Rawls, John (1971). ''A Theory of Justice'', Cambridge, Harvard University Press. Traduction française : ''Théorie de la justice'' (1987), Paris, Seuil, p. 47-53.</ref>. Cette méthode, que Rawls emprunte à Nelson Goodman qui l'avait lui-même développée pour justifier les principes d'inférence inductive<ref>Goodman, Nelson (1955). ''Fact, Fiction, and Forecast'', Cambridge, Harvard University Press, p. 62-66.</ref>, consiste à ajuster mutuellement nos jugements moraux particuliers et nos principes moraux généraux jusqu'à atteindre un état de cohérence et d'équilibre. Tout comme les marins de Neurath ne peuvent reconstruire leur bateau qu'en s'appuyant sur les parties qu'ils ne remplacent pas à un moment donné, nous ne pouvons réviser nos convictions morales qu'en partant des autres convictions que nous maintenons provisoirement. Il n'existe pas de point de vue moral absolument neutre ou transcendant depuis lequel nous pourrions juger l'ensemble de nos intuitions morales. L'équilibre réflexif, comme le Bateau de Neurath, représente donc un processus continu d'ajustement et de révision, jamais achevé, qui procède de l'intérieur de notre système de convictions<ref>Daniels, Norman (1979). « Wide Reflective Equilibrium and Theory Acceptance in Ethics », ''The Journal of Philosophy'', vol. 76, n° 5, p. 256-282.</ref>. === Critiques et reformulations === La métaphore du Bateau de Neurath a suscité diverses critiques et reformulations. '''Paul Lorenzen''' (1915-1994), philosophe et logicien allemand, propose en 1968 de remplacer le bateau par un '''radeau''' (raft) et conteste la prémisse anti-fondationnaliste de Neurath. Selon Lorenzen, il est possible, contrairement à ce qu'affirme Neurath, de « sauter à l'eau » et de construire un nouveau radeau pendant qu'on nage – c'est-à-dire de repartir de zéro et de reconstruire un nouveau système de connaissance depuis les fondements. Cette modification reflète l'engagement de Lorenzen en faveur d'une approche constructiviste et opératoire en mathématiques et en logique<ref>Lorenzen, Paul (1968). ''Methodisches Denken'', Frankfurt am Main, Suhrkamp, p. 15-18.</ref>. '''Susan Haack''' reprend également la métaphore en la remplaçant par un radeau dans le cadre de son '''fondherentisme''' (foundherentism), une position intermédiaire entre fondationnalisme et cohérentisme qu'elle développe dans ''Evidence and Inquiry'' (1993)<ref>Haack, Susan (1993). ''Evidence and Inquiry: Towards Reconstruction in Epistemology'', Oxford, Blackwell, p. 19-24.</ref>. Haack utilise plutôt l'analogie du '''mots croisés''' (crossword puzzle) pour illustrer sa position : résoudre un mot croisé nécessite à la fois de s'appuyer sur les indices (équivalent des données fondationnelles) et de vérifier la cohérence avec les autres mots déjà placés (équivalent de la cohérence). Le fondherentisme cherche ainsi à préserver les intuitions à la fois du fondationnalisme (le rôle de l'expérience) et du cohérentisme (le soutien mutuel entre croyances)<ref>Haack, Susan (1993), p. 80-87.</ref>. '''Ernest Sosa''' utilise également la métaphore du radeau dans son article « The Raft and the Pyramid » (1980)<ref>Sosa, Ernest (1980). « The Raft and the Pyramid: Coherence versus Foundations in the Theory of Knowledge », ''Midwest Studies in Philosophy'', vol. 5, n° 1, p. 3-26.</ref>, où il oppose explicitement le radeau cohérentiste à la pyramide fondationnaliste, et développe sa propre position, le '''virtue epistemology''', qui cherche à dépasser cette opposition. Certains critiques ont souligné les limites pratiques de la métaphore. Dans un article provocateur de 2024, les philosophes Jure Zovko et Ivana Renić arguent que « le principal problème avec la métaphore du bateau de Neurath est qu'elle est complètement étrangère au mode de vie des marins, voire en contradiction flagrante avec celui-ci ». En effet, des experts en construction navale confirment que le remplacement planche par planche n'est possible qu'en cale sèche et jamais en pleine mer, où retirer une seule planche provoquerait rapidement l'entrée d'eau et le naufrage. Selon ces auteurs, cette métaphore reflète davantage une « philosophie en fauteuil » (armchair philosophy) abstraite qu'une véritable prise en compte du monde pratique et empirique<ref>Zovko, Jure et Renić, Ivana (2024). « Neurath's Ship Metaphor », ''Epistemological Studies'', vol. 61, n° 1, p. 75-93.</ref>. Cette critique, bien qu'intéressante d'un point de vue littéral, manque peut-être la dimension essentiellement métaphorique et heuristique de l'image neurathienne. == Références antérieures et postérité == Bien que Neurath soit le premier à formuler explicitement cette métaphore nautique dans le contexte de l'épistémologie contemporaine, on peut trouver des précédents dans l'histoire de la philosophie. Le '''Navire de Thésée''' (Ship of Theseus), paradoxe attribué à Plutarque, pose la question de l'identité à travers le changement : si l'on remplace progressivement toutes les planches du navire de Thésée, est-ce toujours le même navire ? Toutefois, ce paradoxe ancien concerne des questions d'identité et de persistance dans le temps, non des questions épistémologiques, et le navire de Thésée est réparé au port, non en mer<ref>Plutarque, ''Vies parallèles, Thésée'', 23, 1. Édition des Belles Lettres (1957), Paris, p. 22-24.</ref>. Charles Sanders Peirce, comme mentionné précédemment, avait utilisé la métaphore du '''marécage''' (bog) pour exprimer une idée similaire : nous devançons dans un marécage et ne pouvons faire un pas suivant que lorsque le terrain sous nos pieds commence à céder. Cette image exprime, comme celle de Neurath, l'impossibilité d'un doute hyperbolique à la Descartes et la nécessité de procéder graduellement dans la révision de nos croyances<ref>Peirce, Charles Sanders (1868). « Some Consequences of Four Incapacities », ''Collected Papers'', vol. 5, §589.</ref>. Le Bateau de Neurath a profondément marqué la philosophie analytique du XXe siècle et continue d'influencer les débats épistémologiques contemporains. Il est devenu une image canonique pour exprimer les positions anti-fondationnalistes, holistes et naturalistes en théorie de la connaissance. On trouve des références au Bateau de Neurath dans des domaines aussi variés que l'épistémologie des sciences<ref>Thagard, Paul (1988). ''Computational Philosophy of Science'', Cambridge, MIT Press, p. 127-130.</ref>, la philosophie des sciences cognitives<ref>Griffiths, Thomas L., Kemp, Charles et Tenenbaum, Joshua B. (2008). « Bayesian Models of Cognition » dans Sun, Ron (ed.), ''Cambridge Handbook of Computational Psychology'', Cambridge, Cambridge University Press, p. 59-100.</ref>, l'éthique<ref>DePaul, Michael R. (1993). ''Balance and Refinement: Beyond Coherence Methods of Moral Inquiry'', Londres, Routledge, p. 16-23.</ref> et même la théorie juridique<ref>Verheij, Bart (1996). ''Rules, Reasons, Arguments: Formal Studies of Argumentation and Defeat'', thèse de doctorat, Université de Maastricht, p. 45-48.</ref>. == Notes et références == {{references}} == Bibliographie == === Sources primaires === * Carnap, Rudolf (1928). ''Der logische Aufbau der Welt'', Berlin, Weltkreis-Verlag. Traduction anglaise : ''The Logical Structure of the World'' (1967), Berkeley, University of California Press. * Carnap, Rudolf (1932). « Über Protokollsätze », ''Erkenntnis'', vol. 3, p. 215-228. Traduction anglaise : « On Protocol Sentences », ''Noûs'', vol. 21, n° 4 (1987), p. 457-470. * Descartes, René (1641). ''Meditationes de prima philosophia''. Traduction française : ''Méditations métaphysiques'', Paris, Vrin (2011). * Neurath, Otto (1913). « Die Verirrten des Cartesius und das Auxiliarmotiv (Zur Psychologie des Entschlusses) », ''Jahrbuch der Philosophischen Gesellschaft an der Universität zu Wien'', p. 45-59. * Neurath, Otto (1921). ''Anti-Spengler'', Munich, Georg D. W. Callwey. * Neurath, Otto (1932). « Protokollsätze », ''Erkenntnis'', vol. 3, p. 204-214. * Neurath, Otto (1983). ''Philosophical Papers 1913-1946'', éd. Robert S. Cohen et Marie Neurath, Dordrecht, Reidel, p. 91-99. * Peirce, Charles Sanders (1868). « Some Consequences of Four Incapacities », ''Journal of Speculative Philosophy'', vol. 2, p. 140-157. Réédité dans ''Collected Papers'' (1931-1958), vol. 5, Cambridge, Harvard University Press, §564-589. * Quine, Willard Van Orman (1951). « Two Dogmas of Empiricism », ''The Philosophical Review'', vol. 60, n° 1, p. 20-43. * Quine, Willard Van Orman (1960). ''Word and Object'', Cambridge, MIT Press. * Quine, Willard Van Orman (1969). « Epistemology Naturalized » dans ''Ontological Relativity and Other Essays'', New York, Columbia University Press, p. 69-90. * Rawls, John (1971). ''A Theory of Justice'', Cambridge, Harvard University Press. Traduction française : ''Théorie de la justice'' (1987), Paris, Seuil. * Schlick, Moritz (1934). « Über das Fundament der Erkenntnis », ''Erkenntnis'', vol. 4, p. 79-99. === Études secondaires === * BonJour, Laurence (1985). ''The Structure of Empirical Knowledge'', Cambridge, Harvard University Press. * Cartwright, Nancy, Cat, Jordi, Fleck, Lola et Uebel, Thomas E. (1996). ''Otto Neurath: Philosophy between Science and Politics'', Cambridge, Cambridge University Press. * Cat, Jordi (2024). « Otto Neurath » dans Zalta, Edward N. (ed.), ''Stanford Encyclopedia of Philosophy'', Stanford, Stanford University, URL : https://plato.stanford.edu/entries/neurath/ (version du 1er mars 2024). * Daniels, Norman (1979). « Wide Reflective Equilibrium and Theory Acceptance in Ethics », ''The Journal of Philosophy'', vol. 76, n° 5, p. 256-282. * DePaul, Michael R. (1993). ''Balance and Refinement: Beyond Coherence Methods of Moral Inquiry'', Londres, Routledge. * Drayson, Zoe (2021). « Neurath's Boat » dans Pritchard, Duncan (ed.), ''Oxford Bibliographies in Philosophy'', Oxford, Oxford University Press. * Haack, Susan (1993). ''Evidence and Inquiry: Towards Reconstruction in Epistemology'', Oxford, Blackwell. * Reisch, George (2005). ''How the Cold War Transformed Philosophy of Science: To the Icy Slopes of Logic'', Cambridge, Cambridge University Press. * Sosa, Ernest (1980). « The Raft and the Pyramid: Coherence versus Foundations in the Theory of Knowledge », ''Midwest Studies in Philosophy'', vol. 5, n° 1, p. 3-26. * Stadler, Friedrich (2001). ''The Vienna Circle: Studies in the Origins, Development, and Influence of Logical Empiricism'', Vienne/New York, Springer. * Uebel, Thomas E. (2007). ''Empiricism at the Crossroads: The Vienna Circle's Protocol-Sentence Debate'', Chicago/La Salle, Open Court. * Verhaegh, Sander (2018). ''Working from Within: The Nature and Development of Quine's Naturalism'', Oxford, Oxford University Press. * Zovko, Jure et Renić, Ivana (2024). « Neurath's Ship Metaphor », ''Epistemological Studies'', vol. 61, n° 1, p. 75-93. == Liens externes == * [https://plato.stanford.edu/entries/neurath/ Article « Otto Neurath »] dans la ''Stanford Encyclopedia of Philosophy'' * [https://iep.utm.edu/viennacr/ Article « Vienna Circle »] dans l'''Internet Encyclopedia of Philosophy'' * [https://en.wikipedia.org/wiki/Neurath%27s_boat Article « Neurath's boat »] dans ''Wikipedia'' (version anglaise) == Voir aussi == * [[Cercle de Vienne]] * [[Empirisme logique]] * [[Otto Neurath]] * [[Willard Van Orman Quine]] * [[Rudolf Carnap]] * [[Holisme épistémologique]] * [[Fondationnalisme]] * [[Cohérentisme]] * [[Faillibilisme]] * [[Naturalisme épistémologique]] * [[Équilibre réflexif]] * [[Navire de Thésée]] {{Autocat}} asblq9ducq1uys0hb2z1hnq33a5vbsk Dictionnaire de philosophie/Cogito 0 83060 768234 767278 2026-06-21T05:14:10Z PandaMystique 119061 Bot : ajout du paramètre lecture=oui au modèle {{DicoPhilo}} 768234 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Cogito|lecture=oui}} Le cogito (par abréviation de la formule latine ''cogito, ergo sum'' : « je pense, donc je suis ») désigne l'une des intuitions philosophiques les plus célèbres de l'histoire de la pensée occidentale. Introduit explicitement par René Descartes au début du XVII{{e}} siècle, le cogito représente le moment où la conscience découvre dans l'acte même de penser la première certitude indubitable, résistant à toutes les formes de doute. Cette découverte fonde une nouvelle conception du sujet, de la connaissance et de la vérité, qui marquera profondément la modernité philosophique. === Origine et formulation cartésienne === ==== Le doute méthodique ==== Le cogito prend naissance dans le cadre de la démarche du doute méthodique que Descartes inaugure dans les ''Méditations métaphysiques'' (1641)<ref>René Descartes, ''Meditationes de prima philosophia'', Paris, Michel Soly, 1641.</ref> et expose également dans le ''Discours de la méthode'' (1637)<ref>René Descartes, ''Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences'', Leyde, Jean Maire, 1637.</ref>. Descartes entreprend de soumettre l'ensemble de ses connaissances à un examen radical afin de découvrir, s'il en existe, une vérité absolument certaine. Cette démarche ne vise pas le scepticisme, mais l'établissement d'un fondement inébranlable pour la science et la philosophie. Dans la Première Méditation, Descartes expose les « raisons de douter » qui mettent en question la fiabilité de nos sens (qui nous trompent parfois), la distinction entre veille et rêve (comment savoir avec certitude que nous ne rêvons pas ?), et même les vérités mathématiques (par l'hypothèse hyperbolique d'un Dieu trompeur ou d'un « malin génie »)<ref>René Descartes, ''Méditations métaphysiques'', I, AT VII, p. 17-23 ; éd. Alquié, Paris, Garnier, 1963-1973, t. II, p. 405-413.</ref>. Ce doute ne porte pas tant sur la véracité ponctuelle de telle ou telle perception que sur la possibilité même d'accorder une confiance absolue aux facultés cognitives. ==== La découverte du cogito ==== C'est dans ce contexte que surgit, dans la Seconde Méditation, la découverte du cogito. Alors même que Descartes s'efforce de pousser le doute jusqu'à ses limites extrêmes, il découvre une vérité qui résiste à toute tentative de mise en question : « Je suis, j'existe, cela est certain »<ref>René Descartes, ''Méditations métaphysiques'', II, AT VII, p. 25 ; éd. Alquié, t. II, p. 415.</ref>. La formule la plus célèbre, « ''cogito, ergo sum'' » (« je pense, donc je suis »), apparaît dans le ''Discours de la méthode'' et dans les ''Principes de la philosophie'' (1644)<ref>René Descartes, ''Principia philosophiae'', Amsterdam, Louis Elzevier, 1644, I, § 7.</ref>. L'argument peut se formuler ainsi : pour douter, il faut penser ; pour penser, il faut être. L'acte même de douter garantit l'existence de celui qui doute. Même si un malin génie s'ingéniait à me tromper en toutes choses, il ne pourrait faire que je ne sois rien tant que je penserai être quelque chose<ref>Descartes, ''Méditations métaphysiques'', II, AT VII, p. 25 ; éd. Alquié, t. II, p. 415.</ref>. Le cogito n'est pas un syllogisme ordinaire : il ne s'agit pas de déduire mon existence d'une prémisse majeure (« tout ce qui pense existe »), mais d'une intuition immédiate où l'acte de penser et la certitude d'exister coïncident dans une évidence première. ==== La nature du « je pense » ==== Une fois établie la certitude de l'existence, Descartes s'interroge sur la nature de ce « je » qui pense. Il découvre qu'il est essentiellement une « chose qui pense » (''res cogitans''), c'est-à-dire « une chose qui doute, qui conçoit, qui affirme, qui nie, qui veut, qui ne veut pas, qui imagine aussi, et qui sent »<ref>Descartes, ''Méditations métaphysiques'', II, AT VII, p. 28 ; éd. Alquié, t. II, p. 419.</ref>. Cette définition identifie le sujet pensant à l'âme ou à l'esprit (''mens''), conçu comme une substance dont l'essence ou l'attribut principal est la pensée. Le cogito instaure ainsi une distinction radicale entre deux ordres de réalité : la substance pensante (''res cogitans'') et la substance étendue (''res extensa''), c'est-à-dire le monde matériel. Cette dualité, qui caractérise le dualisme cartésien, soulève d'importantes difficultés concernant l'union de l'âme et du corps, que Descartes tentera d'éclaircir dans ses écrits ultérieurs, notamment dans la correspondance avec la princesse Élisabeth et dans le traité des ''Passions de l'âme'' (1649)<ref>René Descartes, ''Les Passions de l'âme'', Paris, Henry Le Gras, 1649.</ref>. === Interprétations et débats sur le statut du cogito === ==== Intuition ou déduction ? ==== La nature exacte du cogito a fait l'objet d'intenses débats dès les premières réceptions de la philosophie cartésienne. S'agit-il d'une intuition immédiate ou d'un raisonnement déductif ? Dans les ''Réponses aux Secondes Objections'', Descartes précise qu'il ne s'agit pas d'un syllogisme au sens traditionnel : « Lorsque quelqu'un dit : Je pense, donc je suis, ou j'existe, il ne conclut pas son existence de sa pensée comme par la force de quelque syllogisme, mais comme une chose connue de soi »<ref>Descartes, ''Réponses aux Secondes Objections'', AT VII, p. 140 ; éd. Alquié, t. II, p. 565.</ref>. Le cogito relève d'une « simple inspection de l'esprit », une évidence qui se présente à la conscience sans médiation discursive. Cette caractérisation a conduit les interprètes à distinguer entre l'ordre de la découverte (où le cogito apparaît comme une intuition première) et l'ordre des raisons (où il s'inscrit dans une chaîne déductive). Certains commentateurs, comme Jean-Marie Beyssade, insistent sur la dimension performative du cogito : l'énoncé « je pense » ne décrit pas simplement un état, mais accomplit l'acte même qu'il énonce<ref>Jean-Marie Beyssade, ''La Philosophie première de Descartes'', Paris, Flammarion, 1979, p. 97-123.</ref>. ==== Le cercle cartésien ==== Une difficulté majeure, soulevée notamment par Antoine Arnauld dans les ''Quatrièmes Objections'', concerne ce qu'on appelle le cercle cartésien ou « cercle vicieux ». Descartes fonde la certitude du cogito sur le critère de l'évidence (tout ce qui est perçu clairement et distinctement est vrai). Mais pour garantir ce critère, il fait appel à la véracité divine, dont l'existence est elle-même démontrée à partir de principes perçus clairement et distinctement. N'y a-t-il pas là une circularité problématique<ref>Antoine Arnauld, ''Quatrièmes Objections'', AT VII, p. 214 ; éd. Alquié, t. II, p. 605.</ref> ? Descartes répond en distinguant deux niveaux de certitude : les vérités perçues actuellement avec évidence (comme le cogito) ne requièrent pas la garantie divine ; seule la mémoire de ces vérités, lorsqu'elles ne sont plus présentes à l'esprit, nécessite que Dieu garantisse la constance de notre entendement<ref>Descartes, ''Réponses aux Quatrièmes Objections'', AT VII, p. 245-246 ; éd. Alquié, t. II, p. 640-642.</ref>. Cette solution n'a pas convaincu tous les critiques, et le débat sur le cercle cartésien demeure vivace dans la littérature secondaire. === Précurseurs et parallèles historiques === ==== Saint Augustin ==== Bien que Descartes soit le premier à faire du cogito le principe fondateur d'un système philosophique moderne, l'intuition d'une certitude de soi ancrée dans l'acte de penser n'est pas sans précédent. Saint Augustin (354-430), notamment dans le ''De civitate Dei'' (La Cité de Dieu, livre XI, chapitre 26) et dans le ''De Trinitate'' (La Trinité), avait déjà formulé un argument proche : « Si je me trompe, je suis » (''Si fallor, sum'')<ref>Saint Augustin, ''De civitate Dei'', XI, 26, PL 41, col. 339-340.</ref>. Pour Augustin, la conscience de soi est indubitable et constitue le point de départ d'une quête de la vérité divine. Cependant, les contextes et les visées diffèrent sensiblement. Chez Augustin, l'argument sert principalement à réfuter le scepticisme académicien et à orienter l'âme vers Dieu, source de toute vérité. Chez Descartes, le cogito fonde un projet philosophique et scientifique autonome, visant l'établissement de certitudes rationnelles indépendantes de la révélation théologique. Lorsque ses contemporains lui signalent la ressemblance avec Augustin, Descartes reconnaît le parallèle tout en soulignant la nouveauté de son usage méthodique et systématique<ref>Descartes, Lettre à Colvius, 14 novembre 1640, AT III, p. 247.</ref>. ==== Avicenne ==== Certains historiens de la philosophie médiévale ont relevé une anticipation encore plus ancienne chez le philosophe persan Avicenne (Ibn Sīnā, 980-1037). Dans son traité ''Le Livre de la guérison'' (''Kitāb al-Shifā''), Avicenne propose l'expérience de pensée de l'« homme volant » : un homme créé d'un coup dans le vide, privé de toute sensation corporelle, prendrait néanmoins conscience de son existence en tant qu'être pensant<ref>Avicenne, ''Le Livre de la guérison'' (''Kitāb al-Shifā''), traité de l'âme, éd. et trad. partielle par Amélie-Marie Goichon, Paris, Desclée de Brouwer, 1969.</ref>. Cette intuition préfigure certains aspects du cogito cartésien, bien qu'elle s'inscrive dans un cadre métaphysique aristotélicien très différent. === Critiques et dépassements === ==== La critique kantienne ==== Emmanuel Kant (1724-1804), dans la ''Critique de la raison pure'' (1781/1787), soumet le cogito à une analyse décisive. Dans le chapitre des « Paralogismes de la raison pure », Kant dénonce l'illusion qui consiste à substantialiser le « je pense »<ref>Emmanuel Kant, ''Kritik der reinen Vernunft'', B 399-432, trad. fr. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, 1944, p. 305-325.</ref>. Selon Kant, le « je pense » n'est que la forme logique de l'unité de la conscience, l'unité transcendantale de l'aperception qui accompagne toutes nos représentations. Il ne nous fait pas connaître le moi comme substance, ni comme objet d'une intuition. Nous ne connaissons le sujet que comme il nous apparaît (phénomène), jamais tel qu'il est en soi (noumène). Kant refuse donc que le cogito puisse fournir une connaissance métaphysique de l'âme. Le « je pense » est une condition formelle de la connaissance, non un objet de connaissance. Cette critique ébranle les prétentions du rationalisme cartésien à fonder une psychologie rationnelle sur l'intuition du cogito<ref>Kant, ''Critique de la raison pure'', B 404-405, p. 308-309.</ref>. ==== Nietzsche et le soupçon sur le sujet ==== Friedrich Nietzsche (1844-1900) pousse la critique encore plus loin en contestant la légitimité même de l'inférence « je pense, donc je suis ». Dans ''Par-delà bien et mal'' (1886), il dénonce le cogito comme un préjugé grammatical : « Un pensée vient quand "elle" veut, et non pas quand "je" veux ; de sorte que c'est falsifier la réalité que de dire : le sujet "je" est la condition de l'attribut "je pense" »<ref>Friedrich Nietzsche, ''Jenseits von Gut und Böse'', § 17, trad. fr. C. Heim, Paris, Gallimard, 1971, p. 37.</ref>. Pour Nietzsche, parler d'un « je » qui pense suppose déjà une métaphysique de la substance que rien n'autorise. Il faudrait plutôt dire : « ça pense » (''es denkt''), comme on dit « il pleut » (''es regnet''), sans présupposer un sujet unitaire et stable. Cette critique généalogique du cogito participe du projet nietzschéen de « philosophie du soupçon », qui vise à démasquer les présupposés métaphysiques dissimulés dans le langage et la logique. Marx et Freud, chacun à sa manière, prolongeront ce soupçon en montrant que le sujet n'est pas transparent à lui-même, mais déterminé par des forces économiques, sociales ou psychiques qui échappent à sa conscience. ==== La phénoménologie : Husserl ==== Edmund Husserl (1859-1938), fondateur de la phénoménologie, renoue avec l'inspiration cartésienne tout en la transformant profondément. Dans les ''Méditations cartésiennes'' (1931), Husserl salue Descartes comme le penseur qui a inauguré la philosophie transcendantale en découvrant l'ego cogito comme « sol absolu de toute connaissance »<ref>Edmund Husserl, ''Cartesianische Meditationen'', § 1, trad. fr. G. Peiffer et E. Levinas, Paris, Vrin, 1953, p. 2-3.</ref>. Toutefois, Husserl reproche à Descartes de n'avoir pas exploité radicalement cette découverte, en retombant dans une métaphysique substantialiste (la ''res cogitans'') au lieu d'explorer la structure intentionnelle de la conscience. Pour Husserl, le cogito doit être compris non comme une substance, mais comme un champ de conscience intentionnelle : toute conscience est conscience de quelque chose. L'ego transcendantal n'est pas une chose, mais le pôle d'unité des actes de conscience qui visent (intentionnent) des objets. La phénoménologie husserlienne déploie ainsi une analyse détaillée de la corrélation entre les actes de conscience (noèses) et leurs objets intentionnels (noèmes), révélant la structure a priori de l'expérience vécue<ref>Husserl, ''Ideen zu einer reinen Phänomenologie'', § 36-38, trad. fr. P. Ricœur, Paris, Gallimard, 1950, p. 106-113.</ref>. ==== L'existentialisme : Sartre ==== Jean-Paul Sartre (1905-1980), dans ''L'Être et le Néant'' (1943), reprend et transforme la problématique du cogito dans le cadre d'une ontologie phénoménologique. Pour Sartre, le cogito révèle la structure fondamentale de l'existence humaine : la conscience est être-pour-soi (''pour-soi''), caractérisée par la négativité, la liberté et le projet<ref>Jean-Paul Sartre, ''L'Être et le Néant. Essai d'ontologie phénoménologique'', Paris, Gallimard, 1943, p. 18-21.</ref>. Sartre distingue la conscience préréflexive (ou conscience non positionnelle de soi), qui accompagne spontanément tout acte de conscience, et la conscience réflexive, qui prend pour objet la conscience elle-même. Le cogito préréflexif échappe au dualisme sujet-objet : il est une présence immédiate de soi à soi, sans distance ni médiation. Cette auto-transparence de la conscience fonde la possibilité de la réflexion et de la mauvaise foi (cette aptitude à se mentir à soi-même en se fuyant dans l'objectivité)<ref>Sartre, ''L'Être et le Néant'', p. 82-111.</ref>. Cependant, Sartre reconnaît également la dimension tragique du cogito : la conscience est condamnée à être libre, à choisir son être sans fondement préalable. Le cogito sartrien n'est plus le refuge d'une certitude sereine, mais l'expérience angoissante d'une liberté radicale et sans excuse<ref>Sartre, ''L'existentialisme est un humanisme'', Paris, Nagel, 1946, p. 36-45.</ref>. ==== Merleau-Ponty et le cogito incarné ==== Maurice Merleau-Ponty (1908-1961), dans la ''Phénoménologie de la perception'' (1945), critique le cogito cartésien au nom d'une philosophie de l'incarnation. Pour Merleau-Ponty, Descartes a privilégié la conscience réflexive au détriment de l'expérience perceptive, première et irréductible. Le cogito ne peut se comprendre qu'enraciné dans un corps propre qui habite le monde avant toute réflexion<ref>Maurice Merleau-Ponty, ''Phénoménologie de la perception'', Paris, Gallimard, 1945, p. 383-423.</ref>. Merleau-Ponty propose un « cogito tacite », une conscience préréflexive incarnée dans la perception et le geste, qui précède et rend possible le cogito explicite. « Ce n'est pas le "Je pense" qui contient éminemment le "Je suis", c'est au contraire l'"existence" qui précède l'"essence" et la supporte »<ref>Merleau-Ponty, ''Phénoménologie de la perception'', p. 423.</ref>. Le sujet n'est plus l'esprit pur cartésien, mais un « être-au-monde », indissociablement corps et conscience, situé dans un horizon de sens et d'intersubjectivité. Cette critique prolonge celle de Martin Heidegger (1889-1976), qui dans ''Être et Temps'' (1927) avait contesté le primat du cogito en lui substituant l'analytique existentiale du Dasein (l'être-là). Pour Heidegger, le cogito cartésien manque la question de l'être, en réduisant l'existence à la présence d'une substance pensante. Le Dasein n'est pas d'abord un sujet connaissant, mais un être-au-monde engagé dans des projets, des préoccupations et des relations avec autrui<ref>Martin Heidegger, ''Sein und Zeit'', § 6, 10, 12-13, trad. fr. F. Vezin, Paris, Gallimard, 1986, p. 39-43, 63-69, 78-91.</ref>. === Postérité et débats contemporains === Le cogito demeure au centre de nombreux débats contemporains en philosophie de l'esprit, en épistémologie et en métaphysique du sujet. ==== Le problème de la conscience de soi ==== Les discussions contemporaines sur la conscience de soi reprennent, en les reformulant, les questions posées par le cogito. Comment la conscience peut-elle se prendre elle-même pour objet sans se dédoubler à l'infini ? La conscience de soi est-elle une connaissance ou une forme spécifique de présence à soi ? Des philosophes comme Dieter Henrich, Manfred Frank et Dan Zahavi ont développé des analyses fines de la structure de la conscience de soi, souvent en dialogue critique avec la tradition cartésienne<ref>Dan Zahavi, ''Subjectivity and Selfhood. Investigating the First-Person Perspective'', Cambridge (Mass.), MIT Press, 2005.</ref>. ==== Le cogito et les sciences cognitives ==== Les neurosciences et les sciences cognitives contemporaines remettent en question la transparence du cogito cartésien. Des travaux sur les processus inconscients, la perception subliminale, ou les dissociations pathologiques de la conscience (comme dans le ''split-brain'') suggèrent que le sujet n'a pas un accès privilégié et infaillible à ses propres états mentaux. Le philosophe Daniel Dennett a ainsi critiqué ce qu'il appelle le « théâtre cartésien », l'idée d'un centre unique où les contenus mentaux seraient présents à une conscience unitaire<ref>Daniel Dennett, ''Consciousness Explained'', Boston, Little, Brown and Co., 1991, trad. fr. P. Engel, Paris, Odile Jacob, 1993.</ref>. Cependant, d'autres philosophes, comme John Searle ou Thomas Nagel, défendent l'irréductibilité de la subjectivité et de la perspective à la première personne, contre les tentatives de réduction matérialiste. Le cogito, sous des formes renouvelées, reste ainsi un enjeu central des débats sur la nature de l'esprit et de la conscience<ref>Thomas Nagel, ''The View from Nowhere'', Oxford, Oxford University Press, 1986, trad. fr. S. Kronlund, Combas, Éditions de l'Éclat, 1993.</ref>. ==== Intersubjectivité et altérité ==== Un reproche récurrent adressé au cogito concerne son apparent solipsisme : en partant de la certitude de soi, comment puis-je atteindre l'existence d'autrui et du monde extérieur ? Husserl, dans la ''Cinquième Méditation cartésienne'', tente de résoudre cette difficulté par une théorie de l'« aperception analogique » : autrui est constitué comme un ''alter ego'', un autre moi, sur la base d'une perception de son corps propre<ref>Husserl, ''Méditations cartésiennes'', § 42-55, p. 81-141.</ref>. Emmanuel Lévinas (1906-1995) renverse radicalement la perspective en affirmant le primat d'autrui sur le cogito. Pour Lévinas, le visage d'autrui précède toute conscience de soi et fonde l'éthique comme philosophie première<ref>Emmanuel Lévinas, ''Totalité et Infini. Essai sur l'extériorité'', La Haye, Martinus Nijhoff, 1961.</ref>. Paul Ricœur (1913-2005) propose une voie médiane avec l'idée d'un « cogito brisé » : le sujet ne se connaît qu'indirectement, par la médiation du langage, des symboles et des œuvres culturelles. L'herméneutique ricœurienne décentre le cogito sans l'abolir, en montrant que la compréhension de soi passe par la compréhension d'autrui et du monde<ref>Paul Ricœur, ''Soi-même comme un autre'', Paris, Seuil, 1990.</ref>. === Conclusion === Le cogito cartésien a profondément marqué l'histoire de la philosophie occidentale en instaurant le sujet pensant comme fondement de la connaissance. Si sa formulation initiale a suscité d'innombrables critiques et réinterprétations, il demeure un point de référence incontournable pour penser les questions de la conscience, de l'identité personnelle, de la certitude et de la subjectivité. Que l'on cherche à le dépasser, à le déconstruire ou à le réhabiliter sous de nouvelles formes, le cogito continue d'interroger notre rapport à nous-mêmes et au monde, témoignant ainsi de sa fécondité philosophique permanente. == Notes et références == {{references|colonnes=2}} == Bibliographie == === Œuvres de Descartes === * DESCARTES René, ''Œuvres de Descartes'', éd. Charles Adam et Paul Tannery, 11 vol., Paris, Cerf, 1897-1913 ; nouv. présentation, Paris, Vrin-CNRS, 1964-1974 (abrégé AT). * DESCARTES René, ''Œuvres philosophiques'', éd. Ferdinand Alquié, 3 vol., Paris, Garnier, 1963-1973. * DESCARTES René, ''Méditations métaphysiques'', trad. fr. Duc de Luynes (1647), éd. Jean-Marie Beyssade et Michelle Beyssade, Paris, Garnier-Flammarion, 1979. * DESCARTES René, ''Discours de la méthode'', éd. Étienne Gilson, Paris, Vrin, 1925 (6{{e}} éd. 2011). === Études critiques === * ALQUIÉ Ferdinand, ''La Découverte métaphysique de l'homme chez Descartes'', Paris, PUF, 1950. * BEYSSADE Jean-Marie, ''La Philosophie première de Descartes. Le temps et la cohérence de la métaphysique'', Paris, Flammarion, 1979. * BEYSSADE Jean-Marie, ''Descartes au fil de l'ordre'', Paris, PUF, 2001. * GILSON Étienne, ''René Descartes. Discours de la méthode, texte et commentaire'', Paris, Vrin, 1925. * GOUHIER Henri, ''La Pensée métaphysique de Descartes'', Paris, Vrin, 1962. * GUEROULT Martial, ''Descartes selon l'ordre des raisons'', 2 vol., Paris, Aubier, 1953. * MARION Jean-Luc, ''Sur le prisme métaphysique de Descartes'', Paris, PUF, 1986. * MARION Jean-Luc, ''Questions cartésiennes'', 2 vol., Paris, PUF, 1991-1996. === Sur le cogito et ses interprétations === * AUGUSTIN (saint), ''De civitate Dei'', livre XI, dans ''Œuvres de saint Augustin'', vol. 35, éd. G. Combès, Paris, Desclée de Brouwer, 1959. * HEIDEGGER Martin, ''Sein und Zeit'' (1927), trad. fr. François Vezin, ''Être et Temps'', Paris, Gallimard, 1986. * HUSSERL Edmund, ''Cartesianische Meditationen'' (1931), trad. fr. Gabrielle Peiffer et Emmanuel Levinas, ''Méditations cartésiennes'', Paris, Vrin, 1953. * KANT Emmanuel, ''Kritik der reinen Vernunft'' (1781/1787), trad. fr. Alain Renaut, ''Critique de la raison pure'', Paris, Aubier, 1997. * LÉVINAS Emmanuel, ''Totalité et Infini. Essai sur l'extériorité'', La Haye, Martinus Nijhoff, 1961. * MERLEAU-PONTY Maurice, ''Phénoménologie de la perception'', Paris, Gallimard, 1945. * NIETZSCHE Friedrich, ''Jenseits von Gut und Böse'' (1886), trad. fr. Cornélius Heim, ''Par-delà bien et mal'', Paris, Gallimard, 1971. * RICŒUR Paul, ''Soi-même comme un autre'', Paris, Seuil, 1990. * SARTRE Jean-Paul, ''L'Être et le Néant. Essai d'ontologie phénoménologique'', Paris, Gallimard, 1943. === Études thématiques === * BALIBAR Étienne, « Ego sum, ego existo : Descartes au point d'hérésie », dans ''Descartes. Objecter et répondre'', éd. Jean-Marie Beyssade et Jean-Luc Marion, Paris, PUF, 1994, p. 21-36. * KAMBOUCHNER Denis, « L'homme de Descartes », dans ''Histoire de la philosophie moderne : le XVII{{e}} siècle'', éd. Jean-Pierre Zarader, Paris, Hachette, 2002, p. 135-189. * WILLIAMS Bernard, ''Descartes: The Project of Pure Enquiry'', Harmondsworth, Penguin Books, 1978. * ZAHAVI Dan, ''Subjectivity and Selfhood. Investigating the First-Person Perspective'', Cambridge (Mass.), MIT Press, 2005. {{autocat}} 8111bvn26jv2j9mnkmfbti116uy9c62 Dictionnaire de philosophie/Chine 0 83073 768233 767917 2026-06-21T05:14:00Z PandaMystique 119061 Bot : ajout du paramètre lecture=oui au modèle {{DicoPhilo}} 768233 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Brève présentation de quelques aspects de la pensée chinoise|lecture=oui}} == Spécificité de la pensée chinoise == La pensée chinoise constitue l'une des traditions intellectuelles les plus anciennes et continues de l'humanité, développée sur plus de deux millénaires et demi. Contrairement à la philosophie occidentale, qui s'est construite autour de la spéculation métaphysique, de la logique formelle et de la recherche de la vérité absolue<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 13-24</ref>, la pensée chinoise se caractérise par une orientation essentiellement pratique et politique, visant avant tout l'harmonie sociale et cosmique. Cette tradition ne reconnaît pas de coupure radicale entre l'homme et la nature, ni entre le corps et l'esprit. Elle refuse la spéculation abstraite au profit d'une sagesse pragmatique fondée sur l'observation des phénomènes naturels et sociaux<ref>Marcel Granet, ''La Pensée chinoise'', Paris, Albin Michel, 1934, p. 33-41</ref>. Comme le souligne Marcel Granet, « l'Homme et la Nature ne forment pas deux règnes séparés, mais une société unique »<ref>Marcel Granet, ''La Pensée chinoise'', Paris, Albin Michel, 1934, p. 251</ref>. Ce principe fondamental traverse toute l'histoire de la pensée chinoise et explique sa singularité par rapport aux traditions philosophiques occidentale et indienne. == Les fondements conceptuels == === Le Dao (道) : la Voie === Le concept de Dao représente la notion la plus fondamentale et la plus englobante de la pensée chinoise. Littéralement traduit par « voie » ou « chemin », le Dao désigne à la fois l'ordre naturel du cosmos, le principe régulateur de toute chose, et la méthode appropriée pour s'y conformer<ref>François Jullien, ''De l'Être au Vivre : lexique euro-chinois de la pensée'', Paris, Gallimard, 2015, p. 89-103</ref>. Tous les grands courants de la pensée chinoise - confucianisme, taoïsme, bouddhisme - utilisent le terme Dao, bien qu'avec des acceptions différentes. Pour Confucius, le Dao désigne la voie morale et politique que doit suivre l'homme de bien ; pour les taoïstes, il représente le principe ineffable et spontané qui gouverne l'univers ; pour les bouddhistes chinois, il traduit la notion indienne de dharma<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 251-259</ref>. === Le Qi (氣) : souffle vital et principe d'animation === Le qi constitue le principe d'animation universelle dans la cosmologie chinoise. Ce terme désigne à la fois le souffle vital qui anime les êtres vivants et l'énergie primordiale dont est constituée toute réalité. Le qi n'est ni substance ni force au sens occidental, mais plutôt un principe de transformation continue qui se condense pour former les êtres et se disperse à leur mort<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 253-256</ref>. Cette conception implique qu'il n'existe aucune démarcation ontologique entre les êtres humains et le reste du monde. Comme l'écrit Zhuangzi : « L'homme doit la vie à une condensation de qi. Tant qu'il se condense, c'est la vie ; dès qu'il se disperse, c'est la mort »<ref>Cité dans Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 254</ref>. === Le Yin et le Yang (陰陽) : la dynamique des contraires === Le couple Yin-Yang représente le rythme fondamental qui anime le qi et structure toute la réalité. Le Yang évoque originellement le versant ensoleillé d'une colline, tandis que le Yin désigne son versant ombragé<ref>Marcel Granet, ''La Pensée chinoise'', Paris, Albin Michel, 1934, p. 101-136</ref>. Ces deux principes ne sont ni des forces ni des substances, mais des phases alternées d'un même processus dynamique. Contrairement à la logique occidentale des contraires qui s'excluent, le Yin et le Yang sont à la fois opposés et complémentaires. Chacun contient en germe son contraire, comme l'illustre le symbole du taiji (太極) où un point blanc apparaît dans la partie noire et vice versa. Cette conception de la complémentarité des opposés traverse toute la pensée chinoise et s'applique aussi bien à la cosmologie qu'à l'éthique et à la politique<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 264-271</ref>. == Les grands courants de pensée == === Le confucianisme : l'humanisme ritualiste === Le confucianisme, fondé par Kongzi (孔子, Confucius, 551-479 av. J.-C.), constitue le courant dominant de la pensée chinoise traditionnelle. Loin d'être une religion au sens occidental, le confucianisme est avant tout une éthique sociale et une philosophie politique centrée sur la culture de la vertu personnelle et l'harmonie sociale<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 61-87</ref>. Le concept central du confucianisme est le ren (仁), généralement traduit par « humanité », « bienveillance » ou « altruisme ». Confucius définit le ren comme la capacité à « aimer autrui » et à traiter les autres comme on souhaiterait être traité soi-même. Cette vertu cardinale s'accompagne du li (禮), le sens des rites et de l'étiquette, qui structure les relations sociales selon un ordre hiérarchique et harmonieux<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 73-80</ref>. Confucius insiste sur l'importance de l'éducation et de la culture personnelle. Son idéal est l'« homme de bien » (junzi, 君子), celui qui cultive sa vertu par l'étude des textes classiques et la pratique des rites. Il déclare dans les ''Entretiens'' : « Je transmets, sans rien créer de nouveau »<ref>''Entretiens de Confucius'', VII, 1</ref>, soulignant ainsi son respect de la tradition des anciens sages. Deux grands disciples de Confucius développeront des interprétations contrastées de sa pensée. Mencius (Mengzi, 孟子, 372-289 av. J.-C.) défend l'idée de la bonté naturelle de l'homme, affirmant que « la nature humaine est bonne » et que le mal résulte d'un manque de culture<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 167-193</ref>. À l'inverse, Xunzi (荀子, 313-238 av. J.-C.) soutient que « la nature de l'homme est mauvaise » et que seule l'éducation par les rites peut corriger ses penchants naturels<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 289-314</ref>. === Le taoïsme : le retour au naturel === Le taoïsme représente l'autre grand courant autochtone de la pensée chinoise. Il se présente souvent comme l'antithèse du confucianisme, privilégiant la spontanéité naturelle à l'artifice des conventions sociales. Les deux textes fondateurs du taoïsme sont le ''Daodejing'' (道德經, ''Classique de la Voie et de sa Vertu''), traditionnellement attribué à Laozi (老子), et le ''Zhuangzi'' (莊子), du nom de son auteur présumé (environ 369-286 av. J.-C.)<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 119-160</ref>. Pour les taoïstes, le Dao est le principe ineffable et spontané qui précède toute distinction et toute nomination. Le ''Daodejing'' s'ouvre par cette déclaration célèbre : « Le Dao qui peut être énoncé n'est pas le Dao constant ; le nom qui peut être nommé n'est pas le nom constant »<ref>''Daodejing'', chapitre 1</ref>. Cette insistance sur l'ineffabilité du Dao reflète une méfiance profonde envers le langage et les conventions sociales. Le concept central du taoïsme est le wuwei (無為), littéralement « non-agir » ou « agir sans agir ». Il ne s'agit pas d'inaction pure, mais d'une action spontanée, sans calcul ni forcing, qui suit le cours naturel des choses. Comme le dit le ''Daodejing'' : « Le Sage accomplit de grandes choses sans les faire ; c'est pourquoi il peut accomplir de grandes choses »<ref>''Daodejing'', chapitre 63</ref>. Zhuangzi pousse cette logique plus loin en développant une philosophie du relativisme et de la liberté intérieure. Pour lui, toutes les distinctions conventionnelles - entre grand et petit, beau et laid, bien et mal - sont relatives et arbitraires. Le sage taoïste transcende ces oppositions en s'identifiant au Dao et en atteignant une parfaite liberté spirituelle<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 133-158</ref>. === Le légisme : l'école de la loi === Le légisme (fajia, 法家) représente un courant de pensée politique pragmatique et autoritaire qui s'est développé durant la période troublée des Royaumes combattants (Ve-IIIe siècle av. J.-C.). Les légistes rejettent l'idéalisme moral des confucéens et proposent une conception réaliste du pouvoir fondée sur trois piliers : la loi (fa, 法), la position de force (shi, 勢) et les techniques de contrôle (shu, 術)<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 315-344</ref>. Le principal théoricien du légisme, Han Feizi (韓非子, mort en 233 av. J.-C.), développe une anthropologie pessimiste selon laquelle les hommes sont mus exclusivement par la recherche du profit et la crainte des châtiments. Il écrit : « C'est sur elles que repose toute l'efficacité du système des peines et des récompenses »<ref>Cité dans Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 330</ref>. Pour les légistes, la loi doit être claire, publique et appliquée de manière stricte et égalitaire, sans distinction de rang social. Cette position s'oppose radicalement à l'adage confucéen selon lequel « les rites ne descendent pas jusqu'aux gens du commun, les châtiments ne montent pas jusqu'aux grands dignitaires »<ref>''Liji'' (''Traité des Rites''), cité dans Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 323</ref>. Le légisme influença profondément la constitution de l'empire Qin (221-206 av. J.-C.) et, bien qu'officiellement rejeté sous les Han au profit du confucianisme, continua à informer les pratiques administratives de la Chine impériale<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 341-344</ref>. === Le bouddhisme : l'apport indien === Le bouddhisme, originaire d'Inde, commença à pénétrer en Chine vers le Ier siècle de notre ère et devint le troisième grand pilier de la pensée chinoise. Son assimilation ne fut ni immédiate ni sans heurts, car la pensée bouddhique présentait des différences radicales avec les conceptions chinoises traditionnelles<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 395-446</ref>. Le bouddhisme introduisit en Chine des concepts totalement étrangers à sa tradition : la réincarnation, le karma, la notion de souffrance universelle (dukkha), et surtout l'idée que le monde phénoménal est illusion (maya). Ces notions heurtaient la vision chinoise d'un cosmos ordonné et harmonieux où l'homme a pour vocation de participer à l'ordre universel. Cependant, au cours d'un long processus de « sinisation », le bouddhisme s'adapta aux catégories de pensée chinoises. L'école Tiantai (天台) et l'école Huayan (華嚴) développèrent des synthèses sophistiquées intégrant les concepts bouddhiques dans un cadre cosmologique chinois. L'école Chan (禪, zen en japonais) poussa cette assimilation encore plus loin en développant une pratique méditative centrée sur l'illumination subite plutôt que sur l'étude des écritures<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 502-524</ref>. Le bouddhisme enrichit considérablement la pensée chinoise en introduisant une dimension contemplative et métaphysique qui faisait relativement défaut aux traditions autochtones. Son influence fut déterminante dans l'élaboration du néoconfucianisme des Song (960-1279)<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 552-588</ref>. == La conception chinoise de l'homme et du monde == === L'harmonie entre Ciel, Terre et Homme === La pensée chinoise repose sur l'idée fondamentale d'une continuité ontologique entre le Ciel (tian, 天), la Terre (di, 地) et l'Homme (ren, 人). Cette triade cosmique structure toute la vision chinoise du monde. L'homme n'est pas conçu comme un être à part, doté d'une âme immortelle qui le distinguerait radicalement de la nature, mais comme un élément intégré dans le processus cosmique<ref>Marcel Granet, ''La Pensée chinoise'', Paris, Albin Michel, 1934, p. 306-339</ref>. Le Ciel n'est pas un dieu personnel et créateur comme dans la tradition judéo-chrétienne, mais plutôt l'ordre naturel et moral de l'univers. La notion de « mandat céleste » (tianming, 天命) justifie l'autorité politique de l'empereur, considéré comme « Fils du Ciel » (tianzi, 天子), tant qu'il gouverne avec vertu et maintient l'harmonie entre les trois niveaux cosmiques<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 36-41</ref>. Cette conception implique que l'ordre politique et l'ordre cosmique sont interdépendants. Les catastrophes naturelles sont interprétées comme des signes du mécontentement du Ciel face à un mauvais gouvernement. Inversement, une bonne gouvernance se reflète dans l'harmonie de la nature<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 363-376</ref>. === La conception du temps et de l'espace === Contrairement à la conception linéaire du temps qui prédomine en Occident, notamment sous l'influence du christianisme, la pensée chinoise privilégie une vision cyclique du temps. Les saisons, les cycles lunaires et solaires, l'alternance du Yin et du Yang structurent une temporalité rythmique où les phénomènes se répètent selon des patterns réguliers<ref>Marcel Granet, ''La Pensée chinoise'', Paris, Albin Michel, 1934, p. 82-138</ref>. L'espace n'est pas conçu comme un contenant vide et homogène, mais comme un ensemble de positions qualifiées par leurs relations mutuelles et leurs correspondances avec les cycles temporels. Le système des Cinq Phases (wuxing, 五行) - Bois, Feu, Terre, Métal, Eau - associe à chaque direction cardinale (plus le centre) non seulement un élément, mais aussi une saison, une couleur, une saveur, un organe, une planète, etc.<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 271-282</ref> Cette vision corrélative du monde, où tout est en correspondance avec tout, caractérise la pensée cosmologique chinoise, particulièrement élaborée sous la dynastie Han (206 av. J.-C. - 220 ap. J.-C.). Elle implique que l'univers forme un réseau d'influences réciproques, où les actions humaines ont des répercussions cosmiques et vice versa<ref>Marcel Granet, ''La Pensée chinoise'', Paris, Albin Michel, 1934, p. 261-305</ref>. == L'éthique et la culture de soi == === L'idéal de sagesse === La pensée chinoise ne vise pas principalement la connaissance théorique ou la contemplation désintéressée de la vérité, mais la réalisation d'un idéal de sagesse pratique. Le sage (shengren, 聖人) n'est pas un philosophe spéculatif, mais un homme qui a atteint l'harmonie parfaite avec le Dao et peut, par sa simple présence, influencer bénéfiquement son environnement<ref>François Jullien, ''De l'Être au Vivre : lexique euro-chinois de la pensée'', Paris, Gallimard, 2015, p. 145-162</ref>. Pour les confucéens, le sage est celui qui a perfectionné sa vertu morale par l'étude et la pratique des rites. Mencius affirme que « tout homme peut devenir Yao ou Shun » (deux empereurs légendaires), soulignant ainsi l'universalité du potentiel moral humain<ref>Cité dans Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 183</ref>. Pour les taoïstes, le sage est celui qui a transcendé toutes les distinctions conventionnelles et vit en parfaite spontanéité, « comme un poisson dans le Dao », selon l'expression de Zhuangzi. Il ne cherche pas à transformer le monde selon un plan préconçu, mais suit le cours naturel des choses<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 146-153</ref>. === La culture de soi (xiushen, 修身) === La culture de soi constitue le fondement de toute éthique chinoise. Cette notion implique un travail constant sur soi-même pour développer ses vertus, maîtriser ses émotions et harmoniser son qi. Contrairement à la notion chrétienne d'ascèse, qui implique une mortification du corps, la culture chinoise vise l'épanouissement harmonieux de toutes les dimensions de la personne<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 85-87</ref>. Confucius déclare dans les ''Entretiens'' : « À quinze ans, je résolus d'apprendre ; à trente ans, je me tenais ferme ; à quarante ans, je n'avais plus de doutes ; à cinquante ans, je connaissais le mandat du Ciel ; à soixante ans, mon oreille était docile ; à soixante-dix ans, je pouvais suivre les désirs de mon cœur sans transgresser la règle »<ref>''Entretiens de Confucius'', II, 4</ref>. Cette progression illustre le processus graduel de la culture confucéenne. La culture de soi n'est pas une fin en soi, mais le fondement de l'ordre social et politique. Le ''Da Xue'' (''Grande Étude''), l'un des Quatre Livres du confucianisme, établit une chaîne causale : « Les anciens qui désiraient illustrer la vertu éclatante dans le monde commençaient par bien gouverner leur royaume. Ceux qui désiraient bien gouverner leur royaume commençaient par mettre de l'ordre dans leur famille. Ceux qui désiraient mettre de l'ordre dans leur famille commençaient par cultiver leur personne »<ref>''Da Xue'' (''Grande Étude'')</ref>. == L'héritage et la pertinence contemporaine == La pensée chinoise a exercé une influence déterminante sur toute l'Asie orientale, notamment au Japon, en Corée et au Vietnam. Malgré les bouleversements du XXe siècle - chute de l'Empire en 1911, mouvement du 4 mai 1919, arrivée du communisme en 1949, Révolution culturelle (1966-1976) - elle continue d'informer en profondeur les mentalités et les pratiques sociales en Chine contemporaine<ref>Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 665-687</ref>. Dans le contexte actuel de mondialisation, la pensée chinoise offre des ressources conceptuelles originales pour penser les questions contemporaines. Sa vision holistique de l'homme dans la nature peut contribuer à une réflexion écologique ; sa conception de l'harmonie sociale offre une alternative aux logiques conflictuelles ; son pragmatisme éthique peut enrichir nos débats moraux<ref>François Jullien, ''De l'Être au Vivre : lexique euro-chinois de la pensée'', Paris, Gallimard, 2015, p. 7-23</ref>. Comprendre la pensée chinoise, c'est aussi reconnaître qu'il existe d'autres manières de penser le monde, l'homme et la société que celles héritées de la tradition philosophique occidentale. C'est ouvrir un dialogue interculturel qui enrichit notre propre réflexion en nous confrontant à des catégories de pensée radicalement différentes. Comme l'écrit François Jullien, la Chine constitue pour l'Occident « cet Autre fondamental sans la rencontre duquel l'Occident ne saurait devenir vraiment conscient des contours et des limites de son Moi culturel »<ref>Cité dans Anne Cheng, ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 11</ref>. == Notes et références == {{references|colonnes=2}} == Bibliographie == === Ouvrages de référence essentiels === * '''CHENG, Anne''', ''Histoire de la pensée chinoise'', Paris, Éditions du Seuil, 1997, 696 p. * '''GRANET, Marcel''', ''La Pensée chinoise'', Paris, Albin Michel, coll. « Bibliothèque de l'Évolution de l'Humanité », 1934 [réédition 1968], 568 p. * '''JULLIEN, François''', ''De l'Être au Vivre : lexique euro-chinois de la pensée'', Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque des Idées », 2015, 288 p. === Textes classiques – Traductions françaises === ==== Confucianisme ==== * '''CONFUCIUS''', ''Entretiens de Confucius'' (''Lunyu''), traduit du chinois par Anne Cheng, Paris, Seuil, coll. « Points Sagesses », 1981 [réédition 2010], 153 p. * '''CONFUCIUS''', ''Les Entretiens de Confucius et ses disciples'', traduit du chinois par Jean Levi, Paris, Albin Michel, coll. « Spiritualités vivantes », 2016, 432 p. * '''CONFUCIUS''', ''Les Entretiens'', traduit du chinois par Pierre Ryckmans (Simon Leys), Paris, Gallimard, coll. « Connaissance de l'Orient », 1987, 184 p. * '''CONFUCIUS''', ''Entretiens avec ses disciples'', traduit du chinois par André Lévy, Paris, Flammarion, coll. « GF », 1994, 256 p. * '''CONFUCIUS''', ''Les Entretiens de Confucius'', traduit du chinois par Séraphin Couvreur, dans ''Les Quatre Livres'', Paris, Les Belles Lettres, 1895 [réédition 1956]. * '''MENCIUS''', ''Mencius'', traduit du chinois par André Lévy, Paris, You Feng, 2008. ==== Taoïsme ==== * '''LAOZI''', ''Dao De Jing : Le Livre de la voie et de la vertu'', traduit du chinois par J.J.L. Duyvendak, Paris, Librairie d'Amérique et d'Orient Adrien-Maisonneuve, 1953. * '''LAOZI''', ''Dao De Jing : Le Livre de la voie et de la vertu'', traduit du chinois par Claude Larre, Paris, Desclée de Brouwer, 2002. * '''LAOZI''', ''Tao Te King'', traduit du chinois par Léon Wieger, Paris, Les Belles Lettres, 1913. * '''LAOZI''', ''Tao Te King'', traduit du chinois par Stanislas Julien, Paris, 1842. * '''ZHUANGZI''', ''Œuvre complète'', traduit du chinois par Jean Lévi, Paris, Éditions de l'Encyclopédie des Nuisances, 2006. * '''ZHUANGZI''', ''Zhuangzi'', traduit et commenté par Jean-François Billeter, Paris, Allia, 2010. * '''LIEZI''', ''Le vrai classique du vide parfait'', traduit du chinois par Léon Wieger, Paris, Les Belles Lettres, 1913. ==== Légisme ==== * '''HAN FEIZI''', ''Han Fei Zi ou le Tao du Prince'', traduit du chinois par Jean Lévi, Paris, Seuil, 1999. ==== Autres textes classiques ==== * '''Le Huainan zi''', texte philosophique compilé sous la dynastie Han, diverses traductions partielles disponibles. * '''Da Xue''' (''Grande Étude'') et '''Zhongyong''' (''Invariable Milieu''), dans ''Les Quatre Livres'', traduit par Séraphin Couvreur, Paris, Les Belles Lettres, 1895. * '''ZHU XI''', ''L'invariable milieu commenté par section et par phrase'' (''Zhongyong zhangju''), traduit du chinois, Paris, Les Belles Lettres, coll. « Bibliothèque chinoise », 2020. === Études thématiques === ==== Ouvrages généraux ==== * '''CREEL, Herrlee Glessner''', ''La pensée chinoise'', traduit de l'anglais, Paris, Le Mail, 1990. * '''FONG Yeou-lan''' (Feng Youlan), ''Précis d'histoire de la philosophie chinoise'', traduit du chinois, Paris, Le Mail, 1985. * '''VANDERMEERSCH, Léon''', ''Études sinologiques'', Paris, Presses Universitaires de France, 1994. * '''PIMPANEAU, Jacques''', ''Chine, mythes et dieux'', Paris, Philippe Picquier, 1999. * '''VAN GULIK, Robert''', ''La vie sexuelle dans la Chine ancienne'', traduit de l'anglais, Paris, Gallimard, 1971. ==== François Jullien – Approche comparative ==== * '''JULLIEN, François''', ''Le détour et l'accès : stratégies du sens en Chine, en Grèce'', Paris, Grasset, 1995. * '''JULLIEN, François''', ''Fonder la morale : dialogue de Mencius avec un philosophe des Lumières'', Paris, Grasset, 1995. * '''JULLIEN, François''', ''Éloge de la fadeur : à partir de la pensée et de l'esthétique de la Chine'', Paris, Philippe Picquier, 1991. * '''JULLIEN, François''', ''Un sage est sans idée, ou l'autre de la philosophie'', Paris, Seuil, 1998. * '''JULLIEN, François''', ''Traité de l'efficacité'', Paris, Grasset, 1996. * '''JULLIEN, François''', ''La propension des choses : pour une histoire de l'efficacité en Chine'', Paris, Seuil, 1992. ==== Études spécialisées ==== * '''BILLETER, Jean-François''', ''Leçons sur Tchouang-tseu'', Paris, Allia, 2002. * '''BILLETER, Jean-François''', ''Études sur Tchouang-tseu'', Paris, Allia, 2004. * '''BILLETER, Jean-François''', ''Contre François Jullien'', Paris, Allia, 2006. * '''GUO, Qiyong''', ''The Spirit of Chinese Confucianism'', Berlin/Heidelberg, Springer, 2019. * '''GUO, Qiyong''', ''The Characteristics of Chinese Cultural Spirit'', Berlin/Heidelberg, Springer, 2019. * '''QI, Zhixiang''', ''The Spirit of Traditional Chinese Aesthetics'', Berlin/Heidelberg, Springer, 2019. * '''LI, Deshun''', ''The Construction of Value Philosophy in Contemporary China'', Berlin/Heidelberg, Springer, 2018. * '''VERMANDER, Benoît''', ''The Encounter of Chinese and Western Philosophies'', Leiden/Boston, Brill, 2020. * '''CAO, Feng''', ''Daoism in Early China: Huang-Lao Thought in Light of Excavated Texts'', Seattle, University of Washington Press, 2019. * '''JIN, Yuelin''', ''Tao, Nature and Man'', Beijing, Foreign Languages Press, 2002. === Ouvrages sur des aspects particuliers === * '''JAO, Tsung-i''', ''Space, Time, Myth, and Morals: A Selection of Jao Tsung-i's Studies on Cosmological Thought in Early China and Beyond'', Hong Kong, The Chinese University Press, 2016. * '''FRÖHLICH, Thomas''', ''Tang Junyi: Confucian Philosophy and the Challenge of Modernity'', Leiden/Boston, Brill, 2017. * '''MAKEHAM, John''' (éd.), ''New Confucianism: A Critical Examination'', New York, Palgrave Macmillan, 2003. === Dictionnaires et instruments de travail === * '''COUVREUR, Séraphin''', ''Dictionnaire classique de la langue chinoise'', Taichung (Taiwan), Kuangchi Press, 1890 [rééditions multiples]. * '''Grand Dictionnaire Ricci de la langue chinoise''', sous la direction d'Yves Raguin et Claude Larre, Paris/Taipei, Institut Ricci/Desclée de Brouwer, 2001, 7 volumes. * '''WIEGER, Léon''', ''Caractères chinois : étymologie, graphies, lexiques'', Taichung (Taiwan), Kuangchi Press, 1890 [rééditions multiples]. === Revues spécialisées === * ''Revue bibliographique de Sinologie / Review of Bibliography in Sinology'' (RBS), 1955-2003, disponible sur JSTOR. * ''T'oung Pao'' (« Archives concernant l'histoire, les langues, la géographie et l'ethnographie de l'Asie orientale »), Leiden, Brill, depuis 1890. * ''Journal of Chinese Philosophy'', depuis 1973. * ''Philosophy East and West'', University of Hawai'i Press, depuis 1951. === Collections éditoriales recommandées === * Collection « Bibliothèque chinoise », Paris, Les Belles Lettres * Collection « Connaissance de l'Orient », Paris, Gallimard * Collection « Points Sagesses », Paris, Seuil * Collection « Spiritualités vivantes », Paris, Albin Michel * ''Variétés sinologiques'', Shanghai puis Taipei, Mission catholique, 1892-1951 (puis continuation à Taiwan depuis les années 1970), 70 volumes === Ouvrages de vulgarisation accessible === * '''JAVARY, Cyrille J.-D.''', ''Cent mots pour comprendre les Chinois'', Paris, Albin Michel, 2008. * '''JAVARY, Cyrille J.-D.''', ''Le Discours de la Tortue : Découvrir la pensée chinoise au fil du Yi-Jing'', Paris, Albin Michel, 2003. {{autocat}} rkmarz4mwhyvezl7spjvpqtykp15mk7 Manuel de terminale de philosophie/Devoir 0 83076 768218 766852 2026-06-21T04:07:08Z PandaMystique 119061 /* Références */ 768218 wikitext text/x-wiki ==Introduction : qu'est-ce que le devoir ?== Le concept de devoir occupe une place centrale dans la réflexion [[Dictionnaire de philosophie/Morale|morale]]. Dans la vie quotidienne, nous utilisons fréquemment le verbe ''devoir'' : le médecin dit à son patient qu'il doit avoir une alimentation équilibrée, un mari promet à son épouse de lui être fidèle, un citoyen se doit de respecter les lois<ref>Maxime Kristanek, « Devoir (GP) », ''L'Encyclopédie philosophique'', [https://encyclo-philo.fr/item/1749], consulté en 2025.</ref>. Mais que signifie exactement ce terme lorsqu'il s'applique à la morale ? {{ManuelPhilo}} Le devoir désigne une obligation morale, c'est-à-dire ce que nous devons faire indépendamment de nos [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désirs]] personnels et de nos intérêts immédiats. Il s'agit d'une exigence qui s'impose à notre volonté et qui se distingue de la simple contrainte physique ou de la nécessité naturelle. Contrairement à ce qui ''est'' (le domaine des faits), le devoir exprime ce qui ''doit être'' (le domaine des normes)<ref>Henry Sidgwick, ''The Methods of Ethics'', seventh edition, London, Macmillan and co., 1907, p. 46.</ref>. Le concept de devoir peut être analysé en termes de [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]] d'agir : dire « je dois faire telle action » signifie « j'ai une raison de faire cette action »<ref>Charles Larmore, « La connaissance morale », dans R. Ogien (dir.), ''Le réalisme moral'', PUF, Paris, 1999, p. 392.</ref>. Parmi les raisons d'agir, on distingue les raisons prudentielles (fondées sur nos désirs et intérêts personnels) et les raisons morales (qui s'imposent à nous indépendamment de nos désirs). Par exemple, si un patient mange des légumes parce qu'il désire être en bonne santé, il agit selon une raison prudentielle. En revanche, si un homme reste fidèle à sa promesse même lorsque cela ne lui procure aucun avantage, il agit selon une raison morale, par devoir. Une question directrice traverse l'ensemble de la réflexion philosophique sur le devoir : faut-il y voir une loi rationnelle universelle qui s'impose à toute volonté, une exigence sociale liée aux institutions concrètes, une forme d'accomplissement de notre [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|nature]], une convention utile à la vie commune, ou encore une construction historique dont la prétention à l'objectivité est contestable ? Ces réponses ne s'excluent pas toujours, mais elles dessinent des conceptions différentes du sens de l'obligation morale, du rapport entre devoir et [[Dictionnaire de philosophie/Bonheur|bonheur]], entre devoir et [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]], entre règle universelle et situation singulière. C'est cette pluralité de réponses que les pages qui suivent cherchent à exposer. ==Distinctions conceptuelles préalables== Avant d'entrer dans les doctrines, il faut s'arrêter sur quelques distinctions qui structurent la notion de devoir et qui sont autant d'instruments d'analyse pour la dissertation. ''Obligation et contrainte.'' La contrainte est une force qui s'exerce ''sur'' nous, indépendamment de notre volonté : on peut être contraint physiquement, juridiquement, économiquement. L'obligation, elle, suppose que nous puissions reconnaître la légitimité de ce qui nous est demandé : c'est une exigence adressée à un être capable de raison, et non une force qui nous plierait mécaniquement. Le voleur menacé d'une arme est contraint de remettre son argent ; le citoyen qui paie ses impôts est obligé, parce qu'il reconnaît la légitimité de la loi. C'est sur cette distinction que [[s:Auteur:Jean-Jacques Rousseau|Rousseau]] s'appuie quand il écrit qu'« on n'est obligé d'obéir qu'aux puissances légitimes »<ref>Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'', livre I, chapitre 3.</ref> : la force seule ne crée pas d'obligation morale. ''Devoir moral, devoir juridique, devoir social, devoir religieux.'' Tous ces devoirs nous obligent, mais à des titres différents. Le devoir juridique s'impose par la loi et sa transgression est sanctionnée par l'[[Manuel de terminale de philosophie/État|État]]. Le devoir social procède des usages, des rôles et des attentes du groupe ; sa sanction est la réprobation, la honte, parfois l'exclusion. Le devoir religieux découle d'un commandement divin reconnu par une communauté de croyants. Le devoir moral, enfin, ne dépend ni d'une institution juridique, ni d'un groupe particulier, ni d'une révélation : il s'impose à la [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|conscience]] comme tel. Ces ordres peuvent coïncider, comme dans le cas du meurtre, qui est moralement, juridiquement et socialement répréhensible. Mais ils peuvent aussi diverger. Une loi peut être légale sans être légitime, comme l'ont rappelé les résistants face aux législations racistes du XXe siècle. Inversement, une exigence morale peut commander la désobéissance à la loi. ''Légal et légitime.'' Cette distinction prolonge la précédente. Est légal ce qui est conforme au [[Dictionnaire de philosophie/Droit|droit]] en vigueur ; est légitime ce qui est conforme à la [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]], c'est-à-dire à ce que la raison pratique reconnaît comme bon ou juste. La question du devoir suppose que l'on puisse, à l'occasion, juger les lois elles-mêmes au nom d'une exigence supérieure. C'est sur cette possibilité que repose toute pensée de la désobéissance civile. ''Origine et fondement.'' On confond souvent ces deux notions. L'origine est une question historique et génétique : d'où vient, en fait, tel devoir ? Comment s'est-il imposé dans une société donnée ? Le fondement est une question philosophique et normative : qu'est-ce qui justifie ce devoir, qu'est-ce qui lui donne autorité sur ma volonté ? Une enquête généalogique à la [[s:Auteur:Friedrich Nietzsche|Nietzsche]] peut éclairer l'origine d'une morale sans préjuger de son fondement ; inversement, une analyse kantienne du fondement de la loi morale laisse ouverte la question de son émergence historique. ''Universel, général, particulier, singulier.'' Un devoir universel vaut pour tout être rationnel, sans exception : l'interdit du meurtre arbitraire en est un exemple. Un devoir général vaut pour la plupart des cas mais admet des exceptions : « il faut tenir ses promesses » est général, non universel. Un devoir particulier dépend d'une situation ou d'un rôle : le médecin a des devoirs propres à sa profession. Un devoir singulier vise une personne précise dans une circonstance unique : ce que je dois ''à cet ami-ci'', en ''cette'' circonstance-là, ne se confond avec aucune règle générale. Une bonne analyse philosophique du devoir tient compte de ces différents niveaux et veille à ne pas passer subrepticement de l'un à l'autre. ==Les principales conceptions philosophiques du devoir== ===L'éthique kantienne du devoir=== Imaginons une situation banale. Un caissier nous rend, par erreur, dix euros de trop. Devons-nous les rendre ? La plupart d'entre nous répondrons oui. Mais ''pourquoi'' ? Parce que nous risquons d'être vus ? Parce que nous serions mal à l'aise ensuite ? Ou bien parce que c'est juste, indépendamment de toute conséquence ? Emmanuel Kant (1724-1804) consacre sa philosophie morale à montrer que seule la dernière réponse fait de notre acte un acte véritablement ''moral''. Sa thèse est exigeante, et peut sembler austère : seules les actions accomplies ''par devoir'' possèdent une [[Dictionnaire de philosophie/Authenticité|authentique]] valeur morale. Rompant avec la tradition antique d'Aristote, des épicuriens et des stoïciens, qui faisaient du [[Dictionnaire de philosophie/Bonheur|bonheur]] le but de la vie humaine, Kant place au cœur de la morale non ce que nous désirons, mais ce que nous devons. ====L'impératif catégorique==== Pour Kant, la [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]] ne se contente pas de calculer des moyens en vue de fins choisies. Elle commande aussi. Et lorsqu'elle commande, elle le fait de deux manières. Quand nous disons : « si tu veux réussir ton bac, alors travaille », nous formulons un ''impératif hypothétique'' : un ordre conditionné par un [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désir]]. Si la fin disparaît (je décide de ne pas passer le bac), l'ordre disparaît avec elle. La morale, dit Kant, ne peut reposer sur ce genre de commandement. Car « tu ne dois pas mentir » ne vaut pas seulement ''si'' tu veux être respecté : cela vaut absolument. C'est ce que Kant nomme un ''impératif catégorique'' : un commandement inconditionnel, qui oblige tout être raisonnable. Précisons aussitôt : cette inconditionnalité ne signifie pas que la loi morale fournit des règles toutes faites, prêtes à appliquer sans analyse. L'impératif catégorique est un ''principe'' de la moralité, pas un code de conduite ; son application suppose toujours qu'on formule rigoureusement la maxime de l'action et qu'on en examine la prétention à l'universalité. La rigueur kantienne n'est donc pas un mécanisme : elle exige un travail réflexif sur les maximes elles-mêmes. Ce principe suprême de la moralité, Kant le formule de trois manières principales, qui sont autant d'angles d'approche d'une même exigence. ''Première formulation : l'universalisation.'' « Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même [[Manuel de terminale de philosophie/Temps|temps]] qu'elle devienne une loi universelle »<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Librairie Delagrave, 1907 (1785), p. 94.</ref>. La ''maxime'' désigne la règle subjective qui guide notre action, ce que nous nous disons à nous-mêmes pour la justifier. Le test kantien revient à demander : et si tout le monde agissait ainsi ? Prenons le mensonge. Si chacun mentait dès que cela l'arrangeait, plus personne ne croirait personne, et la parole elle-même perdrait son sens. Mentir devient alors, littéralement, ''impossible à vouloir comme loi universelle'' : la maxime se détruit elle-même. Remarquons-le bien : il ne s'agit pas de dire que le mensonge aurait de mauvaises conséquences. Il s'agit de montrer qu'il y a une ''contradiction'' interne à vouloir que tous mentent<ref>Onora O'Neill, ''Constructions of Reason: Explorations of Kant's Practical Philosophy'', Cambridge, Cambridge University Press, 1989, chap. 5.</ref>. ''Deuxième formulation : l'humanité comme fin.'' « Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen »<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Librairie Delagrave, 1907 (1785), p. 71.</ref>. Cette formule est sans doute la plus accessible. Nous utilisons constamment les autres comme des moyens : le chauffeur de bus nous transporte, le boulanger nous nourrit, le professeur nous instruit. Cela n'a rien d'immoral. Ce qui le serait, c'est de les réduire à cela. Le mot capital est ''simplement'' : Kant ne dit pas qu'il ne faut jamais user d'autrui comme d'un moyen, mais qu'il ne faut jamais le faire ''uniquement''. Manipuler quelqu'un, le tromper, exploiter sa détresse, c'est nier ce qui fait de lui une personne, c'est-à-dire un être capable de raison, qui se donne ses propres fins. Cette idée nourrit, dans la pensée contemporaine, la notion de ''dignité humaine''. ''Troisième formulation : l'[[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|autonomie]].'' « Agis de telle sorte que ta volonté puisse se considérer elle-même en même temps comme légiférant universellement grâce à sa maxime »<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Librairie Delagrave, 1907 (1785), p. 79.</ref>. Le mot ''autonomie'', formé sur le grec ''autos'' (soi-même) et ''nomos'' (loi), signifie littéralement : se donner sa propre loi. La morale kantienne refuse que la loi morale me vienne d'ailleurs : de Dieu, de mes parents, de la société, de mes désirs. Elle exige que je puisse, par ma seule [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]], la reconnaître et me l'imposer. C'est en cela que l'humain, pour Kant, est législateur dans ce qu'il nomme le « règne des fins », cette communauté idéale d'êtres rationnels qui obéissent tous aux mêmes lois qu'ils se sont eux-mêmes données<ref>Allen W. Wood, ''Kantian Ethics'', Cambridge, Cambridge University Press, 2008, chap. 4 ; Christine M. Korsgaard, ''Creating the Kingdom of Ends'', Cambridge, Cambridge University Press, 1996.</ref>. C'est en cela aussi qu'il possède une [[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|dignité]] sans prix. ====Agir ''par'' devoir, et non simplement ''conformément'' au devoir==== Voici l'une des distinctions kantiennes les plus subtiles, et les plus importantes. N'importe qui peut accomplir des actions ''conformes'' au devoir. Un marchand honnête, par exemple, ne triche pas sur ses prix. Mais pourquoi ne triche-t-il pas ? Si c'est par pur calcul, pour fidéliser sa clientèle et préserver sa réputation, son action est moralement correcte, mais elle n'a, selon Kant, ''aucune valeur morale''. Elle se confond avec ce que ferait n'importe quel commerçant rusé. L'action n'acquiert sa pleine valeur morale que si elle est accomplie ''par devoir'', c'est-à-dire par respect pour la loi morale, indépendamment de tout intérêt et de toute inclination. Kant prend un autre exemple, plus saisissant : celui d'un homme accablé par le malheur, dégoûté de la vie, mais qui continue à vivre non par peur de mourir ni par espoir de jours meilleurs, mais ''parce que c'est un devoir''. Là, et là seulement, son acte possède une valeur morale au sens plein<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Delagrave, 1907 (1785), p. 13-15.</ref>. Cette exigence peut paraître peu attirante. Faut-il donc agir sans cœur ? Kant ne dit pas exactement cela. Il reconnaît qu'une émotion accompagne légitimement l'action morale : ce qu'il nomme le ''respect'' (''Achtung'' en allemand) pour la loi. Ce sentiment ne précède pas la loi, il n'est pas comme la pitié, qui me pousse spontanément à secourir un blessé. Il est produit ''par'' la loi, ''dans'' le sujet qui la reconnaît : il est l'émotion propre de l'être raisonnable face à ce qui le dépasse en lui-même. « Une action accomplie par devoir tire sa valeur morale non pas du but qui doit être atteint par elle, mais de la maxime d'après laquelle elle est décidée »<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Delagrave, 1907 (1785), p. 18.</ref>. Autrement dit : ce qui compte n'est ni le résultat obtenu, ni le sentiment éprouvé, mais l'intention pure qui guide l'action. ====Le devoir réalise la liberté==== À première vue, le devoir paraît contraire à la [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]]. Être libre, n'est-ce pas faire ce qui nous plaît, sans contrainte ? Kant inverse cette intuition spontanée. Faire « ce qu'on veut », en réalité, c'est obéir à ses [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désirs]], à ses humeurs, à ses peurs, c'est subir des forces qui nous traversent sans que nous les ayons choisies. Le fumeur qui ne peut s'empêcher de fumer n'est pas libre : il est l'esclave de son envie. Cette servitude aux penchants, Kant la nomme ''hétéronomie'' (du grec ''heteros'', autre, et ''nomos'', loi) : recevoir sa loi d'un autre que soi. La véritable liberté, à l'inverse, est l'[[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|autonomie]] : la capacité d'agir selon la loi que ma [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]] me donne à moi-même. En obéissant à l'impératif catégorique, je n'obéis à personne d'autre qu'à moi, non pas mon moi empirique, capricieux et changeant, mais mon moi rationnel, qui légifère universellement. Le devoir, loin d'être une chaîne, est ce par quoi nous nous arrachons à la mécanique des inclinations pour devenir, au sens fort du mot, des sujets<ref>Allen W. Wood, ''Kantian Ethics'', Cambridge, Cambridge University Press, 2008, chap. 6.</ref>. ====Le devoir et le bonheur==== Reste une difficulté qu'il serait malhonnête de masquer. Le devoir peut entrer en conflit avec notre [[Dictionnaire de philosophie/Bonheur|bonheur]]. Tenir parole quand cela nous coûte, refuser un mensonge avantageux, secourir un inconnu au prix de notre confort : voilà des situations où la moralité commande contre l'intérêt immédiat. Kant ne le nie pas. Mais il refuse de céder. La morale, pour lui, n'est pas un chemin vers le bonheur ; elle est ce qui nous rend ''dignes'' du bonheur. À ce stade, sa pensée s'aventure plus loin. La raison pratique, dit-il, nous oriente vers le ''souverain bien'' : l'union, à terme, de la vertu et du bonheur, la vertu en étant la condition. Mais comment penser qu'une telle harmonie soit possible dans un monde où, manifestement, les justes souffrent et les injustes prospèrent ? Pour rendre cette espérance cohérente, Kant introduit deux ''postulats'' de la raison pratique. D'une part, l'immortalité de l'[[Dictionnaire de philosophie/Âme|âme]], parce que la perfection morale est un idéal vers lequel une vie humaine finie ne saurait progresser indéfiniment. D'autre part, l'existence de Dieu, qui peut seul garantir qu'à la fin la vertu et le bonheur s'accordent<ref>Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pratique'', Dialectique, livre II, chap. II, trad. F. Picavet, Paris, PUF, 1965 (1788).</ref>. Ces postulats ne ''fondent'' nullement la loi morale. Celle-ci s'impose par la seule raison pure, et obligerait jusqu'à un [[Dictionnaire de philosophie/Athéisme|athée]]. Les postulats ne font qu'accompagner l'''espérance'' liée au souverain bien. Le devoir, lui, vaudrait quand bien même il n'y aurait ni Dieu ni vie future. C'est en ce sens que la morale kantienne est, à proprement parler, ''autonome'' : elle ne tire sa force d'aucune promesse, d'aucune sanction, d'aucune providence extérieure. Elle parle, en chaque être humain, de la voix nue de la raison. ===L'éthique aristotélicienne de la vertu=== Imaginons cette scène. Un musicien, à la fin d'un long concert, joue encore avec aisance, avec joie même, ce que des heures de fatigue auraient dû lui rendre impossible. Comment ? Parce qu'il a appris à le faire depuis des années, jour après jour. La musique est devenue chez lui une seconde nature. C'est, à peu de chose près, l'idée qu'[[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]] (384-322 av. J.-C.) se fait de la vertu. Dans son ''[[s:Éthique à Nicomaque|Éthique à Nicomaque]]'', Aristote ne pense la morale ni comme une obéissance à des commandements, ni comme un calcul d'intérêts. Elle est d'abord une affaire de caractère. Au centre de sa réflexion ne se trouvent ni la loi ni le devoir, mais deux notions grecques qu'il faut éclairer tout de suite : l{{'}}''arétè'' (l'excellence, ou la vertu) et l'''eudaimonia'' (le bonheur, mais plus profondément encore l'épanouissement, la « vie réussie »). Parler de « devoir » à propos d'Aristote serait en partie anachronique : ce mot, au sens où nous l'employons depuis Kant, lui est étranger. Ce qu'il cherche n'est pas la règle qui m'oblige, mais la vie qui vaut d'être vécue et la sorte d'homme qu'il faut devenir pour la vivre. ====La vertu comme disposition acquise==== Aristote part d'une observation simple : nous ne naissons ni courageux, ni [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justes]], ni tempérants. Aucun enfant n'arrive au monde équipé de vertus toutes faites. Comment alors le devenir ? Par l'habitude. La formule est célèbre, et mérite qu'on s'y arrête : c'est en accomplissant des [[Dictionnaire de philosophie/Action|actions]] justes que nous devenons justes, en agissant courageusement que nous devenons [[Dictionnaire de philosophie/Courage|courage]]ux, en pratiquant la modération que nous devenons tempérants<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', II, 1, 1103a-b.</ref>. Le rapprochement avec l'apprentissage d'un [[Dictionnaire de philosophie/Art (introduction)|art]] n'est pas une analogie superficielle, c'est Aristote lui-même qui l'établit : c'est en jouant de la flûte qu'on devient flûtiste, en construisant des maisons qu'on devient architecte. De même pour la vertu. L'enfant à qui l'on apprend à partager, à tenir parole, à maîtriser sa colère, ne fait pas que se conformer à des règles imposées de l'extérieur ; peu à peu, ces conduites s'inscrivent en lui, deviennent une part de ce qu'il est. Aristote nomme cette seconde nature ''hexis'', mot grec souvent traduit par « disposition stable », ou « habitus ». La vertu n'est ni un acte isolé ni un sentiment passager : elle est une manière d'être durable, qui rend l'action bonne presque spontanée. L'homme vertueux, dit-il, trouve même un plaisir propre à agir bien. Mais ce plaisir n'efface ni l'effort qui l'a précédé, ni la rationalité qui le guide : la vertu reste une disposition raisonnée, acquise par l'exercice et orientée par cette intelligence pratique dont nous parlerons plus loin<ref>Pierre Aubenque, ''La prudence chez Aristote'', Paris, PUF, 1963.</ref>. Notons-le bien : cette conception renverse une intuition très répandue. Beaucoup pensent qu'on est généreux ou avare « par nature », courageux ou couard par tempérament. Aristote répond : nous le ''devenons'', par nos actes répétés. Chacun, en un sens, se sculpte lui-même. ====Le juste milieu==== Vient alors la formule la plus célèbre d'Aristote, et aussi la plus souvent mal comprise : la vertu est un ''juste milieu'' entre deux excès. Prenons le courage. Il n'est pas l'absence de peur, ce serait de la témérité, voire de l'inconscience. Il n'est pas non plus la fuite devant le danger, ce serait la lâcheté. Il est cet équilibre, parfois invisible, qui consiste à craindre ce qui doit être craint, autant qu'il faut le craindre, et à agir malgré tout. Le pompier qui entre dans l'immeuble en flammes n'est pas un homme sans peur ; c'est un homme qui a appris à faire ce que la situation exige ''malgré'' la peur. De même, la tempérance se tient entre l'insensibilité (ne plus rien désirer, devenir indifférent aux plaisirs ordinaires) et l'intempérance (se laisser déborder par eux). La générosité s'établit entre l'avarice et la prodigalité. Attention cependant à ne pas se méprendre : ce milieu n'est pas une moyenne arithmétique. Si la portion idéale est de dix bouchées pour l'un, elle peut en être vingt pour un athlète. Aristote précise : il s'agit d'une médiété ''relative à nous'', déterminée selon les circonstances, selon la personne, selon le moment. La règle ne s'applique pas mécaniquement ; elle se détermine par discernement dans chaque situation, sous le regard de l'homme prudent<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', II, 6, 1106b36-1107a2.</ref>. ====La prudence (''phronesis'')==== Voilà pourquoi la vertu morale ne peut se passer d'une vertu de l'intelligence, que les Grecs nommaient ''phronesis''. Le mot, souvent rendu en français par « prudence » ou « sagesse pratique », ne désigne pas du tout la timidité ou la précaution craintive auxquelles nous l'associons spontanément. Il désigne la capacité à bien délibérer, à percevoir, dans la situation particulière où je me trouve, l'action juste à accomplir. Imaginons un médecin. Connaître la médecine en général ne suffit pas : il faut savoir, devant ''ce'' patient-ci, quel traitement appliquer, à quelle dose, à quel moment. C'est exactement le rôle de la prudence dans la vie morale. Un même geste, dire la [[Dictionnaire de philosophie/Vérité|vérité]], par exemple, peut être courageux dans une circonstance et cruel dans une autre. Aucun manuel de morale ne fournira la règle de son application : c'est la ''phronesis'' qui, à chaque fois, l'ajuste. Aristote la définit comme « une disposition rationnelle vraie, capable d'agir, dans la sphère de ce qui est bon ou mauvais pour un être humain »<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 5, 1140b4-6.</ref>. Disposition, donc : c'est, là encore, une seconde nature, qui s'acquiert par l'expérience. Le jeune homme peut être savant en mathématiques, écrit Aristote, mais difficilement prudent : la prudence demande du temps, des situations traversées, une mémoire de ce qui a réussi et de ce qui a échoué. On ne devient prudent qu'en vivant. ====Le bonheur comme fin dernière==== Reste la grande question, celle par laquelle s'ouvre toute l'éthique aristotélicienne : pourquoi être vertueux ? À cette interrogation, Aristote ne donne pas du tout la réponse kantienne. Là où Kant dira : « parce que la raison te l'ordonne, indépendamment de toute considération de bonheur », Aristote répond : « parce que c'est ainsi que tu seras heureux ». L'écart entre les deux conceptions est immense, et il faut le comprendre exactement. La vie vertueuse n'est pas, pour Aristote, un sacrifice pénible imposé contre nos [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désirs]]. Elle est l'accomplissement même de notre [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|nature]], nature qu'il définit comme rationnelle et sociale. L'être humain est « animal raisonnable » et « animal politique » ; il se réalise pleinement en menant une vie où la [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]] guide l'action et où l'on vit avec autrui dans la cité. La vertu n'est donc pas un simple moyen d'atteindre une autre chose qu'on appellerait « bonheur » : elle est une part constitutive de ce bonheur. Aristote écrit que « le bien pour l'homme consiste en une activité de l'âme en accord avec la vertu »<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', I, 7, 1098a16-18.</ref>. Faut-il pour autant idéaliser cette conception ? Aristote, philosophe lucide, s'en garde. Il reconnaît que le bonheur véritable suppose aussi un certain nombre de biens extérieurs : une santé acceptable, des ressources suffisantes, des amitiés, des conditions politiques favorables. Sans eux, l'exercice de la vertu reste possible mais devient difficile. On peut être généreux dans la pauvreté, mais on l'est plus aisément à l'abri du besoin. C'est sur ce point qu'Aristote se sépare nettement des stoïciens, qui soutiendront au contraire que la vertu suffit à elle seule au bonheur, quelles que soient les circonstances. Aristote distingue enfin deux figures de la vie réussie. Il y a la vie pratique vertueuse, tournée vers l'action morale et politique : celle de l'homme juste, du bon citoyen, du gouvernant éclairé. Et il y a la vie contemplative (''theoria''), tout entière consacrée à la [[Dictionnaire de philosophie/Connaissance|connaissance]] désintéressée du vrai. C'est à cette dernière qu'il réserve, dans les derniers livres de l'''Éthique à Nicomaque'', la forme la plus haute de l'accomplissement humain, celle qui rapproche le plus, dit-il, notre vie de celle des dieux<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', X, 7-8 ; Rosalind Hursthouse, ''On Virtue Ethics'', Oxford, Oxford University Press, 1999 ; Alasdair MacIntyre, ''After Virtue'', Notre Dame, University of Notre Dame Press, 1981.</ref>. ===Hegel : du devoir abstrait à l'éthicité concrète=== [[s:Auteur:Georg Wilhelm Friedrich Hegel|Georg Wilhelm Friedrich Hegel]] (1770-1831) critique la conception kantienne du devoir qu'il juge trop [[Dictionnaire de philosophie/Abstraction|abstraite]] et formelle. Dans ses ''Principes de la philosophie du droit'' (1820), il distingue trois sphères. ''Le [[Dictionnaire de philosophie/Droit|droit]] abstrait'' : la sphère de la propriété et du contrat, où l'individu est reconnu comme personne juridique. ''La moralité'' (''Moralität'') : la sphère de la [[Manuel de terminale de philosophie/Conscience|conscience]] morale subjective, du devoir intérieur, telle que Kant l'a conçue. Pour Hegel, cette sphère reste insuffisante car elle demeure abstraite et individuelle. ''L'éthicité'' (''Sittlichkeit'') : la sphère des institutions concrètes (famille, société civile, [[Manuel de terminale de philosophie/État|État]]) où le devoir trouve son contenu effectif. Dans l'éthicité, l'individu n'accomplit pas ses devoirs par contrainte intérieure abstraite. Il les reconnaît comme siens en s'identifiant aux institutions historiques et rationnelles auxquelles il appartient. L'éthicité ne se réduit pas pour autant à un conformisme social : elle suppose une rationalité interne aux institutions, qui les rend dignes d'être reconnues, et où la [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]] du sujet et l'ordre collectif peuvent réellement se rejoindre<ref>Jean-François Kervégan et Gilles Marmasse (dir.), ''Hegel penseur du droit'', Paris, CNRS Éditions, 2004 ; Jean-François Kervégan, ''L'effectif et le rationnel. Hegel et l'esprit objectif'', Paris, Vrin, 2007.</ref>. Il faut insister sur un point souvent mal compris. Lorsque Hegel parle de « l'État rationnel » dans lequel le citoyen reconnaît ses devoirs comme siens, il ne désigne pas n'importe quel État empiriquement existant. Il vise un État dont l'organisation incarne effectivement la rationalité de la liberté : reconnaissance des personnes, séparation des moments de la vie éthique, articulation entre l'individu et l'universel. Sans cette précision, la philosophie hégélienne du droit risquerait de se confondre avec une justification de l'ordre établi, lecture que Hegel récuse expressément. Sa formule célèbre, « ce qui est rationnel est effectif, et ce qui est effectif est rationnel »<ref>G. W. F. Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'', Préface, trad. J.-F. Kervégan, Paris, PUF, « Quadrige », 2013.</ref>, ne sanctifie pas l'existant : elle distingue, dans le réel, ce qui mérite le nom d'effectivité de ce qui n'en a que l'apparence. Hegel ne propose pas une simple réconciliation entre devoir et inclination. Il opère ce qu'il nomme une ''Aufhebung'', mot allemand difficile à traduire qui réunit trois sens à la fois : supprimer, conserver et élever. La morale kantienne est ainsi dépassée sans être abolie : ses exigences les plus hautes (l'autonomie, l'universalité) sont conservées, mais transposées dans le cadre des institutions concrètes où elles trouvent un contenu effectif. Cela ne signifie pas que l'État résoudrait par lui-même tous les conflits possibles entre l'[[Dictionnaire de philosophie/Individu|individu]] et la société : Hegel reconnaît la possibilité de tensions, et les analyses du chapitre sur la société civile montrent qu'elle produit ses propres déséquilibres. Pour Hegel, le devoir bien compris ne s'oppose pas aux inclinations : la disposition éthique consiste à reconnaître dans l'accomplissement de ses devoirs la réalisation de son intérêt propre. Dans l'État rationnel, le citoyen accomplit ses devoirs non comme un sacrifice imposé du dehors mais en réalisant sa propre liberté<ref>Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'', § 147 et § 150.</ref>. ===Rousseau : le citoyen et la volonté générale=== [[s:Auteur:Jean-Jacques Rousseau|Jean-Jacques Rousseau]] (1712-1778), dans ''[[s:Du contrat social|Du Contrat social ]](1762), pense le devoir politique à partir de la notion de volonté générale. ====Le contrat social==== Par le contrat social, chaque individu s'associe avec tous les autres en mettant « en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale »<ref>Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'', livre I, chapitre 6.</ref>. Cette [[Dictionnaire de philosophie/Aliénation|aliénation]] totale de chacun crée un corps politique dont chaque membre est à la fois citoyen (participant au pouvoir souverain) et sujet (soumis aux lois). ====La volonté générale==== La volonté générale ne se confond pas avec la simple addition des intérêts particuliers ; elle exprime ce qui peut valoir comme intérêt commun, une fois écartées les considérations purement privées qui s'opposent les unes aux autres<ref>Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'', livre II, chapitre 3.</ref>. Elle vise toujours le bien commun et reste « toujours droite » lorsqu'elle est correctement formée. Rousseau distingue cependant la rectitude de la volonté générale et la justesse du jugement du peuple : le peuple veut toujours son bien, mais il peut se tromper sur ce bien. La volonté générale n'est donc pas l'opinion majoritaire immédiate ; elle suppose des conditions de délibération, d'information et d'[[Dictionnaire de philosophie/Égalité|égalité]] qui ne sont pas toujours réunies. Le devoir du citoyen consiste à obéir aux lois qui expriment la volonté générale. Cette obéissance constitue l'exercice même de sa liberté, puisqu'il obéit à des lois qu'il a lui-même contribué à établir : « l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté »<ref>Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'', livre I, chapitre 8.</ref>. Quiconque refuse d'obéir à la volonté générale peut y être contraint par le corps politique, « ce qui ne signifie autre chose sinon qu'on le forcera d'être libre »<ref>Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'', livre I, chapitre 7.</ref>. Cette formule fameuse a souvent été lue comme l'aveu d'un autoritarisme caché : comment forcer quelqu'un à être libre ne serait-il pas une contradiction, voire la justification de toutes les tyrannies prétendant émanciper ceux qu'elles soumettent ? Cette interprétation manque le sens du texte. Pour Rousseau, le citoyen qui refuse d'obéir à la volonté générale ne défend pas sa liberté contre l'oppression : il défend sa volonté particulière contre sa propre volonté de citoyen, celle qu'il a engagée par le pacte. Il préfère son intérêt privé à l'intérêt qu'il a, en tant que membre du corps politique, à voir respecter la loi. La contrainte exercée par la communauté n'introduit donc rien d'extérieur ; elle rappelle l'individu à sa propre volonté législatrice. Mais cela suppose, condition essentielle, que la loi en question soit véritablement issue d'une volonté générale, formée dans les conditions de publicité, d'égalité et de délibération que Rousseau spécifie ailleurs. Sans cette condition, la formule deviendrait effectivement le masque d'une oppression. Rousseau l'avait prévu : « la force ne fait pas droit ». ===Le stoïcisme : action appropriée et accord avec la nature=== Aristote nous proposait une vie épanouie par l'exercice des vertus. Kant nous commandait d'obéir, par devoir, à la loi morale que notre raison se donne. Voici une troisième conception du devoir, élaborée par les philosophes stoïciens. Le courant traverse plusieurs siècles : de Zénon de Cition (v. 334-262 av. J.-C.), fondateur de l'école à Athènes, à [[s:Auteur:Épictète|Épictète]] (v. 50-v. 135 ap. J.-C.) et à [[s:Auteur:Marc Aurèle|Marc Aurèle]] (121-180 ap. J.-C.) dans le monde romain. Pour ces penseurs, accomplir son devoir, c'est vivre en accord avec l'ordre rationnel qui gouverne le cosmos. Le précepte fondamental tient en une formule : « vivre en accord avec la nature ». Encore faut-il s'entendre sur le mot. La « nature » dont parlent les stoïciens n'est ni la nature romantique des paysages sauvages, ni notre nature individuelle au sens de nos penchants. Elle désigne l'ordre rationnel qui structure l'univers, ce que les Grecs nommaient le ''logos''. Or l'être humain, parce qu'il est doté de raison, participe lui aussi de cet ordre. Vivre selon la nature, pour un homme, c'est donc vivre selon sa [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]]<ref>Voir Maxime Kristanek, « Stoïcisme (A) », ''L'Encyclopédie philosophique'', [https://encyclo-philo.fr/item/1681], consulté en 2025 ; Pierre Hadot, ''Qu'est-ce que la philosophie antique ?'', Paris, Gallimard, 1995.</ref>. C'est sur ce socle que se construit la conception stoïcienne du devoir : si l'univers est régi par une raison qui me traverse, mon devoir consiste à m'accorder à elle. Le mot grec qui dit le devoir, chez les stoïciens, est ''kathêkon'', traduit en français par « action appropriée » ou « devoir convenable ». Il désigne ce que la situation requiert d'un être raisonnable, compte tenu du rôle qu'il occupe. Père, citoyen, ami, professeur, élève : chacun a, dans la trame du monde, une place où des actions appropriées s'imposent à lui. Mon devoir n'est donc pas séparé de ma situation concrète ; il l'épouse. Il consiste à faire ce que mon rôle, ici et maintenant, demande de moi. On voit aussitôt que le stoïcisme n'est pas, comme on le caricature parfois, la doctrine d'une acceptation passive du destin. Il est aussi un engagement, à la fois familial, social et politique. Les stoïciens précisent toutefois qu'il y a une différence entre l'action appropriée, accessible à l'homme ordinaire qui s'efforce de suivre la raison, et l'action parfaitement droite (''katorthôma''), accomplie en toute connaissance et avec une disposition stable, qui n'est l'apanage que du sage. Le devoir stoïcien admet ainsi des degrés : on peut le remplir imparfaitement, et c'est déjà progresser. ====Ce qui dépend de nous==== Reste à savoir où porter mon effort. Cette question conduit à la distinction la plus célèbre du stoïcisme, formulée par Épictète à l'ouverture de son ''Manuel'' : « parmi les choses qui sont, les unes dépendent de nous, les autres n'en dépendent pas »<ref>Épictète, ''Manuel'', § 1.</ref>. Que dépend-il de nous ? Très peu, à vrai dire : nos jugements, nos désirs, nos refus, en somme la manière dont notre raison réagit à ce qui survient. Que ne dépend-il pas de nous ? Presque tout : notre corps, notre santé, nos biens, notre réputation, l'opinion d'autrui, notre destinée elle-même. Cette distinction n'est pas un détour : elle délimite le territoire même du devoir. Car on ne peut être obligé qu'à ce qu'on peut faire. Là où l'action est en notre pouvoir, le devoir s'impose pleinement ; là où elle nous échappe, il cesse, et seule la sérénité demeure. Combien d'inquiétudes, dans nos journées, portent sur des choses qui ne dépendent pas de nous ? L'opinion qu'un camarade a de nous, le résultat d'un examen une fois la copie rendue, l'attitude d'un proche, le temps qu'il fait : autant d'objets sur lesquels la raison stoïcienne nous invite à relâcher prise. Non par fatalisme ni par indifférence : car ce qui dépend de nous, c'est précisément le jugement que nous portons sur ces choses, et la manière dont nous y répondons. Une image résume cette éthique du devoir : celle de l'archer, chère aux stoïciens. Le bon archer fait tout ce qui dépend de lui : il tend correctement son arc, il vise avec soin, il choisit son moment. Mais une fois la flèche partie, un coup de vent peut la dévier. Que la flèche atteigne ou manque la cible relève de circonstances extérieures. Le devoir stoïcien tient tout entier dans l'attention donnée à ce qu'on peut maîtriser, et dans la paix de l'âme face à ce qui nous échappe. Mon devoir n'est pas de réussir, il est de bien viser. ====Les devoirs sociaux==== Si le devoir stoïcien s'enracine dans la raison cosmique, il prend pourtant chair dans la vie en société. C'est ce que Marc Aurèle, empereur de Rome et philosophe, ne cesse de rappeler à lui-même dans ses ''Pensées'', journal personnel qu'il rédigeait le soir, sous la tente, entre deux campagnes militaires aux frontières de l'Empire. Chacun, dit-il, a un rôle à tenir dans l'ordre du monde. Et ce rôle se déploie en quatre vertus cardinales : la [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]] envers nos semblables, le [[Dictionnaire de philosophie/Courage|courage]] face aux épreuves, la tempérance dans nos désirs, la prudence dans nos décisions<ref>Marc Aurèle, ''Pensées pour moi-même'', livres II et VIII. Traduction d'Émile Bréhier dans ''Les Stoïciens'', Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1962.</ref>. Ces quatre vertus, déjà élaborées par Platon dans la ''République'', reçoivent chez les stoïciens leur forme la plus systématique, avant d'être reprises par la tradition chrétienne, notamment par Thomas d'Aquin. Elles forment la matière concrète du devoir stoïcien. Un point mérite d'être souligné pour finir, car le stoïcisme est parfois caricaturé en doctrine de la résignation. Accepter intérieurement sa condition, par un travail du jugement qui dépend de nous, n'est pas approuver les institutions qui la produisent, ce qui est une tout autre question. Le devoir stoïcien ne fait pas de la raison un instrument de conservation sociale. Épictète lui-même, qui fut esclave avant d'être affranchi, en témoigne. Sa philosophie l'a rendu intérieurement libre face à un sort qu'il ne pouvait changer. Elle ne lui a jamais commandé de trouver l'esclavage juste. Penser comme un sage n'est pas approuver tout ce qui existe : c'est aussi conserver, dans la paix de l'âme, la capacité d'interroger ce qui mérite d'être. ===Spinoza : le conatus et l'éthique=== [[s:Auteur:Baruch Spinoza|Baruch Spinoza]] (1632-1677) propose dans son ''Éthique'' une conception qui s'éloigne de la morale traditionnelle de l'obligation. Spinoza ne dissout pas pour autant toute distinction entre [[Dictionnaire de philosophie/Bien|bien]] et mal : il en transforme le sens, en les rapportant à la puissance d'agir des êtres et non à un ordre transcendant. ====Le conatus==== Pour Spinoza, « chaque chose, autant qu'il est en elle, s'efforce de persévérer dans son être »<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', III, proposition 6.</ref>. Ce principe, appelé ''conatus'', constitue l'essence même de chaque être. L'homme n'agit pas par devoir imposé de l'extérieur mais par l'effort naturel de persévérer dans son être et d'augmenter sa puissance d'agir. Cet effort n'est pas un acte volontaire ou conscient ajouté à la [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|nature]] de l'[[Dictionnaire de philosophie/Individu|individu]] ; il exprime cette nature elle-même. ====Bien et mal, liberté et nécessité==== Pour Spinoza, les notions traditionnelles de bien et de mal n'ont pas de fondement transcendant. Mais elles conservent une signification rationnelle relative : est dit ''bon'' ce qui augmente la puissance d'agir d'un individu, ''mauvais'' ce qui la diminue. Le bien est « ce que nous savons avec certitude être un moyen de nous rapprocher de plus en plus du modèle de la nature humaine que nous nous proposons »<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', IV, préface.</ref>. La morale spinoziste n'est donc pas une absence de norme, mais une réorientation des normes : elles cessent d'être des commandements extérieurs pour devenir l'expression rationnelle de notre puissance. On parle alors d'une morale ''immanente'', c'est-à-dire qui ne procède pas d'une instance extérieure ou supérieure, mais des effets concrets que les [[Dictionnaire de philosophie/Action|actions]] produisent sur notre puissance d'agir. La [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]] ne consiste pas à obéir à un devoir moral transcendant, mais à comprendre la nécessité qui nous détermine et à agir selon la raison plutôt que selon les passions. Le sage spinoziste, guidé par la connaissance adéquate, reconnaît que les autres hommes raisonnables augmentent sa propre puissance d'agir : la coopération rationnelle et la joie partagée sont des conditions de l'augmentation du ''conatus''. Spinoza ne prône donc nullement un égoïsme ignorant [[Autrui|autrui]], mais une éthique rationnelle où l'intérêt bien compris coïncide avec la vie sociale<ref>Pierre-François Moreau, ''Spinoza et le spinozisme'', Paris, PUF, 2003.</ref>. ===Hume et le sentiment moral=== Imaginons une scène. Nous assistons, dans la rue, à un acte de cruauté gratuite envers un animal. Avant même d'avoir le [[Manuel de terminale de philosophie/Temps|temps]] de réfléchir, nous éprouvons un mouvement de désapprobation, presque physique, qui nous saisit. D'où vient ce jugement moral ? D'un raisonnement, comme le pensent les rationalistes ? Ou de quelque chose qui parle en nous avant la [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]] ? C'est à cette question que répond David Hume (1711-1776), philosophe écossais des Lumières. Sa thèse, formulée dans le ''Traité de la [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|nature]] humaine'' (1739-1740) puis reprise dans l'''Enquête sur les principes de la morale'' (1751), peut sembler paradoxale : la morale, et le devoir qu'elle implique, ne reposent pas sur la [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]], mais sur les sentiments. ====La raison ne suffit pas à fonder le devoir==== Hume part d'une observation simple, dont la portée est considérable. La raison, dit-il, est ''inerte'' : elle peut établir des faits, calculer des conséquences, repérer des contradictions, mais elle ne peut, à elle seule, nous pousser à agir. Savoir qu'un comportement est dangereux ne suffit pas à m'en éloigner si je ne crains pas le danger. Constater qu'une action est cruelle ne me commande rien si la cruauté ne m'affecte pas. Ce qui meut l'action, ce sont nos passions, nos désirs, nos sentiments, en somme cette part affective de nous-mêmes que la tradition rationaliste plaçait au-dessous de la raison. D'où la formule provocante du ''Traité'' : « la raison est et ne peut être que l'esclave des passions »<ref>David Hume, ''Traité de la nature humaine'', livre II, troisième partie, section III ; trad. J.-P. Cléro, Paris, GF-Flammarion, 1991 (1739-1740).</ref>. Loin d'inviter à l'irrationalité, cette phrase signifie que la raison joue le rôle d'un instrument au service de fins que, seules, les passions peuvent nous donner. On voit alors quelle conséquence Hume tire pour la notion de devoir. Si la raison ne peut, à elle seule, mouvoir l'action, elle ne peut non plus, à elle seule, nous obliger. Le devoir ne peut être un pur commandement rationnel ; il doit s'enraciner dans quelque chose qui nous touche. Hume formule cette idée dans son passage le plus commenté de la philosophie morale : on ne peut, dans un raisonnement, passer du « ce qui est » au « ce qui doit être » sans introduire quelque part une dimension qui n'est pas purement factuelle<ref>David Hume, ''Traité de la nature humaine'', livre III, première partie, section I, ''in fine'' ; trad. P. Saltel, Paris, GF-Flammarion, 1993.</ref>. Aucun « il faut » ne se déduit d'un simple « il est ». Cette remarque, qu'on appelle parfois la « loi de Hume », continue d'occuper la réflexion morale contemporaine. ====Le sentiment moral et la sympathie==== Si le devoir ne vient pas de la raison pure, d'où vient-il alors ? D'une faculté propre à l'être humain, que Hume nomme le ''sentiment moral''. Lorsque nous contemplons une action généreuse, nous éprouvons un plaisir particulier qui s'appelle approbation ; lorsque nous contemplons un acte cruel, une déplaisance qui s'appelle blâme. Ce ne sont pas là des conclusions de raisonnement, mais des réactions immédiates de notre nature affective. Encore faut-il expliquer pourquoi ces sentiments portent sur autrui et non sur notre seul intérêt. C'est ici qu'intervient une notion centrale chez Hume : la ''sympathie''. Le mot, chez lui, n'a pas tout à fait le sens qu'il a pris dans le français contemporain. Il ne désigne pas une affection pour autrui, mais une capacité originaire à ressentir ce que ressentent les autres, à entrer en résonance avec leurs états affectifs. Voir un enfant pleurer me fait quelque chose ; lire le récit d'une injustice m'émeut. C'est par cette communication sentimentale, presque contagieuse, que la conduite d'autrui me concerne moralement<ref>David Hume, ''Enquête sur les principes de la morale'' (1751), section V, trad. P. Saltel, Paris, GF-Flammarion, 1991.</ref>. Le devoir, chez Hume, n'est donc pas une exigence solitaire de la raison ; c'est ce que nos sentiments, élargis par la sympathie aux peines et aux joies d'autrui, finissent par exiger de nous. Insistons : la raison ne disparaît pas pour autant. Elle conserve un rôle indispensable. Elle nous éclaire sur les faits, fait connaître les conséquences probables de nos actions, nous aide à délibérer sur les moyens. Mais elle reste, selon Hume, au service de ce que le cœur sent comme bon ou mauvais. ====Vertus naturelles et vertus artificielles==== Cette description du jugement moral débouche, chez Hume, sur une distinction qui structure toute son éthique. Il distingue deux types de qualités que nous appelons morales. Les premières, qu'il nomme ''vertus naturelles'', sont celles qui produisent en nous une approbation immédiate, sans détour : la bienveillance, la générosité, la douceur, le [[Dictionnaire de philosophie/Courage|courage]]. Lorsque nous voyons un parent soigner son enfant malade, ou un ami consoler un proche dans la peine, nous approuvons spontanément, par la seule opération de la sympathie. Les secondes, qu'il appelle ''vertus artificielles'', sont d'une autre nature. La principale est la [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]], qui inclut chez Hume le respect de la propriété et la fidélité aux promesses. Que veut dire au juste « artificielles » ? Non que ces vertus seraient fausses ou superficielles, mais qu'elles ne s'imposent pas spontanément à notre approbation. Elles supposent une institution, une convention, une règle stable que les hommes ont peu à peu construite parce qu'ils en avaient besoin. Imaginons un monde où les biens seraient infinis : la règle de propriété perdrait son sens. Imaginons un monde où nous n'aurions jamais besoin d'autrui : tenir ses promesses cesserait d'être un devoir. Si la [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]] est un devoir, c'est parce que la rareté des biens et la nécessité de la coopération l'ont rendue indispensable à la vie commune. Cette analyse rapproche Hume des théories conventionnalistes du droit et de la morale, sans pour autant l'y confondre. Hume n'est pas un pur utilitariste : il ne réduit pas le bien à ce qui est utile. Le sentiment moral conserve chez lui une autonomie qui distinguera son éthique de celle des utilitaristes proprement dits, Jeremy Bentham et John Stuart Mill, qui viendront après lui. Le critère ultime de la moralité reste, pour lui, l'approbation que reçoit une conduite envisagée d'un « point de vue général », qui transcende nos intérêts particuliers. ====Que devient le devoir, chez Hume ?==== Reprenons le fil. Pour Kant, le devoir sera l'ordre que la raison pure se donne à elle-même, indépendamment de toute inclination. Hume, qui écrit pourtant près d'un demi-siècle plus tôt, aurait jugé cette idée inconcevable : la raison pure, indépendante des sentiments, ne pourrait nous obliger à rien. Le devoir, chez lui, ne tombe pas du ciel de la raison ; il monte de nos sentiments éclairés par la sympathie, et se stabilise, pour ce qui concerne la vie collective, dans les conventions sociales qu'imposent la rareté des biens et l'interdépendance des hommes. Avoir le sens du devoir, ce n'est pas écouter une voix abstraite ; c'est se laisser toucher par autrui et se conformer aux règles qu'une vie commune réussie demande de respecter. Cette conception du devoir a fait scandale à son époque, et continue d'interroger. Elle ne signifie pas que tout se vaut : Hume insiste sur le caractère stable, partagé, communicable du sentiment moral. Mais elle déplace le devoir, du domaine de la raison vers celui de notre humanité affective. La morale, chez Hume, n'est pas l'œuvre d'un être raisonnable abstrait ; elle est l'œuvre d'un être sensible, social, traversé par les passions, et qui découvre dans la sympathie pour ses semblables la racine de ses obligations. ===L'utilitarisme : Bentham et Mill=== L'utilitarisme propose une éthique conséquentialiste où l'action juste est celle qui produit le plus grand bien-être pour le plus grand nombre. Jeremy Bentham (1748-1832) en formule la version la plus directe : il s'agit de calculer la somme algébrique des plaisirs et des peines que les actions produisent, et d'agir de manière à maximiser le solde de plaisir<ref>Jeremy Bentham, ''An Introduction to the Principles of Morals and Legislation'', London, T. Payne, 1789, chap. I.</ref>. Bentham cherche à évaluer les plaisirs et les peines selon plusieurs critères, comme leur intensité, leur durée, leur certitude, leur proximité, leur fécondité, leur pureté et leur étendue. Sa conception du plaisir est essentiellement quantitative : c'est par la combinaison de ces critères mesurables que l'on apprécie la valeur d'une action. John Stuart Mill (1806-1873) reprend le principe d'utilité, mais introduit une distinction qualitative entre les plaisirs. Pour lui, certains plaisirs (intellectuels, esthétiques, moraux) sont supérieurs en qualité à d'autres (sensoriels), même si leur intensité est moindre<ref>John Stuart Mill, ''L'Utilitarisme'' (1861), trad. G. Tanesse, Paris, GF-Flammarion, 1988, chap. II.</ref>. Mill soutient en particulier que ceux qui ont fait l'expérience des deux genres de plaisirs préfèrent les plaisirs supérieurs : « il vaut mieux être un être humain insatisfait qu'un porc satisfait », écrit-il, formulant cette idée saisissante qu'il préfère à toute démonstration abstraite<ref>John Stuart Mill, ''L'Utilitarisme'' (1861), trad. G. Tanesse, Paris, GF-Flammarion, 1988, chap. II. La formule anglaise originale est : « it is better to be a human being dissatisfied than a pig satisfied ».</ref>. Mill défend par ailleurs des distinctions importantes entre la justice et l'utilité, et reconnaît la valeur de règles stables que l'on ne saurait réviser à chaque situation. Le devoir, dans cette perspective, ne consiste pas à suivre une règle abstraite, mais à viser, par nos actions et nos institutions, le bien-être collectif. ===Marx et la critique sociale du devoir=== Tous les auteurs précédents pensent le devoir depuis l'intériorité du sujet, qu'il soit individu rationnel, agent vertueux, citoyen, sage ou être sentant. Karl Marx (1818-1883) déplace la question en profondeur : il s'intéresse moins à ce que le devoir ''est'' qu'à la fonction sociale qu'il ''remplit''. Et il remarque que les obligations qui se présentent à nous comme universelles, allant de soi, expriment en réalité, le plus souvent, les intérêts d'un ordre social déterminé. Reprenons un exemple familier. Le « devoir de travailler » paraît évident, presque indiscutable. Pourtant, dans une société capitaliste, ce devoir prend une forme historique précise : il signifie vendre sa force de travail à qui possède les moyens de production. La même exigence aurait un tout autre sens dans une société d'artisans, de paysans propriétaires de leur terre, ou dans une communauté où les moyens de production seraient socialisés. L'universalité apparente du devoir masque alors une réalité historique et conflictuelle : la formule « il faut travailler » est neutre, mais son application concrète sert des intérêts qui ne sont pas neutres. Marx ne propose pas une « théorie morale » au sens classique ; il propose plutôt une ''critique'' des morales existantes. Dans ''L'Idéologie allemande'' (1845), il écrit avec Engels que « les idées de la classe dominante sont, à chaque époque, les idées dominantes »<ref>Karl Marx et Friedrich Engels, ''L'Idéologie allemande'' (1845-1846), trad. H. Auger, G. Badia, J. Baudrillard et R. Cartelle, Paris, Éditions sociales, 1968, p. 75.</ref>. Cela vaut pour les valeurs morales comme pour les autres représentations. Les devoirs familiaux, professionnels, patriotiques, économiques ne descendent pas d'un ciel intelligible : ils s'inscrivent dans des rapports sociaux historiquement constitués. Une morale qui présente comme universel ce qui est historique participe de ce que Marx nomme l'''idéologie'' : un système de représentations qui dissimule, sous le voile de l'évidence, les conditions matérielles qui le produisent. Trois questions émergent alors, qui prolongent la philosophie morale au lieu de la dissoudre : ''qui'' définit les devoirs ? ''Au nom de quoi'' ? ''Au profit de qui'' ? Une obligation peut être réelle sans être juste, universelle dans sa formulation sans l'être dans ses effets. La critique marxienne n'invite pas à renoncer à toute exigence morale : elle invite à interroger la généalogie sociale des exigences qui se présentent à nous comme évidentes. Cette ligne d'analyse a profondément marqué la pensée du XXe siècle. Émile Durkheim, dans une perspective différente, a montré dans ''De la division du travail social'' (1893) que les obligations morales sont des faits sociaux : leur force ne vient pas seulement de la conscience individuelle mais de la pression collective qui les soutient<ref>Émile Durkheim, ''De la division du travail social'' (1893), Paris, PUF, « Quadrige », 2007.</ref>. Michel Foucault, plus tard, analysera dans ''Surveiller et punir'' (1975) comment certains devoirs (de discipline, de productivité, d'auto-correction) sont produits par des dispositifs de pouvoir qui façonnent les corps et les conduites. Aucune de ces analyses ne suffit à elle seule à fonder une éthique ; toutes obligent la philosophie morale à ne plus parler du devoir comme s'il flottait hors de l'histoire et hors des rapports sociaux. ==Les enjeux philosophiques du devoir== ===Le devoir s'oppose-t-il au bonheur ?=== Cette question traverse toute l'histoire de la philosophie morale et oppose principalement Kant à Aristote. ''La position kantienne'' : pour Kant, le devoir peut entrer en conflit avec notre bonheur. La moralité exige parfois de sacrifier nos intérêts personnels. Kant pense néanmoins que la raison pratique nous permet d'espérer une harmonie entre vertu et bonheur, qu'il appelle souverain bien<ref>Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pratique'', Dialectique, livre II, chap. II, trad. F. Picavet, Paris, PUF, 1965 (1788).</ref>. ''La position aristotélicienne'' : pour Aristote, il n'y a pas d'opposition véritable entre vertu et bonheur. La vie vertueuse est elle-même la réalisation du bonheur humain. L'homme véritablement vertueux trouve du plaisir à accomplir des actions vertueuses. La vertu n'est pas un sacrifice mais un accomplissement. Cette opposition renvoie à des conceptions différentes du bonheur. Si l'on définit le bonheur comme la satisfaction de tous nos désirs immédiats, alors il peut entrer en conflit avec le devoir. Si l'on conçoit le bonheur comme l'accomplissement de notre nature rationnelle, alors devoir et bonheur convergent. ===Le devoir s'oppose-t-il à la liberté ?=== Cette question constitue un paradoxe apparent : comment peut-on être libre en obéissant à un devoir qui s'impose à nous ? ''L'autonomie kantienne'' : pour Kant, le devoir ne s'oppose pas à la liberté mais la réalise. Obéir au devoir, c'est obéir à la loi que notre propre raison nous prescrit. Cette autonomie (du grec ''autos'', soi-même, et ''nomos'', loi) constitue la véritable liberté, par opposition à l'hétéronomie qui consiste à être déterminé par des causes extérieures (désirs, pressions sociales, etc.)<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', section III, trad. V. Delbos, Paris, Librairie Delagrave, 1907 (1785).</ref>. ''La liberté positive'' : on peut distinguer la liberté négative (absence de contraintes externes) et la liberté positive (capacité de se déterminer soi-même selon la raison). Le devoir moral relève de cette liberté positive. Cette idée rejoint Rousseau, pour qui « l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté »<ref>Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'', livre I, chapitre 8.</ref>, tandis que Kant parle plutôt d'autonomie de la volonté. La parenté est réelle mais la perspective diffère : chez Rousseau, il s'agit d'une liberté politique dans l'ordre de la loi commune ; chez Kant, d'une liberté morale par laquelle la volonté rationnelle se donne à elle-même la loi. ''Le risque de l'aliénation'' : certains philosophes critiquent cette conception et y voient au contraire une forme d'aliénation. Obéir au devoir, ce serait renoncer à sa singularité au profit d'une loi universelle abstraite qui nie la diversité des individus et des situations. Cette objection, de Nietzsche à Foucault, mérite un examen propre : c'est l'objet de la section suivante. ===Le devoir peut-il être une forme d'aliénation ?=== Plusieurs traditions philosophiques retournent la perspective traditionnelle : et si le devoir, loin d'émanciper, était l'une des manières les plus efficaces d'asservir ? Cette objection mérite d'être prise au sérieux. ''Nietzsche : la mauvaise conscience.'' Dans ''[[s:La Généalogie de la morale|La Généalogie de la morale]]'' (1887), [[s:Auteur:Friedrich Nietzsche|Friedrich Nietzsche]] soutient que la morale du devoir, telle que l'Occident chrétien l'a forgée, est née d'un retournement contre soi. Les pulsions vitales qui ne pouvaient plus s'extérioriser, faute d'un dehors où s'exercer, se sont retournées contre l'individu lui-même : c'est ce qu'il nomme la « mauvaise conscience »<ref>Friedrich Nietzsche, ''La Généalogie de la morale'' (1887), deuxième dissertation, trad. P. Wotling, Paris, Le Livre de Poche, 2000.</ref>. Le « tu dois » de la morale du devoir intériorise une cruauté qui ne peut plus s'exercer au-dehors. Nietzsche n'invite pas pour autant à un simple débridement des instincts ; il invite à inventer une morale qui ne se nourrisse plus du ressentiment. ''Freud : surmoi et culpabilité.'' [[s:Auteur:Sigmund Freud|Sigmund Freud]], qui rejoint Nietzsche sur ce point sans toujours s'y référer explicitement, développe une intuition voisine dans ''Le Malaise dans la culture'' (1930). Le sentiment de devoir, écrit-il, s'enracine dans l'instance qu'il appelle le ''surmoi'' : c'est l'intériorisation des figures parentales et sociales, qui exerce sur le sujet une pression d'autant plus implacable que la civilisation est exigeante. Plus nous renonçons à nos pulsions, plus le surmoi se renforce et plus la culpabilité s'accroît, sans rapport nécessaire avec une faute réelle. La morale du devoir, sans être supprimée, est replacée dans une économie psychique qui en éclaire le coût. ''Marx et Foucault : la production sociale du devoir.'' Comme nous l'avons vu plus haut, Marx montre que les devoirs s'inscrivent dans des rapports sociaux historiquement constitués. Michel Foucault, dans ''Surveiller et punir'' (1975), puis dans ses analyses des techniques de pouvoir qui s'exercent sur les corps et la conduite des populations, étudie les ''dispositifs'' qui produisent, à travers l'école, l'usine, la caserne, l'hôpital, un sujet « docile et utile »<ref>Michel Foucault, ''Surveiller et punir. Naissance de la prison'', Paris, Gallimard, 1975.</ref>. Le devoir n'est plus seulement un commandement de la raison ou une exigence sociale : il est aussi un effet de pouvoir, dont il s'agit de comprendre les conditions de production. Ces critiques ne réfutent pas, à proprement parler, l'idée de devoir. Elles refusent une conception naïve, qui prendrait la voix de la [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|conscience]] pour une instance pure, étrangère à toute histoire et à tout rapport de pouvoir. Une réflexion morale lucide doit intégrer cette dimension critique : tout devoir mérite d'être interrogé sur son origine, ses effets et les intérêts qu'il sert. Cela ne conduit pas à l'amoralisme, mais à une morale réfléchie, qui n'identifie pas la conscience à la [[Dictionnaire de philosophie/Vérité|vérité]]. ===Peut-on fonder le devoir ?=== Jusqu'ici, nous avons examiné les grandes conceptions du devoir : celui de [[s:Auteur:Emmanuel Kant|Kant]], d'[[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]], des stoïciens, de [[s:Auteur:David Hume|Hume]]. Toutes répondaient à une question pratique : ''quels sont mes devoirs ?'' Reste une autre question, plus en amont : ''pourquoi y aurait-il des devoirs, et sur quoi reposeraient-ils ?'' Quand je dis « il faut tenir une promesse », sur quoi cette obligation repose-t-elle ? Sur un fait objectif que je découvrirais ? Sur un accord entre les hommes ? Sur une simple expression de mes sentiments ? Cette interrogation, qu'on appelle aujourd'hui la question du ''fondement'' du devoir, ou plus largement de la ''métaéthique'', oppose plusieurs grandes familles de positions. Les distinctions présentées ci-dessous ne sont pas toutes exigibles au baccalauréat, mais elles dessinent la carte des réponses possibles. Pour rendre cette diversité concrète, gardons le même exemple tout au long du parcours : ''faut-il toujours tenir une promesse ?'' Chaque théorie y répondra à sa manière, et c'est en confrontant ces réponses qu'on saisira ce qui les sépare. ====Le réalisme moral : les devoirs existent dans le monde==== Le ''réalisme moral'' soutient que les devoirs existent objectivement, indépendamment de nos [[Dictionnaire de philosophie/Croyance|croyances]] et de nos [[Dictionnaire de philosophie/Convention|conventions]], et que nous pouvons les connaître. Quand on dit « il faut tenir ses promesses », on énonce, selon le réaliste, quelque chose qui est vrai au même titre que « l'eau bout à cent degrés ». La proposition correspond à un fait, même si ce fait n'est pas de même nature qu'un fait physique. Reste à savoir d'où vient cette objectivité. Le réalisme se décline alors en plusieurs variantes, selon le fondement qu'il propose. ''Le fondement par la nature humaine.'' Pour Aristote et la tradition qui s'en réclame, nos devoirs découlent de ce que nous sommes : des êtres rationnels et sociaux. Tenir parole, par exemple, exprime la vertu de fidélité, sans laquelle aucune vie commune ne tient longtemps. Le devoir est inscrit dans notre nature. Cela ne signifie pas qu'il soit rigide : l'homme prudent, le ''phronimos'', sait reconnaître les circonstances où une promesse devenue absurde ou injuste cesse d'obliger. Si j'ai promis à un [[Dictionnaire de philosophie/Amitié|ami]] de l'aider à déménager le samedi, et que ce même samedi son père est hospitalisé en urgence, la promesse cède devant un bien plus grand. ''Le fondement par la raison pure.'' Pour Kant, le devoir tient sa force d'une procédure rationnelle : l'universalisation. Une [[Dictionnaire de philosophie/Action|action]] est moralement obligatoire si la maxime qui la guide peut être voulue par tout être raisonnable. La fausse promesse en fournit l'exemple type : si chacun promettait sans intention de tenir, plus personne ne croirait aux promesses, et l'institution même de la promesse s'effondrerait. Vouloir universellement la fausse promesse est donc contradictoire avec soi-même. C'est la [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]], et elle seule, qui découvre cette contradiction, et c'est en cela qu'elle nous oblige. ''Le fondement théologique.'' Une longue tradition, juive, chrétienne, musulmane, ancre les devoirs dans la volonté divine. Tenir parole serait obligatoire parce que Dieu le commande. Cette position, qu'on appelle la ''théorie du commandement divin'', soulève une difficulté que [[Platon|Platon]] avait formulée dans l'''Euthyphron'' : Dieu commande-t-il telle action parce qu'elle est bonne, ou est-elle bonne parce qu'il la commande ? Selon la branche du dilemme qu'on retient, le fondement réel du devoir n'est plus le même : ou bien il précède Dieu (et la volonté divine n'en est qu'un relais), ou bien il dépend d'une décision divine qui aurait pu être autre. ''Le fondement intuitionniste.'' Certains philosophes, comme W. D. Ross au début du XX{{e}} siècle, soutiennent que nous percevons certains devoirs de façon directe, sans avoir à les déduire d'un principe plus fondamental. Tenir ses promesses fait partie de ce que Ross appelle les devoirs ''prima facie'', littéralement « à première vue » : des obligations évidentes qui s'imposent immédiatement, mais qui peuvent reculer devant un devoir plus pressant dans certains conflits<ref>William David Ross, ''The Right and the Good'', Oxford, Oxford University Press, 1930.</ref>. Si j'ai promis de retrouver un ami au cinéma, et qu'en chemin je découvre un blessé qui a besoin de moi, mon devoir d'assistance l'emporte ; mais cela n'efface pas la valeur de la promesse, qui demeure obligatoire dès lors qu'aucune autre obligation plus impérieuse ne lui fait obstacle. ====Le constructivisme : les devoirs sont construits par la raison==== Une deuxième famille de réponses, qu'on appelle le ''constructivisme moral'', considère que les normes morales ne sont pas découvertes dans le monde mais construites par des procédures rationnelles ou délibératives. Pour le constructiviste, demander si une norme est « vraie » au sens où le serait une proposition scientifique, c'est mal poser la question : la norme n'est pas dans le monde, elle est dans l'accord auquel des êtres raisonnables peuvent parvenir dans des conditions bien choisies. John Rawls en a proposé l'illustration la plus connue. Pour fonder les principes de [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]] qui doivent gouverner une société, il imagine un dispositif : le ''voile d'ignorance''. Supposons des participants devant choisir les règles de leur société sans savoir quelle place ils y occuperont : riches ou pauvres, malades ou en bonne santé, hommes ou femmes, de telle ethnie ou de telle autre. Quelles règles choisiraient-ils ? Probablement des règles qui protègent les plus vulnérables, puisque chacun pourrait se retrouver dans cette position. Les principes de justice ne tombent donc pas du ciel ; ils résultent d'un accord hypothétique conclu dans des conditions équitables<ref>John Rawls, ''Théorie de la justice'', trad. C. Audard, Paris, Seuil, 1987 (1971).</ref>. Christine Korsgaard, dans la lignée de Kant, défend un constructivisme un peu différent, qui ancre l'obligation dans les exigences réflexives de l'agent rationnel : nous sommes obligés par les normes que notre propre réflexion sur nos actions nous contraint à reconnaître comme valables. Et la promesse ? Pour un constructiviste, l'obligation de tenir parole vaut parce que des agents rationnels, dans des conditions équitables, s'accorderaient sur sa nécessité. Sans une telle règle, la coopération sociale serait impossible : nul ne pourrait compter sur les engagements d'autrui. ====Le subjectivisme et le relativisme : à chacun, ou à chaque culture, ses devoirs==== Une troisième famille rompt plus nettement avec l'idée d'une objectivité morale. Le ''subjectivisme'' fait dépendre les jugements moraux des préférences de chaque individu. « Il faut tenir ses promesses » serait alors, en réalité, l'expression d'une préférence personnelle, comparable à « j'aime le chocolat ». Si j'aime tenir parole, c'est un devoir pour moi ; si vous préférez vous réserver une liberté plus large, c'est votre choix. Cette position se heurte à une difficulté évidente : elle dissout la possibilité même du débat moral. Si nos jugements ne sont que des préférences, à quoi bon discuter ? On n'argumente pas sur les goûts. Le ''relativisme moral'' déplace le problème : les jugements moraux dépendent non des individus, mais des cultures. Telle société valorise la fidélité aux promesses, telle autre privilégie la souplesse ou la solidarité familiale. Aucune ne pourrait prétendre énoncer une vérité morale universelle. Cette position s'appuie sur l'observation, indéniable, de la diversité des morales à travers l'histoire et l'espace. Mais elle se heurte à une objection classique : elle interdit toute critique morale d'une autre culture, y compris de pratiques que la plupart des hommes jugent inacceptables. ====L'expressivisme : les énoncés moraux ne décrivent rien==== Une quatrième famille, plus récente, propose une réponse plus subtile. L'''expressivisme'' soutient que les énoncés moraux ne décrivent pas des faits objectifs mais expriment des attitudes (approbation, désapprobation) ou prescrivent des conduites. Cette idée trouve des défenseurs contemporains chez Allan Gibbard et Simon Blackburn<ref>Simon Blackburn, ''Ruling Passions'', Oxford, Clarendon Press, 1998 ; Allan Gibbard, ''Wise Choices, Apt Feelings'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1990.</ref>. Reprenons notre exemple. Dire « il faut tenir ses promesses », pour un expressiviste, n'est pas décrire un fait moral situé quelque part dans le monde ; c'est exprimer une approbation envers la fidélité et inviter autrui à la partager. Cela ressemble moins à une description (« l'eau bout à cent degrés ») qu'à un encouragement (« bravo ! », « ne fais pas cela »). L'expressivisme évite ainsi le problème ontologique du réalisme (comment des faits moraux pourraient-ils exister dans la nature ?), sans tomber pour autant dans le subjectivisme : les attitudes morales peuvent être cohérentes, partagées, critiquables. ====La théorie de l'erreur : nos énoncés moraux sont systématiquement faux==== Avec John Mackie, nous atteignons une position singulière, qui mérite une explication soigneuse. Mackie reconnaît que, dans notre usage ordinaire, les énoncés moraux prétendent décrire des faits objectifs : quand nous disons « le meurtre est mal », nous croyons énoncer une vérité du même ordre que « la Terre est ronde ». Mais cette prétention, soutient-il, est systématiquement fausse, car il n'existe aucun fait moral objectif dans le monde. D'où le nom de ''théorie de l'erreur'' : nos énoncés moraux sont, comme tels, erronés. Pourquoi ? Mackie développe un argument célèbre, l'''argument de l'étrangeté''. Si « le meurtre est mal » désignait vraiment une propriété objective du monde, à quoi cette propriété ressemblerait-elle ? On ne la voit pas, on ne la touche pas, on ne la mesure pas. On ne la situe nulle part dans la nature des choses. Et la faculté qui nous permettrait de la connaître ne ressemblerait à aucune de celles que nous connaissons : ni perception, ni raisonnement, ni mémoire. De telles propriétés seraient des « entités étranges », sans analogue dans le reste du réel<ref>John L. Mackie, ''Ethics: Inventing Right and Wrong'', Harmondsworth, Penguin, 1977, chap. 1.</ref>. Pour la promesse, voici la conséquence : l'énoncé « tu dois tenir tes promesses » prétend exprimer une vérité objective, mais cette prétention est illusoire. Mackie ajoute pourtant, et c'est ce qui distingue sa position du nihilisme pur, qu'on peut continuer à pratiquer une morale efficace, à titre conventionnel et utile. La morale est inventée, non découverte ; mais elle est inventée parce qu'elle sert. ====Nietzsche : la généalogie critique des valeurs==== On range parfois Nietzsche parmi les nihilistes, c'est-à-dire ceux qui nient l'existence de tout devoir. C'est inexact. Il vaut mieux le présenter comme un ''généalogiste critique'' des valeurs morales. Son projet, dans ''La Généalogie de la morale'' (1887), ne consiste pas à dire que rien n'a de valeur, mais à reconstituer l'''histoire'' des valeurs morales, en particulier de la morale de la culpabilité et du ressentiment, pour mettre au jour leurs conditions d'émergence et leurs effets sur les formes de vie<ref>Friedrich Nietzsche, ''La Généalogie de la morale'' (1887), trad. P. Wotling, Paris, Le Livre de Poche, 2000.</ref>. Sur la promesse, Nietzsche est plus retors qu'on ne le croit. Loin de la mépriser, il y voit la marque d'un être devenu maître de lui-même, capable de continuité dans le temps : ce qu'il appelle « la mémoire de la volonté ». L'homme qui peut promettre est l'homme qui peut rester fidèle à lui-même à travers les variations de l'humeur et du désir. La critique nietzschéenne porte plutôt sur la promesse instrumentalisée par le ressentiment, ou sur la culpabilité comme prison morale. Le projet généalogique ne supprime pas le devoir ; il en désactive certaines formes que Nietzsche tient pour pathologiques. ====Que retenir ?==== Au terme de ce parcours, une chose au moins est claire : la question « peut-on fonder le devoir ? » n'admet pas de réponse simple. Le réalisme parie sur une objectivité des devoirs ; le constructivisme la reconstruit comme accord rationnel ; le subjectivisme et le relativisme la dissolvent dans la pluralité des préférences ou des cultures ; l'expressivisme la remplace par une analyse des attitudes ; la théorie de l'erreur l'accuse d'être illusoire ; la généalogie nietzschéenne en interroge les origines historiques. Aucune de ces positions ne fait l'unanimité, et il appartient à chacun de mesurer leur force et leurs limites. Mais toutes confirment l'importance philosophique de la question : se demander pourquoi nous avons des devoirs, c'est déjà commencer à comprendre ce qu'est un devoir. ===Que devons-nous faire concrètement ?=== Cette question pratique oppose différentes théories normatives. ''Le déontologisme'' : certains devoirs sont absolus et ne dépendent pas des conséquences. Par exemple, il ne faut pas mentir, même si les conséquences de la franchise sont graves. Kant défend cette position dans son texte ''Sur un prétendu droit de mentir par humanité'' (1797), où il refuse l'idée d'un droit de mentir, même à un meurtrier qui demanderait où se cache sa victime<ref>Emmanuel Kant, « Sur un prétendu droit de mentir par humanité » (1797), trad. L. Guillermit, dans ''Théorie et pratique. D'un prétendu droit de mentir par humanité. La Fin de toutes choses'', Paris, Vrin, 2000.</ref>. ''Le conséquentialisme'' : nous devons accomplir les actions qui produisent les meilleures conséquences en termes de bien-être général. L'utilitarisme de Bentham et Mill en est l'exemple le plus connu. Selon cette théorie, le devoir consiste à maximiser le bonheur du plus grand nombre<ref>John Stuart Mill, ''L'Utilitarisme'' (1861), trad. G. Tanesse, Paris, GF-Flammarion, 1988.</ref>. ''L'éthique des vertus'' : au lieu de se concentrer sur les règles à suivre, il faut développer des vertus de caractère (courage, générosité, honnêteté) et s'inspirer de personnes vertueuses. Cette approche, inspirée d'Aristote, connaît un renouveau dans la philosophie morale contemporaine, en particulier à la suite de l'article d'Elizabeth Anscombe sur la philosophie morale moderne et des travaux de Philippa Foot, Alasdair MacIntyre et Rosalind Hursthouse<ref>Elizabeth Anscombe, « Modern Moral Philosophy », ''Philosophy'', vol. 33, n° 124, 1958 ; Philippa Foot, ''Virtues and Vices'', Oxford, Blackwell, 1978 ; Rosalind Hursthouse, ''On Virtue Ethics'', Oxford, Oxford University Press, 1999.</ref>. ====Un exemple : le mensonge destiné à protéger quelqu'un==== Pour rendre ces théories plus concrètes, on peut imaginer une situation classique : un proche menacé se cache chez nous, et un tiers hostile demande où il est. Faut-il mentir pour le protéger ? Kant, dans son texte ''Sur un prétendu droit de mentir par humanité'', refuse l'idée d'un droit de mentir, même dans ce cas. Le mensonge détruit la valeur universelle de la véracité, qui est la condition de toute communication entre êtres rationnels, et il rend celui qui ment responsable des conséquences imprévisibles de son acte. Aristote ne formulerait pas la question en termes de loi universelle. Il chercherait l'action que choisirait l'homme prudent, en tenant compte des circonstances, des personnes, des conséquences possibles. La franchise est une vertu, mais la prudence peut l'orienter de manière à éviter un mal plus grand. Hume rappellerait que la sympathie nous incline naturellement à protéger un proche en danger, et que cette inclination est moralement approuvée. La justice exige le respect de règles générales, mais le sentiment moral peut, dans certaines situations particulières, justifier qu'on s'écarte de la franchise. Bentham et Mill, du point de vue utilitariste, comparent les conséquences. Si le mensonge sauve une vie sans causer de dommage durable, il maximise probablement le bien-être collectif. Mill ajouterait toutefois que les règles morales générales (comme l'interdiction du mensonge) ont une valeur d'utilité globale et qu'il faut peser sérieusement les exceptions. Cet exemple montre comment des théories différentes peuvent diverger sur des cas précis, sans qu'aucune ne se réduise à une simple application mécanique d'une règle. ===Les dilemmes moraux=== Les dilemmes moraux sont des situations où plusieurs devoirs entrent en conflit, rendant impossible leur accomplissement simultané. Dans le roman de William Styron ''Le Choix de Sophie'', une mère doit choisir lequel de ses deux enfants sera épargné par un officier nazi, l'autre étant condamné à mort<ref>Voir Maxime Kristanek, « Paradoxe (A) », ''L'Encyclopédie philosophique'', [https://encyclo-philo.fr/paradoxe-a], consulté en 2025, section 4.</ref>. Face aux dilemmes moraux, plusieurs positions sont possibles : * nier leur existence réelle : un des devoirs apparents n'est pas un véritable devoir ; * admettre leur existence mais établir une hiérarchie entre les devoirs ; * reconnaître l'existence de situations tragiques où tout choix implique une faute morale. ==Les débats contemporains sur le devoir== La philosophie morale contemporaine a élargi le périmètre traditionnel du devoir, jusque-là centré sur les relations entre adultes humains rationnels. De nouveaux interlocuteurs se sont imposés : les générations futures, les vivants non humains, les êtres vulnérables avec lesquels nous entretenons des liens concrets, ceux dont la simple existence semble nous obliger sans contrat préalable. Ces extensions ne sont pas des curiosités universitaires : elles redessinent ce que signifie « avoir des devoirs ». ===Hans Jonas et les générations futures=== La [[Manuel de terminale de philosophie/Technique|technique]] moderne a démultiplié notre puissance d'agir au point que nos actions présentes engagent durablement l'avenir : le climat, les ressources, les capacités biologiques que nos descendants hériteront de nous. Hans Jonas (1903-1993), dans ''Le Principe responsabilité'' (1979), propose de reformuler l'impératif kantien à hauteur de cette nouvelle situation : « Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur Terre »<ref>Hans Jonas, ''Le Principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique'' (1979), trad. J. Greisch, Paris, Flammarion, 1995, chap. I.</ref>. La nouveauté est triple. D'abord, le devoir s'étend à des sujets qui n'existent pas encore et qui ne pourront jamais nous rétribuer ou nous sanctionner. Ensuite, lorsque les conséquences possibles d'une action sont irréversibles et catastrophiques, il faut, en cas de doute, accorder plus de poids au pronostic pessimiste qu'au pronostic optimiste : Jonas nomme cette règle l'« heuristique de la peur ». Enfin, la responsabilité n'est plus seulement individuelle ; elle exige une réponse collective et politique, dont les institutions doivent être à la mesure. ===Peter Singer et la question animale=== Faut-il considérer les [[Dictionnaire de philosophie/Animal|animaux]] comme des destinataires de devoirs ? Peter Singer (né en 1946), dans ''La Libération animale'' (1975), répond positivement en s'inscrivant dans la tradition utilitariste. Si la capacité à souffrir est ce qui fonde la considération morale, alors tout être sensible mérite cette considération. Privilégier nos intérêts sur ceux des animaux au simple motif qu'ils appartiennent à une autre espèce, Singer le nomme ''spécisme'', par analogie avec le racisme ou le sexisme<ref>Peter Singer, ''La Libération animale'' (1975), trad. L. Rousselle, Paris, Grasset, 1993.</ref>. La thèse, déjà soutenue par [[s:Auteur:Jeremy Bentham|Bentham]] (« la question n'est pas peuvent-ils raisonner ? ni peuvent-ils parler ? mais peuvent-ils souffrir ? »<ref>Jeremy Bentham, ''An Introduction to the Principles of Morals and Legislation'', London, T. Payne, 1789, chap. XVII, note 1.</ref>), oblige à interroger l'élevage industriel, l'expérimentation animale, la consommation carnée. D'autres penseurs (Tom Regan, Christine Korsgaard) ont défendu, dans une perspective déontologique, un argument voisin : si l'humanité comme fin en soi tient à la capacité de poursuivre ses propres fins, alors certains animaux, qui pratiquent une telle poursuite, méritent d'être inclus dans le règne des fins. Le débat n'est pas clos, mais le silence des morales anciennes sur ces questions n'est plus tenable. ===Carol Gilligan et l'éthique du care=== La psychologue et philosophe Carol Gilligan (née en 1936), dans ''Une voix différente'' (1982), a contesté le modèle dominant de la moralité fondé sur la [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]], l'[[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|autonomie]] et les règles universelles<ref>Carol Gilligan, ''Une voix différente. Pour une éthique du care'' (1982), trad. A. Kwiatek et V. Nurock, Paris, Flammarion, 2008.</ref>. Au cours de ses enquêtes empiriques, elle a remarqué que certains [[Dictionnaire de philosophie/Sujet|sujets]] (souvent, mais non exclusivement, des femmes) raisonnaient moralement non en termes de droits et de principes universels, mais en termes de relations, de responsabilités concrètes, de soin (''care'') envers les personnes vulnérables. Cette éthique du care, développée ensuite par Joan Tronto et d'autres, ne se substitue pas à l'éthique de la justice : elle la complète en rappelant que nous sommes des êtres relationnels et dépendants, et que beaucoup de nos devoirs naissent dans des contextes particuliers (parents et enfants, soignants et malades, enseignants et élèves) qu'aucune règle universelle ne capte pleinement. Le devoir n'est pas seulement « ce que tout sujet rationnel doit à tout sujet rationnel » ; il est aussi « ce que ''je'' dois à ''cet être-là'' qui dépend de moi ». ===Hannah Arendt : obéissance, responsabilité et jugement=== Le XXe siècle a placé la question du devoir sous un éclairage tragique. Que faire lorsque l'État ordonne le crime ? Que dire de celui qui prétend n'avoir « fait que son devoir » en obéissant aux ordres ? Hannah Arendt (1906-1975), dans ''Eichmann à Jérusalem'' (1963) puis dans ''Responsabilité et jugement'', a forgé la formule devenue célèbre de la « banalité du mal »<ref>Hannah Arendt, ''Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal'' (1963), trad. A. Guérin, Paris, Gallimard, « Folio », 1991 ; ''Responsabilité et jugement'', trad. J.-L. Fidel, Paris, Payot, 2005.</ref>. Adolf Eichmann, haut fonctionnaire SS chargé de l'organisation logistique de la déportation des Juifs d'Europe, n'était pas un monstre démoniaque mais un homme ordinaire et zélé, capable de raisonner sur « son devoir » dans le cadre d'un système criminel. Arendt en tire une thèse forte : l'obéissance aveugle ne décharge nullement de la responsabilité. La capacité de juger par soi-même, non de réciter des règles mais de penser ce que l'on fait, est au cœur de la vie morale. Arendt rejoint ici, en la radicalisant, l'exigence kantienne d'autonomie : la conscience morale est ce qui m'empêche de me cacher derrière un ordre, fût-il légal. Le « devoir de désobéir », à certaines lois et à certains ordres, devient alors un devoir au sens fort. ===Simone Weil et l'obligation envers l'être humain=== Simone Weil (1909-1943), dans ''[[s:L’Enracinement|L'Enracinement]]'' (1949), opère un renversement remarquable. Contrairement à la tradition libérale qui place les ''droits'' au fondement de la pensée politique, elle écrit : « La notion d'obligation prime celle de droit, qui lui est subordonnée et relative »<ref>Simone Weil, ''L'Enracinement. Prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain'' (1949), Paris, Gallimard, « Folio essais », 1990, p. 13.</ref>. Pourquoi ? Parce qu'un droit n'existe effectivement que là où quelqu'un reconnaît une obligation correspondante. L'enfant qui meurt de faim a un droit à se nourrir ; mais ce droit reste lettre morte tant qu'aucun être humain et aucune institution ne reconnaissent l'obligation de le nourrir. Le devoir ne dérive donc pas d'un contrat passé entre égaux ; il naît d'un appel, celui que l'être humain souffrant adresse, par sa simple présence, à qui peut l'entendre. Cette pensée croise l'éthique du care et anticipe certaines analyses d'Emmanuel Levinas sur l'obligation que le visage d'autrui m'impose avant tout contrat. Elle rappelle aussi, contre les conceptions purement formelles, que les devoirs ont des conditions concrètes d'existence : un être enraciné dans une communauté, doté de moyens, capable d'agir. Ces cinq voix ne forment pas un système. Elles dessinent un horizon contemporain où le devoir, sans se réduire à aucune doctrine ancienne, retrouve une actualité philosophique vive, face aux désastres écologiques, à la condition animale, aux relations de soin, aux totalitarismes et aux souffrances qu'aucune théorie abstraite ne suffit à conjurer. ==Sujets de dissertation== Avant de proposer des sujets répartis par grands thèmes, voici quelques conseils généraux pour aborder une [[Dissertation (philosophie)|dissertation]] sur la notion de devoir. ''Analyser les termes du sujet.'' La plupart des sujets articulent le devoir avec une autre notion : la [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]], le [[Manuel de terminale de philosophie/Bonheur|bonheur]], [[Autrui|autrui]], la [[Manuel de terminale de philosophie/Conscience|conscience]], la loi. Il faut d'abord se demander quel sens chaque terme reçoit dans la question posée. Le mot « devoir », par exemple, peut renvoyer à l'impératif catégorique kantien, à un rôle social, à un sentiment d'obligation, à une règle juridique ou à une exigence intérieure. Repérer ces ambiguïtés permet de construire une vraie problématique, au lieu de répondre à un sujet supposé. ''Identifier la tension à laquelle invite le sujet.'' Une bonne dissertation ne se contente pas de juxtaposer des thèses. Elle part d'une difficulté : pourquoi la question se pose-t-elle ? Quel paradoxe ou quel conflit oblige à réfléchir ? « Suis-je libre quand je fais mon devoir ? » suppose, par exemple, qu'à première vue le devoir contraint la liberté. Le travail consistera alors à examiner si cette première impression est juste, à la nuancer, et à proposer une compréhension plus précise de ce qu'on appelle « liberté ». ''Mobiliser plusieurs doctrines et les confronter.'' Les théories morales présentées dans cet article ne sont pas interchangeables. Kant, Aristote, Hume, Mill, Hegel ou Nietzsche ne donneraient pas la même réponse à une même question. Une bonne copie ne se borne pas à exposer chaque position : elle les fait dialoguer, en montrant pourquoi l'une ne suffit pas et en quoi une autre la complète ou la corrige. ''S'appuyer sur des exemples précis.'' Les exemples ne sont pas un ornement, mais un instrument d'analyse. Le mensonge destiné à protéger un proche, la désobéissance civile face à une loi injuste, le devoir de secours envers un inconnu, le respect d'une promesse contraignante : ces situations concrètes permettent de tester la portée des théories et d'éviter les généralités abstraites. ''Éviter quelques pièges fréquents.'' Confondre le devoir moral avec une simple obéissance aux lois ; réduire la morale du devoir à Kant en oubliant les autres conceptions ; opposer mécaniquement devoir et bonheur sans interroger les termes ; transformer la dissertation en plaidoyer personnel au lieu d'une analyse argumentée. La rigueur consiste à examiner chaque thèse avec la même attention, y compris celles qu'on ne partage pas spontanément. ===Sujets sur le devoir et la liberté=== # Faire son devoir, est-ce renoncer à sa liberté ? # Suis-je libre quand je fais mon devoir ? # Le devoir s'oppose-t-il à la liberté ? # L'obéissance au devoir peut-elle être un acte libre ? # Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ? # Peut-on être libre en obéissant à un devoir ? ''Conseil.'' Sur ces sujets, l'enjeu est de distinguer plusieurs sens du mot liberté : absence de contrainte extérieure, capacité de céder à ses [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désirs]] immédiats, ou capacité de se déterminer par sa [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]]. Le rapprochement entre [[s:Auteur:Jean-Jacques Rousseau|Rousseau]] (l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite) et [[s:Auteur:Emmanuel Kant|Kant]] (l'[[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|autonomie]] de la volonté) permet de montrer que le devoir peut, dans certaines conceptions, réaliser la liberté plutôt que la contredire. Les critiques nietzschéennes de l'obéissance morale offrent un contrepoint utile pour éviter une réponse trop unilatérale. ===Sujets sur le devoir et le bonheur=== # Est-ce un devoir d'être heureux ? # Avons-nous le devoir de faire le bonheur des autres ? # Le bonheur et le devoir sont-ils compatibles ? # Faire son devoir sans être heureux, est-ce possible ? # La recherche du bonheur est-elle un obstacle à l'accomplissement du devoir ? # Peut-on concilier bonheur et devoir ? ''Conseil.'' La réponse dépend largement de la conception du bonheur que l'on adopte. Si le bonheur se réduit à la satisfaction des désirs immédiats, le devoir peut s'y opposer. Si le bonheur est conçu comme accomplissement de soi (Aristote, Spinoza), il converge avec l'exercice de la vertu. La position kantienne, plus exigeante, distingue le bonheur empirique du souverain bien et soutient que le devoir doit primer, sans renoncer à l'espérance d'une harmonie ultime. La perspective utilitariste, enfin, fait du bien-être collectif le critère même du devoir. ===Sujets sur la nature du devoir=== # D'où vient que nous avons des devoirs ? # Qu'est-ce qui fonde nos devoirs moraux ? # Tous les hommes ont-ils les mêmes devoirs ? # Suffit-il de faire son devoir ? # La morale se résume-t-elle à faire son devoir ? # Peut-on parler d'un devoir envers soi-même ? ''Conseil.'' Sur la question du fondement, mobiliser les principales familles présentées dans l'article : la nature humaine (Aristote), la raison pure (Kant), le sentiment moral (Hume), les conséquences (utilitarisme), les conventions sociales, la critique généalogique (Nietzsche). La question « tous les hommes ont-ils les mêmes devoirs ? » invite à distinguer universalisme moral et relativisme culturel : il faut analyser ce qui peut être universalisable (le respect de la dignité d'autrui, par exemple) et ce qui dépend des contextes historiques et institutionnels. ===Sujets sur le devoir et autrui=== # Avons-nous des devoirs envers les animaux ? # Ai-je le devoir d'aimer autrui ? # Le devoir de secourir autrui a-t-il des limites ? # Peut-on désobéir par devoir ? # Y a-t-il un devoir de mémoire ? # La désobéissance à la loi peut-elle être un devoir ? ''Conseil.'' Ces sujets engagent des débats contemporains. La question des devoirs envers les animaux peut s'appuyer sur l'utilitarisme (Bentham, Peter Singer) et sur une discussion du concept kantien d'humanité comme fin en soi. La désobéissance par devoir peut s'éclairer par les analyses de la désobéissance civile (Thoreau, Hannah Arendt, Habermas) et par la distinction rousseauiste entre la volonté générale et la volonté de tous : on peut désobéir à une loi qui contredit la justice sans renoncer à l'idée même de loi. Distinguer le devoir d'aimer (qui peut sembler contradictoire, l'amour n'étant pas commandable) et le devoir de respecter ou de secourir, qui ne dépendent pas de l'inclination affective. ===Sujets sur le devoir et la morale=== # Agir moralement, est-ce agir par devoir ? # La notion d'obligation est-elle indispensable à la morale ? # Suffit-il d'avoir bonne conscience pour être sûr d'agir moralement ? # Faut-il toujours suivre sa conscience ? # Les passions nous empêchent-elles de faire notre devoir ? # Peut-on faire son devoir par habitude ? ''Conseil.'' La question « agir moralement, est-ce agir par devoir ? » oppose typiquement Kant à l'éthique des vertus : pour Kant, seule l'action accomplie par devoir a une valeur morale ; pour Aristote et l'éthique des vertus, l'action vertueuse procède d'une disposition stable acquise par l'habitude, qui n'a pas besoin d'être motivée par la conscience explicite d'une obligation. Sur la question de la conscience morale, attention à ne pas la confondre avec la simple opinion : la bonne conscience peut tromper, et il existe une conscience dévoyée ou mal éclairée. La conscience suppose donc un travail de réflexion et d'auto-examen, qu'aucune théorie morale ne dispense d'accomplir. ==Extraits de textes philosophiques à étudier== ===Texte 1 : Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785)=== <blockquote> « Il est sans doute conforme au devoir qu'un marchand ne vende pas plus cher sa marchandise à l'acheteur inexpérimenté, et, là où le commerce est important, le marchand avisé s'en garde bien en effet ; il établit au contraire un prix fixe, le même pour tout le monde, si bien qu'un enfant achète chez lui à aussi bon compte que tout autre. On est donc loyalement servi ; mais ce n'est pas à beaucoup près assez pour qu'on en croie le marchand agissant ainsi par devoir et d'après des principes de probité ; son intérêt l'exigeait ainsi. Au contraire, conserver sa vie est un devoir, et c'est en outre une chose pour laquelle chacun a encore une inclination immédiate. Or c'est pour cela que la sollicitude souvent inquiète que la plupart des hommes y apportent n'en est pas moins dépourvue de toute valeur intrinsèque et que leur maxime n'a aucun prix moral. Ils protègent leur vie conformément au devoir, sans doute, mais non par devoir. En revanche, que des contrariétés et un chagrin sans espoir aient enlevé à un homme tout goût de vivre, si ce malheureux, à l'âme forte, est plus indigné de son sort qu'il n'est découragé ou abattu, s'il désire la mort et cependant conserve sa vie sans l'aimer, non par inclination ni par crainte, mais par devoir, alors sa maxime a une valeur morale. » </blockquote> Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785), première section, trad. V. Delbos, Paris, Delagrave, 1907, p. 13-14<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Librairie Delagrave, 1907, p. 13-14.</ref>. ''Analyse'' : ce texte distingue trois types d'actions : celles accomplies par intérêt, celles accomplies par inclination (par désir naturel), et celles accomplies par pur devoir. Seules ces dernières ont une valeur morale authentique. Le marchand honnête agit conformément au devoir, mais son honnêteté s'explique par son intérêt (conserver sa clientèle). De même, celui qui conserve sa vie par plaisir de vivre agit conformément au devoir mais par inclination. Seul celui qui conserve sa vie malgré le dégoût qu'elle lui inspire, parce qu'il reconnaît que c'est son devoir, agit véritablement par devoir et possède une volonté moralement bonne. ===Texte 2 : Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785), l'impératif catégorique=== <blockquote> « Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle. […] Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature. […] Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. […] Agis de telle sorte que ta volonté puisse se considérer elle-même en même temps comme légiférant universellement grâce à sa maxime. » </blockquote> Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785), deuxième section, trad. V. Delbos, Paris, Delagrave, 1907, p. 63, 71, 79<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Librairie Delagrave, 1907, p. 63, 71, 79.</ref>. ''Analyse'' : ces trois formulations de l'impératif catégorique expriment le même principe fondamental sous différents angles. La première formule (universalisation) nous invite à tester nos maximes en imaginant qu'elles deviennent des lois universelles. La deuxième formule (humanité comme fin) exprime le respect dû à chaque personne humaine en raison de sa dignité. La troisième formule (autonomie) souligne que la loi morale émane de notre propre raison : en lui obéissant, nous ne nous soumettons qu'à nous-mêmes. ===Texte 3 : Aristote, ''Éthique à Nicomaque'' (IVe siècle av. J.-C.)=== <blockquote> « La vertu est donc une disposition à agir d'une façon délibérée, consistant en une médiété relative à nous, laquelle est rationnellement déterminée et comme la déterminerait l'homme prudent. » </blockquote> Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', livre II, chap. 6, 1106b36-1107a2<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', livre II, chap. 6, 1106b36-1107a2. On consultera notamment l'édition R. Bodéüs, Paris, GF-Flammarion, 2004.</ref>. ''Analyse'' : Aristote définit la vertu morale comme une disposition stable (''hexis'') à choisir délibérément le juste milieu entre deux extrêmes vicieux. Cette disposition n'est pas innée : elle s'acquiert par l'habitude et l'exercice. La vertu requiert également la prudence (''phronesis''), cette sagesse pratique qui permet de déterminer, dans chaque situation particulière, où se situe le juste milieu. Contrairement à Kant, pour qui le devoir prend la forme d'une loi universelle, Aristote insiste sur le caractère relatif et contextuel de l'action vertueuse : le juste milieu est « relatif à nous », c'est-à-dire qu'il doit être adapté aux circonstances et à la personne, selon le jugement de l'homme prudent. ===Texte 4 : Rousseau, ''Du Contrat social'' (1762)=== <blockquote> « Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout. À l'instant, au lieu de la personne particulière de chaque contractant, cet acte d'association produit un corps moral et collectif composé d'autant de membres que l'assemblée a de voix, lequel reçoit de ce même acte son unité, son moi commun, sa vie et sa volonté. » </blockquote> Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'' (1762), livre I, chap. 6<ref>[[s:Auteur:Jean-Jacques Rousseau|Jean-Jacques Rousseau]], ''Du Contrat social'', livre I, chapitre 6, édition GF-Flammarion, Paris, 1966, p. 51-52.</ref>. ''Analyse'' : par le contrat social, les individus s'unissent en un corps politique régi par la volonté générale. Chaque citoyen devient à la fois membre du souverain (en tant qu'il participe à la formation de la volonté générale) et sujet (en tant qu'il obéit aux lois qui expriment cette volonté). Le devoir du citoyen consiste à obéir aux lois, mais cette obéissance n'est pas une contrainte extérieure : en obéissant aux lois qu'il a lui-même contribué à établir, le citoyen obéit à sa propre volonté et demeure libre. Rousseau réconcilie ainsi devoir et liberté, à condition que la volonté générale soit correctement formée. ===Texte 5 : Épictète, ''Manuel'' (Ier-IIe siècle ap. J.-C.)=== <blockquote> « Il y a des choses qui dépendent de nous et d'autres qui ne dépendent pas de nous. Dépendent de nous l'opinion, la tendance, le désir, l'aversion, bref, toutes nos œuvres propres ; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, bref, toutes les choses qui ne sont pas nos œuvres propres. » </blockquote> Épictète, ''Manuel'', § 1<ref>Épictète, ''Manuel'', § 1. On consultera la traduction d'Émile Bréhier dans ''Les Stoïciens'', Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1962.</ref>. ''Analyse'' : ce texte fondamental du stoïcisme distingue ce qui dépend de notre volonté (nos jugements, nos désirs, nos choix) et ce qui n'en dépend pas (notre corps, notre richesse, notre réputation, notre destinée). L'action appropriée (''kathêkon'') consiste à concentrer nos efforts sur ce qui dépend de nous et à accepter avec sérénité ce qui ne dépend pas de nous. Cette attitude rend possible la liberté intérieure. Le sage stoïcien accomplit ce que sa situation requiert non par contrainte mais en comprenant la nécessité rationnelle qui gouverne l'univers. ===Texte 6 : Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'' (1820)=== Le paragraphe 147 expose ce que Hegel appelle la « disposition éthique ». L'idée centrale, paraphrasée dans des termes plus accessibles, est la suivante : la disposition éthique consiste, pour l'individu, à comprendre que sa propre fin n'a de sens que prise dans un ensemble plus large, celui des institutions communes ; et à conduire sa volonté comme ses sentiments en accord avec cet ensemble. Là réside, selon Hegel, ce qu'il nomme la confiance éthique : la conviction que mon intérêt propre est conservé et porté par les institutions qui me dépassent<ref>G. W. F. Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'' (1820), § 147. Pour le texte allemand, voir l'édition E. Moldenhauer et K. M. Michel, Suhrkamp, ''Werke'', t. 7. Pour une traduction française de référence, voir l'édition critique établie par Jean-François Kervégan, Paris, PUF, « Quadrige », 2013.</ref>. ''Analyse'' : Hegel critique la conception kantienne du devoir comme contrainte abstraite. Dans l'éthicité, l'individu ne perçoit plus le devoir comme une obligation extérieure qui s'opposerait à ses intérêts. Il reconnaît que son bien particulier se réalise dans et par les institutions éthiques (famille, société civile, État). La disposition éthique est donc une identification réfléchie aux institutions, où devoir et inclination peuvent se rejoindre, sans que les conflits soient pour autant exclus. ===Texte 7 : Simone Weil, ''L'Enracinement'' (1949)=== <blockquote> « La notion d'obligation prime celle de droit, qui lui est subordonnée et relative. Un droit n'est pas efficace par lui-même, mais seulement par l'obligation à laquelle il correspond ; l'accomplissement effectif d'un droit provient non pas de celui qui le possède, mais des autres hommes qui se reconnaissent obligés à quelque chose envers lui. L'obligation est efficace dès qu'elle est reconnue. » </blockquote> Simone Weil, ''L'Enracinement. Prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain'' (1949), Paris, Gallimard, « Folio essais », 1990, p. 13<ref>Simone Weil, ''L'Enracinement'' (1949), Paris, Gallimard, « Folio essais », 1990, p. 13.</ref>. ''Analyse'' : Simone Weil inverse la perspective dominante de la tradition libérale, qui fait des droits le fondement de la pensée politique. Selon elle, c'est l'obligation qui précède et fonde le droit. Le droit d'un être humain à se nourrir, à être protégé, à être respecté reste sans effet tant qu'aucun autre être humain et aucune institution ne se reconnaissent obligés envers lui. Cette analyse a une portée politique et morale considérable : elle rappelle que les devoirs ne sont pas seulement des règles abstraites, mais des reconnaissances concrètes envers des êtres concrets. Elle anticipe, par ailleurs, certaines analyses contemporaines de l'éthique du care et de la responsabilité envers la vulnérabilité d'autrui. ==Conclusion== La notion de devoir constitue l'un des concepts centraux de la philosophie morale. Loin d'être univoque, elle a reçu des interprétations diverses selon les époques et les auteurs. La conception kantienne du devoir comme impératif catégorique, fondé sur la raison pure et exigeant l'universalisation de nos maximes, a profondément marqué la pensée moderne. Elle s'oppose à l'éthique aristotélicienne des vertus, qui intègre l'action morale dans une réflexion plus large sur l'accomplissement humain et le bonheur. À ces deux pôles s'ajoutent les conceptions politiques de Rousseau et de Hegel, l'éthique sentimentaliste de Hume, le conséquentialisme utilitariste de Bentham et de Mill, l'analyse spinoziste du ''conatus'', la critique sociale et historique de Marx, ou encore la généalogie nietzschéenne des valeurs. Les questions ouvertes par ces traditions ne se referment pas. Le devoir s'oppose-t-il nécessairement au bonheur et à la liberté, ou peut-il se concilier avec eux ? Peut-on fonder rationnellement nos devoirs moraux, ou ne sont-ils que le produit de processus historiques, sociaux et psychologiques ? Comment résoudre les dilemmes moraux où plusieurs devoirs entrent en conflit ? Comment penser nos obligations envers ceux qui ne pourront jamais nous rétribuer : générations futures, animaux, êtres vulnérables ? Ces interrogations engagent notre existence concrète. Elles trouvent un écho dans des questions que les sociétés contemporaines ne peuvent plus contourner : la légitimité de la désobéissance civile, l'étendue du devoir de vérité dans la vie publique et privée, le devoir de secours envers ceux qui en ont besoin, les obligations envers les générations futures qui hériteront du monde que nous laissons, les devoirs envers les animaux et la nature non humaine, la responsabilité dans des dispositifs collectifs où le « simple devoir d'obéir » a pu servir d'alibi à l'inacceptable. Sur chacun de ces points, les conceptions du devoir présentées dans cet article fournissent des ressources distinctes et parfois divergentes. La réflexion philosophique sur le devoir invite à prendre au sérieux l'exigence morale, à exercer notre raison pratique et à assumer notre responsabilité. Comme l'écrit Kant, « deux choses remplissent le cœur d'une admiration et d'une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi »<ref>Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pratique'', Conclusion, trad. F. Picavet, Paris, PUF, 1965 (1788), p. 173.</ref>. Cette formule n'épuise pas toutes les conceptions du devoir, mais elle exprime avec force l'idée que l'obligation morale n'est pas seulement une règle extérieure : elle engage le sujet dans ce qu'il reconnaît comme valable. == Auto-évaluation == Ce quiz parcourt l'ensemble du chapitre, des distinctions préalables aux débats contemporains. Sauf indication contraire, une seule réponse est correcte par question. Cochez vos réponses, puis lancez la correction du quiz pour obtenir votre score ; dépliez ensuite le corrigé commenté ci-dessous. <quiz display="simple"> { Comment l'article distingue-t-il l'obligation de la contrainte ? |type="()" } - L'obligation est physique, la contrainte est morale + La contrainte est une force qui s'exerce sur nous indépendamment de notre volonté ; l'obligation suppose que nous reconnaissions la légitimité de ce qui est demandé - Les deux termes sont strictement synonymes - La contrainte vient de la raison, l'obligation de la peur { Quelle est la différence entre ce qui est légal et ce qui est légitime ? |type="()" } + Est légal ce qui est conforme au droit en vigueur ; est légitime ce qui est conforme à la justice que la raison pratique reconnaît - Les deux notions se recouvrent toujours - Le légitime est par définition illégal - Le légal est toujours moral { Qu'est-ce qui distingue l'impératif catégorique de l'impératif hypothétique chez Kant ? |type="()" } - L'un concerne la vie publique, l'autre la vie privée + L'impératif hypothétique est conditionné par un désir ou une fin ; l'impératif catégorique commande de manière inconditionnelle - L'impératif catégorique se règle sur les conséquences - L'impératif hypothétique est toujours immoral { Dans la formule « traiter l'humanité toujours comme une fin, et jamais simplement comme un moyen », quel mot est capital ? |type="()" } - « toujours » + « simplement » : on peut user d'autrui comme moyen, mais jamais uniquement comme moyen - « humanité » - « fin » { Selon Kant, une action accomplie « conformément au devoir » mais par seul calcul d'intérêt, comme le marchand honnête qui veut fidéliser sa clientèle : |type="()" } - possède une pleine valeur morale + est correcte, mais n'a aucune valeur morale au sens kantien - est franchement immorale - réalise l'autonomie de la volonté { Pourquoi, pour Kant, le devoir réalise-t-il la liberté au lieu de la nier ? |type="()" } - Parce que le devoir supprime tout désir + Parce qu'en obéissant à l'impératif catégorique, j'obéis à la loi que ma propre raison me prescrit, et non à des forces qui me traversent - Parce que la liberté consiste à faire ce qui plaît - Parce que le devoir nous vient de Dieu { Quel est le statut des « postulats » de la raison pratique (immortalité de l'âme, existence de Dieu) ? |type="()" } - Ils fondent la loi morale + Ils ne fondent pas la loi morale, mais accompagnent l'espérance liée au souverain bien - Ils prouvent rationnellement l'existence de Dieu - Ils rendent la morale hétéronome { Pour Aristote, comment devient-on vertueux ? |type="()" } - On naît courageux ou lâche par tempérament + Par l'habitude : c'est en accomplissant des actions justes qu'on devient juste, comme on devient flûtiste en jouant de la flûte - Par la seule connaissance théorique du bien - Par un commandement de la raison pure { Le « juste milieu » aristotélicien doit être compris comme : |type="()" } - une moyenne arithmétique, identique pour tous + une médiété « relative à nous », ajustée selon les circonstances, la personne et le moment - l'absence de toute émotion - une règle qui s'applique mécaniquement { Que désigne la phronesis chez Aristote ? |type="()" } - la timidité et la précaution craintive + la capacité à bien délibérer et à percevoir, dans la situation singulière, l'action juste à accomplir - la connaissance théorique des principes universels - l'absence de désir { Pour corriger ce qu'il juge trop abstrait dans la morale kantienne (la Moralität), Hegel met en avant : |type="()" } + l'éthicité (Sittlichkeit) : la sphère des institutions concrètes, famille, société civile et État, où le devoir reçoit un contenu effectif - le seul droit abstrait de la propriété - la théorie du commandement divin - l'impératif catégorique pris à la lettre { La volonté générale, chez Rousseau, se définit comme : |type="()" } - la simple addition des intérêts particuliers + l'expression de l'intérêt commun, une fois écartées les considérations purement privées - l'opinion majoritaire immédiate, toujours et nécessairement - le contraire du bien commun { Comment l'article interprète-t-il la formule de Rousseau selon laquelle on peut « forcer quelqu'un à être libre » ? |type="()" } - comme la justification d'une tyrannie qui émanciperait ceux qu'elle soumet + comme le rappel de l'individu à sa propre volonté de citoyen, engagée par le pacte, à la condition que la loi exprime une volonté générale - comme la suppression de toute liberté individuelle - comme l'aveu que la force fait le droit { Le mot grec qui dit le devoir chez les stoïciens, kathêkon, se traduit par : |type="()" } + « action appropriée » : ce que la situation requiert d'un être raisonnable, compte tenu de son rôle - « plaisir maximal » - « contemplation désintéressée » - « volonté générale » { Que nous enseigne l'image stoïcienne de l'archer ? |type="()" } + Mon devoir n'est pas de réussir, mais de bien viser : je maîtrise mon effort, non le résultat extérieur - Que le plaisir doit guider toute action - Que la cible importe plus que la qualité du tir - Que tout, finalement, dépend de nous { Le conatus, chez Spinoza, désigne : |type="()" } + l'effort par lequel chaque chose s'efforce de persévérer dans son être - une loi morale transcendante imposée du dehors - le devoir commandé par Dieu - l'union de la vertu et du bonheur { Que soutient la « loi de Hume » ? |type="()" } + On ne peut déduire un « doit être » d'un simple « est » : aucun « il faut » ne se tire d'un pur constat de fait - La raison pure est la seule source du devoir - Tout jugement moral est faux - Le devoir procède d'un commandement divin { Pourquoi Hume range-t-il la justice parmi les vertus « artificielles » ? |type="()" } - parce qu'elle serait fausse ou superficielle + parce qu'elle ne s'impose pas spontanément à l'approbation et suppose une convention, rendue nécessaire par la rareté des biens et la coopération - parce qu'elle est innée et immédiate - parce qu'elle est commandée par la raison pure { Sur quel point Mill se sépare-t-il de Bentham ? |type="()" } - Mill rejette le principe d'utilité + Mill introduit une différence de qualité entre les plaisirs (supérieurs et inférieurs), là où Bentham retient une mesure purement quantitative - Mill nie que le devoir vise le bien-être collectif - Mill identifie le devoir à l'impératif catégorique { Comment Marx aborde-t-il le devoir ? |type="()" } + Il s'intéresse surtout à la fonction sociale qu'il remplit : des obligations présentées comme universelles expriment souvent les intérêts d'un ordre social déterminé - Il le fonde sur la raison pure - Il le fait dériver du sentiment moral - Il lui assigne une origine divine { Selon Nietzsche, dans quelle expérience la « mauvaise conscience » prend-elle racine ? |type="()" } + dans le retournement contre soi de pulsions vitales qui ne pouvaient plus s'extérioriser - dans un commandement divin reçu par révélation - dans un calcul rationnel des intérêts - dans la raison pure qui se donne sa loi { Parmi ces associations entre une position de métaéthique et sa thèse, lesquelles sont exactes ? (plusieurs réponses) |type="[]" } + Le réalisme moral : les devoirs existent objectivement, indépendamment de nos croyances, et peuvent être connus + L'expressivisme : les énoncés moraux ne décrivent pas des faits mais expriment des attitudes - Le constructivisme : nos énoncés moraux sont systématiquement faux - Le relativisme : les devoirs sont les mêmes dans toutes les cultures { Que soutient la « théorie de l'erreur » de John Mackie ? |type="()" } + Nos énoncés moraux prétendent décrire des faits objectifs, mais cette prétention est systématiquement fausse, faute de faits moraux dans le monde - Les devoirs existent objectivement, comme les faits physiques - Les énoncés moraux n'expriment que des préférences personnelles - Les devoirs sont construits par un accord rationnel { Le « voile d'ignorance » de Rawls illustre quelle famille de positions ? |type="()" } + le constructivisme : des participants choisissent les règles de leur société sans savoir quelle place ils y occuperont - le réalisme moral - la théorie du commandement divin - l'éthique du care { Comment le déontologisme se distingue-t-il du conséquentialisme ? |type="()" } + Il soutient que certains devoirs sont absolus et ne dépendent pas des conséquences, comme l'interdiction de mentir - Il juge la valeur d'une action à ses seules conséquences - Il déplace l'attention des règles vers les vertus de caractère - Il fait dépendre la morale des cultures { En quoi consiste l'« heuristique de la peur » proposée par Hans Jonas ? |type="()" } + accorder, lorsque les conséquences possibles d'une action sont irréversibles et catastrophiques, plus de poids au pronostic pessimiste qu'au pronostic optimiste - supprimer toute crainte de l'avenir - maximiser le bonheur présent sans souci du futur - nier tout devoir envers les générations futures { Que désigne le « spécisme » dénoncé par Peter Singer ? |type="()" } + le fait de privilégier nos intérêts sur ceux des animaux au seul motif qu'ils appartiennent à une autre espèce - le respect égal accordé à toutes les espèces - la pratique de l'élevage industriel - la simple capacité à souffrir { Que met en avant l'éthique du care de Carol Gilligan ? |type="()" } + les relations, les responsabilités concrètes et le soin envers les personnes vulnérables, à côté des règles universelles - le calcul des plaisirs et des peines - l'impératif catégorique - la volonté générale { Qu'exprime la « banalité du mal » chez Hannah Arendt ? |type="()" } + l'obéissance aveugle aux ordres ne décharge pas de la responsabilité ; juger par soi-même est au cœur de la vie morale - le mal n'est commis que par des êtres monstrueux et exceptionnels - le devoir consiste à exécuter sans réserve les ordres légaux - la valeur d'une action tient à ses seules conséquences { Quel renversement Simone Weil opère-t-elle dans ''L'Enracinement'' ? |type="()" } + « La notion d'obligation prime celle de droit » : un droit n'existe effectivement que là où quelqu'un reconnaît l'obligation correspondante - le droit prime toujours l'obligation - les devoirs naissent d'un contrat passé entre égaux - l'obligation se mesure à ses conséquences </quiz> {{Boîte déroulante |titre = Corrigé commenté (cliquez pour afficher) |alignT = left |contenu = # Réponse : la contrainte s'exerce sur nous indépendamment de notre volonté, l'obligation suppose que nous en reconnaissions la légitimité. Le voleur menacé d'une arme est contraint ; le citoyen qui paie ses impôts est obligé. Rousseau le résume : on n'est obligé d'obéir qu'aux puissances légitimes. # Réponse : est légal ce qui est conforme au droit en vigueur, légitime ce qui est conforme à la justice. Une loi peut être légale sans être légitime, comme les législations racistes du XX{{e}} siècle l'ont rappelé. Cette distinction rend possible le jugement des lois elles-mêmes, et toute pensée de la désobéissance civile. # Réponse : l'impératif hypothétique est conditionné par un désir, l'impératif catégorique commande sans condition. « Si tu veux réussir, travaille » s'efface dès que la fin disparaît. « Tu ne dois pas mentir » vaut quoi qu'il arrive : la morale ne peut reposer sur un ordre suspendu à nos envies. # Réponse : le mot capital est « simplement ». Le boulanger nous nourrit, le professeur nous instruit : les traiter comme des moyens n'a rien d'immoral. Ce qui le serait, c'est de les y réduire. Manipuler, tromper, exploiter la détresse d'autrui, c'est nier ce qui fait de lui une personne. # Réponse : l'action est correcte, mais sans valeur morale au sens kantien. Le marchand honnête par pur calcul se confond avec n'importe quel commerçant rusé. Seule l'action accomplie par devoir, par respect pour la loi et hors de tout intérêt, possède une pleine valeur morale. # Réponse : parce qu'en obéissant à l'impératif catégorique, j'obéis à la loi que ma propre raison me donne. Faire « ce qu'on veut », c'est souvent subir ses penchants : le fumeur qui ne peut s'arrêter n'est pas libre. L'autonomie nous arrache à cette mécanique des inclinations ; c'est elle, et non le caprice, qui fait de nous des sujets. # Réponse : les postulats ne fondent pas la loi morale, ils accompagnent seulement l'espérance du souverain bien. La loi s'impose par la seule raison pure et obligerait jusqu'à un athée. Le devoir vaudrait même s'il n'y avait ni Dieu ni vie future : la morale kantienne ne tire sa force d'aucune promesse extérieure. # Réponse : par l'habitude. Aucun enfant ne vient au monde équipé de vertus toutes faites. C'est en agissant justement qu'on devient juste, en construisant des maisons qu'on devient architecte. La vertu est une disposition stable, une seconde nature acquise par l'exercice : chacun, en un sens, se sculpte lui-même. # Réponse : une médiété relative à nous, déterminée selon les circonstances. Si la portion idéale est de dix bouchées pour l'un, elle peut en être vingt pour un athlète. Le courage tient le milieu entre lâcheté et témérité, mais ce point juste se trouve par discernement, sous le regard de l'homme prudent, et non par calcul. # Réponse : la capacité à bien délibérer et à saisir, dans la situation présente, l'action qui convient. Le mot ne désigne pas la timidité. Dire la vérité peut être courageux ici, cruel ailleurs : aucun manuel ne fournit la règle de son application. La prudence s'acquiert lentement, par l'expérience des situations traversées. # Réponse : l'éthicité (Sittlichkeit), sphère des institutions concrètes où le devoir trouve un contenu effectif. Hegel distingue droit abstrait, moralité et éthicité. Dans l'éthicité, l'individu reconnaît ses devoirs comme siens en s'identifiant à des institutions rationnelles, sans pour autant se réduire à un simple conformisme. # Réponse : la volonté générale exprime l'intérêt commun, une fois écartées les considérations privées. Elle ne se confond ni avec la somme des intérêts particuliers, ni avec l'opinion majoritaire immédiate. Le peuple veut toujours son bien, mais il peut se tromper sur ce bien : la rectitude de la volonté n'est pas la justesse du jugement. # Réponse : la contrainte rappelle l'individu à sa propre volonté de citoyen, engagée par le pacte. Celui qui refuse d'obéir ne défend pas sa liberté contre l'oppression : il préfère son intérêt privé à l'intérêt qu'il a, comme membre du corps politique. La formule ne tient toutefois que si la loi procède d'une volonté générale ; sinon, la force ne fait pas droit. # Réponse : « action appropriée », ce que la situation demande d'un être raisonnable selon son rôle. Père, citoyen, ami : chacun occupe une place où des actions appropriées s'imposent. Les stoïciens distinguent l'action appropriée, à la portée de tous, et l'action parfaitement droite (''katorthôma''), réservée au sage. Le devoir admet donc des degrés. # Réponse : mon devoir n'est pas de réussir, mais de bien viser. Le bon archer tend son arc et vise avec soin, mais un coup de vent peut dévier la flèche. Le devoir tient tout entier dans l'attention donnée à ce qui dépend de nous, nos jugements, et dans la paix de l'âme devant ce qui nous échappe. # Réponse : l'effort par lequel chaque chose s'efforce de persévérer dans son être. L'homme n'agit pas par devoir imposé du dehors, mais par cet effort qui exprime son essence même. Est dit bon ce qui augmente sa puissance d'agir, mauvais ce qui la diminue : une morale immanente, et non une absence de norme. # Réponse : on ne déduit pas un « doit être » d'un simple « est ». Pour Hume, la raison est inerte : elle établit des faits mais ne meut pas l'action, et reste « l'esclave des passions ». Le devoir ne peut donc être un pur commandement rationnel ; il s'enracine dans le sentiment moral et dans la sympathie pour autrui. # Réponse : parce qu'elle ne s'impose pas spontanément et suppose une convention. Les vertus naturelles, comme la bienveillance, suscitent une approbation immédiate. La justice, elle, exige une règle stable : dans un monde aux biens infinis, la propriété perdrait son sens. La rareté des biens et le besoin de coopérer l'ont rendue nécessaire. # Réponse : Mill introduit une différence de qualité entre les plaisirs. Bentham calcule la somme des plaisirs et des peines selon leur intensité, leur durée, leur étendue. Mill objecte que ceux qui ont éprouvé les deux genres préfèrent les plaisirs supérieurs : « il vaut mieux être un être humain insatisfait qu'un porc satisfait ». # Réponse : Marx s'intéresse à la fonction sociale du devoir. Les idées de la classe dominante sont, à chaque époque, les idées dominantes. Le « devoir de travailler » prend, en régime capitaliste, la forme précise de la vente de sa force de travail. D'où trois questions : qui définit les devoirs, au nom de quoi, au profit de qui ? # Réponse : dans le retournement contre soi de pulsions qui ne pouvaient plus s'extérioriser. Le « tu dois » de la morale intériorise une cruauté privée de dehors. Nietzsche n'appelle pas pour autant au débridement des instincts : il invite à inventer une morale qui ne se nourrisse plus du ressentiment. # Réponses exactes : les deux premières. La théorie de l'erreur (Mackie), et non le constructivisme, tient les énoncés moraux pour systématiquement faux. Le relativisme affirme au contraire que les jugements moraux varient d'une culture à l'autre. Le constructivisme, lui, fait dériver les normes d'un accord conclu entre êtres raisonnables. # Réponse : nos énoncés moraux prétendent décrire des faits objectifs, mais cette prétention est illusoire. Mackie avance l'« argument de l'étrangeté » : une propriété morale objective ne ressemblerait à rien de connu, ni perception ni raisonnement. Il ajoute qu'on peut pratiquer une morale utile à titre conventionnel : elle est inventée, non découverte. # Réponse : le constructivisme. Ignorant s'ils seront riches ou pauvres, malades ou bien portants, les participants choisiraient des règles protégeant les plus vulnérables, puisque chacun pourrait s'y retrouver. Les principes de justice ne tombent pas du ciel : ils résultent d'un accord hypothétique conclu dans des conditions équitables. # Réponse : le déontologisme tient certains devoirs pour absolus, indépendamment des conséquences. Kant, dans « Sur un prétendu droit de mentir par humanité », refuse le droit de mentir, même à un meurtrier cherchant sa victime. Le conséquentialisme juge l'action à ses résultats ; l'éthique des vertus déplace l'attention vers le caractère. # Réponse : accorder plus de poids au pronostic pessimiste quand les conséquences possibles sont irréversibles et catastrophiques. Jonas reformule l'impératif : « Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur Terre. » Le devoir s'étend à des sujets qui n'existent pas encore. # Réponse : privilégier nos intérêts sur ceux des animaux au seul motif de l'espèce. Pour Singer, si la capacité à souffrir fonde la considération morale, tout être sensible la mérite. Il reprend la question de Bentham : non pas « peuvent-ils raisonner ? », mais « peuvent-ils souffrir ? » # Réponse : les relations, les responsabilités concrètes et le soin envers les plus vulnérables. Gilligan repère une voix qui raisonne en termes de liens plutôt que de droits abstraits. Cette éthique ne remplace pas celle de la justice : elle rappelle que nous sommes des êtres dépendants, et que bien des devoirs naissent dans des situations particulières. # Réponse : l'obéissance aveugle ne décharge pas de la responsabilité. Eichmann n'était pas un monstre, mais un homme ordinaire et zélé, capable de raisonner sur « son devoir » au sein d'un système criminel. Arendt pousse à son terme l'exigence d'autonomie : la conscience est ce qui m'interdit de me cacher derrière un ordre, fût-il légal. # Réponse : « la notion d'obligation prime celle de droit ». Un droit ne vaut effectivement que là où quelqu'un reconnaît l'obligation correspondante. L'enfant qui meurt de faim a un droit à se nourrir, mais ce droit reste lettre morte tant qu'aucun être humain ne reconnaît le devoir de le nourrir. L'obligation naît d'un appel, non d'un contrat. }} ==Références== {{references|colonnes=2}} {{AutoCat}} ==Pour aller plus loin== ===À lire en priorité=== Pour une première découverte de la notion, on peut commencer par les textes fondateurs et les introductions qui les rendent accessibles. * [[s:Auteur:Emmanuel Kant|Emmanuel Kant]], ''[[s:Fondements de la métaphysique des mœurs|Fondements de la métaphysique des mœurs]]'' (1785), trad. V. Delbos, Paris, Vrin. Texte central pour comprendre la morale du devoir. * [[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]], ''[[s:Éthique à Nicomaque|Éthique à Nicomaque]]'', livres I, II et VI, trad. R. Bodéüs, Paris, GF-Flammarion, 2004. Le contrepoint majeur à Kant. * [[s:Auteur:Épictète|Épictète]], ''[[s:Manuel d’Épictète|Manuel]]'', dans ''Les Stoïciens'', trad. É. Bréhier, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1962. Bref et limpide. * [[s:Auteur:Jean-Jacques Rousseau|Jean-Jacques Rousseau]], ''[[s:Du contrat social|Du Contrat social]]'' (1762), livre I et début du livre II, édition GF-Flammarion. Pour articuler devoir et liberté politique. * [[s:Auteur:John Stuart Mill|John Stuart Mill]], ''[[s:L’Utilitarisme|L'Utilitarisme]]'' (1861), trad. G. Tanesse, Paris, GF-Flammarion. La version la plus pédagogique du conséquentialisme. ===Pour approfondir=== * [[s:Auteur:Emmanuel Kant|Emmanuel Kant]], ''[[s:Critique de la raison pratique (trad. Barni)|Critique de la raison pratique]]'' (1788), trad. F. Picavet, Paris, PUF. Approfondissement de la morale kantienne. * [[s:Auteur:Friedrich Nietzsche|Friedrich Nietzsche]], ''[[s:La Généalogie de la morale|La Généalogie de la morale ]](1887), trad. P. Wotling, Paris, Le Livre de Poche, 2000. Pour la critique de la morale. * [[s:Auteur:David Hume|David Hume]], ''Enquête sur les principes de la morale'' (1751), trad. P. Saltel, Paris, GF-Flammarion. * [[s:Auteur:Baruch Spinoza|Baruch Spinoza]], ''[[s:Éthique (Spinoza)|Éthique ]](1677), parties III et IV, trad. B. Pautrat, Paris, Seuil. * [[s:Auteur:Marc Aurèle|Marc Aurèle]], ''[[s:Pensées pour moi-même|Pensées pour moi-même]]'', dans ''Les Stoïciens'', trad. É. Bréhier, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1962. * [[s:Auteur:Georg Wilhelm Friedrich Hegel|G. W. F. Hegel]], ''Principes de la philosophie du droit'' (1820), trad. J.-F. Kervégan, Paris, PUF, « Quadrige », 2013. * [[s:Auteur:Simone Weil|Simone Weil]], ''[[s:L’Enracinement|L'Enracinement]]'' (1949), Paris, Gallimard, « Folio essais », 1990. * Hans Jonas, ''Le Principe responsabilité'' (1979), trad. J. Greisch, Paris, Flammarion, 1995. * Hannah Arendt, ''Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal'' (1963), trad. A. Guérin, Paris, Gallimard, « Folio », 1991. * Peter Singer, ''La Libération animale'' (1975), trad. L. Rousselle, Paris, Grasset, 1993. * Carol Gilligan, ''Une voix différente'' (1982), trad. A. Kwiatek et V. Nurock, Paris, Flammarion, 2008. * Pierre Hadot, ''Qu'est-ce que la philosophie antique ?'', Paris, Gallimard, 1995. Introduction lumineuse aux éthiques antiques. ===Niveau avancé=== * Pierre Aubenque, ''La prudence chez Aristote'', Paris, PUF, 1963. * Elizabeth Anscombe, « Modern Moral Philosophy », ''Philosophy'', vol. 33, n° 124, 1958. * William David Ross, ''The Right and the Good'', Oxford, Oxford University Press, 1930. * John Rawls, ''Théorie de la justice'' (1971), trad. C. Audard, Paris, Seuil, 1987. * John L. Mackie, ''Ethics: Inventing Right and Wrong'', Harmondsworth, Penguin, 1977. * Onora O'Neill, ''Constructions of Reason: Explorations of Kant's Practical Philosophy'', Cambridge, Cambridge University Press, 1989. * Christine M. Korsgaard, ''Creating the Kingdom of Ends'', Cambridge, Cambridge University Press, 1996. * Allen W. Wood, ''Kantian Ethics'', Cambridge, Cambridge University Press, 2008. * Philippa Foot, ''Virtues and Vices'', Oxford, Blackwell, 1978. * Alasdair MacIntyre, ''After Virtue'', Notre Dame, University of Notre Dame Press, 1981. * Rosalind Hursthouse, ''On Virtue Ethics'', Oxford, Oxford University Press, 1999. * Pierre-François Moreau, ''Spinoza et le spinozisme'', Paris, PUF, 2003. * Jean-François Kervégan, ''L'effectif et le rationnel. Hegel et l'esprit objectif'', Paris, Vrin, 2007. * Derek Parfit, ''On What Matters'', Oxford, Oxford University Press, 2011. * [[s:Auteur:Émile Durkheim|Émile Durkheim]], ''[[s:De la division du travail social|De la division du travail social ]](1893), Paris, PUF, « Quadrige », 2007. * Michel Foucault, ''Surveiller et punir. Naissance de la prison'', Paris, Gallimard, 1975. edbot0wz96gdygy0g5dumjdecbegfqr 768219 768218 2026-06-21T04:25:23Z PandaMystique 119061 /* Auto-évaluation */ 768219 wikitext text/x-wiki ==Introduction : qu'est-ce que le devoir ?== Le concept de devoir occupe une place centrale dans la réflexion [[Dictionnaire de philosophie/Morale|morale]]. Dans la vie quotidienne, nous utilisons fréquemment le verbe ''devoir'' : le médecin dit à son patient qu'il doit avoir une alimentation équilibrée, un mari promet à son épouse de lui être fidèle, un citoyen se doit de respecter les lois<ref>Maxime Kristanek, « Devoir (GP) », ''L'Encyclopédie philosophique'', [https://encyclo-philo.fr/item/1749], consulté en 2025.</ref>. Mais que signifie exactement ce terme lorsqu'il s'applique à la morale ? {{ManuelPhilo}} Le devoir désigne une obligation morale, c'est-à-dire ce que nous devons faire indépendamment de nos [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désirs]] personnels et de nos intérêts immédiats. Il s'agit d'une exigence qui s'impose à notre volonté et qui se distingue de la simple contrainte physique ou de la nécessité naturelle. Contrairement à ce qui ''est'' (le domaine des faits), le devoir exprime ce qui ''doit être'' (le domaine des normes)<ref>Henry Sidgwick, ''The Methods of Ethics'', seventh edition, London, Macmillan and co., 1907, p. 46.</ref>. Le concept de devoir peut être analysé en termes de [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]] d'agir : dire « je dois faire telle action » signifie « j'ai une raison de faire cette action »<ref>Charles Larmore, « La connaissance morale », dans R. Ogien (dir.), ''Le réalisme moral'', PUF, Paris, 1999, p. 392.</ref>. Parmi les raisons d'agir, on distingue les raisons prudentielles (fondées sur nos désirs et intérêts personnels) et les raisons morales (qui s'imposent à nous indépendamment de nos désirs). Par exemple, si un patient mange des légumes parce qu'il désire être en bonne santé, il agit selon une raison prudentielle. En revanche, si un homme reste fidèle à sa promesse même lorsque cela ne lui procure aucun avantage, il agit selon une raison morale, par devoir. Une question directrice traverse l'ensemble de la réflexion philosophique sur le devoir : faut-il y voir une loi rationnelle universelle qui s'impose à toute volonté, une exigence sociale liée aux institutions concrètes, une forme d'accomplissement de notre [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|nature]], une convention utile à la vie commune, ou encore une construction historique dont la prétention à l'objectivité est contestable ? Ces réponses ne s'excluent pas toujours, mais elles dessinent des conceptions différentes du sens de l'obligation morale, du rapport entre devoir et [[Dictionnaire de philosophie/Bonheur|bonheur]], entre devoir et [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]], entre règle universelle et situation singulière. C'est cette pluralité de réponses que les pages qui suivent cherchent à exposer. ==Distinctions conceptuelles préalables== Avant d'entrer dans les doctrines, il faut s'arrêter sur quelques distinctions qui structurent la notion de devoir et qui sont autant d'instruments d'analyse pour la dissertation. ''Obligation et contrainte.'' La contrainte est une force qui s'exerce ''sur'' nous, indépendamment de notre volonté : on peut être contraint physiquement, juridiquement, économiquement. L'obligation, elle, suppose que nous puissions reconnaître la légitimité de ce qui nous est demandé : c'est une exigence adressée à un être capable de raison, et non une force qui nous plierait mécaniquement. Le voleur menacé d'une arme est contraint de remettre son argent ; le citoyen qui paie ses impôts est obligé, parce qu'il reconnaît la légitimité de la loi. C'est sur cette distinction que [[s:Auteur:Jean-Jacques Rousseau|Rousseau]] s'appuie quand il écrit qu'« on n'est obligé d'obéir qu'aux puissances légitimes »<ref>Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'', livre I, chapitre 3.</ref> : la force seule ne crée pas d'obligation morale. ''Devoir moral, devoir juridique, devoir social, devoir religieux.'' Tous ces devoirs nous obligent, mais à des titres différents. Le devoir juridique s'impose par la loi et sa transgression est sanctionnée par l'[[Manuel de terminale de philosophie/État|État]]. Le devoir social procède des usages, des rôles et des attentes du groupe ; sa sanction est la réprobation, la honte, parfois l'exclusion. Le devoir religieux découle d'un commandement divin reconnu par une communauté de croyants. Le devoir moral, enfin, ne dépend ni d'une institution juridique, ni d'un groupe particulier, ni d'une révélation : il s'impose à la [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|conscience]] comme tel. Ces ordres peuvent coïncider, comme dans le cas du meurtre, qui est moralement, juridiquement et socialement répréhensible. Mais ils peuvent aussi diverger. Une loi peut être légale sans être légitime, comme l'ont rappelé les résistants face aux législations racistes du XXe siècle. Inversement, une exigence morale peut commander la désobéissance à la loi. ''Légal et légitime.'' Cette distinction prolonge la précédente. Est légal ce qui est conforme au [[Dictionnaire de philosophie/Droit|droit]] en vigueur ; est légitime ce qui est conforme à la [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]], c'est-à-dire à ce que la raison pratique reconnaît comme bon ou juste. La question du devoir suppose que l'on puisse, à l'occasion, juger les lois elles-mêmes au nom d'une exigence supérieure. C'est sur cette possibilité que repose toute pensée de la désobéissance civile. ''Origine et fondement.'' On confond souvent ces deux notions. L'origine est une question historique et génétique : d'où vient, en fait, tel devoir ? Comment s'est-il imposé dans une société donnée ? Le fondement est une question philosophique et normative : qu'est-ce qui justifie ce devoir, qu'est-ce qui lui donne autorité sur ma volonté ? Une enquête généalogique à la [[s:Auteur:Friedrich Nietzsche|Nietzsche]] peut éclairer l'origine d'une morale sans préjuger de son fondement ; inversement, une analyse kantienne du fondement de la loi morale laisse ouverte la question de son émergence historique. ''Universel, général, particulier, singulier.'' Un devoir universel vaut pour tout être rationnel, sans exception : l'interdit du meurtre arbitraire en est un exemple. Un devoir général vaut pour la plupart des cas mais admet des exceptions : « il faut tenir ses promesses » est général, non universel. Un devoir particulier dépend d'une situation ou d'un rôle : le médecin a des devoirs propres à sa profession. Un devoir singulier vise une personne précise dans une circonstance unique : ce que je dois ''à cet ami-ci'', en ''cette'' circonstance-là, ne se confond avec aucune règle générale. Une bonne analyse philosophique du devoir tient compte de ces différents niveaux et veille à ne pas passer subrepticement de l'un à l'autre. ==Les principales conceptions philosophiques du devoir== ===L'éthique kantienne du devoir=== Imaginons une situation banale. Un caissier nous rend, par erreur, dix euros de trop. Devons-nous les rendre ? La plupart d'entre nous répondrons oui. Mais ''pourquoi'' ? Parce que nous risquons d'être vus ? Parce que nous serions mal à l'aise ensuite ? Ou bien parce que c'est juste, indépendamment de toute conséquence ? Emmanuel Kant (1724-1804) consacre sa philosophie morale à montrer que seule la dernière réponse fait de notre acte un acte véritablement ''moral''. Sa thèse est exigeante, et peut sembler austère : seules les actions accomplies ''par devoir'' possèdent une [[Dictionnaire de philosophie/Authenticité|authentique]] valeur morale. Rompant avec la tradition antique d'Aristote, des épicuriens et des stoïciens, qui faisaient du [[Dictionnaire de philosophie/Bonheur|bonheur]] le but de la vie humaine, Kant place au cœur de la morale non ce que nous désirons, mais ce que nous devons. ====L'impératif catégorique==== Pour Kant, la [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]] ne se contente pas de calculer des moyens en vue de fins choisies. Elle commande aussi. Et lorsqu'elle commande, elle le fait de deux manières. Quand nous disons : « si tu veux réussir ton bac, alors travaille », nous formulons un ''impératif hypothétique'' : un ordre conditionné par un [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désir]]. Si la fin disparaît (je décide de ne pas passer le bac), l'ordre disparaît avec elle. La morale, dit Kant, ne peut reposer sur ce genre de commandement. Car « tu ne dois pas mentir » ne vaut pas seulement ''si'' tu veux être respecté : cela vaut absolument. C'est ce que Kant nomme un ''impératif catégorique'' : un commandement inconditionnel, qui oblige tout être raisonnable. Précisons aussitôt : cette inconditionnalité ne signifie pas que la loi morale fournit des règles toutes faites, prêtes à appliquer sans analyse. L'impératif catégorique est un ''principe'' de la moralité, pas un code de conduite ; son application suppose toujours qu'on formule rigoureusement la maxime de l'action et qu'on en examine la prétention à l'universalité. La rigueur kantienne n'est donc pas un mécanisme : elle exige un travail réflexif sur les maximes elles-mêmes. Ce principe suprême de la moralité, Kant le formule de trois manières principales, qui sont autant d'angles d'approche d'une même exigence. ''Première formulation : l'universalisation.'' « Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même [[Manuel de terminale de philosophie/Temps|temps]] qu'elle devienne une loi universelle »<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Librairie Delagrave, 1907 (1785), p. 94.</ref>. La ''maxime'' désigne la règle subjective qui guide notre action, ce que nous nous disons à nous-mêmes pour la justifier. Le test kantien revient à demander : et si tout le monde agissait ainsi ? Prenons le mensonge. Si chacun mentait dès que cela l'arrangeait, plus personne ne croirait personne, et la parole elle-même perdrait son sens. Mentir devient alors, littéralement, ''impossible à vouloir comme loi universelle'' : la maxime se détruit elle-même. Remarquons-le bien : il ne s'agit pas de dire que le mensonge aurait de mauvaises conséquences. Il s'agit de montrer qu'il y a une ''contradiction'' interne à vouloir que tous mentent<ref>Onora O'Neill, ''Constructions of Reason: Explorations of Kant's Practical Philosophy'', Cambridge, Cambridge University Press, 1989, chap. 5.</ref>. ''Deuxième formulation : l'humanité comme fin.'' « Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen »<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Librairie Delagrave, 1907 (1785), p. 71.</ref>. Cette formule est sans doute la plus accessible. Nous utilisons constamment les autres comme des moyens : le chauffeur de bus nous transporte, le boulanger nous nourrit, le professeur nous instruit. Cela n'a rien d'immoral. Ce qui le serait, c'est de les réduire à cela. Le mot capital est ''simplement'' : Kant ne dit pas qu'il ne faut jamais user d'autrui comme d'un moyen, mais qu'il ne faut jamais le faire ''uniquement''. Manipuler quelqu'un, le tromper, exploiter sa détresse, c'est nier ce qui fait de lui une personne, c'est-à-dire un être capable de raison, qui se donne ses propres fins. Cette idée nourrit, dans la pensée contemporaine, la notion de ''dignité humaine''. ''Troisième formulation : l'[[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|autonomie]].'' « Agis de telle sorte que ta volonté puisse se considérer elle-même en même temps comme légiférant universellement grâce à sa maxime »<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Librairie Delagrave, 1907 (1785), p. 79.</ref>. Le mot ''autonomie'', formé sur le grec ''autos'' (soi-même) et ''nomos'' (loi), signifie littéralement : se donner sa propre loi. La morale kantienne refuse que la loi morale me vienne d'ailleurs : de Dieu, de mes parents, de la société, de mes désirs. Elle exige que je puisse, par ma seule [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]], la reconnaître et me l'imposer. C'est en cela que l'humain, pour Kant, est législateur dans ce qu'il nomme le « règne des fins », cette communauté idéale d'êtres rationnels qui obéissent tous aux mêmes lois qu'ils se sont eux-mêmes données<ref>Allen W. Wood, ''Kantian Ethics'', Cambridge, Cambridge University Press, 2008, chap. 4 ; Christine M. Korsgaard, ''Creating the Kingdom of Ends'', Cambridge, Cambridge University Press, 1996.</ref>. C'est en cela aussi qu'il possède une [[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|dignité]] sans prix. ====Agir ''par'' devoir, et non simplement ''conformément'' au devoir==== Voici l'une des distinctions kantiennes les plus subtiles, et les plus importantes. N'importe qui peut accomplir des actions ''conformes'' au devoir. Un marchand honnête, par exemple, ne triche pas sur ses prix. Mais pourquoi ne triche-t-il pas ? Si c'est par pur calcul, pour fidéliser sa clientèle et préserver sa réputation, son action est moralement correcte, mais elle n'a, selon Kant, ''aucune valeur morale''. Elle se confond avec ce que ferait n'importe quel commerçant rusé. L'action n'acquiert sa pleine valeur morale que si elle est accomplie ''par devoir'', c'est-à-dire par respect pour la loi morale, indépendamment de tout intérêt et de toute inclination. Kant prend un autre exemple, plus saisissant : celui d'un homme accablé par le malheur, dégoûté de la vie, mais qui continue à vivre non par peur de mourir ni par espoir de jours meilleurs, mais ''parce que c'est un devoir''. Là, et là seulement, son acte possède une valeur morale au sens plein<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Delagrave, 1907 (1785), p. 13-15.</ref>. Cette exigence peut paraître peu attirante. Faut-il donc agir sans cœur ? Kant ne dit pas exactement cela. Il reconnaît qu'une émotion accompagne légitimement l'action morale : ce qu'il nomme le ''respect'' (''Achtung'' en allemand) pour la loi. Ce sentiment ne précède pas la loi, il n'est pas comme la pitié, qui me pousse spontanément à secourir un blessé. Il est produit ''par'' la loi, ''dans'' le sujet qui la reconnaît : il est l'émotion propre de l'être raisonnable face à ce qui le dépasse en lui-même. « Une action accomplie par devoir tire sa valeur morale non pas du but qui doit être atteint par elle, mais de la maxime d'après laquelle elle est décidée »<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Delagrave, 1907 (1785), p. 18.</ref>. Autrement dit : ce qui compte n'est ni le résultat obtenu, ni le sentiment éprouvé, mais l'intention pure qui guide l'action. ====Le devoir réalise la liberté==== À première vue, le devoir paraît contraire à la [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]]. Être libre, n'est-ce pas faire ce qui nous plaît, sans contrainte ? Kant inverse cette intuition spontanée. Faire « ce qu'on veut », en réalité, c'est obéir à ses [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désirs]], à ses humeurs, à ses peurs, c'est subir des forces qui nous traversent sans que nous les ayons choisies. Le fumeur qui ne peut s'empêcher de fumer n'est pas libre : il est l'esclave de son envie. Cette servitude aux penchants, Kant la nomme ''hétéronomie'' (du grec ''heteros'', autre, et ''nomos'', loi) : recevoir sa loi d'un autre que soi. La véritable liberté, à l'inverse, est l'[[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|autonomie]] : la capacité d'agir selon la loi que ma [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]] me donne à moi-même. En obéissant à l'impératif catégorique, je n'obéis à personne d'autre qu'à moi, non pas mon moi empirique, capricieux et changeant, mais mon moi rationnel, qui légifère universellement. Le devoir, loin d'être une chaîne, est ce par quoi nous nous arrachons à la mécanique des inclinations pour devenir, au sens fort du mot, des sujets<ref>Allen W. Wood, ''Kantian Ethics'', Cambridge, Cambridge University Press, 2008, chap. 6.</ref>. ====Le devoir et le bonheur==== Reste une difficulté qu'il serait malhonnête de masquer. Le devoir peut entrer en conflit avec notre [[Dictionnaire de philosophie/Bonheur|bonheur]]. Tenir parole quand cela nous coûte, refuser un mensonge avantageux, secourir un inconnu au prix de notre confort : voilà des situations où la moralité commande contre l'intérêt immédiat. Kant ne le nie pas. Mais il refuse de céder. La morale, pour lui, n'est pas un chemin vers le bonheur ; elle est ce qui nous rend ''dignes'' du bonheur. À ce stade, sa pensée s'aventure plus loin. La raison pratique, dit-il, nous oriente vers le ''souverain bien'' : l'union, à terme, de la vertu et du bonheur, la vertu en étant la condition. Mais comment penser qu'une telle harmonie soit possible dans un monde où, manifestement, les justes souffrent et les injustes prospèrent ? Pour rendre cette espérance cohérente, Kant introduit deux ''postulats'' de la raison pratique. D'une part, l'immortalité de l'[[Dictionnaire de philosophie/Âme|âme]], parce que la perfection morale est un idéal vers lequel une vie humaine finie ne saurait progresser indéfiniment. D'autre part, l'existence de Dieu, qui peut seul garantir qu'à la fin la vertu et le bonheur s'accordent<ref>Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pratique'', Dialectique, livre II, chap. II, trad. F. Picavet, Paris, PUF, 1965 (1788).</ref>. Ces postulats ne ''fondent'' nullement la loi morale. Celle-ci s'impose par la seule raison pure, et obligerait jusqu'à un [[Dictionnaire de philosophie/Athéisme|athée]]. Les postulats ne font qu'accompagner l'''espérance'' liée au souverain bien. Le devoir, lui, vaudrait quand bien même il n'y aurait ni Dieu ni vie future. C'est en ce sens que la morale kantienne est, à proprement parler, ''autonome'' : elle ne tire sa force d'aucune promesse, d'aucune sanction, d'aucune providence extérieure. Elle parle, en chaque être humain, de la voix nue de la raison. ===L'éthique aristotélicienne de la vertu=== Imaginons cette scène. Un musicien, à la fin d'un long concert, joue encore avec aisance, avec joie même, ce que des heures de fatigue auraient dû lui rendre impossible. Comment ? Parce qu'il a appris à le faire depuis des années, jour après jour. La musique est devenue chez lui une seconde nature. C'est, à peu de chose près, l'idée qu'[[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]] (384-322 av. J.-C.) se fait de la vertu. Dans son ''[[s:Éthique à Nicomaque|Éthique à Nicomaque]]'', Aristote ne pense la morale ni comme une obéissance à des commandements, ni comme un calcul d'intérêts. Elle est d'abord une affaire de caractère. Au centre de sa réflexion ne se trouvent ni la loi ni le devoir, mais deux notions grecques qu'il faut éclairer tout de suite : l{{'}}''arétè'' (l'excellence, ou la vertu) et l'''eudaimonia'' (le bonheur, mais plus profondément encore l'épanouissement, la « vie réussie »). Parler de « devoir » à propos d'Aristote serait en partie anachronique : ce mot, au sens où nous l'employons depuis Kant, lui est étranger. Ce qu'il cherche n'est pas la règle qui m'oblige, mais la vie qui vaut d'être vécue et la sorte d'homme qu'il faut devenir pour la vivre. ====La vertu comme disposition acquise==== Aristote part d'une observation simple : nous ne naissons ni courageux, ni [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justes]], ni tempérants. Aucun enfant n'arrive au monde équipé de vertus toutes faites. Comment alors le devenir ? Par l'habitude. La formule est célèbre, et mérite qu'on s'y arrête : c'est en accomplissant des [[Dictionnaire de philosophie/Action|actions]] justes que nous devenons justes, en agissant courageusement que nous devenons [[Dictionnaire de philosophie/Courage|courage]]ux, en pratiquant la modération que nous devenons tempérants<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', II, 1, 1103a-b.</ref>. Le rapprochement avec l'apprentissage d'un [[Dictionnaire de philosophie/Art (introduction)|art]] n'est pas une analogie superficielle, c'est Aristote lui-même qui l'établit : c'est en jouant de la flûte qu'on devient flûtiste, en construisant des maisons qu'on devient architecte. De même pour la vertu. L'enfant à qui l'on apprend à partager, à tenir parole, à maîtriser sa colère, ne fait pas que se conformer à des règles imposées de l'extérieur ; peu à peu, ces conduites s'inscrivent en lui, deviennent une part de ce qu'il est. Aristote nomme cette seconde nature ''hexis'', mot grec souvent traduit par « disposition stable », ou « habitus ». La vertu n'est ni un acte isolé ni un sentiment passager : elle est une manière d'être durable, qui rend l'action bonne presque spontanée. L'homme vertueux, dit-il, trouve même un plaisir propre à agir bien. Mais ce plaisir n'efface ni l'effort qui l'a précédé, ni la rationalité qui le guide : la vertu reste une disposition raisonnée, acquise par l'exercice et orientée par cette intelligence pratique dont nous parlerons plus loin<ref>Pierre Aubenque, ''La prudence chez Aristote'', Paris, PUF, 1963.</ref>. Notons-le bien : cette conception renverse une intuition très répandue. Beaucoup pensent qu'on est généreux ou avare « par nature », courageux ou couard par tempérament. Aristote répond : nous le ''devenons'', par nos actes répétés. Chacun, en un sens, se sculpte lui-même. ====Le juste milieu==== Vient alors la formule la plus célèbre d'Aristote, et aussi la plus souvent mal comprise : la vertu est un ''juste milieu'' entre deux excès. Prenons le courage. Il n'est pas l'absence de peur, ce serait de la témérité, voire de l'inconscience. Il n'est pas non plus la fuite devant le danger, ce serait la lâcheté. Il est cet équilibre, parfois invisible, qui consiste à craindre ce qui doit être craint, autant qu'il faut le craindre, et à agir malgré tout. Le pompier qui entre dans l'immeuble en flammes n'est pas un homme sans peur ; c'est un homme qui a appris à faire ce que la situation exige ''malgré'' la peur. De même, la tempérance se tient entre l'insensibilité (ne plus rien désirer, devenir indifférent aux plaisirs ordinaires) et l'intempérance (se laisser déborder par eux). La générosité s'établit entre l'avarice et la prodigalité. Attention cependant à ne pas se méprendre : ce milieu n'est pas une moyenne arithmétique. Si la portion idéale est de dix bouchées pour l'un, elle peut en être vingt pour un athlète. Aristote précise : il s'agit d'une médiété ''relative à nous'', déterminée selon les circonstances, selon la personne, selon le moment. La règle ne s'applique pas mécaniquement ; elle se détermine par discernement dans chaque situation, sous le regard de l'homme prudent<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', II, 6, 1106b36-1107a2.</ref>. ====La prudence (''phronesis'')==== Voilà pourquoi la vertu morale ne peut se passer d'une vertu de l'intelligence, que les Grecs nommaient ''phronesis''. Le mot, souvent rendu en français par « prudence » ou « sagesse pratique », ne désigne pas du tout la timidité ou la précaution craintive auxquelles nous l'associons spontanément. Il désigne la capacité à bien délibérer, à percevoir, dans la situation particulière où je me trouve, l'action juste à accomplir. Imaginons un médecin. Connaître la médecine en général ne suffit pas : il faut savoir, devant ''ce'' patient-ci, quel traitement appliquer, à quelle dose, à quel moment. C'est exactement le rôle de la prudence dans la vie morale. Un même geste, dire la [[Dictionnaire de philosophie/Vérité|vérité]], par exemple, peut être courageux dans une circonstance et cruel dans une autre. Aucun manuel de morale ne fournira la règle de son application : c'est la ''phronesis'' qui, à chaque fois, l'ajuste. Aristote la définit comme « une disposition rationnelle vraie, capable d'agir, dans la sphère de ce qui est bon ou mauvais pour un être humain »<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', VI, 5, 1140b4-6.</ref>. Disposition, donc : c'est, là encore, une seconde nature, qui s'acquiert par l'expérience. Le jeune homme peut être savant en mathématiques, écrit Aristote, mais difficilement prudent : la prudence demande du temps, des situations traversées, une mémoire de ce qui a réussi et de ce qui a échoué. On ne devient prudent qu'en vivant. ====Le bonheur comme fin dernière==== Reste la grande question, celle par laquelle s'ouvre toute l'éthique aristotélicienne : pourquoi être vertueux ? À cette interrogation, Aristote ne donne pas du tout la réponse kantienne. Là où Kant dira : « parce que la raison te l'ordonne, indépendamment de toute considération de bonheur », Aristote répond : « parce que c'est ainsi que tu seras heureux ». L'écart entre les deux conceptions est immense, et il faut le comprendre exactement. La vie vertueuse n'est pas, pour Aristote, un sacrifice pénible imposé contre nos [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désirs]]. Elle est l'accomplissement même de notre [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|nature]], nature qu'il définit comme rationnelle et sociale. L'être humain est « animal raisonnable » et « animal politique » ; il se réalise pleinement en menant une vie où la [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]] guide l'action et où l'on vit avec autrui dans la cité. La vertu n'est donc pas un simple moyen d'atteindre une autre chose qu'on appellerait « bonheur » : elle est une part constitutive de ce bonheur. Aristote écrit que « le bien pour l'homme consiste en une activité de l'âme en accord avec la vertu »<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', I, 7, 1098a16-18.</ref>. Faut-il pour autant idéaliser cette conception ? Aristote, philosophe lucide, s'en garde. Il reconnaît que le bonheur véritable suppose aussi un certain nombre de biens extérieurs : une santé acceptable, des ressources suffisantes, des amitiés, des conditions politiques favorables. Sans eux, l'exercice de la vertu reste possible mais devient difficile. On peut être généreux dans la pauvreté, mais on l'est plus aisément à l'abri du besoin. C'est sur ce point qu'Aristote se sépare nettement des stoïciens, qui soutiendront au contraire que la vertu suffit à elle seule au bonheur, quelles que soient les circonstances. Aristote distingue enfin deux figures de la vie réussie. Il y a la vie pratique vertueuse, tournée vers l'action morale et politique : celle de l'homme juste, du bon citoyen, du gouvernant éclairé. Et il y a la vie contemplative (''theoria''), tout entière consacrée à la [[Dictionnaire de philosophie/Connaissance|connaissance]] désintéressée du vrai. C'est à cette dernière qu'il réserve, dans les derniers livres de l'''Éthique à Nicomaque'', la forme la plus haute de l'accomplissement humain, celle qui rapproche le plus, dit-il, notre vie de celle des dieux<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', X, 7-8 ; Rosalind Hursthouse, ''On Virtue Ethics'', Oxford, Oxford University Press, 1999 ; Alasdair MacIntyre, ''After Virtue'', Notre Dame, University of Notre Dame Press, 1981.</ref>. ===Hegel : du devoir abstrait à l'éthicité concrète=== [[s:Auteur:Georg Wilhelm Friedrich Hegel|Georg Wilhelm Friedrich Hegel]] (1770-1831) critique la conception kantienne du devoir qu'il juge trop [[Dictionnaire de philosophie/Abstraction|abstraite]] et formelle. Dans ses ''Principes de la philosophie du droit'' (1820), il distingue trois sphères. ''Le [[Dictionnaire de philosophie/Droit|droit]] abstrait'' : la sphère de la propriété et du contrat, où l'individu est reconnu comme personne juridique. ''La moralité'' (''Moralität'') : la sphère de la [[Manuel de terminale de philosophie/Conscience|conscience]] morale subjective, du devoir intérieur, telle que Kant l'a conçue. Pour Hegel, cette sphère reste insuffisante car elle demeure abstraite et individuelle. ''L'éthicité'' (''Sittlichkeit'') : la sphère des institutions concrètes (famille, société civile, [[Manuel de terminale de philosophie/État|État]]) où le devoir trouve son contenu effectif. Dans l'éthicité, l'individu n'accomplit pas ses devoirs par contrainte intérieure abstraite. Il les reconnaît comme siens en s'identifiant aux institutions historiques et rationnelles auxquelles il appartient. L'éthicité ne se réduit pas pour autant à un conformisme social : elle suppose une rationalité interne aux institutions, qui les rend dignes d'être reconnues, et où la [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]] du sujet et l'ordre collectif peuvent réellement se rejoindre<ref>Jean-François Kervégan et Gilles Marmasse (dir.), ''Hegel penseur du droit'', Paris, CNRS Éditions, 2004 ; Jean-François Kervégan, ''L'effectif et le rationnel. Hegel et l'esprit objectif'', Paris, Vrin, 2007.</ref>. Il faut insister sur un point souvent mal compris. Lorsque Hegel parle de « l'État rationnel » dans lequel le citoyen reconnaît ses devoirs comme siens, il ne désigne pas n'importe quel État empiriquement existant. Il vise un État dont l'organisation incarne effectivement la rationalité de la liberté : reconnaissance des personnes, séparation des moments de la vie éthique, articulation entre l'individu et l'universel. Sans cette précision, la philosophie hégélienne du droit risquerait de se confondre avec une justification de l'ordre établi, lecture que Hegel récuse expressément. Sa formule célèbre, « ce qui est rationnel est effectif, et ce qui est effectif est rationnel »<ref>G. W. F. Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'', Préface, trad. J.-F. Kervégan, Paris, PUF, « Quadrige », 2013.</ref>, ne sanctifie pas l'existant : elle distingue, dans le réel, ce qui mérite le nom d'effectivité de ce qui n'en a que l'apparence. Hegel ne propose pas une simple réconciliation entre devoir et inclination. Il opère ce qu'il nomme une ''Aufhebung'', mot allemand difficile à traduire qui réunit trois sens à la fois : supprimer, conserver et élever. La morale kantienne est ainsi dépassée sans être abolie : ses exigences les plus hautes (l'autonomie, l'universalité) sont conservées, mais transposées dans le cadre des institutions concrètes où elles trouvent un contenu effectif. Cela ne signifie pas que l'État résoudrait par lui-même tous les conflits possibles entre l'[[Dictionnaire de philosophie/Individu|individu]] et la société : Hegel reconnaît la possibilité de tensions, et les analyses du chapitre sur la société civile montrent qu'elle produit ses propres déséquilibres. Pour Hegel, le devoir bien compris ne s'oppose pas aux inclinations : la disposition éthique consiste à reconnaître dans l'accomplissement de ses devoirs la réalisation de son intérêt propre. Dans l'État rationnel, le citoyen accomplit ses devoirs non comme un sacrifice imposé du dehors mais en réalisant sa propre liberté<ref>Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'', § 147 et § 150.</ref>. ===Rousseau : le citoyen et la volonté générale=== [[s:Auteur:Jean-Jacques Rousseau|Jean-Jacques Rousseau]] (1712-1778), dans ''[[s:Du contrat social|Du Contrat social ]](1762), pense le devoir politique à partir de la notion de volonté générale. ====Le contrat social==== Par le contrat social, chaque individu s'associe avec tous les autres en mettant « en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale »<ref>Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'', livre I, chapitre 6.</ref>. Cette [[Dictionnaire de philosophie/Aliénation|aliénation]] totale de chacun crée un corps politique dont chaque membre est à la fois citoyen (participant au pouvoir souverain) et sujet (soumis aux lois). ====La volonté générale==== La volonté générale ne se confond pas avec la simple addition des intérêts particuliers ; elle exprime ce qui peut valoir comme intérêt commun, une fois écartées les considérations purement privées qui s'opposent les unes aux autres<ref>Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'', livre II, chapitre 3.</ref>. Elle vise toujours le bien commun et reste « toujours droite » lorsqu'elle est correctement formée. Rousseau distingue cependant la rectitude de la volonté générale et la justesse du jugement du peuple : le peuple veut toujours son bien, mais il peut se tromper sur ce bien. La volonté générale n'est donc pas l'opinion majoritaire immédiate ; elle suppose des conditions de délibération, d'information et d'[[Dictionnaire de philosophie/Égalité|égalité]] qui ne sont pas toujours réunies. Le devoir du citoyen consiste à obéir aux lois qui expriment la volonté générale. Cette obéissance constitue l'exercice même de sa liberté, puisqu'il obéit à des lois qu'il a lui-même contribué à établir : « l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté »<ref>Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'', livre I, chapitre 8.</ref>. Quiconque refuse d'obéir à la volonté générale peut y être contraint par le corps politique, « ce qui ne signifie autre chose sinon qu'on le forcera d'être libre »<ref>Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'', livre I, chapitre 7.</ref>. Cette formule fameuse a souvent été lue comme l'aveu d'un autoritarisme caché : comment forcer quelqu'un à être libre ne serait-il pas une contradiction, voire la justification de toutes les tyrannies prétendant émanciper ceux qu'elles soumettent ? Cette interprétation manque le sens du texte. Pour Rousseau, le citoyen qui refuse d'obéir à la volonté générale ne défend pas sa liberté contre l'oppression : il défend sa volonté particulière contre sa propre volonté de citoyen, celle qu'il a engagée par le pacte. Il préfère son intérêt privé à l'intérêt qu'il a, en tant que membre du corps politique, à voir respecter la loi. La contrainte exercée par la communauté n'introduit donc rien d'extérieur ; elle rappelle l'individu à sa propre volonté législatrice. Mais cela suppose, condition essentielle, que la loi en question soit véritablement issue d'une volonté générale, formée dans les conditions de publicité, d'égalité et de délibération que Rousseau spécifie ailleurs. Sans cette condition, la formule deviendrait effectivement le masque d'une oppression. Rousseau l'avait prévu : « la force ne fait pas droit ». ===Le stoïcisme : action appropriée et accord avec la nature=== Aristote nous proposait une vie épanouie par l'exercice des vertus. Kant nous commandait d'obéir, par devoir, à la loi morale que notre raison se donne. Voici une troisième conception du devoir, élaborée par les philosophes stoïciens. Le courant traverse plusieurs siècles : de Zénon de Cition (v. 334-262 av. J.-C.), fondateur de l'école à Athènes, à [[s:Auteur:Épictète|Épictète]] (v. 50-v. 135 ap. J.-C.) et à [[s:Auteur:Marc Aurèle|Marc Aurèle]] (121-180 ap. J.-C.) dans le monde romain. Pour ces penseurs, accomplir son devoir, c'est vivre en accord avec l'ordre rationnel qui gouverne le cosmos. Le précepte fondamental tient en une formule : « vivre en accord avec la nature ». Encore faut-il s'entendre sur le mot. La « nature » dont parlent les stoïciens n'est ni la nature romantique des paysages sauvages, ni notre nature individuelle au sens de nos penchants. Elle désigne l'ordre rationnel qui structure l'univers, ce que les Grecs nommaient le ''logos''. Or l'être humain, parce qu'il est doté de raison, participe lui aussi de cet ordre. Vivre selon la nature, pour un homme, c'est donc vivre selon sa [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]]<ref>Voir Maxime Kristanek, « Stoïcisme (A) », ''L'Encyclopédie philosophique'', [https://encyclo-philo.fr/item/1681], consulté en 2025 ; Pierre Hadot, ''Qu'est-ce que la philosophie antique ?'', Paris, Gallimard, 1995.</ref>. C'est sur ce socle que se construit la conception stoïcienne du devoir : si l'univers est régi par une raison qui me traverse, mon devoir consiste à m'accorder à elle. Le mot grec qui dit le devoir, chez les stoïciens, est ''kathêkon'', traduit en français par « action appropriée » ou « devoir convenable ». Il désigne ce que la situation requiert d'un être raisonnable, compte tenu du rôle qu'il occupe. Père, citoyen, ami, professeur, élève : chacun a, dans la trame du monde, une place où des actions appropriées s'imposent à lui. Mon devoir n'est donc pas séparé de ma situation concrète ; il l'épouse. Il consiste à faire ce que mon rôle, ici et maintenant, demande de moi. On voit aussitôt que le stoïcisme n'est pas, comme on le caricature parfois, la doctrine d'une acceptation passive du destin. Il est aussi un engagement, à la fois familial, social et politique. Les stoïciens précisent toutefois qu'il y a une différence entre l'action appropriée, accessible à l'homme ordinaire qui s'efforce de suivre la raison, et l'action parfaitement droite (''katorthôma''), accomplie en toute connaissance et avec une disposition stable, qui n'est l'apanage que du sage. Le devoir stoïcien admet ainsi des degrés : on peut le remplir imparfaitement, et c'est déjà progresser. ====Ce qui dépend de nous==== Reste à savoir où porter mon effort. Cette question conduit à la distinction la plus célèbre du stoïcisme, formulée par Épictète à l'ouverture de son ''Manuel'' : « parmi les choses qui sont, les unes dépendent de nous, les autres n'en dépendent pas »<ref>Épictète, ''Manuel'', § 1.</ref>. Que dépend-il de nous ? Très peu, à vrai dire : nos jugements, nos désirs, nos refus, en somme la manière dont notre raison réagit à ce qui survient. Que ne dépend-il pas de nous ? Presque tout : notre corps, notre santé, nos biens, notre réputation, l'opinion d'autrui, notre destinée elle-même. Cette distinction n'est pas un détour : elle délimite le territoire même du devoir. Car on ne peut être obligé qu'à ce qu'on peut faire. Là où l'action est en notre pouvoir, le devoir s'impose pleinement ; là où elle nous échappe, il cesse, et seule la sérénité demeure. Combien d'inquiétudes, dans nos journées, portent sur des choses qui ne dépendent pas de nous ? L'opinion qu'un camarade a de nous, le résultat d'un examen une fois la copie rendue, l'attitude d'un proche, le temps qu'il fait : autant d'objets sur lesquels la raison stoïcienne nous invite à relâcher prise. Non par fatalisme ni par indifférence : car ce qui dépend de nous, c'est précisément le jugement que nous portons sur ces choses, et la manière dont nous y répondons. Une image résume cette éthique du devoir : celle de l'archer, chère aux stoïciens. Le bon archer fait tout ce qui dépend de lui : il tend correctement son arc, il vise avec soin, il choisit son moment. Mais une fois la flèche partie, un coup de vent peut la dévier. Que la flèche atteigne ou manque la cible relève de circonstances extérieures. Le devoir stoïcien tient tout entier dans l'attention donnée à ce qu'on peut maîtriser, et dans la paix de l'âme face à ce qui nous échappe. Mon devoir n'est pas de réussir, il est de bien viser. ====Les devoirs sociaux==== Si le devoir stoïcien s'enracine dans la raison cosmique, il prend pourtant chair dans la vie en société. C'est ce que Marc Aurèle, empereur de Rome et philosophe, ne cesse de rappeler à lui-même dans ses ''Pensées'', journal personnel qu'il rédigeait le soir, sous la tente, entre deux campagnes militaires aux frontières de l'Empire. Chacun, dit-il, a un rôle à tenir dans l'ordre du monde. Et ce rôle se déploie en quatre vertus cardinales : la [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]] envers nos semblables, le [[Dictionnaire de philosophie/Courage|courage]] face aux épreuves, la tempérance dans nos désirs, la prudence dans nos décisions<ref>Marc Aurèle, ''Pensées pour moi-même'', livres II et VIII. Traduction d'Émile Bréhier dans ''Les Stoïciens'', Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1962.</ref>. Ces quatre vertus, déjà élaborées par Platon dans la ''République'', reçoivent chez les stoïciens leur forme la plus systématique, avant d'être reprises par la tradition chrétienne, notamment par Thomas d'Aquin. Elles forment la matière concrète du devoir stoïcien. Un point mérite d'être souligné pour finir, car le stoïcisme est parfois caricaturé en doctrine de la résignation. Accepter intérieurement sa condition, par un travail du jugement qui dépend de nous, n'est pas approuver les institutions qui la produisent, ce qui est une tout autre question. Le devoir stoïcien ne fait pas de la raison un instrument de conservation sociale. Épictète lui-même, qui fut esclave avant d'être affranchi, en témoigne. Sa philosophie l'a rendu intérieurement libre face à un sort qu'il ne pouvait changer. Elle ne lui a jamais commandé de trouver l'esclavage juste. Penser comme un sage n'est pas approuver tout ce qui existe : c'est aussi conserver, dans la paix de l'âme, la capacité d'interroger ce qui mérite d'être. ===Spinoza : le conatus et l'éthique=== [[s:Auteur:Baruch Spinoza|Baruch Spinoza]] (1632-1677) propose dans son ''Éthique'' une conception qui s'éloigne de la morale traditionnelle de l'obligation. Spinoza ne dissout pas pour autant toute distinction entre [[Dictionnaire de philosophie/Bien|bien]] et mal : il en transforme le sens, en les rapportant à la puissance d'agir des êtres et non à un ordre transcendant. ====Le conatus==== Pour Spinoza, « chaque chose, autant qu'il est en elle, s'efforce de persévérer dans son être »<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', III, proposition 6.</ref>. Ce principe, appelé ''conatus'', constitue l'essence même de chaque être. L'homme n'agit pas par devoir imposé de l'extérieur mais par l'effort naturel de persévérer dans son être et d'augmenter sa puissance d'agir. Cet effort n'est pas un acte volontaire ou conscient ajouté à la [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|nature]] de l'[[Dictionnaire de philosophie/Individu|individu]] ; il exprime cette nature elle-même. ====Bien et mal, liberté et nécessité==== Pour Spinoza, les notions traditionnelles de bien et de mal n'ont pas de fondement transcendant. Mais elles conservent une signification rationnelle relative : est dit ''bon'' ce qui augmente la puissance d'agir d'un individu, ''mauvais'' ce qui la diminue. Le bien est « ce que nous savons avec certitude être un moyen de nous rapprocher de plus en plus du modèle de la nature humaine que nous nous proposons »<ref>Baruch Spinoza, ''Éthique'', IV, préface.</ref>. La morale spinoziste n'est donc pas une absence de norme, mais une réorientation des normes : elles cessent d'être des commandements extérieurs pour devenir l'expression rationnelle de notre puissance. On parle alors d'une morale ''immanente'', c'est-à-dire qui ne procède pas d'une instance extérieure ou supérieure, mais des effets concrets que les [[Dictionnaire de philosophie/Action|actions]] produisent sur notre puissance d'agir. La [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]] ne consiste pas à obéir à un devoir moral transcendant, mais à comprendre la nécessité qui nous détermine et à agir selon la raison plutôt que selon les passions. Le sage spinoziste, guidé par la connaissance adéquate, reconnaît que les autres hommes raisonnables augmentent sa propre puissance d'agir : la coopération rationnelle et la joie partagée sont des conditions de l'augmentation du ''conatus''. Spinoza ne prône donc nullement un égoïsme ignorant [[Autrui|autrui]], mais une éthique rationnelle où l'intérêt bien compris coïncide avec la vie sociale<ref>Pierre-François Moreau, ''Spinoza et le spinozisme'', Paris, PUF, 2003.</ref>. ===Hume et le sentiment moral=== Imaginons une scène. Nous assistons, dans la rue, à un acte de cruauté gratuite envers un animal. Avant même d'avoir le [[Manuel de terminale de philosophie/Temps|temps]] de réfléchir, nous éprouvons un mouvement de désapprobation, presque physique, qui nous saisit. D'où vient ce jugement moral ? D'un raisonnement, comme le pensent les rationalistes ? Ou de quelque chose qui parle en nous avant la [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]] ? C'est à cette question que répond David Hume (1711-1776), philosophe écossais des Lumières. Sa thèse, formulée dans le ''Traité de la [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|nature]] humaine'' (1739-1740) puis reprise dans l'''Enquête sur les principes de la morale'' (1751), peut sembler paradoxale : la morale, et le devoir qu'elle implique, ne reposent pas sur la [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]], mais sur les sentiments. ====La raison ne suffit pas à fonder le devoir==== Hume part d'une observation simple, dont la portée est considérable. La raison, dit-il, est ''inerte'' : elle peut établir des faits, calculer des conséquences, repérer des contradictions, mais elle ne peut, à elle seule, nous pousser à agir. Savoir qu'un comportement est dangereux ne suffit pas à m'en éloigner si je ne crains pas le danger. Constater qu'une action est cruelle ne me commande rien si la cruauté ne m'affecte pas. Ce qui meut l'action, ce sont nos passions, nos désirs, nos sentiments, en somme cette part affective de nous-mêmes que la tradition rationaliste plaçait au-dessous de la raison. D'où la formule provocante du ''Traité'' : « la raison est et ne peut être que l'esclave des passions »<ref>David Hume, ''Traité de la nature humaine'', livre II, troisième partie, section III ; trad. J.-P. Cléro, Paris, GF-Flammarion, 1991 (1739-1740).</ref>. Loin d'inviter à l'irrationalité, cette phrase signifie que la raison joue le rôle d'un instrument au service de fins que, seules, les passions peuvent nous donner. On voit alors quelle conséquence Hume tire pour la notion de devoir. Si la raison ne peut, à elle seule, mouvoir l'action, elle ne peut non plus, à elle seule, nous obliger. Le devoir ne peut être un pur commandement rationnel ; il doit s'enraciner dans quelque chose qui nous touche. Hume formule cette idée dans son passage le plus commenté de la philosophie morale : on ne peut, dans un raisonnement, passer du « ce qui est » au « ce qui doit être » sans introduire quelque part une dimension qui n'est pas purement factuelle<ref>David Hume, ''Traité de la nature humaine'', livre III, première partie, section I, ''in fine'' ; trad. P. Saltel, Paris, GF-Flammarion, 1993.</ref>. Aucun « il faut » ne se déduit d'un simple « il est ». Cette remarque, qu'on appelle parfois la « loi de Hume », continue d'occuper la réflexion morale contemporaine. ====Le sentiment moral et la sympathie==== Si le devoir ne vient pas de la raison pure, d'où vient-il alors ? D'une faculté propre à l'être humain, que Hume nomme le ''sentiment moral''. Lorsque nous contemplons une action généreuse, nous éprouvons un plaisir particulier qui s'appelle approbation ; lorsque nous contemplons un acte cruel, une déplaisance qui s'appelle blâme. Ce ne sont pas là des conclusions de raisonnement, mais des réactions immédiates de notre nature affective. Encore faut-il expliquer pourquoi ces sentiments portent sur autrui et non sur notre seul intérêt. C'est ici qu'intervient une notion centrale chez Hume : la ''sympathie''. Le mot, chez lui, n'a pas tout à fait le sens qu'il a pris dans le français contemporain. Il ne désigne pas une affection pour autrui, mais une capacité originaire à ressentir ce que ressentent les autres, à entrer en résonance avec leurs états affectifs. Voir un enfant pleurer me fait quelque chose ; lire le récit d'une injustice m'émeut. C'est par cette communication sentimentale, presque contagieuse, que la conduite d'autrui me concerne moralement<ref>David Hume, ''Enquête sur les principes de la morale'' (1751), section V, trad. P. Saltel, Paris, GF-Flammarion, 1991.</ref>. Le devoir, chez Hume, n'est donc pas une exigence solitaire de la raison ; c'est ce que nos sentiments, élargis par la sympathie aux peines et aux joies d'autrui, finissent par exiger de nous. Insistons : la raison ne disparaît pas pour autant. Elle conserve un rôle indispensable. Elle nous éclaire sur les faits, fait connaître les conséquences probables de nos actions, nous aide à délibérer sur les moyens. Mais elle reste, selon Hume, au service de ce que le cœur sent comme bon ou mauvais. ====Vertus naturelles et vertus artificielles==== Cette description du jugement moral débouche, chez Hume, sur une distinction qui structure toute son éthique. Il distingue deux types de qualités que nous appelons morales. Les premières, qu'il nomme ''vertus naturelles'', sont celles qui produisent en nous une approbation immédiate, sans détour : la bienveillance, la générosité, la douceur, le [[Dictionnaire de philosophie/Courage|courage]]. Lorsque nous voyons un parent soigner son enfant malade, ou un ami consoler un proche dans la peine, nous approuvons spontanément, par la seule opération de la sympathie. Les secondes, qu'il appelle ''vertus artificielles'', sont d'une autre nature. La principale est la [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]], qui inclut chez Hume le respect de la propriété et la fidélité aux promesses. Que veut dire au juste « artificielles » ? Non que ces vertus seraient fausses ou superficielles, mais qu'elles ne s'imposent pas spontanément à notre approbation. Elles supposent une institution, une convention, une règle stable que les hommes ont peu à peu construite parce qu'ils en avaient besoin. Imaginons un monde où les biens seraient infinis : la règle de propriété perdrait son sens. Imaginons un monde où nous n'aurions jamais besoin d'autrui : tenir ses promesses cesserait d'être un devoir. Si la [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]] est un devoir, c'est parce que la rareté des biens et la nécessité de la coopération l'ont rendue indispensable à la vie commune. Cette analyse rapproche Hume des théories conventionnalistes du droit et de la morale, sans pour autant l'y confondre. Hume n'est pas un pur utilitariste : il ne réduit pas le bien à ce qui est utile. Le sentiment moral conserve chez lui une autonomie qui distinguera son éthique de celle des utilitaristes proprement dits, Jeremy Bentham et John Stuart Mill, qui viendront après lui. Le critère ultime de la moralité reste, pour lui, l'approbation que reçoit une conduite envisagée d'un « point de vue général », qui transcende nos intérêts particuliers. ====Que devient le devoir, chez Hume ?==== Reprenons le fil. Pour Kant, le devoir sera l'ordre que la raison pure se donne à elle-même, indépendamment de toute inclination. Hume, qui écrit pourtant près d'un demi-siècle plus tôt, aurait jugé cette idée inconcevable : la raison pure, indépendante des sentiments, ne pourrait nous obliger à rien. Le devoir, chez lui, ne tombe pas du ciel de la raison ; il monte de nos sentiments éclairés par la sympathie, et se stabilise, pour ce qui concerne la vie collective, dans les conventions sociales qu'imposent la rareté des biens et l'interdépendance des hommes. Avoir le sens du devoir, ce n'est pas écouter une voix abstraite ; c'est se laisser toucher par autrui et se conformer aux règles qu'une vie commune réussie demande de respecter. Cette conception du devoir a fait scandale à son époque, et continue d'interroger. Elle ne signifie pas que tout se vaut : Hume insiste sur le caractère stable, partagé, communicable du sentiment moral. Mais elle déplace le devoir, du domaine de la raison vers celui de notre humanité affective. La morale, chez Hume, n'est pas l'œuvre d'un être raisonnable abstrait ; elle est l'œuvre d'un être sensible, social, traversé par les passions, et qui découvre dans la sympathie pour ses semblables la racine de ses obligations. ===L'utilitarisme : Bentham et Mill=== L'utilitarisme propose une éthique conséquentialiste où l'action juste est celle qui produit le plus grand bien-être pour le plus grand nombre. Jeremy Bentham (1748-1832) en formule la version la plus directe : il s'agit de calculer la somme algébrique des plaisirs et des peines que les actions produisent, et d'agir de manière à maximiser le solde de plaisir<ref>Jeremy Bentham, ''An Introduction to the Principles of Morals and Legislation'', London, T. Payne, 1789, chap. I.</ref>. Bentham cherche à évaluer les plaisirs et les peines selon plusieurs critères, comme leur intensité, leur durée, leur certitude, leur proximité, leur fécondité, leur pureté et leur étendue. Sa conception du plaisir est essentiellement quantitative : c'est par la combinaison de ces critères mesurables que l'on apprécie la valeur d'une action. John Stuart Mill (1806-1873) reprend le principe d'utilité, mais introduit une distinction qualitative entre les plaisirs. Pour lui, certains plaisirs (intellectuels, esthétiques, moraux) sont supérieurs en qualité à d'autres (sensoriels), même si leur intensité est moindre<ref>John Stuart Mill, ''L'Utilitarisme'' (1861), trad. G. Tanesse, Paris, GF-Flammarion, 1988, chap. II.</ref>. Mill soutient en particulier que ceux qui ont fait l'expérience des deux genres de plaisirs préfèrent les plaisirs supérieurs : « il vaut mieux être un être humain insatisfait qu'un porc satisfait », écrit-il, formulant cette idée saisissante qu'il préfère à toute démonstration abstraite<ref>John Stuart Mill, ''L'Utilitarisme'' (1861), trad. G. Tanesse, Paris, GF-Flammarion, 1988, chap. II. La formule anglaise originale est : « it is better to be a human being dissatisfied than a pig satisfied ».</ref>. Mill défend par ailleurs des distinctions importantes entre la justice et l'utilité, et reconnaît la valeur de règles stables que l'on ne saurait réviser à chaque situation. Le devoir, dans cette perspective, ne consiste pas à suivre une règle abstraite, mais à viser, par nos actions et nos institutions, le bien-être collectif. ===Marx et la critique sociale du devoir=== Tous les auteurs précédents pensent le devoir depuis l'intériorité du sujet, qu'il soit individu rationnel, agent vertueux, citoyen, sage ou être sentant. Karl Marx (1818-1883) déplace la question en profondeur : il s'intéresse moins à ce que le devoir ''est'' qu'à la fonction sociale qu'il ''remplit''. Et il remarque que les obligations qui se présentent à nous comme universelles, allant de soi, expriment en réalité, le plus souvent, les intérêts d'un ordre social déterminé. Reprenons un exemple familier. Le « devoir de travailler » paraît évident, presque indiscutable. Pourtant, dans une société capitaliste, ce devoir prend une forme historique précise : il signifie vendre sa force de travail à qui possède les moyens de production. La même exigence aurait un tout autre sens dans une société d'artisans, de paysans propriétaires de leur terre, ou dans une communauté où les moyens de production seraient socialisés. L'universalité apparente du devoir masque alors une réalité historique et conflictuelle : la formule « il faut travailler » est neutre, mais son application concrète sert des intérêts qui ne sont pas neutres. Marx ne propose pas une « théorie morale » au sens classique ; il propose plutôt une ''critique'' des morales existantes. Dans ''L'Idéologie allemande'' (1845), il écrit avec Engels que « les idées de la classe dominante sont, à chaque époque, les idées dominantes »<ref>Karl Marx et Friedrich Engels, ''L'Idéologie allemande'' (1845-1846), trad. H. Auger, G. Badia, J. Baudrillard et R. Cartelle, Paris, Éditions sociales, 1968, p. 75.</ref>. Cela vaut pour les valeurs morales comme pour les autres représentations. Les devoirs familiaux, professionnels, patriotiques, économiques ne descendent pas d'un ciel intelligible : ils s'inscrivent dans des rapports sociaux historiquement constitués. Une morale qui présente comme universel ce qui est historique participe de ce que Marx nomme l'''idéologie'' : un système de représentations qui dissimule, sous le voile de l'évidence, les conditions matérielles qui le produisent. Trois questions émergent alors, qui prolongent la philosophie morale au lieu de la dissoudre : ''qui'' définit les devoirs ? ''Au nom de quoi'' ? ''Au profit de qui'' ? Une obligation peut être réelle sans être juste, universelle dans sa formulation sans l'être dans ses effets. La critique marxienne n'invite pas à renoncer à toute exigence morale : elle invite à interroger la généalogie sociale des exigences qui se présentent à nous comme évidentes. Cette ligne d'analyse a profondément marqué la pensée du XXe siècle. Émile Durkheim, dans une perspective différente, a montré dans ''De la division du travail social'' (1893) que les obligations morales sont des faits sociaux : leur force ne vient pas seulement de la conscience individuelle mais de la pression collective qui les soutient<ref>Émile Durkheim, ''De la division du travail social'' (1893), Paris, PUF, « Quadrige », 2007.</ref>. Michel Foucault, plus tard, analysera dans ''Surveiller et punir'' (1975) comment certains devoirs (de discipline, de productivité, d'auto-correction) sont produits par des dispositifs de pouvoir qui façonnent les corps et les conduites. Aucune de ces analyses ne suffit à elle seule à fonder une éthique ; toutes obligent la philosophie morale à ne plus parler du devoir comme s'il flottait hors de l'histoire et hors des rapports sociaux. ==Les enjeux philosophiques du devoir== ===Le devoir s'oppose-t-il au bonheur ?=== Cette question traverse toute l'histoire de la philosophie morale et oppose principalement Kant à Aristote. ''La position kantienne'' : pour Kant, le devoir peut entrer en conflit avec notre bonheur. La moralité exige parfois de sacrifier nos intérêts personnels. Kant pense néanmoins que la raison pratique nous permet d'espérer une harmonie entre vertu et bonheur, qu'il appelle souverain bien<ref>Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pratique'', Dialectique, livre II, chap. II, trad. F. Picavet, Paris, PUF, 1965 (1788).</ref>. ''La position aristotélicienne'' : pour Aristote, il n'y a pas d'opposition véritable entre vertu et bonheur. La vie vertueuse est elle-même la réalisation du bonheur humain. L'homme véritablement vertueux trouve du plaisir à accomplir des actions vertueuses. La vertu n'est pas un sacrifice mais un accomplissement. Cette opposition renvoie à des conceptions différentes du bonheur. Si l'on définit le bonheur comme la satisfaction de tous nos désirs immédiats, alors il peut entrer en conflit avec le devoir. Si l'on conçoit le bonheur comme l'accomplissement de notre nature rationnelle, alors devoir et bonheur convergent. ===Le devoir s'oppose-t-il à la liberté ?=== Cette question constitue un paradoxe apparent : comment peut-on être libre en obéissant à un devoir qui s'impose à nous ? ''L'autonomie kantienne'' : pour Kant, le devoir ne s'oppose pas à la liberté mais la réalise. Obéir au devoir, c'est obéir à la loi que notre propre raison nous prescrit. Cette autonomie (du grec ''autos'', soi-même, et ''nomos'', loi) constitue la véritable liberté, par opposition à l'hétéronomie qui consiste à être déterminé par des causes extérieures (désirs, pressions sociales, etc.)<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', section III, trad. V. Delbos, Paris, Librairie Delagrave, 1907 (1785).</ref>. ''La liberté positive'' : on peut distinguer la liberté négative (absence de contraintes externes) et la liberté positive (capacité de se déterminer soi-même selon la raison). Le devoir moral relève de cette liberté positive. Cette idée rejoint Rousseau, pour qui « l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté »<ref>Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'', livre I, chapitre 8.</ref>, tandis que Kant parle plutôt d'autonomie de la volonté. La parenté est réelle mais la perspective diffère : chez Rousseau, il s'agit d'une liberté politique dans l'ordre de la loi commune ; chez Kant, d'une liberté morale par laquelle la volonté rationnelle se donne à elle-même la loi. ''Le risque de l'aliénation'' : certains philosophes critiquent cette conception et y voient au contraire une forme d'aliénation. Obéir au devoir, ce serait renoncer à sa singularité au profit d'une loi universelle abstraite qui nie la diversité des individus et des situations. Cette objection, de Nietzsche à Foucault, mérite un examen propre : c'est l'objet de la section suivante. ===Le devoir peut-il être une forme d'aliénation ?=== Plusieurs traditions philosophiques retournent la perspective traditionnelle : et si le devoir, loin d'émanciper, était l'une des manières les plus efficaces d'asservir ? Cette objection mérite d'être prise au sérieux. ''Nietzsche : la mauvaise conscience.'' Dans ''[[s:La Généalogie de la morale|La Généalogie de la morale]]'' (1887), [[s:Auteur:Friedrich Nietzsche|Friedrich Nietzsche]] soutient que la morale du devoir, telle que l'Occident chrétien l'a forgée, est née d'un retournement contre soi. Les pulsions vitales qui ne pouvaient plus s'extérioriser, faute d'un dehors où s'exercer, se sont retournées contre l'individu lui-même : c'est ce qu'il nomme la « mauvaise conscience »<ref>Friedrich Nietzsche, ''La Généalogie de la morale'' (1887), deuxième dissertation, trad. P. Wotling, Paris, Le Livre de Poche, 2000.</ref>. Le « tu dois » de la morale du devoir intériorise une cruauté qui ne peut plus s'exercer au-dehors. Nietzsche n'invite pas pour autant à un simple débridement des instincts ; il invite à inventer une morale qui ne se nourrisse plus du ressentiment. ''Freud : surmoi et culpabilité.'' [[s:Auteur:Sigmund Freud|Sigmund Freud]], qui rejoint Nietzsche sur ce point sans toujours s'y référer explicitement, développe une intuition voisine dans ''Le Malaise dans la culture'' (1930). Le sentiment de devoir, écrit-il, s'enracine dans l'instance qu'il appelle le ''surmoi'' : c'est l'intériorisation des figures parentales et sociales, qui exerce sur le sujet une pression d'autant plus implacable que la civilisation est exigeante. Plus nous renonçons à nos pulsions, plus le surmoi se renforce et plus la culpabilité s'accroît, sans rapport nécessaire avec une faute réelle. La morale du devoir, sans être supprimée, est replacée dans une économie psychique qui en éclaire le coût. ''Marx et Foucault : la production sociale du devoir.'' Comme nous l'avons vu plus haut, Marx montre que les devoirs s'inscrivent dans des rapports sociaux historiquement constitués. Michel Foucault, dans ''Surveiller et punir'' (1975), puis dans ses analyses des techniques de pouvoir qui s'exercent sur les corps et la conduite des populations, étudie les ''dispositifs'' qui produisent, à travers l'école, l'usine, la caserne, l'hôpital, un sujet « docile et utile »<ref>Michel Foucault, ''Surveiller et punir. Naissance de la prison'', Paris, Gallimard, 1975.</ref>. Le devoir n'est plus seulement un commandement de la raison ou une exigence sociale : il est aussi un effet de pouvoir, dont il s'agit de comprendre les conditions de production. Ces critiques ne réfutent pas, à proprement parler, l'idée de devoir. Elles refusent une conception naïve, qui prendrait la voix de la [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|conscience]] pour une instance pure, étrangère à toute histoire et à tout rapport de pouvoir. Une réflexion morale lucide doit intégrer cette dimension critique : tout devoir mérite d'être interrogé sur son origine, ses effets et les intérêts qu'il sert. Cela ne conduit pas à l'amoralisme, mais à une morale réfléchie, qui n'identifie pas la conscience à la [[Dictionnaire de philosophie/Vérité|vérité]]. ===Peut-on fonder le devoir ?=== Jusqu'ici, nous avons examiné les grandes conceptions du devoir : celui de [[s:Auteur:Emmanuel Kant|Kant]], d'[[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]], des stoïciens, de [[s:Auteur:David Hume|Hume]]. Toutes répondaient à une question pratique : ''quels sont mes devoirs ?'' Reste une autre question, plus en amont : ''pourquoi y aurait-il des devoirs, et sur quoi reposeraient-ils ?'' Quand je dis « il faut tenir une promesse », sur quoi cette obligation repose-t-elle ? Sur un fait objectif que je découvrirais ? Sur un accord entre les hommes ? Sur une simple expression de mes sentiments ? Cette interrogation, qu'on appelle aujourd'hui la question du ''fondement'' du devoir, ou plus largement de la ''métaéthique'', oppose plusieurs grandes familles de positions. Les distinctions présentées ci-dessous ne sont pas toutes exigibles au baccalauréat, mais elles dessinent la carte des réponses possibles. Pour rendre cette diversité concrète, gardons le même exemple tout au long du parcours : ''faut-il toujours tenir une promesse ?'' Chaque théorie y répondra à sa manière, et c'est en confrontant ces réponses qu'on saisira ce qui les sépare. ====Le réalisme moral : les devoirs existent dans le monde==== Le ''réalisme moral'' soutient que les devoirs existent objectivement, indépendamment de nos [[Dictionnaire de philosophie/Croyance|croyances]] et de nos [[Dictionnaire de philosophie/Convention|conventions]], et que nous pouvons les connaître. Quand on dit « il faut tenir ses promesses », on énonce, selon le réaliste, quelque chose qui est vrai au même titre que « l'eau bout à cent degrés ». La proposition correspond à un fait, même si ce fait n'est pas de même nature qu'un fait physique. Reste à savoir d'où vient cette objectivité. Le réalisme se décline alors en plusieurs variantes, selon le fondement qu'il propose. ''Le fondement par la nature humaine.'' Pour Aristote et la tradition qui s'en réclame, nos devoirs découlent de ce que nous sommes : des êtres rationnels et sociaux. Tenir parole, par exemple, exprime la vertu de fidélité, sans laquelle aucune vie commune ne tient longtemps. Le devoir est inscrit dans notre nature. Cela ne signifie pas qu'il soit rigide : l'homme prudent, le ''phronimos'', sait reconnaître les circonstances où une promesse devenue absurde ou injuste cesse d'obliger. Si j'ai promis à un [[Dictionnaire de philosophie/Amitié|ami]] de l'aider à déménager le samedi, et que ce même samedi son père est hospitalisé en urgence, la promesse cède devant un bien plus grand. ''Le fondement par la raison pure.'' Pour Kant, le devoir tient sa force d'une procédure rationnelle : l'universalisation. Une [[Dictionnaire de philosophie/Action|action]] est moralement obligatoire si la maxime qui la guide peut être voulue par tout être raisonnable. La fausse promesse en fournit l'exemple type : si chacun promettait sans intention de tenir, plus personne ne croirait aux promesses, et l'institution même de la promesse s'effondrerait. Vouloir universellement la fausse promesse est donc contradictoire avec soi-même. C'est la [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]], et elle seule, qui découvre cette contradiction, et c'est en cela qu'elle nous oblige. ''Le fondement théologique.'' Une longue tradition, juive, chrétienne, musulmane, ancre les devoirs dans la volonté divine. Tenir parole serait obligatoire parce que Dieu le commande. Cette position, qu'on appelle la ''théorie du commandement divin'', soulève une difficulté que [[Platon|Platon]] avait formulée dans l'''Euthyphron'' : Dieu commande-t-il telle action parce qu'elle est bonne, ou est-elle bonne parce qu'il la commande ? Selon la branche du dilemme qu'on retient, le fondement réel du devoir n'est plus le même : ou bien il précède Dieu (et la volonté divine n'en est qu'un relais), ou bien il dépend d'une décision divine qui aurait pu être autre. ''Le fondement intuitionniste.'' Certains philosophes, comme W. D. Ross au début du XX{{e}} siècle, soutiennent que nous percevons certains devoirs de façon directe, sans avoir à les déduire d'un principe plus fondamental. Tenir ses promesses fait partie de ce que Ross appelle les devoirs ''prima facie'', littéralement « à première vue » : des obligations évidentes qui s'imposent immédiatement, mais qui peuvent reculer devant un devoir plus pressant dans certains conflits<ref>William David Ross, ''The Right and the Good'', Oxford, Oxford University Press, 1930.</ref>. Si j'ai promis de retrouver un ami au cinéma, et qu'en chemin je découvre un blessé qui a besoin de moi, mon devoir d'assistance l'emporte ; mais cela n'efface pas la valeur de la promesse, qui demeure obligatoire dès lors qu'aucune autre obligation plus impérieuse ne lui fait obstacle. ====Le constructivisme : les devoirs sont construits par la raison==== Une deuxième famille de réponses, qu'on appelle le ''constructivisme moral'', considère que les normes morales ne sont pas découvertes dans le monde mais construites par des procédures rationnelles ou délibératives. Pour le constructiviste, demander si une norme est « vraie » au sens où le serait une proposition scientifique, c'est mal poser la question : la norme n'est pas dans le monde, elle est dans l'accord auquel des êtres raisonnables peuvent parvenir dans des conditions bien choisies. John Rawls en a proposé l'illustration la plus connue. Pour fonder les principes de [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]] qui doivent gouverner une société, il imagine un dispositif : le ''voile d'ignorance''. Supposons des participants devant choisir les règles de leur société sans savoir quelle place ils y occuperont : riches ou pauvres, malades ou en bonne santé, hommes ou femmes, de telle ethnie ou de telle autre. Quelles règles choisiraient-ils ? Probablement des règles qui protègent les plus vulnérables, puisque chacun pourrait se retrouver dans cette position. Les principes de justice ne tombent donc pas du ciel ; ils résultent d'un accord hypothétique conclu dans des conditions équitables<ref>John Rawls, ''Théorie de la justice'', trad. C. Audard, Paris, Seuil, 1987 (1971).</ref>. Christine Korsgaard, dans la lignée de Kant, défend un constructivisme un peu différent, qui ancre l'obligation dans les exigences réflexives de l'agent rationnel : nous sommes obligés par les normes que notre propre réflexion sur nos actions nous contraint à reconnaître comme valables. Et la promesse ? Pour un constructiviste, l'obligation de tenir parole vaut parce que des agents rationnels, dans des conditions équitables, s'accorderaient sur sa nécessité. Sans une telle règle, la coopération sociale serait impossible : nul ne pourrait compter sur les engagements d'autrui. ====Le subjectivisme et le relativisme : à chacun, ou à chaque culture, ses devoirs==== Une troisième famille rompt plus nettement avec l'idée d'une objectivité morale. Le ''subjectivisme'' fait dépendre les jugements moraux des préférences de chaque individu. « Il faut tenir ses promesses » serait alors, en réalité, l'expression d'une préférence personnelle, comparable à « j'aime le chocolat ». Si j'aime tenir parole, c'est un devoir pour moi ; si vous préférez vous réserver une liberté plus large, c'est votre choix. Cette position se heurte à une difficulté évidente : elle dissout la possibilité même du débat moral. Si nos jugements ne sont que des préférences, à quoi bon discuter ? On n'argumente pas sur les goûts. Le ''relativisme moral'' déplace le problème : les jugements moraux dépendent non des individus, mais des cultures. Telle société valorise la fidélité aux promesses, telle autre privilégie la souplesse ou la solidarité familiale. Aucune ne pourrait prétendre énoncer une vérité morale universelle. Cette position s'appuie sur l'observation, indéniable, de la diversité des morales à travers l'histoire et l'espace. Mais elle se heurte à une objection classique : elle interdit toute critique morale d'une autre culture, y compris de pratiques que la plupart des hommes jugent inacceptables. ====L'expressivisme : les énoncés moraux ne décrivent rien==== Une quatrième famille, plus récente, propose une réponse plus subtile. L'''expressivisme'' soutient que les énoncés moraux ne décrivent pas des faits objectifs mais expriment des attitudes (approbation, désapprobation) ou prescrivent des conduites. Cette idée trouve des défenseurs contemporains chez Allan Gibbard et Simon Blackburn<ref>Simon Blackburn, ''Ruling Passions'', Oxford, Clarendon Press, 1998 ; Allan Gibbard, ''Wise Choices, Apt Feelings'', Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 1990.</ref>. Reprenons notre exemple. Dire « il faut tenir ses promesses », pour un expressiviste, n'est pas décrire un fait moral situé quelque part dans le monde ; c'est exprimer une approbation envers la fidélité et inviter autrui à la partager. Cela ressemble moins à une description (« l'eau bout à cent degrés ») qu'à un encouragement (« bravo ! », « ne fais pas cela »). L'expressivisme évite ainsi le problème ontologique du réalisme (comment des faits moraux pourraient-ils exister dans la nature ?), sans tomber pour autant dans le subjectivisme : les attitudes morales peuvent être cohérentes, partagées, critiquables. ====La théorie de l'erreur : nos énoncés moraux sont systématiquement faux==== Avec John Mackie, nous atteignons une position singulière, qui mérite une explication soigneuse. Mackie reconnaît que, dans notre usage ordinaire, les énoncés moraux prétendent décrire des faits objectifs : quand nous disons « le meurtre est mal », nous croyons énoncer une vérité du même ordre que « la Terre est ronde ». Mais cette prétention, soutient-il, est systématiquement fausse, car il n'existe aucun fait moral objectif dans le monde. D'où le nom de ''théorie de l'erreur'' : nos énoncés moraux sont, comme tels, erronés. Pourquoi ? Mackie développe un argument célèbre, l'''argument de l'étrangeté''. Si « le meurtre est mal » désignait vraiment une propriété objective du monde, à quoi cette propriété ressemblerait-elle ? On ne la voit pas, on ne la touche pas, on ne la mesure pas. On ne la situe nulle part dans la nature des choses. Et la faculté qui nous permettrait de la connaître ne ressemblerait à aucune de celles que nous connaissons : ni perception, ni raisonnement, ni mémoire. De telles propriétés seraient des « entités étranges », sans analogue dans le reste du réel<ref>John L. Mackie, ''Ethics: Inventing Right and Wrong'', Harmondsworth, Penguin, 1977, chap. 1.</ref>. Pour la promesse, voici la conséquence : l'énoncé « tu dois tenir tes promesses » prétend exprimer une vérité objective, mais cette prétention est illusoire. Mackie ajoute pourtant, et c'est ce qui distingue sa position du nihilisme pur, qu'on peut continuer à pratiquer une morale efficace, à titre conventionnel et utile. La morale est inventée, non découverte ; mais elle est inventée parce qu'elle sert. ====Nietzsche : la généalogie critique des valeurs==== On range parfois Nietzsche parmi les nihilistes, c'est-à-dire ceux qui nient l'existence de tout devoir. C'est inexact. Il vaut mieux le présenter comme un ''généalogiste critique'' des valeurs morales. Son projet, dans ''La Généalogie de la morale'' (1887), ne consiste pas à dire que rien n'a de valeur, mais à reconstituer l'''histoire'' des valeurs morales, en particulier de la morale de la culpabilité et du ressentiment, pour mettre au jour leurs conditions d'émergence et leurs effets sur les formes de vie<ref>Friedrich Nietzsche, ''La Généalogie de la morale'' (1887), trad. P. Wotling, Paris, Le Livre de Poche, 2000.</ref>. Sur la promesse, Nietzsche est plus retors qu'on ne le croit. Loin de la mépriser, il y voit la marque d'un être devenu maître de lui-même, capable de continuité dans le temps : ce qu'il appelle « la mémoire de la volonté ». L'homme qui peut promettre est l'homme qui peut rester fidèle à lui-même à travers les variations de l'humeur et du désir. La critique nietzschéenne porte plutôt sur la promesse instrumentalisée par le ressentiment, ou sur la culpabilité comme prison morale. Le projet généalogique ne supprime pas le devoir ; il en désactive certaines formes que Nietzsche tient pour pathologiques. ====Que retenir ?==== Au terme de ce parcours, une chose au moins est claire : la question « peut-on fonder le devoir ? » n'admet pas de réponse simple. Le réalisme parie sur une objectivité des devoirs ; le constructivisme la reconstruit comme accord rationnel ; le subjectivisme et le relativisme la dissolvent dans la pluralité des préférences ou des cultures ; l'expressivisme la remplace par une analyse des attitudes ; la théorie de l'erreur l'accuse d'être illusoire ; la généalogie nietzschéenne en interroge les origines historiques. Aucune de ces positions ne fait l'unanimité, et il appartient à chacun de mesurer leur force et leurs limites. Mais toutes confirment l'importance philosophique de la question : se demander pourquoi nous avons des devoirs, c'est déjà commencer à comprendre ce qu'est un devoir. ===Que devons-nous faire concrètement ?=== Cette question pratique oppose différentes théories normatives. ''Le déontologisme'' : certains devoirs sont absolus et ne dépendent pas des conséquences. Par exemple, il ne faut pas mentir, même si les conséquences de la franchise sont graves. Kant défend cette position dans son texte ''Sur un prétendu droit de mentir par humanité'' (1797), où il refuse l'idée d'un droit de mentir, même à un meurtrier qui demanderait où se cache sa victime<ref>Emmanuel Kant, « Sur un prétendu droit de mentir par humanité » (1797), trad. L. Guillermit, dans ''Théorie et pratique. D'un prétendu droit de mentir par humanité. La Fin de toutes choses'', Paris, Vrin, 2000.</ref>. ''Le conséquentialisme'' : nous devons accomplir les actions qui produisent les meilleures conséquences en termes de bien-être général. L'utilitarisme de Bentham et Mill en est l'exemple le plus connu. Selon cette théorie, le devoir consiste à maximiser le bonheur du plus grand nombre<ref>John Stuart Mill, ''L'Utilitarisme'' (1861), trad. G. Tanesse, Paris, GF-Flammarion, 1988.</ref>. ''L'éthique des vertus'' : au lieu de se concentrer sur les règles à suivre, il faut développer des vertus de caractère (courage, générosité, honnêteté) et s'inspirer de personnes vertueuses. Cette approche, inspirée d'Aristote, connaît un renouveau dans la philosophie morale contemporaine, en particulier à la suite de l'article d'Elizabeth Anscombe sur la philosophie morale moderne et des travaux de Philippa Foot, Alasdair MacIntyre et Rosalind Hursthouse<ref>Elizabeth Anscombe, « Modern Moral Philosophy », ''Philosophy'', vol. 33, n° 124, 1958 ; Philippa Foot, ''Virtues and Vices'', Oxford, Blackwell, 1978 ; Rosalind Hursthouse, ''On Virtue Ethics'', Oxford, Oxford University Press, 1999.</ref>. ====Un exemple : le mensonge destiné à protéger quelqu'un==== Pour rendre ces théories plus concrètes, on peut imaginer une situation classique : un proche menacé se cache chez nous, et un tiers hostile demande où il est. Faut-il mentir pour le protéger ? Kant, dans son texte ''Sur un prétendu droit de mentir par humanité'', refuse l'idée d'un droit de mentir, même dans ce cas. Le mensonge détruit la valeur universelle de la véracité, qui est la condition de toute communication entre êtres rationnels, et il rend celui qui ment responsable des conséquences imprévisibles de son acte. Aristote ne formulerait pas la question en termes de loi universelle. Il chercherait l'action que choisirait l'homme prudent, en tenant compte des circonstances, des personnes, des conséquences possibles. La franchise est une vertu, mais la prudence peut l'orienter de manière à éviter un mal plus grand. Hume rappellerait que la sympathie nous incline naturellement à protéger un proche en danger, et que cette inclination est moralement approuvée. La justice exige le respect de règles générales, mais le sentiment moral peut, dans certaines situations particulières, justifier qu'on s'écarte de la franchise. Bentham et Mill, du point de vue utilitariste, comparent les conséquences. Si le mensonge sauve une vie sans causer de dommage durable, il maximise probablement le bien-être collectif. Mill ajouterait toutefois que les règles morales générales (comme l'interdiction du mensonge) ont une valeur d'utilité globale et qu'il faut peser sérieusement les exceptions. Cet exemple montre comment des théories différentes peuvent diverger sur des cas précis, sans qu'aucune ne se réduise à une simple application mécanique d'une règle. ===Les dilemmes moraux=== Les dilemmes moraux sont des situations où plusieurs devoirs entrent en conflit, rendant impossible leur accomplissement simultané. Dans le roman de William Styron ''Le Choix de Sophie'', une mère doit choisir lequel de ses deux enfants sera épargné par un officier nazi, l'autre étant condamné à mort<ref>Voir Maxime Kristanek, « Paradoxe (A) », ''L'Encyclopédie philosophique'', [https://encyclo-philo.fr/paradoxe-a], consulté en 2025, section 4.</ref>. Face aux dilemmes moraux, plusieurs positions sont possibles : * nier leur existence réelle : un des devoirs apparents n'est pas un véritable devoir ; * admettre leur existence mais établir une hiérarchie entre les devoirs ; * reconnaître l'existence de situations tragiques où tout choix implique une faute morale. ==Les débats contemporains sur le devoir== La philosophie morale contemporaine a élargi le périmètre traditionnel du devoir, jusque-là centré sur les relations entre adultes humains rationnels. De nouveaux interlocuteurs se sont imposés : les générations futures, les vivants non humains, les êtres vulnérables avec lesquels nous entretenons des liens concrets, ceux dont la simple existence semble nous obliger sans contrat préalable. Ces extensions ne sont pas des curiosités universitaires : elles redessinent ce que signifie « avoir des devoirs ». ===Hans Jonas et les générations futures=== La [[Manuel de terminale de philosophie/Technique|technique]] moderne a démultiplié notre puissance d'agir au point que nos actions présentes engagent durablement l'avenir : le climat, les ressources, les capacités biologiques que nos descendants hériteront de nous. Hans Jonas (1903-1993), dans ''Le Principe responsabilité'' (1979), propose de reformuler l'impératif kantien à hauteur de cette nouvelle situation : « Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur Terre »<ref>Hans Jonas, ''Le Principe responsabilité. Une éthique pour la civilisation technologique'' (1979), trad. J. Greisch, Paris, Flammarion, 1995, chap. I.</ref>. La nouveauté est triple. D'abord, le devoir s'étend à des sujets qui n'existent pas encore et qui ne pourront jamais nous rétribuer ou nous sanctionner. Ensuite, lorsque les conséquences possibles d'une action sont irréversibles et catastrophiques, il faut, en cas de doute, accorder plus de poids au pronostic pessimiste qu'au pronostic optimiste : Jonas nomme cette règle l'« heuristique de la peur ». Enfin, la responsabilité n'est plus seulement individuelle ; elle exige une réponse collective et politique, dont les institutions doivent être à la mesure. ===Peter Singer et la question animale=== Faut-il considérer les [[Dictionnaire de philosophie/Animal|animaux]] comme des destinataires de devoirs ? Peter Singer (né en 1946), dans ''La Libération animale'' (1975), répond positivement en s'inscrivant dans la tradition utilitariste. Si la capacité à souffrir est ce qui fonde la considération morale, alors tout être sensible mérite cette considération. Privilégier nos intérêts sur ceux des animaux au simple motif qu'ils appartiennent à une autre espèce, Singer le nomme ''spécisme'', par analogie avec le racisme ou le sexisme<ref>Peter Singer, ''La Libération animale'' (1975), trad. L. Rousselle, Paris, Grasset, 1993.</ref>. La thèse, déjà soutenue par [[s:Auteur:Jeremy Bentham|Bentham]] (« la question n'est pas peuvent-ils raisonner ? ni peuvent-ils parler ? mais peuvent-ils souffrir ? »<ref>Jeremy Bentham, ''An Introduction to the Principles of Morals and Legislation'', London, T. Payne, 1789, chap. XVII, note 1.</ref>), oblige à interroger l'élevage industriel, l'expérimentation animale, la consommation carnée. D'autres penseurs (Tom Regan, Christine Korsgaard) ont défendu, dans une perspective déontologique, un argument voisin : si l'humanité comme fin en soi tient à la capacité de poursuivre ses propres fins, alors certains animaux, qui pratiquent une telle poursuite, méritent d'être inclus dans le règne des fins. Le débat n'est pas clos, mais le silence des morales anciennes sur ces questions n'est plus tenable. ===Carol Gilligan et l'éthique du care=== La psychologue et philosophe Carol Gilligan (née en 1936), dans ''Une voix différente'' (1982), a contesté le modèle dominant de la moralité fondé sur la [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]], l'[[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|autonomie]] et les règles universelles<ref>Carol Gilligan, ''Une voix différente. Pour une éthique du care'' (1982), trad. A. Kwiatek et V. Nurock, Paris, Flammarion, 2008.</ref>. Au cours de ses enquêtes empiriques, elle a remarqué que certains [[Dictionnaire de philosophie/Sujet|sujets]] (souvent, mais non exclusivement, des femmes) raisonnaient moralement non en termes de droits et de principes universels, mais en termes de relations, de responsabilités concrètes, de soin (''care'') envers les personnes vulnérables. Cette éthique du care, développée ensuite par Joan Tronto et d'autres, ne se substitue pas à l'éthique de la justice : elle la complète en rappelant que nous sommes des êtres relationnels et dépendants, et que beaucoup de nos devoirs naissent dans des contextes particuliers (parents et enfants, soignants et malades, enseignants et élèves) qu'aucune règle universelle ne capte pleinement. Le devoir n'est pas seulement « ce que tout sujet rationnel doit à tout sujet rationnel » ; il est aussi « ce que ''je'' dois à ''cet être-là'' qui dépend de moi ». ===Hannah Arendt : obéissance, responsabilité et jugement=== Le XXe siècle a placé la question du devoir sous un éclairage tragique. Que faire lorsque l'État ordonne le crime ? Que dire de celui qui prétend n'avoir « fait que son devoir » en obéissant aux ordres ? Hannah Arendt (1906-1975), dans ''Eichmann à Jérusalem'' (1963) puis dans ''Responsabilité et jugement'', a forgé la formule devenue célèbre de la « banalité du mal »<ref>Hannah Arendt, ''Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal'' (1963), trad. A. Guérin, Paris, Gallimard, « Folio », 1991 ; ''Responsabilité et jugement'', trad. J.-L. Fidel, Paris, Payot, 2005.</ref>. Adolf Eichmann, haut fonctionnaire SS chargé de l'organisation logistique de la déportation des Juifs d'Europe, n'était pas un monstre démoniaque mais un homme ordinaire et zélé, capable de raisonner sur « son devoir » dans le cadre d'un système criminel. Arendt en tire une thèse forte : l'obéissance aveugle ne décharge nullement de la responsabilité. La capacité de juger par soi-même, non de réciter des règles mais de penser ce que l'on fait, est au cœur de la vie morale. Arendt rejoint ici, en la radicalisant, l'exigence kantienne d'autonomie : la conscience morale est ce qui m'empêche de me cacher derrière un ordre, fût-il légal. Le « devoir de désobéir », à certaines lois et à certains ordres, devient alors un devoir au sens fort. ===Simone Weil et l'obligation envers l'être humain=== Simone Weil (1909-1943), dans ''[[s:L’Enracinement|L'Enracinement]]'' (1949), opère un renversement remarquable. Contrairement à la tradition libérale qui place les ''droits'' au fondement de la pensée politique, elle écrit : « La notion d'obligation prime celle de droit, qui lui est subordonnée et relative »<ref>Simone Weil, ''L'Enracinement. Prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain'' (1949), Paris, Gallimard, « Folio essais », 1990, p. 13.</ref>. Pourquoi ? Parce qu'un droit n'existe effectivement que là où quelqu'un reconnaît une obligation correspondante. L'enfant qui meurt de faim a un droit à se nourrir ; mais ce droit reste lettre morte tant qu'aucun être humain et aucune institution ne reconnaissent l'obligation de le nourrir. Le devoir ne dérive donc pas d'un contrat passé entre égaux ; il naît d'un appel, celui que l'être humain souffrant adresse, par sa simple présence, à qui peut l'entendre. Cette pensée croise l'éthique du care et anticipe certaines analyses d'Emmanuel Levinas sur l'obligation que le visage d'autrui m'impose avant tout contrat. Elle rappelle aussi, contre les conceptions purement formelles, que les devoirs ont des conditions concrètes d'existence : un être enraciné dans une communauté, doté de moyens, capable d'agir. Ces cinq voix ne forment pas un système. Elles dessinent un horizon contemporain où le devoir, sans se réduire à aucune doctrine ancienne, retrouve une actualité philosophique vive, face aux désastres écologiques, à la condition animale, aux relations de soin, aux totalitarismes et aux souffrances qu'aucune théorie abstraite ne suffit à conjurer. ==Sujets de dissertation== Avant de proposer des sujets répartis par grands thèmes, voici quelques conseils généraux pour aborder une [[Dissertation (philosophie)|dissertation]] sur la notion de devoir. ''Analyser les termes du sujet.'' La plupart des sujets articulent le devoir avec une autre notion : la [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]], le [[Manuel de terminale de philosophie/Bonheur|bonheur]], [[Autrui|autrui]], la [[Manuel de terminale de philosophie/Conscience|conscience]], la loi. Il faut d'abord se demander quel sens chaque terme reçoit dans la question posée. Le mot « devoir », par exemple, peut renvoyer à l'impératif catégorique kantien, à un rôle social, à un sentiment d'obligation, à une règle juridique ou à une exigence intérieure. Repérer ces ambiguïtés permet de construire une vraie problématique, au lieu de répondre à un sujet supposé. ''Identifier la tension à laquelle invite le sujet.'' Une bonne dissertation ne se contente pas de juxtaposer des thèses. Elle part d'une difficulté : pourquoi la question se pose-t-elle ? Quel paradoxe ou quel conflit oblige à réfléchir ? « Suis-je libre quand je fais mon devoir ? » suppose, par exemple, qu'à première vue le devoir contraint la liberté. Le travail consistera alors à examiner si cette première impression est juste, à la nuancer, et à proposer une compréhension plus précise de ce qu'on appelle « liberté ». ''Mobiliser plusieurs doctrines et les confronter.'' Les théories morales présentées dans cet article ne sont pas interchangeables. Kant, Aristote, Hume, Mill, Hegel ou Nietzsche ne donneraient pas la même réponse à une même question. Une bonne copie ne se borne pas à exposer chaque position : elle les fait dialoguer, en montrant pourquoi l'une ne suffit pas et en quoi une autre la complète ou la corrige. ''S'appuyer sur des exemples précis.'' Les exemples ne sont pas un ornement, mais un instrument d'analyse. Le mensonge destiné à protéger un proche, la désobéissance civile face à une loi injuste, le devoir de secours envers un inconnu, le respect d'une promesse contraignante : ces situations concrètes permettent de tester la portée des théories et d'éviter les généralités abstraites. ''Éviter quelques pièges fréquents.'' Confondre le devoir moral avec une simple obéissance aux lois ; réduire la morale du devoir à Kant en oubliant les autres conceptions ; opposer mécaniquement devoir et bonheur sans interroger les termes ; transformer la dissertation en plaidoyer personnel au lieu d'une analyse argumentée. La rigueur consiste à examiner chaque thèse avec la même attention, y compris celles qu'on ne partage pas spontanément. ===Sujets sur le devoir et la liberté=== # Faire son devoir, est-ce renoncer à sa liberté ? # Suis-je libre quand je fais mon devoir ? # Le devoir s'oppose-t-il à la liberté ? # L'obéissance au devoir peut-elle être un acte libre ? # Reconnaître ses devoirs, est-ce renoncer à sa liberté ? # Peut-on être libre en obéissant à un devoir ? ''Conseil.'' Sur ces sujets, l'enjeu est de distinguer plusieurs sens du mot liberté : absence de contrainte extérieure, capacité de céder à ses [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désirs]] immédiats, ou capacité de se déterminer par sa [[Manuel de terminale de philosophie/Raison|raison]]. Le rapprochement entre [[s:Auteur:Jean-Jacques Rousseau|Rousseau]] (l'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite) et [[s:Auteur:Emmanuel Kant|Kant]] (l'[[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|autonomie]] de la volonté) permet de montrer que le devoir peut, dans certaines conceptions, réaliser la liberté plutôt que la contredire. Les critiques nietzschéennes de l'obéissance morale offrent un contrepoint utile pour éviter une réponse trop unilatérale. ===Sujets sur le devoir et le bonheur=== # Est-ce un devoir d'être heureux ? # Avons-nous le devoir de faire le bonheur des autres ? # Le bonheur et le devoir sont-ils compatibles ? # Faire son devoir sans être heureux, est-ce possible ? # La recherche du bonheur est-elle un obstacle à l'accomplissement du devoir ? # Peut-on concilier bonheur et devoir ? ''Conseil.'' La réponse dépend largement de la conception du bonheur que l'on adopte. Si le bonheur se réduit à la satisfaction des désirs immédiats, le devoir peut s'y opposer. Si le bonheur est conçu comme accomplissement de soi (Aristote, Spinoza), il converge avec l'exercice de la vertu. La position kantienne, plus exigeante, distingue le bonheur empirique du souverain bien et soutient que le devoir doit primer, sans renoncer à l'espérance d'une harmonie ultime. La perspective utilitariste, enfin, fait du bien-être collectif le critère même du devoir. ===Sujets sur la nature du devoir=== # D'où vient que nous avons des devoirs ? # Qu'est-ce qui fonde nos devoirs moraux ? # Tous les hommes ont-ils les mêmes devoirs ? # Suffit-il de faire son devoir ? # La morale se résume-t-elle à faire son devoir ? # Peut-on parler d'un devoir envers soi-même ? ''Conseil.'' Sur la question du fondement, mobiliser les principales familles présentées dans l'article : la nature humaine (Aristote), la raison pure (Kant), le sentiment moral (Hume), les conséquences (utilitarisme), les conventions sociales, la critique généalogique (Nietzsche). La question « tous les hommes ont-ils les mêmes devoirs ? » invite à distinguer universalisme moral et relativisme culturel : il faut analyser ce qui peut être universalisable (le respect de la dignité d'autrui, par exemple) et ce qui dépend des contextes historiques et institutionnels. ===Sujets sur le devoir et autrui=== # Avons-nous des devoirs envers les animaux ? # Ai-je le devoir d'aimer autrui ? # Le devoir de secourir autrui a-t-il des limites ? # Peut-on désobéir par devoir ? # Y a-t-il un devoir de mémoire ? # La désobéissance à la loi peut-elle être un devoir ? ''Conseil.'' Ces sujets engagent des débats contemporains. La question des devoirs envers les animaux peut s'appuyer sur l'utilitarisme (Bentham, Peter Singer) et sur une discussion du concept kantien d'humanité comme fin en soi. La désobéissance par devoir peut s'éclairer par les analyses de la désobéissance civile (Thoreau, Hannah Arendt, Habermas) et par la distinction rousseauiste entre la volonté générale et la volonté de tous : on peut désobéir à une loi qui contredit la justice sans renoncer à l'idée même de loi. Distinguer le devoir d'aimer (qui peut sembler contradictoire, l'amour n'étant pas commandable) et le devoir de respecter ou de secourir, qui ne dépendent pas de l'inclination affective. ===Sujets sur le devoir et la morale=== # Agir moralement, est-ce agir par devoir ? # La notion d'obligation est-elle indispensable à la morale ? # Suffit-il d'avoir bonne conscience pour être sûr d'agir moralement ? # Faut-il toujours suivre sa conscience ? # Les passions nous empêchent-elles de faire notre devoir ? # Peut-on faire son devoir par habitude ? ''Conseil.'' La question « agir moralement, est-ce agir par devoir ? » oppose typiquement Kant à l'éthique des vertus : pour Kant, seule l'action accomplie par devoir a une valeur morale ; pour Aristote et l'éthique des vertus, l'action vertueuse procède d'une disposition stable acquise par l'habitude, qui n'a pas besoin d'être motivée par la conscience explicite d'une obligation. Sur la question de la conscience morale, attention à ne pas la confondre avec la simple opinion : la bonne conscience peut tromper, et il existe une conscience dévoyée ou mal éclairée. La conscience suppose donc un travail de réflexion et d'auto-examen, qu'aucune théorie morale ne dispense d'accomplir. ==Extraits de textes philosophiques à étudier== ===Texte 1 : Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785)=== <blockquote> « Il est sans doute conforme au devoir qu'un marchand ne vende pas plus cher sa marchandise à l'acheteur inexpérimenté, et, là où le commerce est important, le marchand avisé s'en garde bien en effet ; il établit au contraire un prix fixe, le même pour tout le monde, si bien qu'un enfant achète chez lui à aussi bon compte que tout autre. On est donc loyalement servi ; mais ce n'est pas à beaucoup près assez pour qu'on en croie le marchand agissant ainsi par devoir et d'après des principes de probité ; son intérêt l'exigeait ainsi. Au contraire, conserver sa vie est un devoir, et c'est en outre une chose pour laquelle chacun a encore une inclination immédiate. Or c'est pour cela que la sollicitude souvent inquiète que la plupart des hommes y apportent n'en est pas moins dépourvue de toute valeur intrinsèque et que leur maxime n'a aucun prix moral. Ils protègent leur vie conformément au devoir, sans doute, mais non par devoir. En revanche, que des contrariétés et un chagrin sans espoir aient enlevé à un homme tout goût de vivre, si ce malheureux, à l'âme forte, est plus indigné de son sort qu'il n'est découragé ou abattu, s'il désire la mort et cependant conserve sa vie sans l'aimer, non par inclination ni par crainte, mais par devoir, alors sa maxime a une valeur morale. » </blockquote> Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785), première section, trad. V. Delbos, Paris, Delagrave, 1907, p. 13-14<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Librairie Delagrave, 1907, p. 13-14.</ref>. ''Analyse'' : ce texte distingue trois types d'actions : celles accomplies par intérêt, celles accomplies par inclination (par désir naturel), et celles accomplies par pur devoir. Seules ces dernières ont une valeur morale authentique. Le marchand honnête agit conformément au devoir, mais son honnêteté s'explique par son intérêt (conserver sa clientèle). De même, celui qui conserve sa vie par plaisir de vivre agit conformément au devoir mais par inclination. Seul celui qui conserve sa vie malgré le dégoût qu'elle lui inspire, parce qu'il reconnaît que c'est son devoir, agit véritablement par devoir et possède une volonté moralement bonne. ===Texte 2 : Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785), l'impératif catégorique=== <blockquote> « Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu puisses vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle. […] Agis comme si la maxime de ton action devait être érigée par ta volonté en loi universelle de la nature. […] Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen. […] Agis de telle sorte que ta volonté puisse se considérer elle-même en même temps comme légiférant universellement grâce à sa maxime. » </blockquote> Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'' (1785), deuxième section, trad. V. Delbos, Paris, Delagrave, 1907, p. 63, 71, 79<ref>Emmanuel Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', trad. V. Delbos, Paris, Librairie Delagrave, 1907, p. 63, 71, 79.</ref>. ''Analyse'' : ces trois formulations de l'impératif catégorique expriment le même principe fondamental sous différents angles. La première formule (universalisation) nous invite à tester nos maximes en imaginant qu'elles deviennent des lois universelles. La deuxième formule (humanité comme fin) exprime le respect dû à chaque personne humaine en raison de sa dignité. La troisième formule (autonomie) souligne que la loi morale émane de notre propre raison : en lui obéissant, nous ne nous soumettons qu'à nous-mêmes. ===Texte 3 : Aristote, ''Éthique à Nicomaque'' (IVe siècle av. J.-C.)=== <blockquote> « La vertu est donc une disposition à agir d'une façon délibérée, consistant en une médiété relative à nous, laquelle est rationnellement déterminée et comme la déterminerait l'homme prudent. » </blockquote> Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', livre II, chap. 6, 1106b36-1107a2<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', livre II, chap. 6, 1106b36-1107a2. On consultera notamment l'édition R. Bodéüs, Paris, GF-Flammarion, 2004.</ref>. ''Analyse'' : Aristote définit la vertu morale comme une disposition stable (''hexis'') à choisir délibérément le juste milieu entre deux extrêmes vicieux. Cette disposition n'est pas innée : elle s'acquiert par l'habitude et l'exercice. La vertu requiert également la prudence (''phronesis''), cette sagesse pratique qui permet de déterminer, dans chaque situation particulière, où se situe le juste milieu. Contrairement à Kant, pour qui le devoir prend la forme d'une loi universelle, Aristote insiste sur le caractère relatif et contextuel de l'action vertueuse : le juste milieu est « relatif à nous », c'est-à-dire qu'il doit être adapté aux circonstances et à la personne, selon le jugement de l'homme prudent. ===Texte 4 : Rousseau, ''Du Contrat social'' (1762)=== <blockquote> « Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale ; et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout. À l'instant, au lieu de la personne particulière de chaque contractant, cet acte d'association produit un corps moral et collectif composé d'autant de membres que l'assemblée a de voix, lequel reçoit de ce même acte son unité, son moi commun, sa vie et sa volonté. » </blockquote> Jean-Jacques Rousseau, ''Du Contrat social'' (1762), livre I, chap. 6<ref>[[s:Auteur:Jean-Jacques Rousseau|Jean-Jacques Rousseau]], ''Du Contrat social'', livre I, chapitre 6, édition GF-Flammarion, Paris, 1966, p. 51-52.</ref>. ''Analyse'' : par le contrat social, les individus s'unissent en un corps politique régi par la volonté générale. Chaque citoyen devient à la fois membre du souverain (en tant qu'il participe à la formation de la volonté générale) et sujet (en tant qu'il obéit aux lois qui expriment cette volonté). Le devoir du citoyen consiste à obéir aux lois, mais cette obéissance n'est pas une contrainte extérieure : en obéissant aux lois qu'il a lui-même contribué à établir, le citoyen obéit à sa propre volonté et demeure libre. Rousseau réconcilie ainsi devoir et liberté, à condition que la volonté générale soit correctement formée. ===Texte 5 : Épictète, ''Manuel'' (Ier-IIe siècle ap. J.-C.)=== <blockquote> « Il y a des choses qui dépendent de nous et d'autres qui ne dépendent pas de nous. Dépendent de nous l'opinion, la tendance, le désir, l'aversion, bref, toutes nos œuvres propres ; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération, les hautes charges, bref, toutes les choses qui ne sont pas nos œuvres propres. » </blockquote> Épictète, ''Manuel'', § 1<ref>Épictète, ''Manuel'', § 1. On consultera la traduction d'Émile Bréhier dans ''Les Stoïciens'', Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1962.</ref>. ''Analyse'' : ce texte fondamental du stoïcisme distingue ce qui dépend de notre volonté (nos jugements, nos désirs, nos choix) et ce qui n'en dépend pas (notre corps, notre richesse, notre réputation, notre destinée). L'action appropriée (''kathêkon'') consiste à concentrer nos efforts sur ce qui dépend de nous et à accepter avec sérénité ce qui ne dépend pas de nous. Cette attitude rend possible la liberté intérieure. Le sage stoïcien accomplit ce que sa situation requiert non par contrainte mais en comprenant la nécessité rationnelle qui gouverne l'univers. ===Texte 6 : Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'' (1820)=== Le paragraphe 147 expose ce que Hegel appelle la « disposition éthique ». L'idée centrale, paraphrasée dans des termes plus accessibles, est la suivante : la disposition éthique consiste, pour l'individu, à comprendre que sa propre fin n'a de sens que prise dans un ensemble plus large, celui des institutions communes ; et à conduire sa volonté comme ses sentiments en accord avec cet ensemble. Là réside, selon Hegel, ce qu'il nomme la confiance éthique : la conviction que mon intérêt propre est conservé et porté par les institutions qui me dépassent<ref>G. W. F. Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'' (1820), § 147. Pour le texte allemand, voir l'édition E. Moldenhauer et K. M. Michel, Suhrkamp, ''Werke'', t. 7. Pour une traduction française de référence, voir l'édition critique établie par Jean-François Kervégan, Paris, PUF, « Quadrige », 2013.</ref>. ''Analyse'' : Hegel critique la conception kantienne du devoir comme contrainte abstraite. Dans l'éthicité, l'individu ne perçoit plus le devoir comme une obligation extérieure qui s'opposerait à ses intérêts. Il reconnaît que son bien particulier se réalise dans et par les institutions éthiques (famille, société civile, État). La disposition éthique est donc une identification réfléchie aux institutions, où devoir et inclination peuvent se rejoindre, sans que les conflits soient pour autant exclus. ===Texte 7 : Simone Weil, ''L'Enracinement'' (1949)=== <blockquote> « La notion d'obligation prime celle de droit, qui lui est subordonnée et relative. Un droit n'est pas efficace par lui-même, mais seulement par l'obligation à laquelle il correspond ; l'accomplissement effectif d'un droit provient non pas de celui qui le possède, mais des autres hommes qui se reconnaissent obligés à quelque chose envers lui. L'obligation est efficace dès qu'elle est reconnue. » </blockquote> Simone Weil, ''L'Enracinement. Prélude à une déclaration des devoirs envers l'être humain'' (1949), Paris, Gallimard, « Folio essais », 1990, p. 13<ref>Simone Weil, ''L'Enracinement'' (1949), Paris, Gallimard, « Folio essais », 1990, p. 13.</ref>. ''Analyse'' : Simone Weil inverse la perspective dominante de la tradition libérale, qui fait des droits le fondement de la pensée politique. Selon elle, c'est l'obligation qui précède et fonde le droit. Le droit d'un être humain à se nourrir, à être protégé, à être respecté reste sans effet tant qu'aucun autre être humain et aucune institution ne se reconnaissent obligés envers lui. Cette analyse a une portée politique et morale considérable : elle rappelle que les devoirs ne sont pas seulement des règles abstraites, mais des reconnaissances concrètes envers des êtres concrets. Elle anticipe, par ailleurs, certaines analyses contemporaines de l'éthique du care et de la responsabilité envers la vulnérabilité d'autrui. ==Conclusion== La notion de devoir constitue l'un des concepts centraux de la philosophie morale. Loin d'être univoque, elle a reçu des interprétations diverses selon les époques et les auteurs. La conception kantienne du devoir comme impératif catégorique, fondé sur la raison pure et exigeant l'universalisation de nos maximes, a profondément marqué la pensée moderne. Elle s'oppose à l'éthique aristotélicienne des vertus, qui intègre l'action morale dans une réflexion plus large sur l'accomplissement humain et le bonheur. À ces deux pôles s'ajoutent les conceptions politiques de Rousseau et de Hegel, l'éthique sentimentaliste de Hume, le conséquentialisme utilitariste de Bentham et de Mill, l'analyse spinoziste du ''conatus'', la critique sociale et historique de Marx, ou encore la généalogie nietzschéenne des valeurs. Les questions ouvertes par ces traditions ne se referment pas. Le devoir s'oppose-t-il nécessairement au bonheur et à la liberté, ou peut-il se concilier avec eux ? Peut-on fonder rationnellement nos devoirs moraux, ou ne sont-ils que le produit de processus historiques, sociaux et psychologiques ? Comment résoudre les dilemmes moraux où plusieurs devoirs entrent en conflit ? Comment penser nos obligations envers ceux qui ne pourront jamais nous rétribuer : générations futures, animaux, êtres vulnérables ? Ces interrogations engagent notre existence concrète. Elles trouvent un écho dans des questions que les sociétés contemporaines ne peuvent plus contourner : la légitimité de la désobéissance civile, l'étendue du devoir de vérité dans la vie publique et privée, le devoir de secours envers ceux qui en ont besoin, les obligations envers les générations futures qui hériteront du monde que nous laissons, les devoirs envers les animaux et la nature non humaine, la responsabilité dans des dispositifs collectifs où le « simple devoir d'obéir » a pu servir d'alibi à l'inacceptable. Sur chacun de ces points, les conceptions du devoir présentées dans cet article fournissent des ressources distinctes et parfois divergentes. La réflexion philosophique sur le devoir invite à prendre au sérieux l'exigence morale, à exercer notre raison pratique et à assumer notre responsabilité. Comme l'écrit Kant, « deux choses remplissent le cœur d'une admiration et d'une vénération toujours nouvelles et toujours croissantes : le ciel étoilé au-dessus de moi et la loi morale en moi »<ref>Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pratique'', Conclusion, trad. F. Picavet, Paris, PUF, 1965 (1788), p. 173.</ref>. Cette formule n'épuise pas toutes les conceptions du devoir, mais elle exprime avec force l'idée que l'obligation morale n'est pas seulement une règle extérieure : elle engage le sujet dans ce qu'il reconnaît comme valable. == Auto-évaluation == Ce quiz parcourt l'ensemble du chapitre, des distinctions préalables aux débats contemporains. Sauf indication contraire, une seule réponse est correcte par question. Cochez vos réponses, puis lancez la correction du quiz pour obtenir votre score ; dépliez ensuite le corrigé commenté ci-dessous. <quiz display="simple"> { Comment l'article distingue-t-il l'obligation de la contrainte ? |type="()" } - L'obligation est physique, la contrainte est morale + La contrainte est une force qui s'exerce sur nous indépendamment de notre volonté ; l'obligation suppose que nous reconnaissions la légitimité de ce qui est demandé - Les deux termes sont strictement synonymes - La contrainte vient de la raison, l'obligation de la peur { Quelle est la différence entre ce qui est légal et ce qui est légitime ? |type="()" } - Les deux notions se recouvrent toujours - Le légitime est par définition illégal - Le légal est toujours moral + Est légal ce qui est conforme au droit en vigueur ; est légitime ce qui est conforme à la justice que la raison pratique reconnaît { Qu'est-ce qui distingue l'impératif catégorique de l'impératif hypothétique chez Kant ? |type="()" } - L'un concerne la vie publique, l'autre la vie privée - L'impératif catégorique se règle sur les conséquences + L'impératif hypothétique est conditionné par un désir ou une fin ; l'impératif catégorique commande de manière inconditionnelle - L'impératif hypothétique est toujours immoral { Dans la formule « traiter l'humanité toujours comme une fin, et jamais simplement comme un moyen », quel mot est capital ? |type="()" } - « toujours » - « humanité » - « fin » + « simplement » : on peut user d'autrui comme moyen, mais jamais uniquement comme moyen { Selon Kant, une action accomplie « conformément au devoir » mais par seul calcul d'intérêt, comme le marchand honnête qui veut fidéliser sa clientèle : |type="()" } - possède une pleine valeur morale - est franchement immorale + est correcte, mais n'a aucune valeur morale au sens kantien - réalise l'autonomie de la volonté { Pourquoi, pour Kant, le devoir réalise-t-il la liberté au lieu de la nier ? |type="()" } - Parce que le devoir supprime tout désir + Parce qu'en obéissant à l'impératif catégorique, j'obéis à la loi que ma propre raison me prescrit, et non à des forces qui me traversent - Parce que la liberté consiste à faire ce qui plaît - Parce que le devoir nous vient de Dieu { Quel est le statut des « postulats » de la raison pratique (immortalité de l'âme, existence de Dieu) ? |type="()" } - Ils fondent la loi morale - Ils prouvent rationnellement l'existence de Dieu - Ils rendent la morale hétéronome + Ils ne fondent pas la loi morale, mais accompagnent l'espérance liée au souverain bien { Pour Aristote, comment devient-on vertueux ? |type="()" } + Par l'habitude : c'est en accomplissant des actions justes qu'on devient juste, comme on devient flûtiste en jouant de la flûte - On naît courageux ou lâche par tempérament - Par la seule connaissance théorique du bien - Par un commandement de la raison pure { Le « juste milieu » aristotélicien doit être compris comme : |type="()" } - une moyenne arithmétique, identique pour tous - l'absence de toute émotion - une règle qui s'applique mécaniquement + une médiété « relative à nous », ajustée selon les circonstances, la personne et le moment { Que désigne la phronesis chez Aristote ? |type="()" } + la capacité à bien délibérer et à percevoir, dans la situation singulière, l'action juste à accomplir - la timidité et la précaution craintive - la connaissance théorique des principes universels - l'absence de désir { Pour corriger ce qu'il juge trop abstrait dans la morale kantienne (la Moralität), Hegel met en avant : |type="()" } - le seul droit abstrait de la propriété - la théorie du commandement divin + l'éthicité (Sittlichkeit) : la sphère des institutions concrètes, famille, société civile et État, où le devoir reçoit un contenu effectif - l'impératif catégorique pris à la lettre { La volonté générale, chez Rousseau, se définit comme : |type="()" } + l'expression de l'intérêt commun, une fois écartées les considérations purement privées - la simple addition des intérêts particuliers - l'opinion majoritaire immédiate, toujours et nécessairement - le contraire du bien commun { Comment l'article interprète-t-il la formule de Rousseau selon laquelle on peut « forcer quelqu'un à être libre » ? |type="()" } - comme la justification d'une tyrannie qui émanciperait ceux qu'elle soumet + comme le rappel de l'individu à sa propre volonté de citoyen, engagée par le pacte, à la condition que la loi exprime une volonté générale - comme la suppression de toute liberté individuelle - comme l'aveu que la force fait le droit { Le mot grec qui dit le devoir chez les stoïciens, kathêkon, se traduit par : |type="()" } - « plaisir maximal » - « contemplation désintéressée » + « action appropriée » : ce que la situation requiert d'un être raisonnable, compte tenu de son rôle - « volonté générale » { Que nous enseigne l'image stoïcienne de l'archer ? |type="()" } - Que le plaisir doit guider toute action + Mon devoir n'est pas de réussir, mais de bien viser : je maîtrise mon effort, non le résultat extérieur - Que la cible importe plus que la qualité du tir - Que tout, finalement, dépend de nous { Le conatus, chez Spinoza, désigne : |type="()" } + l'effort par lequel chaque chose s'efforce de persévérer dans son être - une loi morale transcendante imposée du dehors - le devoir commandé par Dieu - l'union de la vertu et du bonheur { Que soutient la « loi de Hume » ? |type="()" } - La raison pure est la seule source du devoir + On ne peut déduire un « doit être » d'un simple « est » : aucun « il faut » ne se tire d'un pur constat de fait - Tout jugement moral est faux - Le devoir procède d'un commandement divin { Pourquoi Hume range-t-il la justice parmi les vertus « artificielles » ? |type="()" } + parce qu'elle ne s'impose pas spontanément à l'approbation et suppose une convention, rendue nécessaire par la rareté des biens et la coopération - parce qu'elle serait fausse ou superficielle - parce qu'elle est innée et immédiate - parce qu'elle est commandée par la raison pure { Sur quel point Mill se sépare-t-il de Bentham ? |type="()" } - Mill rejette le principe d'utilité - Mill nie que le devoir vise le bien-être collectif - Mill identifie le devoir à l'impératif catégorique + Mill introduit une différence de qualité entre les plaisirs (supérieurs et inférieurs), là où Bentham retient une mesure purement quantitative { Comment Marx aborde-t-il le devoir ? |type="()" } + Il s'intéresse surtout à la fonction sociale qu'il remplit : des obligations présentées comme universelles expriment souvent les intérêts d'un ordre social déterminé - Il le fonde sur la raison pure - Il le fait dériver du sentiment moral - Il lui assigne une origine divine { Selon Nietzsche, dans quelle expérience la « mauvaise conscience » prend-elle racine ? |type="()" } - dans un commandement divin reçu par révélation - dans un calcul rationnel des intérêts - dans la raison pure qui se donne sa loi + dans le retournement contre soi de pulsions vitales qui ne pouvaient plus s'extérioriser { Parmi ces associations entre une position de métaéthique et sa thèse, lesquelles sont exactes ? (plusieurs réponses) |type="[]" } - Le constructivisme : nos énoncés moraux sont systématiquement faux + Le réalisme moral : les devoirs existent objectivement, indépendamment de nos croyances, et peuvent être connus - Le relativisme : les devoirs sont les mêmes dans toutes les cultures + L'expressivisme : les énoncés moraux ne décrivent pas des faits mais expriment des attitudes { Que soutient la « théorie de l'erreur » de John Mackie ? |type="()" } + Nos énoncés moraux prétendent décrire des faits objectifs, mais cette prétention est systématiquement fausse, faute de faits moraux dans le monde - Les devoirs existent objectivement, comme les faits physiques - Les énoncés moraux n'expriment que des préférences personnelles - Les devoirs sont construits par un accord rationnel { Le « voile d'ignorance » de Rawls illustre quelle famille de positions ? |type="()" } - le réalisme moral - la théorie du commandement divin + le constructivisme : des participants choisissent les règles de leur société sans savoir quelle place ils y occuperont - l'éthique du care { Comment le déontologisme se distingue-t-il du conséquentialisme ? |type="()" } - Il juge la valeur d'une action à ses seules conséquences - Il déplace l'attention des règles vers les vertus de caractère - Il fait dépendre la morale des cultures + Il soutient que certains devoirs sont absolus et ne dépendent pas des conséquences, comme l'interdiction de mentir { En quoi consiste l'« heuristique de la peur » proposée par Hans Jonas ? |type="()" } - supprimer toute crainte de l'avenir - maximiser le bonheur présent sans souci du futur + accorder, lorsque les conséquences possibles d'une action sont irréversibles et catastrophiques, plus de poids au pronostic pessimiste qu'au pronostic optimiste - nier tout devoir envers les générations futures { Que désigne le « spécisme » dénoncé par Peter Singer ? |type="()" } + le fait de privilégier nos intérêts sur ceux des animaux au seul motif qu'ils appartiennent à une autre espèce - le respect égal accordé à toutes les espèces - la pratique de l'élevage industriel - la simple capacité à souffrir { Que met en avant l'éthique du care de Carol Gilligan ? |type="()" } - le calcul des plaisirs et des peines + les relations, les responsabilités concrètes et le soin envers les personnes vulnérables, à côté des règles universelles - l'impératif catégorique - la volonté générale { Qu'exprime la « banalité du mal » chez Hannah Arendt ? |type="()" } - le mal n'est commis que par des êtres monstrueux et exceptionnels - le devoir consiste à exécuter sans réserve les ordres légaux + l'obéissance aveugle aux ordres ne décharge pas de la responsabilité ; juger par soi-même est au cœur de la vie morale - la valeur d'une action tient à ses seules conséquences { Quel renversement Simone Weil opère-t-elle dans ''L'Enracinement'' ? |type="()" } - le droit prime toujours l'obligation + « La notion d'obligation prime celle de droit » : un droit n'existe effectivement que là où quelqu'un reconnaît l'obligation correspondante - les devoirs naissent d'un contrat passé entre égaux - l'obligation se mesure à ses conséquences </quiz> {{Boîte déroulante |titre = Corrigé commenté (cliquez pour afficher) |alignT = left |contenu = # Réponse : la contrainte s'exerce sur nous indépendamment de notre volonté, l'obligation suppose que nous en reconnaissions la légitimité. Le voleur menacé d'une arme est contraint ; le citoyen qui paie ses impôts est obligé. Rousseau le résume : on n'est obligé d'obéir qu'aux puissances légitimes. # Réponse : est légal ce qui est conforme au droit en vigueur, légitime ce qui est conforme à la justice. Une loi peut être légale sans être légitime, comme les législations racistes du XX{{e}} siècle l'ont rappelé. Cette distinction rend possible le jugement des lois elles-mêmes, et toute pensée de la désobéissance civile. # Réponse : l'impératif hypothétique est conditionné par un désir, l'impératif catégorique commande sans condition. « Si tu veux réussir, travaille » s'efface dès que la fin disparaît. « Tu ne dois pas mentir » vaut quoi qu'il arrive : la morale ne peut reposer sur un ordre suspendu à nos envies. # Réponse : le mot capital est « simplement ». Le boulanger nous nourrit, le professeur nous instruit : les traiter comme des moyens n'a rien d'immoral. Ce qui le serait, c'est de les y réduire. Manipuler, tromper, exploiter la détresse d'autrui, c'est nier ce qui fait de lui une personne. # Réponse : l'action est correcte, mais sans valeur morale au sens kantien. Le marchand honnête par pur calcul se confond avec n'importe quel commerçant rusé. Seule l'action accomplie par devoir, par respect pour la loi et hors de tout intérêt, possède une pleine valeur morale. # Réponse : parce qu'en obéissant à l'impératif catégorique, j'obéis à la loi que ma propre raison me donne. Faire « ce qu'on veut », c'est souvent subir ses penchants : le fumeur qui ne peut s'arrêter n'est pas libre. L'autonomie nous arrache à cette mécanique des inclinations ; c'est elle, et non le caprice, qui fait de nous des sujets. # Réponse : les postulats ne fondent pas la loi morale, ils accompagnent seulement l'espérance du souverain bien. La loi s'impose par la seule raison pure et obligerait jusqu'à un athée. Le devoir vaudrait même s'il n'y avait ni Dieu ni vie future : la morale kantienne ne tire sa force d'aucune promesse extérieure. # Réponse : par l'habitude. Aucun enfant ne vient au monde équipé de vertus toutes faites. C'est en agissant justement qu'on devient juste, en construisant des maisons qu'on devient architecte. La vertu est une disposition stable, une seconde nature acquise par l'exercice : chacun, en un sens, se sculpte lui-même. # Réponse : une médiété relative à nous, déterminée selon les circonstances. Si la portion idéale est de dix bouchées pour l'un, elle peut en être vingt pour un athlète. Le courage tient le milieu entre lâcheté et témérité, mais ce point juste se trouve par discernement, sous le regard de l'homme prudent, et non par calcul. # Réponse : la capacité à bien délibérer et à saisir, dans la situation présente, l'action qui convient. Le mot ne désigne pas la timidité. Dire la vérité peut être courageux ici, cruel ailleurs : aucun manuel ne fournit la règle de son application. La prudence s'acquiert lentement, par l'expérience des situations traversées. # Réponse : l'éthicité (Sittlichkeit), sphère des institutions concrètes où le devoir trouve un contenu effectif. Hegel distingue droit abstrait, moralité et éthicité. Dans l'éthicité, l'individu reconnaît ses devoirs comme siens en s'identifiant à des institutions rationnelles, sans pour autant se réduire à un simple conformisme. # Réponse : la volonté générale exprime l'intérêt commun, une fois écartées les considérations privées. Elle ne se confond ni avec la somme des intérêts particuliers, ni avec l'opinion majoritaire immédiate. Le peuple veut toujours son bien, mais il peut se tromper sur ce bien : la rectitude de la volonté n'est pas la justesse du jugement. # Réponse : la contrainte rappelle l'individu à sa propre volonté de citoyen, engagée par le pacte. Celui qui refuse d'obéir ne défend pas sa liberté contre l'oppression : il préfère son intérêt privé à l'intérêt qu'il a, comme membre du corps politique. La formule ne tient toutefois que si la loi procède d'une volonté générale ; sinon, la force ne fait pas droit. # Réponse : « action appropriée », ce que la situation demande d'un être raisonnable selon son rôle. Père, citoyen, ami : chacun occupe une place où des actions appropriées s'imposent. Les stoïciens distinguent l'action appropriée, à la portée de tous, et l'action parfaitement droite (''katorthôma''), réservée au sage. Le devoir admet donc des degrés. # Réponse : mon devoir n'est pas de réussir, mais de bien viser. Le bon archer tend son arc et vise avec soin, mais un coup de vent peut dévier la flèche. Le devoir tient tout entier dans l'attention donnée à ce qui dépend de nous, nos jugements, et dans la paix de l'âme devant ce qui nous échappe. # Réponse : l'effort par lequel chaque chose s'efforce de persévérer dans son être. L'homme n'agit pas par devoir imposé du dehors, mais par cet effort qui exprime son essence même. Est dit bon ce qui augmente sa puissance d'agir, mauvais ce qui la diminue : une morale immanente, et non une absence de norme. # Réponse : on ne déduit pas un « doit être » d'un simple « est ». Pour Hume, la raison est inerte : elle établit des faits mais ne meut pas l'action, et reste « l'esclave des passions ». Le devoir ne peut donc être un pur commandement rationnel ; il s'enracine dans le sentiment moral et dans la sympathie pour autrui. # Réponse : parce qu'elle ne s'impose pas spontanément et suppose une convention. Les vertus naturelles, comme la bienveillance, suscitent une approbation immédiate. La justice, elle, exige une règle stable : dans un monde aux biens infinis, la propriété perdrait son sens. La rareté des biens et le besoin de coopérer l'ont rendue nécessaire. # Réponse : Mill introduit une différence de qualité entre les plaisirs. Bentham calcule la somme des plaisirs et des peines selon leur intensité, leur durée, leur étendue. Mill objecte que ceux qui ont éprouvé les deux genres préfèrent les plaisirs supérieurs : « il vaut mieux être un être humain insatisfait qu'un porc satisfait ». # Réponse : Marx s'intéresse à la fonction sociale du devoir. Les idées de la classe dominante sont, à chaque époque, les idées dominantes. Le « devoir de travailler » prend, en régime capitaliste, la forme précise de la vente de sa force de travail. D'où trois questions : qui définit les devoirs, au nom de quoi, au profit de qui ? # Réponse : dans le retournement contre soi de pulsions qui ne pouvaient plus s'extérioriser. Le « tu dois » de la morale intériorise une cruauté privée de dehors. Nietzsche n'appelle pas pour autant au débridement des instincts : il invite à inventer une morale qui ne se nourrisse plus du ressentiment. # Réponses exactes : les deux premières. La théorie de l'erreur (Mackie), et non le constructivisme, tient les énoncés moraux pour systématiquement faux. Le relativisme affirme au contraire que les jugements moraux varient d'une culture à l'autre. Le constructivisme, lui, fait dériver les normes d'un accord conclu entre êtres raisonnables. # Réponse : nos énoncés moraux prétendent décrire des faits objectifs, mais cette prétention est illusoire. Mackie avance l'« argument de l'étrangeté » : une propriété morale objective ne ressemblerait à rien de connu, ni perception ni raisonnement. Il ajoute qu'on peut pratiquer une morale utile à titre conventionnel : elle est inventée, non découverte. # Réponse : le constructivisme. Ignorant s'ils seront riches ou pauvres, malades ou bien portants, les participants choisiraient des règles protégeant les plus vulnérables, puisque chacun pourrait s'y retrouver. Les principes de justice ne tombent pas du ciel : ils résultent d'un accord hypothétique conclu dans des conditions équitables. # Réponse : le déontologisme tient certains devoirs pour absolus, indépendamment des conséquences. Kant, dans « Sur un prétendu droit de mentir par humanité », refuse le droit de mentir, même à un meurtrier cherchant sa victime. Le conséquentialisme juge l'action à ses résultats ; l'éthique des vertus déplace l'attention vers le caractère. # Réponse : accorder plus de poids au pronostic pessimiste quand les conséquences possibles sont irréversibles et catastrophiques. Jonas reformule l'impératif : « Agis de telle sorte que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur Terre. » Le devoir s'étend à des sujets qui n'existent pas encore. # Réponse : privilégier nos intérêts sur ceux des animaux au seul motif de l'espèce. Pour Singer, si la capacité à souffrir fonde la considération morale, tout être sensible la mérite. Il reprend la question de Bentham : non pas « peuvent-ils raisonner ? », mais « peuvent-ils souffrir ? » # Réponse : les relations, les responsabilités concrètes et le soin envers les plus vulnérables. Gilligan repère une voix qui raisonne en termes de liens plutôt que de droits abstraits. Cette éthique ne remplace pas celle de la justice : elle rappelle que nous sommes des êtres dépendants, et que bien des devoirs naissent dans des situations particulières. # Réponse : l'obéissance aveugle ne décharge pas de la responsabilité. Eichmann n'était pas un monstre, mais un homme ordinaire et zélé, capable de raisonner sur « son devoir » au sein d'un système criminel. Arendt pousse à son terme l'exigence d'autonomie : la conscience est ce qui m'interdit de me cacher derrière un ordre, fût-il légal. # Réponse : « la notion d'obligation prime celle de droit ». Un droit ne vaut effectivement que là où quelqu'un reconnaît l'obligation correspondante. L'enfant qui meurt de faim a un droit à se nourrir, mais ce droit reste lettre morte tant qu'aucun être humain ne reconnaît le devoir de le nourrir. L'obligation naît d'un appel, non d'un contrat. }} ==Références== {{references|colonnes=2}} {{AutoCat}} ==Pour aller plus loin== ===À lire en priorité=== Pour une première découverte de la notion, on peut commencer par les textes fondateurs et les introductions qui les rendent accessibles. * [[s:Auteur:Emmanuel Kant|Emmanuel Kant]], ''[[s:Fondements de la métaphysique des mœurs|Fondements de la métaphysique des mœurs]]'' (1785), trad. V. Delbos, Paris, Vrin. Texte central pour comprendre la morale du devoir. * [[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]], ''[[s:Éthique à Nicomaque|Éthique à Nicomaque]]'', livres I, II et VI, trad. R. Bodéüs, Paris, GF-Flammarion, 2004. Le contrepoint majeur à Kant. * [[s:Auteur:Épictète|Épictète]], ''[[s:Manuel d’Épictète|Manuel]]'', dans ''Les Stoïciens'', trad. É. Bréhier, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1962. Bref et limpide. * [[s:Auteur:Jean-Jacques Rousseau|Jean-Jacques Rousseau]], ''[[s:Du contrat social|Du Contrat social]]'' (1762), livre I et début du livre II, édition GF-Flammarion. Pour articuler devoir et liberté politique. * [[s:Auteur:John Stuart Mill|John Stuart Mill]], ''[[s:L’Utilitarisme|L'Utilitarisme]]'' (1861), trad. G. Tanesse, Paris, GF-Flammarion. La version la plus pédagogique du conséquentialisme. ===Pour approfondir=== * [[s:Auteur:Emmanuel Kant|Emmanuel Kant]], ''[[s:Critique de la raison pratique (trad. Barni)|Critique de la raison pratique]]'' (1788), trad. F. Picavet, Paris, PUF. Approfondissement de la morale kantienne. * [[s:Auteur:Friedrich Nietzsche|Friedrich Nietzsche]], ''[[s:La Généalogie de la morale|La Généalogie de la morale ]](1887), trad. P. Wotling, Paris, Le Livre de Poche, 2000. Pour la critique de la morale. * [[s:Auteur:David Hume|David Hume]], ''Enquête sur les principes de la morale'' (1751), trad. P. Saltel, Paris, GF-Flammarion. * [[s:Auteur:Baruch Spinoza|Baruch Spinoza]], ''[[s:Éthique (Spinoza)|Éthique ]](1677), parties III et IV, trad. B. Pautrat, Paris, Seuil. * [[s:Auteur:Marc Aurèle|Marc Aurèle]], ''[[s:Pensées pour moi-même|Pensées pour moi-même]]'', dans ''Les Stoïciens'', trad. É. Bréhier, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1962. * [[s:Auteur:Georg Wilhelm Friedrich Hegel|G. W. F. Hegel]], ''Principes de la philosophie du droit'' (1820), trad. J.-F. Kervégan, Paris, PUF, « Quadrige », 2013. * [[s:Auteur:Simone Weil|Simone Weil]], ''[[s:L’Enracinement|L'Enracinement]]'' (1949), Paris, Gallimard, « Folio essais », 1990. * Hans Jonas, ''Le Principe responsabilité'' (1979), trad. J. Greisch, Paris, Flammarion, 1995. * Hannah Arendt, ''Eichmann à Jérusalem. Rapport sur la banalité du mal'' (1963), trad. A. Guérin, Paris, Gallimard, « Folio », 1991. * Peter Singer, ''La Libération animale'' (1975), trad. L. Rousselle, Paris, Grasset, 1993. * Carol Gilligan, ''Une voix différente'' (1982), trad. A. Kwiatek et V. Nurock, Paris, Flammarion, 2008. * Pierre Hadot, ''Qu'est-ce que la philosophie antique ?'', Paris, Gallimard, 1995. Introduction lumineuse aux éthiques antiques. ===Niveau avancé=== * Pierre Aubenque, ''La prudence chez Aristote'', Paris, PUF, 1963. * Elizabeth Anscombe, « Modern Moral Philosophy », ''Philosophy'', vol. 33, n° 124, 1958. * William David Ross, ''The Right and the Good'', Oxford, Oxford University Press, 1930. * John Rawls, ''Théorie de la justice'' (1971), trad. C. Audard, Paris, Seuil, 1987. * John L. Mackie, ''Ethics: Inventing Right and Wrong'', Harmondsworth, Penguin, 1977. * Onora O'Neill, ''Constructions of Reason: Explorations of Kant's Practical Philosophy'', Cambridge, Cambridge University Press, 1989. * Christine M. Korsgaard, ''Creating the Kingdom of Ends'', Cambridge, Cambridge University Press, 1996. * Allen W. Wood, ''Kantian Ethics'', Cambridge, Cambridge University Press, 2008. * Philippa Foot, ''Virtues and Vices'', Oxford, Blackwell, 1978. * Alasdair MacIntyre, ''After Virtue'', Notre Dame, University of Notre Dame Press, 1981. * Rosalind Hursthouse, ''On Virtue Ethics'', Oxford, Oxford University Press, 1999. * Pierre-François Moreau, ''Spinoza et le spinozisme'', Paris, PUF, 2003. * Jean-François Kervégan, ''L'effectif et le rationnel. Hegel et l'esprit objectif'', Paris, Vrin, 2007. * Derek Parfit, ''On What Matters'', Oxford, Oxford University Press, 2011. * [[s:Auteur:Émile Durkheim|Émile Durkheim]], ''[[s:De la division du travail social|De la division du travail social ]](1893), Paris, PUF, « Quadrige », 2007. * Michel Foucault, ''Surveiller et punir. Naissance de la prison'', Paris, Gallimard, 1975. quy4neoqx2ited18jhx10n28tis9wo1 Dictionnaire de philosophie/Concept 0 83088 768235 767898 2026-06-21T05:14:20Z PandaMystique 119061 Bot : ajout du paramètre lecture=oui au modèle {{DicoPhilo}} 768235 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Concept|lecture=oui}} Le concept figure parmi les notions centrales de la philosophie. Il désigne généralement une représentation mentale abstraite et générale, une unité de pensée qui permet d'appréhender le réel dans sa dimension universelle. Depuis l'Antiquité grecque jusqu'aux débats contemporains, la question de la nature du concept, de son origine, de son rapport aux objets singuliers et au langage, n'a cessé de traverser la réflexion philosophique, donnant lieu à des positions métaphysiques, épistémologiques et logiques diverses. == Origines et définitions == === L'héritage grec === La notion de concept trouve ses racines dans la philosophie grecque antique, même si le terme lui-même n'apparaît que tardivement dans l'histoire de la pensée occidentale. Chez Platon (428/427-348/347 av. J.-C.), les Idées ou Formes (''eidos'') constituent des réalités intelligibles, éternelles et immuables, dont les choses sensibles ne sont que des copies imparfaites<ref>Platon, ''La République'', livres VI-VII, trad. G. Leroux, Paris, Flammarion, coll. « GF », 2002, p. 312-345</ref>. L'Idée du Beau, du Juste ou du Lit possède une existence propre, indépendante des beaux objets, des actions justes ou des lits particuliers que nous rencontrons dans l'expérience sensible. Cette conception suppose une séparation ontologique entre le monde intelligible et le monde sensible. Aristote (384-322 av. J.-C.) critique cette séparation platonicienne et propose une théorie alternative de l'universel. Pour le Stagirite, la forme (''morphê'') ou l'essence (''ousia'') n'existe pas séparément des substances individuelles, mais réside en elles comme principe d'intelligibilité<ref>Aristote, ''Métaphysique'', Z, 7-9, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1974, p. 371-398</ref>. L'universel est certes pensé par l'intellect agent (''nous poiêtikos''), mais il s'abstrait à partir des données sensibles particulières. Cette position, qualifiée de réalisme modéré, affirme que l'universel existe dans les choses (''in rebus''), tandis que le concept existe dans l'esprit comme résultat d'une abstraction. === La querelle médiévale des universaux === Au Moyen Âge, la question du statut des universaux devient l'un des débats majeurs de la philosophie scolastique<ref>Alain de Libera, ''La Querelle des universaux. De Platon à la fin du Moyen Âge'', Paris, Seuil, 1996, p. 15-89</ref>. Trois positions principales s'affrontent : le réalisme, le nominalisme et le conceptualisme. Le réalisme médiéval, défendu notamment par Guillaume de Champeaux (vers 1070-1121), soutient que les universaux possèdent une réalité substantielle, existant avant les choses particulières (''ante res''). Cette thèse s'inscrit dans la tradition platonicienne et augustinienne, faisant des universaux des idées dans l'esprit divin<ref>Étienne Gilson, ''La Philosophie au Moyen Âge'', Paris, Payot, 1986, p. 259-267</ref>. Le nominalisme, illustré par Guillaume d'Ockham (vers 1285-1347), nie toute réalité aux universaux en dehors de l'esprit qui les conçoit. Selon Ockham, seuls existent les individus singuliers ; les termes universels ne sont que des noms (''nomina'') ou des signes conventionnels permettant de désigner plusieurs individus présentant des ressemblances<ref>Guillaume d'Ockham, ''Somme de logique'', I, 14-17, trad. J. Biard, Mauvezin, Trans-Europ-Repress, 1988, p. 59-78</ref>. Le concept n'est qu'un signe mental (''signum mentale''), un acte de pensée sans correspondant ontologique universel. Le conceptualisme, défendu par Pierre Abélard (1079-1142), adopte une position intermédiaire : les universaux n'existent ni comme substances séparées ni comme pures dénominations, mais comme concepts dans l'intellect, fondés sur les ressemblances réelles entre les choses singulières<ref>Pierre Abélard, ''Logica ingredientibus'', dans ''Philosophical Writings'', éd. P. V. Spade, Indianapolis, Hackett, 1995, p. 26-56</ref>. == La modernité et le tournant subjectiviste == === Descartes et l'idée claire et distincte === René Descartes (1596-1650) inaugure une nouvelle approche du concept en le pensant d'abord comme idée présente dans l'esprit. Dans les ''Méditations métaphysiques'', Descartes distingue trois types d'idées : innées, adventices et factices<ref>René Descartes, ''Méditations métaphysiques'', III, dans ''Œuvres'', éd. C. Adam et P. Tannery, Paris, Vrin, 1996, t. IX, p. 29-41</ref>. Les idées innées, telles celles de Dieu, de l'âme ou des vérités mathématiques, sont présentes en nous indépendamment de l'expérience sensible. Le critère de vérité réside dans la clarté et la distinction de ces idées. Une idée claire est celle qui se présente immédiatement à l'esprit attentif ; une idée distincte est celle qui n'est pas confondue avec d'autres. Cette théorie cartésienne fait du concept une réalité mentale dont la validité dépend de sa transparence à la conscience. Elle ouvre la voie à l'idéalisme moderne en plaçant la représentation au centre de la réflexion épistémologique. === L'empirisme britannique et la critique du concept === Les philosophes empiristes britanniques remettent en cause la doctrine des idées innées et proposent une genèse empirique du concept. John Locke (1632-1704) affirme que l'esprit à la naissance est une ''tabula rasa'', une page blanche sur laquelle l'expérience inscrit progressivement ses contenus<ref>John Locke, ''Essai sur l'entendement humain'', livre II, chap. 1, trad. J.-M. Vienne, Paris, Vrin, 2001, p. 109-118</ref>. Les idées simples proviennent de la sensation ou de la réflexion ; les idées complexes résultent de la combinaison, de la comparaison ou de l'abstraction opérées par l'entendement sur les idées simples. George Berkeley (1685-1753) radicalise l'empirisme en contestant l'existence des idées abstraites générales. Pour l'évêque de Cloyne, toute idée est particulière et déterminée ; ce qui donne l'apparence d'universalité, c'est l'usage que nous faisons de certaines idées particulières comme signes représentant d'autres idées semblables<ref>George Berkeley, ''Traité des principes de la connaissance humaine'', Introduction, § 6-20, trad. D. Berlioz, Paris, Flammarion, 1991, p. 69-83</ref>. David Hume (1711-1776) pousse plus loin encore la critique empiriste. Il distingue les impressions, données immédiates et vivaces de la sensation, et les idées, copies affaiblies des impressions dans la mémoire et l'imagination<ref>David Hume, ''Enquête sur l'entendement humain'', section II, trad. A. Leroy, Paris, Flammarion, 1983, p. 67-73</ref>. Les idées générales ne sont que des collections d'idées particulières associées à un même terme par habitude. Hume sape ainsi les fondements métaphysiques du concept en le réduisant à un mécanisme psychologique d'association. === Kant et la révolution copernicienne === Emmanuel Kant (1724-1804) opère une véritable révolution dans la compréhension du concept. Dans la ''Critique de la raison pure'', il distingue deux sources de la connaissance : la sensibilité, faculté réceptive qui reçoit les données de l'intuition, et l'entendement, faculté spontanée qui produit les concepts<ref>Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pure'', « Esthétique transcendantale » et « Analytique transcendantale », trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2012, p. 55-225</ref>. Kant établit une distinction fondamentale entre intuitions et concepts. Les intuitions sont des représentations singulières et immédiates ; les concepts sont des représentations générales et médiates. « Les pensées sans contenu sont vides, les intuitions sans concepts sont aveugles. »<ref>Kant, ''Critique de la raison pure'', A 51/B 75, op. cit., p. 77</ref> La connaissance résulte de la synthèse de l'intuition sensible et du concept intellectuel. Kant distingue en outre les concepts empiriques, formés par abstraction à partir de l'expérience, les concepts purs ou catégories, structures a priori de l'entendement (substance, causalité, unité, etc.), et les idées de la raison (âme, monde, Dieu), qui dépassent toute expérience possible<ref>Kant, ''Critique de la raison pure'', « Dialectique transcendantale », op. cit., p. 279-470</ref>. Les catégories constituent les conditions de possibilité de l'expérience : sans elles, aucun objet ne pourrait être pensé. == L'idéalisme allemand et le concept spéculatif == === Hegel et le devenir du concept === Georg Wilhelm Friedrich Hegel (1770-1831) confère au concept (''Begriff'') une portée métaphysique inédite. Pour lui, le concept n'est pas une simple représentation subjective, mais le mouvement même par lequel la réalité se structure et se comprend elle-même<ref>G.W.F. Hegel, ''Science de la logique'', livre III : « La Doctrine du concept », trad. P.-J. Labarrière et G. Jarczyk, Paris, Aubier, 1981, p. 17-89</ref>. Le concept hégélien est le déploiement dialectique de l'Idée absolue à travers les moments de l'universel, du particulier et du singulier. Dans la ''Phénoménologie de l'esprit'', Hegel montre comment la conscience s'élève progressivement de la certitude sensible immédiate jusqu'au savoir absolu, en passant par diverses figures de l'expérience<ref>G.W.F. Hegel, ''Phénoménologie de l'esprit'', trad. J. Hyppolite, Paris, Aubier, 1941, t. I, p. 85-171</ref>. Le concept n'est pas donné d'emblée, mais se constitue dans un processus historique et logique. Il est vie, mouvement, négativité : il nie les déterminations immédiates pour les dépasser dans une synthèse supérieure. L'originalité de Hegel consiste à identifier le rationnel et le réel : « Ce qui est rationnel est effectif, et ce qui est effectif est rationnel. »<ref>Hegel, ''Principes de la philosophie du droit'', Préface, trad. J.-F. Kervégan, Paris, PUF, 2013, p. 105</ref> Le concept n'est pas un instrument extérieur à la réalité pour la penser, mais la structure même de cette réalité en tant qu'elle est esprit (''Geist''). == L'analyse logique du concept == === Frege et la distinction sens/référence === Gottlob Frege (1848-1925), fondateur de la logique moderne, introduit une distinction capitale entre le sens (''Sinn'') et la référence (''Bedeutung'') des expressions linguistiques<ref>Gottlob Frege, « Über Sinn und Bedeutung » (1892), dans ''Écrits logiques et philosophiques'', trad. Cl. Imbert, Paris, Seuil, 1971, p. 102-126</ref>. Deux expressions peuvent avoir la même référence (désigner le même objet) tout en ayant des sens différents : ainsi, « l'étoile du matin » et « l'étoile du soir » désignent toutes deux la planète Vénus, mais leur mode de donation diffère. Pour Frege, les concepts (''Begriffe'') sont des fonctions insaturées dont les valeurs sont des valeurs de vérité<ref>Frege, « Funktion und Begriff » (1891), dans ''Écrits logiques et philosophiques'', op. cit., p. 80-101</ref>. Un concept est une fonction qui, pour un objet donné en argument, donne le Vrai ou le Faux. Par exemple, le concept « être un nombre premier » appliqué à 7 donne le Vrai, appliqué à 6 donne le Faux. Cette conception logiciste fait du concept une entité objective, ni psychologique ni linguistique, mais purement logique, appartenant au « troisième royaume » distinct du monde physique et du monde mental<ref>Frege, « Der Gedanke » (1918), dans ''Écrits logiques et philosophiques'', op. cit., p. 170-195</ref>. Frege établit également une distinction fondamentale entre objets et concepts : alors que les objets sont saturés, complets en eux-mêmes, les concepts sont insaturés, incomplets, nécessitant d'être complétés par un objet. Cette distinction grammaticale et logique a des conséquences ontologiques : un concept ne peut jamais être objet, et réciproquement. Frege en déduit son célèbre paradoxe : « Le concept cheval n'est pas un concept », car en le nommant ainsi, on en fait un objet<ref>Frege, « Über Begriff und Gegenstand » (1892), dans ''Écrits logiques et philosophiques'', op. cit., p. 127-141</ref>. === Russell, Carnap et l'empirisme logique === Bertrand Russell (1872-1970) développe une théorie des descriptions définies qui vise à éliminer les difficultés liées aux termes ne désignant rien<ref>Bertrand Russell, « On Denoting » (1905), dans ''Logic and Knowledge'', éd. R.C. Marsh, Londres, Routledge, 1956, p. 41-56</ref>. Une description définie comme « le roi de France actuel » n'est pas un véritable nom propre, mais une expression quantifiée analysable logiquement. Russell cherche ainsi à purifier le langage de ses ambiguïtés en le reconstruisant sur des bases logiques rigoureuses. Les philosophes du Cercle de Vienne, notamment Rudolf Carnap (1891-1970), radicalisent cette approche en proposant un critère empiriste de signification : un énoncé est doué de sens si et seulement s'il est vérifiable empiriquement ou s'il est analytique (vrai en vertu de la signification des termes)<ref>Rudolf Carnap, « Überwindung der Metaphysik durch logische Analyse der Sprache » (1932), dans ''Erkenntnis'', 2, 1932, p. 219-241 ; trad. fr. « Le Dépassement de la métaphysique par l'analyse logique du langage », dans A. Soulez (dir.), ''Manifeste du Cercle de Vienne'', Paris, PUF, 1985, p. 153-179</ref>. Les concepts métaphysiques traditionnels, ne satisfaisant pas à ce critère, sont déclarés dénués de sens. Cette position, dite « vérificationnisme », vise à éliminer les pseudo-problèmes philosophiques résultant d'un mauvais usage du langage. Willard Van Orman Quine (1908-2000) remet en cause la distinction entre énoncés analytiques et synthétiques, et avec elle l'idée même qu'il existerait des significations conceptuelles pures, indépendantes de l'expérience<ref>W.V.O. Quine, « Two Dogmas of Empiricism » (1951), dans ''From a Logical Point of View'', Cambridge, Harvard University Press, 1980, p. 20-46 ; trad. fr. « Deux dogmes de l'empirisme », dans ''Du point de vue logique'', Paris, Vrin, 2003, p. 87-112</ref>. Pour Quine, nos théories scientifiques forment un réseau holistique confronté globalement à l'expérience : aucun énoncé n'est à l'abri de la révision, y compris les lois logiques. == Philosophie continentale : Husserl, Heidegger, Deleuze == === Husserl et la phénoménologie === Edmund Husserl (1859-1938) inaugure la phénoménologie comme méthode d'analyse de la conscience et de ses vécus intentionnels. La réduction phénoménologique ou ''épochè'' consiste à mettre entre parenthèses la thèse de l'existence du monde (la croyance naturelle en la réalité objective) pour se concentrer sur les phénomènes tels qu'ils apparaissent à la conscience<ref>Edmund Husserl, ''Idées directrices pour une phénoménologie'', § 31-32, trad. P. Ricœur, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1950, p. 98-107</ref>. Husserl introduit la distinction entre noèse et noème. La noèse désigne l'acte intentionnel de la conscience (percevoir, juger, imaginer, désirer, etc.), tandis que le noème est le corrélat intentionnel de cet acte, c'est-à-dire l'objet tel qu'il est visé par la conscience<ref>Husserl, ''Idées directrices pour une phénoménologie'', § 88-96, op. cit., p. 301-335</ref>. Le noème n'est ni l'objet réel transcendant ni une simple représentation psychologique : c'est le sens objectif de l'acte, la manière dont l'objet se donne à la conscience. Le concept, dans cette perspective, relève de la structure noématique : il est le sens idéal saisi dans l'intuition eidétique. Husserl développe également une théorie de la variation eidétique : en imaginant librement des variations d'un objet (par exemple, différentes tables), la conscience peut saisir l'essence invariante (l'eidos), ce sans quoi l'objet ne serait pas ce qu'il est<ref>Husserl, ''Expérience et jugement'', § 87, trad. D. Souche-Dagues, Paris, PUF, 1970, p. 411-423</ref>. Cette méthode permet d'accéder aux concepts essentiels sans recourir à l'abstraction empirique. === Heidegger et la destruction de la métaphysique === Martin Heidegger (1889-1976) entreprend une ''Destruktion'' (déconstruction) de l'histoire de l'ontologie pour retrouver la question de l'être, oubliée depuis Platon. Dans ''Être et Temps'', Heidegger critique la conception traditionnelle du concept (''Begriff'') comme saisie (''greifen'') objectivante qui fige l'être dans la présence<ref>Martin Heidegger, ''Sein und Zeit'' (1927), § 2-7, trad. F. Vezin, Paris, Gallimard, 1986, p. 35-67</ref>. Le penser authentique ne relève pas de la logique conceptuelle, mais d'un laisser-être qui laisse l'étant se manifester dans sa vérité (''alètheia''). Heidegger distingue le concept (''Begriff''), qui appartient au registre de l'étant et de la métaphysique, et la pensée (''Denken''), qui se tient dans la proximité de l'être. Le concept, instrument de la science moderne, opère par représentation et calcul, tandis que la pensée méditative (''besinnliches Denken'') écoute l'appel de l'être<ref>Heidegger, « La Question de la technique » (1954), dans ''Essais et conférences'', trad. A. Préau, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 1958, p. 9-48</ref>. === Deleuze et Guattari : créer des concepts === Gilles Deleuze (1925-1995) et Félix Guattari (1930-1992) proposent une conception originale de la philosophie comme activité créatrice de concepts. Dans ''Qu'est-ce que la philosophie ?'', ils définissent le concept comme un ensemble de composantes inséparables qui trace un plan d'immanence<ref>Gilles Deleuze et Félix Guattari, ''Qu'est-ce que la philosophie ?'', Paris, Minuit, 1991, p. 21-36</ref>. Le concept n'est ni une généralité abstraite ni une simple opinion (''doxa''), mais une singularité qui découpe une zone de consistance dans le chaos de l'expérience. Contrairement à la tradition qui voit dans le concept un universel, Deleuze et Guattari affirment son caractère événementiel et créateur. Les concepts ne préexistent pas, ils sont inventés : le ''cogito'' de Descartes, la ''monade'' de Leibniz, la ''volonté de puissance'' de Nietzsche sont autant de créations conceptuelles qui ouvrent de nouvelles possibilités de penser<ref>Deleuze et Guattari, ''Qu'est-ce que la philosophie ?'', op. cit., p. 11-20</ref>. La philosophie n'est pas la contemplation, la réflexion ou la communication, mais la création de concepts. == Le concept dans les sciences == === Épistémologie : concepts scientifiques et paradigmes === L'épistémologie contemporaine s'est penchée sur la nature et le rôle des concepts dans la connaissance scientifique. Pierre Duhem (1861-1916) et Alexandre Koyré (1892-1964) ont montré que les théories scientifiques ne procèdent pas par induction à partir de l'expérience brute, mais mettent en œuvre des cadres conceptuels qui orientent l'observation et l'expérimentation<ref>Alexandre Koyré, ''Études galiléennes'', Paris, Hermann, 1939, rééd. 1966, p. 5-48</ref>. Gaston Bachelard (1884-1962) introduit la notion d'« obstacle épistémologique » : les concepts de sens commun et les premières conceptualisations scientifiques constituent souvent des obstacles qu'il faut surmonter pour accéder à une connaissance rationnelle<ref>Gaston Bachelard, ''La Formation de l'esprit scientifique'', Paris, Vrin, 1938, p. 13-22</ref>. La science progresse par « ruptures » conceptuelles, en substituant à un concept usé un concept rectifié. Bachelard parle ainsi de « philosophie du non » pour désigner cette dialectique de la conceptualisation scientifique. Thomas Kuhn (1922-1996) radicalise cette approche avec sa théorie des paradigmes. Un paradigme scientifique est une matrice disciplinaire comprenant des lois, des théories, des applications et des instruments, mais aussi un réseau de concepts partagés par une communauté scientifique<ref>Thomas Kuhn, ''The Structure of Scientific Revolutions'', Chicago, University of Chicago Press, 1962, 2e éd. 1970, p. 10-22 ; trad. fr. ''La Structure des révolutions scientifiques'', Paris, Flammarion, 1983</ref>. Lors d'une révolution scientifique, le changement de paradigme entraîne une reconfiguration conceptuelle telle que les termes utilisés avant et après la révolution n'ont plus le même sens : c'est le phénomène d'« incommensurabilité ». === Sciences cognitives et psychologie du concept === La psychologie cognitive étudie empiriquement la formation, l'organisation et l'utilisation des concepts par l'esprit humain. Eleanor Rosch a montré que les concepts naturels ne fonctionnent pas selon le modèle classique de la définition par conditions nécessaires et suffisantes, mais selon une structure de prototypes<ref>Eleanor Rosch, « Natural Categories », ''Cognitive Psychology'', 4(3), 1973, p. 328-350</ref>. Un prototype est l'exemplaire le plus typique d'une catégorie : par exemple, le rouge-gorge est un prototype de la catégorie « oiseau » plus que le manchot. L'appartenance à une catégorie est graduelle plutôt que binaire. Les sciences cognitives contemporaines, intégrant linguistique, intelligence artificielle, neurosciences et philosophie de l'esprit, explorent la nature computationnelle ou connexionniste des concepts. Selon Jerry Fodor, les concepts sont des symboles mentaux (« langage de la pensée » ou ''mentalais'') qui obéissent à une syntaxe combinatoire<ref>Jerry Fodor, ''The Language of Thought'', Cambridge, Harvard University Press, 1975, p. 1-33</ref>. D'autres, comme Lawrence Barsalou, défendent une approche incarnée (''embodied''), selon laquelle les concepts sont enracinés dans les systèmes sensori-moteurs<ref>Lawrence Barsalou, « Grounded Cognition », ''Annual Review of Psychology'', 59, 2008, p. 617-645</ref>. == Débats contemporains == === Conceptualisme et non-conceptualisme === Un débat actuel en philosophie de l'esprit porte sur la question de savoir si toute expérience est conceptuellement structurée ou s'il existe des contenus non-conceptuels. Les conceptualistes, comme John McDowell, soutiennent que l'expérience perceptive est toujours déjà articulée conceptuellement : voir un rouge déterminé, c'est mobiliser le concept de rouge<ref>John McDowell, ''Mind and World'', Cambridge, Harvard University Press, 1994, p. 3-23 ; trad. fr. ''L'Esprit et le monde'', Paris, Vrin, 2007</ref>. Les non-conceptualistes, comme Christopher Peacocke, affirment au contraire que le contenu de l'expérience perceptive dépasse ce que les concepts du sujet peuvent articuler : un nourrisson ou un animal perçoit des couleurs sans posséder les concepts correspondants<ref>Christopher Peacocke, « Does Perception Have a Nonconceptual Content? », ''The Journal of Philosophy'', 98(5), 2001, p. 239-264</ref>. === Concepts et langage naturel === La philosophie du langage contemporaine s'interroge sur le rapport entre concepts et signification linguistique. Pour certains, comme Michael Dummett, le sens d'un terme linguistique réside dans les conditions de son usage correct, conditions qu'on peut identifier aux règles constitutives d'un concept<ref>Michael Dummett, ''The Logical Basis of Metaphysics'', Cambridge, Harvard University Press, 1991, p. 19-41</ref>. Pour d'autres, comme Hilary Putnam, la signification ne réside pas « dans la tête » : le concept d'eau, par exemple, n'est pas fixé par une description que le locuteur pourrait fournir, mais par la nature réelle de l'eau (H₂O), déterminée par la science<ref>Hilary Putnam, « The Meaning of 'Meaning' », dans ''Mind, Language and Reality. Philosophical Papers, vol. 2'', Cambridge, Cambridge University Press, 1975, p. 215-271</ref>. C'est la thèse de l'« externalisme sémantique ». === Philosophie féministe et analyse conceptuelle === La philosophie féministe a entrepris une critique des concepts philosophiques traditionnels en montrant qu'ils véhiculent souvent des présupposés androcentristes. Des auteures comme Sally Haslanger analysent les concepts sociaux comme « genre » et « race » en montrant qu'ils ne décrivent pas des essences naturelles, mais des catégories construites socialement et historiquement<ref>Sally Haslanger, « Gender and Race: (What) Are They? (What) Do We Want Them to Be? », ''Noûs'', 34(1), 2000, p. 31-55</ref>. Cette approche renouvelle la question de la nature des concepts en mettant l'accent sur leur dimension politique et normative. == Conclusion == La notion de concept traverse toute l'histoire de la philosophie, des Idées platoniciennes aux créations conceptuelles de Deleuze et Guattari, en passant par les catégories kantiennes, l'analyse logique frégéenne et les structures noématiques husserliennes. Le concept est à la fois ce qui permet la pensée de l'universel, ce qui structure notre expérience du monde, ce qui fonde la communication intersubjective, et ce qui évolue avec l'histoire des sciences et des cultures. Les débats contemporains attestent de la vitalité de cette notion, qu'il s'agisse d'en préciser la nature logique, cognitive ou linguistique, d'en critiquer les usages idéologiques, ou d'en explorer les variations culturelles. Loin d'être une question réglée, la philosophie du concept demeure un chantier ouvert où se rencontrent métaphysique, épistémologie, logique, philosophie de l'esprit et philosophie du langage. == Notes et références == {{references|colonnes=2}} == Bibliographie sélective == * Aristote, ''Métaphysique'', trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1974 * Gaston Bachelard, ''La Formation de l'esprit scientifique'', Paris, Vrin, 1938 * George Berkeley, ''Traité des principes de la connaissance humaine'', trad. D. Berlioz, Paris, Flammarion, 1991 * René Descartes, ''Méditations métaphysiques'', Paris, Vrin, 1996 * Gilles Deleuze et Félix Guattari, ''Qu'est-ce que la philosophie ?'', Paris, Minuit, 1991 * Gottlob Frege, ''Écrits logiques et philosophiques'', trad. Cl. Imbert, Paris, Seuil, 1971 * G.W.F. Hegel, ''Science de la logique'', trad. P.-J. Labarrière et G. Jarczyk, Paris, Aubier, 1981 * Edmund Husserl, ''Idées directrices pour une phénoménologie'', trad. P. Ricœur, Paris, Gallimard, 1950 * Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pure'', trad. A. Tremesaygues et B. Pacaud, Paris, PUF, 2012 * Alain de Libera, ''La Querelle des universaux'', Paris, Seuil, 1996 * John Locke, ''Essai sur l'entendement humain'', trad. J.-M. Vienne, Paris, Vrin, 2001 * Guillaume d'Ockham, ''Somme de logique'', trad. J. Biard, Mauvezin, Trans-Europ-Repress, 1988 * Platon, ''La République'', trad. G. Leroux, Paris, Flammarion, 2002 == Voir aussi == === Articles connexes === * [[Abstraction]] * [[Catégorie]] * [[Essence]] * [[Idée]] * [[Intentionnalité]] * [[Langage]] * [[Logique]] * [[Noème]] * [[Phénoménologie]] * [[Universel]] === Liens externes === * [https://plato.stanford.edu/entries/concepts/ Concepts], Stanford Encyclopedia of Philosophy * [https://iep.utm.edu/con-anal/ Conceptual Analysis], Internet Encyclopedia of Philosophy {{autocat}} [[Catégorie:Épistémologie]] [[Catégorie:Logique]] [[Catégorie:Philosophie de l'esprit]] [[Catégorie:Philosophie du langage]] menizprs1jdv468jqspw2xyz9cl8rj8 Manuel de terminale de philosophie/Bonheur 0 83097 768217 767545 2026-06-21T03:51:56Z PandaMystique 119061 /* Textes d'étude */ 768217 wikitext text/x-wiki {{ManuelPhilo}} Tout être humain semble désirer le bonheur. Mais dès qu'on cherche à dire ce qu'il est, ou par quels moyens l'atteindre, les réponses divergent. Le bonheur est-il un sentiment intérieur ou une vie réussie ? Dépend-il de nous ou des circonstances extérieures ? Faut-il satisfaire ses [[Désir|désir]]s, les limiter ou les transformer ? Peut-on être heureux dans l'injustice, la pauvreté ou l'illusion ? Ces questions, qui traversent toute l'histoire de la philosophie, montrent que le bonheur n'est pas une donnée immédiate de l'existence : ses contours varient selon la doctrine qui l'interprète, et chaque tradition en éclaire une face différente. === Qu'est-ce que le bonheur ? === Le mot « bonheur » vient du latin ''bonum augurium'', qui signifie « bon augure » ou « bonne chance ». À l'origine, le bonheur était donc lié à la chance, au hasard. Une partie de la tradition philosophique a précisément cherché à savoir si le bonheur pouvait dépendre de nous plutôt que d'une fortune favorable. On confond souvent le bonheur avec des états proches qu'il faut pourtant distinguer. Le plaisir est une sensation agréable, souvent corporelle et passagère, comme manger quelque chose de délicieux ou écouter une belle musique. Dans l'usage courant, la joie désigne souvent une émotion vive mais ponctuelle ; certains philosophes, comme [[s:Auteur:Baruch Spinoza|Spinoza]], lui donnent toutefois un sens plus profond, comme on le verra plus loin. La satisfaction désigne le contentement qui suit la réalisation d'un désir précis. Le bien-être renvoie à un état général d'aisance physique et psychique. Le bonheur, lui, concerne la vie dans son ensemble : il dépasse l'instant et engage notre rapport à l'[[Existence|existence]]<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', I, 7, 1098a, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1990, p. 60-62.</ref>. Les philosophes anciens utilisent encore d'autres termes : la ''béatitude'' désigne un bonheur parfait, presque divin ; la ''félicité'' un bonheur stable et durable. Cette première distinction conduit à une question : le bonheur est-il un état intérieur que l'on ressent, un jugement que l'on porte sur sa vie, ou un accomplissement objectif qu'on peut constater de l'extérieur ? Selon la réponse choisie, les conceptions philosophiques s'orientent dans des directions différentes. === Les grandes conceptions du bonheur === ==== Le bonheur comme plaisir : l'épicurisme ==== Pour [[s:Auteur:Épicure|Épicure]] (341-270 avant J.-C.), philosophe grec de l'Antiquité, le bonheur se trouve dans le plaisir. Mais il ne s'agit pas de chercher tous les plaisirs n'importe comment. Épicure distingue trois types de désirs. Il y a d'abord les désirs naturels et nécessaires, comme boire quand on a soif ou manger quand on a faim. Ces désirs doivent être satisfaits. Ensuite, les désirs naturels mais non nécessaires, comme manger des plats raffinés. Enfin, les désirs ni naturels ni nécessaires, comme vouloir devenir riche ou célèbre. Ces derniers désirs sont à éviter parce qu'ils sont sans limites et nous causent du tourment<ref>Épicure, ''Lettre à Ménécée'', § 127-128, dans ''Lettres et maximes'', trad. M. Conche, Paris, PUF, 1987, p. 219-221.</ref>. Le bonheur selon Épicure, c'est l'''[[Ataraxie|ataraxie]]'' : l'absence de trouble dans l'âme. C'est un état de tranquillité et de paix intérieure. Pour y parvenir, il faut limiter ses désirs et apprendre à ne plus craindre la [[Dictionnaire de philosophie/Mort|mort]] ni les dieux. Le plaisir qu'Épicure recherche n'est donc pas l'excitation ou l'agitation, mais la sérénité qui accompagne l'absence de souffrance physique et l'absence de trouble moral<ref>Épicure, ''Maximes capitales'', I-IV, dans ''Lettres et maximes'', trad. M. Conche, Paris, PUF, 1987, p. 231-233.</ref>. À cette conception modérée du plaisir s'oppose la position défendue par Calliclès dans le ''Gorgias'' de [[Platon|Platon]]. Pour Calliclès, le bonheur consiste à laisser ses désirs grandir le plus possible et à trouver les moyens de les satisfaire. La frugalité épicurienne lui apparaîtrait comme une vie d'esclave. [[s:Auteur:Socrate|Socrate]] lui répond que cette vie est celle d'un tonneau percé qu'il faut sans cesse remplir : elle ne connaît jamais le repos<ref>Platon, ''Gorgias'', 491e-494a, trad. M. Canto-Sperber, Paris, GF-Flammarion, 1987, p. 226-230.</ref>. Cette discussion ancienne montre que la question « faut-il satisfaire ou limiter ses désirs ? » se pose dès l'origine de la [[Philosophie|philosophie]]. ==== Le bonheur comme activité vertueuse : Aristote ==== [[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]] (384-322 avant J.-C.) propose une autre conception du bonheur. Pour lui, le bonheur (qu'il appelle ''eudaimonia'' en grec) est le but suprême de la vie humaine, ce vers quoi tout le monde tend. Mais qu'est-ce que le bonheur selon Aristote ? Ce n'est pas d'abord un état intérieur agréable. C'est une manière de vivre. Plus précisément, le bonheur consiste à réaliser la fonction propre de l'être humain, c'est-à-dire à exercer son intelligence et sa raison de manière excellente. Le bonheur consiste donc à vivre selon la vertu<ref>Aristote, ''[[s:Éthique à Nicomaque|Éthique à Nicomaque]]'', I, 7, 1098a, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1990, p. 60.</ref>. La vertu, chez Aristote, est une disposition acquise à bien agir, un juste milieu entre deux excès. Le [[Dictionnaire de philosophie/Courage|courage]], par exemple, est le juste milieu entre la lâcheté et la témérité. Une vie heureuse est donc une vie où l'on cultive ces vertus et où l'on agit avec raison. Aristote insiste sur un point important : le bonheur n'arrive pas en un instant. C'est une activité qui se déploie sur toute une vie. On ne peut pas dire qu'une personne est heureuse après une seule journée agréable ; il faut considérer sa vie dans son ensemble<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', I, 10, 1100a-1101a, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1990, p. 73-77.</ref>. Aristote ne réduit pourtant pas le bonheur à la seule vertu morale. Il reconnaît que la vie heureuse a aussi besoin de certains biens extérieurs : la santé, une situation matérielle suffisante, des amis, et même une certaine beauté physique. Surtout, l'homme étant un « animal politique », son bonheur ne se développe pleinement que dans une cité juste. Enfin, dans le livre X de l'''[[s:Éthique à Nicomaque|Éthique à Nicomaque]]'', Aristote présente la vie contemplative, consacrée à la [[Dictionnaire de philosophie/Connaissance|connaissance]], comme la forme la plus haute du bonheur<ref>Aristote, ''[[s:Éthique à Nicomaque|Éthique à Nicomaque]]'', X, 7-8, 1177a-1178a, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1990, p. 506-512.</ref>. Il existe ainsi une tension à l'intérieur du texte aristotélicien : le livre I semble faire du bonheur la totalité d'une vie moralement accomplie en société, tandis que le livre X confère la priorité à la contemplation. Cette hésitation n'est pas une contradiction, mais l'indice d'une question philosophique difficile : la vie heureuse est-elle d'abord une vie d'[[Dictionnaire de philosophie/Action|action]] vertueuse, ou une vie de connaissance ? ==== Le bonheur comme sérénité : le stoïcisme ==== Les philosophes stoïciens, comme [[s:Auteur:Épictète|Épictète]] (50-125 après J.-C.) ou [[s:Auteur:Marc Aurèle|Marc Aurèle]] (121-180 après J.-C.), proposent une autre voie. Selon eux, le bonheur ne dépend pas des choses extérieures (richesse, santé, réputation) mais de notre rapport à elles. Le stoïcisme repose sur une distinction : il y a les choses qui dépendent de nous (nos jugements, nos opinions, nos désirs) et celles qui ne dépendent pas de nous (la maladie, la mort, l'opinion d'[[Autrui|autrui]], les événements). Ce qui dépend de nous, Épictète l'appelle la ''prohairesis'' : la faculté de juger, de vouloir et de consentir. Pour atteindre la tranquillité, il faut accepter avec sérénité ce qui ne dépend pas de nous et concentrer notre effort sur l'usage droit de cette faculté de jugement<ref>Épictète, ''Manuel'', § 1, trad. P. Hadot, Paris, Le Livre de Poche, 2000, p. 33-35.</ref>. Mais le stoïcisme ne se réduit pas à un changement d'attitude intérieure. Pour les stoïciens, le seul [[Dictionnaire de philosophie/Bien|bien]] véritable est la vertu, et le seul mal véritable est le vice. Tout le reste, comme la santé, la richesse, la maladie ou la mort, n'est ni un bien ni un mal au sens propre : ce sont des « indifférents ». Ce qui rend une vie heureuse, c'est l'accord entre nos jugements, nos désirs et la raison qui ordonne le monde. Les passions, qui troublent l'âme, viennent de jugements erronés ; les corriger permet d'atteindre l'''apatheia''. Cette ''apatheia'' n'est pas l'absence de toute émotion : les stoïciens admettent au contraire des affects raisonnables, comme la joie du sage face au bien accompli. Ce qui disparaît, ce sont seulement les passions irrationnelles, qui naissent d'une mauvaise estimation de la valeur des choses<ref>Marc Aurèle, ''Pensées pour moi-même'', IV, 3 et VIII, 7, trad. M. Meunier, Paris, Garnier-Flammarion, 1964, p. 60-62 et p. 116-117.</ref>. === Les enjeux philosophiques du bonheur === ==== Peut-on savoir ce qui nous rend heureux ? ==== [[s:Auteur:Emmanuel Kant|Emmanuel Kant]] (1724-1804), philosophe allemand, soulève un problème : le bonheur est un concept indéterminé. Personne ne peut dire avec précision ce qui le rendrait parfaitement heureux. Nos désirs changent, et ce qui nous semble bon aujourd'hui peut ne plus nous satisfaire demain. Pour Kant, le bonheur est « un idéal de l'[[Dictionnaire de philosophie/Imagination|imagination]], non de la raison »<ref>Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', deuxième section, AK IV, 418, trad. V. Delbos, Paris, Vrin, 1980, p. 124.</ref>. Cela ne veut pas dire que Kant méprise le bonheur. Il refuse seulement d'en faire le fondement de la [[Dictionnaire de philosophie/Morale|morale]]. La loi morale ne peut pas être tirée de la recherche du bonheur, parce que le bonheur dépend d'inclinations sensibles et variables : on ne peut donc pas en faire une règle universelle. La morale doit reposer sur le devoir, c'est-à-dire sur le respect de la loi rationnelle. Mais Kant n'oublie pas le bonheur. Il introduit l'idée du « souverain bien », qui désigne l'union de la vertu et du bonheur. Il ne s'agit pas d'une simple récompense morale, mais d'une exigence de la raison pratique elle-même : il appartient à la raison de penser comme possible un ordre dans lequel celui qui agit moralement bien recevrait aussi sa part de bonheur. Le bonheur n'est donc pas le principe de la morale, mais il en accompagne idéalement l'achèvement<ref>Kant, ''Critique de la raison pratique'', livre II, chap. II, AK V, 110-114, trad. F. Picavet, Paris, PUF, 1989, p. 119-124.</ref>. ==== Le bonheur dépend-il de nous ou de la chance ? ==== La question est ancienne, et son enjeu pratique nous concerne tous. Si le bonheur tient à des circonstances extérieures (santé, fortune, rencontres, naissance), nous ne sommes pas véritablement maîtres de notre vie : un accident, un deuil, un licenciement peuvent réduire à néant l'édifice patiemment construit. Mais s'il dépendait entièrement de nous, comment comprendre qu'un enfant battu, qu'un peuple opprimé, qu'un malade chronique aient si peu de chances de s'épanouir ? Toute la difficulté tient à cette tension. Les Grecs avaient un mot pour la part incontrôlable de l'[[Dictionnaire de philosophie/Existence|existence]] : la ''tukhê'', qui désigne moins le hasard aveugle qu'une force qui dispose de nous sans nous consulter. La réflexion antique sur le bonheur, l'''eudaimonia'', s'est construite en grande partie contre la ''tukhê'', en cherchant à soustraire la vie réussie aux coups du sort. Aristote refuse pourtant l'alternative tranchée. Une vie pleinement heureuse, écrit-il, exige certains biens extérieurs : la santé, des amis, une cité juste, une mort paisible. Personne ne dirait heureux Priam, roi de Troie, qui acheva ses jours sous les ruines de sa cité et la mort des siens. Mais l'essentiel du bonheur, l'activité de l'âme conforme à la vertu, relève de notre exercice habituel, donc de nous. Le bonheur n'est pas un don, c'est une œuvre<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', I, 9-10, 1099b-1100a, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1990, p. 70-74.</ref>. La fortune fournit la matière ; la vertu lui donne forme. Les stoïciens rompent avec ce compromis. Tout ce qui ne dépend pas de nous, c'est-à-dire le corps, la richesse, la réputation, le jugement des autres, doit être tenu pour indifférent. Seuls nous appartiennent en propre nos jugements, nos désirs, nos aversions. Épictète, né esclave, savait que l'on peut enchaîner un corps mais non une faculté de juger. Le bonheur devient alors strictement intérieur, et la chance perd toute prise sur la vie sage. Mais à quel prix ? Renoncer à attacher la moindre valeur à la santé, à ses proches, à la [[[[s:Manuel d’Épictète|Manuel]] de terminale de philosophie/Justice|justice]] du monde demande un travail sur soi dont peu, sans doute, sont capables. Spinoza (1632-1677) déplace le problème. La joie, pour lui, n'est pas un agrément passager ; elle se définit comme le passage de notre être à une plus grande perfection, c'est-à-dire l'augmentation de notre puissance d'agir. Les passions tristes (peur, envie, haine) nous diminuent ; nous les subissons sans en être la cause adéquate. Comprendre par la raison les causes qui nous affectent, c'est cesser de les subir : la connaissance transforme peu à peu les passions en affects actifs. Au terme du parcours, la « béatitude », cet amour intellectuel envers la [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|Nature]] ou Dieu, coïncide avec la liberté véritable<ref>Spinoza, ''Éthique'', V, prop. 32-42, trad. B. Pautrat, Paris, Seuil, 1988, p. 535-547.</ref>. Le bonheur dépend donc de nous, mais à condition de comprendre que nous appartenons à un ordre nécessaire qui nous dépasse : il faut intégrer le hasard, non l'écarter. Cette intériorisation, [[Dictionnaire de philosophie/Karl Marx|Karl Marx]] (1818-1883) la juge insuffisante. Le [[Manuel de terminale de philosophie/Travail|travail]] salarié, lorsqu'il s'[[Dictionnaire de philosophie/Aliénation|aliène]], prive l'ouvrier de la jouissance de ce qu'il produit, le sépare de son activité, de ses semblables et de lui-même. Dans une société où la majorité passe ses journées à produire des richesses qu'elle ne possédera pas, prêcher la sagesse intérieure revient à demander aux dominés de s'accommoder de leur sort. La simple bonne volonté individuelle ne suffit pas : transformer la vie suppose aussi de transformer les conditions sociales du travail et de la richesse<ref>Marx, ''Manuscrits de 1844'', « Le travail aliéné », trad. J.-P. Gougeon, Paris, GF-Flammarion, 1996, p. 115-126.</ref>. Le hasard cesse alors de désigner la seule fortune individuelle pour englober la naissance dans telle classe, tel pays, telle époque. Faut-il trancher ? La question appelle plutôt une réponse en forme de balance. Le bonheur ne dépend ni purement de nous, ni purement des circonstances. Il se joue à leur intersection : dans la manière dont nous nous rapportons à ce qui nous arrive, et dans les conditions matérielles et sociales qui rendent ce rapport possible. La sagesse antique nous apprend à ne pas confondre ce qui dépend de nous avec ce qui n'en dépend pas ; la pensée moderne nous rappelle que la frontière elle-même est historique. ==== Le bonheur du plus grand nombre : l'utilitarisme ==== Au {{s|XIX}}, des philosophes anglais comme [[s:Auteur:Jeremy Bentham|Jeremy Bentham]] (1748-1832) et [[s:Auteur:John Stuart Mill|John Stuart Mill]] (1806-1873) développent une théorie morale appelée ''utilitarisme''. Selon eux, une action est bonne si elle augmente le bonheur du plus grand nombre. Bentham pense qu'on peut calculer le bonheur en mesurant les plaisirs et les peines selon plusieurs critères : intensité, durée, certitude, proximité, fécondité (probabilité d'engendrer d'autres plaisirs), pureté (faible probabilité de produire des peines) et nombre de personnes concernées. Pour lui, les plaisirs ne diffèrent pas par leur nature mais par ces dimensions quantitatives ; à intensité et durée égales, le plaisir d'un jeu simple peut donc équivaloir à celui d'une lecture savante<ref>Bentham, ''Introduction aux principes de morale et de législation'', chap. IV, trad. Centre Bentham, Paris, Vrin, 2011, p. 51-54.</ref>. Mill n'est pas d'accord avec ce calcul purement quantitatif. Il introduit une différence qualitative entre les plaisirs : il existe selon lui des plaisirs supérieurs (intellectuels, moraux, esthétiques) et des plaisirs inférieurs (corporels, immédiats). « Il vaut mieux être un Socrate insatisfait qu'un imbécile satisfait », écrit-il : la qualité du plaisir compte autant que sa quantité<ref>Mill, ''L'Utilitarisme'', chap. II, trad. C. Audard, Paris, PUF, 2008, p. 51-54.</ref>. L'utilitarisme soulève des questions difficiles. Peut-on vraiment comparer des plaisirs aussi différents qu'un repas, une amitié ou une lecture ? Peut-on additionner les bonheurs individuels pour obtenir un bonheur collectif ? Et surtout : est-il juste de sacrifier le bonheur d'une minorité au bonheur de la majorité, si le calcul l'exige ? Ces difficultés font que l'utilitarisme est à la fois une théorie politique forte et une doctrine très discutée. ==== Le bonheur est-il vraiment possible ? Le pessimisme ==== Certains philosophes ont une vision plus sombre. [[s:Auteur:Arthur Schopenhauer|Arthur Schopenhauer ]](1788-1860) pense que le bonheur durable est une illusion. Selon lui, la vie humaine oscille entre la souffrance et l'ennui : quand nos désirs ne sont pas satisfaits, nous souffrons ; quand ils le sont, nous nous ennuyons et cherchons de nouveaux désirs<ref>Schopenhauer, ''Le Monde comme volonté et comme représentation'', livre IV, § 57, trad. A. Burdeau, Paris, PUF, 1966, p. 391-396.</ref>. Pour Schopenhauer, le bonheur n'est jamais qu'un soulagement provisoire. La sagesse consiste à diminuer la souffrance en renonçant à ses désirs et en se tournant vers l'[[Dictionnaire de philosophie/Art (introduction)|art]] ou la compassion. Une critique d'un autre type vient de [[s:Auteur:Sigmund Freud|Sigmund Freud]] (1856-1939). Dans ''Le Malaise dans la culture'', il rappelle que la civilisation impose des renoncements aux pulsions individuelles, ce qui crée une tension permanente entre le désir d'être heureux et les exigences de la vie en société. Freud formule de manière ironique l'idée que le bonheur humain ne semble pas avoir été prévu par quelque ordre providentiel du monde : la formule est anti-providentialiste, et non l'aveu d'une croyance en un « plan de la création »<ref>Freud, ''Le Malaise dans la culture'', chap. II, trad. P. Cotet, R. Lainé et J. Stute-Cadiot, Paris, PUF, 2010, p. 19-22.</ref>. ==== Le bonheur face à l'absurde : Albert Camus ==== Albert Camus (1913-1960), écrivain et essayiste français, aborde le bonheur d'une manière originale. Dans ''Le Mythe de Sisyphe'', il évoque ce héros condamné par les dieux à rouler éternellement un rocher jusqu'au sommet d'une montagne, d'où il retombe aussitôt. Cette situation paraît désespérée et [[Dictionnaire de philosophie/Absurde|absurde]]. Pourtant, Camus écrit : « Il faut imaginer Sisyphe heureux ». Comment cela ? Parce que Sisyphe prend [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|conscience]] de sa condition et l'assume sans illusion. Il ne cherche plus dans le ciel ou dans une promesse de salut le sens qui lui manque. Il refuse l'espoir religieux ou [[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|métaphysique]] et choisit d'habiter pleinement sa tâche<ref>Camus, ''Le Mythe de Sisyphe'', Paris, Gallimard, 1942, p. 165-168.</ref>. Pour Camus, le bonheur est possible même dans un monde absurde, c'est-à-dire un monde qui n'a pas de sens préétabli. Ce bonheur naît d'une lucidité, d'un refus du désespoir et d'une révolte qui maintient la vie intense, malgré l'absence de justification ultime. === Conclusion === Les conceptions du bonheur examinées dans ce chapitre ne se laissent pas réduire à une réponse unique. Elles dessinent toutefois trois grandes questions directrices. D'abord : le bonheur est-il un état subjectif ressenti, ou une vie objectivement réussie ? Aristote et Camus, à des époques différentes, refusent de le réduire à un sentiment intérieur. Schopenhauer, à l'inverse, évalue négativement la structure affective du désir humain, tandis que l'utilitarisme cherche à mesurer les plaisirs et les peines pour fonder une politique du bien commun. Ensuite : le bonheur dépend-il de nous ou des conditions extérieures ? Les stoïciens en font dépendre le bonheur de l'usage droit du jugement ; Spinoza, de la connaissance et de la puissance d'agir ; Aristote rappelle que la vie heureuse exige aussi des biens extérieurs, des amis et une cité juste ; Marx ou les penseurs de la justice sociale soulignent que la transformation du bonheur passe par celle des conditions matérielles et politiques. Enfin : faut-il rechercher le bonheur directement, ou résulte-t-il d'autre chose ? Bentham et Mill en font le but explicite de l'action ; Kant pense au contraire qu'il faut viser le [[Manuel de terminale de philosophie/Devoir|devoir]], le bonheur n'étant qu'une espérance. Camus suggère qu'il vient par surcroît, à celui qui assume sa condition. Réfléchir au bonheur ne consiste donc pas seulement à comparer des doctrines. C'est apprendre à articuler ces tensions, en lien avec les autres notions du programme : le [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désir]], la [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]], la [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]], le [[Manuel de terminale de philosophie/Travail|travail]], l'État, la [[Manuel de terminale de philosophie/Conscience|conscience]]. == Sujets de dissertation == Cette collection propose seize sujets de dissertation philosophique portant sur la notion de bonheur, organisés selon différentes perspectives : [[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|métaphysique]], éthique, politique et existentielle. Chaque question ouvre un ensemble de problématiques que tout penseur doit affronter pour comprendre en quoi consiste une vie bonne et comment l'atteindre. === 1. Faut-il philosopher pour bien vivre ? === Cette question d'ouverture pose un problème que les philosophes eux-mêmes se sont longtemps posé. Y a-t-il une nécessité intrinsèque à philosopher pour accéder au bonheur, ou la réflexion théorique constitue-t-elle simplement un chemin parmi d'autres ? Les anciens Grecs, notamment Aristote, tenaient que la vie heureuse consiste en l'exercice vertueux de l'[[Dictionnaire de philosophie/Âme|âme]], ce qui exige une certaine [[Dictionnaire de philosophie/Connaissance|connaissance]] de ce qu'est la vertu. Cependant, nombre de gens vivent heureux sans jamais avoir lu un traité d'éthique. La question demande d'examiner si la philosophie est une condition du bonheur ou seulement un moyen parmi d'autres, et si le bien vivre suppose une compréhension explicite de ce qui rend la vie bonne. === 2. Le bonheur est-il un idéal inaccessible ? === Le bonheur parfait, total et perpétuel semble appartenir à l'ordre de l'utopie. Tout état heureux s'accompagne de limitations : la [[Dictionnaire de philosophie/Finitude|finitude]] humaine, la souffrance, l'expérience du deuil. Peut-on concevoir le bonheur autrement que comme un horizon jamais complètement atteint ? Certains courants philosophiques, notamment l'épicurisme, proposent une version plus modérée du bonheur comme absence de douleur plutôt que comme joie constante. D'autres, comme le stoïcisme, le conçoivent comme indépendant des circonstances extérieures. La question invite à réfléchir sur ce qui rend un idéal inaccessible et si cette inaccessibilité est un problème philosophique réel ou simplement le résultat d'une définition trop exigeante. === 3. Existe-t-il des critères du bonheur ? === Le bonheur est-il une notion univoque et bien déterminée, ou reste-t-elle relative à chaque [[Dictionnaire de philosophie/Individu|individu]] ? Peut-on établir des critères objectifs permettant de juger qu'une personne ou qu'une vie est heureuse ? Aristote proposait que le bonheur réside dans l'exercice vertueux de nos capacités proprement humaines. Kant, lui, refusait de placer le bonheur au cœur de l'éthique, mais reconnaissait l'importance du « souverain bien » qui combine vertu et bonheur. La question demande s'il existe des critères universels du bonheur ou si chacun doit trouver ses propres repères. Elle touche aussi à la possibilité d'une mesure du bonheur et à ce que signifierait une telle mesure. === 4. Le bonheur consiste-t-il à faire tout ce qui nous fait plaisir ? === L'identification du bonheur au plaisir constitue une tentative de réponse immédiate et intuitive. Mais elle pose des problèmes : certains plaisirs semblent nuisibles à long terme, certains plaisirs entrent en conflit les uns avec les autres, et poursuivre tous ses désirs conduit souvent à l'épuisement ou à la culpabilité. Épicure lui-même, malgré sa réputation, recommandait une certaine frugalité dans la recherche du plaisir, privilégiant les plaisirs naturels et nécessaires. La question pousse à distinguer entre différents types de plaisirs et à interroger s'il existe une hiérarchie entre eux. === 5. Le bonheur est-il une somme de plaisirs ? === Cette formulation suggère une approche quantitative : le bonheur résulterait de l'accumulation ou de la maximisation des plaisirs. C'est essentiellement la position de l'utilitarisme classique, notamment chez Jeremy Bentham. Mais peut-on vraiment additionner des plaisirs hétérogènes ? Un plaisir intense et bref vaut-il mieux qu'une satisfaction durable mais moins intense ? John Stuart Mill introduisit la distinction entre plaisirs inférieurs et supérieurs, reconnaissant que certains plaisirs intellectuels ou moraux possèdent une qualité que d'autres ne possèdent pas. La question demande si l'approche mathématique peut saisir la [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|nature]] du bonheur ou si celui-ci ne relève pas d'une autre logique. === 6. Y a-t-il une différence de degré ou de nature entre le bonheur et le plaisir ? === Le plaisir semble instantané, localisé, souvent corporel. Le bonheur paraît plus durable, plus global, plus profond. Mais s'agit-il d'une simple question d'intensité ou de durée (différence de degré), ou le bonheur appartient-il à un ordre différent (différence de nature) ? Peut-on accéder à un véritable bonheur en vivant une suite de plaisirs minimaux ? Inversement, peut-on être heureux en renonçant complètement au plaisir ? Cette distinction entre bonheur et plaisir constitue un carrefour où se rencontrent plusieurs traditions philosophiques, du platonisme au confucianisme. === 7. Le bonheur est-il un simple hasard ? === Cette question interroge la part de contingence et de maîtrise dans le bonheur. Sommes-nous maîtres de notre bonheur, ou celui-ci dépend-il de circonstances externes échappant à notre contrôle : notre tempérament naturel, notre milieu social, les événements imprévisibles ? Les Anciens parlaient de ''tyché'' (chance, fortune) comme d'une puissance qui échappe à la raison. Montaigne, relevant l'instabilité du destin humain, reconnaissait le poids de la contingence. Cependant, soutenir que le bonheur est purement aléatoire semblerait ôter toute responsabilité et tout sens à nos efforts. La question demande comment articuler la reconnaissance de notre dépendance aux circonstances avec une certaine forme de maîtrise ou d'autonomie. === 8. Le bonheur peut-il être le résultat d'une pratique ou d'un art de vivre ? === Contrairement à l'idée qu'il serait un simple hasard, cette perspective envisage le bonheur comme acquis par la discipline, la pratique et l'apprentissage. L'éthique aristotélicienne insiste sur la formation des vertus par la répétition des bonnes actions. Le stoïcisme propose un art de vivre fondé sur la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous. De nombreuses traditions non occidentales, du bouddhisme au taoïsme, offrent des pratiques censées conduire au bien-être ou à l'illumination. La question soulève la possibilité d'une « technique » du bonheur et ses limites : peut-on vraiment l'enseigner et l'apprendre comme on apprend un métier ? === 9. Le bonheur est-il une affaire de politique ? === Si le bonheur dépend largement des conditions sociales, économiques et politiques, alors sa réalisation ne peut pas être individuelle mais doit relever de la responsabilité collective. [[Platon|Platon]], dans la ''République'', envisage un ordre politico-social destiné à produire l'harmonie et le bien-être. [[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]] affirme que l'homme est un animal politique et que la vie heureuse s'épanouit dans la cité. Les penseurs utilitaristes du {{s|XIX}} proposaient que la politique vise à maximiser le bonheur du plus grand nombre. Cependant, la question de savoir si la politique doit poursuivre explicitement le bonheur reste contestée : ne risque-t-on pas de sacrifier les libertés individuelles à une conception collective du bien ? L'[[Manuel de terminale de philosophie/État|État]] ne risque-t-il pas, en poursuivant le bonheur, d'imposer à tous une conception unique de la vie bonne ? === 10. Le bonheur peut-il dépendre de nous ? === Cette question interroge le degré d'[[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|autonomie]] que nous possédons sur notre propre bonheur. S'il dépendait entièrement de nous, nous pourrions le produire à volonté, ce qui ne semble pas vrai. Mais s'il ne dépendait pas du tout de nous, l'effort et la responsabilité seraient illusoires. Le stoïcisme, notamment avec Épictète, distingue nettement entre ce qui dépend de nous (nos jugements, nos intentions) et ce qui ne dépend pas de nous (notre corps, les événements externes), et préconise de concentrer nos efforts sur ce qui nous appartient. Cette distinction peut-elle vraiment résoudre le problème ? Notre bonheur ne résulte-t-il pas toujours d'une combinaison complexe d'efforts personnels et de circonstances externes ? === 11. Y a-t-il un devoir d'être heureux ? === À première vue, le bonheur semble être ce que nous cherchons naturellement, pas une obligation morale. Cependant, plusieurs penseurs ont soulevé l'idée que nous avons des [[Manuel de terminale de philosophie/Devoir|devoirs]] envers nous-mêmes de cultiver nos capacités et de mener une vie digne. [[s:Auteur:Emmanuel Kant|Kant]], tout en refusant de placer le bonheur au cœur de la morale, reconnaît que le « souverain bien » combine vertu et bonheur. On pourrait aussi avancer que nous avons un devoir envers les [[Autrui|autres]] de ne pas nous laisser sombrer dans la misère, qui affecte ceux qui nous entourent. La question demande si le bonheur relève d'un [[Dictionnaire de philosophie/Droit|droit]], d'un devoir, ou simplement d'une aspiration naturelle sans caractère moral. === 12. Le bonheur est-il utopique ? === L'utopie désigne un lieu qui n'existe pas, un idéal irréalisable. Qualifier le bonheur d'utopique signifierait que nous ne pouvons que nous en rapprocher sans jamais l'atteindre vraiment. Mais certaines sociétés ou certaines périodes historiques semblent avoir produit des formes de bien-être général, même si aucune n'a réalisé une félicité absolue. La question demande si l'utopie du bonheur joue un rôle moteur utile dans l'organisation de nos sociétés, ou si elle nous détourne des réalisations possibles en nous promettant l'impossible. Elle s'interroge aussi sur ce qui distingue une utopie d'une aspiration légitime mais exigeante. === 13. La culture est-elle un gage de bonheur ? === La [[Dictionnaire de philosophie/Culture|culture]], au sens de raffinement intellectuel, de connaissance des [[Dictionnaire de philosophie/Art (introduction)|art]]s, des [[Manuel de terminale de philosophie/Science|sciences]] et des humanités, semble enrichir la vie. Cependant, elle peut aussi générer de nouvelles formes de malheur : culpabilité, [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|conscience]] du malheur d'autrui, sentiment d'inadéquation face aux grands idéaux. Une personne peu instruite peut-elle être plus heureuse qu'un intellectuel perpétuellement inquiet ? La question rejoint le débat entre les plaisirs « inférieurs » et les plaisirs « supérieurs ». Elle demande aussi si le bonheur consiste davantage dans l'ignorance confortable ou dans l'autonomie de pensée qu'offre la culture, même au prix du trouble et du questionnement. === 14. Le bonheur des hommes dépend-il de l'augmentation des richesses ? === Cette question moderne s'impose avec force dans nos sociétés de consommation. Certaines études contemporaines suggèrent qu'au-delà d'un seuil où les besoins matériels sont satisfaits, l'augmentation des richesses n'améliore que marginalement le bien-être subjectif. Pourtant, la pauvreté constitue clairement un obstacle au bonheur. La question demande s'il existe un point d'équilibre : à quel niveau de richesse maîtrisée le bonheur atteint-il son optimum ? Elle interroge aussi la nature du [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désir]] de richesse : repose-t-il sur un [[Dictionnaire de philosophie/Besoin|besoin]] véritable ou sur une illusion entretenue par le désir de comparaison sociale ? === 15. Le bonheur n'est-il pas un état d'esprit ? === Cette affirmation suggère que le bonheur dépend avant tout de notre attitude face aux circonstances, plutôt que des circonstances elles-mêmes. Deux personnes en situation identique peuvent connaître des niveaux de bien-être très différents selon leur disposition d'esprit. Cette perspective rapproche le bonheur de la sérénité stoïcienne ou de l'équanimité bouddhiste. Cependant, dire que le bonheur relève d'un simple état d'esprit pourrait sembler réducteur ou même cruel : cela pourrait suggérer que celui qui souffre a seulement besoin de « changer d'attitude » plutôt que d'améliorer ses conditions matérielles. La question demande comment équilibrer la reconnaissance de l'importance de la perspective mentale avec celle des réalités concrètes. === 16. La recherche du bonheur nous pousse-t-elle à changer notre façon d'être ? === Poursuivre activement le bonheur nous oblige-t-il à transformer nos habitudes, nos valeurs, nos relations ? Si le bonheur ne s'obtient qu'au prix d'une profonde conversion intérieure ou d'un apprentissage exigeant, alors la question de savoir comment nous vivons devient centrale. De nombreuses traditions voient dans cette transformation de soi la condition du bien-être durable. Mais on peut aussi se demander si une telle exigence de changement perpétuel ne nous éloigne pas du bonheur plutôt que de nous en rapprocher. La question touche à l'[[Dictionnaire de philosophie/Authenticité|authenticité]] : faut-il accepter qui nous sommes ou nous transformer ? Le bonheur suppose-t-il une acceptation de soi ou une acceptation créatrice de nos possibilités ? === Perspectives transversales === Ces seize questions forment un ensemble où plusieurs thèmes surgissent régulièrement : * La relation entre plaisir et bonheur revient dans les questions 4, 5 et 6. Elle demande de distinguer l'immédiat du durable, le local du global. * Le degré d'autonomie personnel apparaît dans les questions 7, 8 et 10. Il concerne notre responsabilité et notre pouvoir d'agir. * Le contexte social et politique se manifeste dans les questions 9 et 14. Il soulève la question de savoir si le bonheur est individuel ou collectif. * La nature du bonheur, qu'il s'agisse d'une sensation, d'un jugement ou d'un état, traverse en arrière-plan toutes ces questions. * L'accès au bonheur, par la chance, la pratique, la réflexion ou la transformation, structure plusieurs de ces interrogations. Ces dissertations invitent à explorer le bonheur non comme une notion simple, mais comme un carrefour où se rencontrent l'éthique, la [[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|métaphysique]], la politique et l'[[Dictionnaire de philosophie/Existence|existence]] quotidienne. Aucune réponse définitive ne peut clore ces questions ; chaque époque, chaque individu, doit les reposer en fonction de ses circonstances et de sa compréhension du monde. == Textes d'étude == ==== Épicure : le plaisir comme absence de trouble ==== ; Question travaillée : Le bonheur consiste-t-il à satisfaire tous nos plaisirs ? ; Thèse : Le plaisir est le [[Dictionnaire de philosophie/Bien|bien]] suprême, mais ce plaisir doit être compris comme absence de souffrance physique et absence de trouble moral, et non comme jouissance débridée. ; Notions : plaisir, [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désir]], [[Dictionnaire de philosophie/Ataraxie|ataraxie]], bien. ''Questions d'analyse'' : * Pourquoi [[s:Auteur:Épicure|Épicure]] refuse-t-il certains plaisirs et accepte-t-il certaines souffrances ? * Comment comprendre que « ne dépendre que de soi-même » est un grand [[Dictionnaire de philosophie/Bien|bien]] ? * En quoi cette conception du plaisir s'oppose-t-elle à l'image du débauché ? {{Citation bloc|Le plaisir est le commencement et la fin d'une vie bienheureuse. Le plaisir est, en effet, considéré par nous comme le premier des biens naturels, c'est lui qui nous fait accepter ou fuir les choses, c'est à lui que nous aboutissons, en prenant la sensibilité comme critère du bien. Or, puisque le plaisir est le premier des biens naturels, il s'ensuit que nous n'acceptons pas le premier plaisir venu, mais qu'en certains cas, nous méprisons de nombreux plaisirs, quand ils ont pour conséquence une peine plus grande. D'un autre côté, il y a de nombreuses souffrances que nous estimons préférables aux plaisirs, quand elles entraînent pour nous un plus grand plaisir. Tout plaisir, dans la mesure où il s'accorde avec notre nature, est donc un bien, mais tout plaisir n'est pas cependant nécessairement souhaitable. De même, toute douleur est un mal, mais pourtant toute douleur n'est pas nécessairement à fuir. Il reste que c'est par une sage considération de l'avantage et du désagrément qu'il procure, que chaque plaisir doit être apprécié. En effet, en certains cas, nous traitons le bien comme un mal, et en d'autres, le mal comme un bien. Ne dépendre que de soi-même est, à notre avis, un grand bien, mais il ne s'ensuit pas qu'il faille toujours se contenter de peu. Simplement, quand l'abondance nous fait défaut, nous devons pouvoir nous contenter de peu, étant bien persuadés que ceux-là jouissent le mieux de la richesse qui en ont le moins besoin, et que tout ce qui est naturel s'obtient aisément, tandis que ce qui ne l'est pas s'obtient malaisément. Les mets les plus simples apportent autant de plaisir que la table la plus richement servie, quand est absente la souffrance que cause le besoin, et du pain et de l'eau procurent le plaisir le plus vif, quand on les mange après une longue privation. L'habitude d'une vie simple et modeste est donc une bonne façon de soigner sa santé, et rend l'homme par surcroît courageux pour supporter les tâches qu'il doit nécessairement remplir dans la vie. Elle lui permet encore de mieux goûter une vie opulente, à l'occasion, et l'affermit contre les revers de la fortune. Par conséquent, lorsque nous disons que le plaisir est le souverain bien, nous ne parlons pas des plaisirs des débauchés, ni des jouissances sensuelles, comme le prétendent quelques ignorants qui nous combattent et défigurent notre pensée. Nous parlons de l'absence de souffrance physique et de l'absence de trouble moral. Car ce ne sont ni les beuveries et les banquets continuels, ni la jouissance que l'on tire de la fréquentation des mignons et des femmes, ni la joie que donnent les poissons et les viandes dont on charge les tables somptueuses, qui procurent une vie heureuse, mais des habitudes raisonnables et sobres, une raison cherchant sans cesse des causes légitimes de choix ou d'aversion, et rejetant les opinions susceptibles d'apporter à l'âme le plus grand trouble.|Épicure, ''[[Commentaire philosophique/Lettre à Ménécée|Lettre à Ménécée]]''}} ==== Sénèque : vivre selon la nature ==== ; Question travaillée : Le bonheur peut-il dépendre des biens extérieurs ? ; Thèse : Vivre heureux, c'est vivre selon la [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|nature]] et la raison, en faisant des biens extérieurs des « auxiliaires » et non des maîtres ; le souverain bien est l'harmonie de l'âme. ; Notions : nature, raison, vertu, souverain bien. ''Questions d'analyse'' : * Pourquoi [[s:Auteur:Sénèque le Jeune|Sénèque]] distingue-t-il les biens extérieurs et l'[[Dictionnaire de philosophie/Âme|âme]] ? * Que signifie « être l'artisan de sa vie » ? * Comment comprendre l'analogie entre l'esprit et le « monde » qui se concentre en soi ? {{Citation bloc|La nature, en effet, est le guide qu'il faut suivre ; c'est elle que la raison observe et consulte. C'est donc une même chose que vivre heureux et vivre selon la nature. Ce que c'est, je vais le développer : cela consiste à conserver, avec soin et sans effroi, les avantages du corps et ce qui convient à notre nature, comme choses données pour un jour et prêtes à fuir ; à ne pas nous y soumettre en esclaves, et à ne pas nous laisser posséder par les objets étrangers ; à reléguer tout ce qui plaît au corps, tout ce qui lui survient accidentellement, comme dans les camps on place à l'écart les auxiliaires et les troupes légères. Que ces objets soient des esclaves, et non des maîtres ; c'est uniquement ainsi qu'ils sont utiles à l'esprit. Que l'homme de cœur soit incorruptible en présence des choses du dehors, qu'il soit inexpugnable, et qu'il n'attache de prix qu'à se posséder lui-même ; que d'une âme confiante, que préparé à l'une et à l'autre fortune, il soit l'artisan de sa vie. Que chez lui la confiance n'existe pas sans le savoir, ni le savoir sans la fermeté ; que ses résolutions tiennent, une fois qu'elles sont prises, et que dans ses décrets il n'y ait pas de rature. On comprend, quand même je ne l'ajouterais pas, qu'un tel homme sera posé, qu'il sera rangé, qu'en cela aussi, agissant avec aménité, il sera grand. Chez lui, la véritable raison sera greffée sur les sens ; elle y puisera ses éléments ; et en effet, elle n'a pas d'autre point d'appui d'où elle s'élance, d'où elle prenne son essor vers la vérité, afin de revenir en elle-même. Le monde aussi, qui embrasse tout, ce dieu qui régit l'univers, tend à se répandre au dehors, et néanmoins, de toutes parts il se ramène en soi pour s'y concentrer. Que notre esprit fasse de même, lorsqu'en suivant les sens qui lui sont propres, il se sera étendu par leur moyen vers les objets extérieurs ; qu'il soit maître de ces objets et de lui ; qu'alors, pour ainsi dire, il enchaîne le souverain bien. De là résultera une force, une puissance unique, d'accord avec elle-même ; ainsi naîtra cette raison certaine, qui n'admet ni contrariété, ni hésitation, dans ses jugements et dans ses conceptions, non plus que dans sa persuasion. Cette raison, lorsqu'elle s'est ajustée, accordée avec ses parties et, pour ainsi dire, mise à l'unisson, a touché au souverain bien. En effet, il ne reste rien de tortueux, rien de glissant rien sur quoi elle puisse broncher ou chanceler. Elle fera tout de sa propre autorité : pour elle, point d'accident inopiné ; au contraire, toutes ses actions viendront à bien, avec aisance et promptitude, sans que l'agent tergiverse ; car les retardements et l'hésitation dénotent le trouble et l'inconstance. Ainsi, vous pouvez hardiment déclarer que le souverain bien est l'harmonie de l'âme. En effet, les vertus seront nécessairement là où sera l'accord, où sera l'unité ; la discordance est pour les vices.|Sénèque, ''De la vie heureuse'' (vers 58 après J.-C.), chap. VIII}} ==== Descartes : vaut-il mieux être heureux dans l'illusion ou moins joyeux dans la vérité ? ==== ; Question travaillée : Le bonheur peut-il reposer sur l'illusion ? ; Thèse : Le souverain bien réside dans l'exercice de la vertu, c'est-à-dire dans la possession des biens qui dépendent de notre libre arbitre ; la satisfaction d'esprit qui en découle vaut mieux qu'une gaieté fondée sur de fausses imaginations. ; Notions : [[Dictionnaire de philosophie/Vérité|vérité]], illusion, libre arbitre, vertu, joie. ''Questions d'analyse'' : * Pourquoi Descartes refuse-t-il d'identifier le souverain bien à la joie ? * Que signifie distinguer le souverain bien et la satisfaction d'esprit ? * Pourquoi une joie fausse laisse-t-elle, selon Descartes, une « amertume intérieure » ? {{Citation bloc|Je me suis quelquefois proposé un doute : savoir s'il est mieux d'être gai et content, en imaginant les biens qu'on possède être plus grands et plus estimables qu'ils ne sont, et ignorant ou ne s'arrêtant pas à considérer ceux qui manquent, que d'avoir plus de considération et de savoir, pour connaître la juste valeur des uns et des autres, et qu'on devienne plus triste. Si je pensais que le souverain bien fût la joie, je ne douterais point qu'on ne dût tâcher de se rendre joyeux, à quelque prix que ce pût être, et j'approuverais la brutalité de ceux qui noient leurs déplaisirs dans le vin, ou les étourdissent avec du pétun. Mais je distingue entre le souverain bien, qui consiste en l'exercice de la vertu, ou, ce qui est le même, en la possession de tous les biens dont l'acquisition dépend de notre libre arbitre, et la satisfaction d'esprit qui suit de cette acquisition. C'est pourquoi, voyant que c'est une plus grande perfection de connaître la vérité, encore même qu'elle soit à notre désavantage, que l'ignorer, j'avoue qu'il vaut mieux être moins gai et avoir plus de connaissance. Aussi n'est-ce pas toujours lorsqu'on a le plus de gaieté qu'on a l'esprit plus satisfait ; au contraire, les grandes joies sont ordinairement mornes et sérieuses, et il n'y a que les médiocres et passagères, qui soient accompagnées du ris. Ainsi je n'approuve point qu'on tâche à se tromper, en se repaissant de fausses imaginations ; car tout le plaisir qui en revient ne peut toucher que la superficie de l'âme, laquelle sent cependant une amertume intérieure, en s'apercevant qu'ils sont faux. Et encore qu'il pourrait arriver qu'elle fût si continuellement divertie ailleurs que jamais elle ne s'en aperçût, on ne jouirait pas pour cela de la béatitude dont il est question, pour ce qu'elle doit dépendre de notre conduite, et cela ne viendrait que de la fortune.|Descartes, ''Lettre à Élisabeth'' (6 octobre 1645)}} ==== Pascal : le divertissement, fuite hors de notre condition ==== ; Question travaillée : Le [[Dictionnaire de philosophie/Divertissement|divertissement]] nous rend-il heureux ou nous empêche-t-il de penser à notre malheur ? ; Thèse : Tout le malheur des hommes vient de leur incapacité à demeurer en repos avec eux-mêmes ; le divertissement n'apporte pas le bonheur, il détourne l'esprit de la condition humaine, faible et mortelle. ; Notions : divertissement, repos, condition humaine, bonheur, illusion. ''Questions d'analyse'' : * Pourquoi le roi sans divertissement est-il, selon [[s:Auteur:Blaise Pascal|Pascal]], plus malheureux que ses sujets ? * Pourquoi recherche-t-on le « tracas » et non pas le bien lui-même ? * En quoi cette analyse remet-elle en cause l'idée d'un bonheur fondé sur l'activité ? {{Citation bloc|Divertissement. Quand je m'y suis mis quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s'exposent, dans la cour, dans la guerre, d'où naissent tant de querelles, de passions, d'entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s'il savait demeurer chez soi avec plaisir, n'en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d'une place. On n'achètera une charge à l'armée si cher, que parce qu'on trouverait insupportable de ne bouger de la ville ; et on ne recherche les conversations et les divertissements des jeux que parce qu'on ne peut demeurer chez soi avec plaisir. Mais quand j'ai pensé de plus près, et qu'après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs, j'ai voulu en découvrir la raison, j'ai trouvé qu'il y en a une bien effective, qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable, que rien ne peut nous consoler, lorsque nous y pensons de près. Quelque condition qu'on se figure, si l'on assemble tous les biens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus beau poste du monde ; et cependant, qu'on s'en imagine [un roi] accompagné de toutes les satisfactions qui peuvent le toucher, s'il est sans divertissement, et qu'on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu'il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point, il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent, des révoltes qui peuvent arriver, et enfin de la mort et des maladies qui sont inévitables ; de sorte que, s'il est sans ce qu'on appelle divertissement, le voilà malheureux, et plus malheureux que le moindre de ses sujets, qui joue et qui se divertit. De là vient que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois sont si recherchés. Ce n'est pas qu'il y ait en effet du bonheur, ni qu'on s'imagine que la vraie béatitude soit d'avoir l'argent qu'on peut gagner au jeu, ou dans le lièvre qu'on court : on n'en voudrait pas s'il était offert. Ce n'est pas cet usage mol et paisible, et qui nous laisse penser à notre malheureuse condition, qu'on recherche, ni les dangers de la guerre, ni la peine des emplois, mais c'est le tracas qui nous détourne d'y penser et nous divertit.|Pascal, ''Pensées'' (1670), fragment 139}} ==== Nietzsche : l'oubli, condition du bonheur ==== ; Question travaillée : L'oubli est-il une condition du bonheur et de l'action ? ; Thèse : Le bonheur exige une part de non-historique : la capacité d'oublier le passé pour se tenir dans le moment présent ; l'excès de mémoire empêche d'agir et de vivre. ; Notions : mémoire, oubli, action, devenir, vie. ''Questions d'analyse'' : * Pourquoi [[Nietzsche : Introduction à sa philosophie|Nietzsche]] associe-t-il bonheur et capacité d'oublier ? * Que signifie « sentir d'une façon non historique » ? * En quoi un excès de mémoire serait-il nuisible à la vie ? {{Citation bloc|Pour le plus petit comme pour le plus grand bonheur, il y a toujours une chose qui le crée : le pouvoir d'oublier, ou, pour m'exprimer en savant, la faculté de sentir, pendant que dure le bonheur, d'une façon non-historique. Celui qui ne sait pas se reposer sur le seuil du moment pour oublier tout le passé, celui qui ne se dresse point, comme un génie de victoire, sans vertige et sans crainte, ne saura jamais ce que c'est que le bonheur, et, ce qui est pire encore, il ne fera jamais rien qui puisse rendre heureux les autres. Imaginez l'exemple extrême : un homme qui ne posséderait pas du tout la faculté d'oublier, qui serait condamné à voir en toutes choses le devenir. Un tel homme ne croirait plus à sa propre essence, ne croirait plus en lui-même ; tout s'écoulerait pour lui en points mouvants pour se perdre dans cette mer du devenir ; en véritable élève d'Héraclite il finirait par ne plus oser lever un doigt. Toute action exige l'oubli, comme tout organisme a besoin, non seulement de lumière, mais encore d'obscurité. Un homme qui voudrait sentir d'une façon tout à fait historique ressemblerait à celui qui serait forcé de se priver de sommeil, ou bien à l'animal qui devrait continuer à vivre en ne faisant que ruminer, et ruminer toujours à nouveau. Donc il est impossible de vivre sans se souvenir, de vivre même heureux, à l'exemple de la bête, mais il est absolument impossible de vivre sans oublier. Ou bien, pour m'expliquer sur ce sujet d'une façon plus simple encore, il y a un degré d'insomnie, de rumination, de sens historique qui nuit à l'être vivant et finit par l'anéantir, qu'il s'agisse d'un homme, d'un peuple ou d'une civilisation.|Nietzsche, ''Considérations inactuelles'', II (1874), § 1}} == QCM == Ce quiz reprend les principales thèses du chapitre. Sauf indication contraire, une seule réponse est correcte par question. Cochez vos réponses, puis lancez la correction du quiz pour obtenir votre score ; dépliez ensuite le corrigé commenté ci-dessous. <quiz display="simple"> { Le mot « bonheur » vient du latin ''bonum augurium''. Que signifie d'abord cette expression ? |type="()" } - « bonne vie » + « bon augure », « bonne chance » - « bonne action » - « bonne volonté » { Qu'est-ce qui distingue le bonheur du simple plaisir ? |type="()" } - Le bonheur est toujours corporel, le plaisir toujours intellectuel + Le bonheur engage la vie dans son ensemble, le plaisir est une sensation agréable et passagère - Le plaisir dure toute une vie, le bonheur ne dure qu'un instant - Il n'existe aucune différence entre les deux { Selon Épicure, dans quelle catégorie ranger le désir de devenir riche ou célèbre ? |type="()" } - Désir naturel et nécessaire - Désir naturel mais non nécessaire + Désir ni naturel ni nécessaire - Désir indispensable à la tranquillité de l'âme { Que désigne l'ataraxie chez Épicure ? |type="()" } + L'absence de trouble dans l'âme, une tranquillité sereine - L'accumulation des plaisirs les plus intenses - Le respect de la loi morale - L'indifférence à l'égard de la vertu { Dans le ''Gorgias'' de Platon, Calliclès soutient qu'il faut laisser ses désirs grandir le plus possible. Que lui répond Socrate ? |type="()" } - Qu'il faut au contraire supprimer tout désir + Que cette vie ressemble à un tonneau percé, qui ne connaît jamais le repos - Que seule une cité juste rend heureux - Que le bonheur est un idéal de l'imagination { Pour Aristote, en quoi consiste d'abord le bonheur (''eudaimonia'') ? |type="()" } - En un état intérieur agréable et immédiat + En une activité de l'âme conforme à la vertu, déployée sur toute une vie - En l'absence de tout désir - En la satisfaction du plus grand nombre { Chez Aristote, la vertu est un juste milieu. Le courage est ainsi le milieu entre : |type="()" } - la prudence et l'audace + la lâcheté et la témérité - la colère et la douceur - l'avarice et la prodigalité { Le chapitre signale une tension interne à l{{'}}''Éthique à Nicomaque''. Laquelle ? |type="()" } - Entre le plaisir et la douleur + Entre la vie d'action vertueuse en société (livre I) et la vie contemplative (livre X) - Entre la vertu et la chance - Entre le bonheur et la richesse { Pourquoi Aristote refuse-t-il de réduire le bonheur à un état purement intérieur ? |type="()" } + Parce qu'une vie pleinement heureuse réclame aussi des biens extérieurs, comme la santé, des amis et une cité juste - Parce que le bonheur ne dépend que de la chance - Parce que la vertu n'a aucune importance - Parce que seuls comptent les plaisirs corporels { Sur quelle distinction repose la philosophie stoïcienne ? |type="()" } - Entre le corps et l'âme + Entre ce qui dépend de nous (nos jugements) et ce qui n'en dépend pas (la maladie, la mort, l'opinion d'autrui) - Entre les plaisirs supérieurs et les plaisirs inférieurs - Entre la vertu et le souverain bien { Pour les stoïciens, la santé, la richesse ou la maladie sont : |type="()" } - les seuls vrais biens - les seuls vrais maux + des « indifférents », ni biens ni maux au sens propre - des conditions nécessaires du bonheur { Qu'est-ce que l'apatheia visée par les stoïciens ? |type="()" } - L'absence de toute émotion, sans aucune exception + La disparition des seules passions irrationnelles, les affects raisonnables demeurant possibles - La recherche du plaisir maximal - L'indifférence à l'égard de la vertu { Pour Kant, le bonheur est un concept indéterminé. Comment le qualifie-t-il ? |type="()" } + « Un idéal de l'imagination, non de la raison » - « Le souverain bien de la création » - « La seule fin de l'action morale » - « Une vertu parmi d'autres » { Que désigne le « souverain bien » chez Kant ? |type="()" } - Le bonheur seul, sans la vertu - La vertu seule, sans le bonheur + L'union de la vertu et du bonheur - La maximisation des plaisirs { Comment Spinoza définit-il la joie ? |type="()" } - Un agrément corporel passager + Le passage de notre être à une plus grande perfection, l'augmentation de notre puissance d'agir - L'absence de tout désir - Une récompense accordée après la mort { Quelle objection Marx adresse-t-il à la sagesse purement intérieure ? |type="()" } + Dans une société où la majorité produit des richesses qu'elle ne possède pas, prêcher la sagesse intérieure revient à demander aux dominés de s'accommoder de leur sort - Le bonheur n'est qu'un idéal de l'imagination - La vertu suffit toujours au bonheur - Le plaisir doit être calculé avec précision { Sur quel point John Stuart Mill se sépare-t-il de Jeremy Bentham ? |type="()" } - Mill nie que le bonheur soit le but de l'action + Mill introduit une différence de qualité entre les plaisirs (supérieurs et inférieurs), là où Bentham ne retient que des différences de quantité - Mill rejette tout calcul des plaisirs - Mill identifie le bonheur à la vertu seule { Selon Schopenhauer, entre quels deux états la vie humaine oscille-t-elle ? |type="()" } + La souffrance, quand le désir n'est pas satisfait, et l'ennui, quand il l'est - Le plaisir et la vertu - L'action et la contemplation - La chance et le mérite { Quelle formule de Camus résume son approche du bonheur dans un monde absurde ? |type="()" } - « Le bonheur est un idéal de l'imagination » + « Il faut imaginer Sisyphe heureux » - « Mieux vaut un Socrate insatisfait qu'un imbécile satisfait » - « La béatitude est la liberté même » { Parmi ces affirmations, lesquelles sont exactes ? (plusieurs réponses) |type="[]" } + Pour Aristote, une vie pleinement heureuse réclame aussi des biens extérieurs + Pour les stoïciens, seuls nos jugements dépendent de nous - Pour Épicure, il faut laisser ses désirs grandir sans limite - Pour Kant, le bonheur est le fondement de la morale </quiz> {{Boîte déroulante |titre = Corrigé commenté (cliquez pour afficher) |alignT = left |contenu = # Réponse : « bon augure », « bonne chance ». Le terme latin ''bonum augurium'' rattache d'abord le bonheur à la chance et au hasard. Une partie de la tradition philosophique a ensuite cherché à savoir s'il pouvait dépendre de nous plutôt que d'une fortune favorable. # Réponse : le bonheur engage la vie dans son ensemble, le plaisir est une sensation passagère. Le plaisir est souvent corporel et momentané ; le bonheur dépasse l'instant et concerne notre rapport à l'existence tout entière. On le distingue aussi de la joie, de la satisfaction et du bien-être. # Réponse : un désir ni naturel ni nécessaire. Épicure range la richesse et la gloire parmi les désirs à éviter, car ils sont sans limites et nous causent du tourment. Seuls les désirs naturels et nécessaires, comme boire quand on a soif ou manger quand on a faim, doivent être satisfaits. # Réponse : l'absence de trouble dans l'âme. L{{'}}''ataraxie'' est une tranquillité sereine, non l'excitation des plaisirs intenses. Y parvenir suppose de limiter ses désirs et de ne plus craindre la mort ni les dieux. # Réponse : cette vie ressemble à un tonneau percé. Dans le ''Gorgias'', Calliclès défend le désir sans limite ; Socrate lui répond qu'une telle existence, qu'il faut sans cesse remplir, ne connaît jamais le repos. La question « satisfaire ou limiter ses désirs ? » se pose dès l'origine de la philosophie. # Réponse : une activité de l'âme conforme à la vertu, sur toute une vie. Pour Aristote, l{{'}}''eudaimonia'' n'est pas d'abord un état agréable, mais une manière de vivre : l'exercice excellent de la raison. On ne juge pas une vie heureuse sur une seule journée. # Réponse : entre la lâcheté et la témérité. La vertu est une disposition acquise à bien agir, un juste milieu entre deux excès. Le courage tient le milieu entre le défaut (lâcheté) et l'excès (témérité). # Réponse : entre la vie d'action vertueuse en société (livre I) et la vie contemplative (livre X). Le livre I paraît faire du bonheur une vie moralement accomplie dans la cité ; le livre X confère la priorité à la contemplation, consacrée à la connaissance. Cette hésitation traduit une question difficile, non une contradiction. # Réponse : parce qu'une vie pleinement heureuse réclame aussi des biens extérieurs. Santé, amis, cité juste : personne ne dirait heureux Priam, qui acheva ses jours sous les ruines de Troie. La fortune fournit la matière, la vertu lui donne forme. # Réponse : entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. Nos jugements, nos désirs et nos aversions dépendent de nous ; la maladie, la mort et l'opinion d'autrui n'en dépendent pas. Épictète nomme ''prohairesis'' la faculté de juger, de vouloir et de consentir. # Réponse : des « indifférents ». Le seul bien est la vertu, le seul mal le vice ; la santé ou la richesse ne sont ni l'un ni l'autre au sens propre. Le bonheur naît de l'accord entre nos jugements, nos désirs et la raison qui ordonne le monde. # Réponse : la disparition des seules passions irrationnelles. L{{'}}''apatheia'' n'est pas l'absence de tout affect : les stoïciens admettent des affects raisonnables, comme la joie du sage devant le bien accompli. Disparaissent seulement les passions nées d'une mauvaise estimation de la valeur des choses. # Réponse : « un idéal de l'imagination, non de la raison ». Nos désirs changent, et nul ne peut dire ce qui le rendrait parfaitement heureux. Kant refuse donc de fonder la morale sur le bonheur : la loi morale repose sur le devoir. # Réponse : l'union de la vertu et du bonheur. Le souverain bien n'est pas une simple récompense, mais une exigence de la raison pratique : penser comme possible un ordre où celui qui agit bien recevrait aussi sa part de bonheur. Le bonheur accompagne idéalement la morale sans en être le principe. # Réponse : le passage de notre être à une plus grande perfection, l'augmentation de notre puissance d'agir. Les passions tristes nous diminuent ; les comprendre par la raison les transforme en affects actifs. La « béatitude », amour intellectuel envers la Nature ou Dieu, coïncide alors avec la liberté. # Réponse : prêcher la sagesse intérieure aux dominés revient à leur demander de s'accommoder de leur sort. Le travail aliéné sépare l'ouvrier de son activité, de ses produits et de lui-même. Transformer la vie suppose donc aussi de transformer les conditions sociales du travail et de la richesse. # Réponse : Mill introduit une différence de qualité entre les plaisirs. Bentham mesure les plaisirs par des critères de quantité (intensité, durée, certitude, etc.) ; Mill distingue des plaisirs supérieurs et des plaisirs inférieurs. « Il vaut mieux être un Socrate insatisfait qu'un imbécile satisfait », écrit-il. # Réponse : la souffrance et l'ennui. Pour Schopenhauer, le désir non satisfait fait souffrir, le désir satisfait laisse place à l'ennui ; le bonheur durable n'est qu'une illusion, un soulagement provisoire. La sagesse diminue la souffrance par le renoncement, l'art ou la compassion. # Réponse : « Il faut imaginer Sisyphe heureux ». Sisyphe prend conscience de sa condition et l'assume sans illusion ni espoir d'un salut. Le bonheur naît d'une lucidité et d'une révolte qui maintient la vie intense, malgré l'absence de justification ultime. # Réponses exactes : les deux premières. Aristote réclame aussi des biens extérieurs ; les stoïciens font dépendre de nous nos seuls jugements. Les deux propositions fausses reposent sur des confusions courantes : Épicure recommande au contraire de limiter ses désirs (c'est Calliclès qui veut les laisser croître), et Kant refuse de fonder la morale sur le bonheur, auquel il substitue le devoir. }} == Notes et Références == {{references|colonnes=2}} == Bibliographie == * Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1990. * [[s:Auteur:Jeremy Bentham|Bentham (Jeremy)]], ''Introduction aux principes de morale et de législation'', trad. Centre Bentham, Paris, Vrin, 2011. * Camus (Albert), ''Le Mythe de Sisyphe'', Paris, Gallimard, 1942. * [[Dictionnaire de philosophie/René Descartes|Descartes (René)]], « [[s:Correspondance avec Élisabeth|Lettre à Élisabeth]] du 6 octobre 1645 », in ''Correspondance avec Élisabeth et autres lettres'', éd. J.-M. et M. Beyssade, Paris, GF-Flammarion, 1989. * Épictète, ''Manuel'', trad. P. Hadot, Paris, Le Livre de Poche, 2000. * [[s:Auteur:Épicure|Épicure]], ''Lettres et maximes'' [comprenant la ''Lettre à Ménécée'' et les ''Maximes capitales''], trad. M. Conche, Paris, PUF, 1987. * Freud (Sigmund), ''Le Malaise dans la culture'', trad. P. Cotet, R. Lainé et J. Stute-Cadiot, Paris, PUF, 2010. * Kant (Emmanuel), ''[[s:Critique de la raison pratique (trad. Barni)|Critique de la raison pratique]]'', trad. F. Picavet, Paris, PUF, 1989. * Kant (Emmanuel), ''[[s:Fondements de la métaphysique des mœurs|Fondements de la métaphysique des mœurs]]'', trad. V. Delbos, Paris, Vrin, 1980. * Marc Aurèle, ''[[s:Pensées pour moi-même|Pensées pour moi-même]]'', trad. M. Meunier, Paris, Garnier-Flammarion, 1964. * [[Dictionnaire de philosophie/Karl Marx|Marx (Karl)]], ''Manuscrits de 1844'', trad. J.-P. Gougeon, Paris, GF-Flammarion, 1996. * Mill (John Stuart), ''[[s:L’Utilitarisme|L'Utilitarisme]]'', trad. C. Audard, Paris, PUF, 2008. * Nietzsche (Friedrich), ''[[s:Considérations inactuelles|Considérations inactuelles]]'', II, ''[[s:De l’utilité et de l’inconvénient des études historiques pour la vie|De l'utilité et de l'inconvénient des études historiques pour la vie ]](1874), trad. P. Rusch, in ''Œuvres philosophiques complètes'', t. II, Paris, Gallimard, 1990. * Pascal (Blaise), ''Pensées'' (1670), éd. L. Brunschvicg, Paris, Garnier, 1925 [ou éd. Ph. Sellier, Paris, Classiques Garnier, 2010]. * Platon, ''[[s:Gorgias (discours de Platon)|Gorgias]]'', trad. M. Canto-Sperber, Paris, GF-Flammarion, 1987. * Schopenhauer (Arthur), ''[[s:Le Monde comme volonté et comme représentation|Le Monde comme volonté et comme représentation]]'', trad. A. Burdeau, Paris, PUF, 1966. * Sénèque, ''[[s:De la vie heureuse|De la vie heureuse]]'' (vers 58 ap. J.-C.), trad. É. Bréhier, in ''Les Stoïciens'', éd. P.-M. Schuhl, Paris, Gallimard, « Bibliothèque de la Pléiade », 1962. * Spinoza (Baruch), ''Éthique'', trad. B. Pautrat, Paris, Seuil, 1988. [[Catégorie:Manuel de terminale de philosophie (livre)]] {{Autocat}} 1zb0f2dgekb66lm6ag1djwyvfdypozy 768220 768217 2026-06-21T04:27:10Z PandaMystique 119061 /* QCM */ 768220 wikitext text/x-wiki {{ManuelPhilo}} Tout être humain semble désirer le bonheur. Mais dès qu'on cherche à dire ce qu'il est, ou par quels moyens l'atteindre, les réponses divergent. Le bonheur est-il un sentiment intérieur ou une vie réussie ? Dépend-il de nous ou des circonstances extérieures ? Faut-il satisfaire ses [[Désir|désir]]s, les limiter ou les transformer ? Peut-on être heureux dans l'injustice, la pauvreté ou l'illusion ? Ces questions, qui traversent toute l'histoire de la philosophie, montrent que le bonheur n'est pas une donnée immédiate de l'existence : ses contours varient selon la doctrine qui l'interprète, et chaque tradition en éclaire une face différente. === Qu'est-ce que le bonheur ? === Le mot « bonheur » vient du latin ''bonum augurium'', qui signifie « bon augure » ou « bonne chance ». À l'origine, le bonheur était donc lié à la chance, au hasard. Une partie de la tradition philosophique a précisément cherché à savoir si le bonheur pouvait dépendre de nous plutôt que d'une fortune favorable. On confond souvent le bonheur avec des états proches qu'il faut pourtant distinguer. Le plaisir est une sensation agréable, souvent corporelle et passagère, comme manger quelque chose de délicieux ou écouter une belle musique. Dans l'usage courant, la joie désigne souvent une émotion vive mais ponctuelle ; certains philosophes, comme [[s:Auteur:Baruch Spinoza|Spinoza]], lui donnent toutefois un sens plus profond, comme on le verra plus loin. La satisfaction désigne le contentement qui suit la réalisation d'un désir précis. Le bien-être renvoie à un état général d'aisance physique et psychique. Le bonheur, lui, concerne la vie dans son ensemble : il dépasse l'instant et engage notre rapport à l'[[Existence|existence]]<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', I, 7, 1098a, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1990, p. 60-62.</ref>. Les philosophes anciens utilisent encore d'autres termes : la ''béatitude'' désigne un bonheur parfait, presque divin ; la ''félicité'' un bonheur stable et durable. Cette première distinction conduit à une question : le bonheur est-il un état intérieur que l'on ressent, un jugement que l'on porte sur sa vie, ou un accomplissement objectif qu'on peut constater de l'extérieur ? Selon la réponse choisie, les conceptions philosophiques s'orientent dans des directions différentes. === Les grandes conceptions du bonheur === ==== Le bonheur comme plaisir : l'épicurisme ==== Pour [[s:Auteur:Épicure|Épicure]] (341-270 avant J.-C.), philosophe grec de l'Antiquité, le bonheur se trouve dans le plaisir. Mais il ne s'agit pas de chercher tous les plaisirs n'importe comment. Épicure distingue trois types de désirs. Il y a d'abord les désirs naturels et nécessaires, comme boire quand on a soif ou manger quand on a faim. Ces désirs doivent être satisfaits. Ensuite, les désirs naturels mais non nécessaires, comme manger des plats raffinés. Enfin, les désirs ni naturels ni nécessaires, comme vouloir devenir riche ou célèbre. Ces derniers désirs sont à éviter parce qu'ils sont sans limites et nous causent du tourment<ref>Épicure, ''Lettre à Ménécée'', § 127-128, dans ''Lettres et maximes'', trad. M. Conche, Paris, PUF, 1987, p. 219-221.</ref>. Le bonheur selon Épicure, c'est l'''[[Ataraxie|ataraxie]]'' : l'absence de trouble dans l'âme. C'est un état de tranquillité et de paix intérieure. Pour y parvenir, il faut limiter ses désirs et apprendre à ne plus craindre la [[Dictionnaire de philosophie/Mort|mort]] ni les dieux. Le plaisir qu'Épicure recherche n'est donc pas l'excitation ou l'agitation, mais la sérénité qui accompagne l'absence de souffrance physique et l'absence de trouble moral<ref>Épicure, ''Maximes capitales'', I-IV, dans ''Lettres et maximes'', trad. M. Conche, Paris, PUF, 1987, p. 231-233.</ref>. À cette conception modérée du plaisir s'oppose la position défendue par Calliclès dans le ''Gorgias'' de [[Platon|Platon]]. Pour Calliclès, le bonheur consiste à laisser ses désirs grandir le plus possible et à trouver les moyens de les satisfaire. La frugalité épicurienne lui apparaîtrait comme une vie d'esclave. [[s:Auteur:Socrate|Socrate]] lui répond que cette vie est celle d'un tonneau percé qu'il faut sans cesse remplir : elle ne connaît jamais le repos<ref>Platon, ''Gorgias'', 491e-494a, trad. M. Canto-Sperber, Paris, GF-Flammarion, 1987, p. 226-230.</ref>. Cette discussion ancienne montre que la question « faut-il satisfaire ou limiter ses désirs ? » se pose dès l'origine de la [[Philosophie|philosophie]]. ==== Le bonheur comme activité vertueuse : Aristote ==== [[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]] (384-322 avant J.-C.) propose une autre conception du bonheur. Pour lui, le bonheur (qu'il appelle ''eudaimonia'' en grec) est le but suprême de la vie humaine, ce vers quoi tout le monde tend. Mais qu'est-ce que le bonheur selon Aristote ? Ce n'est pas d'abord un état intérieur agréable. C'est une manière de vivre. Plus précisément, le bonheur consiste à réaliser la fonction propre de l'être humain, c'est-à-dire à exercer son intelligence et sa raison de manière excellente. Le bonheur consiste donc à vivre selon la vertu<ref>Aristote, ''[[s:Éthique à Nicomaque|Éthique à Nicomaque]]'', I, 7, 1098a, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1990, p. 60.</ref>. La vertu, chez Aristote, est une disposition acquise à bien agir, un juste milieu entre deux excès. Le [[Dictionnaire de philosophie/Courage|courage]], par exemple, est le juste milieu entre la lâcheté et la témérité. Une vie heureuse est donc une vie où l'on cultive ces vertus et où l'on agit avec raison. Aristote insiste sur un point important : le bonheur n'arrive pas en un instant. C'est une activité qui se déploie sur toute une vie. On ne peut pas dire qu'une personne est heureuse après une seule journée agréable ; il faut considérer sa vie dans son ensemble<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', I, 10, 1100a-1101a, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1990, p. 73-77.</ref>. Aristote ne réduit pourtant pas le bonheur à la seule vertu morale. Il reconnaît que la vie heureuse a aussi besoin de certains biens extérieurs : la santé, une situation matérielle suffisante, des amis, et même une certaine beauté physique. Surtout, l'homme étant un « animal politique », son bonheur ne se développe pleinement que dans une cité juste. Enfin, dans le livre X de l'''[[s:Éthique à Nicomaque|Éthique à Nicomaque]]'', Aristote présente la vie contemplative, consacrée à la [[Dictionnaire de philosophie/Connaissance|connaissance]], comme la forme la plus haute du bonheur<ref>Aristote, ''[[s:Éthique à Nicomaque|Éthique à Nicomaque]]'', X, 7-8, 1177a-1178a, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1990, p. 506-512.</ref>. Il existe ainsi une tension à l'intérieur du texte aristotélicien : le livre I semble faire du bonheur la totalité d'une vie moralement accomplie en société, tandis que le livre X confère la priorité à la contemplation. Cette hésitation n'est pas une contradiction, mais l'indice d'une question philosophique difficile : la vie heureuse est-elle d'abord une vie d'[[Dictionnaire de philosophie/Action|action]] vertueuse, ou une vie de connaissance ? ==== Le bonheur comme sérénité : le stoïcisme ==== Les philosophes stoïciens, comme [[s:Auteur:Épictète|Épictète]] (50-125 après J.-C.) ou [[s:Auteur:Marc Aurèle|Marc Aurèle]] (121-180 après J.-C.), proposent une autre voie. Selon eux, le bonheur ne dépend pas des choses extérieures (richesse, santé, réputation) mais de notre rapport à elles. Le stoïcisme repose sur une distinction : il y a les choses qui dépendent de nous (nos jugements, nos opinions, nos désirs) et celles qui ne dépendent pas de nous (la maladie, la mort, l'opinion d'[[Autrui|autrui]], les événements). Ce qui dépend de nous, Épictète l'appelle la ''prohairesis'' : la faculté de juger, de vouloir et de consentir. Pour atteindre la tranquillité, il faut accepter avec sérénité ce qui ne dépend pas de nous et concentrer notre effort sur l'usage droit de cette faculté de jugement<ref>Épictète, ''Manuel'', § 1, trad. P. Hadot, Paris, Le Livre de Poche, 2000, p. 33-35.</ref>. Mais le stoïcisme ne se réduit pas à un changement d'attitude intérieure. Pour les stoïciens, le seul [[Dictionnaire de philosophie/Bien|bien]] véritable est la vertu, et le seul mal véritable est le vice. Tout le reste, comme la santé, la richesse, la maladie ou la mort, n'est ni un bien ni un mal au sens propre : ce sont des « indifférents ». Ce qui rend une vie heureuse, c'est l'accord entre nos jugements, nos désirs et la raison qui ordonne le monde. Les passions, qui troublent l'âme, viennent de jugements erronés ; les corriger permet d'atteindre l'''apatheia''. Cette ''apatheia'' n'est pas l'absence de toute émotion : les stoïciens admettent au contraire des affects raisonnables, comme la joie du sage face au bien accompli. Ce qui disparaît, ce sont seulement les passions irrationnelles, qui naissent d'une mauvaise estimation de la valeur des choses<ref>Marc Aurèle, ''Pensées pour moi-même'', IV, 3 et VIII, 7, trad. M. Meunier, Paris, Garnier-Flammarion, 1964, p. 60-62 et p. 116-117.</ref>. === Les enjeux philosophiques du bonheur === ==== Peut-on savoir ce qui nous rend heureux ? ==== [[s:Auteur:Emmanuel Kant|Emmanuel Kant]] (1724-1804), philosophe allemand, soulève un problème : le bonheur est un concept indéterminé. Personne ne peut dire avec précision ce qui le rendrait parfaitement heureux. Nos désirs changent, et ce qui nous semble bon aujourd'hui peut ne plus nous satisfaire demain. Pour Kant, le bonheur est « un idéal de l'[[Dictionnaire de philosophie/Imagination|imagination]], non de la raison »<ref>Kant, ''Fondements de la métaphysique des mœurs'', deuxième section, AK IV, 418, trad. V. Delbos, Paris, Vrin, 1980, p. 124.</ref>. Cela ne veut pas dire que Kant méprise le bonheur. Il refuse seulement d'en faire le fondement de la [[Dictionnaire de philosophie/Morale|morale]]. La loi morale ne peut pas être tirée de la recherche du bonheur, parce que le bonheur dépend d'inclinations sensibles et variables : on ne peut donc pas en faire une règle universelle. La morale doit reposer sur le devoir, c'est-à-dire sur le respect de la loi rationnelle. Mais Kant n'oublie pas le bonheur. Il introduit l'idée du « souverain bien », qui désigne l'union de la vertu et du bonheur. Il ne s'agit pas d'une simple récompense morale, mais d'une exigence de la raison pratique elle-même : il appartient à la raison de penser comme possible un ordre dans lequel celui qui agit moralement bien recevrait aussi sa part de bonheur. Le bonheur n'est donc pas le principe de la morale, mais il en accompagne idéalement l'achèvement<ref>Kant, ''Critique de la raison pratique'', livre II, chap. II, AK V, 110-114, trad. F. Picavet, Paris, PUF, 1989, p. 119-124.</ref>. ==== Le bonheur dépend-il de nous ou de la chance ? ==== La question est ancienne, et son enjeu pratique nous concerne tous. Si le bonheur tient à des circonstances extérieures (santé, fortune, rencontres, naissance), nous ne sommes pas véritablement maîtres de notre vie : un accident, un deuil, un licenciement peuvent réduire à néant l'édifice patiemment construit. Mais s'il dépendait entièrement de nous, comment comprendre qu'un enfant battu, qu'un peuple opprimé, qu'un malade chronique aient si peu de chances de s'épanouir ? Toute la difficulté tient à cette tension. Les Grecs avaient un mot pour la part incontrôlable de l'[[Dictionnaire de philosophie/Existence|existence]] : la ''tukhê'', qui désigne moins le hasard aveugle qu'une force qui dispose de nous sans nous consulter. La réflexion antique sur le bonheur, l'''eudaimonia'', s'est construite en grande partie contre la ''tukhê'', en cherchant à soustraire la vie réussie aux coups du sort. Aristote refuse pourtant l'alternative tranchée. Une vie pleinement heureuse, écrit-il, exige certains biens extérieurs : la santé, des amis, une cité juste, une mort paisible. Personne ne dirait heureux Priam, roi de Troie, qui acheva ses jours sous les ruines de sa cité et la mort des siens. Mais l'essentiel du bonheur, l'activité de l'âme conforme à la vertu, relève de notre exercice habituel, donc de nous. Le bonheur n'est pas un don, c'est une œuvre<ref>Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', I, 9-10, 1099b-1100a, trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1990, p. 70-74.</ref>. La fortune fournit la matière ; la vertu lui donne forme. Les stoïciens rompent avec ce compromis. Tout ce qui ne dépend pas de nous, c'est-à-dire le corps, la richesse, la réputation, le jugement des autres, doit être tenu pour indifférent. Seuls nous appartiennent en propre nos jugements, nos désirs, nos aversions. Épictète, né esclave, savait que l'on peut enchaîner un corps mais non une faculté de juger. Le bonheur devient alors strictement intérieur, et la chance perd toute prise sur la vie sage. Mais à quel prix ? Renoncer à attacher la moindre valeur à la santé, à ses proches, à la [[[[s:Manuel d’Épictète|Manuel]] de terminale de philosophie/Justice|justice]] du monde demande un travail sur soi dont peu, sans doute, sont capables. Spinoza (1632-1677) déplace le problème. La joie, pour lui, n'est pas un agrément passager ; elle se définit comme le passage de notre être à une plus grande perfection, c'est-à-dire l'augmentation de notre puissance d'agir. Les passions tristes (peur, envie, haine) nous diminuent ; nous les subissons sans en être la cause adéquate. Comprendre par la raison les causes qui nous affectent, c'est cesser de les subir : la connaissance transforme peu à peu les passions en affects actifs. Au terme du parcours, la « béatitude », cet amour intellectuel envers la [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|Nature]] ou Dieu, coïncide avec la liberté véritable<ref>Spinoza, ''Éthique'', V, prop. 32-42, trad. B. Pautrat, Paris, Seuil, 1988, p. 535-547.</ref>. Le bonheur dépend donc de nous, mais à condition de comprendre que nous appartenons à un ordre nécessaire qui nous dépasse : il faut intégrer le hasard, non l'écarter. Cette intériorisation, [[Dictionnaire de philosophie/Karl Marx|Karl Marx]] (1818-1883) la juge insuffisante. Le [[Manuel de terminale de philosophie/Travail|travail]] salarié, lorsqu'il s'[[Dictionnaire de philosophie/Aliénation|aliène]], prive l'ouvrier de la jouissance de ce qu'il produit, le sépare de son activité, de ses semblables et de lui-même. Dans une société où la majorité passe ses journées à produire des richesses qu'elle ne possédera pas, prêcher la sagesse intérieure revient à demander aux dominés de s'accommoder de leur sort. La simple bonne volonté individuelle ne suffit pas : transformer la vie suppose aussi de transformer les conditions sociales du travail et de la richesse<ref>Marx, ''Manuscrits de 1844'', « Le travail aliéné », trad. J.-P. Gougeon, Paris, GF-Flammarion, 1996, p. 115-126.</ref>. Le hasard cesse alors de désigner la seule fortune individuelle pour englober la naissance dans telle classe, tel pays, telle époque. Faut-il trancher ? La question appelle plutôt une réponse en forme de balance. Le bonheur ne dépend ni purement de nous, ni purement des circonstances. Il se joue à leur intersection : dans la manière dont nous nous rapportons à ce qui nous arrive, et dans les conditions matérielles et sociales qui rendent ce rapport possible. La sagesse antique nous apprend à ne pas confondre ce qui dépend de nous avec ce qui n'en dépend pas ; la pensée moderne nous rappelle que la frontière elle-même est historique. ==== Le bonheur du plus grand nombre : l'utilitarisme ==== Au {{s|XIX}}, des philosophes anglais comme [[s:Auteur:Jeremy Bentham|Jeremy Bentham]] (1748-1832) et [[s:Auteur:John Stuart Mill|John Stuart Mill]] (1806-1873) développent une théorie morale appelée ''utilitarisme''. Selon eux, une action est bonne si elle augmente le bonheur du plus grand nombre. Bentham pense qu'on peut calculer le bonheur en mesurant les plaisirs et les peines selon plusieurs critères : intensité, durée, certitude, proximité, fécondité (probabilité d'engendrer d'autres plaisirs), pureté (faible probabilité de produire des peines) et nombre de personnes concernées. Pour lui, les plaisirs ne diffèrent pas par leur nature mais par ces dimensions quantitatives ; à intensité et durée égales, le plaisir d'un jeu simple peut donc équivaloir à celui d'une lecture savante<ref>Bentham, ''Introduction aux principes de morale et de législation'', chap. IV, trad. Centre Bentham, Paris, Vrin, 2011, p. 51-54.</ref>. Mill n'est pas d'accord avec ce calcul purement quantitatif. Il introduit une différence qualitative entre les plaisirs : il existe selon lui des plaisirs supérieurs (intellectuels, moraux, esthétiques) et des plaisirs inférieurs (corporels, immédiats). « Il vaut mieux être un Socrate insatisfait qu'un imbécile satisfait », écrit-il : la qualité du plaisir compte autant que sa quantité<ref>Mill, ''L'Utilitarisme'', chap. II, trad. C. Audard, Paris, PUF, 2008, p. 51-54.</ref>. L'utilitarisme soulève des questions difficiles. Peut-on vraiment comparer des plaisirs aussi différents qu'un repas, une amitié ou une lecture ? Peut-on additionner les bonheurs individuels pour obtenir un bonheur collectif ? Et surtout : est-il juste de sacrifier le bonheur d'une minorité au bonheur de la majorité, si le calcul l'exige ? Ces difficultés font que l'utilitarisme est à la fois une théorie politique forte et une doctrine très discutée. ==== Le bonheur est-il vraiment possible ? Le pessimisme ==== Certains philosophes ont une vision plus sombre. [[s:Auteur:Arthur Schopenhauer|Arthur Schopenhauer ]](1788-1860) pense que le bonheur durable est une illusion. Selon lui, la vie humaine oscille entre la souffrance et l'ennui : quand nos désirs ne sont pas satisfaits, nous souffrons ; quand ils le sont, nous nous ennuyons et cherchons de nouveaux désirs<ref>Schopenhauer, ''Le Monde comme volonté et comme représentation'', livre IV, § 57, trad. A. Burdeau, Paris, PUF, 1966, p. 391-396.</ref>. Pour Schopenhauer, le bonheur n'est jamais qu'un soulagement provisoire. La sagesse consiste à diminuer la souffrance en renonçant à ses désirs et en se tournant vers l'[[Dictionnaire de philosophie/Art (introduction)|art]] ou la compassion. Une critique d'un autre type vient de [[s:Auteur:Sigmund Freud|Sigmund Freud]] (1856-1939). Dans ''Le Malaise dans la culture'', il rappelle que la civilisation impose des renoncements aux pulsions individuelles, ce qui crée une tension permanente entre le désir d'être heureux et les exigences de la vie en société. Freud formule de manière ironique l'idée que le bonheur humain ne semble pas avoir été prévu par quelque ordre providentiel du monde : la formule est anti-providentialiste, et non l'aveu d'une croyance en un « plan de la création »<ref>Freud, ''Le Malaise dans la culture'', chap. II, trad. P. Cotet, R. Lainé et J. Stute-Cadiot, Paris, PUF, 2010, p. 19-22.</ref>. ==== Le bonheur face à l'absurde : Albert Camus ==== Albert Camus (1913-1960), écrivain et essayiste français, aborde le bonheur d'une manière originale. Dans ''Le Mythe de Sisyphe'', il évoque ce héros condamné par les dieux à rouler éternellement un rocher jusqu'au sommet d'une montagne, d'où il retombe aussitôt. Cette situation paraît désespérée et [[Dictionnaire de philosophie/Absurde|absurde]]. Pourtant, Camus écrit : « Il faut imaginer Sisyphe heureux ». Comment cela ? Parce que Sisyphe prend [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|conscience]] de sa condition et l'assume sans illusion. Il ne cherche plus dans le ciel ou dans une promesse de salut le sens qui lui manque. Il refuse l'espoir religieux ou [[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|métaphysique]] et choisit d'habiter pleinement sa tâche<ref>Camus, ''Le Mythe de Sisyphe'', Paris, Gallimard, 1942, p. 165-168.</ref>. Pour Camus, le bonheur est possible même dans un monde absurde, c'est-à-dire un monde qui n'a pas de sens préétabli. Ce bonheur naît d'une lucidité, d'un refus du désespoir et d'une révolte qui maintient la vie intense, malgré l'absence de justification ultime. === Conclusion === Les conceptions du bonheur examinées dans ce chapitre ne se laissent pas réduire à une réponse unique. Elles dessinent toutefois trois grandes questions directrices. D'abord : le bonheur est-il un état subjectif ressenti, ou une vie objectivement réussie ? Aristote et Camus, à des époques différentes, refusent de le réduire à un sentiment intérieur. Schopenhauer, à l'inverse, évalue négativement la structure affective du désir humain, tandis que l'utilitarisme cherche à mesurer les plaisirs et les peines pour fonder une politique du bien commun. Ensuite : le bonheur dépend-il de nous ou des conditions extérieures ? Les stoïciens en font dépendre le bonheur de l'usage droit du jugement ; Spinoza, de la connaissance et de la puissance d'agir ; Aristote rappelle que la vie heureuse exige aussi des biens extérieurs, des amis et une cité juste ; Marx ou les penseurs de la justice sociale soulignent que la transformation du bonheur passe par celle des conditions matérielles et politiques. Enfin : faut-il rechercher le bonheur directement, ou résulte-t-il d'autre chose ? Bentham et Mill en font le but explicite de l'action ; Kant pense au contraire qu'il faut viser le [[Manuel de terminale de philosophie/Devoir|devoir]], le bonheur n'étant qu'une espérance. Camus suggère qu'il vient par surcroît, à celui qui assume sa condition. Réfléchir au bonheur ne consiste donc pas seulement à comparer des doctrines. C'est apprendre à articuler ces tensions, en lien avec les autres notions du programme : le [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désir]], la [[Manuel de terminale de philosophie/Liberté|liberté]], la [[Manuel de terminale de philosophie/Justice|justice]], le [[Manuel de terminale de philosophie/Travail|travail]], l'État, la [[Manuel de terminale de philosophie/Conscience|conscience]]. == Sujets de dissertation == Cette collection propose seize sujets de dissertation philosophique portant sur la notion de bonheur, organisés selon différentes perspectives : [[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|métaphysique]], éthique, politique et existentielle. Chaque question ouvre un ensemble de problématiques que tout penseur doit affronter pour comprendre en quoi consiste une vie bonne et comment l'atteindre. === 1. Faut-il philosopher pour bien vivre ? === Cette question d'ouverture pose un problème que les philosophes eux-mêmes se sont longtemps posé. Y a-t-il une nécessité intrinsèque à philosopher pour accéder au bonheur, ou la réflexion théorique constitue-t-elle simplement un chemin parmi d'autres ? Les anciens Grecs, notamment Aristote, tenaient que la vie heureuse consiste en l'exercice vertueux de l'[[Dictionnaire de philosophie/Âme|âme]], ce qui exige une certaine [[Dictionnaire de philosophie/Connaissance|connaissance]] de ce qu'est la vertu. Cependant, nombre de gens vivent heureux sans jamais avoir lu un traité d'éthique. La question demande d'examiner si la philosophie est une condition du bonheur ou seulement un moyen parmi d'autres, et si le bien vivre suppose une compréhension explicite de ce qui rend la vie bonne. === 2. Le bonheur est-il un idéal inaccessible ? === Le bonheur parfait, total et perpétuel semble appartenir à l'ordre de l'utopie. Tout état heureux s'accompagne de limitations : la [[Dictionnaire de philosophie/Finitude|finitude]] humaine, la souffrance, l'expérience du deuil. Peut-on concevoir le bonheur autrement que comme un horizon jamais complètement atteint ? Certains courants philosophiques, notamment l'épicurisme, proposent une version plus modérée du bonheur comme absence de douleur plutôt que comme joie constante. D'autres, comme le stoïcisme, le conçoivent comme indépendant des circonstances extérieures. La question invite à réfléchir sur ce qui rend un idéal inaccessible et si cette inaccessibilité est un problème philosophique réel ou simplement le résultat d'une définition trop exigeante. === 3. Existe-t-il des critères du bonheur ? === Le bonheur est-il une notion univoque et bien déterminée, ou reste-t-elle relative à chaque [[Dictionnaire de philosophie/Individu|individu]] ? Peut-on établir des critères objectifs permettant de juger qu'une personne ou qu'une vie est heureuse ? Aristote proposait que le bonheur réside dans l'exercice vertueux de nos capacités proprement humaines. Kant, lui, refusait de placer le bonheur au cœur de l'éthique, mais reconnaissait l'importance du « souverain bien » qui combine vertu et bonheur. La question demande s'il existe des critères universels du bonheur ou si chacun doit trouver ses propres repères. Elle touche aussi à la possibilité d'une mesure du bonheur et à ce que signifierait une telle mesure. === 4. Le bonheur consiste-t-il à faire tout ce qui nous fait plaisir ? === L'identification du bonheur au plaisir constitue une tentative de réponse immédiate et intuitive. Mais elle pose des problèmes : certains plaisirs semblent nuisibles à long terme, certains plaisirs entrent en conflit les uns avec les autres, et poursuivre tous ses désirs conduit souvent à l'épuisement ou à la culpabilité. Épicure lui-même, malgré sa réputation, recommandait une certaine frugalité dans la recherche du plaisir, privilégiant les plaisirs naturels et nécessaires. La question pousse à distinguer entre différents types de plaisirs et à interroger s'il existe une hiérarchie entre eux. === 5. Le bonheur est-il une somme de plaisirs ? === Cette formulation suggère une approche quantitative : le bonheur résulterait de l'accumulation ou de la maximisation des plaisirs. C'est essentiellement la position de l'utilitarisme classique, notamment chez Jeremy Bentham. Mais peut-on vraiment additionner des plaisirs hétérogènes ? Un plaisir intense et bref vaut-il mieux qu'une satisfaction durable mais moins intense ? John Stuart Mill introduisit la distinction entre plaisirs inférieurs et supérieurs, reconnaissant que certains plaisirs intellectuels ou moraux possèdent une qualité que d'autres ne possèdent pas. La question demande si l'approche mathématique peut saisir la [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|nature]] du bonheur ou si celui-ci ne relève pas d'une autre logique. === 6. Y a-t-il une différence de degré ou de nature entre le bonheur et le plaisir ? === Le plaisir semble instantané, localisé, souvent corporel. Le bonheur paraît plus durable, plus global, plus profond. Mais s'agit-il d'une simple question d'intensité ou de durée (différence de degré), ou le bonheur appartient-il à un ordre différent (différence de nature) ? Peut-on accéder à un véritable bonheur en vivant une suite de plaisirs minimaux ? Inversement, peut-on être heureux en renonçant complètement au plaisir ? Cette distinction entre bonheur et plaisir constitue un carrefour où se rencontrent plusieurs traditions philosophiques, du platonisme au confucianisme. === 7. Le bonheur est-il un simple hasard ? === Cette question interroge la part de contingence et de maîtrise dans le bonheur. Sommes-nous maîtres de notre bonheur, ou celui-ci dépend-il de circonstances externes échappant à notre contrôle : notre tempérament naturel, notre milieu social, les événements imprévisibles ? Les Anciens parlaient de ''tyché'' (chance, fortune) comme d'une puissance qui échappe à la raison. Montaigne, relevant l'instabilité du destin humain, reconnaissait le poids de la contingence. Cependant, soutenir que le bonheur est purement aléatoire semblerait ôter toute responsabilité et tout sens à nos efforts. La question demande comment articuler la reconnaissance de notre dépendance aux circonstances avec une certaine forme de maîtrise ou d'autonomie. === 8. Le bonheur peut-il être le résultat d'une pratique ou d'un art de vivre ? === Contrairement à l'idée qu'il serait un simple hasard, cette perspective envisage le bonheur comme acquis par la discipline, la pratique et l'apprentissage. L'éthique aristotélicienne insiste sur la formation des vertus par la répétition des bonnes actions. Le stoïcisme propose un art de vivre fondé sur la distinction entre ce qui dépend de nous et ce qui ne dépend pas de nous. De nombreuses traditions non occidentales, du bouddhisme au taoïsme, offrent des pratiques censées conduire au bien-être ou à l'illumination. La question soulève la possibilité d'une « technique » du bonheur et ses limites : peut-on vraiment l'enseigner et l'apprendre comme on apprend un métier ? === 9. Le bonheur est-il une affaire de politique ? === Si le bonheur dépend largement des conditions sociales, économiques et politiques, alors sa réalisation ne peut pas être individuelle mais doit relever de la responsabilité collective. [[Platon|Platon]], dans la ''République'', envisage un ordre politico-social destiné à produire l'harmonie et le bien-être. [[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]] affirme que l'homme est un animal politique et que la vie heureuse s'épanouit dans la cité. Les penseurs utilitaristes du {{s|XIX}} proposaient que la politique vise à maximiser le bonheur du plus grand nombre. Cependant, la question de savoir si la politique doit poursuivre explicitement le bonheur reste contestée : ne risque-t-on pas de sacrifier les libertés individuelles à une conception collective du bien ? L'[[Manuel de terminale de philosophie/État|État]] ne risque-t-il pas, en poursuivant le bonheur, d'imposer à tous une conception unique de la vie bonne ? === 10. Le bonheur peut-il dépendre de nous ? === Cette question interroge le degré d'[[Dictionnaire de philosophie/Autonomie|autonomie]] que nous possédons sur notre propre bonheur. S'il dépendait entièrement de nous, nous pourrions le produire à volonté, ce qui ne semble pas vrai. Mais s'il ne dépendait pas du tout de nous, l'effort et la responsabilité seraient illusoires. Le stoïcisme, notamment avec Épictète, distingue nettement entre ce qui dépend de nous (nos jugements, nos intentions) et ce qui ne dépend pas de nous (notre corps, les événements externes), et préconise de concentrer nos efforts sur ce qui nous appartient. Cette distinction peut-elle vraiment résoudre le problème ? Notre bonheur ne résulte-t-il pas toujours d'une combinaison complexe d'efforts personnels et de circonstances externes ? === 11. Y a-t-il un devoir d'être heureux ? === À première vue, le bonheur semble être ce que nous cherchons naturellement, pas une obligation morale. Cependant, plusieurs penseurs ont soulevé l'idée que nous avons des [[Manuel de terminale de philosophie/Devoir|devoirs]] envers nous-mêmes de cultiver nos capacités et de mener une vie digne. [[s:Auteur:Emmanuel Kant|Kant]], tout en refusant de placer le bonheur au cœur de la morale, reconnaît que le « souverain bien » combine vertu et bonheur. On pourrait aussi avancer que nous avons un devoir envers les [[Autrui|autres]] de ne pas nous laisser sombrer dans la misère, qui affecte ceux qui nous entourent. La question demande si le bonheur relève d'un [[Dictionnaire de philosophie/Droit|droit]], d'un devoir, ou simplement d'une aspiration naturelle sans caractère moral. === 12. Le bonheur est-il utopique ? === L'utopie désigne un lieu qui n'existe pas, un idéal irréalisable. Qualifier le bonheur d'utopique signifierait que nous ne pouvons que nous en rapprocher sans jamais l'atteindre vraiment. Mais certaines sociétés ou certaines périodes historiques semblent avoir produit des formes de bien-être général, même si aucune n'a réalisé une félicité absolue. La question demande si l'utopie du bonheur joue un rôle moteur utile dans l'organisation de nos sociétés, ou si elle nous détourne des réalisations possibles en nous promettant l'impossible. Elle s'interroge aussi sur ce qui distingue une utopie d'une aspiration légitime mais exigeante. === 13. La culture est-elle un gage de bonheur ? === La [[Dictionnaire de philosophie/Culture|culture]], au sens de raffinement intellectuel, de connaissance des [[Dictionnaire de philosophie/Art (introduction)|art]]s, des [[Manuel de terminale de philosophie/Science|sciences]] et des humanités, semble enrichir la vie. Cependant, elle peut aussi générer de nouvelles formes de malheur : culpabilité, [[Dictionnaire de philosophie/Conscience|conscience]] du malheur d'autrui, sentiment d'inadéquation face aux grands idéaux. Une personne peu instruite peut-elle être plus heureuse qu'un intellectuel perpétuellement inquiet ? La question rejoint le débat entre les plaisirs « inférieurs » et les plaisirs « supérieurs ». Elle demande aussi si le bonheur consiste davantage dans l'ignorance confortable ou dans l'autonomie de pensée qu'offre la culture, même au prix du trouble et du questionnement. === 14. Le bonheur des hommes dépend-il de l'augmentation des richesses ? === Cette question moderne s'impose avec force dans nos sociétés de consommation. Certaines études contemporaines suggèrent qu'au-delà d'un seuil où les besoins matériels sont satisfaits, l'augmentation des richesses n'améliore que marginalement le bien-être subjectif. Pourtant, la pauvreté constitue clairement un obstacle au bonheur. La question demande s'il existe un point d'équilibre : à quel niveau de richesse maîtrisée le bonheur atteint-il son optimum ? Elle interroge aussi la nature du [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désir]] de richesse : repose-t-il sur un [[Dictionnaire de philosophie/Besoin|besoin]] véritable ou sur une illusion entretenue par le désir de comparaison sociale ? === 15. Le bonheur n'est-il pas un état d'esprit ? === Cette affirmation suggère que le bonheur dépend avant tout de notre attitude face aux circonstances, plutôt que des circonstances elles-mêmes. Deux personnes en situation identique peuvent connaître des niveaux de bien-être très différents selon leur disposition d'esprit. Cette perspective rapproche le bonheur de la sérénité stoïcienne ou de l'équanimité bouddhiste. Cependant, dire que le bonheur relève d'un simple état d'esprit pourrait sembler réducteur ou même cruel : cela pourrait suggérer que celui qui souffre a seulement besoin de « changer d'attitude » plutôt que d'améliorer ses conditions matérielles. La question demande comment équilibrer la reconnaissance de l'importance de la perspective mentale avec celle des réalités concrètes. === 16. La recherche du bonheur nous pousse-t-elle à changer notre façon d'être ? === Poursuivre activement le bonheur nous oblige-t-il à transformer nos habitudes, nos valeurs, nos relations ? Si le bonheur ne s'obtient qu'au prix d'une profonde conversion intérieure ou d'un apprentissage exigeant, alors la question de savoir comment nous vivons devient centrale. De nombreuses traditions voient dans cette transformation de soi la condition du bien-être durable. Mais on peut aussi se demander si une telle exigence de changement perpétuel ne nous éloigne pas du bonheur plutôt que de nous en rapprocher. La question touche à l'[[Dictionnaire de philosophie/Authenticité|authenticité]] : faut-il accepter qui nous sommes ou nous transformer ? Le bonheur suppose-t-il une acceptation de soi ou une acceptation créatrice de nos possibilités ? === Perspectives transversales === Ces seize questions forment un ensemble où plusieurs thèmes surgissent régulièrement : * La relation entre plaisir et bonheur revient dans les questions 4, 5 et 6. Elle demande de distinguer l'immédiat du durable, le local du global. * Le degré d'autonomie personnel apparaît dans les questions 7, 8 et 10. Il concerne notre responsabilité et notre pouvoir d'agir. * Le contexte social et politique se manifeste dans les questions 9 et 14. Il soulève la question de savoir si le bonheur est individuel ou collectif. * La nature du bonheur, qu'il s'agisse d'une sensation, d'un jugement ou d'un état, traverse en arrière-plan toutes ces questions. * L'accès au bonheur, par la chance, la pratique, la réflexion ou la transformation, structure plusieurs de ces interrogations. Ces dissertations invitent à explorer le bonheur non comme une notion simple, mais comme un carrefour où se rencontrent l'éthique, la [[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|métaphysique]], la politique et l'[[Dictionnaire de philosophie/Existence|existence]] quotidienne. Aucune réponse définitive ne peut clore ces questions ; chaque époque, chaque individu, doit les reposer en fonction de ses circonstances et de sa compréhension du monde. == Textes d'étude == ==== Épicure : le plaisir comme absence de trouble ==== ; Question travaillée : Le bonheur consiste-t-il à satisfaire tous nos plaisirs ? ; Thèse : Le plaisir est le [[Dictionnaire de philosophie/Bien|bien]] suprême, mais ce plaisir doit être compris comme absence de souffrance physique et absence de trouble moral, et non comme jouissance débridée. ; Notions : plaisir, [[Dictionnaire de philosophie/Désir|désir]], [[Dictionnaire de philosophie/Ataraxie|ataraxie]], bien. ''Questions d'analyse'' : * Pourquoi [[s:Auteur:Épicure|Épicure]] refuse-t-il certains plaisirs et accepte-t-il certaines souffrances ? * Comment comprendre que « ne dépendre que de soi-même » est un grand [[Dictionnaire de philosophie/Bien|bien]] ? * En quoi cette conception du plaisir s'oppose-t-elle à l'image du débauché ? {{Citation bloc|Le plaisir est le commencement et la fin d'une vie bienheureuse. Le plaisir est, en effet, considéré par nous comme le premier des biens naturels, c'est lui qui nous fait accepter ou fuir les choses, c'est à lui que nous aboutissons, en prenant la sensibilité comme critère du bien. Or, puisque le plaisir est le premier des biens naturels, il s'ensuit que nous n'acceptons pas le premier plaisir venu, mais qu'en certains cas, nous méprisons de nombreux plaisirs, quand ils ont pour conséquence une peine plus grande. D'un autre côté, il y a de nombreuses souffrances que nous estimons préférables aux plaisirs, quand elles entraînent pour nous un plus grand plaisir. Tout plaisir, dans la mesure où il s'accorde avec notre nature, est donc un bien, mais tout plaisir n'est pas cependant nécessairement souhaitable. De même, toute douleur est un mal, mais pourtant toute douleur n'est pas nécessairement à fuir. Il reste que c'est par une sage considération de l'avantage et du désagrément qu'il procure, que chaque plaisir doit être apprécié. En effet, en certains cas, nous traitons le bien comme un mal, et en d'autres, le mal comme un bien. Ne dépendre que de soi-même est, à notre avis, un grand bien, mais il ne s'ensuit pas qu'il faille toujours se contenter de peu. Simplement, quand l'abondance nous fait défaut, nous devons pouvoir nous contenter de peu, étant bien persuadés que ceux-là jouissent le mieux de la richesse qui en ont le moins besoin, et que tout ce qui est naturel s'obtient aisément, tandis que ce qui ne l'est pas s'obtient malaisément. Les mets les plus simples apportent autant de plaisir que la table la plus richement servie, quand est absente la souffrance que cause le besoin, et du pain et de l'eau procurent le plaisir le plus vif, quand on les mange après une longue privation. L'habitude d'une vie simple et modeste est donc une bonne façon de soigner sa santé, et rend l'homme par surcroît courageux pour supporter les tâches qu'il doit nécessairement remplir dans la vie. Elle lui permet encore de mieux goûter une vie opulente, à l'occasion, et l'affermit contre les revers de la fortune. Par conséquent, lorsque nous disons que le plaisir est le souverain bien, nous ne parlons pas des plaisirs des débauchés, ni des jouissances sensuelles, comme le prétendent quelques ignorants qui nous combattent et défigurent notre pensée. Nous parlons de l'absence de souffrance physique et de l'absence de trouble moral. Car ce ne sont ni les beuveries et les banquets continuels, ni la jouissance que l'on tire de la fréquentation des mignons et des femmes, ni la joie que donnent les poissons et les viandes dont on charge les tables somptueuses, qui procurent une vie heureuse, mais des habitudes raisonnables et sobres, une raison cherchant sans cesse des causes légitimes de choix ou d'aversion, et rejetant les opinions susceptibles d'apporter à l'âme le plus grand trouble.|Épicure, ''[[Commentaire philosophique/Lettre à Ménécée|Lettre à Ménécée]]''}} ==== Sénèque : vivre selon la nature ==== ; Question travaillée : Le bonheur peut-il dépendre des biens extérieurs ? ; Thèse : Vivre heureux, c'est vivre selon la [[Manuel de terminale de philosophie/Nature|nature]] et la raison, en faisant des biens extérieurs des « auxiliaires » et non des maîtres ; le souverain bien est l'harmonie de l'âme. ; Notions : nature, raison, vertu, souverain bien. ''Questions d'analyse'' : * Pourquoi [[s:Auteur:Sénèque le Jeune|Sénèque]] distingue-t-il les biens extérieurs et l'[[Dictionnaire de philosophie/Âme|âme]] ? * Que signifie « être l'artisan de sa vie » ? * Comment comprendre l'analogie entre l'esprit et le « monde » qui se concentre en soi ? {{Citation bloc|La nature, en effet, est le guide qu'il faut suivre ; c'est elle que la raison observe et consulte. C'est donc une même chose que vivre heureux et vivre selon la nature. Ce que c'est, je vais le développer : cela consiste à conserver, avec soin et sans effroi, les avantages du corps et ce qui convient à notre nature, comme choses données pour un jour et prêtes à fuir ; à ne pas nous y soumettre en esclaves, et à ne pas nous laisser posséder par les objets étrangers ; à reléguer tout ce qui plaît au corps, tout ce qui lui survient accidentellement, comme dans les camps on place à l'écart les auxiliaires et les troupes légères. Que ces objets soient des esclaves, et non des maîtres ; c'est uniquement ainsi qu'ils sont utiles à l'esprit. Que l'homme de cœur soit incorruptible en présence des choses du dehors, qu'il soit inexpugnable, et qu'il n'attache de prix qu'à se posséder lui-même ; que d'une âme confiante, que préparé à l'une et à l'autre fortune, il soit l'artisan de sa vie. Que chez lui la confiance n'existe pas sans le savoir, ni le savoir sans la fermeté ; que ses résolutions tiennent, une fois qu'elles sont prises, et que dans ses décrets il n'y ait pas de rature. On comprend, quand même je ne l'ajouterais pas, qu'un tel homme sera posé, qu'il sera rangé, qu'en cela aussi, agissant avec aménité, il sera grand. Chez lui, la véritable raison sera greffée sur les sens ; elle y puisera ses éléments ; et en effet, elle n'a pas d'autre point d'appui d'où elle s'élance, d'où elle prenne son essor vers la vérité, afin de revenir en elle-même. Le monde aussi, qui embrasse tout, ce dieu qui régit l'univers, tend à se répandre au dehors, et néanmoins, de toutes parts il se ramène en soi pour s'y concentrer. Que notre esprit fasse de même, lorsqu'en suivant les sens qui lui sont propres, il se sera étendu par leur moyen vers les objets extérieurs ; qu'il soit maître de ces objets et de lui ; qu'alors, pour ainsi dire, il enchaîne le souverain bien. De là résultera une force, une puissance unique, d'accord avec elle-même ; ainsi naîtra cette raison certaine, qui n'admet ni contrariété, ni hésitation, dans ses jugements et dans ses conceptions, non plus que dans sa persuasion. Cette raison, lorsqu'elle s'est ajustée, accordée avec ses parties et, pour ainsi dire, mise à l'unisson, a touché au souverain bien. En effet, il ne reste rien de tortueux, rien de glissant rien sur quoi elle puisse broncher ou chanceler. Elle fera tout de sa propre autorité : pour elle, point d'accident inopiné ; au contraire, toutes ses actions viendront à bien, avec aisance et promptitude, sans que l'agent tergiverse ; car les retardements et l'hésitation dénotent le trouble et l'inconstance. Ainsi, vous pouvez hardiment déclarer que le souverain bien est l'harmonie de l'âme. En effet, les vertus seront nécessairement là où sera l'accord, où sera l'unité ; la discordance est pour les vices.|Sénèque, ''De la vie heureuse'' (vers 58 après J.-C.), chap. VIII}} ==== Descartes : vaut-il mieux être heureux dans l'illusion ou moins joyeux dans la vérité ? ==== ; Question travaillée : Le bonheur peut-il reposer sur l'illusion ? ; Thèse : Le souverain bien réside dans l'exercice de la vertu, c'est-à-dire dans la possession des biens qui dépendent de notre libre arbitre ; la satisfaction d'esprit qui en découle vaut mieux qu'une gaieté fondée sur de fausses imaginations. ; Notions : [[Dictionnaire de philosophie/Vérité|vérité]], illusion, libre arbitre, vertu, joie. ''Questions d'analyse'' : * Pourquoi Descartes refuse-t-il d'identifier le souverain bien à la joie ? * Que signifie distinguer le souverain bien et la satisfaction d'esprit ? * Pourquoi une joie fausse laisse-t-elle, selon Descartes, une « amertume intérieure » ? {{Citation bloc|Je me suis quelquefois proposé un doute : savoir s'il est mieux d'être gai et content, en imaginant les biens qu'on possède être plus grands et plus estimables qu'ils ne sont, et ignorant ou ne s'arrêtant pas à considérer ceux qui manquent, que d'avoir plus de considération et de savoir, pour connaître la juste valeur des uns et des autres, et qu'on devienne plus triste. Si je pensais que le souverain bien fût la joie, je ne douterais point qu'on ne dût tâcher de se rendre joyeux, à quelque prix que ce pût être, et j'approuverais la brutalité de ceux qui noient leurs déplaisirs dans le vin, ou les étourdissent avec du pétun. Mais je distingue entre le souverain bien, qui consiste en l'exercice de la vertu, ou, ce qui est le même, en la possession de tous les biens dont l'acquisition dépend de notre libre arbitre, et la satisfaction d'esprit qui suit de cette acquisition. C'est pourquoi, voyant que c'est une plus grande perfection de connaître la vérité, encore même qu'elle soit à notre désavantage, que l'ignorer, j'avoue qu'il vaut mieux être moins gai et avoir plus de connaissance. Aussi n'est-ce pas toujours lorsqu'on a le plus de gaieté qu'on a l'esprit plus satisfait ; au contraire, les grandes joies sont ordinairement mornes et sérieuses, et il n'y a que les médiocres et passagères, qui soient accompagnées du ris. Ainsi je n'approuve point qu'on tâche à se tromper, en se repaissant de fausses imaginations ; car tout le plaisir qui en revient ne peut toucher que la superficie de l'âme, laquelle sent cependant une amertume intérieure, en s'apercevant qu'ils sont faux. Et encore qu'il pourrait arriver qu'elle fût si continuellement divertie ailleurs que jamais elle ne s'en aperçût, on ne jouirait pas pour cela de la béatitude dont il est question, pour ce qu'elle doit dépendre de notre conduite, et cela ne viendrait que de la fortune.|Descartes, ''Lettre à Élisabeth'' (6 octobre 1645)}} ==== Pascal : le divertissement, fuite hors de notre condition ==== ; Question travaillée : Le [[Dictionnaire de philosophie/Divertissement|divertissement]] nous rend-il heureux ou nous empêche-t-il de penser à notre malheur ? ; Thèse : Tout le malheur des hommes vient de leur incapacité à demeurer en repos avec eux-mêmes ; le divertissement n'apporte pas le bonheur, il détourne l'esprit de la condition humaine, faible et mortelle. ; Notions : divertissement, repos, condition humaine, bonheur, illusion. ''Questions d'analyse'' : * Pourquoi le roi sans divertissement est-il, selon [[s:Auteur:Blaise Pascal|Pascal]], plus malheureux que ses sujets ? * Pourquoi recherche-t-on le « tracas » et non pas le bien lui-même ? * En quoi cette analyse remet-elle en cause l'idée d'un bonheur fondé sur l'activité ? {{Citation bloc|Divertissement. Quand je m'y suis mis quelquefois à considérer les diverses agitations des hommes et les périls et les peines où ils s'exposent, dans la cour, dans la guerre, d'où naissent tant de querelles, de passions, d'entreprises hardies et souvent mauvaises, etc., j'ai découvert que tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. Un homme qui a assez de bien pour vivre, s'il savait demeurer chez soi avec plaisir, n'en sortirait pas pour aller sur la mer ou au siège d'une place. On n'achètera une charge à l'armée si cher, que parce qu'on trouverait insupportable de ne bouger de la ville ; et on ne recherche les conversations et les divertissements des jeux que parce qu'on ne peut demeurer chez soi avec plaisir. Mais quand j'ai pensé de plus près, et qu'après avoir trouvé la cause de tous nos malheurs, j'ai voulu en découvrir la raison, j'ai trouvé qu'il y en a une bien effective, qui consiste dans le malheur naturel de notre condition faible et mortelle, et si misérable, que rien ne peut nous consoler, lorsque nous y pensons de près. Quelque condition qu'on se figure, si l'on assemble tous les biens qui peuvent nous appartenir, la royauté est le plus beau poste du monde ; et cependant, qu'on s'en imagine [un roi] accompagné de toutes les satisfactions qui peuvent le toucher, s'il est sans divertissement, et qu'on le laisse considérer et faire réflexion sur ce qu'il est, cette félicité languissante ne le soutiendra point, il tombera par nécessité dans les vues qui le menacent, des révoltes qui peuvent arriver, et enfin de la mort et des maladies qui sont inévitables ; de sorte que, s'il est sans ce qu'on appelle divertissement, le voilà malheureux, et plus malheureux que le moindre de ses sujets, qui joue et qui se divertit. De là vient que le jeu et la conversation des femmes, la guerre, les grands emplois sont si recherchés. Ce n'est pas qu'il y ait en effet du bonheur, ni qu'on s'imagine que la vraie béatitude soit d'avoir l'argent qu'on peut gagner au jeu, ou dans le lièvre qu'on court : on n'en voudrait pas s'il était offert. Ce n'est pas cet usage mol et paisible, et qui nous laisse penser à notre malheureuse condition, qu'on recherche, ni les dangers de la guerre, ni la peine des emplois, mais c'est le tracas qui nous détourne d'y penser et nous divertit.|Pascal, ''Pensées'' (1670), fragment 139}} ==== Nietzsche : l'oubli, condition du bonheur ==== ; Question travaillée : L'oubli est-il une condition du bonheur et de l'action ? ; Thèse : Le bonheur exige une part de non-historique : la capacité d'oublier le passé pour se tenir dans le moment présent ; l'excès de mémoire empêche d'agir et de vivre. ; Notions : mémoire, oubli, action, devenir, vie. ''Questions d'analyse'' : * Pourquoi [[Nietzsche : Introduction à sa philosophie|Nietzsche]] associe-t-il bonheur et capacité d'oublier ? * Que signifie « sentir d'une façon non historique » ? * En quoi un excès de mémoire serait-il nuisible à la vie ? {{Citation bloc|Pour le plus petit comme pour le plus grand bonheur, il y a toujours une chose qui le crée : le pouvoir d'oublier, ou, pour m'exprimer en savant, la faculté de sentir, pendant que dure le bonheur, d'une façon non-historique. Celui qui ne sait pas se reposer sur le seuil du moment pour oublier tout le passé, celui qui ne se dresse point, comme un génie de victoire, sans vertige et sans crainte, ne saura jamais ce que c'est que le bonheur, et, ce qui est pire encore, il ne fera jamais rien qui puisse rendre heureux les autres. Imaginez l'exemple extrême : un homme qui ne posséderait pas du tout la faculté d'oublier, qui serait condamné à voir en toutes choses le devenir. Un tel homme ne croirait plus à sa propre essence, ne croirait plus en lui-même ; tout s'écoulerait pour lui en points mouvants pour se perdre dans cette mer du devenir ; en véritable élève d'Héraclite il finirait par ne plus oser lever un doigt. Toute action exige l'oubli, comme tout organisme a besoin, non seulement de lumière, mais encore d'obscurité. Un homme qui voudrait sentir d'une façon tout à fait historique ressemblerait à celui qui serait forcé de se priver de sommeil, ou bien à l'animal qui devrait continuer à vivre en ne faisant que ruminer, et ruminer toujours à nouveau. Donc il est impossible de vivre sans se souvenir, de vivre même heureux, à l'exemple de la bête, mais il est absolument impossible de vivre sans oublier. Ou bien, pour m'expliquer sur ce sujet d'une façon plus simple encore, il y a un degré d'insomnie, de rumination, de sens historique qui nuit à l'être vivant et finit par l'anéantir, qu'il s'agisse d'un homme, d'un peuple ou d'une civilisation.|Nietzsche, ''Considérations inactuelles'', II (1874), § 1}} == Auto-évaluation == Ce quiz reprend les principales thèses du chapitre. Sauf indication contraire, une seule réponse est correcte par question. Cochez vos réponses, puis lancez la correction du quiz pour obtenir votre score ; dépliez ensuite le corrigé commenté ci-dessous. <quiz display="simple"> { Le mot « bonheur » vient du latin ''bonum augurium''. Que signifie d'abord cette expression ? |type="()" } - « bonne vie » - « bonne action » - « bonne volonté » + « bon augure », « bonne chance » { Qu'est-ce qui distingue le bonheur du simple plaisir ? |type="()" } - Le bonheur est toujours corporel, le plaisir toujours intellectuel - Le plaisir dure toute une vie, le bonheur ne dure qu'un instant + Le bonheur engage la vie dans son ensemble, le plaisir est une sensation agréable et passagère - Il n'existe aucune différence entre les deux { Selon Épicure, dans quelle catégorie ranger le désir de devenir riche ou célèbre ? |type="()" } - Désir naturel et nécessaire + Désir ni naturel ni nécessaire - Désir naturel mais non nécessaire - Désir indispensable à la tranquillité de l'âme { Que désigne l'ataraxie chez Épicure ? |type="()" } - L'accumulation des plaisirs les plus intenses - Le respect de la loi morale + L'absence de trouble dans l'âme, une tranquillité sereine - L'indifférence à l'égard de la vertu { Dans le ''Gorgias'' de Platon, Calliclès soutient qu'il faut laisser ses désirs grandir le plus possible. Que lui répond Socrate ? |type="()" } - Qu'il faut au contraire supprimer tout désir - Que seule une cité juste rend heureux - Que le bonheur est un idéal de l'imagination + Que cette vie ressemble à un tonneau percé, qui ne connaît jamais le repos { Pour Aristote, en quoi consiste d'abord le bonheur (''eudaimonia'') ? |type="()" } - En un état intérieur agréable et immédiat - En l'absence de tout désir + En une activité de l'âme conforme à la vertu, déployée sur toute une vie - En la satisfaction du plus grand nombre { Chez Aristote, la vertu est un juste milieu. Le courage est ainsi le milieu entre : |type="()" } + la lâcheté et la témérité - la prudence et l'audace - la colère et la douceur - l'avarice et la prodigalité { Le chapitre signale une tension interne à l{{'}}''Éthique à Nicomaque''. Laquelle ? |type="()" } - Entre le plaisir et la douleur - Entre la vertu et la chance - Entre le bonheur et la richesse + Entre la vie d'action vertueuse en société (livre I) et la vie contemplative (livre X) { Pourquoi Aristote refuse-t-il de réduire le bonheur à un état purement intérieur ? |type="()" } + Parce qu'une vie pleinement heureuse réclame aussi des biens extérieurs, comme la santé, des amis et une cité juste - Parce que le bonheur ne dépend que de la chance - Parce que la vertu n'a aucune importance - Parce que seuls comptent les plaisirs corporels { Sur quelle distinction repose la philosophie stoïcienne ? |type="()" } - Entre le corps et l'âme + Entre ce qui dépend de nous (nos jugements) et ce qui n'en dépend pas (la maladie, la mort, l'opinion d'autrui) - Entre les plaisirs supérieurs et les plaisirs inférieurs - Entre la vertu et le souverain bien { Pour les stoïciens, la santé, la richesse ou la maladie sont : |type="()" } - les seuls vrais biens - les seuls vrais maux + des « indifférents », ni biens ni maux au sens propre - des conditions nécessaires du bonheur { Qu'est-ce que l'apatheia visée par les stoïciens ? |type="()" } - L'absence de toute émotion, sans aucune exception + La disparition des seules passions irrationnelles, les affects raisonnables demeurant possibles - La recherche du plaisir maximal - L'indifférence à l'égard de la vertu { Pour Kant, le bonheur est un concept indéterminé. Comment le qualifie-t-il ? |type="()" } + « Un idéal de l'imagination, non de la raison » - « Le souverain bien de la création » - « La seule fin de l'action morale » - « Une vertu parmi d'autres » { Que désigne le « souverain bien » chez Kant ? |type="()" } - Le bonheur seul, sans la vertu + L'union de la vertu et du bonheur - La vertu seule, sans le bonheur - La maximisation des plaisirs { Comment Spinoza définit-il la joie ? |type="()" } - Un agrément corporel passager - L'absence de tout désir - Une récompense accordée après la mort + Le passage de notre être à une plus grande perfection, l'augmentation de notre puissance d'agir { Quelle objection Marx adresse-t-il à la sagesse purement intérieure ? |type="()" } - Le bonheur n'est qu'un idéal de l'imagination + Dans une société où la majorité produit des richesses qu'elle ne possède pas, prêcher la sagesse intérieure revient à demander aux dominés de s'accommoder de leur sort - La vertu suffit toujours au bonheur - Le plaisir doit être calculé avec précision { Sur quel point John Stuart Mill se sépare-t-il de Jeremy Bentham ? |type="()" } + Mill introduit une différence de qualité entre les plaisirs (supérieurs et inférieurs), là où Bentham ne retient que des différences de quantité - Mill nie que le bonheur soit le but de l'action - Mill rejette tout calcul des plaisirs - Mill identifie le bonheur à la vertu seule { Selon Schopenhauer, entre quels deux états la vie humaine oscille-t-elle ? |type="()" } - Le plaisir et la vertu - L'action et la contemplation + La souffrance, quand le désir n'est pas satisfait, et l'ennui, quand il l'est - La chance et le mérite { Quelle formule de Camus résume son approche du bonheur dans un monde absurde ? |type="()" } + « Il faut imaginer Sisyphe heureux » - « Le bonheur est un idéal de l'imagination » - « Mieux vaut un Socrate insatisfait qu'un imbécile satisfait » - « La béatitude est la liberté même » { Parmi ces affirmations, lesquelles sont exactes ? (plusieurs réponses) |type="[]" } - Pour Épicure, il faut laisser ses désirs grandir sans limite + Pour Aristote, une vie pleinement heureuse réclame aussi des biens extérieurs - Pour Kant, le bonheur est le fondement de la morale + Pour les stoïciens, seuls nos jugements dépendent de nous </quiz> {{Boîte déroulante |titre = Corrigé commenté (cliquez pour afficher) |alignT = left |contenu = # Réponse : « bon augure », « bonne chance ». Le terme latin ''bonum augurium'' rattache d'abord le bonheur à la chance et au hasard. Une partie de la tradition philosophique a ensuite cherché à savoir s'il pouvait dépendre de nous plutôt que d'une fortune favorable. # Réponse : le bonheur engage la vie dans son ensemble, le plaisir est une sensation passagère. Le plaisir est souvent corporel et momentané ; le bonheur dépasse l'instant et concerne notre rapport à l'existence tout entière. On le distingue aussi de la joie, de la satisfaction et du bien-être. # Réponse : un désir ni naturel ni nécessaire. Épicure range la richesse et la gloire parmi les désirs à éviter, car ils sont sans limites et nous causent du tourment. Seuls les désirs naturels et nécessaires, comme boire quand on a soif ou manger quand on a faim, doivent être satisfaits. # Réponse : l'absence de trouble dans l'âme. L{{'}}''ataraxie'' est une tranquillité sereine, non l'excitation des plaisirs intenses. Y parvenir suppose de limiter ses désirs et de ne plus craindre la mort ni les dieux. # Réponse : cette vie ressemble à un tonneau percé. Dans le ''Gorgias'', Calliclès défend le désir sans limite ; Socrate lui répond qu'une telle existence, qu'il faut sans cesse remplir, ne connaît jamais le repos. La question « satisfaire ou limiter ses désirs ? » se pose dès l'origine de la philosophie. # Réponse : une activité de l'âme conforme à la vertu, sur toute une vie. Pour Aristote, l{{'}}''eudaimonia'' n'est pas d'abord un état agréable, mais une manière de vivre : l'exercice excellent de la raison. On ne juge pas une vie heureuse sur une seule journée. # Réponse : entre la lâcheté et la témérité. La vertu est une disposition acquise à bien agir, un juste milieu entre deux excès. Le courage tient le milieu entre le défaut (lâcheté) et l'excès (témérité). # Réponse : entre la vie d'action vertueuse en société (livre I) et la vie contemplative (livre X). Le livre I paraît faire du bonheur une vie moralement accomplie dans la cité ; le livre X confère la priorité à la contemplation, consacrée à la connaissance. Cette hésitation traduit une question difficile, non une contradiction. # Réponse : parce qu'une vie pleinement heureuse réclame aussi des biens extérieurs. Santé, amis, cité juste : personne ne dirait heureux Priam, qui acheva ses jours sous les ruines de Troie. La fortune fournit la matière, la vertu lui donne forme. # Réponse : entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. Nos jugements, nos désirs et nos aversions dépendent de nous ; la maladie, la mort et l'opinion d'autrui n'en dépendent pas. Épictète nomme ''prohairesis'' la faculté de juger, de vouloir et de consentir. # Réponse : des « indifférents ». Le seul bien est la vertu, le seul mal le vice ; la santé ou la richesse ne sont ni l'un ni l'autre au sens propre. Le bonheur naît de l'accord entre nos jugements, nos désirs et la raison qui ordonne le monde. # Réponse : la disparition des seules passions irrationnelles. L{{'}}''apatheia'' n'est pas l'absence de tout affect : les stoïciens admettent des affects raisonnables, comme la joie du sage devant le bien accompli. Disparaissent seulement les passions nées d'une mauvaise estimation de la valeur des choses. # Réponse : « un idéal de l'imagination, non de la raison ». Nos désirs changent, et nul ne peut dire ce qui le rendrait parfaitement heureux. Kant refuse donc de fonder la morale sur le bonheur : la loi morale repose sur le devoir. # Réponse : l'union de la vertu et du bonheur. Le souverain bien n'est pas une simple récompense, mais une exigence de la raison pratique : penser comme possible un ordre où celui qui agit bien recevrait aussi sa part de bonheur. Le bonheur accompagne idéalement la morale sans en être le principe. # Réponse : le passage de notre être à une plus grande perfection, l'augmentation de notre puissance d'agir. Les passions tristes nous diminuent ; les comprendre par la raison les transforme en affects actifs. La « béatitude », amour intellectuel envers la Nature ou Dieu, coïncide alors avec la liberté. # Réponse : prêcher la sagesse intérieure aux dominés revient à leur demander de s'accommoder de leur sort. Le travail aliéné sépare l'ouvrier de son activité, de ses produits et de lui-même. Transformer la vie suppose donc aussi de transformer les conditions sociales du travail et de la richesse. # Réponse : Mill introduit une différence de qualité entre les plaisirs. Bentham mesure les plaisirs par des critères de quantité (intensité, durée, certitude, etc.) ; Mill distingue des plaisirs supérieurs et des plaisirs inférieurs. « Il vaut mieux être un Socrate insatisfait qu'un imbécile satisfait », écrit-il. # Réponse : la souffrance et l'ennui. Pour Schopenhauer, le désir non satisfait fait souffrir, le désir satisfait laisse place à l'ennui ; le bonheur durable n'est qu'une illusion, un soulagement provisoire. La sagesse diminue la souffrance par le renoncement, l'art ou la compassion. # Réponse : « Il faut imaginer Sisyphe heureux ». Sisyphe prend conscience de sa condition et l'assume sans illusion ni espoir d'un salut. Le bonheur naît d'une lucidité et d'une révolte qui maintient la vie intense, malgré l'absence de justification ultime. # Réponses exactes : les deux premières. Aristote réclame aussi des biens extérieurs ; les stoïciens font dépendre de nous nos seuls jugements. Les deux propositions fausses reposent sur des confusions courantes : Épicure recommande au contraire de limiter ses désirs (c'est Calliclès qui veut les laisser croître), et Kant refuse de fonder la morale sur le bonheur, auquel il substitue le devoir. }} == Notes et Références == {{references|colonnes=2}} == Bibliographie == * Aristote, ''Éthique à Nicomaque'', trad. J. Tricot, Paris, Vrin, 1990. * [[s:Auteur:Jeremy Bentham|Bentham (Jeremy)]], ''Introduction aux principes de morale et de législation'', trad. Centre Bentham, Paris, Vrin, 2011. * Camus (Albert), ''Le Mythe de Sisyphe'', Paris, Gallimard, 1942. * [[Dictionnaire de philosophie/René Descartes|Descartes (René)]], « [[s:Correspondance avec Élisabeth|Lettre à Élisabeth]] du 6 octobre 1645 », in ''Correspondance avec Élisabeth et autres lettres'', éd. J.-M. et M. Beyssade, Paris, GF-Flammarion, 1989. * Épictète, ''Manuel'', trad. P. Hadot, Paris, Le Livre de Poche, 2000. * [[s:Auteur:Épicure|Épicure]], ''Lettres et maximes'' [comprenant la ''Lettre à Ménécée'' et les ''Maximes capitales''], trad. M. Conche, Paris, PUF, 1987. * Freud (Sigmund), ''Le Malaise dans la culture'', trad. P. Cotet, R. Lainé et J. Stute-Cadiot, Paris, PUF, 2010. * Kant (Emmanuel), ''[[s:Critique de la raison pratique (trad. Barni)|Critique de la raison pratique]]'', trad. F. Picavet, Paris, PUF, 1989. * Kant (Emmanuel), ''[[s:Fondements de la métaphysique des mœurs|Fondements de la métaphysique des mœurs]]'', trad. V. Delbos, Paris, Vrin, 1980. * Marc Aurèle, ''[[s:Pensées pour moi-même|Pensées pour moi-même]]'', trad. M. Meunier, Paris, Garnier-Flammarion, 1964. * [[Dictionnaire de philosophie/Karl Marx|Marx (Karl)]], ''Manuscrits de 1844'', trad. J.-P. Gougeon, Paris, GF-Flammarion, 1996. * Mill (John Stuart), ''[[s:L’Utilitarisme|L'Utilitarisme]]'', trad. C. Audard, Paris, PUF, 2008. * Nietzsche (Friedrich), ''[[s:Considérations inactuelles|Considérations inactuelles]]'', II, ''[[s:De l’utilité et de l’inconvénient des études historiques pour la vie|De l'utilité et de l'inconvénient des études historiques pour la vie ]](1874), trad. P. Rusch, in ''Œuvres philosophiques complètes'', t. II, Paris, Gallimard, 1990. * Pascal (Blaise), ''Pensées'' (1670), éd. L. Brunschvicg, Paris, Garnier, 1925 [ou éd. Ph. Sellier, Paris, Classiques Garnier, 2010]. * Platon, ''[[s:Gorgias (discours de Platon)|Gorgias]]'', trad. M. 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Le terme vient du latin ''consensus'' (''cum'' + ''sentire'') qui signifie « sentir ensemble », « être d’accord ». En philosophie, il ne désigne pas simplement le fait que « tout le monde pense la même chose », mais un type particulier d’accord, dont il faut analyser les conditions, la valeur et les limites : consensus conscient ou implicite, rationnel ou produit de la contrainte, provisoire ou présenté comme définitif. Le consensus est ainsi au croisement de plusieurs domaines : philosophie politique (légitimité des institutions, démocratie), sociologie (intégration sociale, « conscience collective »), théorie de la connaissance (consensus scientifique, vérité), théorie critique (hégémonie, domination symbolique). Les débats contemporains opposent grossièrement deux grandes orientations : une approche qui voit dans le consensus l’horizon souhaitable de la raison publique et du dialogue, et une approche critique qui souligne le risque d’un « consensus imposé » masquant les conflits sociaux réels. == Sens courant et distinctions conceptuelles == Dans l’usage ordinaire, le mot « consensus » est souvent confondu avec d’autres notions proches qu’il importe de distinguer. L’''unanimité'' désigne une convergence totale : tous sont d’accord, sans exception. Le consensus, lui, peut être moins strict : il suffit que chacun accepte une position commune, même si certains conservent des réserves ou des désaccords secondaires. On parle parfois de « consensus pragmatique » quand l’accord porte surtout sur la nécessité de décider et d’avancer, plus que sur la pleine adhésion à la proposition adoptée. Le '''consentement''' renvoie plutôt à l’acte individuel par lequel un sujet approuve ou accepte quelque chose (un contrat, une intervention médicale). Le consensus est un résultat collectif : il suppose une certaine convergence, explicite ou tacite, des consentements individuels. Enfin, le consensus se distingue du simple ''conformisme'' : dans ce dernier cas, les individus se contentent de suivre ce que « tout le monde fait ou dit », par imitation ou peur de la sanction, sans examen critique. Un consensus digne de ce nom suppose au moins un minimum de discussion, de délibération et de raisons partagées, même si, en pratique, la frontière entre consensus réfléchi et alignement conformiste peut être très floue. Cette ambiguïté nourrit les critiques : parler de « consensus » peut servir à légitimer une position dominante comme si elle était le fruit d’un accord libre et rationnel, alors qu’elle résulte parfois de rapports de force, d’inégalités sociales ou d’une véritable « fabrication » de l’opinion. == Consensus et contrat social == L’idée de consensus occupe une place centrale dans les théories modernes du ''contrat social''. À partir du XVII<sup>e</sup> siècle, la légitimité de l’ordre politique n’est plus fondée sur un ordre naturel ou religieux, mais sur un accord des gouvernés. Chez [[Thomas Hobbes]], la paix civile résulte d’un ''pacte'' par lequel les individus abandonnent leur droit de se gouverner eux-mêmes au profit d’un souverain absolu, afin d’échapper à la « guerre de tous contre tous ».<ref>{{Ouvrage|lang=fr|prénom=Thomas|nom=Hobbes|titre=Le Léviathan|traducteur=François Tricaud|lieu=Paris|éditeur=GF-Flammarion|année=2000|pages=143-168|chapitre=II, chap. 17-18, « De la cause, de la génération et de la définition de l’État »}}</ref> Il y a bien un accord, mais celui-ci est motivé par la peur et organisé de manière telle qu’aucun désaccord ultérieur ne puisse justifier la résistance au souverain. On est donc loin d’un consensus permanent, continuellement révisable par la délibération publique. [[John Locke]] conserve la référence au consentement comme fondement de l’autorité politique, mais insiste sur le caractère limité du pouvoir politique et sur le droit de résistance en cas de violation des droits naturels (propriété, liberté, vie).<ref>{{Ouvrage|lang=fr|prénom=John|nom=Locke|titre=Deux Traités du gouvernement|traducteur=Jacques de Monnerot|lieu=Paris|éditeur=Vrin|année=1994|pages=175-214|passage=Deuxième traité, chap. VIII, « De l’origine des sociétés politiques »}}</ref> Le consensus visé est moins un accord ponctuel qu’une approbation continue des gouvernés, qui peut se retirer si le gouvernement trahit la confiance accordée. [[Jean-Jacques Rousseau]] radicalise la question en introduisant la distinction entre ''volonté générale'' et ''volonté de tous''. La volonté générale n’est pas la simple addition des opinions individuelles ; elle exprime ce qui est conforme à l’intérêt commun. On peut dès lors avoir un consensus d’opinions (tout le monde pense la même chose) qui n’exprime pas l’intérêt général, et, inversement, une loi conforme à la volonté générale que certains contestent.<ref>{{Ouvrage|lang=fr|prénom=Jean-Jacques|nom=Rousseau|titre=Du contrat social|éditeur=GF-Flammarion|lieu=Paris|année=2012|pages=69-92|passage=livre II, chap. 3-4, « Si la volonté générale peut errer »}}</ref> Rousseau met ainsi en garde contre une identification naïve entre accord majoritaire et légitimité : un consensus apparent peut être le résultat de factions, de clientélisme, de manipulation. Dans ces théories, le consensus n’est donc pas seulement un état de fait sociologique, mais un critère de légitimité : un pouvoir ''juste'' doit pouvoir être rattaché, d’une manière ou d’une autre, à un accord des gouvernés. Toute la difficulté est alors de savoir comment distinguer un consensus authentique d’un accord obtenu sous la contrainte, l’ignorance ou l’illusion. == Consensus social et intégration : Durkheim et le fonctionnalisme == Avec [[Émile Durkheim]], la question du consensus se déplace vers la sociologie. Durkheim cherche à comprendre ce qui fait tenir ensemble une société. Dans ''De la division du travail social'', il distingue deux formes de solidarité : la solidarité ''mécanique'' et la solidarité ''organique''.<ref>{{Ouvrage|lang=fr|prénom=Émile|nom=Durkheim|titre=De la division du travail social|éditeur=PUF|collection=Quadrige|lieu=Paris|année=2013|pages=73-90|passage=Livre I, chap. II, « Solidarité mécanique ou par similitudes »}}</ref> Dans les sociétés à solidarité mécanique, la cohésion repose sur une ''conscience collective'' forte : un ensemble de croyances et de valeurs partagées qui s’imposent à chacun. Le consensus y est massif, mais il est aussi rigide : la déviance est sévèrement sanctionnée, souvent de manière ''répressive''. Dans les sociétés modernes, à solidarité organique, la division du travail se développe, les individus se différencient, la conscience collective perd de son emprise directe. Le consensus ne disparaît pas, mais il se reconfigure : il porte davantage sur quelques principes généraux (droit, morale, institutions centrales), tandis que les formes de vie particulières se diversifient. Durkheim ne voit pas dans le consensus une simple façade idéologique ; il y voit une condition réelle de la cohésion sociale. Mais sa perspective ouvre aussi la voie à une interrogation critique : qui produit ce consensus, par quelles institutions (école, Église, médias, droit) et au bénéfice de qui ? Les sociologies fonctionnalistes ultérieures, comme celle de [[Talcott Parsons]], insistent sur le rôle intégrateur des « valeurs communes », au risque parfois de naturaliser un ordre social qui reste traversé par la conflictualité et les intérêts de classe. C’est précisément ce que soulignera la tradition marxiste. Avec [[Antonio Gramsci]], le consensus cesse d’être purement « moral » ou « culturel » : il devient une dimension de la ''domination''. La classe dominante ne se maintient pas seulement par la force ; elle obtient aussi un '''consentement''' actif des groupes subalternes, en façonnant les représentations, les valeurs et les attentes au moyen de l’école, de la presse, des Églises, des institutions culturelles. C’est ce que Gramsci appelle ''hégémonie''.<ref>{{Ouvrage|lang=fr|prénom=Antonio|nom=Gramsci|titre=Cahiers de prison|traducteur=Gérard Bouchet|éditeur=Gallimard|collection=Bibliothèque de philosophie|lieu=Paris|année=1996|pages=251-275|passage=« Notes sur Machiavel, sur la politique et sur le prince moderne »}}</ref> Le consensus social n’est alors jamais neutre : il est traversé par les rapports de force, par les stratégies des classes dominantes visant à présenter leurs intérêts particuliers comme universels. == Consensus démocratique et pluralisme libéral : Rawls == Le libéralisme politique contemporain prend acte d’un fait majeur : les sociétés modernes sont pluralistes, traversées par des doctrines religieuses, morales et philosophiques incompatibles. L’enjeu n’est plus de faire disparaître le désaccord, mais de savoir s’il est possible de dégager un ''consensus politique'' minimal, suffisant pour stabiliser les institutions démocratiques. [[John Rawls]] propose à cet égard l’idée de « consensus par recoupement » (''overlapping consensus''). Dans ''Libéralisme politique'', il soutient que des citoyens porteurs de convictions très différentes peuvent néanmoins s’accorder sur une même conception politique de la justice, pour des raisons qui restent internes à leurs doctrines respectives.<ref>{{Ouvrage|lang=fr|prénom=John|nom=Rawls|titre=Libéralisme politique|traducteur=Catherine Audard|éditeur=PUF|lieu=Paris|année=1995|pages=182-223|passage=Leçon IV, « Le consensus par recoupement »}}</ref> Le consensus visé est donc ''spécifique'' : il porte sur un ensemble limité de principes politiques (libertés fondamentales, égalité des droits, priorité du juste sur le bien), et non sur une conception exhaustive de la vie bonne. Il ne suppose pas que les désaccords moraux ou religieux disparaissent ; il exige seulement que les citoyens acceptent, pour les questions de justice fondamentale, de faire appel à des ''raisons publiques'' accessibles à tous. Rawls oppose ce consensus à un simple ''modus vivendi'' : un compromis fragile entre groupes d’intérêts, qui tiendrait seulement tant que le rapport de forces reste inchangé. Le consensus par recoupement, lui, est censé être ''stable pour les bonnes raisons'', parce qu’il s’enracine dans les convictions profondes des citoyens. Reste à savoir si un tel consensus est véritablement atteignable dans des sociétés traversées par des inégalités économiques et symboliques : l’égalité formelle des voix n’efface pas la disproportion réelle des moyens d’influence. == Consensus communicationnel et rationalité : Habermas == La pensée de [[Jürgen Habermas]] occupe une place centrale dans les théories contemporaines du consensus. Dans ''Théorie de l’agir communicationnel'', il propose de reconcevoir la rationalité non plus à partir du sujet isolé, mais à partir de l’''interaction linguistique'' orientée vers l’''entente'' (''Verständigung'').<ref>{{Ouvrage|lang=fr|prénom=Jürgen|nom=Habermas|titre=Théorie de l’agir communicationnel, t. 1. Rationalité de l’action et rationalisation de la société|traducteur=Jean-Marc Ferry|éditeur=Fayard|lieu=Paris|année=1987|pages=73-114}}</ref> Habermas distingue l’agir ''communicationnel'', où les acteurs cherchent un accord sur la base de raisons, de l’agir ''stratégique'', où chacun tente de manipuler les autres pour atteindre ses propres fins. Dans la communication ordinaire, nous présupposons déjà certaines normes : que chacun dise ce qu’il croit vrai, qu’il soit sincère, qu’il respecte la possibilité de répondre et de contester. Ces présupposés renvoient à l’idée d’une ''situation de parole idéale'' : un cadre dans lequel tous les participants auraient un accès égal à la parole, pourraient remettre en cause n’importe quelle affirmation, et ne subiraient aucune contrainte autre que celle « du meilleur argument ». Sur cette base, Habermas développe une ''éthique de la discussion'' : une norme morale n’est valable que si elle peut faire l’objet d’un accord rationnel entre tous les concernés, dans un discours pratique où chacun peut faire valoir ses intérêts et ses arguments.<ref>{{Ouvrage|lang=fr|prénom=Jürgen|nom=Habermas|titre=Morale et communication|traducteur=Christian Bouchindhomme|éditeur=Cerf|collection=Humanités|lieu=Paris|année=1986|pages=87-126}}</ref> Le consensus n’est pas ici un simple fait (tout le monde est d’accord), mais un ''idéal régulateur'': il oriente la critique des institutions existantes, des procédures de décision, des rapports de pouvoir qui perturbent les conditions du dialogue. Cette conception a un aspect émancipateur évident : elle fournit un critère pour juger des procédures démocratiques (transparentes ou opaques, inclusives ou excluantes). Mais elle soulève aussi des difficultés : les inégalités sociales réelles (de temps, d’éducation, de ressources économiques, d’accès aux médias) rendent illusoire l’idée d’une situation de parole réellement symétrique. Habermas reconnaît ces limites empiriques, mais maintient qu’un certain ''noyau normatif'' de la communication (l’exigence de justifier, de répondre, de faire droit au point de vue d’autrui) reste irréductible. == Critiques du modèle consensualiste == Plusieurs courants contemporains contestent le primat du consensus comme idéal politique ou éthique. === Hégémonie et consentement : Gramsci === On l’a vu, [[Antonio Gramsci]] interprète le consensus comme l’un des instruments fondamentaux de la domination. L’hégémonie ne consiste pas à imposer des idées par la seule propagande ; elle suppose un travail patient d’organisation, d’éducation, de diffusion de visions du monde qui rendent ''évidentes'' les positions de la classe dominante, comme si elles allaient de soi.<ref>{{Ouvrage|lang=fr|prénom=Antonio|nom=Gramsci|titre=Textes|sous-titre=Culture et littérature|traducteur=André Tosel|éditeur=Éditions sociales|lieu=Paris|année=1975|pages=141-161}}</ref> Le consensus n’est alors jamais neutre : il exprime une ''direction morale et intellectuelle'' assurée par certains groupes sur l’ensemble de la société. Parler de « consensus national » peut servir à disqualifier comme « extrémistes » ou « irréalistes » les forces qui contestent la domination existante. À l’inverse, une stratégie d’émancipation passe par la construction d’une ''contre-hégémonie'', capable de disputer à la classe dominante le monopole de la définition du « bon sens ». === L’illusion du consensus : Mouffe, Arendt, Rancière === Dans le sillage de cette critique, plusieurs auteurs insistent sur l’importance du ''conflit'' en politique. [[Chantal Mouffe]] parle ainsi d’''illusion du consensus'' pour désigner les projets qui visent à dépasser le clivage entre gauche et droite et à réduire la démocratie à une simple gestion technique des affaires publiques. Selon elle, une démocratie vivante suppose des oppositions réelles entre projets, des affrontements symboliques entre « adversaires » ; vouloir effacer ces lignes de conflit revient à produire une forme de ''post-politique'' qui interdit l’expression des antagonismes sociaux.<ref>{{Ouvrage|lang=fr|prénom=Chantal|nom=Mouffe|titre=L’illusion du consensus|traducteur=Pauline Colonna d’Istria|éditeur=Albin Michel|lieu=Paris|année=2016|pages=17-60}}</ref> Dans une veine proche, [[Hannah Arendt]] souligne que la politique naît de la ''pluralité'' humaine : du fait que nous ne voyons jamais le monde depuis le même point de vue. Un espace public véritable n’est pas un lieu où l’on recherche à tout prix l’accord, mais un lieu où l’on ''apparaît'' devant les autres, où l’on discute, où l’on prend le risque d’être contredit. Un consensus trop vite proclamé risque de signifier que la parole a été étouffée avant même de pouvoir se déployer.<ref>{{Ouvrage|lang=fr|prénom=Hannah|nom=Arendt|titre=Qu’est-ce que la politique ?|traducteur=Sylvie Courtine-Denamy|éditeur=Points Seuil|lieu=Paris|année=1995|pages=71-95}}</ref> [[Jacques Rancière]] va plus loin en opposant ''police'' et ''politique''. La « police » désigne l’ordre qui distribue les places, les fonctions, les temps de parole ; la « politique » surgit lorsqu’un groupe qui n’était pas compté comme interlocuteur légitime se met à parler et à revendiquer sa part. Du point de vue de l’ordre établi, ce surgissement apparaît comme un trouble, un ''dissensus''. Vouloir « faire consensus » à tout prix peut alors signifier : ramener ce trouble dans les formes acceptables de l’ordre existant.<ref>{{Ouvrage|lang=fr|prénom=Jacques|nom=Rancière|titre=La Mésentente. Politique et philosophie|éditeur=Galilée|lieu=Paris|année=1995|pages=27-52}}</ref> === Consensus, opinion publique et domination symbolique : Bourdieu === Enfin, la sociologie de [[Pierre Bourdieu]] apporte une critique précise de la notion d’''opinion publique'' comme consensus mesurable. Dans un article célèbre, il affirme que « l’opinion publique n’existe pas » au sens d’un ensemble cohérent, homogène et stable de jugements partagés par tous.<ref>{{Article|lang=fr|prénom=Pierre|nom=Bourdieu|titre=L’opinion publique n’existe pas|périodique=Les Temps modernes|année=1973|volume=29|numéro=318|pages=1292-1309}}</ref> Les sondages supposent que tout le monde peut avoir une opinion sur tout, que toutes les opinions se valent, et qu’il existe un accord minimal sur les questions qui méritent d’être posées. Or ces présupposés sont eux-mêmes le résultat de rapports de pouvoir. Pour Bourdieu, ce qu’on appelle « consensus » est souvent un effet de ''doxa'', c’est-à-dire de croyances tacitement admises, intériorisées au point de n’être plus perçues comme des croyances, mais comme « la réalité même ». L’illusion du consensus cache la structure de domination qui distribue inégalement les ressources symboliques : le langage légitime, les catégories de pensée légitimes, le temps et les lieux où il est possible de se faire entendre. == Consensus scientifique et vérité == Dans les discours contemporains, on invoque fréquemment le ''consensus scientifique'' pour défendre certaines thèses (sur le climat, les vaccins, l’évolution, etc.). La question philosophique est alors double : en quel sens peut-on parler de consensus dans la science, et quel lien ce consensus entretient-il avec la vérité ? [[Thomas Kuhn]] a montré, dans ''La Structure des révolutions scientifiques'', que la science « normale » se développe en régime de ''consensus paradigmatique'' : les membres d’une même communauté scientifique partagent des exemples, des théories, des méthodes qui définissent un ''paradigme''. Tant que ce paradigme fonctionne, la recherche consiste à résoudre des énigmes à l’intérieur du cadre admis ; le consensus est alors très fort.<ref>{{Ouvrage|lang=fr|prénom=Thomas S.|nom=Kuhn|titre=La Structure des révolutions scientifiques|traducteur=Laure Meyer|éditeur=Flammarion|collection=Champs|lieu=Paris|année=1983|pages=37-76}}</ref> Ce consensus peut cependant être remis en cause en période de crise, lorsque s’accumulent les anomalies que le paradigme ne parvient plus à intégrer. Les épistémologies sociales contemporaines insistent, de leur côté, sur le fait que la connaissance scientifique est un produit collectif. Pour [[Helen Longino]], l’objectivité ne réside pas dans la neutralité supposée de l’individu, mais dans la possibilité de soumettre les hypothèses à une ''critique intersubjective'' dans des forums ouverts, où différents points de vue peuvent s’exprimer.<ref>{{Ouvrage|lang=en|prénom=Helen|nom=Longino|titre=Science as Social Knowledge. Values and Objectivity in Scientific Inquiry|éditeur=Princeton University Press|lieu=Princeton|année=1990|pages=62-89}}</ref> Le consensus scientifique acceptable n’est pas celui qui résulte d’une exclusion des voix minoritaires, mais celui qui se stabilise après un examen public suffisamment rigoureux. Cependant, la revendication de « pluralisme scientifique » peut aussi servir à relativiser n’importe quel résultat pour des motifs idéologiques, en mettant artificiellement sur le même plan des théories massivement confirmées et des positions marginales soutenues par des groupes intéressés. Le problème n’est donc pas de choisir entre consensus ou dissensus, mais de construire des institutions qui permettent d’articuler confrontation critique et stabilisation provisoire des accords. == Bilan philosophique == L’examen de la notion de consensus montre qu’elle est profondément ambivalente. D’un côté, sans un minimum de consensus, aucune société ne peut fonctionner : il faut bien des accords, au moins présupposés, sur le sens des mots, la valeur des promesses, la validité des procédures, la dignité des personnes. De ce point de vue, la critique purement négative du consensus conduit à une impasse : un monde sans aucun accord serait un monde sans langage commun, sans droit, sans institutions stables. De l’autre côté, le consensus ne peut être tenu pour l’horizon indiscutable de la raison politique ou morale. Les analyses de Gramsci, de Bourdieu, de Mouffe, de Rancière, mais aussi, indirectement, de Durkheim lui-même, montrent que les « accords » sont toujours situés : ils cristallisent des rapports de force, les effets de la socialisation, le poids des institutions. Il existe des consensus oppressifs, des consensus de façade, des consensus produits par la peur, la fatigue, ou l’absence d’alternative visible. On peut alors esquisser une ''critique du consensus'' qui ne soit pas une apologie du chaos. Une telle critique invite à se demander, chaque fois que l’on invoque le consensus : * Qui parle au nom du consensus ? Qui est inclus ou exclu du cercle de ceux qui comptent ? * Quelles conditions sociales, économiques et symboliques rendent possible ou impossible une participation réelle à la délibération ? * Quelles sont les voix réduites au silence, les questions impossibles à poser, les intérêts présentés comme « naturels » ou « évidents » ? Au terme de ce parcours, le consensus apparaît moins comme une valeur en soi que comme un ''problème'' : il doit être justifié, interrogé, reconstruit. L’exigence démocratique peut alors se formuler ainsi : non pas abolir tout consensus, mais faire en sorte que les accords collectifs soient le résultat de procédures aussi inclusives que possible, toujours révisables, et constamment exposées à la critique des dominés. C’est à cette condition que le mot « consensus » pourra désigner autre chose qu’un masque respectable apposé sur des rapports de force. == Notes et références == {{references|colonnes=2}} == Bibliographie == * ARENDT Hannah, ''Qu’est-ce que la politique ?'', trad. Sylvie Courtine-Denamy, Paris, Seuil, coll. « Points Essais », 1995. * BOURDIEU Pierre, « L’opinion publique n’existe pas », ''Les Temps modernes'', n° 318, janvier 1973, repris dans ''Questions de sociologie'', Paris, Minuit, 1980. * DURKHEIM Émile, ''De la division du travail social'', Paris, PUF, coll. « Quadrige », 2013 (1<sup>re</sup> éd. 1893). * GRAMSCI Antonio, ''Cahiers de prison'', trad. Gérard Bouchet, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de philosophie », 1996. * HABERMAS Jürgen, ''Théorie de l’agir communicationnel, t. 1. Rationalité de l’action et rationalisation de la société'', trad. Jean-Marc Ferry, Paris, Fayard, 1987. * HABERMAS Jürgen, ''Morale et communication'', trad. Christian Bouchindhomme, Paris, Cerf, coll. « Humanités », 1986. * KUHN Thomas S., ''La Structure des révolutions scientifiques'', trad. Laure Meyer, Paris, Flammarion, coll. « Champs », 1983. * LONGINO Helen, ''Science as Social Knowledge. 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La métaphysique occidentale prend forme avec la philosophie grecque.]] La métaphysique est la branche de la philosophie qui étudie les principes fondamentaux de la réalité, la nature de l'être en tant qu'être, et les structures les plus générales de ce qui existe. Elle s'interroge sur des questions que les sciences particulières ne peuvent traiter : qu'est-ce qui existe véritablement ? Quelle est la nature ultime des choses ? Quelles sont les catégories fondamentales de l'être ? Comment se rapportent l'esprit et la matière, la nécessité et la contingence, le temps et l'éternité ? La métaphysique se distingue des sciences empiriques par sa méthode et par l'extension de ses questions. Là où le physicien étudie les propriétés de la matière et de l'énergie, le métaphysicien demande ce qu'est fondamentalement la matière, ce que sont les propriétés elles-mêmes, et dans quelle mesure les entités postulées par la physique existent réellement. Là où le biologiste étudie les organismes vivants, le métaphysicien s'interroge sur ce qui distingue un être vivant d'un simple agrégat de particules, et sur ce qui fait qu'un organisme reste le même au fil du temps malgré le renouvellement de ses parties. Contrairement à une image répandue, la métaphysique contemporaine n'est pas une entreprise purement spéculative, détachée des connaissances scientifiques. Beaucoup de débats métaphysiques actuels sont étroitement liés aux sciences : la philosophie du temps dialogue avec la physique relativiste, le problème du rapport entre l'esprit et le corps avec les neurosciences, les questions sur la [[Dictionnaire de philosophie/Causalité|causalité]] avec la statistique et l'épidémiologie. La métaphysique conserve néanmoins son autonomie : elle pose des questions que la science ne peut trancher seule, parce qu'elles portent sur l'interprétation des résultats scientifiques ou sur des concepts que la science emploie sans les analyser. Cet article présente les grands problèmes de la métaphysique selon une organisation thématique plutôt que chronologique, afin de montrer comment des questions posées depuis l'Antiquité continuent d'animer les débats philosophiques contemporains. Il puise dans les traditions analytique et continentale, tout en offrant ponctuellement des contrepoints issus d'autres traditions philosophiques, notamment africaines, indiennes et chinoises. == Nature et définition de la métaphysique == === Origine du terme === [[Fichier:Aristotle Altemps Inv8575.jpg|vignette|Buste d'Aristote. Le mot « métaphysique » provient du classement de ses traités par les éditeurs de l'Antiquité.]] Le mot « métaphysique » provient du grec {{lang|grc|τὰ μετὰ τὰ φυσικά}} (''ta meta ta physika''), expression qui signifie littéralement « ce qui vient après les choses physiques ». Cette appellation n'est pas d'[[Dictionnaire de philosophie/Aristote|Aristote]] lui-même : selon le récit traditionnel, elle remonte aux éditeurs qui, au {{s-|I|er}} av. J.-C., ordonnèrent les traités du Stagirite et placèrent quatorze textes consacrés aux sujets les plus fondamentaux à la suite des livres portant sur la nature ({{lang|grc|τὰ φυσικά}})<ref>{{Ouvrage|auteur1=Jaegwon Kim|auteur2=Ernest Sosa|auteur3=Gary S. Rosenkrantz|titre=A Companion to Metaphysics|éditeur=Wiley-Blackwell|année=2009|passage=414|citation=The name "metaphysics" goes back to the Aristotelian editors of the first century BC.}}</ref>. Le préfixe ''meta-'', qui signifie d'abord « après », fut ensuite compris au sens de « au-delà » : la métaphysique devint ainsi l'étude de ce qui se tient au-delà du monde sensible. Le grec autorise ce double sens, et le glissement de l'une à l'autre acception a durablement marqué la façon dont la discipline a été comprise. Aristote lui-même désignait cette discipline de plusieurs manières : « sagesse » ({{lang|grc|σοφία}}), « philosophie première » ({{lang|grc|πρώτη φιλοσοφία}}), ou encore « théologie » ({{lang|grc|θεολογία}}). Ces appellations renvoient à trois tâches qu'il assignait à cette science : l'étude des premiers principes et des causes, la science de l'être en tant qu'être, et la connaissance du divin<ref>{{Ouvrage|auteur1=Kim, Sosa, Rosenkrantz|titre=A Companion to Metaphysics|passage=414|citation=Aristotle gives three different, not obviously equivalent accounts of the task of first philosophy. In Book A it is the science of first principles and causes, in Book Γ the science of being as being, and in Books Λ and E it is called theology.}}</ref>. Ces trois descriptions ne se recouvrent pas de façon évidente, et leur articulation a nourri d'innombrables commentaires. Le raisonnement d'Aristote peut se reconstituer ainsi : connaître une chose, c'est connaître ses causes ; la science la plus haute porte donc sur les causes premières de tout ce qui est, c'est-à-dire sur l'être considéré en tant qu'être ; or l'être au sens premier est la substance divine, immobile et séparée de la matière ; l'étude de l'être culmine par conséquent dans la connaissance du divin. La science des premiers principes, la science de l'être et la théologie apparaissent alors comme trois aspects d'une même enquête. === Définitions et tâches === Il n'existe pas de définition universellement acceptée de la métaphysique. Plusieurs caractérisations ont été proposées au cours de l'histoire de la philosophie. La première en fait l'étude de l'être en tant qu'être. C'est la caractérisation aristotélicienne classique. Aristote estimait que le mot « être » ne se dit pas de la même façon de toutes choses : ce que signifie « exister » pour un cheval n'est pas ce que cela signifie pour un nombre, car ils n'ont pas le même mode d'être. La métaphysique, selon cette conception, cherche à dégager les différentes catégories ou genres de l'être<ref>{{Ouvrage|auteur1=Michael Rea|titre=Metaphysics: The Basics|éditeur=Routledge|année=2020|passage=3|citation=Aristotle's idea was that "being" and related words (like "is" or "exists") mean one thing when predicated of a horse or a cat and something else when predicated of a number.}}</ref>. Aristote éclaire cette idée par une comparaison : le mot « sain » n'a pas le même sens selon qu'on l'applique à un repas, à un teint ou à un être vivant. Dans un cas il désigne ce qui produit la santé, dans un autre ce qui en est le signe, dans un autre encore ce qui la possède. De même, « être » varie de sens selon le type d'entité auquel on l'attribue, sans pour autant se disperser en significations sans rapport : tous ces sens se rapportent à une réalité première, la [[Dictionnaire de philosophie/Substance|substance]]. Cette caractérisation a toutefois ses limites : la plupart des philosophes contemporains estiment que la métaphysique couvre bien davantage que l'étude de l'être en tant qu'être. Les questions sur la compatibilité de la [[Dictionnaire de philosophie/Liberté|liberté]] et du [[Dictionnaire de philosophie/Déterminisme|déterminisme]], sur la nature du lien causal ou sur l'existence d'objets abstraits passent pour métaphysiques, alors même qu'elles ne portent pas directement sur l'être comme tel<ref>{{Ouvrage|auteur1=Michael Rea|titre=Metaphysics: The Basics|passage=4}}.</ref>. Une deuxième caractérisation présente la métaphysique comme l'étude de la réalité ultime, de ce qui existe « réellement ». Cette formulation soulève cependant une difficulté : pourquoi apprendrait-on ce qui existe vraiment en métaphysique plutôt qu'en botanique, en zoologie ou en physique théorique ? Et pourquoi tient-on pour métaphysique la question de savoir s'il existe des nombres ou des ensembles, mais non celle de savoir s'il existe des licornes<ref>{{Ouvrage|auteur1=Michael Rea|titre=Metaphysics: The Basics|passage=4-5}}.</ref> ? Ces objections montrent que l'idée de « réalité ultime » ne suffit pas à délimiter la discipline : il faut préciser ce qui distingue sa démarche de celle des sciences empiriques. Une troisième caractérisation, proposée par Michael Rea, se veut plus englobante : la métaphysique serait l'étude non empirique de ce qui existe, de ce qui doit exister ou pourrait exister, et des natures ou essences des choses<ref>{{Ouvrage|auteur1=Michael Rea|titre=Metaphysics: The Basics|passage=10|citation=metaphysics is the non-empirical study of what there is, of what there must be, of what there could be, and of the natures or essences of things.}}</ref>. Cette définition retient quatre traits : la métaphysique procède de manière non empirique ; elle porte en partie sur ce qui existe ; elle porte aussi sur les essences ou natures des choses ; enfin, elle s'intéresse à ce qui est possible, nécessaire ou impossible. Le trait le plus important est sans doute le caractère non empirique : il sépare la métaphysique des sciences de la nature, qui répondent à leurs questions par l'observation et l'expérience. === Divisions historiques === Au fil des siècles, les philosophes ont cherché à organiser la métaphysique en branches ou sous-disciplines. Ces classifications aident à distinguer les types de questions que pose la métaphysique et montrent comment la discipline s'est structurée peu à peu. ==== L'héritage scolastique et la systématisation de Suárez ==== Avant d'en venir aux classifications modernes, il faut rappeler leur arrière-plan médiéval. Les philosophes scolastiques, en particulier [[Dictionnaire de philosophie/Thomas d'Aquin|Thomas d'Aquin]] (1225-1274) et [[Dictionnaire de philosophie/Jean Duns Scot|Jean Duns Scot]] (1266-1308), avaient développé des analyses métaphysiques élaborées dans le cadre de leurs commentaires d'Aristote. C'est toutefois le jésuite espagnol [[Dictionnaire de philosophie/Francisco Suárez|Francisco Suárez]] (1548-1617) qui, dans ses ''Disputationes Metaphysicae'' (1597), proposa le premier grand traité de métaphysique organisé par thèmes plutôt que par commentaire suivi des textes aristotéliciens. Suárez ordonna la matière autour de l'étude de l'être en général et de ses divisions, ouvrant la voie aux classifications ultérieures<ref>{{Ouvrage|auteur1=Jorge J. E. Gracia|titre=Francisco Suárez|lire en ligne=https://plato.stanford.edu/archives/spr2022/entries/suarez/|année=2019}}.</ref>. ==== La classification de Christian Wolff ==== [[Fichier:Portret van Christian Wolff, RP-P-1917-968.jpg|vignette|Christian Wolff, qui sépara la métaphysique générale, ou ontologie, des trois métaphysiques spéciales.]] Le philosophe allemand [[Dictionnaire de philosophie/Christian Wolff|Christian Wolff]] (1679-1754), héritier de cette tradition, introduisit une division devenue classique, qui structura l'enseignement de la métaphysique dans les universités européennes pendant plus d'un siècle. Il distinguait la métaphysique générale de la métaphysique spéciale<ref>{{Ouvrage|auteur1=Kim, Sosa, Rosenkrantz|titre=A Companion to Metaphysics|passage=414}}.</ref>. La métaphysique générale, que Wolff nomma « [[Dictionnaire de philosophie/Ontologie|ontologie]] », étudie l'être en tant qu'être. Elle s'interroge sur ce qui est commun à tout ce qui existe, indépendamment du type particulier de chose considéré : qu'est-ce qu'exister ? quelles sont les catégories fondamentales de l'être, comme la substance, la qualité ou la relation ? Ces questions sont dites générales parce qu'elles valent pour n'importe quelle entité, qu'il s'agisse d'une pierre, d'un nombre, d'une pensée ou de Dieu. La métaphysique spéciale se divise quant à elle en trois branches, chacune consacrée à un domaine particulier de la réalité<ref>{{Ouvrage|auteur1=Michael Rea|titre=Metaphysics: The Basics|éditeur=Routledge|année=2020|passage=2-3}}.</ref>. La théologie rationnelle, ou théologie naturelle, est la science de Dieu. Elle cherche à établir, par la seule raison et sans recourir à la révélation, si Dieu existe, quelle est sa nature et quels sont ses attributs (omniscience, toute-puissance, bonté). Les preuves classiques de l'existence de Dieu relèvent de cette branche : l'[[Dictionnaire de philosophie/Argument ontologique|argument ontologique]], qui prétend tirer l'existence de Dieu de son seul concept ; l'[[Dictionnaire de philosophie/Argument cosmologique|argument cosmologique]], qui remonte des effets observés à une cause première ; l'[[Dictionnaire de philosophie/Argument téléologique|argument téléologique]], qui infère un auteur intelligent à partir de l'ordre du monde<ref>{{Ouvrage|auteur1=Kim, Sosa, Rosenkrantz|titre=A Companion to Metaphysics|passage=205-210}}.</ref>. La psychologie rationnelle est la science de l'âme. Elle porte sur la nature de l'esprit humain : l'âme est-elle une substance distincte du corps ? est-elle immortelle ? comment agit-elle sur le corps et en reçoit-elle des impressions ? Ces questions, bien qu'elles concernent l'esprit, ne relèvent pas de la psychologie scientifique, qui étudie le comportement et les processus mentaux par l'observation et l'expérience ; elles procèdent d'une réflexion ''a priori'', indépendante de l'expérience. La cosmologie rationnelle est la science du monde pris comme totalité. Elle pose des questions sur l'univers dans son ensemble : le monde a-t-il commencé dans le temps ou existe-t-il de toute éternité ? est-il fini ou infini dans l'espace ? est-il composé de parties simples ou divisible à l'infini ? Ces questions se distinguent de celles de la physique ou de l'astronomie, car elles portent sur la structure la plus générale du cosmos, non sur ses propriétés mesurables. Cette triple division, qui répartit la métaphysique spéciale entre Dieu, l'âme et le monde, reflète de grandes préoccupations de la philosophie occidentale depuis l'Antiquité. Elle traduit aussi l'ambition de la métaphysique classique : connaître par la seule raison des réalités qui échappent à l'expérience sensible. ==== La critique kantienne ==== [[Dictionnaire de philosophie/Emmanuel Kant|Emmanuel Kant]] (1724-1804) reprit cette structure, mais la transforma en profondeur au nom de sa philosophie critique. Dans la ''Critique de la raison pure'' (1781), il soutint que la métaphysique spéciale, lorsqu'elle prétend connaître des réalités situées au-delà de toute expérience possible, se heurte à des difficultés insurmontables<ref>{{Ouvrage|auteur1=Kim, Sosa, Rosenkrantz|titre=A Companion to Metaphysics|passage=414-415}}.</ref>. Cette critique prend une forme différente pour chacune des trois branches. À la cosmologie rationnelle, Kant oppose des « antinomies » : des couples de propositions contradictoires, par exemple « le monde a un commencement » et « le monde n'a pas de commencement », qui semblent toutes deux démontrables par la raison pure. À la psychologie rationnelle, il reproche des « paralogismes » : des raisonnements trompeurs qui prétendent établir que l'âme est une substance simple et immortelle à partir du seul fait de penser. À la théologie rationnelle, il oppose une critique des preuves de l'existence de Dieu, soutenant qu'elles reposent toutes, en dernier ressort, sur l'argument ontologique, qu'il tient lui-même pour invalide<ref>{{Ouvrage|auteur1=Emmanuel Kant|titre=Critique de la raison pure|passage=Dialectique transcendantale|traducteur=Alain Renaut|éditeur=GF Flammarion|année=2006}}.</ref>. Kant introduit une distinction importante entre métaphysique transcendante et métaphysique immanente. Est transcendante une prétention de connaissance qui porte sur ce qui dépasse toute expérience possible : Dieu, l'âme conçue comme substance simple, le monde pris comme totalité. Est immanente une connaissance qui demeure dans les limites de l'expérience possible. Pour Kant, seule une métaphysique immanente, entendue comme étude des conditions qui rendent l'expérience possible, peut prétendre à une connaissance légitime ; la métaphysique transcendante, elle, excède les pouvoirs de notre raison. Cette critique a durablement marqué l'histoire de la discipline. Elle explique la défiance que beaucoup de philosophes ont nourrie envers la métaphysique traditionnelle au {{s-|XIX|e}} et au début du {{s-|XX|e}}. Elle a pourtant été contestée. [[Dictionnaire de philosophie/Hegel|Hegel]] a tenté de restaurer une métaphysique spéculative capable de surmonter les bornes que Kant lui avait fixées. Et au {{s-|XX|e}}, le retour de la métaphysique dans la tradition analytique, avec [[Dictionnaire de philosophie/Willard Van Orman Quine|Willard Van Orman Quine]], [[Dictionnaire de philosophie/Saul Kripke|Saul Kripke]] et [[Dictionnaire de philosophie/David Lewis|David Lewis]], a montré qu'une réflexion exigeante sur les structures fondamentales de la réalité restait possible et féconde, à condition de prendre des formes différentes de celles de la métaphysique wolffienne. ==== La distinction husserlienne ==== [[Fichier:Edmund Husserl 1900.jpg|vignette|Edmund Husserl, fondateur de la phénoménologie, distingua l'ontologie formelle des ontologies régionales.]] Au {{s-|XX|e}}, [[Dictionnaire de philosophie/Edmund Husserl|Edmund Husserl]] (1859-1938), fondateur de la [[Dictionnaire de philosophie/Phénoménologie|phénoménologie]], proposa une autre manière d'ordonner les questions métaphysiques. Dans ses ''Idées directrices pour une phénoménologie'' (1913), il distingua l'ontologie formelle des ontologies matérielles, ou régionales<ref>{{Ouvrage|auteur1=Edmund Husserl|titre=Idées directrices pour une phénoménologie|passage=§§ 9-17|traducteur=Paul Ricœur|éditeur=Gallimard|année=1950}}.</ref>. L'ontologie formelle relève de la logique pure. Elle étudie les structures qui s'appliquent à tout objet possible en tant qu'objet, quelle que soit sa nature : les notions d'objet en général, d'état de choses, de propriété, de relation, de partie et de tout, d'unité et de pluralité. Ces notions sont dites formelles parce qu'elles ne déterminent aucun contenu : elles valent aussi bien pour une table que pour un nombre, pour une émotion que pour une galaxie. Demander « qu'est-ce qu'une relation ? » ou « qu'est-ce qu'un tout par rapport à ses parties ? », c'est faire de l'ontologie formelle. Les ontologies matérielles, ou régionales, étudient au contraire les concepts et les principes propres à chaque « région » de l'être. Une région, au sens de Husserl, n'est pas un simple domaine thématique : c'est un ensemble d'objets qui partagent une même essence générique, c'est-à-dire une même structure fondamentale. Husserl distingue plusieurs régions : la nature physique, caractérisée par l'étendue spatiale et la causalité ; la conscience, caractérisée par l'[[Dictionnaire de philosophie/Intentionnalité|intentionnalité]], c'est-à-dire par le fait d'être toujours dirigée vers un objet ; les objets mathématiques ; et d'autres encore. Chaque région appelle une ontologie spécifique : l'ontologie de la nature examine les concepts de matière, d'espace, de temps et de causalité physique ; l'ontologie de la conscience, ceux d'intentionnalité, de vécu et de temporalité immanente. Cette distinction permet de concevoir la métaphysique comme un ensemble articulé de recherches, et non comme un bloc indivis. Elle a marqué l'organisation des travaux philosophiques contemporains : on parle aujourd'hui de philosophie de l'esprit, de philosophie de la physique ou de philosophie des mathématiques comme de domaines ayant chacun ses problèmes propres, tout en partageant des questions communes qui relèvent de l'ontologie formelle. L'approche husserlienne a néanmoins été critiquée, notamment pour le statut qu'elle accorde aux essences régionales, où certains ont vu le retour d'un platonisme contestable. === Métaphysique et ontologie === Les termes « métaphysique » et « ontologie » sont souvent employés l'un pour l'autre, ce qui prête à confusion. Il vaut donc la peine de préciser leur rapport, en tenant compte du fait que les usages varient selon les traditions. ==== Origine et sens du terme « ontologie » ==== Le mot « ontologie » vient du grec ''on, ontos'' (« être », « étant ») et ''logos'' (« discours », « étude ») : il désigne littéralement le discours ou l'étude de l'être. Le terme apparaît au début du {{s-|XVII|e}}, chez Rudolf Goclenius dans son ''Lexicon philosophicum'' (1613), et fut systématisé par Christian Wolff au siècle suivant<ref>{{Ouvrage|auteur1=Kim, Sosa, Rosenkrantz|titre=A Companion to Metaphysics|passage=414}}.</ref>. On en trouve toutefois un emploi un peu antérieur chez le philosophe allemand Jacob Lorhard, dès 1606. L'ontologie, au sens classique, désigne l'étude de l'être en tant qu'être, c'est-à-dire l'étude de ce qui est commun à tout ce qui existe, indépendamment des traits particuliers de chaque type d'entité. Elle correspond à ce que Wolff appelait la métaphysique générale, par opposition aux métaphysiques spéciales (théologie, psychologie et cosmologie rationnelles). ==== Différentes manières de distinguer métaphysique et ontologie ==== Les distinctions proposées entre métaphysique et ontologie ne sont pas des théories rivales : ce sont plutôt des manières différentes de tracer une frontière entre deux termes qui se recoupent largement<ref>{{Ouvrage|auteur1=Michael Rea|titre=Metaphysics: The Basics|éditeur=Routledge|année=2020|passage=10-11}}.</ref>. Une première manière fait de l'ontologie une partie de la métaphysique : celle qui traite des questions d'existence. Y a-t-il des [[Dictionnaire de philosophie/Universaux|universaux]], des nombres, des propositions, des événements ? La métaphysique, plus large, comprendrait aussi des questions qui ne portent pas seulement sur l'existence, comme celle de savoir si le temps « passe » réellement, ou en quoi consiste la causalité. Une deuxième manière distingue deux questions complémentaires. L'ontologie demanderait « qu'y a-t-il ? » : elle dresse l'inventaire de ce qui existe. La métaphysique demanderait en outre « quelle est la nature de ce qui existe ? » : elle étudie la structure et les propriétés des entités recensées. La question « qu'y a-t-il ? » a été remise à l'honneur par Willard Van Orman Quine, puis reprise par [[Dictionnaire de philosophie/Peter van Inwagen|Peter van Inwagen]], qui en a fait le point de départ d'une réflexion sur la méthode propre de l'ontologie<ref>{{Ouvrage|auteur1=Peter van Inwagen|titre=Ontology, Identity, and Modality|éditeur=Cambridge University Press|année=2001|passage=chapitre « Meta-ontology »}}.</ref>. Ces partages restent souples. Quelques exemples permettent de saisir l'idée, même si la frontière n'est jamais parfaitement nette. « Les nombres existent-ils ? » est une question proprement ontologique, puisqu'elle porte sur l'existence d'un type d'entités. « Qu'est-ce qu'un nombre ? » est une question métaphysique : elle a une part ontologique (de quel mode d'être relèvent les nombres ?), mais elle interroge aussi leur nature. « Le temps est-il réel ou illusoire ? » mêle les deux aspects, l'existence du temps et sa nature. « La liberté est-elle compatible avec le déterminisme ? » paraît moins directement ontologique, même si elle suppose des prises de position sur la nature des lois, de la causalité et de l'action humaine. Une troisième manière, enfin, renonce à séparer nettement les deux termes. Dans la pratique contemporaine, en [[Dictionnaire de philosophie/Philosophie analytique|philosophie analytique]] surtout, « métaphysique » et « ontologie » s'emploient souvent comme des quasi-synonymes. Cet usage souple ne prive pas de valeur les distinctions précédentes ; il signale seulement que le contexte suffit d'ordinaire à lever les ambiguïtés. ==== La notion d'engagement ontologique ==== Une contribution importante à la clarification de l'ontologie revient à Willard Van Orman Quine. Dans son article « On What There Is » (1948), il propose un critère pour déterminer l'ontologie d'une théorie : une théorie est « engagée » envers les entités sur lesquelles portent ses quantifications, c'est-à-dire celles dont elle affirme l'existence<ref>{{Ouvrage|auteur1=Willard Van Orman Quine|titre=From a Logical Point of View|éditeur=Harvard University Press|année=1953|passage=1-19}}.</ref>. Selon sa formule célèbre, « être, c'est être la valeur d'une variable liée » (''to be is to be the value of a bound variable''). Pour savoir à quoi une théorie s'engage, il faut donc examiner ce que ses énoncés, une fois mis en forme logique, affirment exister. Une théorie physique qui pose « il existe des électrons » s'engage envers les électrons ; une théorie mathématique qui pose « il existe des nombres premiers supérieurs à cent » s'engage envers les nombres. Cette notion d'engagement ontologique (''ontological commitment'') est devenue centrale dans la métaphysique analytique. Elle permet de formuler la question ontologique avec précision : quelles entités faut-il admettre pour rendre compte de nos meilleures théories scientifiques et de notre discours ordinaire ? ==== Usages selon les traditions philosophiques ==== L'usage des deux termes varie sensiblement d'une tradition à l'autre. En philosophie analytique, on emploie « métaphysique » comme terme générique pour l'ensemble des questions sur la structure fondamentale de la réalité, et l'on réserve souvent « ontologie » à des contextes plus techniques : l'ontologie d'une théorie désigne les entités dont cette théorie suppose l'existence. Un débat dit « méta-ontologique » porte aujourd'hui sur la portée des disputes ontologiques : sont-elles substantielles, ou seulement verbales ? [[Dictionnaire de philosophie/Eli Hirsch|Eli Hirsch]] défend une position « déflationniste », selon laquelle bien des désaccords ontologiques ne sont que des différences de langage ; [[Dictionnaire de philosophie/Theodore Sider|Theodore Sider]] soutient au contraire que ces questions ont des réponses objectives<ref>{{Ouvrage|auteur1=Theodore Sider|titre=Writing the Book of the World|éditeur=Oxford University Press|année=2011|passage=1-12}}.</ref>. En [[Dictionnaire de philosophie/Philosophie continentale|philosophie continentale]], et particulièrement dans la tradition phénoménologique, « ontologie » garde souvent un sens plus technique et plus ambitieux. Dans ''Être et Temps'' (1927) et ses œuvres ultérieures, [[Dictionnaire de philosophie/Martin Heidegger|Martin Heidegger]] oppose l'ontologie, entendue comme la question du sens de l'être, à la métaphysique, à laquelle il reproche d'avoir « oublié » cette question pour s'attacher aux ''étants'', les choses qui sont. La métaphysique occidentale, d'Aristote à Nietzsche, aurait confondu l'être avec un étant suprême (Dieu, la substance, le sujet), et manqué ainsi la question proprement ontologique<ref>{{Ouvrage|auteur1=Martin Heidegger|titre=Être et Temps|traducteur=François Vezin|éditeur=Gallimard|année=1986|passage=Introduction}}.</ref>. Cette distinction a exercé une grande influence sur la philosophie continentale du {{s-|XX|e}}, tout en restant discutée et étrangère à l'usage dominant dans d'autres traditions. D'autres penseurs de tradition continentale ont forgé leur propre conception de l'ontologie. Nicolai Hartmann a élaboré une « ontologie critique » distinguant des couches de l'être (matière, vie, psychisme, esprit). [[Dictionnaire de philosophie/Jean-Paul Sartre|Jean-Paul Sartre]], dans ''L'Être et le Néant'' (1943), a proposé une « ontologie phénoménologique » articulée autour de l'être-en-soi et de l'être-pour-soi. En informatique et en intelligence artificielle, enfin, « ontologie » a pris un sens dérivé : une ontologie est la spécification formelle des concepts, des relations et des règles d'inférence d'un domaine donné. Une ontologie médicale, par exemple, définit les concepts de maladie, de symptôme, de traitement ou d'organe et leurs relations, afin qu'un système informatique puisse raisonner sur des données cliniques. Cet usage, apparu dans les années 1990, s'est éloigné du sens philosophique, dont il conserve cependant l'idée d'un classement systématique des types d'entités<ref>{{Ouvrage|auteur1=Thomas R. Gruber|titre=A Translation Approach to Portable Ontology Specifications|périodique=Knowledge Acquisition|volume=5|numéro=2|année=1993|passage=199-220}}.</ref>. ==== En résumé ==== On peut retenir quelques points simples. L'ontologie est l'étude de ce qui existe et des catégories fondamentales de l'être ; elle répond à la question « qu'y a-t-il ? ». La métaphysique est un terme plus large : elle englobe l'ontologie, mais traite aussi du temps, de la causalité, de la liberté, de l'esprit, des propriétés ou des relations. Dans la tradition analytique, les deux mots s'emploient souvent l'un pour l'autre, et la notion quinienne d'engagement ontologique y joue un rôle central. Dans la tradition continentale, leur distinction peut prendre un sens plus fort, notamment chez Heidegger. Le contexte suffit en général à indiquer dans quel sens ces termes sont employés. === Critiques historiques de la métaphysique === La métaphysique a été l'objet de critiques sévères tout au long de son histoire. Ces critiques ne sont pas de simples rejets : ce sont des interrogations sur la possibilité même d'une connaissance métaphysique. Les comprendre est indispensable pour saisir le statut actuel de la discipline. ==== La critique empiriste de David Hume ==== [[Fichier:David Hume Ramsay.jpg|vignette|David Hume, portrait par Allan Ramsay. Hume tenait la métaphysique d'école pour « sophismes et illusions ».]] [[Dictionnaire de philosophie/David Hume|David Hume]] (1711-1776) compte parmi les critiques les plus incisifs de la métaphysique traditionnelle. À la fin de son ''Enquête sur l'entendement humain'' (1748), il propose une épreuve restée célèbre : prenant en main un ouvrage de théologie ou de métaphysique d'école, demandons-nous s'il contient des raisonnements abstraits sur la quantité et le nombre, ou des raisonnements expérimentaux sur des faits. Si la réponse est non dans les deux cas, l'ouvrage ne renferme, selon Hume, que « sophismes et illusions », et l'on peut le livrer aux flammes<ref>{{Ouvrage|auteur1=David Hume|titre=Enquête sur l'entendement humain|traducteur=André Leroy|éditeur=GF Flammarion|année=2006|passage=Section XII, partie 3}}.</ref>. Pour Hume, il n'existe que deux sortes de connaissances légitimes : les « relations d'idées », comme celles des mathématiques et de la logique, certaines mais muettes sur le monde réel, et les « questions de fait », qui portent sur le monde mais dépendent entièrement de l'expérience. La métaphysique traditionnelle prétend connaître la nature ultime de la réalité par la seule raison, sans recours à l'expérience ; elle n'entre dans aucune de ces deux catégories, et se trouve par là disqualifiée. Cette critique repose sur l'[[Dictionnaire de philosophie/Empirisme|empirisme]] : la thèse selon laquelle toute connaissance de fait dérive de l'expérience sensible. Faute d'expérience de Dieu, de l'âme immatérielle ou de la substance en soi, nous ne pourrions rien savoir de ces prétendues réalités. ==== La critique kantienne : les limites de la raison pure ==== [[Fichier:Immanuel Kant - Gemaelde 1.jpg|vignette|Emmanuel Kant chercha non à détruire la métaphysique, mais à en fixer les limites légitimes.]] Emmanuel Kant (1724-1804), que la lecture de Hume avait, dit-il, « réveillé de son sommeil dogmatique », chercha non à détruire la métaphysique, mais à la refonder. Sa ''Critique de la raison pure'' (1781) examine les conditions et les limites de la connaissance humaine<ref>{{Ouvrage|auteur1=Emmanuel Kant|titre=Critique de la raison pure|traducteur=Alain Renaut|éditeur=GF Flammarion|année=2006|passage=Préface de la seconde édition}}.</ref>. Kant croise deux distinctions. La première oppose la connaissance ''a priori'', indépendante de l'expérience (« 7 + 5 = 12 », ou « tout effet a une cause »), et la connaissance ''a posteriori'', qui en dépend (« l'eau bout à 100 °C », ou « Paris est la capitale de la France »). La seconde oppose les jugements analytiques, où le prédicat est déjà contenu dans le sujet (« tout célibataire est non marié »), et les jugements synthétiques, où le prédicat ajoute quelque chose au sujet (« tout corps est pesant »). Les jugements analytiques sont toujours ''a priori'' : nul besoin d'enquêter sur le monde pour savoir qu'un célibataire n'est pas marié. Les jugements synthétiques, eux, peuvent être ''a priori'' ou ''a posteriori''. Kant pose alors une question qui commande tout le reste : des jugements synthétiques ''a priori'' sont-ils possibles ? Autrement dit, pouvons-nous connaître quelque chose du monde (synthétique) sans recourir à l'expérience (''a priori'') ? La métaphysique traditionnelle l'affirme : elle prétend connaître par la seule raison des vérités sur Dieu, l'âme et le monde. La réponse de Kant est nuancée. Certains jugements synthétiques ''a priori'' sont bien possibles : ceux qui énoncent les conditions de possibilité de l'expérience elle-même, comme le principe que tout événement a une cause. Mais la métaphysique traditionnelle prétend connaître des réalités situées au-delà de toute expérience possible (Dieu, l'âme immortelle, le monde comme totalité) ; elle franchit alors les limites de la raison. Lancée hors de l'expérience possible, la raison tombe dans des contradictions insolubles, les antinomies, ou dans des raisonnements trompeurs, les paralogismes. Kant ne récuse donc pas toute métaphysique. Il sépare une métaphysique légitime, qui étudie les conditions ''a priori'' de l'expérience, d'une métaphysique illégitime, qui prétend connaître des réalités transcendantes. La première est possible et même nécessaire ; la seconde est vouée à l'échec. Cette partition a elle-même été contestée : Hegel objectera que Kant a présupposé, avec sa « chose en soi », une métaphysique qu'il prétendait pourtant interdire. ==== La critique nietzschéenne : la métaphysique comme symptôme ==== [[Fichier:Nietzsche1882.jpg|vignette|Friedrich Nietzsche (photographie de 1882). Il voyait dans la métaphysique l'invention d'un « arrière-monde ».]] [[Dictionnaire de philosophie/Friedrich Nietzsche|Friedrich Nietzsche]] (1844-1900) formule une critique d'un autre ordre, non plus épistémologique mais généalogique. La métaphysique n'est pas pour lui une simple erreur de raisonnement : elle est le symptôme d'une certaine attitude devant la vie, qu'il rattache au [[Dictionnaire de philosophie/Nihilisme|nihilisme]]<ref>{{Ouvrage|auteur1=Friedrich Nietzsche|titre=Crépuscule des idoles|traducteur=Henri Albert|éditeur=GF Flammarion|année=2017|passage=« La "raison" dans la philosophie »}}.</ref>. La métaphysique traditionnelle, selon Nietzsche, dévalorise le monde sensible au profit d'un « arrière-monde » (''Hinterwelt'') tenu pour plus réel, plus vrai, plus stable. [[Dictionnaire de philosophie/Platon|Platon]] opposait le monde sensible, changeant et trompeur, au monde des Idées, éternel et seul véritablement réel ; le christianisme opposa la vallée de larmes d'ici-bas à la béatitude d'un au-delà. Ces arrière-mondes sont, aux yeux de Nietzsche, des fictions inventées par ceux qui ne supportent pas le devenir, la souffrance et la mort. La critique nietzschéenne ne se borne pas à déclarer la métaphysique fausse ; elle demande pourquoi les hommes ont eu besoin de telles fictions, et quelle volonté s'y exprime. Nietzsche y discerne une « volonté de néant », le désir de fuir la vie réelle. Cette analyse a marqué la philosophie du {{s-|XX|e}}, et Heidegger en particulier. ==== La critique pragmatiste : le détachement de la pratique ==== Le [[Dictionnaire de philosophie/Pragmatisme|pragmatisme]] américain, illustré par [[Dictionnaire de philosophie/William James|William James]] (1842-1910) et [[Dictionnaire de philosophie/John Dewey|John Dewey]] (1859-1952), adresse à la métaphysique traditionnelle un autre reproche : son abstraction et son éloignement des conséquences pratiques<ref>{{Ouvrage|auteur1=William James|titre=Le Pragmatisme|traducteur=Nathalie Ferron|éditeur=Flammarion|année=2007|passage=Leçon II}}.</ref>. Pour James, la valeur d'une idée tient à ses effets concrets : quelle différence cela fait-il, dans une vie, qu'une thèse soit vraie plutôt qu'une autre ? Or beaucoup de disputes métaphysiques, par exemple entre matérialisme et idéalisme, ou entre monisme et pluralisme, semblent ne rien changer à l'expérience. Lorsque deux théories rivales ont exactement les mêmes conséquences observables et pratiques, leur différence est, pour le pragmatiste, purement verbale. Cette critique ne condamne pas toute métaphysique, mais elle demande que les questions métaphysiques soient reformulées en fonction de leurs conséquences. Une métaphysique pragmatiste reste possible, à condition de demeurer liée à l'expérience vécue et à l'action. ==== La critique positiviste : les énoncés métaphysiques sont dépourvus de sens ==== Au {{s-|XX|e}}, le [[Dictionnaire de philosophie/Positivisme logique|positivisme logique]], ou empirisme logique, élaboré par le [[Dictionnaire de philosophie/Cercle de Vienne|Cercle de Vienne]] dans les années 1920 et 1930, formule l'une des critiques les plus sévères de la métaphysique. [[Dictionnaire de philosophie/Rudolf Carnap|Rudolf Carnap]], Moritz Schlick et [[Dictionnaire de philosophie/Alfred Jules Ayer|Alfred Jules Ayer]] soutiennent que les énoncés métaphysiques ne sont pas seulement inconnaissables ou inutiles, mais littéralement dépourvus de sens cognitif<ref>{{Ouvrage|auteur1=Alfred Jules Ayer|titre=Langage, vérité et logique|traducteur=Joseph Ohana|éditeur=Flammarion|année=1956|passage=Chapitre I}}.</ref>. Il faut bien entendre l'expression « dépourvu de sens ». Les positivistes ne disent pas que les énoncés métaphysiques sont faux, car les déclarer faux reviendrait encore à leur prêter un sens. Ils soutiennent que ces énoncés n'expriment ni vérité ni fausseté : ils n'affirment rien qui puisse être vrai ou faux. Ce sont des pseudo-énoncés, qui ont la forme grammaticale d'une affirmation sans en avoir le contenu. L'argument repose sur le principe de vérification, ou critère de signification : un énoncé n'a de sens cognitif que s'il est analytique, vrai en vertu du sens des mots, ou empiriquement vérifiable, c'est-à-dire associé à des observations qui le confirmeraient ou l'infirmeraient. Ce principe a connu plusieurs formulations au fil des débats : vérifiabilité forte, exigeant une vérification concluante, ou vérifiabilité faible, se contentant d'une confirmation possible. Soit l'énoncé « l'Absolu est au-delà du temps et du changement ». Il n'est pas analytique, et aucune observation ne saurait le confirmer ni l'infirmer : il échoue donc aux deux tests et compte, pour les positivistes, comme un pseudo-énoncé. Carnap applique cette analyse à une phrase de Heidegger, « le Néant néantise » (''das Nichts nichtet''), où il voit une confusion entre la fonction logique de la négation et un prétendu objet, le Néant<ref>{{Ouvrage|auteur1=Rudolf Carnap|titre=Überwindung der Metaphysik durch logische Analyse der Sprache|périodique=Erkenntnis|volume=2|année=1931|passage=219-241}}.</ref>. Les lecteurs de Heidegger ont répondu que l'objection présuppose précisément ce que Heidegger récuse : la réduction du langage philosophique à la logique formelle. L'expérience du néant, qu'il associe à l'angoisse devant la contingence de l'être, serait un phénomène que l'analyse logique ne peut atteindre. ==== L'objection d'auto-réfutation et les réponses positivistes ==== Le positivisme logique paraissait disqualifier la métaphysique sans retour. Mais il se heurta à une difficulté de principe : le critère de vérification est-il lui-même vérifiable ? Le principe affirme qu'un énoncé n'a de sens cognitif que s'il est analytique ou empiriquement vérifiable. Or il n'est pas analytique, car il ne découle pas du sens des mots ; et il n'est pas vérifiable, car aucune observation ne saurait l'établir. Mesuré à ses propres exigences, il semble donc lui-même dépourvu de sens cognitif. Plusieurs critiques ont formulé cette objection. [[Dictionnaire de philosophie/Karl Popper|Karl Popper]], qui partageait certaines préoccupations des positivistes, lui préféra un autre critère, la falsifiabilité plutôt que la vérifiabilité, afin d'échapper à cette difficulté<ref>{{Ouvrage|auteur1=Karl Popper|titre=La Logique de la découverte scientifique|traducteur=Nicole Thyssen-Rutten et Philippe Devaux|éditeur=Payot|année=1973|passage=Chapitre I}}.</ref>. Les positivistes ont tenté diverses réponses. Certains ont soutenu que le principe de vérification n'est pas un énoncé de fait, mais une règle méthodologique, une recommandation sur l'usage du langage plutôt qu'une affirmation sur le monde. D'autres ont assoupli le critère en parlant de « confirmabilité » plutôt que de vérifiabilité stricte. Ces aménagements rencontrèrent à leur tour des difficultés, et le programme positiviste s'essouffla au cours des années 1950 et 1960<ref>{{Ouvrage|auteur1=Kim, Sosa, Rosenkrantz|titre=A Companion to Metaphysics|passage=414}}.</ref>. ==== La critique du « second Wittgenstein » ==== [[Fichier:Ludwig-Wittgenstein-portrait.jpg|vignette|Ludwig Wittgenstein, pour qui bien des problèmes métaphysiques naissent de méprises sur le langage.]] [[Dictionnaire de philosophie/Ludwig Wittgenstein|Ludwig Wittgenstein]], dans sa philosophie tardive, et notamment dans les ''Recherches philosophiques'' (publiées en 1953), propose une autre critique. À la différence des positivistes, il ne juge pas les énoncés métaphysiques dépourvus de sens au regard d'un critère formel. Son diagnostic est plus fin : les problèmes métaphysiques naîtraient de méprises sur le fonctionnement de notre langage<ref>{{Ouvrage|auteur1=Ludwig Wittgenstein|titre=Recherches philosophiques|traducteur=Françoise Dastur et al.|éditeur=Gallimard|année=2004|passage=§ 38, § 109, § 116}}.</ref>. Les philosophes, selon Wittgenstein, se laissent souvent envoûter par le langage et prennent des questions de grammaire pour des questions sur la réalité. Le mot « temps » fonctionne grammaticalement comme un nom, ce qui nous pousse à chercher l'objet qui lui correspondrait, le Temps conçu comme une entité mystérieuse ; mais cette quête est vaine, car elle méconnaît la grammaire de nos concepts. « Les problèmes philosophiques surgissent quand le langage part en vacances », écrit-il (§ 38). Pour Wittgenstein, la philosophie n'a pas à résoudre les problèmes métaphysiques, mais à les dissoudre, en montrant qu'ils reposent sur des malentendus de langage. Cette lecture « thérapeutique » est cependant contestée : certains commentateurs voient dans la philosophie tardive de Wittgenstein des thèses positives sur le langage et l'esprit, et non la seule dissolution de faux problèmes. ==== La critique heideggérienne : la métaphysique comme onto-théologie ==== Martin Heidegger (1889-1976) développe une critique encore différente. La métaphysique occidentale, de Platon à Nietzsche, se caractériserait par un « oubli de l'être » (''Seinsvergessenheit''). Au lieu d'interroger le sens de l'être, c'est-à-dire ce que veut dire « être », elle s'est attachée aux étants, les choses qui sont, en quête d'un étant suprême qui fonderait tous les autres<ref>{{Ouvrage|auteur1=Martin Heidegger|titre=Introduction à la métaphysique|traducteur=Gilbert Kahn|éditeur=Gallimard|année=1967|passage=Chapitre I}}.</ref>. Heidegger nomme cette structure « onto-théologie » : la métaphysique est à la fois ontologie, discours sur l'être en général, et théologie, discours sur l'étant suprême, qu'il s'agisse de Dieu, de l'Idée du Bien, du sujet ou de la volonté de puissance. Cette double orientation lui aurait fait manquer la question proprement ontologique, qui n'est pas « qu'est-ce qui existe ? » mais « que veut dire exister ? ». La critique de Heidegger a inspiré nombre de penseurs continentaux, comme [[Dictionnaire de philosophie/Hans-Georg Gadamer|Hans-Georg Gadamer]], [[Dictionnaire de philosophie/Jacques Derrida|Jacques Derrida]] et [[Dictionnaire de philosophie/Emmanuel Levinas|Emmanuel Levinas]]. Elle demeure discutée : les uns y voient un apport majeur à l'intelligence de l'histoire de la philosophie, les autres une reconstruction historique fragile. ==== Le renouveau de la métaphysique au {{s-|XX|e}} ==== Malgré ces critiques, la métaphysique a connu un renouveau marqué dans la seconde moitié du {{s-|XX|e}}, surtout dans la tradition analytique de langue anglaise. Plusieurs raisons l'expliquent. L'essoufflement du positivisme logique a d'abord libéré le terrain. Si le critère de vérification ne tient pas, la condamnation globale de la métaphysique perd son appui. Des travaux de logique modale et de philosophie du langage ont ensuite ouvert des voies nouvelles. Dans « Two Dogmas of Empiricism » (1951), Willard Van Orman Quine récuse la distinction entre énoncés analytiques et synthétiques, et sape ainsi l'un des fondements du positivisme, tout en reformulant les questions ontologiques avec précision. Saul Kripke, dans ''La Logique des noms propres'' (1972), réhabilite les notions d'essence et de nécessité métaphysique, longtemps tenues pour suspectes. David Lewis bâtit une métaphysique des mondes possibles d'une grande exactitude technique<ref>{{Ouvrage|auteur1=Michael J. Loux|titre=Metaphysics: A Contemporary Introduction|éditeur=Routledge|année=2006|passage=1-10}}.</ref>. La métaphysique contemporaine s'est enfin rapprochée des sciences de la nature. Les philosophes de l'esprit discutent de la conscience en lien avec les neurosciences, les philosophes du temps tiennent compte de la physique relativiste, les philosophes de la causalité s'inspirent des méthodes statistiques. Cette métaphysique « naturalisée » se garde des excès spéculatifs de la tradition tout en conservant des questions proprement philosophiques. ==== La situation actuelle : débats et critiques ==== La métaphysique est aujourd'hui une discipline active, pourvue de revues spécialisées, de colloques et de controverses nourries. Les critiques du passé n'ont pas été oubliées : elles ont rendu les métaphysiciens plus attentifs à la clarté des concepts, à la solidité des arguments et aux liens avec les sciences. Le statut de la discipline reste pourtant disputé, jusque dans la tradition analytique. Eli Hirsch défend une position « déflationniste » : beaucoup de disputes métaphysiques seraient purement verbales, de simples désaccords sur la manière de parler plutôt que sur la structure du monde. Theodore Sider soutient au contraire que les questions métaphysiques admettent des réponses objectives, et que la métaphysique peut atteindre la structure fondamentale du réel. Ce débat « méta-métaphysique », portant sur le statut même de la discipline, est l'un des plus vivants de la philosophie contemporaine<ref>{{Ouvrage|auteur1=David Chalmers|auteur2=David Manley|auteur3=Ryan Wasserman|titre=Metametaphysics: New Essays on the Foundations of Ontology|éditeur=Oxford University Press|année=2009|passage=Introduction}}.</ref>. Des objections plus sévères ont également été avancées. Dans ''Every Thing Must Go'' (2007), James Ladyman et Don Ross jugent que la métaphysique analytique est devenue une scolastique détachée de la science réelle, et qu'une métaphysique n'est légitime que « naturalisée », entièrement informée par la physique fondamentale<ref>{{Ouvrage|auteur1=James Ladyman|auteur2=Don Ross|titre=Every Thing Must Go: Metaphysics Naturalized|éditeur=Oxford University Press|année=2007|passage=Introduction}}.</ref>. Par certains côtés, cette position rappelle les objections positivistes ; elle ne rejette pourtant pas toute métaphysique, mais exige qu'elle reste en continuité avec les sciences. D'autres critiques, venues de traditions différentes, méritent d'être signalées. La tradition marxiste a vu dans la métaphysique une « idéologie », une construction qui masque les conditions matérielles et sociales de sa propre production. Des critiques féministes ont mis en cause certains couples d'oppositions métaphysiques, comme esprit et corps, raison et émotion, culture et nature, où elles décèlent des partis pris liés au genre. Des critiques postcoloniales ont interrogé l'universalité que la métaphysique occidentale s'attribue. Marginales dans les manuels de métaphysique analytique, ces critiques n'en font pas moins partie du paysage intellectuel contemporain. == Notes et références == {{références}} == Bibliographie == === Ouvrages généraux === * {{Ouvrage|auteur1=Michael J. Loux|titre=Metaphysics: A Contemporary Introduction|éditeur=Routledge|année=2006|isbn=978-0415140348}} * {{Ouvrage|auteur1=Alyssa Ney|titre=Metaphysics: An Introduction|éditeur=Routledge|année=2014|isbn=9780815350491}} * {{Ouvrage|auteur1=Michael Rea|titre=Metaphysics: The Basics|éditeur=Routledge|année=2020|isbn=9780367136086}} === Encyclopédies et ouvrages de référence === * {{Ouvrage|auteur1=Jaegwon Kim|auteur2=Ernest Sosa|auteur3=Gary S. Rosenkrantz|titre=A Companion to Metaphysics|éditeur=Wiley-Blackwell|année=2009|isbn=9780631199991}} * {{Ouvrage|auteur1=Richard M. Gale|titre=The Blackwell Guide to Metaphysics|éditeur=Wiley-Blackwell|année=2002|isbn=9780631221203}} * {{Ouvrage|auteur1=Helen Beebee|auteur2=Nikk Effingham|auteur3=Philip Goff|titre=Metaphysics: The Key Concepts|éditeur=Routledge|année=2014|isbn=978-0415559287}} === Ouvrages classiques === * {{Ouvrage|auteur1=Aristote|titre=Métaphysique|traducteur=Jules Tricot|éditeur=Vrin|année=1991}} * {{Ouvrage|auteur1=René Descartes|titre=Méditations métaphysiques|éditeur=Flammarion|année=2009}} * {{Ouvrage|auteur1=David Hume|titre=Traité de la nature humaine|traducteur=Philippe Saltel|éditeur=GF Flammarion|année=1999}} * {{Ouvrage|auteur1=Emmanuel Kant|titre=Critique de la raison pure|traducteur=Alain Renaut|éditeur=GF Flammarion|année=2006}} * {{Ouvrage|auteur1=Gottfried Wilhelm Leibniz|titre=Discours de métaphysique et Monadologie|éditeur=Gallimard|année=2004}} * {{Ouvrage|auteur1=Baruch Spinoza|titre=Éthique|traducteur=Bernard Pautrat|éditeur=Seuil|année=1999}} === Ouvrages spécialisés contemporains === * {{Ouvrage|auteur1=David Lewis|titre=On the Plurality of Worlds|éditeur=Blackwell|année=1986}} * {{Ouvrage|auteur1=David Chalmers|titre=The Conscious Mind: In Search of a Fundamental Theory|éditeur=Oxford University Press|année=1996}} * {{Ouvrage|auteur1=Derek Parfit|titre=Reasons and Persons|éditeur=Oxford University Press|année=1984}} * {{Ouvrage|auteur1=Saul Kripke|titre=La Logique des noms propres|traducteur=Pierre Jacob et François Recanati|éditeur=Minuit|année=1982}} * {{Ouvrage|auteur1=James Woodward|titre=Making Things Happen: A Theory of Causal Explanation|éditeur=Oxford University Press|année=2003}} * {{Ouvrage|auteur1=Peter van Inwagen|titre=Material Beings|éditeur=Cornell University Press|année=1990}} * {{Ouvrage|auteur1=Theodore Sider|titre=Four-Dimensionalism: An Ontology of Persistence and Time|éditeur=Oxford University Press|année=2001}} * {{Ouvrage|auteur1=D. M. Armstrong|titre=Universals: An Opinionated Introduction|éditeur=Westview Press|année=1989}} == Voir aussi == === Textes en ligne sur Wikisource === * [[s:La Métaphysique d’Aristote|Aristote, ''La Métaphysique'']] * [[s:Méditations métaphysiques|René Descartes, ''Méditations métaphysiques'']] * [[s:Éthique (Saisset, 1861)|Baruch Spinoza, ''Éthique'']] (traduction Émile Saisset) * [[s:Monadologie|Gottfried Wilhelm Leibniz, ''La Monadologie'']] * [[s:Critique de la raison pure (trad. Barni)|Emmanuel Kant, ''Critique de la raison pure'']] (traduction Jules Barni) * [[s:Le Crépuscule des Idoles|Friedrich Nietzsche, ''Le Crépuscule des idoles'']] (traduction Henri Albert) === Liens externes === * {{lien web|url=https://plato.stanford.edu/entries/metaphysics/|titre=Metaphysics|site=Stanford Encyclopedia of Philosophy|langue=en}} * {{lien web|url=https://iep.utm.edu/metaphys/|titre=Metaphysics|site=Internet Encyclopedia of Philosophy|langue=en}} * {{lien web|url=https://www.britannica.com/topic/metaphysics|titre=Metaphysics|site=Encyclopædia Britannica|langue=en}} {{autocat}} [[Catégorie:Métaphysique]] 0ytn7oc7i5w6lrotp234e1n2wj0gtxv Dictionnaire de philosophie/Chamfort 0 83799 768232 764919 2026-06-21T05:13:50Z PandaMystique 119061 Bot : ajout du paramètre lecture=oui au modèle {{DicoPhilo}} 768232 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Chamfort|lecture=oui}} == Repères biographiques : naissance, formation, entrée dans les lettres == === Une naissance substituée === L'homme que la postérité connaît sous le nom de Chamfort est baptisé le 22 juin 1740, en l'église Saint-Genès de Clermont, sous le nom de Sébastien-Roch Nicolas, la date traditionnelle de 1741, que donne la notice d'Auguis, a été corrigée par Claude Arnaud à partir des registres paroissiaux. C'est le nom, et ce sont les prénoms, d'un enfant qui vient de mourir en bas âge chez l'épicier Nicolas ; c'est aussi le nom d'un enfant qui n'est pas celui du couple Nicolas. Sa mère biologique est Jacqueline de Cisternes de Vinzelles, dite la dame de Montrodeix, issue d'une très ancienne famille d'Auvergne de noblesse chevaleresque ; épouse depuis 1719 du procureur général Jean-François Dauphin de Leyval, seigneur de Montrodeix, mère déjà de deux filles, elle est enceinte à quarante-quatre ans des œuvres de Pierre Nicolas, chanoine semi-prébendé de la cathédrale de Clermont, parent de l'épicier. Pour étouffer le scandale, un échange de berceaux est arrangé avec la famille Nicolas, dont l'enfant légitime vient de s'éteindre. Le nouveau-né prend l'identité du mort, et l'épouse de l'épicier, Thérèse Creuzet, quarante-quatre ans elle aussi, devient sa mère officielle. Cet épisode, dont les éléments ont été établis par le baron d'Espinchal dans des mémoires inédits et confirmés par les recherches de Claude Arnaud, ne relève pas du simple pittoresque biographique. Claude Arnaud, qui a consacré à cette question les pages les plus neuves de sa biographie, voit dans la découverte de ses origines un événement dont les répercussions sur l'œuvre sont considérables. Vers l'âge de sept ou huit ans, l'enfant apprend de Thérèse Nicolas qu'il descend d'une lignée chevaleresque par sa mère, qu'il aurait pu être un Dauphin de Leyval ou un Vinzelles, et qu'il a été privé de son rang au nom des convenances. Cette découverte laisse sur lui une blessure dont on peut penser que l'œuvre ultérieure porte la trace, tantôt comme ressentiment avoué, tantôt comme méfiance générale à l'égard des institutions sociales, même s'il faut se garder de tout ramener à cette seule clé. L'adoption fait qu'il n'est plus tout à fait de la noblesse, sans être non plus vraiment du peuple : la condition de bâtard, au sens plein, inscrit en lui une double appartenance qui ne se résoudra jamais. Sa mère biologique et son père, le chanoine, semblent être demeurés à distance ; de Pierre Nicolas, mort en 1783, il ne parlera jamais publiquement. C'est à Thérèse Nicolas seule qu'il rendra les devoirs d'un fils, avec une piété filiale qui ne s'est jamais démentie et dont témoignent ses lettres. === Le collège des Grassins === Conduit à Paris à l'été 1750 muni d'une demi-bourse, Sébastien Nicolas entre au collège des Grassins, sur la montagne Sainte-Geneviève, l'un des établissements les plus exigeants de l'université (Arnaud, Chamfort, p. 23-25). Il s'y distingue d'abord par son caractère difficile, puis, à partir de la troisième, par des succès continus ; en rhétorique, il est présenté aux cinq épreuves du Concours général, remporte quatre prix, il manque le thème latin, puis, sur l'insistance du collège, remet ses quatre titres en jeu et l'emporte cette fois sur toute la ligne : son nom est inscrit en lettres d'or sur les cinq tableaux d'honneur du réfectoire. Ce succès, dont le souvenir ne le quittera plus quand il sera question de concours, de couronnes et d'académies, est inséparable d'une seconde formation, plus irréversible encore : la lecture des Anciens. Homère, Plutarque, Lucien, les Stoïciens nourrissent sa géographie mentale et dessinent un idéal de dignité que la société contemporaine ne cessera, à ses yeux, de démentir. Avant d'être renvoyé pour s'être opposé à son professeur de grec Lebeau, il songe un instant à partir pour l'Amérique avec son condisciple Letourneur : « Avant de faire le tour du monde, si nous faisions le tour de nous-mêmes ? » aurait-il dit à Cherbourg. Le trait est rapporté par Sélis, et le mot résume déjà une disposition dont les Maximes feront la méthode. Il quitte alors le collège et refuse l'état ecclésiastique auquel l'habit d'abbé, porté comme la plupart des enfants pauvres formés par l'Église, semblait le destiner. « Je ne serai jamais prêtre, dit-il au principal ; j'aime trop le repos, la philosophie, les femmes, l'honneur, la vraie gloire ; et trop peu les querelles, l'hypocrisie, les honneurs et l'argent. » La déclaration est prémonitoire ; elle trace à l'avance, non sans ironie, les limites que sa vie aura voulu tenir. === Les succès académiques et mondains === Jeté sans fortune dans la vie littéraire, Chamfort, nom qu'il se donne au début des années 1760, vit d'abord de travaux alimentaires et de sermons composés pour des prédicateurs. La reconnaissance vient par les voies convenues : la comédie avec ''La Jeune Indienne'' (1764), puis ''Le Marchand de Smyrne'' (1770) ; l'éloquence académique avec l'Épître d'un père à son fils sur la naissance d'un petit-fils, couronnée par l'Académie française, l'Éloge de Molière qui remporte en 1769 le prix de l'Académie, et l'Éloge de La Fontaine qui, en 1774, lui vaut celui de l'Académie de Marseille face à La Harpe ; la tragédie enfin avec ''Mustapha et Zéangir'', jouée à Fontainebleau en 1776 et qui lui vaut une pension sur les menus-plaisirs ainsi que la place de secrétaire des commandements du prince de Condé, emploi dont il se déchargera bientôt, ne supportant aucune forme de dépendance. Durant ces années, il partage sa vie entre les soins que réclame une santé ruinée par des maladies vénériennes contractées jeune, Spa, Contrexéville, Barèges, et la fréquentation des salons, en particulier celui de Madame Helvétius à Auteuil, qui demeurera pour lui une seconde famille. La réception à l'Académie française, en avril 1781, n'est obtenue qu'à la troisième tentative, après deux candidatures malheureuses et plusieurs désistements, notamment en faveur de Chabanon, qui avait menacé de se suicider en cas d'échec. Chamfort occupe le fauteuil laissé vacant par La Curne de Sainte-Palaye ; il y prononce un discours qui fit date autant par son brio que par ses ambiguïtés. Il y louait, comme il se devait, le roi, la reine, le prince de Condé et la compagnie qui le recevait, mais s'attaquait aussi, non sans audace, à la chevalerie que son prédécesseur avait étudiée, comme à une caste ayant pour vice principal la morgue et le refus de s'allier à d'autres classes, allusion à peine voilée à la noblesse de son temps. Cette dualité entre reconnaissance officielle et critique voilée, qui deviendra la marque de ses années révolutionnaires, est déjà entière dans ce discours. === Mirabeau, Sieyès, les années de la Révolution === La rencontre décisive de la vie intellectuelle de Chamfort est celle de Mirabeau, autour de 1783-1784. Pendant près de sept ans, selon le témoignage de Ginguené (Notice, p. xliii sq.) et l'analyse qu'en donne Arnaud (Chamfort, chap. 11-17), les deux hommes se voient presque chaque jour. Chamfort sert au comte plébéien de conseiller, de conscience, de correcteur et parfois de plume : il rédige ou co-rédige des passages importants des ''Considérations sur l'ordre de Cincinnatus'', des discours et des articles que Mirabeau publie ou prononce sous son propre nom, y compris le Discours contre les Académies que le tribun devait lire à l'Assemblée nationale en 1791 ; une fois Mirabeau mort, Chamfort publiera ce texte sous son propre nom. Cette collaboration souterraine, attestée par la correspondance et rappelée par Ginguené puis par Arnaud, place Chamfort dans une position originale : il est, selon le mot d'Arnaud, « l'éminence grise » de la première Révolution, l'homme qui parle par la bouche des autres et qui fait passer ses formules dans les discours et les journaux, refusant de paraître lui-même à la tribune comme il avait refusé de paraître au théâtre. Un collaborateur de Mirabeau, Dumont, résume : « Pendant que d'autres voulaient attaquer le colosse avec un bélier, Chamfort cherchait à le cribler de traits satiriques. » Sa seconde amitié politique, celle de Sieyès, est de la même veine. Chamfort appelait Sieyès son « puritain » ; l'abbé lui rendait un respect qu'il accordait à peu de ses contemporains. Selon une anecdote rapportée par le comte de Lauraguais et publiée en 1802, mais contestée dès cette date par Suard (voir Arnaud, p. 186-187, et les notes afférentes),, Chamfort aurait lui-même soufflé à Sieyès, au début de 1789, le titre et la formule qui firent le succès du pamphlet le plus célèbre de la Révolution : « Qu'est-ce que le tiers état ? Tout. Qu'a-t-il ? Rien. » Sieyès y ajoutera : « Que veut-il ? Quelque chose. » Vraie ou romancée, l'anecdote dit quelque chose d'exact : dans l'hiver précédant les États généraux, Chamfort était au carrefour des réseaux qui préparèrent la transformation du tiers en Assemblée nationale, et ses formules traversaient les brochures comme les conversations. Il est probable qu'il ait eu, par ces voies obliques, un rôle dans la formulation des mots qui firent la Révolution, sans jamais apparaître en première ligne. Devenu collaborateur du ''Mercure de France'' après 1789, Chamfort entreprend avec Pierre-Louis Ginguené, dont l'amitié sera le dernier appui de sa vie, et avec d'autres la publication des ''Tableaux historiques de la Révolution française'', accompagnés des gravures célèbres de Prieur. Il en fournit le texte des treize premières livraisons, composées chacune de deux tableaux, avant que la maladie et les persécutions ne l'obligent à abandonner l'entreprise, continuée par Ginguené. Nommé par Roland en 1792 à l'un des postes de direction de la Bibliothèque nationale, il y demeure jusqu'à son arrestation. Rallié d'abord aux Girondins, il dirigea brièvement la ''Gazette de France'' sous la même période,, méfiant à l'égard de Robespierre et des Jacobins dès 1791, il se trouve à partir de 1793 dans la position intenable de celui qui a servi la Révolution avec ferveur et qui la voit se retourner contre lui. === L'arrestation, le suicide, la mort === Dénoncé en juillet 1793 par un employé subalterne de la Bibliothèque, Tobiesen Duby, qui convoitait sa place et trouva dans ses propos imprudents les prétextes qu'il cherchait, Chamfort avait critiqué Marat publiquement, puis salué Charlotte Corday comme l'auteur d'une « œuvre sublime »,, Chamfort est arrêté à l'aube du 2 septembre 1793, date anniversaire des massacres de l'année précédente (le dossier du Comité de sûreté générale, Archives nationales F7 4638, est analysé par Arnaud, p. 283-292). Il passe deux jours à la prison des Madelonnettes, dans des conditions que son état de santé rendait presque intolérables : entassement, vermine, privation de soins, menace permanente du pire. Libéré sur ordre du Comité de sûreté générale, il doit vivre sous la surveillance d'un gendarme et jure qu'il ne se laissera jamais reconduire en prison. Lorsque, quelque temps plus tard, on vient lui signifier qu'il doit retourner en détention, au Luxembourg et non aux Madelonnettes, comme il l'apprendra trop tard,, il se retire dans un cabinet voisin, se tire une balle dans la tête qui lui fracasse la cloison nasale et l'œil droit sans pénétrer jusqu'au cerveau, puis, l'arme ayant failli, s'entaille à plusieurs reprises le cou, la poitrine, les cuisses et les mollets au rasoir. Les chirurgiens dénombreront vingt-deux plaies, dont plusieurs profondes, et laisseront la balle en place, jugeant son extraction mortelle. Contre toute attente, il ne meurt pas. Pendant plus de six mois, il survit dans un état de mutilation que Ginguené décrit avec effroi, recevant ses proches, commentant la politique, dictant des notes à son biographe, travaillant même, avec Ginguené et Jean-Baptiste Say, au projet d'une revue philosophique, ''La Décade philosophique'', qui verra le jour après sa mort. Il finit par succomber, non à ses blessures premières, mais à une erreur du chirurgien Brasdor, qui referma ses plaies sans leur ménager d'ouverture : l'humeur se répandit dans le corps et provoqua une violente inflammation de la vessie. Desault, un des plus grands chirurgiens vivants, fut appelé en renfort, mais se trompa de remède et décida trop tard une opération. Chamfort meurt le dimanche 13 avril 1794, veillé par ses derniers amis ; son enterrement, dans l'atmosphère de la Terreur, ne réunit qu'un très petit cortège, Ginguené, Sieyès, Colchen et Van Praet en tête. Son corps, jeté quelque temps plus tard parmi les restes anonymes des cimetières parisiens d'Ancien Régime, finira, selon toute vraisemblance, dans les catacombes. Ses manuscrits, pillés au moment des scellés, ne seront que partiellement retrouvés par Ginguené, qui en tirera en 1795 la première édition de ses Œuvres, celle qui a donné à Chamfort son existence posthume comme moraliste. == L'œuvre et ses formes == L'œuvre de Chamfort, telle qu'elle nous est parvenue, est volontairement hétérogène et ne se laisse pas aisément ranger sous une étiquette unique. Les cinq volumes que rassemble l'édition Auguis en 1824-1825 juxtaposent en effet des registres que la tradition littéraire avait jusque-là tenus séparés : la dissertation académique, l'éloge, la comédie et la tragédie, les contes en vers et les épîtres, les notes sur La Fontaine et sur Racine, les articles critiques destinés au Mercure, les ''Tableaux historiques de la Révolution'', et surtout les deux ensembles qui ont assuré sa survie, les ''Maximes et pensées'' et les ''Caractères et anecdotes'',, tous deux recueillis après sa mort par Ginguené sur les feuillets épars que l'auteur tenait par-devers lui et ne montrait à personne. Il est essentiel, pour bien lire Chamfort, de savoir qu'il n'a jamais voulu publier ces feuillets. Un long préambule, rédigé aux alentours de 1790 et que Ginguené a placé en tête des Maximes, énumère les raisons de ce silence : dégoût du public, peur de mourir sans avoir vécu, certitude que tous les hommes célèbres qu'il a connus ont été malheureux, refus enfin de vouloir plaire encore à qui ne lui ressemble pas. Cette dispersion formelle n'est pas un accident. Chamfort lui-même, dans le premier chapitre de ses ''Maximes générales'', avertit que la maxime n'est qu'un abrégé qui vaut par la finesse des observations dont elle procède, et que l'esprit médiocre transforme en règle absolue ce qui, chez son auteur, n'était qu'un relevé singulier. « Les maximes, les axiômes sont, ainsi que les abrégés, l'ouvrage des gens d'esprit qui ont travaillé, ce semble, à l'usage des esprits médiocres ou paresseux. » L'homme supérieur, poursuit-il, « saisit tout d'un coup les ressemblances, les différences qui font que la maxime est plus ou moins applicable à tel ou tel cas, ou ne l'est pas du tout ». Le fragment n'est donc pas, chez Chamfort, l'expression d'une vérité synthétique, mais l'enregistrement ponctuel d'un regard : il note ce qu'il voit, comme le naturaliste qui découvre, au-delà de ses classes et de ses divisions, « l'insuffisance des divisions et des classes ». Le caractère aphoristique de son œuvre majeure n'est ainsi pas une concession à la brièveté, mais la traduction formelle d'une méthode d'observation qui se défie des systèmes. On aurait tort, cependant, d'isoler les Maximes du reste de l'œuvre. Les Éloges de Molière et de La Fontaine, la ''Dissertation sur l'imitation de la nature'', le ''Discours de réception'' à l'Académie, le petit traité ''Des Académies'' qu'il composa pour Mirabeau, et jusqu'aux ébauches d'une histoire du théâtre ancien et moderne conservées dans le tome IV de l'édition Auguis, forment, avec les fragments moraux, un ensemble cohérent. On y reconnaît partout la même main : celle d'un écrivain pour qui la littérature n'est pas séparable de la peinture des mœurs, et pour qui l'histoire des formes, la fable, la comédie, l'éloge, est aussi une histoire sociale. Les ''Tableaux historiques de la Révolution'', de leur côté, prolongent pour le présent ce que les ''Caractères et anecdotes'' avaient entrepris pour la cour de Louis XV : fixer, dans une série de scènes détachées, le visage changeant d'une société qui se défait. === Les comédies et la tragédie === La carrière théâtrale de Chamfort est brève, cinq pièces entre 1764 et 1776, et inégale, mais elle engage des questions qui resteront au cœur de sa pensée. ''La Jeune Indienne'' (1764), comédie en un acte et en vers inspirée d'un épisode du ''Spectator'' anglais, met en scène une jeune fille élevée dans l'état de nature qui découvre les convenances de la société européenne et s'en étonne ; le thème, proche du Huron de Voltaire et de l'Ingénu, est celui du regard étranger porté sur les mœurs civilisées, et l'on reconnaît déjà, dans cette confrontation entre naïveté naturelle et artifice social, une intuition que les Maximes développeront dans un tout autre registre. ''Le Marchand de Smyrne'' (1770), comédie en un acte en prose, transpose la critique sociale sur un autre plan : un marchand d'esclaves y met en vente des captifs européens, parmi lesquels un gentilhomme et un chevalier, que personne ne veut acheter et qui finissent « donnés pour rien », satire de la noblesse que Chamfort rappellera lui-même, dans sa défense de 1793, comme preuve de ses convictions républicaines. La tragédie de ''Mustapha et Zéangir'', représentée à Fontainebleau en 1776 devant la cour, est l'œuvre la plus ambitieuse et, au jugement d'Arnaud, la plus révélatrice de ses limites d'écrivain dramatique. Le sujet est emprunté à l'histoire ottomane, les amours et la mort de deux frères, fils de Soliman le Magnifique, et le traitement s'inscrit dans la filiation racinienne : plusieurs scènes, selon Auguis, témoignent de la profondeur avec laquelle Chamfort avait étudié la manière de Racine, et « jusqu'où il en aurait peut-être porté l'imitation ». La pièce obtint un succès de circonstance, mais elle fut plus froidement reçue par le parterre parisien. Le demi-échec marqua Chamfort. Il n'écrira plus pour le théâtre, et ce silence volontaire est à la fois un trait de caractère, il ne voulait s'exposer qu'à coup sûr, et le signe d'un déplacement vers un mode d'écriture plus personnel, plus fragmentaire, moins dépendant du jugement collectif : les Maximes. Arnaud formule ce tournant en termes forts : Chamfort « mourut ainsi, sous la Terreur, en écrivain moyen, et presque oublié. De cette vie anthume il ne reste rien, sinon sa longue agonie, perceptible dans les maximes et pensées du second Chamfort. » === La critique littéraire : les Éloges, les Notes sur La Fontaine, le Commentaire sur Racine === Les travaux de critique littéraire de Chamfort ont été longtemps éclipsés par les Maximes, mais ils représentent une part substantielle de l'œuvre et méritent d'être considérés pour eux-mêmes. L'Éloge de Molière (1769), couronné par l'Académie française, est un morceau d'éloquence où la célébration du poète comique se double d'une réflexion sur les rapports entre la comédie et la connaissance morale. Chamfort y défend l'idée que Molière est un philosophe autant qu'un dramaturge, et que la peinture des mœurs, lorsqu'elle atteint une certaine profondeur, vaut un traité de morale. L'Éloge de La Fontaine (1774), couronné par l'Académie de Marseille aux dépens de La Harpe, prolonge cette lecture en y ajoutant une attention au détail poétique : Chamfort y analyse la fable non seulement comme un véhicule d'enseignement, mais comme une forme originale d'écriture dont la naïveté apparente est le fruit d'un art savant. Les Notes sur les Fables de La Fontaine qui accompagnent cet Éloge dans l'édition Auguis offrent un commentaire suivi, livre par livre, où Chamfort alterne observations stylistiques et réflexions morales, elles sont l'un des premiers commentaires détaillés consacrés aux Fables. Le tome V de l'édition Auguis contient, sous le titre d'''Essai d'un commentaire sur Racine'', des notes sur Esther et Athalie qui témoignent d'un égal souci d'analyser le travail du poète dans le détail de son texte. La ''Dissertation sur l'imitation de la nature'', enfin, est un essai théorique où Chamfort aborde la question du naturel dans l'art dramatique : il y distingue l'imitation servile de la nature, qui ne produit que des copies, de l'imitation créatrice, qui saisit les « traits saillants » d'un caractère et les compose en un type intelligible. La question du naturel, qui traverse toute sa réflexion, des personnages de la comédie aux maximes sur la « composition factice » de la société,, trouve ici sa formulation théorique la plus explicite. == La tradition moraliste et ses déplacements == === Chamfort au terme d'une lignée === Chamfort appartient à la lignée des moralistes français qui, de Montaigne à Vauvenargues, ont préféré la forme brève à la construction systématique et ont fait de l'observation des conduites humaines la matière même de la philosophie morale. Il reconnaît ses prédécesseurs sans détour : « Il y a deux classes de moralistes et de politiques : ceux qui n'ont vu la nature humaine que du côté odieux ou ridicule, et c'est le plus grand nombre ; Lucien, Montaigne, La Bruyère, La Rochefoucauld, Swift, Mandeville, Helvétius, etc. ; ceux qui ne l'ont vue que du beau côté et dans ses perfections ; tels sont Shaftesbury et quelques autres. Les premiers ne connaissent pas le palais dont ils n'ont vu que les latrines ; les seconds sont des enthousiastes qui détournent leurs yeux loin de ce qui les offense, et qui n'en existe pas moins. Est in medio verum. » Cette déclaration a l'apparence d'un éclectisme modéré, mais la suite de l'œuvre révèle un parti autrement plus décidé : si la vérité est au milieu, Chamfort campe ordinairement sur le versant sévère, celui qui voit dans la société l'ennemie de la nature et dans les usages consacrés autant d'artifices dont la raison, quand elle se ressaisit, reconnaît l'inanité. Le rapport à La Rochefoucauld est à cet égard le plus significatif. Chamfort lui doit le goût de l'antithèse courte, de la chute paradoxale, de la démystification de l'amour-propre. Mais il déplace le centre d'analyse : chez l'auteur des Maximes, l'amour-propre est une disposition universelle, une loi de la nature humaine abstraite de tout cadre social ; chez Chamfort, il est toujours situé, inscrit dans un ordre de rangs, d'emplois et de préjugés dont il faut aussi dresser l'inventaire. La critique se fait institutionnelle autant que psychologique. « La plupart des nobles rappellent leurs ancêtres, à peu près comme un Cicerone d'Italie rappelle Cicéron » : la pointe ne porte plus seulement sur un trait de caractère, mais sur un état social qui confond la gloire héritée et la gloire due. C'est en ce point que Chamfort prend congé du moraliste classique : il inscrit les maximes dans une sociologie, et il rend à la critique de l'ordre social ce que le pessimisme janséniste avait rendu à la critique de l'amour-propre. === L'ascendant des Lumières === À la tradition moraliste s'ajoute la pression des Lumières. Chamfort a lu Helvétius et fréquenté son cercle, il s'est nourri de Rousseau et de Diderot, il connaît les physiocrates et l'Encyclopédie. De l'utilitarisme helvétien, il retient l'idée que l'intérêt bien compris gouverne les actions humaines plus sûrement qu'aucune vertu, et que la morale sociale est largement le produit des institutions ; de Rousseau, il adopte l'intuition maîtresse selon laquelle l'état social a corrompu un état antérieur plus authentique, et que la plupart des douleurs humaines sont filles de la civilisation. Mais Chamfort n'est ni systématique comme Helvétius ni enthousiaste comme Rousseau. Il ne propose aucune refondation théorique, aucun nouveau contrat social, aucune pédagogie. Son matérialisme est un scepticisme ; son rousseauisme, une nostalgie. À la fois héritier des moralistes du Grand Siècle et contemporain des philosophes, il occupe une position qu'on peut qualifier de liminaire : celle d'un moraliste des Lumières, plus proche, par la méthode, de La Bruyère que de d'Holbach, plus proche, par le jugement politique, de Condorcet que de La Rochefoucauld. == Anthropologie : nature, passions, raison == === La nature et la « composition factice » === La pensée anthropologique de Chamfort repose sur une distinction structurante entre la nature et la société, mais cette distinction ne prend jamais, chez lui, la forme d'un mythe des origines à la manière rousseauiste. Il ne remonte pas à un homme primitif dont il reconstituerait la figure ; il se borne à faire apparaître, par contraste, ce que la socialisation a défait. « La société n'est pas, comme on le croit d'ordinaire, le développement de la nature, mais bien sa décomposition et sa refonte entière. C'est un second édifice, bâti avec des décombres du premier. » L'image vaut d'être méditée : elle récuse le modèle progressiste d'une civilisation qui perfectionnerait la nature, mais sans verser dans l'utopie du retour ; elle suggère que la société travaille toujours avec les matériaux de ce qu'elle défait, et que l'on trouve, çà et là, les débris d'une architecture antérieure, comme ces expressions naïves d'un sentiment vrai qui, par surprise, nous émeuvent dans la conversation des grands et qui sont, dit-il, « un hommage à la nature ». Si la civilisation est une décomposition, c'est qu'elle substitue à la spontanéité des affections primitives un système d'usages, de rangs et d'intérêts qui ne souffre plus d'y paraître. « En général, si la société n'était pas une composition factice, tout sentiment simple et vrai ne produirait pas le grand effet qu'il produit : il plairait sans étonner ; mais il étonne et il plaît. Notre surprise est la satire de la société, et notre plaisir est un hommage à la nature. » Le ressort de la critique n'est donc pas la dénonciation d'une déchéance abstraite ; c'est l'observation que la société du XVIIIe siècle a rendu extraordinaire ce qui devrait être ordinaire, et qu'elle fait de la sincérité une rareté muséale. === Passions et raison === Le rapport entre passions et raison, qui avait occupé toute la philosophie morale du XVIIe siècle, se voit chez Chamfort notablement redistribué. Aux moralistes augustiniens qui avaient fait des passions la source de la corruption humaine, il oppose une thèse exactement inverse : « L'homme, dans l'état actuel de la société, me paraît plus corrompu par sa raison que par ses passions. Ses passions (j'entends ici celles qui appartiennent à l'homme primitif) ont conservé, dans l'ordre social, le peu de nature qu'on y retrouve encore. » C'est la raison, c'est-à-dire le calcul, l'artifice, l'intérêt social, qui a altéré l'homme ; les passions, en ce qu'elles ont d'immédiat et de naturel, en sauvent encore quelque chose. La formule n'est pas dirigée contre la raison en général, Chamfort reste un homme des Lumières, mais contre la raison sociale, c'est-à-dire contre l'instrument par lequel l'homme en société apprend à dissimuler, à ménager et à se vendre. De cette valorisation des passions naturelles découle une manière de stoïcisme tempéré. Chamfort ne recommande ni le triomphe sur les passions ni leur libre cours ; il recommande leur authenticité. Un sentiment vrai, éprouvé à temps, vaut, dit-il, mieux que toutes les réflexions savantes : « Le moraliste qui voudrait faire taire ses passions est comme le chimiste qui voudrait éteindre son feu. » La dignité du caractère, qui donnera son titre à l'un des chapitres des Maximes, est moins une maîtrise qu'une fidélité : le refus obstiné de laisser la société défaire en soi ce qui reste de sensibilité spontanée. == Critique de la société == === Les niches et les rangs === L'image la plus achevée qu'ait laissée Chamfort de la hiérarchie sociale est celle de l'édifice aux niches. Il faut la citer presque entièrement, car elle résume, mieux qu'aucune formule générale, sa manière d'analyser l'ordre monarchique : « On peut considérer l'édifice métaphysique de la société comme un édifice matériel qui serait composé de différentes niches ou compartiments, d'une grandeur plus ou moins considérable. Les places avec leurs prérogatives, leurs droits, etc., forment ces divers compartiments, ces différentes niches. Elles sont durables, et les hommes passent. Ceux qui les occupent sont tantôt grands, tantôt petits ; et aucun ou presque aucun n'est fait pour sa place. Là, c'est un géant courbé ou accroupi dans sa niche ; là, c'est un nain sous une arcade : rarement la niche est faite pour la statue. » L'analogie architecturale permet un renversement du principe aristocratique : les places, loin d'être l'expression des mérites qu'elles couronnent, les précèdent et les commandent ; les hommes s'y insèrent avec les disproportions qu'impose la naissance ou la faveur ; et ce qui choque, c'est moins telle inégalité particulière que la règle générale qui veut que l'instrument ne convienne jamais à son étui. Cette image n'est pas isolée. Elle prolonge une série d'observations où Chamfort met en évidence le caractère purement conventionnel de la considération sociale. « Un sot, fier de quelque cordon, me paraît au-dessous de cet homme ridicule qui, dans ses plaisirs, se faisait mettre des plumes de paon au derrière par ses maîtresses. » La comparaison est volontairement grossière ; elle a pour fonction de rappeler que les ornements sociaux, rubans, croix, charges, décorations, ne valent pas davantage, philosophiquement, que les parures que chacun s'octroie en privé, et que l'adhésion à ces signes trahit chez qui les porte une infériorité morale que nul plumage ne rachète. === Les grands, les riches, les gens du monde === Le chapitre III des ''Maximes générales'', entièrement consacré « à la société, aux grands, aux riches et aux gens du monde », développe une critique qui, sous l'apparence de notes détachées, constitue une véritable sociologie de la cour et des salons. Chamfort y parle en témoin. Il a vu l'aristocratie de très près, elle l'a fêté autant qu'elle l'a humilié,, il a servi comme secrétaire du prince de Condé et comme secrétaire du Cabinet de Madame Élisabeth, sœur de Louis XVI ; il a subi la protection affectueuse du comte de Vaudreuil, favori du comte d'Artois, dont il fut proche sans jamais se laisser acquérir ; il a connu intimement Julie Careau, Marthe Buffon, Henriette de Nehra. Son regard est d'autant plus aigu que la société qu'il peint est celle où il fut à la fois admis et étranger. « La société, écrit-il, est composée de deux grandes classes : ceux qui ont plus de dînés que d'appétit, et ceux qui ont plus d'appétit que de dînés. » La formule, d'abord plaisante, est en fait une synthèse économique : l'inégalité y est ramenée à un déséquilibre de besoins et de moyens qui dérobe à ceux qui pâtissent le nécessaire et à ceux qui possèdent la capacité même d'en jouir. À cette critique économique s'ajoute une critique morale. « On ne peut vivre dans la société, après l'âge des passions. Elle n'est tolérable que dans l'époque où l'on se sert de son estomac pour s'amuser, et de sa personne pour tuer le temps. » Ce que Chamfort dénonce n'est pas seulement le luxe ; c'est l'ennui organisé, le remplissage des heures par des plaisirs convenus, la soumission à des liturgies de politesse que rien n'anime plus. Les « gens du monde », remarque-t-il encore, « ne sont pas plutôt attroupés qu'ils se croient en société », mot qui distingue la véritable société, commerce de pensées et d'affections, de cette agrégation où chacun surveille chacun sans jamais rien échanger. === La noblesse héréditaire et les préjugés === De toutes les institutions qu'il critique, la noblesse héréditaire est celle contre laquelle Chamfort déploie la plus grande énergie. Il y voit non seulement un abus particulier, mais le symptôme de l'impuissance propre à la pensée morale à l'égard des préjugés établis : « Veut-on avoir la preuve de la parfaite inutilité de tous les livres de morale, de sermons, etc. ? Il n'y a qu'à jeter les yeux sur le préjugé de la noblesse héréditaire. Y a-t-il un travers contre lequel les philosophes, les orateurs, les poètes aient lancé plus de traits satiriques, qui ait plus exercé les esprits de toute espèce, qui ait fait naître plus de sarcasmes ? cela a-t-il fait tomber les présentations, la fantaisie de monter dans les carrosses ? » La remarque, frappante par sa conclusion désabusée, engage une thèse générale sur l'impuissance du discours moral face aux institutions : la critique raisonnée ne détruit pas ce que le rang, la fortune et l'habitude soutiennent. Elle explique, par avance, pourquoi Chamfort accueillera avec ferveur la Révolution : seule une transformation politique, et non un supplément d'arguments, peut détruire ce que les arguments n'ont pu défaire. Le rapport entre opinions et institutions se laisse ainsi penser, chez Chamfort, selon une circularité qui n'est pas loin d'anticiper la critique idéologique : les opinions reçues naissent des institutions qui les soutiennent, et les institutions durent parce qu'elles sont reconduites par les opinions qu'elles ont engendrées. Chamfort cite à ce propos l'exemple de l'éducation, pour montrer que celle-ci ne peut être réformée séparément des réformes politiques et religieuses dont elle dépend. « L'éducation n'ayant d'autre objet que de conformer la raison de l'enfance à la raison publique relativement à ces trois objets [législation, religion, opinion publique], quelle instruction donner, tant que ces trois objets se combattent ? » On reconnaît là l'intuition qui sera celle, au siècle suivant, d'un certain républicanisme français : la formation des citoyens exige la transformation simultanée de toutes les sphères où se constitue leur raison. === La question de la bâtardise et du ressentiment === Il importe, pour comprendre une part de la critique sociale chez Chamfort, de la rapporter à son expérience propre, tout en se gardant d'en faire la clé unique de l'œuvre. Claude Arnaud a proposé, dans la biographie qu'il lui a consacrée, une lecture d'ensemble articulée autour de la bâtardise et du ressentiment : « Ayant deux identités, celle, aristocratique, de sa mère ; celle, populaire, de sa famille adoptive,, il prend un surnom littéraire à l'âge de vingt ans : Chamfort. Pourtant il restera toujours aussi double que ce faux patronyme, qui commence en douceur et finit en revendication. » Cette lecture, qui a l'avantage de rendre intelligible la trajectoire dans son ensemble, du courtisan couronné au républicain pourchassé,, a le mérite de prendre au sérieux ce que Chamfort lui-même ne cessait de taire mais qui informe, de manière diffuse, la sévérité de son regard sur les distinctions de rang. Elle a toutefois été nuancée par d'autres approches : Jean Dagen, dans son édition des Maximes (GF, 1968), s'attache davantage à la filiation proprement littéraire et philosophique de la pensée de Chamfort, à son rapport aux moralistes classiques, à la logique interne de la forme fragmentaire, et refuse de tout dériver d'une clé biographique. Georges Poulet, dans ''La Distance intérieure'' (1952), lit Chamfort sous l'angle de l'expérience temporelle, la conscience d'un décalage entre le moi et le monde, sans privilégier le ressentiment. Sainte-Beuve, dans les ''Causeries du lundi'', voyait quant à lui un cas « des plus curieux et des plus nets d'ulcération de l'esprit », formule que Nietzsche reprendra pour la retourner. Il y a donc plusieurs lectures possibles du rapport entre la vie et l'œuvre, et la plus prudente est sans doute celle qui reconnaît dans la bâtardise un facteur important sans en faire le principe explicatif exclusif. Nietzsche a été le premier à lire Chamfort sous l'angle du ressentiment, dans un passage du Gai Savoir qui reste l'un des textes de réception les plus pénétrants qui lui aient été consacrés. Il y voyait, dans le « trop explicable ressentiment » de Chamfort, à la fois la condition de sa lucidité et la raison pour laquelle ce moraliste avait fini par se jeter dans la Révolution plutôt que de demeurer, comme Nietzsche l'eût voulu, dans une supériorité philosophique désintéressée. Dans ''La Généalogie de la morale'' (1887), Nietzsche ira plus loin en intégrant Chamfort à sa théorie du ressentiment comme acte créateur de valeurs. Là où Nietzsche diagnostique une limite, Chamfort n'a pas été « philosophe d'un degré de plus »,, on peut aussi bien voir un geste dont la cohérence est propre à Chamfort : refuser de séparer l'exercice du jugement moral de l'engagement politique. Ce débat entre lecture psychobiographique et lecture proprement philosophique reste, aujourd'hui encore, ouvert. == Amour-propre, lettres, académies == Chamfort hérite de La Rochefoucauld la conviction que l'amour-propre est le ressort caché de la plupart des conduites humaines, mais il en déplace l'analyse du terrain strictement psychologique vers le terrain social. L'amour-propre, tel qu'il le peint, n'est pas seulement la complaisance en soi-même : c'est la dépendance où chacun se trouve du regard d'autrui, et particulièrement du regard de ceux que la société a placés au-dessus. De là cette observation aiguë : « J'ai trois sortes d'amis : mes amis qui me détestent, mes amis qui me craignent, et mes amis qui ne se soucient pas du tout de moi. » La remarque, qui a la brièveté d'un mot, contient une doctrine : l'amitié, dans le monde, n'est pas un commerce des cœurs, mais un arrangement des intérêts et des vanités. Le chapitre qui, dans les Maximes, est consacré « aux savants et aux gens de lettres » prolonge cette analyse dans le champ particulier qui était celui de Chamfort lui-même. Il y décrit la vie littéraire comme une seconde cour, avec ses clientèles, ses jalousies et ses bassesses, et n'épargne pas ses propres pairs. Mais c'est le petit traité ''Des Académies'', que Mirabeau devait lire à l'Assemblée en 1791 sous le titre de Rapport sur les Académies, et que Chamfort publia sous son propre nom après la mort du tribun, qui donne à cette critique sa dimension politique. Chamfort y analyse les académies comme des institutions de l'Ancien Régime, héritées d'un temps où la protection royale régissait la vie des lettres, et il y reconnaît un double vice : elles soumettent la pensée au goût du pouvoir, et elles la hiérarchisent selon les rangs plutôt que selon les talents. La suppression des académies, qu'il appelle de ses vœux, n'est donc pas un geste iconoclaste, mais la conséquence logique d'une doctrine de la liberté intellectuelle : là où la pensée reçoit ses récompenses du pouvoir, elle cesse d'être libre. La publication de ce texte valut à Chamfort la rupture de plusieurs de ses anciens amis, et notamment de l'abbé Morellet, qui lui répondit par une brochure, ''De l'Académie française, ou réponse à l'écrit de M. de Chamfort'' (1791), rappelant avec ironie que Chamfort avait mis vingt ans à entrer à l'Académie qu'il demandait à présent de détruire, qu'il y avait prononcé en 1781 un discours où il en louait l'institution et ses protecteurs, et qu'il y avait été assidu pendant dix ans. « Courage de circonstance », concluait le vieil académicien. Le reproche n'est pas entièrement faux : la critique des académies n'est pas seulement un pamphlet contre un ordre révolu, c'est aussi une pièce dans un procès qu'il se fait à lui-même, le dernier acte d'une rupture par laquelle Chamfort renonce solennellement aux honneurs qu'il avait conquis et consent, à perte, à tout ce que la Révolution exigeait de ceux qui avaient appartenu à l'Ancien Régime. On peut lire dans cette rupture, comme l'a fait Arnaud, l'acte par lequel Chamfort solde définitivement ses comptes avec l'Ancien Régime. Morellet, en répliquant, montrait l'autre face du geste : la part d'inconséquence ou de mauvaise conscience qu'il pouvait aussi contenir. Il reste que Chamfort a renoncé sans retour aux bénéfices d'un monde dont il avait été, pendant vingt ans, l'un des ornements. == Politique : royauté, liberté, République == === La critique de la royauté === La pensée politique de Chamfort, aussi longtemps qu'elle s'est exercée sous la monarchie, a pris la forme d'une critique de l'ordre ancien plutôt que d'une théorie positive de la liberté. Il voit dans le régime de Louis XV et de Louis XVI la perpétuation d'un système où les places, les pensions et les charges forment un réseau de dépendances qui corrompt jusqu'à ceux qui s'en défendent. « Quand les sots sortent de place, soit qu'ils aient été ministres ou premiers commis, ils conservent une morgue ou une importance ridicule » : la remarque vise moins les individus que l'institution qui leur a donné cette morgue. De même, sa critique du serment « foi de gentilhomme », « Louis XV a fait banqueroute en détail trois ou quatre fois, et on n'en jure pas moins foi de gentilhomme », n'est pas un trait contre un roi particulier, mais un exemple de la manière dont les formules consacrées résistent à l'évidence des faits. Cette critique se redouble d'une observation plus profonde sur le mécanisme de la domination. Chamfort note que la servitude la plus humiliante n'est pas celle qu'on subit par contrainte, mais celle qu'on consent par intérêt ou par habitude. « J'ai vu des hommes trahir leur conscience, pour complaire à un homme qui a un mortier ou une simare : étonnez-vous ensuite de ceux qui l'échangent pour le mortier, ou pour la simare même. Tous également vils, et les premiers absurdes plus que les autres. » L'analyse du pouvoir se confond ici avec l'analyse de l'amour-propre : c'est parce que chacun cherche sa considération dans le regard des puissants que le pouvoir dure, et ce qui le soutient n'est pas la force mais la complaisance. === L'éminence grise de la première Révolution === Lorsque la Révolution survient, Chamfort en accueille les principes avec un enthousiasme qui tranche sur le scepticisme de ses années antérieures. Son rôle, dans la préparation et les premiers temps du mouvement, est bien plus actif qu'on ne l'a longtemps supposé, comme l'ont montré les travaux de John Renwick (« Chamfort patriote en coulisse », 1980) puis la biographie d'Arnaud. Il est l'un des hommes du club des Trente, il inspire ou relit des discours de Mirabeau, il participe à la Société de 1789 aux côtés de Sieyès, Condorcet, Bailly, Talleyrand et La Fayette, il fréquente les réunions où se discute le sort de la monarchie. Il est aux côtés des députés pour le Serment du Jeu de Paume et, selon un témoignage rapporté par Arnaud, il aurait inspiré à Mirabeau la phrase célèbre : « Nous sommes ici par la volonté du peuple et nous n'en sortirons que par la force des baïonnettes. » Chroniqueur de la Révolution dans les ''Tableaux historiques'', rédacteur au Mercure, auteur de mots qui circulent de bouche en bouche, « Guerre aux châteaux, paix aux chaumières » ; la noblesse « intermédiaire entre le roi et le peuple, comme le chien de chasse est un intermédiaire entre le chasseur et les lièvres »,, Chamfort se tient, selon sa formule propre, dans l'ombre : « Pendant que d'autres voulaient attaquer le colosse avec un bélier, Chamfort cherchait à le cribler de traits satiriques. » Son républicanisme n'est pas une doctrine abstraite ; c'est la conclusion cohérente de toutes ses critiques antérieures. Si les institutions de l'Ancien Régime corrompaient nécessairement ceux qui y entraient, et si les arguments moraux ne pouvaient les faire tomber, il fallait bien que leur chute vînt de l'action politique, et la République offrait la forme où la dignité du caractère pourrait enfin s'exercer sans se compromettre. Chamfort y a cru littéralement. Il a donné ses pensions, sacrifié son revenu, rédigé pour presque rien dans le Mercure, accepté d'être proposé pour plusieurs postes sans jamais les briguer, et s'est installé dans le rôle, ingrat mais cohérent, de celui qui sert la Révolution en la pensant. === Le républicanisme mélancolique === Mais ce républicanisme n'a pas été sans réserves, et c'est dans le huitième chapitre des Maximes, « De l'esclavage et de la liberté en France, avant et depuis la Révolution », que s'inscrivent ces réserves. Chamfort y observe que les hommes ne passent pas, d'une société à l'autre, sans emporter avec eux les habitudes qu'ils y ont contractées. « Je ne croirai pas à la révolution, disait-il en 1792, tant que je verrai ces carrosses et ces cabriolets écraser les passants » : la formule met en évidence le décalage entre les institutions nouvelles et les mœurs qui les précèdent. De même, sa célèbre traduction ironique de la devise « Fraternité ou la mort », « Sois mon frère ou je te tue », n'est pas un sarcasme conservateur, c'est l'observation qu'une vertu imposée par la menace cesse d'être une vertu, et qu'une fraternité qui se maintient par la terreur détruit le principe même dont elle s'autorise. Il faut bien mesurer la portée de ces réserves. Elles ne viennent pas d'un modéré qui regrette la monarchie ; elles viennent d'un républicain qui s'inquiète de voir la République se dégrader en ce qu'elle dénonçait. L'homme qui s'est rangé aux côtés des Girondins en 1792, qui a salué Charlotte Corday comme la « sainte » d'une cause perdue, qui a refusé, aux pires moments de la Terreur, de se dissocier publiquement de ses amis déjà frappés, n'est pas un opposant d'occasion. C'est un homme qui a tenu, jusqu'à l'épreuve, la position d'un républicain intransigeant, et dont la lucidité a fini par mesurer le prix. Chamfort appartient à cette lignée de républicains désenchantés, tel Condorcet, son contemporain, qui accueillirent la chute de l'Ancien Régime comme une nécessité morale et qui ne cessèrent de craindre que la Révolution, dans sa précipitation, ne produisît de nouveaux despotes à la place des anciens. Sa mort, qui fut la conséquence de cette position et non d'un hasard, donna à sa vie la signification d'un choix. === Les Tableaux historiques === Le projet des ''Tableaux historiques de la Révolution française'', pour lequel il fournit treize livraisons composées chacune de deux tableaux et ornées des gravures de Prieur, avant que la tâche ne soit poursuivie par Ginguené, mérite d'être rattaché à sa pensée politique d'ensemble. Chaque « tableau » est une scène : le Serment du Jeu de Paume, la Prise de la Bastille, la Nuit du 14 au 15 juillet, le Roi à l'hôtel de ville de Paris. La méthode est celle de ses ''Caractères et anecdotes'' transportée sur le théâtre révolutionnaire : décrire les événements comme des instants significatifs, en dégager la valeur morale, en repérer les ambiguïtés. On y voit que Chamfort n'était pas un chroniqueur au sens strict ; il concevait l'histoire comme une suite de scènes où se révélait le caractère d'un peuple, et le récit historique comme la prolongation naturelle de la peinture morale. == Morale de la retraite et dignité du caractère == La critique incessante de la société dans laquelle il vit n'aboutit pas, chez Chamfort, à un programme positif ; elle aboutit à une morale de la retraite. Le chapitre IV des ''Maximes générales'', « Du goût pour la retraite, et de la dignité du caractère », en porte le titre explicite. La retraite, chez Chamfort, n'a rien de la clôture religieuse ni de la méditation stoïcienne dans sa forme classique : elle est le refuge d'un esprit que la fréquentation du monde a fatigué, et la condition de possibilité d'un jugement qui ne se soit pas altéré au contact des intérêts. Il faut donc se retirer, non par haine du monde, mais par fidélité à soi-même. C'est le parti qu'il avait voulu prendre dès 1784, lorsqu'il quittait Paris pour la Provence, et qu'il reprit à plusieurs reprises par la suite. Cette morale de la retraite a un corrélat positif, qui est la dignité du caractère. L'expression est à prendre dans un sens très concret : il s'agit, pour celui qui ne peut plus rien changer à l'ordre social, de maintenir en soi une cohérence entre ce qu'il pense et ce qu'il fait, un refus constant des petites lâchetés qu'exige la vie commune. « Un homme du peuple, un mendiant, peut se laisser mépriser, sans donner l'idée d'un homme vil, si le mépris ne paraît s'adresser qu'à son extérieur : mais ce même mendiant, qui laisserait insulter sa conscience, fût-ce par le premier souverain de l'Europe, devient alors aussi vil par sa personne que par son état. » La dignité, telle qu'elle est pensée ici, n'est pas une position sociale ni même une vertu héroïque : c'est le refus, accessible à tous, de laisser insulter sa conscience. Elle fournit le critère par lequel se distinguent les « honnêtes gens » des « fripons » : « Il faut convenir qu'il est impossible de vivre dans le monde sans jouer de temps en temps la comédie. Ce qui distingue l'honnête homme du fripon, c'est de ne la jouer que dans les cas forcés, et pour échapper au péril ; au lieu que l'autre va au-devant des occasions. » On a souvent vu dans Chamfort un misanthrope. Le mot est trop court. La misanthropie suppose une haine générale de l'espèce ; Chamfort, à l'observer, ressentait plutôt une tristesse particulière à l'égard d'une société qu'il voyait incapable de se réformer. Lorsque la Révolution lui offrit un objet d'engagement, il s'y engagea sans réserve ; lorsque cet engagement lui-même devint douteux, il revint à la retraite, et c'est dans cet aller-retour que se lit l'unité d'une vie morale. Son geste final, refuser de rentrer vivant dans une prison, n'est pas une désespérance philosophique ; il est le prolongement extrême de cette dignité du caractère qu'il avait définie. « Je suis un homme libre, dit-il encore aux personnes présentes, jamais on ne me fera rentrer vivant dans une prison. » La déclaration, qu'il relut et signa au procès-verbal, peut être lue comme l'épitaphe de toute une vie morale : le refus, jusque dans la chair, que la société atteigne ce qui, en l'homme, ne lui appartient pas. == La maxime comme forme philosophique == La question de la forme ne saurait être disjointe, chez Chamfort, de la question de la pensée. Il a réfléchi lui-même à ce que c'est qu'une maxime, et l'on a vu qu'il la considérait avec quelque méfiance, comme l'outil commode des esprits paresseux. Pourquoi, alors, a-t-il choisi cette forme ? Parce qu'elle permet, mieux qu'aucune autre, de restituer ce qu'il appelle les « mille observations fines dont l'amour-propre n'ose faire confidence à personne ». La maxime, chez lui, n'est pas la règle d'une morale ; elle est la trace écrite d'une observation particulière, susceptible de corrections et de démentis, qui ne prétend valoir que par sa vérité occasionnelle. Ses maximes, souligne-t-il dès le premier fragment de ses Produits, n'ont pas valeur universelle : elles doivent être lues et interprétées, comme l'a montré Claude Arnaud, en fonction du trajet qui a mené à leur naissance, avertissement méthodologique capital, et qui commande toute l'herméneutique de son œuvre. Cette conception a une conséquence formelle que l'on reconnaît aisément dans les ''Maximes et pensées'' : les fragments y sont souvent introduits par un « j'ai vu », par un « M*** me disait », par un « quelqu'un disait », qui rappellent que la pensée procède toujours d'un cas. La vérité morale, telle que Chamfort l'entend, n'a pas la généralité abstraite d'un principe ; elle s'attache à un contexte, à une scène, à une personne, et ne s'étend au-delà que par la ressemblance que le lecteur consent à reconnaître. Les ''Caractères et anecdotes'' en sont, plus encore que les Maximes, la mise en œuvre exemplaire. Chaque anecdote est un petit récit qui ne dispense aucune leçon formulée, mais qui laisse au lecteur le soin de tirer, ou non, la vérité qu'elle contient. Il en résulte une poétique de la pensée que l'on peut comparer à celle des Essais de Montaigne ou des Caractères de La Bruyère, mais qui s'en distingue par une ironie plus aiguisée et par une économie de moyens plus stricte. Là où Montaigne développe et où La Bruyère dresse le portrait, Chamfort frappe et passe. Son style, qui fut l'un des plus loués du XVIIIe siècle français, n'est pas un ornement ajouté à la pensée : il en est la condition. La brièveté, le paradoxe, la chute inattendue ne sont pas des effets de surface, mais la manière dont la pensée saisit son objet, en sachant qu'elle ne le tient qu'un instant. Sainte-Beuve a pu dire de Chamfort qu'il écrivait « comme on grave » ; la formule est juste, à condition d'ajouter que l'outil était aussi un instrument de connaissance. == Postérité et lectures == La postérité de Chamfort est sinueuse. Publié posthumément par Ginguené en l'an III (1795) sous le titre de ''Produits de la civilisation perfectionnée'', son corpus fragmentaire fut lu avec gravité par les hommes du Directoire et du premier Empire, qui y cherchaient un jugement sur le monde disparu. Les républicains y reconnurent un des leurs ; les royalistes, un esprit trop libre pour être rangé dans un camp. Le fidèle Ginguené poursuivit son travail d'éditeur malgré la disparition de la majeure partie des manuscrits, pillés au moment des scellés. Les premières Œuvres complètes, celles d'Auguis en 1824, ont joué un rôle important dans cette réception : elles rassemblaient pour la première fois l'ensemble des textes, des éloges académiques aux ''Tableaux historiques'', et elles ont fixé l'image d'un moraliste complet. Stendhal, qui reconnaissait en Chamfort l'un de ses maîtres de prose, en a absorbé le style et les préoccupations au point qu'on a pu lire les ''Caractères et anecdotes'' comme une préfiguration de la manière stendhalienne, même économie de moyens, même goût pour le détail révélateur, même ironie retenue. Chateaubriand, qui avait connu Chamfort personnellement et l'avait fréquenté dans les derniers mois de l'Ancien Régime, lui a consacré dans son ''Essai sur les révolutions'' un portrait resté célèbre, dont la phrase, « son œil bleu, souvent froid et couvert dans le repos, lançait l'éclair quand il venait à s'animer », fixa pour longtemps l'image physique de l'homme. Balzac, selon Pierre Citron, fut un lecteur attentif des Maximes. Sainte-Beuve, dans les ''Causeries du lundi'', en fit le sujet de l'une de ses études les plus longues, y voyant un cas « des plus curieux et des plus nets d'ulcération de l'esprit ». C'est Nietzsche qui lui a rendu l'hommage à la fois le plus appuyé et le plus complexe, principalement dans ''Le Gai Savoir'' (1881-1882), dans la préface de ''Humain, trop humain'' (1886) et dans ses ''Fragments posthumes''. Il voyait en Chamfort « le plus malicieux de tous les moralistes » et « un La Rochefoucauld du XVIIIe siècle, mais plus noble et plus philosophe » ; il saluait dans ses Maximes une œuvre possédant « à l'extrême une force de poisson-torpille ». Nietzsche reconnaissait surtout dans Chamfort le portrait d'une intelligence double, tiraillée entre la lucidité de l'observateur et la ferveur du partisan, et à qui son « trop explicable ressentiment » avait fait manquer sa pleine philosophie. « À supposer que Chamfort fût alors demeuré plus philosophe d'un degré, écrit-il dans ''Le Gai Savoir'', la Révolution eût perdu de son tragique mordant et eût été privée de son aiguillon le plus acéré : elle passerait pour un événement beaucoup plus stupide et n'exercerait pas une telle séduction sur les esprits. » Le propos, plus tard nuancé dans ''La Généalogie de la morale'' où Nietzsche intégrera Chamfort à sa théorie du ressentiment, signale à la fois une parenté reconnue, Nietzsche se reconnaissait dans ce moraliste « riche en profondeurs et en arrière-fonds de l'âme, sombre, douloureux, ardent », et une distance : Chamfort, à la différence de Nietzsche, n'a pas voulu se retirer dans la seule supériorité intellectuelle, il a préféré payer de sa personne, et c'est cela même qui lui donne, aux yeux du philosophe allemand, sa singularité tragique. Au XXe siècle, Chamfort a été lu principalement dans la tradition française du moralisme, à côté de La Rochefoucauld, La Bruyère et Vauvenargues ; Albert Camus, dans une préface souvent citée de 1944, l'a présenté comme un écrivain de la lucidité et du refus, et a contribué à le réintroduire dans le canon moderne. Cioran, à sa suite, l'a placé parmi ses moralistes d'élection. Les éditions modernes, celle de Jean Dagen dans la collection GF (1968), celle de Claude Roy, plus récemment l'anthologie ''La Pensée console de tout'' présentée par Claude Arnaud (2014), ont progressivement rendu disponibles les parties de l'œuvre qui avaient été négligées, notamment les écrits politiques et les ''Tableaux historiques''. La biographie qu'a consacrée à Chamfort le même Claude Arnaud en 1988 a, de son côté, renouvelé en profondeur la connaissance de sa vie : en éclairant la question de la naissance, les réseaux de l'amitié avec Mirabeau et Sieyès, le rôle politique de « l'éminence grise » de la première Révolution, elle a permis de lire enfin Chamfort comme un auteur dont la cohérence n'est pas d'abord celle d'un recueil, mais celle d'une trajectoire. == Conclusion == Chamfort occupe, dans l'histoire de la philosophie morale française, une position qui ne se laisse rattacher à aucune école. Héritier des moralistes classiques par la forme qu'il donne à ses pensées, contemporain des Lumières par la confiance qu'il accorde à l'observation et par sa critique des préjugés, républicain de la première heure par conviction plus que par doctrine, il articule ces héritages avec une indépendance qui lui est propre. Sa critique sociale, l'une des plus incisives de sa génération, ne débouche ni sur un système ni sur une utopie : elle s'appuie sur la conviction simple qu'il existe, par-dessous les compositions factices de la vie commune, une nature humaine qu'il est possible de respecter si l'on ne consent pas à s'en laisser dépouiller. Cette position l'expose à une forme de tragique propre, que les interprètes ont diversement qualifiée, « ulcération de l'esprit » selon Sainte-Beuve, « ressentiment » selon Nietzsche, « bâtardise » selon Arnaud, et dont aucune formule ne rend compte à elle seule. Né en marge, il a porté sa vie entière la marque d'une double appartenance sociale, et c'est sans doute de là que venait une part de sa lucidité et de son besoin de ne jamais s'établir. Mais d'autres facteurs, la maladie chronique, les échecs littéraires, la fréquentation prolongée d'un monde dont il voyait les artifices, ont contribué à façonner un regard que l'on aurait tort de dériver d'une seule cause. La société, chez lui, n'a jamais été simplement l'objet d'une critique extérieure : elle a été, en même temps, le lieu de son humiliation et de son triomphe, un ordre qu'il observait de l'intérieur parce qu'il n'y avait eu sa place que par effraction, mais aussi par talent, par séduction et par un effort de volonté dont il ne faut pas sous-estimer l'étendue. Si la société corrompt par ses institutions ce que la nature avait donné de meilleur, et si la réforme politique elle-même ne peut s'accomplir qu'au prix de nouvelles violences, que reste-t-il à l'homme qui pense ? La réponse de Chamfort, celle qu'il a donnée par ses Maximes et qu'il a scellée par sa mort, est que reste du moins le devoir de ne pas mentir à soi-même. C'est peu ; c'est aussi beaucoup, puisque c'est le seul terrain sur lequel la dignité du caractère, sa seule morale, demeure intégralement entre les mains de celui qui la pratique. On comprend alors que ses Maximes, en dépit de leur apparente dispersion, forment une œuvre : elles sont l'inventaire des occasions dans lesquelles cette dignité s'exerce ou se manque, et c'est à cet inventaire que Chamfort a consacré les observations de toute une vie. Ce qui survit ainsi de lui n'est pas une doctrine, mais une figure et un ton. Figure d'un écrivain qui a refusé toutes les complaisances, et dont les contemporains disaient déjà qu'il écrivait « comme on grave » ; ton d'une ironie qui n'est jamais pure cruauté, parce qu'elle s'applique d'abord à celui qui la formule. Ce ton, la postérité l'a reconnu chez Stendhal, chez Nietzsche, chez tous ceux qui, sans fonder d'école, ont fait de la brièveté et de l'acuité les instruments d'une pensée morale sans illusions. Chamfort est de cette famille : celle des moralistes qui, pour avoir regardé le monde d'assez près, ont conclu qu'il valait mieux le dire que l'expliquer, et dont l'œuvre, précisément parce qu'elle ne se clôt sur aucun système, continue d'être utile à quiconque veut, à son tour, ne pas mentir. == Indications bibliographiques == === Sources primaires === * {{ouvrage|auteur1=Chamfort|responsabilité1=aut.|directeur1=Pierre-Louis Ginguené|titre=Œuvres de Chamfort|lieu=Paris|éditeur=Imprimerie des Sciences et Arts|année=an III (1795)|tome=4 vol.}} : Première publication posthume, à laquelle on doit l'essentiel de ce que nous lisons aujourd'hui sous le nom de ''Maximes et pensées'' et de ''Caractères et anecdotes''. Ginguené y a accompli un travail d'établissement dans des conditions difficiles, une grande partie des manuscrits ayant été volée au moment de la pose des scellés. * {{ouvrage|auteur1=Chamfort|responsabilité1=aut.|directeur1=P. R. Auguis|titre=Œuvres complètes de Chamfort|sous-titre=recueillies et publiées avec une notice historique sur la vie et les écrits de l'auteur|lieu=Paris|éditeur=Chaumerot jeune|année=1824-1825|tome=5 vol.}} : Édition rassemblant les œuvres littéraires, critiques, politiques et morales. C'est à elle que renvoient la plupart des citations du présent travail. La notice d'Auguis, fondée sur les papiers de Ginguené, est le premier récit continu de la vie de Chamfort. Réédition en fac-similé par Slatkine. * {{ouvrage|auteur1=Chamfort|directeur1=Jean Dagen|titre=Maximes et pensées, caractères et anecdotes|lieu=Paris|éditeur=Garnier-Flammarion|année=1968|id=Dagen 1968}} (rééd. 2013). : Édition de référence en format courant, avec introduction, notes et établissement philologique solide des fragments ; c'est celle qui s'est imposée dans l'usage universitaire. * {{ouvrage|auteur1=Chamfort|titre=Maximes et pensées, caractères et anecdotes|préface=[[Albert Camus]]|lieu=Monaco|éditeur=Éditions du Rocher|année=1944}} : Préface historiquement importante qui a contribué à la redécouverte de Chamfort au {{s|XX}} et qui ouvre toute la réception contemporaine. * {{ouvrage|auteur1=Chamfort|directeur1=Claude Arnaud|titre=La Pensée console de tout|lieu=Paris|éditeur=[[Éditions Flammarion|Flammarion]]|collection=GF|année=2014}} : Anthologie récente accompagnée d'un appareil critique à jour et d'une présentation qui prolonge le travail biographique de 1988. === Études === * {{ouvrage|auteur1=Claude Arnaud|titre=Chamfort. Biographie|sous-titre=suivie de soixante-dix maximes, anecdotes, mots et dialogues inédits ou jamais réédités|lieu=Paris|éditeur=[[Robert Laffont]]|collection=Les hommes et l'histoire|année=1988|id=Arnaud 1988}} (rééd. [[Éditions Gallimard|Gallimard]], coll. « Tel », 2003). : Biographie de référence, fondée sur un dépouillement systématique des sources d'archives. Arnaud a établi, en s'appuyant sur les mémoires inédits du baron d'Espinchal, les circonstances de la naissance de Chamfort ; il a reconstitué son rôle politique aux côtés de Mirabeau et de Sieyès ; il a proposé une lecture d'ensemble articulée autour de la bâtardise et du ressentiment. L'ouvrage publie en annexe soixante-dix fragments inédits et une enquête sur le vol des manuscrits. * {{ouvrage|auteur1=John Renwick|directeur1=oui|titre=Chamfort and the French Revolution|lieu=Oxford|éditeur=Voltaire Foundation|collection=Studies on Voltaire and the Eighteenth Century|année=1990}} : Voir aussi, du même auteur : « Chamfort patriote en coulisse », ''Studies on Voltaire and the 18th century'', vol. 183, 1980, {{p.|165}} sq. Travaux qui, sur la base de documents d'archives inédits, ont établi le rôle politique de Chamfort au cours des années 1789-1793 et publié plusieurs lettres inconnues. * {{article|auteur1=Jean Dagen|titre=Chamfort moraliste|périodique=Revue d'histoire littéraire de la France|année=1968}} : Étude préparatoire à l'édition GF qui établit les principales filiations (Montaigne, La Rochefoucauld, La Bruyère, Vauvenargues) et propose une lecture interne de la forme fragmentaire. * {{ouvrage|auteur1=Louis Van Delft|titre=Le Moraliste classique. Essai de définition et de typologie|lieu=Genève|éditeur=[[Librairie Droz|Droz]]|année=1982}} : Ouvrage de référence sur la tradition moraliste française, dans lequel la place de Chamfort est discutée à la lumière de ses prédécesseurs et de ses successeurs directs. * {{ouvrage|auteur1=Maurice Pellisson|titre=Chamfort, étude sur sa vie, son caractère, ses écrits|lieu=Paris|année=1895}} (rééd. Slatkine, 1970). : Première étude érudite importante consacrée à Chamfort après Sainte-Beuve ; elle demeure utile malgré les corrections qu'a imposées la biographie d'Arnaud. * {{ouvrage|auteur1=Émile Doucet|titre=Chamfort et son temps|lieu=Paris|éditeur=Fasquelle|année=1944}} (rééd. Volcans, 1974). * {{ouvrage|auteur1=Julien Teppe|titre=Chamfort, sa vie, son œuvre, sa pensée|préface=[[Jean Rostand]]|lieu=Paris|éditeur=Pierre Clairac|année=1950}} : Deux monographies de la première moitié du {{s|XX}} qui ont accompagné la redécouverte du moraliste. * [[Friedrich Nietzsche]], ''[[Le Gai Savoir]]'' (1882), préface à ''[[Humain, trop humain]]'' (1886), et ''Fragments posthumes'' (1881). : Lieux essentiels de la réception allemande, où Nietzsche fait de Chamfort son moraliste d'élection et reconnaît en lui un frère en pensée. * {{article|auteur1=[[Charles-Augustin Sainte-Beuve|Sainte-Beuve]]|titre=Chamfort|périodique=[[Causeries du lundi]]|volume=t. IV|année=1852}} : Étude parmi les plus pénétrantes du {{s|XIX}}, qui voit dans Chamfort « un des plus curieux et des plus nets cas d'ulcération de l'esprit » et qui a longtemps déterminé la lecture du moraliste. * {{article|auteur1=Pierre Citron|titre=Balzac, lecteur de Chamfort|périodique=L'Année balzacienne|année=1969}} : Article qui montre, à partir de relevés précis, la présence diffuse mais réelle de Chamfort dans l'œuvre de Balzac. * {{chapitre|auteur1=[[Georges Poulet]]|titre chapitre=Chamfort|titre ouvrage=La Distance intérieure|lieu=Paris|éditeur=[[Éditions Plon|Plon]]|année=1952}} : Lecture phénoménologique qui, sous l'angle de la distance et du retrait, dégage l'expérience temporelle propre au moraliste. * {{ouvrage|auteur1=[[Marc Fumaroli]]|titre=La République des lettres|lieu=Paris|éditeur=[[Éditions Gallimard|Gallimard]]|année=2015}} : Ouvrage qui replace la trajectoire de Chamfort dans une histoire plus large des institutions lettrées de l'Ancien Régime. [[Catégorie:Philosophe]] {{DEFAULTSORT:Chamfort}} 2dkdlu1w9rwqjm4geyag1lzkvskd8bl Dictionnaire de philosophie/Carnéade 0 83913 768229 767515 2026-06-21T05:13:20Z PandaMystique 119061 Bot : ajout du paramètre lecture=oui au modèle {{DicoPhilo}} 768229 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Carnéade|lecture=oui}} '''Carnéade de Cyrène''' (vers 214-129 av. J.-C.) est un philosophe grec, chef de la Nouvelle Académie et principal représentant du [[Dictionnaire de philosophie/Scepticisme|scepticisme]] académicien. Critique du dogmatisme, en particulier du critère stoïcien de la vérité, il élabore une théorie du «&nbsp;probable&nbsp;» (''pithanon'') qui offre un guide pratique de l’action sans rétablir la certitude. N’ayant rien écrit, il nous est connu par son disciple Clitomaque, puis par Cicéron et Sextus Empiricus. == Un homme, une méthode, une place dans l’histoire == Carnéade naquit à Cyrène vers 214 av. J.-C. et dirigea, à Athènes, la Nouvelle Académie, après avoir succédé à Hégésinus et reçu l’enseignement dialectique du stoïcien Diogène de Babylone<ref>Naissance à Cyrène vers 214 av. J.-C. (Brochard, ''Les Sceptiques grecs'', ch. III, donne vers 219), mort vers 129-128. Maître : le stoïcien Diogène de Babylone, à qui il doit la dialectique.</ref>. Plusieurs témoignages anciens le présentent comme l’un des grands orateurs et dialecticiens de son temps : les rhéteurs, rapporte Diogène Laërce, fermaient leur école pour aller l’entendre. Son talent était nourri du stoïcisme même qu’il combattait, au point qu’il aimait à répéter, parodiant un mot célèbre, que sans Chrysippe il n’y aurait pas eu de Carnéade<ref>Brochard, ''Les Sceptiques grecs'', ch. III ; cf. la formule rapportée par les Anciens, «&nbsp;S’il n’y avait pas eu de Chrysippe, il n’y aurait pas de Carnéade&nbsp;».</ref>. Les sources ne transmettent que peu d’épisodes de sa vie, hormis l’ambassade à Rome de 155 av. J.-C., où, mandaté avec Diogène de Babylone et Critolaüs pour obtenir la remise d’une amende infligée à Athènes, il plaida en deux jours successifs pour puis contre la justice<ref>Ambassade de 155 av. J.-C., avec Diogène de Babylone et Critolaüs (Brochard écrit 156).</ref>. Devenu vieux et aveugle, il refusa de se donner la mort comme le lui reprochaient les stoïciens, se bornant à dire que la nature, qui l’avait formé, saurait bien le détruire. Il mourut en 129 av. J.-C. Carnéade n’a rien écrit. Toute sa doctrine nous est parvenue de seconde main : par son disciple et successeur Clitomaque, qui mit ses arguments par écrit, puis par Cicéron, Sextus Empiricus, Plutarque et Lactance<ref>Transmission par Clitomaque, Cicéron, Sextus Empiricus, Plutarque et Lactance : Long &amp; Sedley, sect. 68-70.</ref>. Cette absence d’œuvre a compliqué la réception de sa pensée et favorisé des lectures indirectes, dépendantes de Cicéron et de Sextus, puis de relectures modernes comme celle de Brochard. Son enseignement forme pourtant un ensemble cohérent, portant sur trois grands domaines (la théorie de la connaissance, la théologie et le souverain bien) auxquels s’ajoutent ses analyses sur la divination et la causalité. Sa méthode est celle de l’Académie : argumenter ''in utramque partem'', soutenir tour à tour le pour et le contre, non pour trahir secrètement une thèse, mais pour tenir la balance égale entre des raisons opposées et conduire l’auditeur à suspendre son jugement. Cette dialectique n’est jamais purement négative : Carnéade construit ses argumentations avec art, enchaînant des preuves qui se fortifient l’une l’autre. De là vient la difficulté d’interpréter sa pensée : ce qu’il défend ''disserendi causa'' (pour les besoins de la discussion) ne se confond pas nécessairement avec ce qu’il tient pour vrai. == La critique du critère de la vérité == Le premier domaine est l’épistémologie. Il s’agit d’établir qu’il n’existe aucun critère de la vérité, non seulement contre les stoïciens, mais contre tous les dogmatistes. Sextus rapporte deux temps de l’argument : d’abord qu’il n’existe, sans restriction, aucun critère : ni la raison, ni la sensation, ni la représentation, ni rien d’autre, car tous nous trompent à l’occasion ; ensuite que, si un critère existait, il ne pourrait être qu’un état de l’âme (''pathos'') produit par l’évidence, puisque c’est en étant affecté que le vivant enregistre les choses<ref>Sextus Empiricus, ''Contre les professeurs'' (M) VII, 159-165 ; Long &amp; Sedley, sect. 70A.</ref>. La cible principale est la ''représentation compréhensive'' (''katalêptikê phantasia''), notion centrale de la théorie stoïcienne de la connaissance. Pour Zénon, certaines impressions portent en elles-mêmes la marque de leur vérité : elles viennent d’un objet réel, lui sont conformes, et sont telles qu’une impression semblable ne pourrait provenir de ce qui n’est pas. Carnéade accepte toute cette définition, sauf la dernière clause<ref>Long &amp; Sedley, sect. 69-70 ; cf. la définition stoïcienne de la représentation compréhensive, sect. 40D.</ref>. Pour toute représentation vraie, soutient-il, on peut concevoir une représentation fausse qui lui soit indiscernable : le sommeil, l’ivresse, la folie, les jumeaux, les illusions des sens (la rame qui paraît brisée dans l’eau, les reflets changeants du cou de la colombe) montrent qu’aucune impression ne porte de signe infaillible distinguant le vrai du faux. De là sa conclusion sceptique : l’''akatalepsia'', l’impossibilité de rien saisir avec certitude. Rien ne peut être appréhendé au sens fort où l’entendaient les stoïciens. Mais Carnéade élargit la portée de la critique : là où Arcésilas se contentait de réfuter les positions effectivement soutenues, il argumente aussi contre les positions seulement concevables, qu’il s’agisse des critères possibles ou, en morale, des conceptions possibles du souverain bien<ref>Cicéron, ''De finibus'' V, 16 ; Sextus, M VII, 159 ; H. Thorsrud, «&nbsp;Arcesilaus and Carneades&nbsp;», dans Bett (éd.), p. 70.</ref>. La représentation compréhensive stoïcienne demeure sa cible principale parce qu’elle offre, dans le débat hellénistique, la formulation la plus systématique d’un critère de vérité. == Le probable (''pithanon'') : une théorie positive de la croyance == Une fois la certitude ruinée, une objection se présente, que les stoïciens ne manquaient pas d’opposer : sans critère, l’action devient impossible (''apraxia''). Si rien ne peut être saisi, comment vivre, agir, choisir ? La réponse de Carnéade constitue son apport le plus original. Il distingue ce qui est ''inappréhensible'' de ce qui est ''obscur''<ref>Cicéron, ''Académiques'' II, 32 ; H. Thorsrud, «&nbsp;Arcesilaus and Carneades&nbsp;», dans Bett (éd.), p. 70-71.</ref>. Que rien ne soit appréhensible avec une certitude absolue ne signifie pas que tout soit également obscur : certaines impressions nous frappent comme plus claires, plus convaincantes que d’autres ; nous y adhérons davantage, sans qu’elles portent pour autant la garantie de leur vérité. L’absence d’impressions compréhensives ne bouleverse donc pas la vie, contrairement à ce que prétendaient les stoïciens. Une impression peut être considérée sous un double rapport. Par rapport à l’objet, elle est vraie ou fausse. Par rapport au sujet, elle paraît vraie (on l’appelle alors ''probable'', ''pithanê'') ou ne paraît pas vraie. Écartons celles qui paraissent fausses, et celles qui ne paraissent vraies que faiblement (objet trop petit, trop éloigné, sens défaillants). Reste l’impression qui paraît vraie avec intensité : c’est elle qui «&nbsp;nous tire à l’assentiment&nbsp;» et qui constitue le critère de Carnéade<ref>Sextus, M VII, 166-184 ; Long &amp; Sedley, sect. 69D-E.</ref>. Ce critère admet des degrés et se déploie en trois niveaux. Le premier est l’impression probable simple. Le deuxième ajoute la condition d’être ''non détournée'' (''aperispaston'') : une impression ne vient jamais seule, mais entourée d’autres impressions liées entre elles comme les anneaux d’une chaîne ; notre croyance se renforce lorsque aucune des impressions concomitantes ne vient la démentir. On reconnaît ainsi Socrate à la concordance de tous ses traits ; et Ménélas, voyant la vraie Hélène à Pharos, refusa d’y croire parce qu’une autre impression (il l’avait laissée sur le navire) la contredisait. Le troisième niveau ajoute d’être ''examinée de fond en comble'' (''diexodeumenon'') : chaque impression du faisceau est alors contrôlée une à une, comme on interroge les candidats aux magistratures, en vérifiant l’état du sujet, l’objet, le milieu, la distance, le lieu, le temps<ref>Sextus, M VII, 178-184.</ref>. L’usage de ces degrés est proportionné à l’importance de l’affaire : dans une matière sans gravité, on se contente du probable ; dans une affaire sérieuse, on exige le non-détourné ; pour ce qui touche au bonheur, l’impression pleinement examinée : comme, dans la vie ordinaire, on interroge un seul témoin pour une vétille, plusieurs pour une affaire grave. Ce critère reste subjectif et faillible : il ne porte que sur l’apparence de vérité, et l’impression probable se révèle parfois fausse. Sa rareté ne justifie pourtant pas qu’on se défie de ce qui est vrai le plus souvent, car nos jugements et nos actions se règlent sur ce qui vaut pour la plupart. On appelle d’ordinaire ''probabilisme'' cette doctrine (Cicéron traduit ''pithanon'' par ''probabile''). Le terme ne convient vraiment qu’à partir de Carnéade, et il ne faut pas le confondre avec le ''raisonnable'' (''eulogon'') d’Arcésilas : chez ce dernier, la vraisemblance dépend de la seule raison et suppose une pluralité de représentations bien liées ; chez Carnéade, une impression isolée peut déjà être dite probable par sa force et sa vivacité, et la source de la probabilité est d’abord l’expérience, la raison n’intervenant que pour exercer un contrôle<ref>Brochard, ''Les Sceptiques grecs'', ch. III, sur la différence entre ''eulogon'' et ''pithanon''.</ref>. Par ses analyses de l’accord et de l’association des représentations comme garantie de leur probabilité, Carnéade anticipe certains thèmes de la psychologie moderne. == Assentiment, opinion et le débat sur l’interprétation == Une difficulté demeure. L’impression probable «&nbsp;tire à l’assentiment&nbsp;» ; or Clitomaque assure que Carnéade fit de grands efforts pour bannir l’assentiment, et avec lui toute opinion. Comment concilier les deux ? La solution passe par une distinction, posée dans le contexte même du critère, entre deux sens de l’assentiment, ou deux manières de suspendre son jugement. En un sens, le sage suspend tout assentiment : il ne s’engage jamais à tenir quoi que ce soit pour vrai ou faux. En un autre sens, il «&nbsp;approuve&nbsp;» ou «&nbsp;suit&nbsp;» une impression probable, disant «&nbsp;oui&nbsp;» à ce qui le convainc et «&nbsp;non&nbsp;» à ce qui ne le convainc pas, sans pour autant juger que la chose est telle<ref>Cicéron, ''Académiques'' II, 104 ; G. Striker, «&nbsp;Academics versus Pyrrhonists, reconsidered&nbsp;», dans Bett (éd.), p. 200 ; Long &amp; Sedley, sect. 69I.</ref>. On peut donc adhérer à une impression (s’en servir pour décider et agir, comme d’une conjecture éclairée) sans être convaincu de sa vérité. C’est sur ce point que les disciples se sont divisés, et que les interprètes modernes se divisent encore. Selon la lecture ''dialectique'', attribuée à Clitomaque, Carnéade ne fait qu’étendre la méthode d’Arcésilas et maintient une suspension universelle du jugement : sa théorie du probable n’est qu’un instrument destiné à montrer que les stoïciens ne sont pas mieux lotis que les académiciens, et ne révèle rien de ses convictions. Selon la lecture ''faillibiliste'', rattachée à Métrodore de Stratonice puis à Philon de Larisse, Carnéade restreint la portée de l’''epochê'' et admet des croyances faillibles : le sage peut opiner, pourvu qu’il se souvienne que ses opinions ne sont pas certaines<ref>Cicéron, ''Académiques'' II, 78 et 139 ; H. Thorsrud, «&nbsp;Arcesilaus and Carneades&nbsp;», dans Bett (éd.), p. 70-78.</ref>. Cicéron, notre meilleure source, penche du côté de Clitomaque tout en rapportant les deux interprétations ; il avoue lui-même que Clitomaque n’a jamais pu dire ce que Carnéade approuvait au juste<ref>Cicéron, ''Académiques'' II, 139.</ref>. Quelle que soit la lecture retenue, la position de Carnéade est intermédiaire entre le Portique et Arcésilas : aux stoïciens il concède qu’il faut distinguer les impressions ; à Arcésilas il accorde que nous ne saisissons jamais les choses telles qu’elles sont en elles-mêmes. Cette impuissance ne lui paraît pourtant pas interdire toute croyance. Il est, selon une formule heureuse, plus éloigné du dogmatisme que du scepticisme : il diffère des sceptiques par une nuance, des dogmatistes par un principe<ref>Brochard, ''Les Sceptiques grecs'', ch. III.</ref>. == La critique des dieux et de la théologie stoïcienne == La théologie stoïcienne fait de l’univers un être vivant, ordonné par une raison immanente (un ''logos'', un feu artiste) qui dispose la totalité aux meilleures fins. Cette théologie cosmique et providentialiste, moniste dans son principe, se concilie avec les noms du polythéisme traditionnel, dont elle fait autant d’aspects ou de manifestations du divin. Optimisme, finalité et providence s’y rejoignent. Carnéade attaque sur tous les points : il nie la finalité, conteste les preuves de l’existence des dieux, soutient que l’idée même de divinité est contradictoire, et réduit à l’absurde la religion populaire. L’un de ses arguments procède par réduction à l’absurde de l’anthropomorphisme stoïcien. Si les dieux existent, ils sont vivants ; s’ils sont vivants, ils ont la sensation ; s’ils sentent, ils éprouvent l’amer et le doux, donc le plaisir et la peine ; donc ils peuvent souffrir, changer en pire, et par conséquent périr. Les dieux seraient ainsi périssables, ce qui contredit leur définition<ref>Sextus, M IX, 139-141 ; Long &amp; Sedley, sect. 70C.</ref>. Carnéade ajoute qu’un dieu privé de l’un de nos cinq sens serait inférieur à l’homme : il faudrait plutôt lui en accorder davantage. Plus serré encore est le sorite contre les dieux, rédigé par Clitomaque, qui le tenait pour décisif. Si Zeus est un dieu, Poséidon son frère l’est aussi ; alors le fleuve Achéloos l’est ; puis le Nil ; puis tous les fleuves ; puis les ruisseaux ; puis les torrents. Mais on n’admettra pas que les torrents soient des dieux ; donc Zeus non plus. De même : si le Soleil est un dieu, le jour l’est (car le jour n’est que le soleil au-dessus de la terre), puis le mois, puis l’année, où s’arrêter ? L’argument exploite l’impossibilité, pour les stoïciens, de tracer une limite cohérente entre le divin et le naturel<ref>Sextus, M IX, 182-184 ; Cicéron, ''De natura deorum'' III, 43-44 ; Long &amp; Sedley, sect. 70D-E.</ref>. S’y ajoute le problème du mal : si tout est l’œuvre d’une providence sage, à quoi servent les poisons, les bêtes féroces, les maladies ? Pourquoi Dieu a-t-il donné à l’homme une intelligence dont il peut faire un usage criminel ? Carnéade ne visait pas à supprimer les dieux, «&nbsp;ce qui ne conviendrait nullement à un philosophe&nbsp;», mais à convaincre les stoïciens de ne rien démontrer de ce qu’ils affirment<ref>Cicéron, ''De natura deorum'' III, 44.</ref>. Sa thèse n’est pas qu’il n’y a pas de Dieu, mais que l’existence de Dieu n’est pas prouvée par les arguments du Portique. Comme l’a noté Zeller, ses raisons portent plus loin que leur cible immédiate : elles atteignent toute conception d’une personnalité divine, c’est-à-dire la difficulté de penser ensemble l’infini, l’absolu, et une existence déterminée et limitée, difficulté que les théologiens n’ont jamais entièrement résolue<ref>Éd. Zeller, cité par Brochard, ''Les Sceptiques grecs'', ch. IV.</ref>. == La critique de la divination == Liée à la théologie et au problème de la causalité, la critique de la divination est, pour Brochard, une victoire du bon sens sur la superstition. Carnéade en montre l’illusion sous toutes ses formes : oracles, présages, songes. À propos des rêves, il oppose à l’hypothèse de dieux venant jeter aux dormeurs des visions embrouillées une explication simple : l’âme garde la trace des impressions reçues et revoit en songe les idées qui l’ont occupée pendant la veille<ref>Cicéron, ''De divinatione'', livre II ; Brochard, ch. III.</ref>. De cette critique ne suit pas qu’il faille détruire la religion : celle-ci ne peut que gagner à être débarrassée de ses superstitions. Le sommeil, qui devrait être le refuge où l’on se repose des soucis, devient au contraire la source des plus grandes terreurs ; on les dédaignerait si les philosophes ne les avaient prises sous leur protection. Réduire à néant ces chimères propres à troubler les esprits faisait donc partie, aux yeux de Carnéade, du service de la raison. == Le destin, la causalité et ce qui dépend de nous == C’est dans la question de ce qui dépend de nous que la pensée de Carnéade se montre la plus pénétrante. Le problème, tel qu’il se posait à ses contemporains, naissait de deux axiomes apparemment incontestables : tout mouvement exige une cause ; toute proposition, qu’elle porte sur le présent ou l’avenir, est vraie ou fausse. De là semblait découler que tout s’enchaîne, que tout événement est déterminé d’avance par des causes antérieures, donc nécessaire et prévisible. Le Portique se débattait dans cette difficulté : sa physique et sa divination le poussaient au fatalisme, mais sa morale exigeait de préserver la responsabilité de l’agent. Chrysippe distingua donc le destin de la nécessité (au prix d’efforts dont Cicéron dit qu’il en «&nbsp;sua sang et eau&nbsp;»), tandis que les épicuriens rejetaient les deux derniers axiomes au moyen du ''clinamen'' et de propositions ni vraies ni fausses, paradoxes qui scandalisaient les dialecticiens. Carnéade établit d’abord, par un sorite, qu’on ne peut admettre le destin sans nier ce qui dépend de nous : si tout arrive par des causes antécédentes, tout est lié par un enchaînement étroit ; alors la nécessité produit tout ; alors rien n’est en notre pouvoir. Or quelque chose est en notre pouvoir. Donc tout n’arrive pas par le destin. Son innovation majeure est de ''séparer'' trois formes de déterminisme que Chrysippe et Épicure confondaient. Ces catégories (déterminisme causal, soit tout événement a des causes suffisantes antérieures ; déterminisme logique, soit il est déjà vrai que l’événement aura lieu ; et déterminisme épistémique, soit il est déjà connu qu’il aura lieu) relèvent d’une reconstruction conceptuelle moderne du débat, non d’un vocabulaire technique antique. Carnéade soutient que le déterminisme logique n’entraîne ni le causal ni l’épistémique<ref>Cicéron, ''De fato'' 26-33 ; Long &amp; Sedley, sect. 70G.</ref>. Le point d’appui est que quelque chose est en notre pouvoir (l’assentiment que nous accordons ou refusons à nos idées), vérité que les stoïciens eux-mêmes ne contestaient pas. Mais Carnéade refuse, pour la sauver, l’hypothèse oiseuse du ''clinamen''. Nul besoin de mouvements sans cause : il suffit de distinguer la cause antérieure et extérieure de la cause tout court. La volonté est elle-même une cause ; dire qu’on veut «&nbsp;sans cause&nbsp;», c’est seulement dire «&nbsp;sans cause extérieure et antérieure&nbsp;» : comme un vase «&nbsp;vide&nbsp;» est sans vin ni huile, non absolument vide. Surtout, Carnéade dénonce la confusion stoïcienne de la ''succession'' et de la ''causalité''. La vraie cause n’est pas ce qui précède un fait, mais ce qui a une efficacité naturelle : la blessure est cause de la mort, le feu de la chaleur ; mais Hécube n’est pas la cause de la ruine de Troie pour avoir enfanté Pâris, ni le voyageur bien vêtu la cause de son propre détroussement<ref>Cicéron, ''De fato'' 31-33 ; Brochard, ch. III ; sur la critique de la cause, Ioppolo 2007.</ref>. Ainsi se dissout l’«&nbsp;argument paresseux&nbsp;» : nul ne peut dire qu’il guérira quoi qu’il fasse, car le médecin sera peut-être la cause, survenue à l’improviste, qui le sauvera. À côté des séries d’événements liés par la nécessité naturelle, il existe donc des causes qui ne dépendent d’aucun antécédent et s’insèrent fortuitement dans la trame du monde. L’action d’une telle cause ne peut être prévue : seul l’événement la révèle. Les futurs sont bien vrais de toute éternité, mais d’une vérité abstraite, qu’aucune intelligence (pas même celle d’un dieu) ne peut connaître d’avance. Apollon lui-même n’aurait pu prédire le crime d’Œdipe, faute de cause antérieure l’y forçant, ni la mort de Marcellus en mer<ref>Cicéron, ''De fato'' 32-33.</ref>. Et que la vérité d’une proposition sur l’avenir soit immuable ne menace pas ce pouvoir : c’est mon action qui rend vraies, en tous leurs temps, les assertions qui la concernent ; la vérité stable est l’effet de mon choix, non sa cause. Dans tout ce débat acharné, aucun de ces philosophes si subtils ne songea à nier que quelque chose dépende de nous. == La morale : la ''divisio carneadea'' et la polémique contre les stoïciens == En logicien consommé, Carnéade commençait par réduire toutes les morales possibles à un petit nombre de types : la ''divisio carneadea''. Son point de départ est que la sagesse est un art de vivre, et que tout art se distingue de la fin qu’il poursuit (la médecine vise la santé, le pilotage la navigation). Tout le monde convient que la fin doit être conforme à notre nature et qu’elle suscite en nous l’impulsion (''hormè''). Le désaccord ne porte que sur sa définition. Trois fins sont en lice : le plaisir, l’absence de douleur, ou les premiers biens conformes à la nature (''ta prôta kata phusin'') : santé, intégrité des sens, force, beauté. Chacune peut être soit poursuivie, soit possédée, d’où une classification des positions concevables, et non des seules positions effectivement soutenues<ref>Cicéron, ''De finibus'' V, 16-20 ; Long &amp; Sedley, sect. 64G ; Long 1967 ; Algra 1997.</ref>. Cette division a une visée polémique. Les stoïciens sont les seuls à tenir pour bonne en elle-même la simple poursuite (la «&nbsp;sélection&nbsp;») des avantages naturels, indépendamment du résultat. Carnéade leur objecte que cette formule est circulaire, ou introduit deux fins, puisqu’un art vise toujours autre chose que son propre exercice ; Antipater dut y répondre par une seconde formulation de la fin. Surtout, après tous leurs discours, les stoïciens reviennent à ce qu’avaient dit plus simplement les anciens académiciens : ils n’innovent que dans les mots, appelant «&nbsp;préférable&nbsp;» ce que les Péripatéticiens nommaient «&nbsp;bien&nbsp;»<ref>Cicéron, ''Tusculanes'' V, 120 ; sur la portée anti-stoïcienne de la ''divisio'', C. Lévy, «&nbsp;The sceptical Academy: decline and afterlife&nbsp;», dans Bett (éd.), p. 91 ; Annas 2007.</ref>. A-t-il professé pour son compte une de ces morales ? Les témoignages se contredisent. Cicéron rapporte qu’il défendait l’opinion de Calliphon (qui unit le plaisir et l’honnête) avec une ardeur telle qu’il semblait l’avoir faite sienne ; d’autres passages le rapprochent de la seule recherche des biens naturels, en avertissant qu’il ne la soutenait que ''disserendi causa''<ref>Cicéron, ''Académiques'' II, 139 et ''De finibus''.</ref>. Clitomaque, on l’a vu, ne sut jamais ce qu’approuvait son maître. Il est donc probable que Carnéade n’a professé aucune doctrine morale positive. S’il en eut une, la fin la plus plausible serait la possession des biens naturels, l’impulsion naturelle jouant le rôle de critère pratique qu’a la sensation probable dans la connaissance : une donnée qui s’impose sans principe dogmatique<ref>Brochard, ''Les Sceptiques grecs'', ch. III.</ref>. Une telle morale, comprenant aussi les qualités de l’esprit et pouvant conserver les mots de vertu et d’honnêteté, serait une doctrine moyenne, proche du sens commun, et finalement voisine de celle d’Aristote et de l’ancienne Académie. == Les discours sur la justice à Rome == L’origine de toutes les accusations portées contre Carnéade est son double discours de Rome, qui scandalisa Caton. Le premier jour, il exposa tout ce qu’on peut dire en faveur de la justice, reprenant Platon, Aristote, Zénon et Chrysippe. Le second jour, il soutint la thèse contraire : la justice est d’institution humaine, il n’existe pas de droit naturel antérieur aux conventions des hommes, et le droit varie selon les temps et les pays ; s’il y avait une justice, ce serait une folie, car la loi de tout vivant est de chercher son avantage ; et les peuples les plus puissants, à commencer par les Romains, n’en ont cure : sans quoi ils rendraient leurs conquêtes et retourneraient à leurs chaumières<ref>Lactance, ''Institutions divines'' V, 16-17, d’après le ''De republica'' III de Cicéron (perdu).</ref>. Il illustrait son propos par des cas de conscience opposant la justice à ce qu’on nomme communément la sagesse : celui qui, vendant un esclave rebelle ou une maison insalubre, en avoue les défauts est juste, mais il passera pour fou ; dans un naufrage, celui qui cède à plus faible que lui la planche qui ne peut porter qu’un homme est juste, mais insensé. Le débat porte sur le statut du droit, qu’oppose la nature à la loi, à la coutume et à l’institution. Ces dilemmes, repris au livre III du ''De officiis'', annoncent certains procédés de la casuistique et nourriront une longue tradition d’analyse des cas de conscience ; la critique moderne tient d’ailleurs ce discours pour une reconstruction de Cicéron, probablement d’après Clitomaque, plutôt que pour une transcription des plaidoiries romaines<ref>Cicéron, ''De officiis'' III ; sur le caractère reconstruit de l’argument, Ferrary 1977 (Cicéron suivant probablement Clitomaque).</ref>. Faut-il y voir une leçon publique d’immoralité ? La réhabilitation entreprise par Martha, et reprise par Brochard, le conteste. Carnéade n’a rien appris aux Romains, sinon que des manières d’agir qui leur semblaient naturelles étaient répréhensibles ; il choisit ses exemples pour frapper son auditoire, et plaidait peut-être ''ad hominem'' la cause d’Athènes, suggérant aux plus grands pillards de l’univers d’être indulgents pour autrui. Loin d’avoir secrètement favorisé la thèse négative, tout son art consistait à tenir la balance égale. Quintilien atteste qu’il ne fut pas un homme injuste, Lactance qu’il n’en voulait pas à la justice, saint Augustin en parle favorablement, et Numénius rapporte qu’il l’observait dans sa conduite. Le seul reproche fondé qu’on puisse lui faire est de n’avoir pas conclu<ref>C. Martha et Brochard, ch. IV ; témoignages de Quintilien, Lactance, saint Augustin et Numénius.</ref>. == Postérité et signification == La Nouvelle Académie atteignit son apogée avec Carnéade. Ses successeurs immédiats (Clitomaque, Charmadas, Métrodore) furent encore des hommes éminents, mais c’est avec Philon de Larisse que la lecture faillibiliste de Métrodore l’emporta, l’Académie évoluant vers l’idée que la vérité existe sans que la certitude soit jamais atteinte. Cette pente provoqua en retour la réaction dogmatique d’Antiochus d’Ascalon, qui pourtant continua d’employer la ''divisio carneadea'' contre les stoïciens<ref>C. Lévy, «&nbsp;The sceptical Academy: decline and afterlife&nbsp;», dans Bett (éd.), p. 91.</ref>. Énésidème, contemporain, put ainsi décrire la querelle des derniers académiciens et du Portique comme «&nbsp;des stoïciens combattant des stoïciens&nbsp;»<ref>Photius, ''Bibliothèque'' 170a (Énésidème) ; G. Striker, «&nbsp;Academics versus Pyrrhonists, reconsidered&nbsp;», dans Bett (éd.), p. 201.</ref>. Il faut distinguer Carnéade du pyrrhonisme. Sextus le range parmi les dogmatiques négatifs, parce qu’il affirmerait l’inappréhensibilité, alors que le pyrrhonien n’affirme ni ne nie qu’on puisse atteindre le vrai ; et les pyrrhoniens ne reprirent pas son appel au probable comme guide de l’action, lui préférant le simple «&nbsp;phénomène&nbsp;»<ref>Sextus, ''Esquisses pyrrhoniennes'' I, 1-4 et 226 ; sur Philon, Long &amp; Sedley, sect. 68-69.</ref>. La différence avec les sophistes est plus grande encore : là où Protagoras ou Gorgias ne font qu’effleurer le doute pour se précipiter vers la pratique, Carnéade approfondit, ordonne et analyse, avec une attention remarquable aux degrés de vraisemblance, au contrôle des impressions et aux conditions de l’erreur. L’objection classique au probabilisme (il n’y a de probable que s’il y a du vrai, donc la probabilité suppose la certitude) fut adressée à Philon par Antiochus. La réponse de l’Académie est qu’on peut reconnaître l’existence de la vérité sans posséder de signe certain qui la distingue du faux : il y a des choses évidentes et vraisemblables qu’on peut «&nbsp;approuver&nbsp;» sans les «&nbsp;percevoir&nbsp;». Le probabilisme n’a rien d’une extravagance : dans de nombreux domaines de la vie ordinaire et des sciences empiriques, nos jugements reposent moins sur une certitude absolue que sur des degrés de vraisemblance contrôlée, érigeant en lois plausibles des observations concordantes que de nouveaux faits pourront réviser. Par la rigueur de sa critique de la connaissance, la finesse de sa théorie du probable et la portée de ses analyses sur la cause, la modalité et la responsabilité, Carnéade occupe une place majeure dans le scepticisme antique<ref>Brochard, ''Les Sceptiques grecs'', ch. IV.</ref>. Brochard voit en lui l’un des plus grands dialecticiens grecs ; cette appréciation, si emphatique qu’elle paraisse, se comprend par l’ampleur de son influence sur la critique académicienne du dogmatisme. Une part de son importance historique tient à la médiation de Cicéron : c’est par les dialogues académiques latins que ses arguments ont passé dans la culture romaine, puis dans les traditions sceptiques postérieures. Son apport durable tient moins à une doctrine qu’à une manière de penser : substituer à la prétention d’une certitude infaillible l’analyse des degrés de crédibilité et des conditions pratiques du jugement. == Notes et références == {{references|colonnes=2}} == Bibliographie == === Sources anciennes === * Cicéron, ''Académiques'' (''Lucullus''), ''De natura deorum'', ''De fato'', ''De finibus'', ''De officiis'', ''De re publica'' (livre III). * Sextus Empiricus, ''Contre les professeurs'' (''Adversus mathematicos''), VII et IX ; ''Esquisses pyrrhoniennes'', I. * Diogène Laërce, ''Vies et doctrines des philosophes illustres'', IV. * Lactance, ''Institutions divines'', V. === Études === * V. Brochard, ''Les Sceptiques grecs'', Paris, 1887. * A. A. Long &amp; D. N. Sedley, ''The Hellenistic Philosophers'', vol. 1, Cambridge, 1987. * R. Bett (éd.), ''The Cambridge Companion to Ancient Scepticism'', Cambridge, 2010. * C. Lévy, ''Cicero Academicus. Recherches sur les Académiques et sur la philosophie cicéronienne'', Rome, 1992. * A. A. Long, «&nbsp;Carneades and the Stoic Telos&nbsp;», ''Phronesis'', 12 (1967), p. 59-90. * G. Striker, «&nbsp;Sceptical Strategies&nbsp;» (1980), repris dans ''Essays on Hellenistic Epistemology and Ethics'', Cambridge, 1996. * K. Algra, «&nbsp;Chrysippus, Carneades, Cicero: the ethical divisiones in Cicero’s Lucullus&nbsp;», dans B. Inwood &amp; J. Mansfeld (éd.), ''Assent and Argument'', 1997. * R. Bett, «&nbsp;Carneades’ Pithanon: A Reappraisal of its Role and Status&nbsp;», ''Oxford Studies in Ancient Philosophy'', 7 (1989), p. 59-94. * R. Bett, «&nbsp;Carneades’ Distinction between Assent and Approval&nbsp;», ''The Monist'', 73 (1990), p. 3-20. * J. Annas, «&nbsp;Carneades’ Classification of Ethical Theories&nbsp;», dans A. M. Ioppolo &amp; D. N. Sedley (éd.), ''Pyrrhonists, Patricians, Platonizers'', Naples, 2007. * A. M. Ioppolo, «&nbsp;La critica di Carneade al concetto stoico di causa (Cic., ''De fato'' 31-37)&nbsp;», 2007. * J.-L. Ferrary, «&nbsp;Le discours de Philus (Cicéron, ''De re publica'' III, 8-31) et la philosophie de Carnéade&nbsp;», ''Revue des Études Latines'', 55 (1977), p. 128-156. * J. Barnes, «&nbsp;Carneades&nbsp;», ''Concise Routledge Encyclopedia of Philosophy'', Londres, 2000. * J. Allen, «&nbsp;Carneades&nbsp;», ''Stanford Encyclopedia of Philosophy''. * C. Martha, «&nbsp;Le philosophe Carnéade à Rome&nbsp;», dans ''Études morales sur l’Antiquité'', Paris. {{Autocat}} 7dd2krynb9a02kxocz1mi7ddvvwqb5f Dictionnaire de philosophie/Pierre Kropotkine 0 83949 768222 767935 2026-06-21T05:11:13Z PandaMystique 119061 768222 wikitext text/x-wiki {{DicoPhilo|Pierre Kropotkine}} [[Fichier:Atelier Nadar - Pierre Kropotkine.jpg|vignette|upright=1.1|Pierre Kropotkine, photographie de l'atelier Nadar.]] Prince russe issu de la lignée de Rurik, géographe primé par les sociétés savantes de son temps, officier formé à la cour impériale, Pierre Kropotkine (1842-1921) employa toute son énergie à montrer que les sociétés humaines pouvaient se gouverner sans gouvernants. On le présente souvent comme « le prince anarchiste », formule commode qui dit la rupture sociale mais en masque l'essentiel : Kropotkine fut d'abord celui qui voulut donner à l'[[Dictionnaire de philosophie/Anarchisme|anarchie]] une assise scientifique. Là où d'autres en faisaient une exigence morale ou un cri de révolte, il entreprit de l'enraciner dans la nature elle-même, en s'appuyant sur la biologie, l'histoire et l'observation. Sa thèse centrale tient en un mot, qu'il emprunte au langage courant pour lui donner un sens technique : l'entraide. Contre l'idée, dominante à la fin du XIX{{e}}&nbsp;siècle, que la nature serait une arène où chaque individu lutte contre tous, il soutient que la coopération à l'intérieur d'une même espèce constitue un facteur de l'évolution, souvent plus important que la concurrence. De cette observation naturaliste, il tire une conséquence politique : si la sociabilité est inscrite dans le vivant, alors la contrainte de l'État n'a rien de nécessaire. Deux livres portent cette double ambition : ''La Conquête du pain'' (1892), où il dessine une société communiste sans pouvoir central, et ''L'Entraide, un facteur de l'évolution'' (1902), où il argumente la biologie de la coopération. == Repères biographiques == [[Fichier:Peter Kropotkin 1864.png|vignette|Kropotkine en 1864, durant ses années sibériennes.]] Kropotkine naît à Moscou le 9 décembre 1842, dans une famille de la haute aristocratie possédant des serfs. L'enfance se passe au contact de cette servitude domestique, dont il gardera une mémoire précise et indignée : c'est là, plus tard, qu'il situera l'une des sources de sa sensibilité sociale. Entré à près de quinze ans au corps des Pages, l'école la plus fermée de l'Empire, il côtoie le tsar Alexandre II, dont il devient brièvement le page de chambre. Il en sort en 1862 avec les meilleures notes et une décision qui consterne son entourage : au lieu d'une carrière dans la garde, il demande à servir en Sibérie. Les cinq années sibériennes (1862-1867) forment le tournant. Officier cosaque sur l'Amour, il parcourt à cheval des milliers de kilomètres, lève des cartes, étudie les glaciers et la faune. Deux apprentissages s'y croisent. Le premier est scientifique : ses relevés sur la structure des montagnes d'Asie et sur l'extension des anciennes glaciations lui vaudront une réputation de géographe. Le second est politique, et il le formulera sans détour dans ses souvenirs : l'expérience de l'administration impériale lui apprend l'impuissance du commandement. C'est en Sibérie, écrira-t-il, qu'il perdit toute foi dans la discipline d'État, ayant découvert que rien d'utile ne s'accomplit par l'ordre et la punition, mais seulement par l'accord de volontés convergentes. Un poète exilé, Mikhaïlov, lui met alors entre les mains le ''Système des contradictions économiques'' de Proudhon<ref>Pierre Kropotkine, ''Autour d'une vie. Mémoires''. Sur cet épisode, voir George Woodcock et Ivan Avakumovic, ''The Anarchist Prince'', Londres, 1950, p. 57-58.</ref>. De retour dans la capitale, il étudie les mathématiques, travaille pour la Société géographique russe et acquiert une notoriété savante. Membre actif du comité chargé de préparer une expédition arctique, il déduit vers 1871, de la dérive des glaces et des courants au large de la Nouvelle-Zemble, l'existence de terres encore inconnues plus au nord ; cette hypothèse parut confirmée deux ans plus tard par une expédition autrichienne conduite par Julius Payer et Carl Weyprecht, qui baptise l'archipel « Terre François-Joseph ». C'est aussi en 1871 que la Société géographique russe lui offre son secrétariat, c'est-à-dire une vie tout entière vouée à la recherche. Il refuse. La crise morale qui motive ce refus éclaire tout le reste : de quel droit, se demande-t-il, jouir des plaisirs élevés du savoir quand tout, autour de lui, n'est que misère et lutte pour un morceau de pain ? La science lui paraît un privilège tant qu'elle n'est pas le bien de tous<ref>Pierre Kropotkine, ''Autour d'une vie. Mémoires'' ; passage cité et commenté par Ángel Cappelletti, ''El pensamiento de Kropotkin''.</ref>. En 1872, un voyage en Suisse précipite sa conversion. Il y rencontre la Fédération jurassienne, l'aile antiautoritaire de l'Association internationale des travailleurs, et noue des liens avec James Guillaume puis avec l'horloger Adhémar Schwitzguébel, qui l'introduit auprès des ouvriers de Sonvilier. L'indépendance des horlogers du Jura, leur façon de penser par eux-mêmes et de s'organiser sans chefs, l'impressionne vivement : c'est au sortir de ces montagnes, dira-t-il, que ses vues sur le socialisme se fixèrent et qu'il se sut anarchiste. Il rentre en Russie chargé de littérature socialiste, rejoint le cercle Tchaïkovski et porte la propagande chez les ouvriers et les paysans. Arrêté en mars 1874, au lendemain d'une conférence donnée devant la Société géographique sur les formations glaciaires, il passe deux ans au secret dans la forteresse Pierre-et-Paul, où sa santé se délabre. Transféré à l'hôpital militaire, il s'en évade en 1876, et cette évasion devient aussitôt légendaire<ref>Brian Morris, ''Kropotkin'', Oakland, PM Press, 2018, premier chapitre ; Martin A. Miller, ''Kropotkin'', Chicago, 1976, p. 113-124.</ref>. Commence alors un exil de plus de quarante ans. Il fonde et anime le journal ''Le Révolté'', d'abord à Genève. L'assassinat d'Alexandre II en 1881 entraîne l'expulsion des réfugiés russes ; Kropotkine passe en France, où un procès l'envoie à la prison de Clairvaux de 1883 à 1886. Sa détention émeut le monde savant : le naturaliste Alfred Russel Wallace, le poète Swinburne, l'écrivain et artisan socialiste William Morris et nombre de collaborateurs de l{{'}}''Encyclopædia Britannica'' signent une pétition pour sa libération, que Victor Hugo remet en personne au ministre de la Justice ; Renan et l'Académie des sciences de Paris mettent leurs bibliothèques à sa disposition. Signe d'une rivalité intellectuelle durable, Huxley refuse d'y joindre son nom<ref>Ángel Cappelletti, ''El pensamiento de Kropotkin'', p. 388 ; sur les signataires, le refus de Huxley et la remise de la pétition au ministre par Victor Hugo, George Woodcock et Ivan Avakumovic, ''The Anarchist Prince'', 1950, p. 193-195.</ref>. Libéré, il s'installe en Angleterre, où il écrira ses grands livres. L'unité du mouvement se brise en 1914. Hostile de longue date au militarisme, Kropotkine n'est pourtant pas pacifiste : il redoute que la victoire de l'Allemagne impériale n'écrase en Europe toute espérance d'émancipation. En 1916, il signe avec Jean Grave, Tcherkesov et quelques autres le « Manifeste des Seize », qui prend parti pour les Alliés. La majorité de ses compagnons, Malatesta, Emma Goldman, Alexandre Berkman, Rudolf Rocker, y voient un reniement et s'éloignent de lui<ref>Martin A. Miller, ''Kropotkin'', Chicago, 1976, p. 230-238 ; Brian Morris, ''Kropotkin'', 2018.</ref>. La révolution de février 1917 ouvre enfin le retour. En juin, après plus de quarante ans d'exil, Kropotkine rentre en Russie ; une foule d'environ soixante mille personnes l'accueille à Petrograd, en pleine nuit. Mais l'espoir tourne court. Kerenski lui propose un ministère, qu'il refuse, comme il refuse tout poste du gouvernement provisoire ; les anarchistes, de leur côté, lui tiennent rigueur de son ralliement à la guerre. Il s'installe à Moscou, puis se retire en 1918 à Dmitrov, petite ville au nord de la capitale, où il travaille avec la coopérative locale et achève son traité d'éthique. En mai 1919, une entrevue avec Lénine, ménagée par Bontch-Brouïevitch et connue surtout par le récit qu'en a laissé ce dernier, met face à face deux conceptions inconciliables de la révolution : Kropotkine plaide pour les coopératives et les syndicats, que Lénine juge « bavardages », tandis que Lénine défend la dictature et la terreur. Il n'offrira au pouvoir, prévient-il, qu'une aide négative : lui signaler ses fautes. Ses dernières interventions publiques seront des protestations, l'une contre la mainmise de l'État sur la presse, l'autre contre la pratique des otages. Il meurt à Dmitrov le 8 février 1921. Ses funérailles rassemblent des dizaines de milliers de personnes et forment le dernier grand rassemblement anarchiste que la Russie soviétique tolérera : des militants obtiennent une libération provisoire de prison pour y assister<ref>Brian Morris, ''Kropotkin'', 2018 ; Martin A. Miller, ''Kropotkin'', 1976, p. 240-247 ; le compte rendu de l'entretien provient de Vladimir Bontch-Brouïevitch, témoin proche du pouvoir soviétique, et la datation des rencontres avec Lénine demeure discutée.</ref>. == L'entraide comme facteur d'évolution == Pour saisir la portée de l'entraide, il faut se replacer dans le climat intellectuel des années 1880. Le darwinisme, vulgarisé et durci, sert alors à justifier la concurrence économique : la nature serait un champ de bataille où survit le plus apte, et la société devrait s'y conformer. En 1888, le biologiste Thomas Huxley publie un essai retentissant, ''The Struggle for Existence in Human Society'', qui décrit le monde vivant comme une lutte de gladiateurs et la vie tribale comme une guerre de chacun contre tous, à la manière de Hobbes. C'est à cette image que Kropotkine veut répondre. Sa réponse ne sort pas d'un cabinet, mais des forêts de Sibérie. Lecteur de ''L'Origine des espèces'', il y avait cherché en vain la concurrence acharnée entre animaux d'une même espèce que Darwin lui avait appris à attendre. Avec le zoologiste Ivan Poliakov, son compagnon d'exploration dans les régions du Vitim et de l'Amour, il avait parcouru ces terres l'esprit encore plein de Darwin, sans y rencontrer cette guerre intestine. Ce qu'il observait, c'était autre chose : des adaptations contre le froid et les ennemis, des oiseaux et des ruminants s'entraidant lors des migrations, des espèces luttant ensemble contre la disette plutôt que les unes contre les autres. Une conférence du zoologiste russe Karl Kessler, en 1880, lui fournit la formule qu'il fera sienne : l'appui mutuel est une loi de la nature au même titre que la lutte, mais, pour le progrès de l'espèce, il importe davantage. Kropotkine remarque d'ailleurs que les darwiniens russes, moins marqués par Malthus que leurs collègues anglais, avaient depuis longtemps cette intuition<ref>Pierre Kropotkine, ''L'Entraide, un facteur de l'évolution'', premier chapitre ; sur le contexte scientifique, Brian Morris, ''Kropotkin'', 2018.</ref>. Le livre déploie cette thèse en une vaste fresque, des sociétés animales aux « sauvages », des « barbares » à la cité médiévale, jusqu'aux pratiques d'entraide des sociétés modernes. L'argument biologique est précis : ce ne sont pas les individus les plus rivaux qui survivent, mais les espèces les plus sociables, parce que la coopération conserve mieux la vie et favorise les facultés qui assurent l'avenir du groupe. La conclusion renverse le mot d'ordre que Spencer avait forgé et que le darwinisme social reprit à son compte : « les plus aptes » sont les plus solidaires. Kropotkine se garde pourtant de l'excès inverse. Il refuse l'idylle de Rousseau autant que la guerre de Huxley : la nature n'est ni paix pure ni carnage. Surtout, il précise que l'entraide n'est qu'un facteur de l'évolution parmi d'autres, et reconnaît la part de l'affirmation individuelle. À un correspondant qui voulait modifier le titre de son livre, il rappelle qu'il n'a jamais prétendu expliquer comment l'entraide agit sur l'évolution, seulement montrer qu'elle y agit<ref>Caroline Cahm, ''Kropotkin and the Rise of Revolutionary Anarchism, 1872-1886'', Cambridge, 1989, p. 5-6.</ref>. Une part de sa biologie a depuis vieilli, en particulier son lamarckisme et sa croyance en l'hérédité des caractères acquis, que la génétique du XX{{e}}&nbsp;siècle, à laquelle travailla notamment Theodosius Dobzhansky, devait écarter. L'intuition centrale, en revanche, a tenu : Ashley Montagu a jugé que ses données et ses analyses résistaient bien à l'examen, et Stephen Jay Gould lui a rendu justice dans un essai au titre éloquent, « Kropotkin Was No Crackpot »<ref>Sur le lamarckisme de Kropotkine et la synthèse génétique ultérieure, comme sur le jugement d'Ashley Montagu, Brian Morris, ''Kropotkin'', 2018 ; Stephen Jay Gould, « Kropotkin Was No Crackpot », repris dans ''Bully for Brontosaurus'', 1991.</ref>. == Le communisme anarchiste == [[Fichier:La conquête du pain.jpg|vignette|Couverture de ''La Conquête du pain'' (1892), où Kropotkine expose le communisme anarchiste.]] Kropotkine n'a pas inventé l'anarchisme, ni même le communisme anarchiste, dont il fut plutôt le théoricien le plus écouté. Son apport tient à un déplacement précis à l'intérieur du socialisme antiautoritaire. Les héritiers de Bakounine se disaient « collectivistes » : ils voulaient socialiser les moyens de production, mais laissaient subsister une rétribution proportionnée au travail fourni. Au congrès de la Fédération jurassienne tenu à La Chaux-de-Fonds en octobre 1880, il pèse de tout son poids pour faire adopter un autre mot et une autre idée. Le terme de collectivisme, juge-t-il, garde l'odeur du salariat ; il faut lui préférer le communisme, c'est-à-dire la distribution selon les [[Dictionnaire de philosophie/Besoin|besoins]]. Il avait préparé le terrain, écrivant à Reclus et à Cafiero pour s'assurer de leur appui ; mais devant des délégués hésitants, que le mot effrayait, la résolution ne l'emporta que grâce au discours de Carlo Cafiero. La formule elle-même n'était pas neuve : Dumartheray l'avait esquissée dès 1876, et l'idée mûrissait alors dans les groupes italiens et espagnols<ref>Sur le congrès de La Chaux-de-Fonds et le rôle de Cafiero, Caroline Cahm, ''Kropotkin and the Rise of Revolutionary Anarchism, 1872-1886'', Cambridge, 1989, p. 51-64 ; Brian Morris, ''Kropotkin'', 2018.</ref>. L'argument de fond est une critique de la propriété appuyée sur l'histoire de la richesse. Toute production, soutient Kropotkine, est sociale et héritée : chaque parcelle de sol cultivée en Europe a été arrosée de la sueur de plusieurs générations. Les routes, les machines, le savoir accumulé, rien de tout cela n'est l'œuvre d'un seul homme. Dès lors, comment mesurer la part de chacun ? La question est sans réponse, et c'est là que le salariat se révèle injuste : il prétend évaluer une contribution individuelle qui se perd dans un tissu collectif. « De quel droit, demande-t-il, s'approprier la moindre parcelle de cet immense ensemble et dire : ceci est à moi, non à vous ? »<ref>Pierre Kropotkine, ''La Conquête du pain'', premier chapitre (« Nos richesses »).</ref> Kropotkine en tire la formule qu'il reprend au socialisme français : de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins. À ceux qui réclament une part proportionnelle, il oppose l'image simple du tas commun où chacun puise. ''La Conquête du pain'' (1892) tire les conséquences pratiques. Une révolution, pour Kropotkine, doit assurer dès le premier jour le bien-être de tous, faute de quoi elle perdra le soutien populaire. Il ne suffit donc pas de socialiser les usines, comme le veulent les collectivistes et les sociaux-démocrates ; il faut socialiser aussi le logement, les vivres, les vêtements, qui sont pour le travailleur des instruments de production au même titre que l'outil. Abolir la propriété privée des moyens de production tout en la maintenant sur les biens de consommation, c'est, dit-il, asseoir la société sur deux principes contraires : elle retombera dans la propriété ou ira jusqu'au communisme. Contre l'objection de la pénurie, il répond par le rationnement local au début, puis par l'essor d'une production que la science rend possible. Et il écarte une caricature : le communisme qu'il défend n'est pas la grande exploitation autoritaire, la charrue à vapeur passée sur les jardins et les vergers ; on ne touchera pas au lopin du paysan qui le cultive lui-même, avec ses enfants, sans salariés<ref>Pierre Kropotkine, ''La Conquête du pain'', 1892 ; cf. Caroline Cahm, ''Kropotkin and the Rise of Revolutionary Anarchism'', 1989, p. 9.</ref>. À l'économie politique, dans sa version libérale comme dans certaines lectures marxistes, il oppose encore un renversement de méthode. Les économistes partent de la production telle qu'elle existe, puis cherchent comment écouler les marchandises ; il faut partir des besoins, soutient Kropotkine, car c'est le besoin qui pousse d'abord l'homme à produire. De là sa réfutation de la théorie de la surproduction : les crises ne viennent pas de ce qu'on produit trop, mais de ce que les masses, tenues dans la pauvreté par l'organisation marchande, consomment trop peu. Loin de produire en excès, l'époque produirait plutôt trop peu, si l'on mesurait la production aux besoins réels qu'elle laisse insatisfaits<ref>Pierre Kropotkine, ''La Conquête du pain'' ; George Woodcock et Ivan Avakumovic, ''The Anarchist Prince'', 1950, p. 318-319.</ref>. == L'intégration du travail et l'éducation intégrale == Le même refus de la spécialisation gouverne ''Champs, usines et ateliers'' (1899). Kropotkine y attaque la division du travail qu'Adam Smith avait érigée en principe. Cette division, écrivait-il déjà dans ''La Conquête du pain'', revient à étiqueter et marquer les hommes pour la vie : l'un épissera des cordages dans une fabrique, l'autre poussera d'énormes paniers de charbon au fond d'une mine, sans que nul comprenne jamais la machine, le métier ni la mine dans leur ensemble ; ainsi se perdent le goût du travail et la faculté d'inventer qui, aux débuts de l'industrie moderne, avaient créé les machines dont on s'enorgueillit. À la division, il oppose l'intégration : réunir l'agriculture et l'industrie, le travail du cerveau et celui de la main, décentraliser la production, faire en sorte que chaque région produise et consomme une grande variété de biens grâce à une agriculture intensive et à de petits ateliers<ref>Pierre Kropotkine, ''La Conquête du pain'' et ''Champs, usines et ateliers'' ; pour la formule citée, George Woodcock et Ivan Avakumovic, ''The Anarchist Prince'', 1950, p. 322 et 322-327.</ref>. Cette intégration appelle une autre école. Kropotkine se méfie de l'« éducation technique » réclamée de son temps, qui ne ferait que pérenniser la coupure entre savants et manœuvres. Il lui préfère l'éducation intégrale : que chaque être humain, sans distinction de naissance, joigne une connaissance réelle des sciences à la maîtrise d'un métier manuel. L'idée n'a rien d'utopique à ses yeux, et il convoque l'histoire des sciences pour le prouver : Galilée taillait ses lunettes, Leibniz inventait des machines, Linné devint botaniste en cultivant le jardin de son père. Le travail manuel, loin de nuire à la pensée abstraite, la nourrit. On reconnaît là une tradition continentale : l'expression même d'éducation intégrale remonte à Fourier, l'idée fut portée par Bakounine et par les pédagogues libertaires Paul Robin et Jean Grave, et Kropotkine, lecteur aussi de William Morris, l'introduit le premier dans le débat éducatif britannique<ref>Pierre Kropotkine, ''Champs, usines et ateliers'' ; Ruth Kinna, ''Kropotkin. Reviewing the Classical Anarchist Tradition'', Édimbourg, 2016, p. 133-134 ; sur la nouveauté de cette position dans les milieux éducatifs britanniques, Brian Morris, ''Kropotkin'', 2018.</ref>. == Une morale tirée de la nature == Le dernier grand chantier de Kropotkine, resté inachevé, est une éthique. Publié après sa mort, son traité (dont nous n'avons que le premier tome) veut fonder la [[Dictionnaire de philosophie/Morale|morale]] sur les résultats des sciences naturelles, sans recourir ni à la religion ni à aucune transcendance. L'entreprise prolonge ''L'Entraide'' : si la sociabilité est un fait de nature, elle peut servir de sol aux sentiments moraux. Kropotkine décrit alors une série ascendante en trois degrés. À la base, l'entraide, c'est-à-dire l'instinct social que nous partageons avec les animaux grégaires et que Darwin tenait pour plus constant encore que l'instinct de conservation. Au-dessus, la justice, qu'il entend au sens de l'équité, soit la reconnaissance de l'[[Dictionnaire de philosophie/Égalité|égalité]] entre les hommes ; il en crédite Proudhon, qui avait fait de la justice le principe premier de toute morale en la dressant contre l'injustice réelle. Au sommet, ce qu'il nomme la magnanimité, le don de soi sans attente de retour, propre à l'homme et qui mérite seul le nom de morale. La nature, résume-t-il, est le premier instructeur moral de l'homme<ref>Pierre Kropotkine, ''L'Éthique'' ; George Crowder, ''Classical Anarchism. The Political Thought of Godwin, Proudhon, Bakunin, and Kropotkin'', Oxford, 1991, p. 162-163.</ref>. Cette généalogie naturaliste se construit contre deux adversaires. Contre Kant d'abord. Kropotkine reconnaît au devoir kantien, à l'impératif catégorique, une grandeur certaine ; mais il lui reproche de laisser entière la question de l'origine du sens moral. Pourquoi obéir à la loi morale ? D'où vient ce commandement mystérieux ? En traitant la morale comme un domaine séparé du monde naturel, Kant, selon lui, se condamne à la faire dériver d'une source quasi divine, sans l'enraciner dans ce sentiment d'égalité qui, pour Kropotkine, fait le fond de la justice<ref>Pierre Kropotkine, ''L'Éthique'' ; voir Brian Morris, ''Kropotkin'', 2018, sur la lecture kropotkinienne de Kant.</ref>. Contre l'utilitarisme ensuite : Kropotkine ne le tient pas pour faux, mais pour court. La morale est plus que la pesée prudente des plaisirs ; le seul calcul du plaisir peut même conduire aux pires conduites. Reste l'influence qu'il revendique, celle de Jean-Marie Guyau et de son ''Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction'' (1884). Guyau partait de la vie comme expansion : nous sentons en nous plus de force, plus d'amour, plus de larmes que nous n'en pouvons employer pour nous-mêmes, et de ce trop-plein naît le mouvement vers autrui, comme la plante fleurit sans y être contrainte. Le devoir n'est alors que la conscience d'un pouvoir. Kropotkine adopte cette morale de la surabondance, mais lui ajoute ce que Guyau avait laissé dans l'ombre : la dimension sociale. La morale, conclut-il, est le produit conjoint de l'instinct, du sentiment et de la raison ; elle ne se réduit pas aux faits de la vie, elle s'y appuie<ref>Jean-Marie Guyau, ''Esquisse d'une morale sans obligation ni sanction'', 1884 ; sur l'usage qu'en fait Kropotkine, Ruth Kinna, ''Kropotkin'', 2016, p. 150-151, et Ángel Cappelletti, ''El pensamiento de Kropotkin''.</ref>. == L'anarchie comme conception scientifique du monde == Ce souci de fonder en nature vaut aussi pour la politique. Kropotkine présente l'anarchie non comme une doctrine parmi d'autres, mais comme une vision d'ensemble du monde, ce que les penseurs allemands nomment ''Weltanschauung'', appuyée sur la méthode des sciences de la nature. L'anarchie, écrit-il, ne reconnaît pas d'autre méthode que celle des sciences naturelles. Son objet est de se former une idée de l'univers entier, y compris l'homme et la société, par la voie de l'induction et de la déduction, comme on étudie une fleur ou une ruche. Puisque l'esprit humain et la vie sociale sont des phénomènes naturels, rien ne justifie de changer de méthode en passant de la fleur à l'homme, ou de la colonie de castors à la cité<ref>Pierre Kropotkine, ''La Science moderne et l'anarchie'' ; Richard Morgan, ''The Making of Kropotkin's Anarchist Thought'', Londres, 2020, p. 74-75.</ref>. Cette position le sépare de deux côtés. D'un côté, des [[Dictionnaire de philosophie/Métaphysique|métaphysiques]] de la religion et de l'idéalisme allemand : il rejette aussi bien le dieu tout-puissant que l'Esprit universel de Hegel. De l'autre, de la [[Dictionnaire de philosophie/Dialectique|dialectique]] marxiste, qu'il tient pour une survivance de cette même métaphysique. Il avait pourtant emprunté à Comte et à Spencer l'idée d'une philosophie synthétique, embrassant d'un même mouvement la nature et la société, sans les suivre lorsqu'ils faisaient de la lutte pour la vie une loi sociale. La science, à ses yeux, ne livre jamais de vérités définitives, seulement une approximation toujours révisable, à la manière dont l'entendait le physiologiste Claude Bernard. Son attachement à la science alla d'ailleurs jusqu'à l'aveuglement : en 1913, il s'en prit vivement à Bergson, coupable selon lui de rabaisser la science en accordant trop à l'intuition dans la découverte<ref>Sur cette attaque de 1913, Caroline Cahm, ''Kropotkin and the Rise of Revolutionary Anarchism'', 1989, p. 2 ; sur l'ambition synthétique héritée de Comte et Spencer, Cahm, ''Kropotkin and the Rise of Revolutionary Anarchism'', p. 3.</ref>. Sa critique de [[Dictionnaire de philosophie/Karl Marx|Marx]] procède du même principe. ''Le Capital'', concède-t-il, est un admirable pamphlet, mais sa portée scientifique lui paraît nulle : le matérialisme historique est à ses yeux [[Dictionnaire de philosophie/Déterminisme|déterministe]], donc paralysant pour l'action, et fondé sur des prédictions que les faits ont démenties<ref>Lettre de Kropotkine à James Guillaume (1903), citée par Caroline Cahm, ''Kropotkin and the Rise of Revolutionary Anarchism'', 1989, p. 3.</ref>. Il y a là un point que ses propres lecteurs lui ont retourné. À vouloir faire de l'anarchie une science, Kropotkine retombe parfois dans le défaut qu'il dénonçait chez Huxley, Spencer ou Marx : il s'appuie moins sur des lois vérifiables que sur une analogie séduisante entre la nature et la société. L'historien Martin Miller a noté que cet « anarchisme scientifique » repose sur une métaphore puissante, mais fragile<ref>Martin A. Miller, ''Kropotkin'', Chicago, 1976, p. 189.</ref>. == L'État, la commune et le fédéralisme == L'État, pour Kropotkine, ne se confond pas avec la société. C'est une formation historique, née pour protéger les privilèges d'une minorité, et qu'il convient d'étudier froidement, avec la même disposition d'esprit que s'il s'agissait d'une société de fourmis ou d'abeilles<ref>Pierre Kropotkine, « L'État, son rôle historique » et ''La Science moderne et l'anarchie'' ; pour la citation sur la méthode, Richard Morgan, ''The Making of Kropotkin's Anarchist Thought'', 2020, p. 74.</ref>. Cette approche le conduit à relire le Moyen Âge à rebours des Lumières dont il se réclame pourtant. Dans les cités libres, fédérations de quartiers et de guildes confédérées entre elles, il voit la forme la plus aboutie d'organisation sans État : entraide, arbitrage à la place du jugement, prix fixés d'un commun accord, approvisionnement assuré par la commune. Et ces villes savaient s'unir : la ligue lombarde, les ligues rhénane et toscane, les vieux cantons suisses montrent à ses yeux que des communes pouvaient se fédérer librement, par pacte et sans se soumettre à un centre. Jamais, ose-t-il écrire, ni avant ni depuis, l'humanité ne connut un bien-être pour tous comparable à celui des cités du Moyen Âge. L'État moderne, militaire et monarchique, se serait édifié du XVI{{e}} au XVIII{{e}}&nbsp;siècle sur les ruines de ces communes. La bourgeoisie, ensuite, n'a pas détruit cet appareil : elle en a hérité et l'a transformé à son profit. De là vient la défiance de Kropotkine envers tout « État ouvrier ». Confier à l'État la terre, les mines, les banques et les usines, comme le proposent les socialistes autoritaires, ce serait forger un instrument de tyrannie plus puissant encore, un capitalisme d'État où le pouvoir passe du capitaliste au bureaucrate. Les classes opprimées qui s'emparent de l'État, prévient-il, deviennent à leur tour des classes oppressives<ref>Ángel Cappelletti, ''El pensamiento de Kropotkin'' ; Pierre Kropotkine, ''La Science moderne et l'anarchie''.</ref>. Le progrès est ailleurs : dans la décentralisation, territoriale et fonctionnelle, dans la libre fédération des communes et des groupes, dans une organisation qui monte de la base vers le sommet et de la périphérie vers le centre, au rebours de la hiérarchie existante. La tournure que prit la révolution russe lui parut, jusqu'à sa mort, donner raison à ces avertissements. == Tensions et postérité == L'édifice de Kropotkine n'a pas échappé à la critique, et c'est sur son point d'appui même, la nature, qu'elle a porté. Si la morale et la politique se déduisent de l'ordre naturel, encore faut-il que la nature enseigne quelque chose en matière de valeurs. Or rien n'est moins sûr. George Crowder a montré que tout l'anarchisme classique, Kropotkine compris, repose sur un « naturalisme éthique » : l'idée que la valeur est inscrite dans le tissu du monde et que la science l'y découvrira. Cette idée se heurte à l'objection de Mill, selon laquelle la conformité à la nature n'a aucun rapport avec le bien et le mal. Entre le fait et la valeur, entre ce qui est et ce qui doit être, la science moderne a plutôt creusé un fossé qu'elle ne l'a comblé. La promesse de lire dans le vivant les règles de la conduite humaine paraît, à cette lumière, intenable<ref>George Crowder, ''Classical Anarchism'', 1991, p. 183-184, citant John Stuart Mill, ''La Nature''.</ref>. Ses défenseurs répondent que l'on simplifie sa position. Kropotkine, fait observer Brian Morris, prétendait fonder la morale sur les faits de la vie, non l'y réduire ; il rejetait la séparation rigide du fait et de la valeur, et tenait la connaissance scientifique pour une série d'approximations, non pour un dogme. Sa naturalisation de l'éthique serait ainsi moins naïve qu'il n'y paraît : elle ne tire pas un devoir d'un fait, elle reconnaît dans la sociabilité le terrain où poussent les sentiments moraux<ref>Brian Morris, ''Kropotkin'', PM Press, 2018.</ref>. Le débat reste ouvert, et il déborde Kropotkine : c'est celui de tout naturalisme moral. On lui a reproché aussi un optimisme trop confiant, sur la bonté humaine comme sur l'abondance prochaine. Son influence a pourtant traversé le siècle. Les travaux sur la coopération, l'[[Dictionnaire de philosophie/Altruisme|altruisme]] et la théorie des jeux évolutionnaire lui ont donné en partie raison. L'écologie sociale de Murray Bookchin, la géographie attentive aux communautés, les réflexions sur l'autogestion et le municipalisme lui doivent beaucoup. Et le tour autoritaire que prit la révolution russe, qu'il dénonça jusqu'à sa mort, a donné à sa critique de l'État un écho qu'elle n'avait pas de son vivant. Le « prince anarchiste » aura voulu, en somme, ce que peu osent encore : penser ensemble la nature et la liberté. == Notes et références == {{references|colonnes=2}} == Œuvres principales == === Écrits de Kropotkine === * ''Paroles d'un révolté'', recueil d'articles établi par Élisée Reclus, Paris, 1885 ([[s:Paroles d'un révolté|texte sur Wikisource]]). * ''Aux jeunes gens'', 1880 ([[s:Aux jeunes gens|texte sur Wikisource]]). * ''La Morale anarchiste'', 1891 ([[s:La Morale anarchiste|texte sur Wikisource]]). * ''La Conquête du pain'', Paris, 1892 ([[s:La Conquête du pain|texte sur Wikisource]]). * ''Champs, usines et ateliers'', 1899 ([[s:Champs, usines et ateliers|texte sur Wikisource]]). * ''Autour d'une vie. Mémoires'', Paris, 1902 (édition originale anglaise : ''Memoirs of a Revolutionist'', 1899). * ''L'Entraide, un facteur de l'évolution'', 1902 (édition anglaise : ''Mutual Aid: A Factor of Evolution'' ; traduction française, 1906). * ''La Grande Révolution, 1789-1793'', Paris, 1909 ([[s:La Grande Révolution|texte sur Wikisource]]). * ''La Science moderne et l'anarchie'', Paris, 1913. * ''L'Éthique'', publication posthume (édition russe, 1922 ; traduction anglaise, ''Ethics: Origin and Development'', 1924. === Études === * {{Ouvrage|langue=en|prénom1=Caroline|nom1=Cahm|titre=Kropotkin and the Rise of Revolutionary Anarchism, 1872-1886|lieu=Cambridge|éditeur=Cambridge University Press|année=1989}} * {{Ouvrage|langue=en|prénom1=George|nom1=Crowder|titre=Classical Anarchism|sous-titre=The Political Thought of Godwin, Proudhon, Bakunin, and Kropotkin|lieu=Oxford|éditeur=Clarendon Press|année=1991}} * {{Ouvrage|langue=en|prénom1=Ruth|nom1=Kinna|titre=Kropotkin|sous-titre=Reviewing the Classical Anarchist Tradition|lieu=Édimbourg|éditeur=Edinburgh University Press|année=2016}} * {{Ouvrage|langue=en|prénom1=Martin A.|nom1=Miller|titre=Kropotkin|lieu=Chicago|éditeur=University of Chicago Press|année=1976}} * {{Ouvrage|langue=en|prénom1=Richard|nom1=Morgan|titre=The Making of Kropotkin's Anarchist Thought|lieu=Londres|éditeur=Routledge|année=2020}} * {{Ouvrage|langue=en|prénom1=Brian|nom1=Morris|titre=Kropotkin|sous-titre=The Politics of Community|lieu=Oakland|éditeur=PM Press|année=2018}} * {{Ouvrage|langue=en|prénom1=George|nom1=Woodcock|prénom2=Ivan|nom2=Avakumovic|titre=The Anarchist Prince|sous-titre=A Biographical Study of Peter Kropotkin|lieu=Londres|éditeur=T. V. Boardman|année=1950}} * {{Ouvrage|langue=es|prénom1=Ángel|nom1=Cappelletti|titre=El pensamiento de Kropotkin|sous-titre=ciencia, ética y anarquía|lieu=Madrid|éditeur=Zero|année=1978}} * {{Ouvrage|langue=en|prénom1=Pierre|nom1=Kropotkine|responsabilité1=édition de Marshall S. Shatz|titre=The Conquest of Bread and Other Writings|lieu=Cambridge|éditeur=Cambridge University Press|année=1995}} [[Catégorie:Philosophe]] {{DEFAULTSORT:Kropotkine, Pierre}} 9ry23lhcsiim3fz7qapzckn3i6mcjww Fonctionnement d'un ordinateur/Les circuits incrémenteurs/décrémenteurs 0 83953 768192 768136 2026-06-20T13:48:32Z Mewtow 31375 /* Les incrémenteurs à anticipation de retenue */ 768192 wikitext text/x-wiki Le circuit '''incrémenteur''' incrémente un nombre entier. Plus précisément, il prend en entrée un nombre entier, et fournit en entier le nombre suivant, il lui ajoute 1. Une telle opération peut paraitre triviale et peu intéressante. Cependant, elle est très utilisée et est absolument cruciale pour créer des compteurs, des circuits capables de compter ou décompter, qui auront droit à un chapitre dédié. De plus, au-delà de leur utilisation dans les compteurs, les incrémenteurs étaient très utilisés sur les premiers processeurs 8 bits, comme le Z-80, le 6502, les premiers processeurs x86 comme le 8008, le 8086, le 8085, et bien d'autres. Il existe aussi des ''circuits décrémenteurs'', qui décrémentent un opérande, ainsi que des ''circuits incrémenteur-décrémenteur'', qui peuvent incrémenter ou décrémenter, selon comment on les configure. Je ne vais pas détailler ces circuits plus que ça, car de tels circuits sont assez rares, comparé à un circuit incrémenteur simple. ==Le demi-additionneur== Le circuit incrémenteur effectue l'opération suivante : <math>a_7</math> <math>a_6</math> <math>a_5</math> <math>a_4</math> <math>a_3</math> <math>a_2</math> <math>a_1</math> <math>a_0</math> + 0 0 0 0 0 0 0 1 Un incrémenteur basique doit donc faire une addition pour chaque colonne, et précisément une addition de deux bits. Il se trouve que la table d'addition est très simple en binaire. Jugez plutôt : * 0 + 0 = 0, retenue = 0 ; * 0 + 1 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 0 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 1 = 0, retenue = 1. Un circuit capable d'additionner deux bits est appelé un '''demi-additionneur'''. Il dispose d'une sortie S pour la somme, et C pour la retenue (''carry'' an anglais). Il est très simple à construire avec les techniques vues dans les premiers chapitres. On voit immédiatement que la colonne des retenues donne une porte ET, alors que celle du bit de somme est calculé par un XOR. {| class="flexible" |[[File:1-bit half-adder.svg|class=transparent|centre|Demi-addtionneur.]] |[[File:Half-adder.svg|centre|class=transparent|Circuit d'un demi-addtionneur.]] |} ==L'incrémenteur à propagation de retenue== Maintenant que l'on sait comment additionner deux bits, reprenons l'opération d'incrémentation : <math>a_7</math> <math>a_6</math> <math>a_5</math> <math>a_4</math> <math>a_3</math> <math>a_2</math> <math>a_1</math> <math>a_0</math> + 0 0 0 0 0 0 0 1 ------------------------------ Sur la colonne la plus à droite, il doit ajouter un au bit de poids faible. Pour les colonnes suivantes, il faut additionner le bit de l'opérande avec la retenue de la colonne précédente. En clair, on n'additionne que deux bits à chaque colonne : un 1 sur celle tout à droite, la retenue de la colonne précédente pour les autres. Et cela nous donne une idée de comment faire pour créer le circuit incrémenteur. Il suffit d'utiliser un demi-additionneur par colonne, et de les enchainer les uns à la suite des autres. Chaque demi-additionneur additionne le bit de l'opérande avec la retenue fournie par le demi-additionneur précédent. Le seul qui fait exception est celui pour la colonne de poids faible. Pour celui-là, il doit ajouter 1 au bit de poids faible. Le résultat est appelé un '''incrémenteur à propagation de retenue'''. Il est constitué de demi-additionneurs enchaînés les uns à la suite des autres, qui propagent les retenues calculées du bit de poids faible vers le bit de poids fort. [[File:Circuit incrémenteur.png|centre|vignette|upright=3|Circuit incrémenteur.]] Maintenant, regardons le demi-additionneur le plus à droite, celui pour le bit de poids faible. Son entrée de retenue entrante est mise à 1 pour faire l'incrémentation. Quelques incrémenteurs permettent de configurer cette entrée de retenue à 0 ou à 1, ce qui effectue : soit une opération identité (l'opérande est recopié sur la sortie), soit une incrémentation. Un tel circuit est nommé un '''incrémenteur commandable'''. Nous aurons à utiliser une fois ou deux de tels incrémenteurs commandables dans la suite du cours. L'incrémenteur à propagation de retenue est le plus simple et le plus économe en portes logiques. Mais de tels incrémenteurs sont rarement utilisés. À la place, on leur préfère des incrémenteurs plus performants, qui utilisent souvent plus de portes logiques. De tels incrémenteurs sont conçus pour rendre le calcul des retenues plus rapide. En effet, la rapidité d'une incrémentation est limitée par la propagation de la retenue : les retenues commencent à être calculées au bit de poids fort et on doit les calculer colonne par colonne, jusqu’à atteindre le bit de poids fort. Et cette propagation des retenues prend beaucoup de temps. Plus l'opérande est longue, plus ce temps est élevé. Il y a deux optimisations principales, appelées le ''carry skip'' et l'anticipation de retenue, que nous allons décrire ci-dessous. ==Les incrémenteurs ''carry skip''== L'optimisation '''''carry skip''''' effectue l'incrémentation, non pas bit par bit, mais par paquets de deux bits. Le résultat est que l'incrémentation est deux fois plus rapide, ou presque. Le circuit incrémenteur est donc composé en enchainant non pas des demi-additionneurs, mais des '''incrémenteurs 2 bits''' qui incrémentent un opérande de deux bits. [[File:Circuit incrémenteur optimisé, faisant l'incrémentation par paquet de deux bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Circuit incrémenteur optimisé, faisant l'incrémentation par paquet de deux bits]] Reste à concevoir l'incrémenteur 2 bits. Une première solution part de deux demi-additionneurs et effectue quelques simplifications au niveau des transistors et des portes logiques. Par exemple, l'Intel 8085 a utilisé un circuit optimisé, fabriqué avec des portes NAND et NOR. La raison est qu'avec les technologies de transistors CMOS actuelles, les portes NAND et NOR utilisent moins de transistors que les portes ET et OU. Et cette possibilité a été utilisée pour effectuer des simplifications assez mineures, mais toujours bonnes à prendre. Mais nous ne pouvons pas en parler ici. Une solution alternative fabrique des incrémenteurs 2 bits qui calculent séparément les deux bits du résultat et la retenue sortante. La retenue sortante est calculée à partir des bits de l’opérande, sans propager des retenues. Ainsi, la retenue sortante est connue en avance, sans passer par deux demi-additionneurs. Pour créer un tel incrémenteur, le mieux est de partir de sa table de vérité. {|class="wikitable" |- ! Opérande !! Retenue entrante !! !! Retenue sortante !! Résultat |- | 00 || 0 || || 0 || 00 |- | 01 || 0 || || 0 || 01 |- | 10 || 0 || || 0 || 10 |- | 11 || 0 || || 0 || 11 |- | colspan="5" | |- | 00 || 1 || || 0 || 01 |- | 01 || 1 || || 0 || 10 |- | 10 || 1 || || 0 || 11 |- | 11 || 1 || || 1 || 00 |} Elle nous dit que la retenue sortante ne vaut 1 que dans un seul cas : les deux bits d'opérande valent 1, la retenue entrante vaut 1. Elle se calcule alors avec une porte ET à trois entrées. Pour les deux bits du résultat, les équations logiques ne donnent pas un résultat satisfaisant. La solution la plus simple est d'utiliser deux demi-additionneurs et de retirer les portes logiques superflues. Le résultat est alors un '''incrémenteur 2 bits ''carry skip''''', où la retenue sortante est calculée séparément du reste. [[File:Incrémenteur carry skip 2 bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Incrémenteur ''carry skip'' 2 bits]] ==Les incrémenteurs à anticipation de retenue== L''''anticipation de retenue''' calcule la retenue d'une colonne sans attendre les retenues des colonnes précédentes. Dans le cas idéal, toutes les retenues sont calculées en parallèle, en même temps, et sont ensuite envoyées aux demi-additionneurs. Il s'agit d'une optimisation qui est utilisée pour l'incrémentation, l'addition et d'autres opérations similaires. Pour l'incrémentation, déterminer la retenue ne demande pas de calculs complexes, contrairement à l'addition. Pour le comprendre, on peut regarder comment la retenue sortant d'un demi-additionneur est formée. Elle est calculée en faisant un ET logique entre la retenue entrante et le bit d'opérande. Une retenue est donc un ET logique entre toutes les retenues précédentes. Un incrémenteur à anticipation de retenue utilise donc une porte ET à plusieurs entrées pour calculer une retenue. [[File:Anticipation de retenue pour un bit du résultat, incrémenteur.png|centre|vignette|upright=2.5|Anticipation de retenue pour un bit du résultat, incrémenteur]] En théorie, on peut utiliser une porte ET à plusieurs entrées pour chaque bit de l'opérande. Cependant, cela entrainera un cout en transistors très important. Pour éviter de gaspiller trop de portes logiques, une solution est de mélanger anticipation de retenues et propagation de retenue. Par exemple, pour un incrémenteur 32 bits, on peut découper l'opérande en 4 octets : on anticipe les retenues pour chaque octet, mais l'incrémentation de chaque octet se fait avec propagation de retenue et/ou ''carry skip''. [[File:Incrémenteur à anticipation de retenues.png|centre|vignette|upright=3|Incrémenteur hybride utilisant partiellement l'anticipation de retenues.]] Quelques processeurs utilisaient l'anticipation de retenues. Par exemple, le processeur Z-80 de Zilog utilisait un incrémenteur pour des nombres de 16 bits, ce qui demandait des performances assez élevées. Et cet incrémenteur utilisait à la fois anticipation de retenues et ''carry skip''. Il était découpé en quatre blocs avant anticipation de retenues entre eux : un bloc regroupant les 7 bits de poids faible, suivi par un bloc de 5 bits, lui-même suivi par un bloc de 3 bits, terminé par un dernier bit isolé. A l'intérieur de ces blocs, les bits sont regroupés en paires utilisant le ''carry skip''. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur cet incrémenteur, voici un lien sur le sujet : * [https://www.righto.com/2013/11/the-z-80s-16-bit-incrementdecrement.html The Z-80's 16-bit increment/decrement circuit reverse engineered]. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de sélection | prevText=Les circuits de sélection | next=Les bascules : des mémoires de 1 bit | nextText=Les bascules : des mémoires de 1 bit }} </noinclude> lakkylfnjm54h1mch9muaat5ea7p4a8 768194 768192 2026-06-20T14:03:25Z Mewtow 31375 /* Les incrémenteurs à anticipation de retenue */ 768194 wikitext text/x-wiki Le circuit '''incrémenteur''' incrémente un nombre entier. Plus précisément, il prend en entrée un nombre entier, et fournit en entier le nombre suivant, il lui ajoute 1. Une telle opération peut paraitre triviale et peu intéressante. Cependant, elle est très utilisée et est absolument cruciale pour créer des compteurs, des circuits capables de compter ou décompter, qui auront droit à un chapitre dédié. De plus, au-delà de leur utilisation dans les compteurs, les incrémenteurs étaient très utilisés sur les premiers processeurs 8 bits, comme le Z-80, le 6502, les premiers processeurs x86 comme le 8008, le 8086, le 8085, et bien d'autres. Il existe aussi des ''circuits décrémenteurs'', qui décrémentent un opérande, ainsi que des ''circuits incrémenteur-décrémenteur'', qui peuvent incrémenter ou décrémenter, selon comment on les configure. Je ne vais pas détailler ces circuits plus que ça, car de tels circuits sont assez rares, comparé à un circuit incrémenteur simple. ==Le demi-additionneur== Le circuit incrémenteur effectue l'opération suivante : <math>a_7</math> <math>a_6</math> <math>a_5</math> <math>a_4</math> <math>a_3</math> <math>a_2</math> <math>a_1</math> <math>a_0</math> + 0 0 0 0 0 0 0 1 Un incrémenteur basique doit donc faire une addition pour chaque colonne, et précisément une addition de deux bits. Il se trouve que la table d'addition est très simple en binaire. Jugez plutôt : * 0 + 0 = 0, retenue = 0 ; * 0 + 1 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 0 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 1 = 0, retenue = 1. Un circuit capable d'additionner deux bits est appelé un '''demi-additionneur'''. Il dispose d'une sortie S pour la somme, et C pour la retenue (''carry'' an anglais). Il est très simple à construire avec les techniques vues dans les premiers chapitres. On voit immédiatement que la colonne des retenues donne une porte ET, alors que celle du bit de somme est calculé par un XOR. {| class="flexible" |[[File:1-bit half-adder.svg|class=transparent|centre|Demi-addtionneur.]] |[[File:Half-adder.svg|centre|class=transparent|Circuit d'un demi-addtionneur.]] |} ==L'incrémenteur à propagation de retenue== Maintenant que l'on sait comment additionner deux bits, reprenons l'opération d'incrémentation : <math>a_7</math> <math>a_6</math> <math>a_5</math> <math>a_4</math> <math>a_3</math> <math>a_2</math> <math>a_1</math> <math>a_0</math> + 0 0 0 0 0 0 0 1 ------------------------------ Sur la colonne la plus à droite, il doit ajouter un au bit de poids faible. Pour les colonnes suivantes, il faut additionner le bit de l'opérande avec la retenue de la colonne précédente. En clair, on n'additionne que deux bits à chaque colonne : un 1 sur celle tout à droite, la retenue de la colonne précédente pour les autres. Et cela nous donne une idée de comment faire pour créer le circuit incrémenteur. Il suffit d'utiliser un demi-additionneur par colonne, et de les enchainer les uns à la suite des autres. Chaque demi-additionneur additionne le bit de l'opérande avec la retenue fournie par le demi-additionneur précédent. Le seul qui fait exception est celui pour la colonne de poids faible. Pour celui-là, il doit ajouter 1 au bit de poids faible. Le résultat est appelé un '''incrémenteur à propagation de retenue'''. Il est constitué de demi-additionneurs enchaînés les uns à la suite des autres, qui propagent les retenues calculées du bit de poids faible vers le bit de poids fort. [[File:Circuit incrémenteur.png|centre|vignette|upright=3|Circuit incrémenteur.]] Maintenant, regardons le demi-additionneur le plus à droite, celui pour le bit de poids faible. Son entrée de retenue entrante est mise à 1 pour faire l'incrémentation. Quelques incrémenteurs permettent de configurer cette entrée de retenue à 0 ou à 1, ce qui effectue : soit une opération identité (l'opérande est recopié sur la sortie), soit une incrémentation. Un tel circuit est nommé un '''incrémenteur commandable'''. Nous aurons à utiliser une fois ou deux de tels incrémenteurs commandables dans la suite du cours. L'incrémenteur à propagation de retenue est le plus simple et le plus économe en portes logiques. Mais de tels incrémenteurs sont rarement utilisés. À la place, on leur préfère des incrémenteurs plus performants, qui utilisent souvent plus de portes logiques. De tels incrémenteurs sont conçus pour rendre le calcul des retenues plus rapide. En effet, la rapidité d'une incrémentation est limitée par la propagation de la retenue : les retenues commencent à être calculées au bit de poids fort et on doit les calculer colonne par colonne, jusqu’à atteindre le bit de poids fort. Et cette propagation des retenues prend beaucoup de temps. Plus l'opérande est longue, plus ce temps est élevé. Il y a deux optimisations principales, appelées le ''carry skip'' et l'anticipation de retenue, que nous allons décrire ci-dessous. ==Les incrémenteurs ''carry skip''== L'optimisation '''''carry skip''''' effectue l'incrémentation, non pas bit par bit, mais par paquets de deux bits. Le résultat est que l'incrémentation est deux fois plus rapide, ou presque. Le circuit incrémenteur est donc composé en enchainant non pas des demi-additionneurs, mais des '''incrémenteurs 2 bits''' qui incrémentent un opérande de deux bits. [[File:Circuit incrémenteur optimisé, faisant l'incrémentation par paquet de deux bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Circuit incrémenteur optimisé, faisant l'incrémentation par paquet de deux bits]] Reste à concevoir l'incrémenteur 2 bits. Une première solution part de deux demi-additionneurs et effectue quelques simplifications au niveau des transistors et des portes logiques. Par exemple, l'Intel 8085 a utilisé un circuit optimisé, fabriqué avec des portes NAND et NOR. La raison est qu'avec les technologies de transistors CMOS actuelles, les portes NAND et NOR utilisent moins de transistors que les portes ET et OU. Et cette possibilité a été utilisée pour effectuer des simplifications assez mineures, mais toujours bonnes à prendre. Mais nous ne pouvons pas en parler ici. Une solution alternative fabrique des incrémenteurs 2 bits qui calculent séparément les deux bits du résultat et la retenue sortante. La retenue sortante est calculée à partir des bits de l’opérande, sans propager des retenues. Ainsi, la retenue sortante est connue en avance, sans passer par deux demi-additionneurs. Pour créer un tel incrémenteur, le mieux est de partir de sa table de vérité. {|class="wikitable" |- ! Opérande !! Retenue entrante !! !! Retenue sortante !! 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[[File:Incrémenteur carry skip 2 bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Incrémenteur ''carry skip'' 2 bits]] ==Les incrémenteurs à anticipation de retenue== L''''anticipation de retenue''' calcule la retenue d'une colonne sans attendre les retenues des colonnes précédentes. Dans le cas idéal, toutes les retenues sont calculées en parallèle, en même temps, et sont ensuite envoyées aux demi-additionneurs. Il s'agit d'une optimisation qui est utilisée pour l'incrémentation, l'addition et d'autres opérations similaires. Pour l'incrémentation, déterminer la retenue ne demande pas de calculs complexes, contrairement à l'addition. [[File:Incrémenteur à anticipation de retenues, 8 bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Incrémenteur à anticipation de retenues, 8 bits.]] Pour le comprendre, on peut regarder comment la retenue sortant d'un demi-additionneur est formée. Elle est calculée en faisant un ET logique entre la retenue entrante et le bit d'opérande. Une retenue est donc un ET logique entre toutes les retenues précédentes. Un incrémenteur à anticipation de retenue utilise donc une porte ET à plusieurs entrées pour calculer une retenue. [[File:Anticipation de retenue pour un bit du résultat, incrémenteur.png|centre|vignette|upright=2.5|Anticipation de retenue pour un bit du résultat, incrémenteur]] En théorie, on peut utiliser une porte ET à plusieurs entrées pour chaque bit de l'opérande. Cependant, cela entrainera un cout en transistors très important. Pour éviter de gaspiller trop de portes logiques, une solution est de mélanger anticipation de retenues et propagation de retenue. Par exemple, pour un incrémenteur 32 bits, on peut découper l'opérande en 4 octets : on anticipe les retenues pour chaque octet, mais l'incrémentation de chaque octet se fait avec propagation de retenue et/ou ''carry skip''. [[File:Incrémenteur à anticipation de retenues.png|centre|vignette|upright=3|Incrémenteur hybride utilisant partiellement l'anticipation de retenues.]] Quelques processeurs utilisaient l'anticipation de retenues. Par exemple, le processeur Z-80 de Zilog utilisait un incrémenteur pour des nombres de 16 bits, ce qui demandait des performances assez élevées. Et cet incrémenteur utilisait à la fois anticipation de retenues et ''carry skip''. Il était découpé en quatre blocs avant anticipation de retenues entre eux : un bloc regroupant les 7 bits de poids faible, suivi par un bloc de 5 bits, lui-même suivi par un bloc de 3 bits, terminé par un dernier bit isolé. A l'intérieur de ces blocs, les bits sont regroupés en paires utilisant le ''carry skip''. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur cet incrémenteur, voici un lien sur le sujet : * [https://www.righto.com/2013/11/the-z-80s-16-bit-incrementdecrement.html The Z-80's 16-bit increment/decrement circuit reverse engineered]. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de sélection | prevText=Les circuits de sélection | next=Les bascules : des mémoires de 1 bit | nextText=Les bascules : des mémoires de 1 bit }} </noinclude> kl125nlk88psen3sat3rtk8wxo6eh5g 768202 768194 2026-06-20T15:02:41Z Mewtow 31375 /* L'incrémenteur à propagation de retenue */ 768202 wikitext text/x-wiki Le circuit '''incrémenteur''' incrémente un nombre entier. Plus précisément, il prend en entrée un nombre entier, et fournit en entier le nombre suivant, il lui ajoute 1. Une telle opération peut paraitre triviale et peu intéressante. Cependant, elle est très utilisée et est absolument cruciale pour créer des compteurs, des circuits capables de compter ou décompter, qui auront droit à un chapitre dédié. De plus, au-delà de leur utilisation dans les compteurs, les incrémenteurs étaient très utilisés sur les premiers processeurs 8 bits, comme le Z-80, le 6502, les premiers processeurs x86 comme le 8008, le 8086, le 8085, et bien d'autres. Il existe aussi des ''circuits décrémenteurs'', qui décrémentent un opérande, ainsi que des ''circuits incrémenteur-décrémenteur'', qui peuvent incrémenter ou décrémenter, selon comment on les configure. Je ne vais pas détailler ces circuits plus que ça, car de tels circuits sont assez rares, comparé à un circuit incrémenteur simple. ==Le demi-additionneur== Le circuit incrémenteur effectue l'opération suivante : <math>a_7</math> <math>a_6</math> <math>a_5</math> <math>a_4</math> <math>a_3</math> <math>a_2</math> <math>a_1</math> <math>a_0</math> + 0 0 0 0 0 0 0 1 Un incrémenteur basique doit donc faire une addition pour chaque colonne, et précisément une addition de deux bits. Il se trouve que la table d'addition est très simple en binaire. Jugez plutôt : * 0 + 0 = 0, retenue = 0 ; * 0 + 1 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 0 = 1, retenue = 0 ; * 1 + 1 = 0, retenue = 1. Un circuit capable d'additionner deux bits est appelé un '''demi-additionneur'''. Il dispose d'une sortie S pour la somme, et C pour la retenue (''carry'' an anglais). Il est très simple à construire avec les techniques vues dans les premiers chapitres. On voit immédiatement que la colonne des retenues donne une porte ET, alors que celle du bit de somme est calculé par un XOR. {| class="flexible" |[[File:1-bit half-adder.svg|class=transparent|centre|Demi-addtionneur.]] |[[File:Half-adder.svg|centre|class=transparent|Circuit d'un demi-addtionneur.]] |} ==L'incrémenteur à propagation de retenue== Maintenant que l'on sait comment additionner deux bits, reprenons l'opération d'incrémentation : <math>a_7</math> <math>a_6</math> <math>a_5</math> <math>a_4</math> <math>a_3</math> <math>a_2</math> <math>a_1</math> <math>a_0</math> + 0 0 0 0 0 0 0 1 ------------------------------ Sur la colonne la plus à droite, il doit ajouter un au bit de poids faible. Pour les colonnes suivantes, il faut additionner le bit de l'opérande avec la retenue de la colonne précédente. En clair, on n'additionne que deux bits à chaque colonne : un 1 sur celle tout à droite, la retenue de la colonne précédente pour les autres. Et cela nous donne une idée de comment faire pour créer le circuit incrémenteur. Il suffit d'utiliser un demi-additionneur par colonne, et de les enchainer les uns à la suite des autres. Chaque demi-additionneur additionne le bit de l'opérande avec la retenue fournie par le demi-additionneur précédent. Le seul qui fait exception est celui pour la colonne de poids faible. Pour celui-là, il doit ajouter 1 au bit de poids faible. Le résultat est appelé un '''incrémenteur à propagation de retenue'''. Il est constitué de demi-additionneurs enchaînés les uns à la suite des autres, du bit de poids faible vers le bit de poids fort. [[File:Circuit incrémenteur.png|centre|vignette|upright=3|Circuit incrémenteur.]] Maintenant, regardons le demi-additionneur le plus à droite, celui pour le bit de poids faible. Son entrée de retenue entrante est mise à 1 pour faire l'incrémentation. Quelques incrémenteurs permettent de configurer cette entrée de retenue à 0 ou à 1, ce qui effectue : soit une opération identité (l'opérande est recopié sur la sortie), soit une incrémentation. Un tel circuit est nommé un '''incrémenteur commandable'''. Nous aurons à utiliser une fois ou deux de tels incrémenteurs commandables dans la suite du cours. L'incrémenteur à propagation de retenue est le plus simple et le plus économe en portes logiques. Mais de tels incrémenteurs sont rarement utilisés. À la place, on leur préfère des incrémenteurs plus rapides, mais qui utilisent plus de portes logiques. De tels incrémenteurs accélèrent le calcul des retenues. En effet, la rapidité d'une incrémentation est limitée par la propagation de la retenue : les retenues commencent à être calculées au bit de poids fort et on doit les calculer une par une, jusqu’à atteindre le bit de poids fort. Et cette "propagation des retenues" prend du temps, d'autant plus de temps que l'opérande est longue. Il y a deux optimisations principales, appelées le ''carry skip'' et l'anticipation de retenue, que nous allons décrire ci-dessous. ==Les incrémenteurs ''carry skip''== L'optimisation '''''carry skip''''' effectue l'incrémentation, non pas bit par bit, mais par paquets de deux bits. Le résultat est que l'incrémentation est deux fois plus rapide, ou presque. Le circuit incrémenteur est donc composé en enchainant non pas des demi-additionneurs, mais des '''incrémenteurs 2 bits''' qui incrémentent un opérande de deux bits. [[File:Circuit incrémenteur optimisé, faisant l'incrémentation par paquet de deux bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Circuit incrémenteur optimisé, faisant l'incrémentation par paquet de deux bits]] Reste à concevoir l'incrémenteur 2 bits. Une première solution part de deux demi-additionneurs et effectue quelques simplifications au niveau des transistors et des portes logiques. Par exemple, l'Intel 8085 a utilisé un circuit optimisé, fabriqué avec des portes NAND et NOR. La raison est qu'avec les technologies de transistors CMOS actuelles, les portes NAND et NOR utilisent moins de transistors que les portes ET et OU. Et cette possibilité a été utilisée pour effectuer des simplifications assez mineures, mais toujours bonnes à prendre. Mais nous ne pouvons pas en parler ici. Une solution alternative fabrique des incrémenteurs 2 bits qui calculent séparément les deux bits du résultat et la retenue sortante. La retenue sortante est calculée à partir des bits de l’opérande, sans propager des retenues. Ainsi, la retenue sortante est connue en avance, sans passer par deux demi-additionneurs. Pour créer un tel incrémenteur, le mieux est de partir de sa table de vérité. {|class="wikitable" |- ! Opérande !! Retenue entrante !! !! Retenue sortante !! Résultat |- | 00 || 0 || || 0 || 00 |- | 01 || 0 || || 0 || 01 |- | 10 || 0 || || 0 || 10 |- | 11 || 0 || || 0 || 11 |- | colspan="5" | |- | 00 || 1 || || 0 || 01 |- | 01 || 1 || || 0 || 10 |- | 10 || 1 || || 0 || 11 |- | 11 || 1 || || 1 || 00 |} Elle nous dit que la retenue sortante ne vaut 1 que dans un seul cas : les deux bits d'opérande valent 1, la retenue entrante vaut 1. Elle se calcule alors avec une porte ET à trois entrées. Pour les deux bits du résultat, les équations logiques ne donnent pas un résultat satisfaisant. La solution la plus simple est d'utiliser deux demi-additionneurs et de retirer les portes logiques superflues. Le résultat est alors un '''incrémenteur 2 bits ''carry skip''''', où la retenue sortante est calculée séparément du reste. [[File:Incrémenteur carry skip 2 bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Incrémenteur ''carry skip'' 2 bits]] ==Les incrémenteurs à anticipation de retenue== L''''anticipation de retenue''' calcule la retenue d'une colonne sans attendre les retenues des colonnes précédentes. Dans le cas idéal, toutes les retenues sont calculées en parallèle, en même temps, et sont ensuite envoyées aux demi-additionneurs. Il s'agit d'une optimisation qui est utilisée pour l'incrémentation, l'addition et d'autres opérations similaires. Pour l'incrémentation, déterminer la retenue ne demande pas de calculs complexes, contrairement à l'addition. [[File:Incrémenteur à anticipation de retenues, 8 bits.png|centre|vignette|upright=2.5|Incrémenteur à anticipation de retenues, 8 bits.]] Pour le comprendre, on peut regarder comment la retenue sortant d'un demi-additionneur est formée. Elle est calculée en faisant un ET logique entre la retenue entrante et le bit d'opérande. Une retenue est donc un ET logique entre toutes les retenues précédentes. Un incrémenteur à anticipation de retenue utilise donc une porte ET à plusieurs entrées pour calculer une retenue. [[File:Anticipation de retenue pour un bit du résultat, incrémenteur.png|centre|vignette|upright=2.5|Anticipation de retenue pour un bit du résultat, incrémenteur]] En théorie, on peut utiliser une porte ET à plusieurs entrées pour chaque bit de l'opérande. Cependant, cela entrainera un cout en transistors très important. Pour éviter de gaspiller trop de portes logiques, une solution est de mélanger anticipation de retenues et propagation de retenue. Par exemple, pour un incrémenteur 32 bits, on peut découper l'opérande en 4 octets : on anticipe les retenues pour chaque octet, mais l'incrémentation de chaque octet se fait avec propagation de retenue et/ou ''carry skip''. [[File:Incrémenteur à anticipation de retenues.png|centre|vignette|upright=3|Incrémenteur hybride utilisant partiellement l'anticipation de retenues.]] Quelques processeurs utilisaient l'anticipation de retenues. Par exemple, le processeur Z-80 de Zilog utilisait un incrémenteur pour des nombres de 16 bits, ce qui demandait des performances assez élevées. Et cet incrémenteur utilisait à la fois anticipation de retenues et ''carry skip''. Il était découpé en quatre blocs avant anticipation de retenues entre eux : un bloc regroupant les 7 bits de poids faible, suivi par un bloc de 5 bits, lui-même suivi par un bloc de 3 bits, terminé par un dernier bit isolé. A l'intérieur de ces blocs, les bits sont regroupés en paires utilisant le ''carry skip''. Pour ceux qui veulent en savoir plus sur cet incrémenteur, voici un lien sur le sujet : * [https://www.righto.com/2013/11/the-z-80s-16-bit-incrementdecrement.html The Z-80's 16-bit increment/decrement circuit reverse engineered]. <noinclude> {{NavChapitre | book=Fonctionnement d'un ordinateur | prev=Les circuits de sélection | prevText=Les circuits de sélection | next=Les bascules : des mémoires de 1 bit | nextText=Les bascules : des mémoires de 1 bit }} </noinclude> 4hssyxw587zi6gmft90vb2v3r2w1bvh